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LA PRESSE MEDICALE
vTourrjal Bi-Hebdomadaire
LA
PRESSE HEDIGALE
Journal Bi-Hebdomadaire
DIRECTION SCIENTIFIQUE
MM. J.-L. FAURE, Professeur de Clinique gynécologique, Membre de l’Académie
de Médecine.
F. DE LAPERSONNE, Professeur honoraire de Clinique ophtalmolo¬
gique, Membre de l’Académie de Médecine.
H. ROGER, Doyen de la Faculté de Paris, Médecin honoraire des llôpilau.x,
Membre de l’Académie de Médecine.
F. BEZANÇON, Professeur de Clinique à la Faculté, Membre de l'Académie
de Médecine.
G. ROUSSY, Professeur à la Faculté de Médecine, Membre de l’Académie de
Médecine.
EM. SERGENT, Professeur de Clinique à la Faculté, Membre de l’Académie
de Médecine.
PH. PAGNIEZ, Médecin de l’Hôpital Saint-Antoine.
GH. LENORMANT, Professeur agrégé, Chirurgien de l’IIôpilal de la Pitié.
F. JAYLE, Ancien chef des travaux cliniques de Gynécologie i rilôpital
Hroca.
TRENTE-SKPTIÈME ANNÉE
1®*' Semestre 1929
MASSON ET C'‘, ÉDITEURS
_ LIBRAIRES DE L’ACAIIIÎMIE UE MÉDECINE
LA
PRESSE 31
1®^ Semestre
ÉDICALE
1929
TRAVAUX ORIGINAUX
RÉSULTATS CLINIQUES ET BIOLOGIQUES
DE LA STOVARSOLTHÉRAPIE
125 CAS DE PARALYSIE GÉNÉRALE
A. SÉZARY et A. BARBÉ.
Depuis 1921, nous étudions l’action thérapeu¬
tique de l’arsenic pentavalent sur la paralysie
générale. A l’époque où nous avons eoiniiiencé
nos recherches, nous ignorions coinplèteinenl
celles que les auteurs américains faisaient paral¬
lèlement aux nôtres avec la tryparsamide et dont
les résultats ont été publiés à partir de 1923. Nous
nous étions demandé si l’inefficacilé habituelle
du 914 dans la paralysie générale ne tenait pas
Ijaiix propriétés réductrices du tissu nerveux : on
sait en eU’et que le 914 ne devient tréponémicide
qu’après oxydation. Aussi avons-nous eu l’idée
d’expérimenter l’arsenic pentavalent, (fui ne
devient tréponémicide qu’après réduction.
Après avoir employé l’arsacétine, la tryparsa¬
mide, nous avons choisi comme produit arsenical
pentavalent le stovarsol sodique, sel de soude
de l’acide acétyl-oxy-amino-phényl-arsiniquc, que
M. Fourneau venait de découvrir. Utilisé jusqiu'-là
uniquement par voie digestive, ce médicament
nous a i)aru devoir être employé dans la paralysie
générale par voie parentérale, à la suite des
recherches cliniques et expérimentales faites i)ar
l’un de nous avec M. Pomaret dans le traitement
de la syphilis de l’homme et de la spirillose des
Nos premiers résultats ont été publiés après
trois ans de recherches, en Novembre 1924 *. Ils
nous encourageaient à persévérer dans la voie où
nous nous étions engagés. En 1927, nous expo¬
sions à la Société de Neurologie = et ù la Société
de Dermatologie * l’état actuel de nos recherches
et nous indiquions les bons effets que nous avions
constatés.
Jusqu’ici ces travaux ont relativement peu attiré
l’attention. Cependant, quelques psychiatres,
MM. Bignone, Cornil et llaushalter, Boccard,
Mlle Pascal, MM. Abramovitz et Brian avaient
1. A. 8ÉZABV et M. Po.MARrT. -- « L’action untisypliu
litique et spirillicide du stovarsol ». Hoc. méd. des Hop.
de Paris, 1923; Bulletins n" 7, p. 318 et n” 13, p. 595.
2. A. SÜZAUV et A. BAiiBé. — « Recherches sur le
tement spécifique de lu paralysie générale et
lier sur l’action du stovars"' "
méd. des Hép. de
Paris, 1924; Bulletin n” 33, p. 1529.
3, A. SézARY et A. Barbé. — « Truiteme
lysie générale par les injections de stovi
neurologique, 1927, t. I, n“ 6, p. 1037.
4. A. SÉZARY et A. Barbé. — « Le tra
paralysie générale par les injections de s
que ». Bull, de la .Soc. de Dermatol., 1927, i
nt (le lu pura-
arsol ». Reeue
(itement de la
tovursol sodi-
11“ 7, p. 44fi.
confirmé nos conclusions. M. Vurpas s’était
déclaré un chaud jiartisan de la méthode. IMM.
Béricl cl Dcvic considéraient le stovarsol conime
le meilleur traitement chimiifue de la fiaralysie
générale. Bécemmenl, MM. Tréiiel et Masquin
terminaient une communication à la Société de
^Médecine mentale en déclarant que, même dans
les cas avancés, le stovarsol fient sc montrer très
efficace.
Si la méthode ne s’est pas vulgarisée davan¬
tage, c’est que sans doute beaucoup de praticiens
ont été arrêtés fiar la crainte de la névrite optique,
danger qui menace tous les malades soumis à un
de l’arsenic ficntavalcnl. Avec notre firemière
lechnicfue, à cause des fortes doses d’arsenic que
nous injections dans les veines, ce danger était
Uependant les troubles visuels ont été exeefition-
nels et les auteurs (fui se sont servis du stovarsol
après nous n’en ont fias constaté. Pour les éviter
sûrement, nous avons modifié notre techniifue :
au lieu de faire à nos malades trois injections
intraveineuses fiar semaine de 1 gr. 50 de slovar-
sol, nous ne faisons filus que trois injections sous-
cutanées de 1 gr. chaque fois, la dose totale de
médicament étant toujours de 21 gr. par série; au
lieu de 15 injections, nous en faisons maintenant 21.
Parfois même, si nous croyons en continuant lé
traitement pouvoir améliorer encore le résultat
acquis, nous poursuivons jus(fu’à .‘10 injections et
même au delà. Plusieurs séries sont faites, sépa-
réos par des périodes d(> refios de 1 mois. Cette
méthode, (fui a été iqipliquée dans la plupart des
cas rafiportés plus loin, n’a jamais provoqué le
moindre trouble de la vue.
Parmi les auteurs (fui ont signalé ou discuté
notre méthode, certains ont fait des confusions
regrettables. C’est à notre avis une erreur de
croire (fue, dans la f)aralysie générale, n'importe
quel dérivé de l’arsenic pentavalent, même à éga¬
lité de quantité d’arsenic, donnera les mêmes
résultats (jue le stovarsol. Nous avons étudié com¬
parativement l’arsacétine et le dérivé 240 de
M. Fourneau. Ces firoduits nous ont fiaru nette¬
ment inférieurs au stovarsol. En particulier, le
240, qui peut réduire du décuple au simple la leu-
cocytose céphalo-rachidienne dans la trypanoso¬
miase, n’a pas la même action dans la méningo-
encéphalite syphilitique. 11 ne faut donc pas substi¬
tuer indilféremment le stovarsol à un autre dérivé
de l’arsenic pentavalent. Un auteur ne nous a-t-il
même pas reproché en 192, S de confondre, comme
il l’avait d’ailleurs fait lui-même, le stovarsol avec
l’arsacétine, alors que nous avions antérieurement
étudié comparativement l’action de ces deux pro¬
duits et publié en 1925 et en 1920 lesj’ésultats de
nos recherches sur ce point ‘ !
("t A. Barbé. — Recherches sur la ehi-
D’aulres psychiatres ou neurologues emploient
le stovarsol en même temps qu’un autre agent
thérapeuti(fue, par exemple les injections de
Dmelcos ou la malariathérapie. Certains tendent
même à attribuer les succès obtenus dans ces cas
au vaccin autichancrelleux ou à l’hémalozaire
seuls. Nous ne savons pas si le Dmelcos, à lui seul,
peut améliorer un paralytique général ; des
recherches (jue nous avions faites avant les publi¬
cations de M. Sicard et de ses collaborateurs ne
nous avaient donné aucun résultat D’autre part,
nous ne doutons fias que la méthode de Wagner
von Jauregg soit assez souvent efficace, ainsi que
l'ont confirmé i\I. le firofesseur Claude et beaucouf,
d’auteurs afirès lui. Mais nous sommes fiersuadés
(fue fré(fuemmenl le stovarsol suffit à lui seul
fiour améliorer nombre de paralytiques généraux.
Que dans les cas où ce médicament n’agit fias, ce
sur (fuoi on est fixé dans un délai de 1 à 3 mois,
on lui adjoigne l’une ou l’autre de ces méthodes
fiyrétogènes, nous n’y voyons aucun inconvénient,
cela peut même avoir son intérêt. Mais pourquoi
faire d’emblée un double traitement, dont l'iin au
moins expose à certains dangers, alors qu’un seul
fient suffire ? Dans tous nos cas, on a pu prévoir
avant la fin de la seconde série d’injections le
résultat (fue pouvait donner le stovarsol. On est
donc rafiidement fixé sur l’action (fu’il peut avoir.
C’est seulement lorsqu’on aura constaté l’insuffi-
I sai ce de l’arsenic (fu’on pourra lui associer une
autre thérapeutique.
Ces remarques générales étant faites, nous
allons exposer les résultats que nous avons obl,'-
nus tant dans l’état clinique que dans l’état biolo¬
gique de nos malades. Nous ne reviendrons pas
ici sur de nombreux points de détail exposés dans
nos publications antérieures aux(fuelleson voudra
bien se refiorter. C’est notre statistiifue générale
que nous voulons commenter aujourd’hui.
Les paralytiques généraux que nous avons
traités par le stovarsol depuis 1921 sont au
nombre de 125 ’. Sans faire aucun choix, nous
avons entrepris tous les cas qui se sont présentés
à nous, même ceux où l’étal mental ou physique,
était des plus lamentables.
Nous classerons nos malades en trois catégories
selon la forme clinique qu’ils présentaient ; les
premiers ont des symptômes d’excitation psy¬
chique ou du délire mégalo-maniaque, les seconiJs
miolhérapie de la paralysie géïK^rale ». Encéphale,
Janvier et Kévrier 1926, p. 1 et 99.
1. A. SÉZARY et A. Barbé. — « Pyrëtothérupie par le
vaccin .strepto-hncillnire dans la paralysie g(in(‘rale et la
sclérose en plaques ». Progrès médirai, 23 Juillet 1927
n- 30, p. 1146.
2. Duna les services de MM. Riche et Vurpas, que nous
remercions ici pour leur prandc ohligeanee.
1. A. SÉzd
I.A l>RESSE MEDICALE, MeirnMi, 2 Janvier ]!)2i)
N" 1
sont atteints (railaiblisseiuent intellectuel, les
derniers sont des déments. 11 nous a paru d’une
nécessité absolue de classer ainsi les cas observés.
Car, en |)Teniiei- lien, les résultats varient selon
la l'orme clini(ine et il importe de préciser dans
bupielle ils sont le plus souvent favorables. En
second lien, celte division permet une compa¬
raison é((nilable entre la stovarsoltbérapie et les
autres méthodes 'de traitement (jui trouvent dans
l’étal cachecli(pie (!<■ beancou]) de déments nne
contre-indicalion formelle.
'l'renle et nii de nos malades étaient atteints de
paralysie içénérale avec excitation. C’est chez eux
(pie les l'ésnltals ont été les meillenrs. En ('H’el,
(iiS pour 100 oui très nettement bénéficié du trai¬
tement. l’armi eux, m pour 100 ont été capables
de reprendre leurs oecniialions antérieures (pii
étaient parfois délicates !ee (pii nous paraît le
critérium nécessaire ])()ur (pialilier un résultat de
parfait on de très bon;. Cliez 4.^) pour 100, la
f^'llérison cliniipie semble complète, il ne persiste
ancnn vestige de la maladie; chez 10])()nr 100, il
demeure nu symptôme isolé, atonie du visage,
h'gère trémulation de la langue, seuls reliipiats
apjiarents de l'infection. Dans 115 pour 100 des
cas, le résultat est assez bon, mais il persisti' un
certain degré de puérilisiiK' mental ou d’affaiblis¬
sement intellectuel. Enfin, dans 22 pour 100 des
cas, le résultat est insuffisant ou nul.
(Jnaranle et un paraly liipies généraux étaient
atteints d'all'aiblissemenl intelleeluel. Chez eux,
le résultat a été lavoixible dans ,’)8,,-) jiour 100 des
cas : 17 fois il a été parlait, 22 fois très bon on
bon, 10 lois assez bon. Il a été nul on peu
appréciable dans 4 l..') pour 100 des cas.
Enfin .4, '5 de nos malades étaient déments.
L'action favorable dn stovarsol s’observe alors
moins fréipienmient, ce ipii se conijoit aisément,
car il s’agit d’nn stade généralement avancé de la
maliidie et cette forme ( lini(|ne semble lié(’ à des
altéralions cérébrales plus pi'ofondes (pie les pré¬
cédentes. 20.4 pour 100 (le ces malades ont élé
améliorés, donl 0.4 d’une fa(:on parfaite. Mais
7:5.0 poiii- loi) u’oni pas été influencés. 11 est à
noter (pie certains des maladi's ((iii ont béné¬
ficié dn traitement se trouvaient dans un étal de
déchéance intellectuelle cl [diysiipie très profondi'
et (pie leur amélioration a été pour nous une
grande surprise. MM. 'l’réncl et .4ias(piin ont fait
une constatation analogue.
On voit (pie rell’et de la stovarsolthérapie varie
considérablement selon la forme clini((ne. Cette
diversité d’action selon le type de l'affection doit
être retenue (piand on compare les résultats de
cette méthode avec ceux de la malariathérajiie.
Cette dernière ne [icnl être appliipiée ([n’aux
malades dont l'organisme est cajiahh' de résister
à rinfection jialndéeiine. Elle n’anrait [iii être
employée (lue rarement chez les .'i.'l déments de
notre statisti(|iie. Si donc l’on veut coni])arer lies
résultats donnés par ces deux méthodes, il ne faut
retenir (pie ceux (pii concernent les deux premières
formes cliniipies ; nous y obtenons 1)2, pour 100
d’améliorations indiscutables, donl 47 permetlenl
larepriseilesoccnpalionsantéricnres, et 157, ,ôp. 100
d’échecs.
Ôn voit donc (pie la méthode soutient la com¬
paraison avec la nialariathérapie. Elle présente
sur cette dernière plusieurs avantages. En pre¬
mier lieu, elle esl moins dangereiise. En second
lien, elle est d'une ajiplicalion simple, ne nécessi¬
tant pas un s('’jonr à l'in'ipital on à la maison de
santé. Enlin. elle a des indications plus étendues,
piiis(pi'ellc peut être employée dans les formes
dénienlielles caclieclisantes.
(Jiiant à la tenue des résultats, elle est difficile
à interpréter, l u certain nombre de nos malades,
ajirès leur sortie de l’hospice, n’ont pas été revus,
sans (pi’oii puisse en conclure (pie leur état s’est
aggravé. Chez ceux ipie nous avons pu suivre
^certains depuis 1023 et 1024), les effets favo¬
rables se sont généralement maintenus, soit que
le traitement de consolidation que nous avons
toujours conseillé (3 séries annuelles d’injectionsi
ait été suivi régulièrement, soit (pi’il ait été appli¬
qué d’une façon irri'gulière, soit enlin ([ii’il n’ail
pas été suivi dn tout. Cette dernière éventualité esl
rare, car les malades qui ii’oiil plus reçu de trai¬
tement sont ceux que nous avons jierdiis de vile.
Cependant plusieurs fois, un résultat, même excel¬
lent, s’est maintenu pendant deux ou trois ans
sans avoir été consolidé jiar un Iraileinent quel¬
conque. Par contre, un malade, qui avait négligé
de jioursiiivre son traitement, a eu une rechute,
mais a été amélioré de nouveau par une série
d’in jections ; ayant de nouveau cessé son trai-
temeiil il a rechuté et cette fois le stovarsol n’a
plus en d’action sur lui.
Une expérience plus prolongée nous paraît
nécessaire pour préciser l’avenir de nos malades
qui ont bénéficié de la stovarsolthérapie. Un
petit nombre d’entre eux sont décédés, l’un à
la suite d’un ictus (mais il n’avait pas eu de
traitement de consolidation après son amélio¬
ration) ; trois autres, (pii n’avaient que jiartiel-
lement bénéficié du Irailement, se sont cachec-
tisés progressivement.
Voyons maintenant les résultats biologiques
(pi’a donnés la slovarsolthéraiiie chez nos paraly¬
tiques généraux.
iXous avons suivi dans le litjiiido ccplialo-
rdchidien l’évolution de trois altérations : la
réaction de Wassermann, la leiicocy lose, l’hyjier-
albnniinose. Le plus souvent, nous avons fait
chez un même malade de mnlliples ponctions
lonihaires et les résultats ipie nous rapportons
ont été généralement vérifiés par des examens
ri'pé lés en série.
Des trois anomalies, c’est la réaction de IIVi.s-
Kcrinann (pii s’est trouvée réduite le plus f’réqueni-
nienl, dans environ .‘54 pour 100 des cas (exac-
teinent .'5:5,01). Celle réduction s’est produite
tantôt progressivement (d’abord partielle, elle
est d(‘venu(' peu à peu totale], tantôt rapidement
(la réaction passant dans l’espace de (piehpies
mois de 11° à H", sans (ju’on ait constaté de stade
intermédiaire).
^lais, et c’est un phénomène curieux sur lequel
nous avons déjà attiré l’attention *, il s’en faut
que celte modilicalion du liquide céphalo-rachi¬
dien aille toujours de pair avec une amélioration
des troubles psychi({ues. C’est ainsi (]ue dans
2,0 cas on le résultat clinique est excellent, 0 fois
la réaction de àà'asserniann (“sl réduite (0 cas avec
excitation, 2 cas avec all'aiblissemenl, 1 cas avi-c
démence), 10 fois elle est demeurée positive (8 cas
av(‘c excitation, 0 cas avec alfaiblissemenl, 2 cas
avec démence). Sur 18 cas où le résultat a élé bon
ou assez bon, 11 fois la réaction a été négativée
(2 cas avec excitation, 0 avec affaiblissement,
3 avec démence I, 7 fois elle n’a jias été modifiée
il cas avec excitation, 2 avec airaiblissement,
4 avec démi'iice). Enfin, sur .ol) cas jieu ou [las
améliorés ])ar le traitement, 19 fois la réaction a
été réduite (3 cas avec excitation, (5 avec affaiblis-
seinent, 10 avec démence), .’ll fois ell(> a jiersisié
à ir .4 cas avec excitation, .Ô avec affaiblisse¬
ment, 22 avec démence).
Réciiiroqueinent, nous connilons .’IO réductions
(1(- la réaction de Wassermann avi'c 9 résnllals
cliniipies très bons, 11 bons, 19 unis, et .54 réac¬
tions rebelles avec 1(5 résultats clini([nes très
bons, 7 bons, .‘Il nuis ou insuffisants.
Quant aux variations de la Icitcori/ioxc du
liquide céphalo-rachidien, elles sont difficiles à
1. SÉZAUY et A. Dariu:. — « Kvolutioii eompurée
des réactions liuiiiorales cl des symptiiincs cliniques chez
les paralytiques generaux ». Paris médical. 2 Octobre
1926, n» 40, p. 2,')8.
apprécier, en raison des différences notables
que cette leucocytose peut présenter d’un jour à
l’autre dhez les paralytiques généraux'. Cepen¬
dant, en pratiquant des examens miilt’iples chez
un inêine malade, on peut se rendre conqite des
modifications importantes et durabh's (pii se
Chez 9:5 jiaralytiipies généraux longuement
étudiés à ce sujin, la leucocytose a été améliorée
dans environ 73 pour 100 des cas, elle a augmenté
par contre dans 27 jnnir 100.
Or, la diminution de la réaction cellulaire ne
coi'ncide pas toujours avec raniélioralion cliniipie.
Chez 43 paralytiques généraux (pii ont hénélicié
du traitement, la leucocytose est diminuée chez
:55, augmentée chez 8. Chez 50 paralytiques géné¬
raux non modifiés, elle diminue dans 33 cas.
aiigmenK- dans 17.
Rien pins, il n’y a pas de ])arallélisnic constant
entre les variations de la réaction de Wasser¬
mann et celles de la leucocytose dn liipiide cépha¬
lo-rachidien. Chez :59 malades dont la réaction de
Wassermann dn li([ni(lc esl réduite, la leucoiiy-
tos(' est 11 fois augmentée, 28 fois diminnée.
Chez 54 autres donl la réaction de M’assermann
n’a pas élé modifiée, 1(5 fois elle a aiiginenté,
,‘58 fois elle a diminué.
Notons enfin que la leuco(;ytose ii’esl tombée à
deux éléments et an-dessous que chez 28 malades.
Le retour à la normale est donc moins fréipienl
pour la leucocytose que pour la réaction de Was¬
sermann et, en pareil cas, la réduction de la leii-
eocylose est loin de co'încider toujours avec celle
de la réaction de Wassermann, comme nous le
verrons plus loin.
(Juanl à V htjperalhiiiuinnitc. elle est encore plus
diflicilement réductible. En dehors de 4 malades
chez lesipiels le chiirrc de l’albumine a élé con-
stamnienl trouvé normal, 12 fois seulement nous
l’avons vue descendre d’un taux pathologique à
lin taux normal. Au total, nous notons un(> ann'-
lioration (relative ou complète) dans 47 cas, soit
55,3 })our 100, nne augmentation ou un éial sta¬
tionnaire dans 38 cas, soit 44,7 pour 100.
Là encore, aucun [larallélisme avec les modifi¬
cations cliniques. Chez 41 ])aralyli(]ues généraux
améliorés, nous notons 19 fois nne augmentation,
19 fois nne diminution, 3 fois un élat normal sl.a-
lionnaire de l’hyperalbuniinose. Chez 48 para¬
lytiques généraux non améliorés, nous constatons
lî) fois une augmentation, 28 fois une diminution.
1 fois lin état normal slationnairi'.
De même, aucun parallélisme avec les modifi¬
cations de la réaction de Wassermann. Dans
:il) cas où celte réaction a été réduite, 11 fois
l’hyperalbuniinose s’est aggravée, 22 fois elle a
diminué, 3 fois elle esl restée au même taux. Chez
5:5 paralytiques généraux dont la réaction de
Wassermann dn liquide n’a j)as élé améliorée,
lions constatons ipie l’hyperalbnminose a aug¬
menté dans 24 cas, diminué dans 28 cas, est
restée stationnaire dans 1 cas. De inêiiie, il y a
aussi souvent discordance entre l’évolution du
nombre des cellules et du taux de l’albumine.
Si nous examinons maintenant l’évolution rela¬
tive des trois anomalies du liquidi», nous consta¬
tons que dans- 33 pour 100 des cas elles se sont
améliorées d’une façon parallèle, le jiliis souvent
sans que la lencoc.ylose et l’albuminose soient
Dans 07 pour 100 des cas, elles se sont modifiées
d’une façon différi-nle. Dans celle dernière éven¬
tualité, nous avons noté par ordre de fréquence :
la diminution de la leucocytose et de l’hyperalbu-
minose avec maintien de la réaction de" àN’asser-
niann (50,8 pour 100 des cas) ; la diminution de la
leucocytose, l’augmentation ou le statu quo de
1. A. SiizARY et A. Barbé. — « Evolution de.s réactions
liiologiqucs du liquide céphalo-ruchidieu et du sang chez
les paralytiques généraux non traité.s ». Soc. méd. des
Hiip. de Paris, 1926; Bulletin n" 27, p. 13.2.5.
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
N” 1
rhyperalbuininosi? avec iiiainlien de la réaction de
Wassermann (13,0 pour 100) ; une réduction de la
réaction de Wassermann et de la leucocytosc avec
aujjrmentalion de l’iiyperalbuminosc (13, (i |)our
100) ; une réduction de la réaction de Wasscimiann
et de riiyperalbuminose avec aug'inentalion de la
leucocytose (8,5 ])üur 100) ; une réduction de la
réaction de ^^'assermann avec augmentalion d(v
rhyperalbuminose et delà hmcocytose (1,7 pour
100) ; une réduction de riiyperalbuminose avec
niainlicTi de la réaclion de Wassermann (‘I aug¬
mentation de la leucocytose (5 poui' IflOi.
Knlin, dans 0,8 pour 100 des cas, la réaclion de
Wassermann s’est maintemue ])()silive, la leuco¬
cytose et ralbuminose ont augmeiilé.
T, a disparition totale di's anomalies du liciuide
c,éj)lialo-racliidien n’a été constatée cpie dans
8 cas, dont 0 u’onl nullement bénélicié du traite¬
ment. Chez 8 autres malades, la réaction de Was¬
sermann a été réduite en même teni])s (pie la leti-
cocylose a disparu, mais riiyjieralbuminose a
])ersisté : 4 fois le résultat thérapeuli(|ue a été nul.
2 fois excellent, 2 fois assez bon.
On voit donc (|ue, conformément à nos pre¬
mières constalalions, il n’y a vraiment aucun
parallélisme entre les modilicalions de l’élal psy¬
chique chez nos paralyliipies généraux traités ])ar
le stovarsol et celles de l’état biologique de leur
liquide céphalo-rachidien, ^lais comme ces der¬
nières peuvent n’èlre induencées (pi’avec un cer¬
tain retard ])ar rapjiort aux autres, nous nous
contenterons encore d’enregistrer le fait pour le
moment, nous réservant d’en jioursuivre l’élude
avant d’en tirer des déductions sur le mode
d’action du stovarsol dans la jiaralysie générale.
On comprend toutefois, comme nous l’avons
déjà dit, ([UC ces résultats nous autorisent à parler,
dans les cas favorables, non ])as de guérison,
mais seulement de rémission totale ou |)res(]ue
totale. 11 n’en est pas moins intéressant di- signaler
ces modilications humorales, <pii montrent l’ac¬
tion profonde du médicament sur l’organisme.
Des con.sidérations analogues découlent de
l’élude de la rcarliou dr Wnsscrnuinn dans !<•
xanif de nos malades. Mais ici les modilicalions
observées sont ))lns difiiciles à interpréter, car
on sait ({UC même (diez des {)aralyli(ptes généraux
non traités, aussi bien d’ailleurs (jue chez des
syphiliti({ues anciens, des {loussées tenqioraires
de la séro-réaction jieuvent s’observer imlépen-
daiunient de toute modilicalion (dini(pie '.
Celte réserve faite, voici comment s(“ présen¬
tent nos résultats. La séro-réacliou est devenue
né-gative dans 32 jiour 100 des cas environ ; (die
est restée {losilive dans 00 jionr 100 des cas;,
elle est demeurée eonstammeiil négative dans
8 pour 100 des cas.
Or, chez les 28 malades dont la séi’o-réacliou
est réduite totalement ou parli(dlemeul , l'amé¬
lioration clini(pie existe 12 fois, fait délàul
10 fois. Chez 53 malades où la réaclion est
rebelle, on note 20 améliorations, 27 insuccès.
De jilus, les modilicalions de la séro-réaction
n’ont aucun ra()])orl constant avec cidles de la
réaction de àS’assermann du li(|ni(le cé{dialo-
rachidien : il y a diseordtmee dans la moitié des
cas environ. Enfin, remaiapions (pie dans un grand
nombre de cas très favorablement iullnencés, la
réaction de àVassermann est demeurée {lositive
dans le sang.
De l’étude de notre slatisli(|ue, il résulte (jUe,
sous sa forme actuelle, la stovarsollhéra|)ie de la
paralysie générale est une méthode siiujile,
dépourvue de danger, ({ui améliore les malades
dans une proportion de 08, de 58 ou ch- 20 ]i. 100
1. Sk/.vhy, Pfkm:t et Gallf.ka.M). - « Les |)(ihss(M's
leui|ioi'iiires île lu ri'aetioii de Wiisseiimiiiii dans la
sjidiilis tardive x. la J'icksc Mct/ita/f, lirj", u" .'i;!, p. S:î:i.
des cas selon que l'on s’adresse à la forme av(y
excitation, avec airaiblissemenl intellectuel ou
avec démence complète.
Elle ])rovo(pie des modilications inqiortanles
des réac tions biologiques du li({uide cé])hal()-rachi-
dien, réduit la réaclion de Wassermann dans
34 {lotir 100 des cas, fait dimintier la leucocytose
dans 73 {lour 100 des cas et rhyqieralbuniinose
dans 47 {lour 100 des cas. Mais l’amélioration ne
{lorle {las toujours (larallélement sur les trois ano¬
malies et rarement elle ramène le li({uid(' céphalo¬
rachidien à un étal conqilèlemeni normal.
Enlin les modilicalions biologi({ues n’ont aucun
rajqiort constant avec les modilications clini({nes :
il y a là un curieux fait de {lalhologie généi’ale
dont l’élude mérite d’être {loursuivie.
DE L’ACTION DU PSOAS
DANS LES
AFFKCnONS AUTK'ULAIRFS
DE LA HANCHE
Par J. GOURDON
Cliiirtrc (II- cours à la Pacultti de Mislociiic de Itordcaiix.
Dans toutes les lésions de rai'licnlaliou de la
hamdie, ({u’il s’agisse d'all’elious congénitales ou
ac({uises, ayant provo({ué une disjonction ou une
inllammalion, les muscles avoisinant celle région
sont inlluencés ; ils sont ou déplacés, on con¬
tractés, ou rétractés.
Ou attache une im{)orlance aux modilicalions
({UC subissent les adducléurs, le tenseur du fascia,
le couturier, {jour les({uels on établit une ihéra-
peuli({ue destinée à leur rendre une tension et
direction normales, mais on iK'glige (h' s’occiqier
du {isoas ({ui est aussi influencé et sur hspnd il
est {dus diflicile d'agir.
Ce muscle, dont Diqniyiren avait (h'jà in(li({ué
le r('d(' en décrivant ((u’il forme une anse dont la
concavité sert de su(){K)rl au bassin, entraîne, {lar
son raccourcissement, des modilicalions d’allilude
de la hanche susce{)libles de conqirometlre l'ave¬
nir fonctionnel du membre malgré les inlerven-
lious ortho{)édi({ues on o{)éraloires les mieux
Examinons, successivement, son action dans la
dislocation articulaire cl dans les arthrites
inllammatoires.
C est surtout dans la luxation congénitale de
la hanche ({ue l’iiilluence du (isoas se fait sentir :
tous les luxés un (leu Agés, c'est-à-dire a{irès cin({
ans, et en {larticulier les luxés dotililes, (irêsenleni
une rétraction de ce muscle, caractérisée {lar une
lordose à grande courbure, « lordose haute », ({ui
s’accentue avec l'Age. 11 est facile de dilférencicr
la lordose consécutive au mouvement de bascule
du bassin {lar le nqiort en arrière des fémurs de
celle {irov(i({uée (lar la rétraction du (isoas ; la
(iremière disjiaraîl a{irès réduction de la luxation,
la seconde (lersisle.
La rétraction du (isoas n’entrave (las la réduc¬
tion de la luxation mais elh' est un olistacle à la
contention en maiiilcnanl ralliludc basculée en
avant du bassin et déterminant un certain degré
de llexion et rotation externe du fémur, d’où lri{ilc
tendance au décollement du lémur de son {loiiil
d’a{i{iui. La {)lu{iart (h's luxations récidivantes le
sont non point à cause des malformatioiis osseuses
mais comme c(iusé({uence de la rétraction du
psoas; on conqirend combien il est illusoire,
en ces cas, de déterminer une attitude eu rota¬
tion interne du fémur dans l’appareil (ilAtré
puisque la rotation externe se riqiroduira a{irès
la libération du membre tant que l’on n'aura (tas
allongé le (isoas.
(Jiiand la tension du (isoas ii'esl (las sullisaiile
.3
(lonr pr(iV(ii{uer la r(duxati(in, elle entraîne, avec
la (lersistance de la lordose, une mauvaise altitude
du membre en rotation externe, les malades se
(ilaignenl de (lorter le (lied en dehors, en même
temps ({u’ils sont gênés dans la marche.
Dans les arthrites de la hanche, l'action du
(isoas est aussi nette, (liiez un c(ixalgi({ue dont
l’all’ectioii est eu évolution, on observe ({ne la
rotation externe du membre et la lordose a{i(ia-
raissent en même tenqis (jue l’adduction. 11 en est
de même dans toutes les variétés (rinllammalions
articulaires, aigu("s on chroni({ues.
Les attitudes vicieuses délînitives au cours de
ces alfections se jiroduisenl lieancoiqi (dus sous
riniluence du (isoas i{ue sous celle des autres
muscles.
A noter ({ue lieauconji de malades à lésions
articulaires coxofémorales é(ironvenl des dou¬
leurs dans la l'égioii dorso-loudiaire ({ui ne peu¬
vent être allriliuées ({u'à la traction du (isoas
(iuis((u’elles (lis[iaraissenl avec (die.
Dans les aH'eclions de la hamdie, (diez des su¬
jets jeunes, alors ((ue le [isoas est sim|ilemenl
contracturé, on olilienl son élongation laqiide [lar
rexlension continue des memhres intérieurs, en
y joignant la conqiression au niveau de la (larlie
antérieure du bassin. Dans les cas [ilus accusés,
il est bon d’idendre le malade sur un [ilan résis¬
tant, d’assurer [lar des courroies le maintien du
thorax et des cuisses, [mis d'agir [lar une troi¬
sième couri'oie sur la région alid(iniino-[i<dvienne
[lonr pr(iV(i((uer le conlact de la région |iosléro-
inlérienre du dos avec la table. On renonvidle ce
redressement, à [ilusienrs nqirises, [lendant une
heure (dia([ue lois, dans la journée, cl on le com-
[ilele, s’il y a lieu, [lar le (loi’l d'un corset rigide
établi sui- le moulage (iris en alliinde coridgée.
avec sangle abdominale inli'ideure.
.l'ai oblemi par ces Irailemenis orl lio[iédi((ues
des résultats a|ipi’écialiles. même dans des cas
.Mais il est (Iss rétractions du psoas, (diez les
sujets Agés, ((iii ne (leiivi iil ('Ire iniluencées [lar
ces mamenvres. Il tant alors recourir aux inlei'-
venlions idiirurgicales [lar la section du tendon
ont été (iréconisêes ; les im isions anlcddenres ou
antéro-exiernes i Shede-l.mdo', Ilueti r ; ( Iles sont
aliamlonnêes [larce ([ne dangereuses en raison de
la [iroximilé du ]ia((uel vasculo-nerveux, et m'ccs-
sitanl une conire-ouverlui'e [loslérieure (lour le
drainage.
L’imdsion [loslêrieure d .\nzolelli. de 8 cm.,
(Jarlant du |iclil lro(diantei' en suivant la direction
des faisceaux du grand lessier. ne donne |ias (dus
de la(dlilê car, (lour all( indre le pi lit Iroi hanter,
il faut glisser le doigt entre le grand addneleur et
Pi-élérahle est la leidmi((uc de Deimci'-I.asserre
((ui utilise la voie d'acees inguino-erurah interne
(lara-vascnlairc ; I imdsion commence un |ien au-
dessous de l’arcade crurale, à 25 mm. en dedans
des vaisseaux, et se |ioursuil \ (■rlicalenienl au
longueur de 10 cm., [lassant entre le (lei line et hi
gaine des vaisseaux ; elle permet. |iar clixdge ana-
l(inii((Ue. un accès direct sur le tendon du [isoas
ilia([ue et sur le [lelil trochanter.
La libération de rinserlion inférieure ne [iro-
V(i(|ne |ias . immédiatement . rallongement du
[isoas. La tension exagérée et (irolongi'e du ten¬
don sur le rehord du bassin entre ^l'■(line iliaipie
la goultiî'fe existant normalement et [ir(>\ii(]ue
des réactions osli''o[iériosli((ues retenant le li ii-
don. Il (b vient donc in(lis(iensable de i (im(deler
rinlerveiition opéi-aloire |iar le Iraileinent ortho-
[iédi((ue ([ui en assure l'ellicacilé.
Au moment où la chirurgie ■ortho[iédique étend
son action sur les alfei lions de la hanche consi¬
dérées, jus((u'à ce jour, incurables tant par leur
4
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 2 .lanvier 1929
N- 1
nature (jue par leur ancienneté, il y a lieu de se
préoccuper d’accroître et de consolider les résul¬
tats ])rovo(piés en ne négligeant de traiter aucune
des niodilications palliologiques de la région. La
correelion systéinaticjue de la rétraction du psoas
l)erine(lra, en j)erl’eclionnant l’état anatomique,
d’obtenir un résultat lonctionnel j)lus complet.
ISOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MEDECINE
ts Déoembre 1928.
Sur la situation démographique de Paris. -
JW. Pinard jette un cri d’alarme au sujet de Vulifto-
fiihtif, e'est-à-dire de la faible natalité frain;aise.
La valeur de la prémunltion dans la tuberculose;
son insuffisance dans la prophylaxie de cette mala¬
die. JW. Lignières, <lans un long rapjmrt groujiant
une série de ri’eluM'i'bes d'auteurs dilférents, y trouve
la preuv<‘ di‘ I jusufllsanre d(ss divers procédés de
varrination antiluberruleuse riiez les animaux.
Il rappelle les ronstatations de Petrolï trouvant
dans le li. (1. (î. deux variétés de bacilles, l’un inof¬
fensif. l'autre virulent.
Ses conclusions sont les suivantes :
La vaccination îles veaux par le H. (1. G. agit de la
même manière ipie celles qui ont été très largement
expérimentées antérieurement avec des bacilles de
Koch atténués, noiamnieut le vaccin fJebring et les
bacilles du type humain. Le 15. G. (î. a sur ces der¬
niers le grand avantage d'avoir été mieux lixé dans
sou atténuation par MM. Galmette et Guérin.
La caraclérisliipie de ces vaccinations est qu’elles
donnent une résistance très marquée aux bovins ipii
font reyue, comparativmnent aux témoins non vac-
.Malheureusement, cette résistance n est que rela¬
tive; pour la juger, il faut attendre au moins une
année ; elle n’est ])as de très longue durée, elle va en
s alîaiblissant assez raiiidement jusqu’à jiermettre
l'infection tuberculeuse naluridle ou expérimentale
des vaccinés après nn délai variable en rapport avec
h-ur sensibilité et avec le degré d'infection ampiel ils
sont soumis. Six mois après l’infection, on peut déjà
rencouirer des lésions tiibi'rcnleuses sur les aidmaux
préinunisés ; dans <l’autres cas, les sujets vaccinés
résisti'Ut plus longtemps; main tüiijiiurn ils /iilisspilt
par dryrnir ttihrrrulvux si Irprrurf a (/iirlqar
Les revacrinalions peuvent retarder un peu l’iiifec-
lion tuberctileuse, mais elles ne l’empêchent pas.
l’uis(|ue jnsiiu’iri tous les expérimentateurs sont
d’accoril iioiir reconnaître i|ue le 15. G. G. est inof¬
fensif pour les veaux, il est ind'qué de l'enqiloyi'C
dans les étables envahies par la tuberculose pour
retanler l'évolution de cette maladie chez les prému-
idsés ; mais d'aucune manière, et pour les raisons
indiipiées plus haut, !(■ 15. G. G. ne peut remplacer les
mesures sanitaires seules susceptibles, par l’éloigne¬
ment des malades, d’assurer l'assainissement complet
des étables.
Ge sont les résultats exi>ériinentaux obtenus sur
les animaux et. plus |)articulièrement. sur les bovidés
qui ont permis à .Si. Galmette et à ses collaborateurs
(i’ap]di(|uer le U.G.ti. ilans lit prophylaxie de la
tuberculose humaine.
Gependant les conditions sont dilîérentes chez
l'hoinme pour des raisons multiples, mais surtout à
cause de sa sensibilité plus grande au B. G. G. et du
mode il'emplid de ce vaccin qui se prend par le tube
digestif chez les nouveau-nés, tandis i[u’il est ino¬
culé sous la pt*au des veaux.
Quoi qu'il en soit, il faut se rappeler que le vaccin
Galmette et (iuérin ne peut donner qu'une résistance
seulement relative et momemtanée i|ui s’alfaihlit et
disparait assez vite.
I.orsqu lui en fait usage chez h's enfants nés de
parents bacillifères et vivant dans un milieu conta¬
miné, il est de toute néci'ssité de ne pas négliger
les mesures d hygiène. Gelles-ci sont toujours la
hase essentielle de la lutte contre la tuberculose; le
15. G. ti. est impuissant à les remplacer.
ICn accordant au 15. G, G. des qualités prémuni-
santes exagérées ((u'il n u [uts, on donne aux inté¬
ressés une faussi" et dangereuse sécurité.
Le problème de la vaccination des nouveau-nés
élevés dans un milieu bacillifère reste à l’étude ainsi
que l’a très bien indiqué le Comité d’Hygiène de la
Société des Nations.
La vaccination des enfants sains non exposés à la
contagion de la tuberculose ne se justilie d’aucune
manière, pas plus cpie la vaccination en masse de
tous les enfants.
Les statistiques de M. Galmette sont entachées
d’erreurs graves qui leur enlèvent toute valeur.
- JW. Vallée, à propos des expériences de PétrolV,
signale que la commission de la Société des Nations
les a longuement étudiées. Sur son milieu de culture
spécial, cet auteur aurait obtenu, pour 50.000 colonies
de type 15. G. G. inolîensif, une colonie de bacille
virulent pour le cobaye ; il est vrai que ce bacille se
rapprochait plutôt du type humain que du type bovin
d’où est issu le 15. G, G. Il est donc probable, ce fut
la conclusion de la commission, qu’il s’agissait d’une
souillure. Aucun résultat analogue n’a été obtenu ])ar
d’autres observateurs. Un programme de recherches
nouvelles a été établi pour éclaircir cette question.
JW. Lignières ne croit ])as au retour brusque
de la virulence du 15. G. G. ; lui-méme a constaté à la
fois la rapidité de l’atténuation du. bacille bovin par
la bile et, un même temps, la lixité de cette atténua¬
tion. Il ne croit donc pas que le bacille pathogène
trouvé soit réellement un bacille bovin classique.
L’existence possible, en très petite quantité, d’tin
gei’ine moins atténué au milieu du B. G. G. normal
expliquerait justement la rareté de ce qu’il avait
d’abord considéré comme une « sensibilité exception¬
nelle » de certains sujets au B. G. G.
La prophylaxie tuberculeuse des conscrits.
Un vœu de JW. Truc n’est pas adopté.
A propos de la lèpre. - JW. Jeanselme, rappor¬
teur, fait adopter un vœu pour demander modillca-
tion de la loi du 17 Avril 1832, et prolonger le délai
de einq ans, considéré comme maximum de durée de
l'incubation de la lèpre.
Les gaz de combat. JW. Delépine, rapporteur,
fait voter un vœu demandant qu’on prépare des
mesures jirotectrices contre l’éventualité d’une
attaipie par les gaz.
Election : JW. Menetrier est élu vice-jirésident
pour 1929.
21') Décembre 1928.
L’immunité vaccinale dans les maladies typho'i-
des. JW. Achard présente la statistique des ma¬
ladies typhoïdes observées depuis 9 ans dans son
service. Les fièvres paratypho'ides y entrent pour
plus de 30 pour 100, mais leur fréquence varie beau¬
coup suivant les époques : en 1925 et 1926, elles
l’emporlaient sur les fièvres éberlhiennes, taudis
qu’en 1928, il n’y a evi que des fièvres éberlhien¬
nes. La mortalité a été notablement moindre pour
les fièvres paratyphoïdes B (8,5 pour 100) que pour
les éberthiennes (15 pour 100|.
Les bienfaits de la vaccination préventive aux
armées ressortent de ce que le sexe masculin est
beaucoup moins atteint que le sexe féminin et que,
parmi les hommes, ce sont surtout des jeunes gens
avant 21 ans <|ui sont frap])és. Kn effet, dans cette
statisli([ue figurent 41 hommes seulement et 123 fem¬
mes, soit un quart d’hommes. De plus, parmi
les hommes, 25 (60,9 pour 100) avaient moins de
21 ans, tandis que parmi les femmes, 18 seulement
(14,6 pour 100) u'avaient pas atteint cet âge.
De tous les malades, 12 avaient été vaccinés. Mais
l’un d’eux n’avait reçu que du vaccin antiéberthien
et fit une fièvre paratyphoïde. Une lemme qui s’était
vaccinée avec un entéro-vaccin pris par la bouche
eut 3 mois après une fièvre éberthienne, et il l'st
probable i|ue chez elle la vaccination n’avait pas été
elVeclive.
L immunité paraît avedr une certaine durée, car la
maladie est survenue 1 fois ajuès 2 ans, 4 fois a))rès
4 ans, 1 fois après 7 ans, 1 fois ajirès 10 ans, 2 fins
après 11 ans, et 1 fois après 14 ans.
La vaccination sous-cutanée est plus sûre (pie la
vaccination par voie buccale. Gelle-ci exigerait un
contrôle qui, jusipi'à présent, est délicat et nécessite
des jirises de sang répétées.
JW. Chauffard estime qu’il faut répéter la vac-
eination à 5, 10 et 15 ans.
JW. Marchoux fait remarquer l’intérêt de la
vaccination buccale qui, quoique donnant moins de
sï'curité, est mieux aeei'plée en raison de l’absence
de toute réaction : elle a donné, particulièrement à
Toulouse pendant la guerre, d’excellents résultats.
- JW. Martin estime que son action est souvent
inconstante et il insiste sur la supériorité de la voie
sous-cutanée, dont les résultats sont meilleurs avec
2 qu’avec une seule injection.
JW. Dopter se demande si des vaccinations très
nombreuses ne donnent pas une immunité très pro¬
longée et plus solide.
JW. Vincent a constaté une immunité de 16 an¬
nées avec 2 ou 3 injections.
- JW. J. Renault constate qu’actiudlement dans
les épidémies on note 5 fois plus de malades du sexe
féminin que d’hommes. G’est donc que les vaccina¬
tions de la guerre continuent à préserver 10 ans
- - JW. Achard conclut dans le sens de la supé¬
riorité de la vaccination sous-cutanée, parce qu’on
sait ce qui a été fait.
Typho’i’de et coquillages. JWJW. Boinet et Teis-
sonnière constatent que la typhoïde persiste à l’état
endémique dans la région méditerranéenne et sur¬
tout marseillaise, 2.000 cas pour Marseille (654.000 ha¬
bitants). Le plus grand nombre des cas et les plus
graves sont attribuables à la consommation de eo-
cpiillages souillés, et surtout des huîtres entreposées
illicitement dans des eaux polluées par les reven¬
deurs, bien (juc provenant de parcs salubres, con¬
trôlés. Il y a lieu de reviser l’application des règle¬
ments sur le commerce des coquillages.
Les lésions hépatiques du barbiturisme. -
JWJW. F. Trémolières, André Tardieu et A. Car-
teaud font connaître un nouvel exemple d’empoi¬
sonnement mortel par les dérivés de la malonylurée;
il s’agit d’une femme de 26 ans très robuste, morte
dans le coma profond avec anurie, une vingtaine
d’ht'ures après l’ingestion, dans un but de suicide,
(le 2 gr, 40 d’acide (liallylbarbituri([ue. A l’autopsie,
nulle lésion n’étail décelable. Le foie, d’aspect légè¬
rement graisseux, n’était ni cirrhoti(|ue, ni scléreux.
L’analyse toxicol()gi((ue, pratiquée sur les principaux
organes (foie, rein, C(eur, encéiihale, sang, rate), a
permis de caractériser 0 gr. 629 de diallylmalo-
nylurée. Rt l’on peut estimer à l gr. environ la
quantité de toxique (|ue contenait le cadavre.
Les coupes histologiques, préparées à l’aide d’un
fragment (le foie, montrent une altération diffuse par
plages étalées. La lésion consiste essentielhnnent en
une clarté anormale des cellules. Quelquefois l’élé¬
ment glandulaire apparaît pourvu de deux noyaux
bien colorés. Dans quelques cellules, des altérations
nucléaires (fragmentations) sont très caractéristiques
de la souffrance subie par l’organe. Le protoplasma
cellulaire est em])li de petites granulations transpa¬
rentes, Get ensemble de lésions cytologiques est
comparable à celui ([ue l’on a (h'crit dans le foie de
sujets morts au cours de certains états toxiques ou
infectieux. Afin de leur attribuer une valeur absolue
dans l’anatomie j>athologique du barbiturisme, les
auteurs ont entrepris une étude expérimenlale. A
des lapins, ils ont administré, à plusieurs re])rises,
des doses variant de 2 eme à 2 eme 1/2 (l’une solu¬
tion de diallylmalonylurée à 0 gr. 10 ])ar eentimètre
cube. A l’aille des mêmes techiii(iues employées pour
le foie humain, ils ont pu mettre en évidence sur les
coupes une disposition pathologique des trabécules
héi)ati(ptes i(lenli(iue et, surtout, la même clarté
anormale des cellules avec transformation semblable
du prot()))lasma glandulaire iionctué de vésicules
claires vacuolaires.
dette constatation démontre que les dérivés de la
malonylurée sont capables de provoquer des lésions
hépatiques graves décelables microscopiquement.
Mlle explique la toxicité redoutable de cette série
d’hyimagogues. même administrés à doses thérapeu-
ti([ues, chez des sujets atteints déqà d’une altération
hépati((ue fonclionnelle ou organique.
Rt surtout, elle justifie les mesures prophylactiques
envisagées ])ar l’Académie de Médecine (classement
des dérivés de la malonylurée dans le tableau G des
substances vénéneuses) dans le but de prévenir
l’extension de ce mode d’emiioisonnement-suicide.
Le B.C.G. à la ménagerie du Muséum. -JW. Mon-
quet a employé le vaccin de Galmette-tîuérin en
ingestion chez 18 singes, 20 carnassiers, 35 herbi¬
vores environ. Sur 73 animaux, 43 sont encore
vivants, 4 peuvent être soupçonnés morts de tuber-
I.A PRKSSK MEDICAI-E, Men-n^di. 2 .linivier 192H
5
N" \
L’aulenr conclut à l’innocuité du BCG ebci i-e»
animaux.
La fièvre exanthématique. — MM. Plazy, Mar-
candier ef Marçon apporlent une étude nouvelle
sur cette adrctian et ses rapports avec le typhus
endémique bénin. Ils concluent qu’on est dès main¬
tenant autorisé à faire entrer dans un fçrouj»; com¬
mun le typhus exanthématique, la maladie de Itrill.
le typhus tropical et la lièvre exanthématique de
mitre rétîion.
Prochaine séance le « .lauvier.
A. Bocauk.
SOCfÉTÊ DE BfDLOGIE
15 Décembre 1928.
Sur la sensibilité à la tuberculine des Jeunes
cobayes ayant absorbé du B.C.O. — MM. J. Valtis
et A. Saenz ont remarqué que les jennes cobayes
ayant absorbé 30 milliîsr. de B.C.G. à la pipette se
développent normalement et réajrissent à Pêprenve
intradermique it la tuhei-rnîinc par des réactions
d’intensité variable et d’nne durée plus ou moins
prononcée.
Le nombre des animaux réagissant ainsi est beau¬
coup plus élevé qu’on ne l’a supposé jusqu’ici.
Recherches sur l’action cbolagogue des sels bi¬
liaires injectés par voie veineuse. — MM. Etienne
Chabrol et Maarice Maximin ont recbecebé dans
quelle mesure l’action cbolagogue des sels biliaires
était subordonnée à Icuc pouvoir liéiuolylique.
De leurs expériences, ils concluent que ; si ces
sels ont un celentisseinenl sur la Lîligénîc. pigmen¬
taire par l’iiéinoglobinliémie qu’ils engendrent il
fortes doses, ce n’est pas dans les premières demi-
heures qui suivent leur injection. Leurs effets cho-
lagogues immédiats ne semblent [las sons la dépen¬
dance de leur action hémolytique.
L’étude de la glycorégulation par ie test de tolé¬
rance à l’Insuline. — M. M. Sendrail projmse de
réaliser en clinique, parallèlement à l’épreuve de
tolérance au glucose., une épreuve d’hypoglycémie
provoquée, posl-insuliniqiie. Il précise les limites
normales des variations hypoglyeémiques. Même
chez le sujet au repos et it jeun, les courbes sont
dissemblables, mais elles diffèrent notablement de
celles que l’on recueille dans les cas pathologiques,
cas dits d’hypersensibilité à l’insuline, dont les
atteintes endoeriniennes fournissent de nombreux
exemples,
Chimiothérapie de la septicémie méningococ-
cique subaiguë (forme pseudo-palustre) par les
injections Intraveineuses de trypaflavine. -- MM.
Darré, Albot. Berdet et LaSXaille rapportent ileux
ras guéris en 2'i heures par une injeclion intra-vei¬
neuse de Icypadavine. alors que l’infecttrra avait
résisté pendant 2 mois 1/2 dans un cas, pendant
2 mois dans l’autre, aux divers traitements préco¬
nisés jusqu’ici, etc.
IjOs auteurs conseillent d’injecter d abord 0,20 gr.,
puis à 3 on \ jours d'intervalle, même si l’apyrexie
existe, de faire nn(> deuxième injeclion de 0,30 gr. et
niic troisième de 0,10 gr.
La chimiothécapic parles injections intraveineuses
de trypaflavine réalise donc un traitement efficace
des septicémies méningoeocciqnes prolongées. Il
serait indiqué de l’adjoindre A la sérothérapie anti-
ruéningocoeciqnc dans les méningites rérébro-spi-
La masculinisation des chapons par le sérum de
taureau, considérée au point de vue de la loi des
seuils différentiels et de la loi du tout ou rien. -
M. H. Busquet a remarqué que la masculinisation
lies chapons par de jietiles doses de sérum de tau¬
reau fait apparaître, d'une manière dissoriée, les
divers éléments du eoinplexe sexuel. Le chant se
manifeste le iircmier, puis la combativité et l'instinct
géftital. I^a ccète subit rarement des modifications
notables.
IjOS petites doses de sérum de taureau peuvent
déterminer chaeun de ces caractères A Vétat d'ébauche.
de sorte qu’il se crée un niaseulinisme ineomplet,
rontraireiiient A la loi du « tout ou rien f de
Pezard. Ce résultat inattendu tient probablement A
ce que, dans la masculinisation du chapon par admi-
agissanlet ne sonL pas spécifiques et ont été vrai¬
semblablement madifiées par les sucs digestifs.
Cellule pour réactions histo-chtmîques. — MM.
Leroux et Craciun présentent une cellule carrée en
verre iq>aîs, facilement adaptable A la platine du
on peut traiter la coupe par dilTérenls réactifs lii|uides
ou gazeux, sans être obligé d’interrompre un seul
instant l’élude microscopique de la réaction.
Glycogénie des cultures de tissu « in vitro ». —
MM. Boussy et Craciun ont pn décider la présence
du glycogène dans les cultures de tissus embryon¬
naires de poulet.
Il s'agit d’un phénomène de glycogénie dégénéra¬
tive, irréversible, dans un tissu en voie lî’autolyse
aseptique.
Dans les colonies de cellules de poussée nouvelle,
les cellules d’aspect normal ne contiennent que de
très faibles quantités de glycogène. Il s’agit ici d’une
glyeogi'nie réversible.
Les cultures de cellules du sarcome de Rous et du
sarcome de Jénsen ne contiennent de gl3'eogène que
dans les 24 premières heures, et seulement au niveau
du fragment « expiante ». C’est encon» nn exemple
de glyrogénîe irréversible.
Sur le diagnostic des septicémies tuberculeuses
; par la tuberculose atypique du cobaye de Calmette-
ValGs.. — MM. Paisseau et Oumansky ont pro-
; voqné chez le cobaye une tuberculose atypique pure-
‘ ment ganglionnaire avec présence de bacilles acido¬
résistants par inoculation du sang d’une lubeivulimse
pulmonaire prélevé an mement d’une pous.sce évohl-
live. Plitstenrs constatatians analogues ont été faites
rêremment par inoculation de sang au cours d'épi-
sodés tnbercnleux divers. L’inoscopie de Joiissot et
les proemlès de baelérioscopîe similaires avaient fait
appavailro la fréquence des Lacillémies tubercu¬
leuses. 'l’oulefois, la nature luberruleuse des bacilles
acido-résistants rencontrés dans ces conditions n'avait
reprise sons le eontrèle des méthodes expérimen¬
tales nouvélles issues de la notion d’une forme 111-
Irablc du bacille tubeia-uleux.
Crise leucopénlque. consécutive à l’application
sur les téguments de topiques dits réducteurs. —
MM. Ag. Sézary et Robert Worms monlrcnt, par
l’élude de 25 malades, que l’applicalion, sur un épi¬
derme sain ou malade (lésions d’eczéma), de sub¬
stances dites réductrices provoque, dans la majorité
des cas, une chute marquée du nombee de globules
blancs. Par contre, une friction mécanique exercée
suc la lésion ou une onction A l’aide d’un corps
gras simple tic modifie pas sensiblement l’équilibcc
leucocytaire. Ils coiiclucut que les topiques dits
cédiiclcnrs ajoutent A leur action chimique in .tilii -
dont le mécanisme, d'ailleurs, est mal éli.eidé -
une action générale qui Invuve an moins sa prt'uve
dans celte crise leucopénique.
Les anticorps antîalbuminiques et leur action
« in vitro ». — Il résulte des recherches de MM. S.
Livierato et S. Vagliano que la présence dans le
sang circulant d’anticorps spécifiques antialbumi-
niques, mise en évidence par leurs expériences anté-
rienres, se trouve confirmée par les expériences
faites in vitro.
Synergie des antigènes et production d’anticorps
spécifiques — MM. Weinberg. J. Davesne et
C. Sanchez ont étudié l’influence de la synergie des
antigènes d’origine microbienne sur la production
d’anticorps spécifiques. Dans ce but. ils ont compar*'-
les taux d'agglutination du sérum de lajiin, préparés
par Injections d’un seul antigène, et relui de lapins
préparés par injection d'un mélange de plusieurs
antigènes employés à des doses moindres.
U résulte de leurs expériences que, parmi les ani¬
maux préparés avec le mélange de trois antigènes,
et qui ont reçu en tout une dose de chaque microbe
trois fois moins élevée que les animaux lénioins,
certains fournissent un sérum agglutinant de iiicnie
litre que les animaux témoins, d’autres un sérum
Ces recherches mnnircul l’inlluence favorable très
nette de la synergie des antigènes sur la production
des anticorps spécifiques.
Elles présentent un intérêt pratique. Les animaux
supportent mal l’injection de mélanges de fortes doses
de plusieurs antigènes. T,a possibilité d'obtenir de
bous résultats par des injections de mélange de petites
doses facilitera la préparation, de aéruma polyvaleals
nntimicrobiens.
Chlore plasmatique et chlore globulaire — M.
Laudat, en raison de rintérét qu’on attache actuel¬
lement A la mesure du chlore globulaire, expose la
leelmique qu'il utilise depuis deux ans pour doser
cet clément dans le sang total, le plasma et les
Les résultats qu'il rapporte à titre d exemple mon¬
trent que, conformément à l’opinion d’Ambaisl et de
Schiuid, il est pKdérable d évaluer le chlore globu¬
laire par dosage direr’l des globules iilutùl que par
mesure indirvicte A l’aide du chlore du sang total et
dn eldore du plasma, en tenant compte du rapport
des hématies au plasma. Si, eu effet, il a pu obtenir
des résultats très satisfaisants par mesure indirecte,
il a fallu pour cela : 1" que le rapport du volume des
hématies à celui du plasma ne s’écarte j>as d’uue
façon sensible de la normale ; 2" que les teneurs eu
chlore ne soient pas notablement abaissées. Lorsque
CCS conditions ue sont pas réalisées, des erreurs par
excès, parfois notables, apparaissent.
Election - M. Zœller est nommé membi-e titu.
1 laire.
22 Di’cembre 1928.
Sur fiactlon cholagogue du chlorure de magné¬
sium. — MM. Etienne Chabrol et Maurice
Maximin ont observé, coutraircment aux expé'rieuces
déjA auciennes de Laborde, que le chlorure de magné¬
sium , injecté A foJ’tes doses i»r vole veineuse, ne
délerniiuait point d’hj'persécrétîou de la bile chez le
chien porteur d'uue fistule ebolédocienue temporaire.
Les effets du chlorure sont A cet égard eoiufiarahles
à ceux du sulfate de magnésie.
A faible dose le même sel exerce un pouvoir ebo-
liigogue déjà relaté par MM. Carnot et Cachliiiger
Le volume de la bile varie de simple à double taudis
slrisîblc. Il semble que l’on doit en cliecclier ta raÎMiu
dans une excrétion abondante de sols biliaires.
Celle action cholagogue du chlorure de itiagnésliuu
à faillies doses reste infime eu regard de celte de
Essais comparatifs de renforcement de l’immu¬
nisation antigangreneuse des chevaux producteurs
de sérum par des substances aspécifiques spécifi¬
ques. — MM. Weinberg et J. Baratte ont cherche
s’il était possible d’améliorer les qualités spécifiques
des sérums antigangrcueux en ajoutant .aux toxines
ceulcifugécs focmolécs diveescs substances non
spécifiques (sang, tapioca) on des corps miccobicus
(microbes homologues).
Les pouvoirs antiloxîquc et auti-iiifccticux des
sérums paraissent légx'romi nt améliorés par l’additloi
des diverses substances à la toxine cculrifugéc foc
niolée, mais les variations obtenues dans le taux de»
anticorps sont toujours iuférieuia-s ou égales A celle»
que l’ou ]>eut observer dans une série de ehevan>
traités, df’une façon identique, par le iiième antigène
et qui résultent de raplilnde diflorente des diver»
sujets A réagir au même antigène.
Si l’on désire ronforeer rimmiuiis.'itiou des sujet»
en provoquant une n'uielion lorule intense au poiii
d'inoculation de lu toxine, il est indiqué d'ajouter i
celle-ci une dose appropriée de corps inieisibien:
homologues. A l’action irritante locale qui l'ésulte ih
l'addition de ces corps miciaiblons foriiiolés s’ajout»
une action spécifique, due A réiroile spécificité di
leurs protéines, qui est donhlenient favorahle à l’iin
inunisation.
Action de la toxine tétanique sur la corticoaur
rénale MM. O. Mouriquand. A . Leulier et P
Sàdallian. La toxine lélaiiiqne n'a aiiciiiie action su
la teneur en lijiides de la eorlieosnrréii.'ile, quelle qiu
soit la gravité des phénomèiies toxiques oliservés.
Les auteurs ont signalé déjA son action nulle su
la zone médullaire des surrénales
Toxine diphtérique et corticosurrénale. — MM
G. Mouriquand. A. Leulier et P. Sédallian monlrcn
que la toxine diphtérique altère jirofimdémenl 1
composition chimique de la zone cortirnle des sut
rénales. La teneur en eholcstérine s’ahaisse propiu
tionnellemeni A la gravité de l'intoxication ' T.e
6 I.A
auteurs ont signalé des faits analop;ueB en ce tpii
concerne l'adr(^naline de la zone médullaire.
Du rôle des cristalloïdes dans le pouvoir anago-
toxlque des eaux minérales, — MM. P.-L. Violle
et A. Giberton ont mis en évidence que les cristal¬
loïdes semblent être les éléments qui, dans les eaux
minérales envisagées, confèrent le pouvoir anago-
loxique pour le cuivre.
Des reclierches rapportées dans la présente note,
il ressort que, parmi les composants d'une eau sul¬
fatée bicarbonatée calcique et magnésienne, qui s’était
montrée nellement anagatoxique, l'ion Ca, seul, est
doué de cetle propriété. Les auteurs peuvent dire,
dès à pi'éscmt, avec certitude, (|ue le pu du milieu
jo\ie uu rôle considérable dans le mécanisme de l'ac¬
tion anagoloxique de certains ions pour le cuivre..
Sur la durée de vitalité et de virulence de « tri-
chophyton gypseum » Incorporé à des litières.
JW. Achille Urbain montre que certains parasites
des teignes animales, et en particulier trichophyton
gypseum, sont ca])al)les non seulement de végéter
possible de les retrouver vivants et virulents apiès
un séjour de 9 mois. Ce délai semble d’ailleurs pou¬
voir être dépassé, puisque l’auteur a antérieurement
constaté que sur des épis de blé, trichophyton
gypseum, en cultui'c pure, peut vivre plus de 2 ans.
De la vaccination « per os » contre la paraty-
phiqueB. — JW. W. JV. Kosmodemiansky a montré
qu’en administrant à des pigeons per os des cultures
tuées de bacilles parat}'phiques, on arrive à les vac¬
ciner contre l’infection moi-telle produite par inges¬
tion de bacilles paratyphiques vivants et virulents.
Le sérum des pigeons ainsi vaccinés ne renferme ni
agglutinines, ni baclériolysines, ni pouvoir préventif :
leur immunité est donc d’essence locale, intestinale.
Etude sur la purification et la nature de la toxine
dysentérique. — JWJW. S. Hosoye et G. Y. Stefa-
nopoulo, dans une série d’expériences, montrent (pie
le filtrat d’une culture de bacille de Sliiga en bouillon
Martin ou l’extrait aqueux et alcalin d’une émulsion
de corps bacillaires peuvent être utilisés pour la
préparation d’une toxine imriliée. Un premier essai
de purification fait, suivant la méthode des auteurs,
parle Zn CD, leur a fourni une toxine purifiée mais
dans laipielle la réaction du biuret est positive.
Nouvelle contribution à l’étude de l’action car¬
diaque du chlorhydrate d’éphédrine naturelle sur
le lapin. — JWJW. Laiinoy et P. Nicolle poursuivant
leurs études sur l’action cardiaipie de l’épliédrine
naturelle ont vu qu’è partir des doses de 5 milligr. par
kilogr. (injection par voie veineuse) la phase dépres¬
sive cardiaque très courte entre les doses liminaires
s’accroît progressivement, lut phase tonique fiuirait
par disparaître.
Les auteurs concluent de leurs recherches que les
phénomènes cardiaques cl les phénomène^ vasculaires
sont indépendants, encore que l’action dépressive car-
diacpie ait sou retenlissemeul sur l’action vasculaire.
Sur les lésions ganglionnaires produites chez le
cobaye par la tuberculine brute. - JWJW. A. Saenz
et F. Van Deinse démoutrent que la tuméfaction des
ganglions régionaux observée chez les cobayes ino¬
culés avec de la tuberculine brute est due non pas
aux produits solubles que contient cette substance,
mais aux bacilles morts qui s’y trouvent entraînés
uu cours de sa préparation. D’autre liart, l’hyper¬
trophie des ganglions viscéraux ayant été fiéquem-
ment constatée chez des cobayes normaux, l’action
pathogène des éléments fdtrables du bacille tuber¬
culeux ne peut être afli nuée que si les animaux ino¬
culés présentent des bacilles acido-résistants typiques
dans leur système ganglionnaire.
Action de l’ultra-virus tuberculeux sur la for¬
mule hémo-leucocytaire chez le cobaye. — JW. T.
de Sanctis Monaldi a observé que les filtrats de
bacilles tuberculeux agissent sur la formule hémo¬
leucocytaire en déterminant chez le cobaye une légère
anémie de type secondaire, une diminution des leu¬
cocytes ueutro et éosinophiles et une augmentation
des lynqiho et des monocytes avec déviation à gauche
de la formule d'Arneth.
Ces modilications paraissent ducs au virus filtrable
tuberculeux puisque, ni la tuberculine filtrée, ni la
tuberculine centrifugée et décantée, ni le filtrat chauffé
à 80° no sont capables de les reproduire.
Les changements temporaires provoqués dans la
PRESSF. MKDIC.M.E, Mercredi, 2 .lanvler 1929
formule hémo-leucocytaire par l’injection du culot
de centrifugation de la tuberculine peuvent éti-e
attribués aux corps cl débris bacillaires contenus
dans celle substance,
A. Lscai-ier.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
19 Décembi-e 1928.
A propos des injections intra-utérines de lipiodol.
- JW. Proust. 11 y a avantage à être très prudent cm
ce qui concerne la pression dans ces injections. Dans
l’observation rapportée dans la dernière séance,
l’injection fut faite immédiatement avant les règles,
et a peut-être coïncidé avec le réveil d’une pousser
salpingienne. Sur80 injections faites dans son service
par M. Claude Béelère, M. Pi-ousl n’a eu aucun ennui,
mais il faut être très prudent, ne pas pratiquer celle
injection immédiatement avant les règles, n’employer
que de faibles pressions, 15 à 20 cm. au maximum.
■ - JW. Descomps a vu plusieurs accidents inflam-
- JW. Lecéne apporte une observation de JW.
Claude Béelère (de Paris) qui, après 320 injections
de lipiodol sans ennui, a eu un accident avec celte
méthode. L’injection a provoqué une poussée sérieuse
bilatérale de salpingite qui a cédé au traitement
médirai. Il ne faut donc employer cette méthode
d’exploration qu’iï bon escient.
A propos des injections intrarectales de solu- .
tions hypertoniques dans l’occlusion. — JW. Küss
remarque qu’une solution hypertonique n’est absorbée
par l’intestin que lorsqu’elle est devenue isotonique,
et il'ne comprend pas, clans ces conditions, quel est le
mécanisme de l’action des solutions hypertoniques.
A propos des fractures du calcanéum. — JW. Mau-
claire apporte une curieuse radiographie qui semble
concerner plutc'it une fractiire par éclatement que (lar
Ruptures du tendon duquadriceps et du ligament
rotulien. — JW. Cadenat fait un rapport sur ces
observations, dues les unes à JW. Vanlande (Armée),
les autres à JW. Guillemin (de Nancy).
M. Vanlande a opéré une rupture ancienne du
tendon du quadrireps et, ne pouvant abaisser le
muscle juscpi’à la rotule, il a dû, indépendamment d’un
rapprochement par fils métalliques, faire une plastie
musculaire et aponévrolique. Le résultat .fonctionnel
fut supérieur è ce que l’on pouvait espérer. Pour une
rupture du ligament rotulien, M. Vanlande put faire
M. (iuillcmin eut à réparer une rupture du tendon
du ((uadriceps 3 mois après l’accident.
-■ JWJW. Maisonnet et Mouchet citent quelques
observations de ruptures du quadriceps.
Hygroma hémorragique de la bourse séreuse du
psoas. - JW. Auvray fait un rapport sur cette
observation de JW. Chastenet de Géry (de Paris). Un
homme avait subi, il y a plus de 40 ans, un trauma¬
tisme de la racine de la cuisse qui avait provocpié
l’a])parition d'une petite tumeur restée immuable fort
longtemiis. Au bout de 40 ans elle commença a croître
et, lorsque l’auteur intervint, il trouva environ 150 gr.
de liquide hémorragique. La poche communiciuait
largement avec l’articulation.
- JW. Arrou a vu un seul ras d’hygroma de la
Ligatures des carotides pour cancers cervicaux
et bucco-pharyngés. JW. Auvray fait un rapport
sur ces observations de JW. Chastenet de Géry. Cet
auteur a fait 11 ligatures des carotides dont 8 de la
carotide externe.
Volvulus du côlon pelvien; résection.
JW. Okinczyc présente ce cas opéré par JW. Aumont
(de Versailles). Au cours d’une crise aiguë ce chirur¬
gien lit d’abord une simple détorsion de Panse. Plus
tard il exli^ioifiSa l’anse qui fut réséquée. Puis il fit
une application d’entérotome, et ultérieurement
reloucba opératoiremenl pour aider à la fermeture
M. Okinczyc note la douleur cæcale pour les
lésions du cïïlon pelvien et insiste sur la nécessité
d’un traitement radical dans les mégacôlons tordus.
Mémo pour les mégacôlons sans accidents occlusifs,
M. Okinczyc préfère la sécurité donnée par 1 exté¬
riorisation à la colectomie idéale, Par 'ailleurs il
estime qu’on n’a pas le droit de supprimer l’entéro-
tome de l’arsenal chirurgical.
Fracture du bassin avec disjonction de la sym¬
physe pubienne. — JW. Chevassu présente cette
observation de JW. Grimault (d’Algrange). Il n’y a
pas de troubles urinaires. Sous anesthésie locale
l’auteur fait une incision prépubienne transversale.
Il est très difficile de rapprocher les fragments et
de corriger leur décalage vertical, mais on obtient
uu très bon résultat immédiat, et le malade a récu¬
péré une maiThe normale.
Occlusion post-opératoire traitée par iléocolos-
tomie et injections intraveineuses de sérum hyper¬
tonique. — JW. Proust fait un rapport sur cotte
observation de M. Duncombe (de Paris). On pratiqua
4 injections intraveineuses do 10 eme de sérum à
10 pour 100. Guérison.
- - JW. Sauvé insiste sur l’action bienfaisante de
CCS injections dans l’urémie post-opératoire.
- JW. Récamier vient d’observer chez une malade
en occlusion l’action thérapeutique d’une injection
hypertonique intraveineuse.
- JW. Gosset rappelle qu’on ne peut vivre au-
dessous d’un certain taux de chlorures, et que, d’autre
part, il y a deux catégories d’az()témiques, les uns
Présentation de malades. — JW. Veau. J'hymec-
- JW. Rouhier. Fracture ouverte de l'humérus
gauche à H fragments.
Election du Bureau pour 1929. — Le Bureau de
la Société nationale de Chirurgie pour l’année 1929
est constitué de la manière suivante ; présideul,
■ JW. Gunéo; vice-président, JW. Gosset', secrétaire
général, JW. Lecène-, secrétaires annuels, JWJW. Ca¬
denat et Basset-, archiviste, JW. Mocquot ', trésorier,
JW. Toupet.
Elections. — Sont nommés Membres correspon¬
dants nationaux : JWJW. Botreau-Roussel (Armée),
Grimault (d’Algrange), Autefage (de Roubaix) et
Charrier (de Bordeaux).
Est nommé Membre associé étranger : JW. Navarro
(de Montevideo).
Sont nommés Membres correspondants étrangers :
JWJW. BaJacesco(de Bucarq^st), Castano (do Buenos-
Aires), Danis (de Bruxelles), Jurasz (de Poznan),
Lesniowski (de Varsovie) et A. Zeno (de Rosario).
La prochaine séance de la Société de Chirurgie
aura lieu le 9 .lanvier 1929.
S. Onniii.iN.
SOCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HOPITAUX
21 Décembre 1928.
Erythrocyanose du bras provoquée par le mou¬
vement. — JWJW. Ph. Pagniez et Robert Sicard
présentent une jeune femme de 25 ans chez qui,
depuis () mi)is, tous les actes nécessitant un effort
prolongé du bras droit, comme le fait de frotter, de
lessiver, etc., provoquent l’apparition d’une érythro-
cyanose très - marquée. Les mouvements du bras
gauche n’amènent aucune modification circulatoire.
Ce phénomène commence à se produire au bout
d’une minute, va en s’accusant jusqu’au moment où
le gonflement du bras et l’engourdissement qui en
résulte obligent la malade ù cesser tout inouxement.
La circulation se rétablit alors très lentement et
demande plusieurs minutes pour redevenir normale.
Ce trouble circulatoire est strictement limité au- bras
droit, remonte jusqu’à la région deltoïdienne et ne
s’accompagne d’aucune gène apparente de la circula¬
tion veineuse, les veines ne présentant pas de dila¬
tation importante au moment où l’érythrocyanose
L’examen clinique et radiologique ne montre
aucune lésion susceptible de comprimer les vaisseaux
ou d’irriter les troncs nerveux. Il n’y a eu à l’origine
aucune plaie périphérique, aucun traumatistnc,
aucune maladie.
Il n’existe ni au moment de la crise vasculaire, ni
en dehors d’elle, aucun trouble d'ordre sympathique
et, en particulier, pas de troubles sudoraux ni de
troubles de la réflectivité pilomotrice.
Ce phénomène semble d’une exceptionnelle rareté.
Peut-être est-il à rapprocher de certains cas d’urti¬
caire par effort.
N» 1
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
7
— M. Pasteur Vallery-Radot a obsorvo un t.ujct
qui présciitail de l’urlicaire uniquenx’ut f^ous l’in¬
fluence de l’elTort et qui, ù la suite de uiouteinenls
répétés du bras, localisa son urticaire à ce niveau.
Les mouvements peuvent donc déterminer des phé¬
nomènes vasomoteurs localisés qui semblent se rap¬
procher du cas présenté.
M. Cl. Vincent n'a pas vu de cas identique,
mais il a observé des phénomènes analogues pendant
la p;uerre à la suite de très petites blessures. Chez
nu blessé atteint d’une plaie en séton cicatrisée de la
région deltoïdienne par exemple, tout mouvement de
force du bras s’accompagnait de turgescence et d’im¬
potence du membre. Ces troubles ont disparu peu à
peu sans traitement. D'autre part, les bacilloses
fibreuses du sommet du poumon peuvent par action
inflammatoire sur les nerfs de la région déterminer
des troubles réflexes du côté du bras, tels <[ue la
chute du moignon de l’épaule.
M. Tzanck recommande l’essai du lartrate
d'ergotamine chez la malade présentée.
M. Pagniez croit, comme M'. Cl. Vincent, à
l'existence d’un agent d’irritation du sympathique,
mais le sommet du poumon est trop transparent i)our
Angiomatose hémorragique familiale. -- MM-
Ch. Flandin et Soulié montrent une malade ilgée
de 54 ans atteinte d’angiomatose hémorragique héré-
EUe présente des épistaxis très abondantes et des
taches vasculaires rottge carminé sur les joues, le
menton, la face supérieure de la langue et les doigts.
Ces hémorragies et ces éléments télangiectasiques se
sont développés depuis une dizaine d’années. L’exa¬
men hématologique ne montre qu’une anémie très
marquée. Les temps de saignement et de coagulation
sont normaux; le caillot est rétractile.
Contrairement aux malades présentées par M. P.
Emile-Weill en 1926 chez lesquelles un retard de la
coagulation avec émiettement secondaire du caillot
permettait de rapprocher cette aiïection de 1 hémo¬
génie, on ne trouve ici aucune modiflcation de cet
ordre.
La pathogénie et l’origine de celte curieuse affec¬
tion restent encore totalement inconnues. La vitro¬
pression, graduellement appliquée, des éléments vas¬
culaires, montre qu’il s’agit surlotil île dilatations
vasculaires développées aux déj)ens d<>s petits ^ ais¬
seaux de type artériel du derme. Ces éléments pré¬
sentent en effet des battements synchrones au pouls
et leur coloration rouge vif les rapproche des vais¬
seaux de type artériel.
Agranulocytose post-arsénobenzolique. — M""'
Pouzin-Malëgue (de Nantes) a observé un cas
d’agranulocytose post-arsénobenzolique. 11 s’agit d un
homme de constitution robuste qui avait été atteint
en 1926 de tuberculose pulmonaire droite, soignée
avec succès par le pneumothorax arliliciel, puis avait
présenté un foyer évolutif du côté opposé qui fut
traité ef.icacement par un nouveau pneumothorax.
Ayant contracté la syphilis en Avril 1928, il fut sou¬
mis aux injections intraveineuses de rhodarsan. Lu
2 mois 1/2, il reçut 6 gr. flü, sans qu'on dépassât
jamais 0 gr. 45 par injection. Après s’ètre plaint
pendant 5 jours de mal de gorge et de fatigue géné¬
rale, il s’alita avec .'J8“ 8 de température; lu dyspha¬
gie s’accentua durant !! jours, puis s'atténua tandis
que la lièvre atteignait 40“ le 12“ jour. Sauf une
angine rouge et une petite ulcération apparue sur
ramyg<lale gauche dans les derniers jours, 1 c-x.imeu
du malade fut toujours négatif. Seul l'examen du
sang permit de poser le diagnostic. 11 s’est agi là
d’une forme pure tragrauulocytose sans purpura et
sans éruption.
— M- Aubertin fait remarquer que eette agranu-
locytose est survenue chez un sujet atteint de tuber¬
culose depuis quelques années et que la moelle osseuse
devait se trouver de ce fait en état d’hyperplasie. 11
est assez paradoxal de voir se ju'oduire une agranu-
locylose dans de pareilles conditions. On a invoqué,
à l'origine do l’agranulocytose, une débilité médul¬
laire congénitale ; il n’en est rien ici. L'apparition
d’une agranulocytose chez un sujet atteint d une affec¬
tion chronique est rare et le fait méritait d’étre
signalé.
Résultats du traitement chirurgical des tumeurs
cérébrales. M. Clovis Vincent présente une série
de 8 malades oj)érés avec succès pour des tumeurs
cérébrales de nature diverse et de localisations
variées.
Chez 5 d’entre eux, il s’agissait de tumeurs de
l’étage inférieur du crâne : tumeur de l’angle ponto-
cérébelleux qui s’était révélée par une surdité totale
unilatérale avec abolition des réflexes labyrinthiques
et apparition tardive de stase papillaire, complète¬
ment guérie depuis l'opération qui remonte à Juillet
dernier; kyste paramédian sous-vermien dont la des¬
truction a été suivie d’um- disparition totale des
troubles cérébelleux depuis 8 mois; tumeur delà ligne
médiane interbulbo-cérébelleuse par kyste sous-dure-
mérien ne présentant plus aucun trouble actuelle¬
ment; kyste du cervelet avec cécité presque absolue
dont la destruction a permis le retour de la vue et la
disparition des troubles cérébelleux; enlin, autre
kyste du cervelet opéré avec des résultats parfaits.
Chez les 3 autres malades, la tumeur siégeait au
niveau de l’étage antérieur et il s’agissait dans un cas
de méningiome frontal accompagné de pert<‘ de toute
activité cérébrale et de démence, dont l ahlation fut
suivie d'une amélioration intellectuelle considérable
et telle ([ue le malade a pu apprendre à lire et à
écrire l’alphabet Draille; dans un autre cas il s agis¬
sait d un kyste hydatique du lobe frontal; enlin dans
le dernier, d un méningiome de la fosse temjjorale ;
les résultats furent tout aussi bons et le dernier
malade, oj)éré il y a l,’) jours, est déjà sur pied.
chirurgie cérébrale et une chirurgie des tumeurs.
Certains malades sont complètement guéris; d’autres
soulagés pour de longues années. Les méningiomes
offrent les meilleurs perspectives; leurs prolonge¬
ments rendent leur ablation complète souvent dif¬
ficile. mais ils ne se reproduisent, malgré cela, que
rarement et tardivement. Les kystes gliomateux. sont
également d’un pronostic opératoire favorable. Les
autres gliomes ne sont pas tous malins. La morta¬
lité opératoire actuelle de l'auteur est de 25 pour lOU
tion, il est nécessaire de connaitre le siège et la
nature de la tumeur, de manière à prévoir les diffi¬
cultés qu’on rencontrera. La survie définitive dépend
non de l’opération, mais de la naturi’ de la tumeur.
Election de membres correspondants. — MM.
Ed. Doumer Ide Lille), Ledoux (de Besançon!,
Gf. Laurés (île Toulon) et M. Barda (de Montevideo i
sont élus membres correspondants,
P.-L. M.vRir.
SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS
21 Décembre 1928.
A propos de la déligamentopexle. — M. Weber
signale un fait à l’appui de la communication faite à
la dernière séance par M. Bonneau.
A propos des embolies post-opératoires - M.
Coudray (de Nogent-le-Retrou) communique 2 cas
d embolies observés chez le père et le fils après des
opérations simples
Adénome solitaire dn foie; Intervention; guéri¬
son ; examen histologique. M. Ozenne fait un
rajijioi't sur ce ras observé par M. P. Laurent (de
Paris) chez une femme de 61 ans. .V l’examen hisli -
logiqni-, on conslate celle particularité : il existe des
Inbercules dévelojipés ilans le tissu conjonclif qui
forme le stroma de la tumeur. 11 ])enl s’agir, soit di‘
tuberculose vraie, soit de jiseudo-tnberrulose déve¬
loppée autour de cellules nécrosées.
Plaie pénétrante thoraco-abdominale gauche par
tesson de bouteille; intervention par voie thoraci¬
que; guérison. — M. Weber fait un rapport sur une
observation de M. P. Laurent ide Paris) concernant
un blessé qui présentait une plaie du 9“ esjiace inter¬
costal avec issue d’une frange épiploïque. L’auteur
insiste sur le jour que donne cette voie thoracique.
Parasites intestinaux et collbacillurle . — M.
Peugnioz commuuique 1 observation d une enfant de
5 ans qui présentait des hématuries répétées avec
colibacillurie ef chez laquelle on constata l'existence
dans l’intestin des ouifs de liimlitca intc-.tiualit. Le
traitement antiparusituire amena 1 expulsion de nom¬
breux oxyures et les hématuries et la rolibarillui ie
dispai’urent.
Inversion utérine totale, post partum; infection
puerpérale ; hystérectomie abdominale totale, après
réduction; guérison. — M. Bonamy communique
ce cas d’inversion utérine totale chez une primipare
accouchée depuis 4 jours, atteinte d infection puer¬
pérale grave et dont l ulérus était partiellement né¬
crosé. üuerison ])ar hystérectomie abdominale totale
après réduction pénible de l’utérus.
Un cas de volvulus intestinal chez une enfant de
8 ans ayant amené le sphacèle de 1 m 5 d’intestin
grêle - M. Bonamy communique l’observation
suivante ; une enfant de 8 ans avait, de temps en
lemi)s, depuis 6 mois, des crises abdominales de
cause inconnue; la dernière présenta une symptoma¬
tologie de gravité lentement progressive qui se ter¬
mina, en 3 jours, jiar une laparotomie faite in extre¬
mis. L’opération montra le sphacèle total de 1 m. 5
d intestin grêle étranglé par suite d’une double tor¬
sion sur les vaisseaux mésentériques.
Embolie et syncope cardiaque 10 jours après une
laparotomie; injection intracardiaque d’adréna¬
line; guérison. — M. Lutaud communique cette ob-.
servalion rare. La malade, opérée sans incidint
d'hysiéropexie et d’appendicectomie, fil, 10 jours
après, une embolie qui détermina une syncope car¬
diaque. 1. auteur injerla dans le cfeur 2 eme d'adré¬
naline au millième, moins de 10 minutes après l arrêt
du co'ur, et il obtint la réanimation de cebii-ri et la
guérison de la malade.
Résultats de 3 résections du nerf présacré —
M. Mornard communique les observations de ce»
3 résections du nerf présacré faites pour dysménor
rhée douloureuse et guérii-s depuis 15, 40 et 7 mois
Il étudie les résultats et les indication» de cette ope
ration d après les cas publiés jusqu’à ce jour.
Ménlscectomies et laxité ligamentaire — M.
Lamy Jirésenle 2 ras de ménisci'ctomie pour blo¬
cage du genou opères, l’un par incision verticale
|)ai'arolulienne et l'aulre jiar incision horizontale
Iransligamenlaire, cl Ions 2 bien guéris. A pi'opos de
ces cas, il signale la nécessité, pour juger de la va
leur respective des 2 lechnit|Ues. de tenir compte de
l’état antérieur du genou en examinant la laxité liga
mentaire du genou non opéré
Condylite hypertrophique du maxillaire infé¬
rieur -- M. Dufourmentel [irésenle une femme de
31 ans atteinte d une forme bilatérale de celle afléc-
tion non décrite et dont il a déjà présente de» forme?
unilatérales La gène et le er.iquemeni articulaire
sont les seuls synijiléunes fourlionnels Wassermann
[lositif. T, a sypliilis est la seule cause décelée dans
tous les cas de ce genre.
Appareil de iocalisation plastique du sein. — M.
Dartigucs présente au nom de M. Madureira ide
Lisbonnei cet instrument destiné à localiser exacte¬
ment et symétriquement les points où devront être
Iransplautés les aréoles.
('.HMii.rs Buizaiid.
SOCIETE lŸlEDICO-PSYCHOLOGIQUE
29 Octobre 1928.
Le meurtre immotivé, réaction libératrice de ta
maladie chez les hébéphrénlques - MM Paul GuU
raiid et Bernard Ca'llaux l’ii hébéphrenique après
une période de déqiri ssion neuisisl In-nique, l'ommet
une tentative de ineuiM ri --nr un rh.iulTeiir de laxi -ans
aui un ■ raison apparente. 11 donne de son acte des
exidii'.ilions v.iriables et délirantes souliuiant qu il
s.igil d un meurtre poUi:i|ue. 4 erllir.il ion f.iile.ses
deelai-al ions sont inadmissihb s. Les auteurs, rap¬
prochant ce ras de j.lnsienrs aulies liés s|.||,l,l,,|,l,.s
proposinit une livpolln' se »ur la ])syrhoeeio'si- d . s
réactions ani isociab s. Us estiment que par réaction
entre le sentiment d étrangeté et d( desagi égation
intérieure, suruisseni des tendances euphoriques de
mysticisme et de transformation sociale avec, ]iour
conséque nce, le désir d un acte violent libérateur
l’ar une fusion, eonslammcnt observée dans 1 hébé¬
phrénie. le mal social et la maladie personnelle se
eonfondinil. Inronsclemmenl . le malade en essayant
de supprinu r un individu, qii il considère comme un
obstacle au bonheur universel, tend réelleiuenl à
hier su niiihitlie Les \ ioleuri s île ces malades ne
libération ronire la maladie.
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
ii\ Xovcinbre ly2S.
Traitement des paralytiques généraux par la
malariathéraple. suivie d’une médication spécifique
mixte à très hautes doses. MM. Leroy. Mélako-
vitch et Prieur |iiil)lient l.'i oljservations cl prés<'iil(‘ut
(les malades (huit ijiielques-uns oui rejiris leur vie
sociale. Avant le Iraitenienl, tous étaient très avancés
dans 1 evidution île leur alïecliou et plusieurs étaient
gâtenv. Le trailenieni inédicamenteuv consiste en des
séries alternatives d injections mercurielles, arseni¬
cales et liismntliées et en Ingestion d iodures à haute
Sous 1 iidliience de cette médication, et eu ([uel-
ques mois, on voit l'état psychique se modiliei- consi-
dérahlement en mieuv. Très grandi- amélioration de
l’état général; amélioration du rétleve jdiotomoteur
aboli. Le liquide ce|dialo-rachidien se modilie |)ro-
gressii ement et, dans uu grand nombre de cas, les
réactions humorales deviennent négatives.
Présentation de malades traités par la malaria-
thérapie. MM. Henri Claude. H. Targowla, M.
Cenac et A. Laïuache présentent tl paralytiijnes
générauv traités de 192'i à 11121) par la inalariatlié-
normale, ci-rtains ont meme amélioré leur situation
antérieure. Dans ipielques cas, la dvsarthrie jn-rsiste.
Les i-éactions humorales sont très atténuées et, dans
Il cas, la réaction de lioi-ilet Wassermann est dc‘\euue
négative dans le liipiide céplialo-iachidieu.
Les auteurs insistent sur 1 impoi-taucc sociale >'
des améliorations obtenues qui t i-ansforinent le
tableau cliuii|ue de la paralysie générale.
Treize cas de paralysie générale traités par injec¬
tions de Dmeicos combinées à un traitement chi¬
mique MM Ueaudouin et A. Dupont. Uésumé
de lli observations de malades traitées à la ])ériode
d état. .■■) ont reçu Dmeicos et no\ar hebdomadaire
avec (^tuiuby d.ius linterialle: 2 améliorations, une
legéi-e, une pins nette. 'i ont été sonmisesan traitement
Dmelcos-sto\ ai’sol : une seule ainélioratiou, mais très
nette. Il malades enliu, ont reçu le ti-aitemeut Dinelcos-
(Juinby : une seule amélioration appréciable, mais
amélior.itions dont une seule sufllsamment accusée
pouri|u ou puisse parler, au point de vue social, de gué
risou. Les auteurs soulignent incidemment i|ue 'i des
malades avaient précédemment été impaluilées, sans
résultat. Le traitement qu ils ont applique a été elle/
toutes sans résultat
Présentation de paralytiques généraux ciinique-
ment guéris par malariathérapie MM. A Fri-
hourg-Iilanc et 1^. Mas<iuin rappoi-teut une statis¬
tique portant sur les 112 paralytiques généraux bos
pitalisi-s au V.il lie (Irace, de Septembre 192, l à
Novembre 192S, e e.,t a dire liS mois.
Les 2r autres ont etc inipaludi*s, parmi lesquels
I T) rémissions It) comiiletes, ,-) partielles ; 12 insnccés.
Pendant les IIS mois anterieurs, ,1e Mars 1922 à Sep-
tembi-e l92,'i, siii le- 27 par.ily t iqiies géui-raux i-utres
au Val di (iréce et traite s par divei-ses médications
antispeciliques, 2 l■emissious partielles seulement ont
été observées, aucune guérison clinique; Iti iuterne-
ineuts. i,es auteurs présentent ensuite ’i malades en
* ' IhMii Conx.
SOCIETE DE MEDECINE LEGALE
II) Décembre I92H
A propos du secret médical. M Chansevant
apporte à cette question pourtant bien rebattue une
observation d un grand interet.
il s agit d une paysanne àgee qui a cède son exploi¬
tation teriienm- à ses enl.inis ; 1”»'' 'le ses lilles se
A la suite de certains troubles de sa sanie, celte
paysanne consulte pour la première fois de sa vie.
Après examen clinique, le médecin fait un prélève¬
ment de sang dans lequel 1 an.ilyse di-cèle II gr. SI)
d uree liai- litre.
Dix jours .iprès celle unique rousiillalion, le
medeci’i appi'eiid le d, ces subit ib s., elieule occa¬
sionnelle, au cours d une visite chez sa fille où elle
avait absorbé une tasse de café.
L’inhumation faite, des rumeurs de village se
développent, accusant la lille de la défunte d’avoir
empoisonné sa mère avec de la strychnine.
Exhumation, autojisie, expertise toxicologique (]ui
conclut à lii présence de l’alcaloïde dans l’estomac,
ritérieui-ement, pas de contre-i-xpertise possible, du
fait que l’expert a utilisé la totalité des viscères!
Malgré ce contre-temps fAcheux, les contre-experts
désignés concluent à une mort par empoisonnement !
L'avocat de Tinculiiée consulte un tiers expert qui
souligne toutes b-s lacum-s du rapport du premier
chimiste, notamment la présence d’une plomaïm-
cadavérique donnant la réaction colorée de la stry¬
chnine et l’absence de la pri-uve jihysiologique.
L’examen des témoignages et des jiièces permet à
un dernier ex])ert d’avoir la quasi-certitude d’une
mort rapide, vraisemblablement d’origine urémique.
Heureusement, la (lour d’assises rend un verdict
négatif en faveur de 1 inculpée.
Le n est qu'à ce moment que le médecin consulté
V a trouver 1 avocat et lui raconte son secret et ses .
angoissi's au cours de l’instruction trèslong)ie iiendant
laquelle la iirévenue fut incarcérée.
(le médecin a-t-il bien interprété le secret médical
eu risquant la perpétration d’une erreur judiciaire,
(’.ommeut agir en ])ar<-il cas .’ Telles sont les_ ques¬
tions posées ])ar ci-lte note.
Un cas d’hématomyélie traumatique. MM.
Laignel-Lavastine et Henri Desoille rai)portenl
l’histoire d'une jeune fille, hérédo-syphilitique,
frappée à la région cervico-dorsale par uu push-ball
de 10 kilogr. tombant d’une hauteur de deux mètres.
11 se produisit immédiatement une hématomyelie
eniraiilani une qnadriplégie avec anesthésie doulou¬
reuse. L évolution fut favorable.
Les auteurs discutent le rôle de la fragilité vascu¬
laire et calculent l’énergie mécanique qui a détermine
le traumatisme.
Un cas d’os tibial externe unilatéral co'incidant
avec un traumatisme. MM. Joltrain et Galy,
ayant observé une entorse « A réjiétition », eu ont
recherché la cjiuse. La radiograjihie montra un tuber¬
cule scajihoidien de forme triangulaire non soude au
corps du scaphoïde.
11 s’agissait d’un os tibial externe qui s'était sans
doute ilégagé d’une ])elite logette qu’il occupait dans
1 angle posiéro-externe <lu scaphoïde.
(!e cas pose la question embarrassante de la pai-l
du traumatisme et de l’anomalie congénitale dans la
pi-oducliou des phénomènes douloureux.
l’iiiMi-i-r.
SDCIÉTÉ DE THERAPEUTIQUE
12 Décembre 1928.
La « semi-sclérose ovarienne tuberculeuse » ;
nouveau syndrome endocrinien; son traitement.
M. Marcel Laemmer présenli-, sous le nom de
.')'en,/-.sc/é/-n.se oearienne tuherruleu.ie, un syndrome
bii-n (lélerniiiié. Les signes de celui-ci sont les sni-
h\ Ivngi-aissi'inenl toxique (i-ajitjelanl 1 hyjiolhyroi-
dii-, mais où le cocjis thyroïde ne joue aucun rôle,
ou setilemeni un rôle d’ai-rière-])lan I ;
Cl Traces de lubercnlos(‘s c,< /cr/ic.v, ou de tuber-
cidose j)ulmonaire à tt/pe iicléretl.r (ancU-iines cica¬
trices d abcès froids, sclérose îles soininetsl on fii-
herruliile.s (kystes synoviaux aux poignets; aux arlé-
culalions I ibio-tarsiennes , etc,|. (les tuberciilosi-s
externes ou scléreuses internes .s iici eiii pa^nenl Ion-
jiiuis de iuberruiides de la peau des jambes q, la¬
ques violacées avec ou sans lacis blanchâtres, li-
viili-si; le ly pi- de la tuberculide que Ion retrouve
est celui de » I eiigelui e chronique » avec ou sans
intégrité de la peau ;
d\ Décalcification , déphosphalisatiqn (analyse
Cl Tension artérielle maxima, plutôt abaissée; ten¬
sion minima. au contraire, légèrement élevée (rôle
probable de la stase veineuse au niveau des mem¬
bres i ;
/ï Le loucher vaginal signale des ovaires généra-
/'i iiitemelit . L>' Iraili-mi ni thyroïdien ne donne
N" 1
rien. Le seul traitement ovarien ou du corps jaune
est sans effet, ICii ronséquenre. prescrire :
1” Injections de folliculine, tous les 2 jours;
2" La diathermie des ovaires contre la sclérose.
La diathermie est ab.sulument nécessaire pour que la
folliculine agisse.
Ajouter : Uecalcifiant, phosphates. Hygiène géné¬
rale et diététique contre le bacille de Koch.
Seul ce traitement a donné des résultats nets et,
semble-t-il, dui-ables.
Solutés volatils de sels de cuivre à acides gras.
M. R. Huerre signale qu’en précipitant du sulfo-
ricinale de soude jiar une solntioii aqueuse de sul-
lale de cuivre, on obtient un comjdexe, complète¬
ment solul)le dans l’éther officinal, l’éther acétique
et le tétrachlorure de carbone.
On ])ent ainsi avoir des solutions à solvant volatil,
dont la teneur en cuivre métallique varie de 0 gr. 50
à 2 gr. ])Our 100.
Prospectus pharmaceutiques et noms d’auteurs.
M. G. Xevon 'signale qu’il ari-ive que des niédi-
caments spécialisés sont piéseutés sous une forme
Idilution forte] différente de la forme (dilution faible)
préconisée par un auteur qui a étudié l’action théra¬
peutique du produit qui constitue la spécialité.
H arrive aussi qu’une spécialité destinée A la eure
d’une maladie i-epose sur une conception pathogé-
nique déterminée, totalement différente de celle (ju’un
antmir a [imposée [loui’ cette maladii'.
Or le nom cité dans les prospectus joints A ces
spécialités met l’auteur dans une situation dont les
consé([uences jieuveut être graves A îles [loints de
vue divers.
L’auteur cherche le moyen d’éviter des faits sem¬
blables.
Diagnostic radiologique, gêné par la présence du
lipiodol. M. Kouchnir démontre par 2 observa¬
tions que le lipiodol en injections intra-miiscnlaires,
se résorbant avec une extrême lenteur, peut être une
gène ti'ès manpiée [)our le radio-diagnostic. .
La [iremière observation montre l’impossibilité
il’obtenir, .5 ans a[)rès l’injection, une image de l’arti¬
culation coxo-fémorale.
La ileuxième observation signale la gène d’une lec¬
ture d’épreuve radiologiijue des poumons.
Marcki. Lai;.vi.mi;r.
SOCIETE DE MÉDECINE PUBLIQUE
ET DE GENIE SANITAIRE
28 .Novembre 1928.
Amélioration des viandes par voie sanguine ;
applications médicales. M. Gauducheau a injecte
dans la cavité circulatoire des animatix [iréalalilement
saignés des corps gras alimentaires, huile d arachide
ou beurre fondu, aromatisés de fumets culinaires.
Ces injections se font soit jiar le co'ur sur les animaux
entiers, soit [)ar voie artérielle lorsipie l’injection est
localisée A une partie du coiqis, soit encore [lar la
veine [lorte lorsipi il s’agit du foie. Les tissus relieu-
neut dans leurs ca|)illaires de I! A ,-) jiour 100 de la
matière injiclee.
Touli's les viandes [lenvenl être améliorées [lar
celte méthode! Le lajiin de chou, notamment, dont la
chair est si souvent malodorante, devient savoureux
a|)rès avoir été assaisonné [lar la voie cardiaque.
L’auteur a observé que les viandes ainsi traitées
émulsionnent les corqis gras qu’elles ont absorbés ;
celte transformation s o|)ère en même temps ([ue la
maturation autolylique des chairs, l'.n laissant une
[lièce de bieuf pré|iarée de la sorte vers la tenqiéra-
ture de 'i,')" jiendani 'i ou ê jours, puis la chauffant
dans beau saléi’ A 1 [lonr 100, suivant la techni([ue
habituelle du bouillon, on constate que le liiiuide
obtenu est lailmix ; la graisse s v trouve en émulsion,
1) a|)rès ce ipi on connaît di s pro|)riétés des fac¬
teurs de la nutrition li|)osolubles thermorésistants,
de croissance ani irachiti((ue et anti-stérile, il est pro¬
bable que celle technique periirettra d’extraire ces
inléreksantes vitamines des viandes et des viscères
où, comme on le sait, elles se trouvent en abondance.
De lA. un procédé commode jiour faire des bouillons
pins nourrissants que ceux obtenus suivant les
méthodes Iradilionuelles, Ces bouillons de viandes
iiitrasaucées sont agréables A boire et faeileiueut
digères.
LA PRESSE MÉDICAIÆ. Mercredi, 2 Janvi(M' 1929
9
Un bifteck découpé dans une viande de bœuf inlra-
saucéc légèrement d’échalolle et passée pendant
deux ou trois minutes seulement dans le beurre cbaud
de la poêle est appétissant ; il renferme un suc abon¬
dant bien relevé ; le goût d’animal que certains esto-
macts délicats ne peuvent supporter s’y trouve coni-
plètcment masqué par l’arome alimentaire introduit
et cela sans ((u’aucun condiment ou autre artilice ne
soit visible ; on aperçoit seulement que la coupe de
la chair est plus luisante et onctueuse qu’û l’état
normal. Les valétudinaires à qui l’on recommande
les biftecks saignants trouveront là un moyen conve¬
nable pour prendre cette nourriture avec facilité.
Mais, cette méthode exige des précautions hygié¬
niques sévères. Elle n’est pas encore à la portée d(‘
tout le monde. Il faut d’abord la tenir sous le con¬
trôle médical et en faire bénéficier lés malades avant
d’en généraliser l’emploi.
G. ViTOUX.
SOCIÉTÉ DE PSYCHIATRIE
•15 Novembre 1928.
Ronronnement palilallque chez un parkinsonien
encéphalitique. — MM. Laignel-Lavastine et R.
Bonnard. La dyspliémie précède les paroles. Elle
consiste en un ronronnement comparable au bruit de
la mise en marche d’une batteuse. Elle est marquée
surtout dans le langage provoqué. Elle alterne par¬
fois avec une palilalie légitime qui se transforme
demandent s’ils ne sont pas en présence d’une moda¬
lité atypique de palilalie qu’ils proposent d’ap])el(*r
ronronnement palilalique.
Délire spirite, d’obsessions et pithiatisme. - - MM.
Lévy- Valensi, Picard et Sonn rapportent l’observa¬
tion d’une malade prédisposée (association d’éléments
pithiatiques et obsessionnels) qui, à la suite de pra¬
tiques spirites, a i)résenté uu délire de possession
diabolique avec hyperendopbasies, hallucinations
verbales, kinesthésiques et psychomotrices, abou¬
tissant par l’intermédiaire d’un sentiment d’infiuence
à un véritable dédoublement de la personnalité. Il est
à noter chez cette malade, outre la dramatisation de
sa présentation et l’exagération manifeste des symp¬
tômes au cours de chaque examen, le caractère
obsessionnel de certains phénomènes hallucinatoires,
faits qui semblent indiquer qu’il peut exister une
véritable constitution automatique à la base de cer¬
tains délires où semblent prédominer les hallucina¬
tions psychiques et psychomotrices.
Guérison rapide d’une influence catatonique
(démence paranoïde?) à la suite de vaccination
antityphique. — M^^'= Pascal, MM. J. Vie et Agasse
présentent une femme qui eut, depuis Novembre 1927,
uu syndrome d’influence avec hallucinations psycbi-
([ues, auditivo-motrices ; des troubles cénestbésiques ;
(les hallucinations <)lfactives et gustatives vraies; des
idées délirantes de persécution non systématisées,
des troubles psycho-moteurs de la série catatonique.
La multiplicité des signes et lu dissociation mentale
en faisaient une démence jtaranoïde. La vaccination
antityphique donna lieu à une réaction pyrétique
violente, suivie d(! lu disparition rapide de tous les
troubles. Il semble qu’on puisse jjarler de guérison.
Etude d’un cas d’hystérie. - - M. J. Tinel et
M""’ G. Michon présentent l’étude très instructive
d’un cas d’hystérie. Chez cette jeune fille, les crises
de défaillance, les secousses nerveuses en sauts de
carpe, les paralysies transitoires ou contractures
passagères des membres inférieurs — datant de
6 mois et survenues après de violentes émotions —
ont disparu en quelques heures à l’iiôpital après une
scène violente de réprimandes.
G’est donc, un cas bien authentique d'hystérie.
Cependant, on constatait avant la guérison une
arythmie extra-systolique et des troubles de l’équi¬
libre végétatif, complètement disparus après la gué¬
rison. Les troubles apparaissent comme la preuve
de l’état physiologique spécial qui conditionnait les
manifestations hystériques, en leur donnant par con¬
séquent un caractère de véritable authenticité physio¬
logique.
Les auteurs ont pu, d’autre part, dépister chez cette
malade un véritable c( réflexe conditionnel » artifi¬
ciellement créé par un choc émotif et survivant à ce
choc. C’est un mécanisme psycho-physiologique qui
semble être fréquent dons la genèse dés troubles
névropathiques.
Palilalie chez un parkinsonien encéphalitique.
— MM. Laignel-Lavastine et R. Bonnard.
Délire de gynécopathie interne chez un débile
mental Interprétateur, ancien syphilitique, avec
aortite et hypertrophie prostatique. — MM. Lai¬
gnel-Lavastine, Papillault et R. Bonnard.
Bouffée délirante chez une démoniaque, guérie
par suggestion. — MM. J. Vinchon et Henri
Desoile.
J. Ti.mci..
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
Il Décembre 1928.
Sur le traitement actuel de la fièvre typhoïde. -
MM. A. Du£ourt et Ph. Barrai, à propos du procès-
verbal de la séance précédente, apportent une sta¬
tistique comparative des cas traités dans leur ser¬
vice (14 par le sérum de Rodet et 20 par la balnéo-
thérapie). Ils ne veulent pour le moment qu’exposer
les faits qu’ils ont observés. Ceux-ci ne plaident pas
en faveur de la sérothérapie. Actuellement les au¬
teurs utilisent des doses plus fortes que celles con¬
seillées par M. Rodet et il leur semble que les résul¬
tats obtenus sont meilleurs. Aussi, ne peuvent-ils
souscrire à l’abandon des bains.
— M. J. Chalier est d’accord avec MM. Dufourl
et Barrai. Il a traité dans son service au moins
250 cas par la sérothérapie, il publiera un jour sa
statistique ; aujourd’hui il ne veut apporter qu’une
impression.
Le *érum lui a donné des succès. Il en a apporté
un cas typique cette année à la Société, il s’agissait
d’une forme frissonnante prolongée.
Dans l’ensemble les malades traités par le sérum
en tirent un certain avantage. Mais, à côté des ras
favorables, il y a des échecs. La mortalité est nette¬
ment supérieure à celle des malades traités par la
balnéothéra])ie.
. La sérothérapie n’empèche j)as les rechutes. Son
action est modeste.
.\près les injections les malades présentent le soir
ou le lendemain une petite poussée lhermicpie. A
l’occasion des accidents sériques ils font des pous¬
sées thernii(jues très ého’ées.
Le sérum également a l’inconvénient de ne pas
calmer cos malades. Aussi, l’auteur fait-il baigner
les malades de son service traités parle sérum, mal¬
gré ce que dit M. Rodet. 11 iie les fait pas biiigmo-
systématiquement, mais seulement lors(|u’ils sont
agités, pour laisser dormir les malades voisins.
De plus, il a observé autant d’hémorragies avec la
sérothérapie qu’avec les autres méthodes. Les |)ous-
sées urticariennes des accidents séri([nes coïncident
fréquemiiK'iit avec les hémorragies. Ces poussées
congestives se produisent également sans auciiu
doute au niveau.de l’intestin.
Le sérum de Rodet n’est pas la méthode de choix
de traitement de la fièvre typhoïde. La balnéothé-
rapie est encore bien préférable ; elle ne réalise pas
un traitement spécifique mais, chez un sujet jeune et
bien portant, chez les sujets ne dépassant pas 40 ans,
elle reste bien supérieure à toutes,^les autres théra¬
peutiques.
La sérothérapie doit être réservée aux sujets qui
présentent des contre-indications aux bains. Ce n’est
pas un sérum spécifi(|ue, c’est seulement un petit
moyen à ajouter aux autr(;s.
Un médecin qui ne ferait pas de sérum diphté¬
rique à une angine diphtéri(jue commettrait une
faute très lourde, un médecin ([ui ne ferait pas à un
tétanique du sérum antitétanique à haute dose serait
blâmable, un médecin qui ne ferait pas de sérum de
Rodet à un typhique n’encourrait aucun r(q)roche.
Sur la baisse de la tension artérielle chez les
hypertendus après rachlcentèse. — MM. Pic et De-
lore ont fuit des recherches qui ont généralement
confirmé celles des auteurs qui s’étaient déjà occupés
de la question. Sur quelques points pourtant ils ne
sont pas d’accord avec eux. Ils ont observé d’une
façon constante la chute de la tension minima (de
1 à 5,5 degrési. L’elfeU tensionnel maximum de la
ponction lombaire leur a paru devoir être ])lus tar¬
dif (48 heures en général).
Polynévrite diffuse et paralysie faciale chez une
comitiale. — MM. J. Lépine, L. Bourrât' et H.
Christy rapportent l’observation d’une malade ])ré-
sentant une polynévrite dilfuse et une paralysie
faciale du type périphérique, syndr()me (pi’il est ])OS-
sible de mettre sur le compte de l’encéphalite ])éri-
phérique décriteen particulier dans la 7'/(('.s-r d’Alber-
tin inspirée i)ar M. Bériel.
En outre, chez cette malade, comitiale certaine,
on constatait de l’astasie-abasie et il était facile de
déclencher des crises assez théâtrales par rajïplica-
tion d’un faible courant galvanique. D’autres mani¬
festations de la série pithiatique pouvaient se voir
aisément. Cette histoire ne constituerait-elle pas un
cas d’hystéro-éj)ilepsie ? et les auteurs ra|jportent la
formule expressive de M. Tinel : ces névropathes'ne
seraient-ils pas ])lus victimes de certains processus
physiologiques que coupables de les provoquer ?
,1. Rocssct.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
12 Décembre 1928.
Sarcome de la paroi thoracique. MM. La-
royenne et Meysonnier présentent un cas de sar¬
come d(( la paroi thoraci(|ue intéressant l(;s 5", 5“
et 1'- côtes gauches, (pii cliniquement se jiréscntail
comme un abcès froid, chez une jeune fille de 15 ans.
La tumeur fut enlevée en totalité, elle avait le
volume d’une tète fœtale. Le jmeuinothorax opéra¬
toire fut bien sup])orté; une languette pulmonaire
fut sectionnée jjendant le clivage de la tumeur, un
surjet delà tranche pulmonaire assura l’hémostase.
La brèche ojiératoire de la largeur d’uue jiaume de
main fut refermée avec du tissu pleural, des franges
péricardi(pics, des muscles et la glande mammaire.
Pneumonie jiost-opératoire sans gravité, liéunion
per primani. Histologiquement' il s'agissait d’un
sarcome lymphoblastique.
De sérieuses réserves doivent être faites sur l’ave-
Pneumothorax spontané total resté pur depuis
près d’un an. — MM. Roubier et Treppoz relatent
l’obsei'vation d’un malade qui présente depuis pi'ès
d’un an un pneumothorax spontané total, resté pur
sans le moindre épanchement liquidien, La pression
intrapleurale est vai-iable mais demeure, en général,
positive et, malgré cela, la tolérance reste parfaite.
Vu la longue durée de la ])ersistance de la fistule,
on doit invôqner la tuberculose à l’origine de ce
pneumothorax, malgré l’absence de bacilles de
Koch dans les crachats et l’intégrité apparente du
poumon opposé. Une disposition anatomique sjié-
ciale filtrant l’air enijièche, sans donle, la plèvre de
Un cas de laryngo-typhus. - M. Barbier. AfH"
Delos et M. Guilleret présentent un larynx prélevé
à l’autopsie d’une enfant de ü ans, morte en (|uel-
ques heures d’une crise de dyspnée laryngée au
15'- joui- d’une typhoïde d’allure bénigne. Les ulcé¬
rations très superficielles de la muqueuse laryngée,
l’intégi-ité de la trachée, les lésions discrètes des
jiounions font regretter aux auteurs de ne pas avoir
fait uu(! trachéotomie.
. IL Roland.
RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON
17 Décembre 1928.
Sur le mécanisme de la leucopénie; influence
des phénomènes vaso-moteurs. — l’our éliminer
les actions chimi()taxi(iues et altérantes du sang pos¬
sibles avec le nitrite de soude, MM. L. Jung et
A. Dischamps cherchent à provü(iuer une vaso¬
dilatation locale, à l’état de pureté, dans une région
unilatérale, la région symétrique servant de témoin.
Pour atteindre ce but, ils sectionnent, chez le chien,
le sympathique cervical d’un seul côté. On sait
qu’une tellé opération est suivie de vaso-dilatation
(lans la région de l’oreille. Il est alors facile de con¬
stater une diminution leucocytaire marquée dans le
sang de l’oreille intéressée. Il est vraisemblable de
K)
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier
penser que lu vaso-dilatation a afçi selon le méca¬
nisme invoqué par (àunus et Pnp;nicï, en abaissant
lorali'uient la ])ri‘ssion artérielle.
Variations leucocytaires du sang et pression
artérielle. — On sait que la leuropénie, (jui est un
signe eoustunl du choc liénioclusi(jue, peut upparuitre
dans une foule de circunstunees. Sun niéeunisiue,
encore obsur. parait fort complexe. Se rappelant
que Oamus et l’aguiez ont vu la chute du pression
artérielle s accompagner de leucopénie. MAf. J, Jung
et A. Dischainps réalisent une telle chute chez le
chien pur administration d’un vaso-dilatateur, le
nitrite de soude. Dans ces conditions une leucopénie
intense appurait, contemporaine de 1 hypotension.
Action des fortes doses d’insuline sur la tension
artérielle. — MM. h- Jung et L. Auger ont montré
précédemment que 1 insuline, telle qu'elle est actuel¬
lement préparée, détermine chez le chien un abais¬
sement progressif de la tcmsion artérielle, atteignant
son maximum d intensité au bout <le 2 ou B heures.
Ils ont observé (|uu cette dépression était indépen¬
dante de l'hypoglyrémie, <[u’ou pouvait même, expé-
rimeiitab'ineiit, la faire coïncider avec de rhyjjcrgly-
cémie. (’.ette indépendance des actions liypotensive
et hypoglycémiante vient d’ètre oonllrmée tout ré¬
cemment par I*. (iley et Kisthinios.
.Vu cours d(‘ nouvelles recherches, .MM. .long et
.Viiger ont constaté que les très fortes doses d’insu¬
line (2-B unités physiologiques par kilogr.) détermi-
mmt une chute de ])ression, en général plus intense
que les doses moyennes, et pouvant atteindre à
(i cm di' merenre. mais (|ui n’a])parait pas plus rapi¬
dement
Lait décaséiné et anaphylaxie digestive. —
MM. F. Arloing et P, Delore montrent que 1 em¬
ploi (1 un lait décaséiné iliminue de façon notable les
manifestalions il ordre anaphylactique chez le cobaye.
Les injections déchainantes faites pur voie digestive
et également par voie intracardiaque et sous-nrarh-
notdieune ont amené des crises anaphylactiques
mineures comparativement aux crises typiques par
choc au lait non décaséiné. Etant donné le nombre
des sujets présentant de 1 anaphylaxie lactée, il serait
intéressant d essayer chez eux un lait partiellement
désalbuiiiiué, ce lait conservant par ailleurs une no¬
table valeur nutritive.
Conductivité électrique de l’alcool éthylique pur
et de ses dilutions aqueuses. - MM. Ohanoz et
G. Cluzet.
SOCIÉTÉ DE IVIÉDECINE DE |NANCY
24 Octobre l<.t2H.
Entérolithes médicamenteux. M. Maurice
Perrin divise les entérolithes en frais et faux; ceux-
ci se subdivisent eu entérolithes simulés, supjtosés,
<rcmprunt et médicaini-nteux. Il expose les divers
modes de produrtii>n de res derniers, figurés ou
amorphes, qui résultent ordinairement de l insolubi-
lité de certaines substances dans l’intestin, surtout
lorstju’oii les a romi)riméH pour les mettre <m
rachels : d autres fois, les entérolithes médicamen¬
teux Siiut la conséquence de l’agglomération de sub¬
stances qui se prennent spontanément en masses
dures (magnésie, carbonate de calcium, etc.).
Un aspect peu connu de la lutte contre les stupé¬
fiants. - M. Maurice Perrin jn-ésenti' des docii-
iiients d'après lescpiels les missionnair.'s catholiques
sont di's rollaboi'ateurs précieux dans la lutte entre¬
prise par les autoriti'S civib's contre 1 opium, le
haschich, etc. La (’.ongrégation romaine (le la |)ropa-
gande a promulgué un décret à ce sujet. Les indi¬
gènes convertis sesoumeltent docilement à la défense
de cultiver l’opium et de l'utiliser autrement ([ue
dans ses applications thérapeutiques. Il eu résulte
des progrès ronsidérables jiour la moralité et le
bien-être des popul.itions.
14 Xovembre 1928.
Infection méningococcique et rachl-anesthésle.
MM. Maurice Perrin, Vezeaux de Lavergne et
Maurice Poirier rapportent la curieuse observation
d’un jeune soldat chez kupiel une cure radicale de
lu'rnie. faite avec rachi-aneslhésie, fut suivie, bms-
(|uemeut. au i|ualrième jour, dune septicémie
uiéningorocriqiie, romjdi(juée de méningite cérébro-
spinale. La maladie évolua pendant neuf mois, maigre
toutes les tentatives thérapeutiques, dont les effets
furent longtemps incomidets. A l’occasion de ce cas,
les auteurs discutent le mécanisme en vertu duquel
un porteur sain de méningocoques devient un mulade.
Ils incrimineul ici les perturbations apportées par la
ponction lombaire et lu rachi-anesthésie dans l’équi¬
libre dn liquide eéphulo-ruchidien.
Ostéose éburnante. - M. Fraelich commente les
observations et les projections concernant plusieurs
cas du cotte ulVection, notamment aux extrémités
dus membres. Certains réalisent l'aspect typique des
hyperostoses eu coulée.
P, Micno.x.
RÉUNION DERMATOLOGIQUE DE STRASBOURG
Il Xovembre 1928.
Antigénothérapie locale du lupus. M. Huf-
schmitt incorpore l’antigène mélhylique à un excipient
gras ; l’eucérinc, et pratique, avec cette pommade
antigène, des massages énergiques sur la surface à
traiter, réglant le rythme des applications sur l’in¬
tensité des réactions Résultats satisfaisants : sur
lu cas de lupus traités, l’auteur compte 2 guérisons
comjtlètes, 10 cas améliorés au point de laisser pré¬
voir lu guérison à échéance plus ou moins proche,
B cas où le résultat est encore problématique.
Un cas d’hldradénomes éruptifs d’aspect et de
localisation atypiques. — M. P. Lanzenberg pré-
s(mtc une femme de 87 ans, qui a noté depuis 8 ans
l’apparition progressive de lésions pajuileuacs sur le
devant de la poitrine, au niveau du cou, à la face,
sous les bords paliiébraux, de nuance tirant sur le
chamois. Celte coloration sjiéciale, la localisation à
la face et au cou rendaient difiicile le diagnostic qui
fut vérilié par la hiopsiiî. L’auteur a vu dans la coupe
do nombreuses cellules myo-épilhéliales sur la valeur
descjuelles il reviendra dans une communication ulté-
Anétodermie^^de Jadassohn. - MM. L.-M. Pau-
trieretE. Walter ronununiquenl un cas d’anétodermie
associée à la dermatite chronique de Pick-llerxheimer,
signe de tubei-culose. D'aspect tyj)ique"par places,
ces lésions d'anétodermie rappellent par ailleurs des
vergelures rondes. L’histologie de ces lésions se rap¬
proche beaucouj) de celle de la dermatite chronique
alrojd.iaule et de relie des vergelures rondes, et
demanderait .4 être étudiée plus souvent pour la
Hémangiectasle hypertrophique de Parkes-
Weber. M. L.-M. Pautrier et AT"» UUmo pré¬
sentent un cas typique de ce syndrome, surtout étudié
en Angleterre, et constitué par un angiome d’un lyi)c
assez particulier, siégeant sur un membre et s’accom¬
pagnant d'allongement et d'augmentation de volume
du membre atteint. L'histologie se rapproche de
celle de l’hémangiome, mais s’en distingu(( par quel¬
ques détails que les auteurs se réservent d’exposer
tout au long dans un travail d’ensemble.
Un cas de favus suppuré dû à l’« Achorlon
Schoenleinii ». - Af. Hufschmitt.
Erythrodermie prémycosique avec infiltrât à
forme angiomateuse. - AÎAÎ. L.-M. Pautrier et R.
Camus.
Sarcome lymphoblastique à tumeurs multiples et
à envahissement ganglionnaire. - Af. L.-M. Pau¬
trier.
Lésions pigmentaires de la face, à type de
masque de la grossesse, chez un homme, à la suite
d’un traumatisme de la région lombaire. - AfAf.
Lanzenberg et Alfandary.
Un cas de poïkilodermie vasculaire atrophiante.
— Af. Ch. Adrian
Purpura infectieux à forme bulleuse. — MM,
Wolff et Brusaet.
RcEDEsnn.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE D'ALGER
22 Xovembre 1928.
Abcès de la loge de Retzius par propagation d’un
abcès périanal. -- AT. Costantini rapporte l'obser¬
vation d'un homme de B.S ans opéré quelques jours
1929 N" 1
s’étant développée au-dessus du pubis, une interven¬
tion permit d'évacuer une collection considérable
occupant la cavité de Retzius. L’exploration du plan¬
cher de la cavité permit do trouver sans difiicultés
uu trajet qui, à travers l'aponévrose moyenne, con¬
duisait dans lu collection périnnale. Un drain fut
placé qui, suivant le trajet, sortait contre l'anus et
au-dessus du pubis. Lu guérison survint sans fistule.
De la position latérale droite dans le traitement
des dilatations gastriques post-opératoires. — M.
Costantini montre que la position latérale droite, le
siège étant un peu surélevé, est aussi efficace que la
position ventrale dans le traitement des dilatations
gastriques aiguës post-opératoires. Il indique que la
position génu-peclorale qu'on enseigne partout n’est
pas réalisable chez les opérés du ventre.
Lu position latérale droite permet è la musse du
grêle de se placer dans le flanc droit, ce qui dégage
le duodénum en ouvrant le compas formé par le
pédicule mésentérique et l'aorte.
Celte jiosition étant le plus souvent bien tolérée,
on ii’hésilera pas 6 la préconiser aussitôt qu’appa¬
raîtront de légers vomissements noirs. Ainsi pour-
ra-t-on éviter de voir se développer complètement
bien des dilatations gastriques et se passer souvent
de lavages d’estomac devenus indispensables lorsque
la dilatation est sérieuse.
- Af. Pigeon s'associe à ces considérations,
ayant vu un opéré atteint de dilatation gastrique
commençante se mettre de lui-même dans celte posi¬
tion, avec un plein succès.
Arthrite gonococcique du genou. - - AfAf. Caba¬
nes et TourrUhes. M. Cabanes arlhrotomise préco¬
cement ses malades, au cas d’arihrilo gonococcique
du genou, par une incision interne haute portant
presque tout entière sur le quadriceps, en dehors
par l’incision ordinaire, nu droit de l’interligne
fémoro-tibial.
L'auteur rapporte son dernier cas : jeune femme
de 23 ans, grosse, à son 8“ mois, atteinte nu genou
droit, opérée au 8“ jour, sans drainage, incisions
ouvertes. Simultanément, injections de gonagone de
Carrion. Un mois plus tard, la malade marche et
accouche d’un enfant atteint d’ophtalmie gonococ¬
cique malgré les soins maternels préventifs. Tj’opé-
réc ne présente pas d’ankylose.
Gangrène des 2 membres inférieurs révélatrice
d’une plaie latente du cœur. — Af. Lombard. Un
homme de 40 ans présente uu niveau des 2 membres
inférieurs des accidents gangreneux qui ont débuté
brusquement et siniultanémeut 21 jours auparavant,
par des douleurs atroces; C(!S douleurs se sont peu
A peu calmées en même temps qu’apparaissaient au
niveau du pied droit et de la jambe gauche de larges
zones de mortification sèche puis humide. On dé¬
couvre dans l’hémithorax gauche sur la ligne axil¬
laire une petite plaie en voie de cicatrisation et on
apprend que l’individu a été atteint d’un coup de
couteau quchjucs heures avant de souffrir des
membres inférieurs. On fait le diagnostic de plaie
du coeur. L’examen clinique et in radiologie le con-
lirment ; il y a un hémopéricarde très abondant. On
le ponctionne. Il ne se reproduit pas. Mais les acci¬
dents septiques développés au niveau des membres
inférieurs linissent par emporter le blessé qui a
refusé l’amputation.
Ouverture en 2 temps d’un abcès appendicu¬
laire méso-coeliaque. Af. Lombard. Un garçon
de 15 ans entre à l’iiôpital au 12‘> jour d’une appen-
ilieile ; il porte dans la paclie droite du ventre une
grosse collection para-médiane. La reprise des dou¬
leurs et de la lièvre obligent à intervenir et on
découvre une énorme collection séparée de la paroi
j)ar une cavité péritonéale absolument libre. Un la
protège avec des compresses sans ouvrir l’abcès;
l’abcès se rompt spontanément la nuit suivante.
_ Af. Cabanes rappelle que M. Brault utilisai!
autrefois une méthode analogue « en cheminée *
basée sur le principe de l’inlervcnlion en 2 temps.
Dans 3 cas analogues è celui de M. Lombard, l’au¬
teur a fait une opération en un seul temps, mais en
ajoutant A un barrage de compresses un Mikulicz
tassé dans la cavité pseudo-kystique. Cette 2*’ méthode,
plus périlleuse que la première, lui a cependant
valu 2 succès et i seul échec, attribuable A une
suppression prématurée du Mikulicz.
N» 1
/CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
2 Jiinvlci' 1929
La mère, la chèvre et l’enfant
en Afrique tropicale
Si surprenant que ce soit, (jui a voyagé des
mois ou résidé des années en Afrique tropicale
ou à Madagascar n’y a jamais vu alimenter le
nourrisson indigène autrement qu’au sein. Aucun
médecin, vétérinaire ou sage-femme en contact
de par sa profession avec les enfants ou les ani¬
maux n’a jamais vu un nourrisson noir téter au
pis d’une vache ou d’une ânesse ou aux mamelles
d’une chèvre. Pourtant il y a à Madagascar plus
de vaches que d’habitants; en Afrique occidcntahî
et équatoriale, même dans les zones à tsé-tsé,
les ânessos ne sont jjas rares et les chèvres on
« cabris « sont en nombre appréciable, il y en a
presque dans chaque case, elle sont plus nom¬
breuses que les chiens. La sécrétion lactée peut
être insuffisante ou faire défaut chez la mère afri¬
caine ou malgache tout comme chez la mère euro¬
péenne. Dans ce cas, ainsi qu’en cas de maladie
ou de décès, si une autre mère n’assume pas la
charge de donner le sein à ce nourrisson, il est
voué à la mort, puisqu’on nè sait pas remplacer
la mère par une nourrice à quatre pattes, ni
directement ni par l'intermédiaire du biberon ou
de la cuillère ou de tout autre récipient pour
porter aux lèvres du nourrisson le lait des ani¬
maux. Le nouveau-né noir de l’Afrique tropicale
ou de Madagascar est presque autant que le petit
animal de la brousse assujetti au sort de sa mèrc“,
menacé de faim ou d’inanition, si quelque incident
vient entraver ou supprimer la lactation. En cas
de gemelléilé, l'im des enfants, parfois les deux
sont supprimés, offerts en holocauste à l’un des
génies malfaisants enfantés par le cerveau des
noirs. On n’a aucune idée du nombre d’enfants
qui succombent ainsi.
L’absence d’allaitement animal, dû à l’igno-
Fig. 1. — Chèvro (lipinii alluitant un eiifunl.
Tin* do « La chàvn* » [lar .losopU Cropin, 1900.
rance, la paucinatalité due à l’interdiction des
rapports sexuels pendant toute la durée de l’allai¬
tement, qui se prolonge au delà de vingt mois,
sont les deux raisons majeures qui expliipient,
avec la forte mortalité infantile et générale, la
lenteur d’accroissement des populations noires,
quand elles ne diminuent pas, et la faible densité
des groupes humains dans nos territoires de
l’Afrique tropicale et de Madagascar.
Jusqu’ici on s’est surtout préoccupé du sort
des grands enfants et des adultes en traitant dans
les dispensaires les affections assez peu variées
et surtout externes pour lesquelles ils viennent
consulter le médecin blanc. Les maternités et les
consultations de nourrissons organisées ces der¬
nières années poursuivent avec l’aide des infir¬
mières visiteuses un but social, la préservation
de l’enfance. Mais, il faut bien se rendre compte
(jue l’enfant né à la maternité n’est pas un <'idànl
de plus; s’il n'était né là il aurait vu le jour ail-
leurs (juoi(pie dans de moins bonnes conditions et
avec des risques, [)ar exemple de tétanos ombilical,
([ui n'existent pas à la maternité.
Les faits divulgués })ar Muraz |)our l’Afi’iipie
é(|datoriale sur l’interdietion des ra]>i)orls s<'xuels
Afrique tropicale où poiirlaiit la chèvre aboiule.
pendant l’allaitement, par Muraz (;t Mercier sur
le faible taux de fécondité des femmes res|)ecliv(“-
mont au Chari et au Togo, ce que j’ai révélé sur
l’iiK^xistence de l’allaitement direct ou indirect
d(‘s enfants ])ar le lait des animaux d’après mon
enquête et d'après les renseigments concordants
fournis par des missionnaires résidant depuis ])lus
de vingt ans dans ces régions, tous ces faits
jettent une lumière nouvelle sur les causes de la
dénatalité et sur des dangers, jusqu’ici ignorés,
courus par l’enfance dans ces pays. L’acquisition
de ces notions inqjortantes va permettre d’aiqjli-
quer en connaissance de cause, à ces maux des
sociétés noires, les remèdes techniques et sociaux
appropriés pour inaugurer une politique de nata¬
lité et améliorer les œuvres de conservation des
races indigènes.
Pour l’élevage éventuel du nourrisson noir il
existe deux races de chèvres en Afri(iue tropicale,
la race naine {llircux rceccsn.s, Jirc/im), la plus
commune, dite « cabri », petite laitière, de àOO à
800 gr. par jour; la chèvre maui-e ou arabe, beau¬
coup plus grande, dont la j)roduction laitière
quotidienne est de 1 litre à 2 litres d(' lait. Celle-
ci est commune dans li> Centre africain; « elle a,
dit Pécaud, la mamelle volumineuse, le pis en bou¬
teille, l’ajititude laitière très développée, son lait
n’a j)as rodmir hircine si désagréable... Ei'énpients
sont les ci'oiseinents entre les deux rac(!s. Dans
le lîaguirmi s’est formé ])ar eroisemeni un type
intermédiaire de chèvres dont les caractéristi¬
ques commencent à, avoir assez de fixité. Ces
métis ont acquis une aptitude laitière su])érieure
à celle de la chèvre naini', mais inférieure toute¬
fois à celle de la grande » .
Si h'S tribus noires fétichistes ne font aucun
usage du lait, par contre les races métisses,
comme les Peuhls, et les noirs de race pure isla¬
misés de l’Afrique occidentale centrale et équa¬
toriale, en font une grande consommation. « Afin
d’empêcher les petits de téter, les trayons de la
chèvre sont vigoureusement ficelés » (Pécaud-.
Peut-être chez ces peuplades donne-t-on aussi du
lait de chèvre aux nourrissons., bien (|u’on ne
l’ait jamais relaté ?
En Afrique noire l’allaitement maternel existe
donc seul; l’enfant y est bien « le pro|)i'iélaire du
lait de sa mèi'e ». 11 abuse même de ce droit
naturel, des enfants de 2 à 8 ans [)rennent eneore
!(,■ sein, ce (pii étonne les voyageurs. L’interdic¬
tion dfès rajjports sexuels pendant la longue durée
de rallaitemeni est inqjosée par l’ignorance de
l’allaiteinent par les animaux; en s’exposant à une
nouvelle grossesse avant (jue son enfant soit sevré
la mère s’ex|)oserait à voir tarir son lait et à voir
[lérir son enfant. Cette coutume, favorable à l'en¬
fant, a l’inconvénient de réduire considérablement
la natalité.
La propagande à faire près des mères de race
noire africaine (‘t malgache est l'opposée de celle
qu’on fait en France, où les mères ixnir des rai¬
sons diverses reoourelit trop souvent à l’allaite-
nient artificiel.
La nouvelle politi(]Uc de natalité et de [irotec-
tion de l’enfancu' ipii va être inaugurée dans les
[)ays frani.‘ais de race noire-consistera à enseigner
l'allaitement ilirccl, partiel ou total, jiar la chèvri',
en cas d’insuffisance ou de suppression de la
sécrétion lactée ou de disparition de la mère, à
recommander le sevi-age au même âge (pt’en
Euroj)(‘, à continuer l'étude des races de chèvres
j)our les améliorer; le reste viendra par surcroît.
On devra prendre les mesures utiles pour éviter
la fièvre ondulante aux enfants et aux adultes,
malgré qu’on n ait pas encore signalé la niélito-
coccie dans ces pays. Par ces moyens on doit
avoir l'espoir d’accroître la natalité et de protéger
[)lus ellicacemeut l’enfance dans nos colonies de
l'Afriiiue tropicale, d’augmenter le nombre et la
(jualité des individus.
La femme noire a le sentiment de la maternité
très développé, elle redoute la stérilité, ignore le
malthusianisme à la manière européenne, s’enor¬
gueillit d’avoir des enfants. Elle ne demandera,
sans doute, qu'à en augmenter le nombre si on lui
montre qu’on apprécie son rôle social, si on
l’houore et si on l'aide au besoin. Quant au père,
il considère les enlants comme um* richesse et
non comme une charge, il se réjouit de l’aide <pit
lui apiiortent les gansons dans ses travaux et des
dots (pie lui procurent ses filles.
La ])roduction en hommes, (pii régit toutes les
autres, a droit à la sollicitude des pouvoirs
publies jiliis que la production- des oléagineux,
des bois et des textiles. « Faire du noir » importe
avant tout et mérite d’être encouragé moralement
et matériellement.
L’allaitement des nourrissons au lait de chèvres
direct ou au biberon se fait encore dans certaines
jirovinees françaises, en Provence, en Corse et
en .Mgérie. Tout en se souvenant que l’enfant a
droit au lait maternel, la mère européenne rési¬
dant en Afrique occidentale, à défaut des laits de
conserve onéreux, trouvera éventuellementjdans
1,A IMIESSE MÉDICALE, Meirredi, 2 .lanvi.-r 1929
• la chèvre une auxiliaire ou une remplaçante.
Aviraj^net, le pédiatre éminent à qui on doit
déjà l’introduetion à Paris en Iflll du lait sec
pour l'alimentalion des nourrissons, pense le plus
grand bien du lait de chèvre employé cru, e/'ert/it,
pour l'allaitement des nourrissons, à la eondition,
cela va sans dire. (|ue la li'aite soit faite de façon
parliculièrement soignée.
.1. Lkcexdiik.
Maison Syndicale des Médecins
à Paris
Diias la deruière séance de sa première Assimihlée
générale, le 8 Décembre lit:18, la Confédération des
syndieals médicaux français a décidé l iuaiiiisilion d un
liùlel, 95 rue <ln ('.lierclie-Midi, dans hsjiiel si-roiit
groupés tous les services des groiipenienls nationaux
syndicaux et le secrétariat de l'Association profes¬
sionnelle internationale des médecins (A. P. I. M.).
Sans doute, il sera possible d’y abriter l’Associa¬
tion générale, si elle le désire. Peut-être pourra-t-on
y aménager «les bureaux pour les syndicats de la
L'aclial de l’iiùlel est fait par une société anonyme,
dit4‘ : U Société immobilière de l’iiotel Cliumbon ».
l,e 15 Décembre, eelte Société s est constituée au
capital de 300.000 fr., enlièiemenl souscrits en
actions, cl eu 7 jo<irs, par des syndicats, des asso¬
ciations et des médecins syndiqués.
La Société va éniclti-e 500.000 fr. d’actions et
800,000 fr. d obligations, les unes et les autr<‘s de
100 fr.
'l'oul syuilicat, tout médecin syndiqué peut soiis-
La sou.sci’iplion miuima est de 100 fr. et donne
droit à une obligation.
Les actions cl les obligations ont les memes droits
et les mêmes avantages ipie dans tonte soeiélé ano-
Les obligations recevront un intérêt de 5 p. 100,
net «l'impôt; 1 imptôt restera à la charge «le la
Société.
Le Conseil d'administration de lu Société a l'inten-
lion «le «loimec égulciiii'iit 5 pour 100 aux urtionuaires.
Les actions doivimt, autant que possible, ccslci'
entre les mains des syndieals et les obligations être
souscrites par les syndiqués. Les actions doivent
être sonsrriles an moins ])ar gronpi' de 10, à eansi'
des frais élevés iln limbii' liscal. pour la eonvoea-
liou aux Assemblées généi'ali's.
Les obligations, an «’onleaire. peuvent èlia- prises
La règle sera donc, sauf excejilion : les actions
aux symlirats, les obligations aux syndi«piés.
La sommi- ili‘ 1.1)00,000 fi-, comprend :
L'aebal de l'lit')tel pour 1.000.000, 3,50.000 fr.de
droits et itôO.OOO l'r. pour l«‘s ri'’paralions ri frais
ilivei's.
I,a ronsti'iirtion d'une grande salle di' s«'‘anei-s est
artnellenumt envisagée, de manière à perimOlre la
tenue «les .Vssemblées généi'ales dans la « mai.son
synilirale ' .
Il sera même possible «1 y organiser des bnm|nels.
Tons les syndicats et tons les niédiu-ins syndi(|uês
d«‘ Kraure sont invil«'*s à sonsrrii'e.
Les médecins syndiqués peuvent le faire «le deux
maiiières : soit en s’adressant à leur syn«lioat; soit
en envoyant directement leur souscription, sons
fiirinc il«‘ chécpic de banque on en espèces (pas pai’
chèque postait, à M. le doeteitr .layle, 2. rue (înv-
nemer, Paris iVl'),
Il est urgent de .s inscrire tout «le suite, parce que
le paiement di- l'initel d«)il avoir lieu !«■ 15 Janvier
Néanmoins, la souscription restera ouverte jusi|n an
31 Janvier 1929.
Si la somme néei’ssaire n'était pas couverte, la
Société immobilière serait obligée de passer par un
emprunt «]ni grèverait ses charges.
Toutes les «lispositioiis ont été prises pour que les
médecins restent enlièremeut maitrus «le Tatfaire et
que, dans uu avenir qu'il faut considérer comme
proche, la Confédération des syndieats médicaux
devienne propriétaire de l'IuSlel, si elle le désire, ce
qui serait le mieux. Dans ce but, quelques sous¬
cripteurs ont déjà déclaré qu’ils remettraient inimé-
dialcment, qui leurs obligations, qui leurs actions,
à la Confédération.
Il s’agit, en effet, avant tout, de permettre nu
corps médical syndiqué d’être chez lui.
Société des Nations
13*' Session du Comité à'Hygiène
Iticnèvc, 25-31 Octobre 1928)
Tontes li's questions traitées se rapporlenl à
riiygiène comprise dans un esprit international; les
unes intéressent de plus près lu médecine ; les auft’es,
la teebnique «le l’organisa lion internalionalc de
l’hygi.mc.
I. - Pi'oblémes de médecine préventive.
1" Pai.iidismj;. -- La Commission du Paludisme
s'élait pai lagée eu trois son.s-commissions qui ont
Les méthodes de lutte antipaludique, les divers
asjx'cts de l’épidémiologie du paludisme, Tenij)loi de
la quinine et autres remèdes chimiques. Le Comité
adopta les conclusions de la Commission qui a réussi
à doijner à la prophylaxie du paludisme un cor])s «le
doctrine, où un certain éclectisme est imposé par la
ilivvrsilé des c«>ndilions naturelles. Les dispositions
essentielles sont : le traitement qiiinique, les mesures
aniilarvaires, les bnuilieulions.
Sont recommandées principalement, pour les re-
clii'relies internationales, Temjuète sur habitation et
paludisme; l’étude eomparulive des Anophèles «le
I ancien et du N'ouveau-Moude ; la valeur du traite¬
ment (|nini(|ne intensif comme mesure «le propliy-
laxie; les ex)>érienccs sue les alcaloïdes du (|uinquiuu
aiili'es ([ue la quinine, et sur lu plasmochiiie.
Le Comité recüiniuamle lu cré'alioii, en tout pays
palu«léen, d'un Inslitul central spécialisé, organe «le
ilicoclion sclcntilique de la lutte aalij)aludiquc ;
2" Cancer. — L’enquête sur le cancei- pcofeSsionnel"
est poui'Huivie avec la collaboration du Bureau inter¬
national du Travail, en particulier sur le cancer du
poumon des mines do Sebueeberg et sur les cancers
L’étndc de la l•a<liolhéraJ)ie du cancer, concentrée
sni' les cancers niérins, est ponesnivie en même
temps dans trois instituts spécialisés, à Munich,
Pai-is et Stockholm :
3" Vaiuoi.e et VACciNATio.x. Siic la prépai'alion
«■I la consccvatioii «le la lymphe vaccinale, le Comité
pcopose les règles techniques que l’expérience Inler-
nalionale des inslilnis vaeeinanx permet lie consi¬
dère)' ronimi' aeqtiises. M reroinmandi', pour l’élnde,
les questions de la lymphe sèche, de la lympln' tuée
et de la neuro-vaccine.
Le nombre des ras d’encéphalite post-vaccinale est
si faible, les conditions «le leur apparition si peu
déterminées, «ju’il u’y pas lieu «l’apporter la uioiiidre
l'cstrirtion à la pratique de la vaccination, qui est
loiijoui's la seule arme efllcace contre la variole.
Les cas (rcncéj)halite jiost-vuccinale n’apparaissanl
gnéi'i' «jiie chez des enfants vaccinés pour la pre¬
mière fois pendant la seconde enfance et l’àge sco¬
laire, il est rccon)mnndé de pratiquer de préférence
la primo-vttcrinution pendant la première onfnnre
L’i'nquète sur l’encéphulile posl-vaccinale doit
porter comparativement, en divers pays, sur les
enfants qui reçoivent la primo-vaeçiiiatioii à l ilge
i" Syphilis - fîràee aux doux Conférences de
Copenliagne, la slandai'«lisalion. si nécessaire, «le la
réaction de Wassermann a fait un grand pas. La
vah'ur «les réactions de (looulation a été démontrée.
II est recommandé <russ«)cier toujours, dans la pra-
li(iue, une réaelion de àVassermann jiroprement dite
et uni' réaelion «le fl«)cu1ali«)n. I nné à gcanile spéc;i-
(icilé, l’antre à grande s«'nsil)ilité, T/exécniion n’en
doit être eonliée qu’à «les sérol«)gisles spécialement
entraînés.
Pour \e traitement de la syphilis, il est constaté
que les nouvelles découvertes ne sont pas encore
exploiléi's partout avec la méthode et la rapidité
désiruhlus; que les étudiants ne sont pas encore assez
N“ 1
entraînés à la conduite des cures et à la pratique des
injections; qu’il n’exisle pas encore de traitement-
lype.
Pour établir le type uniforme du traitement, le
Comité a «iécidé une vaste enquête internationale
rétrospective sur les résultats du traitement dans
65.000 cas environ enregistrés sur liclies indivi¬
duelles, et observés pendant un laps de temps d’au
5“ Vaccination antitl'biîrcdlkuse par le BCG. —
La Conférence de Paris (15-18 Octobre 1928) a étudié
séparément les problèmos baelériologique, vétéri¬
naire et clinique. Le Comité a entériné les eonelusions
«les trois Commissions chargées respectivement de
ces problèmes. Le Comité a exainiiiô prinoipalemeni
les conclusions de la Commission clinique et décidé,
sur lu proposition du professeur Léon Bernard, que
la continuation de l’enquête sur l’innocuité et l’etli-
eacité du BCG sera eonliée à des institutions spécia¬
lement compétentes d'Allemagne, de France, d’Italie
et de Suède. On espère s’assurer aussi le concours
des administrations sanitaires des Etats-Unis et do
la Graiide-Brelagne ;
6" Dencl'e. — A la suite do l'épidémie de Grèce,
une onquèle sera entreprise sur la fréquence, la
répartition et les innnirs du Ædes Ægypli dans tout
le bassin de la Méditerranée;
' talion sur le trachome à la disposition de la Société
inleeuationale d’Opblalmolûgio ;
8" Alimentation. — Sur la proposition du profes¬
seur I,éon Bernard, la question de l’alimentation est
inscrite à l’ordre du jour du Comité.
II. - Organisation 'de l’Hygiène internationale.
1“ Mortalité, iniantile, - L’enquête, presque
terminée, dans sept pays d’Europe, se poursuit en
Argentine, un Brésil, au Chili, en Uruguay, cl sera
])robablemenl étendue à d’autres pays de l’Amérique
2" Asseranek-maladie. - Le Comité a entrepris,
en collaborallon avec le Bureau international du
Travail, une élude sur les rapports entre les ser¬
vices de la santé publique et institutions d’assurance.
L’Uruguay, en particulier, étudie la fusion de la
législation sanitaire et de la législation d’assurances
en une seule loi d’hygiène publiiiue.
Le Comité adopte le projet d’un voyage d’études
spécial poiù- les membres de la Commission mixte
soeiales de cinq ou six pays et de médecins hygié-
gistes, afin de leur permettre de visiter plusieurs
régiiins oi'i s’opère déjà la eooeiliiiatiou des assu-
ranees et de l’hygiène publique, et d’étndier sur
])laee les aspects les plus importants de la médecine
préventive ;
3" Opium. - Le Comité discute la liste des pro¬
duits qui peuvent être soustraits à l’interdiction
(ai'l. 8 do la Convention de l’Opium). Il émet Tavis
«pie le dilaiididi'el la benzoylm«)i'phinc, et d’une façon
géiiécale les éthers «le la morphine, dont la benzoyl-
mor])hine est le type, doivent tomber sous le coup
«le l’inlerdlelion (art. 10), coiiformémeni à l’avis de
TOflice international «Tllygiène publique;
'«"Alcoolisme. Les délégations de la Finlande, de
la Pologne et de la Suède ayant obtenu de l’Assem¬
blée et de la Société des Nations que celle-ci charge
le Comité d’iiygièiie d’une enquête slatisti(jue suc
l'inllnenco néfaste des alcools de mauvaise qualité, le
Comité demande aux administrations sanitaires de
ces trois pays de préciser les points spéciaux sur les¬
quels elles ont besoin d’un snppléinenl d'informa-
.5" Service de renseicne.ments épinéMiOLocujUKs. -
Le Comité a étudié et réglé le système d’échanges
d'informations entre Genève, l'Office international
(l’Hygiène publique, le Conseil sanitaire, innrltime
et quaranlenuire d'Alexandrie, le Bureau d’Orieni
de Singapour, le Bureau panuméricuin de Wasbing-
loii, et la station auslralienno de Melbourne ;
6“ Liaison entre i.’orc.anisation d’hygiène de la
Société des Nations et les administrations d'hygiène
PUBLIQUE. — Le Comité décide que les voyages
d’études (lnterclianges| de 1929 seront spécialisés et
N" l
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
porteront sur l’hygiène rurale, sur la technique sani¬
taire, sur l’hygiène industrielle, sur l’approvision¬
nement en lait. Un voyage d’études de caractère
général sera organisé pour 1930.
II" Conférence internationale
de la Maladie du sommeil
(Paris, 5-7 Novembre 1928)
La Conférence avait à son ordre du jour : les me-
sui-es administratives contre la maladie du sommeil;
les recherches scientillqucs ; la coordination de ces
mesures et de ces recherches.
I. Miîsures admimstuatives. — Le programme
recommandé par la Conférence comprend ;
1" Le contrôle du déplacement des indigènes par :
leur dénombrement ; l’institution de llches d’iden¬
tité et de visas; la délimitation de zones d’entrée et
do sortie, avec postes d’observation et de traitement
aux frontières des colonies;
2“ Le traitement des malades, sovis contrôle admi¬
nistratif et médical, par un personnel approprié,
proportionnel à la quantité de malades ;
3° Le débroussaillement permanent aux points
d’eau et aux croisements des voies de communica¬
tion; le déplacement des populations gravement me¬
nacées, de la zone dangereuse dans une zone voisine
plus favorable.
II. Reciieiiches scientifiques. La Conférence
recommande que l’on procède, dans les différents
laboratoires nationaux des contrées où sévissent les
maladies transmises pur la mouche tsé-tsé, à l’étude
d’une série de problèmes, entre autres ; Immunité
naturelle chez l’homme ; iiniminité des cynocéphales
èt des mangabeys; animaux sauvages et animaux do¬
mestiques comme réservoirs du virus ; rapports
entre les Tryp. gambiense, rhodesiense et brucci ;
recherche des parasites dans les organes et les sé¬
reuses; évolution de la transmissibilité cyclique au
cours de l’infection; biologie des mouches tsé-tsé;
sérodiagnostic du sang qu’elles ingèrent ; traitement ;
en particulier recherche d’un médicament chimique,
peu coûteux, efücace par voie buccale.
III. CooKDiNATioN. — Accords bilatéraux, adaptés
aux conditions locales, entre Etats voisins, pour la
prophylaxie par contrôle du déplacement des indi-
Communication aux Instituts et administrations
intéressés des documents et des résultats des recher¬
ches par les soins de l’Organisation d’hygiène de la
Société des Nations.
Echange de travailleurs, par voyages, stages et
« bourses individuelles h, entre les divers Instituts
et laboratoires.
Intérêts Professionnel-s
Un de nos abonnés nous pose la (|uestion sui-
« Un médecin dont l’appartement arrive à lin de
bail, mais qui a encore droit à la prorogation, peut-il
céder sa clientèle avec son appartement. Le gérant
s’y oppose ?
Voici la réponse de notre collaborateur juridique :
I. — Il est assez difllcile de répondre d’une façon
précise à la question posée par notre correspondant
en raison des termes un peu vagues dans lesquels
elle est énoncée et qui laissent la place à plusieurs
hypothèses.
Tout d’abord, il seiait intéressant de savoir de
quelle prorogation il est question en l’espèce, si c’est
de la prorogation créée par la loi du l”*' Avril 192fi
ou de celle de la loi du 9 Mars 1918.
Si c’est de la prorogation de la loi du 9 Mars 1918,
il n’est pas douteux que la question doit être résolue
par l’aflirmative ainsi que la jurisprudence l'a af-
lirmé à maintes reprises (Y. not. Civ., Ilej. 8 Juin
1920, Hcv. luy., p. 449; l'''' Décembre 1920, Jfer. loy.,
1921, l"-» partie, p. 49).
II. — Si, au contraire, notre correspomlant envi¬
sage, comme il est permis de le supposer, la proro¬
gation de la loi du Avril 1920, la question est plus
délicate et nécessite un plus ample examen, car cette
dernière prorogation ne présente pas les mêmes ca¬
ractères que la précédente à laquelle les Chambres
réunies de la Cour de cassation ont attribué le carac¬
tère d’une indemnité (Ch. réunies cass., 24 Novem¬
bre 1920; 1). P., 1920.1.104 Belvalette c. Haillière).
Il semble tout d’abord que la question dépende en
grande partie des ternies dans lesquels le contrat de
bail a été rédigé.
Si, en' effet, une clause formelle dû bail interdit au
preneur de céder son bail ou soumet l’exercice <!<■
cette faculté à l’agrément du propriétaire, alors la
cession du droit à prorogation paraît impossible en
vertu de l’article 3 de la loi du l"’’ Avril 1926, (pii
autorise le bailleur à demander la déchéance du droit
à prorogation dans le cas où le preneur bénéliciaire
de la prorogation ne se soumettrait pas aux obliga¬
tions mises à sa charge par le contrat, par les usages
locaux ou par la loi (Voyez également Com. siip,,
Rej. 8 Juin 1928; /fer. loy., p. 856|.
III. - • Mais si nulle clause de ce genre ne ligure
dans le bail, les parties doivent être soumises au
régime du droit eonimun, c’est-à-dire de l’article 1717
du Code civil qui énonce que le preneur « a le droit
de sous-louer et même de cédiu- son bail à un autre,
si cette faculté ne lui a pas été interdite » (Voyez à
ce sujet Colin et Cajiitant, Coiir.s de Droit ciyit,
3'‘ édit,, t. 11, p. 537),
Dans ces conditions, il ne semble pas que le fait
(le céder le droit au bail ou le droit à prorogation
doive être considéré comme une inexécution des
clauses du bail susceptible d’entraîner la déchéance
(le la prorogation.
On pourrait ajouter en faveur de cette thèse que le
Sénat a écarté un texte jiriinitif qui énonçait en ter¬
mes formels que la prorogation avait un caractère
strictement personnel et a remplacé cette expression
par le texte du 2‘' alinéa de l’article 3 (Voyez à ce
sujet Rev. loy., 1926; Commentaires de la loi du
l<e- Avril 1926 sous l’article 3, p. 60 et 61).
11 est vrai que le principe du caractère personnel
de la prorogation a été néanmoins afliriné lors de la
discussion de la loi devant la Chambre, mais les
mêmes parlementaires aut(uirs de ces aflirinations
admettaient ceiiendant que le droit à jirorogation fût
cédé, lorsque cette cession serait la conséquence de
celle d’uii office ministériel; certains, comme cela
résulte d’une déclaration de M. Cautrii, député,
étendaient la possibilité de celte cession toutes les
fois qu’il s’agissait d’un local professionnel (Cham¬
bre, séance du 20 Janvier 1926, Journal of/iciel du
21, p. 124, rapp. au Dalloz 126-4-117, note 1, col. 1).
IV. - - Quoiqu’il en soit, il nous semble qu’en l’ab¬
sence d’un texte formel de la loi du 1'''' Avril 1926,
interdisant cette cession de la prorogation, il faut
s’en tenir aux principes énoncés plus haut et faire
dépendre la solution des termes employés dans le bail.
Mais il faut bien préciser qu’aucune décision de
jurisprudence n’étant, à notre connaissance, inter¬
venue sur la question, celle solution ne peut avoir
que la valeur d’une opinion p(u‘s()nnelle.
11. Montai..
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
La lioue belok contre i.e rhumatisme
Le Centre antirhumalismal de lîruxelles fait preuve
d’une activité déjà grande. En principe, voici com¬
ment le professeur Gunzburg résume son système
Le malade est examiné jiar une consullalion de
quatre médecins : un clinicien, un bactériologiste, un
])hysiologist(> et un physiothérapeute. L’observation
détaillée du cas est rédigée, le questioniiiiire-referen-
dum de lu Ligne inlernutionale est reiniili, le cas est
discuté et il est procédé aux analyses et recherches
aux(juelles le cas donne lieu. Le Iraileinenl est
ensuite institué. 11 est dressé a l’issue de chaque
séance un procès-verbal consignant les faits intéres¬
sants ou nouveaux et les problèmes qu’a soulevés
l’examen des différents cas.
Au point de vue de la classilication du rhunia-
lisine, l’auteur signale que l’accord n’est pas encore
fait et que chaque pays a la sienne. 11 conviendra de
s’eiilemlre. Un point général sur lequel tout le monde
s’accorde, c’est l’immense iini)orlanc(; économitiue et
sociale du rhumatisme. Les sommes payées pour
invalidité par rhumatisme sont fantasli(|nes.
Du fonctionneiiieiit du Geiitre de lirugniann, il
«) Que l’àge des rhumatisants est assez avancé :
l’àge moyen du début de 1 affcrliou varie entre 41) et
50 ans ;
b] L’àge de la maladie l(irs(|ue le malade arrive au
Gentre est assez avancé également ; la ]dui)arl des
cas (latent de jdus de dix ans.
Parmi les facteurs du rhumatisme, on a trouvé :
1" Un foyei’ U(*t dans b(‘aucoup de ras :
2” Des facteurs constitutionnels (ménopause ou
troubles endocriniens) dans d’autres ,
3" L étal (le réaction et de eirrulation de la peau ;
4” L’influence du froid et de 1 humidité.
Quant aux résultats des différents traitements
appliqués, il a été jirocédé à une emjuéte auprès des
malades.
La durée moyenne des traitements a été de trois
Les douleurs ont été améliorées dans 50 pouiv.100
des cas et le mouvement dans tiO pour 100.
COLOMBtE
Ll; eKOI ESSEl R LoMKANA liARRENECIli;
La Eaculté de Médecine de Bogota vient de faire
une grande perte par le décès du |)rofesseur José Mu
Lombana Barreneche, un des grands cliniciens de la
Golombie et dont la personnalité si marquante et
si attachante lui lit mériter de la jeunesse universi¬
taire le litre de « Maestro de juventiid r, « .Maître de
la jeunesse ».
Le 1)'' Lombana Barnuierlu* était professeur à la
clinique médicale de l’hopilal » .San Juan deDios » de
Bogota, depuis trente ans, il' a formé là plusieurs
générations de médecins.
Attiré un jour par la politi(|ue. le iirofesseur Loin-
bana Barreneche, dont les idées et tendances philoso-
j)hi(|ues et p()liti(iues étaient bien connues dans tout
son ])ays, arriva bientôt à être candidat à la prési¬
dence de la Républi(|ne,
Lombana Barreneche appartenait à la lignée des
grands cliniciens de LErole frain aise. des Bretonneau,
des Trousseau, des Dienlafoy ; comme eux il subju¬
guait l’auditoire Jiar la jiréeision de son diaguostic et
ses merveilleuses (pialilés d'exiiosilion et d’ensei¬
gnement.
Ghef de clini(iue dans son service, pendant deux
ans, nous lui sommes débiteurs de ses méthodes si
personmdles et si seienliflques. Nous nous raiipelle-
rons toujours av(;r émotion combien était familiale
celte atmosphère aulonrde sa chaire, ( haireà ta(|Uelle
il attacha tonte son intelligence, tout son dévouement
Il est parti sans ([ue nous ayons eu la joie de ser¬
rer pour la dernière fois sa loyale main. L’aruil((
avec buiuelle nous sentons la détresse de sa disjiari-
tion nous révèle combien son exemple et ses encou-
rageiiK'iils nous étaient ])ré( ieux, mais son souvenir
restera toujours dans notre esprit pour nous rappe¬
ler sans ress(‘ et nous faire ainn'r sans d(daiibin('(‘ les
grandes lois de la seienee et de la vi rile.
,loR(u; Bi.iarano.
PALESTINE
Réceinmenl eut lieu à T( l-.\viv la ('(debratlon du
15" anniversaire de riiistitul l’asleur fondé et dirigé
par b‘ D*' A. Ibdiain. l’ius de LUI personni's dont
beaucoup de médecins assistaient a ce jubile. On
remarquait la présence des représentants du (aimile
National juif, Exécutive sioniste eu l’alestine, du
Gousul de la l'rance, au nom de la patrie du grand
Pasteur, des membres du gouvernement palestinien,
de la munieipalilé de la ville de T(d--\viv, des asso¬
ciations inédicab’s des villes tic Jeiaisaleni, l(d-.Vviv,
llaifa, des Unions des médecins des colonies
^ Tous les orateurs ont souligné le rôle important
de l'inslilul Pas teur sur la santé publiiiue en Pales¬
tine et cela grâce à 1 activité et à l'énergie extraordi¬
naires (b* son fondaliMir et direcli'ur, b* D‘ Lehain.
RUSSIE
Lors (les fêles récentes du lOD'' anniversaire de la
naissance du célèbre écrivain russe Leon lolsloi. Ion
a inauguré dans son ancien domaine familial « Jas-
14
LA P’RESSE MEDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
N“ 1
naïa Poliaiia ", dans un InUiiiHMit iKiiivollcmcnl coiis-
Iruit, un li('>])ilal al niia ])(>liidini(|iic, avac cahiiicl
dantaii'c, |nnii‘ les Iji'soins da la |>ii])nlaliiin anviron-
Lalrilnmal <li' Lanina i ail a jii^à nna altaira inlàaas-
sanla aoiiaai-nanl la I)'' Lonhavina. (’.a niàdaain a l'ail
sas âtudas inàdiaali's f'rAaa à una hoursa d’Ktal de
25 rouillas jiar mois, at s'ast aiigaijà da Iravaillai-
([Uidqiias annàas à la aam])ai;rii‘, dès la lin d(‘s àtndas,
soit dapnis 192(). ,Mal({rà las a|i|>oinlanianls lixàs
polir son sla^a à la aampaLçna, la 1)'' l,onl>avina a
raïnsâ à trois ri'prisi-s da partir an ])i'ovinaa. lOxaln
[lar la lioursa <lu travail, ra inàdaain a (piand niània
trouva un an^a|^amt*nt dans nna das maisons da rapos
an villa. L'Mtal a axiifâ la ramhoni‘si*mant das
sommas dâpansàas par lui jionr insirnira la I)'' Lon-
liavina. (la darniar fut aonilamnà A payar à l'iltal
1.71)0 roubles, (la proaàs asi daslinà à ouvrir loula una
sària <la proaàs analoftiias contra las màdaains
ràralrilranis (|ni, malHrà leur rouirai avaa I Mlal.
rafnsani il'allar travaillai' an provinaa. l’ius da
1)00 màdaains ipii rarusàrani la dàpart an provinaa,
sans motifs imjiorlanls, ont été axrlns das IJoursas
da travail à banini^iad. .Mosaon al Kliarkov.
Correspondance
A propos du sérum de Rodet
dans la fièvre typhoïde.
Dans votre nnmâro du 15 Dàaambi-a da l.a /•’ra.v.sa
Médicale, ja lis un' compta raiidn ila la sàanra du
'» Dàaambra da la .Saciélé iiiéiiiralc <lc.s ffùpitaa.c
de /,)/««, dans Iai|nalla j ai fait uni' rommiiniralion
sur las romlitions d ariiaarilà da mon sài'um dans la
liàvra typlioïda ; j y ralàva una assartion (|ua ja na
puis laissai' passer sans raalillralion, parce ipi Clla
est da natiira à donnai' à X'os lactaiirs nna idée absolii-
niant faussa sur la valanr |)rati((ua da ce sérum. ( )ii
ma fait dira i|na la sérum n est afiiraca ([lia dans
las ([uatra liramiars jours da la nialadia, ce ijiii à(|iii-
vaut à déclarer catia sérolliéra|)ia, sauf circonslancas
axcaiitioiinallas, pralii|Uanianl innlilisabla. .l'ai dit au
contraira ([lia « la sérum peut être utile à loiilas las
pi'i'iodas da la nialadia >< ; si donc, conima toni sérum
curatif, il est pins cflicaca amployé précocamant (jna
tardivaniani, si la pralician, an [irésanca d un ras da
l'ara sufîamanl an ayant racours au sérum la plus li'il
possible, c est nna arraiir da s'abslanir du fait (jiia
l'on est aiipalé à inlarvanir tardivaniani. .l ai jirécisé
conditions |>armallaiil iroblanir da ce sérum la maxi¬
mum d l'flicacilé, an ce i(ni roncarna las dosas, la
répatition das injactions, an rap]iort avec las alïats
niéinas i|u Cllas délarminant . rada|)lalion du Iraila-
nialadia. ^ os laclaiirs [lonrronl. pour [dus ampla
informé, sa reportai' au " médirai >. du Hi l)é-
.\. Iloiii i.
Livres Nouveaux
Les fous, les pauvres fous et la sagesse qu’ils
enseignent, [lar la 1)' M.ti niai tu: Kria itt, da I .Vca-
démia da .Médacina ^ l ibrairie llarlietle'i . l’aris,
1928.
Las fous, las jiauvras fous 1 c est [lar cas mots,
tout [ilains d nna ininiansa pitié, ([iia rantanr da
V .Inpai.H.se humaine désigna un nouvaau livra, où il
vient niattra ancora nn son co'ur com|)atissanl 1 Lt
sa sriaiica da psycliiatra, qui est iirofonda, s'associa
ù son talent d écrivain, (jui est grand, pour niattra à
notre portée at à la (nirléa da tous las niédarins, i|ui
Ironva.ront là, an vérité, un axcallani maniial da
palbologia inaiitala. toiilas cas Irislas maladias, tous
cas « acoidanis " da l'esprit, [isycliosas d'origine
toxique ou infactiausa, accompagnéas da lésions évi-
deulas da la substanca cortirala
Kiisiiita il étudia las « dastinéas ", « la ratiitn ■,
las psychoses conslilulionnalli's, congénitalas, liéré-
ditairas, i|iii na s'accompagnanl pas da lésions anato-
iniiptas da l'aiicépliale appréciables par las moyens
d'investigation dont nou.s d i.ipo.ion.i pré.'ientement .
(latte réserva axpliijue tout, car ces lésions existent,
lésions |)roloj)lasmi(|uas, altérations pbysico-cliimi-
([iias, impossibles à déaalar jiar nos nioyaus (pii sont
ancora ralativeniant grossiers, mais qui existant,
parce ipi Cllas ne peuvent pas ne pas exister.
Ht raiiteur nous conduit ainsi, en des pages alta-
cliantas, jusipi’au fond du problème moral, at ja cons¬
tata avec joie ((u’il ravendique courageusaniant las
droits da la psycbialria, de l’observation cliniepta,
patienta at tanaca, contre l'intuition pbilosopliiqua at
la raisonnaniant [lardii dans l’iiiaccessibla absiraclion
mélapliysi(|na 1
Xous sommas sur la tarra, an téte-à-tàta avec las
fous, las [lauvras fous !... at avec las liommas aussi !
Ilastons donc suc la tarra, at regardons las liommas!
(la livra est dédié à M. 11. Uargson. Que mon ami
da Klaiiry ma [larmatta donc da le louer hauteniaiil
|)our l’énargia avec laquelle il fait des réservas sur
las théories de ce grand asjirit. Las raisonnamanis
bargsoiiians sur la matière at la mémoire, sur l àiiia
at la corjis al las rap])orls qui las unissant na
l'oiil [las convaincu ! Qiiebjue admiration que l'on
puisse avoir jioiir la puissance de dialectique al la
richassa d’invanlion verbale d’un liomnia da si baute
cultiira, on est bien obligé de conclure (jua sas
marvaillaiix axarcicas da voltige inlallaclualla sur
das pointas d aiguilla, ((ua sas syllogismes basés sur
das iiropositions discutables at condui's parmi das
méandres métaphysiques dans lesquels das esprits
moyens comma las m'itras sont hors d’état de sa
ratroiivar, na tiannent pas contre las innombrables
constatations matériallas des lésions du cerveau dans
la palbologia mantala, al même tout simplameni
contra cal alfritaiiieiit progressif da tout ce (pii con-
stiliia cas admirables ([iialités de l’intalliganca, da la
mémoira at du santiinant, devant l’usure par la viail-
lassa al la sénilité de cal organe miraculaux qu’asl la
carvaait da riiomma !
Las temps viendront bienti'it où nos palils-anfanls
('oiii|)randroiit difllrilamant que tant de scianca, tant
da lalaiil at [larfois même da génie aient été ainsi
gaspillés à lutter contra l’évidence!
sur las
folia da
'l's la lin, dans quelques balles [lagas, da
([ui a l'éllécbi, comme nous tous, sur las
évéïianiaiits auxt[uals nous axons assisté,
cabimilés déchaînées stir la monda jiar la
'S liomnias, médita sur nos dastinéas al
' avec ([iialqua amartiima ([iia riionima ipii a
d grandes chosas a tout amélioré, tout, si ce
[U'opra Ame !
J.-L. Laiki;
Les artères de la région cæco-iléo-appendiculaire.
|>ur A. lloviiLAci^iK at A. SoiKuix. l'na brocliiira
in-12 da 0,5 jiagas avec 22 ligures (,f. I.e^rand \ .
Paris. 1928.
Las auteurs, devant las dascriplions coni radic-
toiras das ('lassi(|tias, ont racbarché sur 05 [liécas las
xariations das artères du sagmanl iléo-ca'co-appandi-
cnlaira. leur mode de ramascanca, territoire etanaslo-
iitosas ; travail fort inlérassanl pour la [lalliologia
ca'('o-a|ii)('ii(li('ulaire montrant nattamanl la causa das
bémorragias ipii [lauvant sa [irodiiira au niveau du
moignon aiipandiciilaira ajirés ligatura da l’artéra
a|>[iandicnlair(', al apportant nna conlribiitioii à la
racbareba das causas das [larforations du cii'ciim au
coiics da rappaiidicita gangrenausa, (’.a travail, fort
bien illustré, servira aux anatomistes comme aux
chiriirgians.
Llppincotts Quick Reference Book for medlcine and
surgery, |)ar (1. Uttiinuiciui. 0'' édition. 1 fort vol.
in-8" relié avec nombreusas figuras [l.ippineolt,
édilaiii'l, Londres, 1928. Prix : 05 sliillings.
('.a très gros voliima est una ('oni|)ilalion sous
forma de diclionnaira divisée an onze parties, consa¬
crées à la niédacina^el chirurgie, la gynécologie, las
maladies génito-urinaires, l’obstétrique, la dermato¬
logie, las maladies des yeux, des oreilles, du nez, de
la gorge, l'orthopédie, la pharmacologie. La neuro¬
logie et las maladies de l’anfnnca sont comprises
dans la jiremiére jiartie.
La but [lotirsiiivi par l'auteur a été da donner au
médaciu. al spécialement au |)ratician, la possibilité
da se dociiinanlar immédialemant louclianl (piabpia
sujet que ce soit de sa profession at cela aussi bien
au point da vue da la syniiitonialologic' ((ue du dia¬
gnostic, que da la conduite à tenir iioiir chaque cas.
Pour ('liai[ti(' maladie on trouve un bon résumé des
symplùinas, des causes, las éléinenls du diagnostic at
l’('X[)Osé du traitement suivant les plus récantas pu¬
blications.
De nombreux graphiques, schémas, dessins, ))lan-
clies en noir ou en couleur, accompagnent la texte
toutes las fois qu’il est nécessaire pour an faciliter la
(le dictionnaire médical est susceptible da rendra
las plus grands services au [iraticieu at son succès
dans las pays da langue anglaisa est établi par la
multiplication des éditions dont la maison Lippincott
oH’re aujourd’hui la sixième au [lublic médical.
Sa dilïusion dans les milieux médicaux d’autres
pays est rendue plus diflîcile par l’usage das unités
de [loids et de mesure anglaises ([iii nécessitent sou¬
vent, et constamment pour ce ([iii a trait à la théra-
|)('uti((U(' médicamenteuse, das calculs pour Iraduire
an grammes et centimètres cubas las grains et onces
du laxla.
Tratado de la diabètes, par Pediio Lsoi deuo, l vol.
7üü [lagas {Ijhreria El Atenea\. Huenos Aires,
19-27. Prix S 1-2.
('.et ouvrage est un das plus remarquables qui
aient été écrits, dans ces derniai's temps, sur le dia¬
bète. Toute la première partie est consacrée à son
éluda ('liimi(|ue et biologique, c’asl-à-dira qii alla
conipocle tout d’abord une étude complète des dilïé-
raiits, sucres, du métabolisme des hydrates de car¬
bone, des graissas, des [iroléides à l’état normal al
chez las diabéli([U('s. On connaît la compétence de
l’auteur dans catta ([iiestion, puisqu une iiiétlioda
expérinianlale tort célébra porte le nom d’épreuve
d’Escudero. Oetla darnière épreuve est expli([ué(t,
dans tous sas détails et accomjiagnéa d’aboiid alitas
tables at d’iiiipi
Toula la qui I
bétiqiK
■aiiig raiitaur fait une large part a 1
at à la i'('('bai'('l 1 1 1
La seconde [larlia est consacrée
du diabète sucra, diabate simple a
([lié. Mous recommandons tout [i
l’attention du lecteur les pages
l'iscudaro étudie la svni|)lomatol()gi
da l'acidose et du coma diabeliqiK
las dilfércntas indications lhéi'a])('uliques. Toula la
lin da ce cbaiiilra a Irait à la médication insulini((ua,
dont il envisage les dilTérantes indications et contra-
indicalions, las accidents cl la façon da las prévenir
on da las évitai'.
ng des dia-
s l’axamaii da
nicti de l’uréa
1 (He cÔmplï-
'iiliéi'emenl à
lesquelles
la pathogénia
ont il disviitc
L'aulaiii' [lasse ansiiite à réliide de certains dia¬
bètes sjiéciaiix : diabète infanlila. diabète occulta at
diabète latent.
La dariiièra [larlia de ce volume, essentiellement
[)rati([U(', envisage loula la via du diabéti([ue. ('. est,
suivant raxjirassioii da l’auteur, la guide du (liabéti([n('.
,V [lart une tabla des aliments jK'rmis at défendus,
da la taiiauc i'('s|)acliva an [icoléinas, graissas at
bvdi'alas da carbonna das dinéranlas substances ali-
nianlairas, Escudaro aiivisaga certaines ([uastions
(rordra assanliallameni [U'aliqita, telles que celles
du droit du (liabéti([U(' au mariage, de la surveillance
médicale du (liabéli([n('. 11 dressa même la charte
das droits du diabétique, déclprant ([lie : » la diabé-
li([U(' est an droit d axigar da son médecin ([ii il lui
donne toutes ses indications par écrit, qu’il lui écrive
('X|)li('ileni('nl la réginie ([ti’il suivra, la ([uanlité da
('lia([U(' alimani ([ii il jiant absorber, l’n médecin qui
se contenta da dira à un diabétique da manger de la
viande, du fi'oniaga, das onifs at du baiirra, da na
manger ni [laiii, ni sucra, ni [làlas, al ([ui n’iii(li(|ut'
[uis la ration joiii'iialièra da cliacnn da ces aliments,
ce médecin man(|U(' à tous sas devoirs, pour deux
raisons : la [ii'amièra, c’est ([ti'il ignora la trailemenl
de la nialadia, la seconde c’est ((ii’il sa désiiilérassa
da son malade. Pour ces deux raisons le malade coucl
un risqua, at je lui conseilla de changer de médecin.
S’il na [leiil faire les frais d’un traitement jiar un
médecin da ville, mieux vaut pour lui d’aller à l’iit)-
pilal où il trouvera un médecin spécialisé ». ('.elle
phrase peut servir réellement d’épigraphe à l’œuvre
d’Escudero al nous pouvons dire que de tout point
il s’acquitte s('ru|mleusament des devoirs ([u’il a liii-
niènia édictés.
M. .Nathan.
■N" 1.
I-A PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 2 Janvier 1929
Université de Paris
Faculté de Médecine. — M. Ip prolcsscuv Huruo
Uayuslii, Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université
Impériale de ïokio, fora doux conrérenees en français
les mardi 8 et Jeudi 10 Janvier 1920, à 17 li., an petit
amphitlxéfltro do la Faculté.
Premiarc confcrcjice. — Les hormones génitales.
Deuxième couférencc, — L’action du phosphore sur les
Clinique médicale de l’Hôtel-Dleu. — Leçons dn
dimanche sur des .sujets d’actualité médicale. Elles auront
lieu ù l’ainphithéAtre 'frousseau, à 10 h. 1/2.
Dimanche 6 Janvier 1929. Prof. Paul Carnot, médecin
de l’H6tcl-Dicu ; Les excitants de la prolifération cellu¬
laire. Cytopoiétines et tréphones.
Dimanche 13 Janvier. M. Sainton, médecin de l’Hôtcl-
Dieu ; Les c.xostoses ostéogéniques.
Dimanche 20 Janvier. M. Louis Fournier, médecin
de l’hùpitul Cochin : Les méthodes préventives de la
Dimanche 27 Janvier. Prof. Paul Poi'ticr, ixrofesseiir à
la F’aculté des Sciences : Les vitamines.
Dimanche 3 Février. Prof, llurtmann, professeur do
clinique chirurgicale à l’Hùtcl-Diou : Le cancer du rectum
et son traitement.
Dimanche 10 Février. Prof, agrégé Fiessingor, méde¬
cin de la Maison Dubois : Les épreuves d’élimination bi¬
liaire. Le rouge bengale.
Dimanche 17 F’évrier. Prof. Villaret, médecin de l’hô¬
pital Saint-Antoine : Les applications thérapeutiques de
l’acétyl-choline.
Dimanche 24 F’'évrier. Prof, agrégé Léon Binet, méde¬
cin des hôpitaux : Physiologie de la rate. Déductions cli¬
niques.
Dimanche. 3 Mars. Prof. Tilfeneau, professeur de phar¬
macologie et matière médicale : Les nouveaux hypno-
Diinanehe 10 Murs. Prof. Ruthery, médecin do l’ilôtel-
Dieu : Chlorure de sodium et néphrite.
Dimanche 17 Mars. M. llulbron, médecin de l’IIôtel-
Dicu : Le traitement de la tuberculose par l’antigène mé-
thylique.
Clinique de dermatologie et de syphillgraphie.
— Des cours de perfectionnement de dermatologie et
vénéréologic seront faits sous la direction de M. le j>ro-
fesscur Gongerot.
Le prochain cours de dermatologie aura lien dn l.ô .\vril
au 11 Mai 1929; Le prochain cours de vénéréologic aura
lieu du 13 Mai au 8 Juin 1929; Le prochain cours de thé¬
rapeutique .dcrmato-vénéréologiqne aura lieu du 10 Juin
ou 29 Juin 1929.
Un cours de technique de laboratoire aura égnlemcnt
lieu durant cette jjcriode.
Le droit d’inscription pour chaque cours est de 250 fr.
Un programme détaillé sera envoyé sur demande.
Les cours auront lieu au musée de l’hôpital Saint-
Louis, 40, me Bichat, Paris (X").
Ils seront complétés pur des examens de malades, des
démonstrations de laboratoire (tréponème, réuctiou de
Wassermann, hnctériologie, examen et cultures des teignes
et mycoses, biopsie, etc.), de physiothéra])ic (électricité,
rayons X,, haute fréquence, air (diaud, neige carbonique,
rayons ultra-violets, linsenthérapie, radium), de thérajxeu-
tique (frotte, scarifications, pharmacologie), etc...
Le musée des moulngcs est ouvert de 9 h. à midi et de
2 h. à 5 h.
Un certificat pourra être attribué, à lu fin des cours,
aux auditeurs assidus.
On s’inscrit au secrétariat de la F’aculté de Médecine,
rue de l’Ecole-de-Médecine (guichet 4), les lundis, mer¬
credis et vendredis, de 15 ù 17 h. (On peut s’inscrire par
correspondance).
Pour tous rensciguements s’adresser à M. Burnier,
hôpital Suint-Louis (Pavillon Bazin).
Cours de Physiologie. — M. 11. Roger, professeur,
commencera le cours de Physiologie, le samedi 12 Jan¬
vier 1929, ù 1/ h., au petit amphithéâtre de lu Faculté et
le continuera les jeudis et samedis suivants, il la môme
M. L. Binet, agrégé, commenecra une conférence com¬
plémentaire le mardi 15 Janvier 1929, à 17 h., au petit
iiinphithéôtre de la l'acuité et lu continuera les mardis
suivants, il lu môme heure.
Puériculture. . — M. B. Wcill-llallé, chargé de cours,
commencera son onscignement le mardi 15 Janvier 1929,
il 6 h., n l’Ecole de Puériculture, 64, rue Desnouettes
(XV“), et le continuera les jeudis, samedis et mardis sui¬
vants, aux heures indiquées ci-dessous.
Programme de Vcnseignemenl. — Le jeudi, ii 5 h. (ii
partir du 17 janvier) ; La puériculture. — Eugénique
et hérédité. — L’enfunt normal; développement physique
et mental ; méthodes d’exploration clinique. — Hygiène
et projihyhixic individuelle et sociale.
Le mardi, à 3 h. : Consultation nu .dispensaire d’hy¬
giène et visite du pavillon d’allaitement. — Examen des
enfants et étude des problèmes médico-sociaux.
Le samedi, ù 5 h. : Leçons complémentaires et démons¬
trations de diététique et d’hygiène sociale. — Visites
d’établissements publics ou privés intéressant la protec¬
tion de l’enfance.
Le programme détaillé des cours et visites sera public
ultérieurement.
Ecoles de perfectionnement des officiers de ré¬
serve du Service de Santé du Gouvernement mili¬
taire de Paris. — Eu outre des conférences qui seront
faites dans les quatre Flcoles annexes (médecins, pharma¬
ciens, dentistes, officiers d’ Administration), des exercices
pratiques prévus au programme d’instruction de l’Ecole
de perfectionnement des officiers de réserve du Service
de Santé du Gouvernement militaire de Paris seront
exécutés au cours du 1" semestre 1929, dans les condi¬
tions suivantes ;
1“ Exercices pniiiques d’iniérêi général communs aux
quatre Ecoles annexes. — A 9 h. 1/2, au grand amphi-
théôtre de la Sorbonne; entrée, 47, rue des Flcoles.
Dimanche 20 Janvier, M. Schickelé : Introduction aux
exercices pratiques. Principes généraux d’organisation et
de fonctionnement du Service de Santé. — Dimanche
17 Février, M. Vnudarier : F'onctionnement général du
Service de Santé dans un corps expéditionnaire. — Di¬
manche 17 Murs, M. Schneider : Fonctionnement du Ser¬
vice de Sa'nté dans une division d'infanterie dans la dé¬
fensive. — Dimanche 14 Avril, M. Bottu, ])harmucicn
eommandant de réserve : L’exécution du Service de Santé
dans la guerre chimique. — Dimunche 26 Mai, M. Schic¬
kelé : F'onctionnement du Service de Santé dans nne
division d’infanterie dans la défensive (suite).
2“ E.rercrces pratiques faits à l’intérieur de chaque Ecole
de perfectionnement. — Au grand amphithéâtre de la F'ii-
culté de Médecine, ù 20 h. 1/2 : 19 F'évrier, M. Bouyssou :
Le fonctionnement du Service de Santé régimentaire dans
la défensive. — 16 Avril, M. Jouvelet ; Le fonctionnement
du Service de Santé régimentaire dans l’attaque.
Institut d’Hyglène. — Sur lu proposition de M. Roc-
land, au nom de la 0” Commission, le Conseil municijial
de Paris a décidé d’accorder il l’Institut d’ilygiène de la
F'uciiUé de Médecine de Paris, à titre de subvention pour
son fonctionnement, une subvention de 20.000 fr.
Institut du Cancer. — En vue de favoriser le déve¬
loppement de l’Institut du Cancer, le Conseil municipal
de Paris, sur la proposition de M. Galmcls, nu nom de
lii 5® Commission, a décidé le l'cnouvellement de la sul)-
vention de 500.000 fr. qui fut accordée à cette Œuvre en
1926.
Universités de Province
Faculté de Médecine de Strasbourg. — A lu nou¬
velle Clinique oto-rhino-luryngologique un cours de jier-
tectionnement sera fait par M. le professeur Georges
Canuyt, du lundi l"® nu samedi 13 Juillet 1929.
Ce cours sera essentiellement pratique et chirurgical.
Les auditeurs seront exercés individuellement aux nié-
tliodos d’examen et de traitement. Un développement
tout particulier sera donné ù renseignement de rane.s-
thésic locale et régionale, de la pathologie infantile et de
la chirurgie oto-rhino-laryngologique.
Toutes les interventions seront décrites, projetées sur
l’écran et exécutées sur le vivant. Chaque auditeur opé¬
rera lui-môme sur le cadavre.
Pour tous les renseignements, s’adresser à M. le jiro-
fesseur Canuyt, Faculté de Médecine, Strasbourg.
Hôpitaux et Hospices
Amphithéâtre d’Anatomle. — Un cours hors série
d’opérations chirurgicales (chirurgie ophtalmologique) en
dix leçons, pur MM. V. Mornx, ophtalmologiste de l’hô-
pitul Lariboisière, Magitot et Bollack, ophtalmologistes
des hôpitaux, et M. Hartmann, commencera les lundi
7 Janvier 1929 et mardi 18 Juin 1929, ù 14 h., et conti¬
nuera les jours suivants, à la môme heure.
Les auditeurs répéteront individuellement les opérations
sur l’œil humain ou l’œil animal.
Droit d’inscription : 350 fr. Se faire inscrire : 17, rue
du Fer-à-Moulin, Paris (V").
Programme du cours. — I. Opérations sur les muscles
oculaires. — IL 0|)érntions sur lu conjonctive et lu cornée.
— 111. Opérations sur les paupières. Opération du pto-
sis. — IV. Opérations sur les voies lacrymales. — V.
Opérations antiglnucomuteuses. — VI. Opérations palpé¬
brales. Autoplasties. — VIL Opérations sur les nerfs de
l’orbite et de là face. — VIII. Opérations sur les pau¬
pières. Mnrgiiioplasties. — IX. Opérations sur le cristal¬
lin. — X. Opérations sur l’orbite.
Hôpital Bouclcaut. — Sur la demande de M. de
Fontenay, au nom de la 5” Commission, le Conseil muni¬
cipal de Paris vient de prononcer le renvoi à l’Adminis¬
tration, d’une proposition de M. Duteil tendant ù ouvrir
chaque semaine ù la maternité de l’hôpital Boucicaut
une troisième consultation de nourrissons.
Clinique ophtalmologique des Quinze-Vlngts. —
Le Conseil municipal de Paris, sur lu proposition de
M. Culmcls, au nom de la 5' Commission, a décidé de
renouveler pour 1929 la subvention de 36.00Q fr. accordée
|)Our 1928 il lu Clinique ophtalmologique dns Quinze-
Vingts.
Création d’un hospice. — Par décret ])rcsidentiel,
est autorisée la création d’un hospice dans la commune
de Renaison (Loire).
Concours
Ecole de Médecine de Tours. — Un concours
s’ouvrira le lundi 17 Juin 1929 devant la Faculté de
Pharmacie dn l’Université de Paris ])Our l’em|)loi de pro¬
fesseur suppléant d’histoirn naturelle à l’Ecole prépara¬
toire de Médecine et de Pharmacie de Tours.
Le registre dns inscriptions sera clos un mois avant
l’ouvcrturn du concours.
Assistant des hôpitaux militaires. — - Un concours
s’ouvrira en 1929 pour l’obtention du titre d'assistant des
hôpitaux militaires.
Le nombre et lu nature des emjdois mis au concours
en 1929 sont fixés comme suit :
Médecine, trois : Deux à riiôpital militaire d’instruction
du Val-de Grôce ù Paris; un ii l’hôpital militaire d’in¬
struction Desgenettes ù Lyon.
Chirurgie, cinq : Deux à l’hôpital militaire d’instruc¬
tion du Val-de-Grûce à Paris; un à l’hôpital militaire
d’instruction Desgenettes ù Lyon; un ù l’hôiiital mili¬
taire Plantièrcs à Metz; un it l’hôpital militaire Maillot à
Alger.
lîufU'rioloj^ic, quatre : Deux au laboruluire de bacté-
riolojfic de riiôpilal militaire d’iiistructioii du Yal-dç-
Grùce à Paris; doux au laborataire de baetérioloyic do
l’hôj>ilal militaire d’instruction Dosjjoncttos à Lyon.
Eleotrp-radiologie, deux : Un à rhôpital militaire d’in¬
struction du Val-dc-GrAcc ù Paris; un à l’bôjjital mili¬
taire d’instruction Desgonottes à Lyon.
La duree des fonctions dos assistants dos hôpitaux mi¬
litaires de ces différentes catégories nommés à ce con¬
cours est fixée à troi.s ans. Elle commencera à dater du
2 Novembre 1929.
En exécution de l’article l*’’’ du décret du 2^i Novembre
1924, sont seuls admis à jirendro part à ce concours les
médecins capitaines com])ris dans la 2'' moitié de la liste
d’ancienneté de leur grade, établie au l"" Janvier 1929.
Le nom du médecin capitaine commençant la 2° moitié
do ccUc listo sera publié ultériouromont.
Les .candidats qui en feront la demande seront auto¬
risés ù concourir dans deux sections au j>lus de ce con¬
cours, mais ils ne pourront recevoir, le cas écliéanl, le
titre d’assistant des hôpitaux militaires que dans une
seule des catégories qui sera fixée par le ministre, comj)to
tenu des intérêts du service.
A. Epreuves anonymes d'admissibilitc. — Les épreuves
auront lieu au chef-li(Mi do corps d’armée (hôpital ou
salles militaires de riiosjiice mixte) et à Paris et à Lyon,
aux hôpitaux militaires d’instruction du Val-de-Gràco et
Desgonottes, il huit heures, aux dates fixées ci-après :
Section de médecine. — 1" éprouve, le 2 Mai 1929;
2*“ épreuve, le 3 Mai 1929.
Section de chirurgie. — l*"” éprouve, le 4 Mai 1929;
2'’ épreuve, le G Mai 1929.
Section de bactériologie. — l'" épreuve, lo 7 Mai 1929;
2® épreuve, le 8 Mai 1929.
Section d électro-radiologie. — 1®' éprouve, le lO Mai
1929; 2® épreuve, le 11 Mai 1929.
IL Epreuves dcfniiivcs. — Ces épreuves auront lieu à
riiôpital militaire d’instruction du Val-do-Gràcc, à partir
du 27 Juin 1929.
Les demandes des médecins capitaines en vue d’obtenir
l’autorisation de prendre part ù ce concours devront par¬
venir au ministre de la Guerre (direction du Service do
Santé, 1" bureau, personnel), avant le l'® Avril 1929 au
plus tard, en indiquant la ou les deux sections choisies
et en donnant la liste, jiar ordre de préférence, des
emplois auxquels ils désireraient é(re alTcctés eu cas de
Les avis hiérarchiques devront, non pas sc borner à
une simple transmission favorable, mais être circonstan¬
ciés et accompagnés de toutes indications et références.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Liîgion d’honkeuh.
— Commandeur. — MM. Saint-Paul, Chuvigny, médecins
gônôniux; Vassal, médecin colonel du service de sanlô
colonial.
Cheval er. — M. Duprcl, médecin titulaire de lu maison
d’éducation d’Ecouen.
Hommage à M. Parrel. — M. Le Coz, maire de Ver¬
sailles, entouré, des tnembres du Conseil municipal et en
1(5
LA l’RKSSE MKDICAr.K, Moirredi, 2 Janvier t!)2!)
N" 1
présenrc du persnniif*! rivil, a irinis una plaqucUe an
argent au daalaur Parral qui ({uitia rii('q>ilal, après
35 ans de service, l’ne pla<(ual[a d argent a été également
remise aux internas Daglaire al launliart al à rinliriiiiar
Paqualat (pii sa s(»nt. à di ITimimiU's reprises, prêtés à la
transfusion du sang.
Comité consultatif de renseignement supérieur
public. Par d(’*crat présichMiliel, profasseurs titu¬
laires des Facultés de Siédacina, des Facultés mixlas de
Médecine et de pharmacie, des l-’acullés de pliarmaci»',
inéinbras du conseil supérieur (h* rinstruction pul)li(pn‘,
seront désormais memlircvs de droit de la (àunmission d«'s
Ligue nationale française contre le péril véné¬
rien. Dans h* Iml de développer la lutte c(mln‘ la
péril vénérien dans las (h-parlaimmls de la Seine al de
de leurs malades ipii ne peinent nîMii>porter la lolalilé
des frais de leur traitement, ni se rendra dans un dispen¬
saire pour S V faire traiter gratuitement, la Ligua nalio-
la disposition des médecins [U'atliumis (pii Muidront lui
a|)porter hmr concours, ipii seront agnh's par elle al si*
conformeront aux conditions suivantes ;
Ia*s médecins ipti voudront participer à l'organisation
la Seine et (le S(‘ina-el-Oisa (la\ront adresser une de-
ciations professionnelles auxipielles ils ai»partiennent et
toutes autres ndid'muM's personindles (pi'ils pourraient
faire valoir. Le (amseil d’administration de la Ligue sta¬
tuera sur leur demande.
Les miMlecins admis prendront l’engagement de n em¬
ployer les médicaments mis à leur disposition ([ue pour
les malades m* pouvant fairt* les frais (h* leur traitement.
Ils (‘omnuini(pieronl au directeur (h* la Ligue, avec h*
diagnostic, la dati* de naissanc(' (d le s(>\(‘ du maladt'; la
Ligm* atlrihiiera a chaipie maladi' un numéro d'ordriL
Les méd(‘cins traitants élahliront pour (duupn* numéro
compoi'lanl les r(“nseignemenls de diagno''lic.
d’(
,1.0sil
situation inatérielh' (
a di'
('•(h'ctn délé'gué de la Ligue,
i(h> r[ de r(Mnploi d(‘s miMli-
par l(*s soins du din'cle
Les malades admis a
tuits (l(*vronl payer à lei
n traitant les honorai
Les lalioraloires de la Ligiu' serotd à la disposition des
pourront être payés par h* maladiv
Fn cas de désaccord entre le médecin IraitanI el le
médecin délégué de la Ligue, ce désaccord sera soumis à
une Commission technique et sur, la proposition de cette
(Commission h* Conseil d'administraliuii de la Ligue sta-
Société amicale des médecins alsaciens. 9, rue
d’Astorg. Les médecins alsaciens se s(ml réunis le
nieirredi 12 Déeembre sous la ))r(‘sidence de M. Oberkieh,
(h‘pulé de Selestal, sous-serr(Haire d’ICtat.
Cell(‘ réuaioii fut partieuli(*reinenl brillante, rehanssiM*
par la présence de M. le gééral DubaiJ. grand chancelier
de la Légion d’honneur et de noinhreuses dnines.
Le secrétaire général rotrat;a hri(‘vement Fhistoire de
la S()ciét(i composée au début d’une (jnaranlaine de jni*m-
bres, elle ne tardera pas à atteindre la centidue.
Pres([ue tous les médecins j>arisiens, d'origiiu' alsa¬
cienne, (‘Il font jiai'tie, le nombre des adhésions de pro-
vinee s’(*st accru, les relations avec les praticiens (l’Al¬
sace (le\ieniienl ]»lus frchpienles.
La Soeit'h' peul eonli'ilni(*r à dissiper le malaise (jui y
règne.
Son bul comme celui des autres Sociel(‘s régiomdes
est. (*n elTet, (h* travailler à la défeiis(‘ des intérêts giuié-
raux et proh'ssionnels du jinys nalal, en même temps
(|u'n la gloire et à la prospérité de la grande Patrie.
M. Kail président, dans une éloquente improvisation,
exposa les dllTiciiltt's (pie rencontraient à sou épocpie les
jeunes giuis alsaciens désireux de rentrer en France,
l’accueil (pi'il re(;ul à Paris, le plaisir et la fierté qu’il
(lé\(Mui son maître, un membre du (iouvoriiement, qui y
représente avec éclat et comiiétence l’Alsace M la Méde-
M. OluM’kieli rajipela les (Miseignements qu’il vint dans
le temps (‘hi*reher à Paris, la joie (pi'il ressenlit lors-
(pi eiilin les provijices annexées furent rendues à la
France el éeha])pèrent à l’enqireinte germanhpie.
H exprima toute sa satisfaction d(‘ voir régner la plus
franche (airdialilé entre les médecins alsaciens el lorrains
et les assura de son plus entier dévouement.
l’taienl présents : MM. les I)*^” Aimé el M*’". isernheim
el M"*^ lUocIi-Vorinser, Dlnm, llojjp el .M’"'. Dorsl. (ionge
et M'*"', Dedilxuirg. Eiigel, prof. Frohlieli et M‘"". ImicIis.
(lillot, (lo'lilinger, ilartenberg, prid'. Ilaiimnnn. Iloch-
steller, Jolly, Kalt père. Kiem et M"", I | | l M 1
et M-'. Laîd/enherg. Ch.-El. Lévy d M M II
Lîiiirin et M“"-. Uisl, Uo-derer. Schi'l, Schmitt, Schwariz,
Seligmann, Sjjire, Trêves, Ulrich. I)"- Suzanne Woili,
Wisner, Zadoc-Kahn et M"‘".
La vaccination antidiphtérique. Sur la proj)o-
1" (^u’eu raison de l’innocuité el de l’eflicacllé de celle
méthode' l'ohligation de la vuceimdioii aididi]>ht('‘ri(pie
par l anatoxine soit inscrite dans la loi au même litre
que celle de la vaccination antivariolique;
2“ (Ou (‘U raison dn maximum de rêceplivili* des jeunes
enfants pour la diphl(‘rie, ectle vaceinalion soit elîec-
lui*e. toutes les fois que cela sera possible, au début de
leur deuxième année.
Un établissement de régimes. - Ou \icni d’inau¬
gurer à Paris, 41, avenue Pierre P'^de Scîi’bie, un établis¬
sement de régimes M de cures « llelios » qui ue le cède
en rien aux institutions de ce genre existant en Europe
el principalement en Allemagne et en Suisse. L’organi¬
sation des régimes j)roj)rement dits est renforcée par une
très complèb* installation ]>hYsiolhéraj)l(pie.
.1 llelios )> ri'iidra service à quantités de jjersonmîs qui
sonl ol)ligé(‘s (le suivn* des régimes sj)éciuux : les (l>ab(*-
li(pu‘s, les rénaux, les dyspepliqu(is, etc., lesquelles en
voyage sc trouvent dans l’impossibilité de vivre selon
les ('xigeiices d(‘ leur organisme, parce que ni les h(ilels,
ai 1er. reslauranls ne sonl organisés pour les satisfaire.
Corps de Santé militaire. - Les élèves du Service
(le Santé militaire ret,'us docteurs en médecine dont les
noms suivent sont nommés au grade de médecin lieute¬
nant el sonl all'eclés : MM. Daroni, Lacorre, Sestre,
Verm'y, AVillz, Olivier, Tristanî, à l’Iu^pital militaire
(rinstruction Desgencllcs à Lyon: Parlemge, Roche, à
riiùpital militaire de Bordeaux.
Service de Santé de la marine. Sont nommés
en chef de D” classe, M. Fourgons; au grade de médecin
d(' classe, MM. Alluauimî, Coiffe el (Rimbaud.
Nécrologie. - On annonce la mort de M. ikuiri-Ca-
mllle Nollel, iiH'dccin en chef de l*"® classe de lu marine,
ancien médecin-chef de l’li(^]>ilal maritime de Brest, el
celle en Italie, de M. Andréa Amiéi, médecin du paiie.
Actes de la Faculté de Paris
. Examens üi: doctorat.
Mercredi D Janvier. — Clinique médicale. Faculté. -
Clinique obstétricale. Faculté.
JicuDi 10 Janvier. — Clinique médicale. Faculté. -
CIini(pie obstétricale (2 séries). Faculté.
Samedi 12 Janvier. Clinique chirurgicale. Faculté.
TllfSES DE DOCTORAT.
Lcndi 7 Janvier. — Ferrer (L.) ; JClude sur la nvvritv
ascendante. — (Jrobman (M.) : Complieai'ons urinaires
des fibromes nier ns. — Gourdon : Etude eVn'.quc des sco¬
lioses du nourrisson. — Jury : MM. Legueu, Bulthazard,
Oinbrédanne, Alajounnine.
Mercredi y Janvier. — J'/tcscs céicrinaircs. — Lefebvre:
De lu castrai on des Equidés. -- Guyon : Le cornage chro¬
nique chez le cheval. — Jury : MM. Legueu, Sebilouu,
C()([uot, Robin.
Jecdi lO Janvier. — Thèse vciérina rc. — Camus : Mo-
dl/icatiou de lu (/>n) du muscle sur l'an’uial qui vient
d'eire abattu. — Jury : MM. Ralhery, Nicolas, Vallée.
Rectification Tableau des actes du 17 Décembre 1928.
M. Vaissié : De l'importance qu'il convient d'attacher aux
polypes muqueux.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
I.A l’itrssi: Mi:i)i<;Ai,i' r<iiij>i‘lli‘ à m-s Ifrlci/rs tiii’rllc
Iranxnirl loiilfs Irti lelti-os un lunlirr <lc
üll erntunus uu.r litiiluiivs i/r.'i iiiiiKinrr.s qui vùjiiiii-
(Irnt iliriu-tuiiifiil . l'illc iir iiiriui uurune l■l‘s[l(Jn/iuhi-
lilù quuni ii tu t(‘uuui- de cev rumiiniqués. l'elh'
ruhriilue est utisuluuieul rèsereèe uu.r (iiinoiiee.'i riiii-
cernant lex piiste.s ineitirau.r. lex lenipluouneiilx. lex
a/frex au (leiitiiudex d empluix ou de eexxionx uptiul
un riirartère inédirul ou pura-tnédiral : il n'q ext
iiixid'é aurune uuuuure eunuiierriu te . /. adniinixtru-
inxei'liuiix. Il u'e.st pux inxéré d iiuuonrex île iniiiiis
de y lipnex.
Prie des iiixerliiiiis ; 7 /;•, lu llpiie de 'itl lettres un
sipiiex ('i //•. lu lipne pour les uhoiinèx à La I’uhkm:
Méhicaii;! I.ex l•enxeipnemenlx et roiuiuuiiiqiies se
laient à inraure et sont insérés S ù II) juurs après
a réreplion de leur inonliint.
Pension poiii' ('iifnnls cl jciincK ,rciis dclicals nu
coriviilcsccnls, non coiita^'icnx. M""' licnn, S, ave¬
nue Lamartine, Areaelnm ((iiromlel.
Situation d’associé olîerte à jne médecin, sporlif,
présenlanl l)ien, pour eo-dieeolion il'nn IClalilisse-
iiieut médical importanl. lieeire on voir de (i à H
M, Conrrand, «il, eue I.afayelle l’aeis iTend, ‘.lO-iyi.
Pharmacien ajanl lionnes relalions inirini les mé-
deoiiis, pharmaeielis, «Me., elieeelie représentation île
spécialités pliarmaeentiqnes on projiagande médi¬
cale. Soiinenseliein, Vienne II, l'calecstcasse 'i.’i.
Médecin recommande très paetienlièrement pour
recouvrements lionoeaires personne très sérieuse,
très hoiioraldr, dr rorrrrtion parfaite, lionnes réfé¬
rences. — nerire P. M., ic 1)51.
Assistant de radiologie depuis <[naler ans dans
gi-and sel'viei' eenlral des Hôpitaux de l’aeis, non
installé, désirerait prendre direelion on être assis¬
tant dans laboi-aloire radiol()git|ne privé on dans
eliniijne médicale Paris ou banl, Lrr. P. .1/., n" '.)55.
Urgent. .Vgrnt rommrrrial, visitant rn auto mé-
drrins pelilrs localités, arrrplrrail Laboratoires
spécialités ronnnrs, Lrrire P. M., n” ‘.)57.
Lyon, .\grnl lyonnais, visitant médrrins, drntistrs,
sagrs-frmmrs départrmrnls llliônr et liinitrophrs,
arrrplrrail raidr Lalioratoire spécialités pbarmarrn-
tiipies avec on sans exclusivité. Lcr. P. n" ‘.158.
Brésil, (iollalioration drmandér à Laboratoire
exiibdtant déjù spécialités pharmarrni iijnrs an liré-
sil par spécialité roniinr nnivrrsrllrment dans tonte
I linropr, contrat d'rxrlnsivité serait arrordé, -
Lreirr P. .11. . u" %l.
Pour direct, n rollab. clin, arronrb. l. b. sit. Paris,
on rb. sagr-frmmr rxpér. av. ra]). Lrr. P. A/., n" 965.
A louer, 21) min. Paris, ds villa on I)'’ a exercé dur.
ItO a., petit appartrm. ronvrn. à méd. célibat., désir,
sr fairi' rlirnlrlr. Krrirr P. AL, n" 966.
Pension fam. A'rnilly, ponv. être farilrmrnl traiis-
form. rn .Mais, santé, rh. 1)' rn association ilisposant
qnrlqnrs ra]iitanx. An brs. céderait fonds av. jmlil
comptant à personne solvable et av. répondant. —
Ecrire P. AL. n" 967.
Doct sans enf. adopterait enfant b. famille, oxr.
santé, de parents sains. Err. Ph*"', 18, av. Bngeaud,
Paris.
Dame, 55 ans, ferait séjour 5 on 6 mois Midi, ou
tout antre, auprès dr personne ilgéo, ou impolrntr.
on alfrrtion rlironiqur. -- Ecrire P. AI., n<’ 970.
Laboratoire iibaemacrutique connu, ayant pliar-
marir dr détail à Paris, accrptrrail dépôt ou s’inté¬
resserait .à spécialités sérirnsrs. Ere. P. AL, n'’971.
Médecin ])olyglollr, Erançais, spéc. gynécologie
opér. et radiologie, radiothérapie, possédant inst.
ronipl. radio et ag. phys., mettrait cette inst. à
dispos, d’une bonne policlinique, éleetr. il courant
ronlimi pour assor. méd. Ecrire P. AL, n" 972,
Infirmière, sér. réf., b. édite., drm. pl. ch. D'’,
assist., l'érrpl., srrrél., préf. urologie. - Errirr
P. AL. Il" 97;i.
Aide dr laboratoire drni. pl. ds Labo analyses
médicales, sér. réf. - Ecrire />. A/., n" 974.
Pour direction petit préventorium Alpes, on
demande médecin marié, cherchant poste repos, dont
femme s’occuperait économat, ou doctoresse sachant
conduire grand ménage. • Ecrire P. AL, n° 975.
Infirmière diplômée, bonnes réf., dés. poste ds
clinique ou sanatorium. — Ecrire P. M., n" 976.
Médecin désire leçons particulières radiologie. -
Errirr P. AL. n" 977.
AVIS. Prière de joindre aux réponses un
timbre deOfr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Paris. — Imprimerie de ta Cour d’ Appel 1, rue Cassette.
5 Janvier 1929
N“ 2 . LA PRESSE MEDICALE
MAURICE LETULLE
Quel(iiit'^s 'stiniaihos- à peiiio apres la i
Pierre Masson, La Pressa Médicale
vient à nouveau 'd’étn.' .cruellement
frappée par :1a (lisparitiotr.de MAt-r
Il ICE- Letulle. Il fut un des fon¬
dateurs de notre Journal.,. . il le
guida pendant ,plus , de. trente ans,
parmi des. écueils souyent redour
lableë au début, et prépara son
magnifique développement en lui
donnant en exemple quelques-uns-
de sçs dons admirables, son en¬
thousiasme, sa rigueur et sa pro¬
bité scientifiques, son dévouement
toujours présent et sa bonté inspirée
pour toutes les œuvres humani¬
taires.
Dans des papiers laissés à La
Presse Médicale, nous venons de
retrouver les quelques mots que
nous reproduisons en fac-similé,
avec- son portrait. Il les a tracés
au moment où ses amis lui offraient
sa médaille, au-dessous de l’exergue
latin qui évoque son œuvre d’ana-
tomo-pathoiogiste. Admirables pa¬
roles, dignes du philosophe antique,
qui indiquent si bien la préoccu¬
pation' dominante de sa vie tout
entièrq.
L’oeuvre scientifique de Letulle
est considérable. Elle mérite une
étude approfondie. Celle-ci sera
publiée procliaineinent dans nos
colonnes. Mais le Comité Direc¬
teur ’de La Presse Médicale a voulu
tout de suite marquer la profonde
reconnaissance que nous lui devons
et s’incliner très respectueusement
devant cette grande mémoire.
Douloureusement frappé par la
perte de cet ami très cher, dont je
m’enorgueillis d’avoir été un des
premiers élèves, j’ai accepté ce
pieux devoir.
■ ^’Nous
prononçait tout (îernîèreincnt
-la-slatue de Viilpian. 'Médecin des hOpitanx-à
iMi 188.'J, i) a consacré, toute sa, vie à,.la science
et aux œuvres de bonté sociale.' en- dehors de | -resté jusiiu’i
toule jiréoccupation ..prole.ssioiineljo de. clientèle. | qui l’avait
Maître, il cherchait
il)iotisiasme et nous
>,» dans un cas patho¬
logique ou dans une ])ièce anatomique, tel il est
Tel il était lorsque, jei
communiquer son
t découvrir des « tréi
.
(Juclle belle unité dans celle ■
vie medicale et universitaire, com¬
mencée SI brillamment par la Mé¬
daillé d’or des hôpitaux de .Paris,
auprès de maîtres tels-quc' Vulpian,
Corjiil, Brouardel, Landouzy, pour
les(|tels il conservait un véritable
cultfel .t ,
■les derniers jdùrs. I.’âge, la maladie
■ruellement frappé il y a quelques
années, des préoccupations jjour
la santé des siens avaient pu alfai-
lilir son corps, ils n’ont- jamais
ralenti ni les élans généreux de
son grand cœur, toujours au ser¬
vice de justes causes, toujours
prêt à tous les dévouements, ni
celte belle intelligence qui se
découvrait dès l’abord dans la
llaimne de ses yeux' et dans celte
voix chaude, prenante, restée très
On II
rallie dévouement à la tète de l’hô-
pital Bull'on pendant la guerre, ni
son rôle dans la lutte antitnber-
euleuse, eomiiie Secrétaire général
du Congrès interiiatLonal de Paris,
ipi’il animait de sa foi.
Mais son nom restera surtout
coninie celui d'un des plus grands
anatomo-pathologistes de son temps,
par son onseigiicment dans cette
chaire de la Faculté de Paris, .où les
, t.ivdivçni,eut. par. les n.oinbrqux, tra¬
vaux sortis de ce niagniliipie labora¬
toire, de Boucicaut, où il a réuni
des collections personnelles qui
lornienl un merveilleux musée,
jiar tous ses ouvrages classiques
connus dans le inonde entier. 11
y a quelques jours à peine il
mettait le point' final à un l'railé
d'analonio-pallielogie , qu’il avait
repris et condensé pendant jilu-
sieurs mois et qui sera coniine son
• testament scientifique.
(■ Médicale, qui
tre fondateur, adri
tueuses condoléan
Letulle et ù sa famille; elle envoie
particulièrement scs alfectiieuses
jiensées.à son. fils, le docteur Ray¬
mond la-'tulle'.-
N* 2
S Janvier 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
LE DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE
DE LA
COQUELUCHE
SA FACILITE ET SON INTÉRÊT
Robert DEBRÉ, Julien MARIE et Henri PRETET
On peut dire sans Jtaradoxo que le diagnostic
de. coqueluche est plus souvent posé par la mère
du petit ])alieiit tpie par son médecin. Le clini¬
cien, à la ])ério(le calarrhalc prétpiinteuse, n’a
tpie jieu (rélémenls lui juTiuettaul de s’orienter.
.\ l'apparition des premières (piinles peu carac-
térisliipies et dont, en général, on lui fournil le
récit et non le s])ectacle, il hésite et demande
((uchpies jours avant île poser un diagnostic
ferme. Pendant ce laps de temps, les parents
entendent une ipniite tyjiique et préviennent le
médecin ipie la coipuduc he est hieu en cause.
Le problème des coqmduches frustes et aly]ii-
(pies est encore jiliis délicat, et cepiuidanl leur
fréipieuce est extrême. Dès que la coqueluche pé¬
nètre dans tine collectivité, à côté des cas de
coqueluche hii-n caractérisés, on observe, pour
peu ipi’on prenne soin de les reidiercher, des
coqueluches frustes en grand nombre, où la
quinte est rare et peu nette. Telles se présentent
les épidétnies d'écoles. Qr, si la coipuduche fruste
est bénigne chez le grand enfant, tdle est grave
pour le nourrisson par les com|)licalions pulmo¬
naires ipi'idle peut entraîner; l'histoire de cer¬
taines épidémies de eoqueluche dans les crèidies
est bien là ))our le prouver. Dans les familles, à
côté des coipiiduehes bien typiipies, on voit
éclore des coipiehndietles chez les adultes, même
chez ciuix, ou ])lulôl surtout chez ceux ipti ont eu la
coqmduche autrefois, car les récidives de coque¬
luche, on le sait, ne sont pas rares. Il faut y son¬
ger pour les dépister ; or, on otdtlie trop sou¬
vent la coijueluche ipiaud on examine un adulte
qui tousse : souvent la coqueluchi; est [irise, idiez
les grandes jiersonues, [loiir une laryngite sjias-
modique.une [iharyngile traînante, une toux ner¬
veuse, voire une tidierculose juilrnouaire.
Ueconnaître une co([uelu(die noruiide avant
([u'elle soit évidente, et dépister une coipieluche
fruste ou aly])ii)ue est une lâche bien utile au [loinl
de vue ])ro])hylacli(iue. Les .statisli(|ues oKi-
cielles accusent une mortalité annuelle par coipie-
luidie, en France, de jilus de ,'Î.OOO enfants, et
ces stalistiipies sont largement au-dessous de la
vérité'. Il n'est donc [las sans intérêt de favoriser
la dilfusion d'une méthode ijui permet le diagnos¬
tic de la coqueluche à la période catarrhale, (|ui
aide à reconnaître les coipieluidies frustes, les
co(|ueluches des adultes, les récidives de coijue-
luclie et permet la mise en leuvre de mesures de
protection.
La méthode de diagnostic hactéri(dogi(|ue de
lit coipielui he, ou eu connaît certes en France
l’existeuce, mais on ne remjiloie [)as. .Vu début
d'une série de recherches ex[)érimenlales et thé-
rajieuliipies sur la co([Ueluche. nous avons été
amenés à nous en servir largement. Flaider en
sa laveur, en préciser et en [millier la techuii[ue
exacte [lotir en faciliter à d'autres rem[iloi et
leur éviter les hésitations et les tâtonnements (|ui
nous ont persoiimdlement retardés, tel est le but
de cet article.
(1 est en IDlti (ju'a été étalilie une lionne mé¬
thode de diagnostic bactériologique de la coque¬
luche. Le [irinci[ie de i-elte méthode a|i[iartient à
Énale Maui'ilzeUi A* (lopenhagiits ipii. le [ire-
micr, songea à ensemencer les [larlicules liquides
extrêmement Unes, projetées à distance par le
coquelucheux au moindre accès de toux, Inci¬
demment, il lit part de son idée à Adol[ihe
Meyer et M"'® Chievilz, qui démontrèrent la sim¬
plicité et l’intérêt considérable de cette méthode
pour le diagnostic précoce de la coqueluche. Ils
dénommèrent cette méthode : « Méthode d’ense¬
mencement [lar [irojection des gouttelettes ». Di¬
vulguée en lOlfi, elle ne fut remarquée en France
qù’àprésla guerre; plusieurs articles et thèses lui
ont été consacrés, mais sans aucune recherche
personnelle,' à notre connaissance tout au moins,
sauf celle de Barbier et Renard (qui, dans un seul
cas, posèrent, à l'aidq de celte nléthode, un dia¬
gnostic de coqueluche à la période catarrhale), et
les nôtres ; il y a quatre ans, étudiant personnel¬
lement avec Dansac les coqueluches frustes et
atypiques, nous avons obtenu non sans peine quel-
([ues résultats positifs. L’o[iinion n’en règne pas
moins en France que celte méthode, si intéres¬
sante qu’elle soit, est ou trop difficile à appliquer
ou trop inconstante dans ses résultats pour
qu’elle puisse être recommandée.
A[irès deux ans et demi d’expériences, nous
jiouvdns aflirmer que la méthode de Maurilzen,
Meyer et Chievilz doit entrer dans la pratique
courante de nos investigations de bactériologie
clinique. Pour qu’il en soit ainsi, il suffit que la
technique de préparation des milieux, l'ensemeii-
cement des gouttelettes projetées par la toux, le
dé[iistage des colonies typiques et le diagnostic
bactériologique soient bien connus dans les labo¬
ratoires destinés à ces recherches et que les prati¬
ciens n'ignorent pas ce moyen simple et fruc tueux
de diagnostic.
Nous ne craindrons pas, dans l’exposé de la
technique, de signaler des détails qui peuvent
paraître futiles; ils ont leur importance, et nous
avons été privés de ne les pouvoir trouver aussi
bien dans les ouvrages didactiques les plus récents
([UC dans les articles originaux.
On sait que c’est la difficulté avec la([uellc le
bacille de la coqueluche pousse sur les milieux
usuels qui empêcha, aussitôt après leur belle dé¬
couverte, Bordet etGengou de cultiver, dès 1900,
la [letite bactérie qu'ils avaient observée en ([uan-
tité innombrable dans l’cxsudat éqiais et blan¬
châtre rejeté [lar les ipiintes au début de la mala¬
die. (le n’est qu’ajirès six ans de recherches que
ces auteurs [lurent préconiser, [lour la culture du
bacille de la coqueluche, un milieu devenu clas-
siipic; nous donnerons la com[iosition du milieu
de culture que nous avons employé et ([ui diffère
très [leu du milieu original.
Li; MiLiKU pK ccLTCiu:. On l'ait cuire, jusqu’à
rolitcutiiin (l’une purée, 500 gr. de pouiine de terre
coupées eu tranches, dans un litre d’eau glycérinée
à 4 jKinr 100, On ramène, après cuisscni, au volunie
[irimilif. Après décantation, la partie liquide du
mélange rcqirésente un extrait glycérine qui estaïUH-
tionné de 3 fois son volunie d'eau salée à 6 p. 1.000.
On ajoute alors à la dilution 3 pour 100 de gélose
préalablement lavée, on fait fondre à l’autoclave; on
répartit en ballons de 100 ou 300 cnie; on stérilise,
(’.e milieu a un,pii de 5,8 quelle que soit l espèce
de jiouune fig ïtjht'i'^ •ieinployée. Pour l’usage, on
ajoute à eliaqnr TQftIl6i!j dont le contenu a été liquéfié
au bain-marie et- ramené à la température de 45-50",
[larlie égale de sang défibriné de cheval, également
porté à la température de 45". On assure un mélange
homogène par agitation et on coule en boîtes de
Pétri. Le milieu forme alors une masse rouge solide.
Dans le cas où sa consistance serait trop molle, il
suffirait d’ajouter 4 à. 5 pour 100 d’agar-agar au lieu
de X pour 100.
On voit que le milieu que nous avons employé
diffère seulement du milieu original de Bordet et
Gengou par la substitution au sang humain ou au
sang de lapin du sang défibriné de cheval qu’on se
procure beaucoup plus facilement. Meyér emploie
également ce milieu mais alcalinise l’extrait glycé-
riné de pommes de terre dilué dans l’eau salée de
façon à obtenir un pu de 7 à 7,5. Ensuite, il acidifie
en ajoutant 3 eme d’acide lactique normal .4 400 cme
du mélange de gélose et de sang.
Lu milieu de Bordet, à notre avis, présente indis¬
cutablement des avantages pour la culture du bacille
do la coqueluche au départ do l’organisme. Sans
doute les germes saprophytes (champignons de lu
flore buccale, bacillus subtilis, streptocoques, sta¬
phylocoques, micrococcus catarrhalis, etc.) se déve¬
loppent sur ce milieu; et il est indéniable que, par¬
fois, lour prolifération est telle ([u’ils envahissent la
presque totalité de la plaque. Mais le plus souvent
il n’en est rien : après 3 jours d’étuve les colonies
de saprophytes ne pullulent pas, si bien que l’appa¬
rition du bacille de la coqueluche n’est pas entravée
et que ses colonies ont de la place sur la surface du
milieu pour se développer. Les avantages du milieu
de Bordet sont dus à l’absence de peptono et il n’est
pas douteux que la végétation des saprophytes serait
autrement luxuriante et envahissante si on ense¬
mençait dans les mêmes conditions un milieu peptoné
additionné d’une même quantité de sang. Cependant,
dans l’espoir d’empêcher davantage encore le déve¬
loppement des saprophytes sans nuire à celui du
bacille de Bordet et Gengou, nous rappellerons que
diverses modifications furent proposées, en particu-
lier par Olga Povitzky. Cet auteur étudia la faculté
de croissance de divers germes suivant les variations
de l’acidité ionique du milieu et préconisa finalement
d'ajouter au milieu de Bordet, après la dernière sté¬
rilisation, une certaine quantité d’acides organiques
dilués (acide acétique en particulier), de façon à
amener le pn à 5 ou 4,5. Dans ces conditions le
développement du bacille de Bordet et Gengou serait
parfait et celui des bactéries saprophytes très
entravé. Nous avons utilisé au début de nos recher¬
ches ces deux milieux. Les cultures obtenues par
ensemencements comparatifs sur milieu Bordet et
Gengou et sur milieu acidifié se sont montréçs sen¬
siblement identiques. De plus les milieux acidifiés
noireissent beaucoup plus vite à l’étuve, ce qui n’est
pas un avantage. Nu trouvant pas d’utilité évidente
à employer ce milieu acide, nous avons pratiqué tous
nos ensemencements sur le milieu dont nous avons
donné la composition.
Pendant que nous poursuivions nos recherches,
est paru l’important travail de Lawson et Muller.
Ces auteurs ont spécialement étudié les valeurs du
pu du milieu de Bordet et Gengou.
11 résulte de leurs rccherehos que si on mélange
par parties égales sang et milieu glycériné comme
dans la technique que nous avons suivie, il importe
peu que le pu initial soit 4, 5 ou 7, la réaction finale
étant toujours au-de.ssus de 7, et au-dessous de
pn 7,5. Or ces taux du pu conviennent parfaitement
à la culture du bacille de Bordet et Gengou.
Deux autres’ [loints ont été précisés par ces
auteurs; ils conseillent de stériliser le milieu d'une
manière fractionnée, par tyndallisation. Ils estiment,
en elfet, que la stérilisation à l’antoclave détruit ou
all’aihlit la vitamine de la pomme de terre, utile au
développement du bacille. D’autre part, ils ont
remarqué que l’emploi d’un sang frais convenait
mieux pour la culture du bacille de Bordet et Gen¬
gou. (Juand le sang employé pour la préparation du
milieu avait été recueilli plus de 72 heures avant
l’ensemencement, non seulement les colonies de
bacilles de Bordet et Gengou n’hémolysaient pas
spontanément, mais la culture était considérablement
moins luxuriante que sur les plaques préparées
avec le sang frais. Nous avons fait également cette
même remarque et nous préconisons l’emploi dii
sang frais pour la préparation du milieu. (
La MéTiioniî u’exskmkncemkxt. — La culture du
bacille de Bordet peut être tentée en étalant sur le
milieu une parcelle de l’expectoration filante et vis¬
queuse qui clôt la quinte de coqueluche. Il faut
recueillir i’expectoratûm du malade suc une spatule
N“ 2
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1920
19
stéfttével la délayer dans tine solution saline phy¬
siologique stérile. On choisit alors un petit flocon
visqueux qui sert ù ensemencer la boîte de Pétri,
mais celte technique ne peut pas être employée pour
aider au diagnostic précoce. Il faut se servir exclu¬
sivement de la méthode préconisée par Mauritzen ;
l’ençéraencement des goutfeletles, projetées par la,
toux. Celte pratique paraît extrêmement simple ;
lors d’un accès de toux, la boîte de Pétri est ouverte
et la sùrface du milieii est présentée à 10 cm. de la
boiiche de l’enfant pendant 1/4 de minute environ.
Cet ensemencement constitue, d’après notre expé¬
rience, une manœuvre capitale et délicate; c’est
d’elle qup dépend la réussite dé la culture, et il n’est!
pas si facile; qu’on le croit d’obtenir un. bon ense-
inenceuient.- Nous insistons sur la nécessité de ne
pas d'cmander i\ l’enfant de tousser volontairement.
Nous- croyons égalenrent fàtdieux de provoquer la
toux en irritant légèrement le pharynx et la luette
avec un abaisse-langue. Ces manœuvres déclenchent
rarement la « bonne » toux ; le plus habituellement
elles déterminent une sorte de « toux artillcielle »,
avec un bruit plwryngo-laryngé plus ou moins fort
qiifàh’outit è la projection de gouttelettes très riches
en saprophytes et trç.s pauvres en bacille de Bordet-
Gengou. Sans compter que d«>ns certains cas' ces
manœuvres déterminent non pas de la toux, mais des
elforts , de vomissement, voire même un vomisse¬
ment : dans ces conditions, l’ensemencement est
souillé, et en outre, l’enfant n’étant plus en conliance,
l’ensemencement correct devient diflicile ou même
impossible. Chez le petit enfant de 2 à 5 ans le
simple fait d’abaisser la langue avec une cuiller pen¬
dant la durée de l’ensemencement sufflt souvent à
déclencher l’hostilité du patient et la bonne réussite
de l’ensemencement en est compromise. Aussi nous
abstenons-nous de pratiquer ou de faire pratiquer
cette mauœuvre, cependant conseillée par Meyer et
Chievitz mais qui est, à notre avis, plus souvent
nuisible qu’utile. Actuellement, nous ne voulons plus
pratiquer d’ensemencements en demandant cette
sorte de « toux au. commandement ». C’est dire que
l’ensemencement fait par le médecin, qui ne peut pas
attendre la toux spontanée de l’enfant, risque d’être
seillons donc d’expliquer il une personne de l’entou¬
rage, la mère habituellement, la technique si simple
de la méthode et c’est au cours d’une série de
secousses de toux naturelle soit le jour, soit la nuit,
que l’ensemencement sera pratiqué. Ces petits détails
ont, i\ notre avis, une grande importance.
Un autre point à préciser est le nombre de plaques
à ensemencer ; 3, au moins, sont nécessaires. Le
mieux serait d’en consacrer 5 è 6 à chaque enfant :
on augmente alors les chances do rencontrer, au
moins sur une boîte, quelques colonies spécillques.
Les plaques ainsi ensemencées seront mises à
l'étuve à 37". 'l’outefois, il faut savoir que le bacille
de Bordot et Gengoii peut parfaitement rester ainsi
vivant pendant plusieurs jours avant d’être mis à
l’étuve. Cette propriété permet donc le diagnostic à
distance de la coqiielucho, couramment pratiqué au
Danemark.
L’identification du germe. — Les plaques de
milieu de Bordet et Gengou ensemencées sont laissées
à l’étuve à 37" et observées plusieurs jours de suite.
Après vingt-quatre heures, on constate l’apparition
d’un certain nombre de colonies, d’aspect variable,
laissant entre elles de plus ou moins vastes espaces
de gélose vierpe. Le deuxième jour, le nombre de
colonies visibles n’a pas sensiblement augmenté. Le
troisième jour, parfois même à la fin du deuxième
jour, on voit apparaître, au niveau des plages vierges
la veille, de très fines colonies, à la limite de la visi¬
bilité, du diamètre de la pointe d’une aiguille, qui à
la loupe apparaissent nettement arrondies, suré¬
levées, blanchâtres. Dans le courant de la troisième
journée, ces nouvelles colonies grandissent rapide¬
ment pour atteindre 1 mm. dé diamètre et présentent
alors un aspect caractéristique. Elles restent nette¬
ment arrondies, leurs bords sont réguliers et suré¬
levés; vues sous une lumière oblique, elles ont une
surface luisante, nacrée, un reflet métallique qui les
ont très justement fait comparer à des gouttelettes
de mercure. Si le milieu n’est pas en couche trop
épaisse, on constate qu’elles s’entourent d’un halo
blanchâtre d’hémolyse.
Quelques précisions nous paraissent Utiles en ce
qui concerne le diamètre des colonies et leur nombre.
Si les colonies, lors de, leur apparition, sont très,
fines, en pointe d’aiguille, et si habituellement elles
ne dépassent guère un 1/2 à 1 mm. de diamètre
lorsqu’elles ont atteint leur plein développement, il
arrive parfois qu’elles présentent rapidement, dès la
fin du deuxième jour ou au début du troisième jour,
des dimensions plus grande.s. .Nous, avons .aiusi
observé plusieurs fois des colonies de , 1 mm. i/2i à
2 mm. de diamètroi Là méthodé d'ensemeaicèraénl
des gonttelettes projetées payla toux fournit dlaTlléûrs !
des colonies plus grandes que rènseméncemênt 'réa¬
lisé par l’étalement de ' l’expéctoràlion (Mèÿn’r" et
Chievitz).
Le nombre des colonies est très variable. Dans les
cas étudiés à la période catarrhale, nous avons obtenu
des cultures extrêmement riches, avec des centaines
de colonies de bacilles de la coqueluche, recouvrant
une seule plaque. A cette période d’ailleurs, les pla¬
ques sont bien moins riches en colonies saprophytes
et le bacille de Bordet et Gengou représente le germe
prédominant.
Dans d’autres cas, soit dès le début, soit dans la
période des quintes, nous n’avons compté, sur une
plaque, que 4 à 5 colonies. Plusieurs fois, nous
n’avons découvert qu’une seule colonie, mais rarac-
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne
rencontre que peu de difficultés pour identifier les
colonies du bacille de la coqueluche.
11 est classique de répéter que le problème le plus
délicat est de distinguer le bacille de Pfeiffer du
bacille de Bordet et Gengou. Sans doute, au micros¬
cope, cette distinction par l’élude des caractères de
morphologie et de coloration demeure impossible,
mais on peut dire qu’il est par contre tout aussi
impossible de confondre à l’œil nu sur les plaques les
colonies de bacilles de Bordet et les colonies de ba¬
cilles de Pfeill’er; ces dernières se développent bien
plus rapidement, elles sont très nettes dès les pre¬
mières vingt-quatre heures, alors que le bacille de
Bordet, comme on vient de le voir, demande au mini¬
mum deux et souvent trois jours pour se développer.
Les colonies de bacilles do Pfeilfer sont plus ])lates
et surtout transparentes, elles ont l’aspect de fines
gouttelettes de rosée. Ainsi : date d’apparition dilVé-
rente des colonies, aspect nullement comparable des
colonies, tels sont les signes dilTérenliels permettant
do distinguer â l’œil nu et sans peine le bacille de
Bordet et Gengou du bacille de Pfeiffer.
Quant aux dizaines ou aux centaines de colonies
des autres germes, elles sont ou trop précoces dans
leur apparition ou d’une taille trop volumineuse, ou
d’une teinte trop particulière pour que l'on coure le
risque de les confondre avec les colonies du bacille
de la coqueluche.
En somme, on peut affirmer que sur la surface du
milieu de Bordet et Gengou, parmi les dizaines ou
les centaines de colonies diverses, un bactériologiste
ayant une jiratique suffisante de cette recherche peut
reconnaître, avec une quasi-certitude et d’après le
simple aspect macroscopique, les colonies du bacille
de la coqueluche.
Cependant, il faut savoir que les colonies de
bacilles de Bordet et Gengou ne présentent pas tou¬
jours l’image caractéristique que nous avons décrite
et que leur aspect brillant, nacré, métallique, n’est
pas toujours très jjrononcé. On peut donc découvrir
parfois des colonies de bacilles de Bordet et Gengou
d’une coloration très blanche, ayant quelques ressem¬
blances avec celles de microccocus catarrhalis. C’est
surtout dans ces conditions qu’afin d’identifier les
colonies il est nécessaire de les prélever pour un
examen plus détaillé. Au reste, il est indiqué de toute
façon de compléter et de contrôler l’examén macros¬
copique par un examen microscopique. Déjà la
manœuvre de prélèvement elle-même permet dé
reconnaître quelques caractères particuliers aux
colonies de bacilles de Bordet et Gengou : le fil de
platine les saisit facilement sur la plaque de gélose;
au contraire, les colonies de microccocus catarrhalis,
qui parfois peuvent induire en erreur, sont diffici¬
lement saisissables et fuient devant le fil de platine
en glissant sur la surface du milieu. La colonie ainsi
prélevée est portée sur lame et émulsionnée dans
une goutte d’eau. On constate ainsi que la colonie de
bacilles de Bordet s’émulsionne toujours très facile¬
ment. Si l’émulsion est difficile on peut prévoir qu’il
ne s'agira vraisemblablement pas du bacille de la
coqueluche.
La coloration par la méthode de Gram met en évi¬
dence les caractères morphologiques et les affinités
tinctoriales de ces germes.' Nous rappellerons que le
bacille de Bordet et Gengou se présente sous la
forme d’une petite bactérie ovoïde, d’un cocco-bacille
dont les dimensions n'excèdent pas 1 ou 2 p.; il est
Gram négatif, faiblement coloré par la fuchsine
diluée et dg fa,COi) plus intense sur les bords étaux
extrémités : (forme eu navette avec espace clair
médisuij/.Ces pàrticiitaritès miorôscqpiques sont évi¬
demment très comparables îi éellefe du bacille de
Pfoîffer-, mais nous, à’vons déjà dit pourquoi il était
‘impossible, à notre avis, dè confohdrti les deux
germes à l’œil nu sur les plaqiK's de milieu de Bordet
et Gengoui ; ,
D’ailleurs, le repiquage des colonies douteuses
fournira des, précisions nouvelles. Nous avons l’habi¬
tude de repiquer les colonies de bacilles de coque¬
luche), isolées sur milieu de Bordet et Gengou), sur
des tubes Inclinés de gélose ordinairi' additionnée
de sang dé cheval (1 pour 3| et en quarante-huit
heures on obtient une mince strie blanche qui
s’épaissit pSr la suite. La culture, d’abord humide,
prend au bout de quelques jours une sorte de consis¬
tance muqueuse et finit par adhérer fortement à hi
surface du milieu. Dès le deuxième passage et à con¬
dition que l’ensemencement soit assez abondant, il
est possible d’obtenir une culture du microbe de la
coqueluche, sur des milieux privés de sang, par
exemple sur gélose-ascite. Mais cette culture se fait
très lentement ; il faut de quatre â se])t jours pour
observer une végétation nette. Après un entraînement
progressif et quelques passages sur milieu au sang,
la cultnre sur gélose-ascite sera très facile et beau¬
coup plus rapide (deux joursl, donnant une couche
blanche jaiiuûtre d’aspect gras et humide, opaque et
devenant « aussi é])aisse qu’une colonie de bacilles
typhiques sur gélose ordinaire » (Bordet). Ainsi la
possibilité de pousser sur milieux privés (riiénioglo-
bine est un des caractères qui dillérencie encore, et
le plus nettement, le bacille de la coqueluche du
bacille de Pfeiffer.
On petit également identifier les colonies de
bacilles de Bordet et Gengou, en pratiquant une
agglutination rapide sur lame. La colonie est émul¬
sionnée dans la solution jiliysiologique et mélangée à
une goutte, de sérum agglutinant dilué au 1/100 ou
au 1,200; l’agglutination est vérifiée an microscope.
I'’n résumé, le diagnostic bactériologique de la
coqueluche n’exige pas une technique comiiliquée :
il suflU de satisfaire aux règles suivantes :
1“ Préparer pour un ensemenceiuent au moins
trois boîtes de Pétri contenant le milieu de Bor¬
del et Gengou, ce qui ne Jirésenle aucune difficulté ;
2" Pratiquer ou faire (iratiipier un bon ense-
mencemeut des.goullelelles jirojetées par la toux;
c'est la partie la (iliis délicate de la tecbnique.
.Mais eu . prenant les [irécaulions sur lesquelles
nous avons insisté et en usant de Jiatience on
finit toujours jiar tditenir « la toux naturelle »
nécessaire à la jirojection des bacilles de la
coqueluche. On jirésentera donc la surface du
milieu à lü cm. de la bouche, pendant un quart
de minute, soit environ durant trois à quatre
secousses de toux ;
B"' On observera chaque jour les milieux ense¬
mencés pour noter l’ortlre d'a]q)arilion et l'aspect
des diverses colonies ; c’est à la fin (lu deuxième
jour ou le troisième jour <]u'a()|>araissent les
colonies de bacilles de la coiiuelticbe. On les
reconnaît à l’œil nu avec imé qiiàsi-cerlilude aux
caractères suivants : elles sont jieliles, 1 mm. de
diamètre, à bords réguliers, hémisphériques,
luisantes, comparables à des gouttelettes de mer¬
cure posées sur la surface du milieu ;
4" Leur identification est encore assurée :
1“ Par l’examen microscoj)ii|ue ; 2" par le riqii-
qiiage sur gélose-sang. |)uis dès le deuxième (las-
sage sur gélose-ascite: B" jiar l’agglutination
rajiide sur lame.
En employant la tecliniipte dont on vient de
lire la description quels résultats peut-on obtenir ?
La très large expérience de l’Institut d'by-
20 _ LA PRESSE MÉDICAIÆ, Samedi, 5 Jauvi^ N" 2
giène de Copenhague, qui sous la direction du
professeur Madsen a indiqué la voie que l’on doit
suivre et a obtenu dans ce domaine les résultats
les plils fructueux, l'expérieneo déjà riché de
Lawson et Millier, à Bostoii, et enfin notre expé¬
rience personnelle, plus modeste, conduisent aux
conclusions suivantes ' :
Tout d’abord, on ne trouve pas le bacille de
Bordet-Gengou en dehors des cas de ccxjueluche
nette ou fruste, Celte constatation laisse suppo¬
ser que la maladie est transmise de sujet malade
à suj(U malade et non i)as par l’intermédiaire de
porteurs de geruies sains ; mais on ne saurait
apporter sur ce sujet une affirmation absolue,
étant donné (pie l’on [irocéde par ensemence¬
ment de la toux et il ii’esl pas inijiossihie ipie
certains sujets sains, ne toussant jias, recidenl le
bacille de Bordet-Gengou dans leur pharynx et
soient susee[)tibles de transmettre la maladie.
Cependant, étant donné les caraclf'res épidémio¬
logiques de la eo(pieluche, cette hypothèse jiaraîl
peii vraisemblable. Hans plusieurs cas de toux
spasmodiipie, <pii auraient pu faire souinpmner
une eo([ueluehe fruste, nous n’avons jm déceler le
bacille de Bordet-Gengou. Nous avons jietisé
iju’il ne s’agissait pas de cocpieluche cl l’évolu¬
tion ultéricui'c justifia notre opinion.
Au contraire, dans l’entourage des coquelu-
cheilx, la consiatation du bacille de Bordet-Gen¬
gou nous a permis de reconnaître avec certitude
des coqueluches frustes et aty])i(pies. Ces formes
frustes de la maladie étaient demeurées jus-
(ju’alors insoup(,'onriées. Nous en donnerons
trois exemples : dans un cas, un enfant a toussé
pendant trois semaines sans avoir jamais jiré-
senté de ipiintes ty[)iques. Le diagnostic fut fait
par nous le dixième jour grâce à rensemence-
ment de la toux. Le s((cond cas concerne le frère
d’un coquelucheux, ([ui a j)rés(!nté, pendant un
mois, une toux simple, sans ([uintes, sans reprise
et sans ex[)ectoration. Dans ces deux cas les cul¬
tures furent luxuriantes, l’n troisième cas de
coqueluche frust(’ fut découvert chez un enfant de
5 ans : ici rensemencement de la toux fut positif
onze jours après le début de la maladie ; celte
dernière était caractérisée par une toux raïujue et
fréquente la nuit; les secousses de toux ont con¬
servé pendant. toute l’évolution le meme' carac¬
tère de quinte gutturale, , il .eût été impo.ssiblc
sans l’oxarnen bactériologique d’affirmer dans ée
cas le diagnostic de coqueluche. D’autres auteurs
ont déjà fait des eônstalations analogues ; ain.si
Lawson et Jfüller ont dépi.s(é bactériologiqué-
ment trente cas de cctqueluche fruSle. Ün de leurs
cas a'trait à une récidive de coqueluche, dont ta
première atteinte s’était manifestée trente ans
auparavant. La sanction prophylactique dérivant
(lu (Üagnoslic haclériologiqiu' fut parliculière-
nicnl précieuse dans deux cas de Meyer et Ghic-
vitz ; une fois c'esf un irtstituteiir du Jnlland,
aftcirtt de ('oqueluehe méeonntte qui cOrttaminail
tous ses élèves jusqu'au momeitf où l’exanteh hac-
tériologi(pie permit de reconnaître la cause de
cette épi(iémie d’école ; une autre fois c'est le
iiiédecio d'un hôpital d’enfants (pii ne compre¬
nait pas l’étiologie des cas de contagion intérieure
(le son héipital, alors (pie lui-inènie, atteint d’une
coqueluche fruste, était lU'spoiïsable de cette épi¬
démie nosocomiale.
Dans la coqueluche typiipie, c’est à la phase
catarrhale, lors(pi’nne aide à la clinique est pafli-
culièreineiit jirécieuse, que rensemenceinCiit de la
toux réussit le mieux, àl. Madsen a rapporté les
statistiques de àleyer et Chievitz qui donnent
7.Ô pour 100 de résultats positifs à celle période.
-Notre exjx'rience, celle de. Lawson et Millier eon-
(irmenl (pi’an délml. de la coqueluehé, quand le
clinicien ne petit (uicére po.ser le diagnostic et
alors que la maladie est contagieuse au maxiriiuffi,
ou obtient trois fois Sur (pialre Un diagnostic
haelériologique permettant d’affirmer la coqiie-
h(ehe. Nous estimons même, en l'étal actuel de
notre exiiéi'ienCe, (jue la coii.slalalion du bacille
(le Bordet-Gengou est eoiislanle à la jiériode
catarrhale si rensemencement a été i)rati(pié
cocreelemenl.
Gomme le démontrent les statistiques danoises
publiée.s [lar M. Madsen et comme le confirme
notre propre expérience, le pourcentage des
résultats positifs diminue trois Semaines après le
délml des (|uiules (àS jiour 100), et eiiuj semaines
après le début des quintes il n’y a plus qu’un
sujet sur dix dont la toux fournisse une culture
positive.
Or, on estime aujourd’hui que la coqueluche
n’est pliKs contagieuse cinq semaines aprè.s .lé
début des quintes. Il y a déjà plusieur.S années,
Weill, de Lyon, a m(tme affirmé que la coque¬
luche n’était contagiêiise que pendant un laps de
temps plus court encore : les deux premières
semaines tît; quintes. M. Comby partage cette
opinion; àl. Jules Renault n’a jamais observé
dans son service un cas de contagion intérieure
proveiiaiil de, co(pi(;Iucheux à la période des
([uintes. S’appuyant sur ces constatations, la
Société de Pédiatrie de Paris a d’ailleurs émis
un vam demandant la modification de l'arrélé
ministériel du 5 Février 1912 qui prévoit une
« quarantaine de trente fours après la dispari¬
tion totale des quintes ». Ainsi, à s'en tenir aux
résultats haclériologiipuis, n’y a-t-il pas contra¬
diction entre la présence du microbe spécifique
dans 10 pour 100 des cas pcudanl la cinquième
semaine des quintes, et la non-contagiOsité de lu
maladie, affirmée par l’expérience des pédiatres’:’
La réponse' à cette question est fournie par les
résultat.S des règles prophylactiques ai>pliquées
au Danemark. En efï’et, dès 191(1 l'Etat danois, a
sanctionné les travaux de Meyer et Gliievilz et
autorisé, en conséquence, le retour à Téeole du
(■(xpielucheux après quatre semaines de quintes.
Depuis cette date, Meyer et Chievitz n’ont jamais
oliservé de cas de contagion intérieure. Cette
expérience démontre donc que si la présence du
liacillc est la condition nécessaire, elle n’est pas
une condition suffisante pour déterminer la con-
tagioti. Pedt-être faut-il faire ititervenir la den¬
sité ou la dose microbienne, la virulence de
celui-ci Qu'importent d’ailleurs les hypothèses,
le l'ail acquis étant la non-contagiosité de la
co([ueluche après la fin do la (pialrième semaine
des (piintes.
On conçoit l’intérét de ce diagnostic bactério¬
logique faut au point de vue individuel pour
obtenir la certitude du diagnostic, qu'au point de
vue collectif pour organiser la prophylaxie de la
coqueluche. Noire espoir est donc que celle
étude, point de départ d’autres recherches, aide à
la difi’usion de l’excellcnlo méthode danoise de
diagnostic de la coqueluche.
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HOPITAUX
28 Déemnbro 1928.
Angine agranulocytalre et purpura hémorragique
au cours d’un traitement antlsyphllltlque. - MM.
Bocage et Filliol rclidciit une observation d’aiigiiie
nécroti(liie à <l('‘bnl fébrile aigu, survenue riiez un
sypbiliti(IU((, trois seniainos après dix injections de
novarsénobenzol et de l,luinbv. l.a reprise du trailc-
inCut la H(‘inaiu(! suivante, b* W'asseruiauii étant
négatif, d(''teriiiiiia d(‘s la deuxième injection une
recrndescenre de la fif'vix' et de l’angine ainsi (|ne
l upparilion de pnrimra avec liéniorragie. En six jours
le malade sueromba en liyperllierinie avec des béinor-
ragics profuses du tube digestif. Trois jours avant
la mort, on notait 8. 200. 000 béiiialies, lO.OOO pla¬
quettes et 1.500 lenooovics dont 18 pour 100 de poly-
nurléaires. L’anlopsie montra la disparition des élf'-
iiients granuleux d(> la imxdle oss(‘Hse, où abombdl
un bacille ayant l'aiipareiiee du H. pcifringenx , ([ui
se retrouvait en petite ((uanlité dans Ions les organes.
Les auteurs se demandent si, à ('('Uc du novarséno¬
benzol, ee germe n’a pas eu un rôle dans la détermi¬
nation des accidents observés, et ils soulignent l'im-
portaiioe de l’angine nérroli(iue comme symiilôme
(l’alarme invitant à suspendre le Inôlement novar-
1. Los résultats détaillés do cos autours ot lés ix'dros
■ ont rapportés dans liéf/iésr do Julien Marie. Paris, 1VI28.
Sur un syndrome de cachexie fébrile avec pseudo¬
rhumatisme, œdème pseudo-phlegmotleux, exan¬
thème et polynévrite semblant devoir être rattachés
à la périartérite noueuse. — M. Jean Cathala et
AfOo Boegner raiiportenl avec les réserves qui s’im¬
posent un cas complexe d’étal itd'eetioiix sévère ayant
conduit à une eaeliexie profonde, véritable marasme
fblorotx|ne, pendant bxjnol ils ont observé les phé-
iiomèues 'suivants : psendo-rlinmalisme, exanthème,
gaiigrèn(( sèclx! d’une ]>balange, tachycardie perma¬
nente, polynévrite et polymyosite, nodules dermo-
byp(xlermi((ues, raraclère négatif des hémocultures
répétées,
Ils croient ])Ouvoir interpréter le fait conimo un
cas de périartérite noueuse et en l’absenro de preuve
analomitjne essayent de justifier ee diagnostic par la
romparaisoii avec les faits aiialoino-elini([ues raji-
porlés, et en ]>articulicr avéc celui de l'rommel
{.Innales (le Médecine, Janvier 19261. S’appuyant sur
les travioix de .Marinesro, b'rommel, Irvens, Debré,
ils croient que le diagnoslie rarement pori(< do ma¬
ladie de KiisSmanl est éliquement possible.
Un cas de cirt-hose de Hanot. MM. A. Goyon.
Aubert et M^é- Bj’UU rapportent l’observation d'iiii
homme (!(' 82 ans qui présenta en V'évrier 1927 de
lu fatigue générale ttreompagnée d’un ietèro pro¬
gressif, Kn Octobre, on constata tous les symptômes
d’iiUe cirrhose de llanot : gros foie, grosse rate, ab-
sencü de circulation collatérale ot d’asrite. La colo¬
ration variable des matières fit penser à une cir¬
rhose ralenleltse. La làliarottimie montra un foie
très augmenté de voltime, ét l’ubscnce de calculs,
l'nc bio|)sic fit voir de nombreux amas leuéocytatrcs
dans les esiiaces poètes, une réaction conjonctive Im¬
portante portant surtout sur la capsule et de nom¬
breuses cellules hépatiques dégénérées. A la face
inférieure du foie so trouvait une masse ganglion¬
naire témoignant de la nature infectieuse de la ma¬
ladie, corroborée encore par la fièvre qui existait en
permanence. Actuellement le patient Se trouve prati¬
quement dans le même état qu’il y a un an. Dans les
urines on a pu mettre en évidence des anaérobies en
abondance dont le rôle étiologique peut être discuté.
A remarquer que la maladie fil son apparition peu
après une angine sérieuse accompagnée d’ltém(')i'ra-
gies et de subictère. Quoi qu’il .en soit, la cirrhose
do Hanoi existe bien réellement, et paraît bien liée à
une infection.
Rapport atirtuel. — M. tlist, secrétaire général,
donne lecture du rappfirt annuel et prononce l’éloge
des membres de la Société disparus nu Cours de l’an¬
née, MM. Leblanc, IsraCd do Jong, Enriqucz, Goyon
et Albert Robin.
Election du bureau. -- M. F. Bezançon est dési¬
gné pour la présidence et M. Dufour pour la vice-
présidence en 1929,
P.-L. Marif..
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
29 Novembre 1928.
{Scajtco con.iacrée à Ve,vposé des travaux
du fonds Dejerine],
Contribution à l’étude physiopathologique du
corps strié, du noyau lenticulaire en particulier. -
M. Clovis Vincent. Le travail de M. G. Vincent est
basé sur l’élude détaillée de doux observations analo-
mocliniquos ; la première ^st celle d’une malade de
40 ans, atteinte d’un rétrécissement mitral, bien
N“ 2
LA PnESSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
21
portante jusqu’en Mars 1922, et qui fit à ce moment,
au cours d’une première crise d’asystolie, un ictus
sans perte de connaissance ; elle fut transportée le
jour même dans le service de M. Vincent et y fut
suivie jour par jour jusqu’à sa mort. A son entrée,
elle présentait de la torpeur cérébrale, des phéno¬
mènes pseudo-bulbaires (parésie des lèvres, de la
langue, du voile) et une hémiparésie droite prédomi¬
nant au membre supérieur, avec exagération des
réflexes tendineux et signe de l’orteil en extension;
il n’y avait ni ataxie, ni tremblement, ni mouvements
choréiques ou athétosiques.
En Juin 1922, tous ces symptômes avaient mani¬
festement régressé ; les phénomènes pseudo-bulbaires
étaient très peu apparents ; il ne persistait de
l’hémiplégie primitive qu’une monoparésie brachiale
droite avec légère contracture, tous les mouvements
volontaires restant possibles ; les réflexes tendineux
restaient plus vifs à droite qu’à gauche; le signe
de Babinski était en flexion des deux côtés.
En Septembre 1922, la malade mourut d’une
nouvelle crise d’asystolie, au cours de laquelle les
phénomènes nerveux observés au cours de la pre¬
mière crise réapparurent avec, eu plus, des douleurs
et mnc contracture en flexion de la jambe gauche.
Pendant toute la durée de la maladie, la malade
ne présenta aucun des symptômes habituellement
rattachés à une lésion des çorps striés et pourtant
l’autopsie montra un double ramollissement du
putamen avec atteinte du noj'au caudé. Extérieu¬
rement, le cerveau était normal, sans lésion appa¬
rente des artères ; sur les coupes sériées, C. Vincent
constata à droite un double foyer de ramollissement,
l’un daus la partie supérieure de la tète du noyau
caudé, l’autre occupant tout le putamen ; en dedans,
il affleurait à peine la lame médullaire externe ; en
dehors, il se rapprochait de l’avant-mur; en avant,
il n'intéressait que peu le bras antérieur de la cap¬
sule Interne ; en arrière, il n'atteignait pas tout à fait
la limite postérieure du putamen ; en haut, il le
dépassait légèrement; en bas, il commençait dans
l’angle de la commissure antérieure et de la capsule
externe. A gauche, le foyer était moins étendu
d’avant en arrière et n’intéressait pas tout le puta¬
men ; par contre, il débordait en haut sur la cou¬
ronne rayonnante ; il débordait aussi sur la partie
externe de la couche optique, sur la tète et le corps
du noyau caudé. Les dégénérescences secondaires
étaient peu manifestes dans le cerveau, partielles
dans le faisceau pyramidal croisé droit; les faisceaux
pyramidaux directs et croisé gauche étaient intacts.
La 2“ observation est celle d’une jeune fille morte
à 24 ans api'ès avoir présenté des signes typiques
de syndrome strié; ce syndrome qui est resté un
fait isolé dans sa famille a débuté à l’âge de 8 ans,
la malade commençant à marcher sur la pointe des
pieds; en 1921, à 18 ans, elle fut examinée par
M. Dufour qui constata des spasmes très accentués
des lèvres, de la langue, du pharynx et des spasmes <
plus discrets des orbiculaires des paupières et des
membres ; il n’y avait pas de troubles de la motilité
volontaire, les réflexes tendineux étaient normaux,
les réflexes plantaires négatifs ou douteux ; on notait
un léger tremblement qui n’avait pas les caractères
du tremblement wilsonien, et quelques mouvements
choréiques et athétosiques; l’intelligence était intacte,
le foie paraissait normal.
L’auteur suivit ensuite la malade à partir de 1924 ;
son état spasmodique s’était alors considérablement
accentué, en particulier pour les muscles péribuc-
caux ; au réveil, on pouvait la trouver non spasmée
dans un certain état de repos, mais rapidemeut les
lèvres se recourbaient derrière les arcades den¬
taires q>ii se serraient l’une contre l’autre ; la douleur
obligeait la malade à abaisser sa mâchoire avec le
doigt ; la langue était alors projetée hors de la
bouche et se recourbait en bas ; la malade ne pouvait
parler et, d’une manière peu distincte, qu’en rentrant
la langue avec le doigt et en la maintenant dans la
bouche.
Pour manger, elle devait pousser les aliments jus¬
qu’au fond de la gorge ; elle les avalait par un violent
effort de déglutition quand ils étaient humectés de
salive ; une manœuvre analogue lui permettait de
boire, mais les liquides refluaient par le nez et la
bouche. Ces spasmes s’accompagnaient de contrac¬
ture des orbiculaires.
La malade se servait maladroitement de son bras
droit comme quelqu'un de raide ; elle portait correc¬
tement le doigt sur le nez, mais par la répétition le
mouvement devenait incomplet. Placée debout, ses
pieds reposaient à plat sur le sol ; les premiers pas
étaient relativement normaux, mais rapidemeut la
contracture obligeait la malade à se dresser sur les
pointes et les pieds se tordaient en varus équin ; elle
tombait d’une pièce sans pouvoir se relever.
L’acuité visuelle était légèrement diminuée, les
papilles un peu décolorées ; il n’y avait aucun signe
d’in.suffisance hépatique.
Ces phénomènes spasmodiques, dont l'auteur
donne des projections cinématographiques, allèrent
en s’accentuant et des crises de suffocation de plus
en plus fréquentes firent leur apparition; la malade
suffoquait la bouche fermée, devenait violette et
tombait ; si la crise n’était pas trop forte, elle
essayait de la faire cesser en ouvrant sa bouche de
force et en introduisant profondément le doigt dans
sa gorge ; même à la fin de sa vie, elle pouvait
émettre quelques sous encore compréhensibles et
tracer des caractères avec le doigt ; l’intelligence
et la mémoire restèrent intactes. L’auteur ne constata
jamais ni tremblement, ni athétose ; en somme, tout
se bornait à un état spasmodique, le terme de spasme
étant pris dans son sens le plus large. La malade
mourut en 1927 de broncho-pneumonie de déglu-
A l’autopsie, le foie était macroscopiquement
normal; microscopiquement, il présentait une légère
dégénérescence autour des veines sus-hépatiques ne
rappelant pas les lésions de cirrhose de la maladie
de Wilson.
L’étude complète des centres nerveux n’est pas
terminée, en particulier pour ce qui concerne les
voies optiques ; l’auteur a étudié un hémisphère et le
tronc, cérébral ; le corps strié est macroscopique¬
ment normal; histologiquement, on ne constate
aucune lésion par la méthode de Weigert ; j)ar la
méthode de Nissl, le putamen est normal quant a\ix
éléments nobles ; peut-être pourrait-on discutei- sur
le nombre des noyaux de la névroglie, mais, en tout
cas, il ne s'agit pas d’une grosse lésion ; par la
méthode de Bielschowsky, le feutrage des fibrilles
est normal. De même, il n’y a pas de lésions appré¬
ciables du tronc cérébral, de la protubérance, du
cervelet ; l’examen anatomique des régions étudiées,
avec les techniques employées, est donc négatif.
Si l’on rapproche ces deux observations, on voit
dans l’une un double foyer de ramollissement du
putamen avec lésion du noyau caudé ne s’accompagner
ni de spasme ni de mouvements involontaires ; dans
l’autre, des mouvements spasmodiques morphologi¬
quement identiques à ceux de la maladie de Wilson,
sans dégénérescence du noyau lenticulaire. L’auteur
se demande donc si cotte lésion est bien la cause
démontrée de ces mouvements anormaux ; la patlio-
logie du corps strié reste encore discutable et de
nouvelles recherches semblent nécessaires.
6 Décembre 1928.
Un cas de syndrome cérébelleux du type de
l’atrophie olivo-ponto-cérébeileuse avec développe¬
ment progressif d’un état hypertonique. — MM.
G. Guillain, Thévenard et Jonesco présentent une
malade de 22 ans, chez qui s’est développé depuis
2 ans un syndrome cérébelleux actuellement presque
complet ; il s’y est ajouté un état hypertonique carac¬
térisé par une hypertonie d’effort, de type plastique,
avec exagération de la réflectivité posturale, s’oppo¬
sant à l’hypotonie de fond avec passivité, qui existe
en dehors de tout effort psycfiique ou physique; le
diagnostic vraisemblable, en l'absence de tout signe
de néoplasie et de toute trace de maladie infectieuse,
est celui d’atropliie olivo-ponto-cérébelleuse, affec¬
tion au cours de laquelle on a déjà observé de sem¬
blables états d’hypertonie; l’aspect actuel n’est pro¬
bablement qu’une étape évolutive vers l’hypertonie
Les troubles de la pensée spatiale dans l’apraxie,
le rôle de l’asomatognosle. — MM. Lhermitte,
J. de Massary etKyriaco présentent un sujet atteint
d’apraxie à la fois idéatoire et idéo-motrice, c’est-à-
dire globale, avec intégrité des fonctions motrices
élémentaires, sensitives, sensorielles, gnosiques,
phasiques et intellectuelles ; ils insistent sur la néces¬
sité d’admettre dans les cas de ce genre une lésion
atteignant un dispositif déterminé de l'encéphale.
Ils montrent le rôle de premier plan joué dans le
détermnisme du trouble apractique par le défaut du
sens géométrique, de la représentation spatiale et
des déformations de ce qu’on appelle avec Schilder
le schéma corporel .
Il semble que dans la majorité des cas d’apraxie où
l’on peut poursuivre une élude psychophysiologique.
grâce à la conservation intégrale du langage et des
facultés intellectuelles, on retrouve à la base des per¬
turbations de l’activité motrice un trouble grossier
de la pensée spatiale, sous la forme d'une scission
des connections psycliologi(iues qui relient les repré¬
sentations de l’espace à l’activité motrice, ou sous la
forme de la désagrégation du schéma corporel
— M. Cl. Vincent ))ense également que l’apraxie
ne relève pas d’une lésion diffuse du cerveaii; il l’a
vue disparaître après extirpation d’une tumeur parié¬
tale.
Syringomyélie avec syringobulbie associée à de
multiples nævi pigmentaires et vasculaires. -
MM. Lhermitte et Cornil jjrésentent un malade di-
89 ans atteint de syringomyélie évidente, en insistant
sur 8 points particuliers : 1" douleui’s spontanées à
type de brûlure, dans la région dorsale et au pour¬
tour de la bouche; 2" idiénomènes de répercussivité
motrice et sensitive : la recrudescence des douleurs
ou une émotion jirovoquent des mouvements automa¬
tiques des membres supérieurs ; 3" présence de nom¬
breux na-vi pigmentaires sur le tronc avec plusieurs
angiomes dans la région dorsale, fies altérations du
tégument, d’origine dysembryoblasticjue, permettent
l’hypothèse de modifications fondamentales du tissu
vasculaire à la base du processus syringomyèlique.
— M. André Thomas rapjielle ipie toutes les
excitations ne sont pas capables de produire les phé¬
nomènes de répercussivité; il a vu les troubles mo¬
teurs de la syringomyélie être améliorés par la radio¬
thérapie alors que les douleurs étaient peu in¬
fluencées.
Distension ventriculaire avec stase papillaire,
euphorie, démarche à petits pas, sans tumeur
frontale, trépanation postérieure, guérison,
MM. Laignel-Lavastine et Cl. Vincent iirésenteut
un homme de 48 ans entré lUi Juillet dernier à la
Pitié, pour un syndrome d’hyj)ertension intracrâ¬
nienne avec réjdialée et stase accentuée; unecu])horie
singulière et, par la s)iite, uue démarche à petits pas
t(‘ndaicnt à faire raj)porter ces sigiu‘s à une tumeur
frontale; mais l’absence de paralysie faciale,
d’aphasie, d’images radiologi(jues anoiunales ne per¬
mettait pas de conclure avec certitude. Une ventri-
culographie fut pratiquée avec rajipareil de Küss;
pendant l’injection d’air, l’euphoiie et les troubles
de la démarche augmentèrent d'une façon singulière:
les ventriculogrammes montrèrent qu’il n’existait
j)as de tumeur frontale et que l’obstacle à la circula¬
tion du liquide céphalo-rachidien siégeait dans l’es¬
pace postérieur ; le liqui<le veutricuilaire et le liquide
lombaire étant très différents ejuant à leur compo¬
sition cytologique et chiini(iue, les auteurs pensèrent
qu’il pouvait exister un obstacle au niveau du 4“ ven¬
tricule.
Après trépanation occipitale, ablation de l’arc de
l’atlas et dégagement du cône de pri-ssion, la toile
choro'îtliennc épaissie fut effondrée; un mois après,
il n’y avait plus de stase, l’euphorie avait disparu,
la démarche était normale; le malade peut être con¬
sidéré comme guéri.
Un cas d’infantilisme hypophysaire. — MM. G.
Roussy, J. Bollack et Kyriaco présentent un cas
d’infantilisme hypophysaire où les phénomènes vi¬
suels précoces ont attiré l’attention sur les troubles
du développement; il s’agit d’une enfant de 12 ans,
d’intelligence très développée, présentant la taille, le
poids et la dentition d’une enfant de 7 ans, malgré
l’existence des points d’ossification normaux à son
âge; la selle turcique est très élargie, mais les apo¬
physes clino'ides sont respectées; la vision de l’œil
droit qiii baissait depuis 2 ans est devenue presque
nulle et la papille est atrophiée; la vision de l’œil
gauche est normale malgré un rétrécissement tem¬
poral très net du champ visiiel.
11 n'y a ni signes d’hypertension intracrânienne, ni
signes de diabète insipide, ni syndrome adiposo-
génital. Les auteurs concluent à un syndrome d’in¬
fantilisme pur d’origine hypophysaire, type Souques
et Chauvet, dû probablement à une tumeur intra¬
sellaire.
— M. Cl. Vincent est d'avis d’opérer cette ma¬
lade, car, avant la puberté, les adénomes hypophy¬
saires sont exceptionnels; il s’agit presque toujours
LA PRKSSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
(le tumeurs de la poche de Hathke qui lie soûl pas
radio-sensibles.
Arthropathle scapulaire bilatérale au cours d’une
syringomyéile. — Celle observation de MM. Roussy,
Huguenin et Kyriaco est inti-ressaiite par la pré¬
dominance des arthropatliies dans un enseiiibie cli¬
nique assez fruste et par l’évolution lente par pous¬
sées, en rapport, semble-t-il, avec des traumatismes;
il parait s’agir dans ce cas d’un processus de gliosc
fruste et localisée plus que d’une véritable gliomatose.
La rigidité parkinsonienne tend surtout à main-,
tenir ies attitudes des bras que commandent vigi-
iance et iogique statique. - MM. J. Froment et
H. Thiers montrent que tout changemenl d’attitude
segmenlaire du parkinsonien, qu’il porte sur le
membre examiné ou sur l’un quelconque des autres
segmeiils du corps, déplace la rigidité.
Voici coniment on peut expliquer cette singulière
particularité de la rigidité du parkinsonien. Chez ce
dystasiciiie, comme chez tout déséquilibré, le bras
est autouiatiquoment réquisitionné pour la statique.
Il est arrêté et bloqué dans les attitudes propices à
la protection de la statique : attitude de parc-choc,
de balancier ou d'équilibraleur. Si l’on détruit —
même sans y prendre garde la logique de l’atti¬
tude en rompant d’une manière quelconque Vharino-
nie des gestes, on détermine un contre-ordre qui
libère l’attitude locale dont la ré([uisition désormais
n’a plus de sens.
Ces niodiiications du taux de la rigidité sont sur¬
tout manifestes chez le parkinsonien moyen ou léger,
(]ui ('st ici seul ju’is en considération. Le grand par¬
kinsonien, vérilahle compl((xe physiologicjue, dé-joue
tout essai d’analyse précise.
Quoi qu’il en soit, il ne j)araîl pas exact de dire
([lie la rigidité parkinsonienne soit indilTéremment
La rigidité parkinsonienne se déplace quand
changent la direction des yeux et le point qu’ils
fixent. — MM. J. Froment, L. Panliqiie et H.
Thiers montrent que b-s positions du bras, qui, chez
le parkinsonien, répondent au maximum de rigidité,
ne sont pas les méim-s, (jiu; b- malade regarde en bas
ou en haut, à droite, à gauche ou droit devant lui. 11
ne s’agit pas là de modifications ayant pour point de
départ les otolithes, car elles sont aussi nettes quand,
la tète étant immobilisée, les yeux se déplacent seuls.
l,a rigidité parkinsonienne, d’ailleurs, se déplace
encore quand, le regard gardant la même direction,
le point de fixation change seul.
De tels faits incitent à donner, dans la régulation
do la slali(iue, part équivalente à l’apj)areil oculaire
et à l’oreille interne. La tête restant immobile, le
déplacement du regard, même lorsqu’il est minime
(10" mesurés au campimètre y suffisent), est pour la
mobilisation de la rigidité parkinsonienne — ou ce
([ui revient au même des réflexes de statique ren¬
forcée — cause suffisante,
La rigidité parkinsonienne et ie signe de la pan¬
carte; caractère conditionnel des réflexes stati¬
ques. — MM. J. Froment et Dubouloz, s’en réfé¬
rant à un test, qui est tout à la fois très simple et
très significatif, montrent que la rigidité parkinso¬
nienne, son équivalent pliysiologique la rigidité de
déséquilibre, et le tonus de posture, tous trois inces¬
samment variables, sont sous la dépendance de
réllexes statiques du type conditionnel, qui ne cessent
de les adapter aux exigences toujours variables de
l’é(juilibre.
Hémiatrophie cérébelleuse croisée secondaire à
un noyau de sclérose tubéreuse cérébrale. — MM.
Ivan Bertrand et G. Hadzigeorgion rapportent l’ob¬
servation d’une épileptique de 69 ans, atteinte depnis
l'ûge de 7 ans d’hémiplégie gauche avec atrophie et
déformation du memhre supérieur; les crises remon¬
taient à cette époque et avaient un début nettement
jacksonien. A l’autopsie, ils constatèrent une agé¬
nésie du corps calleux, un noyau de sclérose tubé¬
reuse de l’opercule rolandique droit, une hémiatro¬
phie croisée cérébelleuse gauche, une sclérose de
l’olive bulbaire droite et des lacunes multiples du pied
de la protubérance. Contrairement à la tbèse de
Démolie, le pédoncule cérébelleux supérieur ne sem¬
ble pas avoir joué un rôle important dans la genèse
de l’hémiatrophie croisée.
Elections. — Sont nommés membres titulaires
AfAf. Thévenard, Pérou et Baruk.
L. RouqvÈs.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE DERMATOLOGIE ET DE SYPHILIGRAPHIE
13 Décembre 1928,
Arséno-résistance et Wassermann négatif dans
la syphilis récente. - - MM. Lortat- Jacob et So-
lente ont observé 3 malades atteints de syphilis pri¬
maire et secondaire résistant au novarsénobenzol et
chez lesquels le ôVusscrmanu demeurait négatif.
Soumis au traitement bismuthique, les malades vin-nl
positif.
Nodosité juxta-articulaire syphilitique. — MM.
Gougerot et Burnier présentent un malade, syphi¬
litique depuis 27 ans, qui, 3 ans après le début
de sa syphilis, fut atteint de gommes suppurées
juxla-arliculaires du coude et du genou, dont on voit
encore les cicatrices et qui, il y a 3 mois, vit appa¬
raître une nodosité dure, grosse comme une noisette,
au voisinage du coude, qui fut enlevée pour biopsie.
Le malade n’avait jamais quitté la France.
Sclérodermie et pigmentation. — MM. Gouge¬
rot, Périn et Filliol présentent une femme de
.'19 ans qui, depuis l’ûge de 28 ans, est atteinte d’un
vitiligo des membres, de plaques scléroderrniques
du cou et du cuir cbevelu et de taches pigmentées
d’un hrun foncé.
Syndrome cutané nouveau. — MM. Gougerot et
Thiroloix présentent une femme sans doute hérédo-
syphilitique (Wassermann positif) atteinte de pig¬
mentation diffuse et maculeuse, d’érythème avec
télangiectasies, d’atrophie cicatricielle ponctuée et
de lésions licheuoïdes.
Actinomycose de la face ayant résisté au traite¬
ment iodé et à la radiothérapie; guérison par l’iode
à la suite de la libération des foyers parasitaires
enkystés par la diathermo-coagulation. - MM. P.
Ravaut et L. Filliol rapportent un cas d’actino¬
mycose rebelle depuis 3 mois aux tbérapeutiques
classi<|ues; l’ouverture des foyers fut nécessaire
pour rendre efficace le traitement iodé. La dia¬
thermo-coagulation est le jx'océde de choix : elle
produit (les escarres assez larges pour constituer
d’utiles voies de drainage; à la coagulation s’.ajoute
un effet diathermique agissant sur l’ensemble de la
lésion ; elle évite l’ouverture des vaisseaux et les
généralisations viscér.ales auxquelles expose le bis¬
touri. La malade a guéri très rapidement après dia¬
thermo-coagulation avec la solution de Lugol en
ingestion et en injection intraveineuse.
Le traitement de l’acné chéloïdienne de la nuque.
— MM. P. Ravaut et L. Filliol estiment que l’acné
chéloïdienne est rebelle aux traitements classiques
parce que les lésions folliculaires sont profondes et
enkystées. Les auteurs montrent par la ponction à la
pipette l’existence de petites collections suppurées
profondes. Pour ouvrir ces foyers, la diathermo¬
coagulation est le procédé de choix. Le cathétérisme
profond des follicules malades par l’aiguille diather-
mique permet d’obtenir la guérison en quelques
séances avec cicatrices souples.
Psoriasis sur cicatrices. — MM. Gougerot et
Blum présentent un malade, ancien syphilitique,
atteint d’une poussée de psoriasis sur la cicatrice
cervicale, provenant d’un curage ganglionnaire, fait
il y a 4 ans pour un néoplasme de la langue.
Parapsoriasis nigricans. — MM. Blum et Bra-
lez présentent un malade atteint d’une éruption
bigarrée faite de deux éléments ; les uns gris, ardoi¬
sés, les autres rouge vif, papuleux, un peu œdéma¬
teux, ne donnant pas, par la pression, de rougeur
urticarienne typique ni de desquamation au grattage.
Ces éléments, dominant sur le tronc, donnent l’im¬
pression d’une urticaire pigmentaire. Les avant-bras
présentent 'des jlépions papuleuses, à tendance squa¬
meuse, resBemblant à du parapsoriasis en gouttes.
L’histologie montre : 1° des lésions d’urticaire
pigmentaire atypique, sans métaehromésie des cel¬
lules; 2" des lésions inflammatoires et atrophiques
tenant plus du parapsoriasis. 11 semble s’agir d’une
forme de passage entre le parapsoriasis et l’urticaire
pigmentaire.
Traitement des vitiligos récents ou en évolution
par les rayons ultra-violets après sensibilisation
avec des essences. — MM. Louste et Juster pré¬
sentent des malades dont les vitiligos récents (datant
de quelques mois) ont presque disparu ou sont très
atténuées par le traitement des rayons ultra-violets,
après friction de la peau avec des huiles essentielles
(bergamotte, térébenthine, eucalyptus). Par contre,
les vitiligos plus anciens n’ont pas réagi nettement à
ce procédé thérapeutique.
Deux observations d’immunité syphilitique. —
— MM. Legrain et Schulmann rapportent les obser¬
vations de deux jeunes gens, indemnes avec nos
moyens actuels d’investigation de syphilis acquise
ou héréditaire,, qui ne contractèrent pas la syphilis
.après avoir eu des rapports répétés avec des femmes
atteintes d’accidents contagieux et semant la syphilis
autour d’elles. Ces deux observations sont en fav(mr
d’une immunité naturelle de certains sujets vis-à-vis
du tréponème.
Radlodermite ulcéreuse tardive au niveau d’in¬
jections de bromure de mésothorium. — MM. Jau-
sion et Pecker présentent un malade qui montre,
6 ans après des injections sous-cutanées de bromure
de mésolborium et au niveau même des interven¬
tions, trois foyers de radiodermite dont l’un ulcéré.
Le diagnostic clinique est étayé d’un examen histo¬
pathologique ' pratiqué sur biopsie au couteau dia-
ihei mique de Walter. La préparation examinée par
le professeur Roussy et M. Perrot décèle des altéra¬
tions analogues à celles que peuvent causer rayons X
ou radium. M"*" Laborde a, d’autre part, recherché
à l’électroscope la persistance du mésothorium sous
les lésions : l’épreuve est demeurée négative, tout au
moins pour les doses supérieures à 2/10 de micro¬
gramme.
Ce sujet est donc atteint de radiodermite évidente
sur foyers d’injections anciennes. La cause paraît
être le niésolhorium. Les autours rappellent à cct
égard le danger des rayons a, raison d’action de
toute curiethérapie interne. Ils insistent sur la longue
vie moyenne du mésothoriuin et la présence quasi
fatale d’une impureté du radium dans ses prépara-
Les ulcères de jambe des splénomégalles. —
M. Nanta décrit, au cours de certaines splénomé-
galies primitives, un ulcère de jambe qni peut avoir
la même signification, semble-t-il, que celui de la
maladie de Ilerrick chez le noir américain. Cet ulcère,
dans le cas de Mayer où il y avait un ictère hémoly¬
tique ayant nécessité la splénectomie, a guéri spon¬
tanément après l’ablation de la rate. On peut voir
également la guérison ou l'amélioration, dans les
mêmes conditions, de diverses manifestations cuta¬
nées qui accompagnent parfois certaines splénomé-
galies primitives.
Lésions lupiques anormales. MM. Chompret
et Dechaume.
Pemphigus végétant. — MM. Lortat-Jacob et
Legrain.
Erythème induré de Bazin guéri par les sels
d’or. — M. Cl. Simon.
Lupus érythémateux aigu. — MM. Gougerot,
Barthélémy et Lotte,
Lipomatose rhizomélique non douloureuse. —
MM. Gougerot et Lotte.
Hyperkératose palmaire essentielle guérie par le
bactériophage. — MM. Gougerot et Peyre.
Urticaire pigmentaire bulleuse. — MM. Gouge¬
rot et Lotte.
Chancre tuberculeux du nez. — MM. Milian et
Michaux.
R. Bukniek.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’UROLOGIE
19 Novembre 1928.
Une nouvelle observation de maladie du col vési¬
cal consécutive à des rétrécissements de l’urètre.
— MM. Marc Papin et Boris Anastassievitch ont
observé un 5“ cas de maladie du col vésical coïncidant
avec des rétrécissements de l’urètre ; Turétrotomie
n’a pas suffi pour guérir le malade. Il à fallu pratiquer
l’extirpation du col vésical. Ils conseillent après
toute urétrotomie de vérifier si le malade vide bien
complètement sa vessie.
Dilatation de l’extrémité Inférieure de l’uretère
au moyen de laminaires. — MM. Chevassu et La¬
zard ont tenté avec succès d’appliquer à la partie
N“ 2
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
23
inférieure de l’uretère la méthode do dilatation par
laminaires; après quelques essais de fortune, ils ont
fait construire, pur la maison Eynard, des sondes
urétérales portant, it leur extrémité, une mince tige
de laminaire, lissée avec la sonde et ollranl toute
sécurité. Ces laminaires existent en 2 longueurs :
4 ellOcro.; elles sont, après usage, stérilisées dans
l’alcool et séchées pour resservir de nouveau. La
sonde munie de la laminaire courte s’introduit dans
le cyatoscope comme une sonde ordinaire ; celle qui
est munie de la laminaire longue gagne 4 être intro¬
duite dans le cystOBCope par voie rétrograde, de
façon à pouvoir amorcer son engagement sur l’on¬
glet. La laminaire s’introduit dans l’uretère comme
une sonde ordinaire, le contact du liquide vésical
l’amollit, ce qui est avantageux, mais aussi la goiille
et il faut aller vite; la laminaire est introduite pres¬
que jusqu’à la garde, elle est maintenue en place
10 à 20 minutes sous le contrôle du cystoscope, cai'
l’uretère tend à l’expulser. Son application n’est pas
douloureuse; en 1/4 d’iieure on peut faire passer le
calibre de l’uretère du 5 au 14 Béniqué ; en une autre
séance, on peut passer du 14 au 22. Ces laminaires
trouveront leur application peut-être dans le traite¬
ment des sténoses urétérales, plus sûrement dans la
dilatation de l’extrémité inférieure de l’uretère,
quand elle tend à devenir kystique, et dans l’extrac¬
tion des calculs du bout inférieur de l’uretère ; les
auteurs ont pu ainsi, sur 3 calculs, en faire migrei'
2 spontanément.
Ostéomyélite du pubis fistulisée dans la vessie;
extraction du séquestre vésical par cystostomie
transpéritonéale. — M. Maisonnet fait un rapport
sur une observation de M. Chauvin (de Marseille)
dont rend compte le titre de cette analyse; le sé-
questi'e, reconnu par oystoscopie, fut enlevé et le
malade guérit sans qu’on eût à s’occuper du foyer
initial d’ostéomyélite pubienne; il s’agissait de
lésions éteintes.
— M. Gayet rappelle qu’il a publié naguère un
travail où il avait pu recueillir 14 observations sem¬
blables. 11 cite un cas du D"' .laboulay, où le malade
urinait par son grand trochanter; un calcul à noyau
osseux fut enlevé, un autre était enclavé dans la fis¬
tule fémoro-vésicale ; le malade succomba a])rès
3 tailles pour calculs récidivants, tous à noyaux
osseux, et liés à une ostéomyélite post-typhique,
(îeorges Kuss, dans un travail plus récent (1913), a
rapporté 14 nouveaux cas (ostéomyélite ou tubercu-
— M. Marion, chez un soldat blessé, vit égale¬
ment se former une série de calculs à anse osseuse,
mais après plusieurs tailles il fallut curetter un
foyer d'ostéite pubienne que, seule, la radiographie
révéla, la clinique restant, à ce point de vue, silen-
. — M. Legueu a vu un malade qui était atteint de
lislules borgnes de la vessie d’origine osseuse et
dont la maladie était révélée par des calcula à répé-
lition; de la poussière d’os formait le noyau des cal¬
culs. Pour obtenir avec certitude la guérison, il
faut s'adresser à la lésion osseuse.
— M. Noguèa lit une note de M. André (de
.\ancy) ayant trait à un malade qui présentait, entre
le col et le sommet d'une vessie intacte d’autre part,
une ulcération répondant à un foyer d’ostéomyélite
ouvert dans la vessie et pris d’aboi’d, à tort, pour
un foyer de tuberculose osseuse.
Tuberculoses rénales améliorées par le vaccin
de Vaudremer. — M. Ohabanier fait un rapport
sur un travail de MM. Larget, Lamare et Moreau
(de Saint-Gennain-en-Laye) sur 5 malades atteints
de tuberculose rénale, ne pouvant pas ou ne voulant
pas être opérés. Ces 5 observations sont calqiiées
sur le modèle de la suivante : Une malade de 20 ans,
amaigrie de 18 kilogr., ayant du pus et du bacille
de Koch dans les 2 reins, une capacité vésicale de
60 emo, des ulcérations tuberculeuses vésicales avec
traînées purulentes, des éliminations de phénol-
suUonO'phlaléine de 16 et 7 pour 100, une constante
de 0,172, est traitée par le vaccin de Vaudremer ; ses
douleurs rénales disparaissent, les urines s’éclair¬
cissent, le poids augmente de 10 kilogr. en 3 mois.
Un an après, la phénol-phtaléine est de 25 et 19 p. 100,
la constante de 0,100, toute lésion ■>>ésicale a disparu;
cette amélioration se maintient depuis 18 mois.
Les autres observations sont du même type et
montrent également une amélioration considérable.
Les avtteurs n’ont malheureusement }iu sur aucune
pièce opéi'atoire constater l’état anatomique des
lésions. Ils attendent que l’un de leurs malades
puisse ou veuille être opéré pour savoir s’il y a
amélioration réelle ou simplement exclusion partielle
— M. Maisonnet estime qu’il s’agit là de quel-
q>ie chose d’extraordinaire et q>ii mérite que l’on s’y
— M. Legueu n’a jamais vu guérir la tuberculose
rénale autrement que par une opération. Il a obteiiu
lui aussi, depuis un an, sur 20 malades soumis au
traitement par le vaccin de Vaudremer, des amélio¬
rations impressionnantes. Mais il a pu opérer quel¬
ques-uns de ces malades; il a trouvé non seulement
des lésions caverneuses anciennes sans modifications
apparentes, mais encore des tubercules en pleine
évolution à la surface du rein. Il faut bien se défier
des apparences. Quant à lui, il a perdu toute espé¬
rance dans le traitement médical.
. — M. Minet a vu la mémo année mouidr de
méningite t\iberculeuse 2 de ses malades dont l’un
fut traité par l’antigène méthylique et l’autre par le
vaccin de Vaudremer. Il se défend d’ailleurs d’en
tirer aucune conclusion générale, car ce sont les 2
seuls cas qu’il ait ainsi traités et ce put être 2 hasards
malheureux.
— M. Marion rappelle quelles longues périodes
d’amélioration spontanée on peut voii' dans la tuber¬
culose rénale, môme bilatérale. Un malade suppu¬
rant de ses 2 reins et jugé inopérable, avec un trai¬
tement classique médical, sans aucun vaccin, a pu
reprendre 30 kilogr., devenir obèse et avoir une
bonne phénol-phtaléine du rein droit (atteint de coli¬
bacillose), 48 pour 100, et une mauvaise phénol-phta-
léine du rein gauche tuberculeux (3 et 4 pour 100).
Ces observations n’ont donc rien de si cxlraordi-
— M. Maisonnet a voulu dire qu’il trouvait sen¬
sationnel de voir le pus et le bacille de Koch dispa-
'l'el est aussi l’avis de M. Papin qui se demande
si un rcilux urétéral du ])us tuberculeux n'a ))as fait
croire à tort à la bilatéralité des lésions. Cette éven¬
tualité est possible et seule une cysto-radiographie
est ca])able de l’éliminer.
— M. Michon a utilisé souvent le vaccin de Vau¬
dremer. 11 a vu une guérison apparente; mais il ne
peut conclure. Il a une fois opéré une lésion qui lui
semblait être un kyste rénal et l’examen histolo¬
gique fait par M. Lecène a révélé qu’il s’agissait
d’une tuberculose.
— M. Marsan insiste sur les intermittences, les
Il amnisties » de la tuberculose rénale. 11 a vu un
malade rester 10 ans sans trouble après une héma¬
turie. Puis les troubles réapparurent. Le pôle supé¬
rieur du rein était exclu, mais le reste du rein était
atteint à son tour de tuberculose.
— M. Papin trouve ce travail curieux par l'en-
semble des résultats obtenus ; si les auteurs |)euvent
réunir beaucoup de ces cas, bien critiqués, ce sera
fort intéressant.
— M. Chabanier indique qu’il s’agit d'un travail
fuit avec un très gi-and soin et i)ar des auteurs
extrêmement sérieux; il n’y a rien à dire de leurs
observations au point do vue objectif. Il ne s’agit
peut-être que d’apparences, mais qui se manifestent
de façon bien générale. Il faut regretter l’absence de
pièces et espérer que cette lacune pourra être com¬
blée dans l’avenir.
De la possibilité de refaire en une seule opéra¬
tion l’urètre d’un hypospade par le procédé de Du-
play. - - M. Marion fait un rapport sur un travail
de M. Martin (de Toulouse) qui, après cystostomie,
réussit en un temps à réparer l’hyposjiadius et à
t.boucher au nouvel urètre l’orilice périnéal de Turè-
tre hypospade. M. Marion a l’habitude de procéder
de même façon, il félicite M. Martin des deux beaux
succès qu’il a obtenus i)ar la méthode de Duplay qui
reste une excellente méthode.
Contrôle éloigné d’un cas d”hydronéphrose traité
par opération conservatrice. . — M. Marion rap¬
porte une observation de M. Robert Kummer (de
Genève) qui traita une hydronêphrose avec plicature
de Turctère à la partie supérieure par une libéra¬
tion d’adhérences et redressement de ruretère sans
après une pyélographie montra la jiersistance d'une
hydronéphrose do mémo volume.
— M. Michon fait observer que lu dilatation de
l’uretère se poursuit au-dessous de sa plicature.
Election d’un membre titulaire. . — M. H. de
Beaufond est, au cours de la séance, élu membre
titulaire, par 29 voix.
Erratum. — • Nous nous excusons, auprès des lec¬
teurs et de l’auteur, d’avoir rendu compte, "sous un
titre inexact, de l’intéressante communication faite
le 10 Juin 1928 parle Ü'' Pillet (de Ilouen) ; son véri¬
table titre était ; Kecherches des bactéries alcali-
gènes de la lithia.ie phosphatique secondaire ■
(1. WonmoMM.
SOCIÉTÉ DÉ PÉDIATRIE
20 Novembre 1928.
Asphyxie mortelle par évacuation brusque d’un
ganglion tuberculeux. — M. Pichon et M"" Cathier
présentent une pièce anatomique provenant d’un
enfant mort d’asphyxie aiguë. La trachée fut trouvée
obstruée par un gros bouchon de caséum provenant
de l’évacuation brusque d’un ganglion tuberculeux
para-trachéo-bronchique.
Traitement de la tachycardie paroxystique par
la génésérine. — MM. Pichon, Habert et M‘>“Krif-
chewsky jirésentent’un cas de tachycardie paroxys¬
tique traité par la génésérine. L’accès tachycardique
étant dù à une sui-excitation du sympathique et la
génésérine étant un excitant du vague et probable¬
ment un calmant direct du sympathique, il était
logique d’essayer cette médication. En fait, elle a
réussi deux fois, chez l’enfant présenté par les
auteurs, à mettre fin à l’accès.
Tachycardie paroxystique et polypnée chez un
nourrisson. — MM. J. Huber et Enachesco i)rè-
sentent un enfant de 8 mois qui, à l’occasion di‘
troubles digestifs fébi'iles, eut, durant 5 jours, des
crises de tachycardie avec polypnée, sans anomalie
cardiaque ou pulmonaire. La radiographie montrait
une ombre médiastinale.
L’anesthésie chez les nourrissons. — M. Léon
Tixier, à propos d’une observation d’accidents
graves post-opératoires dus à l’éther et relatés dans
la précédente séance, rappelle le danger de l’éthei'
chez les nourrissons. Le chloroforme est infiniment
moins dangeri’ux, mais à condition de le donner
d’une façon discontinue et de faire une anesthésie
aussi courte que possible.
t)n ne doit pratiquer chez les enfants de moins de
3 ans que des anesthésies pour opérations urgentes
ou indispensables ; ne jamais faii-e jilusieurs opéra¬
tions dans la même séance ; il faut éviter de ré])éter
des anesthésies chez le même enfant à peu de jours
d’intervalle ; enfin, ne pratiijuer iiue des opérations
d’extrême urgence pendant les grandes chaleurs.
— M. Mouchet appuie ces conclusions et déi laïc
ne jamais (■rnployer l’éther au-dessons de 3 ans.t
— M. Madier considère égalenu'iit que l'éther
est dangereux chez les nourrissons. Il préfère le
chloroforme.
— M. André Trêves donne aussi la préférence au
chloroforme.
— M. Abrand considère le chloroforme comme
moins dangereux que l’éther.
— M. Martin ne donne pas d’éther aux enfants
de moins de 5 ans. Au delà de cet Age il emploie soit
le chloroforme, soit le halsoforme, mais il attache
la plus grande im])orlance aux mesures de médecine
préventive post-opératoire : injection de sérum glu-
cosé, sinajiisation, etc.
Adénite cervicale suppurée chez une fillette de
20 mois, née de parents sains et vaccinée au BCG
— M. Léon Tixier ne peut incriminer dans ce cas
que le BCG. Voici les conclusions qn il donne à pro¬
pos de cette observation :
l» Le BCG jieut, dans quelques ras exceptionnels,
être pathogène pour le nourrisson sain vivant dans
un milieu non contaminé par la tuberculose;
2<’ Il ne voit aucune raison pour conseiller ou
imposer la vaccination dans un milieu indemne de
tuberculose puisque cette vaccination se fait sponta¬
nément pendant les premières années de la vie,
comme le prouve Taccroissement, avec l’Age, des
cuti-réactions positives chez les enfants apparemment
3“ 11 s’instirge contre les tendances de certains
esprits qui voudraient reluire la vaccination obliga-
24
LA PRESSE MÉDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
N“ 2
toire; se rangeant à l’avis récemment formulé par
Schreiber, il demande auparavant l’épreuve du
temps.
Mort au 15“ Jour d’un bel enfant, né de mère
tuberculeuse et vacciné au BCG. — MM. Léon
Tixier et Frank Viala rapportent l’observation
d’un enfant né é terme (césarienne) pesant 4 kilogr.
Pendant l'adtiiinistralion du BCG, poids stationnaire
et selles glaireuses; puis aggravation des symptômes
gastro-intestinaux et mort rapide en 48 heures.
Les relations de cause à effet entre la vaccination
et les accidents sont attestées par le faisceau de
prouves suivantes :
1" La fréquence des troubles intestinatix chez les
enfants vaccinés au BCG (perte de poids de 80 i\
1.400 gr., stiivant les cas);
2" Le fait que 14 bébés de la nourricerie où a été
soigné l’enfant n’ont eu aucun trouble digestif, bien
qti’ayaiit re(,Mi la nièine alimentation;
3° Lit dilférencc entre le syndi-ome gastro-intes¬
tinal qui a emporté cet enfant vacciné au BCG et le
syndi-oine de Couvclaire (mort fréquente pendant le
1'”' mois des enfants bérédo-tubercnlcux sans aucun
symptôme intestinal) ;
4“ Ce cas n’<'st jias isolé. Dans une maternité de
Paris il a été coiislalé une série, de cas analogues.
Un certain nombre d’accouebeurs ont fait de sem¬
blables constatations. Si les observations ne sont
pas publiées, c’est parce qu’il a été impossible de
faii-c la pr-euve, comme dans le cas des auteurs, que
le BCG était seul responsable des accidents (jjré-
sencc de 14 enfants témoins) ;
5“ Lnlin, un premier enfant âgé de 3 ans, venu
au monde également i)ar césarienne, n’a pas été vac¬
ciné au BCG et est actuellement ti'ès bien portant.
A pi-opos de la patbogénie de ces symptômes rapi¬
dement mortels se pos(; la ([uestion d’une sensibilité
spéciale au BCG d’organismes porteurs de virus
filtrants (Arloing).
Il est juste, en regard de ecs faits troublants, de
noter (|ue, dans deux familles où il était impossible
d’élever des enfants sans (|u’ils ne soient enlevés par
la tuberculose, le BCG a permis aux vaccinés de
vivre dans ces milieux contaminés.
Coticlii.iioiis. — JjC BCG a rendu d’immenses ser-
vic(m en permettant d’élever les enfants là où sans
lui la mort eût été inévitable.
Hormis ([uclques cas exceptioniuds, le BCG paraît
d’autant plus inofîensif ipie le milieu est sain ou ((ue
la nièr(! n’est |)as atteinte de lésions tuberculeuses
en évolution.
Loisque la mère est manifestement tuberculeuse
souvent les choses se liassent sans incidents sérieux,
mais des accidents graves peuvent se iiroduire.
Ces faits sont à étudier de très près dans les
maternités et les cliniques d’aecouebement ; leur
étude pei'inettra sans clonie, dans l’avenir, de pré¬
ciser les indications et les contre-indications de la
méthode,
— M. Georges Schreiber. Les observations que
nous apporte Tixier ne permet lent pas de tirer, pour
ou contre le BCG, des conclusions précises, mais
elles justifient le désir légitime des praticiens de ne
procéder à la généralisation de la vaccination pré¬
ventive de la tuberculose (|u’avec la plus grande
circonspection.
La Commission clinic[uc de la Conférence technique
du Comité (J'Iijiglcne de la .'Société de.s Aalions,
récemment réunie à Paris, n’a pas cru pouvoir
émettre encore une opinion définitive sur la valeur
de la vaccination par le BCG, mais elle a déclaré que
cette vaccination est « inapte à provoquer des lésions
tuberculeuses virulentes ».
Cette opinion, formulée par des cliniciens autorisés,
nous auloi ise à envisager des essais limités de vac¬
cination antituberculeuse généralisée. A cet effet, un
des procédés les plus démonstratifs pour contrôler
les résultats de la vaecination par BCG, tant au point
de vue delà mortalité que de la morbidité du premier
Age, un de ceux donnant les statistiques les moins
sujettes aux controverses, est celui. qui consisteriiit à
choisir un certain nombre de localités, autant que
possible munies d’un bureau d'hygiène, et d’y sou¬
mettre — avec le consentement des parents — le
plus grand nombre possible de nouveau-nés à la
vaccination antituberculeuse. Les chiffres recueillis
après plusieurs années présenteraient un intérêt
indiscutable. Celte méthode a déjà été adoptée par
des villes comme Sons, I,igny-cn-Barrois, etc.
Il convient de rappeler d’ailleurs qu’une procédure
similaire fut employée pour juger la vaccination
antityphoïdique à ses débuts, successivement appli¬
quée dans certains régiments, puis dans des corps
expéditionnaires, enfin dans toute l’armée.
— M. Aviragnet estime que la conimunication de
Tixier est do nature à dérouter le praticien, car si
le BCG ne doit pas être employé on milieu sain, et
s’il est dangereux en milieu tuberculeux, ses indi¬
cations deviennent singulièrement limitées.
— M. Apert sur 8 enfants récemment morts de
méningite tuberculeuse n’a pu dans la moitié des cas
préciser la source du contage. De tels faits montrent
(|ue tout le monde est exposé aux risques de l’infec¬
tion tuberculeuse et ils justifient un large emploi de
' — M. Weill-Hallé réfute les arguments déve¬
loppés par M. Tixier en insistant sur l’innocuité du
BCG dont l’efficacité est bien démontrée par des
statistiques portant déjà sur de très nombreux
enfants.
Résultat d’une enquête relative aux enfants vac¬
cinés en 1926 par le BCG à la Maternité de l’hôpital
Boucicaut. — M. V. Le Lorier signale qu’il utilise
la vaccination par le BCG depuis 1923. Après l’avoir
employée timidement au début, uniquement chez dos
noui-rissons exposés au contage tuberculeux, il en a
progressivement étendu Tnsage et, en 1926, il a pra¬
tiqué 822 vaccinations dans son seul service de
l’hôpital Boucicaut.
Cherchant à fixer le sort de ces enfants, Agés
actuellement do 21 mois à 3 ans, il a pn obtenir des
renseignements directs ou indirects sur 459 enfants,
soit plus de la moitié d’entre eux.
Le chiffre de mortalité globale pour ces enfants a
été de 10,3 pour 100, alors que la mortalité brute
des enfants de 0 à 1 an est de 9,7 pour Paris et de
12,2 pour la banlieue.
La vaccination préventive par le BCG, appliquée
indistinctement à tous les enfants, non seulement
n’exerce aucune influence défavorable sur le taux
général de la rnorliilité dans les trois prcmièi'es
années, mais paraît diminuer cette mortalité.
11 semble bien, par ailleurs, que la majorité des
enfants vaccinés, meme vivant dans des milieux
sordides, jouisse d’une excellente santé.
Sur une forme de dystrophie osseuse familiale.
— M. Morquio (de Montevideo) a vu 4 enfants sur 5
d’une même famille présenter une meme dystrophie
osseuse généralisée, épargnant la tète et la face. Les
déformations affectent le thorax et la colonne ver¬
tébrale, donnant Tinipression d’un mal de Pott avec
grosse gibbosité. On note en outre du genu valgum,
des pieds plats. L’intelligence est intacte.
A l’origine de cette maladie on ne trouve que la
consanguinité des parents (cousins germains).
Arthrite suppurée du genou varicelleuse. — M.
Mouchet, au nom do M. Houêche, communique
l’observation d’un enfant qui au cours d’une vari¬
celle présenta une arthrite suppurée du genou. Ce
cas est intéressant par la localisation unilatérale de
l’arthrite et hi nature staphyloccociqtio du pus.
— M. Martin a traité 3 cas d’arthrites suppurées
des genoux consécutives A la varicelle. 11 signale que
celle maladie peut provotiuer des bursiles, des myo¬
sites et des phlegmons profonds.
Scoliose hystérique. — Nageotte, avec pro¬
jections A l’appui, relate l’observation d’une fillette
de 13 ans, atteinte depuis 3 ans d’une scoliose hysté¬
rique, manifestation assez rare do l’hystérie, qui
dans le cas particulier n’a pas été cultivée par des
suggestions médicales.
Les troubles thermiques du nouveau-né. — M.
JR. Waitz montre que les troubles thermiques que
l’on observe assez fréquemuKmt pendant le séjour
comprennent des liyperl hermies et des hypothermies.
Ils se produisent soit précocement pendant les heures
([ui stiivent la naissance, soit après un intervalle
libre du 2“ au 5“ jour. C’est parmi ces derniers que
prend place la fièvre transitoire du nouveau-né.
Dans tous les cas ces troubles ne sont qu’un symp¬
tôme soit le plus souvent de lésions cérébro-
méningées, soit d’infection. Les symptômes associés,
la ponction lombaire et l’étude anatomique le prouvent.
Le plus souvent, d’ailleurs, Taccouebement avait
été difficile et à la naissance l’enfant était en état de
mort appiircnte ou étonné.
— M. Le Lorier signale que des clochers ther¬
miques peuvent être observés chez les nouveau-nés
simplement à la suite de coups de chaleur.
Traitement des entérites dysentérlformes. — •
M. Chédick (de Beyrouth) publie des observations
relatives au traitement d’entérites dysentériformes
sans amibes, ni bacilles dysentériques, observées chez
des enfants de 1 à 3 ans. Il signale les bons effets du.
traitement par le stovarsol ou le spirocid à des doses
ne dépassant pas 3 centigr. au-dessous de 2 ans,
4 centigr. de 2 à 4 ans, combinés avec des lavements
de « rivanol » (0 gr. 10 pour 500 eme d’eau).
G. SciniEiBen.
SOCIÉTÉ ANflTOmiQUE
6 Décembre 1928.
Variations dans la disposition des lymphatiques
de la base des lobes inférieurs des poumons. —
M. H. Rouvière montre qu’il existe parfois une
communication lymphatique entre la base des pou¬
mons et un ganglion intra-abdominal juxta-aortique,
placé à la hauteur du tronc cœliaque. Comme ce gan¬
glion est Tun de ceux qui reçoivent normalement les
lymphatiques des capsules surrénales, l’auteur pense
que cette disposition peut être nue voie de propa¬
gation anx capsules sui rénales de certaines lésions
pulmonaires (cancéreuses, tuberculeuses).
— M. René Huguenin rappelle que tous les au¬
teurs insistent sur la fréquence des métastases sur¬
rénales des cancers primitifs du poumon. Dans un
cas récemment observé de cancer du lobe inférieur
où la voie Iransplcuro-diaphragmatique ne pouvait
être incriminée, il existait de volumineuses métas¬
tases des ganglions cœliaques et des surrénales, pour
lesquels on peut invoquer avec une grande vraisem¬
blance la voie que vient d’indiquer l’auteur,
Epithélioma perlé profond de la paroi abdominale
par greffe ombilicale. — MM. G. Durante et
Roulland ont observé un épithélioma para-ombi¬
lical chez une femme de 50 ans qui, toute sa vie, avait
présenté une nodosité sous-culanéc de cette aégion.
11 s’agit, selon les auteurs, d’une tumeur consécutive
à une greffe sans doute partie de l’épithélium de la
région ombilicale après la chute du cordon et non
pas d’un kyste dermoïde.
Cancer simultané des deux seins. — M. R. Sou-
pault présente une observation tout à fait caracté¬
ristique de cette lésion si rare, qu’il, opéra par
double amputation du sein et qui fut suivie d’une
survie atteignant déjà plus de trois ans.
Histologiquement, le néoplasme s’était développé
des deux côtés sur un terrain de maladie kystique.
En dehors de quelques points de technique, l’au¬
teur discute le rapport qui existe entre les deux
néoplasmes, et tente d’admettre dans le cas particulier
l’hypothèse de la simultanéité.
— M. G. Roussy pense que les tumeurs bilaté¬
rales des seins comme celles d’autres organes symé¬
triques (ovaires, surrénales) no sont pas tellement
rares. Le point le plus intéressant réside pour lui
dans la palhogénie de la seconde tumeur et il lui
parait difficile de ti'anchcr entre métastase et tumeurs
Cancer du corps thyroïde; extirpation; guérison
apres 4 ans 1/2. — M. R. Soupault rapporte l’ob¬
servation d’une femme de 64 ans, qui présentait un
noyau thyroïdien bien circonscrit. Celui-ci offrait
histologiquement l’aspect d’un papillome végétant.
Celle structure explique peut-être la longue survie,
bien inhabituelle dans les cancei’s du corps thyroïde
surtout après une opération limitée comme celle qui
fut pratiquée et qui consista en une extirpation au
ras de la capsule Itimorale.
Chondrome pédiculé du poumon. — MM. Du¬
rand et Launay présentent un curieux chondrome
flottant dans la cavité pleurale, amarré au poumon
par un mince pédicule et qui doit avoir son origine
dans le cartilage d’une bronchiole.
Epididymite sporotrichosique. — M. Pétrignani
a observé chez un adulte, ouvrier, un nodule de la
queue de Tépididyme diagnostiqué « tuberculose au
début ». On pratique une épididymectomie. L’exa¬
men histologique révèle une sporotrichose indiscu¬
table avec eoccidics Gram positif. Le malade, soumis
d’ailleurs à nu traitement iodé, est gnéri. Celte loca-
N» 2
LA PRESSE AIED IC ALE, Samedi, 5 Janvier 1929
25
lisation de la sporotricliose est très rare, un seul cas
en fut publié jusqu’ici.
Epithélloma et tuberculose du foie. — M. P. Fou¬
lon présente un cas d’association de tuberculose et
de cancer au niveau du foie chez un plitisique pulmo¬
naire. Les deux processus sont intimement mélangés ;
on trouve en effet des follicules tuberculeux au sein
même des zones néoplasiques. Cette observation
pose i\ nouveau la question des rapports entre la
tuberculose et le cancer, rapports sur lesquels
aucune conclusion définitive ne peut être encore for¬
mulée.
Un cas d’invagination Intestinale lléo-colique
chez l’adulte. — MM. J. Baillis et A. Pellé mon¬
trent une invagination iléo-colique réséquée opéra-
toiremenl par hémicolectomie droite. Le malade esl
Cette présentation tire son intérêt do ce fait que
l’invagination intestinale est relativement rai’e chez
l’adulte, et que, de plus, l’iléo-colique est moins fré¬
quente que l’iléo-cæcale. Etant donné la mobilité du
cæcum constatée à l’opération, il est assez curieux de
noter que la région iléo-cæcale n’a pas suivi la tôle
de l’invagination.
Sur la vascularisation du scaphoïde du tarse. —
M. G. Velluda trouve que le scaphoïde est bien vas¬
cularisé et qu’il reçoit ses artères : a) de l’artère
pédieuse; b) de l’artère plantaire interne. Les rami¬
fications artérielles pénètrent dans le scaphoïde de
façon ràdiaire.
L’auteur conclut qu’il n’est pas justifié d’attribuer
à une mauvaise vascularisation la cause de la maladie
de Kübler.
SOCIÉTÉ DE PATHOLOGIE COMPARÉE
11 Décembre 1928.
Les traitements par les ergostérines irradiées.
— MM. P.-F. Armand-Delille et J. Berti-and rap¬
portent les diverses applications de l’ergostérine
irradiée; sa rapide efficacité dans le rachitisme, sur¬
tout en ce qui concerne 1 ossification et la recalcifica-
Ils ont précisé les étapes d’apparition des points
d’ossification du squelette du poignet et do la main.
L’état général est nettement amélioré mais la flac¬
cidité musculaire, la tendance aux infections ne sont
pas influencées. Enfin, le chloro-anémie ne se répar-e
Si le médicament irradié est la chose essentielle,
son action admirablement calcifiante doit être com¬
plétée par la diététique, la cure d’air et de soleil, le
protoxalate de fer et une dose homéopathique
d’arsenic.
Les stérols irradiés donnent des résultats aussi
heureux dans la spasmophilie.
L’ostéomalacie est aussi très favorablement in¬
fluencée par l’ergostérine irradiée. Les différents
produits mis dans le commerce ont une efficacité
variable, soit du fait de leur préparation, soit du fait
de leur vieillissement, et d’autre part, l’ergostérine
irradiée ne semble pas être dépourvue de toute
action nocive, comme en font foi les expérimentations
sur les animaux de laboratoire.
Il convient donc de ne pas dépasser la dose quoti¬
dienne moj'ennc de 5 milligr.
Irradiation ultra-violette et vitamines; synthèse,
extraction et essais de caractérisation de la vita¬
mine antirachftique. — M. R. Lecoq, en un rap¬
port très documenté, montre la relation étroite qui
unit la vitamine antiraebitique naturelle et le pro¬
duit de l’irradiation de certains stérols. Alors que la
lumière et l’assimillation chlorophyllienne favorisent
la synthèse de certaines vitamines, telles que les
vitamines antiscorbxitique et antixérophlalmique,
sans en être toutefois l’élément indispensable, il
semble que, dans le cas de la vitamine anlii-acbi-
tiquo, on puisse parler véritablement de lumière inté¬
grée. L’action catalytique des rayons riltra-violets
est fixée, comme on sait, par un grand nombre d’ali¬
ments, mais aussi par quelques produits purifiés
comme le cholestérol, certains sitostérols et (à un
plus haut degré) par l’ergostérol. L’activation de ces
substances est obtenue par catalyse, même en l’ab¬
sence d’oxygène ; elle nécessite la présence d’une
liaison étbylénique (au moins) et d’une fonction
alcool secondaire dans la formule développée de la
substance traitée. Les produits dérivés de ces sté¬
rols. par hydrogénation ou par oxydation, ne.sonl
plus activables. La vitamine antirachitique elle-
même, qui paraît être une cétone non saturée, est
très sensible è l’oxydation. Les produits de synthèse
obtenus jusqu'ici par irradiation ultra-violette se
montrent, malbcureusemenl, d’une conservation l'cs-
treinte et ne semblent pas toujours dépourvus de
toute toxicité.
La vitamine antirachitique au point de vue phy¬
siologique. — M. F. Maignon. Après un bref exposé
de riiistoirc de la vitamine antirachitique, l’auteur
essaie d’expliquer la pathogénie et la thérapeutique
de la maladie expérimentale et du rachitisme spon-
Lc rachitisme expérimental est la conséquence
d’une insuffisance de phosphore dans la ration ali¬
mentaire. Les lésions disparaissent chez le rat, par
addition de phosphates au régime raebitogène. On
arrive au môme résultat en apportant un excès de
vitamine antiraebitique sous forme d’huile de foie de
morue, d’ergostérol irradié, ou encore en la faisant
naître dans l’organisme par irradiation. En présence
de ce supplément de vitamine, l’utilisation du phos¬
phore alimentaire est plus complète et l’on conçoit
ue la petite quantité de eet élément minéral contenue
ans la ration rachitogène de Pappenheimer, qui est
insuffisante avec le taux normal de vitamine, devienne
suffisante lorsqu’il y a surabondance de ce facteur.
Ainsi l’on s’explique la guérison du rachitisme expé¬
rimental par l’administration de vitamine D ou l’irra¬
diation.
La question du rachitisme spontané est un peu
plus délicate. Les Anglo-Américains en ont fait une
maladie de carence vitaminique minérale et lumi¬
neuse. Les cliniciens français avec Marfan, Lesné,
ont fait remarquer avec raison que le rachitisme
ajiparait très souvent chez l’enfant qui n’a jamais été
privé de lumière et sans qu’il soit possible d’incri¬
miner aucune carence alimentaire, ni en phosphore,
ni en chaux, ni en vitamines. D’ailleurs, il faut recon¬
naître que la vitamine antiraebitique ne se trouve
guère en abondance que dans l’huile de foie de
morue qui n’est pas un aliment normal et qu’elle fait
généralement défaut dans l’alimenlal ion habituelle.
Par contre, si chez les enfants rachitiques on
n’observe le plus souvent aucune carence alimentaire
ni lumineuse, on trouve toujours à la base du mal
l’infection ou l’intoxication. On ])Ourrait dire l’into¬
xication tout court, qu’elle soit d’origine infectieuse
ou alimentaire. Marfan et Lesné reconnaissent ces
deux causes d’intoxication, mais, tandis que le pre¬
mier accorde la place principale dans l’étiologie du
rachitisme à la syphilis puis à la tuberculose, le
second donne la prépondérance ù l’auto-intoxiçation
créée par les troubles digestifs résultant d’une ali¬
mentation artificielle au lait de vaebe et aux bouillies
de farines.
Quel rôle peut jouer l’intoxication dans l’étiologie
du rachitisme ? L’auteur a déjè émis l’hypothèse que
le foie pourrait intervenir dans la production in vivo
de la vitamine antiraebitique ou tout au moins de la
provitamine, l’ergostérol. Cette dernière donne
ensuite de la vitamine sous l’inlluence de la lumière.
On conçoit qu’une insuffisance hépatique, d’origine _
toxique, soit alors capable de créer le rachitisme et
cette fois par déficience de facteur D.
Appareils et procédés d’irradiation. — M. Fo-
veau de Courmelles. Les ultra-violets s’obtiennent
avec diverses sources de lumière : soleil, arc è char¬
bon A Ame de fer, arc à vapeur de mercure. Les jiro-
priétés, pour analogues qu’elles soient, en ces
diverses sources, A appareils différents, ne sont j)as
identiques. L’arc voltaïque se rai)proche le plus du
soleil.
La puissance déterminée pour chaque appareil
varie ensuite selon la distance de l’arc, voltaïque ou
mercurique en général, à la substance irradiée, ali¬
ment ou médicament.
Les procédés ne diffèrent guère, jtuisque dé|)en-
dants des appareils — héliothérapie ou actinothéra-
pie artificielle — mais aussi des milieux où s’oi)ère
l’irradiation, et qui peuvent être l’air, — c’est le cas
le plus fréquent — ou des milieux gazeux divers ;
l’azote a été tenté et les modifications mesurées au
spectromètre et au spectrographe.
Los substances à irradier doivent passer en couches
minces car les ultra-violets sont peu pénétrants.
L’héliothérapie ou actinothérapie indirecte est très
multiple par le grand nombre de corps maintenant
insolés et à coefficient variable d’intégration, de
lumière latente.
Contribution à l’étude biochimique de l’agglutina¬
tion. — MM. Piettre et Chrétien exposent les tra¬
vaux faits, pendant l’année, au Laboratoire des
Halles centrales, du .Service vétérinaire sanitaire.
Puis ils font l'élude pliy.'iico-chimique des protéines
du sérum sanguin normal, étude qui s’impose de plus
en i)luB au sérologiste, étant donné les relations
intimes entre ces substances, les antigènes qui sont
mis A leur contact et les anticorps qui en dérivent.
Ils étudient jjlus spécialement les phénomènes
physiques el chimiques qui accompagnent l'aggluti¬
nation microbienne en prenant comme type de bacté¬
rie le paratyphique B (entoritidis de Gilrtner).
Li‘s auteurs font l’étude de Vagglutinine A l’aide
de la méthode A l’acétone.
La grande erreur de l’hospitalisation ; suppres¬
sion nécessaire de la salle à tout faire. . — M.
Georges Rosenthal démontre que la salle presque
séculaire de nos grands- hôjiitaux ne répond plus aux
besoins de la science moderne. Il est anarchique de
déterminer le service où entre un malade d’après le
jour de la semaine. Aucune organisation méthodique
de soins n’est possible sans services différenciés ;
aucune recherche scientifique soutenue et systéma¬
tique ne peut être entreprise. La méthodisation de
l’hospitalisation doit conduire aux serviees spéciaux
dirigés par des maîtres s])écialisés.
— MM. Sergent et Marcel Labbé s’élèvent con¬
tre la spécialisation à outrance vers laquelle ten¬
draient les réformes souhaitées par M. Rosenthal.
Contribution à l’étude du pain : 1" Les farines et
leur panification ; 2“ Les intoxications attribuables
à la consommation du pain. — MM. A. Urbain et
J. Barotte apitorlenl de nouvelles précisions tech¬
niques sur les farines et leur panification. En pai-ti-
culier, sur la teneur en gluten des farines de céréales,
la teneur en eau do la mie, le délai optimum de con-
Quant aux inloxical ions consécutives à l’incorpo¬
ration de farines de légumineuses exotiques au pain,
elles sont très rares el elles ne peuvent être assimi¬
lées A l’encéphalite léthargique.
Cn. Groi.let.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE ET DE GYNÉCOLOGIE
DE PARIS
10 Décembre 1928.
Ulcère de l’estomac chez un nouveau-né. —
M. Schwab et Lebourlier rapportent l'obser¬
vation d’un enfant extrait par césarienne et qui pré¬
sentait trois circulaires du cordon. L’une, très
serrée, se trouvtiit au niveau de la base du tbortix.
L’enfant a eu des vomissements, il a fait de la dila¬
tation gastrique et est mort tiu O'-' jour ajtrès l’accou-
ehement. A l’autopsie, on a trouvé un ulcère gas¬
trique A bords nets.
Pyométrie chez un nouveau-né. — MM. Brin-
deau et Aburel présentent deux observations de
pyométrie chez des nouveati-nés accouchés par le
siège. Les- deux enfants sont morts. Dans l’un des
cas. la mort est survenue par péritonite; dans l’autre
cas, le vagin, l’utérus et les trompes étaient dis¬
tendus par le pus.
Evolution d’une gestation normale chez une
femme ayant subi 3 ans auparavant une césa¬
rienne suivie d’extériorisation de l’utérus. — \MM.
Lévy-Solal et Laennec. Il s’agit d’une 111-pare qui,
A sa première gestation, avait eu une basiotripsie. En
1925, A la 2“ gestation, il a fallu faire une césarienne
suivie d’extériorisation. La 3“ grossesse s’est passée
normalement. On a fait une césarienne itérative
facile-. 11 existait quelques adhérences légères A la
])aroi, au côlon gauche, aiix anses grêles. La cica¬
trice ancienne peu visible semblait bonne, elle a été
cependant réséquée par prudence : histologique¬
ment elle était aussi favorable (pie s’il s’était agi
d’une césarienne classique.
— M. Séguy rapporte une observation analogue.
Il s’agit ici d’une 'V-geste chez laquelle, A la 4“ gros¬
sesse, après 31 heures de travail, la tète n’étant pas
engagée, on avait fait une césarienne avec extériori¬
sation de l’utérus. La 5'’ gestation s’est terminée par
une césarienne qui a donné de très beaux résultats.
I,A PRESSE MÉDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
N“ 2
2C)
Emploi de la pompe à lait électrique. M. Lan-
tuéjoul n utilisé avec sucrés cct ap[)ai’('il chez une
femme accouchée récemment de deux enfants débiles
et qui Boulfrait de crevasses aux seins. Cette malaile
a été soulagée très rapidement et la sécrétion lactée
a été augmentée puistiu'en " jours on a pu recueillir
4.375 gr. de lait inalernel.
Quelques observations d’accouchement suivant
la méthode de Delmas. - M. Le Loi'ier a, depuis
1928, employé 8 fois cette méthode. Il a eu : 1 inurl,
t phlegmatia, 7 déchirures dxi col n'allant pas jus-
qn’aux culs-de-sac.
C’est une opération qui ne fait pas courir de ris¬
ques a>ix enfants. .Mais, pour les mères, elle n’est
pas de tout repos, aussi faut-il la réserver il certains
cas particuliei's car elle n’est pas facile et elle n’est
pas sans danger. Mn cil'et, c’est une divulsion plus
qu’une dilatation, et la méthode fait courir, avec
quelques atténuations cependant, les mêmes risques
qu’une dilatation forcée. •
Au reste, voici succinetmuent rapportées les 8 ob¬
servations ; dans toutes le temps de dilatation avarié
entre 10 et 30 minutes :
I" I-pare, membranes rom|im'K, forceiis, enfant
vivant, col et périnéi: déchirés, phlegmatia dans les
suites de couche ;
2” ll-iiare, (‘iifant vivant, iléchirure du périnée ;
3" IV-paie, ayant subi une hystéroiiexie anté¬
rieure et qui présentait des douleui-s très vives des
ligaments ronds. Dilatation manuelle, enfant vivant,
4.700 gr., déchirures du col et du périnée;
4" Il-pare, fietus mort hydrocéiiliale, perforation
crânienne, lersion, col déchiré ;
5“ IV-pare ayant eu des dystocies antérieures,
version, enfant vivant de ,5.300 gr., déchirure du
6" Il-jiare, opération de complaisance, dilatation
imparfaite, foi'ceps, enfant de 3.375 gr., déchirure
7" Il-pare, fo'tus moi't, imiilnre prématurée des
membranes, basiotripsie , délivrance artilicielle .
2 déchirures du roi. 2 heures après la délivrance,
pilleur, pouls petit, utérus gros l'ciuontant sous le
foie. Mort 1 heure ajirès le début des accidents par
8" ll-jiare, échec de la méthode.
Cinq observations d’accouchements dystociques
sous rachianesthésie. - M. Metzger evmi qu’avec
la rQchiiineslhésie on a de l’hypertonic du muscle
rigide, il ne se dilate pas complètement, et il est im¬
possible à l’avance de prévoir la rigidité du col. La
version sous rachi est toujours pénible on difficile,
c’est l’hypertonie utérine qui en est cause. C’est à
elle aussi que sont <lues les liéuiorragies tardives
après rachianesthésie car elles surviennent au mo-
ineut où le muscle se rebiche, l’our toutes ces rai¬
sons, il est donc, imprudent de généralisi'r la mé¬
thode de Delmas.
Voici le résumé des observations :
1" Vl-pare, travail pas franc, fœtus mort, niein-
branes roiuimes. .Vprès racbi, le vagin est reblché,
mais le col résiste, basiotripsie diflicile. Le 4® jour,
hémorragie formidable. Mort;
2“ I-pare après rachi, bonne dilatation, force])s
difficile, suites normales;
3‘* Ill-pare, pi'ésentation Iransvei'sale ; apr’ès raidii,
ruirture provoquée des membranes; dans la suite,
crises péristaltiques intestinales;
4" Présentation du siège, dilatation incomplète.
Dans la suite, utérus très dur qui se relâche, traite¬
ment hypophysaire, hémorragie pim importante ;
5" 11-pare, enfant mort, présentation de l’épaule,
rupture prématurée des membranes. Anneau de
llandl très séné, embryotomie, tète diflicile à
extraire. 2 heures après, hémorragie importante.
Accouchement rapide par dilatation manuelle du
col sous anesthésie rachidienne pour tuberculose
laryngée. — M. Gathala croit que cette méthode
n’a que des indications très limitées car elle réunit
les risques de l'acrourhement forcé et ceux de la
raehinnesthésie.
Il s’agit d’une primipare, tuberculeuse pulmonaire
et laryngée très avancée, présentant des douleurs, de
l’Inappétence, un pouls rapide. Le travail débute 4
8 mois, la présentation est transversale, la dilatation
Après rachi le périnée est peu relAché.hi dilatation
du col est diflicile et dure I '4 d heure, forceps, en¬
fant vivant de 3.400 gr., délivrance artilicielle, dé¬
chirures du col et du périnée; suites normales.
La femme meurt 1 mois après dans une crise de
cyanose.
SOCIÉTÉ DE RADIOLOGIE MÉDICALE DE FRANCE
Il Décembre 1928.
Radiothérapie de la pneumonie. ~ M. Constantin
(de Biarritz) a eu dernièrement l'occasion d’irradier
localement le thorax d’un malade atteint d'une pneu¬
monie. Il a pu constater une amélioration immédiate,
avec disparition du point de ri'ité, diminution de la
toux. Une heui'e après l’irradiation, juiurtanl assez
modérée, séance de li minutes, avec un filtre d’alu¬
minium de 4 mm., et une distance focus-peau de
40 cm., ratténualion des symptômes alarmants se
faisait sentir. Par la suite, l’affection évolua comme
une pneurnoiiie abortive. Une analyse bactériologiipie
avait révélé du pneumocoque dans les crachats.
La radiographie verticale du crâne sur film cour¬
be, méthode et résultats. — M. Chaumet (du Val-
de-dràce) rapiielle combien est précieuse la radio¬
graphie du crâne par les incidences vertex-menton-
pla(|ue et menlon-vei'tex-plaque. Mais si celle der¬
nière position n’oiïi'e guère de difficulté technique
lors de la prise du cliché, il n’en est pas de même do
la pi'cinière, vertex-menton-plaque. Celle-ci en effet
est souvent extrêmement difficile, voire même im])08-
siblè chez les sujets i'i cous courts, ou chez les
femmes à forte poitrine.
Aussi l’auteur expose-t-il un très ingénieux pro¬
cédé qui consiste à placer sous le cou et sous le
menton du sujet allongé en déciibitus ventral un
filin t4 double émulsion placé entre ses 2 écrans dans
une cassette de carton souple, recourbée sur un
corps arrondi, telle une grosse bouteille. De la sorte,
le sujet repose naturellement et sans effort, et sans
flexion exagérée du cou en arrière.
Le centrage se fait facilement, le rayon principal
passant par le verlex, la selle lurcique et le milieu
de l’arc du maxillaire inférieur.
Seuls par ce procédé ne peuvent ajiparuîlre les
détails du crâne situés en arrière du trou occipital,
région généralement moins intéressante, il est vrai,
â étudier. Il n’est pas possible non plus de se servir
du Potter-Burky.
L’auteur montra divers films pris suivant cette
technique qui semble appelée à rendre de grands
services.
Radiographie d’un cas de 3" dentition chez un
adulte : prémolaire supplémentaire. - MM. Nes-
poulos et Beau ont découvert jiar la radiographie
une jirémolaire supplémentaire chez un sujet qui
faisait depuis 1 an des abcès oslèo-|)èriostiques à
répétition. Les dents supplémentaires sont en cil'et
]>rédisj)Osées ;'i la carie if cause des fréquentes alté¬
rations de leur émail et de leur situation. Klles sont
souvent symétriques, jiarfois multiples.
Il faut donc radiograjihier la totalité des 2 maxil¬
laires de chaque côté pour les dépister.
. Utilisation du paravent protecteur radiologique
pour l’emploi en position verticale du diaphragme
oscillant Potter-Bucky. — M. Ronneaux présente
les photographies d’un paravent protecteur plombé
auquel il a fait adapter une planchette horizontale
sur laquelle il pose verticalement son diaphragme
oscillant Potter-Bucky. Ce procédé permet de radio¬
graphier en ])ositiou verticale, avec la même facilité
que dans l’horizontalité où des inclinaisons diverses,
suivant lesquelles on procède généralement aux
i-adiographies, deniandentTemploi du Potter-Buckv .
K. Lf,piînm;tii;ii.
SOCIÉTÉ D’HYDROLOGIE MÉDICALE DE PARIS
18 Décembre 1928,
Traitement hydrominéral des colites graves
avant ou après l’intervention chirurgicale. — M.
Jamin établit le» règle» suivantes :
Un présence d’une colite chronique grave, on es¬
saiera d’éviter une opération par un traitement mé¬
dical, et, si l'état général du malade le permet, hy¬
drominéral. En cas d’échec, mise au repos de l’anse
sigmoïde par un anus artificiel. KnHuite, traitement A
Châtel-Guyon, en utilisant l'action locale et générale
des eaux. Enfin, fermeture de l’anus artificiel.
Contribution à l’étude des eaux de la Bour-
boule. — MM. Pierret, Portier et Clogne appor¬
tent les résultats du dosage du pu pour les sources
(lhaussy, Croizat, Uenestre et Clémence.
— M. Macé de Lépinay, secrétaire général, lit son
rapport annuel sur les travaux de la Société. Il pro¬
nonce l’éloge des membres disparus ; le professeur
Albert Robin, les D''» Boyer (d’Ax), et Froussard (de
Plombières).
Macé de Lépinay.
SOCIÉTÉS ÉTRANGÈRES
SOCIÉTÉ CLINIQUE DES HOPITAUX DE BRUXELLES
8 Décembre 1928.
Hyperthyroïdie et sympathicotonie. MM. A.
Ley, J. Slosse, F. Van Dooren présentent une
débile mentale qui en plus d’érotomanie est atteinte
des symptômes objectifs et subjectifs de goitre
exophtalmique. La thérapeutique par l’iode et l’irra¬
diation du corps thyroïde n’ont amené aucun résul¬
tat. Le métabolisme de base fut toujours inférieur à
la normale. Le réflexe oculo-cardiaque et le réflexe
solaire permettent le diagnostic d’amphotonie, (le
cas semble appartenir au groupe des sympathioo-
toniques d’aspect thyroïdien décrit récemment par
M. Labbé.
Syndrome pariétal et syndrome thalamique. —
M. Goffin présente une malade, hémiplégique, qui
réalise des crises de contracture, de diabète avec
polyurie et d’hypertension sanguine avec micro¬
sphygmie artérielle. Il s’agit d’un syndrome tliala-
mique avec paroxysmes de spasmes périphériques et
troubles de la glycorégulation. La pilocarpine en
injections amenda les symptômes. Déficience de
sensibilité profonde et de discrimination.
Anesthésie cérébrale. — M. Gofûn compare au
cas ])récédenl une nouvelle hémiplégique dont la
sensibilité fine principalement est atteinte dans le
territoire paralysé. Aucune lésion nerveuse en dehoi's
du cortex. Preuve à l’appui de l’intellectualisation
des sensations due à cette région.
Ictère hémolytique congénital. — M. Collard
présente un enfant de 7 ans, légèrement ictérique et
un peu pâle. Il a une grosse rate, une résistance glo¬
bulaire à 0,7 pour 100. Dans les antécédents aucune
maladie, les parents sont normaux. Dans le sang,
3.000.000 globules rouges et 11.000 globules blancs
avec une monocytose de 46 jiour 100. Les injections
de sang n'ont guère amené d’amélioration, alors que
le fer a été plus efficace. L’étal général a toujours été
satisfaisant.
Ictère hémolytique congénital et familial. —
MM. Van Dooren, Millet et Zanen relatent l’obser¬
vation d'un homme de 28 ans qui depuis son enfance
est atteint d’ictère d’intensité variable et de crises
d’hémolyse. La sœur du malade, internée pour dé¬
mence précoce, a une résistance globulaire aussi basse
que celle du malade (0,65 pour 100-0,45 pour 100)
sans avoir jamais eu de crise. Les fonctions hépa¬
tiques malgré de la lithiase sont normales. Les crises
de déglobulisation atteignent tous les éléments figurés
du sang et s’accompagnent d’une augmentation du
nombre absolu des monocytes. Au contraire avec la
regloliulisatioii il y a toujours polynucléose. Le ré¬
gime de Wliipple et une vie calme ont pu suspendre
les crises depuis 9 mois. L’ingestion de foie provoque
une réaction des éléments myéloïdes et une augmen¬
tation de la résistance globulaire sans diminuer la
destruction liémolytique. Dans le sang on n’a pu
découvrir d’hémolysines. L’injection d’adrénaline a
provoqué une réaction splénique et liématologique.
(les recherches et l’évolution clinique sont eu faveur
d’une intervention de la rate dans la pnthogénie des
crises.
Considérations cliniques sur quelques diagnos¬
tics en gynécologie. . — M. De Muylder présente
quelques pièces opératoires au sujet desquelles il
démontre les embûches que peuvent rencontrer les
diagnostics gynécologiques ; syndrome trompeur de
kyste tordu, etc.
Vax Doonix.
N“ 2
5 .lanvier 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE
N» 63.
Crise de réaction colique
au cours d’une entéro- colite
muco-membraneuse
Par Louis Ramond
Mcdeoiii de riiôpilnl Luennec.
Une femme de 3()ans, autrefois relieuse, actuel¬
lement sans prolession, est entrée hier soir dans
mon service à cause d’un état abdominal com¬
posé de vives douleurs à type de coliques, de vo¬
missements répétés et de diarrhée, qui a paru à
son médecin suflisamment grave pour légitimer
une hospitalisation immédiate.
Elle est maintenant couchée au lit n“ 25 de la
salle Rostan. Elle ne vomit plus; elle n’a plus de
diarrhée, et scs douleurs de ventre se sont consi¬
dérablement atténuées. Elle n’a pas de fièvre ce
matin, et, comme elle ne paraît pas fatiguée,
nous allons la prier de nous raconter elle-même
son histoire.
Ija crise qui l’amène aujourd’hui à Laennec a
commencé voici quarante-huit heures exactement.
C’était avant-hier matin, vers 8 lieures, M"‘“ B...
venait d’absorber son café au lait habituel
quand, soudain, elle a été prise de violentes
coliques abdominales, de vomissements et de
diarrhée profuse. Entre huit heures du matin et
cinq heures du soir elle a eu environ sept à huit
vomissements accompagnés tous de garde-robes
liquides.
A cinq heures du soir, elle a reçu la visite de
son médecin qui lui a fait une injection de mor¬
phine. Immédiatement, le calme s’est rétabli, et
la soirée et la nuit ont été bonnes; mais, dès le
lendemain matin, les douleurs, les vomissements,
la diarrhée ont repris avec une telle intensité que
notre confrère a jugé prudent d’envoyer d’ur¬
gence sa malade à l’hôpital.
Au moment de son admission, salle Rostan,
cette femme avait 37°!) de temjiérature ; elle souf¬
frait encore de quelques coliques (très suppor-,
tables du reste) ; elle n’avait plus de vomisse¬
ments ni de diarrhée.
Elle ne manifeste aucune inquiétude au sujet
de cette crise douloureuse abdominale, à cause de
ses ressemblances avec de nombreuses crises ana¬
logues dont elle a eu à souffrir depuis dix ans.
Toutes ces crises, stéréotypées, sont compo¬
sées d’une triade faite de douleurs abdominales
paroxystiques intenses à type de coliques, de vo¬
missements, de diarrhée.
Les douleurs siègent principalement autour de
l’ombilic. Elle‘s n’irradient ni vers le thorax, ni
vers le bassin, ni vers les lombes. Elles sont dif¬
fuses à tout l’abdomen, avec un maximum habi¬
tuel en barre transversale dans la région sus-om¬
bilicale, et des élancements dans les hypocon-
dres et dans les fosses iliaques à droite et à
gauche.
Les vomissements sont alimentaires d’abord,
puis bilieux. 11 n’y a parfois qu’un simple état
nauséeux.
La diarrhée — qui n’est qu’une fausse diar¬
rhée — est formée de liquide brun jaunâtre,
d’« eau sale », horriblement fétide, au milieu de
laquelle nagent des scybales, des fausses mem¬
branes et des glaires.
Après quelques-unes de ces crises le teint et le
blanc des yeux de la malade auraient été légère¬
ment colorés en jaune ; jamais cependant on n’a
parlé d’ictère. En tout cas, les urines n’ont jamais
été fortement teintées en brun acajou; et jamais
les matières n’ont été décolorées.
Presque chaque fois, les urines sont peu abon¬
dantes et difficiles à émettre pendant la crise; les
mictions provoquent à ce moment une légère
brûlure au niveau du col vésical.
Toutes les crises ont été, paraît-il, apyrétiques.
Elles apparaissent, en général, une à trois
heures après les repas, et, plus spécialement,
après le repas du soir.
Elles durent d’habitude quatre à cinq heures et
laissent la malade anéantie et brisée de fatigue.
Dons l’intervalle des crises la santé est relati¬
vement bonne. Pourtant, il persiste toujours —
malgré l’observation stricte d’un régime sévère
— ■ de la lenteur des digestions, des lourdeurs
d’estomac, de la fatigue générale, et surtout de
la constipation opiniâtre nécessitant l’emploi
constant de laxatifs. Aussi l’état général a-t-il
fini par subir l’influence de ces troubles, et
M‘"° B... a-t-elle maigri de 10 kilogr. en dix ans.
Au commencement de la maladie les crises
étaient espacées de six mois. Elles se sont rap¬
prochées peu à peu et, depuis quelques années,
elles surviennent environ 4 à 5 fois par an.
Leur début est brusque, mais il est souvent an¬
noncé une semaine à l’avance par quelques pro¬
dromes : diminution de l’appétit, exagération de
la constipation, météorisme abdominal. C’est ce
qui s’est produit celte fois-ci.
Examinons maintenant notre malade.
C’est une femme de 36 ans, assez corpulente
encore malgré les 10 kilogr. qu’elle aperdus. Son
faciès est calme et reposé; il est coloré et nulle¬
ment teinté de jaune.
Sa langue est humide, mais un peu sale. Son
abdomen est légèrement ballonné. Au palper il
est souple, sans défense musculaire ni trace d’hy¬
peresthésie cutanée. Cependant, on provoque de
la douleur à la pression en certains points : en
particulier, au point de Mac-Burney, dans la
région cæco-appendiculaire, où l’on sent le gros
intestin gargouillant, et aussi dans la fosse
iliaque gauche où l’on peut faire rouler sous les
doigts le côlon ilio-pelvien spasmé en tube de
L’examen du foie, de la rate, des poumons, du
cœur et des vaisseaux, des urines, du système
nerveux ne révèle rien d’anormal. La tempéra¬
ture est normale (37“2J.
En somme, notre lâche consiste actuellement à
reconnaître la nature de crises abdominales à répé¬
tition constituées par des douleurs à type de coli¬
ques, des vomissements et des garde-robes liquides.
1° Avons-nous affaire à des coliques hépa¬
tiques?
Peut-être bien, pensent certains d’entre vous,
en remarquant l’évolution du syndrome chez une
femme de 36 ans, adipeuse, de souche neuro-
arthritique, qui a eu la fièvre typhoïde à l’âge de
15 ans ; l’importance des vomissements ; l’influenee
delà digestion sur la détermination des crises;
leur production fréquente la nuit; l’apparition
d’une teinte jaunâtre (très discutable, d’ailleurs),
au niveau des conjonctives et des pommettes,
après certains accès.
Je ne crois pas cependant qu’il s’agisse de coli¬
ques hépatiques, et voici pourquoi :
11 n’y a jamais eu d’irradiations douloureuses
ascendantes vers le thorax, vers l’épaule droite.
11 n’y a jamais eu non plus d’ictère ou de sub¬
ictère vrai après les crises. Le début des accès
est généralement [irécédé d’une période prémoni¬
toire de troubles gastro-intestinaux inhabituelle
dans les coliipies hépatiijues. La crise est accom¬
pagnée de diarrhée, ce que l'on ne voit guère
dans la coliipie hépatique. La région de la vési¬
cule biliaire est conqdètemeiit insensible à la
palpation.
2° La colique néphrétique est-elle en cause?
(Jn est amené à le discuter en raison des j)hé-
nomènes dysiiriques et des douleurs à la miction
qui accompagnent, paraît-il, chaque accès.
Celte hypothèse doit être abandonnée cepen¬
dant, car les douleurs n’ont jamais siégé dans les
lombes, et elles n’ont jamais eu d’irradiations
descendantes. Jamais il n’y a eu d’hématuries. Du
reste, les phénomènes vésicaux ont été habituelle¬
ment atténués, sauf une fois où ils ont été plus
marqués et plus persistants ; on les a alors qua¬
lifiés « cystite » et on les a guéris ])ar un simple
régime alimentaire et radiuinislratiou buccale de
ferments lactiques. Sans doute la dysurie et la
chaleur à la miction habituelle au cours des
crises sont-elles la conséquence de la eoncentra-
tion des urines jiar suite de l’abondance des
vomissements et de l’importance de la diarrhée,
(ïuant à la cystite elle a été probablement provo¬
quée par l’élimination urinaire de quelques coli¬
bacilles intestinaux à virulence exaltée; l’effiea-
eité d’une thérapeutique purement intestinale le
fait présumer fortement.
3" Je ne pense jias (ju’on jmisse incriminer un
ulcère simjde de l’estomac ou du duodénum, car
les crises douloureuses provoijuées par ces ulcé¬
rations digestives ont une durée moins éjihémère
que celle des accès de cette malade ; le maximum
des souffrances y est moins diffus, jilus éjiigas-
trique ; la diarrhée y manque ; il existe souvent,
dans l’intervalle des crises, des troubles dyspep-
ticjues à type hyperchlorhydriijue (jui font ici
complètement défaut.
4“ Les crises gastro-intestinales du tabes doivent
être évoquées devant un pareil syndrome dou¬
loureux, vomitif, diarrhéique, asthéniant, ajiyré-
tique et à début et terminaison brusques. Il est
facile d’en écarter la possibilité, car celle femme
n’a pas d’antécédents, ni de stigmates de syphilis;
elle n’a aucun signe de tabes : pas d’abolition des
réflexes tendineux, pas de signe d’Argyll-Robert-
son..., et voici dix ans qu’elle a des crises dou¬
loureuses abdominales. On ne peut pas, par con¬
séquent, invoquer l’existence d’un tabes incipiens
dont les crises gastro-intestinales seraient le pr<‘-
mier et l’unique symptôme : il y aurait beau temps
que le tableau du tabes se serait complété !
Finalement, la discussion diagnostique se limite
entre l'appendicite et V entéro-eolitc.
5° Le diagnostic d'apjmndicite chronique avec
poussées d' inflammation SHÙu/gHë a recueilli parmi
vous un certain nombre de suffrages ; à cause du ma¬
ximum de la douleur dans la fosse iliaijue droite
au point de Mac Burney, à cause de la défense mus¬
culaire que quelques-uns ont cru sentir à ce niveau.
Ils font valoir encore en faveur de leur opinion ;
la constipation habituelle de la malade; son amai¬
grissement; sa tendance à la fatigue générale qui
l’a obligée, il y a deux ans, à abandonner son
métier de relieuse pour se reposer définitivement
chez elle en se contentant de vaquer aux soins de
son ménage.
Je ne me rallie pas à leur manière de voir: tout
d’abord parce que je ne trouve pas ici de signes
I physiques réellement appendiculaires — la dou-
28
I.A PRESSE MEDICAr.E, Samedi, 5 Janvier 1929
N" 2
leur au point de Mac Burney est loin d’ètre vive,
et je ne constate pas, pour mon compte, de
défense musculaire vraie en cette région — ; et en
second lieu et surtout cause de la disproportion
llagrante entre les phénomènes réactionnels in¬
tenses (vomissements et diarrhée — celle-ci excep-
tionnolle dans l’appeiidicitel et le peu d’iiupor-
lance ou même l’absence des signes généraux (ni
lièvre, ni signes d’infection). J’ajoute que pas un
membre de la famille de cette personne (ni sou
père, ni sa mère, ni son frère, ni sa sœur) n’a eu
d’appendicite, maladie très souvent familiale.
6“ Je m’arrête au diagnostic à' enléro-colile muco¬
membraneuse, et je considère cette femme comme
atteinte depuis dix ans de celte colopathie chro-
ni(|ue. Quant aux épisodes douloureux, vomitifs
cl diarrhéitpies, ils en représentent des accidents
et cüiislilueul des crises de réaction colique.
De l’entéro-colile muco-membraneuse nous
l•etl•ouvons ici les symptômes cardinaux ; a) la
constipation, opiniâtre, chronique, amenant
l’usage constant et l’abus des laxatifs; b) l’émis¬
sion de glaires et de fausses membranes avec les
garde-robes; c) les douleurs abdominales difl’uses,
souvent en barre transversale, s’exagérant pa
paroxysmes au moment des crises de réaction
colique où l’intestin, hypèrsécrétant, se débar-
ra.sse par dilution des matières ([ui l’encombrent,
amenant la « fausse diarrhée », selle liquide « en
fusée », mêlée de matières dures, ovillées, selle
impérieuse et douloureuse dont M'"" B... nous
donne une description parfaite.
L’examen somaliipie en me révélant aujour¬
d’hui l’existence d’un gros intestin douloureux
non seulement au niveau du cæcum, au point do
Mac Burney ^lyphlite), mais encore dans la fosse
iliaipie gauche sur le colon ilio-pelvien, confirme
encore mon diagnostic d'eniéro-coliie ou mieux,
suivant l'expression de Dieulafoy, d'eiiléro-ti/jjlilo-
colile. 11 me montre, comme c’est fréquent, un
cæcum mou en « chill’on mouillé » et un côlon
ilio-pelvien spasmé « en tube de zinc ».
***
Ce diagnostic, éclaire l’avenir et nous dicte la
conduite à tenir au point de vue thérapeuticpie.
Le pronostic immédiat est très favorable, la
crise de réaction colique est terminée. Dans deux
ou trois jours celte malade retrouvera son état
de santé antérieur.
Malheureusement, si sa vie n’est aucunement
compromise, sou acenir est assombri par son
enléro-colite inuco-membraneuse, aU'eclion chro¬
nique, difficile à guérir; de nouvelles crises aiguës
semblables à celle qui vient de la frapper sont à
redouter. La répétition des accès et sa colopathie
l’ont déjà fait maigrir de 10 kilogr., l’ont obligée
à abandonner l’exercice de sa profession de
relieuse, et peuvent fort bien entraîner chez elle
l’inslaHalion d'un état de dépression neuraslhé-
Ivsi-elle par suite de son entéro-colite plus
exposée qu’un autre à faire de l’appendicite? On
serait tenté do le croire en raison des rapports
intimes de son caicuni enflammé avec son appen¬
dice vermiculaire. Cependant Dieulafoy a montré,
stalisli({ues on mains, (pie l’enléro-lyphlo-colile
ne provoque que très rarement 1 appendicite, et
que, de même, les appendicites avérées, dûment
constatées par l’opération, sont exceptionnelle¬
ment précédées d’enléro-colile (4 cas sur 200). On
peut donc prédire à celte femme (lu’elle n’aura
pas d'appendicite, ou du moins qu elle a les plus
grandes chances de n’en pas avoir.
***
Lk thaitb.ment que je propose est le suivant.
A. — Pouii LE MO.MENT :
V Repos au\lit.
2° Enveloppements humides chauds de t abdomen,
en permanence.
Diète hydrique de quarante-huit heures de
durée, composée de : tisanes sucrées (tilleul ;
camomille; verveine), grogs, eau pure.
J.es jours suivants : bouillies (crème de riz, de
blé, ou d’orge) ou tapioca à l’eau ; puis bouillon de
légumes (sans légumineuses, avec pommes do
terre, carottes, navets, riz) pur ou au tapioca, à
la semoule, aux farines, aux pâtes.
4“ Absorption biquotidienne , une demi-heure
avant le repas, d'une culture pure liquide de fer¬
ments lactiques.
5“ Prendre quatre fois par jour dans un peu d’eau
sucrée V gouttes de :
Teinture de belladone. ... 5 gr.
B. — Plus taiu) :
1" Réalimentation progressive : avec des pâtes,
des pommes de terre au four ou à l’eau, du riz,
des fruits cuits, des confitures, du miel...
Revenir assez vite à un régime mixte : avec de
la viande, du poisson, des légumes, des pâles, des
fruits... les mets étant simplement préparés avec
du beurre fondu. Eviter toujours les œufs, le pain
frais, les crudités, le gibier...
Boire de l’eau ou des infusions.
2" Lutter contre la constipation par l’ingestion
quotidienne d’une ou de deux cuillers à soupe
d'huile de vaseline, d’une ou de deux cuillers â
café de gélose pulvérisée ou de mucilage pur.
3“ Aller faire, si possible, une cure thermale h
Pi.oMntÈriEs ou à Ciiatrl-Guyon.
UIcus gastro-duodénal
(PÉRIODE DOULOUREUSE)
Aspect clinique. — Toute lésion aloimicale ou
duodénule eu activité détermine des douleurs gas¬
triques tardives. Le malade mange avec un appétit
normal, souvent même exagéré, et quelques heures
après 'son repas, plus ou moins tôt selon l’impor¬
tance quantitative du repas, il ressent des douleurs
cai'actérîstiquos qu’il calme soit en prenant un alcalin,
soit un aliment.
.Notons que ces douleurs peuvent s’installer par
périodes, par crises paroxystiques avec dos périodes
de rémission plus ou moins longues. Ce double
caractère d’être tardives (hungur-pain) et d’apparaître
par crises entraîne pour les chirurgiens anglo-saxons
non sculemcul un diagnostic d’ulcüs, mais pose pour
eux une indication nette d’intervention.
Personnellement, nous sommes convaincu que
celte indiealiou d’intervention peut fréquemment être
écartée et qu’on peut, utilement pour le malade,
essayer d’abord un traitement médical.
Traitement. — Pendant les périodes doulou¬
reuses, le traitement comporte un traitement de
repos physique et stomacal.
Dans le cas de grandes crises, conseiller le repos
au lit pendant quinze à vingt jours, de la chaleur
sur la région stomacale (boule d’eau chaude, com¬
presses chaudes) et une alimenlalion lactée ou à
base de potages toutes les trois heures. Ce traite¬
ment a en outre l’avantage, pour le médecin, d'être
un traitement pierre de louche. En effet, il permet
de faire le diagnostic entre une affection ulcéreuse
susceptible d’être traitée médicalement et une affec¬
tion vésiculaire ou organique nécessitant Pacte chi¬
rurgical.
Dans le premier cas, le repos au lit amène rapide¬
ment une sédation de la douleur; dans le second
cas, si la douleur persiste, on est autorisé à dire au
chirurgien de rechercher la lésion dans le carrefour
vésico-duodéno-pylorique.
Traitement américain. — Pour mieux réaliser
ce repos, les médecins américains utilisent les pro¬
cédés de Sippy et de Einhorn.
Traitf.ment de Sippt. — Outre le repos au lit, les
petits repas et alcalins, en fin _de journée, Sippy
retire au moyen du petit tube de Rehfurs la sécré¬
tion contenue dans la cavité gastrique, de manière à
soustraire l’ulcère en évolution à l’action peptique
des sécrétions stomacales.
Tkaitement d’Einiiorn. — Pour assurer le repos
complet de l’estomac, Einhorn introduit dans le duo¬
dénum sa sonde à demeure.
Il faut administrer des aliments tièdes et par pe¬
tites quantités. L’ordination des repas est fixée par
Einhorn de la façon suivante. Il administre toutes
les deux heures 200 gr. de lait sucré dans lequel est
délayé un jaune d’œuf. D’autres aliments peuvent
être donnés, tels que bouillies maltosées, farines
d’avoine, de riz, fécule do pommes de terre, jus de
fruits, jus de viande.
L’essentiel est que ces aliments soient suffisam¬
ment liquides, bien tamisés et ne contiennent pas de
grumeaux susceptibles d’obturer la sonde. S’ils ne
réalisent pas parfaitement ces conditions, il est facih;
de les passer préalablement sur un linge lin.-
Dans l’intervalle des repas, on peut administrer
par voie duodénale en une ou plusieurs fois une
certaine quantité de sérum artificiel, 300 à 500 eme
en moyenne. On n’oubliera pas de pratiquer le rin¬
çage de la bouche pour éviter les fermentations, de
surveiller l’intestin et de l’exonérer s’il est néces¬
saire pai' des lavements.
Le malade est maintemi au lit pendant la pre¬
mière semaine. Puis on l’autorise à se lever, en allant
très progressivement. La sonde, très bien supportée,
peut être laissée à demeure pendant doux à trois
semaines, et cela suffit, dans la majorité dos cas,
pour réaliser la cure de repos gastrique qui est le
but de celte méthode d’alimentation.
Nous avons personnellement essayé cos procédés.
Nous n’avons toutefois que partiellement réussi.
Eu effet, le malade français, tout au moins le ma¬
lade de clientèle, répugne à l’idée de conserver mo¬
mentanément ou à demeure une sonde gastrique.
Traitement médicamenteux. — Le traitement de
choix pendant la période douloureuse est le panse¬
ment gastrique, le plâtrage protecteur.
On a longtemps employé dans ce but les sels de
bismuth, et, de préférence, le carbonate de bismuth
pulvérisé.
Depuis 1910, nous avons remplacé le bismuth par
le kaolin, et bien que nous ayons dans une publica¬
tion relaté une observation de Jean Scultet, de 1G22,
relative à l’emploi de terre sigillée, nous croyons
être le premier médecin à l’avoir utilisé et préconisé.
Toutefois, depuis cette époque, nous avons modifié
notre façon de l'utiliser.
En effet, lorsqu’on donne un plâtrage à un malade
en utilisant les procédés classiques, o’ost-à-dit'e
délayer 20 ou 30 gr, de carbonate de bismuth ou de
kaolin dans un peu d’eau, le malade se roulant en¬
suite sur les quatre côtés, on peut constater soit par
tubage, soit par radiographie, que ce mélange est
très rapidement évacué dans le duodénum. L’action
en est donc extrêmement limitée, et on a intérêt â
employer de plus petites doses de ces sels et à ré¬
péter plusieurs fois par jour ce pansement protec¬
teur. Par exemple, on peut prescrire :
Kaolin . ’-SO gr.
Carbonate de bismuth . 20 gr.
<lélayés dans environ 100 gr. d’eau. Prendre ce raé-
lange par cuillerée à soupe 5 à 6 fois par jour.
Do plus, nos ulcéreux étant tous des hyporséeré-
leurs on a intérêt â ajouter du carbonate de chaux et
à prescrire :
Kaolin . 20 gr.
Carbonate de chaux . 2 gr.
Carbonate de bismulli . 20 gr.
Carbonate do chaux . 2 gr.
à délayer et à prendre dans les mêmes conditions.
Léon Meunier.
ABONNEMENTS. — 4es abonnements à La Presse
Médicale partent du 1°' de chaque mois, ils doivent
être adressés à MM. Masson et C**, éditeurs, ISO,
boulevard Saint-Germain. Paris-6°. Compte chèques
postau,x'j599.
N“ 2
:;:.GHRÔNrOUES^^ ■
varIi'étés informations
L’Institut de Physiologie
de Buenos Aites
J'ai prol^iic de mon passage ji, .Buenos AiiTs;
pour revoir rrnstilul de P.UyvsioIogie cpie dirige!
mon éminent collègue cj^nvami^. le professeurl
A. Houssay. Je l’avais vi.siléul y a (iuel([ue cimp
ans et j’avai.s Constaté ([ue l’ins'lallalion, sans êli-e
grandiose, était Suffisante, Depuis cette épo(ju(;
tout a été transformé. Le Gouvernement argentin
a compris que la physiologie eSt efevenue la véri¬
table base de la médecine, Aussi a-t-il fait voler
les crédits nécessaires pour la.réfcçlion et la réoi--
ganisation des • services. Une , .subve.nliqu de
éVO.OOO pesos argentins, environ .o.OOO.OOl) de
notre monnaie actuelle, a permis ■ de
réaliser les plans du professeur Houssay
•et de doter la Faculté de Médecine d.'iiti
Institut qui répond à tous les besoins de;
la science moderne.
Mais il ne suffit pas d'aménager Un
édifice et d'y accumuler des appareils,
H faut lui assurer .un crédit annuel. La ,
subvention doit être élevée, car les expev
riences physiologiques entraînent à de
grosses dépensb.s. On Ti’a pas lésiné et
on a doté ritistitüt d'uite subvention qui
atteint 500.000 fr. par an. L’Institut de
Physiologie de Buenos Aires touche, à,
lui seul, une sofnmc équivalente à celle
que separlagent cliaque année les divers
laboratoires de recherches de la Faculté
de Paris. Je sais bien qu’en France le
génie supplée, dit-on, à l’insuffisance
des crédits. Mais on a un peu trop abusé,
je crois, de cette formule. En réalité, ce
sont les travailleurs qui se substituent à l’Etat et
(jui se résignent à payer leurs dépenses. Pour
avoir le droit de poursuivre des recherches et de
contribuer, dans la mesure de Scs forces, au pro¬
grès de la science, il, faut posséder une fortune
personnelle ou se condamner à la misère. Je me
hâte d’ajouter, q.üe cefte crise est passagère et
qu’elle touclie à .sa.fin : bientôt nos crédits seront
augmentés. Il est donc intéressant de voir ce (pii
a été fait à l’étranger.
L’Institut de Physiologie de Buenos Aires com¬
prend trois étages. Des ascenseurs permettent de
passer rapidement et sans fatigue d’un étage a
l’aiitrc et un téléphone intérieur met les diflé-
retites salles en communication.
Au rez-dc-chaussée sont groupés fous les stu--
vices des travaux pratiques avec un am])hi-
théûtre disposé de façon, à permellre aux élèves
de suivre les démonstrations. Quelques salles
sont réservées aux travailleurs ; d’autres sont
aménagées pour la détermination du métabolisme
basal chez l’homme.
Le premier étage- comprend les laboratoires de
recherches, avec des salles d’opération sur le
modèle des meilleures cliniques chirurgicales. Au
deuxième étage sont logés les animaux; on leur a
construit des cages hygiéniques et spacieuses,
dans des locaux bien chauffés et bien aérés ; on a
installé des salles de bains et on a aménagé des
cages spéciales pour hts animaux (pii ont subi
une opération chirurgicale, ■
L’insiitut c.si suffisamment étendu pour qu’on
ait pu le diviser en un certain nombre (le sections,
dont chacune coiAP>’cnd une Ou plii.sieurs pièces.
On a créé ainsi une section àe chirurgie et une
section d histologî(r ; dés séctioiis pour' l’élude de
lu, eireulation, de la respiration et dti métabo¬
lisme basal, de l’alimentation. Je |a digestion, de
la nutrition et des sécrélioms internes, du sang,
des sues et liquides de Forganisine, pour les
ap[)liealions des agents physiques et lx(.s recherches
sur h;s radiations.
' Géb divisions, (pi'on augmentera- par la suite,
îmt l’av'iinlage ■ de groufxm les travailh!urs’ ([ui
pour.s'uivent dés rCeherehes conmixes Cl (h; h'-ur
procurer l’ensemble; des instruments qui leur
sont nécessaires.
, Il est inutile de dire (pie tout a été aménagé sui¬
vant les (ïxigeuees iiioderues. .!,(» salles sont, soi-
gMeiiscuiei-it carrelées, et les murs sont revêtus de
faïence jusipi’à 1 m. cSü de li, -11110111'. 'l’oules les
ptèdcîs sont: eliaulféès par un l'aloriférir, elles sont
Facilité tic Miîclocïiio cIq Buenos Aires.
pourvues de canalisations de gàz et d’éleclricilé ;
le courant a 220 volts, mais un transformateur
)5ermct de le réduire au voltage dont les travail¬
leurs peuvent avoir besoin.
L’air coin primé à deux utmosphores est amené
dans les laboratoires. .\u rez-de-ehaussée oii a
aménagé deux salles, une froide à 0" et une
chaude à ,'57".
T,e professeur Houssay, directeur de i'iiislilut,
se consacre entièrement et excliisivemeiil à sa
charge. H a renoncé à toute fonction publique et
privée, il a refusé d'assurer l’ciiseigiiemeut de la
physiologie dans d’autres ('lahlissomciils seieiili-
fiqiies, Il a pour collaliorateiirs ; 2 prôfe.s-
seiirs auxiliaires, chargés l’iiii de la chimie a|)pli-
ipiée à la physiologie, l’autre, de la |)hvsi(pie;
1 professeur suppléant et 2 jirofesseurs adjoints
(le |)hvsi()logie ; 0 cliefs (l(- travaux (3 pour la
physiologie, .'5 pour la liiochimic et 3 pour la
hiophysupie) ; 4 assistants ; 12 aides (le iihvsio-
logie et () aides héiiévoles; 5 aides de physique et
4 de cliimie; 4 préparateurs teehnicjues (1 poul¬
ies services pliolographiipius, 1 niécaiiieieii,
1 électricien, 1 eoiisorvaleiir des pièces analo-
mi(pics); 7 garçons de laboratoire dont 1 sjiéeia-
leiiK'iit chargé de soigner les animaux. Le |»er-
sonnel es't nombreux, mais il n’est pas assez payé.
Les assistants et les aides sont contraints, ]ioiir
vivre, de chercher en dehors du laboratoire une
fonction rémunératrice. Or, il est liie.ii évident
qu'on ne peut faire un travail sérieux (pie si l’on
consacre tout sou temps à la rechercho. 11 y a
donc uêiè'aiméliol'alion à introduire et je suis per-
■guadé qh’avant peu les augmentalion.s de traite¬
ment auront été accordées,’ '
L'Iff.SliurI serl à la fors à la recherehe el à l'i-ti-
seignement. l-lii plus des h-eoiis ipii sont desti¬
nées aux élèves de la l’acuité de Médeeiue, 011 a
organisé les cours suivants ; un cours de perfec-
lioiineiiieiit ; des cours spéciaux portant sur h-s
dilféreiites hraiichi'S de la physiologie; des eoiirs
techniques jiréparaut aux iiivesligalions person¬
nelles; des conférences pour les médecins dési¬
reux de se mairiteiiir au (-oiir.iiil des progn'-s réa¬
lisés en physiologie-, d(-s cours- de vulgarisation.
Ces derniers me seiiilileiil fort utiles. Il faut ilif-
fuser (huis le grand jiiihlie l(-s résiillals ()l)l(-iiiis
dams ]ç silence du laboratoire. C’est le meilleur
paoyen de faire comprendre l’intérêt et l'impor¬
tance de la physiologie, de faire .saisir quelles
applications pratiques innombrables comportent
jéH dé(rouverteb,/eFi apparence abstraites et s))é.
colàtives, dés expérimentateurs et de
provoquer ith inôuvement d'opinion (pii
fera aboutir à des donations et des legs.
Beaucoup de personnes ricliés pensent
faire œuvre utile en fondant des prix
académiques. Elles ne sc donlont pas que
c'est une formule surannée. Il faut fonder
des bourses de travail permettant aux
jeunes gens qui ont la passion de la
scieiiee — et il yen a beaucoup en France
de poursuivre des recherches sans
avoir à sc préoceiipor de la vie rnatérielh-.
Les hoiines volontés sont nomhreusi-s.
il stiffirail d'un petit effort financier pour
leur perrnetlre de se réaliser; sans être
parfaits, les laboratoires de pbysiologii-
de la Faculté de Paris sont suffisants :
ceux de l’Ecole pratique ont été refaits
récemment; ceux de Vaiigirard, dus à
la libéralité d’un donateur anonyuu-,
sont bien installés. Pour ipie tout foiie-
tioniie et progresse, il suffit d'un peu d'argi-nt
pour payer les dépenses el faire vivre les lia-
vailleiirs.
IL B.
A propos du fluide humain
L’expérience du D" rie T.orgei-il est .•iiialo;;iie à
celle que Veragut, de Ziirieh, .n inirodiiilc, il y a
Icenlc ans, dans l'es|,oii- de diagnosliipiei- rinlensilé
des Iconblûs nerveux. Vei-agnl met les (-lecl codes
dans les mains dn malade i-elié an gal\ anomèl i-c à
mii-oir; il pi-ononce des mots au liasai-d, puis, lont
à coup, dit une idi'-e ou un mol ([ni (’-motionm- h-
siçji-t el l’on constate qne le rayon lumineux pi-oieU-
par le miroir sni- une ('-rlielle sc d(-|>la(-c an momcnl
oii l’('-molion s’(-sl produite mais pas lorscjn,- les
mots n’('-vo(pi(‘n l anenn souvenir hciiri'nx ou fii'-niblc.
Veragiil a donm'- le nom de véfh'.re j>si/clioiirih'(iniifin‘
l\ ce plu'noméne analogue é Celui dt'ei'il par.M. di-
l.oegcril, I.a [losition nord-sud du corps n'esi pas
iiéeessairc à la ri'iissile de r('x|)(-i-iem-e.
.le puis eouliruier les exp('-rienres du capitaine
.Mondeil au sujet des él('ClrOin('lres inventés fiar les
hypnoliseui-s pour dénionl l'ce qne r.-iignille non
aiiiianti'-e enfernu'-i' sons verre obéit à la volonté du
« magnétisé' i> 011 dn « niagné'liseiir .!(' n'ai jamais
pu faire dévier l’aiguille dans b- sens désiré ; elle
dévie parfois et lonjoiirs d’aju-ès la position de la
niaill el d’après l’éleriririlé dont elle est ehargéi-
Mes expériences datent de 181)4 an moment où (Ineb-
hard expliijiiait ce [diéiiomène par la chaleur.
C’est aussi au moyen de eelle oX|)li('alion (pie
Guehbaed résolvait, ft celle éjioque, le problème des
a effluves » observés sur les pliologrnjihies des
mains des magnétiseurs. La chaleur de la main
30
l.A PRESSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
uii couraiit qui dô|>lacc les inbléculcs du
hain et t'osI ce couraut mécanique qui cause l’allé-
caliou de la pellicule phologcaijliique en décompo¬
sant le sel d'arfçcnt. C’est suc un phénomène ana-
lopiio que Kodak s’est basé pour son procédé d’in-
srriplion des lllins. Au moyen d’nne itoinle, on écrit
à travers le iiapier sur le lllni et l’inscripllou ajipa-
rait pendant le- développenieni . (atlit iudiiitie (|ue
décomposé le sel d iirqent tout eoinine un rayon
lumineux.
('.ette indnence de 1 ehriinlemenl mécanique sur
les photographies a reçu, en 1927, une demonsUa-,
tion aussi jolie que nouvelle de la part d un radio-
hienc de Berne, le D' von lîies. Intéresse par les
photos d’une magnétiseuse condamnée par le trihu-
nal fédéral et défendue par un confrères partisan de
l;i théorie du lliiide. von lîies se nitt ' fi .faire des
expériences en se soumet tant . aux v exigences du
médecin défenseur ; mais, au lieu, de planer la Anifin
r la plaiine. Il posa sa inonlreTrcvcil Cl obtint une
Image |tro.lnite par nue montre-réveil.
superbe image eirenlaire entourée d’une magniliipie
anreole d effluves. Avec raison, von lUes attribua
1 image a 1 ebranlemeni dt's moleriih'S par les se-
rousses du balancier mais il tnit ringéniense idée
d attribuer la même inllnence aux secousses du pouls
dans le cas de la main placée sur la |)laquc et il en
dednisil qiie.ee procédé |>onrrail servir au diagnostic
'des maladies du cirur.
On le voit, les phenoineiies considérés comme des
ellets d nu lliiide spécial rig;oiyent de plus en pins
leur explication au moyen de la physique et de la
mécaniipte. J. Iîoxjol'u.
Kst-ee que rexpérienre du I)' <le borgeril (/.a
ir Mrdiriilc, !1 Octobre 1928), de cette iiatieiile
avec . . presses humides sur le front et les Incla- :
tarses et aernsani sons l'aetion de la .musi(|iie une
l'ariation au galvanonttU re à miroir, ne ressemble ■
pas singulièrement au « réflexe psycho-galvanique
en médecine légale » décrit par M. r.ugène Gelnia
(de StrashonrgI |/,n />rcsxr':W(tiralc. 28 Août '1928).
(■- Cst une réaction psyrhogalvanique, visible seiilc-
menl de celte manière et ilécelani des iniiirossions,
des émotions intimes.
Gela ressemble aux épreuves de son, de lumière,
auxquelles on soumet les aviateurs, c'est la psycho-
lechiiie utilisée |)Our rorleiilaliou professionnelle, ou.
Quant au fluide humain, il ne semble pas entrer
dans CP domaiiié. Kt il me semble qu’il soit de
inoins eu moins niél Louis l orest, qui dans Le Matin
a signalé le fait de la Jaïupe ^Ibiinée. outre les mains,
et variabje avec la siccité ou nqnj et pour les .uns,
l’état -de sauté-, si >rcçu' -un grand uotnbpoodedelU'es-
concordautes,
Le D'' Zoulsch vient de publier un petit livre sur
■ l’A'«rotlfeme«f : il-y-eroit et -cilo des-fails.
Signalons, en passant, que le magnétisme animal,
fluide humain si souvent utilisé pour guérir (?) est
tantôt nié, tantôt admis par les magistrats : JM“ Peytel
a cité dans Paris médical des jugements acquittant
ou condamnant des magnétiseurs, selon qu’ils atlri-
[ hnaieut i\ ceux-ci une puissance nulle ou curative.
I Le D' Locard (de Lvon) ne nie pas 1 action des
lakirs qiour arrelon des lernien talions uiicrobienuos .
‘{Li/on répahlicaiii). - ••
'lous les eleclro-radiologisles ont constule, les elec-,
trologistes dejft, avant la decouverte des. rayons
les variations électriques sans -motifs apparents, les
batleinents plus rapides dît catiir solls l’écran: liU
jieiir paraissait etre 1 element dxMiiuianl, donc jis-y-
cliique, quelques J Bbftties pàroles Tamondieiit- «i sa
place I aiguille .- galvanornetriqile, , el:. uitlmaienl le;
coMir. .1 ai essaye .- quand rren ne juslilUtt- la drilé-.
rencc d intensité du courant, de savoir ce que jien-
sait le.patient. .11 estunanifesle que la résistance elec-
iriqiie du corps hiiinaiu varie selon nos émotions,
nos' pensees : je l’ai constate et cominiinique i\ la
Société de Pathologie comparée le 9 Octobre 1928 :
e est de Veleclro-psi/cliaiialyse. Maints accidents
électriques varient de gravité selon que le jialienl
dort, est éveillé, a peur, 1
Les électrologistes aidaient déjà, depuis Duchenne^
de Boulogne, les neurologistes, par l’étude des mus¬
cles et des nerfs) vont-ils maintenant, par la voie
que. je signale, aider les psychiatres, par « l’élude
electrique des réactions internes »?
Mais si des phénomènes cérébraux se démontrent
ainsi, sont matérialisés, en quelque sorte, n’y au-
rait-il pas aussi des malérialisalions extérieures
visibles, donc, du fluidè humain ■ S. F. ner-
4 Fovfau ni:-GounMi-;i.Li:s.
Questions Fiscales
Oiiranl l’année 1927-1928 j’étais interne à l’hospice
dé B. et en cette qualité je reçus tnt irabteinciil annuel
de 8.780 francs.
Or le jtercepleur de G. vient de m’adresser une
feuille d'iniiiôls sur le revenu, m’enjoignant de payer
la somme de 78 fr, 90.
Pourriez-vous me dire si, en (jualilé d’interne des
hôpitaux et par conséquent d’étudiant en iiiédceiiie,
je suis tenu de jtayer cet iinjiôt : un étudiant en
médecine est un élève, et non pas un fonctionnaire.
Uéponse de notre conseiller fiscal :
Aux ternies de la jiirisjiriideiice en vigueur, les
Iraitenients, salaires et autres réninnéralions sont
soumis à l’impôt cédulaire et à l’imjiôt général sur le
revenu dès lors que leur inontaiit annuel, pour un
eélihalaire. déjiasse 7.000 francs.
Aucune cxeinjvlion n’ayant été prévue en faveur
des internes des hôpitaux, l'imposition réclamée est
régulière et ne peut pas être utilement contestée.
Ri-;xé PiNciiON.
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
Gojin-f: SATIONAC coN-rai! lk ciiarlatanismi-:
Les discussions aux séances de la l'ederation médi¬
cale, belge ont indique la nécessité de former un
dus, des denfistés et des pliarmacieiis afin d'e.xanii-
serail jioiut désirable.
Ge Comité, formé de personnes compétentes,
devra s’elTorcer, en accord réciproque, d’obtenir des
inodillcalions aux lois actuelles concernant l’exercice
de l’art de guérir que leur expérieiice pourra suggé¬
rer. 11 veillera à faciliter rélablisscmeul d’une juris¬
prudence d’ordre général et à attirer l'attention des
membres du corps médical sur les moyens de réjiriincr
l’exercice illégal de l’art de guérir, dit charlatanisme.
Le Comité national contre le charlalanisiue s’est
fixé un double but :
. 1° Il recherchera, grâce à l’aide efficace de tous
leéi.'uirgaiMaawià. officie}»; 'iJi'.ire.visjqo.fde :,la,,lo};.6ur
l’exercice de l’art de guérir;
N" 2
2“ 11 entreprend, dès à présent, une lutte directe
contre toutes les formes de charlatanisme qui cau¬
sent un grand tort à la population et discréditent le
prestige du médecin auprès du jjublic.
ÉCOSSE
Deux éminents médecins de Glasgow viennent de
mourir : Sir IL Canieron et John Macintyre. Sir
Hector Clare Cameron avait 85 ans. Né dans la colo¬
nie de Demerara, d’un jdanteur de canne à sucre,
en 1843. il avait commencé ses éludes médicales à
l'diinbonrg pour les poursuivre à Glasgow où il prit
ses grades de M. B. et C. M. en 1866, de docteur
en 1868. Assistant de Lister, il resta seul à Glasgow
jioiir enseigner l’antisepsie quand son maître vint
occuper à Fdimbourg, en 1869, la chaire de clinique
chirurgicale. Ln 1873, à 30 ans, il est nommé chi¬
rurgien a la Itoyal Inflrmanj -, en 1881, il jiasse, en
la- môme qualité, à la Western /nfirmarii où il prati¬
qua et enseigna la chirurgie pendant trente ans.
l'in 1900. il succède à George Buchanan dans là chaire
de clinique chirurgicale de l’Université de Glasgow,
l-.ii 1911, il devient chirurgien consultant honoraire
et renonce détinilivemenl à la pratique quand la
guerre éclate. 11 rend alors d’éminents services
comme commissaire de la Société de la Croix-Rouge
l/ritahnique pour le district occidental de l’Ecosse-,
le rOi lui confère la décoration de commandeur de
l’Empire britannique. 11 avait été fait baronnet par
la reine Victoria. Président jiour trois ans de la
Faculté royale des Médecins et Chirurgiens de
Glasgow, il prit jiart, à ce titre, à la célébration
du 3“ centenaire de cette célèbre Faculté. C’élail
une grande figure chirurgicale de la Grande-Bre-
John Macintyre, né à Glasgow, est mort à 71 ans. 11
avait débuté comme électricien pour s’élever, par son
énergie et son intelligence, à la situation d’un méde¬
cin de grande valeur. C’est en 1882 qu’il devint
M. B. et C. M. à l’Université de Glasgow. Il choisit
la laryngologie où il devait exceller. Mais, avant de
se spécialiser, il avait voulu se rompre à l’élude de
la chirurgie et de l’anatomie. Chirurgien à la Royal
Infirmary et moniteur d’anatomie sous lu direction
de Henry F. Clark, il aborda la pratique laryngolo-
gique dans des conditions exceptionnellement favo¬
rables, Scs connaissances en électricité lui servirent
également et il obtint une installation électrolo¬
gique à la Royal /n/irmary, après la découverte de
Rœntgen, il y joignit un cabinet radiologique. Prési¬
dent de la Rœntgen Society of London, il avait pré¬
sidé, en 1893 et en 1900, la Rritish Laryngological
Association. J. Macintyre, parti de bas pour arriver
au sommet, véritable Selfmademan, était un laryn¬
gologiste hors de pair.
RUSSIE
Le commissariat de Santé d’Ukraine, ayant étudié
les résultats des envois des médecins à 1’, étranger
jiour se perfectionner, a constaté toulè une série de
défauts dans ce domaine. 11 a été décidé de s.e guider
désormais des règlements suivants : Ne seront
envoyés à l’étranger, pour se perfectionner, que les
médecins qui ont plus de 5 années de stage médical
cl qui ont utilisé lous les moyens de perfection¬
nement en Russie. Le médecin envoyé doit connaître
la langue du pays où il va. Pour obtenir un envoi à
l’étranger, le médecin doit présenter un plan détaillé
de scs travaux projetés, désigner les établissements
médicaux où il travaillera. A son retour, le médecin
doit présenter un rapport par écrit sur les résultats
obtenus, et faire une conférence pour les médecins
de sa ville.
Correspondance
A propos de la tension artérielle
et tuberculose.
Je n'écrirais pas ce mot si dans la remarquable
étude -de M. Glaros il n’était question de pronostic
basé sur la tension artérielle. Je pense qu’il est utile
de rappeler ma communication au Congrès interna¬
tional de Médecine et de Pharmacie militaires du Val-
de-Gràce (1925) à propos des Méthodes dynamiques de
classement -du contingent, y , . ■ . é .
Je disais qu'une* teiision basse ü’avait de valeur que
N* 2
LA PRESSE MEDICALE. Samedi, 6 Janvier 1929
si elle était accomp.agpée la mespre de la forc'ç
musculaire par compression ou serrage manuel du
dynamomètre et de la mesure de la tenue vocale e[pe
j’ai décrite ailleurs et que je i-appelle ici :
C’cal lo lemps en secondes pendnill lequel on peut,
apres une grande inspiration nasale, tenir un son
piano dans le médium de la rpia? et sur la royelle o.
Chez l’individu nprmal, on doit avoir 30 à
35 secondes.
Voici deux e.xemples typiques entre beaucoup d’aii-
Oli^KUVATIÜ.NS
mAT. )
Mx
Mn
gaucho
I ('!>) .
n
7 B
i.'i
SCC.
II (nonuul) ....
11
'S ■
37
La dillerence saute aux yeux; dans la premièi'C
observation jl s’agit d’un déllcicnl, un byposphyxique
ilonl il convient d’examiner attentivement les organes,
dans la seconde nous avons un individu normal à cir¬
culation très facile dans un système circulatoire très
souple.
Cos mesures si simples et vraiment scientiliques
puisqu’elles ho font entrer en jeu que des instruments
de mesure sans roeflicient personnel ; manomètre,
dynamomclre, chronomètre, pcrn^llent de suivre
l'état du malade sans aucune difliculté et devraient
faire partie do tout examen sémiologique sérieux au
même titre que la recherche do l’ArgyU-llobertson et
le réflexe rotulicn.
A.ssislanl à la Sorbonne,
Professeur
il l'Ecole dns Hautes Etudes soeialna.
Livres Nouveaux
Le traitement des teignes par l’acétate de thallium,
par M. lo professeur G, L'uuena (do Mexico). 1 vol.
de Wi pages avec 9 planches en noir (Masson
et éditeurs), 1928. — Prix ; 18 francs.
Dans cet ouvrage, l’auteur revendique pour les
ilermalologisles mexicains la priorité de l'application
systématique du traitement des teignes par l’acétate
do thallium. Il montre que manié prudemment ce
médicament n’est pas nocif. Aux doses do 5 8 milligr.
par kilogramme de poids, l'acétate de thallium n’est
pas toxique chez les enfants de 2 h 12 ans. Il est
dangereux d’augmenter ces doses et de les répéter
avant qu’il se soit écoulé un long laps de temps
depuis la première prise, surtout si celte première
dose a été accompagnée de manifestation d’inlolé-
L'nc bibliographie étendue termine eetio inisu au
point de la question.
11. 15.
La 10'= édition du Dictionnaire de spécialités phar¬
maceutiques, édité par Louis Vidai, et Daiieau, direc¬
teurs de l'O/’/ice de Vulgarisation Pharmaceutique.
107, rue Lafayelte, Paris, vient de paraître.
Cet ouvrage se complète d’année en année cl devient,
snr le bureau du p'ralicieii, le digne pondant du for¬
mulaire magistral.
Distribué gratuitement gu Gorps niédical cxer^anl
en France, il en 4 été inis quelques c.\cmplaires en
vente, au prix de 15 francs, dans les priucipales librai¬
ries médicales de Paris,
FIslopptcfgenia de la diabètes insipida. thèse de
IIoiiAGio 11. lluiiio. 1 vol, de 70 pages, avec illus¬
trations \L. Flandrin, éditeur, 24 rue des Ecoles,
Paris, 1927).
Cette thèse, inspirée pai‘ lloussay, est consacrée
à celle question si controversée du diabète insipide,
et apporte à l’appui de scs dires des cxpériiinces fort
bien conduites et fort précieuses pour qui en connaît
toutes les diflicullés.
Rubio accorde, dans le diabète insipide, le rôle
principal ù la région iiifiindibulo-lubéricnne, car,
suivant, ses reeherehes. la polyurie existe ajirès
hypophysectomie, et en dépit de l’énervation préa¬
lable dés reins, du pédoncnlp hépalo-pancréalique et
de la résection du sympathique abdominal supérieur.
Cos conclusions n’entraînent pas l’auteur ii nier
roinplètemenl le rôle du lobe nerveux de l’hy])ophyso,
mais à le restreindre dans des projiortions eonsidé-
.M. Natiia.x.
Atlas der Blutkrankhelten, par K. Sctii-Eir et A.
Aiinnn (de Zurich). 1 vol. de 174 pages, avec 108
planches en couleurs [Urban et Schwarzenberg,
éditeurs), Berlin, 1928. -- Prix : 62 marks.
Ce livre est bien, conformément à son litre, un
atlas, Les généralités sur les techniques d’hénuito-
logie n’y tiennent que jieu de Jilace, les auteurs se
bornant îi ce sujet à indiquer l’essentiel concernant
les numérations et la confection des préparations
colorées. Pour celles-ci même ils se sont limités fi
exposer la technique du May-Griiinvald-Gicmsa.
Pas lion plus de description détaillée des maladii'S
du sang, mais une séri.e de 108 planches en couleur
d’une exécution parfaite et dont le texte n’est que le
(tommunlaire. On y trouve ligiirés d'abord tous les
aspects du sang normal, la fllîalion originelle des
éléments, puis les diverses leurocytoses et toutes les
images des leucémies dans leurs diverses variétés.
-Même tecliniqiic pour le globule rouge étudié à l’étal
norinal, et dans toutes ses altérations, ])rinci])ale-
nient dans les diverses variétés d’anémie, depuis la
simple anémie post-liémorragique jusqu'il l’anéniie
pernicieuse, l’anémie pseudo-leucémique, etc.
Qmdques planches consacrées an.y parasites du
sang leriiiinent ce remarquable ouvrage qui, comme
livre de laboratoire, est susceptible de rendre h's
plus grands services, tant au point de vue de l'ensei¬
gnement que comiiiu volitme à consulter à l’occasion
du l’interprétation souvent délicate d’une préparation
d’hématologie,
l’n. Paumi-.z,
Contrlbucloft al estudlo del tratamentio de algunas
formas çlinicas de tuberculosis pplmonar cro-
nica por tnedio de l’aurotiosplfato de spdio (sano-
crysina). par .\xtonio L. Uoijali.os. Préface de
Maiiiano Gasthx. 1 vol. de 2''i0 liages, plus les gra¬
phiques et les radiographies [Itoldnn y C'"' . édi¬
teurs), Buenos Aires, Florida, 359.
L’autour rapporte en ce magniliquo volume, orné
de très nonibrenx graphiques, de radiographies ou
de photographies anatomiques, les résultats de son
expérience dans 100 cas de tuberculose pulmonaire
clironiqiic traités par la sanocrysinc. Injectant ce
produit par doses très ininimcs au début (Ogr. 01 ou
0 gr. 02) il progresse lentenient, cherchant la dose
optiina pour chaque malade et sa limite, individuelle
lie tolérance. 11 penso que la palhogénie des acci¬
dents déterminés par la sanocrysine su trouve de
deux manières dilférentes dans la quantité Mu médi¬
cament injecté : accidents proportionnels à la dose,
dus é rinluxication métallique (accidents cutanés,
muqueux, digestifs) et accidents inversement ])ro-
porlioiiiiels é la dose dus à la désintégration d’alliu-
uijnes, véritables accidents aiiapiiylacliques (réac¬
tion thermique ou an niveau du foyer).
11 se rallie é la théorie de Fcldt (accélération des
phénomènes d’aulolvse du tissu jmlmonaire liihercu-
leux) sans exclure l’iiilervenlion dans ce mécanisme
de l'ai)))areil réticiilo-eiidolhélial, ni U|i jirocessus
de lyse bacillaire avec libération d’endotoxines qui
ne serait d’ailleurs que la conséquence du processus
fondamenlal.
Ce médicameni est indiqué avant tout dans les
formes chroniques, avec syndrome de condensation
et lésions broncho-alvéolaires biliitornlos et évolu¬
tives. Maniée dans les limites hieii étudiées d une
[losologie qui varie avec chaque malade, la sanocry¬
sine jieut donner d’excellenls résultats, sans cepen¬
dant éviter les complications pur généralisation dans
d’autres organes.
UicxÉ Pum.
PROGRAMME DES COURS, LEÇONS ET CONFɬ
RENCES- — La PaessE Méiiicale publie- chaque
semaine, sauf pendant les racances, les programmes
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous
rsnseignements utiles à M. le IV Vitaux, l‘i0. bou-
Nouvelles
Distinctions honorifiques. -- hvr.uiN ij hünnklu. —
Palel, inédccijiK lioulcnunts-coloucls ; Cliici'in de Montga-
reiiil-Yaliitule, Maelitoii, Yai-ay, Guillet, Murel, Ilalljrün,
iiiédocitis coninmiidunls ; Ro.staine, Pajiin, Yureiino. Detî-
cauls, médecins capitaines; Yinecnt, inedaein conuiuiu-
dîàiit de l’ésoi’YC des li’auiies colaiiiales; Courvoisier,
Jeandidier, PJissun, inédceins cnlomdti; ]..orentz, Alix,
.Mai,^noiix, Dunlliuilc, lÜcrer, Carayon, DelesLan, médecins
lieutenants-culmiels ; iïoulin, Poui'jire. (îohinol, Coiilnn,
(iUenelot, llauvny, Jourdan, médecins commandants;
Abadie, médecin eaiiilaine; Gazanove, rM-avellal. mede-
cih.s lieaLenanU-eidonols du Gorps ile Santé colonial;
Arallioon, Giiyomarc'h, Noël, lîouvier, médeciua cnjii-
laincs des troupes coloniales.
Chei'allcr. — MM. Parrical de Gbaumard. Pansicr. Del¬
mas, Gardère. Kiollc, Kos, Millel, Clavelin, iii(WIccins
commandants; Yaleton, Audibert, Dlocb. Lombcfi, llamnn,
Joly, Perret, Didier, Poirel, Maroy, I-eehaux, Ki'oucb,
lîënard, Clialon, Govy, Cadet. Polony, médecins capi-
laines; Provansal, Gantier. Gaillard, Manya, Nouis. Maf-
b'i, Mnssina, Pons, lîiM'leg'nie!', Colloinb, Kaleui*, lîriin,
Merles, Durand, Raeadot, liloch, Agron, Prégior, lient-
iiowslvi, Boriiardlicig, Borclieron, lïreitinan, Malon, lîai^
beronsse, Doieeonr, Roobelanx, Dalleydier, Yerger, Leea-
elieur, Cuvier, Am.slo.r. Marcband, Algan. Duvigmuid,
Marliiielti, Lebon, Boppe. Dore. Koiilaiiie. Robiii. Relie.
.\ngele, Bai‘re, .Mireiner, (àivailb’s, médecins lieutenants;
l.assus, (Àomboiirien. médecins sons-lienlenanU ; Petit,
^\■elfeie, Darloy, Henri, Grand, Louis, 'Wt-iss, IJuns.sie^,
Martin, ManebVt. Morel, Condel. Rilxdiet, Pousse, Heii-
raux, Bonnelcrre, Saby, médecin.s rapilnims. FJionle,
Im Saint, L’rvois, BidoL, Clie.neve.an, médecins capîlaines
des lrou))es coloniales.
Ministère des Affaires étrangères. -*
M. riricb, cliirurgien et M. Behagiie, mé
gisle, du ministère des Affaires étrangères.
Naturalisation. — lui naturalisé Kraii
Congrès français de Médecine. - Le XX'
.ioiigrès rran<;ais de médeeiiie se tiendra a Munlpelliei'.
mus la in'ésidence tie M. le professeur Ycdel. le mardi,
la Oatobre 1112'.» et jours suivants avec nu programme i|(ii,
iu’olessenrs Yires.
ur Rimbaud, se-
réaorlor ; ^irofesT
djoint.
lions suivanles :
patlmlogifjue <le
jzène (BucaresI ' ;
et. Liégeois (Pa-
doivenl èLrc adressées a
Moiitjiellier loO-l 'i.
Pour tous reiiseignmn
seur Rimbaud, so<*rétai
s des In^pitaiix,
dièques postau.v
' général, 1,
P' Congrès de Paviation sanitaire. * M. Gaslou
Doumergue, Présidi'iit de la Réimliliipie fraii(;aise, dési¬
reux de témoigner lonl rinléi-èl qu’il porto au P*- Congrès
international de Paviation sanitaire, a bien voulu lui
accorder .sou haut patronage.
Nous rajipelons que celte imporUnle manifestation, (pii
il j*onr président d bonneur M. b' inareebaT T.,yîiul(*y et
32
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 5 Janvier 1929
N» 2
pour prcsideiil elTectif M. le professeur Ch. Uieliet, de
l’Institut, doit avoir lieu ii Paris, du 15 au 20 Mai; 1920.
Secrétariat, 35, rue François à Paris.
Bureau municipal d’hygiène de Brest. - La
vacance do directeur du bureau municipal d’hvgièiie est
déclarée ouverte pour la ville de Brest.
Le Iraitemeal alloué ira do 22.000 à 30.000 fr. par an.
Le titulaire du poste s’occupera du dispensaire do Kero-
l'iou et recevra en plus un Iraitemont qui ira de lO.OOO à
12.000 fr. et une indemnité annuelle do 3.000 fr.
Les candidats ont un délai de vingt jours, h compter
de la présente publication, pour adresser au ministère du
Travail, de rilygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance
sociales (direclion de l’assistance et de l’hygiène jiiibli-
ques, 6" bureau). 7, rue Cainbac.érès, leurs dcinriiides
accompagnées de tous titres, justifications ou références.
En Phonneur de la mission médicale brésilienne.
— Une très eharmante réception en l’iionneur dés dames
de la mission médicale brésilienne, a été donnée par M. cl
M™® .laylc, le 23 Décembre, à laquelle étaient présents :
M™* da Rosa Martins, M. M*®® et M"® Kdgardo Cajado,
M. et M*®® da Rocha Rrilo, M'"® Junqueira, M"® iMaviclla
Cnnha, M. Mattos; Monseigneur Lopez, MM. Zaj)ata,
Rueda Vargas et Uribe (Colombie) ; M. M“® et M“" Geor-
ghiu (Roumanie); professeur et M*"® Marcel Labbé, M. et
M"‘* Dclatcr, M. et M“® Cambiés, M. cl M“* Paul Aimé,
M“*® Lnpeyre, M. Goelho.
Médecins parisiens de Paris. — Le 12 Décembre
dernier, réunis pour la 24® fois depuis la fondation de
leur Amicale, à FFcu de France, les medeéins parisiens
de Paris, uj)rès un dîner de gourmets et les rapports
annuels de leur secrétaire général cl de leur Ivésoricr,
jugèrent bon de se réjouir de la prospérité de leur grou¬
pement. Ils Y furent aidés par MM. les professeurs
Gharles Richet et Balthazard, MM. Vitry et Denikcr qui,
par des allocutions spirituelles, des imitations de ])crsuii-
nalités médicales, ou des chansons de salles de garde,
animèrent celle soirée à la suite de laquelle fut élu le
bureau suivant pour 1929 : Président d’honneur : M. le
j)ruf. Charles Richet; président : M. Vitry; vicc-jirési-
dcnls ; MM. Dufour et SchaelTcr; secrétaire général :
M, Pierre Prosl ; trésorier, M. .Iules Bongrand.
Fiaient présents à ce dîner : MM. Anbertin, Baillière,
le ju'of. Balthazard, Barry, Bauer, Bloch (André). Bloch
(J. -G.), Bongrand (Jules), Boutet, Boiilcron, (Jionet. Dar-
tigues; Denikcr, Dufour, Farel, Fège, Galliot. Gérard
(Léon), Giiébel père . et fils, LonoruiaïuJ, Le Roy des
Barres, M’*® Suzanne Lévy, Lobligeois, Lotte, Maduro, .
Mauhan, Morville, Mock, Pitseh, Prost, prof. Ch. Richet.
Rolct, SehaolTer, Sehreiber, Suzor, Thalheimer, Valentin.
Vcil (Prosper),' Vigtièric, AMinônt et Vitry.
Pour tous renseignements concernant cette Amicale,
s’adresser au secrétaire général, M. Pierre Prost, 119,
boulevard Malcshcrbe.s, Paris (VlIP).
Croisière annuelle de Bruxelles médical :
« Au Cercle polaire ». — Pour réj»ondrc au désir
c.xprirné de tous côtés, la croisière médicale organisée
annuellement j^ur Bnijcellcs mcdival s’elTectucra en été
1929 <( un Cercle polaire » et durera 24 jours. L’itiné¬
raire (pli permettra la visite dos pins jolis fjords de Nor¬
vège, des îles Lofodeii, des îles Feroc, des îles Shetland,
du Firth of Forth (Fdimbonrg) sera le suivant : (Bor-
denn.v). Zeebrugge, Kopervik, Norhedsund, Bergen, Gud-
vangtMi, Balholm, Loen, Merok, Aandalsnaes, Svartisen
(puis Cercle Polaire), Digerimilen (îles Lofoden), Thor-
Shayiv (ilqfi .Füroë)^ .Ler\v:ick_(Ucs .^}ieÜ(iud)t -Leith^
bourg et lacs d’Ecosse), Zeebrujgge (gqrdeaux). . . .
Le départ et le retour se feront h Zeebrugge.
. .Le .paquebot ayant, son pout; fÜ^iUacbe .à. B.prdeaux, le^
personnes qui Mosrrcraient Vembarquer dï'î»» eer-iport
pourront le faire inoveiinant un très léger supplément.
L escale de /eebrnggj* sera suffisante jioiir visiter Bruges
et Oslcnde. , . - ' ^ .
Le navire <[iii eficcluera la croisière est le paquebot de
grand luxe, a inolours. /?mî:E!n (lG.OOO tannes, 144 mètres
Deux classes sont prevues avecj comme prix inferieur,
2.600 francs- français (secondes clqssçs ^nidites). Deux tarifs,
ont ct(î établis, P.uiyJ pour des medecirts et leurs familh'.s
(fenunos et enfant.s ccdihalairos'l. 1 autre pour les jier-
soiincs étrangères au corps medical, luats avalisées par
■ leur ttieilsetih dc famille. Dos cxeuj;$ions seront organisccs
dans tous lii>i ports. -Le }>rix cm ?er(i exlrcmemeiit rcdint
maigre le eliange elevt; des pavs visfles.
Le coût du voyage sera, toutes cliosos égalés d ailleurs,
neltcment iiifojn^ur à cohiL'.de PAn dçfrnicr;:' • < - i
Pour tons rûnscigOomeiifcsrct' les i)iscri|>iions. a
scr des maintenant a la Section do Bruxelles mcdtcal. 29.
hoiilcvard Adolphe-Max, a Bruxelles. Il sera tenu compte
des dates d’arrivée des demandes. ’
Cprps de Santé militaire. — Sont nommés an
grade de médecin lieutenant et sont affectés : MM. Gre¬
nier, Baille, aux salles militaires de. l’hospice mixte de
Montpellier; Ravel, Goiilouina, Fau, Mcrlin-Leinas, îgei’t,
Vives, à l’hôpital militaire de Toulouse; Laverre, Diipiiy,
Chausset, Le Fauclieux, Poncelet, Tctc, Soulier, Brun,
Geay, Oûdjari, Baenziger, Bcpiuird, Calvet, Charles,
Rouyer, Sarda, Menel, de Casaban, à l’hôjiilal militaire
d’instruction Desgenetles, à Lyon ; Lanore, Chapert, Ver-
gcy., il l’liô])ilal militaire de Bordeaux Dclaby, Vaissie,
à l’hôpital militaire d’instruction du Val-dc-Grûce, à
Paris; Mîara, à l’iiôpilal militaire d’Alger.
- M. Dolcourt, médecin auxiliaire, est nommé médecin
spus-licutenant de réserve. i
— Sont ))romus : Au grade de médecin colonel, MM.
Fournereanx, Cocliois, Grenier de Cardcnal, médecins
lieutennhls-cüloncls ; au grade de médecin lieutenant-
colonel, MM. IIciils, Vuillcinol, Dreyfuss, Bcllct, Puloqno,
Douier, médecins coinmandants ; au grade de médecin
commandant, MM. Péju, Cuiffiney, Sarrelabout, Giguel,
médecins capitaines; au grade de médecin capitaine,
MM. Vernhet, Combescot, Guérin, Henry, Dravel, Carlie,
‘Rey'^tTcilŸi^iil; CiniiTlim^d, “'médecins capitaines'.
— Sont p'rohoircécs les mutations suivantes : Médecins
cointnonclanls. Sont afTcctés' : MM. Baron, aux salles
: mililuires de l’Iiospicc mixte de Bcsan'gon; Bloch, à la
diiection du Service de Santé de la 8® région, à Dijon;
Pamhet, aux trouj)es du Maroc.
Médecins capitaines. Sont affectés : MM. Cheyrou-
Lagreze, CalincI, aux troupes du Levant; Bonnefous, à
la 14® région ; Joly, au rég. de sapeurs-pompiers, à Paris;
Ruche, au bataillon de la légion étrangère, nu Tonkin;
Jilomirsky, au l®' rég. étranger d’infanterie, Algérie.
Médecin lieutenant. Est aff’ecté M. Dayrier, aux
Iroiqjos du Maroc.
-- Sont nommés au grade de médecin lieutenant et
sont afTeclés : MM. Monginct, Genaud, à l’hôpital mili¬
taire de Bordeaux; Collin, Stoizel, à Fbôpital militaire
d’Alger; Kruimbault, Ollivier, Meunier, Yaudin, Vial, a
l’hôpital militaire d’iiislruolion •Dèsgcnctles, à Lyon; Pai-
nct, Pierre, h l’iiôpital militaire d instruction du Vul-dc-
Grijcfi.m Piuds; ^Pç^i^spii,^^ khôpital militaire de loulousp.
-- Extrait de la hslc de tour de départ "pour les tlirô-
tres "d’opérations extérieures. \led(îcins capitaines ; M.
peti^oql. ,
;■ M^dè'ojnA'Heutcnants : MM. Xricoire. Duconroau, Cau-
dîflé, ‘VaHc'irn; Lombart, Lcnoble. Gaslan.
^Sçrvlçe, .de Sap^é, de marine. — Liste d embar-
(|nfcftmnt‘ dès'bffîcièr^ cKP Corps ■de -feaiVW feddrii.its-q)rui~
cipaux :.MM. Godillon, Scoarncc.
MV'dccins de l" classe. "MM. Gallucv. Gilbeèl, loucliOis.
Médecin de 2® classe. M. Labcrnede.
— M. Ramond, médocin.da^l*® classe, est. désigné jiour
remplir leü iotiylipfis d<ï tbef,- de clinique dentaire de
l’hôjïituL Soin^Ajîuô, a Toulon. .. r- v
— Sont inâcrris au tableau d avanccmcut des officicu s
du Corps de Santé de la manne : Pour le grade ae méde¬
cin en^rçbctde Gazamian, Le Coniac, Les-
son, Bfeiloti Lancelm. -.a
Pour le grade de médecin en chef de 2® classe, MM. Bou-
lliellicr, Mirgiicl, Marcandicr, Ferinond, Giraud, Ployo,
Hémard, Vialard, Hamct, Hedcrcr, Lcpeuple.
Pour le grade de médecin principal, MAI. Baixe, Bars,
Le Chuiton, Pierre, Clavier, Guichard, Breuil, Jeaniiol,
Bondcl de Lu Bcrnardic, Bosse, Souloumiac.
Corps de Santé des troupes coloniales. — Sont
promus ; Au grade de médecin colonel, M. Dupuy, méde¬
cin lienlènaiit-colonel ; ou grade de médecin lieutenant-
colonel, MM. Fournier, Jubin, Armstrong, médecins com¬
mandants; au grade de médecin commandant, MM. Colin, .
Barreau, Bouvier, Muisy, Guirriec, Muignou, Bacqué,
Colibœuf, médecins capitaines; au grade de médecin
capitaine, MM. Talée, Gourmclon, Lieurade, Alain, Du-*
mas, kervingaut. Bigot, Le Tallec, médecins lieutenants.
— Sont uff’cctés : En Indochine, MM. Pulinas, Petit,
médecins capitaines ; Vincens, ^médecin commandant.
En Afrique occidentale française, MM. Fulconès, méde¬
cin lieutenant-colonel 1 Bonrepaux, médecin conimundanl;
Przÿimcnsky, médecin capitaine.
A Madagascar, MM. Chollal-Traqùcl, médecin com¬
mandant; Basile, médecin capitaine. ,
En Guyane, M. Bidot, médecin capitaine.
— Sont autorisés à prolonger leur séjour outre-mer :
Au Cameroun, M. Flocb’Hlay," médecin capitaine.
En Indochine, MM. Trégan, médecin commandant;
Salicetli, médecin cujiitainc.
— Sont afTcctés en France : MM. Bernard, mcdccui
lieutenant-colonel, au ministère des Pensions; Placidi,
médecin capitaine, au ..dépôt_ des isoles colon ia.yx’'^de.
Marseille.
— Tpur de service colonial du 1'® Jiuivicr. 1929. Méde¬
cin colonial :M. Guillou. • • ...
Médecins coinmandants: MM. Astie. Laurence. Barreau,
Gascougiiollc, Bablel, Dlioste, Saldey. Guyomarcli.
Médecins capitaines : MM. Ambrel. Lambert (Louis),
Roussel, Etienne, Delprat, Leroy, Brobant. Mazurier.
Samsoii, Adend’hal.
Corps de sapeurs-pompiers communaux. — Sont
nommés aux grades ci-apres dans les corps de sapeurs-
pomjiicrs ciimmimaux : MM. Galcsne, médecin aide-major
de 2* classe, à Rennes (lllc-et-Vilaiiie) ; Saintin, , médecin
major de' 2® classe, à Reims (Marne).
Nécrologie. — On annonce la mort, à Paris, de
M. Henri Fournier et celle de M. Léon Basset dont les
obsèques auront lieu à Saiiile-Yergc (Deux-Sèvres).
RENSEIGNEIVIENTS ET COMMUNIQUÉS
La l’iiKssi; .Mkdicai.i-: rappelle à ses lecteurs (ni' elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
ôO centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement, Klle ne prend aucune responsabi¬
lité quant il la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réserrée aii.r: annonces con-
cernànt les postes médicaux, les remplacements, les
o/l'res on demandes d’emplois ou de cessions aijant
lin caractère médical ou para-médical ; il n'ij est
inséré aticiine annonce commerciale, /.'administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de S lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de bO lettres on
signes (■'/ fr. la ligne pour les abonnés à T>a Piu:f>Hi'.
Mi':i)irAi.i'.), /.es renseignements et éoinmuniqués::se
paient A l'avance et sont insérés 8 « 10 jours après
la réception de leur montant.
Pour cause maladie, inedocin vciidrail pour
liO.üOO fr., Dolnge 11 ch., conduite iiitécicucc, él.at
neuf; Valciic 62.000. — S’adresser garage Blanchard,
105, avenue Labourdonnais, Paris.
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convalescents, non contagieux. — M“'“ Brun, 8, ane-
Mue l.aniarline. .\rcaeho’n (Gironde). ' à . ‘ '
Situation d’associé olferte à jne médecin, sj)ortif,
pres(mtaiit bi(!n, pour co-direetioii d’un Etablisse¬
ment inédical important. — ■l’.crire ou voir de 6 à' 8
M. Côurratid, 8;i, Vue LàfaMIle Pirisfliud 00 12)
Médecin -reconiniandé très particulièrement pour,
reronvrements honoraires , personne très serfeiise.
très lioiiorable, de correction parfaite. BOniios réfé¬
rencés. - Ecrire P. .V., n» 951. - ■
Urgent. Agent commereial. visitant en auto mé¬
decins petites localités, accepterait Laboratoires
spécialités connues. — Ecrire P. M.. ii" 957.
Lyon. Agent lyonnais, visitant médecins, dentistes,
sages-fomme.s dépa-rlenKnits U-liônc aH limitroplies,
aeeepiieràii çarto Laboréloiro' épéciiilifés, pbarmaren-
tiques avec ou sans exclusivité.’"iîcrV‘P. jil., n" 958.
Brésil. Collaboration demandée è Laboratoire
exploitant déjà spécialités pliarmacentiqnes an Bré¬
sil par spécialité connue nniversellemciit dans toute
l’Europe, contrat d’exclusivité serait accordé. —
961v- - .
Jne méd. cb. cession clientèle Paris, urolog.
dermatol. • éventuellement association avant. —
Eccice P. J/., n" 963. .
’ èbul* dlrécL et ciillab’. efin. acc'oiicli. l. 11.' s'il. PiiVis,
on cb. sage-femme expér. av. cap. Ecc. 7^, ,v/, , n" 965.
Dame, 55 ans, ferait séjour 5 ou 6 mois Midi, ou
tout nuire, auprès de personne Agée, on impotente,
011 afféotion chronique. — Ecrire P. J/., n" 970.
' Infirmière, sér. rcf., b. éduc., dcm. pl. oli. U'’,
assist.. recept., secret., préf. urologie. -■ Ecrire
P. ü'/'., n» 973.
• Aide de laboratoire dem. pl. ds Labo analyses
iiK die lies, s( 1 réf. — Ecrire P. M. n° 974.
Infirmière diplômée, bonnes référ., dés. poste
dans eliiiiqne ou saiiator. — Ecrire P. M., ii" 976.
Urologue, dipl. Etat, cystoseopie, ealb. des nr.,
disposant des après-midi 2-7 P. M., travaillerait ds
clinique, cabin. méd., etc. — Ecrire 1‘. jV.jti" 978.
Vve docteur, études sage-femme, cb. epipl. cliez
médecine, chirnrg., accouch. Ecr. P. M., n” 979.
Laboratoires de spécialités pharmaceutiques cher¬
che représentant bien introduit auprès des médecins
,ijc province. , 7^ Ecrire J/.„n?.98Q. . , ,,,
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre de O fr. SO pour la transmission des lettres.
' I • ■ - ; ■ . ' V ' ?■ le
l'aris. — Imprimerie de la Cour d’Appol 1, rue Cassette.
N“ :i
!) .laiivicf l‘.)29
TRAVAUX ORIGINAUX
DE^ GASTRORRAGIES
AU COURS DE LA
SPLÉNOMÉGALIE THROMBOPHLÉBITIQUE
Par Ir pi-ofesseur Cesare FRUGONl
DirerUiii r
(le lii (niiiifiiir mrdiralo (Ir ITnha-rsilr d,. Piidoiu'.
Hérciiiiiiciil M.M . E.-^^Vil cl R. ('ircj>()irc ‘ ont
allirc raUcnlian (h's iiicdcciiis sur les gaslrorra-
”’ics an cours de la splciiotucgalîc : ils l<‘s dccid-
vent coiiLiue soudaines, iiuposaiiles cl d'origine
mal connue. Ils i-a|)])(dlenl que les alléralions de
la veine porte juuirraieni seuleineni en ex[)li<[uer
(pud(pies cas et (pie le jiliis souvent uii'nie on
ne trouve pas d’alti'rations du sang et du svsti'uie
r('liculo-vasenlaire. Ils n’essaient luiune pas
d’i'tablir quidles sont les splénonu'galies (pii don¬
nent lieu à cette cotriplicalion s|)(3ciale et ils ex-
|)osent d('s histoires cliniepies tellement la'sumées,
(|u’il est îuipossihie de reconstruire le diagnostic,
omis d’ailleurs par les auteurs im'ines.
Les observations sigriah'es par nos illustres
collègues Weil et Oia'g-oire sont digiu's cependant
de la pins grande e()nsi(l(n'atlon pour jilusieiirs
raisons :
1“ La susdite complication est assez frèajiiente ;
2" Selon nos observations, elle inlervient^snr-
tout et peul-(Hre même exclusivement dans le
syndrome dont nous avons délimité le tableau
(dinique, sous le nom d(‘ « s|)lénomégalie ti'ombo-
phlébilique primitive » *;
d" [C’est justement dans celle-ci que, d’après
les recherches de mon assistant, le jirofesscur
Lusena, il est fréquent de rencontrer les nodules
de Candy-flamua (qu’on trouve aussi dans plu¬
sieurs autres formes morbides), considérés par
les auteurs frampiis, et chez nous par iSI. Lusena,
eomriK' de nature mycosique. De sorte (pie l’étio¬
logie de la splénomégalie trombophlébitique, un
peu obscure jiisipi’à présent, iiaraîlrait penl-ètre
éclaircie (par l’angiolropisme des formations spé¬
ciales) (juelle que soit la nature des nodules de
( >andy - Ganina sur laquelle les opinions des
auteurs sont encore les plus dillérentes.
La splén()ni('‘galie lrombophlébiti(pi(> est depuis
longlemps connue sous fornuYle cas isolés (Carnot
et la'obardy, Devé, Delalour, Docke, \^'arlhin,
Uommelaere, Kdens et Cauchois, Anderfrick,
llansini et Morone, Barlh, Umber, Van der
^^’('yde, Van Jizeren, Œtlingcret Fiessinger, etc.) .
Fppinger et llirschfeld en donnèrent une claire
descrijition d’ensemble, et à l’apimi de nombreux
cas eliniipies et anatoiiio-jialhologiques j’en coni-
[ilélais le tableau clinique, dont je, donne ici le
résumé, cl j’en délimitais la forme, surtout au
point de vue cliniipie.
Fn'réalilé la maladie correspond à une pilé-
thrombose ré'gionale gauche, particulièreuient
splénique, avec splénomégalie correspondante ;
on [leut dire dans certains cas (pi’elle est [irimi-
live pour indiquer qu’elle n’est pas consécutive à
une pilélhrombose Ironc.ulaire ou à une propaga¬
tion ihrombosique d'autres systèmes veineux voi-
Elle produit, par la stase, une splénomégalie
chronique même de très haut degré ; la rate pré-
1. IlwMONi) GuiiGoiui; et Emile-Wkil. « Les gu.s-
IroiTugics de lu splénomégalie ». Arch. des mal. de l'App.
digestif et de la Xutrilion, n” 6, t. XVIII, 1928, p. 60t.
2. Cesare Erugoni. — « Lu splenomegalia trombofle-
bilica primitiva ». Archivio di patologia e elinica medica,
192.). — I. La splenomegalia tromboflebiticn ». Minerva
medica, 1928.
sente, à l’observation, une congestion intense et,
souvent, des altérations seniblaldes à eidles de la
libro-adéide et, dans uu(,( proportion (pie seule¬
ment des recherches ultérieures pourront établir,
(l(‘s nodules de Gandy-Gamna, dont nous allons
La splénomégalie peut être très bien lidérée
par l’organi-sme pendant longtemps ; mais très
fréquemment elle produit une forme spéciale
d’anémie qui res.sembleà celle du lyjte Ranti. Les
observations de Tansini, Morone, Ejtiiinger, les
miciiinesel celles d’autres auteurs montrent enelfel
une oligochromoéinie avec valeur globulaire assez
bas.se, c’esl-à-diri) une anémie du type chloro-
ti([ue et du type aplastique ou anémopoïéti(|ue
fpas d’hématies avec noyau, ou très rares ; très
peu d’élénientspolychronlatophiles et à substance
granulofilamenteuse), avec une leucopénie très
accentuée (jusqu’à 2.000 et même moins dans
quelques observations),, dans certains cas (Fru-
goni) on a de la lymphocytose ; les résistances
globulaires sont normales.
Mais si les malades peuvent, même pendant de
longues années, supporter indifféremment leur
splénomégalie, il arrive souvent qu’à un moment
donné, soit à cause de la propagation du proces¬
sus thrombotique, soit pour d’autres raisons
(co,ntraclions sph'miques, etc.), la circulation san¬
guine est rendue plus difficile.
Si la difficulté de circulation se produit dans le
territoire de la rate, il en résulte, d’un ci'ité, une
stase iiiLrasplénique encore plus gravi-, et do
l’autre, à cause de la diversion du courant, nue
stase plus intense des veines (vaisseaux courts
par exemple) qui ont anormalenietii assumé la
fonction .splénifuge (Sacconaghi, Cerutli).
Si, au contraire, la dilTuisiouthrombophlébitiijue
atteint le tronc portai, il en résulte directement
une slxse ])lus étendue dans tout le territoire de
la veiuic porte et aussi de l’estomac.
Eu tout cas le rési'au gastrique, forcé de jilus
en plus, cède eu un [)oi.ut quelconque, et voilà
soudain survenir une ga,str(U’ragie pbis ou moins
grave. Telle est la règle |)our ces malades lors-
(pi’ils atteignent la phase avancée de la maladie,
que j,’ai appelée « période des hémorragies ».
Qu’il me soit permis, en elfet, de rappeler que,
dau.s la splénomégalie thrombophlébitique, nous
avons distingué deux périodes, fréquentes mais
jias obljgatoires :
La première,, ou auémospléuomégalique, pré¬
sente comme symptômes fondamentaux :
1” La splénomégalie chronique ;
2" L’anémie à type anémojioïétique avec leuco-
péuie accentuée et souvent aussi lym|)hocylose et
mononucléose.
Le diagnostic dillérenliel avec l’anémie sjdé-
ni([ue des adultes et avec la première phase de la
maladie de Banti est extrêmement (liflicile.
La seconde période, celle des hémorragies, est
caractérisée jiar les gastrorragies réiiétées, souvent
très graves, produites par les veines excessive¬
ment tendues par stase ou ])ar diversion.
Elles se (iroduisent en général à cause d’un
réveil d’une phlébite profonde, et, selon mes ob¬
servations, elles sont souvent accompagnées de
trois phénomènes ; diminiilioii de la rate, fièvre
et ascite.
J’ai constaté que l’ascite est transsudative, et je
crois qu’elle est l’expre-ssion de la propagation
thrombophlébitique vers le tronc |)ortal avec stase
inhérente.
Ces épisodes, une fois commencés, se répètent
très souvent et, dans la plupart des cas, provo¬
quent la mort.
La coexistence de l’ascite et de quelques signes
de température pourrait, ce qui en pratique n’est
pas rare, dévier h- diagnostic. Mais ayant observé
dans mes cas ipie le liipiide avait un caractère
nettement irmissiiihilif id ipi’il y avait [larallélisinc
■proportionnel et chronologiipie entre lièvre cl
ascite, j’ai admis ipic le <• priniiim niovciis h de
l'épisode était une poussée pldébiliipie, et (jtic
celle-ci produisait, |>ar la stase inhérente, la
rupture veineuse et l'hémorragie avec diminution
consécutive de la ralcj. J'ai admis aussi (]ue, par
propagation ceiilrijièle porlale et dilfusion du
processus de thrombose, soit à la inésara'iipie
supérieure, soit au tronc de la M-ine porte, il se
jiroduil une ascite sym|itomati(pie (]ni est. je le
répète, transsudative.
De rexlension et de la lixité de la tliroinbophh'- ■
bile dépi-nd l’évolution nllérii-iire de la maladie.
Elle peut, otl présenter le syiiqilôliie de la pyli'-
ihronibose chroniipie, ou inversement, en s aim'--
lioratit, soit jiar canalisation, soit [lar ntilisalioi
des voies collatérales Me siqijdéanee, taire dispa¬
raître les susdits }diénûmènes à tel point de
donner l’impression ([ue tout est rentré dans les
conditions primitives. Ge ipii ne correspond pas
à la réalité, car, une fois les poussées thrombo-
phléhitiipies et les phénomènes hémorragiipies
commencés, ils se répètent, .\nssi le pronostic
est grave, soit à cause de l’anémie, très aigiii- et
(pii lient être mortelle, soit |)aree que jiliis tard
pourra facilement s’établir h< lahleaii cliniipie de
la pilélhrombose avec ses conséijiieiices bien eon-
Loi-s(|ne les hémorragies ont eoinmeiieé. sur¬
tout suivies de lièvre et d ascite, si ces derniers
symptômes rég-ressent et disparaissent, le tableau
cliniipie est tellement tyjiique, (|ii’il est iiiqios-
sible de .se tromper de diagnostic. Toiltelois la
cirrhose de Laennec, la maladie de Banti à la
troisième période et l’éventualité d’une spléno¬
mégalie jirimitive. compliipiée de phénomènes
vasculaires, se prêtent à la discussion.
Nous croyons ipie la division que nous avons
proposée, en deux périodes d’anémie et d’hémor¬
ragie. a son im|)ortaiiee pratique, d’abord pour
le traitemenl et le pronoslie, i-t puis surtout pour
une iolervention chirurgicale possible.
En général, dans lu iireiriière période, caracté¬
risée jiar l’anémie avi-c splénomégalie, rintervi-n-
tion trouve son indication rationnelle. Elle doit :
1" Frévi-nir la période hémorragique et la pro-
pagation phlébiliipie ultérieure dans le territoire
de la veine porti* ;
2" Enqiêcher (jii'avec le temps il ne s’établisse
dans la rate des perturbations fonctionnelles et
des alléralions de nature hémolysopoîétique iMi-
chelii, d’où anémie, leueo])énie aeeentuée, etc.
En outre, à cette période, la splénomégalie
thrombophlébitique ne peut être (pie très difiieile-
nienl dill'érenciée de l'anémie s]ilénique des
adultes de la première période de la maladie de
Banti. Dans les deux cas, la splénectomie est m--
eessaire; cependant, tandis ipie l'évolution lente
de ces dernières formes peut jiarfois permettre
de retarder l’intervention, révolution irrégulière
et capricieuse de la splénomégalie llirombo-
phlébitiqiie demande qu’on intervienne h- plus
tôt possible.
Et, en ellet, dans la phase avancée de la maladie,
lorsqu’il n’y a plus d’ascite et qu’il est logique
d’admettre que d’autres brarielu-s de la veine ])orle
sont à leur tour thrombosih-s, l'intervention est
extrêmement dangereuse et le résultat en est plus
que douteux.
Tel est, en résumé, le tableau cliiii(|ue que j’ai
décrit. Il est beaucoup plus fréquent qu’on ne le
croit. Lui appartiennent, comme l'on peut en
Î.A PRESSE MEDICALE, Mercredî, 9 Janvier 1929
N” 3
34
juger eu examinant altentivenient les histoires
elini(|ues (Lusena), beaucoup de malades chez
<pii les auteurs l'raneais et algériens ont décrit
une mycos(> s])léni(pie.
Récemment l’Ecole italienne (D’Arhela, Cau-
tieri, \'illa. ainsi (pie mes assistants, les ])rofes-
seiirs Scimoue et Luseiiai y a ajijiorté de nouvelles
eontrihiitious e.liuiipies. (îre|)pi et ensuite Villa,
mil pu en particulier élahlir et constater à la
palpation et aux rayons ((u’il y a dans ces formes
une remaripiahle réduction du volume de la l'ale
sous l'aetiou de l’adrénaline. Ce symptéuue aurait
aussi une valeur au ])()iut de vue diagnostic dill’é-
II y aurait donc aussi une forme jiarticulif're de
s])lénomégalie, d’origine sanguine, contractile,
avec videmenl actif par adrénaline, de la même
fa(;on (ju'on a videment jiassif jiar hémorragie.
C’est pounpioi M. (irelipi jiose la (pieslion d’un
nouveau syiidronu' sjiléiiomégaliiiue cliniipiement
et auatoniicpiement ])rimitif, dû vraisemblahle-
ment à un virus angioti'ope. 11 serait caractérisé
|)ar la sjilénornégalie avec stase sanguine, con¬
tractilité intense fde la rate), infestation de no¬
dules de flamna, tendance à provoquer des pro¬
cessus thromhophléhitiques et hémorragies gas¬
tro-intestinales.
Sur ee point, Grepjii est d’accord avec notre as¬
sistant le iirofesseur Lusena (dont le travail va
paraître dans la informa mcdica fin de 1928).
Celui-ci a trouvé dans deux cas de s|)lén<)m(‘galie
thromhophléhilique. exactement diagnostiqués et
conlréilés ensuite anatomiipiemenl, des nodules
de (iandy-Ganina ipi’il interprète, d’accord sur ce
point avec l’Ecole française, comme de nature
mycosique jirohahle.
A l’aide de nomhi'eux cas cliniques, publiés
sous le titre de splénomégalie thrombophlébitique,
il en l'econstruit le diagnostic et se demande s’il y
a relation réciproque entre les deux faits. Grejipi
résout celte (pieslion dans le sens positif.
A notre avis, il n’est pas encore possible de
NOUVELLES RECHERCHES
son
LA BRADYCARDIE ICTÉRIQUE
Dar DUMITRESCO-MANTE
(le la Eaoiillô (1(* Muduciiie du Ducarusl,
Mâdi*cin-cln‘f à l’hopilal Rraiicovan.
d’après l.ES REÇU! RCIIIIS l AlTES EN COLLARORATION AVEC
D. HAGIESCO. Maria MAXIM ri C. PETRESCO.
La bradycardie ictéricpie, signalée pour la jire-
uiière fois par Rouillaud il8()4 , a suscité jiendaiit
(les années de nombreuses discussions jialhogéni-
(pies (pii paraissaient se résumel' dans cette for¬
mule, considérée jiiscpi'îl présent comme classicjue :
la bradycai'dieietéricjiie est, dans la grande majorité
des cas, une bradycardie totale, due à l’excitation
du vague par les sels biliaires, c’est-à-dire une
bradycardie neurogène hy pervagotouicpie, par
( holémie saline.
Mais les recdierehes récentes faites sur cette
(pieslion tendent à nous montrer cpie cet asjiecl de
la bradycardie ictéri(|ue, considéré jusipie hier
comme une vérité inlangihle, commence à subir
des inodilicalioiis et des conceptions nouvelles. En
(dl’et, les reidierehes (|ue nous avons entreprises
dans notre service et (pie nous poursuivons dejiuis
(leux ans nous ont conduit à des eonclusions
dilféreiites eu ce (]ui concerne les particularités,
ainsi (]ue la palhogénie, delà bradycardie ictéri(pie.
I. L'ollicixn MYOCAllDK,)! K Oti .Mîlt V lU SK DK
i.v liii.ADYC.viiDiK iCTiiiiignK. Interprété d’abord
eoiiime une fausse bradycardie, le ralentissement
du ])ouls ietéri(pie était considéré d’origiiu' myo-
eardi(pie, dû soit au bigéminisme extrasystoli(pie
oii la deuxième systole ne serait pas |)erceplible
à la radiale (bradys|diyginie ietériipie, llard,
ele.l, soit à la dissociation siiio-aiiriciilaire Josué
cl Relloir’).
Elus tard, (piand l’épreuve de l’atrujiine, jiré-
eoiiisée par Millier et Déhio, fut introduite dans
la eliiiiipie par N’aipiez et modifiée, eoninie nous
allons voir, par Daiiielopolii, l’origine myocar-
diipie (le la bradycardie ictérique coninien(,'a à
être mise en doute.
Sur une série de 11) ictéri(]ues bradycardiipies,
dont l.'î étaient catarrhaux, un syjihilitiipie, un
néoplasiipie et un autre |)ar ulcère diiodéiial,
nous avons fait" 22 épreuves comjilètes, d’a])rès
1. .losi é et Iti.i.LoiR. - « Les ((prouves (te ratropiiio
et (lu nitrito (l'ainylo dans les bradycardies n. l'aria mcill-
<■«/, 1U17, p. tt;t-t)8'.
2. Di mitiiksco-Maxtb. et IIac.if.sco. — Bull, de la Soc.
ined. de Bacareat. séanc(*s du 8 Octuhro 1027 et .v Mai
1928.
la méthode de Danielopolu, en injectant par voie
intraveineuse et à petites doses de 1/2 railligr.
2 fois la dose totale de 2 niilligr. d’atropine,
9 fois 2,5 niilligr., 8 fois 3 milligr., une fois
3,5 milligr. et une fois 4 niilligr. Dans tous ces
cas. l’action tachycardisante de l’atropine s’est
pleinement manifestée par une accélération du
pouls (pii est allée jusqu’à 120-130 et même
150 jnilsations par minute. Dans aucun cas
l’épreuve n’a été trouvée négative. Dans beaucoup
de cas, nous avons fait exécuter des électro-car¬
diogrammes avant ('t après l’administration de
ralrojiine (‘t nous avons constaté que les consti-
liianls des tracés restaient typiques et conser¬
vaient une succession régulière. L’espace RR
gardaili sa valeur normale. L’origine neurogèiie
de la bradycardie de nos iclériques était donc
démonlréc à la fois jiar l’iqn-eiive de l’atrojiine et
par les tracés.
Si l’on (ait des recherches bibliographi([ues, on
trouvera tout de même dans la littérature des cas
de pouls lent ietériipie, où l’atropine était restée
sans effet, où donc l'origine myocardiipie, semble-
t-il, devait s’imposer. Or, ce sont des cas sinon
exceiilionnels, en tout cas qui ne sont pas légion
(‘t (|ui n’échapjient [las aux critiques. Pour ne
donner qu’un seul exemple, prenons l’observation
connue de Crouzon et Le Play*. Les auteurs ont
injecté dans un cas de brady’cardie ictérique
1 niilligr. d’atropine par voie hypodermique et
ont constaté, dans deux séances consécutives,
que le pouls .s’est laissé très peu influencer par
l’administration de celle drogue. Dans la pre¬
mière expérience, le rythme est passé de 52 pulsa¬
tions par minute à (iO et, dans la seconde, do
49 à 54. La conclusion de ces auteurs, vu l’épreuve
de l’atropine négative, fut (]ue dans ce cas la bra¬
dycardie ne pouvait pas être d’origine nerveuse
et (pie le ralentissement du jiouls était dû à une
intoxication biliaire du myocarde même.
Mais, vu la voie d’administration, ainsi (jiie la
faible (piantilé d’atrojiine injectée, on pourrait
se demander si le pouls ne serait pas accéléré (ui
employant dans ce cas une dose plus forte d’atro-
' En effet, Danielopolu déjà en 1911, dans un tra¬
vail sur les troubles sinusaiix du rythme", eonclul
à l’origine nerveuse des bradycardies ictériipies,
et, jihis tard, il in.siste sur le fait ([iie les doses
('iiiployées antérieurement ])ar les auteurs étaient
insuffisanles et recommande d’injecter au moins
2 milligr. d’atropine.
D’aiitri' part, dans une publication antérieure.
lÎHoczox et Le Play. — « L’((preuvc de l’atropine
dans un cas de pouls lent ict(’'ri(iue ». Bull. Soc. med. des
Udp. Paris, n” 27, 19(17, p. 1602.
!. I). PAMEi.oaoLi . — Becista stiintelor medicale Buca-
J.aj|((|tj^l«|l^ll, p. 5
soutenir que la mycose splénique soit la cause
habituelle de la splénomégalie. La nature myco¬
sique de celle-ci n’est pas acceptée par tous
les auteurs, et parmi ceux-ci il y en a môme
qui se montrent très hostiles. Mais puisque les
nodules de Gamna-Gandy ont une /localisation
])érivasale, c’est-à-dire que les lésions qui suivent
les vaisseaux ont un caractère angiotrope, en
nous référant à ce que nous venons de dire, con¬
cernant les trouvailles de M. Lusena dans des cas
contrcMés de splénomégalie thrombophlébitique, il
est très évident que, quoique la (piestion de la
nature des nodules ne soit pas encore tranchée,
il faut se demander si l’origine la plus fréquente
de la splénomégalie thrombophlébitique n’est pas
à rechercher dans les conditions particulières,
d’origine parasitaire ou non, qui déterminent les
nodules de Gandy ou l’accompagnent. Cela en
toute indépendance de la valeur des lésions pour
ce (jui conceriu' d’autres maladies spléniques ou
extra-spléniques.
faite à la Société médicale des Ilôjiitaux de Buca¬
rest, nous avons signalé la grande tolérance des
ictériques vis-à-vis de l’atropine *. Pour pouvoir
paralyser complètement le vague, nous avons été
obligés, dans nos expériences, d’injecter 2,5-
3,5 milligr. d’atropine sulfurique et môme davan¬
tage Dans deux cas, en employant 1,5 et 2 niilligr.
(l’atropine, à peine avons-nous obtenu la première
phase de l’atropinisation ; la jihase vagotrope,
c’est-à-dire l’excitation du vague, et il nous a
fallu une quantité beaucoup plus élevée ])our le
paralyser.
Ou comprend d’ici jioiirquoi les doses plus
petites de 1,5-2 milligr. ne pouvaient provoquer
la tachycardie et pourquoi nous ne })ouvons
considérer comme cas démonstratifs (pie ceux où
l’épreuve a été effectuée av(‘c des doses supé¬
rieures ou au moins égales à 2 milligr.
D’ailleurs, si l’on emploie la méthode de
Danielopolu et sur laquelle nous allons revenir
dans un instant, on se rend compte facilement au
cours de l’expérience quelle est la (piaiitité néces¬
saire pour jiaralyser complètemeiil le vague.
Gomme première conclusion donc, nous pou¬
vons affirmer que la bradycardie ictérique loin
d’étre d’origine myocardique, sauf les cas d’affec¬
tion antérieure du coiur, est jiliitôt une brady¬
cardie totale nerveuse. La démonstration de ce
fait doit être vérifiée, à côté des tracés graphi¬
ques, par l’épreuve de l’alro})ine, à condition que
la dose employée soit suffisante et administrée
d’après la mélhodi' de Danielo[)olu.
IL La IlIlADYCAllDIE ICTKIIIQUE.NE liEI.ÈVE PAS
ToiMoiiiis d’une simple uypeiito'nie VAOALE.
A la suite des épreuves de l’atropine, les auteurs
ont été d’accord à admettre, dans les cas de bra¬
dycardie nerveuse ictéri(pie, qu’il s’agit d’un étal
d’hypertonie vagale qui expliquerait le ralentis¬
sement du pouls. Ce serait donc une bradycardii'
jiar hyiierloiiie du vague (hyperparasynipathico-
I,a conclusion nous a semblé erronée, car
l’accélération du pouls après l’administration de
l’atropine à un bradycardique prouve exclusive¬
ment, comme disent Frédéricq et Descanips",
que chez ce sujet le tonus du vague n’est pas
aboli, et nullement (jue ce tonus soit exagéré.
La tachycardie provoquée ])ar l’atropine peut
être due à la simple prépondérance du sympa-
1. Dumitresco-Mantk et IIagiksco. — Bull, de la Soc.
vicd. des JJdp. de Bucaresl, sôiuicc du 8 Octobre 1927.
2. On soit qu’en général la dose de 1,5 milligr. d’atro¬
pine est suffisante pour paralyser le vague Des essais
semblables ont été faits par nous chez les normaux avec
la même solution d’atropine employée dans les ])résentes
recherches.
:L Frédéricq et Descamps. — Arc/t. internationales de
Physiologie, l. XVI, Mars 1921.
LA P|RESSE ME|D1CALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
35
N» 3
thique liliéré de l’aclion l'rénalricc de son antago¬
niste : le parasYinpatliique. Cela n'inipliqne point
donc que le tonus vagal devait être forcément aug-
iiienté. Toutes ces considérations nous montrent
(pie l’épreuve de ratro|)ine faite d’a|)rès la méthode
des sira])les injections liy[)odermi<pies n’est ])as
suffisante pour nous édilier sur l’état du tonus du
système végétatif. La méthode eomliinée de Danie-
loiiolu ‘ en employant les injections intraveineuses
de petites doses répétées d’atro|)ine, associées aux
modifications du i-ylhme <pic produit l’orthosta¬
tisme, |)ermet d’éludier, séparément cl d’une
manii-re tWis pi'écise, le tonus des deux éléments
aulagonisti's végétatifs. C'est la méthode dont
nous nous sommes siu’vi dans nos reclu'rchcs.
Dans ce but, nous avons jiratiqilé cette é[)reuve
sur une série d’ictéricpies bradycardicpies et les
résultats obtenus ont été communiqués avec tous
les détails a la Société médicale des Hfipilaux de
Paris'. Tjcs rechci'ches faites ultéi'ieurement ont
■conlîrmé les jirembuvs et nous nous ])ermettons
de résumer ici les conclusions au([uellcs nous
sommes arrivés :
«) Ij’hyjiervagotonic pure a été trouvée seule¬
ment dans 15 pour 100 cas d’ictèrc'.
h) Dans les autres cas, le systiuue végétatif était
soit en hy[)oamj)hotonie avec prédominance para-
sympathi(pie (hy])oamphotonie avec vagotonie
relative), soit eu hypertonie avec prédominance
toujours vagale (amphotonie avec vagotonie rela¬
tive), soit hypervagotonie associée à riiyposym-
pathicotonie.
c) Dans un cas d ictlu'c avec légi-re tachycardie
nS8 pulsations), nous avons pu mettre en évidence
un état d’hypersympathicotonie jmre.
On voit donc (pic l’hypervagotonie pure, à
laquelle on altribuail cla.ssi(piement la brady¬
cardie nerveuse ictéri(pie, est rare.
D'ailleurs déjà en lf)2à, dans leur Irl-s intéres¬
sante publication, MM. Jancovesco et MlssirliuL
prati([uant l’épreuve de l’atropine et de l’orlho-
statisme dans plusieurs cas de bradycardie simi-
sale, ont trouvé une S('ule fois de la vagotonie
pure au cours d’ictère.
En ce (pii concerne le réllexe oeul(>-cardia(pie,
nous n’avons trouvé aucun ixqiport constant entre
celui-ci et h' tonus du parasympathique chez les
ictéri(jues.
111. Les IX.IECTtO.XS INTliAVEIXElSES DE SELS
IIILIAIIIES XE SE SOXT PAS MOXllilîES CAPABLES DE
DOXXEH UÉCULIÈIIE.MEXT LA BU A DYCAK DIE CHEZ LE
si’.iET NOU.MAL. - Lcs cxpérienecs restées classi-
(pies de Feltz et llittcr, Uohrig, Malesani, Parisot,
etc., faites sur le cd'ur de la grenouille et sur des
petits animaux comme le lapin, ont fait croire
longtemjis à l'action bradycardisante indiscu¬
table des sels biliaii'es sur le rythme cardiaque.
Tous les auteurs étaient donc d’accord à
admettre ([ue la bradycardie ictérique ne |)ouvait
èti-e que la eonsé(pience d'n l’intoxication du sys¬
tème nerveux cardiaque ]uii' les sels biliaires. Jai
bi-adycardie ictérique était donc une bradycardie
par cholémie saline.
Mais l’exactitude scientili(pie de cette assertion, .
malgré les recherches irniprochables des auteurs
mentionnés, ne pouvait pas être délinitivement et
suffisamment démontrée, jniisque les im'unes
recherches jiratiquées sur l’homme et dans des
1. I)ANira.OPou; et Cakxioi.. - « Kpreiives rte l'atm-
|iinp (ît (te l’ortlinsluli.sme dan.s l’exuriicn dn (systiuuc
iiervcux du oopiir étiez le sujpt iiol'inul ». Aivh. nia/atliox
(In cœur, lilZH, p. Kil. — « lîjieeuve.s de l’aleopine (U de
rorthoslali.smc dan.s nijpotonie et Iliypeelonie v((géla-
livp ». Arch. inaladics du cœur, IttiiS, ]i. 181.
2. Dc-Mitresco-Maxte et Hauiesco. — « Contributions
à l’élude du tonus végétatif dans la bradycardie ictéri-
que ». Bull, Soc. des IJôp. Parts, séanee 18 Juillet 1928.
p. 1221.
8. Jaxcovesco et .MrsslnLiu. — u Le tontrs (tu sy.ittèTUe
nervesix da'ns la liaadyen'rdie slnuaale ». Bull, de lu Sue.
iii(‘d. de.s lltip. de Buearcsl, 1921, )>. 100.
conditions |)lus rapiirochées de la clinique ont
fait ressortir, dans lé dernier temps, la faible
action bradycardisante des sels biliaires sur le
rythme du ca>ur.
' En effet, d('jà en lf)21, .M.M. Dilberl, Chabrol,
Bénard ont pu constater une discordance qui exis¬
tait quehpiefois chez les h('])ali(pies entre le
nondire des pulsations et la tension superficielle
des urines.
D’ailleurs, dans une de nos |)ublic, allons laites
en 1927 sur un cas d’ictèi’c dissocié, |)uremenl
pigmentaiiV', sans cholémie saline, nous avons
tout de meme . . staté la bradycardie. Nous nous
])Osi()ns dès lors la (picslion si les s(‘ls biliaires
étaient réelhunenl les éléments cajiables de jirovo-
(pier la bradycardie ictérique.
Plus récemment, Bariély ‘, dans sa très intéres¬
sante thèse de Paris (19271, montre (pie, en répé¬
tant les classi(]ues expéi'iences dans des condi¬
tions sjiécialcs et en injectant les sels biliaires ])ar
voie veineuse ou soiis-cutaiiée à doses répétées,
aux la])iiis et aux chiens, la bi-adycardie n’ajipa-
raissait |)res(pie jamais. Devant une semblable
incertitude relative au réile des sels liiliaires dans
le mécanisme de la bradycardie ictéi9(jiie, il nous
a semblé (ju'il n’était pas sans intérêt de reprendre
cette (juestion et nous nous sommes proposé de
refaire les expériences d’abord sur h' singe, pour
passer ensuite à l’homme même. Les résultats
obtenus cIk'z le singe, consignés dans une com¬
munication faite à la Société de Biologie, réunion
roumaine', nous ont conduit aux conclusions sem¬
blables à celles obtenues par Bariéty.
Après l('s expériences faites sur le singe, nous
avons réjiélé, dans des conditions beaucoup jdus
jirécises, les mêmes expériences chez l’homme
normal en lui injectant jiar la voie veineuse des sels
biliaires séparés, ou mélangés dans des pro))or-
tions voulues '. Les résultats obtenus ont été eom-
niuniqués à la Société de Biologie, réunion rou¬
maine, dans les séances des 7 et 21 Juin 1928.
En laissant de côté les détails des expériences
<pu' l’on trouvera dans les communications men¬
tionnées, nous retiendrons seulement les faits en
rapport avec la (juestion (jui nous intéresse ici.
En effet, dans le jiremier groujie (l’ex])ériences,
les injections séjiarées de glycocholate ou taiiro-
cholate de soude, eu solution de 10 pour KtO. à
jietites doses réjiétées (0,20-0, ,50 gi\ jiar fraction
toutes les cin(| à (juinze minutes, en total 2-à injec¬
tions, nous ont conduit aux conclusions suivantes :
1“ L’action bradycardisante sur le jiouls a été
insignifiante Jiour le taurocholate et jircs(|ue
nulle pour le glycoeliolate de soude.
2," Les injections de taurocholate et glyco¬
cholate de soude mélangées en jirojiortion de 1 7
ont eu comme effet, dans la moitié des cas, un
l('‘ger et jiassager ralentissement du jiouls.
Dans un cas, nous avons vu l’apiiarition d’une
arythmie extra.systolbjue, rajiideim-nt disjiarue
après les |)i(|ùres,
8" Les injections de taurocholate et glyccK'ho-
late de soude mélangées* en jirojiortion de l/,’5
ont provmjiié dans la majorité des cas (7.5 ji. 100 ,
et contrairement à t(j-ules les autres exjiérii'iices,
une bradycardie manifeste. Dans le reste des cas
(25 pour 100], la modification du pouls a (’9é
jiresijue nulle, sauf dans un cas où nous avons
observé de nouveau rajijiai'ition d’une arythmie
cxtrasystoliipie passagère. Les exjiéricnces liiites
1. ItAKIÉTï. - .. Dos sois bil-iairos ». Thè.HC. Paris, 1927,
Ariielte, (■■dit.
2. DrMiTiiEsto-.VlAXTi: (U Hauiesch. Laotien dos
iTijootions do si-Is fiiliairos sur le n thino du poufs olioz
le singe iMirinHl ». .S’oo. de Biol., réunion romuninc. soanoo
du 17 Mai 1928.
3. Les sels biliaires .purifiés ont iùji préparés jiar ta
maison HofTinnnn-Laroobo, de Bâle.
h. On sait que le rapport 1/8 s’approoliorail do la ooiu-
positiou do la bile vi^sionlaire, tandis opir lo rajiport 17
oorros|)oudrail, d'apri's llammorston. plutôt à la bilo ili-
la lisluto biliairo.
Jiar nous, ainsi (juc celles mentionnées jilus haut,
av^aienl suffisamment renforcé notre conviction de
l’action inconstante des sels biliaires sur le
rythme du pouls normal, lorsque, pendant la
rédaction de nos articles, nous avons jiris con¬
naissance de deux nouveaux travaux très intéres¬
sants (le MM. 11. Bénard et M. Bariéty*, et de
MM. E. Chabrol et M. (Maximin' parus presque
eu même lemjis, portant sur le même suj(*t et
aboutissant à des conclusions analogues aux
fie (ju’il y a d’intéressant, c’est (jue ccs'auleiirs,
et surtout les derniers, ont iiijeelé des doses de
sels biliaires beaucoup jilus élevées (juc les nôtres
(jus(pi’à 8 gr.’i, réalisant ainsi des cholémies
salines de beaucouji sujiêrieures à celles obser¬
vées habituellement dans l’ictère et les résultats
ont été les mêmes ; aucune action bi-adycardi-
Par c(insé(juent, sans nier d’une façon catégo-
ri(jue les jirojiriétés bradycardisantes des sels
biliaires, car le mélange de ces sels nous est sou¬
vent ajijiaru dans nos recherches comme un fac¬
teur bradycai'disant. nous ne jiouvons tout de
même pas en affirmer le rôle exclusif et indiscu-
labh' (jiie les auteurs elassi(jues voulaient leur
donner dans le mécanisme du ralentissement du
Jiouls icléri(jue.
1\'. La CllOLIXEAVCME.XTl; dans le saxo de nos
lOTÉBKJUES BBADYCABDKJl ILS. IctÈBE BBADYCAB-
DKJEE SAXS CIIOLÉ.MIE SAI.IXE MAIS AVEC IIYPEB-
CHOLIXÉ.MIE. IcrÈBE. TACllYCAUDK.lUE AVEC CHO¬
LÉMIE SAI.IXE MAIS SAXS lIYI’EliCIIOLlXÉMIE.
Toutes ces récentes exjjéi’iences ne jiouvaient
donc Jilus démonti'er sans réserve la théorie
classi(jue du mécanisme de la bradycardie icté-
riijue Jiar cholémie saline, d’àulant jilus (ju’il y a
en clini(jue des cas d’ictère franc sans brady-
cai’dic, (juebjuefois même avec de la tachycardie,
(les cas d’ictère dissocié avec bradycardie et des
cas de bradycardie ]iost-ict('Tiqne.
((jnelles antres substances jiouvaient donc être
incriminées comme jirovocatrices de cette brady¬
cardie au eoui's de l’ictère
Un commencement de réjionsc a été foi-niuh'
dans notre communication faite le 24 Juillet 1928
à r.4cadémi(> de Médecine de Paris*. Suggérés
Jiar Idjiiiiion et les très belles recherches du jini-
fess('ur Danielojiolu, nous avons relaté alors
quelques observations d’ictère bradycardiijue
sans cholémie saline où nous avions étudié la
teneur du sang de nos malades en jiotassium, cal¬
cium et cholinc. substances cajiables d influencer
le tonus du système neuro-vé'gétatif. (Iri sait (jiie
la cholinc* est. avec le jiotassium, surliiut jiara-
symjialhicotrojic, tandis (jm- le calcium' jii-ésenle
de faibles jiiCojiriétés sui'lout sy mjiathicolrojies.
Nous avons noté alors l’augmentation de la cholinc
sanguine chez nos ictériijues bradycardiijucs.
Diqiiiis cette note, nous avons eu l’occasion
1. II lil'xAllll et M lUlol n. .. Les sels blliiiire»
cint-ils nue nelinn braciyeardi.'.nnte ? » Soe. de Biol.. Msinn-
dn 12 Mai 1928, n" Ifi, p. 1897.
2. K. (fiiAiiinii. et M. Maximin. - » Keclierebes sur la
(‘llnltniiie saline ». Paris nièdieal, 19 .Mai l'.l28, p. 'il'i.
8. lu MiTiii sco-Manti , llAdirsco. Maxim et Pi ti;i si o
- » Sur le ini'eanisnie de la liradyrardie ietériipie : lii’a-
dyeardie sans eholéinie saliin* mais avi‘e i-lndinéinie ».
liull. de l .iead. de .Ved. de Paris, séanee dn 2'i .Inille
1928, 11" 8(1, 881.
'i 1. inipni'tanle aelivité |>barinuendynaniupie de la elm-
linigteinjis (riionnone xagale de Ln’wi s MAI. A'illarel el
,1 nslin-lîesancen nul insisté dernièrement sur l'aetinn tre»
iin)iiirtanti‘ dn déri\é nei'*l\lé .aeêlyl-elitdinei iju il» nat
introduit jinur la lireinie.re fois en tlierajientiqne \nii .
Vil I.AllET et .Il sIlN-llEsAN(aiN. Bull, de l Aeail. de
Méd.. soam-e dn 17 Avril 1928; La Presse Médieale. n" 88.
1928, i». :>98; Paris lué.dical, ii 2i;, 1928, ji. ;.89,
.8. Le dosage dn jioLussiuui et dn cnleium dans le sang
total a éti‘ pratiqué d’njirès la nii'tliiide de Kranier et
TisdalJ iJ.aiia. Biol. Cliew.. 1921, p. 228, '|81}, el ecdni d.'
la elioline il’ajiri's le prineijie de la iné-tliodi' ainérieaine
Stuilh Sharpe Bioeeni. Jourll., 1. ,\V11, 1928, q., 'il.'iZ].
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
N“ 3
3G
d’étudier eneore, dans i)lusieurs autres ras, la
clioliiiéinie chez les ictéri(|ues et nous allons nous
eHoreer de résuiuei' ici nos eonelusioiis fifénérales
à cet éf-ard :
^ oici d aluird les |•ésunlés de nos exi)éri<'nees :
OiisnivATK.N I. L, (ili., l'.taus. Ictère eatarrlial
dissocié ( réleiitioii pifçiiientaiee sans elioléinie)
Bradycardie inanifeste continuelle, l/éprcuvc de
l’atrojjine positive. I/électrocardioi;i'aniinc normal.
Voici les cliilVi'es des trois sulistances trouvées dans
le saiifi; total : K=:l'ili,7 niilli};r. pinir 100 (normal :
I50-'J00 millifîr. iniui' lOOl; (la = l(),5 milligr. p. 100
inormal : O-ll millipr. p. lüOi ; (’dioline : 11,1)8 milligr.
ixmr 100 (mirinal : l,'i-2,0 milligr. inmr 100*1.
Donc : aiifimriitiitiiin du nilritim. niais siuluut de
la rhulina saitfiaiaa.
OiisFUv.v nos II. - (lav., ans. Ictère eatari-hal
avec périodes de dissociation. .Malgré 1 intermittence
de la dissociation, la Lradycardie était continuelle,
lülectrocardiogramme normal. L’épre\ive de l’atropine
positive. K = 188,5 milligr. j), 100; (la = 10, 4 mgr.
pour 100; Clioline =;!,22 milligr. ])our 100.
Donc : uafiinralalian du ralriain. mais sarhial de
la rliiiliaf.
Oasiav.enos 111. Str. (i.. 21 ans. Bradycardie
pridongée longii'injis après l'ictère, l’emlant la
tenaient de s(ds hiliaires; la elndémie jugmentaire
normale, la tension siii)erlicielle urinaire normale,
llay négatif, l/épimiive de l’ati'oiiine ])ositive. L’exa¬
men du sang donna : K = 178,4 milligr. pour 100;
('.a = 21 ,0 milligr, p. 100 ; ('.lioline ; 4,2 milligr. p. 1 00.
•Vprès nue <li/.aine de jours, la bradycardie dis¬
parut prescpie brus(|nement. Le sang contenait à
eette é|)0(|ne : K = 152,4 milligr, j)OUr 100; (la
r=17,4 milligi’, p, lOO; (llioline : 2,20 milligr, p. 100.
Donc : ua^mralaliiin arraatuàa du ralcium rtcee
aai^nifiitatiaa e./ ee.v.và'e f/e la rhalina saa^aiar iira-
daat la iiliasa lifadtjcardiijaa. dimiaatiaa du tau.) de
ces sahslaaces apei’s la dispneilioa de la hradi/-
eacdie.
( lasi avATio.x IN'. ,\ed. I’,, 28 ans. Ictère catar-
rlial flissocié liclère pigmenlairel. Bradycardie mani¬
feste et persistante lantour de 58). Mlectrocardio-
grainme normal. Le 12 .Mai 1028 on trouve : K
= 1 12. t) milligr. p. lOt); (la = 12,0 milligr, p, 100;
(llndine = 2. 1 4 milligr, pour 100,
Donc : légère augmentation du calcium, augmen¬
tation un peu plus accusée de la choline, diminution
du potassium.
Le 18 Mai 1928, Guérison clinique de l’ictère, CIio-
léinie pigmentaire normale. Pas de cholémie saline;
les urines normales. Malgré la normalisation des
signes cliniques et do laboratoire, le pouls remonte
à peine à 70 pulsations par minute. Dans le sang
nous avons trouvé : K = 171,0 milligr, pour 100;
Ca = 14,7 milligr, p, 100; (llioline ; 2,1 mgr, p, 100.
Donc : malgré la diminution de la calcémie, la
cliolinémie se maintient presque au même chi/f're et
le pouls reste toujours au-dessous de la normale.
Oiisi-iivATiox V. (1. l'ior., 28 ans. Ictère catar-
rbal. taebycardiipie, 84 pulsations jiar minute.
K = 104,62 milligr. p. 100; (la = 11,6 mgr. p. 100;
(llioline = 0,7 milligr. pour 100.
Donc ; ictère tarliijcardiqae arec cholémie saline,
OiisFiiVATiox VL M. Poen., 26 ans. Ictère catar-
rlial. Pigments et sels biliaires présents dans le
sang. Bradycardie = 54. K = 103,5 milligr. p. 100;
(la = 19,6 milligr, p. 100; Gli = 3,22 milligr. p. 100.
Donc : augmentation du calcium et surtout de la
choline sanguine.
OiisFiivATiox VIL J. B., 27 ans. Ictère bémoly-
tiqiie. Pouls =80. K = 88,98 milligr. pour 100;
(la = 7,2 milligr. p. 100; (llioline : 0,49 mgr. p. 100.
Donc ; ictère hémoli/liqae tachqcurdique, arec
diminution de la choline.
l'in cxaiuiiianl de jirès toutes ces oliservations,
on [leut se rendre coinplo (lue, à part les inodili-
eations ])eu iruportantes du K sanguin, à ])arl
raugineiitation assez iiniiortante du (la sanguin,
ce (pti nous a frappé dans nos recliendies a été
raugnientation, (pudtpiel'ois excessive, de la elio-
line sanguine, (le (ju’il y a eneore d’intéressant à
signaler c’est tpte nous avons surtout étudié à cet
égard des cas d’iet(‘re dissocié (rétention pigmen¬
taire |)ure ; obs. 1, 11, 111 et IV) où, l’électrocar-
diograninie étant normal, la bradycardie ne jiou-
vait être explitpiée ni [lar cholémie saline ni jiar
lésion myoeardiijue. l'iii échange, dans tous ces
cas, nous avons ))u enregistrer une cliolinémie
assez importante.
11 faut retenir le fait que dans les observa¬
tions V et Vil (ictères tachycardi(iues) non seule¬
ment la cliolinémie n’était pas augmentée, mais
(‘lie se trouvait au-dessous de la normale.
(lo.XCLCSlOXS CIÎ.MÎItAI.IiS.
I. - - Dans les cas d’ictère étudiés par nous, la
bradycardie ictériijue, ipii était une bradycai’die
totale, nerveuse, ne relevait jias toujours d’une
simple hyjiertonie vagale. L’hypervagotonie pure
classique des ictériques est rare; on trouve beau¬
coup plus souvent des ictères hypoamphoto-
niques, des ictères hyperamphotoni([ues et m(''me
des ictères hypersympathicotoniipies.
II. — Les injections intraveineuses de sels
biliaires faites sur le sujet normal n’ont pu pro¬
voquer dans nos expériences que rarement et
d’une fa(,'on très inconstante le ralentissement du
pouls.
III. - - Dans les cas d’ictères étudiés jiar nous-,
la bradycardie ne jiouvait iBre expliquée, d’une
maui(;i'e satisfaisante, ni par l’action des éléments
de la bile, car la cholémie saline était absente, ni
par une lésion myocardique, car l’élcctrocardio-
gramme était normal et l’épreuve de Danielopolu
démontrait l’existence d’une bradycardie ner-
D’autri' part, loujoui’s dans ces cas, l’exanieu
du sang -total nous a montré des modillcations
intéressantes à l’égard de sa teneur eu : K, Ca et
surtout une augmentation, (piehpiefois excessive,
de la choliiK' saug’uine.
IV. -- Nous n’avons pas pu enregistrer eette
cholinémiedaus les cas d’ietère taehycardique.
V. La bradycardie ictéiûque ne ])eut jilus
('■tre ex|)liquée exelusivemeni jiar la cholémie
saline, dont le rôle jiathogénique diminue sensi¬
blement à la suite de ces réduites recherches. Les
grandes modilieations humorales des ictériques
ne sont eertainement pas étrangères au méca¬
nisme du ralentissement cardiaque et nous nous
[lermettons d’aflirmer que dorénavant la choli-
némie doit jirendre Une iilace imjioi-taute dans la
jiathogénie des hi-adycardies ictéri(]ues.
M0UVE3IENT MEDICAL
\Æ CdLL VPSl S .VKU 1)1 1*01 MON
00 M PU CAT ION POST-OPÉRATOIRE
brilanniipies et américains ont l'apporté des
observations d’une curieuse eonipliealion pulmo¬
naire post-lraiiinaliipie on ])osl-o|)éraloire, (ju’ils
appellent atéleclnsie aiguë ou col/aj)sas aigu
massif du poanain. La sy mptomatidogie eu est
assez précise, mais la palhogénie très obscure,
(les fails sont peu connus eu b'i'anee, ipioiipie
MM. .lean (Jiiénii et Oberlin les aient exposés
dans un inénioire lort intéressant ipi’ils ont con¬
sacré' à la lineunionie |)ost-opératoirc .iiw/iires
t. b ('Mihiation de ta elioliuiiie jtigineiilaire a (‘li( faite
d’après le pi-aeédi- tle llyiaaas van dea lîei'g, eelb- de ta
rladi'inle sidine d après le proeédi- de Peteiikalfer. Dans
tpiebpies ras, mais adins pratiqué l’éprenve des liénineo-
('taient examinées eaneamitanonent an point de vue des
pigments l'r. tirimbert' et des sels liiliaires , r. Itav et la
lension siipertieielb*' . Tmiles res reetierrlies de laliora-
. . ni é-ti' rtqaUi'es el rigiaireiisenient eonlrôlées,
2 II y a des ailleurs Iliinl. (tiiggeiiheini. biitller) ((ni
donnent eoiiinie eliilVre norinal de la rtiotinéinie sanguine
variani entre .• 0,2-2 milligr. pour lUIl, eliilTres (pie
nous nvons adiqités dans nos ])uhlieatioiis antérieures.
M. Maxim, en l'•tudiant la eliolinémie elle/ l’Iiomme nor¬
mal. a troioé la rlioline variant entre : I. *4-2.1 milligr.
pour 100. dans le sang total.
médieo-chirargicales de l'ctppareil respiratoire,
tome II. 11“ 2. 19271. 11 n’est jias inutile d’attirer
à nouveau rallenlion sur ce sujet.
(let éliil pathologiipic, atélectasie ou collapsiis
aigu du itoumon, consiste eu ce (pt’uii lobe|)ulm()-
naire, ou titi jtotimoii tout entier, ou les deux
poumons semblent jtrivés d’air.
Les premiers cas furent observés en 1890, ])ar
W illiam Pasteur, chez des malades atteints de
|)aralysie diphlériipie ; plus tard, eu 1908 et 1914,
il eu rapporta de nouveaux cas survenus à la suite
d’o[)érati()ns abdominales ; il en nota la fréupience
assez grande (10 fois sur 201 complications pul¬
monaires ])osl-oi)éral()iresl .
Des fails de ce genre, assez nombreux, ont été
vus iieiidani la guerre à la suite d’irilerveiilions
ehirurgieales ou de Iraiimalismes. Plus réecm-
menl, llerlram Sollaiii, (lhevalier Jackson el
NN'aller Eslell ', Scott et .belson*, .Mastics, S[)ittlcr
et Mae .N’amce’, Saule* ont consacré à ce sujet
des éludes iiitéressanles.
4’oiei la deseription eliniipie (pi’on ])eut donner.
(Juehpies heures ou ([tiebjues jours ajtrès une
interveiilioii, le malade présente une douleur
lhoriici([ue, une dyspnée plus ou moins aecentuée,
avec parfois cyanose el tachycardie ; gcnérale-
iiieiil. il y a de la lièvre. Tantôt les signes initiaux,
(1 eataslrophiipies n, appellent d’emblée l’attenlioii
sur le poumon ; lanlôt le début est jtrogressif, les
symptômes pulmonaires et la dyspnée sont peu
aeeeiiliiés.
rexaiiieii du thorax, on
côtés esl mal, eu avant comme eu arrière el de
haut eu bas, parfois eu avant jusipi’à la elavieule,
parfois sur une moindre étendue ; l’autre côté esl
très sonore. Les vibrations sont abolies, (liiez
certains malades, le murmure vésiculaire est jilus
ou moins affaibli; chez d’autres, il est plus in¬
tense, avec soiiflle amphoriipic el brouehophouie.
Les esjiaees intercostaux sont dé|)rimés cl
Le signe le [dus remar([uable esl le dé|)lac,c-
meut de la jioitile du co'ur. Si la lésion siège à
droite, la jioiiite esl attirée de ce côté el les batte-
meuls sont ])er(.'us à di'oilc du stei'iium ; si la
lésion siège à gauche, la [loiiite bal très loin dans
l’aisselle gauche ; c’est le contraire de ce (jui se
[lasse dans les grands ('[laiiehemenis jileiiraux.
L’examen radiol()gi([ue fournil une image très
caractéristi([ue ; du côté malade, obscurité franche,
homogène, conqilèle, limitée à un lobe dans les
lésions [larliidles, étendue à tout le [loumon dans
les lésions totales. La eou[)ole (lia[)hragmali([ue
est immobile et surélevée ; h; (unir est déplacé,
attiré du côté malade, (lelle aseeiisioii de la cou-
[lole (lia[)hragmali([uc cl celle allraelion du C(nir
s’ex[)li(|ueut [lar ce fait ([tic le [lounion eollabé
occupe une [ilaee réduite.
L’examen br(inchosco[)i([iie r(''vèle souvent la
[irésetiee d’une quantité notable de mucus dans
les brouches.
L'ex[iecl()rati(iii, nulle au début, devient bientôt
[dus abondante, muco-[)urulenle ; elle n'a jamais
l’aspect rouillé ou jus d’abricot. .
La fièvre reste [leu élevée, ou bien elle monte
au botil de ([uel([ues jours à .‘19".
constate ([u'un de^
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
37
La guérison survient au bout de quelques jours
ou vers la troisième semaine ; dans certains cas,
c’est d’un seul coup, brusquement, que l’air em¬
plit à nouveau les alvéoles et que le poumon
reprend ses caractères normaux ; dans d’autres
cas, c’est progressivement, par petites zones, que
se fait la pénétration de l’air.
Des complications peuvent se produire, pneu¬
monie frappant le poumon collabé, ou pleurésie.
La mort est assez rare ; cependant des lésions
bilatérales peuvent entraîner une issue fatale, et
nous citerons plus loin quelques observations de
cas mortels.
La fréquence de ces collapsus pulmonaires est
difficilement appréciable ; pour certains auteurs,
tels que Mastics et ses collaborateurs, la plupart
des complications dites pneumonies ou broncho¬
pneumonies post-opératoires, attribuées à l’infec¬
tion ou à l’anesthésie, ne sont pas autre chose que
des atélectasies aiguës du poumon.
On peut décrire diverses formes cliniques. Sui¬
vant le siège, des formes lobaires, totales ou bila¬
térales. Suivant l’étiologie, on en voit qui suc¬
cèdent à des interventions abdominales, ou thora¬
ciques, ou abdomino-thoraciques, ou bien à des
traumatismes du bassin, de la hanche : tel le cas
curieux de Saute, dont nous reparlerons plus' loin,
qui a trait à un jeune homme souffrant di' la
hanche gauche depuis vingt-quatre heures pour
avoir longtemps sauté, et qui présente des signes
de collapsus du poumon droit. On a vu enfin des
cas de ce genre après une blessure thoracique
simple, non pénétrante, sans fracture de côte, le
<'ollapsus affectant le poumon du côté opposé au
iraumatisme.
Parmi les cas mortels, nous citerons quatre
observations rapportées par Bail" concernant des
malades opérés pour goitre exophtalmique. Voici
fune de ces observations : une femme de 52 ans
est admise à l’hôpital pour maladie de Basedow
associée au diabète ; le métabolisme basal est de
75 pour 100 supérieur h la normale ; on pratique
la thyroïdectomie ; pendant l’opération, la malade
présente du stridor inspiratoire. Dans les quatre
premiers jours, tout est normal; le cinquième
jour, apparaissent la dyspnée, la cyanose, avec
tachycardie et fièvre (SO^ô). On fait une trachéo¬
tomie. Des râles humides s’entendent aux deux
bases pulmonaires, et les deux bases sont mates ;
la pointe du creur bat en dehors du mamelon
gauche. Une radiographie montre l’opacité des
deux tiers inférieurs de l’hémithorax droit et de
la moitié inférieure de riiémithorax gauche.
11 y a donc collapsus bilatéral, presque total
■lu poumon droit, partiel au poumon gauche.
La malade meurt quelques heures après la tra¬
chéotomie.
Trois autres observations tout à fait analogues
sont rapportées par Bail.
En ce qui concerne l’anatomie pathologique,
nous résumerons les constatations faites par cet
auteur. Gliez la malade dont nous avons rapporté
I histoire clinique, on note que les lobes supé¬
rieurs des deux poumons ont un aspect très diffé¬
rent des autres lobes ; les premiers sont de cou¬
leur bleuâtre, gris rosé, et sont de volume nor-
riial ; les lobes collabés, au contraire, sont de
couleur rouge pourpre et ont des dimensions très
réduites. A la coupe, le couteau fait sourdre une
petite quantité de sérosité sanguinolente. Trachée
et bronches sont encombrées de mucus ; pas d’em¬
bolies pulmonaires. L’examen du larynx montre
aiii! atteinte du nerf récurrent gauche, et il faut
uoler que chez trois des malades de Bail cette
"léine constatation a été faite.
A l’examen microscopique, une partie des
alvéoles est collabée ; on y trouve des leucocytes
mononucléaires et des lymphocytes, de rares
globules rouges, peu de sérosité ; pas de lésion
des bronchioles, pas de thrombose vasculaire.
Chevalier Jackson a fait des constatations né¬
cropsiques identiques : atélectasie diffuse, com¬
plète en beaucoup de points ; il ne jiersiste aucun
vestige des cavités alvéolaires ; les parois alvéo¬
laires sont étroitement tassées ; leurs capillaires
sont manifestement dilatés, tous les petits vais¬
seaux du poumon sont congestionnés, bourrés de
globules rouges. I.es bronchioles contiennent un
exsudât riche en fibrine, avec, dans ses mailles,
des poly et d(!s mononucléaires. Sur les parois
bronchiques et dans les espaces péribronchiques,
il n’y a pas de lésions inflammatoires rappelant
celles de la pnt'umonie franche.
Connaissant les symptômes et les lésions de ces
collapsus aigus du poumon, peut-on se faire une
idée de la pathogénie? S’agit-il d’une pneumonie,
d’une broncho-pneumonie, d’un œdème aigu du
poumon? La clinique et l’anatomie pathologique
ne sont pas en faveur de ces hypothèses.
Le’s auteurs admettent qu’il y a un véritable
collapsus, que les avéoles jtulmonaires se vident
d’air, que le poumon collabé se rétracte, attirant
à lui le cœur et le médiastin. Par quel mécanisme?
Deux explications sont possibles : obstruction
des bronches, et troubles respiratoires d’origine
mécanique ou nerveuse.
En faveur de l’obstruction bronchique, il y a
les observations de Chevalier Jackson et Estell,
qui constatent, par la bronchoscopie, l’existence
de sécrétions bronchiques, agglomérées parfois
en croûtes épaisses, assez volumineuses pour bou¬
clier complètement une grosse bronche. A l'au-
lopsie d’un malade mort de collapsus pulmonaire
après intervention pour hernie étranglée, sous
anesthésie locale, ils trouvent dans les bronches du
lobe collabé des amas de mucus purulent concrété,
organisé. Hearn et Clerf' ont fait des constata¬
tions nécropsiques analogues. D’autre part. Cheva¬
lier Jackson a pu suivre, par l’examen lironcho-
scopique, la disparition de ces bouchons muqueux,
en môme temps que se produit l’amélioration cli¬
nique et que l’aspect radiologique redevient nor¬
mal. Il insiste donc sur l’utilité de cette explora¬
tion qui contribue à la fois au diagnostic et au
traitement ; de fait, en favorisant l’évacuation
des bronches, elle amène la guérison en quarante-
huit heures.
Le collapsus aigu du poumon serait donc dû â
l’obstruction bronchique, suivie de l’absorption
par la circulation jnilmonaire de l’air emprisonné
dans les alvéoles; l’obstruction serait elle-même
favorisée par un ralentissement des mouvements
respiratoires, causé par la douleur thoraco-abdo¬
minale, par la position de l’opéré dans le lit. Sans
doute des accès de toux, véritable réflexe de
défense, dégageraient les bronches; mais, si le
malade ne tousse pas, elles restent obstruées.
D’après d’autres auteurs, il faut accorder une
influence prépondérante aux troubles de la fonc¬
tion respiratoire.
Est-ce la respiration diaphragmatique qui est
troublée ? A' a-t-il une paralysie du phrénique ?
Mais nous connaissons bien à l’heure actuelle les
conséquences de la phrénicectomie et la bénignité
de cette intervention. Il est vrai que M. Lerichea
observé deux cas mortels, rapportés dans une
communication de AIM. Sergent, Baurngartner
et F. Bordet’. « Dans le premier, la mort survint
le lendemain de l’intervention et fut précédée
d’un point de côté brusque et d’une série de
symptômes qui, en l’absence d’autopsie, laissèrent
supposer que, chez ce malade atteint de tuber¬
culose pulmonaire caséeuse unilatérale, il s’était
produit un pneumothorax avec emphysème mé¬
diastinal. Dans le deuxième cas, le malade
mourut d’asphyxie sur la table d’opération; les
constatations nécropsiques permirent de con¬
clure à une inondation bronchique du côté
opposé. » Ces observations sont difficilement assi¬
milables aux faits de collapsus aigu du poumon.
— D’ailleurs, du point de vue expérimental, la
section des deux phréniques â la base du cou ne
fait que changer la forme de la respiration chez
les animaux, chiens, rats, qui ont, comme l’homme,
le type respiratoire costo-abdorninal ; cliez eux,
le jeu des autres muscles inspirateurs suffit à assu¬
rer l’acte respiratoire, tandis que chez les animaux
à type respiratoire abdominal, lapin, cobaye, la
[laralysie du diaphragme est pres<[ue toujours
définitive et la mort survient en 24 heures par
asjihyxie (Gley).
A' a-t-il une atteinte organique ou fonctionnelle
du pneumogastrique? ou du récurrent? Notons
(|ue trois des quatre malades de Bail avaient snlti
une atteinte opératoire d’un récurrent, mais c’est
là une condition exceptionnelle. Chez l’animal, la
section d’un récurrent entraîne la raucité de la
voix; celle des deux récurrents est suivie d’apho¬
nie complète; cette double section est siqiportét'
par les animaux adultes, mais elle entraîm' la
mort des animaux jeunes, aussi bien ipie le fait
la double vagotomie haute, car il se produit des
lésions inflammatoires des poumons, des broncho-
pneumonies (Gley).
S’agit-il enfin d’un trouble respiratoire d’ordre
réflexe ? A ce propos, nous devons citer tout au
long quelques observations de Santé. Un jeune
homme de 16 ans entre à l’hôpital, se plaignant
d’une vive douleur à la hanche gauche, qui a
succédé à des sauts prolongés exécutés la veille.
L’examen radiologique de la hanche ne montre
aucune lésion, mais celui du thorax révèle l’asjiei-l
typique de collapsus du poumon droit : opacité
dense, homogène; élévation de l’héniidiaphragrne.
La douleur de la hanche empêchait h' malade de
s’asseoir et de se coucher sur le côté gauche ;
mais après l’examen radioscopique on le remet
sur le brancard, couché sur le dos ; il ressent
aussitôt une douleur aiguë dans le thorax et pré¬
sente des sueurs assez abondantes. Deux ou trois
minutes après, une nouvelle radiographie montre
le côté droit du thorax parfaitement normal, par¬
faitement aéré. La guérison l'st définitive.
Convaincu que le sinqile changement de position
avait permis la brusque réinsufflation du poumon.
Santé essaye la même manœuvre dans un cas ana¬
logue. Un homme de 30 ans, chez ipii l’on a pra¬
tiqué une néithropexie (anesthésie â l’éther i,
présente, sept jours après, une douleur tlioraciijue,
avec fièvre ; on constate les signes cliniques et
radiologiques d’un collapsus total du poumon
gauche. La bronchoscopie révèle l’absence de
tout corps étranger et l'existence d’une petite
quantité de mucus, qui est évacuée sans qu’une
amélioration se produise. On fait rouler le malade
sur son côté sain; or, sous l’écran, on voit la
réinsufflation se produire, en commençant par la
périphérie ; les organes médiastinaux rejirennent
s’élargissent. L’amélioration est immédiate ; il ne
subsiste qu’une petite zone d’atélectasie dans le
lobe supérieur du jiournon.
Il en est de même jioiir un homme de 23 ans
atteint de blessures par couji de feu à l’abdomen
et au bassin; laparotomie exploratrice, sous éther,
qui montre l’absence de perforation.. Une radio¬
graphie du thorax révèle un aspect normal. Au
quatrième jour, signes cliniques et radiologicjues
de collapsus pulmonaire à droite. Etat station¬
naire pendant huit jours. A ce moment, sous
l’écran, on dit au malade de se tourner sur le
côté sain et de tousser ftirtement; comme dans les
observations précédentes, le poumon collabé
s’éclaircit rapidementj en l’espace de (juehjues
minutes; des quintes de toux ramènent une petite
quantité de mucus. Dans les jours suivants, le
malade manifeste une tendance à la récidive du
38
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, Ô Janvier 1929
N“ 3
collapsus; le seuljfait 'de se rouler sur le dos et
sur le côté sain rétablit les conditions normales.
r/intérét de ces observations s’accroît par la
publication de clichés radiographiques pris, en
série qui montrent la clarté réapparaissant à la
j)éri])hérie, la trachée revenant sur la ligne mé¬
diane, le bord du cœur redevenant visible ; tout
cela en l’espace de quelques minutes.
Scott et Jœlson’ admettent aussi le rôle d’un
trouble respiratoire réflexe. Chez un de leurs
malades, l’atélectasie pulmonaire se développe
successivement sur les deux poumons, après des
interventions pratiquées successivement sur les
deux reins, et chaque fois du côté opposé îi l’opé¬
ration. Chez neuf opérés qui restent constamment
coucliés sur le même côté, c’est de ce côté qu’on
voit api)araîtrc l’atélectasie. La position du malade
semble donc déterminer la localisation de cette
complication qui se produit sur le poumon déclive.
On voit combien est obscure la pathogénie du
collapsus pulmonaire post-opératoire ; mais, qu’on
admette l’obstruction bronchique par les mucosités
ou les troubles de la mécanique respiratoire, un
fait demeure, dont il faut tenir compte : c’est
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ D’OTO NEURO-OPHTALIVIOLOGIE DE PARIS
7 Novembre 1928.
Goitre basedowifié d’origine rhlno-pharyngée. —
M. G. Worms. Chez un malade de 42 ans, l’auteur
a [vu apparaîtic une hypertrophie localisée du lobe
thyroïde droit A la suite d’une infection rhino-pha-
1 yiigée. Un an (jliis tard, se surajoutèrent des signes
de maladie de Basedovv ; exoplitalmie, tremblement,
taeliycardie, asthénie, amaigrissement, modifications
'fous ces troubles disparurent rapidement après
l’alilation de la tumeur thyroïdienne (adénome).
1, 'auteur insiste sur l’étiologie particulière de ce
goitre (infection du rliino-pharynx) et sur le résultat
rapidement favorable de l’intervention chirurgicale.
_ M. F. Terrien pense qu'il faut faire des
réserves sur les relations de cause i\ effet entre une
maladie et l'infection des amygdales, et il rappelle
les excès de certains auteurs qui, pensant que nom¬
bre d’alfections oculaires ont une cause dentaire,
pratiquent des avulsions dentaires multiples au
moindre signe de névrite optique ou d’iritis.
Syndrome d’hypertension de la loge cérébrale
postérieure d’origine traumatique ; Importance de
l’Incidence fronto-occlpltale pour l’étude des lésions
de l’occipital. — M. G. Worms présente un malade
qui, depuis 2 ans, se plaint d’une céphalée occipitale
persistante, avec vertiges. Ces troubles seraient
apparus il la suite d’une chute sur la tète sans perte
lie connaissance ni hémorragies par les orifices natu¬
rels. 11 existe, en outre, une légère hypoexcitabilité
labyrinthique à droite.
Une radiographie pratiquée suivant l'incidence
fronto-occipilale montra une lissure linéaire de
l’éeaille occipitale, permettant de rattacher les trou¬
bles à leur cause.
Une ponction sous-occipitale améliora le malade.
L’auteur souligne l’intérêt de cette incidence radio¬
graphique, qui semble particulièrement favorable
pour l’étude des lésions squelettiques de l’étage
postérieur du crâne.
— M. Halphen a observé un cas semblable. Une
femme, après un accident d’automobile, présenta une
ecchymose sous-orbitaire, puis survinrent des ver¬
tiges et de l’asthénie. Une radiographie, eii l’absence
de tout autre symptôme, vint préciser le diagnostic.
Elle révélait, en effet, l’existence d’un trait de frac¬
ture au niveau de la petite aile du sphénoïde, en
dehors du trou optique.
Abolition du réflexe pupillaire à la lumière par
blessure du nerf optique. — MM. F. Terrien et
C. Renard relatent l’observation d'un malade ayant
un grain de plomb logé dans la partie supéro-interne
de l’orbite, près du sommet. Il n’existe aucune lésion
du fond d’œil, mais le champ visuel temporal est
l’obscurité aux rayons X de ce poumon collabé.
Tandis qu’au cours d’un pneumothorax le pou¬
mon rétracté reste clair, ici, au contraire, il est
tout à fait opaque, ce qui ne peut s’expliquer que
par une congestion vasculaire accentuée. Que cette
congestion et cette opacité puissent disparaître en
quelques minutes (observation de Santé) c’est un
fait difficilement explicable.
Le diagnostic se posera aveç toutes les compli¬
cations pulmonaires post-opératoires (pneumonie,
broncho-pneumonie, embolie pulmonaire, pleu¬
résie). Le déplacement de la pointe du cœur est
un signe capital, qu’on recherchera , avec soin;
l’examen radiographique est indispensable.
Quant au traitement, nous avons longuement
décrit les deux procédés préconisés par les auteurs
américains : bronchoscopie d’une part, change¬
ments de position d’autre part. A titre préventif,
on conseillera des exercices respiratoires systé¬
matiques après les interventions portant sur le
thorax ou l’abdomen; on évitera les pansements
aboli, ce qui fait supposer que le nerf optiqufe a été
intéressé dans sa moitié nasale. L’acuité visuelle de
cet œil est dc,l/10 environ. En outre, il y a abolition
complète du rellexe photoraoteur de ce côté; et on
ne provoque pas de consensuel par l’éclairement de
l’œil blessé, tandis que, si on éclaire l'œil sain, le
réflexe consensuel se produit normalement. Les deux
pupilles réagissent à l'accommodation.
Les auteurs pensent qu’il doit exister dans la partie
nasale du nerf optique un faisceau de fibres spécia¬
lisées dans la conduction des impressions lumineuses
vers les centres pupillomoteurs.
Déhiscences multiples des parois sinuso-nasales
au cours d’interventions pour céphalées rebelles.
— M. Wisner présente un malade atteint de
céphalées tenaces avec polysinusile ayant nécessité
l’ouverture successive des cellules ethmoïdales et
du sinus sphénoïdal du même côté. On constata
l’absence de paroi intersinuso-nasale de l’antre
d’I-Iigmore, et une déhiscence de l’os planum. Le
curettage des cellules ethmoïdales entraîna de l’exor-
bitis et une paralysie transitoire du 111°. Après
chacune des opérations, la malade fut calmée, mais
l’amélioration fut très brève. L’auteur se demande
si, malgré les réactions sérologiques négatives, on
ne pourrait pas invoquer la spécificité comme cause
des modifications osseuses et des céphalées.
— M. Halphen pense que, dans ce cas, la spéci¬
ficité est sans doute la cause des accidents, mais que
chez de nombreux malades présentant des céphalées
tenaces avec modifications de la muqueuse des sinus,
et auxquels les interventions n’apportent aucun sou¬
lagement, il s’agit probablement de compression des
nerfs sensitifs. Dans ces cas, une cocaïnisation locale
des extrémités trigémino-sympatbiques semble devoir
être leunoyen le plus efficace pour calmer ces cépha¬
lées d’origine nasale. .
— T.ournay signale la possibilité d’anomalies
circqjîliqjifes autour des terminaisons nerveuses,
coihihefdans les algies smpathiques ou les causalgies,
et aussi de causes d’ordre général.
— M. Worms, ajirès avoir souligné le rôle de
l’infection, même légère, des cavités sinusiennes, et
l’amélioration, souvent obtenue par la simple ouver¬
ture des cavités, rappelle que, dans de nombreux
cas, on découvre à la radio des lésions de périsinu-
site profonde. Chez ces malades, le traitement par
les rayons X lui a donné des résultats favorables.
— M. E. Velter pense que la syphilis a causé
l’ostéo-périostite raréfiante et rappelle les excellents
résultats qu’on obtient en pareil cas avec de fortes
doses d’iodure de potassium.
Paralysie du moteur oculaire externe à la suite
d’une extraction dentaire chez une tabétique. —
M. G.-A. Weill apporte l’observation d’une malade
présentant une céphalée aveç coryza purulent ancien.
On trouva une sinusite maxillaire et une carie de la-
première molaire supérieure di’oite. La dent fut
enlevée sans incident, mais après l’extraction appa¬
raît une paralysie du VI° du même côté. L’examen
trop serrés autour du thorax ou de l’abdomen; ou
veillera à ce que le malade ne soit pas toujours
coqché sur le même côté.
J. Rouillakd.
BIBLIOGRAPHIE
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massive collapse of the lungs », Annals of Surgéry,
t. LXXXII, n" 3, Septembre 1925, p. 364. '
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Surgery, t. XY, Août 1927, p. 155. '
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thyroidectomy ». Arch. of Pathology, t. V, n” 5, Mai 1928,
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de huit cas de phrénicectomic ». Bull, et Mém. Soc. niéd.
Uôp., séance du 8 Janvier 1926, p. 20.
de la' malade montra une abolition des réflexes ro'tu-
liens et achilléens. Le Wassermann était positif. i Le
traitement de la sinusite fit disparaître la céphdlée,
mais n’améliora pas la paralysie oculo-motrice.
L’auteur discute la palhogénio. de cet accident.
Est-ce une névrite spécifique? une paralysie par
thrombus due à l’infection dentaire ? Est-ce la propa¬
gation d’une infection à la pointe du rocher? ou enfin
et plus vraisemblablement une méhingo-névrite spé¬
cifique dont l’action paralysante fut déclanchée par
un phénomène réflexe à la suite de l’àviilsion den¬
taire. i ■
Présentation d’un malade atteint de strabisme
divergent et sursumvergent de l’œil ghuche avec
légère limitation de l’adductloii (champ du regard
rétréci de 15°); rigidité pupillaire du même côté,
avec parésie de l’accommodation. ^ — MM. F. Terrien
et G. Sourdille. — Ce malade aurait fait une .encé¬
phalite en 1925. Il a été hospitalisé en 1927, il.pré-
sentait alors une paralysie faciale gauche, une exa¬
gération des réflexes tendineux du môme côté avec
signe de Babinski bilatéral et une néphrite chro¬
nique avec 6 gr. d’albumine par litre. Ses troubles
oculaires, apparus à l’âge de 28 ans, avaient été alors
interprétés dans le sens d’un strabisme concomitant
post-encéphalique.
Les auteurs discutent ce diagnostic dans ce cas où
la gravité de l’atteinte rénale et l’aliénation mentale
de la mère du sujet permettent de penser à-l’hérédo-
syphilis touchant le système nerveux, et ils insistent
sur la difficulté du diagnostic des manifestations
tardives de l’encéphalite épidémique.
— M. Schaeffer pense que si la névraxite peut
avoir provoqué la diplégie spasmodique, les lésions
de néphrite semblent plutôt devoir être attribuées à
la syphilis, celle-ci ayant pu préparer le terrain à la
névraxite.
Syndrome de Weber avec paralysie verticale du
regard. — MM. Schaeffer et Oumansky. Une femme
de 43 ans présenta, il y a un mois, une parqlysie
complète de la III° paire gauche avec hémiplégie
droite (syndrome de Weber) et une paralysie. verti¬
cale du regard à droite. La paralysie des abaisseurs
fut toujours incomplète, mais celle des élévateurs
était complète au début, intéressant les mouvements
volontaires et automatico-réflexes. Wassermann
positif.
Actuellement, les troubles s’améliorent. La para¬
lysie des releveurs persiste, mais dissociée, car, si
les mouvements volontaires sont abolis, les mouve¬
ments automatico-réflexes sont en partie revenus.
Les auteurs pensent que cette paralysie dissociée
mérite le nom de syndrome de Parinaud, et que la
lésion siège dans une région où l’atteinte des fibres
delà grande commissure est possible. Il leur semble
que, dans le cas présent, cette paralysie dissociée
n’est pas due à un trouble du' tOnus, mais est bien
d'origine paralytique.
Sur un cas d’exophtalmie pulsatile spontanée. —
MM. F. Terrien et C. Cadilhac communiquent l’ob-
N» 3
LA PIRE SSE MÉDICALE, Meroredi, 9 Janvier 1929
sérvdlion d'une malade chez qui est apparue, il ÿ a
3 ansj une exophtalmie piilsatile de l’œil droit, douze
jours après un accouchement très pénible, L'afîec-
tion, après être demeurée stationnaire pendant 3 ans,
évolue depuis quelques jours, l’exophtalmie s’accroît,
et il y a des céphalées, avec douleurs oculaires. L’exa¬
men complet de la maladie ne révéla aucune autre
affection. Malgré cela, elle vient d’être soumise à un
traitement hydrat-gyrique.
Les auteurs rapporleht le début dé l’anévrisme aux
efforts faits par la malade au moment de l’accouche-
ment, une fiSsure carotidienne s’étant produite sur
liU, terrain préparé. Ils envisagent l’éventualité de la
ligature dès carotides.
G. Renaud.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
20 Décembre 1928.
Lésions osseuses chez un nain crétin myxœdé-
matéux. — M. Bérard présente un sujet de 39 ans,
mesurant 1 m. 10, dont l’histoire est banale ; ce qui
fait l’intérêt de là présentation, c’est une série de
radiographies qui montrent des lésions articulaires
et la persistance en certains points des cartilages de
conjugaison. Il existe, en outre, des lésions dystro¬
phiques osseuses rappelant celles de l’ostéite
fibreuse.
A propos de l’arthroplastie du genou. — M. Ta-
vernier présente une malàde chez laquelle il a prati¬
qué une arthroplastie du genou, suivant la technique
de Putti, pour une ankylosé consécutive à une arthrite
à gonocoques. Le résultat est bon, la flexion atteint
140°, une la'xîté latérale notable n’entraîne aucun
inconvénient. L’auteur insiste sur quelques points
têchniques très importants : nécessité d’utt sacrifice
osseux assez étendu si l’on veut obtenir plus tard une
bonne mobilité ; ne pas faire de sutures trop serrées
qui bloquent la rO'tule contre le fémur et favorisent la
soudure des dèux ds.
11 ëstîme, d’autre part, que l'arthroplastie ne doit
pas être réservée aux ankylosés dû genou consécu¬
tives aux arthrites infectieuses; les atrophies muscu¬
laires Importantes ne constituent pas une contre-indi¬
cation, car elles se restaurent très bien une fois la
mobilité articulaire rétablie. Les indications doivent
être étendues dans la tuberculose du genou ; l’auteur
à fait des arlhroplastiés dans de vieilles arthrites
tuberculeuses guéries sans réveiller la tuberculose et
il croit que l'on peut en faire dans des arthrites
tuberculeuses en évolution, dans des Cas un peu
anciens, chez des malades dont l’état général est bon
et dont les lésions sont déjà en voie d’évolution favo¬
rable. Un cas qu’il a pratiqué, il y a un un, dans de
telles 'conditions, lui a donné un résultat satisfaisant.
Résultat éloigné d’un cas de priapisme traité chi¬
rurgicalement. — M. Patel, chez un malade de
55 ans atteint de priapisme, qui avait résisté à tout
traitement médical, fit deux petites incisions de 2 cm.
environ des corps caverneux. La guérison lut ainsi
très rapidement obtenue et depuis deux ans et demi
le sujet reste guéri, avec des fonctions génitales nor¬
males. L’auteur insiste sur la simplicité de ce mode
de traitement et sur la nécessité de ne faire aucun
drainage, ni aucune dilacération du tissu caverneux
si l’on veut obtenir un bon résultat fonctionnel ulté-
— M. Chalier, dans un cas du même genre, a
associé une incision périnéale aux incisions des corps
caverneux, il fit un petit drainage capillaire qui
n’eut aucun inconvéuieut sur le résultat fonctionnel
obtenu.
Abcès froids de là paroi thoracfqüe d’origine
chondrale. — M. Ricard, après avoir rappelé que
la tuberculose chondrale primitive n’est pas généra¬
lement admise, au moitis éh France, apporte trois
observations d’abcès froids IhOraciguës dont l’origine
lui paraît uniquement chohdrale. Dans les trois cas,
le. cartilage seul était porteur de lésions térébrantes
sans que l’os ouïes articulations adjacentes fussent
atteints. Dans un cas, l’examen histologique montrait
d'é's -traces d’ossification ou au moins décalcification
du cartilage et la présence de vaisseaux dans ce car¬
tilage sous forme de capillaires situés dans lé voisi¬
nage de la lésion, mais ne présentant pas autour
d’eüx de manifestations inflammatoires. L’auteur
discute les hypothèses suivantes : s’agit-il d’un
début d’ossification et de vascularisation du cartilage
précédant l’apparition de la lésion inflammatoire,
qui se serait ainsi développée en raison dé cette
vascularisation anormale ; ou bien au contraire vas¬
cularisation et ossification sont-elles consécutives à
la propagation d’üne inflammation périchondrale
primitive? Il ne lui est pas possible de se prononcer,
mais en pralique un fait doit être acluellement
admis, c’est qu’il existe cliniquement une tuberculose
cliniquement primitive des cartilages costaux dont
le point de départ n’ést pas dans la côle, le sternum,
les ganglions ou la plèvre, mais bien dans le carti¬
lage lui-même, ce qui n’est admis actuellement que
par un petit nombre d’auteurs.
— M. Patel estime que, quelles que soient les
discussions pathogéniques, il faut admetti;e l’exis¬
tence d’une tuberculose chondrale primitive ; il en a
observé deux cas très nets.
Intervetition pbur cancer du pancréas. — MM.
Bérard et Afallef-Cruy, intervenant pour une volumi¬
neuse tumeur abdominale qui ressemblait a une
grosse rate, ont extirpé une tumeur épithéliale ma¬
ligne d’origine pancréatique dont la nature exacte
ne fut fixée que par l’examen histologique. L’opéra¬
tion put être menée assez rapidement, la masse
pesait 3 kilogr.
Après des suites assez agitées, la malade s’amé¬
liora, puis mourut deux mois plus tard.
— M. Villard fait remarquer que dans la chirurgie
de ces tumeurs le pronostic opératoire est très
différent suivant que l’intestin est ou non en contact
avec la tumeur. Le contact du suc intestinal entraîne
une digestion très rapide des sutures et les malades
meurent d’hémorragie malgré l’hémostase la plus
rigoureuse.
Pancréas aberrants intra-gastriques. — M. Leri-
che, chez un homme de 34 ans présentant des signes
do sténose pylorique, trouva à l’intervention une
tumeur du volume d’une noix juxta-pylorique qu’il
enleva par antro-pylorectomie. Histologiquement,
il s’agissait d’unè série de petits pancréas aberrants
en îlots, disposés autour d’une sorte de diverticule
ititra-pariétal.
Contusion de l’abdomen avec rupture de la rate,
du rein gauche et déchirure du diaphragme. —
MM. Guilleminet et Plancha (Pré.sentation de
pièces).
Elections. — M. Tixier est élu vice-président de
la Société pour 1929; M. Santy, secrétaire général;
MM. Ricard et Guilleminet, secrétaires annuels.
Erratum. — Dans la séance du 6 Décembre 1928
[La Presse Médicale, 0° 100, 15 Décembre 1928,
p. 1602), lire M Perrin et non M. Perrier, a propos
de la sténose hypertrophique du pylore.
H. Roland.
SOCIÉTÉ RIÉOICALE DES HOPITAUX DE LYON
18 Décembre 1928.
Traitement de la fièvre typhoïde par le sérum de
Rodet. — M. Pic, b. propos du procès-verbal, dit
que le sérum donne des résultats intéressants et,
sur ce point, il est d’accord avec M. Rodet, mais
avec MM. Chalier et Dufourt il n’est pas d’accord
avec M. Rodet sur la valeur thérapeutique qu’il faut
accorder à la sérothérapie. 11 se déclare partisan
convaincu de la méthode de Brand. Il considère le
livre de Tripier et Bouveret comme un véritable bré¬
viaire et il prétend que si l’on ne s’écartait pas de
ses directives les statistiques seraient meilleures.
Comme M. Etienne, de Nancy, il a vu des cas
d’aborlivation, mais tous les cas qu’il a observés ré¬
cemment et qui avaient été influencés favorablement
par la sérothérapie avaient été soumis très précoce¬
ment à l’action du sérum, tous avaient été traités
avant le 10“ jour. Les autres cas traités plus tard
n’ont pas évolué aussi favorablement, et il a fallu
Il a observé ces temps-ci 5 cas, tous pris entre le
8“ et le 12“ jour, et qui n’ont pas été impressionnés
par le sérum. Ils se sont tous accompagnés d’hémor¬
ragies. Ces six malades, repris par une autre mé¬
thode qu’il exposera dans la prochaine séance, n’ont
donné qu’un décès. Chez tous, il s’agissait d’une
affection ébertliienne pure.
Il demande donc a M. Rodet de publier toutes ses
statistiques. Il s’est reporté à ses publications anté¬
rieures et a constaté que ses statistiques arrivaient à
un taux de mortalité de 11 pour 100. Ce n’est que
par des éliminations successives que ce taux est
ramené à 3 pour 100. Or, les statistiques a l’époque
où lu métiiode de Brand était strictement appliquée
donnaient, un taux de 3,5 pour 100 et pourtant elles
faisaient étal de tous les cas observés dans plusieurs
services de l’Hôtel-Dieu de Lyon.
Il estime donc qu’il serait dangereux de conseiller
la sérothérapie aux praticiens a l’exclusion de la mé¬
thode de Brand.
— M. Rodet dit qu’il apportera des chiffres à la
fin de l’épidémie actuelle.
11 ne veut discuter ni les cas favorables, ni les cas
défavorables. Il fait simplement remarquer que, dans
les premiers foyers épidémiques, les résultats obtenus
avec le sérum ne sont pas les mêmes et il attribue
ce fait aux infections surajoutées. Il ne faut pas faire
un traitement systématique, il faut graduer le Iraile-
— M. Gravier demande à M. Rodet si sou sérum
est à la fois antitoxique et antimicrobien et il
s’étonne des petites doses préconisées par l’auteur.
Il est surpris aussi qu’il faille se baser sur la tempé¬
rature pour renouveler les injections.
Il a personnellement obtenu quelques résultats
mais en faisant du sérum è doses beaucoup plus
fortes et répétées tous les jours. Ces résultats ont
été obtenus surtout sur les signes généraux.
— M. Rodet dit que son sérum est antitoxique.
Quant à l’intervalle entre deux injections, il con¬
seille d’attendre 48 heures, car, en dépouillant les
observations, il a constaté qu’on obtenait parce pro¬
cédé de meilleurs résultats que par les injections
quotidiennes.
Il est de l’avis de M. Gravier sur la question des
doses à injecter. Il serait sans -doute bon de donner
des doses beaucoup plus fortes que celles qu’on a
employées jusqu’à ce jour.
Ce n’est pas par considération théorique qu’il a dit
qu’il ne fallait pas donner de bains, mais seulement
parce que les statistiques des cas traités exclusive¬
ment parla sérothérapie étaient meilleures que celles
de cas traités par l’association à la balnéothérapie.
— M. Dufourt constate qu’en observant des
courbes apportées par M. Rodet on ne voit pas de
différence entre elles et celles des malades qui ne
subissent aucun traitement.
Le sérum semble absolument dépourvu d’action
dans l’épidémie actuelle.
— M. J. Chalier, à propos de l’association des
bains et des sérums, constate que ses malades ne sont
sortis de leur étal de tuphos que lorsqu’il les a fait
La plus grande fréquence des comiilicalions dans
les cas où l’on associe les deux méthodes est une
grosse erreur.
— M. Pic hésitera toujours à faire du sérum à
un malade qu’il prendra après le 10“ jour. Il n’hési¬
tera, par contre, jamais à le faire baigner.
— M. Kodef demande à cequel’on inlensifiele trai¬
tement en employant des doses plus fortes.
Influence de la ponction lombaire chez les hyper¬
tendus. — M. Dumas (ü propos du procès-verbal).
Il ne faudrait pas généraliser les conclusions de
MM. Pic et P. Delore. Les décompressions chez les
hypertendus ont amené des accidents graves. Eu
1924-1925, dans les travaux qu’il a faits avec F. Con-
damin il était déjà arrivé à ces résultats. Il préfère
les injections intraveineuses d’eau, car c’est là une
méthode inoffensive.
Un cas de néphrose lipoïdique chez l’enfant. --
MM. G. Mouriquand, M. Bernheim et R. Puig
présenttfnl un enfant de 4 ans atteint de néphrose
lipoïdique, et chez lequel le régime hyperalbumineux
associé au traitement thyroïdien a amené la fonte
totale des œdèmes et une diminution considérable
de l’albuminurie. Se basant sur une observation anté¬
rieure et sur cette constatation que, chez ce malade,
le coefficient de Maillard était très élevé, les au¬
teurs se demandent si l’insuffisance hépatique ne
joue pas un rôle dans le trouble du métabolisme des
protéines, origine des œdèmes néphrosiques.
— M. Gallavardin . On ne voit pas toujours des
40 IA
cas aussi favorables dans cette affection. 11 a essayé
beaucoup de thérapeutiques chez un de ses malades :
le régime carné a eu une influence défavorable, de
même que le traitement thyroïdien.
— M. Jousset. Le rôle du rein est secondaire.
Une substance domine dans les épanchements, c’est
la lécithine.
Néphrite aiguë associée à une polynévrite et ter¬
minée par une tuberculose pulmonaire ; origine
bacillaire probable de ce syndrome. — MM. Savy
et Thiers rapportent l’observation d’une jeune ma¬
lade, atteinte d’adénopathie cervicale, qui présenta
d’abord au milieu de phénomènes fébriles une né¬
phrite hydropigène et discrètement azotémiqne,
polyurique et héinalurique au cours de laquelle
apparut une polynévrite curable. Dans les mois qui
suivirent, la malade lit une tuberculose pulmonaire
Ils rappellent un certain nombre d’observations où
on a constaté l’association d’une néphrite aiguë et
d’une polynévrite réalisant une forme clinique spé¬
ciale. Ils discutent ensuite l’étiologie de ce syn¬
drome; ils admettent que dans leur cas le bacille
est certainement en jeu dans la détermination rénale
et, selon toute vraisemblance, dans la localisation
polynévritique.
Hépato-néphrite pneumonique avec azotémie et
rétention chlorée , compliquée d’acétonémie et
d’une méningite cliniquement et anatomiquement
latente; discordance relative entre les états chi¬
miques du sang et du liquide céphalo-rachidien. —
MM. Savy et Thiers rapportent une observation
d’ictère grave ijncnmonique ayant présenté un cer¬
tain nombre . de particularités : 1“ Kxistence d’une
acétonémie intense (acétone dans le liquide céphalo¬
rachidien) sans glycosurie ; 2" rétention uréique avec,
comme manifestation clinique, de l’hyperthermie
associée à une rétention chlorée retrouvée dans les
tissus, alors que le chloi-e sanguin était fortement
abaissé ; 3" discordance relative entre l’état chimique
du liquide céphalo-rachidien (4.118 de Cl et 4 gr. 68
d’urée) et celui du sang (2 gr. 769 de Cl et 6 gr. 16
d’urée); 4“ le malade présentait en oiiti'O une mé¬
ningite à pneumocoques entièrement latente non seu¬
lement cliniquement mais encore anatomiquement.
L’examen histologique des méninges cérébrales ne
montrait absolument aucune trace de réactions mé¬
ningées inflammatoires ou autres. Les auteurs insis¬
tent à ce propos sur la fréquence des méningites à
pneumocoques chez les urémiques et sur leur latence
complète clinique et anatomique : seul un examen du
liquide céphalo-rachidien (cytologie et bactériologie)
arrive à les déceler.
J. Rousslt.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
19 Décembre 1928.
Fermeture cicatricielle totale laryngotrachéale.
Laryngostomie avec lambeau cutané supérieur ;
diminution de la période de cicatrisation. — M. Ja-
cod iirèsente une illlette do 6 ans, dont la ferme-
par deux intubations et une trachéotomie en Fé¬
vrier 1928. Ces cas de fermeture totale, deptiis l’ori-
lice de trachéotomie jusqu’aux cordes, sont rares,
l’auteur n’en a vu (|uc 2 sur 11 laryngostomies qu’il
U pratitpiées. Chez la malade ))résontée, l’auteur a
libéré, avant l’incision laryngée, un lambeau cutané
Iriangtilaire, à base supérieure très large, (|u’il a
rabattu, après la larvngo-lissiire et l’excision de la
colonne eicalrieielle, sur l’angle supérieur de l’inci¬
sion laryngée, et il en a suturé l’extrémité aux lèvres
latérales de eette ineision. De cette façon, il a pu
éviter, sans pansements compressifs, la fermeture
précoce de l’angle supérieur, i>oint diffleile de la
laryngostomie, il a commencé ensuite la dilatation
caoutchoutée. L’épidermisation du nouveau conduit
et des lèvres de la stQinie était parfaite après un mois,
alors qu’il en finit 3 ou 4 avec la technique habituelle.
Actuellement, l’enfant porte un drain intralaryngé
sans canule trachéale.
Election. — M. X. Delore est élu vice-président
de la Société.
H. IlOLAXD.
PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Janvier
COMITÉ MÉDICAL DÉS BOUCHÉS-DU-RHONE
Octobre-Novembre 1928.
Présentation d’un malade porteur d’une prothèse
palatine. — MM. Beltrami et Maurech présentent
un malade, opéré il y a 4 ans d’une tumeur du maxil¬
laire supérieur droit et porteur d’une énorme cavité
faisant communiquer largement la bouche avec les
fosses nasales après résection totale du rebord alvéo¬
laire du maxillaire correspondant. La prothèse est
faite en 2 parties, l’une (ébonite et caoutchouc) con¬
stitue l’obturateur et comporte un dispositif original
destiné i\ accrocher sur le rebord alvéolaire artifi¬
ciel l’appareil complet qui constitue la 2“ partie. Une
des particularités de cette prothèse est sa simplicité
et l’emploi de matériaux d’un prix de revient peu
Sarcomatose multiple hémorragique de Kaposi.
— MM. Paul Vigne et Buisson présentent un
malade atteint de cette affection. Le début par les
extrémités remonte à 2 ans et, aux dires du malade,
à la suite d’un léger traumatisme de la main. On
note aussi sur les jambes des placards durs brù-
niïtres, d’où coexistence dans ce cas des 2 formes cli¬
niques, la forme hémorragique et la forme pigmen-
Nanisme familial chez deux sœurs. — MM. Henri
Roger, Albert Crémieux et Joseph Pourtal pré¬
sentent 2 sœurs Agées de 15 et 17 ans mesurant l’une
109 et l’autre 108 cm. L.’aînée présente l’habitus fé¬
minin do son Age, sauf la pilosité, et n’est pas encore
réglée. Psychisme et ossification du squelette répon¬
dent A peu près à son Age. La cadette n’a pas encore
le développement de ses caractères sexuels secon¬
daires. Les A. discutent le diagnostic entre infanti¬
lisme et nanisme et, en raison des proportions par¬
faites du corps et de l’examen radiographique, con¬
cluent plutôt A du nanisme vrai. A remarquer que ce
nanisme familial frappe uniquement la descendance
Torticolis ancien par paralysie infantile des
muscles cervico-scapulaires droits. — MM. Roger,
Crémieux et J. Pourtal présentent un malade soudé
en attitude de .torticolis droit très accusé, avec atro¬
phie considérable des muscles trapèze, sterno-cléido-
mastoïdien, muscles de la nuque et légère atteinte
partielle du groupe Ducheniie-Erb, scoliose A con¬
vexité ganche dont le sommet répond A D‘, U'>. Cette
attitude s’est installée A l’Age de 12 ans A la suite
d’une infection poliomyélitique. Les A. insistent sur
la rareté de pareils faits cliniques.
Cancer médiastino-pulmonaire rétrosternal avec
syndrome radiologique d’ectasie aortique. — MM.
Boinet, Turries et Antoine Raybaud. Ce malade
Agé de 66 ans présentait un syndrome médiastinal
supérieur et antérieur, avec tension artérielle plus
basse A gauche qu’A droite (Dr. 18-8, Ga. 15-8). La
radiologie semblait confirmer l’impression qu’on
pouvait avoir d’une ectasie aortique. L’autopsie
révéla une volumineuse masse préaortique du niveau
du sommet de la crosse, avec adénopathie médiasti¬
nale dilfiise et totale. C’est A ces lésions que sont dues ^
et l’image d’ectasie et l’obscurcissement du médias-
tin postérieur.
Erythroplasie du gland. — MM. Paul Vigne et
Fournier présentent un malade de 70 ans atteint
d’érythroplasie de la verge et du gland. Les lésions
sont constituées par des surfaces rouges, un peu vel-
vétiques, luisantes et comme vernissées. Elles datent
de 7 mois, se sont lentement développées, sans dou¬
leur. L’examen histologique a montré des bourgeons
interpapillaires hypertrophiés, un abrasement do la
muqueuse, un infiltrat assez dense où on note un
nombre important de vaisseaux sanguins dilatés.
Sur un cas isolé de syndrome de Bitot : xerosis
et héméralopie. — M. Aubaret. Ce syndrome do
Bitot survenu chez une fillette de 9 ans et, datant de
6 mois, a disparu après ingestion d’huile do foie de
morue : l’hémeralopie a disparu en une huitaine de
jours et le xerosis s’est effacé en 3 semaines, environ.
M. Aubaret signale ce fait A l’appui des travaux
récents établissant la relation des héméralopies et
des avitaminoses et rappelle ses travaux sur l’hémé-
ralopie des tranchées.
Deux observations d’arséno-résistance. • — M. A.
Fournier. Ces deux observations d’arséno-résistance
1929 W3
des plus nettes permettent A l’auteur de rappeler les
observations de faits semblables publiés récemment,
les explications pathogéniques qui en ont été don¬
nées et de conclure A un rythme plus accéléré du
traitement arsenical, A l’emploi de doses aussi élevées
que possible et A la succession sans interruption des
diverses médications anti-syphilitiques.
Sarcome du fémur chez un enfant de 3 ans.
Désarticulation de la hanche; guérison maintenue
7 mois après. — M. G. Darcouri rapporte le cas et
les radiographies d’un sarcome du fémur gauche
chez un enfant de 34 mois. Ce sarcome A évolution
périostée fut d’un diagnostic radiologique particii-
lièrement' délicat d’avec une périostite syphilitique.
Cependant l’évolution rapide et l’échec du traitement
d’épreuve confirmèrent le diagnostic. Désarticula¬
tion de la hanche précédée d’une incision exploratrice
comme premier temps. Guérison opératoire main¬
tenue 7 mois après. L’examen microscopique
(D'' Marcou) montre qu’il s’agissait d’un sarcome
lymphoblastique de siège osseux.
Abcès chronique fétide pulmonaire. — MM. Boi¬
net, Antoine Raybaud et AT"” Robert.
Curieuse évolution d’une caverne pulmonaire :
ouverture dans la bronche inférieure gauche et
l’œsophage. — MM. Boinet, Antoine Raybaud,
Af’*'-’ Robert et M. Benrekassa.
G. Daucoukt.
SDCIÉTÉ DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
DE BDRDEAUX
9 Novembre 1928.
Fracture de l’apophyse odontoïde de l’axis. —
MM. Charrier et Charles Lasserre rapportent
l’observation d’un homme de 42 ans qui, le 20 Mai 1927,
a fait une chute de bicyclette. Sa tête a porté sur
le sol en hyperflexion. C’est seulement au bout do
3 jours que ce blessé s’est plaint de gêne dans les
mouvements de rotation ; les auteurs ont constaté A ce
moment-lA une douleur A la pression au niveau de la
fossette de la nuque. Le blessé, cependant, s’asseyait
facilement dans son lit, mais il se retournait en bloc
et soutenait sa tète A 2 mains. Là radiographie de
profil a été tout à fait démonstrative; elle a montré
une fracture de la base de l’odontoïde avec déplace-
meht et inclinaison postérieure de la dent et un glis¬
sement antéro-postérieur de l’atlas. Ce blessé a été
immobilisé pendant 3 mois dans un lit-minerve plâtré
et il porte actuellement une minerve en cuir moulé.
Le résultat a été excellent, les suites très simples, et
il a pu reprendre ses occupations.
A l’occasion de ce cas assez exceptionnel, les
auteurs rappellent l’histoire des fractures méconnues
du rachis et de la nécessité qu’il y a à pratiquer des
radiographies multiples et à s’inspirer de l’anatomie
radiographique normale pour juger de la localisation
et de l’étendue des lésions.
Fracture du col chirurgical de l’humérus. — ■
MM. Ch. Lasserre et Heydenreich, présentent une
radiographie concernant un homme de 64 ans, qui,
le 2 Novembre 1928, a été renversé par une automo¬
bile et est tombé sur l’épaule droite. On porte le
diagnostic de contusion.
Le 5 Novembre, il existe au niveau de l’épaule
droite une déformation très importante avec saillie
très marquée de l’acromion et aspect de luxation de
l’épaule. On réduit le déplacement qui se reproduit
aussitôt. Le 6 Novembre, l’aspect de l’épaule était
normal; les mouvements de l’articulation étaient pos¬
sibles, mais l’impotence était A peu près complète.
La radiographie a montré une fracture du col chirur¬
gical de l’omoplate dont le trait part de la coracoïde
pour aboutir au tubercule glénoïdien. Le fragment
distal est légèrement déplacé en avant.
A cette occasion,* les auteurs rappellent que les
fractures complètes du col chirurgical de l’omoplate
simulent à s’y méprendre une luxation de l’épaule.
Mais la tète humérale, fait essentiel, conserve vis-A-
vis de l’apophyse coracoïde des rapports normaux.
Le traitement le meilleur est certainement le
plâtre thoraco-brachial appliqué après réduction. La
mobilisation précoce et le massage lutteront efficace¬
ment contre l’atrophie musculaire et les raideurs qui
sont la conséquence habituelle de ces fractures.
■N“: 3
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Jamier 1929
41
16 Novembre
Maladie de Hansen. — MM. Donnel et Chabardes
présentent un militaire de 25 ans. originaire de la
Guyane, porteur de lésions lépreuses : tubercules de
la face, augmentation de volume du cubital, taches
achromatiques. Les lipomes cutanés et le mucus nasal
renferment de nombreux bacilles de Hansen.
Danger de la radiothérapie dans le traitement de
la tuberculose osseuse chez l’enfant. — M. Ch.
Lasserre rapporte l’observation d’un enfant qui,
pour un spina ventosa, fut traité par la radiothérapie
et dut subir l’amputation de l’avant hras.
Les allures orthopédiques de la myopathie pro¬
gressive. — MM. Rocher et Malaplate présentent
une enfant de 13 ans atteinte, de myopathie progres¬
sive, considérée comme atteinte de luxation congéni¬
tale de la hauche. Elle présente en même temps une
ptose de l’épaule gauche en rapport avec une myopa¬
thie frappant les muscles de la ceinture scapulaire et
notamment le trapèze. Si les lésions s’aggravent, une
scopulapexie sera indiquée.
23 Novembre.
Phlegmon gangreneux du cou d’origine pérl-
amygdalienne. — M. Got. Il s’agit d’une malade
qui, à la suite d’un phlegmon péri-amygdalien, lit un
énorme phlegmon gangreneux du cou. Une opération
large do toute la région envahie avec exploration des
loges sous-maxillaire et carotidienne supérieure et
inférieure fut faite rapidement; en même temps, on
injecta précocement également du sérum antigangre¬
neux. Il y eut, par la suite, élimination de tous les
tissus qui avaient été victimes de cette infection par¬
ticulièrement virulente. Guérison.
L’auteur a l’impression que le pronostic de ces
formes de gangrène gazeuse est notablement amé¬
lioré depuis l’emploi des sérums antigangreneux.
Scoliose Indifférente, douloureuse, avec lombali-
sation de la 12>= vertèbre dorsale. — M. Gourdon
présente la radiographie d’une malade de 12 ans
ayant eu une scoliose à forme souple ; elle fut traitée
par un professeur d’éducation physique qui, pendant
6 mois, lui fit exécuter des mouvements d’assouplis¬
sement. A la suite, la colonne vertébrale eut une
laxité tellement exagérée qu’elle s’écroulait dans
toutes les attitudes prises par l’enfant.
Ces scolioses, dites indifférentes, sont rares, c’est
le second cas rencontré par l’auteur; elles sont graves
car il est difficile de rendre aux ligaments vertébraux
leur tonicité.
La radiographie a montré l’absence des 12“ côtes,
la 12'-' vertèbre dorsale est lombalisée mais la dimi¬
nution numérique dorsale est compensée par l’aug¬
mentation du segment lombaire qui comprend 6 ver¬
tèbres.
Néoplasme du rein diagnostiqué précocement. —
M. Darget. Chez une malade de 60 ans, 2 courtes
hématuries totales avec caillots et douleurs, vives
dans le rein gauche firent pratiquer une radiogra¬
phie et une pyélographie. La radiographie montra un
profil irrégulier du pôle inférieur du rein ; la pyélo¬
graphie, un mauvais remplissage du calice inférieur.
La division des urines témoigna d’un simple déficit
léger de la fonction du rein gauche. Devant les dia¬
gnostics de néphi'ite hématurique peu probable et de
néoplasme possible, une lombotomie pratiquée montra
qu’il s’agissait d’un néoplasme du rein infiltrant le
pôle inférieur et envahissant le calice inférieur.
Dans tous ■ les cas d’hématurie totale nettement
localisée à un rein, il ne faut pas en cas de doute
hésiter il pratiquer une lombotomie. Mieux vaut,
comme l’a dit Wolfromm, risquer de faine quelques
lombotomies inutiles que de laisser échapper et évo¬
luer un néoplasme du rein.
A propos de la technique de l’arthroplastle du'
genou ; utilité de l’Instrumentation électrique.
M. Charles Lasserre. En dehors de la connaissance
scrupuleuse des diverses techniques, et celle de
Putti (incision en lambda, allongement du quadriceps,
interposition d’un lambeau libre de fascia lata) paraît
la plus anatomique et la plus logique, le chirurgien
qui pratique une arthroplastie doit être guidé par les
principes suivants :
1“ Il doit opérer avec une coordination parfaite
de ses mouvements, car l’arthroplastie est une opé¬
ration d’ajustage et de mécanique.
2" La méthode qu’il utilise doit viser à reproduire
le plus exactement possible les formes anatomiques
d’une articulation et corriger les déviations souvent
consécutives à l’affection causale. Elle doit ménager
au maximum l’appareil musculo-ligamenteux. C’est là
question d’instrumentation.
L’auteur a fait mettre au point une série d’instru¬
ments qui s’adaptent au moteur d’Albee (fraises
rondes et longues de différentes dimensions), qui
permettent de modeler les condyles fémoraux, de
creuser les plateaux tibiaux ou l’échanernre inter-
condylienne avec une extrême rajiidité, en réalisant
une congruence parfaite des surfaces articulaires.
Sur un cas de coxlte à début très aigu avec
lésions osseuses d’origine très probablement gono¬
coccique. — MM. F. Papin et Magnant présentent
les résultats éloignés d’une coxite de la hanclu’,
ayant évolué chez une "malade de 23 ans, prise le
15 Juillet 1926 d’accidents aigus très douloureux el
fébriles, au niveau de l’articulation coxo-fémorale
gauche, accidents précédés de quelques jours d’une
bartholinite.
L’état général très touché ne s’améliora qu’au bout
de 2 mois; le membre d’abord en adduction et demi-
flexion revint en position normale ; il persista une
laxité articulaire considérable, un raccourcissement
appréciable de 3 cm. La marche ne fut possible qu'au
bout de 3 mois.
Actuellement, marche normale, avec une très légère
boiterie; aucune ankylosé.
Les présentateurs attirent l’attention sur le beau
résultat fonctionnel et sur les radiographies anciennes
et actuelles où l’on trouve les 2 caractères essentiels
d’une coxite gonococcique, l’ulcération compressive
de l’acétabulum (réduit à une très mince co([ue), la
voussure anormale de celui-ci dans le petit bassin;
l’usure, puis la destruction de la tête fémorale.
Tout en discutant la possibilité d’une osléo-myélile
ou d’une coxalgie à début aigu, les auteurs pensent
que l’on se trouve en présence des séquelles d’une
coxite gonococciipie.
Deux cas d’ostéite tuberculeuse juxta-coxale. -
M. Ch. Lasserre rapporte 2 observations d’ostéites
tuberculeuses juxia-coxales. L’une concerne un enfant
de 9 ans 1/2 qui lui fut adressé le 26 Août 1921 et
qui présentait à cette date une légère abduction de
la cuisse droite, de la claudication et des douleurs à
la marche. La radiographie montra qu’il s’agissait
d’une tuberculose de la surface angulaire du jmhis
gauche avec propagation à la branche horizontale et
à la branche descendante. Ce malade fut immobilisé
pendant 3 ans. En Juillet 1927, les lésions étaient
extrêmement limitées à la radiographie, et on pouvait
les considérer comme consolidées. Dès Mars 1928, la
marche avec des béquilles fut autorisée. Actuelle¬
ment, l’état général est parfait et la marche est à peu
près normale.
Le 2“ cas est celui d’une jeune femme de 25 ans
qui présentait des signes de réaction articulaire
légère de la hanche gauche. La radiographie montra
une énorme caverne do l’ilion, s’accompagnant d’un
envahissement secondaire de rarticùlation et d’un
abcès intra-pelvien.
Ces 2 observations ])résentent un grand intérêt de
diagnostic, de pronostic et de traitement. L’auteur
pense que dans les ostéites juxta-coxales fermées
l’immobilisation seule donne parfois de très beaux
succès.
E. nu CoijccT.
SOCIÉTÉ D’OTO-NÉURO-OCULISTIQUÉ DÉ STRASBOURG
10 Novembre 1928.
Stase papillaire et syndrome d’hypertension
intracrânienne tardive après traumatisme crânien.
- - MM. J.-A. Barré et O. Metzger.'X propos de
des mois ou des années après un traumatisme crânien
important, de troubh's nerveux variés qui peuvent
disparaître complètement après une ponction lom¬
baire, simple ou répétée. La stase papillaire ne doit
pas, dans ces cas, être une contre-indication à cette
Syndrome partiel de l’apex orbitaire avec stase
papillaire. — MM. J. Nordmahn et O. Metzger.
Chez un jeune homme souffrant depuis plusieurs
années de céphalées, se produit assez rapidement
d’un seul côté une diplopie par atteinte de l’abduc¬
teur, une hypoesthésie douloureuse de la première
branche du trijumeau et une stase papillaire nette
avec baisse de la vue. Malgré la négativité complète
des réactions biologiques, le traitement antisyphili¬
tique fait disparaître tous ces troubles. La périostite
de la fente sphéno'idale paraît certaine, mais pour
expliquer la stase papillairi;, fort rare dans ces cas,
il faut admettre un second foyer en avant du trou
optique.
Syndrome condylo-déchiré-postérieur droit par
tumeur maligne du creux parotidien. — MM. G.
Canuyt et A. Klotz. Le syndrome comlylo-déchirè-
postérieur (Collet) riu-onnaît des étiologies variéiss.
Chez le malade présenté, il est nettement en rajiport
avec une tumeur maligne, visible et palpable, ilans
le creux jjarolidien droit, se propageant vers la hase
du crâne. L’aiîerlion i‘st survenue chez un chanteur,
tabéti{jue pai* ailhuii’s. La sy mptomatohigie est à peu
près au complet. L’examen histologique a montré
qu’il s’agissait d un épithélioma paviinenteux stra¬
tifié épidermoide.
Myopie spasmodique novarsénobenzolique —
MM. E. Redslob et G. Lévy. Au cours de la 3“ série
d’injections de novarsénobenzol, les auteurs ont vu
se produire, chez un jeune syphilitique de 30 ans,
des troubles visuels survenant 3 heures après l’injec¬
tion, atteignant leur maximum 18 heures après l’in¬
jection, persistant pendant 40 heures et disparaissant
ensuite sans laisser de trace. L’examen oculaire
révéla la présence d’nne myopie spasmodique de
4 D sans modiricatiou des pupilles. Ces troubles ne
se produisaient qu’après les injections de rhodarsan
ou de novarsénobenzol, jamais après celles d’acéty-
larsan ou de sulfarsénol. Li?s auteurs ailmetlent un
phénomène d’intoxication chez un individu particu¬
lièrement sensible au poison en quiîstion. Il n’y a
que 4 cas analogues décrits dans la littérature.
Paralysie faciale en otologle ; état actuel de la
question. — ■ M. Terracol.
Trois cas de tumeur de la base du crâne ayant
débuté par une névrite rétrobujbaire. MM. G.
Weill et J. Nordmann.
O. Metzgeu
RÉUNION MÉDICO-CHIRURGICALE DÉS HOPITAUX
DÉ LILLÉ
19 Novembre 1928.
Ecchondroses de la tête humérale; hygroma
sous-deltoïdien. - M. Le i^orf jirésenle un hygroma
sous-deltoïdien, enlevé le 14 Novembre chez une
femme de 46 ans. La palpation donnait une sensa-'
tion nette de grains riziformes. Cette sensation était
due au frottement des franges fibro-graisseuses de
l’hygroma sur une couronne de grosses ecchondroses
disposées circulairenient autour d’une plaque de
nécrose humérale superficielle, de la dimension d’un
louis d’or et située sous le trochanter.
Cette formation d’ecchondroses autour d'une Jilage
nécrotique prend un intérêt spécial en raison il’iin
article de Leriche et Drinchniann, publié le 14 No¬
vembre derniei’ dans La /■‘re.s-.se .Mcilica l/\ Les
ecchondroses ont été enlevées à la gouge, la plaque
de nécrose rnginée. Réunion per prima in .Suites
A propos de l’opération de Robertson-Lavalle.
- M. H. Gaudier présente 2 malades ojiérés jiar
cette méthode : il a obtenu dans les deux ras de
bons résultats.
L’abcès subaigu du sein. ~ M. Vanverts rap])orlit
2 observations d’abcès suhaigu du sein et rappelle à
ce sujet la thèse de son élève Rallin iLille, 19l8i.
Importance de la radiographie de profil dans
l’examen des fractures du rachis. M. Leinaitre,
dans celte commnuication, montre (jne certains ras
de fractures du rachis ne jieuvent être mis en évi¬
dence de manière caractéristique, (pie jiar un cliché
de profil.
L’observation rapportée est celle d Un bh'ssé
atteint d’une fracture de la 5'' dorsah' (|ui avait été
méconnue pendant plusieurs mois : un simple exa
meu de face n’avait révélé à un premier observateur
aucune lésion destructive. Un nouvel examen rom-
pi-enaut un cliché de face el deux clichés de prolil
permet de mettre en évidence une fracture complète
avec tassement de la 5“ dorsale, qui n'a])puruissait
bien visible que sur les clichés de profil.
42
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Janvier
L’emploi de l’insuline par la voie percutanée. —
M. R. Legrand, sous ce titre, rapporte ” observa¬
tions (le malades diabéticiues traités par des Irietions
(juotidieniies de pommade à l’insuline. La quantité’
(le pommade ulilis(’e repré’senlait de !i0 à GO unités
(•lini([ues. (liiez tous ces malades, le traitement a
donné des résultats appréciables caractérisés jiar :
une amélioration nette de l’état de santé et de la
nutrition générale, une baisse importante ou une
disparition de la glycosurie, une baisse constante de
la glycémie. Le traitement consiste en une ou deux
frictions après un bon décapage de la peau, avec une
certaine quantité de pommade (\ l’insuline. Aucun
accident local ou général n’est il craindre. De ces
observations, M. Legrand conclut ([ue :
L’insuline introduite dans l’organisme à travers la
peau [lar la méthode des frictions a une action cer¬
taine qui se traduit pur l’amélioration de l’état géné¬
ral et la disparition des troubles subjectifs, par la
baisse ou la disi)arition de la glycosurie, par la
baisse de la glycémie, dette méthode sera indiquée :
dans les diabètes légers, dans les complications
légères du diabète, dans les diabètes moyens avec
coeflicient d’assimilation bas, dans les diabètes
graves, associée ou alternée avec la voie hypoder¬
mique, dans les Indications non diabéti(iues de l’in-
Son emjiloi isolé est toujours contre-indiqué de
façon formelle dans les diabètes graves consomptifs
et les coni|)lications graves du diabète, Klle ne peut
avoir dans ces cas qu’un rôle adjuvant tout à fait
secondaire. Klle n’a pas d’autre contre-indication et
peut être ass((cié(‘ à d’autres thérapeutiques. Elle
exige l’observation stricte du régime. Elle n’a aucun
inconvénient et ne donne pas de manifestations d’hy¬
poglycémie. Ou l’utilise à la dose d’environ 50 unités
par jour. Les doses plus fortes seront réservées aux
ras où l’on désirera une action plus forte, plus
Abcès osseux de l’extrémité inférieure du tibia.
- M. P. Ingelrans rapporte l’observation d’un
garçon de l'i ans, qui entre en .Juillet 1928 dans le
service de M. le professeur Le Eort, se ])laignant de
douleurs sourdes au niveau de la région mélaphy-
saire inférieure du tibia droit. L’examen révèle du
gonfleni(’nt et de la chaleur de la région ainsi qu’ui
point douloureux localisé. La tihio-tarsienne es
intacte. La radiographie montre une géode à con
tours nets, entourée d’une zone d’os plus dense sam
aucune réaction périoslique.
L’os est trépané ; au milieu d’une zone éburnée
on pénètre dans une cavité contenant du pus à sla
phylocoque doré, comme le montra la culture. Une
grelle musculaire fut pratiquée secondairement (
l’enfant sortit parfaitement guéri, 2 mois après so
Tétanos subaigu arrêté net par la sérothérapie.
- - MM. Jean Minet et Mizon rapportent l’histoire
d’un petit malade de G ans, (jui au ,5'' jour d’une bles¬
sure superlicitdb' de la cuisse droite ù la suite d'une
chute, présenta des signes de tétanos, (les signes
étaient au comj)let en moins de 21 heures : trismus
très accusé, si)asmodicité des membres inférieurs en
extension; crises convulsives spontanées et provo¬
quées déterminant une cyanose impressionnante et
une contractilité en o])isthotonos, iîS" et ÎÎ8"5, pouls
instable à 1 lÜ.
Après excision de la pluie qui n’était ni anfrac¬
tueuse, ni infectée, l'enfant reçoit 100 eme do sérum
antitétanicpie (20 intrarachidien, 20 intraveineux,
GO intramusculaire) ; le lendemain, les signes se sont
encore accentués; on injecte 250 eme de sérum
(20 intrarachidien, 30 intraveineux et 200 intramus¬
culaire et sous-cutané). Dès la lin du 2“ jour de trai¬
tement, une amélioration sensible se produit : la
température tombe, les crises convulsives s'espacent,
le trismus s’atténue.
La sérothérapie est C(
la dose de 100 cmr. Au 1
les symptômes ont disparu.
Les auteurs insistent sur la rapide action du séruii
dans ce cas où l’évolution était particuliéremen
grave. L’injection intrarachi(li(,>nne ne leur a donn
aucun des déboires signalés par quelques auteurs.
JïAN MtNtr.
SOCIETE DE MEDECINE DU NORD
Décembre 1928.
Gangrène de l’appendice étendue au cæcum. -
MM. Lambret et Razemon, en intervenant pour
une appendicite qui évoluait depuis 30 heures avec
peu de signes cliniques et qui paraissait bénigne, ont
trouvé un appendice complètement gangrené et, à
sa base une plaque de sphacèle comme une pièce de
50 centimes sur le cæcum. La lumière appendicu¬
laire n’était pus obstruée. Par culture d’un fragment
de la pièce, il poussa du colibacille, de l’entéro¬
coque, du B. perfringens et du proteiis vulgaris.
Sarcome sténosant de l’intestin grêle. — MM.
Lambret et Razemon. Ce sarcome de l’intestin
grêle est Une pièce opératoire provenant d’une
femme de 52 ans qui, depuis 6 mois, présentait des
alternatives de diarrhée et de constipation et des
crises d’obstruction passagère. Comme le montre la
pièce, cette tumeur a entraîné en effet la sténose de
l’intestin qui est comme ficelé. C’est assez rare pour
les sarcomes. Il s’agit d’une forme fuso-cellulaire
fasciculée (Pr. Curtis).
Sur de nouveaux traitements de l’asthme. --
M. Ed. Doumer a traité par opothérapie thyroïdienne
(0 gr. 15 de thyroïdine par jour), à l’exclusion de
toute autre médication, plusieurs cas d’asthme pur
avec d’excellents résultats. Les sùccès ne sont pas
constants, mais, dans plus de la moitié des cas, les
bénéfices de ce traitement ont été des plus nets. Les
crises qui étaient très pénibles et très rapprochées
se sont espacées et ont disparu. Ces beaux résultats
ont été obtenus dans la plupart des cas sur des
malades qui ne présentaient aucun signe d’insuffi¬
sance thyroïdienne. L’extrait thyroïdien est comme
l’adrénaline un excitant du sympathique. Le méca¬
nisme de son action est probàhlement identique à
celui de l’adrénaline. Ce n’est pas un médicament de
la crise car son effet est moins rapide ; mais il est
plus durable, aussi permet-il d’obtenir l’éloignement
des crises. Ce n’est donc pas un médicament à réser¬
ver aux sujets qui sont en état d’insuffisance thyroï¬
dienne nette, mais qu’on peut étendre plus largement.
Comme l’ont déjà signalé plusieurs auteurs, les
rayons ultra-violets lui ont aussi donné d’excellents
résultats non seulement chez l’enfant, mais aussi
contre l’asthme de l’adulte, à condition qu’il ne soit
pas entretenu par des lésions broncho-pulmonaires.
Dans deux cas d’asthme pour lesquels l’irradiàtion
ultra-violette avait montré une eflicacité remarquable,
l’ergostérine irradiée à donné des résultats aussi
beaux et a pu remplacer l’irradiation ultra-violette
que le retour des crises, après 15 jours à 3 semaines
(le repos thérapeutique, obligeait à reprendre.
Notes pratiques de clinique ophtalmologique. —
MM. Georges Gérard et Leéenne rapportent le cas
d’un malade de 28 ans, qui avait perdu l’œil droit à
la suite d’une kératite grave et qui, actuellement,
avait une difficulté considérable à soulever sa pau¬
pière supérieure gauche, ce qui provoquait chez lui
des troubles visuels importants.
Cet état était diï à l’existence d’une tumeur palpé¬
brale, qui se prolongeait vers la région temporale
qu’elle envahissait complètement. Il s’agissait d’un
kyste dermoïde de la queue du sourcil, logée dans
une cavité osseuse profonde et entourée d’une masse
lipomatcuse diffuse et considérable.
Deux interventions chirurgicales amenèrent la
guérison définitive.
Nouveau procédé d’examen de l’appareil vestibu-
laire. - MM. Llbersa et Boudeville exposent un
procédé nouveau d’examen de l’appareil vestibulaire
qui a été étudié dans le service du professeur Dc-
Cette méthode qui complète et sensibilise l’épreuve
de la marche aveugle aller et retour de Babinski-
Weill mérite d’être retenue, car elle permet, au
médecin légiste notamment, de conclure à la réalité
d’un vertige vestibulaire et de préciser lequel des
deux vestibules est intéressé.
Elle utilise un excitant physiologique, l’irritation
otolithique obtenue par les changements de position
de la tête. Tout se passe comme s’il se produisait
une irritation vestibulaire du côté vers lequel on
dirige la tête du sujet.
Le diagnostic d’une lésion pathologique, à la suite
d'un traumatisme er.inien par exemple, se fera par
la comparaison des angles de déviation, obt('nus nu
1929 • N» 3
cours de deux épreuves successives : l’une, marche
aveugle aller et retour, la tête tournée vers la droite;'
l’autre, la tête tournée vers la gauche.
Cette épreuve, exposée avec tous les détails qu’elle
comporte, n’est cependant pas une épreuve absohie,
nécessaire et suffisante dans toutes les circonstaiiciîs :
en particulier, elle ne saurait être utilisée chez les
sujets alités.
Purpura Infectieux. — M. Pierret rapporte un
cas de purpura infectieux d’origine digestive chez un
enfant de 3 ans, guéri par 3 injections sous-culanées
de 15 eme de sang paternel, répétées à 24 heures
d’intervalle.
L’alfection qui remontait à 4 jours avait débuté par
de la diarrhée, des vomissements, de la lièvre, con¬
sécutivement, semble-t-il, à un embarras gastrique
secondaire à l’ingestion de fruits crus.
Au moment de l’examen, l’enfant présentait Une
fièvre élevée (supérieure à 40°), un pouls incomp¬
table, de la prostration, une langue très saburralè,
des vomissements avec odeur légèrement acétoné-
mique et des selles bilieuses très fréquentes. Sur
tout le corps, mais surtout au niveau du tronc et des
extrémités, on notait la présence de nombreuses
taches purpuriques. Un melæna était apparu la
veille. Les urines restent normales; on ne relève
aucun signe méningé.
A la médication déjà instituée (chlorure du calcium,
adrénaline, régime hydrique), on ajouta des injections
de sérum glucosé, de l’huile camphrée, la glace sur
le cœur, du gélotanin et surtout une injection sous-
cutanée quotidienne, 3 jours de suite, de 15 emo de
sang paternel.
L’amélioration fut rapide : 8 jours après, c’était
l’entrée en convalescence.
L’injection de sang humain total semble avoir ji5ué
ici un rôle prédominant, plus vraisemblablement
comme agent anti-infectieux que comme antihémor¬
ragique proprement dit.
A. Debeïkb.
SDClElE DE CHIRURGIE DE TOULOUSE
30 Novembre 1928.
'Volumineux appendice calculeux perforé. — M.
Boularan. Chez un homme de 55 ans, l’auteur décou¬
vrit à l’intervention un appendice de la grosseur du
poing, présentant une perforation grosse comme une
pièce de 2 francs. Péritonite suraiguë qui emporte le
malade en quelques heures. Les dimensions de l’ap¬
pendice sont expliquées par une scléro-lipomatose
diffuse; ni cancer, ni tuberculose. Un calcul gros
comme Une noix était à la base et de la perforation et
de la scléro-lipomatose.
Tumeur maligne épiploo-mésentérique. — M.
Dieulafé. Cette tumeur fut enlevée chez une femme
de 31 ans présentant des phénomènes abdominaux de
caractère obstructif. A l’inverse des tumeurs mali¬
gnes de l’épiploon qui, habituellement, envahissent
l’abdomen en nappe et adhèrent partout, celle-ci était
à contours réguliers et libres. Seules existaient quel¬
ques petites zones d’adhérences mésentérico-coliques
circonscrites.
Lipome ostéo-périostlque du tibia. - - M. Dam-
brin. Il s’agit d’une tumeur survenue progressive¬
ment 20 ans après un traumatisme chez une femme
de 28 ans; tumeur allongée verticalement rétrécie en
son milieu par le ligament annulaire antérieur du
tarse; fluctuation nette, mais ponction négative.
Il s’agissait à l’intervention d’un lipome implanté
sur la face externe du tibia, ayant soulevé les tendons
extenseurs et les vaisseaux et nerfs tibiaux anté-
Recherches expérimentales en vue du diagnostic
par le lipiodol de la perméabilité veineuse dans les
séquelles phlébitiques du membre inférieur. --
MM. Duouing et de Bertrand-Pibrao. Ces recher¬
ches, réalisées sur le lapin et le chien, me permettent
(le supposer que cotte méthode peut être utilisée
chez l’homme et permettra de préciser le siège exact,
la nature de l’obstruction et la valeur de la circu¬
lation du membre inférieur, données indispensables
si l’on veut appliquer les directives données par
Leriche sur la thérapeutique des complications post-
phlébitiques , c’est-à-dire la sympathectomie péri-
veineuse, susceptible d’enlever un obstacle au cours
de la circulation et de supprimer la cause d’une per¬
version vaso-motrice. G. Bâillât.
N» 3.
9 Janvier 1929
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS [^3 INFORMATIONS
Stations thermales en Pologne
La Pologne est en majeure partie une vaste plaine
qui s’étend entre la Vistule et l’Oder, d’une part, la
Dwina et les affluents du Dnieper de l’autre, attei¬
gnant la mer Baltique au nord et les Carpatlies au
sud. Cette plaine est toutefois entrecoupée de hau¬
teurs, telles que les Carpathes, la Tatra, les pla¬
teaux de la Pologne centrale et septentrionale, de la
Podolie et de la Wolhynie pour aboutir à une par¬
tie des plateaux baltes. Ces vastes espaces sont donc
sillonnés de montagnes atteignant 2.000 m. de hau¬
teur, et d’immenses plaines riches en gisements
salins plus ou moins profonds et en minerais divers
(pétrole, soufre, etc.) fournissant à la Pologne des
sources curatives de la plus haute valeur. Ces
sources sont fort nombreuses et leur composition
chimique très variée. On peut les classer en plusieurs
groupes : le groupe salin, le groupe sulfureux, le
groupe salin-sulfureux, le groupe ferrugineux, le
groupe alcalin et hicarbonique. Dans le Ier groupe,
nous trouvons plusieurs stations importantes :
Ciechocinek. — Le plus ancien établissement
thermal, Ciechocinek, se trouve à trois heures de
Poznan dans la direction de Varsovie. Il appartient à
l’Etat. Situé sur la rive gauche de la Vistule, à
46 m. d’altitude, il jouit d’un climat modéré, grâce
aux forêts des alentours.
Ses sources iodo-bromiques et salines, connues
dès le xiii“ siècle, ont été exploitées depuis presque
cent ans. Vers 1836, sous la domination russe, l’Etat
les acquit du prince F. Drucki-Lubecki, se rendant
compte de leur valeur curative. Un établissement
thermal y fut fondé et on se mit à exploiter les
salines. On compte actuellement quatre établisse¬
ments avec 350 baignoires. Les sources de Ciecho¬
cinek sont nombreuses et plusieurs d’entre elles sont
radioactives. Un litre d’eau contient :
males ; des cours de balnéologie ont été suivis
d’excursions dans les environs ; l’une d’elles au lac de
Goplo (37 km. de long) et à la tour du roi Popiel.
Un parc magnifique est à la disposition des
malades qui peuvent s’y reposer après le traite¬
ment. Les enfants, surtout, jouissent des bains de
soleil. Contrairement à ce que l’on croyait, ce ne
sont pas les rayons ultra-violets qui sont actifs
mais bien les rayons rouges dont l’effet s’ajoute à
celui des bains pour combattre la tuberculose osseuse.
Indiquons pour terminer les maladies traitées à
Ciechocinek : scrofule, rachitisme, maladie de Pott,
rhumatisme et arthritisme, neuralgie (par exemple
par des services d’autobus et de tramways. Elle est
très propre et très reposante. Les indications sont les
mêmes que pour les autres stations du premier groupe.
Iwonicz est située au pied des Carpathes à
410 m. d’altitude et entourée de forêts de coni¬
fères. Avec son climat subalpin, ses promenades
forestières et ses eaux appréciées, cette station est
indiquée pour toutes les maladies qu’on traite par
les bains salins qui contiennent en plus des bro¬
mures, iodures et i)hosphutes. La composition de ses
sources, au nombre de 4, est analysée dans le tableau
Chlorure de potassium.
Chlorure de sodium . .
Bromure de sodium . .
lodure de sodium . . .
Bicarbonate de lithium.
Bicarbonate de sodium.
Bicarbonate d’ammonium
Bicarbonate de baryum.
Bicarbonate de strontium
Bicarbonate de calcium.
Bicarbonate de magnésiu
Bicarbonate de fer. . .
Bicarbonate de manganès
Sulfate de baryum . . .
Borate de sodium . . .
Silicate de sodium . . .
Phosphate d’aluminium .
Recherche bactériologique
0,027890
0,022082
0,044048
2,908000
0,014408
0,025150
0,014450
0,384053
0,190870
0,004984
0,000474
0,004840
0,020040
0,023930
0,000100
0,027000
2,315920
0,009095
0,021850
0,018330
0,410007
0,1914.50
0,009225
0,000080
0,005417
0,013878
0,020800
sciatique), maladies des femmes (bains de boue), etc.
La fréquentation est de 22.000 hôtes par an.
Inowroclaw. — A une heure de distance de Cie¬
chocinek, se trouve Inowroclaw, station thermale
encore plus riche en sel et qui peut rivaliser avec
Ischl, Kreuznach, Nauheim, etc. Elle fut délaissée,
on le comprend, sous le régime prussien. En 1907, '
Un grand hôtel est '
confort moderne qui pei
étrangers.
? Cra
secs
SOURCE
SOURCE
n-8
souKce
SOURCE
SOURCE
n“ 11
SOURCE
RO 12
SOURCE
Chlorure de lithium LiCl .
Chlorure d’ammonium NHCI . . . .
Chlorure de sodium NaCl .
Chlorure de potassium KCl .
lodure de sodium Nal .
Bromure de sodium NaB, .
Bromure de magnésium MgD*, . . .
Chlorure de magnésium MgCl, . . .
Chlorure de calcium CaClj .
Sulfate de calcium CaSOj .
Bicarbonate de fer Fe (HCO,), . . .
14,15
10,44
52.150,70
1.243,50
6,50
14,73
9,20
2.823,62
3.437,67
1.820,70
4,32
3,40
2.015,00
237,00
Traces.
Traces.
Traces.
190,00
333,00
13,60
100,00
5,70
Traces.
17.020,00
461,00
6,10
10,40
Traces.
1.128,16
1.119,44
554,36
0,93
2,40
3,81
5.188,00
665,00
lo|30
5,75
380,00
613,85
180,77
13,67
12,75
9,90
48.279,80
1.514,50
9,00
5/38
2.484,20
299,60
1.425,96
5,27
5,30
3,19
13.154,00
344,00
5,08
12,49
879,75
1.221,00
359,46
7,94
11,20
4,25
35.120,50
901,00
11,30
17,20
ï] 987^53
1.124,47
01.535,53
2.892,00
20.306,09
7.072,29
54.058,29
15.992,21
41.202,05
Pendant l’occupation russe, Ciechocinek était une
station thermale très en vogue, que fréquentaient de
grands personnages russes, tant militaires que civils.
Tout en faisant profiter les siens de l’action salu¬
taire des eaux, le Gouvernement russe n’a rien fait
pour mettre en valeur la station. La population
polonaise n’y venait que peu, ne voulant pas se
mélanger avec la société russe u importée ».
Aussi la direction actuelle se donne-t-elle beau¬
coup de peine pour habituer les Polonais à venir à
Ciechocinek, véritable Reicheuhall.
Cette année-ci, on a eu l’idée d’inviter les profes¬
seurs et médecins pour les cours complémentaires
de balnéologie.
Quant à la psychothérapie, plusieurs médecins de
Ciechocinek la connaissent fort bien ; cependant elle
n’est pas encore méthodiquement appliquée parce
qu’elle demande beaucoup de temps et de patience, et
surtout une ambiance favorable. Sur ce sujet, le pro¬
fesseur Gantkowski (de Poznan) a fait un cours remar¬
quable ; le professeur A. Gluzinski montra combien
importante est l’étude scientifique des stations ther¬
survint une inondation qui parut au premier abord
néfaste mais qui a contribué au développement de
la station en déposant de l’iodure de sodium, du
bromure de sodium, du chlorure de magnésium
et du sulfate de potassium. En 1918, Inowroclaw,
redevenue polonaise, commence à se développer
très rapidement. En 1922, les établissements sont
agrandis et on installe des bains de boue avec tout
le confort moderne. On a acquis 170 hectares pour
faire un nouveau parc à l’usage des malades. Les
eaux sont très actives. Voici le contenu d’un litre en
grammes :
lodure de sodium .
Chlorate de potassium . . » 12,32
Sulfate de sodium .... 0,885 »
Sulfate de potassium. . . 1,705 44,10
Sulfate de calcium. . . . 4.491 ,i
Carbonate de calcium .
Chlorure de magnésium
Carbonate de fer . . .
La ville d’Inowroclaw est reliée à l’établissement
Rabka se trouve à trois
pied des Car])athes. Sa situation sur un iilateau
ensoleillé à 540 m. d’altitude, son air très jmr lui ont
valu le nom de « Royaume des enfants ». L’établisse¬
ment thermal est entouré d’un parc de 50 hectares
très apprécié par le (jublic. Neuf sources très actives
contiennent une forte proportion de chlorures et de
hromures. Ainsi, d’après les analyses comparatives,
tandis que les eaux de Hall (Haute-Autriche) con¬
tiennent 12,700 de chlorure de sodium, 0,042 d’io-
dure de sodium et 0,05 de hromure de sodium, les
eaux de Rabka accusent 22,95 de chlorure de sodium,
0,0456 d’iodure de sodium, 0,738 de bromure de
sodium et 1,136 de bicarbonate de soude. Un kilogr.
d’eau de Rabka contient en moyenne 0,038 ions
d’iode, tandis qu’un kilogr. de celle de Hall n’en
contient que 0,02906, et celle de Luchaczowice que
0,01153 ions. Gomme dans les autres stations du
groupe salin, on traite à Rabka l’arthritisme, le
rhuinatisme, le rachitisme, la scrofulose, la maladie
de Pott, la névralgie, etc. Dernièrement la direction
agrandit l’établissement en installant des bains de
boue si a])prêciês dans le traitement des maladies
des femmes.
portant dans toutes les formes d'arthritisme et de
rhumatisme. Ce groujjC est représenté par Busko,
Solec.
Solec est dans le département de Kielce, à 16 km.
de Busko. Abritée des vents du nord par les monts
Mayzerowa Gora et Kamienna Gora, la station est
située sur une pente argileuse recouverte de sable,
ce qui permet de se promener même après la pluie.
Déjà au xiii» siècle, on s’est aperçu que le terrain
contenait des cristaux de sel (chlorure de sodium) et
on a fait des recherches pour y trouver des mines
de sel. Mais ce n’est qu’au xix<= siècle (1815-1818)
qu’on a fait des sondages. A 80 m. à peu près, l’eau
jaillit, d’un goût amer avec une odeur d’œufsïpour-
ris. Les paysans la recueillirent dans des tonneaux et
y baignaient leurs membres endoloris. Le bruit de
lecteui
44
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
N» 3
cette découverte se répandit partout vers 1830, sur¬
tout après la guérison du D'’ Stern, qui est devenu
médecin de Solec. On construisit un établissement
thermal et même un petit hôpital. Les malades guéris
répandaieut la renommée (h? la source par tout le
pays, mais ce n’est qu’à partir de 1856 que Dytel, le
père de la halnéologie polonaise, a introduit Solec
dans le inonde médical. Des analyses ont été faites et
la Société d<‘ halnéologie s’en est occupée. L’analyse
de l’eau a donné les résultats suivants :
Uiiioriire a ammonium ....
Chlorure de sodium .
Chlorure de potassiiun ....
lodiirc de sodium .
llromuro de sodiuiti .
Chlorure de magué.siuui . . .
Chlorure de calcium .
Siillate de calcium .
Sulfate de maguésiuiu ....
llicarhonate de fer .
Hydrogeue suif .
Silice .
gr-
o’ 03039
15.28150
0,00105
Il sera peut-être intéressant de comparer ces
valetirs avec les autres sources à l’étranger.
Stations NaCt
Luhicu . 0,01
Toplitz . 0,17
Wcilha'h . 0,27
Piotigorsk . ^ . 1,01
Aix-la-Chapelle . 2,01
Adelaids(|uellc . 1,99
Wieshadeu . 0,88
llomhurg . 10,38
Hall . . 12.10
Solec . . 15,28
Nauheim . .» . . 23,78
Piutigorsk . ,
Aix-la-Chapcll
liaden . . .
Wcilhach. .
Toplitz. . .
Pisezany . .
Neudorf . .
Solec . . . .
La station thermale de Solec, si petite qu’elle soit,
it très appréciée dns malades qui recherchent le
Ime et la tranquillité de la campagne.
Nallenczow diltère de presque toutes les stations
ermales de Pologne par son passé historique dont
lUS trouvons les traces encore aujourd’hui. Dans
5 tumulus, on a trouvé des outils préhistoriques
aches, flèches, scies en pierre taillée, poterjes d'ar-
le et d’autres objets en os). Nallenczow est située
centre de la Pologne près des villes historiques
Luhlin et Casimir, Les anciennes maisons de cette
rnière ville, au lieu de numéros, portent des
dgnes en fer forgé (tels que le soleil ou les scènes
lu Passion). Avant la guerre, paraît-il, des délé-
és du British Muséum sont venus pour acquérir
) insignes; mais heureusement les propriétaires
louais n’ont pas voulu se défaire de ces souvenirs
itoriques.
L’élahlissemont thermal de Nallenczow et le saua-
■ium se trouvent au milieu d’un parc de 300 hec-
■es. Au pittoresque étang, s’ajoute un palais du
H” siècle qui, transformé en casino-hôtel, garde
traces de son ancienne splendeur. La station
partient au groupe ferrugineux, comme Krinica
perle des stations thermales polonaises dont
as avons déjà parlé, avec cette différence, toute-
s, qu’à Ivrinica on trouve aussi des sources hicar-
aiques commes à Spa et des sources alcalines
nme à Vichy.
lies sources de Nallenczow ont été connues depuis
■ gtemps, mais ce n’est qu’au xviii” siècle qu’elles
, été étudiées scientifiquement. Ku 1807, la renom-
e de la station est déjà établie. Eu 1871, un groupe
Polonais devenus propriétaires de cette station a
•andi les établissements en y joignant un service
ydrothérapie pour les nerveux et les convales¬
cents, et les bains de boue pour les maladies des
femmes.
Un litre d’eau contient :
Carbonate de calcium . 0; 23273
Carbonate de magnésium . . . 0^01608
Oxyde de fer . . 0,02730
Sulfate de calcium . 0,00837
Acide phosphoriqqc. ..... 0,00170
Chlorure de potassium .... 0,0019
Carbonate de sodium . 0,0205
Matières organiques ....'. 0,033
Acide, carbonique . 0,195
Les sources sont radioactives.
D«-“ Lipinska
Lauréate
de l’Académie de Médeeine de Paris.
Remerciements de « La Presse Médicale »
aux journaux médicaux du Brésil
Les Journées Médicales de Rio de Janeino ont été
pour nos confrères du Brésil l’occasion d’un beau
succès pour la science médicale brésilienne. La
Presse Médicale avait été heureuse de désigner spé¬
cialement le 1)'' Coelho pour assister à ces assises
solennelles.
Nous tenons à remercier le corps médical bré¬
silien et la presse bi-ésilienne pour l’accueil cha¬
leureux fait au représentant du Comité de I.a Presse
Médicale.
Les représentants de toutes les Revues et Publi¬
cations médicales de Rio de Janeiro, dans une réu¬
nion qui se faisait pour la première fois, ont offert,
dans les salons de l’Automobile-Club, un banquet en
l'honneur du D' Joi'io Coelho.
llrasil medico ; Jievista. Medico-Ciricrgica do
llrasil ; Ilerisla Si/nialrira ; Juriial dos Clinicos ;
Memorias do Iiistiliilo O.waldo Criiz ; Arcliiros de
Neuriatria e Psyclnutria ; Hevista de Gyiiecoloi^ia e
d'OhsIelriria ; .'<ciencin Médira : Médicamenta : A
l'olha Medica ; Tribana Medica ; Archivas lirasi-
leiros de .Ifedicina ; Annacs firasileiros de Perma-
tologia e Syphilographia ; Muado Medico ; Palho-
logia Gérai ; I.abnralorio Clinico ; Hevista Brasileira
de Medicina e Pharmacia ; Bolelini Pharmaceatico ;
Hygia (de Porto Alegrc) ; Hevista das Clinicas ;
hnprensa Medica ; Boletim Biologico (Sâo Paulo) ;
/iolletim da Associaeào Brasileira de Pharmacea-
tiros; Clinica Urologica.
O Globo ; O .lornal -, o Correio da Manha.
MM, les Professeurs ;
Americo Valerio ; llélion Pévoa ; Octavio Rodri-
gues Lima; Ustellita Lins; Pereira Filbo; Arnaldo
de Moraes.
El MM. les D" :
Julio Monleiro ; Sebastiào Barroso; Paulo Seabra;
Carlos Seidl, (ilho ; Olympio da Eouseca, fllho ;
Theophilo de Almeida;Luiz Pinheiro Guiinarites ;
Carlos da .Silva Araujo ; Julio Eduardo da Silva
Araujo ; Hodolpho Albino Dias da Silva; Neves-
.Manla; .loaquim Motta; Octacilio Barbosa; Abel
de Oliveira; Calvino fllho; Francisco Dobici ;
Adauto J. Botelbo ; Abelardo de Araujo; Pereira
Rego avaient tenu à apporter à letir confrère venu de
h'raiice le témoignage de leurs sentiments de hante
estime et de bonne confraternité. Le professeur
Americo Valerio se lit l’interprète de tous les
médecins brésiliens pour saluer le représentant de
La Presse Médicale de Paris. Le D'' Rodrignos de
Lima développa l’idée de la nécessité de l’Union
des journaux médicaux de toute la latinité.
11 est incontestable que des manifestations aussi
chaleureuses que celles dont ont donné l’exemple
les médecins brésiliens constituent des étapes
nouvelles vers cette union si désirable de la lati¬
nité tout entière. f,a Presse Médicale les en remer-
Dr Paui. Desfosseb.
RÉDACTION. — Adresser tout ce qui concerne la
rédaction à M. le /F Desfosses, La Phessiî Médicale,
120, boulevard Saint-Germain, Paris, VP.
Nécrologie
AMAURY DE MEDEIROS
La façon foudroyante dont nous apprîmes la mort
terrible qu’Amaury de Medeiros trouva, avec d’autres
hommes de science brésiliens, dans le récent acci¬
dent d’aviation à Rio de Janeiro, nous a profondé¬
ment ému. Nous ne pouvions penser que deux mois
à peine auparavant nous nous étions serré la main
sur un de ces au-revoirs d’amis fidèles qui comptent
bien, pour fortifier l’espoir, sur de nouveaux jours
de fraternelle et joyeuse rencontre.
Hélas! la vie finit souvent dans un instant inespéré
et brutal nu milieu du triomphe et du bonheur, et ce
fut ainsi pour Amatiry de Medeiros.
Jeune, riche, doué d’un véritable talent médical,
cœur dévoué aux plus beaux idéals, Amaury était
devenu un des plus vaillants enfants de ce grand
Brésil, auquel il dédia l’ardeur de sa vie en servant
inlassablement la cause de la santé publique; profes¬
seur agrégé à la Faculté de Médecine de Rio de
.Janeiro, membre de la Chambre fédérale dos députés,
il occupait une situation très distinguée parmi l’élite
dirigeante do son pays natal.
Il avait exercé pendant plusieurs années la direc¬
tion générale des services sanitaires de l’État de
Pernambuco, d’où il était originaire, et ce que fut
son administration est prouvé par le fait que cet
État l’a élu par une grande m.ajorité un de ses repré¬
sentants parlementaires.
Amaury de Medeiros a écrit plusieurs ouvrages
sur la médecine publique, entre autres un livre
remarquable sur « Santé et Assistance », publié en
1926, et il collaborait assidûment dans les revues
médicales du Brésil.
Amaury de Medeiros était vraiment ce que Ion
appelle, par cette synthétique expression familière
française, un charmant garçon, et ses rares qualités
de cœur et d’esprit lui avaient valu do solides et
sincères amitiés.
Sa fin si cruellement prématurée quand le plus bel
avenir l’attendait nous laisse un souvenir poipant
qui rendra sa mémoire encore plus douce, plus aimée,
plus présente dans nos cœurs.
JoAO Coelho.
Intérêts Professionnels
Un de nos abonnés, docteur ayant cabinet de chi¬
rurgie et de gynécologie, demande quels sont ses
droits comme locataire d’un appartement à usage
d’habitat on et à usage professionnel, en vertu des
lois nouvelles sur les loyers.
Sa situation est assez complexe ; il a loué en 1923
un appartement comprenant la moitié du 2“ étage
d’un immeuble à usage d’habitation et à usage pro¬
fessionnel pour une durée de quinze années. Son
bail porte la clause, suivante : « La bailleresse seule
aura la faculté de mettre fin à la location le 1§ Jan¬
vier 1929; dans ce cas, elle devra prévenirle preneur
six mois à l’avance et par écrit; elle ne pourra user
de cette faculté que dans le cas seulement où la
Compagnie . reprendrait possession du Iv étage
le 15 Avril 1929. ..
Il s’agit d’un immeuble qtii, avant-guerre, était
exploité en hôtel, fermé pendant les hostilités, mais
En I924Î l’immeuble fut acheté par une banque qui
installa ses bureaux au rez-de-chaussée et à l’entresol
et loua le restant à un locataire principal, duquel
notre abonné tient sa locution au 2“ étage,
Le Iv étage avait été loué précédemment à un
Cercle civil de négociants qui s’était réservé l’appar¬
tement du 2“ étage au cas où la Compagnie proprié¬
taire demanderait à reprendre le 1''' étage, ce qui
explique la- clause insérée dans le bail do notre
abonné et stipulée pour permettre au cercle do se
transférer au 2“ étage, au cas où la Compagnie
reprendrait le l'"' étage.
Or, cette hypothèse se réalise. La Compagnie a
notifié qu’elle reprendrait possession du étage
le 16 Avril 1929, et notre abonné fut avise par lettre
recommandée que congé lui était donné de son appar¬
tement « à usage de cabinet médical et d’appartement
bourgeois ».
N“ 3
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
45
La Compagnie propriétaire doit installer des
bureaux au l”' étage.
Voici la réponse de notre collaborateur juridique :
La situation de notre abonné est assez délicate.
Deux lois sont à envisager : la loi du 1““' Avril 1926
réglant les rapports du bailleur et des locataires de
locaux d’habitation et la loi du 30 Juin 1926 réglant
les rap25orts entre locataire et bailleurs en ce qui
concerne les baux à loyer d’immeubles ou de locaux
à usage commercial ou industriel, dite loi sur la pro¬
priété commerciale.
Au cours dos travaux préparatoires de la loi du
30 Juin 1926, s’est posée la question de savoir si elle
serait applicable aux médecins. Il fut précisé qu’en
principe les médecins sont exclus du bénéfice de la
loi, la médecine n’étant pas un commerce.
Un amendement présenté au Sénat était ainsi conçu :
« Les locaux occupés par des médecins bénéficient
de la loi. » Il fut rejeté, mais il fut précisé que la loi
du 30 Juin 1926 s’applique aux cliniques.
Par suite, si le bail du logement personnel du
médecin comprenant son cabinet médical est, en prin¬
cipe, en dehors de cette loi, le bail de sa clinique en
bénéficie.
Par contre, la loi du 1“'' Avril 1926 s’applique aux
baux à loyer de locaux d’habitation ou à usage pro¬
fessionnel sans caractère commercial ou industriel et
il fut précisé que, par baux à usage professionnel,
l’on doit entendre les baux de toutes personnes qui
exercent leur art ou profession dans un appartement, .
médecins, avocats, etc. (V. D. P. 1926. 4. 114, '
2“ colonne).
Notre abonné n’ayant pas de clinique, mais seule¬
ment son cabinet chirurgical dans son appartement
d’habitation, ne peut se prévaloir que de la loi du
1er Avril 1926, qu’il paraît en droit d’opposer à la
Compagnie propriétaire de l’immeuble, bien que ce
soit une Compagnie commerciale.
Si cette Compagnie émettait la prétention d’ins¬
taller des bureaux dans l’appartement du second
étage occupé par 'notre abonné, elle s’exposerait aux
sanctions édictées par l’article 20 de la loi du
lui- Avril 1926 qui prohibe les transformations de
locaux affectés à l’habitation en locaux commerciaux
ou industriels.
11 a été jugé, en effet, que la transformation en
locaux commerciaux d’un appartement précédemment
occupé par un médecin constitue une infraction
pénale et qu’il est sans importance que des jiièces,
objet de cette transformation, aient été la salle
d’attente et le salon de réception, destinés aux clients
du médecin (Civ. 20 Février 1925, bail, n» 63,
p. 115).
Mais tel n’est pas le cas, puisque le docteur est
menacé d’expulsion pour faire place au Cercle de
négociants. Or, ce cercle n’exerce 2>as de commerce
(Cass. 30 Juin 1923; D. P. 1923, chronique, p. 30).
Un cercle constitue une personne morale et, le
local qu’il possède étant indépendant des locaux
d’habitation de ses membres, il a été jugé que sous
l’empire de la loi du 31 Mars 1922 il pouvait obte¬
nir la prorogation facultative réservée aux locataires
de locaux d’habitation (Coin. sup. cass., 15 Jan¬
vier 1925; D. H. 1925, p. 122).
Le droit de rejH-ise prévu par l’article 5 de la loi
du 1“'' Avril 1926 modifié par la loi du 21 Juillet 1927
ne peut être exercé par un propriétaire ayant acquis
l’immeuble avant le 1“‘' Mars 1926 que pour l’occuper
2)ar lui-même et, au cas de motifs légitimes, 2:>ar ses
ascendants ou descendants, ou par ceux de son con¬
joint vivant ou devant vivre séparément d’avec lui.
D’autre part, ce droit de reprise reconnu au 2)roprié-
taire ne peut porter que sur les locaux servant exclu¬
sivement à l’habitation, il ne peut l’ètre sur les locaux
à usage professionnel qui bénéficient de plein droit
de la prorogation légale de la loi du Iv Avril 1926, .
dans les termes de l’article 2.
La Compagnie propriétaire de l’immeuble ne peut
donc exercer le droit de reprise pour y loger un
autre locataire (le Cercle des négociants).
Ut elle ne paraît pas pouvoir lui opposer les
clauses de son bail, car aux termes de l’article 28 de
la loi du l”'' Avril 1926 les dis2)ositions de cette Ipi
sont d’ordre public et en conséquence toute clause
ou convention contraires, même antérieures à la pro¬
mulgation de la loi, sont réputées nullcs de plein
droit.
Notre abonné, qui d’ailleurs a répondu au congé
qui lui a été donné qù’en vertu 'des lois nouvelles
édictées depuis qu’il est locataire de l’appartement
qu’il occupe il entendait rester en possession de son
appartement, peut suivre la procédure prévue par les
lois du Iv Avril 1926 et du 21 Juillet 1927 pour faii'e
déclarer nulle la clause de son bail qui lui est 02)po-
, partant nul le congé, et se faire maintenir dans
les lieux loués.
1 serait prudent d’exercer cette action contre la
Compagnie propriétaire concurremment avec le loca-
' l’c principal et le Cercle des négociants pour
obtenir un jugement commun ct.o2iposable à tous.
11. Montai,.
Appareils Nouveaux
Les appareils aspirateurs, type Potain, actuelle-
nent utilisés pour l’évacuation des liquides patholo¬
giques de l’organisme, ont, comme inconvénients,
ne part, leurs dimensions, d’où difficulté 2JOur
leur transport ; d’autre part, et surtout, la présence
’un trop grand nombre de joints, cuirs, robinets,
oupa2)es, d’où leur fonctionnement souvent défec-
iieux principalement en cas d’usage intermittent.
Nous avons cherché A réaliser un appareil répon-
aiit aux qualités suivantes : volume restreint, siiii-
2)licité des organes, absence de robinets et de sou-
2)apes, enfin réversibilité, 250ur 2iermettre avec le
nême atipareil l’injection après l’évacuation.
La seringue A transfusion de Louis Jubé nous a
lonné un 2>récieux 2)oint de dé2)arl, mais nous l’avons
retirer environ 1 litre de liquide ou de pus en 10 mi¬
nutes, temps qui pourra varier suivant la fluidité
plus ou moins grande du liquide.
On évacuera de même les autres collections patho¬
logiques de l’organisme : abcès froid volumineux,
hydrothorax, etc.
S’il est nécessaire de faire suivre l’évacuation de
liquide d’une injection soit de gaz — pneumothorax,
— soit d’huile — oléothorax — , le même appareil
permet ces deux opérations ; l’inversion du sens de
rotation de la manivelle inverse également le sens
du courant A travers les orifices.
11 suffit, dès lors, d’ajouter un filtre A air au caout¬
chouc libre de l’a2>l)areil, pour le pneumothorax, ou
de le trenqier dans l'huile, pour l’oléothorax.
Nous ne faisons que signaler les autres applications
de l’a2)pureil ; injections sous-cutanées de gaz oxy¬
gène, décompression pleurale en cas de perforation
pulmonaire, émissions sanguines, saignée, trans¬
fusion sanguine.
Mais c’est surtout en vue de la thoracentèse que
montré qu’il y rend" de
ClIA
. Mav
La Médecine à travers le Monde
Il y a d
r le carate.
lcD''GustavoUribeUscobar, directeur de
l’Institut 2)rophylactique de
Mcdellin, fait 2iaraître un tra¬
vail sur la sérologie des indi¬
vidus atteints de carate. Chez
[jours trouvé un
asséiTiianii positif, et les
très méthodes dont il s’est
Une rigole en X est venue renqilacer la rigole rec¬
tiligne de la seringue de Jubé, et un guide excen¬
trique, faisant couvercle sur le coiqis de “
rédîiit le mouvement de l’opérateur A un siiiqile mou¬
vement de rotation de la manivelle.
La figure ci-dessus fera comprendre la description
de l’appareil et la simplicité de son maniement.
Démonté, il se conqiose de 3 pièces ; 1" corps de
pom2ie avec ses deux orifices latéraux d’as2)iration et
de refoulement; 2" piston avec sa manivelle munie
d’un galet de roulement ; 3" couvercle-guide, où vient
rouler le galet de la manivelle.
Moulage. — Il suffit d’introduire le piston dans le
guide, puis dans le corps de 2)ompe, et de visser à
fond le guide sur le coiqis de pompe, en ayant soin
de maintenir le galet de la manivelle dans la gout¬
tière du guide.
Fonclionnemeal. — Comme nous l’avons dit, le
siiiqile mouvement de rotation de la manivelle
actionne l’appareil.
A chaque tour de manivelle, 5 cpic de liquide ou
de gaz sont successivement aspirés 2>ar un orifice et
refoulés par l’drifice opposé. Une flèche gravée sur
le corps de ponijie indique le sens du courant A
travers les orifices (quand le sens de rotation de la
manivelle correspond au sens de la flèche gravée sur
le couvercle).
Application. — La thoracentèse est l’ap2jlication
principale de l’appareil. L’évacuateur pt'i’met de
Los arsénicaux améliorent nettement la maladie au
point de vue clinique, mais n’ont aucune influence
sur les réactions sérologiques.
. ÉTATS-UNIS
L’organisation de la foire mondiale de Chicago, A
l’occasion du Centenaice de la ville, conqircnd un
Comité scientifique 2>our collaborer avec les autres
oeganisateurs pour dévelo|)per la partie scientifi(|ue
et pour ainsi dire 2)hilos02)hique de cette grande
manifestation. Ce Comité est formé de M. le])'' .Max
Mason, ancien <h‘ l’Université de Chi¬
cago; AVilliani Allen Pusey, ancien président de
VAmerican medical A.s.socialion -, Gaiio-Dunii, ingé¬
nieur. président en 1927 du Comité national de recher¬
ches scientifiques ; Simon l'Texner, président du
Rockefeller Institute pour les recherches médicales;
Vernon L. Kellog, biologiste, secrétaire ])ermanent
de la division d’éducatioia du Comité national de
recherches; Michael 1. Pupin, professeur d’iîlectricité
mécanique A l’Université de Colombia A New-York.
AVilliam Allen Pusey est un dermatologisle très
connu ; il a été professeur émérite au Collège des
médecins et chirurgiens de l’Université d’Illinois
depuis 1915. Il fut président de VAmerican medical
Association en 1924-1925.
RUSSIE
1. Présente A la Soc. méd. des JIdp. (Séance du 23 \o-
vembre 1928) et A la Soc. d'Eiudes scientifiques de la
tuberculose (Séance du 8 Déceiuhre 1928).
D’après le décret du Gouvernement, les malades
tuberculeux, éliminant le bacille de Kocli, ont droit
A une chambre A part; les tuberculeux actifs, non
porteurs des bacilles, ont droit de disposer île
4(i
LA PRESSE MEDICALE) Mercrédi, 9 Janvier 1929
N” n
10 me. siijiplrmi'iiliiin's. I,i> i-oniinissariat ili‘ saule a
pris toutes les iiiesiiees possibles dans le tml de réa¬
liser e<- déerel. L'évalualioii du dejrré <lu daiiicer des
nialades luberriileiix vis-à-vis île l eiilourap', de leur
élal de faïuille. de leiir position soeiale, etc. se Fait
par des dispensaires antilubereuleux. lies ellanlbi'i’s
là part doivent en jireinier lien être allouées pour les
inalatles iri'aves (pii ne peinent Jias être tralislerés
dans des hôpitaux.
Les roinniissai'ials de Santé et d'iiisl met ion ont
déridé d'aiuéliorer le sysléitie île ^ensei^neInenl aux
li'aeultés de Médeeine. Les soinuies des dépenses
pour 1 installation des laboratoires ont été aiij^'iiien-
I-euianies: le roiilrôle des jirofirés des étudiants est
inieiix surveillé; la ])ratiipie de un, delix mois par au
a la eaujjiaiine, dans des eondilioiis rurales, est obli-
fiatoire, l’année scolaire eomjiorte désorliiais trente-
six semaines. Ln outre, on jirojelle une sixième année
d'étude, lin staue obligatoire pour les niédeeins ipii
viennent de terminer et deux praliipies d'été an vilbif^e.
Le proFesseiir K. h', l'ieiirow, viee-présideiit de la
9ôéiélé de ’rliéra|ienliipie de .Moscou, est déi'édé.
Livres Nouveaux
Spéléologie pulmonaire; étude clinique et radiolo¬
gique dés cavernes tuberculeuses, jiar le !)■' ,1a-
ôirnon ide I.evsinI | .l/n.s-.sn/i rl éditeurs,
PaHs, ll)2S|. i’rix : dit francs.
Voici un fort bel oiivrayo', a|ipelé à mari|uer dans
la plitisiologie, et eonsaeré par réminent spécialiste
de Leysiii à réinde eliniipie et radiolosiipie des
eaveriies liibereiilenses, eliapitre essentiid de la s|)é-
léologie pulmonaire | spi'déologie : srietiee des ca¬
vernes).
La radiograpliie a montré la fréipienee de cavernes
insoupçonnées d’ajirés rausciillation, par la consla-
lalion (l’iitiages à contour circulaire.
Jaipierod étudie d abord le mode de formation des
cavernes liiberenleiises. et, diaprés leur stade évo¬
lutif, il eu dislinuiie d types.
La caverne du 1'”' degré, l'araclériséii radiologi-
qliement par une image à coiiloiir circulaire relati¬
vement jieii maripié, dont rintérieiir n’est pas coni-
plétenienl clair, et cliniipiement par l’absence d’ex¬
pectoration. Klle représente la première jiliase du
])rocessus d’élimination d un foyer caséeux, dont le
La caverne dn d" degré, caractérisée par une
image annulaire à eonlonr bien dessiné, circonscri¬
vant un espace uniforménieni clair, chez un malade
ayant de l expectoration bacillifère, iiiiico-piiriilente.
Anatomiipiemenl. les parois de la caverne sont con¬
stituées par du tissu pulmonaire mon, fraiclienieni
inliltré de tuberculose. Pendant la vie. la jierle de
substance peut paraître beaucoup plus gi'ahde qii’elie
ne 1 est en réalité, les tissus envinuinant la cavité
étant soumis à une traction exeeiilriipie de la part de
l’élasticité pulmonaire.
La cavenie du d'' degré, niraclerisée jiarune image
radiobigiiine eirciilaire, généralement de gràude di¬
mension, ou par un cercle clair au milieu d’un cliamp
piilmonaii’e obscur, chez un malade elironii|Ue et
ancien avec expectoration bacillaire jiurnlenle niim-
niiilaire. Anatonii(|uenien1 . celle eaverne est consti¬
tuée par une coque llbreiise organisée, ipii la maîn-
tienl béante et qui 1 isole des tissus environnants.
tlelte distinction est irapilale au ]ioiut de vue du
liiodc de guérison des cavernes, celte guérison pa¬
raissant beaucoup |ilus fréquente qii’aulrefois.
La guérison des eaVernes ilii d" degré n’est possible
que par assécliemi'iit de leurs parois, par enkysle-
ment, par obstruction au moyen de dépôts calcaires
(exceptionnelle) ou pàr transformation libreuse totale
de toute la région malade (lobite cicatricielle fibro-
thorax).
Par contre, nombre de cavernes du 2" degré jieii-
venl guérir rapidement et souvent sans laisser de
trace visible, vraisenililaldemeut étouH’ées sous l’ae-
lion de I li\ perlropliie du pareiieliyme pulmonaire
enviroriniin't.
Les spélonques du degré peuvent disparaître
par résolution, sans laisser dt' trace; dans d’autres
cas. elles guérissent par transformation libreuse,
leur image radiograpbiqiié circulaire jiel’sistant indé-
linimiuit..
('.es notions sont essentielles piiur la direction du
traitement des tub(*rcn'loses cavitaires, en ayant re¬
cours à l’hygiène et aux procédés tuiturels seuls ou
avec àdjonction de collapsotliérapie (pneumothorax,
ihoracoidastie, plirénicéctoiliie). Il n’y a qiie des cas
d’espèce. Si, en général, le le degré ne demande ])as
de collapsotliérapie, au 2“ degré, après quelques
semaines d’observation, il convient liabituellemeni
d’avoir recours au pneiimothorax, qui donne des ré¬
sultats excellents. Les cavernes ebroniques du ü'' de¬
gré résistetil beaiicdiij) pltis îi la coihjiression dn
pneumothorax et souyeiil alors se pose la question
de la thoracoidastie, ou de la phréniceclomie, surtout
dans les cavernes de la base, dont le pronostic est
]>articulièrement glavé.
l ue très belle iconographie Comportant 'lü ligures,
comprenant de nombreuses reproductions de cliebés
radiographiques très démonstratifs, complète ce beau
travail, qui Sera lu avec fruit par tous les praticiens
et les phtisiologues.
Théorie Ionique de l’excitation des tissus vivants,
[lar le jirolessenr P, LAS,VKi:ir (Moscou). 1 vol. de
2'|0 pages avec 61 ligures {AlbrH liianchard , édi¬
teur). Prix ; 10 francs.
Lit Colh'clioit de monogràphies scientillqiies étran¬
gères vient tlé s’iuiriChii- d’un Ouvragé ot'i se trouvent
réunis les iihporlanls travaux éffecttiés par M. La-
sarelf et ses collaborateurs sur la théorie de l’excita¬
bilité nerveuse, ('.et ensemble de recherches n’était,
jusqu’ici, accessible ([Ue dans des mémoires parus
dans des périodiques le plus souvent de langue éti-ûh-
gère. A'ous possédons maintenant uii exposé colnplét
de 1 lelivre du savant |)hysicien russe ([iii nous per¬
met de mieux ht Connaître et d’en apjirécier toute la
valeur.
Dans les deux prémiers eluqiitres, sont exposées
les hases physico-chimiques de cejle théorie qui
s’àjipuie sur les recbérclies de iN'ernst et Loeh. Sui¬
vant l’auteur, c’est la variation de concentration
ioiliipie qui, en atteignant un certain taux, provoque
l'activité des nerfs et des muscles. Le chapitre III
montre comment cette hypothèse permet d’expliquer
les lois générales de l’exeitation- motrice des nerfs
et des muscles, telles que les variations d’éxcitafei-
lilé sous rinlliience du courant électrique et des
autres agents physiques ou chimiques, ainsi que la
loi du « Tout ou rien ii et les différents processus
accotnpàgrtant la conléaction muscnlaire. Les deux
chaititres suivants li-aitent de la sensation lumineuse,
d’abord dans la vision périphérique, puis dans la
vision colorée. Dans !(■ sixième et 'dernier chapitre,
1 aitteiir ap])liijtie sa théorie aux sensations auditivi>s,
gustatives et tactiles. Lnlin, eitiij appendices con¬
tiennent divers complémétAs et des déVeloiqièmenls
mathématiques.
(le livre, qui fait le plits grand honneur à l’activité
de l’Institut de physique et de biophysique dè ^los-
coii, ne peut manquer d’ètre lu et étudié avec profit
jiàr tous li-s biologistes (jui U’oiit pitis le droit
d’ignoiTr une théorie qui a déjà reçu d’éclatanles
cimlirnialions expérinteiilales et qui a suscité d’inté¬
ressantes découvertes physicô-chimiq'iiés.
ANuni; Smoni..
S'chwéfelttlèrapte, liar T. GoimOSoir (de Ilerne),
lîoiii iiT .àlr.ïKii-Biscii (de Gôllingen) et Pau. I'nxa
(de llainhourg). 1 vol. de 96 pages avec 2 ligures
et 9 tracés (fèêo'rg 'J'hirmr, éditèùr), Leipzig, 1928.
('.et ouvrage, sur la Thi'raprutiqiir du soiifrr, est
divisé en trois grands chapitres ;
('.luipitre P''. P/iurmucodiinamic du suufiu, par
T. GoiinoNprr (de Berne). - (leliii-ci, très complet,
étudie depuis la chimie du soiilre jusqu’aux diverses
préparations sulfureuses, en passant par la jihysio-
logie, la toxicité, etc.
(’.hapitre IL L'emploi du soufre dans les maladies
internes, par R. Meïeu-Discii (de Gottingen). — •
L’auteur passe en revue la tuberculose, les phéno¬
mènes d’arthrite, l’asthme bronchique, le carcinome,
etc., et réserve un passage assez développé sur la
halnéalion sulfureuse.
Ghapiire 111. /.'emploi du soufre tlunsles maladies
de la peau, par Paul Unna (de Hambourg). - Ce
dernier chapitre est particulièrement intéressant
par son formulaire alphabétique, comprenant les
douze dernières pagi's de l’ouVrage, et passant en
revue la plupart deS maladies de la peaii.
Ce travail est bu très hou résumé de la (jueBlioii
du soufre én thérapeutique clinique.
.MaRCLI. LAtCMiUKII.
Die ëehaindtung der Augfenkrankheiten in der AII-
gemeinpraxls (Le traitement des maladies Ocu¬
laires dans la pratique courante), par Kuiit Sïlix-
noiiii.. I vol. de 121 pages, avec 18 figilres ((,'.
Tliieme, édilelll'), Leipzig.
L’auteur éommence par passer en revue lés moyens
tliéra|)eiiti([iies ; il énumère, en donnant le titre des
solutions à employer, les anesthésiques, les mydria-
tiques, les myotiques, les astringents et les produits
n’entrant dans aucune de ces précédentes catégories,
tel que l’ojitochin. Il passe ensiiite au mode d’appli-
çation des médicaments ; instillations, attouchements
au pinceau, introduction de pommades, pulvérisa¬
tions ; puis à l’emploi local du froid ou de lu cha-
leiii’, aux pansemenls ou bandes. Ce chapitru. se
termine ]>ar la description des instruments usuels et
par l’étude des traitements généraux spéciliques,
syphilis et tuberculose, et non spécifiques agissant
par choc ; lait, caséine, métaux colloïdaux, etc.
Dans une seconde partie, l’auteur décrit les all’ec-
tions oculaires : paupières (peau, bord libre, glan¬
des) ; voies lacrymales, conjonctive avec ses mala¬
dies aiguës et ebroniques ; cornée, sclérotique, uvée
(iris, corps ciliaire et choroïde) ; vitré, cristallin,
rétine et nerf opti([ue ; un chapitre est consacré an
glaucome et un autre aùx traumatismes et à leur
traitement ; enfin l’auteür 2)arle des troubles de
l’équilibré musculaire, asthénojiie, insuffisance de
convergence, sans toutefois s’étendre axix jiaralysies
oculaires. Il (erinine par des conseils sur le choix
Par mer et continent (Carnet d’un médecin migra¬
teur), jiar le D‘' Raoul Beiissmi [Imprimerie médi¬
cale, 84, rue Botanique), Bruxelles. - - Prix 30 Fr.
(’.e livre, illiisfré de 83 gravures, pixMacé par le
maréchal LyaUtey, écrit d'une plume élégante et
colorée, raConte les impressions dil voyagé de l'auteur
à travers la brousse africàiile et sera lu aX'ec grand
plaisir jiar tous les Krançais qui s’intéressent aux
choses coloniales.
Annaes da Faculdade de Medicina de Sao Paulo
(Brésil), 2'' volume, 1927, 632 pages.
Comme l’anm'ie précédente, la Faculté de Sao
originaux fort intéressants, relatifs aux différentes
branches des sciences médicales. Chacun de ci-s mé¬
moires demanderait une analyse jiarticulièixi.
Dans le domaine de la Chimie, Citons ï'article de
Camjios Mario, qui indique une nouvelle méthode du
dosage du fer et du cuivre. L’anatomie normale et
tératologique trouvent leur place dans les mémoires
de Bovero (anomalies du eiàlon transverse et du
côlon descendant), de Locchi (muscle slerno-clavi-
ciilaire supérieur, veine cave supérieure gauclre chez
l’adulte). Parmi les travaux de hactério-logie et de
jiarasilologie, ci'tofis deux mémoires de Campos et
Almeida, qui étudient une race neurotrope de try-pa-
nosomes, certaines blastoniycoses, etc.
Campos consacre à l’innervation du larynx un
petit travail de 7 pages que nous considérons comme
fort important au point de vue de la clinique, car il
explique certaines particularités de paralysies laryti-
*’"*D • 1 - ■ t ■ 1 ■ tt’
l’attention sur l’article de Vampre relatif à 12 cas
de syndrome de Claude Bernard-Horner jiaradoxal ,
survenu à la suite d’alcoolisation du ganglion de
Gasser.
Tous ces travaux sont fort concis et illustrés de
planches qui, permettent de comprendre à première
vue ce que chacun d’eux contient d’originkl.
Ainsi conçu, ce volume intéresse non seulement le
praticien, mais encore l’expérimèntateur, qui trou¬
vera, sur les différentes questions envisagées, des
aperçus nouveaux et profondéiiieTil suggestifs.
M. Nathax.
N» 3
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
lil
Etude radiologique de i’appendicite chronique, par
Gonzalo EsGUERno Gomez. 1 vol. de 103 pages
avec 25 figures [Editorial de Croirlos),^OÿO\.a., 1^21 ■
Ce Iravail est la thèse de doctorat de Gomez, sou¬
tenue par lui en 1927, alors qu’il était déjà professeur
chargé de cours à la Faculté de Médecine de Bogota.
Dans la première partie, il traite de l’historique
et de la technique de l’exploration radiologique gas¬
tro-intestinale et précise l’aspect normal de l’esr
tomac, du. cæcum et de l’appendice.
La deuxième partie aborde les signes radiolo¬
giques de l’affection : appendiculaires (douleur, visi¬
bilité, morphologie, mobilité, évacuation); cæcaux
(douleur, spasmes, évacuation irrégtilière, mobilité,
déformations); gastro-duodénaux, (aéiophagie, dys¬
tonies, déformations), et met en relief lés plus im¬
portants [aérophagie, spasme pylorique douloiireux,
visibilité pernianente de V appendice) qui permettent
de diagnostiquer, même en fabsencç de douleur, une
appendicite chronique probable.
Il faut signaler la perfection des reproductions
radiographiques qui illustrent presque chaque ligne'
du texte.
André Guiral.
Université de Paris
Clinique chirurgicale de l’hôpital Cochin. —
Un cours complémentaire .sur le traitement des fractures
et luxations des membres sera fait sous lu direction de
Jl. le professeur Pierre Delbct, par MM. Jacques Leveuf,
chirurgien. des hôpitaux,, assistant du service ;.Luscomhe,
Godard, Oberthur et De AV'addcr, chefs de clinique, du
21 Janvier. au l”’ l^évrier, de .5 à 7 h., à l’amphithcàti'e
do la Clinique.
Indications générales du traitement orthopédique des
fractures. — !<• Luxations du membre supérieur. Réduc¬
tion des luxations de l’épaule par la traction élastique,
— 2° Fractures de l’humérus. Application de l’appareil à
extension continue. — 3” Fractures de l’avanhbras et du
poignet. Luxations du carpe. Technique de réduction et
appareils. — 4° Fractures du col du fémur. Indications
du traitement orthopédique et du trailomeut sanglant. —
à" Fractures du col du fémur. Technique du vissage et de
l’enchcvillement au moyen d’un grell’on du péroné. —
ti" Fractures de jambe. .\]q)lication de l’appareil de inar-
chc. — 1° Luxations du incmbrc inférieur. Manamvrcs
de réduction. — 8° Fractures de la diaphysc fémorale,
.àppliciition de l’appareil à extension continue. — 9° Frac¬
tures du cou-de-])ied. Application de l’appareil de mam
,.lie. — 10“ Traitement sanglant des fractures. Indications
i)péraioires dans les' frac'tui'cs fermées et dans les frac¬
tures exposées. — 11° Traitement sanglant des fractures;
Voies d’abord des fractures articulaires. Technique des
ostéosynthèses. Vissage du col du fémur.
, Le nombre des auditeurs est limité à vingt. Chaque
leçon comportera : 1° do 5 à G h., une leçon théorique
avec présentation de malades, de radiographies et d’ap¬
pareils; 2“ do 6 à 7 h., des exercices pratiques au cours
desquels les auditeurs appliqueront enx-mômes les appa¬
reils. La on/,ième leçon aura lieu à l’iîcole pratique de la
Faculté.
' Le droit de laboratoire à verser est de 250 fr. Sont
admis les médecins français et étrangers ainsi que les
étudiants immatrioulcs à la Faculté, sur lu présentation
de laquittance.de versement du droit. Les bulletins de
versement relatifs à ce cours seront délivrés à lu Faculté
(guichet 11” 4), les lundis, mercredis et vendredis, de 14
à IG h.
Clinique gynécologique de l’Hôpital Broca. —
M. E. Douay, chef des travaux gynécologiques, M.'Jean Du-
val et M. Luquière, chefs de clinique, feront à In clinique
gynécologique de l’hôpital Brocu, du 21 Janvier au *2 Fé¬
vrier 1!)2!), un cours de perfectionnemeut de gynécologie.
Ce cours s’adresse aux docteurs en médecine français
et, étrangers ayant déjà les notions cou:-nutes de la chi¬
rurgie gynécologique et désirant acquérir des connais-,
sunccs spéciales sur les questions nouvelles médico-chi¬
rurgicales et principalement sur la technique opératoire
du professeur J. -L. Faure.
Diiréc VDcux semaines, chaque jour saut le dimanche,
le matin, de 10 à 12 h., visites, opérations, consultations,
applications de radium cl de rayons X, tcchuiquc dn ]ian-
semciit à' la Mikulicz, insufflations tubaires, injectionç
intra-utérines de lipiodol; l’après-midi, de 5 à 7 h., cours
et examens de inaludes à Tamphitlicôtre.
' Deux démonstrations ■ cinématographiques auront lieu
le 2G Janvier cl le 2 Février.
~ Proirramme du cours — 1. llystérométrie. Ponction du
Douglas. Biopsie. Injections de lipiodol. — 2. Stérilité.
Insufflation tubaire. Sécrétion interne cl greffes ova¬
riennes. — -3. AntéIlcxion,.,Rétrpy.crS.ipn. TraitemenUme*-
dical et chirurgical. Ligamcntopcxic. — 4. Prolapsus cl
déchirure périnéale. Périnéorraphie. Cloisonnement du
.vgjjin. —5. Métrite et adénome du col. Le Fillios. Ampu¬
tation du col. Mélyite. du corps.^Instillation. Curettage-
ry G. Salpingites. "Vaccination. Hystérectomie subtotale.
Pelvipéritbnitei Colpotomie. Salpingite tuberculeuse. —
7. Infections. post-abortum et post-partum. Hystérectomie
vaginale.' — -Si.iKyste, de l’ovaire, Cpnjplicàtions. — ‘J.
Grossesse extra-utérine. Trahsfiision. — 10. E'ihromes.
Radium et rayons X. Myomectomie. — 11. Cancer du
corps. Hystérectomie totale. Cancer du sein. — 12. Cancer
du col. Curiethérapie. Hystérectofnic totale large.
Le droit à verser est de 250 .1r. Les bulletins, do verse¬
ment seront délivrés au secrétariat de la Faeulhb lundi,
mercredi et vendredi, de 14 à IG h.
Clinique ophtalmoiogique, Hôtei-Dieu. — M. le
professeur Cunge fera le vendredi 11 Janvier, à 10 h. 1/2,
à TamjAxithéûlre Dupuytren, une leçon ayant pour, objet :
Le pseudo-gliome de la rétine.
Physiologie. — M. le professeur Roger commencera
son cours de physiologie le samedi 12 Janvier, à 17 h.,
au petit .aniphilliéûtre. Lu première leçon aura ])onr
objet : L’alimentation et le végétarisme.
Pathologie médicale. — Deuxième série (Janvier-
l'évrier) : M. Maurice Chiray, agrégé : Maladies des voies
biliaires cl du duodénum ; M. Noël Fiessinger, agrégé :
Maladies du foie.
M. Noël. Fiessinger a hommcncé ses leçons le lundi
7 Janvier 1929, à 18 h., et les continue les niereredis,
vendredis et lundis suivants, à la meme heure, au petit
amphithéâtre.
M Maurice Chiray a commencé ses leçons le mardi
8 Janvier 1929, à 18 h., cl les continue les jeudis, sa¬
medis et mardis siiivaTits, à la môme heure, au grand
amphithéâtre de l’Ecole pratique.
Visiteuse d’hygiène sociale de l’enfance. —
Le 1““ Février, s’ouvrii’a à l’Ecole de Puériculture de la
Faculté de Médecine de Paris, G4 rue Dcsnouetles, nu
cours d’enseiguement pour infirmières et sage.s-féuimes.
Enseignement élémentaire, préparatoire au eertifical.
Sessions commençant les l" Février et 1" Octobre :
durée 4 mois.
Euseignement supérieur, préparatoire njiu diplôme.
Sessions commençant les 15 Juin et 15 Février ; duiée
8 moi^.
Internat et externat. Bourses et fractions de boui'ses
aux élèves méritantes. Adresser les demandes avant le
15 Janvier.
La direction de l’école signale le nombre tu'oissaut des
postes oITerts aux élèves titulaires de ces diplômes,
aetnellemeut encore très suixérieur au cbillTe des élèves
Universités de Province
Faculté de Médecine de Bordeaux. -- Clinique
d’Oto-riiino-i.artncologie. — En plus de reuseiguemeni
quotidien et des cours spéciaux sur : Les nerfs crâniens,
du 14 Janvier au 23 Février; la broncho-oesopbagoscuide,
du 4 au 14 Mars ; Tanalomie pathologique en oto-rhino-
laryngologie, du 3 au 20 Juin, auront lien, comme les
années précédentes, dans le service de M. le professeur
Georges Portmaiin, deux cours de perfectionnement, Tun
en français du l”” au 14 Juillet, l’autre en langue anglaise
du 22 Juillet nu 24 Aoôt.
Essentiellement pratiques, ces cours comprendront
l’exposé des questions de pathologie ou de thérapeutique
a Tordre du jour, l’examen fonctionnel complet de Tan-
dilion et de l’appareil veslibulaire, des séances de méde¬
cine opératoire, de laboratoire, de broncho-œso|)hagoseo-
pie, d’nncslhcsie locale.
Chaque assistant sera familiarisé avec toutes les inter¬
ventions do lu spécialité, les verra en projection ou en
cinéma, les exécutera sur le cadavre, en suivra la Undi-
nique sur le vivant.
Une salle d’enfants, annexée ou service, permet de dé¬
velopper tout particulièrement la pathologie et la chirur¬
gie spéciale infantile.
A la fin de ces cours, un diplôme sera délivré à chaque
assistant par la Faculté.
On pourra s’inscrire au secrétariat de la Faonlté de
Médecine, ]>lacc de la Victoire, Bordeaux.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Laennec. — M. Auvray, chirurgien de Thô-
pital, eommcnceru ses conférences cliniques, avec pré-
sentiition de malades, le vendredi 11 Janvier, à 11 h.
(amphithéâtre Landouzy) et les continuera les vendredis
suivants, à la môme heure, jusqu’à la • fin de Tannée
scolaire-
Tüus les malins, à 9 h. l/2, o])érations et exahicns des
malades dans les salles.
Hôpital Tenon. — M. Emile Weil fera dans son ser¬
vice,' le 'J,''à“'’ôhe 13 Janvier, à 10 h. du malin, une lafon
■pratique ’nyaiit jibilr sïijéi”: tu ' Ir’iinsfusibn/ Les groupes
sanguins.
Celte leçon sera réservée aux internes de 4' année.
Concours
Ecole de Médecine de Reims. — Un concours pour
l'emploi de professeur siijipléanl des chaires de patho¬
logie et cliniques médicales à rUcolc j>répui’aloire . de
Médecine cl de Pharmacie de Reims .s’ouvrira, lé mer¬
credi 20 Juin 1929, devant la Faculté de Médecine do
Nancy. Le registre des inscriptions sera clos un mois
avant l’ouverture du concours.
Ecole de Médecine de Rennes. — Un concours
pour l’emploi de jirofesseur suppléant des chaires de
clinique chirurgicale et obstétricale, à récole de plein
e.vercice de médecine et de pharmacie de Rennes, s’ou¬
vrira, le lundi 8 .1 uillel 1929, devant la Faculté de Méde¬
cine de l'Université de Paris.
■ ’.J.e registre des inscriptions sera' clos' un mois avant
rouvcrliire du concours.
Hôpital Notre-Dame de Bon-Secours. — Un con¬
cours pour quatre places d’internes titulaires et quatre
places d’internes jirovisoires sera ouvert le jeudi 31 Jan¬
vier à riiôpital Notre-Dame de Ron-Sccours, GG rue des
Plantes.
Lé‘cs «‘preuves sont au nombre de deux et toutes deux
Ihéorupies,
Une édile, comprenant trois questions (anatomie, avec
ou sans physiologie; jiathulogie interne, jiathologie
externe) 45 points.
Une orale comprenant deux questions (pathologie
interne et pathologie externe) 20 points.
Les internes en fonction prennent à l'hôpital le petit
déjeuner et le rcqjas de midi; riuterne de garde seul y
couche et y jirciid le repas du soir.
Ils reçoivent un traitement annuel de 4.200 fr. la
année, 4.500 l'r. la 2“ cl 4.800 fr. la 3^
Pour les renseignements et demandes d’inscription,
s'adresser à M. l’Adininislrateiir délégué GG, rue des
Plantes (le mardi et le vendredi de 14 à 17 li.). . .
Nouvelles
Distinctions honorifiques. ' - Sont insciits au
tableau du concours de la Léuion d'hoxmu iî, jKmrlîl29:
pour le gi'ade Officier, MM. Rruhal, Rroc.liet, iîoulliil-
lier, Rrun, Segnrd, F«'rel, Goetl. Rrangor, médecins prin¬
cipaux; ]>onr le grade de Checuiicr, MM. Lelaîdier, Pache.
(iermaiu. (îaic. Le Guillou de (]rels(pier, Raïuond, ,\ve-
La police sanitaire maritime aux colonies. —
J.c Jouniai Officiel (n" du 5 Janvier 1929) publie un décret
présidentiel concernant le reglement de la jiolice sani¬
taire maritime. aux colonies, jiays de jirotectui’al et terri¬
toires sous mandat rattachés an ministère des Colonies..
Société française d’Orthopédie. — Le prochain
C.ongrés de la bucieti* fram ais d (Irtlioj)édie aura lieu le
vendredi 11 Octobre 1929, à 9 ii. jiréeises, à la Faculté de
Médecine de Paris OuiiphilbéAtro Vulpian).
Les (p>estions mises a 1 ordre dn jour de ce Congrès
sont les suivantes : 1” Les lésions osseuses tuherculcuscs
paraarticulairos : rapporteur, M. Amlrieu (de Rerck-PIage).
li" Les luxaiions l’tîcidivuutes de i'épaule : rapporteur,
M. Lmiis Tavcrni(*r (de Lyon).
Umfia. — Les membres adluu'eiits de rUnifiaou Union
médicale latine sont convo(|ués à l’assemblée générale
annuelle de (‘elle Société, «(iii se liendru le Samedi 12 Jan¬
vier, à 8 h. 1/2 du soir, à l’Ilùtel des Sociétés savanle's,
rue Serjieiite, Paris.
Exposition française au Caire. — Une Fxposilipn
française placée sous le haut patronage de S. M. le Roi
d’Fgyptcet d<i M. le Présideul de la Républiiiue française,
et organisée par le Comité français des Expositions, doit
avoir lieu au Caire du 5 Mars au 20 Avril 1929.
Une classe y groupera les Stations therniales et les
Stations climatiques de France.
Nous croyons devoir attirer rattcnlion de nos amis,
que la prospérité du thermalisme et du climatisme inté¬
resse au preinip:r chef, sur celte nuuiifeslatioii qui eon-
stituc un louable elîort eu vue du dévoIüj)pement des
intérêts éconoiniques françahi en Egypte et dans tout le
Pcoche-Oriont. . ,
L’organisation de ladite classe, comprise dans le groujie
(lu Tourisme et des Stations thermales cl climati(|ues
jirésidé jiar M. h’ déjuilé Rurély, est assurée j)ar M. Nor¬
mand, directeur de la (Compagnie fermière de Vicliy, à
qui en a été confiée lu pr<*sidenec, et qui est secondé dans
celle U\che juir M. Jean Ruulouniié, administrateur-délé¬
gué de lu Société générale des Eaux minérales de Vittel,
et ])ar M. Pierret, de La Rourhoule.
Les demandes de renseignements et les adhesions
devront être adressées à M. Normand, j)resideiil de la
classe lll-b, 24, boulevard des Capucines, u Pans.
Tribunaux départementaux des pensions. —
Sont nommés pour l’année 1929 membn's des trihiinau>'
départementaux des pensions :
48
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 9 Janvier 1929
N“ 9
D’Agpii, .M. Kpiioux, à suiiplpants, MM. I)(*i'haiuj>
cl Toslc, à Agen; - d’Aix, M. Casse, a Aix ; suppicauts,
MM. Vaissade et Thomas, ù Aix; -- d’Ajaccio, M. <hittoli,
à Ajaccio; supplcaiit, M. Heta, à Ajaccio; — d’AIbi, M.
Ortal, à Alhi ; supfdcants. MM. Houissière, ù Albi cl
Iznrd, à Coj^nac; -- d’AIcncoii, M. Dcmiricaii, h Alca^'oii;
sappicants, MM. Nailicnl et UcnaiiU, à Alen^'on ; — d'Al-
}fcr, M. Witas, à Alpcr; Muj)plcanl8, MM. Sabadini cl
lUiItin^'cr-Mullcr, à .Mj^cr; — d’Amiens, M. Hiirlrel, à
Amiens; supplcanls. MM. (mraven <‘t Merle, à .Amiens;
— d’.Vng’ers, M. Lepage, à Anj^ers; suppléant, M. ICstève,
à Angers; — d’An^oulcine, M. Darraud, à An^oulème;
suppléant, M. (iautliicr, à Anj(ouléme; — d’Aunec'v, M.
OrsuJ, à Annecy; suppléants, MM. Duparc et Varay, à
Annecy; — d'Arras, M. lleliagne, ù Arras; suppléants,
MM. llrassurl, à .Arras et Audrès, à Saint-Pol; d’Aucb,
M. Leslrade, à Auch; supjiléants, MM. Szelechonski et
Kivière, à Audi; -- d’AurilIac, M. (lirou, à Aurillac; su])-
pléants, MM. Vermenon/e, à .Aurillac et Albessard, à Yi<*-
sur-Ccre; •' <r.Auxerre, .M. Clievereau, à Auxerre; sup¬
pléants, MM. Duché et Sarrazin, à .Auxerre; — d’A^i-
jynon, M. (Jarnier. à Avignon ; suppléants, MM. Donnel et
Passelè^ue, à .Avip;non.
De Beauvais, M. Poissonnier, à BeaiiNais; suppléants,
MM. Barrier, à Bresle et Wurtz, à Compic^-ne; — de
Belfort, M. A. Bouvier, ù Belfort; suppléant, M. Lévy, à
Belfort; — de Besaneon, M. Baiifle, à Besaneon; sup¬
pléants, MM. Tisserand et Bolot, à Besaneon; — de Blois,
M. Loiseau, à Cbainjii^’ny-en-Beauee : su]>jdéaiit,. M. Meu¬
nier, a Blois; de Bordeaux. M. Lande, à Bordiuinx;
suppléants, MM. Montaller et Leurel, à Bordiaiiix; de
Boulogne-sur-Mer. M. S<*veslre, à Boulo^^ne-sur-M(*r ; sup¬
pléant, M. Dervniix, à Saint-Omer; — de Bourpf. M. Si*r-
vas, à Bonrj^; suppléants, MM. Chapnis et Pitn-, à Boarjf;
— d<* Bour^i's, M. Bonneau, à Bourg'es ; suppléants. MM.
Janvier et Mnrislon. à Boyr^'es.
De Caen, M. (Charbonnier, à Caen; suppléants, MM.
Ciiibé et Desboiiis, h Caen; - de (Caiiors, M. Bessi*, à
(Cahors; sniipléaiits, MM. Sej,^ala et Delport, à iCahors; --
de (Careassonne, M. Soiirn, à Careassonne; suppléants,
MM. Combeleran et Boyer, ù Carcassonne ; de CliAlous-sui*-
Marne, M. (Chevron, à (Châlons-sur-Marne ; suppléants,
MM. Aiimonl et Van Vyve, û Chûlons-snr-Marne : — de
(Chamb(’*ry, M. Dennari(‘‘, à Cbainb(**ry; siippliMinls, MM.
(ireytii* d<* Ihdieeomb»* et Voatier, à (Cliambérv; - de
(Charleville, M. Boland, à (Cbarleville, siip))Iéants, M.M.
llozoy Blairon, à (Cbarlevilh* ; — de Chartres, AI. Dii-
defoy, à (Chartres; sii]>pléants, MM. Bayes et Baudin, à
(Chartres; — de (Châteauroux, M. Bouj^arel, ù Château-
roux; suppléants, MM. Sineau et Pipelet, à (CIiAUmiuvoux ;
— de Cluuimoiil. M. Arerp;er, à Cliauimml; suppléniits,
MM. Carnd et AVeîH, û (Chaumont; --- de (ClermonUl'er-
raud, .M. Boiisqiiel. à (Clermonl-l’errand ; sup]déanls, AIM.
Diouis de Lejoiir, à (Clermont-Ferrand et Malsang-, à
(Champeix; de (Colmar, D- section, .M. Kayser, à (Col¬
mar ; suppléants, MM. Hamburger et K<enig, à (Colmar;
2'^ seelioii, M. Nordmami, à (Colmar; suppléants, MM.
Sehreiher vl Dulumod, à (Colmar; — de (Conslanline, M.
Piquet, à Constaiitinc ; suppléant, AL .Auberlie, à (Coii-
stanline; — de (Coulanees. M. Fauvel, à (Coutances; suj>-
pléanls, MM. Dudouyt et Lecomte, à (Coutamu's.
De Digne, M. Chaussegros, à Digue; supiiléauls, AIM.
(Jasseiid et Komieu, à Digue; -de Dijon, M. (Capilaiii.
à Dijon; suppléants, M.M. Sirol, à Beaume et (jiognot, à
Semur; — de D»>uai, M. 'roison, à Douai; suppléaiils,
MAI. Desmoulius et Alonuier, à Douai; — de Draguignau,
M. Pelloquiiï, à Draguignan; aupjilénnts, MM, Weill (E.),
à Draguignan et Proust, ù Trana.
D'Epinal, M. Urines, ù E^dnal ; su]>pléuntK, MAI. La-
eour et Riü’, ù Epiiial; — d'Evreux, M. Thirurd, ù Evreux;
suppléant, M. Moisson, à Evreux,
De Foix, AI. (Calazel, ù Foix; sii])pléanlH, MM. Uumeau,
à Pamiers et Leslrade, a Foix.
De (iap, Al. Coruiuit, à Ga}>; sup])léaiits ; MM. Dorehe,
à (iap et Ehrard, à Tallard ; - de (ireaohle, Al. Juviii, à
(irenoble; suppléants, MM. Vareilles et Fabre, ù (ire-
iiolile; -- de (jiiérel, M. Bressuré, à (iuéret; sujipléants,
AlAl. Dumont et Dufour, ù (iuéret.
De Laon, M. Alemi, à Laon; suppléants, MAI. Kuhy et
Lemurehal, à Laon; - • de la Uoelielle, AI. Dufour, à la
Uoehelle; suppléants, MM. Bastoiiiî et Pozzi, à la Ro-
elielle; — de la Roehe-sur-A'on, M, (Choyaii, â la Roehe-
sur-A’on; snjipléanls, MM. Barbanneau, à Pmizaiiges et
Filaudeau, h la Roebe-sui’-A‘on ; — de Laval, M. Aubin, à
Laval; suppléants, MM. Loiseleur et Le Basser, à Laval.
Du Mans, AI. Legros, au Mans; suppléants, MM. Le-
foariiier et Dumas, nu Mans.
Du Puy, M. (ierbier, au Puy; sujipléants, MAI. Jean
(M.) et (iallet, au Puy.
De Lille, Al. Leelereq, à Lille; sujqdéunts, MM. Leroy
et Looten, ù Lille; — de Limoges, Al. (CubgrUifoiid,- à
Limoges; supjiléaals, AIAI. Filliouluud et TJiouvenct, ù
Limoges; — de Lons-le-Sauluier, AL Boulée, à Lous-le-
Sauliiier; supjiléaiits, MAI. Piebon et Vagniot, à Lons-le-
îSauluier; --- de Lyon, l’’*' seelioii, Al. Durand, ù Lyon ;
suppléants, MM. Mazel et Rebullu, ù Lyon; 2'’ section,
M. Muyet, ù Lyon; sujjpléants, AIM. Laroyeiine et Des-
molins, à Lyon.
De Alàeon, M. Uicliard, à Alâeon; suppléants, AIM. Ju-
vunon, à Mâcon et Lagoulle, au Creuzot; — de Marseille,
M. Alezais, ù Marseille; su]>pléants, AIAI. Imbert et
(Camoin, à Alarseille; — De Melun, AI. Siguier, à Alelun;
suppléants, AIM. Alulvy et Bureau, à Melun; — de AIolz,
P*' section, AI. Loweiibruclc.^à Aletz ; suppléant, M. Kocli-
reii, à Metz-Sablon ; 2® section, AT. Clievalot, a Metz; - -
de Mende, M. Bessière. à Mende; suppléants, MM. de
Framond. à Marjevols et Morel, à Mende; — de Alontau-
han. M. Poisseron, à Monlaubaii; suppléants, AIAI. Mon-
ribol et Alaiibavialle, à Montauban; — de Alonl-de-Mar-
saii, M. (Cola, à Monl-de-Marsan ; sujijdéaul, M. d’Uzer, à
Montauban; - de Alonlpeîlier, M. .Aisiies, à Alcmlpellier ;
suj)pl«‘ants, AIM. Pages et Roume, à Monl^iellier ; -■ de
Moulins, AI. Uanglaret, à Aloulins; suppléants, AIM. Pé¬
nard et Loiiguon, à Aloulins.
De Nancy, M. AVeiss, à Nancy; supiiléants, AIM. Allehel
et .\bl, à N'aney; de Nantes, Al. Bureau, à Nantes;
supjiléants, Al.Vl. Le Meignen et Deselnux, à Nantes; - de
Nevers, M. llouzé, à Nevers; sujipléants, AIM. (Comte et
Boudol, à Nevers; - de Nice, M. Rovery, à Niée; sup¬
pléants, MM. RosanoiT et Faideau, à Nice; — de Nîmes,
AL Perrier, à Niines ; sup]>léunls, MAL Foulquier, à Nîmes
et (Chapon, à Aies; - de Niort, Al. Roalland, ù Niort;
sup{)léanl, M. (Collon, à Niort.
I)’Onm, M. Bolella-Gaïubeltu, à Oran ; suppléants,
MM. Bizou et Mereui, à Oraii; d’(JrIéans, AL Geffrier,
à Orh'ans; snpjiléants. MAI. Touche et Alarmasse, à
De Paris, l®*' section, AI. Lo’vy, à Paris; snpj)léants,
MM. Piedelièvre et Baiizet, â Paris; 2'’ section, M. Der-
vieiix, à Paris; siijiplénnls, MM. Foinjuct et Lyon-Caen, à
Paris; 3® section, AL Dux’oir, a Paris; suppléants, MM.
Legrain et Blum, ù Paris ; 4* section, M, Slepiusky-Ves-
sièaes, à Paris; suppléants, MM. Lutaud et Vivant, à Pa¬
ris; 5® section, AI. Maréchal, à Paris; suppléants, MAI.
Cellier et Truelle, ù Paris; — de Pau, M. Alarsoa, ù Pau;
suppléants, AlAl. Fayon et (iuiehot, à Pau; — de> Péri-
gueiix, l®® section, AL Le Roux, ù Périgueux; suppléants,
MM. Dumunl et (Crozet, à Périgueux; 2® section, AI. Gro-
zet ; suppléants, MM* Dumont et Le Roux; •— de Perpi¬
gnan. Al. Devèze, à Perpignan; suppléant, AI. Pons, à
Perpignan ; — de Poitiers, AI. Foucault, à Poitioi’s; suj>-
j)léaiiLs, MM. Fmneau et Féru, â Poitiers; — de Pon¬
toise, M. Deronie, à Pontoise; supjdéants, MM. Herbinet,
à Pontoise et Fouriiiols, à Alagny-cn-Voxin ; — de Privas,
Al. Fargier, à Privas; siippLéant, M. Dupin, à Privas.
De Qiiimper, AI. Lagrifl’e, à Quimper; suppléants, M.
Tuset et Alorvuu, à (Juiinjier.
De Rennes, AL Jambon, à Rennes; suppIéaiiLs, MM. Fra-
leu et Baiigeard, à Rennes; — de Rodez, M. Garrigues, ù
Rodez; suppléants, AIM. Bousquet et (Camus, à Rodez;
de Rouen, AI. Vallée, ù Rouen; suppléants, MM. BoHi-
caiid et Cauchois, à Rouen.
De Sainl-Brieue, AI. Moy, à Suint-Brieuc ; suppléants,
MM. Héry et Le Breton, à Saint-Brieuc ; — de Sain l-
Etionne, AL.Riou, ù Saint-Etienne ; supptéanls, MAI. Mandy
et Gennirari, à Saint-Ktieiinc ; — de Sainl-Mihiel, M. Pier-
soii, à Saiiil-Aüliicl ; suppléants, AIM. Nivelet et Maillard,
à Commerey; — de Strasbourg, l®® section, M. Baiir, à
Strasbourg; suppléants, MM. Brion (A.) et Humbert, «n
Strasbourg; 2® section, AI. Bliiid, à Strasbourg; suji-
jdéaiils, MAI. Brion et Simonin, à Strasbourg.
De Tarbes, M. Prunet, à Tarbes; siijipléants, MAL Be-
nezeeh, à Bagnères-do-Bigorre et SuLsae, à Lourdes; —
de Toulouse, AL Taiiie, à Toulouse; suppléants, MM. So-
rel et (Cbamayou, à Toulouse; — de Tours, M. Baboau, à
Tours; sii])])léants, MM. Faix et Guillaume, à Tours; —
de Troyês, M. Debret, à Troyes ; suppléants, MM. Meyiiier
et Sauffrain, à Troyes; — ■ do Tulle, M. Sikora, à Tulle;
aiq)pléants, MM. Alorely et Mazerie, à Tulle.
De Valence, Al. (Culvet, ù Valence; suppléant, M. Buis¬
son, à A'alence; -- de Vannes, M. Le (xueiin, à Vannes;
suppléants, MAL Audie et Franco, à Vannes ; — de Ver¬
sailles, M. Broussin, ù AVrsailles ; suppléants, AIM. Fleury
et J Gautier, à Versailles; — de Vesoul, AL Doillori, ù
Vesonl ; snppléanis. AIM. PeLitjean, à Vesoul et Manier, à
Corps de Santé militaire. - M. (ieorgel, médecin
capitaine, est promu au grade de médecin eoinnnmdant
et est admis à la retraite.
— Sont nommés au grade de médecin sous-lieutenant
AIM. Freyehe, Rodet, Choudey, Azema, Bergondi, Cam-
prerlon, Miquel, Le Quement, Botar, Aloulinié, Massias,
Nogardel, Barrat et Fournié, élèves de l’Ecole du Service
de Santé militaire reçus docteurs en médecine. Ces offi¬
ciers sont promus au grade de médecin lieutenant.
— Sont prononcées les mutations suivantes:
Alédeein lieutenant-colonel. M. Metoz, de Fhôpital inilL
taire de Belfort, est maintenu et désigné comme prési¬
dent de Commission de réforme.
Médecins cajiitaines. Sont affectés : MAI. Valade, aux
troupes du Maroc; Rousse, aux territoires du Sud Algé¬
rien; (xluze, au 35” rég. d’artillerie, à Vannes; Mudelaine;
au (55" rég. d’infanterie, à Vannes; Seiupe, Labrousse, ù
la HL région.
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nue Lamartine. Arcachon (Gironde).
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présentant bien, pour co-direction d'un Etablisse¬
ment médical important. — Ecrire ou voir de 6 à 8
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Médecin recommande très particulièrement pour
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très honorable, de correction parfaite. Bonnes réfé¬
rences. — Ecrire P. M., n" 951.
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decins, pharmaciens, etc., cherche représentation de
spécialités pharmaceutiques ou propagande médi¬
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Assistant de radiologie depuis quatre ans dans
grand service central des Hôpitaux de Paris, non
installé, désirerait prendre direction ou être assis¬
tant dans laboratoire radiologique privé ou dans
clinique médicale Paris ou banl. Eor. P. M., n" 955.
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santé, de parents sains. Ecr. Ph'®, 18, av. Bugeaud,
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Urologue, dipl. Etal, eystoseopie, ealh. des ur.,
disposant dés ajirès-inidi 2-7 P. M.. travaillerait ds
clinique, eahin. inéd., etc. — Ecrire I‘. M., 11“ 978.
Laboratoires spécialités pliarinacentiques cherche
l'opi'ésentanl bien introduit anjirès des médecins de
province. Ecrire P. M., n" 980.
Ext. femme, lin scolarité, cli. cinpl. apr.-in. on sit.
an pair ds clin. Paris. -- Ecrire P. M., n<> 981.
Dame, ayant dirigé importante maison, s’enten¬
drait avec Dr désir, créer sanal., ])révenl., mai.sou
.santé on clin. Accepterait intendance maison envir.
Paris préf. -■ Ecrire P. M., n" 982.
Représentant, eonscieneieux et expérimenté, d’un
seul labo, désire s’adjoindre second labo, pour
visites médicales Paris. — Ecrire P. M., n“ 983.
Urgent. On demande un assistant méd. ou étud.
(vénéorologio). — Se présenter: D'' Smil, 19, bd de
Versailles, Snresnes.
Infirmière radiographe demandée par Clinique du
Landy, 4, rue Balielais, Sainl-Ouen (Seine).
AVIS. — Prière de Joindre aux réponses un
timbre de Otr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Paris. — Imprimerie de la Cour d'AppoI, 1, rue Cassette.
12 Janvier 1929
N* 4
Travaux des Services de Chirurgie générale
et d'OtO’Rhlno-Laryngologle
de l’hôpital- clinique Evanghelismos du Pirée.
SUH LES COMPLICATIONS CHIRURGICALES
DE LA DENGUE
OBSERVÉES DANS CES SERVICIiS
THÉSÉE PAPADOPOULO,
M. YOEL et A. HADJIGEOROES.
Au cours de 1 epidéinie de dejjgue, qui a sévi
avec intensité au Pirée comme à AtJiénes, sur¬
tout pendant les mois de Juillet, Août et Sep¬
tembre 192S, nous avons eu l’oceasion de suivre
dans nos services d’assez nombreuses complica¬
tions chirurgicales.
Sur une moyenne de 80 malades, anciens et
nouveaux, qui nous visitent tous les jours dans
nos consultations externes, nous avons noté, pen¬
dant CCS trois mois, les complications suivantes :
1. — Des inllanimations pharyngo-amygda-
liennes.
11. — Des furonculoses et anthrax.
III. — Des parolidites.
ly. — Des adénites diverses.
N ■ — Des abcès et phlegmons variés.
M. — Des pyohémies et septicémies.
Ml. — Des ostéomyélites.
Vlll. — Un cas de pyélite.
IX. — Des hémorroïdes sphacélées.
X. — Un cas d’appendicite.
.XI. — Un cas de plilébile.
Parmi toutes ces complications, les plus fré¬
quentes et les plus caractéristiques ont été les
inflammations pharyngo-amygdaliennes, les fu¬
ronculoses, les parotidites et les abcès.
1. Ifs'FUASJMATIOarS P|JAin'fVGP-AJJVGnAJ4JÎNNES.
~ Les inflammations pharyngo-amygdaliennes
ont été assez fréquentes au cours de celte épi¬
démie. L’exanthème habituel de la maladie était
précédé souvent d’un exanthème pharyngien
caractérisé, soit par des petites macules lie de
vin sur le fond de la gorge, les piliers et le voile
du palais, soit par un piqueté à points blancs gran¬
deur d’une tôle d’épingle. Très souvent, il appa¬
raissait, deux à trois jours après la guérison de
la maladie et fut la seule éruption de celle-ci. En
général, nous pouvons dire que l’angine était
légère. On ne rencontrait des complications, tels
les abcès pharyngo-amygdaliens que chez les
gens atteints antérieurement d’aflections pliaryn-
giennes et amygdaliennes. Ces complications
apparaissaient toujours vers la fin de la dengue ou
pendant sa convalescence. Nous avons observé en
tout IJ. abpè,s, tous péri-amygdaliens, et chez des
adultes. Pas un .seul cas d’abcès de l’amygdale
proprement dit. Ces abcès présentaioni une allure
plus grave qu'habituellement, n’ayant pas de ten¬
dance è s’ouvrir spontanément. Ils ont tous ncce.s-
sité une Intervention chirurgicale. Sur nos 11 cas,
2 ont été suivis de mort; mortalité, donc, de
18 pour 100.
Dans le premier cas, il s'agissait d’un homme de
38 ans qui s’est présenté é notre consnltatiom dans
un état très grave. Il avait un gonflement énorme de
la région pcri-amygrialienne gaucho, acconijiagné
d’un trisraus, d’un engorgement ganglionnaire cervi¬
cal et aussi à'una parotidite du même côté. La tem¬
pérature était de le pouls battait à 120. Malgré
TRAVAUX ORIGINAUX
l’incisiou large et simultanée de l'amygdale et de la
parotide qui a provoqué une légère baisse de la fièvre,
le malade a été emporté quarante-huit heures après.
Il faut noter, qu’à l’ouverture de l’abcès péri-amyg-
dalien, nous avons trouvé très peu de pus, mais sur-
(out des gros caillots sanguins noirs eu quantité très
impressionnante. De même, la parotide c-oiitenail très
peu de pus, et était par places sphacélée. Un examen
bactériologique du pus prélevé a montré qu’il s’agis¬
sait d’uuc infection sU-eptococcique.
Notre deuxième malade éUiil âgé de 31) ans. H pi é-
sentait, comme le précédent, un abcès latéro-pliaryn-
gicn droit avec engorgement ganglionnaire, trismus
et une parotidilc du môme côté. La temj)érature
était de 40°, le pouls à 120.
Comme on le voit, ce cas était tout à lait sem¬
blable au précédent. Pourtant, ce qui le distingue,
c’est que, dans le premier .cas, le maLude est mort
après une chute sensible de la tièvre qui, de 40” est
tombée à 37‘>2, tandis que chez le second après l’ou¬
verture de l’abeè.s péri-amygdalien, qui, d'ailleurs,
ne contenait pas de pus. la température est montée
jusqu’à àUà et la mort est survenue en liyperlliermir,
huit heures après l’incision.
U. Euiionculoses j:t anthuax. — l^a furoncu¬
lose s'observait, en général, chez les malades
ayant complèteinciit guéri de la maladie. Elle
était aussi fréquonle chez l’hoinmc, chez la femme
que chez l’enfant. On la rencontrait dans difl'é-
rentes parties du corps (par ordre de fréquence
des cas observés par noys) : A la face et surtout
au niveau du conduit auditif e.rierne, à la nuque,
sur le crâne, les aisselles, le dos, la poitrine et
aux membres. Ici, nous pouvons dire qu’on la
voyait surtout chez des gens atteints antérieu¬
rement de staphylococcie. Mais, contrairement à
la furonculose habituelle, elle avait une grande
tendance à V abcédation et à la confluence.
Nous avons 7 cas d’anllirax dans notre statis¬
tique, tous chez des gens âgés (un seul cas chez
une femme de 35 ans), dont un seul très grave,
mais qui a fini par guérir comme les autres. Il
s’agissait d’un énorme anthrax diffus qui occupait
la région occipitale et même la dépassait. Une
excision étendue a été faite à l’entrée du malade à
l’hôpilal. Elle n'a pas arrêté le processus de la
difl'usion, laquelle, malgré un traitement vaccino-
thérapique (stock-vaccin., vaccin antistaphylo¬
coccique), protéinolhérapi que et héraothérapique*
continuait â évoluer. Nous fûmes obligés de
refaire que excision, cette fois au thermocautère,
avec triple barrage d’ignipnnclure profonde.
Actuellement, ce malade ne nous a pas encore
quitté et nous venons de lui faire des greffe.s
dermo-épideriniques pour combler l’énorme perte
de substance.
llI. Pauotidites. — Nous avons pu étudier
plus attentivement les malades alleints de paro¬
tidite, la plupart ayant été hospitalisés.
Sur 20 cas observés, 12 étaient des hommes,
8 des femmes. Nous n’avons pas une seule obser¬
vation d’enfant. L’âge variait entre IG et 70 ans,
la majorité entre 25 et 40 ans (13 cas). Dans
4 cas, il s’agissait de parolidites doubles, donc
20 pour 100. La mortalité était de 25 pour 100
(5 cas).
Los observations des deux cas de mort ont été
rapportées plus liant.
Nous résumerons ici les observations des trois
a) ,1. N..., âgé de 16 aus. Uien de particulier à
signaler dans ses antécédents héréditaires ou per¬
sonnels. Parotidite double, apparue le huitième jour
après l’invasion de la maladie. Etat général, dès le
début, gravement atteint. Ictère avec foie augmenté
de volume. Albuminurie. Température à 39”5,
Pouls ; 130. A l’incision bilatérale, on ne trouve pas
de pus. Après celle-ci, la température continue à être
très élevée. Nous- refaisons' une incision le surlen¬
demain, cette fois-ci beaucoup plus large.
Nous trouvons une parotide sph.tcélée par plarcs,
ne contenant pas de pus. La mort survient le métae
b) Va. lias . 2.Ô aiis. Anlécédeuls jiersonuels et
héréditaires normaux. Parotidite double avec infil¬
tration cervicale des deux côtés. Entré à l’hôpital le
sixième jour après le début de la parotidite survenue
après la fin de sa dengue. Température, 39°6.
Pouls. 110. Albuminurie, 0 gr. 30 pour 100. Une
double incision large faite le même jour ne montre
pas de pus. Le soir de l’opération, la température
est à 40”, le pouls à 120. Le lendemain, il y ,a une
rémission de sa température (38“) mais aucune amé¬
lioration de l’état général qui demeure très mauvais.
L'infiltration cervicale augmentant surtout à gauclie,
nous prolongeons notre, incision vers le cou. Cette
foÎR-ci nous trouvons quelques grumeaux de pu.s.
L’examen bactériologique fait voir dos cliaîneltes de
streptocoque très abondants. La mort, survient le
lendemain en hyperthermie (40"5).
(•) Ep. Pet..., âgée de 70 ans, nous consulte quatre
jours après l’apparition d’une parotidite gauche qui
s’accompagne d’une cellulite ccrricale diffuse. Etat
général très mauvais. Coiur défaillant. Tempéra--
turc 39”5, pouls 120 faible et arythmique!. Refuse-
l'opération et meurt le lendemain en hyperthermie.
Ce qui res,sorl de ces observations, c’est «lue
chez tous nos cas mortels nous n;.avons presque
pas trouvé de pus à l’incision, et, dans deux cas
où nous avons pu faire un examen microbiolo-
gjque, c’élail le streptocoque qui était en cause.
Tous ces cas ont évolué vers la mort avec une
rapidité impressionnante, malgré rinslilulioa
d’im traitcmenl médical en même temps que le
traitement chirurgical. On voyait qu’il s’agi.s.sail
de malades alleints d’une infection générale, la_
parotidite n’étant qu’une des manifestations de
celle-ci. La mort survenait presque toujours on
hyperthermie. Par l’examen de l’étal général, on
pouvait poser avec certitude, dès h; début, im
pronostic extrêmement grave.
L’âge n’a paru jouer aucun rôle dans la gravité
de l’infection.
Par contre, chez les 15 malades guéris, on
était convaincu, dès le premier examen, qu’il
s’agissait d’une infection locale strictement can¬
tonnée à la parotide. Dans la majorité de ces cas,
le pus était très abondant, avec tendance à l'oii-
verture spontanée du rôle du conduit andilif
externe.
Uincision faisait tomber la température et
l’évolution ultérieure de ces parolidites se faisait
normalement. Notons aussi que l’examen du pus
démontrait, dans tous' les cas, la présence do
staphylocoque.
Parmi ces cas bénins, trois cas ont giiééi sans
intervention chirurgicale.
Il est classique d’admettre que les complica¬
tions graves de la dengue surviennent, en général,
chez des individus tarés; nous ne pouvons pas
être de cet avis, du moins pour les parotidites,
étant donné que, presque chez tous nos cas mor¬
tels, on avait affaire à des gens jeunes, '^n’ayant
rien d’anormal dans leurs antécédents.
IV. Adénites DIVERSES. - Onze conyalcfecents
de la fièvre dengue sont venus nous, çonsuher
pour des adénitçs.- Malgré un examettiapprofonili
dos régions intéressées, nous n’ayonS.pa»pu trou»-
ver une porte d’entrée pouvant nous reicpteqtleri
l’adénopathie, et comme, dgns tous ce«:easild€He-
ci est survenue pendant la -convalescence ^ fo'rce
nous a été donné d’admellreiqu’.il sfagi«Hâit'd’uî«'
de ses complications.
'50
Ï.A PRESSE MÉDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
N“ 4 .
De nos li cas, 7 concernaient des enfants et
1 des adultes. Ce sont : ;
1»' Deux malades qui ont présenté 'des adénites
préqitriculnires : le premier, une fdlette de 10 ans,
et le second, uti homme de 28 ans. , • , i
L’adénite, constatée chez ces deüx patients,
était suppurée et s'accompagnait d’une tuméfac¬
tion de toute la région, ressemblant à s’y me-
prcn.dre à une parotidite. La guérison est surve¬
nue après ■fieision;
Deux 'maTîidë's'alïulfes'et nn'érifiint de 8 ans
lilleints tViixlcnile soiis-iiia.iiflnirc avec ganglions
qpuloiil’ejirx ^'(.^^’iiinéfiés,. mais -non siippiiréis. Ils
ont . gu<!i-i;i daiiS:^ IVçpacé de qtielqiies jours, par
.1" Un fualadi: édultc,' -médecin '> de notre cli-
niiiue.’ çt .-un eiifartt'dc 0 ims . présentant une «dc-
iiiiii : vélrot-avrterdmfc qiii a^ disparu rapidement
fian^nucun-lraiteiiivnt?.; ' ' ■ ■ /
•l" Eulin.'quafre f.itsiS.'adenücs soits-innnIoiiniétTs
suppuréi's, . ohservees .chez des enfants de 2 à
n ans, doii.f-hléiïx-'r)Ti1"’‘nécesRÎt6v tinç - intervention
thirtwgic-âlc, et deux ont guéri par résorption,
du peu de pus de leur adénite.
\'. .\iicKs KT l•lll.E^..MO^•s VAiiiÉs. — Parmi Icfi
complications chirurgicales de la -dengue, les
abcès et les phleginons sont, avec la-furonCiilosé,'
des complications déjà classiques et connues do'
toiis les médecins.
iXoïis les avons aussi observés pendant la der-
niiL'c épidémie surtout chez les malades eii can-
va)esc(‘nce. 11 va sans dire qu’on ne peut pas allir-
imjr que tous h's cas d'abcès rencontrés pendant
unie dengiw sont la conséquence de cette dernière.
Il i'st ii-ès 'VliTfici'le.à'n effet dé faire la part de ce.
qui revient à la din|inuti.on dcMiésistance provo-
(|uée par la i.naladie ,ou, l’op veut mieux à l’exàl- '
tation dè fa’ viî'uléiicè 'des rhiCrobèganismes sapro-;.
phyies latents, de celle due exclusivement à la
coutamiiiation des petites solutions de conti¬
nuité.
Jiette rési-rve faite, nous allons parler des cas
de notre statistique. Elle comprends
1" Des panaris ;
2" Des phlegmons purulents de.la main;
.’i" L5i phlegmon dilfiis de l’avatlt-bras ;
à" Des abcès du crâne dont lin compliqué
d’érysipèle;
Des abcès des membres ; '
1 ()" Un abcès de la paroi latérahLdii thorax;
7" Un abcès périnéphrétique ; .■
8" Un abcès rctro-rectal ;
11'' Des abcès par ravivement de vieux foyers.
•I" Panaris, - .Nous avons soigné de très nom¬
breux panaris pendant les trois mois où l’épidé-
iiiie battait sou plein. éliminant soigneusement
le? cas rencontrés chez tleti personnes qui avouaient
un traiimatismè local,'' il n’ous' reste d’assez nom¬
breuses observation.s. de panarÿs qui ne peuvent
être attribués qu’à la dengue.
Le type de panaris noté en général était la tour-
iiiole (panaris sous-épidermique), moins fréquem¬
ment le panaris sous-cutané et plus rarement
encore le panaris des gaines.
:.\lors ipie norjjialeiiient le panaris s’observe
siir un doigt, nous avons quatre cas où celui-ci
intéressait deux et même trois doigts à la fois et
sdiis des formes parfois différentes dans chacun
des doigts malades, 1/infection était assez bénigne
eti guérissait rapidement par un traitement appro¬
prié,
|2“ P/i/rffiiions pariilrnls de la main. — Gomme
pôui- les panaris, eu excluant les cas, de phlegitiop
par traumatisme local, nous avons cinq ob.serva-
tibns de malades qui sont venus nous voir pour des
plilegnions primitifs de la main, imputables ineon-
testablement à la dengue.
I De ces cinq phlegmons, trois occupaient la
loge médiane de la main avecauppuratlon difftlaei
les deux autres étaient limités à la base du médius
et de l’annulaire.
3“ Phlegmon de l’aeant-bras. — Nous avons
obàervé un cas très grave de phlegmon de ràv'anl-
bras qui s’est terminé par la mort.
('/était un homme de 20 ans, marin de profession,
qui pondant une petite traversée est pris par la
dengue. Malgré celle-ci, il travaille encore le premier
et le second jour île sa maladie. Puis, arrivé au
Piree, rentre chez .lui- et se couche: Ce jour-là, par
conséquent en pleine dengue, apparaît sur ,1’avant-
hras' une .tuinéraction douloureuse. 11 appelle un
médecin qui lui incise celle derniere mais ne trouve
pas de pus. De jour suivant, la (levrc monte jusqu’à
àO" et l'état général du nialadc devenant très pré¬
caire, son médecin nous 1 envoie a 1 hôpital. Nous
sommes, à ce moment, au septième jour de sa
dengue.
A son entrée à l’hôpital, la lièvre est à '4002, le pouls
bat a 130. A la partie' supérieure de la face posté¬
rieure de l'avanl-bras, nous constatons la présence
d’une iiiültration dilfuse incisée remontant au-dessus
du coude. L’ouverture do ce phlegmon nous montre
un tissu sphàcélé et noirâtre mais pas de pus. k\\
point de vue général, notre patient présente tous
les symptômes d'une septicémie. Mdigré. un traite¬
ment médical approprié et un agrandissement de
l’incision suivi- d’un nettoyage minutieux de toute la
plaie, le malade meurt le lendemain .malin en liypei-
p!ire.rie.
4° Abcès du crâne. — Nou.s avon.s trois cas
d’abcès du crâne post-dciigue, provoqués comme
on le verra par une exaltation des micro-orga-
hismes latents, fis sont assez intéressants.
f.e premier concerne un homme de 30 ans qui
i-ciioit un coup sur la région pariétale droite yt fait
une plaie insignifiante intéressant le cuir chevelu qui
se cicatrise assez bien, (linq jours après ce trauma¬
tisme, notre malade est atteint de dengue. Celte der¬
nière évolue normalement sans complications. Mais,
à la lin de celle-ci, la petite plaie devient douloureuse
sans cause. Puis. la Icnqiéraliire qui était tombée à la
normale remonte et nous nous apercevons que la
région pariétale est le siège d’une inflammation assez
intense. Deux, jours après, celte région s’abcède elle
lendemain, le malade iirésente en même temps un
ériisipéle de la face. Nous faisons une large incision
de l’abcès qui est soiis-aponévrolique et tout est
rentré dans l’ordre dans l’espace de quinze jours.
Dans notre deuxième cas, il s’agit d'une femme de
60 ans qui reçoit aussi un coup sur la région tempo¬
rale. Mais alors que chez le malade précédent il y
avait une petite solution de continuité, ici (la malade
est très catégorique) aucune plaie n'a compliqué ce
traumatisme. Trois jours après cet accident, celle
patiente est prise de dengue qui évolue normalement.
Quinze jours après la lin de sa maladie, alors qu’elle
s’était très bien remise de celle-ci, toute la région
crânienne est le siège d’une collection douloureuse,
l/aspecl était assez bizarre et nou.s avouons que
nous n’iivons jamais rencontré un cas semblable dans
notre pratique. Toute la peau de la calotte crânienne
était très mobile, si mobile qu’elle semblait étrangère
à la tcte.et la couvrait comme une perruque qu'on
aurait mis sur une tête normale ; si l’on veut mieux,
ellé donnait l’aspect d’une vessie à glace remplie
d’eau à moitié et posée renversée sur la tête. Nous
fîmes deux incisions larges, une de chaque côté de la
tête, qui liront Sortir du pus en abondance et aussi de
larges lambeaux de périoste. Par la suite, la malade
a guéri assez rapidement.
Le troisième cas diffère des autres par l’abseiice
de trauiiialisiiu; dans ses antécédents. C’était un
jeune hoiniiie de 17 ans qui, sans cause apparente,
fait pendant la oohv.alescence.de sa dengue (10“jour
après celle-ci), un petit abcès de la région frontale
gauche qui fut incisé par un médecin du Pirée,
incision incomplète ne permettant pas l’évacuation
du pus. Quatre jours après, il vient nous voir
pour cet abcès- qui siétend de.jour en jour. Nous
sommes Obligés , de procéder,, à l’agrandissement
de l’incision et au nettoyage, du fond de l’abcès
qui présente du tissü sphàcélé par places. Termi¬
naison heureuse.
5“ Abcès des membres. — lis ont été de trois
sortes : ceux constatés après des piqûres faites
au cours de la maladie (attribuables à une exalta¬
tion de la virulence des microbes).
Ceux notés chez des personnes qui avaient çeçu
dés injections dans un passé lointain et qui voyaient
la formation d’un abcès juste au niveau de leur
ancienne piqûre sans aucune autre cause que la
dengue.
Enfin ceux, les moins nombreux, qui n’.avaieni
absolument rien dans leur passé et qui présentaieiil
des abcès vraiment primitifs, provoqués exclusi¬
vement par l’iiifection de la deiigiie.
Abcès de la paroi latérale du thorax. —
11 s’agissait d’un homme : de 30 ans qui se présente
lin jour à notre consultation pour ün: panaris sous-
cutané banal du médius. En cours du traitement, le
malade est atteint de dengue qui le retient au lit.
Pendant la convalescence de celle-ci, il revient nous
voir pour continuer le traitement du panaris. Quelques
jours après, alors que la plaie du panaris était en yoie
de cicatrisation, il commence à se plaindre de la ré¬
gion latérale gauche du thorax. Nous examinons cotte
dernière et -nous constatons une tuméfaction puru¬
lente à ce niveau.
Le diagnostic était assez difficile à ce mo.ment.
S’agissait-il d’une ostéomyélite des côtes ou bien
d’un abcès simple sous-cutané (l’empyème de néces¬
sité pouvant être exclu grâce à l’examen pleuro¬
pulmonaire)? Nous incisons cet abcès à T’anesthésie
générale au chlorure d’éthyle et nous nous rendons
compte que nous avons affaire à une collection, essen¬
tiellement sous-cutartée. Mais point intéressant : pen-
dant l’anesthésie (le malade s’était trop débattu avant
de s’endormir) le patient asphyxie puis fait une
vomique purulente peu abondante.
Existait-il un petit abcès pulmonaire indépendant
de la collection sous-cutanée non décelable à 1 auscul¬
tation ni à la radioscopie faite, ou bien s’agissait-il
d’un abcès en bouton de cbemise sous-cutanéo-pul-
monaire? (/est ce que nous n’avons pas pu résoudre.
Le malade s’est, en tout cas, très bien remis de
l’opération et, .actuellement, il est complètement
guéri et ne présente rien ni aux poumons ni à la
plèvre.
7“ Abcès, périnéphrétique. — Gel abcès fut pré-,
senté par un malade, homme de 36 ans, qui n’avait
absolument rien d’anormal dans ses antécédents. Il
vient nous consulter pendant la convalescence de sa
dengue pour des douleurs qu’il localise à la i-égion
lombaire droite. La pression à ce niveau est, en effet,
très douloureuse et, par la palpation, on sent très
nettement une infiltration et une dureté caractéris¬
tique de la région rénale. La température, à ce mo¬
ment, est de 39°.
Pendant les jours qui suivent, malgré un traite¬
ment vaccinothérapique, la température est oscil¬
lante entre 37°6 et 38°8. Puis, sitôt que le diagnostic
d’abcès périnéphrétique est bien dessiné, nous fai¬
sons l’opération qui vide une énorme collection puru¬
lente. Suites normales sans aucune particularité à
signaler.
8“ Abcès rétro-rectal . — Constaté chez un
homme de 30 ans pendant la convalescence d’une
dengue, s’accompagnant de symptômes généraux et
locaux assez intenses. A l’opération,. on trouve que
le pus fusait très haut jusqu’au cul-de-sac de Dou¬
glas. !
11 faut noter qu’un examen minutieux préalable de la
région n’a montré .-lucuiie lésion préexistante, pou¬
vant servir de point de départ à cet abcès.
9° Abcès par ravieement de eicu.r foyers opéra¬
toires. — .Enfin, nous avons rencontré deux cas
d’abcès formés au niveau d’anciennes cicatrices opé¬
ratoires. Le premier fut observé chez un malade de
50 ans opéré dans sa jeunesse pour une pleurésie
purulente gauche parfaitement cicatrisée. IL vient
■ nous consulter parce que sa cicatrice opératoire est
rouverte à l’occasion de la dengue et est le siège
d’une suppuraton.
Le second concernait un homme de 28 ans Opéré,
il y a 8 mois, d’un kyste dermoide coccygien|. A la
suite de sa dengue, il fait un abcès au niveau; de sa
cicatrice opératoire. [
LA P;ftESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
51
***
VI. Seï>ticïîMIE$ et pyohémie. — En étudiant
les parotiditcs de la dengue, nous avons vu que
le quart des malades qui présentaient cette com¬
plication sont morts de septicémie. En parlant des
abcès et phlegmons, nous avons aussi relaté un
cas de mort dû également à une septicémie.
Les septicémies que nous avons constatées pen¬
dant la dengue ont été caractérisées :
1“ Par une gravité extraordinaire puisque nous
avons vu qu’elles étaient fatales, et 2“ par une
marche très rapide.
Nous n’avons malheureusement pas fait des
hémocultures qui auraient pu nous permettre de
déceler leur agent causal, car pendant la période
où nous avions ces malades en traitement, l’épi¬
démie faisait des victimes aussi parmi nos colla¬
borateurs de l’hôpital comme aussi parmi notre
personnel hospitalier.
Nous étions ce moment surchargés de besogne,
par conséquent dans l’impossibilité de faire des
recherches scientifiques, nous bornant strictement
à la pratique médicale. Dans deux cas cependant
où nous avons fait un examen bactériologique des
débris sphaeélés d’une parotidite accompagnée de
septicémie, nous avons trouvé le streptocoque
comme agent causal.
Dans Ce chapitre, il nous faut mentionner aussi
un cas de pyohémie provoquée par la dengue que
nous suivons encore dans notre hôpital et cela,
depuis deux mois environ.
Il intéresse une fem.me de 40 ans qui, huit jours
après la fin de sa dengue, fait une tourniole au
niveau du pouce droit. Trois jours plus tard, elle
présente une bronchopneumonie (quatre foyers
très nets) qui se complique les jours suivants de
pyohémie. C’est alors qu’elle vient nous consul¬
ter. Le jour de l’examen, nous voyons un très grand
nombre de petits abcès (une vingtaine au moins)
éparpillés surtout sur les membres inférieurs
mais aussi sur le dos et les bras. La température
de cette malade oscillait entre 37"8 et 39“5. Ses
urines contenaient de l’albumine et il y avait une
hyperleucocytose très nette, accompagnée de
polynucléose. L’état général était assez précaire.
Jusqu’à ces derniers jours, la situation conti¬
nuait à être la môme malgré un traitement des
plus énergiques. Mais depuis, cette malade semble
aller mieux et nous espérons la sauver.
VIL Ostéomyélites. — Trois malades atteints
d'ostéomyélite post-dengue sont venus nous con¬
sulter pendant ces derniers temps. Par leur anam¬
nèse, nous avons appris que cette ostéomyélite
est apparue pendant la convalescence de la
dengue.
Le premier de ces malades, une jeune fille de
18 ans, présentait une ostéomyélite de la crête iliaque
droite avec un abcès collecté au niveau de cette
région. Le second, un jeune homme de 23 ans, était
atteint d’ôstéomyélite de l’épiphyse inférieure du
Le troisième, enfin, un homme de 40 ans, avait une
ostéomyélite du péroné gauche. Les deux premiers
malades sont venus une seule fois à notre consulta¬
tion. Nous n’avons pas, par conséquent, leur obser¬
vation complète. Par contre, voici l’observation du
troisième qui a été hospitalisé et se trouve encore en
traitement dans notre service interne :
A. M..., 40 ans, sans antécédents intéressants à
signaler, est admis dans notre service le 7 No¬
vembre 1928. Deux mois avant cette date, il a eu la
dengue qui s’est terminée normalement au bout de
six jours. Mais pendant la convalescence , A. M... a
présenté sur la région sus-scapulaire gauche deux
petits furoncles qu’il a soignés^avec des cataplasmes
dy farine de lin. Ces furoncles guérirent très bien
a^ bout de quelques jours. Puis, brusquement, il est
pris de fièvre et sa marche devient impossible. Au
niveau de la face externe de la jambe, il a des dou¬
leurs très intenses et un abcès apparaît petit à petit.
Ayant obtenu la disparition de ses furoncles grâce
aux cataplasmes, il essaye ce même traitement pour
son abcès, mais voyant que sa température, qui
monte le soir à 40“, ne veut pas cesser, il se décide à
venir demander nos soins. Par l’examen clinique et
radiographique, nous posons le diagnostic d’ostéo¬
myélite du péroné sans séquestration de cet os et
d’arthrite purulente de l'articulation tibio-tarsicnne.
VIII. Pyélite. — Cette complication est sur¬
venue chez l’un de nous pendant la convalescence.
Voici en quelques mots l’iiistorique du cas :
Dengue avec symptômes assez intenses, mais à
évolution normale. Chute delà température le sixième
jour avec apparition d’un exanthème pharyngieti sans
exanthème habituel. Premiers jours de la convales¬
cence sans rien de particulier à signaler. Puis, brus¬
quement, frissons suivis d’élévation de la tempéra¬
ture et de douleurs lombaires. Symptômes faisant
penser, au premier abord, à une attaque de paludisme.
Mais l’examen des urines montre l’existence de pus
en abondance et l’examen du sang au point de vue
Laveran donne un résultat absolument négatif. Le
pus, vu au microscope, décèle la cause de celte
infection qui est le colibacille. Il y a une leucocy-
tose (14.000) et une polynucléose (84 pour 100). Celte
pyélite guérit axi bout de quelques joui’s sans laisser
de traces. Notons, en particulier, qu’il n’y avait
absolument rien dans les antécédents et aucun
trouble intestinal au cours de la dengue.
IX. HÉMOiinoiDEsspnACÉLÉES. -- C’est une com¬
plication qui est survenue chez des gens atteints
d’hémorroïdes banales; A l’occasion de la dengue
et à la fin de celle-ci, ces hémorroïdes, qui antérieu¬
rement ne gênaient pas les malades, étaient le
siège d’accidents aigus. Nous avons observé trois
fois cette complication chez des adultes âgés
de 30, 35 et 45 ans. Les deux derniers ne sont
venus qu’une seule fois à notre consultation. Nous
leurs recommandâmes un traitement sédatif en
leur conseillant de venir se faire opérer plus tard.
Quant au troisième malade, sa crise était si forte
que rien ne la calmait. Nous fûmes obligés d’inter¬
venir chirurgicalement. Les suites opératoires ne
présentent rien de s])écial.
X. Appen’dicite. — Les complications que nous
avons étudiées jusqu’à présent, sauf le cas de
phlegmon de l’avanl-bras, sont toutes survenues
vers In fin de la dengue ou plus souvent pendant la
convalescence de celle-ci. C’est en effet au cours de
cette période qu’elles s’observent en général.
Nous allons rapporter ici une deuxième obser¬
vation de malade qui a eu aussi une complication,
l’appendicite, pendant te cours même de sa maiu-
A. Mi..., 33 ans. Rien de particulier à signaler
dans ses antécédents héréditaires ou personnels. Il
est atteint de dengue le 3 Septembre. Le troisième
jour de sa maladie, il est pris brusquement de dou¬
leurs intolérables au point de Mac Burney. A ce
niveau, tous les symptômes d’appendicite sont très
nets. Gomme nous n'osons pas l’opérer immédiate¬
ment, nous lui instituons un traitement médical, atten¬
dant la fin de sa dengue. Le sixième jour, crise de
la dengue, températui’e à 40" qui retombe le lende¬
main à 37"8, puis le surlendemain à la normale. 11
va sans dire que, pendant toute cette période, l’appen¬
dicite évolue - pour son propre compte (apparition
d’un plastron appendiculaire avec tendance à la
formation d’un abcès). Le troisième jour de la conva¬
lescence de la dengue, la fièvre remonte et nous nous
apercevons que le malade fait «ne seconde complica¬
tion au niveau de sa parotide droite. Cette dernière
s’abcède, ce qui nous oblige à intervenir chirurgica¬
lement. Après l’opération, chute de la température à
la normale. Nous attendons la guérison complète de
la parotidite et le refroidissement de l’appendicite
pour faire une appendicectomie. En elfet, cette
seconde opération est faite le 5 Octobre (un mois
donc après l’attaque appendiculaire). Nous trouvons
un appendice gangreneu.r détaché du ca-cuin mais
entouré de nombreuses adhérences qui limitent un
petit abcès. Le cæcum, ainsi que l’épiploon, présentent
des plaques de sphacèle. Appendicectomie. Périto¬
nisation en masse. Drainage. Snites normales. Le
malade quitte la clinique le 3 Novembre complète¬
ment guéri et remis.
XL PiiLÉDiTE. - Enfin, nous avons donné nos
soins à un honinie de 45 ans qui, vers la fin de sa
dengue, fut alleinl de jihlébite double des saphènes
internes. Cette complication s’accompagnait d’un
état général très mauvais, température 39“5,
pouls 120. La mort est survenue au bout de trois
jours. Comme antécédents on ne trouvait rien
COMMENT FAUT-IL ENVISAGER
LE TRAITEMENT ACTUEL
DES
SUPPURATIONS NASALES
Par M. GRAIN.
Bien que la thérapeutique des infections en
général se soit orientée d’une manière décisive
vers la microbiologie, il est excessivement curieux
de constater que celle des infections nasales con¬
serve encore comme base fondamentale la mé¬
thode antiseptique. Logiijuement cependant, nous
devons penser que ce qui est exact pour les infec¬
tions considérées dans leur ensemble vaut à la
lettre pour les infections nasales, qui n’en soni
qu’un cas particulier. Et, tandis que l’on admet
difficilement de soigner un phleginon, un anthrax
ou une di])htérie par l’ancien procédé antisepti¬
que, à l’arsenal compliqué et malodorant, on
troux’c tout naturel d’appliquer à une rhinite,
une sinusite ou une ethmoïdite cette même méthode
dont on proscrit l’emploi en théra|)eutique inlee-
tieuse générale.
Pourtant, si dans ce domaine très spécial i-t
redoutable des suppurations nasales on compare
les résultats obtenus par l’une et l'autre méthode,
on constate, sous l’influence du traitement vacci-
nothérapique, méthode rapide, sûre et inolfen-
sive, la disparition en quelques jours de supjiu-
rations nasales dont la ténacité aussi légendaire
que désespérante les avait fait résister pendant
des mois ou des années à la thérajieutique anti¬
septique.
Cette résistance s'explique clairement si l’on
envisage la marche de l’infection et les lésions
qui l’accompagnent.
Primitivement, l’infection, lorsqu’elle est à son
début ou en pleine acuité, reste strictement super¬
ficielle. Tous les éléments constitutifs de la mu-
(jueuse sont atteints à un plus ou moins haut
degré. Parmi ces éléments, les glandes dont l’im¬
portance est capitale sont les pri'inières envahies.
Littéralement farcies de microbes, elles sont alté¬
rées dans leur constitution et par suite dans leur
sécrétion muqueuse. Celle-ci perd alors ses jiro-
priétés mierobicides, et se transforme en un
excellent milieu de culture dans lequel les micro-
organismes jnillulent à loisir. Mais cette infection
ne reste pas localisée aux seules glandes. Les
microbes, de là, envahissent la sous-muqueuse,
dans laquelle, profondément enfouis, ils se multi¬
plient sans communication avec la cavité nasale.
En se reproduisant sans cesse, ils provoquent la
condensation du tissu cellulaire environnant, for¬
mant ainsi de véritables petits kystes enfermés
dans une coque résistante à l'abri de laquelle ils
peuvent SC reproduire sans crainte des agents
extérieurs. Ainsi .se trouve établie la chronicité
infectieuse.
Par définition, un antiseptique est un corps
doué de propriétés mierobicides. Mais il est
reconnu ipie ces ])ropriétés dilfèrent suivant qu'on
52
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
envisage le mode d’aelion in i'ilro ou in vivo. Si
dans un tube à essai on peut user de doses fortes,
il n’en va plus de inèine (juand on s’adresse à des
tissus vivants. D’ailleurs, la destruction .des
inierolies, en admettant qu'elle soit possible, ne
(■oni[)te (pie jiour peu de (diose en soi, si le rtîser-
voir, profomb-intuit enfoui, n’est jias tari. C’est à
la source ipi’il faut fra])|)er, et ce n’est pas l’anti¬
septique qui est capable de le faire. Xous allons
en voir les raisons.
Elles sont au nombre de ipiatre :
1“ La non-sptieilieiti- ;
2" L'action traumatisante;
.'5'’ La non-diffusibilitt; entrainant comme corol¬
laire l’inaction en profondeur;
La destruction microbienne.
l" .Xon-spcci/iritr. - L’antisepticpie doit exercer
son action sur tous les microbes de la suppuration,
(puds (pi’ils soient, et un antisepti([ue ne peut ('•tre
univers(d.
D’ailleurs, comme tout organisme vivant, le
microbe est pourvu de rfuietions de di'fense et
cette matiiu’e organis(''e, sous riniluenee antise])-
tiqiie, rtbigit à sa manifu’e en s’ada|)tant aux nou-
V(dle.s conditions d’i'volution ainsi créées. Il se
« vaccine contre l’antiseptiipie ». f)n est ainsi
inéluctablement conduit à envisager l’emploi de
l’antiscjitique à doses élevées ineomiiatibles avec
l'intégrité anatomi([ue de la muqueuse nasale.
2" Action iraiiiiialisantc. - Si l’antiseptiipie
s’attaquait aux seuls microbes, rien ne serait plus
justifié que son enqiloi dans les suppurations
nasales. Malheureusement, c’est un [iroduit aveugle
dont la localisation est inqiossibic à réaliser.
Coagulant les albumines, il les eoagidc; toutes,
sans distinction de tissu nocif, le microbe, ou de
tissu noble, la mmpieuse, d’autant plus sensible à
son action <pie ses éléments e(dlulaires sont plus
fragiles, altérés (pi’ils sont dans leur constitution
anatomiipie par la siqipuration tant aiguë qtu'
chroniipie.
d" r.a iwn-dilptsibililc de rantiseptiqm* reb'-ve
d(! sa jiropriété même, lui interdisant tout aeei’s
dans la profondeur de la miupieuse, où, en lait,
doit se iiasser tout le travail stérilisateur, lui sur¬
face, il n’agit strictement (|u'au ])oinl de contact.
ù" Enlin rantise))ti(ple vise à tuer dinH'tenient
le microbe. Erreur capitale jmisipie « vaetdné
(umtre l’antiseiitiipie » il est prati(juement indes¬
tructible avet; les concentrations utilisées et (pie
d’autre part, la régénération microbienne siégeant
dans la [irofondeiir se jierpétue indéllniment, ne
pouvant être atteinte dans s(>s (cuvres vives.
sont pa
s de
l’esprit et les résultats tliérapeutitpu's corrobon
cette uianii'ré de voir. C’est journellement en
effet (pie l’on peut voir des minjucuses nasales
su|)ptirer envers et contre tous les antisejitiipies
et peut-être même à cause d’eux.
Pour obtenir, dans le traitement des suppura¬
tions nas,ales, un résultat rajiide et durable, il faut
envisager le pridilème sous un autre angle.
Il fiait : ex|>i‘imer b' eonteiiu septique des
glandes, véritable réserve microbienne.
Il faut ; extérioriser les microbes profondé¬
ment enfouis dans la sous-muipieuse.
Il faut: stériliser les amas iiiierobiens [irolifé-
raiit dans la profondeur.
Il fiait: mettre en leuvre un traitement dont les
éléments ne soient pas nocifs pour les e(dltiles
muqueuses.
H finit: enlin augiiieiiler la résistance des eid-
liiles saines ou moins infectées jiour les rendre
inajites à rinfeetioii.
Ces conditions sont iutégralemeiit remjilies jiar
renijiloi de la vaceinotliérajiie locale, dont noms
verrons jilus loin le mode d’ajqdieation.
A l’inverse de la méthode antisejitique, la vae-
einothérajiie locale jiar antivirus juissi'ide des qua¬
lités diamétralement ojqiosées ;
1" Spéeilicité absolue;
2“ Action en profondeur ;
d" DilTusibilité ;
4" Aucune action traumatisante, mais bien plus,
en protégeant les « cellules réceptives », elle cir-
eonserit l’infection.
lIlSTOLYSK .MictioiiiKXM;. — 1" L'antivirus est
spécifique. — Préparé avec les souches micro¬
biennes qu’il est d’ailleurs loisible de prélever
sur le malade même, il agit sur tous les microbes
de la sujïpuration ;
2" L’ antivirus a^it dans la profondeur de la
muqueuse. — De par sa constitution, en effet, il
est hypertonique par rapport aux tumeurs, autre-
iiient dit de concentration moléculaire supérieure.
Les lois physiques de l’osmose nous enseignent
(ju’entre deux solutions de concentrations inégales
séparées par une membrane semi-perméable,
s’établit sous une pression de plusieures atnios-
jilières un courant osmotique obligatoirement
dirigé de la solution la moins concentrée vers la
jilus concentrée, tendant à rétablir l’équilibre
moléculaire. Sous rinfluenee de ce véritable tor¬
rent d’autant plus puissant que l’antivirus est
moléculaircment plus concentré et les humeurs
jilus diluées, celles-ci se précipitent de la profon¬
deur vers la périjtliéric, entraînant les microbes
sous-muqueux. Les glandes se vident de leur eon-
tenu. Elles sont littéralement exprimées. '
Mais toute action entraîne une réaction. Au
couranl osmotitjue dirigé de la jirofoiideur vers
la jtérijihérie, eorresjnmd un contre-courant de
sens inverse, bien que moins fort. Allant de la
jiéripbérie vers la jirofondeur, il fait pénétrer
dans la sous-muqueuse les éléments constitutifs
de l’antivirus, (jiii va ainsi stériliser les microbes
qui auraient jiii résister à l’action du drainage.
Ainsi se trouve réalisée ; l’expression glandu¬
laire ainsi que la dissociation des amas micro¬
biens sous-muqueux cl leur Stérilisation;
3” De cette jirojiriété même, il résulte que l’an¬
tivirus est difl'iisible en surface comme en jiro-
4" L’antivirus n’est jias traumatisant. Tout au
contraire, par son action décongestionnante ('I
stérilisante, il produit la régénération des élé¬
ments eellulaires dans leur constitution et leur
résislanee. L’exjiérience jirouve en effel (jiie trf’s
rajiidement, sous son influence, la muqueuse re-
jirend sa coloration normale en même temps que
la sujijiuration s’atténue. La jiuissance osmo-
li(jue s’exerce tout autant sur les éléments eellu-
hiires sujierfieiels que jirofonds.
Mais là ne se borne jias son action. En jiroté-
geant les cellules réceptives saines ou moins in¬
fectées, il circonscril jiar là même l’infection;
.■)” Enlin l’antivirus ne vise pas uni([uement à
Hier le microbe. Elus subtil, il cive là où il est
iililisé de nouvelles conditions biologiques, en
subslituanl au milieu de cullure naturel constitué
jiar le mueus nasal adultéré dans sa composition
et transformé en un bouillon de choix un autre
milieu de composition différente dans lequel, par
définition, les inicroorganismes ne peuvent se
rejiroduire.
Le mode d’action de la vaecinothérapie locale
jiar aniivirus iiiqiose donc une eondition abso¬
lue : le contact prolongé.
11 ne saurait, eu eonsé(|uence, stillire de jiulvé-
riser ou de faire jiiilvériser jiar le malade liii-
iiiêiiie eu admettani (ju’il y pense • de l’anti-
viriis dans les fosses nasales infectées ou sujijiu-
rantes. Mis dans ces conditions, il est rapidement
éliminé avec le jius, sans arriver toujours au
contact de la niuijuetise dont il se trouve séparé
par une pellicule purulente. S’il y arrive, son
action ne peut qu’être éphéitu'ire, ne restant avec
elle en contact qu'un laps de temps jieti ap-
jiréciablc, et son action est d’autant moins sen-
siiile que l’infeelion est jilus ancienne et jiarlani
Jilus jirofonde.
Le traitement vaccinothérapique comporte obli¬
gatoirement deux jihases ; une locale et une gé-
La vaecinothérapie locale est réalisée [lar jian-
sements locaux, nasaux, jiraliijiiés au moyen
d’antivirus polyvalents à base de streptocoques,
staphylocoques, pneuinocoijucs, tétragènes, pneu¬
mobacilles , entérocotjiies et colibacilles , flore
microbienne le jilus habitU(dh‘tnent reiieontrée
dans les suppurations nasales. Quand il sera jios-
sible, il est a priori évident (jue les auto-antivirus
seront de beaucoujt jiréférables. Gejiendant les
antivirus-stocks constitués sur cette base don¬
nent également d’excellents résultats. Peu coû¬
teux, universellement répandus, ils sont rapide¬
ment à la portée de tout le monde.
La vaecinothérapie générale est réalisée jiar les
injections de vaccin. Elles seront faites tous les
deux jours à doses jirogressivement croissantes
de 1/2 à 2 cnic, en surveillant les réactions, par
série de 3 ou 10 renouvelées, si néecssairi'. ajirès
un rcjios d’au moins (juinze jours.
Toutefois, dans les cas aigus ou suraigus, mieux
vaut s’en abstenir dans les débuts et attendre la
défervescence eonséculive à la vaccinothérajiie
locale jiar jiansemenls, seule utilisée. L’exjié¬
rience jirouve que dans ces cas, la sujijiuratioii
est défavorablement influeiieée jiar le choc assez
violent (ju’elles produisent et qu’au lieu d’aji-
porter une ainélioralion, elles ont tendance à
aggraver. Dans les cas refroidis ou chroniques,
elles seront iiislituées d’emblée.
De ces deux jiliases, la phase locale reste de
beaucoup la jilus imjiorlanle. ! es pansements lo¬
caux- à l'antivirus représentent la jdiasc vraiment
active du traitement pour les raisons que nous
avons examinées plus haut. Les injections de vac¬
cin n'en .sont que l'adjuvant, nécessaire à la vérité',
mais adjuvant tout de meme.
1. VACCixoTiiiiiiAriii LOCAi.lî. - Elle est très
sinijilement réalisée. Le malade s'élant préala-
bleiiient mouché, sous contivle vismd, et sans
anesthésie d'aucune sorte, mise en jilaee au eon-
taet du cornet moyen, en rentouraiit si possible,
ainsi qu’au contact du cornet inférieur, de mèches
de coton stériles largement imbibées d’antivirus.
Ces mèches resteront en jilace un quart d’heure
au moins, une demi-heure au jilus. Sous rin¬
iluenee de l’antivirus hypertonique, le drainage
(isuioti(jue s’établit, remjilissant la fosse nasale
de liijuide d’hyjiersécrétion entraînant avec lui
jnis, croûtes et mucosités. Au bout de ce lajis de
t(‘mj)s, toujours sous contriàle visuel, les mèches
seront enlevées et le malade videra sa fosse na¬
sale par inoiichage. Alors, et jilus (|ue jamais
sous contrôle de la vue, badigeonner toute la
hisse nasale avec un coton stérih- monté sur
jiorti'-eoton et largement imbibé d'antivirus.
.N’oublier aucun coin ni recoin d(' la innijiieusc,
et déposer au niveau des orifices .sinusiens la
jilus grande quantité possible d’antivirus.
Ce deuxième tcmjis est tout aussi indispen¬
sable que le jiansernent liii-même. Sous rinfluenee
de l’hypersécrétion, l’antivirus des 'mèches s’est
dilué dans de considérables jiroportions et a
ainsi jierdu la plus grande jiart de son activité. 11
y a donc nécessité de remplacer l’antivirus usé
par du neuf. Celui-ci est ainsi mis en contact avec
une miKjtieuse décajiée, absolument nette.
l'cndant les deu.r heures suivantes, le malade
devra évitée de .se moucher.
La vaecinothérapie locale par pansements sera
jiratiquéc tous les jours ou même deux fois par
jour dans les cas très aigus. Ils ne donnent en
général lieu à aucune réaction locale ou générale,
sauf chez quelques rares malades sensiliilisés à
la pejitone. Ils provoquent alor.s un peu de con¬
gestion locale.
Incident d’ailleurs négligeable, n’entravaul en
rien la marche du traitement.
LA PRESSÉ MÉ1>ÏCALE, Samedi, 12 Janvier 1929
53r
Pendant toute la durée du traitement, aucun an¬
tiseptique ne devra être utilisé sous quelque forme
que ce soit : liquides — aqueu.r ou huileux — so-
liiles, pulvérulent ou gazeux.
Praliquemeiit, rien n’est plus simple ni plus
expéditif.
L'application de la vaccinothérapie locale par
[lansements est toutefois soumise à certaines rè¬
gles très simples :
1“ Le pansement doit être fait par le spécialiste
suits contrôle de la vue ;
2" Les pansements doivent être bilatéraux-,
3" Le rhino-pharynx doit être immunisé ;
4“ I-es pansements doivent être continués jusqu'à
disparition de toute trace de suppuration et espacés
avant d'être arrêtés.
1“ Les pansements doivent être faits sous con¬
trôle visuel. La muqueuse nasale est toujours
liypersensible. Il importe donc d’agir sans bruta¬
lité pour ne pas déclencher d’excitations inutiles,
et surtout pour ne pus la léser, ni la faire saigner.
Une main rompue à l’exercice de la rhinologie,
souple et ferme tout à la fois, est indispensable.
Il faut voir très clair dans une fosse nasale hyper-
hémiée encombrée de pus, souvent rétrécie;
2“ Les fosses nasales ne constituant pas des
organismes indépendants, mais synergiques et
largement communicants, il faut les panser
toutes les deux, même s'il n'y en a qu’une objecti¬
vement infectée ou suppurante. Négliger cette
élémentaire précaution, c’est vouloir bénévole¬
ment courir au-devant d’échecs ou de récidives ;
3" La muqueuse du cavum, bien que suppu¬
rant rarement pour son propre compte, participe
toujours à l’infection nasale. Elle sera soignée de
la même manière. Mais comme il y a impossibi¬
lité de mettre dans le cavum un pansement à
demeure, on se contentera de le badigeonner à
trô'is reprises différentes avec un coton monté sur
porte-coton spécial et largement imbibé d'anti¬
virus. Là aussi douceur et fermeté. Plus que pour
les fosses nasales, il importe de ne pas faire sai¬
gner la muqueuse;
4° Enfin, il tombe sous le sens que les panse¬
ments seront continués jusqu’à disparition com¬
plète de la suppuration et espacés avant d’être
arrêtés. La thérapeutique nasale n’échappe pas
aux grandes lois biologiques. Et de même que
l’infection a mis un certain temps pour gagner la
profondeur, de même sa disparition ne se fait
que progressivement.
IL Vaccixothésapie générale. - Concurrem¬
ment à la vaccinothérapie locale par pansements à
l’antivirus, la vaccinothérapie générale par injec¬
tions de vaccin sera instituée ainsi qu’il a été
déjà dit. Elles ne doivent jamais être considérées
comme le traitement de fond, mais bien comme
un adjuvant à la X'accinothérapie locale.
Ainsi compris, le traitement vaccinothéra-
j)ique donne, dans les suppurations nasales, des
résultats remarquablement rapides et surpre¬
nants. Toutes en sont justiciables, tant celles de la
muqueuse nasale proprement dite que celles des
cavités annexes. El de fait, sinusites et ethmoï-
dites en bénéficient largement. Toutefois, il im¬
porte do faire une judicieu.^c discriininalion.
Il est de toute évidence, dans les cas très
anciens, lorsque la muqueuse a complètement
dégénéré, lorsque l’os sous-jacent a été atteint et
lésé par la suppuration prolongée, que le traite¬
ment vaccinolhérapique ne saurait à lui tout seul
procurer une guérison radicale et définitive.
C'est â la lumière de la clinique qu'il convient de
faire apj)el j)Our l'application du traitement vacei-
nothérapique ou chirurgical.
Mais dans tous les cas ne s’accompagnant pas
de lésions osseuses ou muqueuses trop accen¬
tuées pour anihiler ses réactions, la vaccinothéra¬
pie locale est et reste indiquée, comme la
méthode la plus sûre, la j)lus rapide, et la plus
inoffensive.
T’ratiqucment, une méthode ne se peut juger
que sur des résultats, et ceux obtenus par l’anti-
virusthérapie sont en accord parfait avec ce (pie
la théorie nous avait fait et espérer et entrevoir.
Sous l’inlluence de ce traitement très simple, les
infections aiguës disparaissent en quelques jours,
les infections chroniques, en quelques semaines,
même celles datant de plusieurs années.
J’ai récemment (Mars 1928) présenté à la
Société de Médecine de Paris une malade, (eninie
de confrère, suppurante nasale depuis 8 ans,
malgré tous les antiseptiques qui lui avaient été
largement dispensés dans l’ancien et dans le
nouveau monde, améliorée en 1.5 jours et guérie
en un mois par la vaccinothérapie locale.
D’autres cas ont été publiés par ailleurs, tel
celui d’un malade atteint de rhinite chronique
suppurant depuis sept ans, guéri en vingt jours,
tel celui d’un suppurant chronique depuis huit
mois du sinus frontal, guéri en quatre applications.
Le dernier en date, véritable triomphe de la
méthode, concerne le fils d’un confrère, atteint
de rhinite suraiguë avec sinusite frontale et réac¬
tion du sinus maxillaire. Dès la première appli¬
cation, le soulagement est consicïérable, la tem¬
pérature tombe à la normale ou presque, la gène
respiratoire est fortement diminuée, la supjiura-
tion moins intense. En quatre applications journa¬
lières, donc en quatre jours, tous symptômes
d’infection ont complètement disparu, sans s’être
jamais reproduits. La guérison est cliniquement
complète, objective et subjective.
Et de tout ceci que conclure ?
Dans toutes les suppurations touchant le
domaine des fosses nasah's, la thérapeiitiijue
antiseptique est d’avance vouée à une faillite
certaine.
La vaccinothérapie locale par antivirus au con¬
traire est élective, spécifique, s’adressant direc¬
tement à la cause. Non traumatisante pour les
éléments muqueux qu’elle régénère en les diisin-
toxiquant, leur restituant et leur fonction et leur
résistance, elle constitue pour les cellules récep¬
tives une barrière d’arrêt (|ui les met à l’abri de
l’invasion infectieuse.
En plus, c’est un traitement simple et inoll’en-
sif, mettant entre les mains du praticien une
arme puissante, frappant fort et juste.
Organes vitaux par essence, les fosses nasales
demandent, pour remplir leur rôle, une intégrité
anatomique et fonctionnelle parfaite, et, pour ne
pas être une source d’infeclion, encore faut-il
qu'elles ne soient pas elles-mêmes infectées ou
suppurantes. Aussi, toute infection, même légère,
évoluant dans ce domaine, réclame-t-elle un trai¬
tement prompt et sûr, ce que réalise au minimum
la thérapeutique antiseptique, et au maximum la
vaccinothérapie locale par antivirus.
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MEDECINE
8 Janvier 1929.
Sur la durée de l’immunité conférée par la vac¬
cination antityphoïdique. — M. H. Vincent. Il est
a priori impossible de donner une limite fixe ourles
effets immunisants d’un vaccin, qui'lle (|ue soit,
d'ailleurs, la nature de la maladie, varient avec chaque
individu. Le temps seul permet de donner une
réponse précise.
Néanmoins, on sait maintenant (Achard, J. Re¬
nault, etc...) (jue les épidémies typhoïdiques surve¬
nues depuis la guerre ont témoigné d’une protection
prolongée des anciens mobilisés vaccinés, la fièvre
typhoïde ayant frappé eurtout les jeunes gens, les
fommos et les enfants, M. J. Renault a signalé que
la récente épidémie lyonnaise a apporté la même
confirmation.
On ne saurait attribuer ce résultat très favorable
au nombre multiple des injections reçues pendant la
guerre par certains militaires, celte remarque ne
s'appliquant évidemment pas aux 7 ou 8 millions de
vaccinés. Enfin la même longue protection s'est mani¬
festée chez des sujets ayant reçu des doses normales
de vaccin.
De même que la fièvre typhoïde peut récidiver
chez certains individus (1 à 2 pour 100), de même
la typho-vaccination ne peut évidemment assurer
une immunité définitive. Cependant celle-ci a été
parfois prolongée, ainsi que l'établissent les faits
précédents et ainsi qu'il résultera des suivants. Ils
concernent la vaccination par la méthode du vaccin à
l’éther, le seul sur lequel l’auteur ait eu des rensei¬
gnements.
Avignon, ville d'endémie typhoïdique, a été le
siège, en Juin 1912, d’une terrible épidémie qui a
frappé 155 militaires et un nombre extrêmement
élevé d’habitants. On estime qu’il y a eu au total
1.500 cas de fièvre ty])hoïde, ce qui correspondrait
pour Paris à près de 100.000 atteintes. Effrayés, les
habitants se firent vacciner en grand nombre. Lu
morbidité fut nulle chez les militaires et chez les
habitants vaccinés.
En 1922, c’est-à-dire 10 ans après, l’auteur a fait
une enquête afin de savoir combien de cas de fièvre
typhoïde étaient apparus, depuis lors, parmi ces
habitants anciennement vaccinés. La réponse a été
uniformément qu’aucun d'entre eux n'avait été atteint.
Il y a (juelques semaines, le fait a été encore
confirmé par M. Donnât, médecin eu chef de l’hô-
De même, l’auteur a demandé à M. Grancher (de
Jargeau), qui avait observé, en 1913, une grave
épidémie dans cette localité, combien de cas de
fièvre typhoïde étaient survenus chez ses anciens
vaccinés. Il lui a été répondu que, bien que la maladie
persistât (6 cas en 1928), aucun vacciné n’a été jus¬
qu’ici infecté.
Ces exemples montrent que l’immunité conférée
par la vaccination antityphoïdique peut se prolonger
pendant de nombreuses années (15 à 16 ans), dans la
population des localités à infection endémique.
Prophylaxie typhoïdique. — M. Delorme montre
comment l'une des villes de garnison les plus typho-
fènes de France est devenue saine.
A Lunéville, ville de prés de 26 000 habitants, qui
a, de temps immémorial, réuni un effectif de 4 régi¬
ments, la fièvre typhoïde n’a cessé dy être endémique
et sur son fond d’endémicité de voir se greffer très
fréquemment des épidémies plus ou moins étendues
et sévères dont la population civile comme la troupe
avait à pâtir. En 1908, plus de 500 cas de fièvre
typhoïde y étaient relevés, désignés sous les noms de
fièvres typhoïdes et d’embarras gastriques.
L’épidémie régnante était manifestement d’origine
hydrique. Sa soudaineté, sa diffusion, les examens
liactériologiques, des d’ésiderata hygiéniques de la
captation des eaux l’affirmaient.
Pour ne pas voir partir la garnison, la municipalité
de Lunéville consentit à épurer son eau d’alimen¬
tation contaminante, ce qui coûta 1.800.000 francs et
plusieurs années de grands travaux; pendant leur
exécution la mortalité baissa à 1,64 pour 1.000 hommes
d’effectif en 1912 au lieu de 11,84 pour 1.000 en 1909,
et en 1914 ou ne comptait plus que 111 cas de fièvre
typhoïde dans la troupe, c’est-à-dire dans les élé¬
ments les plus réceptifs de la ville.
Les statistiques, reprises en 1919, sont blanches
de chiffres de 11119 à llfiS, c'est-à-dire pendant
10 années consécutives, l’n seul cas a été constaté.
Cette ville est devenue saine et elle le doit à l’épu-
.ration chimique, n la javellisation.
L’auteur en conclut que les grandes épidémies
typhoïdiques sont d’origine hydrique, et que l’épura¬
tion chimique, la javellisation, réalise actuellement le
plus facilement et le mieux la prémunition collective
généralisée contre la typhoïde car elle n’a pas à
compter avec les indifférences et les résistances; elle
n’a pas à éprouver de limites à son emploi du fait de
tares individuelles. Tous les habitants d une ville en
bénéficient. Elle ne connaît pas de réactions, soit
locales, soit générales ; elle est sûre toujours, et
54
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
N" 4
(l'action persistante et elle ne porte pas atteinte à la
liberté individuelle.
La typhomalarla. — M. Trabaud (de Damas),
à propos d’une observation personnelle, discute ce
((u’il faut entendre par les termes de tuphonialaiia
on de l'ièvre tijjjliopoliisti-fi. Dans son cas, il a cons¬
taté une paratvplio'ide associée au paludisme. Rappe¬
lant la conception de Mareboux et Grall qui attri¬
buent an paludisme le r('>le essentiel dans la déter-
iiiitiation (le la lièvre, avec accessoirement exaltation
possible et superposition d’une infection seeotidc
d'origine intestinale, p:ir exaltation des saprophytes
banaux, l’auteur n’accepte pas cette interprétation et
penrbe jioui-la conception de Vincent qui estime ((ue
l'élément « lièvre continue » du syndrome est un état
infectieux distinct ('(devant du bacille ébertbien,
du paratypbiciue ou du colibacille, c’est-à-dire septi¬
cémie associée au paludisme. Les cas où elle n’existe
piis sont seuls justiciables de l’appellation (b; malaria
à formi- tpphoïde (Kelscb et Billet) ; il s’agit alors le
plus souvent d’une invasion jtalustre première.
L’avitaminose suffit-elle à expliquer le béribéri
humain? - M. Trabaud (de Damas) en doute
et donne ses arguments dans une communication
appuyée de docuiuents précis et clairs. Un contingent
de Sénégalais est décimé par le béribéri (mortalité ;
12 pour 100), malgré une nourriture variée compor¬
tant d((s fruits, des légumes, de la viande, en plus
d’une ration qiiotid ienne de .500 gr. de riz décortiqué,
aiirieu et de (|ualité médiocre. La suppression de
celui-ci atuène la guérison rapide des malades. L’au¬
teur estime (lue le béribéri est vraisemblablement
nue i)olynévrile éthylique, favorisée par l'avilami-
nose B, mais non déterminée par elle seule.
La douleur en clinique et le réflexe pharyngien. -
M. Caplesco (de Bucarest) a constaté l’abolition du
réllexe pharyngien chez d((s malades qui ne souffraient
presque piis d'affections normalement très doulou¬
reuses comme des fractures. Fort de cette constata¬
tion, l’auteur a pu faire des diagnostics d’appendicite
cbroui(iuu en l'absence de toute douleur iliaque chez
des individus à réllexe pharyngien aboli, mais pré-
seiilaul, bien entendu, l’ictère conjonctival qu’il a
décrit dans rappendicit(!.
A. Bocage.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
;> .lanvior 1929.
Toxine dysentérique purifiée abiurétique. —
MM. S. Hosoya et G. Stefanopoulo, en continuant
leurs rerberebes sur la purification de la toxine
dysentéri(iue, exposent la méthode ([ui leur a permis
d'obtenir uiuî toxine purifiée qui, même concentrée,
ue donne pas la réaction du biurct ni celle de Milloti.
('.cite toxine abiurétique est active à l’égard du lapin,
du cobaye et d(! la souris et peut être soumise à une
deuxième purification sans |)erdre son pouvoir
toxique. C.baulTée à 100" pendant 5 minutes, elle perd
sa toxicité; elle peut être neutralisée par un sérum
iititi(lyaontéri(|ue.
Essais sur l’immunité antitoxique ; de l’influence
des injections d’antigènes microbiens non spéci¬
fiques sur la production des antitoxines. — M. G.
Ramou montre ([ue, chez les chevaux producteurs
d'ant iloxitte diiditérique ou tétani(|ue, les injections
d’atitigènes microbiens non spécifiques, déterminant
ou nou des chocs, sont incapables de provo(|uer utie
formation nottvelle d'antitoxine; elles n’ont, en l’ab¬
sence de l’antigène spécifique, aucune innuenre sur
rimuiu)iilé antiloxi(iue acquise et sur la production
de l'antitoxine.
Propriétés des sérums antigangreneux préparés
par injection de microbes formolés seuls. — MM.
Weinberg et J. Baratte ont préparé des sérums
aniigangretteux [tar injection de poudres micro¬
biennes. Ils ont vu que l’injection sous-cutanéo de
corps microbiens formolés émulsionnés en eau phy¬
siologique provoque l’apparition de propriétés anti¬
toxiques et agglutinantes. Mais, si le pouvoir agglu¬
tinant des chevaux reste sensiblement constant, les
propriétés antitoxiques cl anliinfectieuscs des sé¬
rums préparés par injection exclusive de microbes
formolés par voie sous-cutanée sont irrégulières;
elles varient suivant l'animal injecté et suivant l’an¬
tigène microbien employé.
L’emploi des toxines formolées dans la prépara¬
tion des sérums antigangreneux. — MM. Weinberg
et J. Baratte, utilisant les toxines formolées pour
l’immunisation des chevaux producteurs de sérums
antigangreneux, ont comparé les résultats des
titrages effectués avant et depuis l’emploi des anti¬
gènes formolés.
Ils ont constaté que le pouvoir antiinfeci ieiix de
ces sérums n’a pas sensiblement varié. Mais, si le
pouvoir aniiloxique des sérums antia'demalicns et
aiilipcrfruigpns s'est maintenu à peu près identique,
il paraît avoir plutôt llécbi pour les sérums anti¬
vibrion scjjtique (d antibistolytitpie.
Le formol paraît agir d’autant plus défavorable¬
ment sur le complexe antigènique toxique des mi¬
crobes ([UC celui-ci renferme une proportioji plus
forte de substances albuminoides désintégrées |)r(V-
venant des milieux de culture. Cette by|)Otbèse se
base sur la constatation que, des 4 toxines gangre¬
neuses titilisées, la plus atteinte est celle du bacille
le plus [troléolylique (B. bistolytique).
Variations simultanées du chlore et de l’urée
dans le sang des sujets atteints de néphrite chro¬
nique. — M.Laudat expose les résultats des recher¬
ches qu’il j)Oursuit depuis plusieurs années sur les
variations simultanées du chlore et de 1 urée diins le
sang des brigbtiques.
Ne retenant que les cas dans lestpiels l’urée était
supérieure à 50 centigr., il a [)U étudier [dus de
300 malades. Il les classe, d’une part, d’après le
degré de la rétention uréique et, d’autre part, d’a|)rès
le taux de la chlorémie.
T, 'examen des tableaux dans lesquels sont réunis
scs résultats lui ])ermet les conclusions suivantes:
■1" Une chlorémie normale [leut exister dans tin
tiers au moins des cas jusqu’à 4 gr. d urée; au delà
de ce chiffre, elle ne s’observe que très rarement.
2" Ij'hi/perchlorémie, très fréquente jusqu’à 2 gr.
d’urée, devient plus rare entre 2 et 4 gr., exception¬
nelle au-dessus de ce dernier chiffre.
3" h' hypochlorémie, au coniraire, est rare entre
0 gr. 50 et 1 gr. d’urée; on l’observe |)lus fréquem¬
ment jus([u’à 2 gr., et surtout entre 2 et 4 gr, ; au-
dessus de 4 gr. elle semble constituer une règle,
T.’byper- et rbypocliloréniie suivent donc, d’une
façon générale, une marebe inverse à mesure que la
rétention uréique s’élève.
Chimiothérapie dans la série de la morphine. —
MM. Brissemaret et A. Challamel exposent que
les bases dérivées de la pbénylétbylamine ])Ossèdent
certaines propriétés de) la morphine et qu’elles peu¬
vent être substituées à cet alcalo’ide dans le traite¬
ment du morphinisme chronique.
A. EscAi.iiia.
SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS
4 .lanvier 1929.
Fracture juxta-malléolaire du péroné; dlastasis;
luxation du pied en dehors ; ostéosynthèse, — M.
Séjaurnet fait un rapport sur celle observation de
M. Panis (de Commercy). L’ostéosynthèse, très judi-
coa|)tation parfaites. Au bout d’un mois la marebe
Kyste hydatique de la face inférieure du foie en voie
de suppuration. — M. Desjardins fait un rapport sur
une observation de M. Millet (de Paris) concernant
un kyste bydatique du foie en voie de suppuration
pour lequel le diagnostic de cholécystite avait été
porté avant l’intervention. La poche fut réséqtiée
après ponction et forinolisalion. Le malade guérit au
bout de 6 mois après avoir présenté une fistule
biliaire. A ce propos, l’auteur insiste sur la clioler-
ragic . dans Ips kystes bydatiques, qui ])eut, dans
portée — , être bénigne et passttgère alors que dans
d’autres ras elle peut être grave et définitive, abou¬
tissant à la mort. Bile petit tenir soit à la blessure
d’un canal biliaire, soit, le plus souvent, à un obstacle
sur la voie d’excrétion biliaire, et nécessite une
intervention pour rétablir le cours de la bile ; drai¬
nage hépatique ou vésiculaire.
Appendicite gangreneuse avec péritonite généra¬
lisée ; occlusion intestinale consécutive par brides
et adhérences. — M. Petit de la Villéon fait un
rapport sur une observation de M. Millet (de Pans)
concernant un cas de péritonite généralisée consécu¬
tive à une appendicite gangreneuse et ayant, 3 mois
plus lard, entraîné 2 occlusions intestinales avec 2
opérations itératives (libération de brides, fistule
caîcale). Guérison.
Calcul de l’extrémité inférieure de l’uretère
enlevé par voie latéro-vésicale. — M. Lavenapt
fait un rapport sur cette observation de M. Nara
(de Paris). Il reconnaît la facilité qu’offre le décolle¬
ment latéral du péritoine vésical. Le procédé employé
pour la résection des diverticules vésicaux donne un
accès facile sur les 5 derniers centimètres de l’ure¬
tère lorsque la section du méat après cystostomie et
essai de mobilisation du calcul auront échoué. An
delà de cette limite, la voie sous-péritonéale telle que
l’a décrite Albarran reprend tous ses droits.
La situation haute du bulbe duodénal ; son trai¬
tement par l’opération de Finney. — M. Haiitefort
fait un rapport sur un travail de M. Carin (de Liège)
concernant les troubles occasionnés parla situation
anormalement haute du bulbe duodénal. L’auteur
préconise contre ces troubles l’opération de Finney
modifiée ; au lieu d’une gastro-duodénostomie, il
exécute une gastroduodéno-duodénostomie, le pjdore
étant sectionné en amont du point culminant de
l’anastomose. Cette opération a été pratiquée plu¬
sieurs centaines de fois et jamais on n’a observé
d’ulcère peptique.
Ostéosynthèse et mal de Pott. — M. Pressât
(de Constantine) a employé dans ces 8 dernières
années, sur 21 malades atteints de mal de Poil, la
greffe ankylosante dans II cas. Le plus jeune opéré
avilit 19 ans, le plus âgé 35. L’auteur a suivi la
technique de Bérard. Sur ces 11' opérés il a pu en
retrouver 8 sur les([uels il a noté : 5 guérisons par¬
faites (4 m. de P. lombaire, 1 m. de P dorsal) ;
1 résultat satisfaisant (m, de P. dorso-lombaire) ;
2 échecs (1 m. de P. dorso-lombaire, 1 m. de P. lom¬
baire).
Traitement ostéosynthétique des fractures des
malléoles simples ou compliquées de diastasis du
péroné. — M. Juvara (de Bucarest) préconise le
traitement ostéosynthétique dans les fractures des
malléoles, fracture de la malléole interne seule, ou
compliquée de fracture de la malléole externe ou de
diastasis du péroné. L’intervention. doit èl re faite le
plus tôt possible, l’ostéosynthèse étant une opération
d’urgence. Le fragment malléolaire est fixé à sa
place avec 1 ou 2 clous ; et le péroné, on cas de dia.s-
tasis, est serré contre le tibia avec un boulon sépcial.
Les clous et le boulon sont retirés entre le 20“ et
le 25“ jour. L’ojtéré continuera à faire des mouve¬
ments le plus possible, mais ne devra jamais s’appuyer
sur son pied malade avant le 50“-60“ jour.
Section de deux tendons extenseurs des doigts,
suture tardive, guérison. — M. H. Blanc présente
une niiiladechez qui il a fait une suture tendineuse au
fil de lin pour une section des tendons extenseurs du
médius et de l’annulaire. L’écart entre les deux bouts
du tendon du médius était de 5 cm. L’opération fut
faite le 20“ jour. Très bon résultat fonctionnel.
Tumeur kystique du poumon. — M. Petit de la
Villéan présente une radio^çrapbie de tumeur du
poiimou prise pour un kyste bydatique. Le tracé cir¬
culaire est moins net qu’en cas de kyste Iiydalique et
la moitié inférieure optique présente un niveau
horizontal un peu llou. Il s’agissait en réalité d’un
ClIAUl.ES Buizahi).
SECTION D’ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L’ŒU-VRE
DE LA TUBERCULOSE
8 Décembre 1928.
Pneumothorax bilatéral et grossesse. ~ MM.
Rist et Caulaud présentent une malade qui avait un
pneumotboraux gauche depuis le 5 Décembre 1927.
Ce pneumothorax avait été établi pour des lésions
confluentes intéressant les 3/4 supérieurs du champ
pulmonaire et une caverne de 3 cm. située sous la
clavicule. Rapidement, on constata des signes de bi¬
latéralisation ; 'un second pneumothorax est alors
institué à gauche.
Six semaines après, débute uue grossesse qui se
poursuit sans , incidents. La malade acccouche nor-
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
65
N“ 4
malement le 16 Août 1928, à Baudelocque, d’un garçon
vivant, pesant 2 kilogr. 500.
Actuelleniement, les crachats sont réduits à 2 ou
3 par semaine (au lieu de 10 précédemment), la laryn¬
gite tuberculeuse qui existait auparavant est guérie
et le cliché montre un éclaircissement progressf des
moignons pulmonaires. Les deux pneumothorax sont
régulièrement entretenus.
Ce serait là la première observation publiée d’une
grossesse menée à terme au cours d’un pneumothorax
bilatéral.
— M. Léon Bernard suit une malade qui, bien
que n’ayant que deux moignons pulmonaires très
réduits, ne paraît pas gênée.
— M. Rist rappelle le cas, qu’il a rapporté avec
M. Coulaud, d'une femme ayant un pneumothorax bila¬
téral et qui avait une capacité vitale de 500 cmc. Il
pense que, dans ce cas, il n’y a plus d’air résiduel
comme chez le nouveau-né.
Section de brides au cours d’un pneumothorax
biiatéral. — MM. Coulaud et Rolland présentent
une malade de 22 ans chez qui une grande caverne
du sommet droit demeurait béante après pneumo¬
thorax artificiel du fait de l’existence de deux brides
apexiennes; on pratiqua l’opération de Jacobæus qui
fut parfaitement tolérée malgré l’existence d’un
pneumothorax de l’autre côté. Les deux brides furent
sectionnées. L’expectoration était déjà réduite des
2/3 un mois après.
Les auteurs rappellent que cette opération, peu
pratiquée en France jusqu’ci, ne comporte que des
risques minimes et peut rendre les plus grands ser¬
vices dans les pneumothorax uni- ou bilatéraux.
Indications et technique de la thoracoplastie
élargie dans le traitement des cavernes volumi¬
neuses du poumon. — MM. J. Rolland et A. Maurer
montrent que, dans certains cas de volumineuses
cavernes du poumon, une thoracoplastie postérieure,
portant sur la totalité des côtes, peut ne pas donner
un alfaissement sufiisant et qu’il y a lieu de pratiquer
une résection de la paroi antérieure des côtes qui
correspondent à la cavité. Ils insistent sur la néces¬
sité d’intervenir, au plus tard, une quinzaine de
jours après le dernier temps de thoracoplastie pos¬
térieure. Ils signalent le danger des cavités à parois
rigides au fond desquelles stagne un liquide résiduel
qui no peut être évacué par la bronche de drainage.
Ce liquide favorise les infections secondaires : acci¬
dents locaux (bronchopneumouie), ou généraux (sep¬
ticémie). Les auteurs décrivent ensuite la technique
de ce temps antérieur et projettent diiléreutes plan¬
ches opératoires.
Un cas de thoracoplastie totale pour tuberculose
tobaire supérieure droite. — MM. E. Rist et A. Mau¬
rer. C’est l’observation d’un malade âgé de 35 ans,
qui a fait une pleurésie droite en 1917, puis des acci¬
dents pulmonaires de 1922 à 1928. [Condensation et
ramollissement de la partie supérieure droite du pou¬
mon.] Intégrité du côté opposé. Pneumothorax impos¬
sible, car symphyse pleurale.
Phrénicectomie au début de Juin 1928. Thora¬
coplastie postérieure et inférieure (76 cm.) le
23 Juin 1928. Thoracoplastie postérieure et supé¬
rieure (64 cm.) le 19 Juillet 1928. Total des résections
costales : 1 m. 40. Très bon résultat aux dernières
nouvelles (7 Décembre 1928).
Caverne volumineuse du sommet du poumon
gauche; thoracoplastie élargie; présentation de
la malade. — MM. A. Maurer, E. Coulaud et
J. Rolland. — Une femme de 36 ans vient consulter
pour des accidents pulmonaires datant de Novembre
1923. Impossibilité de pneumothorax, mais, comme
il y a des lésions droites encore récentes, ou diffère
la thoracoplastie à laquelle on a recours en Octobre
1328. A ce moment, état général médiocre, tempéi’a-
ture 38-38‘’2, expectoration abondante, 80 crachats pu¬
rulents par jour. Le Isv Octobre 1928, thoracoplastie
postérieure et inférieure. Le 15 Octobre 1928, thoraco¬
plastie postérieure et supérieure. Le 30 Octobre 1928,
thoracoplastie antérieure et supérieure (section de
la 1™ côte et ablation totale des 2« et 3“ côtes).
La malade, qui, au Iv Octobre, emplissait les
3/4 d’un crachoir do ses expectorations purulentes,
n‘a plus, 5 semaines après son entrée à l’hôpital, que
4 ou 5 crachats par jour. Elle n’a pins de fièvre.
La cavité volumineuse, déjà diminuée après le
2' temps opératoire, est réduite, après le 3” temps,
à une mince fente linéaire que la rétraction secon¬
daire doit faire disparaître.
Fistulisation pulmonaire d’un oléothorax; épan¬
chement purulent et vomiques ;thoracoplastie élar¬
gie. — MM. A. Maurer, H. Dhour et J. Rolland.
Homme, 20 ans, soigné à Leysin pour une grosse
caverne du sommet gauche avec côté opposé intact,
'fraité par pneumothorax (M. Burnand) en Décembre
1925. Epanchement en Mars 1926. Oléothorax en Juin
1928. Le malade quitte Leysin et revient chez lui,
en Belgique. Le 7 Septembre, vomique qui se repro¬
duit à diverses reprises. Le 22 Septembre, on trouve
du staphylocoque dans l’épanchement. On décide
une thoracoplastie. Le 23 Septembre 1928 on exé¬
cute le l"’ temps : thoracoplastie postérieure et su¬
périeure; résection costale de 56 cm. Ponction pleu¬
rale : 3“ jour, 800 cmc; 9“ jour, 300 cmc; 17“ jour,
600 cm. Le 11 Octobre 1928, 2“ temps : thoraco¬
plastie postérieure et inférieure : résection costale :
86 cm. Ponctions jileurales, 4» jour, 210 cmc;
11“ jour 400 cmc; 14“ jour, 150 cmc; 18“ jour,
200 cmc. Le 28 Octobre 1928, 3“ temps : thoraco¬
plastie antérieure portant sur les 4“, 5“, 6“, 7', 8“ côtes ;
résection costale : 59 cm. Donc total des résections
costales = 2 m. 01. Les ponctions pleurales devenant
difficiles (4“ jour, 20 ‘cmc; 6“ jour, 200 cmc), on
décide une pleurotomie postérieure. Le drain est
enlevé au 15“ jour. Guérison de la perforation. Bon
résultat.
— M. Bernou se propose de revenir, avec
M. Fruchaud, sur la question des thoracoplasties
partielles, dont l’efficacité, moyennant une technique
spéciale, n’est pas aussi insuffisante qu’on a pu le
dire.
— M. Hervé, rappelant des observations de
cavernes géantes guéries par le pneumothorax, croit
qu’il est préférable de ne pas recourir à la thoraco¬
plastie avant de s’étre assuré de l’impossibilité de
la collajisothérapie gazeuse.
— M. Rist, à propos des résultats obtenus par
MM. Maurer et Rolland, Insiste sur la nécessité
d’une collaboration médico-chirurgicale intime.
Les pleurésies controlatérales au cours du pneu¬
mothorax. — M. Hinault rapporte 5 nouvelles
observations dont une guérison clinique, bactériosco-
pique et radiographique qui se maintient depuis
5 ans.
Il pense néanmoins que la pleurésie controlatérale
assombrit généralement le pronostic éloigné et pose
la question de l’opportunité de la création, en pareil
cas, d'un pneumothorax bilatéral à la faveur d’une
ponction évacuatrice. 11 semble partisan de l'absten¬
tion s’il y a intégrité parenchymateuse radiogra¬
phique avant l’apparition de l’éjianchement et est dis¬
posé à admettre le pneumo double dans les cas de
lésions pulmonaires avant la iileurésie, lésions dont
l’allure torpide ou le peu d’étendue avaient jusque-là
fait différer la création du deuxième pneumothorax.
— M. Rist, tout en approuvant les indications
d’intervention de M. Hinault, croit que le pronostic
dos pleurésies controlatérales n’est pas toujours
aussi mauvais qu’on pourrait le croire. H cite un ras
de guérison de ])leurésie controlatérale survenue un an
après une thoracoplastie. Pour lui, la pneumo-séreuse
n’est indiquée que s’il y a des lésions parenchyma¬
teuses sous-jacentes. Son efficacité est d’ailleurs sou¬
vent compromise par le développement d'une sym¬
physe rapide.
Présentation d’un appareil destiné principale¬
ment à la thoracentèse. — M. Charles Mayer. Ccl
appareil, dérivé de la seringue de Louis Jubé, dont
le mouvement discontinu est renqilacé par un mou¬
vement continu de rotation, permet, malgré sa faible
capacité (5 cmc), l’évacuation d’un litre de liquide ou
de pus en 10 minutes environ.
Frxmus Bokoet.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
14 Décembre 1928.
Hydarthrose et paraffinothérapie. — M. Marcel
Joly présente un malade chez qui les applications
do paraffine chaude ont amené la gpiérison rapide
d’une hydarthrose post-traumatique rebelle du genou.
Cancer du poumon. — M. Petit de la Villèon
rapporte l’histoire clinique d’un malade qu’il a opéré
pour kyste .hj’dalique suppuré du poumon, alors
qu'il s’agissait en réalité d’un cancer massif du
parenchyme pulmonaire avec cavité centrale, dtie-à
un processus nécrosant et ouverte dans une bronche.
L’auteur insiste sur les caractères diagnostiques qui
séparent ces deux affections et sur les constatations
qu’il a faites en cours d’opération.
Résection expérimentale du poumon chez le lapin
après pneumothorax. — M. Georges Rosenthal
pratique la chirurgie expérimentale du poumon chez
le lapin en deux temps après anesthésie par injection
sous-cutanée de laudanum. Dans un premier temps,
il résèque une côte et établit un pneumothorax com¬
plet. Après quelques jours, il pratique sans diffi¬
cultés la résection du poumon.
Hémospermie toxique. — M. Peugenez relate
l’observation d’un sujet travaillant dans une usine de
cyanamide et chez qui il put mettre en évidence,
comme cause unique de l’hémospermie, l’intoxication
par ce produit et par l’alcool.
Sur les migraines hépato-hypophysaires. -
M. Léopold-Lévi envisage, à [iropos de la communi¬
cation de M. Sédillot, la séméiologie de l’hypopitui-
larisme et les arguments qui plaident en faveur de la
migraine lij’pophysaire, mais n’accepte pas que le
substratum anatomique de toutes les migraines sans
exception soit une poussée congestive de l’hypophyse.
Il rappelle l’importance de la migraine thyro'idienne,
l’hypothyroïdie réactionnelle aux diverses insuffi¬
sances et montre que l’ensemble des médications fait
intervenir l’appareil endocrino-sympathique.
Les faux morbus coxæ senllls et les vrais. —
M. Roederer pense que les arthrites évoluant sur
des hanches congéhitalenient inalforiiiées ou ayant
subi des affections de l’enfance ou de l’adolescence
sont moins productrices de déformations chroniques
que les arthrites survenant sur des hanches restées
jusqu’alors saines et normales. Ces dernières sont
plus fertiles en productions ostéophy tiques et en
destructions et aboutissent plus volontiers à l'anky-
Calculs de la prostate. — M. Ch. David rapporte
un cas de calculs multiples de la région prostatique
chez un malade ne présentant qu’une rétention
incomplète d’urine et des signes de cystite légère.
La présence des calculs ayant échappé au cathété¬
risme et au toucher rectal ne fut révélée que par la
radiographie et la cystoscopie.
Ces calculs de l’urètre prostatique ne peuvent être
traités par la lithotritie. L’auteur, dans ce cas, les
enleva par cystostomie.
E. PEurèRE.
SOCIÉTÉ D’OPHTALMOLOGIE DE PARIS
15 Décembre 1928.
Troubles pupillaires et zona. — - M. G. Renard
présente une malade ayant eu un zona ophtalmique
typique avec irido-cyclite légère et Wassermann
très faiblement positif. Deux mois et demi plus
tard, après la lin du traitement mercuriel, appari¬
tion d’une paralysie irienne totale : mydriase, aboli¬
tion des réffexes pupillaires à la lumière et à la
convergence, accommodation normale. Wassermann
très fortement positif. Les cas d’irid()])légie isolée
post-zostérieiine sont rares et. dans la majorité des
cas, les accidents paralytiques se produisent quelques
jours après le zona. L’auteur pense que malgré le
long intenalle entre k>s deux accidents on peut les
rattacher l’un à l’auti e et les iminiter à la sj>ècillcité,
le zona étant symptomatique d’une première atteinte
méningée, et l’iridoplégie pouvant sans doute être
attribuée à une nouvelle poussée méningée, peut-
être imputable à une réactivation spécifique après
Quelques essais de tatouage de la cornée au
chlorure d’or. — M. A. Dollfus expose 1»îs résul¬
tats obtenus en employant dans 6 cas la méthode de
Knapp, avec la technique suivante : grattage de la
surface du leucoine à tatouer, en enlevant l’épithé¬
lium et les couches sujierlicielles du parenchyme.
Imprégnation avec une solution fraîche de Au Cl* à
3 pour 100. Exposition à la lumière pendant 4 mi¬
nutes. L’emploi de réducteurs jnirait inutile, et
l’adrénaline n’est versée après Timprégnation que
pour obtenir une vaso-conslric tiou locale.
Les résultats immédiats sont bons. Coloration
brune violacée très foncée, unie, régulière. Pas de
rt-alions dans 5 cas, une forte réaction dans le 6“ cas
par suite de l’emploi d’une solution un peu ancienne.
On observe parfois une décoloration partielli' dans
56
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
N» 4
les cas do loucoines très vascularisés, ou dans la
portion centrale adhérente é l’iris.
Plaie pénétrante grave du segment antérieur de
l’œil; correction optique avec -f23 d et-|-32d.
— MM. Monbriin et Velter présentent un blessé
atteint do plaies pénétrantes graves des deiuv yeux
par éclats de pare-bi'ise. L'œil gauche dut être énu-
cléé 1 an après l'accident ; l’œil droit, suturé au
3“ jour, lit an 15“ une poussée d'iridocyclile avec
hypertension, au cours de laquelle la plaie se désu¬
nit, et le cristallin fut expulsé. La cicatrisation se lit
cependant, avec simple conservation d’une projec¬
tion lumineuse douteuse. Un an et demi après la
blessure, une section de l’iris au couteau rendit
3/10 d’acuité visuelle, avec -f- 23 ; de près, le blessé
lit avec -|- 32 les caractères n" 5 de l’échelle de Javal.
Les auteurs cherchent à améliorer le champ de
vision rendu très petit par cette correction de haut
degré.
Ptosis congénital opéré par un nouveau procédé.
— M. Nicia décrit une nouvelle mélhode opératoire
du plosis congénital et montre l’heureux résultat
obtenu chez une malade. On glisse sous le tendon
du droit supérieur une mince languette tarso-con-
jonctivale disséquée au bord supérieur du tarse
qu’on laisse adhérente d’un côté et qu’on suture de
l’autre à sa ])laee initiale.
Le bord libre de la paupière supérieure est ainsi
déllnitivemcnt remonté au niveau qu’il doit occ.iqx'r
normalement dans la position horizontale du regard
et suit le globe dans ses mouvements d’élévation et
d’abaissement sans s’accompagner de diplopie.
Si après ([uehiues semaines, comme dans le cas
présenté, il persiste une légère ptose du tiers externe
de la paupière, on pourra facilement y remédier en
complétant l'opération par une résection cutanée en
croissant.
Eplthéiloma palpébro-conjonctlvai ; réfection au¬
toplastique de la totalité de la paupière et du cul-
de-sac inférieurs. — M. Nida pi-ésente un sujet
opéré suivant la techni(|ue préconisée par Morax
depuis de nombi euscs années. 11 insiste de nouveau
sur le fait que l’absence de doublure muqueuse du
lambeau cutané mis eu contact diiect avec la cornée
ne présente pour celle-ci aticuii inconvénient.
(frAce à la jirolifération spontanée de l’épithélium
conjonctival, le cul-de-sac néoformé atteint un degré
de perfection i[u’il serait dil'llcile d’atteindre avec tout
iiutre procédé.
Décollement de la rétine amélioré au cours d’une
hypertension accidentelle du globe. — M. Jean
Sedan, qui a déjà pi-éseuté au Cougi'ès de 1928 un
cas de décollement tiaumaticpie de la rétine, forte¬
ment amélioré au cours d’une crise de glaucome
consécutif, a j)U suivee l’extension du champ visuel
dans un décollement de la rétine avec forte hypo¬
tonie du globe, dans le(|uel la tension s’est relevée
de 11 à 25 mm. au 11g. iiu cours du dévelojjpemenl
d’une cataracte secondaire, il fut possible de délinir
le champ visuel à ti'avei's la cataracte grâce au cur¬
seur lumineux de Bailliart et à rexceptionnelle doci¬
lité du sujet.
Du fait du relèvtmieut du tonus, le champ visuel
gagna 20" en certaines directions. La cataracte fut
opérée et la récu])ératiou du territoire rétinien resta
absolue. 11 n’y eut i)as de nouvelle hypotonie après
l’extraction.
l/a>iteur estime (|ue l’élévation fortuite de la ten¬
sion par la cataracte a été liautement bienfaisante et a
déterminé la réadhérence partielle.
Sur la pathogénie de la stase papillaire (.sut/e de
la di.sciuiÿioii]. — M. Dnpuy-Dntenips observe (|ue
la défaillance artérielle locale et relative, comme
rentendent .M.M. (ilaude, Lamache et Uubar, peut
évidemment entrainer une perturbation circulatoire
et de Tœdèmc dans l’encéphale, où la tension arté¬
rielle doit lutter contre l’hypertension céphalo-rachi¬
dienne. Mais on ne conçoit pas que le simple retour
à la normale de la tension artérielle rétinienne, après
une période d’élévation, puisse produire dans la
rétine les mêmes elTets, alors que ces auteurs ne
reconnaissent pas l’existence d’un obstacle à la cir¬
culation rétinienne. Ce mécanisme se trouve d’ailleurs
en opposition avec nombre do faits cliniques et
anatomiques incontestables.
Pour M. .Magitot, la stase papillaire est due à un
excès de production sur place de la lymphe intersti¬
tielle par réllexc vaso-moteur à distance, provoqué
par certaines affections ou tumeurs intracrâniennes,
à l’exclusion d’autres. Mais rien ne c'onlirme l’exis¬
tence de ce réflexe électif et purement hypothétique.
Le rôle, cependant considérable, de l’hypertension'
méine nul dans" certains cas ; et cette conception
laisse inexplicables de nombreux faits, notamment la
dilatation veineuse si considérable et si constante,
ainsi que les hémorragies rétiniennes, traits caracté¬
ristiques de la stase papillaire.
Telles qu’elles ont été présentées, ni l’une, ni l’autre
de ces théories ne paraît acceptable.
Election du Bureau pour 1929. — Prénidenl :
M. .loseph ; Vice-Président : M, Bourdier; Secrétaire
général : M. Bailliart ; Trésorier ; M. Lavat; Secré¬
taires annuels : MM. Charpentier et Nida.
P. Bailliaut
SOCIÉTÉ CLINIQUE DE MÉDECINE MENTALE
17 Décembre 1928.
Poliomyélite infantile et démence précoce. -
MM. L. Marchand et Mareschal. Chez cette ma¬
lade, 1111e d’alcoolique, née avant terme, apparut, à
l’àge de 16 mois, une paralysie du membre inférieur
gauche sans signe de spasmodicité. A 17 ans, début
<ies troubles mentaux consistant actuellement en
all'aiblissement intellectuel, bouffées délirantes tran¬
sitoires, négativisme, inertie, indifférence, inaffec¬
tivité, instabilité, impulsions, rires sans motif; tic
de succion, ptosis de l’œil gauche. Pression du
liquide céphalo-rachidien exagérée, glycorachie aug¬
mentée. Les auteurs rattachent au même processus
infectieux la poliomyélite et la démence précoce.
Confusion mentale fébrile avec manifestations
neuro-anémiques. — MM. A. Courtois et J.
Thomas. Une femme ayant présenté, après un choc
émotionnel, un épisode de confusion mentale avec
lièvre, est atteinte vers la 3“ semaine de sa maladie
d’une amyotrophie de la main gauche et des fléchis¬
seurs de l’avant-bras, quelques troubles de la sensi¬
bilité profonde, sans modilications notables des ré¬
flexes tendineux. Réactions de dégénérescence des
muscles atrophiés. Amélioration de l’étal mental
malgré la persistance d'une lièvre oscillante et d’une
anémie grave. Wassermann négatif, liquide céphalo-
l•achidien normal, hémocultures négatives. Les au¬
teurs émettent l’hypothèse qu’une même loxi-infec-
tion a provoqué la confusion mentale, puis les trou¬
bles neurologiques et hématologiques.
Automatisme mental chez deux sœurs. — MM.
J. Vie et A. Dupont. Deux sœurs sont atteintes, au
voisinage de la trentaine, d’un syndrome d’automa¬
tisme mental. L’aînée, nettement parano'iaque, a
caché quelque temps son délire; la plus jeune a ré¬
vélé d’emblée scs hallucinations; 10 mois de sépa¬
ration n’ont pas atténué l’activité ni modifié les
caractères individuels des troubles. Il ne s’agit pas
de contagion mentale, mais de psychose liallucina-
toire familiale.
Association de paralysie générale et de syn¬
drome parkinsonien. — MM .Chatagnon, Pouitary
et Trelles. Il s’agit de l’association d’une para¬
lysie générale typique et d’un syndrome parkinso¬
nien chez un malade n’ayant jamais eu d’accident
syphilitique cliniquement reconnu cl à Bordet-Was-
sermann positif dans le sang et le liquide céplialo-
rachidicn.
Mélancolie, syndrome d’hallucinose en liaison
avec une infection méningée à diplocoques et
strepto-bacllies ; symptômes neurologiques frustes
et transitoires; psychose évoluant depuis un an, en
voie d’amélioration. — MM. Buvat, Masselon et
Villey pensent que la réaction méningée est à la
base des phénomènes d’automatisme mental et ils
craignent l’évolution de l’affection en un délire secon¬
daire de persécution.
Suicide par ignition. — M. tiyvert. Il p’agit d’une
malade mélancolique avec idées hypocondriaques,
qui s’est suicidée en faisant brûler sa chemise sur
elle. Les lésions, supcriicielles, mais très étendues.
Intolérance pour l’arsenic et le bismuth chez une
paralytique impaludée. — M. Trenel. Une paraly¬
tique impaludée présente, à la suite d’un premier
traitement par le stovarsol en comprimés (10 gr.), une
éruption scarlatiniforme. Après 12 jours d’interrup¬
tion, récidive de l’exanthème dès la deuxième dose.
10 jours plus tard, traitement par le Quinby. A la
5“ injection, apparition d’exsudal limité aux amyg¬
dales et aux piliei’S sans stomatite.
Corps étrangers du duodénum. — M. Trenel.
A Tautopsle d’une mélancolique sénile cachectique,
on trouve deux épingles à cheveux fixées dans
la première portion du duodénum. Dans un abcès
enkysté péritonéal de la région ombilicale, se troiivc
une aiguille de 3 cm., une aiguille à repriser de
5 cm. était fichée dans le paucréas. Il existait de
plus un petit foyer de péritonite enkystée au niveau
de là grande courbure sans corps étranger. Aucun
symptôme n’avait fait prévoir ces lésions. On apprit
ultérieuremeul que la malade avait précédemment
évacué une épingle à cheveux par l’anus.
Troubles émotionnels et troubles de l’équilibre
avec chute (à type cérébelleux) chez un enfant de
10 ans. — MM. Chatagnon et Couderc.
Délire Interprétatif à manifestations rares. -
M. Pfersdorû.
L. Maucha.nu.
ASSOCIATION FRANÇAINE POUR L’ÉTUDE DU CANCER
17 Décembre 1928.
Pilaires et cancer de la souris. — M. Borrel
indique une technique nouvelle pour mettre en évi¬
dence la présence de la filaii’e chez les souris can¬
céreuses : l’examen in loto de la peau. Par celle
mélhode, on trouve presque constamment des lllaires
ou des « gîtes » (caractérisés par une accumulation
do cellules ]ymphatiques| dans le plan mammaire. La
méthode des coupes montre, en outre, fréquemment
des lllaires dans le cancer lui-même, si celui-ci est
à son début, ou dans la glande, au voisinage du
L'auteur pense que l’infestation des jeunes souris
doit èti-e réalisée au moment de rallaitemenl.
Homologie de la cellule pigmentaire et des mast-
zellen. — M. Borrel. en utilisant sa technique
de coloration et d’examen in toto de la peau, par
clivage des différents plans, a pu démontrer chez la
souris noire, dans le plan pigmentaire, la transforma¬
tion des mastzcllen en cellules ])igmenlaires.
La pigmentation ne serait ainsi qu’un cas parti¬
culier de irophisrne.
Pour l’auleui', les mastocytes sont à comparer
aux cellules péri-intcslinales du type hépatique que
l’on trouve chez certaines sangsues et elles arrivent,
elles aussi, à se transformer en cellules pigmentaires.
Ces maslzellen de la souris sont noyées dans une
sorte de syncytium cellulaire qui forme dans tous
les organes des plans continus, dont l’ensemble
constitue un système trophique général. Dans ce
système, il se fait une circulation trophique de cel¬
lule à cellule, qui aboutit à l’excrétion pigmentaire.
Il doit être assimilé à un système vilellin continué
chez l’adulte.
Sur un cas d’adamantlnome. — MM. Cernez et
J. Surinont. Cliniquement, il s’agit d’un homme de
36 ans; début de l’affection remontant à l’année 1917,
après line plaie par balle en 1914, dans la région
maxillaire. Evolution lente, localement envahissante,
ayant nécessité successivement des interventions éche¬
lonnées de 1921 à 1928; la dernière entraîna la résec¬
tion presque complète du corps du maxillaire inférieur.
Masse polykystique à contenu variable faiblement
ostéogénique.
Des radios intéressantes ont été faites <4 plusiéurs
reprises. Histologiquement, adamanlinome typique
mais présentant des zones étendues cylindromaleuses
dans lesquelles on a pu mettre en évidence les dis¬
positifs sécrétoires et ciliés décrits récemment par
Prenant dans l’histogenèse comparée de l’émail den-
Réticulo-Iympho-sarcome avec ostéogenèse. - -
M. Fritz Busser présente un malade chez lequel
existait une contradiction apparente entre un aspect
histologique de réliculo-lympho-sarcomc et une
image radiographique de sarcome ossifiant. En fait,
il s’agissait d’une métaplasie osseuse du stroma dans
une tumeur dont la nature a été confirmée par sa
radio-sensibilité.
A. CiVATTE.
N» 4
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
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SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
18 Décembre 1928.
Résultats obtenus avec un composé séro-médi-
camenteux dans la tuberculose ganglio-pulmonaire
du 1“‘’ âge. — M. Henri Du''our éludie depuis 5 an¬
nées les effets d’un nouveau composé séro-médica-
menleux dans le traitement de la tuberculose pulmo¬
naire. Il présente 4 enfants à lui adressés par M. liu-
ber depuis Février 1928 (13 mois, 1 an, 7 mois,
6 mois). .
Chez ces 4 enfants, la cuti-réation à la tuberculine
était positive, l’état général mauvais depuis quelques
semaines à quelques mois, avec amaigrissement;
chez 2 d’entre eux, la toux était incessante. Les ra¬
diographies montraient une image correspondant à
une inlillration ganglionnaire et pulmonaire. Ces en¬
fants, qui ont reçu des injections à raison de 2 par
semaine (17 à 29 piqûres en tout), vont aussi bien
que possible.
Le séro-médicament est un mélange de sérum de
lapin préparé à la tuberculine et d’une solution
aqueuse d’iodométbylate d’hexamétbj’lène-tétramine.
Anémie splénique myéloïde et anémie familiale;
efficacité de la médication martiale. — M. Jean
Cathala et JW'''' Boequer présentent un enfant ap¬
partenant à une famille de grands anémiques. La
médication symptomatique de l’anémie, — régime hé¬
patique, extraits hépatiques, et surtout protoxalale de
féi', — sont avec le régime les seuls moyens employés,
qui aient assuré la guérison. Peut-être fait-on jouer
un rôle trop important à la' syphilis dans l’étiologie
de la maladie. Le traitement spécifique ne doit être
prescrit que si la sypliilis est certaine et, dans le eas
contraire, seulement après échec des autres méthodes
lion spécifiques.
— -M. Marfan. Le traitement antisypbilitique
i-donne de bons résultats dans un grand nombre d’ané¬
mies pseudo-leucémiques. Il est à prescrire dans
. tous les cas douteux.
— M. Tixjer, dans les cas de ce genre, a reeours
au protoxalate de fer et il n’ordonne le traitement spé¬
cifique qu’après échec du précédent. Le foie de veau
no lui a pas paru particulièrement efficace chez les
— M. Nobécourt a vu de grands ^enfants anémi¬
ques améliorés par l’administration de foie de veau.
Un cas d’acrocéphalosyndactylie. — MM. E.
Lesné, Robert Clément et Gilbert-Dreyfus pré¬
sentent. un cas d’acrocépbalosyndactylie congénitale
non héréditaire, ni familiale. L’aplatissement antéro¬
postérieur du crâne avec développement en hauteur,
la division du palais et de la luette, les pieds et les
mains palmés avec synostose distale, l’anarchie den¬
taire sont caractéristiques. Mais l’absence de crête
sagittale et les malformations oculo-faciales qui s’ap¬
parentent à celles que l’on observe dans la dysostosc
cranio-faciale de Crouzon constituent chez cette fil¬
lette de 15 ans une dystrophie osseuse localisée un
peu spéciale.
— M. Aperf, qui a pu réunir 10 cas de cette mal¬
formation, décrit les deux formes de syndactylie ré¬
vélées par les clichés radiographiques.
Hernie congénitale du poumon avec malforma¬
tions complexes de la paroi thoracique. — MM.
Lereboullet, A. Bohn et R. Worms présentent un
enfant de 12 ans porteur d’une anomalie peu com¬
mune du thorax : absence du grand pectoral et de la
glande mammaire du côté droit; arrêt de dévelop¬
pement des 3“, 4“, 5“ et 6" côtes droites qui n’attei¬
gnent pas le sternum; et ~ par l’hiatus parasternal
ainsi constitué — hernie du poumdh, qui vient faire
saillie sous la paroi réduite aux seuls téguments. Il
existe, en outre, une malformation portant sur le
membre supérieur du même côté (microdactylie et
syndactylie partielle), un spina bifida occulte, et une
implantation vicieuse des dents. La coexistence de
ces diverses malformations parait attribuable à l’hé-
rédo-sypbilis.
Rétrécissement mitral pur avec manifestations
tuberculeuses multiples. — MM Weill-Hallé et
Jean Weill présentent un garçon de 10 ans traité
pendant 5 ails à Ilerck pour un spina ventosa. un
lupus érythémateux de la face et une adénopathie
trachéo-bronchique. Il est atteint de maladie de Du-
roziez tout û fait typique et, dans ses antécédents,
l’absence de toute autre manifestation infectieuse
plaide en faveur de l’origine bacillaire de sa cardio-
Lacunes congénitales de la voûte crânienne. —
MM. Weill-Hallé et Jean Weill présentent 2 en¬
fants.
Chez l’un, Agé de 2 ans, on note deux solutions
de continuité ovalaires, inégales, régulières, de part
et d’autre de la suture médiane, au niveau des pa-
Chez l’autre, une fille de 8 ans, on constate, du
côté droit, dans la région pariétale une lacune éten¬
due, irrégulière, en partie comblée par une mince
lamelle osseuse.
Aucun de ces enfants ne présente d’autre malfor¬
mation osseuse ni de symptôme de syphilis.
Tubage duodénal pour incontinence d’une gas¬
trostomie ayant déterminé une ulcération phagé-
dénique de la paroi abdominale. — MM. H.-L.
Rocher et Damade (de Bordeaux), dans le but de
refréner la sécrétion gastrique, fonction de l’alimen¬
tation, eurent l’idée d'introduire par la gastrostomie
un tube duodénal d’Einhorn, pour alimenter un bébé
de 34 mois qui, du fait d’un rétrécissement infran¬
chissable de l’œsophage, à la suite d’absorption de
potasse caustique, avait subi une gastrostomie (pro-
Dix jours après l’opération, la peau de la région
épigastrique est attaquée par le suc gastrique qui
s’écoule par l’orifice de la gastrostomie ; devant la
marche extensive de l’ulcération, le tube d’Einhorn
est mis en place dans le duodénum, et ainsi, pendant
2 mois, A raison de 5 repas par jour, l’enfant est
nourri par la sonde duodénale laissée à demeure. Ac¬
tuellement, l’œsophage, qui est dilaté depuis le 1“'' Oc¬
tobre, permet une alimentation très convenable.
C’est la première fois que le tube d’Einhorn est
employé chez un aussi petit bébé pour mettre l’es¬
tomac au repos.
Psoïtls suppurée primitive à staphylocoque chez
un enfant de 12 ans. — MM. H.-L. Rocher et Ma-
laplate rappellent qu’il s’agit d’une observation rare,
car la psoïtis primitive, indépendante de lésions d’os¬
téomyélite (rachis ou os iliaque), ou d’une autre in¬
fection, est rarement rencontrée.
11 s’agissait d’une forme haute, puisque l’abcès fut
rencontré dans la portion lombaire du muscle psoas,
baignant le nerf crural. De multiples radiographies
ont démontré l’intégrité du squelette.
— M. Sorel. La lésion osseuse initiale peut échap¬
per ultérieurement à l’examen radiographique.
Ictère syphilitique du nouveau-né. — MM. Ri-
badeau-Dumas , Chabrun et Ronques communi¬
quent, avec projections A l’appui, l’observation de
bronzé et l’autre d’un ictère grave avec gros foie,
grosse rate, etc. Ces ictères étaient dus A une sy-
jihilis héréditaire retardée. L’examen histologique
montra une désintégration des cellules hépatiques ;
il ne reste plus que des cellules réticulées.
Prurigo-strophulus ; asthme et dyspepsie des fa¬
rineux. — M. René Mathieu montre que les érup¬
tions dé prurigo-strophulus, généralement attribuées
A une intoxication par les protéines des œufs, du
poisson ou de la viande, apparaissent souvent chez
des enfants soumis à une alimentation mal équilibrée
et trop riche en hydrates de carbone. L’examen des
matières fécales démontre qu’ils sont atteints d’une
colite des farineux méconnue. Le prurigo-sti’ojjliulus
disparaît assez rapidement si l’on a soin de diminuer
la ration des hydrates de carbone et d’augmenter la
proportion des protéines d’origine animale.
Un malade, tourmenté tous les ans par un asthme
des foins, n’a plus jamais présenté aucun accès, de¬
puis qu’il a totalement renoncé A manger des légumi¬
neuses, du pain blanc et des pommes de terre.
— M. Cathala, dans certains cas de prurigo, a
appliqué avec succès les principes développés par
M. Mathieu.
— M. Apert a observé un cas d’urticaire dû A l’in¬
gestion de pommes de terre.
— M. Lesné s’élève contre les abus de l’alimen¬
tation par les ifarincux. Le pain donné en excès peut
provoquer l’apparition de strophulus.
— M. Marfan déclare qu’il ne faut pas être sys¬
tématique et que, si l’abus des farineux peut engen¬
drer du strophulus, ce dernier est dû le plus sou¬
vent A l’ingestion des œufs, des poissons de mer.
M. Georges Schreiber. Les féculents peuvent
dans quelques cas entraîner des troubles dyspepti¬
ques et des manifestations cutanées, mais ces cas peu
fréquents ne doivent pas faire oublier la ressource
diététique précieuse que constitue le régime hydro¬
carboné, notamment sous la forme de bouillies mal-
tées, chez les nourrissons intolérants au lait.
Acrodynie avec adénomégalies multiples. —
M. Debré, Jlf*'» Hébert et M. Gardinier présentent
un enfant atteint d’acrodynie. Le diagnostic a été
rendu hésitant au début par l’existence d’anénonié-
galies multiples. Les troubles psychiques, l’asthénie,
l’abolition des réllexes tendineux, l’aidème dur et
rouge des pieds, la des(|namation des mains, le
prurit, la tachyeardie apj)arti(jnneut bien A l’acro¬
dynie. Mais l’allertion conserve certaines particula¬
rités ; une conjonctivite bilatérale telle qu’il en avait
été signalé lors des premières épidémies, un ca-
gnant les chaînes cervicale, axillaire, inguinale.
Réaction méningée par exposition prolongée au
soleil. — M. Armand Béraud (de la Rochelle) raj)-
porte l’observation d’un nourrisson de 5 mois 1/2 (]ui,
A la suite d’une exposition prolongée au soleil, fit une
réaction méningée avec hyperalbnminose et lymidio-
cytose du liquide céphalo-rachidien.
Eclampsie chez un enfant à la suite d’injections
massives d’huile camphrée. - M. Arinand Béraud
a vu chez un enfant de 15 mois se produire une in¬
toxication avec hyperglycorachie due A l'injection de
doses excessives d’huile camphrée.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
D'ÉLECTROTHÉRAPIE ET DE RADIOLOGIE
18 Décembre 1928.
Diathermie et radiothérapie dans la maladie de
Raynaud. — MM. Monier-Vinard, Delherm et
Beau rappellent les différents traitements employés
jusqu’ici dans la maladie de Raynaud. Le point
important de leur publication est l’emploi de la radio¬
thérapie sur la région cci-vicalc dans cette maladi<‘.
Cette méthode, qui ne paraît pas avoir été employée
jusqu’ici, leur a donné des résultats heureux.
Les auteurs préconisent l’association des rayons X,
de la haute-fréquence (en particulier la diathermie)
et des infra-rouges.
Electrothérapie dans la maladie de Raynaud. --
M. Bonnefoy ra|)pelle les travaux de .M . Rounefoy
père sur l’électrothérapie dans la maladie de Raynaud,
en évotjue les succès qu’il confirme j)ar une obs(;r-
vation personnelle, 11 estime que le traitement par le
lit condensateur reste le traitement de choix dans
les maladies dues ati ralentissement de la nutrition.
Appareillage transportable pour électro-dia¬
gnostic. — M. Morel-Kahn.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE IVIÉDECINE
CHIRURGIE ET PHARMACIE DE TOULOUSE
Décembre 1928.
Pneumothorax artificiel et laryngite tubercu¬
leuse. — MM. Bounhoure et A. Viola rapportent
l’observation d’une jeune femme de 27 ans, traitée
pour lésions de bacillose pulmonaire évolutive
associée A une phtisie laryngée, ('.elle-ci apparut
alors que les lésions pulmonaires étaient eneori'
discutables, et l’infiltration arythénoïdienne sembla
rétrocéder devant des badigeonnages intra-laryngés
au mélange menthol-phénol-cocaïne. Alais les lésions
pulmonaires continuèrent leur évolution, des cavernes
apparurent, de même que la muqueuse laryngée
s’ulcéra. Un pneumothorax artificiel, pratiqué A la
demande expresse de l’entourage, n’eut aucun résultat :
les ulcérations laryngées augmentèrent d’étendue et
de profondeur, la malade soullrit énormément pour
déglutir. Une anesthésie du laryngé supérietir, pra¬
tiquée suivant une technique très sim])le, indiquée
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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Jabvier 1929
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par l'iin des aiiteiira, lui permit de s'alimenter. Elle
Ktireomha 1 mois 1 l! après le pneumothorax.
Les auteurs attirent rnttenlion sur les indications
du pneumothorax artificiel dans la tuberculose
laryngée. Si. indiscutablement, on lui doit des
résultats heureux, il semble inoi>érunt dans les cas
de lésions laryngées avancées (inliltro-ulcéreuses et
ulcéreuses). C’est cependant une arme précieuse à
laquelle on doit avoir recours ; il est seulement con¬
venable de lui associer un traitement laryngé
approprié.
Abcès musculaire post-typhiquè. — MM. J.-P.
Tourneux et R. Bibent ont eu à intervenir dans un
cas d'abcès musculaire posl-typhique, complication
tardive assez rare de la dothiénelitérie.
11 s’agissait d’un homme âgé de 61 ans, qui fut
atteint, vers le milieu du mois d’Aoùt 1928, d'une
lièvre typhoïde d’intensité moyenne, laquelle' guérit
vers la lin de Septembre. Au début du mois d’Octo-
bre, le malade constata, au niveau de la jjartie
moyenne du muscle droit antérieur de la cuisse
droite, rapj)arition d une tuméfaction bien limitée,
évoluant sans grande réaction symi)tomaliiiue, et
qui, au bout d'une vingtaine de jours, ayant atteint
les dimensions d’un (cnf de pig(‘on, j)réscnta des
signes nets de fluctuation. L'incision donna issue à
une certaine ([uantité de pus bien lié qui renfermait
du bacille d’Eberth à l’état de pureté. La guérison
Cette observation est intéressante à un double
titre : d’abord par sa rareté relative, et en second Heu
par son mode d évolution un peu spéciale; l’abcès ne
s'est pas acco|ni)agné îles signes ordinaires des col-
li’ctions suppurées (donleurs violentes, battements,
rougeurs, etc.) et n’a pas succédé è une rupture mus¬
culaire spontanée, ainsi qu’il est d’usage.
Préambule physiologique pour servir à l’histoire
des phlébites. -- MM. J. Ducuing et J. Tourneux.
après avoir rapidement rappelé les principaux fac¬
teurs qui contribuent au retour du sang vers le cnmr,
étudient particulièrement le rôle de la contractilité
Cette contractilité n’est mise en doute par per¬
sonne, la question consiste à savoir si elle joue un
rôle efllcace dans la progression du sang par des
conli'uctions rythmés.
Malgré les constatations faites par Delater au
ca|)illaroscope sur les contractions des petites vei¬
nules, les auteurs pensent que rien de similaire ne
peut être constaté du côté des veines. Quelle que
soit la sensibilité des instruments utilisés pour
l'étude de la pression veineuse, cette pression s’ins¬
crit par une ligne droite plus ou moins horizontale
sur le graphique.
Les auteurs signalent en outre quelques expériences
récèilles faites en collaboration avec .\I. le professeur
Sonia pour étudier la rapidité du coui-ant veineux il
laide du lipiodol. Ce courant ne ])ré.senle [las une
vitesse réguli èï-ement ci’oissante de la [lérifihérie des
membres jusqu’au rieur, il est, en particulier, rela¬
tivement lent dans les vaisseaux des membres infé¬
rieurs, et prodigieusement rapide depuis les cavités
droites du ru'ur jusqu'aux terminaisons de l’artère
pulmonaire.
De fa difficulté d’utiliser le kapock et les fibres
d’agave comme succédanés du coton hydrophile.
- M. Vuathier. En cas de crise économique, les
Burcédaiiés du coton hydrophile seraient-ils nom¬
breux et de qualité suriisante';'
Deux substances ont été étudiées au point de vue
de cet lunploi, le kapock déjà préconisé coninu*
succédané, et les fibres fournies jiar les feuilles
li agave, employées dt'jà dans le textile sOUs le nom
de fils d’alves.
Apivs les avoir soumises aux ilivei-s traitements qui
reudeut le coton liydrophile et en avoir pratiqué
l’essai suivant les nouvelles exigences du supplément
du CïmIcx de 1925, on [leut admettre que rx>s deux
substances ne pourraient ètn‘ que des pi-odilils de
reniplaeeiiienl très médiocres.
Le ka]tock se révèle en effet d'une inaptitude très
grande nU cordage; son exti'èiue légèraté ivnd sa
rapidité d’ab.si>rj>tit)n à peu pràs nulle. Même débop-
rassé eulièreinenl. par épuisement à l’éther, des
matières gi'asses et résineuses qui rwitouix'nt à L'état
brut, il ne possède qu’un pouvoir d’absorption netle-
ment insuffisant.
Quant aux fibres d'agave, leur juvuvoir d’absorp¬
tion est èpaleineni bcaVieimp Iriqv faible: de pbis
leur rugosité et leur manque de souplesse feraient
également obstacle à leur emploi.
Ces deux substances ne peuvent donc servir tout
au plus qu’à remplacer, dans certains cas, le coton
ordinaire, mais non le coton hydrophile.
Utérus fibromateux et pyométrie. — M. J.-P.
Tourneux a dû intervenir chirurgicalement dans un
cas de fibrome utérin soumis sans aucun résultat
satisfaisant au traitement radiothérapique. 11 s’agissait
d’une femme âgée de 39 ans, présentant une grave
tumeur àbdominale, avec hémorragies et écoulements
fétides abondants, qui avait subi, en l’espace de
16 mois, 15 séances d’irradiation à faible dose avec
rayonnement moyennement pénétrant. La malade
était très alfaiblie, eu proie è une constipation opi¬
niâtre, à des phénomènes dysuriques et à des dou¬
leurs pelviennes continuelles.
L’hystérectomie totale montra qu’il s’agissait d’un
utérus occupé par plusieurs noyaux fibromateux,
dont le plus gros, saillant dans la cavité utérine et y
faisant bouchon, avait déterminé la formation d’une
sorte de clapier rempli de pus.
J.-P. Tourneux.
SOCIÉTÉ DES SCIENCES IVIÉDICflLES ET BIOLOGIQUES
DE mONTPELLIER
ET DU LANGUEDOC MÉDITERRANÉEN
èîovembro 1928.
Le syndrome douloureux des affections chroni¬
ques des votes respiratoires Inférieures; son traite¬
ment hydrominéral; le rôle de la plèvre. — La
douleur pose assez rarement l’indication d’un traite¬
ment hydrorninéral au cours des maladies de l’appa¬
reil respiratoii-e. Dans 50 cas seulement sur 3.000
observations recueillies par M. Corone (de Cautei-ets),
elle était au premier plan de la scène clinique ; clic
relevait le plus souvent de lésions pleurales chroni¬
ques, de névralgie ou de névrite des nerfs qui traver¬
sent le médiastin, de lésions plus ou moins sténo-
santes de l’arbre aérien. Le traitement bydco-minéral
agit par action résolutive sur les épines organiques
(boisson, inlialations, bydrolhérapie) ; par action
topique révulsive (douche chaude à forte pression et
douche sous-marine); par action générale de séda-
l'élément psÿxhique.
Un cas de lipomatose multiple. >— MM. Ester et
P. Henriet présentent un malade de 57 ans, porteur
de tumeurs lipomatcuses multiiiles au niveau du cou,
des creux sus- et sous-clavlculaiccs, de l’épigastre, du
dos et des lombes.
Considérations sur l’étiologie de la luxation con¬
génitale de la hanche : luxation congénitale et
spina blfida. — M. E. Etienne rapporte deux cas,
dont il présoiile les clichés radiographiques, de
roexistence de luxation congénitale de la hanche et
de spina bifida lombo-sacré. Il reprend à cette occa¬
sion riiypotbèse d’une relation de cause à effet entre
les 2 lésions, la luxation congénitale étant considérée
romme la conséquence d'une atteinte médullaire ou
radiculaire. Les arguments qui plaident en faveur de
rclte manière de voir sont : 1“ La fréquence de la
coexistence des 2 lésions; 2° la bilatéralité des
lésions des hanches ; 3" l’extension des troubles
trophiques à tous les tissus du membre inférieur
luxé et du bassin ; 4" peut-être les cas de guérison
spontanée de luxation congénitale de la bancbe. Une
telle conceptiou semble permettre d’envisager la pos¬
sibilité d’interventions chirurgicales portant sur la
lésion raebidiénne, dans des cas à déterminer, mais
jKii'ini Icsqticls il faudra peut-être ranger ceux où
de grosses déformations rendent la réduction, ou la
contention ou les 2 impossibles; et ceux dans lesquels
des lUTonuations persistantes, après réduction tar¬
dive, viennent atténuer singulièrement les bons clîcts
de cette réduction.
Fibrome du col de l’utérus et rétention d’urine.
-1- MM. E. Mourgue-Molines et O. Fayot présen¬
tent un fibrome développé exclusivement aux dépens
de la lèvre postérieure du txfi, constituant mic volu-
mini'nse musse spltéidque snïmontée par le coqis
utérin normal. Cette tumeur, enclavée dans le pelvis
avec double înclueion întraligamenlaire, ne s’était
manifestée }>ar atieun symptôme jusqu’au jonr où
idlc provoiiua une subite rétention d’urine.
Luxation du semi-lunaire avec fractures multi¬
ples des os du carpe. — MM. E. Forgue, M.
Lapeyrie et P. Henriet, à propos d’un cas de dislo¬
cation du carpe, observe 12 jours après le trauma¬
tisme et réduit sans difficulté, confirment les notions
classiques de DcslOt, à savoir : 1“ Que la réduction
peut être tentée longtemps après la traumatisme,
alors que Tes articulations carpiennes paraissent blo¬
quées; 2“ que des fractures multiples des os du
carpe ne doivent pas faire rejeter les manoeuvres dé
réduction sous le prétexte de désordres plus graves
pouvant bn résulter. Ils croient que la disposition
des ligaments carpiens agit favorablement pendant
les manceuvros de réduction dans les cas semblables
à celui qu’ils rapportent.
A propos d’une luxation du seml-lunalre. — M.
G. Roux rapporte un cas de luxation du semi-lunaire
sans fracture du scaphoïde et note les très grandes
difficultés de la réduction, difficultés qu’il attribue à
l’absence de fractures concomitantes. Il présente les
radiographies avant et après réduction, et le blessé,
qui a coniplèlement récupéré les mouvements du poi¬
gnet et des doigts.
Deux interventions chirurgicales importantes
sans emploi d’anesthésique (autosuggestion et
hypnose). — M. E. Etienne rapporte 2 cas dans
lesquels il a pu pratiquer une opération chirurgicale
importante sans anesthésique.
L'insensibilisation fut obtenue par suggestion et
facilement entretenue pendant toute la durée de l’in¬
tervention sans autre aide qu'une compresse imbibée
d’eau bouillie appliquée sur la bouche et le nez.
Le premier cas est une trépanation crânienne, avec
taille d’un grand lambeau de jiarties molles, pour
plaie par éclat d’obus de la région pariéto-occipitale
gauche, chez un blessé ayant toutes ses facultés
intactes; l’opération fut pratiquée 7 jours après la
La deuxième observation concerne un enfant dé
12 ans, porteur d’une fistule consécutive à une ostéo¬
myélite de l’extrémité supérieure du fémur gauche;
l’auteur appliqua l’évidement du tiers supérieur de
la diupbyse fémorale, et l’ablation de la tète fémô-
rale nécrosée ; l’enfant avait déjà subi antérieure¬
ment 2 interventions sous anesthésie générale à
l’éther.
Anémie grave réalisée par une septicémie subaiguë
à B. perfringens; guérison par autovàccinothérapie
associée à la méthode de Whlpple. — MM. Janbon
et J. DuponDois. Celte observation des auteurs
démontre que le B. perfringens est capable de réa¬
liser, à côté de septicémies suraiguës présentant le
tableau de Tictère hémolytique avec hémoglobinurie,
des septicémies lentes avec syndrome d’anémie grave.
Elle paraît être en outre un argument clinique impor¬
tant on faveur du rôle, depuis longtemps soupçonné,
du li. perfringens dans la palbogéuie de l’anémie
peraicieuse.
Abcès osseux de l’extrémité inférieure du péroné.
— M. G, Roux présente l’observation, avec radio¬
graphies, d’un adolescent porteur d’un abcès Osseux
de l’extrémité inférieure du péroné au-dessus du car¬
tilage de conjugaison. La lésion, dont le début s’est
fait quelques mois après une jtoussée de furonculose,
a toujours conservé son caractère circonscrit. La
guérison a été obtenue très simplement par misé à
plat de la cavité, nettoyage et suture sans drainage.
'Voies sensitives douloureuses et douleurs rap¬
portées. — M. P. Gilis.
La douleur et le traitement hydro-minéral de La
Malou. - M. Cauvy.
Un cas de tuberculose du pubis: abcès froid en
bissac simulant une hernie inguinale bilatérale. —
MM. V. Riche, M. Lapeyrie et E. True.
Hydronéphrose développée sur rein gauche en
ectopie iliaque. — MM. E. Leenhardt et E. Etienne.
Filtre à air pour l’aspirateur de Redard (dans
l’opération de la cataracte). — Présentation d’instru¬
ment par M. Ch. Dejean.
Ulcère du duodénum perforé en péritoine îîbre;
opération à la 53“ heure; Mikulîcz; guérison.
M. G. Roux.
Hydronéphrose à forme hématurlque. — MM.
Jeanbrau, A. Bonnet ef AT”" E. Lafourcade.
Calcul salivaire et corps étranger. — M. Ch.
Benoit.
Marcel Janbon.
N“ 4
12 Janvier 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N- 64
Notes pratiques
à propos de la gale
Par L. BnocQ*-
Médecin honoraire de rHôpilal Sl-Louis.
Diagnostic de la gale.
La entité morbide vraie, neltcinent délinio
par les ellels nuisibles que produit sur l'organisme
humain le Sarcoptes horninis ou Acarus scabiei, est
universellement connue : dès que quelqu’un éprouve
des démangeaisons aux mains, dès qu’il y présente
la moindre éruption, son entourage pense à la gale,
et ce diagnostic est peut-être trop souvent conlIriiH^
par un pharmacien désireux d’éviter it un client les
frais d’une consultation médicale.
Il nous parait donc inutile de donner dans ces
notes destinées aux praticiens une description de-
taillée de cette maladie. Bornons-nous à dire i[ue les
lésions cutanées qu’on peut y obsci-ver sont de trois
ordres ;
1" Lésions cutanées directement causées par le
parasite. — C’est avant tout le .sillon, terrier creusé
dans l’éi)idermo par l’acare femelle pour y déposer
ses œufs, puis de jietites papules excoriées au som¬
met par les grattages, enfin des vésicules presque
toujours isolées, tiansparentes, globuleuses, do la
grosseur d’une moyenne ou d’une volumineuse tète
d’épingle, siégeant surtout entre les doigts et à la
face interne et antérieure du poignet ; elles ressem¬
blent à la lésion élémentaire de la dysidrose, et l’on
devrait peut-être les faire rentrer dans notre troi¬
sième catégorie;
2“ liraplions tenant à des infections microbiennes
snrajonlées. en usées surtout par les staphylocoques
el les slreplocoques. — Ce sont des pustules de
diverses formes et de diverses grandeurs, pustules
d’emblée, folliculites, ectbymas sous-éi)idcrmiques
à marche extensive péripliérique, impétigos, parfois
lymphangites. Rares chez les personnes qui prennent
des soins minutieux de propreté, elles sont fré¬
quentes clu;z les gens du peuple qui sont peu soi¬
gneux. Elles constituent la gale pustuleuse des
3“ Jiruptions dépendant des prédispositions mor¬
bides du sujet, et dont le parasite provoque l'appa¬
rition. — Elles peuvent s’observer dans toutes les
classes de la société : ce sont des urticaires, du
prurigo simplex, de l’eczéma papulo-vésiculeux, de
l’eczéma vésiculeux vrai, des parakératoses psoriasi-
formes (ou eczémas séborrhéiques) de toute na¬
ture, etc... Elles peuvent, en se superposant aux
lésions causées par les acares, les masquer, et ren¬
dre le diagnostic de gale extrêmement difficile.
Il est cependant absolument indispensable de
poser ce diagnostic avec netteté, nous devrions dire
d’une manière indiscutable. Trouver les œufs du
parasite, ou lui montrei' un sillon bien net, serait
sufllsant pour convaincre un confrère ; pour con¬
vaincre l’homme et surtout la femme dti monde, il
faut lui montrer l’animal et le lui faire voir au mi¬
croscope à un grossissement assez fort pour lui ôter
Quant aux localisations caractéristiques des lé¬
sions cutanées aux doigts, entre les doigts, aux faces
jjartie antérieure des aisselles, à la partie inférieure
des fesses, autour des malléoles, aux seins chez la
femme, aux parties génitales cliez riiomme, etc,..,
elles doivent donner l’éveil au médecin et le déter¬
miner à rechercher avec le plus grand soin le sillon
et l’acare, mais ce ne sont que des signes de prol)a-
bilité, nullement dé certitude, et nous dirons pour la
gale ce que l’on a si souvent dit pour la syphilis : il
1. Le regretté M, Brocq avait bien voulu nous envoyer,
il y a quelques mois, des notes pratiques à jiropos de la
gale', no'us sommes heureux de les publier à titre posthume
en raison de leur intérêt pour les praticiens, ,
ne faut la traiter que lorsqu'on est absolument sùr
quelle existe.
On commet, en effet, les plus regrettables erreurs
en ne la reconnaissant pas, et en la diagnostiquant
quand elle n’existe pas. Or, ce sont les erreurs de
diagnostic les plus fréquentes que nous ayons rele¬
vées dans notre longue carrière.
Depuis la grande guerre, la gale est devenue assez
commune dans la clientèle de ville, et c’est chez les
malades de cette catégorie qu’elle est le plus difficile
A reconnaître. Comme, d’autre part, les prurits
d’origine toxique, autotoxique et névropathique sont
devenus de plus en plus fréquents, on se laisse aller
assez facilement à les diagnostiquer, à penser à des
accidents d’ordre anaphylactique, et nous avons été
dans ces dernières années assez souvent consulté
par des prurigineux traités sans grand succès pâl¬
ies méthodes les plus modernes, auto-hémothérapie,
auto-sérothérapie, sérums antiprurigineux, vaccins
de toute nature, agents physiques, etc..., et chez
lesquels il était possible de découvrir, en un point
quelconque des téguments, le sillon révélateur et
l’acare causal.
Commettre Terreur inverse, c’est-à-dire diagnosti¬
quer une gale chez un sujet qui ne Ta pas, et le traiter
en conséquence à plusieurs reprises, constitue ))eut-
encore plus grande. Il s’agit, en effet, alors presque
toujoui-s d’un malade atteint de prurit d’ordre géné¬
ral, ultra-sensibilisé, dont les téguments sont en
état d’hyporésistance, et on peut aggraver singuliè¬
rement chez lui les phénomènes morbides par les
traitements antiscabiétiques.
Aous ne saurions trop le répéter, il ne faut insti¬
tuer un traitement de gale que lorsque le diagnostic
'est absolument certain. Il ne faut refaire un traite¬
ment de gale chez un galeux déjà traité que lors([u’on
a retrouvé chez lui un acare.
La présence constatée de Tacare supjjrime toute
hésitation et toute discussion. 11 faut donc que le
praticien sache le trouver.
Pour cela on cherche un sillon en explorant avec
attention les localisations que nous venons de
signaler. Le sillon se présente d’ordinaire sous
l’aspect d’une petite ligne grisâtre, parfois noirâtre,
do 3 à iO millimètres de long on moyenne, presque
toujours légèrement courbée ou flexueuse, parfois
ponctuée de points plus foncés qui sont les orifices
de sortie des jeunes larves écloses. Il a doux extré¬
mités : Tune, l’entrée, où la tête est plus étalée :
c’est le point par où la femelle a pénétré dans Tépi-
derme ; l’autre, la queue ou éminence acarienne, est
légèrement saillante, et on peut dans certains cas y
jpercevoir à travers l’épiderme un petit point blan¬
châtre, plus rarement noirâtre, qui est Tacare. Quand
on a bien reconnu cette éminence acarienne, on dila-
cère soigneusement Tépiderme à son niveau avec une
fine épingle d’acier flambée ; on glisse doucement la
pointe de l’épingle sous l’animal ; il s’y accroche
sous la forme d’une petite boule. On la dépose dans
une goutte de glycérine sur une lamelle porte-objet;
on recouvre d’une fine lamelle couvre-objet , et on
vérifie au microscope si c’est bien un acare.
Il est plus facile de cueillir ainsi l’animal aux
régions où Tépiderme est fin' et souple, par exemple
à la ])artie antérieure dos aisselles, aux parties géni¬
tales chez Thômme, aux mains et aux doigts chez la
femme du monde dont Tépiderme n’a été épaissi par
aucun travail manuel. Quand Tépiderme des mains,
des doigts et de^ poignets est épais et résistant
pour trouver Tacare, on emitloie l’épingle pour
ouvrir le sillon, on est obligé d’y mettre une certaine
force, et Ton perd fréquemment l’animal au milieu
des lamelles cornées dilacérées, on bien on le fait
sauter assez loin au moment de la rupture violente
de la couche cornée. Il vaut mieux alors commencer
par d-iviser avec la pointe d’un scarificateur ou d’un
fin bistouri la couche cornée qui recouvre le sillon,
puis on passe le bout de l’épingle dans le sillon ainsi
ouvert.
Le diagnostic est bien établi. Nous sommes en
présence d’un cas de gale indiscutable ; comment
allons-nous le traiter 'f
Prescriptions qui s’appliquent indistinctement
à tous les cas de gale; prophylaxie.
Dès que Ton a reconnu un galeux, il faut lui dire
qu’il est contagieux pour tontes les personnes qui
l’entourent par contact direct un peu prolongé, que
les draps dans lesquels il a courbé, que ses gants,
ses chemises, ses flanelles, ses divers linges de
corps peuvent transmettre la maladie, qu’il doit par
suite prendre toutes les précautions nécessaires
pour ne pas contaminer son entourage, qu’il devrait,
si c’est possible, faire examiner par un médecin
averti tous ceux ((ui ont eu avec lui des contacts
depuis qu’il est malade, et que, s’il y en a parmi
eux ([ui soient atteints ou même simplement suspects,
il faut les faire traijer en mèjne temps ((ne lui; sinon
il serait possible ([n’il se produisit autour de lui des
contaminations incessiintcs, et il sera dès lors
exposé à répandre la maladie.
Quelques auteurs pensent que lorsqu’on emploie
certaines méthodes de traitement telles que les
enveloppements avec le pétrole ou avec les pom¬
mades au polysulfure de potassium, il est inutile de
jtrocéder à la désinfection soigneuse des vêtements,
linges de corps et literie des malades : c’est pos¬
sible ; mais nous avouons que pour notre part nous
trouvons pins sùr de, faire quand même cette désin¬
fection toutes les fois que c’est possible. Quand on
est loin des villes et que Ton ne peut recourir aux
étuves, il est toujours relativement facile de désin¬
fecter ces divers objets en chambre close jiar les
va|)eurs sulfureuses.
Quand c’est possible, il faut donc examiner avec
soin tout l’entourage du malade, traiter le même
jour el à la même heure que lui tons ceux qui sont
contaminés ou même simplement suspects et procé¬
der en même temps aux désinfections dont nous
venons de parler.
Traitement proprement dit du galeux.
1' ''(1as : (bvi.K Tïiu:, sans comiu.ications.
li.remple. — Le malade est un homme de 30 ans,
employé de commerce, bien ])orlant cl vigoureux. IT
a des démangeaisons depuis 25 jours. Elles sur¬
viennent surtout quelques instants après qu’il s'est
couché. Elles siègent au niveau des membres et sur
le tronc ; elles atteignent leur' maximum d’intensité
entre les doigts, aux poignets et aux parties géni¬
tales. L’extrémité céphalique est indemne.
11 existe chez lui de nombreuses traces de grattage
sur le tronc, à la partie antérieure des aisselles, sur
les bras et les avant-bras, ([iielques-unes sur les
fesses. On y voit aussi d’assez nombreuses petites
pa])ules ronges excoriées à leur sommet. Entre les
doigts, se trouvent ([uelqiies grosses vésir.ul(!s trans¬
parentes. Il y a des sillons très nets à la partie
intei-ne des poignets, à la face interne de Tannulairc
gauche, de l’index el de l’annulaire droits. 11 n’y a
pas de comidications. Les urines ne renferment pas
d’albumine, et Ton sait ipTil est prudent d’examiner
toujours les urines des galeux, car il n’est pas très
rare d’y trouver de l’albumine.
Ce malade présente donc un lyi)e parfait de ce que
Ton a appelé la gale sèche, non compliquée. 11 faut
le traiter immédiatement.
Ancien traitement classique. - L’ancien traite¬
ment de l’hôpital Saint-Louis, celui de Bazin modi¬
fié par Hardy, traitement ipii pendant plus de
60 ans a donné les meilleurs l’ésnltats, était le sui-
1" Savonmu’ com|)lètement le malade, sauf la tête
que la gale n’atteint jamais, avec de Teau bouillie
chaude et un savon au soufre, ou au naphtol, ou à
Tichthyol (si Ton n’a pas de savon médicamenteux,
on emploie le savon blanc de Marseille) ;
2" Mettre ensuite le malade dans un bain sulfu¬
reux, et Ty savonner pendant 20 à 30 minutes, si les
téguments le supportent ;
3° Au sortir du bain, Tessuyer, et frotter (c'est ce
qui constitue ce que l'on a appelé la frotte) les
endroits où il y a des sillons avec du gros molleton
00
I.A PUKSSP: MKDICAI.E, Samedi, 12 Janvier 1929
imbibé d'eau sulfureuse pour ouvrir les sillons : si
les sillons restent intacts, les ouvrir avec une épingle
ou avec une (lni‘ pointe do searifioatcur comme nous
l’avons indiciué plus haut : nous devons ajouter
cependant (]ue dans l'immense majorité des cas cette
dernière mesure n’est ])as indispensable pour assu¬
rer la guérison ;
4“ Enduire ensuite tout le corps, sauf la tt'te, avec
une pommade soufrée, llazin et Hardy ont démontré
qu’il fallait api)liquer cette pommade; sur tout le
corps, et pus seulement sur les régions où se
trouvent les sillons, car il faut agir sur tontes les
larves, nym])bes et femelles encore- vagaboneles e-t
pas se-nlemenl soi- le-s feme-lle-s en ti’ain de- peineli-e- e-t
sur leurs eniifs.
Quand lu jeean ne s'irrite jeas tre)j), et ejiianel le-s
eleeuleurs causées ])ar la pommade- ne semt pas ti-eep
fetrle-s, il faut laisser re;tte pommade en place pe-n-
elant vingt-quatre heui-es, Le malade eletit la cettese-rve-r
pendant teeule la nuit, e-t même en appliquer une
neeuvelle ceeuclie- le soir sur les i-égiems les plus
atteinte-s ;
5" Ee leenelcmain il enlève la ' poenmeeele eevec ele
l’aNonge, eeu élu très be)n ceelel-cream eeei de- lie vase--
line, il essuie ave-c ele- la toile line; et il termine- le.-
nettoyage; en pi-enant un bain de; seen etu d’amidon.
Au sortir du bain, il apieliqne- une jnlte calmante
sur toutes les régieens élu ceei-ps eualades ou irritées;
il SP poudre ave-c tlei talc et met stir la peaU de;s
linges en toile line et blanche. 11 continue ces pan¬
sements mutin et soir jusqu'il ce que lu peau soit
|-evenue à l'état normal.
Si les douleurs calisée-s pal- la iieiinmuele anlipso-
rique sont trop fortes, le malaile l'enlùvo dès i|u’il
ne peut plus la supporter, et il lu remplace par une
pitte calmante. Il est prudent dans ce cas de remettre
pendant quelques jours le soir un iieii de jmmmade
antipsorii(ue sur les régions les pins alteinti-s.
J''or»iuli‘s dfs pummadi’ü .soufieon aiitipeorirjuf.i.
Voici la formule initiale de la jiommade sulfo-
alcalim- d'ilelmericli primitivement employée à l'Iiô-
pital Saint-Eouis :
Smifi-i- sublimé lavé . Kl gr.
tlarboiiatc de potassi- . v
Eau distillée . 1 ità 5 gi-,
Unilo d’amande tlonei-, . '
.Vxonge . Ilà gr-.
Hardy la modilia de la manièri- snivanti- :
Sonfi-r- siililimt- ........ ’l gr*.
tiai-bonatr- de potassr- . 1 gr.
. 12 gr.
(les préjiurations sont fort oflicacos; inalln-nreuse-
ment on observe parfois avec elles, probablement à
caitse di-s qualités du carbonate de potasse, des brû¬
lures inlensi-s i-l même des escarres des tégunierits.
Quand on les emploie, il est bon de diminuer la dose
de earhonate de potasse et d’en recommandei- tout
spécialement la fabrication aux pliarmacic-ns
Deux autres formules très employées il y a eiivi-
i-on trente ans étaient celles de Eournier qui n’était
([u'nne nioililication de celle de liourguignon. mais
le carbonate île polqsse y est i-eniplacé par dn car¬
bonate lie sonde.
(ilyi-iiriin- .
tioinine adragante. . .
I-’lmir de soufra ...
liarboiiatc de .sonde . .
M. s. a
et celle d'E. Ilesnier qui renferme beaucoup moins
de carbonate de potasse que celles d’Helnierieli et
de Hardy.
Soufre précipité . 40 gr.
tiiii-hoiuite de potiisHi- . 10 gr.
hanoline .
Vaseline .
Menthol . de
En Allemagne on a longtemps employé lu pommade
le Wilkinson modiliée par Hebra, et dans laquelle
le carbonate do potasse est remplacé par le savon
noir ou savon mou do potasse :
Il y
Fleur de soufre’.
Huile de ende .
8 donc un réel avantage.
I éil Ihil gr.
lUt rxto gr.
120 gr.
pour éviter tout
accident grave possible, à diminuer beaucoup ou
même h supprimer complètement le carbonate de
potasse dansées anciennes préparations dont, nous no
saurions trop le répéter, l’efficacité est très grande.
Traitement par les sulfureux-
Depuis longtemps, Vleminckx avait fait adopter
pour la gale dans l’armée belge un traitement h bast-
de sulfure de calcium. Ec voici schématisé :
1“ Faire prendre au malade un bain dans lequel on
11- frictionne vigoureusement pendant une demi-bettre
avec une llanelle gi-ossière et du savon noir : le
laisser enstilte pendant Une demi-lietire dans le bain.
i" Fendant la troisième demi-heure, lu! faire subir
une frirlion générale énergique avec de la flanelle
ti-empée dans la solution de Vleminckx.
3“ Pendant la quatrième demi-beurc, donner un
autre bain, et Intionner ft l’eau froide pour onlever
lotil vestige de préparation soufrée.
Fnrmidc de la .solution de VIeininrk.r ;
Prendri- :
Soufre sublimé . 2!>0 gr.
. Eau ^ ’ 2,b00 gl-!
Faire bouillir en agitant avec une spatule, de fatou
à mélanger et à facilitor la combinaison jusqu’à réduc¬
tion à 1.5011 gr., puis laisser refroidir et enfermer
dans des bouteilles bien bouebées.
En 1911, M. le professeur Ejilers a fait eOnnaître
une nouvelle méltiode de. traitt-meni tje la gale pâl¬
ies sulfures; il a employé le penlasulture de potas¬
sium au lieu du sttlfiirc de calcium.
(lu .sont MM. Mnllcr ut Marensst-n ([ui lui ont fourni
le produit actif.
Ils obtiennent le polysulfuri- de potassium, ou
mieux pentasulfure de potassium K' .S“, en prépa¬
rant uni- solution do foie de soufre à 33,33 pour 100 :
ijs dissolvent pour cola à une douce chaleur 100 gr.
de soufre sublimé du commerce ilans 200 gr, de-
solution d’hydrate de potasse à 50 pour 100. On
filtre la solution et on obtient une solution de penla-
sulfui-e de potassium d’un beau jaune orangé.
Pour fabriquer leur onguent de foie de soufre, ils
mélangent intimement à basse tempécatiire 225 gr.
de vaseline et 225 gr. de lanoline anhydre, puis ils
ajoutent peu à jieu 375 gr, de leur solution do penta-
bulfure. Ils y iurorporent ensuite un peu d’bydrox,yde
de v.inc préparé eu délayant 28 gr. de sulfate de zine
dans 40 gr. d’une solution à 20 pour 100 d’hydrate
de soude. Ils ajoutent 5 gr de benzaldéhyde et ce
qu’il faut de paraffine liquide pour faire 1.000 gr.
d’ongui;iit. (h-t onguent s’étale avec un pinceau : il
Pour traiter la gale avec ce jiroduil, on savonne
d’aboi-d tout le corp.s aveu du savon de Marseille; on
prend une dourlie tiède. On enduit ensuite loul le
coi-ps d’ongnent en peignant un peu plus fort les
aisselles, le pourtour de l’anus et les jiarties géni¬
tales. Puis on se rhabille. Eu soir, on frotte les
mains, les doigts i-t les poignets avec l'onguent, et,
pour hi nuit, ou met les mains dans des cluiussettes.
et la figure. Ee soir, on enduit enroi-e les main d’on¬
guent. I<e surlendemain, on prend un bain savon¬
neux et on eliange de linge.
(h- li-aitement clail resté à peu près romplèle-
ment inconnu en Ecance quand, après la guerre,
M. le !)'■ Milian a préconisé lu méthode suivante
qn’il a fait adopter à l’iiôpital Saint-Eouis, et qui est
pri-sqiie analogue à celle de M. le professeur Elilers.
1" Douche savonneuse ou savonnage général si on
ne peut donner de douche;
2" Application (saiis faire de frotte) de la pommade
suivante sur tout le corps :
Vaseline et lanciline i\i\ -2.'>0 gr. (inélimgerl
Y inoorporer la solution :
P..lvsulfiii-e (II- potassium ... M gr.
Emi . S.IO gr.
Ajouter ;
Oxyde de zinc . 6 gr.
Vaseline liquide . 2lH) gr.
3" Rhabillage avec les mêmes vêlements;
4" Ee lendemain, nouvelle application de la pom-
5" Ee troisième jour, savonnage général pour
enlever la pommade, ^changement de linge.
M. le D'' Milian déclare que la désinfection des
vêtements est inutile quand on emploie cette méthode,
Teb sont les principaux traitements de la gale jiar
le soufre et les sulfures.
Traitement pratique et facile des campagnards
et des gens peu fortunés.
H consiste à employer le pétrole comme antipso-
IjC malade s’enduit, matin et soir, tout le corps de
pétrole du commerce. Le soir, il met, pour toute ht
nuit, une chemise. Un caleçon, des gants et des bas
imprégnés de pétrole. Il les enlève le lendemain
malin pour les remettre le soir. lia guérison est cer¬
taine au bout de quarante-huit heures de ce Iraite-
UK-nl : il y en a qui le font pendant trois jours.
H faut prendra quelques précautions quand on le
suit au point de vue du feu. Ce serait bien évidem¬
ment le traitement idéal de la gale si tout le monde
supportait bien le contact prolongé du pétrole.
M. le !)'■ Veyrières conseille d’employer, au lieu
du pétrole pur, les préparations suivantes :
Huile do pêti-oln.
Huile d’olive .
(ïiro jiiuno , .
20 gr.
ftà 10 gr.
Huile de pétrole.
Lanoline . . . .
(lire jaune . . .
20 gr.
ûû lo gr.
Fnrmules des pâtes calmantes que l'on emploie
après le traitement de la gale pour calmer les tégu¬
ments quand ils sont irrités ; Nous prescrivons,
pour cela, une des pâtes banales d’oxyde de zinc :
Oxyde do zinc .
Lanoline .
Vaseline CUesebroiigli . . .
àà 0 gr.
8 gt-.
Ou bien :
Gérât sans eau frai.s . 20 gr.
Oxyde do zinc . 2 gr-
Mettre par-dessus beaueou]) de poudre de talc et
de la toile fine et usée.
(Quand la peau est extrêmemeul irritée, suivre les
instructions que l’on trouvera à propos des gales
compliquées d’éi-uplions artificielles).
Traitement
des brûlures graves par jet de vapeur
ou explosion de chaudière
(le traitement que M. Lop (de Marseille) a eu
l'occasion d'appliquer sur les nombreux blessés di-
l’explosion do l.a Manonba doilêti-o à la fois général
llrailomtml du choc, de la douleur, de lu soif, olc...|
et looal. JjO premier est classique (injection de
sérum, toni-cardiaques, boissons abondantes, etc.).
Ee second donne lieu aux applications de topiques
les plus variés ; voici, en ce quile coueerne, la pratique
très simple dont se loue M. Eop [Gazette des hopi-
taaa-, tome CI, n- 95, 24 Novembre 1928) :
l" Chez ces gi-aiids brûlés, s’abstenir de toute
subslanro toxique ;
2° Faire des pansemontà rares, tous les 2 à 3 jours
seulement si possible ;
3" Pour les membres (pieds, jambes, mains, avant-
bras). employer les bains locaux tièdes au perman¬
ganate de potasse à 2 ou 3 pour 1000.
Pour les parties du corps qui ne peuvent être
baignées, laver au coton, monté sur une pince,
baigné de la même solution. Appliquer un pansement
avec des gazes imbibées de la mémo solution, mais
très exprimées. Ea désodorisation est parfaite. Ee
permanganate de potasse n’est ni toxique, ni caus¬
tique, au titre de 2 p. 1000 que je porte quelquefois,
même, à 4 p. 1000.
Pendant tout le traitement et la convalescence, il
ne faut pas perdre de vue les séquelles fàcbeuses qui
peuvent survenir alors même qu on y fait très atten¬
tion ; aux mains (syndactilie), guérison en extension
forcée des doigts, raideur dos articululions allant
jusqu’à l’ankyloBC totale qui, toujours, est presque
incurable; cicatrisation vicieuse par adhérence dans
les plis de flexion à l’aiselle, au cou, aux organes
génitaux (synéchies). Le traitement et la surveillance
de ces complications doivent marcher de pair avec
celui de l’accident initial.
M. Eop, n’est pas, dit-il, emballé pour l’ambrine,
mais il reconnaît pourtant que dans les brûlures peu
étendues et peu profondes de la fsce, elle donne de
bons résultats.
N“ 4
12 Jimvî(*r 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
La |Faculté de Médecine de Paris
devant le Sénat
La discussion du budget sert de prétexte à de
nombreux discours, dont quelques-uns ne sont
pas dépourvus d’intérêt. C’est ainsi que le séna-
leur ÎNIario Roustan a demandé le maintien de
l’agrégation d’urologie. La discussion qui a
suivi a montré que les honorables sénateurs
n’étaient pas bien au courant de l’organisation
des Facultés et qu’ils confondaient une agrégation
spécialisée avec une chaire magistrale. Mais peu
importe : M. Roustan a eu raison d’insister sur
le maintien d’une agrégation d’urologie et nous
croyons savoir que le Conseil de la Faculté de
Paris est du même avis.
IM. Roustan a plaidé ensuite la cause des chefs
de clinique. Il l’a fait en termes excellents et a
rappelé quelques noms de jeunes médecins, pleins
d’avenir, qui ont contracté dans leur service des
maladies contagieuses et « sont tombés victimes
du devoir; ils sont cités à l’ordre de la nation,
pendant que leurs collègues continuent à toucher
2Ô0 francs par mois ». IM. Mario Roustan a
demandé qu’on doublât les traitements de ces
utiles collaborateurs de l’enseignement. « Une
somme de 300.000 francs suffirait à faire accorder
10 francs par jour aux chefs de clinique; 10 francs
par jour en l’An de grâce 1929, ce serait encore
faire bonne chère avec peu d’argent. » On a
applaudi et le Ministre a promis d’étudier la
question et d’apporter « une amélioration appré¬
ciable dans la situation des chefs de clinique ».
Voilà une bonne parole. Evidemment le IMinistre
n’a pas dit jusqu’où irait le relèvement; 10 francs
par jour, près de 0.000 francs par an, c’est une
somme qui peut sembler excessive à ceux qui ont
le souci des deniers de l’Etat. Mais en ces temps
de vie pénible, le moindre grain de mil est
accueilli avec reconnaissance.
M. le sénateur Tournât! a abordé une ((uestion
de haute importance. 11 a insisté, avec juste rai¬
son, sur l’insuffisance des locaux que la Faculté
de Paris peut mettre à la disposition de ses
0.000 élèves. Il a demandé la construction d’une
annexe où seraient installés certains laboratoires
(le la Faculté et l’édification, dans une rtigion
voisine, d’un hôpital de clinicpie. « Je sais, a-t-il
ajouté, ([u’un grand nombre des membres du
Conseil municipal de Paris et du Conseil général
de la Seine suivent la ([uestion avec un vif intérêt;
ils seraient tout disposés à accepter des propo¬
sitions dans ce sens. Les assemblées comprennent
l’importance considérable que les installations
améliorées présenteraient pour la ville de Paris.
Le nombre des étudiants s’en trouverait certai¬
nement accru et, par là, le rayonnemenr de notre
Université et aussi de notre pays dans le monde. »
Ceux qui s’intéressent à l’avenir de la Faculté
de Paris approuveront sans réserve la suggeslion
de M. Tournan. La réalisation de son projet est
d'ailleurs assez simple. L’Universilé |H)ssèd(( un
superbe terrain rue de Vaugirard, sur lecpiel
s’élèvent déjà une clinicjue chirurgicale et un
laboratoire expérimental. Des travaux, inter¬
rompus, faute de crédits, avaient été commencés
pour l’édification d’un Institut d’hygiène. Il suffi¬
rait d’un léger eU'ort financier pour achever
l’d'uvre entreprise par la Faculté et d’un accord
avec la ville, le département et l’Assistance
pnbli(|ne pour transporter dans le voisinage de
Vaugirard l'infpital de la Charité, condamné à
une proche démolition. A maintes reprises, les
Chambres ont voté d’importants crédits jxnir
l’amélioration des Universités. La Faculté de
.Médetûne a été un jteu trop oubliée. Puissent les
paroles échangées au Sénat appeler l’attentioti
du Couvernement sur la nécessité et l’urgence
de réaliser une grande réforme et d’accorder à la
Faculté de Médecine les sonimes nécessaires à sa
réorganisation.
11. R.
Du tissage comme mode de travail
pour les malades
L’élude des Costumes Drajtés Exoli(jues et
celle de la l)ra])eri(( Antique [Leçons sur In Drn-
peric, Arabe, Ecole nationale des Reaux-Arts
1924-1926) nous ayant amené à l’étude de la
technique même du tissage, nous nous sommes
demandé si le maniement du tnétier ne pourrait
pas fournir à certaines catégories de malades un
moyen de distraction et de travail.
Les malades reclus ou'soustraits à leurs occu¬
pations usuelles par une convalescence prolongée
ou une diathèse pourraient, en s’y adonnant (piel-
(pies heures jtar jour, y trouver non pas seule¬
ment une diversion à l’isolement moins fatigante
(pie la lecture, mais un amusement parfois artis¬
tique, et, pour quelques-uns, un profit. Aux paré-
siés ou ankylosés le métier offrirait un mode
d’exercice doux, mécanothérapie arlivc et non
passive, réédinpiant les commandes nerveuses et
remplaçant la contention de la volonté par l’in¬
térêt.
Pour les malades des sanatoria, le travail an
métier remplacerait avantageusement une partie
de ces heures de lecture, de flânerie, de jeu et de
causerie, (jue la satiété rend si fréquemment insi¬
pides ou même odieuses; comnn' aux femmes les
travaux d’aiguille (mais avec l’exercice en plus)
il permettrait aux hommes ce rassemblement
semi-silencieux ([ui réunit les avantages de la sti¬
mulation sociale et de l’isolement. Pratiqué indi¬
viduellement, il permettrait à quelques malades
de récupérer en partie leur prix de journée, donc
de prolonger leur séjour; jtraliqué en équipe, il
pourrait procurer un pécule collectif dont l’em-
jtloi désintéressé ou distrayant deviendrait un
Init de pensées, chose utile en mili(‘U oisif.
Dans les groupements de malades nerveux,
mêmes avantages collectifs et individuels, ces
derniers même à un degré bien plus élevé : objec¬
tivation et polarisation de la pensée, rééducation
de l’attention, stimulation par le mouvement et
]iar le sentiment de produire. La réadaptation à
la vie sociale peut être aidée ])ar l’exécution en
é(piipe d’un mênnt ouvrag(‘, avantage ([uelquefois
demandé à la musique et à la comédie de salon,
sur lesquelles le tissage aurait ces avantages :
d’abord d’être à la porlée de tous, ensuite de ne
comporter par Ini-mênic ni stirmcnagc ni émo¬
tions.
Dans les asiles d’aliénés, le tissage pratiqué en
grand réaliserait plusieurs objectifs à la fois :
thérapeutique par le travail, inultiitlication des
pécules individuels, diminution des frais géné¬
raux. Un asile possédant une équipe de chroni-
(pies entraînés et bien conduits pourrait non seu¬
lement .se dispenser d’achats de lingerie, mais
encore vendre à d’autres asiles ou institutions
d’assistance, à des prix de fav(>ur. sa surproduc¬
tion.
.Mêmes avantages dans les hos])icc.s. Mêmes
avantages dans les colonies familiales. Le recru¬
tement des travailleurs cl travailleuses serait
particulièrement facile dans les ré-gions et an voi¬
sinage des régions où prospère l’industrie textile
soit familiale, soit en usines.
En pays exoti({ues, les asiles d’aliénés et les
groupements spéciaux de malades (trypanoso-
miés, lépreux, etc.) où l’hébergement comprend,
non pas seulement le malade, mais sa famille (parcs
de cases), le tissage, pratiqué sur métiers indi¬
gènes ou sur des métiers U'-gèrement [terfec-
tionnés, pourrait devenir un facteur d'ordre cl de
profils.
De tous les modes de travail proposables à des
enfermés ou affaiblis, le lissage, itar ses mouv('-
ments doux, par la fa(ùlité d’interrom])rc et (h;
reprendre, d’accélérer ou de ralentir, par sa sim-
|)licité ou par sa variété, par son intérêt intrin¬
sèque, nous semble être celui (pii convient aux
aptitudes et aux besoins dn jtlus grand nombre.
L’apprentissage en est plus bref que celui de bien
des jeux de caries, la pratique en est moins fati¬
gante pour l’esprit, et physitpiement elle est plus
saine.
La nature de notre service ne se prclanl pas à
des essais, nous serions curieux de voir nos con¬
frères instituer dans leurs services des exiic-
riences cl publier leurs comptes-rendus (pic nous
les prierions de nous envoyeri. Nous nous tenons
à leur disposition jiour leur l'ournir des direc¬
tives quant aux moyens d’exécution. D’autre part,
nous recevrions avec plaisir, des confrères des ré¬
gions textiles, toutes crili(pics et tous conseils
(pi’ils voudraient bien nous adresser.
(L-(’i. nii Ci.iiiiA.MDAm.T,
Meduoin on oliof do l’Inürinorio Spôoialo
do.s Aliônôs pros la P. P. (Paris).
A propos des Infirmières
A l'heure actuelle, on semble se préoeeuper très
sérieusement de la situation des inlirmières. L'al-
tention des pouvoirs publies ayant été maintes fois
attirée sur les abus dont ces dernières étaient les
victimes de la jiurl de certaines agences de iilaee-
menl, une importante amélioration a été apportée à
leur reerulemenl' jiar l’organisalion d’un service' ili'
placement.
Bien tpte sous la dépendance de 1 ttriiee iléjiai;le-
mental du plaeemenl de la Seine dont il constitue
une des nombreuses sections professionnelles ]iari-
taires, ce service a été prévu comme pouvant étendre
ses opérations sur l’eusemble du territoire. Deimis
plusieurs mois dé'ji, il fonclionm', à Paris, dans une
annexe de la Mairie du VIII" arrondissennnit, 11. rue
de Lisbonne. Tue préposét; s’y lient en permanenee
l’après-midi, pour les demandeurs d'emploi, île I 'i à
18 heures. Toutefois, 1(> téléphone (Laborde f)H-8:!l
peut être utilisé jusqu’il 20 heures.
En outre, grâce à l'obligeant eoneonrs de la Pré¬
fecture de Police, un service de nuit est assuré jiar
le Commissariat du VHP' arrondissement auquel on
p(‘ut s’adresser pour avoir du personnel, sous le
numéro de lé'léphone, Laborde ;i0-27'
Tout en assurant l’entière gratuité du plaeemenl,
autant pour ceux et celles qui viennent s’y faire
inscrire que pour la clientèle (jui s’y adresse en vue
de se procurer l’aide immédiate et sûre dont elle
attend des soins dévoués et éclairés, le Service des
infirmières, infirmiers et gardes-malades oIVre aux
usagers du placement le maximum de garanlies
62
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, l2 Janvier 1929
N» 4
qu’ils sont en droit d’espérer ; garauties de bonne
terliniciue, jçrAre à rinslilulion d’un liehier à la fois
très prali(iue et très complet, (|ui permet de classer
les candidats siiivant leurs préférences, leurs spécia¬
lités, le (piartier où ils résident ; f^aranties de bon
recniteinent, en raison de la valeur professionnelle
des éléments qui le fré([uentent ; fçaranties d impar¬
tialité du fait ([ue ses opérations sont contrôlées par
une (lommission ])arilaire,
La composition de cette (lomniissioii, (|ui fut
instituée par arrêté préfectoral en date du 22 Ké-
vricr 1112(1, mérite de retenir l’attention. L’élément
patronal a été ])ris dans le corps médical. 11 était
naturel de faire appel aux médecins pour représen¬
ter l’élément patronal. Ne sont-ils pas les iutermé-
iliaires indisi)ensables entre leurs clients et le iier-
sonnel inllrmiei' 'l'outefols, on a ()ensé faire au
public sa pa-t dans cette Commission paritaire un
peu spéciale : un membre de Chambre syndicale
patronale et un membre de syndicat ouvrier, pris
l’un et l’autre dans la Commission administrative de
l’oflice départemental du placement de la Seine, ont
été désiffiiés dans ce but.
La Commission paritaire du Service de Placement
lies iulirmières, inlirmiers et (rardes-malades est
composée comme suit :
Mcmhrfs putronii : .MM. les D'” Lenglet, Jayle,
l•'raIH■ois, de rUnion des syndicats médicaux de
Prancc ; - .M. .lanol, de la l’édération thermale et
clîniati(|ue de l’raiice ; .M. Bac, président de
r.Vlliance syndicale du commerce et de l’industrie.
Mombrps ouvriers : M.M. (iisselbrecht. Brousse,
M"” .Morel, du Syndicat des iulirmières, inlirmiers et
masseurs: -- M. .Merma, de la Fédération des Ser¬
vices de santé; - M. Pagès, membre du Syndicat
confédéré des ouvriers coilïeucs.
Le Commission est présidée par une personnalité
s|)écialement choisie en dehors de ces éléments :
.M. Haye, chef de bureau à la Direction de l’Hygiène,
au ministère du ’l'ravail.
Kéaliser. suivant les méthodes les mieux jierfec-
tionnées et les plus pratiques, un placement vrai¬
ment judicieux du personnel hospitalier en général
et des iulirmières en particulier, renseigner rapide¬
ment et complètement les docteurs qui s’adressent à
lui dans 1 intérêt de leur clientèle, donner toutes
garantii's sous le rapport de la rémunération, tant à
l'égard du malade qui rétribue directement l'inlir-
mièce procurée, (|u’i'i 1 égard de cette dernière qui
[)eut compter sur l'intégralité de son salaire, tels
sont les avantages iiu'olfre aux usagers Ip Spivicp
lie Placpiiiptit c/e.s- infinniprpx , infirmiers et jfurdes-
malades.
Par ses méthodes, il est en mesure de rivaliser
sans peine avec les oi-ganisations similaires. Mais
pour qu'il obtieiiuo îles lésultats impoi'tants, jiour
qu'il (levienne le grand centre que les pouvoirs
publics se sont proposé d instituer en le dotant d une
Commission paritaire notons en passant que le
contrôle de la inain-d’onivre étrangère, conlié il
rOflice de la Seine, ne sera vraiment ellicace qu’ù
cette condition - il est nécessaire que tous ceux qui
ont besoin soit de personnel, soit d’une place, se
pénètrent bien de l’avantage qu’ils ont ù lui commu-
ni(|uer leui-s oITres ou leurs demandes d’emploi.
Les médecins sont les premiers intéressés à le
recommander à leur clientèle. Dans la certitude
qu’ils ^mt d’y trouver le meilleur accueil en inéme
temps que l'auxiliaire jirécieux dont ils ont besoin,
et avec la satisfaction qu’ils éprouvent à voir leurs
intérêts rejiréscntés par ceux de leurs confrères qui
font partie de la Commission |)aritaire du Service,
ils ne sauraient manquer de mettre leur autorité à la
disposition d’une telle ouivre en la signalant en
toutes occasions.
Intérêts Professionnels
Lu de nos abonnés nous pose la question suivante ;
Méderin-rhef d’un laboratoire de bactériologie,
j ai assuré mon personmd contre tous accidents du
travail et maladies professionnelles. Mon a.ssislante,
en respirant des souches de bacilles lyjiliiques, s’est
infectée par voie buccale et a contracté une typlioïde
à Kberth
Puis-je considérer 1 alTection comme accident du
travail et demander à l assuranre le paiement des
frais pharmaceutiques et d’hospitalisation, ou est-ce
totalement inutile?
Voici la réponse de notre collaborateur juridique :
I. — Pour qu'une affection puisse être considérée
coiumo accident du travail, il faut qu’elle réunisse
2<’ Qu’il existe une relation de cause à effet entre
cet accident et le travail (Dalloz, Rép. prat.,
v" Aecldeiils du Iruvail, n“ 6).
11 faut ajouter qu’en dehois des accidents pro¬
prement dits, la loi du 25 Octobre 1919 (D. 1921. 'i.
:119) a étendu la législation des accidents du travail
à certaines maladies d’origine professionnelle dont
des tableaux annexés donnent l’énumération.
II. — - Or, si l’on se reporte à cette dernière loi,
une première conclusion s’impose : l’affection dont
souffre l’assistante de notre abonné ne saurait être
couverte par une assurance accident du travail au
titre de maladie professionnelle, puisque cette
affection ne figure pas dans les tableaux annexés à
la loi de 1919; il y a donc lieu seulement de se
demander si la façott dont cette maladie a été con¬
tractée peut être considérée comme un accident pro¬
prement dit.
III. .Suivant un grand nombre de décisions de
jurisprudence, il faut considérer comme accident
Il toute lésion dont le travail, même normal, a été
la suite ou l’occasion » (Civ. 22 Décembre 1909;
D. 1910, 1. ;il2; Civ. 4 Août 1914, D. 1917. 1.1 et la
note de M. .Surrut).
.Mais on refuse de considérer comme accident du
travail un mal contracté, non par suite d’un choc
ou d’un traumatisme soudain, mais par suite de
l'exercicc ])rolongé d’une profession, comme il en
est, par exemple, d’un lent empoisonnement suite
d’une manipulation habituelle do matières toxiques
(Req., 27 Murs 1911; I). 1912. 1. 190).
H y a donc lieu de déterminer si dans les cas
comme ceux de l’espèce actuelle, l’affection doit
être considérée comme la suite normale de l’exer¬
cice habituel du la profession, ou comme un fait
lY. — ce ju-opos, les auteurs semblent admettre
logues doivent être classés parmi les accidents s’ils
revêtent un caractère soudain et violent » (Loubat,
Traité sur les risques prof'essiunnels, n" 82; Sachet,
Traité des accidents du travail, t. I, n'>“ 271 et
276, cité au Dalloz, Rép. prat., v" Accidents du
travail, n“ 70).
Dans le même sens, ou peut invoquer un arrêt de
la Cour de cassation qui a admis que le fait pour un
ouvrier d avoir contracté une affection charbonneuse
on maiiijmlant des peaux contaminées dans l’usine de
son patron pouvait être considéré comme un acci¬
dent du travail car, « si la loi de 1898 ne s'applique
pas aux maladies professionnelles, auxquelles on ne
saurait assigner une origine et une date déterminée
et qui ne sont que la conséquence de l’exercice
habituel d’une certaine industrie, il en est autrement
des affections pathologiques accidentelles qui, bien
que contractées dans l’accOmplissCmenl d’un travail
industriel, prennent leur origine et leur cause dans
un fait déterminé, ne rentrant pas dans les conditions
normales de l’exercice de ce travail » (Req. 3 Novem¬
bre 1903; 1). 1907. 1, 88).
De même, une autre décision a admis que la loi
sur les accidents du travail est applicable dans le
r.as d’un ouvrier atteint de variole pour s’être trouvé
en contact avec des matériaux imprégnés du contage
varioleux eu procédant à la démolition d’un hôpital
(l'aris, 4 Mai 1906; D. 1911. 5. 31. Voir aussi la
note de .M. Sarrut sous l’arrêt précité du 20 Avril
1915, D. 17. 1.1).
Or, d.ans l’espèce, il me jiarait certain qu’il ne
s’agit pas d’une maladie qui soit la conséquence
normale de l’exercice prolongé de la profession de
la malade, mais bien d’une affection qui n’est qu'une
suite accidentelle de l’exercice de cette profession.
Dans ces conditions, il semble que la jurisprudence
que nous venons de rapporter doit s’appliquer, et
que notre correspondant peut réclamer à son assu¬
rance le remboursement des frais médicaux et
pharmaceutiques nécessités par lu traitement d’une
affection qui doit être considérée comme rentrant
dans la catégorie des accidents du travail,
H. Moxtai..
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
Le psïchopatue délinquant.
A la Société de Médecine mentale de Belgique, le
D'' Vervaeck a étudié la question des soins aux aliénés
délinquants. Faut-il les isoler daus les asiles ordi¬
naires ou dans des institutions pénitentiaires spéciales '?
Il estime que malgré les objections qui ont été faites,
il y a moyen d’organiser de façon môderne le çoi-
gnage des anormaux criminels sans mettre la société
en péril et en couvrant la responsabilité des médecins
directeurs d’asile.
Le problème de l’assistance et du traitement du
psychopathe délinquant est extrêmement vaste, il
nécessite une coordination des efforts des magistrats,
des aliénistes et des œuvres de protection sociale. De
sérieux efforts ont été réalisés et, à Bruxelles, d’heu¬
reux résultats enregistrés.
Depuis 1920, les condamnés anormaux et débiles
sont examinés méthodiquement. Ceux qu’il importe
de soumettre à une observation anthropologique pro¬
longée sont envoyés dans une des annexes psychia¬
triques : Bruxelles, Anvers, Gand, Louvain. Le dia¬
gnostic posé, le médecin formule les directives du
traitement qui est suivi on cellule si cela est possible
ou sous la surveillance d’un spécialiste si le cas le
nécessite. Les débiles et les épileptiques sont envoyés
à un asile spécial.
A l’expiration de leur peine, on les libère d’abord
conditionnellement en les mettant sous un contrôle,
on les met en rapport avec un organisme de patronage
et de réadaptation sociale. Si leurs tendances anti¬
sociales persistent, on les place dans un asile.
ÉTATS-UNIS
Une distinction iionohimqüe aü D'' Bouwers.
La Radiological Society of America a décidé, à
roccasiou de son Congrès, de décerner sa médaille
d’or pour services rendus à la Science radiologique
au célèbre jihysicien américain, le professeur
Gompton, et au savant hollandais, le D'' A, Bouwers,
du Laboratoire radiologique des Usines Philips
d’Eindhoven.
Le !)<' Bouwers doit sa réputation mondiale à son
invention des tubes à rayons X Métalix qui ont le
grand avantage de pouvoir localiser les rayons X
dangereux, grâce à un procédé établissant un joint
parfaitement opaque entre le métal et le verre.
Le D"' Bouwers a également porté ses efforts vers
un appareil portatif destiné plus spécialement à
mettre le radio-diagnostic à la portée de tous les
médecins ; cet appareil présente. Outre la protection
contre les rayons X, une sécurité parfaite contre les
dangers de la haute tension; de plus, il ne demande
aucune connaissance technique spéciale, il fonctionne
étant branché sur une simple prise de courant.
La distinction dévolue au D'' Bouwers honore la
science et l’industrie néerlandaises.
RUSSIE
M. le professeur Bardakh, le célèbre bactériologiste
d’Odessa, vient de fêter le 35“ anniversaire de son
activité médicale et scientifique. Elève de Pasteur et
de Metchnikoff, le professeur Bardakh est un pion¬
nier de la microbiologie médicale. Avec Metchnikoff,
le professeur Bardakh a organisé, à Odessa, le pre¬
mier institut bactériologique en Russie; le premier,
il a risqué sa vie, en appliquant sur lui-même la vac¬
cination antirabique. Pendant vingt-cinq années, le
professeur Bardakh a dirigé l’Institut des Premiers
Secours à Odessa, qu’il avait organisé. Considérant ses
hauts mérites et sa valeur scientifique considérable,
la municipalité d’Odessa a décidé de solliciter pour
le professeur Bardakh le titre « de travailleur émé¬
rite de la science «.
La maison de la Culture sanitaire d’Odessa orga¬
nise des cours spéciaux pour les médecins, aide-
médecins et pharmaeiens désirant se perfectionner en
connaissances des ga* asphyxiants de guerre et de la
lutte antigazeuse.
L’Institut antituberculeux d’Odessa ouvre prochai¬
nement un service spécial jniur le traitement de la
N" 4
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 12 Janvier 1929
GU
tuberculose cutanée. Ce service comprendra une
section stationnaire, hospitalière et ambulatoire, et
une policlinique. Le service est destiné aux nombreux
malades atteints de lupus et autres maladies arrivant
de partout à Odessa.
Livres Nouveaux
Les rayons ultra-violets, par K. et II. Hiancaxi,
assistants d’électroradiologie dos hôpitaux. « Les
actualités physiothérapiques ». 1 vol. in-8 de
218 pages avec figures {Caiitliier-Villars el C"',
éditeurs). -- Prix ; 20 francs.
Les auteurs écrivent : « Pour nous conformer à
res])rit de la collection, nous n’avons dit que l’essen¬
tiel, noua nous sommes constamment reportés à
notre expérience personnelle, nous nous sommes
ell'orcés d’être pratiques en évitant, toutefois, de
devenir schématiques. » Disons, de suite, qu’ils ont
bien atteint leur but; leur ouvrage expose, de la
façon la plus claire et la plus brève possible, la
question des rayons idtra-violets.
Dans la première partie sont exposées les princi¬
pales données physiques, chimiques et biologiques
des rayons ultra-violets, sources du rayonnement,
mesure, actions physico-chimiques, phénomènes de
fluorescence, etc. ; enfin, propriétés physiologiques
des radiations ultra-violettes ; absorption par la
matière vivante, actions abiotiques, réactions cuta¬
nées, sanguines, glandulaires ; actions sur la niitri-
La deuxième partie est consacrée ii la thérapeu¬
tique. Après avoir décrit les appareils médicaux et
la technique des irradiations, les auteurs arrivent
aux indications des rayons ultra-violets. « Peu de
thérapeutiques peuvent se vanter, à l’égal des rayons
ultra-violets, d’avoir sur quelques affections une action
très belle et d’en être, pour ainsi dire, le traitement
spécifique. » On lira avec grand intérêt le chapitre
consacré aux maladies des nourrissons et des enfants ;
rachitisme, spasmophilie et tétanie, troubles de la
croissance générale, l'n autre chapitre important est
celui qui lrail(' des tuberculoses osseuses, ganglion¬
naires, etc., et de la tuberculose pulmonaire, que.s-
tion très délicate. Les maladies de la peau et du
cuir chevelu ne sont pas oubliées.
Le livre se termine par les contre-indications, les
incidents et accidents et des considérations sur le
rôle des ultra-violets en hygiène sociale.
Ln résumé, excellent ouvrage qui, primitivement
destiné arix étudiants et aux médecins praticiens,
rendra également de grands services aux spécialistes.
A. Laquiîbiiikuh.
La Thérapeutique par les Glandes (Opothérai)ie)
par L. .Moixson {Librairie Le François). 1 vol.
in-18, de 190 pages. Paris. — Prix ; 8 francs.
La médication tirée des glandes à sécrétion interne,
l’oi)Othéraj)ie, a pris en ces dernières années une
place considérable dans i)resque toutes les maladies.
Les résultats obtenus sont si merveilleux que j)resque
tous les médecins ont maintenant reconrs à cette
médication. D’autre part, la perfection apportée é la
préparation des remèdes a supj)rimé la ré])ugnance
que cette lhérai)eutique |)Ouvait inspirer aux malades.
Sur ce sujet capital et d’un intérêt si général, il
n’a guère été publié jusqu’à ce jour- que des études
de détail, ou des gros ouvrages, d’ailleurs très com¬
plets, mais d’un prix élevé.
Il manquait un vade-mecum donnant le dernier
état de la ((uesiion, facile à lire et à consulter.
L. .Moinson vient de combler cette lacune. Con¬
naissant bien la question pour en avoir fait depuis
longtemi)s l’objet particulier de ses études, il a com¬
posé une sorte de résumé ou d’aide-mémoire, très
sûr, très exact, en même temps très intéressant et
très clair.
Son livre, élégamment présenté et <!♦ prix abor¬
dable, sera lu avec ))laiKir et consulté aveC profit par
les médecins soucieux d’être bien au courant de
l’opothérapie. J. Dumont.
Syphilis contrôlable, par M. Quesada (de La Havane)
Préface de M. le professeur Covisa. 1 vol. de
270 pages (Moraia, éditeur), jMadrid, Î928.
Petite monographie dans laquelle l’auteur passe
en revue rapidement les symptômes de la syphilis
et insiste surtout sur les diverses médications arse¬
nicales, mercurielles et bismuthiques ainsi que sur
les méthodes de laboratoire pour contrôler le dia¬
gnostic de la syphilis.
R. H,
Liste
des Congrès et Manifestations médicales
en 1929
3 au 6 Avril. - Réunion internationale de la Coni-
niisHion internationale permanente des maladies ijrofes-
sionnclles, à Lyon. Pour tous renseijrnements, s’adre.sst*r
à M. le professeur Etienne Martin, président du Coinilé
d’organisation, 10 rue du Plat, Lyon, ou au secrétariat de
la Commission, service d’Hygiène du bureau international
du travail, (îenève.
3 au 8 Avril. — XXXIII'’ session du Congrès des
médecins aliénistes et neurologistes de France et des
pays de langue française, à Barcelone. Secrétaire géné¬
ral : M. Einilio Mira, Calle Briicli, 32, Barcelone.
11 an 13 Avril. — Congrès international des femmes-
médecins, à Paris.
14 et 15 Avril. — Réunions médicales franco-belges,
à Lille.
Avril. — P'" Cojtgrès international d’hygiène mentale,
à Washington. Les membres du Comité d’organisation
sont pour la France : M. Toulouse, 1 rue Cabanis, Paris
et M. Genil-Perrin, 99 avenue La Bourdonnais, Paris.
15 au 2ü Mai. — P*' Congrès international de l’aviation
sanitaire, à Paris. Commissaire général : M. Robert
Charlet, 35 rue Françoi.s-P'’, Paris.
19 Mai. - Journées Médicales de Paris. Secrétaire
général ; M. Tixier; siège social, 18 rue de Verneuil,
19 au 21 Mai. - IP' Congrès international du Palu¬
disme, il Alger. — Secrétai’int général, à l’Institut
Pasteur, Alger.
Mai. — l" Congrès panukrainien des ophtalmologistes.
13 au 15 Juin. — 1'* Congrès international des llùjii-
laux, à Atlantic City. Les inscriptions seront reçues pour
la France, par M. J.-E. Brizon, 9 rue de lu Charité, à
Lyon. aM. René Sand, 2 avenue Velasquez, Paris, réjion-
dra volontiers à toute demande de renseignements.
Juin. ~ Septième centenaire de l’Université de Tou-
13 an 20 Juillet. — IIP’ Congrès odonlologique latin
américain, à Rio do Janeiro. Secrétnire général : M. Paiilo
César, Fédéra çao odontologicu lalino-a me ricana, rua
Paulo de Froutin, 128, à Rio de Janeiro (Brésil).
22 au 27 Juillet. . — Semaine internationale de la lumière
thérapeutique, à Paris. Secrétaire général : M. Dufestel,
150 bis, boulevard Péreîre, Paris.
25 au 27 Juillol. — IV" Congrès des dermalologisles et
sypliiligraphes de langue française, à Paris. Secrétaire
général : M. Clément Simon, lO'j, avenue MnlakolT, Paris.
Juillet. — VJIP Congrès de la Société internationale
de chirurgie, à Varsovie. Secrétaire général : M. L.
Mayer, 72 rue de la Loi, Bruxelles.
Juillet. — V” Congrès brésilien d’hygiène à Récife.
Secrétnire général : M. Joao de Barros Barrelo.
Septembre. — VP Congrès des pédiatres do langue
française, à Paris. Secrétaire général : M. Ribadean-
Dunias, Gl, rue de Ponthieu, Paris.
Septembre. — IX*’ Congrè.s inlornalional do psycho¬
logie, à Connecticut. Secrétaire : M. Edwin G. Boring
(Harvard University).
7 Octobre. — XXXVIIP Congrès de l’.^ssoeiation fran¬
çaise de chirurgie,
11 Octobre. — XP Gongi‘ès de la Société française
d’orthopédie, k Paris. Secrétaire général : M. Le Fort,
34, rue du Maire-André, Lille.
15 Octobre. — XX* Congrès français de médecine à
Montpellier. Secrétaire général : M. Rimbainl, l, rue
Levai, Montpellier.
22 au 29 Octobre. — VP Congrès de Stomatologie, à
Paris. Pour renseignements, s’adresser au secrétaire
général : M. Leclercq, 9 boulevard de la Madeleine,
Paris, on nu secrétariat du Congrès, salle Béclard,
Faculté de Médecine (A. D. R. M.), me de l'Ecole-de-
Médecine, Paris.
Octobre. — XXIX* Congrès français d'Urologie, ii Pai’is.
Secrétaire général : M. O. Pasteau, 13, avenue de Yillars,
Pai’is.
Octobre. — XVIP Congrès français d’Olo-rhino-luryn-
gologie, à Paris. Secrétaire général : M. Leroux-Robert,
36, rue Washington, Paris.
Sont encore prévus pour 1929 :
Expo.sition rétrospective et comparée du thermalisme,
à Toulouse.
IIP Congrès des Sociétés françaises d’oto-neuro-opblal-
inologie, Bordeaux.
IV* Réunion des psychanalystes des pays de langue
française.
Congrès belge de gynécologie et d’obstétrique, ù
Bruxelles.
* X* Réunion neurologique inlernationub*.
Congrès national de médecine portugais, à Coimbra.
Il" Congrès russe de microbiologie, à Saratov.
IV* Congrès neurologique des Pays du Nord, à Hel-
11" Congrès de la Fédération de la presse médicale
latine, à Madrid.
Y" Congrès international de médecine el de jdiarinacie
militaires, à Londres.
IP Congrès panauiérieuiii de la luherciilose, à Rio de
Janeiro.
Pour 1930, nous possédons les indications suivantes :
VllI" tÀongrès international de dermatologie et de
sypbiligrapbie, à Copenhague.
VIP (b)ngrès national de lu tuberculose, à Bordeaux.
1V‘ Congrès national argentin de médecine, ii Buenos-
VIP Congrès d’histoire de lu médecine, à Rome.
IV" Congrè.s de r.\ssuciatioii internationale d’urologie,
à .Madrid.
VIP Conférence de l Union intcriuitionale contre la
tuberculose, à Oslo.
Journées Médicales d’.\lger.
VP Congrès Paurusse des radiologistes, à Moscou.
P* Congrès Panukrainien des naturalistes et dos
médecins.
Université de Paris
Clinique médicale, Saint-Antoine. — Le professeur
F. Bezançon, de retour de sa mission au Caire, a repris
son service et son enseignement à l'bùpilal Sainl-.\ntoine.
Les leçons auront lieu, comme jirécédemincnl, le ven¬
dredi, à lü b. 3/4, à l’amjdiilbéAlre de la lÀliniquc. Durant
le mois de Janvier elles porteront sur les sujets suivants :
18 Janvier. Le syndrome radiologiipie de la pleurésie
séro-fibrineuse. — 25 Janvier. L’élal de mal asthnia(i<}tie.
— P" Février. Dilatation des bronches <»t abcès bmnchcc-
lasiqucs.
Parasitologie et Histoire naturelle médicale.
M. Joyeux, agrégé, a commencé- ses ctmférences le jmidi
10 Janvier 1929, à 17 h., an grand ampbitliéAlrc de
l’Ecole pratique, el les continuera les samedis, mardis el
jeudis suivants, à la même heure.
Suj'ci.s J(’.s confcrciiccs : Xémalbclminlli<‘s. artliropodi's,
animaux venimeux et vénéneux; animaux réservoirs de
virus, clmmpignons parasites et ^énéneux.
Ecole de sérologie. - J1 est rappelé que les inscrip¬
tions j)our les conférences et travaux jiratiipieH <jni anruiii
lien à l’iuqjital Saint-Louis, du 25 l'V*vrier au 27 Mars,
leur général de la Ligue nalioiiale française contre le
Péril vénérien, 4'i, rue de Lisbonne, où l’on jxuirra se
procurer le jirogramme el les conditions d'inscri]>tioii.
Universités de Province
Faculté de pharmacie de Strasbourg. M. linu--
ini-r, ancien jirnfosseur ù In Faculté de jihnTinncic dc
rUnivecsité- de Slrashnnrg, est iioniiné- professcuc luuiu-
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint- Antoine. - Eu Février et Mars
M. Ph. Paguiez fera cluupie semaine une leçon dans son
service, le samedi à 10 b. Les trois j)remièreK leçons
seront consacrées à la palbogénie et au Irailemenl de
réj)ilepsie. La première aura lieu le 2 Février.
Hôpital Saint-Louis. - M. Heitz-Boyer, professeu
agrégé d’Urologie ù la Faculté de Médecine de Paris, ebir
rnrgien de l’iièpital Saint-Lmiis, coininenc<*ra, le jeudi
17 Janvier 1929, dans son service, à lO b. 30 du matin,
une série de dix leçons théoriques el pratiques sur la
blennorragie, ses complicaliims et son traitement.
Chaque leçon sera suivie de présentation di‘ malades
et d’examens endoscopiipies avec oj>éralions iirélro-cys-
toscopiques.
Ces leçons auront lieu tous les jeudis, ù la méine
heure, avec la collaboralion de MM. Moudor, professeui
agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, chirurgien des
hôpitaux; Jules Janet, une ion interne des hôpitaux de
Paris; Félix .Marsan, ancien chef de clinique des mala¬
dies des voies urinaires; Jean Tissot, chef de consulta¬
tion et Pierre Barbcllion, assistant ù la clinique d’uro¬
logie de la Faculté de Médecine.
bétail des leçons. — 17 Janvier, M. Jules Janet : Le
gonocoque, sa morphologie, son évolution. — 24 Janv!<‘r,
M. Heitz-Boyer : Traitement abortif do la blennorragie.
— 31 Janvier, M. Jean Tissot : Traitement local jiar le«
grands lavages el traitements mixtes,
(54
I,A PU1‘]SSI'5 M 1*! 1) l ('. A 1< , Siimodi, 12 Janvier 19251
X'
7 Ff'vripr, M. Félix Marwan : CJontpli^’alion» loralos ot
à difttanrp de la blennorraj^ie (arthrite» exceptées). —
14 Février, M. Henri Mondor : Arthrites gonococciques.
* 21 Février. M. Pî(*rre HnrbelUon ; Bactériologie des
tii'étrites prolongées et ehroni(iiies. Pseudo-gonocoque.
Technique et valeur de la sj)erinociiltiire. — 28 Février,
M. lleitz-Boyor : Urétrite chroniepie antérieure et posU^
7 Mars. M. lleitz-Boyer ; X»»uveunx inoyena de dia¬
gnostic et de traitement des urétrites chroniques (jiré-
Iroseopie et étincelage de haute fré(jnence). — l'i Mars,
M. F. Marsaîi : Pathologie du veru nnutlanuni. Kétrécis-
senient d»* l'iirélre. l'rétrohunie interne. --- 21 !Mars, M.
Jules Janet : llIiMinorragie chez la femme, son impor-
lan<*e, sou traitement.
(le cours sera entîérenumt gratuit et pourra donner lieu
à la délivrance d'un certificat d'assiduité. Pour tous reu-
seigjHMuents complémentaires, s’adresser dans le service
de M. Heilz-lîover, à rh0[dtal Saint-Louis, tous les ma¬
tins, de î) h. à midi.
Infirmerie spéciale des aliénés. A ITnfirmerie
spéciale des aliénés [)r»‘s lu Préfecture de p(dice, d(*s
conférences, seront faites à 15 h., le mercredi Kl Janvier,
par M. Logre, sur les I)(dires d'action et le v(‘ndredl
18 Janvier ])ar M. Verwaeck sur la Psychiatrie ])éiiilen-
il savait nommé, do veqoncov à faire de ia cUqntélf et d®
so couiiacver «txolvitdTQmoftt fqgçtions.
Le tvniicmont de. début de Piuppecteuv départemental
d’hygiène de Seine-et-Oise est fixé à 3G.000 fv. auquel
s’ajouteront, s’il y a lieu, les indemnités de charges de
famille allouées par le département ù ses fonctionnaires,
(le traitement est susceptible d'augmentations succes¬
sives, jusqu’à la limite d’un maximum de 50.000 fr., par
échelons de classe qui seront déterminés ultérieurement.
Le regisli'e portant inscription des candidatures sera
clos le i”' Murs 1920, dernier délpî.
Assistance médicale en Indochine. Liste des
eandidals ayant subi avec succès, le 15 Décembre 1928,
les épreuves écrites du concours ouvert pour le recrute¬
ment de médecins stagiaires de 1‘assistance médicale de
riiuhK'hine, et admis a subir les épreuves orales et pra¬
tiques dudit concours, lesquelles auront lion à Bordeaux,
le 14 Janvier 1929, à 13 h. 30, dans 1 amphithéâtre de
médecine opératoire de la Faculté de Médecine : MM.
Bonisset, Uhabaiid, Chaumette, Defaut, Malport, Mathieu,
Nouvelles
Concours
Hôpitaux de Bordeaux. - Le concours organisé
pour lu désignation d’un électro-radiologiste des hôpi¬
taux de Bordeaux s’csl terminé pur lu uoniinuLiun de
M. Luchupèle comme directeur du service (rélectro-rndio-
logie de 1 hosjiice général Pellegrin et du sunutoriuni
X. Arnozan et par celle de M. Mnthey-Uornut comme
directeur adjoint.
Inspecteur départemental d’hygiène de Seine-et-
Oise. Un concours sur titres aura lieu à Paris, an
ministère du Travail et de l’Hygiène, pour la nomination
(l’un inspecUnu* (Lqnirtementul d’ hygiène dans Seine-el-
Oise.
La date de ce concours sera fixci' nltérieuremcnt et
imlifiiM* aux intéressés lors de leur convocation ù l’cxuincu.
Les candidats à ce poste devront être Frauvais, Agés
de 39 ans uu moins et do 50 ans an plus, avoir satisfait a
la loi militaire et (Hre pourvus du diplôme de docteur en
médecine (diplnme de l’Ftat).
Leur (leiiiaïuh*, rédigée sur timlire, devra être adresstM'
à In préfecture de SeiiH'-et-Oisc. 3" division, au plus lard
le l'*’ Mars 1929 et accompagnée des pièces suivantes :
1“ biiilclin de naissance; 2" eorlifical d’aplitude })hysi(pie
délivré par un médeein assermenté; 3" extrait du casier
judleialre ayant moins de trois mois de date; 4" coj)îe
certifiée conforme du diphKnc de docteur <‘n inédeeim*;
5“ certificat établissant la situalluii du cnnditlaL au point
(le vue militaire, et ses états de services; G" un exposé
(les titres, travaux et services; 7" un exemplaire d(* ses
principales pnblieations ; H" 1 engagenu'ut, pour le cas où
Distinctions honorifiques- MûDAti.ti-: d’hoxnkuu
i)i:s npiDKMiKS. — Mcdnille d'or. M .Moreau, a Lnsi-
^ Mèdailh do venneil. - M. Yigné, directeur du service
sanitaire maritime, uu Havre {Seine-Inférienre).
MvdaiUe d'arf^eni. - AL Hamel, à Saint-(îoovges-d(»-
ReltombanlL (lle-'eUVilaine).
Médaillé de hronze^ — MM. Porze, chef de clinique à
riuipilal Saint-Sauver (Nord); Delbove, externe, a l’hopi-
tul Ambroise-Paré, à Paris; Demoiilin, externe a l’hôpital
Hérold, à Paris; Jacques, iiKklecin-chef du bureau d’hy¬
giène de Mazagran (Maroc).
Conseil supérieur d’hygiène. — Par arrêté eu date
du 27 Décembre 1928, M. le professeur Léoxi Bernard
vient (l’(*lre nommé président du Conseil supérieur d’hy¬
giène en remplacement de M. Kmile Roux, démission-
Syndicat médical de Saint-Nectaire. Les sous¬
signés, médeeins consultants à Saint-Nectaire, réunis le
27 Novembre 1928, ont adopté la délib('ration suivante ;
Les membres du « Syndicat médical de Saint-Nectaire»
ont pris eonnaissance do l’arrêté de M. le ministre de
l’Hygiène en date du 5 Novembre 1928 instituant un con-
tr(’)le médical et une surveillance permanente des sources
et établissements thermaux de Saint-Nectaire. Ils prient
M. le ministre de l’Hygiène d'agréer leurs respectueux
remerciements pour avoir répondu favorablement à la
demande (pi’ils lui ont adressée au mois de Septombre
1928 et pour avoir ainsi donné aux malades les garanties
nécessaires et déLoulu les intérêts de la Station de Saint-
MM. les D" I). Poige, Ponyet. K. Roux, J. Serane. (J.
Siguret, S.. Vcrsejiny.
Association générale des étudiants, A la Buile
<l«s démaïohçp {ftite* par la Saotion da raadealna da, l’Àa.
SQciatiop géaérale des Ptudieots, 19, rue dç la Biiçherie,
les étudiants en médecine, à scolarité terminée, candidats
il un examen de clinique, seront désormais admis à Ire-
quénter la bibliothèque de la Faculté pendant les 15 jaurs
précédant l’examen, sur présentation de ia quittanoe des
droits d’examen de clinique.
Hommage au professeur Curfis, — Un groupe de
collègues, d’amis et d’élèves du proi. Curtis a décidé
d’offrir par souscription à ce maître de l’Anatomie patho¬
logique une plaquette gravée à son image. Le montaul
minimum des souscriptions est do 80 h-, si lo souscrip¬
teur désivo recevoir une plaquotte réduotiuu, et de 50 l'r.
dans le cas contraire. Les souscriptions sont reçues pur
M. Cleue.t, trésorier, 19, rue .leanne-d’.Vw, è Lille, compte
chèques postaux Lille 104.80.
Corps de Santé militaire. - Sont promus ; Au
grade de. médecin Ueutonant-eolonei. MM. Gutliala, Lévy,
médeçius commandants.
Hommage au professeur Gougerol
A l’occasion de Ui nomination de M- Gougerol
comme professeur titulaire de la chaire de clinique
des malades cutanées et syphilitiques les memhres
du Conseil d'administration de la Ligue nationale
française contre le péril vénérien dont il est le secré¬
taire général, avaient organisé jeudi dernier eu son
honneur, an restaurant Drouanl, uu dîner intime
auquel assistaient quarante et quelques convives
parnti lesquels on remarquait notamment M, Queyrat
président de la Ligue nationale française contre ie
péril vénérien, MM. les professeurs Nobéconrl,
Jcansclme, Levadili, Nicolas (de Lyon); MM, les pro¬
fesseurs agrégé Leri, Sééary et MM. Uudelo, Milian
Emery. Sicard de Plauzoles, etc...
Cette réunion extrêmement cordiale, fut couron¬
née, à l’heure des toasts, par une allocution di-
M. Queyrat qui, pariant au nom do la Ligue fran¬
çaise contre le Péril vénérien, après avoir présenté
les excuses des personnalités empêchées d’assister à
cette réunion et parmi lesquelles nous devons noter
tout particuliérement celles de M, le professeur
Spillmann, de Nancy, et de M. le sénateur Honorât,
adressa à M. le professeur Gougerot toutes ses féli¬
citations les plus vives A l’occasion de sa nomination.
Prenant ensuite la parole, M. le professeur Gou¬
gerot, visiblement ému, adressa ses vifs remercio-
nionts à tons les participants de la réunion organisée
en son honneur et notamment à MM. Queyrat, pré¬
sident de la Ligue nationale française contre le Péril
vénérien, ii son directeur général, M. Sicard de
Plauzoles, it son secrétaire M, Gavaillou et li son
secrétaire général adjoint, M- Pierre Fernet.
G. V.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
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dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
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rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements , les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
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insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
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Priv des in.sertwns : 7 fr. la lipne de bO lettres ou
sipnes (4 fr. la lipne pour les abonnés à La Presse
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la réception de leur montant.
Médecin polyglotte, Français, spéc. gynécologie
opér. et radiologie, radiothérapie, possédant inst,
coiiipl. radio et ag. phys.. mettrait cotte inst. ,4
dispos, d’une bonne policlinique, élertr. à courant
continu pour assoc. méd. Ecrire P. M., n“ 972.
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timbre deQ fr, SOpourla transmission deslettres.
le Gérant : 0- Porée.
Paris. — Imprimerie de la Cour d'Appal 1, rue Caaaetta.
K; Janvier 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
ALIMENTATION ET NUTRITION '
Par H. ROGER
Le cours de celte année j devant être consacre à
l'élude de la nutrition, se divisera eu trois cha¬
pitres : l’alimentation, la digestion, la nutrition.
l'ue première question se pose aussitôt : que
l'aut-il entendre par le mol « aliment ';’ »
On définit généralement l’aliment « toute sub¬
stance Capable de coniribuei- à la rénovation et
aux dépenses énergétiques de l'organisme ». Cette
définition comprend deux termes et justifie la
division dos aliments en plastiques et énergétiques.
Les travaux de ces dernières années nous forcent
d’introduire une adjonction importante : il est
d(!s substances alimentaires qui. ne servent ni à la
l'énovation cellulaire, ni aux dépenses de l’orga-
iiisinc; elles interviennent pour diriger ou assu¬
rer certaines fonctions ; elles sont indispensables
au développement de l’ôtre, au maintien de son
équilibre nutritif, au jeu régulier de ses organes.
Quelques-unes, mal définies chimiquement, sont
englobées sous le nom générique de vitamines ;
quelques autres appartiennent à la classe des
acides aminés. Toutes méritent d’étre considérées
comme des aliments fonctionnels ou aliments-
hormones.
D’après leur aspect, les aliments sont souvent
divisés en trois groupes : les aliments gazeux, les
aliments liquides, les aliments solides.
L’aliment gazeux par excellence, c’est l’oxy¬
gène qui remplit parfois une fonction plastique,
puisqu’il peut se combiner aux divers composés
organiques pour leur donner la structure néces¬
saire à leur maintien dans la cellule. Mais c’est là
un rôle accessoire. L’oxygène est surtout un ali¬
ment énergétique ; en oxydant les matières orga¬
niques, il en dégage l’énergie qui y était accu¬
mulée.
Des deux autres gaz qu’on trouve dans l’atmo¬
sphère, l’azote ne peut être utilisé par les ani¬
maux et l’anhydride carbonique, bien qu’il rem¬
plisse un rôle fonctionnel important, ne peut non
|dus être retenu.
Si nous envisageons le problème alimentaire
d’un point de vue plus élevé, nous devrons recon¬
naître que l’azole et surtout l’anhydride carbo¬
nique sont pour les végétaux des aliments d’une
importance primordiale. C’est eu les combinant
avec de l’eau que les plantes fabriquent la plu¬
part des matières organiques.
L’aliment liquide, c’est l’eau. Je laisse de côté
les boissons alcooliques : l’alcool est un aliment,
les expériences d’Atwaler et Bénédict l’ont défi¬
nitivement démontré ; mais c’est un mauvais
aliment, un combustible détériorant le foyer qui
l’utilise.
Lr’importance de l’eau est considérable. Sans
eau, la vie est impossible. Chez les animaux
supérieurs, l’eau représente les deux tiers du
poids du corps, 47 kilogr. chez un homme de
70 kilogr. Chaque jour, une circulation aqueuse
fort active assure la dépuration et le fonctionne-
menfde l’organisme, elle atteint en moyenne
2.500 à 3.000 gr. chez l’homme.
Chez les végétaux, l’eau remplit un rôle en¬
core plus complexe, puisqu’elle assure, avec les
gaz de l’air, la synthèse des matières organiques.
Les aliments solides, accessoires chez les
végétaux, sont indispensables chez les animaux.
Ils se divisent en deux grandes classes : les ali¬
ments organiques et les aliments minéraux.
1. Première leço» du ooiir.H de Physiologie, 12 Janvier
Les aliments organiques sont élaborés par les
végétaux qui seuls sont capables de faire les
synthèses aboutissant aux trois grands groupes de
substances alimentaires : les hydrates de carbone
ou glycides ; les graisses ou lipides ; les matières
azotées ou protéines. Pour fabriquer des gly¬
cides ou des lipides, le végétal peu! se contenter
de l’eau et de l’anhydride carbonique. Pour fabri¬
quer des protéines, il lui faut de l'azote; il peut
en prendre dans l’air, mais il utilise surtout l’azote
qu’il trouve dans le sol à l’état d’ammoniaque et
de nitrates. Il constitue ainsi des acides aminés,
qui, en s’unissant entre eux, forment les albu¬
mines. Les combinaisons possibles sont fort nom¬
breuses. Nous connaissons actuellement 18 acides
aminés ; or, avec 5 acides aminés, on peut obte¬
nir 120 combinaisons ; avec 10 on en peut faire
3.000.000 et, avec ;20, le calcul nous donne plus
de 2.000 trillions de combinaisons possibles. On
conçoit donc la multiplicité et la complexité des
albumines et on ne doit pas s’étonner que ces
corps, pour ainsi dire innombrables, diffèi’ent
d’une espèce à l’autre et, dans un même orga¬
nisme, diffèrent suivant l’organe, le tissu ou le
liquide qu’on examine. Les matières protéiques
sont les véritables caractéristiques de la spéci¬
ficité cellulaire ou humorale. ■
Les plantes puisent les sels minéraux dans le
sol. Les animaux les empruntent aux plantes, ou
en ajoutent à leurs aliments. Mais certains sels
ne peuvent être utilisés par l’animal que s’ils sont
ingérés à l’état de combinaison organique. Dans
ce cas, l’animal est encore tributaire du végétal.
Pendant très longtemps, on a cru cpie les sels
minéraux servaient seulement à former la char¬
pente des cellules et à assurer la solidité de cer¬
taines parties, du système osseux par exemple.
Or, les sels minéraux remplissent un rôle fonc¬
tionnel capital. Certains d’entre eux ne se trou¬
vent qu’à l’état de traces. On les considérait
autrefois comme des impuretés accidentelles. On
admet aujourd’hui qu’ils sont des agents du fonc¬
tionnement normal. Sur les 92 corps simples, ou
dénommés simples, actuellement connus, 23 ont
été décelés d’une façon à peu près constante dans
les cellules; 5 ont été trouvés dans quelques
organismes seulement.
Le tableau suivant donne la liste de ces corps
groupés d’après leur rôle physiologique et rangés
d’après leur poids atomique. On voit, que les
corps constitutifs des matières organiques ont
une atomicité faible : ceux qui sont à la fois plas¬
tiques et fonctionnels viennent ensuite Les corps
ayant seulement un rôle fonctionnel ont tous, qu’il
soient constants ou rares, une atomicité élevée;
seul, le bore fait exception à cette règle.
PLASTIQUlîS
jOXCTIOXSELs]
INCONSTANTS
Le végétal qui a puisé dans le sol les sels mi¬
néraux les incorpore à de grosses' molécules col-
lo'idales et les fournit ainsi à l’animal. Or, c’esi
à l’état collo'i'dal que les métaux manifestent leur
activité biologique. Les suspensions collo'idales de
certains métaux, que l’on est parvenu à réaliser
dans ces dernières années, possèdent des pro¬
priétés jusqu’alors considérées comme aiiparte-
nanl exclusivement à la matière vivante.
Le platine collo'idal, par exemple, exerce des
actions comparables à celles des fermenls et,
comme eux, peut subir Liulluenco des substances
toxiques. Le résultat est d’autant plus iuléi'essant
qn’il confirme les conceptions acluelbîs sur la
nature des ferments. On sup])osait autrefois que
le pouvoir fermentatif appartenait à des albn-
mines; les sels qu’on y décelait étaient consi¬
dérés comme de simples impuretés. On sait
aujourd’hui que l'albumine est simplement le
support du prineipe actif; elle confère des pro¬
priétés particulières et, jusqu'à un certain point,
spécifiques aux sels qu'elle renferme. Les pré¬
tendues impuretés doivent cire considérées
comme les ])artics princi])alcs.
Pour former leurs albumines, les animaux ont
besoin des albumines étrangères préparées par les
végétaux. Or les albumines sont constituées jiar
runioii de corps cristallisables bien définis chi-
miipnmienl : les acides aminés. Les mêmes acides
aminés entrent dans les constitutions des albu¬
mines V('-gélales et des albumines animales. .Mais
lions. Pour former les albumim's de scs organes
et de ses tissus, l’animal retiendra les acides ami¬
nés ipii lui sont nécessaires; il détruira les an¬
tres. 11 sera donc forcé de faire un gaspillage
énorme de matière protéique pour arriver à
maintenir sa conslilution c,himi(|ue. Ce gaspillage
• aggi
r la
lal de
lit chez les végétaux ([u'à l’ét
mplissenl chez les animau>
ipn
à mesure qu’elles sont i
îélales sont dédoubléi
iionnel.
Ainsi, au furi
les albumines v
composants : une minime partie est retenue; la
majeure partie est immédiatement détruite et est
éliminée à l’élal d’eau, d’acide carbonique et
durée.
Le gasiiillage est d’autant plus considérable
que les albumines ingérées s’éloignent davantage
des albumines constitutives du consommateur.
Celles qui sont d'origine végétale donnent le plus
fort déchet ; d’origine animale, elles sont mieux
utilisées et elles le sont d’autant mieux qu’elles pro¬
viennent d’espèces plus voisines. Quelques expé¬
riences démontrent que le meilleur rendement
est obtenu quand on nourrit un animal avec des
aliments provenant d’animaux do meme espèce.
Cependant tout ne sera pas encore utilisé, car les
albumines, ainsi d’ailleurs que les graisses, va¬
rient d un organe ou d’un tissu à un autre. Pour
éviter le gaspillage, il faudrait fournir les difl’é-
rcnls acides aminés ou les différentes graisses
ilans la proportion où ils se trouvent dans les
divers organes du consommateur cl aussi suivant
les besoins de chacun d’eux.
Une telle réalisation est impossible. Dans les
conditions habituelles, les acides aminés sont
présentés aux cellules qui les arrêtent et les unis¬
sent suivant leurs besoins. Ainsi sont élaborés
des albumines dont on peut facilement démontrer
la spécificité. L’analyse chimique (;sl insuffisante :
c'est aux procédés biologiques qu'il faut avoir
recours. En injectant dans les veines d un animal
les albumines provenant des organes d un animal
de même espèce, on provoque, avec les albumine.s
du sang, uu conflit qui aboutit à des coagulations
intravasculaires. Celles-ci se produisent tout
d’abord dans le .système porte, ce qui tend à
prouver que les albumines du sang, avant d’avoir
passé par le foie, diffèrent de celles qu’on trouve
66
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, L6 Janvier 1929
N“ 5
au delà de eel organe, ün arrive encore plus
facilement à démontrer l’interaction des albu¬
mines en les niellant en contact en dehors de
l’organisme et en déterminant par la néphélémé¬
trie leur epagulation réciproque. Une méthode
analogue a jiermis de reconnaître que la spécili-
cité des albumines est plus étroite qli’on ne l’avait
cru. Lu étudiant ragglutinenient des hématies par
le sérum d’individus de même espèce, on a pu
établir quatre groupes sanguins chez rhoinme,
(éest-à-dire quatre types diflcrents d’albumines
sanguines. On décrit également (|uatre groupes
sanguins chez les singes, plusieurs groupes chez
les bovidés, chez les chevaux et chez les chiens.
S’il est facile de concevoir que cha<(ue organe
chpisis.se les acides aminés dont il a besoin et
fabrique ses projtres albumines, on a quelque
pidne à coiuprendi'c comment s’établit la spécifia
l ité des albumines sanguines. Celles-ci sont évi-
d(nument des produits cellulaires; mais il est dif-
llcile do savoir cpiels oi'ganes interviennent et par
(ptel mécanisme ils élaborent ])our le sang dos
albumines dilférenties de celles qu’ils fabriqmmt
L’étude des anticorps n’a pas donné la solution
du problème, elle a fait seulement attribuer unrdlc
an système réticulo-endothélial. Un seul résultat
l'st bien établi : une des albumines du sang, le
li hi'inogènc, est formée par le foie et déversée
par cet organe dans le sang.
L’étude de l'énergétique alimentaire prouve
aussi la nécessité d’un excès de dc^slruction pour
un ré'sultiit utile. C'est surtout le glycose (pii
intervient, l’emiaut la synthèse (pi’accomplit la
plante, une certaine (piantité d’énergie est
absorbée et passe à l’état latent. Pendant le tra¬
vail musculaire, le |)hénomèue inverse se pro¬
duit : la molécule de giveose est dédoublée et de
l énergie est libérée.
Pour faire la synthèse du sucre, la cellule végé¬
tale unit de l’anhydride carboniipie et de l'eau et
empi’unte aux radiations solaires une ([uantité
d'énergie éipiivalenle, par molécule-gramme, à
()77,2 calories; la cellule animale, agissant sur le
sucre, défait ce ((u’a fait la cellule végétale et ■
libère l’énergie accumulée. Celle-ci, pour la com¬
modité des calculs, est évaluée en calories. Mais
il ne faut |)as conclure que de la chaleur soit
transformée en mouvement. L'organisme animal
ne peut être assimilé à une machine thermique; le
principe de Carnot ne lui est jias a])plicablc.
(lest une machine (diimitpie, capalde d'utiliser de
20 à lit) pour lot) de l’énergie juitentielle a(;cu-
mulée par la plante et dégageant le reste sous
forme de chaleur.
C’est ce (|u’nn |)eut re]>rés(mter par les 0|>éra-
tions suivantes (pii constituent un système non
réversible :
Cclliiio
r. (,:o’ 4- -\- ti"? ™i. (C'ifO' + «77 cd.] -p « o*
flIinioiilH radiatluns glycose jiroduit
•solairo.s énorgio polontiolle J'exertUion
CfHnle aiiiiiiule.
|(J'11'’0‘ -(-«77 .•id.|-|-« 0»-^ « CO' + « Il'O
glycosü alimoiil produits
((nergio polontiollo dynami<iuo d'oxcrdlion
-|- rhulctn- uuiimdo {'ü\ ù 5V2 cal.)
I>roduit d’oxanaUion
-f-lruvail inccunîquc (203 ù 13fi eid,).
énorgio pliysioîngitpio.
La ( haleiir est un produit d’excrétion au même
litre (pie l’eau et l’anhydride carbonique, mais
tous ces produits, avant d’èlre déllnitivement re¬
jetés, peuvent jouer un rôle utile. L’excrétion
calorique sert à maintenir la température du
corps. .Si le travail musculaire est considérable,
une forte proportion de glycose est détruite, la
chaleur est produite en excès et tmid à élever la
température au-dessus de la normale. Alors
interviennent 1 eau et l’acide carbonique; l’eau,
passant par les glandes sudoripares, une évaporji-
tion se produit qui absorbe un certain nombre de
calories; l’acide carbonique, excitant les centres
■bulbaires, provoque une accélération des rliouve-
ments respiratoires assurant ainsi une plus intense
évaporation d’eau et mettant le sang qui traverse
les ca[)illaires du poumon en Contact avec une
(dus grande quantité d’air frais. .'Vinsi, se trouve
assurée une synergie fonctionnelle remarquable
entre le produit physique d’excrétion, la chaleur,
et les deux produits chimiijues, l’eau et l’acide
carboni((U(‘.
Les faits que je viens de rap])ortcr tendent à
taire supjiosci' que la cellule animale utilise en
le dédoublant le glycose élaboré par le végétal.
Les travaux de ces dernières années démontrent
(pic l’évolution est plus complexe. Le glycose
animal n'est pas identique au glycose végétal.
Pour utiliser celui-ci, l’organisme doit lui faire
subir une modification chimique -à laquelle parti¬
cipent le foie et le pancréas.
yVinsi, s’affirme de plus en plus la spécificité
des matières organicjucs.
11 résulte de cet aperçu sommaire syr les rap¬
ports entre l’alimentation et la nutrition, que les
cellules animales travaillent sur les éléments
formés synthéticpiement par les cellules végétales,
soit que l’animal ingère direcfeinent des végé¬
taux, soit qu’il utilise les produits d’origine végé¬
tale (pii ont déjà été inodiliés par l’herbivore.
L’organisme animal fait une sélection dans les
composés (irovcnaiit de l’aliinentalion et pré-
parés'jiàr la digestion ; il conserve la proportion
nécessaire au maintien de la spécificité chimique
et rejette, en les dégradant, tous les produits
(jii’il n'est pas capable d’utiliser. Ces déchets
rcniplisseiit souvent, avant d’être définitivement
éliminés, un ntle fonctionnel important. Une fois
sortis du coi'ps, ils pourront servir à la nutrition
du végétal, après avoir été, dans certains cas,
modifiés par les fermentations microbiennes. Ce
processus, admis depuis longtemps pour les ma-
tb'ces azotées, s’applique à d’autres substances
orgaiiiipies et minérales, comme on peut le cons¬
tater en examinant le tableau ci-dessus. Ainsi se
trouve constitué le cycle alimentaire, prépara¬
toire du cycle nutritif.
Travail de l'Institut de Physiologie de Barcelone
(Direoleur : Ai.i Scnkk).
.VCTION DEL’.VNESTIIÉSIE H.\C1IIDIENNE
SUlï LA
MOTILITÉ INTESTINALE
ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
Par Francisco DOMENECH.
Notre attention ayant été attirée par certaines
remarques cliniques, nous avons étudié expéri¬
mentalement à l’Institut de Physiologie de Bar¬
celone, en collaboration avec le D'' Puchc, pro¬
fesseur auxiliaire de jihysiologic , l’effet de
l'anesthésie rachidienne sur la motilité intesti¬
nale. Les résultats obtenus furent communiqués
à la Société de Biologie de Barcelone le
il Juin 192()'. Depuis lors, j’ai publié dans la
lîci'islii Mcdica de Harccloiia des mois (te Février
et Mars 1927 une étude étendue sur les aspects
expérimental et clinique de la question’'. Récem¬
ment, j’ai de nouveau insisté sur ce sujet’.
t. Pccim et Do.mi;.xkch. — Goininimicnlioii ii la Sodedad
de Iliologia de Barcclona.
2. F. Domk.xkcii Alsina. — « Estudio experimental y
rliiiico de la nccion de la aneslesia raquidea sobre la
inolilidad intestinal ». Rcidsia mcdica de Barcclona,
Février 1U27, p,'132 l^ 149 et Mars 1927, p. 227 à 245.
3. F. Do.MENECii Alsinà. — « Diferentes causas y me- ■
canismos de la obstruccion intestinal y su tratamienlo ».
Bccista mcdica de Barcclona, Mars 1928, p. 210 à 247 et
Avril 1928, p. 322 6 361.
Malgré cela, ce travail, le seul expérimental
sur (?ette question, est, scmble-t-il, peu connu
puisque Loveuf, dans un article récemment paru
dans La Presse Médicale', ne le cite qu’à l’occasion
du rapport de Duval à la Société de Chirurgie de
Paris. . '
EfFKT DIÎ l’aNESTIHîSIE liACIliniENNF. SUll l.’ix-
TESTix DU CHIEN*. — L’anestliésic rachidienne
donne lieu à une augmentation considérable cl
presque immédiate du péristaltisme intestinal.
Les contractions intestinales deviennent plus
fréquentes cl plus intenses et l’ell’el persiste pen¬
dant très longtemps. Une demi-heure et môme
une heure après qu’a été pratiquée , l’anesthésie
•rachidienne, l’intestin continue de se contracter
d’une façon intense. . . , .
L’augmentation de la motilité intestinale- pro¬
voquée par l’anesthésie rachidienne amène une
abondante évacuation de matières fécales de pro¬
venance haute.
L’injection de sulfate d’atropine, non seulement
inhibe l’hypcrmotililé produite par l’anesthésie
rachidienne, niais elle mène l’intestin à nne.para-
lysie complète.
On obtient un efl’et tout à fait analogue en
anesthésiant le chien au chloroforme. L’action
paralysante du chloroforme sur les contractions
exagérées par l’anesthésie rachidienne ne se pour¬
suit que tant (pie la narcose est profonde. Lors-
(jue la tension du chloroforme sur le sang di¬
minue, les contractions intestinales recommen¬
cent à SC manifester puissamment, car l’effet de
l’anesllièsie rachidienne se poursuit encore.
.Mécanis.me d'action de la hachi-.vnesthésie.
--- L’effet de l’anesthésie rachidienne est dû à la
section chimique temporaire des filets prégan-
glionnaircs splanchni([ues provoquée ]>ar l’ancs-
ihésiquc qui se répand par le canal rachidien.
Par suite du défaut de l’action inhibitrice du
splanchnique sur la motilité intestinale, l’équi¬
libre vague sympathique se rompant soi'is l’aclioii
non compensée du pneumogastrique, l’intestin se
contracte intensément.
Celte explication, appuyée sur les connaissances
physiologiques, sur rinnervation intestinale, a
déjà été émise par ^^’agner''' pour expliquer les
abondantes évacuations fécales observées après
emploi de l’anesthésic rachidienne dans plusieurs
cas d’iléus péritoniiiquc.
Nos recherches expérimentales le démontrenl.
D’un ccité, le fait que l’atropine, dont l’ac¬
tion paralysîuUe sur les terminaisons du nerf
vague est bien connue, inhibe l’hypermolilité
provoquée par la rachi-anesthésie, prouve que
celle-ci est intimement liée à l’action du nerf
vague.
D’autre part), la section des splanchniques
cause un effet sur la motilité intestinale analogue
à celui que produit la rachi-anesthésie : augmen¬
tation immédiate qui est' aussi inhibée par l’ac¬
tion du sulfate d’atropine. Quoique ce fait soit
connu des physiologistes, la ressemblance des
grapliicjues avec ceux que l’on obtient par la
rachi-anesthésie est à remarquer.
Effet de l’anesthésie iiaciiidienne sue l’in¬
testin DAllALYSÉ PAH l’iNFLAMMATION DE LA .MEM-
iiHANE sÉHEL’SE. — L’actioii dc l’aiiesthésic rachi-
dicnne sur la motilité de l’intestin persiste, quand
bien môme sa membrane séreuse est intensément
enllammée. Voici un graphique obtenu avec un
1. Leveuf. — La presse Medicale, 15 Août 1928.
2. La technique suivie dans ces cxixii'ioncos se trouve
dëerite en détail dons l'article précité de la Rccista
. mcdica dc Barcclona.
3. Wagner. — « Zur Behandlung des Iléus mit Luin-
bnlannesthesie ». Communication au XVIP Congrès de
l’Lnioersitê allemande, de Gynécologie. In Archiv f. Gynti-
kologic, t. CXYII, 1923, p. 336 et Mediz. Wochensehr.,
14 Juillet 1922.
iiiiixLtiUu
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<1
1
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
MOUVEMENT THÉRAPEUTIQUE
L'IMI VLATIOX DK (i\Z CARBOMQllE
• MÉTHODE DE YANDELL HINDhRSOK)
STIML'LWT ET DÉGULATEÜH
DE LA FO.NT/nOX HESPIRATOIHE
Le lt‘Uii)s csl loin où le gaz carljonique élait
considéré coiniiii' une siilislance inerle, dénuée
de Ionie fonelion dans rorganisine, scorie issue
des cond)nslions organi(iues qu’il ai)j)arleiiait
aux i)onnions d’éliminer au plus vile pour lui sub-
slituer de l’oxYgène.
Lus Iravaux pliysiologi(pies modernes, j)arnii
les(iu(ds il l'aul ciler ceux de .Mieselier en Suisse,
de Âlosso en llalie, de Ilaldane en Angleterre et
de llemlerson en Aniéri((ne. ont montré (pie le
gaz earboni((ue n’est en réalité guère moins
nécessaire à la vie ((Ue l’oxvgene Ini-méme.
Son iniluenee sur la nulrilion inlime des tissus
el sur rassiniilaliou de la sidistanee vivante, ipie
1*. Portier envisageait réeeinnient, reste encore à
l'état d'iiviiotliése. .Mais il est un point sur Impiel
son n'ile est bien établi : excitant iihysiologicpie
du centre bulbaire de la respiration, véritable
liorinone, il eoniniande à la fois l’adaiitation des
inouveineiits respiratoires aux besoins d’oxygime
de l’organisme et la régidation d(! l’équilibre
aeido-basicpie des humeurs.
t^tu'un ell'ort mnseulaire détermine une exagé¬
ration des eombnslions organiipies, l’excès du
gaz earboniipie dégagé, tendant à relever le taux
des ions il dans le plasma, excite le centre resjii-
raloire ; dès lors, l'amplilmle des mouvements
respiratoires augmente, le débit |)assanl de 5 ou
I) litres par minute jus([n à .’il) à 71) litres, les éli¬
minations de gaz carboni(pie se trouvent aug¬
mentées d’aiilanl, l'apport d’oxygène s’adapte
aux besoins de l’organisme, des combustions plus
actives sont rendues possibles, et I chpiilibre acido-
basi(pie est sauvegardé.
Si, an lien d’un(( production jdiysiologi((ue de
(K)’, e'esi une élaboration anormale d'acides
organi([ues dans les Immeiirs ((ni tend à ronqu’C
ré([nilibre aei(lo-basi((ne, comme dans le coma
(liabéli((ue, c’est encore l’iiy |)er()né(( ((ui traduit
l’excilalion du centre Indbaiia^ ()ar la res|)iralion
Nie Ixussmanl. el l éliminalion ])lus active du gaz
earboni([iie (jiii en résulte, idiaissant sa tension
dans l’air alvéolaire el dans le sang, contribue
[luissammenl à lutter contre l’aeidose.
Mais, inversement, si le sang .s’ap[)auvrit en
gaz earboni([ne imUqurndamment de toute acidose,
le centre bulbaire res|)iral(>ire, (U'ivé de son
excitant normal, cesse de réagir, el la resjdra-
lion diminue ou (leiil même s’arrêter, (i'esi à cet
étal ((lie .Mosso donnait h' nom d’ <■ aea[)nie », et
(|n'il allrihuail les accidents res[)iraloires du mal
des altitudes. Sa eonee|)lion, fort discutée tout
d’abord, s’est étendue (hquiis lors aux étals les
|)lus divers de la ])i(tludogie :a|)nées(les anesthé¬
sies o|)i''raloires, eolla|)sns (uilmonaire [)()sl-o|>éra-
loire. as|di\xie des nouveau-nés. Il semble (|n'(dle
(misse s a|)()li((ner également à certains sym(>-
l('imes de l'inloxication oxy-earbonée.
Dans ees eondilions, l'iidialalion de gaz earbo-
ni((ne se (u’ésenle tout nalniNdlement à l’es()rit
eonime le traitement (diysiologi((ue d'urgence de
toute celle série d élais graves ((ni créent une
menace de mort imminente. Celte théixqieutique
a|)()arail d’autant (dus logi((ue ((ue ré((uilibre
leiisionmd du CO' sanguin el du C(,)' alvéolaire
ne demande guère ((u’une ou deux minutes, el
((eut être considéré comme ()rati((nement immé¬
diat. Il suflit d'élever la tension du COMilvéolaire
au-dessus de son taux normal, (xuir ((ue la nou¬
velle ten.sion se communique au sang, qui va
presque aussitôt ii-riguer et exciter le centre buL
baire.
Mais le centre res()iratoire (jeut être lui-nième
moins sensible qu’à l’état normal, — soit qu’il
subisse l’action d'une lésion locale comme une
tumeur cérébrale à retentissement bulbaire, —
soit que son altération soit plus diffuse comme
dans l’encéphalite épidénii(|ue, — soit enfin que
son inhibition soit d’origine toxique, comme dans
l’empoisonnement par la morphine ou par la
scopolainine. Dans ce cas, on peut espérer que
l’intensité du stimulant pourrait suppléer à la
déficience de l’excitabilité, et l’inhalation du gaz
carbonique trouve là une deuxième indication.
Enfin, s’il est vrai que la fonction du ga:^ car-
boni((ue soit avant tout régulatrice, on peut espé¬
rer ((ue l’inhalation de ce gaz seraij utile toutes
les fois que le rythme et le débit respiratoire sont
modifiés dans leur qualité, et il est naturel de
l’essayer contre les spasmes et contre les aryth¬
mies i'('s()irat()ires, en (larticulier contre le
A
llayeux avait déjà constaté que l'oxygène est
mieux absorbé s’il est associé à du gaz carbo-
Mais voilà |)lus de vingt ans que Yandell Llen-
derson, (diysiologiste de l’Université de Yale, étu¬
die le rôle du gaz carlxjnique dans la physiologie
respiratoire, et cherche à utiliser les inhalations
de ce gaz en théra()eulique.
Les ()reniières a[)()lications ()rati((ues qui
furent faites des Iravaux de Yandell Ilenderson
();iraissent être celles de Ettore Levi (de Flo¬
rence', en lOlO. Cet auteur a utilisé, dans plu¬
sieurs centaines de cas, un mélange d’oxygène et
d’anhydride carbonique, qui contient de 5 à
20 ()Our 100 de CO’.
Il aurait obtenu de bons résultats dans des
états as()hyxi.ques au cours d’anesthésies, quel¬
quefois aussi dans la res})iration de Cheynes-
Stokes. Un (lendu, chez lequel la respiration ar¬
tificielle j)r()longée, les médications hypodermi-
((ucs, l’oxygène avaient échoué, recommençait à
res()ir(‘r a()rès ((uel((ues minutes d’insufllation de
CO’.
Peu a()rès, Cotton |de Boston) rapportait éga¬
lement ((uel((ues essais qu’il avait faits sur dus
0(>érés, lorsque des signes d’asphyxie setnblaient
se manifester au cours de l’anesthésie. Dans 2 cas
sur 8, l’inhalation de CO’ avait jiaru rétablir la
situation.
Cependant ces essais isolés n’avaient guère eu
de suite ni d’imitateurs.
On peut vraiment dire (|uc c’est Y. Ilenderson
qui, a()rès avoir posé les fondements physiolo-
logiques d(! la méthode, en a réglé, dans la pra-
ti((uc, la techni((ue et les ()rinci()ales indications.
C'est lui surtout qui, [)ar uiie cam()agne ardente
cl inlassable, a réussi à im()0-scr aux Etats-Unis
d’abord, (uiis à l’étranger, sa foi dans son effi¬
cacité héro'ique et dans son iuqiortancc sociale.
C’est en liaison avec l’anesthésie générale que
l’inhalation de CO’ a été le [)lus employée. Dès
1010, A'. Ilenderson et M. M. Scarborough étaient
amenés à cette conviction que raca(mie joue un
rôle ca()ital dans les accidents as()hyxiques de
l’ancsthésic générale. D’autre [)art, on connais¬
sait le rôle cxcito-res()iratoire de la concentra¬
tion du CD’ exhalé, ((ui se (>roduil au cours de
ranesthésic au (U'otoxyde d’azote el d(! tous les
(U'océdés ((u’ulilisc le /■c/n'cn//;//ig.
Mais, c’est seulement en 1920 que Y. Hen-
(Icrson, llaggard et Coburn ra()()()rtcnt les ()re-
niicrs essais d’inhalation de CO’ chez des opérés
au cours de 70 anesthésies générales.
L’addition de ô pour 100 environ de CO' au
mélange d’air et d’aue.sthésicjue est réalisée grâce
à un mélangeur, dont il est facile d’adapter le
N“ 5
dispositif à l’un quelconque des appareils cou¬
rants de dosage. Elle donne aux mouveraents res¬
piratoires beaucoup plus d’amplitude et renforce
considérablement la ventilation pulmonaire. De
() à 8 litres par minute chez un malade au lit non
anesthésié, la ventilation tombe facilement ' à
3 litres au cours d’une anesthésie générale. Grâce
à l’addition de CO’ dans le mélange anesthésique,
elle peut, au contraire, s’élever à 35, et même
jusqu’à 70 litres par minute, c’est-à-dire autant
que sous l’influence d’un violent exercice muscu-
Dc tels chiffres su()posent une intensité de
mouvements thoraco-abdominaux, qui n’irait
vraisemblablement pas sans gêner le chirurgien
dans bien des circonstances. Mais, même sans
pousser aussi, loin l’hyperpnée, on peut, grâce à
une ventilation pulmonaire plus active, assurer
au malade de multiples avantages.
L’air, chargé de vapeurs anesthésiques, se re¬
nouvelant plus souvent au contact de larges sur¬
faces d’absorption alvéolaires, l’anesthésie s'ins¬
talle plus rapidement, et la période d’excitation
fait le plus souvent défaut. Or, cette péripd(ï est
touj'ours dangereuse, car rhyperpné(j qui l’ac-
com()agnc risque d’amener l’absorption d’un
excès d’anesthésique et l’élimination d’un excès
de CO’, double raison pour exposer à l’a(:>née.
D’autre part, la concentration des va()eurs
d’anesthésiques reste plus faible pour une anes¬
thésie égale, et ce dernier point a sans doute sou
importance, quand il s’agit de l’éther en particu¬
lier, [)üur sauvegarder les voies respiratoires et
pour |>révenir les broncho-jmeumonies. Une lois
installée, l’anesthésie peut d’ailleurs être entre¬
tenue avec une dose moindre d’anesthési((ue, ce
qui permet de réduire la dose totale absorbée, et
de ménager les organes d’élimination.
En même teiiqis, l’élévation de la tension du
CO’ dans le sang entraîne une circulation plus
active. Le remplissage des veines se fait- aussi
rapidement ((u’en plein travail ()hysi((ue; h's
processus d’oxydation se poursuivant sans diffi¬
culté, le teint reste rose et animé. La tension
artérielle, loin de s’abaisser comme au cours
de la plupart des anesthésies générales, se relève
au contraire, et cette hy()ertension, ((ui ()orte à la
fois sur la maxima et sur la minima, (leut attein¬
dre 4 à 5 cm. Elle s’accompagne souvent d’un peu
de tachycardie. Elle cède dès que cesse l’inhala¬
tion de CO’.
L’ex(>lication de ces phénomènes circulatoires a
été discutée. L’ion-acide agit-il sur le centre vaso¬
moteur en même temps que sur le centre res()ira-
toire voisin (Ixrogli, Goldstein et Du Bois Ou
bien stimule-t-il le muscle cardia((ue f.Iérusalem
et Starlingj i’ Tonifie-t-il la paroi musculaire
elle-même (Ilendei'son) i' Ou enfin la (uiissance des
contractions du diaphragme, en soumettant le
foie à des c()m()ressions rythmées, suffit-elle à
accélérer la circulation de retour (Yà’unckubach;
Four Bohr, Ilasselbach et Krogh, la forte ten¬
sion du CO’ dans le (tlasma faciliterait, en outre,
la dissociation de l’oxygène de Thémoglobine,
son (Kissage dans le plasma et son utilisation dans
les tissus; l’influence favorisante du CO' se (lour-
suivrait ainsi sur la ()hase ultime de la fonction
respiratoire en même temps que sur son acte
initial.
Les avantages de l’inhalation de gaz cai'bo-
ni((ue ne se limitent pas à la phase d’anesthésie.
Elle assure un réveil ()articulièrement rapide (■(
calme : une bonne ventilation (uilmonaire [lermel
une élimination facile de ranesthési((ue. Les nau¬
sées, les vomissements, la soif ne tourmentent
guère l’opéré. Ilenderson a même observé chez
l’animal une action favorable du CO’ sur le tonus
intestinal, et il pense l’avoir retrouvée plusieurs
fois chez l’homme.
Les inhalations d’oxygène pur. données à la fin
de l’anesthésie, seraient susce()libles d’exercer
N» 5
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, Ki Janvier 1929
09
une action exactement inverse, dans la mesure
où elles tendent à diminuer la concentration du
CO’ alvéolaire. M. J. Dumont nous dit avoir
remarqué leur influence fâcheuse, à cet égard,
chez les patients endormis au protoxyde d’azote.
Certains auteurs ont objecté le danger d’acidose
post-opératoire (S. P. Reimann, Bloom et II. A.
lleimahn). On connaît la fréquence de l’acidose
chez les opérés. Xe commet-on pas, dés lors, une
grosse imprudence en leur faisant inhaler un
acide (jui, exposé à une absorption rapide et
massive, va brus<piement réduire la réserve ah'a-
line? Le bicarbonate de soude ne serait-il pas
plus indiqué? En fait, Henderson a constaté que,
contrairement aux prévisions théoriques, l’inha¬
lation de CO’ n’entraîne pas d’acidose. Bien au
contraire, elle en réduit la fréquence. Sans doute,
l’hyperventilation pulmonaire facilite-t-elle la
comlnistion de l’acide lactique dans les tissus,
comme Anrep.et Carman l’ont observé expéri¬
mentalement.
l.es conclusions de Henderson et de ses colla¬
borateurs étaient bientôt entièrement confirmées
par VVhite (1923) en ce qui concerne l’anesthésie
à l’éther : non seulement l’addition du CO’ au
mélange inhalé améliorait les conditions de l’anes¬
thésie; mais, dans plusieurs cas d’asphyxie et
d’apnée au cours de l’anesthésie, le procédé de
Henderson aidait au rétablissement de la respi¬
ration.
Haggard (1924) vérifiait, par des dosages chi¬
miques, la rapidité d’absorption de l’éther et la
rapidité de son élimination sous l’influence de
l’inhalation de G0‘.
B. C. Sword constatait (pie la méthode [iréscn-
tait les nu'mcs avantages pour l’anesthésie à
réthylèiH'.
Righelti l'a appli(piéc avec succès chez des
enfants.
En 1925, .1. S. Lnndy rassemblait déjà 1.350 ob¬
servations de la clinique Mayo, à Rochester, dans
lesquelles l’inhalation de CO’ avait été associée
à des anesthésies générales par les mélanges les
])lus divers d’éther, d’éthylène et de protoxyde
d’azote, avec ou sans association d’oxygène. Les
résultats ont été bons, non seulement dans les
anesthésies chirurgicales, mais aussi diins les
anesthésies pratiipiées par les dentistes ou |)ar les
accoucheurs. La perte de connaissance est facile,
[irompte, complète, le réveil tranquille et rapide,
la dose d’anesthésique utilisée bien moindre^
ipi’aveo les anciennes techniques. Les inconvé¬
nients (toux, arythmie respiratoire, mouvements
excessifs du thorax et de l’abdomen) ne se trouve¬
raient jamais réalisés avec l'instrumentation amé¬
ricaine, cpii rendrait impossible une concentration
de CO’ supérieure à 5 pour 100.
Des techniques analogues ont été appliquées,
en dehors des Etats-Unis, par K. Doppler en
Autriche, par A. W. Meyer et Dzialoszyki et
par F. Fischer en Allemagne, par H. AV. I)avies
et par Mac Kenzie en Angleterre.
K. Doppler rapporte les résultats du professeur
Lorenz, (le Vienne, qui a commencé ses expé¬
riences en 1923, sans connaître, semble-t-il, ou
du moins sans mentionner les travaux américains
antérieurs. Il utilise un simple ballon de caout¬
chouc. contenant 25 à 30 litres de CO’, avec
un embout qu'on introduit dans la narine, comme
celui d’un ballon d’oxygène, dès que le masque à
anesthésique est enlevé, soit au cours des der¬
niers temps opératoires, soit au moment où le
malade se cyanose et respire moins bien. On
interrompt l’inhalation quand la respiration est
devenue profonde, pour la reprendre quand l’am¬
plitude et le rythme sont redevenus normaux.
La technique de Dzialoszynski est très analogue
à celle de Doppler, et ses résultats sont de même
ordre. Cet auteur rapporte que, dans un cas où
son maître A. W. Meyer avait pratiqué l’opéra¬
tion de Trendelenburg (extraction d’un embolus
de l’artère pulmonaire , la respiration s’était
arri'tée aussitôt après l’ouverture de l’artère. Le
seul contact du gaz carbonique avec la muqueuse
nasale fut immédiatement suivi d’une reprise de
la respiration.
Dans 300 cas d’anesthésie générale au cours
d’opérations gynécologiques, E, Fischer a obtenu,,
de cette même technique, d’excellents résultats,
dont fait foi sa statistique : aucun incident ojié-
ratoire, 7 cas de bronchite légère dont la durée
h’excède pas trois jours, une seule broncho-pneu¬
monie (chez une éclamptique comateuse^ une
seule thrombose post-opératoire, aucune embolie.
Les auteurs allemands utilisent, on le voit,
l’inhalation de CO’, soit comme un traitement
d’urgence de l’apnée anesthésique, soit coniine un
adjuvant à la fin de la narcose,
La plupart des auteurs considèrent, en elfet,
.l’inhalation de CO’ non seulement coimne un
perfectionnement de l’anesthésie elle-iuénie, mais
aussi et surtout comme un préventif des conipli-
oations post-opératoires,
La circulation plus active semblerait écarter
les risques de la thrombose post-opératoire et
ceux de la dépression cardio-vasculaire, si fré¬
quente en particulier chez les vieillards (Fischer'',
L’effet stimulant sur le péristaltisme intestinal
combattrait le ballonnement doulouia'ux de l’ab¬
domen (^Fiscber).
Les pneumonies, et les broncho-jmeumonics
infectieuses seraient moins fréquentes, car la
méthode réduit à la fois la concentration de
vapeur de l’anesthésique et la dose totale d’anes-
thésiipie inhalée; de plus, par hyperventilation,
elle facilite l’expulsion des mucosités pharyngées
et trachéales, tout en combattant la stase.
Mais l’inhalation de C(d’ paraît être .surtout h'
meilleur procédé préventif pour éviter le collap-
sus pulmonaire.
En prévision de ce danger, plusieurs auteurs
conseillent, en particulier chez les sujets âgés,
de continuer, pendant deux ou trois jours, après
le réveil, deux ou trois fois par jour, de courtes
séances d’inhalation de CO', chacune de cinq à
dix minutes (Doppler, Dzialoszynski en Alle¬
magne; Lahey, Sise et Bogau à Boston; Merle
Scott, à Rochester, et Cutler, à Cleveland).
On sait que le collapsus aigu ou atélectasie pul¬
monaire post-opératoire, décrit par W, Pasleui',
en 1908, et auquel J, Rouillard* consacrait ici
même, il y a quelques jours, un n Mouvement
médical », est un accident bien distinct de tous
les processus d’origine infectieuse, et semble fa¬
vorisé par l’inhibition des mouvements inspira¬
toires du diaphragme et des intercostaux, éjuel
que soit, à cet égard, le rôle encore discuté de
l’immobilisation volontaire ou instinctive antal¬
gique, d’une paralysie phrénique directe au con¬
tact d’une séreuse plus ou moins enflammée, ou
d’un réflexe issu du sympathitpie abdominal, il
paraît logique, pour prévenir et pour combattre
cet accident, de chercher à provoquer l’hyper-
pnée.
De fait, les statistiques de Merle Scott et de
Cutler semblent indiquer que la pratique des
inhalations de CO’ post-opératoires diminue con¬
sidérablement la fréquence du collapsus pulmo¬
naire. Un groupe de 2.000 opérés suivis par eux
au Likeside Hospital, sans précaution spéciale,
donne 12 collapsus pulmonaires (soit (i p. 1000),
alors que 1.000 observations plus récentes du
Strong Memorial Hospital et du Rochester Muni¬
cipal Hospital ne comportent plus que 2 cas de
collapsus (2 pour 1.000). Or, ces 1.000 dernières
1. J. Rouillard. — ■ « Le collapsus aigu du poumou ;
complication po.st-opéraloire n. La Presse Médicale,') .lan-
vier 1929, p. ,36.
observations datent d'une période où les opérés
récents étaient toujours maintenus en position
semi-assise, et où les inhalations de CO’ étaient
pratiquées systématiquement.
Mais ces deux exceptions elles-mêmes sont
jiarticulièrement instructives. La première con-.
cerne une basedowienne, chez laquelle on avait
prati(pié, sous anesthésie au ])rotoxyde d'azote,
la ligature d’une artère thyro'îdienne supérieure.
L’opération avait été si rajiide ipi’on n’avait pas
cru utile d’administrer le gaz carboniipie. Le
collapsus pulmonaire se produisit du côté gauche,
au bout de vingt-ijuatre lieures. et la malade
mourut le troisième jour.
La seconde malade avait subi sans incident une
cbolécystectomie. L’anesthésie avait été parfaite,
mais il n’y avait pas eu d’inlialation de CO’. Le
collapsus pulmonaire se produisit vingt-quatre
heures après, bilatéral, plus marqué du côté
gauche, sans (|ue rien le fît prévoir. L’examen
radioscopique et radiographique montrait l’opa-
cité des deux poumons, surtout du poumon gauche,
et le déplacement du cieiir et du médiastin vers la
gauche. Dans ce cas, ou essaya l’action thérapeu¬
tique du CO“. L’inhalation était jiratiquée jtar
prises d’une minute, séparées par des jioses de
deux minutes. La patiente avait l’impression (pie
les inhalations rendaient sa resjMi-ation plus facile.
Sous leur influence, on voyait même, derrière
l’écran fluorescent, la base pulmonaire s’éclaircir,
le diaphragme devenir plus mobile, le déplace¬
ment cardio-médiastinal se réduire: sur l’ortho-
diagramme, le déplacement atteignait cin(| centi¬
mètres. Ce[)endant rinduence du CO’ resta jiassa-
gère, et l’opérée mourut le lendemain.
Merle .Scott et Cutler proposent d'associer aux
inbalalions de CO’ l’aspiration des mucosités jiar
bronchoscopie, selon le procédé de .lackson et
Lee.
Sise et Bogau ont constaté, eux aussi, sur
l’écran radio.scopi(|ue, la meilleure mobilité du
diaphragme chez les opérés soumis aux inhala»
lions de CO*. Ils recomniandent ces dernières
trois fois par jour pendant cimi minutes, nu toutes
les (juatre heures pendant trois minutes, jtendani
les trois jours qui suivi'iit l’opération. Ils font,
en outre, coucher les malades tantôt sur le côté
droit, tantôt .sur le côté gauche.
Doppler, Dzialoszynski, Churchill recom¬
mandent également le gaz carbonique pour jiré-
venir h> collapsus pulmonaire. Churchill le pro¬
pose chez les opérés d’enqiyème, pour hâter
l’expansion du poumon.
De l’action déprimante des anesthésiques sur
le centre respiratoire, il faut rapprocher celle
des narcotiques et, en particulier, de la morphine
et de la scopolamine, et celle de l’alcool à fortes
doses, tant l’alcool éthyliijue que l’alcool méthy-
lique, qui fait à l’heure actuelle un nombre impor¬
tant de victimes aux Etats-Unis.
Hunter et Means rapportent le cas de deux
étudiants, qui se trouvaient dans un coma alcoo¬
lique profond, avec une respiration superficielle
et une ventilation pulmonaire très diminuée au
spiromètre. L’inhalation d’un mélange d’oxygène
et de gaz carbonique améliora sur-le-champ là
respiration et le rétablissement de la conscience
fut complet, sans nausée ni vomissement, en tine
demi-heure chez l’un, en une heure chez l’autre.
Henderson cite un cas analogue.
Dans l’oligopnéc de l’intoxication par la scopo¬
lamine ou par la scopolarninc-inorphine, Hilde-
brand et Hellendal ont montré exp('‘ri mentale¬
ment, chez le chat, que l’inhalation de CO’ à
ÎO pour 100 était capable de rétablir le type
respiratoire normal en trois minutes. L’action
respiratoire cesse, d’ailleurs, une minute après
que l’inhalation a été arrêtée.
70
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
N» 5
(]li(‘/ riioiiitiie, Luiidy i'c‘inar(|uc que l’iiilia-
lalion (le (^()‘ |)i‘riiiet une lueilleure tolérance des
injec.lioiis de morphine.
.Mais l’observation (pii paraît le plus suggestive
est celle de K. II. Krh, cjui se présente comme
une expérience de physiologii? humaine.
l II jeune homme de 23 ans était atteint de
lymphome malin du larynx, ([ui progressait
rapidement malgré la radiothérapie. ( )n dut le
trachéolomiser le 21 Novembre, puis lui admi-
nislrer des doses progressives de moriihinc.
Le t) Décemhi’e, il avait pris, dans la matinée,
quinze gouttes d'une solution de moriihine à
1 pour 100 ; l’apri's-midi, il avait regu 1 cenli-
gramme de morphine sous la peau, [mis un 1,'2
milligramme de scopolamine en injection à
8 h. 1/2. Une heure plus tard, le malade,
emdormi, présentait des mouvements respira¬
toires de plus en jilus rares. Une injection de
lohéline n’amena aucun résultat immédiat : au
bout de (piinze minutes, il y eut une légi're amé¬
lioration, mais la lenteur du rythme respiratoire
restait in(]uiétante. 10 heures 1/2, la situation
paraissait désespérée : le nombre des respirations
était tombé à 4 [lar minute; le tindire en était
slertoreux etbaletant. Rajiidement, on vit la cya¬
nose se développer, puis la respiration s’arrêtait
cümpl(‘tement et le pouls devenait rapide et lilant.
La respiration artificielle améliora un peu l’aspect
et. le pouls, mais l’apnée restait com|)l('te. Une
nouvelle injeelioii de lobéline, faite à 11 h. 4.'),
n’amena aucun cll’ct. La respiration artificielle
fut eiieore rejirisc [lendant une demi-heure sans
résultat. U’est alors <pie l'inhalation de CO* fut
commencée jiar l’intermédiaire d’une sonde en
gomme introduite dans la canule de trachéotomie.
L t'Il'et fut saisissant : au bout de ipielipies instants,
alors (pie la respiration artilici(dle était conqih''-
mala(l(‘
t be
in spontanée reparut,
aueoup (ilus qu’avant
it les yeux, puis, dî'S
pue, il se mit à parler.
(pie l'inhalation fut int('
Le nombre des respirations était à ce moment de
11) par minute.
Cependant, cin(| minutes plus tard, le malade
se rendormait; les res[)irations redevenaient
plus rares. 1 b. lô, elles menag-aient de s’arrêter
de nouveau. Une inhalation de CO' rétablit encore
aussitêit la situation. Trois fois dans la nuit, le
même phénomène se re])roduisit, et l’action du
gaz carboni(pie resta aussi fidèle et aussi saisis¬
sante ; mais refl’et d’une inhalation ne se mainte¬
nait guère dans toute son amplitude (pie jiendant
eimj minutes ; la somnolence et les troubles
en(;ai(‘nt ensuite à s’aggra¬
ver. .\ [lartir de 4 h. 15 du matin, on put se dis¬
penser de recourir de nouveau au CO', et la situa¬
tion se rétablit com|)lètement dans lii matinée.
Le malade mourut (juinze jours jilus tard de
broncho-pneumonie de d('glutiti()n.
On peut remaiapier (jue, dans ce cas, c’est
bien la présence de CO' dans l’air alvéolaire (pii
a agi, et non le réflexe [irovoqué [lar l’excitation
de la mmpiciise nasale, comme dans l'observation
de Dzialoszynski, [iiiisipie le malade était tra-
chéotomisé.
Dans l’intoxication oxycarbonéc, l’inhalation
d’oxygène est assurément l’indication majeure.
Cependant Y. llenderson et, avec lui, Drinter, le
jirésident de la Commission d’études américaines
jiour la standardisation des méthodes de revi¬
viscence, recommandait l’addition de 3 à 5 pour
100 de gaz carboniipie à l’oxygène. On éviterait
ainsi l’action dépressive, et parfois même l’effet
inhibiteur brutal (pie l’oxygène exerce parfois
sur le centre respiratoire. Déplus, en augmentant
l’amplitude des mouvements respiratoires et l'ac¬
tivité de la circulation pulmonaire, on accélére¬
rait la dissociation de la carboxyhémoglobine, et
on aurait les plus grandes chances de prévenir la
pneumonie secondaire. Cette technique a donne
des succès jiar centaines en Améri(|ue, et elle
tend à se généraliser dans le monde entier.
llenderson et Iloggard, Drinker préconisent
le même mélange dans le traitement d’urgence de
tous les asphyxiés : électrocutés, noyés, pendus
(comme dans le cas ancien d’Ettore Levi).
Doppler, llenderson comprennent dans ses in¬
dications les pneumonies et les broncho-pneu¬
monies.
E. Fischer y joint le coma éclamptiipie, d’au¬
tant ])Ius (|ue le CO* sanguin y est diminué (M.
P. Wilson). Le traitement, institué dans Ces con¬
ditions, n’aurait jamais déclenché de jioussée
hypertensive.
Enfin White a eiiqdoyé avec succès la teiïïini-
que de llenderson dans les troubles respiratoires
des hyjiertensions crâniennes, en |)articiilier dans
les tumeurs, dans les abcès ou dans les fractures
qui intéressent l’étage postérieur. llenderson lui-
même la jirécouise tout particulièrement pour les
opérations sur les centres nerveux, surtout si
elles sont faites sous anesthésie générale.
Dans certains cas, par exemjile pour les inha¬
lations prolongées, il y aurait jiarfois avantage à
substituer le mélange d’air et (le gaz carbonique
au mélange d’oxygène et de gaz carbonique; ce
dernier, en effet, exposerait, à la longue, à des
complications i>ulnionaires. A vrai dire, cette
action nocive retardée de l’oxygène ne semble
pas jiarfaitemcnt établie.
Parmi les états aspbyxiipies, il faut faire une
place à part à rasjibyxie [lar a[)née des iiouveaii-
nés. 11 en est peu, en dehors, peut-être, de
certaines intoxications et de certains syndromes
cérébraux, dans le mécanisme desquels on
puisse incriminer plus sûrement la stimula¬
tion insuffisante du centre respiratoire. L’iiiba-
lation de UD'* y trouve donc tout naturellement
son indication.
Quel que soit le mécanisme encore discutable
(le l’a|)née et de l’aspfiyxie du nouveau-né, il y a
intérêt à élever le taux du CD* dans le sang jioiir
stimuler le centre res[)iratoir(', et à y élever le
taux de l’oxygime pour parer à l’asphyxie. Le
procédé des anciens accoucheui's, -- qui date du
(iroplû'te Elisée (livre II des Rois), consiste
à insufller bouche à bouche l’air exjiiré de ses
jiropres poumons, chargé de CO*, dans la trachée
du nouveau-né : en procédant doucement, tran-
(piillement, selon un rythme ré-gulier et pas trop
rapide, on réalise un traitement vraiment logi¬
que, bien [iréférable aux jiratiques de flagellation,
de bains froids, de révulsions violentes, aux ma-
iKcuvres plus ou moins brutales de respiration
artilicielle, (|ui traumatisent inutilement l’enfant,
et (|iii le blessent même souvent, sans que rien
permette d’attribuer à ces procédés aucune effl-
Cependant il est possible de rénover le pro¬
cédé d'Elisée. Emprunter une idée à la Bible, en
établir le bien-fondé par la méthode scientifhpie,
créer une techni(pie jirécise pour rap[)liquer dans
les conditions les nieilleuri's, lui assurer une es¬
tampille olficielle (pii en fait un standard, puis la
répandre dans le monde entier, en vue de sauver
la vie de milliers de petits enfants, voilà une
«■livre d’un es])rit bien américain, et Y. Ilender-
sou s’y voue avec un enthousiasme manifeste.
Sa techni(]ue est d’ailleurs très simple. L’ajipa-
reil, ipii a servi à l’anesthésie de la mère jiendant
le travail, peut être utilisé pour traiter l’enfant.
La pièce nasale du masque est facile à adapter
chez le nouveau-né. Le sac. de caoutchouc est
rempli d’un mélange de CO* et d’oxygène, ou bien
de CO* et d'air, contenant 5 pour 100 de CO*. Il
suffit, par des pressions légères sur le sac de
caoutchouc, rythmées à raison de 3 à 4 par mi¬
nute, d’insuffler les poumons de l’enfant avec ce
mélange (manieuvre de Sword), pour susciter les
premiers mouvements respiratoires. Il importe
assurément que la pression ne soit pas trop forte
pour ne pas léser les alvéoles fragiles qui n’ont
pas encore respiré, llenderson a construit un ap¬
pareil, qui est réglé pour ne pas pouvoir dépasser
un centième d’atmosphère. Lundy établit en dé¬
rivation une soupape à eau, qui ne permet même
pas de dépasser 3 cm. d’eau.
La respiration artificielle est souvent inutile ;
ou bien quelques manœuvres très douces sont
suffisantes pour encourager les premières inspi¬
rations. Quand les mouvements spontanés s’ins¬
tallent , l’insufflation peut être suspendue, mais
l’inhalation du mélange carbonique doit être con-
linuée encore assez longtemps après que la res¬
piration a pris son amplitude et son rythme
normaux.
Mac Ilray continue l’inhalation pendant jilu-
sieurs jours, grâce à un appareil adapté à une
couveuse, qui permet de faire respirer d’une ma¬
nière continue le gaz riche en gaz carboniijue,
sans risque d’hypertension ni de concentralion
carbonique excessives.
11 nous reste à envisager un dernier fait théra¬
peutique, qui n’est pas le moins curieux. Il s’agit
de l’action du gaz carbonique en inhalalion sur
le hoquet. Doppler, Dzialoszynski, Sword, llen¬
derson, Sheldon, Lahey la signalent tous, soit
dans le hoipiet post-opératoire, si pénible et
si fréquent après certaines opérations thoraco-
abdominales, — soit même dans le hoquel épidi'-
miqiie (Doppler, SheldonL
11 suffirait généralement de quelques bouifées
de gaz carbonique pour arrêter net le hoquet le
[ilus tenace et pour rétablir la régularité du
rythme respiratoire. Le plus souvent, le hoquet
se reproduit au bout d’un certain temps; mais le
gaz carbonique n’a rien perdu de ses vertus, et
le malade ou l’opéré peut trouver, à C()té de son
lit, dans le ballon de gaz carbonique, le secours
immédiat, (pii apjiorlera un répit à son tour-
Lahey a essayé le mélange de GO* et d’oxy¬
gène; mais le gaz carbonique paraît plus simple
d’application, donc préférable : le malade porte
seulement la canule à sa bouche, et la garde pen¬
dant quelques inspirations. Les mouvements re.s-
piratoires deviennent peu à peu plus amples, et
le hoquet cesse.
Parmi les 11 observations que rapporte Shel¬
don, il n’y a (pie 2 insuccès. Nous résumerons
un de ces cas, qui est particulièrement typique.
Un homme de ()5ans avait subi une cystostomie,
comme premier temps d’une prostatectomie. 11
fut pris, cinq jours, après, de hoquet, qui se })ro-
longeait encore le quatorzième jour. Seules des
doses massives de morphine lui jirocuraient
((uelques courtes rémissions. Le malaile était pro¬
fondément découragé, et on eut du mal à le con¬
vaincre d’essayer rinhalation de CO*. Ciqiendant
le jirocédé réussit dès les premières inspirations.
La jiremière inhalation dura sept minutes, et le
hoquet cessa pendant vingt minutes. Quand il eut
repris depuis cinq minutes, on recommenga
rinhalalion pendant cinq minutes, et le répit fut
de huit inimités. Pendant près de quatre jours, le
malade dut renouveler les inhalations plus de
cent fois. Ghaqiie fois, il obtenait l’arrêt du
hoquet. Les premières inhalations duraient de
trois à cinq minutes. Plus tard, elles étaient plus
courtes, de une à deux minutes seulement. Les
périodes calmes, qui étaient de dix à vingt
minutes au début, devinrent peu à peu plus
longues, s’étendant sur une ou plusieurs heures,
mais toujours des plus irrégulières. Sheldon eut
la patience d’établir l’horaire précis de toutes les
inhalations et des périodes de répit*consécutives
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
71
N» 5
pendant ces quatre jours, et il en relève minutieu¬
sement l’horaire à une minute près.
Après cette lutte acharnée contre le hoquet, le
spasme disparut définitivement. Trois semaines
après, la prostatectomie pouvait être pratiquée,
et le malade guérit.
Une inspiration volontaire, vigoureuse et
brusque, réussit parfois pour couper une crise de
hoquet. On comprend que l’hyperpnée involon¬
taire, déclenchée par l’inhalation de CO’, soit
plus efficace encore.
Contre un symptôme aussi pénible et aussi
rebelle (jue le hoquet, il est utile de connaître un
procédé thérapeutique aussi simple. Même s’il ne
réussit pas toujours, il a certainement donné de
beaux succès, et on se doit de l’essayer.
11 serait même intéressant de savoir s’il agirait
aussi dans d’autres variétés de troubles respira-
loires post-encéphalitiques.
La plupart des auteurs qui ont essayé les inha¬
lations de gaz carbonique restent muets sur leurs
inconvénients.
Théoriquement, on aurait pu craindre l'aeidose
gazeuse par accumulation de CO^ dans le sang.
Henderson a montré que cette crainte était illu-
On aurait pu penser également que l'hyperpnéc
prédisposerait à la tétanie. Mais le fait n’a jamais
été signalé.
Plus importantes à envisager seraient peut-être
les conséquences fâcheuses que pourrait avoir
l'exagération des mouvements respiratoires chez
un opéré récent : épuisement musculaire, poussée
d’hypertension artérielle, et aussi, s’il s’agit
d’une intervention thoraco-abdominale, rupture
d’une suture, hémorragie, dissémination d'un
foyer infectieux.
Il est évident que l’inhalation de CO’ ne doit
être instituée que sous une surveillance médicale.
11 faut surtout que la technique employée ne per¬
mette en aucun cas de dépasser la concentration
physiologique de 4 à o pour 100.
Mais il faut bien dire que, si l'on met à part
un peu de toux, d’arythmie de la respiration
(Lundy) et une cyanose passagère chez deux
enfants (Righetti), nous ne connaissons aucun fait
précis d'accident sérieux qui puisse être attribué
au gaz carbonique.
Il ne semble par y avoir de raison valable pour
admettre, avec Merle Scott et avec Cutler, une
contre-indication chez les enfants, chez les pul¬
monaires ou chez les cachectiques.
Nous avons étudié ici-même, en 1927, un autre
excitant électif du centre respiratoire ; la lobéline*.
Il était intéressant de la mettre en parallèle avec
l’inhalation de gaz carbonique. C’est ce qu’ont fait
Norris et Sonia Weiss en Amérique, Hildebrand
et Hellendal en Allemagne, chez des lapins, chez
des chats, et même chez des malades qui présen-.
laient des signes d’intoxication par la morphine
ou parla scopolamine. Ces auteurs ont conclu, les
uns et les autres, que l’inhalation de gaz carbo¬
nique était plus puissante que l’injection de lobé¬
line, et plus fidèle dans son action. On peut ajou¬
ter qu’elle ne semble pas présenter les mêmes
dangers et qu’elle a sur elle cette supériorité de
faire appel à une action purement physiologique.
Le seul avantage de la lobéline est qu’il est
facile d’en avoir toujours sous la main, avec une
aiguille et une seringue de Pravaz, pour le cas
d’urgence, tandis que l’administration du CO' est
plus compliquée et demande plus de temps. Mais
Hellendal a pu constater que les deux traitements
peuvent s’associer sans inconvénient. Le malade
d’Erb, nous l’avons vu, avait reçu sans succès deux
injections de lobéline, avant que les inhalations
de gaz carbonique ne réussissent à réveiller sa
respiration.
La méthode de Yandell Henderson ne semble
guère avoir été expérimentée en France jus(iu’à
présent. Sa mise en œUvre, soit avec les appareils
précis des Américains, soit par les moyens de
fortune des Allemands, demande sans doute
quelques tâtonnements. Mais, si vraiment son
innocuité, la rapidité et la puissance de son action
répondent â ce que tant d’auteurs ont déjà cons¬
taté à la suite de son inventeur, il est juste de
réclamer, avec ce dernier, que l'instrumentation
appropriée se trouve partout où l’on [jeut avoir à
intervenir d’urgence pour ranimer la fonction
respiratoire : dans les postes de ponqjiers, dans
les mines, dans les usines à gaz, dans les usines
de produits chimiques ou d’électricité, et surtout
dans les salles d’opération et dans les maternités.
Le ballon de gaz carbonique, ou mieux le
mélange d’oxygène et de gaz carbonique, aura
sans doute un jour aussi sa place dans le nécessaire
d’urgence des services d’admission de nos hôpi-
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Vil.
REVUE DES THÈSES
THÈSES DE PARIS
(1928)
R. Hickel. Réactions, incidents, accidents pro¬
voqués par les rayons ultra-violets ; prophylaxie,
traitement (A. Legrand, éditeur, Paris). — Les
rayons ultra-violets correctement appliqués ne peu¬
vent provoquer d’accident mortel. La mort, dans les
1. ,1. Mm /ON. /.Il /'irxxe M.ulirnlr, 12 (Irtnhre 1(127.
p. 12;l'.l.
quelques rares observations rapportées, semble avoir
été l’œuvre : l" de la maladie elle-même jiour laquelle
le traitement avait été institué; 2" d’une mauvaise
technique, d’une application de doses trop fortes ou
de l’irradiation de cas contre-indiqués; 3“ du phéno¬
mène de la réaction de foyer qui survient chez les
tuberculeux en particulier et qui pevit-être a pu
déclencher la réartivalion d’une lésion éteinte ou une
bacillémie suivie de graiiulie ovi de méningite bacil¬
laire.
2! Les principales réactions, les principaux incidents
ou accidents qui peuvent survenir sous l’influence des
rayons ultra-violets sont :
Un érythème violent s’accompagnant de phéno--
mènes généraux plus ou moins graves ;
rornics, rubéoliques, uclicaricus ;
UcB accidents inesthétiques, durables ou non :
liypertrichose, pigmentation forte, télangiertasies ;
Des œdèmes survenant chez des malades dont le»
reins sont lésés ou le système vaseulaire taré; enfin
chez les individus pbotosensibilisés ;
Des aecidents oculaires (épidermito des paupières,
oiibtalmie aetinique) ;
Des phénomènes d’intolérance chez de» sujet» pré¬
sentant une phoU)-»ensihilisatiim d origine endogène
Des phénomènes de choc par photo-unuphyluxie ;
Des réactivations de certaines diathèses spasmo-
phile» chez quelques malades ;
De l’asthénie passagère chez certains nerveux;
La réapiiarition des règles ehez des femmes lué-
iiopaiisi'es
,\u cours des traitement', locanv ; des {ihi'iioiiièiies
72
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
N» 5
généraux à la suite d’applications d’U.-V. faites à
doses très fortes ou en trop grand nombre;
La cicatrisation trop rapide des plaies ou des fis¬
tules;
Des céphalées violentes au cours d’irradiations
intéressant le crAiie en entier ou le visage seule-
Des ébauches de poussées évolutives (lièvre légère,
hémoptysies, reactions de foyer) chez les tubercu¬
leux osseux, ganglionnaires, génitaux, pulmonaires
(forme torpide exclusivement).
L’expérience a révélé des contre-indications abso¬
lues à l’emploi des rayons >iltra-violets ; passer outre
A ces contre-indications exposerait le malade aux plus
graves complications. Ce sont tous ces cas où l’orga¬
nisme est en état de crise aiguë, fébrile, ou dans un
état de fatigue tel que les organes ne peuvent faire
les frais d'un gros efl'ort de réparation et que le
repos absolu est avant tout nécessaire. Telles sont :
Les maladies fébriles aiguës;
La tuberculose pulmonaire à forme congestive, ii
évolution rajjide ;
La tuberculose miliaire chez l’enfant;
Les lésions cardiaques à la ])ériode de non-com¬
pensation, l’asystolic;
Les grandes insuflisances rénales, les grands liyper-
tendus;
Les grandes insuflisances hépatiques ;
La plupart des cachexies;
Peut-être les malades hémorragipares ;
Certaines dermatoses bulleuses (pemphigus) ;
L’eczéma des nourrissons lorsqu’il est généralisé.
Les ris(]ues d’accidents tardifs paraissent avoir été
fortement exagérés ; cepimdant, dans des cas excep¬
tionnels où un traitement mal conduit (doses trop
fortes, séances trop nombreuses) aui'ait fatigué
momenlanémént cerlains organismes ])articulière-
ment intolérants à l'I'.-V., il semble que des infec-
applicalion et une surveillance médicale constante
pendant toute la durée de la cure. Son application
doit donc être réservée aux seuls médecins.
J. Perard. La restauration chirurgicale de
l’urètre chez la femme [A l.egiuiid, éditeur, Paris).
— La i-eslaural ion chirurgicale de l’urètre féminin
est ti'ès complexe et très délicate quand la lésion
pour buiuelle on intervient intéresse toute l’étendue
de ta paroi jiosiérieure du canal jusqu’au col de la
vessie inclusivement (grands épisj)adias, trauma¬
tismes obstétricaux). La destruction du col vésical
détermine en elTet une incontinence d’urine absolue
et la restauration consiste non seulement à réparer
anatomi(|uemenl une perle de substance comme on le
ferait pour une listulc’ vesico-vaginale ou uréti’o-
vaginale banale ; elle consiste aussi il parer à la des¬
truction du col vésical et le rétablissement de la
continence est certes le jioint le [itiis délicat de la
question.
L’élude critique des dilîérents procédés (iréconisés
jusqu’il ce jour moiilre ((u'ils donnent lieu à des
échecs fréi|uents et répétés, à cause de la formation
de listules au point de raccordement du nouveau
canal autoplaslique à la vessie. Au point de vue fonc¬
tionnel, on observe de l’incontinence d’urine, impu¬
table, dans la majorité des cas, il l’insuflisance de
longueur du nouveau canal, à la minceur de sa paroi
liostérieure, à l’insuflisance du soutènement de lu
région du col vésical.
Les principales causes de désunion des sutures
(échecs mor|)hologiques) sont les suivantes ; dans
la période pré-opératoire, l’insuflisance de prépara¬
tion, car il n'est pas douteux que, si les urines sont
iiisuflisamment désinfectées et aeidiliées, elles ont
une tendance très nette il incruster les tissus de la
région opératoire et ù en contrarier la cicatrisation ;
dans la technique opératoire, l’insuflisance d’éten¬
due de l’avivement et de l’affrontement des lambeaux
autoplastiques, A cause du « manque d’étoffe » ; dans
la période post-opératoire, la dérivation urinaire
défectueuse, qui laisse l’urine souiller et inliltrer les
s'urfaces avivées ; la cystostomie sus-pubienne est
certainement, de tous les procédés de dérivation, celui
Marion a ainsi été amené A imaginer un nouveau
procédé de restauration de l’urètre féminin qui
comporte deux temps ; — i“‘' temps ; après cystos¬
tomie sus-pubienne de dérivation, fermeture de la
vessie par voie vaginale, en bourse, par 3 ou 4 plans
de sutures étagées, de façon A obtenir un alfronte-
ment A très larges surfaces, sans danger de désunion
ultérieure; — 2“ temps : mise en place dans un
trajet de tunnellisation sous-pubienne d’un grelfon
tabulé de muqueuse vaginale, cylindre creux formant
le nouveau canal et dont on laisse dépasser un peu
l’extrémité supérieure dans la vessie.
■Ce nouveau procédé, qui a donné de bons résuitats
anatomiques et fonctionnels dans les quelques cas où
11 a été tenté, se recommande par les avantages sui¬
vants : a) technique opératoire, relativement simple,
applicable dans tous les cas, quels que soient l’aspect
et l’étendue des lésions, puisqu’il y a toujours assez
d’étolfe, d’une part pour fermer la vessie, d’«>dre
part pour détacher sur un point quelconque de la
muqueuse vaginale un lambeau rectangulaire dont
on fera un cylindre par enroulement ; • — b) qualités
anatomiques et conformation du nouveau canal pro¬
pices A la continence (longueur, étroitesse, épaisseur
de la paroi postérieure, disposition spéciale de
l’extrémité supérieure).
T. Pestoriza. L’ulcère syphilitique de l’estomac
{Librairie M. Vigiié, Paris). — L’ulcus de l’estomac
relève assez souvent d’une infection syphilitique, ^..es
statistiques ne sont point encore assez précises pour
en apprécier la fréquence, mais sa possibilité doit
toujours être envisagée en clinique.
11 faut surtout y penser ; Iv chez d’anciens spéci-
(l(|ues soignés iiisuflisamment ou dont le traitement
a été abandonné depuis longtemps : une réaction de
Wassermann négative sera un signe insuffisant pour
en écarter l’hypothèse et la réactivation de la réac¬
tion devra toujours être tentée; 2“ chez les malades
A qui le régime et la thérapeutique classiques n’ap¬
portent qu’un soulagement insignifiant ou insufiisanl.
L’étude des observations qui ne sont pas encore
très nombreuses laisse A penser que les formes cli¬
niques peuvent être très variées. L’auteur envi¬
sage successivement : l’ulcère A type hémorragique;
l’ulcère A lyjie perforant; l’ulcère A type sténosant;
l’ulcère de la période secondaire, qui est rare; les
formes frustes et dissimulées; les ulcérations gas¬
triques liées aux lésions nerveuses de la syphilis.
Parmi les symptômes observés, il en est deux qui
semblent plus particulièrement liés A l’origine trépo-
néniique de l’ulcère : c’est la tendance très fréquem¬
ment hémorragique de la plaie et aussi le caractère
nocturne des douleurs, ce qui est beaucoup plus
Les localisations gastriques de l’ulcus syphilitique
ne dilïèrent jias sensiblement de celles de l’ulcère
classique.
L’anatomie jialhologiquc montre que le mécanisme
habituel de la formation ulcéreuse est la fonte d’une
gomme qui, progressivement, se creuse, la perte de
substance pouvant aller jusqu’A la perforation.
Le pronostic dépend surtout de l’Age de l’ulcère.
Lue ihérapeuliqiie (irécoce est toujours assurée d’un
succès remarquable. Lorsque l’ulcère s’est organisé
et que les inliltratious fibreuses se sont constituées,
une intervention chirurgicale peut être rendue néces¬
saire, toujours délicate chez un malade dont l’état
général peut être médiocre.
La thérApeutique mettra en action tout l’arsenal
des médicaments antisyphilitiques avec une énergie
prudente, en tenant compte de l’Age et de l’état
général du sujet. Il faut faire toutefois une place
particulière A la bismuthothérapie dont les résultats
semblent des plus heureux.
Paul Le Floch. L’sssociation iodo-soufrêe en
milieu aqueux dans le traitement du rhumatisme
chronique (Marcel Vigne, éditeur), Paris. — Avec
André Léri et Bedet, Le F. a étudié l’activité théra¬
peutique de l’association iodo-soufrée en solution
aqueuse préparée extemporanément au lit du malade
et injectée dans les masses musculaires. Il rapporte
12 observations de rhumatisme infectieux évolutif
et 10 observations de rhumatisme chronique A lésions
ostéo-cartilagineuses dont une de sciatique avec
sacralisation de la 5® vertèbre lombaire.
Le produit employé, très riche en soufre, sous
forme de bisulfure, libère une partie du soufre au
contact des tissus. L’iode libère le soufre de la molé¬
cule de l’hyposullite et ajoute sa propre action. TiCS ,
injections sont indolores et ne provoquent aucune
réaction générale.
Les formes de rhumatisme qui ont paru le plus
favorablement iniluencées par l’association iodo-
soufrée sont les formes A prédominance synoviale,
caractérisées par des gonllements, des empâtements
douloureux articulaires, jx-ri-articulaires et péri-
tendineu.x, sans lésions osseuses ni cartilagineuses,
formes probablement d’origine infectieuse: La dou¬
leur et le gonflement disparaissent, une rechute
fréquente est jugulée par une nouvelle série d’in¬
jections.
Dans les formes ostéo-cartilagineuses avec défor¬
mation, la récupération des mouvements est le fait
de la diminution de la douleur et des contractures.
ROIIEKT Cl.ÉMliXT.
THÈSE DE MONTPELLIER
(1928)
Jean Olmer. Contribution à l’étude du typhus
exanthématique et des infections typhoïdes avec
exanthème; la fièvre exanthématique de la région
marseillaise (édité par la Société anonyme du Sé¬
maphore de Marseille). — Ce Iravail reprend et
développe les communications antérieures du prof.
Olmer. O. rapporte 58 observations, la plupart de
ce dernier, de lièvre exanthématique de la région
marseillaise, puis il en fait la synthèse clinique.
La maladie est caractérisée par un état infectieux,
avec lempératurè élevée, sans tuphos, ni signe mé¬
ningé, avec éruption généralisée, A laquelle la face par¬
ticipe, éruption souvent hémorragique, présence d’une
escarre iioirAtre, présentant souvent de l’exanthème
et une albuminurie transitoire-. C’est une maladie
qui survient de préférence l’été, évoluant chez
l’adulte, en milieu aisé, sans qu’on puisse retrou¬
ver de parasite, et dont l’évolution, habituellement
bénigne (4 cas mortels), en 15 jours environ, se ter¬
mine pur une longue période de dépression et
d’asthénie.
Les divers examens de laboratoire ont été néga¬
tifs : inoculations, hémocultures, recherches du
germe dans le sang, l’urine, les lésions cutanées ;
liquide céphalo-rachidien normal. L’agglutination
du Proteus X'”, recherchée dans 42 cas, a été cons¬
tamment négative, sauf une fois, avec une souche
particulière venue de Pologne.
Le diagnostic est A faire avec les divers exan¬
thèmes, les affections tyjihoïdes et le typhus.
Dans une 2“ partie, O. tAche d’assigner une place
nosologique A la fièvre exanthématique de la région
marseillaise. Il isole un syndrome caractérisé clini¬
quement par ce fait que le virus pathogène, encoie
inconnu [Itichettsia sans doute), est toujours trans¬
mis de l’homme A l’hoinine ou de l’animal A l’homme
par un insecte piqueur. Dans ce syndrome deux grou-
1“ Typhus exanthématique (jamais de lésion nécro-
tique de la peau, transmission par le pou, maladie
d'hiver, fréquent chez l’enfant, pronostic sévère, ino¬
culable au singe, aggluliiiatil le Proteus X'”) ;
Oo Ifiévre pourprée dos Montagnes Uocheuses et
lièvre fluviale du Japon (lésions nécroliques do la
peau fréquentes, non-transmission par le pou mais
par une tique ou un acare, rare chez l’enfant,
inoculable au singe, mais ne l’immunisant (las contre
le typhus , n’agglutinant qu’exceptionnellcment le
Proteus X'”).
Entre ces doux groupes, la maladie de Brill.
C’est au 2'-' groupe que O, raltaclie la lièvre exan¬
thématique de la région marseillaise et il envisage
les trois interprétations possibles pour relier ces di¬
verses maladies : ou il s’agit d’un même virus qui a
subi des mutations ; ou le virus est le même, mais
le réservoir et l'agent de transmission sont dilîé¬
rents ; ou il s’agit de virus différents mais voisins.
O. ne prend pas parti : il demande que la maladie
soit déclarée pour que l’on puisse surveiller sa
transformation éventuelle en typhus.
H. VlALLEFONT.
K) Janvier 1929
N“ 5
MEDECINE SOCIALE
JURISPRUDENCE
INFORMATIONS PROFESSIONNELLES
LA IHÉaEOINE AUX MÉDECIflS
Medice cura te ipsum
« Üne classe sociale na jamais été sauvée par la
miséricorde des autres. Une nation na jamais été
sauvée par la miséricorde des autres ! m
Ces fortes paroles de Jean Brunhes devraient
être à la base des réflexions de tous les médecins
qu’alarment à juste titre les répercussions sur la
vie médicale des' lois dites « sociales ».
Ne craignons point de l’avouer : par veulerie,
par égoïsme, par mcflance irraisonnée et irrai¬
sonnable du confrère, le médecin d’Europe a
laissé s’établir dans le public l’opinion qu’il était
toujours prêt à accepter une besogne à n’importe
quel prix pour que le confrère n’en profite pas,
qu’il était pressurable à merci.
Naturellement les politiciens, si respectueux
des gens qui savent attaquer, n’eurent garde de
se gêner, avec des êtres sans défense.
Gomme le dit excellemment notre confrère
Leinière dans le .Tournai des praticiens^, à propos
des médecins ; « On a fait une première loi sociale
sans demander leur avis, sans tenir aucun compte
de leurs observations, c’est la loi sur les acci¬
dents du travail; et tout aussitôt, comme si les
législateurs l’avaient voulu, on a vu apparaître
les médecins marrons qui, dans des officines
louches, ont attiré les accidentés au détriment de
leurs confrères, des patrons et des ouvriers eux-
mêmes, car ils ont pratiqué en ignorant volon¬
tairement toutes les règles, même les plus élé¬
mentaires, de la déontologie. Gela aurait dû
ouvrir les yeux à nos législateurs; mais non, ils
ont récidivé, ils ont fait la loi sur les soins aux
pensionnés de guerre qu’ils ont étendue tous les
pensionnés du temps de paix ef l’article 64, sans
tenir compte de tout ce que l’on n’avoue pas, a
donné naissance au scandale des carnets médicaux.
Ghaque fois, on a chargé le corps médical tout
entier des méfaits imputables à quelques-uns et
quand le corps médical a élevé la voix pour pro¬
poser dos réformes capables, sinon de supprimer,
tout au moins do restreindre les abus au minimum,
on a refusé systématiquomeut de l’écouler.
» Et voilà (jue l’on recommence sur une plus
vaste échelle encore avec la loi sur les assurances
soçiales. »
Nous avons dit « le médecin d’Europe », cav le
mal n’épargne pas nos voisins et, de toute évidence,
nos confrères allemands sont encore plus éprouvés
que les médecins français. Le livre de E. Lick”,
que La Presse Médicale résumait l’autre jour,
donne parfailement idée de la déchéance réservée
à un groupement social qui s’^abandonne. En
France, nombreuses sont les œuvres de défense
professionnelle : nos syndicats médicaux, 1? plu¬
part dirigés par des confrères énergiques, ont
obtenu des résultats qui sont loin d’êlre insigni¬
fiants:; mais la défense, passive ne suffit pas. Pour'
que les aiédççins acquièrent dans iine nation la
situation qu’ils niévitent par leur intelligence et
leur labeur, il est indispensable qu’ils fassent
wuvte sociale pQsitivç et qu’ils sachent organiser,
edx-mêtrtes, les é:tabUsscwenls de soins que les
l; G. <c Les lois sociales et le médecin ».
Journal des praticiens, 28 Novembre 1928, n" 47 bis.
2. Ervkn Llcfc (de Dantzig;). — a tes méfaits des asso-
rances sociales et les moyens d’y remédier », Vreesç
médicale, 24 Novembre 1928, u" 94.
progrès réelarnent, au lieu d’entrer comme subal¬
ternes avec des salaires de misères, dans des
établissements fondés par le gouvernement ou les
municipalités ; Lick fait à ce sujet des réflexions
intéressantes sur ce qui se passe en Allemagne; il
nous dit ;
On lit dans l’atifiUaire statistique pour l’Etal
allemand ; Il est digne de remarque que le nombre
des hôpitaux publics a considérablement augmenté
dans les 15 dernières années; par contre, celui des
bôpilaux privés a fortement diminué. Il n’y avait
ainsi par exemple en lOlJ que 2.817 hôpitaux géné¬
raux publics, en 1924 déjiï 2.934 ; |)ar contre, le
nombre des hôpitaux privés a reculé de 1725 en 1911
à 779 en 1924. En analogie, le nombre des lils
augmenta dans les liôpilaux publies de 164.910 ou
1911 à 287.174 en 1924; l’augmentation des hôpitaux
publics et le recul de* liôpilaux généraux privés
prend encore plus d’importance si l’qn pense qu’en
1911 1.449.606 malades en tout furent soignés; par
contré déjà en 1924 2.241.541, tandis que les chilfres
correspondants pour les bôpilaux prives sont 909.042,
puis 299.515. Ces ohiffres surprenants s’expliquent
sans doute par le fait que les hôpitaux publics sont
dans la plupart des Cas meilleur piarchc, sont en
partie ' subyoutionnés sur Ica deniers publics et
que le nombre de malades qui ont droit aux soins
dans des hôpitaux publics a considérablement
anginenlé. Du reste, les établissements privés pour
maladies mentales, épileptiques, idiots, faibles d’es¬
prit et maladies nerveuses présentent aussi un recul
régulier. Pendant ejue le nonibre de ces maisons
était encore de 310 ou 1911, il tombe en 1924 à 140.
LeU établissements publics du même genre par
contre ont augmenté de 22.0 eu 1911 à 243 en 1924.
La même évolution se voit aussi pour les établisse¬
ments pour maladies des yeux, 'l'andis que le nombre
des cliniques ophtalmologiques piibliques montait
de 46 en 1911 à 63 en 1924, en même temps le chiffre
des cliniques privées tombait de 119 à 68.
.T’ajoute quelques indications sur ma propre
clinique ; elle avait avant la guerre 35 lits avec.
700 entrées annuelles en chiffres ronds. Aujourd’hui,
avec 24 lils je n’arrive pas encore à la moitié de ces
entrées, pas encore à un tiers dunombre de journées;
depuis des années, on ne. peut plus songer à équili¬
brer le budget de la clinique. En outre, depuis dix-
buit ans cjue je possède ma propre clinique, à
Dantzig, pas une seule clinique nouvelle n’a été
fondée malgré l’augmentation considérable de la
population ; mais 6 cliniques ont cessé d’exister. Le
recul de ma clinique n’est naturellement pus une
exception, mais la règle, comme Un regard sur nos
hebdomadaires nous le prouve (Journal des associa¬
tions médicales, communications médicales). On
peut prévoir avec, certitude le moment où les cli-
iiicpics privées auront disparu. (Je rappelle pour
exemple la mise en interdit qui dernièrement a été
décrétée par les Caisses contre les cliniques privées
berlinoises).
Gohuno le fait observer Lick : il est pourtant
ridicule que d’un côté, nous' autres médecins
soyons écrasés par les impôts et quo de l’autre
côté, on emploie ces impôts à inslallcr des éta¬
blissements dans lesquels les gens aisés reçoivent
des soins : examens radiologiques, dialherinic,
rayons ultra-violets, bains médioinaux à un tarif
bien au-dessous du prix de revient réel. La ruine
économique, des cliniques libres par les établisse¬
ments hospitaliers a ceci d’un peu répugnant que
comme contribuables les médecins paient une
partie de la guerre qui leur est faite et elle a ceci
de grave qu’elle maintient longtemps dans des
situations inférieures de jeunes énergies qui
pourraient, dans d’rtutres condiliofts, développer
leur essor pour le plus grand bien de la sdietice et
du pays qu’on aille, dit Lick, dans nos cliniques
universitaires dans no.s grands hôpitaux et qu’on
regarde la foule des assistants. Gombien d’hommes
capables y ar-tJ! là qui sont encore et toujours
assistants, à un âge où autrefois le spécialiste en
chirurgie était établi à son compte depuis long¬
temps. »
Notre distingue confrère, le 1)'' J. Noir, vient
de publier sur ce sujet, dans le Concours médical
14 Octobre 1028, un article à mcdiler*.
Il y a bien près de trente ans que nous con¬
seillons en vain aux médecins praticiens de s’associer,
de créer des coopératives pour fondci' cl administrer
(ou faire ."idministror sous leur direction, car les
médecins français sont, le plus sauvent, do bien
inuuvais adminislralcurs) des maisons de saùté, des
hôpitaux payants pour les gens riches cl les malades
de petite aisance, En agissant ainsi, ils auraient
rendu de signalés services à la population et auraient
évité une crise que les assurances sociales vont pré¬
cipiter et dont nous ignorons quelles seront les con-
séquenees pour les médecins praticiens.
Combien seraient différents le langage et la situa¬
tion de nos syndicats médicaux à l’égard des caisses
d’assurances, si, poSsédanl dos niaisoTts de santé,
des hôpitaux privés bien organisés, ils étaient Ou
mesure d’offrir dès demain, à des prix à débattre,
les lils dont ces caisses vont avoir un pressant
besoin;’
S’il en était ainsi, songerait-on, à Paris pal- exem¬
ple, à détourner les hôjiilaux de l’Assistanco de leur
rôle et à créer ])our ces hôpitaux une nuée de fonc¬
tionnaires ou de demi-fonctionnaires médicaux,
comme la communicalion de .M. de h’onlc,iiay a(i
Conseil municipal de Paris nous le laisse enlrevair'f
EstJl donc imposslbc de créer des coopératives
médicales pour la fondation of l’exploitation d’éta¬
blissements hospitaliers'.’ L’on nous objectera q\|e
les médecins ne sont pus des capitalistes. Certes, la
plupart ne sont pus de gros capitalistes, cl cependant
certains!... Mais presque tous possèdent néanmoins
do petits cai)ilaux. Il en fut (|ui en ont possccié et
n’ont pas hésité a les engloutir dans les fonds russes,
quand, avec une na'ivolé qui désarme, ils ne les ont
conllés a <lcs l)anqniors véreux ou à des aigi'clins |)our
l’aclial d'un porc byiiol béli(|uc aux jainljons <l’or.
Ge qui seitilth: impossible ou Alloiiuiguo et eu
Frauce s<s réalise cepeiidaiil, et facilemenl, flatis
le Nouveau Monde. l,c r)‘'Noir signale à ee propos
l’articlo de Jeiiaro Rico et llicardo Zapata dans
La Fuessu MÉniC-,ti.K sur T Hôpital de ,San José
rnitvro de la .Société de Chirurp,ie de liùgoln
' (Colombie').
Gel hôpital esl ouvert depuis deux ans à peine.
Il a été fandé par la « .Socimlad de Ginigia de
Bogota » qui data de vingt-cinq ans.
Geltc société compte quaraule membres actifs,
toits chirurgiens do professioù. Dès sa eréation,
elle a étudié un projet d bôpilal-tuaisou de santé,
pcrmellarit de nimtre à la disposition des ehirur-
gieus et de leurs malades les derniers perlerlion-
nemofits leohuiques et seieulili<pies.
Les sociétaires ont eux-mêmes discuté les plans
avec l'arcliilectc italien, surveillé les travaux,
rédigé les contrats paur rédiücalion et aehelé le
mobilier.
Gel hêqntal modèle qui sera accru reçoit aetucl-
lemeiil dans ses huit pavillons .'150 mahtdes. 11
renferiiie des inslallalious parlailes de salle d’opé-
1. J. Nota. — ' « En exemple ù suivre. L’hûpilal aux
iiiédecins ». Le Concours médical, 14 Octobre 1928.
74
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
N» 5
ration, d<-.s salles de l'adiolog'ie et d’examens
endoscopiques, des laboratoires de toutes sortes.
A côté des salles d’hdpital dont le nombre de
lits ne dépasse jamais 30, sont des pavillons
pourvus de chambres pour les malades payants.
Dans ce sert'ire, peuvent venir travailler tous les
médecins de la ville, même reu.r qui ne font pas
partie de la u .Sociedad de Ciruf^ia » ; de sorte que
dans le même bâtiment, on trouve V hôpital de
charité, où les malades pauvres sont soignés et
opérés gratuitement, et la maison de santé; ainsi
les chirurgiens ne sont pas ol)ligés de se déplacer
pour courir de l’un à l’autre.
Les pensions payées font partie dn budget de
l’hôpital et aident à soutenir les malades indi¬
gents; les honoraires provenant des services pro¬
fessionnels sont payés à part au médecin charj’é du
malade. .
Ce qui réussit en Colombie réussit également
fort bien au Canada. Les médecins fran(;ais, qui
viennent d’assister au Congrès des Médecins de
langue française de l’Amérique du Aord, ont pu
voir à Québec, entre autres, le magnili([ue hôj>ital
du St-Sacrement décrit dans La Pnisssii Médicalu
du 17 Octobre 1928. Cet hôpital, qui ne le cède
en rien à nos plus magnifiipies maisons de santé
ou hôpitaux modernes parisiens, a été bâti sous
l’inspiration, sous la direction, sous la surveillance
des médecins, comme l’hôpital San José de Bogota;
y sont reçus à la fois les indigents et les malades
payants; cet hôpital est ouvert à tous les médecins
de la ville qui y peuvent soigner leurs malades et
s’y faire rémunérer normalement de leurs soins.
Dans maintes régions de l’Amérique du Nord,
de rAmeri<pie du Sud, fonctionnent admirable¬
ment desMaisons de Santé-Hôpitaux fondés par
les médecins, sous une direction médicale.
Mayo enseigne ([u’avec une organisation appro¬
priée et avec un choix bien fait des chefs et des
employés, tout établissement hospitalier peut se
suffire à lui-même, n a pas hesion de subvention,
mais fait encore des bénéfices; alors (jiie la plupart
de nos établissements hospitaliers, malgré toutes
les ressources dont ils disposent du fait des
anciens dons et des subventions municipales,
n’arrivent guère à équiliber leur budget sans
recourir à la poche du contribuable.
-A
Coinnnï l’a dit notre grand Proudhon :
(c L’homme ne sort de sa paresse (|ue lorsque le
besoin l’inquiète. »
La menace de l’asservissement j)ar les Assu¬
rances sociales peut être, pour les médecins fran¬
çais, b(dges, espagnols, un grand bienfait en les
forçant à sortir de l’ornière de la routine et
à adapter aux pays d'Europe les méthodes
modernes (pii réussissent à nos confrères d’Amé-
riipie. L’alternative va se poser : ou faire un ell’ort
victorieux ou croupir dans l’esclavage.
Tous, tant (pie nous sommes, rappelons-nous
les pensées d’Epictète ; « Le seul obstacle pour
riiomme, son seul ennemi c’est liii-môme. »
Notre sort ne dépend pas du hasard, de l’aide
du voisin, de la tutelle de l’Etat, mais de nous
seuls, c’est-à-dire de notre jiropre effort éclairé,
1>. Dksiossks.
Organisation médicale professionnelle
dans la province de Québec
.1 l heure actuelle oit se fait sentir impérieuse
l'urgence d'adapter la Médecine frani'ai.se au.r né¬
cessités modernes, il est intéressant de connaître cc
que font nos eousins du ('anada, ces Français sortis
de France au WV , au xvii' et .Wiii'’ siècles et qui
ont su manifester dans le Nouveau Monde une si
magnifique vitalité, une si constante énergie en tous
les domaines.
Le Canada, on le sait, est une union fédérative
ou association de neuf provinces : Ile du Prince
Edouard, Nouvelle Ecosse, Nouveau Bruns¬
wick, Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan,
Alberta, Colombie britannique et deux territoires,
le Yukon et le territoire du Nord-Ouest. En
vertu de sa constitution, qui jiorte le titre d’acte
de l’Amérique britanniqui' du Nord, adoptée en
18()7, les pouvoirs appartiennent aux législatures
jirovinciales, certains autres sont réservés au
Parlement fédéral (jui exerce son contrôle sur tout
ce (pii se rapporte à la loi criminelle, à la milice,
aux postes, aux chemins de fer, aux douanes, aux
contributions indirectes, aux relations politiques
ou commerciales avec les autres nations.
L’Instruction jmblique est au Canada entière¬
ment placée sous le contrôle des assemblées pro¬
vinciales. Chaque province possède des Ecoles
publiques, des Ecoles secondaires, des Ecoles su¬
périeures, des Universités. Dans la province de
Québec, le programme scolaire est tracé par deux
Conseils de l’Instruction publique : l’un est fran¬
çais et catholique, l’autre anglais et protestant.
Au point de vue médical, il existe dans la pro¬
vince de Québec deux Eacultés de Médecine fran¬
çaises, l’une à l’Université Laval de Québec, l’au¬
tre à l’Université de langue française de’ Mont¬
réal et une Faculté de Médecine anglaise à la Mac
Gill Universily à Montréal. Ces trois Facultés de
Médecine sont placées sur le même pied d’égalité.
L’organisation professionnelle dans la pro¬
vince de Québec constitue une véritable entité.
1" Les médecins de la Province se sont formés
en corporation sous le nom de Collège des mé¬
decins et chirurgiens de la province de
Québec, groupant 3.000 médecins ;
2“ La province est divisée au jioint de vue mé¬
dical en 18 collèges électoraux ;
3“ Ces 18 collèges nomment chacun un délégué
au Collège des médecins de la Province. Chacun
de ces délégués est nommé pour une période de
(piatre années ;
4" Les 3 Universités nomment également cha¬
cun un délégué au Collège des nuMecins ;
5» Le Bureau du Collège est donc composé de
21 membres ;
(P Le Bureau possède un pouvoir législatif et
un pouvoir exécutif ;
7» Pouvoirs. — Le Buueau fixe les conditions .
Il EQUISES POlUl ÈTIIE ÉTUDIANT EN .MÉDECINE (l’élève
(pii a obtenu le titre de bachelier est admis, par
ce fait, à l’étude de la médecine; à défaut du bac¬
calauréat l’élève subira un examen spécial, appelé
brevet, que les examinateurs du Bureau contrô¬
lent exclusivement) ;
8“ Les e.ramens professionnels se font dans les
Universités reconnues par la loi, et les Comités
d’examens se composent de deux professeurs et
d’un médecin (non professeur) désigné pour cette
lin par le Collège (cet examinateur professionnel
reste en office pour quatre ans) ;
9" Les examens, devant ce Comité mixte, ont
lieu à la fin de chaipie année; l’élève qui n’a pas
obtenu ôO pour 100 des points doit reprendre
cet examen avant la nouvelle année universitaire,
sans ([uoi il doit recommencer son année;
10° Les Universités ont accepté la loi médicale
de la province ;
11" Pour avoir le droit d’exercer dans la pro¬
vince, l'élève doit se conformer à toutes les exi¬
gences de la loi médicale.
Le Bureau du Collège, par sa loi, fixe le curri¬
culum minimum ■ des études médicales à faire,
laissant les Universités libres de h' dépasser, ce
qui est leur droit.
Pour obtenir sa licence, l’étudiant doit pré¬
senter son diplôme universitaire et en plus éta¬
blir qu’il a passé tous les examens conformément
à la loi médicale de la province ; s’il n’a pas passé
les examens professionnels, il n’a pas le droit
d’exercer dans la Province.
iV. B. — L’entente entre la profession médicale
organisée et les Universités est parfaite.
Au point de vue fédéral, les 9 provinces sont
maîtresses chez elles (donc un licencié d’une pro¬
vince ne peut pas exercer en dehors de ses fron¬
tières).
Une loi fédérale (acceptée par toutes les pro¬
vinces, ce qui est de rigueur pour qu’elle existe)
est intervenue, permettant à un médecin provin¬
cial d’obtenir un diplôme fédéral, - — accepté par¬
tout, — lui permettant d’exercer la médecine
dans tout le Canada.
Le Conseil médical du Canada n’a aucun pou¬
voir sur les questions purement d’éducation,
celles-ci étant du droit strict des provinces (tel
que garanti par l’acte de l’Amérique britannique
du Nord, 1867). — Ce Conseil peut émettre des
vœux et c’est tout.
Mais comme moyen d’assurer une réciprocité
interprovinciale, il impose des examens de com¬
pétence.
Les candidats au diplôme fédéral doivent avoir
préalablement satisfait à toutes les exigences de
la loi médicale de la province où ils ont leur
domicile.
Les examens sur les principales matières de
l’enseignement provincial sont dirigés par des
Comités d’examinateurs nommés par le Conseil
fédéral.
La loi prescrit que les candidats sont inter¬
rogés (examens écrits et oraux) par des médecins
de leur langue; aussi, pour représenter la langue
française dans les Comités d’examinateurs fédé¬
raux, deux médecins canadiens français sont dési¬
gnés et ce sont à la fois les représentants du
Collège et les Universités qui les nomment. L’exa-
.ineii fédéral est identique et moins complet que
celui exigé par la loi médicale de la province.
Cependant, le diplôme fédéral donné à des can¬
didats déjà licenciés dans leur province est un
passeport accepté dans toutes les provinces,
assurant ainsi une réciprocité iiiterprovinciale.
C’est une passerelle jetée sur le fossé (jui sépare
les médecins de Québec des confrères des autres
provinces du Dominion.
En somme, au Canada, le Collège des méde¬
cins est une autorité (]ui fixe les conditions
requises pour être étudiant en médecine et s’assure
que les candidats à la profession ont bien acquis
l’instruction professionnelle indispensable.
Le corps médical possède, de ce fait, une im-
jiortance qu’il n’a plus dans nos pays d’Europe.
Le bon sens
en matière d’AIlocations-Maladie
La loi des Assurances sociales, votée au mois
d'Avril 1928 par un Parlement à la veille de sa
réélection, va bientôt redevenir un sujet d’actua¬
lité. On n’ignore pas en effet que cette loi est
applicable à partir de 1930 et qu’une armée de
scribes travaille actuellement dans le silence des
ministères à la confection du décret d’applica,-
tion... 11 est évidemment malaisé de faire tenir
dans des textes législatifs ce ([ui est l’insaisissable,
l’irréel et l’utopie.
On sait sur quelles bases repose le projet
LA PRESSE MEDICALE, MwciecÜ, Ki .huivr.-r l‘)29
étatiste des Assurances sociales : en fait, la ioi
prévoit 80 pour 100 des Français la couver¬
ture totale — ou quasi totale • — du risque-maladie :
de tout le risque et de tous les risques, cl cela,
à partir du dâbut de la maladie ou du traitement
de prévention.
Hélas! on ne fait rien sans argent... Or les
conditions de la loi sont telles qu’on peut — sans
être pessimiste — affirinei- que le moment viendra
vite où la caisse assureuse, délmrdée quant aux
besoins, vidée quant à l'argent, sera prise dans
Ou bien laisser en matière médicale une liberté
absolue qui, dans notre état d’inorganisation
actuelle, s'appellerait plus exactement licence ;
elle sera ruinée en six mois ;
Ou l)ien, usant du droit ilaturcl de celui qui
paie, la Caisse assureuse entendra solder elle-
même la dépense, la limiter et la contrôler ; ce
droit si légitime du payeur devient en p<ireille
rnâti^Te la tarification des soins, donc l'atteinte au
libre c.lioi.r; le contrôle de la prescription, donc
V atteinte au libre exerrice et au secret; et, ]iour
tout dire, le tiers-payant, c'est-à-dire la fin do
V indépendance médicale et l'instauration d'une
médecine de caisse.
C’est à ces méthodes que recourt, c'est donc à
ces résultats qu’aboutit la loi des Assurances
sociales.
Il existe pourtant, à l’usage des collectivités
prudentes, des moyens pratiques d’assurer le
versement d’allocations-maladie, sans porter
pour cela atteinte à l’indépendance médicale ou à
la moralité de l’assuré. Ces moyens, des orga¬
nismes corporatifs, connus sous le nom de Caisses
d’allocations familiales, avaient bien su les
découvrir, ejuand ils ont mis sur pied, quatre .
ans avant MM. les Parlementaires, des caisses-
maladie où nos législateurs improvisés auraient
eu avantage à puiser des enseignements. Ce sont
cés exemples que le corps médical aurait Intérêt
à connaître et à méditer, à l’heure où se forgent
pour lui les chaînes de la servitude et de la fonc¬
tionnarisation.
Il existe, à l’heure actuelle, dans le domaine
des Caisses d’allocations familiales fondées depuis
1920 par l’élite du patronat français, une quaran¬
taine de caisses d’allocations-maladie dont la
prendère fut créée en 1924 par la caisse de com¬
pensation du consortium du textile de Roubaix-
Tourcoing.
D’une façon générale, ces caisses indépendantes,
à mécanisme corporatif, dirigées par dos admi¬
nistrateurs prudents, ont, au rebours de l’Etat,
apporté la plus grande prudence dans leurs réali¬
sations successives ; ce n’est qu'aprés avoir mis
sur pied Treuvre magnifujuc du sursalaire fami¬
lial, qu'aprés avoir renforcé l'hyf’iéhc familiale,
l'hygiène de l'cnfancc par l’institution de services
fort bien compris, qu’aprés avoir, dans la mesure
du possible, réalisé la prévention du mal tant par
V orientation professionnelle que par la lutte contre
le taudis, que ces caisses ont progressivement
abordé le difficile problème de l’allocation-
maladie. « Il vaut mieux, disait sagement un de
leurs fondateurs, eréer nos institutions un pou
étroites, puis les élargir. »
De ce fait, les caisses corporatives d' allocations-
maladie n'ont voulu viser que le gros risque ; il est
bien évident qu’il n’y a aucun intérêt à dépenser
des millions pour soigner la petite indisposition
de trois ou quatre jours et que les salaires sont
tout de même suffisants pour que l’ouvrier
possède la réserve nécessaire à ce contre-temps.
L’exemple fourni au Sénat de la caisse d’assu¬
rances-maladie de Strasbourg montre que plus
de la moitié des frais est entraînée par les petites
indispositions réelles ou simulées ne dépassant pas
sejit jours. Il est donc indispensable, et cela
dans l'intérêt même des vrais malades, — d’éli¬
miner la fraude (tentation d’aller en vacances ou
de cultiver son jardin aux beaux jours) en écartant
les petites maladies qui n’offrent, on en coii-
viendra, aucun intérêt social ; il est donc néces¬
saire d'e.Tclurc du bénéfice de l'assurance les pre¬
miers fours de la maladie, et de prévoir un délai
de carence assez long dont la limite ne devra pas
être trop abaissée. C’est pourquoi les caisses
d’allocations familiales avaient primitivement
adopté un délai de carence de douze jours ; ce
n’est que progressivement qu’elles l’ont abaissé
à dix,j>uis il sept.
Pour le même motif, la prestation fournie à
l’assuré-malade est une prestation fixe, forfai¬
taire, qui a le douille avantage de laisser entière
la liberté du malade et de faciliter singulièrement
la gestion de la collectivité assureuse. D’une façon
générale, la caisse verse au salarié malade une
double indemnité : une indemnité journalière
d' allocation-maladie, destinée à compenser jiour
les besoins de la famille le salaire interrompu,
et une indemnité de .r francs par visite médicale,
à laquelle s’ajoute une indemnité variable pour les
interventions chirurgicales.
Dans la pratique, l’adhérent fait, en cas di'
maladie, sa déclaration à la caisse de l’usine et
donne simplement le nom de son médecin. Les
indemnités-maladie sont versées directement au
salarié sur présentation des bons de visite que
lui remet son médecin.
Citons l’exemple de la caisse-maladie du con¬
sortium de Roubaix-Tourcoing qui groupait en
1924 17.000 adhérents, soit le quart du personnel
occupé, et qui en groupe aujourd’liui 55.000, soit
la presque unanimité ; cette caisse verse du neu¬
vième au quatre-vingt-dix-neuvième jour de la
maladie G francs par jour, 5 francs par visite
médicale, 75, 150, 500 ou (iOO francs par inter-
vi'nlion chirurgicale et 15 jiour 100 sur le coût
des médicaments; il en est ainsi pour tous les
memliresde la famille de l’assuré. Les allocations-
maladie versées par cette caisse sont passées de
1()5.000 francs en 1924 à 1.140.000 en 1927.
On voit la simplicité d’un tel mécanismé. 11
n’est pas moins intéressant d’en constater ic
prix de revient : « L’allocation-maladie de l’ordre
de grandeur indiquée tout à l’heure, c’est-à-dire
en chiffres ronds de G francs, plus les soins médi¬
caux, plus la majoration mutualiste, doit arriver,
disait M. Aimé Rernard en 19211, à une dépense
d’environ IH h 20 francs par ouvrier et par an.
Qu’est-ce que cela peut représenter en pourcen¬
tage de salaire? la dépense doit être environ de
0,:t0 à 0,'i0 pour 1(10 des salaires. »
De fait, le prix de i-evient moyen de dix-sept
caisses-maladie a été en 192G de 11 fr. 85 par
tête et par an; à Roubaix en particulier, où l’on
peut admettre que l'on est arrivé au régime nor¬
mal, le prix de revient est de Ib francs par tête;
le maximum enregistré a été de 19 francs, soit
environ 0,40 à 0,50 pour 100 des salaires.
Avis à nos législateurs.
Il semble bien, après l’expérience désastreuse
des Assurances sociales alsaciennes, après l’expé¬
rience autrement heureuse des Caisses d’alloca¬
tions familiales, que ce jeu des indemnités fixes ;
allocation quotidienne fi.re et indemnité fi.re donnée
au malade par visite médicale, soit la seule moda¬
lité qui permette le facile fonctionnement c^une
assurance-maladie. C’est, en tout cas, la seule
façon de laisser à l’exercice de l’art médical
l’indépendanoe sans laquelle il n’y aurait plus de
médecine.
'felle est du moins la conclusion qu’on peut
tirer des ententes — du genre de celle de Rou¬
baix — passées entre le Corps médical et les
Caisses d’allocations familiales. Qu’on en juge :
La caisse donne à son malade, avons-nous dit,
des indemnités fixes avei’ lesquelles il se
débrouille. Dès lors, pas de tarification : la caisse
ne se mêle pas de la fixation des honoraires qui
reste libre entre le malade et le médecin ; en fait,
c’est le tarif syndical (]ui joue;
Dès lors encore, la caisse, indemnisant son
assuré sur présentation d’un bon de visite, n'a
pas à intervenir et n’intervient pas dans le paie¬
ment des dits honoraires : l’assuré règle lui-
même son médecin; le tiers-payant ne figure nulle
part, c’est l'entente directe dans toute sa beauté ;
Conséquence heureuse : les caisses ne cherchent
à connaître ni la nature de la maladie, ni le mode
de traitement, toutes choses ipii ne les intéressent
pas : elles se contentent d’un certificat médical
constatant l’indisponibilité de l’assuré et en indi-
(juant la durée probable ; le secret professionnel
est respecté; l’c.rereiee médical est libre;
Dernière conséquence : le choix du praticien
est libre; il est simplement limité aux mendires
du syndicat médical local.
Un contrôle est indispensable. Là encore, les
juridictions sont é(piitablement séparées ; la
caisse contrôle elle-même son assuré au(]uel elle
peut envoyer, pour ce, un méilecin de son choix,
mais ce sont les organisations jirofessionnelles
médicales qui, le ras échéant, eontrôlent elles-
mêmes les praticiens; ce sont elles (|ui - s’il en
survient - reçoivent les plaintes de la caisse, ce
sont elles ipii instruisent le jirocès cl ipii sont
appelées à jirendre des sanctions.
De fait, le service médical des caisses corpo¬
ratives d’allocalions-nialadie ,a (onctionné dans
les conditions que nous avons décrites, sans qu’à
notre connaissance aucun abus y ail été constaté.
Ainsi s’affirment une fois de jdiis, jiour les uns
commepour les autres, les bienfaits et la nécessité
de l’organisation corporative : les assurés ont
tout intérêt à dépendre d’une eais.se professionnelle
où le contrôle est facile, sans formalités inutiles
et blessantes, sans jiajierasserie et sans frais. Les
médecins, de leur côté, ont tout intérêt à réaliser
l’unité et la juridiction corjioratives : c’est en
instituant la garantie morale de limr organisation
])rofessionnclle qu’ils élimineront dans la mesure
du jiossibie le praticien douteux et qu’ils inspi¬
reront aux collectivités intéri'ssées le resjiect de
leurs intérêts et de leur honneur.
P. Cii'ÉniN.
Médecine avec tiers payant
LE DROIT ET LES MODALITÉS D'EMPLOI
DE LA MÉDECINE THERMO-MINÉRALE
POUR LES ASSISTÉS ET LES ASSURÉS SOCIAUX
Nous nous sommes, à jilusieurs reiirises, occupé
ici* de la jireseription de sjiéeialilés jiharmaceu-
tiques en matière de médecini' avei; tiers payant.
La récente leçon inaugurale de M. !<■ prolesseur
Villaret nous incite à étendre cette étude au cas
de ces véritables médications spécialisées natu¬
relles que sont les cures hydrominérales.
Tout d’abord, la question doit-elle se poser'.’
Pour d’aucuns, il ne s’agirait que d’une pseudo¬
thérapeutique de pure fantaisie, susceptible d’être
prescrite uniquement aux grands snobs ou aux
gens jiuissamment favorisés jiar la fortune. La
Crénologie cherche bien à leur exiiliipier l’action
jihysiologique des eaux, leur comjiosition, la
structure moléculaire d<- leurs éléments, les éner¬
gies de dissociation, la radioactivité. Sceptiques,
ils répondent:» Casino, roulette, baccarat! >>
1. La Presse MMieale, ii ‘ tUi cl llir. «le» 2;t Novembre et
.'il Décembre 11127, ii" 2(i du 27 Octobre l'.l2S.
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
N“ 5
7()
Demi-sceptiques, ils murmurent : o Changement
d’existence, abandon des causes de vibrations
anormales de tous ordres de la vie courante,
psychothérapie indirecte ! »
Pourtant la Clinique Thermale est là, plusieurs
fois millénaire en ses informations. Devant elle
s’inclinent des gens mieux informés. Le scepti¬
cisme des autres vient peut-être, il est vrai, pour
une j)art, de ce que les indications des cures ther¬
males ont un caractère s|)écial et pai’fois mal
connu. Elles ne sauraient être délinies, ni clas¬
sées (r:q)rès les tètes de cha[)itre des livres de
Patindogie. Elles s’adressent, non aux maladies,
telles ([u'elles sont décrites coininunéinent, mais
aux comj)lcxes pliysio-pathologiques intimes, <|ni
les conditionnent, les accomj)agnent ou les sui¬
vent, Leur (lomaine d'action, ce sont lel^ aptitudes
réactionnelles, individmdles, originelles ou acqui¬
ses, états aj)pelés tour à tour humorisme, dia-
tlièses, ])rédispositions morbidiîset dont une partie
des variables commence ])eu à peu à se dégager
avec (juehpie netteté : troubles (mdocriniens par
liyj>er hypo- ou dys-lonctionnement, réactions
sympathi(|iies ou vago-sympathiques, en particu¬
lier'.
Sur ces bases, la thérapeuli(]ue hydro-thermale
est à la fois justillée par l’observation clinique,
étayée par la physio-palhologie, eodiliée logiqtu'-
ment dans son enqjkii et ses méthodes,
Pour<iuoi, dès lors, les tiers, qui assument la
(diarge matérielle des soins médicaux nécessaires
à certaines catégories sociales de malades, ne
tiendraitmt-ils pas largement les ressources des
stations thermales à leur disj)osition, La question
n’est ])as entièrement neuve : dès le 23 Vendémiaire
an X, un arrêté a prévu la gratuité du traitement
thermal j)our les indigents dans les Etablisse¬
ments privés aussi bien ([ue dans ceux de l’Etat,
Maintes fois, les Congrès d’Ilydrologie et ceux
de grou[)ements thermaux s’en sont occupés. ITie
loi du 12 Juillet 1873 a prévu le droit aux cures
thermales, avec séjour hospitalier gratuit, |)our
les militaires atteints de maladies et blessures
contractées dans le service. Lue circulaire de
M. .Mesureur a, en 1908, précisé l’exercice de
droits à ces cures pour les assistés relevant de sa
Direction. Plus près de nous, une circulaire mi¬
nistérielle du 7 Mars 1922 a étendu les dis])Osi-
lions de la loi du 12 Juillet 1873 aux bénéliciaires
de l’article (ià de la loi du 31 Mars 191t) sur les
j)ensions militaires d'invalidité.
.Mais toutes ces dispositions ne nous semlthmt
constituer encore (pie des ébauches, à côté de ce
(|ui s'inq)osera avec la généralisation imminente
de la médecine avec tiers payant, t<dle (]ue l’amè¬
nera la mise en action de lit loi sur les assurances
sociales, 11 semble donc (|ne s’impose, dès main¬
tenant, l’étude détaillée de ct‘ cpii devra alors être
fait.
Ce programme d’action doit être tel (pi’il pro¬
cure le maximum de. résultats prati(jnes à l'aide
d’un minimum de sa<'rilii'es, tout en ménageant la
dignité et les convenances de tous ordres, égale¬
ment légitimes, des malades et du Corps médical.
Certains points sont d'une solution facile. Tels
I. L art <!»• prascrira les auras tliarinalas sur aatte basa
n’asl, tl aillaiirs. inaxlriaahla qu an u|>i»aranaa, aur il n’asl
iitillaiiiaiil avaliisif d'un aartain anipirisina tradilionnel.
tout d’abord les accords à conclure avec les
Sociétés thermales. L’Etat et les départements
n’auront qu’à introduire dans les cahiers des
charges des concessions les conditions de traite¬
ment des assistés et des assurés sociaux. Il sera
facile de faire état à la fois de l’arrêté de Vendé¬
miaire an X rappelé plus haut et de nombreux
précédents établis, tant par l’administration de la
guerre que par nombre de services départemen¬
taux d’assistance.
Il ne devrait pas non plus surgir de difficultés
en ce qui eoneernerait la rémunération des actes
médicaux indispensables pour l’apiilication du
trailcimmt thermal examen initial, rédaction de
r « ordonnance thermale », .surveillance de la
cure, prescriptions d’après cure). Les rapports
avec les praticiens des stations ne constitueraient
(ju’un cas particulier de ceux qui seraient prévus
entre le tiers payant' et les autres spécialistes
(oto-rhino-laryngologistes, stomatologistes, etc.):
contrat collectif, paiement direct avec ou sans
participation en proportions variables du malade
et de la caisse ou toute autre modalité, dont la
discussion ne rentre pas dans notre cadre actuel.
La grande complexité du problème réside
ailleurs. La thérapeutique thermale nécessite un
exode prolongé du malade loin des siens et lui
impose, de ce fait, d’importants suppléments de
dépenses par rapport à celle qu’eût motivée sa
vie pendant le même temps à son domicile.
Les transports n’en constituent qu’une partie
relativement peu importante et dont il est facile de
tenir compte au malade avec le jeu des réductions
déjà consenties par les Compagnies de chemin de
fer ou par celles qui leur seraient imposées.
Ce qui est grave, ce sont les frais de séjour. Si
le tiers payant s’en désintéresse, seul un petit
nombre de malades pourra user de la gratuité des
[tratiques thermales. Sans parler des assistés vé¬
ritables, la plupart des bénéficiaires de la méde¬
cine avec tiers j)ayant ne sont-ils pas, par défini¬
tion, censés privés de ressources dès que la mala¬
die a jjénétré chez eux!'
L’avance des frais par le malade se heurterait à
la même objection : il lui manquerait les res¬
sources nécessaires. Et, par la suite, il se heurte¬
rait vraisemblablement à de grands retards et de
graves difficultés pour rentrer dans ses débours.
En contrôle sévère ne manquerait pas, en effet,
d’intervenir pour scruter la note présentée au
remboursement et lâcher d’en éliminer toute dé¬
pense paraissant présenter un caractère superfé¬
tatoire, de fantaisie ou de luxe. Que de discus¬
sions ! Que de portes ouvertes à l’arbitraire !
Que de conllils et de récriminations !
Meilleure semblerait assurément la concession
d’allocations forfaitaires. Mais sur quelle base ?
Comment établir équitablement, en l’état actuel,
des choses, le tau.r minimum des dépenses à en¬
gager dans chaque station jjour un séjour dans
des conditions à la fois satisfaisantes et exclusives
de tout inutile superflu? Le prix de journée des
hôtels, même les j)lus modestes, excède de beau¬
coup, à confort à peine égal, les dépenses du
foyer habituel, car il est grevé par d’indispen¬
sables prélèvements incompressibles : impôts,
amortissements, bénéfices d’exploitation.
11 faudrait arriver à offrir aux malades (pie
nous avons en vue, avec une dépense moindi-e
(pie les prix de journée de ces hôtels, des condi¬
tions de s(;jotir au moins éijuivalentes à celles
(pi’ils y auraient trouvées. A cet effet, il semble
([lie’ la vraie formule serait de procéder comme
pour la pratiipie chirurgicale : recourir à des
maisons de santé ou à des hôpitaux sjiéciaux.
Croupés, les malades pourront obtenir, avec une
dépAse égale, des conditions meilleures qu’isolés.
1. Nous emjiloyoïis ce tonne, pour simplifier, sous son
accDplioii lu j)lus large : colin, qui, directement ou indi¬
rectement, assume les frais de traileinenl.
Un tel système est prévu par l’Administration
militaire pour ses malades (encore que les établis¬
sements dont elle dispose soient peu nombreux).
Certaines collectivités, municipalités ou départe¬
ments, ont des traités avec les hospices existant
en certaines villes d’eaux pour faire occuper, par
leurs malades indigents ou peu aisés, les places
qui s’y trouvent libres pendant la saison thermale.
La dépense y est ordinairement fort peu impor¬
tante*. Mais ces établissements n’existent qu’en
petit nombre et ne disposent que de bien peu de
lits. Ils deviendraient donc rapidement insuffi¬
sants avec la généralisation, aux malades de tous
les milieux, de l’habitude des cures thermales,
auxquelles actuellement seul un nombre relative¬
ment petit d’individus peut prétendre.
Il faudra donc prévoir à un moment donné
tout un programme de créations nouvelles. Que
d’inconnues d’ordre économique cela va soulever!
L’expérience acquise avec les hôpitaux et les
maisons de santé ordinaires ne saurait, en l’état
actuel, fournir que des indications insuffisantes.
La réduction, habituelle et inéluctable en la plu¬
part des stations, de la durée de la saison ther¬
male à quelques mois crée des conditions toutes
spéciales : nécessité de disposer de beaucoup de
places pour permettre un cycle à la fois massif et
court de roulement réparti sur un petit nombre
de semaines.
Avant de s’engager dans une telle aventure, il
semblerait donc sage de procéder par voie d’expé¬
riences progressives. Cela paraît devoir être fa¬
cile car il existera vraisemblablement une période
de transition progressive avant que l’utilisation
des cures thermales par les individus de tous les
milieux ait pénétré dans leurs mœurs et dans les
habitudes médicales. Il suffira alors, si l’ulili.sa-
tion de ressources hospitalières existantes est in¬
suffisante ou impossible, de tenter une adapta¬
tion, à la clientèle qui nous occupe, de ce qui se
fait actuellement pour les pupilles de l’Assistance,
pour les enfants de l’Qüuvre de Grancher ou pour
les aliénés traités en colonies. »
Les malades envoyés aux Eaux seraient mis en
pension chez des particuliers, qui auraient signé
avec le tiers payant un contrat délimitant leurs
droits et leurs obligations. I.,es conditions en
seraient forcément, tout en restant avantageuses
pour la partie prenante, moins onéreuses que
celles de l’hôtel, étant donné l’absence des postes
comptables passifs de bilan, dont nous avons
parlé.
La mise en œuvre de l’ensemble de ces pra-
ti(iues permettrait de réunir progressivement
une importante documentation relative aux
charges inhérentes à la vie en hospice ou en colo¬
nies, à leurs avantages et inconvénients respec¬
tifs, à leur rendement. Il serait ensuite possible
d’en déduire l’opportunité, les conditions écono¬
miques, l’importance et les dispositions des nou¬
veaux établissements à construire, ainsi que leur
affectation optima : simple endroit de séjour- ou
lieu de cure complète !
Quant aux allocations en argent, elle pourraient
év(‘ntuellement être envisagées pour les malades
1. Nous tenons d’une lettre de M. llaeé de Lt'pinny,
lU'ésidcnt de lu Société d'ilydrologie, les renseignements
suivants, relatifs ù des conditions actuellement réalisées:
« Un certain nombre de stations (Vieby, par exemple,
Néris, etc.) possfidcnt un hùpitul tUermul où les indigents
de tous les di'purtements sont soignés dons les conditions
suivantes ; séjour de 21 jours par .séries successives ;
conditions d’admission : s’inscrire auprès de l’économe,
envoyer un certificat médical indiquant le be.soin de lu
cure et un certificat d’indigence délivré par la mairie;
jirix ; pour 1926, 150 fr. ù Néris, pour les trois semaines,
cimiprenant tout : logement, nourriture, traitement ù
l’établissement tbermal, soins médicaux (ces 150 francs
sont payés soit par le malade, soit par le département
ou lu commune d’origine). Dans d’autres stations (Saint-
Nectaire, etc.), il n’y a pas d’hùpital thermal, mais, sur •
le vu des mêmes certificats, les établissements thermaux
donnent lu gratuité et les médecins aussi, pourvu que les
indigents viennent en Mai ou Septembre ».
PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier
•'1î£e n'
qui en feraient la demande. Leur'tàse n’aurait
alors plus rien d’arbitraire, ce serait une somme
équivalente à celle que' coûterait, d’après les
contrats en cours, les malades qui auraient con¬
senti à être traités en hospice, en maison de
santé ou en pension chez l’habitant dans la
même station.
Ceci posé, il est bien évident que toutes me¬
sures devraient être prises pour éviter que des
individus ne puissent, sous couleur de traite¬
ment, se faire offrir une villégiature sans frais,
alors qu’aucune nécessité vraie de thérapeutique
ne serait 'en .jeu. Une procédure d’admission, à
la fois large et sévère, devra être prévue pour
])ermeUre d’éviter tout abus et d’accorder le bcné-
lice de la cure à tous ceux dont l’état de santé le
réclamerait.
Pour les bénéficiaires des lois de pensions
militaires, c’est un certificat du médecin traitant
qui déclenche la proposition d’envoi aux Eaux,
mais c’est une Commission médicale qui le
décide.
Une adaptation de cette procédure à la méde¬
cine civile avec tiers payant pourrait être envi¬
sagée par l’intervention de Commissions compo¬
sées de médecins représentant les groupements
de tiers payant et de délégués des syndicats médi¬
caux, avec, éventuellement, à titre d’observateur,
un membre purement administratif des caisses.
Toutes ces questions ne sauraient assurément
être tranchées définitivement en quelques lignes.
Notre étude schématique n’a d’autre prétention
que de susciter des réflexions, des discussions et
des études. C’est à ce titre que nous la livrons
aux lecteurs de La Presse Médicale.
CONTET.
La doctrine du Syndicat
des Médecins de la Seine
L'HOSPITALISATION DES ASSURÉS SOCIAUX
Notre dernière Assemblée générale du 25 No¬
vembre 1928 a voté à l’unanimité l’ordre du jour
suivant, proposé par M. Baratoux au nom de la
Commission spéciale et adopté par le Conseil
d’administration.
« Le S. M. S. proclame que tout assuré ne
pouvant être soigné à domicile et devant être
transporté dans un établissement doit pouvoir
continuer à être traité selon le texte de la loi par
le médecin de son choix, médecin (jui a sa con¬
fiance et qui doit pouvoir le suivre partout où il
aura besoin de ses soins. »
Afin d’éviter toute erreur d’interprétation et
pour qu’il ne se crée pas de légendes, je crois
nécessaire de reproduire ici les commentaires
dont j’ai accompagné ce texte à l’Assemblée.
Le S. M. S., en affirmant cette doctrine, ne
prétend nullement vouloir empêcher les assurés
sociaux d’entrer à l’hôpital. En vertu du grand
principe du libre choix qui domine toute la légis¬
lation des assurances sociales, l’assuré a le droit
absolu de se faire soigner où bon lui semble et
par qui lui plaît. Il doit donc pouvoir aller à
l’hôpital, si l’hôpital lui convient
Dans quelles conditions y sera-t-il recueilli ■’
Ici, que personne ne se fasse d’illusions. Qu’on
ne s’imagine pas que l’Assistance publique ait
l’intention d’apporter la moindre modification de
son régime traditionnel en faveur de cette caté¬
gorie nouvelle de malades payants. D’après les
renseignements que nous avons pu recueillir,
l’Assistance publique compte purement et sim¬
plement placer dans ses établissements les assurés
sociaux futurs sur le même pied que les indigents
actuels.
Quant aux médecins et chirurgiens des hôpi¬
taux, ils ne toucheront pas davantage d’honoraires
pour les soins donnés et les sommes versées par
les caisses pour les assurés tomberont dans le
budget de l’Assistance publique.
Mais, si l’assuré a le droit, en vertu du libre
choix, d’aller à l’hôpital, par contre, en vertu du
même choix, il a aussi le droit de ne pas y aller.
A côté de l’hôpital de l’Assistance publique,
devront exister des services ouverts à tous les
praticiens où l’assuré pourra continuer à se faire
soigner par son médecin habituel (jui a sa con¬
fiance et sa sympathie.
Et cette possibilité paraît une condition indis¬
pensable, impérieusement exigée aussi bien par
les intérêts du malade que par les intérêts du
médecin.
Prenons un exemple concret :
Un assuré appelle son médecin habituel. Celui-
ci diagnostique une fièvre typhoïde. C’est une
maladie longue, grave, qui exige des soins cons¬
tants. Or, la femme de cet ouvrier travaille elle-
même au dehors; son gaixjon, âgé de l(i ans, est
apprenti; une fillette de 10 ans va à l’école : impos¬
sible donc de soigner le malade à domicile. C’est
ce que le médecin déclare à l’assuré.
Mais alors, demande celui-ci, où allez-vous me
mettre ?
— A l’hôpital.
Quel hôpital
Celui de tout le monde.
' Il n’y a donc pas d’hôj)itaux spéciaux pour
les assurés ?
— Non.
-- Mais serai-je au moins soigné jtar vous ?
— Non, mon ami je n’ai pas le droit de donner
des soins à l’hôpital.
- Par qui donc serai-je soigné?
- Je n’en sais rien; par le médecin du servici'
dans lequel on vous placera.
- Comment, je suis un assuré social, c’est-à-
dire un malade qui paie pour être soigné. Cha<jue
mois on me retient une certaine somme sur mon
salaire pour les frais du médecin et du jtharmacien,
et je vais être jeté à l’iiôpital des indigents,
comme un vagabond ramassé dans la rue ! Et je
vais être soigné par un médecin que je ne con¬
nais pas. Mon député nous avait dit cependant
qu’avec les assurances sociales nous allions être
soignés comme des bourgeois, dans de bonnes
;]ues, par notre médecin préféré. Alors, on
s’est f... de i;
Et du côté du médecin, autre chanson !
Voici un praticien qui, jtar sa scieiua^ et son
dévouement, a su conquérir la confiance de son
client. Depuis des années, il soigne scs jx'tits
bobos qui lui ont rapporté quelques consultations.
Or, le jour où ce client tombe sérieusement ma¬
lade, où des honoraires jtlus copieux seront ù
toucher (car n’oublions pas que nous tous, méde¬
cins, tant que nous sommes, grands ou petits,
nous vivons delà lutte contre la maladie), eetle
source de revenus va lui être brusquement enlevée.
Et si nous supposons que le cas d’un malade à
hospitaliser peut se présenter plusieurs fois jtar
semaine, chaque jour peut-être, dans une imj)or-
tante clientèle de quartier, on devine quel sera
au bout de l’année le préjudice subi par le prati-
El (juel triste sort sera le sien! Les petits ma¬
lades, les aircclions ambulatoires, drainés jtar les
cliniques .spéciales ({ui vont pousser comme des
champignons à l’instar des cliniques d’accidents
du travail; les grands malades alités, accaparés
par l’hôpital. Que lui restera-il ? Le ventre creux
et les yeux pour pleurer.
Tels sont les faits dont s’inspire notre doc¬
trine sur la nécessité d’établissements de soins
loi qu’au point de vue des intérêts des malades
et des médecins, nous paraît inattaquable.
P. H.viitexiieik;.
Président
(lu Syndicat des Médecins de la Seine.
Un type d’organisation
du Conseil de famille Syndical
adopté par le S. M. S,
On parle beaucou]) depuis quelques années des
Conseils de famille des Syndicats. Le S. M. S. en
possède un depuis longtemps et j’ai assisté à son
fonctionnement pendant mes six ans de secréta¬
riat général et {tendant ma présidence.
11 faut reconnaître sans ambages (jue la concejt-
tion du Conseil de famille {tar nos aînés a manqué
totalement de cet esprit administratif et jnriditpie
dont je ne cesse de proclamer la nécessité en
matière d’établissement et de conduite des affaires
médicales.
Le rôle des Conseils de famille va et ira pro¬
gressant au fur et à mesure, d'une part, de l’aug¬
mentation du nombre des syndiqués, d’autre part,
de l’importance des affaires professionnelles qui
sont déjà et seront surtout traitées dans les Syn¬
dicats par suite du développement de plus en
plus étendu des lois dites sociales. J'ai ))ensé (jue
l’esprit de famille qui en somme a jjrésidé à l’éta¬
blissement du Conseil du même nom devait être
fortement doublé d’un esprit juridique. Je suis
arrivé ainsi à la conception d’un véritable tribu¬
nal dont les juges sont des médecins toujours
chevronnés et quasi inamovibles, .\ntant, en effet,
il importe (|ue dans un Conseil d’administration
d(; Syndicat il y ait un roulement continu pour
qu’un maximum de syndiqués piiiss<‘nt [tasser
[tar ledit Conseil et y émettre les idées les plus
différentes, autant il est indispensable que le
Conseil de famille [trésente une très grande sta¬
bilité. Nous n’avons [tas encore de jurisprudence
établie pour ces Conseils de famille et il faut fata¬
lement la créer. Elle m- s'établira qu'à la longm;
et surtout si les Conseils de famille [trésentent
l’immuabilité en (juelque sort(> des Tribunaux
îivils.
Une
itre idée a été de confier les fonctions de
e de Conseil de famille non [tas à un
comme c’est la contnme, mais à un
ui sera le [tins souvent, évidemment, un
its-conseil du svndicat.
es fix(
, de n
e doiv.
1 de
lellei
[Kjue ({Ui
inédec
1. Et
i point de vue de la
Aux [ténalités anciennes exclusivement d'ordre
moral, il semble utile d’adjoindre la pénalité
[)écuniaire, c’est-à-dire l’amende. Et cette amende
[)eut être iniligée à des confrères qui dérangent
le Cons<‘il de famille et ne viennent |)as lors<|u’ils
sont convoejués, sans même s’excuser, comme j<‘
l’ai vu.
Ces amendes sont d’autant |)lus nécessaires
que les réunions du Conseil de famille, tel ([u’il
S(‘ra compris dorénavant au S. M. S., entraînent
des dé[)enses, connie celles de tout Tribunal. 11
y aura lUi effet des jetons de })rés('nce que j’estime
devoir être importants et des amendes inlligeables
aux membres du Conseil de famille oubliant de
se déranger comme il arrive (pndquefois.
Beu à j)eu nous entrons dans l’organisation
administrative et en matière de Conseil d<' famille,
il est nécessaire d'ado|)ter l'organisation judi-
Très imbu de ces diverses idées
fruit de mes réllexions de plusieui
établi en 1920, pour le S. M. S.,
78
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 10 Janvier 1929
N- 5
Conseil de faiiiille, faisant table rase de toutes
les dispositions prévues par les anciens statuts.
J’ai établi un texte qui a été renvoyé il la Com¬
mission des statuts, puis soumis au (bmseil
d’administration du S. M, S.
Ce texte n’a subi que quelques modilicalions de
détails et son armature est restée intacte, comme
a bien voulu le coiistati'r mon distingué collègue
et ami M. llartenberg en le présentant au vote
de l’Assemblée générale du H. M. S., le 25 No¬
vembre, dans le grand amphithéâtre de la
Faculté de Médecine.
Il y aurait intérêt à ce que tous les syndicats
créent des Conseils de familli’ .sur le modèle de
celui du S. 1\I. 8.
Si jamais l'Ordre des médecins se réalise, les
Pouvoirs jiublics trouveraient déjà toutes faites
les organisations ipii leur seraient nécessaires,
Et ces organisations seraient d’ordre médical.
Si l’Ordre des médecins ne se réalise [las, tous
ces Conseils de famille, d’esprit juridiipie, foiic-
tioiiueront, donnant encore au syndicalismi' une
force plus grande.
Dans les deux cas, la nécessité existe pour les
syndicats de créer des Conseils de famille munis
d’un esprit juridiipie et cet|c création devrait
être faite de suite, pour mettre les partisans de
l’Ordre des médecins en lace d’un système de
Tribunaux médicaux fonctionnant partout.
Voici le texte des articles votés jiar l’Assem¬
blée générale du Syndicat des médecins de la
Seine, le 25 Novembre '1928 ;
Extrait des statuts du S, M- S- concernant
le Conseil de famille.
Aux. XV. - be l’onseil de famille a piiue but
principal il'assurer l’observation des règles de la
déontologie et le respect des devoirs professionnels.
^ 1. 11 est ebargé, sur la proposition ilii liiireau
du Syndicat, qui seul peut en prendre l’iiiilialive :
1" De .tonner son avis sur l.‘s questions qui lui
sont soumises jiar le Bureau ou le Conseil d’Admi-
nistration ;
2" De juger les coidlits ipii pimvenl s’élever entre
confrères (ou entre un médecin et son client, s il est
r.-quis par ce dernier et s'il le juge opportnn| ;
De statuer en appel sur les décisions .lu Bureau
refusant de ])rononcer l'admission «run nouveau
membr.! par application .le l’article à;
à" De jug.-r les infractions : «) aux statuts ; h) aux
.léciaions du Conseil .l'a.lministrati.m, du C.ins.dl .1.-
famille et d.-s Assemblé.'s générales.
jj ■> De C.ms.'il d.' famille est c.imp.isé .!.■
« membres titulaires et .le 4 membres siqqdéants
n.unmés par l’Ass.unblé.- général.’ pour .letix anné.is.
L.mr inau.lat est l.iuj.mrs r.mouvelable.
Des jet. ms .le présenc. s. .ut attribués aux meudir.'s
du C.ms.dl présents aux réunions .l’après un barème
établi par lu C.unmissi.m .les linances.
L’un .b-s av.icats c. imposant le C.mseil juri.li.pie
.lu 8yn. lirai remplit le r.M.' .le s.'crétair.! av.'c v.iix
cmsultative.
^ K, l’.iur être m.uubre .lu C.mseil de fanulb', il
faut avilir au moins 4.5 ans il'itge, vingt ans il’exi‘rcic.‘
il.’ la profession méilicab', fairi- partie .lu S. M. K.
.lepuis ipiinzi’ ans et n’avoir encouru de la part .lu
C.ms.dl il.' familb' aucune .les pénalités édictées au
paragraphe ti.
Tout syniliqué remplissant ces conditions peut
poser sa canilidalure après en avoir informé le jiré-
sident ilu S. .M. S., au moins trente jours avant
l'Assemblée général.- qui .luit ]>rocéiler à l’élection
(pour vérilier li's cim.Iilions .1 eligiliiliti-).
Le Cimsi-il iruilministration, sur la |iroposilion du
Bureau, pi-iit présenter îles caniliilats.
L’.’Vssembléi- générale, nomme les membres titu¬
laires et suppléants i\ la majorité relative îles votants.
51 4. - Le Conseil ib- famille nomme un président
et un viei--l>résiilent pour une durée de lieux (ins.
Leur munilut est ri-iiouvelalile.
Li's alfairi-s sont i-x|ioséi-s par le secrétaire' du
C.mseil «11- familb' .jui recuit li's éléments de l'en-
Toiite l'iiquéte est fait.' par un rappo leur clioisi
par le présiilent|parmi les membres ilu Conseil .le
fa 1111117 ou^parmi les membres ilu Syndical.
Le rapporteur assiste aux séances gù est jugée la
question relevant de son rapport. Il n’a voix délibé¬
rative que s’il fait jiartie du ConseiL de famille. Il a
voix consultative s’il n’est jias iiiembre du Conseil.
jt •'). — Le Conseil de famille statue sur les ques¬
tions écrites qui lui sont soumises [lar le président.
Il ne p.'ut délibéré, r que s’il comprend 5 membres
au moins, titulaires ou supjiléanls. Les décisions
sont rendues à la majorité des voix ; en cas de par¬
tage, celle du président est prépondérante.
§ 6. — Le C.mseil peut prononcer les peines sui-
1" L’avertissement ;
2“ Le bblme ;
IJ'i L’exclusion.
Il a la faculté d’ajouter à chacune d’fdles au prollt
.le la Caisse du Syndicat une ameudre de 100 à
1.000 fr. s’il le juge convenable ou d'apiiliqiier seu¬
lement l’amen. le.
Aut. XVI. - Le Conseil de famille siège les pre¬
miers veu.lre.li .lu dimanche de Février, Mai et
N.ivembi-e. lin plus, il jieut être réuni par le prési-
.lent p.mr des séances supplém.intaires .lans le c.iurs
.le l’année.
Les c.mvoealions sont adressées nu moins dix-buit
jours avant la date fixée pour la réunion, avec la
garantie de r.'c.immandation p.istale, aux 8 membres
titulaires et, à titre de préavis, pour snppléci' un
titulaire, à 2 m.'inbres suppléants, désignés à l.iur
de r.'il.' .l'ajirès un r.iulement établi. Le préavis est
transf.irmé .‘u conv.ication ferme, .'n cas .1.' refus ou
emjiéchement d’un membre titulaire.
Toul membre conv.iqué .'st tenu, s. ms peine d’une
amende, d’adresser sa réji.mse dans les huit jours
.le la récepti.m .!.■ la cmvocation.
Les mé.lecins appelés .levant le Conseil, s.iit
c. imme déf.'ii.leurs, soit .icmme demandeurs, s.mt
.'.invoqués .lans le même .lélai. Fn même temps .jue
la c.mvocati.m, il l.-ur est a.lressé la liste des mem¬
bres titulaires et suppléants .pii peuvent être appe¬
lés à siég.-r dans le C.ins.-il d.i famille, et cbacune
d. -s jiarties a le dr.iit de réciiser .lenx des m.'inbres
titulaii'.'s faisant parti.' .le la liste qui leur a été
cimmuniqUée.
Aar. .XVll. Toutes les plaintes doivent être
a.lressé.'s au président .lu S. M. ,S., avec jir.'uves ;4
l’appui.
Art. XVIII. - T.mt.' .1. 'mande de jugement est
soumise au Bureau .lu Syndicat qui seul décide s’il
y a lieu .m n.m d.' la (ransm.'ttre au Conseil .le
fainilb'. Dans le cas aflirmatif, le se.wétaire général
.lu Syndicat constitue un dossier qui est .'iivoyé au
jirésident du C.mseil de famille, En cas de r.'fus du
Bureau, l’alfair.' pourra néanm.iins être portée devant
1.' C.mseil de familb', sur la signature de 10 syndi-
Auj. XLX. Les c.imparants devant le Conseil
.le famille ]ieuvent .'xposer eux-mèm.'s l.mr point de
vue, .111 en cbarg.'r un c.mfi'ère ou un avocat inscrit
au Barreau.
Les décisi.ins .lu C.ms.'il .le famille ne s.int va¬
lables que si :
1" membr.'s au moins s.int jirésenis ;
2'‘ la décisi.m .'sl iirise à la majorité.
.ViiT. XX. - Le Conseil de famille pourra être
constitué en Tribunal d’arbitrage et entrer en fonc¬
tions après av.iir fait signer aux parties un comiir.i-
mis d'arbitrag.' (art. 10011 .'t suivants .lu C.ide de
pi'.i.'édure civil.' |.
Art. XXL Dans le cas où le syn.li.pié, réguliè¬
rement convoqué, ne se présenterait Jias devant le
C.mseil de famille, .'I ne f.mrnirait jias d’excuse
valabl.i, les sanctions jirévuos à l’article l.’i, para¬
graphe 6, pourront être prononcées par défaut. La
décision sera notifiée par lettre recommandée adres¬
sé.' par le président dans les quinze jours qui sui¬
vront le prononcé de la sentence.
L’.ipp.isition sera recevable dans le mois de cett'i
n.ililication. Elle devra être signifiée par lettre
r.'C.immandée .le l’intéressé et adressée au président.
Art. XXII. — Les délibérations du Conseil de
famille demeurent secrètes. Les sanctions pronon¬
cées sont inscrites au procès-v.'rbal et ]ieuvent, même
si elles s.int prononcées par défaut, ou frappées
.l’app.'l, être ren.lues publi.jues sans que l’intéressé
puiss.', .le ce cb.'f, av.ilr un r.'c.iurs contre le Syn-
I .li.iat ou contre ses conseils,
Art- XXIIL • — Les membres du Conseil de famille
sont obligatoirement tenus d’assister aux séances du
Conseil auxquelles ils sont convoqués.
Tout membre du Conseil de famille porté absent
â trois séances consécutives dans une année ou â la
moitié des séances, sans excuse valable, dans deux
années, est radié par ce Conseil.
T.iute absence injustifiée est punie d'une amende
prévue par le règlement intérieur.
F. Jayi.is.
Les répercussions des Assurances sociales
sur l’exercice de la Médecine
Les. Journées médicales de Bordeaux, dont notre
distingué collaborateur le I)'- Crouzon vient de
publier le compte rendu dans La Presse Médicale,
ont remiiorté un très légitime succès. Le Comité
d’organisation avait établi lin ébolx de questions
ess.'ntiellement pratiques et avait eu l'heureuse idée
de .lemander au professeur!’. Specklin (de Mulhouse)
une Conl'érence sur les Assurances sociales en Alsace.
Cette c.mfér(;iir.e, faite par un homme connaissant
bien ce dont il parle, a vivement intéressé le corps
médical bordelais; elle a été publiée in extenso dans
le Journal de Médecine de Bordeaux et dans le
Bulletin de la li'édération nationale des syndicats
médicaux de l'f ance. Nous tenons ii en reproduire
au lUoins les conclusions pour Tinstruction du corps
médical de France et de l'Etranger qui lit La Presse
Médicale, car la question est de première impor-
Conclusians de la Conférence du D‘' Speokliii
(de Mulhouse)
sur les Assurances sociales.
.. Je cite enfin, en guise de résumé, une opinion
américaine sur les Assurances sociales. Le Journal of
American medical Association du l“i’ Février 1919,
au moment où les Etats-Unis étudiaient l’opportunité
d’introduire l’aBSUranco-maladiE obligatoire, publiait
un rapport du président du groupement des assu¬
rances-vie américaines, qui sans nul doute devaient
voir leur intérêt dans une diminution de la morbidité
et de la mortalité dans leur pays. Or, ce président,
,M. llolfiiiann, fit une conférence sur l’insuccès de
Tassurance-maladie obligatoire en Allemagne et voici
les jihrases saillantes de son expoxé :
.. Toute assurance-maladie obligatoire repose sue
une incompréhension profonde de la vie et du travail
dans une démocratie, parce qu'elle suppose l'exi.s-
tence définitive de différences de classe. » (Ceci est
exactement l'opinion^ d'un sociologue catholique
anglais. Hilaire Belloc, un grand adversaire du capi¬
talisme).
.. L’absence d’honnêteté et la fraude de la part des
malades, des pharmaciens et des médecins, uiio
atteinte générale à la morale publique, voilà ce
qu'amène l'assurance, n
El enfin, parlant de l’expérience allemande, il dit :
« If assurance obligatoire n’a su ni diminuer lu
morbidité ni améliorer la santé publique. Pans le
domaine de l'hygiène publique, les Etals-Unis ont
fait dans les dernières trente années, sans assurances
sociales, des progrès de beaucoup plus rapides que
l'Allemagtie avec son assurdtice. I.a mortalité n'a pas
diminué dans ce pays dans les mêmes propUrtions
qu'aux Etats-Unis. La situation dos médecins alle¬
mands ne .s’e.st pas améliorée ; au contraire leilr valeur
morale a nettement baissé. I.u morbidité des .salariés
allemands n’a pas diminué. Le système a amené un
affaissement de la morale sociale et personnelle, il a
favorisé la fraude, le mécontentement et l’hypo-
.1 A qu.'lques détails près, je me joins à ce jugement.
N'e nous prouve-t-il pas. Messieurs, que le principe
même do l’assurance-mnladie peut être discuté ? Au
cours de mon exposé de faits, vous avez déj.4 vu
appafaître des arguments graves contre l’assurance,
non pas seulement à notre point de Vue professionnel,
mais à celui de la société tout entière. Les services
qu’elle rend ne sont-ils pas payés ti-op cher par sou
gaspillage financier, ses dépenses inutiles pouvant
être estimées au moins au tiers, c’est-ù-dire ù
2 pour 100 du salaire .luvrier Au point de vue de
l’énergie et .le la santé de la race, sou bienfait .l’en-
N» 5
LA PRESSE“MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
79
tr’aido sociale à l’égard des malades indigents n’esl-
il pas largement détruit, contrebalancé, par la cul¬
ture et l’exploitation de la maladie (la nosotropliie),
par la sélection à rebours ? Tout nous le fait penser.
Si je me déclare néanmoins partisan de l’assurance,
c’est que la carence totale de l’Etat dans tout le
domaine de l’hygiène publique nous impose un sacri-
lice, fût-il plus coûteux encore, pour diminuer notre
mortalité. Faute de combattre eflicacement le taudis
et l’alcoolisme, faute de surveiller égouts et eaux
potables, faute d’agir contre la dépopulation des cam¬
pagnes favorisée par les lois sur l’héritage, l’Etat
crée cet énorme et dispendieux appareil d’assurance-
maladie pour soigner les tuberculeux et les typhiques,
victimes de son incurie ; car c’est bien pour s’évitei-
un petit elfort d’hygiène publique, qui est vraiment
sa fonction, que l’Etat impose aux classes produc¬
trices cet organisme gaspilleur et écrasant, dont le
principal avantage est d’être conforme aux tendances
socialisantes de l’époque, et de faire partie du pro¬
gramme des organisations qui inspirent et dirigent
la politique chez nous. Notre profession est appelée
à être la première victime de ce rouleau compresseur;
quand lès autres méfaits des expériences socialistes
seront reconnus et réparés depuis longtemps, le mal
fait par elles à la libre profession médicale sera loin
d’être réparé et la société en souifrira longtemps
encore. Voilà pourquoi. Messieurs, nous avons le
droit et le devoir de nous défendre aujourd’hui ! »
Le secret professionnel
et les déclarations de maladies
à l’Assistance publique
I. — Le Conseil d’Elat a rendu récemment un
très intéressant arrêt sur la question de savoir si
un médecin se peut retrancher derrière le secret
professionnel pour refuser de faire à la Commis¬
sion de contrôle de l’assistance médicale gratuite
la déclaration du diagnostic de la maladie dont
est atteint l’indigent qu’il soigne.
La question se présentait de la manière sui-
Jj’on sait que dilférents systèmes sont employés
pour assurer la rémunération des médecins qui
donnent leurs soins aux malades admis à l’assis¬
tance médicale gratuite.
Ces systèmes varient suivant les départements
dont les Conseils généraux organisent ce service.
Le plus souvent c’est le tarif individuel, à la
visite, qui est employé, chaque visite ou opéra¬
tion étant payée séparément au médecin.
Mais ce système appelle de la part de l’admi¬
nistration un contrôle; celui-ci est, en général,
établi de la manière suivante ; on exige du
médecin la production de notes, ou mémoires
ayant une date déterminée. En outre, la mairie de
chaque commune remet aux malades un carnet à
souche, dont ils détachent une feuille pour la
remettre, signée de lui, au médecin à chaque visite.
El c’est le rapprochement des feuilles détachées
produites par le médecin et des souches restituées
par les malades aux mairies, en fin d’année, qui
permet à la Commission d’assurer le contrôle
(Voir sur ce point. Petit, Dictionnaire de droit et
de jurisprudence médicale, V“ assistance gratuite,
§ Mode de rémunération).
IL — Mais les commissions de contrôle ont
voulu, dans certains départements, obliger le
médecin à indiquer sur les bons de visite ou de
consultation le diagnostic de la maladie dont était
atteint chaque malade, prétextant que celte indi¬
cation était indispensable pour déterminer le
montant des honoraires à payer et assurer un
contrôle sérieux.
Beaucoup de médecins se sont insurgés contre
cette prétention en invoquant la règle du secret
professionnel, que l’article 378 du Code pénal
leur fait un devoir de ne pas transgresser sous
peine de condamnation pénale.
111. — Dans certains départements, comme
celui de l’Aube, on a essayé de solutions Iraiis-
aclionnelles permellaiil de concilier un contrôle
sérieux avec le respect du secret professionnel.
C’est ainsi que le 30 Novembre 192.'5 une conven¬
tion fut conclue entre le préfet de l’Aube et le
secrétaire de la fédération des syndicats médicaux
de ce département qui prévoyait l’établissement
du bulletin de visite en deux parties séparables é.l
détachables du carnet délivré aux assistés, et dont
l’une constituerait la fiche du diagnostic à rem¬
plir et à envoyer sous jtli fermé spéeial par le
médecin traitant au médecin secrétaire de la
Commission de contrôle.
IV. — Mais le D'' B... de ce département
estima que ce système, qui comportait la déclara¬
tion du diagnostic à un tiers', n’était pas compa¬
tible avec l’obligation du secret professionnel, et
refusa d’indiquer ses diagnostics sur les bons de
visite qu’il devait remettre à la Commission;
l’Administration lui fit alors savoir qu’elle ajour¬
nait le paiement des honoraires qui lui étaient dus
jusqu’à ce qu’il se fût conformé à celle formalilé.
V. — C’est dans ces conditions que le D’’ B...
saisit le Conseil de préfecture de l’Aube (juridic¬
tion compétente en la matière, loi du 15 juillet 1893,
art. 4) d’une réclamation tendant au paiement des
honoraires qui lui étaient dus et qu’il soutint qu’il
ne devait, sans violer le secret professionnel,
indiquer le diagnostic d’une maladie sans y avoir
été autorisé par le malade.
L’Administration, représentée par le préfet de
l’Aube, répondit que l’arrangement intervenu en
1925 était de nature à donner tous apaisements
aux médecins. Le Conseil de préfecture lui donna
raison et rejeta la demande du médecin en déci¬
dant que la Commission de contrôle n’avait pas
dépassé ses attributions légales en exigeant des
médecins de l’assistance la production d’une fiche
portant le diagnostic de la maladie.
VL — I.e D'' B... ayant porté l’affaire devant le
Conseil d’Etat, celui-ci lui donna raison et
réforme l’arrété du Conseil de préfecture, en sta¬
tuant dans les termes suivants ;
Séance du U Novembre 1928.
Le Conseil d’Etat, statuant au contentieux.
Ouï M. Blondel, auditeur, en son rapport.
Ouï M“ Auger. avocat du sieur B..., en ses
observations.
Ouï M. Dayras, auditeur, commissaire adjoint
du Gouvernement, en ses conclusions.
Considérant que pour demander l’annulation
de l’arrêté attaqué, le D’’ B... se fonde sur ce que
l’article 15 du règlement départemental de l’As¬
sistance médicale gratuite du département de
l’Aube du 30 Novembre 1925, aux termes duquel
le médecin devra indiquer sur les bulletins de
visite le diagnostic de la maladie, serait con¬
traire aux dispositions de l’article 378 du Code
pénal instituant pour les médecins l’obligation de
garder le secret professionnel et sur ce que, par
suite, ledit arrêté ne pouvait légalement rejeter
,sa demande en paiement des honoraires airéronls
à la période 1“'' Janvier 1925-30 Septembre 1920
par le motif que l’indication de la nature des
maladies n’était pas portée sur les bulletins de
visite.
Considérant, qu’aux termes de l’article 378 du
Code pénal, « les médecins, chirurgiens, ainsi
que les pharmaciens, les sages-femmes et toutes
autres personnes dépositaires par état ou profes¬
sion des secrets qu’on leur confie qui, hors le cas
où la loi les oblige à se porter dénonciateurs,
auront révélé ces secrets seront punis d’un
emprisonnement d’un à six mois et d’une amende
de 100 à 500 francs » ; qu’en l’état actuel de la
législation et en l’absence notamment de toute
disposition expresse de la loi du 15 Juillet 1893,
il ne saurait être dérogé à la règle générale et
absolue, édictée par l’article 378 précité; que, par
suite, le D'' B... est fondé à soutenir que l’ar¬
ticle 15 du règlement de l’Assistance médicale
gi'atuite du département de l’.ûubc du 30 No¬
vembre 1925 est contraire aux dispositions de
l’ai'ticle 378 du Code pénal et à demander pour ce
motif l’annulalion de l’arrêté attaqué.
Considérant que l’état de l’instruction ne permet
pas de fixer le montant des honoraires dus au
!)'■ B... pour la période envisagée; qu’il y a donc
lieu de le renvoyer devant la Commission de
contrôle du service de l’yVssistance médicale gra¬
tuite du département de l’Aube pour tpi’il soit,
jirocédé au règlement des honoraires dus au
i'e(|uéranl pour ladite période.
Décide:
« Article premier : L’ari'été du Conseil de pré¬
fecture interdépartemental siégeant à Châlons-
sur-Marne en date du 27 Mai 1927 est aniiulé.
« Article deuxième: Le D’’ R... est renvoyé
devant la Commission de contrôle du service de
l’assistance médicale gratuite du département do
l’Aube pour règlement de scs honoraires afl’é-
rents à la période 1'"' Janvier 1925-30 Sep¬
tembre 1926. »
VIL — Cet arrêt est particulièrement intéres¬
sant parce qu’il se rattache à une longue série
d’arrêts rendus par la Cour de cassation et qui
tendent à affirmer le caractère absolu du secret
professionnel des médecins.
La Cour suprême a, en effet, décidé à maintes
reprises que l’article 378 du Code pénal est une
disposition générale et absolue (Civ., 19 Dé¬
cembre 1885, D. 86.1.347) et que la règle du
secret professionnel ne souffrait aucune exception
(Civ., 13 Juillet 1898, D. 1900.1.43) en dehors de
celles édictées par le législateur (loi 30 No¬
vembre 1892, article 15, et loi du 15 Février 1902).
Et s’attachant à délimiter le contenu de celle
obligation qui pèse sur les médecins, la Cour de
cassation a décidé notamment que le secret pro¬
fessionnel s’étendait à tous les faits, d’ordre
médical ou non, qui avaient été connus par le
médecin par suite de l’exercice de sa profession
(Civ. 1“'- Mai 1899, Sirey, 1901. 1. 101).
VIII. — Or, cl ceci nous rapprochera des faits
de l’espèce qui a donné lieu à l’arrêt précité du
Conseil d’Etat, la nature de la maladie d’un client
est bien un fait venu à la connaissance du médecin
à l’occasion des soins qu’il a donnés.
Un arrêt de la Chambre civile, dans un cas
voisin, a nettement indiqué que la cause de la
mort d’un malade constitue pour le médecin
traitant « un fait secret de sa nature qui n’avait
pu êti'e connu de lui qu’à raison des soins qu’il
avait donnés à son client, et que, j)Our ce motif,
il.lui était interdit de révéler ». s
La même solution, sernble-l-il, s'impose en ce
qui concerne le diagnostic d’une maladie dont
souffre le client, qui constitue bien un de ces faits
que l’article 378 interdit au médecin de révéler.
IX. — Il y a lieu d’ajouter à ce propos que la
jurisprudence a précisé que le médecin devait
cacher ce qu’il avait découvert par ses propres
investigations médicales, alors même qu'il aurait
cru devoir cacher cette découverte au malade (Crim.
rcj. 9 Décembre 1885, S. 86.1.86 et le rapport
de M. le conseiller Tanon, Besançon 23 Mai 1888,
S. 88.2.128).
(lertaines décisions ont même ajouté que l’obli¬
gation du médecin au silence subsistait, même au
cas où le client autoriserait le médecin à révéler
la nature de sa maladie, en vertu de celle idée
que le secret professionnel est institué bien plus
dans l’intérêt de l’ordre social que dans l’intérêt
du client lui-même (Aix, 19 Mars 1902,
S. 1905.2.121, D. 03.2.452; Trib. civ. Meaux,
22 Novembre 1923, Gaz. pal., 14 Février 1924;
Muleau, Du secret professionnel, p. 15).
X. — En résumé, la jurisprudence de la Cour
80
LA PRESSE MÉDICALE, Mem-edi, 16 Janvier 1929
N“ 5
de cassation aboutit à cette conclusion que l’obli¬
gation du inédecin au secret professionnel ne
fléchit que devant un intérêt social supérieur, et
que cet intérêt n’est même pas celui de la justice,
puisque les tribunaux doivent rejeter un témoi¬
gnage apporté en violation des règles du secret
professionnel (Criin. 10 Mai 1000, S. 1901.
1.101; Req. 22 Novembre 1916, S. 1919.1.121).
Ainsi, seul le législateur apparaît capable de
relever le médecin de l’obligation du secret pro¬
fessionnel, comme il l’a fait par les lois des
30 Novembre 1912 et 15 Février 1892. Et encore,
en pareil cas, la jurisprudence tend-elle à limiter
dans la mesure du possible l’étendue de cette
dispense en précisant que les médecins « ne sont
relevés de l’obligation du secret professionnel à
l’égard des maladies épidémiques que dans la
mesure nécessaire aux communications qu’ils
doivent adresser à l’autorité chargée de protéger
la santé publique « (Crim. 13 Mars 1897,
S, 1898.1.425).
XI. — .'Virisi les règles qu’avait posées la juris¬
prudence de la Cour de cassation en matière de
secret professionnel médical étaient nettes et pré¬
cises, et, dans ces conditions, il ne pouvait
appartenir à l’Administration de contraindre les
médecins à les transgresser. En effet, en sou¬
mettant les médecins à faire connaître leur dia¬
gnostic, elle les obligeait à violer l’articlo 378 du
Code pénal, c’est-à-dire à commettre un délit.
Et, comme l’inditiuait M. le commissaire du Gou¬
vernement Dayras, dans ses conclusions, il était
bien évident que, si un médecin s’était conformé
aux prescriptions administratives en vigueur
dans le département de l’Aube, il devenait pas¬
sible des j)eincs prévues par ledit article 378.
Ainsi, le Conseil d’Etat a fort justement décidé
qu’il ne pouvait appaj'tcnir à l’Administration de
supprimer un délit édicté par un texte pénal.
XII. - Mais il faut reconnaître que la situa¬
tion de la haute juridiction administrative était
délicate, en raison d’un avis qu’avait émis, le
4 Août 1925, sa propre section de l’intérieur,
d’où il résultait que, quelle que soit la nature de
la maladie, les médecins de l’assistance ne pou¬
vaient opposer l’article 378 du Code pénal pour
refuser d indiquer aux Commissions de contrôle
leur diagnostic avec le nom de l’assisté ayant eu
recotirs à leurs soins.
E’.Vssemblée générale du Conseil d’Etat, sta¬
tuant au contctitieux, n’a pas hésité, malgré cet
avis, à orienter sa jurisprudence dans un sens
opposé. Et elle dpit être lonéo d’avoir adopté une
solution (jui, sans conteste, est plus conforme aux
principes- juridiques ([ui se dégagent de l’arti¬
cle 378 du Code pénal, précisés par la jurispru¬
dence de la Cour de cassation.
XIII. — Il faut ajouter, enfin, que la solution
adoptée par le Conseil d’Etat est également inté¬
ressante en ce qu’elle lend à donner certaines
précisions sur le rôle qui doit incomber aux
médecins de l’assistance médicale gratuite.
Il résulte, en effet, implicitement, de C(!tte
décision, que ceux-ci ne doivent pas être consi¬
dérés comme de simple.s mandataires du dépar¬
tement qui organise le service, mais bien plutôt
comme des auxiliaires qui, en raison de leurs
aptitudes professionnelles, viennent prêter un
concours technique à ce service d'assistance.
Mais cette collaboration à une œuvre administra¬
tive ne doit pas empêcher qu’ils restent vis-à-vis
des malades indigents auxquels ils donnent leurs
soins dans la même situation ((ue tout médecin
ordinaire.
Cette conception du rôle du médecin de l’assis¬
tance leur permet de conserver toute leur indé¬
pendance à l’égard de l’administration, ce qui
apparaît beaucoup [)lus confornu! à leur dignité
professionnelle
Une question épineuse
sur le secret professionnel
Un de nos abonnés nous pose la question sui-
. « L’année dernière, accouchait chez moi une fille-
mère que m’avait amenée son amant; à son entrée à
la clinique, dans jpQn cabinet et en présence de mop
infirmière-major, cette jeune fille, accompagnée de
son nmant, père de l’enfunl, m’avait déclaré vouloir
abandonner son enfant entièrement au père et s’en
désintéresser complètement. Il avait été entendu que
le père seul reconnaîtrait l’enfant.
« Actuellement, la mère, après avoir reconnu
son enfant quelques mois après la naissance, réclame
la garde de cet enfant. Le père iqvoque pton
témoignage pour convaincre la justice de l’accord
intervenu entre les parties avant la naissance.
« Mou infirmière ou moi pouvons-nous témoi¬
gner? »
Voici la réponse de notre collaborateur juridique ;
1. — Il est incontestable que les médecins et
chirurgiens sont tenus pti secret professionnel. Cette
obligation a sa source dans un texfc formel : l’ar¬
ticle 378 du Code pénal cpii leiir interdit de révéler
les secrets qui leur sont confiés sous peine d’une
condamnation pénale. La jurisprudence appliquant
cette disposition a déclaré qu’elle avait un carac¬
tère général et absolu (Critm, 19 Décembre 1885,
1). 86. 1. .347) et que la règle dti secret professionnel
ne soulfrail aiicuno exception (Crim., 13 Juillet 1897,
D. 1900. 1. 43).
IL — Toutefois, dans l’espèce visée par notre cor¬
respondant, les faits sont un peu particuliers et
posent une question délicate qu’il est impossible de
résoudre par rappUcalion pure et simple du principe
cirdessus indiqué,
En ellet, ce qu’on deipande au médecin de venir
préciser, ce n’est pas l’existence d’un fait dont il
aurait pu avoir connaissance en exerçant son art
médical et qui se rattacherait à la santé d’un malade :
c’est l’intervention d’un accord survenu entre deux
personnes, lopt à fait indépendant des questions
médicales et relatif à l’avenir d’un enfant qui venait
de naître, accord dont le médecin avait été le
Dans ces conditions, on peut se demander si l’exis¬
tence de cet accord étant discutée par les parties, le
médecin peut refuser d’apporter son témoignage
en s’abritant derrière le secret professionnel.
M. Petit, dans son Dictionnaire de Droit et de
Jurisprudence médicale, déclare, en effet, « qu’en
général on s’accorde à reconnaître que le médecin
doit taire non point tons les faits appris par lui dans
l’exercice de son ministère, mais les seuls faits con¬
nus de lui soit en raison de sa profession, soit en
raison des soins donnés ». (Voy. Secret professionnel,
^A’ature des faits dévoilés, p. 749.)
Cependant, le même auteur ajoute un peu plus loin
que « le inédecin, tout en exerçant sa profession, est
parfois conduit à connaître des faits extra-médicaux
n’ayant aucune action sur la vio ou la santé de ses
clients, mais que ooux-ci ou leurs clients ont intérêt
à caclier au public. Quoique théoriquement là con¬
naissance de cog faits SC distingue nettement de la
pratique médicale, c’est bien eu raison de son carac¬
tère de médecin que le praticien acquiert de telles
connaissances et ce serait tromper gravement la con*
fiance des personnes et des familles que de lui per¬
mettre de les révéler » (loc. cit.).
Et cela nous amène à remarquer que, dans l’es
pèce, il n’y aurait pas véritablement divulgation d’un
secret, ,
C’est dans ces conditions que tenant compte d’une
part de ce qu’il s’agit de faits extra-médicaux, et d’ag-
tre part de ce qu’il n’y aurait pas révélation publique
d’un secret, puisqu'il s’agirait simplement d’établir à
l’égard d’une personne l'existence d'un pacte qu’elle
aurait conclu, et cela non à l’égard de tout le monde,
mais simplement de deux intéressés, parties éven¬
tuelles du litige, il semble qu’on puisse conclure que,
le cas échéant, le médecin ne serait pas dans l'obliga-
tian de refuser d’apporter sou témoignage en raison
du Hucret professionnel.
III. — 11 faut, d’ailleurs, ajouter eu terminant que
lu question ne par, ait avoir que peu d’intérêt pratique
en l’espèee. A supposer, en effet, que le père invoque
cet accord devant la juridiction civile pour reprendre
l’enfant à Sa mère et offre do prouver par tégioins
l’existence de cet accord, il semble bien que le tri¬
bunal devrait repousser sa prétention, parce qu’il
s’agirait d’un pacte par lequel une mère s’engageait
à abandonner son enfant et qui, par conséquent,
devrait être considéré nommo immoral.
IL Montas
Jurisprudence Médicale
La « gale du ciment »
n’est pas un accident du travail.
Un ouvrier travaillant sur des chantiers de ciment
armé est atteint de l’affection cutanée désignée sous
le nom de « gale du cimentier ».
L’intéressé peut-il être rangé dans la catégorie
des blesses accidentés du travail, et par suite son cas
rélève-t-il de la loi du 9 Avril 1898 ?
Dans l’état actuel de la législation, il est hors de
doute que la réponse doit être négative.
Les lésions cutanées que peuvent présenter les
travailleurs qui manipulent certains produits causti¬
ques (brais, goudrons, huiles minérales, bitume, ci¬
ment, chaux, etc.) ne constituent pas, au regard de
la loi, un accident du travail proprement dit.
Dans le processus de ces lésions, n’apparaît point
le facteuT de soudaineté on de violence dont la mani-
festnlipn subite crée l’accident, d’après la définition
consacrée par la jurisprudence ;
« L’accident du travail ogt onrautérîgé par toute
blessure externe, toute lésion organique, tout trou¬
ble nerveux, psychique, résultant de l’action sou¬
daine d’nnc violence extérieure intervenaut pendant
le travail ou à l’occasion du travail, et toute lésion
iplçrno déterminée par un effort violent au cours du
travail. »
Ce qui a pu, vraisemblablement, donner lieu à
confusion, c’est qu’une loi du 24 Octobre 1919 assi¬
mile aux accidents du travail les maladies profes¬
sionnelles engendrées par les intoxications saturnine
et mercurielle.
Il convient toutefois d’ajouter que cette loi n'ad¬
met l’assimilation que lorsque ces maladies attei¬
gnent des ouvriers hahitueHement occupés à certains
travaux industriels dont l’énuniération figure aux
tableaux annexés à ladite loi.
Seul peut prétendre à une indemnité l’ouvrier
atteint de saturnisme ou d’hydrargyrisme, s’il dé-
inontrc, sous certaines conditions nettement déter¬
minées, que ces affections ont une origine profes¬
sionnelle indiscutable.
Or, en même temps que la Iqi d’Ootobre 1919 ré¬
glemente et limite l’extension de la loi d’Avri} 1898
aux maladies causées par le plomb et le utércurc,
elle envisage d’autre part, en son article 12, la dé¬
claration, par le médecin, de certaines maladies d’ori¬
gine professionnelle, en vue de l’extension éventuelle
de la législation sur les accidents du travail à ces
maladies.
Dans l’esprit de ceux qui ont lu un peu vite le
texte de la loi d'Octobre 1919 et des décrets ulté¬
rieurs (8 Juillet 1920, 12 Janvier 1921, 4 Mai 1921 et
19 Février 1927), une confusion a pu se produire entre
les maladies professionnelles dounaul droit (t indem¬
nité, et celles qui doivent faire l’objet de la formalité
de la déclaration, sans que la maladie envisagée
ouvre le droit à une indemnité.
Il importe de dissiper ce malentendu et de faire
ressortir aux yeux de nos confrères que l'application
de la loi est susceptible d'intéresser que, pour le
présent, la déclaration a pour but exclusif de pro-
curer à radministration compéiento et aux services
spéciaux du ministère dn Travail une documentation
qui permette à la Commission supérieure des mala¬
dies professionnelles de Sp prononcer avec certitude
sur l’insertion de telle ou tcUe nouvelle ntaladle dans
le texte de la future loi.
En résumé, s’il est question de V extension éven¬
tuelle de la loi du 9 Avril 1898, les dispositions à
intervenir demeurent encore du domaine de l’aVenit
et rien n'autorise à croire que les maladies profes¬
sionnelles — hormis saturnisme et hydrargyrisme —
peuvent donner droit à indemnité.
11. Montal.
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 10 Janvier 1929
81
N» 5
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
9 Janvier 1929.
A propos des injections salées hypertoniques dans
l’occlusion intestinale. — M. Gosset n’a janiais per-
sonnellernenl parlé de la voie reelale pour ees inj cr¬
iions. C'esl seulement M. Michel qui a employé celle
Kl la voie iiîtraveineuse procure, comme les i.récé-
dentes communicalions l’ont montré, de vérilables
résurrections. L’auleur ajoute à tous les cas publiés
4 observations remarquables de M. Pilsen (de
Quimper).
— M. Lecéne signale la ])riorilé des recberebes
physiologiques de llalden el Orr sur celte question
des injections salées hypertoniques.
Disjonctions de la symphyse pubienne. M.
Maisonnet en a observé (i cas. A ce propos, com¬
mentant toutes les observations déjà publiées à lu
Société sous ce titre, il montre qu’on a rassemble
])lulôt le litre de luxation du bassin. Les 0 blessés
([u’il a suivis ont bien guéri. Au point de vue théra¬
peutique, les luxations en haut el en dehors de l’os
coxal ne sont pas justiciables de l’intervention chi-
rui’gicale : il n’y a que les très larges disjonctions des
pubis qui pourraient tirer bénélice d’une opération.
Kystes de l’ovaire à pédicule tordu. . M. Küss
lait un rapport sur ces observations dcM. Koulodina
(d’Athènes), Deux fois le diagnostic porté avait été
celui d’aj)pendicite, et l’on avait appliqué de la glace.
Cholécystite calculeuse avec hématémèse. - -
M. Cadenat fait un rapport sur celle observation
de M. Moulonguet (de Paris). L’intérêt de celte
observation réside dans l’existence d’hématémèses au
cours d’une cholécystite non ictérique. Le diagnostic
d’ulcère de la petite courbure fui porté et l’interven¬
tion montra l’intégrité complète de l’estomac, el, au
contraire, l’existence d’une cholécystite très marquée
et très adhérente.
Sympathectomie périartérielle pour troubles tro¬
phiques des membres. — M. Robineau présente
ces 2 observations de M. Ferey (de Saint-Malo).
Le !“■' cas est classique. Un homme, aj'anl eu les
))ieds gelés est devenu un inlirme avec une ulcéra¬
tion rebelle depuis 2 ans. Or 18 jours après la sym¬
pathectomie l’ulcération est guérie et le malade peut
reprendre ses occupations. Un an après, en 15 jours
de temps il refait une ulcération de son moignon.
La 2“ observation est très j)aradoxale. Un homme
de 27 ans, colonial, présente depuis 2 ans de vastes
ulcérations des deux jambes. On porte le diagnostic
de tuberculides à forme purpurique. M. Kerey fait
une symphatectomie droite. Pendant 40 jours on ne
voit aucun résultat, puis briisquemen t les douleurs
diminuent, l’œdème rétrocède, les ulcérations com¬
mencent à se cicatriser. Le malade va beaucoup
mieux et demande une sympathectomie à gauclu’.
Celle-ci donne un très bon résultat et le malade
peut reprendre ses occupations. Un an ajjcès il va
bien, mais a encore une uleération rebelle. Ce (|ui
sympathectomie, alors qu’en règle celle-ci donne
des l'ésullats immédiats. L’auleur note aussi que les
sympathectomies doivent être faites .sur la fémorale
commune, plutôt (jue sur la fémorab> stiperlicielle,
M. Cunéo a vu plusieurs fois des ulcérations
multiples guérir à la longue par le simple repos.
Occlusion du grêle par sténose fibreuse suite de
hernie crurale étranglée. - - Cette observation de
M. Matry (de Pontainebleau) est présentée par
M. Mathieu. L’auteur, chez une femme âgée, crut
qu’il s’agissait d’un néoplasme et, au cours d’une
crise d’occlusion, il lit un anus ca*cal. Ultérieure¬
ment, la malade ayant été améliorée, il pratiqua une
laparotomie et découvrit une sténose en virole de la
liiÇdu grêle. En cherchant dans le passé de la malade
on retrouva l’histoire d’une kélotomie pour hernie
crurale étranglée. La malade est restée guérie
depuis 10 ans.
Curieuse migration d’un épi de graminée à tra¬
vers les voies respiratoires. — MM. Lamare et
Larjet (de Saint-Germain) ont adressé cette observa¬
tion que rapporte M. Mathieu. Une enfant de 2 ans
est envoyée à l’hôpital pour un abcès thoraci(jue :
celui-ci est incisé, le pus recueilli, el l’on y trouve
un épi de graminée de 3 cm. 5 delong. En cherchant
dans le passé, on trouva (jue l’enfant avait eu jadis
une crise de sulfocalion terrible attribuée à la dé¬
glutition d’un corj)S étranger. Or un examen radiolo¬
gique montra ([ue l’abcès communiquait avec une
cavité ])leuro-pulmonaire.
Anesthésie des splanchniques. - M. Hartmann
fait un ra])])ort sur deux travaux envoyés sur ce
sujet, l’un par M. Bacquié (de Buenos-Aires), 1 antre
jjar M. Zeno (de Uosario). (les deux auteurs, à la
suite d'un voyage fait à Vienne, ont introduit en
Argentine celli' méthoth^ d’anestbésie qu'ils emploient
](ar la voie antérieure. Ils cominencenl par anesthé¬
sier la paroi, de maniéré un peu dilîéreule l’un el
l’autre. Puis, la lajiarolomie faite, il faut relever le
foie très doucement, abaisser de même au doigt la
petite courbure, sentir le pancréas, rejiérer les bat¬
tements de l’aorte et, à droite de celle-ci, enfoncer
l’aiguille vers les corps vertébraux en pleine zone
splanchnique. On injecte alors de 60 à lüü eme de
solution de novocaïne à 1 jiour 200 de manière à bai¬
gner largement la région nerveuse. A partir de ce
moment toutes les manijiulations sont indolores.
L’anesthésie dure longtemps, jusqu’à 2 heures, mais
ensuite l’insensibilité de la paroi a disjiaru el il faut
y réinjecter de la cocaïne.
- M. Baumgartner jjralique souvent l’anesthésie
locale de la paroi, puis une seule injection de 60 à
70 eme dans la région s|)lanchnique en se repérant
sur le ligament jirofond de l’estomac. Il a vérifié sur
le cadavre, à l’aide de bleu de méthylène, l’inllltra-
lion du plexus solaire par ce procédé.
Action des courants de hante fréquence, à ondes
entretenues. — M. Heitz-Boyer emploie mainlenaiil
un nouvel appareil qui a remplacé son ancien ajijia-
reil à éclateur. Voici ([uels en sont les ellels :
Au point de vue macroscojjique, autour de l’élec-
ti'ode des anciens ap})areils il se forme une zone de
carbonisation (jui finit jiar faire isolant ; el ceci est fort
gênant lorsqu’on veut faire une section chirurgicale
au couteau dialhermique. D’autre jiarl il y avait
après certaines interventions une résorption élevée
de pi’oduits toxiques de désintégration. Au contraire,
avec les appareils à ondes entretenues, l’électrode
avance sans effort, les tissus semblent s’ouvi-ir
devant elle, et il faut ne pas aller trop vile jiour que
se forme bien une sorte de pellicule isolante, où les
vaisseaux soient bien oblitérés. L’électrode devient
alors un véritable couteau à haute fréquence.
Celle méthode doit trouver ses applications dans
la chirurgie des cancers, jiour les biopsies, pour la
chirurgie qui saigne, en particulier la chirurgie du
rein, spécialement des calculs, jiour la section du col
dans les hystérectomies, les tumeurs de la vessie,
M. Roux-Berger. La question de l’éleclro-
coagulalion est capitale pour la chirurgie du cancer
et, à l’étranger, le couteau électrique est employé
])Our enlever des tumeurs avec suture immédiate et
donc guérison par ])remière intention.
Présentation de malades. — M. Heitz-Boyer.
Malades opérés au rouleau diathermûjue, l’un pour
tumeur de la ressie, l’autre pour calcul du relu.
Présentation de radiographie. — M. Thiéry. En¬
foncement du coti/le pris pour une contusion de la
hanche.
La séance annuelle de la Société île Chirurgie
aura lieu le 16 Janvier à 16 heures.
S, ÜinuiLiiN.
SOCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HOPITAUX
Il Janvier 1929.
Sur un cas d’agranulocytose post-arsénobenzo-
lique. - MM. A. Jacquelin, J. Célice et Langlois
M»e-I>üuzin-Malègue et pa^-MM. Bocage èl"Eil!’iol
l’observation d’un malade qui présenta, après 2 séries
de novarsénobenzol, le tableau clinique et hématolo¬
gique d’une agranulocytose presque pure, avec an¬
gine initiale el prépondérante. La note hémorra¬
gique demeura tardive et discrète, tandis que s’abaïs-
sait à un chiffre extrêmement bas le pourcentage des
leucocytes granuleux.
Les auteurs insistent sur l’existence, dans ce cas,
d’un syndrome ébauché survenu à la suite de la pre¬
mière série de novarsénobenzol et ayant précéilé le
syndrome mortel consécutif à la deuxième série. Ils
noient, malgré la saturation arsenicale, la flore spi¬
rillaire el fnso-spirillaii'e de l’angine observée au
cours de ce syndrome. Enfin, faisant étal de la fré-
((uence accrue des cas d’agranulocy lose, ils jiensent
ipi’il conviendrait, pour prévoir <‘l jirévenir celte
complication mortelle, de surveiller syslémal ique-
inenl le ebiIVre el le pourcentage leucocytaire au
cours des Irailemenls intensifs par ce médicament.
Syndrome neuro-anémique traité par ingestion de
foie ; action simultanée et très favorable du trai¬
tement sur l’anémie et le syndrome neurologique.
MM. P. Jacquet et Deshuquofs pi-ésenlenl un
cas de syndrome neuro-anéiniipie (anémie jierniciense
cry])logénéli<|ue avec syndrome neurologique asso¬
cié) de lyjie jjseudo-labétique avec grande ataxie,
perle à peu près coniiilèle de la sensibilité |irofonde
el du sens siéréognostique, avec conservation de la
force musculaire el sans jiarlicijialion ap]iarenle du
faisc(*au pyramidal.
L’inléi'êt de cette observation l'éside dans 1 Clfel du
traitement par la méthode de 4\ hippie, exei\’anl son
action de façon surprenante non seulement sur 1 ané¬
mie, mais sur le syndrome neui idogique associé lui-
même. Grabataire depuis 2 ans el aux trois (piarls
inlirme, la malade a été améliorée de façon remar¬
quable, changeant du tout au tout ses conditions
d’existence.
Getle action du traitement par le foie sur les syn¬
dromes neurologiques associés aux anémies est
encore très peu connue. Elle semble être ciqiendant
d’un ordre très général.
— M. P. Emile-Weill a obseivé deux ras ana¬
logues. Sous l’influence du traitement, il peut y avoir
une dissociation dans liAidution îles deux syn¬
dromes associés.
Diabète insipide chez un enfant; inefficacité du
traitement par injection d’extrait hypophysaire ;
action remarquable des prises de poudre d’hypo¬
physe par voie nasaie. — MM. Lesné, J. Hutinel,
Marquézy et Benoist relatent l'observation d’un
enfant de 9 ans. atteint de diabète insijiide vraisem¬
blablement consécutif à une forme fruste d’encépha¬
lite. Les instillations nasales (jusqu’à XLVIlf gouttes
par jour) ainsi que les injections sous-cutanées
(5 cenligr.) d'extrait de lobe jiosiérienr d'hyjioiihyse
sont restées inefficaces. l’ar contre, les inhalations
d(‘ poudre totale (12 centigr.) ont fait tomber le taux
des urines de 7 el 12 litres à 2 litres. Le résultat se
maintient jiarfait tant que dure le tiailemenl. Les
auteurs insistent à nouveau sur l’importance de la
mui[ueuse nasale comme voie, d introduction des
médicaments.
M. Netter croit que la difféi'ence d action
entre la pondre et l'exlrail instillé lient à ce que la
première reste tandis que le liquiile ne fait que
- M. Rathery souligne le jiarailoxe ijui est l’inéfli-
cacité de 1 injection sous-cutanée dont l’effet est
d Ordinaire si rapide el mar(|ué. l’eul-élre y a-t-il là
une (|ueslion de dose
Néphrite avec syndrome azotémique d’origine
mixte. MM. L. Blum. Van Caulaert et Grabar
relatent 1 Observation d'une néphrite avec syndrome
azoténu<|ue d’origine rénale sur laquelle s est greffé,
à la suite de vomissements jirolongés, un syndrome
azotémique dû au manque de sel.
L’azotémie très élevée (6 gr. 33) est tombée à
2 gr. 25 sous l’influence du sel; ce niveau atteint, il
a été iiniiossible de faire baisser davantage l’azotémie.
Les aulimrs pensent que- celte azotémie résiduelle,
contre laquelle le sel ne peut rien, est d origine
rénale. L'azotémie sup[démenlaire est due au manque
de sel, qui est la conséquence des vomissements.
Néphrite aiguë; azotémie, chiorures sanguins et
réserve alcaline. MM. F. Rathery et Maurice
Rudolf raii\H)Heul l’observation d une malade atteinte
de néphrite aiguë d’origine loxi([ne. Ils ont éluilié
liarallèlemenl les chlorures sanguins et plasmatiques,
la réserve alcaline, l'azotémie, rhydrémie sanguine
el le /m sanguin. Ils ont obtenu une amélioration
très nette eu donnant du chlorure de sodium à la
malade. Celle-ci se déchlorurail par des vomissements
incessants.
Si, dans l'ensemble, les courbes de la réserve alca-
82
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
N“ 5
line et de ra/.oléniie oui suivi nue murche parallèle,
landia (|ne les elildrnres sanguins el plasniat i(|ues
présentaient des variations inverses, il pai'aît bien
exister rependant, nne certaine indépendance entre
les diveis 'factenrs étudiés.
Ij étude comparée des clilorures j)lusinat innés et
globulaires ne permi’t pas d’attribuer une valeui'
putliogéni((ne particulière à l état des clilorures glo¬
bulaires.
Reproduction expérimentale des lésions de la
maladie de Hodgkin. - M. Am. Coyon et M"'- C.
Brun. L’expérimentation (jui a donné à l’étranger
des résultats positifs - reprtnlnction des lésions gra-
nulomatensi's et tnbereulisation du cobaye -- smnble
avoir été négative jiisipi’à présent en Lranee. Les
auteurs résument les résultats qu’ils ont obtenus
dans nu cas de maladii’ de Hodgkin typique vérillé
par biopsie el autopsie: outre îles lésions granulo¬
mateuses, la malaile présentait des lésions tubei'eu-
leuses évolutives insoupçonnées.
Par inoculation directe, insertion sous-cutanée d'un
fragment de la tumeur médiastinale et en ileuxième
passage par injection dans la jugulaire du sang du
premier cobaye, les auleui-s ont reproduit chez les
deux animaux les caractères bistologiques sur lesquels
se base le diagnostic de la lymjibogranulomatoso
humaine : sclérose, pidy moiqiliisine cellulaire. Losi-
nopbilic sanguine et tissulaire, cellules de Sternberg.
Bien (|ne la malade pi'ésentét des lésions tubercu¬
leuses en évolnliou, les cobayes n’ont pas été tnber
Li's anit'urs soulignent le paradoxe (jue pourrait
expli([Uer l’identité d’origine tics deux processus. Ils
concluent (|ne les faits (îxpéi’imentjoix l’apporlés sem¬
blent un ai'gnment, sinon une preuve, en faveur dti
r’ùle d’un vii'iis, transmissible par lu voie sanguine,
dans le déterminisme de la maladie de Hodgkin.
M. Tixler a observé une dizaine , <le cas d’asso¬
ciation de maladie de Hodgkin et de tuberculose. H
estinu' (|u’il faut être extrêmement prtidcmt dans
rinterprétatii)n des lésions. Llles i-onstituent peut-
être simplement une forim.' spéciab' de ttibcrculose.
Pemphlgus aigu, manifestation terminale d’une
septicémie à streptocoques démontrée par l’hémo¬
culture. - - M. Creyx (de Bordeaux) rap|>orte l’ob¬
servation d’un malade Jittf'int de pemj>bigus aigu
mortel. Lu 11)12, une localisation d’allure infectieuse
an niveau de l’endocarde fit songer au rhumatisme
aigu. Les artlii-oj)atbies firent défgut. Ln ilHli, nou¬
velle év(duliou fébrile de coui’te durée. Lu .Vont 1928
enfin, état sei)ticéml([ue d’une durée de 8 mois avec
localisalion cutanée du type bulbuix el à prédomi¬
nance faciale, L’Iiémocultur'e, praticpiée 8 jours après
le début de rériq)tiou, a donné du streptocoque,
'l'cuitefois, l’absence d’examen bactériologiqtie de la
sérosité des bulles ne permet pas de dire si le pem-
phigus est fonetion directe ou indirecte de l’état
septieémiepte.
Borate de soude et insuline dans les hypergly¬
cémies. MM. Loeper, Lojna,ire et Ravier ont
déjà établi (|ue le borate de soude en injections
inlravoiiieuses atténue l’hyperglycémie. Incités par
les résultats obtenus pai' M. .Machebeuf avec l asso-
cialiou de l’insuline aux sels de cobalt et de nickel,
ils ont combiné radmiuisti-aliou de borate de soude
el d’insuline et oui constaté nn abaissement de
l’hyperglycémie toujours plus marqué i[u’avec l’in¬
suline seule, la dilTérenee au profit de cette méthode
pouvant atteindre 0 gr. 70 à 0 gr. 80.
Les grandes oxalémies. — MM. Loeper et Tonnet
esliiiienl i[ue leurs recberches établisscut l’existence
de l’oxalémie qtii possè<le des Byiu])tômes propres,
La question du dosage constitue le jioinl le plus
délicat de la question de l’oxalémie. On trouve par¬
fois des chilires très élevés d’acide oxalique qui justi¬
fient le terme de grande oxalémie. Ainsi, au lieu de
la quantité normale de 0 gr. 01, les auteurs ont noté
des chiffres de 0 gr. 08, 0 gr. 10 et même 0 gr. 57,
ebifires qui ont vraiment une valeur pathologiciue.
On constate d’ailleurs en même temps des manifes¬
tations cliniques variées ; anémie, asthénie déminé¬
ralisation, lithiase rénale et même prostatique, etc.
— M. Guy Laroche partage l’opinion de M. Loe¬
per et souligne qu’il faut faire le dosage de l’acide
oxalique non dans les urines, mais dans le sang.
M. M.-P. Weil fait remarquer ((ue le dosage
dos oxalates dans le sang a donné des résultats ti'op
variables suivant les auteurs pour qu’on en fasse
Splénomégalie avec mélanodermie. — M. Loeper
H yjbservé un malade atteint de tuberculose spléni(|ue
i|ni présentait nne grosse rate et une pigmentation
mélanic[ue considérable atteignant même la muqueuse
buccale. L’autojjsie montra des surrénales intactes,
un foie congestif avec quelques nodules tuberculeux,
une rate présentant des foyers de caséification.
L’examen <les pigments de cette rate fil découvrii-
une quantité énorme de pigirient ferrugineux associé
à du pigment mélanique. Ainsi, sous l’influence d’une
érythroi)hagie intense, la rate est capable de mettre
en liberté, d’une part du pigment ferrugineux, d’autre
pari du ])igment mélani(|ue sulfo-amirié.
Ictère spirochétosique d’origine fluviale; inocu¬
lation au cobaye négative à la recrudescence. -
MM. Léon Tixier et Stanislas de Seze ont observé
un nouveiiu cas d’ictère spirochétosique chez un
charretier dont le métier consiste à transporter dans
son tombereau du sable de rivière. Le rôle des rats
ne peut certainement pas être invoqué: la contami¬
nation s’est fuite pai- l’eau de rivière elle-même.
Pour les auteurs, la contamination Iluvfule est la
règle, la contamination par les rats est l’exception.
Insistant ensuite sur les résultats négatifs d'une
inoculation au cobaye pratiquée lors de la recrudes¬
cence fébrile, les auteurs rappellent que les cas d’ino¬
culation positive sont très rares. H est impossible
de considérer comme actuellement démontrée l’exis¬
tence constante d’une spirochétémie de retour à l’ori¬
gine de la recrudescence.
- M. Troisier rappelle qu’on a trouvé dans
l’enduit gras qui revêt le plafond des mines dos spi-
rocliètes en abondance dont l’inoculation au cobaye
a donné de l'ictère. Ainsi le spirochète peut être
transmis des objets extérieurs à l’homme sans l’in¬
termédiaire du rat.
Il esl de règle ([ue le sang ne soit pas virulent au
moment de la rechute; mais il est alors difficile d’in-
lerpréterles résullats, car l'immunité se développe
très vile dans la spirochétose el on injecte au cobaye
des anlicor|)s en grande ([uautilé, si bien que l’ino¬
culation reste négative, f'.ependant, si l’on observe de
très près les animaux, on constate souvent un très
— M. Tixier souligne le caractère négatif constant
dos inoculations de sang |)raliquées lors de la rechute
entre les mains de presque tous les observateurs.
Abcès streptococcique du poumon droit accom¬
pagné d’une pleurésie Interlobaire séro-fibrineuse
et aseptique. — MM. Léon Tixier et Stanislas de
Seze observent chez un malade de 65 ans un abcès
du lobe supérieur droit. Au bout de quelques jours,
rexamen radioscopique .montre, juste au-dessous de
l'abcès, dans la région do lu scissure interlobaire supé¬
rieure, une ombre à limite inférieure fortement
convexe en bas, bombant vers le parenchyme pulmo¬
naire. La ponction, faite au niveau du lobe supérieur
droit, retire du pus streptococcique. La ponction
faite plus bas, dans lu région interlobaire, rencontre
très [U'ofondémenl une collectiojn séro-fibrincuse el
aseptique qu’on évacue complètement.
Mort 8 jours après par ictus hémiplégique, au
cours d’une nouvelle ponction ; à l’autopsie, abcès
pulmonaire et symphyse interlobaire.
Conformément aux idées actuellement admises, la
plèvre interlobaire, loin de représenter une zone
favorable à la [(ullulalion des germes microbiens et
au développement des collections purulentes, joue le
rôle d’une véritable barrière de défense opposée à
l’extension des processus de sujquiration pulmonaire.
- M. Paisseau possède deux observations qui
établissent l’existence certaine de la pleurésie inter¬
lobaire. Dans la première, où il s’agissait d’une
pneumonie franche terminée par la mort au 8" jour,
1 autopsie montra une collection purulente occupant
la scissure interlobaire et un lobe supérieur hépatisé.
Dans la seconde il y avait suppuration avec présence
d’une cavité hydro-aérique dont le siège restait incer¬
tain 11 fallut que les pièces fussent incluses à la
cello'tdiné et coupées pour démontrer le siège exact
de la collection qui était l’interlobe. Ce fait montre
combien le diagnostic topographique peut être
difficile.
Erratum. A ])ro|)os de sa communication sur
« Les résultats du traitement ’chirurgical des
tumeurs cérébrales ». M. Clovis Vincent nous
signale que : u Les huit malades présentés par lui,
le 21 Décembre dernier, l’ont été en son nom propre
et au nom de M. de Martel qui les a presque tous
opérés à sa Clinique neurochirurgicale Vercingétorix.
« 11 est impossible que le nom do de IMartel, qui esl
le véritable fondateur de la chirurgie cérébrale en
l'ratice, soit omis, surtout quand lui-même a opéré
les malades. » P.-L. Makie.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE ET D'HYGIÉNE TfiOPICflLES
27 Décembre 1928.
Goundou chez un gorille. — M. Secques présente
à la Société un crâne de gorille provenant du Came¬
roun el offrant de volumineuses tumeurs qui, par leur
aspect et leur symétrie, font penser à un cas de goun¬
dou. Cette affection, en effet, n’est pas rare chez les
singes anthropô'ides.
Pathogénie de la splénomégalie égyptienne. —
M. Petzetakis. Celle question des splénomégalies
dans les pays tropicaux est encore assez obscure.
Elles sont souvent étiquetées (( maladie de Banli »
ou bien encore (c splénomégalie malarienne », mais,
pour l’auteur, il existe une autre splénomégelie dite
« égyptienne »,'el dont la pathogénie n’est pas connue :
il semble qu’elle soit due à un protozoaire qui u’est
pas identifié. L’auteur a, en effet, cru reconnaître
dans le frottis de rate certains corpuscules qu’il
considère comme de nature parasitaire. La maladie
s’observe chez les indigènes qui vivent dans de mau¬
vaises .conditions d’hygiène; elle est plus rare après
30 ans; l’homme est plus souvent atteint que la femme.
Il n’existe pas de traitement vraiment spécifique ; à
l’heure actuelle, l’ablation précoce de la rate paraît
être le traitement de choix.
— M. Tanon rappelle les diverses théories patho¬
géniques des splénomégalies tropicales : la splénomé¬
galie égyptienne est considérée comme due à la
bilharziose. Il cite un cas personnel où aucune autre
cause no paraissait pouvoir être invoquée.
La cholécystite amibienne calculeuse. - M. Pet¬
zetakis, à différentes reprises, a soutenu que la
dysenterie amibienne n’est que la plus connue des
nombreuses manifestations de l’amibiase. Parmi ces
manifestations, la cbolécystite amibienne est utile
à connaître. Les intéressantes observations de
MM. Tanon et Trabaud ont confirmé cette façon du
M. Risgalla, dans une thèse récente, a objecté,
avec raison, que le diagnostic de cholécystite ami¬
bienne n’a été posé qu’à l’aide de l’émétine.
Or, M. Petzetakis rapporte aujourd’hui l’obser¬
vation d’un cas où la vésicule renfermait, outre un
calcul de la grosseur d’une noisette, de nombreuses
amibes mobiles.
— M. Tanon montre l’intérêt de celte observation
qui prouve que les amibes peuvent vivre dans la
Vésicule. 11 rappelle que le traitement par l’émétine
ne suffit pas toujours à poser un diagnostic ; car ce
médicament, outre son action parasitaire, a une
action désinfectante' certaine et ses propriétés théra¬
peutiques ne sont pas entièrement connues.
Sur le paludisme à Pondichéry. — M. Labernadie.
Cette maladie est fort rare à Pondichéry; cependant
personne ne fait de quininisation préventive et n’em¬
ploie de moustiquaires.
La ville est cependant entourée de rizières, mais il
existe un nombre considérable d’animaux qui sem¬
blent jouer ici un rôle important dans la prophylaxie
du paludisme. Le zootropisme, mis en évidence par
lloubaud, est nettement démontré à Pondichéry. C’est
ainsi que les femelles anophèles sont toujours captu¬
rées dans les étables.
— M. Tanon se demande si lu présence du bétail
est réellement la cause de la diminution de l’endé¬
mie palustre, el si l’on ne pourrait pus trouver ici
une confirmation de la théorie qui a été émise par
certains auteurs sur l’importance prophylactique de
la riziculture.
. — M. Broquet confirme que, dans certaines ré¬
gions de l’Inde, il n’y a pas de paludisme. Ces régions
ne sont pas forcément des régions élevées, mais ce
sont surtout des réglons sablonneuses où l’eau est
rapidement absorbée. A Bombay, il y a du paludisme
parce que les services d’hygiène se heurtent à des
coutumes religieuses, il existe partout de nombreux
^ Bavmom. (Nkvkii.
Il G Janvier 1929
N” 5
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
L’infection tuberculeuse
des internes en médecine
De divers cdtés on eoirimence à s’émouvoir du
nombre imjuiétanl de jeunes médecins, internes
ou assistants, qui contractent une infection tul)er-
culeuse au cours de leur stage dans b's hôpi-
Cette question demande à être examinée sans
retard, car elle indique qu’il existe, chez ceux
mêmes qui doivent montrer aux autres le bon
exemple en matière de prophylaxie, une insou¬
ciance de leur propre personne (jui serait iiiqiar-
donnable si elle n’était l’exagération d’une des
plus nobles (pialités morales du médecin ; le
méj)ris du danger en [)résence du malade ou de
la maladie.
Mais, s'il est des cas où cet acte d’abnégation
professionnelle peut toucher au sublime, combien
plus fréquents sont les cas où le mal contracté au
lit du malade ou sur la table d’autopsie n’a eu
d’autre cause (pi’une coupable négligence, et
d’autre résultat que de briser, ou tout au moins
d’interrompre pour un long temps, des cari'iércs
brillamment commencées.
Il iuq)orte donc de mettre en garde les jeunes
Ttiédecins contre cette sorte de déformation du
sens de la préservation, (|ui leur fait négliger les
précautions les j)lus élémentaires en présence
d’un malade contagieux ou de toute autre source
d’infection.
Les ouvrages traitant de la préservation contre
la tuI)erculose sont nombreux, mais ils s’adres¬
sent au grand p\iblic, et on ne prcclic pas au
public comme ou prêche à des médecins.
Je voudrais rappeler ici quelques règles ou
(pielques principes qui régissent les conditions
de la contagion tuberculeuse dans la profession
médicale, et en dégager des enseignements pra¬
tiques permettant aux jeunes médecins qui tra¬
vaillent dans les services de tuberculeux d’éviter
avec certitude tous Jes ris(pies d’infection par le
bacille de Koch.
La contamination inévitable.
On i)cut poser, en princi|)e, que tout médecin
(|ui soign(! des tuberculeux sc containiiu' forcé¬
ment par le bacille de Ko(di. Mais, je m’empresse
de dire que « contamination » n’est pas synonyme
d’ <i infection ». ,rent(mds ])ar (a)nlamination la
souillurtï d’une partie de l’individu (peau, iiiu-
(pieuse, vêtements, etc.) [)ai- le simple contact du
bacille.
S’il est inutile de rajtpeler (pic le bacille de
Koch se trouve uulipiement dans les produits
d’excrétion bacillifères disséminés jiar le ma¬
lade, peut-être oublie-t-on trop (pie le simple fait
d’avoir donné la main à un malade, d’avoir tou¬
ché sa literie ou soulevé son crachoir pour en
examiner le contenu, d’être resté quebjues mi¬
nutes en conversation raiiprochée avec lui, de
l’avoir fait tousser pendant qu’on l’ausculte, etc.,
tout cela suffit pour ([ue (pielques bacilles vien¬
nent se déposer sur la peau, sur les muqueuses,
ou sur les vêtements du médecin.
On connaît les expériences de Strauss, démon¬
trant la présence fréquente de bacilles de Koch
virulents dans le mucus nasal d’individus (méde¬
cins ou infirmiers) vivant en contact avec des
malades tuberculeux. Le même fait a été constaté
chez des employés de bibliothcijues juibliipies,
ou de salles de spectacles.
Je ne rappellerai pas les exjiériences de Flugge,
et de tant d’autres, avant lui, sur l’infection d’ani¬
maux par l’intermédiaire de gouttelettes liquides
propulsées par le malade au moment de la toux.
On sait également que le danger de contagion
le plus grave et le plus fréquent est celui (pii
résulte de la dissémination des crachats par le
malade qui expectore dans son mouchoir ou sur
le plancher de sa chambre.
A cela on nous répondra qu’aujourd’hui, dans
les hôpitaux, les malades ne crachent jilus dans
leur mouchoir de poche ou sur le sol ; que le
médecin qui soigne des tuberculeux ne se trouve
pas dans les conditions du cobaye (pie l’on expose
dans la trajectoire bacillifère sortant de la poi¬
trine d’un phtisique (pii tousse violemment.
Kt cependant, ([u’on y rélléchisse un instant.
Quelle diirérence y a-t-il là avec les conditions
du médecin qui examine un malade au laryngos¬
cope, ou (]ui se trouve auprès d’un tuberculeux
au moment où il tousse pour ex|K^ctorer un cra¬
chat:’ Qu’on interpose une glace transparente
entre le malade et le médecin, cela suffira pour
qu’on se rende compte de l’importance du danger.
IjC tuberculeux ne crache plus à terre ou dans
son mouchoir de jioche. Peut-être. Mais, (piand
le médecin d’hôpital a quitté le lit du malade, sa
tâche n’est pas terminée; il y a encore le labora¬
toire et parfois la salle d'autopsie.
Le laboratoire. Parlons-en; c’est là (pie l’oii
retrouve les crachats du malade et ses autres
(iroduits bacillifères.
Tous les jours de l’année on en apjiortera au
médecin qui devra les manipuler et les examiner.
Comment supposer que dans un milieu panul le
germe infectieux jniisse rester strictement emjiri-
soiiné dans les sécrétions, à une distance respec¬
tueuse et inoireusive. Qu’on lasse faire l’examen
des poussières et des taches susjiectes des labo¬
ratoires d’iuipitaux, comme on a fait rexamen
des jioiissières et des taches d(“ locaux non désin¬
fectés, habités par des tuberculeux peu soigneux,
les résultats ne seront pas moins édifiants dans
un cas (pie dans l’autre. Kt pourtant, de nom¬
breux faits ont prouvé que l’infection des locaux
d’habitation était une des causes les |)lus fré-
(pieiites de la contagion tuberculeuse.
Ajoutons encore à cela les souillures si faciles
par les produits bacillifères de la salle d’autojisie;
en voilà assez pour affirmer ipie le médecin d’hô¬
pital (pii soigne des tuberculeux subit tous les
jours des contaminations bacillaires nombreuses
et inévitables.
Le danger d'infection.
On a donné diverses explications coiiccruant
les modes d’inlèction tuberculeuse du poumon,
et cependant on doit reconnaître qu’aujourd’hui
encore on est loin d’être fixé d’une manière cer¬
taine à ce sujet. On parle tantôt d’infection héma¬
togène, tantôt d’infection par les voies bronchi-
(jues ou lymphati(}ues, sans (pi’on jiuisse jamais,
dans un cas donné, être absolument certain de la
voie suivie par le bacille jiour arriver au pou-
une certitude absolue, lorsqu’un foyer de tulier-
culose se déclare, s’il s’agit d’une infection cj-o-
gène provenant d’un germe fraîchement entré
dans l’organisme, ou d’une infection tmtogcnc
résultant de l’évolution aiguë d’un foyer latent ou |
du réveil d’une anciciiiic lésion momentauémeiit
éteinte.
Toutefois, si la (]uestion peut se discuter (piand
il s’agit de personnes plus ou moins délicates,
vivant dans des milieux absolument salubres, jiar
contre, (piaiid il s’agit de jeunes gens vivant dans
un milieu aussi sûrement contaminé que le milieu
hospitalier, il est inutile d’aller chercher midi à
quatorze heures : la source de rinfection, le point
de départ du bacille est exogène, il est dans l’am¬
biance immédiate et journalière du médecin.
Kt surtout (pi’oii ne donne jias au jeune méde¬
cin une sécurité illusoire en lui disant (ju’il est
déjà immunisé par les jietites contaminations de
l’enfance, « tout est i|uestion de ipiantité en ma¬
tière d’infection tuberculeuse ».
J'ai (bqà rappelé ailleurs l’exemple des soldats
de la grande guerre, arrivant jiar centaines et
Jiar milliers en Suisse, jilus ou moins gravement
atteints de tuberculose. Or, la jilujiart étaient des
jeunes gens ou des adultes jiartis en plcino saule
et gardant encore toutes' les ajqiarciices d’une
robuste constitution. Beaucouji d’entre eux décla¬
raient n’avoir jamais soull'ert de jirivations ali¬
mentaires, grâce aux envois de leurs làmilles. Ils
s’étaient infectés au conlact les uns des autres,
dans les casernes de jirisouiiiers où aucune jiré-
caution n’étail matéricllemciif jiossilile. J’ai vu
arrivi'r un jour un convoi d’u'ne vingtaine d’offi¬
ciers, ayant jiassé jilusieurs mois de cajitivité
cuseiulile, dans la même chambre une salle
d’école); tous étaient inleclés; deux, jilus grave¬
ment (jue les autres, avaient été les jiremiers
atteints, et soignés dès le déliul jiar leurs cama¬
rades; ces officiers n’avaient jias soull’ert de la
faim, ils s’étaient infectés récemment au contact
les uns des autres.
Loin de moi l’idée de vouloir nier l’inijiortaiice
de la réreplivilr en matière d infection tubercu¬
leuse, mais, dans la jiratiijue, le facteur contagion
est infiniment jiliis inijiorlant.
11 faut donc, si l’on veut éviter la tuberculose,
commencer jiar croire au danger de contagion,
même si l’on est médecin, et cette contagion jieut
s’elfectuer de mille manières diirérentes : toute
voie est bonne au bacille jiour jiénétrer dans
rorganisme, et il arrivera au jioumon soit ajirès
avoir suivi la voie lymjihatiijuc ou sanguine,
soit, le Jilus souvent, ajijiorté directement de
rcxlérieiir sur les jioiiils les jiliis vulnérables du
jiarenchyme jiulnionaire.
Tout individu ayant subi un conlact bacillifère
(juelconque est menacé d’inociilalion et d’infec¬
tion tuberculeuses, si des jirécautioiis .indisjieii-
sables ne sont jias jiriscs en temjis voulu.
L’infection évitable.
en matière d’infection des jilaies : c’est (jue la
souillure des tissus, jiar les matières sejiliijues de
rexlérieur, ne jirodiiit jias immédialement et iii-
failliblement rinfection. 11 s’écoule toujours un
certain lajis de temps depuis le iiiomeiit où les
germes infectieux sont entrés en contact avec les
tissus, et le moment où ces germes jiénètrent
dans les cellules ou dans les lymphatiques. C’est
ce laps de temps que l’on doit mettre à profit
pour clnmcher à éloigner le germe ou le détruire.
Puisqu’il estcertaiii ijiie le médecin qui vit en
84
I.A PRESSE MEDICALE, Mercredi, 10 Janvier 1929
N“ 5
contact avec des lubei'culenx se contaiiiine par le
bacille de Koch; puisqu'il est certain qnc ces
contaminations rcpélccs risquent de riiifecter,
qn't7/c,s l' infectant soneent, ])onr(|uoi no prendrait-
il pas les nicines précautions tpie le cliirurgitni i’
Toutes les lois (|u'un contact inrectieux s’est pro¬
duit, d'une nianière ou de l'autre, qu’il mette à
prolit sans tarder ce laps de tenq)S qui lui esl
laissé entre le nioincnt de la contamination et
celui de rinfcclion.
Il faut un commencement à tout. C est ])ar les
mains (|ue comtnence la contamination, et c’est
])ar les mains que le médecin doit commencer la
pro[)li_vlaxie de la tnbercnlose. .Après clnnpie
contact suspect, il importe (|u’il se lave les mains
au savon; ce n’est pas une lois ou deux, mais dix
lois, viiif^t fois par jour (pi’il doit aller au lavabo.
Combien de temps les cliirurgiens ont-ils mis,
d(q)uis la- découverte de rantis(q)sie, avant de
|)orter des gants et des ma.s(pies'.' bit si toux en
portent anjourd’bui, c’est qu’ils ont reconnu (|ue
cos précautions, qui pendant lon^teinpx ont parti
qnelqnc peu ritlicnlex. n’étaient cependant ))as
siqu'cllues. Il y avait des fuites, des infections sé
produisaient ; or, en matière de tuberculose il y
a aussi des fuites, puisque des infections se pro¬
duisent.
Nous ne demandons pas au médecin phtisio¬
logue di' porter des gants, le /mv/gc des inainx
suflit, mais qu’il le fasse clnnpie fois qu’il a tou¬
ché la main, les dixqis ou le crachoir du malade,
louti'S les fois (|u’il a manipulé quelque proiluit
bacillifère, et surtout qu’il ne porte jamais la
main à sa bouche, <[u’il ne prenne jamais son
moiK hoir de poche sans avoir l•em])li scriipnlcu-
sement celte obligation sacrée vis-à-vis de Ini-
Le médecin doit chercher à développer en lui
ce xenx de la préxereation ipii, par la force de
l'habitude, lui fera faire autornaliipicment tous
les actes nécessaires alin d’éviter l'infection.
On ne saurait demander au phtisiologue de
porter un /naxqne, sauf peut-être en cas d inler-
vention dans la gorge. Mais, (pi’esl-ce ipii l'em-
pècherait d’exiger ipie le maladi' porte un mou¬
choir devant sa bouche pendant ranscullation, et
surtout pendant les accès de toux, comme eida se
pratique dans beaucoiqi de sanatoriums.
l’cndanl la conversalion, si le médecin ne peut
s'éloigner assez, du malade, il se tiendra au-des¬
sus de sa tète : un médecin doit toujours dominer
son malade.
Il y aurait <|U(dqiie impudence à recommander
à des médecins de xe laver le vlxa^r après avoir
passé toute une journée dans des salles de tnber-
culeu.x. Mais, je voudrais insister sur deux me¬
sures prophylactiipies que j’eslinie tie la plus
haute imitorlance.
(l’est tout d abord le f^ari^arix/ne fréfpieni,
moins dans l’idée de détruire les microbes de la
bomdie et du pharynx, «pie di^ les expulser méea-
riiipiemenl en provoquant la sécrétion des mii-
«pieiises. Les formuh's sont innombrables; j’im
donne uni' «pii a ci't avantage d’èire agréable et
de ne coi'iler pas cher : menthol 10 gr., salol 20 gr..
alcool pur 1 litre. .A raison de 20 gouttes dans un
verre d eau, 1 litre peut suflire pour |)lnsieurs
Enlin, la tlnnrlie «piotidicnne. soit au milieu «In
jour, soit le soir; la bonne douche écossaise,
chaude d’abord, froide pour linir, tombant en
trombe de la hauteur du plafond. Il y a, sans
doute, dans chaque hôpital, un local de douche,
sinon ipi’on i-n installe. Je fais appel aux souve¬
nirs de mes vieux camarado.s d’internat : l’heure
de la douche! heure exquise, «pii n’était en réa¬
lité qu’un ipiart d’heure, mais «jiii suffisait pour
eiracer totites les fatigues et toutes les souillures
de la journée.
.Avec cela, point n’est besoin de recommander
qu’on aille pa.sser des heures à jouer sur des
jilaces de sport, ou à ramer stir des rivières, non
pas qu’il soit inauyais de faire ces choses-là, mais
je me demande comment les internes de chez
nous en trouveraient le temps.
Un mot encore concernant le vêtement. Tous
h'S internes portent des blouses, que l’on change
de temps en temps. Est-il nécessaire de dire que
ces blouses sont contaminées, et qu’elles ne de¬
vraient i^tre portées que pendant les heures de
travail, v\ jatnaix pendant les /leiirex dex repax.
Enfin, en ce qui concerne les lahoratoirex ;
«pi’on les entretienne dans un état de propreté
rigoureuse, qu’on lave une fois par semaine le
plancher avec un désinfectant, et surtout qu’on
ait recours, au moins deux à trois fois par an, à
cet admirable moyen ; la désinfection aux vapeurs
de formol, dont l’efficacité dans la lutte contre le
bacille de Koch est scientifiquement démontrée.
J’ai hâte de finir. (Ju’on me pardonne d’avoir
dit tant de banalités; ma seule excuse est la
parole du maître qtie je citais en tête de ce cha¬
pitre : « 11 n’y a ni petites questions, ni minces
détails, quand il s’agit d’organiser la prophylaxie
de la tuberculose. »
Jaoukiioi) (de Leysinl.
Données nouvelles
sur la contagion de la fièvre jaune
La mission de l’iustilul Pasteur, envoyée de Rio
de Janeiro pour contrôler les observations de la
('.ommissiou américaine de C.nba sur la fièvre janne.
lermina son rapport en déposant des conclusions «pii
onl été considérées jnsipj’ici comme la charte éjiidé-
miologi([ne du typhus amaryl. Elles sont condensées
dans dit paragraphes distincts dont nous nous con-
J'i. — Le contact avec un malade, ses elfets ou .sex
e.ccrétionx esl incupuhle de produire la fièvre jaune -,
■Jü. - En dehors des piip'ires de Stcgoinyia in¬
fecté. le seul moyen connu de déterminer la maladie
esl l'injection dans li's tissus d’un individu sensible
de sang provenant d'un malade et reeneilli pendant
les trois premiers jours de la imdadie ;
2fi. — La fièvre jaune ne jieut affecter nn carac¬
tère contagieux «pie dans les régions qui possèdent
le .'>lepnnii/ia fnseiatu ;
27. - - La prophiiluj-ie de lu fièvre jaune repose
tout entière dans les mesures à prendre pour empê¬
cher le Stegomqia fa.-iciatu de piquer l'homme ma-
Inde et l’homme sain.
11 semblait en clfet jusqu’ici que toute la bataille
contre la fièvre janne devait se résumer dans la lulle
antislégomyicnne. Or voici que nous arrivent de la
c(')le occidentale d’Africpie des aperçus nouveaux sur
le mode de transmission de l’infection puisque les
I)'" .lohannès. IL Eaucr et N. Paul Hudson, membres
de la (loininission des recherches sur la fièvre jauni'
à Lagos (Nigeria anglaise), viennent de montrer que
sur des animaux, particulièrement réceptifs, comme
les singes de la famille des Hhésus, le virus jauiicnx
peut SC frayer passage à travers le tégument cutané
parle mécanisme de la contagion dirccle'.
En recherchant les sources du contage chez le
professeur .Adriaii .Stokes, mort de la fièvre jaune
pendant qu’il travaillait dans son laboratoire. Bauer
et Hudson ont acquis la conviction que leur collabo¬
rateur s'était contaminé en manipulant du sang on
d’antres substances infectées. L’hérc'ique victime de
la science, n’ayant pas été depuis longtemps en con¬
tact de laboratoire avec les moustiques, ils avaient
été amenés à penser que l’infection avait dû se pro¬
duire par une inoculation spontanée du virus jaunenx
à la faveur d’excoriations cutanées aux mains, ou
1. H. JoiiANSÈs, Baui'.h et N. Paui. Hudson (Lagos,
Nigeria, West Afrique). — « Passages ot tlio viru.s iif
Yellow Kever tlirongh tlie skia ». The .-imerican Journal
nf Tropical medicine. Septembre 1928.
Cette étude nous a été aimablement communiquée par
.M. Taylor, de la pondation Rockefeller, qui subventionne
ces rccbercbes. Nous le remercions vivement ici de son
obligeance.
encore d’une blessure par morsure de singe incom¬
plètement guérie.
Pour vérifier le bien fondé de leur hypothèse, B.
et H. se sont livrés à des i-ecbercbes sur les singes
Rhésus dont voici les conclusions résumées.
Le virus jaunenx, lorsqu'il se trouve en quantité
suffisante dans le sang des animaux infectés, peut
déterminer l’infection des singes Rhésus par simple
friction de II gouttes de sang sur la peau délicate de
l'abdomen. Clomme cela était à prévoir, l'épreuve a
été également positive en frictionnant avec du sang
infecté la même région rasée sans savonnage ou sca-
l'iflée avec, un couteau à cataracte, après savonnage
cl rasage préalables. De ces constatations, il est per¬
mis de conclure, bien que l’expérience n’ajt pas été
tentée sur l’homme, que les mains de ce dernier qui
portent, souvent même à son insu, des elfractions
tégumentaires, peuvent servir de porte d’entrée au
virus dans l’organisme.
La concentration du virus amaryl est surtout ac¬
cusée au début do la maladie, puisqu’il suffit d’une
jiotitc goutte de sang inoculée par le moustique pour
ia provoquer. Dans une expérience, les auteurs ont
montré qu’une injection sous-cutanée de 0,0001 eme
de sang virulent a été suffisante pour déterminer une
infection mortelle.
L’injection de sérum des convalescents paraît met¬
tre les singes à l’abri de l’infection expérimentale,
B. et H, ont pu, à diverses reprises, vérifier le fait
sur enx-mémes à la suite d’accidents de laboratoire.
B. s’est piqué le doigt avec une aiguille contaminée
et a été piqué par un moustique préstimé infecté. H.
a reçu à la face des projections de sang jauneux et a
eu la main exposée à ce dangereux contact par suite
de la déchirure de son gant protecteur en caout¬
chouc. Cépendantv ni l’un ni l’autre n’ont présente
d’accidents morbides grâce, semble-t-il, à une injec¬
tion préventive de 5 eme de sérum do convalescents,
l’onr éviter, autant qnc possible, la dernière mésa¬
venture fréquente dans les pays tropicaux où le caout¬
chouc se conserve difficilement, les expérimentateurs
conseillent le port d’une double paire de gants.
Les études de Bauer et Hudson témoignent, une
fois de plus, do la complexité des faits biologiques et
indiquent que dans la prophylaxie du typhus amaryl
le stogomyia n’est pas le seul agent de transmission
et qu’il faut aussi compter avec le mécanisme de la
contagion directe. Nous avions fait nous-môme des
réllexions analogues à propos delà transmission delà
peste bubonique par les puces du rat chez le Chi¬
nois en faisant prévoii' que la contamination chez ce
dernier devait avoir assez souvent pour cause des
excoriations cutanées provoquées par les lésions du
grattage de la gale, maladie très fi’équente dans la
Chine du Sud *.
S. AmiATuciu,
Appareils Nouveaux
Le rhino-manomètre.
Des rhinologistes nous ont demande de leur fournir
une méthode pratique d'appréciation de la perméabi¬
lité nasale en insistant sur l’intérêt que présentait
pour eux l’évaluation de cette perméabilité au cours
de l’inspiration.
Toute la portée de cet élément a été l’objet de la
pari de G. AVorms d’une -étude approfondie* qui
représente une remarquable mise au point de la
* Il nous est apparu que la perméabilité des voies
respiratoires supérieures pouvait être jugée en fonc¬
tion de son inverse qui est la résistance opposée par
les fosses nasales et le rhino-pharynx au transît
Le déplacement d’un (luide, l’air en l’espèce, à tra¬
vers un conduit, nécessite l’établissement entre les
doux extrémités d’une difl'éronce do pression; et.
pour un débit aérien donné, cette dillérenoe de pres¬
sion est, toutes choses égales par ailleurs, inverse¬
ment proportionnelle à la largeur du conduit. Par
conséquent, pour assurer, au cours de chaque respi¬
ration normale, un même débit gazeux de 500 c.mc
J, Il Considérations sur une épidémie de peste de la
Réunion ». La Presse Médicale, U Mai 1927.
2. G. WoRMS. — - Il L’insuffisance nasale ». Rapport an
Congrès d'oto-rhino-laryngologie, Paris, Octobre 1927.
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
iviron d’air courant à travers les fosses nasales, il
udra nne variation de pression intrapulmonaire, ou
utôt rétro-nasale, d’autant plus grande que la sec-
>n des dites fosses nasales sera moindre; cette
riation sera constituée par une dépression en inspi-
tion et une surpression en expiration dont la valeur
présente la rj'isistance nasale. La surpression expi-
toirc est de moindre importance que la dépression
spiratoire parce que, l’inspiration étant plus Ion¬
ie, elle comporte, pour une mémo masse d’air à
obiliscr, un débit gazeux moindre dans l’unité du
I^a mesure do ces variations de pression en amont
I rhino-pliarynx peut donc être expressive de la
sistance nasale. Il suffit pour la réaliser de' bran¬
ler, sur l’oropharynx d’un sujet respirant normale-
ent par le nez, un manomètre très sensible qui
aduirales variations de pression, négative à l’inspi-
tion, positive à l’expiration ; ces variations de pres-
[in, dont la valeur oscille autour d’une moyenne
de l’une et l’autre fosse nasale d’un même sujet.
Cette méthode a permis de constater que, cliez les
sujets normaux au repos, la résistance nasale en res¬
piration calme est de l’ordre de grandeur suivant ;
— 9 à — 15 millimètres d’eau en inspiration,
-f- 6 à -j- 12 » » en expiration,
En respiration par une seule narine, chez les sujets
normaux, è nez symétrique, la dépression inspira¬
toire atteint 18 à 20 millimètres d’eau. Elle est natu¬
rellement équivalente des deux côtés.
La mise do l’instrument en ordre de marche con¬
siste, après avoir fixé verticalement le panneau qui
supporte le manomètre, à amener, parle maniement
de la vis de calage V, la bulle d’air du niveau N à
égale distance des deux traits repères; la brandie
étroite du manomètre prend ainsi l’inclinaison rigou¬
reusement fixe qui est indispensable à l’exactitude
des mesures et le ménisque liquide vient se placer
dans cette branche à hauteur du zéro; si au bout d’un
dans cette branche à hauteur du ;
certain temjis le liquide mano
d’une évaporation par
létrique, par suite
ielle, n’aflleure plus
;ie par addition de
i distillée. Les robi-
le tube de caoutchouc d’une part sur ii
canule buccale, d’autre part au moyen >
raccord E, sur le manomètre.
I>a technique d’emploi est très siiii])!
Le sujet étant au repos, assis, on lui fi
placer dans la bouche la canule de ver
enfoncée de 5 à l) cm., on l’invite à app
quer ses lèvres sur elle, sans elfort. (
qui est alors indisjiensable, c’est d’obi
1 ir que le sujet resiiire de la façon q
e>t pour lui normale c’est-à-dire sa
modilier son amplitude et son rythi
habituels.
Or, on y parvient facilement si on lais
ignorer au patient qu'il s'agit d’u
ez le sujet normal, se trouvent accrues toutes les
is qu'une sténose pathologique ou artificielle existe
ns les voies respiratoires supérieures. C’est ainsi
ic l'obturation d’une narine provoque, à chaque
Duvement respiratoire, l’accroissement de la varia-
mdc pression nécessaire pour assurer, par la seule
sse nasale libre, le transit gazeux respiratoire
biluel du sujet; si les deux fosses nasales sont de
libre équivalent, l’augmentation de variation sera
même lorsqu’on obturera l’une ou l’autre narine ;
au. contraire, une fosse nasale est plus large que
litre, c’est son obturation qui se traduira par une
riation de pression rétrouasale plus importante que
lie réalisée par la suppression fonctionnelle de la
ise nasale plus étroite.
Or, le branchement d’un manomètre sur les voies
spiratoires en amont du rbino-pharynx peut être
ilisé par voie buccale.
Nous avons, à cet efiet, fait construire un mano-
:tre compensateur à eau* comportant une branche
lii(uc, de façon à rendre plus important le dépla-
inent du liquide pour de faibles dénivellations et à
tenir un instrument mensurateur de pression très
risible.'
Ce dispositif permet d’apercevoir, et de mesurer
millimètres d’eau, les variations de pression rétro-
sale qui sont les conditions nécessaires de la res-
•ation. Ce qu’on note, c’est la plus grande variation
pression, négative en inspiration, positive en
piration, atteinte pendant. un instant, aussi court
it-il, do l’une et l’autre phase respiratoire.
Cette épreuve manomètrique permet, d’une part
comparcrla perméabilité rhinopharyngée d’un sujet
celle des normaux, d’autre part de comparer, et
ia avec beaucoup de délicatesse, la perméabilité
attention de 1 expcrience en continuant a
lui parler, pour voir aiirôs une courte
pause et une inspiration profonde se
,/ réinstaller automatiquement le régime
res|)iratoirc habituel de ce sujet au repos.
La régularité d’ainiilitude des oscillations
du manomètre témoignant de ce que ce
résultat est obtenu, on note les deux
points extrêmes atteints par le ménisque
li(|uide; les chiffres qui y correspondent expriment
en millimètres d’eau la résistance nasale.
Intérêts Professionnels
c( Un homme de 45 ans est atteint de surdité con¬
génitale marquée qui l’a empêché d’apprendre à
parler correctement. Il possède un vocabulaire très
réduit et ne peut être compris que par son entou¬
rage immédiat. Il n’a jamais bénéficié d’une instruc¬
tion pour sourds-muets et ne sait donc ni lire ni
écrire, ni se faire comprendre pai signes. J’estime
cependant que son intelligence est intacte et que,
convenablement éduqué, elle se serait développée.
« 11 est donc, incapable de diriger ou niêiiie de
comprendre scs intérêts matériels. Un héritage ve¬
nant à lui' échoir, doit-il être mis en interdiction et
être considéré, au sens du Code Napoléon, comme
atteint d’imbécillité halyituello ? Existe-t-il des textes
Voici la réponse de notre collaborateur juridi(|ue ;
I, — Suivant les termes de l’article 489 du Code
civil, c’est seulement « le majeur qui est dans un
état habituel d’imbécillité, de démence ou de fureur »
qui peut se voir déclarer interdit par les tribunaux.
La doctrine a tiré de la règle posée par cette dis¬
position la conséquence que, en principe, la surdi-
mutité n’est pas une cause d’interdiction (Demo-
loinbe, t. VII, n»* 432, 437 et suivants ; Haudry-La-
sont-atteints toute liberté de volonté et à les rendre
incapables de gouverner leur personne et de gérer
leurs biens (Aubry et llau, t, I, § 124, p. 789. Voyez
sur ce point, Dalloz, Rép. prat., v“ Jntei dictioii, n" 6|.
II. — De son côté, la juris])rudenee a eu plusieurs
fois à statuer sur la question ; elle a décidé que le
sourd-muet qui ne sait ni lire ni écrire, niais qui
donne cependant des marques d’intelligence pour la
gestion de ses alTaires, ne doit pas être interdit,
qu’il suffit de le pourvoir d’un conseil judiciaire
(Lyon, 14 Janvier 1872, Rouen,' 18 Mai 1842).
Il a été jugé en sens inverse qu'un sourd-muet
peut être interdit s’il est incapable de se gouverner
lui-même et d’administrer ses biens, s’il n’a aucune
idée de la valeur des pièces de monnaie, et si, sa¬
chant écrire, il ne coniprênd jias le sens des mots
qu’il copie (Besançon, 7 Eévricr 1911 ; D. 1911.2.400).
III. — En résumé, il semble que la question de
savoir si un sourd-muet peut être interdit se résout
en une question de fait laissée à l’appréciation des
tribunaux et dépendant surtout dos circonstances dt
chaque espèce.
Dans ces conditions, il est assez difficile de répon¬
dre d’une façon très précise à la question posée pai
notre correspondant. Il y a lieu d’ajouter qu’en verte
de l’article 893 du Code civil, le tribunal, avant di
statuer sur la demande d’interdiction, procède à l’in¬
terrogatoire de l’intéresSé et que c’est du résultat
auquel aura donné lieu cette mesure d’instriietioi
(|ue dépendra surtout sa décision.
Questions Fiscales
Dans le numéro 24 de I.a Pi euse Médicale, a iiarii une
réponse de votre conseiller llscal'à une question (|ui
m’intéresse : u L’exploitant d’une rl inique, qui en est
le jiropriétaire, jieut faire figurer dans les chargei
de l'exploitation le revenn net servant de base à
l’impôt foncier de rimmeiible dont il s’agit. »
Réponse de notre conseiller fiscal :
Le texte légal visé dans la i-é|)onse rapportée ci-
dessus est l’article 2 de la loi du 13 Juillet 192.'’
(articles 4 et 5 des lois codifiéesi lei|uel est aiiis
« Le bénéfice imposable est le bénéfice net aprèi
déduction de toutes charges, y compris la valeui
locative des iiiiineiibles affectés à l’exploitation et bu
amortissements généralement admis d’après bu
usages de chaque nature d’industrie ou de rom-
« Pour l’application de la déduction prévue à
l’article précédent, la valeur locative des inimeiibles
affectés à l’exploitation doit s’eiiti'iidre de la valeur
locative retenue jiour l’assiette de la- contributioi!
La Médecine à travers le Monde
Manoel Cicero, recteur dcl’Univorsité, et le ('.ointe di
Alfonso Uelso pour la Eaculté de droit: les prol'es-
seurs .\breii Eiatho, directeur de la l'acuité de inéile-
ciiie, .Miguel Uoiito, titulaire de la C.haire de eliiiiqiie
médicale et l’ernando de .Magalhacs, titulaire de la
Chaire de clinique gynécologique et obstrétiqiie, pour
la Eaculté de Médecine et les )>rofesseurs Comte de
Erontin et Sampair Correia, pour l’Ecole poly-
' Ces éminents professeurs se dirigeront tout d’abord
naturellement au Portugal on visite à l’Université
de Lisbonne et la séculaire Université de Coimbra,
si intimement liée aux traditions de la science brési¬
lienne. Ensuite ils visiteront l’Université de Sala-
nuim-a cl celle de Madrid, en Esnauiie; traversant la
80
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 10 Japvier 1929
site de Montpellier; après ils passeront en Italie, à
Home, Milan et Holofçne ; en Europe centrale, Vienne
et Prague, Munich, Heidelberg et Ilerlin. Après, la
visite aux Eacullés de Strasbourg, ils passeront en
llelgicpie, aux rniversités de Hruxelles el Louvain.
En Angleterre, deux visites, aux l’niversités d'dxl'oi’d
et (',aml)ri(lg<‘.
Ce voyage ne pourrait se terminer qu'à Paris, le
centre de la latinité, el les ambassadeurs delà science
brésiliimne y feront un séjour prolongé afin de pou¬
voir visiter toutes les institutions d'enseignement.
Ils peuvent être siii's déjà (|ue l'accueil le plus cha¬
leureux les attend.
ÉQUATEUR
En 19:!(). les médecins de l’Equateur tiendront à
tiuuya(|uil le II'' Congrès national de médecine.
Le comité d'organisation est ainsi constitue : pre¬
sident ; !)'■ Cornejo (limez, recteur, professeur de
clinique im'nlicale; vice-i)résidenl I)'' Euenles llobles,
professeur de rliniipie chirurgicale; trésorier, D'
.Maldonado Carbo, professeur de médecine opéra¬
toire; secrétaires 1)'' Eassier, jn-ofesseur de derma¬
tologie el Pareja Coromd ])rofessmir de médecine
ÉTATS-UNIS
Le I)'' ,lohn W . liradley Idc Wichita Ealls, 'l'exasi
vient d'éli-e nommé l’ellow en Pédiatrie à la Kondii-
lion .Mayo.
Au .New Jersey. It.ôO sociétés s'occupent (ITiygiène
infantile sous les auspici's du déjiartemenl d Hygiène
<h' l'Etal : visites aux femmes enceintes, aux mères
nourrices, aux enfants ; dans les cliniqties préscolaires,
■J.iiyi enfants ont été immunisés contre la diphtérie,
l't ])lus de y.Olltl épreuves de Schick el épreuves
d'iinmunisaliou ont été faites parmi les m-oliers, dans
.V \\ asliiiiglou a succoinbé, âgé de 7.v ans, le
I)' Samuel S. ,\dams, un des jjédialres les plus
estimés des Etals-Cnis.
RUSSIE
On annonce le retour de l'expédition russo-
allemande dont le but était l élude de la syphilis en
Uouriato-.Mongolie. Durant le séjour <le !i mois que
l'expédition a fait dans celte contrée, les savants ont
étudié, en se servant de toutes les méthodes modernes
il investigation, avec le jilus grand soin et un grand
nombre de détails, un grand nombre de cas de
syphilis non ti ailée. Les savants ont rapporté un
matériel très riche el intéressant concernant la jialho-
logie el la thérapie de la syphilis. L'étude comiilèle
des données acquises sera faite par les médeeins
russes el allemands (|ui collaborent étroitement. Les
résultats de ces recherches donneront une idée très
intéressante sur l'évolution de la .syphilis parmi les
peuples primitifs non civilisés.
L .Vradémie médicale militaire vient de célébrer la
promotion de Itl'J jeunes médecins militaires el de
9 civils.
L usine pharmaceutique » Phacmaeon " à Lénin-
grade a commencé, la première en llussie, la fabri-
ration du pyramidon.
En 192tt, deux sociétés médicales ont lété leur
t)0'' anniversaire : relie de .Minsk el celle de Kazan.
Selon les données de A\'. Lébédéva, le nombre
d'établissements île Protection delà .Maleinilé et de
l'Enfance a atteint en 10 ans IL^.TO, sans compter les
d’été augmente chaque année. Les données prélimi¬
naires de I92H montrent cpi’il y en avait [dus de
ti.OOO cette année. Le nombre de lits pour les partu¬
rientes a atteint en 10 ans 14.000 au lieu de 7.000 au
début. Le nombre des sages-femmes est de 5.000
actuellement. Toutes les mesures prises par le com¬
missariat de .Santé ont produit une baisse de mortalité
infantile, qui a atteint le chilfre de 18 pour 100 au
lieu de 28,8 pour 100 au début. Le budget de la
Protection de la Maternité et de l’enfance a atteint
40 millions de roubles en 1927. L’Assurance sociale
de la maternité a absorbé en 1927 la somme de
90 millions de roubles.
Livres Nouveaux
Le diagnostic des affections de la colonne verté¬
brale chez l’adulte, par MM. Oudaud, Hesnaud et
(loitiEAiu. 1 vol. de 250 pages et 73 ligures
l.l/tis.so/i l'I C'"', éditeurs), 1928. — Prix : 30 fr.
('.et ouvi'age préfacé ])ar le professeur Sicard est
une intéressante contribution à l’étude des all'ections
de la colonne vertébrale.
La première partie est une étude séniéiologique
du rachis, en général, des divers segments en parti¬
culier el des troubles médullaires enfin.
La deuxième jiarlie envisage les lumbagos trau-
matiiiui's el la maladie de Kümmel-Yerneuil, le mal
de Poil chez l’enfant el l’adulte, les ostéomyélites
vertébrales el les spondylites, le rancer vertébi'al
(scolioses, cyphoses, lordoses), eniin les malforma¬
tions congénitales anx divers segments.
Les acquisitions récentes dans ce domaine de la_
pathologie expliquent l’inlérél el l’importance de cef
ouvrage dont la lecture scj-a très prolitable.
.1. .Sr.M'ajvE.
Nouveau précis de bactériologie, par (1. Di:i.ArEK
el (iaAMxti.Ai DE. I vol. t (l<(iillil(‘f-Vill/ir.i, édit.),
Paris. 1928.
Le Pi i’cis (If que viennent de jmblier
.M.M. Delaler et (Irandelaude est conçu sur un plan
nouveau. H comporte deux grandes divisions ; la
première, théorique, est réservée à l’exposition des
principaux faits et des grandes lois de la bactériolo¬
gie ; la seconde est pratique et les auteurs y examinent
plus particulièrement les caractères des dilférents
Dans la première partie, les auteurs réussissent
à donner eu dix leçons une vue d’ensemble de la
barlériologie, du rôle que les micro-organismes
jouent dans la nature, de la physiologie mici'obieime,
du conflit microbe-organisme vivant. Ils exposent
avec une clarté parfaite les ])roblèmes (|ui peuvent
à chaque instant se poser à l’esiiril de l’étudiant
qui aborde la science bactériologique. Ils ne crai¬
gnent pas, avec juste raison, d’aborder les plus
simples d’enli’e eux. De nombreuses ligures en noir
ou en couleurs, des schémas illustrent celte première
partie de l'ouvrage el permettént A l’étudiant de se
rendre compte des principaux aspects de la morpho¬
logie microbienne, des fermeutations sucrées, de
la réaction de Wassermann, etc...
La deuxième iiartie de l’ouvrage est divisée en
onze séances de travaux jiratiques. Dans les pre¬
mières, .M.M. Débiter et (Irandelaude donnent une
description comiilète, mais sans phrases inutiles, de
tout ce ([ue l étudiant peut avoir à faire pour mettre
au point un microscope, pour faire une coloration,
un ensemencement, pour examiner une préparation.
Les séances suivantes sont consacrées à la déter¬
mination des espèces microbiennes. Le texte est
ici remplacé par une série de tableaux et de ligures,
l u tableau donne d'abord les caractères nierpholo-
giipies, tinctoriaux, culturaux d'un certain nombre
de germes qu’il est jmssible de rap|)rocher les uns
des autres, l’uis sur deux jiages, des ligureiJ en
eouleur, très bien faites, illustrent ce tableau, et
représentent des cultures el des préparations colo¬
rées, Tous les principaux germes pathogènes pour
1 homme sont ainsi passés en revue.
On ne saurait trop recommander aux étudiants
l’usage du livre de MM. Uelater et Grandclaude.
Ils y trouveront l’essentiel de ce qu’il leur faut
savoir el l’heureuse disposition de l’ouvrage leur
pernielira de retenir les principales notions de
l’.ui. H.uniaov.
Leçons sur l’activité du cortex cérébral par I.-P.
PAVLorr, traduit par M"’” le D'' Trin oNorF. Préface
du professeur Glf.y. 1 volume de 418 jiages
{Amèdée Legrand, éditeur). — Prix : 60 fr.
Le professeur Pavlolf, l’éminent physiologiste
russe, célèbre par ses travaux sur les processus
digestifs, et par sa découverte des «'éflexes condi¬
tionnels, nous apporte dans ce livre présenté en
23 leçons le résultat de 25 années de travaux sur le
fonctionnement du cortex cérébral.
Depuis longtemps, l’élude de la physiologie du
cerveau et particulièrement de l’écorce cérébrale
était stagnante. L’application adroite el méthodique
des réflexes conditionnels à l’investigation des
fonctions du cortex est un événement d’une impor¬
tance capitale. Les notions de l’inhibition des réflexes
conditionnels, de l’irradiation et de la concentration
de l’inhibition, du sommeil comme inhibiteur, sont
des données importantes développées dans Je "li vre.
L’activité de l’homme dépend des cellules des
hémisphères. Les réactions .nerveuses fondamentales
sont congénitales et se manifestent sous loi'ine de
réflexes. L’association des réflexes est à lit. hase de
signalisation. Les signaux venant de la nature sont
nombreux; ils agissent sur les agents peu ntimbreux
(|ui conditionnent les réflexes congénitaux.
L’étude objective de l’auteur se base, sui' l’investi¬
gation détaillée du réflexe alimentaire, et de celui
de défense habituelle.
L’auteur donne le protocole détaillé des expé¬
riences faitçs par lui et ses élèves sur le ehien. Les
conséquences qu’il en tire apparaissent logiquement,
par voie de déduction, applicables à l’homme; et
(lar cette méthode, Pavlolf nous fait entrer dans
l’étude du fonctionnement deJ’érorce cérébrale, et
nous révèle les lois de son activité.
. , H. SOHAEEEEK.
Altérations anatomo-pathologiques dans l’hérédo-
syphlHs chez le fœtus et le nouveau-né. par Olci ■
Thomsen. 1 vol. grand iu-4‘> de 31- pages avec
29 tableaux {Levin et Munhagaard |(7openhagpei
et ù. Tkiem (Leipzig), éditeurs), 1928,
Cet ouvrage, luxueusement édité, est surtout un
allas dont les belles planches en noir montrent les
altérations macroscopiques et microscopiques .des
divers organes d’hérédo-syphililiques , os, poumon,
thymus, rein, foie, ovaire, surrénales, placenta,
cordon ombilical, etc.
IL H.
The Opium Problem iLe problème de l’opium).
1 vol. de 1.042 pages par Ciiahi.es E. Tiiehry et
.Mii.imED Pellens [Üummitee on Deiig Addictions
tind The Bitreau of Social Ili/giene, éditeui's,
61, Hroadway A’ew-York City), New-York, 1928.
La lutte contre l’emploi abusif des slupétiants a
donné naissance à une série de travaux dont la valeur
documenlaiia' laisse ))arfois à désii'er. Pour celle
sociale de New-York d’avoir mis sur pied un ouvrage
d’ensemble, consacré à l’opium, el où l’on trouve un
exposé synthétique objectif de l’extension dn mal el
de son développement, de l’étiologie, de la patho¬
logie, de la symptomatologie et du traitement. Plu¬
sieurs chapitres sont consacrés aux jiroblèmes dn
contrôle (municipal, national et international), ('ne
importante bibliogi'aphie termine l’ouvrage, trans¬
formé en un véritable aide-mémoire grâce à une ta¬
ble de matières très détaillée.
(L ImiôK. '
Livres Reçus
536. Proceedings of a conférence on rheumatic dl-
seases, Held at Bath. 10 th. and 11 th. May 1928. 292 p.
(PiM. Ilot Minerai Battis Committee). — Prix .4/.
537. Schwefeltheraple, par T. (Jordonefe, K. Meyer-
llison, P. Unxa. 91} J), avec fig. [G. T/ticnic], Leipzig. —
Prix : 4 ink 50.
i. La cltoarchltettonlca délia cortecchia oerebrale
ia, par i:. Ei;oxo.mo. 192 p., 61 fig. ;/.. Cajijiclti.
,, ilülogiia. — Prix : 30 lire’s.
539. Splenogranulomatosi slderotlca, mlcosl sple-
niche, par Omodei Zohim Attii.io. .50 ii. !/.. Caiiiiclti,
édit.), linlngiie. — Prix ; 10 lires.
N“ 5
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 16 Janvier 1929
87
Université de Paris
Faculté de Médecine. — M. le professeur J. Maisin,
de rUniversito de Louvain, fera à l’ainpliithéAtre Vulpian
à le h., les conférences snivnntos : Mercredi 16 Janvier,
La maladie générale du cancer. — Vendredi 18 Janvier,
Le déterminisme local du cancer.
Ces conféi'cnces seront accompagnées de projections.
Clinique obstétricale Baudeiocque. — Stage et
cours de perfectionnement du l" Février au 23 Mars.
Ces enseignements, dirigés par le professeur Gonve-
laire, avec l’assistance .de MM. Lévy-Solal, Levant,
Vignes, Glcisz, Portes, Desnoyers, accouclieurs des hôpi¬
taux; Marcel Pinard, médecin des hôpitaux; Verne,
agrégé d’histologie, et Girand, chef de lahoi'atoire ;' Powi-
lewicz, Lacomme, Ravina, Aurousseau, anciens chefs de
.clinique; M. Ségiiy et M"” Bach, chefs de clinique; Gha-
brun, ancien interne des hôpitaux; Lacnnee. interne des
hôpitaux, sont réservés aux étudiants et médecins fran-
^aiis et étrangers ayant déjà une certaine instruction
obstétricale et désireux de se perfectionner au i)oint de
vue scientifique et pratique.
Ils comprendront : a) un stage clinique et des . confé¬
rences de pathologie; b) un cours d’opérations obstétri¬
cales. Les horaires sont combinés de façon a permettre
aux éléves de suivre les cours dans leur ensemble pu l’un
des cours à leur choix. Des certificats seront délivrés, aux
élèves . ’
A. Stage clinique, du 1" Février au 31 Mars. . — a) Un
stage pratique comportant : des exercices cliniques indi¬
viduels (examens des femmes gravides, parturientes ou
accouchées, avec discussion du diagnostic et du traite¬
ment); l’assistance aux accouchements et opérations, aux
consultations de la policlinique et du dispensaire anti¬
syphilitique.
■ b) L’assistance aux présentations de malades et aux
discussions d’observations cliniques |)ar le professeur
.Couveliiire.
c) Une série de conférences de |)athologie obstétricale
sur les sujets suivants :
Diagnostic de la gestation pendant les premiers mois.
— Pathologie gravidique : vomissements, albuminurie,
rétention chlorurée, rétention azotée, hypertension, apo¬
plexies utérines, éclami^sie convulsive. — Glycosurie et
diabète pendant la gestation. — Hydramnios. — Gesta¬
tions miilti])les. — .\nomalies de situation' de l’utérus
gravide. — Hémorragies par insertion vicicüse du pla¬
centa. — Tuberculose et fonction de reproduction, —
Syphilis et fonction de reproduction (diagnostic clinique
et sérologique; ])rophylaxie et traitement). — Gonococcie
et fonction de reproduction. — Infections de l’appareil
urinaire pendant la gestation et la puerpéralité. — Car¬
diopathies et fonction de reproduction. — Déformations
pelviennes ; diagnostic clinique, radio-pelvimétrie, indi- ,
cations thérapeutiques. — Pathologie de la contraction
utérine. — Anomalies de la dilatation du' col utérin. — :
Complications de la délivrance. — Infections puerpérales.
— Gestations ectopiques. — Obstétricie sociale.
d) Une série do conférences sur la physiologie et la
pathologie du nouveau-né : Hérédité. — Physiologie du
nouveau-né normal et du prématuré. — Mort apparente
du nouvean-né. — Indications thérapeutiques dans les
cas de malformations congénitales et de. lésions trauma¬
tiques du nouveau-né. — Alimentation du nouvean-né. —
Infections du nouveau-né. — Syphilis congénitale. — Le
nouveau-né de mère tuberculeuse.
e) Trois conférences sur l’obstétricic sociale.
B. Cours d’operations obstétricales par M. Portes,
accoucheur des hôjîitaux, du 18 Février nu 16 Mars. —
Ce cours aura lieu tous les après-midi, A 1.5 h. Il com¬
prendra des e,xposés oraux sur les indications et, la-
technique des opérations, des exercices pratiques indivi¬
duels et des séances de projection de films cinématogra-
. ])hiques.
Forceps. — Extraction du siège. — Version pur ma¬
nœuvres internes. — Basiotripsie. — Embryotomie
rachidienne. — Dilatation artificielle du col utérin (dila¬
tateurs, dilatation manuelle, huilons). — Hystérotomies
par voie vaginale (incisions du col, césarienne vaginale).
— Hy.sterotomies par voie abdominale (césariennes coi'-
poréales, césariennes busses, césariennes avec extériorir ,
sntion temporaire dé l’utérus). — Hystérectomies iiitra et’
postr-partum. — Pelvitomies. — Chirurgie do la période
de délivrance (délivrance artificielle, traitement dés
inversions, transfusion). — Réparation des déchirures
vaginales, périnéales et cervicales. — Réparation des
fistules vésicales et rectales. — Chirurgie des tumeurs
compliquant lu gestation et la parturition. — Chirurgie
des gestations ectopiques. — Chirurgie de la stérilité.
Droit d’inscription ; pour chacun des cours, 300 fr. ;
pour les deux cours, 500 fr. Pour tous renseignements,
s'adresser à M. le chef de Clinique. S inscrire ou secréta¬
riat de la Faculté (guichet n“ 4), les lundis, mercredis. et •
'vendredis, de 15 à 17 h.
Ecole pratique des hautes études. — Un ensei¬
gnement de la technique physiologique appliquée - à '
l’homme et à l’animal sera fait sous la direction de :
M. J. Goutrelet, directeur du laboratoire de biologie
expérimentale A l’Ecole pratique des Hautes Etudes, avec
le concours de MM. J. Cuzin, chargé de conférences A
l’Ecole des Hautes Etudes, et P. Boyer, préparateur A la
Faculté de Médecine.
Programme. — Les divers procédés d’anesthésie et
d’injection chez l’animal. — Perfusion d’organes, isolés :
cœur, intestin, utérus. — • Pneumographic, cardiogruphiè,
mesure de la pression artérielle. — Viscosiméfrie, mesure
électrométrique du pu, gaz du sang, réserve alcaline.- —
Gaz respiratoires; métabolisme de base : méthode eudio-
métrique, appareil de Bénédict. — Fistules digestives ;
ablutions d’organes. >— Exploration- do lu rate et du rein.
— Myogra'pliio. — Mesuré de la chronaxic. — Explora¬
tion chez l’animal des divers upj>ureils nerveux : centrai,
sympathique, vaso-moteur. — Réaction i>sycho-motrice,
réflexométrie.
Le cours comprendra 12 séances de manipulations
individuelles, l’après-midi, du 4 au 16 Mars 1926. S’ins¬
crire, l’Après-midi, au laboratoire de biologie expérimen¬
tale des Hantes Etudes, A la Faculté de Médecine de
Paris, 21, rue de TEcolc-de-Médccine. — N. B. — Une pro¬
vision de 200 fr. sera déposée par chaque élève pour
couvrir les frais de matériel, de produits et d’animaux.
Chirurgie dentaire. — l» Ea-amen de ralidation de
stage dentaire. — La session s’ouvrira le lundi 27 Mai 1929.
Les candidats produiront les certificats attestant qu’ils
justifient de deux années régulières de stage. Ces certi¬
ficats doivent être établis sur papier timbré. Les consi¬
gnations seront reçues au secrétariat de la Faculté, les
lundi 4 et mardi 5 Mars 1929, de 12 A 15 h. La mise en
série des candidats A Texamen de validation de stage
sera affichée le mercredi 22 Mai 1929.
2“ Premier, deuxième et troisième examens. — La
session s’ouvrira le lundi 17 Juin 1929. Les consignations
seront reçues au secrétariat de la Faculté, les lundi 11 et
mardi 12 Mars 1929, de 12 A 15 h., en faveur des titu¬
laires de quatre, huit ou douze inscriptions. Ces derniers
consigneront simultanément pour les deux parties du
3' examen. La mise en série des candidats A' 1 e.xamen de
validation de stage sci-a affichée le mercredi 12 Juin 1929.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint-Louis. — M. Lorente de No, assisté
de son collègue de l’Institut Cajal, M. Pascual de Juan,
fera trois conférences sur : « Lu physiologie de l’oreille
interne », les mardi 22, mercredi 23 et jeudi 24 Janvier,
A 10 lï.'l/2,' A l’hôpital -Sitint-Lûnis, service de Inrvngolo- -
gie, salle des Conférences.
'Tous les laryngologistes qui .s’intéressent A cette ques-
: tion sont invités aux conférences ïdnsi qu’aux exercices
pratiques qui suivront la démonstration théorique.
Clinique ophtalmologique dea Quinze-Vingts. —
Conformément aux 'conclusions d’un rapport dcM. Fian-;
cette, au nom du Bureau du Comité du budget, du compte
et du contrôle, le Conseil général de la Seine vient
d’attribuer A la Clinique ophtalmologique do l’hospice
national des Quinze-Vingts une subvention de 15.000 fr.
pour Tonnée 1929.
Clinique Lubet-Barbon. — (19, me des Grands-
Augustins). — Un cours particulier sur les maladies du
larynx, des oi’eilles et du nez, sous la direction de
M.VI. Chabert, Labernadie, Thévenard et Salctte,
cera le 29 Janvier 1929, A l h. 3)4, et se continuera
jeudis et samedis, A la même heure.
Le droit d’inscription, |st de 200 fr, ,
Concours
Médecin des hôpitaux. — . Un Concours pour la
nomination A six i>laccs de médecin des hôpitaux de Paris
sera ouvert le lundi 25 Février 1929, A 8 h. 30, dans la
salle des Concours de l’Administration, 49, rue des Saints-
Pères,
i- MM. les docteurs en médecine qui voudront concourir
devront se faire ' inscrire au bureau du service de santé
de l’Administration de l’Assistance publique de 14 h. A
17 h., du lundi ' 28 Janvier au samedi ' 9 Février 1929
■ inclusivement. ( .
Médecin, chirurgien des hôpitaux coloniaux. —
Les concours institués par le décret du 22 Août 1928 :
{{Journal officiel du 4 Septembre 1928) pour l’obtention
du titre de « médecin des hôpitaux coloniaux » et « chi¬
rurgien des hôpitaux coloniaux » s’ouvriront le 3 Juin 1929,
à 8 h., A l’hôpital militaire d’instruction du Val-de-GrAcc, ■
dans les conditions et suivant les programmes fixés par
1 instruction interministérielle du 3 Novembre 1928 {Jour¬
nal- officiel du 30 Novembre 1928).
Les épreuves complémentaires du concours, prescrites
■,pnr les articles 3 et 4 du décret précité, pour l’obtention
du titre de « spécialiste des hôpitaux coloniaux », auront
lieu A une date qui sera fixée ultérieurement.
Les médecins capitaines, compris dans la première
moitié de la liste d’ancienneté de leur grade au 1" Janvier
1929, et les médecins - commandants, ainsi que les méde¬
cins lieutenants-colonels, présents en France ou en
.\lgérie-Tunisie, nu moment du concours, qui désireront
prendre part A ces concours et aux épreuves complé¬
mentaires de ces concours, devront faire parvenir leur
demande par la voie hiérarchique au ministre de lu
Guerre (direction des troupes coloniales, 3" bureau) avant
le l" Avril 1929, au plus tard, en indiquant lu section
(médecine, chirurgie) et, le cas échéant, en ce qui con¬
cerne les médecins, la spécialité choisie, s’ils désirent se
présenter aux éju'enves complémentaires de « spéeia-
Des nécessités de service d’ordre divers pourront
eatrainer la limitation des autorisations A participer aux
«■preuves de ces concours. En conséquence, les avis hié¬
rarchiques ne devront pas se borner A une simple trans¬
mission favorable, mais être circonstanciés et accom¬
pagnés de toutes indications et références utiles. Les
autorisations de se présenter A ces concours ne seront
délivrées (ju a]»rcs étude ajipi'ofondie des titres des can¬
didats par l’administration centrale.
Suivant les nécessités du service, il pourra être accordé
aux candidats un stage de préiiaration de trois mois^ au
maximum dans les hôpitaux militaires, ainsi que dans
les hôpitaux civils des villes de Faculté.
Ces dispositions devront être ]jortées A la connais¬
sance des médecins dn corps de santé des troupes colo-
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Lkcion u'hon.nf.lk. —
Officier. — M. Lulaud, membre du Comité inédiriiï des
P. T. T-, il Paris.
Médaille d’iionn'euu des épidémies. — Mêdai/lc de
vermeil. — M. Rongicr, médecin principal de J’As.sislanee,
ù \am-Diiilï (Tonkin).
Rappel de mcdaillç de vermeil. — M. Nyuyen-Si-Dung,
médecin auxiliaire de V® classe, à Tourarine (Annani).’ -
Médaille d'argent. — MM. Hermanl, médecin principal
de l’Assistance, à Vinli (Annum) ; Uny-Thony, médecin
auxiliaire de 1" classe, à Hué (Aiinam); Rakoloznfy, élôVe
à l’Ecole de Médecine de Tanauarivc (à titre ])(>sthuiné).
Rappels de médaille d'argent. — MM. Tardieu, Rour-
yeon, médecins commandants du Corps de Santé colo-
Médaillc de bronze. — MM. Morin, l'ompiernie, méde¬
cins commandants du Corps de Santé colonial; Advier,
médecin cu]jitaine du Corjjs d(‘ Santé (‘olonial ; . Rajaona,
Andriaram.son, médecins de P® classe de l’Assistance, à
Madayascar ; Ratsimbasaly, Ralovondraliona, médecins
de 2" classe de TAs-sislance, à Madayascar; Terresse,
médecin de ÎP classe de l’Afisislancé, à lluünli (Amiam);
Uamenason, médecin de .‘P classe de l’Assistance, à An-
dramasina (Madayascar) ; Ralahatra, médecin principal
de 3" classe, à Ambatolampy (Madayascar); Charrier, à
llonyay (Tonkin); Marcel, médecin auxiliaire de l’Assis¬
tance, à llanoï ; Le -Vau Ri, médecin auxiliaire de P" cl.,
à Hac-Ninli (Tonkin); Truony Dinli Vy, médecin auxi¬
liaire de 3® classe, à Tchépone' (Laos).
Mention honorable des épidémies. — MM. Reyncaii,
médecin commandant du Corps de Santé colonial; Mur-
(pinnd. médecin capitaine du Corps de Santé colonial;
Rafaloraliy, médecin de 2® classe de l’Assistance, à Mada¬
yascar; Rahabarisoa, .Andriaimrisun, médecins de 4® classe
de l’Assistance, à Madayascar; Le Dinh Tham, Nyuÿcn
Dinh Phap, Nyuyen Ha Tiiny, niédècins auxiliaires de
3'* classe, au Tonkin; iV'yuyeji KinH G4i, médecin auxi¬
liaire de 5® classe à Donylioi (Annaiu); Dany Van Der,
médecin auxiliaire de 4® classe, à Vinh •(Annam) ; Rakota,
]>réparaleur à l’Institut Pasteur de Tananarive; Rainanocl,
ilalrema, Razafimandiniby, étudiants en médecine • à
'rananarive.
Médecins des centres médicaux d’examen et
d’études. : — Le décret suivant vient de paraître au
Journal officiel : Les articles 4 et 7 du décret àu
21 Août 1922, portant création des centres médicaux
d’examen et d’études à la direction yénéralc de raéi:o-
nauli(|uc et des transports aériens, complété par les
décrets des 17 Décembre 192;J, 13 Mai . 1920 et 31 Octo¬
bre 1927, sont à nouveau modifiés ainsi qaül suit :
Art. 4. — Le fonctionnement des centres médicaux
d’examen cl d’études est assuré par les 'cntéyorics de
jiersonncl énumérées ci-üprès c
Un médecin chef des centres inédicmix d’examen;'et
d’études qui remplit, en même temps, les fonctions de
chef de centre principal.
Centre principal. — Indépendamment du médecin chef
de centre principal ; 4 médecins spécialistes, 1 ojiérateur
radioyrapbe mécanicien faisant fonction de secrétaire idu
centre principal. ^
Art. 7. — Les indemnités du jicrsonnel du service
medical d’cxnmen et d’.éludcs sont fixées ainsi qu’il suïl :
Indemnité mensuelle. Médecin chef dos ccnlrcs inédicoux
d’cxaincns et d’études, 2.000 fr. ; Médecins chefs des
centres reyionaux, GOO fr ; Opérateur radioyrapbe,
1.400 fr.
Ces indemnités sont exclusives de toute autre allocation.
Toutefois l’opérateur rndioyraphe bénéficiera, s’il rem-
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, K i Janvîer 1929
MH
put l«‘s roudilions rp^’lrmentaires requises, de> iudem-
nitofi d ordre g^énéral aerordée» aux ag’ents auxiliaires
temporaires do l Etat.
A^hcation par séance et par journée de présence, — Les
médooins spôoialistos recevront une allocation par séance
et par journée de présence qui est ainsi fixée :
Médecin spécialiste du centre principal. 2(K) fr.
Médecin spécialiste des centres ré^■ionaux, 1(HI fr.
Médecin spécialiste du centre réduit, 80 fr.
Kilo sera payée sur présentation d’un état certiiié ]>ar
le médecin chef du centre, on j>ar le médecin faisant
fonction de chef de centre.
Le montant total ne pourra jias di‘passer le montant
<les crédits inscrits chaque année au hud^fcl du minis-
La question du secret medical. ^ La (iommission
l'Hypfiène, après asoil* entendu les rapports (h* .M. Iino-
eat jîénéral (ihartroii et de M. Sieard de Plan/oles sur le
secret m(‘dieal au |>oiul de vue de la projdiylaxie des
maladies ('onla^itMises a, rians sa simuom* du it •lanvier
ad»>plé le vceu suivaul :
“ La (Commission de Pretphylaxie dos maladies véné¬
riennes j'nnel le v<eu (pie l’article 878 du (Iode pcuial soit
eiens, sa^es-femuK's et autres [jersoiines lemies par état
•« Soit dans le hnl d empiu'lier la commnniealion d'une
maladi(‘ à (l(‘s tiers,
H Soit dans le hnt de prévenir ou (h* fain' reprimer un
Hommage au D‘ Durand-Boisleard. Vendredi
dernier eut lion an palais d’Orsay au bam^uel ollVrl au
I)' Dnraiid-Uoisleard à 1 occasi(ui de sa promolion au
gradf' d’ofüciiu* de la Légion d llonnmir. L(' 1)' (iu/man
Thibault retra^'a lu carri(*re de son collègin* et souligna
I intérél d(* ses travaux.
En l’honneur des médecins brésiliens. s. IOm el-
leaee d(* Souxa Uaalus, ainliassadeur du ltri*sil, a olïerl
nent aeta^dlenuml en l•'rance. MM. da Hocha Hrilo, j>r(*-
sideiit de la mission; da Hosa Marlins, oralimr officiel;
hilho, Ninies Vieira, Lopes Eerraz, Paulo de Oliveira.
Antonio Ooraji'in, Sou/a iMUiles, .laeinto Talihm'li, Mar-
(pies da Hocha. Ornx .\lves. Ihlgardo (hijado. Pires (layo-
Ho, Mario iMiinpiim, Kigiieiredo Saalos et Oclavio Kurqnim.
Hartmann, J.-L. l'unre, Hoiih*, Marchoux, et MM. Darti-
giies, Molinéry. 1(‘ (‘oml(‘ d .Vdix, Hotcdlio, Bensaude,
.Vrmond, Ooato, Kisi'luu', Jtimd, Toaiirol, Mattos, Bran-
dao. e(nis(*illci‘ près l'ambassade du Brésil. Ooelho.
Le X' Salon des médecins. Le X- Salon dos mé¬
decins sera ouv(*rl du dimanche 21 au 80 Avril procliain
inclus. comiiH' à raccinilgmiM*. au Ocrcle d(* lu Lilirairie,
II di'e.^r i *’*^‘"'***^"_'*''*^j (diirurgi^ens ^(hM^ilistcs, véléri-
XV" . .loiiidri' un limliri' pour la réponse.
Nécrologie. — On annonce la mort, à Genève, de
M. le professeur .1..L. Reverdin et celle de M. Koliindgi.
L’Union médicale latine
tient son assemblée générale
S.'unrdi, en l'iiôli'l des Socû'lôs savantes rt-inüa
(dovonue maintonanl ITnion niédioalo lalinr par
rentrée dans son sein de l lialie, delà Uounianie, du
(’.anada, de la Sui.sse romande, seul pays de langue
à rarines lalines'qui inan(|naient fi rt'mlia), a tenu son
assenil)lé(' statutaire.
l'rirenl plare an Ijiireau : .MM, Dai-tignes, président
l'ondateur; Molinéry, secrétaire général; Berry,
serrétafre général adjoint ; Cainbiès, trésorier-adjoint;
enlin, M"'' Boule, secrétaire général de la jeune
l.a lecture de la eorresi)on<lanee amena do nom-
hrenses exenses parmi lesquelles eelles de MM. Ban-
delar de Bariente, vire-présidenl rondaleur et d(“
.M. l)avi<l de Brades, Irésorn'r, retenus loin d<‘ Baiis
par la maladie, l.e seerétaire général se lit l’inter-
|)i’èle de l’assemblée en envoyant A ses amis ses vu'ux
de rapide eonvalesrenee,
.M. .M<dinéry, donna alors lecture du procès verbal
de raneienue assemblée générale et, aj)rès une allo-
rnlion du ])résidenl résumant la marriie ascendante
de n'inlia, b' seerétaire général aborda l’ordis' du
M, .Molinéry cappella les nombreux deuils de
l arinée. et adi'esser les sentiments de eondoléanees
de l'assemblée aux familles de M.M. Arnozan, (labanès,
I.aigmd-Lavastine, Yander Klst, (lodé-Florès, , lln-
ghier, Béraire, Marlinez-Vargas. . .
l.a l•atilieation des t!'i8 niemlires nouvellement
inscrits à Ifinlia eu lien ensuite aux aj)plandisse-
menls de l'assmnblé.., BnisM, Cambiés donna lecture
du rappoi'l llnanrier de .M. David de Brades, .laniais
les cotisations ne sont rentrées avec plus de régu¬
larité. Les étrangers demandent, en pai'tieulier, de
les associer à n<)s elïorts et sont les prtmiîers à
a))porter le eoneours de leur amitié agissante.
M"'' Ko\ile donna aloi’s lecture de son ra|)port de
Celui-ci U une inipuituiiec e.reepiiunuellc : les
jeunes étiidiants ayant fait bloc an cours des deux
l.e bureau de la jeune l'inlia est ainsi eonstiluée :
Pré.sidenl : .\1. Baillis, interne des bôpiliinx de
Viee-présiileuts : M. Bliilij)]»' Dm'ourt, interne d<‘s
bô])itanx de Baris; MM. Tanlin el .laiine de Bariente,
i'xlernes des hôpitaux; .M Seliatz, éindiani en méde-
Serretuire pcnériil ; .Mô'' .Snz Boule; étudiante en
médecine; s<‘<-i élu irc-(t<l joint : .M. Bierre ôlolinéry,
étudiant en médecine; ieésoeier : .M. .Iae(|nes Bou-
dreanx, externe des hôpitaux; nictiivifsic : M^'' llabn,
externe des liôpitanx; memlue.s du roiisell : M, Ali-
bert, interne <les hôpitaux, M.M. (Biillanmnt et .laiidin,
externes des hôpitaux; M. Hendeberl, étudiant en
Mlle Roule cita les noms de MM. Sorel. interne
des hôpitaux de Toulouse: Chaptal, interne des
hôpitaux de Montpellier; Chausson, interne des hôpi¬
taux de Marseille comme étant lauréats de l’année
Id'JH pour les prix de i'Umfia.
Voici, en effet, la liste des prix fondés par le
Conseil de l’ITnfia pour les jeunes membres de lotir
filiale :
Prix réservé aux internes des hôpitaux de France :
])rix de B' année d’internat ; fondation Dartigues :
2.000 fr.
Prix réservé aux internes des hôpitaux de Paris :
prix de 1“'“, 2'' et 3" année d’internnl; prix de 500 fr.
Prix réservé à lotis les étudianis en médecine de
France (stagiaires on externes en tin d’études); prix
de 300 fr.
Prix réservés aux internats des hôpitaux de pro¬
vince ; Bordeaux, Toulouse, Montpellier et des inter¬
nias qui entreront dans la jeune Umlia. Ce prix est
(300 francs).
Prix de 1.000 francs réservé aux hôpitaux de
Marseille : Fondation Bandellac de Bariente,
Fondation /.uns ; Brix de 2.000 francs attribué au
médecin, à l’interne, à l’étudiant qui aura fait le
mcilleunravail de l’année en chirurgie urinaire.
Bour les conditions à remplir pour concourir à
l’un ou l’autre de ces prix s’adresser au secrétaire
général de l’Umfia.
Après ce ra])port très applaudie, M. Molinéry
rappela les grandes étapes de l’année unifiste. La
mission du 1)'' Molinié, député de l’Aveyron, en Amé¬
rique latine ; les réceptions des médecins colombiens,
des médecins brésiliens dons toute la presse médi¬
cale s’est faite l’écho. La ratification de l’entrée de
l'Italii' en Linfia. 11 fut également fait mention de ses
relations avec la Société des Nations. On applaudit
aux voyages en Espagne de la Faculté de Montpellier
en Argentine et eu Urugay, de M. le professeur Ser¬
gent ; aux conférences données à Barcelone par le
IB Dartigues. Les relations de l’Umlia avec la Cité
l.’niversiiaice et le Foyer international des Fta-
diantes furent soumises à l’Assemblée et le D'' N’oir,
en particulier souligna tout l’intérêt que 'Unifia doit
avoir à poursuivre et à intensifier ces relations ; Fne
somme de ÔOO francs fut volée comme don en faveur
du Foyer international des Etudiantes.
Après avoir signalé la grande activité dti Comité
des Dames de l’Uinfia, Comité dont M»>v Desl'osses
est la dévouée secrétaire général, et la marolie ascen¬
dante de la revue. Bulletin officiel de i'i'nion médi¬
cale lutine, il fut procédé aux élections de l’année.
Ont été désignés ; /^résident ; D'' Dartigues; vice-
présidents : 1)'» Bandelac de Bariente (Espagne);
Delannay (France); Cuelpa (Italie); Austregesilo
(Brésil); Daniel (Roumanie); secrétaire général el
S. a. A. ; MM. Molinéry et Berry; trésorier ci T. A. :
MM. David de Brades et Cambiès; archiviste : D''
Aruieugaud ; Sec. des séances : MM. Bécart et Daus¬
set; membres du bureau ; MM. Bruder, Cayla,
Calbala, Desfosses, Farez, Foveau de Courmelles,
Cardette, Cléiiard, Grimberg, Lippmann, Livet, Mi¬
llau, Bebin, Beinburg, Rivière, Clément Simon, de
Barrel, Bierra, Torrès do Mendiola, Tiery, Weill-
llallé,
Arès de nombreux échanges de vue qui indiquent
eombieu l’Assemblée s’est intéressée à ses travaux la
séance fut levée à 11 heures.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Bresse Médicale rappelle à ses lecteurs qu’elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. File ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces comuniqiiés . Cette
rubrique est absolument réservée aiw annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ', il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. /,' administra¬
tion .se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de hO lettres on
signes (h fr. la ligne pour les abonnés à La Bresse
Médicale), /.es renseignements et communiques se
paient à l'avance et sont insérés 8 à lll jours après
la réception de leur montant.
Situation d’associé oITerte à jne médecin, sportif,
présentant bien, pour co-direction d'un Etablisse¬
ment médical important. — Ecrire ou voir de 6 à 8
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macie de détail à Baris, accepterait dépôt ou s'inté¬
resserait à spécialités sérieuses. Ecr. I‘. M., n” 971.
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rpl. -- Ecrire B. M., n” 6.
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sage-femme. Rap. 80.000. Ind. 40.000, Ecr. B. A/., n” 7.
A céder de suite, cause fatigue arc. Irav. 4 pièces
siisreplible être loué ou vendu, quart. Italie. Bail
9 ans. Loy. 3.500. Brix très avanlag. Err. B. A/.,ii"8,
Ouest. A céder très belle clientèle chef-lieu do ran-
lon près de la mer. Légère iiideiii. Ecr. 1^. ,l/.,n'’ 9.
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre de Ofr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Bouée.
Paris. — Imprimerie do la Cour d’ Appel, 1, rue Cassottoi
N» 6
19 Janvier 1929
TRAVAUX ORiaiNAUX
Ti'AV&il de Is Clinique médicale B, Strasbourg.
LES DIFFÉRENTS
TYPES DE NÉPHRITES
AVEC AZOTÉMIE
LEUR DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
PAR MAV
L. BLUM, Van CAULAERT et P, GRABAR.
Depuis les travaux classiques de ^Vidal, on
réunit sous le nom de néphrite a/otéiniquc les
néphrites qui [trésentent une augmentation d’iirée
dans le sang.
Les recherches que nous avons faites sur les
conséquences du manque de sel ont monti'é qu’un
a])pauvrissemenl de l’organisme en sel est suivi
d'une azolémio progressive qui |)eul atteindre des
taux cxlrêincinenl élevés. Nou.s avons donne le
nom de « syndrome azotémique par manque de
sel 1) à cet: étal.
Dos observations réceiites nous ont montré que
ce syndrome azotémiipic grave, dû au manque de
sel, peut exister au cours de certaines néphrites.
Ce syndrome inqtrime à ces néphrites un carac¬
tère particulier : ce sont bien des néplirites azoté-
miques, mais l’azotémie n’est |)as duc ici à un
trouble rénal, mais à un trouble humoral suile
de l’apitauVrissement de l’organisme en sel.
Dn peut ainsi distinguer une néphrite azoté-
mi(|ue où l'azotémie relève de l’altéi-ation rénale - -
c'est la néphrite azotémique classique, — et une
néphrite azotémic[Ue où lazotémie est due au
man<|ue de sel.
Enfin il existe une troisième foiune de néphrite
azotémiipu; où à razotémic d'origine rénale se
superpose une azotémie due au mampie de sel.
On voit, d'après ce c|ui |)récède, que le groupe
des néphrites azotémi([ues, tel qu’il a été con(;u
justpi'iei, renferme des néphiùtcs dont Tazoténiie
relève de pathogénies dilférentes. 11 y a lieu de
séparer ces néphi-ites et nou.s veri'ons au cours de
cet article l'intéi-él qu'il y a à les distinguer au
point de vue ))athogénique, diagnosti(pie. pro¬
nostique et thérapeutique.
1 . - Néphrite avec syndrome azotémique
d'origine rénale.
C’est la néphriti? azotémiq\ic classique, telle
([u’elle a été isolée par NN'idal et ses élèves ; sa
forme chroni(|uc aboutit prcscpie toujours à l’uré-
.\u cours de nos recherches sur la rétention
chlorée sèche, nous avons trouvé que cet étal est
fré(iuemmcnt à la hase de l’urémie; nous avons
démontré tpie l’iirémic est accompagnée d’une
rétention de chlore dans les tissus que nous avons
appelée la clilorope.ric tissulaire.
Nous allons relater l’observation d’une de nos
malades atteinte de néphrite azotémique accom¬
pagnée de chh)ropexie.
OiisERVATios l. — l'euuiic Agée de 35 ans, amenée
à la Clinicpie avec te diagnostic d’urémie.
En 1915, elle a eu une néphrite dont elle se serait
parfaitement remise. En 1921, il l’oecasion d'une opé-
ralion, on s’apeiyoil qu’ellea de ralbnmine. Depuis, elle
ti'a jamais été très bien portante, son appétit était
irrégulier, elle est devenue anémique et a maigri.
Depuis cet été, elle va de moins en moins bien,
reste alitée en partie. Depuis six semaines, elle a de
très fortes épistaxis. Elle a des céphalées constantes.
Elle n'a jamais suivi un régime déchloruré strict.
A l’examen, on a affaire A une femme au teint jaune,
fortement amaigrie, qui a des céphalées extrêmement
violentes, qui est plongée dans un état de torpeur et
dont riialeine est nettement ammoniacale. Les mu¬
queuses sont décolorées :
Hémoglobine . 45 p. lUU
llonmties . , . 2.45Ü.Ü0U
Le ventricule gauche est augmenté de volume, on
note un souffle systolique léger A la pointe, une
accentuation du deuxième bruit A la base. La tension
artérielle est de 200/130. L’urine contient de l’albu¬
mine, des cylindres et des leucocytes. Pour le reste,
l’examen somatique est négatif.
La malade est mise A un régime déchloruré très
strict comprenant 200 gr. de lait, du beurre, du riz,
des pommes de terre cuites A l'eau et dos compotes.
Dans les jours qui suivent, l’état général s’améliore
très rapidement ; la malade ne vomit plus dejjuis son
entrée; les céphalées ont entièrement disparu; la
tension artérielle est tombée A 150/110, l’albumine a
fortement baissé, 'l’ont l’état est transformé. Le
poids s’est élevé de 1.500 gr. en quinze jours, l’appé-
•Noiis avon.s suivi chez celte malade les modifi¬
cation, s du sang que nous figurons dans le tableau
suivant :
Date tt. aie.
p. ioo
;i0 Octobre . . .30,0
7 Novembre . 41
15 Novembre . 52,5
A son entrée, la malade a 3,41 d’urée dans son,
sang, sa réserve alcaline est de 30,6, son chlore
de .'1,73. Il y a donc azotémie avec acidose et
hyperclilorcmie. Cette hyperchlorémie, considérée
en elle-même, ne paraît pas être importante; en
réalité, elle l’est, car elle coexiste avec une forte
acidose.
Comme nous allons le voir, l’équilibre acide-
base a une action sur le chlore du plasma ; quand
il existe une forte acidose, tout chiffre de chlore
plasmatique qui dépasse le taux normal de 3 gr. 60
indique une forte chloruration. C’est la raison
pour laquelle nous pouvons affirmer dans ce cas
l'existence d’une azotémie avec chloropexie. Nous
reviendi'ons plus loin sur celte question.
Mise au régime déchloruré, la malade élimine
le chlore retenu en excès, l’acidose disparaît,
razotémic tombe de 3 gr. 41 A 1 gr. 51. La chute
du chlore de 3 gr. 73 ù 3 gr. 66, qui paraît insi¬
gnifiante A première vue, est cependant impor¬
tante : il faut, pour l’apprécier, tenir conqvle du
changement de la réserve alcaline ipii agit sur la
répartition du chlore dans le plasma et dans les
cellules.
Ce cas est le type d’une néphrite avec azotémie
et chloroiu’xie tissulaire. I.c régime déchloruré
est suivi d’une amélioration rapide, d’une chute
de l’azotémie et d’une élimination de chlore.
Si A un pareil malaile on donne du sel, l’étal
général s’aggrave et l’azotémie augmente. Nous
avons longuement insisté sur ces phénomènes au
cours de nos recherches sur la rétention chlorée
sèche. En voici un nouvel exemple :
H s’agit d'une malade, envoyée A la Clinique pour
néphrite azotémique; elle suivait depuis longtemps
un régime dcchloruré. On donne A cette malade 6 gr.
de sel par jour. Voici les modifications du sang que
Dalo Ind.rcf. It.àtc. Cl Urée ObsorvuUon.s
p. tou p. 1000 p.lOOü
1" Octobre. . 55 52 3,23 1,39 6 gr. de sel de-
(> — . . 58 43,7 3,85 1,58 puis le 1" Oc¬
tobre.
Ici l’administration de sel est suivie d’une con¬
centration du sang, d’une chute de la réserve
alcalinè-;J d’une augmentation du chlore et de
l’iirée, toiis signes typiques pour une néphrite
azotémique avec chloropexie.
p. 1000 p. 1000 *p. 1000-
.3,30. 3,73 3,41
3^40 siofi l|53
D’après ce qui précède, on congoil qu’une telle
néphrite exige le traitement par-lc régime déchlo¬
ruré.
IL -- Néphrite avec syndrome azotémique
par manque de sel.
11 s’agit de malades atteints de néphrite qui
sont pris de vomissements intenses amenant
une déchloruration massive de l’organisme. Dans
ces cas, il se développe un syndrome azotémique
grave dû au manque de sel. On ne peut actuelle¬
ment encore préciser quel est le rapport de cause
A effet entre la néphrite et les vomissements
intenses. IMais il n’en est pas moins certain que ces
vomissements continus impriment A une néphrite
quelconque un cachet particulier et lui donnent
l’aspect d’une néphrite azotémique..
OiisEHVATioN IL — Femme He 30 ans est amenée le
30 Avril 1928 A la Clinique pour un état urémique.
Son affection actuelle reiiionte A Février. Elle aurait
eu A cette époque une angine qui a été mal soignée.
Depuis cette date, elle est fatiguée et a de temps eu
temps de la température. Au début d’Avril elle a eu
unenouvelle angine , qui est suivie d’un érysipèle de
la face. Trois semaines avant son entrée A la Clinique
elle commence A vomir et A avoir des céphalées de
plus en plus intenses. Comme son état s’aggraVe, ellc
est Admise A la Clinique. l'jvj.
Il s’agit d’une jeune femme très amaigrie èt' très
faible ; léger état de torpeur. La langue est sèche el
l’haleine forlcincnl ammoniacale. La tension artérielle
est de 100 U. U. L’urine contient des hématies et des
leucocytes en très grande quantité. L’albumine est
de 10 gr. par litre, il y a des traces d’acétone. Dans
le sang, on compte 4.300.000 hématies et l’hémoglo¬
bine est A 75 pour 100.
L’examen ebimique du sang montre une azotémie
de 4 gr. 80 el une chlorémie de 2 gr. 56. A la suite
de ces constatations, on injecte immédiatement A la
malade du sérum physiologique par les voies intra¬
veineuse et sous-cutanée. On continue ce traitement
dans les jours qui suivent.
DéjA le lendemain, l’amélioration est très nette : la
malade est moins fatiguée, l’état de torpeur s’atté¬
nue; les vomissements sont beaucoup plus rares.
Le 3 Mai, la malade est nettement améliorée, les
vomissements ont complètement disparu et les cé¬
phalées se sont très atténuées. L’albumine est tom-
bée A 4 pour 1000. La malade a faim et mange avec
appétit.
Le 7 Mai. La nuit n’a pas été bonne, la malade
vomit le repas du soir. On lui donne jiour tout régime
200 gr. de lait et du thé sucré. L’examen du sang
montre que la chlorémie a dépassé la normale. On
cesse l’administration du sel.
Le 9 Mai. Depuis la suiipressiou du sel de l’alimen¬
tation, les symptômes morbides ont disparu, la ma-'
lade peut recommencer A s’alimenter.
Le 11 Mai. La malade est beaucoup mieux et
n’était la persistance de l’albuminurie elle pourrait
être considérée comme guérie. Les céphalées ont
disparu, la diurèse est bonne. Elle reçoit pour ali¬
mentation 600 gr. de lait, 30 gr. de beurre, du pois¬
son et des nouilles.
Nous donnons dans le tableau suivant les résultats
de nos examens du sang:
N” 6
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
91
Chez celte malade alteiiitc d’une néphrite hé¬
morragique avec une albuminurie s’élevant à
10 gr., une oligurie prononcée (200 à 300 gr.
d’urine par jour) avec une azotémie de 4 gr. 86,
présentant d’autre part tous les symptômes d’une
néphrite azotémique grave (prostration physique,
torpeur, céphalée, anorexie absolue et vomisse¬
ments), l’administration de sel a eu les plus heu¬
reux elFets, les troubles généraux se sont amendés,
puis ont disparu en même temps que l’azotémie a
régressé et que la sécrétion urinaire a repris.
Cette observation montre qu’il y a intérêt il ne
pas rechlorurer trop fortement les malades. Dans
notre cas l’état a cessé de s’améliorer et s’est
même aggravé à partir du moment où la chloré¬
mie a dépassé la normale et indiqué une hyper¬
chloruration de l’organisme. Il a sufli de suppri¬
mer le sel pour ramener la malade à son étal
normal.
Est-il justifié d(attribuer à l’apport de sêl l’heu¬
reuse tournure qu’a prise la maladie ? Ne s’agit-il
pas d’une régression spontanée de la maladie que
nous voyons survenir parfois dans les néphrites
subaiguës et qui se serait produite malgré l’apport
de sel? A une telle interprétation nous pouvons
opposer les arguments .suivants :
1“ La néphrite dont il s’agissait présente un
caractère de la plus grande gravité, comportant
un pronostic des plus mauvais, si l’on s’en tient
aux données connues. Veil a déjà montré en 1918
que le taux de la chlorémie fournit des renseigne¬
ments très importants quant au pronostic d’une
néphrite. Chez notre malade la chlorémie est
tombée à 2 gr. 50 (= 4 gr. NaCl), diminution
très importante puisqu’elle atteint 30 pour 100.
Une régression spontanée d’un tel état est in¬
connue jusqu’ici;
2“ L’amélioration se produit avec lenteur, non
rapidement, par une crise, comme au cours des
rémissions spontanées ;
3° L’amélioration suit l’administration de sel
et marche de pair avec le relèvement de la chlo¬
rémie : on peut suivre par la courbe du chlore la
marche de l’amélioration ;
4“ Dans des cas semblables, si l’on ne donne
pas de sel, l’étal s’aggrave et aboutit à la mort.
Nous-mêmes en avons fait la triste expérience sur
plusieurs malades à une époque où nous ignorions
les dangers de la carence en sel. Voici un résumé
d’une observation caractéristique.
Observation III. — Ici, il s’agissait d’une néphrite
azotémique à marche rapide que la thérapeutique
instituée (administration de sérum glycosé, puis
décapsulation) n’a pas réussi à arrêter. Du vivant, le
sang présentait les signes d’une hypochlorémie
évidente. L’analyse des organes, après la mort, a
montré que l’appauvrissement en sel atteignait tous
les organes comme le prouvent les chiffres sui-
HATE
SANG TOTAL
PLASMA
R.ALO.
URÉE
p. lOOO
Cl
p. 1000
Na
p. 1000
Cl
p. 1000
Na
p. 1000
9 Janvier.
12 Janvier.
14 Janvier.
16 Janvier.
2,14
L78
1,87
1,86
1,99
2,69
2,52
2,24
2,96
2,81
2,80
54
43,9
56
5,23
6,96
7,68
onuANE
•
MALADE
NORMAL 1
^100
Na*
p. loon
GP
p. 1000
Na'*
p lOOü
Substance prise .
Substance blanche. . . .
Foie. .
Reins .
Musc, oarcliaque .
1,.32
0,65
0,97
0,57
1,38
1,28
0,82
oje:
1,65
1,45
l’53
0,8
î,45
1,32
2,3
0,7
1. Par kilogr. d'organe frais.
3. Chiffres approximatifs.
Ces chiffres de chlore dans les organes sont
comparables à ceux observés par les auteurs
américains, en particulier par White, dans leurs
recherches sur l’appauvrissement en chlore dans
l’obstruction intestinale.
TII. - Néphrite avec syndrome azotémique
d’origine mixte.
Observation IY. — Homme de 37 ans, envoyé à lu
Clinique pour mauvais état général et vomissemeiits
continus.
Depuis 1923 il est sujet à des crises rhumatismales
articulaires. En Mai 1928, son état s’aggrave considé¬
rablement ; il a des céphalées, il n’a pas d’appétit cl
vomit à peu près tout ce qu’il prend. Son entourage
est aussi frappé par sa grande pûleur. Depuis Août,
tous ces symptômes s’accentuent. L’alimentation est
rendue impossible par des vomissements qui sur¬
viennent constamment. C’est pour cette raison que
le malade est envoyé à l’hôpital. ^
A l’examen, on est en présence d'un homme extrê¬
mement pâle, très amaigri, dont la peau est sèche.
Très grande prostration et torpeur. La langue est
sèche, l’haleine est ammoniacale. Le malade vomit un
liquide bilieux. La tension artérielle est de 110 '70;
l’examen du sang montre ;
Hématies . 3.580.000
Hémoglobine . 56 p. lOO
Dans les urines, on trouve des traces d’albumine et
après centrifugation quelques leucocytes et de très
rares cylindres granuleux. Une prise de sang donne
pour Turée 6 gr. 33 pour 1000, et pour la chlorémie
3 gr.
On administre immédiatement au malade du sel
par la voie intraveineuse et par la voie sous-cutanée.
On continue ce traitement les jours suivants. Dès le
lendemain, 25 Août, l’état général s’améliore, les
céphalées et les vomissements disparaissent, les
forces reviennent lentement.
Le 26 Août. Le malade commence à se réalimenter
et, à partir d’aujourd’hui, on lui donne le sel sous
forme de petits paquets de 2 gr., qu’il avale dans un
peu de bouillon. La tension artérielle remonte à 130/80.
Le 28 Août. On supprime le sel.
Le 30 Août. Etat très satisfaisant, le malade a
augmenté de 2 kilogr. et se sent beaucoup plus
vaillant.
Le Septembre. On ajoute 18 gr. de sel au
régime. L’état continue à s’améliorer et, le 8 Sep¬
tembre, son poids est de 58 kilogr. au lieu de 52,5 à
son entrée. A partir de cette date, on intercale des
périodes de régime ehloruré et déchloruré pour
juger des effets de la chloruration et de la déchloru¬
ration. On pourra suivre sur notre tableau l’évolution
de la chlorémie et de l’azotémie.
Le 3 Octobre. On constate que Tazotémie, qui a
baissé très rapidement de 6 gr. 33 à 2 gr. 50, a ten¬
dance à rester stationnaire autour de 2 gr. 50. On
tente d’abaisser cette azotémie par une très forte
hyperchloruration et bon donne au malade 18 gr. de
sol par jour. Celte hyperchloruration provoque du
prurit, puis une véritable éruption urticarienne
suivie de desquamation. L’éruption disparaît avec lu
suppression du sel.
Le 8 Novembre. Le malade quitte la Clinique très
amélioré ; il pèse 61 kilogr., son appétit est bon, les
vomissements et les céphalées ont disparu. Le ma¬
lade est encore anémié et l’épreuve de la phénol-
sulfo-phtaléine montre une élimination de 5 pour 100.
Malgré la chute de l’azotémie et l’amélioration géné¬
rale, la fonction rénale est restée mauvaise. Après
la suppression du syndrome azotémique par manque
de sel, il subsiste une néphrite azotémique classique.
HATE
p. 100
Cl
p. 1000
p. 1000
OnSERVATIONS
22 Août . . .
3
6,33
Entrée.
23 Août . . .
42,5
28 Août . . .
64
3,56
4,. 56
0 sel
1"*^ Sept.. . .
3,14
8 Sept.. . .
64
3(79
2,. 59
0 sel.
14 Sept.. . .
40
3,50
2,88
0 sel.
19 Sept.. . .
3,49
3,12
-h 10 gr. de sel.
25 Sept.. . .
42
3,68
2,88
0 sel.
2 Octobre. .
38,3
3,62
3,36
-p 16 gr. de sel.
11 Octobre. .
42,5
3,93
2,40
16 gr. de sel.
9 Novemb. .
39
3,66
2,66
0 sel.
Chez ce malade, nous avons fait des examens
du sang à de nombreuses reprises. A l’entrée,
le Cl est abaissé à 3 gr. le Na est normal. L’azo¬
témie atteint le taux de 6 gr. 33. Comme je
montre l’indice réfractomélrique qui est à 62, le
sang est concentré. A partir de ce moment, on
donne 15 gr. de sel pendant ])lusieurs jours de
suite et, 0 jours après, le 28 Août, la chlorémie
est montée à 3 gr. 5(). l azotéinie est tombée à
4 gr. 56.
Dans les jours qui suivent, on ne donne plus de
sel ; la chlorémie retombe de 3 gr. 5f) à 3 giu 14
et razoténiie, au lieu de s’abaisser rapidement
(‘onime elle l’avait fait sous riniluence du sel,
tombe seulement de 4 gr. 56 à 4 gr. 22.
.\ iiartir du 1''*' Septembre, on redonne 18 gr.
de sel ])ar jour, la clilorémie s’élèvi- à 3 gr. 85
et l’azotémie tombe à 2 gr. 64.
Dans la suite, nous avons ehloruré et déclilo-
rui-é notre malade à jilusieurs reprises. Mais
les variations de la chlorémie et de l’azotémie
ont été à peine sensibles et se sont faites dans
des limites étroites. Malgré une chloruration
extrêmement intense qui nous a ])erniis d’élever
la chlorémie jusipi’à 3 gr. 96, nous n’avons ]>as
réussi à faire baisser razoténiie au-dessous de
2 gr.
Il y a doue, dans cette observation, deux phé¬
nomènes absolument dilférenls. .\u début, lorsque
l’azotémie était de 6 gr. 3.3 et la chlorémie de
3 gr., l’administration de sel a été suivie d’une
chute extrêmement rapide de razoténiie au fur et
à mesure que la chlorémie se relevait. Par contre
lorsijue l’azotémie a atteint un taux moyen de
2 gr. 50 nous n’avons |)as réussi, malgré uni'
chloruration très forte, à abaissm- cette azotémie.
Nous croyons être en droit de donner l’inter¬
prétation suivante à ees phénomènes. L’azotémie
résiduelle de 2 gr. à 2 gr. 50, sur laquelle l’admi¬
nistration de sel reste sans elfet, ])eul êti'e consi¬
dérée comme une azotémie d'origim; rénale ; c’est
l’urée du sang ipii correspond aux troubles fonc¬
tionnels dus aux lésions auatomi(|ues du rein.
Par contre, le taux d'urée qui est au-dessus de
2 gr. 25 et ipii s'élève jusipi'à 6 gr. 33 doit, à
notre avis, être attribué au mampie de sel. Cette
azotémie s'est constituée au moment où le malade
vomissait et où il jierdait ainsi de fortes ipian-
lités de sel ; il a sufli d'administrer du sel iiour
que l'azotémie revînt, non à la normale, mais
au taux correspondant à la lésion rénale. Cette
observation nous apiiorte la jireuve ipie sur une
azotémie d’origine rénale lient se grelfer un syn¬
drome azotémique dû au manque di* sel.
L’histoire de ce malade montre à nouveau que
l’adminislralion de sel doit être poursuivie jusqu’au
retour de la chlorémie à un niveau normal; ce
niveau une fois atteint, 11 faut être prudent dans
l’administration ultérieure de sel : il faut ou le
supprimer ou le donner avec grande parcimonie
en se guidant encore d’après la ehloi-émie dont le
taux normal ne devra jamais être dépassé.
IV. Diagnostic différentiel.
Nous allons d’abord examiner comment on peut
distinguer la néphrite azotémiqui- elassi(|ue de la
néphrite compliipiéi; d’un symlrome azotémique
dû au manque de sel.
A) EsT-OU PAU LA SY.MPTOMA TOl.Olilt; ? - L'as¬
pect clinique des deux formes olfre la plus gi’ande
ressemblance. Le syndrome azotémiiiue grave
par manque de sel, que nous avons décrit, ne
dilfi're en rien de rtirémie vraie : même aspect
terreux, même cachexie, même prostration,
mêmes céphalées, mêmes vomissements incoer¬
cibles, mêmes diarrhées.
Dans les deux formes, l’oileur de l'haleine est
amraoniaeale. On comprend fort bien <pie tous les
symptômes cliniques qui relèvent directement de
92
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
N» 6
l’imprégnation de l’organisme par l’urée se
retrouvent dans les deux formes : odeur ammo¬
niacale, diarrhées par décomposition d’urée.
Cependant on peut noter quelques différences.
Ainsi la constatation d’une anémie intense a une
grande valeur. Celle-ci existe presque régulière¬
ment dans les néphrites azotérnicjues typi([ues
qui sont chroniques. Dans les azotémies dues au
man<jue de sel, l’anémie fait défaut ou, si elle
existe, elle est masquée par la concentration du
sang due à la désliydratation : on observe ou tm
chiffre normal ou même un léger degré d'hypei’-
globulie. La présence d’une anémie prononcée ou
d’unt! hyperglohulie offre pour ces motifs un
grand intérêt.
L’état de la tension artérielle peut également
donner des iM'useigiiements précieux. Dans l’azo-
téinie })ar mamjue de sel, la tension artérielle est
généralement abaissée. Inexistence d’une hyper¬
tension [)arle donc en faveur d’une azotémie
rénal(>, une tension normale pour une azotémie
par manque de sel. Mais il existe des azotémies
vraies sans hypertension et l'on sait qu’à hi phase
extrême des urémies la tension sanguine peut
s’abaisser profondément : la tension est décajiiléo.
L’histoire (•lini(iue, l’évolution de la maladie et
les antéeéd(‘nts ont aussi une très grande im¬
portance. (Juand, dans l’histoire, on trouve des
vomissements fré([uents, des diarrhées profiises,
on pourra penser à l’existence d’une azotémie par
maiKjue de sel. Mais, là encore, il faut se méfier
d’une inter[)rétation par trop étroite, car rurémie
vraie jieut être accompagnée d’une intolérance
gastri(jue (]ui amène des vomissements. C’est la
fréquence et l’abondance des vomissements (jui
devraient être connues, ce sont là des j)oints bien
difficiles à faire préciser.
L’image cliniqiK' ne peut donc pas donner le
diagnostic exact et à moins de considérer les cas
extrêmes al)solument typi(pies, il est à peu près
impossible de faire le diagnostic difi’érentiel de
ces deux formes. Il faut pour cela recourir nu.r
c.ritmcns de laboratoire.
B) Kxamen’.s de i.ABonATOinE. - 1“ L'urine.
L’examen des urines fournit des indications utiles.
L’albuminurie, la cylindrurie, n’ont pas de grande
valeur diagnostique, car elles se retrouvent indif¬
féremment dans les deux formes. Mais le dosage
du chlore dans l’urine peut donner une orientation :
quand il y a liypochlorémie, l’urine ne renferme
que très peu de chlore : la concentration du chlore
tombe à 1 gr. j)our 1000 et même au-dessous.
2“ L'e.rarncn du sang. Ce qui distingue essen¬
tiellement les deux formes d’azotémie, c’est que,
dans l’une, l’azotémie vraie, il y a de la rétention
chlorée, de la rliloropc.ric, comme nous l’avons
démontré, alors que dans l’autre il y a, au con¬
traire, un appauvrissement de l’organisme en sel,
de la eblorojn'nic. Le dosage du chlore dans les
humeurs parait donc être l’examen de choix et, au
premier abord, il peut sembler (]ue ce dosage de
chlore dans le j)lasma sanguin va nous fixer déli-
uitiverm-nt sur la nature de razotémie : s’il y a
hypochlorémie, c’est l’azotémie par mamjue de
sel ; s’il y a, au contraire, hyperchlorémie, ce
sera l’azotémie avec chloropexie.
Cette conclusion est exacte pour les cas où l’on
oenstate de l’hyj)ereldorémie : ici, il ne jieut s’agir
tout autrement <|uand l’analyse ilii jdasma révèle
une hyi)ochlorémie. Dans ce cas, le |)rol)lème est
beaucouj) jjlus com|)lexe.
L’azotémie j)ar mamjue de sel est toujours
accompagnée d’iiypochlorémie. Cette hypochlo¬
rémie est d’autant plus forte que l’appauvris¬
sement de l’organisme en sel est plus j)rononcé.
Généralement elle suit une marche j)arallèle à
l'évolution du syndrome : si le chlore remonte, il
y a amélioration j s’il s’abaisse, il y a aggravation.
Mais cette hypochlorémie n’a pas une valeur
décisive, car elle peut également se rencontrer au
cours de néphrites azotémiques graves où il existe
une rétention chlorée, de la chloropexie tissulaire.
Nous en avons donné autrefois un exemple. 'Voici,
en effet, ce qu’on constate : quand une néphrite
azotémique avec rétention chlorée sèche s’aggrave
et que l’urémie s’installe, la chlorémie peut
s’abaisser. IMais cet abaissement du chlore dans
le sang n’est j)as uniquement dû à une élimination
de chlore. S’il y a des vomissements abondants,
une partie du chlore jieut quitter l’organisme,
mais le reste émigre du sang vers les tissus et y
détermine la chlorojiexie ; le taux du chlore dans
les tissus et dans le liquide céphalo-rachidien
est alors augmenté.
A l’abaisseimmt du chlore du plasma sanguin
s'opjiose l’augmentation du cldore des tissus et
des liumeurs. Chez un tel sujet, la supj'tression du
chlore du régime fait revenir, en cas d’améliora¬
tion le chlore des tissus vers le sang. Ici l’hypo-
chloréniie ne signifie donc pas appauvrissement
de l’organisme en chlore, mais seulement l’ap-
pauvrissement du plasma en chlore.
l’n jeune homme est admis à la clinique jiour
néjjhrite azotémique. Il en a tous les symptômes.
Comme chez tous ces malades, nous faisons un exa¬
men du sang pour voir s’il s’agit d’une néphrite avec
chloropexie ou avec ehloropénie.
Nous avons déterminé le chlore du sang et la ré¬
serve alcaline. Voici les chilires :
Ce malade a une chlorémie basse (3 gr. 1(5) à
son entrée ; il reçoit comme nourriture unique¬
ment du sucre, des fruits et des tisanes. Sans
apport de sel, sa chlorémie se rétablit et remonte
en 5 jours à 3 gr. 55. Le chlore, dans un pareil
cas, ne peut venir que des tissus où il s’est accu-
II résulte de tous ces faits que la constatation
d’une hypochlorémie, si elle est indispensable
pour prouver l’ajtpauvrissement de l’organisme
en chlore, ne suffit pas dans tous les cas et qu’il
faut y adjoindre d’autres examens.
3“ La chlorémie — chlore du sang total. --
Normalement le sérum ou le plasma contiennent
de 3 gr. 50 à 3 gr. (iO de chlore. Dans un litre de
sang, dff trouve 2 gr. 80 de chlore. Ce qui prouve
(jue les globules contiennent moins de chlore que
le jilasma. La répartition du chlore entre les glo¬
bules et le plasma est réglée par la quantité de
CG“ du sang; en cas d’acidose, une partie dit
chlore plasmatiqu<‘ j)asse dans les globules. C’est
là un })hénomène bien connu, étudié par Ham¬
burger et d’autres, et qui peut être observé in vitro.
Prenons un sang contenant 3 gr. 50 de chlore
dans le j)Iasma et 2 gr. 80 de chlore dans le sang
total, la réserve alcaline étant de (50 pour 100.
.Vdmettons que la réserve alcaline s’abaisse, qu’il
y ail acidose ; en ce cas le chlore duj)lasma dimi¬
nue; comme le cldore du sang total reste constant,
il faut qu’il y ait une élévation du chlore globu¬
laire. L’indice chloropexique des globules rouges
augmente. Si l’acidose devient extrême, il en
résulte que la concentration du chlore dans le
plasma et dans les globules sera la même. Dans
ce cas, la détermination du chlore dans le plasma,
dans les ghdtules et dans le sang total donnera
le même chiffre.
Ces notions théoriques sont importantes et
indispensables à connaître quand on veut inter¬
préter une chlorémie; elles signifient qu’un abais¬
sement. du chlore dans le plasma n’indique pas
d’une façon certaine un ajrpauvrissement de tout
l’organisme en sel ; elles montrent que le taux du
chlore plasmatique dépend de la valeur de la ré¬
serve alcaline.
Ceci dit, nous allons considérer les différents
cas qui peuvent se présenter en pratique.
a) Le chlore plasmatique est supérieur à 3 gr: 70
ou inférieur à 2 gr. 80. — Ce sont là des cas
extrêmes dont l’interprétation est très facile.
Si le Cl est supérieur à 3 gr. 70, c’est-à-dire
supérieur à la limite normale, il y a certainement
une rétention de chlore, de la chloropexie. De
môme, si le Cl est inférieur à 2 gr. 80, c’est-à-dire
inférieur au taux normal du sang total, on jreut
affirmer l’existence d’une ehloropénie. Dans ces
cas, il est même inutile de tenir compte de la
réserve alcaline, car, même s’il existe une acidose,
une chlorémie sujtérieure à 3 gr. 70 ou inférieure
à 2gr. 80 signifie chloropexie ou ehloropénie.
b) Mais, quand le taux du chlore du plasma est
entre ces deux limites, la détermination du chlore
ne suffît point et il faudra toujours faire en même
temps une réserve alcaline.
a) La réserve alcaline est supérieure à 65 P . 100 :
il y a alcalose. Dans ce cas, on peut affirmer la
ehloropénie ; cette alcalose indique en effet que
l’organisme a perdu des quantités importantes de
chlore, c’est le cas quand il y a des vomissements
fréquents et abondants.
fi) Il y a acidose. L’interprétation des résultats
est beaucouj) plus difficile.
Si le taux du chlore dans le plasma est normal,
ou supérieur à la normale, on peut affirmer
l’existence d’une chloropexie.
Si le taux du chlore est inférieur à la normale
il faudra tenir compte du degré de l’abaissement
du chlore et du degré de l’acidose. Il est certain
que si, jiour une très légère acidose, le taux du
chlore est extrêmement bas, on pourra admettre
que le chlore fait réellement défaut. Au contraire,
si avec une très forte -acidose le chiffre du chlore
plasmatique est à peine inférieur à la normale,
on peut en conclure que le chlore s6 trouve dans
le sang en quantité suffisante ou môme exa¬
gérée.
Mais, à côté de ces cas relativement simples il
en est d’autres où les faits sont plus complexes.
Dans ces cas ce n’est qu’une longue habitude et
une connaissance parfîiile de l’équilibre acide-
base qui permettent de juger s’il y a réellement
ehloropénie ou chloropexie. Aussi est-il indiqué,
[>our éviter les erreurs, de recourir à d’autres
examens.
4“ Le sang total. — Le sang total peut être
considéré comme un tissu dont les cellules sont
suspendues dans un milieu liquide. Son analyse
nous fournit un moyen de nous renseigner sur la
teneur en chlore des éléments cellulaires. On jieut
admettre que, dans une certaine mesure, son enri¬
chissement ou son appauvrissement en chlore
correspondent à un enrichissement ou un appau¬
vrissement en chlore de l’organisme. Ainsi, un
taux élevé du chlore du sang total signifierait
une hyperchloruration générale; inversement un
taux abaissé du clilore du sang total serait en
faveur d’une hypochloruration générale.
Mais le j)rüblème est j)lus complexe car le
taux du chlore dit sang total ne peut être inter-
jirélé que si l’on tient compte du volume globu¬
laire. Le sang est en effet comjiosé de plasma
riche en chlore et de globules pauvres en chlore.
Si les proportions relatives de globules et du
plasma sont modifiées, si, par exemple, il y a une
anémie, le chlore du sang total sera plus élevé que
normalement, sans qu’il y ait pour cela une réten¬
tion de chlore.
On ne j)eut donc connaître le taux du chlore
des hématies que si l’on détermine simultanément
le chloceyfarsang total et le volume, globulaire-i
N“ fi
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
93
l’aide de l’hématocrite. Ces deux facteurs étant
connus, on peut en déduire l’indice chloropexique
des globules rouges.
Le dosage du chlore dans le sang total peut
ainsi nous donner des renseignements précieux
sur la teneur en chlore des hématies. '
5® Le liquide céphalo-rachidien. — Il résulte
des faits que nous venons de développer que l’in¬
terprétation du taux du chlore plasmatique est sou-
ventassez complexe; comme, d’autrepart, ledosage
du chlore dans le sang total et le calcul de l’indice
chloropexique des hématies présentent certaines
difficultés, on ne peut avec leur aide établir d’une
façon certaine la teneur en chlore des tissus.
Pour affirmer l’existence d’une chloropénie ou
d’une chloropexie, le mieux serait évidemment de
s’adresser directement à l’examen d’un tissu,
•mais c’est là un examen auquel on peut difficile¬
ment avoir recours. On peut tourner la difficulté
en s’adressant au liquide céphalo-rachidien qui
peut être considéré comme le liquide interstitiel
type qui baigne les cellules, Normalement le
liquide céphalo-rachidien contient 4 gr. 20 de
chlore. Si l’on trouve un taux de chlore inférieur
à ce chiffre, 4 gr. par exemple, il y a chloropénie.
Si, au contraire, le chiffre est supérieur à la
normale, il y a chloropexie. Cette détermination
du chlore dans le liquide céphalo-rachidien est
particulièrement importante dans les cas d’urémie,
suite de rétention chlorée sèche, où il se produit
un passage du chlore du plasma vers les tissus.
Dans ces cas, l’examen du sang dénote une chlo¬
ropénie alors qu’en réalité celle-ci n’est qu’appa¬
rente puisque des quantités importantes de Cl
sont fixées dans les tissus.
Diagnostic puatiquiî. — Nous avons longue¬
ment insisté sur les difficultés auxquelles se heurte
l’interprétation des examens de laboratoire et
nous nous rendons compte qu’il est difficile
d’avoir recours à tous ces examens dans la pra¬
tique courante. Nous pensons qu’on devra pro¬
céder de la manière suivante ;
a) Dans toute néphrite azotémique, il faut doser
le chlore du plasma ou du sérum ; la détermina¬
tion du chlore plasmatique est aussi importante
que la détermination de l’azotémie et de la réserve
alcaline.
b) Le taux du chlore plasmatique une fois connu,
les éventualités suivantes peuvent se présenter ;
1" Le chlore plasmatique est inférieur à 2 gr. 80,
il y a manifestement chloropénie : l’aduiinistration
de sel est indiquée;
2" Le chlore plasmatique est supérieur à 8 gr. 70;
il y a chloropexie : le régime déchloruré strict est
indiqué ;
.3“ Le chlore plasmatique est inférieur à3gr. 70
et supérieur à 2 gr. 80. Si, dans ce cas, il y a une
alcalose, c’est qu’il existe une chloropénie. Mais, si
la réserve alcaline est abaissée, l’interprétation
est difficile et il vaut mieux recourir au dosage du
chlore dans le liquide céphalo-rachidien pour
dire s’il y a chloropexie ou chloropénie.
c) Il y a intérêt à doser le chlore du liquide
céphalo-rachidien :
1“ Quand les analyses du sang montrent un abais¬
sement du taux du chlore plasmatique coexistant
avec une acidose ;
2“ Quand le malade est suspect d’urémie et qu’il
y a intérêt à agir vite.
Un chiffre de chlore supérieur à 4 gr. 30 dans
le liquide céphalo-rachidien indique une chloro¬
pexie, un chiffre inférieur à 4 gr. 30 indique une
chloropénie.
Le diagnostic de la néphrite avec syn¬
drome AZOTÉMIQUE d’origine MIXTE. — Dans les
cas intriqués, où une azotémie par chloropénie se
superpose à une azotémie rénale, le diagnostic
immédiat est à peu près impossible. Ici l’épreuve
thérapeutique est décisive. Voici en effet com¬
ment les faits se présentent : On constate, grâce
aux examens de laboratoire, l’existence d’une
chloropénie contre laquelle on institue un régime
salé dont on observe les effets. S’il s’agit d’une
azotémie d’origine mixte, l’azotémie régresse
sous l’influence de l’ingestion de sel en même
temps que la chloruration de l’organisme su refait
et que la chlorémie remonte. Mais cette régres¬
sion de l’azotémie s’arrête à un certain moment et,
quoi qu’on fasse, n’esi jilus influencée par un
apport de sel. Môme si l’on dépasse de beaucoup
une chloruration normale, la chlorémie pouvant
s’élever jusqu’à 4 gr., Tazotémie reste invarialile.
Cette azotémie résiduelle est due à la lésion rénale
qui persiste et elle peut même augmenter sous
l’influence d’un excès de sel.
Ce qui peut à la rigueur faire penser à une
azotémie d’origine mixte chez de tels malades,
c’est leur histoire : des vomissements fréquents
et de la diarrhée survenant chez un brightiipie
peuvent créer un appauvrissement en sel. Il nous
a aussi semblé qu’un certain contraste entre l’im¬
portance de l’azotémie et l’état général pouvait
parfois fournir quelques indications; chez le ma¬
lade IV, dont nous avons donné l’observation, nous
avons été surpris de trouver une azotémie de
6 gr. 33 que l’état général ne laissait pas prévoir.
Quand l’azotémie d’origine rénale atteint un tel
chiffre, l’état général est très touché et les symp¬
tômes cliniques sont en rapport avec l’intensité
de l’azotémie.
Ce sont là des indications (jui peuvent servir,
mais, nous l’avons déjà dit, seule l’épreuve théra¬
peutique pourra éclairer le diagnostic.
à'. Thérapeutique.
Les considérations que nous avons développées
montrent que certaines néphrites ditesazotémiipies
sont justiciables d’un apport de sel. Jusqu’ici la
restriction, voire la suppression du sel de l'ali¬
mentation a été un des principes fondamentaux de
la thérapeutique des néphrites azotémiques gra¬
ves. Nous-mêmes, après avoir mis en évidence au
cours de nos recherches sur la rétention chlorée
sèche la chloropexie tissulaire, avons été amenés
à être partisans d’une restriction de sel aussi
rigoureuse que possible, môme dans les formes
du mal de Bright non accompagnées d’a'dèmes.
Les faits que nous venons d’exposer montrent
que ce traitement appliqué indistinctement à tous
les cas comporte de très grands inconvénients et
qu’il est nécessaire d’en reviser et d’en préciser
les indiep-tions.
Dans certaines néphrites, en effet, la suppres¬
sion du sel aggrave l’état des malades et peut
entraîner la mort à bref délai. L’apport de sel,
au contraire, produit dans ces cas une action que
l’on peut qualifier de miraculeuse. Les indica¬
tions de l’administration de sel ou de sa suppres¬
sion sont donc formelles; d’où la conclusion qu’en
présence d’une néphrite azotémique il est
désormais indiqué de rechercher, à l’aide de la
chlorémie et des autres examens dont nous avons
parlé, si l’on a affaire à une néphrite avec chlo¬
ropexie ou avec chloropénie.
VI. — Conclusions.
Les faits que nous venons de relater montrent
que :
1" Il y a lieu de scinder les néphrites azotémi¬
ques selon les principes que nous venons d'indi¬
quer. Il est évident que nos conclusions s’appliquent
également à tous les états dits urémiques. Nos
recherches montrent qu’à côté de l’urémie vraie
avec chloropexie, il existe une pseudo-urémie due
à la chloropénie qui offre avec l’urémie vraie une
telle ressemblance qu’il est impossible de les dis¬
tinguer par l'examen clinique; seuls les examens
de laboratoire pourront assurer le diagnostic.
2" La- détermination de la chlorémie est aussi
importante que la détermination de l’azotémie.
Elle doit être faite systématiquement dans tous
les cas de nép^ite azotémique grave.
3" Ces résultats doivent être pris en considé¬
ration si l’on veut établir le pronostic d’une
néphrite azotémique d’après le taux de l’urée.
Il est incontestable que dans les néphrites azo¬
témiques rénales les règles établies par Widal
gardent dans l’ensemble toute leur valeur. Par
contre, dans les néphrites avec syndrome azoté¬
mique par chloropénie, ces règles ne pourront
s'appli(juer qu’avec certaines restrictions. Ici
encore, l’azotéraie mesure la gravité de l’état.
Mais, dans un tel cas, une azotémie élevée ne sera
d’un pronostic grave que si l’on n’en reconnaît
pas immédiatement la cause; celle-ci reconnue, on
a à sa disposition une thérapeuticpie extrêmement
efficace (l’administration de sel; (pii fait tomber
l'azotémie et modifie de tout en tout l’aspect cli¬
nique de la néphrite.
■4“ Il y aura lieu aussi de reviser l’interprétation
de certains symptômes observés chez les brigh-
ti(jues : les vomissements, la diarrhée ne jieuvent
pas toujours être considérés coniine des moyens
de défense dont se sert l’organisme pour éliminer
des substances excrénientitielles auxquelles Je
rein ne peut plus donner passage. Cette interpré¬
tation est exacte pour les néphrites avec chloro-
|)exie, où l’organisme peut se débarrasser de sa
surcliarge de chlore en utilisant les voies diges¬
tives. Mais, cette interprétation ne peut s’appli-
((uer à tous les cas : dans les néphrites avec syn¬
drome azotémique par chloropénie, les diarrhées,
les vomissements, en provoijuant une perle de s(d
excessive, sont au contraire des facteurs d’aggra-
LA DIATHERMOTIIÉRAPIE
LE SYNDROME DÉHICOLITE DROITE »
GASTON-DURAND et L. DELHERM.
La ipiestion des péricolites droites, des péri-
viscérites associées de la moitié droite de l’abdo-
inen, de leur étiologie, de leur pathogéniu, et
des mérites respectifs des divers traitements
qu’on ])eul leur opposer, reste ouverte malgré les
très nombreux travaux auquels elle a donné
naissance. ,,
Désireux d’apporter notre contribution à ce
vaste sujet, nous avons dessein d'encisaper ici,
spécialement, les actions de la diathermothérapie
sur CCS états douloureux chroniques de l'abdomen
dont la symptomatologie fait poser le diaffnostic de
périeiscéritc, de péricolitc droite.
En pareille matière, il est assez difficile de se
faire une opinion autrement que sur la base de
l’expérience personnelle conjuguée du gastro-
entérologue et de l’électrothérapeute ; expérience
faite de l’étude préalable, clinique et radiologique,
aussi complète (pie possible, des malades, des
groupements de ces malades établis selon des
types définis au double point de vue des symp¬
tômes et des signes radiologiques, et de la révi¬
sion des résultats du traitement établi d’après une
méthode unique, uniformément appliquée à tous.
La critique des résultats obtenus ne peut être
faite en envisageant les seuls effets immédiats du
traitement, mais bien avec le critérium d’un temps
écoulé depuis la fin de ce traitement, qui soit
assez long pour (pi on jiuisse, dans les cas heu¬
reux, parler de cure efficace.
Or la diathermothérapie est une œuvre de
longue haleine ; les états douloureux, continus,
chroniques, de l’abdomen, auxipiels elle est
LÀ PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier
appliquée, souvent après bien d’autres essais
tluTapeuti(pies, font des malades qui s’on plai¬
gnent des sujets peu enclins à la patience,
demandant à être rapidement soulagés. A cet
égard, la clientèle hospitalière est plus facile à
diriger, se soumet plus facilement aux exigences
d’un traitement de longue durée ; en revanclu'
elle se trouve socialeimmt dans des conditions
moins favoi’ablcs pour l’aide qu’apportent incon¬
testablement à ce traitement les possibilités plus
larges d’hygièue générales de la vie.
D’autres [)arl, (|uicon(|ue, médecin s|)écialisle
ou chirurgien, s’est ('ssayé à faii'e une l'évision
slalisti(pie des cas traités pendant un certain
nombre d'années, a éprouvé à <]uel point il est
diflie.ile de tircu- de cette empiète un pourcentage
important de malades revus. C’est à cette (cuvre
dillicile ipie nous nous sommes appli([ués. Notre
statistique est numériquement peu importante,
mais elle jiorte sur des cas étudiés selon les prin¬
cipes que nous avons définis au délmt de notre
article; chacun de nous deux, dans sa s[)hèrc, con¬
courant à l'ieuvrc clinique et thérapeutique.
Sur plus de .oO malades, en yjiialre ans étudies
et suivis cliniquement et radiologiipiement
(malades d’hôpital pour la jiliqiarl), nous n’avons
voulu faire état de.s résultats obtenus ipie cliez
21 d’entre eux, et, pour les cas heureux, avec la
sanction d’un laps de temps de un an au moins,
deux ans au plus depuis la lin du traitement. Poul¬
ies antres ou ^biell le traitement n'a pas été fait
liendant une durée suffisante (les malades se con¬
tentant d’une amélioration relative, ou se décou¬
rageant trop vite), ou bien les malades traités
n’ont pu être touchés jiar notre eonvocalion, ou
ne s’y sont jias rendus, plusieurs mois ou années
après la fin du traitement.
Sur ces 21 malades, 4 seulement n’avaient
subi aucune opération au moment où ils avaient
été examinés pour la première fois par l’un de
nous ; les autres avaient été opérés pour « ap|)en-
dieite chronique n avec symptomatologie com¬
plexe intéressant la moitié droite de l’abdomen.
A. — Cas no.\ tixcoiiu opkiiks.
Mil-’ G... Carreau a 18 mois. En 1923, au cours
.(l’une cure dans le Midi iiour « adénopathie tracliéo-
broncldque » avec lièvre, héniorriigie intestinale
grave, suivie lieu après de l’apparition de douleur
fixe dans la partie inférieure de la fosse iliaque
droite, avec constipation opiniiMre et spasme colique
généralisé. De 1923 ii 1926, cet étal fjersisle sans
cliangemenl avec lièvre fréquemment élevée, sans
signes pulmonaires. A l’examen radiologique fait {i
plusieurs reprises : ptose coli((ue accentuée, colon
spasmé en totalité, cæcum déformé et paraissant
lixé en position basse.
/Jidlheriiiic : 40 séances : diminution de la cons¬
tipation, persistance de la douleur cæcale et de la
déformation radiologi((ue du cæcum, des j)Oussées
fébriles. Essai de rayons infra-rouges — échec ;
essai de rayons ultra-violets = amélioration de la
santé générale, pas de inodilications de l’état local.
Operation (1)'' l’auchet). Membrane de Jackson
coudant l’iléon ; caîcuin gros, sans épaississement ni
brides ; appendice malade, résection ; aucun signe
apparent de tuberculose péritonéale.
M'"" Loin... Constipation chronique avec crises
j)aroxystiques de débâcle diarrhéiques. Algies abdo¬
minales sans localisations électives : type entéro-
névrite. Radiologiquement : ptose accentuée du côlon
droit avec dilatation et mobilité anormale ; spasme
colique transvçrse. Diathermie : 25 séances : aucune
modification clinique ni radiologique.
.M'"v Jou... 'l’yphlite (crises douloureuses de la
fosse 'iliaque droite, avec diarrhée muqueuse et
voinissenieutsi. Radiologiquement ; ptose colique
totale, cæcum dilaté mais mobile, pas de signes de
péricolite : pas de signes de lésionjgastrique ou duo-
dénale. Diathermie : 28 séances ; un un et demi
aiirès, n’a pas eu de crises depuis la lin du traitement.
M'cv Eiir... Dysjiepsie gasirique i\ type de gastrite.
Constipation chroni(|ue. Hyperesthésie subjective
dans la fosse iliaque droite, douleur d’égale inten^
sité dans les deux fosses iliaques au palper. Radio¬
logiquement : côlon en M, avec dolichocôlon trans¬
verse non lixé ; côlon douloureux il la pression sur
tout son trajet iivec maximum le long du bord gauebe
du cæcum ; jms de signes d’alfection organique de
l’estomac. Diathermie ; 30 séances : aucune amé¬
lioration. Opération ultérieure : appendicectomie,
pas d'adliérences. Persistance des troubles dyspep¬
tiques.
B. — Cas avkc opiîiiation antishieuhiî a NO-ritE
OllSEHVATION.
17 malades forment le groupe des « déjà opérés
d’appendicite » au moment de notre première
observation. Un d'entre eux (M. Rit., 28 ans)
oll'railune histoire clinique un peu différente de
celle des 16 autres ; opéré dix-neuf ans aupara¬
vant pour appendicite aiguë (non suppurée), ce
malade avait présenté par la suite, d’abord à
longs intervalles, puis à intervalles rapprochés,
des crises aiguës fébriles, « toutes semblables »,
dont les dernières avaient été diagnostiquées et
traitées comme « épiplo'ite aiguë ». A notre pre¬
mier examen clinique : cicatrice opératoire
fro)ncée, adhérente sur toute sa longueur aux
plans profonds et à une zone d’empâtement diffus
situé un peu en dedans du cæcum; douleur exten¬
sive jusque dans l’hyponcondre droit. Radios-
eopiquenicnt : ptose colique droite accentuée,
réductible ainsi que l’accolement en canons de
fusil ; estomac hypotonique à pylore accolé à
l’angle sous-hépatique du côlon ; douleur à la pres¬
sion tout le long et en dedans du côlon ascen¬
dant ; pas de signes de périduodénite ; tra,nsit
colique sans anomalie. — Examen du sang :
h'-gère liyperlcucocylose, avec mononucléose.
— Diatlicrinotliérapic : 30 applications : pendant
l’année qui a suivi la fin du traitement, M. R. n’a
pas eu de crise aiguë, n’a pas souffert.
Les 16 malades restants, constituant une série
pathologique bien homogène, avaient recom¬
mencé, ou continué (pour la plupart d’entre eux),
à présenter le syndrome clinique concrétisé par
l’un de nous sous la dénomination de « syndrome
doiilourcii.v des trois carrefours » ‘, associant les
carrefours iliaque droit, sous-hépatique et solaire.
J'anlôt il s’agissait de malades se plaignant sur¬
tout de troubles gastriques avec douleurs légères
ou inlerniillenles dans l’hypocondre droit et
dans la fosse iliaque droite ; tantôt de malades se
jilaignant d’un endolorissement diffus de la moitié
droite de l’abdomen, avec symptômes gastriques,
vésiculaires ou cæcaux, coexistant ou alternant.
Chez tous, la constipation était le phénomène
prédominant. Chez ces 16 malades, opérés à froid
sur le diagnostic « d’appendicite chronique »,
les faibles dimensions de la cicatrice opératoire
jiisliliaieut l’opinion d’une exploration viscérale
très limitée au cours de l’intervention cliirurgicale,
et autorisaient à penser que les troubles gastriques,
les douleurs coliques hautes dans la région vési¬
culaire avaient été considérés comme simple¬
ment réllexcs.
Sur la base un peu fragile des seules données
cliniques, nous avions posé le diagnostic de syn¬
drome péricolique droit, de « dextrite » selon
l’expression imagée de Pauchet. L’étude des
anamnestiques, de l’évolution des troubles dys¬
peptiques, nous avait permis d’éliminer sans
grande chance d’erreur le diagnostic de cholécys¬
tite, d’ulcus gastrique ou duodénal, soit à titre de
facteurs initiaux de la péricolite, soit à celui de
complication de l’appendicite.
1. Gaston-Duhand. — « Le syndrome douloureux des
trois carrefours », Bulletin médical, 1927, n“ 5,
1929 N“ 6
L'examen (scopique et graphique)
avait confirmé l’absence de signes directs ou
■ indirects de lésions gastrique ou duodénale, sauf
dans un cas où la périduodénite s’affirmait fran¬
chement par ses signes habituels les plus typiques.
Au point de vue colique, le diagnostic de périco¬
lite avait été admis par nous sur la constatation
de signes dont la valeur est certainement toute
relative : tels que les images de côlon ptosé avec
angulation très fermée du coude sous-hépatique,
accolement côlo-colique droit intime en « canons
de fusil », non réductibles spontanément en décu¬
bitus dorsal, non ou difficilement réductibles par
le palper, avec douleur vive au cours de cette
manœuvre ; telles également la stase ilé'ale avec
coudure douloureuse de la fin du grêle, la stase
cæcale; telles encore l’image, en position debout,
d’un estomac en « écharpe » très oblique à droite,
avec antre pylorique en connexion étroite avec
le coude droit du côlon, et, en décubitus, l’image
d’iin estomac visible en totalité en forme d’hal¬
tère, telle que l’a décrite Enriquez à propos des
séquelles de l’appendicectomie'. Tous ces signes,
disons-nous, n’ont qu’une valeur relative, incer¬
taine : fonder sur leur observation un diagnostic
ferme de péricolite, pouvant de son seul fait con¬
duire le malade à une opération itérative, expose
à des mécomptes thérapeutiques.
S.’il est vrai que, chez 3 de nos malades (et
pour d’autres ne rentrant pas dans la présente
statistique), l’existence d’adhérences, de périvis-
cérite droite étendue avait été démontrée au cours
de la première opération, ou confirmée au cours
d’une opération itérative, il ne demeure pas
moins vrai que des images identiques observées à
l'écran ne correspondent pas nécessairement à
l'existence d'adhérences dans les zones viscérales
suspectes de coalescence. Nous avons vérifié le
bien l'ondé de cette notion générale à propos de ,
deux des malades de notre statistique réopérés
ur leur insistance, après échec du traitement
médical : dans un en particulier (M''“ Ba..j. au
lieu des brides ou .voiles péricolitiques que fai¬
saient prévoir les images radiologiques, pour¬
tant « typiques », observées à plusieurs reprises,
on ne trouva à l’opération qu’une bride reliant le
cæcum à la cicatrice de la première opération.
Le diagnostie clinique et radiologique de périvis-
cérite demeure donc toujours un diagnostic de pro¬
babilité plus ou moins grande, et il nous semble
que, sauf dans les cas où les troubles apportés au
transit du gros intestin droit sont très accentués,
ou ceux dans lesquels l’acuité des crises doulou¬
reuses est devenue à la longue vraiment insup¬
portable, dans tous les autres le médecin doit être
très réservé en matière d’indication opératoire
itérative.
Hormis les deux variétés de cas précités
(formes occlusives; formes hyperdouloureuses)
qui ne sont pas heureusement les plus fréquentes,
on se trouve en présence des /‘o/vnes (( communes »,
moyennement douloureuses, mais d’une façion con¬
tinue, avec constipation habituelle sans paro¬
xysmes sub-occlusifs : c’est pour cette troisième
variété de faits cliniques que la thérapeutique
médicale avec électrothérapie comporte ses indi¬
cations les plus nettes. C’est à cette variété cli¬
nique qu’appartenaient le plus grand nombre des
16 malades de notre statistique déjà opérés.
Soumise au traitement diathermique avec une
technique uniforme (espacement des séances tous
les deux jours; intensité du courant 1.800 à
2300 milliampères ; durée de chaque application
vingt à trente minutes ; 20 séances en miàyenne
pour la première cure), la série pathologique
envisagée a fourni 6 cas de succès thérapeutiques,
10 cas d’échecs. |
1“ Dans les d cas heureux, la guérison cli¬
nique, c’est-à-dire la suppression de l’état dou-
1. Académie de Médecine, 1920,
LA PRÈSSÈ MËDÎCALÈ, Samedi, lÔ Janvier 192^
95
N“ 6
loureux chronique, a été obtenue avec un mini¬
mum de 26 séances en série continue et un
maximum de 68 séances en 3 séries (1 cas). La
sédation absolue ou presque totale des phéno¬
mènes douloureux continus, avec ou sans crises
paroxystiques, s’est maintenue stable dans cette
série depuis un an au moins, trois ans au plus,
avec reprise intégrale de l’activité professionnelle,
et gain de poids allant dans un cas à 10 kilogr.
2° Dans les 10 cas d'échec, le nombre minimum
des applications a été de 20, le maximum de
36 en série continue. Pour chacun de ces malades,
la durée accordée à l’épreuve thérapeutique a été
basée sur les déclarations des malades : l’absence
de toute diminution des douleurs habituelles après
20 séances faisait arrêter là le traitement diather-
mique ; dans tous les cas où il y avait une amé¬
lioration, si légère fût-elle, le traitement était
poursuivi. 11 est à signaler que, par contraste avec
l’échec de la diathermothérapie dans la cure de
l’état douloureux, la constipation a été diminuée
notablement pendant le traitement, pour la moitié
des cas traités.
CiiiTiQUE DES hésultats obtenus.
Sur 21 malades traités ; 13 échecs, 8 succès
thérapeutiques. Il est bien difficile de trouver
dans l’analyse des cas d’échec les raisons cer¬
taines des différences d’action de la diathermie
dans les deux séries de résultats, môme en tenant
compte des différences d’état social des malades.
La plus grosse difliculté dans l’œuvre de cette
critique consiste dans l’impossibilité où nous
sommes de faire une comparaison rigoureuse des
divers cas entre eux — nous ne disons pas au point
de vue clinique, car la symptomatologie dans ces
divers cas est assez analogue, mais au point de
vue anatomo-pathologique. Gomment départager
les faits où existent des voiles membraneux
importants de ceux où il n’y a que quelques rares
brides? Commentprévoir s’il s’agit de formations
très anciennes, voire congénitales, secondaire¬
ment enflammées, ou, au contraire, de processus
inflammatoires et adhésifs relativement récents,
quand on sait que l’opinion des chirurgiens est
loin d'ètre univoque sur l’interprétation pathogé¬
nique à faire des membranes et brides constatées
au cours de leurs interventions?
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MÉDECINE
8 Janvier 1929.
Erratum. — Une ligne omise dans l’impression de
notre dernier compte rendu a entièrement déformé
le sens de la communication de M. Tra.ba.ud sur
le Béribéri. Il faut lire : « ... le béribéri est vrai¬
semblablement une polynévrite toxique due au riz
décortiqué, analogue à la polynévrite éthylique, et
favorisée par l’avitaminose B, mais non déterminée
par elle seule ».
15 .lanvier 1929.
— M. Claude lit une notice nécrologique sur
M. Letulle.
Le B. C. G. — M. Lignières a étudié les textes
officiels publiés par le Comité d’Hygièue de la Société
des Nations sur le vaccin B. C. G. Il en tire les con¬
clusions suivantes :
1» Contrairement à ce qui a été déclaré à l’Aca¬
démie, le Comité d’Hygiène/de la Société des Nations
n’a pas approuvé les conclusions de la Commission
des experts touchant l’innocuité et l’efficacité du
vaccin B. C. G. Ces questions n’bnt pas été discutées
, par ce Comité. Cette équivoque doit disparaître;
2“ Pour se faire une opinion sur la valeur réelle
du vaccin B. C. G. dans la lutte contre la tubercu¬
Pas davantage, nous n’avons pu juger objecti¬
vement, radioscopicpiement, des raisons de l’amé¬
lioration accusée par les malades dans nombre de
cas. Il ne nous a pas semblé y avoir des diffé¬
rences notables entre les images radiologiques du
tube digestif avant et après le traitement, chez les
malades « guéris » ou améliorés, entre ces images
et celles observées chez les malades rebelles au
même traitement.
Aussi bien, les brides, les adhérences, les voiles
membraneux ne nous paraissent-ils représenter,
dans les états de « périviscérite », qu’un des fac¬
teurs pathogéniques de la maladie, ou du moins
de son expression clinique, et non le plus impor¬
tant, dans la moyenne des cas.
Le facteur névropathie ne doit pas être négligé
dans l’explication des différences d’action de la
thérapeutique. Dans notre statistique, sur 13 cas
avec échec de la diathermie, 9 malades se présen¬
taient avec des symptômes et stigmates névropathi¬
ques très accusés ; dans 2 de ces cas une seconde
opération n’a modifié en rien les manifestations
de la névrose. Dans la série heureuse, un seul cas
offrait avant le traitement un ensemble compa¬
rable de troubles sympathiques et psychiques,
qui ont persisté pour une large part, malgré la
suppression des phénomènes douloureux du côlon
droit. De telle manière qu’il nous paraît difficile
de ne pas admettre le facteur « névropathie »
comme important à considérer et comme un
élément de pronostic nettement peu favorable
pour le succès des cures à entreprendre, chez les
individus de cette série morbide.
Dans les cas heureux de la diathermothérapie,
il est probable que l’action du courant s’exerce dans
l’intimité des tissus enflammés, non pour provo¬
quer la lyse des adhérences, mais en diminuant
ou en supprimant la congestion et l’œdèrae enser¬
rant les filets nerveux, aussi bien dans les plexus
pariétaux de l’intestin que dans les filets moteurs
ou sensitifs extra-intestinaux; de la même manière
que Jacobson explique les améliorations produites
sur les états douloureux péricolitiques par les
injections d’éther-benzyl-cinnainique, préconisées
par Crosset, Gutinann et Jahiel. Cette action de la
diathermie, qui, dans d’autres secteurs (dysmé¬
norrhée), affirme son efficacité, exerce dans les
états péricolitiques son action bienfaisante non
seulement sur les phénomènes sensitifs, mais aussi
dans nombre de cas sur les troubles fonctionnels
(constipation).
Nous avons repris à propos de nos malades les
recherches hématologiques faites par Gaston
Durand et Nemours en 1921 (Aoc. de Thérap.,
6 Mai) à propos de la diathermothérapie dans les
séquelles épiploïques de l’appendicectomie. Nous
n’avons pas pu définir une formule leucocytaire
pathologique avant le traitement, dont les modi¬
fications vers la normale pussent servir de crité¬
rium de l’efficacité ou de l’échec du traitement.
Conclusions. — Si par « guérison » on entend
la disparition des adhérences, il est difficile d’affir¬
mer que la diathermie, comme du reste tous les
autres procédés thérapeutiques, peut donner ce
résultat idéal. Les améliorations, la « guérison »
sont subjectives, cliniques, et c’est là tout de
même un fait d’importance à retenir, si l’on veut
bien se souvenir que presque tous nos malades
avaient été au préalable opérés, et quand on sait
que la chirurgie ne peut escompter la guérison
clinique et anatomique dans bien des cas traités
par elle.
Le fait que sur 21 malades, 10 ont été très amé¬
liorés ou cliniquement guéris pour un long temps
après la cessation de la diathermie, nous paraît
en conséquence digne d’être retenu.
Les chances d’efficacité de la diathermie sur
l’élément douleur sont évidemment en rapport
avec le plus ou moins d’ancienneté de la maladie; ;
les risques d’échec dépendent, pour une part, du
degré d’accentuation de l’état névropathique,
acquis ou constitutionnel du malade.
Bien entendu, celte métliode thérapeutique ne
peut et ne doit pas être envisagée comme un
mode exclusif de traitement des états douloureux
imputés, quelquefois à tort, à la périviscérite
étendue, mais comme un des moyens de ce trai¬
tement. Le repos dans toute la mesure possible,
un régime alimentaire surveillé, une médication
exoncratrice qui ne soit pas irritante pour l’intes¬
tin déjà malade : tels sont les compléments indis¬
pensables de la cure. La vaccinothérapio (auto¬
vaccins tirés des fèces du malade) peut avoir sa
place dans cet arsenal thérapeutique.
A maladie complexe, thérapeutique éclectique
mais nécessairement complexe.
lose, le Comité d’Hygiène de la Société des Nations
a seulement adopté les recommandations louchant
les recherches futures contenues dans le rapport de
la Confèrence des experts sur l’étude de la vaccination
antituberculeuse par le B. C. G.;
3“ La circulaire ministérielle du 13 Juillet 1927, en
contradiction évidente avec les conclusions précé¬
dentes du Comité d’Hygiène de la Société des Nations,
devrait être revisée ou annulée;
4° Puisque nous savons aujourd’hui que la ques¬
tion de l’innocuité et de l’efficacité du B. C. G. n'est
pas encore résolue, il s’impose, plus que jamais,
de réserver l’emploi de ce vaccin aux seuls nouveau-
nés issus de parents tuberculeux ou vivant dans un
milieu bacillifère. Pour les enfants sains, élevés avec
leurs parents non tubeCculeux, il est raisonnable
d’attendre les résultats des expériences indiquées
par le Comité d’Hygiène, et aussi l’épreuve du temps,
avant de songer à les soumettre à la vcccination par
le B. C. G. Toute vaccination en masse est une
erreur grave.
— M. L. Bernard proteste avec vigueur contre
cette interprétation des textes, qu’il estime tendan¬
cieuse. Il rappelle’ que le Comité d’Hygiène de la
Société des Nations a l’habitude de confier à des
experts particulièrement compétents l’étude des
questions difficiles, justement afin d’éviter des dis¬
cussions confuses en séance plénière.
D’un autre côté, il a constaté, dans son service, que
la mortalité des nourrissons de souche tuberculeuse.
1. Pour la plupart : femmes, et n’ayant pas atteint ou
dépassé l’ége moyen de la vie.
après une baisse considérable, il y a un un, sous
l’influence de la prémunition parle B. C. G., venait,
dans ces derniers mois, de se relever au taux ancien :
il voit là une conséquence des communications de
M. Lignières, qui ont inquiété l’opinion publique et
amené une diminution des vaccinations.
— M. Lignières émet des doutes sur ce point, et
s’étonne que, depuis sa première communication,
aucun de ses contradicteurs n’ait répondu aux argu¬
ments qu’il a apportés contre l’innocuité du B. C, G.
La fièvre boutonneuse de Tunisie et la fièvre
exanthématique de Marseille. — M. Conseil est
convaincu de leur identité, depuis qu’il a eu l’occa¬
sion de voir à Marseille des cas de fièvre exanthé¬
matique.
L’épidémie de fièvre jaune à Rio de Janeiro. —
M. Cl. Fraga donne des détails techniques sur son
développement (117 cas pour 1.700.000 habitants),
les lésions observées et la prophylaxie de la maladie
particulièrement par projection mécanique d’insecti¬
cides avec des appareils desservant plusieurs im¬
meubles à la fois.
Colite chronique grave; traitement ehirurgical.
— M. V. Pauchet. Il s’agit d’une colo-sigmoïdite
d’origine amibienne : forme polypeuse et ulcéreuse ;
hémorragie; suppuration et saignement fréquents;
douleur, cachexie.
a) Extirpation du côlon descendant et du sig¬
moïde, avec anus splénique terminal. De 45 kilogr.,
le malade atteint 80 kilogr. Disparition des ac¬
cidents,
b) Pour rétablir la continuité colique, une anse
96
LA PRESSE ME;DIC!ALE, Samedi, 19 Janvier 1929
N» 6
grêle de 35 cm. est isolée et implantée, un bout
dans le transverse, l’autre dans le rectum. L’anus
splénique est laissé.
c) Un an plus tard, la radio montre que l’anse
idéale interposée a pris l’aspect d’un côlon descen¬
dant, avec ses bosselures et sa dilatation. Fonction¬
nement intestinal normal. Fermeture de l’anus splé¬
nique.
Sur la forme des courants électriques employés
en électricité médicale. — M. Strohl montre qu’en
raison des phénomènes de polarisation des tissus,
ceux-ci ne se comportent pas comme de simples ré¬
sistances électriques variables, et que les courants
électriques utilisés en médecine sont souvent défor¬
més par des forces contre-electromotrices engen¬
drées par le passage de l’électricité, qu’il s’agisse de
courants continus, de décharges do condensateurs ou
d’ondes faradiques.
L’action biologique des rayons X sur- le vague.
— MM. A. Zimmern et Chailley-Bert démontrent
par de nouvelles expériences sur le pneumogastrique
que les rayons X sont susceptibles d’abaisser l’exci¬
tabilité du système vague, ce qui apporte une expli¬
cation physiologique à divers phénomènes observés
en clinique.
A. Bocaciî.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
12 Janvier 1929.
Nouveaux résultats concernant la vaccination de
l’homme contre le tétanos. — MM. G. Ramon et
Ch. Zoeller ont immunisé au moyen de l’anatoxine
tétanique des sujets qui reçurent, en première injec¬
tion, du vaccin associé (1 cuic TA B plus 1 emc ana¬
toxine)-, en seconde injection de l’anatoxine tétanique
pure (1 eme 1/2). Des titrages d’antitoxine furent ef¬
fectués au cours de la première année. Ils révélèrent
la persistance de l’antitoxine dans le sérum sanguin
des sujets vaccinés. Après un an, 1 eme de sérum neu¬
tralisait encore entre 20 et 100 doses mortelles de
toxine tétani(|ue. Une injection de rajtpel d’anatoxine
fut alors prati([uée à un groupe de ces sujets et une
nouvelle série de titrages elîectuée. Uhez les sujets
qui n’avaient l)as revtj d<’ rapi)el, l'antitoxine s’était
maintenue ati point (|ue 1 eme neutrjilisail encore
pins de 10 doses mortelles. Chez les autres, dont la
réactivité acquise avait été stimulée par l’injection
de rappel, 1 eme de sérum ntmtralisait ])lus de 1.000
doses mortelles de toxine.
Ces faits conlirment l’efficacité des « vaccinations
associées » dont le principe et l’application ont été'
étendus par les auteurs à la vaccination antidiph-
Ils soulignent également l’intérêt de lu notion de
■ réactivité acquise.
Renforcement réciproque des facteurs antigèni¬
ques toxiques et microbiens dans la préparation
des sérums antigangreneux. — MM. Weinberg et
J. Baratte ont étudié, pour la iiréparation des sé¬
rums antigangreneux, divers antigènes formolés (toxi¬
nes filtrées, toxines eentrifugées, toxines centrifugées
additionnées de diverses substances spéciluiues ou
non). Ils concluent de leurs recherches que :
1“ Le pouvoir aiititoxique des sérums jiréparés pisr
injections de toxines liltrées s’est toujours montré
inférieur au pouvoir aiititoxique des mêmes sérums
préparés avec des toxines centrifugées ;
2” I,e jiouvoir anti-infectieux des sérums préparés
par injections de niie.robes formolés seuls s’est tou¬
jours montré inférieur au pouvoir anti-infectieux des
sérums préparés avec des antigènes formolés mixtes
(corps microbiens — toxines) ;
3“ Ces dillérences ne tiennent pas à la sensibilité
individuelle des chevaux préparés ;
4“ Dans le renrorcemeiit des pouvoirs anti-infee-
tieux et antitoxiipies, c’est la jiréseiice de la toxine
ou des corps microbiens qui semble agir favorable¬
ment, plus que leur quantité.
Dans la préparation des sérums antigangreneiix il
est donc indiqué d’employer des antigènes mixtes.
L’inoculation testiculaire du virus variolique
chez le singe. — MM. P. Teissier, J. Reilly et Ri-
valier ont tenté, au cours de la récente épidémie de
variole, de réaliser in rfro la culture du virus vario¬
lique it l’état de pureté, eu inoculant dans le testi¬
cule, soit de la lymphe variolique prélevée dans des
éléments jeunes, soit le culot de centrifugation du
sang prélevé à la période pré-éruptive. L’échec a été
constant chez plusieurs animaux de laboratoire.
Par contre, chez différentes espèces simiennes, les
auteurs ont pu reproduire, dans 11 cas sur 12, une
orchite qui se déclara 5 jours après l’inoculation et
qui, dans 3/4 dos cas, fut suivie d’une variole géné¬
ralisée.
Les lésions testiculaires consistent en une infil¬
tration extrêmement marquée des enveloppes et du
tissu interstitiel et en une nécrose des tubes semi-
nifères.
Ce procédé permet donc d’obtenii une souche de
virus variolique pur qui se conserve plusieurs mois
dans la glycérine.
Malgré les passages successifs sur le singe, il a été
impossible jusqu’ici de transmettre l’orchite au lapin,
animal pourtant si sensible à la vaccine.
Essai d’obtention d’une neuro-variole. — MM.
P. Teissier, E. Rivalier et J. ReiUy ont essayé do
déterminer chez l’animal une encéphalite par inocu¬
lation intracérébrale de virus variolique. Après une
série d’échecs dans le cerveau du lapin, du cobaye et
du rat blanc, ils sont parvenus, en partant de lymphe
variolique humaine, à produire une encéphalite mor¬
telle chez 2 singea. Ce virus, passé dans le testicule
du singe, puis réinoculé dans le cerveau, a rapide¬
ment perdu son aflinité neurotrope, si bien qu’injecté
désormais dans le névraxe il ne déterminait plus
qu’une variole généralisée sans le moindre symptôme
nerveux. Les auteurs concluent que l’affinité neuro¬
trope du virus variolique est diflicileà lixer.
Imprégnation du système nerveux par les
matières colorantes sous l’influence de l’anesthésie
générale. — M. R. Le Clerc a essayé de vérifier
l’action favorisante de l’anesthésie générale sur l’im¬
prégnation du système nerveux du lapin in rtro pâl¬
ies matières colorantes. Il a essayé d’abord le bleu
de méthylène en injection intraveineuse. L’encéphale
des lapins anesthésiés est beaucoup plus coloré par
le bleu que celui des lapins témoins. L’éther et surtout
le chloroforue favorisent aussi la lixation du bleu sur
la corticale des surrénales 'et les corps jaunes des
il y aurait une sorte d’action de mordançage pro¬
voquée par l’anesthésique qui llxe électivement le
bleu sur les tissus riches en lipoïdes. On pourrait
envisager une application thérapeutique de cette
lixation élective sur le système nerveux.
Réaction de fixation du complément dans l’encé-
phalo-myélite enzootique expérimentale (maladie
de Borna). — M. N. Stroian a cherché la sensibili-.
satrice dans le sérum de lapins immunisés expéri¬
mentalement contre la maladie de Borna. 11 a utilisé
différents antigène de « Borna >i, aqueux ou alcooli¬
ques, et a décelé la présence d’anticorps dans les
sérums provenant d’animaux immunisés. Toutefois,
cette réaction ne semble pas fournir dans le cas par¬
ticulier des résultats rigoureusement spécifiques,
car les antigènes de Borna mis en présence de sérums
provenant de lapins immunisés contre l’herpès, contre
la neurovaccine, ou mis en contact avec du sérum de
singe immunisé contre la poliomyélite, peitvent
donner des résultats positifs, moins nets cependant
qu’avec les sérums d’animaux immunisés contre la
maladie de Borna, Des sérums de lapins immunisés
contre la maladie de Borna peuvent donner des
réactions positives avec des antigènes aqueux ou
alcooliques préparés avec de la substance cérébrale
provenant d’animaux morts d’encéphalite herpétique,
vaccinale ou rabique (virus fixe), ainsi qu avec des
antigènes préparés avec du cerveau normal de lapin
ou de cobaye. Tout ces antigènes donnent des réac¬
tions négatives avec des sérums de lapins normaux.
Anticorps tissulaires mis en évidence par la
réaction de fixation du complément dans les
extraits d’organes provenant des lapins Immunisés
contre la maladie de Borna. — MM. S. Nicolau et
N. Stroian mettent en évidence, par la réaction de
fixation du complément, des anticorps dans les
extraits aqueux d’organes provenant de lapins immu¬
nisés contre le virus de la maladie de Borna admi¬
nistré par voie sous-durc-mérienne. La sensibilisa¬
trice contenue dans ces extraits paraît être de nature
tissulaire. Les auteurs signalent que les saignées
répétées appauvrissent complètement le sérum en
anticorps, tandis que les organes en conservent le
même taux.
Ils pensent que les substances qui modifient le
signe de la réaction de fixation du complément et
qui se trouvent dans le sérum d’animaux immunisés
contre la maladie de Borna prennent naissance, non
pas dans le torrent sanguin, ni dans les organes
hématopoïétiques, mais dans d’autres tissus qui ont
été aux prises avec le virus.
A. Escalikr.
SOCIÉTÉ DE LARYNGOLOGIE •
D’OTOLOGIE ET DE RHINOLOGIE DE PARIS
22 Novembre 1928.
Nodule tuberculeux isolé de la joue. — MM. F.
Bonnet-Roy et Grippon de la Motte. Il s’agit d’une
petite tumeur développée dans l’épaisseur de la joue,
avec intégrité des plans cutanés et muqueux, se pré¬
sentant comme un kyste du volume d’une noisette.
Après ablation, cette tumeur, à l’examen histolo¬
gique, a été reconnue de nature tuberculeuse.
Tuberculome atypique du cavum. — MM. F.
Bonnet-Roy et Grippon de la Motte ont constaté,
chez une femme âgée présentant des signes atténués
de tuberculose pulmonaire, une tumeur du cavum
ayant les caractères objectifs d’un polype choanal.
A l’examen, il s’agissait d’une tumeur nettement
tuberculeuse.
Lymphosarcome d’une fosse nasale traité avec
succès par la diathermo-coagulation. — M. Girard.
Sous anesthésie locale, coagulation complète de la
tumeur par un courant allant jusqu’à 900 et 1.000 mil¬
liampères. 15'jours après, la fosse nasale est libre.
10 mois se sont écoulés et la guérison se maintient
intégralement.
Recherche d’une tuberculose larvée locale chez
deux cents enfants opérés de végétations adéno'i'des
et d’hypertrophie des amygdales. — Les recherches
de MM. Hubert et Arnould n’ont donné que des
résultats négatifs.
Trois observations de néoplasmes traités par le
radium et guéris depuis 3 ans 1/2. — M. Negrié.
Présentation d’un abaisse-langue écarteur du
piller. — M. G.- A. Weill.
• ’ G. TiiKVENAiin.
SOCIÉTÉ DE LARYNGOLOGIE DES HOPITAUX
19 Décembre 1928.
Traitement du lupus de la pituitaire par l’étin-
celage. — La malade de M. Caboche n’avait obtenu
que des résultats très médiocres par les traitements
classiques ; curettages, galvano-cautérisations, topi¬
ques et caustiques divers. L’étincelle froide, par
contre, a abouti à un résultat remarquable.
Rhinosclérome très amélioré par l’étincelle
froide de haute fréquence. — M. Bourgeois ap¬
porte l’observation d’un malade originaire de Po¬
logne, atteint de rhinosclérome depuis plus de 15 ans.
A son entrée dans le service, les deux narines
sont obstruées dès leur orifice par une membrane
cicatricielle, le voile du palais est entièrement soudé
à la paroi pharyngée, sans trace de luette, en sorte
que les fosses nasales et le cavum n’ont aucune
communication avec l’extérieur; un gros trousseau
fibreux unit de chaque côté le pilier antérieur du
voile à la base de la langue, le pharynx inférieur
très rétréci n’admet plus qu’une sonde n“ 23; le
larynx ne peut être aperçu d’aucune manière directe'
ou indirecte. Le malade se nourrit de liquides et de
bouillies claires, il respire difficilement.
Le traitement d’attaque a été constitué par la
diathermo-coagulation. Les résultats ont été mé¬
diocres. L’auteur s’est alors adressé à l’étincelle froide
qui lui a donné de si beaux résultats dans la tuber¬
culose des premières voies respiratoires. Les séances
sont peu douloureuses, la destruction des tissus
est suivie d’une cicatrice moins rétractile et la dila¬
tation des cavités atrésiées s’opère à vue d’ajU.
Actuellement, le malade mange et respire normale¬
ment, son larynx s’aperçoit au laryngoscope, il se
mouche par sa narine' droite.
Bruit de souffle auriculaire d’origine cardio-
vasculaire. — MM. G, Worms et Fribourg-Blanc.
Le malade présenté souffre d’un bruit de souffle
auriculaire systolique, en jet de vapeur. Il présente.
N“ 6
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
97
eu mémo temps, d’après la radiographie, un aspect
télangiectasique de certains vaisseaux cranio- mé¬
ningés (artères temporales et méningées moyennes).
Ce souffle disparait après compression de la caro-
,tide primitive du même côté, ou sous l’influence de
certains mouvements de la tète tels qu’inclinaison en
avant ou du côté du souffle. On note, en outre, chez
ce malade, de l’éréthisme cardio-vasculaire et de
l’hypertension. Cette observation prouve l’origine
vasomotrice de certains bruits de souffle auriculaire.
Paralysie oculo-motrice consécutive à un gros
kyste paradentaire opéré. — MM. G. Worms et
Lacaze. Le malade, après avoir subi l’éradication
d’un énorme kyste paradentaire du maxllairc supé¬
rieur, présenta iine liinilatiou de l’excursion du
globe vers le bas avec diplopie verticale (parésie du
muscle-droit inférieur). Ce trouble céda à la trépa¬
nation du plancher orbitaire par voie transmaxillaire.
Il paraissait dù i\ une poussée d’œdème orbitaire
localisé au contact du foyer opératoire primitif.
— M. Lemaître conseille d’éviter, ad cours de
l’éradication des kystes paradentaires, l’ouverture de
la fossé nasale.
— M. Ramadier croit, au contraire, que cette ouver¬
ture de drainage doit être faite systématiquement.
11 cite, à l’appui, le cas d’un kyste non suppuré qui
fut opéré sans cette précaution et qui fut suivi d’une
suppuration du sinus maxillaire, laquelle nécessita
une nouvelle opération.
Cancer du sinus maxillaire. — MM. Halphen et
Cottenot présentent un malade opéré depuis 2 ans
et 6 mois pour un épithéliorna malpighien du sinus
maxillaire ; résection atypique de la mâchoire supé¬
rieure et radiumthérapie par tubes de radium inclus
dans la cavité opératoire pendant 6 jours. Aucune
récidive ; mais la muqueuse de la cavité sinuso-
nasale présente le grave inconvénient de se recouvrir
de croûtes malodorantes comparables aux croûtes de
l’ozènc et que l’on ne peut enlever qu’avec une pince,
sous le contrôle du miroir de CÎar. Sans rejeter
absolument l’action du radium, les autetirs pensent
qu’il peut s’agir ici d’un trouble trophique, mais ne
voient aucune thérapeutique permettant d’en soula¬
ger le malade.
— M. Hantant pense que l’on peut se mettre rela¬
tivement i\ l’abri des troubles trophiques de ce
genre, par un dosage judicieux et une répartition
attentive des tubes de radium.
Ionisation des otorrhées. — MM. Halphen, Cot¬
tenot et Gaussé rapportent l’observation d’une fil¬
lette de 8 ans atteinte d’olorrhée rebelle dont les '
radiograjjbies ont montré l’opacité complète de la
mastoïde du côté malade, avec condensation et épais¬
sissement des cloisons alvéolaires comparativement
à celles du côté sain. Et cependant cette otorrbée qui
remontait à 2 ans a cessé après quelques séances
d’ionisation au sulfate de zinc, ce qui permet d’affir¬
mer qu’il n’existait aucune participation mastoïdienne
ù la suppuration lubo-tympanique.
— M. G. Worms déclare que ses recherebes
radiographiques lui ont montré qu’il n’existe pas
d’otite moyenne aiguë, qui ne s’accompagne peu ou
prou d’une réaction de la muqueuse des cellules mas¬
toïdiennes (légers flous, voiles discrets). 11 y a
presque toujours otomas'toïdite d’emblée, au sens
anatomique du ternie.
Au cours des otites traînantes el, à plus forte
raison, des otites chroniques, la radio montre une
tendance progressive û l’éburnation de la corticale et
des travées cellulaires, et cette éburnation masque
souvent les foyers profonds.
— M. H. Bourgeois pense aussi, d’après les don¬
nées radiographiques, que la mastoïde est très sou¬
vent atteinte au cours des otites aiguës et que là est
la véritable cause du passage d’une otite à l’état
chronique.
— M. Baldenweck n’a observé, à la suite de ses
tentatives d’ionisation dans les otorrhées, que des
résultats passagers,
— M. Lemaître n’accorde à la radiographie dans
les otites chroniques qu’une valeur médiocre.
— M. Le Mée demande que cette question soit étu¬
diée par la confrontation de nombreux documents.
Epithélioma adamantin. — M Levêque.
Transformation possible des nodules vocaux en
polypes des cordes vocales. — M. Caboche.
J. Ramadieu.
SOCIÉTÉ DE PATHOLOGIE EXOTIQUE
12 Décembre 1928.
L’évolution du paludisme chez les enfants Indi¬
gènes dans une région progressivement assainie
par les mesures antipaludiques. — MM. H. Foley,
A. Catanei et A. Giraud ont déjà montré que, dans
les oasis du feahara septentrional, l’état de prémuni¬
tion qui s’établit chez les enfants se traduit, malgré
les réinfections constantes, par la disparition de la
plupart des signes cliniques du paludisme; la recher¬
che des hématozoaires reste alors le meillcui' et sou¬
vent le seul élément de diagnostic. En poursuivant
l’observation d’enfants indigènes dans un milieu pro¬
gressivement assaini par l’exécution de mesures anti¬
paludiques, ils ont constaté que les enfants non qui-
ninisés bénéficiaient, au même degré que les enfants
soumis à la quinisalion, des mesures générales de
prophylaxie, les symptômes du paludisme disparais¬
sant chez les' uns et les autres dans des conditions
analogues. _
C’est ainsi que la courbe thermique, toujours irré¬
gulière chez ces paludéens chroniques, même en l’ab¬
sence d’accès fébriles nets, tend à se régulariser puis
, devient normale. Les hématozoaires disparaissent,
eux aussi, du sang périphérique et, dans les infec¬
tions doubles, PI. præco.T. avant PL ywax\ il semble
qu’il se produise une schizogonie de plus en plus
discrète, se traduisant par l’émission intermittente
de gamètes et de schizontes, ces derniers apparte¬
nant aux seuls premiers stades schizogoniqiics ; la
disparition des gamètes précède toujours de plu¬
sieurs mois celle des schizontes.
Quelques caractères des leishmanloses tégumen-
taires brésiliennes. — M. O. d’Utra a Silva attire
l’attention sur le fait que, dans la leishmaniose amé¬
ricaine, on décèle souvent la présence de parasites
très loin de la lésion cutanéo-muqueuse principale.
Il est donc illusoire de compter sur la guérison par
un traitement local: le traitement général par injec¬
tions intraveineuses d’émétiiiue est toujours indis¬
pensable.
Résultats du traitement expérimental de divers
états d’amibiase intestinale par le « Yatren purissi-
mum ». — Dans les dvscntcries amibiennes aiguës,
subaiguës ou chroniques, MM. Froilano de Mello et
J.-C. da Cruz montrent que le Yatren est un agent
thérapeutique de premier ordre. Le médicament est
d’ordinaire ainsi administré : en même temps, pen¬
dant 8 jours par us, 6 pilules kératinisées par jour et
lavement quotidien dë 0,5 gr. dans 100 cinc d’eau.
Trois traitements ainsi compris, séparés l’un de l’au¬
tre par une semaine de repos, sont d’ordinaire suf¬
fisants.
A propos d’un aspect rare mais normal du foie.
— La déformation « en brioche » constatée par la
radiographie est considérée comme caractéristique
d’un abcès du foie ou d’une tumeur intrahépatique.
M. Fontoynont montre qu’elle peut exister sur des
foies normaux.
Helminthiases intestinales chez le Malgache. —
D une enquête coprologique faite dans les différentes
formations militaires de Marseille par M. J. Raynal,
il ressort que les Malgaches sont parasités dans la
proportion de 77,4 pour 100 (620 examinés). Les
aiikylostomés sont surtout fréquents chez les origi¬
naires des provinces de Tainatave, Maroantsetra et
Analalava; Ankijlostomum daodenalo prédominerait
dans les régions basses côtières et A'ecaior ameri-
canits sur les Hauts Plateaux.
Le parasitisme intestinal est habituellement bien
supporté par les tirailleurs malgaches.
Un cas de peste pulmonaire primitive survenue
à Tamatave. — M. P. Roquez montre la succession
par lui constatée 'de peste murine, peste huniaine à
forme bubonique, puis à forme pulmonaire secon¬
daire, enfin à forme pucumonique d’emblée. La peste
pulmonaire primitive, qui existe' sur les Hauts Pla¬
teaux de Madagascar, était considérée comme inexis¬
tante dans les régions côtières. A remarquer qu’elle
a coïncidé avec une période exceptionnellement froide
à Tamatave.
De la valeur technique de la méthode de Rubino
dans la recherche de la sédimentation globulaire
chez les lépreux.^ — M. M. Peltier a appliqué, chez
18 lépreux, la méthode de Rubino, basée sur la 'sédi¬
mentation par le sérum des malades de globules de
mouton formolés, ainsi que la méthode de Marchoux
et Caro, modification de la précédente. La réaction de
Rubino s’est montrée positive dans 22,2 pour 100 des
cas; celle de Marchoux-Caro dans 33,3 pour 100.
D’autre part, la méthode a donné des résultats
positifs chez quelques sujet, ayant eu des aflèc-
tioiis coloniales, mais sûrement non lépreux. .
Influence du traitement par les éthers éthyliques
de chaulmoogra sur la desquamation des éléments
éruptifs de la lèpre. — Deux observations détaillées
sont apportées par M. H. Marneffe qui établissent
que le traitement de la lèpre par les éthers éthyli¬
ques chaiilmoogriques est susceptible de provoquer
ou d’accroître la desquamation des élémeuts éruptifs,
macules et tubercules, constatée parfois de façon
spontanée chez les malades.
Cette desquamation est un signe révélateur de l’ac¬
tion efficace du médicament; c’est souvent le prélude
de la régression des lésions.
Cutiréactions tuberculiniques chez les enfants
de 2 à 5 ans de Tananarive. — Des recherches, faites
au dispensaire de la Croix-Rouge de la capitale de
Madagascar par M"» G. Vielle, il résulte que 26 des
125 enfants soumis à la cutiréaefion tuberculinique
L’urétrite à Pasteurella. — M. Petzetakis dit
avoir observé à Alexandrie des urétrites, avec orchi-
épididymite et cystite, dues à iiue Pasteurella
[L’, observation rapportée, très résumée, ne nous
paraît pas entraîner la conviction ; un seul examen
négatif du pus urétral fait rejeter la gonococcie;
c’est dans le culot des urines qu’est trouvé le germe
du groupe des Pasteurella].
Double cas d’asphyxie mortelle causée par du
manioc insuffisamment sec. — Décès de deux per¬
sonnes en bonne santé, qui avaient dormi toute une
nuit dans une petite pièce où était entassée une tonne
environ de manioc vert, fraîchement épluché. Les
cadavres présentaient les symptômes d'asphyxie. Tels
sont les faits rapportés par M. G. Marquand.
Quelques expériences furent alors exécutées à
l’Institut Pasteur de Tananarive ])ar M. Robic, qui
semblent prouver que le manioc, dans les conditions
où il se trouvait, dégage des produits volatils, toxi¬
ques, capables de déterminer la mort des souris par
asphyxie. 11 s’agirait de gaz carbonique et de vapeurs
d’acide cyanbydrique.
Parasitisme et Thysanoures. — M. F. Ccrutelen.
Observation d’une femme de 62 ans habitant la cam¬
pagne près de Beaune-la-Rolandc, dont le cuir che¬
velu était infesté de collemboles se rapportant à
Lepidocyrlus curvicollis. C’est le second cas de
pseudoparasitisme humain par ces insectes. Il y avait
sur le cuir chevelu de très vives démangeaisons sans
autre altération que des lésions de grattage secon-
Lcs Thysanoures, qui sont des animaux saprozoïtes
se nourrissant de matières organiques en décomposi¬
tion, peuvent donc rencontrer chez l’homme un milieu
favorable à leur développement.
Makcel Lecer.
SOCIETE DE NEUROLOGIE
13 Décembre 1928.
{Séance consacrée à l’exposé des travaux
du fonds Charcot).
Les atrophies cérébelleuses. — MM. Pierre Ma¬
thieu et Ivan Bertrand rappellent d’abord quelles
sont les principales variétés d’atrophies cérébel¬
leuses et insistent sur quelques cas d’hérédo-ataxie
cérébelleuse qu’ils ont en l’occasion d’étudier chez
des malades de la 3“ génération d’une famille dont
d’autres neurologistes. Mais' leur iiniiortant travail
est surtout consacré à l’étude de deux formes par¬
ticulières d’atrophie cérébelleuse, s’accompagnant,
l’une d’bypertonie, l'autre de troubles mentaux.
Leur attention fut attirée sur la première de ces
formes par l’observation d’un malade qui présenta,
vers l'àge de 40 ans, des troubles de l’équilibre et de
la dysmélrie qui ne s’accentuèrent que très lente¬
ment; au bout de 5 ans, les troubles de l’équilibre
étaient devenus intenses, mais le malade avait un
aspect figé, une démarche soudée ; un an après, le
98
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
maladie fut ohliffé de rester couché, aussi bien en
raison de son désécpiilibre que de son hypertonie ; il
donnait l’impression d’un véritable parkinsonien,
avec un petit tremblement i)arkinsonien et de la ca¬
talepsie cérébelleuse.
Les auteurs eurent ensuite l’occasion d examinei'
un autre malade qui, au même Age, présenta des trou¬
bles de lu statique ayant tous les caractères des
troubles cérébelleux; après un premier stade d’hy¬
potonie, il passa successivement pur un stade d’hy¬
pertonie d’elfort de type plastique, avec exagération
de la réflectivité posturale, s’opposant à l’hypotonie
de fond avec passivité qui existait en dehors de tout
effort mental ou physi<iue, puis pur un stade d’hy¬
pertonie permanente et généralisée.
Dans ces deux cas, l’examen anatomique montra les
lésions de l’atrophie olivo-ponto-cérébelleuse.
Ces observations ne restent pas uniques ni dans
l’atropbie olivo-ponto-cérébelleuse (MM. Guillain,
Thévenard et Jonnesco viennent d’en publier unei
ni dans les autres atrophies cérébelleuses. Dans d’an¬
ciennes observations d’hérédo-ataxie cérébelleuse, de
Cassirer, de I)ej<‘rine et André '1 bornas, dans le mé¬
moire original de Klippel et Durante, on trouve
mentionnés un C(‘rtaiu degré de raideur, un aspect
figé de la face, qu’on peut, semble-t-il, considérer
comme le premi(U' stade d'un état d’hypertonie. En
dehors des atrophies, MM. (11. Vincent, Thévenard et
Darquier ont observé de la rigidité parkinsonienne
dans un cas de tumeur cérébelleuse.
A i[uoi cette hypertonie correspond-elle au point
<le vue anatomi(lue':’ Dana tous les cas que les au¬
teurs ont examinés, ils n’ont trouvé que les lésions
classiques des diverses variétés d atrophie du cer¬
velet mais aucune lésion du mésocépbale et des
noyaux gris centraux ; ils ne croient pas qu on puisst*
incriminer des lésions des noyaux gris centraux trop
fines pour être décelées par nos techniques actuelles;
il y a en ellet des lésions visibles d’autres organes
dont il leur paraît diflicile de ne pas tenir compte.
L’hyperlonie est-elle due à une disposition parti¬
culière dos lésions cérébelleuses ? On sait qu’on peut
obtenir expérimentalement de l’hy|)Otonie ou de l’hy-
p»u'tonii^ par la di'structiou ou 1 irritation de cei*-
taines régions du cervelet (toit, cortex du verniis) ;
or, les lésions de ces atrophies ne portent pas sur
les régions où elles le devraient théoriciuement, si
Les lésions cérébelleuses, sans créer directe
l'iiypertonie, pourraient la favoriser soit eu ti'ou
la synergie fonctionnelle ((ui existe entre le sys
cérébelleux et les noyaux gris centraux, soit en
gissant sur res derniers.
Ou peut aussi se demander si l’hypertoni
relève pas de l’atteinte d’un celai entre ces deux
tèmes. Ou a montré (jue les olives jouaient un
dans la production de certaines hypertonies,
ces recherclies ont besoin d’étrè confirmées. Paî¬
tre, les auteurs ont eu l’occasion de mettre [en évi¬
dence le rôle îles olives dans l’hypertonie chez uii de
leurs malades qui présentait les lésions suivantes :
destruction d’origine vasculaire de la moitié inférieure
de l’olive gauche , atrophie secondaire de l’olive
droite, hémiatrophie cérébelleuse droite, atteinte des
noyaux des dernières paires crâniennes sans lésion
du pédoncule ou des noyaux gris ; cliniquement,
après une phase bulbaire, il existait une hyjiertonie
plastique considérable avec un petit tremblement
parkinsonien. Les auteurs ont retrouvé, à l’examen
des centres nerveux d’une malade atteinte d’hérédo-
utaxie, avec petits phénomènes hypertoniques, cette
lésion du système olivaire ; ils savent bien qu’il y a
des atrophies olivuires sans rigidité, c’est cependant
à cette lésion qu’ils croient devoir rup|)orter les
phénomènes de rigidité parkinsonienne de leurs
malades.
Les auteurs étudient ensuite une ailtre variété peu
connue d’atrophie cérébelleuse s’accompagnant de
troubles mentaux, et à évolution rapide en 1 A 11 uns.
Dans une observation due à M.M. 1. Bertrand et Ludo
Van Bogaert, une malade, après s’être surmenée, pré¬
senta une crise de dépression; elle fut internée et on
constata de l’affaiblissement intellectuel avec indiffé¬
rence affective; les troubles cérébelleux firent leur
apparition en même temps que les ti-oubles psychi¬
ques augmentaient, la malade étant en pleine confu¬
sion mentale. A Tautopsie, on trouva une atrophie
olivo-pontine avec participation des cortex cérébral
(notumment dans les régions pariétale et tem|)orale)
et cérébelleux, et atteinte des voies cérébro-ponlincs.
Les auteurs ont pu retrouver quelques observa¬
tions analogues dans la littérature.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
10 Janvier 1929.
Crises douloureuses au début de la tuberculose
rénale,! leur diagnostic avec la colique néphrétique
des calculeux. - M.] L. Thévenot, sur 100 cas de
tuberculose rénale, a observé 16 malades (3 femmes
et 7 liommes) ayant présenté un pareil syndrome. Il
s’agissait presque toujours de tuberculoses rénales
au débxit, la plupart considérées comme des lithiases
à calcul non visible et soumises à des régimes plus
ou moins débilitants. L’auteur élimine de cette com¬
munication les cas de coexistence de calculs et de
tuberculose, tel cefui d’une de ses malades, néphrec-
tomisée du rein droit et paraissant guérie, qui mourut
plus tard d’anurie calculeuse.
Dans les 16 cas, le syndrome colique néphrétique
ue s’accompagnait pas de calcul, 2 fois il y avait
tuberculose rénale bilatérale, avec crises doulou¬
reuses du côté du rein le plus atteint, 14 fois la
tuberculose était unilatérale; 12 fois la crise dou¬
loureuse siégeait du côté du rein malade, 2 fois, du
côté du rein sain.
(le syndrome n’est pas conditionné par l’âge du
sujet ou par la forme anatomo-pathologique de la
tuberculose. Exceptionnellement, il pourrait être pro¬
voqué par la migration d’un petit caillot ou d’un
grumeau purulent; rarement aiissi, il a pour cause
nue crise de rétention pyélique favorisée par un
rétrécissement de l’uretère, ou une périnéphrile
doulouivuse. Presque toujours il s’agit d’un spasme
urétéral et surtout d’une poussée congestive sur le
rein ; la localisation de la douleur sur le côté sain en
est la meilleure preuve. On sait que le rein peut être
congestionné au point de déterminer une hématurie
mortelle; l’auteur en a publié 2 cas avec M. Hochet.
La connaissance de ce syndrome est d’une grande
importance. Toutes les fois qu’on le rencontre en
l’absence d’émission de graviers ou de leur constata¬
tion radiograjibique, ou devra faire un examen bac¬
tériologique des urines et redouter la tuberculose.
Oe diagnostic précoce permettra non seulement de
traiter comme il convient le patient, mais évitera
d’aggraver son cas en le soumettant A un régime
débilitant sous prétexe de lithiase rénale.
Restauration fonctionnelle du pouce. — M. P.
Bonnet présente une malade qui, A la suite d’un acci¬
dent, avait une section du pouce A la base de la
2“ phalange et une perte de substance du li"- espace
interosseux, le 2" métacai-pien était fracturé et l’index
ne tenait plus que par les parties molles. 11 lit une
conservation iirimitive systématique, puis 3 semaines
après, une cbéirojilastie en utilisant les téguments de
l’index ronservé dans ce but. Enfin une phalangisa-
tion du l""' métacarpien, faite en vue de rendre le
pouce ojijiosable, lui permit d’obtenir un résultat
qui n’est jias encoi-e complet, mais qui rend cepen¬
dant A la malade une main utile. H. Roland.
SDCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HDPITAUX DE LYON
8 Janvier 1929
A propos du traitement de quelques complica¬
tions de la fièvre typhoïde. — M. A. Pic déclare
que s’il est une notion bieu démontrée, c’est que la
fièvre typhoïde est une septicémie; l’hémoculture en
donne journellement la preuve. Or, il lui semble que
l’importance de cette notion bien établie en ce qui
concerne la pathologie générale n’a pas eu jusqu’ici
de répercussions suflisantes dans la thérapeutique.
Prenant, pour exemple, une complication fréquente
et toujours grave, l’hémorragie intestinale, il fait
remarquer que. pour la combattre, les armes sont
multiples. Parmi les moyens dont on dispose, il
signale la haute valeur de l’entéroclysc chaude, pré¬
conisée par R. Tripier. Le premier nycthémère passé,
alors qu’il est' trop tôt pour reprendre les bains, il
importe de ne pas perdre de vue que l’hémorragie
intestinale est une manifestation de la septicémie; il
faut donc, dès après 24 heures, reprendre la lutte
contre l’infection par un succédané de la balnéothé-
rapie, le drap mouillé.
En présence d’une hémorragie intestinale, il faut
toujours, en même temps que les autres moyens
hémostatiques, employer l’entéroclyse chaude immé¬
diatement et, après 24 heures de repos absolu, appli¬
quer en même temps un drap mouillé toutes les
3 heures chaque fois qu’il y aura 39“ et plus jusqu’A
ce que l’on puisse reprendre les bains.
Mais, que l’infectiôn se manifeste électivement sur
l’intestin en provoquant une hémorragie ou qu’elle
provoque une détermination sur l’un quelconque des
organes ou des tissus de l’économie, détermination
inflammatoire ou même suppurative, que l’infection
éberthicnne se manifeste exclusivement par des
symptômes généraux graves A l’exclusion des signes
de localisation, réalisant ainsi la plus haute expres¬
sion clinique de la septicémie, dans tous ces cas,
ou lorsque les bains sont contre-indiqués, il reste
encore A mettre en œuvre une médication héroïque
dans toutes les septicémies quel que soit leur agent
pathogène. Fochier l’avait déjA proposée en 1892 en
parlant de l’influence favorable de l’injection de téré¬
benthine qu’il proposait de pratiquer dans certaines
complications de la fièvre typhoïde.
M. A. Pic a personnellement recueilli 8 observa¬
tions récentes de cas qui n’avaient été soumis A
cette thérapeutique qu’A une période avancée et alors
que l’état était très grave. Dans tous ces cas, l’abcès
de fixation a été la cause du déclenchement d’une
amélioration rapide suivie A brève échéance de la
guérison. Aussi, il soutient que dans les septicé¬
mies éberthiennes graves résistant aux médications
usuelles, l’abcès de fixation peut souvent, mais non
toujours, jouer le rôle héroïque que la plupart des
cliniciens lui reconnaissent aujourd’hui dans d’autres
septicémies, telle que, par exemple, la septicémie
puerpérale et la septicémie pneumococcique,
A propos des accidents hémorragiques dans la
thérapeutique novarsénobenzollque ; leur poly¬
morphisme clinique et hématologique. — MM. J.
Gatè et J Rousset présentent une malade qui, au
cours d’un traitement antisyphilitique, a offert un
syndrome dans lequel les signes de l’hémophilie s’in¬
triquaient avec ceux de l’hémogénie, réalisant une
scène clinique très grave, dominée d’ailleurs par les
hémorragies abondantes et multiples. La malade,
entrée A l’hôpital dans un état alarmant, avait pré¬
senté des signes fréquents, au cours des traitements
antérieurs, d’intolérance dont malheureusement son
médecin n’avait pas tenu compte.
Sur l’évolution anatomique des lésions tubercu¬
leuses dans les poumons soumis à l’action pro¬
longée du pneumothorax artificiel. — MM. Roubier
et Doubrou insistent sur les caractères suivants de
1“ Les parties saines du poumon ne sembleni (uis
influencées par le pneumothorax;
2" Au niveau des lésions, on constate une sclérose
périvasculaire systématisée et non pas une sclérose
pleurogène. En plus, on trouve une périvascularite
intense. A la suite des troubles de la vascularisation
ainsi créés, on assiste A ùne involulion du tissu con¬
jonctif dans les territoires primitivement irrigués par
les vaisseaux en question. Cette involulion intéresse
A la fois les éléments cellulaires et la substance fon¬
damentale conjonctive. Les premiers accusent une
évolution fibroblastique, la seconde est caractérisée
par son homogénéisation (disparition de l’état fibril-
soii sein des inclusions ' épithéliales en puissance.
Ces inclusions peuvent se présenter tantôt comme
des néoformalions alvéolaires tapissées d’un épithé¬
lium cubique, tantôt comme des cordons pleins simu¬
lant une tumeur squirreuse A petites cellules.
Les auteurs, après avoir rappelé les travaux de
Rist et son école, posent la question du « devenir ><
du poumon collabé et se demandent si le processus
de condensation et de raréfaction du parenchyme
pulmonaire dans ces conditions ne serait pas réver¬
sible, et si les inclusions épithéliales qu’ils ont
notées ne seraient pas capables de réaliser, le cas
échéant, des poussées d’organogenèse pulmonaire
analogues A celle qu’on observe au cours du dévelop¬
pement embryonnaire de cet organe.
N» 6
19 Janvier 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N* 65.
Leucémie aiguë
Par Louis Ramoxd
Méclec-in de l’hôpital Lucnnec.
La malade ([ue nous allons examiner ensemble
au lit ii“ 8 de la salle Rostan est une concierge de
53 ans, entrée hier après-midi à l'hùpital, sur
mes conseils, alin de l'aire confirmer jiar des
examens de laboratoire le diagnostic de leucémie
aiguë que j’ai porté chez clic.
A
Veuillez écouter d’abord rnisToiiuî dis sa ma¬
ladie, et dans quelles circonstances j’ai été amené
à l’examiner.
M‘‘“ C... est âgée de 53 ans. Elle est céliba¬
taire et gagne sa vie en faisant des ménages et en
assurant la garde d’une loge de concierge où elle
vit avec sa sœur. Elle n’a jamais eu d’autres ma¬
ladies que la rougeole et la varicelle dans son
enfance.
Il y a six semaines, elle a éprouvé de très vio¬
lentes douleurs à la nuque, accompagnées quel¬
ques jours plus tard de raideur de toute la région
cervicale. Un médecin a attribué ces manifesta¬
tions à du ritunialisine et a prescrit du salicylate
de soude. Pendant cinq semaines, 4 gr. de ce mé¬
dicament ont été absorbés quotidiennement sans
apporter aucune amélioration dans l’état de cette
femme. Au contraire, de nouveaux accidents se
sont produits ; des vomissements, de la fatigue
chaque fois plus grandissante, de la fièvre, et,
finalement, une asthénie telle qu’elle a obligé la
malade à s’aliter.
C’est alors que M"'’ G... a pris peur et qu’elle a
accepté la proposition d’une de ses locataires de
faire appeler le propre médecin de celle-ci.
Au mépris des règles les plus élémentaires de
la déontologie, ce confrère est venu seul, en dehors
du médecin traitant habituel. Par suite de l’atté¬
nuation considérable des douleurs rhumatoïdes
cervicales, il a été frappé surtout par la fatigue
générale, l’asthénie et l’anémie de cette con¬
cierge, et, influencé, en outre, par l’existence
d’une légère stomatite localisée aux gencives de
la mâchoire inférieure, il a porté le diagnostic.
d’urémie avec azotémie. En conséquence, il a fait
prélever du sang pour y faire doser l’urée, et,
provisoirement, il a soumis cette femme à la diète
hydrique (tisanes diurétiques sucrées et eau lac-
tosée), tout en lui faisant ingérer 1 gr. 50 de
théobromine par vingt-quatre heures.
Il est revenu le lendemain... Le tableau cli¬
nique avait bien changé ! Ce qui dominait alors la
scène, c’étaient des accidents bucco-pharyngés :
une dysphagie presque absolue consécutive aux
violentes douleurs provoquées par la déglutition,
une salivation abondante et sanguinolente, une
très grande fétidité de l’haleine. A l’examen, le
jiharynx se montrait recouvert d’un enduit pseu¬
do-membraneux, gris noirâtre. L’état général
semblait plus profondément atteint que jamais ; il
y avait de la diarrhée et de l’oppression perma¬
nente sans signes d’auscultation pulmonaire.
Vraiment! le diagnostic d’azotémie ne parais.sait
plus aussi défendable que la veille. Il ne tardait
pas, du reste, à être définitivement infirmé par la
réponse du laboratoire : le taux de l’urée san¬
guine était de 0 gr. 35 par litre, chiffre normal.
Notre confrère s’est demandé, dans ces condi¬
tions, s’il ne se trouvait pas en présence d’une
diphtérie maligne ou d’un noma, ou de toute autre
affection ulcéro-nécrotiqiie ou pseudo-membraneuse
du pharyme. Mais il hésitait à se prononcer.-
Aussi accepta-t-il d’enthousiasme la proposition
de consultation que lui fit une locataire charitable,
la même qui l’avait fait venir auprès de la malade.
Ayant été choisi comme consultant, je vous ai
quittés hier à midi pour me rendre, au chevet de
ment éclairée par une lampe électrique dès mon
arrivée — je l’ai trouvée couchée sur son lit, en
position demi-assise, le torse soutenu par deux
oreillers. Dès l’abord, j’ai remarqué son amaigris¬
sement 'et son anémie, attestée par la pâleur
cireuse de son visagÆ, la décoloration de ses
lèvres, la blancheur de ses mains. Geignant sans
cesse, elle portait constamment â sa bouche
entr’ouverte un mouchoir destiné à éponger la
bave sanguinolente et nauséabonde qui s’écoulait
sans arrêt le long de sa lèvre inférieure. De
temps en temps, elle crachait aussi dans un bol où
l’on pouvait voir une quantité abondante de salive
rougeâtre et malodorante recouverte d’une légère
couche de mousse. Dans ce bol, il n’y avait jias
de crachats — d’ailleurs la toux était absente -
mais seulement de la salive rejetée en bavant
ou en crachant par suite de l’inqiossibilité de
l’avaler à cause de- la douleur extrême â la déglu¬
tition.
Cette femme était, en outre, brisée de fatigue,
profondément abattue, mais parfaitement lucide,
et c’est d’elle que je tiens la plupart des détails
que je viens de vous donner sur l’histoire de sa
maladie.
Comme vous devez le penser, j’ai commencé
mon EXA.Miî.x par l’inspection de sa bouche et de
son pharynx.
Au niveau de la bouche, â la base des incisives
médianes et latérale droite de la mâchoire infé¬
rieure, il existait depetjtes ulcérations saignantes
et recouvertes d’un exsudât noirâtre juitrilagi-
Une ulcération analogue, sertissant comme les
précédentes la racine de la dent voisine, siégeait
â la mâchoire supérieure sur les gencives avoisi¬
nant les deux grosses molaires.
La langue était sale et recouverte d’un enduit
grisâtre, coloré par places en noir par le sang.
Elle était rouge sur les bords, et sèche dans son
ensemble.
L’odeur de l’haloine était mauvaise, fétide,
Les amygdales étaient fongueuses, mais elles
n’étaient ni tuméfiées, ni enflammées. ' Elles
étaient recouvertes de fausses membranes blanc-
grisâtre, intimement adhérentes aux parties sous-
jacentes dont elles semblaient faire partie.
Ces fausses membranes envahissaient les piliers
antérieurs du voile du palais sur lesquels elles
débordaient, mais elles respectaient la luette.
On ne constatait pas de réaction ganglionnaire
dans la région sous-angulo-maxillaire droite;
mais on trouvait à gauche, dans la région de
l’angle de la mâchoire, une adénite de la gros¬
seur d’une noix, mobile, et légèrement doulou¬
reuse à la pression.
L’abdomen n’était pas ballonné. Il était souple,
un peu sensible à la palpation : à l’épigastre, dans
l’hypocondre gauche et dans la fosse iliaque
gauche.
Le foie semblait très hypertrophié. Son bord
tranchant dépassait de quatre travers de doigts
le rebord des fausses côtes droites. Il était lisse.
régulier, soujile, non induré, et â jieu près insen¬
sible à la palpation.
La rate était appréciable à la percussion sur
une étendue verticale de trois travers de doigts.
En dehors du petit ganglion sous-angulo-
maxillaire gauche, il n’y avait pas d’adénopathies
cervicales ni axillaires. Dans les aines, on décou¬
vrait de petits ganglions durs et indolores.
Les jioumons étaient normaux. Une légère
submatité di’ la base droite trouvait son exjilica-
tion dans l’hyijcrtrophie du foie.
L(‘ co-ur était sain ; il battait 1)0 fois par minute,
très régulièrement.
La pression artérielle était de 11 X 7,5 au
Le système nerveux paraissait indemne.
On remarijuait deux ecchymoses sou.s-cutanées
assez gramics, l’une â la jambe droite, et l’autre
à la cuisse gauche, attribuées toutes deux par la
malade à des heurts insignifiants.
Les urines — 800 grammes environ jiar jour
— étaient hautes en couleur; elles ne contenaient
ni sucre, ni albumine.
La température était de 38"5 au moment de
mon examen; elle oscillait depuis le début de la
maladie entre 38"5 et 39».
()uel dia(;n<)sti(: convenait-il de porter devant
un cas pareil, constitué, avant tout, par une an¬
gine et une stomatite évoluant avec fièvre chez
une femme anémiée et profondément asthénique?
1» La première impression du médecin qui
m’avait appelé en consultation avait été qu’il
s’agissait d’une stomatite uhé.mique au cours
d’une xÉPiiiiiTE azoté.mk,)! !-:, et cela en raison :
de l’âge du sujet, de la lente évolution de la
maladie, de l’asjicct des lésions buccales, de la
diarrhée, des vomissements, de l’anorexie... 11
avait été bienté)t le premier à remanpier que ce
diagnostic;, s’il pouvait explicpier l’état gingival,
ne pouvait être soutenu par suite ch' rexistence
des lésions pharyngées et de la fièvre, et par
suite de l'absence d<‘ tout symptôme de néjihrite
chronique (ni hyjiertension, ni cedème;, ni albu¬
minurie), et enfin cju’il avait été conqilètement
ruiné par !<> résultat du dosage de l’urée san¬
guine montrant une azotémie; tout à fait normale.
Aussi avait-il abandonné son opinion première
pour s’orienter vers l'hypothèse d’une maladie
du bucco-pharynx.
2“ En particulier, il s’était posé la cpiestion de
la possibilité d.’une DiriiTÉiiiE .malioxe grell'ée
sur un organisme ch'jà débilité. C’était possible.
En elfet, l’apparition des fausses membranes, de
l’adénopathie cervicale gauche, de la fétidité de
l’haleiiie, de la pâleur, semblait dater de j)eu de
temps. Pourtant, l’âge de la malade, l’état des
gencives, les caractèrc's des exsudats, - plus
nécroticpies cpie pseudo-membraneux, - - l’ab¬
sence de périadénite, la coiiservation d’um* bonne
diurèse... ne cadraient guère avec ce diagnostic.
En tout cas, il était prudent de praticjuer un
ensemencement de gorge sur sérum de bœuf coa¬
gulé pour rechercher le bacille' dijihtérique avant
de conclure d'une fac;on ferme' â l'inexistence de
la diphtérie dans ce' e-as.
3» L’idée d’une AxeiiM-; de ^'INCE^T pouvait
venir à l’esprit, car c’est le propre de cette pha¬
ryngite ulcéro-nécrotique de donner â la mu¬
queuse qu’elle atteint un jiareil aspect sphacé-
lique et pseudo-membraneux et de s’accompagner
souvent de l’extension d’un processus morbide
analogue à la bouche sous forme de stomatite
ulcéro-membraneuse comme ici. De plus, il y a
100
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 11) Janvier 1929
N» 6
des formes d'angine de Vinrent dans lesquelles
l’état général est fortement touché et qui s’accom¬
pagnent d’asthénie profonde. Cependant, l’angine
fuso-spirillaire est unilatérale presque toujours;
les ulcérations pharyngées y sont ])lus nettes;
l’anémie y est moins maiviuée; l’évolution est
moins rapide : les lésions locales n’auraient jias
eu cette extension au bout de si peu de temps.
Comme pour la diphtérie, il m’a semblé qu’un
examen bactériologique — la recherche de l’asso¬
ciation fuso-spirillaire sur un frottis de putrilage
|)rélevé sur les amygdales - pourrait s('rvir à
établir ou à infirmer ce diagnostic, avec cette
réserve (pie la seule présence de bacilles fusi¬
formes et de spirilles sur ces frottis ne [lermetirait
jias d’affirmer à coup sûr la réalité de l’angine de
Vincent, car la .symbiose fuso-spirillaire se ren¬
contre fréipiemment à titre d’infection secondaire
à la surface de toutes les ulcérations buccales
(pndle (pie soit leur natin'e, ipiand (dles durent
diqiiiis un certain téiiqis.
û" Contre la sto.matite .meiici'iueli.i-; ou la sto¬
matite iiisMin Hi(?iiE il y avait de nomlireux argii-
inenls : la salivation n’était pas assez abondante;
la fétidité de l’haleine n’était pas assez forte; il
n’y avait pas de taches gris-bleu sur la nimpieuse
buccale lee ipii n’aurait pas manqué en cas d in¬
toxication bisniuthi(]ue); et surtout, on ne trouvait
]ias d’absorption de mercure on de hismiith dans
les antécédents. Il n’y avait vraiment pas lieu de
s’attarder à discuter ce diagnostic, pas jiliis que
le suivant.
Le sc.oilliCT peut déterminer, elfeelivemenl,
un état uleéro-nécrotiipK' d(' la miKpieuse buccah'
avec atteinte grave de l’état général, tout conime
chez cette concierge. Mais il ne se dévidoppe que
dans des conditions tri's s|)éeiales ; chez des
sujets privés d’arunents frais et ([ui ont manqué
de vitamines, ce qui n'était pas le cas de cette
personne qui s’était toujours nourrie tri’-s conve¬
nablement.
Il" Aucun des diagnostics précédents ne me
satisfaisant, il m’a semblé qu’il fallait adopter
celui de leucé.mie aiuue comme le plus probable.
De fait, l’état pseudo-scorbutique de la bouche et
l’angine nlcéro- membraneuse si particulii're,
joints à l’anémie et à l’asthénie jirogressives, ;’i
l’hépatomégalie, à la splénomégalie, aux ecchy¬
moses sou.s-cutanées... étaient des synqitémies
propres à individualiser cliniquement cette affec¬
tion, 11 est vrai que les adénopathies étaient bien
pim maripiées -- un ganglion sous- maxillaire
gauche tuméfié et de petits ganglions durs et
indolores dans les aines ! - mais ce n’était jias
là un argument suffisant pour écarter l’hypo-
thi'se de leucémie aigu(% affection dans laipndle
les adénites sont souvent discrètes, du volume
d’un pois ou d’un haricot d’habitude, indolores,
respectent souvent les aines et les aisselles pour
ne se manifester que dans les régions cervicales
et sous-maxillaires, comme ici précisément.
De toutes fa(;ons, puisqu’il y avait soupçon de
leucémie aiguë, une recherche de laboratoire
s’imposait : I’examen du saxo, seul moyen de
transformer im certitude la probabilité du dia¬
gnostic en permettant de découvrir en grande
(piantité sur une lame de sang sec un élément
blanc anormal caractéristique : la cellule indiU'é-
renciéc de J. Rroussolle ou cellule embryonnaire
de Lavedan.
(l’est ce que je dis à l’entourage et, [lour pou¬
voir faire aisément et sans frais tous les examens
de. laboratoire nécessaires, à commencer par
l’examen du sang, je fis entrer cette femme dans
mon service hospitalier hier même dans l’après-
inidi.
***
Les reeherehes que j’ai demandées ont été pra¬
tiquées ininiédiatenient, et nous en (mnnaissons ce
matin les résultats.
1" Il n’y a pas de bacilles diphtériques dans la
gorge, ni d' association fuso-spirillaire.
2° L’e.rarnen hcmatimctrique montre que le
sang contient 3.1(50.000 globules rouges et
304.000 globules blancs par millimètre cube.
3“ La formule leucocytaire comprend en grande
(piantité (7(5 pour 100) des éléments blancs anor¬
maux représentés par de grandes cellules mono-
nucléées de 15 à 20 g' de diamètre, à noyau clair
souvent nucléolé et à protoplasma basophile, qui
ne sont autres que les cellules embryonnaires de
Lavedan (ou cellules indifférenciées de Brous-
solle, ou cellules souches, etc.). Ces cellules, avec
leur noyau arrondi, (dair, violacé, à filaments
chromatiniens disposés en écheveau de fil fin
i.Sahrazès), et leur protoplasma franchement
basophile, bleu foncé, disposé en couronne au¬
tour du noyau ou en étroit croissant à l’un de ses
céités, ont vraiment bien l’air d’être, comme on
l’a dit, des « né'gatifs de lymphocytes ». Elles sont
fragiles, car un grand nombre d’entre elles sont
en plasniolyse ou en caryolyse ; c’est la règle, de
même ipi’il existe de nombreuses formes de tran¬
sition entre elles et les mononucléaires et les
Voici la formule sanguine au complet : cellules
embryonnaires, 76; lymphocytes et moyens mono¬
nucléaires, 8 ; grands mononucléaires, 3 ; cel¬
lules de Türck, 2; polynucléaires neutrophiles,
5,5; polynucléaires éosinophiles, 2; polynuclé¬
aires basophiles, 0,5 ; myélocytes à gr.anulations
neutrojihiles, 3.
dette formule leucocylaire suffirait à elle seule
à affirmer le diagnostic de leucémie aiguë, car la
présence de cidlules embryonnaires en de telles
lirojiorlions dans le sang est pathognomonique de
celte maladie où l’on en trouve rarement moins
de 50 ])Our 100 el parfois jusqu’à 98 et même
i)n,(i pour 100. l’our reconnaître la leucémie
aiguë — comme tous les étals leucémiques |d’ail-
leurs — il importe donc de tenir compte de la
([iialité des globules blancs plulêit ipie de leur
([uantité; c’est pourquoi la simjile lecture d’une
lame de sang étalé, desséché et coloré peut per¬
mettre, en dehors de toute numération globulaire,
de faire le diagnostic hématologique de leucémie
L’hémalimétrie fournit cependant aussi des
renseignements intéressants dans la majorité des
Il y a généralement diminution progressive el
rajiide du nombre des hématies qui tombe souvent
au-dessous de 2 millions, l’évolution de la mala¬
die étant, en général, d’autant plus aiguë que
l’hypoglobulie rouge est plus accentuée (Achard
et Leblanc).
Les leucocytes, au contraire, augmentent con¬
sidérablement de nombre.
L’hyperleucocytose, permanente etprogressive :
1" dépasse 200.000 leucocytes par millimètre cube,
comme chez notre malade (etpeut aller au delà du
million)dans un tiers des cas; 2” oscille entre 50.000
et 200.000 dans un autre tiers ; 3° n’atteint pas
40.000 dans le dernier tiers. 11 arrive même par¬
fois que des leucémiques aigus aient une leuco-
cytose normale (8.000) ou, même, de la leucopi*-
nie (4.000 et même 2.000). Leci montre le peu de
valeur de la numération globulaire dans le dia¬
gnostic de la leucémie aiguë et justifie la conduite
actuelle des auteurs allemands qui, pour la plu¬
part, ne la font plus, car on n’en trouve pas
mention dans leurs observations récentes les plus
Après ce que je viens de vous dire, pratiquons
un examen somatique rapide de cette malade. Il
nous apprend qu’aucune modification clinique
importante ne s’est produite depuis hier. Nous
retrouvons aujourd’hui tous les symptômes que
j’ai observés hier et que je viens de vous décrire
il y a un instant. Nous n’insisterons pas.
Le peonostic de la leucémie aiguë étant tou¬
jours fatal et à brève échéance, c’est donc un
arrêt de mort que nous prononçons en portant ce
diagnostic chez celte malheureuse vieille fille. 11
est probable que la fin est proche, car la durée de
cette affection est, en moyenne, de six à
huit semaines, et voilà déjà un mois et demi que
cette personne est malade.
A. Je ne vois pas la possibilité de lui appliquer
un Tn a ITEM EXT CUHATEUR :
1" La radiothérapie, la curiethérapie, {'injection
de /;cn:o/, parfois si actives au moins momenta¬
nément - contre les leucémies chroniques, se
sont toujours montrées inefficaces contre la leucé-
2“ Les injections intraveineuses de noearséno-
benzol, f proposées avec l’idée d’agir sur le spirille,
agent causal hypothétique de la maladie, n’ont
jamais obtenu le moindre succès,
3" Quant à la malariathérapie et aux injections
intraveineuses de solution de saccharate de fer au
tiers proposées, la première par Luccherini
Tomaso, les secondes par Oberling et 'Wolf, elles
ne peuvent être mises en œuvre ici, faute de iiiatt’-
riel nécessaire,
B. Nous allons donc nous contenter de for¬
muler un THAITEMENT SYMPTOMATIQUE :
1" Nous soutiendrons ses forces avec une ali¬
mentation lactée, des tisanes sucrées, du café, etc.
2“ Nous tonifierons son conir avec des injec¬
tions d'huile camphrée, de sulfate de spartéine.
3" Nous soignerons ses- manifestations bucco-
pharyngées avec des lavages de bouche à l'eau
oxygénée et le nettoyage minutieux des dents.
Epilogue.
Cette malade est morte six jours plus tard,
après avoir présenté du purpura généralisé, de la
congestion pulmonaire et, comme accidents ter¬
minaux, deux crises épileptiformes généralisées
Cure radicale ambulatoire
des hémorroïdes procédentes
par la diathermo-coagulation
Cette méthode ne nécessite ni anesthésie générale,
ni régime spécial; le malade n’est pas obligé de gar¬
der le lit après l’opération, il peut continuer sa vie
normale. En voici la technique :
Se servir du diélectrique souple de Bordier, d’une
aiguille stérilisable. Malade en position de la taille
périnéale. Désinfection de la région par l’alcool iodé
(5 pour 1).
Anesthésie locale par une solution à 2 pour 100 de
syncaïne ou de novoca’ine : l’infiltration fait appa¬
raître en relief les masses externes et ressortir les
paquets internes.
Enfoncer l’aiguille isolée dans la masse de façon
que la partie isolée soit en contact avec la muqueuse
qui ne doit pas être atteinte par la coagulation, l'n
courant de 100-150 milliampères est suffisant pour
voir au bout de quelques instants la masse se rétrac¬
ter eur l’aiguille. Il n’y a pas de plaie, quelquefois
un peu d’œdème avec une poussée fluxionnaire —
d’origtne mécanique — ■ plus ou moins douloureuse
après 24 heures. La région est ensuite protégée par
une compresse stérile, ou enduite d’une pommade
antiseptique.
On fait 3-4 séances en espaçant chacune de
5-7 jours. (Gluck, Thèse de Paris, 1928).
N“ 6
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
10 Janvier 1929
Les différences de potentiel
- en Biologie
INFLUENCE DE L'ÉTAT ÉLECTRIQUE
DU MILIEU EXTÉRIEUR SUR LES ÊTRES VIVANTS
Le milieu extérieur est capable d'influencer le
développement des individus y vivant, en fonction
de sa composition chimique et de son état physique.'
De l'état physique du milieu extérieur, seuls
ou à peu près ont été considérés jusqu'à mainte-
lenant et étudiés dans leurs rapports avec les êtres
vivants : la pression, la température et l'éclaire¬
ment.
Cela tient sans doute à ce qu’il est facile de mo¬
difier ces facteurs et à ce que leurs modifications
entraînent, au delà de certaines limites, des trou¬
bles immédiats et importants dans la nutrition
des êtres vivants sur lesquels ils agissent.
Il est cependant un facteur, à mon sens, non
négligeable et méconnu jusqu’à ce jour, capable
de modifier la nutrition des êtres vivants; c’est la
difl'érence d’énergie potentielle électrique exis¬
tant entre les tissus des êtres vivants et le milieu
extérieur avec lequel ces tissus sont en contact.
C’est à cette différence de potentiel que j’ai donné
le nom d’indice de nutrition'.
Fig. 2. — Trois types de persil obtenus ù la troisième
' L’individu unique de la première génération, cultivé
dans les conditions optima usuelles de colonisation du
persil, a fourni. toutes les graines devant donner les
individus de la deuxième génération.
La troisième génération a fourni les types de la
figure : en bas, feuilles avant l’apparition des tiges
florales; en liant, tiges florales après maturité complète,
Le type 1 a été obtenu à partir de graines d’up indi¬
vidu de la deuxième génération cultivé en plein air
(atmosphère au minimum de conductibilité). C'est le
persil banal, d’excellente rejiroduction, indemne do
tout parasitisme.
Le type 2 a été obtenu ù partir de graines d’un indi¬
vidu (le lu deuxième génération. Cultivé nu voisinage
immédiat de masses de rochers calcaires posés sur le
sol (atmosphère légèrement plus conductrice que la
précédente). C’est un persil à feuilles jdus dentelées et
plus divisées, colonisant difficilement parce que les
jeunes sujets si l’on n’ÿ prend garde sont facilement
parasités par un chamingnon (rouille) et un grand
nombre des organes floraux sont inféconds. Les sujets
dé lu génération suivante sont encore plus fragiles. ■
Te type 3 a été obtenu il partir de graines d’un indi¬
vidu de la deuxième génération, cultivé nu voisinage
immédiat do musses de granit posées .sur le sol (atmo¬
sphère très conductrice). C’est un persil à feuilles très
dentelées, ne se reproduisant pas, car presque tous les
' jeunes sujets sont dévorés pur des pucerons (qui meu¬
rent lorsqu’ils s’attaquent au persil banal) af les fiuri-
vivnnts ont des organes floraux oomplètement inféconds.
A part les variations de conductibilité de l’air sus-
indiquées en deuxième génération, tous les sujets en
observation ont été cultivés dans des oonditions rigou¬
reusement égales.
Une caractérislique physique de l’atmosphère,
étudiée par de trop rares météorologistes : le
Fig. 1. — (Kxtraite, ainsi que les deux suivantes, des
comjites rendus du A7/“ Coni^rès inicrnai'anal d'itydni-
lo" c, de climatologie cl de géologie médicales, Lyon, 11127).
'beux types do persil. En bas, feuilles avant l’apjiari-
tion dos tiges florales. En liant, tiges florales après
maturité complète. Cos deux tyjics provenant des
mémos ancêtres, on no savait comment expliquer les
différences morphologiques et la rareté de l’un des
types, celui de droite, qui ne colonise pas.
cliamp électrique de ratuios])hère ou gradienl-
])oteutiol*, nous donne une idée de la valeur de
l'indice de nulrition entre l'air atmo.spliériijue et
un être vivant dans eet air.
Le.s nombreuses expériences faites thqtnis ,Ial-
labert, Mimbray et l'abbé Xollet au xvtti'' siècle
jusqu’à celles tonies réeenles efl'eeluécs par i\l. lire-
Ion à l’Office national des inventions, à Rellevue,
n’ont guère montré une action vraiment remar¬
quable de l’étal électrique de l'air sur la nutrition
des végétaux. Cela tient, à nion setis, à ce que
l’on s’est borné à n'observer les plantes en expé¬
rience qu’un temps insuffisant l'itne génération au
|ilus. qiiehpiefois sans arriviu' à la maturité eom-
plète-d('s individus' et en les soumettant à l’aelion
d’un champ éleelritpie anormal jiendani tpielques
heures par jour au (ilus. 11 suffit de voii’ les résul¬
tats des (juel(|ues expéi-ienees aux(]uelles ont li-ait
les figni'es ei-api'ès et de pareourii' les mémoii’es
auxipiels elles sont em|)runlées’ jiour se leiidi’e
eomjJle combien l’étal élecli’ique de l'air est
capable de modifier considéi-ablement non seule¬
ment la nulrition d'un être vivant, mais encore
celle de louli' sa descendance.
A l’heui'c aiUuelle, il est donc, .jiossilde d’affir¬
mer que des êtres d’une même esjièce vivant dans
des almosjihères dont seuls les champs électri-
((iies difl’èi'cnt évolueront, eux cl leurs descen¬
dants, de façons tout à fait dill'érenles, les trou¬
bles constatés pouvant aller jusipi'à la disparition
de l’espèce, soit par parasitisme, soit jiar défi¬
cience nutritive ou stérilité d’une génération.
11 est à remai'ipier ipie des observations faites
1. « La notion .
d’indice do nutri¬
tion ». Soc. des Sc.
méd. do Mont/iel'-
1er, 18 Mars 1027,
reproduit par:
Siècle médical, n" 4,
1" Juin et èlonb-
pelUer médical, t.
XLIX, p. 503-505,
1" Décembre 1028.
— . « L’indice de
nutrition en Bio¬
logie générnle et
en médecine ». Siè¬
cle médical, n" 12,
1" Déoçmbre 1927.
2. « Le clinmp
électrique de l’at¬
mosphère ». La
A\ssc Médicale,
30 Décembre 1925,
p. 1723. — « Les
caractéristiques
électriques de l’ut^
mosplière ». La
Presse Médicale,
15Muil02(î, p. G13.
3. « L’état élec¬
trique du milieu
extérieur peut-il
influencer lu nu¬
trition et le déve¬
loppement des
êtres vivants . » ?
Montpellier médi¬
cal, 15 Avril 1925,
reproduit pur
Presse thermale et
climatique, \T> Juil¬
let 1925. — « Lu
rudiouctivité de
l’atmosphère et
son rôle en clima¬
tologie ». Rapport
présenté au XTI'
Congrès internatio¬
nal d'hydrologie,
de climatologie et
de géologie médi¬
cales, Lyon, Octo-
ngou-
Fig. 3. — Radis provenant d’un
sans variations.
Ces radis ont été en.semencés le Ifi Jfai 1925. Ils ont été cultivés dans des eondilion
reusement égales, sauf la radioactivité du sol et le champ électrique de l'atmosphère.
Le radis 1 est le tyjie fourni par lu enlture dans un ehami) éloctriipiu nul et soi sans
radioactivité.
Le radis 2 est lo type fourni pur la culture dans les conditions atmosphériques uormales.
mais dans un sol contenant à 18 cm. do profondeur etti 12 rm. de tous les individu» dispo.scs eu
cercle 1 milligr. de radium-élément.
I.c radis 3 est le type fourni par la culture dans un sol contenant du radium dans les mêmes
conditions que ci-ilessus, lo champ électrique de l’utmosiihère étant de -'120 volts par mètre et
le sol positif par rapport à l’air.
Le radis 4 est le type fourni par lu culture dans les mêmes conditions que le radis 3, mais
le champ électrique de l’ntmospnèrc étant de 420 volts jiar mètre et le sol négatif jiai* rajijiort
à l’air.
En bas, aspect dos radis lo 15 Décembre 1925, début de l’apjiarition de la lige florale du
radis 1. En liant, aspect des radis le 15 Juillet l!)2ri, après maturité com|)lèlc de, tous les
types et au moment de lu récolte des graines..
Toutes les graines provenant de ces individus ont été ensemencées le 15 Mai 1928, en même
temps qu’un lot de graines témoins mi.sos en réserve le Ifi Mai 1925.
A ce jour, 15 Novembre 1928, les radis provenant dos graines témoins sont des sujets vigou.
reux, en très bon état.
Los radis provenant des radis type 2 eWessns sont des sujets en bon état quoique moins
vigoureux que ceux provenant des graines témoins.
Les radis provenant des radis types 1, 3, 4 ci-dessus sont morts sans raisons apparentes pur
déficience nutritfvc entre le 30 Juilfot et le 20 Août 1928.
102
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
N“ 6
pour une espèce d’êtres vivants déterminée ne
peuvent pas être généralisées, l’ar exemple, la
pariétaire reclicrclie les atmosphères à champ
nul, le radis ne se développe bien qu’en atmo¬
sphère i\ champ variable avec prédominance de
champ positif, la capillaire ne vit qu’en atmo¬
sphère champ négatif.
11 convient de ne pas ouhlier que les effets j)ro-
duits par des variations de champ électrique ne
sont guère décelables sui’ un individu ipie ])ar
l’exarnen de ses organes reproducteurs, et surtout
par l’élude des caractères morphologiques et
physio-])alhologiques de ses descendants.
Il suffit de vouloir bien se rappeler quels sont
les pi'inci|)aux facteurs de modilicatioiis du champ
élecli'iiiue de l’atmosphère pour faire en biologie
végétale ipiantilé d’observations intéressantes
sur les phénomènes de colonisation ou de modili-
cations morphologiques accidentelles ou persis¬
tantes de certaines jilautes.
^’oici les princi])ales données à retenir :
Généralement, le chanii) électrique de l’aimo-
sphère est jiosilif par rapport au sol, beaucoup
plus fortement en hiver qu’en été, avec des valeurs
intermédiaires et comparables à l’aulomne et au
])rinlemps.
La valeur du champ élcctri(|uc de l’atmosphère
eu un lieu donné varie avec l’éclairement de la
station et la nature du sol; sa valeur est toujours
dàiutanl moins grande au-dessus d’un même sol
que celui-ci, ])Our une raison quelconque, reçoit
les rayons solaires plus pei'peudiculairement à sa
surface et pendant plus longtem[)s; toutes condi-
iLons égales, le chanq) électrique de l’atmosphère
est moins élevé au-dessus des terrains primaires
([ue de tous autres s(ds, surtout si de nombreuses
roches aflleurent le sol; c’est au-dessus des ter¬
rains d’alluvious profonds que toutes conditions
égales, d’ailleurs, on trouve les ])lus forts champs
électriques de l’atmosphère.
Le champ électrique de l’atmosphère est pra¬
tiquement nul : au pied des murs ou au voisinage
des grosses masses rocluuises sèches, dans les
rues des villes et à l’intérieur des maisons, dans
les sous-bois, au fond des gorges, dans les vallées
Le chattq) électricpie de l’almosidière atteint
ses plus hautes valeurs positives : sur les hauts
plateaux à horizon étendu, sur les sommets de
montagnes, au-dessus des grandes plaines d’allu-
11 devient enlin négatif : au voisinage des
sources hypcrlhermalcs, des cascades chaudes ou
froides, des murs et rochci’s suintants, des loi’-
rents s'écrasant avec force contre des rochers.
On voit donc cpie, dans un espace réduit, on
peut, en tous points du globe, rencontrer des sta¬
tions très dill’ércntes (piant au champ éleclri(jue
de l’atmosphère.
Des exj)ériences et couslalalions faites sui' les
végélanix, peut-oii tii-cr une conclusion relative à
la biologie humaine ?
On peut afiirnier, je crois, ;i l’heure actuelle,
en fondant celte affirmation à la fois sur l’obser¬
vation et la .stati.sti{(ue, comme l’avaient déjà
afllrmé au xviii” siècle de Saussure, Boissier des
Sauvages et Guillaume Buchan, que « l’air parait
d’autant plus propre à entretenir la vie chez
l’homme qu’il est plus fortement électrisé et
moins conducteur >< ; cependant, l’on évitera
« l’action d’un air ca|)able d’entretenir trop acti¬
vement la vie sur les sujets atteints de consomp¬
tion ou de phtisie à marche rapide ». Cela revient
à dire que le sujet en état général siillisant tirera
grand prolil d’une vie au grand air, tel que le
délinissait de Saussure, c’est-à-dire dans un air
à champ électrique fortement positif. Le tubercu-
bre ti)27. Voir le volume des compte.s rendus. — « L’élei-
tricilé et lu vie ». fil et sans fil, n" 10 (15 Octobre 11)27) ;
U” 12 (15 Novembre 1927); n» 17 (1" Février 1928) ; n" 10
(1" Murs 1928); i." 20 (l" Août 1928).
leux en voie d’amaigrissement, et,' d'une manière
générale, tous les sujets à échanges pathologi¬
quement suractivés devront rechercher, au con¬
traire, les stations à champ électrique nul.
Je crois que l’on peut également affirmer que
les descendants de sujets ayant vécu au grand air,
jusqu’à fa naissancee de ces descendants, suppor¬
teront, sans troubles importants pour eux, la vie.
dans une atmosphère à champ nul (vie urhaiue
ou forestière, par exemple). Il n’en sera point de
^même des descendants de'sujets ayant passé toute
leur vie dans une atmosphère à champ nul, et il
semhle que deux générations de vie (ui champ
nul, trois au plus, amènent la di.sparition de l’es¬
pèce Inimaiue par stérilité ou déficience orga¬
nique.
Telles sont les notions que j’ai cru pouvoir
acquérir en une dizaine d’années de recherches
et d’expérimentation; je les livre pour ce qu’elles
valent aux méditations et au contrôle de chacun,
ne pouvant m’empêcher de regretter que, dans sa
vie, un biologiste ne puisse suivre intégralement
que l’évolution d’une seule, bien exceptionnelle¬
ment de deux générations d’êtres humains.
J.-L. Piîcn,
Pi'ofosscm- (le Pbjsicjue médicale
à l'Université d'e MoiUpellier.
Intérêts Professionnels
Un de nos abonnés nous pose la question suivante:
0 .le jouis d’un bail, en cours depuis 1923, stipulant
qu'il est consenti pour un prix de x francs plus les
charges énninérces (eau, ordures ménagères, canaux,
portes et fenêtres). Depuis deux ans le propriétaire,
à la suite de la suppression de l’impôt des portes et
fenêtres, m’a fait ])aycr une part proportionnelle de
l’iinjxàt foncier.
« lisl-il dans son droit en faisant cette substitution,
étant donné que les charges avaient été nommément
spécifiées dans le bail et qu’ancune modification n’a
été apportée à la rédaction do ce dernier? » ,
Voici la réponse de notre collaborateur juridique :
Il résulte d’une réponse de M. le ministre de la
Justice à une question posée par un député « que les
dispositions de l’article 11 de la loi du 1“'' Avril 1926
relatives aux charges et impôts ne s’appliquent, en
principe, qu’aux baux bénéficiant de la prorogation
de la loi du Iv Avril 1926 et à ceux nouvellement
consentis pendant les périodes d’application de cette
loi. Par conséquent, les baux en cours au l*”' Avril 1926
paraissent échapper à ces dispositions jusqu’au
moment de leur cessation » [Dans l’espèce visée par
la question le bail datait de 1921] (lievue loy., 1927,
p.l37).
C'est donc aux termes du bail qu’en pareil cas il
convient de s’en tenir. Or, dans l’espèce où le bail
est encore en cours, le locataire ne devait, aux termes
de celui-ci, payer en plus du loyer que la seule taxe
sur les portes et fenêtres.
Donc, à partir du jour où cette taxe a été supprimée,
le propriétaire n’ayait plus le droit de, ré'(!lamer
aucun impôt à son locataire et il apparaît difficile de
concevoir en vertu de quels principes il a pu
demander à celui-ci une quote-part d’impôt foncier.
, Cela paraît d’autant plus certain que la suppression
de la taxe sur les portes et fenêtres par la loi du
19 Juillet 1925 (art. 3) n’a, en rien, augmente le mon¬
tant des impôts payés par le propriétaire, puisque
dorénavant cet impôt doit être porté directement sur
la cote personnelle mobilière du locataire non com¬
merçant et sur la patente du locataire commerçant
(Revue loy., comm. de la loi du 13 Avril 1926, p. 151
sous l’art. 2).
Par conséquent, du fait de cette loi, aucune modi¬
fication n’est intervenue dans la répartition des
impôts entre le propriétaire et le locataire.
Dans ces conditions, étant donné que notre corres¬
pondant spécifie que le bail n’a pas été modifié à la
suite de la loi du 19 Juillet 1925, il semble, à moins
de circonstances particulières, que le propriétaire
n’avait aucun droit à réclamer à la place de l’impôt
sur les portes et fenêtres' une quote-part de l’impôt
foncier.
11. Montal.
La Médecine à travers le Monde
PORTUGAL
Le professeur Ricardo Jorge, l’éminent hygié-
giste, directeur général de santé publique au Portugal
et de l’Institut central d’IIygiène de Lisbonne, prési¬
dent de la Section d’Hygiènede la Société des Nations,
vient d’accepter du gouvernement d’être le président
technique du Conseil supérieur d’Hygiène; d’autre
part, la Société des Nations vient de le désigner
comme son délégué à la Conférence internationale
du sommeil qui se tiendra à Paris,
RUSSIE
En 1926-1927, Kliarkov a bu 490.000 védros
(1 védro = 12, 29 litres) d’eau-de-vie et 950.000 vé¬
dros de bière, valant 10.500.000 roubles. Cet argent
suffit pour construire 15 bâtiments de 70 logements
chacun ou 2 grands hôpitaux dont la ville a si
besoin. En 1926, la milice a arrêté 9.700 personnes
ayant commis des délits à la suite d’ivresse. En 1927 ,
le nombre des personnes arrêtées pour ivresse fut
de 12.000. En 1925, il y avait 115 cas d’intoxication
alcoolique ayant nécessité le traitement d’urgence;
en 1926, ce chiffre fut de 153; en 1927, de 340. Pour
combattre ce fléau social progressant si rapidement,
plusieurs sociétés antialcooliques se sont organisées.
Leurs propositions sont : la fermeture des débits
d’alcool près des usines, la défense de vente (les
boissons alcooliques dans les clubs, l’ouverture de
2 dispensaires pour narcomanes et d’une série de
stations analogues aux polycliniques, l’organisation
des cellules spéciales pour (lésintoxication rapide,
près des postes de milice. Toutes ces propositions
ont été approuvées et acceptées.
SUISSE
Nous avons le regret d’apprendre la mort de la
doctoresse Marguerite Chapendal, qui a joué, à
Genève, pendant trente Vins, dans le' domaine delà
puériculture et de l’assjstance, un rôle hors de pair.
Pille d’un pasteur du Pelil-Saconnex, après avoir été
institutrice en Alleraaguq et infirmière dans un hôpi¬
tal, elle lit ses études de| médecine, devint assistante
du professeur Yaucher a la Maternité de Genève, et
s’établit dans cette ville après un voyage d’études à
Paris. Elle en rapporta sans 'doüfe l’idée de la Goutte
de lait qu’elle fonda en 1900; c’était la première de
N“ 6
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
103
la Suisse, el elle devait seevir de modèle à beaucoup
d’autres. Eu 1905, continuant son apostolat, elle crée
l’Ecole du Bon-Secours pour la formation des infir¬
mières et y annexe une Pouponnière en 1906. Il y a
peu d’années, elle mettait sur pied une école complé¬
mentaire d’enseignement théorique et pratique pour
préparer les jeunes filles à leur rôle futur d’épouses
et de mères. Elle avait publié un Manuel des mères
dont le tirage a dépassé 155.000. Toutes ces fonda¬
tions, toutes ces œuvres sont d’inspiration française.
Mais elles ont élé importées, développées, perfec¬
tionnées à Genève par une femme de cœur, d’intelli¬
gence et de volonté. Sa mort est vivement ressentie
dans toute la Suisse.
Les Médecins étrangers à Paris
Sont arrivés pour travailler dans les hôpitaux et
laboratoires.
MM. Ceferino Gonzalez Parreno, Espagnol; Luis
de Velasco, Espagnol; Rosendo Auz, Equateur; Jean
E. Tournes, Grec ; Ricardo Zapati, Colombien ; Arthur
Loredo Juarez, Argentin ; John V, Archinard, U. S. A. ;
René Vandeputtq, Belge; Francesco Virgillo, Italien;
Antonio Subirana, Espagnol; K. G. Yoon, Chinois;
Isaza Restrepo, Colombien; Y. Pouya, Persan; Persio
A. de Arruda, Brésilien; Josef Jantoni, Roumain;
Robert Joyce, Irlandais; Pere Babo Boigedo, Espa¬
gnol : Arist ides Juan Aguilar, Honduras ; M. K. Noueri,
Syrien; John Everidge, Anglais; Feldstein Naum,
Roumain; Jayme J. Perdigao, Brésilien; Chiru,
Roumain; Jean Calhopoulis, Italien; Zdzislaw l'oma-
nek. Polonais; Richard F’. Brown, Canadien ; Bernard
Willinsky, Canadien ; Arinando dei Rossi, Italien;
Martins da Costa Cruz, Brésilien; Jan Massakowski,
Polonais; Luigi Barchi, Italien; AVilhelm Leinsher,
(A. D. R. M., Faculté de Médecine, salle Béclard.)
Obsèques du Professeur Widal
Les obsètiues du Professeur AMdal ont eu lieu
le jeudi 17 Janvier.
La levée du corps a été faite à la maison mor¬
tuaire en présence des délégations de la Faculté
do Médecine et de l’Institut de France, au milieu
de la foule douloureusement émue des amis et des
élèves du Maître.
Les honneurs militaires ont été rendus au
(léfunt.
Au cimetière ÎMoulmartre, où s’étaient re¬
trouvés, très nombreux, tous ceux qui avai('nt
tenu à suivre le convoi et à rendre au })rol’esseur
Widal un dernier hommage, le discours suivant
a été prononcé par le professinir LemieiTc :
C’est le cœur brisé d’émotion, mon cher Maîti'c,
qu’au nom de vos élèves, de vos amis je viens vous
Hier encore vous étiez parmi nous, si plein de vie,
si ardent au travail que nous avons peine à imaginer
que, pour vous, l’heure du repos éternel soit arrivée.
Pourtant nous venons de vous conduire à votre der-
nous ne profiterons plus de vos conseils; nous ne
recevrons plus vos bienfaits.
Nul autant que vous, mon cher Maître, n’a possédé
les qualités qui font les grands chefs d’école; celles
qui réussissent à animer d’une j)eusée commune et è
pousser vers un même but les jeunes intelligences
avides de savoir et enthousiastes de fa recherche.
Voxis avez été grand par vos travaux et vos décou¬
vertes. Entré dans la carrière médicale à une époque
où, sous l’égide de Pasteur, s’opérait une révolution
sans précédent dans le domaine des sciences biolo¬
giques, en communion spirituelle avec lui et avec scs
disciples, vous avez, par l’introduction en clinique
de méthodes jusqu’alors inconnues, ouvert largement
des voies nouvelles à travers des régions inexplorées,
jeté la lumière sur tout ce que vous avez trouvé d’obs¬
cur devant vous et entraîné à votre suite les généra¬
tions actuelles ù la conquête de sommets qui sem¬
blaient inaccessibles.
contemporaine. Elle est solide et inébranlable parce
que vous n’avez rien avancé qui ne fût le résultat
d’une observation clairvoyante et rigoureuse et qui
n’ait été conçu dans Funique souci de la vérité.
Elle est incontestée parce que vous n’avez apporté
que des faits et que les faits sont incontestables.
L’opinion du monde entier vous a fait prendre
rang parmi les créateurs les plus féconds et les
médecins les plus illustres de tous les temps et de
tous les pays; et vous êtes une des gloires de la
C’est avec un sentiment d’orgueil que vos élèves,
quand ils se réclamaient de vous auprès des savants
(les régions les plus lointaines, voyaient les fronts
s’incliner et les lèvres prononcer des paroles de res¬
pect et d’admiration.
Nul ne savait, plus scrupuleusement que vous,
rendre justice à ses contemporains et îi ses émules
et découvrir avec plus d’impartialité ce qu’il y avait
d’intéressant et d’original dans leurs travaux. A'ous
aviez horreur des jugements hâtifs et passionnés et
vous exigiez qu’autour de vous on sût respecter
l’œuvre d’autrui. Vous étiez vous-même si haut et si
inattaquable qu’il vous paraissait insupportable qu’un
autre pût être injustement attaqué lorsqu’il cherchait
à apporter sa contribution désintéressée, si minime
fùt-elle, ù la poursuite de la vérité.
Vous étiez un grand cœur el un honnête homme.
Votre loyauté était universellement connue et nul n’ii
jamais poussé aussi loin que vous le respect de la
parole donnée. Chacun savait que, du jour où vous
aviez engagé la vôtre, rien n’était capable de vous
Et c’est autant sur votre insoupçonnable probité
que sur votre prestige scientifique qu’était fondée
l’autorité dont vous avez joui partout où s’est éten¬
due votre action.
Vous avez élé l’ami le plus sûr et le plus fidèle.
Votre sensibilité exquise, une tendresse délicate vous
faisait deviner les aspirations et les désirs de ceux
que vous aimiez et qui vous payaient de retour. Ils
n’avaient rien à vous demander, car vous preniez tou¬
jours les devants. Pour les satisfaire, vous n’épar¬
gniez ni votre temps, ni votre peine (>t votre plus
grande joie était de les voir heureux.
Vous avez connu de bonne heure l’ivresse d’une
réputation mondiale, légitimement acquise. Les hon¬
neurs, que vous n’avez jamais sollicités, vous ont élé
^décernés aux applaudissements de tous, parce que
tous savaient qu’ils vous étaient dus. Mais, au milieu
de cette gloire qui aurait pu égarer un esprit moins
sage que le vôtre, vous êtes demeuré le plus simple
et le plus naturel des hommes.
Dans votre belle Clinique de Cochin, fruit admi¬
rable de vos ellorls et de votre expérience, où, liier
encore, des centaines d’auditeurs, venus des quatre
coins du monde, se pressaient autour de vous, vous
êtes resté pour tous, même pour les plus humbles,
d’un abord aussi facile que par le passé et nul ne
peut dire que vous ayez jamais refusé de l’écouter
avec 'bienveillance. Nous, vos plus anciens élèves,
noua vous y retrouvions tel que, jeune agrégé et jeune
médecin des hôpitaux, vous veniez jadis passer avec
nous de longues heures au milieu des malades ou au
laboratoire, dans une atmosphère de familiarité, de
camaraderie, d’allection mutuelle dont le souvenir
reste à jamais gravé dans nos cœurs.
Votre foyer, où une compagne et un fils tendre¬
ment aimés nous accueillaient fraternellement, avec
une bonne grâce charmante, était devenu le centre
d’une grande famille oi'i les bonheurs de chacun
étaient ressentis par tous, où nous étions certains de
trouver, aux heures difficiles, un conseil, un appui,
une consolation.
Hélas ! l’instant est venu où un mal subit et impla¬
cable a frappé celui qui nous avait ainsi guidés dans
l’existence et que nous espérions conserver longtemps
encore. A l’appel des vôtres nous sommes tous
accourus. Mais rien ne pouvait vous arracher à la
mort. Pendant de longues heures d’angoisse nous
avons vu la vie vous abandonner peu à peu. Mais
votre fin a été telle (jue vous aviez dù la souhaiter,
sereine et douce, dans les bras des deux êtres qui
vous étaient les plus chers au monde, parmi les
pleurs de vos élèves serrés autour de vous pour
recueillir votre dernier souffle, comme ils l’étaient
chaque année pour entendre votre première leçon
clinitjue.
Et, maintenant, voici le foyer privé de son chef;'
toujours vivante. Autour de votre femme et de votre
fils que nous aimons comme nous vous avons aimé,
vos élèves, vos amis continueront f> se grouper,
comme aux jours heureux d’autrefois, La famille
restera ce qu’elle était et le culte de votre souvenir
y cimentera une union qui ne se relitchera jamais.
Vous pouvez diu’inir en paix, nion clier maître,
mon cher patron. Votre tàclie est accomplie. Votre
œuvre vous confère une gloire impérissable. L’école
que v(ms avez formée reste animée de votre esprit.
Elle pourra témoigner que votre existence tout
entière a été l’iionneur de la médecine française el
un exemple qu’il faut proposer à la vénération de
El (juand nous ne serons plus h'i pour dire ([ue
nous vous avons vu au travail et que nous avons
recueilli vos paroles, l’héritage scientifi(|ue que vous
laissez derrière vous est assez riche jiour rappeler
aux générations nouvelles que vous avez été grand
parmi les plus illustres de notre profession ; pour
leur faire envier le sort de ceux qui ont eu le bonheur
de vous connaître, d’être honoré de votre amitié el
de vous aimer.
Université de Paris
Clinique des maladies cutanées et syphilitiques.
- Des s(U’ies de travaux praticpies d(- laboratoire a])pli-
ipiés à lu Dermatologie el à la Syjdiiligrapliie, auront
lieu au laboratoiri' de la Faeulti' On'ijiilal Saint-Louis, 4l),
rue liiehal), sous la direction de M"' Olga Hliuscben',
chef de laboratoire.
Les séances auront lieu de 17 h. à l*.l h.
Picmier courx. - - Ultra-microscopie. Cidoralion du tr(‘-
poniMue. Spirilles banaux. — l’onction lombaire. Liquide
eéplialo-rachidieu. Bacille de Duerey. Gouoeoque.s. Mi¬
crobes jiyogèues. Autovaccins. — Bacille tuberculeux.
Bacille de Hansen. — Mycoses. Sjiorolrichoses. Teignes.
Examen direct. Cultures. — Hématologie. — Technique
de la biiqisie. Coupes (inclusion et cidoratiou}.
Deuxième cuuix. - Réactions 'de Wassermann, de
Hccht, etc.
Les élèves fout les inanipulatioiis iudividmdiement. Ils
peuvent emporter les préparations, les coupes el les cul¬
tures. Un cerlifical leur est remis à la lin (le la série des
travaux pratiques. Prix de chaqu( . . : 200 fr. Les
bulb'tius de versement sont d(*livrés (((i s(‘crétarial de b(
Fa('ult(* (gnichel n'' 1',. les lundis, mercredis et vendredis,
de l'i il 1(1 b.
Pour tous renseigneuK'uts el dates des si'imees. S’adiM's-
ser il M"° Olga l'.liaschelf. laboratoire de la Fneullin
hi'qdtal Saint-Louis, 40, rue Bieliut, le matin, de 10 h. il
Il h.
Chaire d’anatomie pathologique. - A partir du
2:t Janvier, les leçons du merereUi seront eonsaerims à
ri-lude (II- ({ueslions d'aetnalili'.
à 10 h. (Petit uinjihitbi'âtre), par une si'-rie de leçons sur
le eaiieer.
Institut d’Hygiène Sur lu demande de M. Henri
Sellier, an nom de la 0' Commission, le Conseil généra!
de la Seine vient d'allribner à l'iuslilul d’Hygiéue de la
Faculté de Médecine une subvention de 10.000 fr.
Concours
Dispensaires antituberculeux. — lu rimt-nurs sur
litres mira lieu pour la nomination irun inédeein spécia¬
lisé eharj^é de Diopensaircs dans la Loire - Inférieure
(Voir pour les conditions de noininalion et les uvanlages
le Statut type des médecins spécialisés) aura lieu dans lu
seconde <iuinzaine de Février.
Les dossiers dexronl être trunsmis au Lomité national
■ de Défense contre la tuberculose, 00 bis, rue Notre-Dame-
des-Cliainps, Paris (VP).
Nouvelles
Distinctions honorifiques. - Lr.niox n honneuu. —
Commandeur. — M. .Michel, miideein général de 2” cbiHse
de la marine.
Offieicr. — M.M. Carrière, professeur à lu Faculté de
.Médecine de Lille; Huber, Lesire, il Paris; Le lierre,
médecin en chef de 2" classe du Service de Santé de la
marine; Lepeuple, Poupelain, médecius principaux du
Service do Santé de la marine.
Chevalier. — MM. Abbalucci, médecin bactériologiste
au centre de réforme de Bastia; Lévy (Jules), Surrel,
assistant radiologiste à l’hôpital Saint-Louis; Pervès,
mi'dei’in de 1'" classe du Servii'c de Sanli’ de la marine;
104
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 19 Janvier 1929
N» 6
Dubrciiil, professeui* ù la Faculté de Médecine de.
^lÉDAILLK u’ifONNliUK DES ÉPIDÉMIES. — Mcüaillc d'of.
— MM. Stocke, à Lagos (Nigeria) et Yoiing, ù Accra
(Gôld-Coast), à titre postluiinc.
Médaille de vermeil. — NM. Hcénkès, A Lagos (Nigeria);
Sellai’ds, à ]lo.ston.
Médaille d'argeui, — .MM. Aitkcn, Hamsay, à Lagos
(Nigeria); Selwyn Clarke, à Accra (Guld-Coast).
Congrès des médëcins aliénistes et neurologistes
de France et des pays de langue française. — Kn
raison de nécessités, locales, la Jlîl” session du Congrès
des aliénistes et neurologistes de France et dos ])ays do
langue française se tiendra à Barcelone, du 21 au 2G Mai
1029, au lion do la date ju'iinitivoniont fixée.
Institut prophylactique. — Le Conseil général do
la Seine, sur la proposition do M. Henri Sellier, an .nom
do .la 3*' Commission, a décidé d’allouer pour l’année l}»29
à rinstitut prophylactique une subvention de 350.000 fr.
Conseil d’hygiène publique et de salubrité, —
Par arrête du Préfet do la Seine, M. Triilat, membre
titulaire du Conseil d’iiygiène publique et de salubrité du
département de la Seine, est nommé vice-président dudit
Conseil pour rannée 1920 au titre de la Préfecture . de. la
Médecins inspecteurs des écoles. — Sur la de¬
mande de M. Garcbcry, au nom de la 5” Commission, le
Cogseil général de la Seine vient de prononcer le renvoi
A l’.\dministration d'uiic pétition de la Société' des méde¬
cins inspecteurs des écoles de la Ville de Paris cl de la
Médecins des asiles d’aliénés de la Seine. - Sur
la ])rupusitiun de M. Chausse, au nom de la 3" Commis¬
sion, le Conseil général de la Seine vient de pnmoncer la
validation du temps de service ace«mii)li comme chef de
elinique titulaire par les médceius des asiles d’aliénés de
la Seine.
Ecole du Service de Santé militaire. — Par déci¬
sion ministerielle du h Janvier 1929, les prix de la bourse
<;l.du trousseau pour les élèves admis à l’école de service
de santé militaire, à la suite du concours de 1928, ont été
fixés ainsi qu’il suit : 1** Pension, 2.850 fr. ; 2“ Trousseau :
o) Pour les élèves avec 4 inscriptions, 5.8lü fr.
b) Pour les élèves admis avec le certificat d’études phy¬
siques, chimiques et nalurclles, G. 520 fr.
' 22« Voyage d’études médicales aux stations
hydrominérales et climatiques des Alpes. -- Le
22" V. E. M. aux stations françaises de cure aura lieu
dans la première quinzaine de Seplembre 1929, dans la
région des Alpes, sons la tri])le direction seientifiipie des
j)rur. Paul Carnot, Maurice . Vlllarel et Piciy. Il sera
organisé par le D"" Piery, j>rofessour d’hydrologie théra¬
peutique et climatolugiiiue de la Faculté de Médecine de
Lyon.
Après la visite de la l'acnlle de Lyon, la (concentration
sc fera à Vais. JjC trajet s'elïcetuera en nulocars alpins,
de Briançon à Eviun, où aura lieu lu dislocation. Sueees-
fiivemcht seront visitées les stations climatiques et hydro-
logiques du Briançonnnis, du Dauphiné et de la Savoie.
Le programme définitif et les conditions du voyage
seront publiés dans les journaux médicaux aux environs
de Pûques.
Commission des logements insalubres. — Par
arrêté de M. le préfet de la Seine, sont nommés membres
de la Commission des logements insalubres de la Ville
do Paris pour une période do six années du l®*" Janvier .
1929 nu 31 Décembre 1934 :
MM. Aureillc, Gouloii, Gourichon, Mansion, Ber oron,
Capcl, Dclcourt, Doueet, Rigaud, Taillebois.
Fédération nationale des blessés du poumon et
des chirurgicaux. — Sur la demande de M. Fianeetlo,
l■apl)ortcur général du budget, le Conseil général de la
Seine vient de prononcer le renvoi ù l’Adminislraticm,
avec avis favorable, d’une pétition do la Fédération iia-
liunule des blessés du poumon et dos cliirurgicaux, dont
le siège social est, 55, rue Bobillol, ù Paris, demandant
ratlribiition d’une subvention de 250.000 fr. pour l’exer¬
cice 1929, pour l'aider dans les dépenses de eonstriiclion
et de foiiclionnemcnt des dispensaires qu’elle possède
laul à Paris qu’on province.
Bal de la Médecine française. — Le 3“ bal de la
médecine française, organisé par la Société de secours
mutuels pour femmes et enfants de médecins (F. F. M.),
sons le patronage de l’Association générale des médecins
de France, an profit des veuves cl orphelins du eoiqjs
médical, aura lieu le samedi 9 Moys prochain, ù 10 h.,
dans les salons de la mairie du X® arrondissement, 72,
rue du Faubourg Saint-Martin. Le prix de la carte (*.sl
fixé à 50 fr. 11 est réduit à 30 fr. pour les membres du
corps médical cl à 20 fr. pour les étudiants et danseurs.
On trouve des cartes : M. J. Bongrand, 5, rue de Sun ne,
Paris (8‘); M. A. W'ateict, 21, rue Violet, Paris (15“).
Corps de Santé militaire. — Les élèves de l’Eeoh;
du Service de Santé militaire reçus docteurs en médecine
en Novembre et Décembre 1928 et nommés médecins
liculcnants reçoivent les aiïectations suivantes : MM. Con-
loma, Moulinié, Igerl-Freyche, Batllc, Pau, Vives, Four¬
nie, Borgomana, Merlin-Lcnias, à l’hèpital militaire de
Toulouse; Bedos, Toiirniaive, Brun, Passa, Chaudey,
Vial, Meunier, Guillcman, Espinasse, Baroni, Protar, ù
riiiJpiUil militaire d’instruction Dcsgcncltcs, à Lyon;
Parlunge, Mandilhui, Massios, Lanore, Guiehasne, Gc-
naud, Monginet, Delmas, Chaport, à l’hopitol militaire
dcBord(M(ux; Soulier, Laverie, Barrai, Trulani, Chap-
j)Oux, Nagurdel, Poisson, Laeorre, Monlagard, Le Fau¬
cheux, Le Quement, Parnet, de Casaban, Fraimhault,
Olivier, Vaissie, Clavel, Seslio, Uodel, Bernard, Ollivier,
Sarda, Pierre, Télé, aux hôpitaux militaires du gouver¬
nement militaire de Paris; Stolzel, Morin, Vaudin, Bcr-
gondi, Minra, à l’h(>pital militaire d’Alger; Chausset,
Campredon, Baenziger, Coiitle, Cosset, Rouyer, Oudjuri,
à lh(*>pital militaire de Strasbourg; Ravel, Dain, Aubert,
Ferry, Azema, Giemier, Miquel, Calvet, aux salles mili¬
taires de riiospice mixte de Montpellier; Rouyer, Cam-
juedou, à rimpital militaire de Slrashoiirg; Wiltz, Ver-
ney, Poncelet, Geay, Dupuy, Nouail, Roche, à l’hôiMlul
militaire de Nancy; Charles, Vergez, Monet, Delaby, ix
l’hôpital militaire de Lille. ;;
— Sont arrêtées les mutations suivante.s : Médecin
commanduiil. M Mnnziols est affecté provisoirement à la
place de Lyon.
Médecins capitaines. Sont affectés : MM. Meersseinany
au laboratoire central de recherches bactériologiques et
de sérologie de rarrncé, à Paris; Picot, à l’in^pilal mili¬
taire ViUemin, à Paris; Bon Hanna, à l’armée française ,
du Rhin; Gaueh, à l’hospice mixte de Clermont-Ferrand;
Dcbrie, au 19" corps d’armée ; André, au 10" bataillon de
chasseurs à .pied, à Metz.
Médecins lieutenants. Sont affeclés : MM. Tricoirc, aux.
troupes du Maroc; Rouzuud, aux troupes du Levant ; Du-
oouroau, aux territoires du Sud-Algérien.
— Souljiommés médecins lieutenants et sont ulïeclés :
MM. MonUignard, Passa, Touriiiaire, ù rhôpilal mililuirc
d'instruction Desgeneltes, à Lyon; Delmas, Guichène,
Mandillon, à l’impilal militaire de Bordeaux; Nouuil,
Clavel, à l’intpital mililuirc d’instruction du VaI-de-Gn\cc,
— Est promu au grade d.c médecin lieutenant-colonel,
iM. Pelher, médecin commandant.
Actes de la Faculté de Paris
Examens dè doctorat.
Mercredi 23 Janvier. — Clinique médicule. FucuUc,
1 il. — Clinique chirurgicule. Fucullé, 1 U. — Clinique
bh.slélricale. Faculté, 1 h.
Jeudi 24 Janvier. — 2° A. R. Faculté, 1 h. — Clinique
médicale. Faculté, 1 h. — Clinique obstétricale. Faculté,
1 h.
Samedi 26 Janvier. — Clinique chirurgicale. Faculté,
1 1). — Clinique obstétricale. F'uculté, 1 li.
Thèses de doctorat.
Lundi 21 Janvier. — Batut (E.) : Consultation de stéri¬
lité (H ans hôpital J.aribolsièrc). — Diculol (René) ; Trai-
Icnient des ostéo-artlirites tuberculeuses du genou. — Po-
lanco (M.) : Peste cl rat Proofîng. — Jury : MM. Couveluire,
Ombrédunne, Tuuon, Mathieu.
Mercredi 23 Janvier. — Thèse veterinaire. — Rossi¬
gnol : Etude sur l'élerage oi’in en Sc!nc-el-Marnc. — Jury;
MM. Gosset, Dccliunibre, Moussu.
Samedi 26 Janvier. — Roger (E.) : Introduction à t é/iide
des phénomènes sympathir/nes superficiels dans les lésions
hépuiorésiculaircs. — Paulicr (M.) : Les éprenres pharnia-
cndi/namirpies dans la catatonie. — Davidoviei (D.) ; Elude
de la mccinat'on antidiphtérique. — Camps (S.) : De la
réduction de rapacité ouvrière délermincc par les cicatrices
an cours des aecidenis du irarail. — Noger (A.)- ; Etude
clinique des épendymites séreuses. — Jury : MM. Carnot,
Claude, Terrien, Lercboullet.
Thèse rélérinairc. — Fandenier : De t’hysiérecloinic chc:.
les carnirores domestiques. — Jury ; MM. Jeannin, Coqnot,
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu’elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
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23 Janvier 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
FERNAND WIDAL
(1862-1929) >
Par J. -A. SICARD.
La main qui nous avait, si souvent, ouvert,
tout grands, les fenâtres et les horizons nouveaux
de la clinique et du laboratoire, n’est plus là pour
nous montrer le chemin. Et, de ne })lus la sentir
j)rès de nous, seeourable, directrice, et même
parfois quelque peu autoritaire, nous sommes
dans une grande détresse.
Les puissants de l'intelligence et de l’idée, les
conducteurs d’hommes, ceux qui ont donné le
meilleur de leur énergie à la science, devraient
être des privilégiés des ans, et pourtant, par une
injuste contradiction, le sort leur limite et leur
mesure trop fréquemment la route qui leur restait
à parcourir. Widal meurt jeune encore, en pleine
maîtrise, en pleine apothéose. Et, s’il est un apai¬
sement à notre douleur, c’est que, précisément, il
n’aura connu ni les affres de la vieillesse, ni les
angoisses d’une pensée qui s’interroge et qui sent
la flamme vaciller et prête à s’éteindre. Il a été
frappé brusquement dans ce cerveau à qui il
avait tant demandé et qui l’avait si harmonieuse¬
ment et magnifiquement servi.
Il a été un créateur de génie. La joie de son
âme était dans l’action. Il voulait de l’initiative et
du bon sens. Toutes ses œuvres resteroiit comme
l’expression d’une doctrine convaincue et vivante,
mais surtout claire et directe. Il a su dégager le
fait qui porte et rayonne et s’impose. Il a construit
pour de longues étapes.
Ses élèves, ses amis le pleurent. Il a laissé sur
eux l’empreinte ineffaçable, la vision qui demeure
et s’attache à tout l’être jusqu’à ses derniers pas.
Il a été pour eux l’initiateur, le conseiller et le
soutien passionné de toujours.
Et quand le temps aura jeté son voile sur la
tristesse qui nous étreint tous aujourd’hui, le nom
de Fernand Widal cessera d’appartenir au cercle
de ses disciples, de ses amis et de ses proches,
il s’inscrira dans l’histoire, à la postérité, parmi
les plus grands.
***
Il était né sur la terre algérienne, à Dellys,
alors que son père était médecin dans l’Armée
d’Afrique. De sa très jeune enfance qui s’était
écoulée là-bas, il ayait inconsciemment gardé la
nostalgie des pays chauds et des ciels bleus et,
quand il m’avait accueilli auprès de lui, à son
laboratoire de Beaujon, en 189(5, il aimait à me
parler de mon pays d’origine et à me vanter le
charme de ces régions. Je l’entends encore pendant
la guerre, en tournée d’inspection, le long de
cette corniche ensoleillée, d’où nous regardions
les îles voisines et où il évoquait le souvenir de
Monte-Cristo, me dire qu’il ferait si bon d’avoir,
là, son laboratoire et sa clinique et d’y finir ses
jours. Et quand, visitant une exposition particu¬
lière, j’attirais son attention sur les tableaux de
Montenard, où se reflétaient les tonalités crues des
routes poussiéreuses du Midi, ainsi que sur les
peintures d'Olive, avec la mer irisée et mouton¬
nante sous l’embrun du mistral, il ajoutait qu’il
avait eu tort de louanger les peintres bretons, et
que les landes de Bretagne étaient loin d’avoir
la poésie et le charme des côtes lumineuses et mi¬
roitantes de la Provence.
Durant ces récentes années, il avait fait choix
de Primitifs dont il avait orné les murs de son
cabinet de travail, et qui ont veillé son dernier
sommeil. Il était heureux de les faire admirer à
ses élèves et, après l’armi.stice, il me faisait part
de son désir de retourner à Bruges, pour étudier
de plus près la légende de sainte Ursule et les
tryptiques de Memling et de Van E}'ck.
II aimait les voyages. Cependant, se détacher
de Paris, de son hôpital, de ses travaux, de son
« boulevard Haussmann « pour traverser la mer
et aller au loin, cela lui apparaissait comme une
petite révolution, un projet surhumain, un obstacle
insurmontable. Longtemps il hésitait. Mais le
retour était toujours enthousiaste. Il avait rap-
})orté d’un séjour qujil fit en Egypte, vers 1900,
une collection de vues photographiques prises
par lui-même, et après les longues après-midi
passées ensemble au laboratoire à mesurer heure
par heure les pouvoirs agglutinatifs du sérum
typhique, — la soirée se prolongeant sous le toit
familial, où l’attendait la chaude tendresse des
siens, de sa femme et d’une aïeule, cœur et intelli¬
gence d’élite, M‘““ Ulmann, — il me faisait assis¬
ter, dans son stéréoscope, à la vision des temples
de Karnak, de Louksor, il m’initiait aux mystères
du Sphinx, des Colosses de Bhamsès et des hypo¬
gées de la vallée des Rois. Et, deux jours avant
que la mort ne glaçât ses lèvres, alors que, dis¬
crètement, je l’entretenais du Congrès du Caire,
il avait encore gardé contact avec toute cette
évocation du passé. '
L’Amérique du Sud, surtout la République
Argentine et le Brésil, l’avaient accueilli en
triomphateur. Les leçons qu’il avait faites là-bas
avaient eu en France un écho prolongé, et, nous
tous, étions fiers de la gloire qu’il avait fait ainsi
rejaillir sur la France.
Il avait une tendance à évoquer Napoléon. Les
tableaux de Bonaparte et ceux du roi de Rome
éveillaient toujours sa curiosité. Tout récemment
encore, au cours des quelques loisirs que lui
laissaient la rentrée de la Faculté, je le rencon¬
trais dans sa voiture — car il était, malheureuse¬
ment, rebelle à tout exercice physique — il avait
en mains un volume sur Napoléon. C’était le
livre récent de l’Allemand Ludwig, d’une très
belle tenue, du reste, et qu’il mettait en parallèle
avec l’histoire raisonnée et déterministe d’Albert
Sorel et avec l’épopée à détails infinis, parfois
trop minutieux, ajoutait-il, de Frédéric Masson.
Mais l’ombre, qui nous précède à l’aube, s’étire
derrière nous quand vient le crépuscule. La
pointe* d’inquiétude et d’angoisse qui perçait déjà
chez le jeune agrégé s’amplifiait chez le Maître à
l’âge mûr. Les événements politiques, l’avenir
matériel du pays devenaient souvent, depuis la
guerre, le sujet de ses préoccupations. Dès lors,
le ton de la conversation changeait, et il ne souf¬
frait plus que bien malaisément discussion ou
contradiction. Et, malgré moi, revenait ainsi à
ma mémoire, une époque troublée, alors que j’étais
son interne, époque que les jeunes n’ont pas con¬
nue, où les passions étaient attisées par les opi¬
nions les j)lus violentes et les j)lus contradic¬
toires et où l’esprit loyal et critique de Widal
n’admettait pas non plus de réplique. Dans son
admirable leçon de professorat où il fait l’éloge
d’un autre de mes maîtres, de Brissaud, quelle
finesse d’appréciation de ces temps agités : « En
Brissaud, disait-il, les vertus intellectuelles se
complétaient par la force morale. Il avait le culte
de la vérité. Il ne tolérait pas que son sens du
droit fût meurtri. Il se montrait alors d’une ar¬
deur inlassable et avec îles élans d’une convic¬
tion si profonde que, pour parer à une injustice,
il aurait été jusqu’au sacrifice de lui-même et des
siens. »
Widal avait une faculté d’assimilation prodi¬
gieuse et un talent dejparole remarquable. Quand
il prit possession de sa chaire de clinique, ce fut
sans une note qu’il pénétra dans l’amphithéâtre et
fit, devant un auditoire frémissant et enthousiaste,
une leçon éblouissante de clarté et d’originalité,
Et, pourtant, nous, ses élèves, nous savions
quelle était son émotivité dans l’attente de la
leçon ou de la conférence qui allait s’ouvrir,
Mais il était loin de se plier au « paradoxe do
Diderot «. Il ne parlait j)as en automate. Sa per¬
sonnalité n’était pas dédoublée. Il était pris tout
entier par son rôle. Il s’y donnait complètement.
Dès l’instant qu’on l’écoutait, on était à lui, on le
suivait passionnément, tant les jjortraits clinicpies
étaient vivants et les formules heureuses. Peu do
gestes, la mimique de la face suppléait au mouvez
ment du corps. La parole était nette, élégante et
claire. Parfois cependant, dans ses toutes pre-r
mières leçons d’agrégation, quand, entraîné par le
feu de son argumentation, l’articulation devenait
quelque peu moins précise et qu’il s'en rendait
compte, lui, qui voulait toujours tendre vers la
perfection, eut recours à un maître de la Comédier
Française. Il eut l’énergie, pour ses élèves, de
prendre des h'çons de diction. Il aimait, quand
nous travaillions ensemble au laboratoire, à me
dire gaiement, en taquinant ma myoj)ie : heureux
les myopes, ils ne devraient jamais connaître la
peur de' l’auditoire ; et il ajoutait en plaisantant :
« Vous êtes comme Mounet et Berr et Jeanne
Samary; j’ai eu, par mon professeur, leurs conT,
fidences certaines. Eh bien, ils out le trac, eux
également, mais ils sont très my'ojx's, ils n’aper-
çoivetit du public que des masses sombres et leuf
myopie leur est fort utile ».
Widal était aussi, malgré son énorme labour
scientifique, un amoureux de la vie, et des bonnes
et belles choses. Ses grands amis Vaquez,
Babinski (et Enriquez s’il était encore parmi
nous), pourraient attester, dans l’ordre culinaire,
des excellents menus élaborés à Evian ou à Paris,
chez les ])lu.s réputés traiteurs. Il était égalotnent
curieux des mondanités et des échos de la presse
artistique et littéraire et même de ceux de la tri¬
bune politique. Il trouvait le temps d’aller
applaudir ses amis Viviani et Briand et de
prendre avec eux, me disait-il, des leçons d’élo¬
quence. Il m’avait entraîné, date inoubliable, à la
séance historique dji 2 Août 1914, au Palais-
Bourbon, où, dans le silence prestigieux de
l’Assemblée entière, nous entendîmes, tous deux
côte à côte, la déclaration, si belh- et si tragique
dans sa simplicité, lue par Viviani, de l’ordre de
mobilisation! Après avoir proclamé que notre
couverture d’armée avait été éloignée de plus de
dix kilomètres de la frontière, Viviani ajoutait de
sa voix chaude et vibrante ; « La France est sans
reproche, elle sera sans peur. » Et ce fut la pre¬
mière fois que je vis chez Widal, chez cet homme
d’un sang-froid admirable et d’un si bel équi¬
libre, ses yeux se remplir de larmes.
Je m’excuse d’avoir tant parlé de moi en par¬
lant de mon Maître, mais j’ai laissé causer mon
cœnir des jeunes et des vieilles années. Chacune
des paroles de celui que j’ai tant aimé et vénéré
s’est si bien gravée dans mon esprit (prelle a pris
corps unique, rehaussée de cette menue pointe
d’orgueil du disciple pris pour confident.
Avant que Widal ne fût j)rofesseur de clinique,
ses loisirs d’étude le portaient ])resque exclusive¬
ment aux recherches de laboratoire, mais, quand
il fut à la tête de ce magnifique groupement de
Cochin, qui était son (cuvre et sa fierté, dont il
avait étudié minutieusement tous les plans et sur
l’emplacement duquel, avant son édification, il
lOG
• LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
avait convoqué successivemenl la plupart de ses
éléves j)Our solliciter d’eux conseils et criticpies,
il, eut à cœur de maintenir toutes les traditions de
la clinique française et nul plus que lui ne triom¬
pha dans ce dessein'. Il sut retenir et grouper
de nombreux étudiants.
Dans S(!S services, véritables ruches, se pres¬
sait, dés les premières heures matinales, son état-
major, chefs de clinique, internes, externes, avant
l’envahissement des couloirs et galeries par la
cohorte des médecins étrangers, ceux-ci venus
des (piati-e coins du monde. Depuis Dieulafoy,
dont W'idul était le discij)le, on ne vit jamais
])areille atmosphère autour d’un clinicien. Mais
il n’avait pas la préséance étudiée du Maître de
riIôtel-Dieu, et souvent blouse d’hépital et tablier
étaient fort mal assujettis. Il avait ce])endant la
coqiK'ttcric de sa taille dont il ne voulait pas
jjerdre un [)oucc, et les crises de goutte de ces
dernières années l’avaient, à cet égard, double¬
ment affecté. Le visage était régulier, et r<i‘il, dans
la conversation, interrogeait très vif et mobile.
Si sa moustache se refusait ([iKîhpie peu à blan¬
chir, comme le ra])pelait son ami, le fin lettré
([ii’est .Maurice de Fleury, par contre, ses cheveux
taillés en brosse, drus, étaient demeurés naturel¬
lement noirs, et donnaient à sa j)hysionomie un
aspect jeune et militaire. Il détestait les exercices
pliysi(pies, et la marche était manifestement, pour
lui, un effort, même au printemps de sa vie.
'l’oujours il restait assis lorsqu’il « faisait la leçon
au lit du malade .Mors, le regard, j)eudant la
lecture de l’observiilion ])rise ])ar le chef de cli-
iiitpie ou l’interne, se modifiait, et Widal parai.s-
sait absent, lointain, rêveur. Pourtant aucun
détail ne lui écha])[):iit. Tout était aussitôt classé
et inter])rété dans ce i)uissant cerveau. Avec
<piel talent de magicien, <pielle baguette enchan¬
tée, le Maître reprenait les éléments du dia¬
gnostic! 11 |)récisait les détails, montrait les
erreurs, les lacum's, puis mettait en phûne lu¬
mière le fait saillant : dissei'lation d’un admirable
enchaînement, d’une logicpie im})eccable, a|)j)uyée
de documents personnels et de souvenirs vécus.
Les idées, au fur cl à mesure de leur développe¬
ment, surgissaient é-vocatrices, sous le contrôle
de la biologie, (l’était la leçon française inimi-
tabh-, à hupielle M'idal excellait, celle que
l’étranger nous envie, ([\ii est la plus élégante et
la |)lus utih' de toutes les synthèses clinîcpies, et
(pii s’adapti' si bien à nos (jualilés de race, d’ob¬
jectivité, de méthode et de clarté. Widal mettait,
en effet, son oi-gueil à être clair -- la tendance la
jilus belle de nolri' tradition nationale.
Il fallait bien que ^^'idal eût une intuition et
une inspiration géirîales, pour (pie les travaux
originaux, les nomlireiises découvertes dont il a
enrichi la 'science et ((iii étaient jiour la plupart
élaborées dans son laboratoire, aient été conduits
à bien par son seul cerveau. Je ne l’ai jamais vu
prali([uer lui-méme une prise de sang, une jionc-
lion lombaire, une injection intraveineuse, ou
même une simple [liipire soii.s-cutanée. C’était le
conducteur d’hommes dans toute l’accejition du
mol, le grand capitaine. 11 méditait et prévoyait.
Puis il discutait avec ses cleves 1 idée entrevue
d’abord et. bii'iitôl apres, pesee et choyée. Il en
déduisait les expériences necessaires à sa réalisa¬
tion. Ses plans étaient exécutes et il en contrôlait
miniilietisemenl les plus [infimes details. II était,
dès lors, rare (pie la victoire ne fôt ]>as à lui et à
nous tous, car il nous associait à son (cuvre. C’est
à ses élèves qu’il a appris à coiinaitre les joies du
laboratoire, les joies delà découverte, les joies des
sillons nouveaux et des plaines inconnues. 11 a
su faire jaillir des sources qui ont fertili.sé les
plus belles régions de la médecine. Nous savions
tous que, jiour Widal, créer, c’était faire, défaire
et refaire, jusipi’à ce ipie l’iruvre se dégageât
complète et apjiarùt entière. Le coup de téléphone
inquiet,' angoissé, retentissait quelquefois jusipi’à
une heure avancée de la nuit pour préciser le
résultat d’une expérience ou le sens d’une phrase.
La coinniunauté d’un père scientifique forme
entre les élèves une parenté qui ne s’oublie pas.
Widal avait son école, de même cpie Pasteur et
Charcot ont eu la leur. Pas plus que ceux de Pas¬
teur, les « écoliers « de Widal n’ont jamais eu
entre eux l’ombre d’une discorde ou d’une jalou¬
sie, comme le rappelait l’autri' jour, dans un
émouvant discours, mon collègue Lemierre,
parce que le chef était juste, incapable de tout
sectarisme, de toute influence étrangère et qu’.il
obéissait au seul mobile du travail et de la droi¬
ture morale et scientifique. La parole donnée par
lui était acquise à jamais. Jeunes et vieux gro¬
gnards du laboratoire et de la clinique — j’écris
cette comjiaraison pour mon Maître qui était un
fervent de Napoléon — se seraient fait tuer pour
lui. Ses amis, ses disciples continueront, à n’en pas
douter, suivant la forte parole de Renan, à faire
valoir l'héritage scientifique qu’il ont reçu indivis
et ce n’est jias la brillante phalange de ses élèves
Bezançon, Nobécourt, Ravaut, Lesné, Lemierre,
.Merklen, Cougerot, Abrami, Brulé, Pasteur Val-
lery-Radot, J(*an Ilutinel, Crouzon, Boidin,
Darré, Faure-Baulieu, René Bénard, May, Weis-
senbach. Cl. (Jautier, Moreau, De Gennes, Kind-
berg. Jacquet, Boulin, Philibert, Lesourd, jJol-
Irain, Etienne Brissaud, Rostaine, etc., qui me
contredira à cet égard.
Il est fort difficile de fixer, d’une façon tout à
fait conforme à la réalité, les mérites de travaux
scientifiipies qui appartiennent à une éjioque dans
laquelle on plonge, au lieu de dominer, et qui
sont ainsi appréciés en dehors du recul des années.
Il est bien vrai que tout ce qu’il y a de grand, de
pénétrant, de productif, dans les (cuvres humaines,
s’amplifie, s’embellit, s’illumine d’une armature
encore plus brillante, lorsque les rais de lumière
sont projetés par les temjis iirésents. Mais je
jieiise qu’on pourra, encore plus tard, loin dans
le passé, accrocher à la cimaise, en pleine clarté,
les fleurons scientifiques de Widal, sans (jue ceux-
ci apparaissent ternis ou effacés.
Pierre Termier a écrit que la science n’est
faite que pour nous donner le sens du mystère.
Pour ^^’i(lal, au contraire, la science était beau-
couj) plus explicative (ju’évocatrice. Ses décou-
vc'rtcs reposent, non sur des hypothèses, mais sur
des faits exjiérimentaux ou biologiques. Elles
émergent au grand jour, claires, compréhensibles
Jiour tous, avec des déductions jiratiques saisis¬
santes d’ordre diagnostiijiie ou thérapeutiijue.
Un de mes maîtres, qui se plaisait en paradoxes
brillants, aimait à réjiéter : la paresse est féconde,
elle favorise la réflexion et l’imagination. Mais le
talent, même s’il est servi jiar les dons les plus
rares, ne s’acquiert et ne se conserve que jiar une
jierjiétuelle lutte. Arriver dans la vie, c’est renou¬
veler le déjiart quotidien, c’est repartir chaque
jour Widal n’a jamais connu le repos. Il a tou¬
jours été sur la brèche. Ses coups d’aile, comme
le rajijielait récemment son ami le Professeur
J.-L. Faure, dans un élogeému, étaient inces.sants.
Il a été reçu tout jeune, le jiremier à l’externat,
l'année suivante à l’internat. Il a été médaille
d’or, chef de clinique, médecin des hôpitaux,
agrégé, membre de l’Académiede Médecine (1908),
de l’Académie des Sciences (Institut, 1918). Il
était, en outre, membre du Conseil supérieur de
l’Instruction publique, membre du Comité con¬
sultatif et, depuis l’an (iernier,. grand Croix de la
Légion d’honneur. Les honneurs étaient allés à
lui sans qu’il les eût recherchés.
La spécialisation est la loi de l’activité moderne
et l’une des conditions de ce que l’on nomme le
progrès. Comme le rappelait mon collègue Léon
Bernard : Aristote, le philosophe stagirite, disait
que le législateur ne doit jias permettre au môme
individu « de faire des souliers et de jouer de la
flûte ». Mais ce n’est pas là motif suffisant pour
renoncer aux idées générales qui continuent à
rester les grands moteurs de l’esprit humain
Widal n’a pas été l’architecte de ces temples du
Moyen Age où le jieuple aimait à retrouver la tota¬
lité des connaissances humaines, mais il a pénétré,
quand môme, dans maints domaines des' sciences
médicales. Il ne s’est pas cantonné à une branche
de la médecine. Il n’a pas cru préparer l’avenir
en réjiétant le jiassé. Sa jjensée n’a jamais été
routinière et il est resté sans jieine hors des sen¬
tiers battus.
Dans une éloquente profession de foi à laquelle
je ferai des enijirunts, Widal, aussi pénétrant
lorsqu’il se jugeait lui-méme que lorsqu’il ajipré-
ciait autrui, écrivait : « J’ai toujours été jalein
de cette pensée que la culture des sciences phy¬
siques et naturelles était la première des obliga¬
tions pour le médecin qui veut s’adonner à la
recherche. Ces sciences, outre qu’elles lui ouvrenf,
sans cesse, des horizons nouveaux, lui four¬
nissent des moyens d’investigation précis, des
techniques réglées et des procédés de mesure qui
lui jiermettent d'ajaporter la rigueur là où il n’y
avait encore que l’à peu près et de mettre la cer¬
titude là pù l’on ne recueillait que des impres¬
sions. C’est en apjaliquant les méthodes de ces
sciences que la médecine devient elle-même une
science. »
Widal s’est efforcé de conduire ses travaux
d’après les règles de la méthode expérimentale.
Au médecin qui sait ce qu’il cherche, l’observa¬
tion des malades offre parfois des cas jarivilégiés
ayant la valeur d’expériences spontanées. Ces cas
ne représentent pas seulement un fragment de la
vérité clinique comme le font beaucouja d’iaxpé-
riences que nous provo(juons chez les animaux ;
ils Représentent la viirité tout entière parce qu’ils
ont l’avantage d’apjaaraître sur le sujet humain.
Ils peuvent suffire par là.môme à donner la solu¬
tion d’un problème depuis longtemps posé.
L’observation princeps d’cedèrne chez un brigh-
tique, rapjaortée jaar WTdal avec Lemierre, en est
un exemple frapjaant.
Et lorsque le médecin est en jaossession de
vérités nouvelles, il ne doit pas jaerdre de vue
que sa mission est de faire œuvre pratique. Il n’y
a progrès en clinique que là où l’on a trouvé des
moyens, soit pour mieux reconnaître les maladies,
soit pour les mieux combattre.
Tels sont les jarincipes qui ont guidé l’effort
scientifique de Widal.
F’ervent admirat(‘ur et enthousiaste des idées
de Pasteur et des jaastoriens, l’étude des germes
bactériens, à l’aube de sa vie médicale, devait
être sa première préoccupation et sa Thèse (1889)
est le reflet de cette orientation. Tandis que
Vaquez faisait voir que les jihlébites, dites
« marasti(jues », et qui paraissaient obéir jus¬
qu’alors, sous l’influence (ie Virchow, à la loi de
l’inopexie et de l’hyjaerinose, sont jarovoquées jiar
des germes microbiens, Widal, de son côté,
montrait par des recherches microfaiologiques,
ajajiuyécs sur l’anatornie pathologique et la cli¬
nique, que l’agent habituel des différentes formes
de l’infection jauerpérale était le strejatocoque.
Dès lors, l’hypothèse soutenue jiar Criiveilhier
trouvait confirmation : la phlegmatia est bien une
inflammation de la veine, jaar déjaôt sur son endo¬
thélium du streptocoque charrié par le sang, ou par
transport de ce microbe à travers les cajiillaires
de l’adventice; le caillot se forme donc consécu¬
tivement à l’inflammation de la paroi.
Widal a bien voulu ensuite associer mon nom
à un grand nombre de ses travaux sur la fièvre
typho’i'de et les réactions agglutinantes, ainsi qu’au
cyto-diagnostic du liquide rachidien, et avec lui,
N» ^
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
dans sgn laboratoire, souvent, pendant des jour¬
nées trop courtes, nous avons fraternellement
communié — qu’il me permette cette expression
d’au delà de sa tombe.
En 1889, il établissait avec Chantemesse que
l’on pouvait vacciner les animaux contre l’infec¬
tion typhique à l’aide de cultures de. bacilles
typhiques tuées par la chaleur. On sait combien
il défendit chaleureusement sa priorité sur ce
point qui étaitle pivot de la vaccination humaine.
Ensemble, nous étudiâmes et mesurâmes le pou¬
voir agglutinatif, la façon dont il était créé, dont
il progressait, rétrocédait et disparaissait chez
l’animal et chez l’homme. Avec Nobécourt, Ecsné
e,l ro.gi-mêrae, Widal recherchait les rapports
respectifs des pouvoirs agglutinants, bactéricides, .
préventifs et de fixation. \ , 4^
En 189G, .Wright, médecin de l’armée britanni¬
que, appliqua la vaccination antityphique à
l^homme et en fit une méthode utilisable dans la
pratique. On saitjavcc quel succès, à partir de 1910,
M. Vincent appliqua le vaccin à l’éther dans
l’armée et Chantemesse et Widal le vaccin chaufl'é,
dans la marine. En 1914, la loi I.abbé prescrivait
la vaccination obligatoire de nos soldats.
Le IQ Août 1915, un an après le début des
hostilités, Widal fit ressortir que la vaccination
antityphoïdique simple était une vaccination
insuffisante et que, pour libérer l’armée de toutes
les infections, typhoïdes, il fallait injecter aux
troupes ujn vaccin mixte à la fois antityphoïdique
et anti-paratyphoïdique. M. Vincent, de 1910 à
1913, avait déjà utilisé un tel vaccin. Dès lors, là
vaccination triple a été le dernier coup porté à
l’un des plus redoutables fléaux qui s’abattent sur
les armées en campagne.
Le 26 Juin 1896, Widal proposa la méthode du
séro-diagnostic typhique, qui permet de recon¬
naître [qu’un malade est atteint de fièvre typhoïde
en cherchant simplement comment une goutte de
son sérum sanguin agit sur une culture diluée de
bacille typhique. La réaction agglutinante a
donné une preuve éclatante de la spécificité du
bacille d’Eberth, à cette époque si contestée, et
a permis de préciser les limites de la fièvre
typhoïde. Elle a, en plus, doté la clinique
d’une méthode de diagnostic simple, utilisée
chaque jour dans la pratique Le principe de
la réaction agglutinante s’est rapidement géné¬
ralisé, et la recherche des agglutinines a été
appliquée au diagnostic des diverses maladies.
C’est ainsi qu’avec Abranii, Widal a décrit le
séro-diagnostic mycosique de la sporotrichose
et de l’actinomycose, associé à la réaction de
fixation.
La méthode du séro-diagnostic a montré, pour
la première fois, tout le parti qu’on pouvait tirer
en clinique de la présence dans les humeurs de
ces; substances mystérieuses qu’on appelle les
anticorps et qui se développent à la suite de
pénétration dans l’organisme de corps presque
toujouf's de nature albuminoïdique, que l’on
appelle les antigènes et qui, dans l’espèce, sont
des bacilles typhiques ou des prodùits de ces
bacilles.
Les premières recherches du cyto-diagnostic
furent faites avec Ravaut en 1900, bientôt suivies
de celles du liquide rachidien (Widal, Sicard et
Ravaut). Le cyto-diagnostic est une méthode qui
a pour but l’étude des éléments cellulaires répan¬
dus dans les dilférents exsudats et dans le liquide
céphalo-rachidien. Cette méthode. apporte souvent
au diagnostic clinique des arguments décisifs.
Les cellules ne tombent pas au. hasard des parois
d’une plèvre ou d’une méninge. J:ieur présence, est
toujours commandée par des lésions, dje ces sé¬
reuses, et leur nature est souvent; déterminée par
les lofe de la phagocytose. Elles sont les témoins
variables dé la lutte mouvementée soutenue par
la séreuse irritée et prouvent combien les réac¬
tions histologiques des tissus lésés varient selon
la cause provocatrice. L’étude du cyto-diagnostic
rachidien en particulier donne à la médecine
générale, à la syphiligraphie et à la neuropatho¬
logie des indications telles que, dans de nom¬
breuses affections des méninges ou du système
nerveux central, le diagnostic, pour être établi, a
besoin d’une étude des éléments cellulaires con¬
tenus dans ce liquide. Cette méthode s’est rapi¬
dement généralisée en France et à l’étranger.
Son emploi s’impose dans des cas nombreux. I^e
médecin ne peut plus se passer du cyto-diagnostic
pour résoudre des questions soulevées chaque
jour par la clinique.
Puis, c’est, en 1907, l’étude, avec MM. Abrami
et Brulé, des ictères d’origine hémolytique,
A M. Chaufl’ard revenait le mérite d’avoir en cli¬
nique ou.vert ce chapitre. R montra que le sang
d’un sujet atteint d’un ictère familial présentait
une hyporésistance considérable. Avec Abrami et
Brulé, Widal établit que le cadre des ictères
hémolytiques devait être élargi et qu’à côté du
type congénital existaient des formes acquises
apparaissant au cours de l'âge adulte sous des
influences variables. Il insista également sur un
symptôme biologique rencontré chez ces malades :
la propriété que possède le sérum sanguin d’ag¬
glutiner les globules du porteur, phénomène de
l’auto-agglutinatiôn des hématies. v.
Ce sont ensuite, entre les années 1913 et 1925,
les h/eaux travaux sur l’anaphylaxie et la crise
hémoclasique, poursuivis avec Abrami, Pasteur
Vallery-Radot, Etienne Brissaud, Joltrain etLer-
moyez. La découverte si féconde de l’anaphy¬
laxie, faite par M. Richet, a montré que lorsqu’un
animal a subi une injection d’une substance albu¬
minoïde hétérogène, il est sensibilisé : une injec¬
tion seconde de cette même substance albur
mînoïde peut provoquer dans son organisme des
accidents redoutables, même si la dose est infini¬
tésimale et inoffensive pour ün animal neuf. Cette
notion dominante en pathologie générale a permis
à Widal et à ses collaborateurs de pénétrer la
nature de phénomènes cliniques qui étaient de¬
meurés jusque-là obscurs. Ils ont pu saisir tout
l’enchaînement de la crise vasculo-sanguine de¬
vançant les signes cliniques et qui se déroulent
silencieusement avant que ne surgisse le moindre
symptôme objectivement appréciable. Quelquefois
même, la crise vasculô-sanguîne est l’acte unique,
elle résufne toute l’attaque et révèle seule le choc
anaphylactique qui serait resté insoupçonné du
clinicien sans l’examen systématique du sang. La
crise peut même éclater sans l’intervention d’au¬
cune substance étrangère, comme l’ont montré
Widal, Abrami, Brulé et Rostaine, et, sous l’in¬
fluence exclusive, a frigore, d’une cause physique,
le froid : telle l’hémoglobinurie paroxystique.
Cette crise est d’ordre général. Elle edt l’indice du
bouleversement sanguin, quel que soit l’agent pro¬
vocateur du choc. Widal a proposé de l’appeler
d’un nom qui ne préjuge pas de la cause provo¬
catrice : « crise hémoclasique ».
Mais, parmi toutes ses études, toutes ses re¬
cherches, l'œuvre qui tenait à Widal le plus à
cœur, celle qu’il jugeait comme étant son fleuron
scientifique, était la conception nosologique des
néphrites, avec les déductions de thérapeutique
pratique qu’il avait établies. Aussi, quand ses
élèves et ses amis étonnés, que l’on fût si parci¬
monieux du prix Nobel de médecine en France,
voulurent attirer l’attention des pays Scandinaves
sur les titres de notre Maître, il me disait que
dans l’ensemble de ses tra.vaux, ceux sur les ma¬
ladies des reins lui semblaient être les plus origi¬
naux et les plus dignes d’être couronnés. La mort
seule a empêclié que celte distinction lui soit
attribuée et qu’un, honneur de plus rejaillisse, par
lui, sur la France.
C’est avec Lemierre, J aval, André Weill et
, Pasteur-Vallery-Radot qu’il poursuivit l’éclatante
' série de recherches à ce sujet, recherches
complétées heureusement par Ambard, avec son
postulat : « la constante ». L’attention avait
déjà été ’attirée sur le mécanisme pathogénique
des œdèmes par Chauffard et Achard, mais ce fut
Widal qui prouva d’une façon rigoureuse que
la seule ingestion ou suppression d’une dose de
chlorure alimentaire suffisait, en dehors de toute
autre intervention, à provoquer l’hydratation ou
la déshydratation de l’organisme. Il lit voir,
d’autre part, que la rétention de l’urée, contraire¬
ment à celle des chlorures, n’aboutit pas la forma¬
tion d’œdème. Il s’agit de rétention sèche. Il fit
ressortir, comme conclusion, avec ses élèves, la
nécessité absolue, pour le clinicien, d’évaluer chez
le brighlique le taux de l’urée du sang, car seule
la mesure de l’azotémie permet de prévoir le pro¬
nostic des affections rénales. Ce qu’il importe de
déterminer, disait-il, ce n’est pas l’état anatomique
du rein, c’est son état fonctionnel.
Il n’est pas d’organe dont la pathologie ait subi
dans ces temps derniers de transformation plus
radicale que le rein. Il est bien vrai que, récem¬
ment, on a cherché à établir la conception d’un
syndrome un peu spécial, le syndrome des
« néphroses », avec albuminurie et rétention de
corps acides sans azotémie ; il est bien vrai éga¬
lement que l’école de Strasbourg a montré que
l’ingestion de chlorure de sodium peut, dans cer¬
tains cas, lutter efficacement contre l’azotémie,
mais ces notions, qui paraissent, au premier abord,
nouvelles, se retrouvent dans l'œuvre de Widal
et de ses élèves. Widal s’est toujours élevé, du
reste, contre cette conception tyrannique et fausse
de la suppression, à tout propos, du sel alimen¬
taire. Il se plaisait à dire en riant : « mais ils sont
plus royalistes que le roi », en parlant des médecins
qui, outre passant ses idées, inscrivaient en tête de
leur « ordonnance » à propos d’un syndrome rénal
quelconque, ou d’artériosclérose : « suppression
absolue du sel ». Les formules générales de Widal
et de ses élèves demeureront. A l’heure actuelle,
il n’est plus de médecin assumant la respon¬
sabilité thérapeutique d’un brightique qui ne
se soit assuré auparavant de l’existence ou de
l’absence de l'azotémie, par le dosage de l’urée du
saug.
Je n’insiste pas. L’œuvre profonde de Widal
est présente à la mémoire de tous. Grands méde¬
cins enseigneurs, ou médecins de campagne,
même ceux du type héroïque balzacien, ne peu¬
vent ignorer aucune des découvertes de Widal,
puisque, sans elles, ils ne feraient pratiquement
que bien piètre besogne diagnostique ou théra¬
peutique. Tous les faits que je viens de rapporter
ici synthétiquement, ils les connaissent beaucoup
mieux par leur pratique personnelle que par l’ex¬
posé rapide que je viens d’en tracer. Et c’est le
plus bel éloge que je puisse faire du labeur de
mou Maître.
L’éclat d'une vie se mesure au vide que laisse
la disparition de celui qui l’a parcourue. Sup¬
primez par la pensée l'œuvre de Widal et vous
j.ugerez ainsi de quelles pages scientifiques l’édi¬
fice eût été privé ! Widal était une des gloires de
la France. Les savants de tous les pays s’inclinent
devant sa mémoire. Son nom restera parmi ceux
des plus grands défricheurs de la science médi¬
cale. Et je me plais à imaginer ce que sera, en
l’an 1962, la célébration magnifique de son cente¬
naire dans le grand amphithéâtre, où professeurs
et étudiants se presseront pour honorer un Maître
de la Pensée. Ces solennités sont à la fois les fêles
du souvenir et de l’espérance. La civilisation tout
entière est intéressée à ces évocations de passés
glorieux. Le temps n’assure le succès et ne donne
sa patine et sa consécration qu’aux œuvres faites
avec son concours. Widal n’a rien à craindre du
I jugement centennal de ses litres de noblesse.
108
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
GUÉRISON
SYiNCOPE ANESTIIÉSTQLE
PAU L’INJtCTION INTRARACHIDIENNE
DE CAFÉINE
APRÈS ÉCHEC DE L’ADRÉNALINE INTRACARDIAQUE
Par René BLOCH.
Depuis mes publicalions faites avec Hertz sur
l’injection intraraehidienne de caféine', je n’ai
observé aucun accident an cours de plus de quatre
cents rachianesthésies. Le cas relaté ci-dessous,
bien qu’heureusement terminé, est venu inter¬
rompre cette bonne série.
Sa publication nous a [jaru instructive : moins,
d’ailleurs, comme un nouveau procès contre la
rachi haute, dont l’indication est à notre avis tout
à fait exceptionnelle, que comme mise au point
de la valeur de la caféine intra-rachidienne.
Emelfet, l’expérience a prouvé que l’utilisation
préventive de la caféine pouvait ne pas être sans
inconvénient dans les rachis lombaires, mais
sa valeur curative comme moyen de défense
héroïque, au moment d’une syncope, reste bien
Nous ne voulons, non plus, rien retirer de sa
valeur à l’injection intracuirdiaque d’adrénaline
dont Toupet a rapporté de multiples succès et
dont l’intérêt est, certes, bien plus grand encore,
puisqu’elle s’adresse autant aux sÿncopes d’anes¬
thésie générale qu’à celles de la rachi-anesthésie.
Aussi l’avons-nous tentée en premier lieu dans
l’observation suivante :
Mn»! L.., 68 ans, entre le 12 Novembre 1928 au
pavillon de chirurgie de l’Asile clinique pour un
cancer ulcéré du sein gauche, adhérent à la paroi
tlioracique, dont elle demande instamment à être
débarrassée.
L’anesthésie générale est contre-indiquée par un
emphysème avec bronchite chronique et retentisse¬
ment cardiaque. L’anesthésie locale paraît difficile A
cause des adhérences thoraciques et de l’état mental
de la malade. L’anesthésie rachidienne est adoptée
comme pis aller.
Opération le 28 Novembre 1928 (René Bloch).
Ponction cervico-dorsale en position assise, tète
iléchie, extrêmement facile. Injection immédiate de
5 cenligr. de scurocaine à 8 pour 100 et de 25 centigr.
de caféine, sans barbotage. L’aiguille est laissée en
place deux minutes, puis retirée.
La malade est couchée doucement avec un coussin
sous la tète, elle est nettement plus pâle qu’avant la
piqûre.
Le temps d’enfiler des gants et je commence à la
badigeonner de teinture d’iode : je vois sa respira¬
tion diminuer d’amplitude et de fréquence et je
recommiinde à la malade de respirer largement ;
'mais elle ne répond pas et sa respiration s’arrête
(5 minutes à peine après la piqûre); il persiste seu¬
lement quelques mouvements convulsifs d’inspiration
du cou; on ne sent plus le pouls.
Devant l’imminence du décès, je fais immédiate¬
ment une injection intracardiaque d’adrénaline ;
l’aiguille présente seulement quelques faibles ondu¬
M0UVEME^T MÉDICAL
LE DIAGNOSTIC DE LA GROSSESSE
ET L’HORMONE DU LORE ANTÉRIEUR
Le diagnostic de la grossesse dans les premières
semaines est aussi difficile qu’important. Cer¬
taines tumeurs abdominales, les grossesses tu¬
baires, les aménorrhées de causes diverses sont
d’autant plus embarrassantes pour le praticien que
la thérupeuti<]ue varie davantage suivant les cas
et ([ti'on ne dispose J)as toujours du temps néces¬
saire pour voir les choses se caractériser par leur
évohition, 11 n’est pas jusqu’à cette grossesse
nerveuse (jui ii'olfre des difficultés réelles et sou¬
vent luéconnties coinine l’a récemment rajtpelé
Redlieh dans un travail remarquable. Acela vient
s'ajotiter éléineut iisychologitpie gênant — le
fait (pte l’intéressée elle-même, comme son entou¬
rage, vérifient le diagnostic, habituellement sans
générosité pour celtii (pii se sera trompé.
.Aussi une méthode de diagnostic de la gros¬
sesse à la fois simple, lidèh! et précoce est-elle
parmi les choses (pie le public médical attend le
plus (lu laboratoire (pii d'ailleurs la littérature
en témoigne snraboudaninienl - fait de réels
ell'orts pour arriver à un résultat irréprochable.
Les méthodes proposées se sont elfectivemeiit
multipliées à tel point ([ti’il est impossibh' de les
passer toutes eu revue, llappelons seulement
(piehpies apiilications rérentes des jirinripales et
tout d’abord de rune des plus anciennes, celle
d'.Vbderhalden, dont l'intérêt scientilbpie est très
grand. Elle consiste, on le sait, à rechercher par
la dialyse, par la réfractométrie, par la réaction
à la ninhydrim; ou au biuret, le pouvoir de désin-
lt•gratiou du sang à l'égard des albumines du pla¬
centa. Eetle méthode, pourtant, ne s’impose
1. U Presse Médicale, ii" 5.1, 11121 et n" 11, 11128.
guère dans la pratique, car elle est délicate comme
le remarque Fink qui, cependant, la trouve très
précoce et très fidèle (2 pour 100 d’erreur).
La méthode de Lüttge et Alertz est un des
exemples les plus connus parmi les modifications
qui ont été proposées à celle d’Abderhalden. Elle
n’a cependant donné, entre les mains de Schultze,
que 60 pour 100 de résultats corrects. Sur 218 cas
examinés, Edith Weigert trouve, avec cette même
méthode, les résultats corrects (87,5 pour 100 chez
les gravides et 81,5 pour 100 chez les non gra¬
vides) insuffisants surtout au début de la grossesse.
Le procédé de Monter et Grafenberg rentre
également dans cette catégorie. Il (insiste à
mélanger de la pulpe de placenta avec le sérum à
examiner, à ajouter au mélange de la ninhydrine
et à observer les changements de couleur. Sur
95 sérums de femmes dont 53 étaient enceintes,
il y a eu 48 réactions positives. ‘Chez les 42 femmes
non enceintes, la méthode a donné 40 résultats
négatifs.
A côté de ce groupe de méthodes il faut signa¬
ler encore les procédés fondés sur le trouble de
la glyco-régulation si caractéristique de la gros¬
sesse (Marcel Labbé). La glycosurie alimentaire
a ainsi donné lieu à des travaux nombreux, sou¬
vent contradictoires (Lévy-Solal, Laudat et
M"'' Wollf). Bokelmann etRother trouvent ce pro¬
cédé inférieur à l’examen clinique. Cependant
.Vdlersiierg et Porges ont cherché à le rendre plus
précis par la pratique d’un jour de régime sans
liydrates de carbone, succédant à une période
d’alimentation abondanteet mixte. Sous l’influence
de ce jour de régime, ajijiaraît, en cas de gra-
vidité, une acétonurie décelable par la réaction de
Legall. De plus, un repas d’épreuve, pris après
cette journée sans hydrates de carbone, et com-
jiosé de (80 gr. de pain et de 10 gr. de sucre,
détermine régulièrement de la glycosurie. Sur
30 femines enceintes, il n’en est aucune qui n’ait
réagi positivement. Sur 24 cas de contrôle, il y a
eu 2 cas positifs survenus chez des basedo-
wiennes. 11 semble bien à Klaften que les combi¬
naisons de ces deux signes constituent une méthode
assez satisfaisante.
La sédimentation des globules rouges, (jui est
N» 7
lations, avant comme après l’injection, mais la respi¬
ration ne reprend pas.
Je recommence environ 30 secondes plus tard,
mais l’aiguille ne remue plus.
J’essaye la respiration artificielle pendant deux ou
trois minutes sans aucun résultat. J’ausculte le cœur
et je n’entends rien.
Je fais alors mettre la malade sur le côté, dans la
position couchée, tête fléchie, je refaisNine ponction
cervico-dorsale, j’injecte dans le rachis 50 centigr.
de caféine et je fais remettre la malade sur le dos :
immédiatement se produit une grande inspiration
spontanée et le pouls reparaît, ample et bondissant.
La malade respire bien, elle parle de façon un peu
incohérente..
Je pratique rapidement l’amputation du sein : la
malade, très agitée, parle sans arrêt, se plaint de
sentir les points de suture de l’aisselle et s’agite de
plus en plus. On la reporte dans son lit où elle s’as¬
seoit, se retourne, se couche en chien de fusil et se
démène en proie à une véritable Ivresse qui se dissipe
en deux ou trois heures.
Nuit calme. Suites sans incident.
Nous n’avons connaissance d’aucun autre cas
où les deux moyens héro’i’ques préconisés contre
les accidents anesthésiques aient été employés sur
le même malade pour une même syncope.
L’injection intrarachidienne de caféine, qui n’a
contre elle que l’incommodité de sa réalisation
au cours d’une laparotomie, semble bien devoir
son efficacité à une neutralisation sur place de
l’empoisonnement bulbaire. Notre observation
prouve, en tout cas, qu’elle mérite d’être uti¬
lisée, même après échec de l’adrénaline intracar-
accélérée au cours de la grossesse, a fait également
l’objet d’un grand nombre de recherches dans le
détail desquelles il est difficile d'entrer ici,
d’autant plus qu’elles ne donnent jias de résultats
particulièrement significatifs. Notons simplement
que Ricardo Sclnvarcz obtient seulement, dans
les premiers jours de la grossesse, 75 pour 100 de
résultats positifs. H. Vignes constate que cette
réaction est tardive, .ce qui est évidemment très
gênant.
Une des métiiodes les plus utilisées dans ces
derniers temps est celle de Kamnitzer-Joseph,
méthode qui utilise la phloridzine. Ainsi, par
exemple, Slamatelf trouve qu’elle constitue un
bon procédé, bien qu’elle puisse avoir des défail¬
lances. Sacharoff injecte 2 milligr. de phlorid¬
zine chez 47 femmes : toutes celles qui étaient
dans les trois premiers mois d’une grossesse firent
de la glycosurie; chez les 9 femmes qui n’étaient
pas gravides, la réaction fut négative. Diaz Niel-
sen trouve 94 pour 100 de réponse exacte chez les
femmes enceintes et 84 pour 100 chez les non
enceintes. K. Fink obtient 96 pour 100 de résul¬
tats positifs chez les femmes enceintes, toujours
avec cette même méthode.
Quant au procédé de Wintz et Engelhorn, qui
consiste à rechercher l’intradermo-réaction à
l’égard depeptones placentaires, il est inutilisable
selon Goudert et Daunay, comme d’après Klaften.
II
Toutes ces méthodes, dont la valeur, on le voit,
est fort discutée, paraissent devoir être sup¬
plantées, au point de vue précision, par celle de
Ascheim et Zondek qui est fondée sur l’appari¬
tion remarquablement brusque, chez la femme
enceinte, d’une proportion élevée d’hormone du
lobe antérieur de l’hypophyse, et qui présente un
intérêt considérable aussi 'bien au point de vue
pratique qu’au point de vue théorique.
Heape avait déjà pensé, il y a 25 ans, à l’exis¬
tence d’un (( generative ferment » qui déclenche
la production de (( gonadine », c’est-à-dire de
l’hormone sexuelle proprement dite. Aschner
(1912) et d’autres avaient précisé ces notions.
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
109
Les recherches sur la dégénérescence et l’atrophie
des testicules succédant à l'extirpation de l’iiypo-
physe avaient d'ailleurs contribué à attirer l'atten¬
tion sur les conditions dans lesquelles la matura¬
tion sexuelle se produit. Plus récemment, Ph. E.
Smith a montré qu’après destruction de l’hypo¬
physe chez un animal prépubére, il y a arrêt du
développement au point de vue sexuel. Par contre,
si l’on implante à diverses reprises des fragments
de lobe antérieur chez le môme animal, le déve¬
loppement sexuel reprend son cours par libéra¬
tion d’hormone au cours de la résorj)tion du
grelTon. Cet auteur a môme pu montrer que, par
des im])lantations quotidiennes, le rat infantile
est rendu précocement mûr au point de vue sexuel.
Ce sont là d’ailleurs des faits sur l’intérêt des¬
quels Mouzon a attiré l’attention dans un « Mou¬
vement médical «récent.
Concurremment on confirma, en les précisant,
les travaux de Allen et Doisy et de R. T. Frank
sur l’hormone ovarienne. Zondek et Brahn mon¬
trèrent, en ell’et, que l’hormone ovarienne, la fol¬
liculine, provoque chez le jeune animal le rut
avec augmentation de volume de l’utérus, kérati¬
nisation de la couche superficielle des cellules du
vagin, aiiparence grumeleuse de la sécrétion
vaginale, etc. Par contre, fait capital, les ovaires
n’éprouvent aucun changement ; ils restent au
stade infantile. Ainsi l’hormone ovarienne ne peut
pas déclencher leur fonctionnement. Elle se sub¬
stitue simplement à eux pour déterminer les
modifications diverses qui s’observent dans les
autres organes sexuels.
Il s’agissait donc desavoir par quel mécanisme
peut être déclenché ce fonctionnement sur lequel
la Colliculine n’a pas de (trise et dont elle est sim¬
plement le résultat, àlaintes recherches furent
faites. Chez 150 souris, Zondek et Ascliheim
implantèrent les tissus et les glandes les ])lus
variés (thymus, thyroïde, parathyroïde, surré¬
nales) sans déterminer aucune modification du
côté de l’ovaire lui-môme. Seul le l(d)e antérieur
d’hypo])hyse d’homme ou d’animal, mâle ou
femelle, im])Ianté à la dose de 1 cenligr. chez une
souris femelle, déterniine l’apparition, dans les
cent heures qui suivent, de modifications moi'pho-
logiquos et fonelionnclles considérables au niveau
de l’appareil sexuel tout entier. L’hormone de
cet organe doit donc être considérée comme agis¬
sant primitivement sur l’ovaire qui, lui, secon¬
dairement, agit sur l’utérus et sur le vagin, par
l’intermédiaire de la folliculine.
Le nom])re des travaux relatifs à ces faits se
multiplie rapidement. Notons, entre autres, le
résultat des recherches de Steinach et Kuhn qui
sont très significatives. Ces auteurs ont appliqué
leurs recherches sur des rats prépubères mâles
de quatre à cinq semaines. Ils leur ont injecté
quotidiennement, pendant une période de neuf à
dix jours, de l’extrait d’hypophyse de bœuf fraî¬
chement abattu, à la dose, d’ailleurs fort élevée,
d’un quart de lobe antérieur frais, correspondant
à 0 crac 3 de l'extrait préparé par Steinach et
Kuhn.
Sous l’influence de ce traitement, les signes de
maturation sexuelle apparaissent d’une façon
nette : descente et augnnmtation de volume des
testicules, hyperémie et gonflement de la peau du
scrotum, développement du tube préputial, des
corps caverneux et du gland. La laparotomie per¬
met, en outre, de constater une augmentation
considérable de volume des vésicules séminales
et de la prostate. Enfin les animaux se comportent
psychiquement comme des animaux mûrs à
l’égard des femelles dès l’âge de 38 à 45 jours,
alors que les animaux de contrôle n’arrivent à ce
stade de développement que vers le quatre-vingt-
quinzième ou le centième jour.
Il n’cgl pas inutile de noter ici que la cessation
des injections est suivie d’une régression de tous
ces phénomènes et que l’animal d’expérience ne
tarde pas à reprendre les caractères sexuels de
son âge vrai. Ainsi, comme le veulent Steinach et
Kuhn, l’hormone du lobe antérieur doit être con¬
sidérée comme un activateur de la fonction des
glandes sexuelles qu’elle ne peut d’ailleurs ])as
remplacer. Elle ne possède, en outre, aucune
spécificité, puisque le môme effet peut être obtenu
avec des lobes antérieurs, qu’ils proviennent de
vache ou de taureau.
Ces faits expérimentaux ont été entièrement
confirmés par Lœwe et Voss ainsi que par
Ehrhardt qui, de plus, a essayé, non sans succès,
des implantations de lobe antérieur dans certains
cas d’aménorrhée.
La clinique corrobore le résultat de ces expé¬
riences. Chez la femme enceinte, il existe des
modifications caractéristiques du lobe antérieur.
Volpe a consacré à cette question un travail (pii
mérite d’être rappelé et qui a été récemment con¬
firmé par Berblinger selon qui on observe régu¬
lièrement, au cours de la grossesse, un dévelo])-
pernent anormal des cellules principales de
riiypopliyse. Les cas d'acromégalie gravidique,
tels que celui de B. Marek, sont à ra])proclier de
ces faits.
fil
Cette hormone du lobe antérieur existe, comme
les recherches de Ascliheim et Zondek l’ont
montré, dans le sang des femmes gravides à des
doses qui sont plusieurs milliers de fois plus
élevées que les doses normales et telles que
1/10 de centimètre cube de sérum peut déclencher
les modifications de l’appareil génital chez la
souris infantile. On sait, d’ailleurs, jiar B. -T.
Frank, ainsi ipic par Fraenkel, que riiornione
proprement ovarienne existe également en ])ro-
])ortions anormalement élevées chez les femmes
enceintes. L’une et l’autre disparaissent aussitôt
après l’accouchement.
Par quelle voie ces deux hormones sont-elles
éliminées? Le lait n’en contient guère. Par contre,
l’urine en est riche. C'est là un fait (]ui a été con¬
staté j)ar Fraenkel pour l’hormone ovarienne
comme par Ascliheim et Zondek pour l’hormone
du lobe antérieur. Fraenkel a môme fondé sur ce
fait une méthode de prépai'ation de la folliculine
(pii semble présenter, au point de vue économi(pie,
un intérêt considérable. C’est là également un
])oint fondamental du nouveau procédé de
Ascliheim et Zondek.
Au point de vue du diagnostic, de la grossesse,
il est particulièrement intéressant de suivre la
courbe d’élimination de ces deux hormones. En
ce qui concerne riiormone ovarienne, sa jiropor-
lion augmente progi'cssivcment dans l’urine au
cours des huit premières semaines de lagravidité.
D’une femme à l’autre, les valeurs peuvent cepen¬
dant différer dans des projiortions élevées. A
jiartir de la troisième semaine, la proportion
d’hormone augmente beaucoup et atteiip progres¬
sivement son maximum au moment de l’accouche¬
ment, pour diminuer ensuite brusquement.
Quant à l’hormone du lobe antérieur, elle varie
autrement. Elle augmente brusquement, aussitôt
après la conception, et atteint son maximum au
moment exact où la fonction menstruelle cesse.
Cette hcirmoiie reste à ce liiveau élevé jusipi’au
huitième mois, après quoi elle diminue ajiprécia-
blenieiit. Au huitième jour après l’accouchement,
elle a disparu.
Ces chiffres montrent que l’hormone ovarienne
ne peut jias entrer en ligne de compte pour le
diagnostic précoce de la gross(!sse. D’abord ses
proportions varient beaucoup dans les premières
semaines et, de jilus, on trouve cette hormone
dans l’urine au début de la ménopause et, ce qui
est encore plus grave, dans certains cas d’amé¬
norrhée. Il existe, en effet, des formes d’aménor¬
rhée hyperhormonique décrites par Ascliheim et
j Zondek au cours desquelles il y a modification
chronique de la muqueuse utérine, de nature à
empêcher la production des hémorragies mens¬
truelles. Ce sont là des causes d’erreurs évidem¬
ment très importantes.
• Il en est tout autrement avec l’hormone du lobe
antérieur, car sa production débute d’une manière
véritablement explosive et très précoce. En
' revanche, vers la fin de la grossesse, elle n’est pas
.assez abondante pour permettre dans tous les cas
de faire un diagnostic sûr.
Des souris femelles prépubères, aux(juelles on
injecte un liquide organique pour déceler la pré¬
sence de celte hormone, peuvent présenter des
réactions de trois degrés différents.
Au [iremier degré (réaction 1) le follicule mûrit,
il se creuse une cavité dans son épaisseur, après
(|uoi il éclate et l’œuf tombe dans la trompe, puis
il se forme un cor))s jaune. Le vagin j)résente le
lest d’Allen : kératinisation des cellules superfi¬
cielles, état grumeleux des sécrétions, etc.
Au deuxième degré (réaction II), on constate
des points hémorragi(]ues. L’ovaire est hyperé-
mique. Le follicule, (pii est augmenté de volume et
souvent lutéinisé, est le siège d’une hémorragie en
masse. Cette hémorragie est facilement visible
macroscopi(piement comme une tache d’un bleu
rouge soulevant la surface de l’ovaire et grossi»
comme une tôle d’éjiiiigle.
Au troisième degré (réaction III), on observe
la lutéinisation des cellules de la thcca et des cel¬
lules de la uraniihsa. àlais surtout il se forme un
corps jaune vasculaire avec un (cuf inclus. C’est
le corjiora h/ Ira a/rrtira.
Le premier degré (réaction I) n’est ])as caracté¬
ristique de la grossesse, car il s’observe, (>ntre
autres, au cours de processus de croissance, des
et dans le myxœ-dèine. Far conséquent, seules les
réactions II et III, c’esl-à-dii-e l’aiqiarition de
|)oints hémor]'agi(pies et de corjis jaunes sont
des signes ])osilifs de la grossesse, à telle enseigne
(]u’un seul ])oint hémorragi(pie, un seul follicule
lutéinisé ou un seul corjis jaune atrélique, cons¬
taté chez un seul des animaux inoculés, permet
d’être affirmatif.
11 est, en général, très facile de voir ces modi¬
fications nu niveau de l’ovaire, surtout si l’on a
soin de pratiipier l’examen aussitôt après que
l’animal a été tué. Alors les jioints hémorra¬
giques et les coi'ps jaunes se détachent bien.
Parfois, ceiiendanl, il est nécessaire de pratiquer
dans l’ovaire des coiqies sériées de 10 a d’épais¬
seur. On constate alors de façon caractéristique
une hémorragie en masse dans un bdlicule aug¬
menté de volume et ])arliellenient lutéinisé ou
sinqilement un follicule lutéinisé ou enfin un
coiqis jaune alréti(pic. Dans les cas douteux, il
est naturellement nécessaire de pratiquer une
nouvelle réaction.
Voici maintenant, brièvement résumée, la
technique de cette réaction. On prend des souris
femelles âgées de trois à quatre semaines et
pesant () à 8 gr. Au-dessous de ce [loids les souris
sont souvent tuées jiar l’injection, .\u-dessus de
ce poids elles peuvent présenter une maturation
spontanée de l’ovaire, bien qu’en général, au
moins jiour le climat de Berlin, les souris ne
soient jias .sexuellement mûres avant un poids de
12 gr. l’our clnupie essai, il est nécessaire d’em¬
ployer ciiKi souris et la réaction est considérée
comme positive — il n’est jias inutile de le répéter
— quan don trouve un seul des deux signes carac-
léristi(]ues sur un seul animal.
L’urine employée est celle du matin, pour
éviter (pi’ellc ne soit diluée par la boisson. Il
n’est pas indispensable de la récolter au moyen
d’une sonde car les souris résistent bien, même si
elle est infectée. Mais quand la recherche ne doit
pas avoir lieu tout de suite, un antiseptique, par
exemple une goutte de tricrésol par 25 eme
d’urine, est nécessaire. Cette urine doit être
IIÜ
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
N“ 7
rendue, quand elle est alealine, léfjf('‘reini‘nt acide
au inoYcn d'acide aeéti(jue et filtrée.
Les doses d’urines à injecter ont été très difli-
eilement fixées. ^ Oiei le schéma ain[uel Zondck
est arrivé. 11 coinincnc»! en général scs rechcrclies
le luiÈdi ou 1(‘ mardi ])our (ju’elles soient terminées
le vendredi ou le samedi et il injecte la quantité
nécessaire en six fois aux jours suivants ;
Lundi (ou mardi' entre 11 et 12 heures et vers
17 heures;
Mardi iou mercredi à 10 heures, à l.'l heures
et à 17 ou 1« heures;
.Mercredi oii jeudii 10 heures.
Les () dos<'s restent constantes pour le même
animal; mais ehaeiiiie des ,5 souris en expérience
reçoit des doses dill'éi'enles, soit 0,2 pour l'une et
0,2.'), 0..'L O.'i eme p:ii' injection jxnir ehaenne des
autres.
11 n'est pas mauvais d’examiner la sécrétion
vaginale le nier<’redi (ou le j<‘ndi) afin de voir si
elle est devenue grumeleuse et si l’épithélium est
kératinisé, hlen (|ue cet examen ne doive jamais
être considéré comme démonstratif. Les animaux
pour lescpiels l’essai a eommeiieé lundi sont tués
le vi'udredi matin j)ar inhalation de giiz d’éclai¬
rage et l’autopsie a lien immédiatement. Dans le
|)lns grand nomhre de cas, l'examen maeroseopicpie
snflit. Quand eet éxamen m- snflit |)as, on fixe les
ovaires au li((uide de Zenker, car la Idrmaline
donne lieu à des <'rreurs, et on débite en eoiq)es.
Pour pratiipier ses recherches, l'antenr allemand
utilise un mierotome mû éleetritpiernent.
Dans (juehjues cas on |)ent accélérer la ré[)onse
en injectant un total de 2 à .'5 eme d'ni'ine an cours
des 30 premières heures. ()n a, dans ces condi¬
tions, des réponses qui sont ])arlois positives.
Mais les 7'éponses négatives sont alors sans signi¬
fication.
Parmi les inconvénients de la méthode, il faut
naturellement signaler (]n’elle exige une eert;iine
expérience et, en onti'e, (pie, d’ordinaire, le dia¬
gnostic ne ])eut pas être lait en moins de (ptatre
jours. 11 est vrai ipie les diagnostics de ce geni'e
ne sont généralement pas d’une urgence extrême,
de sorte <pie ce retard ne présente pas nu incon¬
vénient réelleimnit important.
1\
Lue statistiepu' globale des l’eeherehes prati¬
quées sur des urines avec cette méthode n’a guère
d'intérêt. La l’éponse de la réaction ])onr ehaipii'
groupe d'individus sur le.s([uels elle a été jirati-
((uée est infiniment plus signilleative.
Les reeherehes de .\sehlieim et Zomlek on porté
sur 7)11 urines différentes. Sur ce nomhre 37 ont
dû être éliminées parce (pu- les animaux d'ex])é-
rienee anxipiels elles ont été injectées en sont
tous morts. Plusieurs de ces urines apparemment
toxnpies |)rovenaienl de eareinomateux. Dans d’au¬
tres cas, un second échantillon d’urine a été snp-
porté par les animaux.
Sur ées ,')1 1 urines, 2.')3 pi-oveiiaient de femmes
enceintes, d'aecouehées à terme ou avant terme
ainsi (pie de femmes dont l’onif était l'éeeniiiient
mort. Les autres urines |)r()venaient de femmes
non enceintes ou d’hommes.
(le dernier groiqic comprenait d'abord 26 fem¬
mes bien ])ortantes ipii ne donnèrent (pi’nne seule
réaction positive sur.venue chez un animal ipii
jirsait !),,") gr., poids élevé, permettant de sup¬
poser (pie les modifications constatées se sont
produites spontanément et non du fait de l’hor-
inone hyjioiihysaire.
Des 6 urines provenant de femmes à la ])ério(le
de la ménopause, aiieune n’a donné de résultats
positifs. Il en a été de même chez 16 femmes qui
avaient déclaré formellement n’étre pa.s enceintes.
Chez 3 femmes ([ui avaient des hémorragies,
mais qui n’étaient pas enceintes, les résultats ont
été également négatifs.
Chez 15 hommes les résultats ont été négatifs
14 fois et positifs une fois. Ce dernier cas, qui,
dans l’état actuel des choses, s'explique mal, doit
être considéré eomme dû à une défaillance de la
méthode. Peut-être, doit-on considérer (|ue, sous
certaines influences et notamment sous l’influence
du coït, l’hormone du lobe antérieur se déverse
dans le sang chez rhoniine. C’est là, en tout cas,
une hypothèse (|ui n’a rien d’invraiscmhlahle.
Des 15 urines provenant de femmes atteintes
d’aireetions divers(>s de l’aiipareil circulatoire ou
respiratoir(' on eneoi-e de maladies infectieuses,
toutes ont donné un résultat n(''galif, sauf une fois.
Cette urine ])rovenait d’une femme de 4f) ans
atteinte de cystite, ['ne nouvelle épreuve, faîte
(pielques jours ])lus tard avec une urine de même
provenance, a été négative. Ce cas doit donc être,
lui aussi, considéré comme une défaillance de la
méthode.
Les deux urines ipii donnèrent ces résultats
erronés avaient été ajqiortées au laboratoire de
.Vsehheim sans (pie la provenance en fût eonnui',
c’est-à-dire dans des conditions où une vérification
dans un sens eomme dans l’autre est bien diffi¬
cile et (pii ne s’observent guère dans la pratique.
Lu groujie inqxirtaiU eonqirend des féinmes
atteintes de troubles emloeriniens. De tous les
troubles de ce gmire le jilus intéressant, au point
(le vue (pii nous occupe ici. est évidemment l’acro¬
mégalie dans laipielle on doit admettre l’existence
d'iine hypersécrétion du lobe antérieur. Trois
malades de ce genre ont pu être examinées. Dans
deux cas il fut impossible d’avoir des résultats
ear])resque tous les animaux inoculés moururent ;
sur 25 nu seul survécut; il ])résentait une réaction
négative. Le 3'’ cas donna la réaction 1 (pii n’est
pas significative. Les cas d'obésité hy]X)])hysaire,
an nombre de 3, furent également négatifs. Il en
fut (le même |x)nr 3 cas de tumeur de rhy|x)ph)’se.
Dans 5 cas .de myxo'dème, on observa 2 fois la
réaction 1. Chez 3 femmes castrées, la réaction
fut également négativ('.
Les infections inflammatoires de l’ajipareil
génital ont donné lieu à 10 résultats conqilète-
ment négatifs sur 12. Parmi les 2 autres il y avait
un cas de tumeur inllammatoire cpii avait été
traité par les rayons X et un cas de tumeur volu¬
mineuse des annexes. L’une et l’autre urirx' ne
donnèrent (pie la réaction 1, "on earaetéristiipie.
Le groujie des malades atteints de tumeur
véritable est iiartieulièrement important puistpie
dans ce groupe la eliniipii' reneontre de très
grandes difficultés de diagnostic. Les tumeurs
hénignes furent au nombre de 10; elles ne don¬
nèrent lien ((u’à une seule réaction 1. Dans les
18 cas de fibromes, il y a eu 3 fois réaction I,
c’est-à-dire ([u’aueune erreur ne fut commise.
Dans les cas de cancers génitaux, ([ui offrent un
intérêt plus seientifiipie (pie jiratitpie, on a observé,
sur 20 cas, 7 réactions I et 2 réaction II et 111,
c’est-à-dire ])ro|)rement positives. Il y a lieu de
noter à ce sujet (|ue Berblinger a constaté, en cas
de eaneer génital, des modifications du lobe atifé-
rieur analogues à celles (pii s’observent au cours
de la grossesse. Ces erreurs s’explitpieraient donc
|)ar un processus analogue dans les deux cas.
Ltiliii vient le groupe le plus intéressant de
tous, celui des aménorrhées, (pii offre de beaueouj)
les ])lus grandes difficultés de diagnostic et (pii
constitue une véritable jiierre de touche [lour la
méthode. Il y a, en effet, lieu de remarquer (pi’une
méthode ipii ne donne jias entière satisfaction en
[lareil cas ne vaut autant dire rien. Or, sur
42 urines provenant de femmes aménorrhéiques
et dont on a pu ultérieurement confirmer ([u’elles
n’étaient pas gravides, la réaction a été toutes les
fois négative bien que, dans 3 cas, il y ait eu la
réaction 1.
Sur 1!)7 urines provenant de 161 femmes nor¬
malement enceintes, il y avait 68 urines recueil¬
lies dans les 8 premières semaines de la grossesse.
période où les difficultés diagnostiques sont au
maximum. Dans 2 cas la réaction n’a pas été
positive. Les autres urines provenaient de femmes
aux diverses périodes de la grossesse. Le nombre
des cas négatifs s’est élevé à 4, c’est-à-dire à
2 jiour 100, ce (pii est peu. Nous avons vu, en
effet, qu’aucune méthode ne donne d’approxima¬
tion atteignant 3 ou môme 4 pour 100. Pour une
réaction biologique, ce chiffre est évidemment
très remarquahfe.
Dans un cas de mort du hetus remontant à
3 jours, la réaction a été positive. Elle a été
négative lorsipie la mort remontait à 8 jours ou à
3 semaines. Dans 2 cas de inéile hydatiforme, la
réaction a été jiositive. Dans l’avortement, la
réaction disparaît en général au bout du 6“ jour.
La rétention placentaire ne semble pas avoir
d’effet marqué.
Dans les grossesses tubaires, la question déli¬
cate est de savoir si le fœtus est vivant ou mort.
C’est une question à laquelle la réaction paraît
capable de répondre. En tout cas, sur 14 cas il y
en a eu 11 qui donnèrent des réactions positives ;
les autres provenaient do femmes dont le Letus
était mort.
11 est intéressant de noter que des recherches de
môme genre ont été faites chez des animaux. Chez
des orangs-outangs, chez des rhésus, l’éjireuve
a été satisfaisante. Mais elle ni' l’a pas été chez
les autres animaux, ceux dont le placenta n’est
pas hérnoehorional comme ceux de l’homme et du
singe. Ce fait pourrait avoir, un certain intérêt
pour la zoologie comparée.
Jusqu’ici, il n’est guère d’auteur (pii ait jira-
lirpié sur une aussi grande échelle des recherches
cliniques du genre de celles de Zondck et Aschheim .
Cependant, nous ne devons pas oublier Siddall qui,
('Il utilisant, non jias l’urine, mais le sérum, est
arrivé, lui aussi, à faire remarquablement le dia¬
gnostic de la grossesse. Sur un total de 203 cas
dont 142 jxirent faire l’objet d’une épreuve coni-
plète, il y a ('u 0 erreurs dont 5 positives chez
d('s femmes non enceintes et 4 négativi's chez di's
femmes enceintes. Pour cet auteur, le signe
caractéristique déterijiiné jiar l’injection de sérum
d(' femme enceinte chez la souris est le rapport
entre le poids de l’utérns et le poids de la souris.
Ce rapjKirt doit être inférieur à 400 chez des
souris pesant moins de 18 gr. quand il y a gros¬
sesse. Chez des souris pesant plus que ce poids,
c’est-à-dire sexuellement mûres, le sérum pro-
voijue alors une augmentation de volume des
ovaires. La première réaction serait due, pour
Siddall, à l’hormone ovarienne et, la seconde, à
l’hormone hypophysaire.
Ainsi, il semble doix' bien que cette méthode,
dont le ])lus grand défaut est d’exiger une orga¬
nisation et un entraînement assez spécial, soit de
nature à faciliter beaucoup le diagnostic précoce
de la grossi'sse l't mériti' de retenir l’attention du
publie médical.
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SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HOPITAUX
18 Janvier 1929.
Aortite abdominale oblitérante, rapidement mor-
telie, che? un syphilitique jeune. — MM. Raviné,
CI. Launay et Delarue apportent l’observation
d’un homme de 36 ans, syphilitique depuis 14 ans,
chez lequel s’est installée rapidement une thrombose
de l’aorte abdominale, entraînant une gangrène sè¬
che d ' la totalité des membres inférieurs. Le début
clinique, particulièrement brutal, pouvait faire croire
à une embolie. Le reste de l’aorte abdominale, l’aorte
thoracique et le cœur ne présentaient aucune lésion.
Les accidents se sont produits presque immédiate¬
ment après un traitement arsenical modéré. On peut
invoquer à leur origine le mécanisme d’une réacti¬
vation chez un sujet traité antérieurement d’une ma¬
nière très insuffisante.
— M. Lian souligne l’évolution extrêmement ra¬
pide, le caractère très localisé de l’aortite et la rareté
de semblables accidents chez des sujets jeunes. On
trouve parfois des phénomènes d’oblitération en
étages qui expliquent que l’oblitération puisse être
longtemps tolérée; la production^d’une nouvelle loca¬
lisation entraîne alors l’apparition do la gangrène.
La gastrite scléro-ulcéreuse (ulcère simple de
l’estomac). — - M. Maurice Renaud, faisant hom¬
mage du dernier volume des travaux de chirurgie de
M. Hartmann, attire l’attention sur les conclusions
du mémoire qu’il y a écrit sur l’anatomie des ulcéra¬
tions gastriques.
L’examen par des méthodes convenables des ul¬
cères réséqués par gastrectomie ne permet plus de
considérer comme exacte la description donnée de
l’ulcère simple par Gruveilhier et Rokitansky. L’au¬
teur n’a jamais pu voir une uleération gastri([ue
simple présentant les caractères assignés par la des¬
cription classique d’une ulcération limitée à la mu¬
queuse, s’étendant en tache d’huile et creusant la
paroi stomacale d’un cratère conique bordé par des
gradins.
Tout au contraire, il a vu constamment, et quel que
fût le stade du processus, l’inflammation de la paroi
atteindre d’emblée toute l’épaisseur des tuniques.
L’inflammation à marche chronique ou mieux subai¬
guë se caractérise par la formation d’un tissu scléro-
lardacé, plus ou moins inliltré de traînées et d’amas
de cellules rondes, et forme une nappe de tissus
denses ef nacrés où s’associent irrégulièrement trois
termes ; sclérose, dégénérescence, suppuration. Ce
tissu inflammatoire atteint la muqueuse par sa face
profonde, et c’est sa désintégration en surface qui
détermine l’apparition de l’ulcération. Celle-ci n’est
donc pas la première étape de la lésion; elle n’en
est pas non plus l’élément le plus important ni le
plus caractéristique. Elle repose, en effet, toujours
sur une large plaque scléreuse, beaucoup plus large
J. Mouzon. — K l’eut-on attribuer une valeur thérapeu¬
tique nu lobe antérieur de l’hypophyse ?» in Presse
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Schwungeran ». Klin. Woch., n” 11, 11 Murs 1928.
qu’elle, qui irradie loin dans la tunique musculaire et
envoie des traînées irrégulières vers le périloine.
La lésion gastrique consiste donc dans la formation
d’une lésion scléro-inflammatoire coupant toute la
paroi stomacale, ulcérée en surface et donnant des
adhérences du côté du péritoine. Ce n’est pas une
lésion superficielle érosive que vient compléter
secondairement un processus inflammatoire surajouté
dans les seuls cas où l’ulcère simple devient un ulcère
calleux. Tout au contraire, T’ulcère simple est la com¬
plication de surface d’un processus inflammatoire
profond. La seule appellation qui convienne anato¬
miquement à une telle lésion est celle de k gastrite
scléro-ulcéreuse ».
Ces particularités anatomiques expliquent bien que
la cicatrisation vraie d’une telle lésion, où les pous¬
sées inflammatoires se succèdent indéfiniment, ne
peut que difficilement se réaliser. On peut même
mettre en doute la possibilité d’une guérison com¬
plète et définitive, ce qui conduit à penser que la
gastrectomie est le seul traitement efficace de la
gastrite scléro-ulcéreuse.
— M. Bard estime qu’on n’est pas en droit de con¬
clure de ces formes sévères d’ulcères ayant nécessité
l’opération à l’impossibilité de la guérison dans les
formes bénignes.
La méthode de Whipple dans les anémies avec
azotémie. - - M. C. Lian et Jlf'''’ V. HetmanH rap¬
portent 5 observations où, chez des malades 5 la fois
anémiques et nzotémiques, l’ingestion de foie de
veau a entraîné simultanément une augmentation du
nombre deq hématies el une diminution du chifl're de
l’urée sanguine. Il s’agissait d’azotémie légère ou
moyenne (0 gr. 52 à 1 gr. 10); l’anémie était légère
ou considérable (600.000 à 3 millions el demi de glo¬
bules rouges).
Ils considèrent donc que la cure de foie de veau
est itidiquée dans les anémies avec azotémie légère
ou moyenne. Ils ont prescrit dans leurs, cas 125 gr.
de foie de veau, .soit tous les jours, soit un jour sur
deux.
Dans les anémies graves avee grande azotémie, la
cure pourrait être tentée, tout au moins en faisant
appel à un extrait de foie dépourvu de ses protéines.
Enfin, lorsqu’un hypertendu avec légère azotémie
a été soumis à un régime hypoazoté el qu’on est
amené à reprendre l’alimenlaliou carnée, les auteurs
estiment que le foie de veau pourrait alors combattre
l’anémie entraînée par h? régime restrictif précédent
stationnaire ou ne la faire que peu augmenter.
Dans lous les cas, la cure de foie de veau doit être
surveillée grâce à des dosages répétés de l’urée san-
guine.
Diabétique traité par le pneumothorax et l’insu¬
line. -- M. L. Blum relate l’observation d’un diabé¬
tique atteint de tuberculose pulmonaire qui est traité
depuis Février 1925 par l’insuline et le pneumo¬
thorax el se maintient en bon état. Chez ce malade,
la première insufflation provoqua une poussée do
température jusqu’il 40“ et une forte aggravation du
diabète, allant jusqu’il l’état préoomaleux, qui fut
rapidement jugulée par l’emploi de fortes doses d’in¬
suline. L’affaissement total du poumon ne fut obtenu
qu’après 10 mois.
Toutefois des résultats aussi heureux sont excep¬
tionnels el, dans d’autres cas traités d’après les
mêmes principes, la survie fut de moins longue durée..
D’au.tre part, à coté des cas où l’insuline agit favora¬
blement, il en existe d’autres où l’insuline détermine
une évolution plus rapide de l’affection pulmonaire.
Néanmoins il faut toujours tenter celle médication
en la combinant si possible avec le pneumothorax.
m
Diabète avec crises d’hypoglycémié à répétition.
— MM. Pr. Merklen, Wolf et Adnet rajiportent
I histoire d un diabétique entré dans leur service avec
une glycosurie de 60 gr. et une glycémie de 4 gr. 26,
II fallut pousser l’insuline jusqu’à 240unilés par jour
pour obtenir la disparition du sncle urinaire, la
glycémie se maintenant entre 2 gr. 50 et 2 gi'. 60 Peu
a peu des doses de 180 unités se. montrèrent sufii-
sanlcs ; amélioration de l’état général et reprise de
poids; la maladie sembla stabilisée,
Subilemenl, crise brutale à type d’excitation rap¬
pelant de fort près un accès de manie aignë. Même
crise le lendemain. Lors d’une nouvelle crise, le»
auteurs dosent 0 gr. 47 de sucre par litre de sang.
Une injection intraveineuse de sérum glucosé met
fin au coma dans lequel le malade était tombé après
la crise. En même temps que l’Iiypoglycémie, la
réserve alcaline était descendue à 50 el 40. l’n régime
approprié, avec 80 ou 100 unités d’insuline, permit
d'obtenir après d’autres attaques une nouvelle phase
de stabilisation, mais avec une gly'cémie persistant
toujours entre 2 et 3 gr . LTtérienremenl apparition
de quelques crises, celles-ci réduites à un étal ron-
fusionnel accompagné d’un peu d'agitation et de
quelques projios incohérents.
Suivant la règle, les accidents sont apparus chez
un diabétique déjà malade depuis longtemps, qui
avait auparavant supporté des doses assez élevées
d’insuline. De faibles quantités de sucre ont suffi à
conjurer certains d’entre eux; pour l’un, une injection
intraveineuse de 0 gr. 94 a été iinniédiatemenl o|)é-
rante. Les attaques avaient les caractères d’une alla-
i|ue d’éiiilepsîe ; brusquerie, inconscience, amnésie,
(/était une épilepsie à tyqie maniaiine ; le caractère
comitial se diagnostiquait jiar le regard égaré, bien
different de 1 œil vif el ulinmé du inania(|ue ordi¬
naire. La clinique a paru montrer dans le ras présent
que l’hypoglycémie relevait d’une amélioration du
■trouble mélahollque de» hydi'ales de carbone et d’une
élévation de leur tolérance, opinion déjà défendue par
divers auteurs. II ii’n pas clé trouvé de rapport dé¬
terminé entre les quantités d’insuline injectée el les
crises d’hypoglycémie. Celle-ci a été dosée lors de
trois attaques; les chiffres ont été remarquableiucnt
concordants : 0 gr. 47, 0 gr. 46, 0 gr. 45.
Les auteurs ont dosé la glycémie à diverses périodes
de la journée. Ils ont eu l'impression d’une sorte
d’instabilité de son taux, qui, à leur avis, doit inter¬
venir dans la fréquence des crises cl leur rapidité
d’apparition. Suris doute inlorvient-elle aussi dans
leur' disparition spontanée, car plusieurs petite»
112
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
N» 7
crises du malade en question ont cédé d’elles-mèmes,
sans ingestion de sucre. Quoi qu’il en soit, il s'agit en
la circonstance d’un syndrome d’hypoglycémie à répé¬
tition qui, se manifestant chez un diabétique convena¬
blement traité, imprime i\ son alfeetion un cachet
bien particulier.
Un cas de mort rapide après phrénicectomie chez
un diabétique. — M. Buraand. (Ibez un tuberculeux
de 24 ans, dont les lésions bilatérales sont nettement
prédominantes à gauche et chez lequel un ])neumo-
thorax arliliciel institué antérieurement a abouti à
une symphyse pleurale indissociable, on décide de
faire une pbréniceclomie.
La coïncidence il’un diabète sans acidose conduit à
faire précéder l’inlervenlion d’une cure d’insuline
qui fait baisser notablement le taux du sucre sanguin
et du sucre urinaire. Immédiatement après l’avul¬
sion du nerf ])hrénique, faite sous anesthésie régio¬
nale, le malade accuse une dyspnée qui ne fait que
s’accroître; les signes classiqiies de l’oulème pulmo¬
naire s’installent dans le poumon droit, et le malade
meurt en 2 heures, A l'autopsie, on constate dans le
poumon droit l’aspect typique de r<edème aigu. 11
est vraisemblable que cet accident mortel est dû è un
réflexe cardiopulmonairc chez un malade chez le([uel
l’équilibre neuro-végélatif était instable du fait du
diabète. Alexandre avait déjà signalé des accidents
dyspnéiques et des troubles cardiaipies survenant au
cours de la phrénico-exérèse ; mais le cas actuel est
le seul où ces accidents aient déterminé la mort. Les
complications de cet ordre sont exc(;ptionnelles et
l’auteur ne publie pas ce fait personnel comme un
argument contre la phrénicectomie qu’il tient pour
une opération excellente.
— M. Sergent rappelle le cas de mort rapide
après phrénicectomie relaté |)ar Leriche. 11 s’agissait
d’une bronchiectasie et lit mord semble due au fait
rpie l’intervention fut faite sur le malade courbé,
celui-ci jrai'aissant avoir' errvoyé itrr (lot de pus dans
les bronches drr crïté opposé.
- M. Rist sigrrrthr rpt’il ir’y a ([rte ,') cas cortnus de
rrrort rapide a|)rès phr-érricectomirr : l’art par hémor¬
ragie locale, un autre par erttbolie grtzeuse, un autre
jrar pneumothorax post-opératoire, et les deux der¬
niers, celui de Leriche et tttt autre (|ui est personnel à
.\L Rist, par inondation tltt côté opposé. l’ottr éviter
cet accident, il faut prati((tter l’intervention sttr le sujet
Erythème polymorphe et cortico-pleurlte d’ori¬
gine syphiiitique. - MM. J. Gâté, Henri Gardére
et J. Rousset (de. Lyort) apportent rttte observation
d’érythème poly tttor[ihe avec cirrtico-pleurite sur¬
venu chez rtne attcietrne syi)hilitit[ue insuffisamment
traitée. Se basarrt strr' l'ahserrce de bacille de Ivoch
dans l’expectoi-ation, de potrssées hronchil i([rrcs dans
les antécéderrts et de toute sigtraltrr-e r'adioscopi([ue
de la tuber'errlose, ils r-eporrssent cette étiologie et se
r-attacbent à la syphilis rpre prortve par aillertr's refll-
cacité drr tr'aiti'trrerri nirvarsérroberrzolii)ire. A propos
de cette observation, ils rappellent leurs travaux
antérieurs sur la cori ico-pleiirite sy philil i(|ue, dont
ils ont tendance à faire un nioile ded>d>ut delà syphi¬
lis pulmonaire, antérieur à la ])ériodedes scléroses et
des dilatations brouchi(|ueH.
- M. Bezançon fait ([uehpies réserves sur le dia¬
gnostic de corliro-pleurile syphllitii|ue et rapi)elle
(|u’il a vu le liquide de pleurésies étiquetées « .syphi-
liti(|ue.s » tuberculiser le cobaye.
P.-L. èlAUll,.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’UROLOGIE
i: Décembre l'.t'iS
Résultats éloignés d’une double décapsulation
rénale pour néphrite oligurique douloureuse.
M. Darget (île Rordeauxl a revu sa mahole au bout,
de 11 ans; elle avait une éventration; il en lit la cure
opératoire et put, à celte oceasion, constater que le
rein était entouré d une capsule celluleuse assez
làehc, facile à l'Ifondi'er au doigt. Les épreuves fonc¬
tionnelles se montrèrent satisfaisantes, bien que
depuis 1 opération la malade n ail suivi aucun régime
et mèmi' ait fait quelques abus des vins de Bor¬
deaux. '
Dilatation de l’uretère par des tiges de laminaire
{suite}. M. Chevassil ajoute à sa dernière com¬
munication les deux renseignements suivants ; les
laminaires |ieuvenl être stérilisées par la chaleur,
sans inconvénients, à condition d'être maintenues
verticales. On peut les introduire aussi haut que l’on
veut dans l'uretère; elles sortent toujours facilement
car même vers la racine de la laminaire, les change¬
ments de calibre restent toujours progressifs. Il est
toutefois bon de remuer de temps en temps la sonde
ainsi introduite.
Les maladies du col vésical [suite). — MM. Le-
gueu et Flandrin rapportent encore 2 cas heureux
de résection du col vésical. Chez un premier malade
atteint depuis très longtemps de rétention incom-
))lèle avec distension et dont les urines étaient asep¬
tiques, l’examen histologique a montré un col non
infecté et atteint d’hyperplasie glandulaire. Le se¬
cond malade, rétréci, restait rétenlionniste malgré
une urétrotomie interne et une dilatation poussée
jusqu’au .ÔO. Après résection du col, le résidu de
600 gr. s’abaissa à 100 gr., mais persista. L’examen
hislologi(iue du col y montra des lésions d’infcc-
lion et (le sclérose.
Un rein en fer à cheval lithiasique. — M. Marion
fait un rapport sur une observation de M. Jean (de
Toulon) ayant trait à un malade chez lequel la radio¬
graphie montrait des calculs rénaux situés assez bas
et non loin du rachis. K : 0,09,6; phénol-sulfone-
phlaléine, 2,') pour 100.
L’auteur, pensant se limiter à une pyélotomie, ne
fait pas la division des urines. A l’opération, il
toinhe sur un rein en fer à cheval. L’auteur fait une
l)yélolomie, extrait un gros calcul et deux jielits,
mais est obligé d'en laisser un.
Au pôle inférieur de la partie gauche de ce rein,
il existe une poche purulente (|ui est incisée; une
listule uro-purulente persistera quelque temps puis
se fermera. Une pyélographie ultérieure montre un
bassinet gauche dilaté d’une capacité de 100 eme; le
li([uide opiupie ne fuse pas vers la poche purulente
incisée ([ul était donc fermée du côté des calices. Les
suites furent bonnes.
L’auteur a recidé devant riiéminéphrectomie à
cause de l’épaisseur de l’isthme, de la présence d’une
grosse veine à s<ui voisinage et de l’absence de toute
démarcation entre les deux moitiés du l'ein.
M. Marion ])ense ((ne l’auteur aura bientôt à
réintervenir : il n’a ni enlevé tous les calculs, ni
supprimé la poche hydron('‘phrolique ; l’i'paisseur de
l’isthme n’est pas une. contre-indication à sa section.
La partie malade du rein ne va pas larder à provo-
([uer une allérîtlion d(î la ])artie saine. Bien souvent,
la luqdirecloinie du rein malade amène, par soulage¬
ment du rein sain, une baisse rapide de l’azotémie
en dehors de toute mise au régime.
M. Legueu jiense aussi (jue bien souvent la
constante etl azolémie sont améliorées ])ar la néphrec¬
tomie, mais il faut reconnaître que cela ne simplifie
pas les indications opératoires.
■ M. Chevassu reconnaît que le rein malade
inllue sur le rein sain. Mais l’amélioration n’est pas
toujours escomptable, surtout en cas de constante
très élevée. On court un sérieux risque; cela peut
s’améliorer mais cela peut aussi tourner mal.
- M. Jselin cite le cas d’un malade chez qui la
constante était de 0.20, l azotémie de 0 gr. 70, la
])hénol-phlaléine de 24 pour 100. Au bout de 6 mois
de régime, sous la direction de M. (lhabanier, la
constante tomba à 0,100. On lit alors la néphrectomie
du rein infecté ; il y eut une anurie transitoire, mais
au bout de quelques jours, la constante et l’azotémie
devinrent normales.
Dilatation kystique intravésicale de l’extrémité
inférieure de l’uretère et lithiase vésicale infantile
infectée; incontinence infantile guérie par dispari¬
tion de la dilatation kystique. M. Marion rap¬
porte un travail de M. Jean (de Tovilonl ayant trait
à un homme de 27 ans (|ui, dès l’Age de 11 ans, fut
gêné pour uriner; cette gène ne céda ])as à l’opéra¬
tion d un jdiimosis ; à 4 ans, le malade eut une liéma-
lurie ([ui dura 2 jours. Depuis l’enfance, il souffre
d’une incontinence nocturne et parfois diurne qui
résista à toutes les médications. Incorporé A 20 ans.
il fut pris d une hématurie abondante après une
séance d'é([uilnlion ; on lui broya en deux séances un
calcul vésical gros comme une noix. Le malade ne
guérit pas. On lui découvrit alors une dilatation kys¬
tique intravésicale de l’urelère gauche. L’urine du
côté droit était normale, celle du coté gauche peu
concentrée et purulente. Le malade fut réformé. La
pyurie colibac.illnire persistait. La constante était de
0,0.02 ; la phénol-phtaléine de 55 pour 100. On pra¬
tiqua la néphrectomie du rein gauche; tout s’amenda
et l’incontinence disparut. Ainsi' cette incontinence
était due non au calcul vésical existant depuis l’en¬
fance, mais à l’infection et à la distension du rein
gauche. Il y a là quelque chose d’analogue à ce qui
se passe quand la tuberculose rénale provoque de
l’incontinence.
- Sur une question de M. Chevassu, M. Marion
indique que le rein malade fut difficile à découvrir;
il était (le la taille d’une prune, mou; son paren¬
chyme n’avait pas plus de 2 mm. d’épaisseur; il y
avait une grosse hydronéphrose infectée. Le rein pa¬
raissait atteint d’atrophie congénitale.
- M. Heitz-Boyer a fulguré en vain une dilata¬
tion kystique de l’uretère. 7 ou 8 cathétérismes do
l’uretère le convainquirent qu’il y avait un rein
double de ce côté; il en fit la néphrectomie com¬
plète. Ultérieurement il mit, par un double catbété-
risme, en évidence l’existence d’un rein double du
côté opposé.
Un cas de rupture traumatique de i’urètre com¬
pliquée d’hypertrophie prostatique. - - M. Pasteau
rapporte une observation de M. Blanchot (de Bor¬
deaux) qui, chez un malade de 71 ans, atteint d’une
rupture traumatique de l’urètre, fit une cystostomie,
puis enleva la prostate et enfin fit une urétrorraphie.
Le sé'jour du malade à l’hôpital ne fut nullement
prolongé, grâce à la combinaison de ces interven¬
tions qui obéirent à toutes les indications.
M. Marion demande ce qui décida M. Blancbot
à enlever la prostate.
.M. Pasteau lui répond qu’il existait une hyper¬
trophie prostatique et que la moindre lésion urétrale
s’y ajoutant pouvait provoquer l’établissement d’une
rétention. La prostate enlevée, plus rien n’était à
redouter de ce côté, l
Présentation de pièces opératoires; lésions ana¬
tomiques de reins tuberculeux considérés comme
guéris. - M. Legueu apporte les reins de deux ma¬
lades traités par la vaccinothérapie et chez lesquels
ou aurait pu croire, devant la sédation de bien des
■symptômes et le relèvement de l’état général. Aune
guérison (5U, au moins, à une amélioration anato¬
mique. Il n’en est rien. A côté des lésions ulcéro-
caséeuses, on voit des nodules tuberculeux en évolu¬
tion. On avait pensé chez ces deux malades à la bila¬
téralité des lésions. C(;s 2 cas prouvent à la fois que
la guérison clinique ne signifie rien, etjaussi, qu’il faut
se garder de se décourager devant le diagnostic de
tuberculose rénale bilatérale. Il faut revoir les ma¬
lades qti’on a d’abord crus inopérables, les soigner, et
leurs cas peuvent deveuir curables.
- M. Pasteau estime qu’il n’y a pas d’objection à
faire à la néphrectomie dans nombre de cas de tuber¬
culose bilatérale.
- - M. Heitz-Boyer cite 1 cas de tuberculose
bilatérale où il finit jtar enlever un des reins et n’eut
qu’à s’en féliciter.
• - M. Chevassu pense qu’il faut tenir compte du
facteur Age; il y a plus de chances de guérison chez
les sujets jeunes.
- M. Heitz-Boyer pense que si une granulation
peut guérir spontanément, une tuberculose ulcéreuse
ne peut guérir que par néphrectomie.
- M. Legueu cite encore un cas d’une malade
chez qui il fit, en 1889, le diagnostic de tuberculose
rénale. La néphrectomie fut alors refusée ; 25 ans
après, la malade, voulant se marier, vint consulter.
Elle avait de la pyurie à bacilles de Koch. La né¬
phrectomie montra un kyste séreux du rein avec
granulations tuberculeuses dans sa paroi ; il s’agis¬
sait donc bien d’une tuberculose étouffée, non d’une
tuberculose guérie et d’ailleurs, peu après, la malade
mourut de tuberculose. Ainsi, dans )! cas sur 3, la
guérison clinique, après vaccination ou non, s’est
Présentation d’appareils. - M. Heitz-Boyer
présente un nouvel appareil de diathermie permet¬
tant de faire des sections hémostatiques du rein.
GrAce à cet appareil, il a pu faire sur le rein, en des
zones quelconques, des incisions exsangues pour
enlever un volumineux calcul coralliforme. Cet appa¬
reil est tel qu’il évite la cctagulation charbonneuse le
long du coutcîau.
Elections. — Le bureau de la Société est ainsi
constitué pour 1929 : président : M. Iselin-, vice-
président : M. Chevassu; secrétaire des séances ;
M. Gouverneur; secrétaire général : M. Noguès;
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
trésorier : M. Erzbischoff-, archiviste : M. Verliac.
— MM. Keyes et Chocholka sont nommés mem¬
bres correspondants éti’angers.
G. WOLFROMM.
SOCIÉTÉ DE IVIÉDECINE DE PARIS
9 Décembre 1928.
Craniectomie dans l’arriération mentale. —
M. A. llîarie présente un malade et une pièce anato¬
mique correspondant à la craniectomie que pratiquait
Lannelongue, il y a 40 ans, dans certains cas d’arrié¬
ration, mentale. La tranclie osseuse prélevée est
intégralement reconstituée, l’encéphale ne s’est pas
mieux développé, malgré la libération de son enve¬
loppe osseuse, ce n’est donc pas à l’insuflisant
espace osseux que l’arrêt d’essor cérébral doit être
rattaché.
Les ondes galvaniques alternatives à longues
périodes en thérapeutique. M. Laqueriière.
Cette nouvelle manière d’appliquer le courant con¬
tinu réalise au maximum les actions trophiques du
courant continu ; par contre, grâce aux changements
de sens, elles mettent à l’abri des actions chimiques
électrolytiques qui, comme l’a montré il y a déjà
longtemps le professeur Weiss, peuvent causer des
dégénérescences histolpgiques graves. Elles sont
donc ^particulièrement indiquées dans les cas de
troubles trophiques accentués avec circulation
défectueuse.
Lésions tuberculeuses de l’urètre, de la vessie
et des uretères; traitement physiothérapique. —
M. Ch. Schmitt rapporte l’observation d’un malade
ayant subi l’ablation d’un rein tuberculeux, présen¬
tant de sérieuses lésions pulmonaires, de l’orchite,
un rétrécissement de l’urètre urétrotomisé sans
succès. Il l’a traité par l’électrolyse circulaire, la
haute fréquence et les rayons ultra-violets. L’état
général et celui des voies urinaires, qui étaient tops
deux très mauvais, se sont depuis six mois considé¬
rablement améliorés et les graves accidents immi¬
nents, en Mai dernier ne sont plus à redouter.
A propos de la migraine. — M. Sédillot expose
en détails les arguments thérapeuticpies, cliniques
(observations personnelles) et anatomiques qui vien¬
nent à l’appui de sa doctrine personnelle : le substra¬
tum anatomique de toutes les crises de migraine
sans exception est une jroussée congestive brusque
et temporaire du lobe postérieur de l’hypophyse.
Traitement des accidents de la ménopause phy¬
siologique ou chirurgicale par le sérum activé de
génisse. — M. Ch. Levassort. Le sérum de taureau
activé suivant la méthode de H. Busquet produit des
effets d’invigoration et d’euphorie chez la femme
comme chez Ehomme ; toutefois, chez la femme,
certains troubles consécutifs à la ménopause ou à la
castration chirurgicale (bouffées de chaleur, sueui-s, ■
vertiges) ne sont pas améliorés par le sérum activé
de jeunes mâles. Il' faut employer contre ces mani¬
festations de l’insuffisance ovarienne le sérum activé
d’une femelle ; celui des génisses produit à cet égard
d’excellents résultats à la dose de 10 eme le matin
à jeun, une demi-heure avant le petit déjeuner.
E. Peupère.
SOCIÉTÉ D'HYDROLOGIE MÉDICALE DE PARIS
7 Janvier 1929.
Voyage médical aux stations thermales polo¬
naises. — M*"" Lipinska étudie les principales
stations de la Pologne : Ciechocinek, très fréquentée
pendant l’occupation russe ; Inowroclan, émule de
Mannheim ; Iwonicz, au pied des Carpathes ; Rabka,
surnommé le Royaume des Enfants ; Busko, aux eaux
salino-sulfureuses ; Solck, chlorurée sodique ; Ti'us-
kawiec, Zegestow, Krynica et Nallenczow.
Humage et inhalations. — M. Baqué fait remar¬
quer que, dans les discussions, il . s’est toujours
appliqué à marquer les caractères différentiels de ces
deux modes de traitement, sans envisager un paral¬
lèle entre leur valeur thérapeutique respective. En se
plaçant à ce point de vue, il semble logique d’accor¬
der le maximum de chances à une source capable,
par sa nature spéciale, d’utiliser à la fois, soit sépa¬
rément, soit simultanément, d’une part le humage,
c’est-à-dire gaz et vapeurs sèches; d’autre part, les
inhalations, c’est-à-dire emploi de l’eau totale.
Cures thermales et glande thyroïde : état actuel
de la question; premières recherches personnelles
concernant les eaux du Mont-Dore. — M. J. Galup
recherche, d’après l’ensemble des observations
publiées jusqu’à ce jour, si l’on peut affirmer une
action des eaux minérales sur la glande thyroïde. Du
point de vue clinique, la réalité de cette action, si
elle' s’avère possible ou probable, ne paraît pouvoir
être certifiée de façon absolue, car, dans la plupart
des cas, on ne peut guère la dissocier d’une action
sur le système neuro-végétatif. Seules, des améliora¬
tions d’état^ myxœdémateux seraient tout à fait pro¬
bantes ; mais les observations qu’on possède à cet
égard sont rares et peu démonstratives. Quant, aux
réactions biologiques et, en particulier, l’étude du
métabolisme basal, elles n’ont été jusqu’ici qu’exrep-
tionnellement utilisées ; une première statistique de
l’auteur, portant sur 36 cas, n’autorise pas de conclu¬
sion ferme. C’est cependant cette méthode du méta¬
bolisme basal, peut-êti’e complétée par des recherches
purement expérimentales, soit biologiques, soit in
vitro, qui paraît devoir permettre dans l’avenir de
trancher la question; Quant aux hypothèses, déjà
émises, concernant le mécanisme d’action des eaux
sur la thyroïde (et sur les endocrines en général), on
peut, dans l’état d’incertitude où lions sommes de la
Macé de Lépixav. ;
SOCIÉTÉ D’OTO-NEURO-OPHTALMOLOGIE DE PARIS
5 Décembre 1928.
Crises dç blépharospasme de type essentiel. —
MM. Terrien, Schaeifer et J. Blum présentent
l’observation d’un homme de 44 ans atteint de blé¬
pharospasme de type essentiel.
Les crises sont déclenchées par la station debout,
la marche prolongée ou par un éclairage intense.
On a pu constater par la skiascopie, au décours
d’un spasme facial, l’existence d’un spasme ])assager
de l’accommodation expliquant les troubles visuels
subjectifs accusés à ce moment. Rien dans le passé
du malade ne permct de soupçonner la cause de ces
troubles rares par leur association et qui s’accen¬
tuent depuis quelques mois.
Epreuve « de la vertébrale ». — M. G. -A. Weil
rapporte l’observation d’un malade âgé de 56 ans, opéré
il y a 20 ans d’évidement' pétro-mastoïdien et qui,
actuellement, entend un bruissement continu dans
l’oreille opérée lorsqu’on presse avec la main sur le
vertex ou qu’on appuie sur la tête de haut en bas
avec les deux mains. Le bruit cesse dès que la pres¬
sion s’arrête. La rotation, flexion ou inclinaison de
la tète ne provoque rien.
Chez d’autres, malades, on peut modifier des bruits
préexistants en faisant varier l’attitude de la tête
mais, parfois aussi, on peut faire diminuer le bruit
perçu en soulevant la tête à deux mains comme jjour
suspendre le sujet.
L’auteur attribuant ces faits à un trouble circula¬
toire (modification du calibre de la vertébi'ale entre
atlas et ocfcipital) propose pour cette épreuve le terme
d’ « épreuve de la vertébrale ».
— M. Baldenweck a observé, un malade tpiiî une
à deux fois par an, présentait une paralysie faciale
double sans phénomènes otitiques, A ce moment, le
malade percevait un bourdonnement si on le touchait
dans certains points du corps (par exemple, pince¬
ment du talon),
— M. G. Worms rapporte une observation qu’on
peut rapprocher de celle de M. Weil. Malade venu
poui; un bruit de souffle auriculaire en jet de vapeur,
systolique, disparaissant par compression de la cai-o-
tide et dans certaines attitudes de la tète. Ce sotiffle
était apparu chez un sujet atteint de basedowisme et
de troubles neuro-végétatifs. 11 céda à un traitement
par l’iode et l’ésérine.
Névrites optiques et pérlslnusltes. — M. G.
Worms envisage les relations possibles entre les
névrites optiques* et les périsinusites. Dans un cer¬
tain nombre de cas de réactions du nerf optique
d’origine indéterminée, l’exploration radiologiqiic
des sinus profonds montre des anomalies révéla¬
trices de lésions ayant avec les cavités sinusiennes
les connexions les plus étroites.
La propagation de l’infection du sinus au nerf
optique se ferait par l’infermédiairc d’un processus
méningé.
' — M. Baudouin fait remarquer que souvent les
névrites rétro-bulbaires évoluent favorablement avec
ou sans traitement rhinologique ou mercuriel.
— MM. A Thomas, Tournay, Cousin et Velter
insistent sur le fait que, dans un certain nombre de
cas, une névrite rétro-bulbaire a pu précéder de
longtemps l’aj)parition d’une sclérose en phupies.
La Société décide de mettre la question à l’ordre
du jour d’une proebaine séance,
G. Renard.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
COMITÉ MÉDICAL DES BOUCHES-DU-RHONE
Décembre 1928.
Grossesse gémellaire univitelllne avec foetus
transfuseur et fœtus transfusé. — MM. Guérin-
Valmale et Verdeuil. Il s’agit d’une grossesse gémel¬
laire interrompue à 6 mois de gestation. L’œuf unique
contenait 2 foùus de même sexe (masculin) de taille,
sensiblement égale mais de volume très différents :1e
l'a' pesant 1.410 gr. tout œdématié, gonflé, le 2'““
pesant 720 gr. mince, tout ridé, l’n seul placenta,
un seul choribn et deux amnios. Sur la face fœtale
du placenta on distingue très nettement des ana¬
stomoses entre les <leux circulations fœtales. Il
cardiaques ou rénales ni de syphilis.
Un cas tardif de fièvre boutonneuse arthro-
myalgique (maladie d’Olmer); quelques considéra¬
tions sur son étiologie (parasites pathophores et
réservoirs de virus). — M. A. Raybaud. L’auteur
rap])0rte une observation de lièvre exanthématique
observée dans la seconde (piinzaine de Novembre^
qu’il propose d’appeler fièvre boutonneuse \arthro-
niyalgique pour éviter toute confusion avec le typhus
pétéchial. La particulai-ité do cas rapporté réside
dans le fait que le malade était infesté par des tiques
L’auteur termine par quelques considérations sur
la transmission et la conservation de la maladie pen¬
dant les mois d’hiver durant lesquels elle ne s’ob¬
serve- pas chez riiomme.
Un nouveau cas de hernie du cæcum et de
l’appendice chez i’enfant. — MM. G. Darcourt et
R. Gary. Les auteurs rapportent l’observation et
les radiographies de ce cas qu’ils ont pu mettre en
évidence par la clinique, contrôler par l’examen radio¬
scopique, vérifier par l’opération. A l’occasion de ce
cas, ils rappellent les signes déjà exposés par l’un
d’eux avec J. Pouccl, en 1925, et insistent à nouveau
sur la nécessité de diagnostiquer les hernies cæco-
appcndiculaires et sur la possibilité de ce diagnostic.
Paraplégie pottique brusque et complète à évo¬
lution rapidement mortelle par compression os¬
seuse et pachyméningite. — MM. Fiolle, Poinso
et Jaur apportent une observation de paraplégie
pottique apparue chez une femme, âgée de 30 ans,
ayant évolué brutalement en 2 mois, avec un début
subit. La radio .montre une lésion très marquée
D6 avec arrêt total du li|)iodol atloïdo-occipital en
dent de peigne. L’autopsie révèle en même temps
qu’une pachyméningite une luxation de D6 compri¬
mant et aplatissant la moeH,e. La ponction lom¬
baire avait montré une réaction de Froin intense.
Les paraplégies précoces et subites ne sont donc, pas
toujours, comme le pense Soriel-Dejerine, liées à la
présence d’abcès intrarachidien. D’antre part, la
compression osseuse, si elle est rare, peut exister
dans la pathogénie des paraplégies pottiques.
Quatre nouveaux cas d’empoisonnements par les
champignons secs. M. P. Silvan rapporte
portés par lui l’an dcimier. Il insiste à nouveau sur
la fréquence des accidents survenus à la suite de
l’ingestion de champignons secs, et attire l’attention
sur le danger qu’ils présentent, récbimant une fois de
plus la réglementation de l’approvisionnement et de
la vente de'ces produits.
Aortite postérieure (segment thoracique). — MM.
Rouslacroix et Emperaire rapportent ce cas qui a
donné lieu, du vivant de la malade, à des considéra¬
tions cliniques et radiologiques intéressantes et dont
la clef véritable n’a été révélée que par l’autopsie.
G. Darcourt.
114
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
N“ 7
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE D'ALGER
13 Décembre 1928.
Fracture du sternum. - ~ MM. E. et P. Goinard.
Une femme est prise sous un lusccnscur eu position
accroupie. Sans fracture de la colonne vcrlébralo, le
sternum est fracturé un peu au-dessous de l'articu¬
lation du manubrium avec le corps; le rragnient
supérieur se déplace en arrière du fragnient infé¬
rieur. La colonne cervicale est fortement fléchie, les
clavicules très obliques en bas et en dedans.
Sous anesthésie générale, la réduction ne peut être
obtenue qu’après résection d(‘ 1 cm. 5 du bout infé¬
rieur; elle est maintenue jiar tine vis introduite en
long dans le bord inférieur du bout manubi’ial repo¬
sant sur la face antérieure du bout inferieur par
l’intermédiaire d’une, phuiue métallique. Résultat
excellent.
A propos d’un eas de kyste hydatique ouvert
dans les voies biliaires. — MM. Costantini et
Jahier. Une femme de fnl ans, prés(;ntant un gros
kyste du lobe gaucho avec ictère et selles décolorées,
est opérée par kysto’stomic il l’anesthésie locale ;
rictère disparait, mais de la bile continue à s’échap¬
per par la plaie. Deux mois et demi après, la bile
s’échappe en totalité par la. plaie; l'es selles sont
décolorées. Celte situation dure 1 mois; on n’inter¬
vient pas, l’état général étant excellent et l’ictère
ayant dispai-u. Brus([nement les matières se reco¬
lorent et, la bile cessant de s’écouler par la plaie, la
malade guérit.
Cette observation est suivie de commentaires sur
la conduite à tenir dans l’ouverture des kystes hyda¬
tiques dans les voies biliaires. L’auteur estime t[u’il
ne faut pas adopter une conduite univoque. La cho-
lédocotomie est capable à elle seule de guérir les
malades ; elle a rependaut moins d'indications ([uc la
kystostomie qui, comme le prouve cette observation,
permet it la fois et le plus souvent de réaliser l’idéal
recherché désobstruer les voies biliaires, supprimer
le contenu du kyste. Cet idéal sera obtenu parfois
par deux opérations : si l’on a commencé par une cho-
lédocotomie, il faudra savoir, dans uu 2v temps, faire
une kystostomie et inversement.
Fracture du col chirurgical de l’humérus traitée
par vissage. — M. Cabanès pi ésente l’observation
d’un indigène de 20 ans atteint de fi'actiire du col
chirurgical de l'humérus chez lequel il fixa les frag¬
ments fl l’aide d’une vis longue de 8 cm.
Actuellement, 3 mois aiirèsie vissage, 1 mois après
l’ablation de la vis, la coaptation est parfaite, et
cependant tous les mouvements ne sont pas encore
com()lètcment récupérés, du fait de proliférations
osseuses périarticulaii es pourtant minimes.
L’auteur insiste sur cette réaction périostique qui,
chez les jeunes, retarde le succès déllnitif d’inter¬
ventions cependant anatomiquement excellentes.
Angiomes caverneux du membre Inférieur. M.
Lombard rapporte l’observation d’uii entant de
14 ans porteur d’angiimies multiples sous-cutanés du
membre inférieur, étendus de la cheville il la fesse.
Leur ablation a été facile en procédant par temps
successifs et sous anesthésie locale.
Décollement épiphysaire de l’extrémité supé¬
rieure de l’humérus. — M. Lombard présente les
radiographies d’un décollement épiphysaire typique
dans lequel la réduction très exacte a pu être
obtenue ])ar rimuiobilisation pliltrée en position
d’abduction.
Traitement des brûlures par les rayons ultra¬
violets. — - M. Lombard montre les excellents résul¬
tats obtenus par l'emploi des rayons ultra-violetp
dans le traitement des brûlures.
P. (ioixAan,
RÉUNION MÉDICO-CHIRURGICALE DES HOPITAUX
DE LILLE
17 Dbcembre 1928.
Appendicite et fièvre typhoïde. — MM, Piquet
et Porez rapportent l’observation d’ûn enfant de
14 ans qui fut pris d’une crise appeudiculairfc aiguë
alors qu’il présentait depuis 4 jours des troubles
gastro-intestinaux. Intervention ; liquide séro-purui-
lent dans l’abdomen, anses intestinales distendues,
appendice gangrené en voie de perforation, contenant
un pus fétido. Ultérieurement, on assista M’évolution ]
d’une fièvre lypho'ide qui entraîna la mort 3 semaines
plus tard (péritonite par ulcération typhique siégeant
sur le cæcum). Il s’agit vraisemblablement d’une
ap])endicite banale survenue au cours de l’évolution
d’une lièvre ty phoïde.
A propos de 2 cas de coqueluche guéris par .les
rayons ultra-violets, — M. A. Hayem rapporte
l’observatipn de scs 2 enfants qui, au retour des
vacances, commencèrent une coqueluche à 10 jours
d’intervalle. Il appliqua à ses 2 malades, avec d’excel¬
lents résultats, la méthode de Bru. L'aîné entrait en
convalescence au 16“ jour (à partir de la l™ quinte)
sans avoir jamais dépassé 12 quintes et 3 vomisse¬
ments dans les 24 lieures. Le plus jeune, dont le
!“'■ érythème n’était apparu qu’assez tardivement,
cnii-ait en convalescence vers le 18“ jour (à partir de
la !'■“ quinte) sans avoir eu plus de 18 qùintes et
3 vomissements par 24 heures. Il avait été pratiqué
7 irradiations il chacun de ces malades.
Disjonction traumatique du pubis. — MM. E. Gau-
dier et Vienne présentent un cas de disjonction de
la symphyse pubienne avec écartement de 5 cm.
Résultat d’une sympathectomie double pour
troubles trophiques des pieds. — MM. E. Gaudier
et Grouzelle présentent l’observation d’un malade
opéré et guéri depuis 1 an.
Opération de Le Fort pour prolapsus total chez
la vieille femme. — MM. Grouzelle et Bourno-
ville rapportent l’histoire d’une femme du 53 ans,
atteinte d’un prolapsus total; depuis 1 an -environ,^
la marche était devenue presque impossible. L’his¬
toire de la malade montre 11 grossesses, qui déter¬
minèrent progressivement l’apparition du prolapsus.
L’opération de Le Fort fut pratiquée il y a 7 mois.
Actuellement, la nnalade est complètement guérie.
Les auteurs rappellent l’efficacité de l’opération de
Le Fort élargie qui mériterait d’être plus souvent
pratiquée.
Spondylose rhizomélique. — MM. Swynghedauw
et E. Gaudier présentent un malade Agé de 29 ans,
atteint d’ankylose vertébrale s’étendant delà colonne
lombaire à la partie inférieure de la colonne cervi¬
cale. Bien que les articulations coxo-fcrnorales aient
encore conservé une mobilité voisine de la normale,
l'aspect radiologique des lésions rachidiennes impo¬
se ce diagnostic : ossification des ligaments, décal¬
cification descorps vertébraux, soudure des apophyses
articulaires, etc... L'évolution clinique est bien celle
de la spondylose rhizomélique, en particulier la
douleur initiale, précéd-aul l’apparition de l’ankylose
et siégeant A la partie moyenne des cuisses.
Trois cas de pustule maligne. — M. Swynghe¬
dauw rapporte 3 observations de pustule maligne
dont l’une, à forme d’œdème malin, a évolué vers la
mort, malgi'é le traitemenf sérothérapique. Les
2 autres, dont l’étiologie reste obscure, ont guéri
simplrmcnt, l’une après excision, l’autre par l’emploi
du sérum. Il semble que dans les cas bénins les plus
fréquents, les I railemenis les plus divers influencent
favorablement la lésion. L’œdème malin, au contraire,
résiste aux médications usuelles, et justifierait
l’emploi de la sérothérapie spécifique intensive A la
fois par la voie sous-cutanée et intraveineuse.
Absence congénitale de la vésicule biliaire ;
obstruction du cholédoque. — M.R. Le Fort présente
l'observation d’une jeune femme, atteinte de coliques
héj)ati((ucs au 3“ mois d’une grossesse, coliques qui
persistent jusqu’au début de la délivi'ance. Aggrava¬
tion 25 jours plus tard, avec lièvre. Opération
d’urgence 2 semaines après. l’as de calculs et pas de
vésicule biliaire. La cholédorotoiuie donne issue à
un énorme hot de bile, Ajirès 50 heures d’anurie, les
suites deviennent simples, mais la fistule biliaire
persiste, avec is.sue intermittente d’une quantité de
bile. On iiense à une occlusion sous-vatérjenne <lu
cholédoque, d’origine congénitale. Guérison par le
traitement médical, et état de santé excellent depuis
Un cas de claudication intermittente traité par
la sympathectomie périfémorale. — M. P. Grou¬
zelle rapporte l’observation d’un malade do 63 uns
qui ne pouvait faire,- en 1926, que quelques centaines
do mètres, après lesquels il ressentait une violente
douleur dans la fesse gauche. Il s’asseyait ulprs sur
un pliant. Une sympathectomie périfémorale basse
est prati(|uér le 15 .luin 1926 dyis le service du pro¬
fesseur Gaudier. Depuis cette époque, le malade est
complètement guéri; résultat de 2 ans 1/2.
Méningites tuberculeuses avec hyperglycorachie.
- MM Jean Minet et Porez rapportent les obser-
Méningile tuberculeuse à forme hémiplégique chez
un enfant de 15 ans, confirmée par présence de
bacille de Koch et examen anatomo-pathologique
des méninges. Dosages de sucre : l gr., 25 centigr. ;
0 gr, 67 centigr. ; 0 gr. 48 centigr. 2 jours avant lu
mort, en même temps qu’apparition de bacille de
Koch,
Deux autres méningites cliniquement tubercu¬
leuses avec hyperalbuminose et lymphocytose chez
2 enfants de 15 ans et 13 ans; dosages de sucre,;
0 gr. 67 centigr. ; 0 gr. 79 centigr. ; l’hyperglyco-
rachie dont la valeur séméiologique est nulle existe
parfois dans la méningite tuberculeuse. Rencontrée
au cours de multiples affections et même chez l’indi¬
vidu normal, elle paraît en rapport avec l’hypergly¬
cémie et la perméabilité plus accusée de la méninge
dépendant elle-même d’une congestion pathologique
ou passagère. '
Histoire anatomo-clinique d’un anencéphale. -
MM. Nayrac et Patoir présentent , les pièces et des
préparations montrant l’absence' de développement
morpho.-physiologique du cortex cérébral-* et du
noyau lenticulaire. Il est inreressant de noter que,
dans un névraxe ainsi simplifié, on ne trouve paç le
faisceau rubro-spinal de von Monakow, et que, de
son vivant, le petit malade avait présenté des mouve¬
ments athétosiques, ce qui vient A l’appui de l'hypo¬
thèse d’une origine relativement basse de ces nfou-
vements. jEAq Minet. .
SOCIÉTÉS ÉTHANCÈIŒS
SOCIÉTÉ CLINIQUE DES HOPITAUX DE BRUXELLES
12 Janvier 1929.
Un cas de leucémie myéloblastique chez l’enfant.
M, Meunier retrace l’iiistoire d’une fillette de
13 ans qui, 1 mois apiès une stomatite ulcéro-mem-
braneuse mal .“oignée, entra fn cachexie. Un premier
examen hémalologique dé’cèle une leucopénie, alors
que 7 jours plus tard, à son décès, elle était en Icuco*-
cytose avec 97 pour lÛO de myéloblastes. Il semble
qu’il s’est fait une poussée myéloïde arrêtée à la
phase initiale. A l’autopsie, on trouve une hyperplasie
de la moelle et de la métaplasie myéloïde dans le
foie et tous les organes lymphatiques ; hémorragies
viscérales multiples.
Un cas de tumeur bulbo-protubérantielle; effet de
la décompression suiyie de radiothérapie. — - MM
Sliiys et Vervack présentent un jeune homme qui
était atteint de tumeur cérebraje. Elle se manifestait
par de la torpeur, céphalée, paralysie oculaire, un
syndrome pyramidal et cérébello-protubérantiel.
L’évolution rapide des symptômes oblige à faire une
décompression chirurgicale. Au cours de l’interven-:
tion on parj'ient à apercevoir une- tumeur bulbaire.
Alors que cette opération avait calmé la céphalée, la
radiothérapie profonde, sans aucune exacerbation, fit
disparaître et l’impotence motrice et le syndrome
cérébelleux.
Anémie pseudo-leucémique chez un ancien palu¬
déen,. — M. Goosens a soigné un ancien malarique
qui mourut au cours d’une maladie sanguine com¬
plexe : anémie progressive, leucocytose croissante à
monocytes et raréfaction des myélocytes et des
hématies granulées. La rate était fortement hyper¬
trophiée. Les constatations nécropsiques et la dis¬
cussion des symptômes permettent A l’auteur de
poser le diagnostic de syndrome de von .laksch-
Luzet de l’adulte.
Diabète et chirurgie. — MM. J. Slosse et F.
Van Den Brandon ont pu opérer sans accident
particulier un vieux prostatique en rétention. Il avait
dans les urines 22 gr. pour 100 de sucre. Le régime
des légumes verts etl'administï-ation d’insuline avaient,
pour le moment de l’intervenition, fait disparaître les
symptômes de diabète. De ' ce succès, les auteurs
tirent une leçon générale. Ils donnent une grande
valeur pronostique à la recherche de la réserve
alcaline.
Van Dooren.
N“ 7
23 Janvier 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS Eisa INFORMATIONS
Le Congrès international
de
Médecine tropicale et d’Hygiène
du Caire
(15-22 Décembre 1928)
Sous le haut patronage de Sa Majesté le roi
Fouad !“'■ et à l’occasion du centenaire de la
Faculté de Médecine du Caire, le Congi-os inter¬
national de Médecine tropicale et d’Ilygiéne'a
tenu ses assises, dans cette ville, du 15 Décembre
au 22 Décembre.
11 faut savoir gré aux FraiH'ais de délais¬
ser quelque peu, surtout depuis la
guerre, leur tour d'ivoire, et d’éprou¬
ver le besoin plus vif, que dans le
passé, de « frotter leur cervelle
contre celle d’autrui », comme disait
notre vieux Rabelais. Ils sont venus
nombreux au Caire. Notre délégué
officiel était M. le professeur Fer¬
nand Bezançon qui a su rallier autour
de lui tant d’heureux suffrages pai- son
action personnelle qn’on peut dire, non
sans une pointe d’orgueil, que la plus
grande [tart des ap[)landissements ,
dans les cérémonies officielles, est
allée à la France.
L’Iigypte a été aux Fran^’ais une
terre des plus accueillantes et des
plus hospitalières. Des lîgy[)tiens des
grandes villes parlent à peu près tous
la langue française, avec une sfii-oté,
une finesse et une précision qui font
notre admiration, et l’hospitalité égyj)-
tieqne rcstci-a pour nous un des sou¬
venirs les plus vifs de cette manifc.s-
tation scientifique. Je pourrais citer
maints noms de collègues. ou de con¬
frères ou de notables égyptiens qui ont
mis, sans compter, leur influence, leur maison,
leur table, leur automobile à la disposition des
S. F., le ministre de rinstrnetion publique,
a|)rès avoir remercié le roi d’avoir bien voulu
assister à la séance inaugurale, souhaite la bien¬
venue aux représentants émiinmts des nations
U et aux grands savants du monde entier » :
« 2.000 médecins, dit-il. n’ont pas Jiésité à sacri-
fiej- nue j)artie de leur temps précieux à supporter
les fatigues du voyage, pour venir ici confi-outer
les résultats de leur expérience et, dans l’intér-'t
de l’humanité, chercher les causes et remèdes
des maux ([ui l’affligent ».
Ajjrès les paroles d’usage et de remereienients
an Comité d’organisation, M. le professeur
1’’. Bezaneon donne lecture de son beau discours
(pii, à maintes rejirises, fut interromjm par les
a|)probalions unanimes de la salle et qui souleva
iiu.sli- (le Clol bey dans ta coin- il(' la l■'a<•llllé (l(^ .Alc'-deciae du tàdrc.
c giiuche il limite : h’' L('i)inc (de Lyon) ; D' Piei-rel (de La Honi-bonle) ; M. (b
jionval et M. Fine, petit-fils et urrière-petit-fils -de CInt bey, le P’’ Iiezan(;on
le P' Sirai'd (Les antres congressistes français sont massés à ilroile). fin
gerbe de fleurs a été déposée au ))ied du inonnmenl (Cliebé .laccpies l-'oreslier)
congressistes, avec
d’oll'rcs qui nous a
e délicatesse d’attention (
1 (irofondément touchés
Da séance d’ouverture a eu lieu à onze heures le
samedi 15 Décembre à l’Opéra royal; sa ^lajesté,
le Roi Fouad E", prit place dans sa loge, et, en
langue franç-aisc, déclara ouvert le congrès inler-
iiational.
L’intérieur du théâtre oll’rc à ce moment le
spectacle le plus chatoyant, le plus chamarré.
Les délégués de 44 nations occupent la scène,
revêtus de leurs rôbes, et arborent leurs insignes,
leurs décorations.
On y remarque, voisinant cote à côte, les robes
rouges des professeurs de notre Faculté, celles
des professeurs anglais, la tète couverte de
leur légendaire toque, et la tenue de grande
cérémonie des professeurs italiens et des,
professeurs des h’acultés et Universités égyp¬
tiennes.
Puis sont groupés en demi-cercle (et par
ordre alphabétique des puissances), sur le devant
de 1’ (( hypostyle », les délégués officiels de l’Alle¬
magne, des Etats-Unis, de la b rance, de la
Grande-Bretagne, de la Grèce, de l’Italie, du
Japon.
(les apjilandissements prolongés.
IjC voici, rc[)rodnil :
. Sire, ■
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
il C’est poui’ nous une émotion ])rofonde (pie de
nous trouver ici dans cette terre d’Egypte, aieulc
du monde, et si miraculeusement prosjière. 11 est
des tei-res heureuses sur lesquelles ne pèse point
le poids des siècles et où le génie de riiomme a
tou jours su mci-veilleusemenl utiliser les ri(;hesses
que lui avaient prodiguées la nature. La terre
d’Egypte est de ce nombre! Ce ne fut jias senle-
menl la terre des Pyramides et des Sphinx, des
grands tenqiles et des hypogées; ce fut la terre,
dès les plus lointaines dynasties, des grands ti-a-
vaux d’utilité publique, dont l’audace et la gran¬
deur sont aujoud’hui encore jiour nous un sujet
d’étonnement; les barrages du Nil ; le canal des
deux mers et, dans ces toutes dernières années, le
développement extraordinaire du Caire qui en fait
une des plus belles capitales du monde, nous
monti'cnt aujourd’hui que la jeune Egypte a di¬
gnement continué les traditions de son glorieux
passé.
<1 C’est pour nous. Français, en particulier, une
joie douce que dè nous retrouver dans ce pays où
nous rattachent tant de souvenirs, et c’est avec -
fierté, que nous voyons la j)lacc qn’y occupent
dans la mémoire des hommes les noms des Chani-
pollion, (les Mariette, des l''erdinand de Lesseps
et enfin de celui de cet (uifant de Grenoble,
(jni fut Clôt bey et dont la personnalité est si
intimement niélée à la fondation de votre Faculté
de .Médecine du Caire, de vos h{)])itaux et de
l’inslauration de vos (cuvi'es d'hygiène et d’assis¬
tance auxquelles votre .Majesté a (jersonnelle-
« Sire, les liens (pii unissent votre royaume à
notre lcrre de l’cance dans le domaine de l’ins¬
truction publi(pie, le seul dont il me soit permis
de (larler, sont di'-jà bien anciens et votre Majesté
sait avec quelle cordialité sont toujours accueillis
dans nos Facultés et nos services hospitaliers vos
étudiants et vos médecins. La perfec¬
tion avec hupielle pres(pic tous parlent
notre langue, au point (pi’il est souvent
impossible de reconnaîti’c qu’ils appar¬
tiennent à une nationalité étrangère,
réalise raiiidcmcnt la plus étroite inti¬
mité : la communauté de langue en¬
traîne vite à son tour la communauté
de pensée scicntilhpie.
Il La célébration du centenaire de la
fondation de la l'acuité de Médecine, à
hupielle le Eram.’ais Clol bey a tant
contribué, ne pouréa encore (pie re.s-
serrer les liens (pii- niiisscnl la Faculté
Universilcs et l’Egyiile
i Egyptiens en France
en Egypte auront cette
douce pour l élranger loin
du sol natal, de ne pas se sentir dé¬
paysés et de croire encore (pi’ils foulent
le sol sacré de la Patrie, »
Les discours du prol'. Papaioannou,
premier délégué de (îrcce, et du jire-
micr dél(‘gué du Japon, le professeur
Kawaniura, furent prononcés en fran-
(,ais. Le délégué du Ja()on, qui manie
remarquablement la langue française,
me hilarité respectueuse des assistants
lorsipie, s’adressant au roi, il lui fil remarquer à
jieii |)rès dans CCS termes : Sa Majesté est un fervent
admirateur do la ])aix et (loiirtanl je dois faire
observer (pi’ellc nous force à ])arler do guerre et
à, la déelaror, nous représenlanis do nombreuses
nationalités... (ici un lenqis de pause) puisqu’elle
nous coiivoipie à établir un front unique de lutte
contre les microbes et les parasites troiiicaux.
C’est en français encore que sa Majesté déclara
close la séance iiiaiigiirale en même temps qu’on
lui l'cmetlait la médaille du Congrès représentant
lin ll()le[), qui fut le jireniier ministre de Zozer,
premier roi d(' la T' dynastie, et ipii est considéré
comme un des dieux de la médecine.
Le lendemain, un grand dîner avec soirée fut
jirésidé jiar S. E. le Président du Conseil des mi-
iiisIres.'Des toasts furent prononcés pur les pro¬
fesseurs Léon l'rédéric(i (Belgiipie), sir Berkeley
(Londres), Kawaniura (Japon), Giovanni Grizoni
(Italie), Schiilfner (Hollande), llahn (Berlin),
lîrumpt (Paris). L'allocution du professeur
Brumpt fut particulièrement remarquée et sou¬
lignée d’ap|)laudissciiienls lorsipi’il rappela qu’il
vint dans la nation égyptienne déjà une première
fois il y a bien longtemiis déjà, et qu’il trouve
actuellcmeiil une Egypte transformée et au pre¬
mier rang des préoecupations d’hygiène tro¬
picale.
Le surlendemain soir, sa Majesté le Roi ou-
jirovocpia
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
N» 7
Il G
vrait son palais, ses salons, scs serres, son
ihéàtre avec une li'oupe française et une pièce
française il.r Cnprirr de A. de Musset), aux délé¬
gués el aux invités officiels.
A
Ij’Egypte se devait de prendre l’initiative d’un
premier el grand (aingrès international de Méde¬
cine Iropieale. Bien (|uo le territoire égyiitien ne
soit pas enliérenient situé dans la zone tropicale.
l’Içgyple ne constitue pas moins, en eirel,de jiar sa
situation géograpliitpic, un Irait d’union entre
celte zone el plusieurs continents, el c’est grâce
aux ed’orls des médecins el des autorités de la
nation égyiilieuue (|ue ce pays el riM)ro[)e ont été
préservés des épidémies de clioléi'a et de peste
qui, plusieurs fois, au cours de ces dernières
années, avaient déferlé jusqu’aux l'rontières de la
Haute ou Basse Egy|)le.
La l’acuité de .Médecine du Caire brillamment
développée jiar la maîtrise féconde dy sou émi¬
nent doyen, le D’’ iMadden. qui représente eu
([uelque sorte la science médicale britannique el
i|ui dirige l’iiopilal de Kasr-el-.Aiiii, a pensé très
judicieusement que le Congrès serait rehaussé
dans son pi'eslige moral en associant el eU com¬
mémorant dans le même éclat scientillque la fon¬
dation - - il y a tout juste cent ans - en 18‘28, de
l’école de Médecine du Caii’c. sous l’autorité du
grand Mohammed .\li.
.Mais ce que beaucoiqi de h’i'ançais ignoraient,
c <;st (ju’un des nôtres né à Crenoble. .Vntoine
Clôt (17t)3-18r)8) (|ui, pour les services rendus â
l’Egypte, reçut de ce gouveruement le titre de
bey Allol beyj fut pré<-isément l’artisan de celte
création médicale du Caire.
Le iirofcsseur A’aipiez, dans un article émou¬
vant paru dans ce journal l28 Novembre 1928), a
fait revivre celle grande ligure; le i)rofesseur
Boger :de .Marseille), dans une conféi'cnce faite
au Comité médical des Bouche.s-du-Rhône, a
évo([ué remaiapiablemeni l’amvre de C(; savant el
de ce phihinlhro|)e, el notre compatriote le
1)'' Perez plu Caire/, ophtalmologiste, ([ui s’est
de tout temps montré si accueillant pour les
l'’rançais en Egypte lît |)Our la presse française
lâ-bas, a retracé dans des termes saisissants au
Congrès, à la section d’histoire de la méilecine.la
vie et les ell’orts île Clot bey, ainsi (|ue rinq)ul-
sion ('t l’essor qu’il a donnés à la médecine el à la
pratique médicale en Egypte.
U Brisant les obstacles el les pi’éjugés. Clôt
bey décida, eu 1827, la fondation de l’Ecoh^ de
.Nlédecine .\ban-Lobel à proximité tlu Caire et
(I des grands hospices militaires. Dès le début
« même de rinslallalion de l’Ecole, Clôt bey
s fonda un Institut de langue française et lit ira-
« duire en arabe plus de ciiupiante. ouvrages
.1 publiés eu français. Clot bey servit la h'rance
.1 en servant l’Egypte » (Brofesseur \’aquez).
Voici (pichpies ligues extraites de la conférence
de Bogvr :
a A[)rès avoir été interne el chirurgien atijoini
.1 des hôi)ilaux de Marseille. Clot lut en Egypl<'
U un organisateur et un animateur remartpiable.
Cl Malgré (pielques idées erronées communes â
Cl son époque, il lit faire d’importants progrès
Cl à l’hygiène. .\ l'exenqjle de Pinel, il lit tomber
Cl les chaînes des aliénés égy|)liens...
cl Clot resta toute sa vie un homme d’une tlroi-
ic turc exemplaire el d’une ténacité inébranlable
.. i(U(^ l’adversité ne lit jamais lléchir. D’une
cl bonté à toute épreuve, partout où ramènent ses
Cl i\oinl)roux voyages, il est l’ambassadeur de la
« pensée, de la science et -de la volonté fran-
ic çaises. De son adolesceiice jnsiiu’à sa mort, il a
Il bien servi sa patrie v ,Profes,seur Roger, de
Marseille).
Eulin, du discours de Perez idu Caire), à la
section d’histoire de la médecine, nous déta¬
chons ces phrases ;
« Enseigner la médecine aux jeunes Egyp-.
« tiens, et ce dans leur langue maternelle, parais-
cc sait alors, même aux plus avertis, une idée
Cl plutôt bizarre, germée dans une cervelle chi-
ci mérique. Le médecin aux chimères Clot bey
cc dut, pour réaliser ces dernières, non seule-
« ment surmonter les obstacles naturels, mais
Cl encore vaincre les résistances opiniâtres des
Cl hommes. El c’est ainsi qu’en l’an de grâce 1827.
Cl l’école de ^lédccine était créée. Im D'' Clot.
>1 nommé directeur, donna sa première leçon en
Cl présence de cent élèves égyplieiis. des profes-
cc scurs el des interprètes...
Cl Le vice-roi Mohamed .\li lui accorda les plus
Cl (laiteuses marques de sa haute protection :
Cl Vous (jui êtes un de mes serviteurs les plus
Cl laborieux el les plus habiles, qui avez mérité
« notre satisfaction par vos efforts el votre zèle
Cl de nous bien servir, sachez que ])our ces mo-
ci tifs le grade de bey vous a été donné tout par¬
ce liculièremcnl et que vous avez été nommé vice-
II président du Conseil de santé... Par son amvrc
« (trestigeuse, Clot bey aura été non seulement
« l’organisateur admirable, mais encore le créa-
ii leur du mouvemeut médical égy|)lien moderne.
Cl A ce litre, cl par son concours zélé de tout ce
Cl qiii louchait â l’Egypte, Clot bey, se place aux
Il côtés des grands Français qui, au siècle der-
ic nier, illustraient ce pays » (D'’ Perez, du Caire).
■ La Faculté de Médecine de Montpellier avait
chargé le professeur Delmas de remettre entre les
mains du doyen de la Faculté de Médecine du
Caire un exemplaire de la thèse de Clot bey,
soutenue à Montpellier, en 1820, avec la signa-
luri! de l’auteur.
Une cérénionie louchante eut lieu â l'issue de
la conférence du D’’ Perez, où, nous tous, con¬
gressistes français', sous la direction du profes¬
seur Bezançon, déposâmes au pied du buste de
Clot bey érigé dans la cour de la Faculté do Mé¬
decine du Caire une gerbe de fleurs. Le pelit-lils
de Clot bey, VL Gabriel Fine (de Marseille) el
son arrièrc-petil-lils, le capitaine d’artillerie de
Monval (de Grenoble), avaient été invités par le
gouvernement égyptien el aeeonqiagnaieni la sec¬
tion médicale française.
La délégation allemande a offert également une
couronne â la mémoire de Bilhariz. On sait qu’à
la mort de Mohamed Ali, son successeur Abbas l'”'
fut hostile â Clot bey, el celui-ci rentra im
France. .Abbas appela alors en Egypte des pro¬
fesseurs allemands dont Bilhariz qui, en 1.851,
découvrit la maladie â laquelle il donna son nom,
mais l’Ecole de Médecine du Caire périclita rajti-
demenl. En 1858. Clot bey fut rappelé en Egypte.
Il se remit courageusement â l’ieuvre, mais il
avait alors plus de ü5 ans. Ses forces le trahirent
el son mauvais état de santé l’iibligea bientôt à
l'entrer en France où il mourut quelques annéi's
^lus tard.
I. L .-toailéiiiio, la Kaeallé de Paris, le Ccdlc'ge de l'raiiee,
étedent ri'|)ri'seiili‘s par les pï'of. Vaipiez, lîczauçoa,
liranipl. Nallaa-Larrior, Tiiffier, Sicard, par le prof,
a^ri'jié ,Ieaa llatinel, le corjcs lio.spilalier jau’ les D'' cMu-
ra.v el .Mouipdri. hyan avait délègue : son doyen, le jirof.
bepine, puis le jirof. Suvy et le D' (iarles. Montpellier :
les prof. Villard et Delmas; Marseille : les ))rot. Roger
el Chauvin; .Vlger : le prof. Pinny; Rouen : le prof. Devé ;
Reims : le prof. Roltu.
.le cite oneore par ordre alphabétique, les D" Amblard
;de Vittel), liiuet (de Viehy), médecin du roi Pouad dans
eidte ville, le ehirurgieu lîourguel (de Paris), Dumont (de
Plomhii‘res),Dio'ernay (d’.\ix-les-lhuiis), .laeques l'oreslier
(d'Ai.v-les-lhdn8), (iardet (de Vichy), Gaadineaii, Kouri(de
Paris), Lalouehe (d'Autun), Lelong (d'.Aix-lcs-Bains), les
ophtalmologistes haeat et Mauas (de Paris), le physio¬
thérapeute Livel (de Paris), Payeaneville (de Rouen), dé¬
légué du ministre de l’Hygiène, Philij) (de Marseille),
Pierret (de la Rourhoule), Quiserne (do Raguoles), D' Ro-
hinson (de Paris), D' Vadon (Saiiit-Raphaél). Ht j’en ou¬
blie eertainemeut. .Meiitioiinoiis encore M"'' Arnold Seli-
gmann, presque notre confrère, tant elle s’est intéressée
avec la générosité, la compétence et le dévouement qu’on
lui connaît aux amvrcs hospitalières parisiennes.
■Sur 2.206 'membres inscrits au Congrès, il en
est venu 1.912. 16 sections scientifiques avaient
été organisées' et, dans toutes, les communica¬
tions furent nombreuses. 254 communications
furent lues et discutées. Aussi, faute de temps
matériel, un grand nombre d’autetirs inscrits
durent-ils retirer leurs documents. >
Les communications portaient sur les sujets les
plus variés de la médecine tropicale surtou'f ;
bilharziose, malaria, ankylostomiase, dysenterie,
sphénomégalie, pathologie oculaire, etc.
M. Khalil, professeur de parasitologie à la
Faculté de Médecine du Caire, communique ses
vues très suggestives sur la prophylaxie de la
bilharziose en Egypte el montre dans des films
cinématographîés l’histoire évolutive du schisto-
soma « bilharzia ».
Les congressistes ont visité des services hospi
taliers presque exclusivement consacrés aux
malades atteints de Bilharziose ou d’ Anhylosto-
niiase. Dans la première salle, sur plusieurs
tables étaient installés des microscopes munis
chacun, sous l’objectif, d’un spécimen parasitaire.
Il était ainsi donné de suivre la marche de l’in¬
fection que causent ces deux germes, qui font des
ravages parmi la population de l’Egypte. Les
D’’* Cherabié (d’Alexandrie), radiologiste de l’hô¬
pital européen - français , et Smyrniotis (du
Caire) ont montré des radiographies très sug¬
gestives de bilharziose des voies urinaires. On
distingue radiologiquement deux étals : les lé¬
sions bilharziennes par inflllralion et les lésions
bilharziennes par calcification, en « tire-bouchon»
dans l’urelère, en « tas d’anneaux » dans la
vessie, en aspect diffus (Smyrniotis).
L'amibiase a été étudiée de nouveau par Petseta-
kis (d’Alexandrie) dans une de scs manifestations
ou complications : la cholécystite amibienne.
D’après cet auteur, il existerait une cholécystite
amibienne vraie. M. Brnmjil élève quelques
objeclions el demande que des preuves bio¬
logiques, surtout, soient données, d’inoculation
expérimentale. Il estirnt} que dans le cas où il y
aurait réellement des amibes, il serait indisnen-
sablc pour les identifier avec l’amibe dysfcnlé-
riquo d’étudier la culture de l’amibe, sa texture,
et surtout son rôle pathogène vis-à-vis dn jeune
chat, suivant la technique d’expérimentation
([u’il a indiquée : Pal (de Vienne), Mulhous, Tra-
baud (de Syrie), Lorando et Pragolo (d’Athènes)
ont apporté égalemeni sur l’amibiase des faits
intéressants.
La question des splénomégalies égyptiennes a
fait l’objet do discussions nombreuses. Petseta-
kis, soit par ponction directe, soit à l’aide de pré¬
lèvements pratiqués à l’intérieur do rates enle¬
vées chirurgicalcinenl par le D'' Slevcns'(de Port-
Saïd), a pu isoler des champignons. M. Petridis
parle égalemeni sur le même sujet, et le chirur¬
gien Papaioamou (du Caire) présente une rate
énorme qu’il a pu exlrairo au cours d’une opé¬
ration.
L’origine mycosique de la splénomégalie n’est
pas seulement mise en discussion, mais encore
son étiologie bilharzienne. Brumpt cependant fait
observer que si celle suggestion est intéressante,
surtout dans le cas d’infection par la bilharziose
« japoneum », la splénomégalie égyptienne ne
doit ])as être due à la bilharziose parce que dans
des régions où existe l’afleclion bilharzicnrio il
n’y a pas de splénomégalie, el que réciproque¬
ment là où peut se rencontrer la splénomégalie,
il est fréquent de ne pas voir d’infection bilhar-
1. L’c.\i)osilion française, pharmaceutique avait uu
stand brillamment représenté par les firmes opologiques
et instriimcnlales : Clin, Byla, Heudebert, Leprincc, Cor¬
bière, Boltu, Bonard, Choay, Lematte, Lumière, Drapier,
Poulenc, usines du Rhône, etc.
N» 7
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
117
zienne; Le professeur Pinoy (d’Alger) est du
même avis.
La splénomégalie égyptienne paraît bien être
cependant d’origine parasitaire comme l’avaient
indiqué les Anglais (Day et Fergusson). Brumpt
rejette, en tout cas, l’origine mycosique. La
constatation de filaments mycéliens spléniques
serait due soit à des erreurs de technique, soit à
la présence de champignons saprophytes, sans
rôle pathogène, comme du reste on peut en ren¬
contrer dans d’autres tissus ou cavités de l’orga¬
nisme. Par contre, Pinoy soutient qu’il y a des
filaments dans l’intérieur des nodules spléniques
sidérogènes, ces nodules étant prélevés asepti-
quement à l’intérieur même des raies qui clini¬
quement correspondent aux cas de splénoinéga-
lies égyptiennes.
Pour Pinoy, le critérium de certitude est la
présence des champignons sur les coupes sou¬
mises à l’action de la potasse et des hypochlo-
rites, ces agents chimiques dissolvant le tissu
conjonctif et laissant, par contre, intacts les fila¬
ments mycéliens. Il démontre, en outre que
même après aN oir débarrassé les champignons de
leur imprégnation ferrique par le permanganate
de potasse et l’acide oxalique les filaments résis¬
tent aux agents chimiques dissolvants. Les
coupes de Pinoy furent soumises à l’examen de
Brumpt et de Castellani.
L’impression de Pinoy est pourtant que le
champignon n’agit ici dans les grossse rates
qu’à titre d’infection secondaire, comme parasite
de symbiose, le germe initiateur étant encore
inconnu, ou alors s’identifiant avec la bactérie
découverte par Pinoy en 1927, dans trois cas.
Cette bactérie est de forme très difficilement
objectivée avec gangue filamenteuse finement
allongée et corpuscules intrinsèques presque
invisibles. Pinoy, au point de vue expérimental,
a pu, en injectant ces cultures au cobaye, déter¬
miner chez l'animal une splénomégalie des plus
nettes. La culture sur milieu gélosique n’est
cependant que très j)éniblement transmissil)le ou
entretenue en série. Cliniquement nous avons vu
dans les hôpitaux d’Alexandrie et du Caire des
opérés de grosses rates, celle.s-ci variant d’un
poids de 1 kilogr. 1/2 à 5 kilogr. environ. Ces
spléneclomisés bénéficient rapidement de l’in¬
tervention, mais l’amélioration post-opératoire'
n’est que transitoire. L’évolution arrêtée pour
quatre, six ans, reprend sa marche nocive (U
progressive jusqu’à la mort qui surviendrait dans
la majorité d(!s cas entre la cimiuième et la
sixième année posl-o])ératoire. 11 est évident que
l’on entrevoit tout l’intérêt des recherches bacté¬
riologiques ultérieures à entreju'cndre lors de
l’autopsie de tels sujets (contrôle des champi¬
gnons dans d’autres organes ou tissus, etc.).
luîs iNi'iîCTioNS KN SY.MiiiosE. -- Castellaiii
apporte des faits l)actériologiques montrant que
certaines bactéries associées à d’autres, tels les
bacilles lyphi<iues et le bacille de Morgan par
exemjile, sont susceptibles de faire fermenter les
sucres alors (jue chacun des germes pris isolé¬
ment est incapable d’une telle action. 11 montre
que certaines nodosités attachées aux poils d(ïs
aisselles sont sous la dépendance de l’association
d’un coccus et d’un champignon et <pi’on ne; j)eut
réaliser la reproduction expérimentale de la
maladie qu’en utilisant en symbiose les deux
germes. Pinoy fait remarquer que l’état de sym¬
biose régit bon nombre d’infections.
I,e trachome est étudié par Angelucci (d’Ilaliei,
par Wilson, Buatalvatlan et àlegerhof(du (laire),
l)ar Salvati (d’Alexandrie) qui discute la sérothé-
l’apie immunisante du trachome, par Diuerleseu
et Panaitescu (de Bucarest) qui mentionnent le
traitement du trachome par l’huile de chaul-
moogra.
Lacat (de Paris) communique des observa¬
tions sur le trachome et l’ophtalmie purulente.
M. Morax (de Paris) décrit les complications
cornéennes du trachome. Après avoir rappelé les
différents types de lésions cornéennes observées
chez les trachomateux ; kératite traehomaleuse
proprement dite, kératite des infections aiguës
ou subaiguës de la conjonctive par le gonocoque,
le bacille de Weeks, le diplobacille, kératite
traumatique provoquée par le trichiasis. l’auteur
met en parallèle les modifications observées
par biomicroscopie dans les cas de kéi-alite tra-
chomateuse et les lésions étudiées sur les coupes
histologiques après prélèvement d’un lambeau
sujierliciel de cornée. Il montre (i\ie l’infiltration
cellulaire et la néo-vascularisation qui consti¬
tuent la caractéristique du pannus trachomateux
se développent jirincipalement entre la membrane
de Bowman et les lames du tissu de la cornée.
Cette infiltration à histiocytes, absolument com¬
parable à l’infiltration de la conjonctive tarsienne
et des culs-de-sac, peut néanmoins et même à un
stade précoce perforer la membrane de Bowman
et se développer dans la couche épithéliale.
L’identité du i)rocessus histologique conduit à
admettre que le processus infectieux cornéen ne
se distingue pas étiologiquement du processus
conjonctival.
Perelz (du Caire) api)orle des faits intéressants
sur les complications de la cataracte et les com¬
plications post-o])éraloires de la cataracte (ui
Egypte.
"N^aquez (de Paris) fait une conférence sur un
nouveau syndrome anatomo-clinique de paragan¬
gliome surrénalien hypertensif avec hypertension
artérielle évoluant d’abord sous forme d’accès
])aroxystiques, puis permanente.
Koury (de Paris), au nom de Carnot et au sien,
relate un cas d’intoxication mercurielle massive,
guérie par l’ablation de la masse hydrargyrique
fessière causale.
Nattan-Larrier (de Parisl étudie l’hérédité des
maladies déterminées j)ar les protozoaires (palu¬
disme, trypanosomiases) et Boiirguet : de Paris i la
chirurgie réparatrice de la face.
Roger (de Marseille) rapporte des cas de
complications nerveuses de la mélitococcie (myé¬
lite à forme paraplégique).
Chauvin (de Marseille) parle des bons résul¬
tats qu’il a obtenus dans la curiethérapie du can¬
cer de la prostate et Dunet (du Caire) de la
technique qu’il emploie dans les opérations du
cancer de la langue.
Et apres des communications terminales sur le
kala-azar, sur les leishmanioses en général, sur la
lèpre, et sur les méthodes de prévention et de
défense vis-à-vis de ces deux maladies, le Con¬
grès adopte deux résolutions :
1° Sur la pro[)osilion des délégués allemands,
le prochain Congrès international de médecine se
tiendra à Amsterdam en l’an lt)32 ;
2“ Et la pro[)osilion américaine de réunir un
Congrès médical aux Etats-Unis en 1934 est
acce})lée à son tour '.
J. -A. Sic.Aiii).
l. A la séance de olôtuiT, ajircs les dernières ooinnui-
nications, le D' Aly bey Ibrabini, ju’af. de chirurgie à la
Faculté de Médecine du (luire, confère, de la iiart de lu
Faculté égyiitienne, le titre de docteur « honoris causa »
aux congressistes suivants (])ar ordre alphabétique, ceux
dont on m’a donné les noms) : Prof, Arantino, prof. Ilai-
ley. Sir Berkeley Moynihan, prof. Brumpt, Sir llastcl-
lani, prof. Delmas, prof. H. Frédéricci, (loi, tluizoni.
Sir Robert Pliili])s, j)rof. ScbulTncr, prof. Vaquez, Sir
Wariney, Sir William de tloncy wbcclcr. Sir Villiam
(looj>er,' Penny.
Puis le D' .Madden, di>yen de la Faculti^ de Médecine
du Cuire, et ce fut un geste délicat pour lu France —
annonça son intention d’adresser le même titre i< honoris
causa » uu prof. Euzière, doyen de la P'uculté de Médecine
de Montpellier. — On suit que Clôt bey fit, en elTet, ses
premières études à Montpellier, et y soutint su thèse sur
la « spinitis », étudiant dans une vue d’ensemble les
inflammations de la moelle.
Premier Congrès international
de l’Aviation sanitaire
(Paris, 15-20 Mai 1929)
Le mardi 15 Janvier, dans un banquet présidé par
M. le ministre de l’Air M. Laurent Kynac et par
.M. le professeur Richet, et offert à la Presse par le
Comité d’organisation, ont été arrêtées les grandes
lignes du programme du R’’ Congrès international
de l’Aviation sanitaire.
L’Aviation sanitaire, on le sait, est née en France et
La Presse Médicale, par de nombreux articles, n’a
cessé de tenir ses lecteurs au courant des progrès
successifs de celte utilisation de l’Aviation si impor¬
tante dans les pays à faible densité de population.
Une foule de problèmes sont encore à résoudre pour
la mise au point et l’ulilisation pratique de l’aviation ;
le nombre des questions soumises à l’examen des
congressistes qui participeront au prochain congrès,
la valeur personnelle des rapporteurs désignés et la
mise en commun de l’expérience acquise en différents
pays et sous des climats très divers permettront de
faire bénéficier les utilisateurs de l’Aviation sanitaire
d’une doctrine ayant déjà fait ses preuves.
Programme général.
Premitre journée : mardi l'j Mai iirj'j. — Mutin : il
partir de 9 li., ouverture du secrétariat, 2(i, avenue de
l'Opéru. Remise des cartes, pochettes, insignes, rensei¬
gnements de toute nature. — !,'■) li. : i-éireption des
délégués et personnalités ofiicielles an ministère des
-Affaires étrangères. — 17 b. : réceiition des congressistes
à riiotel de ville par le conseil mnnicijial de Paris et le
conseil général de la Seine. — 21 b. ; ouverture solen¬
nelle du (longrès à la Sorbonne. Remise des cartes et
pochettes à jiarlir de 20 li.
Dcii.rièmc journée ; mercredi lô Mai. — 0 b. : séance
de travail. Institut océanogra|dibpii', lO.'i, rue Saint-
Jacipies. .Arrêt des tramways : .SI, 80, 011; ari'èt des
autobus : Al bis, II, A, S, AX, W, Alt. -- 14 b. : séance
de travail. Institut océanograpbiipie, lO.’’), rue Saint-
Troisihnc journée : jeudi 10 Mai. — 0 b. : sinince de tra¬
vail, Institut océanographique, lO.'i, rue Saint-Jacipies. —
l'i 11, ; séance de travail. Institut océanograpbiipie, 105,
rue Saint-Jaeques. — 21 b. : Soirée théâtrale (le nom du
(lii'âtre, ainsi que l’Iieure du sjiectacle, seront donnés
nltérieurementv
Qiadrième journée : eendredi 11 Mai. — 0 b. : séance
de travail. Institut océanograjdiiipie, 10,4, rue Saint-
Jacques. — 11 h. ; à l'bopital militaire du Val-ile-tlràce ;
ciu'émonie à la mémoire du médecin lieutenant-colonel
Picqué, et des victimes tombées au service de l’Aviation
sanitaire. — 14 b. : visite de l'exjiosition des avions
sanitaires à l’Aérodrome de A'illcnenve-Orly : exercice
jiraliqne d’évacuation sanitaire aérienne. — Soir ;
Pendant la durée du (longrès, les modèles les plus
récents d'avions sanitaires français et étrangers seront
c.vposés à rAériqiort de Yillenenve-Orly, où les congres¬
sistes seront admis à les visiter, l a service de transport-
sera prévu pour se rendre an terrain.
De même, une exposition de matériel sanitaire sera
établie à 1 entrée de l'Institut océanograiibiipie, an cours
des journées on se tiendront les séances di" travail.
Ciiajuièmc journée : .samedi IH Mai, e.reursion à lieims.
S b. : départ de Paris des avions sanitaires. Exercice
de transjiort réel ' de blessés â grande distance. —
8 b. 40 : (li'parl de Paris jjar chemin de fer lo b. 20 :
arrivée n Reims. Réception par l AiMo-Clnl) de (Ibampa-
gne. — 1(1 b. 44 : visite des caves. Travail du cham¬
pagne. — 12 b. ;it) ; banquet à 1 hôtel de ville id réceiition
par M. le député maire et les re|irésentants de la muni¬
cipalité. — 14 b. : visite de la ville : la cathédrale, foyer
rémois, hôpital américain, parc des sports, collège
d’athlètes, fort de la Pompelb'. — 10 b. : diner. _
20 U. 20 : retour à Paris par chemin de fer.
Pri.r global de l'eacursion : KItl fr.
Des pourparlers sont engagés auprès de (lompagnies
de navigation ai'rienne pour organiseï-, à l'inlirntion des
congressistes qui en feraient la demande, le vovage de
Paris il Reims au moyen (lavions commercianx. Les
conditions particulières di‘ ci* transport s(*ront uiti'rieurc-
ment précisées.
Sijièmc journée ; dimanebc lU Mai. — Retour des
avions sanitaires ti l’.Aéroport d’Orly.
Programme scientifique.
Listi, ni:s qukhtidxs mi.sks a i.’iiiinHi: ni- .tiii u ;
1” L'Aviation sanitaire sur les théâtres d'opérations
cj-térieurs. — Rapporteurs désignés pour la France :
a) .Maroc : M. le colonel Cbeulin, ancien commandant de
l’Aviation marocaine; M. le miMerin lieutenant-colonel
LA PRESSE MÈLICALË, Mercredi, 2S Janvier 1929
118 •
N» 1
Ëpnulurd, médocin-ohof de l’iiôpital Marie-Feuillcl ù
Bubat. — h) Syrie : M. le médecin général Diigiiet,
directeur du Service de Santé des troupes du Levant;
M. le médecin lieutenant-colonel Causseret, adjoint à la
direction du Service de Santé des troupe» du Levant;
M. le capitaine Neboiit du R'** régiment d'Aviation.
2“ L'Ai'taiioti sanitaire aux colonies. — Rapporteurs :
M. le I)' Faïu’heraud, attaché au ministère des Colonies;
M. le comiiiandant de Durand de Premorel, chef du
4" bureau des SerNices militaires au ministère des
Ctdouies.
îl" L' Ai'iation sanitaire dans la marine de guerre.
Rapporteurs : M. le médecin en chef de l" classe de la
murine Rellile; M. h* lieutenant de vaisseau llrux-Meyer
du Service central de l’ Aéronautique maritime.
4" L' Apiaiion sanitaire, organe d'évacuation en temps de
guerre. — Raj>p(M‘leur» ; le méjtecin lieutenant-colonel
Schiekele, <le la section te<'hnl<pie du Service de Santé
militaire; M. le capitaine breveté Chochu, de rétat-maj(»r
de la 2*' division aérienne îiu ministère de l’Air.
i>“ Xeutralisation de.s Aéronefs sanitaires en temps de
guerre. — Rapporteur» : M. (di.-L. Julliot (Paris). Doc¬
teur en droit, membre du (h)mité jiiridi<iuc international
de l’Aviation ; M. Paul Des (iouttes {(jenève). Docteur en
droit, membre du (àmiité international de lu Croix-Rouge.
0" Conditions physiologi<jues du transport en avion. —
Rapporteur» : M. le médecin lieutenant-colonel Reyue,
directeur du laboratoire d’études médicales et physiolo¬
giques de l’Aéronauliipie au Val-de-tîréce ; M. le D*" (lar-
saux, chef du centre d’examens médicaux et physiolo-
gi([ues du Serviiîe de la navigation aérienne au Rourg<*l-
Dugny; M. le D^ Réhague, médecin neurologiste, exami¬
nateur du Centre médical du vService de la navigation
aérienne au Rourget-Dugny ; M. le D*" Charles Richet,
médecin des luqiitaux, [irofesseur agrégé de la Faculté de
Médecine.
T” Considérations sur le traitement des malades ci
blessés graves transportés par avions sanitaires. — Rap-
porU'urs : MM. N...
8“ L'Aviation sanitaire en temps de paix. — Rappor¬
teur» : M. le D’’ Tilmant; M. ringénieur de r.\<M‘(mauti(jue
Rouanet, du Service technique et industriel de l’Aéronau-
9" Le matériel sanitaire aérien. — Rapporteurs : M. le
la V" ré*giou à Orh’ans; .M. l’ingénieur de D' classe de
l’,\éronauti(iue Sulîrin-llébert.
UiAil.KMENT.
Lv fi'ançai.s rsl la langue officielle du Congrè.’i.
Les rapporteurs ofliciellement désignés, ainsi que toute i
personne désirant présenter une communication sur les |
sujets mis à l'ordn' du jour, sont invités à faire parvenir j
leur travail ainsi que les eoiiclusions de ce dernier avant :
le F' Mar» 111211, au eommissaire général du Congrès :
M. Charlet, Rb, rue Friiiu;4ii8-1"*'.
Les rai)porls ne devront [)as excéder lt> pages imjjrimées
et les eoiielusioiiH devront être résumées en ROÜ mots
Les eommunications ne devront pas durer, en principe,
plus de 11) minutes de lecture.
Les auteurs <le rajjporls ou de eommuiiicatioiis eom-
porlatil des pro]ecti«)iis fixes ou eitiémutographiques sont
priés de le spécifier lors de leur inscription. La durée de
ces projÉ‘ctit)Us ne devra pas dépasser plus de 10 minutes.
(80 fp.) et profiteront, de ce fait, des njémes avantages
que les adhérents.
Lu carte de membre du Congrès (adhérent ou associé)
donne droit : aux réductions sur les chemins de fer et les
Compagnies de navigation aérienne et maritime; ù assis¬
ter aux séances de travail, aux récej)tions, au transport à
raérodrome d’Orly. Visite des expositions. Fêtes ù Vin-
ceiines. Réceptions organisées spécialement pour les
dames. Présentation des mannequins chez les grands
couturiers, etc.
Comptes-rendus. — Le volume des comptes-rendus sera
envoyé aux membres du Congrès qui en feront la de¬
mande, accompagnée de la somme de vingt-cinq francs
(25 fr.), lors de la demande d’inseriplion.
Transport des congressistes. — Une réduction de cin¬
quante pour cent (50 pour 100) sur le tarif normal a été
consentie pur rensemble des grands réseaux de chemins
de fer frani^’ais pour le transport des membres du Congrès.
De plus, dos réductions ont été également consenties
par les Conqiagnies de navigation aérienne et maritime
suivant le détail ci-dessous établi :
Compagnie, générale aéropostale, 02, avenue des Cliainps-
Flysées, Paris. Ensemble du réseau : réduction de BOp.lüO.
Société générale de transports aériens {Lignes Farman),
0, rue Edouard-YII, Paris. Ensemble du réseau ; réduc¬
tion de 50 pour lOÜ.
Alr-Vnion, 0, rue Auber, Paris. Ligne Paris-Londres,
réduction de 50 iiour lOO; ligne Puris-Lyon-Marseille, ré¬
duction de 50 j)our lOÜ; ligne Paris-Lyon-Cenève, réduc¬
tion de 50 pour lOO; ligue Autibes-Aj«<-<’io-Tunis, réduc¬
tion de 25 pour lOO.
Compagnie internationale de jiavigation aérienne, 22,
rue des Pyramides, Paris. Ensemble du réseau : réduc¬
tion de 20 pour 100.
Société Deutsche Luft Ilansa, 0, rue Edouard-YII, Paris,
01-05, Manerstrasso, Berlin W. 8. Ensemble du réseau :
réduction de 50 pour 100.
Impérial airways. Lower Regcnt Street S. W. I. Lon¬
dres. Réduction de 10 j). lOO.
KonninUijke luchtvaart maatschappij voor is’cderland en
Kolonien K. L. M. (îravenhage Houfdkanloor llofweg 9.
Réduclion de 10 pour lüO.
Compagnie des messageries maritimes, 12, boulevard de
la Madeleine, Paris. Réduction de 15 pour lüü.
Compagnie générale transatlantique, i\, rue Auber, Paris.
Une rédu(‘lion sera faite.
Les réductions en question ne p(»rteront (jue sur le ])rix
des billets })assagers (billets aller, billet» retour, billets
d'aller et retour). Pour les obtenir, les membres du Con¬
grès devront adresser une demande écrite aq commis¬
saire général, 85, rue François-I- avant le 15 Avril 1929
en iu(li(|uunt la gare de déjjart.
Questions Fiscales
J’exerce à B... où je paie patente. Est-ce que le
fait (le faire figurer mou nom dans un Annuaire de
Paris où je vais pf’riodiquement, avec la mention :
sur rendez-vous, m’exposerait à me voir réclamer
par le lise une 2“ patente, bien que je n’y aie pas
d’appartement et que la pièce où je reçois me soit
gracieusement prêtée. Dans le cas de l’aflirmative,
sur quel taux la dite patente serait-elle calculée ?
Uensi:i(;m;mi;xth o oiuikk pkatiqui:.
Membres dit Congrès. — Les inserii)tions comme membre
du 1" Coiigri'.s iuteruiitioiuil de IWviation sanitaire sont
reçues des muinlenant, soit au Seriaduriat, Sô, rue l'raii-
i;nis-L'*, Pid'is (8''), suit au Service touristi.pie, 21!, avenue
(le 1 Oi)('n(, Paris (1"V
Sur piuMeiitation de leur carte de eungres.sist(‘, les
meiubees du Cougri's jauinauil recevoir au se((r(ùariat de
l’.\(ù'(i-Cluli (le l'ninee, rue brançois-I'''', une invitation
leur douiiunt droit il our nMiuetion de .ôO pour lOt) sur le
tarif (les jdaces de tribunes et de l'eureinte i'(bserv('c des
Jntinièes nalioiiitles de l Aeiation au polygone de Viurennes
les Itl et 20 .Mai 1020.
Carie proeisnire. - - I.e bulb'tin d’udlK'sion remis aux
euugressistes contre paiement de leur cotisation sera
eonsidéiui (vomuK' carte provisoire devant ('tre présenb'C
il la ri'quisition des tiom|)agnies de transport aiùûen, f(‘r-
roviaire et luaritiuie eu justifii'uliou du tarif de riûluetinn
privib'gii' ri'serve aux lueuibies du tiongri-s pur res (àiiu-
piignies.
Carte of/ieie!le - La carte oflîeielle du Congres sera
remise eu (M-hunge du bulletin (rudhi-sion. au si'créturial
(lu Congrès ii 1 ouverture de eelui-ei.
Il ne S(*ra pi(s didivri* (le bulbdin (l'udbi'sion apri's le
là .\vril 1020.
Cotisation. — Pour (Hre meiubres adhérents du Con¬
grès, il faut viu'ser une eotisalion de soixante francs
ilîO fr.'.
Tout iidbtu’ent peut inscrire un nu plusieurs lueiiibres
(le su lamille eu (piulib' de meiubi'c ussoeié; ees di'rniers
devront ueqiiitler un droit d’insrription de trente francs
Réponse de notre conseiller fiscal :
Si 1 administration des Contributions directes
constatait que l’auteur de la question donne pério¬
diquement des consultations dans un local déterminé,
elle serait en droit de lui appliquer une patente
indépendante de celle qu’il paye au lieu de sa prin¬
cipale résidence, sans qu’il y ait intérêt à rechercher
si l’occupation du local comporte le paiement d’un
loyer.
Celte patente serait calculée, le cas échéant, d’après
la valeur locative de la pièce alfeetée aux consul¬
tations.
Rem'; Pinciiox.
La Médecine à travers le Monde
ESPAGNE
Le président du Collège de Médecins de Madrid,
le psycliialre José Sancliis Banus, vient de soulever
la question du règlement des consultations gratuites,
qui constituent à Madrid une des causes les plus
importantes dos difficultés économiques de la classe
médicale.
A qe propos, il a récemment convoqué une
Assemblée générale extraordinaire, qui dut se pro¬
longer en plusieurs séances. Tous les articles du
règlement ont été révisés et discutés point par point,
étant ajjprouvés à la dernière séance, et ce règlement
entrera en vigueur aussitiH que les autorités l’auront
sanctionné.
Le Collège envisagera ensuite le problème des
consultations appelées économiques,
ÉTATS-UNIS
Congrès inteunatiqnai. des Hôpitaux.
Le Congrès international des hcipitaux aura lieu à
Atlantic City, New-Jersey, U. S. A., le 13 Juin 1929.
Ce Congrès sera suivi immédiatement de la réunion
annuelle de l’Association hospitalière américaine
(( American hospital association «.
En connexion avec le L‘’ Congrès de celle nature
aura lieu une exposition de plans et de maquettes
d’hôpitaux modernes.
Le but de ce Congrès est de mettre en contacts
personnels tous ceux qui s’intéressent à l’adminis¬
tration, à la construction et à l’organisation des
hôpitaux et de leur permettre d’échanger leurs vues
sur les besoins des hôpitaux et sur les progrès qui
s’imposent dans cette branche de la médecine qu’est
l’hygiène hospitalière.
RUSSIE
L’accroissement de la population de Kharkov va
plus rapidement que dans les autres villes de Russie,
Depuis 1923 jusqu’en 1926, la population s’est accrue
de 33 pour 100, tandis qu’à Moscou cc chiffre fut de
30,9 pour 100, à Kielf de 16,7 pour 100, à Odessa de
30,7 pour 100. En comparaison avec la population
d’avant guerre, la population de Kharkov a augmenté
de 75 pour 100 (240.000 en 1923 et 430.000 au
l»'- Janvier 1928).
L’épidémie de (lèvre typhoïde en Ukraine prend
des proportions énormes, en comparaison avec les
années précédentes. En 1927, il y avait 1,57 pour 100
de lypliiques, tandis que le taux moyen d’Ukraine
fut de 1,23 pour 100.' Ce sont surtout les régions de
Italino et d’Arléinovsk qui sont les plus affectées. Le
Gouvernement a organisé des hôpitaux pour les
malades; la population saine est vaccinée obligatoi¬
rement. Les mauvaises conditions sanitaires contri¬
buent énormément à t’extension de l’épidémie.
Livres Nouveaux
Leucoplasie et kraurosis vulvaires, par Sobre*
Casas et Carranza. 1 vol. de 119 pag(>s, 20 ligures
et 1 planche iMa.i.son Pt édileurs), 1928. —
Prix : 30 francs.
Il s’agit d’un travail intéressant provenant du
service de Gynécologie et de l’Institut de médecine
expérimentale de Buenos-Aires.
Les auteurs étudient la leucoplasie et le kraurosis
vulvaires surtout dans ses rapports avec le cancer,
soit au stade précancéreux, soit au stade de cancer
confirmé Cliniqucmimt le prurit génital constitue
presque le scirt- symptôme fonctionnel et le diagnostic
est fait par l’examen physique joint à la biopsie. La
partie la plus importante de ret ouvrage est consa¬
crée à l’anatomie pathologique qu'illustrent de très
bonnes reproductions de coupes.
Vient ensuite la technique opératoire, le traitement
sanglant étant pour les auteurs supérieur au trai¬
tement radio ou radiumlliérapique. Ce sera la vul¬
vectomie quand il s’agit de leucoplasie simple, on y
adjoimlra le curage ganglionnaire inguino-iliaque
quand la biopsie a montré la transformation ma¬
ligne. Dans CCS cas, on opérera en deux temps : évi¬
dement ganglionnaire préalable, puis vulvectomie (le
contraire nous paraîtrait plus logique): 37 obser-
J. SÉNÈliUE.
N» 7
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
119
Université de Paris
Clinique opthtalmologlque de l’Hôtel-Dieu. —
MM. Wellor cl Tournay commenceront le mardi 5 Février
1928 une série de 20 conférences de neurologie oculaire,
avec projections et présentations de malades. Ces confé-
i-ences auront lieu à l'Ilùtel-Dicu (amphithéâtre Dupuy-
Iren) selon un horaire et un programme qui seront
annoncés ultérieurement; elles sont publiques et gra¬
tuites.
Clinique gynécologique. — Un cours d’anulomie
palhologiqve appliquée à la gynécologie sera fait par
M. Bulliard, chef de travaux, chef du lahoraloire de
gynécologie, au lahoi'aloire de la Clinique gynécologique
de l’hôpital Broca, du 28 Janvier au 9 Février 1929.
Ce cours permettra aux élèves exercés individuellement
à. la technique anatomo-pathologique et h la lecture des
préparations de se familiariser avec les divers pi’océdés
de laboratoire et de prendre une notion exacte des rensei¬
gnements qu’il peut fournir. Chaque élève pourra se
constituer une collection de coupes anatomo-patholo¬
giques, ù l’aide de l’important matériel du service.
Durée ; Deux semaines, chaque jour sauf le dimanche,,
le matin, de 9 à 10 h., et l’après-midi, de 2 h. 1/2 ù 5 h.
Programme du cours. — 1. Procédés de fixation des
pièces et des biojrsies. Principes généraux du montage
et de l’exécution des coupes. — 2. Méthodes do coloration.
Rappel anatomique et physiologique. — 3. Inflamma¬
tions et ulcérations. Ovarites. — 4. Tumeurs bénignes
Adénomes. — 5. Placenta et tumeurs placenlaires. Gros
sesse extra-utérine. — • 6. Métrites et salpingites aignés et
chroniques. — 7. Tuberculose génitale. Procédés d’hémo¬
culture. Formules leucocytaires. — 8. Kystes de l’ovaire.
Pa])illomes. — 9. Fibromes et sarcomes. Action des irra¬
diations sur les fibromes. Examen du sang. — 10. Can¬
cers du coips et autres cancers génitaux. . — 11. Cancers
du col. — 12. Bactériologie. Cultures et colorations.
Vaccins.
Le droit à verser est de 250 fr. S’inscrire nu secrétariat
de lu Fueullé, lundi, mercredi, vendredi, de 14 à IG h.
Parasitologie et histoire naturelle médicale. —
M. le profcsseni’ Brnmjjt comimmeera le cours de j)ara-
sitologic et histoire nulurclle médicale le mardi 5 Mars
1929, à IG h., au petit amphithéâtre de la Faculté, et le
continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à la
Universités de Province
Université de Nancy. — M. Bruntz (Louis-Churles-
Théophilc), doyen de lu Faculté de pharmacie de l’uni¬
versité de Nancy, est nommé rècteur de l’académie de
Nancy, en remplacement de M. Adam, admis à faire
valoir ses droits a une pension de retraite.
Faculté de Médecine de Strasbourg. — Un cours
pratique et complet de dermatologie et de vénéréologie
sera organisé à la Clinique des maladies cutanées cl
syphilitiques, du 7 Octobre au IG Novembre 1929, sous la
direction de M. le j)rofesseur L,-M. Pautrier, avec la col¬
laboration de MM. A. Barre, professeur de clinique neu¬
rologique; L. Blum, professeur de clinicpie médicale;
G. Canuyt, professeur de clinique olo-rhino-luryngologi-
que; Merltlen, professeur de clinique médicale; Paul
Blum, chargé de cours d’hydrologie; Larousse, chargé
de cours de bactériologie; Gunsetl, chargé de cours de
radiologie; Rmdcrer, chargé de cours de dcrmalo-véné-
réologio; Simon, professeur agrégé, clinique chirurgi¬
cale A; Vaucher, chargé de cours clinique médicale B;
AVcill, professeur de la clinique oj)hlalmologique ; A.
Ba’ckcl, chargé de la policlinique urologique à lu cli¬
nique chirurgicale .\ ; Diss, Glasser, chefs de laboratoire
et G. Lévy, chef de clinique.
Le cours aura lieu du lundi 7 Octobre au samedi
IG Novembre, tous les jours, sauf les dimanches et fêles,
matin et soir, aux heures indiquées sur le ])rogramme
détaillé. 11 sera donné à l’llô])ital civil, à la clinique des
maladies cutanées et, pour chaque branche de la spécia¬
lité, dans les cliniques intéressées.
Tous les cours, essenliellomcnt pratiques, seront
accompagnés de présentations de malades, de photogra-
jdiies, de projections, de démonstrations bactériologiques
et histologiques.
Les élèves seront exercés individuellement aux dilVé-
rentes méthodes de traitement : cautérisations, scarifica¬
tions, éleclrolyse, neige carbonique, radiothérapie, frotte,
injections intraveineuses, lavages de l’urètre, dilatations,
interventions urélroscopiques, urélroscopic, etc.
En dehors des heures de cours, ils auront libre accès
dans le service; visite complète du service le mardi et
le vendredi matin ù 9 h. Policlinique externe dermatolo¬
gique, tous les jours, è 10 h. Traitement externe de la
syphilis, tous les soirs ù 18 h.
La clinique des maladies cutanées possède une biblio¬
thèque de près de 3.000 volumes qui contient la plupart
des ouvrages intéressant la (spécialité, et la collection
complète des atlas et des périodiques, un musée photo¬
graphique et un musée histologique. Les élèves du cours
y auront accès tous les jours, de 9 à 12 h. et de 14 4 19 h.
Un certificat sera délivré aux élèves à la fin du cours.
Les élèves recevront ajirès chaque cours un résumé de
deux 4 trois pages, tapé 4 la machine 4 écrire, qui,
avec les notes qu’ils auront prises, leur permettra de
reconstituer la leçon.
Droit d’inscription, 300 fr. S’inscrire en écrivant direc¬
tement 4 M. Rœderer, Clinique des maladies cutanées.
Hôpital civil.
Les médecins étrangers qui le désireront pourront
recevoir d’avance les indications nécessaires concernant
leur logement 4 Strasbourg. En tout cas, ils peuvent
être assurés .de trouver des pensions de famille confor¬
tables 4 des j)rix moyens.
méthodes de laboratoire, y compris les méthodes de séro-
rologie, l’anatomie pathologique générale des derma¬
toses, en 20 leçons, aura lieu en môme temps.
Tous les élèves’ seront exercés individuellement aux
différentes manipulalians pratiques que comportera
chaque leçon. En particulier, ils se constitueront une
collection de coupes histologiques et de cultures de tei¬
gnes qui resteront leur propriété personnelle.
Ils seront c.xercés 4 la technique des examens sérolo¬
giques (réactions de Boldet-Wasscrmann, de Hecht-Bauer.
floculation de Vernes).
Droit d’inscription, 300 fr. S’inscrire en écrivant direc¬
tement 4 M. Rœderer.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Tenon. — M. P. Emile Weil fera dimanche
prochain 27 Janvier, 4 10 h., dans son service, une der¬
nière leçon pratique sur la transfusion du sang.
Celte leçon sera réservée aux internes des hô])itaux.
Œuvre Furtado-Helne. — L’Œuvre Furtado-Heine,
fondée eu 1884, vient d’ètrc réorganisée, sous lu direction
scientifique de M. le professeur A.chard, secrétaire géné¬
ral de l’Académie de Médecine.
Ses services comprennent ; Consultations de médecine.
— Consultations d’olo-rhino-Iaryngologie. — Examens
radiologiques. — Electricité médicale et diathermie. —
Radiothérapie. — Rayons ultra-violets. — A’accinations
antivariolique, antidiphtérique, antityphoïdique, antitu¬
berculeuse (B. C. G. sous-cutané).
Le personnel médical se compose de MM. J. Thiers,
ancien chef de clinique de lu Faculté, 4 l’hôpital Beau-
jon, médecin en chef ; Larminat, Cui)lain, Bagot (méde¬
cine); Lièvre, Biancani, G. Thiers-Salinus (radiologie,
électrothérapic, rayons ultra-violets), Bouluy, Dvorsky
(o lo-rh i no-ln ry n golo gi e) .
L’Œuvre s’adresse principalement aux enfants, mais
des adultes peuvent être admis aux examens cl Irailc-
Tous les soins sont gratuits pour les indigents, mais
des sommes modiques peuvent être demandées aux ma¬
lades qui ont quelques ressources, afin de contribuer 4
l’entretien du matériel chirurgical et radiologique.
Les médecins dc ,l’Œuvre se mettent 4 lu disposition de
leurs confrères de la A'illc pour recevoir leurs malades
et pour les tenir au courant des examens et des traite-
Hôpltaux de Reims. — Après concours, M. Raymond
Lévy vient d’être nommé médecin dermalo-syphiligraphe
des Hôpitaux de Reims.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Un concours jiour la
nomination 4 quatre places de chirurgien des hôpitaux
de Paris sera ouvert le lundi 11 F'évrier 1929, 4 9 h. du
malin, dans la salle des concours de l’Administration, rue
des Saints-Pères, n” 49.
MM. les docteurs en médecine qui voudront concourir
devront se faire inscrire 4 l’Administration centrale, 3,
avenue A'iclorin (Bureau du Service do Santé), de 14 4
17 h., du lundi 21 Janvier au mercredi 30 Janvier inclu¬
sivement.
Médaille d’or de l’Internat. — Chirurgie. — Juci:-
,MENT DU MÉMOIRE. — Oiit obtenu : MM. Armingeat, 18;
Dessaint, 18; Lapeyrc, 14; Leydet, IG.
Composiiion écrite anonyme. — Ont obtenu : MM. Ar¬
mingeat, 24'; Lapeyre, 20; Leydet, 24; Dessaint, 23.
Epreuve clinique anonyme. — Ont obtenu : MM. Leydet,
17; Armingeat, 18; Dessaint, 14; Lapeyre, 16.
Classement des candidats. — MM. Armingeat, 60, mé¬
daille d’or; Leydet, 57, médaille d’argent; Dessuint, 55,
accessit; Lapeyre, 54.
Asiles publics d’aliénés. — L’arrêté suivant vient
de paraître au Journal officiel.
Art. 1". — Un concours pour l’emploi de médecins- du
cadre des asUes ^publics^d’aliénés s’ouvrira 4 Paris, au
ministère du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de
Ta Prévoyance sociales, le lundi 25 Mars 1929.
Le nombre des postes mis nu concours est fixé 4 10.
Art. 2. — Les candidats qui désirent participer au
concours devront adresser au niinistre une demande
accompagnée de leur acte de naissance, de leur diplôme
de docteui- en médecine, des pièces établissant 1 accom-
jdissement de leurs obligations militaires, des pièces
justificatives de leurs étals de service et de leurs titres,
d’un résumé succinct de leurs travaux et du dépôt de
leurs publications.
Les candidalnres seront reçues au ministère dn Travail,
de l’Hygiène, de l’Assistance et delà Prévoyam^ sociales,
1" bureau de la direction de l’assistance cl de l’hygiène
publiques, 7, rve Cambacérès, jusqu’au samedi 23 Fé¬
vrier 1929 inclus.
Chaque postulant sera informé par lettre individuelle
de la suite donnée 4 su demande.
Hospice Paul-Brousse, Centre anticancéreux de
la banlieue parisienne. — Un concours pour lu
nomination 4 trois emplois d’interne en médecine (dont
un afl'eeté au Service de chirui-gie de 1 éluhlissemenl cl
un nu centre anticancéreux de la banlieec parisienne) cl
,1a désignation d’internes provisoires 4 l’hospice dejiarte-
nicntal Paul-Brousse, s’ouvrira le lundi 11 Février 1929
Pourront ])rendre ])art au eoneours ; 1" Les élèves
externes des hôjiitaux de Paris; 2“ Les étudiants en méde¬
cine possédant dix inscriptions de doctoral.
Les étrangers seront admis au concours dans les con¬
ditions suivantes : Au cas où ils obtiendraient un nombre
de points- au moins égal 4 celui obtenu jiar le dernier
candidat français admis ))ar le jury, ils seraient classés
en surnombre. Ils ne recevront ])us de traitement, mais
seront nourris toute la journée les jours de garde et au
repas de. midi les autres jours. Ils seront soumis, au
point de vue du service, aux mêmes obligations que leurs
collègues de nationalité française.
Les inscri])lionB seront reçues 4 la iiréfecture de la
Seine, Service de l’assistance départementale, 3' bureau
(annexe Lobau, escalier A, 2' étage, porte n" 227),
dimanches et fêles exceptés, de 10 h. 4 17 h., du
samedi 13 au lundi 29 Janvier 1929.
I, _ Epreuves du concours. — Les éjireuvcs du concours
seront les suivantes : 1" Une épreuve écrite de 4 h. sur :
a) L’anatomie, l’histologie et la ]ihysiologie ; h) La patho¬
logie interne ; c) La pathologie -externe. J1 sera accordé
30 ])oints pour cette éiireuve, Elle pourra être élimina¬
toire si le nombre des candidats dé-jiasse le triple des
2“ line ê|)reuve orale de eim) minutes sur une question
de jialhologie interne ou <le pathologie externe. Chaque
candidat aura un temps l'gal jioiir réfléchir. . 11 sera,
accordé 20 jmints jiour cette épreuve;
3" Une éjireuve eliniipie consistant en un examen de.
malade et une épreuve jiratiipie de lahoratoire dont le
jury arrêtera les détails. 11 sera accordé 20 points jmur
ces deux épreuves.
n. — Situation des internes. — Durée du stage : deux
ans, avec possibilité de prolongation d u an, sous réserve
de l’agrément de l’Administration. Traitement ; l’" année,
7.500 fr. ; 2' année, 7.800 fr. ; J' année, 8.100 fr.
A ces trailemcnls s’ajoutent : 1“ Une indemnité de rési¬
dence de 2.240 fr. ; 2° Une indemnité de déplacement de
GOO fr. et éventuellement une indemnité jaïur charges de
famille.
Les internes sont, en prineiiie, logés 4 l’hosiiiee, ils
subissent de cc fait sur leur traitement, une retenue fixée
4 980 fr. et une autre retenue de 13,75 p. 100 sur l’indcm-
nilé de résidence.
Pour tout repas pris 4 l’hosiiiee, les internes rem¬
boursent : Petit déjeuner 0 fr. 80; déjeuner et diner 4 fr. 80.
L’hospice départemental Paul-Brousse est, pur le
tramway « ligne 85 », 4 35 minutes du quartier des
Facultés et des Giunde Ecoles.
Internat en pharmacie. — Le concours pour la
nomination aux places d’élève interne en pharmacie va¬
cantes au 1" Juin 1929 dans les hô|)itaux et hospices
civils de Paris sera ouvert le vendredi 1" .Mars 1929, 4
10 h. du matin, dans la salle des conférences de l'hôpital
de la Pitié, 83, boulevard de rilôpilal.
MM. les élèves qui désireront prendre iiart 4 cc con¬
cours seront admis ii sc faire inscrire 4 l’Administration
centrale, 3, avenue Victoria (Bureau du Service de Santé),
tous les joui-s, les dimanches et fêtes exceptés, de 14 4
17 h., du vendredi 1"’ au vendredi 15 Février 1929 inclu¬
sivement.
Hommage à M. Sabouraud. — M. Sahourand dési¬
rant quitter l’hôpital Saint-Louis et la dive-Uon de son
Lahoraloire à lu fin de l'année 1929, ses amis et élèves
ont pensé qu’il couviendrail de lui offrir, en témoignage
de leur affection, sa médaille exéeiitéc par le graveur
A. Pommier et son buste par le sculpteur Charles De.s-
Le Comité d’organisation prie de bien vouloir adresser
les souscriptions au trésorier, M. Maurice Pignot, 2, rue
de Gribcauval, 4 Paris.
La médaille et le buste seront remis 4 M. Sabouraud à
l’issue du Congrès des Dermatologistes et Syphiligraphes
de langue française qu’il présidera au mois de Juillet
1929 4 l’hôpital Saint-Louis. t
120
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 23 Janvier 1929
N» 7
L(‘s s(nisrrij>ti‘ur.s (l’un luiiiiiuniii ci<‘ lOO fr. ivcpvronl
uiiP i'ô{)liqup ru hrou/r dr la ii)r<iuillr frapjMU*.
Dr rrltr inrdaillr il srru fondu un rrrlain nombre
d’exemplaires de plus grand iimdèle, à la manière des
grandes miMailles des inatlres italiens do la Uenaissance.
(b*s médailles d’un diamètre de K) em. seront attribuées
aux sonserij)teurs de IllK) fr. Mais en raison du tem])s
néeessaire à la fonte, <*eux qui seraient désireux de se
voir attribu<*r une iné<laille de ee type devraient en aviser
de suite le trésorier, M. Maurice Pignol, à l’adresse indi¬
quée ei-dessus.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. Li'i.ion d’hoxm-i u. —
Of/îviiT. - - .M.M. .M)oulker, «diirnrgien des hôpitaux d’.Vl-
ger; Léoj»old Lévi, Milhit, Monlluifi, Salomon, Terrien,
Meunier, à Paris; Louis Spilhnann, doyen de la Kaimlié
de Médecine de Nnncy.
C/it'fa/irr. - MM. .\nloine. Doiiyer, Dinat, Darrié, (Iha-
hrol, Deiu't, Plcit, Jouet, Kraus, Thonmas, à Paris; lîar,
Pensa, à Niee; tiiaennti, à Ajaeeio; Penpinet, à Calais;
Leplat, à Watirelos; Defonlaine, au (.Ireiisol ; Ségiiinot, à
Saintes : Dnballen. à la Cpielie (Saône-et-Loire ; Kscjuivar,
il Tarbes; Karé. à Vouvray; Morand, à Plougonven
Finistèn* ; ; Paillard, à Clermont-Ferrand j Parlier, à
.Mlanehes fCantai .
IIP' Congrès des Sociétés françaises d’oto-neuro-
Ophtalmologie. - Le IIP Congrès des Soeiétés fran¬
çaises d’olo-mMiro-oj)btalmologie aura lieu les vendredi 17
et samedi LS Mai à Pordoaux, sous lu présidence
du professmir (i«*orgcs Portmann.
U Les céj)halées », qui fut le sujet choisi comme rap¬
port, au dernier (hnigrès du Marseilli*, u été conlîé à
MM. Halphen, Monbrun et Tournay de Paris.
Le bureau est ainsi constitué : Président ; professeur
Georges Portmann (Pordeaux); professeur Henri Coppez
(Hriixelles) ; vice-présidents : professeur Giorgio Ferreri
(Uomei; professeur Verger (Hordeuux); professeur Teu-
lières (Pordeaux); secrétaire général : jjrofesseur agrégé
Velter 'Paris'; secrétaire local : M. Henri Retrouvey
(PortleauxV
Pour toutes i|iformatit>ns on est prié de s’adresser au
seerélaire général, le prcjfessmir agrégé Velter, .‘18, avenue
du Pré^idenl-Wilsoii. Paris (1(V).
XIII* Congrès international d’ophtalmologie. -
Li‘ MIL' Congrès internali<mal d’oplitalinologie se réunira
à .Vmsterdam du T) mi l.‘l Septembre sous lu présidence
du profc-'.r.eur Van der Hoevo, de Leiden.
Déb'gués rraneais : Professeur F. Terrien. M. V. Morax.
Voi<‘i b*s sujets des trois raj»porls ipii seront discutés :
1 ' L’extension géographiipie et la lutte sociale instituée
'2‘ ICtiolngie et traitement non opératoin* du glaucome;
;i" Le diagnostic des tumeurs supra-sellalres.
Lu outre, des raj)p«)rls sur les sujets suiv,ants seront
présentés au Constdl international d’ojdilalmologie qui
les distribueront aux membres du (longrès ;
;i’ l'xamen des sons de la lumière ;
à’ llnilicalions <lans les |»reserij>tioUK pour l’examen
des employés de ehemins (!<• fer, cluui (T(‘urs, marins et
aviateurs.
S’iiiserire auprès île M. H .M. Uoelofsz, directeur de
rineome Pank. à .\msterdam, qui reçoit les cotisations.
La cotisation e^t tle florins pour les membres actifs et
(le 12 florins 50 ])our le.s membres associés. 11 suffit de
verser celte somme au bureau de poste, au compte chèque
postal Amsterdam n" 8074,
Les médecins colombiens à Paris. — Vient d’ai^
river à Paris le doyen de la Faculté de Médecine de
Pog(da, le professeur Pompilio Martinez, chirurgien émé¬
rite et des plus distingués, accompagné de son fils, étu¬
diant en médecine, et d’un petit gi’oupc de médecins
('oloiiibiens*. Le professeur Pompilio Martinez compte
rester quelques mois ù Paris et visiter les services chi¬
rurgicaux de la capitale.
Corps de santé militaire. — Sont promus au
grade de médecin général : MM. Par, Meclhès, médecins
colomds.
— Sont ju'oinus dans le cadre des officiers de réserve :
au grade de médecin colonel, MM. Vandenborsclie, Palay,
Gonte, Pechin, médecins lieutenants-colonels; au grade
(le médeein lieutenant-roloiiel, MM. Piquet, Aubaret,
Parisot, Gougerot, Cosse, Potron, Fulconis, Schwartz,
Gassin, Chifoliau, Lainicii, nu'^decins cominandunls ; au
grade de médecin commandant, MM. Dupont, Yincenti,
Lacronique, Massip, Pestel, Duhem, Couronnet, Vorhaighe,
Gardiol, Frtzbis chofî, Halphen, Lloubes, Richet, Leca-
plaiii, Haiilefort, Lnberiiadie, Potherat, Poisson, Xiewen-
gloski, Heuyer, Lajx'yre, Testard, Paoli, Vogelin, Daure,
Stodel, Natlan-Larrier, Martin, médecins cajjitaines ; au
grade de médecin capitaine, MM. Aban, Colloinb, Warin,
Rit'hard, Laurent, DcfTiiant, Menge, Gavalu, Goure,
Diicastaing, Dauphin, Puugam, Mendie, Heltinger, Ste-
venin, Lemaire, Hnrdouin, Gay, Pelforl, Debona, Sanson,
Donzelot, Hertlioley’, Gatellier, Lavalley, Aguillon, Dane,
Godard, Milton, Lounrt, Deleuil, Petit-Duluillis, Griinberg,
Niller, Mi(‘lieleau, Taburet, Arlel, Constantin, Vielle,
Salgol, Priiii, Tramini, Allard, Pro(‘liet, Barraud, Le
Paumier, Savin, Mercier, Fey, de Nabiar, Gnudard
(l’Allaines, VMléry-Radot, Bloch, Brame, Roume, Sappc^y,
(îautier, CHj)art, Petit, Goslanlini, Errard, Hlachmann,
Dnnet, Auvigne, Monod, Lacombe, Boppe, Saugu(*r,
Bigot, Laller, Marquézy, Moulonguet, Moinard, Briand,
McKjuet, Voisin, Gouverneur, Marais, Gatliala, Cleisz,
Ruhon, Portes, Guilleiiuin, Ca))elle, Rou(*llard, Godard,
Lange, Baudin, Mouries, Naliii, de Verniqoul, Sauze,
Perrin, Racbet, médecins lieutenants.
- lüst nommé au grade de médecin 'lieutenant des
troupes coloniales, M. Rivoalen.
— M. Rigaiid, iu(*decin général, est placé dans la 2“ sec¬
tion (réserve) du cadre du Corps de Santé militaire.
— Est admis dans le cadre des officiers d(^ l’armée
active M. Weiss, médecin lieulenuiit de réserve d(?s
troupes coloniales, en stage de deux ans au Maroc, où il
demeure maintenu.
— Sont nommés dans le cadre des officiers de réserve :
Au grade de médecins sous-licmtcnaiils, MM. Bertrand,
Bnrgeat, Briand. Longnon, Louvrier, Pigot, Thévenard,
inéd(M‘ins sous-aides-majors; Moussoir, Delafontaine, Bol-
taiiski, Galien, Cornu, Corréard, Dollfus, Hamburger,
Meillère, Olivier, Pierrot, Beaux, Jany, Thomas, Siizor,
Latreille, Digoniict, Oberlhur, Jouve, Breton, Delaporte,
Gré, Calvet, Antoine, Aude, Battle, Bonan, Briau, Brion,
Gaillard, Chaleiiçon, Cobcn-Janalban, Col, Dreyfus, Du¬
bos, Hennion, Kemjjcl, Lagrouo, Lavandon, Lebedinsky,
Lignières, Mailha, Miquel, Mouchette, Ovide, Plantevin,
Renon, Ricliaud, Romey(*r, Rondejiierfe, Sauzet, Schnull-
bulil, Schiller, Tarlet, Varé, Zérathe, Baudet, BursolU,
Boe<[uet, Boullaiid, Ceccaldi, Chabnud, Daumy, Deles-
rliise, Doiineaud, P'sculier, Goetz, Guilmard, Haddad dit
Hadad, llenric, Béraud, Jeanneret, Larère, Lasseguette,
Liévin, Loussot, Magnand, Mesnard, Mitelctte, Montant,
Molz, Planas, Polenlier, Remondy, Srhalck, Simon, So¬
leil, médecins auxiliaires
— M. Roselle, médeein eolonel en retraite, est nommti
au grade de médecin généi'al dans la 2" section (réserve)
du^cadrejdu Corps de Santé militaire.
■ — M. ilenry, médecin capitaine, est promu nu grade
de médecin commandant et est admis à la retraite et
rayé des contrôles de l’armée active.
Service de Santé de la marine. — M. Querangal
des Essarts, médecin de l*" classe, est désigné pour
suivre les cours supérieurs de microbiologie professés h
l’Institut Pasteur en 1929.
— Liste de désignation pour campagnes lointaines des
officiers du Corps do Santé de lu marine à dater du
l'"' Janvier 1929.
Médecins en chef de 1*'*' classe : MM. Doiivul, Futome,
Baleam.
Médecins jiriiieipaux : MM. Gourion, Godollan, Guuy,
Lepeiiplc., Goéré.
Médecins de 1''“ classe ; MM. Giiermeur, Dupas, Lau¬
rent, Ragot, Tournigand, Reginensi.
Médecins de 2" classe : MM. Simon, LasmoLes, Siméon,
Dupoux, Dessausse, Gotty, Barbaroux, Labernède.
— Lisic d'embarquement à la date du î'’’ Janvier 1U2U,
Médecins principaux : MM. Godillon, Seoarnec.
Médecin de D' classe : M. Galiacy.
Médecin de 2" classe : M. Labernède.
— Sont nommés : Au grade de iiK'deein de 2* classe,
MM. Parneix, Géniaux, Daydé, Lembiez, Leguilbem,
Guyader, Audibert, Bayle, Caries, Lantlieaume, Vevrel,
Romez-Gnilliez, Le Guen, Tromeur, élèves du Service de
Santé de la marine reçus docteurs en médecine. (M.)
— M. (iharot, élève du Service de Santé de la marine
reçu docteur en médecine, est nommé à l’emploi de mé¬
decin de 8® classe auxiliaire et est alTecté provisoirement
au ])ort de Roehefort.
Corps de Santé des troupes coloniales. - Les
officiers de réserve du Corps de Santé des troupes colo-
niule.s dont les noms suivent reçoivent les affectations
suivantes. Médeein lieutenant-coloiud ; M. Tséi'l, au centre
de mobilisation colonial d’infanterie n* 17.
Médecins commandants ; MM. Le Goaon, Montfort, au
centre de mobilisation colonial d’infanterie n° 1; Les-
cure, au centre de mobilisation colonial d’infanterie
n° 189; M. Hérisson est mis a la disposition du général
commandant sui>érieur en Indochine.
Médecins capitaines ; MM. Guillemot, au centre de
mobilisation d’artillerie coloniale u" 52; Carlerre, au
centre de mobilisation colonial d’infanterie n® 159.
Médecin sous-lieulenant : M. Villière, au (;enlre de mo¬
bilisation coloniale d’infanterie n" 17.
— Sont nommés au grade de médecin lieutenant les
élève.s du Service de Santé de la murine, reçus docteurs
en médecine on 1928 et versés dans le Corps de Santé des
troupes coloniales, dont les noms suivent : MM. Vernier,
Raboisson, Maze, Cavalade, Montulieu, Beaiidimenl, Re-
inion, Hrocli, Bernard, Lotie, Berny, Mouslardier, Beaules,
Porramond, (h'cnii, Boulnois, Duron, Camenen, Léger,
Mever, Brouste, Russaouen, Diaz-Cavaroni, Beriiard-La-
pommerey, Escudier, Leitner, Castels, Raymond, Cauzy,
Ceccaldi, lîosticr, Morelet, Gliurot, Orly, Coiijurd,
— MM. Chabri'lie, Odin, élèves à l’Ecole du Service de
Santé militaire (section médecine, troupes coloniales),
reçus docteurs eu médecine, sont nommés médecins lieu¬
tenants des troupes coloniales.
— Sont autorisés à suivre des cours h l’Institut Pasteur
de Paris durant leur congé les médecins dont les noms
suivent ; MM. Girard, médecin commandant; Ott, Blanc,
médecins capitaines.
Nécrologie. — On annonce la mort, à Washington,
de M. Güldberger.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Prkssu Médicai.k rappelle à ses lecteurs qu’elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
Ml centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces comnniqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres on demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. L'administra¬
tion se l-iwrt ■ eprès examen, le droit de refuser les
insérions Jl u . st pas inséré d'annonces de moins
Crixdes iuserl 'ons ; 7 fr. la liync de iO lettres ou
■iipnes ('i fr. la in né pour les abonnés à La Presse
MéI)1i;ai.eI. Les r nseipnements et communiqués se
paient à l avance , t sont insérés S à 10 jours après
la réception de letn- montant.
Situation d’ashocié offerte à jne médecin, sportif,
présentant bien, pour co-direction d’un Etablisse¬
ment médical important . — Ecrire ou voir de 6 à 8
M. Courraud, 83, rite Lafayette Paris (Trud. 90-12).
Clientèle médicale importante à céder, caust.
décès, grande ville de l’Est. Bel appartement de
6 pièces. — Ecrire P. M., n° 962.
Off. Légion honneur cherche représentation labo¬
ratoire pharmacie, ou instruments médicaux. —
Ecrire Magdelaine, 3, rue Théopliile-Gautier.
Laboratoire produits pharmaceutiques demande
représentant bien introduit pour visite médicale il
Paris. - Ecrire P. n» 11.
On dem. représentant exclusif, pour visites médi¬
cales, très bonnes références, médecin de jiréféi-ence,
pour région du Nord, — Ecrire P. M., 11“ 12.
Econome expérimentée et inlirmière dipl. d’Etat,
av. avoir, prendr. direction ds mais, de santé ou
similaire. — Ecrire P. M., u“ 16.
Inf. dipl., reconnu, par Doet., pour soins aux ma¬
lades, jiiqiires, ventouses, massage médical. De 1 h.
à 3 b. Tél. : Danton 70-09. M™"’ Leroy, 10, square
Dclambre, XIV».
Etudiant méd., 3" année, ayant connaiss. clin.,
pouv. trad, angl. et allem., dés. empl. secrétariat,
aide, aupr. méd. ou ds clin., etc. Ecr. P. M., n“ 26.
Doctoresse, pari. 6 langues, cherrlie occupât, ds
cliniqtie priv., préfér. mal. yeux. Ecrire P. M., u” 27.
Banlieue Paris, clientèle médicale 50.000. Petit
pavillon 35.000, facilités paiement. Ecr. P. M., u» 28.
Secrétaire sténo-dact. rapide, anglais, bien élevée,
sérieuse, instruite, demandée rlii'z Docteur, Paris et
4 mois ville d’iuiux, Uéférenres famille et capacités
exigées. Ecrire P. M., n” 29.
A céder ou sous-louer, ds S*', clin. av. installât, pr
D'', masseur, etc. — Ecrire P. M., 11“ 30.
A'VIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre deOtr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Part». — Imprlmerlo de la Cour d’Appel, 1, rue Caesette,
N» 8
I 26 Janvier 1929
TRAVAUX ORiaiNAUX
Travail
de la Clinique médicale de l’hâpital St-Antoine
LE PNEUMOTHORAX SPONTANÉ
DES TUBERCULEUX
FORMES ANORMALES ET DIFFICULTÉS DE DIAGNOSTIC
Par- André JACQUELIN.
Il KCiTiblc que dans ces dernières aimées presque
loul l’intérêt seiontilîque se soit concentré sur le
jmeumolhorax thérapeutique.
]/intérêt du pneuuiol borax spontané n’est
cependant pas niable. C’est en ellet, comme le
rappelait, en 1912, Jjéon Bernard, un accident
relativement fréquent de la tuberculose pulmo¬
naire.
C’est aussi nu accident qui a sur les lésions
tuberculeuses un retentissement considérable,
améliorant celles qu’il immobilise, et, beaucoui)
plus souvent, aggravant celles du poumon opposé
Mais surtout ses complications propres, résul¬
tant de l’infection pleurale soit par le bacille de
Koch, soit par les pyogènes, soit même par la
flore anaérobie, sont très graves et posent des
problèmes de traitenicnt très complexes, très
difilciles à résoudre.
11 iinjtorto donc de no pas le méconnaître en
clinique. Or, si la latence fonctionnelle et la pau¬
vreté symptomatique du pneumothorax partiel
sont bien connues chez les tubei'culcux aviÿ^és, oîi
croit généralement que l’inondation gazeuse d’une
plèvre libre doit, chez un tuberculeux peu atteint,
donner lieu presque toùjoui's aux accidents dra¬
matiques que les descriptions classiques ont lixés
et dont le diagnostic s'impose.
On croit aussi que dans les cas où le début est
moins brutal' et moins flagrant, il est facile d’évi¬
ter toute erreur par la constatation des signes
caractéristiques, tels que : immobilité, hypersfl-
norité et silence d’un hémithorax distendu, souffle
amphorique, tintement métallique, bruit d’airain,
succussion hippocratique, etc.
Et cependant l’utilisation de plus en plus largo
des rayons X en pathologie pleuro-pulmonaire a
permis de dépister un nombre de plus en plus
élevé de cas de pneumothorax spontanés qui ne
présentaient pas la symptomatologie classique et
seraient passés inaperçus sans leur secours.
D’autre Jiart, la création du pneumothorax thé¬
rapeutique a permis presque expéi'imentalement
de reconnaître la variabilité on fonction des pres¬
sions, des signes attribués aux épanchements
gazeux intrapleuraux.
Sous cette double injluencc, un travail de rema-
i\iement séméiologique s’est opéré, auquel ont
contribué notamment L. Bernard, Variot, Bist,.
Chauflard, Castaigiie, Siredoy, Sergent, Sabou-'
rin, et les points suivants ont été établis : le
tyilapanismc et le skodisme sous-claviculaire ont
relativement peu de valeur : ils existeraient plus
fréquemment du côté sain par suite du refoule¬
ment médiastinal (Rist) ; le -syndrome amphoro-
métallique manque dans de nombreux cas, ou est
très localisé (Variot, L. Bernard) ; ses éléments
n’ont pas une égale valeur, le bruit d’airain
paraissant plus constant que les autres signes,
(Gruice) ; parfois l’abondance de l’épanchement
liquide empêche la constatation de la succussion
hippocratique ; celle-ci n'est alors perçue que
si on la recherche en position horizontale
(Chauflard); le meilleur symptôme du pneumo¬
thorax est encore son début brutal, sa douleur eu
coup de poignard, sa dyspnée angoissante; cl
cependant ces troubles peuvent précéder de jilu-
sieurs jours (Adler), de plusieurs semaines par¬
fois (Sabourin) l’apparition des signes physi(pics.
Dans certains cas exceptionnels ils peuvent mênu-
être très discrets, ou manquer complètement :
pneumothorax latent, dont Castaigne, Siredey
ont rapporiq de beaux exemples.
C’est sur l’importance de ces formes anormales
du pneumothorax spontané, sur leur fréquence
7-olativo, sur leurs difficultés de diagnostic, sur
leurs rapports avec les pleurésies purulentes
tuberculeuses en apparence spontanées, (jue nous
désirons insister.
Nous avons on elfet pu réunir sept cas fort ins¬
tructifs à cet égard.
Nous rapporterons très brièvement la plu[)a^t
de ces observations, en insistant seulement, avec
quelques détails, sur le point qui nous occupe.
La première concerne un cas de pncumoihorax
dont le début fat tellement insidieux, créant une
gêne fonctionnelle et une réaction générale si mi¬
nimes, que le malade put presque aussitôt reprendre
son travail, sans avoir consulté de médecin.
OiisEUVATiox I. — G..., 29 ans, entre îi l’Iiôpital le
17 Janvier 1924 avec le diagnostic de pleurésie
Son Insloii-c paraît bien être celle d'une pleurésie
de début très insidieux; ce malade qui toussait
depuis deux ou trois ans, mais sans aucun autre
symptôme, a éprouvé au mois de Juin 1923 une
augmentation de sa toux, et un point de côté gauche
qui ne s’est pas accompagné de dyspnée notable, ni
de fièvre et lui a permis de reprendre son travail au
bout de quinze jours, sans avoir consulté de médecin.
Cependant au bout d’un mois, vers le 15 Juillet, la
fatigue, un amaigrissement de 7 kilogr., l’apparition
de dyspnée, d’effort et de sueurs nocturnes l’obligent
à se reposer jusqu’en Octobre. Pendant cette période,
sa température ne dépasse pas 3f)<’9 le matin et 38"
le soir; et on Octobre, il reprend son travail.
D’Octobre ii Janvier, il se livre à son dur métier
de charbonnier, en se faisant suivre par un dispen¬
saire antituberculeux.
Il reprend du poids en fin Décembre. Mais à cette
dernière date, il recommence il maigrir, jnsqu’A son
entrée i l’hôpital.
A l’examen le 17 Janvier, on est surpris de cons¬
tater un syndrome d’hydropneumothorax gauche
avec bruit d’airain, retentissement métallique de la
voix et do la toux et succussion bippocralique.
La i-adiosr.opie confirme le diagnostic. La ponction
ramène un liquide purulent, jaunAtre, contenant de
nombreux polynucléaires en cytolyse avancée. Pas
.de microbes, ni de bacilles de Koch A l’examen
direct, mais l’inoculation au cobaye du liquide a été
Du côté opposé au pneumothorax, existait d’ailleurs
une tuberculose pulmonaire donnant lieu à une
expectoration bacillifère et qui s’aggrava rapidement.;
Une deuxième ob.seryation concerne un pneu-
mothora.v spontané ayant débuté par un épanche¬
ment pleural anormalement abondant. Les signes
de pneumotliora.x constatés cliniquement en JUlb,
confirmés radiographiquement en 1925, n ont abouti
à la mort qu'en 1928. Une aussi longue évolution,
il est à peine besoin de le souligner, est excep¬
tionnelle.
OnsERVATiON il. — M"’" B..., 39 ans, fleuriste,
entre à l’hôpital Saint-Antoine le 5 Septembre 1928.
Bien portante jusqu’à 20 ans, elle est atteinte, à
cet âge, d’une « pleurésie droite avec épanebement » ;
3 ponctions évacneni en deux mois 4 litres de liquide.
La fièvre est presque nulle, l’étal général assez bon.
Pas de troubles fonctionnels. La malade cesse d’être
surveillée médicalement, mais voit se constituer peu
à ])eu un alîaissoment de son hémithorax droit.
Deux ans plus lard, un médecin consulté constate
un pneumothorax droit et une compression presque
romplèle *dn poumon droit, mais sans contrôle radio¬
logique. L’affaissement lhoraci(|ne se |)Oursuil.
Pendant quatorze ans, de 1914 à 1925, les troubles
sont à [leine marqués, le Irtivail est possible. Aurnne
vomique ne se produit.
En 1925, la malade tousse, crache, maigrit et con¬
sulte à Laennee où la radioBCO))ie confirme l’exis¬
tence d’un hydropneumolhorax, sous lequel le pou¬
mon droit apiiaraît réduit des trois quarts, en un
moignon adhérent à la paroi cosl.ale dans la région
sous-claviculaire. Trois examens de crachats ne révè¬
lent pas de bacilles.
L’état est sliilionnaire de 1925 an début de 1928.
ce moment, la fièvre .qiparaît, l'expecloration
augmente. On y trouve di- nombreux bacilles, et la
malade entre à Saint-Antoine en Juillet 1928.
On note une énorme atrophie de l’hémithorax
droit et un pneumothorax de ce coté. La ponction
exploratrice et la radiogra|diio montrent une coque
pleurale extrêmement épaisse, ce qui confirme l’an¬
cienneté du processus. Le liquide pleural est purulent,
contient des cellules méconnaissables et d’innombra¬
bles bacilles de Koch, sans autres germes. La pression
intrapleurale est égale à la pression atmosphérique.
Le pneumothorax est donc ouvert, et la fistule bron¬
chique élimine, par une expectoration incessante, le
pus pleural. Le pouniou opjiosé est indemne, mais
l’état général est trop gravement atteint pour per¬
mettre une intervention chirurgicale. La mort sur¬
vient bientôt par tuberculose laryngée et intesli-
Daiis un autre cas, le début, sans être très dra¬
matique, fut marqué par des symptômes fonction¬
nels plus intenses que tiens les cas précédents,
mais de type très anormal : les douleurs abtlomi
nales, les nausées, les vomissements firent penser,
en l'absence de troubles respiratoires, à une crise
(V appen d ici te aigu ë .
OiisiîKVAïiox 111. — llazL. ., 25ans, Tcbéco-Slovai|ue,
entre à l’hôpital le 21 Avril 1925 jioui- les symptômes
Le 1"'' Avril, il commence à tousser, à se sentir
fatigué et fébricitant, mais son lualaisii n’est pas
assez intense pour le forcer à interrompre son Ini-
Le 15 Avril, cependant, en rentrant chez lui, il se
trouve particulièrement las, il s’alite et éprouve di-s
douleurs abdominales arconipagnées de nausées, de
vomisseinenls qui font penser à une crise d'ajqien-
Les jours suivants, cet étal persiste <-1 les vomis¬
sements se répètent. C’est seulement cini| jours plus
lard, le 20 Avril, que le malade se rend an consulat de
son pays dans le but de se faire rapatrier. Le méde¬
cin du consulat, après examen, l’envoie à Boucicaul,
où on lui trouve tous les signes ordinaires d’un
pyopneumothorax, de même formule cytologique
que le ])récédenl (polynurlaires très (altérés), avec, à
l’examen direct, de nombreux bacilles de Koch).
Dans ces trois cas, seul le début était anormal
par son in,sidiositô ou scs réactions fonctionnelles
aberrantes. Mais les signes i)bysi(|ues locaux
étaient caractéristiques et ne |)ouvaient laisser
place à l’erreur. 11 n’en est plus de inênie
dans les cas suivants : trois d'entre eu.r débu¬
tèrent eomme une pleurésie sérofibrineuse ordinaire
et gardèrent une symptomatologie locale pseudo¬
pleurétique, liquidienne, liée, pour den.r de ces
malades, à V abondance e.rtrcme de F épanchement .
OnsiuivATiox IV. — A..., 38 ans, entre à l’hôjùlal
le 11 Juin 1924 ponr un épanchement pleural droit.
Sujet dans son enfance à des bronchites fréquentes,
il a été en 1916, après vingt mois de captivité en
122
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 ^Janvier 1929 N* 8
Ihniiafçnc, versé dans l'auxiliaire, avee le diagtioslio
Il bronehile rlirouique ».
Cependant, son état général s'esl maintenu assez
in jusqu’en Janvier 1923; à celle date, un ainai-
■issenient intense, de la fatigue, de la toux l’obli-
ml il cesser son travail, à s’aliter deux mois et à
irtir à la campagne.
Bien ([ii’il s’y soit amélioré, il <‘sl réformé à
10 pour 100 en Décembre' et part au sanatorium de
onlfaueon. Là il présente un ]>()inl de côté, de la
’‘vre; on porte le diagnostic de pleurésie.elroite, et
le ponction évacue ell'eclivemenl 1 litre 1/2 de
qiiide jaune limpiilt': le malade ignore le résultat
' l’examen de ce liquide.
Sans que sa lièvre se soit élt'vée, (*l sans <pie son
al général ait décliné, sa « jileurésie » a persisté,
une deuxième ponction, deux mois plus lard, a
inné issue à un litre de liquide loiicbe, verdâtre.
A l’examen, le 11 Juin 1921, on constate tons les
gnes cliniqiK'x ordinaiiTx d’uni' ph'Ufôsie droite. à
•os épanr.hement. La matité, le silence, l'abolition
‘S vibrations vocales existent sur tôule la bauteur
t l'hémitliorax ; ce n’est que sons la partie moyenne
! l’omojtlale que l’on perçoit un souflle de timbre
evé avec, de la pectoriloquie aphone, sans carac-
re umphoro-métaUique, sans bruit d’airuin, sans
iceussion hippocratique.
Mais la radioscopie fournit une imagi' lypitiue de
çopneumolborax dont le niveau très haut situé, au
intact de la clavicule, expliijue la symptomatologie
<eudo-pleurétique observée.
La ponction exploratrice retire un liipiide louche,
■rdàlre, riche en /polymicléaires très altérés, sans
ononucléaires reconnaissables, l’as de bacilles de
och à l’examen direct, mais quelques rares amas
' cocci intracellulaires ne prenant qn'imparfaile-
ent le grain. L’inoculation du li((uide a tuberculisé
ICvolulion : l’éta't du malade s’est amélioré iiar
usieurs injections d’oléo-goménol, après ponction
acuatrice de fiOO eme de liquide.
(Jette observation raiipelle d'astiez [irès la ,siii-
itite; cepeiidaiit, cidlc-ci revêtit l’alltire d’une
’eurésie /tins insidieuse encore, et dont lu longue
■/rée, rnhsenee de symptènies fonctionnels, inal-
•è .son eolnnie uhondnnt, éeoquaient bien le dia-
lostie de pleurésie jiurulente tuberculeuse banale,
'•s signes plii/siqiies de pneumothora.v furent
nipléteinenl absents. La hauteur de l' épanehe-
ent liquide e.rpliquait. dans ce ras encore, leur
!, histoire de cette pleurésie est cependant très
lonnale : son début est en elVet fort ancien, puis-
l’il remonte au début de I9i7. Très insidieusement ,
t lionime, qui, jusque-là, avait toujours été bien
irtant, commence à éprouver une longue phase
imprégnation tuberculeuse, ]iuis des points de côté
oraciques et une dyspnée d’effort progressivement
oissante qui l'amène une première fois à l’hôpital.
Là, on constate ijiie, malgré son apyrexie com¬
ète, il est porteur d'un volumini'iix épanchement
trin, ilont 3 ponctions successives retirent en tout
litres.
Ajirès un séjour d'un mois à riiôiiital, il l'entre
ez lui, mais, toujours fatigué, dyspnéique, expec-
ranl par intermittences, il ne reprend pas son tra-
il de 1917 à 1923. Pendant res si.c ans, pas plus
•'avant le développement de son épanchement pleu-
/, il ne se rappelle livoir éprouvé à aucun moment
•e doulenr thoracique vive, une exagérati^on brusque
• sa dj/spnée, susceptibles de faire penser à an
'eumothora.r.
Mil Mars 1923, se sentant plus fatigué, il entre à
lôpital Boucicaut. Là, on lui trouve tous les signes
in volumineux épanchement pleural droit, mais
ns souflle, sans égophonie, et sans pectoriloquie
houe. Pas de bruit d’airain, pas de succussion
ppocralique, à aucun niveau, ni dans aucune posi-
m; mais la radioscopie montre un hydropnetiihn-
orax typique dont le niveau supérieur mobile, et
rfaitement net, remonte très haut, jusqu au voisi-
ge de la clavicule.
Une ponction de 1.700 eme, correctement elTectiiée.
nnrme le diagnostic d'hydro ou plutôt dé pyo¬
pneumothorax ; elle ramène uH' liquide louche, jau¬
nâtre, non chyliforme, ne contenant pas de microbes
mais de nombreux éléments cytolysés, en majorité
polynucléaires, et des cellules intactes en petit nom¬
bre dont la proportion est : jiolynucléaires 80, lym¬
phocytes 20.
Après la ponction, la succussion est devenue très
facile à percevoir. La jiression intrapleurale, vérifiée
à l’aide de l’apiiareil de Kuss, est de 0, ce qui sem¬
ble jirouver la persistance de la perforation pul-
(lutre ce pyopneumôthorax droit, il existe une tu¬
berculose pulmonaire gauche avec présence de ba¬
cilles de Koeb dans les crachats, dont l’évolution
rapide, encore aggravée par des signes de dilatation
cardiaque, provoipie la mort du malade le 9 Juin
1923. L’autopsie a été refusée. .
Le ()'' cas nous fournit un nouvel exeiuple de
début insidieu,!-, puisqu’un point de côté fugace,
sans dyspnée, et sans fièvre, en fut la seul symptôme.
Les signes physiques n’étaient pas inpins anor¬
maux que cette absence de phénomènes réaction¬
nels et le peu d’abondance de l’épanchement
liquide ne justifiait pas, comme dans le cas précé¬
dent, l’impossibilité de mettre en évidence l’épan¬
chement gazeux. Plus tard, la similitude avec une
[ileurésie simple s’accentua encore, même à la
radioscopie, par suite do la fermeture de la fis¬
tule broncho-pleurale.
OiisERVATiox VI. - M..., 35 ans, entre à l’hôpital
à la lin de Novembre 1924 pour des troubles respi-
raloires'dont le diagnostic, par examen direct, n’a pu
Un an avant, il a été pris de lièvre, de courba¬
tures violentes, de toux et l’on a pensé qu’il s’agis¬
sait d’une simple grippe. Mais la toux persista avec
de minimes hémoptysies jusqu’en Octobre 1924.
A cette date, survint un point de côté gauebe sans
oppression, qualifié dè rhumatismal et traité par des
pointes de feu et la haute fréquence. Pas de fièvre ni
Le' 25 Novembre, l’examen montre un sujet vigou¬
reux, puissamment musclé, dont l’état général est
conservé. A la base gauche, on constate de la subma¬
tité, sans matité franebe, une simple diminution du
murmure vésiculaire et des vibrations vocales, et,
ilans l’aisselle, l’existence de quelques râles crépi¬
tants fins.
Devant cet ensemble de signes, on pense à une cor-
tico-pleurite, peut-être compliquée d’épanchement
pleural. Une première radiographie prise en position
couchée n’est pas nette ; mais une deuxième, prise en
position verticale, montre une image typique d’hydro¬
pneumothorax avec peu de liquide.
Avant toute ponction, l’examen du malade est alors
repris et l’on note, chez cet homme pléthorique,
l’absence de tout retentissement amphoro-métallique
des bruits transmis à l’oreille, l’absence du bruit
d'airain -, mais on trouve une .succussion hippocra¬
tique très discrète, seulement perceptible quand le
malade est placé dans le décubitus ventral.
La ponction exploratrice donne un liquide louchç,
jaunâtre, contenant 95 pour 100 de polynucléaires,
5 pour 100 de mononucléaires, de nombreuses hé¬
maties, d’assez nombreux bacilles de’ Ivocb souvent
en amas, pas de microbes pyogènes banaux.
La pression du liquide appréciée à l’appareil de
Kuss l'sl de 0. indiquant qu’à ce moment, le pneiiino-’
L’évolntion mérite d’étre notée : sans traitement
autre que le repos, l'état général ne cesse de s’amé¬
liorer jus([u’au 7 Juillet, le poids augmente de 7 ki¬
logrammes et la perforation pulmonaire se ferme.
l'ne série de radiographies montrent alors le pas^
sage progressif de l’image d'hydropneumothora.r
initial à un aspect de pleurésie simple avec épan¬
chement, avec sa limite supérieure dessinant une
courbe fortement oblique en bas et en dédains, con¬
cave, sans bulle gazeuse sus-jacente, sans succu.ssion
visible.
Enfin notre dernière observation concerne nue
pleurésie purulente, reliquat d’un pneumothorax
spontané après l'erineture de la fistule broncho-
pleurale. ('c pnenmothora.r avait eu un début éga¬
lement très anormal, marque par des signes infec¬
tieux sévères, sans symptômes fonctionnels.
Observation VII. — Vit..., 35 ans, entre à l’hi
pital le 28 Janvier 1925, avec tous les symplômi
d’un épanchement pleural très abondant.
Malgré une ponction évacuatrice d’un litre qui 1’
a été faite une quinzaine de jours auparavant par sc
médecin, il continue à éprouver de la dyspnée, su
tout marquée à l’effort et qui l’oblige à entrer
l’bôpilal.
A son examen, on note tous les signes d’un épa:
chement liquide, perceptibles sur toute la hauteur i
l’hémothorax droit. La recherche du bruit d’aira
et de la succussion bippocratique sont négative
dans quelque position qu’on les recberche.
La réaction, fonctionnelle et générale est d'a
leurs faible : pas de point de côté, pas de toux, pi
I d’expectoration, pas de fièvre ni de sueurs no
lûmes.
La radiographie et la radioscopie confirment d'a
leurs le diagnostic, .de pleurésie à épanchement
avant toute ponction évacuatrice une ombre dons
absolue, sans détails visibles, couvre tout le chan
pulmonaire droit et refoule le médiaslin. Après év
cuation de 1.600 eme, la radioscopie' montre que
zone d’ombre a diminué d’un tiers environ, et qi
sa limite supérieure, dégradée insensiblement ve
une zone d’ombre relative, affecte la forme d’u
courbe oblique de baul en bas et de dehors en d
dans ; la succussion ne lui imprime aucun mouv
ment ; d’ailleurs la zone grise qui la surmonte r
. pas la transparence d’un épanchement gazeux. 1
liquide pleural ponctionné est louche et contient d
leucocytes cytolysés sans différenciation possibl
Pas de bacilles de Koch à l’examen direct ; pas d’a
très germes visibles sur lame ni identifiables sur çi
ture. Mais l’inoculation au cobaye est positive. 1
cuti est très précoce, très forte, de type urticaric
La réaction de fixation est de 20 aü Besredka et.
20 à l’antigène méthylique.
Le diagnostic de pleurésie purulente luberculeu
ne paraît taire aucun doute.
Or, l’interrogatoire du malade établit qu’en rr
lité V épanchement actuel n’est que le reliquat d’
pyopneumothorox spontané dont le début a été t
marquablement insidieux et aurait passé inaper
sans le secours de la radioscopie.
Mn effet, jusque-là bien portant. Vit... a commen
au début de 1923 à se sentir fatigué, à maigrir et
tousser. Peu de Ipmps après, la présence de bacill
de Koch a été constatée dans ses crachats. Ma:
malgré ces symptômes, il a pu continuer son trava
avec un étal général relativement bon, et en se fi
sant surveiller par le dispensaire antitubercule
de Belfort.
Une radioscopie pratiquée vers celle époque
montré un poumon droit déjà malade, le « sommet
s’éclairant pas à la foux avec, sous la clavicule, d
lâches très sombres ».
A la fin de Septembre 1924, il est pris d’un friss
intense et d’une poussée fébrile à 40°2, sans dyspni
sans point de côté. Mais deux examens radiosco]
([ues, comme l’attestent les protocoles et les schéin
(lu dispensaire antituberculeux conservés par le n:
lade, sont pratiqués les 25 Octobre et 26 Novemb
1924. Ils montrent, le premier, un pneumolhor
pur, le second une image typique d’hydropneum
thorax avec liquide en quantité modérée, à nive
horizontal, très mobile.
Il faut noter enfin que V épanchement pleural, pe
liant les deux mois et demi de séjour du malade
l’hôpital, s'est reproduit rapidement et a nécessi
deux ponctions évacuatrices de 2.0Ü0 eme chacune (
qui a porté à 6 litres 600 la quantité totale de liqui,
extraite en trois mois environ et bien que nous ayo
remplacé le liquide par une quantité équivalen
d’air stérilisé).
Ces sept observations ré.suiiient les principal
difficultés de diagnostic suscitées par les forhi
anormales du pyopneumothorax spontané d
tuberculeux. En les considérant dans leur e
semble, on voit qu’elles ont porté soit sur 1
signes physiques de l’airection, soit sur ses sym
tômés fonctionnels.
1° FoUMES a SHiNES PHYSIQUES ANOIl.MAUX. ;
Ces formes peuvent résulter ou biim, et le ph
'fréquéitimèrii:, dè d’abondancé extréfne de l’épa
N» 8
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
123
chement liquide qu’a entraîné le pneunibiliorax
(obs. IV, Y et VII) ou bien, plus rarement, de sa
quantité très faible (obs. VI).
a) L' abondance extrême de V épanchement liquide
entraîne, comme il est facile de le comprendre,
une symptomatologie pseudo-^pleurétique. Dans
les trois cas que nous avons observés, il était im¬
possible de ne pas croire à une pleurésie simple,
en présence d’une matité complète hydrique,
étendue sur toute la hauteur de l’héinithorax cor¬
respondant et accompagnée des autres signes or¬
dinaires des épanchements pleuraux. L’absence
de retentissement amphoro-métallique des bruits
transmis à l’oreille, du bruit d’airain, de succus¬
sion hippocratique ne pouvaient permettre de
rectifier le diagnostic.
Seule, la radioscopie y est parvenue en mon¬
trant l’image oaract4ristique de l’hydropneumo-
ihorax ; et il faut souligner à cet égard la supé¬
riorité de la radioscopie sur les radiographies
surtout quand, exécutées en position couchée,
elles étalent l'épanchement el manquent conq)lè-
tement de netteté (obs. VI).
La radioscopie elle-même pourrait induire en
erreur dhns les cas où l’abondance de r'épanche-
ment est telle qu’il occupe l’hémilhorax jusqu’à
son extrême sommet.
Comment résoudre ces difficultés •'
C’est en évacuant par ponction une ])arlie du
liquide que l’on verra réapparaître la symptoma¬
tologie pneurnolhoracique jusque-là masquée et
qui redeviendra évidente non seulement sous
l’écran, mais même à l’examen physique direct
(bruit de clapotage, bimit d’airain), comme dans
les observations IV et V.
L’examen du liquide retiré par la ponction
montre d’ailleurs qu’il ne peut s’agir dans ces cas
de pleurésie séro-fibrineuse banale. Son aspect,
sa coloration et sa formule cytologique permet¬
tent d’éliminer cette affection, mais non pas la
pleurésie purulente bacillaire; la recherche du
nombre des bacilles de Koch ne tranche pas non
plus ce dernier diagnostic puisque nous avons vu
dans nos observations que les caractères bacté¬
riologiques étaient très variables (pas de bacilles
à l’examen direct dans les observations I, III, IV,
V, VII, et présence de nombreux bacilles dans
les observations II et YI).
Il en résulte qu’en dehors d’examens radiosco¬
piques systématiquement répétés, avant et après
ponction, dans chaque cas d’épanchement séi'o-
purulent du thorax, il nous parait impossible de
trancher le diagnostie entre plenréstc primitive et
épanchement consécutif à an pneumothorax. On
doit même se demander si l’erreur n’a , pus été
souvent commise el si de nombreux cas de pleu¬
résie purulente tuberculeuse ne devraient pas faire
retour à ces formes anormales de pyopneumothorax.
Les faits que nous avons relatés ci-dessus, leur
fréquence relative, sont pour étayer cette 0])i-
nion. Nous avons même pu suivre deux cas
(obs. VI et VII) où l’évolution s’est faite vers la
fermeture de la perforation pulmonaii-c el oit le
pyopneuntothorax est devenu, pour aitisi dire sous
nos yeux, un pyothorax simple.
Il est donc vraisemblable de ])enser qu'un
nombre peut-êlre élevé de pleurésies purulentes
bacillaires ont eu celte origine, el la transforina-
lion progressive d’un épanchement séro-fibrineux
en épanchement séro-purulent ne constitue pas
un argument contre cette hypothèse, puisque cette
transformation a été constatée dans notre obser¬
vation IV.
C“est plutôt la reproduction rapide et l’abon¬
dance considérable de ces épanchements séro-
purulents liés à un pneumothorax spontané
tuberculeux qui nous paraissent propres à en
faire soupçonner l’origine; nous avons .noté ces
caractères dans plusieurs de nos cas (obs. VII,
tiplammcnl, où (5 litres- (iOO de liquide ont été
évacués en 3 mois). v
b) Plus rarement, c’est le peu d’abondanee du
liquide qui est une cause d’erreur de diagnostic
(obs. VI). En effet, dans ces cas, la symptomato¬
logie objective de l’épanchement gazeux est
d’ordinaire très nette, à condition d’ètre recher¬
chée minutieusement dans tout l’hémithorax. Rap¬
pelons néanmoins le cas de celte même observa¬
tion VI, où le pj'opneumothorax était presque tota-
lemenlmuet, môme à nos examens systématiques.
Mais, toujours alors la radioscopie donne
imrriédiatement une image caractéristique*.
2" FoitMUS A nlJACTION FONCTIONNELLE ANOH-
.MALE. — On pourrait penser que dans les formes
du pneumothorax muettes ou trompeuses à l’exa¬
men physique, la notion du début brusque et
dramatique de celte affection doit en faciliter la
découverte. Les cas que nous venons de relater
jirouvent qu’il n’en est rien.
Le malade de l’observation VI, qui n’avait ni
fièvre, ni dyspnée, fut, en présence d’un point de
côté gauche, considéré comme atteint de névral¬
gies intercostales et.traité par des pointes de feu et
de la haute fréquence et la disparition du point de
côté peu après ce traitemeut put faire croire que
le diagnostic en était exact [forme névralgique) .
Dans l’observation III, le début fut marqué par
de violentes douleurs abdominales, puis par des
vomissements abondants qui persistèrentplusieurs
jours [type péritonéal ou appendiculaire).
Ailleurs (obs. VII) ce fut un frisson intense avec
claquement de dents el une poussée fébrile s’éle¬
vant le soir même à 40‘'2 qui annoncèrent celle
complication. Aucune dyspnée, aucun point de
côté n’accompagnait, nnîtne dans les jours sui¬
vants, celle l'éaclion générale exceptionnellement
violente el qui resta isolée [forme infectieuse hy¬
perthermique).
Enfin, dans les observations III et IV le début
n’a pas dépassé en intensité celui de la pleurésie
ordinaire, et dans les observations II et VI, il a
été tellement latent qu’il est absolument impos¬
sible d’en fixer même approximativement la date.
[formes frustes et latentes) *.
Comment expliquer cos réactions fonctionnelles
ou générales si anormales ou si discrètes ?
On le peut, croyons-nous, en comparant le
pneumothorax spontané au pneumothorax ai-tili-
ciel, à certaines pleurc.sies séro-fibrineuses, cl à
une autre perforation viscérale, celle de l’inleslin
aij cours de la fièvre ly]ihoïde. En effet :
I. — La pratique de la cure de Forlanini a
montré que, en insufflant une plèvre sous faible
pression et avec lenteur, on peut n’éveiller aucune
douleur. 11 est vrai que Léon Bernard explique
cette absence de réaction par le siège pariétal de
la perforation thérapeutique delà plèvre, qui s'op¬
pose à la perforation viscérale réalisée par le
pneumothorax spontané. .
La possibilité de réactions très minimes, même
au cours de ce pneumothorax spontané, autorise
à penser que c’est plutôt dans les modalités de la
perforation pulmonaire , concernant particulièrement
1. Une simple rudioseopic peut, dans le pneumolliorax
pur, sans liquide, ne pas permettre le diagnostie, lu
clarté de l’épancliement gazeux étant prise pour un
champ pulmonaire normal. F. MocK (Difficultés de
diagnostic dans le pneumothorax spontané, Zeitschrift
fiir Tuhcrtiiili>.ie. t. XXXTI, n” 3, Juin 1!)28) cite un cas
très cui'icux : celui d’un homme de Utt ans jiorteur de
pneumothorax el chez qui la radioscopie Cl croire à un
anévrisme aortique, puis à un Itjsie hydatique pulino-
2. Depuis la rédaction de ce travail, nous avons observé
un cas extraordinaire Ac pneumothoraœ récidivant ; il
s’agissait d’un homme atteint de tuberculose fibreuse,
discrète et qui, à cinq reprises en un un, présenta un
piicuuiolhorax pur, sans liquide, avec une absence du
signes généraux cl un iiiiniiiiuin de symptOmes fonction¬
nels. Cette forme bénigne ^nns complications infectieuses,
presque ambulatoire, rappelle le cas de Mock cité plus
hupt el dans lequel trois perforations piilmonaires suc¬
cessives fiircnl jirises pour des accès d’angine de poitrine
ou d’asthme cardiaque, avant que la radioscopie ait fait
penser h l’existence d’une ectasie aortique.
son calibre, qu’il faut chercher la diversité des
réactions fonctionnelles de cet accident.
* IL — La comparaison avec la pleurésie séro¬
fibrineuse est instructive à cet égard. En effet,
selon qu’elle est aiguë, à exsudation rapide, ou
subaiguë à développement lent et progressif, la
pleurésie peut comporter toute une gamme de
réactions, dejmis les plus violentes jusqù 'aux plus
effacées.
C'est donc dans la variabilité de l' inondation
gazeuse pleurale, dans son intensité, sa brusque¬
rie, son siège, qu’il faut chercher lapalhogéniedes
diverses formes cliniques que nous avons obser¬
vées.
Selon que la perforation pulmonaire se crée,
large el brutale ou bien minime el discrète, selon
que l’envahissement de la plèvre par le gaz est
massif ou insidieux, les symptômes fonctionnels
traduisant cette complication seront très violents
ou au contraire effacés, presque nuis.
III. — Ce sont d’ailleurs les conclusions
ado]jlées pour une autre perforation viscérale,
très étudiée à cause de sa fréquence el de sa gra¬
vité : la perforation intestinale typhique. Les
constatations opératoii’es ou nécropsiques ont
bien prouvé pour elle l’importance des conditions
mécaniques qui la créent (dimensions, siège,
rapidité de formation, etc.).
La forme péritonéale que nous avons vu évoluer
paraît liée à une perforation bas située*.
Si nous avons insisté sur ces difficultés de dia¬
gnostic du pyopneumothorax, c’est que cette
question offre un grand intérêt pratique et qu’il
n’est pas indifférent de se trouver en présence
d’un jjyopneumothorax ou d’une pleui'ésie simple;
ni le pronostic, ni le Iraiteipent ne peuvent être
les mêmes pour ces deux alfectioiis si différentes.
blèmes’p'nisque nous avons limité notre élude à
la séméiologie el au diagnostic du pneumothorax
s])onlané des tuberculeux.
Nous rappellerons cependant l’extrême gravité
de cet accident qui, si la fistule ne s’oblitère pas,
ajiporle à la tuberculose pulmonaire trois ordres
de complications principales : reproduction inces¬
sante de l’épanebement purulent, évacuation très
pénible de cet épanchement par les bronches;
surinfection pleurale jiar les pyogènes ou les
anaérobies; luberculisatioti du poumon opposé à
laquelle la permanence de la fistule, entretenant
l’épancbemenl pyogazeux, empêche d’opposer lit
décompression du poumon le premier jiris.
Ces complications entraînent presipie toujours
la mort dans un délai plus ou moins rapide, el
seuls ap])araissenl comme spontanément curables
les cas dans lesquels s’oblitère la perforation pul¬
monaire. La rareté de cette évolution favorable,
sur laquelle on ne peut guère comjiter, commande
de ne pas Iroji l’attendre el de l'ecoiirir à diverses
interventions récemmenlproposées; [larmi celles-
ci, on tend dejilus en plus à rejeter la |)leuroloinie,
. simple traitement jiallialif supjirimanl les vomi-
(|ues purulentes mais exposant à une intm'ininablc
fistulisation cutanée, et à préférer soit l’oléolho-
rax, de réalisation facile, mais donnant malheu-
reusbmenl des )-ésultats très inconstants, soit la
phréniceclomie rarement efficace à elle seule, soit
surtout les ihoracoplaslies qui, malgi-é leur gra¬
vité, sont presque seules capables d’apporter la
guérison dans ces cas si graves.
thèse de JllitANUi! sur « le
1 Icsiüiis de l’ajipeiidiee »
tout le point de côté ubdo-
trui'anx de E. Skkgent sur
• ulidoiniiml pseudo-àpi)eii-
ratairc, 20 Oedobre 1020,
ticiens, 5 Juillet 1013). Ces
<piflr ces faits, les anasto-
ibution du Xll" nerf iuler-
124
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
N“ 8
INCISIONS MODIFIEES
RÉPARATION DES FLÉCHISSEURS
AU NIVEAU DES DOIGTS
Par Marc ISELIN
Ancien inlerne des lloi>Umix, aide d’anatomie.
Nous avons déjà décrit la lcclini(iuc de la
réparation dos fléchisseurs sectionnés au niveau
des doigts d’après Stcrling-Bumiel de San Fran¬
cisco. Rappelant d'abord rapidement les condi¬
tions théoriques do la réparation (telles qu’elles
avaient déjà été fort bien exprimées par Philippe
de l.a Marnière puis rejtrises dans un article
écrit en collaboration avec A. Tailhefer*), nous
avions essayé de déterminer les incisions et de ré¬
gler les différents temps de cette intervention. En
effet, les travaux américains, en particulier ceux
de Sterling Bunuel, s'ils sont explicites à propos
des considérations générales, s’ils sont impres¬
sionnants par la (pialité des résultats obtenus,
ne donnent pas une figure qui représente un des
tenqjs quelconques do l’opération ni mémo une des
incisions utilisées par les auteurs. Simplement en
li)28, dans un article du Boncs and Joint f)'ur<>ari/,
Sterling Bunuel “ représentait par un schéma le
mode de fixation de l’extrémité du tendon de la
dernière phalange et le mode de suture dos ton¬
dons, dessins qui ont été reproduits par A. Tailhe¬
fer “ dans les plans n“® 2 et 9 de sa thèse. La
technique ainsi réglée était purement cadavé-i
ri([iie et, comme nous le disions dans la conclu¬
sion, l’expérience opératoire a amené des modili-
cations considérables surtout dans les incisions,
tendant à rendre, celte opération j)lus «■alraunia-
li((uc » et surtout |)lus facile.
Les principes généraux de la suture des fléchis-
cision cutanée (pii corresponde aux sutures tendi¬
neuses ; il faut épargner la gaine le plus possible
et respecter rigoureusement les poulies; enfin,
les cicatrices ne doivent pas être gênantes, ce qui
proscrit les incisions longitudinales. On peut
ainsi schématiser la techniipie de Sterling Bunuel :
deux incisions, l’iine à l’extrémité du doigt,
l’autre .dans la région palmaire jiermetlent l'ex¬
tirpation des deux extrémités du ou des tendons
sectionnés; on introduit ensuite un conducteur
dans la gaine et dans cette gaine, on enfile une
greffe tendineuse que l’on suture aux deux
extrémités.
Ce procédé jirésente de réelles difficultés
d’exécution dans trois de scs temps : 1° dans le
passage du conducteur; 2" dans le passage de la
grelfe ; 3“ surtout enfin, dans l’extirpation du bout
périphérique du tendon. C’est pourquoi il faut
décrire deux technicpies de réparation des ten¬
dons lléchisscurs :
a) Celle de Sterling Bunuel, que l’on applique
dans les cas où le bout distal du lléchisseur a été
extirpable;
b) Celle qui a été préconisée surtout par
de la reparatitm dos tendons néchisseurs dos doigts ».
Thèse, Paris, 11124.
4. IsEi.ix et 'r.\ii,in:n:u. — « Traitement des plaies
tendineuses de la main et des dui;^ts ». Gazelle des hôpi¬
taux, 1927.
5. Sr. Dl'NXEI,. — « Uepnir ot nerves and tendons of
tlie liand ». Jutirn. of Doues and Joint Üiirgcri/, t. -\, n“ 1,
p. 1-25, .lanvier 11128.
fi. A. Taii.iiefeu — « Les techniques et les résultats
actuels de la n'-piwation des tendons de lu main et des
doigts ». T/.èse, Paris, ly28, L. Arnetlc, édit.
M. Cadenat*, ouvrant le doigt sur toute la lon¬
gueur de sa face latérale, dans, les cas où le bout
distal a été inextirpable.
Reprenons maintenant l’analyse des difficultés
et des inoyens que nous préconisons pour y
remédier.
Passaou du co.x'ducteuh. — Il s’agit d’intro¬
duire sous les poulies le conducteur, tige souple
percée d’un orifice à son extrémité mousse, qui
va servir à ramener la greffe. Les auteurs amé¬
ricains entendent par poulies les bandelettes
aponévrotiques qui maintiennent les tendons
fléchisseurs devant la face antérieure des pre¬
mière et deuxième phalanges. Il y a deux poulies :
la prcmicro devant la première phalange, qui est
A
longue, mais très haute, de sorte qu’elle ne pré-'
sente aucune espèce de difficulté au cathétérisme
(au point de vue rapporta avec la peau, elle
déborde en haut et en bas le pli digito-palmaire) ;
la deuxième poulie est située sur la face anté¬
rieure de la deuxième plialange : elle est longue,
cachant presque entièrement la face antérieure de
la diaphysc phalangienne et elle n’est pas haute,
étant donné qu’elle n’a qu’un tendon à recevoir,
tendon ipii est beaucoup plus aplati à ce niveau
qu’il ne l’était plus haut. De plus, la face anté-
Eig. 2. — La gccITe passée de bus en liant (à gauche)
passe facilement dans la bifurcation du fléchisseur
supcrficiei. .A droite, passée de haut en bas, elle refoule
les restes de l’insertion qui Tarréteiit.
rieure de la phalange présente une concavité très
marquée, qui est encore accentuée par le relief
des parties molles situées sur la face antérieure
des deuxième et troisième articulations des doigts,
de sorte que le conducteur, introduit un peu trop
obliquement, bute forcément contre la concavité
de la deuxième phalange. Il faut donc le pré¬
senter le plus horizontalement possible à l’entrée
du petit canal osléo-aponévroliquc ; c’est pour¬
quoi l’incision entaille la pulpe de la troisième
phalange, de manière à déterminer une tranchée
dans laquelle repose l’instrument, ce qui lui per¬
met de rester en contact avec la partie aponévro-
tique du tunnel et par conséquent de passer très
aisément au-dessus des saillies articulaires.
Cette poulie une fois franchie, il était assez
difficile de passer directement dans la seconde ;
il est plus aisé de faire systématiquement une
petite incision latérale le long de la première
1. l'.-M. Cadenat. — « Quelques réflexions sur lu chi¬
rurgie des doigts ». Coneoiirs médical, ii” 4tl, i>. 3.340,
U)22.
phalange, ouvrant la gaine au-dessous du bord
inférieur de la première poulie, incision qui per¬
met d’en explorer le contenu et surtout de faire
sortir le conducteur, dans le chas duquel une soie
forte est passée : on retire le conducteur et la
«deuxième poulie, la plus difficile, se trouve
cathétérisée par une grosse soie qui va servir de
guide à la greffe.
Introduisant alors le conducteur par l’incision
palmaire, le passage de l’ample première poulie
est très aisé ; le conducteur sort au niveau de
l’incision latérale de la première phalange, et va
chercher le bout supérieur du fil de soie déjà
introduit dans la deuxième poulie ; finalement,
celui-ci rentre par l’incision digitale, sort par
l’incision palmaire, occupant toute la longueur
du canal ostéo-aponévrotique qu’il fallait cathé-
thériscr.
Passage de la gheffe. — l..e passage de la
greffe est encore un temps extrêmement difficile.
D’abord il faut la passer de bas ,en haut, c’est-à-
dire depuis l’incision digitale jusqu’à l’incision
palmaire à cause de la bifurcation du fléchisseur
superficiel. En effet, la greffe passée dans cette
direction s’introduira sans aucune difficulté dans
l’angle ouvert en bas que présente ce tendon à sa
terminaison, par conséquent dans là bonne direc¬
tion. Au contraire, passée de la paume vers le
doigt, elle risque de heurter quelques petits tron¬
çons de l’insertion, (qu’il est impossible de couper
au ras de l’os), tronçons qui seront refoulés vers
le sommet de l’angle et obstrueront complètement
la lumière de la poulie.
La greffe doit être taillée d’une façon spéciale
qui facilite beaucoup les choses. D’abord elle ne
doit pas être trop grosse ; en effet le tendon flé¬
chisseur profond est beaucoup plus mince et sur¬
tout beaucoup plus aplati à sa terminaison que,
par exemple, lors de son passage devant la pre¬
mière phalange. C’est pourquoi, si l’on prend
comme greffe le tendon lléchisseur superficiel du
doigt que l’on a à réparer (tendon que l’on sacri¬
fie car il suffit de réparer le lléchisseur profond
pour avoir un «très bon résultat fonctionnel), il
faudra l’amenuiser pour en faire une greffe,
c’est-à-dire qu’on le divisera dans le sens de la
longueur de manière à n’en conserver que les
deux tiers.
L’extrémité inférieure, celle qui sera attachée
à la soie et qui guidera le reste de la greffe dans
le canal, est enfilée avec une simple anse de fil
bien solide; puis, avec des ciseaux fins, on la
taille en pointe dans le sens latéral et l’amincit
dans le sens de l’épaisseur. Ainsi, en surveillant
bien l’entrée de la greffe sous le bord inférieur de
la poulie, il n’y a plus aucun aléa, elle glisse fa¬
cilement jusqu’à l’incision palmaire.
Difficulté daxs L’EXTiitFATiox du iiout péiii-
PHÉiiiQUE. — Le bout supérieur est toujours
libre et vient sans peine. Mais, dans certains cas,
il est absolument impossible d’extirper le bout
périphérique du fléchisseur profond ; il semble
soudé et même sans forcer beaucoup, on en
arrache l’insertion. Il est impossible de pré¬
voir cette adhérence d’après le temps écoulé depuis
la blessure : on ne la reconnaît qu’au moment de
l’opération et elle semble due à des phénomènes de
dégénérescence. Cette dégénérescence est macro.s-
copiquement indiscutable, si elle est assez diffi¬
cile à mettre en évidence sur des préparations
microscopiques. Par exemple, j’ai été souvent
surpris de la brièveté de l’extrémité distale du
tendon, alors, quï’étant donné le siège de la sec¬
tion, on aurait pu s’attendre à la trouver assez
longue.’ Dans up cas particulier, la section
avait porté dans l’émincnce thénar, le ten¬
don de l’index ayait été sectionné là, en même
temps que le rameau thénarien du médian, &t
cependant, à l’opération, un an après, je n’ai
N» 8
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
125
trouvé le fléchisseur profond (pi’au niveau de la
face antérieure delà deuxième phalange ci enticrc-
incnl (ulhcreiU. Il a fallu ouvrir le doigt sur toute
sa face latérale pour pouvoir le voir et l’extirper.
Le tendon avait perdu toute solidité, tout bril¬
lant et se composait très nettement de deux par¬
ties ; près de l’insertion, il était dépoli et jau¬
nâtre et à son extrémité se trouvait un petit ap¬
pendice d’apparence hyaline, contourné et ne
présentant aucune transition brusque avec le
tissu tendineux. Au point de vue fréquence, on
trouve quatre tendons extirpables pour deux
dégénérés et non extirpables.
Cette Tiotion règle donc entièrement la con¬
duite de l’opération : si le tendon est libre dans
la gaine, on enqjloie le procédé que nous venons
de décrire; sinon, on fend le doigt sur toute sa
longueur avec quelques petites précautions que
nous indiquerons ultérieurement.
PiniPARATiON i)u liLnssiî. — On ne saurait
prendre trop de précautions dans la pi'éparalion
de la main car, malgré tous les efforts, une petite
suppuration cutanée est encore à l’origine de
bien des échecs.
Nettoyer et désinfecter la main du blessé,
même plusieurs jours â l’avance, n’est pas encore
suffisant, étant donné l’épaisseur de l’épiderme
des mains de travailleurs. C’est pourquoi main¬
tenant, nous employons le système do stérilisa¬
tion qui est obligatoire dans les cliniques Scandi¬
naves, c’est-à-dire trois couches de teinture
d’iode à cinq minutes de distance. Il faut donc
attendre un quart d’heure avant de commencer
l’opération.
Bande d’Esiiark. — La bande d’Rshark est
indispensable, mais donne incontestablement des
fond esd inoxlirpiiblc. *
accidents. J’ai observé moi-meme un cas de para¬
lysie des nerfs du bras, paralysie heureusement
transitoire, mais qui a suffi à compromettre les
résultats fonctionnels puisque le malade est
resté pendant plus d’un mois sans bouger ses
doigts; d’autres chirurgiens cii ont constaté, ce
qui invite à prendre les plus grandes précau¬
tions dans l’application de la bande : là encore
nous devons suivre à la lettre les principes de
Sterling Biinncl,
La bande d’Eshark, stérilisée par ébullition,
ne sera placée que peu de temps avant le début
de l’intervention, nous pourrions dire entre la;
deuxième et la troisième couche de teinture
d’iode; on la maintient au bras par un brassard
jamais le brassard plus d'une heure en place,
c’est-à-dire qu’il ne faut faire sous champ exsan¬
gue que les explorations et les temps difliciles,
dissection, recherche des extrémités tendineuses,
recherche des extrémités nerveuses par exemple;
mais dès que la connaissance et le repérage
des extrémités seront faits, il faut relâcher
le garrot pneumatique. On attend quelques
minutes que la congestion qui suit ait disparu,
puis on continue l’opération au milieu d’ün suin¬
tement sanguin très mod(!re en general, que 1
éponge avec des compresses humides pour
Desciuption de ea technique. — 1" Incision
latérale le long de la première phalange. — Cotte
incision doit être dorso-latérale, de manière à
laisser les vaisseaux et les nerfs dans le lambeau
antérieur. Elle ne doit pas dépasser le deuxièine
pli digital, car alors elle deviendrait gênante
pour la mobilisation précoce. Du côté de la main,
elle peut s’étendre jusqu’au pli digito-palmaire.
On ouvre la face latérale de la gaine, tout près du
deuxième pli, de façon à respecter la poulie dont
on voit le bord supéi-icür à peu près au niveau du
milieu de la première phalange. Au moment de
l’ouverture de la gaine, s’écoule un liquide clair.
Plaçant un écarteur à griffe sur la peau, on
peut examiner l’intérieur de la gaine, voir si les
extrémités tendineuses ne sont pas par liasard à
ce niveau ; s’il y a section du fléchisseur superfi¬
ciel, on peut attirer son bout péri[)hérique et en
sectionner les insertions le plus près possible de
l’os, ce qui facilitera beaucoup les mameuvres de
■passage de la greffe.
2° Incision digitale. — L’incision a la forme
d’un J dont la queue oblique descend sur la partie
latérale de la pulpe du doigt et se trouve du côté
opposé à celui où on a fait l’incision latéro-[)ha-
langienne, de manière à ce que la tige du conduc¬
teur repose dans la pulpe en direction de l’ori¬
fice de la première phalange. La partie horizon¬
tale du J ne doit pas aller jusqu’au troisième pli
palmaire, lîn effet l’incision faite dans le pli lui-
même cicatrise assez mal, car la peau est extrê¬
mement difficile à affronter convenablement ;c’est
pourquoi le point le plus haut de l’incision reste
à plus de 3 mm. de ce pli.
On découvre alors la terminaison du tendon
fléchisseur 'profond souvent dédoublé à ce niveau
et on passe dessous, d’abord le bec, ])uis le
manche, du syndesmotonic (petit instrument de
dentiste qui est le plus commode pour toutes ces
manœuvres et dont voici reproduite la forme).
On pousse alors doucement le syndesmotome,
dont le manche, s’élargissant, réalise la traction
désirée sur le tendon. Si celui-ci se décolle faci¬
lement, il n’y a ])lus qu’à continuer l’cxtirpalion ;
dans le cas contraire, on a
ipii n’a aucun inconvénient,
radie l’insertion, ci
mais change le plar
opératoire.
3“ Passage du conducteur dans la dou.t:ièmc
poulie. — On couche alors la tige du conducteur
dans- la branche oblique du J et on l’introduit
dans la poulie en en soulevant l’entrée, que l'on
voit fort bien, avec un petit crochet à strabisme.
11 n’y a plus qu’à pousser tout doucement et l’ins¬
trument débouche dans l’incision de la première
phalange. On passe une soie n“ 3 dans le chas, on
retire le conducteur et la poulie inférieure, la
plus difficile, se trouve cathétérisée.
4“ Incision palmaire. — La situation en est
toujours la même, sur une horizontale, réunissant
les extrémités des deux plis de flexion du doigt,
i-épondant par conséquent aux tètes métacar¬
piennes, mais elle est courlie : nous ne faisons
[lins d’incision en L, dont l’angle cicatrise tou¬
jours mal. On trouve de suite les tendons et leur
extirpation par le syndesmotome ne présente au¬
cune espèce de difficulté.
On pousse alors le conducteur par l’incision
palmaire, il ressort par l’incision latéro-phalan-
gienne, on ramène le bout supérieur do la soie,
on retire le conducteur et ainsi toute l'étendue de
la gaine se trouve occupée par la soie, dont une
des extrémités sort par l’extrémité, du doigt et
l’autre dans la paume.
5“ Prélèvement de la grcife. — a) Lorsipie les
deux fléchisseurs sont sectionnés, par une troi-
si(‘me incision transversale au niveau du poignet,
on découvre le fléchisseur superficiel du doigt
blessé et on l’extirpe. On a ainsi une bonne lon¬
gueur de tendon. On place une pince de Rocher à
chacune des extrémités, on tend solidement et on
le divise au tiers de son épaisseui- dans toute son
b) Si le fléchisseur siqun-ficiel est intact, ce qui
est assez fréquent, il faut prélever un autre ten¬
don. Les extenseurs du pied sont commodes, mais
un peu grêles, et surtout le déplacement du
champ opératoire expose trop à dos fautes
d’asepsie; il vaut mieux faire une incision anti¬
brachiale et prélever le grand palmaire avec son
paratendon. Je n’ai vu jusipi’à présent, ipie des
échecs par l’emploi des greU'es de fascia lata.
ü" Fixation de l'extrémité digitale de la greffe.
— Etant donné les phénomènes de dégénéres¬
cence que présente le bout''périphérique du ten-
Ki|'. 5. — La soie est déjà pus.sée dans la deuxième pou¬
lie : le conducteur va la chercher pour extérioriser la
don fléchisseur sectionné, il semble plus prudent
de ne pas assurer l’irrigation de la nouvelle
grcfl'e par rintermédiaire d’un fragment qui a
perdu une grande partie de sa vitalité; il semble
lion d’adopter la technique <]ue suit actuellement
Sterling Bunuel, exposée dans son article du
Bones and .loint Surgenj, et dont il m’a fait lui-
même la démonstration : elle consiste à désin-
sércr complètement l’ancien tendon, à ruginer
cette insertion, décollant le jilus possible de pé¬
rioste, et ensuite à ajipliquer l’extrémité de la
greffe, préalablement enfilée jiar une suture en
lacet, dans le lit ainsi préparé. 11 faüt ajouter à
cela' une fixalion transosseuse par une autre pe¬
tite incision dorso-phalangienne assez délicate à
126
r,A PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
bien placer, car elle ne doit intéresser ni l'articu¬
lation, ni la matrice de l’ongle. Ayant exposé
ainsi la face dorsale de la phalange, on perce deux
petits trous dans l’os par lesquels on attire les
deux fils qui maintiennent la greffe et on les noue
sur la face dorsale. Cette petite incision est alors
refermée.
1° Passade de la greffe. — On passe alors une
anse de fil que l’on croise une seule fois dans
l’extrémité libre de la greffe; on la taille en
biseau comme nous l’avons déjà dit et on noue
les deux fils à la soie qui se trouve dans le canal
synovial. Le crochet à strabisme repère de nou¬
veau l’entrée du tunnel, on tire doucement le bout
palmaire de la soie; on guide l’entrée de la grefl'c
dans le canal, elle passe alors facilement. On
ferme l'incision digitale par des points au crin lin
avec une petite aiguille très fine.
8“ Longueur à donner à la greffe. — Pour (ixer
la longueur de la greffe, l’idéal est de disposer
d’un assistant électrologiste, mais comme ce cas
est rarement réalisé en pratique, une règle cli¬
nique suffit.
Lorsque la greffe est cousue, le doigt à réparer
doit être dans le même degré de flexion que les
autres doigts, l’our ceci, on attire au dehors par
l’incision palmaire l’extrémité du tendon fléchis¬
seur et l’extrémité de la greffe. On les transfixe
toutes les deux par un simple point en U, que
l’on noue lâchement, puis on laisse retomber les
tendons dans le fond de la plaie. On peut ainsi
Kifî. (1. — Détiiil (l(î lu fixation du bout iHM'iiiliiii'iquc
do la Kccffc (lixation Irunso.sseuso).
voir si le degré de tension est bon, sinon on
change la position du point en U.
9“ Suture du bout supérieur de la greffe. — .Si
la greffe est beaucoup plus grêle que le tendon
lléchissour, faire simplement une suture latéi'o-
latérale, en encochant le tendon fléchisseur au
niveau de la suture. Si, au contraire, le tendon
et la grcife sont de calibre analogue, on fait une
suture bout à bout.
10“ Terminaison de l opération. — Hémostase à
l’aide de toutes petites pinces de Halsted, les
seules qui soient capables de prendre exclusive¬
ment le vaisseau. Ligature au catgut triple zéro
et fermeture de la peau à l'aiguille très line avec
deux fils de crin très fins.
11“ Lorsque le bout distal du fléchisseur profond
a été ine.rtirpablc, il faut prolonger l’insertion
dorso-latérale de la première phalange jusqu’au
troisième pli digital, mais sans rejoindre l’incision
digitale, ce qui évite un angle cutané difficile à
suturer convenablement, risquant de guérir mal,
comme toutes les incisions angulaires. On peut
soulever la partie antérieure de la gaine et de la
deuxième poulie et, avec le syndesmotome,
détacher l'extrémité adhérente du fléchisseur
profond. On retombe dans les conditions nor¬
males et le reste de l’opération se passe comme il
a été précédemment décrit.
Dès que le bout périphérique de la greflè a été
fixé à la phalangette, il faut fermer soigneusement
l’incision qui a été faite sur la poulie. Si on ne le
faisait pas à ce moment, la laxité donnée ainsi à la
greffe pourrait être une cause d’èrreur dans
l’appréciation de sa longueur. Cette suture est
faite soit avec des petits fils de lin, soit avec du
catgut.
Pansembnt. — La main est placée dans le
pansement, tous les doigts fléchis. On le change
dès le lendemain, [pour enlever les compresses
souillées de sang; puis on attendra quatre jours
avant do commencer la mobilisation qiii sera uni¬
quement active. 11 n’est pas rare d’ailleurs à ce
moment de trouver étendu le doigt qui avait été
fléchi lors de l’opération.
I.,a technique, telle qu’elle est présentée ici, est
relativement facile; néanmoins, avant d’entre¬
prendre l’opération, il faut faire quelques exer¬
cices cadavériques, car ses différents temps; en
particulier le cathétérisme de la gaine, deman¬
dent au moins un petit tour de main.
Les résultats si favorables publiés par Sterling
Bunnel n’ont pas été sans étonner. Nous avons
ou la bonne fortune de le voir opérer à San-Fran-
cisco et il est aussi impressionnant à voir dans
une réparation de tendon, qu’un neuro-chirurgien
américain dans une ablation de tumeur cérébrale.
Kn plus d’une habileté manuelle considérable.
Fi(f. 8. — Suture du bout central de lu greffe au lloeliis-
seur profond, le point d'attente maintenu pur lu pinec
a servi à déterminer la longueur de lu grefl'e. Le tendon
est encoché ; en pointillé, la limite de section. Il ne
reste j)lus qu’ii coudre le tendon et lu greffe.
Sterling Bunnel jouit d’une expérience exception¬
nelle, car il pratique cette chirurgie depuis qua¬
torze ans et n’a pas fait moins de 583 opérations
tendineuses, tant à la main qu’à l’avant-bras,
dont 259 greffes tendineuses libres'. Ces der¬
nières constituent pour lui le procédé de choix et
nous ne pouvons que nous incliner devant une
pareille autorité. Il s'agit maintenant de perfec¬
tionner notre technique, car Sterling Bunnel ne
rn’a pas caché qu’au début il avait eu beaucoup
de déboires et que progressivement il avait vu ses
résultats s’améliorer.
C’est pourquoi il nous semble utile de préciser
tous ces détails. Ainsi réglée, cette technique est
d’exécution facile; après quelques, répétitions sur
le cadavre, elle peut très bien être mise en œuvre
sans aucun à-coup, réalisant une opération
typique, simple, sans incidents ni difficultés
imprévus.
1. St, BuNNaL.*— Loc, cil,, p. 6,
N“ 8
On s’étonnera moins d’un échec fonctionnel
apparaissant après suture de tendons sectionnés
si l’on sait que des tendons intacts après certains
traumatismes deviennent impuissants à fléchir les
phalanges. En voici deux observations :
Un jeune homme avait eu l’index et le médius
pris dans un laminoir, ce qui avait entraîné un
éclatement linéaire de la peau sur la face antéro¬
latérale de ces deux doigts. Le tendon à nu était
absolument intact. Comme la plaie ne datait que
d’une heure, nous l’avons suturée par première
intention, après excision soigneuse et régularisa¬
tion, et la réuniona été parfaite : malgré cela, les
deux doigts ne fléchissent plus.
DE LA SYPHILIS
UNE MISE AU POINT
Réponse à Charles FLANDIN
Charles Flandin, tout « vieux camarade » qu’il
est, ne me semble pas avoir été bien inspiré dans
son article de La Presse Médicale du 8 Décembre.
Pas plus que moi, mes collaborateurs de l’Ins¬
titut prophylactique, ni aucun des médecins qui
ont suivi nos travaux, ne peuvent y trouver un
mot ou un, fait qui se rapporte à la syphilimétrie,
Charles Flandin use du syllogisme : la sérolo¬
gie que je connais est défectueuse parce qu’elle
« peut être positive chez un individu sain, néga¬
tive chez un syphilitique en pleine évolution » ;
donc toute sérologie doit être défectueuse, et cela
étant, il est non seulement erroné mais encore
dangereux de prétendre appliquer des mesures à
de pareilles incertitudes et de « s’en servir pour
apprécier le degré de virulence de la maladie,».
Commençons par la question des mesures.
Que veut dire cette phrase ; « la biologie n’obéit
pas à des lois mathématiques » ? N’existe-t-il pas
nombre de phénomènes biologiques qui s’expri¬
ment en chiffres précis : la température du corps
humain, la tension artérielle, la numération glo¬
bulaire, la vitesse de l’influx nerveux, le taux
d’un pigment, la tension superficielle ou la visco¬
sité d’un liquide, le dosage de l’urée dans le
sang, etc., ces mesures précises ne sont-elles pas
venues peu à peu enrichir les moyens de l’inves¬
tigation médicale ?
On peut, au moyen de notre photomètre, doser
dans le sang l’urée, le calcium, le magnésium, les
phosphates (fascicule VI des Travaux et Publica^
tions de l'Institut prophylactique), également le
potassium, l’acide urique, la cholestérine, le
sucre, l’arsenic, etc. On peut, par ce même pho¬
tomètre, mesurer l’opacité d’un mélange de sérum
sanguin avec une suspension collo’idale ; et nous
avons mis en lumière le rapport qui existe entre
le degré de cette opacité et celui de l’infection
chez un syphilitique. Pour nier l’existence de ce
rapport, constaté chaque jour. par les trente mé¬
decins de l’Institut prophjHactique, encore fau¬
drait-il apporter un fait, un semblant de preuve : et
on ne nous en oppose pas même « le quart de la
moitié du commencement d’une », pour parler
comme Cyrano de Bergerac.
Voyons maintenant d’où nos mesures photo¬
métriques tirent leur légitimité.
Il y a des signes cliniques de syphilis que per¬
sonne ne songe à contester. C’est sur l’observa¬
tion patiente et prolongée de l’évolution de ces
signes qu’a été réglée toute la technique sypliîli-
métrique, comme en témoigne une accumulation
de plus de 80.000 graphiques suivis, sans limi¬
tation de durée, les plus anciens depuis
dix-huit ans, en accouplant toujours la clinique et
la sérologie, en observant à la fois le malade, son
sérum et son liquide de ponction lombaire.
Est-il exagéré de dire qu’une sérologie ainsi
N» 8
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
127
édifiée peut, en cas de doute clinique, apporter
un appui à son tour et qu’elle peut éclairer la
tliérapeutique !’
On peut au contraire affirmer, à la lumière
d'une longue expérience pratique, que l’élévation
de l’indice sypliilimétrique prend la valeur d’un
signe d’infection aussi net que la constatation
d’un bacille de Koch chez un tul)erculeux. Mais ce
(jui donne à cet indice une importance plus haute
encore, c’est qu’il grandit avec l’invasion de
l'infection, décroît sous l’elfet du traitement, sui¬
vant une courbe qui sera lu même pour tous les
observateurs opérant sur un même sérum,
puisque nous avons mis à la disposition de tous
une technique ((ui donne la certitude d’o.btenir de
0 à 150, et à 2 centièmes près, le même cliiirre
que nous. Il reste entendu que, comme il en est
des degrés do température, les chili’res trouvés
ne sauraient être comparés d’un malade à l’autre ;
ils ne sont conq)arables entre eux (jue pour un
même sujet. ^
Charles Flandin nous prête cette affirmation
([lie les montées et les descentes du tracé sont eu
jiarallélisme avec « la virulence », ou, comme il
le dit encore, avec la « gravité .. de la syjihilis. Je
nqiroduis textuellement le passage suivant du
lascicule V des Travaux et Publications do V Insti¬
tut jti'op/ii/laclique, page 3, paragrajihe 2 ; « La
mesure de riiifectiou en montre les mouvements
et les dill’éreiits niveaux; elle n’en traduit nulle¬
ment la gravité qui dê[)en(l, elle, des localisations
de la maladie (150 sans atteinte d’un organe
essentiel vaut mieux que 15 avec localisation sur
une art(\re du cerveau). »
Charles Flandin dit encore ceci : « Nous
voyous des syphilis évoluer malgré une sérologie
négative spontanément ou du fait du traitement.
C’est pour cette catégorie de malades (]ue la
diffusion des idées d’Arthur Vernes crée un
redoutable danger. »
Ici je suis oldigé de déclarer à Charles Flandin
qu’il méconnaît ce ([ui est le jiivot même de la
.syjihilimétrie. D’aliord nous n’avons jamais dit
([u’uii zéro isolé devait par lui-même contre-indi-
<[uer h' traitement. C’est même le contraire. Four
c(> ([ui concerne « une sérologie négative s[)onla-
nément », à la [lage 52 de notre iVtlas de syjihili-
métrie, nous avons énuméré les cas dans l('s([uels
il faut agir en présence d’un zéro et « si faibles
((ue puissent être les présomptions de syjihilis ».
Si c’est j)ar l’effel du traitement ([ue la courlie
ilu malade est redescendue à zéro, d’aliord nous
doublons, triplons, ([uadru[)lons ou ([uintiqilons
ce traitement sans interruption, suivant (ju’il
s’agît d’un chancre avec ganglions sans, autre
signe; ou, au delà de cette période, suivant (|ue
la ponction lombaire est normale, ou [latholo-
gique avec leucocytose et albuminose, ou [latho-
logi([ue sans leucocytose ni all)uminose. Puis, le
traitement terminé sur une injection d’arséuo,
nous pratiipions des examens de sang de trente
en trente jours pendant huit mois, et, à ce
moment, une ponction lombaire. Comment ce
contrêilo régulier permettrait-il à la syiiliilis
d’évoluer sans ([u’on en soit averti !' Nhms n’avons
jamais vu ce fait se [iroduire, et nous possédons
une iuqiosante collection de gra[)hi([ues dont
(|U(d([ue.s-uns remontent à dix-huit ans, suivant
notre haliitude de continuer à observer nos
malades sans limitation de durée'.
Cela dit, Charles Flandin voudra-t-il recon¬
naître ([UC la diffusion de nos idées ne crée jias
' un redoutable danger » ? Kt même ([u’elle ne
[leut avoir ([ue les consé([uences les [ilus sain-
1. Ces faits simt d’autaiil moins diseiilablcs, que la
tradition de l'Institut prophylactique a toujours été de
montrer nos dossiers à tous les médecins (pii veulent les
eludier. Sans même avoir besoin de me prévenir d’avance,
ils me trouveront, notamment le vendredi, à a h. flO, en
i»lein fonclionneincnt de dispensaire, rue d’Assas, 3ü.
Je crois avoir montré que l’article de Charles
Flandin n’est qu'une critique d’ensemlile de la
sérologie telle qu’il la connaît et la prati<[ue, sans
ra[)[)ort avec nos conceptions ou nos méthodes.
La seule ([uestion ([ui conqite est celle-ci, ([ui
intéresse autant l’amour-iirojire de la science
française (jue l’honneur de la médecine en géné¬
ral : la syphilis doit-elle continuer à sévir comme
elle le fait depuis des siècles, par son invisibilité,
sa fréquence, sa gravité et le [loids énorme des
catastrophes et des pertes (ju’elle entraîne ? Ou
bien peut-on poursuivre avec patience, optimisme
et continuité le développement d’une organisation
de contrôle et de traitement dont les ramifica¬
tions, venant graduellement encercler la svqiliilis
là oit clic est, finiront par l’étouffer dans ses
mailles ?
AiiTm a Vkiinks.
Réponse à M. Arthur Vernes.
Avec sa courtoisie traditionnelle, la direction
de La Presse Médicale me communiijne les épreu¬
ves de la ré|)onse un [leu irritée ([u’Arlliur \'er-
nes croit devoir faire à mon article du 8 Décem¬
bre 1!)28 sur (( la valeur des réactions sérolo-
gicpies dans la .sjqiliilis ».
Ce [)laidoyer/)/'o doino com[)rend trois [larties ;
1" L’éloge du [iholomètre de à'eriies;
2" L’éloge de la séro-réaction de Vernes et de
la sy[)hilimêtrie de Vernes;
3" L’éloge du traitement antisy[)hiliti([ue et du
contrôle de ce traitement tels (pi’ils sont [irati-
qiiês à l’Institut })ro[)h'ylaeti([ue.
Arthur Vernes aurait-il di'jà oublié (pi’il a [ler-
soniiellement [)arlici[)é, assisté jiar ses collaliora-
teurs Bricq et M"'- Kerdal, aux tra\aux de la
Conférence sérologiipie' ([ui s’est tenue à Co-
jienhagiie, en Mai-Juin 1028, sous les auspices du
Comité d’hygiène de la Société des Nations?
Celle Conférence, (|ui réunissait h‘s sérologistes
les [)lus ([ualifiés du monde entier dans le but de
confronter les teclini([ues et d’estimer les résul¬
tats, a, d’une façon générale, considéré ([ue les
mi'thodes de fixation étaient siqiérieiires aux iiiê-
ihodes de floculation. En ce qui concerne ces der¬
nières, (die a émis l’avis suivant ;
« La Conférence a constaté les progrès des
méthodes de floculation (|ui [lossèdent aelmdle-
ment une valeur sensiblement égale à cidle de la
réaction de Bordet-àVassermann. D’une manière
générale, les résultats fournis [lar les dillérentes
méthodes ont tendance à s’uniformiser, les dis¬
cordances sont moins fré([uentes et moins mar-
([uées ([u’autrefois. Tout en se défendant d’avoir
établi un concours et de vouloir [irocéder à un
classement des différents [irocédés utilisés, la
Conférence a.iu'connu ([ue la réaction de Kahn
paraissait une des [ilus sensibles et des [ilus s[)('-
ciflques. »
Pour([uoi, si la réaction de Vernes est la meil¬
leure, la Conférence recominan(le-l-(dle eidh' Je
Kahn ?
La même Conférence - à bupudle |)arliei|)ail
Arthur à’ernes, j’iiisisle sur ce [loiiit n’a jias
ado[)lé les é(dielles de sjqihilimélrie. L’avis émis
a été le suivant :
c( Etant donné ([ne les examens sérologi([ues
fournissent aux sY[diiligra[)hes un élément d’a])-
jiréciation [lour l’établissement du diagnostic de
la sjqihilis et [lour l’observation des différentes
[ihases de sa guérison et ipie, d’autre [lart, les
malades sont exposés à être examinés successi¬
vement j)ar [ilusieurs médecins traitants, il est
désirable ([ue des règles uniformes soient adtqi- j
1. It. Di..MAM:in:. — « Lu incinii're (tonféiciuc sénilo-
piqiie (In (ùijxMitiugue » I.ii l’rcssi- Médieute, Il \inil 1!I28,
11“ (i'i, !>. 1U21.
tées jiour l’interjirétation des résultats obtenus
La Conférence suggère de les distinguer seule¬
ment. en négatifs ( — ), douteux (+) et positifs
(-j-) et de définir la jiositivité par coni[)araison
avec les résultats que donnent les sérums prove¬
nant de sujets manifestement atteints de syphilis. »
Je me garderai d’ajouter un commentaire [ler-
sonnel aux avis de la Conférence de sérologie.
Même réduite à la notation, à intervalles régu¬
liers, de l’indice de floculation de chaque malade,
la courbe obtenue ne représente pas une échelle
de virulence sy|)hiliti(jue. La syphilimétrie indi¬
viduelle, telle (jue l’expose Vernes dans son arti¬
cle d’aujourd’hui, n’est encore, malheureusement,
qu’une illusion.
Que l’élévation de l’indice de floculation ou la
réapjiarition d’une réaction de fixation positive
ait la valeur d’un signe d’alarme, personne ne le
conteste. Mais (jue la persistance d’une séro-réac¬
tion négative chez un syphilitique permette d’af¬
firmer la guérison et d’interrompre le traitement,
[lersonne n’a le droit de l’affirmer; l’observation
eliniipie jirouve ipie ()5 [)our 100 des syjihilis vis¬
cérales tardives et des bérédo-syjdiilis tardives
évoluent chez des sujets ayant une séro-réactioii
négative, quelle (jue soit la méthode employée.
Les arséno-benzènes qu’utilise Arthur Vernes
sont les mêmes que ceux emjiloyés ailleurs. Les
leidiniques de l'Institut jirophylactique ne
diffèrent jias de celles en usage courant. Pour-
(juoi les résultats obtenus seraient-ils différents?...
-Vussi bien, Arthur Vernes insiste-t-il sur son
habitude de continuer à observer ses malades
Qu’à la [irise de sang et à la jionction lombaire
insuffisantes jiour jiermettre un diagnostic d’évo¬
lution de la syphilis, Arthur Vernes ajoute un
traitement de s('curité, nous serons tout à fait
d’accord et son Institut méritera vraiment le nom
de prophylactique.
Le jilus grand danger pour le syphilitique
vient du médecin (jui lui affirme la guérison défi¬
nitive ou lui donne la sécurité tromjieuse d’un
examen de laboratoire négatif le disjiensant de
traitement. (Lest contre ce danger (jue je ne
cesserai de lutter au nom de la clinique et du bon
Ehaulls Flaxiiix.
Réponse à la réponse de Charles Flandin.
Je ne jluis (jue maintenir intégralement ce (jue
j’ai dit lors(ju(‘ j’ai adressé le 14 Décembre BI28
à La Presse Médicale une réjionse à rarti(de de
(ihaides Flandin jiaru dans La Presse Médicale du
8 Décembre.
La Conférence de Cojienhagiie? J’y étais et je
sais aussi bien (jue ]iers(5nne ce (jui s'y est jiassé.
Elle n’a été qu’un travail d’ajijiroche qui s’est
accomjdi dans une atmosjihère d’extrérne cour¬
toisie et dans un commun désir de re(di('rches du
jirogrès.
Je crois jiouvoir me jiermettre de donner jiar
antieijiation un (‘Xlrail- de mon rajijiort qui doit
être inséré dans le comjite rendu de la Confé¬
rence, acimdicmeul sous jiresse.
.( C’est une observation cliniijne soutenue (jui
nous a conduit il y a jirès de vingt ans à ces
eoindiisions fondamentales (jue la sérologie se
condamiu'rait à n’étre (ju’une science rudimentaire
si (die n’ajijiorlait (jne des -)- ou des — alors
(jn’eii clini([ue et dans toutes les autres sciences
(le laboratoire on observe et on note des iiionee-
(( C’est en suivant longtemjis l’élude gra[ihi(jue
Je ces mouvements dans le sang et dans le li(juide
de [lonction lombaire des mêmes sujets, toujours
(dini(juemenl observés, (jue nous sommes jiarve-
nus, jiar jierfectionnenients successifs, à cure-
128
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
N» 8
gislrer ces mouvonients, par une mesure de 0 à
150 et au-dessus, eu éliminant toute influence
personnelle de l’opérateur.
<c Or, on nous a demandé à la Conférence,
afin de pouvoir comi)arer nos résultats aux
autres , de les exprimer jiar les symboles
+ et — -, que nous croyions bien, en ce qui
nous concerne, avoir enterrés à jamais quand
nous avons, en 1!)10, construit notre première
niant sans inconvénient cette concession passa-
« D’abord on ne sourit jilus aujourd’hui
comme à la lointaine époque où je cominen(.'ais à
démontrer « qu’une sérologie précise éclaire le
traitement de la syphilis « et où, à l'étranger,
deux auteurs, Boas et Dlaschko, étaient peul-ctre
seuls à partager cette idée avec moi. Et puis, il
n’était pas inutile que ceux qui ne voient encore
(pie par — rt -f- ou même -| — |- et encore des
multiples de -j- pussent se rendre compte qu’un
jirocédé de mesure, mécaniquement réglé pour
éclairer le traitement éclaire aussi le diagnostic. »
Pourquoi Charles Flandin est-il tant que cela
rennemi des mesures ? Une expérience de près de
vingt ans nous oblige à dire que seul l’emploi
des mesures conduit à la solution du problème de
la .syphilis et à la ruine de ce dogme désastreux :
la preuve de la guérison de la syphilis ne pourra
jamais être faite ; la syphilis doit obligatoirement
être traitée comme un mal incurable ; on ne con¬
çoit même pas qu’un auteur puisse se proposer
l’étude des moyens de la guérir sans sortir du
cadre de ce qui est permis.
La science n’a jamais fait un pas sans l’emploi
des nombres, du fait même que la nature, comme
l’a dit le grand entomologiste Henri Fabre, <( fait
tout avec nombre, j)oids et mesure ».
C’est la même idée qu’exprime, avec plus de
force encore. Lord Kelvin * (traduit par Lucien
Poincaré, Physique moderne, 1925, p. 24) :
« Je dis souvent que si vous pouvez mesurer ce
dont vous parlez et l’exprimer par un nombre,
vous savez quelque chose de votre sujet ; mais
si vous ne pouvez pas le mesurer, si vous ne
pouvez pas l’exprimer en nombre, vos connais¬
sances sont d’une pauvre espèce et bien peu
satisfaisantes ! ce peut être le commencement de
la connaissance, mais vous êtes à peine, dans
vos pensées, avancé vers la science, quel qu’en
puisse être le sujet. » '
AiiTHuii Veiines.
Après cet échange de vues entre MM. Arthur
Vernes et Charles Flandin, nous considérons que
l'avenir seul, à la suite d' observations longtemps
prolongées de cliniciens et de savants, permettra
de mettre au point cette question si importante de
la sérologie de la syphilis ; nous considérons donc
la discussion comme close.
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DES SCIENCES
7 Janvier 1929.
Vérification spectrographlque de l’actlvatlon de
l’ergostérol sous l’Influence de l’Irradlatlon par les
rayons ultra-violets. — M. Georges Tixler. On sait
que l’ergostérine, exposée aux rayons ultra-violets
dans certaines conditions, acquiert des proiiriétés
antiracliitiques remarquables qui permettent d’affir¬
mer l’identité entre l’ergostérine irradiée et la vita¬
mine D (anlirachitique). Un excès d’irradiation ultra¬
violette donne lieu i\ une destruction de la vitamine;
de ce fait, de nombreuses préparations pharmaceu¬
tiques sont inefficaces.
Jusqu’à présent, le test biologique (action sur le
rat rendu préalablement rachilique| était seul suscep¬
tible d’indiquer si une préparation était active; ou
L’auteur utilisant les modifications du spectre
d’absorption de l’ergostérine pendant l’irradiation a
mis au point un procédé simple ])ermettant de vérifier
photographiquement en (juelques minutes l’activité
antirachitiiiue d’une préparation d’ergostérine.
Les résultats obtenus par sa méthode ont été con¬
firmés par les essais faits suivant la méthode biolo¬
gique habituelle.
Il est donc possible de remplacer le test biologique,
toujours long et peu exact, par un test physique
(photographie) rapide et précis.
ACADEMIE DE MEDECINE
22 Janvier 1929.
La rage du coq. — MM. Romlinger et Bailly ont
constaté i|ue le coq est susceptible de contracter la
rage à la suite de morsure de sa crête jiar un chien
La maladie évolue sous la forme paralytique ou la
forme furieuse et, dans ce cas, l’animal peut trans¬
mettre la rage à ceux qu’il a blessés à coups de bec.
La typho’ide au Havre en 1928. - MM. Loir et
Legangneux eu apportent une statistique d’où il
ressort unetrès grande mortalité (21 décès pourSti cas);
l’ingestion de moules crues est à l’origine de nom¬
breux cas et on peut se demander quel a été le rôle
de celles-ci dans la gravité des cas observés (action
toxique ou infection massive).
Pancréas et activité cérébraie. — MM. Sante-
noise, Varé, Verdier et Vidacovitch apportent une
série de documents tecbni(|ues révélant l’action des
sécrétions pancréati(iue.s sur la ebronaxie cérébrale,
par l'intermédiaire de l’appareil thyroïdien et du
pneumogastrique.
Esérine et appareil thyroïdien. — MM. Régnier.
Santenoise, Varé et Verdier ont constaté une
rétraction suivie d’un gonflement du corps thyroïde
sous l’influence d’une injection d’ésérine; ils y voient
une preuve de l’action du pneumogastrique sur cette
glande.
Action de la substance thyro’ide sur les organes
féminins. — M. Haruo tïayascbi (de Tokio) rap¬
porte les résultats d’expériences sur la chienne
montrant que l’hypcrthyroïdisme, tout en diminuant
l’absorption intestinale des protéines et des nucléines,
intensifie l’élimination urinaire de l’azote et des
corps puriques, aux dépens des tissus de l’organisme
et que cette action est affaiblie au moment du rut.
L’hormone thyroïdienne commence par gonfler
l’ovaire, puis ultérieurement en produit l’atrophie,
portant à la fois sur les follicules et le corps jaune.
Donnée pendant la grossesse, elle amène la diminu¬
tion de la sécrétion lactée,
A. Bocage.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
12 Janvier 1929 (suite.)
A propos de l’action des extraits pancréatiques
sur la pression artérielle, — MM. Pierre Gley et
N. Kisthinios ont montré récemment que l’on peut
extraire du pancréas, outre l’insuline, une substance
hypotensive, complètement distincte de l'insuline, et
qui |)Ossède la propriété d’abaisser la pression arté¬
rielle tant au point de vue expérimental qu’au point
de vue clinique. Ils rappellent qu’ils ont été les pre¬
miers à montrer que le pouvoir hypotenseur des
extraits pancréatiques n’est pas dû à l’insuline elle-
même, substance uniquement caractérisée par son
pouvoir hypoglycémiant.
19 Janvier.
Sur la neutralisation du pouvoir oligodynamique
du cuivre par les solutions d’électrolytes : appli¬
cations aux eaux minérales. - - MM. P.-L. Violle et
A. Giberton rappellent que l’eau distillée devient
toxique au contact du cuivre. L’eau contient en effet
del’hydroxyde de cuivre colloïdal (colloïde positif).
Les ions plurivalenis de signe contraire (anions SO*,
PO^) déterminent la floculation de ce colloïde confor¬
mément 'à la régie de Hardy et neutralisent par ce
mécanisme la toxicité du cuivre. L’ion PO* agit quel
((uc soit le pu-, mais l’ion SO* n’agit qu’à pu S. Parmi
les cations, le calcium seul s’est montré anlitoxique.
Les métaux voisins, tels que le magnésium et le stron-
•tium, ne le sont pas. Le cation calcium agit certai¬
nement par un tout autre mécanisme que les anions.
Etude de l’action de l’asphyxie sur les centres
vaso-moteurs par la méthode de la tête perfusée.
MM. Léon Binet et René Gayet apportent des
données nouvelles sur la technique à suivre pour
perfuser la tète d’un chien B jiar les carotides d’un
autre chien A. Il importe d’abord de restreindre, au
minimum, tous apports dans^ la tète de B de sang
artériel du tronc de B ; pour cela, il faut lier, en
1. Lonn Kei.vin, — Popular Lectures, t. I, p. 7.’i et First
pari alsa quuted, in Life uf tard Kelvin, by Silvanus P.
Thomson, t. II, p.
dehors des artères vertébrales, toutes les branches
de la sous-clavière. Les auteurs insistent sur les
avantages qu’il y a, dans certains cas, à irriguer la
tête de B par les artères vertébrales, après ligature
des carotides et des branches des sous-clavières, et,
dans ce but, ils conseillent d’anastomoser les carotides
de A avec le point central des artères axillaires de B,
après avoir lié systématiquement toutes les branches
des sous-clavières, à l’exception des vertébrales, et,
en amont de celles-ci, les troncs des sous-clavières
elles-mêmes. D’autre part, les auteurs insistent sur
l’utilité d’une anastomose de dérivation entre l’artère
fémorale de B et la veine fémorale de A, de façon à
lutter contre une accumulation dans le tronc de B
d’une certaine quantité de sang qui vient parles lacis
veineux intrarachidiens de la tète de B et par consé¬
quent de la circulation de A. Cette anastomose per¬
met de maintenir entre A et B un équilibre circula¬
toire satisfaisant.
Etude de l’action de l’asphyxie sur les centres
vaso-moteurs par la méthode de la tête perfusée
(2‘= note). — MM. Léon Binet et René Gayet, se
fondant sur 34 expériences de perfusion des centres
nerveux supérieurs d’un chien B par les carotides d’un
chi(;n A, montrent _que l’asphyxie de A détermine
dans le tronc de B des réactions circulatoires nettes.
Presque toujours les réactions de B sont opposées
à celles de A, en ce sens que A, sous l’influence de
l’asphyxie, présente une hypertension artérielle, alors
que B présente de l’hypotension avec vaso-dilatation.
Ce fait souligne la puissance de l’excitant mécanique
sur les centres vaso-moteurs supérieurs par rapport
à l’excitant chimique.
Cette hypotension de B, lors de l’asphyxie de A,
vient d’une excitation, par l’hypertension de A, des
nejrfs des sinus carotidiens de B. L’ablation de ce
terriloire nerveux périphérique empêche l’action de
l’excitant mécanique et, dans ces conditions, l’exci¬
tant chimique intervient seul : B répond à l’asphyxie
de A par une hypertension nette.
L’excitabilité neuro-musculaire dans la rigidité
décérébrée. -- MM. G. Marinesco, O. Sager et
A. Kreindler se sont servis de la méthode chronaxi-
métrique pour étudier sur des chats décérébrés les
modifications de l’excitabilité neuro-musculaire. Les
muscles de l’animal qui présente une rigidité décéré¬
brée se caractérisent par l’existence de (leux sortes de
fibres ayant des chronaxies différentes. Sur les mus¬
cles rigides il y a des fibres à ebronaxie augmentée
jusqu’à 5 fois les valeurs normales et des libres à
chronaxies diminuées à moitié de leurs valeurs nor¬
males. Sur les antagonistes des muscles rigides
l’augmentation ne dépasse pas 2 fois la valeur nor¬
male, tandis qu’une partie des fibres gardent leurs
valeurs normales. Les fibres à grande ebronaxie pré¬
dominent quantitativement.
Les auteurs tendent à admettre que les fibres à
petites chronaxies traduisent la lésion du système
pyramidal et serviraient à la transmission des réflexes
labyrinthiques et profonds du cou. Les fibres à
grande ebronaxie résulteraient d’une perturbation du
système extra-pyramidal qui normalement aurait
pour principale fonction d’assurer par le jeu du sys¬
tème végétatif le tonus musculaire.
N» 8
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
129
Evolution des greffes testiculaires. — M. JRette-
rer présente des préparations de greffons de bouc et
de bélier ayant survécu 1 an et 2 ans. Dans les gref¬
fons datant d’un an, on observe dans certains points
des cordons formés d'un syncitium à nombreux
noyaux, ou des cordonnets déformé réticulée pleine ou
vide. L’auteur conclut que ces cordons de cytoplasme
sont des tubes séminaux dont le l’evêtement s’est
transformé en tissu conjonctif jeune.
De 1 an à 2 ans, ce dernier évolue en une trame
conjonctive dense.
A. Escalieh.
SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS
18 Janvier 1929.
Parasites intestinaux et colibacillurle. M. Léo
rappelle ses travaux antérieurs sur ce sujet et expose
le traitement à appliquer en cas de Lamblias.
Volumineux diverticule vésical infecté; ablation;
guérison. — M. Iselin fait un rapport sur une ob¬
servation de M. Nora (de Paris) dans laquelle on
retrouve les signes cardinaux de celte affection
d’origine congénitale ; latence jusqu’à l’apparition
d’un accident (dysurie ou infection) à un âge avancé;
miction en deux temps; aspect cystoscopique parti¬
culier ; cyslographies démonstratives. Ces cyslogra-
phies ont montré un diverticule droit et postérieur
volumineux que l’auteur extirpa par cystostomie et
voie extra-vésicale ; adhérences intimes avec la paroi
du bassin, la veine iliaque externe et l’uretère. Gué¬
rison en un mois : les urines qui étaient troubles
sont devenues limpides et la rétention qui était de
230 eme est réduite à 30 cmc.
A propos de l’administration du sérum hyper-
chloruré par voie rectale. — M. R. Bonneau, après
avoir communiqué un nouveau cas de guérison des
grands vomissements post-opératoires par les injec¬
tions intraveineuses de sérum liypcrchloruré et rap¬
pelé la théorie de Dlum de riiyperazolémie venant
compenser l’hypochlorurémie consécutive aux grands
vomissements, montre par 3 observations que le
sérum hyperchloruré est mal toléré par le rectum.
Forme latente fébrile du cancer du gros intestin.
— M. H. Blanc en communique 2 observations et
insiste sur l’intérêt qu’il y a à signaler cette forme
aux médecins pour éviter des erreurs de diagnostic
et permettre d’opérer les malades en temps utile.
Sur un cas de duplicité du bassinet et de l’ure¬
tère. — M. Le Fur communique l’observation d’une
malade de 35 ans atteinte de cette malformation qui
avait entraîné un très mauvais état général avec un
amaigrissement de 12 kilogr. Seul le bassinet supé¬
rieur présentait de l’infection colibacillaire ; le bas¬
sinet inférieur donnait, au contraire, des urines abso¬
lument aseptiques. La malade guérit par la vaccina¬
tion locale (bouillons-vaccins déposés directement au
niveau du bassinet infecté et de la vessie malade),
avec adjonction de bouillons-vaccins absorbés par Ig
bouche.
Ablation d’un fibrome de 3 kilogr, 200 sur un
utérus gravide de 3 mois 1/2; continuation de la
grossesse. -- MM. Devraigne et Arviset commu¬
niquent cette observation. Le fibrome, largement
sessile, remontait jusqu’à l’appendice xiphoïde. Gué¬
rison opératoire. La grossesse continue normalement.
Prix de la Société. -- 1" Le ]iri.v Davtigues (prix
de chirurgie générale) a été attribué à M. Antoine
Damon pour son travail intitulé : Etude d’un cas de
rupture .spontanée de l’artère fémorale aprè.s si/mpa-
thectomie périartérielle ;
2" I,e prie Paul Delhet (prix de chirurgie gynéco¬
logique) a été attribué à M. Fritz Busser pour son
travail intitulé : Sur un procédé .simplifié d'hystérec¬
tomie abdominale.
Elections. — Le Bureau de la Société est ainsi
composé pour 1929 : Président, M. Blanc; vice-
président, M. Lavenant; secrétaire général, M.
Buizard; secrétaire général adjoint, M. Haller;
secrétaires des séances, MM. Gresset et Le Gac;
trésorier, M. Planson; trésorier adjoint, M. Burty;
archiviste, M. Dufourmentel.
Chakles Biizabd.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
17 Janvier 1929.
Sur un cas de cæco-typhus. — MM. P. Bonnet
et Plancbu ont opéré tardivement une malade de
38 ans, atteinte de perforations larges et multiples
du cæcum, au cours d’une fièvre typhoïde ambula¬
toire. On avait fait les diagnostics de pelvi-périto-
nite, puis d’occlusion intestinale. Il n’y avait pas de
température. La laparotomie, faite dans un état très
grave, montra un cæcum largement perforé, qu’on
dut se borner à isoler par des compresses. L’au¬
topsie permit de confirmer l’hypothèse de perfora¬
tion typhique, il n’existait de lésions que sur le cai-
cum , l’intestin grêle ne présentait aucune plaque
de Peyer.
Complications cæcales et péri-cæcales de la fiè¬
vre typho'i'de. — Au cours de l’épidémie lyonnaise
de fièvre typhoïde, M. Santy a observé un assez
grand nombre d’accidents péritonéaux. Il attire sur¬
tout l’attention sur les complications cæcales et péri-
cæcales, dont il apporte 3 observations. Dans un
1“'' cas, il a dù intervenir, au cours du 3“ septénaire,
pour une nécrose de la paroi cæcale avec perfo¬
ration bouchée par l’épiploon, il existait une ascite
citrine dans le péritoine. La malade mourut quel¬
ques heures plus tard de collapsus. Dans un 2“ cas,
il existait une double collection intrapéritonéale en¬
kystée et juxta-cæcale, l’une citrine, l’autre puru¬
lente, sans que le cæcum ait semblé perforé à l’inter¬
vention. Cette malade guérit rapidement. Enfin, dans
un 3“ cas, M. Santy a incisé un volumineux abcès
rétro-cæcal chez une malade convalescente de fièvre
typhoïde.
Les perforations par nécrose qui se voient non
seulement sur le ca-cum mais aussi sur le grêle, la
vésicule biliaire, sont extrêmement graves, non seu¬
lement par l’état local qu’elles entraînent, mais plus
encore parce qu’elles témoignent de formes très
graves de la typhoïde. Il existe d’ailleurs des infec¬
tions péritonéales sans perforation macroscopique
de l intestin, M. Santy en a observé un cas indiscu¬
table avec M. Wertheimer; les seules lésions intes¬
tinales étaient des plaques de Peyer très étendues,
saillantes, avec au contact de l’une d’elles du pus jau¬
nâtre, sans qu’il ait été possible de trouver une per¬
foration.
— M.Bérard a opéré 4 cas de perforations intes¬
tinales typhiques ; pris précocement, les 4 malades
sont morts de collapsus. Au cours de la dernière
épidémie, il a observé un syndrome de fausse perfo¬
ration qui a évolué vers la guérison sans inter¬
vention.
Sur le traitement des perforations intestinales
dans la fièvre typhoïde. — M. Cotte rapporte une
observation de M. Latreille (de Grenoble) : perfora¬
tion survenue au 20'-’ jour d’une typhoïde légère, la¬
parotomie à la 5“ heure (Max Schuller), suture de la
perforation avec épiplooplastie complémentaire, drai¬
nage du Douglas. Guérison.
A l’observation de M. Latreille, M. Cotte en joint
4 personnelles : une perforation survenue chez un
sujet jeune, au cours d’un typhus ambulatoire et
opérée tardivement (fistulisation à la peau), guérit
simplement ; une autre, opérée très précocement au
cours d’une forme grave, se termina par la mort ; il
en fut de même du 3“ cas; dans le 4“, il s’agissait
d’un enfant de 12 ans qui succomba 20 jours plus
tard de collapsus cardiaque alors que tout était fini
au point de vue intestinal.
Les considérations thérapeutiques que M. Cotte
tire de ces observations sont les suivantes : au point
de vue de la voie d’abord, il a toujours employé l’in¬
cision latérale (Mac Burney) ; une petite laparotomie
suffit car la perforation siège presque toujours sur
les derniers centimètres de l’iléon. Pour traiter la
perforation, le drainage simple du péritoine n’est
qu’un pis aller; dans les cas où il a suffi, il est pro¬
bable qu’il s’agissait de péritonite par propagation
sans perforation vraie. Deux méthodes sont à coij-
server dans le traitement de la perforation ; la suture
est souvent difficile et précaire en tissus malades qui
coupent tous les fils, aussi les préférences de l’au¬
teur vont-elles à l'entérostomie qui évite les perfora¬
tions itératives, met l’intestin au repos et constitue
en même temps un traitement de la péritonite.
Mais ce qui fait la gravité du pronostic des perfo¬
rations, c’est surtout la nature de l’infection causale;
elles surviennent en général dans les typhoïdes gra¬
ves, elles s’observent cependant dans des formes
légères, ce sont ces cas-là qui guérissent.
H. UOLANI).
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
15 Janvier 1929.
Influence des hémorragies Intestinales sur la
courbe thermique de la fièvre typhoïde. — MM. J.
Chalier et M. Levrat, se basant sur l’étude de la
courbe thermique au cours de 92 hémorragies intes¬
tinales typhiques, concluent :
La chute thormi((ue classique, loin d’être la règle,
est l’exception ; 7,4 pour 100.
Un abaissement thermique modéré existe dans la
même proportion : 7,4 pour 100.
L’ascension thermique passagère se note dans 6,1
pour 100 des cas.
L’ascension lhermi([ue terminale, de 1“5 à 3°,
atteint le taux de 8,53 pour 100.
On remar(iue de l'instabilité thermique dans
11 pour 100.
Enfin, dans la majorité des ras : 60, .'i pour 100,
l’hémorragie n’a aucune influence thermique.
Il y a donc lieu de modifier complètement les no¬
tions généralement acceptées sur l’action des hémor¬
ragies typhi(}ues sur la température.
Contribution à l’étude de l’endocardite typhique.
~ MM. Chalier, Mestrallet, Levrat et Passa,
à l’occasion de 2 observations récentes, envisagent
quelques points de cette affection.
L’une des observations concerne une malade de
53 ans, mitrale ancienne qui, au cours d’une fièvre
typhoïde, présente un syndrome myocardique sans
souffle. Elle meurt. A l’autopsie, on constate l’exis¬
tence d’une végétation récente non ulcérée, en chou-
fleur, du volume d'uu' haricot, sur la mitrale, une
autre plus petite sur la sigmoïde aorti<iue, des adhé¬
rences péricardiques et un infarctus rénal récent. Ce
cas souligne l’extrême difficulté du diagnostic en pé¬
riode aigue de la fièvre tyidioïde, l’existence de
lésions associées (myocardite); une recherche histo-
bactériologique ne révèle aucun gerim; microbien.
La seconde observation soulève une question de
pathologie générale : malade de 18 ans, sans antécé¬
dents rhumatismaux, typhoïde bénigne, début par de
l’arthro-typhus, manifestations articulaires résistant
à 8 injections quotidiennes intraveineuses de 1 gr.de
salicylale de soude. A la pointe, souffle systolique
anorganique. 3 mois après : récidive, souffle orga¬
nique d’insuffisance mitrale. 14 mois après ; maladie
mitrale, rétrécissement prédominant, dyspnée d’ef¬
fort. Fallait-il ramener cette cardiopathie à la fièvre
typhoïde ainsi que les manifestations articulaires ou
la soumettre à une étiologie rhumatismale évoluant
concurremment à la fièvre typhoïde? Les auteurs se
rallient à la première hypothèse.
Ils rangent ces 2 cas parmi ceux de Landouzy et
Siredey, mais font à la dothiénentérie la part moins
large ([u’eux dans l'étiologie des cardiopathies valvu¬
laires chi’onicjues à cause de la difficulté du dia¬
gnostic, là discussion pathogènique souvent pos¬
sible, l’extrême rareté de cette complication : 2 cas
sur 600 dans la slatisti(|ue de M. Chalier (Thèse
Pas.sa, Décembre 1928).
J. Rousset.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
9 Janvier 1929.
Colectomie en un temps pour cancer sigmoïdien.
- - MM. Patel et Bruyère i)rèsenlent un liomme de
59 ans, atteint de néoplasme sigmoïdien à forme
diarrhéi([ue, chez lecpiel ils ont fait une colectomie
idéale en un tem])s, sans dérivation préalable. Ils ter¬
minèrent par une fistulisation cæcale, laquelle fut
fermée 35 jours plus tard.
Les auteurs insistent sur deux points de technique;
section oblique de l’intestin, jionr avoir une anasto¬
mose termino-terininale plus large, suture à 3 plans
à la soie avec arrêt tous les 3 ])oints.
130
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
N» 8
16 Janvier.
Traitement de l’uretère dans la néphrectomie
pour tuberculose. — M. Ch. Gauthier prosenle une
malade cicatrisée au bout d'un mois, après une
néphrectomie lombaire faite pour tuberculose. Ce
beau résultat a pu être obtenu malgré l’existence
d’une grosse urétérite. Le ti-aitement a|)pliqué à
l’uretère, très simple, a. consisté il réséquer une
dizaine de centimètres du conduit, il le lier avec un
gros catgut et à le couper au thermocautère.
Dans une centaine de néphrectomies, Mèl. Tixier
et Gauthier ont tenu pareille conduite et s’en sont
bien trouvés ; ils n’ont jias eu la tentation d’avoir
recours aux divers procédés d’extériorisation ou de
cautérisation décrits en grand nombre.
Destruction osseuse de la tête et du col fémoral,
ostéotomie à butée intertrochantérienne. — MM.
A. Rendu et Rouzet présentent l’observation d’une
enfant (|ui eut une pyartlirose il l'Age de 2 semaines ;
boiterie aux pi emiei s pas ; à 8 ans, la tète et le col
n’existeiil plus et le moignon fémoi'al est assez écarté
en delioi-s du eotyle, mais peu asceiisioniié. La fonc-
tiou était assez délicienle. Trimdlenbourg positif et
grosse boiterie. Ils oui pratiqué une ostéotomie
inlertrocluiulérieuiie qui a permis un bon tippiii
osseux dans le centre du eotyle.
Les aiileur-s insistent sur rim])ortanee des lésions
destructives et sur rulililé de rosléolomie qui a
beaucoup amélioré la solidité de celle banclie. Une
bonne maneiivre a consisté à placer un écarteur sous
le fragment li-oclianléi’ien et il faire glisser sous lui
le fémur en face dn |)oinl repéré au doigt dans le
colylc ; le tcoclianter se trouva ainsi plaqué suc le
côté externe du fémur. L’opération n’a causé aucun
raccourcissement.
— M. Pouzet résente ensuite les radiographies
d’une hanche, alleinte d’ai-lhrile aiguë il l’Age de 9 ans
avec abcès. A 12 ans, la tète et le col fémoral ont dis¬
paru ; malgré l’énorme destruction, la fonction est
assez bonne.
Caverne gangreneuse du sommet du poumon avec
ligne de niveau à la radiographie. — MM. Pallasse
et Cade pr'ésenlenl les radiographies et les pièces
nécropsiiiues concernant cette observation. La quan¬
tité de liquide contenue dans la caverne était peu
considérable, mais il existait des signes cavitaires
nets A l’auscullalion ; le diagnostic de pyopneumo¬
thorax partiel ou de pleurésie inlerlobtiirc avait pu être
assez facilenienf’éliminé ; la (|neslion était de savoir
s’il s’agissait d’une caverne gangreneuse vraie ou
d’une caverne Inbciculeuse devenue secondairement
gangreneuse. Liant donné le début récent de l’alTec.-
tion, la localisation unilatérale des signes pulmonaires,
l’absence de bacille de Koch dans les crachats, le
diagnostic de gangrène pulmonaire avait été con¬
sidéré comme probable et fut conlii mé par l’autopsie.
Abcès froid sous-hépatique d’origine rénale. - -
MM. Bonnamour et Giraud ont trouvé à l’auloiisie
d’une femme de 18 ans, morte do tuberculose pulmo¬
naire, un volumineux abcès froid sous-hépatique
venant d’une tuberculose rénale A forme corticale ;
la lésion était très localisée, le bassinet était intact et,
cliniquement, la tuberculose rénale était restée com¬
plètement latente.
11. Koi.am..
SOCIÉTÉ DES SCIENCES IVIÉDICALES ET BIOLOGIQUES
DE MONTPELLIER
ET DU LANGUEDOC MÉDITERRANÉEN
Décembre 1928.
Deux cas d’acrodynie infantile. — MM. E.
Leenhardt. J. Reverdy et A . Bahnès rapporteiitdeiix
cas d’acrodynie obsei vés chez une lille de 18 mois et
un gari’on de 8 ans 1/2, guéris l’un et l’autre par les
apjilications de rayons ultra-violets. 11 existait une
albuminurie notable ilans le premier cas; dans le
deuxième, une rechute typique se produisit apres
2 mois 1/2 de guérison totale apiiarente; la reprise
de la ihérapeulique par les rayons ultra-violets
assura rapidement la guérison définitive.
Occlusion intestinale par mégacôlon chez une
adulte. --- M. E. Etienne rapporte l’observation
d’une femme de 'iS ans qui, après un long passé de
constipation opiniAtre avec petites crises de sub¬
occlusion, présenta brusqucmenl le tableau classique
de l’occlusion intestinale aiguë. L’intervention lit
connaître l’existence d’un mégacôlon (limité A la
moitié gauche des côlons), dont les parois épaissies
et repliées en accordéon étaient la cause de l’occlu¬
sion. Entérotomie, évacuation du contenu intestinal,
fermetuce de l’intestin, colopexie : guérison complète
et définitive.
Nouvel essai de radonthérapie dans le rhuma¬
tisme uricémique. — MM. A. Puech et R. Cas-
tagné rapportent l’observation d’un cas de « rhuma¬
tisme vague », datant de 'i ans, chez un sujet de
22 ans, qui était resté rebelle A la thérapeutique
jusqu’au jour où fut institué un traitement par les
émanations de radium (radon). Deux séries thérapeu¬
tiques de 1 mois chacune ont amené; en l’espace de
5 mois, la guérison complète et qui paraît définitive.
Parallèlement A la disparition des douleurs, on a
constaté la diminution d’abord rapide, puis plus
lente, d’une hyperuricémie considérable : 0 gr. 170
(26 Mars), 0 gr. 093 (7 Mai), 0 gr. 087 (21 Mai),
0 gr. 070 (9 Novembre). Li; cb'ifîrc du cholestérol
sanguin a toujours été trouvé normal. La protéiné¬
mie, très folle, a jircsislé entre 94 et 100 gr. (au
réfractomètré).
L’oxalémie n’a pas été dosée.
Malformation congénitale du cœur et des vais¬
seaux de la base. — MM. Eaux et Cabanac pré¬
sentent les pièces provenant d’un fiutus à terme et
ayant respiré, porteur de malformations multiples
du cii'ur et des vaisseaux, A savoir : 1" persistance
du trou de Bolal ; 2" (lersistance et abouchement
anormal d’un canal de Bolal, au niveau de la 5“ ver¬
tèbre dorsale; 3" dilatation du cœur droit et de
l’artère pulmonaire; 4" rétrécissement très serré de
la portion terminale de l’aorte thoracique, sous-
jacent A la naissance du tronc brachio-cépbaliquc,
sus-jacent A l’abouchement du canal de Botal.
Deux cas de rein polykystique. — M. H. Ester
rapporte deux observations. Le premier malade
présentait un très volumineux rein gauche polykys¬
tique, dont la seule traduction clinique était l’exis¬
tence de douleurs lombaires; la néphrectomie fut
suivie de guérison. Dans le deuxième cas, il existait,
en même temps qu’une maladie kystique du rein
droit, une dégénéi escence kystique du foie; la gué¬
rison fut également obtenue par néphrectomie.
L’auteur insiste sur le manque de netteté de la
symptomatologie du rein polykystique et la difficulté
de son diagnostic au cas de tumeur unilatérale.
L’hémoptysie et le vent. — M. L. Baillet, étudiant
l’influence des facteurs météorologiques, et plus spé¬
cialement de la direction du vent sur l’apparition et
les caractères des hémo|)tysies chez les tuberculeux
pulmonaires, dans la région nîmoise, arrive aux
conclusions suivantes ; le vent du Midi, qui s’accom-
(lagne d’un abaissement de la pression barométrique
et d’un fort degré hygrométrique, est plus A redou¬
ter des tuberculeux pulmonaires, parce qu’il est
déjrressif et que les hémoptysies qu’il entraîne sont
le témoin d’une aggravation du processus évolutif;
jiar contre, le vent du N’ord (ou mistral), facteur, lui
aussi, d’hémoptysies lorsque les malades s’y expo¬
sent, est un vent tonique, s’accompagnant d’une
pression barométrique haute et d’un faible degré
hygrométriipie ; il suffit, et cela est facile, de s’en
protéger, jiour éviter le ris([ue d’une hémoptysie de
son fait .
Echinococcose vertébrale. — MM. E. Mourgue-
Molines et M. Lapeyrie avaient, en Juillet 1926,
rapiiorté l’observation d’un homme qu’ils avaient
considéré comme atteint de kyste hydatique paraver¬
tébral. Ayant pu suivre depuis le malade, les auteurs
i cctilient leur première observation ; leur sujet est
mort en Mai 1928 paraplégique, avec des lésions ver¬
tébrales écliinococciques manifestes. 11 s’agissait,
sans aucun doute, d’échinococcose vertébrale primi¬
tive, dont la première maiiifestatioii clinique avait
été ce que Dévé appelle un « abcès ossilluent hyda-
Typhus exanthématique et typhus méditerra¬
néen. — MM. M. Carrieu et J. Chaptal ont observé,
en 1926-1927 (avant la description des auteurs mar¬
seillais), deux malades, dont l’un était atteint de
typlius exanthématique, l’autre ayant présenté un
tableau clinique en tous points comparable à celui
donné comme caractéristique de la lièvre exanthéma¬
tique du littoral méditerranéen. Ils émettent quel¬
ques considérations sur le problème de l’identité ou
de la dualité des deux affections, et penchent vers
cette deuxième manière de voir.
Un procédé simple de stérilisation des catguts.
— M. H. J5s<or utilise, comme complément de stéri¬
lisation du catgut, l’immersion dans l’éther iodé A
1/20“; les résultaîs en sont excellents.
Marcei. Jaxbon.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE NANCY
28 Novembre 1928.
Arthrodèse extraarticulaire de la hanche pour
coxalgie ancienne. — MM. Michel et Mutel, chez
une malade, ancienne coxalgique, présentant une
pseudarthrose douloureuse avec incapacité fonction¬
nelle totale, ont pratiqué l’arthrodèse extra-articu¬
laire suivant la technique de Mathieu et obtenu ainsi,
au bout d’une dizaine de mois, un large pont osseux
soudant le fémur au bassin.
Le résultat fonctionnel est excellent; des prome¬
nades de plusieurs kilomètres sans canne ne déter¬
minent aucune fatigue.
12 Décembre.
Néoplasme du cæcum chez un malade antérieu¬
rement opéré de tumeur sigmoïde. — MM. Michel
et Guihal. Chez un luémc malade, ont été pratiquées
successivement : en Novembre 1925, une fistulisation
cæcalc d’urgence pour occlusion; en Janvier 1926,
une extériorisation suivie d’ablation de la tumeur sig-.
moïde sténosante; en Juin 1926, la l'ermelure extra-
péritonéale de l’anus iliaque gauche, la fistule cæcale
s’étant fermée spontanément; en Octobre 1928, une
laparotomie médiane et iléo-transversostomie, pour
tumeur cæcale apparue 5 mois plus tôt et ulcérée A
la peau au niveau de l’ancienne fistule cæcale; en
Novembre 1928 enfin, extirpation de la tumeur avec
le c-æco ascendant. Ces interventions itératives ont
toutes été parfaitement supportées. La tumeur est un
épitbélioma cylindrique du cæcum.
Septicémie à streptocoques à manifestations
ostéo-articulaires rares et graves. — MM. Spick
et de Lavergne. — Maladie qui débute par catarrhe
rliiiio-pharyngé. puis congestion pulmonaire. En¬
suite symptômes méningés avec douleurs pseudo-
tabétiques. On décèle le streptocoque hémolytique
dans le sang et on reconnaît radiographiqucinent une
ostéo-artlirite lombo-sacrée. Puis, abcès métastatiques
multiples. Enfin, ostéo-arlhrile de la hanche. Ré¬
section de la hanche par voie |)Osl6rieure. Guérison.
èlalade intéressant ou raison de la rareté de l’os¬
téite sacro-lombaire A streptocoques, lésion qui
évolua insidieusement et provoqua dos symptômes
douloureux en ceinture qui firent rechercher une
lésion abdominale, puis des symptômes méningés de
voisinage qui i-endii'ent le diagnostic hésitant. Inté¬
ressant aussi du fait que la résection de la lianche
mit finaux accidents septicémiques et amena la gué-
Endocardite ulcéro-végétante. — MM. Richon et
Girard présentent ce cas en raison de la longue
période latente A symptomatologie uniquement
fébrile; malgré uue surveillance médicale constante
et minutieuse, ce n’est que cjuelques jours avant la
mort que furent décelés des symptômes d’auscul-
Polynévrite ourlienne. — MM. Etienne et Ger-
baut, ayant rassemblé les rares cas connus, apportent
de nouvelles observations originales et en discutent
la pathogénie.
Insuffisance surrénale au décours d’oreillons
chez le vieillard. — MM. Simonin et Valtrigny.
Observation A retenir, du fait que l’infection oui-
lienne atteint exceptionnellement le vieillard, et que
cette complication y est très rare.
Abcès ostéomyélitique vertébral ayant ulcéré
l’iliaque externe. — MM. Corret, Michon et Reny.
Chez un blessé de guerre, 14 ans après la blessure,
alors que toute fistule est depuis longtemps tarie, un
foyer ostéomyélitique, de virulence cependant assez
atténuée et A évolution plutôt lente, donne lieu A un
abcès antérieur, longtemps inaccessible, puis tout A
coup pointant, sous tension, au-dessus de l’arcade
crurale, quelques jours après l’ajiparition d’un ictère
net. A l’opération, ulcération A l’emporte-pièce de
l’iliaifue externe qui doit être liée. Phénomènes spha-
céliques et mort. P. Miciion.
N“ 8
2(5 Janvier 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N” 66
Traitement
des gales compliquées
Par L. Biiocq
Médecin honoraire de l’Hôpital St-Louis. -
TIONS MICROBIENNIÎS STAPIIVl-OCOCCIQL'KS ET STKEPTO-
COCCIQUES.
Exemple : Femme iigée de 26 ans, cuisinière,
malade depuis un mois et demi. Comme premier
symptôme, elle a ressenti des démangeaisons noc¬
turnes : elle s’est fortement grattée. Peu à peu sont
survenues des lésions cutanées multiples qui se sont
constamment aggravéôs. Ne pouvant plus continuer
i\ faire son service, elle se décide à entrer à l’hôpital.
Les éruptions siègent sur le tronc et sur les quatre
membres avec maxima aux doigts, aux poignets, aux
coudes, aux mamelons, au pourtour des chevilles.
Ce qui attire tout d’abord l’attention, ce sont de
nombreuses pustules, des éléments d’impétigo-
eetbyma qui criblent en quelque sorte les mains et
les avant-bras. Les doigts et la face dorsale des
mains sont œdématiés, et, ô l’avanl-bras-gaucbe, on
voit des traînées fort nettes de lymphangite. Les
ganglions épitrochléens eh axillaires gauches sont
tuméfiés et douloureux.
Un examen un peu plus minutieux permet de
reconnaître l’existence d’assez nombreux sillons à la
face interne des doigts, à la face palmaire des mains,
aux poignets et au pourtour des malléoles.
Les urines renferment un peu d’albumine.
Le diagnostic de gale est donc incontestable, mais
c’est une gale compliquée de staphylococcie et de
Que convient-il de faire ?
Les méthodes de traitement par les pommades au
polysulfure que nous avons exposées permettent de
ne pas procéder à la frotte : on peut donc ô la
rigueur, dans un cas pareil, instituer d’emblée le
traitement radical de la gale. C’est i\ peu près impos¬
sible avec les anciens traitements, car, par la frotte,
on ferait trop souffrir le malade, on pourrait aggra¬
ver les complications et ne pas détruire complète¬
ment les parasites.
Il nous semble plus prudent et plus logique de
commencer par traiter les complications, surtout
chez cette malade qui a de l’albumine dans les
urines. 11 est difficile de discerner d’emblée quelle
est la cause de cette albuminurie. Kxistait-elle avant
la gale? Dépend-elle de la gale? Dépend-elle des
complications staphylococciques ou streptococci-
ques? On sait, en effet, qu’en l’absence de toute gale
l’impétigo, à lui seul, peut provoquer l’albuminurie.
Il nous paraît donc rationnel de traiter ici d’abord
les complications d’ecthyma, d’impétigo-ectbyma et
de lymphangite. Les pustules seront ouvertes avec
une aiguille flambée, Vidées soigneusement, cautéri¬
sées en rebroussant en dehors les épidermes décol¬
lés avec des solutions de nitrate d’argent au 15“, ou
avec de l'eau d’Alibour coupée de deux fois son
volume d’eau bouillie : on appliquera, sur toutes les
lésions cutanées, la pâte suivante qui est excellente
à la fois pour la gale et pour les pyodermites.
Camphre pulvérisé .
Ichthyol .
Soufre précipité .
Oxyde do zinc .
Lanoline .
Vaseline Che.scbrough ....
ftâ 6
10 gr.
Pour la lymphangite, on emploiera les panse¬
ments à l’icbtbyol ou mieux encore au collargol.
La malade sera strictement tenue au repos, les
avant-bras et les bras légèrement surélevés, et elle
sera mise au régime lacté ou tout au moins au régime
lacto-végétarien déchloruré jusqu’à ce que l’albumine
Dès que'les'complication8^8eront_’guérie8,'on"pro-
cédera au traitement radical_de_lajgale.
2‘-' CAS : Gale compliquée d’éruptions
ARTIFICIELLES.
Exemple ; Homme de 38 ans, chauffeur, atteint
depuis trois semaines environ de fortes démangeai¬
sons nocturnes aux mains et aux parties. Il y a huit
jours, il est allé consulter un pharmacien qui lui a
dit qu’il avait la gale, et qui lui a donné, pour l’en
guérir, une pommade en lui recommandant d’en
mettre matin et soir sur les régions atteintes. Le
malade, ayant entendu parler de frotte pour traiter
la gale, a cru bien faire de se frictionner vigoureuse¬
ment matin et soir, pendant plusieurs minutes chaque
fois. Au bout de quatre jours, les démangeaisons
avaient disparu, mais il éprouvait de violentes cuis¬
sons au niveau des régions traitées; rapidement, les
téguments ont rougi, se sont tuméfiés, et, par places.
En ce moment, il présente une éruption artificielle
fort intense des deux membres tupérieurs, de la
verge, du scrotum et des régions voisines. Elle est
nettement caractérisée par de l’œdème, une vive
rougeur, de grosses vésicules, et même, en quelques
points, par une sorte de phlycténisation. Il est im¬
possible de trouver des sillons et de vérifier s’il a,
oui, ou non, la gale. Mais ce diagnostic, vu les loca¬
lisations de l’éruption et les commémoratifs, est
fort probable.
Il est évident qu’il faut, en ce moment, se contenter
de traiter l’éruption artificielle. Il devra donc garder
le repos, tenir le plus possible les membres supé¬
rieurs surélevés pour combattre l’œdème et l’inflam¬
mation, et n’employer que des topiques calmants.
Nous lui prescrivons d’employer du simple céral,
sans eau, frais. Si cette substance ne semble pas le
calmer suffisamment, il la remplacera par de l’axonge
fraîche non benzoïnée, ou par le mélange suivant ;
Lanoline . 10 gr.
Huile d’amaiidcs douces oo ;..
Eau de chaux . ^ i a - gi .
Si les corps gras ne semblent pas lui convenir, il
SC mettra dans de la poudre de talc. Nous ne disons
pas ; il se poudrera avec du talc. Un léger poudrage
avec du talc ou avec toute autre poudre inerte ne
serait pas suffisant. Il faut qu’il noie, en quelque
sorte, les parties malades dans des flots de poudre
de talc. C’est ainsi que, lorsque c’est possible, nous
mettons, dans ces cas, les membres dans des sacs de
toile remplis de poudre de talc.
C’est, ce nous semble, le moyen le plus sûr et
le plus rapide de calmer ces fortes éruptions artifi¬
cielles. Malheureusement, quand il y a des lésions
vésiculeuses ou bulleuses suintantes, les poudres
forment des croûtes plus ou moins épaisses qu’il faut
surveiller pour qu’il ne se produise pa.s des infections
au-dessous d’elles : il est bon de les détacher de
temps eu temps par des applications humides, après
quoi, on remet les régions malades dans de nouvelles
poudres.
Quand on se trouve en présence de sujets ultra-
sensibilisés, à peau tout particulièrement intolé¬
rante, comme cela arrive assez fréquemment dans
la clientèle de ville, on ne sait jamais d’avance quel
qst le topique qui leur convient le mieux. Ils doivent
le choisir eux-mème, et voici, dans ce cas, la méthode
que nous avons adoptée : c’est celle des pansements
hémiplégiques.
Nous leur donnons à choisir entre les topiques
suivants :
Axonge fraîche non benzoïnée.
Pommade de concombres fraîche.
Gérât sans eau frais.
Gold cream frais sans benjoin ni eau de rose.
Mélange ; '
L'oiolinc . I ûà n ég
Vaseline pure Chesebrough . ) i *>
Mélange ci-dessus indiqué de lanoline, huile
d’amandes douces et eau de chaux.
Poudre de talc stérilisée.
Poudre de lycopode.
A la rigueur poudre d’amidon, sauf pour les grands
plis cutanés.
On panse le côté droit du corps avec un de ces
produits, le côté gauche avec un autre : on compare
ensuite celui qui a le mieux réussi avec un troisième,
et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on trouve celui qui
donne les meilleurs résultats. Le sujet doit le noter
soigneusement, pour ne pas avoir à refaire cette série
d’expériences si jamais il a besoin de soigner une
nouvelle affection cutanée.
Quand l’éruption ariificielle du malade est calmée,
on l’examine avec le plus grand soin pour rechercher
s’il existe, oui ou non, cliez lui de la gale en activité.
En admettant même que le premier diagnostic posé
ait été exact, il est iiossible que la médication qui a
provoqué l’éruption artificielle ait guéri coinplèle-
Or on ne doit faire dans ces cas un traitement de
gale que si l’on trouve des sillons et des acarcs.
Mais si l’on en trouve, que doit-on faire ?
Il est à peu près certain que la pommade donnée
par le pharmacien a été une des pommades clas¬
siques, c’est-à-dire une pommade soufrée. Doit-on
renoncer dans ces cas aux préparations soufrées ou
sulfureuses? Nous croyons (jii’il n’est pas absolu¬
ment prouvé que le malade que nous avons pris
comme exemple soit réellement intolérant au soufre.
Il est plus que probable que l’éruption artificielle
ne s’est produite chez lui que parce, qu’il a employé
le tojiique avec trop d’énergie et pendant un laps de
temps beaucoup trop long. Nous pensons donc qu’il
serait à la rigueur légitime dans un cas scinblable
d’employer encore ])Our guérir com])lètement une
gale qui aurait résisté aux première aiiplications
une pommade au soufre ou une jioininade au poly¬
sulfure de potassium, mais il faudrait en surveiller
de fort près les ellets, et la 'sujqirimer iniinédia-
tement s’il se produisait des symiitômes d’intolé-
S’il était prouvé ([ue le malade ne ])eut siijiporter
ni soufre ni sulfures, on devrait recourir aux succé¬
danés de ces produits.
Substances antipsnriqiies [autres que te soufre et
le sulfure) qui nous semblent recommandables. —
a) Le pétrole (Voir plus haut).
h) L’onguent styrax est assez efficace lorsijue les
téguments le tolèrent. On l’emploie mélangé à deux
fois son volume d’huile.
E. Vidal recoininandail le baume styrax mélangé
à deux parties d’huile. On fait avec ces ])roduits des
frictions générales matin et soir, mais il faut en sur¬
veiller les effets, car ils provoquent assez souvent
des éruptions artificielles.
c) 11 en est de même pour le baume du Pérou que
l’on emploie pur ou dilué d’alcool; c’est un excellent
antipsorique, très efficace, mais qui, lui aussi, est
parfois mal supporté par les téguments. Aussi l’uti-
lisc-t-on surtout sous forme de poininade aux doses
de 20 à 30 gr. de baume pour 100 gr. d'axonge.
d) Le naphtol p se prescrit sous la forme de poip-
Iliade au 20'= et au 10>=.
e) Citons encore les préparations nurrcurielles que
nous déconseillons formellenient comme trop dan¬
gereuses, Vacide phénique qui nous paraît assez peu
recommandable comme antipsorique, la créoline, le
xylol, V essence de cèdre, etc.-
Certains derinatolqgistes associent ces diverses
substances pour en faire des préparations antipso-
riques efficaces ne renfermant ni soufre, ni sulfures,
ni mercure. Citons, comme exemples, les deux for¬
mules suivantes dues à M. Lenglet.
Pommades actives.
Xylol . de 15 à 30 gr.
Huile d’aniline . 1 gi-, 50
Essence de cèdre . 5 jr,..
Baume du Pérou . 3 g,..
Pétrole . Q. s. p. 200 cnic
Pommades faibles.
Xylol . de 4 gr. à G gr.
Baume du Pérou ... de 2 gr. à 4 gr.
Essence de cèdre ... de 3 gr. a 6 gr.
Pétrole . de 5 gr. ù 7 gr.
Lanoline . 40 gr.
Vaseline . de 5 gr. à 15 gr.
132
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
■ Chez des pei-Honucs à peaux très intolérantes,
nous nous sommes toujours bien trouvé de faire >iu
trailenii'iil doux et proloufçé formulé de la manière
Le soir ap[)li<iuer, sur les réj^ions malades, une
pAte douce au soufre et à l’iclithyol après avoir ou¬
vert tous les sillons visibles avec une aiguille d’acier
flambée à l’alcool : on peut se servir pour cela de
celle dont nous avons donné la formule à propos du
deuxième cas.
Le matin, après avoir enlevé la pAte de la nuit
avec de la belle vaseline, faire sur toutes les régions
malades une lotion soigneuse avec le mélange sui¬
vant dont on proportionne la force à la tolérance des
téguments du malade : ï
Polvsulfure de j>ntassium liquidi*. <lc V à L gouttes
Eau bouillie chaude . AO gr.
puis appliquer, pour le jour, notre jjAte pour impé¬
tigo dont voici la formule :
tàonphre j.ulv . 0 gr. .AO
IclilllYol . - gr.
Quand b‘s symptômes de gale ont complètement
disparu, on procède A une désinfection soigneus'e des
linges de corps et des vêtements.
Exemple. — l'emme de flS ans, blanchisseuse,
extrêmement nerveuse, intoxiquée caféique, ayant
des troubles digestifs, de la constipation, des insom¬
nies. Elle a déjà eu A plusieurs reprises des déman¬
geaisons, de l’urticaire, de l’eczéma.
Elle est malade depuis environ un mois. L’érup¬
tion qu’<dle- présente a débuté aux mains par du pru¬
rit surtout nocturne, puis sont survenues des pla¬
ques d’eczéma qu’elle a beaucoup grattées, qui se
sont enllaiiimées, et qui ont suinté. Au moment où
nous la voyons, elle présente sur les membres supé¬
rieurs, surtout aux mains et attx avant-bras, des
phupies d’eczéma jiapulo-vésiculeux nummulaires,
avec croùtelles, excoriations, suintements. ÇA et lA
se voient <les pajmles excoriées, de nombreuses
traces de grattage. Mais ce qui attire notre atten¬
tion, c’est (jue les mamelons sont couverts d’eczéma,
et ipie l’éruption atteint son maximum aux poiguets,
aux mains et A la face interne des doigts. Or, comme
ce sont lA les localisations par excellence de la gale
chez la femme, nous sommes conduits A rechercher
s’il n’y a pas de sillons. Quoiijue l'eczéma domine
comme lésions cutanées, il nous est facile de décou¬
vrir (juelques sillons suflisamment nets à la face
interne des <loigls et A la i)aume <les mains. 11 s’agit
donc bien d’une gale, et, d’après les commémoratifs,
il est iduB que probable que la gale a été celle fois-
ci la maladie primitive qui a réveillé chez celte ma¬
lade ses prédispositions à l’urticaire et à l’eczéma
papulo-vésiculcux.
Faut-il ch(‘z cette femme essayer tout d’abord de
calmer ses téguments irrités et de faire disparaitre
son eczéma avant de la traiter pour sa gale i’ Certes
cette ligne de conduite peut se soutenir. 11 est, en
elîet, A craindre que chez nue jiersonne aussi ner¬
veuse, sujette A l’urticaire et A l’eczéma papulo-
vésiculcux, un traitement de gale, ([uel qu’il soit, ne
provo((ue une nouvell(“ poussée suraiguë d’eczéma
et peut-être même une éruption artilicielle plus ou
moins intense qui viendra encore coniidiquer davan¬
tage la scène morbide.
Si elle présentait des symptômes il’inllammation
cutanée encore plus accentués, nous adopterions très
jirobablement cette ligne de conduite.
Mais nous ne r( levons, chez elle, qu’un peu d’urti¬
caire, des pajuiles urlicariennes isolées excoriées, et
des phupies d'eczéma papulo-vésiculcux : elle ne pré¬
sente ni éruptions arlilicielles, ni complications sta-
phylo-streptococciques. Il est sûr que b^s accidents
cutanés que l’on constate chez elle ont été provoqués
])ar l’acare. L’indication capitale est donc ici avant
tout de faire disparaître celte cause primordiale de
tous les phénomènes morbides.
Nous savons bien qu’il est plus que probable que le
traitement de la gale donnera momentanément une
plus grande activité aux éruptions actuelles ; mais
tout fait espérer que cette poussée ne sera que pas¬
sagère et qu’en prenant les précautions voulues pour
que les causes provocatrices d’urticaire et d’eczéma
soient réduites au minimum, tout rentrera peu à peu
dans l’ordre dès ([ue la gale aura disparu.
Aussi, tout en instituant la médication antipso-
rique, faut-il imposer à la malade un traitement
général et diététique rigoureux de ses réactions urti-
cariennes et eczémateuses ; nous devons surveiller le
fonctionnement de ces divers organes, du tube digestif
en particulier, mettre son système nerveux dans les
meilleures conditions possibles de calme, favoriser
lieuse allenlion l’action dés préparations antipsori-
((ues sur ses téguments en se conformant, pour cela,
A toutes les règles que nous avons formulées à propos
des malades précédents.
Si, au lieu d’avoir affaire à une personne sujette à
l’urticaire et qui a déjà eu des poussées d’eczéma,
nous nous trouvions en présence d’un sujet n’ayant
jamais eu de dermatoses antérieures, nous pourrions
espérer .pouvoir faire disparaître rapidement les
éruptions eczémateuses par un traitement diététique
général et local bien combiné, par des applications
de pAtes à l’oxydiî de zinc additioniiées de 1/20 à 1/10
de goudron de houille brut lavé, ou d’un peu
d’ichlhyol et d’extrait d’hamamélis, et nous ne pro¬
céderions au traitement de la gale qu’après la gué¬
rison des plaques eczémateuses : nous aurions ainsi
plus de chances d’éviter une recrudescence de ces
lésions cutanées. Mais il n’en est pas ainsi, et quand
il s’agit d’eczémateux de 'fond qui ont pris la gale, il
nous parajt absolument indiqué de faire disparaître
le plus tôt possible celle complication qui ne peut
qu’entretenir et même exaspérer les poussées eczé-
Exemple. — Voici une jeune mère âgée de 23 ans
qui est atteinte de gale pustuleuse et doul le bébé
Agé de 4 mois est également atteint de gale.
Nous allons traiter la mère d’après les prineq^es
([lie nous avons exposés plus haut (l’a" cas). Après
avoir guéri les complications staphylococciques et
slreplococciques qu’elle présente, nous lui ferons la
fi’olte classique, car elle nous paraît vigoureuse, et
nous devons la guérir le plus rapidement possible;
mais nous ne jiouvons pas procéder tout A fait de la
même manière pour son enfant.
Nous le traiterons tout d’abord comme la mère
|)Our guérir ses pustules et ses impétigos-ecthymas.
Mais la frotte classique pourrait être beaucoup trop
jiénible et trop irritante pour lui.
Après beaucou|) d’essais, après avoir eu recours
chez les enfants en bas Age à l’onguent styrax et au
baume styrax étendus d’huile d'amande douce ou
d’huile de camomille camphrée, au baume du Pérou
incorjioré à de l’axonge fraîche dans les proportions
du 5 à 20 fois son volume d’axonge, nous avons
adopté pour eux une ligne de conduite presque ana¬
logue à celle que nous avons formulée plus haut
pour les personnes à peaux très intolérantes.
Nous faisons faire tous les jours une ou deux
lotions soigneuses de tout le corps, sauf la tète, avec
de l’eau sulfureuse renfermant, par litre d’eau
bouillie chaude, de 1 gr. à 10 gr. de polysulfurc de
jiolassium liquide, puis nous appliquons sur tous les
téguments, sauf la tête, en insistant sur les régions
malades, la [lAte suivante :
Soufre |)rccii)ité .
Ichlhyol .
Oxyde de zinc .
Lanoline .
Vaseline Chesebrough . .
de 1- gr. A 2 gr.
de 1 gr. à 4 gr.
AA G gr.
8 gr.
Si celte pré[)aration n’agit pas avec assi'z d’énergie,
on y double [leu à peu les doses de soufre et on y
incorpore de 1/50 à 1/10 de baume du Pérou.
Si l’on voit, au bout de queh|ues jours, qu’il per¬
siste des sillons intacts, on s’efforce de les déchirer
avec une aiguille flambée, on les lotionne avec l’eau
sulfureuse et on les recouvre exactement d’un peu de
pommade soufrée au 5“ à base d’axonge.
5“ cas: Lks néciDivKS de gale. Les auakopiiobes.
Exemple. — En Mai 1926. nous avons eu la visite
d’un homme du monde, âgé de 64 ans, qui souffrait
depuis plusieurs mois d’un prurit intense, siégeant
sur presque toute l’étendue des téguments, à l’excep¬
tion de la tète, prurit qui survenait à un moment
quelconque du jour et de la nuit, mais qui avait des
maxima très nets entre 5 heures et 7 heures du soir,
peu après le coucher, et surtout entre 2 heures
et 5 heures du matin. C’était un surmené, un grand
nerveux, habitant Paris, constipé, ayant des troubles
divers du côté du tube digestif, sujet depuis fort
longtemps à des manifestations de rhumatisme ou
plutôt de goutte véritable.. Il en était arrivé à un
découragement çomplet, ne pouvant plus ni dormir,
ni vaquer à ses occupations ordinaires.
Il avait consulté plusieurs médecins qui avaient
diagnostiqué un prurit névropathique toxique et
aulotoxique; ils lui avaient imposé un régime alimen¬
taire très sévère, 'et ils avaient tenté chez lui, sans
grands résultats, plusieurs médications : autohémo-
thêrapie, autosérothérapie, sérums antiprurigineux,
divers procédés électriques, etc.
Les téguments des membres et du tronc étaient
fortement éi-ythémateux, excoriés par places, par
places lichénifiés. Les régions les plus atteintes
étaient les poignets, les doigts, la partie anlérienre
des aisselles. Ces localisations nous frappèrent. Nous
les examinâmes avec soin et nous y découvrîmes
d’incontestables sillons dans l’un desquels nous
pûmes recueillir unacare femelle que nous montrâmes
A un grossissement suffisant au malade.
L’indication formelle était donc de traiter, avant
tout, ce malade pour cette gale, mais en le lui con¬
seillant nous lui tînmes le petit discours suivant :
« Vous avez une gale d’homme du monde fort soigné
de sa personne, et, par suite, extrêmement difficile A
reconnaître. Il est plus que probable que, lorsque
vous avez consulté des spécialistes, les symptômes
pathognomoniques faisaient défaut. Je crois même
pouvoir vous affirmer que le diagnostic qu’ils ont
posé était exact. Cette gale, latente chez vous depuis
plusieurs mois, a cerlainemeut développé chez vous
un prurit névropathique toxique et autotoxique
auquel vous prédisposaient votre tempérament gout¬
teux, vos occupations trop sédentaires, votre séjour
à Paris. Vous en présentez des signes fort nets. Nous
sommes obligés de vous débarrasser, avant tout, de
vos acares pour pouvoir vous guérir de votre
maladie, et tant que vous en aurez vous ne pourrez
arriver à faire disparaître vos prurits, mais il vous
faut bien savoir ; 1» Que ce premier traitement va
exaspérer chez vous les accidents cutanés et peut-être
même provoquer l’apparition de nouvelles éruptions;
2“ que lorsque vous serez débarrassé de votre gale,
et lorsque nous aurons calmé l’irritation de vos tégu¬
ments provoquée par ce traitement, vous ne serez
pas guéri ; 3“ nous serons obligés : a) d’abord do
vous observer pendant dix à quinze jours au moins
pour savoir si vous êtes bien délivré de tous vos
acares; b) puis de vous traiter au point de vue
hygiène générale, au point de vue alimentaire,
névropathique et goutteux; vous devrez allez vous
reposer complètement pendant deux ou trois mois au
bon air, à la campagne, dans le calme moral complet. »
Ce que nous avions prévu se réalisa de point en
point. Huit jours après la frotte, ce malade revint
nous voir plus désespéré que jamais, convaincu que,
loin d’être guéri, sa gale (dout il ne pouvait plus
douter) s’était aggravée, car il avait la peau plus
irritée que lors de sa première visite.
Or, trois jours après avoir subi la frotte, éprou¬
vant encore des démangeaisons, voyant des acares
partout, il avait fait de nouvelles applications très
énergiques de pommade soufrée, et il avait provoqué
l’apparition sur les membres et sur la presque tota¬
lité du tronc d’une vaste éruption d’eczéma fendillé
et d’érythème intense. Par contre, nous ne pûmes
découvrir aucun sillon.
Nous lui affirmâmes donc qu’il était délivré de sa
gale, qu’il devait se traiter comme un goutteux ner¬
veux au point de vue général, et qu’au point de vue
local, il n’avait plus qu’à calmer les téguments. Ce
qui lui réussit le mieux pour cela, ce fut la jiAle de
zinc épaisse pour les endroits où l’eczéma était assez
prononcé, et la crème à la lanoline pour le reste du
corps. Mais il n’était pas encore convaincu de la gué¬
rison de sa gale, et il nous fallut résister à plusieurs
reprises à ses demandes d’une nouvelle frotte. Il
fut enfin rassuré au bout de trois semaines en voyant
la peau reprendre son aspect normal, et il consentit
alors A aller terminer son traitement à la campagne.
Au bout d’un mois et demi de repos complet au
grand air, il revint nous dire qu’il était complètement
N- 8
26 Janvier 1929
CHRONIQUES ■
VARIÉTÉS IStSa INFORMATIONS
V® Voyage médical international
sur la Cote d’Azur
(27 Décembre 1928-7 Janvier 1929. )
Ce V" voyage, dû, comme les précédents, à
l’initiative persévérante du D"" Maurice Faure, a
réuni 77 adhérents, dont 22 Hollandais, 7 Rou¬
mains, 5 Belges, 2 Ecossais, 2 Espagnols, 1 Ita¬
lien, 2 Suisses et des médecins français des
Flandres, de Bretagne, du Béarn, de Paris, etc...
Si le Comité des grands réseaux français avait
donné, comme c’est l’habitude, des permis indi¬
viduels à demi-place pour gagner Marseille, dé¬
but du voyage, les congressistes auraient été
beaucoup plus nombreux, mais, par ironie sans
doute, il n’avait offert qu’un billet collectifpour
des groupements supérieurs à 10. Malgré cette
carence, ce voyage, dont médecins, municipalités,
techniciens des séjours climatiques ont mainte¬
nant tous compris l’intérêt, français et interna¬
tional, a été parfaitement réussi en raison de la
cordialité, plus grande que jamais, des hôtes qui
nous ont reçus et de l’homogénéité des médecins
réunis des divers points de l’Europe et qui lièrent
entre eux mieux que des relations banales de
vacances.
Un premier merci va à nos confrères, repré¬
sentants dans chaque station de \d. Société médicale
du littoral méditerranéen, dont ce voyage est un des
fruits : MM. Audibert, Porcheron, Valette,
Ribot, Battesli à Marseille, Mège et Malartic à
Toulon, Jaubert et Casablanca à Hyères, Calda¬
guès à Saint-Raphaël, Serviron à Juan-les-Pins,
Bufnoir à Cannes, Mantoux et Bories au Cannet,
Berlier et Ricord à Grasse, Camaret à Menton,
Vivant à Monaco, Hérard de Bessé à Beaulieu,
Maurice Faure, Sardou, Roux à Nice ont été les
meilleurs des guides dans leurs stations, dont les
avantages divers, goûtés en cours de route, se
fondent dans le bienfait commun de la douceur
de l’air et de la sérénité du ciel, qui fut cependant
voilé trois jours en raison de l’effroyable tempête
qui s’est abattue sûr l’Europe à l’aurore de
l’année.
Le jeudi 27 Décembre, la Chambre de commerce
de Marseille préluda à l’excursion sur le Port
par une causerie de M. Brenier, secrétaire général,
qui fut très appréciée, car le médecin en voyage
veut non seulement voir, mais comprendre, et la
grandeur du port de Marseille est telle qu’une
schématisation de son mouvement commercial est
nécessaire. Ainsi initiés nous pûmes goûter un fort
roulis jusqu’à l’entrée du canal-tunnel du Rove,
qui i)ermel l’union avec le Rhône et l’extension
prochaine du port deàlarseille à l’étang de Berre.
Après un excellent déjeuner au Club nautique,
l’après-midi une charmant réception à l’Ecole
de Médecine au Palais du Pharo, construit pour
l’impératrice Eugénie, mit dans les yeux une
vision de Claude Lorrain, tant Marseille, dans la
poudre d’or du soleil couchant, avec son môle,
son vieux port, ses toits rouges encore éclairés,
l’abbaye de Saint-Victor déjà dans l’ombre, ajjpa-
raissait bien la reine de la côte française méditer¬
ranéenne.
Grâce à l’amiral \^'indry, Toulon nous montra
non seulement son admirable et sûre rade,' qui
est presque un lac marin, mais aussi les grandes
statues de bois retirées des anciennes proues de
navires et qui peuplent la grande galerie de l’Ami-
llyères, cette année, nous reçut largement. C'est
que le D'' Jaubert en est maintenant le maire, et la
cure hélio-marine, qu’il dirige avec maîtrise à
Ilyères-Plage, ne lui fait pas négliger la ville,
dont l’importante douceur climatique est signée
par la persistance architecturale du séjour des
Maures et la présence toujours nombreuse des
Anglais qui se connaissent en bonnes régions et
ont, les premiers, apprécié Hyères.
Le samedi, le lever du soleil à travers les pal¬
miers-dattiers fut un enchantement, de même que
la vue générale de la côte et de l’île de Porque-
rolles du haut des ruines du vieux château de
Giens. De là, on voit se faisant face l’hôpital
Renée Sabran pour les enfants lyonnais et l’hôpi¬
tal de San Salvadour pour les enfants parisiens.
Le petit chemin de fer de Provence nous mena
l’après-midi par la route des Maures, d’où l’on
aperçoit la mer à travers les pins parasols, à
Saint-Raphaël, ville des trois soleils : Auguste
qui y ramena les galères d’Antoine après la vic¬
toire d’Actium ; Napoléon qui y débarqua en reve¬
nant d’Egypte et Hélios qui, se levant tôt et se
couchant tard, prodigue sa luminosité, sœur
du Mistral.
Le matin du dimanche 30, le soleil baigna de
rose cerise Fréjus et son golfe. Peu après les auto¬
cars, dirigés par M. Jaubert, nous emmenaient
par la jeune plage de Fréjus aux arènes romaines
et à la Porte d’Oi’ée et à travers des moutonne¬
ments de pins à l’hôtel du Golfe, de Valescure,
d'où l’œil reposé aperçoit la mer au dernier plan.
Puis ce fut la rutilante corniche de l’Esterel,
dont jamais on ne se fatigue.
Après le Cap Roux, épine dorsale de l’Eslerel,
la pointe d’Aiguillon nous découvrit la toujours
émouvante trilogie de la mer de violettes en bas,
du diadème blanc des Alpes en haut et de la
courbe harmonieuse de la côte au milieu, du
golfe de la Napoule, à Cannes, aux îles Lérins,
au golfe Juan, au cap d’Antibes et à Nice régnant
dans la baie des Anges.
A midi, Cannes nous offrit son sourire au
Restaurant des Ambassadeurs d’où la vue va de
la Croisette j)ar la mer et les îles Lérins jusqu’au
port et au Suquet surmonté du Mont Chevalier
et de la tour carrée de son église. Mais voilà
hu pluie en trombe et peu d’amateurs furent
pour Super-Cannes, belvédère qui fait compren¬
dre l’anatomie de la côte du Cap Roux au Cap
d’Antibes et de la zone rétro-marine du Cannet
jusqu’à Grasse, lieux d’élection des pneumo-
pathes torpides et des opérés de pneumothorax
artillciel en convalescence.
Le 31 Décembre, nous avons apprécié le calme
de ces deux dernières stations, après avoir visité
l’établissement de cure hélio-marin créé par
notre collègue Pascal et l’Instilul de culture
physique des Flots bleus, où l’animal luimain
développe sa musculature à l’air libre et dans
l’eau.
A Grasse, toute parfumée, protégée du nord
par la montagne et les yeux vers la mer, nous
avons évoqué Fragonard dans le paisible hôtel,
resté pur xviiF, de la marquise de Cabris,
sœur de Mirabeau, et la beauté de Pauline Bor-
ghèse dans les jardins en terrasse, qu’elle par¬
courut quand, Napoléonide au zénith, elle se
montrait à Canova pour l’élernilé de l’art.
Le 1'^ Janvier ne fut que pluie : pluie, la Cali¬
fornie et sa chaleur mordante bien connue ; pluie,
le golfe Juan habitué»cependanl au nu disinisme
des bains de soleil ; pluie, le cap d’Antibes, ses jar¬
dins dignes d'Armide ; pluie, le village de Cagne
entr’aperçu .sur son rocher comme une sépia de
Victor Hugo ; pluie, Nice avec sa promenade
sans un Anglais et Cirniez sans lumière. A l’abri
dansRegina Palace nous y avons goûté le confort
do l’époque victorienne. L’aj)rès-midi, le très
aimable conservateur du musée Masséna nous a
reçus sous son toit et a fait revivre par son verbe
l’histoire de la Provence et de Nice en njous mon¬
trant les joyaux qu’il a su réunir, sans oublier le
dernier : le grand portrait de Joséphine par
Gros. A côté de l’hôtel Masséna s’élève le Casino
de la Méditerranée, temple du soleil, de la mer et
du jeu, qu’on a inauguré le 12 Janvier.
Le mercredi 2 Janvier, la pluie n’était pas
encore rassasiée. Il pleuvait à travers la grande
coupole de l’Observatoire de Nice, montée par
Eiffel sur une cuve d’eau. 11 pleuvait sur la haute
Corniche et les Alpes, qu’on y voit si bien par
temps clair, manquaient autant ({u’en Beauce.
Eyze toute perchée sur son pic fut un enlr’acte
très savoureux dans une échai)pée de brume,
mais une telle grêle tombait à la Turbie que je ne
pus à travers les délicieuses rues mauresques du
XtF siècle entraîner que deux valeureux Belges
pour admirer le trophée d’Auguste, expression de
la paix latine étendue aux Gaules en 13 avant
J. -G. A Menton la constante jeunesse de M. llus-
son nous réchauflà ainsi ' que notre visite au
!)'■ Voronof, à sa singei'ie,'ses laboratoires et son
admirable château, dont les richesses d’art n’ont
d’égale que la vue sur toute la côte du cap Mar¬
tin à Bordighera (ju’on déguste de ses fenêtres.
Le lendemain 3 Janvier, nous avons pu goûter
la douceur apaisante du climat de àlenlon et de
Garuvanl, le charme si chanté du cap Martin, les
beautés variées de la Principauté de Monaco.
Grâce à l'amabilité de S. A. S. le prince Louis H
et de son Gouvernement, le Palais perché sur son
rocher nous a ouvert ses portes de même que le
Musée océanographique, où la science d’Albert P''
atteint l’art dans s(:s présentations d’animaux
étranges, dont les formes et surtout les couleurs
ont inspiré les Lalique.
Le vendredi 4, Monaco nous montra son éta¬
blissement physiothéra[)i(jue et son hôpital basé
sur le principe, dont la nécessité sociale s’impo¬
sera sous peu, de l’établissement thérapeutique à
la fois gratuit pour les indigents et diversement
payant selon les conditions de confort demandé
par la clientèle. La dernière vision de Monaco
fut son extraordinaire jardin exotique, dont les
mullij)les points de vue elfaranls paraissent des
esquisses égaives de Rops ou d’Odilon Redon. El
pour compenser la déeonvenue de la Turbie
l’autre inaliu, nous y sommes remontés au milieu
de la neige. Elle inclinait les branches des arbres
et rosissait au soleil couchant. El la tour du Tro¬
phée d’Auguste, de blanche ])assa an rouge,
ce])cndanl que la rive italienne, brusquement
éclairée, se mordorail et (pie la mer glauque
accentuait sa profondeur sombix- dans l’ombre
grandissante du rocher d<' Monaco. Au couchant,
l’Eslerel était épiscopal. L’ue heure plus tard,
Beaulieu nous accueillait dans son paravent. Le
ciel était clouté de grosses étoiles d’or et le lende¬
main, le plus pur des ciels couvrait notre marche
de la baie des Fourmis à la Petite Afrique sous la
botanique conduite d’ilérard de Bessé. La flore
est le meilleur indice du climat. Les limons, les
cédrats, les pamjdemousses de Beaulieu attestent
la douceur de ce beau lieu. Nous avions par cette
matinée du 5 Janvier 17" de température.
134 LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929 8
Jacques Reverdin
(18424929)
Le retour i\ Nice par le délicieux cap Ferrai, la
baie ' de Yillefraueîie, le Mont Boroii, l’usine
d’ozoïiisalion, qui purilie pour Nice et le littoral
les eaux de la ^'ézubie, se termina en fête à Mira-
luar devant le panorama classique mais toujours
goûté de la baie des Anges couronnée de neige
et de Nice rose, aux pieds de la luer changeante
sous le soleil.
Le Jtaïupiet terminal de Miramar, présidé par
le !>■ Baréty, député et le D'' Hérard de Bessé,
vice-président de la Société du littoral méditer¬
ranéen, fut agrémenté de 15 discours ({ui célé¬
brèrent les louanges du 1)'' Maurice Faure, l’ini¬
tiateur persi)icace et l’animateur persévérant de
ces voyages internationaux sur la côte d’Azur,
qui ont inain'lenanl droit de cité dans l’armeuienl
climatique de la médecine française. Le D'’ Hérard
de Bessé, le D'' Vialle, adjoint au maire; le
D'’ Deslrée, au nom du Syndical des médecins de
Nice, les U''* Miller pour la Grande-Bretagne,
Üelchef pour la Belgique, Domingo pour l’Es-
j)ugne, Offerliaus pour la Hollande, di Fiori pour
j’Ilalie, Andresco pour la Bouuiauie, Laignel-
Lavasline eoinine directeur seienli(i<iue du voyage
parlèrent suecessiveinenl. J>es D‘“ Barbary, ins-
])ecteur départemental des services d’hygiène et
Baréty, député d(^s Alpes-Maritimes, terminèrent
avec éclat ces joutes oratoires. Gepeudanl le
soleil, comme pour eompeuscr ses fugues remar¬
quées, faisait de la baie des Anges UTie lécrie de
couleur et de lumière avec ses rayons de plus
en plus obliques.
Après la terminaison ofllcielle, était eneorc
inscriteau prograuiiuu itour le lendemain dimanche
une excursion à Peira-Cava, centre de sports
d’hiver dans les Al[)es à (piehpics üü km. de Nice.
Mais la neige toudtée ces jours derniers rendait la
route impraticable.
Grâce aii zèh; diligent du maiin^ de Saiut-
Marlin-N'czuhée, une (excursion dau,s cette char¬
mante station put être organisée pour le lende¬
main. Pai' la vallée de la Yézubie, affluent du
Yar, et, par endroits, aussi étroite et abrupte
que la célèbre Yia Thala helvétique, nous avqns
gagné Saint-Martin dont les maisons bariolées,
bleues, vertes, jaunes, orange, mauvfs, s’éche¬
lonnaient au milieu de la neige brillant sous le
soleil, à l’abri des montagnes blanches, qui les
protègent des vents du Nord, de l’Fst et même
un |)eu de l’Ouest.
El le retour fut éclairé |)ar une chaude récep¬
tion de notre président Maurice Faure, qui, ma-
lencontreusemeiil retenu chez lui par uue[iudis-
position.iie put prendre part au voyage, mais
désira eonnaitre ses hôtes. En toute cordialité se
lit la connaissance et l’au revoir. H s’agit, en
effet, plutôt d'au revoir (pie d’adieu, car les
Yoyages médicaux interuatiouaux du littoral mé¬
diterranéen comi)l(ml déjà des récidivistes. Et
c’est le meilleur gage que l’on puisse donner de
leur intérêt et de leur charme. C’est un exem|)le
à l’appui de la pensée d’Héraclile : on ne se
baigne jamais dans le même fleuve et de la phrase
de Fréclcric .Vmiel : on ne voit jamais deux fois
le même [>aysage.
LAI<;.NISL-LAVASTlNJi.
Questions Fiscales
Veuillez avoir rohligeancc de nie dire si en faisant
une déclaration en vue de l'impôt sur les bénéfices,
je puis compter la patente parmi mes dépenses pro¬
fessionnelles.
Réjionse de notre conseiller liscal :
11 n'esl pas douteux que, pour un médecin, lu
patente payée au litre d’un exercice déterminé doit
être comprise dans les dépenses professionnelles
en vue de la détermination du bénélice net dudit
exercice. Rcné Pi.xchox.
Les uns après les autres, au hasard des années
qui passent, nous voyons partir, un à un, les
maîtres de notre jeunesse.
Jac<|ues Reverdin vient de mourir.
H était né, il avait vécu dans l’atmosphère de la
France. Car, au débouché de son lac, où Genève
entre comme un coin, avec les terres qui l’entou¬
rent, dans cette vallée magnifique qui va porter
jusqu’au cœur de la France les eaux bondissantes
du Rhône, les hasards de l’histoire ont pu seuls
détacher Genève de la vieille terre gauloise.
C’est pourquoi cet illustre fils de la Suisse
Romande, en servant son pays, a servi la science
française comme le meilleur des Français.
Et c’était vraiment uii des nqtres, quand il
assistait, autrefois, à tous nos Congrès annuels
avec sou cousin qui était, lui aussi, un chirurgien
de haute valeur, avec cet Auguste Reverdin dont
la verve incomparable et l’intarissable gaîté con¬
trastaient singulièrement avec la réserve de Jac-
«jues, qu’une précoce surdité avait quelque peu
retranché des jtoics verbales de ce monde.
Il avait été interne des hôpitaux de Paris, de
cette promotion de 181)5 où les noms de Dieulafoy
et de Lépine ouvrent la liste et où son nom est
inscrit immédiatement à côté de celui de Jjuca.s-
Champiounière.
En 1869, il avait la médaille d’or. El ce fut un
lien de plus qui nous l’attacha davantage.
Ft puis ce fut la guerre de 1870. Il servit dans
les ambulances, cüinme sou neveu, le llls d’Au¬
guste, notre ami, qui porte diguemenl son beau
nom, a servi dans nos hôpitaux pendant la Grande
Guerre, perpétuant ainsi, dans celte noble famille,
la tradition du dévouement à cette seconde patrie,
la France.
En 1902, les chirurgiens français l’avaient ap¬
pelé à la présidence de leur Congrès, comme
ils le firent plus tard pour Dopage en témoi¬
gnage de leur fraternelle affection.
Après la guerre, Jacques Reverdin revint à
Genève, où s’écoula toute sa vie scientifique et
chirurgicale. Mais elle ne s’écoula pas comme
celle de tant d’entre nous, sans laisser d’autre
trace tpie celle du bien qu’ils oui fait et dont
tout souvenir disparail avec le dernier des ma¬
lades (jui leur doivent la vie.
Il laisse, en elfet, des œuvres durables, dont
une a eu une grande iniluence sur la thérapeuti¬
que chirurgicale et orgauo-thérapique et sur
fétude encore obscure des fonctions endocri¬
niennes. Car c’est lui qui, dans ce centre chirur¬
gical de Genève, où affluaient en masse tous les
goitreux des montagnes voisines, aux premiers
temps de la chirurgie régénérée, s’aperçut le
premier de riufluence de l’exlirpalion complète
du corps thyroïde sur la nulriliou générale, et
décrivit ce myxœdème post-opératoire, qui a été
comme la première révélation dè l’influence des
glandes endocrines sur l’éconômie générale. C’est
là un titre de gloire qui suffirait à sauver son nom de
l’oubli! Alais il en est un autre, celui qui fait qu’il
n’esl peut-ctre pas de jour où sou nom ne soit
prononcé dans la plupart de nos salles d’opéra¬
tion. C’est cette merveilleuse aiguille de Re¬
verdin, transformée de mille façons, qui depuis
cinquante ans est devenue un des instruments
indispensables à la bonne exécution de nos opé¬
rations et de nos sutures, et qui, cependant, reste
eneore inconnue de la plupart des chirurgiens
qui n’ont pas puisé leur éducation technique aux
sources limpides de la chirurgie latine.
H n’en faut pas davantage pour rendre im¬
mortel le nom de cet homme; qui vient de
s’éteindre à 8l) ans, au terme d’une longue vie
bienfaisante et qu’il a pu quitter avec la certitude
d’avoir passé sur cette terre en laissant après lui
une œuvre qui lui survivra pour le soulagement
des misères humaines. J.-L. Faure.
Les Journées médicales de Paris
(9-14 Juin 1929.) ,
Le 10 Janvier dernier la direction de la Itevue
médicale française réunissait quelques amis et quel¬
ques confrères du journalisme medical à un banquet
cordial présidé par le professeur D'elbet pour échan¬
ger quelques idées et étudier, préciser, quelques
points du programme des prochaines Journées médi¬
cales de Paris. ,
On sait tout le succès qu’on't eu les premières
Journées médicales de Paris, 15 au 19 Juillet 1926.
Le regretté professeur Widal et ses aides de camps
Rallhazard, Dujarric de la Rivière, Paul Descomps,
Philippe, second, és de M. Faure et de conseillers,
techniques pris dans le monde de l’industrie, réali-,
sèrenl en 1926 une réunion d’enseignement médical
où s’empressèrent plus de 2.300 médecins de France,
d’Europe, de Sud-Amérique.
Les hommes d’intelligence et de cœur, qui ont
pris à tâche d’assurer en 1929 une nouvelle et fruc¬
tueuse réunion d’enseignement, n’obtiendront pas
une moindre réussite.
Les prochaines Jourùées médicales de Paris auront
lieu du 9 au 14 Juin 1929. Elles sont organisées avec
le concours de la lievue médicale française et de ses
collaborateurs et sont ouvertes à tous les médecins
français et étrangers, ainsi qu’aux étudiants en
médecine.
Le bureau du Comité est constitué de la façon
suivante :
Président : M. l.e professeur Delbet ; vice-prési¬
dents : MM.- les professeurs Sergent et Desgrez ;
commissaire général : M. le professeur Balthazard ;
secrétaire général : M. le Léon Tixier; secrétaire
général adjoint ; M. Deval, chef de laboratoire à la
Faculté de Médecine ; trésorier : M. le D'' Léon Giroux,
ancien chef de clinique à la Faculté de Médecine.
Les journées se dérouleront au Palais des exposi¬
tions de la Ville de Paris (porte de Vaugirard) où sera
aménagée nne exposition sous le patronage du Comité
français des expositions et sous la direction de
M. Jean Faure, président du Syndicat des fabricants
de produits pharmaceutiques. L’après-midi, diverses
conférences seront faites à la nouvelle salle du Palais
des expositions par MM. les professeurs Delbet et
Sergent, par M. le D’’ Lesné, médecin des hôpitaux, etc.
Le matin, un programme, judicieusement établit,
permettra aux adhérents de suivre les démonstrations
pratiques avec le concours de tous les chefs de ser¬
vices dans les cliniques de la Faculté et dans les
hôpitaux publics et privés, l’Assistance publique,
l’Institut Pasteur, l’Institut du radium, etc.
Le Comité des fêtes, présidé par M. le D)" Henri de
Rothschild, a prévu un programme particulièrement
brillant
Dimanche 9 Juin : grande réception au Palais des
expositions, orchestre et partie théâtrale, buffet.
Mardi 11 Juin : soirée à l’Opéra.
Jeudi 13 Juin : excursion en autocars dans la vallée
de Chevreuse, déjeuner à Rambouillet, visite des
châteaux de Rambouillet, de Dampierre, de l’Abbaye
de Port-Royal-des-Champs, goûter à l’Abbaye des
Vaux-de-Cernay.
Le vendredi 14 Juin, les adhérents seront reçus
dans diverses stations climatiques, thermales et
marines dans des condilJîlns particulièrement agréables
et avantageuses.
Un Comité de dames dirigera chaque jour des pro¬
menades chez les grands couturiers, dans les musées,
concerts, thés, etc.
On peut d'ores et déjà prédire que le succès des
Journées médicales de 1929 dépassera celui de leurs
atnées, le. Comité ayant profité de l’expérience précé¬
dente pour apporter toutes les améliorations dési¬
rables.
Cotisation ; 50 francs pour les adhérents aux Jour¬
nées ; 20 francs pour les dames et pour les étudiants
en médecine. Paiement par chèque ou chèque postal
Journées piédicales, compte n° 1105-00. Paris.
S’adresse)' pour tous renseignements à àl. Léon
Tixier, 18, l'ue de Verneuil, Paris ("vf.
N“''8 ' : LA
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
, ' Le second cabinet médical.
Des discussions se sont élevées sur la question de
éàvoir si un médecin pouvait avoir deux cabinets .
dans des localités différentes.
•, Avec la pléthore actuelle des médecins, cette ques¬
tion, qui a à sa base la concurrence professionnelle,
revêt un gros caractère d’actualité,
. An point de vue légal, la (gestion, du second
cabinet médical est aisément résolue. En effet, la loi
du 12 Mars 1818, qui règle tout ce qiii est relatif à
l’exercice des différentes branches de l’art de guérir,
dit textuellement ceci :
« Le porteur d’un diplôme légal de docteur en
médecine, chirurgie et accouchements est autorisé à
exercer sa profession dans toute l’étendue du
royaume. »
Rien ne s'oppose donc, chez nous, légalement par¬
lant,' à ce qu’un médecin ait, dans le pays, un ou plu¬
sieurs cabinets de consultation ?
■ Mais. celte loi n’avait pas prévu le chemin de fer et
moins encore l’automobile, elle ne pouvait pas envi¬
sager, les déplacements rapides dans la même journée
et, par conséquent, elle ne pouvait aucunement envi¬
sager l’exercice multiple qui se développe actuelle-
D’autre: part, pourquoi défendrait-elle à un
médecin’ de pratiquer, d’une façon digne et en se
conformant aux tarifs, dans des villes différentes,
lilors qu’bh permet à un praticien de traiter dans des
cabinets différents d’une même ville et qu’on accepte
le traitement d’un médecin de faubourg dans des cli¬
niques de la ville où il a un véritable cabinet médical.
En principe, il n’y a là qu’une question de distance.
Cependant quelques unions médicales locales ont
défendu à leurs membres d’établir un cabinet en
dehors de leur résidence actuelle.
. La fédération médicale belge ne les a pas suivies
dans cette décision.
BRÉSIL
Le professeur Afranio do Amaral, directeur de
l’Institut Butantan, de S. Paulo, vient de partir poul¬
ies Etats-Unis où il va continuer son enseignement '
sur les ophidiens à l’Université de Harvard. Le pro-
.-'fesseur Amaral, dont les travaux sur les venins
wphidiques sont bien connus, a organisé les services
antiophidiquès aux Etats-Unis et reçu l’anuée passée
'le prix John Scott, la plus haute récompense que
.d’Amérique au Nord décerne à cette spécialité.
RUSSIE
Le 1”“' Décembre 1928, a été célébré l’e 26” anniver¬
saire d’existence de l’Institut du cancer de la P'** Uni¬
versité de Moscou. L’Institut compte actuellement
plusieurs services : chirurgical, anatomo-patholo¬
gique, rôéntgéno-radiologique, biologique. L’Institut
a publié 3 tomes de mémoires scientifiques et toute
une série de travaux de haute valeur scientilique.
Moscou compte actuellement environ 300 policlini¬
ques, donc 12 fois davantage qu’avant guerre.
En 1927-1928, l’on a enregistré dans ces policliniques
plus de 17 millions de visites. Le réseau des établis¬
sements médicaux de la région de Moscou se com¬
posé de 30 hôpitaux et cliniques ayant 175 services
pour des affections variées. Ces hôpitaux disposent
actuellement de 10.440 lits (610 de plus qu’en 1927).-
Durant le premier semestre de 1928, les hôpita-ux
ont admis 66.847 malades (6.036’dè pliis que pendant
le 2” semestre de 1927). Pendant'ce premier semestre,
le nombre des malades décédés fut de 4.970
(0.11 pour 100 de plus que l’année passée). Dans
7 hôpitaux psychiatriques avec 3.350 lits, l’on cons¬
tate 5.000 malades psychiques.
Livres Reçus
540. L’arterlosolerosl del piccolo oiroolo, par P. Be¬
nedetti et UCD DE Castro. 80 p. (ô. Cappelii, édit.),
Bologne. — Prix ; 8 lires.
PRESSE MEDICALE., Samedi, 26 Janvier
Université de Paris
Facilité de Médecine. -— Dans sa séance du 14 .lan-
vicrl929, lé Conseil de 1 Université de Paris a décide que
les Facultés et Ecoles vaqueront les lundi cl mardi gras,
11 et 12 Février 1929.
La Bibliothèque de la Faculté sera fermée. Le service
du Secrétariat sera assuré aux heures habituelles.
Clinique médicale, Saint-Antoine. — Durant’ le
mois de Février, les leçons du vendredi continueront à
avoir lieu, à 10 h; 1/2, à runiidiithéàtre de la Clinique.
Elles seront faites par le professeur F. Be/.auçou, qui
traitera des sujets suivants :
l”' Février : Dilatation des bronches et accès broneliéc-
tasiques. — 8 F’évrier : Un cas de maladie de (Basedow.
— 15. l^évrier : Hémoptysies et troubles vaso-moteurs. —
22 Février : Uii cas de gangrène pulmonaire. .
Clinique des maladies cutanées et syphilitiques.
— Un cours pratique et complet de dermatologie sera
fait du 15 Avril au 11 Mai 1929 sous lu direction de M. le
professeur Cougerot, avec la collaboraliou’dc MM. Hudelo,
médecin honoraire ; Miliun, Lorlnt-Jacob, Loustc, Sézary,
médecins clc l'hèpital Saint-Louis ; Sabouraud, . chef de
laboratoire à, l’hôpital Saint-Louis ; Vallcry-Radot-Pas-
teur. Joyeux, professeurs agrégés; Touraine, P. Cheval¬
lier, médecins des hôpitaux; Burnier, assistant à l'hôpi-
tal Suiiit-Louis; Barthélemy, .Meyer, Périn, chefs de cli-
uique; M"" Eliasclieff, chef de laboratoire à lu Faculté;
MM..Çiyatlo, chef de laboratoire et Ferrand, assistant do
consultation à l’hôpital Saint-Louis; Fernet, médecin
adjoint de Saint-Lazare.
Le cours aura lieu du lundi 16 Avril ou samedi 11 Mai
1929, tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, à
10 h. et à 11 h., 1 h. 30, 2 h. 45 et 4 h., à l’hûpital Saint-
Louis, 40, rue Bichat, nu Musée.
Les cours seront accompagnés de présentations de ma¬
lades, de projections, de moulages du musée de l’hùiiilal
Suint-Louis, de préparations microscopiques, de démons¬
trations de laboratoire (Examens bactériologiques, culture
des mycoses et des teignes, etc.).
Les salles de la clinique et des services de l’hôpital
Saint-Louis seront accessibles aux assistants du cours
tous les malins, de 9 h. à 11 h. 30. Le Musée des mou¬
lages, les Musées d’histologie, de parasitologie, de radio¬
logie, de photographie sont ouverts de 9 h. à 12 h. et de
2 h. à 5 h. Un horaire détaillé sera distribué à chacun
des auditeurs. Un certificat pourra être délivré à la 6n
du cours aux auditeurs assidus.
piogratume des cours (73 leçons). — Examen des ma¬
lades e^ classiücation dermatologique, M. Gougerot. —
Histologie normale et pathologique de la peau, M. Ui-
valle. — Histologie pathologique de la peau, M"” Elia-
scheir. — Dermatoses artificielles de, cause externe et de
cause interne, M. Lortat-Jacob'. — Gale, M. Milian. — '
Phtiriase et affections parasitaires, M. Joyeux. — Cocci
de la peau. Impétigo. Ecthymn. Pyodermites. Furoncle.
.Anthrax. Botryomycome, M. Sabouraud. — Tuberculose
cutanée. Tubcrculides. Erythème induré de Bazin. Siir-
co'idês, M. Gougerot! — Lupus tuberculeux, M. Touraine.
— Lupus érythémateux. Lupus pornio. Engelures, M. Lor-
tat-Jaçob. Mycoses. Sporotrichoses. Epidcrmomycoses,
M; Gougerot. !— Teignes. Favus. Tricliopliyties. Ery-
tlirasmn. Microsporie, M. Sabouraud. — Morve. Charbon.
Fièvre aphteuse, M. L. Périn. — Les érythèmes, M. Tou¬
raine. — Mélanodermies. Dyschromies. Vililigo, M. Sé/a-
vy. — Urticaire. Urticaire pigmeiituire,. M. Vallery-lladol-
Pnslcur. — Eczéma. Purpuras, M. Chevallier. — Lèpre,
M. Gougerot. — Loishmuiiioses. Bouton- d’Orienl. Pian.
Granulome des pays chauds, M. Joyeux. — Dermatoses
atypiques. Infections froides ducs aux pyocoques, M. Gou¬
gerot. — Xnnthelasina. Xanthome,., Pellagre, M. Loiisle.
— Lichen plan. Herpès. Zona, M. Burnier. — Psoriasis,
M. Meyer. — Dermatoses psoriasiformes et pnrapsoriasis,
M. Civatte. — Complicafîous des plaies. Accidents du
travail, M. Gouge,rot. Prurit, Prurigo. Slrophulus.
Lichénification, M., Hudelo. Séborrhée. Alopécies.
Pelade, M. Sabouraud. ' — Pityriasis simplex et sténlo'i'de.
Eczém'atides, M. Sabouraud. — Radioliicites et xcroderma
pigmentosiim, M. Gougerot. — Pcmphigiis. ^laladie de
Diihring, M. Barthélemy. — Iclilyoses. Kératoses palmo¬
plantaires, Kératose pilaire, M. Louste. — Erylhrodei'-
mics. permatilcs exfoliantes, M. Barthélemy. — Pityria¬
sis rubra pilaire. . Pityriasis rosé, M. LortaWaeôb. —
, Sçlérodermie. Maladie de Raynaud, M. Biiruie'r. ' — Ulcères
de jambes. Mal perforant. Eléphantiasis, M. Meyer. ^ —
Tumeurs de la peau. Nœvi. Çhéloi'dcs, M. Milian. —
Mycosis fongoi'de. Lcucémidcs, M, Loustc. — Histologie
des tumeurs de la peau, M. Ferrand. — Dermo-éiiider-
mites stropto-staphylococciques, M. Gougerot. — Atro¬
phies cutanées, M. F’ernct.'
Un cours semblable a lieu chaque année en Avril et en
Octobre. Un cours spécial sera organisé pour les élèves
qui désirent, se .perfectionner dans les techniques de labo¬
ratoire. Ce cours est siim iTun cours de syphiligrapKie
ct.yénéréolôgie.qui aura .lieu du. 13 Mai au 8 Juin 1929 et'
d’un cours de thérapeutique derriinto-véhéréologiqüc qui’
aura lieu du 10 au 29 Juin 1929.
Le droit à verser est de 250 fr. Seront admis les médè-
ciiis et étudiants français et etrangers sur la présentation
1929 135
de la quittance de versoiucnt du droit, et de la_;’curlc
d’immatriculation, délivrées au secrétariat de la l'Vcult^
(g’uicliet n" 4), les lundis, mercredis et vendredis, de 14 à
10 h. Pour renscijÿnements comjjléfncntaires. s’adresser &
M. 13urnier (hôpital Saint-lAniii», .pavillon Bazin). Reiisci-,
{jnements g-énéraiix j)our MM. les médecins étrangers oî
rAssôciatiüii A. 1). \\. M., Faculté de Médecine, salîêî
Béclard. ' ' y-
Ecole de Puériculture. — M. B. Weill-Hallé a fuit
le 15 .lanvicr une première leçon sur la ])ucricuUuro
son ])rogrammo. ' j\.
Les leçons ultérieures auront lieu à l’Kcolc de Puéiir
culture, 04 rue Üesiimiettes, le jeudi à 5 li. S;
Détail des lcruns. — 111 Janvier, Notions générales si^
riiérédilé et leurs conscqueiices pratiques.
7 Février, Etude de reufant normal. Méthodes d’exploi^
ration. Les périodes favorables aux incidences morbide^^^
Le nouveau-né et le nourrissun normaux. — 14 Févrief»^
L’enfant normal au cours de la deuxième et.de la troi^
siômc enfance. — 21 Février, La fonction rcs])iratoire.
28 Février, M. Aubertin : Le développement de l’appareil
liémo-lympbatique.
7 Mars, Organes «et fonctions de l’appareil génilo^ùrj-
naire. — 14 Mars, SYstènie nerveux et fonction locomo¬
trice. — 21 Mars, Fonction digestive.
11 Avril, La ration alimentaire du nourrisson.
18 Avril, Le lait au point de vue de l’hygiène sociale. 4-
25 Avril, Les laits modifiés. r,
j 2 Mai, L'hygiène alimentaire dans la 2* et la 3* cii-
fance. — 10 M^i, Le dcvcloj)pcniciil mental de renfam^.
Hygiène et prophylaxie mentale. — 23 Mai, La puberti'*.
Hygiène et éducation sexuelles. Prophylaxie des maladies
vénériennes. — 30 Mai et. 0 Juin, Prophylaxie -générale
. dos malades contagieux. Les vaccinations et lu séropih-
phylaxie. — 13 Juin, Prophylaxie contre la tuberculosp.
Méthodes générales et vaccination antituberculeuse.
Leçons complénicniaires du samedi. — 20 Janvier, à 5 h.,
M. Lacomme : La mortalité et la morbidité au cours dc^a
gestation et A la naissance.
2 Février, à 5 h., M. Laeommo : La syphilis dans ses
rapports avec la fonction de reproduction — Février, ù
5 11., M”® G. Drcyfiis-See, ancien interne des hôpitaux :
L’hérédité et l’immunité. — 10 Février, à 5 li., M. La-
. comme : Les traumatismes de lu parturiüon. — 23 Février,
M. Lacomme : La jirémnturatiou.
2 Mars, M. Lacomme : Los suites de la naissance patho¬
logique. — 9 Mars, à 5 h., M. Trêves : Le syslèiixe
osseux et son développement. — 10 AMurs,'à 5 h., M. Tnr-
])in : La fonction circulatoire. Les glandes endocrines. ~
23 Mars, à 4 h., M. Lacomme : Physiologie de la sécré¬
tion lactée. Moyens de la favoriser. — A 5 h., M. Ambard,
professeur A lu Faculté de Médecine de Strasbourg : Le
milieu Immoral et se? variations. . ’
13 Avril, M. Lacomme : La ]>rotection luédico-socialè de
la fonction maternelle. — 20 .Avril, M. Huilez, aiicieii chef
de clinique A la Faculté : La direction- de l'ulldUcDijcn.t au
sein. — 27 Avril, M. Dorlencourt, ancien chef de labpru-
t)ire à la Faculté : La direction de l’allaitement au
biberon.
4 Mai, M. Turpiu : Les troubles de la nutrition chez le
nourrisson. Hacliilisme et carence. — 11 Mai, M. Lcmaii^,
médecin de l’hOpital Ainbroise-Paré : Les causes de la
mortalité dans la 1®® enfance. — 18. Mai, A 4 h.,.M. Lb-
claiiicbe, de l’office national d’Hygiènc : Lu proleciion
médico-sociale du nourrisson dans la famille. — ■A‘5'h.,
M. Frey : Chargé de cours de stomatologie A la Facullfe.
L’orthodontie. Principes de jirophylaxie sjiéciale, ^
25 l^Iai, A 4 h., M. Leclainche : La jirotectiou mcdicb-
sociale de l’enfant séparé.
1"‘ Juin, A 4 h., M. Lemaitre, jirof. agrégé A la Faculté :
L’orlhacousie. Principes de prophylaxie spéciale. — A 5 h.,
M. Poulard : L’orthopic. Principes do prophylaxie' siié-
ciale. — ,8 Juin, A 4 h., M. Vitry : L’hygiène générale
dans la période scolaire. Rôle du médecin et de l’infii*-
mière scolaire. — A 5 h., M. Cavaillon : Prophylaxie de
l’Iiérédo-syphilis. Oeuvres spécialisées. — 15 Juin, à 4 h.
L’éducation physique et l’iiygiène scolaire. Les anivres
d’hygiène scolaire. — .A 5 li., M. Paul Boncour : Notions
générales sur roricniutioii professionnelle.
Institut de criminologie. — M. Laigucl-Lavustinc,
agrégé à la Faculté do Médecine, commencera un cours
élémentaire de psychiatrie médico-légale, A la Faculté de
Droit, amphithcAlre III, le lundi 21 Janvier 1929, A 11 h. 5
et le continuera tous les lundis A la mémo heure.
Programme des leçons. — 28 Janvier : Réactions anti¬
sociales des iuloxitpics.
4 Février : Réactions antisociales des déments, des dé¬
lirants cl des débile.s. — - 18. Février : Réactions anti¬
sociales des paranoïaques et des psychopathes A jm-
l'oxysines, — 25 Février Homicides pathologiques.
4 Mars : Vols pathologiques. — 11 Mars ; Attentats aux
mœurs. — 18 Mars : Criminalité juvénile, niililoire et
coloniale.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Légion d’honneur. —
Commandeur : M. Hayaslii, cioyan <le la Faculté de Méde¬
cine de Tokio.
136
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 26 Janvier 1929
:N" 8
Naturalisation. - - Kst naluralisé Fiançais : M. Giiiz-
biirp (dhaïiii), ôliuiianl on médecine, né le 20 Juin 1005,
i\ Y.ilno (Polo^^nc), demeurant à IXanev (Meurlhe-ct-Mo-
selle).
Conseillers techniques sanitaires. — Par arrêté
du ministre du Travail, de ITIygiène, de l’Assistance et
de la Prévoyance sneiales, M. le jirofcsseur Léon Ber¬
nard, conseiller leehni(|ue sanitaire, est nommé conseiller
tecîinique sanitaire honoraire et M. Tunon, professeur
d’hygiène à la Faculté de Médecine de Paris, est nommé
conseiller technique sanitaire.
Institut du cancer. — l^e Conseil général de la
Seine, sur la demande de M. Calmels, au nom de la IP
Commission, vient de prendre la délibération suivante :
Article 1"". — La subvention de 200. (K)0 fr., accordée à
la Fondation pour Je développement de l'Institut du
canc'or, au titre dç/l’exercice 1U28, est j)orlée à 3ÜÜ.000 fr.
])Our l’année 11)29.
Art. 2. — Olte somme serti versée entre les mains de
jM. Goudclmiix, trésorier du Comité de la Fondation dont
il s’agit, 25, l'ue de Clichy, è Ptiris.
Art. 3.' — La déj)ensc sera iinputçe sur le crédit de
pareille somme à inscrire au <‘ha]>. 15, art. 70, du budget
de 1929 (itrojet).
Institut d’Actinologie. — Sur. la demande de M.
Frtuiçois Latour, rap[>orteur général, au nom du Bureau
du Comité* du budget, du compte et du contrôle, le Con¬
seil mnni<‘ipa! (le Paris vient de décider l’attrihutioji à
l’Institut d'aclinologie d’une subvention de 10.000 fr.
Institut prophylactique. - - Sur la projiosUion de
M. Fernand Mon'elle, au m.m de la 5' Commission, ■ le
Conseil mnnieipal de Paris vient d’allouer à l’Insltlul
pr4>pliylaeli(jne une subvention de 350.000 fr.
Ligue nationale française contre le péril véné¬
rien. — La Ligm* iiatiormle frariçaise contre le Péril
vénérien, pour stimuler les nudierchcs relatives à la
vénéréoiogie, met au coneoni'S deux prix de 5.000 fr. à
décerner aux auteurs des meilleurs travaux de vénéréo-
lopric.
Condfliinis dit rn/icotir^. — Pour eos doux j)rix Fano-
nyinnt est obligatoire.
Les ouvrages présentés au concours devront être écrits .
on fran«,;ais, consliluer surtout un travail original fondé
sur (h*s faits nouveaux, daclylograjdiié en triple exem¬
plaire, paginé, suivi d’une table.
CIuKjiKi mamiserit devra j)orter une é])igraphe on devise
apparente, (jui sera ré))étée sur un pli eaeheté, joint à
l’ouvrage et contenant le mnn, la ([milité et l’adresse de
Ce' pli no sera ouvert (|u’après la proclamation du ré¬
sultat du concours. Tout concurrent qui se forait con-
naitre directement on indirectement si'rait jiar ce seul
Les ouvrages présentés d(‘vront parvenir directement
au siège social de la Ligue, rue de Lisbonne, Paris ,
(VIIP). avant le l- Octobre 1930.
IjC jury (lu concours sera nommé par le Conseil d’ad- |
ministration de lu. Ligue, après cette date, et le prix
décerné à l’assemblée générffle de Ta Ligue, au mois de
Deoembre suivant. '
II' ne sera tenu aucun compie des travaüx envoyés après
la date fixée, alors môme que ces travaux seraient pv(9-
sentes comme additions, compléments' ou rectifications i\
un travail présenté au concours dans les delais réguliers.
Le Conseil d’administration do la Ligue reste juge de
l’attribution des prix. 'Les prix pourront ôlrc partagés;
mais le Conseil d’administration pourra ne pas les dé¬
cerner si tous les mémoires présentés étaient jugés insuf-.
fisnnts. Toutefois le Conseil d’administration pourrait
accorder seulement des encouragements.
Un des trois exemplaires des mémoires sera rendu fi
l’ûiUeur après la proclamation dos résultats du concours.
La Ligue, le cas échéant, pourra favoriser la publication
de ces mémoires. ^
Les prix .seuls donnent droit au titre de lauréat de la
Ligue; les encouragcnienls ou mentions honorables n’y
donnent pas droit.
Service départe^lental d’hygiène de la Moselle.
— L’em[)lüi d’inspecteur du service dé])artomentnl d’hy¬
giène, dans le département de la Moselle, est siisccj)tihle
d’(Hre prochainement vacant. ♦
Le traitement attribué à la fonction est fixé à 27.500 fr.,
])onr atteindre 37.500 fr. 2)ar échelons successifs de
2.500 fr. Les frais de déplacement sont fixés à G. 720 fr.
liulomnilé de résidence et pour charges de famille (ba¬
rème de l’Ltal). Eventuellement, indemnité familiale
(marié, 800 fr. ; 1 enfant, 1.000 fr. ; 2 enfants, 1.200 fr. ;
3 enfunts,' 1.500 fr. ; 4 enfants, 1.800 fr. ; 5 enfants,
2.200 fr., etc.). Affilintioa, h un régime de retraite.'
Le nouveau titulaire de l’emploi sera désigne après un
concours sur tilr(>s.
Les inscriptions en vue de ce concours sont reçues à la
])réfectnrc de la Moselle.
Les candidats j)roduiront :
1° Demande sur pu2>ier timbre ;
2" Acte de naissance ;
S” Cojne certifiée conforme du diplôme de docteur en
médecine;
4" Certificat de services militaires;
5“ Casier judiciaire ;
6° Engagement, dans le cas où ils seraient nommés
dans l’em])l()i mis nu concours, de se consacrer exclusi¬
vement à la fonction, de s’abstenir de toute clientèle et
de rester au service du déqiartemcnt de la Moselle pcji-
dant six ans au moins;
7" Certificat médical délivré par un médecin asser¬
menté attestant qu’ils sont valides et peuvent remplir en
toute activité les devoirs de leur charge;
8® Noie faisant connaître leurs titres scientifiques,
l'état de leurs services et toutes j)ièces justificatives à ce
^ Les candidats devront , indiquer s’ils ont la connais¬
sance do la langue allemande.
Société d’hydrologie et de climatologie de Tou¬
louse. — La Société d’hydrologie et de climatologie de
Toulouse tiendra sa session générale le diinanclic 14 Avril
1929 ù la Faeuhé de Médecine. . Une annonce ultérieure
fera connaître les rapports et les communications qui
seront exposés.
Corps de Santé militaire — Les officiers de réserve
ci-ajîi'ès désignés, rayés des cadres, sont ifiacés dans la
position d’officier honoraire : avec le grade de méd(îciii
lieutenant-colonel honoraire, MM. Noguès, Tardes;. avec
le grade de médecin commandant honoraire, MM. Briich,
Menu, Longuet, Terrasse, LagouUe, Saint-Hilaire, Gazais,
Noûrigat, Salomon, Giiignon, Gorret; avec le grade de
médecin capitaine honoraire, MM. de Brianson, Leclerc,
Rigal, Seringe, Gagey, Duclos, Mazier, Descheemaeker,
Buyek, Deriaux, Lamoureux, Perdriat, Gaucher, Gelm,
Orlowski, Jumelais, Morizot,' Girard, Boucard, Briault,
Brousse, Cournol, Dumas, Fournier, Goiirjiat, Gouve-
maire, Grcliche, Poirtiev, Serre, Tardif, Servas, Chafîul,
Prothon, Andrieu, Ousset, Goudard, Cola, Vivien, Leh-
mann, Salciir, Yillarcl; avec le grade de médecin lieute¬
nant honoraire, MM. Celos, Leraitre, Boucherie, Bnbeau,
Sulinon, Boschc, Mouveyre, Valois, Blanc-Salctes, Debon.
Nécrologie. — On annonce d’Amsterdam la mort de
M. Lely, ancien ministre du AVatorstnnt et ancien gouver¬
neur du Surinam,
Actes de la Faculté de Paris
Kxamenb de doctohat,
Mardi 29 Janvier, — 3" 1" Médecine opératoire. Kcole
pratique, 1 li.
Mercredi 30 Janvier. — 3” 1" Oral. Faculté, 1 h. —
Clinique inédiculc. Faculté, 1 h. — Clinique obstétricale.
Faculté, 1 11.
Jeudi 31 Janvier. — 3' l" Oral. Faculté, 1 li. — Cli¬
nique médicale. Faculté, 1 h.
Samedi 2 Février. — Clinique cliirurg-icale. Faculté,
1 1>-
Thèses de doctorat.
Lundi 28 Janvier. — Grusset (J.) ; Fonctiottnement de
la maiernilc Bauddocque. — Féli.v (Pierre) ; Un cas d’os-
ico-pcriostUc du maxillaire inférieur. — Jury : MM. Sebi-
Icau, Couvclairc, Mauclniro, Matbicu.
Mardi 29 Janvier. — Debon (15.) : Elude des rapports
de !’ encéphalite et de la gestation. — Firbach : Des lésions
du nerf optique dans les fractures du crâne. — Jury :
MM., Jeannin, Terrien, Vaudcscal, Yelter.
Mercredi 30 Janvier. — Thèse vétérinaire. — Mau-
gin : Techniques opératoires et traitements nouveaux. —
Jury : MM. Scbilenii, Coquot, Moussu.
Jeudi 31 Janvier. — Huard (S.) : Les accidents de la
‘cholécystectomie [Technique pour les éviter). — Coudort
(Emile) : Quand et comment convient-il d’opérer î’ appendi¬
cite aiguë? — Potier (G.) : Lipomes développés aux dépens
du lobe aberrant axillaire de la mamelle. — Jury : MM.
Cunoo, Locène, Schwartz, Oborling.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à .ses lecteurs qu'elU
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aitcuné responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Celle
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n’y est
inséré aucune annonce commerciale. I,’ administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n’est pas inséré d’annonces de moins
de 3 lignes. .
Prix des insertions : 7 fr^ la ligne de hO lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). J.es renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
Assistant de radiologie depuis quatre ans dans
grand service central des Hôpitaux de Paris, non
installé, désirerait prendre direction ou être assis¬
tant dans laboratoire radiologique privé ou dans
clinique médicale Paris ou banl. Ècr. P. M., n" 955.
Chemin de fer franco-éthiopien, 89, rue de Miro-
mesiiil, rccburclie médecin adjoint service Afrique.
Docteur étranger, gynécologue, ex-chirurgien trai¬
tant d’iiôpilal important, 15 ans de pratique, désirant
pour raisons de famille so fixer en France, cherche
situation stable dans clinique ou comme assistant
attitré de chirurgien. Pour toutes indications s’adres¬
ser au !)'■ Régnât, 44, rue Victor-Hugo, à Levallois-
Perret (Seine).
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14, avenue Carnot, 17“. Se rend à domicile.
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sérieuse, inslriiile, demandée chez Docteur, Paris et
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piqûres, ventouses. — Ecrire P. M., n° 32.
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cil. D", logée ou emploi similaire clinique Paris. —
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ternité France ou Colonies. — Ecrire P. Al., n" 35.
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médicales, ppsséd. voilure, ch. situât, secrétariat
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Représentant, chev. de la Lég. d’honneur, eherclie
représentation d’un laboratoire auprès des médecins
do Paris (rive gauche de préférence). Ecr. P. AI., n" 38.
Assistante laboratoire médical, analys. cliimiq.,
biologiq., bactériolog., hislolog. dem, situât, cb. D''
ou ds labo Paris ou l’étranger, en parlicul. Egypte.,
-- Ecrire P. AI., n» 39,
Inflrmlère-major, connaiss. bien salle d’opération
et service des malades, dem. situât. Paris ou l’étran¬
ger. — • Ecrire P. AI.', n“ 40.
AVIS. — Prière de Joindre aux réponses un
timbre de O fr. SO pour la transmission des lettres.
Le Gérant ;^0. Porék.
Paris. — Imprimerie de le Conr d’Appel 1, rue Cassette.
N“ 9
30 Janvier 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
SENSIBILITÉ A LA TUBERCULINE
PROVOQUÉE CHEZ LE VIEILLARD
PAU
LE BCG
J. TROISIER
Médecin de l’Hùpital Bicliat,
S. DEVELAY et J. WEISS-ROUDINESCO
Internes des Hôpitaux.
Il est, à l’heure actuelle, une légende qui veut
que tout homme ayant traversé la vie ait fatale¬
ment été infecté par la tuberculose. Des preuves
d’allure cruciale en avaient été maintes fois don¬
nées depuis les célèbres autopsies de la morgue où
Brouardel trouvait, sans exception, des traces plus
ou moins évidentes de tuberculose pulmonaire.
D’autre part, la pratique des réactions tuberculi¬
niques montrait une fréquence si considérable de
réactions positives chez l’adulte et chez le vieil¬
lard qu’on en Venait à passer sous silence les
réactions négatives. On en déduisait que toute
l’humanité civilisée avait dû être touchée par la
tuberculose sous une forme latente ou patente.
Comme le dit fort justement Burnand dans un
article tout récent, on ne trouve pas « dans la
littérature de statistiques portant sur les résul¬
tats de la cuti-réaction aux différents âges chez
l’adulte. Toutes se bornent à signaler la presque
constance des réactions positives « après la jeu¬
nesse ». Il serait intéressant, ajoute Burnand, de
contrôler si après 50 ans cette constance existe
encore* ».
Oppenheim et Le Coz avaient bien fourni, en
1911, une statistique fort intéressante des réac¬
tions cutanées à la tuberculine chez le vieillard
de plus de 60 ans et l’avaient comparée aux mani¬
festations anatomo-cliniques de la tuberculose
sénile. Leurs chilfres dénotaient une proportion
globale assez élevée de résultats négatifs
(23 pour 100), mais nous verrons qu’ils n’ont
pas distingué des réactions d’un type intermé¬
diaire et qu’ils n’ont pas suffisamment classé
les réactions suivant l’âge des vieillards.
Nous croyons justement que l’étude des réac¬
tions négatives à la tuberculine doit être reprise
à la lumière de données modernes sur le problème
de la tuberculose. Déjà quelques travaux ont été
publiés sur ce sujet pour l’adolescence (Paraf).
Dans le présent travail, nous envisageons le
problème chez les vieillards de plus de 70 ans.
Le milieu dans lequel nous avons observé
présente quelques particularités sur lesquelles
nous devons insister tout d’abord.
Il s’agit de trois maisons de retraite de l’Assis¬
tance publique de Paris dont la population est
recrutée dans de nombreux milieux de fortune
modeste. Ces vieillards entrent, en général, dans
ces maisons ayant largement dépassé la soixan¬
taine et y finissent leur vie dans des conditions
d’hygiène telles qu’on a l’impression que la durée
de la vie y paraît nettement prolongée.
En ce qui concerne la tuberculose sénile, nous
avons été très frappés de trouver d’assez nom¬
breux septuagénaires qui présentaient des antécé¬
dents nettement bacillaires, hémoptysies répétées,
bronchites « suspectes » du jeune âge, morbidité
familiale tuberculeuse... Or, ces vieillards, s’ils
présentaient à l’examen clininique des signes de
sclérose pulmonaire, des cliamiis de matité, des
zones de bruits humides persistants et souvent
de grosses modifications radiologiques, ne possé¬
daient plus dans leurs crachats même hornogé-
nisés aucun bacille acido-résistant, ycompris ceux
chez lesquels on en avait trouvé antérieurement.
On voit donc la difficulté, eu l’absence d’inocula¬
tion, de préciser le diagnostic de la tuberculose
sénile dans le milieu où nous observons.
La tuberculose chez ces sujets paraît nettement
stabilisée et même en régression évidente de
virulence. Il faut, à coup sûr, distinguer les
« jeunes » vieillards de la soixantaine, capables
de faire sous le coup de la sénilité débutante des
tuberculoses évolutives, des octogéuaires habi¬
tués à la sénilité qui ne voient plus leur tubercu¬
lose évoluer.
Wurzbourg avait d’ailleurs sigualé, il y a
longtemps (1883), la chute brutale de la mortalité
tuberculeuse après 70 ans, en ayant bien soin
d’établir le taux de mortalité correspondant aux
vivants de même âge. Ces notions cliniques serout
à retenir quand nous aurons à envisager les réac¬
tions à la tuberculine chez les vieillards.
Nous avons donc été amenés à étudier, après
tant d’autres, le problème des réactions cutanées
à la tuberculine chez les vieillards. Nous avons
limité nos recherches aux vieillards de plus de
70 ans, laissant de côté le problème de la bacil¬
lose présénile. Nous n’avons pas voulu non plus
accroître à l’excès notre statistique : tous nos
sujets tuberculinés ont été rigoureusement suivis
et nous ne pourrons encourir le reproche du tra¬
vail « en série » fatalement encouru par les sta¬
tistiques trop extensives. Nous avons pu, néan¬
moins, retenir 55 observations de sujets de 70 à
79 ans et 54 de plus de 80 ans. Toutes nos
recherches ont été faites à la cuti-réaction (Pir-
quet) avec la tuberculine brute de l’Institut Pas¬
teur. Toutes ont été observées au compas reporté
sur la règle millimétrique.
Nous avons eu, tout d’abord, à contrôler la
proportion vraie des cuti-réactions nettement
positives. La chose n’était pas aussi simple qu’elle
peut le paraître. Très vite nous nous sommes
aperçus qu’il y avait entre les réactions nettement
positives et les réactions entièrement négatives
un groupe de faits intermédiaires d’interpréta¬
tion délicate sur lesquels on n’a pas assez insisté.
Sans parler des réactions frustes avec les lèvres
de l’incision à peine rosées (moins de 2 mm.) et
l’infiltration dermique douteuse, il est un type de
réaction fort curieux, caractérisé par une période
d’incubation longue de quatre à cinq jours ou bien
de sept à neuf jours. En tenant compte des direc¬
tives coutumières (examen au bout de quarante-
huit heures), on aurait considéré comme négatives
une série de réactions à qui ce qualificatif ne peut
correctement être appliqué. Nous les considé¬
rons comme des réactions retardées dont la valeur
sémiologique nous paraît intermédiaire entre la
réaction négative et la réaction nettement positive,
d’autant plus que la moitié de ces réactions retar¬
dées restaient également frustes.
Les résultats sont très différents si on les envi¬
sage au-dessous et au-dessus de 80 ans. Les sep¬
tuagénaires possèdent encore 82 pour 100 de
réactions franchement positives et seulement
3,6 pour 100 de réactions nettement négatives
avec 14,4 de réactions intermédiaires (frustes et
retardées). Au contraire, les vieillards de plus de
80 ans, octogénaires et nonagénaires, ne présen¬
tent plus que 59,3 pour 100 de réactious franche¬
ment positives tandis que 11,1 pour 100 de réac¬
tions restent entièrement Tiégatives; 29,6 p. 100
de réactions étaient intermédiaires (11,1 de
frustes et 18,5 de retardées, frustes ou non). On
•voit donc d’emblée combien ces deux groupes de
sujets doivent être opposés et que pour les octo¬
génaires, tout au moins, nous sommes loin du
postulat actuel de la constance de la tuberculino-
réaction positive à cet âge !
Pourcentage des cuti-réactions à la tuberculine
chez les septuagénaires
et chez les vieillards au-dessus de 80 ans.
CUTI-RÉACTIONS
70 A 79 ASS
«OA 90 ASS
p. 100
p. 100
11,1
11,1
Rptarcléos .
7(2
18,5
Positives .
82
59,3
Que paraissait signifier chez nos pensionnaires
la présence d’une cuti-réaction négative? Tout
d’abord signalons, pour n’y plus revenir, que
toute réaction négative, faite à la tuberculine
brute de l’Institut Pasteur après scarification
au vaccino-style, était toujours contrôlée une
deuxième et parfois une troisième fois avant
d’être définitivement classée comme négative. On
connaît trop les causes d’erreur dues parfois à
l’indocilité des malades (|ui faussent les plus
belles statisti(jues.
L’histoire clinitjue de ces sujets à réaction
négative ne nous a pas paru entachée de tuber¬
culose pulmonaire pour autant qu’un interroga¬
toire puisse être valable chez un vieillard, inter¬
rogatoire souvent délicat et parfois aléatoire.
Ainsi la gaillarde II., âgée de 93 ans, ne se
souvient pas d’avoir été vraiment malade. Elle n’a eu
son premier rhume qu’â 60 ans !
M™» R., 81 ans, n’a jamais eu aucun éi)isode jml-
monaire avant Février 1928; comme la précédente,
elle n’a jamais vécu en milieu contaminé.
M. G., 87 ans, n’a jamais toussé de sa vie; sa
femme est morte d’un néoplasme du sein; il a deux
garçons en pleine santé, sa réaction est négative,
bien qu'il ait vécu pendant scq)t mois sous le même
toit que sa tille morte â 26 ans de tuberculose pul¬
monaire aiguë, tuberculose acquise en dehors du
milieu familial.
Au contraire, les malades qui nous rajtportaient
dans leurs antécédents des hémoptysies, des
bronchites de l’adolescence et de l’âge mûr avec
amaigrissement nous fournirent, en général, des
réactions cutanées fortement positives. Nous
attendons encore le cas du tuberculeux, à évolu¬
tion clinique indiscutable, qui, à 80 ans, serait
tellement guéri que sa réaction tuberculinique
serait devenue négative.
Ainsi donc les sujets à cuti-réaction négative
que nous avonîî rencontrés parmi nos vieillards
peuvent être considérés jusqu’à plus ample
informé comme des hommes ayant échappé à
l’infection tuberculeuse, ou bien s’ils ont été
touchés légèrement dans la jeunesse et dans l’âge
mûr, ce seraient des porteurs de virus sans mani¬
festations cliniques qui se seraient débarrassés
ultérieurement de réactions allergiques anor¬
males.
Le fait ne sera démontré (pie le jour où l’on
aura suivi les réactions tuberculiniques pendant
toute la vie d’un certain nombre de sujets !
Peut-on admettre que c’est la « cachexie
sénile » qui a suspendu la réaction tuberculinique
de nos vieillards? Cette interprétation nous a
d'emblée paru inexacte. Plusieurs de nos vieillards
à' réaction négative étaient de solides sujets nulle-
13S
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
N” 9
nient caeliefliqiies, allant et venant; tous avaient
subi en 102ü la vaccination jennérienne avec
succès; les pustules vaccinales avaient inêine
l iiez eux été particulièrement intenses et l’on
aurait pu déjà déduire que le tégument externe
di‘ nos sujets' n’avait point perdu toute aptitude
l'éac.tionnelle.
Nous avons pensé que la meilleure façon do le
di'uioulrer serait de soumettre nos sujets à l’ino-
eulalidu sous-cutanée de BCG. Chez dix de nos
vieillards, nous avons ainsi injecté dans le tissu
i-ellulaire enire l’aisselle et l’omoplate uncinquan-
lième de milligramme de bacilles, dilués dans
l'eau salée par les soins de Xègre, Hoquet et
N allis, que nous tenons à remercier de leur obli-
Sept de ces sujets avaient des cuti-réactions
entiiTement négatives, trois avaient des cuti
Icnstes [l’un d’eux avait môme une cuti fruste et
ri'tardée : 2 mm. de réaction le huitième jour
seulement'. Le plus jeune avait 78 ans, le plus
âgé !);5 ans.
1,’inoculation fut admirablement tolérée et nous
ne constatâmes l’apparition d’aucun nodule dans
la zone injectée, aussi bien dans les premiers
jours ipie dans les quatre mois qui suivirent l’in-
L'inoculation de cette faible dose de bacilles
atténués fut néanmoins suivie d’une transforma¬
tion radicale de la cuti-réaction. Examinés au
bout de (|uatre mois, nos dix vieillards présen¬
tèrent au moins neuf sur dix des réactions fran¬
chement positives. Sur le.s, sept sujets à cuti
négative, six présentèrent dans les (piarante-huit
heures une réaction à la tuberculine de (i à 7 mm.
(le diamètre, franchement rosée et avec une infil¬
tration sous-dcrmiqne profonde. Chez le septième,
nous n'iditînmes ((u’une réaction frtiste (2 mm.)
et encore en répétant l’inoculation dermique de
tuberculine brute sur la région môme de la cuti
restée une liremière fois négative.
Les trois stijets à cuti-réaction primitivement
fruste liri'iit des réactions tuberculiniques plus
marquées que les précédents, (liiez detix d’entre
eux. le diamètre de la réaction dépassa 1) mm. et
rinllltralion sous-dermitpie fut particulièrement
marquée, presque ecchymotique chez l’un d’etix.
Le sujet qui ne réagissait qu’au huitième jour fit
s;i réaction dès le detixième jour et d’une manière
brutah'.
Ainsi donc l’introduction parentérale d’une
faible dose de bacilles tuberculeux atténués (HCG)
provoque dans l’organisme des vieillards, même
octogénaires, même nonagénaires, des réactions
idcntiijucs à celles d’individus jeunes. C’est dire
cpt’il est inqiossible de considérer l’organisme
du vieillard comme incapable de se comporter
l'omme un organisme jeune, jiresque neuf, dans
le conilit avec le bacille tuberculeux. En un mot,
les cuti négatives observées chez le vieillard en
pleine santé laissent suiiposer, comme l’enquête
clinique le confirme, qu'il s’agit de sujets ayant
échappé à l’endémie tubcrimleuse.
Si nous ipiittons le terrain théorique pour
envisager la valeur jiratiqiu' d’une vaccination
antituberculeuse par delà l’enfance et l’adoles-
i-ence jusqu’à l’Age mûr et même la vieillesse, la
première inqircssion est de considérer la chose
comme jiarfaitement inutile, l’organisme devant
être K vacciné » spontanément ou non dans les
premières années de la vie. Certains faits que
nous avons observés ne - nous permettent pas
de souscrire sans réserves à celte manière de
\ avons-nous pas tous observé dans les hôpi¬
taux des pleuro-tuberculoses d’allure primitive
chez des malades avoisinant la cinquantaine ’t* Ne
connaissons-nous pas tous quelques exemples
célèbres de superbes vieillards, indemnes toute
leur vie de manifestations tuberculeuses, con¬
taminés qui par une nièce à 67 ans et mourant en
deux ans d’une phtisie rapidement évolutive, qui
par une fille, à (il ans, d’une tuberculose à évolu¬
tion lente. Certes trop souvent on voit de jeunes
enfants contaminés au contact de tuberculoses
séniles insoupçonnées, mais il ne faut pas attri-
j buer au vieillard une immunité solide. L’éven¬
tualité opposée, la transmission par le jeune au
vieux, n’est pas une impossibilité clinique.
Dans le milieu même où nous travaillons, il
nous a été donné deux fois d’observer une tuber¬
culose à début tardif et d’allure primitive.
Ainsi il nous a été donné de suivre à Sainte
Périnc une malade (pii jusqu’à l’âge de 57 ans
n’avait présenté aucune manifestation d’ordre
tuberculeux. Son mari meurt alors d’accidents
prostatiques (1912). Dans les mois qui suivirent,
elle fit plusieurs poussées ganglionnaires fébriles,
cervicales et axillaires évoluant sans suppura¬
tion ; cette primo-infection rétrocède au bout de
plusieurs semaines. En 1916 on la soigne pour
un abcès froid de l’omoplate, fistulisé, qui néces¬
site un curettage, suivi de guérison. En 1918,
abcès froid fistulisé au niveau du poignet droit.
Soignée à Herck, guérison en 1919. Actuellement,
ostéo-arthrile du coude droit (spina ventosa de
l’humérus) en voie d’amélioration (immobilisation
cl antigène méthylique).
En un mot, cette malade peut être considérée
comme un oi'ganisme neuf jusqu’à l’âge de 56 ans,
elle contracte une tuberculose de primo-infection
à type ganglionnaire cervico-axillaire, suivie
d’osléo-arthriles fongueuses multiples. Cette
tuberculose sénile garde le tableau clinique d’une
luberculosê juvénile et évolue de même.
Ainsi encore ce garçon de service de Chardon-
Lagache, sans antécédents héréditaires, sans
l’ombre de manifestation tuberculeuse jusqu’à
l’âge de 51 ans, qui présente alors (Janvier 1927)
une pleurésie séro-fibrineuse primitive aiguë,
fébrile, nécessitant la ponction évacuatrice
i2 litres 1/2 de liquide citrin) se terminant par la
guérison locale sans aucune manifestation pulmo¬
naire, mais (pie nous soignons par l’antigène
méthyli(pie depuis Avril 1928 pour un spina ven¬
tosa de l’auriculaire gauche.
Qu’il eût été intéressant de savoir si nos deux
malades, avant l’invasion clinique tuberculeuse,
possé(lai('nt ou non une cuti négative!
Mais, encore une fois, c’est une question qui
ne sera réglée (juc lors([u’on aura pris l’habitude
d’établir une fiche sanitaire individuelle qui por¬
tera, à côté de la taille et 'de l’empreinte digitale,
la notation du groupe sanguin et la cuti-réaction
à la tuberculine.
C’est dire que chez les sujets qui ne font leur
tuberculose qu’à cet âge critique de la vie, après
50 ans, âge sur lequel Btirnand vient d’insister,
il y aura un intérêt majeur à distinguer ceux qui
avaient aiiiiaravant une cuti franchement positive
(le ceux (pii avaii'iit une cuti négative ou siib-
n('‘gativc. Les seconds seuls seraient justiciables
d’tiiK' prémunition antituberculeuse.
En eil’et, ils se ])résenleiil à l’observateur comme
(les sujets bi(dogi(piemcnt plus susceptibles d’être
inlectés par le bacille de Koch quoique ayant tra¬
versé les cimpiantc ou soixante premières années
de leur vie sans mauifcslalions cliui(pies de
tuberculose.
En définitive, la proportion, non méprisable,
de .sujets dont les réactions tuberculiniques sont
négatives, même pendant la vieillesse, laisse la
porte ouverte à la préiiiunition antituberculeuse
de l’adulte et même du vieillard, surtout évidem¬
ment lorsque les sujets sont soumis à des contacts
infectants. C’est dire qu’on peut prévoir une
extension nouvelle de la méthode que A. Calmette
préconise actuellement chez les enfants pour la
premunition antituberculeuse.
CONCI.USIONS.
1" Les réactions cutanées à la tuberculine chez
les octogénaires donnent un chifl’re notable de
réactions totalement négatives (11,1 pour 100) et
de réactions frustes (11,6 pour 100); un chiffre
remarfpiable de réactions retardées [frustes ou
positives] (18,5 pour 100), et une majorité légère
de réactions franchement positives (57,3 p. 100).
2" Les réactions négatives ne sont pas dues à
la (( sénilité « car l’inoculation sous-cutanée d’un
cinquantième de milligramme de BCG les trans¬
forme en réactions positives. De même les
réactions frustes ou retardées deviennent franches
ou ])récoces après l’inoculation de HCG.
3'* La prémuni lion des adultes et même des
vieillards peut être envisagée, surtout dans les
milieux contaminés, chez les sujets à réaction
tuberculinique négative ou sub-négalive, car il
existe des tuberculoses d’allure primitive débu¬
tant après la cinquantaine et même après la
soixantaine.
BIBLIOGRAPHIE
1. A. WuRZBURG. — (( Uebci' den Eiiifluss dos Alt(>rs
inid des Geschlechts tiuf die Stei-blichkeit an Lungen-
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t. II, p. 8‘J-125.
2. E. Barie. — (( R((chercbes sue la tuberculose sénile».
Revue de Médeeine, Octobre 1895, Janvier 1896.
3. A. CouRcoux et P. Labesse. — (( Fréquence de lu
tuberculose pulmonaire sénile ». Revue de la tubereulose,
n» 3; 1921.
4. R. Rl-rxand. — « La poussée cacUectisantc de la cin-
(pumtuine chez les tuberculeux fibreux ou chroniques ».
Annales de Médeeine. t. XXIV, n" 3, Octobre 1928, p. 277.
A PROPOS
DE LA VACCINATION
PAR VOIE BUCCALE
DANS LES COLITES
tSS^Al DE MISE AU POINT
GAEHLINGER et Auguste BÉCART
Dans de nombreuses publications, parues dans
les six dernières années et plus particulièrement
dans un' livre récent', nous avons exposé les bons
. résultats que nous donnait la vaccination par voie
buccale dans la thérapeutique des colites. Cette
méthode a rencontré de certains médecins un
accueil très favorable tandis que d’autres après
l’avoir expérimentée et n’en avoir obtenu aucun
résultat la considèrent comme inoffensive, mais
ne justifiant nullement notre enthousiasme. Il en
est certains encore qui jugeant d’un point de
vue théorique, considèrent (pi’aiicune vaccination
n’est possible par voie buccale et qu’il est donc
iniilile d’employer un procédé dont le point de
départ est erroné. Nous n’avons pas rinlenlion
de discuter ce dernier argument, manquant de la
eompétence bactériologique nécessaire pour dé¬
fendre la théorie de riminunilé locale. Nous nous
abriterons derrière l’autorité de Besredka et nous
nous conlenlerons de faire remarquer que Ré¬
naux, sous-directeur de l’Inslitul Pasteur de
Bruxelles, tout en contestant l’exactitude d'une
immunité locale obtenue sans anticorps, n’en re¬
connaît pas moins l’efficacité de rinimunité créée
par Besredka. Il écrit notamment, à propos de la
vaccination jiar voie buccale, que (( nous ne
sommes pas fondés à exiger l’identité des immu-
nisines. obtenues par voie digestive et de celles
obtenues par voie sous-cutanée ». Il pense que
1. II. Gaehlinger cl A'vguste Bécart. — (( La vacci¬
nation par voie buccale dan» l’infection intestinale »■
Paris, 1927. Doin, éditeur.
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
139
la vaccination locale donnerait lieu finalement à
des réactions d’immunité et il admet que nous ne
connaissons pas encore toutes les modalités per¬
mettant de manifester l’existence d’immunisines.
Quel que soit le mode d’action, encore hypo¬
thétique. de la vaccination curative par voie bue
cale, il n’en existe pas moins que ce moyen thé¬
rapeutique permet d’obtenir des résultats très
rapides et très importants dans le traitement des
colites, mais ce serait singulièrement dépasser et
surtout déformer notre pensée que de nous faire
dire que la thérapeutique de la colite consiste à
faire absorber des vaccins per os. Les causes
provocatrices de la colite sont extrêmement nom¬
breuses, ce serait une erreur grossière de penser
qu’un traitement unique peut répondre à toutes
ces indications étiologiques si variées. Certes, la
vaccination buccale se comporte dans la plupart
des cas comme un modificateur puissant de la
flore intestinale, mais elle ne peut être efficace
que si elle est associée à une thérapeutique,
non seulement symptomatique, mais encore étio¬
logique.
Les lésions de la coute. - - On peut schéma¬
tiser grossièrement la colite en disant qu’elle est
caractérisée d'une part par la pullulation et l’exal¬
tation de la flore microbienne devenue pathogène,
d’autre part par l’existence de lésions inflamma¬
toires de l’intestin pouvant être localisées à la
muqueuse seule ou gagner en profondeur la tota¬
lité des diverses tuniques, englobant les plexus
nerveux (Loeper) et s’infiltrant jusqu’au péri¬
toine.
Signalons que l’épiploon en venant prendre
contact avec l’intestin enflammé, dans le but de
circonscrire l’infection, s’enflammera à son tour
et se farcira d’éléments microbiens, phénomène
dont nous avons souligné récemment l’impoi’-
tance*.
Ajoutons enfin les adénopathies mésentériques
multiples, signature de l’état inflammatoire et le
tableau anatomique sera complet.
La symptomatologie locale est variable suivant
l’intensité des phénomènes inflammatoires, la
présence ou l’absence d’adhérences, d’épiploïte,
d’adénites ou, enfin, suivant la gravité des altéra¬
tions névritiques.
Elle consistera en douleurs localisées au côlon
ou en douleurs réflexes, gastriques par exemple,
s’accompagnant de diarrhée ou de constipation
spasmodique ou bien encore d’alternative de
diarrhée et de constipation.
Les symptômes généraux en rapport avec les
variations ou les exaltations de la virulence mi¬
crobienne seront provoqués soit par les microbes
ayant gagné la circulation générale (colibacil-
lémie, syndrome cntéro-rénal, etc...), soit par
leurs toxines (états anémiques troubles nerveux,
altérations hépatiques, etc...).
Ce que doit étde le tuaitement de la colite.
— Le traitement de la colite consiste donc :
1“ A diminuer la virulence microbienne; 2" à
empêcher les réinfections; 3” Ü rechercher systé¬
matiquement la cicatrisation des lésions coli-
tiques.
Ces résultats ne peuvent être obtenus que si
par un examen minutieux et aussi complet (pu?
possible on a déterminé les conditions qui ont
permis à l’infection intestinale de s’installer, d(^
façon à en éviter autant qu’il se peut la réappa¬
rition.
Outre l’examen clinique complet, il sera donc
important de demander à la radiologie et à la
coprologie de nous renseigner sur le fonctionne¬
ment du tube digestif, sur la localisation de l'irri-
1. A. Bécakt et H. Gaedlinger. — « Le truitcmcnl des
adhérences abdominales ». Soc, de iléd, de Paris, U No¬
vembre 1928.
tation déjà soupçonnée par la clinique, sur la
façon dont s’accomplissent les différents actes
digestifs et enfin sur la présence ou l’absence des
parasites intestinaux.
Rôle des parasites intestinaux. — Les pa¬
rasites intestinaux ont une importance extrême
dans la fixation des lésions colitiques. Comme
nous l’avons déjà exposé à diverses reprises,
nous ne jiensons pas surestimer, l’importance des
vers ou des protozoaires en affirmant qu’ils
créent des lésions de la muqueuse, à travers
lesijuelles certains microbes peuvent gagner la
soiLs-muqueuse, y coloniser et y pulluler. L’at¬
teinte parasitaire sera d’autant plus dangei-euse
qu’il y aura, par suite des conditions que nous
envisagerons plus loin une exaltation bacté¬
rienne plus intense. Leur présence doit être
recherchée avec le plus grand soin et il y aura ,
intérêt à renouveler au besoin les examens copro¬
logiques s’ils sont négatifs. Nous sommes, eu
effet, arrivés par ce'tte méthode des examens
répétés à trouver des parasites dans 40 jiour 100
environ des cas de colite chronique. Tant qu’il
restera des vers ou des protozoaires, provoquant
des lésions de la muqueuse, il est inutile de cher¬
cher un résultat durable par la vaccination par
voie buccale.
Causes de réinfection. — Les infections de
la partie supérieure du tube digestif sont d’une
extrême importance dans la genèse des infections
colitiques. Les foyers apicaux dentaires, les amyg¬
dalites ou les pharyngites aiguës ou chroniques,
les sinusites doivent être recherchés et traités
avec le plus grand soin avant même de mettre en
œuvre une thérapeutique anticolitique. Que l’en-
semeiicement de l’intestin se fasse par voie des¬
cendante à la faveur d’insuffisances digestives ou
bien par voie sanguine (Sanarelli), il n’en existe
pas moins que c’est un leurre d’essayer de modi¬
fier une flore intestinale tant qu’il subsiste une
cause de réinfection continuelle. Nous avons à
maintes reprises constaté l’impossibilité d’une
théraiieutique aetive lorscpi’il existait, en mèiiu'
temps (pie la colite, des foyers infectieux den¬
taires ou une sinusite chronique.
Les microbes ainsi apportés dans le milieu
intestinal sont une cause constante d’exaltation
de la virulence des saprophytes intestinaux, par
un mécanisme qui a été mis en lumière par Sana¬
relli.
Parmi les causes de réinfection de l’intestin, il
faut faire une place à part aux altérations de la
vésicule biliaire. Tous ceux qui s’occupent de
gastro-entérologie connaissent la fréquence du
syndrome typhlocholécystiipie dans lecpiel vési¬
cule biliaire et intestin droit s’infectent tour à
tour. Soigner un intestin sans drainer la vésicule
biliaire, c’est s'exposer à une réinfection fatale
de la muqueuse colitpic par une bile sej)ti(pie. 11
est donc indispensable de rechercher systémati¬
quement les symptômes d’irritation vésiculaire et
de drainer le cholécyste pendant tout au moins
une partie du traitement anticolitique.
Une question beaucoup plus difficile est celle
des rapports de la colite avec l’appendiciti! chro¬
nique. Nous avons l’impression (pie dans certains
cas, la vaccination locale, superficielle, ne mo¬
difie pas les lésions appendiculaires et que ce
dernier organe, se comportant comme une « mère
microbienne » (Okynczyc), est une cause conti¬
nuelle de réinfection de l’intestin coliti(jue. Dans
ces cas, la vaccination donne des résultats transi¬
toires qui ne deviennent définitifs (pi’après abla¬
tion de l’appendice enflammé chroniquement.
Il peut en être de même des lésions d’épiplo’ite
"chroniipie ipie la thérapeutique médicale n’arrive
pas à stériliser, et qui constituent aussi une source
de réinfection colicpie.
La constipation, si l’on entend par ce terme un
trouble dans le mécanisme de la défécation, est
sofivent pré-existante à la colite qui s’est ins¬
tallée secondairement.
L’apparition de la colite et de l’entéro-névrose,
qui l’accompagne si souvent, a troublé la dyna¬
mique du côlon, amenant, parfois, un véritable
état d’arythmie avec spasmes divers, hspiel est
la cause tour à tour de stases, de rétentions plus
ou moins marquées et d’évacuation prématurée.
11 est important d’évacuer l’intestin, puis(pi(î le
sé'jour prolongé de matières sei)ti(pies dans un
intestin d('*jà altéré ne peut en permettre la gué¬
rison. C(‘pendant, cette indication de l’évacuation
intestinale ne doit jamais nous faire oublier la
nécessité de cicatriser les lésions colitiques .
Toute thérapeutique de violence nous est inter¬
dite et nous proscrivons systématicjuement les
laxatifs et les grands lavements, la gymnas¬
tique brutale qui ne font qu’aggraver les lésions.
S(“ules nous sont permises les méthodes de dou¬
ceur, les lubrifiants simples à l’exclusion de ceux
qui cachent dans leur formuh' de la jihénolphta-
léine ou de l’évonymine, les massages doux, les
compresses chaudes. Nous n’oublierons jias (juc
dans les états spasmodiques, les calmants du sys¬
tème nerveux font souvent merveille, qu’il s’agisse
(le la belladone, de la papavérine, du benzoate de
benzyle, etc., que les pansements intestinaux pâl¬
ies grosses doses de sous-nitrate de bismuth, non
seulement facilitent la cicatrisation, mais aussi
l’exonération.
Le réveil du réflexe délécateur sera obtenu pâl¬
ies bains de siège, les compresses anales (-h«}i(i('s
(Leven), la haute fréquence, la diathermie aiio-
rectale, les petits lavements huileux, les moyernj^
mé(;aniques‘. Signalons, (-iilin, (pi’il est parfois
aussi utile de calmer rérétliisme intestinal, (-’(-sl
alors que l’opium reprendra tous ses droits.
Régime. — Ce programme d’infinie (louceur
doil être respecté quand il s’agit d’instituer h-
régirae. Il faut, avant tout et surtout, se rajipeh-r
(jue ce malade présente des lésions de la iiiii-
(pieiise, (pie toute irritation vii-ndra à rencontre
(lu but reclien-lié : la (-icatrisation. 11 ne faut jias
sous prétexte (pi’il s’agit d’un (-oiislipé. jiar
(-xeinple, lui donner d(-s aliments grossiers, des
dérivés cellulosiipies abondants, (pii mal digérés
provoqueront d(-s feriiK-ntalions ai-ides, cxagérc-
ront le spasme cl irrileront la miKpieuse. Si para¬
doxal (pie cela puisse paraître, on obtient de bi(-u
meilleurs résultats chez les (-oliliques en sujiiiri-
inanl lotah-menl les légumes V(-rls, iiiênie jiassés,
et en s’adressant, indéju-ndammeul des viand(-s
grillées ou rôties, aux légiinn-s laissant lien d(-
résidus (-ellulosiipies.
11 est néci-ssaire (pie les aliim-nts soient aussi
(-omj)lètenient digérés (jiie possible. Oiilri- la réé¬
ducation de la inasli(-ation (-t d(- l’iiisalivalion. il
est indispensable de faire état des diverses insuf¬
fisances digestives mises en évidence jiar l’exa¬
men coi»rologi(pie. Les iiisuffisain-i-s gaslriipn-s,
(laiicréatiques seront ainélioréi-s par h-s médica¬
tions habituelles. La plupart des inf(-(-tés iiil(-sli-
naux sont des insuffisants liéjialidûliaires. 11 (-st
nécessaire de re(-liercli(-r la slimnlalion biliaire,
la bile semblant être l’antisepliipie naturel du
milieu intestinal. Uependant, il faut se rapjieh-r
,(pie les coliti(pi(-s su[)])()rtent très mal h-s pilules
de bihï et (pi’il est ju-éférahle, le jilus souv(-nl,
d’avoir ri-i-ours aux div(-rs (-liolagogues chimi¬
ques ou liydrominéraux.
Telles sont, rajiidement résumées, h-s bases de¬
là ihérajieutiipie anlieoliliipie ; asso(-iée à (-etie di¬
rection générale de traiti-ment, minutieuse et |iar-
fois difficile, la va(-(-inalion par voie bueeah- en
modifiant la flore intestinale se (-oinporle (-omiiie
une thérapeutiipie singulièri-menl ai-live.
1. A. liÉCAiiT. — « Ti-iiitriiiciil iii(M-mii(iU(- de la cansti-
putiuii ». Soc. de Méd. de l'aris, 2 Oeloliie 1928.
140
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
N“ 9
Le vaccin. — Nous ferons cependant remar¬
quer que dans toutes nos publications nous avons
uniquement envisagé l’aütovaccination . Nous
avons fait observer à diverses reprises que dans
la recherche de la llore intestinale, il nous avait
paru indispensable de n’envisager que les espèces
le plus fréquemment nocives.
Nous avions ajouté que par ces travaux, nous
n’avions pas la prétention d’apporter un procédé
définitif, mais seulement des résultats qui peu¬
vent constituer une base de travail. Dans ces
derniers temps, d’ailleurs, nous avons été ame¬
nés à considérer ((ue certains m icrobes anaé¬
robies, et en particulier le perfrii. l'ens, jouent,
parfois, un rôle important dans la yrnptornato-
logie et qu’il y a intérêt à le faire K gurer dans
le vaccin.
Tout en constatant les bons résu 'tats que
donnent les stock-vaccins bien p'-éparés,
nous pensons que toutes les fois où elle sera
possible, l’autovaccinothérapie doit èlrt pré¬
férée, surtout au point de vue du colibacille.
Nous nous servons do vaccins eh bouillon,
ayant poussé pendant quinze à vingt jours, c’est-
à-dire riches non seulement en corps microbiens,
mais encore et surtout en produits de lyse spon¬
tanée. Cette lyse microbienne met en liberté les
endotoxines microbiennes et nous parait aug¬
menter considérablement l’activité du vaccin.
***
Cpxci.csiox. — Pour nous résumer, nous pen¬
sons que les insuccès de la méthode de vaccina¬
tion par voie buccale sont dus le plus souvent,
non à des défaillances du procédé thérapeutique,
mais à sa mauvaise application. Il faut que la
vaccination par voie buccale soit pratiquée cor¬
rectement pour ([ii’elle puisse donner de bons
résultats.
FJIe réalise une désinfection intestinale rapide
M0UVER1E^T MÉDICAL
TUBERCULOSE ET TERRAIN
Le problème des rai)ports de la tuberculose
avec un état constitutionnel, héréditaire ou ac(iuis,
susceptil)lc de favoriser le développement de la
maladie, est discuté depuis des années. Les opi¬
nions sur ce sujet ont beaucoup varié suivant les
épo((ues et les pays. Mais on peut dire que la
tubeia ulose éiait considérée d’une manière géné¬
rale comme une maladie constitutionnelle et héré¬
ditaire lorscpie parurent les travaux de Villemin.
On connaît d’ailleurs les difficultés rencontrées
par celui-ci pour faire admettre qu’il s'agissait
l.cs recherches ultérieures ayant fait connaître
l’existtmce du bacille tuberculeux et son rôle
capital dans la dilfusioii de la maladie, l’opinion
médicale s’est beaucoup modifiée et la théorie
d’une prédisposition héréditaire ou acquise à la
tuberculose a subi, dans ces dernières années, les
plus rudes attaques.
On se rappelle que Ijandouzy distinguait dans
l’hérédité tuberculeuse la transmission du bacille
lui-inèrne, (pi’il appelait l’hérédité de graine, de
celle d’un terrain organique ])articulier créant
une prédisposition à la maladie.
Tous les auteurs s’accordent sur le fait qu’il ne
peut s’agir dans la transmission directe que
d'hérédité maternelle, due au passage transpla¬
centaire du germe pathogène. Or, la plupart des
phtisiologues modernes considèrent la bacillémie
comme un accident fort rare, et la pénétration
des bacilles jusqu'à l’organisme fœtal comme une
éventualité exceptionnelle. Les cas avérés de
tuberculose congénitale seraient donc extrême¬
ment rares et sans intérêt pratique. Küss, dans
sa thèse, en rapportait en 1898 environ 40 cas
dans l’espèce humaine et une centaine chez les
animaux. Péhu et Chalier en ont depuis relevé
51 cas. Debré et Lelong en ont ajouté 5. Dans une
revue générale très complète, publiée en 1922,
Whitman et Grecne n’avaient pu réunir que’
113 observations. Depuis, tout un ensemble de
travaux parmi lesquels nous citerons ceux de
Debré et Lelong, de Sergent, Durand et Benda
ont paru confirmer ces notions. En fait, phtisio¬
logues et pédiatres étaient jusqu’à ces derniers
mois tous d’accord sur le fait que l’hérédité de
graine devait être considérée comme complète¬
ment nétrlitreablc.
transmission à l’enfant de caractères propres,
constituant un terrain .spécial. Celui-ci, incontes¬
tablement très difficile à définir avec précision,
répondrait à des propriétés cellulaires ou à des
substances humorales rendant l’enfant particu¬
lièrement sensible à la tuberculose, ou créant des
tares organiques à type d’hérédo-dystrophic.
Au contraire, d’autres sujets à ascendance tu¬
berculeuse posséderaient une hérédo-immunité
qui toutefois les prédisposerait selon Landouzy
au rétrécissement mitral, à la chlorose, à l’asthme,
à l’emphysème. Ces notions ont été fortement
mises en doute lorsqu’on s’est attaché à préciser
le rôle do la contagion et à fonder le diagnostic
de tuberculose sur des critères précis.
L’opinion traditionnelle, selon laquelle la tu¬
berculose était une consomjjtion, admettait dans
certains cas son origine acquise. Beaucoup d’au¬
teurs enseignaient qu’une diminution de la vigueur
physique, que des déficiences organiques dues à
des causes multiples, parmi lesquelles les insuffi¬
sances glandulaires, favorisaient au plus haut
degré la production de la tuberculose ou la rapi¬
dité de son développement. Cette théorie n’a pas
été moins vivement combattue que les précé¬
dentes. On a fait observer qu’il n’y a guère de
rapport entre la vigueur physique et la résistance
naturelle ou acquise opposée par l’organisme à
une maladie infectieuse. Rien ne permet d’affirmer
que la tuberculose fasse exception à cette règle.
Une autre conception voulait que le terrain dit
tuberculisable fût avant tout déminéralisé et
que la déficience de l’organisme en sels de chaux
fût l’obstacle principal à la guérison spontanée
de la tuberculose. Cette théorie a été défendue
par d’excellents cliniciens et appuyée sur des
expériences physiologiques intéressantes. Mais
les troubles du métabolisme calcique, au cours de
la tuberculose, sont encore bien incomplètement
précisés, et beaucoup de phtisiologues les consi¬
dèrent, non comme la cause, mais comme reffet
de la maladie.
D’ailleurs les- arguments tirés de rimporlance
de la contagion, les résultats obtenus en sous¬
trayant les jeunes enfants au contact de leurs
parents tuberculeux, paraissaient avoir claire¬
ment démontré que le problème étiologique de la
tuberculose était uniquement celui de la contagion
inlerhumaine, en l’absence de tout facteur d’héré¬
dité et de terrain. Cette conception est celle d’une
grande partie des phtisiologues français.
! Aussi est-il un peu surprenant de voir bien des
et beaucoup plus puissante que les moyenf
habituellement employés ; son application esi
parfois rendue déliéate par la nécessité d’évitei
toutes les fautes que nous nous sommes attachés
à résumer.
Si elle ne réussit pas, il ne faut pas conclure
que la méthode est inefficace, il faut se demande)
si l’examen a été bien complet, si les renseigne¬
ments donnés par la coprologie sont exacts, si h
vaccin a été bien préparé, si l’ordonnance a élt
bien observée.
Nous ne prétendons pas que cette méthode gué¬
rira tous les colitiques et améliorera tous leur;
symptômes. Quand l’alfection est ancienne, il es
superflu d’espérer une rcstitiuio ad inlegruni. De
vaut les lésions définitives, nous ne pouvons rier
qu’apporter une amélioration plus ou moins pro
longée. C’est pourquoi il nous paraît inutile d)
vouloir juger la thérapeutique que nous avoni
proposée uniquement avec les laissés pour conipti
des thérapeutiques antérieures.
tuberculose. Rocco Jemma vient par exemple di
consacrer une partie de son rapport, au récen
Congrès de Rome à essayer, de déterminer le
critères de la prédisposition tuberculeuse infan
tile et semble attacher à celle-ci une très grandi
importance. Il s’inspire d’ailleurs de toute uir
série de travaux de l’école morphologique ita
lienne dont un grand nombre viennent d’êti'i
résumés par Fici dans un article extrèmemen
documenté.
Cet auteur considère que les notions sur 1
constitution organique des tuberculeux ont acqui
une pré. ision suffisante depuis leur étude vérita
blement scientifique, faite depuis une cinquan
taine d’années; Selon lui, la constitution d’ui
sujet est la résultante des propriétés héréditaire
et acquises de tous les éléments cellulaires e
humoraux du corps qui réalisent un équilibre e
un rendement fonctionnel variable avec chaqu
individu et capable de réagir plus ou moins au
stimulations extérieures.
La constitution humaine normale est naturelle
ment schématique. Qn peut en construire u
prototype auquel on rapportera les propriété
anatomo-physiologiques de l’individu à examiner
C’est ainsi qu’on pourra établir des anomalies d
constitution portant sur tout l’organisme, sur de
organes spéciaux ou des systèmes d’organes. L
prédisposition à une cause morbide est une pre
priété fonctionnelle de la constitution, modifiabl
suivant chaque individu selon l’intensité de
causes morbigènes ambiantes.
Les anomalies morphologiques de l’organism
étudiées dans leur rapport avec la tuberculos
peuvent être considérées les unes comme préfoi
rnées et facilitant le développement de la maladie
les autres comme secondaires à l’intoxicatio
tuberculinique. Au premier de ces groupes, appai
tiendrait la constitution tuberculeuse de Viola c
Fici. Ces auteurs ont donné de longues dcscrip
tions de cette constitution qu’ils appellent égale
ment habitus phtisique. Celui-ci a d’ailleurs él
décrit depuis bien des années, sous des aspect
un peu différents et avec une grande variété d
termes selon les auteurs. Les sujets prédisposé
seraient, d’après Fici, dolichocéphales, à visag
ovale, aux traits prononcés, au cou long et grêk
au thorax aplati sagittalement. Les épaules sor
tombantes, les ouvertures supérieure et inférieur
du thoi’ax très inclinées en bas et en avant, le
hypocondres fortement rétrécis. Le sternum s
rapproche de la verticale, l’angle épigastriqu
est aigu, les espaces intercostaux larges et forte
ment obliques. Les premiers cartilages costau
I ont une inclinaison très marquée en haut et e
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
141
de la 7" verlèln-e cei'vic.'ale. Les omoplates sont
'hautes, la coupole diaphragmatique élevée. Le
cœur présente un axe longitudinal presque verti¬
cal. La ])ro])orlion relative des membres infé-
rieui's sur les meml)res sujyérieurs est augmentée.
11 s’agit de sujets qui j)résentent un minimum de
masse organi(pie et un maximum de surface et
dont les échanges sont exagérés. Ils se trouvent
en état i)ermanent de délicieiiee organi(pi(‘, dis-
posemt de ])eu de forc(“ musculaire et sont facile¬
ment é])uisal)les. Chez de tels individus, il existe
une prédominance fonctionnelle thyroïdienne ou
thyro-hypophysaii’c, parfois une iiisuflisance i-é-
nale ou géiiilalc. L’inlelligence est généralement
au-dessus de la moyenne.
Les éléments de l’habitus |)htisi(pie se reti-ou-
vent dans toute une série de ty])es moi'pholo-
I giques déci'its par des auteurs dilférents et qui
• constituent : la première combinaison de Di Cio-
vanni, le type longiligne de Viola, la constitution
j asthéni(pie de Stilh'r, le type respiratoire de
J ^igaud.
‘ llocco Jemma fait observer que tous ces types
peuvent se i-cduire à la (b'scriptioii d’un individu
dont la masse totale est faible, le squelette mince
et fragile, la musculature ati'oj)hiée, h' tissu adi¬
peux délicieni, la cage thoraci(pie allongée, le
c(eur exigu, les poumons longs et étroits. Cet
aspect se rencontrerait jiarticulièrement ù l’épo-
(pie pré-pubérale. Jemma admet en elfet, avec
Fi’ancioni, (pi’au cours de sa croissance, l’indi¬
vidu traverse des j)ériodes où le développement
alfecte avec jirédominance, tantôt le type longi¬
ligne, tantôt le type brèviligne. Le caractère
constitutionnel définitif, dont l’ébauche existe ù
la naissance, i)eut doTic (Mi'e masejué temporaire-
l’ici admet (pu> l'alïinité pour la tubei'culose dé
ce ly|)e morphologi({ue, déjà signalé par lli])po-
crale et Arétée, s’expli(pu‘rait par la faiblesse
générale de l’organisme et par une conformation
Spéciale de la circulation cardio-pulmonaire, in-
'sufiisante pour irriguer normalement des champs
pulmonaires trop développés par rap[)ort au
cœur. Des insuffisances endocriniennes, variables
suivant les sujets, joueraient également un rôle
dans cette prédisposition.
A côté de l’habitus phtisique, les auteurs ita¬
liens décrivent un habitus lymphatique, dont Di
Ciovanni a souligné le caractère de prédisposition
à la tuberculose. Cet habitus est caractérisé essen¬
tiellement par une hyperplasie du système lym-
phati<pie qui serait le siège de poussées inflam¬
matoires à récidives frécpientes. Dans ses rai)ports
avec les deux habitus morphologiques fondamen¬
taux, le longiligne ou jditisique et le brachiligne
ou a|)loj)ectiqUe, dotit les caractères s’opposent
absolument, le système lymphaticpie se comporte
différemment. Dans le j)remier cas, il subit une
jkapide involution, tandis qu’il persiste dans le
iP’cond. De sort(: que l’on a, dans le premier cas,
le neuroarthritisnu’ avec faiblesse et irritabilité
(les fonctions d’innervation, dans le second,
l’arthritisme an sensoù l'entendait Donchard.
Si l’habitus lynq)hati((ue semble prédisposer à
la tuberculose, il permet um' résistance maiapiée
à la maladie qui (ivolue avec lenteur et tendance
à la guérison par sclérose, les localisations étant
soit extra-pulmonaires, soit pulmonaires à évolu-
)lion atténuée.
Pour Fici, les anomalies localisées du thorax
peuvent également prédis])oser à la tuberculose
pulmonaire. Plusieurs auteurs allemands, Freund,
Hart, llarrass, ont invcxpié dans sa production
l’aplasie du premier cartilage costal. On sait que
c’est également par l’existence d’anomalies mor¬
phologiques que certains auteurs expliquent la
prédominance des localisations tuberculeuses au
sommet du poumon où existerait d(‘jà une prédis¬
position générale pour la tuberculose due à la
L^rlurbation locale de la ventilation pulmonaire
et de la circnlation sanguine. Les anomalies de
forme du squelette thoraci(jue, (ju’elles soient de
cause mécanique ou pathologicpie, pourraient
(Uifin jH-odnire un lieu de moindia; résistance au
])oint du poumon où elles entraînent des troubles
fonctionnels. On a invo(pié encore à côté d’elles
les anomalies du système circulatoire, la myocar¬
dite, l’existence d’altérations artérielles.
Nous avons d(''jà signalé (pie les auteurs italiens
décrivent un second groiqie d’anomalies géné-
rales morphol()gi(pies de la coiistilulion orga¬
nique, (jni jieuvent (Hre préforniées, comme dans
les ty])es dont nous vemons de parlei', ou, au
contraire, secondaires à l’intoxication tubeinm-
lense. C’est à ce cadre que se rattacherait l'habitus
(b'génératif, décrit par Bauer, s’accompagnant
de stigmates de faiblesse générale, et ([ni com¬
prendrait les malades étudiés jilir Lamlouzy cl
caractérisés par l’existence de modifications des
l(•gnments et du système pileux. Citons encore
l’état hypoplastique de Bartel et l’élat ihymo-
lymphalique de Ibiltanf, caractérisé pai' l’hyjicr-
trophie du thymus et du tissu lymphati(pic et par
de nombreux stigmates dégénératifs.
Rentreraient également dans ce groujie les
infantilismes d(‘s types Lorain et Brissaud, les
nanisnu's, les gigantismes dans leurs dilférenls
types. 11 faut y ajouter les trouilles du dévelop¬
pement génital parmi lesquels il faut surtout
retenir rennuchoïdisine congénital ou tardif. Fici
en rapproche encore les hypo-évolulismes ])ar-
tiels, arriHs de développement dns très jirobable-
ment àriiypo-foiictionnement de certaines glandes
et (pii pourraient être très souvent considérés
comme des dystrophies tub(;rculeuses.
La morbidité par tuberculose dépendi'ait dans
ce deuxième groupe de la faiblesse générale de
l’organisme. Elle est relativement élevée. Mais
chez certains de ces malades, la tuberculose évo¬
luerait d’une manière atténuée suivani les types
propres au terrain lymphati([ue.
A
On voit donc (pie la notion d’une hérédité de
terrain est acceptée encore ])ar de nomhreux mé¬
decins. Mais c’est surtout l’hérédité directe (pii
a, depuis (piebpie temps, retrouvé des défenseurs.
Un fait nouveau, peut-être d’importance consi¬
dérable, s’est ('U effet produit. C’est la découverte
de l’existence d’un virus tuberculeux liltrabic.
D(‘jà constaté en IfflO par Fontès, il a été surtout
étudié ces dernières années. L’existence des élé¬
ments fillrables dn bacille tuberculeux jiaraîl
indiscutable. Ils existent à jicu jirès dans tous les
jiroduits tuberculeux, pus, crachats, exsudais,
liquides organiques, et inoculés aux animaux
délermineni des lésions ganglionnaires très dis¬
crètes, dans lesijuelles on finit cependant jiar
trouver quebpies bacilles de Koch.
Or, l’exiiérience et la clini([ue nous montrent
que ces éléments sont capables de passera travers
le placenta et de déterminer une atteinte jilus ou
moins grave de l’organisme fœtal. On retrouve
chez les petits nés de cobayes femelles infestées
j)ar rultra-virus des lésions tuberculeuses avec
présence de formes, banales acido-résistantes du
bacille de Koch.
La démonstration en a été faite d’abord j)ar
Ualmette, Valtis, Nègre et Hoquet. Arloing et
Dufourt, Van Beneden, Lydia Rabinowilch, de
Bonis et de nombreux autres expérimentateurs
ont confirme ces résultats. Toute une série d’ob¬
servations ont prouvé (pu* le même fait se pro¬
duisait dans l’espèce humaine. A ce sujet, les
recherches de Galmette, Yaltis et Lacouime, potir-
suivies dans le service du professeur Uouvelaiin',
sont particulièrement démonstratives. Ils ont pu
étudier 25 enfants ou betus provenant de mères
tuberculeuses sur lesquels 20 étai(‘nt incontesta¬
blement infestés par les éléments fillrables du
virus tuberculeux.
Dejnjis qu(! l’on a c()mnj(Micé à réunir dans des
services spéciaux d’accouebement et de maternité
un assez grand nombre de femmes atteintes de
tuberculose jnilmonaii'e, on s’est a[K'r(;u rapide¬
ment (pi’un certain nombre d’enfants mouraient
dans les jours on les semaines (pii suivaient leur
naissance, sans (ju’on puisse constater chez eux
aucune espèce de lésion anatomi(pie. Léon Ber¬
nard et D(‘bré avaient les premiers signalé ces
U morts inexpli([uées i>. Uouvelaire les a étudiées
et a décrit le syndrome de dénnlrilion [irogres-
siv(‘. Calmelle les allrilme à une impi'égnation
prononcée de l’enfant pai- rullraviriis (pii, bien
([ue ])en jiathogène, jiossède sans doute une très
forte toxicité. La jireuve de celle hy|)othèse n’a
])as encore été a])j)ortée, mais elle paraît évidem¬
ment exli'èmemenl logi(pie et seule caiiable d'être
invcxpiée, dans l’état actuel de nos connaissances.
U(‘tte infection transplacenlaire paraît à Cal-
metle infiniment plus frécpiente (pi’il ne l’avait
pensé d’aboi-d. Heureusement cette inqirégnation
])ar l’ulira-virus n’aurait jias pour la descendance
des tuberculeux des conséquences aussi graves
(pi’on jiourrait le craindre. L'ultra-virus aurait
jierdn ou non encore acxpiis les jiropriélés jiatho-
gènes (pie possède le bacille au stade acido¬
résistant et pourrait même conférer à l’organisme
du jeune enfant un certain degré (i’inimunit('>. Il
ne faudrait donc lui altribuer (pie 3 pour 100
environ des décès précoces constatés chez les
enfants de tuberculeuses.
Il faut d’ailleurs remanpier qu’il ne s’agit ])as
là, à proprement ])arler, de phénomènes d’héré¬
dité Inberculeuse, 11 y a une différence à faire
entre l’hérédité de rinleelion bacillaire et l’impré¬
gnation Iransjilacentaire du fœtus par rultra-
virus. Celte imprégnation n’anrait lé plus souvent
aucum' conséipience bien grave et prescpie cons¬
tamment l’eniànt se dc'velopperait sans garder la
moimli'e séquelle de cette Jihase. Le fait |)arait
certain, mais il est naturellement encore beaiicoiqi
tro|) tôt pour savoir quel sera l'avenir de sem-
blabh's enfants.
Les recherches sur celle action des éléments
fillrables ont amené Calmelle a émettre sur l'héré¬
dité de rinfection bacillaire des conelusions un
|)('u différentes de celles admises sans conteste
jiisiprà ces derniers temps. 11 rappelle ((u'on a
réalisé exjiérimentalenient cette infection héré¬
ditaire à diverses rejirises et ipi’on en aurait
relaté tant chez l’homnu' ipie chez l’animal un
nombre assez important d’observations récent(>s.
Les 20 enfants issus de mères tuberculeuses ipii
ont fait l’objet de ses recberches lui ont jiermis
d’observer un cas de granulie incontestable. Les
10 antres ne présentaient jias de lésions macros¬
copiques. Pourtant 5 d’entre eux avaient dans la
jiulpe des ganglions mésentériipies et hépatiipies
des bacilles de Koch virulents jionr le cobaye.
Calmetle rappelle à ce sujet que l'infection du
betus peut se [iroduire en dehors de toute lésion
du placenta ainsi (pu; Brindeau et .Natlan-Larrier
l’ont démontré, et conelnt (pie l’hérédité de l’in-
feclion bacillaire, bien ipie relativement rare, est
cependant moins exci'ptionnelle (pi on ne l’avait
cru jusqu’ici.
On voit combien les opinions diffèrent encore
sur la (pieslion de l’existence d'un terrain tuber¬
culeux héréditaire ou acquis. Les conimiiiiications
faites au récent Congrès de Bonn' ont netlenient
accusé ces divergences. Nous voyons certains
auteurs affirmer de la fài.'on la plus nette l'absence
totale (b; prédisposition à la tuberculose. Ils dé-
clanmt, comme l’avaient (hqà dit autrefois Conheim
et Andral, (pie h; soi-disant type de prédisposition
à,la maladie est dû à l’action même sur l’orga¬
nisme de l’infection luberciilense. Les sujets
considérés comme jirétuberciileiix sont en réalité
déjà porteurs de lésions occultes. Le terme de
142
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
N“ 9
prétuberculeux doit donc disparaître du lang-a^je
srieiitifiijue.
Mais d'autres auteurs affirment non moins
énergi([uiuiient l’existence de la prédis])osition.
.leimiia déclare (jiH; les critiques faites à son suj»‘t
oui été réfutées de manière décisive par l’école
italienne, Viola et Fici (|ue la tuberculose évolu¬
tive n’est nullement capable d’iniluer profondé¬
ment sur la morphologie du sujet atteint et (pie
la cachexie même lU' modilie |)as l’habitus braehi-
lig'iie quand il l'xiste elle/ un tuberculeux.
Les (leux théories ne sont ])eut-êlre pas aussi
ineomj)atible?( ipi’il paraît si l’on s’en rapporte à
line troisième conception exjiosée au (iongrès de
Home |)ar Bezaïu'on. D’accord avec Rorco Ji'inina
sur l’intérêt de l’étinh' morjihologiipie, il croit
(pi’il faut distinguer l’habitus général de prédis¬
position tel que le type resjiiratoire ou le tyiie
longiligne dont nous connaissons d’ailleurs encore
mal la valeur, et le faciès, tel (pie l’avaient décrit
les anciens, ipii est en réalité dû à l’action du
bacille tuberculeux sur l’organisme.
Si la discussion se prolonge, il semble bien
(jiie c’est à cause de la dillicultê d’obtenir des
critères jiréeis sur les points en litige. Fne ])artie
des arguments versés au débat est d’ordre statis-
tiipie. Mais les recherches à ce sujet sont encore
bien récentes et les causes d’erreur cotisidérables.
Rosenfeld, puis ('lOt/.l, viennent de faire observer,
par exeliqile, ipi’on ne peut, à leur avis, tirer de
conclusions fermes de stalistiipies coinjiarant
entre eux des nourrissons placés dans des condi¬
tions absolument dill’érentes comme ceux soignés
dans des maternités, suivis par des dispensaires,
ou placés par des (cuvres à la canqiagne. Ils
eroieni également (pj’on ne peut établir de com¬
paraison rigoureuse entre les stalistiipies d’un
|)ays à l’autre. De jilus, il est évident (|ue l’évolu¬
tion ehroniipie de la tuberculose, la durée jiarfois
très longue qui existe entre la contagion et les
premiers symptômes cliniqUe-s présentés par un
individu, obligent à suivre les malades et la
famille jiendant des périodes si prolongées ipie
les causes d’erreur se multiplient.
Les réactions biologiques elles-mêmes et, en
particulier, la cuti-réaction à la tuberculine sur
laijmdle on se basi* si souvent jxuir apprécier
l’ordre de grandeur de l’endéniie tuberculeuse, ne
sont jias non ])lus exemptes de eritiipies. Plu¬
sieurs travaux alleinands récents paraissetit
admettre ipu' le pourcentage des causes d’erreur
eitt plus grand (pi’on ne l’avait dit jusipi’iei-. W’ièse
vient d’insister sur le fait ipi’il y a des réactions
tuberculiniques négatives dont nous ne connais-
l’attention sur la difliculté d’interprétation des
réactions à la tuberculine chez l’enfant. L’infec¬
tion tuberculeuse selon lui ne jieut être exclue
([u'en iH-aticpiant la réaction avec la plus grande
jirécision et se ra[)pelant constamment les condi¬
tions ([ui jieuvent la fausser. Il signale (ju’elle
peut être négative, même chez des individus
traités dejniis ipielque temps à la tuberculine et
que ces cas jieuvent être interjirétés comme dus à
l’apiiaritiou de phénomènes d’accoutumance. 11
croit aussi que certaines réactions négatives peu¬
vent s'expliipier par une guérison complète et
(b'jà aneii'iine. Il insiste enfin sur la diversité
extraordinaire de sensibilité à la tuberculine non
seulement d’individu à individu, mais chez le
même malade ])our des raisons dont certainement
beaucoup nous échappent. On sait, eiilin, que
bien des causes agissent sur l’intensité de la cuti-
réaction et (pi’elle peut être modifiée dans des
proportions considérables par l’héliothérapie,
l’action des rayons ultra-violets, l’existence de
cuti-réactions antérieures, la saison même puisque
le nombre des réactions positives jiaraîl plus
élevé au printemps qu’à l’automne. Ces observa¬
tions de Jemma nous montrent combien il faut
être prudent dans les affirmations que l’on tin»
d’un jioiircentage plus ou moins élevé de cuti-
réactions jiositives. Il conclut d’ailleurs ipi’eii
présence d’une réaction positive à la tuberculine,
mais en l’absence de phénomènes cliniques, nous
ne sommes pas à même de répondre d’une fai.on
certaine à la question fondamentale qui se ])ose,
à savoir si le foyer tuberculeux est actif ou silen-
On voit donc, l’extrême difficulté du |)roblème
qui paraît avoir été encore compliipié |)ar la
notion de l’existence des formes filtrantes du
bacille tuberculeux. D’autant que les notions
actuelles sur celui-ci sont encore bien inusufîi-
santes et laissent apparaître de nombreuses
lacunes. Les précisions que ne peut manquer
d’apporter sur ce sujet un avenir prochain hâte¬
ront certainement la solution de jiroblèmes dont
l’importance est considérable puisque leur con¬
naissance est à la base même des règles de la
jirophylaxie antituberculeuse.
.\. ILwi.xa.
A. « Li's (‘lémeiils tillrable.s du virus
tuberculeux ». K(i])i>ürt ù lu t7“ Conférence de l'I'nion
internat'onale contre la tuberculose, Iloiiie, 25, 2(>, 27 Sc)i-_
timbre 1928.
Léon Bkunard. — « Tuberculose et iKU'édité ». Lu
Presse Médicale, 24 Mars 1928, p. 3G9.
Uoeeo .1em.ua. — « Le diagnostic de lu tuberculose
iul'aiitile ». Rupiiort ù lu Vt" Conférence de l’Cnion inter¬
nationale contre la tuberculose, Rome, 25, 26, 27 Scjj-
lembre 1928.
V. l’iei, - « tiostituzioue e tuberculosi ». Archîvio di
Patolo^ia c Clinica médira, Mar.s 1928, t. VU, fuse, 1,
p. 8. (Cet article est suivi d’une bibliographie très com-
SOCIÉTÉS DE PARIS
flCADÉIVllE Qli SCIENCES
l'i Janvier 1929.
Action des rayons ultra-violets sur le virus
rabique et ses antigènes rabique et venimeux. -
M'"- Phisalix ut M. F. Pasteiu- ont procédé ù des
reclierclies expérimentales (jui leur ont montré que
le virus lixe, en émulsion homogène à 1 pour 200,
exposé pendant ilO minutes aux rayons ultra-violels
d’un brûleur en (juartz à vapeurs de mercure, distant
de 0 m. ."lO, et ayant fourni une énergie utile corres¬
pondant a 75, ül) watts, a perdu à la fois sou pouvoir
infectant et ses antigènes venimeux et rabi([uc. S’il
n’est plus infectant, il n’est plus apte à être employé
comme vaccin, soit contre la rage, soit contre l’enve¬
nimation.
Recherches hlsto-chimiques sur l’anthracose
pulmonaire. MM. A. Policard, S. Doubrow et
D. Pillet ont [U'océdé à des reclierclies qui leur ont
montré ((ue jiardi's examens histo-ciiimi(|ues sinqiles,
il est possibli' de révéler, dans des cas d’anthraeose
pulmonaire ordinairi', en dehors de toute maladie
professionnelle Ipncumokoniosei. la présence de ])ar-
ticules minérales exogènes fixées dans le tissu
imlmonaire, dans les mêmes points où se constatent
des dépiàls charbonneux, t’.’est là, dans l’ordre histo-
patbologiijiie, une nouvelle preuve des lésions
étroites, constatées dans l’ordre clinique, entre l’an-
ihracose et la silicose.
Rôle du ganglion étoilé gauche dans le détermi¬
nisme de la crise d’angine de poitrine. — MM. R.
Leriche et R. Fontaine ont procédé à des recherches
exi>érimentales (|ui leur ont montré que le ganglion
stellaire gauche du sympathique joue un rôle impor¬
tant ilans le mécanisme de production de la crise
d’angine de poitrine. L’électrisation opératoire oqla
piqûre du ganglion étoilé, en eflct, déterminent des
crises d’angine de poitrine qui ne surviennent point
quand elles sontjpratiquécs sur d’autres parties- de
la chaîne sympathicjue. De ces faits se dégage cette
conséquence que, quand il s’agit d’entreprondr’e le
traitement chirurgical de l’angine de poitrine, il y a
lieu de procéder à l’ablation isolée du ganglion
étoilé, ce qui jns((u’ici était très discuté.
SOCIETE DE CHIRURGIE
Séance annuelle du Jli Janvier IH'JO.
Discours de M. Ombrédanne, président sortant.
Compte rendu des travaux de la Société pendant
l’année 1928 par M. Bréchot, secrétaire annuel.
Eloge de Malgaigne par M. Lenormant, secré-
Prix décernés par la Siicié'té pour l’année 1928.
23 Janvier.
A propos des ulcères de jambe dans les spléno-
mégalies. - M. Grégoire a, lui aussi, été frappé de
cette coïncidence, observée chez des malades n’ayant
jamais quitté la France. Ces ulcérations ne seraient
donc pus l’apanage exclusif des splénomégalies algé¬
riennes. M. Grégoire rapporte en détail l’observation
d’une jeune fille qui, à trois reprises, a présenté des
ulcères rebelles de jambe, inexjiliqués ; et c’est seu¬
lement au bout de 13 ans qu’apparut la splénomé¬
galie. lîne deuxième observation, assez semblable,
concerne un homme de 32 ans. Il semble qu’il y ait
là autre chose qu’une coïncidence.
A propos de l’hygroma hémorragique de la
bourse séreuse du psoas. — M. Sorrel a vu un
homme envoyé avec le diagnostic de coxalgie et qui
présentait une tuméfaction inguinale un peu doulou¬
reuse, une arthrite déformante de la hanche et une
syphilis ancienne. M. Sorrel fit le diagnostic, d’arthro-
pathie nerveuse; mais ceci n'expliquait pas l’exis¬
tence de la tuméfaction. Une intervention montra
qu elle était constituée par une poche communiquant
largement avec l’articulation, contenant un liquide
séro-hémorragique et un ostéophyte dont le pédicule
avait été récemment fracturé.
Volumineuse tumeur sacro-coccygienne extirpée
à la 24“ heure; guérison. - M. Sorrel fait un rap
port sur ce cas de MM. Roebet, Bonniart et
Guérin (de Bordeaux) comprenant un examen ana¬
tomo-pathologique très détaillé. La tumeur était
ulcérée à la naissance ; aussi fallut-il opérer très tôt :
la guérison se lit fort bien. L’opération fut prati¬
quée sous anesthésie locale. Enfin, la structure di; la
tumeur était particulièrement complexe. Les auteurs
admettent qui' ces tératomes représentent un jumeau
Onze ulcères perforés de l’estomac et du duodé¬
num. — M. Basset présente ce travail de M. Polony
(de Belfort). Sur tes 11 cas il y eut 2 décès survenus,
l’un chez un sujet opéré à la 23'- heure, l’autre chez
une femme qui fut emportée au 15'’ jonr après l’inter¬
vention par une hématémèse foudroyante. Dana 7 cas,
on fit simplement l’enfouissemeut avec ou sans épi-
plooplastie; dans les 4 autres cas, l’auleur adjoignit
par précaution une gastroentérostomie. 9 malades
furent opérés de 3 à 10 heures après la perforatior
Purpura hémorragique chronique récidivai.-
splénectomie ; mort au bout de 1 1 mois par reprise
des hémorragies. - - M. Pierre Duval présente ce
travail de MM. Jean Quénu et Stoianovitch (de
Paris). C’est un cas typique de maladie de àVherlolf
chez une femme de 49 ans. Immédiatement après h;
splénectomie, la formule sanguine était revenue à la
normale, il n’y eut plus d’hémorragie pendant 9 mois;
la malade avait engraissé de 5 kilos. Mais, au bout
de 9 mois, les hémorragies reprirent et la malade
mourut le 11^' mois. Cependant 24 heures apri'-s l’in¬
tervention le chilire des plaquettes était passé de 0 à
280.000, en même temps que le temps de saignement
revenait à 5 minutes.
MM. Jean Quénu et Stoianovitch ajoutent à leur
observation un relevé très complet des observations
publiées jusqu’à présent. Ce (jui est curieux, c’est
l’augmentation presque instantanée du chiffre des
plaquettes après l’intervention, et un chirurgien a
même noté l’arrêt des hémorragies pendant l’opéra-
lion. Mais le taux des plaquettes retombe toujours
dans la suite. Et actuellement on ne peut tirer de
l'intensité de la reconstitution des plaquettes, ni.de
N» 9
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
143
leur perpÎBtance ultérieure, d’élément de pronostic
éloigné.
D’après les auteurs américains, Whipple en parti¬
culier, le purpura hémorragique chronique récidivant
serait une « phase de dérangement du système réti¬
culo-endothélial ». Pour Spence, il y a 3 types dilïé-
ronts de colle afîeclion selon le degré de participa¬
tion de la raie, qui expliqueraient les résultats un
peu contradictoires fournis par la splénomégalie. Mais
il ne semble pas encore possible de tirer un parti utile
de cette hypothèse. Néanmoins la splénectomie reste
le traitement de choix, celui qui donne les résultats
les meilleurs.
Tumeur à myéloplaxes de l’extrémité inférieure
du tibia. — Celte observation de M. Gouverneur
(de Pari?) est rapportée par M. Baumgartner. Elle
concerne une jeune fille de 19 ans. Curage complet
de la cavité osseuse. Celle cl est remplie de greffes
ostéo-périostiques. Leur transformation fut suivie
régulièrement à la radio. 10 mois après, la cavité
osseuse était entièrement comblée par une masse
osseuse compacte. L’examen histologique montra la ,
prédominance des myéloplaxes, avec, d’autre part,
quelques monstruosités cellulaires ; mais M. Roussy
a confirmé la nature bénigne de la lésion.
— M. Ombrédanne désirerait que l’on ne par¬
lât plus de <( tumeur » à myéloplaxes, mais plutôt
d’ostéite fibreuse à myéloplaxes. IJ’autre part sur la
radio, il y a nettement interruption de la corticale ; cet
élément de la triade de Beck n’est pas un signe de
malignité.
— - M. Mocquot cite une observation semblable
de tumeur incontestablement bénigne avec rupture
de la corticale.
• — M. Fredeta. eu l’occasion de réopérer une malade
déjà opérée pour une tumeur à myéloplaxes de l’ex¬
trémité supérieure du tibia. La cavité qu’il avait
creusée s’est comblée spontanément et en 6 mois l’os
a été reconstitué.
— M. Dujarier a opéré de même une tumeur à
myéloplaxes de l’extrémité intérieure du fémur.
— M. Mouchet considère aussi le dogme do l’inté¬
grité de la corticale eomme un dogme faux.
— M. Baumgartner SC demande si la lésion do la
corticale que l’on observe ainsi n’est pas du(^ à une
fracture parcellaire.
A propos des injections de sérum salé hyper¬
tonique par voie rectale ou par voie veineuse dans
l’occlusion intestinale. — M. Küss.
Présentation de malades. — M. Worms. Tromho-
phlébite de la jugulaire ;
M. Oernez. Epithélioma buccal traité par électro-
coagulation.
Présentation de pièce. — M. Basset. Fibromes
multiples et kyste de l'ovaire.
S. Obuki.in.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
25 Janvier 1929.
Spirochétose ictéro-hémorragique mortelle d’ori¬
gine hydrique. — MM. Aubertin et Poumailloux
relatent l’observation d’un jeune homme de 17 ans
qui, 9 jours après avoir passé plusieurs heures pieds
nus dans un étang das environs de Paris, fut pris de
lièvre et de courbature; le lendemain, survint l’ic¬
tère, puis, 6 jours plus lard, des hémorragies multi¬
ples (épistaxis, hémalémèses et melæna) avéc pur¬
pura et retard considérable de la coagulation ; il
existait de plus une azotémie de 3 gr. et, un syn¬
drome méningé avec réaction lymphocytaire. La
mort survint moins de 48 heures après le début des
phénomènes hémorragiques. Le sérodiagnostic, pra¬
tiqué par M. Pettit, fut positif. Le foie était gros et
d’un jaune foncé.
Ce cas se distingue par sa gravité de la ])lupart
des cas d’origine hydiûque récemment publiés. La
date de la contamination permet de fixer à 9 joui s
environ la durée de l’incubation. L’étang en question
étant infesté de rats, l’origine murine ne peut toute¬
fois être absolument écartée. La recherclie des spi¬
rochètes dans l’eau de l’étang n’a donné à M. Pettit
que des résultats négatifs.
Un cas d’érythème noueux avec phlycténlsatlon
et ulcération des nouures. — MM. Marcel Garnier
ef H. Berdet rapportent un cas d’érythème noueux
au cours duque plusieurs nodosités se recouvrirent
d’une bulle contenant des caillots sajiguins et un
liquide puriforme stérile. Sous les bulles apparurent
des ulcérations pe^ profondes qui guérirent rajiide-
ment, si bien que l’évolution de la maladie se lit dans
les délais habituels.
Ecartant l’idée d’une complication, les auteurs in¬
criminent une intensité particulière du processus
Polynévrite pseudo-myopathique : déformations
et troubles moteurs du type sympathique réalisés
par une atteinte névritique diffuse prédominant au
niveau des groupes musculaires lombo-dorsaux. —
MM. Th. Alajouanine, Marcel Thomas etM. Gop-
cevitch présentent un jeune homme dont l’aspect
morphologique rappelle celui des myopalhi(|ues
(taille de guêpe, déformations du thorax, scapuhe
alatæ) ; de même, les troubles de sa démarche, sa
façon de se redresser ou de se relever de la position
couchée ressemblent de très près aux troubles clas¬
siques considérés comme caractéristiques de la myo¬
pathie progressive. Mais l’anamuèse, l’examen neu¬
rologique minuticàix, l’exainon électrique permettent
de rejeter le diagnostic de myopathie et de porter
celui de névrite pèriphérii|ue. En effet, le début a été
rapide, après un épisode infectieux avec algies lombo-
cervicales et ultérieurement les troubles moteurs
montre une parésie diffuse des muscles des 'i mem¬
bres, plus marquée au niveau de la r-acine, très
intense au niveau des muscles abdominaux, sacro-
lombaires et cervicaux. Enfin l’électro-diagnoslic
révèle une réaction de dégénérescence diffuse, dont
l’intensité correspond à la topographie de la para-
myoptithique » de certaines névrites périphériques^
(que l’on peut. aussi observer dans certaines polio¬
myélites), sur les raisons physiologiques de celte
ressemblance morj)hologi(iue. sur l’inlérél diagnos¬
tique et pronostique d(^ tels faits parfaitement
curables. Ils discutent enlln l’étiologie de celle affec¬
tion qui s’apparente aux néviuxites périphéi'iciues.
Sur un type clinique spécial en rapport avec une
lésion progressive de la calotte du mésocéphale et de
la région juxtra-quadrigéminale. — MM. Georges
Guillain et N. Pêron présentent une malade dont
l’affection se caractérise inir un syndrome cérébelleux
bilatéral progressif, ayant débuté il y a plusieurs
années, où les troubles de la kinésie prédominent
sur les troubles de la statique, par ‘des mouvements
involontaires myocloniques de la face et du petit
doigt à gauche, par une paralysie des mouvements
de l’élévation des yeux et des mouvements de conver¬
gence, par l’abolition des réflexes ponto-quadrigé-
minaux (réflexe oplico-italpébral à la lumière et à
l’approche d’un objet, réflexe cornéen). On ne cons¬
tate aucun trouble ])yramidal, aucun trouble sensi¬
tif, aucun trouble psychique. L’ensemble se rapporte
à des lésions du système denlo-rubriiinc et de la
"région juxla-quadrigéminalo.
Les auteurs insistent sur l’abolition du réllexe
optieo-palpébral à la lumière et à l’approche d’un
objet. Ce réllexe est un réflexe optico-facial qui
nécessite, pour sa réalisàlion normale, l’jntégrilé de
la voie d’association unissant le relai des voies opti¬
ques au niveau des tubercules quadrijumeaux et le
noyau du facial plus bas. situé. L’abolition de ce
réflexe optico-facial a une valeur localisalricc poul¬
ies lésions de la calotte pédouculaire juxta-quadri-
géminale.
Dans le cas actuel, l’affection peut être considérée
comme une atrophie progressive du système-dento-
rubrique avec lésions de la calotte mésocéphalique
juxta-quadrigéminale.
Quelques cas d’arthrite blennorragique traités
par les lysats-vaccins. — MM. F. Bezançon.
Comte, Duchon, Bocquay rapportent une série de
26 observations de rhumatisme gonococcique relevées
dans différents services de l’hôjiital Saint-Antoine et
toutes traitées par les lysats-vaccins, méthode vacci-
nothérapique étudiée par l’un d’eux.
Ces observations portent sur toutes les formes de
rhumatisme blennorragique : formes arlhralgiques,
formes hydarthrodiales, formes plastiques de poly¬
arthrites et pseudo-phlegmoneuses, arthrites puru¬
lentes.
De l’ensemble de ces observations, on peut déduire
tout d’abord une activité incontestable sur l’élément
douleur : celle-ci, sous l’action de la vaccinothé-
rapie, s’atténue rapidement; l’immobilisation, de ce
fait, se trouve raccourcie, et les mouvements spon¬
tanés réapparaissent rapidement, la tendance anky¬
losante étant ainsi sensiblement i-éduite. De ces
observations une seule se termina par ankylosé.
Les tuméfactions se modifient, elles. aussi, avec
une certaine rapidité; toutefois, à cet égard, les
formes hydarthrodiales, plastiques ou suppurées,
réagissent de façon variable : si l’on peut relever une
activité incontestable, rapide, pour les premières et
pour les formes suppurées peu ou pas septiques,
celles où les gonocoques végètent en abondance
répondent plus lentement.
Dans les arthrites suppurées septiques, il y a donc
lieu d’envisager l’association de l’intervention chi¬
rurgicale et de la vaccinolhérapie.
Dans les formes sévères, l’intervention des mas¬
sages et de la mobilisation a toujours été associée
dans la convalescence, et les auteurs soulignent l’im¬
portance de ces méthodes.
'f'outefois, si la précocité de la mise en œuvre de
ces méthodes leur parait de toute première impor¬
tance, le moment reste un jioint délicat : trop tôt,
I on s’exposera à réveiller l’étal aigu; trop tard, les
difficultés de la restitulio ad integrum seraient plus
T/immol)ilisalion pendant la phase aigui- leur
semble indisjiensahle, mais immobilisation surveillée
qui permet de fixer l’heure de l’intervention des
méthodes tidjuvanles.
— M. Jausion estime que la vaccinolhérapie
lionne des résultats vraiment intéressants dans le
traitement des arthrites blennorragiques. 11 critique
le rythme des injections de vaccin qui ont été faites
tous les 2 joui-s : selon lui, il est préférable de les
pratiquer tous les 5 jours seulement, afin de res-
lieclec la jiliase négative. Dans ces conditions, il n’a
lias observé d’orchi-éiiididymile chez ses malades.
Accidents hémophiliques graves (hématome
rétro-orbitaire, hématome du plancher buccal)
arrêtés par la transfusion sanguine. — M. P.
Emile-Weil rajiiiorte l’histoire d'un grand hémo¬
phile-hémogénique qui fit, au cours d’une grippe,
doux hémorragies graves et spontanées à localisa¬
tions exceptionnelles. L’une de ces hémorragies était
un hématome du plancher buccal, qui empêchait la
déglutition, l’articulation de la parole et déterminait
même de la gène respiratoire. L’autre était un héma¬
tome rétro-orbitaire des deux yeux, qui étaient exor¬
bités et dont la vision était presque supprimée, le
malade percevant seulement la lueur du jour. Grand
retard de coagulation et augmentation forte du temps
de saignement.
Grèce à une transfusion sanguine de 2'25 cinc,
l’arrêt de ces hémorragies put être obtenu et tout
rentra dans l’ordre en quelques jours. Le malade
guérit en gardant la vision de ses deux yeux, dont
l’un ne fut préservé de l ulcération cornéenne et de
la fente purulente que par une tarsorraphie inomen-
Ce résultat est tout à fait remarquable, rar l’hé-
matome rétro-orbitaire des hémophiles entraîne, pour
ainsi dire, fatalement la perte de l’o-il, par lésion du
nerf optique comprimé. Mais le iraitemenl néces¬
saire (transfusion, ou injection de sérum) doit être
appliqué le ])lus tôt possible après le début lent mais
progressif de l’hémorragie.
Dosage colorimétrlque des sels biliaires dans la
bile et le liquide daodénal. — MM. M. Chiray.
I. Cuny et A. Marcotte. Afin d’instituer une mé-
tbodi- simple et rapide de dosage des sels biliaires
dans la bile et le litiuide duodénal, les auteurs ont
étudié la réaction colprée décrite par Her/.feld et
llemmerli, Après avoir vérifié (|ue, dans certaines
conditions, celle réaction pouvait servir de base à
des déterminations (|uanlilalives, ils l’ont utilisée,
moyi-nnant une purification des milieux examinés,
pour l’analyse de la bile et des liquides de tubage.
De nombreuses expériences de contrôle ont montre
l’intérêt des renseignements que la technique décrite
permettra de recueillir. •
SOCIÉTÉ DE PATHOLOGIE COMPARÉE
8 Janvier -1929.
Traitement du rachitisme par les substances
irradiées. — MM. E. Lesné et Robert Clément
précisent (luelques points de ce t i-aiteineut . Ils insis-
144
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
tcnt sur l’inégalité thérapeutique des diverses sub¬
stances irradiées, inégalité dépendant du mode d’ir¬
radiation, delà qualité de la substance irradiée, de
son modo de présentation, et sur l’atténuation d’acti¬
vité avec le temps. Seul, le contrôle biologique
coustituxï une garantie de l’activité de ces produits.
Pour chacun d’eux, on doit mentionner son activité
antirachiti(|ue étalonnée en unités physiologiques et
la date de sa préparation.
Dans le traitement du rachitisme évolutif, l’actino-
thérapie artificielle ou naturelle et l’huile de foie de
morue ont des (pialités qui leur confèrent des indi¬
cations thérapeuti(|ues j)artirulières et les stérols
irradiés ne peuvent leur être substitués dans tous
les cas.
Opothérapie dans le cancer. — M. Nàainè com¬
munique t) observations de cancer traité par l’opo¬
thérapie thyro-surréno-hépaticjne.
Dans i cas, il y a eu guérison, au moins appa¬
rente ; dans les autres, des améliorations notables
se sont produites, mais la mort est survenue ensuite.
M. Sergent voudrait savoir combien M. Naamé
a observé de cas et comment il e.\pli(|ue l’action de
l’opothérapie sur le cancer. Il ne faudrait pas que
les médecins pussent, d’après ces ([uelques observa¬
tions, croire que l’opothérapie jouit d’une réelle
efficacité contre le cancer.
M. Naainé a publié, en 1919, un opuscule snr
le cancer; il y a exposé les façons dont, selon lui,
agit l’opothérapie.
— M. Floussy s'associe aux réserves de M. Ser¬
gent. Les observations relatées ne montrent pas
autre chose (|u’une amélioration de l’état général des
malades. Il serait imprudent de ])arlerde guérison.
Au Centre anticancéreux <le Villejuif, M. lloussy
n’a jamais jm constater les améliorations ou les gué¬
risons dont jiarle M. iS’aainé.
Exploration radiologique de l’utérus et des
trompes dans la stérilité. Af‘"“ FrancMlon-Lobre
et M. Jean Dalsace résument les données physiolo¬
giques et anatonio-patliologl(|nes fournies par l’exa¬
men de 150 cas de stérilité. Ils ont pu mettre en
évidence rimiiortanee de malformations et de vices
de positions derutérus (en i)arliculier, latéro-llexions
et torsions) et des trom|)es | méga-salpynx, tromjies
moniliformes. etc.); ils montrent également l’cxis-
tenee de troubles <ie la contractilité utéro-tubaire.
(|ue l’examen gynécologique classiijue ne permet pas
de déceler.
Ces données permettent de j)Oser des indications
chirurgicales plus précises, mais l’injection utéro-
tubaire réussit à idle seule à rétablir dans certains
ras la perméabilité des trompes. Dana 90 cas où
cette perméabilité a été reconnue ou rétablie, les
auteurs ont obseiné Ifi grossesses consécutives à
l'injection de lipiodol.
Les recherches récentes sur la chimiothérapie
expérimentale des maladies à protozoaires des ani¬
maux. M. Ananiades.
Cil. Giioi.i.i;t.
SOCIÉTÉ DE RADIOLOGIE MÉDICALE DE FRANCE
H Janvier 19^9.
Image dlvertlculalre du bulbe duodénal par ulcus.
MM. Léon Tixior, Georges Honneaiix et S. De
Sozo ap]iorlenl l'observation d'un malade présentant
clini(|uenieiil une syniptomatologie gastrique vague,
constituée par une sensibilité douloureuse perma¬
nente de la région épigastrique et des crisi-s doulou¬
reuses intermittentes sans horaire fixe. Des radio-
graiihies en série montrèrent l’existence d’une niche
de Haudeck de grandes dimensions au niveau de
l’angle inférieur de la jietite courbure du bulbe, sans
autre déformation de ce dernier. A 1 opération, ou
trouva une tumeur de la tête du pancréas que l’exa¬
men histologique montra purement iiillanimatoire,
développée autour de l’iilcus extériorisé du bulbe;
une gastro-entérostomie postérieure amena la dispa¬
rition complète de la symptomatologie douloureuse
et la reprise rapide du poids précédemment perdu.
La radiographie pulmonaire double et simultanée.
- JW. Schektor (de IJouIogne) fait impressionner
simultanément deux films placés chacun entre deux
écrans renforçateurs. 11 a obtenu ainsi deux radio¬
graphies dont l’une est sous-exposée par suite de
l'absorption du rayonnement par le l''"' lilin et le
Iv écran. Cette différence permet si l’un des clichés
est trop II dur » d’avoir un refilm meilleur.
Liplodiagnostic de l’hydrosalptnx à soupape. —
- MM. Gosset, Ledoux-Lebard et Claude Béclère
montrent que le liplodiagnostic permet de recon¬
naître aisément l’hydrosalpinx à soupape en raison
de l’aspect particulier que prend l’image.
En effet, en se mélangeant au liquide de rétention,
le lipiodol se met très fréquemment en gouttes sphé¬
riques qui se groupent dans le fond des cavités
tubaires et constituent des amas mûriformes.
La radiographie de contrôle, faite 24 heures après
le premier examen, montre deux larges taches noires
bien limitées de part et d’autre de la ligne médiane.
Ce sont les ombres du lipiodol intratubaire en dehors
duquel il n’y a aucune trace de lipiodol dans l’aire
Ce diagnostic est très intéressant, car il s’agit
presque toujours d’une infection atténuée et souvent,
tout au moins au début, l’examen clinique ne permet
pas de sentir ces trompes dilatées qui sont molles et
dépressibles.
La radiothérapie dans le traitement de l’angine
de poitrine. - JWJW. Nemours-Auguste et Bar¬
rière apportent une statisti(|ue de 51 cas d’angine de
poitrine traités par la radiothérapie.
Leurs malades étaient tous sévèrement atteints de
longue date. Ils avaient essayé la médication usuelle
sans en tirer de bénéfice.
Dans 31 cas, les crises ont disparu ainsi que les
douleurs. Dans 8 cas, les douleurs persistaient très
supportables. L’état de 5 malades n’a pas été modifié.
1 malade a eu une crise d’angor aigu après la
3” séance. 5 malades traités sont morts.
Les auteurs s’attachent à l’étude de ces cas. Ils
remarquent l’ûge des malades, minimum 05 ans, le
temps écoulé entre le traitement et l’issue fatale,
la radiothérapie avait même procuré une sédation des
douleurs.
Les auteurs concluent que, dans une affection aussi
douloureuse, aussi grave, on ne peut refuser aux ma¬
lades les bienfaits de la radiothérapie, à laquelle on
La radiothérapie dans l’artérite oblitérante.
JWJW. Delherm et Beau ont employé la radiothé¬
rapie dans 3 cas d’artérite oblitérante des membres
inférieurs, rebelle aux traitements médicamenteux
et aux agents physiques (diathermie et rayons infra¬
rouges).
Ils ont irradié la région lombaire et dorso-lom-
Dans un cas, ils ont obtenu un succès. Ils pensent
que la radiothérapie a agi sur les centres sympathi¬
ques du irarlu.s iiUevmediu-lulPidlis ou des ganglions
Action favorable de l’irradiation de la région
surrénale dans les artérites oblitérantes. — JWJW.
Desplats et Langeron (de Lille) ont été amenés à
essayer la radiothérapie des surrénales par la lec¬
ture des résultats obtenus dans l’artérite oblitérante
par la surrénalectomie. Ils -apportent 3 observations
favorables sur 3 cas traités et concluent :
1° A l'innocuité complète de la méthode employée :
doses moyennes de rayons moyennement pénétrants;
2“ A l’action thérapeutique i-emarquable sur les
troubles fonctionnels et trojibiques ;
3” A l’action nulle sur les oscillations.
Sans pouvoir affirmer d'ailleurs que les résultats
obtenus sont fonction de l’action sur la surrénale.
Kyste dentifère de la branche montante du maxil¬
laire - JWJW. Zimmern et Leibovici. 11 s’agit d’une
malade, âgée de 63 ans, présentant une tumeur et
des douleurs violentes dans la région de l’angle du
maxillaire iiifi rieui L’accroissement de la tumeur
laisse suspecter une évolution maligne. La radiogra¬
phie et l’opération décidée par la suite montrent
qu’il s’agissait d’un kyste dentifère de la branche
inonlante par inclusion de la dent de Jsagesse, variété
rare par elle-même et par sa localisation.
Guérison par la radiothérapie d’un cas de trou¬
bles algo-trophiques consécutifs à une section par¬
tielle du sciatique. - JWJW. Zimmern et Lahovski.
Après une blessure du tronc du sciatique au 1/3 su¬
périeur de la cuisse se sont développés des troubles
trophiques qui ont disparu après 3 mois. Mais, après
10 uns, est apparu un mal perforant, des douleurs
intenses et de l’anesthésie du pied. Ces troubles
n’ayant été que modérément améliorés par la diar
thermie, le malade subit une sympathectomie pérî-
àrtérielle, mais celle-ci aggrava la situation (dou¬
leurs intolérables, sommeil impossible) et le décida
à l’amputation. La radiothérapie sur la cicatrice de
la blessure fut alors instituée ; eu 3 séances, la gué¬
rison fut obtenue ; disparition des troubles trophi-
([ues et de la douleur et celte guérison se maintient
après plus de 1 an.
L’unité dosimétrique de rayonnement de Rœnt¬
gen et le Congrès de Stockholm. - JW. Solomon.
Le Congrès international de lladiologie (Stockholm,
Juillet 1928) a adopté l’unité électrostatique (r)
comme unité quantitoniétrique internationale. Cette
unité peut être établie également par l’étalonnage
d’un dosimètre avec une préparation radio-active et
l’unité R, actuellement en usage en France, peut être
facilement rattachée à l’unité internationale soit en
divisant le résultat de la mesure par 2, soit en rédui¬
sant la distance <[ui sépare la chambre d’ionisation
de la préparation radio-active à 1,4 cm.
F. LErENXETICH.
SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE
9 Janvier 1929.
La transfusion sanguine massive. JW. Tzanck,
établissant les grandes lignes de la transfusion san¬
guine, s’appuie sur plus de 900 observations. Sur ce
nombre il estime à 1/10 celles des transfusions mas¬
sives de 1,2 et même 3 litres de sang pur. Pour les
petites doses, on peut, ù sou avis, utiliser le sang
citraté, mais pour les doses massives, il faut avoir
recours au sang pur.
Pour le choix de la dose en transfusion sanguine,
il faut s’adapter au cas clinique ; il n’y a pas de
règle absolue.
L’acide quinique dans le traitement des névral¬
gies et de la céphalée des azotémiques. — JWJW,
A. Tardieu. B. Huerre et A. Cartaud, dans le
traitement de l’azotémie, ont systématiquement uti¬
lisé l’acide ijuinique, chimiquement pur, soit sous sa
forme amoiqihe, à la dose quotidienne de 1 gr. ou
1 gr. 20 en 2 prises ; soit sous sa forme cristallisée
(solution aqueuse de 0 gr. 50 ])ar cuillerée è soupe) à
la dose de 1 gr. 50 pro die. Même dans les cas très
graves, lorsque l’azotémie s’élève à plus de 1 gr. 50,
l’action analgésique du médicament est remarquable.
Sous son influence, rapidement disparaissent les
névralgies et les céjilialées les jilus tenaces ; mais le
taux de l’urée sanguine persiste, élevé, et l’évolution
de l’urémie se poursuit, sans rémission.
Cdiez les petits azotémiques, au contraire, chez
ceux qui n’ont que 0 gr. 60 à 0 gr. 90 d’urée dans le
sang, la médication longuement jioursuivie semble
amener, non seulement un soulagement de la céphalée,
mais encore une diminution lente de la rétention
vazotée. 11 faut prescrire ù ces malades des cures
il’entretien assez fré((ueutes, au nombre de 5 à 6 par
année, de la durée d’un mois chacune. L’acide qui¬
nique ne modifie jias l’albuminurie ni l’hypertension
artérielle des brig!iti(|ues.
Trois des observations relatées concernent des cas
très graves d’urémie. Elb's remettent en discussion
la pathogénie de la céphalée dn mal de liright,
céphalée nettement soulagée |»ar l’acide quinique,
lequel n’influence pas le taux de l’urée sanguine.
Chez un goutteux ayant 0 gr. 85 d’urée et 0 gr. 08
d’acide uriipie dans le sang, l’acide quinique, admi¬
nistré per os pendant un mois (dose totale : 30 gr.),
alors i|ue le régime était maintenu constant, n’a pas
fait baisser le taux de l’acide urique ; celui de l’urée
n’était plus que de 0 gr. 70 ù la fin dn traitement.
Cette observation vient à l’appui de l’opinion de
Ilupfer qui soutient que l’acide (|uini<(ue n’agit que
snr l’excrétion de l’acide hippurique et non sur celle
de l’acide urique.
Les bases bio-chltniques de la diététique chez le
brightique. JW. L. Lematte jiose le problème de
l’aliiuentation des briglitiiiues. Pour essayer de le
résoudre, il faut, dit-il, en posséder toutes les
données.
Il faut instituer plusieurs épreuves pour connaître
exactement la capacité fonctionnelle des reins lésés
et surtout leur perméabilité aux chlorures et aux
résidus azotés. Avec ces documents le praticien pourra
fixer la qualité et la quantité d'aliments adaptés aux
syndromes observés.
N» 9
LA PRESSE medicale, Mercredi, 30 Janvier 1929
145
Nous possédons peu de précisions sur la diététique
du brightisme : de nouvelles études s’imposent pour
varier les menus des malades qui doivent pendant
très longtemps suivre un régime sévère.
Le dosage de l’urée du sang s’impose car : l’azo¬
témie est toujours une complication grave chez les
briglitiques.
L’auteur fait voir que le praticien qui prescrit un
régime doit tenir compte de la composition minérale
des aliments. Jusqu’à présent, seul l’usage du sel a
été réglemenlé dans l’alhuminurie. On doit se deman¬
der si des alimenis riches en minéraux et en azote
(comme les légumineuses) ne donnent pas trop de
sulfates et de phos])liates ([ui s’éliminent par le rein.
Nous connaissons l’action des sels neutres sur la
coagulation des protéides solubles. 11 est peut-être
dangereux d’augmenter la teneur du sang en électro¬
lytes et en azote d’origine géuélale.
Les analyses des principaux aliments faites par
M. Lemate avec ses collaborateurs tl. Boinot et E.
Rabane donnent des renseignements utiles sur cette
•(juestion.
On connaît le rôle hydropigène du sodium ; le
médecin choisira des aliments pauvres en soude et
où l’azote est peu minéralisé.
Un régime unilorme, strictement acliloruré, trop
longtemps appliqué, amène de graves désordres ;
l’appétit diminue ou disparaît, le malade maigrit.
Les travaux de Chaussin et de Léon Blum ont mis
en valeur le rôle joué par le chlorure de sodium dans
le métabolisme des protéides.
A propos de la cure par la malaria expérimen¬
tale.- -MAf.Aug'usfe Marie et Lambert (de Pasteur)
donnent les résultats de malarialhérapie. Sur
100 malades traités, 15 observations sont seulement
présentées ici.
La souche de malaria utilisée est celle de Wagner
von Jaureg (de Vienne) prise sur l’homme, depuis 1919.'
Dans ce traitement il suffit d’atteindre une réac¬
tion fébrile de 38® et d’ajjpliquer ensuite le stovar-
solate de Na (1 gr. en injection intraveineuse); le
chlorhydrate de quinine (1 gr. per os) ; le sulfate de
((uinine (1 gr. per os).
Le plusmodium disparait en 'J't heures arec ces
doses.
A noter que les réactions de contrôle par l’adré¬
naline ont montré que l’on ne retrouvait jamais le
plasmodium dans le sang des sujets traités.
M. Bi’issemoret rappelle que c’est un médecin
français, Emile Legrain, qui a été le rénovateur de
la malariathérapie, puisque déjà les médecins de
Louis XI lui conseillèrent de s’exposer à prendre la
lièvre quarte pour être délivré du mal caduc.
Emile Legrain a préconisé, avant les auteurs
des emj)ires eentraux, l’inoculation de la quarte
aux paralytiques généraux, aux tahéti(|ues, etc. (voir
le 8® chapitre du Traité clinique des fièvres des paijs
chauds d’Emile Legrain, paru en 1913).
Marckl Laemmck.
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
10 Janvier 1929.
Paralysie infantile avec symptômes insolites. —
M. L. Baboaneix présente une jeune lille. ([u’il
soigne dei)uis longtemps pour nue j)aralysie infan¬
tile, et ((ui conserve, outre les symptômes habituels,
un signe de Babinski bilatéral, de la thermoanestbé-
sic, <li- l’incontinence d urine et un syndrome de
Claude-Bernard-llorner droit. Si la signilication du
premier de ces i)liénomènes morbides peut encore
être discutée, les autres sont faciles à comprendre :
ils i-elèvent de lésions ((ui intéressent, pour le second
la substance' grise rentro-()OStérieure, pour le troi¬
sième la moelle sacrée, à la hauteur de 53-54, pour
le dernier les origines médullaires des libres irrido-
dilatalrices droites.
(le nouveau fait illustre l'opinion, aujouril’hui bien
établie, que les lésions de lu paralysie infantile ne
sont jias systématisées sur la substance grise de lu
corne antérieure de la moelle, mais la débordent
largement.
— En ce qui concerne l'extension de l’orteil, M.
Bourguignon, qui a étudié les chronaxies de la ma¬
lade, et qui a trouvé des troubles dans le territoire
tibial postérieur, pense qu’elle peut représenter un
. pseudo-signe de Babinski ». Mais M. Babonneix
est porté à incriminer une lésion du faisceau ])yra-
midal, car les réflexes tendineux des membres infé¬
rieurs sont vifs ; il y a du clonus du pied et un phéno¬
mène des raecourcisseurs. M. A. Thomas fait
remar(|uer d’ailleurs que, d’après les recherches i-n
cours de Lapicipie, les lésions du neurone central
peuvent altérer la chronaxie.
Un cas d’hémiplégie pleurale avec convuisions.
ayant évolué rapidement vers la mort; ramollisse¬
ment blanc de la région temporo-occipitale. MM.
Léon Tixier, Yvan Bertrand, de Séze et Paul Du-
cas. Il s'agit d un malaite atteint d'abrès jiulmonaire
stre[)tocorcique, avec pleurésie séro-lilirineuse asep-
tiipie interlobaire, qui avait déjà supporté 3 ponctions
sans incident. La 4'', faite jirofoudément avec une
aiguille à jionclion lombaire, donnait issue à un peu
de sang lorsipie se jiroduisit une syncope, suivie d’une
hémiplégie llasipii- du côté gauche. Très vite apparurent
des convulsions, d’abord de type bravais-jarksonien.
puis généralisées, des contractures des 4 membres,
avec clonus et signe de Babinski ; le pouls était
ralenti à 54. La mort survint 15 heures aiirés le
début.
L’examen du cerveau montra rexistenre d un
ramollissement blanc de la région tem|)oro-o('ri])itali'.
Il y avait une agénésie du corjis calleux. .Mais, ])en-
dant la vie, il n’y avait jias trace de syndrome cal-
li'ux. L’examen avait été pratiqué dans de bonnes
conditions : formolage in situ, examen histidogiipu'
minutieux.
De tels faits sont rares ; ils plaident en faveur de
l’origine emboliipie de I bémiidégie ])leurale et de
leur intérêt médico-légal. 11 importe de se garder
des jjonctious intrapulmonaires répétées avec de
grosses aiguilles.
- M. Haguenau signale ipie. expérimentalement,
chez le cobaye et chez le lapin, il n'a pu réaliser
répile[)sie pleurale qu’à condition d'exciter directe¬
ment la plèvi'e viscérale jiar le chaud ou ])ar le froid.
--.MM. J. Lhermitte. A. Thomas. A. Souques
rappellent ipie, dans certains cas d'épile|isie ideurale,
il est imjiossible d'invoquer ni une iiiijùre intra¬
pulmonaire, ni un mécanisme emboliipie, soit ipie
les accidents apjiarussent aussitôt aiirès l'incision de
la jieau, soit (ju’ils se ])roduisissent à l’occasion d'un
lavage de la plèvre et se re|)roduisissent même plu¬
sieurs fois, et exclusivement ajirès ce lavage.
Réflexe de raccourcissement dans un cas d’hy¬
pertonie extra-pyramidale avec torticolis. - MM.
H. Baruk et Pauveau-Delille présentent un malaile
de 37 ans, atteint d’une hyjierlonie gauche ilatant de
la jiremière enfance, et d’un torticolis permanent
toniipie du même côté survenu à l’àge de 28 ans.
L’hémihypertonie prédomine au membre supérieur
et à la main; elle affecte nn ty])e ])lasti(]ue et extra¬
pyramidal ; mais surtout elle s’accompagne d’une
attitude en flexion de tons les segments du membre
siqiérieur gaurhe, les doigts seuls étant allongés.
dette attitude semble déjiendre d’un véritable
réflexe de raccourcissement. En effet, a])i'és une
flexion passive di' Tavant-bras sur le bras à 45", on
note une contraction spontanée, jirogressive du
biceps, ((ui, |)en à peu et très lentement, amène
l’avant-bras en flexion aiguë sur le bras.
Les auteiirs discutent la nature du phénomène, et
le différenrient d’une exagération du réflexe de pos¬
ture, ainsi que du « réflexe des jirotagonistes » de
Jarkowski, et du réflexe de l ant ici])ation passive.
La scopolamiue fait disparaitre à la fois le idiéno-
mène et la contracture, ce qui élimine l intervention
d’un élément volontaire,
— M. J. Lhermitte rap]ielle que Foerstei- avait
signalé, chez les athétosiipies, un fait un peu ana¬
logue. Le mouvement passif déclenche une contrac¬
tion ipii s'étend Jieu à |)en, par une sorte de mouve¬
ment de reptation, aux groujies mnsrniaires voisins.
Un cas de myopathie associée à un syndrome
pluriglandulaire. - MM. J. Lhermitte. Jacques
de Massary et Yves Dupont. Em dehors de formes
caractéristiques de la niyo|)athie |)rogressive, il
existe des types aberrants, dont le diagnostic est
malaisé. Le malade |)resenté est de ret ordre. .Son
alfection s’est montrée anormale dans ses localisa¬
tions et dans son évolution. Dans plusieurs hôiiitaux,
les diagnostics les plus variés ont été posés : tabes,
myasthénie, insuffisance surrénale.
Le malade, âgé aujourd’hui de 48 ans, présente,
depuis l àge de 34 ans. une faiblesse progressive,
actuellement très marquée, des membres inférieurs,
qui permet à peine la niarebe. La iiarésie s’accuse
aussi, moins fortement, il est vrai, sur le tronc, sur
les membres supérieurs, sur le faciès, qui offre le
type d’Ilutchihson. L'atrophie se montre hors de
proiiortion avec la faiblesse musculaire, (l’est ainsi
que les muscles des jambes, dont la force est extrê¬
mement faible, ont gardé un volume assez considé¬
rable ; à la cuisse, au contraire, 1 atrophie est très
forte sur le tiers inférieur, mais les mouvements ont
une amplitude et une vigueur surprenantes. Aux
membres supérieurs et au tronc, ratrojdiie semble
faire défaut, et pourtant la débilité motrice est sai¬
sissante. Enfin on remarque une atrophie îles jietits
mnscles de la main i*t une parésie bilatérale et incom¬
plète des muscles faciaux.
Tous les réflexes sont jirésents, sauf les arhilléens.
Les réactions électriques se montrent très diminuées
mais non perverties.
Il s’agit donc d’une myopathie très atyjiique. Elle
se distingue surtout par une diminution extrême de
la force musrulairi*. qui contraste avec la conservation
relative du volume des muscles, mais aussi par la
localisation de l'atroidiie à l extrémité inférieure des
ctiisses et aux petits muscles de la main.
Le diagnostic de myopathie jieut être affirmé
gj'àce à la biojisie qui a été faite en plein muscle du
mollet, dans nne région qui ne parait pas atrophiée,
et qui présente cependant des lésions considérables
et diffuses des libres musculaires, de type névropa¬
thique, avec intégrité coiiqdète des filets nerveux.
dette observation comporte un autre intérêt, à
l’égard de l’étiologie de la myojiatbie : c’est l’exis¬
tence, dans cette forme à début anormalement tardif,
d’un syndrome pluriglandnlaire, qui s'aflirme par la
jiigmentation de la jieau, jiar l'affaiblissement de la
pression artérielle, par l’asthénie morale et physique,
par 1 atrophie testiculaire très prononcée
Vraisemblablement, les lésiims glandulaires doivent
être rapportées à une syphilis ancienne. Les rap¬
ports entre l'insufllsanre endocrinienne — surtout
surrénale — et la myasthénie, qui ont été démontrés
sans conteste, permettent de poser le problème des
relations qui existent entre l’insuffisance pluriglanilu-
laire et les troubles myopathiques. (les derniers se
jirésentent ici comme franchement secondaires.
L’influence de la ponction lombaire sur la narco¬
lepsie en apparence idiopathiqne. M. J. Lher¬
mitte et M"*' Alice Roques. Il s’agit d’une jeune
fille de 21) ans, qui a été ])résentée déjà à la .Société
en Novembre dernier, et dont les attaques de som¬
meil se produisent tons les jours, sans cause recon¬
nue. Les auteurs ont pratiqué chez elle une ])onc-
tion lombaire, à titre de moyen de diagnostic et de
traitement .
La rachicentèse a montré : 1" une hy|)ertension
nette du liquide céphalo-rachidien, dont la pression
s’élevait à 55 au manomètre de (llaude ; 2" une
abondance anormal.e de liquide, puisqu’il a fallu,
pour ramener la pression à 21), soustraire 21) rmi'. Le
liquide éfait normal.
Mais la malade, assez indocile, se leva dès le len¬
demain de la iionction, et ne présenta aucnne trace
de céjihalée. Bien plus, pendant 8 jours, les accès
firent défaut, si bien que la malade se crut guérie.
Depuis quelques jours, des crises atténuées se
reproduisent le soir vers li heures.
Bien que, du point de vue ihériqieutique, la ponc¬
tion lombaire ne présente qu’un intérêt restreint, on
ne saurait trop souligner le fait que la soustraction
du liquide a amené nne snsjiension des accès pendant
8 jours, alors que toutes les autres thérapeutiques
avaient complètement échoué.
L’influence de la rachirenf èse s’exiilique assez bien
par rh\ qiertension liquidienne constatée, et on jieut
se demander si la ponction lombaire n’agit [las ici de
la même manière que dans le diabète insiiiide ou
dans la glycosurie de certains diabétiques, en modi-
liant l’état fonctionnel des centres organo-végétatifs
qui se trouvent situés à lu fani' ventrale du cerveau,
(1 est un nouvel argument en faveur de l’origine orga¬
nique, et sans doute mésocéphalique, des narcolep-
sies dites essentielles.
Goitre exophtalmique familial. • MM. O. Crou-
zon et Horowitz
.1 Mol/ox.
146
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE DERMATOLOGIE ET. DE SYPHILIGRAPHIE
10 Janvier 1929.
L’accroissement continu de la syphilis dans la
région parisienne. — MM. Gougerot et Burnier
signalent, que le nombre de syphilis récentes, soigné
à la Clinique de l’hôpital Saint-Louis, augmente régu¬
lièrement depuis 1924 : 491 en 1926, 611 en 1927,
670 en 1928. Les chancres mous augmentent égale¬
ment régulièrement depuis 1922. avec une diminu¬
tion légère en 1928. Cette augmentation ne parait
pas tenir à l’afflux des étrangers dont le nombre est
plutôt stationnaire ou même diminue. Il faut surtout
incriminer l’impossibilité où nous sommes de main¬
tenir à Thôpital les malades contagieux et d’obliger
les syphilitiques primaires et secondaires à suivre
régulièrement leur traitement ambulatoire. Sur
452 hommes atteints de syphilis récente, 293 ont
abandonné leur traitement (65 pour 100). Mais la
principale cause de la recrudescence de la syphilis
est l’augmentation de la prostitution dans ces der¬
nières années. D’après la statistique des auteurs, la
prostitution est responsable de 67 pour 100 des cas
de syphilis et de 72 pour 100 des cas de chancres
Eruption artificielle causée par la vanille. M.
Lortat-Jacob présente une femme atteinte de lésions
eczématiformes de la face et des parties découvertes,
survenues après avoir manipulé de la' vanille.
Danger des pommades à l’acétate de thallium. —
M. Sabouraud attire l’attention sur les dangers pos¬
sibles des pommades à l’acétate de thallium, em¬
ployées de plus eu plus contre l’hypertrichose chez
la femme : phénomènes fébriles, troubles gastro-in¬
testinaux, alopécie généralisée et parfois phéno¬
mènes de paralysie.
— M. Hudelo a vu apparaître une alopécie géné¬
ralisée, 3 semaines après l’application d’une pom¬
made à l’acétate de thallium déliv^-ée sans ordon¬
nance par un pharmacien et appliquée localement
sur des duvets de la face.
— M. Watrin précise que chez la malade à la¬
quelle M. Sabotiraud a fait allusion, l’intoxication
est apparue 4 mois après le début dti traitement à
l’acétate de thallium et s’est manifestée par une né¬
vrite extrêmement douloureuse des membres infé¬
rieurs, par une paralysie des péroniers latéraux, sur¬
tout marquée à droite, et par une parésie plus tar¬
dive des extenseurs de l’annulaire et du médius
Le bistouri diathermique et les ondes entre¬
tenues. — M. Giraudeau signale les bons effets ob¬
tenus avec le bistouri diathermiqne,i mince aiguille
ou anse métallique parcourue par un courant de très
haute fréquence à basse tension, à ondes entretenues.
Ce bistouri intéresse le dermatologiste parce qu’il
permet une section immédiate de la peau ou des mu¬
queuses sans pression, sans hémorragie et sans coa¬
gulation. La cicatrisation est très rapide. Le phéno¬
mène de coupe serait dû, d’après Walter, construc¬
teur de l’appareil utilisé, à une explosion cellulaire
instantanée. Les indications dermatologiques sont
nombreuses ; petites opérations, biopsies, scarifica¬
tions, curettage, à l’exclusion des lésions où une mé¬
tastase est à redouter.
Fléchissements de l’immunité chez un syphili¬
tique. — M.Hissard rapporte l’observation d’un ma¬
lade qui, en l’espace de 10 ans, a présenté un chancre
de la verge, puis un chancre du doigt, puis un second
chancre de la verge. Le premier traitement avait été
long et sérieux, le second traitement bref, mais ex¬
trêmement vigoureux. L’auteur ne pense pas qu’il
s’agisse de réinfections après guérison mais de flé-
ebissernents de l’immunité.
Maladie de Fox-Fordyce. -- MM. Lortat-Jacob
et Legrain présentent une jeune femme atteinte de
lésions papuleuses trü* prurigineuses des 2 aisselles
et de la vulve.
Arthropathie tabétique juvénile. - M. Léri pré¬
sente une fillette de 13 ans, atteinte de gonflement
de l’articulation du genou gauche, apparu en une
Traitement de l’acné par le bactériophage. —
MM. Blum et Peyre ont traité depuis 1 an des cas
particulièrement rebelles d’acné pustuleux par des
applications locales de bactériophage polyvalent (sta-
phylococcémie,' entéro, etc.). Le traitement nécessite
plusieurs temps : ponction des pustnles, inoculation
d’une goutte de bactériophage à l’intérieur de la pus-
Les -résultats paraissent très favorables : sans que
l’on puisse encore en expliquer le mécanisme, le bac¬
tériophage polyvalent ajnène une amélioration nota¬
ble des éléments pustuleux dans des cas d’acné, où
les autres thérapeutiques ont parn peu efficaces.
Syphilis arséno-résistante; apparition après un
traitement arsenical intensif de syphilides éro-
sives, de syphilides psoriasiformes et ensuite de
psoriasis très typique. - MM. M. Pinard, Ver¬
nier, Versini ont observé un malade présentant
un chancre syphilitique typique qui fut mis au trai¬
tement par le novarsénobenzol ; malgré un traite¬
ment intensif terminé par 5 doses de 0 gr. 90,
12 jours après la fin du traitement il présenta des
syjdiilides multiples et polymorphes ; entré autres des
syphilides psoriasiformes qui se transformèrent, mal¬
gré une nouvelle série de novarsénobenzol, en pso¬
riasis typique.
R. BmiMEiî.
.SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
il Janvier 1929. '
Installation du Bureau pour 1929. - - Ont été
nommés : président : M. R. Gaulter; vice-prési¬
dents ; MM. Lavenant, Lobligeois, Pauebet; secré¬
taire général ; M. Blondin; secrétaire général adjoint :
M. Perpère ; secrétaires des séances : MM. Bécart,
Debidour, R. Glénard, Prost.
La sensibilisation physique des tissus néoplasi¬
ques. — M. A. Tilmant apporte le résultat succinct
de ses travaux sur l’action du plomb, soit en injec¬
tions intraveineuses de colloïdes de plomb,- soit par
ionisation, seules ou associées avec la radiothérâpie.
Il montre que le plomb métal pur ne présente pas la
toxicité des sels de plomb, et surtout des oxydes ou
hydrates de plomb, et qu’on peut utiliser des doses
importantes sans accident.
Les résultats obtenus dans le traitement des néo¬
plasies épithéliales sont des plus intéressants et
permettent de considérer cette méthode de traite¬
ment comme un nouvel engin de l’arsenal thérapeu¬
tique de celte affection. Toutefois, de nouvelles
recherches sont encore nécessaires pour la mise aü
point de la technique et des doses qui doivent être
réglées pour chaque cas particulier.
Asthme et éphédrine. — M. Perpère a obtenu de
ce médicament des résultats favorables dans un
grand nombre çje crises moyennes et légères, rare¬
ment dans des crises fortes. Bons résultats aussi à
titre préventif. La posologie est difficile au début eu
raison des réactions imprévisibles de chaque malade.
Contrairement à , ce qui est généralement admis,
l’auteur a observé souvent des phénomènes d’accou¬
tumance dont ne triomphe pas l’élévation des doses,
inconvénient compensé pai- l’improbabilité de l’éphé-
drinomanie dans ces conditions. Pour cette raison cl
d’autres, l’action, non seulement frénatrice des crises,
mais curative de la maladie, acceptée par quelques
auteurs étrangers, est plus que douteuse.
A propos de l’hémospermle. — M. Georges Luys
est d’avis que l’hémospermie dérive toujours, non pas
d’une cause générale, mais d’une cause locale et
presque constamment d’une spermatocystite chroni¬
que. Les causes générales qui ont été invoquées ne
servent que de causes occasionnelles. L’auteur insiste
aussi de nouveau sur la nécessité absolue de prati¬
quer l’urélroscopie' postérieure au cours des hemo¬
spermies, car c’est le seul procédé qui permette do
préciser l’origine certaine de l’hémorragie qui peut
provenir aussi bien de la muqueuse urélrale et du
verumonlanura que des vésicules séminales propre-
Un cas d’ossification partielle des corps caver¬
neux. — M. Ch. David en relate une observation à
propos de laquelle il étudie l’étiologie, la sympto¬
matologie et le traitement de cette curieuse affection
qui, quoique sans gravité, plonge les malades qui en
sont atteints dans un véritable état de neurasthénie.
Comme traitement médical, l'auteur recommande
l’usage inteine do l’iode à hautes doses cl la dia¬
thermie locale. Mais le véritable traitement est l’in¬
tervention chirurgicale qui ne doit toutefois être pra¬
tiquée que lorsque l’affection a terminé son évolution.
L. Perpère. ,
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
RÉUNION NEUROLOGIQUE DE STRASBOURG
8 Décembre 1928.
Troubles vaso-moteurs douloureux . chez un
dysendocrinien. — M. Sebarrenberger présente un
jeune homme de 20 ans, souffrant de picotements
douloureux dans les mains et dans les pieds Par
monients, douleurs paroxystiques s’accompagnant de
pâleur et de refroidissement des doigts et des orteils,
•parfois de crampes. Début à 10 ans, état actuel
depuis l’itge de 14 ans. Les troubles sont survenus,
sans cause apparente, le sujet n’a jamais pu fournir
un travail appréciable.
A l’examen, on constate un habitus féminin, une
dysthyroVdie et des signes de déséquilibre sympa¬
thique. Lesjmalns sont lisses, de teinte pAlc, chaudes
à la palpation, force musculaire faible, en rapport
avec la gracilité des membres, sans déficit pyramidal.
Sensibilité objective noi-male, pas do douleur à la
pression.
Kn résumé,' association de signes endocriniens et
sympathiques chez un jeune homme présentant des
phénomènes vaso-moteurs douloureux.
Syndrome pyramidal double avec crises de dys¬
tonie — Mai. Barré et Alfandary. Présentation
d’une enfant do 11 ans qui a commence à marcher ù
l’ilge de 6 ans. Pendant 3 ans, elle marche et cotirl
normalom(?nl, puis à la suite d’une chute insigni-
liante, s’installe pi'ogressivement une paraplégie.
Les symptômes pyramidaux sont discrets : il existe
un signe de Babinski des deux côtés, mais les
réflexes ne .sont pas exagérés. La démarche, possible
seulement loi-squ’on soutient lu malade, rappelle
celle de la maladie de Liltle. A côté de La paraplégie,
l'enfant présente des « crises « qui consistent en
une llexion lente de la cuisse sur le bassin accom¬
pagnée d’une raideur en extension et tremblement
du bi-as gauche. Parfois le bras droit se raidit éga¬
lement et le tronc ébauche un opistholonos.
Volumineuse tumeur du 4“ ventricule avec pro¬
longements bilatéraux à expression vestibulaire
presque pure (présentation de la pièce et remarques
anatomo-cliniques). — MM. Barré, Stolz et Alfan¬
dary rapportent l’observation d’un jeune homme de
18 ans, ayant présenté dej)uis 1 an des crises de
céphalées, do vomissements et de vertiges. Stase
papillaii-o ; titubation. Latéropulsion, £11 à plomb et
déviation des bras tendus vers la droite. Inexcilabi-
lité labyriuthi(|ue ù gauche. Troubles discrets de la
passivité des deux côtés. Tète inclinée sur l’épaule
droite. Aucun autre signe neurologique. Après une
ti'épanation occipitale, le malade se remet pendant
qilehiues heures, puis meurt brusquement. A l’au¬
topsie, volumineuse tumeur remplissant tout le
4'' ventricule, s’eugageanl dans l’aqueduc de Syl-
viiis et sortant par les deux récessus latéraux dans
les angli.'s poiito-cérébellcux.
Histologiquemeul , épendy moine.'
De l’importance de l’examen du psoas en neuro¬
logie. — On néglige trop souvent l’exploration du
psoas. M. J.-A. Barré décrit une manœuvre propre
à étudier sa valeur. 11 rappelle que celle-ci a un
central et périphérique, qu’elle est moins souvent
positive que la manœuvre de la jambe dans les syn¬
dromes pyramidaux (déficitaires) et qu’au contraire
elle est positive, alors que la manœuvre de la jambe
fait defaiil dans le syndrome vestibulo-spinal qu’il a
De l’utilité des classifications étiologico-cliniques
en neurologie. M. J.-A. Barré.
Crises épileptiques jacksoniennes brachiales,
guéries par l’ablation de névromes d’amputation de
l’annulaire. — - MM. J.-A. Barré, et Metzger.
Empoisonnement par le sublimé (tentative de
suicide); polynévrite consécutive. M. Hanns.
I Ü. Metzger.
N“ 9
30 Janvier 1929
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
L’enseîgnemefit
de la Clinique médicale
en France ^
J. a clinique est cette partie des sciences iiiédi-
eajes qui apprend à interroge)' et examiner les
malades, dans le but d’établir un diagnostic et un
pronostic, ainsi que les indications thérapeutiques
qui en découlent. Science d’application, elle est,
pour ainsi dire, le point de jonction de la théoi'io
et de la pratique, elle s’enrichit de toutes les
acquisitions de la séméiologie, et a suivi celle-ci
dans sa progression do plus en plus rapide. C’est .
dire combien notre clinique moderne diffère de la
clinique ancienne. Depuis la découverte rnémo-
l'able de Laennec, une ère nouvelle a commencé,
et là où autrefois le clinicien ne disposait q)ie do
son observation directe du malade, il lui faut
maintenant connaître et applique)' les jiiéthodes
les plus variées, et recourir à la baclériologie, à
la physique et à la chijuie, à rexpéri)nentatio)]
biologique. Une clinique )noder])e est donc un
organisme très complexe, et l’enseignement ne
peut y être donné que pa)' l’association à la salle
de malades de laboratoires bien outillés, etdi)'igés
par des spécialistes con)pétenls. Cette nécessité
est actuellonent partout reconnue, et le schéjua
d’une clinique médicale )ie diffèj'e guère d’un pavs
à l’autre que par l’ituportance plus ou tnoins
grande des installations et des budgets. A cet
égard, une clinique française ne diffère pas spéci-
liquetiient d’une clinique des pays voisins, n)ais
elle prend sa personnalité, et se difi'érencic de
beaucoup d’autres, si l’oti tient co)npte des idées
directrices qui régissent son fonctionnonent ainsi
que l’enseignement qui y est donné. C’est ce que
je m’efforcerai de montrer, mais auparavant il ])e'
sera pas inutile de faire un retou)' vers le passé,
et de chercher les origines de cet enseigne)nent
clinique qui co])Stitue le sonnnet et le but des
études médicales. C’est une histoire qui remonte
dans le passé moins loin q)ic l'on ne pourrait sup¬
poser.
C'est dans la plus ancienne Faculté de Médecine
de France, à Montpellier, qu’apparaît la première
ébauche de renseignen)ent clinique. Dès le
xiiF siècle, les étudiants sont astreints à suivre
en ville, dans leur pratique, les )nédecins pi'ati-
ciens. Plus tard, rU))ivérsité de -Médecine est
créée par Charles VIII et Louis XII au xV^ siècle,
et les bacheliers en )nédeei))e doivent suivre les
cours des professeurs royaux da))s les hôpitaux
de la ville, et l’enseignonont clinique est pour la
première fois donné en milieu ho.spitalier par les
maîtres de rUniversilé. .
Louis XIV, O) 1707, régleïnente l’enseignement
de la médecine dans tout le royaume, et ordoitne
que « dans toutes les Facultés et .Colleges de
médecine de notre royaume, quatre docteurs se
trouveront avec le Doyen dans tous lieux d’as¬
semblée, précisément à dix heures du matin, le
jour niarqué dans chaque seniaine, pourÿ assister
gratuitement de divers conseils les pauvres
malades qui se présenteront, et qu’ils fassent
écrire leurs avis par les bacheliers, licenciés, et
jeunes docteurs qui assisteront à celte visite. »
1. Cet article a paru en tète du 8' -volume de Methods
and problema of medical éducation, édité par la Rocke¬
feller Foundation, Ne-w-York, 1927.
C’était donc ce que nous appelons t)ne cot)snlta-
tion exle)'[ie qui était ainsi instituée.
En 171.7, esl o-éée à Montpellier une « régence
poLir la visite et le service des pauvres », cl son
p)'emie)' titulaire, Haguenot, ne larde pas à
demander qne la qualriètne année des éludes
)nédicales soit consacrée à la médecine pure, loin
des hypothèses et des tnots; « qu’on en revienne à
la saine observation auprès du lit des malades,
que le médecin de pratique fasse à l’hôpital pou)-
les élèves ce qu’a fait pour eux le démonstrateur
de botanique au jardin des plantes, c’est-à-dire
qu’ayatit l’exemple sous les yeux, il décrive et
fasse connaître les )naladies par les symplôjucs ([ui
les caractérisent ».
C’était bien là la définition de l’enseignenient
clinique, n)ais celui-ci était si loin d’être i-éalisé
qu’en 1702 les étudiants en tnédecine de jMo))t-
pellier adressent une longue pétition au Chance¬
lier de l’Université, qui déclare s’jf associer, pour
demander « qu’il soit organisé un enseignement
pratique au lit du malade ».
A Paris on n’était pas plus avancé, et les
statuts de la Faculté de Médecine, en 1751, stipu¬
lent l’obligation pour les bacheliers d’assister à
une consultation hebdo)nadaire de médecine et
d’en écrire les ordonnances; les licenciés, « pour
s’affermir et sünstruire de plus en plus dans le
Iraitetnent des n)aladies, devront, .dès qu’ils auront
obtenu leur licence, accompagner pendant deux
ans les Docteurs de la Faculté qui, à riIôtel-Diou,
ou à l’hôpital de la Charité ou dans les pai'oisses,
exercent la ))iédecine des pauvres: on n’en dis-
])e:)sera que ceux qui auraient déjà exercé la
médecine avec succès pendant quatre années dans
une ville importante ».
'Tout cela restait bien insuffisant, et c’est ce
que sentaient deux docteurs régents de la Faculté
de Médecine de Paris quand, en 1778, ils publiaient
un rnérnoii'e pour demander qu’il fût créé une
chaire de clinique )nédicale.
Douze ans plus tard, en 1-790, la question était
reprise avec une singulière a)i) pleur dans un très
ijuportant mémoire adressé à l’Assemblée natio¬
nale par la Société royale de médecine, et intitulé
« Nouveau plan de constitution pour la médecine
en France » .
Dans ce )némoire, il est demandé la création à
la Faculté de Médecine de Paris de deux chaires
de )))édecine pratique, comprenant l’exposé des
jnaladies, la Clinique propremer:t dite et la méde¬
cine du Barreau (médecine légale). Le cours
divisé en deux parties, l’un pour les maladies
aigues et l’autre pour les )naladies chroniques,
devra durer deux ans, et les professeurs allerne-
Ce ]i’était encore là que de la médecine théo¬
rique et il n’était question ni de chaires de cli¬
nique pure, ni d’enseignetnent à l’hôpital.
Il est vrai que plus loin, dans le n)én)e tnémoire,
est exposée une- organisation tnédicale des hôpi¬
taux, et la nor))ination esl demandée d’élèves
choisis parmi ceux que les examens auront montré
les )neilleurs. Ces élèves inspecteurs des salles,
c’est déjà le germe de cette institution fonda)nen-
tale dans l’enseignement et les prog]'ès de la
médecijie parisienne, l’internat en médecine des
hôpitaux de Paris.
Il faut orgàniser les hôpitaux pour préparer
les élèves à la pratique par l’observation des
maladies, base nécessaire de l’instruction clinique.
Le professeur devra chaque jour faire le matin
la visite de ses salles, accompagné des élèves;
après la visite, leçon à ra)))phithéàtrc avec co:
l]'ôle néo'opsique s’il y a lieu. L’après-)nidi, tro
fois par seniaine, cours de ])iédecine pratique^. I
l’esprit )nc))ie de la réfü)'))ie se résiunait dans eel'
belle fo)'mule : « faire servir au progrès de l)aï
])iédical tout ce (|ui se)'a fait pou)' le so))lageme]
de rhun)a])ité ». ' ,-,j
Celte conception si la)'go et si nouvelle pr
nail force de loi avec deux déo-ets, dont l'un, c
14 F)'i)nuire a)) III (4 Décembre 1794), créa
trois écoles de ])iédeci:te, à Pa)'is, Montpellier;-
Strasbourg; dont l’autre, d)i 14 Messidor an-'l
organisait déliniti vojient l’ojseigjjonoit cliniqui
Trois chaires de clijiique )))édicalç étaient fondél
à Paris dans les Hospices de l’Humanité (HôW
Dieu), de rU))ilé (Cha)'ité) et de l’Ecole de Mé^
L’enseignement devait èl)'t' donné dans J
salles de malades et à ra)nphilhéâl)'e ; les foi
lions et les devoii-s des p)'ofesseurs et des élè-v
étaient précisés; et les élèves déjà avancés dà
leiD's éludes devaient suivre pendant quatre rrn
chacune des cliniques.
^ Le -1" Prai)-ial an VH (20 Mai 1799j Corvisi
faisait sa première leçon clinique à la Chari
dans cette chaire qui devait plus tard être og(
pée par Laennec. Cette date )némoi'able consli
le véritable début de l’enseignement moderne d'e
clinique )nédicale en F)'ancc. Voilà quelles st
les origines de la clinique médicale française, ai
ses cadres, ses directions propres, sa tradition
laquelle elle se fait honneur d’èlre toujours res
fidèle. .Mais elle n’a cependant pas cessé d’évolu
devoianl de plus en plus extensive et C0)))plex
)ncsu)'e que les progrès de la science faisai
:)aître des besoins nouveaux. C’est l’état actucb
nos cliniques qu’il nous faut )Tiainlenant expos
Qu’est-ce qu’u]]e clinique i’ D’abord et' av:
tout une installation hospitalière, avec ses sal
et scs malades.
Au début, le nonjbre des litîs élaitbicn resirei
Sait-on de combien de lits disposait Laennec p
dant les trois ans où il a occupé la* chaire de
Charité';’ 40 lits en tout, dont 26 lits d’hom)ije£
14 de femn)es ! Et c’est cependant dans ces con
lions qu’il a poursuivi et cotnplété ses recherc
ad)nirables sur l’auscultation, commencées
l’hôpital Necker. Aujourd’hui une clinique nié
cale française compte . environ 120 à 150 1
quelquefois moins, rarement plus. C’est peu-
chose, comparé à certaines cliniques allernan
où le. nombre des lits peut atteindre 200 à 250
Sans doute, un contingent de )))alades ai
élevé met à la disposition du iirofesseur;
grandes ressoui'ces pour l’enseignement, et p
per)netl)'e de ))iontrer des cas en série. Mais^
bien aus.si scs inco)ivénicnls. Dans d’aussi vas
cliniques, le professeur ne peut connaître,:
)nalades, ne voit et ne suit au jour le jour '
ceu-x qui lui sont montrés; il devient le consul!
de ses assistants, et cela, conmc nous le verre
est tout à fait contraire à nos idées françaises]
le professeur doit lui-mème examiner etconna
ses malades, et tirer de sa visite faite cha
matin devant les élèves le meilleur de son en
gnernenl.
Dans nos salles hospitalières, les lubercul
bacillifères ne sont pas admis; ils sont rccuei
et soignés dans des salles spéciales.
Le recrutement de nos malades se fait à Pi
de trois façons : un jour par semaine, la Clinij
reçoit tous les malades admis dans les vii
quatre heures à l’hôpital; la Clinique a de plu
148
LA PRESSE MEDICALE,. Mercredi, 30 Janvier 1929
N» 9
nisultalion i)r()j)rc, avrc admission dii-ccU-; enlîu
saucoup de maladi's. cl ci* sont sonvfiit les cas
■s |)lns intcrcssanis, sont de la ville ou de la
rovinee, envoyés direelemeiil aux peoresseurs.
Si les salles de malades reslenl le eentl'e de
;!lisei”nemenl, idles iii' sauraient eep<'udant lui
fllire, et l’on ne peut eom’evoir aujourd’hui une
iniipie médicale sans l’adjonetion nécessaire de
boratoires nombreux et disposant d’un outil¬
le moderne. (Juatre dé|)ai'tements seientillcpies
ni ffénéralennml or"anisés ; anatomie patliolo-
ipie et baelériolog'ie ; médecine expérimentale,
ologie et sérolof^'ie ; chimie et physi(pie ; radio-
^;ie et éleetrolo^ie. (ihaeun de ees lahoi'atoii’es
t dirig’é par un assistant si)éeialisé, choisi par
Dans ia [)lupart de nos elini(]ues, ees div<'rs
horatoires sont maintenant eonvenahlement
stallés et outillés, et permettent à la (diuiijue de
sullire à elhs-méme, à la lois pour le bien des
llades et pour les besoins des recdierehes seien-
hpn^s. Peut-être la temlanee moderne va-t-elle
Mik! un peu loin, ipii eherehe à faire de (diacpie
ni([ue un institut médical eom|)let. (le serait
rdre de vue sou but principal, <[ui doit loii-
irs rester l’examen et l’étnde du malade, avec
lies les déduelious ])rali<pies et théori(jues (jue
n peut en tirer.
Enlui, pour compléter l’ai'malure de la Cli-
|pie, il faut y joindr<’ le concours régulier de
ijcialistes poui- les maladies des yeux, des
Idlles, du l'hino-pharynx.
l’ont rida n’est jias la (diui(|ue, <'e n’en est (pie,
yadre. 11 nous faut essayer de montrer la (di-
pie vivante en l’aetiou, d’en faire eompreridre
dynamisme.
?our (pi’uue (diniipie vive, il lui faut un corps
■ieignant et des auditeurs.
\ la tète du eor|)s d’ensidguement, se trouve
.urellement le Professeur. (Iidui-id, avant
voir obtenu sa iduiire, est lonjours dejuiis
gtem[)s médeidn des b(')[)itaux, au moins à
ris, et a la longue exjiérienee de la direction
n service hospitalier. On n’arrive pas de
me heure à une (diaire de eliniipie, guère avant
je moyen de .')() ans, et la reti'aile étant lixée à
ans, c’est une période d’activité de ipniize à
gt ans (pi’a devant lui le médeidn ([iii est
niné à une (diaire de (diniipie. (l’est donc un
eignement de maturité et d’expéidence ([ii’il
irra et devra donner.
jcs assistants h's plus directs du Professeur
t des chefs de (diniipie, au iioinhre de deux ou
is le plus sonveiil, et idioisis [lar lui parmi ses
dens internes. Les (dnd's de (diniijue sont tou¬
rs docteurs l'ii niédeidne, et leurs fonctions
•eut de deux à trois ans.
’iennent ensuite les internes, au nombre de
x on trois en géni'u-al, jias encore docteurs, et
icliés à la (lliniipie [lendant un an seulement,
nternat est un corps d’idite. recruté jiar un
cours très sévère, et ipii en France jonc le
.! d’une école supérieure de médecine. Presipie
s nos médeidns de valeur sortent de l’Internat.
'Inlin, et à un rang bien [dns modeste, viennent
externes, six à huit le plus souvent, (‘gale-
:it nommés au eoneours, candidats à l’Iuter-
pour la jilupart, et spéidaleiiicnt préposés à la
se des observations et aux menus soins ipie
anicnt les malades.
/ensemble de ces auxiliaires du professeur
eigne la |iropé(leiltiipie, guide les jeunes étu-
nts dans rexamen et le soin des malades,
■ tsocie aux reeherehes laites dans les lahora-
*es de la eliniipie, et porti' jiartoiit avec lui
prit viviliant de la jeunesse et la sève des
es nouvidles. (le n’est ipi’à celte condition
une cliniijne vit et progresse,
kprès le cor|is enseignant de la (lliniipie, il
t en voir les auditeurs, et ceux-ci sont d’ordre
s divers, niédccins franigiis ou étrangers,
étudiants arrivés à la fin de leurs études, et
d’autre ,parl jeunes étudiants, en cours de scola¬
rité, et envoyés à la Cliniipie pour y faire nu
stage d’instruction.
(l’est de ces derniers ipi’il faut d’abord nous
oeeu|)er, car sur ce jioini les idées françaises sont
très dill’érentes de celles qui sont admises dans la
plupart des autres pays.
Presque partout, la formation des jeunes étu¬
diants se fait dans un ordre rigoureusement
logi([ue. Il faut, dit-on, instituer d’abord les
éludes morphologiipies, relevant de ranatomie,
de riiistologie, de l’embryologie. A celte jire-
iiiière inilialioii succéderont la physiologie, la
chimie biologique, et les deux premières années
scolaires doivent être uniquement consacrées à
ees études préliminaires, condition nécessaire
[loiir aborder en connaissance de cause l’étudi' de
la pathologie. Pas de connaissance possible de
l’organisme malade si on ne lui donne pas pour
prémisses la connaissance de l’organisme normal,
(le n’est donc qu’au seuil de la troisième année
scolaire ipie l’éliidiant devra entrer dans la salle
d’Iii'ijiilal et aborder avec fruit les éludes patho-
liigiipies et cliniques.
En France, nous partons d’un jirincipe tout
o|)posé. Nous consacrons bien le programme des
deux premières années scolaires à l’étude des
sciences morphologiques et physiologiques mais
nous voulons en outre que dès le jiremier jour, et
peiidaiil toute la durée de sa scolarité, l’étudiant
vienne à l’hi’ipilal. ,Sans doute il y sera atl début
très novice, et beaucoup de ce ipi’il y voit ou y
entend lui restera obscur. Fl cependant rien d(>
ce ([u’il verra ou entendra ne lui sera en réalité
inutile, et il commencera ainsi dès la première
heure son éducation sensorielle, celte base si
inqiorlante de l’éducation séméiologique. .Vvaiil
ipi’il sache rien de l’anatomie ou de la iihysiolo-
gie du ('(eur, il jmiirrra apprendre à reconnaître
un soiiflle mitral ou aorliipie, ou un froltemeiil
périeardiipii'. 11 s’initiera à la percussion, à la
recherche des vibrations vocales, il apprendra à
reconnaître un souille tubaire ou pneumoniipKg
une crépitation pneumonique, il verra les cra¬
chats et leurs dill'érents as[)ecls. Les explications
orales données au lit des malades par le profes¬
seur ou par ses assistants lui permettront
di'jà de conqireiidre bien des choses. De même
encore, il ajiprendra très facilement à examiner
une ascite, à rechercher les réflexes tendineux;
les dill’érentes courbes thermiipies ipii passeront
ehaipie jour sous ses yeux lui montreront les
grands aspects des cycles fébriles, et ainsi chaipie
matinée à l’hi'ipilal apjiortera une notion nouvelle
([ue renseignement propédentiipie au lit des
malades éclairera et précisera.
(le serait d(;jà beaucoup. Mais ce n’est jias le
seul profil (pi’un jeune étudiant puisse trouver à
la fréipienlation (piolidienne de l’héipilal. Il en
relire un bénéfice plus grand encore en s’initiant
progressivement, et d’une façon prcsijue incons¬
ciente, au raisonnement et à l’esprit médical.
Faire de l’étudiant un médecin, c’est le résultat à
atteindre, et ce n’est pas trop des cinq années de
scolarité pour réaliser ce but siqirème de l’ensei¬
gnement médical.
On conqirend qmdle avance considérable
donne à l’étudiant celle initiation des deux pre¬
mières années, et le jour où, avec la troisième
année, il aborde l'étude méthodiipie de la patho¬
logie. il y est d('“j;\ tout préparé, et rien de ce
ipi’il va apprendre en ordre (lidacli([ne cl logique
ne lui est étranger. Sa première éducation est
faite ; il est dégrossi, et peut entrer de plein jiied
dans le domaine, di'jà en partie exploré par lui,
de la pathologie. (loinbien la tAche sera plus
aisée pour lui que pour son camarade qui, au
début de la troisième année, n’aurait pas l'ncore
approché d’un malade !
.Mais cette technique française n’est rendue
possible que par la manière même dont nos cli¬
niques fonctionnent, et pijr les conditions dans
lesquelles l’enseignement y est donné. Pour nous,
la partie essentielle de l’enseignement est la
visite dans les salles, faite cha([ue malin par le
jirofesseur et ses- assistants, en présence des
élèves dn service. (leux-ci voient examiner les
malades, et les examinent eux-niénies. Il y a
deux manières de présenter un malade à des
élèves ; l’une, en praliipie dans beaucoup de pays,
consiste à montrer le malade dans l’amphilhéâtre
avec un diagnostic fait et complété par la série
(l('s examens de laboratoire ; l’élève n’assiste guère
(pi’à un exposé clini([ue et il ii’a rien vu de ce qui
prépare le diagnostic. Tout autrement instruc¬
tive, croyons-nous, est la méthode qui associe
l’élève à tous les progrès, à toute l’évolution de ce
diagnostic, qui le fait assister à toutes les opéra¬
tions cliniques, au lien de ne lui montrer qu’un
diagnostic tout fait. Pour cela, le jirofesseur ne
doit jias examiner le malade dans son cabinet,
avec le concours de ses seuls assistants ; son exa¬
men doit être jniblic, et sous le conlrtMe des
élèves. Evidemment une telle manière de faire
exige (jue le jirofesseur paie tout le temps de sa
personne, et ait le courage de son diagnostic. Il
jieut se tromper, mais rien n’est jilus instructif
(ju’une erreur, et elle est toujours avouable si
tout a été fait pour l’éviter, si l’examen a été
complet, rélléchi, et consciencieux. La leçon à
ramjihilhéàtre, jirécédée de celle longue jiréjia-
ration, sera la discussion et la synthèse de tout
ce qu’auront ajijiorlé les examens cliniijnes et de
laboratoire.
Non seulement le jirofesseur, dans nos idées
françaises, doit examiner les malades devant ses
élèves, mais il doit associer ceux-ci à cet examen,
leur faire sentir (jue dans la cliniijiie ils ne sont
jias de simjiles sjiecilaleurs, mais aussi de modes¬
tes collaborateurs, qui jiarlicijient à la prise des
observations et aux soins journaliers qui doivent
être donnés aux malades, (l’est à ce jiri.x qu’une
clinique est vivante, et, on peut le dire, aussi jiro-
lilable jiour le maître (jue jiour les élèves.
(lejiendant la visite dans les salles n’est pas
tout, et la leçon à l’amjihi théâtre n’en est jias le
simjile corollaire. Elle doit étri' (jindijue chose de
jilus. Si dans les salles renseignement doit re.s-
ter simple, jiralique, élémentaire, destiné à la
formation jirofessionnelle des étudiants, on ne
doit jias oublier (jue dans l’amjihithéàtre de cours
jirennent jilace des médecins de toutes jirove-
nances et (jui ont droit d’attendre quelque chose
de Jilus (ju’une leçon élémentaire. Nos Facultés
sont des centres à la fois de formation jirofes¬
sionnelle et d’enseignement supérieur, et le jiro¬
fesseur jiourra donc, à jirojios du sujet choisi
Jiour la leçon, faire une large jiarl à la discussion
crili(pie, montrer (jiudles sont les données
encore mal connues du jiroblème, le jioinl où les
constatations jiosilives finissent jiour faire jilace
aux hyjiolhèses ou aux théories, s’efl’orcer d’arri¬
ver à la vision directe des choses. Un grand
sculpteur français, Rude, a défini le but de l’en¬
seignement supérieur dans une formule bien belle
et jirofondément vrpie : « renseignement doit
être une méthode d’aU’raiKdiissement ». AH'ran-
chissement de la jiensée, et non servitude, voilà
bien le fond de la doctrine française, et l’idée
directrice de notre enseignement cliniijue.
En (hdiors des établissements spécialisés jiour
la formation des médecins de l’armée, de la
marine, des colonies, l’enseignement idinique est
donné en France jiar neuf Facultés d’Elal et jiar
une Faculté libre, et jiar douze Ecoles de méde¬
cine. Dans ces deux ordres de corps universi¬
taires, l’enseignement clinique, quoique les mé¬
thodes restent les mêmes, se jirésente sous des
asjiecls un peu diH’érents. Dans les Facultés, la
vie scientifique est jieul-être plus active, les
ressources clini(jues jilus abondantes, l’outillage
N» 9
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
149
des laboratoires plus complet, les études sont
poussées jusqu’au doctoral. Dans les Ecoles, les
examens des premières années de scolarité
peuvent être passés, mais les examens cliniques
terminaux et la thèse doivent se faire dans une
Faculté. Mais, d’autre pari, les élèves sont moins
nombreux, mieux connus des professeurs, l’ensei-
fînenient est plus simple, plus direct, les condi¬
tions générales de vie plus faciles. C’est souvent
une très bonne direction que de commencer dans
une Ecole et de finir dans une Faculté.
Ji’encadrement clinique des stagiaires est rela¬
tivement facile quand leur nombre n’est pas trop
élevé, et dans la plupart des Facultés, les chaires
professorales suffisent aux besoins de l’ensei¬
gnement.
Mais il n’en va pas de même à Paris, où chaque
année de scolarité compte en moyenne de 500 à
000 étudiants inscrits.
D’autre part, leur tableau de stage, unique¬
ment pour la clinique médicale, est le suivant :
l™ année, un semestre ; 2“ année, un semestre ;
3" année, deux semestres, en y comprenant la
clinique infantile ; 4' année, enseignement de la
neurologie et de la dermato-syphiligraphie ;
5“ année, enseignement de la psychiatrie.
Les chaires professorales alférentes sont au
nombre de douze dont voici le tableau :
Clinique propédeutique . 1
Cliniques générales . 'i
Clinique des maladies infectieuses . I
Clinique thérapeutique . 1
Cliniques infantiles . 2
Clinique neurologique . t
Clinique psychiatrique . t
Clinique de dermalosyphiligraphie . 1
Evidemment ces chaires sont insuffisantes pour
encadrer pendant toute la durée du stage un
pareil nombre d’élèves.
En première année, tous les élèves passent pâl¬
ies cliniques professorales, et encore faudrait-il
en limiter le nombre par clinique, pour éviter le
surpeuplement de certaines cliniques.
Mais pour les années suivantes, il a fallu créer
un organisme de secours, c’est-à-dire des chaires
de cliniques annexes, au nombre de six, et diri¬
gées par des médecins des hôpitaux déjà ratta¬
chés à la Faculté par le titre et les fonctions de
professeur agrégé. En outre, d’autres stagiaires
sont inscrits dans des services de médecins des
hôpitaux agréés par la Faculté. I^es élèves sont
répartis par petits groupes, et peuvent recevoir
leur formation clinique dans d’excellentes condi¬
tions. Non seulement on évite ainsi l’encombre¬
ment, mais les élèves ont de plus le grand béné¬
fice de disciplines variées. Sans doute, les
malades sont partout les mêmes, et les diagnos¬
tics varient peu d’un médecin à un autre, mais
cependant chaque chef de service a ses méthodes
d’examen, ses allures mentales, ses procédés de
synthèse, et un bon médecin ne doit pas être
l’homme d’un seul maître ; à passer par plusieurs
directions scienlifi(]ues il, enrichit ses connais¬
sances professionnelles, et agrandit son horizon,
(l’est du reste là une règle générale de notre vie
médicale, et l’interne, nommé pour quatre ans,
passe successivement par quatre chefs de ser¬
vice dill’érenls.
Paris est du reste, au point de vue de rensei¬
gnement médical, la ville des difficultés, com¬
pensées heureusement par la richesse incompa¬
rable des ressources cliniques dont elle disjiose.
Il est très désirable, pour la commodité de fré¬
quentation des cliniques, que celles-ci soient
autant que possible groupées dans un seul hôpi¬
tal où dans des hôpitaux peu distants les uns des
autres. C’est ce ipii existe dans la plupart de nos
Facultés ; deux seulement, en raison même de
l’importance des villes où elles ont leur siège,
n’ont pu réaliser cette condition, Lyon et Paris.
A Lyon, un hôpital grandiose de clinique est en
construction, où tous les services d’enseigne¬
ment seront centralisés. Mais à Paris, ce pro¬
grès, qui serait si désirable, paraît à peu près
impossible au moins pour le moment, faute de
terrains libres, et aussi, il faut bien le din-,
faute des sommes énormes que nécessiterait nue
jiareille entreprise. Nos cliniques sont donc triqi
dispersées, trop éloignées les unes des autres,
groupées le plus souvent deux à deux, une cli-
nicpie médicale étant associée à une clinique chi¬
rurgicale. 11 y a là, pour les médecins et les
étudiants qui en suivent l’enseignement, une
perle de temps qu’atténue heureusement la multi¬
plicité des moyens de transport.
Quels sont les buts à poursuivre, les améliora¬
tions à réaliser dans les cliniques médicales
françaises ? Ces améliorations sont nombreuses,
et il ne peut pas en être autrement à une époque
où les sciences médicales progressent si rapide¬
ment et s’enrichissent chaque jour de méthodes et
de techniques nouvelles. C’est dire que roiilillagc
technique d’une clinique n’est jamais ni aussi
complet ni aussi moderm- (pi’il le faudrait. 11 est
donc très désirable ipie les clinicpics disposi-iit
d’un budget suffisant pour jiouvoir à la fois
aux frais très lourds des laboratoiri-s. En [larti-
culier, les recherches de chimie et di- radiologie
coûtent aujourd’hui l'orl cher, et <(ui voudrait
cependant donner un enseignement clinique (pii
ne serait jias ap|)uyé et éclairé par la chiniii- et
par la radiologie ':’ 11 faut donc (pie les cliiiiipies
médicales soient plus largement dotées, et qu’elles
trouvent en outre des ressources complémen¬
taires dans des cours payants de clinique, de
physiologie pathologique, de ihérajieulique,
cet égard, un gros elforl a été fait depuis la
guerre et partout des cours pratiques sont insti¬
tués, cours de perfec.lionnenieiit, de révision eide
mise au point des données seienliliques les jihis
récentes. Cet elforl a trouvé sa récompense dans
l’aflluence de plus en plus grande des médecins
français et surtout étrangers. Qu’ils sachent bien
qu’ils seront partout les bienvenus, et que la tra¬
dition française a toujours été et sera toujours
d’ouvrir largement nos cliniques, et de les rendre
accueillantes et hospitalières pour qui veut
travailler, s’instruire, et se mettre en état de
collaborer utilement au progrès mondial de la
médecine scientifique.
A. ClIAUFl'AlU),
Piüfos.sciirlionoi’uirode Gliniiine iiu'dicnlc
à runivciesilci de Paris.
Jules Badal
(1840-1929)
Le professeur Badal, qui, lors de la création de
la Faculté de Médecine de Bordeaux, en 1873,
fut le premier titulaire de la Ehaire de cliiiiipic
ojihtalmologique, vient de s’éteindre à l’àge de
89 ans.
Doté, au début, de moyens précaires il sut, à
force de lutter, créer un service d’hôpital où jien-
danl trente-deux ans il disjiensa à de nombreuses
générations d’étudiants son enseignemenl clair,
jirécis, donné tout en causant cl sans a[)paral, qui
fil de lui un Maître incoiiqiarable. Ses nombreuses
iniblications scientifiijiies se retrouvent dans les
journaux médicaux et, en particulier, dans les
Arc/iù’cs d'oplitaliiiolof^ic, dont il était l’un des
Directeurs. En même lenqis, il inventait des
instruments tous très ingénieux, entre autres
son optomèlre ipii est le modèle du genre ; il
s’intéressa à toutes les branches de la spécialité,
aussi bien à l’optique physiologique ipi’aiix ques¬
tions de cliiiiipie pure et son habileté presti¬
gieuse de chirurgien était bien connue.
En 1910, atteint par la limite d’àge, il transmit
le flambeau qu’il avait si vaillamment tenu au
professeur Lagrange, qui le fil briller d’un éclat
non moins vif.
Après sa retraite, il vécut dans le silence et la
rellexion, s’intéressant à tout : sciences, art,
médecine et poésie, appréciant les gens et les
clioses avec bon sens et perspicacité. C’est dans
celte sérénité d’esprit ([iie la mort est venue non
point le surprendre (il l’allendait depuis loiig-
tciiips), mais le retirer douccmeiit d’un monde
ainpiel il avait ap|)orlé, sans compter, la lumière
de son es|)ril et les belles découvertes (jui feront
durer son souvenir.
Variétés
L'accouchement aux gants.
Il existe des vérités dont les esprits ne se pénètrent
([u'à force de répétitions.
Nous avons tous obser\é les accouclieinenls tids
qu’ils se jiratiquenl dans les maternités parisienni's
entourés de parfaite asiqisie au inémi* titi’e que les
opérations chirurgicales.
Mais à la campagne tout est changé; le milieu, sa
mentalité, son ignorance, sa pauvreté, la distance
même (pii nous sépare de nos malades rendent,
semhle-t-il, cette asepsie difficile, sinon impossible.
Et ciqiendanl!
Voici la ligue de conduite bien simide, jiralicpie
que nous avons adoptée, depuis quelques années et qui
nous donne parfaite satisfaction . ainsi qu’à nos
parturientes.
Nous les prévenons d’avance que nous sommes
partisan d’injections vaginales |au permanganale|
avant l’accouchement et que nous n’eu donnons
qu’exceptionnellement après.
On se lave les mains avant de se mettre à table,
leur disons-nous.
Pendant la (|uinzain(‘ de jours ipii jirécéde
raccouchement, la femme enceinte se donne elle-
même tous les jours des injections vaginales.
Arrive le moment de raccouchement. Si nous
pouvons, s’il est encore temps, nous lui en adminis¬
trons une; sinon, nous sommes [larfaitement tran¬
quille.
L’antisepsie des injections a fait son omvre et va
donner place à l’asepsie.
Un doiglier en caoutchouc de Legueu et une jiaire
de gants en caoutchouc. Voici le plus utile des
nécessaires de l’accouchement , celui ipii vous
mettra à l’abri des complications ipii coûtent souvent
Je fais bouillir mon doigtier dans une cassende et
ma paire de gants dans une autre oii je les conserve
pour toute éventualité.
(duuiue toucher ipie je pratiipie, je ne le fais
qu’avec mon (hdgtier bouilli.
Si au cours d tine phase (pielconipie de l'accouche-
inent j’ai ht'soin de tout(‘ ma main ou des deux, les
gants sont là tout bouillis.
Je doute fort ipie le plus soigneux des savonnages
des mains et des avant-bras, complété d'un rinçage à
tous l(‘s antisiqitiipies du monde, même pendant un
quart d’heure f(‘t c’est parhiis long jiour um‘ partu¬
riente ([iii n'attend pas et expulse en vitesse) ,
j)uiss(‘ donner la mémi' sécurité que ces gants ou ce
doigtier bouillis.
Au coton hydrophile non stérilisé (le stérilisé
coûte trop chéri, je préfère la garniture de la vulve
avec une simple serviette bien lessivée et riqiassée,
tout en garnissant le lit de draps projires, contraire¬
ment aux scrupules de beaucoup de nos clients de
les salir.
Et si apres rida, par hasard, une de vos clientes
vous lait de la lievre imerpérale (bénigne le plus
smiveut. cest-a-dire endogène), non seulement votre
responsabilité sera a couvert, mais votre conscience,
celle qui maigre 1 accoutumance aux iiertes jiarfois
inévitables vous poursuit de sa voix intérieure, vous
dira :
« Tu n’as rien à te reprocher. »
Songez qu’ajirès de multiples et malsains con¬
tacts de vos doigts, d apparence jirojires au cours
d’une même journée, vous jiorterez au niveau du col
déchiqueté, déchiré, les terribles microbes hétéro¬
gènes, germes virulents auxijuels l'organisme de la
15Ô
LA ^RÉSSE MEDICALE, Mercredi, 3Ô Janvier 1929
N» 9
pnrturienle n’csi pas luibitué, en y semant sa condam¬
nation i\ mort.
Nous n’avons pas la prétention de découvrir l’Amé-
ri(|Uc, la vérité sur laquelle nous attirons l’attention
est i)ar trop banale pour s’en enorgueillir.
Mais nous estimons de notre devoir d’attiri^r
rallention des confrères sur la sécurité que leur
donne le procédé simple de l’accouchement au.\
gants et (pii devrait être généralisé non seulement
lionr les médecins mais également pour les sagcs-
feinines.
L’accouchement aux gants doit devenir une obli¬
gation morale, sinon juridique, pour tous ceux qui
pratiquent les aceouebements.
!)'■ Roujanski.
Fresneaux-Monlclicvreuil (Oise).
Préparation à sec de la parturiente
à la clinique obstétricale de Boston
U. S. A. (L.-E. PuArtLur).
La toilette vulvaire est faite au débulj'duj travail.
La préparation au moment de l’accou-
cliemcnt consiste en un badigeonnage
à l’éther it l’aide d’une pince, munie
d’une compresse de gaze, de la région
vulvaire.
Cette o])ération est suivie d’une appli¬
cation de teinture d’iode dédoublée soit
il 3 1/2 pour 100, soit d’une solution
alcoolique d’acide picricpie à 5 pour 100,
soit d’une solution de mcrcurocliromc
il 'i pour 100. La parturiente est alors
l’ordinaire,
du rachis et ne pouvait être perçue par la palpation
abdominale. A la radiographie, l’ombre de la tumeur
s’étendait jusiju’à la hauteur de la 2“ vertèbre sacrée ;
il n’existait aucune fissure du sacrum ni de la
colonnq vertébrale.
L’ombre de la tumeur n’était d’ailleurs pas de
densité uniforme. Les poumons n’étaient pas encore
complètement déplissés et les intestins étaient rem¬
plis de gaz.
L’opération eut lieu 3 b. 1/2 après la naissance,
sans anesthésie. Une ponction de la tumeur évacua
d’abord 1,200 grammes environ d’un liquide séro-
hématique ne laissant plus qu’une musse solide
dure.
Une incision circulaire sur la tumeur ainsi réduite,
incision n’intéressant que la peau et l’aponévrose,
permit de trouver un plan de clivage grâce auquel
toute la masse put être décollée rapidement et com¬
plètement, en avant et en arrière du pelvis, avec très
peu de ligatures, sans qu’à aucun moment le péri¬
toine eût été découvert et sans qu’on eût pris con¬
tact avec un viscère pelvien quelconque. Finalement
il ne resta plus qu’un pédicule large de deux doigts.
Cette préparation a pour but d’em¬
pêcher la contaminatiou du vagin béant
surtout chez la multiiiare, et nombre de cultures o
prouvé sa supériorité au point de vue de l’asepsie
de l’antisepsie.
Rendant le cours du travail on ne pratique jamais |
le toucher vaginal.
Curiosités Médicales
Fig. 2
- Apri
Enorme tumeur congénitale du sacrum
chez un nouveau-né
opérée le jour même de la naissance.
Celte tumeur, dont nous reproduisons la pho
-dessus, a été observée par W. Kuiilek
(de Ivrcuznaeh) chez une lillelte venue avant terme
(8“ mois) et ex|>ulsée spontanémeni par le siège. La
tumeur était énorme, mesurant 18 cm. de long, sur
13 cm. de large cl 'lO cm. de circonférence. De con¬
sistance élastique rénitenle, irréductible par la
distendue) parcourue de grosses veines et présentant
jiar places des menaces de gangrène. L’anus et la
vulve étaient refoulés par elle contre la symphyse
pubienne ; cependant, l’enfant avait émis des urines
et du méconium [lendanl et après l’accouchement.
Rar ailleurs elle ne présentait aucune autre mal¬
formation; ([uoique iielite, elle était assez vigou-
Aussi, surtout en raison du danger de gangrène, se
décida-t-on à la débarrasser séance tenante de sa
tumeur.
Celle-ci tenait manifestement à la partie inférieure
attenant au coccyx, pédicule qu’on réséqua en enle¬
vant en même temps la pointe de cet os, La muscu¬
lature du périnée et de la région fessière avait pu
être complètement respectée, à part quelques fibres
du releveur de l’anus qui avaient été lacérées dans la
région coccygienne. Le plancher périnéal fut reco
lilué par suture et la peau refermée par-dessus si
L’enfant supporta fort bien l’opération qui a\
été d’ailleurs de très courte durée.
On l’alimenta séance tenante d’abord avec un j
d’eau sucrée ; dès le quatrième jour, elle prenait
Au sixième jour, les fils furent enlevés, la cicatri¬
sation étant parfaite cl, au dixième, jour, la mère e
l’enfant quittaient l’hôpital. .
H’ enfant, à ce moment, pesait
1.935îgr.; contre 1.800 gr. à sa nais¬
sance (le poids de la tumeur étant
de 2.000 gr.) ; 5 semaines après l’opé¬
ration, elle avait doublé de poids
(3.165 gr.) et son père écrivait qu’elle
SC portail parfaitement bien.
L’examen histologique de la tu¬
meur montra qu’il s’agissait d’ur
« embryome typique avec îlots carti¬
lagineux, nombreux boyaux glandu¬
laires embryonnaires et éléments de
tissus nerveux (en particulier, au i
veau du pédicule rattachant la t
meur au coccyx), la masse principale
de la tumeur étant constituée do tissu
glandulaire embryonnaire ». {Archiv
fiir klitiische Chirurgie, t. CLII, 24 Septembre 1928,
p. 631). J. D.
Questions Fiscales
D. — 1“ La patente d’un médecin marié avec enfant
doit-elle porter sur lu totalité delà valeur locative
l’immeuble qu’il habite avec sa famille ou seulem
sur la partie correspondante aux locaux profession-
2“ Dans le cas de la !'■<= hypothèse, comment cal¬
culer la valeur locative de la partie purement pro¬
fessionnelle?
3° Dans le cas de la 2“ hypothèse, pOurriez-Vi
me procurer un document (jugement du Conseil
d’Etat ou autre) pour soutenir cette façon de 1
auprès du contrôleur?
R. — Aux termes de la loi du 15 Juillet 1880, le dpoit
proportionnel de patente est établi, non seulentent
sur la valeur locative des locaux professionnnels,
mais encore sur la valeur locative totale de l'habita¬
tion que le patentable occupe en commun ayec, sa
famille.
René Pinciion.
La Médecine à travers le Monde
CHINE
L’Hygiène.
Pour avoir une idée exacte de l’état d’avancement
de la Chine, il suffit de jeter un coup d’œil sur les
transformations qui se font actuellement dans ce
pays. Non seulement des changements ont été opérés
dans le domaine administratif, mais encore d’énor-
vnes améliorations ont été apportées dans la vie
sociale.
L’hygiène, qui n’exislail pour ainsi dire pas en
Chine, est maintenant une question qui préoccupe le
gouvernement de Nankin. Celui-ci a envoyé, en Fé¬
vrier 1928, le D'' M. Y. Tsu, médecin et pharmacien
diplômé de l’Université de Strasbourg, membre du
Comité exécutif central du Kouo-min-tang, ancien
recteur de l’Université nationale du Kouang-tong,
membre de l’Académie chinoise, et directeur de l’Ins¬
titut technique franco-chinois, en Europe, notamment
en France, pour faire une enquête sur les méthodes
et les procédés d’hygiène pratiqués dans ces pays.
Au cours de sa mission qui a duré plus de six
mois, le D>' 'fsu a visité la France, la Belgique et la
Suisse ; il a recueilli de très intéressants renseigne¬
ments et de nombreux documents sur les installations
sanitaires de ces pays. A son retour en Chine, en
Septembre dernier, il a présenté au Gouvernement
national son rapport suggérant la création d’un
ministère nouveau : celui de l’hygiène. Ce serait,
a-t-il dit, la concentration de tous les efforts jus¬
qu’ici dispersés, et de toutes les études pouvant
intéresser la santé publique. Cet organe grouperait
sous sa direction les diverses œuvres sanitaires et
les soumettrait à une réglementation générale.
Mais comme cette création est une innovation en
Chine, elle ne peut donc se baser sur aucun précé¬
dent. Le D‘’ 'fsu s’est chargé, avec les renseigne¬
ments qu’il avait recueillis et l’expérience qu’il avait
acquise à l’étranger, d’élaborer un projet d’organi¬
sation, accompagné d’explications.
Il nous reste à souhaiter que l’œuvre dont il est le
promoteur marche dans de bonnes conditions et que
des mesures soient bientôt prises pour sauvegarder
la santé publique.
Erratum
Rar suite d’une omission dans la mise en pages
de l’article de M. Marc Iselin : « Incisions modifiées
dans la réparation des fléchisseurs au niveau des
doigts », La Presse Médicale, n“ 8, 26 Janvier 1929,
p. 124, il manque la 2“ observation venant à la fin de
l’article et dont voici le texte.
Un homme de 56 ans présentait depuis six mois
un syndrome clinique de section complète des
tendons fléchisseurs de l’index et du médius de la
main gauche. Au médius, la plaie siégeait devant
la première phalange : on lui fit donc le procédé
typique. A l’index, la cicatrice de la blessure était
devant la deuxième phalange, très bas ; le trouble
fonctionnel semblant hors de proportion avec le
siège de la blessure, on lui fit une longue incision
latérale pour explorer les lésions : les deux ten¬
dons fléchisseurs étaient absolument intacts, l’ex¬
trémité de fléchisseur profond légèrement adhé¬
rente. Depuis, je fais faire un examen électrique
du fonctionnement musculaire, avant l’opération,
pour essayer d’éliminer une cause d'erreur due
sans doute à la mauvaise volonté des sujets.
D’autre part il a été composé Bande d’Eshark, il
faut lire Bande d’Esmark. Il faut ajouter à la légende
delà figure 6 D'apres St. Bunuel, loco citato.
N“ 9
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
151
Livres Nouveaux
Œuvres de Pasteur, réunies par le D‘' PASTnuii
Valleuy-Uadot, tome V ; Etudes sur la bière, avec
une théorie nouvelle de la fermentation. 1 vol.
(le vii-361 pages avec 85 ligures et 12 planches
hors texte gravées en taille-douce (Manson et C"',
éditeurs, Paris). — Prix ; 120 francs.
Ces éludes sur la bière, réunies aujourd’liui par
M. Pasleur Vallery-lîadol, en un gros volume qui
forme le cinquième des œuvres complètes de Pasteur,
ont paru en 1876. Elles faisaient suite aux études sur
le vinaigre et le vin et aux études sur la maladie des
vers à soie. Pasteur les avait entreprises aussitéil
aju’ès la guerre de 1870 et poursuivies sans relâche
depuis cette époque <( avec la résolution de les mener
assez loin pour marquer d’un progrès durable une
industrie dans laquelle l’Allemagne nous est supé;-
Ces rccberclies ont abouti au résultat que Pasleur
s’était proposé, puisqu’elles lui ont permis de démon¬
trer que les maladies do la bière étaient dues aux
micro-organismes apportés par les poussières de l’air,
ou répandus à la surface des objets servant au travail
du brasseur et qu’on pouvait, gréce t\ la mise en
œuvre de moyens techniques appropriés, obtenir à
coup sûr une bière parfaitement saine cl de conser¬
vation jiraliquemonl indéfinie.
Mais ce cadre était trop étroit pour le génie de
Pasteur, et les études sur la bière lui sont occasion
de reprendre les questions'majeures qu’il a passion¬
nément étudiées naguère, celle de la fermentation et
celle de génération spontanées. 11 complète par de
nouvelles expériences ses travaux antérieurs sur ces
grands problèmes, reprend les objections de ses
contradicteurs français et étrangers, prévoit celles
qu’on pourrait lui faire, les réfute les unes après les
autres et précise et aflirine, de façon formelle, sa
Celle-ci a désormais des assises inébranlables, et
Pasteur en voit toutes les applications. Pendant qu’il
poursuit ses recherches sur la bière et écrit le livre
qui en apporte l’exposé, il pense sans cesse à de nou¬
velles recherches, celles qui seront le couronnement
de son œuvre iiiagnilique et porteront sur les mala¬
dies virulentes de l’Iiomme et des animaux, (c Lors¬
qu’on voit, écrit-il, la bière et le vin éprouver de
profondes altérations parce que ces liquides ont
donné asile à des organismes microscopiques qui se
sont introduits d’une manière invisible et fortuite¬
ment dans leur intérieur, où ils ont ensuite pullulé,
comment n’étre pas obsédé par la pensée que des
faits du même ordre peuvent et doivent se présenter
quelquefois chez l’homme et chez les animaux? »
L’élude des maladies du vin, des' vers il soie, de la
bière n’aura donc été qu’un travail d’apiiroche, mais
de magnifique envergure pour parvenir il la connais¬
sance des maladies virulentes. C’est surtout ù ce litre
que les recherches sur la bière s’imposent à notre
attention, comme une étape dans l’œuvre géniale de
Pasteur qui s’y montre en pleine possession de toute
sa puissance créatrice et prêt aux recherches de plus
liante portée auxquelles on sent qu’il a hâte de se
consacrer.
Matériellement l’édition reste digne de l’œuvre
exceptionnelle qu’elle contient, c’csl-ii-dire parfaite.-
P. Pagxiez.
Université de Paris
Thérapeutique. — Un cours complémentaire sur la
physiollicrapie de la douleur sera fuit nu grand amphi¬
théâtre de lu Faculté, ù 17 h. Ce cours comprc*ndru les
leçons suivantes ;
Vendredi 1*" Février, Le traitement manuel de la dou¬
leur : M. Duray, assistant des hôpitaux; — Samedi 2 Fé¬
vrier, L’action thérupeutiijuc et analgésique du froid :
M. Lortal-Jacob, médecin de l’hôpital Saint-Louis; —
Vendredi 8 Février, La diathermie : M. Gottenot, électro-
radiologiste des hôpitaux; — Samedi 0 Février, L'action
des radiations sur la douleur : M. Joly, électro-radiolo¬
giste dos hôpitaux; — Vendredi 15 Février, L’hydrothé¬
rapie chaude : M. Piatot, ancien interne des hôpitaux; —
Saipcdi 16 Février, L’ionothérapic : M. Zimmern, profes¬
seur agrégé à la Faculté.
Laboratoire de Pathologie générale. — MM. Marcel
Labbé, professeur; Henri Labbé, agrégé; Stévenin, mé¬
decin des hôpitaux; Nepveux et Aaerad, chefs do labora¬
toire, commenceront le lundi 25 Février 1929, ù 3 h., au
laboratoire de Pathologie générale, un cours pratique gur
les procédés d’examen (clinique et laboratoire) dans les
maladies de la nutrition et les affections du tube digestif.
Programme du cours. — Les principes de la nutrition.
— Les syndromes gastriques, intestinaux et pancréatiques,
— Le métabolisme basal, ses applications à la clinique.
— L’obésité et la maigreur. — L’uricémie et l’oxalémie :
goutte, lithiase urinaire — Le diabète. Les glycosuries
non diabétiques. Le diabète rénal. — L’acidose : le coma
diabétique et les acidoses non diabétiques. — Les grands
syndromes rénaux. — Les syndromes hépatiques. Insufh-
.‘^ances fonctionnelles du foie; ictères. — lnter])rétation
clinique des analyses d’urine. — Le suc gastrique : tubage,
analyse qualitative et quantitative. Liquides de stases. —
Le liquide duodénal : tubage, analyse qualitative, dosage
des ferments, cytologie, parasitologie. Epreuve de Mell-
/.er-Lyon. — Les fèces : examens macroscopique et micro¬
scopique, pigments, albumines, sang. Recherches des
parasites. — Analyse chimique : dosages de l’azote et des
graisses; bilan d’absorption intestinale. Fermentations.
Putréfactions. — Interprétation coprologique appliquée à
la clinique. — Le sang : les macrométhodes et les micro-
méthodes. — Produits azotés : urée, azote total, azote
résiduel, rapport azotémique. — Acide urique. — Cho¬
lestérine. — Sucres du sang. Epreuve d’hyperglycémie.
— Equilibre acide-base. — Les urines : azote total, urée,
azote ammoniacaï et azote aminé, azote colloïdal. Rap¬
ports d’utilisation azotée. — Chlorures et phosphates. —
Albumines. — Pigments et sels biliaires, urobiline. —
Cétose : acctonè, acide diacétique, acide g-oxybutyrique,
corps acétoniques totaux. — Glycurie. Les différents
sucres pathologiques. — Acidités apparentes, organique
et ionique.
Le cours aura lieu tous les jours et sera terminé en un
mois. Le montant du droit ù verser est de 250 fr.
Seront admis les docteurs français et étrangers, ainsi
que les étudiants pourvus de 16 inscriptions, immatriculés
à la Faculté, sur présentation de la quittance du verse¬
ment dû..
Les bulletins de versement relatifs au cours seront dé¬
livrés dès à présent, jusqu’au 6 Mars, au secrétariat de
la Faculté (guichet n® 4), les lundis, mercredis et vendre¬
dis, de 14 h. à lO h.
Clinique des maladies cutanées et syphilitiques.
— Jeudi prochain 31 Janvier à 10 h., une leçon sera
faite ù l’amphithéûtre Fournier par M. Giraudeau sur
l’Ionisation cutanée. Applications nouvelles à la derma¬
tologie.
— Un cours pratique et comiilet de syphiligraphie et de
vénéréologie sera fait du 13 Mai au 8 Juin 1929 sous
la direction de M. le professeur Gougerot et avec la
collaboration de MM. les 2)rofesseurs Nicolas, Favre,
Levaditi; lludelo, médecin honoraire de rhô])ital Saint-
Louis; Milian, Lortat-Jacob, Louste, Sé/.ary, A. Leri,
médecins de l’hôpital Saint-Louis; Lian, J. Ilutinel, Clie-
vassu, Heitz-Boyer, Lemaître, Dupuy-Dutcmj)S, Babon-
neix, Darré, Pinard, Tixier, Touraine, P. Chevallier,
Hautant, Barbe, médecins et chirurgiens des hôjïitaux;
Burnier, Blum, Schulmann, anciens chefs de clinique;
Barthélemy, chef de clinique à l’hôj)ital Saint-Louis;
M"* Eliascheff, chef de laboratoire à la Faculté; MM. Cl.
Simon, médecin de Saint-Lazare; Fêrnet, médecin adjoint
de Saint-Lazare.
Le cours aura lieu du lundi 13 Mai au samedi 8 Juin
1929, tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, à
11 h., 1 h. 30, 2 h. 45 et 4 h., à l’hopilal Saint-Louis, TO,
rue Bichat, au Musée ou au laboratoire.
Les cours seront accompagnés de présentations de
malades, de projections, de moulages du musée de l’hô¬
pital Saint-Louis, de préjiarations microscoj)iques, de
démonstrations de laboratoire ; recherche du tréponème;
examens bactériologiques ; réaction do Wassermann ;
ponction lombaire.
Les salles de la clinique et des services de l’hôpital
Saint-Louis seront accessibles aux assistants du cours
tous les matins, de 9 h. ù 11 h. 30. Le Musée des mou¬
lages, les Musées d’histologie, de parasitologie, de radio¬
logie, de photographie sont ouverts de 9 h. à 12 h. et de
2 h. à 5 h. Un horaire détaillé sera distribué à chacun
des auditeurs. Un certificat pourra être délivré à la fin
du cours aux auditeurs assidus.
Programme des cours (57 leçons). -*■ Syphilis. Notions
nouvelles sur l’évolution, M. Gougerot. — Le tréponème,
M. Levaditi. — Recherche du tréponème. Réaction de
Wassermann, floculation, M**® Eliascheff.’ — Sérologie do
la syphilis, M. Gougerot. — Ponction lombaire. Etude du
liquide céphalo-rachidien, M. Sézary. — Syphilis expéri¬
mentale, M. Levaditi. — Chancres syjdiilitiqucs. Chancre
mou, M. Milian. — Roséole. Syphilis secondaire paj>u-
Icusc, M. Hudclo. — Plaques muqueuses. Alopécie, Onyxis.
Syphilis pigmentaire, M. Chevallier. — Ulcère vénérien
adénogène, MM. Nicolas, Favre. — Syphilis maligne
précoce, M. Burnier. — Méningites syphilitiques, M. Che¬
vallier. — Anatomie pathologique et histologie de la
syphilis, M*‘* Eliascheff. — Syphilis tertiaire cutanée et
muqueuse. Phagédénisme, M. Burnier. — Lcucoplasic,
M. Milian. — Syphilis rénale, testiculaire, ovarienne,
M. Louste. — Syphilis du foie et de la rate, M. Louste.
— Pathologie générale de la syphilis. Immunité. Réin-
focUon et super-infection, M. Pinardt -^^Syphilis' post¬
traumatique, syphilis réveillée jiar l’infection, M. Gouge¬
rot. — Ulcérations génitales; ulcère aigu et chronique de
la vulve, M. Cl. Simon. — Syphilis et diabète, M. Blum.
— Syphilis . osseuse héréditaire; atrophies musculaires
syphilitiques, M. Léri. — Syj)hilis et tuberculose viscé¬
rale, M. Fernct. — Syjdiilis du tube digestif, M. Louste.
— Poumon. Médiastin, M. Ilutinel. — Syphilis ostéo-arli-
culaire, M. Louste. — Syjihilis du C(rur et (les vaisseaux,
M. Lian. — Syphilis des glandes endocrines, MM. Bar¬
thélemy, Schulmann. — Syjdiilis médullaire et cérébrale.
Tabes, M. Lortal-Jacoh. — Paralysie générale et pyré-
tothérapie asejitiqiie, M. X.... — Syjdiilis oculaire,
M. Dupuy-Dutemps. — Syjdiilis de l’oreille, M. Hautant.
— Syphilis du nez et du larynx, M. Lemaître. — Troubles
mentaux des syjdiililiqucs, M. Barbé. — Syjdiilis et gros¬
sesse. Hérédité, M. Louste. — Hérédo-syjihilis j>récocc,
M. Tikier. — llérédo-syphilis tardive, M. Darré. — Héré-
do-syj)hilis nerveuse, .Vl. Bahonneix. — DéonUdogif*. Ma¬
riage des 8yj)hilili(jues. M. Gougerot. — Syjdiilis et
cancer, M. Gougerot. — Blennorragie, M. Ilcitz-Boyer. —
Critérium de la guérison de la lilcnnorragie, M. Chevassu. •
Un cours semblable a lieu cluujue année en .Mai et en
Nüvcmbr(\ l*n coui's sjn'*cial sera organisé jioui' les élèves
qui désirent se jMM'feclionuer dans les techniques de labo¬
ratoire. Ce cours est jirécédé d’un cours de dermatologie
qui a lieu du 15 Avril nu 11 Mai 1929 et est suivi d’un
cours de thérajieutique derniato-vénéréologique qui a lieu
du 10 au 29 Juin 1929.
Le droit ù verser est de 250 fr. Seront admis les méde¬
cins et étudiants français et étrangers sur la jirésenta-
tion de la quittance de versement du droit et de la carte
d’immatriculation, délivrées au secrétariat de la Faculté
(guichet n* 4), les lundis, mercredis et vendredis, de 14 à
16 h. Pour renseignements comjilémcnlaires, s'adresser û
M. Burnier (hôj)ital Saint-Louis, jiavilion Bazin). Rensei¬
gnements généraux jiour MM. les médecins étrangers à
r.Vssociation D. R. M., Faculté de Médecine, salle Bé-
clard.
Clinique ophtalmologique, Hôtel-Dieu. — MM.
Velter et Tournay feront, en Février et Mars 1929, une
rérie de 20 conférences de neurologie oculaire.
Ces conférences, qui seront jmbliijues et gratuites,
auront lieu trois fois par semaine à l’Ilôtel-Dieu, amjihi-
théôlre Dujiuytren, selon l’horaire et le jirogramme sui-
lïorairc ci pro<>r<uuwc. Mardi 5 Févi-lcr, à 5 h. 1/2.
M. Velter : L’oîil et le système nerveux central ; rajijiorts
embryologiques, anatomiques et jihysiologiques ; j>ro-
5 h. 1/2. M. Tournay : Princijies de sémiologie neurolo¬
gique en cori'élation avec l’ophtalmologie. — Samedi
9 Février, ù 3 h. 1/2. M. Velter : Troubles de lu motilité
des jmupières; le facial sujiérieur. — Mercredi 13 Fé¬
vrier, à 5 h. 1/2. M. Velter : Le syuijialhiijuc oculaire;
innervation pujiillaire, syndromes oculô-sym jiathiqiies. —
Jeudi 14 Février, à 5 h. 1/2. M. Tournay : Les divers
niveaux d'atteinte des voies oeulo-sy mjiatliicjues. — Sa¬
medi 16 Février, à 3 h. 1/2. M. Velter : Le trijumeau ocu¬
laire; kératite ncuro-jiaralylique et zona ojdilalmicjue. - -
Mardi 19 Février, à 5 h. 1/2. M. Velter : Le signe d’ArgylI-
Robertson. — Jeudi 21 Février, à 5 h. 1/2. M. Tournay :
Syjdiilis nerveuse, tabès. — Samedi 23 Février, à 3 li. 1/2.
M. Velter : Paralvsies oculo-motriccs de la svjihilis ner¬
veuse. — Mardi 26 Février, à 5 h. 1/2. M. Velter : Névrites
optiques dans les méningites; atrojihie ojitique du tabès.
— Jeudi 28 Février, à 5 h. 1/2. M. Tournay : Fncéjihalite
éjiidémiqiu* ; {‘onijilieations et S('*qm*lh‘S.
Samedi 2 Mars, à 3 h. 1/2. M. Velter : Voies ocnlo-nio-
trices; troubles oeulo-moteurs associés. — Mardi 5 Murs
à 5 h. 1/2. M. Velter ; Symjitômes et séquelles oculaires
de l’encéjihalile éjiidémique. — Jeudi 7 Murs, à 5 h. 1/2.
M. Tournay : Affections du cervelet et du labyrinthe;
sclérose en j)la<jucs. — Vendredi 8 Mars, à 5 h. 1/2. M.
Velter : Le nystagmus. — Mardi 12 Mars, à 5 h. 1/2. M.
Velter : Troubles oculaires de la sclérose on plaques. —
Jeudi 14 Mars, à 5 h. 1/2. M. Velter ; Voies ojiliques cen¬
trales; centre cortical de la vision. — Samedi 16 Mars,
à 3 h. 1/2. M. Velter : Ilémianojisies ; cécités centrales;
migraine ophtalmiipie. — Mardi 19 Mars, à 5 h. 1/2, M.
Tournay : Syndromes d’hyjierlcnsion intracrânienne; tu¬
meurs cérébrales. — Jeucli 21 Mars, à 5 h. 1/2. M. Veî-
ter ; Stase jiapillaire; modilication de lu tension artérielle
rétinienne.
Val-de-Grâce. — M. le médecin lieiilenanl-coloncl
Léger, médecin des troujies coloniales, ancien directeur
de l’Institut Pasleur de Dakar, fera le 9 Février ju ochain,
à 17 h., une conférence sur le sujet suivant : « Acquisi¬
tions récentes sur la fièvre jaune )».
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint- Antoine. — En Février et Mars
M. Ph. Pagnicz foiti chaque semaine, le samedi, ùlOh.,
une leçon dans son service.
Les trois jircmières seront consacrées à la jnïthogénio
et au traitement de l’épilepsie.
La première leçon aura lieu lo 2 Février 1929i
152
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 30 Janvier 1929
N° 9
Amphithéâtre d’anatomie. L(‘ c
cr<»|n‘i‘ali<uis chiriir^-icalrs («•hirufg'ii' (la
tii!>I«‘ (li^(‘s(if. <in fuir al (las vaii's l)iliiiii’(‘s
par M. llaMuoiid ladhoviai, prosaclaiir,
lundi 25 l aVriar lli:»'.). à 1 'i h., at nmlimia
Las (•l(*vas n‘p(d(*r(Hd Individuallaniant l(vs njM'ralinns,
Druil d'insariplifui : 1100 fr. Sa Taira ins(*rira 17, rua du
l’ai'-à-Mniilin, I*aris ,;V').
I^ro^rtiniine du vours. -- I. - - (diirtir^^ia d(>.s ])arais
alxlaininalas ; (àira radiaala das liariiias in^^uinala, aru-
rala, auil)iliaal«'. (!un' opid'alain' d('s âv(‘iilraLians.
!I. ' - T(*ahni(pia gâiU'raL* das râsaations al suturas sur
la tuba di^'^aslif : La n'saalion inlaslinala; las praac'dâs d(‘
ferinidura d<'s hauts inU'sliunux ; laalinicpia dt‘s anasto-
inos(‘s tarin ino-larmiuah*. lali-ra-lalid'ala, lalâro-larminala ;
sulun* à la Lainlx'rl at sutura hard à hard ^laaliuiipia da
Ilahiiu'au,; anastoniasas aux liaulans. Taalini(jua da la
j^-ralïa «'•piplimpia.
ni. (diirurgii* da l’astamaa Au(‘slliâsia ; vaias
d’ahard; j^aslrastouiias al ^astr((slami(* aaiilinanla; j^aslra
al pyloraplaslias. M(dliad(* da Ualfaiir dans la Iraitanianl
IV. — - L(‘s jiraatslàs da j^aslra-auti'rostaniias : Indiaa-
tians, l(‘ahni(pia. l'xalusian du jiylara. (iastra-j>fastrasla-
inia. Las j^aslraatoniias partiall(*s : Ui‘s(>atiau aiinulaira al
V. • - Las j^aslra-py laraataïuias paur ulaàra al pour
aanaar ; Ih'saaliau avaa j^aslra-duadidiaslaïuia au ^aslra-
j('junastaniM‘ ; indiaatiaiis al taaliniipn's.
VI. Lliirur^i(* (h* l’inlasliu ^-ràh* (*t du aiMan. : I)ua-
dâu(»-jc*juuas tamia. Appandiaaalaïuias (vaii's d’ahard,
t(*ahni<pias . (5)h»paxi(* au (Mpiarra. Las praaixlâs da (h'ri-
valian inlaslinala : L»‘s anus iliacpias lainparaira at dâli-
nilif, droit (d g-aualiat at las proatnJt's da farmatura; ihdi
at aa*aa-si^niaïdastainia ; axidusiaii du a('dan.
VII. — Las aalmdamias (^talala ou parliidla, draita au
l^nualia) : Praaâdâs, indiaatians dans la liiharaulasa at la
aaiKM'r; (Mda(dainia saus-au'aala ; Indniaidatdaniia draita
avaa anustainosa ilini-aaliipia ; a(d(*ataini(‘s saginanlairas
(op('*ratian da SaliNvart/. ; aptd'alian d’Hartmann; anUd’or-
VIII. - (]liirur^^ia du raatuni : Traitaniant das Uâmar-
roïdas ; trailamanl das fislulas analas. TraitiMuant du
ahdaminalf' (d aI)daniina-{M’‘rin<‘al(\.
1\. (ihirur^-ia du fai(* al d(* la vâsiaula hiliaira :
.\nasllu'sias ; vaias d ahard. Trailmnant das aha»‘s du Tai(*
aidas kystas lixlaliipii's. (ilnd(‘aystastaini(‘ ; aliaU'cysUM'-
lamias ; (dial<'*ayslu-aiiasloinosas.
\. - (!Iiirur;;ia du aludinlaipn* ; (ilndadaccdamii* siis-
duodidiala. rtdra-panar('*ali(pta, Iransduadc'mala. Drainag-as
inlarna «d (‘\larna, râparalian das jilaias (d parlas d(>
suhslanaa da la vida hiliaira prinaipala. (ihiruiyia da la
rala (d du panandis : Inaisians; vai<*.s d'abord; la sjih*-
Concours
iirtnniul, li'i ; Tliiircl
Vétérinaires inspecteurs à la frontière. — Un
roin-oiirs sur tilrrs pour lu iiominalion de ijuulre vété-
rinuires inspecteurs du bétail et des viandes à lu frontière
seru ouvert, le 20 Murs 1020. Les cundiduts reçus seront
nommés uu fur et ù ine.sure des vueunccs (jui seront
ue.piises duos le eudre, compte tenu des disponibilités
l.es truitements des vétérinuires insi>eeteurs, soumis
aux l'eleniies légules pour la retraite, vont de IH.OtlO ù
20.000 fr , pur classes sueeessives de 2.000 fr. ]>ouvunt
être acquises au bout de trois ans. lîn outre, les indem¬
nités légales de résidence et de charges de famille sont
Les candidats devi'ont présenter, avec toutes pièces
justificatives à l’appui, une note explicative sur leurs
litres, ainsi que sur les travaux par eux publiés. Ils
devront indiquer s’ils possèdent lapratique courante d’une
ou plusieurs des quatre langues anglaise, allemande,
italienne et espagnole. Ces pièces et indications devront
être adressées, avant le !,’> Mars 1029, au ministre de
l’agriculture (services sanitaires vétérinaires, 42 bis, rue
de lîourgogne, Paris).
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Lùgion d’honnki h. —
Officier. — MM. liicliat, maire de Lunéville ; Clerc, ù
Paris : Mmiisset, Vigne, à Lyon ; AYallart, à Suint-Louis
dIaut-Rbin) ; lirubat, médecin j,rincipal de la marine.
C/iecalier. — MM. Marguet, Mounier, fi Paris; Crespin,
médecin sanitaire, au llavre ; Gallerand, ù Marseille ;
Lelaidier, Puclie, médecins de 1" classe du service de
santé de la marine ; Qiiantin, ù Toussieu (Isère) ; Malon,
à Teilleul (Manche) ; Tbibout, ù Epinay-sur-Seino (Seine),
Récompense pouu puopagande en faveur de la caisse
NATIONALE DES RETRAITES POUR LA VIEILLESSE. - Men¬
tion honorable. ■ — M. Rirbis, médecin de colonisation ù
Sfax (Tunisie).
V” Congrès International de médecine et de
pharmacie militaires. — Le Y" Congrès international
de médecino et de pharmacie militaires se tiendra à
Londres, du (1 au 11 Mai 1929, sous le haut ])atronage, de
Sa Majesté le Roi d’Angleterre.
Tous les officiers du Service de Santé des réserves
(médecins, pharmaciens, dentistes, officiers d’adminis¬
tration) sont invités à ce Congrès.
Leur ))articipation au Congrès de Londres sera comptée
pour une jiériode de service, sans solde, de 10 jours. Us
liénéficieront imur le voyage du tarit militaire à l’aller et
au retour, entre leur résidence et le port d’embarquement.
Les officiers désireux d’y assister devront adresser
directement leur adhésion au secrétariat du Congrès, à
Londres(ministère de lu Guerre, Withehall, LoudonS.W. I.)
au plus tard pour le 1" Février 1929, date fixée par le
bureau du Congrès, auquel il a été d’ailleurs demandé de
proroger ce délai jusqu’au 1" Mars.
Ils voudront bien rendre' compte de leur jiurlicipation
il cette manifestation à la Direction du Service de Santé
du (iouvernement militaire de Paris où leur seront donnés
tous les renseignements relatifs à l’organisation du Con¬
grès, au fur et à mesure qu’ils parviendront, et où les
in^.rimés nécessaires seront mis ù leur disposition.
liullctin d'adhésion à adresser directement au secretary
.'^1 th International Congress of military medicinc and ,
pharmacy, The war office, Whitehull, London S. W. L,
England.
M. (nom et prénoms), grade, fonction dans le Service
de Santé (mentionner, s’il y a lieu, la radiation) et M'”",
demeurant ù, désirent participer uu Y" Congrès interna¬
tional de médecine et de phai'inncie militaires, qui se
tiendra à Londres, du fi au 11 Mai 1929.
Cotisation. — Messieurs, 10 schillings; dames, 7 schil-
linge 1/2, dont ci-joint mandat de .
IIP’ Congrès des Sociétés françaises d’Oto-
Neuro-Ophtaimologie. — Le III" Congrès des Sociétés
Françaises d’Oto-Ncuro-OjihtalmoIogie aura lieu à Ror-
deaiix les 17, 18, 19 et 20 Mai 1929.
Le bureau du Congrès est ainsi composé : Président :
M. le professeur Georges Portmunn (Bordeaux); Vice-
Présidents : MM. les professeurs Henri Coppez (Bruxelles),
Giorgio Ferreri (Rome), Verger (Bordeaux), Teulières
(Bordeaux); Secrétaire général ; M. le professeur agrégé
Velter (Paris); Secrétaire local : M. Henri Retrouvey;
Secrétaire local adjoint : M. R. -J. Truutmann.
Un rapport sera présenté par MM. Halphen, Monbrun
et Tonrnay (Paris) sur : Les céphalées en oto-neuro¬
ophtalmologie.
Les communications et présentations fuites aux séances
du Congrès porteront uniquement sur des questions se
rattachant uu sujet du rapport.
Des démarches seront fuites auprès des directions des
grands réseaux de chemins de fer pour obtenir, comme
l’an dernier, des billets à demi-tarif pour les congres-
La participation au Congrès ne comporte pus de coti¬
sations.
Pour les adhésions, annonces de communications et
tous renseignements s’adresser uu secrétaire général,
professeur agrégé Velter, 88, avenue du Président-Wilson,
Paris, Xyp. Téléphone Passy 99-32.
Corps de santé colonial. — Est annulée lu désignation
de M. le médecin capitaine Boulle pour le 10* rég. de
tirailleurs sénégalais, en 'Tunisie.
— Sont promus dans la réserve du corps de santé des
troupes coloniales ; uu grade de médecin lieutenant-
colonel, MM. Surruilhe, Ouzellener, médecins comman¬
dants (le réserve; uu grade de médecin commandant,
MM, Postre, Dodier, Suporte, Margane, Villeneuve,
Alphand, médecins capitaines de réserve; uu grade de
médecin capitaine, M. Dartiguenavo, médecin lieutenant
de réserve.
— Sont affectés : En 'Tunisie, M. Poux, médecin com¬
mandant. En France: Au 4" rég. de tirailleurs sénégalais,
M. Millons, médecin commandant; uu 8" rég. de tirail¬
leurs sénégalais, MM. Le Gull, Fréville, médecins capi¬
taines; au 12" rég. de tirailleurs sénégalais, M. Nas de
Tourris, médecin capitaine ; uu 14" rég. de tirailleurs
sénégalais, MM, Morin, médecin commandant et Dumas,
médecin capitaine; uu 12" rég. de tirailleurs malgaches,
M. Lucas, médecin capitaine ;au centre de transition de
Fréjus, M. Fabre, médecin capitaine.
— Sont désignés pour effectuer un stage ù l’Institut
Pasteur de Paris durant le 1'" semestre de 1929 : MM. Mui'-
neffe, Delassiat, Vaucel, médecins capitaines.
Nécrologie. On annonce la mort, ù Paris, de M. le
médecin inspecteur général Delorme, membre de l’Aca¬
démie de Médecine dont il fut le 2>résident en 1919.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu’elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
lit) centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. F.lle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument ré.servée aux annonces con¬
cernant les postes médicaii.r, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. I,' administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d' annonces de moins
de 2 liynes.
Prix des insertions : 1 fr. la liyne de. W lettres ou
siffties (4 fr. la liyne pour les abonnés à. La Presse
Médicale), l.es renseiynements et communiqués se
laient à l'avance et sont insérés 8 à lü jours après
a réception de leur montant.
La Société Gallois et C'”, 41, boulevard des Hrol-
leaux, à Lyon, informe le (lorps médical (ju’elle a
traiiféré son Siège social, ses Bureaux, Ateliers et
tous ses .Services, b'i, chemin Villon, Lyon.
On demande inliriiiières dipli'unées. S’adresser
Assistance et Travail, 22, rue des (iraiids-Augustins,
lundi de 9 à 11 b., et jeudi de 2 à 4 li.
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Clientèle médicale imjiortante à céder, cause
décès, grande ville de l’Est. Bel appartement de
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ment com])élente en jiharmacie et aide au si'rvice
médical, situation intéressante. Ecrire P. AI., ii" 34.
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excellente famille, reconimandée jiar jirofess. Faculté
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iiothérapie ou physiothérapie, Paris ou ville d’eau.
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ni., 6 ch., cal), toil., s. de bains, conf. mod., avenue
Crande-Armée. Ecrire P. M.. n" 42.
On demande jeune médecin français, actif, céliba¬
taire. Situation ù jireiidre. — Ecrire P. M., n” 43.
Clientèle médicale ù céder Paris, cause spécialis.,
avec aiipart, 5 jiièces, bail 4 ans, loyer très modéré.
- Ecrire P. M., n" 44.
Labo analyses, cherche aide cliini. et bact. _
Fcrire avec références P. M., n» 45.
On demande dactylographe au courant questions
d’internat pour travaux fi faire chez elle. Maison de
Copies, 8, rue Dujiuytren, fie.
Etud. méd., 5» an., anc. iiit. liôp., conn. labo, ch.
occiip. ds clin., mais, santé, labo Paris. P, M., n" 47.
Docteur fatigué mettrait 3 apr.-midi par sem.
salon, cabinet et a. d’examens b. install. pour gynéc.,
V. U., diathermie, etc., ù disposition confr. non
installé, susceptible de le remplacer pendant indispo¬
nibilité. — Ecrire P. M., n» 48.
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre deOfr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Pari». — Imprimerie de la Cour d’Appel, 1, rue Cassette.
N“ 10
LA PRESSE MEDICALE
2 Février 1929
J.-A. SICARD
Une falalilé iinplacablc sciiiblo s’aeliariiei' siii'
la médecine française. Nous n’étions pas remis de
la douleur que nous avait causée la mort de
Letulle, nous étions encore sous le coup de l'an¬
goisse qui nous avait étreints en apprenant la
disparition de Widal et voilà <pi’un
nouveau malheur vient de nous
atteindre. Lundi matin, se répan¬
dait la nouvelle que Sicard venait
de succomber, brutalement terrassé
en pleine activité scientifique. La
veille il avait reçu à sa table des
parents et des amis : il était plein
d'entrain ; il parlait avec confiance
de l'avenir; il exposait les travaux
qu’il allait entreprendre. Au millieu
de la nuit, il est réveillé par une
douleur soudaine ; une crise d’angine
de poitrine, groupe autour de son
lit sa famille éplorée. Vers le matin,
tout s’apaise. Sicard éprouve une
sensation de détente et de bien-être
« Ce ne sera pas pour cette fois »,
murmure-t-il, en souriant, à ceux
qui l’entourent. Mais aussitôt il
pâlit : une syncope s’est produite;
le cœur s’est arrêté ; Sicard est
mort. Sa dernière phrase exprimait
sa confiance en l’avenir, il s’est
éteint en souriant à la vie.
Malgré quelques troubles cardia¬
ques, qui, depuis plusieurs années,
avaient inspiré de l’inquiétude à scs
amis, Sicard paraissait solide, ro¬
buste, appelé à poursuivre une lon¬
gue carrière. Sa belle prestance
physique semblait refléter son par¬
fait équilibre intellectuel et moral.
Son apparence calme et souriante,
qui masquait une sensibilité exquise,
faite de délicatesse et de dévoue¬
ment, savait attirer les sympathies
et fixer l’affection. On se réjouissait
de ses succès, car il ne devait sa
rapide ascension qu’à son travail. On
le savait heureux; car au foyer fami¬
lial, il trouvait la tendresse d’une compagne dont
l’esprit et le cœur avaient été formés par un homme
de bien, qui fut un grand universitaire; il était fier
de ses enfants, de son fils aîné qui, suivant les traces
de son père, venait d’arriver, dès son premier con¬
cours, à l’Internat. Il avait pu assister aux succès de
son gendre, qui jiorle vaillamment un grand nom
médical. Tout semblait s’unir pour assurer à cette
famille privilégiée une longue suite d’années tran-
qtiillés et heureuses. 11 a suffi de quelques inimUes
pour briser toutes les espérances et ruiner tous les
bonheurs. Devant la calastroplie irrémédiable
nous ne pouvons que nous associer à la douleur de
ceux qui, dans la maison privée de son chef, pleurent
celui qui était leur joie, leur soutien et leur orgueil.
Au eoiirs des études médicales, parmi les maî¬
tres qui s’inlércssciit à l’avenir des jeunes gens
en qui ils découvrent la petite llainmc d’une saine
ambition, il en est toujours un dont l’eiiipreinle
est plus profonde et l’influence plus durable. Pour
Sicard, ce fut Widal.
Sicard a été l’élève et le collaborateur du savant
I génial, qui avait le don d’at
de’notre jeunesse studieuse. Widal l’associa à ses vations d’i
recherches sur le séi'o-diagnostie. En 181)0 et 1807. tout réeen
paraissait une série de travaux qui devaient délini- lipiodol], ]
tivement établir la valeur de la nouvelle méthode. aneien int
Ainsi dès sa seconde année d’internat, Sicard avait l’œuvre (ji
eu la bonne fortune d(! contribuer à une œuvre méthodes d
solide et, l’annéesuivante, il recevait la réconqiense I .es lixiv;
d(‘ son effort : l’Académie di^s Seiimces décernait application
aux deux collaborateurs le jii'ix Monthyon. tient-elle d
C’est encore sous la forte inqnilsion de Widal Son habile
rations cliniques e
vations d’un intér
tout récent [Diagi
lipiodol], publié a
'œuvre ipii a doté la
iiélhodes de diagnostic
I .es ti’avaux de Siixiia
pplications pratiques,
ient-elle dans son œuv
iijours aliüuti à des
la théraiientiquc
place importante»
irait fait de lui un
que Sicard poursuivit avec Ravaul des rechcr- son Co
elles sur le cylo-diagnostic. Mais, au cours de rendu ;
son inteltiit chez Brissaud, il se sentit attiré jiar avions
l’étude des maladies nerveuses. Il devait y cou- de ses
sacrer la jilus grande et la meilleure partie de son de ses j
activité. Préjiaré par les recherches expérimen- meilleui
taies qu’il avait faites, il apporta en neurologie de cetti
des techniques nouvelles. Ses travaux sur le La veil
liquide céphalo-rachidien constituent un véritable la joie
monument scielitilicpie, élevé sur des bases iné- Ce fut,
branlables. 11 étudia la valeur sémiologique des Mercrei
éléments figurés qui s’y trouvent; décrivit la Ibis sur
méningite sérique; montra les variations de l’ai- Sicard,
bumine et du sucre; établit, par l’étude des chan- mort d(
gements de couleur du liquide, le « ehromo-dia- Sicai
gnostic » ; fit voir riiiiportaiice de la dissociation il comi
albiimino-cytologique et termina celle longue labeur,
série d’explorations fonctionnelles par une méthode d’un ac
nouvelle, qui allait transformer le diagnostic des tâche ;
affections médullaires. Les injections épidurales assez s
et sous-arachnoïdiennes de lipiodol lui ont permis elle est
de préciser les diagnostics difficiles et, dans cer- ])armi I
tains cas,' de fixer les techniques opératoires. Il
étendit le « lipiodol diagnostic » à d’autres explo-
plication de certains procédés et lui
permit de bien préciser la technique
des injections d’alcool dans le traite¬
ment des névralgies et la méthode
des injections épidui'ales dans le trai¬
tement de la sciatique et du lumbago.
Ce n’est pas seulement à la théra¬
peutique des affections nerveuses
([u’il s’est attaché. Nous lui devons
des recherches sur raiito-hémolhé-
rapie et sur l’enijiloi des injections
i 11 tra veineuses de cai’bonate de soude
eonlri' le ehoe eolloïdoclasique.
Son traitement des varices par les
injections phlébo-selérosantes de sa-
licylate de soude a suscité tout
d’aboi-d quelques craintes, mais son
efficacité esfaujourd’hui démontrée.
Le labeur acharné de Sicard
explique sa rapide ascension aux
divers degrés de la hiérarchie mé¬
dicale. Kxteriïe en 18t)4, inteime eu
18f)."), il était nommé médecin des
lK'i[iilaux en 1908 et agrégé en 1900.
En li)2.‘S, la Eaeulté lui confiait la
chaire de Pathologie interne. C’est
là ipi’il a pu déployer sou réel
talent de pédagogue. 11 préparait
ses leçons avec un soin minutieux et
apportait à son auditoire des faits
nouveaux ipi’il soumettait à uneeriti-
ipie serrée et qu'il ex[)Osait avec une
clarté merveilleuse. Sicard aimait
renseignement et il avait la joie de
voir les auditeurs se presser en
grand nombre à ses leçons.
,(1, la mort de Widal, La Prcsuc
Mcdicalü l’appela à siéger dans
in Comité de direction. C’était un hommage
ndu à la mémoire du Maître disparu. Nous
ions voulu que Widal lût renqilacé par un
de ses plus anciens collaborateurs, devenu un
de ses jilus bidllants disciples et resté un de ses
meilleurs .ainis. Sicard fut ])rofondémcnt touché
de cette maripic de sympathie et de contianee.
La veille de sa mort, il disait encore à ses amis
la joie que lui avait causée cette nomination.
Ce fut, hélas! la dernière joie de son existence.
Mercredi dernier, paraissait pour la première
fois sur la manchette de notre journal le nom de
Sicard, et, en même temps, était annoncée le
rier ipii tombe
vaut d’avoir teri
N“ 10
2 Février 1929
TRAVAUX ORiaiNAUX
DIABÈTE ET TUBERCULOSE
RETENTISSEMENT DE LA TUBERCULOSE
SUR L’ÉVOLUTION DU DIABÈTE
«Marcel LABBÉ R BOULIN cl JUSTIN-BESANÇON.
•Nous [l'avons iiullciiiciil l'iiitciUioii de reprendre
dans sa totalité l'étude de la tuliereulose pulmo¬
naire chez les diabétitpies. Depuis ipie Morton,
en lt)i)4, dans un traité sur la phtisie, signala
pour la première lois la coexistence des deux
afi'ei.'tions, les publications se sont succédé innom¬
brables: l’authenticité même de celle association,
sa lré([uence, ses causes, les caractéristiques de
la tuberculose coneomilanle, le traitement à
rnellre en auivri', telles sont les jirincipales ques¬
tions (pii ont été agitées, et on les trouvera par-
laitement résumées dans la T'/irsi' récente de
,Sur la majorité des points, on |ienl admettre
que l'accord est quasi unanime : la tuberculose
apparaît coninie une complication exlrémemenl
Iriapiente du diabète. Dans un travail antérieur,
nous avons montré (pie cette Iréipience dépendait
(le plusieurs facteurs ; forme de diabète, milieu
social, âge; nous ne reviendrons jias sur ces dif¬
férents points, nous bornant à signaler au pas¬
sage raugnieiitalion a|)parenle de la tuberculose
en temps t[ue facteur de mortalité chez les diabé-
li(pies. Il n’est [las douteux (pie, rinsulini' aidant, ■
le coma acidosiqiie, les gangrènes, etc,., reven-
diipient progressivement une jiarl de moins en
moins considérable, et des malades, ipii auraient
siK’combé précocement à l un de ces accidents,
survivent assez longtemps pour devenir tubercii-
h'iix, l’extrait pancréatique ne semblant pas à ce
point (le vue iirésenler une action prophylactitjue
bien notable,
Dette l'ri'npience est admise par tous. Le diabète
préc('de la tuberculose, malgré que, dans (pielques
cas phil(')t exceptionnels, ce soit la tuberculose
(jui [irécède le diahele; .loslin en signale ,ô, INIont-
gomery '2 et, nous-mêmes, nous en avons
observé 2; il est curieux de constater qu’il ne
s agissait nullement, comme on aurait |in le croire,
de diabète sans dénutrition chez des tulierculeux
libi’eiix, mais bien de diabète avec dénutrition au
cours de tuberculose nlcéro-caseense évolutive.
( lliniipiement, la tuberculose associée n’a pas
de earactère exlrémemenl tram lie : c est une
tuberculose évolutive banale, du type ulcéro-
caséeux. Didoiix, dans une formule célèbre, avait
mis en vedette l’absence de toutes les réactions
habituidles, générales - et lonctionnelles, de la
tuberculose [lulnionaire, ce (pii est certainement
fort exagéré. Disons ((iie, chez les diabéti(pies, la
tuberculose pulmonaire est plus torpide, plus
sournoise, plus ra|)idement évolutive (pie chez le
sujet normal, mais, en somme, dans l’ensi'uible,
toutes les grandes caractéristiipies sont pré¬
sentes, Nous avions noté la rareté des bacilles
de Ivoch dans l’expectoration contrastant avec
rextréme extension des lésions et nous l'avons
expliiptée par une fragilité parliculii'fe du paren¬
chyme pulmonaire de ces malades ; d’antres
auteurs, .loslin en particulier, ont fait des consta¬
tations analogues.
Mais, et c’est là surtout (pie nous voulons en
venir, si, dans l’association tuberculose-diabète,
tout le monde a étudié ht tuberculose, personne
on pres(pie personne n’a envisagé le diabète, ou,
plus exaeteimmt, le relentissemeni de la tubercu¬
lose .sur le diabète. On se bornait à signaler un
peu [lartout (pi'à la période terminale il n’était
pas rare de voir la glycosurie dis[)araîlrc, fait
(|ui n’a rien d’extraordinaire chez des sujets que
l’anorexie et les troubles digestifs condamnent à
une restriction de l’alimentation Néanmoins, ce
lait, constaté par divers auteurs - Lépine, Lé-
corché.,. - -, et d’ailleurs parfaitement exact, avait
créé dans divers esjirits une légende assez vague
suivant laipielle ce serait une bonne all’aire pour
un tliabéli(iu(' que de devenir tuberculeux. Celte
notion, incontestablement inexacte, mais que cer¬
tains d’entre nous ont entendu formuler, a trouvé
ou a semblé trouver un appui dans des travaux
puidiés récemment par Lundberg; cet auteur,
s’appuyant sur 14 observations, dont 8 person¬
nelles, de diabète-tuberculose, signale, au fur et à
mesure de la progression de la tuberculose, la
disparition de la glycosurie et de l’acétonurie,
raugmentaliou de ht tolérance hydro-carbonée et
la diminution des besoins insuliniques ; il explique
celle amélioration par l’existence dans les tissus
tuberculeux d’une substance hypoglycémiante
([ii'il a appelée la para-insuline, en raison de
ses analogies jtharmaco-dynamiques avec l’in-
Noiis ne discuterons pas toute la partie expéri¬
mentale, 1res importante d’ailleurs, des travaux de
Lundberg, car nous n’avons pas pcrsonnellemeiit
repris ses recherches. Tout au plus lui ferons-
tious remaiajuci' (pi’il n’est peut-être ])as absolu¬
ment suflisanl, pour afiirmer la présence dans les
tissus tuberculeux d’une substance hypoglycé¬
miante, que l’injection à l’animal de l’extrait de
ces tissus détermine des accidents clini(iuemcnl
analogues à ceux produits par l’injection d’insu¬
line et curables, comme ces derniers, par l’admi-
nislralion de glycose ; il eût été indispensable de
mesurer chaque fois la glycémie des animaux en
expérience, ce qui, sauf erreur de notre part, n’a
été fait par Lundberg que dans deux cas, où elle
était d’ailleurs ell’eclivemenl abaissée.
C’est sur la partie clinique de ses travaux que
nous voulons insister. Nous ne pouvons reprendre
dans le détail toutes ses observations. Néanmoins,
abstraction faite de la 7*’ où les variations de la
tolérance hydrocarbouée sont si considérables
(pte l’on ne jx-ut guère conclure, de la 12”, de la
18' et de la 14” qui sont nettement insuffisantes,
il reste 10 observations (jui méritent discussion.
Or, il est remaiapialile (pie l’élude attentive de ces
10 oliservations, recueillies et rapportées, d’ail¬
leurs, avec un soin très miuulieux, incline à des
conclusions très diH’érenles de celles tirées par
l’auteur.
Dans les observations 1 et 2, il est évident (jue
la glycosurie diminue pour disparaître au fur et
à mesure (pie la tuberculose évolue, mais c’est
tout sinqih'ment parce (jue la ration hydro-carbo¬
née est diminuée ici de 8/4 et là de moitié ; ce ((iii
montre bien d’ailleurs (pie le diabète, loin de
s’améliorer, allait en s’aggravant, c’est (jiie la
l(dératice hydro-earbonée s’abaisse progressive¬
ment ici (le iiO à Là. là de 00 à .TL
Dans les observations n"" 8, 4, G, 8, 0, 10, il
n’est [las douteux ((iie la glycosurie diminue ou
disparaît et (pie, simullauément, la tolérance
hydro-carbonée s’élève, mais c’est le fait de
radininistration d’insuline à doses importantes :
00, 80, 120 unités. Dans certaines observations,
on constate ell’ectivcment (pi’après avoir admi¬
nistré des doses de cet ordre, il a été possible de
les diminuer jiliis ou moins sans que la glyco¬
surie reparaisse, mais c’est là un fait tout à fait
banal et (pii n'a rien à voir avec une soi-disant
amélioration du diabète par la tuberculose. Tout
le monde sait que, lorsqu’on administre à un ma¬
lade des doses inqiortantes d’insuline, il arrive
souvent, soit (pie Celle-ci s’accumule légèrement,
soit que la tolérance hydro-carbonée ait été amé¬
liorée par elle, que l’on puisse pendant ((iielqiie
temps se contenter de doses inférieures.
Kinalemenl, la seule observation qui en appa¬
rence pourrait être retenue, c’est l’observation
11° 11, où, en l’absence de toute thérapeutique
insulinique, la glycosurie tombe de 82 à 0,
la tolérance s’élève de - - 82 à -j- 43, cependant
(pie les corps acéloni([ues tombent de 1,9 à 0,01 :
mais tout d’abord le malade n’esl suivi du point
de vue qui nous intéresse que pendant un mois,
ce qui' est manifestement iiisufllsaiil pour juger ;
en second lieu, il faut bien savoir qu’il est banal,
sous la seule iiilluence de la restriction hydrocar
bouée, sans (ju’il soit nécessaire de faire inter¬
venir aucun autre facteur, de voir s’atténuer la
glycosurie et s’améliorer la tolérance hydrocar¬
bonée, dans des proportions aussi iinporlantes
que dans l’observation alléguée par Lundberg.
Nous avons ainsi rapporté jadis, avec Anieuille,
l’observation d’un malade (pii, pour un régime de
137 gr. d’hydrates de carbone, urinait 192 gr. de
sucre, et dont la tolérance était, par cpnséquenl,
de — 55 gr. lün moins d’un mois, sous la seule
influence d’une restriction hydrocarbonée d’ail¬
leurs peu sévère, le malade n’urinait plus que
47 gr. de sucre pour 98 gr. d’hydrates de carbone
ingérés ; sa tolérance atteignait donc -|- 51. Ainsi
donc, par la seule action du régime, la tolérance
de ce malade s’était élevée de 110 gr., alors que,
dans l’observation de Lundberg, ramélioralion
n’est que de 75 gr. Qui plus est, au bout de six
mois, la tolérance de notre malade alleigiiail
225 gr. ; le gain définitif était donc de 8G2 gr.
On comprend par suite pourquoi nous ne pouvons
accepter d’attribuer à une évolution tuberculeuse
l’amélioration de la tolérance hydrocarbonée du
malade de Lundberg : pour que l’observation fût
démonstrative, il eût fallu que, dans une première
phase, nous eussions vu la tolérance de ce malade
s’améliorer sous la seule action du régime, jusqu’à
un point donné où elle se serait équilibrée et,
dans une deuxième phase, sans ([ue rien ne soit
changé au régime, mais celle fois sous l’action
d’une évolution Inberciileuse, la tolérance s élever
de nouveau.
On voit donc que rien n’esl moins démontré
que l’amélioration du diabète sous l’action de la
luberciilüse.
Or, précisément, le hasard a voulu qu’en l’espace
de quelques mois aient défilé dans notre Service
5 malades dont l’iiisloire est loin do confirmer
cette théorie ; sans anticiper sur ces observations
dont on va lire le résumé, on va voir que, dans
chacune d’elles, suivie pendant de longs mois,
l’installation de la tuberculose a été le signal
d’une poussée évolutive du diabète, d’une rupture
de l’équilibre hydro-carboné avec jiroduclion
d’acidose*.
üiisi.:uv,vTio.N 1.^ - M'“” Didap..., 27 ans. En 1922,
kl 1924, nouvelle grossesse, nouvelle poussée de
glycosurie.
En polyphagie, ]ioly(lipsie,^ polyurie s’inslal-
révèle une glycosurie imi>orlanle. Aucun régime
En Novembre 192G, ayant perdu là kilogr., elle se
décide à nous consulter. C’est le tableau d’un grand
diabète ; la glycosurie atteint 235 gr. ; les réactions
de Legal et de Cerliardl sont fortement positives.
La réserve alcaline est tombée à 34 volumes.
I. On trouve dan» lu Tliise de Poronne une obBervatiun
de bénn Bernard qui se rapproche de eelles que non»
rapporlonti.
N“ 10
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Févii(M- 1929
155
En une semaine, avec un régime de 121 gr. d’hy¬
drates de carbone et 60 unités d’insuline, la glyco¬
surie et l’acidose ont disparu. Nous la maintenons
dans cet état avec 40 unités, puis 30 unités pour une
ration hydrocarbonée quotidienne de 106 gr. ; la
malade gagne 10 kilogr.
Elle sort de l’hôpital en Décembre 1926 avec un
régime de 96 gr. d’hydrates de carbone; elle le suit
assez mal ; aussi, malgré 30 unités d’insuline, elle
conserve une glycosurie variable, mais modérée, (M
des traces d’acidose.
En Octobre 1927, elle fuit une forte poussée d’aci¬
dose qui est jugulée en une semaine par 100 unités
par jour d’insuline; elle sort à la lin de Mars avec
un régime de 86 gr. d’hydrates de carbone, 50 unités
d’insuline, mais, comme elle ne suit pas mieux son
régime qu’auparavant, la glycosurie réapparaît, ainsi
(]ue des traces d’acidose.
En Février et en Mai 1928, deux infections aiguës
(coryza, abcès de la fesse) déterminent une forte
poussée d’acidose d’ailleurs transitoire, mais, après
le mois de Mai, on doit la laisser à 60 unités d’insu¬
line.
En Juillet 1928, elle est prise subitement d’un point
de côté à la base droite et sous la clavicule droite.
La température s’élève à 39“-40‘> ; elle tousse, a des
sueurs nocturnes, maigrit et doit s’aliter. En même
temps, elle remarque que les réactions de Legal et
de Gerhardt sont devenues extrêmement positives;
la glycosurie persiste, approximativement la même.
Affolée, la malade, d’elle-même, augmente sa dose
d’insuline jusqu’à 160 unités par jour, mais l’acidose
persiste, irréductible.
Le 29 Septembre 1928, elle se décide à revenir
nous trouver dans un état proche du coma ; les réac¬
tions de Legal et de Gerhardt sont fortement posi¬
tives. La réserve alcaline est tombée à 12 volumes,
la glycosurie persiste à 60 gr. ^
des signes de ramollissement étendu : matité, exa¬
gération des vibrations, et, à l’auscultation, cra((ue-
La radioscopie révèle qtie tout le sommet droit est
obscur et montre, de plus, une ombre, à gauche, à la
partie supérieure du poumon. La radiographie décèle
une image typique de lobite supérieure droite, et, à
La temi)érature oscille entre 37" et 38".
Nous prescrivons un régime de 138 gr. d’hydrates
de carbone et 120 unités d’insuline.
Au bout de cinq jours, l’acidose a disparu, mais la
glycosurie persiste.
Le 8 Octobre, on pratique un pneumothorax à
droite, et, le 6 Novembre, un pneumothorax à gauche.
Le collapsus s’elfeclue convenablement; le poids
s’élève de 4 kilogr. On peut abaisser l’insuline à
90 unités; l’acidose ne reparaît point; néanmoins,
l)Our une ration hydrocarbonée de 70 gr, environ, la
malade conserve une glycosurie de 16 à 50 gr. par jour.
OiisEuvATiox II. Guil..., 49 ans. Début du dia¬
bète en 1925; à l’occasion d’un amaigrissement de
30 kilogr., on découvre une glycosurie de 150 gr.
par jour et une acétonurie de 1 gr. 20. Gomme le
malade ne suit aucun régime, les troubles persistent.
En Novembre 1927, il se décide à entrer dans
En raison de sa forte acidose, le malade est sou¬
mis à la cure de légumes verts ; l’insuline est pres¬
crite à la dose de 80 unités. lui glycosurie disparaît
en ([uatre jours et l’acidose en six. On peut abaisser
progressivement l'insuline à 40 unités et [ji-escrire
un régime mixte comportant 68 gr. d’Iiydrates de
carbone : ni la glycosurie ni l’acidose ne repa¬
raissent.
En Mars 1928, le malade sort de l’hôpital avec ce
régime et cette dose d’insuline, mais, comme il pra-
ti<[ue vraisemblablement quelques infractions à son
régime, il a très habituellement des traces de sucre
En Septembre 1928, il rentre à l’hôpital amaigri,
très fatigué, sa température oscille entre 37" et 40" et
il porte aux deux sommets des signes évidents , de
tuberculose en voie de ramollissement; simultané¬
ment, on trouve dans ses urines, non plus seulement
des traces de sucre et d’acidose, mais une glycosurie
franche et des réactions de Legal et Gerhardt forte¬
ment positives; la réserve alcaline est tombée à
39 volumes.
On le met à un régime comportant 110 gr, d’hy¬
drates de carbone; on élève l’insuline à 60 unités;
la glycosurie disparaît en cinq jo>irs, l’acidosc? en
deux. Cette amélioration est mainteimc juseju’au
milieu d’Octobre.
Le 18 Octobre, en effet, retour offensif de l’acidose
qui redevient très forte; les réactions de Legal et
Gerhardt sont fortement positives ; en même temps,
la glycosurie réapparaît franch<‘.
On élève l’insuline à 80 unités; lu ration hyilro-
carbonée est abaissée à 50 gr. En ([uatre jours, aci¬
dose et glycosurie ont disparu. On abaisse l’insuline
à 60 unités; la ration hydrocarhonée est élevée à
66 gr. La glycosurie ne reparaît plus i[ue sous forme
de traces intermittentes, mais l’acidose persiste sous
forme de traces permanentes juscm’à la mort ([ui
survient le 18 Novembre dans un état de cachexie.
Observation III. Vanker..., 38 ans. Début du
diabète en 1924 par de la polydipsie. Il ne s’en soucie
])as jusqu’au mois de Mai 1925 où, se sentant fatigué,
il se décide à faire analyser ses urines. On lui trouve
374 gr. de sucre par jour, mais pas de corps acéto-
niques; on lui supprime les féculents, on lui admi¬
nistre de l’insuline el le sucre disparaît.
En Octobre 1925, il vient demander conseil à la
Pitié; on lui trouve de la glycosurie et une petite
([uantité de corps acétoniques ; on prescrit un régime
et 10 unités d’insuline. La glycosurie et l’acétonuric
disparaissent. Au bout de deux mois, le malade
rentre chez lui.
D’Octobre 1925 à Juillet 1927, il vit chez lui avec
un régime comportant 72 gr. d’hydrates de carbone
et 20 unités d’insuline. Il conserve une glycosurie
légère, et, de temps en temps, des traces d’acidosi'.
En Juillet 1927, il est pris de lièvre à 39", de sueurs
nocturnes, de toux, d’hémoptysie. Il maigrit de
2 kilogr.
En Octobre 1927, il rentre à la Pitié dans un très
mauvais état. On lui trouve au sommet droit des
signes de ramollissemenl (matité, souffles, râles
liumides), et, du côté gauclie, des signes d’infiltration
Isuhmatité, pommelure). Ses crachats renferment des
bacilles de Koch. Eu même temps, son diabète s’esl
évidemment aggravé; il urine 60 gr. de sucre pour
un régime qui lui apporte toujoui's la même quantité
d’Iiydrates de carbone, et cela malgré 40 unités
d’insuline; les réactions de Legal et Gerhardt sont
On élève la dose d’insuline à 80 unités. En quati'e
jours, glycosurie et acidose disparaissent ou ne réap¬
paraissent (jue sous forme de traces.
Le 4 Novembre, un pneumothorax est effectué à
L’amélioration se poursuit; l’insuline peut être
abaissée à 40 unités, et la ration hydrocarhonée
portée à 90 gr. sans provoquer de glycosurie.
Mais, vers la fin de Novembre, la glycosurie repa¬
raît, intermittente, de quelques grammes à quel(|ucs
dizaines de grammes, et l’acidose sous forme de
traces Intermittentes.
•l'.n Janvier 1928, on élève l'insuline à 50 unités, et
la ration hvdrocarhonée est abaissée en Février à
4o gr. L acidose et la glycosurie deviennent ]ihis
légères et s espacent encore davantage. En Avril 1928,
on eleve la ration à 61 gr., et, en Mai, on abaisse
1 insuline a 30 unités, en Juin à 20 unités. Il n’y a plus
111 acidose ni glvcosurie. Les insufflations sont faites
régulièremeiil.
Mais, à partir du mois d’Aoùt, le poids s’abaisse
rapidement et le malade perd 8 kilogr. On découvre
que les lésions gauches ont progressé; en Octobre,
on insuffle le côté gauche ; on élève la ration à 63 gr.
d’hydrates lie carbone et le traitement insuliiiique
à 40 unités. L’amaigrissement, dès lors, s’arrête.
Observation 1Y. — M"'" Guil..., 24 ans. En 1925,
elle /ait analyser ses urines, et l’on constate une gly¬
cosurie de 650 gr. par vingt-quatre heures, mais pas
d’acidose.
Elle n’y prend pas garde, mais, en 1926, elle tombe
dans le coma dont elle est tirée à l’aide d’insuline.
Elle prend, dès lors, l’habitude de se faire faire
des injections d’insuline en quantité variable, mais
elle ne suit aucun régime.
En Mai 1926, elle se décide à entrer à la Pitié avec
une glycosurie de 10 gr. par jour, des réactions de
Legal et Gerhardt très fortes, une réserve alcaline à
27 volumes. On lui prescrit un régime de 35 gr.
d’hydrates de carbone, 40 unités d insuline et,' au
bout de dix jours, acidose et glycosurie ont disparu.
On peut élever la ration hydrocarhonée à 70 gr.,
abaisser l’insuline à 20 unités sans dommages.
Elle sort de l’hôpital le 12 Juin 1926. Elle con¬
tinue à se faire faire 20 unités d’insuline tous les
jours, mais elle ne suit jilus son régime, aussi con¬
serve-t-elle une glycosurie variable. Elle n'a pas
d’acidose ou des tiTlces seulement .
Le 21 Décembre^,! 926, elle rentre à l’hôpital dans
le coma : réactions de Gerhanlt et de Legal très
))ositives. réserve alcaline de 17 volumes, glycosurie
de 38 gr. A la base droite, on découvre une pleurésie
|)urulente. Elle sort du coma à, la suite de rinjection
de 240 unités d’insuline le jour île son entrée et de
120 unités les jours suivants; le 24, elle n'a jilns ni
sucre, ni acidose; le 25 on fait nne.|)leurotoniie.
Dès lors ramélioration s’établit ; on jieut élever
la ration hydro-carbonée à 104 gr. d’hydrates de car¬
bone, abaisser l'insuline à 60 unités; il ny a [dus ni
sucre, ni acidose. Eu .Mars 1927. elle sort de l’hôpital
avec la ((uantité d’insuline et le régime ci-dessus in-
di([ué. Gomme elle ne suit ce derni(“r qu assez mal, la
glycosurie réajiparait acrom|iaguée souvent de quel-
Le 13 .Se|)temhre 1927, elle rentre à l'hô|)ital de
noiivi'au avec une forte poussée d’acidose en relation
avec un abcès. Il faut augmenter l’insuline jusqu'à
120 unités et jiratlquer une cure de légumes verts. Au
bout de trois semaines tout est terminé. L'insuline
est abaissée à 60 unités, la ration hyilrocarhonée
peut être [lortée à 65 gr. ; il ii y a [ilus ni sucre ni
acidose. Elle sort le It) Octobre, l'itérieurement
elle ne suit [illis sou régime, ne se fait plus faire de
Aussi, le 15 Janvier 1928, rentre-t-elle de nouveau à
l’hôpital (fans le coma avec une réaction de Gerhardt
et de Legal très positives, nue glycosurie de 13 gr.
180 unités d’insuline viennent à bout dn coma. Au
bout de cinq jours, elle ii’a plus ni sucre ni acidose,
rinsnline est abaissée quotidiennement à 50 unités lO
la ration hvdrocai-honée portée à 66 gr.
Elle sort le 26 Janvier; ife nouveau elle ne suit
[ilus son régime, aussi la glycosurie reparaît-elle,
ainsi que l’acidose, mais celle-ci très moilérée.
En Août 1928, à l’occasion d une angine, elle refait
une forte [lonssée d’acidose et de glycosurie : on lui
[ircscril 80 unités d insuline par jour et en huit jours
tout est Uni. Gu revient à 50 unités d’insuline pour
une ration de 98 gr. d hydrates de carbone qui reste
Elle sort le 27 Août. Elle recommence naturelle-
de régime, mais elle ii a [ilns d’acidose.
Vers le 25 Octobre néanmoins, siiniiltauémeut , s ins¬
tallent un point de côté à droite, de la lièvre à 38"8,
de la toux et, d'autre jiart, réajijiarait une forte aci¬
dose; la glycosurie persiste inchangée. l exameu,
on ti'ouve un ramollissement du sommet droit.
L’insulini* est portée à 6t) unités et le régime main¬
tenu à 98 gr. d hydrates de rarhone ; l'aridose per¬
siste irréductible, la glycosurie devient extrèmeuieut
ahondaiite, atteignant jusqu'à 103 gr.
11 faut porter l’insuline à 80 unités, abaisser la
ration à 66 gr. d’hydrates de carbone : l’aridose dis-
[laraît, la glycosurie diminue, mais [lersiste certains
jours, il est vrai à l’état de traces seulement.
Observation V. Mej...,27 ans. Début en Mai
1926 [lar de l'amaigrissement, de la [lolydijisie, de
l’asthénie; en même tem|)s on trouve 50 gr. de gly-
cose [lar litre d'urine. 11 ne s en soucie pas jusqu’en
Janvier 1927 où il se décide à entrer à la Pitié. On lui
trouve une glycosurie de 123 gr., une acétonurie de
4 gr. ; on prescrit un régime de 60 gr. d hydrates de
carhoni" et 20 unités d insuline ; 1 acidose disjiarait
au bout de quinze jours, la glycosurii' au bout de
L’état reste stationnaire, sans siiere ni acidose jus-
([ii’en Octobre 1928. A cette époijue, le malade rentre
à la Pitié dans un très mauvais étal avec une teiiqié-
rature avoisinant 38", de la toux, de l’asthénie. A
l’examen, ou trouve un ramollissement étendu des
deux sommets.
Simultaiiémeiit la glycosurie a réa|)[)aru atteignaiit
55 gr., ainsi que l’acétonurie . Les réactions de
Gerliardt et de Legal sont très positives.
On [lorle rinsnline à 60 unités et 1 acidose dis|ia-
raît en quatre jours. On jieut dés lors abaisser l'in¬
suline à 40 unités, mais néanmoins, [lour un r('‘ginie
de 77 gr. d hydrates de carbone, la glycosurie per¬
siste entre 20 et 100 gr.
156
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
N» 10
Ces cinq observations peuvent être résumées
de la façon suivante (Nous admettrons, avec la
plupart des auteurs, qu’une unité clinique d’insu¬
line permet de métaboliser au moins 1 gr. d’hy¬
drates de carbone ; nous ne tiendrons compte que
des_hydrates_de carbone préformés).
Observation /. — Un malade tolère sans sucre ni
acidose 86 gr. d’hydrates de carbone avec 50 unités
d’insuline ; tolérance de -(-36.
Une poussée évolutive de tuberculose coïncide
avec la survenue du coma diabétique ; réserve alca¬
line de 12 volumes ; réaction de Legal et de Gerhardt
très positives et glycosurie 60 gr.
La malade reste avec 30 gr. de sucre pour 70 gr.
d’hydrates de cai-bone et 90 unités d’insuline : tolé¬
rance — 50.
Observation U. — • Un malade est équilibré à
68 gr. d’hydrates de carbone avec 40 unités d’insu¬
line, pas d’acidose ; tolérance -(- 28.
Une poussée évolutive de tuberculose fait tomber
la réserve alcaline à 39, fait apparaître une réaction
de Legal et de Gerhardt très positive.
Le malade conserve des traces d’acidose et de gly¬
cosurie pour une ration de 67 gr. d’hydrates de car¬
bone malgré 60 unités d’insuline : tolérapce -(- 7.
Observation III. — Un malade est équilibré sans
sucre ni acidose avec 20 unités d’insuline pour 72 gr.
d’hydrates de carbone : tolérance -|- 52.
Une poussée évolutive de tuberculose détermine
une glycosurie de 50 gr. et fait apparaître des réac¬
tions du Legal très positives.
On arrive à retrouver l’équilibre avec 6^ gr. d’hy¬
drates de carbone et 40 unités d’insuline : tolé¬
rance -I- 23.
Observation IV. — Un malade est équilibré avec
50 unités d’insuline pour 98 gr. d’hydrates de car¬
bone ; tolérance -|- 48.
Une poussée évolutive de tuberculose détermine
une forte poussée d’acidose.
Avec 80 unités d’insuline pour une ration de 66 gr.
d’hydrates de carbone, l’acétonurie disparaît, mais
la glycosurie persiste sous forme de traces : tolé¬
rance — 14.
Observation V. — Un malade est équilibré sans
glycosurie ni acidose avec 20 unités d’insuline pour
60 gr. d’hydrates de carbone. |
Clinique médicale de Genève
(Professeur : M. Roch)
DE
L’INFLUENCE DE LA SURRÉNALE
FONCTIONNEMENT DU REIN
SYNDROME AZOTÉMIQUE ADDISONIEN
Par J. -J. MOZER
Chef dp Clinique.
Entrepri.ses avec l’espoir de surprendre le
mécanisme de l’hyperlensian artérielle, les
recherches tant cliniques qu’expérimentales faites
sur l’activité des surrénales au cours des
néphrites sont innombrables. Fort peu de tra¬
vaux ont, par contre, été consacrés au fonction-
ïieinent du rein dans les aU’ections de la surrénale,
dans la priitcipale d’entre elles en particulier, la
maladie d’Addison. La (juestion ne semble pour¬
tant pas dépourvue d’intérêt en raison des rap¬
ports anatomi(|ttes intimes de ces deux organes et
des plexus nerveux qui les environnent, en raison
également de la répercussion éventuelle sur l’acti¬
vité rénale de l'hypotension circulatoire des
addisoniens, en raison enfin de l’existence pos¬
sible d’une sécrétion capsulaire surrénale agis¬
sant sur le rein et pouvant faire défaut lorsque
les surrénales sont détruites.
Une poussée évolutive de tuberculose donne une
glycosurie de 50 gr., des réactions de Gerhardt et
de Legal très positives.
Avec 40 unités d’insuline pour 77 gr. d’hydrates
de carbone, l’acidose disparaît, mais la glycosurie
persiste, voisine en moyenne de 60 gr. : tolérance
— 23 gr.
La conclusion est facile à tirer : dans les 5 ob¬
servations que nous venons de résumer, l’instal¬
lation de la tuberculose chez un diabétique a
coïncidé avec une poussée de glycosurie accom¬
pagnée d’une diminutio'n de la tolérance hydro¬
carbonée ; simultanément apparaissait ou s’exa¬
gérait l’acétonurie, dans deux cas même s’instal¬
lait un véritable coma acidosique. L’aggravation
du diabète a nécessité dans tous les cas une aug¬
mentation notable de la ration insulinique, sans
qu’il soit toujours possible de juguler simultané¬
ment glycosurie et acidose.
Il n’est donc aucunement douteux qu’au moins
dans les observations que nous venons de rap¬
porter une poussée évolutive sévère du diabète,
du point de vue simultané de la glyco.surie et de
l’acidose, n’ait accompagné l’installation de la
tuberculose.
Il est évident qu’à l’origine de cette aggrava¬
tion du diabète, c’est la tuberculose qu’il faut
incriminer? Certes, l’on pourrait aussi bien pré¬
tendre que c’est l’aggravation du diabète qui a
conduit ces malades à la tuberculose, mais, à
notre avis, ce n’est pas cette dernière explication
qui est la plus vraisemblable et cela pourt la rai¬
son suivante : dans les cinq cas que nous rappor¬
tons c’est très brutalement qu’un diabète, jusque-
là bien équilibré, s’est aggravé en même temps
que s’installaient ou plus exactement apparais¬
saient les signes d’une tuberculose évolutive ; or,
quand un diabète s’aggrave spontanément, .sans
facteur intercurrent, c’est progressivement ou
tout au moins rapidement, mais non brutalement
qu’il le fait : peu à peu il faut augmenter les doses
d’insuline pour supprimer sucre et acidose. Or,
ici, ce n’est pas ainsi que les choses se sont
passées : l’aggravation du diabète a toujours été
excessivement brutale.
Or, ces aggravations brutales du diabète se
Si les documents cliniques se raj)portanl à ces
questions sont rares et très insuffisants, les phy¬
siologistes ont cependant, dans quelques expé¬
riences de surrénalectomie, abordé le problème
de l’influence de la surrénale sur l’activité du
rein. Nous voudrions rapporter brièvement ces
travaux sur lesquels l’attention ne nous semble
pas avoir été suffisamment attirée et montrer
qu’on en peut rapprocher certaines constatations
cliniques.
En 1914, Porak et Chabanier ont signalé
l’apparition, cl\ez le lapin privé de ses deux
surrénales, d’une azotémie pouvant atteindre
1,60 pour 1.000. Malgré cette élévation du taux de
l’urée sanguine, les auteurs notaient que la con¬
centration de ce corps n’augmentait pas dans
l’urine, ce qui d’emblée tendait à prouver une
altération de la fonction d'élimination du rein et
ne jiermettait jias de rapporter le phénomène, à
une simple exagération des processus de désassi¬
milation azotée. La question se posait, soit d’une
action spécifique de la surrénale sur le rein, soit,
comme les lapins meurent rapidement après l’opé-
tion, d’un efl'et de la déchéanci^ agonique des
diverses fonctions de l’organisme, du paren¬
chyme rénal en particulier.
Semblables constatations furent faites, en 1914
également, par Marshall et Davis sur deux chiens
dont l’azotémie quintupla après la surrénalec¬
tomie. Afin de préciser la signification et le méca¬
nisme de cette rétention azotée, ils entreprirent j
voient surtout à l’occa.sion de certains facteurs
intercurrents parmi lesquels au premier rang il
faut placer les infections.
Il est curieux de le constater : pendant long¬
temps on a attribué à toutes les infections cette
action favorable sur l’évolution du diabète que
l’on réserve actuellement à la tuberculose. Il a
fallu une observation plus exacte des faits poui
s’apercevoir de l’action néfaste de la pneumonie,
des abcès, voire même d’une simple angine ou
d’un vulgaire rhume. Nous avons ainsi suivi jadis
avecGendron une diabétique atteinte de typhoïde,
dont la tolérance tombait à -f- 15 pendant cette
dernière pour se relever à -(- 150, quelques mois
après. Pourquoi, parmi toutes les infections, la
tuberculose jouirait-elle du privilège d’être la
seule à ne pas prétendre à un rôle analogue ?
A notre avis, la chose ne fait guère de doute, et
dans nos observations, certaines sont à ce point
de vue vraiment démonstratives ; Delap... fait
deux poussées d’acidose, l’une à l’occasion d’un
abcès, l’autre à l’occasion de l’installation de
la tuberculose; Guil... tombe deux fois dans le
coma, la première fois à l’occasion d’une pleu¬
résie purulente, la deuxième fois à l’occasion
d’une poussée de tuberculose.
Assimiler n’est évidemment pas expliquer et
nous ignorons pourquoi les infections ont à
l’égard du diabète une action aussi fâcheuse. Chez
les sujets normaux, comme nous l’avons montré,
elles suffisent à déterminer des troubles durables
de la glyco-régulation ; il n’y a évidemment rien
d’étonnant à ce que. les diabétiques ne soient en¬
core plus susceptibles, mais le processus intime
nous échappe.
Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas l'ambition
d’expliquer le mécanisme de cette aggravation ;
pour le moment, nous désirons seulement nous
borner à la constater, et le fait sur lequel nous
désirions attirer l’attention nous paraît bien éta¬
bli par les cinq observations que nous rappor¬
tons : à savoir que la tuberculose, à l’égal des
autres infections, exerce sur le diabète une in¬
fluence néfaste tant au point de vue de la glyco¬
surie et de la tolérance hydrocarbonée que de
l’acidose.
I de nouvelles recherches sur le chat, cet animal —
à condition d’être opéré en deux temps à quelques
jours ou quelques semaines d’intervalle — suppor¬
tant relativement bien la surrénalectomie double
et pouvant survivre plusieurs jours à la seconde
intervention. Sur 16 chats ainsi opérés, les
auteurs américains contrôlèrent systématique¬
ment le débit uréique, l’azotémie, l’élimination de
la sulfonephénolphtaléine et du chlorure de
sodium, puis pratiquèrent un examen histolo¬
gique précis des reins.
Ces expériences ont confirmé que la rétention
d’urée se manifeste de suite après l’ablation de la
seconde surrénale, se maintient à un taux à peu
près double de la normale pendant quelques jours,
puis, vingt-quatre heures avant la mort, augmente
encore brusquement (1,44 ; 1,65 pour 1.000).
L’épreuve du rouge rénal révèle un fort déficit de
l’élimination. Si de plus on injecte dans les veines
de ces animaux surrénalectornisés des solutions
d’urée ou de créatinine, on constate que l’excrétion
en est très diminuée par rapport à celle des témoins
(29 pour 100 de la quantité injectée au lieu de
72 pour 100 pour l’urée; 45 pour 100 au lieu de
88 pour 100 pour la créatinine). Concernant le
chlorure de sodium, les variations physiolo¬
giques du débit enlèvent de la précision aux
constatations expérimentales; il semble, cepen¬
dant, que l’élimination n’en soit pas notablement
troublée. Disons encore que l’examen histolo¬
gique des reins ne permet de constater aucune
altération particulière, tendant ainsi à faire
admettre que le déficit d’élimination est d’ordre
N» 10
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
157
purement fonctionnel. En pratiquant enfin, à titre
de contrôle, sur d'autres chats, une simple splan¬
chnotomie ou une surrénalectomie unilatérale, on
ne constate aucune perturbation du fonctionne¬
ment rénal.
IjCS résultats de ces expériences, fort bien
conduites, sont très nets : chez le chat, à la suite
de la double surrénalectomie, riiyperazotémie
survient de façon constante. Celle-ci il’est pas un
pliénomène purement ajifonique : elle est en rap¬
port avec une déficience de l'excrétion rénale qui
nej)eutêtre rattachée à aucune lésion histologique
déterminée des reins, mais doit être considérée
comme un trouble d'ordre fonctionnel. Il n’y a
pas, semble-t-il, de perturbation dans l’élimination
de l’eau et du chlorure de sodium.
Marshall et Davis discutent cinq hypothèses
susceptibles d’expliquer ces constatations :
1“ L’hypotension artérielle amènerait un trouble
circulatoire au niveau des reins ;
2“ Les plexus nerveux, périrénaux, dont on
connaît plus ou moins bien l’action sur les reins,
seraient lésés au cours de l’opération sur les
3“ La surrénalectomie serait cause d’une dimi¬
nution de l’activité cellulaire de tous les paren¬
chymes et notamment du rein ;
4“ Les surrénales auraient un pouvoir neutra¬
lisant vis-à-vis de telle substance hypothétique
nuisible à l’activité du rein ;
b** Les surrénales, enfin, sécréteraient norma¬
lement une substance stimulante de la fonction
De prime abord, c’est l’hypotension artérielle
que l’on est tenté d’invoquer comme intermédiaire
entre la surrénalectomie et le mauvais fonction¬
nement du rein ; le filtre rénal ne disposerait plus
de la pression sanguine nécessaire à son travail.
Mais, contrairement aux constatations de Elliot,
de Stehl et Weiss, Marshall et Davis n’ont pas
observé d’abaissement de la pression sanguine de
leurs animaux 4îi ce n’est à la période agonique ;
ils ne sauraient donc retenir cette explication,
lueurs expériences de contrôle, consistant en sec¬
tion des plexus nerveux périsurrénaliens et en
ablation d’une seule surrénale, permettent d’éli¬
miner leur seconde hyj)othèse. L’étude du méta¬
bolisme azoté prouve que l’activité des paren¬
chymes en général n’est pas diminuée et que
l’azotémie relève bien d’un déficit de l’excrétion
rénale seule. C’est, en (Jéfînitive, en faveur de la
dernière des hypothèses ci-dessus que concluent
les physiologistes américains : ils pensent à une
action excitatrice, apparemment de nature hor-
monique, de la surrénale sur le rein, action
nécessaire au fonctionnement normal de ce
dernier.
Ces expériences ont été confirraéc^s par JoeLson
et Schorr à l’occasion de recherches .sur l'in-
lluenee de la surrénalectomie sur le métabolisme
du chien; chez un de leurs animaux, qui survécut
cinq jours à l’opération, l’azotémie s’éleva de
0,34 à 2,(54 pour 1.000.
À
Dans quelle mesure la clinique corrobore-
t-elle ces constatations expérimentales? Gomme
nous le disions au début, les documents sont
assez pauvres sur ce sujet.
La maladie d’Addison reproduit, dans une
certaine mesure, les conditions expérimentales
de la surrénalectomie; elle en diffère cependant
par la lente progression de l’insuffisance surré¬
nale; mais cette longue évolution nous met à
même de suivre au jour le jour la répercussion
de la destruction progressive des surrénales
sur le travail du rein.
En 1914, Sicard et Hnguenau ont rapporté les
observations de deux addisoniens ayant pré¬
senté une azotémie assez considérable (2 et
2,45 pour 1.000) sans que l’examen histologique
des reins ait suffi à expliquer cette rétention
azotée. Les auteurs insistaient sur le fâcheux
pronostic d’une telle constatation dans la maladie
d’Addison et se demandaient si certains symj)-
tômes fréquents dans cette affection, comme les
vomissements, la torpeur et le délire, ne rele¬
vaient pas, en réalité, d’une intoxication uré¬
mique. Dans un troisième cas plus bénin d<!
Sicard et llaguenau, il n’y avait pas d’azotémie.
En parcourant la littérature médicale, pourtant
abondante, sur la maladie d’Addison, nous
n’avons pas eu l’occasion de relever d’autres cas
ayant présenté de l’azotémie, mais nous avons
eu la surprise de constater que, dans aucune des
observations que nous avons pu consulter, le taux
de l’urée sanguine n’était mentionné. Il est ainsi
possible que cette azotémie ait parfois existé
mais qu’elle ait échappé faute d’avoir été systé¬
matiquement recherchée.
Signalons cependant la récente observation
de Lernierre et Kourilsky d’un malade att(iint de
tuberculose des surrénales ayant présenté un an
avant sa mort, à l’occasion d’une affection grip¬
pale, une crise aigue et spontanément curable
d’insuffisance surrénale accompagnée d’acidos(î
et d’azotémie transitoires (1,80 pour 1.000) sans
albuminurie. L’examen anatomi(jue des reins
montra par la suite leur intégrité. Les auteurs
ne sont pas disposés à mettre cette azotémie pas¬
sagère sur le compte de l’insuffisance surrénale ;
ils préfèrent la rapporter à une inhibition du
parenchyme rénal par l’infection. Nous nous
demandons, cependant, si le rôle de la surrénale
peut être a priori éliminé et si ce n’est pas par
l’intermédiaire du système surrénal déjà lésé (jue
l’infection a pu avoir cette répercussion particu¬
lière sur les fonctions rénales.
A
Dans 3 cas de maladie d’Addison, nous avons
observé une augmentation plus ou moins mar¬
quée de l’azotémie. Chez l’un de nos malades,
en particulier, dont le fonctionnement rénal a pu
être étudié de manière régulière, nous avons mis
en évidence un gros déficit uréo-sécrétoire, hors
de proportion avec les altérations histologiques
des reins, révélées ultérieurement à l’autopsie.
Observation I. — U. O., commerçant, âgé de
37 ans, entre à la Clinique médicale le 1(5 Septembre
1927. Il est célibataire ; il n’y a pas d’antécédents
tuberculeux dans sa famille. Comme enfant, il a eu la
rougeole; à 16 ans, la typhoïde. Depuis une dizaine
d’années, il est sujet à des bronchites qui ont été q>ia-
lilîées de « suspectes », mais l'infection tuberculeuse
ne s’est révélée de façon certaine qu’en 1924 par
l’apparition d'un abcès froid à la hanche droite qui,
après avoir fistulisé un certain temps, a fini ])ar
tarir. A plusieurs reprises, sont apparus depuis lors
des épisodes fébriles de nature indéterminée, persis¬
tant quelques semaines et s’accompagnant do trou¬
bles digestifs. Malgré une grande fatigabilité, il a pu
jusqu’à ces derniers mois exercer sa profession et
voyager. C’est l’accentuation progressive des troii-
bles généraux, faiblesse et amaigrissement, qui
depuis quelques semaines l’a obligé à s’aliter. Il a
d’abord été soigné dans une clinique privée puis il
est entré à l’hôpital.
C’est un homme pâle, fatigué ; il est abattu et som¬
nole de façon presque continue. Il est apyrétique.
L’auscultation décèle une condensation fibreuse du
sommet droit ; submatité, bronchophonie, éclat de la
toux, mais pas de signes d’un processus tuberculeux
en évolution, pas de toux, peu ou pas d’expectora¬
tion; recherche des bacilles de Koch négative.
Le cœur est régulier ; ses bruits s’entendent faible¬
ment; il n’y a pas de souffles oriCriels; pas d’asys-
tolie. La pression artérielle est de 6,5-3 (Vaquez-
Laubry) ; d’après les renseignements qui nous ont
été communiqués, elle était encore de 10,5-6 deux
mois plus tôt et de 9-5 avant son transfert à rhôpital.
L’appétit est relativement conservé. La langue est
saburrale. La rate et le foie semblent de taille nor¬
male. Il n’y a pas de phénomènes douloureux abdo¬
minaux. Tendance à la constipation.
Rien d’organique à signaler au système nerveux.
Les réflexes sont faibles. L’asthénie et surtout la fati¬
gue sont ti-ès marquées. Il n’y a pas de respiration
de Cheyne-Stokes.
Dans l’ürine on trouve des traces très légères d'al¬
bumine : la réaction d'Esbach ne montre qu’un louche
à peine perceptible. Il n’y a ])as de sucre; par contre
l’urobiline est en abonilance. Après centrifugation, on
trouve de rares globules de j)U8 et aucun cglindre.
Ces résultats ont été confirmés par plusieurs examens
durant le séjour <lu malade.
Le sang a la formule suivante ; globuh-s rouges
5.050.000; globules blancs 6.825; équilibre leucocy¬
taire normal. ï.’azotémie est de ‘J, 110 pour 1000, la gly¬
cémie de 0,99 pour 100. Wassermann négatif.
La cuti-réaction ainsi que l’intradermo-réaction à
la tuberculine sont positives. 11 n’y a pas dc‘ pigmen¬
tation cutanée anormale; par contre on remarque des
taches brunâtres à la face interne des joues, Le phé¬
nomène de la raie blanche de Sergent est très appa-
En raison de l infection tuberculeuse latente, le
diagnostic d(“ maladie d’Addis'oli par caséification
des surrénales s’impose. Le seul point remarquable
est cette azotémie considérable alors que les autres
signes d’une néphrite font défaut, que dans Turine
on ne trouve que des traces minimes d’albumine,
aucun cylindre et que la diurèse demeun? relative¬
ment satisfaisante.
Nous avons régulièrement dosé l’urée urinaire ;
puisque, malgré l’élévation de l’a/.otémie sanguine, la
concentration uréi(jue de l’urim- est trois fois moin-
di’e que celle que peut donner un rein normal. La
quantité d’urée éliminée par l’urine est en moyenne
de 15 gr. par jour ; oc, du 20 Septembre au 3 Octo¬
bre, l’azotémie a légèrement baissé; la rétention
d’urée ne tient lionc pas à une exagération de la
désassimilation des protéines de l’organisme, mais
bien à une déficience du rein, à un abaissement de
son pouvoir de concentration. Le malade n’a pas
présenté d’œdèmes; son poids, pendant les vingt
jours de son séjour hospitalier, a baissé de 500 gr.
L’état du malade s’est aggravé assez rapidement ;
il est resté plusieurs jours en proie à un hoquet très
tuées. Il est mort le 4 Octobre 1927.
Ij'autopsie a été pratiquée sous la direction du
professeur Askanazy que nous remercions pour les
renseignements qu’il a eu l’obligeance de nous com¬
muniquer.
Poumons. — ■ Cicatrices calcifiées aux deux som¬
mets; adhérences pleurales.
Reins. — La capsule du rein gauche se détache faci¬
lement. La surface de l’organe est rouge, très légère¬
ment granuleuse. A la coupe, la limite entre les pyra¬
mides et l’écorce est très nette; cette dernière est
épaisse de 4 à 6 mm. 11 n’y a pas de foyers tubercu¬
leux dans le parenchyme.
Le rein droit présente le même aspect; il se laisse
cependant un peu moins facilement décortiquer que
l’autre et est un peu plus hyperhémié.
Surrénales.’ — Elles sont toutes deux transformées
en masses caséeuses; le parenchyme glandulaire est
entièrement détruit.
Au niveau des 2” et 3<^ vertèbres lombaires, on
trouve les cicatrices d’une ancienne spondylite tuber¬
culeuse.
Examen histologique des reins (professeur Aska¬
nazy). — Au niveau de l’écorce, la plupart des glomé-
rnles ont un aspect normal, avec iine richesse cellu¬
laire même assez remarquable. Par endroits seule-
158
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
N“ 10
mcnl, on Irouvo do ruros glomcoulos (ibreux hyalins,
aurùolés d’ôlotnents lyinpliocylaires. La surface du
rein est logèremeut hyperhéinice. Les épithéliums
des tubes rénaux sont intacts.
Les artères de gros et moyens calibres présentent
un épaississement modéré de l’intima. Les artérioles
ont un aspect normal, elles ne sont ni hyalines ni
épaissies.
Au niveau des pyramides, les tubes droits ne pré¬
sentent pas de lésions ; dans certaines zones, on
remarque des traînées lymphocytaires. Aucun tuber¬
cule ni aucune caséilication.
OiisiîavATios IL — Un homme de 50 ans est envoyé
à l’hôpital pour « asthénie post-grippale n. Il a eu.
six semaines auparavant, une « grippe n à l’issue de
laquelle il est resté très alfaibli, toujours l'atigné.
sujet à des troubles dyspeptiques avec vomissements
bilieux. Il n’y a pas chez lui d’antécédents tubercu-
Dès l’abord, on est frappé par la forte pigmenta¬
tion de son teint et de scs muqueuses, TiU tempéra¬
ture est normale.
Le pouls est petit et rapide. La pression artérielle
est de 9-'i. Il n’y a pas d’œdèmes.
Aux poumons, signes d’une induration ancienne
des deux sommets. Troubles digestifs eonsistant
en perle de l’appétit, vomisscuKuils et dtHileur de la
région épigastrique.
Dans les uriues il n’y a ni albumine, ni ci/lindrex.
Ij’azolémie est de 0,80 pour i.OOO; le Wassermann
est négatif.
On porte le diagnostic de maladie d’Addison. Le
malade meurt peu de jours plus tard.
Autopsie partielle. — Surrénale gauche entièrement
caséeuse. Énvahissement caséeux de la surrénale
droite ne respectant qu’une très mince couclie du
tissu glandulaire pigmenté. Les reins se décapsulent
facilement ; leur surface est lisse, un peu hyperliémiée.
Rien de particulier .è leur examen h'istologique.
OiiseuvÀtion III. — L. R., âgé de 36 ans, présente
le tableau typique de la maladie d’Addison : lassi¬
tude’ extrême et progressive depuis trois mois, aiio-
rexiel pigmentation brune de la peau et des mu-
(pieuses. A 16 ans, il a eu une pleurésie séro-llbrineuse.
Le pression sanguine est de 9, 5-6, 5. Le cœur est
régulier; il n’y a pas d’œdème.
Dans les urines il n’y a ni albumine, ni njUndres.
r.’azotêmie est de 0,79 pour I.OOO.
L’état général décline rapidement; les nausées et
les vomissements s’accentuent ainsi ipie la somno¬
lence. La pression est quelques jours plus lard de
8-5. Le malade meurt peu après.
Autopsie. — Fortes adliérences pleurales et foyers
tuberculeux apexiens cicatrisés.
Reins. — Surface lisse, écorce d’épaisseur normale,
l’as de lésions histologiques appréciables.
.Surrénales. — Caséilication complète è gauche; à
droite, on ne retrouve pas de tissu glandulaire non
plus, certaines parties sont caséeuses, d’autres
lih reuses.
.Vinsi, dans trois cas graves de la maladie d’.\d-
disoii, nous avons constaté une augmentation de
l’iirée sanguine, augmentation considériible une
Cois et modérée les deux aulrtïs, sans que l’état
anatomique des riùns suflisc à exjtlitjiier celle
rétention azotée.
N’ayant pas aiipariivant systématiquement
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MÉDECINE
29 Janvier 1929.
Transfusion de sang dans le cœur pour une enté-
rorragle typhoïdique. - MM. Achard, Cournaud
et M*'” Piebot rapportent l’observation d’une
femme de 28 ans atteinte de lièvre typhoïde dont le
diagnostic ne |)ut être établi d’une façon certaine
qu’au 52“ jour, pendant une seconde rechute, la séro-
réaction étant restée, jusque-lù, négative. Des hémor¬
ragies abondantes étaient survenues pendant la pre-
recherché ces perlurbations des fonctions rénales
dans la maladie d’Addison nous ,ne saurions dire
quelle en est la fréquence. Nous constatons seule¬
ment qu’elles existent dans trois cas sur trois’ où
nous les avons recherchées et nous supposons
qu’une telle'insuflisance rénale ne doit par consé¬
quent pas être exceptionnelle dans les cas graves.
On ne peut qu’être frappé par l’analogie de ces
constatations cliniques avec les expériences de
surrénalectomie citées plus haut : azotémie,
abaissement du pouvoir de concentration du rein
)tour l’ut’ée; par contre; absence d’albuminurie,
d’d’dènies et de signes de rétention chlorurée.
l’incore une fois, la cause de cette azotémie est
bien au rein, puisque la désassimilation azotée
Marsliail et IJavis ne pensent ])as que, dans
leurs expériences sur le chat, l’hypotension arté¬
rielle puisse être resjtonsable des troubles rénaux;
il ne nous semble pas non plus que, chez ces
addisoniens, de simples troubles circulatoires
suffisent à explitjuer razotérnic. On peut en effet,
en dehors de la maladie d’Àddison, observer des
chutes considérables de la tension artérielle sans
t(ue les émonctoires rénaux deviennent insuffi¬
sants. Nous avons actuellement en observation
une jeune fille présentant un syndrome endocri¬
nien complexe et grave, caractérisé par un amai¬
grissement considérable, de l’aménorrhée, une
hypothermie à 34‘’-3,'3“, une bradycardie avoisi¬
nant .üO et dont la pression artérielle est extrê¬
mement basse (0,5-3 à 7-4). Il semble s’agir du
syndrome hypophysaire connu sous le nom de
maladie de Simrnonds. Malgré l’hypotension ex¬
trême de cette' malade, le fonctionnement rénal
reste parfait; il n’y a aucune rétention azotée et
le taux d’élimination du « rouge » est normal.
Noms avons, d’autre part, observé chez des
hypertendus, à l’occasion d’un érysipèle ou d’un
éry thème salvarsanique, un abaissement considéra¬
ble et transitoire de la pression sanguine, comme
Dumas l’a signalé dans la pneumonie. Pendant
cette phase d’hypotension relative où le rein fonc¬
tionne sous un régime circulatoire de pression
inférieur à celui auquel il est adapté, on ne décèle
pas d’insuffisance des fonctions d’élimination.
On ne saurait donc incriminer chez les addiso¬
niens la seule hypotension circulatoire pour expli¬
quer l’insuffisance rénale.
Il ne s’agit pas non plus d’une rétention par
oligurie (azotémie du 2“ type d’Ambard), la diu¬
rèse s’étant, dans nos trois cas, maintenue toujours
relativement abondante.
Comme enfin on ne trouve pas au niveau des
reins les lésions inflammatoires ou dégénératives
qui expliqueraient suffisamment les troubles d’éli¬
mination observés, nous sommes amenés à penser
([tt’il s’agit bien d’une influence des surrénales
sur le fonctionnement du rein et que la destruc¬
tion de ces deux glandes supprimerait la sécrétion
d’une substance à définir, adrénaline ou autre,
ayant un pouvoir excitateur sur le rein.
Signalons, à l’appui de cette conception, que
.\ddis, Barnett et Schcvky ont obtenu chez l’ani-
iiiièfo rechute. On avait fait d’abord dus injeclioii.s
de sérum artificiel, puis, l’état devenant très alar¬
mant, on prépara une transfusion sanguine. Comme
le eollapsus des veines empêchait l’injection intra¬
veineuse et que la malade était mourante, le sang fut
injecté dans le cœur, au 3“ espace près du bord
gauche du sternum. On introduisit ainsi 400 eme de
sang cilraté. L’amélioration fut rapide, le pouls
reparut. On continua les injections de sérum arti¬
ficiel cl la malade guérit.
Ce mode de transfusion ne peut être, évidemment,
qu’exceptionnel et ne convient qu’en cas d’extrême
La typhoïde en 1928 et le rôle des champs
d’épandage dans sa propagation. — M. Brouardel
n’a observé de typhoïde que chez les non-vaccines.
mal par l’injection sous-cutanée de doses moyennes
d’adrénaline, sans modification de la tension
artérielle, une augmentation assez marquée de la
teneur de l’urine en substances azotées, en môme
temps qu’ils constataient un abaissement de l’urée
sanguine : il s’agirait donc d’une amélioration
sous l’efl'et des injections d’adrénaline de la sécré-
iion uréique, d’un abaissement de la constante
uréo-sécréfoire. On pourrait voir dans ces expé¬
riences un encouragement à tenter l’opothérapie
surrénale dans les cas d’azotémie grave.
De plus amples recherches seraient certes
nécessaires pour préciser cette action de la surré¬
nale sur le rein, pour déterminer notamment si
elle s’exerce directement sur le parenehyme rénal
ou se produit par l’intermédiaire du système végé¬
tatif. Porak, s’appuyant sur les expériences qu’il
fit avec Chabanier, pense que la surrénale pour¬
rait « collaborer avec le rein en rendant des poi¬
sons élirninables par les tubes urinifères et en
favorisant la sécrétion rénale ».
En réalité, nous ignorons à peu près tout des
modalités de cette action; nous dirons seulement,
pour conclure, que çles troubles fonctionnels des
reins, caractérisés par de la rétention azotée,
semblent plus fréquents chez les addisoniens
qu’on ne le pense ordinairement et qu’ils mérite¬
raient d’être recherchés systématiquement. Ils
dépendraient de la suppression d’une fonction,
e.vcilo-rènale des surrénales. La constatation d’une
telle' azotémie aggrave le pronostic de l’affection;
d’autre part, certains des symptômes habituelle¬
ment (lits « addisoniens » relèveraient en fait de
l’insuffisance rénale, constituant un syndrome azo-
témique d’origine surrénale.
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guine des addisoniens ». Bull, et Mém. Soc. méd. llôp.,
Paris, 1914, ]>. 902.
surtout des femmes. Il incrimine comme cause d’une
grande quantité de cas la contamination par les
légumes poussés sur les champs d’épandage.
L’exercice dans les maladies de la nutrition. —
M. Boigey . rappelle que rcxercice physique sur¬
active les échanges cellulaires et' favorise l’oxygé¬
nation des tissus, mais qu’il faut savoir le doser
pour qu’il ail son effet le plus salutaire.
Le traitement de la pneumonie des noirs. —
MM. J. Legendre et Phiquepal d’Arusmond ont
obtenu 50 pour 100 de guérisons par le sérum anti-
, pneumococcique à la dose de 80 à 100 eme par jour
pendant 3 ou 4 jours, et 88 pour 100 pour une dose
unique de 10 eme de sérum antivenimeux ou anti¬
diphtérique. La « spécificité » au point de vue théra-
N» 10
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
159
peulique de ces derniers sérums montre que leur
action n’est pas due à une simple protéinothérapie,
puisque le sérum antipneumococcique n’a pas agi
aussi bien à des doses dix fois plus fortes.
Elections. — M. Portier est élu membre dans la
1V“ section.
A. Bocage.
s’y conservent par le mécanisme de l’enkystement,
les parasites restant virulents pour le lapin 177 jours,
au moins après l’inoculation de la souris. Ou peut
ainsi conserver au laboratoire le virus de l’encé¬
phalite toxoplasmique sans faire de fréquents pas¬
sages sur le lapin.
A. Esoaeieb.
vive inflammation où pullulent les tréponèmes, agents
de la syphilis. D’après M. Manouélian, ce serait là
l’accident primaire, le chancre de la syphilis concep-
tionnelle, dont l’existence était soupçonnée, mais
n’était pas démontrée.
L’auteur signale le danger de contamination poul¬
ies médecins et les sages-femmes, car un coidon
ombilical, même d’apparence normale, peut conl(mir
une véritable culture du microbe de la syphilis,
Sur la dilatation du col après rachianesthésie
{suite de la discussion). — M. Brindeau a fait en ■19t!8,
à la Clinique Tamier, 71 rachis, dont 2 seulement pour
des accouchements, d’après la méthode de Delmas.
Après rachi chez des femmes en travail, le périnée
et le vagin sont souples; si la' dilatation est déjà
amorcée, les choses se passeront facilement. Au con¬
traire, pour les femmes non en travail, l’orilicc
interne commence à brider dès qu’il admet deux
doigts, d’où la fréquence des décliirures.
Quant à la version après anesthésie, elle n’est pas
plus facile, bien au contraire.
— M, Gagey. Peut-être, dans les accoucliemcuts
à la Delmas, faut-il modifier la technique de la rachi
et faire la ponction plus haut. Pour obtenir l’anes¬
thésie de l’anneau de Bandl, il faut enfoncer l’aiguille
au niveau de DIO et enlever 12 à cmc de liquide.
Pour avoir une anesthésie partielle du col, il faut
injecter 0 gr. 10 de novocaïne.
— MM. Demelin et René Solal (d’Oran) csii-
raent que l’accouchement après rachi est très
facilité.
— M. Schwaab a fait des rachis dans 4 cas de
dystocie, L’anesthésie est parfaite, mais la dilatation
est pénible, et puis l’utérus est contracté ou rétracté;
aussi la version est-elle dangereuse. Dans les dyslo-
cies, la rachi ne donne pas grand’cliose.
Trois cas de césarienne avec extériorisation
temporaire de l’utérus. — M. Canales (de Bogota).
— M. Gruéfliot apporte une nouvelle observation dans
laquelle la réintégration a été fuite au 50>' jour-.
Sur les résultats de la version externe pendant
la gestation dans la présentation du siège. M.
Pétrone (de (Trani).
Présentation d’un aspirateur trachéal. M. Le
Lorier.
P. Du.iaii,.
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
15 Janvier 1929.
Les formes anatomiques de la syphilis hérédi¬
taire précoce du foie. — M. Léon Tixier monti-c
différentes pièces : hépatite diffuse Ifoie .silex) avec
grains de semoule; hépatite gommeuse ou scléro-
gommeuse. 11 insiste sur le polymorphisme des
hépatites dégénératives dont le diagnostic macrosco¬
pique est presque toujours impossil)le : aspect con¬
gestif avec bandes scléreuses, teinte verdâtre, teinte
grise ou blanche ne rappelant même plus l’aspect du
foie.
La fréquence de ces lésions explique jtourtptoi la
syphilis héréditaire précoce et floride reste, inttlgré
le perfectionnement des traitements, une affection
très grave; elle, explique aussi pourquoi les traite¬
ments novarsenicaux sont parfois mal tolérés, en
milieu hospitalier, chez des enfants cachecti<|ues.
Arriération mentale et hémiplégie infantile
droite chez une petite hérédo-syphilitique.
MM. L. Babonneix et C. Roederer présentent une
petite fille de 4 ans, très arriérée et atteinte, en pins,
d’une hémiplégie infantile droite classique. L’exis¬
tence, chez elle, de l’hérédo-syphilis est itrouvée par
les réactions sérologiques qui sont fortement jjosi-
tives pour l’enfant comme pour ses parents.
Influence du choc émotif sur les crises acétoné-
mlques. — • M. Deshayes (d’Orléans) met en évi¬
dence l’influence du choc émotif et le rôle du système
nerveux dans la production dos crises de vomisse¬
ments avec acétonémie. 11 souligne aussi le rôle du
— M. Marfan a vu des vomissements avec acéto¬
némie survenir chez un enfant dès qu’on lui faisait
absorber du calomel, chez un autre dès que sa tem¬
pérature était supérieure à 39“, chez un autre encore
dès qu'op lui faisait faire une composition.
— M. Babonneix a vu des crises d’épilepsie coïn¬
cider avec des accès de vomissements acéfonémiqiies
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
26 Janvier 1929.
Action des rayons X sur un foyer infectieux lo¬
cal, provoqué chez le lapin par l’injection de strep-
tobacilluscavlæ. — MM. A. Lacassagne et R. Vin-
zent ont obtenu des résultats expérimentaux, tendant à
prouver que, chez le lapin, les rayons X peuvent
guérir une infection sous-cutanée due au Strepto-
bacillus caviæ, habituellement mortelle; cette gué¬
rison ne se jjroduil que si l’irradiation s’exerce sur
le foyer constitué et si elle est suivie d’un_ certain
degré d’immunisation générale.
Sarcomes provoqués chez des lapins par l’irra¬
diation d’abcès à streptobacillus caviæ. — MM. A.
Lacassagne et R. Vinzent. Sur 12 lapins ayant
reçu sous la peau do la cuisse une injection do strep-
tohacillus caviæ, et dont l’abcès avait été irradié
6 jours plus tard, 3 ont pi-ésciité des sarcomes de
la cuisse ainsi traitée. Ces 3 sarcomes, histologi-
([uement différents (un ostéosarcome, un fibrosar¬
come et un rabdomyosarcome), ont entraîné la mort
par métastases, 11, 16 et 17 mois après l’inoculation.
Il semble que l’action combinée du microbe et des
rayons X ait été nécessaire pour provoquer des
Adiposité ; pancréas et foie des castrats — MM.
Cbampy, Keitch et Lombart donnent le résultat
d’expériences pratiquées sur des castrats. Ils mon¬
trent le développement considérable du tissu adi¬
peux chez ces sujets. Le pancréas d’animaux castrés
depuis quelques années (chapon, cobaye) présente
une multiplication considérable des îlots do Lan¬
gerhans et une régression de la glande externe.
Dans le foie, on trouve une surcharge glycogénique,
surtout centro-lobulaire.
Survenue de troubles trophiques au cours de
paralysies herpétiques expérimentales. — MM. P.
Teissier, P. Gastinel, J. Reilly montrent que
chez les animaux, cobayes ou lapins, atteints de
monoplégie à la suite d’inoculation du virus -hor-
petique sur le tégument ou dans le nerf sciatique,
on peut noter la survenue rapide de troubles tro¬
phiques accusés. L’examen histologiqno décèle des
lésions étendues jusqu’à lu moelle dorso-lombaire et
aux ganglions rachidiens correspondants. D’autre
part, le segment médullo-ganglionnaire s’est montré
virulent lors de l’inoculation d’épreuve, à l’exclusion
des régions sus- et sous-jacentes. Ainsi il constitue,
un gîte où le virus dcmeui-e à l'état latent. On saisit
là une analogie frappante avec l’évolution de l’her¬
pès récidivant chez l’homme où le virus, dans l’inlei--
valle dos poussées, paraît se cantonner dans le gan¬
glion rachidien, comme en témoignent les algies et la
lymphocytose.
La place du « B. Chauvœi » dans la systématique
des microbes anaérobies. — MM. Weinberg et
Mibaïlesco. La maladie du bœuf connue sous le nom
de « cliarbon symptomatique » est causée dans la
plupart dos cas par B, Chauvoci, comme le montre
l’abaissement de mortalité du bétail quand on pra¬
tique systématiquement la vaccination anti-chauvœi.
La plupart des auteurs considèrent B. Chauvœi
comme une espèce autonome. Cependant des expé¬
riences anciennes ou récentes tendent à l’identifier
au V. septique.
Les auteurs ont pu neutraliser par le sérum anti-
V. septique à la fois antitoxique et lanti-microbien
des B. Chauvœi. Ils le considèrent comme une
espèce de V. septique adapté à l’org.anismo du bœuf.
Conservation de « Toxoplasma cunlcull » dans
le.cerveau de la souris. — M. P. Lépine a recher¬
ché si le cerveau des souris inoculées par voie intra¬
crânienne ou intrapéritonéale avec le virus de l’encé¬
phalite toxoplasmique garde après un long délai sa
virulence pourle lapin. Quelle que soit la voie d’intro¬
duction, la voie intrapéritonéale étant la voie de
choix pour éviter l’encéphalite aiguë, les toxoplasmes
se fixent électivement sur le névraxe de la souris et
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE
14 Janvier 1929.
Le décret du 15 Mars 1926 réglementant les
inhumations, incinérations, embaumements, mou¬
lages et autopsies. — M. Duvoir commente ce
décret qui intéresse les médecins, surtout en ce qui
concerne la réglementation des autopsies faites à
domicile.
Intoxication par le véronal. — M. Paul Muller
rapporte une observation de laquelle il résulte qu’à
la dose de 1 gr. 50, en deux prises distantes de
4 heures, le véronal ne détermine aucun trouble
sérieux à part uii assoupissement profond ayant
duré une quinzaine d’heures environ. L’auteur n’a
pas pu vérifier si le sujet présentait une insuffisance
rénale.
— M. Kobn-Abrest indique que la nocuité de la
diéthylmalonylurée se manifeste à la faveur d’une
insuffisance rénale ou hépatique.
Un nouveau cas de fracture du crâne avec ménin¬
gite aiguë consécutive. — MM. Dervieux et Suen
citent un cas qui met bien en évidence la gravité des
fractures de la lame criblée de l’ethmoïde qui ouvrent
la voie à la migration des microbes du nez vers les
méninges.
Un homme est victime d’une collision de voitures
au cours de laquelle sa face heurte un montant de la
voiture dans laquelle il se trouvait. Le diagnostic
clinique de fracture du crâne avec méningite avait
été posé, l’examen du liquide céphalo-rachidien ayant
révélé du pneumocoque.
L’autopsie mit en évidence l’arrachement de l’apo¬
physe crista galli et une fracture multiple de la lame
criblée de l’ethmoïde. La bactérioscopie du liquide
céphalo-rachidien révéla la présence du pneumo¬
coque.
Ainsi donc, la méningite constatée paraît bien duc
à une propagation microbienne partie des fosses
nasales. Ce cas confirme entièrement les diverses
observations publiées antérieurement.
Pini.iPPE.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE ET' DE GYNÉCOLDGIE
DE PARIS
14 Janvier 1929.
Prophylaxie de l’infection puerpérale. — M. Le
Lorier apporte les résultats de sa pratique à l’hôpi¬
tal Boucicaut. Il ne pense pas assurément avoir
vaincu l’infection puerpérale ; mais il estime qu’en
diminuant la fréquence du toucher vaginal chez Tes
femmes en travail et en introduisant dans le vagin
un antiseptique diffusible, on observe nue diminution
très notable des cas d'infection puerpérale. Il emploie,
dans ce but, une solution d’argyrol dans de la glycé¬
rine à 10 pour 100. Cette thérapeutique a été mise
en œuvre chez toutes les femmes accouchées en 1928
à Boucicaut : on n’a pas observé un seul cas d’infec¬
tion puerpérale chez les femmes n’ayant pas été tou¬
chées avant leur entrée à la Maternité.
— M. Couvelaire rappelle que déjà il y a 25 ans
on employait l’antisepsie à outrance et qu’on y a
renoncé. Moins on touchera aux femmes pendant et
après le travail, avec ou sans antiseptiques, mieux
cela vaudra.
— M. Brindeau est du même avis. Mais il existe
des infections sanguines latentes contre lesquelles on
ne peut rien.
L’accident primaire de la syphilis conceptlon-
nelle. — M. Manouélian communique ses recherches
sur la syphilis conceptionnelle.
Des mères saines en apparence peuvent donner
naissance à des enfants bien conformés et sains en
apparence aussi, mais qui meurent quelque temps
après l’accouchement. L’examen des organes ne
révèle pas le parasite de ' la syphilis; on constate
seulement une dissolution complète des globules
rouges. Le cordon ombilical seul est atteint d’une
160 LA
Sténose pylorique par hypertrophie musculaire.
— MM. E. Lesné, P. Fredet et M. Coffin npporlc-nl
une observation de sténose du pylore où l’on constata
des contractions péristaltiques d’une intensité et
d’une précocité remarquables, ainsi que des contrac¬
tions anti-péristaltiques. L’autopsie, pratiquée trois
mois après une pylorotomie, permit de constater que
la cicatrice opéiatoire ne pouvait être décidée que
par un examen histologique et que l’hypertrophie
musculaire avait considérablement régressé. L’opé¬
ration de Fredet amène donc la disparition des signes
cliniques de sténose et une guérison anatomique
complète.
• — M. y. Veau, chez un enfant atteint do sténose
du pylore ayant succombé également 3 mois après
l’opération, a pu constater que la couche musculeuse
n’était pas leformée.
Valeur séméiologique de la teneur des selles du
nourrisson en acides organiques et en ammoniaque.
— M René Mathieu estime ([ue le dosage des acides
organi(|ucs et de l'ammoniaque, la recherche de l’aci¬
dité des matières au moyen de papier de tournesol
n’apportent p.as de suggestion plus utile que le
simple examen macroscoijique des selles pour le
traitement des troubles digestifs des nourrissons.
L’élévation fréquente du taux des acides orga¬
niques, au cours des infections parentérales, monti e
que, chez les nourrissons, les perturbations de l’état
général otit souvent un rclenlissenient sur les fonc¬
tions de l’intestin.
— M. Dorlencourt considère également que les
résultats tournis par l’examen chimique des selles
sont très difllciles à interpréter et qu’il n’y a guère
parti à en tirer au point de vue clinique et thérapeu¬
tique.
L’absence de rachitisme au Mexique. — M.
Georges Hue, au nom de MM. Martin Gonzales et
Torella, présente un mémoire établissant que le
rachitisme n’existe pas au Mexique. G. 000 enfants
examinés ont montré des lésions attribuables à la
syphilis ou ù d’autres dysti'Oiiliies, mais non au rachi¬
tisme. D’ailleurs les Maternités mexicaines ignorent
les dystocies ducs aux bassins raehitiqui.'S.
L'alcoolisme et la syphilis, très fréquents an
dérés comme les causes déterminantes du rachi¬
tisme.
L’absence de lésions rachitiques au Mexique pour¬
rait s’cxpliiiuer par la pratique naturelle de l'hélio¬
thérapie facilitée par l'altitude du plateau central
mexicain, par la richesse de ralimenlaiion en calcium
et surtout par l’extrême rareté de rallaitemcut arti-
— M. Marfau estime que la distribution géogra¬
phique du rachitisme est sujette i\ révision. La 'l’ur-
quie était considérée aussi comme un pays exempt
lit rachitisme, mais il y a rencontré des enfants
rachitiques. La syphilis lui paraît être une cause
importante de rachitisme, mais non la seule.
— M. Lesné a pu constater la rareté du rachitisme
dans le Sud marocain cl le Sud algérien, bien que de
nombreux nourrissons y soient allcinls de troubles
dyspeptiques. La carence solaire joue un rôle très
important dans l’apparition du rachitisme.
— M. Comby souligne l’importance des fautes
d’hygiène au point de vue de 1 étiologie du l'aclii-
tisme : alimentation déleeluetise, insufllsance de
lumière, de mouvement, etc. Le rachitisme ne dépend
en aucune façon de la syphilis.
M. Armand DeliLle. La carence solaire parait
empêcher dans l’organisme la production des sub-
Physiologie de la tétée au sein. — M. P. Robin
expose le mécanisme de la tétée an sein cl en lire
des déductions au point de vue de lu forme que doit
avoir la tétine des biberons.
Les farines azotées. — MM. Ribadeau-Dumas.
André et Willemin. pour obvier ù la carence qui peut
résulter de l’administration exclusive des hydrates
de carbone, ont imaginé d’utiliser des farines addi¬
tionnées de protéines végétales fournies par l'aleu-
rone tiré des graines de tournesol.
Election des membres du bureau. — Sont élus
pour 1929 : Président : M. Albert Mouchet; Vice-
président : M. Terrien; Secrétaire général : M.
Hallé; Secrétaires annuels : MM. Ribadeau-Dumas
et Martin; Trésorier : M. Huter.
PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février
Election de nouveaux membres. — Sont élus :
Membres titulaires : M. Chevalley, M'^" Claudia
Petot, M. Coffin, Jlfd" Dreyfus-Bée, MM. Leves-
que, René Mathieu, Rouéche. — Membres correspon¬
dants français : M. le professeur Cruchet (Bor¬
deaux), MM. Béraud (La Rochelle), Desbayes
(Orléans), Godin (La Flèche), M""= Pouzin-Malégne
(Nantes). — Membres correspondants étrangers : M. le
professeur Maldague (Louvain), MM. Martiu Gon¬
zales et Mario Torella (Mexique).
G. ScilREIDEll.
SOCIÉTÉ D’HYDROLOGIE' MÉDICALE DE PARIS
21 Janvier 1929
Essai d’application thermale de la méthode con¬
centrique. — M. Merklen applique à certains algiques
la' méthode concentrique de Laignel-Lavastine,
méthode qui lui permet de déceler des troubles fonc¬
tionnels dans les zones psychique, nerveuse, endo¬
crinienne et viscérale, et d’orienter eu conséquence
le traitement de ces malades.
Accidents du molimen cataménial et cure ther¬
male. — M. Debidour constate que c’est, dans la
grande majorité des cas, chez les femmes ou jeunes
(illes dysménorrhéiques qu’éclatent, le plus souvent
il l’occasion de la période prémenslruelle, concur¬
remment avec les autres accidents du molimen cata-
mé.nial, des crises d’asthme ou des troubles équi¬
valents tels que coryza spasmodique, toux nerveuse,
trachéo-bronchite spasmodique.
Sous l’influence de la cure du Mont-Dore, ces
troubles ont été très atténués ou ont disparu, le flux
menstruel a eu lieu sans accident et a devancé de 2 à
15 jours (6 jours chez le plus grand nombre) sa date
d’apparition habituelle.
L’auteur en conclut que 'la cure a dû, chez ces
malades, d’une part rétablir l’équilibre endocrinien et
humoral ainsi que l'équilibre vago-sympalhique,
d’autre part accélérer et faciliter la ponte ovulaire.
Parmi les diverses pratiques thermales qu’il a
mises en œuvre, l’auteur attribue une importance
toute particulière à celles qui, comme les irrigations
nasales d'eau minérale, les douches nasales gazeuses,
ont une action directe sur la pituitaire, étant donné
les connexions physiologiques et pathologiques bien
connues qui existent entre le nez et les organes
génitaux chez la femme.
Se fondant sur les travaux de Fliess, de Bonnier,
de Leprince, d'ilalphen,- il a employé la douche
nasale gazeuse systématiquement chez ces malades.
11 pense que les gaz thermaux du Mont-Dore (CO
azote, gaz rares) très radio-actifs, mis en contact
avec la pituitaire, permettent de réaliser, en parti¬
culier au niveau de la zone de Fliess, toute une série
de petits chocs qui, par l’intermédiaire du sympa¬
thique, vont redresser l’équilibre ncnro-végétalif plus
ou moins instable et rétablir dans une certaine mesure
les fonctions ovariennes perturbées.
11 conclut en jugeant très réelle l’action des cures
thermales en général sur les diverses glandes endo-
Macé de Lépixat.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
22 Janvier 1929.
Ulcère d’estomac chez une tabétique présentant
des crisés gastriques ; disparition des crises apres
ablation de l’ulcère. — MM. P. Bonnet et P. De-
ibre présentent une tabétique soignée à de multiples
reprises pour crises gastriques et chez laquelle la sur¬
venue d’hémalémèses très abondantes lit penser à
l’ulcère. La laparotomie, faite 6 jours après la der¬
nière hématémèse, montra un ulcère delà petite cour¬
bure en voie do perforation ; ablation do l’ulcère.
Depuis lors, il y a 7 mois, disparition absolue des
crises douloureuses ; reprise de poids de 8 kilogr.
Les auteurs discutent les rapports de l’ulcère avec
le tabes et les crises gastriques et montrent que, c/iec
des tabétiques on des syphilitiques atteints de gustro-
radiculite, certains ulcères peuvent se manifester
d'une façon atypique par des crises gastralgiques
1929 N“ 10
tabétif ormes. Chez eux U hématémèse a- une haute
valeur séméiologique ; elle doit faire penser à l’ul-
c.us ; elle peut être le signe prémonitoire de la per¬
foration.
Le pneumothorax hémostatique. — MM. P.
Gourmont et Ch. Gardère étudient une statistique
de 12 cas de pneumothorax artificiel pratiqué dans un
but hémostatique. Ils classent leurs observations en ;
1° pneumothorax de grande urgence; 2“ pneumo¬
thorax il indications rapides. Ils enregistrent 10 suc¬
cès et, dans 8 de leurs cas, ils n’ont pas noté de retour
des hémoptysies. Ils insistent sur les difficultés de
poser l’indication lorsque le malade n’a pas été
antérieurement’ examiné. Ils ont pratiqué les insuf¬
flations avec l’appareil inventé par l’un d’eux. La
quantité de gaz injectée la première est variable,
mais ils ont toujours eu recours aux fortes doses. La
chute de la fièvre après la première injection est notée
comme étant d’un bon pronostic.
Ils ont fait des insufflations dans des cas où l’état
du poumon ne les indiquait pas et seulement dans
un but hémostatique. Malgré l’injection de doses
fortes, ils n’ont jamais noté de dyspnée. Celle-ci est
d’origine réflexe, par coudure des vaisseaux ou tirail¬
lement des nerfs.
Les auteurs n’ont pas noté plus d’épanchements
que dans les cas ordinaires (5 épanchements dans
leur statistique). i
Les hémoptysies récidivantes tardives au cours
du pneumothorax hémostatique ; les hémoptysies
de compression. — MM. Cordier et Gaillard. Si
les résultats du pneumolhurax thérapeutique ne sont
plus discutés, son mode d’action l’est davantage ; il
est encore rendu, plus obscur par les hémoptysies
tardives de recompression.
Les auteurs éliminent :
1“ Les hémoptysies rebelles du début-, en général,
par cavernes incompressibles, gros blocs pneumo¬
niques ou brides entravant le collapsus;
2“ Les hémoptysies d’origine opposée, survenant
dans le mois et dues ù l’évolution dans l’autre
poumon de lésions qui ont passé inaperçues (examen
gêné par l’étal grave, radio et films impraticables).
Ils étudient :
1“ Les hémoptysies tardives, dues au côté opposé,
lésions facilement reconnues au film, saignant à
chaque compression ou en dehors d’elles, appelant
parfois upe bilatéralisation du collapsus;
2° Les hémorragies récidivantes sans lésions oppo-
sées décelables et de causes multiples ; a) symphyse
progressive entravant le collapsus ; b] évolutives dans
le moignon, bien connues maintenant, souvent trop
profondes pour subir l’action du collapsus ; c) pro¬
cessus de base (le pneumothorax peut devenir effi¬
cace par la cure déclive) ;
3" tes hémoptysies de compression, .survenant le
jour même de l’insufflalioii ; on observe : a) des
médiaslins fragiles (hernies médiastinales, torsion
des troncs), nécessité d’un collapsus prudent, électif
et restant en négative; bj des fibreux à vaisseaux
fragiles ; hypertendus veineux, gros cœur droit,
hépatiques à varicosités ; c) des lésions insoupçon¬
nées même sur le. film et no se révélant que tardi¬
vement; d) enfin dos moignons très denses qui ne
saignent que le jour même du collapsus, probable¬
ment . par perturbation brusque du régime circula¬
toire et qu’il y a donc intérêt à n’insufllcr qu’à inlei'-
vullcs espacés.
La conduite ci tenir paraît donc : n) la vérification
du poumon opposé et de l’état du moignon par film ;
b) la surveillance du terrain cardio-circulatoire (ten¬
sion veineuse, foie, etc.) ; c) la comparaison du
médiastin avant et après le collapsus ; d\ essayer une
seule fois la surcompression pour permettre l’espa¬
cement du collapsus (dans le dernier cas ci-dessus) ;
e) dans la majorité des cas, l’entretenir en pression
négative ; f) la section des adhérences en cas de
caverne incompressible.
J. Rousset.
RÉUNION BIOLOGIQUE DE LYON
21 Janvier 1929.
Pouvoir dlarrhéigène pour l’animal des filtrats de
selles de choléra infantile!! — MM. F. Arloing et
A. Dufourt ont pu reproduire chez le lapin et chez la
chèvre des phénomènes de diarrhée grave avec symp¬
tômes d’intoxication générale et amaigrissement
N- 10
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
161
rapide après injeclions sous la peau de filtrats sur
bougies 13 de selles de nourrissons atteints de cho¬
léra infantile.
Le chauffage des filtrats à 60° pendant 2 heures
n'atténue pas leur action. La même température
appliquée pendant 6 ou 12 heures n’çxerce pas une
action notable. L’ébullition pendant 1 minute permet
au.x. injections .d'être mieux supportées, sans détruire
le pouvoir diarrhéigène. Les filtrats chauffés à 120°
pendant 5 minutes sont totalement inactifs.
SOCIÉTÉ DÉ MÉDECINÉ OU NORD
Janvier 1929.
Bradycardie diphtérique. — MM. A. Bretoa et
Cl. Hurlez. Au 6“ jour d’une diphtérie bénigne, non
compliquée de paralysies, alors que la malade avait
déjà reçu 1.000 cmc de sérum sous-cutané, les auteurs
ont observé une chute lente, progressive et régulière
du pouls qui, en l’espace de sept heures) passa de
120 à 18 pulsations par minute. Aucune systole en
écho ; les soulèvements de l.a jugulaire ne sont que de
trois par révolution cardiaque. La tension artérielle
n’a pas varié durant cet incident.
La bradycardie, vi-aisemblablement sinusale, n’a
été jugulée que par l’injection, en 48 heures, de
600 cmc de sérum intraveineux et a disparu à la fin
du 8“ jour. La guérison semble devoir être attribuée
au dernier mode d’introduction du sérum.
Pneumonie latente simulant un syndrome de
péritonite appendiculaire. — MM. P. Ingelrans
et J. Minne rapportent l’observation d’un garçon
de 3 ans qui a présenté un syndrome ai)peiidiculaire
typique au décours d’une pneumonie à signes cliniques
extrêmement frustes.
L’intervention chirurgicale ne révéla rien d’anor¬
mal à l’intérieur de la cavité abdominale. Deux jours
plus tard, apparurent des symptômes méningés et
l’enfant succomba.
Les auteurs insistent sur la difficulté extrême du
diagnostic, dans ces cas à symptomatologie abdomi¬
nale très bruyante, et passent en revue les diverses
théories émises pour expliquer ces phénomènes.
Un cas de thrombose auriculaire droite au cours
d’une pleurite. — MM. A. Breton et M. Lapchin.,
Une femme de 34 ans, atteinte de pleurite banale,
présente, un matin, au réveil, du vertige puis brus¬
quement, deux jours plus tard, de la dyspnée avec
polypnée, de la cyanose de la face, des douleurs
précardiaques, une tachycardie régulière à 100 et un
■ elfondrement de la' tension artérielle.
Les bruits du coeur sont normaux ; l’auscultation
des poumons ne révèle qu’une rudesse respiratoire.
Dès le 3° jour, on note un bruit de galop, une
légère hyperthermie à 38° et une hépatômégalie
discrète. L’agonie dure onze journées, avec accalmie
de la polypnée du 4° au 8° jour et reprise de la
polypnée au 9° jour.
L’autopsie a montré une thrombose auriculaire
droite et deux loyers de nécrobiose pulmonaire.
L’un siégeait à la base du poumon droit et était déjà
infecté secondairement ; l’autre, de formation ré¬
cente, se localisait au sommet gauche. Ces deux
foyers correspondent aux deux crises de polypnée.
Les auteurs insistent sur la rareté des cas de throm¬
bose auriculaire droite et sur la symptomatologie
spéciale du syndrome clinique.
A propos d’un cas de conjonctivite diphtérique.
■MM. Morel, Lesenne et M^''- Sales croient inté¬
ressant de rapporter l’observation d’une petite fille
de 13 mois qui présentait une conjonctivite diphté¬
rique bilatérale, à fausses membranes nettement
caractérisées ; les cultures mirent en évidence le
bacille de la diphtérie moyenne. L’état général était
satisfaisant : température : 38°, pouls ; 122.
Malgré l’absence de tout signe objectif net du côté
de la gorge, on fait un prélèvement d’exsudat rhino-
])haryngé, dans lequel les cultures montrent l’exis¬
tence de bacilles de la diphtérie longs.
Deux injections de 100 cmc de sérum antidiphté¬
rique amènent en quelques jours la guérison com¬
plète ; les fausses membranes conjonctivales dispa¬
raissent, les cultures répétées montrent l’absettce de
bacilles diphtériques dans la gorge ; le pouls et la
température reviennent à la normale.
Sarcome du parenchyme utérin. — MM. Lam-
bret et Razemon. La pièce présentée est un utérus
enlevé chez une jeune fille de 19 ans, qui avait été
opérée 6 ans aùparavant pour tuberculose iléo-cæcale. ■
Dans la paroi postérieure du corps uté’rin s’est
développée une tumeur de la taille d’une tète de
foetus, paraissant bien circonscrite et encapsulée,
sauf en avant vers la muqueuse où la capsule est
moins nette. La malade avait présenté des métrorra¬
gies. Il s’agit d’un sarcome globo-cellulaire type
(Prof. Curtis).
Sinusites maxillaires. — MM. Libersa et Demaye,
traitant de la cure radicale des sinusites maxillaires,
montrent le peu d’avantages que présente parfois sur
le procédé de Desault (beaucoup trop .systématique¬
ment délaissé) l’intervention par le procédé de
Caldwell-Luc. Il n’est pas toujours bon, pensent-ils,
de faire communiquer, sous prétexte de drainage ou
de lavages, une cavité malade avec une fosse nasale
intacte. Aussi, dans des cas spéciaux et encore dans
les sinusites d’origine dentaire, préconisent-ils de
s’en tenir à l’ancien procédé qui utilise, comme seule
voie d’accès, la fosse canine, et ils apportent à a
technique opératoire les quelques petites modifica¬
tions que conseille le professeur Debeyre :
1° Incision haute, dans le sillon gingivo-labial ;
2° Décalage de l’orifice de trépanation par rap¬
port à cette incision de la muqueuse ;
3° Curettage soigneux du sinus et’ bourrage à la
gaze;
4° Suture immédiate des lèvres de la plaie, sauf en
un point (pour pouvoir dans la suite débourrer et
laver la cavité par cet orifice).
Arthrite chronique juvénile de la hanche consé¬
cutive à une coxa plana de l’enfance. — MM. R.
Cleuet et P. Ingelrans relatent l’observation cli¬
nique d’une jeune fille de 24 ans qui soufi're de la
hanche depuis l’àge de 9 ans. A cette époque, la
fillette commença à ressentir des douleurs et à boiter ;
elle fut immobilisée et guérit, bien que l’immobilisa¬
tion eût été de courte durée ; elle ne souffre à nouveau
que depuis deux ans, sans boiter le moins du monde.
L’examen clinique ne révèle cfu’une limitation de
' l’abduction ; toutefois la radiographie montre des
séquelles anatomiques en tous points comparables à
celles des « coxa plana » arrivées au stade de gué-
Lcs douleurs sont la conséquence de « l’incon¬
gruence )) des surfaces arlicnlaires : le pronostic
fonctionnel doit être réservé.
A propos des splénomégalies « mycosiques ».
— M. Pierret rapporte l’observation d’une énorme
splénomégalie: lu rate descend jusqu’à 4 cm. au-
dessus du pubis. C’est chez une femme de 20 ans,
marchande de volailles de profession, qu’a évolué
cette affection, avec la symptomatologie dramatique
décrite par P. lîmile-Weill, Chevallier, Grégoire et
Flandrin (pancréatite hémorragique, puis épanche¬
ment pleural gauche).
La guérison complète fut obtenue en trois mois,
par un traitement ioduré intensif (120 gouttes d’io-
done par jour, injection de septicémine) et trois
séifnces de radiothérapie.
Sans pouvoir rien affirmer au sujet de l’étiologie
« mycosique » de ce cas, M. Pierre! insiste sur les
résultats surprenants obtenus par l’iodure.'La pro¬
fession de la malade est également à noter, comme
susceptible d’e.xpliqucr la possibilité d’une infection
.aspergillaire. ^
RKYUE DES THÈSES
THÈSES DE PARIS
J. Morlaas. Contribution à l’étude de l’apraxie
{A. Legrand, éditeur, Paris). — L’apraxie est un.
trouble de l’activité volontaire intéressant l’exécu¬
tion des môuvemcnts. Quand il n’apparait qu'à l’occa¬
sion des mouvements simples, il y a apraxie idéo-
motrice ; s’il se manifeste au cours des actes à mou¬
vements successifs, il y a apraxie idéatoire.
Pour M., il existe une différence totale de nature
entre ces deux formes d’ajpraxie.
L’apraxie idéo-molrice représente un trouble' de
la fonction gestuelle, allant des gestes les plus
simples, tels que les mouvements des doigts, jus¬
qu’au geste symbolique (signe de croix, poing tendu),
véritable langage gestuel. La volonté, la conscience
et l’état émotif du moment sont susceptibles de jouer
un rôle positif ou négatif dans le trouble praxiqiie,
et tel geste qui, au commandement, s’exécute niai,
s’accomplit normalement quand la conscience n’in-
L’apraxie idéatoire se distingue de la précédente
par ce fait que le trouble qui la conditionne est
strictement psychique et non gestuel. Cest d’agnosie
qu’il s’agit, mais d’une agnosie spécialisée : l’agnosie
d’utilisation. Dans l’apraxie idéatoire, le geste en soi
est correct, la finalité de l’acte est seule viciée par
l’agnosie ; alors que dans l’apraxie idéo-motrice tout
se résume dans un dessein vicieux du geste.
M. distingue une apraxie idéo-motrice d’évocation
et une apraxie d’exécution. Il décrit encore diverses
formes cliniques d’après l’association des troubles de
la sensibilité ou d’autres associations morbides;
d’après la séméiologie ; d’après l’intensité.
Sous les noms d’apraxies idéo-motrices spécialisées,
M. étudie les apraxies bucco-faciales.
L’apraxie idéo-motrice et idéatoire résulterait de
l’altération d’une fonction spécialisée ; la fonction
gestuelle ou une agnosie particulière. C’est dire
qu’elle laisse intacts les rouages psychiques et peut
ne pas s’accompagner d’affaiblissement démentiel.
L’apraxie idéatoire paraît relever d’une lésion
teraporo-pli courbe gauche.
Dans l’apraxie idéo-motrice, l’hémisphère droit
semble susceptible de jouer un rôle, accessoire il est
vrai, mais non négligeable.
La délimitation de la zone d'eujjraxie idéo-motrice
semble impossible à déterminer de façon précise.
Elle paraît s’étendre du pli courbe à la pariétale
ascendante.
Une lésion du cerveau gauche ne détermine habi¬
tuellement qu’une apraxie bilatérale temporaire par
inhibition du centre droit. Toute apraxie bilatérale
durable doit faire supposer l’existence d’une lésion
bilatérale.
Une lésion du corps, calleux crée une apraxie
unilatérale gauche, et parfois une légère ai>raxie
droite par choc.
Cette intéressante thèse, inspirée par le regi-etté
Charles Foix, contient 35 observations dont certaines
personnelles puisées dans le service des incurables
d’Ivry. H. Scuaeffeii,
M. Toubiama. Les névralgies ano-rectales. — La
névralgie ano-rectale n’est pas une affection fré¬
quente. Elle est caractérisée le plus souvent par des
douleurs violentes, paroxystiques, intermittentes, à
début et à terminaison brusques, mais nombreux sont
les cas où la douleur est continue, variable et beau¬
coup moins typique.
La distinction entre les névralgies ano-rectales
essentielles et les névralgies symptomatiques est
souvent très malaisée, et l’on ne pourra arriver au
premier diagnostic que par exclusion. L’élimination
des névralgies ano-rectales relevant des lésions du
système nerveux central, d’affections du petit bassin,
ou plus souvent encore de lésions locales, devra être
faite. Et, dans ce dernier cas en particulier, c’est la
disproportion entre les constatations locales et l’in¬
tensité, la ténacité des douleurs indépendantes de la
défécation qui oriente vers ce diagnostic.
T. insiste sur ce fait qu’avant de penser à une
névralgie primitive il est nécessaire d’éliminer toutes
les douleurs coexistant avec des lésions évidentes,
ano-rectales ou génitales ; les lésions anciennes,
actuellement cicatricées ; l’existence d’entéro-colite
muco-membraneuse actuelle ou passée.
Pour les névralgies primitives qui l’estent, T.
])ense qu’elles relèvent de lésions moindres et passées
inaperçues.
Ainsi le champ des troubles fonctionnels, ici comme
dans toute la pathologie, se rétrécit chaque jour.
A. Schaeffer.
J. PoAcelet. Etude sur le traitement du syndrome
de Basedow par le tartrate d’ergotamine (Impri¬
merie de Publications périodiques , Paris). — Après
la communication de M. Tzanck, à la Société médi¬
cale des Hôpitaux de- Paris, montrant les elféts séda¬
tifs de l’ergotamine sur la migraine vraie, synipathi-
cotonique, rebelle aux traitements habituels, voici
une bonne étude sur les effets de l’inhibiteur du
sympathique dans la maladie de Basedow.
C’est l’élément sympathicotonique de cette affec-
162
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
N“ 10
tipp. avec son l'orlùge de symjitôniCH — tachyenrdie.
tremblement, jisyeliisipe, exafféi'alion dii métabolisme
basal — qui est inhibé i)ar le tartrale d'ergolamine ou
gynergbne. Ce inédieament devient ainsi le véritable
sédatif du llasedow lorsque la sympathicotonie
domine la scène et un adjuvant ])réeieux pour les
ualres thérapeutiques lorsque, à la sympalbicotonie,
s'ajoute une dyslhyroïdie,
La Thèse de M. Poncelet, riche en obs(!rYations cli¬
niques, dont (luidques-nnes communiquées pur MM.
Sainton et Guy Laroche, se termine par les conclu-
Tous les cas de maladie de 15usedo\Y ne réagis¬
sent pas au lartrate d'ergotamine, mais oji constate,
en général, une action favorable et d’intensité variable
sur les dilférents symptômes.
Dans ces cas favorables, on observe les faits sui-
Sur le goitre-tumeur, le traitement est souvent
sans influence notable; cependant le goitre peut
diminuer (0 l’auteur l’a vu, dans un ras, disparaître
pces([ue en totalité ;
L’exophlalmie iliminue fré(iuemment ;
Les modiflcations du tremblement sont difficiles à
mettre eu valeur, mais elles sont en général peu
considérables ;
La tachycardie diminue d’une façon progressive,
le pouls est plus stable, les pal|iitut!ons disparaissent ;
Le métabolisme basal est notablement abaissé l'I
cette diminution se trailuit en général [jar une aug-
mmitalion de poids qui peut être considérable;
Les troubles subjectifs sont très améliorés : les
malades sont moins nerveux, moins irritables, l’in¬
somnie disparaît, et le psychisme l'st modifié rapide-
Cette sédation générale obtenue par l’ergotamine
est supérieure à celle que détermine toute autre
médication,
Le meilleur mode d’administration consiste à faire
prendre par lu voie gastrique des doses do 1 milligr,
l■éJ^étées fl à 4 fois <lans la journée. Kn moyenne ces
doses varient de fl il G milligr; par jour (3 il 6 com¬
primés de gynergi Iie|. On commence pur administrer
1/fl cmc de la solution à 1 pour 2.000 en injection
sous-ciitaiiée pour apprécier si le malade réagit à
l’inhibileur, puis on passe aux doses moyennes ou
fortes si on le juge utile, quitte il diminuer il nou¬
veau la posologie en cas d’intidérance. )>
J. 1H.M0.NT.
THÈSE DE LYON
J. Borgqraano. Contribution à l’étude de l’intoxi¬
cation beménique : leucémies et benzènes [Impri¬
merie llose frères et Itioii. Lyont. -- Dans cette thèse,
ius[)irée pur 1*. Delore, li. rappidle quelques-unes des
observations qui ont servi à écrire I histoire, mainte¬
nant bien connue, de l intoxication professionnelle et
de l’intoxication expérimentale pur le benzène. Il y
ajoute une observation personnelle et quelques expé¬
riences sur le cobaye.
Lu |iremière obseevation est celle d’un homme
de 41 uns, qui, depuis cinq ans, était occupé, dans
une usine de produits chimiques, à l’essorage du
pyramidon par la benzine. Vers la mi-Juin 1927,
s'installa un syndrome liémorragiqiie grave, avec
slunuitite ulcéro-liéniorragique, liémulo-spléuoiiié-
galie, quelques arlliralgies, mais sans lièvre. Le
syndrome hématologique était celui d<‘ lu leucémie
aigue, avec 3,127.0110 globules rouges, 542.500 glo-
billes blancs, et 00 pour 100 de cellules embryon¬
naires, La mort survint le 17 Juillet. Il y avait, à
l’autopsie, de multiples hémorragies viscérales,
entre autres une hémorragie cérébrale. Toute l’évo¬
lution a été celle d’une leucémie aiguë.
l'iusieurs ouvriers, eniidoyés au même travail,
avaient présenté des épistaxis. Aucun n’était resté
à ce poste aussi longtemps que le malade. Ln 1023,
un ouvrier du même atelier mourait avec un syn¬
drome d’anémie grave et d aleucie hémorragique.
Son observation a été publiée par V. (Iréiuieu dans
le Journal lie Méileeiite île l.ifoii.
L existence d’une leucémie aiguë d origine ben/.é-
nique est aussi intéressante jiour l’étude de lu leu¬
cémie aiguë que pour celle de Tintoxieution benaé-
uique. Aucun hématologiste ne sera surpris de vidr
la même cause produire, selon les cas, soit Taleucie
hémorragique, soit la Irucémie aiguë. La réactivité
individuelle joue un rôle considérable dans les syn¬
dromes liématologiques d’origine toxique.
Il est certain que les intoxications benzénlques
doivent être soumises aux mêmes précautions de
surveillance et aux mêmes garanties d’assurance
que les autres grandes intoxications profession¬
nelles.
Expérimentalement, B. a constaté, chez les cobayes
soumis à l’intoxication benzénique chronique, une
certaine anémie rouge, et des oscillations, d’abord
en moins, puis en plus, des globules blancs ; ces
résultats ont été observés tant par inhalations
ifl animaux) que. par injections (8 animaux). L’étude
des plaquettes n’a pas été faite. Pour notre part,
nous n’avons observé aucune modification constante
de ces éléments, au cours des expériences que nous
avons faites, dans le laboratoire du prof. Achard,
chez le cobaye, ni chez le lapin.
J. Mqvzon.
THÈSE DE BOHDEAUX
(1928)
Henri Fischer. Les dysmorphies congénitales
du thorax et leurs syndromes cliniques. — L’au¬
teur, poursuivant les riches investigations de son
regretté maître tourangeau le professeur Dubreuil-
Ghambarilel, passe en revue les différentes irrégula¬
rités congénitales du thorax (agénésies des muscles
du thorax, variations de la cago thoracique, agénésies
costales, côtes cervicales et lombaires, surélévation
congénitale de l’omoplate, variations de la clavicule
et du sternum, des téguments thoraciques) et montre
le parti qu’on en peut tirer non seulement au point
de vue diagnostique et médico-légal, mais encore au
point de vue thérapeutique. De nombreux schémas
illustrent et corroborent le texte. La Thèse se toi>-
mine par l’étude anatomo-clinique des scolioses
congénitales dues aux malformations du squelette
thoracique et des scolioses dues il des affections des
organes thoraciques.
Il y a dans ces 15Û pages une quantité considérable
de" documents neufs où trouveront à glaner l’anato¬
miste comme le chirurgien, le pédiatre comme l’or-
thopédiste. E. ünvieu.
THÈSES DE MONTPELLIER
(1928)
P. Battler. Sur quelques variétés d’endocardite ;
étude clinique et bactériologique : rôle de l’entéro¬
coque [Imprimerie Montané, Montpellier). — A pro¬
pos il’uiie observation récente de Giraud, Puecli et
Payot, d’endocardite infectieuse il entérocoque, l’au¬
teur étudie les endocardites rhumatismales et essaye
d’en faire la synthèse.
Après avoir rappelé l'historique du rhumatisme
articulaire, il tidniel la nature infectieuse des ma¬
nifestations rhumatismales. Il passe ensuite en
revue la maladie rhumatismale de Bezançon et Weil,
le rhumatisme cardiaque évolutif de llibierro et
Pichon, l’endocardite lente type Jaccoud-Osler; il
refuse une entité nosologique il l’endocardite throm-
' bosante de Yaquez-Lutembacher. Chemin faisant,
il étudie le bacille d’Achalme et le streptoeoccus
viridans, considérés comme agent spécifique. Dans
une deuxième (lartie, il fait une description détaillée
de l’rntérocoque et des entél'ococcémies, et il rap-
[lorte 5 observations d’endocardite à entérocoque.
, Avec Bezançon, l’auteur ciHiit que la maladie rhu¬
matismale est bien une maladie infectieuse auto¬
nome, curable, mais récidivante, caractérisée par
son affinité articulaire et cardiaque ; il soutient que
les arthropathies en sont la manifestation principale,
la localisation cardiaque n’étant ni constante, ni la
première en date.
Contre Ilibierre et Pichon, il se range à l’opi¬
nion classique que la cardiopathie rhumatismale
peut guérir et ne laisser qu’une cicatrice amenant
une gène plus ou moins marquée. Dans certains
cas, l'infection se isiveillerait, engendrant des épi¬
sodes aigus ou subaigus, quelquefois terminaux, et
l'endocardite lente ne seixiit que le dernier épisode,
le réveil tardif de cette poussée cardiaque rhuma¬
tismale antérieure ; il n’admet pas qu'elle soit le fuit
d’une iiifeelion de iiiéine nature ou d'une infection
hétérogène et surajoutée.
A côté du bacille d'Achalme et du streptoeoccus
viridans, l'entérocoque pourrait être en cause, ces
trois germes ayant des caractères communs, appar¬
tenant peut-être à une même famille, ou dérivant
d'une même souche non encore identifiée.
Une abondante bibliographie termine ce travail de
synthèse, très clair et très documenté.
P. VlALLEFONT.
Hélène ’Vidal. L'avenir médical et social des
tuberculeux pulmonaires traités par le pneumo¬
thorax artiûciel {Impr. Emmanuel Montané, Mont¬
pellier). — Parmi les nombreux cas de pneumo¬
thorax artificiels du professeur Gaussel, V. a retenu
41 cas datant de plus de 3 ans et envisagé leur état
médical et social, vraisemblablement définitif désor¬
mais. Dans chaque observation, V. rapporte les
résultats Immédiats, éloignés, les complications
éventuelles, la durée du pneumothorax. Les résul¬
tats de cette enquête sont très encourageants, puis¬
que, en ne tenant compte que des résultats durables,
29 malades sur 41, soit 70,9 pour 100, mènent une
vie normale et peuvent, sans inconvénient, travailler,
les décès n’étant qu’au nombre de 6.
De l’étude de ces cas il découle certaines considé¬
rations utiles dans la conduite du traitement : l’Age
le plus favorable est de 20 à 30 ans (guérison : 79 pour
100); le pneumolhorax doit être institué précoce¬
ment, les chances de guérison baissent ensnite rapi¬
dement ; les résultats ne sont pas fonction de l’éten¬
due du pneumothorax ; l’épanchement est une com¬
plication fréquente, mais sans conséquence fAcheuse ;
le pneumothorax doit être continué le plus longtemps
possible, CO qui m> présente aucun inconvénient et
n’olfré que dos avantages.
Cette étude d’ensemble du pneumothorax artificiel,
envisagé du point de vue social, est fort intéressante
et toute on sa faveur. H. Viallesont.
A. Chevalier-Lavaure. Contribution à l’étude des
rapports des troubles mentaux avec les accidents
du travail (Imprimerie de la Manufacture de la
Charité, Montpellier). . — C.-L. rapiiorte 2 observa¬
tions, Tune de confusion mentale, l’autre de délire
aigu, consécutifs à des émotions provoquées au cours
ou à l’occasion du travail, et qui ont donné lieu A
des demandes de réparations. Il étudie les modes
d’application de la loi de 1898 dails les cas d’acci¬
dents non suivis de traumatismes physiques (causes
morales, émotions). Il fait ressortir l’importance de
Tétat antérieur, de la prédisposition dans Tétiologie
des troubles mentaux en général, et le rôle capital
de la constitution émotive dans les psychoses post-
émotionnelles. Du point de vue médical, il est
impossible de ne pas tenir compte de cet état anté¬
rieur dans l’appréciation du dommage subi. Or, la
Cour de cassation a établi, d’une façon catégorique,
une jurisprudence en vertu de laquelle la diminution
de capacité de travail doit être imputée en totalité
à l’accident. Pour concilier ces deux points de vue,
la loi de 1898 doit être considérée comme une loi
d’assistance (professeur Morin, de la Faculté de Droit
de Montpellier). La notion d’obiigation d’assistance
(i’employeur est tenn d’assister celui qu’il emploie)
doit remplacer celle de responsabilité dont on abuse
])arfois et qui soulève tant de difficultés lorsqu’on
vent l’établir sur des raisons scientifiques.
IL VlALLEFONT.
Abdallah Abdelaziz. Contribution à l’étude de la
prophylaxie des bilbarzioses en Egypte (Impr.
Gausse, Graille et Caltelnau, Montpellier). — Après
les travaux du professeur Khalil (du Caire) sur Tac-
tioa des solutions de sulfate de cuivre sur les mol¬
lusques, A. préconise leur emploi dans la lutte pm-
phybictique contre la bilharziose. Il rappelle d’abord
quelques données cliniques et retrace le cycle des
Schistoso?aas dont l’hôte intermédiaire est un mol¬
lusque (variable suivant les espèces de Schistoso-
mas). Il donne- ensuite Thistoiro détaillée do l’épi¬
démie de 1922 à Saft-el-Enab, en Basse-Egypte.
Ses recherches personnelles dans le laboratoire
du professeur Galavielle confirment les travaux du
professeur Khalil; aussi préconise-t-il l’emploi, sur
une grande échelle, de solutions de sulfate de cuivre
dans les canaux d’irrigation et d’alimentation.
Ce travail, dont les conséquences pratiques peu¬
vent être considérables, est terminé par lu bibliogra¬
phie de la question.
H. VlALLEFONT.
N“ 10
2 Février 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE’
Hémorragies intestinales
nulieux que nous avons pratiqué chez lui lors do
son entrée dans le service nous a révélé la par¬
faite intégrité de ses organes et leur fonctionne¬
ment normal.
Il y a quelques jours, un médecin de mes amis
m'envoyait, à fins d'hospitalisation temporaire, ce
jeune homme de 20 ans, employé de chernin.s de
fer, pour que je lâche de découvrir la cause
d'abondantes hémorragies intestinales qu'il a
eues, il y a six semaines environ, tandis qu'il fai¬
sait à Trêves son service militaire depuis trois
mois.
En possession, aujourd'hui, des résultats des
examens complémentaires — coprologiques, hé¬
matologiques et radiologiques — indispensables
pour povvoir aborder celte discussion, nous
allons rechercher ensemble l'étiologie de ces en-
térorragies.
Je vous rappelle d'abord I'Histouie de la ma-
LAuiJî. Ce jeune soldat est tombé malade le 28 No¬
vembre dernier (nous sommes aujourd'hui le
7 Janvier). Il avait des frissons, des courba¬
tures, de la lojix, et. Je jour même, il est entré à
l'infirmerie avec le diagnostic de « courbature
fébrile ».
Le lendemain, il était déjà beaucoup mieux,
mais il constata, le soir, dans ses garde-robes, la
présence de sang liquide, rouge, mélé à des ma¬
tières fécales.
Le 30 Novembre, à 11 heures du matin, en
allant à la selle, il rejeta en abondance par l'anus
du sang rouge, sans matières fécales, mais avec
des caillots.
A partir de 7 heures du soir jusqu'au lende¬
main malin, il eut 7 à 8 garde-robes, toutes com¬
posées de sang pur et de caillots. Il aurait,
d'après l'estimation du médecin-chef du régi¬
ment, perdu au total 1 litre 1/2 à 2 litres de
sang.
Le l" Décembre, il eut, dans la matinée, une
nouvelle selle sanglante semblable aux autres. Il
était anéanti, un peu dyspnéique, avec une sen¬
sation d'oppression pénible, et en état constant
de tendance lipolhymique.
Après plusieurs injections d’huile camphrée et
une injection d'ergoline, il fut transporté d’ur¬
gence à l’hôpital militaire.
Il eut dans la journée une évacuation de .sang
noirâtre, liquide, sans matières, d’une horrible
fétidité. Il n'éprouvait d’autre malaise qu’une sen¬
sation de constriction thoracique et de barre épi¬
gastrique. Sa température était de 38°;, son pouls
battait. à 120 par minute; sa langue était sabiir-
ralc. L’examen somatique ne permettait de. dé¬
couvrir aucun .symptôme d’une maladie quelcon¬
que. La pression artérielle était normale. Les
urines ne contenaient ni sucre ni albumine.
Au bout de quarante-huit heures, le mélæna
disparut. La constipation lui fil suite. La barre
épigaslriqiiti se desserra. La température redevint
normale.
L'alimentation fut- ensuite progressivement et
assez rapidement reprise, cl, quand ce soldat
quitta l'hôpital militaire, trois semaines plus
tard, avec une réforme temporaire, il avait un bon
état général, un appétit excellent, des selles nor¬
males.
Actuellement il est en apparence resplendis-'
sant de santé et Texamen clinique complet et mi-
.'Vvant de discuter la cause des hémorragies de
ce sujet, une question préalable ;
A-t-il eu eéellement des hÉmoiiiiaoies intes¬
tinales i>
1° Il est certain, tout d’abord, que c’est bien
DU SANG qu’il a hendu dans les selles, car, s’il
a eu, à un moment donné, des garde-robes noires
qu’on aurait pu confondre peut-être avec des
selles brun-noirâtre^ de constipation opiniâtre, ou
des selles noires médicamenteuses (après ingestion
de bismuth, de fer, de ratanhia, de rhubarbe) ou
des selles bilieuses plus ou moins vert-noires, il
avait commencé par évacuer par l’anus du sang
rouge, rutilant, reconnaissable à première vue
sans discussion possible. Du reste, les tendances
lipotliymiques concomitantes , contemporaines
habituelles des hémorragies abondantes, auraient
plaidé en faveur du saignement au cas d’hésita¬
tion diagnostique.
2" Mais le sang contenu dans les évacua¬
tions ALVINES VENAIT-IL BIEN DE l’iNTESTIX ?
Nous devons nous le demander.
Vous n’ignorez pas, en effet, que mélæna et cn-
térorragie ne sont pas deux termes sjmonymes et
que le sang évacué par l'orifice anal peut aussi
bien avoir pour origine une hémorragie des voies
digestives supérieures ou même des voies respi¬
ratoires, passée secondairement dans l’inteslin,
qu’une hémorragie intestinale.
. Ce qui distingue de l’hémorragie inlestiiiale
ces dilférents mélænas, — il s’agit presque tou¬
jours de sang noir dans ces cas, — ce ne sont
pas tant les caractères des selles, souvent exacte¬
ment semblables , que les signes propres aux
lésions ulcéreuses des organes jirimitivemeut
touchés :
a) Les antécédents dyspeptiques, les douleurs
gastriques, la fréquence surtout des héniatèmèses
associées... quand c'est l'estomac qui est en cause;
b) L’expectoration de crachats sanglants en
plus ou moins grande quantité, quand le sang pro¬
vient d/unc hémoptysie déglutie;
• c) Les vestiges d’une hémorragie nasale ou
pharyngée, quand le mélæna est la conséquence
d'une épistaxis ou d’nnc pharyngorragic dégluties.
Or, notre malade n’a présenté aucun trouble
digestif ou respiratoire antérieurement à ses hé¬
morragies intestinales, et, de ])lus, l’examen
radiologique complet de ses poumons et de sou
estomac, l’insiu'ction attentive de ses fosses na¬
sales, de son rhino-])harynx et de son lai’ynx
nous a montré que tous ces organes sont abso¬
lument sains.
IL A DONC EU BEL ET BIEN DES IIEMOHBAGIES IN¬
TESTINALES. Oui; mais rpuiiQuoi? C’est ce qu’on
nous demande de déterminer.
Pour résoudre le problème, nous allons, comme
il convient, nous appuyer sur : les caractères des
selles sanglantes, les antécédents du sujet, l’his¬
toire de sa maladie, les signes concomitants de
ses enlérorragies, les résultats de l’examen com¬
plet du malade (sans omettre le toucher rectal),
les données des recherches complémentaires : ra¬
diologiques, coprologiques, sérologiques, héma¬
tologiques et autres.
A. Pour commencer, nous écartons facilement
ici toutes les causes évidentes d’hémorragies
intestinales ;
i“ Les traumatismes : externes (plaies péné-
ti'antes ou simples contusions de rabdomen), ou
internes (absorption de corps étrangers, de liqui¬
des caustiques, de sublimé corrosif...);
2° dîne opération chirurgicale pour étrangle¬
ment interne ou hernie étranglée;
3° Un syndrome hémorragipare secondaire :
• a) A des infections à forme hémorragique (fiè¬
vres éruptives, paludisme, septicémies, purpuras
infectieux) ;
b) A des into.vications (par le phosphore, l’ar¬
senic, le 606 en particulier) ;
c) A une auto-intoxication , comme l urémic,
principalement dans sa forme azotéinique ;
d) A certaines maladies du sang (la leucémie
aiguë, l’anémie pernicieuse, les purpuras).
Indiscutablement les hémorragies intestinales
de ce jeune homme ne rentrent dans aucun de ces
groupes. Cependant, il faut tenir compte de ce
fait que ce garçon a eu la scarlatine l’année der¬
nière, et qu’il aurait bien pu faire à bas bruit de
la néphrite et tout d’un coup de l’urémie. Celle
hypothèse n’est pas admissible, car sa scarlatine,
très surveillée, n’a pas donné lieu à des compli¬
cations rénales, et il n’existe actuellement aucun
symptôme de néphrite chronique (pas d’albumi¬
nurie, ni d’hypertension, ni d’a’dèmes, ni d’ané-
C’esl précisément parce que la cause de ses
hémorragies intestinales n’est pas évidente qu’on
nous a chargés de la découvrir.
La recherche de la cause d’une hémorragie in¬
testinale dont l’ÉTiOLOGiE EST DISCUTABLE pose des
problèmes différents suivant que : 1“ le malade
a de la fièvre; ou 2° non a pas. Justement le cas
de notre client, avec son épisode fébrile initial et
son apyrexic consécutive, nous amène à envisager
cette alternative.
a] La première idée qui doit venir à l’esprit est
celle de fièvre typhoïde, au cours de laquelle on
peut voir des enlérorragies précoces — avant la
fin du deuxièm'e septénaire — ou tardives — à la
fin du deuxième septénaire, au cours du troi¬
sième septénaire surtout, ou à sa fin (du 20“ au
25“ jour), — sans compter Ips cas dans lesquels
l’hémorragie intestinale est le symjilôme révéla¬
teur d’une fièvre typho'ide à forme ambulatoire
jusque-là méconnue.
Or, ce soldat m’a paru de jirinie abord suspect
d’avoir fait des hémorragies intestinales typhi¬
ques. N 'était-il pas fébricitant au moment de ses
saignements? et vous connaissez tous comme moi
la signification du diagnostic de « courbature
fébrile » inscrit sur son bulletin d’hôpital : c’est
un euphémisme qui sert à désigner bien souvent
la fièvre typho'ide. Nos collègues de l’hôpital mi¬
litaire de Trêves ne se sont pas laissé abuser
plus- que nous. Ils ont d’autant plus pensé à la
dothiénenlérie que les caractères des selles san¬
glantes, composées d’une grande quantité de sang
rouge ou noir, étaient bien ceux des entérorra-
gies typhiques. N’en ayant pas trouvé de signes
cliniques — ni dissociation du pouls et de la tem-
164
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
IN» 10
pcrature, ni gargouillement dans la fosse iliaque
droite, ni splénomégalie, ni taches rosées lenticu¬
laires — ils n’ont pas manqué do faire pratiquer une
hémoculture et le séro-diagnostic des infections
ty])hoïdes et paratyphoïdes. Toutes ces recherches
ont été négatives. En outre, la rapidité d’évo¬
lution de la maladie vers l’apyrexie et la guérison
s’est neltemciit inscrite contre l’hyjtothèse de do-
thiénonlérie.
Néanmoins, avant de l’ahandonner définitive¬
ment, j’ai tenu à ce que l’on refît à mon laboratoire
les séro-dîagnostics vis-à-vis du bacille d’Rberlh
et des bacilles paratyphiques A et B au cas où la
séro-agglutination aurait été retardée dans son
apparition. Ils étaient encore négatifs hier, six
semaines apres le début de la malade.
11 faut donc mettre hors de cause la fièvre
typhoïde et les infections paratyphiques.
b) Fallait-il, lors de la période fébrile de l’afTec-
tiou, incriminer la tuberculose aiguë ? Assurément
non. Je ne vois guère, en cU’et, que la granulic
survenant chez un tuberculewr ‘atteint déjà d'enté¬
rite tuberculeuse qui aurait été capable de donner
lient à des hémorragies intestinales aussi abon¬
dantes, acconqiagnées d’un état fébrile. Or, notre
malade, s’il a des antécédents personnels suspects
an jtoint de vue de la tuberculose (une pleurésie
séro-fibrineuse droite à l’àge de 3 ans, et des
poussées de bronchite à répétition entre 10 et
13 ans), ne présentait alors, et ne présente main¬
tenant, aucun signe clinique ou radiologique de
tuberculose [tulmonaire ni aucune manifestation
d’entérite tuberculeuse chronique. J’ajoute que
l’évolution rapidement favorable des accidents et
le bon état général actuel du sujet ne cadrent
guère avec l’hypothèse de granulie intestinale chez
un tuberculeux pulmonaire chronique.
f) Quant à la dysenterie aiguë — seul diagnostic
qu’il restait à discuter pendant la période fébrile
de. la maladie — il n’était pas difficile de l’élimi¬
ner, puisque ;
a) Les selles n’avaient pas les caractères très
spéciaux des selles dysentériques (non fécaloïdcs,
d’abord visqueuses avec des grumeaux rouillés,
puis formées de « raclure de boyaux », de « lavure
de chair » nageant dans un liquide fétide) ;
P) Les garde-robes n’avaient pas été très fré¬
quentes,' ni impérieuses et accompagnées de
coliques, d’épreintes, de ténesme ano-rectal ;
y) 11 n’y avait eu pour ce militaire aucune rai¬
son d’épidémicité ou d’endémicité, de contracter la
dysenterie bacillaire ou la dysenterie amibienne.
2" Puisque nous ne sommes pas arrivés à trou¬
ver une solution satisfaisante du problème qui
nous est posé, voyons si la cause des hémorragies
intestinales de notre jeune homme ne réside pas
dans l'une ou l’autre des affections auxquelles il
faut penser qua.M) i.n malade entiîhoiuiaoiquk est
APYluhlQUE.
a) Suivant la règle, nous avons commencé par
envisager la possibilité d’une maladie du rectum,
partie du tube digestif la plus accessible à l’explo-
II était peu probable a priori qu’une afl'ection
rectale fût en cause, car elle se fût manifestée
sans doute par un syndrome fonctionnel révéla¬
teur constitué par des envies fréquentes et fausses
d’aller à la selle, par des épreintes et par du
ténesme, alors qu’il n’existe et n’a jamais existé
ici de troubles de ce genre.
Cependant : a) nous nous sommes assurés en
pi’cmier lieu, par l’inspection de la région anale,
qu’il n’y a pas d' hémorroïdes e.vternes turgescentes
susceptibles d’avoir saigné à un moment donné.
P) Nous avons fait ensuite un toucher rectal qui
nous a fait pénétrer, à travers un canal anal nor¬
mal, dans une ampoule rectale tout, à fait saine, ce
qui nous permet d’éliminer certaines causes pos¬
sibles d'hémorragie intestinale : des hémorroïdes
internes, une rectite simple, des polypes du rec¬
tum, un rétrécissement [tuberculeux, syphilitique
ou inflammatoire) du rectum, un cancer du rectum.
y) Quant à l'e.vamen rectoscopique, je n’ai pas
jugé utile de l’imposer à ce sujet, étant 'donné
l’absence totale chez lui de troubles fonctionnels
trahissant l’atteinte de la partie terminale de
l’intestin.
C’est donc plus haut que le rectum, dans une
inllammation chronique à tendance ulcéreuse de
l’intestin, qu’il fau't chercher ici l’origine du sang-
perdu par l’anus. Une telle inflammation ne peut,
à l’intestin comme partout ailleurs, relever que
d'une inflammation simple (l’ulcère du duodénum
en l’occurrence), de la tuberculose chronique, de la
syphilis ou du cancer.
h) L’hypothèse de cancer intestinal est la pre¬
mière que l’on envisage d’habitude, avec l’espoir
d’en écarter la possibilité.
Dans le cas actuel, heureusement, elle n’est pas
discutable à cause du jeune âge du malade et de
son excellent état général. Du reste, le cancer du
gros intestin (le cancer de l’intestin grêle est
exceptionnel) se traduirait par des troubles dys¬
peptiques, des douleurs abdominales, la présence
d’une tumeur dans le ventre, sans parler des
signes de sténose intestinale, de l’amaigrissement
et de l’anémie... qui fout entièrement défaut.
Quant au cancer de l'ampoule de Vater, il ne man¬
querait pas de déterminer un ictère par rétention. ...
Et je le répète, tous ces cancers intestinaux,
exceptionnels chez un jeune sujet, auraient pro¬
fondément retenti sur i’état général : ce qui n’est
pas.
c) Fm tuberculose intestinale chronique sous
toutes ses formes [leut être génératrice d’hémor¬
ragies intestinales.
a) Pourtant, l'entérite tuberculeuse ne me paraît
pas susceptible d’être rendue responsable des
accidents hémorragiques de ce garçon, car elle
est, jiratiquement, toujours secondaire à une
tuberculose pulmonaire, et nous sommes sûrs
que ce malade n’est pas un phtisique. D’ailleurs,
les liémorragies intestinales de l’entérite tubercu¬
leuse (mises à part celles qui succèdent aux pous¬
sées granuliques dont je vous parlais tout à
l’heure) sont plutôt rares et ordinairement dis¬
crètes, faites de sang noir et non pas de sang
rutilant, abondant, en nature, comme elles l’ont
été chez ce sujet.
P) Mais le tuberculome hypertrophique du cæcum,
variété de tuberculose intestinale à forme fibreuse
et lipomateuse, capable, elle aussi, de donner
naissance à des liémorragies intestinales, se
développe souvent à titre de première localisation
viscérale de la tuberculose chez des individus
dont les antécédents sont fortement chargés au
point de vue tuberculeux, exactement en somme
comme chez ce garçon.
Je ne crois pas, cependant, qu’il soit atteint de
tuberculose hypertrophique du cæcum, car il n’a
aucun trouble intestinal, aucune alternative de
diarrhée et de constipation, aucune ébauche d’un
syndrome de rétrécissement de l’intestin, et -l’on
ne sent dans sa fosse iliaque droite aucune tumeur
allongée, boudinée, révélatrice d’un tuberculome.
Si j’avais eu un doute tant soit peu sérieux sur
l’intervention de la tuberculose dans sa maladie,
j’aurais fait rechercher le bacille de Koch dans
ses selles afin de confirmer ou d’écarter ce
soupçon.
d) Quand on ne peut pas mettre la tuberculose
en cause, il est de bonne règle clinique d’accu¬
ser la syphilis. Certes,, la syphilis intestinale
existe et elle peut provoquer des hémorragies
intestinales profuses, mais il s’agit toujours de
syphilis tertiaire, fréquemment contemporaine
de manifestations cutanées ulcéreuses. Notre
malade, indemne de syphilis acquise, est trop
jeune pour avoir déjà des accidents tertiaires, et
il ne paraît pas atteint d’hérédo-.syphilis.
e) Finalement, il ne reste plus à discuter que
la possibilité d’un ulcère simple du duodénum,
dont l’entérorrragie, souvent très abondante,' est
parfois le premier symptôme. Tl est vrai que,
généralement, on retrouve dans l’anamnèse des
troubles digestifs survenant par crises doulou¬
reuses tardives, évoluant par périodes avec des
époques intercalaires de calme.
Puisqu’il y a doute, il est indispensable de
demander à l'examen radiologique du tube diges¬
tif un complément d’enquête. Je puis vous en
donner le résultat ; le duodénum ne présente
aucune déformation, et, déplus, l’estomac est tout
a fait normal, de même que le côlon dans tous scs
segments.
D Pour terminer, il est nécessaire de rechercher
si les hémorragies intestinales de ce soldat ne
sont pas sous la dépendance de parasites intesti-
nau.v, particulièrement d' ankylostomes. Je ne le
croyais pas, car les hémorragies intestinales de
l’ankylostomiase sont très légères, occultes, mais
incessantes et finissent par entraîner une grande
anémie. J’en suis sûr maintenant, puisque l’on
ne trouve pas de vers à l'examen macroscopique
des selles, ni d’œufs de parasites ou de sang 'à
l’examen microscopique des garde-robes. Il n’y a,
du reste, pas d'éosinophilie sanguine, signe fré¬
quent, vous le savez, d’helminthiase intestinale.
Ainsi, pas une des causes pariétales ou cavi¬
taires successivement envisagées ne nous paraît
susceptible d’avoir été dans l'intestin môme la
cause des entérorragies.
g) Avant d’abandonner la partie, recherchons si
cette cause peut exister en dehors de l’intestin :
1“ dans une hypertension portale secondaire à une
cirrhose du foie atrophique et surtout hypertro¬
phique, à un adéno-cancer hépatique avec cirrhose,
ou encore à certaines maladies du cœur (rétrécis¬
sement mitral, insuffisance mitrale, asystolie) ;
2» dans des lésions des vaisseaux mésentériques
(thrombose ou embolie des artères mésentériques,
thrombo-phlébite mésaraïque) ;
3“ dans une rupture d’un anévrisme abdominal
dans l'intestin-,
4“ dans une crise intestinale du tabes... Vous
voyez, rien qu’à cette énumération, que c’est com¬
plètement impossible ;
5“ Une maladie du sang n’est pas non plus en
cause. Ce soldat n’appartient pas à une famille
d’hémophiles; il n’a jamais saigné anormalement;
et sa coagulation sanguine est normale : il n’est
pas hémophile.
En fin de compte, notre enquête ne nous permet
pas de conclusion sur la cause des hémorragies
de ce jeune homme. Du moins ndus a-t-elle
démontré la parfaite intégrité de ses organes, ce
qui nous autorise à considérer ses entérorragies
comme un simple épisode au cours d’un état
infectieux passager de nature indéterminée.
ABONNEMENTS- — Fes abonnements à La Presse
Médicale partent du J“'' de chaque mois, ils doivent
être adressés à MM. Masson et C‘“, éditeurs, 120,
boulevard Saint-Germain, Paris-6°. Compte chèques
postaux 599.
N» 10
2 Février 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
Esculape et Hygfie
sous les tropiques
Tl ne serait pas prématuré de faire précéder ou
suivre du vocable « hygiène » rappellatiou
Ecoles de Médecine et Académie de Médecine,
puisque « mieux vaut prévenir que guérir ». Gela
rappellerait au public qu'on n’y oublie pas l'hy¬
giène et qu’on s’efforce de la faire pénétrer dans
la cité et au village.
Si la distinction entre les prêtres d’Esculape
et ceux d’Hygie est nécessaire en France et s’af¬
firme par l’existence des Bureaux d’hygiène diri¬
gés par des spéciàlistes, elle est encore bien plus
nécessaire dans no.s Colonies où les endémo-épi¬
démies à agent de transmission extérieure : palu¬
disme, fièvre jaune, dengue, maladie di^ sommeil,
peste, dysenteries amibienne et bacillaire, cho¬
léra, bilharziose, filariose sanguine et cutanée,
véhiculées par des insectes, des rongeurs ou des
mollusques terrestres ou aquatiques ou directe¬
ment par l’eau, chargent lourdement les tables
de morbidité et de mortalité des races blanche et
de couleur. La prophylaxie en chambre ou au
dispensaire est insuffisante contre tous ces
fléaux, il y faut l’hygiène sur le terrain, dirigée
par un homme du métier, réclamant et contrô¬
lant les concours des techniciens des travaux pu¬
blics, de l’agronomie, de la zpotechnie et de la
géologie.
Ifhygiène coloniale ne saurait être, comme il y
a trente ans, un accessoire banal de la profes¬
sion médicale, auquel on ne pense qu’en temps
d’épidémie; les découvertes en pathologie tropi¬
cale réalisées depuis lors ne le permettent plus.
Il ne s’agit plus d’allumer des feux sur les places
et dans les rues pour chasser le mauvais air et
purifier l’atmosphère contre le choléra ou le
paludisme; la prévention de ces maladies et des
Fig. 2. — Marigot où les indigènes prennent leur cnn
de boisson. Cette eau peut héberger simultanément
les anophèles du paludisme, les bactéries et les amibes
des dysenteries, les hôtes intermediaires du ver de
Guinée et de la bilharziose.
autres que j’ai citées a une technique très pré¬
cise qu’il faut avoir appris à connaître mieux que
le terrien qui eslive sur le littoral ne connaît la
navigation. Les notions de prophylaxie familiale
que possède le thérapeute ne suffisent plus; ce
n’est pas assez de voir comment traiter les
déjections d’un typhique pour empêcher les
autres membres de la. famille de contracter la
maladie, ce n’est pas assez de supprimer le
risque intérieur, il faut aussi savoir recher¬
cher et supprimer le risque qui menace la ville
ou le village. Les connaissances sur les qua¬
lités d’une eau potable, sa captation, son adduc¬
tion, sur ce que j’appelle la projjhylaxie exté¬
rieure, territoriale, ne sont pas l’affaire du
praticien de la médecine ou de la chirurgie,
elles rentrent dans le domaine de l’hygié¬
niste qui doit être, médecin ou non, spéciale¬
ment préparé à sa tâche. Inorganisation de ce
cor])s spécial, actuellement en préparation, est
O
Fig. 1. — Afrique occidentale. — Puits ù l'usage des
lîiiropéens dans un chef-lieu de colonie. Puits sans
protection et mode septique de puisage.
Croquis de M"” A. Lkcenduk.
devenue une nécessité technique et morale. Aux
Colonies comme dans la Métropole, la médecine'
générale a été amputée de là chirurgie et des
spécialités; il est devenu indispensable au bien
public de la limiter, en matière de préservation
de la santé publique, à la prophylaxie domici¬
liaire et hospitalière, aux mesures individuelles,
attributions qui suffisent à occuper les intelli¬
gences les plus vastes et les plus actives; les
grandes mesures de prophylaxie collective et
Ün a vu des erreurs collectives et massives de
prophylaxie ou de diagnostic en pathologie
tropicale érigées en religion et durer près d’un
demi-siècle jusqu’au jour récent on fui'cnt proje¬
tés sur elles de tels faisceaux de lumière, que la
plupart de ceux qui combattaient on méconnais¬
saient la vérité depuis quinze, trente ans ou plus
l’entrevirent enfin.
En France, on fait ])ius aisément fortune
comme antiquaire que comme inventeui-, la décou¬
verte scientifique! n’a pas le succès de la nouveauté
littéraire ou vestimentaire; les custodes des doc¬
trines en cours s’opposent à sa diffusion ou
réclament son banissement; elle ne sera admise
chez nous, sous l’influence de quehpies esprits
indépendants et de l’opinion publi((ue. qu’après
avoir été reconnue par tous les jiays étrangers.
L’hostie quotidienne de quinine n’a pas sauvé
le monde de la malaria, comme l’avaient annoncé
les précliours de cette drogue. Aujourd'hui
quelques cliniciens et malariologucs jirofessenl
une nouvelle doctrine : la misèi'e et la malaria
disparaîtront des régions palustres à mesure que
l’aisance et la santé s’y établiront. On ne saurait
mieux dire que la chute du joui' amène le cou¬
cher du soleil ou que la charrue pousse les bœufs.
Si ces deux erreurs successives faisaient une
vérité, comme deux négations font une affirma¬
tion, le paludisme serait vaipeu.
Le lavage de la salade au permanganate de
|)Otasse n’a pas suffi non ])lus à affranchir les
ventres des parasites inteslinaux ni des maladies
d’origine hydricpie.
Cette chiiniopro|)hylaxie n’est ([n’un ])etit
moyen dont la constance dans l’emploi ne trans¬
forme pas l’inefficacité en efficacité.
Contre les maladies véhiculées par les mouches
territoriale seront du domaine ex¬
clusif de l’hygiéniste qualifié.
Outre-mer, l’exercice successif
du double rôle de thérapeute et
d’hygiéniste ne va pas d’ailleurs
sans inconvénient. On ne peut
être avocat et procureur dans la
même affaire. Un médecin qui
soigne un client pour une affection
quelconque peut être dans l’obli¬
gation de provoquer des pour¬
suites contre le meme pour infrac¬
tion aux règlements sanitaires,
parce qu’il élève des moustiques à
fièvre jaune dans son cabinet de
toilette ou des moustiques à ma¬
laria dans son puits ou sa cres¬
sonnière. Même dans les localités
où il n’y a qu’un médecin,
mission de prophylaxie ne devrait
pas lui incomber, mais à l’hygiéniste et à ses
agents. Ce dédoublement des fonctions est d’au¬
tant plus nécessaire que le médecin qui manie
le mieux les médicaments en cachets intrabuccaux
ou en solutions dans le canon d’une seringue
hypodermique, pour tuer les protozoaires ou
les bactéries dans le corps de l’homme, peut
fort bien ignorer comment on attaque les mous¬
tiques, les mouches, les poux, les puces, les
rats, dans l’eau et dans l’air; on ne saurait lui
reprocher de n’avoir pas acquis, en même temps
que la médecine, des connaissances étendues en
entomologie, h3Mraulique, agronomie, piscicul¬
ture, silviculiure, désinfection et désinsection;
il a bien assez de la clinique et de la thérapeu¬
tique pour exercer sa mémoire et son jugement,
itiqups.
et les moustiques, contre les maladies d’origine
hydrique, contre les affections transmises
d’homme malade à homme sain par un intermé¬
diaire visible ou invisible, la prévention efficace
ne peut consister (pic dans l’usage des grands
j)rocédés agraires, et sociaux. Une réforme pro¬
fonde de l’économie rurale, la culture de, plantes
fourragères pour augmenter le bétail, l’emploi
du fumier de ferme et d’engrais chimiques sont
nécessaires pour remplacer l’engrais humain
générateur de maladies intestinales. Eviter la
souillure des aliments sur le lieu de production
est plus facile et plus efficace que de les désin¬
fecter à domicile ; en alimentation comme en
chirurgie l’asepsie vaut mieux que l’antisepsie,
celle-ci n’intervenant qu’à défaut de celle-là.- Une
166
/,A PRESSE MEDICALE, Sâmedi, 2 Février 1929
eau de source ou de puits, pure, proprement
captée et distribuée, offre plus de garantie pour
le consoinniateur qu’une eau polluée qu’il stérili¬
sera plus ou moins bien à la maison.
Mieux vaut éviter de nourrir des rats à peste
dans les docks, sur les quais, dans les égouts et
les habitations que d’en élever par négligence
jiour avoir ensuite à les tuer. La défense indivi¬
duelle contre les maladies est presque toujours
inférieure il la défense collective; les moustiques
et les' puces, par exemple, ne sont pas des para¬
sites attachés à la personne comme les poux, ils
vont de l’un à l’autre et il est impossible de se
mettre complètement à l’abri de leurs piqûres. La
nature mémo des grandes endémo-épidémies exo-
' tiques et leur mode de transmission font que leur
diminution et leur disparition sont surtout sous
la dépendance des grandes mesures générales,
améliorant le sol et les eaux, atteignant les para¬
sites ailés ou aptères de l’homme.
Ksculape et Hygie ont pour mission, par des
voies différentes, de conserver les fils et les filles
de la terre et de la mer, les demi-dieux de la
navigation sous-marine et aérienne.
La médecine répare dans ses cabinets de
médecine interne ou ses ateliers de chirurgie les
victimes du combat quotidien ; l’hygiène s’efforce"
d’écarter des hommes les génies malfaisants,
visibles ou invisibles, de l’air, du sol et des eaux.
Le médecin conseille; l’hygiéniste ordonne. Nul
n’est tenu de se laisser purger ou amputer, mais
la vaccination antivariolique est obligatoire pour
tous. Le médecin est mandé au domicile du
malade; l’hygiéniste y pénètre d’autorité; l’un
fait la cure de la maladie; l’autre n’en a cure, il
traque l’agent de transmission. La devise d’Eseu-
lapc est (( pi'imo non noeere « ; celle d’Hygie doit
être « pi'imo noeere ».
L’Afrique du Nord et surtout nos colonies
soud'rcnt de la pénurie d’hommes blancs et de
couleur.^ Pour y remédier, outre l’immigration,
on ne connaît pas d’autres moyens que de pro¬
créer des enfants et de conserver les adultes; le
premier, l’accroissement de la natalité, est au
pouvoir des individus associés par couple; le
second, la préservation de la vie humaine contre
les fléaux évitables, c’est-à-dire la diminution de
la mortalité, appartient à la toute-puissance des
pouvoirs publics ; l’association d’une natalité
élevée et d’une mortalité faible assurent le rende-
jiieut optimum, font les familles heureuses et les
nations fortes.
La défense sanitaire est une obligation aussi
imjiérieuse que la défense militaire. Dans la lutte
contre les fléaux homicides, les services sanitaires
doivent jouir d’une autonomie totale, n’ètre en
aucune fagon dépendants des services médicaux.
Il ne faut pas confondre Esculape et Hygie. Il
faut alléger des soucis de l’hygiène le médecin
colonial surchargé d’obligations thérapeuti¬
ques,
Bactério-parasitologie et hygiène ne sont pas
unevseule et môme chose; la première n’est qu’un
moyen au service de la seconde, on peut être un
excellent bactériologiste et un hygiéniste médiocre
de même qu’on peut être bon anatomiste et mau¬
vais chirurgien.
L’indépendance des deux fonctions de préven¬
tion et de guérison sera d’autant plus aisée qu’un
entomologiste fera souvent un meilleur hygié¬
niste qu’un médecin non spécialisé ; il est inutile
d’imposer la connaissance de l’art de » guérir »
à ceux qui auront pour mission de « prévenir ».
Amis et alliés dans leur action contre les maux
qui affligent l’humanité, Esculape et Hygie [doi¬
vent conserver leur personnalité distincte.
L’organisation nouvelle'de l’hygiène dans nos
colonies aura des résultats heureux et puissants
sur la santé publique si elle a l’appui constant et
ferme de l’autorité administrative.
J. LEGENDnB.
Albert Re^erdlln
■(1881-1929) '
Albert Reverdin vient' dé mouiûr, ‘îr-*'Gcnèvc,
après de longs mois de maladie.
Cette mort qui frappe un homme en pleine
maturité, âgé à peine de 48 ans et paraissant taillé
pour la lutte, plonge dans la consternation tous
ceux qui l’ont connu, et dans la douleur tous ceux
qui l’ont aimé.
Il était le fils d’Auguste Reverdin, le neveu de
J.-L. Reverdin, l’élève de César Roux; c’est dire
qu’il appartenait à la lignée de ces grands chi¬
rurgiens qui font honneur à la profession médi¬
cale. Il avait le tempérament et les qualités qui,
suivant l’expression de J.-L. Faure, révèle 1’ « âme
du chirurgien ».
Ceux qui, venus de France ou de l’Etranger,
ont visité sa maison de santé de Ghampel, centre
de son activité chirurgicale, ànt pu. admirer ses
qualités d’opérateur et d’organisateur.
Et ceux qui ont été ses hôtes ou qui furent les
habitués de son foyer, en cette villa de Rellcrive,
sur les bords du lac Léman, ont pu apprécier le
charme d’une hospitalité sans pareille, et qu’on
pourrait dire renouvelée de l’antique.
Albert Reverdin était un grand ami de la
France. Avec son père il avait appris à l’aimer,
alors que dès sa tendre enfance ils faisaient tous
deux de fréquentes randonnées dans les départe¬
ments de la Savoie et de l’Ain.
Dès le début de la guerre, en 1914, Albert Re¬
verdin quittait Genève. Abandonnant scs occu¬
pations professionnelles, il parvint à surmonter
les difficultés dressées par les autorités militaires
de son pays, et muni de son matériel cliirurgical,
il vint so mettre, avec ses aides, à la disposir
tion de notre Service de Santé. Pendant quatre
ans et demi, d’abord chirurgien d’hôpital à Bourg,
puis chirurgien-chef de secteur de la 7“ Région, il
se dépensa sans compter et consacra aux soins de
nos blessés tout son temps, tout son savoir,
tout son talent.
C’est là, qu’en 1917, je l’ai connu. De cette
époque date une amitié dont seule la mort aura
j)u rompre les liens.
Albert Reverdin comptait à Paris, dams' les
milieux médicaux, beaucoup d’amis. 11 était,
parmi les étrangers, l’un des membres les plus
assidus des Congrès de chirurgie. 11 était ofiieier
de la Légion d’honneur et membre correspondant
de la Société de Chirurgie.
Avec lui, disparaît une. figure pleine de per¬
sonnalité, d’originalité et de séduction, capable
de dévouement et d’exquise sensibilité, mais ne
voulant s’ouvrir qu’à ceux qui savaient soulever
le voile de mystère dont il aimait à s’envelopper.
Ceux-là perdent en lui un ami véritable.
Gustave Roussy.
Association
pour le
développement des relations médicales
(A.D.R.M.)
Au cours de la dernière séance du Conseil d’admi¬
nistration, l’A. D R, M. s’ést occupée d’une demande
transmise par le ministre de l’Instruction publique,
pour une Faculté de Médecine étrangère, d’un méde¬
cin pouvant enseigner la physiologie, l’hygiène et la
médecine légale (traitement 100.000 francs environ).
S’adresser salle Béclard, aux bureaux de l’A. D. R. M.
M. Sergent a donné lecture d’une lettre du pro¬
fesseur Dubé, de Montréal, sur les desiderata dés
étudiants canadiens et sur l’institution de cours
médicaux eii anglais à Paris. . .
M. Hartmann a exposé lès’ résultats du séjour des
médecins brésiliens à Paris en Décembre dernier,.
M. Dombrowski serait désireux de voir se tenir
une réunion franco-polonaise à Poznan où a lieu celte
année une exposition coïncidant avec la réunion
internationale de chirurgie à Varsovie.
Lp D’’ Berkowicz, directeur du Public Health
Institule de Chicago, demande un jeune médecin
français spécialisé dans le traitement des maladies
vénériennes et parlant anglais.
M. Soupaull est nommé en remplacement de
M. Proust comme membre du Conseil d.’adminislra-
Sont nommés membres : République Argentine :
M. Temistocles Castellano ; Brésil ; MM. Gruz Alves,
F. Pires de Gayoso, Galdino Nunes Vieira, José
Marques da Roclia, Nestor da Rosa Martins ; Cuba :
M. Dominguez ; Gualémala : M. Roblès ; Russie :
M. Serdukolî ; France : MM. Henri Casalis, E. Gal-
brun, Gueutier, Hügel, Georges Masson, M»"» S. Noël;
MM. Roussel, Robert 'l'alamon, 'l’ilTeneau, Walter.
Questions Fiscales
D. — Désireux d’organiser en ba,ulieue une consul¬
tation d’oto-rhino-laryngologie dans une maison de
santé d’accouchement dirigée par des amies payant
patente de sages-femmes et dùînenl autorisées par
la Préfecture de police, ai-je une formalité quel¬
conque à «emplir : suis-je susceptible d’être inquiété
ou d’attirer des ennuis aux directrices de la maison
de santé de la part de service d’hygiène ou autres ?
Quid des patentes réciproques ? (je' serai admis
comme occupant sans participation au loyer ni à
l’installation).
Réponse de notre conseiller fiscal :
Le fait d’organiser une consultation dans une mai¬
son d’accouchement n’est pas susceptible de modifier
la patente de ladite maison; pas plus qu’elle ne modi¬
fierait celle de l’hôtelier dans le cas où cette consul¬
tation serait organisée dans un hôtel.
Mais, si l’administration a connaissance que le
médecin consultant se rend périodiquement à la
Maison de santé pour y donner des consultations, il
est à craindre qu’elle lui impose une patente bàsée
sur la valeur locative du local dans lequel il opère;
Une telle patente serait i-égulière d’après la juris¬
prudence du Conseil d’Etat. ■
' ReniI Pinciion:
La Médecine à travers le Monde
PORTUGAL ET BRÉSIL
Nos confrères brésiliens, en mission en France,
avant de quitter Paris, ont donné un banquet amical
ou plutôt familial, où des confrères portugais étaient
invités, en particulier notre collaborateur le D'’ Joao
Coe’lho. A ce banquet présidé par le D'' Rocha Brito,
le D'' Rosa Martins, exalta les liens qui unissent le
Brésil à la mère-patrie, le Portugal et remit à notre
confrère le message ci-dessous destiné à tous les
médecins portugais :
« Paroles de frères à frères, paroles qui s’échangent
entre cœurs amis, réchauffées et animées par le
même sang, elles réfléchissent notre amitié indes¬
tructible, celte amitié qui fait de nos patries une
seule patrie.
« Pour nous, qui portons encore bien vivants les
souvenirs du Brésil, maintenant lointain, aucun autre
contact ne pourrait nous être plus agréable, plus
cher, et nous subissons la sensation sublime de
revoir notre propre terre dans la terre de nos-
ancêtres. Notre cœur se remplit de tendresse en
entendant vos paroles dans la langue qui nous est
commune, en sentant l’allection de votre accueil et,
surtout, en pensant que nous devons ce que nous
sommes au Portugal, au Portugal héroïque qui nous
légua son sang, son idiome, ses traditions.
« La grande âme lusitanienne ne pourrait pas être
contenue dans les limites d’un territoire exigu ; èll.e
franchit l’Atlantique et, dans les terres de la Sainte^
Croix, elle s’épancha, domina et fructifia.
« Le Brésil n’est que le corollaire de cette épopée
par laquelle les Lusitaniens écrivirent en lettres d’or
les pages les plus belles de l’histoire du monde,
« Des Portugais nous' avons reçu ce patrimoine jfôr)-
Jiiidable, un - territoire iinmensej fécond et- intègre,
io
LA PtlËSSE MËDÎCALË, Samedi, 2 Février 1929
i6i7
cet idiome richissime et mélodieux que nous parlons ;
des Portugais nous avons reçu cette confiance illi¬
mitée dans la puissance créatrice de notre terre et
aussi le sentimentalisme de nos chansons ; des Por¬
tugais nous avons entendu le cri de l’Ypyranga et le
mot du garde-ù-vous et de l'amour de la patrie dans
la bataille de Riachuelo.
« Nous nous enorgueillissons de notre origine et
c’est avec un sentiment de respect et de profonde
admiration que nous prononçons toujours le nom du
Portugal. »
Livres Nouveaux
Assurances Sociales (Etudes médicales autour de la
loi du 5 Avril 1928), par Fa. Guermonpriîz. 1 vol.
Amédée Legrand, éditeur, Paris, 1928). — Prix :
12 francs.
Bon petit livre contenant beaucoup de renseigne¬
ments, tant français qu’étrangers, qui permettront
aux médecins se donnant la peine de le lire d’acquérir
nombre d’idées utiles dont ils n’ont généralement
pas connaissance. Voici la liste des chapitres dont
l’énoncé permet de se rendre compte des principaux
points traités :
Premières considérations pour le fonctionnement.
— Comment les assurances sociales heurtent la
profession médicale. — Les organismes antituber¬
culeux devront être coordonnés avec les assurances
sociales. — Les hôpitaux pour les assurances
sociales. — Hôpital libre et maison de santé. — Ce
que peut un fonctionnement libre d’hôpital ou de
dispensaire. — Pour administrée la clinique des
assurés de la loi de 1928. ■ — Difficultés; perplexités.
— Le Congrès du 30 Novembre 1927. — Entre le
30 Novembre 1927 et le 8 Juillet 1928. — Qui met en
échec la loi du. 5 Avril 1928 ?
F. JXYLIÎ.
Index of Symptomatology, publié par H. Letheby
Tidt avec 25 collaborateurs spécialisés. 1 vol. de
710 pages avec 130 figures en noir et en couleurs
{John Wright a. Sons, éditeurs), Bristol, 1928. —
Prix : 2 livres 2 sh. net.
Ce gi'os volume, fort bien édité et riebement
illustré, fait partie d’une collection de précis consa¬
crés au diagnostic dilîérentiel, au pronostic, au
traitement considérés isolément. Celui-ci envisage la
séméiologie des maladies appartenant aux divei-ses
branches de la médecine ; pathologie interne, chi¬
rurgie, obstétrique, spécialités. Il constitue un
dictionnaire donnant une description concise, claire
et suffisamment complète des, manifestations cliniques
de l’alîeclion considérée, soulignant les symptômes
principaux et laissant dans l’ombre les détails secon¬
daires. Les acquisitions nouvelles ont tait l’objet
d’une étude plus approfondie. Les noms des collabo¬
rateurs sont une sùré garantie de la qualité des
articles. C’est ainsi que Rolleston a traité les
maladies infectieuses, Christopherson les affections
tropicales', Coombs les cardiopathies, E. Holland la
paitie obstétricale, M. Page la chirurgie osseuse,
H. C. Senion, la dermatologie, etc.
Ij’abondance de la production médicale de notre
époque, et en particulier la description de multiples
Syndromes nouveaux au cours de ces dernières
années, justifie pleinement la publication d’ouvrages
de cette nature qivi permettent de faire le point de
nos connaissances et de les/ mettre, émondées et
condensées, è la portée du grand public médical.
P.-L. Marie.
Livres Reçus
541. L’ordine dei templ e délia forme In nalura, par
V. CAri-ARELi.i. 258 p. (i. Cojipctli, édit.), Bologne. —
Prix ; 30 lires.
. 542. Sorittl dl Carlo ForlaninI, scclti c pubblicati a
cura délia fondazione Carlo FoBLANim. 1048 p. avec fig.
(L. Cappclli, édit.), Bologne. — Prix : 120 lires.
543. Dlverticoll dalla vescica urinarla (patologla e
ollnlca), par Cesare Boretti. 124 p., 50 fig. {L. Cappelli,
édit.), Bologne. — Prix : 25 lires.
544. Die nlohtvenerleohen Genitalerkrankungen, ein
Lehrbuch für Ærzte, par Fritz Callomo.n. 204 n., 0)2 fig.
(G. vhiente), Leipzig. . — Prix ; Kroohé, 18 m k ; relie,
20 mk.
Université de Paris
Clinique médicale de l’Hôtel-Dleu. — Un Cours
pratique de physiothérapie (électrothérapie, actinothe-
rapie, radiothérapie, hydrothérapie, einésithérapie) sera
fuit sous la direction des prof. Carnot et Strohl, avec le
concours de MM. Dausset et Lucy, chef et chef-adjoint du
laboratoire de physiothérapie de l’U6tel-Dieu, par
MM. le prof. Strohl, le prof, agrégé Dognon; MM. Henri
Bénard, Dausset, Lucy, Durey, Lagarenne, Dioelès, Du-
bois-Roquebert, Fabre, Cheuilleau, Luscan, Friedel.
Ce Cours aura lieu tous les matins, du lundi 4 Murs au
samedi 23 , Mars 1929. — De 9 h. 1/2 à 10 h. 1/4 : Démons¬
trations techniques de physiothérapie à l’a mphi théâtre
Trousseau. — De 10 h. 1/2 à inidi : Exercices individuels
de manipulations d’appareils et d’applications de traite¬
ments aux malades à la policlinique physiothérapique
Gilbert.
Le droit d’inscription est de 300 fr. L’assuiduité au
cours et aux exercices pratiques donne lieu à un diplôme.
L’inscription a lieu au seci-étariat de la Faculté (guichet
a” 4) tes lundi, mercredi, vendredi de 15 à 17 h.
Clinique d’accouchements et de gynécologie Tar-
nier. — Un cours de pVatique obstétricale sera fait par
MM. Louis Fournier, médecin de l’hôpital Cocliin ; Metz-
ger, professeur agrégé, accoucheur de l’hôpital Tenon;
Vaiidescal, professeur agrégé; Desoubry, .lacquet, Lan-
tuéjoul, M"' Labeaume, De Peretti, Suzor, chefs de cli¬
nique et anciens chefs de clinique; M"° Burdy, De Manet,
anciens et chefs de clinique adjoints assistés des moni¬
teurs de la clinique. ^
français et étrangers. Il commencera le samedi IG Fé-
rier 1929, et comprendra une série de leçons cliniques,
léoriques et pratiques, qui auront lieu tous les jours à
artir de 9 h. 1/2 et de 16 h. Les a.uditeurs seront per-
imnellcment exercés à l’examen des femmes enceintes et
n couches, à la pratique des accouchements et aux mu-
ocuvres obstétricales. Un diplôme sera donné à l’issue
de ce cours.
Programme du cours. — Samedi 10 Février. — 9 h. 1/2 :
Examen des femmes en travail et des accouchées. —
10 h. 1/2 ; Leçon ])ar M. le professeur Brindeau. — Ifi h. :
Présentation de malades. — 18 h. ; Indications du fui^
ceps : Forceps sur le sommet (M. de Peretti).
Lundi 18 Février. — 9 h. 1/2 : Examen des femmes en
travail et des accouchées. — 10 h. 1/2 ; Concultation des
nourrissons (M"” Labeaume). — 16 h. : Visite du Musée.
— 18 h. : Forceps sur face, front, siège (M. Laiituéjoul).
Mardi 19 Février. — 9 h. 1/2 : Consultation des nour¬
rissons (M. Jacquet). — 10 h. 1/2 : Leçon par M. le pro¬
fesseur Brindeau. — 16 h. : Présentation de malades. —
18 h. : La version par manoeuvres internes (M. Suzor).
Mercredi 20 Février. — 9 h. 1/2 : Consultation des
femmes enceintes (M. le professeur Brindeau). — 16 h. :
Nouveaux traitements de la syphilis (hôpital Cochin),
(M. Fournier). — 18 h. : Traitement de l’infection puer¬
pérale (M. Desoubry).
Jeudi 21 Février ; 9 h. 1/2 : Gynécologie : opérations
et consultations. Consultations des nourrissons. — 16 h. :
Exercices pratiques du forceps. - — 18 h. : Caixliopathics
et grossesse (M. Jacquet).
Vendredi 22 Février. — 9 h. 3/4 : Leçon par M. Metz-
ger, prafesseur agrégé, accoucheur de l’hôpital Tenon :
Des douleurs au cours de la grossesse. — 16 h. : Exer¬
cices pratiques du forceps. — 18 h. : Traitement de
l’éclampsie (M. de Peretti).
Samedi 23 Février. — 9. h. 1/2 Examen des femmes en
- travail et des accouchées. — 10 h. 1/2 : Leçon imr M. le
professeur Brindeau. — 16 h. : Exercices pratiques du
forceps. — 18 h. : L’extraction du siège (M. Lantuéjoul).
Lundi 25 Février. — 9 h. 1/2 : Examen des femmes en
travail et des accouchées. — 10 h. 1/2 : Consultation des
nourrissons. — 16 h. : Exercices pratiques. Extraction du
si;,ge. — 18 h. ; Les embryotomies (M. Suzor).
Murdi 26 Février. — 9 b. 1/2 : Consultation des nour¬
rissons (M. Jacquet). — 10 h. 1/2 ; Présentation de ma¬
lades pur M. le professeur Brindeau. — 16 h. : Exercices
pratiques de version. — 18 h. ; Conduite n tenir dans le
idaccnta prœvia (M. le professeur agrégé Vuudcscnl).
Mercredi 27 Février : 9 h. 1/2 : Consultation de femmes
enceintes par M. le professeur Brindeau. — 16 h. ; Exei--
cices pratiques du forceps. — 18 h. : Les pyélonéphrites
gravidiques (M. Desoubry).
Jeudi 28 Février. — 9 h. 1/2 ; Gynécologie : opérutions
et consultations. Consultation de nourrissons. — 16 h. :
Exercices pratiques : embryotomies céphaliques. — 18 h.:
Diagnostic el traitement des ruptures utérines (M. de
Peretti).
Vendredi 1" Mars. — 9 h. 1/2 ; Présentation de ma¬
lades (maternité de Thôpital Tenon), service de M. le pro¬
fesseur agrégé Melzgcr. — 16 h. : Exercices pratiques :
embryotomies rachidiennes. — 18 h. ; Conduite à tenri
au cours des accidents de la délivrance (M. Suzor).
Samedi 2 Mars. — 9 h. 1/2 ; Examen des femmes en
travail et des accouchées. — 10 h. 1/2 : Leçon pur M. le
professeur Brindeau. — 18 h. : Conduite à tenir dans les,
bassins rachitiques pur M. le professeur agrégé Vaudescnl,
Pour renseignements, s’adresser à M. le chef de c
nique, à la Clinique Tarnier. Les bulletins de verseme
relatifs au cours seront délivrés au secrétariat de la F
culté, les lundis, mercredis et vendredis, de 14 à 16 b.
droit à verser est de 200 fr.
Clinique des maladies cutanées. — La leçon
M. Guy Laroche sur le benjoin colloïdal annoncée po
le diinunche 3 Février n'aura pas lieu.
Enseignement clinique d’hydrologie et de c
matologie thérapeutiques. — Ce cours, essentiel
ment pratique, destiné particulièrement aux candidats
l’examen de thérapeutique, aura lieu avec la colluborati
de MM. Faure-Beaulieu et Henri Bénard, médecins c
hôpitaux; R. Leroux, oto-rhino-laryngologiste des hô
Unix; François Mouticr, chef de laboratoire à la Faculi
Brin, Saint-Girons et P. Mathieu, anciens chefs de <
nique à la Faculté; Dumont, ancien chef de laboratoiri
la Faculté ; Justin-Besançon, chef du laboratoire d’hyd
logie de lu Faculté; Martiny, ancien interne proviso
des hôjiitaux.
Cet enseignement aura lieu pendant le mois de 1
vrier 1929, à l’hôpital Saint-Antoine (salles Audi'
Broussais, Aran).
Programme des leçons. — Tous les mutins, de 11 h.
à 12 h. 30, leçons au lit du malade. Tous les jours de
semaine, de 14 h. à 15 h., leçons avec présentations
malades sur les sujets suivants :
Les indications créno-climaioihcrapiiiues dans : Lui
4 Février ; Les maladies du foie. — Mardi 5 Févrie
Les maladies des voies biliaires. — Mercredi 6 Févrie
Les maladies de l’estomac. — Jeudi 7 Février ; Les n
ladies du jioumon. — Vendredi 8 Février ; Les inalnd
du nez, de la gorge, et des oreilles. — Samedi 9 Févrii
La tuberculose. — Lundi 11 Février : Les maladies <
enfants. — Mardi 12 Février : Le diabète. — Mercr
13 Février : Les maladies du cœur. — Jeudi 14 Févrie
Les maladies des vaisseaux. — Vendredi 15 Février ; 1
maladies de l’intestin. — Samedi 16 Février : Les mulad
du rein. — Lundi 18 Février ; La dermato-vénéréologie
la gynécologie médicale. — Mardi 19 Février : L’obés:
la goutte, le rhumatisme. — Mercredi 2Ü et jeudi 21
vrier : Les affections neurologiques.
Universités de Province
Un Centre de médecine préventive à Stn
bourg. — Sur rinvilalion du « Centre de dociiincnlut
universitaire » M. Georges Sclircibcr a fait le 25 Jnnv
à rUniversité de Strasbourg une conféroiicc fort inléi
saule sur « la prolongation de la vie humaine par
im^deciue préventive ». Cette conférence qui avait atl
un nombreux public et qui fut j»résidée jmr le jjrofessi
Marchoux., de l’Institut Pasteur, nicnibre de l’Acadéi
de médecine, fut suivie d’une réunion tenue sous lu ]:
sidciice du jirofcsscur \\'eiss, doyen de la Faculté
médecine. Les' repixisentants des diverses Facultés <
blirent un projet de création d’un premier centre
médecine préventive organisé en vue des examens sp
taires périodiques auxquels se souinettruicnt librem
les doux mille étudiants inscrits à la Cuisse de maladi
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint-Louis. — M. F.-M. Caclcnal comm
cci-a aujourd’hui samedi 2 Février, à 11 h., uiic série
leçons cliniques pratiques avec préseiiLatioii do malu'
et schémas.
Ces leçons auront lieu tous les samedis, à 11 h., di
son service de l’hôpital Saint-Louis.
Hôpital Saint-Michel (33, rue Olivier de Serres).
Nomination A une place d’interne en litre, cl une pl
interne remplaçant. L’interne en litre reçoit 300 fr. ;
mois, n est logé et nourri i\ l’hôpital.
L’interne remplaçant reçoit 1.50 fr. pur mois, il
nourri A l’hô])ital, scs jours de service cl scs jours
remplacement. 11 touche, si le remplacement est de j
sieui-s jours, le Irailemenl que ne louche pus le titulai
Les demandes doivent parvenir uvuiil le 10 Février
M. Delorl, chef du service de gastro-entérologie à l’hô])
Saint-Michel (prière d’indiquer sur l’enveloppe qu’il s’il
de celle demande). Elles doivent comporter l’indicnt
de tous les litres du cRiididat. Elles seront classées ;
ordre de valeur des titres exprimés.
La liste de classement des candidats sera affichéi
l’hôpital Saint-Michel, A partir du 15 Février. Les 5 f
miers de celte liste seront appelés A se préseiiler dans
service pur lettre individuelle.
Leur nomiiialioii sera présentée elisuilc A l'agrém
délinitir de M. Récamicr, médecin-chef de l’hôpilul.
Hôpital Saint-Joseph. — M. Papin, chef du ser\
d’Urologic, coinmeiicera ses leçons A Vhôpilal Sui
•loseph, le jeudi 7 Février, A 11 Ir., et les contiiiueru
jeudis suivants.
168
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Février 1929
N» 10
Sanatorium de Ponteils, — M. Xuvioc Augo, uiuùpii
iiipclccin (iirocti'ur du Hnnntorium de Montfuucuii-dii-
Iiot, est nomiiié, à eompter du 1" Janvier 1U29, iiié-
deeiu-elief direetcur du Kunatoriuui de Ponteils (dard).
Concours
Assistance médicale de l’Indochine. — Lislo, jtar
ordre do inorito, dos randidats roçus au ooncours dos
15 Décoinbro 1928, 14, 15 ot 16 Janvier 1929, ouvert pour
le reorutoniont do niédooins stagiaires do l’assistanoo
medicale do rindocliiiio : MM. (^habuud, Défaut, Vu Ngog
Anli, (lhauniolto, Malport, Bouissot, Mathieu.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Lkcwon d'iio.vmuui. -
Officier. — MM. Dieudé- l'auvel, à Villeneuve- sur-Lol
(Lot-et-Garonne); Madon, inédeein i)rineij)al de ré.serve
du Service de Sauté de la marine.
Chci'alier. — MM. Delteil, à Saint-Pierre d’Oléron ((ilia-
renle-Inférieure) ; Quantin, à Toussieu (Isère); Malon, au
Teilleul (Muiu'he); Tliibaut, à ICpiuay-sui^Seine (Seine);
Guniin, inéileein de 2' i-lasse de réserve du Service de
Sant(‘ de la luariiu'; .\rehaiul)eaud, maire de Saint-Terre
(La Uéuniou): Le Vau An, médecin jirinripal de 2' classe
de r.Vssistauee médicale de l'Indo-Chine.
Mkdaii.i.e des ÉptciÎMiES. — Mt'daiUe d’nr,
à titre posthinnc. ■ — M. liallengliien, de Roubaix (Nord'.
Médaii.i.i: I)i; i.a Pkévovaxcf. sociai.ic. — Médaille d'ur.
MM. Alexandre, à Aixpies (Pas-de-Galais) ; Julliand, à
Gbambéry (Savoie) ; llarbur, Coebaux, S(da, à Rruxelles
(liel^ique).
Médaii.i.i: di; i.a -mctualité. — MedniUc d’arf;ent. —
MM. lirassart, à Arras (Pa.s-de-Calais) ; Caiiot de Qiiissae
Naudiii, Garlier, Vermorel, ii Paris; Sarazin, à Ilallen-
eoni't (Somme); liroc, à Tunis (Tunisie).
Médaille de brunzc. — MM. Vepeas, à Marseille; Pau¬
més, à Toulouse; lioyé, à Viueennes (Seine); Gaillet,
. . ut, Dupaii, Deseomps, Georgel, Saint-Gène, à Pa¬
ris; Pruteaii, à .Neuilly-Plaisanee (Seiue-el-Oise'l ; Grop, à
Gboisy-le-Roi (Seine); l'romenleau, à liaj'nidet (Seine);
Pedebidoii, au Pré-Saint-Gervais (Seine); Gadre, ii Torey
(Seine-et-Marne).
Mention honorable. — MM. Menu, à Laon' (.Vin); Moii-
ren, Stéfani, à Marseille.
Lutte contre le cancer. -- Par arrêté en date du
19 Janvier 1929, du ministre du Travail, de l’Hygiène, de
l’Assistance et de lu Prévoyance sociales, M. le profes¬
seur Roussy est ebargé de mission nu cabinet du Ministre
poursuivre les questions relatives à la lutte sociale contre
le cancer.
Comité supérieur consultatif de l’Instruction
publique des colonies. - Sont désignés pour faire
partie de la section tecbniipie du Comité supérieur con¬
sultatif de l’Instruction publique des colonies : MM. Tes¬
sier, professeur de clinique des maladies contagieuses de
1.1 Kaeiilté de Médecine de Paris ; Perrot, professeur à
l’Heolc supérieure de Pbarmaeie deOParis.
VHP' Congrès triennal de chirurgie. - Le VUI*
Congrès de la société internationale de ebirurgie, qui
groupe aujourd’hui plus de 1.000 membres, se tiendra ù
Varsovie du 22 au 25 Juillet, sous lu présidence du pro¬
fesseur Hartmann, de Paris.
A la demande du bureau permanent, les adiniiilstrutions
des eliemiiis de fer de Helgique, de France, du Por¬
tugal, etc., ainsi que certaines compagnies de navigation,
ont consenti d’importantes réductions de tarifs aux mem¬
bres qui utiliseront leurs lignes pour se rendre ù Var¬
sovie ; dès que vous aurez décidé votre itinéraire, veuillez
me le faire connaître pour que je vous fasse parvenir les
doriiments nécessaires.
D’autre part, sur le désir de nombreux membres, un
voyage collectif par mer a été organisé. Le déjiart de
Zeebrugge est fixé au 12 Juillet (toutefois, il sera loisible
aux congressistes de s’embarquer nu Havre le 11 Juillet
sans payer de sujiplément), avec escales à Ymuiden,
Gopenbague, Riga, Helsingsfors, Stockholm, Gotliland et
Gdynia, où l’on arrivera le 21 Juillet au matin. Vous
recevrez ineessamment à ce sujet une circulaire détaillée
de l’Office belge des Gompagnies françaises de navigation,
qui met à notre disposition' le vapeur « Esjiagne
bateau de 12.(100 tonnes de la Gompngnie générale tran¬
satlantique. Vous voudrez bien éventuellement informer
le directeur de l’Office belge des Gompagnies françaises
de navigation, 29, boulevard Adolphe-Max, à Rruxelles,
de votre désir de jirendre part à cette croisière, dont le
jirix variera de 9.573 fr. français à 5.975 fr., suivant lu
cabine choisie.
Gbaipie membre de la Société qui m’aura informé, avant
le P'" Juin, de son intention d’assister au Congrès, recevra
en temps utile une carte de membre indispensable pour
Tidilention de réductions de tarifs de chemins de fer et
dont la présentation sera exigée, à Varsovie, pour les
séances et les fêles organisées jiar nos collègues polo¬
nais. Si des membres de votre famille, ou des amis, voua
acconqiagnant, ils pourront bénéficier des mêmes avan¬
tages — sauf la participation aux discussions et aux votes.
Gommuiiiquer leuré noms et prénoms pour l’envoi des
eartes de Gongressistes, dont le prix a été fixé à 50 fr.
belges (10 belgas) iiour les parents des membres et à
lut) fr. belges (20 belgas) pour les amis qui désirent les
accompagner.
l’n jirogramme détaillé du Congrès parviendra sous
peu.
Société anatomique de Paris. JI. Jlauriee Parai,
assistant à la Sorbonne, fera le jeudi 7 Février, à 17 li.,
une Gommiinication-conférence sur le sujet suivant :
Les techniques applicables à l’élude des constituants
<‘ellulaires et leurs résultats.
(Laboratoire d’.\natoniie pathologique, 21, rue de
riîeoie-de-Médecine, Paris).
Institut de paléonthologie humaine. - Du 9 Fé-
1 rier au 10 Mars à l’Iustitut de paléonthologie humaine
(1 rue Panhard), des conférences seront faites tous les
l'roiframme des eonférenees. - Samedi 9 F('‘vrier.
M. Verneau, La préhistoire devant la jiresse. — Samedi
10 Février. M. Piveteau, Le berceau de riiumanilé. -
Samedi 29 Février. M. Max Regoueii, l’nc tiromenade
dans la caverne des Trois-Frères (Pyrénées). — Samedi
2 Mars. M. H. Rreuil, A la découverte des peintures pré-
hislori<[ues en .Andalousie. — Samedi 9 Mars. M. Sainl-
Jiist Péiiiiart, Découverte de sé])ultures mésolithiques en
Bretagne. — Samedi 10 Mars. M. Vanfrey, La jiréliistoire
de nie de Malte.
Pour les cartes d’admission, s’adresser à M. le direc¬
teur de l’Institut,
Sorbonne. - - Une réunion de la Société d’étude des
formes humaines (Société do morphologie) aura lieu le
samedi 9 Février à 20 h. 90, à la Sorbonne (nmphithéûlrc
Gaiichy).
Une conférence sur les formes normales du crûne
humain ; leur genèse et leur classification sera fait par
M. le professeur F'abio Frasseto, directeur de l’Institut
d’anthropologie de Bologne (entrée : 17^ rue de la Sor¬
bonne).
Union des Femmes de France (102, boulevard Ma-
(esherbes). — Des conférences .sur l’hygiène sociale de
l’enfance seront faites les mercredis 6, 19, 20, 27 Février
et G Mars, à 5 h. 1/2.
Objet des conférences. — 1. Protection et appui donnés
aux mères. — 2. Hygiène des tout petits. — 9. Hygiène
sociale des enfants de 3 à 6 ans. — 4. L’enfant à l'école.
— 5. L’enfant malade.
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctorat.
Mardi 5 Février. — Anatomie et médecine opératoire.
Kcide jiratique, à 8 h. — Bactériologie, parasitologie,
anatomie pathologique. Laboratoire d’anatomie patholo¬
gique, à 9 h. — 2" Dentistes. Faculté, 1 h. — 3” 1" Den¬
tistes. SainULouis, 9 h.
Mercredi G Février. — Anatomie orale. Faculté, 1 h.
— Pathologie médicale et pathologie chirurgicale. Fa¬
culté, 1 h. — Accouchements. Faculté, 1 h. — Clinique
chirurgicale. F’aculté, 1 h. — ■ Clinique obstétricale.
Faculté, 1 h. — Validation dentaire. Dessin. Ecole rue
Garancière, de 8 h. à 1() h. 1/2. — l" Dentistes. Faculté,
1 h.
Jeudi 7 Février. — Physique, chimie, pharmacologie.
Laboratoire Chimie, ù 9 h. . — Physiologie et pathologie
expérimentale. Faculté, 1 h. — Thérapeutique. Pharma¬
cologie orale. Faculté, 1 h. — Hygiène, médecine légale.
Faculté, 1 h. • — Clinique médicale (2 séries). Faculté,
1 h. — Clinique obstétricale (2 séries). Faculté, 1 h. —
Validation. Modelage et dentisterie opératoire. Ecole rue
Garancière, 8 h. ù midi.
Vendredi 18 Février. — Histologie. Laboratoy'e d’his-
lologic, à 1 h. — Prothèse (Validation) et prothèse G' 2“.
Ecole rue Garancière, 10 h. à 18 h.
Samedi 19 Février. — Clinique chirurgicale. Faculté,
1 h. — Validation (Interrogatoire), Faculté, 1 h.
Thèses de doctorat.
Mardi 5 Février. — Martin (J.) : Vaeenir génital des
malades opérées de grossesse extra-utérine. — Faucher
(P.) : Le traitement des péritonites tuberculeuses. — Du¬
bois (R.) : L’ectodermatose érosice orificielle. ■ — Omneo
H.) ; Elude de la pyorrhée alvéolaire. — Jury : MM. J.
''aure, Gougerot, Lereboullet, Vaudescal.
Mercredi G F'évrier. — Lieulaud (Paul) : Les péricys-
lites phlegmoneuses. — Jury : MM. Legueu, Gosset, Cade-
Jiii'Di 7 Février. — Thèses vétérinaires. — ■ Dervuiix :
L'élevage des animau.r domestiques en .innam. — Rcmy .
Les intoxications d'origine alimentaire. — Jury : MM:
Achard, Balthazard, Dechambre, Moussu, Moignon, Robin.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les lettres contenant un timoré de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité tjuqnt à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements , les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y e.st
inséré aucune annonce commerciale. L'administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l'avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
Assistant de radiologie depuis quatre ans dans
grand service central des Hôpitaux de Paris, non
installé, désirerait prendre direction ou être assis¬
tant dans laboratoire radiologique privé ou dans
clinique médicale Paris ou banl. Ecr. P. M., ii" 955.
Docteur étranger, gynécologue, ex-chirurgien trai¬
tant d’hôpital important, 15 ans pratique, désir, pour
raisons famille se fixer en France, ch. situation
stable dans clinique ou comme assistant attitré de
chirurgien. Pour toutes indications s’adr. Uc Régnai,
44, rue Victor-Hugo, à Levallois-Perret (Seine).
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aide, aupr. méd. ou ds clin., etc. Ecr. P. M., n” 26.
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piqûres, ventouses. — Ecrire P. M., n” 32.
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ment compétente en pharmacie et aide au service
médical, situation intéressante. Ecrire P. A/. , n“ 34.
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p. cabinet syphilis et v. urinaires ; connaissant trait,
des varices par piqûres sclérosantes {sine qua non).
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visites médicales Paris. Ecrire P. .1/., iiv 49.
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riat journée ou 1/2 journée. -- Ecrire P. M., n" 50.
Région Est et A.-L. Agent en titre labor. sér. spé¬
cial. méd. conii., désire s’adjoindre labor. spécialités
médicales (Franç. nu Etrang.) visites méd. Très
sérieux. Ecrire P. M., ii” 51.
Etud. méd., profess. gymnast. suéd., dan., oiTliop.,
conn. langues élrang., cb. pl. comme aide chez
méd. ou ds clin. — Ecrire P. M., n" 52.
Un radiogr. prendrait-il élève qui servirait d’aide?
- Ecrire M'""’ Sagot, villa Eloïsa, Arcachon,
Médecin, imp. ville Normandie, ferait sit. à jeune
rouf, célibat. 27 fi 30 a., catholique, exerç. û ses
côtés spécial, quclconq., suscept. prendre un jour
succession. — Ecrire P. M., n- 54.
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AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre de O fr. 50 pour la transmission des lettres.
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Paris. — Imprimerie de la Cour d’Appel 1, rue Gaaaatte.
170
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
N" 11
sionnante, évoquait d’emblée l’idée d’un azoté-
mique ; de fait, le dosage de l’urée dans le sang
donna le chiffre de 1,50 au litre. F... s’éteignit
progressivement au terme d’un coma rappelant en
tous points le coma dit « urémique ». L’autopsic
montra, comme nous üavions prévu, l’existence
d’une tumeur isolée de la surrénale droite, et tout
nous porte à croire, qu’en pareil cas, l’interven¬
tion chirurgicale eût amené la guérison.
Il importe donc de fixer, pour l’avenir, avec
toute la netteté possible, les caractères cliniques
du surrénalome hypertensif, autrement dit de
dégager, du groupe des hypertensions, les
paroxysmes, liés au développement, par ailleurs
absolument latent, d’une tumeur surrénalienne.
L’hypertension artérielle paroxystique se pré¬
sente cliniquement sous trois modalités ; soit
greffée sur un syndrome d’hj'pertension arté¬
rielle permanente, soit associée à un syndrome
clinique connu, soit enfin sous la forme que l’on
pouvait jusqu’à présent qualifier d’essentielle et
que l’on doit dorénavant appeler « surrénalienne ».
1"'' Giiourji. — Il est fréquent d’observer chez
des sujets atteints d’hypertension artérielle per¬
manente, ancienne ou mieux encore récente, de
brusques dénivellations de la pression, et l’on
peut dire que chez de tels sujets la tendance à
l’hypertension marche de pair avec une instabilité
circulatoire ([ui dépasse de beaucoup la marge
physiologique. Ces « bouffées hypertensives »
s’accompagnent parfois d’accidents graves de
rupture vasculaire ou de défaillance aiguë car¬
diaque, mais en général elles restent sans expres¬
sion clinique nettement caractérisée et tout se
borne à une simple manifestation d’ordre mano-
métrique.
2""’ Giiouriî. — Jx's crises hypertensives des
saturnins et des éclamptiques sont actuellement
trop connues pour que nous y insistions. En pareil
cas, les paroxysmes tensionnels se présentent au
cours de conditions étiologiques et cliniques qui
légitiment leur apparition sans expliquer toutefois
leur mécanisme intime. Ce mécanisme devient
déjà plus apparent quand il s’agit d’hypertension
paroxystique de la ménopause; ici tout porte à
penser que les crises sont commandées par un
déséquilibre endocrinien. Enfin, il est des cas où
les paroxysmes hypertensifs surviennent dans
des conditions cliniques si précises qu’elles ont
la valeur de véritables conditions expérimentales,
témoins les observations rapportées récemment
par llarvierct Bariéty d’une part, Villaret, Bloch,
Bariély et Loppos d’autre part, qui concernaient
des malades atteints de cancer intéressant le pneu¬
mogastrique et qui présentaient des poussées
d’hypertension rapjtelanl celles que l’on obtient
expérimentalement par excitation du bout central
du pneumogastrique.
8" GnouPE. — Dans sa thèse récente et excel¬
lente, Lohéac donne la liste, avec un court résumé,
des rares cas de ce groupe actuellement publiés.
Ces observations sont pour la plupart très som¬
maires et l’on ne trouve guère de renseignements
précis concernant la tension artérielle que dans
celles de : Orth, àlarcel Labbé, Tinel et Doumer,
Kerppola, Oppenheimer et Fishberg, Oberling et
Yung, Mayo. Si nous rapprochons ces cas du
nôtre, nous constatons que, dans l’ensemble, ils
lui sont nettement superposables du fait, d’une
part, de l’existence d’une tumeur surrénalienne à
l’exclusion de toute autre lésion, du fait, d’autre
part, de la présence d’une hypertension variable.
Néanmoins l’on peut noter entre eux des dilfé-
rcnces : au point de vue anatomique d’abord,
car, s’il s’agit en général d'un paragangliome, c’est
à un cortico-surrOialome que l’on a, par exemple,
alfaire dans le cas d’Oppenheimer et Fishberg;
au point de vue clinique ensuite, car les crises de
vaso-constriction et d’hypertension se sont mon¬
trées de très inégale valeur chez "chacun de ces
malades, et elles n’ont pas toujours évolué sur un
fond de pression parfaitement normal. A ce der¬
nier titre, notre observation, du moins dans sa
première phase, semble réaliser le summum du
genre. Seul le cas de Mayo peut en être immédia¬
tement rapproché; or ici la tumeur, extirpée chi¬
rurgicalement. n'était pas de siège surrénal mais
pararénal. Nous dirons plus loin ce que nous en
pensons, mais nous voulons auparavant procéder
à l’élude anatomique de la tumeur prélevée à
l’autopsie de notre malade.
Etude anatomique.
L’autopsie a été pratiquée le 2 Octobre. Les pou¬
mons, le foie, le pancréas, les reins, la rate ne pré¬
sentent aucune particularité notable.
Fig. 3. — Microphotographie à un faible gros.sissement
d’une section de la tumeur. SR, une partie de la sui'-
rénale, au profil bien reconnaissable ; T, le tissu de la
t.iiueur, avec les nodules et les espaces internodulaires,
qui donnent à la coupe un aspect moucheté; bb, la
large bande de tissu glandulaire sclérosé et comprimé,
séparant le tissu surrénal cirrbosé du tissu surrénal
néoplasique ; V, large vaisseau très probablement vei-
Le coeur est volumineux, surtout développé aux
dépens du ventricule gauche dont la paroi mesure
2 cm. 5 d’épaisseur. L’aorte est souple et ne présente
que, quelques taches jaunâtres vers la crosse. Ouverte
et étalée, elle mesure en aval de l’émergence de la
carotide 5 cm.
La surrénale gauche est de dimensions normales.
Il n’en est pas de même de la droite.
Avant d’aborder la description de cette surrénale
droite néoplasique, nous dirons, pour ne plus y
revenir, que l’examen hislolog'que des fragments
d’organes ne nous a rien révélé de remarquable. Les
reins ne présentent en particulier aucune trace de
sclérose. On note seulement de la cirrhose intertra-
béculairc au niveau de la surrénale gauche, cirrhose
que nous allons retrouver et décrire plus en détail
au niveau de la surrénale droite.
La tumeur de la .surrénale droite. — Au-dessus du
rein droit, on trouve une tumeur légèrement ovalaire
à grand axe incliné de droite à gauche et de haut en
bas. Elle empiète sur le pôle supérieur rénal qu’elle
déprime. Elle mesure 7 X 6.5 cm. Une lame de tissu
fibreux passe du rein sur la tumeur et les maintient
accolés. La tumeur et la surrénale pèsent ensemble
186 gr.
En débarrassant la tumeur de la couche fibreuse
qui la recouvre, on met à nu sur son bord droit les
restes de la capsule surrénale. Celle-ci est étroite¬
ment appliquée sur la tumeur, et son bord droit
s’allonge sous forme d’un cordon arrondi, de 3 mm.
environ de diamètre, qui se poursuit jusqu’au pôle
supérieur de la tumeur. Le bord inférieur de la sur¬
rénale se poursuit de même au-devant de la tumeur,
faisant saillie sur toute sa largeur. Il n’y a plus de
bord interne, la glande se confondant avec la tumeur.
Il est manifeste que cette tumeur est née aux dépens
de la glande surrénale et qu’elle a, en se dévelop¬
pant, refoulé le reste de la glande, appliquée étroi¬
tement sur elle comme l’épididyme sur le testicule.
La tumeur est de consistance ferme, avec, par
places, des zones plus molles dépressibles. Une sec¬
tion montre que la tumeur est solide, mais présente
en plusieurs points des cavités irrégulières, à moitié
remplies par nu tissu rouge brun, analogue à des
caillots anciens. Des tractus conjonctifs partis d’un
noyau presque central divisent la tumeur en loges
d’inégale grandeur. Le centre même du noyau pré¬
sente une tache jaunâtre irrégulière de tissu nécrosé.
La couleur du parenchyme est variable : tantôt gris
clair (après séjour dans le formol) tantôt brun plus
ou 'moins foncé.
A la périphérie de la tumeur sectionnée, on recon¬
naît aisément la capsule surrénale étalée sur elle.
Sur ce plan de section, la capsule apparaît bien dis¬
tincte de la tumeur et séparée d’elle par une lame
fibreuse.
Plusieurs fragments de la tumeur ont été prélevés
sur sa face antérieure pour l’e.\amen histologique :
deux vers le bord droit comprenant tumeur et sur¬
rénale accolées, un en pleine tumeur vers le bord
gauche. La tumeur ayant été fixée dans le formol
aussitôt l’autopsie, deux autres fragments ont été
repris et plongés en outre pendant sept jours dans le
liquide de Millier, mais les images obtenues n’ont
rien révélé de plus que celles provenant des pièces
seulement formulées. On sait d’ailleurs que les réac¬
tions chromaffines ne peuvent être retrouvées sui¬
des pièces d’autopsie, prélevées vingt-quatre heures
après la mort.
La figure 3 est une microphotographie d’un des
fragments pris sur le bord droit. On y distingue, de
part et d’autre d’une zone fibreuse passant comme
un pont au-dessus de la lumière triangulaire d’une
large veine, une région S R répondant à la glande
surrénale dont on reconnaît bien le profil et une
région I répondant à la tumeur.
1» Région surrénalienne. — C’est du tis.su surrénal
dont nous ne décrivons que les particularités anor¬
males. Les trabécules glandulaires montrent une
augmentation de nombre des cellules constituantes,
une dissociation marquée de ces cellules et un
amoindrissement de leurs dimensions.
Le tissu conjonctif intertrabéculaire est anormale¬
ment augmenté. Il est sillonné par des capillaires
élargis dont quelques-uns sont gorgés de globules
rouges. La plupart sont vidés de leur contenu san¬
guin et trouent de leurs cavités dilatées la coupe.
Les veines montrent en beaucoup d’endroits une
endophlébite diminuant leur lumière.
En résumé, cirrhose surrénalienne avec hyperpla¬
sie dissociante des éléments parenchymateux et
lésions vasculaires.
2° Région néoplasique. — Nous sommes en plein
tissu tumoral. On y distingue des nodules et des es¬
paces inlernodulaires.
Les nodules sont de volume et de forme variables.
Ils sont formés par la réunion de cellules irrégulières
et inégales. Ces cellules sont étroitement accolées
les unes aux autres et donnent l’impression que cer¬
taines d’entre elles ont déformé par pression excen¬
trique les cellules voisines, de telle sorte qu’au
ventre d’une cellule, correspond la concavité de la
voisine. Il n’y a pourtant là rien qui rappelle la
NO il
LA PRESSE MÉDICALE, Meicfedi, 6 Éévi'lèr 1929
disposition régulière d’un globe épideYmiqüe' pâr j
fe dêvëloppéf dans l’espace féSerVê e
fexemplê. il senible que C’est au hasard de la vitalité des parties déjà pColiférées. Lé dévéloppeinent, i
plus gràtidë dë telle onde telle cellülei quéllè que soit vàsè clés, pour âiüfei dire,- aUdûtil à üné coiapresslôn,
là sitüàtiOn q'ii’èllé o'cêupfe dans le iiodülë, centre' Ou réciprdqüe de tôUS lêS éléments sàhà qü’aUCün
périphérie, que les déformations des cellules yoi- groupe parvienne à prendre le pas sur les voisins et
Sines se sont produites. Les limités intèreellulaires à former nOdülë. Dans d’autres parties de la tuhiCur,
. ne sont pas toujours très nettes, mais il n’y a rien les nodules sont au contraire bien individualisés et
d’une formation syncitiale. Les cellules tendent par- très espacés les üns des autres. Les espaces interno-
foi's a fusionner, du fait vraisemblablement de leur dulaires sont larges ei Occupés presque exclusivement
compression réciproque, mais, même dans ces cas, par üné tramé conjOhelive avec des vaissèâux, capil-
léur indépendance primitive est lotijôurs f-évéléc én laires et veinuieS. LeS Cellules surrénaldg ÿ- sOiU
Uil point quelconque de leur COntoill*, qui resté dis- rares, et elles ne sont pas aplaties comme dans les
iinct dit bOntoür de la Cellule voisiné. On ne IrOUvc régions, où les iiodulos sbnt très rüsb-hrrés;
jamais dë lumièrë,- meme a l’état d’ébauélie, au En un point de la coupe, on note un détail très
centre ou dans 1‘épaisSeur dit nodule dés cellules caractérislique : la présébee! au milieu d’un lobé fait de
accolées. nodules agglomérési d’une veine importante, pourvue
Le protoplasma est homogène, teint en rose par d’une couche épaisse de libres musculaires longltu-
l’éosine, en jaune biun par le Van Gieson, en lilas dinales, c’est-à-dire d’une veine ayant tous les carac-
par le MaÜorÿi ëur quelques rares cellules des lèrès spécillqùès d’Urie veine centrale de la nlédul-
l’hématoxyline-éoSine, là iéinle’ du laire SUf'rétialé.
corps prôtôplàsiniquè au lieu d’élrè rosé est è'OMme Le tissu tiimi
(( fütn'ée », suivant i’éXpressiOH Consacrée. Ü semble | toutes Sés part
que la matière nucléaire hématoxylinophilo
ait diffusé dans le protoplasma et imprégné
délicate qu’il faut rechercher a priori. Son ^ ^
manque dé netteté tient vraisemblablement a
la fixation imparfaite de la tumeur. L abseiiei
d’une bonne fixation nous à interdit d adleuis
toute recherché IiistO-chimique précisé , nous
Les noyaux su éoloreut régulièrement par
rhémal6.xÿliiiè ét moi'itréut des nücléoles dis-
tincts. Ils sôHt dé forilie Variée, arrondis,
ovalaires, allongés, parfois en bissaC. Leur A''!
volume est également varié, mais il n’excède
pas généralement celui deà cellules surré-
nales. Il reste normal jmr rapport au corps
ne présentent aucune stircltarge clirofnàlinienn^
et ne rappellent en rien les noyaux monstrueux
dés tumeurs de caractère malin.
Espaces interiioduluires. — Dans les espaces
structure complexe. Qn y distingue des tractus
fibreux, des vaisseaux et des cellules pareil-
chymatcuses, tractus fibreux minces, teints en
roscj rarement plus épais, véritables fibres
conjonctives, colorées en pourpre par la Ii
fiiciisinè. Dâiis CCttè trafiie fibreüSè ti-èg déliée,
sont inclus des capillaires. Gétie trâmc con-
tient également dans ses maillés des cellules fc.
petites,- atrophiées, qui sorit des cellules sur-
rénales, à protoplasma colOré en rose ou eu
jaune brun Ou en lilas, comlne les éëllules
que nous avons décrites antérieurement. Par- Fig. 4. — Le tissu née
fois l’espace internodulaire plus large loge une général de la tuineui
veine avec son enveloppe conjonctive très cirrliùsé iivCC ùd
nette. Parfois, .âü contraire, rèspàcë inièr-
nodulàlrë très étroit iië comporte que des cellules nences régional
parenchymateuses allongées, étirées entré deux structure, mais
nodules presque au eOnlaCl. On volt qué ces espaces interstitielle, c
intcrnodulaireS sont en définitive Conglilüés par toiit interstitielles S
ce qui ne s’est pas hypertrophié. C’est la même les parties do
disposition qu’on trouve par exemple dans certaines que nous avons
cirrhoses hépatiques. le sang ayant
Nodules et espaces intôniodulaireà forment des serré. Les gh
complexes de second ordre, constituant comme réactions color
autant de lobülcs de dimensions variées donùant à s’est étendue e
la coupc l’aspect que figure la microphotographie lores, et les éh
Jfîg, 4). capillairés, à 1
Dans qüélqués régions, le tigsU tum'Oràl pbr'd la sablé. Cellules
i partièüini’ilés pi-ésen
I les périphériques et les éléments des espaces iiilcr-
nodulaires, lùüt présenté des S'gnès de nécrose,
coloration anormale par les réactifs, effrilemeiU dn
protoplasma,- lyse Ou picnose des noyaux. On a tontes
les marqués d’une véritable fonte du tisSu tumoral,
OÙ lés éléments désagrégés cessent bientôt d’être
3“ Bande fibiieuse intekposee. — Entre la région
où persiste le tissu surrénal cirrliosé, celle occupée
par les productions néoplasiques, s’étend une zone
intermédiaire. Nous pouvons la décrire rapidement.
G’est du tissu àurrénal presque réduit à la trame
conjonctive forlèment sëlérosée cl traversée de longs
vaisseaux. Les uns, pleins de globales sanguins, sont
artériels et surlout veineux; d’autres vides, peuvent
être encore des vaisseaux sanguins, mais quelques-
uns peuvent être des lymphatiques. Les eelliiles sui--
rénalcs sont groupées soit eu files ininusenles, soit en
petits amas, où toutes les cellules sont également
atrophiées. Elles soiit aii total exlréineinent i-ares par
rapport au lissü fibreux. Gà Ct là des âinàs de plgnn-nl
sanguin tachent ce tissu. In-s cleinerifs elas-
tiques soiit liypcrplasiés. 1 oiilc cette reg:on
apparaît refoulée par la tumeur et dessine sur
la section un arc à concàvitu tournée voi-s le
tissu néoplasique. Elle semble séparer le resie
de la surrénale de la tumeur. IjII reabte, elle
représente la partie de la sui-reiiale (-.iirboséc
NATuliiî Diî La Tij.xft
tuineür de là surrénal
aux dépens de là gdà:
le tissu surrénal lùi-i
néoplasique, travée l
|)as une néoplasie (pii
infiltré le paréncliyrii
lalé. Elle est dévclo|>pét
.dànde, sur place. C'esi
I (pii aurait Ijonrgconné
Jiyriié surrénal. Aussi
tissu tumoral d'une ve
lii-rénalc, avec sa cou
rac'téristi(iU(', est-elle t
L,‘ Tumeur de la surrénale, surrénaloiiK
.y-i pcul-on dire. Ësl-il permis de spécifiei
davànlag'c? ?
' ^ On sait que les anatoino-patliologi
s’accordent presque unaniinemcnl à dii
g'tier deux types bien trancliés de surr
^ Ionie, lis s’apjmienl sur les données
bryologiques. i-a glande surrénarj; si
^ un organe composite provenant d’une do
éliaiielie, line ébanelie corticale, iiét
répitliélium cœlômi(|ije, une éliaticlié tnt
laire née des formaiions annexées au i
q,i, pallii(iue. Cefte dualité d'origine se rot
veràit cti pathologie tumorale. 11 y ai
des tünicurs corlicàleS et des Itiin
médtillàires. T,cs premières sont les cor
surrénalomés, lés secondes, les niédullo-snri
Itiriics.
On denonime iilus souvenl ces (lernif-rcs
râgàngliomcs, pour rapjteler leur origine
dépens du tissu sitccialise, qui aurait une do
nodulaire très étrttil iië comporte que des cellules nences régionales qui relèvent non plus de détails de médtillàires. T,cs premières
parenchymateuses allongées, étirées entre deux structure, mais de processus surajoutés ; hémorragie surrénalomés, lés secondes, let
nodules presque an eOnlaCl. On Volt qué ces espaces interstitielle, èedèinè et itécrosé. Les liéniorragics loriics.
intcrnodulaireg sont en définitive Constitués par totU inlerslitiellcs se reticctnlrent exceptionnellement dans déiioinnio Jilus .souvent
ce qui ne s’est pas hypertrophié. G’est la même les parties do la tümeur où le tissu a gardé l’aspect rào-àirdiômcs, ptiiir i-àl)l)elcr
disposition qu’on trouve par exemple dans certaines que nous avons décrit : l’hémorragie y est localisée, sjiéciàlisé qui
cirrhoses hépatiques. le sang ayant eu peine à s’infiltrer dans le tissu .1 i,-; des C( Ilulcs •"•in’-lioi
Nodules et espaces intôriiodulaiCeâ forment des serré. Les globules sanguins y ont gardé leürs r *1 . ’ i-
complexes de second ordre, constituant comme réactions colorantes normales. A. Heurs, l’iiémari-agie Iules p.il ap.iiij, lonn iii es c
autant de lobüles de dimensions variées donùant à s’est étendue en large nappe; les globules sont inco- reli'OUXC toul le long ( U sj mp.
ia coupe l’aspect que figure la microphotographie lores, ei les éléments tissulaires, fibres conjonctives, bien démontré Slilling, ct en
jPg 4j càpillàiréë, à lumière' co'ns'ërvéè et bien recôiiiiais- glande carotidienne, dans là ]
. Dans qüélques régions, le tigsü lùm'oràl perd la sablèj Cellules paf-cnchymàtoüScs, éOni épars àü kàndl, mais il est surtout dével
disposition nodulaife et lobulée. Oh y retrouve bien iiiilieü de In nappe hémorragique. Le processus d(î tnedullàiré de là surrénalê
lés cônifldniErals cëlliilàîrës et les ëspacë's qui nécrosé dé la tüméUr s’observe fi son stade initial , ,
Iules paragaiiglionnaii es. Ce tissu spé. ialisé s
reli'ouvc tout le long du svmpallii(pie, comme 1'
bien démontré Stilling, ct en particul.cr dans 1
glande carotidienne, dans là glànde de Ziickev
kàndl, mais il est surtout développé au nivtuiu d
la tnedullàiré de là surfénalé (lu’il cbnstiluerai
les côn^oniêràts cëll
séparent cés coUglomc
l’aspéél de nodules repdiissant excénirlqiicinetti h
lissü environnant peu ou jvas hypertrophié. Toüté
les parties sont hypCrplasiées et de fanion relative
. Mais ceux-ci h’orif plus dans les éléments qui subissent le maximum de ci
pression. Ge sont (l’abord les cellules les plus péri¬
phériques (lu nodule dont les Cellules centrales
gardent encore leur aspect habituel. Les cellules
•éagi les périphériques s
loppemenl suffisant p(tur refouler à son pourtour les
parties voisines. Il éh résulte Un aspect àssCà Com¬
pliqué, difficile à déchire, (jù lOüles les cellules
affecléht des formes Cl des CdppOrtS VaCiés ; les
capillaires sont alors à peine visibles. Cet aspect est
surtout marqué à la périphérie et doit vraisembla-
vérilable poussière protoplasmique rendant flou le Oberling et du D'' Peyr
tout entière.
Le tissu de notre tumeur ne rappelle en lùen le
tissu des cortico-surrénaloiiies. Il rcsseiiible au
coiltràirc aceliii des paràgangli(5mcs. G'est égale¬
ment i’avis des professeurs Roussy, I,crouX cl
blement être attribué à la difficultii qu’ont (
ifoüier à son pourtour les contour du nodule. Ce sont ensuite tous les éléments
ilte Un afepect àssea Cohi- des espaces inlbrcellulairès, trame fibreuse cffilôéliéc,
!, (jù lOüles les cellules à fibrilles së eolorànt mal, cellules parenchymatetisés
des rapports Variés; les nécrosées, le tout nageant dans un liquide d’oédèiiie
no visibles. Cet aspect est niêlé d(‘ globülcs sanguiné décolorés,
ahérie et doit vraisembla- Dans les zones plus atteintes, les nodules en lota-
11 qui est, àvec
z'ais, le parrain du paragangliome. Tous ont coi
clu, après examen dé nos préparations, à un par;
gangliome.
En l'état actuel de nos connaissances, la plai
de notre tumeur dans la classilication des am
lonio-pathologisies est dom'. bien définie.
e les 1 lité, c’est-à-dire a
172
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
NO II
Étude patbogénique.
Noire observation peut se résumer en quelques
mots : un sujet atteint de surrénalome présente dé
violents paroxysmes d’hypertension, il tend pro¬
gressivement vers riiyperlension artérielle per¬
manente et meurt' comme un urémique. Chaque
terme de ce simple énoncé soulève un problème
pathogénique :
l“Pli01iLIÎMli DE L’ilYI'lîIlTENStON PAIiOXYSTlQUE.
— Celte brutale et impressionnante vague de
vaso-conslriclion qui cnvaliil l'organisme des
pieds à la tôle provoquant un formidable « à-coup
hypertensif » ne saurait être expliquée que par
une brusque perturbation soit nerveuse, soit
humorale.
S’il s’agit d’un mécanisme nerveux, il faut
admcllre que la tumeur surrénalienne provoque
une excitation directe du splanclinique qui com¬
mande, comme on le sait, un lerritoire artériel
considérable. Toutefois celle hypothèse explique
diflicilcmcnt et l’étendue et la marche
de la médullaire mais bien de la corticale surré¬
nale; or il existe plusieurs observations incon¬
testables de ce genre, avec hypertension moins
variable d’ailleurs. Il reste toujours loisible d’in¬
voquer, en pareil cas, une action indirecte de la
néoforination corticale sur la médullaire, mais le
fait n’en constitue pas moins, a priori, un argu¬
ment très grave contre l’hypothèse de l’adrénali-
némie. Touteiois si l’on veut bien prendre en
considération l’existence d’un doute sérieux sur
la dualité embryologique et physiologique du
parenchyme surrénal, l’argument perd beaucoup
de son importance.
Enfin l’observation de Mayo vient encore ren¬
dre plus délicate l’interprétation des faits, puis¬
qu’il s’agit dans ce cas, par ailleurs nettement
coinpai'ablc aux autres, d’une tumeur en appa¬
rence indépendante des surrénales. Ici encore il
convient de se montrer très prudent avant de
conclure que la pathogénie adrénalinique est à re¬
jeter. En cil’et, la tumeur a été extirpée chirurgi¬
calement, et les renseignements d’ordre anato¬
mique et histologique, fournis par l’auteur, man-
mes hypertensifs évoluant sur un fond de pres¬
sion artérielle normale ; en revanche il ne saurait
être question en pareil cas d’hypertension arté¬
rielle permanente. Un fait correctement observé
a pour nous plus de valeur que toutes les théories
les plus ingénieuses. Or notre malade, après
avoir fait les plus impressionnantes crises d’hy¬
pertension qui se puissent voir, est devenu, dans
les derniers mois de son existence, un hypertendu
permanent. Nous avons toutes les raisons de
penser que ces deux modalités d’hypertension
relèvent d’une seule et môme cause, c’est-à-dire
de l’existence d’une néoformation ^surrénale ,
seule lésion décelée à l’autopsie. C’est d’ailleurs
d’hypertension également permanente qu’il s’agis¬
sait dans les observations de cortico-surréna-
lorne publiées par Volhard , Oppenheimer et
Eishberg, Langeron et Delcour. Si nous rappro¬
chons de ces données cliniques les résultats expé¬
rimentaux d’Aubertin et Cliinet, qui ont obtenu
chez le lapin une hypertension artérielle perma¬
nente marchant de pair avec une hyperplasie soit
de la médullaire, soit de la corticale surrénale,
nous avons le droit de dire que la patho-
lisée et débutant par les cxtrémilés. 'on
doit s’agir d’un trouble humoi-al puis-
ciié^mil'cXi''qu?‘s!k.ïle"h
vaso-conslricûve par excellence,
rable, le fait est trop coimu pour que
nous y insistions; qu’elle puisse exister
dans le sang circulant en ([uanlilé suffi-
saule pour déterminer |)ar aelion luimo-
raie seule une brusque élévation de la
])ressiou artérielle, le fait semble a< luel-
lenieul démontré par de noitibreuscs
expériences. Mais celle liyperadrénali-
iiéniie expérimentale s’obtient i>réeisé-
mmil par exeilalion du splanchniipie,
se trouve donc en [)résetiee d’utie action
synergique du nerf et de riiornione et il ^
n’est pas illogique de penser qu’une
tumeur surrénale puisse agir par ce Fig. 5.
double mécanisme sur les vais.seanx et,
pai'lanl, sur la pression arlérielle. loiioi
Dès lors les brusques paroxysmes les vu
d'liy|iei-tension s’expliqueraient aisément
au cours des néo-formations de la médullaire
surrénale par suite, d’une part, d’une excitation
du système synij)alhique et, d’autre part, d’une
sécrétion exagérée d’adrénaline, soit que cette
sécrétion ail lieu sous la forme de décharges
PM
seiublable, qu’elle dire que c
)tograj)liie à un fort jjrossissemont du tissu de la tumeur,
tués itar es ceUulus «i.rrénales né(4Jlu^i.|ucs, août les i>lus
les moins vi aces; El.N, csjiaccs inteiiiodi.laires, où sc
ments parcncli;^ inuteux et conjonctifs de la surrénale avec
capillaire cuutciianl ^es ylubulcs sunguins.
qnenl totalement de précision. Ils nous semblent
néanmoins suffisants pour considérer celle néo-
formation comme vraisemblablement développée
aux dépens d’une surrénale aberrante, ou d'élé¬
ments de môme origine embryologique. C’est
génie surrénale peut revendiquer, non
seulement la plupart des cas d’hyper-
tension artérielle paroxystique, mais
«gf® encore bon nombre de cas d’hypertension
artérielle permanente. Il nous paraît légi-
tirne de rappeler ici que c’est l’opinion
que l’un de nous n’a cessé de soutenir
depuis son rapport au Congrès de Méde-
■ cine de 1904.
PnOBLÈME DU COMA A TYPE UllÉ-
j| MiQUE. — Notre malade, qui faisait fré-
i quemrnent de l’albuminurie, notamment
après les crises violentes, a présenté
dans les derniers jours de son existence
tous les signes d’un corna azotémique
or l’autopsie nous montra rintégrité
que, des parenchymes rénaux. Nous
«njU pouvons rapprocher de notre cas celui
d’Oppenheimer et Eishberg concernant
un sujet atteint de cortico-surrénalome
'jKSS avec hypertension permanente, albumi¬
nurie variable et même rétiuite dite
liimeur. albuminurique, dont les reins furent
les i)his également trouvés complètement indem-
ilc°'àvec toute altération.
De pareils faits doivent être soigneu¬
sement enregistrés. Nous nous garde¬
rons bien d’en tirer des conclusions hâtives, mais
nous tenons à faire remarquer qu’ils doivent dès
à présent inciter à la prudence dans l’interpré¬
tation de certains symiitômes que l’on a tendance
à considérer actuellement comme devant lixer
se produise d’une manière continue, élevant pro- exacte
gressivemenl l’adrénalinémie jusqu’au taux donné dents,
auquel la crise se déclencherait d’une manière
quasi automatique'. Mais, où la question se corn- 2“ 1
iiterprétation est l’attention uniquem
; que les précé-
2“ PlIOIlLÈME DE l’hypeiitension peumaneni
Suivant la conception généralement admise,
!TE. De noti’e triple exposé clinique, anatomique et
il pathogénique , nous conclurons que certaines
qui néoformations*, développées aux dépens de la
médullaire, mais aussi de la corticale surrénale,
sont susceptibles de se manifester cliniquement
par de profondes modifications du régime de la
tendrait à modérer d’une manière automatique médullaire, mais aussi (
" toute cause susceptible de troubler le régime sont susceptibles de se
'normal de la pression artérielle. En l’occurrence, ' par de profondes modil
luilfi l’excès de la sécrétion adrénalinique pourrait sur- - 1
al et prendre et déborder passagèrement le méca- 1- Les mioplasies déyelo
que ■ - I . • I • • , J •. pens des ëlémenls glandulu
nisme régulateur, mais celui-ci ne tarderait pas tellement loin de s'accomj
qui] à l’emporter et à rétablir l’équilibre tensionnel. artérielle. Langeron et Le
sang Ainsi s’expliqueraient admirablement les paroxys- Octobre 1928) classent trè
ne ù - - deux groupes : le premier
qu’il faisait également défaut chez notre malade malgré fa qui s’accompagnent uniquci:
mi- diligence apportée ù sa recherche. ce sont celles qui nous intéi
cédé Quant ù la reclierchc directe de l’adrénaline par les néoformalions qui donnent 1
trop lucilc ù prévoir, ubsoluuient négatifs. L’a .rénuliue, ® ^
en clfei, est un corps très facilement oxydable cl qui, a 1 emporter et à rétablir 1 équilibré tensionn
oxydé, perd son action sur les vaisseaux. Dans le sang Ainsi s’expliqueraient admirablement les parox^
circulant, milieu éminemment oxygénant par l’oxygène à -
l’état de combinaison instable et par les oxydases qu’il faisait également défaut chez notre malade malgré
coutient, l’a .renaliue disparait, non jvas en quelques mi- diligence apportée à sa recherche.
ni.tes, mais eu quelques seconues. L’ingénieux procédé Quant à la recherche directe de l’adrénaline par les
de Tournade et Chabrol (anastomose veineuse surrénalo- méthodes physiologiques et colorimétriques, dans les
jugulaire) peut sans doute vaincre cette difficulté expéri- cellules mêmes de la tumeur, elle s’est montrée égulc-
meutulemenl, mais laisse le clinicien désarmé en face du ment négative. La pièce ayant été prélevée dans ’
problème de 1 udi-ciialuicuiic. Un des effets de celle-ci est délais légaux, c’est-à-dire 24 heures après le décès,
de produire une augmentation do la glycémie; ce signe résultat ne permet évidemment aucune conclusion.
1. Les néoplasies développées primitivement aux dé¬
pens des éléments glandulaires des surrénales sont natu¬
rellement loin de s'accompagner toutes d’hypertension
artérielle. Langeron et Lohéac (Annales de Médecine,
Octobre 1928) classent très justement ces tumeurs en
deux groupes : le premier comprend les néoformations
qui s’accompagnent uniquement d’hypertension artérielle,
ce sont celles qui nous intéressent ; le second englobe les
néoformalions qui donnent les modifications contingentes,
en plus ou en moins, do la pression artérielle, mais se
traduisent cliniquement par un syndrome endocrinien
prélevée dans les I (insuffisance surrénale, addisonisme, virilisme) <
N* 11
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
173
pression artérielle soit d’allure paroxystique,
soit d'allure permanente.
La forme paroxystique est, nous y insistons, la
plus caractéristique. Sa valeur nous semble telle
(ju’en présence de tout paroxysme hypertensif
franc, c’est-à-dire évoluant sur un fond de pres¬
sion normale, il faut rechercher désormais systé¬
matiquement la néoformation surrénale.
La forme permanente pour ne pas être aussi
spécifiquement surrénale n’en est pas moins im¬
portante à connaître. Il est vraisemblable qu'elle
peut revendiquer bon nombre de ces cas d’hyper¬
tension auxquels on ajoute l’épithète de « pure »
ou de « solitaire ».
Ces conclusions n’ont pas seulement un intérêt
doctrinal, elles doivent commander la ligne de
conduite thérapeutique. Les médications inter¬
nes , hypotensives , calmantes ou modératrices
du sympathique, ne nous ont donné que des ré¬
sultats très médiocres. Il en est une cependant
qui serait peut-être susceptible de rendre des
services, en pareille occurrence, c’est l’insuline
qui semble présenter à certains égards une action
antagoniste de celle de l’adrénaline ; si nous ne
l’avons pas utilisée chez notre malade, c’est que
nous ignorions alors les propriétés auxquelles
nous faisons allusion. Mais il est bien évident,
étant donné la nature même de la lésion, que
c’est aux procédés physiques qu'il faut demander
la véritable guérison, c’est-à-dire à la radiothé¬
rapie ou mieux à l’intervention chirurgicale. Les
irradiations de la région lombaire ont amené
dans notre cas une amélioration passagère et il y
a là une indication encourageante pour l’avenir.
Par quel mécanisme les rayons ont-ils agi? Nous
ne saurions exactement le préciser. En tout cas
ils n’ont eu — nous avons pu le vérifier nécropsi-
quement — aucune action sur la néoformaiion
elle-même. C’est donc à l’intervention chirurgicale
que nous donnons la préférence; elle a été suivie
d’excellents résultats dans les cas de Volhard
d’abord, de Mayo ensuite, et nous restons con¬
vaincus que si notre malade avait consenti à se
laisser opérer, au lieu d’apporter aujourd’hui son
observation avec un jirotocole d’autopsie, c’est
un cas de guérison de surrénalome liypertensif
(|uo nous eussions publié.
LA RADIOGRAPHIE
DU POUMON NORMAL
APRÈS INJECTION DK LIPIODOL
ET LE DIAGNOSTIC DES
PETITES DILATATIONS BUONEHIQUES
BONNAMOUR et BADOLLE
Médecin Chef do Laboratoire
de Radiologie
des Hôpitaux de Lyon.
Nous avons insisté à plusieurs reprises, dans
diverses publications*, sur l’extrême prudence
dont il conveniiitde s’inspirer, lorsqu’il s’agissait
d’interpréter un film radiographique dn thorax
après injection d’huile iodée.
Si nous y reA’enons aujourd’hui, svec l’expé¬
rience de plusieurs centaines d’ipjections, c’est
que nous constatons de plus en plus, devant la
généralisation croissante de cette méthode si
féconde, combien hâtivement sont portées par¬
fois certaines conclusions.
Or, des conséquences importantes en décou¬
lent fréquemment : des questions de pension par
exemple, pour ce qui regarde les Centres de ré¬
forme, qui cherchent de plus en plus — et il faut
les en féliciter hautement — à s’éclairer, dans les
cas douteux, par ce procédé.
Il faut bien convenir que des bases solides d’ap¬
préciation manquent encore, pour le praticien
qui n’a pas une grande expérience de la méthode,
et il n’est peut-tre pas tout à fait faux, comme
b'ig. 1. — L’aspect de « feuillage sans travées »
du poumon sain (lipiodol, 30 orne).
nous l’avons entendu dire par l’un d’eux, que le
problème ait été, en réalité, assez mal posé.
Le point capital, en effet, en matière de lipio-
diagnostic, est, ai’ant tout, de savoir çoimiionl xc
présente l'image du poumon normal apres l'injec¬
tion, comment apparaissent les bronches entière¬
ment saines dans leur aspect, leurs dimensions.
Fig. 2. — Injection de 120 ç|nc dp lipiodol, danSj,ua';
prélevé sur le cadavre.
leur calibre, etc. Aller plus loin et songer à inter¬
préter les cas pathologiques moyens, et à plus
forte raison au début, si ce premier aspect de la
questionn’estpasbien acquis, estparfaitementillu-
soire. Faute d’avoir commencé par là, bien des
auteurs donnent de leurs films les interprétations
les plus variables.
Visiblement, on s’est adressé ,trop souvent au
vieux bronchitique emphysémateux, docile client
de nos services, plus ou moins soupçonné de
dilatation bronchique. Que 'le lipiodol .soit venu
confirmer l’hypothèse et déceler une de ces belles
ramures nettement dilatées, qui donnent des films
si frappants, celui-ci est publié, et les conclusions
s’imposent. Mais, dans le cas contraire, il l’est
encore, mais, cette fois, la légende affirme qu’il
s’agit d’une injeclion « dans un arbre respiratoire
normal ».
En réalité, les choses ne sont pas si simples.
Aujourd’hui, déjà, nous demandons au lipiodol
des détails autrement plus fins, et bien différents
de ceux qu’un débutant est capable de reconnaître
du premier coup.
A côté de la grosse ectasie, il y a celle qui com¬
mence, celle qui reste localisée, il y a aussi des
types nombreux de bronchites, avec parésie sim¬
ple des parois, sans dilatation, etc.
Comment pourrions-nous comparer sur le film
ces détails qu'il faut nécessairement savoir recher¬
cher, si nous ignorons ceux qui caractérisent
l’image normale. Nous ne saurions trop le répéter,
la lecture d'un tel film est une chose délicate et
qui comporte à première vue beaucoup plus de
causes d’erreur que d’éléments de certitude.
Rien n’est donc plus nécessaire que de bien
s’entendre sur la pénétration du lipiodol dans les
voies respiratoires.
La descente du lipiodol dans la trachée comme
l’ont suivi Sicard et Forestier’ se fait vite : trente
à quarante secondes après l’injection, les ramifica¬
tions de moyen calibre apparaissent, à la radios¬
copie, remplies d’huile iodée. Si l’on a employé
une petite quantité de 2 à 4 eme de lipiodol, la
totalité, au bout de ce temps, est déjà descendue
dans ces ramifications. Si l’on a injecté 10 à 12 erne,
il est à noter (pi’ime partie séjourne quelques mi¬
nutes dans la région hilaire.
Comment s'opère ensuite le passage dans les pe¬
tites bronches et les alvéoles? Voici comment il a
été décrit.
Sergent’, en 1924, cherche l’image du ])oumou
normal chez un enfant atteint de rou¬
geole et de co(|ueluche consécutive. La
radiographie, après injection, monti-ail
de petites irrégularités bronchiiiues
du côté gauche. iMais, à droite, u il
existait une image caractéristique des
bronches normales ». « On voit, dit
auteur, des traînées opaques, s’éloi¬
gnant du hile, régulières, de petit dia¬
mètre, puis des travées qui correspon¬
dent aux bronches de petit et moyen
calibre. De nombreux lobules pulmo¬
naires sont figurés par de ]ietits points
serrés en grande quantité à l’extrémité
des bronches. Nulle part, on ne cons¬
tate de taches ampullaires ni fusiformes,
ni circulaires, qui sont des signes essen¬
tiels de dilatation bronchique.- » !M':iis
n’y a-t-il pas lieu de se demander ici
si la coqueluche récente n’avait jias
modifié, au moins momentanément, la
texture normale des bronches ?
Roubier*, en 1925, s’exprime ainsi
sur le môme sujet : « Dans les conduits
aériens de gros calibre, le lipiodol ne
remplit pas la lumière centrale mais
adhère aux parois à cause de sa grande
viscosité. C’est pourquoi la trachée et
les grosses bronches ne sont pas aper¬
çues sous l’aspect d’une grosse bande
noire; seuls les bords sont visibles sous forme
de deux minces traits noirs avec au centre
un espace clair, qui correspond à la largeur
de la lumière du conduit. Les bronches plus
petites , se remplissent en général complètement
et sont dessinées en traits pleins. Ce sont des traî¬
nées opaques, fines, homogènes, régulières, s’éloi¬
gnant du hile et se dirigeant vers le diaphragujc
ou vers le sinus. Puis elles se divisent en ramifi¬
cations plus petites, qui se terminent à leur tour
,par de petits points noirs très nombreux et rap-
174
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
NO 11
procliés les uns des autres. I.es petites taches
correspondent aux extrémités des bronchioles et
aux alvéoles pulmonaires. » Mais cet auteur
avoue bien que les sujets qui ont servi de base à
sa description ne peuvent être considérés que
comme « sensiblement normaux » et que quel¬
ques-uns présentaient des signes discrets et éphé¬
mères de bronchite. Il n’est pas difficile de s’en
convaincre, en effet, à la lecture des observations :
les uns ont une expectoration abondante, les au¬
tres toussent et sont essoufflés, sont des asthma¬
tiques et des emphy.sémateux, c’est-à-dire évi¬
demment des gens qui présentent des altérations
diverses de leur appareil respiratoire.
Armand Dclille, Darbois, Duhamel et Marty,
présentent à la Société médicale des Hôpitaux
(30 Novembre 1923) un film représentant des
bronches normales chez un enfant. Or, les bron¬
ches sont toutes visibles avec un peu de feuillage
alvéolaire et, dans l’observation annexée, nous
lisons que l’enfant relevait de rougeole, suivie de
coqueluche. Là encore, nous estimons que de
telles bronches ne peuvent relever du type nor¬
mal.
Sicard et Forestier", dans leur livre récent,
présentent une image norttiale, que nous ne pou¬
vons pas davantage accepter comme telle. Tra¬
chée et grosses bronches sont dessinées par de
larges rubans opaques, se terminant brusque¬
ment sans qu'il y ait trace d’alvéole pulmonaire.
En vain pourrait-on objecter que la radiogra¬
phie ayant été faite dès la fin de l’injection, l’as¬
piration du lipiodol n’a pas eu le temps de se
faire dans les alvéoles. Mais du côté gauche, mal¬
gré un voile pleural, les alvéoles commencent à
se dessiner. Véritablement, il ne peut être ques¬
tion d’arbre normal, chez un sujet (p. 133 de l’ou¬
vrage) qui montre un voile pleural de cette im¬
portance, du haut en bas, sommet compris, et de
l’autre, un emphysème compensateur aussi accusé.
Nos recherches personnelles poursuivies depuis
l’apparition même du lipiodol ont porté sur de
nombreux adultes de nos services, soignés pour
des affeciions non thoraciques^ e\. sur des hommes
Fl{j. 3. — Aspect de « fciiillnge nvcc travées bronchiques
visibles ». Processus d’immobilisation sim|Uc des
bronchites chroniques, sans dilatation.
du Centre de réforme, qui, rapportant à l’atteinte
des gaz des troubles divers, se sont soumis à
l’épreuve du lipiodol pour les faire authentifier,
alors que celle-ci ne se trouvait nullement en
cause, en réalité. Nous avons pu ainsi, et nous
pouvons encore presque journellement, voir se
coulirruer nos premières conclusions concernant
le remplissage normal.
Mais avant tout, nous ne saurions trop insister
sur l' importance des conditions de technique néces¬
saires pour obtenir un film correct. Ces condi¬
tions doivent rester toujours rif^oureusement
l'ig. 4. — Injection de 30 eme de lipiodol dans une pièce.
identiques. L’injection doit être pratiquée par un
spécialiste rompu à l’anesthésie du larynx. La
quantité de lipiodol ne peut varier à chaque in¬
jection. Après bien des essais, celle de 30 eme
nous a toujours semblé la plus favorable. Il faut
rejeter tout film qui montre qu’une partie a passé
dans les voies digestives.
Il en est de môme de la techique radiographique.
Le radiologiste, lorsqu’il succède au laryngolo¬
giste, opérera, lui aussi, toujours dans les mêmes
conditions. Si la téléradiographie ne peut être
obtenue, en aucun cas la distance anlicathodc-
fllm ne sera inférieure à 90 cm. ou 1 m. Cette dis¬
tance adoptée, on s’y tiendra. Instantané au 1/8
de seconde au moins, le malade se trouvant à ce
momenl-là à la fin de l’inspiration pour bien
mettre eu évidence les sinus.
Ceci étant, ou ne cherchera jamais à injecter,
chez le même individu et dans la même opération,
qu'un seul côté du thora.r, et sur ce éôté, la base
jusqu’au hile. Dans l’état de notre technique
actuelle il est daugei’eux d’interpréter plus haut,
et encore plus, du côté opposé, lorsqu’une partie
de l’injection y a pénétré néanmoins.
La radiographie, pratiquée dans le quart
d'heure qui suit l'injection, pas trop tôt, pour que
le lipiodol ait le tenqis de descendre et de se dif¬
fuser, pas trop tard, pour éviter de voir appa-
raitre les cfl’ortsde toux qui pourraient le rejeter,
montre alors une image qui se caractérise par
deux détails particuliers (fig. 1) ;
1“ L’absence à peu près complète de tout
dessin bronchique au-dessous du hile;
2” Le piqueté fin et régulier des alvéoles dont
l’ensemble forme un aspect de « feuillage » tout à
fait comparable à celui d’un arbre en pleine
saison.
Cette absence de toute image bronchique ne va
pas tout de suite sans surprendre. Elle s’explique
cependant bien aisément, par les données physio¬
logiques. Lçrsqne les fibres musculaires cl élas¬
tiques qui revêtent les parois broncliicpies jus¬
qu’à leurs plus fines extrémités sont saines, le
lipiodol, dès son arrivée dans ces conduits, est
ehassé rapidement soit vers l’extérieur, soit vers
les alvéoles, et cinq minutes après l’injection il
ne reste plus de lipiodol dans les bronches. Un
« réflexe expulsif » vide les bronches de toute
substance ou corps étranger, et on sait avec
quelle force. Une bronche qui reste remplie,
donc visible sur la radiographie, est une bronehe
rétentionniste, done malade.
Que l’on ajoute à cela le rôle capital, lui aussi,
de l’aspiration pleuro-diaphragmalique et l’on
comprendra sans peine cette dissémination si ré¬
gulière du lipiodol dans tous les alvéoles pul¬
monaires.
C’est bien là, d’ailleurs, l’image qu’on obtient
lorsqu'on injecte un poumon prélecé sur le eadavre
(fig. 2). Ici, on a injecté 120 eme, quantité qua¬
druple de celle que reçoivent nos sujets, et qui
semble d’ailleurs représenter la capacité maxima
de l’arbre bronchique, d’un côté. Ici, la pression
est très forte, et c’est surtout par ce mécanisme
qu’on a pu injecter les alvéoles. Les travées bron¬
chiques et l’image de la ramure sont des plus
nettes, les conditions physiologiques, aspiration
thoracique et expulsion propre des bronches,
n’ayant pas joué comme chez le vivant.
Cet aspect de « feuillage accompagné de travées
bronchiques » que réalise l’injection sous pres¬
sion chez le cadavre constitue chez le vivant
quelque chose de tout différent du feuillage nor¬
mal que nous avons décrit tout d’abord. C’est ce
que nous appelons l’image de feuillage avec tra¬
vées (fig. 3). Celles-ci représentent des bronches
dont les parois ont perdu, pour une raison ou
pour une autre, leur réflexe expulsif physiolo¬
gique, immobilisées ou parésiées par un pro¬
cessus quelconque ou au niveau desquelles l’aspi¬
ration pleurale, fait défaut.
■ Ces conditions peuvent se trouver assez fré¬
quemment réalisées en clinique. Il en résulte que
ces immobilisations bronchiques, qu’elles soient
intrinsèques ou extrinsèques, peuvent, elles aisîi,
se rencontrer assez souvent. Il n’en reste pas
l'ig. .s. — b’iiiigle inréi'o-iiitorm! droit, en vrnie grnndciir
(Id. pour les fig. 0, 7 et 8). Ici, poumon snin : feuilluge
simple, sans aucune travée bronchique visible.
moins qu’on ne les observe jamais sur un pou¬
mon bien ventilé et ne présentant aucune tare.
Il est bien entendu que bronche immobilisée
représentée par une tyavée visible ne veut pas
dire pour cela bronche dilatée, bien qu’elle en
soit toujours. le promicy slade. Là, nous touchons
vraiment aux diflicullés de diagnostic des petites
dilatations commençantes.
N” il
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, .6 Février 1929
175
Il importe ici de préciser les dimensions dans
le poumon normal.
L’expérience et les vérifications nécropsiques
nous ont appris à ce point de vue que les diUé-
rences physiologiques d'un individu â l’autre
sont minimes chez l’adulte, .et, d’autre part, que
les dimensions, mesurées sur la radiographie ob¬
tenue correctement, correspondent sensiblement
à celles qu’on relève sur la pièce même. La
figure 4 montre le résultat d’une injection de
30 eme dans une pièce prélevée à l’autopsie. L’in¬
jection a pénétré jusqu’aux alvéoles dans la partie
interne du lobe inférieur, dessinant des images
lobulaires extrêmement nettes. Pendant l’injec¬
tion, le poumon était placé verticalement comme
chez le vivant. Dans les lobes moyens et supé¬
rieurs, les troncs seuls ont été remplis (les grosses
taches du lobe inférieur sont négligeables, elles
représentent des contusions pulmonaires, le sujet
s’étant suicidé en se jetant d’un premier étage. Il
y avait eu de nombreux éclatements .d’organes).
Le film 2 (injection de 120 eme) montre que
l’image devient vite confuse avec celte quantité,
tant le feuillage devient toullu. On voit bien
quelles difficultés on rencontrerait à interpréter
une radiographie de ce genre, s’il était possible
de pousser une pareille quantité chez le vivant.
Ces images de poumon normal, radiographiées
exactement comme chez Je vivant, .nous apportent
des indications extrêmement précieuses sur les
dimensions des conduits. Une précision mathé¬
matique, ici, ne serait pas de mise. Au surplus,
elle ne présenterait qu’un intérêt bien relatif.
Seule, la comparaison avec de nombreux films
concernant notamment des aspects de « feuillage
avec travées sans dilatations » peut nous éclairer
avec certitude, et, dans un cas donné, pour un
secteur hien délimité, c’est également à une nom¬
breuse collection de films de ce genre que nous
nous adressons.
Dans le poumon normal injecté, le plus gros
diamètre que nous ayons relevé dans la souche est
Fig. G. — Ici, In dernière divi.sion bronchique se montre
sous l'uspecl d’une fourche de calibre normal. Comme
plus haut, aspect typique d’immobilisation simple de
broucliitc chronique.
de 11 mm., dans les troncs secondaires de 3 à
4 mm. avec 100 eme de lipiodol, de 2 à 3 mm.
avec 30 cmc. Nous rencontrons assez souvent chez
le vivant des bronches secondaires de 5, 6 et
7 mm., des tentiaires de 1 mm. 1/2 à 2 mm. Il
s’agit là incontestablement de lumières déjà élar¬
gies,. et nouspensons qu’il faut considérer comme
telles toutes celles qui dans les bronches secon¬
daires dépassent 4 mm. ou, dans les tertiaires,
3 mm.
Nous serions incomplets si nous ne rappelions
ici quelques points particuliers d'anatomie radio¬
logique des bronches déjà étudiés sur le cadavre
par Dellierm, Chaperon et Garcin, puis précisés
chez le vivant par Sergent et Cottenot®. Ces au¬
teurs ont pu repérer les troncs bronchiques dans
comme une travée, mais comme un « tube creux »
élargi, dont les deux parois sont visibles, et terminé
« en bout coupé ». Dilatation type du tout premier
degré, chez un gazé.
leur rapport avec les ombres cardiaques et
hilaires. Ils ont montré notamment qu’aux bandes
opaques fournies par les bronches sur radio après
lipiodol, correspondent sur la radio ordinaire du
même individu non injecté des bandes claires. Il
est bien acquis maintenant que les ombres bron¬
chiques et les ombres hilaires sont deux choses
bien différentes’.
Munis de ces données d’anatomie radiologique
chez le vivant et chez Je cadavre, opérant tou¬
jours — nous .le répétons encore ■ — dans des con- :
ditions identiques, tant en ce qui concerne l’in¬
jection qu’en ce qui regarde la prise du film, pos- .
sesseurs en oulre de nombreux films comparatifs
obtenus de la même façon, nous nous trouvons
maintenant en mesure do dépister les dilatations
broncliitjues au début.
A côté de l’aspect d’ « arbre mort », type de la
dilatation généralisée accusée, aspect qui s’im¬
pose, nous voyons quelquefois la simple « bran¬
che morte », travée élargie, isolée au milieu ;
d’une plage claire où ,1e feuillage a disparu. Celte
disparition localisée du feuillage constitue un signe
de la plus grande valeur. Il doit toujours nous
conduire à mesurer très exactement la travée
bronchique correspondante. Le plus souvent, elle
est dilatée.
Une seconde constatation, dont l'importance
n’est pas moindre, est l'absenee de la diminution
progressive du calibre des bronches, à mesure que
celles-ci se ramifient, et qu’on avance vers la pé¬
riphérie. La différence entre des troncs d'ordre
décroissant est à peine accusée, et de plus la ter¬
minaison normale « en pointe » fait place à un
aspect de « bout coupé » si net qu’on dirait que la
bronchiole a été, en effet, «ectionnée par un coup
de ciseau. Jamais une branche normale ne finit
Dans tous les cas, mous ne saurions trop recom¬
mander d’exammer il’, image de T hémithora.t,. sec¬
teur par secteur, nous dirions .presque bronchiole
par bronchiole, et, dans les cas douteux, de com¬
parer avec le même .stoteur, risolé sur d’autres ;ra-
diographies. Un c.xemple montrera l’importance
de cette recherche méthodique.
’ Voici, découpé sur plusieurs films, et en vraie
grandeur, l’angle inféro-i.nlern.ç du poumon droit.
Là, comme ailleurs, nous voyons (film 5) le
piquclé normal sans travées, qui caraclérise le
poumon parfaitement sain. I.Æ film 0, au con¬
traire, nous fait apercevoir la terminaison four¬
chue de la dernière broni'hiolç. Bien que visible
elle n’est nullement .dilatée, immobilisée seule¬
ment comme il a été .dit plus haut. Comparez
cette même terminaison sur le film 7, lequel con¬
cerne un gazé. Le calibre est beaucoup plus con¬
sidérable bien que le malade présentât un péri¬
mètre thoracique de 9 cm. inférieur à celui du
malade du film précédent. De plus, le calibre
varie peu -vers la péripliérie et l'aspect en « bout
coupé » est net. Remarquez, en passant, l'allure
de « tube creux » que nous avons démontré être
si fréquent à cette période, dans les dilatations
consécutives aux gaz de combat. Enfin, le film .8
montre une ectasie déjà importante et localisée
des mômes troncs, tubes pleins, cette fois, très
opaques, ayant retenu jargement Je lipiodol qui
n’a pu atteindre le territoire lobulaire correspon¬
dant. Celui-ci est représenté par une tache claire
où le feuillage est absent, alors qu’on peut le voir
très fourni dans le secteur immédiatement voisin,
là où, par contre, la travée est à peine visible.
De ceci nous concluons :
1“ Le poumon normal, après injection intra-tra-
chéàle de lipiodol, radiographié dans le (juart
d' heure ^ui suit, ne montre, chez i' adulte entière¬
ment sain, (jue des alvéoles sous forme de feuil¬
lage, sans bronche visible au delà du hile ;
2® Des branches visibles, sous forme de travées
simples, mais non dilatées, indiquent des bronches
à parois immobilisées, soit par altération propre de
eelles-ci, soit par défaut d'aspiration thoracique-,
3“ Il est fréquent de rencontrer de petites bron¬
ches dont la lumière commence à se dilater, dang
des territoires localisés. Celles-ci restent cylindri-
Fig. 8. — Dilatations localisées dos dernières bronches
du mcinc territoire, bcancon|> pins ninrqnées. Tnbe.s
pleins, d’aspect rigide, è extrémité renlloe, nn milieu
d’une zone oè le feuillage o dispnrii, Compnrez nvec
les dimensions de.s travées voisines, représentant des
bronches de meme ordre, autour desquelles le feuillage
ques jusqu'au bout et se terminent assez brusque¬
ment à l'emporte-pièee. De plus, le feuillage péri¬
bronchique a disparu.
La recherche de ces jormes localisées, comme de
toutes les formes de début, doit être pratiquée sur
les films, d'une façon tout à fait méthodique, sec¬
teur par secteur.
MOYENS D'ACTIVER
LA FORMATION DU CAL
DANS
LES FRACTURES OSSEUSES
Par Karl GLAESSNER el J. HASS.
On suit que le pliosphorc et le calcaire ont une
grande importance coinine éléments stimulants de
la croissance des os (Miwa, Stolsncr). Sous l’in¬
fluence du phosphore, la résorption diminue et
l'ostéogénèse augmente. C’est seulement depuis
une époque relativement récente que l’influence
des glandes à sécrétion interne sur l’ossification
est apparue comme importante dans cette ques¬
tion. Plus importante même, selon toute vrai¬
semblance, que celle du phosphore et du calcium.
Trois systèmes glandulaires doivent être pris
en considération :
1“ Les glandes génitales ;
2“ Les parathyroïdes;
3» Le thymus.
Nous ne parlerons que des perturbations de
Fig. 2. — Rudiogrnpliies des cas do In figure 1.
chez les animaux privés de thymus, un cal plus
petit que chez les témoins., Matti , de son
côté, mentionne des fractures spontanées des os
malades. Ranzi et Tandler ont pu confirmer les
observations de Basch. Klose et Vogt décri¬
virent les trois stades de dégénérescence chez les
animaux privés de thymus : 1° stade de latence
(15 jours) ; 2° stade graisseux (2 à 3 mois) ;
3" stade de cachexie (2 à 4 mois). Les fractures de
ces animaux guérissent mal, bien que le cal soit
beaucoup plus volumineux.
Marsiglia constate, après l’extirpation du thy¬
mus, un retard dans la consolidation des frac¬
tures. Goldner observe enfin une exagération de
l’activité du tissu glandulaire thymique dans les
cas de fractures.
T/ingestion d’extraits thymiques est depuis
longtemps l’arme normale des pédiatres contre
le rachitisme.
Des greffes de thymus sur des animaux nor¬
maux déterminent, on le sait, . une accélération
de croissance osseuse.. L’extrait thymique apparut
toutefois comme extrômemenl loxique à Solde et
Sokolof : il_ provoque la moi t par effondrement
de la tension artérielle. ; ,,
Glaessner a pu, en 1918, obtenir des guérisons
do fractures expérimentales sur des lapins. Des
fractures du tibia et des ostéotomies pratiquées
sur les sujets guérirent incontestablement plus
vite que chez les animaux témoins.
En 1913, Bier a signalé l’action de l’absor¬
ption d’extraits thymiques sur la thérapie des
fractures. Demel, enfin, a étudié les effets de la
greffe thymique sur le point osseux épiphysaire.
Les contributions les plus
importantes à ce sujet nous ont
été fournies par Klose, Vogt,
Basch, Ransi, Tandler, Matti
et Hart. Leurs études ont porté
sur l’influence aussi bien de
l’extirpation du thymus que de
l’injection d’extraits thymiques.
Basch trouve dans les frac¬
tures sous-cutanées d’os longs.
Fig. 3. — Pliolographie el radiographias : a; téjfi'ôhi ; b, novoprotdine ;
c, extrait testiculaire ; d, poralhyroïdinc ; c, thynnis.
Fig*. 1. — a, Ânimal témoin; b, Sans extrait thymique;
c, Avec extrait thymique.
l’ostéogénèse, sans nous occuper des troubles
causés par les anomalies de la sécrétion (acro¬
mégalie, ostéomalacie, rachi¬
tisme).
Notre intention est d’étudier
la guérison des fractures et
l’influence, sur le rythme de
cette guérison, du thymus et
des extraits thymiques.
Nous n’avons pas besoin de
rappeler que le thymus est une
glande de la vie embryonnaire
et fœtale, qui se développe
jusqu’à la naissance, sécrète
jusqu’à la seconde année de la
vie, pour rester stationnaire
jusqu’à 14 ans, puis s’atro¬
phier, sans .cependant dispa¬
raître (Sternberg).
N» 11
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
177
Depuis les recherches entreprises par
l’un de nous (Glaessner), rien n’a été
publié sur la question. C’est pourquoi
nous nous sommes décidés à établir une
base physiologique expérimentale de
toutes ces hypothèses.
Nous avons utilisé] au cours de nos
recherches, des chats;' autant que pos¬
sible de la même po'i-tée, et employé,
comme préparation thymique, un extrait
très actif, mêlé à une substance phos-
phorée, dont nous donnerons la compo¬
sition ultérieurement.
Nos expériences se répartissent en
deux groupes :
a) Sur des animaux;
b) Sur l’homme.
I. Sun DES ANIMAUX. — Dans la pre¬
mière série d’expériences, on étudie
l’action du thymus sur la guérison des
fractures chez l’animal. Pour cela,
fractura chez de jeunes chats la jambe
gauche, et, en meme temps, on procéda
à l’ablation du thymus.
Ces fractures se font au-dessus d’un
coin. Les fragments osseux furent soit
laissés on place, soit déplacés latérale¬
ment. Les membres fracturés restèrent
dans le plâtre pendant trois jours. Les
animaux furent à peine gênés dans leurs
mouvements.
Pour l’ablation du thymus, on procède
de la façon suivante :
Incision médiane de 3 cm. au-dessus
du sternum; section du plan musculaire
sur la ligne médiane, de façon à rendre
visible la trachée; le sternum est sou¬
levé à l’aide d’un écarteur. Entre les
dômes pleuraux, on aperçoit distincte¬
ment le thymus, que l’on extériorise à
l’aide d’une pince de Kocher (danger d’un pneu¬
mothorax). ■'
La moitié des animaux opérés ne reçut pas de
thymus, montre une consolidation déjà
presque complète (Cf.', pl. I).
De ces expériences, il ressort que
l’extirpation dû thymus provoque un
retard sur la formation du cal, et que
l’extrait de thymus accélère l’évolution
des fractures.
Dans une seconde série d’expériences,
on a comparé l’activité des dilférents
extraits glandulaires ; injection d'albu¬
mine, d'extrait testiculaire, de parathy-
roïdine, d’extrait de thymus. Que la
dislocation de la fracture ait été faite ou
non, c’est l’extrait thymique qui, dans
un même temps, a eu la plus grande
action sur l’ossification du cal. Même
l’extrait de parathyroïdes (Collips) a eu
une action bien inférieure à celle de
l’extrait thymique.
II. Sun l’homme. — Chez l’homme,
l’extrait thymique amène également une
accélération dans la consolidation des
fractures. Le médicament peut être
absorbé à haute dose sans danger.
Nous avons choisi deux sujets à peu
près du même âge, chez qui nous avons
pratiqué, pour des vices de conformation
osseuse, une ostéotomie linéaire des
deux fémurs. Dans l’un des cas, on
injecte du thymus.
Au bout de quatre semaines, aucune
différence. Au bout de trois mois, la
dilférenciation est déjà grande. Le ma¬
lade qui n’a pas reçu de thymus présente
encore de la mobilité, et sa radiogra¬
phie permet à peine de reconnaître
l’existence d’un cal. Au contraire, le
malade qui a reçu de l’extrait thymique
est complètement consolidé, et le cal
solidement constitué, tant de substance
médullaire que de compacte osseuse,
i Cette expérience conduit â la conclu¬
sion que l’extrait thymique active égale-
I ment chez l’homme la formation du cal.
Depuis, nous avons étudié l’action des extraits
1 de thymus dans une série de retards de consoli-
Fig. 4. —, Photographie et radiegraphies : a, témoin ; b, nnvoproté
c, extrait testiculaire ; d, parathyroïdine ; c, thymus.
radiographie. Au bout de quatre semaines, on
sacrifia les animaux. Les pièces prélevées per¬
mettent de constater des différences très intéres-
thymus, tandis qu’il fut injecté à l’autre moitié
pendant quatorze jours quotidiennement 1 eme
d’extrait thymique, sous forme d’injection sous-
cutanée. Les progrès de la consolidation des
fractures furent contrôlés tous les huit jours par
santés dans la formation des cals. L’animal
qui a subi l’ablation du thymus montre un
cal de constitution beaucoup plus faible que le
témoin.
L’animal, également opéré, mais qui a reçu du
dation. Toutes ces expériences nous permettent,
nous semble-t-il, de conclure que notre extrait
thymique à véhicule phosphoré donne non seule¬
ment sur des animaux, mais encore sur des
hommes, une consolidation de fracture rapide.
178
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
N» Il
SUR UN PROCÉDÉ DE CURE
DE LA HERNIE INGUINALE
Par Louis BONNET
Chef de Clinique à la Fncullé.
Nous voulons décrire un procédé opératoire pour
la cure de lu hernie inguinale que nous avons com¬
mencé à employer eu 1924. Nous avons ainsi opéré
une trentaine de hernies. Le procédé est facile et
donne des parois extrêmement solides.
Avec, beaucoup, nous avons abandonné le procédé
de Bassini type, pour celui, moins anatomique, qui
consiste l't mettre les doux plans musculo-aponévro-
tiques eu avant du cordon. Nous lixons le tendon
conjoint à l’arcade crurale, mais en faisant le nœud,
non pas dedans de l’aponévrose du grand oblique,
comme on le fait classiquement, mais en dehors, ce
(|ui permet, avec les mêmes lils, de lixer la lèvre
supéi'ieure du grand oblique qui sera ainsi croisée
« en jtalelot » avec la lèvre inl'érieure.
Lorsque nous avons eberebé à nous documenter
pour voir si ce procédé, que nous avions imaginé,
n'uvail pas déjii été utilisé, nous avons pu constiiter
qu’il se rapprochait de trois procédés, déjà décrits,
mais qti’il en dill’érait suflisammeul sur quelques
Schéma I Schéma 11 Schéma 111
(ciassijuej (Ferrari \ (Muguai)
Schéma IV Schéma V
(VUtandrej (Bonne! J
points pour présenter des avantages sur ces autres
procédés.
1" Dans le procédé de Ferrari' (schéma II), le plan
profond est bien üxé comme nous le faisons, mais
les deux lèvres du grand oblique sont réunies sui¬
vant le procédé habituel ;
2“ Notre procédé se rapproche plus de celui de
Muguai’ (schéma 111), qiv prend dans une même
anse de lil ; l’arcade, le bord inférieur du tendon
conjoint et la lèvre supérieure du grand' oblique,
avec nœud extérieur au grand oblique. Mais dans ce
I)rocédé, le croisement de l’aponévrose du grand
oblique est mal maintenu, et surtout, si le sujet est
uii peu gras, ou « pousse », il est beaucoup plus dif¬
ficile de protéger le cordon en fermant en Une seule
fois qu’en deux;
3“ Dans le procédé de Villandrc’ (schéma IV), une
première série de lils fixe le tendon conjoint et les
lèvres du grand oblique placées en « paletot » de
faïon assez analogue à notre procédé, mais sans
prendre jioint d’appui sur l’arcade crurale. La
disposition « en paletot » est maintenue par une
deuxième série de lils (placés évidemment avant que
le deuxième nœud des premiers lils soit fait). No¬
tons également que dans ce procédé, l’auteur passe
les anses des deux séries de fils parallèlement aux
fibres musculaires ou aponévrotiques, ce qui est
beaucoup moins solide que perpendiculairement.
Tecuniquk ni; notke iuiocédé. — 1" Après incision
des téguments, nettoyer l’aponévrose du grand obli¬
que jusqu'à l’arcade fémorale :
2" Ouvrir le canal inguinal, en incisant le grand
obli([ue assez bas, au ras du jiilier externe ;
3" Placer deux pinces de Pèan sur le bord libre
de la lèvre inférieure ;
4" Nettoyer aux ciseaux courbes ou à la compresse
la face profonde de cette lèvre intérieure, jusqu’à
l’arcade crurale profonde, que l’on reconnaît;
1. Fekbaui. — GazzeUa degli ospedali, 5 Novembre 1895.
D’uprés Patel, in Traité de Chirurgie Le Dentu et
Delbet.
2. MuGUA’i. — Riforina medica, 22 Avril 1891. D’après
Patel, in Traité de Chirurgie Le Dentu et Delbet.
3. VtLLANDBE. — Parie chirurgical, 1924, n” 4.
5° Dégager le tendon conjoint ;
6“ Recherche, ouverture et résection dvi sac her¬
niaire ;
7“ Passer 3 à 4 anses de fils dans le bord libre du
tendon conjoint, perpendiculairement à la direction
des fibres ;
8° Repérer l’arcade crurale profonde à l’aide de
deux pinces de Rocher ;
9° Passer les deux chefs des anses précédentes à
'Figure 1.
travers la lèvre inférieure du gi'and oblique ; 1“ l'in¬
férieur immédiatement au-dessous de l’arcade cru¬
rale, en la rasant (et pour éviter les vaisseaux fémo¬
raux, on fait tendre cette arcade par l’aide, tandis
que, de la main gauclu', on tend la lèvre inférieure du
grand oblique); 2“ le supérieur à 1 cm. environ au-
dessus du premier. Nouer ai)rès avoir passé tous les
fils, pendant que l’aide protège le cordon;
10’’ Passer les chefs supérieurs à travers la lèvre
supérieure du grand oblique, de sa face profonde
vers sa face superficielle (il est commode pour cela,
si l’on emploie une aiguille de Reverdin, de passer le
fil dans l’aiguille et de la pousser ensuite à travers
l’aponévrose). Faire un deuxième nœud. Si on em¬
ploie des crins, comme matériel de suture, on fera,
aux deux fois, des nœuds droits et les chefs seront
finalement coupés courts, pour ne pas être dou¬
loureux ;
11“ Surjet graisseux au catgut 00 ;
12“ Suture de la peau.
Avantages du procédé. — a) Tout prend point
d’appui sür la base solide de la région : l’arcade
crurale ;
b) La plicature « en paletot » du grand oblique
donne une paroi beaucoup plus solide que le simple
surjet habituel (souvent même fait au catgut) qui ne
fait qu’accoler deux lèvres aponévrotiques ;
c) Tout est fait avec une seule série de fils, qui
seront de préférence non résorbables (crin, soie,
lin), ce qui donne des parois solides et permet des
levers précoces. De plus, ultérieurement si, pour une
raison quehmnque, les fils tendaient à s’éliminer,
comme ils sont noués uniquement à la face externe
du grand oblique, il sei'ait facile de les retirer à
l’aide de deux sections aux ciseaux (comme l’indi¬
quent les flèches 1 et 2 du schéma V).
LA CHOLÉDOCHOGRAPIIIE
F. JAYLE et Paul AIMÉ
La ligure jointe à cet article Jiioulre qu’un cho¬
lédoque dilaté peut, après iiigeL.slion de pilules de
létraiode, apparaître et se déliiuiler très ueLte-
ment. Si, comme dans le cas présent, la cavité
vésiculaire a disparu, l’image peut ôD'e prise
comme étant celle de la vésicule et nous av,ons
fait à plusieurs reprises le diagnostic de calculs
de la vésicule alors qu’il s’agissait de calculs du
cholédoque- Sans doute la cavité montrée par le
tétraiodephénolphtaléiuate de soude est très
allongée, sans doute elle est rapprochée de la
colonne vertébrale, mais la forme et lesiège de la
vésicule sont si variables que nous n’y avons pas
pris garde. Cependant, ces détails de siège et de
forme devront dorénavant être tenus en considé-
Du point de vue radiologique, nous ferons
encore remarquer que la radiographie en série
sans préparation spéciale n’avait rien révélé,
qu’un premier examen après ingestion de cap¬
sules glutinisées de tétraiode avait été également
négatif, les capsules non résorbées étant appa¬
rentes dans le côlon. Ce n’est qu’après une nou¬
velle épreuve du tétraiode, en utilisant cette fois
des pilules au miel, que les calculs furent mis en
évidence. Il est intéressant aussi de noter la dif¬
férence entre l’opacité des calculs radiograpliiés
directement après leur ablation et celle qu’ils ont
snr le film pris in vivo avant l’absorption de
tétraiode. Sur le sujet non préparé, les calculs
étaient invisibles parce que leur degré d’opacité
était exactement le même que celui des tissus
environnants. L’action du tétraiode a eu pour
effet de délimiter la cavité du cholédoque en colo¬
rant la bile au milieu de laquelle sont les calculs ;
ces derniers n’ont pas été modifiés, mais le
liquide qui les entoure étant rendu plus opaque,
ils sont apparus comme des taches claires dans la
cavité dn cliolédoque plus sombre.
Notons aussi que les calculs sont plus petits
que la cavité ; on eût pu en déduire, avant l’opé¬
ration, leur mobilité dans la cavité biliaire.
Les calculs radiographiés, à nu, après l’opéra¬
tion (fig. 2), se montrent assez opaques; mais il
suffit d'étendre le doigt sur eux pour faire dis¬
paraître leur image, leur opacité n’étant pas
supérieure à celle du doigt. Un calcul placé sur
l’écran et recouvert simplement de la faible épais¬
seur des parties molles d’un espace interdigital
donne une image affaiblie dont la tonalité tend à
se confondre avec celle des parties molles. On
comprend aisément, par cette petite expérience,
que la forte épaisseur des parties molles du corps
masque complètement les calculs et que les rayons
ne puissent plus alors les différencier.
Du point de vue clinique, relevons le début
précoce des accidents à 21 ans, le jeune âge de
l'opérée, 26 ans; l’absence d’ictère jusqu’après la
N“ 11
LA PRESSE MEDICALE,: Mercredi, 6 Février 1929
179
découverte des calculs, le nombre des calculs
(4 gros et 3 petits), l’hérédité familiale (grand’-
mère maternelle opérée pour calculs de la vési¬
cule, fils atteint à 3 ans d’un calcul de la vessie,
nummulaire, et de 13 mm. de diamètre).
Voici l’observation résumée :•
Femme de 26 ans, d’une lignée lithiasique : Grand’
mère maternelle opérée, à 60 ans, de calculs de la
vésicule et morte à 80 ans. Le père de cette grand'-
mère est mort à 102 ans et sa mère à 32 ans ; sa
grand’mère à 104 ans.
Un fils opéré d’un calcul de la vessie à 3 ans.
Taille et poids ordinaires. Très nerveuse et de con¬
diculaire et de la région vésiculaire ue détermine
aucune douleur spéciale. J’accepte néanmoins le
diagnostic d’appendicile chronique ayant pu donner
une crise appendiculaire, d’autant plus que la malade’
est très constipée depuis son enfance.
' Je pratique un curettage, l’ablation de l’ovaire
droit qui est gros et kystique, l’ablation de l’appen¬
dice qui est chroniquement enflammé, le redresse¬
ment de l’utérus par le raccourcissement du liga¬
ment rond gauche, et la cure radicale de la hernie.
Les suites sont parfaites et la malade se trouve
très bien pendant un grand mois après la guérison
opératoire.
A ce moment-là, elle est prise de douleurs extrê-
Fig. 1. — Radio montrant les 4 calculs dans le cholédoque dilaté dont les parois sont très netteriient indiquées.
stitution délicate (sans doute parce
qu’elle a souffert beaucoup dans sa
vie).
Réglée à 12 ans, en Février 1914;
elle a un arrêt de 6 mois à partir
d’Aoùt (guerre ?) ; règles régu¬
lières, durant 6 à 7 jours, très dou¬
loureuses, abondantes, quelquefois
avec caillots. Pas de leucorrhée.
Mariée à 20
fant le 11 Avril 1923 (calcul de la
vessie). 2“ le 27 Juillet 1924, 3“ en-;
fant le 23 Juin 1925, venu à terme
mais mort depuis 3 jours.
Le début des douleurs dans la
région vésiculaire date de la nais¬
sance du premier enfant, à 21- ans ;
les douleurs étaient peu intenses,
venaient assez souvent après une
fatigue et disparaissaient par le repos. Au cours de
la troisième grossesse, vives douleurs dans les reins,
dans le ventre, plus l’hypocondre droit.
En 1926, elle a une crise abdominale droite qui
est diagnostiquée appendicite par son médecin. La
crise terminée, je l’examine et je trouve surtout un
gros utéi'us en rétroversion-flexion, un ovaire droit
et douloui-cux, une hernie ombilicale du volume d’une
noix verte. En même temps, existe une légère mé-
trite post-puerpérale. L'examen de la région appen¬
is le côté droit et
répètent presque
violentes. A
l'e rien de net,
ni dans la région de la vésicule, ni
dans la région du rein. Rien dans
le pelvis, mais l’utérus, bien que
L’examen radiographique des
voies urinaires est pratiqué le
6 Mai 1928 par M. Aimé, avec un
résultat négatif ; de mémo l’examen
de la vésicule. L’examen de la ré¬
gion vésiculaire est recommencé le
9 Mai avec le tétraiode; il est né¬
gatif, mais les pilules sont retrou¬
vées non dissoutes dans l’intestin.
Repris avec d’autres pilules le
13 Mai, il donne le cliché ci-joint.
L’été se passe avec des alternatives de calme et de
douleurs, et la malade devient enceinte vers le 15 Oc¬
tobre. Les douleurs reprennent de plus en plus
fortes et une fausse couche se produit le 8 Janvier.
Pour la première fois, la malade a eu une crise de
jaunisse, le 26-27 Décembre, soit quelques jours
avant la fausse couche. Les douleurs continuant tou¬
jours, riclère persistant sans être intense, la lièvre
étant survenue, l’intervention est pratiquée le 3 Fé¬
vrier 1928 avec l’assistance de M. le D' Buquet.
.. La vésicule est rétractée et des adhérences recou¬
vrent comme d’un voile épais et fixe toute la région
du cholédoque dont l’aspect normal a entièrement
disparu.
Les calculs furent reconnus au toucher et ils se
déplaçaient sous le doigt dans le cholédoque dilaté.
Le canal fut incisé juste au-dessus du duodénum
mais les calculs lilèrent sous ce dernier organe et il
fallut aller les chercher avec une curette ; on retira
les 4 calculs arrondis reproduits et 3 petits à facettes.
Une sonde, introduite dans le cholédoque, passa
facilement dans le duodénum, montrant la voie désor¬
mais libre. Un tube en T fut placé dans le cholédoque
et entouré de quelques mèches.
Les suites furent très simples, le tube fut enlevé
le 15“ jour et au bout d’un mois la guérison était
Figure 3. Figure 4.
Fig. 3. — Image radiogcnplilquc des calculs
apres leur extraction.
Fig. 4. — Dessin grandeur nature des calculs.
Poids et dimensions des calculs sur leur plus grand axe
et sur l’axe perpendiculaire à celui-ci :
!**■ Calcul : 1 gr. 5 cenligr. ; 14 mm. X ^2 mm. 9.
2“ Calcul : 1 gr. 5 centigr. ; 14 mm. X nim.
3" Calcul : 1 gr. ; 14 mm. ; 15 mm. X 13 mm. {un petit
fragment a été enlevé par la pince d’extraction).
4* Calcul : Ü gr. 24 centigr. ; 8 mm. 5 X " mm. 25.
Constitniion. — Une section médiane montre que la masse
du calcul est compacte, de couleur blanc jaunâtre,
revetue d’une mince pellicule de couleur marron. La
coupe montre deux zones : une centrale d’environ 8 mm.
de diamètre sur un des gros, d’aspect irradié, les radia¬
tions parlant du centre plus foncé et légèrement caver¬
neux ; une zone périphérique de 1 mm. à 1 mm. 1/2
d’épaisseur dans laquelle se prolongent les rayons. Les
deux zones sont séparées par une mince ligne noirâtre
de pigmentation, comme s’il y avait eu, dans la forma¬
tion du calcul, un arrêt suivi d’une reprise. Dans les
deux zones, on voit des cristaux brillants, disposés en
lamelles, suivant les rayons.
La densité est plus faible que runilé.
L’analyse chimique, pratiquée par U. Letulle, a mon¬
tré qu’il s’agit de calculs de cholestérine entourés d’une
mince pellicule constituée par des pigments biliaires.
complète. Depuis, elle s’est maintenue et la malade
ENQUÊTE AUPRÈS DES JOUEURS DE FOOTBALL
üPbKÉS l’OlR UNK LÉSION U’UN
MÉ.MSOUE DU GE^0U
TA VERNIER el CHAPPOUX
(de Lyon).
La fréquence des lésions des ménisques du
genou chez les joueurs de football nous a donné
l’idée de poursuivre chez eux une enquête sur les
résultats des opérations entreprises pour remé¬
dier à ces accidents. 11 nous a semblé qu’aucun
test ne pouvait être plus démonstratif de la valeur
fonctionnelle d’un genou ;que la possibilité pour
180
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
N» 11
les opérés de jouer de nouveau à un jeu aussi dur
que le football. L’un de nous a fait de cette
enquête l’objet de sa thèse'; joueur de rugby lui-
même, il était bien placé pour connaître les
joueurs opérés, et pour apprécier au point de
vue de la valeur sportive la qualité et la récupé¬
ration fontionnelle obtenue.
On pouvait espérer tirer de cette enquête
auprès des blessés opérés par des chirurgiens
différents des indications intéressantes sur la
valeur encore si discutée des différentes tech¬
niques de méniscectomie. En réalité, elle n’a pas
été très démonstrative sur ce point, montrant
plutôt d’unanimes bons résultats des différentes
techniques employées.
En utilisant parmi les 40 observations réunies
dans la thèse de Chappoux celles dont les suites
éloignées sont connues d’une façon absolument
précise, nous disposons de 20 cas auxquels nous
ajouterons un cas de Gaudier, de Lille, dont nous
avons eu connaissance depuis.
De ces 21 cas, 15 ont été opérés suivant la
technique que nous préconisons depuis dix ans ;
arthrotomie transversale avec section du ligament
latéral et méniscectomie totale (5 cas de Taver-
nier, 4 de Masmonteil, 3 de Lafourcade, 2 de
Bailleul, 1 de Wertheimer). De ces 15 opérés,
13 ont repris le jeu après un délai moyen de
cinq mois, variant de deux à douze mois. Onze
ont un genou parfait, les deux autres ont conservé
l’un un peu de raideur, l’autre un peu de faiblesse
du genou opéré. Deux opérés n’ont pas repris le
jeu ; l'un (Tavernier) a pourtant un genou par¬
fait avec lequel il pratique d’autres sports, mais
il n’a pas repris le football, par appréhension
d’un nouvel accident, il avait d’ailleurs en même
temps (pie sa lésion méniscale une rupture du
ligament croisé antérieur qui explicpie peut-être
cette appréliension ; l’autre iBailleul) a conservé
des mouv(unents de latéralité qui lui oui permis
de reprendre son métier de jirofesseur de culture
physique, mais non d(' rejouer au rugby; lui aussi
avait, outre une lésion méniscale, une rupture du
ligament croisé antérieur.
Un malade a été opéré par artlirotornie trans¬
versale et section du ligament latéral, mais la
méniscectomie a resjiecHé la corne postérieure
(Roclierl; il a rejoué après huit mois.
Trois malades ont été opérés par arthrotomie
longitudinale ou obli<]ue sans section du liga¬
ment latéral et ablation incomplète du ménisque
'Gahq), .Martin, Gineste); ils ont tous repris le
jeu très vite, en moyenne après deux mois.
Un bhïssé a été opéré par grande arthrotomie
en U, relevant l’insertion tibiale du ligament
rotulien (Gaudier); il a rejoué après huit mois
avec un genou normal.
Un blessé a été opéré par voie transrotulienne
(Alglave), il a secondairement fracturé sa rotule,
et garde après plus d’un an une atrophie muscu¬
laire de 5 cm. avec perte de force, qui ne le gêne
pas dans la vie courante, mais ne lui permet pas
de reprendre le football.
La conclusion principale qui se dégage de
cette statistique est l’excellence globale de la
méniscectomie, qui, sur 21 cas opérés par des
chirurgiens différents et suivant (les techniques
variées, a donné 19 fois un genou excellent per¬
mettant à 18 opérés de reprendre le jeu, sans
avoir rien perdu de leur qualité sportive. Plu¬
sieurs de ces joueurs étaient des internationaux,
quelques-uns ont gardé la première année un peu
d’appréhension qui les faisait se ménager au
cours des matchs, plus tard ils rejouaient comme
avant leur accident; l’un nous a écrit qu’il
n’avait jamais été en meilleure forme, un
autre nous a expliqué (ju’il avait conservé un
poste de jeu à une aile, qui lui faisait travailler
plus son genou opéré, exprès pour mieux restau¬
rer sa musculature.
Des trois opérés qui n’ont pas rejoué, l’un
aurait pu le faire, il a un genou excellent, les
deux autres méritent plus d’attention, car ils ont
des genoux imparfaits.
Le premier avait été opéré par voie transrotu¬
lienne, il a fracturé secondairement sa rotule et
garde une grosse atrophie musculaire. Cet acci¬
dent n’est pas exceptionnel; sur les trois cas
opérés par cette voie rapportés dans la thèse de
Chappoux, deux ont eu une fracture secondaire.
C’est plus qu’il n’en faut pour nous faire rejeter
celte méthode malgré l’avantage qu’elle a de per-
iiK'ttre l’exploration des deux ménisques dans les
cas assez rares où l’on ne sait pas lequel des deux
est en cause. En pareil cas l’arthrotomie en U,
avec désinsertion de la tubérosité antérieure du
tibia, offrira les mêmes avantages avec moins de
risques ultérieurs. Cette rupture secondaire de la
rotule peut étonner quand on la compare aux
bons résultats des opérations pour fracture; nous
croyons que dans les fractures l’engrènement des
fragments permet une consolidation meilleure et
plus rapide que la section franche d’une rotule
coupée à la scie.
Le second cas médiocre est plus intéressant
encore, car la laxité latérale observée pourrait
faire incriminer la section du ligament latéral.
Nous ii'avons pas eu de détail sur la façon dont
le ligament a été reconstitué, et la technique de
cette restauration est importante ; il faut suturer
le ligament serré en position de relâchement,
c’est-à-dire en flexion légère du genou et genu
varum, faute de quoi on s'expose à un peu de
laxité. Mais l’opération avait montré une rupture
du ligament croisé antérieur, et nous croyons
actuellement que cet accident peut exposer à une
laxité ultérieure.
Dans nos opérations pour lésions méniscales,
nous avons longtemps négligé ces ruptures du
croisé antérieur, qui ne sont pas rares, sans
qu’il en soit résulté d’inconvénients ; mais dans
un cas récent, nous avons eu à cause d’elle une
laxité antéro-postérieure importante avec un peu
de laxité latérale, qui gênaient l’opéré, et ont
imposé une réfection du ligament croisé; comme
c’est la première fois que nous observons de la
laxité sur près d’une centaine d’opérés à qui nous
avons enlevé le ménisque et reconstitué le liga¬
ment latéral, nous en arrivons à incriminer
l’insuffisance du ligament croisé, et à penser que
ces ruptures mériteraient peut-être d’être systé¬
matiquement réparées, malgré l’importance de
l’opération qu’exige cette réfection.
On pourrait prétendre que cette statisticjue
montre au moins l’inutilité de la section du liga¬
ment latéral, puisque tous les cas opérés par
ablation partielle du ménisque à travers une
petite incision antérieure ont donné un résultat
excellent, et plus rapidement acquis qu’après
l’opération complète. En réalité, le nombre de ces
cas (3) est trop petit pour autoriser pareille con¬
clusion; il est bien certain que ce n’est cju’excep-
tionnellement que la conservation de la corne
postérieure entraîne des accidents, sans (juoi cette
technique serait abandonnée de tous depuis long¬
temps, mais nous en connaissons des cas, et ce
sont eux qui nous ont amené à l’aljlation totale
et à la teclinicjue que nous préconisons.
L’expérience assez grande (jue nous avons
maintenant des résultats de cette technique nous
permet d’affirmer que celte opération donne régu¬
lièrement les résultats parfaits, dont témoigne
cette enquête, toutes les fois qu’une autre lésion
ne se surajoute pas à la déchirure du ménisejue ;
et c’est du côté du traitement de ces lésions con¬
comitantes des ligaments croisés, du cartilage
d’encroûtement du fémur, et surtout du ligament
adipeux, qu’il faut s’orienter pour étendre à tous
les cas l’excellence du résultat oj)ératoire dans
les séquelles d’entorse du genou.
REVUE DES THÈSES
THÈSE DE LYON
(1928)
François Condamin. Du traitement chirurgical
de la tuberculose annexielle. — Ce travail est basé
sur l’étude de la statistique opératoire de la clinique
gynécologique du professeur Yillard.
Au point de vue thérapeutique, il y a lieu de
grouper toutes les nombreuses variétés anatomo¬
pathologiques de la tuberculose annexielle en trois
catégories ;
1" /,« tiiherculo.tp .séreuse de la trompe, à laquelle
se rattache la péritonite tuberculeuse ascitique d’ori¬
gine génitale, est caractérisée par des lésions de sur-
1. Chappoux. — « Li'sions méiiisrules et corps éli'ungcr.s
articulaires traumatique.s elles les joueurs de rugby et de
football association p. Thèse, Lyon, 1928.
face. Ge sont des granulations miliaires qui recou¬
vrent la séreuse tubaire sans infiltration profonde
des parois; ces lésions s'étendent progressivement
en surface au pelvis et à l’étage sous-ombilical de
l’abdomen. L’influence de la laparotomie simple
d’assèchement est considérable et point n’est besoin,
pour obtenir une guérison dui’able, d’avoir recours à
des salpingectomies.
2° Les formes parenchymateuses ou interstitielles
de la tuberculose tubaire sont caractérisées, d’une
part, par une infiltration o'démateuse, du type hyper¬
trophique, des tuniques tubaires et, d’autre part, par
l'extension active de ce processus infiltrant aux
organes voisins ; des adhérences évolutives, d’un type
très spécial, envahissent les anses grêle, le côlon
sigmoïde, l’épiploon... L’intervention devient grave,
du fait du danger intestinal. Ces lésions sont capables
d’une régression complète sous l’influence de la lapa¬
rotomie. Au point de vue opératoire, il y aura donc
lieu de pratiquer des exérèses partielles, par des
opérations atypiques, en respectant les adhérences
trop étendues qui recouvrent des lésions, que l’on ne
pourrait enlever qu’après des libérations pénibles
et très graves. La résolution post-opératoire de
cette forme a été observée dans plusieurs cas.
3“ Les formes ulcéro-caséeuses sont, au contraire,
constituées par des lésions <( séquestres » qui ne
peuvent pas régresser; il y a donc lieu d’en pratiquer
l’ablation soit par des opérations conservatrices,
soit par une hystérectomie.
La statistique du professeur Villard compte 53 cas,
se répartissant en : 9 formes séreuses (17 pour 100),
5 formes interstitielles (9,6 pour 100), 39 formes
ulcéro-caséeuses (73,4 pour 100). La mortalité opé¬
ratoire a été de 3.7 pour 100; la mortalité éloignée
de 6,4 pour 100. 44 malades ont été revues, dont 16
plus de 5 ans après l’opération. La laparotomie
simple a donné 6 guérisons et 2 améliorations (cas
récents); les opérations conservatrices, 14 guérisons
et 3 améliorations (cas récents); les opérations radi¬
cales, 14 guérisons et 5 améliorations (cas récents) ;
une récidive discutable s'est terminée par un succès
après une opération itérative.
Devant les résultats éloignés que donnent ces
interventions, il y a donc lieu d’être opportuniste et
de baser les indications opératoires sur les formes
anatomo-pathologiques de la tuberculose annexielle.
,T. Dumont.
N“ 11
6 Février 1929
CHRONIQUES
VA R I É T É S INFORMATIONS
La folie du peintre Van Qogh
Peu de peintres ont attiré l’attention des psy¬
chiatres autant que Van Gogh. Depuis sa fin
tragique, survenue en 1890, les articles, les
opuscules, les volumes même, inspirés par le
souci de préciser le rôle que son désordre mental
avait pu jouer dans ses productions artistiques,
forment déjà une copieuse littérature. Il n’est
pas impossible que cette immixtion des aliénistes
dans la critique d’art ait contribué à rehausser
l’intérêt suscité par les œuvres de cet artiste dé¬
concertant. Les liens de parenté que l’on soup¬
çonne entre le génie et la folie ont toujours eu, el
conserveront longtemps encore, leur mystérieux
attrait.
Un récent ouvrage des D'® Victor Doiteau et
Edgard Leroy, La folie de Vineent Van Go^h, se
classe parmi les études les plus séduisantes et
les mieux documentées sur le peintre hollandais,
sur sa psychose et l’influence qu’a pu en res¬
sentir son talent. Un heureux choix de repro¬
ductions de ses œuvres les plus caractéristiques
illustre ce beau livre édité avec art*.
La mode est aux vies romancées. Celle de Vin¬
cent Van Gogh, autant que celle d’Utrillo, eût pu
se prêter à ce genre de biographie. Même exis¬
tence décousue de bohèmes férus d’un idéal
jamais atteint, mômes goûts pour les milieux
très humbles, souvent imposés, il est vrai, par
une impécuniosité tenace, même recherche de
l’oubli ou du rêve dans les mirages de l’alcool et
de l'absinthe, mêmes crises alternantes de pro¬
duction frénétique ou d’inertie stérile, et au mi¬
lieu de tous ces désordres, de temps à
autre, des éclairs géniaux, des peintures
hors de pair.
Pourtant, en dépit de ces ressem¬
blances, qu’on retrouverait d’ailleurs
chez plusieurs de leurs contemporains,
le pai-allèle entre ces deux artistes ne
saurait être poursuivi. La personnalité
de Van Gogh porte une empreinte patho¬
logique qui la distingue.
A défaut des observations cliniques
recueillies par des aliénistes avertis pen¬
dant sa maladie, la vie même de Vincent
Van Gogh suffirait à le faire classer
parmi les grands psychopathes.
Fils d’un petit pasteur hollandais, qui
fut pour lui d’une indulgence sans limites,
Vincent se montra, dès l’enfance, taci¬
turne et irritable; il travaillait peu et
mal. On le plaça comme commis dans
une maison d’édition, à Londres, où il
remplit d’abord assez bien ses fonctions.
Mais une crise sentimentale vint bientôt
l’en détourner. Rien ne put le distraire
de son amour tyrannique jusqu’au jour
où il versa dans le mysticisme religieux.
Cette nouvelle phase fut encore plus
longue; elle s’accompagna d’une loule
d’actes incohérents : pratiques d’asce-
tisme, vagabondage, prédications d'illu¬
miné, explosions coléreuses, désespoirs
affreux. Partout où il passait, on le consi¬
dérait déjà comme un fou.
1. Collection « Sous le Signe ilo Saturne ».
Editions Æsculape, 15, rue Froideveaux. Paris, Fig. 2, —
1928.
Cependant son père, et son frère Théodore,
qui eut pour Vincent une touchante affection, s’in¬
géniaient à lui - trouver une occupation capable
de l’écarter dè ses excès mystiques. On songea
Fig. 1. — Portrait de Vineent Vau Gogli, pur lui-même,
après 1 uutomutilation de son oreille.
au professorat; mais il eût fallu s’instruire : le
jeune homme était incapable d’un travail assidu.
Gomme il avait un peu dessiné, on l’orienta vers
la peinture. Ses premiers essais furent assez
bons, malgré leur gaucherie. Il fut envoyé à
Grands Pins devant le quartier des Hommes, à la maison
de Suint-Rémy de Provence.
Paris, dans' râtelier de Cormon. Au bout de
quelques mois, il en sortit dans une tempête
d’imprécations, exaspéré qu’on se permît de lui
donner des conseils.
Convaincu qu’il avait en lui toutes les res¬
sources nécessaires pour créer un art nouveau, —
le sien, — il se mit à peindre sans frein ni loi, et,
de fait, plusieurs de ses œuvres se trouvèrent
d’une expression et d’un coloris saisissants. Mais
elles ne plurent guère, et Vincent demeurait un
miséreux.
C’est alors qu’il se mit en quête de lumière,
croyant que le soleil serait pour son corps déjà
délabré le stimulant de ses rêves et donnerait à
•sa peinture tout son éblouissement. 11 vint donc
à Arles, d’où datent une série de ses meilleurs
tableaux. Après la manière noire qu’il avait pra¬
tiquée, en Hollande, il n’admet plus que la ma¬
nière claire de l’école inqn-essionniste à laquelle
il s’était inféodé à Paris.
Pendant les premiers temps de son séjour dans
le Midi, Vincent Van Gogh est débordant d’en¬
thousiasme ; il peint avec passion et croit tenir
enfin la gloire. Mais bientôt son ardeur s’éteint.
La solitude où il se trouve, les difficultés maté¬
rielles de la vie ne tardent pas à l’assombrir. Il
eut alors l’idée de faire venir son ami, le peintre
Gauguin, pensant qu’ayant même idéal ils seraient
l’un pour l’autre un précieux s.limulant. 11 en fut
bien ainsi pendant quelques semaines; mais Vin¬
cent ne tarda pas à s’irriter contre son meilleur
ami. Un jour, au café où ils passaient tous les
deux de trop longues heures, à propos d’une
futile discussion, Vincent jeta son verre à la tête
de Gauguin. Il lui fit, d’ailleui-s, aussitôt des
excuses. Quelques jours plus tard, Gauguin, qui
se promenait dans une rue d’Arles,
entend quelqu’un courir derrière lui ;
il se retourne : c’était Vincent qui, un
rasoir à la main, s’apprêtait à le frapper.
Devant le regard de son ami, Vincent
s’arrête, rentre chez lui, se couche et
s’endort. Le lendemain, Gauguin le
trouve baigné de sang : Vincent s’était
tranché le lobule d’une oreille avec son
Cette fois, la folie était flagrante et,
qui pis est, dangereuse. Vincent fut
d’abord envoyé à l’hôpital où l’on soigna
sa blessure, puis, quelque temps après,
il demanda lui-même à entrer dans la
maison de santé de Saint-Rémy en Pro¬
vence. Il éprouvait un grand besoin de
repos, d’apaisement et de cure.
Le séjour de Van Gogh dans cet asile
d’aliénés est une des phases les plus
intéressantes de sa vie mouvementée.
Les nombreuses lettres qu’il écrivait à
son frère Théodore, les certificats des
médecins traitants, apportent des ren¬
seignements fort instructifs sur l’évolu¬
tion de la maladie mentale. Elle présenta
d’assez longues rémissions, entrecoupées
de crises plus ou moins violentes. Et
pendant tout ce temps, — sauf au cours
des accès dépressifs, — Vincent contin\ia
à dessiner et à peindre, parfois avec la
même ardeur que naguère, mais peut-
être avec moins de talent.
Son état s’améliora suffisamment pour
qu’on autorisât son frèreà le faire revenir
lie santé Théodore, qui habitait
Paris, installa Vincent à Auvers-sur-
182
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
N» 11
Oise, sous la surveillance du D'" Cachet, grand
amateur de la peinture moderne, qui se lia rapi¬
dement d’amitié avec l’artiste.
Malheureusement, comme il était à prévoir, le
démon de \'incent Van Gogh n’était qu’iissoupi.
Après quelques semaines de grand enthousiasme
pictural, il recommença à s’assombrir, il se si¬
gnala par diverses excentricités dans le village,
et linit par s’irriter contre son ami le D"' Cachet.
Un jour même ce dernier vil Vincent, exaspéré,
])0i'ler la main à la poche où il Cachait un revolver.
Le geste homicide s’arrêta là. Mais il devait être
le ])réhule de la lin tragique du peintre : le lendc-
luain on le trouva gisant sur son lit, dans la mi¬
sérable auberge OÙ il logeait; il s’était tiré une
balle dans la région du cnuir. En dépit des soins
(pie lui ju’odigua le 1)'' Cachet, Vincent Vau Gogh
mourut deux jours après.
Ainsi disparut, le 2!) .luillel 18!)0, url des plus
notables représentants de la peinture de la lin du
xix*-’ siècle, un anlodidacle, un précurseui', (pii,
rêve la notoriété
■rand peintre était i
aliénistes se sont évertués à jiréciser la
de la folie de Vincent Van Gogh. Y ont-il
réussi ? Les plus prudents se bornent à des hypo-
ilù'ses. C’est qu’il est sage de faire deà réserves
sur le diagnostic d’une psychose, surtout à dis-
tanee. C’est aussi, comme le dit fort
bien le 1)'' Edgard Lero}', que la classi-
jication des maladies de l’esprit se fait
dans « des cadres toujours périodlqiie-
nienl démontables ».
Certains ont cru reconnailre dans le
cas de Van Gogh les signes de la para¬
lysie générale, admeltanl iiiêine qu’au
cours de ses débordements, il avait
contracté la syphilis. Il se peut ipi’il
ail été sy|)hililique ; mais à coup sûr
il ne fut pas paralytique général, car
on n’assista pas chez lui à celle désor¬
ganisation ])rogressive de toutes les
facultés ([ui aboutit fatalement à la
démence, li'ou, oui, Vincent le fut,
mais dément, non pas. Il suffit de lire -
ses lettres, à toutes l.es périodes de sa
vie, aux jours d’enthoUsiasme comme a
les ])lus noires, pour se conv
(( crépusculaires «, qui ont plus d’un lien de
parenté avec les crises motrices ; l’état mental de
Van Gogh était bien, en effet, celui qU’on attribue
- Los Cyprès en « llniii
à l’épileptique : (( sombre, taciturne, déliant,
ombrageux, toujours prêt à se fâcher, à blesser
les gens, à s’emporter, à frapper ». Tl faut noter
», parmi les dernières produetions de Van Gogh
incre qu’il conserva
léinoire nette, une
, mais non point
1 phases de dépres-
lo pas, n’écrit plus.
jugement clair, un
vilé, parfois otilran
leruenl absurde. Dai
1 et d’hébétude, il lu
peint plus. Puis, p
■t il retrouve sous sa plume ou sous son
pinceau sa lucidité, son originalité, son esprit.
D’autres ont cru pouvoir rattacher la maladie
de Van Gogh à la schizo[)hrénic qui dissocie les
idées, dislo([ue la personnalité huinainc, qui con¬
duit à substituer la fantaisie à la réalité, à se con-
cetitrcr en soi-même (autisme). Or, il ne semble
pas ((lie la [lersonnalilé de à'incenl ail subi celle
évolution aboutissant j)res([ue fatalement à un
grand amoindrissement mental. 'J’el il fut dans sa
jeunesse, tel on le trouve à (feu près aux derniers
leiiqis (le sa vie.
Le !)'■ Edgard Leroy a envisagé une autre
hypothèse. Pour lui, la folie de Van Gogh se rap-
(U'oclie des formes décrites sous le nom de psy-
clioscu rjiHcjiioïilcn, qui s’expriment par des crises
entrecoupées de rémissions complètes, pendant
lesquelles la personnalité, les facultés intellec¬
tuelles et affectives, restent celles qui appartien¬
nent en propre au lualade. Vincent n’eut pas
d’attaques convulsives (sà mère en aurait eu,
paraît-il). Il ne s’agirait pour lui que des équiva¬
lents psychiques du mal comitial, de ces états dits
aussi la brusquerie de ses crises, qui éclataient
sans raison, enfin, leur terminaison suivie d’abat¬
tement, de sommeil, et surtout de cet oubli
[(l'csque absolu des faits survenus pendant
l’absence. Fols sont les argumeuls, assurément
plausibles, en faveur de cette thèse. Un tel dia¬
gnostic n’exclut pas d’ailleurs la possibilité
d’accès, épisodiques sous, forme de manie aigtië
avec impulsions suicides et homicides (Vincent
n’a-t-il pas dirigé le rasoir et le revolver
autrui et sur lui même ?). On peut
r aussi dans
ses phases de mysticisme une autre modalité de
sa psychose épileptoïde. Au surplus, son mal
était familial : son frère Théodore mourut six
mois après lui dans un asile d’aliénés d’Utrecht.
Quelle que soit la sagacité de l’analyse psychia¬
trique, la nature de la folie de Van Gogh reste
encore un problème qui soulèvera plus d’une
discussion. Les maladies de l’esprit sont entourées
de tant de mystère !
Mais üne autre question se pose : les étapes
psychopathiques de la vie du Van Gogh peuvent-
elles se reconnaître dans sa peinture? — Non,
disent les fervents de l’artiste, que ce soit le
Vincent hollandais de là (( Ihànière noire », Où
le coinpagnon des impressionnistes parisiens,
l’amourèux dit soleil arlésien, le pensionnaire de
SaihtMIémy, le visionnaire d’Aüvers-sur-Oisé,
Vinèent est toujours Vincent ; sa manière,- son
sentiment, son coloris lui appartiennent èn
propre ; ni l’ûge, hi les événements; ni la maladie
nè les ont déllorés. Et il est vrai que sur les pre-
liilèrés productions coiiiirie sur lès dernières on
rélrouve l’cmpreiritè de la inênië individualité.
Van Gogh est à la fois naïf et profond, réaliste et
idéaliste, véridique cl plein dé fantaisie;
Pourtant, lorsqu’on regarde attentivcmeiil lés
œuvres qu’il a exécutées pendant son interne¬
ment à SaintMlémy de Provence, oli ne peut
méconnaître que pliiSieiirs d’entre elles témoL
giiënt d’un déséquilibix* qui va s’exàgérânt; Sans
doute, un portrait coininè celui dè Vincent; après
la mutilation de son Oreille, est encore du meil¬
leur Van Gogli. Mais Ses ci grands pins deVànt le
quartier des homtnes » Sont à lu fois
puérils et diVagants. Sans vouloir que
tous les cyprès soièltt, comme sur les
tableaux des primitifs italiens, de som¬
bres et rigides fers de lance transjter-
(.■ant l’azur dii ciel, on hésite à recon¬
naître ces arbres datiS les a flahirties
dè punch » (le mot èst de Vincent lui-
mème) qui se tordent au milieu de là
campagne provençale. Quelle que soit
la magie du soleil et de la poussière,
ou la furie déformante d’un mistral
déchaîné, ces images semblent moiHs
l’exjiression d’une émotion artistique
qüc d’une vision d’halluciné. Etl’bnne
peut s’empêcher de leur irOuvër plus
d’une ressemblance aVec les dëSsihS
que dans nos asiles les aliénés répè¬
tent avec profusion.
Plus profonde apparaît encore la déchéance
dans les peintures de la période ultitne, à AuVei'S-
sur-Oise.
Les (( Oiseaux noirs » s’éparpillent dans Un
paysage disloqué où la terre et le ciel sbnl en
plein cataclysme. Et là <( Mairie d’Auvers »,
peinte quelques jours avant la crise finale, n’est
plus que l’œuvre désaxée d’un cerveau qui se
désagrège, d’une maih débile et trémulante dont
le dernier sursaut deviendra meurtrier.
Van Gogh, assurément, fût toujours hostilè au
trait correct, il lui manqua sans doute dè s’êiré
adonné au dcs.sin dès le jeune âge Ct l’on retrouve
dans toutes ses œüvrès des tCaceà de cette impé¬
ritie. Les proportions, la perspective l’irritaient
par la rigidité de leurs lois. Il est rare que, dans
un visage, il face les deux yeUx symétriques et
qu’il s’astreigne à figuèer l’arc régulier dès pau¬
pières. Il casse les lignes droites par de brusques
ressauts de sa main ; par contre, il multiplie les
courbures jusqu’à la forme serpentine. Toutes
ces particularités de sa manière se sont exagérées
pendant les dernières années de sa vie, témoi¬
gnant de cét affaiblissement de la rnàîlrise qui;
chez lui, fut accéléré par les progrès de sOn mal;
On ne peut donc pas dire que la folie de Van
Gogh fut sans influence sur ses productions,
eomme on ne saurait soutenir qu’il lui dut son
talent
184
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Février 1929
N» 11
rclroussaicnt comme si la tète s’efforçait de
hurler.
La tête séparée ressent-elle ces attouchements?
En dépit de la facilité apparente de cette ques¬
tion on ne peut formuler la réponse aussi aisé¬
ment que quand on pose la question : la tête
réagit-elle à ces attouchements?
Pour résoudre çette question on faisait l’expé^
rience suivante : on prenait une lampe électrique
ordinaire (de la force de 50 bougies), on la pla¬
çait à 1 m, des yeux ouverts de la tête séparée et
ensuite on faisait la lumière et on l’éteignait. Les
yeux de la tête séparée se fermaient aussitôt que
le rayon de lumière les éclairait.
Ou s’esl rendu compte que les autres organes
de la tête séparéb réagissaient aussi à l’irritation.
.Si l’on Miel du vinaigre sur les lèvres ou la langue
de la tête, elle fait un mouvement de langue
comme pour se lécher et sa bouche sécrète la
salive. Pour expérimenter la réaction de la tête
aux substances do goût fortement désagréable,
on lui introduit dans la bouche du coton imbibé
d’une solution de guimine. La tête a réagi par
des mouvements de langue pour rejeter ce coton.
l'iu. a, — Suivi vance du système nerueux central
dans des eundHians artificielles.
Avec t'iirirl (lu ronctioniicmcnt do l’uulo-iujocUuir, s’un'ùle
iiussi lu cinMilaliou urliri(M(dle dans la UHc séparée et
cet arict jx'uvocjue une série de pliéiiomèiics typiques
d’airauio cl de inorl. La Icle coinmeucc il ouvrir large-
c’esl-à-dirc elle a l'éagi comme l’aurait fait un
animal normal.
Dans certains cas la tête sécrétait des larmes,
elle pleurait. Au Congrès Panunioniste des phy¬
siologistes ôn a fait la démonstration de presque
tous CCS phénomènes de la tête séparée. Non seu¬
lement la tète a réagi vivement à tout attouche¬
ment le plus léger, au souffle, à la lumière de la
lampe, mais même elle a avalé un morceau de
fromage, <pi’on lui avait mis dans la bouche et
qui est tombé par l’œsophage tranché.
L’arrêt de la circulation artificielle du sang
dans la tête séparée provoque une série de phé¬
nomènes typiques pour l’agonie et la mort. La
tête commence à ouvrir largement la bouche
comme pour s’efforcer à respirer, scs prunelles
s’.agrandissent fortement et ses yeux, perdant
leur aitparence (( de vie », deviennent morts et
vitreux.
La capacité de réagir à l’irritation disparaît et
vient une immobilité complète. Toute personne
observant ces phénomènes ne peut conserver nul
doute que c’est le moment où a lieu l’agonie et la
mort.
La supposition que la tête séparée meurt im¬
plique clairement que jusqu’à ce' moment elle
était vivante attendu que ce n’est qu’un être
vivant qui peut mourir.
Une autre série de faits nous oblige à changer
nos idées établies sur la mort comme processus
final sans retour possible à la vie.
Au cours de l’une de nos expériences, le chien
est mort avant la fin do l’opération de là sépara¬
tion de tête. Nous avons continué pendant
huit minutes encore notre .opération sur un
cadavre et ce n’est qu’après cela que nous éta¬
blîmes la circulation artificielle du sang Pendant
trente mintites nous n’obscrvàrnes aucun signe de
vie, mais ensuite commencèrent des mouvements
à peine perceptibles, puis la tête se mit à réagir
vivement à l’irritation, ce qui continua encore
pendant presque une heure et demie.
Cette expérience, et d’autres analogues, ont
démontré la possibilité de faire revivre le sys¬
tème nerveux central quelque temps après la
Gymnastique respiratoire
du nourrisson
par la tétée physiologique
Jja fonction respiratoire il, dans la vie de l'or¬
ganisme humain, uiui telle importance (pi’une des
préoccupations les ]ilus constantes des mères et
des médecins devrait être de s’assurer, pendant
tout le cours de la croissance, de la perfection de
la respii-ation. L’éducation de la fonction respi-
riitoire doit commencer le jour même de la nais-
Aux nondireuses alfeciions inlrinsèiiues des
cavités du ne/, et du pharynx qui gênent la resjii-
ration purement nasale, Pierre Robin, médecin
stomatologiste de l’hôjiital des Enfants-Malades,
a montré dans de jiornbrcuses publications, à
l’Académie de Médecine en particulier, qu’il faut
t'ig. 1. — Moutou fuyant dans la glossoplosc.
ajouter la chiile ilr: la hase do la langue en arriére
et en bas. Celle glos.soptosc rétrécit le jiharynx
buccal, appuie sur l’épiglotte et obstrue l’ouver¬
ture supérieure du larynx; celle glossoptose
s’accompagne d’une dysinorp/iosc atrésiqnc du
maxillaire inférieur. La glossoptose se caracté¬
rise cliniquement par une gêne respiratoire, un
rapprochement des angles de la mandibule et un
menton fuyant.
Pierre Robin fait observer qu’un enfant né
normal ou celui qui naît avec un menton fuyant
peut voir croître ou augmenter la déformation du
fait de la manière de tétei’ soit au sein maternel,
soit au biberon. Par contre l’enfant maintiendra
et perfectionnera sa perméabilité rénale en létant
d’une façon physiologique.
Chez les quadrupèdes ruminants, dit Robin, le
petit veau, par exemple, tète debout; il prend le
pis dans sa bouche, tend le cou et propulse sa
mandibule en avant à chaque succion. Chez les
, bipèdes anthropo’ides, le petit Ringc_est tenu droit
contre le thorax de sa mère aux poils de laquelle
il s’accroche des quatre mains.
Pierre Robin explique que la fonction physio¬
logique de donner à téter doit se faire de telle
manière (jue le nourrisson ait le thoray: droit.
Vig. 3. — Lu ti!t(?o nu Centre Afrique.
(juil tonde le cou et propulse le menton on avant à
ehaque succion.
Cette façon de donner à téter aux en fants est celle
de laplupart des femmes sauvages comme on le voit
sur les deux photographies ci-jointes prises l'une
aux Philippines, l’autre dans le centre Afrique.
C’est l’inverse de çe que font les nourrices
européennes qui s’asseyent bas ou appuient les
pieds sur un tabouret, croisent les jambes et ren¬
versent en arrière, plus ou moins couché sur le
dos, le nourrisson qui doit! ployer le cou pour
téter pendant que le sein pèse sur son menton
fragile et malléable. P. Desfossf.s.
N” 12
LA PRESSE MEDICALE
9 l-'évrler 1929
MARCEL LERMOYEZ
(1858-1929)
A la liste funèbre qui, depuis plusieurs seiriaines,
jolie un voile de deuil sur An Prenne Médicale, il
faut ajouter un nouveau noiii : Lcrnioyez qui, en
1893, fut un des fondateurs de ce Journal, est
mort le 1"'' février.
Avant de poursuivre notre roule et de conti¬
nuer, avec les collègues éminents qui se sont
joints à nous, les belles traditions qui ont si
largeinonl contribué au magnifique éitanouisse-
inent de La Prenne Médicale, qu’il nous
soit pcrinis de donner un pieux souvenir
à celui qui, pendant longtemps, fut un
des meilleurs et des plus dévoués conseil¬
lers de notre Comité scientifique. Pour
faire son éloge, il nous suffira de rappeler
simplement les principales étapes de sa car-
Orphelin très jeune, n’appartenant pas à
une famille médicale, Marcel Lermoyez avait
abordé, presque sans guide, les éludes de
médecine, ce qui ne l’enipècha pas d’élre
reçu interne des hôpitaux, dans la proniolion
de 1880 : il avait à peine 23 ans. Et tout de
suite scs Maîtres, scs camarades qui devin¬
rent scs amis, étaient charmés par cm jeune
homme de petite taille, d’allure vive, aux
yeux pétillants de finesse, è la parole brève,
à l’esprit prime-saulier, légèrement ironique,
volontiers paradoxal, avec un grain de
pessimisme. Son intelligence largement
ouverte à toutes les conceptions de la science
et de l’art, sa mémoire prodigieuse, ses
aperçus originaux contribuaient à faire de lui
un inconq)arable causeur.
Interne de Gouguenheim, il commença à
s’intéresser ;\ la laryngologie ; il publia,
avec son Maître, un livre sur la physiologie
de la voix et du chant (hygiène de chanteur) :
sa thèse portail sur des éludes 'expérimentales
de la phonation; ce qui ne l’éloignait pas trop
de son goût très vif pour la musique. Voilà
comment, disait-il quelquefois, je suis devenu,
par hasard, laryngologiste.
A celle épocpie, pour un ancien interne dési¬
reux de concourir, la laryngologie n’ouvrait pas
la porte des hôpitaux. Délaissant momentané¬
ment la spécialité, il prépara les concours, et cinq
ans après la fin de son internat, en 1891, il était
nommé médecin des hôpitaux. D’ailleurs, pas
plus après qu’avant cette nomination, il ne pou¬
vait avoir un service, pas même la moindre petite
consultation spéciale dans les hôpitaux. Et c’est
alors ([u’il se décida à aller se perfectionner à
Vienne, auprès du célèbre Polizer, dont il louait
souvent la technique et renseignement.
Rentré à Paris, il va déployer toutes les res¬
sources de sa belle intelligence, de son travail, de
sa ténacité afin de s’imposer comme laryngologiste.
Il ouvre une clinique privée, fonde les Aniialcn de
l'oreille et du larynx, passe successivement dans
flivnrs hônilaiix et c’est seulement en 1898.
vice de spécialité, le pi’emierdans les hôpitaux de
Paris.
C’est la période la plus féconde de sa vie médi¬
cale. Bientôt les malades affluent dans cette cli¬
nique, qui devient un grand centre d’enseigne-'
ment. Il fait un cours libre, des conférences ,
cliniques, un cours élémentaire et un enseigne¬
ment complet à deux degrés d’O. R. L., avec
des collalmrateurs tels (pie Georges Laurens,
Hantant, àloulonguet et d’autres. 11 fait jiaraître
|)lusieurs ouvi-ages, sur renseignement de l’ollio-
rhino-laryngologie à la Faculté de (Médecine de
Vienne, sur la thérapeutique des maladies des
fosses nasales, dos sinus de la face, de l’oreille,
Il écrit des articles didactiques, pour les 'l’railés
de Bouchard, de Robin, de Grancher et Comby.
Dans les journaux spéciaux, dans La Prenne
Médicale, à l’Académie de Médecine, il jniblie
une foule de travaux sur les diverses branches
de sa spécialité. Prévoyant l’énorme développe¬
ment ‘qu’allait prendre l’électricité médicale en
général, en O. R. L. en particulier, et constatant
chaque jour combien insuffisantes les connais¬
sances des médecins sur ce point, il se met à la
besogne et public un volume, Xolionn praliquen
d' électricité h V Usage don niédeeinn, on l’on retrouve
toutes les belles qualités de méthode cl de clarté
de son enseignement. Sur l’exemplaire qu'il
m’envoyait, au-dessous de quchpies mots affec¬
tueux, il écrivait : <c Pour commencer ton insti’uc-
tion. » Et do fait, pendant longtemps, son livre
nous a rendu d(^ grands services à tous, jeunes et
Membre de la Société française d’oto-rhino-la¬
ryngologie depuis sa fondation, il faisait ])artic
de presque toutes les Sociétés similaires à l’étran¬
ger, cl dans les Congrès internationaux, son au¬
torité s’imposait toujours davantage par sa grande
érudition et la force de sa dialectique.
Dans la belle leçon inaugurale de la Cliniqi
oto-rhino-laryngologi(pic de la l’acuité, en 191i
le professeur Sehileau lui rendait un juste hon
mage en disant .( en quelle admiration il tena
ce camarade éminent et modeste, qui a ])ris ur
si grande ])lace parmi ses pairs ».
Lermoyez a appartenu à cette génératic
qui. faute de concours spéciaux, ne pouvait ])r<
tendre entrer dans les hôpitaux ou les h’acult(
([u'en suivant la filière des concours de médecii
ou de chirurgie. La nécessité de celle consi
eration générale était-elle préférable? Je r
me juirmeltrai pas de trancher la (piestioi
craignant d’c'tre accusé de ])artialilé dans me
jugement. On ne jieut s'empêcher cependai
de constater l’essor que Lermoyez, médecin d(
hôi)itaux, que Sebileau, agrégé d’analom
et chirurgien, ont contrihué à donne]-
l'oto-rhino-laryngologie française ((ui, tai
venue dans les hôpitaux et les Faeulo
(ju Ecoles, a pris un si magnifupie dévelo]
l.ei-nioyez a toujoui-s vécu une vie discrè
et familiale. Au monde, dans lecpiel il aura
pu faire figure et briller par son esprit,
préférait son confortable chez lui, ses livre
ses collections : il avait même ])elit à |)el
renoncé aux grands voyages, ([u’il avait bea
coup aimés dans sa jeunesse.
11 avait épousé la fille de notre (Mail
Léon Labhé ; elle a été pendant plus (
(piaranle ans la conqiagnc aimante, d’i
dévoneinenl cxcpiis, éloignant de son ma
1(! ])lus possible les petits heurts de la vi
aux(piels il était parliculh-remenl seusibl
cherchant à apaiser des souffrances ph
sicpies. Ires réelles, dont il s'exagérait [la
fois la gravité. Elle a été et reste poi
scs enfants la vraie mère de famille fra
Avec les années, la santé de Lermoy
devenait plus précaire. La grande guerre
le cortège d’angoisses j)atrioliques et fait
liales qu’il eut à supporter, avaient assoi
hri son caractère.
Puis c(( fut l'alrocc douleur. En 1923, s(
fils Jac([ues, grand blessé de guerre, (pic no
aimions tous, devant Icipiel s’ouvi-ail une bel
carrièi-e médicale auprès de W’idal cl de Sica
qui l’avaient attaché à leurs laboratoii-es, ét:
emporté en quelques 'semaines par une m
ladic infectieuse, revêtant prcs(|ue des allur
foudroyantes.
Lermoyez fut inconsolable : pendant longlenq:
il s’enferma dans un isolement farouche et, im
gré tous les conseils, il suivit une diiploral:
hygiène, qui accentua les troubles circulaloir
dont il avait déjà souHérl. Il va trois semain
à ])einc, un incident, une iietitc hémorrag
sous-rétinienne, sonnait l’alarme d’un pronos
plus grave et, dans la nuit de vendredi, nol
pauvre ami était enlevé brusquement par u
' embolie.
Que M"'“ Lermoyez veuille bien trouver :
les très respectueuses condoléances de La Prêt
Médicale -, (pie ses enfants, que son gendre, nol
collègue et ami Chevassu, reçoivent rex])i-cssi
de notre douloureuse symtialhie.
N” 12
9 Février 1929
TRAVAUX ORIQINAUX
IMPORTANCE
DU
L’ÉTUDE DES ÉLÉMENTS FILTUÀBLES
DANS LA PATHOGÉNIE ET LE DIAGNOSTIC
DE LA TUBERCULOSE’
O. PAISSEAU J. VALTIS il A. SAENZ-
Les travaux récents ont mis en évidence la
présence, dans les cultures de bacilles de Koch
et dans les produits patliologi(pK‘s tuberculeux,
d'éléments capables de traverser les bougies
poreuses do porcelaine qui retiennent les bacté¬
ries visibles. Ces éléments, inoculés au cobaye,
provoquent une infection présentant un caractère
spécial ([ui dilfère de la tuberculose expérimentale
classique de cet animal. Les particularités de
cette tuberculose atypique peuvent être résumées
comme il suit :
Les cobayes inoculés avec ces éléments liltra-
bles du bacille de Koch ne jirésentent jamais,
même après une survie qui peut dépasser six à
huit mois, le chancre d’inoculation et l’adénite
satellite caséeuse, non plus que les lésions nodu¬
laires que l’on obtient habituellement par l’ino¬
culation d’un produit tuberculeux ordinaire.
Par contre les ganglions voisins des ]>oints
inoculés se tuméiient. Parfois cette tumelaction
est légère; d’autres fois, ils atteignent le volume
d’une petite noisette. Puis ils disparaissent entre
la troisième et la quatrième semaine pour rede¬
venir normaux.
A l’autopsie des animaux qui sont sacriliés ou
qui succombent, soit à une maladie intercurrente,
soit avec un syndrome d’amaigrissement progres-
.sif, on ne trouve aucune lésion ganglionnaire
caséeuse mais tout le système lymphati(iue et
surtout les ganglions lombaires et trachéo-bron¬
chiques sont tuméfiés.
Les ganglions sont durs et contiennent parfois
un pus li(iuidc constitué jiresque uniquement par
des polynucléaires. Dans les frottis de ces gan¬
glions, on peut déceler des bacilles aeido-rcsis-
tants typicjues que l’on trouve après une recherche
souvent minutieuse et prolongée. Ces bacilles
sont, soit isolés, soit groupés en amas de plusieurs
éléments qui se rencontrént le plus souvent en un
même point de la lame. La présence de ces bacilles
constitue le témoignage bactériologique essentiel
de l’infection par l’ultra-virus tuberculeux.
En effet, ces bacilles paraissent posséder une
virulence tout à fait spéciale puisque, comme
l’ont vu J. Valtis, Arloing, Dufourt et Malarlre,
Nélis, F. R. Parloarroyo, Ralj)h Mellon et Elidj
Jost et enfin A. Saenz, la réinoculation des lésions
bacillifères développées chez le cobaye à la suite
d’inoculations de filtrats ne provoque pas chez cet
animal une tuberculose classique, mais reproduit
la même forme clinique que déterminent directe- •
ment les filtrats, avec présence de bacilles tuber¬
culeux. Cependant tandis que dans certains cas,
même après 5 passages, les bacilles issus des
éléments filtrables ne récupèrent pas la virulence
de la souche dont ils sont issus, pur contre, dans
d’autres cas, comme l’ont vu J. Valtis, L. Nègre,
A. Roquet et M‘‘“ Certonciny, ainsi que Arloing
1. Pour la bihliogrupliio géncrnle consulter ; A. Cal-
METTE. — « Les lUéments liltrables (lu viras tubercu¬
leux >'. Uull. tnttiUit Patteur, Ml Oclobro UIM«, t. XXVI,
p. .189. -- .1. Vaitis. (I Les étéinenis liltrables ilu bacille
de Kocli et leur riile dans ITiérédité tuberculeuse ». Pnn's
médical, Janvier 19M9.
et Dufourt, R. Durand, Kourilsky et R. Benda,
on peut arriver après 3 à 4 passages à renforcer
cette virulence et à obtenir la tuberculose clas¬
sique.
Plus récemment, A. Saenz a pu, avec quatre
souches différentes d’ultra-virus tuberculeux,
obtenir chez le coliaye, après trois passages inter¬
médiaires, des lésions tuberculeuses nodulaires
typiques.
Cette déi’ouverte bactériologique no devait pas
tarder à soulever des questions de la plus grande
importance en pathologie humaine lorsque fut
démontrée la présence, dans l’organisme humain,
de bacilles acido-résistants comparables aux élé¬
ments issus de la filtration de produits tuberculeux
et obtenus par l'inoculation de produits non
filtrés. Cette notion a été établie dans deux caté¬
gories de faits de signification sensiblement diffé¬
rente.
Le travail fondamental de MM. Calniette,
J. Valtis et M. Lacomme a apporté la preuve
qu’on pouvait obtenir cette infection atypique du
cobaye non seulement par l’inoculation de filtrats
tuberculeux, mais aussi par l’inoculation des
organes et ganglions mésentériques macroscopi¬
quement sains d’enfants ou de fœtus issus de
mères tuberculeuses.
Mais, dans une autre série d'observations, la
même tuberculose atypique du cobaye a été pro¬
voquée par l’inoculation de produits, également
non filtrés, mais provenant do lésions humaines
soit cliniquement suspectes de tuberculose, soit
même franchement tuberculeuses, lésions en
activité et parfois graves.
C’est de cette catégorie de faits que nous nous
occuperons seulement ici, sans aborder la très
importante question de l’hérédité tuberculeuse et
de la inort inexpliquée des nouveau-nés issus de
mère tuberculeuse, soulevée par les travaux de
MM. Calmette, Valtis et Lacomme et de MM. Ar¬
loing et Dufourt.
. Un certain nombre d’observations en ont été
rapportées par MM. Pai.sseau et Vialard, P. Bon-
ciu et V. .Ionesco, .1. Valtis et M‘‘” .1. Misievvicz,
A. Saenz, Pai.sseau et Oumansky, Armand-Delille
et Saenz, Debré et Bonnet, Paisseau et Oumansky.
MM. E. Sergent, IL Durand et R. Benda ainsi
que IL Durand, R. Kourilsky et R. Bouda ont
également observé des faits analogues à certains
égards. Dans les cas typiques que nous envisa¬
geons, l’inoculation directe, sans filtration préa¬
lable, de jiroduits pathologiques divers ; sérosités
articulaires, sang de tuberculeux, kystes du corps
thyroïde, li([uide d’hydrocèle, urines de malades
cliniquement suspects de tuberculose rénale,
foyers d’ostéite tuberculeuse, a provoqué chez le
cobaye une tubercidose atypique stricte. Les ani¬
maux ont été sacrifiés dans des délais dépassant
largement la durée de l’évolution de la tuberculose
expérimentale classiipie dejmis six semaines au
minimum jusqu’à plus de six mois. Ils ne pré¬
sentent pas de chancre d’inoculation ni d’amai¬
grissement; les réactions à la tuberculine sont
souvent positives, cpioique inconstantes. A l’au¬
topsie, tous les viscères sont indemnes ; seul le
système ganglionnaire, lombaire, rétro-héjiatique,
trachéo-bronchicpie, axillaire et sous-maxillaire,
présente une hypertrophie manifeste, mais sans
lésions caséeuses, et on retrouve, sur les frottis
des ganglions tuméfiés, des bacilles acido-résis¬
tants rarement nombreux, le plus souvent en
petite quantité et généralement disposés en amas,
décelables après de longues et attentives recher¬
ches.
Les réinoculalions successives, poussées jus¬
qu’au troisième passage, donnent les mêmes résul¬
tats. Des animaux témoins ont été conservés
pendant quatre à six mois sans jamais devenir
porteurs d’aucune lésion viscérale. On est autorisé
à conclure de ces faits que les produits patholo¬
giques inoculés ne contenaient pas de bacilles
tuberculeux pathogènes de virulence normale,
mais un bacille acido-résistant qui s-’est comporté
chez le cobaye exactement comme la forme issue
des éléments filtrables du bacille de Koch et qu’on
désigne aujourd’hui sous la dénomination com¬
mode d’ullra-virus tuberculeux.
Cependant, au cours de nos expériences, nous
avons rencontré certaines anomalies. En effet,
dans quelques cas on peut observer d’importantes
réactions ganglionnaires soit au point d’inocula¬
tion, soit au niveau des ganglions lombaires.
Parfois il s'agit des réactions locales oonmJos qui
se produisent lorsque les pyogènes ont été ino¬
culés avec des produits tuberculeux ; mais d’autres
fois on rencontre, soit au point d’inoculation,
soit au niveau du système lymphatique lombaire,
des ganglions franchement suppurés dont le pus,
constitué par des polynucléaires, contient unique¬
ment des bacilles acido-résistants en très grand
nomLro. Ces ganglions, à l’inverse des adénopa¬
thies tuberculeuses classiques du cobaye, ne se
fistulisent pas et régressent spontanément. Des
constatations analogues ayant été faites avec les
filtrats, ces faits tendent également à montrer une
analogie certaine avec les lésions produites par
l’inoculation des filtrats tuberculeux.
On conçoit que l’inoculation de produits non
filtrés risquant d’introduire dans les expériences
une cause d’erreur inhérente à l’association do
bacilles tuberculeux pathogènes normaux aux
éléments fillrables, cette expérimentation doit
être conduite avec une technique particulièrement
rigoureuse. La technique que nous avons adoptée
dans le laboratoire de M. le professeur Calmette
est la suivante :
En préson(;e d’un produit provenant d’une
lésion suspecte de tuberculose, il est indispen¬
sable de procéder à l’inoculation' sous-cutanée du
plus grand nombre possible de cobayes. En gé¬
néral, on inocule 4 à 6 cobayes pour chaque pro¬
duit. Si, pendant le premier mois, il n’y a pas eu
de mort spontanée d’animaux inoculés et inutili¬
sables, on sacrifie un premier animal le trentième
jour de l’inoculation. Cette manière de faire est
nécessaire parce que, comme nous avons pu le
constater, il peut arriver que des animaux ino¬
culés soit avec des filtrats, soit avec dos produits
pathologiques non filtrés, éliminent après ce délai
les bacilles qu’ils hébergent dans leur système
ganglionnaire.
A l'autopsie, ddux éventualités sont possibles,
lorsque le résultat de l’inoculation est positif :
On peut se trouver en présence des lésions que
l’on observe au début do toute infection tubercu¬
leuse classique, c'est-à-dire ganglion satellite au
point d’inoculation avec des foyers caséeux, gan¬
glions lombaires symétriques hypertrophiés et
souvent caséeux, hypertrophie de la rate sur
laquelle on peut distinguer de petites granulations,
le tout contenant des bacilles on abondance. Dans
ce cas, il s’agit d’un produit contenant dos bacilles
tuberculeux adultes do virulence normale. Ou
bien le cobaye sacrifié ne présente aucune lésion
viscérale tuberculeuse, on constate seulement
une adénopathie généralisée présentant les carac<
tères suivants : les ganglions qui peuvent atteindre
lès dimensions d’un pépin de citron sont indurés
mais jamais caséeux, quoiqu’ils contiennent par¬
fois un pus liquide à prédominance de polÿnu-s
cléaires. Dans les frottis de n’importe lequel de
ces ganglions, mais plus facilement dans les gan-^
N“ 12
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
187
glions trachéo-bronchiques, on trouve, après une
recherche longue et patiente, des bacilles tuber¬
culeux acido-résistants typiques en petit nombre.
Plus rarement on peut les trouver avec facilité et
en grande abondance.
Si la recherche a été négative pour- le premier
animal d’une série, on sacrifie successivement un
second puis un troisième cobaye.
Les lésions bacillifères doivent être, après
broyage, réinoculées à un cobaye neuf et doivent
provoquer le même type de l’infection tubercu¬
leuse. Ce n’est qu’après un troisième et un qua¬
trième passage que l’on arrive parfois à remonter
la virulence de l’ultra-virus et à produire une
tuberculose classique.
Dans toute série on doit conserver deux ani¬
maux inoculés directement avec le produit patho¬
logique pendant le délai de cinq mois au minimum,
nécessaire pour écarter toute possibilité d’une
tuberculose classique tardive. •
Quelle signification est-on autorisé à attribuer
à une forme atypique de la tuberculose si exacte¬
ment comparable à l’infection produite par les
filtrats et obtenue dans des conditions expérimen¬
tales aussi strictes ?
Nous ne pensons pas qu’elle puisse être inter¬
prétée comme une infection pauci-bacillaire. En
elfet, Bruno Lange, Lœwcnthal, ainsi que l’un de
nous, ont montré qd’il suffit d’inoculer à un
cobaye quelques unités de bacilles de Koch pour
produire toujours le type habituel de la tubercu¬
lose expérimentale avec ganglion satellite caséeux
et lésions viscérales nodulaires.
Dans nos expériences, il ne s’agit d’ailleurs plus
de l’inoculation de quelques éléments bacillaires
puisque nous retrouvons sur les lames des bacilles
eri amas, parfois même en très grande abondance.
Ce fait seul suffit à démontrer que la forme aty¬
pique de la tuberculose ainsi obtenue chez le
cobaye avec des produits non filtrés est due à la
présence d’un bacille de virulence atténuée, pré¬
sentant exactement les mêmes caractères que les
bacilles acido-résistants issus de l’iiltra-virus
tuberculeux. D’ailleurs on retrouve dans la litté¬
rature plusieurs faits qui viennent confirmer
cette manière de voir.
C’est ainsi que A. Stanley Griffith*, Weber et
StilTehagen*, Eber“ et Burnet* et enfin la Com¬
mission anglaise’, en partant de lésions articu¬
laires ou ostéo-articulaires, ganglionnaires cuta¬
nées, hydarthrose chronique, kystes du cordon
spermatique, ont pu isoler des bacilles humains
acido-résistants typiques, avirulents pour le co¬
baye. Ce n’est qu’après trois quatre passages
intermédiaires que ces bacilles arrivent parfois à
récupérer leur virulence et à provoquer des
lésions de tuberculose classique.
Dès à présent et en l’état actuel de la question,
on peut tirer, des faits que nous venons d’exposer,
un certain nombre de conclusions.
1° Il ne paraît plus discutable que la technique
de la recherche du bacille de Koch par l’inocula¬
tion au cobaye doive être révisée ; il semble acquis
que l’absence de lésions viscérales chez un animal
qui succombe ou est sacrifié dans les délais consi¬
dérés comme suffisants, vers la sixième semaine,
ne permet pas de conclure à l’absence de bacilles
tuberculeux dans les produits inoculés. L’examen
1. Stanley Guiffith. — Journ. of Pathol, and Bacter.,
Février 1920, t. X.XIII, p. 129.
2. Weber et Stifpehagen. — Ârb. aus. d. k. Gesuqd-
heiUamte, 1912, fasc. 2, p. 419.
3. Eber. — Cenlralbl. f. Baktcriol, orig., t. LIX.
4. Burnet. — Ann. de l’Institut Pasteur, 1912, t. XXVI,
p. 878.
6. Final Beport, p. 16 (en note).
doit être complété par une étude attentive du
système lymphatique et, en cas d’hypertrophie
ganglionnaire, par la recherche attentive et pro¬
longée des bacilles sur les frottis du suc ganglion¬
naire. Lorsque cette recherche est positive, des
animaux témoins doivent être conservés pendant
quatre à six mois pour permettre de différencier
une tuberculose tardive d’une tuberculose atypique
à bacilles avirulents.
2“ La complexité de cette méthode n’en fait pas
un procédé applicable à la clinique courante, mais
elle semble appelée à devenir le procédé de choix
pour l’étude des relations d’un certain nombre
d’états pathologiques dont l’étiologie est douteuse
avec la tuberculose. Il en est ainsi des tuberculoses
inflammatoires sur lesquelles nous reviendrons.
PeuUêtre aussi permettra-t-il d’élucider le pro¬
blème des septicémies tuberculeuses : on sait que
la recherche des bacilles dans le sang par le pro¬
cédé des inoculations a donné des résultats posi¬
tifs rares et inconstants qui s’opposaient à la
fréquence des cohstatations fournies par les
méthodes de bacilloscopie directe, dérivées de
l’homogénéisation et de l’inoscopie de Jousset.
hiais ces méthodes n’ayant pu faire la preuve (jue
les bacilles acido-résistants qu’elles révélaient
étaient bien des bacilles tuberculeux pathogènes,
cette question était restée en suspens. Or, un
certain nombre d’observations concordantes de
MM. P. Bonciu et Jonesco, J. Valtis et M”“ Mi-
siewicz, Armand-Delille et A. Saenz, B. Debré
et Bonnet, Paisseau et Oumansky, semblent dé¬
montrer la présence fréquente, dans le sang des
tuberculeux, au cours d’épisodes divers, des
éléments issus de l’ultravirus tuberculeux. Ces
faits donnent à penser que la recherche du bacille
tuberculeux dans le sang par l’obtention expéi-i-
mentale de la tuberculose atypique pourrait per¬
mettre de mettre au point la question des septi¬
cémies tuberculeuses.
3° La production, dans certains cas, par inocu¬
lation directe, sans filtration, de produits patho¬
logiques tuberculeux d’une tuberculose atypique,
tend à démontrer que ces produits contiennent, à
l’exclusion de bacilles de virulence normale, un
bacille acido-résistant de virulence, atténuée exac¬
tement comparable à celle de l’ultravirus. Gom¬
ment expliquer la présence d’un bacille dont le pou¬
voir pathogène est si atténué dans des lésions en
activité présentant parfois tous les caractères
d’une tuberculose active ?
Ainsi se trouve posée la question du rôle
pathogène des éléments bacillaires issus de l’ul-
travirus tuberculeux. Il nous paraît préférable,
ep l’état actuel de nos connaissances, de réserver
encore l’interprétation de ces faits.
Il convient toute'fois de ne pas perdre de vue
qu’il existe, dans la conception actuelle de la
tuberculose, un certain nombre de lacunes qui
autorisent à penser que des connaissances nou¬
velles peuvent être encore nécessaires à son étude,
soit que la doctrine bactériologique classique
reste impuissante à fournir une explication satis¬
faisante de certains faits, soit même qu’ils appa¬
raissent en désaccord avec elle.
On connaît tout d’abord certain nombre d’états
pathologiques dont les relations cliniques avec la
tuberculose paraissent certaines pour les uns, ou
très vraisemblables pour les autres. Cependant
on ne retrouve pas dans ces affections les lésions
anatomo-pathologiques qui permettraient de les
faire entrer dans le cadre de la tuberculose et les
recherches bactériologiques ne fournissent pas
de renseignements plus précis, soit que la recher¬
che du bacille de Koch reste négative, soit qu’il
n’y ait été rencontré que dans un petit nombre de
cas, en quelque sorte accidentellement, de façon
trop inconstante pour fournir une démonstration
probante. La théorie tuberculinique un moment
en faveur n’ayant pas davantage fait ses preuves,
le problème est resté^en discussion.
Ces états sont généralement groupés dans ce
qu’on est convenu d’appeler les tuberculoses
inflammatoires. On y peut comprendre principa¬
lement le rhumatisme tuberculeux de Poncet, la
scrofulo-tuberculose, certaines scléroses du pou¬
mon ou d’autres viscères, quelques variétés de
tuberculoses cutanées. On y doit ajouter certains
épisodes pulmonaires aigus, notamment du type
congestif, genre broncho-pneumonique, dont le
caractère commun est d’apparaître si souvent
comme accidents précurseurs de la tuberculose,
que les cliniciens ont toujours été tentés d’établir
des relations entre eux et cette infection.
Or, il est digne de remarque qu’un certain
nombre des observations déjà publiées concernent
justement ces tuberculoses dites inflammatoires :
liquides d’arthrites aiguës ou chroniques, kystes
thyroïdiens, liquide d’hydrocèle, pus d’ostéite
aiguë.
Dans un autre ordre d’idées, on sait depuis
longtemps que dans un certain nombre d’acci¬
dents tuberculeux aigus, tels que la granulie, la
pneumonie caséeuse, la tuberculose des noirs, la
recherche des bacilles dans l’expectoration reste
fréquemment négative. A propos d’un cas de
tuberculose des sujets neufs et d’une broncho¬
pneumonie caséeuse aiguë, l’un de nous a insisté
à plusieurs reprises avec ]\I. Lambling et avec
M"® Boegner sur l’absence des bacilles recherchés
dans l’expectoration par examens directs et par
inoculations, et sur les coupes des lésions viscé¬
rales même caséifiées, et il s’est efforcé de démon¬
trer que cette anomalie ne pouvait s’expliquer par
les notions de tuberculose fermée, généralement
invoquées. La recherche, dans les produits de
l’expectoration, des éléments filtrables que ces
considérations nous avaient engagés à entre¬
prendre sont restées négatives, mais ces faits ne
plaident pas moins en faveur d’un facteur encore
inconnu dans nos connaissances sur la tubercu¬
lose, réserves faites des manifestations allergiques
que nous avions invoquées pour les expliquer
et qui restent d’ailleurs hypothéti(]ues. Au sur¬
plus, nous ne nous sommes pas étendus sur ces
considérations pour les arguments indirects
qu’elles pouvaient apporter en faveur d’un rôle
éventuel des éléments filtrables dans la pathogénie
de la tuberculose. Mais ces faits nous ont paru
surtout intéressants à rappeler pour les indications
qu’ils apportent sur les conditions les plus favo¬
rables dans lesquelles doivent s’orienter les
recherches concernant le très important problème
que posent les notions nouvelles de l’existence de
l’ultravirus et de formes avirulentes du bacille
tuberculeux.
Travail
de la Clinique chirurgicale de la Salpétrière
■ (Prof. P. Gosset)
TRAITEMENT
DES
FURONCLES ET DES ANTHRAX
PAU LE
BACTÉRIOPHAGE DE D’HÉRELLE
Par André RAIGA
Chef de Clinique ehirurjficale ù la Faculté.
Nous avons, dans le service de notre maître, le
professeur A. Gosset, traité 120 cas de suppura¬
tions diverses par le bactérioj)hage de d’Hérelle.
Les succès presque constants que nous avons
observés nous ont conduit à étudier attentivement
les indications, les techniques et les résultats de
ce traitement.
' Nous exposerons, dans ce premier travail,
auquel nous joignons un résumé de chacune des
188
LA PRESSE MEDICALE, Samedi,' 9 Février 1929
N» 12
observations qui servirent à l’élaborer, les 45 cas
de furoncles et d’anthrax que nous avons soignés
par cette méthode.
Nous nous proposons d’étudier ultérieurement
le traitement des panaris (50 cas) et des abcès et
phlegmons : abcès sous-cutanés, abcès du sein,
phlegmons d’origine dentaire (25 cas).
Au cours de nos essais thérapeutiques, nous
avons vu croître l’importance du rôle joué par
les anti-phages qui viennent, par leur absence
ou leur présence dans le sérum du malade traité,
dicter la guérison rapide ou retardée. Nous avons
cherché alors le moyen de lutter contre cet
ennemi si dangereux du bactériophage. L’idée
nous fut suggérée d’essayer l’autohémothérapie:
les résultats que nous avons obtenus par cette
méthode nous paraissent d’un intérêt tel qu’ils
feront l’objet d’une prochaine étude dans laquelle
nous exposerons les faits cliniques concernant,
d’une part les anti-phages et, d’autre part, leurs
. rapports avec l’autohémothérapie.
Technique. — Pour traiter les 45 cas de furon¬
cles et anthrax dont les observations suivent,
nous avons utilisé 3 sortes- de bactériophages que
nous appellerons, pour la commodité de l’exposi¬
tion et pour les difl’érencier les uns des autres :
Bactériophage pohjvalent : qui se compose d’un
mélange des jihages de la flore pyogène banale,
de la flore intestinale et de la flore pulmonaire.
Bactériophage staphy ; qui contient uniquement
les pliages de plusieurs souches de staphylo¬
coques.
Bactériophage polystaphy : dont chaque ampoule
contient eu suspension dans 2 eme de bouillon
stérile.
Stnphylocoqucs-phages polyvalent. . 1.500.000.000
Strcploco([uea-i>liagc.s polyvalent. . . 1.500.000.000
Entëroooqucs-pUagcs polyvalent . . . 1.000.000.000
Coli-phagea polyvalent . 1 .000.000.000
Paeacoli-i.lmgcs polyvalent . 1.000.000.000
Pneumocoqnes-pliagcs polvvulcnt . . 1.000.000.000
• Pneiimobacilles-pliuges polyvalent. . 1.000.000.000
Prol(^us-j>hng’es polyvalent . “1 .ÜOO.OOO.OOÜ
Pyocyaniques-phaf^es polyvalent . , . 1.000.000.000
Notre technique a été volontairement très va¬
riée, pour licher de trouver la plus efficace et la
plus facile à appliquer. C’est ainsi que nous avons
fait aux uns des injections sous-cutanées de 2 eme
de bactériophage, aux autres, soit des injections
locales dans Iç foyer, soit des applications locales
au moyen de mèches, après ouverture spontanée
ou cliirurgicale de celui-ci, à d’autres enfin, et ce
sont les cas les ])lus nombreux, un traitement
mixte, local et général.
Pour chacune de ces techniques, nous avons
voulu multiplier les expériences. A certains ma¬
lades, nous n’avons fait qu’une injection sous-
cutanée, à d’autres plusieurs, jamais cependant
plus de quatre, Il en est de même des injections
locales : d’ailleurs celles-ei sont très rapidement
limitées à un nombre restreint (1 à 3 au maxi¬
mum) pour plusieurs raisons ; elles sont d’abord
assez douloureuses, tout au moins momentané¬
ment, et surtout elles pi-ovoquent très rapidement
l’ouverture du foyer de l’anthrax, ouverture par¬
cimonieuse du reste, mais grâce à laquelle, d’une
part, l’acte chirurgical se trouve réduit au mini¬
mum et, d'autre part, l’extraction du bourbillon
ou l’issue du pus collecté est d’autant facilitée; à
l’injection locale, succède tout naturellement le
lendemain ou le surlendemain l’application de
mèches imbibées de bacléiûophage.
Quant à l’acte chirurgical habituel, qu’il est
classique de diriger contre les furoncles et les
anthrax, nous l’avons délibérément écarté, sauf
dans un cas (obs. III) où l’évolution progressive
1. A. Raiga. — « Une cause d’insuccès du traitement
■pat le bactériophage de d’Ilérelle ». Journal des l’rati-
48, 1“ JJéoflinbro lü28, p. 7‘J4. ,
de la lésion et l’action nulle du bactériophage
nous ont conduit très rapidement à opérer. Dans
tous les autres cas, nous avons rejeté le bistouri
pour prendre uniquement les pinces qui nous ont
permis, soit d’enlever simplement la pellicule
d’épiderme recouvrant le bourbillon qui pointait,
soit d’extraire tout ou partie de celui-ci, soit enfin
d’agrandir l’ulcération spontanée du foyer et de
vider, le cas échéant', l’abcès sous-cutané enfoui
au milieu de la base indurée du furoncle.
Evolution. — A la 'suite dû traitement, quelle
que soit la technique employée, et quel que soit
le résultat final obtenu, nous avons constaté, avec
une constance remarquable, une diminution réelle
et, très souvent, une disparition complète des
douleurs spontanées au bout de six à vingt-
quatre heures, même dans les cas où une injection
locale ayant été faite la douleur s’est trouvée
immédiatement exacerbée.
Sur les 45 cas cités, dont un doit être soustrait
comme n’ayant pas été traité (obs. XXXVI) nous
trouvons :
7 cas pour lesquels la douleur a disparu au
bout de quelques heures.
17 cas dans lesquels le malade est revenu le
lendemain à la consultation du Service en accusant
son bien-être et l’absence d’insomnie. Citons, en
particulier, le cas de M”® B... (obs. XIV) qui
présentait un impétigo suintant étendu à toute la
joue gauche, la commissure labiale et le menton,
et évoluait depuis treize jours avec des douleurs
constantes très vives, empêchant le sommeil,
malgré la médication sédative instituée. Toute
alimentation était impossible : la malade ne pou¬
vait boire un peu de liquide qu’à l’aide d’une
paille. Dès le lendemain du traitement par le
îiactériophage, la malade pouvait ouvrir la bou¬
che. Au bout de cinq jours, la région était sèche,
souple et indolore.
7 cas où la douleur spontanée a disparu au
bout de quarante-huit heures.
6 cas avec une disparition des douleurs qui a
demandé trois, cinq et sept jours.
. 3 cas (obs. III, IX, XXIV) dans lesquels l’évo¬
lution a été très lenle. .
4 cas (obs. XVI, XXXI, XXXIII, XXXVII) où
la furonculose était indolore avant tout traite¬
ment.
Nous pouvons donc évaluer à plus de 72 p. 100
la fréquence avec laquelle le furoncle ou l’anthrax
devient indolore après quarante-huit heures, et à
près de 55 pour 100 celle de la disparition des
douleurs spontanées en moins de vingt-quatre
heures. Il s’agit d’une indolence qui se maintient
jusqu’à la guérison complète: ainsi nous voyons la
malade de l’observation VII continuer à se servir
sans aucune gêne de sa machine à écrire pendant
toute la durée du traitement. D’ailleurs tous les
malades que nous avons soignés, sauf ceux des
observations III et XVI qui ont été hospitalisés,
sont venus chaque jour à la consultation, aucun
n’étant obligé de s’aliter du fait du traitement.
Quant à la douleur provoquée par la pression
du foyer infecté, elle a évolué parallèlement avec
la diminution progressive de l’œdème, toujours
plus lente dans les anthrax et plus précoce dans
les furoncles simples ; nous ne l’avons cependant
jamais vue persister, quoique déjà très atténuée,
au delà de cinq à sept jours. .
L’action du bactériophage sur le pus à staphy¬
locoques nous a semblé très particulière : sous
l’influence de l’injection locale dans un furoncle,
dont un pertuis montre une masse lardacée, dure,
inextirpable, nous avons vu dès le lendemain
s’ell’ectuer une véritable liquéfaction purulente
ou bien une libération du bourbillon telle quül se
trouve perdre toute adliérence pariétale à l’inté¬
rieur de la cavité qui le contenait. Au moyen
d’une pince de Kocher, il devient très facile de
l’extirper, même à travers,, un orifice restreint.
sans avoir recours à aucun débridement. La cavité
de l’anthrax apparaît alors vide, nette et saignante.
Toute mèche peut être retirée au bout de vingt-
quatre ou quarante-huit heures; le pus ne se
reforme pas et la cicatrisation est très rapide¬
ment obtenue.
Les injections sous-cutanées de bactériophage
ont toujours été très bien supportées, qu’elles
soient uniques ou multiples, à intervalle de deux
jours les unes des autres. Comme nous avons pu
nous en rendre compte, non pas parmi les malades
venant chaque matin à la consultation, mais parmi
les malades hospitalisés que nous avons traités
pour d’autres suppurations que la furonculose,
nous n’avons jamais observé de poussée thermi¬
que après l’injection. Localement, nous avons vu
apparaître dans les douze ou vingt-quatre heures
suivantes, au niveau de la piqûre, une réaction
inflammatoire variable en intensité et en durée.
La douleur qui l’accompagne est en général peu
vive et est réveillée surtout par le contact; dans
la plupart des cas, les malades la comparent à
celle d’une simple contusion ; à ce propos, le
siège de la piqûre n’est pas indifférent, nous pré¬
férons la faire sous la peau du flanc, plutôt qu’à
la face externe de la cuisse ; dans cette dernière
région, la réaction est plus vive et gêne la marche.
Enfin, la fièvre, quand elle existe, tombe rapi¬
dement après le début du traitement. Ainsi, nous
avons vu (obs. XLIII), chez un malade porteur
d’un volumineux anthrax de la nuque, la tempé¬
rature, qui était à 39°2, tomber dès le lendemain
matin à 37‘>8, le soir à 37''2 et le surlendemain
matin à 36“8.
Résultats. — Quels sont les résultats de ce
traitement? Dans quelle limite de temps la gué¬
rison est-elle obtenue ?
Pour apprécier ces résultats, nous ne considé¬
rerons que 44 observations, la malade de l’obser¬
vation XXXVI n’ayant pas été traitée. Sur ce
nombre, deux fois seulement, nous avons aban¬
donné le traitement par le bactériophage, au bout
de vingt jours dans l’observation II, au bout d’une
semaine dans l’observation III, car nous ne cons¬
tations aucune amélioration, le bactériophage
n’agissait pas. Nous verrons que dans ces 2 cas,
un anti-phage en était responsable.
Chez les 42 malades restant, c'est-à-dire dans
plus de 95 pour 100 des cas, le traitement par le
bactériophage a eu une action favorable immé¬
diate.
Si nous étudions de plus près les observations
qui suivent et si nous exceptons de notre statis¬
tique les quelques malades non encore complète¬
ment cicatrisés, ou bien non revus (obs. XXXI,
XXXIII, XXXVII, XXXVIII, XLI) nous voyons
que pour 37 cas (19 anthrax et 18 furoncles) la
guérison a été obtenue :
13 fois en moins de 5 jours ... 35 p. 100
23 fols en moins de 8 jours ... 62 —
30 fois en moins de 16 jours. . . 81 —
33 fois en moins de 24 jours. . . 89 —
Les 4 autres malades sont les suivants :
Observation VI. — Deux gros furoncles de la nu¬
que soignés pendant dix jours à la Consultation et
améliorés de telle sorle que le malade peut partir en
voyage. Nous avons appris que la gnérison n’est sur¬
venue qu’au bout de trente-cinq jours.
Obseuvation XVI. — Volumineux anthrax large¬
ment ulcéré de la nuque. Après une hospitalisation
de dix jours dans le service, la plaie bourgeonnant,
nous avons autorisé la malade à rentrer chez elle
pour attendre la cicatrisation de sa plaie.
Observation X. — Nombreux furoncles de la
cuisse, guéris en trente-cinq jours.
Observation IX. — Anthrax 'de la nuque, avec fu¬
roncles niultiples : l’évolution totale a demandé
soixante-sept jours Nous dirons tout de suite, avec
l’expérience que nous avons acquise, que cette Uia-
190
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N“ 12
leuses successives : son sérum contenait un anli-
strepto-phage. La furonculose à répétition sem¬
blerait donc s’expliquer, à notre avis, par la pré¬
sence d’anti-phages dans le sérum des sujets qui
en sont atteints.
Au contraire, nous avons vu guérir un anthrax
en six jours, à la suite .seulement de deux injec¬
tions locales (obs. XVIll). Le sérum de ce malade
ne contenait aucun anti (voir ])lioto).
Sans vouloir nous appesantir sur cette qiie.s-
tion que nous reprendrons dans un chapitre d’en-
sernhlc, disons que l'anti-staphy n'est pas seul
responsable de tous ces insuccès complets ou
relatifs. L’anti-strepto-phage joue, selon nous,
dans la furonculose, un rôle considérable, peut-
être encore plus considérable que le précédent. En
effet, si nous avons trouvé 19 cas d’antiphages
sur 22 sérums prélevés, nous voyons que l’anti-
strepto-phage est représenté 18 fois, l’anti-staphy
ne figurant que 8 fois seulement. Enfin, il nous a
semblé, par l’étude attentive des différents cas,
que l’action du bactérioj)hage est annihilée d’au¬
tant plus complètement qu’il y a association de
l’anti-slreplo avec l’anti-staphy.
Conclusions. - En résumé, on peut lutter
contre la furonculose sous toutes ses formes, bé¬
nignes ou graves, gràc(‘ au bactériophage, sans
avoir recours aux incisions ehirurgieales larges
et mutilantes.
Notre opinion est maintenant nettement établie
et les conditions ojitima de guérison sont, selon
nous, les suivantes :
Il faut que le bouillon utilisé contienne une
grandi' quantité de staphyphages.
11 faut (jue l’attaque d(' l’anthrax soit, en même
temps, locale ])ar pansements, s’il est ulcéi'é, ])ar
injections dans les cas contraires, et générale, [lar
plusieurs injections sous-cutanées de 2 cnic faites
tous les deux jours jusipi’ii eoneuri'ence de quatre.
11 faut que le sérum du malade permette l’ac¬
tion du bactériophage par l’absence de tout anti-
phage ; si l’anti-dyscntérique n’a pas encore été
rencontré jiar nous, si l’anti-coli ne semble jouer
qu’un rôle très accessoii'c cl peut-être hypolhé-
tiipie, deux anti-iihages, |)ar leur absence ou leur
présence, conditioimeiil le succès ou l’échec :
l’anti-strejilo, l’anti-staphy et surtout les deux
associés.
Bien que nous ayons pu obtenir, avec les tâton¬
nements thérapeutiipies ipic nous avons exposés,
O.o pour 100 de succès immédiats et 84 pour 100
di: guérisons sans récidives précoces grâce au
bactériophage de d’ilérelle, nous sommes per¬
suadés que ces jiourcentagcs sonl'encore tro|) fai¬
bles. Si l’antiphagc est un ennemi réel, il n’est
pas invulnérable ; nous verrons comment l’aiilo-
hémolhérapie peut devenir un auxiliaire précieux
de la bactériophagie. Par l'association des deux
méthodes, aucun anthrax, selon nous, ne devrait
plus résister à l’action du bactériophage antista¬
phylococcique.
Observations.
OusEKVATiON I. — M. S..,, 22 ans : Furoncles de
l’avaiil-bras droit et anthrax du cou. Début :
5 .iuin 1928. Truitement du 15 au 21 Juin : incision
des deux foyers ; panseincnls au Bacté-Staphy ;
quatre injections de 2 cnic. Guérison de l’anthrax en
trois jours, des furoncles en 5 jours.
OusKRVATio.x II. — j1/"'“ P..., 51 ans: Gros furoncle
de la région mastoïdienne droite. Début ; 1“'' Sep¬
tembre 1928. 'l'raiteinent du 7 au 27 Septembre :
mèche au Bacté-l’oly car le furoncle a été incisé la
veille ; deux injections de 2 cmc. Récidives précoces ;
abandon du traitement. Examen du sang : auti-Staphy
et anti-Slreplü.
OusiuiVATio.x 111. - M. £.... Paul, 51 ans ; Volu¬
mineux anthrax ulcéré de la nuque. Début : 2 Sep¬
tembre. Traitement, du 10 au 18 Septembre ;
deux injections de 2 cmc de Bacté-Poly ; 1 injection
locale de Bacté-Poly le 14 Septembre ; deux injec¬
tions locales d’anto-bacté le 15 Septembre ; pas
d’amélioration. Opération le 18 Septembre : incision
en croix et excision des tissus sphacélés. Examen du
sang : anli-Staphy au 1 pour 2.000 ; anli-Strepto.
Observation IV. — J..., Lucienne, 18 ans :
Anthrax de la face dorsale de l’avant-bras droit :
Début 9 Septembre. Traitement du 12 au 23 Sep¬
tembre : ouverture de l’anthrax avec une pince ;
mèches au Bacté-Poly ; deux injections de 2 cmc.
Observation V. — M. Le B.... Marins, 21 ans :
Furoncle de la nuque. Début : 14 Septembre. Trai¬
tement du 14 au 22 Septembre : injection locale de
Bacté-Poly ; extraction è la pince du bourbillon ;
mèches. Guérison en huit jours.
Observation VI. — M. P..., Poland, 24 ans :
Deux gros furoncles de la nuque. Début 16 Septembre.
Traitement du 20 Septembre au 5 Octobre : extrac¬
tion partielle du bourbillon à la pince ; mèches ;
deux injections de 2 cmc. de Bacté-Poly. Le malade
part en voyage. Guérison constatée le 4 Novembre.
Examen du sérum ; anti-Staphy.
Observation Vil. — .¥11“ c..., Yrunne, 24 ans
(dactylo) Anthrax de l’avant-bras droit (furonculose
évoluant depuis plusieurs mois). Début : 16 Septem¬
bre, Traitement du 22 Septembre au 2 Octobre ; ou¬
verture partielle de l’anthrax avec une pince ; mèches ;
deux injections de Bacté-Poly. Guérison en dix jours.
La malade a pu continuer sans aucune interruption
ses occupations de sténo-dactylo.
Observation Vlll. — M. L>...; Louis, 22 ans :
Anthrax du mollet droit. Début ; 16 Septembre.
Anthrax apparu huit jours après la guérison d’un
anthrax du mollet gauche soigné par des pansements
au bouillon-vaccin. Traitement du 24 Septembre au
18 Octobre : une injection de 2 cmc de Bacté-Poly ;
extraction du bourbillon à la pince ; mèches. Guéri¬
son en vingt-quatre jours. Bécidivole 28 Octobre :
on fait une deuxième injection de 2 cmc. Examen du
sang : anti-Strepto très faible (3 Novembre). Gué¬
rison en vingt jours.
Observation IX. — y¥'"“ F..., Maria, 40 ans :
Anthrax de la nuque et furoncles consécutifs. Début :
17 Septembre, Traitement du 26 Septembre nu
2 Décembre : une injection de 2 cmc. de Bacté-Poly ;
mèches. A partir du 7 Novembre, quatre injections
de Bacté-Staphy. Evolution très lente. A partir de
l’applicaliou du nouveau traitement (7 Novembre),
la guérison totale est obtenue en vingt-quatre jours.
Examen du sérum : pas d’anti.
Observation X. — B..., Louise, G‘2 ans :
Nombreux furoncles de la face postérieure de la
cuisse droite. Début ; Février ,1928. Traitement du
26 Septembre au 4 Novembre ; une injection de
2 cmc de Bacté-Poly; pansements. Guérison en
trente-neuf jours. Sérum ; anti-Strepto.
Observation XI. — P..., Olga, 30 ans : Deux
furoncles de la nuque. Début : Juillet 1928 (Furon¬
culose traitée par vaccin Propidon au mois d’Aoùt).
Traitement du 5 au 12 Octobre : ablation partielle des
bourbillons à la pince ; mèches ; une injection de
2 cmc. de Bacté-Staphy. Guérison en sept jours.
Observation XI 1, 3/"'“ L.... Amélie, 33 ans :
Furoncles des grandes lèvres. Début 15 Seplembre.
Traitement, du 9 Octobre au 6 Novembre ; quatre
injections de 2 cmc. de Bacté-Staphy en tlcux séries
espacées de quinze jours. Guérison en cinq jours.
Récidive le 25 Octobre guérie en onze jours. Sérum :
anli-Strepto faible (31 Octobre).
Observation XIII. — M. II..., 20 ans. Furoncle de
la nuque. Début ; 12 Octobre, Traitement le 13 Oc¬
tobre : une injection de 2 cmc do Bacté-Stajihy .
Extraction du bourbillon à la pince. Guérison en
Observation XIV. — B. .. Impétigo de la
face et furonculose. Début : 8 Octobre. Traitement
du 18 au 30 Octobre : pansements locaux; quatre
injections de 2 cmc de Bacté-Staphy. Diminution des
douleurs le 19. Guérison en cinq jours. Apparition
Observation XV.— A/>u“J'’..., Marie-Louise , iSans.
Furoncle de la nuque. Début : 12 Octobre. Traite¬
ment du 19 au 29 Octobre : trois injections de 2 cmc.
Bacté-Staphy ; ablation du bourbillon ù la pince';
mèches. Guérison en dix jours.
Observation XVI. — M”“ V..., Augustine, 58 ans.
Volumineux anthrax largement alcéré de la nuque.
Début : 20 Septembre. L’ouverture de l’anthrax ru
thermocaulère a été faite en ville au début d’Octobre.
Traitement du 23 Octobre au 3 Novembre : ablation
à la pince des tissus sphacélés comblant le large cra¬
tère (l’induration ])ériphérique occupe toute la lar¬
geur de la nuque) ; pansements locaux ; deux injec¬
tions de 2 cmc de Bacté-Staphy. Disparition du pus
en dix jours avec bourgeonnement du fond de la plaie
qui, au début, admettait en entier deux compresses
chiffonnées. Pansement à plat le 3 Novembre. La
malade n’est plus revue.
Observation XVll. -M. V..., Gaston. Furoncu¬
lose survenue à la suite d’un phlegmon des gaines de
la main gauche. Début ; 22 Octobre. Traitement du
26 Octobre an 2 Novembre : ouverture avec une
pince de Kocher de deux gros furoncles de la fesse ;
mèches; deux injections de 2 cmc Bacté-Staphy.
Guérison en sept jours. Récidive le 12 Novembre :
deux gros furoncles de la cuisse gauche et de la
fesse droite : deux injections locales de Bacté-Staphy.
Guérison en 5 jours. Récidive le 19 Décembre :
furoncle de la fesse di-oite. Sérum anti-strepto très
faible.
Observation XVUI. - M. G..., Raoul 23' uns :
Anthrax du menton. Début): 24 Octobre, Traitement
du 28 Octobre au 3 Novembre ; deux injections
locales de Bacté-Staphy ; pansements sans mèches.
Guérison en onze jours. Examen du sérum : pas
d’anti (Photo).
Observation XIX. — M. /)..., Georges, 18 ans
Gros furoncle de la nuque. Début 28 Octobre. Trai¬
tement du 31 Octobre au 6 Novembre : une injection
locale de Bacté-Staphy. Guérison en huit jours.
Observation XX. - ilf''^ G..., Berthe, 28 ans.
Furoncle du bord cubital de la main droite. Début
le 29 Octobre, Trailenienl du l'"'' nu 4 Novembre :
une injection locale et deux injections sous-cutanées
de 2 cmc de Bacté-Staphy. Guérison en trois jours.
Observation XXL - M. Louis, 35 ans.
Anthrax de la fesse droite. Déhut I"'- Novembre.
Traitement du 5 au 10 Novembre : une injection
locale de Bacté-Staphy. Guérison en 5 jours.
Observation XXll. - M. M..., Henri, 27 ans.
Furoncle compliqué d’abcès sous-cutané de la région
sus-sternale. Début : 4 Novembre. Traitement du
7 au 18 Novembre : quatre injections do 2 cmc de
Bacté-Staphy ; extraction du bourbillon â la pince ;
ouverture à la pince d’une collection suppurée sous-
jacente le 10 Novembre ; mèches. Guérison en
onze jours avec une cicatrice linéaire presque invi-
Observation XXllI. — â/'"“ B..., Eugénie, 70 uns.
Anthrax delà cuisse droite. Début: 4 Novembre.
Traitement du 7 Novembre au 1“'' Décembre :
une injection locale et deux injections sous-cutanées
de 2 cmc de Bacté-Staphy. Cicatrisation très lente.
Guérison en vingt-trois jours. Sérum : anü-staphy
faible ; anti-coli faible ; âiiti-slrcpto faible.
Observation XXIV. M. C . Inloine, 32 ans.
Gros anthrax ulcéré du dos, accompagné de
quatre furoncles dans le voisinage et compliqué d’un
volumineux abcès lubéreux de l’aisselle gauche,
apjiaru au cours du traitement. Début: 2 Novembre.
Traitement, du 8 au 18 Novembre : une injection
locale et trois injections sous-cutanées de 2 cmc de
Bacté-Staphy : pansements après ablation partielle
du bourbillon à partir du 9 Novembre. Guérison eu
dix jours. Récidive pi-écoce : abcès lubéreux. Sérum
anti-Staphy et anti-strepto.
Observation XXV. — 6'..., Célina,65 on.v. An¬
thrax de la lèvre supérieure, apparu au cours de
l’évolution d’un anthrax tctnporal droit ayant débuté
le 28 Octobre et ayant été soigné en ville. Début :
4 Novembre. Traitement du 8 au 16 Novembre : une
injection locale et 4 injections sous-cutanées de
2 cmc <le Bacté-Staphy ; extraction du bourbillon le
N» 12
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
191
9 Novembre au moyen d’une pince fine. Cet anthrax,
qui s’accompagnait d’une tuméfaction se prolongeant
vers la joue droite, guérit en huit jours tandis que la
plaie de l’anthrax temporal droit qui n’a pas été
traitée par le bactériophage n’est pas encore cica¬
trisée. Examen du sérum ; anti-stapliy et anti-strepto
(très faible).
Observation XXVI, — S..., Suzanne, 33 ans.
Furoncles multiples du genou gauche. Début : 6 No¬
vembre. Traitement du 10 au 18 Novembre : 4 injec¬
tions de 2 cmc de Bacté-Staphy ; pansements locaux.
Guérison en huit jours. Récidive, le 2 Décembre.
In situ : guérison en trois jours. Sérum anti-strepto.
Observation XXVII. — 71/"'“ P..., Alphonsine,
16 ans. Anthrax temporal gauche, largement ulcéré.
Début :14 Novembre. Traitement du 18 au 23 No¬
vembre : ablation à la pince des tissus sphacélés
comblant l’ulcération; pansements: 2 injections de
2 cmc de Bacté-Staphy. Cicatrisation complète en
cinq jours.
Observation XXVIII. — M. R..., Louis, 56 ans.
Furoncle de la face interne de la jambe gauche.
Début ; 12 Novembre. Traitement du 18 au 24 No¬
vembre : 2 injections locales et 1 injection sous-
cutanée de 2 cmc de Bacté-Staphy. Guérison en six
Observation XXIX. — d/'"“ G..., Marie, 38 ans.
Furoncle de l’avant-bras droit au cours d’une furon¬
culose récidivante. Début : 4 Novembre. Traitement
du 19 au 23 Novembre : 2 injections sous-cutanées de
2 cmc de Bacté-Staphy; aucun traitement local. Gué¬
rison en quatre jours.
Observation XXX. — 3/'"“ B..., Odette, 11 ans.
Furoncle ulcéré du pli génito-c.rural droit. Début :
13 Novembre. 'fraitement du 23 au 26 Novembre :
2 injections de 2 cmc de Bacté-Staphy; mèches; gué¬
rison en trois jours.
Observation XXXI. --- M. L..., Camille, 44 ans.
Furonculose et impétigo du cou et du cuir chevelu.
Début : 17 Novembre. Traitement à partir du 27 No¬
vembre : 3 injections de 2 cmc de Bacté-Staphy.
Amélioration très lente. Sérum anti-Staphy ; anti-coli
très faible; anti-strepto.
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MEDECINE
5 Février 1929.
La malariathérapie de la paralysie générale. —
MM. Marie, Miquel et H. Ey présentent une note
complémentaire à leur note de 1924 sur cette ques¬
tion. Ils apportent une statistique détaillée après
quatre années nouvelles d’observations. Ils ont
obtenu 45 pour 100 de rémissions assez complètes
dans la moitié des cas pour avoir permis la reprise
de la vie normale depuis plus de 3 ans. Dans 17 cas
les réactions humorales sont devenues négatives.
C’est donc maintenant un devoir de traiter les
paralytiques généraux par la malariathérapie.
A. Bocage.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
2 Février 1929.
Sur la présence, dans un liquide d’hydrocèle, de
bacilles de Koch avirulents rendus tuberculigënes
par passages sur le cobaye, — M. A. Saenz expose
qu’un liquide d’hydrocèle, inoculé à dose massive à
des cobayes, n’a provoqué aucune lésion tubercu¬
leuse. Les ganglions de ces animaux renfermaient
cependant des bacilles acido-résistants typiques et,
réiuoculés eu séries à des cobayes, ils les ont tuber-
culisés au 3“ passage. Les germes contenus dans le
liquide inoculé n’avaient qu’une virulence très faible
et, sous l’influence des passages dans l’organisme du
cobaye, leur pouvoir pathogène, comparable au
départ à celui des éléments llltrables du bacille de
Koch, s’est accrù au point de produire une tubercu¬
lose généralisée.
Observation XXXII. — M. M-... -4lphon.se, 58 ans.
Anthrax du poignet gauche. Début ; 30 Novembre.
Traitement du 6 au 22 Décembre ; 1 injection locale
et 4 injections sous-cutanées de 2 cmc de Baclé-Poly-
Staphy. Guérison en seize jours. Sérum anti-staphy,
anti-coli, anti-strepto.
Observation XXXIII. — M. P..., Antoine, 63 ans.
Gros anthrax ulcéré de la nuque. Début ; 26 Novem¬
bre. Traitement du 4 au 20 Décembre : ablation à la'
pince et aux ciseaux des tissus sphacélés qui com¬
blent la large ulcération de 5 cm. de diamètre; pan¬
sements; 4 injections de 2 cmc de Bacté-Staphy. Gué¬
rison en vingt-six jours.
Observation XXXIV. — 3/*"“ IF... Furoncle de
l’extrémité du nez. Début : 4 Décembre. Traitement
du 5 au 10 Décembre : 1 instillation locale et 4 injec¬
tions sous-cutanées de 2 cmc de Bacté-Staphy. Gué¬
rison en cinq jours. Sérum anti-strepto faible. Cette
malade a des poussées furonculeuses depuis deux ans
et demi et a subi des injections nombreuses d’auto-
Observation XXXV. 3/"“ G..., 24 ans. Petit
furoncle du bord ciliaire inférieur gauche. Début :
!“'■ Décembre. Traitement du 7 au 10 Décembre ;
2 injections de 2 cmc de Bacté-Staphy: aucun traite¬
ment local. Guérison en trois jours.
Observation XXXVL — 3/"'“ P..., 34 ans. Furon¬
culose évoluant par récidives successives depuis
deux mois. Sérum anti-strepto faible.
Observation XXXVII. — 3/““ V..., Joséphine,
69 ans. Furoncle ulcéré de la paroi abdominale.
Début ; 11 Décembre. Traitement à partir du 14 Dé¬
cembre : 4 injections sous-cutanées de 2 cmc de
Bacté-Poly-Staphy ; pansements locaux. Evolution
très lente. Sérum anti-strepto faible. Urines : 2 gr. 45
de sucre.
Observation XXXVIII. — M. M..., Edouard,
li6 ans. Anthrax du poignet gauche. Début : 8 Dé¬
cembre. Traitement à partir du 17 Décembre : 1 in¬
jection locale et 1 injection sous-cutanée de 2 cmc de
Bacté-Poly-Stapby. Sérum anti-Staphy très faible,
anti-coli et anti-strepto.
Observation XXXIX . — M. K..., Basile, 3'i ans.
Airthrax de la nuque. Début : 11 Décmnbre. Traite¬
ment du 17 au 24 Décembre : une injection locale et
4 injections sous-cutanées de 2 cmc de Bacté-Poly-
Staphy. Guérison en sept jours. Sérum anti-strepto
faible (photo).
Observation XL. — 3/. F..., Maurice, 'jO ans. An¬
thrax de la nuque large comme une pièce de 5 francs.
Début : 13 Déîceinbre. Traitement du 13 au 25 Dé-
cembri' : 1 injection locale et 4 injections sous-cuta¬
nées de 2 cmc. de Bacté-Poly-Staphy. Guérison en
douze jours.
Observation XLI. — M. P . loseph. 'il ans. An¬
thrax de l’avant-bras gauche. Début : 15 Décembre.
Traitement à partir du 19 Décembre ; 1 injection
locale et 2 injections sous-cutanées de 2 cmc de
Bacté-Poly-Staphy. Elimination lente du pus. Spha-
cèle des bords de rulcéi'ation, Sérum anti-stre])t(>
faible.
Observation XLII. - 3/''“ M.... /.éonline, 3'J ans.
Furoncles multiples de l’avant-bras droit. Début :
5 Décembre. Traitement du 22 au 29 Décembre ;
2 injections sous-cutanées de 2 cmc de Bacté-Poly-
Staphy. Guérison en sept jours.
Observation XLlIl. — 3/. K.... Constantin, 18 uns.
Anthrax delà nu(|ue. Début : 14 Décembre. Traite¬
ment du 22 au 27 Décembre : 1 injection locale et
2 injections sous-cutanées de Bacté-Poly-Staphy . 'fem-
péralure le 22 soir. 39'’2; le 23 maün, 37“8 ; soir,
37"2; le 24 matin, 36'’8. Guérison en cinq jours.
Observation XLIV. — M. F..., Emile, 56 ans.
Trois furoncles de la nuque. Le malade a des érup¬
tions de furoncles depuis Mars 1926. Traitement du
21 au 25 Décembre 1928 : 2 injections sous-cutanées
de Bacté-Poly-Staphy ; aucun traitement local. Gué-
Observation XLV. -- 3/"“ S..:, ‘J'i ans. Furoncles
multiples de la fesse. Furonculose évoluant par
poussées depuis trois ans et demi. Traitement en
Août 1928 ; 2 injections sous-cutanées de 2 cmc de
Bacté-Poly. Récidives nombreuses. Sérum anti-
Nerf du sinus carotidien et pression artérielle ;
méthode de la tête perfusée. — MM. Léon Binet et
René Gayet rapportent des expériences qui viennent
confirmer l’intervention des plexus nerveux du sinus
carotidien dans la régulation delà pression artérielle
d’un chien B dont la tète est perfusée, grâce à une
double anastomose carotido-carotidienne, par un
chien donneur A. Mais les auteurs posent la question
d’une possibilité de réponse des centres supérieurs â
des variations de tension du donneur, en l’absence
des plexus nerveux précités. Si l’on anastomose la
tète du chien B, par ses artères vertébrales, à l’aide
de la technique antérieurement décrite, avec les caro¬
tides d’un chien A et cela après l’ablation chirurgi¬
cale, chez B, de la bifurcation carotidienne et des
filets nerveux qui l’entourent, on peut voir le ebien B
réagir par des réponses opposées, aux variations
brusques de la tension de A, soit â de fortes hypo¬
tensions de donneur (excitation du bout périphérique
du vague chez A), soit à de fortes hypertensions
(injection intraveineuse à A d’adrénaline).
Lois de sommation de l’appareil Itératif-irido-
dilatateur. — M. et 3/"’“ Chauchard et M. Kleit-
man ont étudié, pour le système dilatateur de la
pupille du chien, du chat et du lapin, les lois des
voltages en fonction de l’intervalle et du nombre des
excitations. La courbe des intervalles est peu redres¬
sée. Le temps de sommation est de 4 secondes.
Quelques modifications de l’équilibre acide-base
des urines après l’exercice physique. — MM. R.
GoiiTon et L. Chauvois. Après un exercice physique
d’une heure, les acides organiques urinaires subis¬
sent une forte augmentation, surtout chez les sujets
non entraînés.
La régulation ammoniacale semble ne se déclan¬
cher que tardivement, et une forte proportion de
bases minérales est entraînée avec les acides orga¬
niques.
Transmission héréditaire de l’anaphylaxie sé¬
rique. “ MM. L. Nattan-Larrier et L. Richard
montrent ([ne les femelles sensibilisées à faible dose
au début de la gestation donnent naissance à des
petits sensibilisés. Cette sensibilisation persiste
pendant 2 mois environ, s’atténue, puis s'efface à
partir de ce moment. 11 ne s'agit pas d’une sensibi-
due au passage (le la sensibilisine maternelle à
Encéphalite épidémique du renard. — M. Leva-
diti relate, au nom de M.M. Green et Ziegler (de
Minneapolis), des expériences concernant une encé¬
phalite épidémique des renards. Les symptéinies
léthargique, nystagmus, tremblements, secousses
musculaires. On peut transmettre la maladie aux
animaux sains en leur inoculant, par voie intracéré¬
brale, une émulsion d’encéphale provenant d’un
renard contaminé. L’encéphalite expé' inientale four¬
nit une mortalité de 52 pour 100. L’étude micro¬
scopique du névraxe révèle des lésions tyiiiques
d’en('é])halile. Les renards qui guérissent se montrent
réfractaires par la suite.
M. Levaditi, eu collaboration avec Lépine, étudie
actuellement cette encéphalite expérimentale du
renard dont la ressemblance avec l’encéjihalite
humaine, tant du point de vue épidémiologique que du
point de vue clinique et anatomo-pathologique, est
des [dus frappantes.
Election d’un membre titulaire. — M. Bourgui¬
gnon est élu membre titulaire par 32 voix.
A. Escaeikr.
SOCIETE DE CHIRURGIE
30 Janvier 1929.
- M. Cunéo, piésident, fait part à la Société du
Décés de M. Albert Reverdin (de Genève) ainsi (|ue
du Décès de M. le médecin inspecteur général
Delorme, et donne lecture du discours qu’il a jironoucé
aux obsèques de ce dernier, au nom de la Société.
192
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N® 12
A propos des fractures du calcanéum. — M. A.
Schwartz rappelle que le modelage et la réduction
du calcanéum ont été préconisés dès 1902 par Mores-
tin qui conseillait l’abord externe, passant au des¬
sous des péroniers, et la remise en place des frag¬
ments, montrant que c’était un véritable évidement
central du calcanéum qui était nécessaire,
Perforation de la vésicule biliaire. - -- M. Jean
Berger fait un rapport sur cotte observation de
MM. Lamare et Larjet (de Saint-Germain). Le
tableau clinique fit croire à une péritonite appendi¬
culaire. En voyant s’écouler de la bile, les auteurs
abordèrent la vésicule par une incision transversale,
ilreut une cbolécystostomie et la malade guérit rapi¬
dement. On avait, en outre, employé chez elle un auto¬
vaccin formolé.
3 observations de pseudarthroses des membres.
- M. Dujarier rapporte ces observations de M.
Aumont (de Versailles) La première concerne une
jeune femme qui présentait une fracture ouverte de la
jambe. Désinfection immédiate, ostéosynthèse et
suture primitive. Bonne cicatrisation, mais non conso¬
lidation, malgré l’ablation de la plaque au bout de
4 mois. Plus tard, on pratique une greffe centrale et
une grelle ostéopériostique. La grelfe ne se fixe qu’A
un des fragments et une 3° intervention est néces¬
saire avec avivement et nouvelle greffe pour obtenir
la consolidation.
La deuxième concerne une pseudarthrose de la
cuisse gauche traitée d’abord par avivement et fixa¬
tion par plaque de Sherman. Mais celle-ci ne tient
pas à l'un des fragments et il faut la refixer par cer¬
clage. Consolidation avec formation d’une crosse.
Enfin, dans un 3'' cas, une pseudarthrose de jambe,
malgré l’avivement et la greffe, ne s’est pas conso¬
lidée, quoique devenue plus serrée.
L’auteur croit qu’il y a exagération à employer
systématiquement l’association de la greffe massive
et de la greffe ostéopériostique. La nécessité absolue
de l’ouverture des deux cavités médullaires lui ])arail
aussi une opinion trop absolue.
Gangrène du pied après ligature de la fémorale
commune traitée par l’amputation retardée écono¬
mique. — M. Maure fait un rapport sur cette obser¬
vation de M. Leibovici (de Paris). La ligature, prati¬
quée p.ir un autre chirurgien, avait été nécessitée par
apparut de la gangrène de l’avant-pied, avec atrophie
genre Volkmann des muscles du mollet. On put se
contenter d’une amputation de Syme et le maladi'
marche fort bien.
M. Moure regrette que, pour une plaie du tiers
moyen de la, cuisse on ait fait une ligature de la fémo¬
rale commune, au lieu de découvrir largernentle tronc
vasculaire au niveau de sa blessure. Un fait curieux
de cette observation c’est la répartition inégale dn
spliacèle, dont l’extension varie selon les tissus, et
([ui n'a pas forcément une topogra|)hie segmentaire.
- M. Mètivet, en étudiant une j)ièce d’am])ntation
de misse pour gangrène sénile, a observé qu’alors
que tous les autres muscles de la jambe étaient
d’aspect normal, seul le soléaire était entièrement
Rupture pathologique de l’artère iliaque externe.
M. Maure i>résente cette observation de M. Fer¬
rari (d’Alger) Un homme de 71 ans ressent soudain
tine douleur violente clans le flanc gauche, après un
avec phénomènc's infectieux. A 1 incision, on donne
issue à du pus et du sang, et soudain, en mobilisant
des caillots, on voit jaillir un flot de sang. Mort rapide.
A l’autopsie, rupture d’un anévrysme de l'iliaque
— M. Proust insiste sur l’intérêt clinique de
l’observation ; il n’aurait probablement pas pensé
non plus à une rupture d’anévrysme.
A propos de l’électrocoagulation. M. Gernez
désire appuyer ce que M. lleitz Boyer a dit sur cette
méthode et sur les résultats obti-nus avec l’ancien
appareil et avec le nouvi'au. 11 a employé les deux et les
résultats sont fort différents. Les ondes entretenues
ont diminué au maximum les eflets faradiques ; et lu
section, surtout avec une. anse, se fait de manière
remarquable. M. Gernez a fait récemment une ampu¬
tation de la langue par cette méthode; il n’a eu
qu’une pince à appliquer sur la lingale et il a pratiqué
ensuite la suture primitive avec un résultat parfait.
— M. Proust a vu Handley faire plusieurs ampu¬
tations du sein au couteau diathermique. Très inté¬
ressé, il a pratiqué une intervention de ce genre avec
un appareillage français dont le seul ennui était de
provoquer des contractions gênantes pour l’interven¬
tion, et l’auteur voudrait bien voir supprimer cet
inconvénient. La malade a présenté depuis une phlé¬
bite de la veine axillaire.
— M. de Fourmestraux (de Chartres), comme
M. Gernez, rappelle que la méthode est d’origine
française, et a été employée d’abord par Doyen il y a
plus de 20 ans. Mais ce chirurgien employait haute
fréquence et haute tension, au lieu que maintenant on
emploie haute fréquence et basse tension. L’auteur,
depuis 4 ans, a opéré ainsi de nombreux épithéliomas
de la face ; de plus, il a appliqué cette méthode aux
cancers inopérables du col utérin et il a trouvé là une
méthode palliative très satisfaisante. Il a alors cher¬
ché à l’appliquer aux cancers opérables du col. Dans
l’hystérectomie élargie, le danger est le temps vaginal
qui est forcément septique ; or, la diathermo-coagu-
lation préopératoire paraît un progrès sérieux,
en permettant la destruction des bourgeons néopla¬
siques et la désinfection du fond du vagin.
— M. Heitz-Boyer présente une série de films et
projette des coupes histologiques établissant la
différence d’action entre son ancien appareillage et
le nouveau; il projette, en terminant, un film de
néphrolithotomie entièrement exécutée au couteau à
haute fréquence, sans qu’une seule ligature au cat¬
gut ail été nécessaire, et avec suture primitive de la
paroi autour des drains.
Présentations de malades. - M. A. Schwartz
Talalgie et eji ostoie sous-calcanéenne.
— M. Walther. Eléphantia.ii.i consécutif à une
adénite inguinale, opéré il y a 13 ans par drainage
sous-cutané, et maintenu guéri depuis.
S. Obkufin.
SOCIÉTÉ WÉDICALE DÉS HOPITAUX
l'-r Eévrier 1929.
Sensibilisation au chloroplatinite de potassium ;
accidents graves de choc survenus à la suite d’une
cuti-réaction avec ce sel. — MM. Pasteur Vallery-
Radot et Blamoutier rapportent un cas d’anaphy¬
laxie au chloroplatinite de potassium. 11 s’agit d’un
homme de 4,5 ans qui manipule du chloroplanite de
potassium pour la fabrication des cônes de fumivores.
Pendant 4 années il manipula ce sel sans présenter
aucun symptôme anormal. Il quitta l’usine pendant
2 ans. Puis il y revint. 2 mois après son retour, il
eut de l’eczéma des mains et du cou et, 6 mois après,
îles crises d’asthme avec hydrorrhée nasale et toux
spasmodique, alors que 7 autres personnes manipu-
lautle chloroplatinite de potassium, comme lui, dans
le même atelier, étaient indemmes. Une cuti-réaction
avec une solution alcoolique de ce sel à 1/50 donna
une réaction ortiée de 3 cm. de diamètre. Une crise
d’asthme violente put être déclenchée expérimenta¬
lement on faisant inhaler au malade de la poudre
contenant la substance sensibilisante. Il s’agit donc
bien d’un cas d’anaphylaxie au chloroplatinite de
Quelques jours après le déclenchement expéri¬
mental de la crise d’asthme, une nouvelle cuti-réac¬
tion fut pratiquée. Sur une petite scarification qui ne
saigna pas, on déposa 0 gr. 02 de chloroplatinite de
potassium dilnés dans une goutte d’eau. 3 minutes
après, le malade eut un goût amer dans la bouche. Il
jiàlit, eut une sensation très pénible d’angoisse pré¬
cordiale et l’imiiression de mort prochaine. On ne
sentait plus son pouls. Bientôt sa peau se couvrit de
toute la surface cutanée, qui s’accompagna de prurit
généralisé. Buis se déeleneha une crise d’asthme des
plus pénibles. Sous l'influence d’injections d’adré¬
naline et d’huile camphrée éthérée, faites dès le début
de la crise, les phénomènes s’apaisèrent au bout
de 20 minutes. 1 heure après, la crise était complè¬
tement terminée.
Les auteurs insistent sur ces accidents dramatiques
survenus à la suite de l’application de quelques mil¬
ligrammes de la substance sensibilisante sur une
scarification de la peau. Ils montrent avec quelle
prudence il faut pratiquer les tests cutanés chez les
malades sensibilisés ; on doit s’abstenir systémati¬
quement des tests par injections intradermiques qui,
dans un pareil cas, auraient 'provoqué un désastre
et, a fortiori, ne jamais faire des injections désensi¬
bilisantes quand le malade présente une sensibilité
particulièrement accusée au produit anaphylactisant.
- M. Jausîon fait remarquer que cependant si
l’on introduit la substance désensibilisante dans
l’hypoderme, au lieu de la mettre en contact avec la
peau, on n’observe pas, d’accidents chez les sujets
hypersensibles. Ainsi, il a pu désensibiliser sans
incidents des personnes présentant de l’hypersensi¬
bilité à l’émétine et occupées à la préparation de ce
produit, en introduisant l’émétine dans l’hypoderme
à doses thérapeutiques, alors que la peau présentait
des réactions formidables au contact de cette sub¬
stance. I en a été de même pour la désensibilisation
à la vanilline.
- -M. Pasteur Vallery-Radot oppose à M. Jau-
sion des observations qui montrent les incidents
graves qu’on peut constater avec les injections hypo¬
dermiques chez les sujets hypersensibles. Il en a vu,
en particulier, chez un homme sensible à l’ipéca avec
une injection sous-cutanée au 1/80.000, et chez une
femme sensible à la Dactyle agglomérée, chez
laquelle une 3“ injection au 1/10.000 détermina de
l’urticaire généralisé et de l’oedème de la glotte très
inquiétant, alors que les deux premières injections
avaient été bien tolérées.
--- M. Flandin insiste sur les dangers des désensi¬
bilisations spécifiques. On peut arriver à sensibiliser
et l’on risque, même avec des doses minimes, de pro¬
voquer des accidents extrêmement graves. Il est pru¬
dent de s’adresser aux modes de désensibilisation
d’ordre général : peptone, autosérothérapie, qui sont
utiles même dans les sensibilisations d’origine non
protéique.
-- M. Alajouanine apporte son auto-observation
qui montre combien il existe encore d’inconnues en
matière de désensibilisation. Hypersensible aux
piqûres d’hyménoptères, il a vu cette hypersensibilité
disparaître spontanément et complètement au bout
de jilusieurs années, sans savoir pourquoi.
- M. Pagniez estime qu’il n’y a pas de contradic¬
tion entre l’innocuité des fortes doses injectées sous
la peau et les accidents violents déclenchés par des
doses très faibles mises au contact de la peau. On
sait que, pour sensibiliser les animaux, les doses
infimes sont souvent plus efficaces que les doses
importantes.
- M. Tzanck fait observer que la désensibili¬
sation indifférente n’est pas elle-même exempte de
dangers. Il a vu l’autohémothérapie par voie sous-
eutanée à petites doses provoquer des accidents
impressionnants chez une asthmatique sensible aux
protéines. Beaucoup de circonspection s’impose quand
on aborde ces méthodes.
La méthode de Whipple, méthode adjuvante
dans l’hépatite aiguë amibienne. — M. Viala com¬
munique les bons résultats que lui a donnés l’emploi’
de la méthode de "Whipple concurremment à l’usage
de l’émétine dans un cas d’hépatite aiguë amibienne.
La régénération globulaire fut très frappante.
, , ^ chlore globulaire
Reserve alcaline et rapport - - - - -
chlore plasmatique
dans les néphrites. — MM. H. Bénard, J. Lenor-
mand et F. P. Merklen, ayant étudié, dans plus de
20 cas de néphrites aiguës ou chroniques, l’abaisse¬
ment de la réserve alcaline et l’élévation du rapport
entre le chlore globulaire et le chlore plasmatique,
arrivent aux conclusions suivantes :
a) Si, au cours des néphrites, la diminution de la
réserve alcaline, l’hyperchlorhydrie globulaire et
riiyperchlorhydrie bulbaire vont souvent de pair,
il n’existe entre ces éléments aucun parallélisme.
b) Au point de vue pronostique, l’élévation du rap-
chlore globulaire , . ,
port -n - T - : - ‘-'st loin d avoir la valeur de
' chlore plasmatique
l’abaissement de la réserve alcaline et de l’hypera-
, . , chlore globulaire
c) Si 1 augmentation du rapport — rv - 1 - : -
' ” chlore plasmatique
est dans nombre de cas un témoin commode de l’hy¬
perchlorhydrie tissulaire au cours de l’acidose, elle
ne nous semble pas un critérium certain de l’intoxi¬
cation acide et elle ne permet pas à elle seule de
juger de l’importance, ni même de l’existence d’une
acidose rénale ; les variations notables de ce rapport
chez les sujets normaux rendent par ailleurs diffi¬
cile l’appréciation de ses variations pathologiques.
d) Dans certains cas, il y a discordance complète
N" 12
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, !l Février 1929
192
entre la surcharge chjorée des hématies et celle du
hulbe ; l’hyperchlorhydrie bulbaire a paru plus
constamment réalisée que l’hyperchlorbydrie globu¬
laire au cours de l’acidose rénale, et il est curieux de
remarquer que les deux chiffres de chlore bulbaire
les plus élevés que les auteurs aient trouvés, s’accom¬
pagnaient d’un taux de chlore globulaire l’un peu
augmenté, l’autre abaissé.
P.-L. Maiue.
SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS
l»-- Février 1929.
A propos du forage de la prostate. — M. Le Fur
fait un rapport sur une auto-observation de M. Gil¬
bert Arnold (de Londres). 11 résume les indications
respectives de la prostatectomie et du forage de la
prostate. Le forage est nettement indiqué dans les
prostates petites et atrophiées, avec lobes médians,
tandis que la prostatectomie est réservée aux cas de
grosse prostate, avec une importante prolifération-
glandulaire. On ne doit pas opposer ces deux métho¬
des ; elles ont chacune leurs indications .
Traitement du cancer par les sels de magnésium.
— M. Barbarin rappelle que les premiers travaux
sur le « chlorate de magnésie », dans le traitement
du cancer, ont été faits dès 1895, par le professeur
Gaucher et par son père le D'' J. Barbarin, travaux
indiqués par lui-même dans une communication faite
à la Société des Chirurgiens de Paris en Février 1909.
Il existe une forme fixée des fractures intracap-
sulalres du col du fémur. — M. Judet rapporte
5 observations qui établissent nettement l’existence
de cette variété de fractures. Les clichés radiogra¬
phiques montrent que le fragment externe peut être
au niveau du bord inférieur du col, faisant éperon
dans le tissu spongieux du fragment céphalique. La
symptomatologie initiale n’a rien de caractéristique;
cependant, la rotation externe est plus marquée et
irréductible. La traction forte prolongée (20 à
25 kilogr.) ne modifie pas l’aspect radiographique.
L’impotence fonctionnelle s’est montrée complète
dans 4 cas ; le 5'-' blessé a pu marcher de suite après
l’accident. Le désengrènement a été fait dans 1 cas
(femme de 72 ans) ; il y a eu pseudarthrose. Chez
les autres malades, l’engrènement a été soigneuse¬
ment respecté. Tous ces malades ont guéri avec con¬
solidation osseuse. La radiographie, faite longtemps
après l’accident, a permis do constater l’absence de
tout affaissement ultérieur du col fémoral.
Un cas rare d’utérus double avec un seul vagin.
— M. Max Thoreck (de Chicago) communique
l’observation d’une malade atteinte d'utérus didelphe
qu’il a opérée de prolapsus génital. Les deux utérus
étalent unis par une bande de tissu qui les solidari¬
sait à hauteur des cols. 11 y avait deux cols et un
seul vagin; chaque utérus possédait une trompe et un
Trois cas de tumeur de la vessie. — M. Peugniez
rapporte 3 cas de tumeur de la vessie qu’il a traités
par 3 méthodes différentes. La l‘'‘’ malade à été
traitée par l’électrocoagulation et le radium intravé-
sical : elle a guéri. Le 2“ malade a été traité par
l’électrocoagulation et le radium au niveau de la
région hypogastrique : la marche de la lésion n’a été
nullement modifiée. Le 3“ a été traité, par le radium
seul sur la région hypogastrique : il a guéri.
A propos des luxations du coude en dehors, —
M. Muller (de Belfort) communiqué! cas de luxa¬
tion du coude en dehors avec fracture de l’épitrochlée
reconnue à l’examen clinique. L’attente rend difficile
l’examen clinique et la réduction. La radiographie
< St indispensable à une réduction rationnelle ; celle-
ci s’opère par une poussée latérale du dehors en
dedans à laquelle il est utile d’ajouter des mouve¬
ments de rotation, d’abduction et d’adduction de
l’avant-hras.
Hystérectomie abdominale totale pour grossesse
et fibrome. — M. Thévenard présente celte pièce.
11 rappelle à ce propos que certains fibromes, même
volumineux, peuvent ne gêner en rien l’évolution
d’une grossesse : l’abstention est alors la règle.
D’autres deviennent une menace de dystocie ou
d’avortement : l’intervention s’impose ; ce sera autant
que possible la myomectomie ; dans certains cas
cependant (cas rapporté) l’hystérectomie sera néces-
Instrumentatlon pour ostéosynthèse des frac¬
tures. — M. Juvara (de Bucarest) présente un cer¬
tain nombre de pièces de démonstration d(? son ins¬
trumentation pour le traitement opératoire des frac¬
tures des membres.
M. Halleu.
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
22 Janvier 1929.
Emploi de l’oxygène comme stimulant chez le
nourrisson. — M. Briand comunique 6 observations
de nourrissons inappétenls, avec stagnation ou dimi¬
nution du poids depuis plusieurs semaines. Des
séries de 3 à 6 injections d<! 30 à 40 eme d’oxygène
naissant ont permis d’obtenir en 8 ou 15 jours une
augmentation de 300 à 600 gr.
Laryngite oedémateuse à streptocoque; trachéo¬
tomie; guérison. — MM. Cassante et Poinso (de
Marseille) communiquent une observation de laryn¬
gite oedémateuse aiguë guérie à la suite d’une tra¬
chéotomie et ils insistent sur la nécessité où l’on se
trouve parfois de préférer cette dernière interven¬
tion au tubage, notamment dans certaines laryngites
consécutives à la rougeole, fi des brùhires, etc.
Constatations anatomiques dans 2 cas de sténose
du pylore opéré. — MM. P. Lereboullet, Aurous-
seau et Fr. Saint-Girons rapportent 2 cas de sténose
du pylore o|)érés, dans lesquels la mort, survenue
pour des causes accidentelles, 15 jours après l’ojjé-
a permis de se rendre compte de la persistance de
la dépression créée localement parla pylorotomie;
à celle récente de Mm! Fredet, Lesiié et Coflin, la
brèche opératoire n’était pas comblée.
L’examen histologique a montré nettement qu’au
niveau de la pylorotomie la paroi n’était constituée
que par la muqueuse et la séreuse, la tunique mus¬
culaire étant absente ou réduite ù de très rares fibres
éparses.
Avec ou sans persistance de la brèche ojiératoire,
la guérison clinique est d’ailleurs toujours obtenue.
Recherches sur les processus d’adipolyse au
cours des états de dénutrition de la première en¬
fance. — MM. H. Dorlencourt et S. Falcon, après
avoir rappelé la systématisation qui préside à la
destruction des diverses réserves adipeuses au cours
des processus de dénutrition de la première enfance,
montrent que l’ordre de destruction de ces réserves
est conditionné par des différences de comiiosition
portant essentiellement sur la natiire des acides
gras qui entrent dans la constitution des divers
dépôts adipeux. Les graisses riches en acides gras
non saturés (acide oléi(jue) subissent les i)remier.s
l’adipolyse (graisse de la paroi abdominale) ; les
graisses les plus i-ésistantes ù la destruction sont
celles à indice d’iode faible, ù point <le fusion rela¬
tivement élevé (boule de Bicliat),
— M. Lesné pense (pie ces données expliipient
peut-être la facile assimilation de l’huile de foie de
morue en raison de la quantité d’acides gras ù ])oint
de fusion peu élevé qu’elle renferme.
Statistique de broncho-pneumonies Infantiles.
— MM. H. Grenet et L. Guillemot communiipient
la statistique des bronebo-pneumonies observées
pendant une jiériode de 10 mois. Le nombre des cas
traités pendant plus de 48 heures s’élève à 196 avec
101 morts (51,53 pour 100) et 95 guérisons.
Si l’on ne retient que les cas qui ont été réguliè¬
rement soumis à la vaccinothérapie, on trouve, sur
un total de 154, 61 morts (39,61 pour 100) et 93 gué-
Mais parmi ces malades, 66 ne furent soumis qu’ù
une sérothérapie antidiphtérique tardive ou faible :
38 morts (57,57 ])Our 100|, et 28 guérisons. Les
autres, au nombre de 88, rmuirent, outre le vaccin,
du sérum antidijibtéricpic d’une manière précoce et
intensive : 23 morts (26,13 pour lOüi ; 65 guérisons.
Clicz les enfants de moins de un an, les résultats,
(pioicpie moins évidents, sont eneourageants.
Le contrôle anatomique des radiographies dans
la tuberculose pulmonaire de l’enfant. MM. P .
Armand-Delille et Lestocquoy ont mis au jioint
une méthode de fixation en masse des organes tho-
raciipies ipii leur jiermet de faire ensuite une série
de coupes frontales donnant des préparations exac¬
tement juxta-posables et superposables aux images
radiographiques.
Ils projettent une série de radiographies prises
([ueb[ues jours avant la mort et des jiréparations
anat<)mi(]ues correspondantes et montrent (pie l’in¬
terprétation de ces images j)ermel de diagnosticjuer
les localisations initiales de la Inlierculose jnilnio-
naire de l’enfant.
Grâce à cette métliode, ils ont montré (ju'au début
la tuberculose de l’enfant n’est ni diffuse, ni géné¬
ralisée mais, au contraire, localisée sous deux types
princijiaux de forme évolutive, à savoir : soit un
nodule caséeux ])lus ou moins étendu, entouré d’une
zone de condensation limitée, soit d’une véritable
lobite avec infiltration de jmeninonie caséeus(( ou
broncho-pneumonie caséeuse.
Ils insistent sur l'importance de ce diagnostic |)our
établir un traitement juécoce, faisant remamiuer
(|u’on iK' peut pas par la radiographie savoir s’il
s’agit de condensation simple dite épituberculose
ou de tulnu'Culose caséeuse. Ils considèrent qu(‘, si
l’on trouve des bacilb's, on doit établir un jmeurno-
- M. Barbier, envisiigeant les diverses foriio's de
primo-infection cliez l’enfant, signale ((ue, chez le
nourrissoii, la tuberculose initiale peut se manifester
nni<juement par une méningite.
M. Marfan a [lU constater (|ue, toutes les fois
(pie la l’adiograjdiie révèle des ombres hilaiia'S
nettes, le |)arenchyme pulmonaire était intéressé.
D'autre jiarl, la localisation des lésions fournie par
la percussion et rauscultation est souvent contre-
(lil(' par la radioscopie et rautopsi(".
Il signale que la radioscoiiie montre dans le lobe
inférieur du i>oumon droit des arborisations (pii
sont pbysi(d()gi([ues.
Un cas de syndrome de Klippel-Feil avec grosses
anomalies vertébrales. MM. Mouebet et Roe-
derer jirésentent une fillette de 8 ans ayant de la
brièveté et de l’immobilité du cou. I,a tête est aplatie
de haut en bas. La radiographie montre un bloc
atlas-axis, une vertèbre intermédiaire aplatie eu
tambourin, un bloc sous-jacent. La vertèbre inter¬
médiaire est le siège d iin spitia bilida occulta. Les
corjis (les vertèbres, faisant le bloc inféri(Mir, jiré--
sentent un véritable jmzzle.
Après 2 ans du port d'une minerve, le cou paraît
s’être allongé et être deveuu idus mobile.
Quatre cas d’infection des voies urinaires du
nourrisson traitées par le sérum anticolibacillalre
de Vincent ■ MM. Jean Dayras et Robert
Bernheim ont traité 3 pyuries aigui-s dont 2 graves
et une pyurie cbroni(pie.
Les résultats ont été très bons dans 2 cas de
pvurie aigui'b satisfais<'ints dans 1 cas de pyuri(‘
aiguë ; par contre, pour la pyurie cbroni([ue. ])our
bnpielle on avait, depuis 2 ans, essayé tous les trai¬
tements (vaccinothérapie, alcalinisation à hautes
doses, iirolropine, bactériophage), aucune améliora¬
tion n'a été obtenue.
Les doses de sérum employé ont été de 5 eme tous
les jours pendant 4 jours jiour les premiers cas,
pour les deux autres jus(pi à éclaircissement des
urines, 7 dans un cas, 5 dans f’aulre.
-- M. Armand Delillo i'i(i)p(dle ((ue les colibacil-
luries ladndles au traitennmt paraissent liées à des
malformations congénitales des voies urinaires.
— M. Halle à propos de ces observations, signale
que les accidents douloureux sont très améliorés par
de grands bains chauds et par de grands enveloiipe-
ments humides.
G. Scniiriurn.
194
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N» 12
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
24 Janvier 1929.
Ostéosarcome post-traumatique de l’avant-bras.
— MM. Courboulvs et Talbot présentent un sujet
(le 21 ans, sans antécédents pathologiques, qui, à la
suite d’un traumatisme par choc direct au niveau de
l’avant-bras, ju'ésenta une lésion d’abord considérée
comme un ostéome bloijuant l’espace interosseux,
avec gène de la pro-suj)ination. Traité par des mas¬
sages, des bains chauds, jjuis de la radiothérapie
superlicielle, il fut llnalemenl évacué sur l’h(')pilal
Desgenettes. 11 présentait à ce moment des signes
indiscutables d'un volumineux ostéosarcome à marche
rapide : chaleur locale, circulation collatérale, dou¬
leurs nocturnes, tuméfaclion fusiforme de consis¬
tance irrégulière, crépilalion osseuse en un point;
la radiographie conlirmait ce diagnostic. 11 fut alors
soumis à la radiothérapie [u-ofonde à dose massive,
sans que refllcacité de ce traitement ait été mani¬
feste car, bien ([ne l’état général soit excellent et
((u’il n’existe |)as de signe de généralisation, la tumé¬
faction locale a augmenté de volume.
- M. Tavernier estime qu’il s’agit là d’un échec
de la radiothérapie : les douleurs ont été soulagées,
mais la tumeur continue il croître. Cherchant une
cause il cet échec, il ne croit pas qu’il soit attribuable
il une radio-résistance consécutive au premier traite¬
ment de radiothéraiiie suiierllcielle, car il a observé
un cas qui lui permet de mettre en doute cette radio¬
résistance,
— M. Albertin, envisageant les rapports de cause
à elTet entre le traumatisme et la tumeur osseuse, fait
remarquer combien est difficile l'interprétation des
faits. Il (‘stinie que, dans de tels cas, le doute doit
bénélicier au blessé et ([u'e le traumatisme doit être
considéré comme la cause de la néoplasie.
-- M. Bérard estime ([ue, pour les tumeurs con¬
jonctives, on ne peut actuellement nier les rapports
de causalité avec un traumatisme récent.
Arthrite blennorragique du poignet; influence
des rayons ultra violets. - - M. Cotte et M'‘>' Jamin
présentent un sujet de 24 ans atteint de cette locali¬
sation de la gonococcie et qui avait été traité pour
rhumatisme articulaire. La radiographie montrait
une articufation avec des contours flous, raréfaction
osseuse et suhluxation du carpe en avant. Le malade
fut immohilisé mi pUtre, puis soumis à l’action des
rayons ultra-violets sur les faces palmaire et dor¬
sale du poignet. L’eflicacité a été remarquable sur
l'o'dètne, sur les douleurs et surtout sur la récalcilica-
tion du carpe et des tètes des métacarpiens. La gué¬
rison fut ainsi obtenue; le malade conserve cependant
une limitation des mouvements du poignet avec anky¬
losé du lunairi' avec le radius.
Sur un cas de gangrène pulmonaire. MM. Bé¬
rard et Mallet-Guy ont traité chirurgicalement une
gangrène pulmonaire chez un homme de 98 ans,
après échec du traitement médical; le pneumothorax
artiliciel ne jiut être fait en raison des adhérences
pleurales. Ils ont d’ahord fait une phrénicectomie,
puis une résection des deux premières côtes par la
voie postérieure suivant la technique indiquée par
Mallet-(«uy et Desjacques. A l'opération ils associè¬
rent le drainage postural. Ils ont ainsi obtenu un
alTaissement de la cavité pulmonaire qui persiste
cependant, mais très réduite de volume. M. Bérard
discute à ce jiropos les voies d’accès des côtes supé¬
rieures et se prononce en faveur de la voie posté-
Résultats éloignés d’une opération d’AIbee pour
mal de Pott. — llapport de M. Novè-Josserand sur
une observation de M. Contargyris Id’Athènes) :
guérison d’un mal de Pott grelTé, il y a 5 ans, à la
période d’état, avec abcès froid iliaque qui se llstu-
lisa et se cicatrisa. 11 s’agit d'un bon résultat de la
grelle faite en période d’activité de la tuberculose
vertébrale, avec immobilisation de courte durée.
Complications péritonéales de la fièvre typhoïde.
— M. P. Bonnet relate une série d’observations
concernant ce» complications péritonéales qu’il a
constatées au cours de la typhoïde et il insiste sur les
points suivants : extrême difficulté du diagnostic,
notion bien classique, mais sur laquelle on ne saurait
trop insister. Ces complications ne sont pas consti¬
tuées par la seule perforation, il existe des réactions
péritonéales en dehors des perforations véritables: il
y a des occlusions de causes encore très mal con¬
nues, par agglutination des anses, par adhérence de
l’épiploon au niveau des plaques de Peyer.
Au point de eue thérapeutique, M. P. Bonnet a eu
l’impression, dans les cas qu’il a observés, que la
mise au repos do l’intestin était une nécessité impé¬
rieuse. « Lorsque, dit-il, on voit l’intestin distendu,
mince, prêt iï crever au niveau de chaque plaque
de Peyer, on ne peut s’empêcher de penser qu’une
entérostomie mettrait tout cela au repos. Il y a loin
de ce désir à la réalisation; mais, si l’on était certain
que l’état général n’en serait pas aggravé, si l’on
pouvait promettre à coup sùr la fermeture spontanée
de la fistule intestinale, on serait presque en droit do
Iienser qu’une entérostomie sur sonde de Nélaton,
pratiquée délibérément chez les malades qui présen-
tenient préventif d(;s complications péritonéales ».
— M. Nové-Josserand a vu survenir, chez un
garçon de 15 ans, arrivé au 45“ jour d'une typhoïde
qui semblait fl son déclin, un syndrome simulant la
perforation. Il n’est pas intervenu parce qu’il n’y
avait pas de chute brusque de température, ni de
collajisus, ni de vomissement, ni de faciès péritonéal.
Dans les jours suivants, une collection volumineuse
de la région lombaire apparut, qui se résorba spon-
II. Roland.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
29 Janvier 1929.
Muguet pulmonaire intense et persistant ayant
marqué une tuberculose abortive révélée uni¬
quement par l’inoculation. — MM. J. Gâté et
J. Rousset rapportent l’observation d’une petite
malade de 15 ans ipii présenta des phénomènes géné¬
raux et des signes d’auscultation qui amenèrent à faire
des recherches de laboratoire lesquelles montrèrent
dans les crachats monilia nlbicans à l’état pur ; c’est
en vain ipie tous les procédés furent mis en oeuvre
pour dépister la tuberculose. En attendant les résul¬
tats de l’inoculation, les auteurs soumirent la
malade au traitement habituel de la bacillose.
Pendant cette période, les crachats montrèVent tou¬
jours la même levure ijui ne se retrouvait ni dans les
voies aériennes supérieures, ni dans la salive, ni
dans les caries dentaires; la malade, complètement
apyrétique engraisssail , ne crachait plus, ne présen¬
tait [lins aucun signe d’auscultation. Mais les résul¬
tats de l’inoculation au cobaye furent positifs. Entre
tein|)S, les auteurs dépistèrent une hérédo-syphilis.
La malade sortit de l'hôpital jirésentant toujours son
A noleripii' les inoculations du charnjiignon tuèrent
les animaux en expériences, avec des lésions macro-
copiiiues et microscojiiijues dans lesquelles les rétro-
cultures furent positives.
Sur l’Ephédrine. — M. V. Cordier fait jiart des
observations poursuivies depuis plus d’un an sur ce
produit et sur les analogies synthétiques qu’il a expé¬
rimentées.
Il donne sa préférence fl la eoie digesliee et fi
l’alcaloïde ; toutefois, lorsque la voie sous-cutanée
doit être adoptée en vue d’une action rapide, les pré¬
parations synthétiques ont une action peut-être plus
rapide, certainement plus constante, mais toutefois
moins prolongée.
La po.sologie est extrêmement .variable, malgré la
constance des produits employés au point de vue
pharmacodynamique. L’action de la drogue étant jiar
essence un excitant du sympathique, ou a, suivant
l’état antérieur de sympathiconie des sujets, des
actions individuelles très variables ; il est donc bon
de l’évaluer parles tests habituels, ou de se servir de
l’éphédrine comme d’un test sympathique avant de
la prescrire au hasard.
Les intolérances sont donc appréciables surtout
chez les sujets dont la thyroïde est en dysfonctionne¬
ment ; le tremblement et les cryalgies des extrémités
sont le signe le plus net et constant ; l’angoisse
cardio-respiratoire est plus rare ; l’auteur n’a jamais
observé d’accidents circulatoires plus sérieux ; le
tremblement, s’il est accentué et gênant, peut être
supprimé par une inhalation de nitrite d’amyle.
Les résultats sont variables suivant les cas :
a) Grande crise d'asthme. — L’ingestion est ineffi¬
cace, l’injection sous-cutanée ne donne d’amélioration
que dans peu de cas et reste inférieure fi l’adrénaline
additionnée ou non d’hypophyse.
b) Etat asthmatique. — Sujets ayant des crises
nocturnes graves et restant dans le jour sous le coup
de la dyspnée continue, résultats favorables bien
supérieurs à ceux de l’adrénaline, de l’atropine ou de
la pilocarpine. Fractionnel' les doses ; la plupart des
sujets acceptent 20 fi 40 centigr. pro die de l’alcaloïde,
mais la dose active oscille autour de 15.
c) Equivalents asthmathiques . — Action inconstante,
mais donnant les résultats les plus brillants : toux
spasmodique, rhinorrhée, petite dyspnée continue
paro.xyslique ; on obtient des cessations subites (en
10 minutes) d’états minimes ayant résisté à tout et
des guérisons prolongées, sinon définitives, en tâtant
le seuil minimum d’action de la drogue. A noter qup
c’est chez ces malades que l’on a les accidents les
plus fréquents.
d) Di/spnée et poussées bronchitiques des emphy¬
sémateux. — Ce sont peut-être les cas les plus intéres¬
sants au point de vue clinique et nosologique, car ils
témoignent de l’intervention fréquente d’une dystonie
neuro-végétative dans ces cadres anatomo-cliniques
et du glissement jirogressif de l’asthme dans le
tableau de l’emphysème
e) Les urticaires et les migraines. — Les résultats
sont plus Variables et les succès de l’auteur moins
fréquents que ceux déjà signalés.
Les modifications tensionnelles sont inconstantes
(tant artérielles que veineuses) et avec des oscilla¬
tions dans les deux premières heures d’une injection
sous-cutanée, on n’a pas à faire à une vasoconstriction
générale. Le mécanisme de l’action de l’éphrédine est
plus complexe et l’intervention du système élastique
à discuter.
Mélltococcle; endocardite Infectieuse terminale.
— MM. J. Gâté et P. Ravault rapportent l’obser¬
vation d’un malade qui, atteint d’une endocardite
aortique ancienne et bien tolérée, contracta, en
Corse, une fièvre de Malte dont la nature bactériolo¬
gique fut signée par une hémocullure positive en
microcacus meltlensis. Cette infection générale se
compliqua rapidement d’une scène clinique d’endo¬
cardite infectieuse aiguë (purpura, splénomégalie,
cardioplégie irréductible, urémie terminale) qu’il est
logique de considérer comme la greffe du processus
mélilococcique ulcéro-végétant sur une lésion d’en-
docardile ancienne.
Drainage biliaire par tubage duodénal dans le
traitement des crises d’asthme invétérées. —
M. Cordier a remarqué l’effet vraiment imprévu du
tubage duodénal sur les crises d’aslhme. Alors que
toutes les médications ont échoué, cette manœuvre
fait cesser les crises et cet effet est d’autant plus
net qu’il s’agit d’asthmes des plus anciens et des
plus rebelles. L’explication de cette action est très
difficile : l’auteur ne pense pas qu’on puisse retenir
l’auto-suggestion, puisque lors([ue la manœuvre
échoue partiellement le soulagement n’est pas obtenu ;
11 ne croit pas non plus que ce soit le drainage
biliaire, il penche plutôt vers l’une des deux hypo¬
thèses: action sur l’insuffisance hépatique de ces
malades, déclenchement secondaire d’un choc pro-
Entérococcie ; myocardite ; mort. — MM. Duver-
nay et Gerbay (d’Aix-les-Bains) rapportent une
observation d’un malade d’abord étiqueté : fièvre
paratyphoïde B et qui avait présenté pendant un
mois à peu près un tableau il’embarras gastrique.
Alors qu’il semblait en convalescence, l’état général
s’aggrave et le myocarde fléchit malgré les toni¬
cardiaques, on pense à une coli-bacillose et on pra¬
tique une hémoculture sur bouillon citraté et sur
bile qui montre des colonies pures d’entérocoques.
L’examen du sang révèle une anémie très marquée
que faisait d’ailleurs soupçonner le tableau clinique.
Le malade meurt dans une crise de dyspnée légère.
Les auteurs insistent sur la présence exclusive d’en¬
térocoques et sur l’anémie concomitante.
J. Rousset,
N» 12
9 Février 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE’»
N- 68.
Maladie de Kümmell-Verneuil
Maladie posttraumatique
de la colonne vertébrale de Kümmell
l’ar Aluiîht Mouguet
(;liii‘ur(ficn de l’hôpilal Suint-Louis,
Lu jeune hoinme de 2!) ans, électricien pour
voilures automobiles, qui ni’a été adressé par
mon ami le D'’ Nadal, oHre un exemple typique
d’une maladie qui a été souvent méconnue depuis
l’époque déjà lointaine où Kümmell (de Ham¬
bourg-) l’a décrite pour la première fois, en 1891 ,
au IV' Congrès des médecins allemands à Halle.
Elle est trop importante à connaître jtour que je
ne saisisse pas celte occasion d'en brosser à
grands traits devant vous l’étude clinique; vous
verrez combien est grande riinporlanct; pratique
d’une telle éludé.
L’interrogatoire de ce jeune homme nous four¬
nit comme toujours — mais dans ce cas plus
encore que dans beaucoup d’autres — des rensei¬
gnements de premier ordre. Pierre H... se plaint
à peu près constamment de « douleurs de reins »
depuis une chute qu’il a faite le lundi de Pâques
li)24. Ces douleurs se sont accrues depuis quel¬
ques mois; c’est la raison pour laquelle il est allé
faire radiographier sa colonne vertébrale chez le
D'’ Nadal qui, intrigué par l’aspect de cette co¬
lonne, a conseillé à ce jeune homme de venir nous
consulter.
Donc, le lundi de Pâques -1924 — il y a quatre
ans et demi - - Pierre H..., étant à bicyclette,
tombe devant >in tramway. Le chasse-corps de
celui-ci heurte son dos en altitude (léchie; le
tramway, qui s’était arreté aussitôt, ne le traîne
pas.
Pierre H... est transporté immédiatement à
la Maison départementale de Nanterre où il reste
quinze jours couché à plat sur le dos.
H n’a pas perdu connaissance au moment de
l’accident, mais il est resté deux jours sans pou¬
voir uriner et on a dû le sonder à plusieurs
reprises. Au bout de ce temps, à l’occasion d’une
instillation de sérum inlra-rectale, les mictions
sont redevenues normales.
Le rachis était douloureux au niveau de la
région lombaire. Une radiographie de ce rachis
a été prati([uée — nous ne savons pas avec pré¬
cision dans quelles conditions; — le malade nous
dit seulement que cette radiographie a été néga¬
tive. Les médecins n’auraient rien constaté
d’anormal sur la colonne vertébrale.
Au sortir de la Maison départementale de Nan¬
terre, quinze jours après l’accident, Pierre 11...,
souffrant encore de la région lombaire, garda
chez lui le rejios au lit pendant deux mois; des
pointes de feu furent appliquées loco dolenti.
Quand il se leva, il n’éprôuva aucune gène
dans la marche; ses douleurs de reins s’atténuè¬
rent même au point de disparaître à peu près
complètement et le malade reprit sans fatigue sa
profession d’électricien.
Mais, au bout de dix-huit mois à deux ans, ces
douleurs revinrent, très légères d’ailleurs, tou¬
jours localisées à la région lombaire, n’irradiant
pas dans les membres inférieurs et ne gênant pas
la marche. j
l)c))uis (jm-hpies mois, ces douleurs se sont
accrues et le malade, prét)c<-upé de son état, a
voulu se faire radiographier la colonne verté-
bi-ale.
En somme, traumatisme net, il v a (piatre ans
et demi, jjortant sur la colonne vertébrale dorso-
lombaire dans une attitude de flexion du tronc;
douleurs lombaires, rétention d’urine jiendant
deux jours.
Les douh'urs nécessitent le repos au lit ])cn-
dant deux mois au bout desquels elles disparais¬
sent presque complètement et le malade [)eut
reprendre une vie normale.
Mais, au bout de dix-huit mois à deux ans, les
douleurs lombaires revinrent par intermittences ;
elles sont plus vives et plus continues dejuiis
quelques mois.
Ainsi Y (h’ohaion clinique de la maladie com¬
prend trois stades :.un premier stade de douleurs
suivant immédiatement le traumatisme; un intei'~-
oalle libre; un troisième stade où les douleurs
reviennent et où elles paraissent acquérir une
intensité nouvelle.
L’examen physique de Pierre H... fournit des
renseignements intéressants. C'est un homme de
santé superbe, très musclé, qui se tient droit sans
aucune cyphose dorsale et dont les mouvements
du rachis ont gardé une amplitude normale,
(-xempte de toute raideur.
H ne présente pas de troubles sensitifs ou
moteurs au niveau des membres inférieurs; les
réflexes rotulien,- achilléen sont normaux.
Mais, en examinant avec soin les diverses
vertèbres, vous constaterez (pie l’apophyse épi¬
neuse de la jircmière lombaire est un peu plus
saillante qu elle ne devrait être : en outre la
pression sur celte ajiophyse est douloureuse.
En même temps que cette légère saillie de
l’apophyse épineuse de la 1"' lombaire, vous
remarquerez une minime déviation latérale à
convexité gauche de la colonne lombaire, dévia¬
tion dont le maximum correspond jiréciséinent au
niveau de cette première lombaire.
Voyons maintenant h's radiof^rajiliics de face et
de profil que le D' Nadal a faites de ce jeune
/>e face, vous ne constatez point de inodilica-
lion appréciable dans l’as[)ect des vertèbres ou
des dis(pies intermédiaires; vous retrouvez le
léger degré de scoliose dont je viens de parler et
vous remartpiez que le corps de la première ver¬
tèbre lombaire est un peu moins épais à droite
qu'à gauche.
Mais c'est la radiographie de jirofil qui fournit
une constatation indiscutable : celle d’un apla¬
tissement en forme de coin à sommet antérieur
et base postérieure du corps de la première lom¬
baire avec intégrité des disques sus- et sous-
jacents.
Pas de modification apparente de l'architecture
de ce corps vertébral, mais vous noterez quelques
irrégularités, quelques bavures au niveau des
faces supérieure et inférieure de ce corps.
La radiographie nous fournit donc la clef du
diagnostic que l’examen clinique nous jiermetlait
de pressentir : traumatisme ancien du rachis,
troubles urinaires vite disparus, douleurs lom¬
baires assez rajiidement atténuées jiiiis reprenant
de la continuité et de l’intensité depuis quehjues
mois. Une pareille évolution coexistant avec une
déformation lombaire (saillie légère de la 1'' apo¬
physe épineuse et déviation latérale], avec le
signe radiographique d’aplatissement en coin du
corps de la P' vertèbre lombaire, ne peut s’appli¬
quer qu’à la maladie vertélirale jiost-traumalique
connue sous le nom de maladie de Kümmell-Ver-
ncuil.
dejniis ([uehjues années et le moment est venu à
l’occasion de cette observation récente de vous
en faire un exjiosé aussi court et aussi précis que
jiossihle.
Hermann Kümmell (de Hambourg) est bien le
jiremier à avoir décrit cette affection en 1891 au
IV*' Uongrès des Médecins allemands à Halle,
C’est s(‘ulement en 1892 cpie Verneiiil a pri’’-
senlé à l’Académie de Médecine avec Forestier
une observation analogU(; aux observations de
Kümmell qu’il paraissait ignorer : il l’a publiée
sous 1(( lilriï un lieu long de « fracture de la
colonne vertébrale par cause musculaire, long¬
temps méconnue ('t révélée par rapjiarilion de
douleurs névralgiques en ceinture et d’une gibbo¬
sité tardive ».
L’habitude est venue de désigner brièvement
le syndrome sous le nom de « maladie de Küm-
mell-Verncuil » ce ipii est exact; juiis de dire
|)arfois, avec ce iiatriolisme ipi'il faut nous
reconnaître (Kümmell], « maladie de 4Crneuil-
Kümmell », ce <pii est moins exact.
Tout en revendiipiant sa jialernilé dans d'im¬
portants ti-avaux récents il928 Kümmell ne
jiaraît jias tenir autrement à ce (pie la maladie
jiorte son nom. Après l’avoir dénommée jadis
« ostéite raréfiante des corps vertébraux », il
jiréfère actuellement le nom de « maladie jiost-
tratimnti(jue de la colonne vertébrale » ; il rejette
la dénomination plus courte de spondylite trauma¬
tique, jiarce (pi’clle pré'juge un état inflammatoire
(pli n’existe jias.
H y a dans le tableau cliniipu' de cette affection
(pii jieiit se jiroduire à tout âge, mais rarement
dans l’enfance et l’adolescence, deux traits carac¬
téristiques :
1" La notion du traumatisme ;
2“ L'évolution en plusieurs stades.
1" Le TiiAC.M.vnsMi; initial jicut se trouver
insignifiant, il allcint directeincnt ou indirecte¬
ment le rachis. Dans le cas jirésenl, il semble
bien que ce soit indirectement par le mécanisme
de la flexion forcée; le tronc de notre malade
ayant été fléchi, lorsipie l’avant du tramway l’a
Les troubles amenés par ce Irauma initial sem-
hhmt (lis[)araître au bout de qiiehpu's semaines,
jiarfois de quelques jours ; on les a vus assez
minimes pour (pie le blessé oublie ce trauma¬
tisme. Ce n’est pas le cas chez notre jeune homme
(pii a dû rester plus de deux mois et demi au lit
et qui a présenté jiendant deux jours de la réten-
L’examen clinique fournit des signes de con¬
tusion locale, quelquefois il ne montre rien ou
peu de chose; les rayons X, ou bien ne sont pas
utilisés à tort d’ailleurs, ou ne montrent rien de
jirécis.
Le blessé a des douleurs pendant (]Uel(pte
temps, puis il reprend sa profession plus ou
moins rapidement, plus ou moins conijilètemeni,
suivant la gravité du traumatisme, suivant sa
sensibilité propre, suivant son ardeur plus ou
moins vive au travail.
2“ Après ce premier stade, généralement court.
l’ÉvoLETiON présente un deu.ricine .stade, un stade
de bien-être relatif (pii peut durer des semaines,
des mois, un intervalle libre, comme disent les
allemands (frei iiilervalli.
Puis survient le troi.siéme .stade, stade terminal
de di/Jormité vertébrale avec rejirise des douleurs.
Le blessé ne vient quelquefois consulter que
pour ces douleurs; il ne s'est pas rendu compte
de la difformité. Les douleurs sont localisées au
segment rachidien atteint; elles irradient vers
les espaces intercostaux, rabdoinen et les meni-
196
LÀ PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N» 12
bres inférieurs; on peut noter des contractures
ou de la parésie de certains muscles, des troubles
de la sensibilité (fourmillements, engourdisse¬
ments), de l’exagération des réflexes, etc.
La dilformité consiste en une cyphose à grande
courbure le plus souvent, mais ([uelquefois en
une gibbosité médiane et angulaire rapj)elant
celle du mal de l’ott. Celle cyphose occupe la
région dorsale ou lombaire avec prédilection; on
voit parfois des courbures de compensation en
lordose sus- et soms-jacentes.
Cette cy])hose est douloureuse, soit quand on
la comprime dii-cctemeilt, soif (piand on exerce
une [)ression suivant l’axe du racliis.
La dill’orniilé de la maladie de Kümmell-Ver-
neuil ne consistr pus qu'en une r;/p/iosc; il s'y
mêle le plus soiieent un certain dcy;rô de scoliose.
Vous avez soi (pic chez notre malade la cyphose
est très minime; il n’y a guère qu’une saillie un
peu exagérée de la première apophyse épineuse
lombaire. Mais il existe aussi une légère scoliose
concomilanle.
•Notre blessé ne s’est pas rendu compte qu’il
s’était déformé mais il y a des blessés qui ont la
sensation de se lasser sur eux-ménies et (pii se
sont aper<;us de la déformation vertébrale avant
de venir consulter le chirurgien.
Pierre II..., a son rachis encore souple; les
mouvements de llexion en avant ou en arrière,
les mouvements d’inclinaison latérale ont une
amplitude normale. Mais il y a des malades de ce
genre qui ont une raideur vertébrale très mar-
ipiée, une absence de mobilité active ou passive
de leur colonne dorso-lombaire : quand ils sont
étendus, ils ne peuvent pas s’allonger sur la
table d’examen.
Vous comiirenez combien, en pareil cas, il
jieut être diHicile de dill’érencier la maladie de
Kümmell-Verneuil du mal de Pott.
Sans doute, nous avons, s’il s’agit de celte der¬
nière alfection, des signes radiographi(pics pia'-
cis, présence d’abcès, altération des dis(pies (jui
mampienl dans la maladie de Kümmell-N CrncuiL
Mais l’abcès peut se révéler tardivement et res¬
ter longlenqis invisible aux rayons X, le fait
même ([ue les discpies sont peu ou pas altérés
n’est pas absolument contraire à l’idée de la tuber¬
culose vertébrale.
La notion du ti'aumalisme est très spéciale à
la maladie de Kümmell-Verneuil. Mais le seul fait
(pie la lésion vertébrale a évolué consécutivement
au traumatisme ne nous donne pas le droit d’éli¬
miner l’existence d’un mal de Pott, ainsi (pie l’ont
montré Sorrel, Tuilier.
Uoidercr a vu sui'venir un an après un trau¬
matisme formel, certain, un mal de Poil tyj)i(pie.
Si excejitionnels (pie soient des faits de ce
genre, vous devez les noter et en tenir coiiqilc
dans le diagnostic.
Vous n’aurez guère à diH’ércncier la maladie de
Künimell des spondylites infectieuses, car leur
évolution par poussées successives, les prolifé¬
rations osseuses plus ou moins en becs de perro-
(piet de leurs radiographies sont tiaqi caractéris-
liipies pour iirêti'r à la confusion.
Mais je dois vous signaler une diflicullé de
diagnostic [irésenlée par ces faits de jilalyspon-
dylie ou mieux d'atrophie congénitale en forme de
coin à bas(‘ jiostérieure des corps vertébraux
découverts à l’occasion d’un traumatisme et dont
j’ai signalé, le premier, un exemple lypiipie
en HI27, à la Société nationale de (ihirurgie.
.\près moi. Holreau-Roussel, (ilavelin ont pré¬
senté des cas analogues à la même Société.
.restinie ipi’il faut, pour éliminer la maladie
de Kümimdl, et diagnosliipier l’aplatissement con¬
génital, tenir le plus grand compte, non de l’as¬
pect radiograiihitpie à lui seul peu démonstratif,
mais d’un ensemble symptomati(pie constitué
par un trauma insignifiant, une évolution sans
douleurs cl des mallormations coucomilantes
(hypospadias, côtes cervicales, sacralisation, etc.).
Vous voyez que si, théoriquement, le syndrome
de Kümmell-Verneuil est bien défini, s’il est
resté le même depuis trente-huit ans, il peut
encore pratiquement nous mettre dans l’embarras
et donner en particulier du fil à retordre » aux
médecins chargés d’expertises médico-légales.
.1 quelle lésion anatomique répond e.ractcment
ce syndrome'.' Kst-ce toujours à une altération
purement trophi(pic, ;\ un tassement [)ar ostéite
raréfiante ainsi que l’admet Kümmell ? Voilà le
point intér(‘ssanl, celui qui a suscité et qui suscite
encore des controverses ardentes, surtout dans la
patrie de Kümrnell.
La radiographie paraît être le ' seul moyen
d’exploration eai)able de résoudre le ])roblème.
Mais elle n’a pas donné ce. qu’on pouvait es])érer
pour plusieurs raisons. .lusqu’à ces dernières
années, elle n’avait pas atteint un degré de per¬
fection suffisant. D’autre jtarl, elle n’était fiiile
le j)lus souvent (pi’unc fois le rachis arrivé au
stade de déformation; elle n’était j)as faite au
début parce qu’on trouvait le Iraumatisnie insi¬
gnifiant. Souvent elh- ne montrait rien pendant
l’année (|ui suivait l’accident (Kümmell); elle
aurait dû être faite à plusieurs reprises. Des
radiograjdiies répétées sont indis|)ensables.
Dans beaucoup de cas où la radiographie était
faite après le traumatisme, elle n’était pas faite
de profil. Or, seules les radiographies de profil
sont susceptibles de montrer avec netteté les
changements de structure.
Et généralement, elles ne montrent pas d’alté¬
ration de celte structure; pas de raréfaction, ])as
d’ostéoporose, pas d’espaces clairs au milieu des
.couches osseuses.
• Certains auteurs, tels (pie Koeher, Xonne,
croient que c’est le disque intervertébral qui est
le jiremier altéré après l’acciihuit ; son altération
n’est pas visible aux rayons X.
En 1927. .SchmorI pensait (pi’à la suite d’une
surcharge de la colonne vertébrale, le disque
intervertébral était aplati et son tissu fibreux
étiré. 11 se produisait alors de petites fissures sur
les faces siqiérieurc (U inférieure des corps verl('-
braux [lar lesquelles v(>naienl faire hernie, dans
le tissu spongieux de ces corjis, de petites masses
libro-cartilagineuses.
ôlais ces jielites masses libro-carlilagincuses
(pie .SchmorI croyait de iialnre traumatique,
llarrenstcin (d’Amsterdam! les a retrouvées chez
des sujets de 20 à 22 ans au cours d’études
récentes poursuivies ])aliemmenl sur le dévelop¬
pement de la colonne vertéliaalc. .Mors leur
signification ]iathologi(pie serait réduite à néant.
Kümimdl n’a pas varié dans son opinion : la
maladie post-lraumati(|ue de la colonne V('rté-
brale consiste dans un trouble de nutrition des
corjis vertébraux amenant leur atrophie, et, jiar
suite, un affaissement du rachis. Il semble consi¬
dérer la jirésence des noyaux fibro-cartilagineux
de SchmorI comme un arguimmt en fav(>ur de sa
conception.
Dans (pn'hpies cas, Kümmell reconnaît (pi’i
s’agit d'une fracture par compression, mais c’est
rexc('plion; le traumatisme est trop minime
pour amener une fracture et les douleurs insigni¬
fiantes, fugaces, ne répondent pas à la grave
lésion (pie constitue la fracture d’un ou jilusieurs
corps vertébraux.
Verneuil, Kirmisson, (îrisel, tendaient à
admettre une fracture par tassement; un certain
nombre d’autopsies sont en faveur de celle
théorie dans ces dernières années.
On peut se demander si les deux théories de la
fracture ])ar compression et du trouble de nutri¬
tion du corps vertébral sont si distantes l'une de
l’autre et si on ne jiourrait pas les rajiprocher, si
chacune d’elles ne renferme pas une part de
vérité.
II suffit de considérer ce qui se passe au niveau
de certains os du carpe, du scapho’ide et surtout
du semi-lunaire. Ces os peuvent se fracturer
d’emblée par écrasement. D’autres fois, on les
voit, après un traumatisme, atteints de troubles
trophiques pendant ([uelque tenqis au bout
duquel ils s’aplatissent, réalisant une fracture par
tassement (os tigrés, pommelés à la radiogra¬
phie).
Pourquoi n’en serait-il pas de même au nivnxui
des corps vertébraux et, à côté de cas où le tasse¬
ment se fait immédiatement comme dans une
fracture classique par compression, n’y aurait-il
point des cas où le tassement du corps vertébral
se ferait progressivement ajjrès une période plus
ou moins longue d’alléi'ation trophique !’
Si bien (pi’en dernier ressort, *on aurait tou¬
jours affaire à une fracture par tassement.
La nature du syndrome de Kümmell-Verneuil
né semble ]ias définitivement éclaircie; elle ajipelle
de nouvelles recherches, ./e crois que c'est de
l'emploi systématique, précoce et répété de la
radioirraphic ainsi que de son perfectionnement
qu'il faut attendre la lumière définitice.
.le m’excuse d’avoir été aussi long dans l’ex¬
posé de la nature de cette alfection; mais le cas
en valait la peine, les importants travaux scienti¬
fiques parus sur ce sujet dans ces dernières années
néeessilaienl une mise au point complète que j’ai
tenté de vous présenter aussi clairement que
possible.
«**-
.l’aurai peu de choses à vous dire du traitement.
Le mieux serait évidemment de prévenir la dif¬
formité. Si l’on attachait toujours au traumatisme
l’importance qu’il mérite, on pourrait sans doute,
dans beaucoup de cas, avec un repos prolongé
dans le décubitus dorsal, empêcher l’apparition
du syndrome de Kümmell-à’(M‘neuiL On devrait,
après l’accident, immobiIis(‘r le blessé au moins
deux ou trois mois.
Trop souvent, on voit le malade au stade de
déformation commençante ou tout à fait consti¬
tuée, soit à l’occasion de celle déformation, soit
surtout à l’occasion des douleurs qui réapparais¬
sent après une période de bien-être.
C’est alors au corset (jilàtré d’abord, puis plus
lard en celluloïd) que Ton doit recourir pour
maintenir le rachis et empêcher son affaissement.
Ce corset a bi'soin d’('tre porté longtemps, au
moins un an, souvent plus, surtout si le malade
a un métier pénible. Il vaut mieux ([ue celui-ci ne
reprenne au bout de (5 mois qu’un métier facile.
Mais pour éviter la longue durée d’une immo¬
bilisation, il y a tout avantage à utiliser la greffe
rachidienne. L'opération d’ Albee semble de plus
en plus indiquée dans ces cas de maladie de
Kümmell-Verneuil; elle possède certainement une
efficacité jilus rapide et plus complète. Des
observations récentes sont tout en sa faveur.
.l’ai proposé à mon malade qui n’a jamais eu le
rachis immobilisé, depuis les deux jiremiers mois
([ui ont suivi l’accident, qui n’a jamais jiorté le
moindre corset, de lui faire une greffe d’Albce
dont je lui ai exposé les avantages. Mais celle
opération ne parait pas lui sourire jiarce qu’elle
l’obligerait à quitter son travail pendant quehpie
temps; je jiense (|ue s’il souffre davantage, il sera
le Jiremier à nous la réclamer, et il en retirera,
j’en suis jiersuadé, un bénéfice fort ajijiréciable.
PROGRAMME DES COURS, LEÇONS ET CONFɬ
RENCES. — La Puesse Médicale publie chaque
semaine, sauf pendant les vacances, les programmes
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous
renseignements utiles à M. le Zf Vilnu.r, IQO, bou¬
levard Saint-Germain.
N» 12
9 Février 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
RÉFLEXIONS SUR LA MÉDECINE ET SUR LA ViE
Un problème grave et difficile
Au IV” Congrès international de Médecine et
de Pharmacie militaires (Varsovie 1927), comme
suite à la discussion sur les séquelles des trau¬
matismes du crâne et leur traitement, a été votée
la conclusion suivante : « L’expérience de la
guerre ayant montré que, parmi les séquelles des
traumatismes crâniens, l'épilepsie, les névropsy¬
choses, les névroses, les troubles physiopa-
thiques, etc., se développent chez les individus
prédisposés, cette categorie de sujets doit être éli¬
minée de L'armée, même pendant la guerre. »
L’ancien règlement relatif à l’aptitude phy¬
sique au service militaire n’envisageait l’élimina¬
tion de l’année que pour les sujets atteints de
troubles mentaux très accusés ; « idiotie, créti¬
nisme, myxœdème, aliénation mentale confirmée,
paralysie générale, épilepsie ». Va-t-on mainte¬
nant, conformément à ce vœu, éliminer de l’ar¬
mée tous les hommes présentant une tare psy¬
chique quelconque ?
Dans le journal L'Hygiène mentale, Novembre
1928, deux distingués confrères le D” Fribourg-
Blanc et le D” Gauthier, professeurs agrégés au
Val-de-Grâce, reviennent sur cette question, le
premier à propos des débiles mentaux dans le
milieu militaire, le second à propos des déséquili¬
brés dans l'armée.
Comme le fait remarquer très bien M. Gau¬
thier, le déséquilibré, hyperémotif et impulsif,
vient volontiers à l’armée, le plus souvent en
qualité d’engagé. De tous temps, certains corps
de troupe ont eu la prédilection des déséquili¬
brés : à l’époque des guerres d’Algérie, les chas¬
seurs d'Afrique furent par excellence l'arme qui
recueillait les « cerveaux brûlés », les fêtards
décavés ou en délicatesse avec la justice. Tous les
milieux sociaux fournissent de ces engagés tarés;
on y rencontre exceptionnellement le paysan
mais souvent le mauvais ouvrier des villes, ins¬
table et alcoolique, le fils de bourgeois, fruit sec
de lycée, paresseux, bon à rien, noceur précoce,
les pensionnaires de maisons de correction, les
pervers, fugueurs et voleurs dans l’enfance. Outre
les jeunes gens de 18 à 20 ans, engagés souvent
sur les conseils de leurs parents et de leurs
maîtres, on trouve également dans l’armée colo¬
niale certains rengagés hommes mûrs qui ne sont
que des épaves de la vie sociale, ayant fait tous
les métiers sans en garder aucun et sans avoir pu
fonder ou garder de famille régulière.
Que faire de ces déchets sociaux ’i* Les débiles
mentaux forment, nous dit Fribourg-Blanc, la
majorité de ces névropathes, toxicomanes, hyper-
émotifs, obsédés, pithiatiques qui ont passé â
travers les mailles du conseil de révision. Heu¬
reusement qu’à leur état â' insujfisance intellce-
tuelle s’allie le plus souvent une timidité née de la
conscience relative que le débile a de son infério¬
rité; s’ils sont éminemment suggestionnables par
les mauvais conseils, ils sont aussi enclins à
obéir à l’autorité; aussi M. Fribourg-Blanc estime
que nombre des débiles mentaux peuvent être
utilisés soit dans le service armé, soit dans le ser¬
vice auxiliaire eiri ayant soin de ne leur demander
que ce qu’ils sont capables de donner; par contre,
on devra renvoyer de l’armée tous les débiles
pervers ou pervertis, fugueurs de l’enfance, (]ui
sont souvent du reste des récidivistes de droit
commun.
Si le débile mental est timide et maniable, le
déséquilibré est par contre aussi vaniteux que
difficile à diriger. Il se caractérise par la dispro¬
portion de ses qualités intellectuelles parfois
réelles, dont il a une très haute opinion, et la
pauvreté des résultats pratiques obtenus. IIyi)er-
éniotif et impulsif; il manque très souvent de sens
moral et toujours de ténacité dans la volonté.
Parfois hardi et excelleiït soldat pour un coup de
force ou une expédition de courte durée, il s’avère
incapable d’une besogne suivie, d’une mission de
confiance. Se plaisant aux changements il est
enclin aux incartades, aux absences illégales, aux
désertions, aux coups de tète qu’il regrettera
peut-être. Le grand danger de ces névropathes
est que vaniteux, vantards, persuadés de leui-
supériorité sur tout le monde, ils arrivent, très
souvent, à faire partager aux hommes inférieurs
ou médiocres la bonne opinion qu’ils ont d’eux-
mômes; trop souvent ils s’improvisent meneurs,
chefs de bande ; ils <'onslituent dans les régiments
des éléments de trouble à la fois par leurs exemples,
par leurs mauvais conseils, par leurs calomnies,
par leurs récriminations aiq)rès des journaux et
des associations politiques.
Aussi de môme que les parents des déséquilibrés
ou le.s directeurs d’établissements civils ont hâte
de voir les jeunes gens fugueurs, pervers, irri¬
tables, partir y)o«;' l'Armée d’Afri<]ue, les officiers,
les médecins de l’armée ont liàte de voir ces
mauvais soldats rentrer dans le Civil.
M. Gauthier fait observer avec raison que
« l’armée ne doit pas être considérée comme
l’école de rééducation des psycliopathes ni comme
le refuge des éclopés moraux et des laissés pour
compte de la vie sociale ». Il rappelle avec Pont
« que le soldat est un homme appelé à l’accom¬
plissement d’un devoir d’ordre élevé, pour la
bonne exécution duquel il doit être doué de l’en¬
semble des qualités morales et physiques qui
caractérisent l’homme dans sa conception la plus
plus parfaite ».
Gela est bon, cela est sage, cela est prudent; mais
tout de même, est-il sain pour l’avenir d’un peuple,
qu’en temps de guerre, ne soient exposés et
livrés à la mort que les meilleurs des jeunes
mâles d'un pays, les intelligents, les hal)iles, les
courageux, les tenaces, ceux qui sont capables,
dans toutes les carrières et à tous les degrés de
l’échelle sociale, de faire œuvre utile et d’honorer
la nation? tandis que seront soigneusement conser¬
vés à l’arrière pour la reproduction les débiles
Il y a autre chose de très grave ; ce mauvais
soldat, ce perpétuel délinquant, réformé et rendu à
la vie civile, y conserve tous ses défauts et tous ses
vices, mais il conserve aussi tous scs droits
sociaux et politiques.
Mauvais pour la guerre, sera-t-il bon pour la
paix ? Sans doute son désir incessant de change¬
ment, son irritabilité le feront rapidement élimi¬
ner des ateliers et des administrations; par contre,
le brillant de son intelligence, ses qualités d’ima¬
gination, ses dons de persuasion lui ouvriront
facilement la carrière des affaires ou de la i)olitique.
Quelle sombre ironie, digne de la tragédie
antique, si dans l’Etat moderne le désécpiilibré
])sychique n’a plus la liberté d’être soldat, s’il le
désire, et la faculté de se faire tuer glorieusement,
mais qu’il puisse sans obstacle devenir financier,
])arlementaire, ministre, et qu’il jniisse peut-être
un jour, comme ministre de la guerre, se li’ouver
à la tète de cette armée qui n’en a pas voulu
comrtie soldat.
On lui interdira de semer le trouble dans une
escouade ou dans un bataillon; mais il aura toute
licence dans la vie civile d'exercer sur les foules ou
sur les peuples son action suggestive d'autant plus
puissante que son intelligence sans freins aura
plus d’imagination, trouvera dans sa raison moins
d’obstacles et rencontrera dans sa conscience
moins de scrupules. L’histoire moderne nous
montre trop de ces déséquilibrés i)sychi(iues
qui vont dans la vie, l’œil hardi, le front impu¬
dent, entourés de complices, de j)arasites et de
flatteurs, semant autour d'eux les ruines maté¬
rielles et morales, le désespoir et la mort, jus(pi’au
jour, mar(pié par l'inexorable Destin, où se
referment sur eux les portes d’une quelcon([ue de
ces maisons médicales dont les murs discrets
voient trop souvent défiler des financiers de tous
poils, des politiciens de toutes envergures.
Le mal n'est pas récent : Erasme, en écrivant
V/îloge de la Folie, a lancé contre les grands de ce
monde maintes boutades qui sont toujours, hélas!
d’actualité; mais la médication, hélas aussi! n’est
pas trouvée; il serait grand temps pourtant (pie les
hommes sains dans le Civil songent enfin à se
défendre, comme dans l'Armée, contre la demi-
folie.
P. D ESI' os SES.
Société française d’Histoire de la Médecine
Séance du 5 Janvier 1929.
En liaison avec la Société française, s’est réuni le
Comité permanent de la Société internationale d’his¬
toire de la médecine.
. Je résumerai successivement ces deux séances.
I. — Société française.
M. Nkvku, archiviste bibliothécaire, rend compte
de sa gestion et des efforts accomplis pour procurer
à nos collections et à celles de la Faculté le sort
qu’elles méritent, notamment au legs du professeur
Gilbert.
M. Guisan, de Lausanne, lit un très intéressant
travail sur \e séjour de Tissot à Paris d’après sa eor-
respondance inédite; il rappelle en particulier ses
relations avec J. -J. Rousseau.
M. Tiucot-Royer fait un exposé très complet des
signes distinctifs des lépreux en Belgique, ])assant
en revue tour à tour les différentes provinces et ana¬
lysant lés nombreux documents iconographiques
qu’il a recueillis.
M. Fosseteux estime que ce travail est d’autant
plus intéressant que les documents d’archives réunis
à ce sujet pour la Franco par M. U. Robert dans son
ouvrage sur les Signes d'infamie au moyen âge paru
en 1891 sont peu nombreux; il insiste sur ce fait que
dans diverses contrées, notamment à Romans et à
Troyes, des signes distinctifs étaient imposés non
seulement aux lépreux mais aux frères convers et aux
chambrières chargés de les soigner; il signale égale-
198
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N» 12
ment qu’au cimetière de Dijon, existent des tombes
de lépreux représentées avec la cliquette.
M. Jexnselme indique que les cordes blanches, qui
figurent sur les chapeaux des lépreux, tirent leur
origine de ce qu’en Normandie les lépireux étaient
souvent des cordiers, et qu’ils devaient fournir la
corde nécessaire aux bourreaux.
D’autre part, une discussion s'engage sur le sens
du mot lèpre de la Bible qui devait désigner soit
l’élépbantiasis (Jeanselme), soit le vitiligo (Trenel),
soit l’ensemble des maladies impures, aussi bien du
point de vue moral que physique (Menetrier).
M. Bugiel enfin lit un compte rendu du IV Congrès
d'IIistoire de la Médecine polonaise, qui s’est tenu à
Cracovie en Octobre 1928.
M. Fosseyeux demande à ce sujet que les membres
de la Société internationale veuillent bien envoyer
chaque année, pour être insérée au Bulletin, une chro¬
nique de tous les. événements qui dans leur pays
peuvent intéresser l’histoire de la médecine.
II. — Société Internationale.
Le Comité permanent de la Société internationale
d'IIistoire de la Médecine s’est réuni sous la prési¬
dence de M. Tricot Royer, assisté des représentants
étrangers des nations suivantes; Allemagne, P*' Su-
dhoff; Espagne, D'' de Alcalde; Hollande,- D'’ Yan
Gils; Pologne, D'' Bugiel, Suisse, D'' Guisan.
Etaient excusés. MM. Singer (Angleterre), Renaud
(Maroc), Laignel-Lavastine (France).
M. Tiucot-Roter rend compte du K/A Congrès inter¬
national, qui a eu lieu à Oslo à l’occasion du Congrès
international des Sciences historiques. La France
était représentée par M. Laignel-LavaStine. qui a
fait un compte rendu du Congrès dans le Bulletin de
la Société française ; un compte rendu détaillé de
l’ensemble du Congrès, fait par M. Lhéritier, a paru
dans la Revue des Etudes historiques. M. Tricot-
Royer estime qu’il y a lieu de maintenir cette colla¬
boration de l’histoire des sciences avec celle des
lettres et des institutions, et exprime le désir que le
IX“ Congrès, après le 'VllI® Congrès, qui doit avoir
lieu à Rome en 1930, se tienne à Varsovie en 1933
pour co’incider avec le prochain Congrès quinquennal
des Sciences historiques.
M. Fosseyeux lit un passage d’une lettre de M. H.
Renaud, de Rabat, où se trouve posée la question
déjà maintes fois débattue de savoir si l’on doit laisser
les membres libres de faire des communications de
leur choix, ou mettre à l’ordre du jour des questions
choisies au préalable servant de cadres aux travaux
individuels. Les avis restent partagés. Toutefois
pour le Congrès de Rome, trois questions d’ordre
général sont d’ores et déjà proposées aux historiens
de la médecine :
1“ La médecine à la Renaissance (Castiglioni).
2“ L’historique des chaires d’histoire de la méde¬
cine (Szuinovski).
3° Les œuvres et l’influence de Constantin l’Afri¬
cain (Sudhoff).
M. Fosseyeux propose d’autre part, en vue de
servir de guide aux travailleurs, la confection d’une
table, par auteurs, matières, et pays, des communi¬
cations publiées dans les libri memoriales des 6 pre¬
miers Congrès (1920-1927) en un fascicule qui serait
adressé dans le cours de l’année à tous les membres
de la Société.
Cette proposition est adoptée à l’unanimité et
M. Fosseyeux, archiviste de la Société internationale,
est chargé de ce travail.
Laignel-Lavastine.
Questions Fiscales
Je suis ; 1“ créancier à titre de médecin de l’A.
M. G. pour une somme d’environ 9.000 francs;
2“ Débiteur vis-à-vis de mon percepteur à titre de
patente d’environ 5 000 francs.
Puis-je invoquer une créance pour prier mon per¬
cepteur de bien vouloir attendre le règlement qui
m’est dù? Suis-je dans le droit de refuser son avis
avec frais et menace de poursuites? Notez que je suis
prêt à donner au percepteur une autorisation de se
faire régler directement par mon débiteur :1a Préfec¬
ture de la“Seiue.
Réponse de notre conseiller fiscal :
En princip'e,» Iqs impôts directs sont payables en
argent ou par un procédé équivalent (chèque, etc.).
Le percepteur est donc dans son droit en exigeant
le paiement sans tenir compte des sommes dues par
la Préfecture de la Seine.
C’est donc par une démarche amiable qu’un délai
pourrait, en l’espèce, être officieusement obtenu.
René Pinchon.
La Médecine à travers le Monde
MEXIQUE
Elève de Panas, de Lapersonne, Galezowski, Lan-
dolt, le professeur Rafael Silva, de Mexico, a succédé
au professeur Daniel Velez, ophtalmologiste distin¬
gué, élève aussi de l’école française, comme président
de l’Académie de Médecine et de la Société d’ophtal¬
mologie.
Il vient en outre d’être choisi comme président de
l’Association médicale mexicaine (A.M.M.) ce qui lui
confère la présidence du Congrès national de Méde¬
cine qui se tiendra cette année, en Octobre, à Guada-
Membre de nos Sociétés d’ophtalmologie, le pro¬
fesseur R. Silva vient d’être nommé Fellow of the
American College of Surgeons.
RUSSIE
M. le professeur G. G. Skaritebenko, le doyen
d’Age des professeurs de l’Académie militaire de
médecine à Leningrade, qui a occupé la chaire d’his¬
toire et d’encyclopédie de la médecine, est mort
après une longue maladie.
M. le D'' W. N. Katine-Iartzeff, ancien membre de
« L’Union pour la libération de la classe ouvrière »
est décédé.
**^ii
845 médecins arrivés de tous les côtés de Russie,
fréquenteront l’Institut d’Etat pour le perfectionne¬
ment des médecins à Leningrade, le le*' semestre de
1929.
Correspondance
A propos des péricolites droites.
Le syndrome do péricolite droite décrit par MM.
Gaston Durand et Delherm est du plus haut intérêt.
Il a attiré depuis longtemps notre attention. Son
traitement par la diathermie donne do très intéres¬
sants résultats, mais qu’il nous soit permis d’ajoutor
à cette instructive monographie quelques détails qui
sont le fruit de nombreuses observations. Nous pen¬
sons que la diathermie n’a vraiment d’effet qu’insti¬
tuée de façon précoce. C’est avant le stade de péri¬
colite adhésive qu’il faut en user, alors que les réac¬
tions de voisinage ne sont pas encore sclérosées.
Dans le complexe du flanc droit, surtout chez la
femme où il est le plus souvent observé, il est sou¬
vent très malaisé de trouver l’origine de l’infection.
La diathermie offre alors un secours précieux au
thérapeute. Elle soulage rapidement les inflamma¬
tions ovariennes ou vésiculaires. Par contre, il nous
a semblé que loin d’améliorer les réactions appendi¬
culaires, elle les accentuait au contraire. On voit
aisément l’intérêt primordial de cette indication
absolue qui permet de soulager le malade avec certi¬
tude. Dans les cas de péricolite ancienne et doulou¬
reuse nous nous sommes trouvés bien d’associer à la
diathermie la radiothérapie semi-pénétrante des
racines du sympathique abdominal.
J. -A. Huet,
Ancien assistant
de la consultation de ga-stro-entérologie
de l’hôpital Tenon,
Assistant de radiologie des Hôpitaux,
Les Médecins étrangers à Paris
Sont arrivés pour travailler dans les hôpitaux et
laboratoires.
MM. Jean Petresco, Roumain; Paolo Massaroli,
Italien; Baroni Binignotoff, Italien; Carlos Lopez,
Mexicain; Dorin Dumitresco, Roumain; Regiuald
Money, Australien; Luis Grijalva, Equateur; André
Bacheff, Bulgare; Simon Jimenez Bouilla, Colom¬
bien; Maxime Cossio Etchecopar, Argentin; Mario
Piolti, Italien; Herbert Maitland, Anglais; Serge
Schah Paro'niants, Arménien ; Homer P. Rush, Ü. S.
A.; K. -A. Eropob, U. R. S. S.; Francisco Orts
Llorca, Espagnol; Fernando Aguirre, Espagnol;
Leonidas Kallighiannis, Grec; Eduardo Valenzuela
Valderrama, Chilien; Carlo Levi, Italien; J. Aldulio
Carey Tuculet, Argentin; Fernando Quintana, Espa¬
gnol ; Charles R. Cabello, Espagnol ; Francesco Vir-
gillo. Italien.
(A. D. R. M., Faculté de Médecine, salle Béclard.)
Livres Nouveaux
Traitement biologique des infections, par A. Jent-'
ZER. 1 vol. de 424 pages avec 169 figures (Masson,
éditeur, 1928). Prix : 80 fr.
L’auteur a étudié, à Genève, depuis dix à douze ans,
d’abord en collaboration avec Max Egger, puis seul,
l’action physiologique et thérapeutique des essences,
des résines et des lipides. Le présent livre contient
donc les résultats de longues recherches et d’une
expérience personnelle approfondie.
Dans une première partie, l’auteur expose l’histo¬
rique, la classification et la pharmacologie des huiles
essentielli's, des résines.
Dans une seconde partie et dans une troisième, il
étudie le traitement des infections aiguës chirurgi¬
cales (streptocoques, staphylocoques, colibacilles),
pour lesquelles il recommande un mélange soigneu¬
sement dosé d’essences aromatiques (aiguilles de
sapin, camphre, cannelle), auxquelles il joint du
baume du Pérou, une résine et du thymol. Ce
mélange, qu’il appelle la « themsaline », est utilisé en
injections intraveineuses, à des doses qui varient,
selon les cas, de 2 à 6 dixièmes de centimètre cube.
De nombreuses observations, avec documents icono¬
graphiques, soulignent son influence heureuse sur
les signes généraux, sur l’évolution focale et sur la
durée des accidents.
Dans les infections chroniques, il est nécessaire
d’associer à la « themsaline » un autre produit, com¬
posé d’huiles essentielles, d’essences déterpéuées,
et de lipides, auquel l’auteur donne le nom de « lipo-
déterpénol », et qu’il administre par injection sous-
cutanée ou par friction, d’abord conjointement avec
la « themsaline », puis isolément. C’est à cette
méthode que sont consacrées les trois dernières
parties de l’ouvrage.
Ce travail est fondé sur une abondante documen¬
tation chimique, biologique et clinique, sans négliger
les indications pratiques de technique et d’instru¬
mentation. J. Mouzon.
Elnstellung zur Rontgenologie (Introduction à la
Rôntgenologie). 1 vol. petit in-8° de 112 pages
(Julius Springer), Vienne.
Holzknecht invite le lecteur à ne pas s’étonner de
le voir apporter des vues qui peuvent paraître
banales car son livre est écrit « pour tous les méde¬
cins appelés à s’intéresser à l’application des rayons,
c’est-à-dire à la totalité des médecins ».
La première partie est consacrée à des idées géné¬
rales sur les difficultés de la radiologie, sur son
application par le spécialiste, etc., etc.
La deuxième traite de la médecine en général et
de la spécialisation et, plus particulièrement, de la
spécialisation radiologique', elle passe en revue les
rapports avec les différentefi sciences (anatomie, phy¬
siologie, chimie...) et avec la pratique médicale.
La troisième étudie la pr'atique des rayons X-, on
y trouvera entre autres desj Considérations intéres¬
santes sur le rôle des rayons en médecine sociale,
sur l’enseignement de la radiologie, etc.
En somme, livre remuant des idées générales et
qni mérite d’être lu. A. LAquEanièBB.
N“ 12
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
199
Les obsèques du professeur Sicard
Nous donnons ici les paroles prononcées sur la
tombe du professeur Jean Sicard par son ami le
professeur Georges Dumas :
Au nom de scs collègues et de ses amis, au nom de
tous ceux qui l'ont connu et aimé, je viens dire adieu
à Jean Sicard.
Je viens m’incliner, au nom de tous, devant ce
clierclieur infatigable, plein de méthodes sûres et
d’intuitions fécondes dont l’œuvre interrompue par
une mort ])réniaturéo est cependant une richesse à
jamais acquise.
Jeun Sicard restera, dans l’iilstoiro do la médecine,
le médecin de la douleur.
Quand il commen(;a de s’occuper de ce sujet, qui
lui fut cher entre tous, il le trouva tout obscurci de
graves erreurs. On ne distinguait pas assez entre les
diverses formes de la douleur, et la thérapeutique se
ressentait de cette confusion préalable. Sicard dh^tln-
gua le névralgisme auquel il attribua une origine
sympathique, les névralgies secondaires qui révèlent
des maladies organiques profondes dont elles sont
l’annonce et la preuve et des douleurs essentielles
tronculaires, plexuelles ou funiculaires. Puis, à cha-
euho de ces douleurs il appliqua une thérapeutique
particulière; au névralgisme des agents pltysiques
comme la chaleur et les rayons X, aux douleurs
secondaires une thérapeutique étiologique comme les
interventions chirurgicales, aux douleurs essentielles
une thérapeutique locale qui détruisait les nerfs
sensitifs et intervenait par des révulsions à distance
pour les nerfs mixtes : Et l’homme qui a fait cela,
l'homme qui a réalisé méthodiquement cette œuvre
de discrimination et de thérapeutique, restera bien,
dans l’histoire de la médecine, le médecin de la
douleur.
En d’autres chapitres de pathologie nerveuse, il a
témoigné des mêmes qualités do pénétration dans
l'analyse des lésions et d’invention dans la théra¬
peutique.
Dès 1899, dans sa thèse, il inaugure les recherches
sur le li((uido céphalo-rachidien qu’il a poursuivies
si longtemps et où il a trouvé des indications pré¬
cises sur les processus morbides qui se passent au
niveau des centres, sur les lésions évolutives, nulle¬
ment statiques mais dynamiques, contre lesquelles on
peut concevoir et tenter des interventions efllcaces.
Il devait plus tard sous le nom de lipiodiagnogtlc
et parce qu’il avait remarqué dans les radiographies
que les iujections'de lipiodol étaient imperméables
aux rayons X, établir une méthode générale de dia¬
gnostic également révélatrice pour toutes les lésions
des cavités organiques mais qu'il appliqua sj)éciale-
ment au système nerveux en rénovant le chapitre des
tumeurs et des compressions médullaires.
Il ne s’en est pas tenu ù la pathologie nerveuse,
et, dans tous les domaines où il a clierché, on retrouve
l’emploi dos mêmes méthodes, la notation profonde
et pénétrante du petit fait révélateur dont il tire une
suite admirable d’applications.
En faisant des injections de luargol il constate que
le luargol provoque la sclérose des veines et il con¬
çoit aussilôi un tiaitement des varices par le luargol ;
puis oonslalant encore que le luargol agit par ses
éléments alcalins, il le remplace Jjar du carbonate de
soude, enlln par du salicylate et il invente le traite¬
ment des varices par le salicylate de soude qui est
devenu classique.
Si l’esprit scientifique consiste à se poser des
questions que la foule ne se pose pas, û analyser ce
qu’elle juge simple, à s’inquiéter d’un incident, d’une
exception, d’une anomalie pour lui demander ses rai¬
sons d’être et en tirer parti, Jean Sicard fut un savant
dans toute l’accejjtion logique du terme et c’est parce
qu’il fut un grand savant qu’il fut un grand médecin.
Un autre dira tout ù l’heure, avec plus d’autorité
que moi, quel maître incomparable fut cet incompa¬
rable chercheur. Je voudrais dire combien l’aimaient
ceux qui ont eu le bonheur de l’avoir pour ami et
tout ce que son commerce avait de réconfort, de
douceur et de charme.
Nous nous connaissions depuis plus de vingt ans,
étant entrés ù peu de distance dans deux familles
qu’unissait une très vieille amitié et l’amitié qui nous
était venue ainsi toute faite nous l’avions développée
et mûrie par l’échange dos idées et la ronlianre des
Il était bon, profondément bon. Il passait dans la
vie en faisant du bien; il ne distinguait pas entre les
pauvres et les riches, il aimait également tous ses
malades, les protégeant contre la vie et contre eux-
mêmes, les conseillant après les avoir guéris et il se
donnait dans les heures graves avec un dévouement
dont je peux témoigner pour moi, pour les miens,
pour tous ceux qui, ayant été û mémo d’en éprouver
les effets, lui gardent une reconnaissanoe qui sera plus
forte que le temps et que la tombe.
Il était, ce savant si riche de science et d’origina¬
lité, plein d’une modestie naturelle et simple, qui se
marquait particulièrement quand il parlait de ceux
qui avaient contribué à former son esprit et ù le
Il avait une telle pénétration pour les idées et une
telle indulgence pour les hommes qu’il n’a jamais eu
û se reprocher un jugement trop sévère, une formule
trop vive, un mot dur, une j)révention. Sa belle intel¬
ligence si souple pour la compréhension, et si juste
dans la critique n’était impuissante que s'il s’agissait
de médire ou de blesser.
Il avait eu les succès les plus retentissants et la
plus brillante des carrières; il faisait autorité dans
tous les congrès européens: il revenait de celui du
Caire où il avait dignement représenté la médecine
française; i} devait, au mois de Juillet, la représenter
encore au centenaire de lu Euculté de médecine de
Rio de Janeiro.
Nous espérions pour lui de longues années de
travail où il eût ajouté des découvertes à des décou¬
vertes, de beaux livres à de beaux livres et conquis
les honneurs qui l'attendaient encore.
De son œuvre très grande mais inachevée la
médecine française porte le deuil! Et cependant
l’irréparable est ailleurs. Les découvertes qu’il n’a
pas eu le temps de faire d’autres les feront en appli¬
quant SOS idées directrices et ses méthodes, les livres
qu’il préparait encore d’autres les écriront et la
science continuera su route, insouciante des deuils et
des tombes.
Ce qui ne se réparera pas, ce que nous pleurerons
toujours e'est la disparition do cet être si harmonieux
et si rare, de cet ensemble si équilibré de qualités
de cœur et d’esprit, de tant de mesure et de raison
claire unies û tant de simplicité et de bonté! de Jean
Sicard enlin, de notre Sicard, un des hommes les
plus sûrs, les plus doués, les meilleurs qu’il nous
ait été donné de connaître et d’aimer.
Parmi ceux qui le pleurent, il en est qui ont, avant
nous tous, le droit de pleurer. Que toute notre
son gendre qu’il aimait comme un quatrième fils,
vers la chère femme qui fut, pendant vingt-huit ans,
la légitime fierté de son foyer et de son cœur.
Tout it l’heure, quand en rentrant dans son cabinet
de travail et dans les pièces familières où sa pré¬
sence mettait tant de vie, ils sentiront cruellement ce
vide immense que laissent après eux les morts bien-
aimés, qu'ils se disent que nous sommes près d’eux
par l'amitié, que noua souffrons avec eux et que nous
aussi, nous avons, dans notre vie comme dans nos
cœurs, un vide qui ne se comblera pas.
Université de Paris
Crénothéraple des maladies de la nutrition. —
M. le professeur Villaret fera le jeudi 14 Février, ù 10 h.,
au petit aaiphitUéûtre do la Faculté, uno leçon sur la
goutte et l’obésité et lo samedi 10 Féviùer au mémo
am]>hithéùtre et à la même heure, une leçon -sur le
diabète.
Enseignement de la radiologie et de l’électro-
logle médicales. — Organisé avec la collaboration des
médecins électroradiologistes des hôpitaux, la 2" partie
de cet onsoignemont consacré a lu radiophysiologio, à la
runlgenthérapie et à la curlethérupio, comporte des cours,
des démonstrations et des stages.
Couns. — I. Actions biologiques cjrercàes par les rayons
A' et par les rayons des corps radioactifs. — Samedi
U Février, M. Lavednn : Action des rayons sur la sang et
sur les organes héniopoïéliques. — Mercredi 18, M, ba-
cassagne ; Actions des rayons sur les glandes génitales.
— Jeudi 14, M. Lacassagne ; Action des l’ayons sur les
divers autres tissus et organes. — Vendredi 15, M.
Uegnud : Vue d’ensemble sur les cITets rndloidiyslolo-
giquos des rayons X et des rayons y du radium. —
Luntli 18, M. llegaud : Effets généraux des rayons sur
les tissui néo'plasiques. — Mardi lU, M. Lacassagne ;
Notions sur les effets des corps radio-aelifs introduits
dans le milieu intérieur de l’organisme.
II, Technologie des radiations appliquées à la théra¬
peutique — Mercredi 20 Février, M. lielot ; Rayons X. —
Jeudi 21, M. Belot ; Rayons X. — Vendredi 22, M. Fer-
roux : Fondements physiques de lu euriethérupie focale.
— Samedi 28, M, Ferroux : Les divers radioéléments
utilisés. Dosage et notation. — Lundi 25. M. Ferroux :
Les princi])ales techniques de eurielhérapie focale.
III. Uadiothérapie des maladies cancéreuses. — Mardi
20 Février, M. Regaud ; Curiethérapie des cancers de la
j)eau et des orifices cutanéo-muqueux. — Mercredi 27,
M. Belot ; Rontgenthérapie des cancers de la ptau. —
Jeudi 28, M. Regaud : Radiothérapie des cancers de la
cavité buccale.
Vendredi 1“ Mars, M. Hantant : Cancers des maxillaires
et du massif facial. — Samedi 2, M. llautant : Cancers du
pharynx, du larynx et do l’o’sojdioge. — Lundi 4, M.
Wolfroinm : Cancers du rectum, de In prostate et do lu
vessie. — Mardi 5, Ledoux-Lebard ; La roiitgenthorapie
appliquée au traitement des cancers viscéraux. — Mer¬
credi 0, M. Ledoux-Lebard ; La rimtgenthéruiiie des
tumeurs du système nerveux. — Vendredi 8, M. Roux-
Berger : Cancers du sein. — Lundi 11, M. Richard ; Ra¬
diothérapie des cancers du sein. — Mardi 12, M, Regaud :
Traitement des cancers de Tutérus, du lagin et des
ovaires par les radiations. — Mercredi 18, M. Regaud :
Traitement des cancers de Tutérus, du vagin et des
ovaires pur les radiations. — Jeudi 14, M. Ledoux-
Lebard : Radiothérapie dos sarcomes. — Vendredi 15,
M. Regaud : Considérations générales sur lu radiothé¬
rapie dos maladies cancéreuses.
14'. Uadiothérapie des affections non cancéreuses. —
Samedi 10 Mars, M. Belot : Radiothérapie des dermatoses
et dos tumeurs bénignes de lu peau. — Lundi 18, M,
Belot : Radiothérapio des dermatoses et des tumeurs
bénignes de la peau. — Mardi l'J, M. Belot : Radiothé¬
rapie des dermatoses et des tumeurs bénignes de lujieau.
— Mercredi 20, M'"" S. Luborde : Radiothérapie de cer¬
taines néofurmations (ungiomos, verrues, Uéloides, etc.).
— Jeudi 21, M, Ledoux-Lebard : Radiothérapie des
affections des systèmes lymphatique et gangliounuire. —
Vendredi 22, M. Ledoux-Lebard : Radiothérapie des
affections tuberculeuses.
Lundi 8 Avril, M. Beaujard ; Traitement des affections
du sang et des organes héuiutopoiétiipies par les radia¬
tions. — Mardi 0, M. Zimiuera : Radlotliérai)ie des ulfeo-
tions de la prostate, du corps thyroïde et des glandes
endocrines. — Mercredi 10, M. Zimmern : Radiothérapie
des affections du système nerveux. — Jeudi 11. M. llolot :
Radiothérapie des fibromos utérins. — Vendredi 12,
M, Belot ; Radiothérapie des uffoetions gastro-intootinulos
et des états inltamiuatoires.
V. Accidents imputables au.r rayons -V et aux rayons des
corps radioactifs. ■ — Hauiedi l.t Avril, .M S. Luborde :
Accidents. — Lundi 15, M. Belot : Moyens de jiroteetlon.
Les leçons ont lieu à Tamphithéôtre de pliys.quc de la
Faculté de Médecine, à 18 h.
11. Di.MO.XsruxTIUxs. — 1“ Technique de la bioiisie en
vue du diagnostic histologique du cancer. — 2' l'répara-
tion de Témanalion du radium. — 8' Mesures de radio¬
activité. — 4“ et 5“ Matériel et méthodes de curiethérapie.
(!° et 7“ Installation de rontgenthérapie profonde.
Ces dénionslrulioiis seront faites par M.\l. Coutard,
Ferroux. Gricouroff et Monod.
Elles auront lieu à l’Institut du radium, 20, rue d’Ulm,
à 14 h,, les lundis, pour les élèves de lu série A; les
samedis, pour les élèves de la série B. Elles commence¬
ront le samedi 9 Février.
’ m. Btaqes. — Pendant toute la durée du cours, les
élèves accompliront un stage de radiolhérajiie dans Tun
des services suivants ; M. Aubourg, hôpital lleaujon,
service d’électroradiologie. — M. Beaujai'd, hôpital Bi-
chat, service de radiologie. — .M. J. Beliit, hôpital Saint-
Louis, service central d électroradiologie. — M. Boiii'-
gulgnon, hôpital do la Salpétrière, serv.ee d électrorudio-
logie. — M. Durb iis, hôpital Tenon, service de riidiologie,
— M. Delherui, hôi>ilal de la Pitié, service de radiologio.
— M. üernez, centre anlicauoéreux, hôpital Tenon. — •
M. Haret, hôpital Lurib. lisière, service de radiologie. —
M. Ledoux-Lebard, chargé do cours de radiologie cl. nique,
hôpital do la Salpétrière, laboratoire de radiologie du
professeur Gosset. — M Muiugot, hôpital Luénnec, ser¬
vice de radiologie. — M. Roussy, professeur a la Faculté
de Médecine, centre nntieancéreux de Villejuif. — M.
Solomon, hôpital Sainl-Anloine, service du radiologie. —
M. Zimmern, agrégé. Institut municipal d'électrorudio-
lugio.
Collège de France. — M. Nnttan-Larrier, professeur
do lu chaire de Protistologie pathologique, commencera
son cours le samedi U Février, à 8 h. 8/4, salle 5, et le
continuera les jeudis et samedis il la même heure. Objet
du cours ; « Garaetères généraux dos virus invisibles ».
Universités de Province
Faculté de Médecine de Lille, — M. Ingelruns est
nommé professeur de la chaire de thérapculiquo.
Faculté de Médecine de Montpellier. Sont
nommés professeurs titulaires : M. Terracol, de la chaire
200
LA|PRÈSSE MEDICALE, Samedi, 9 Février 1929
N" 12
d’oto-rhino-larynçologie ; M. Riche, de la chaire de
Hôpitaux et Hospices
Amphithéâtre de la rue des Saints-Pères. —
Rappelons que demain dimanthe 10 Février, M. Sorrel
doit foire à 10 h. du matin, à l’ampliithéAtre de la rue
des Saints-Pères, une conférence ayant pour sujet le
Traitement de la coxalgie et de ses séquelles.
Asile d’aliénées de Salnt-Yon. — Un poste.d’interne
en médecine est actuellement vacant il la Maison de santé
départementale de la Seine-Inférieure (Asile d’aliénées de
Saiht-Yon), près Rouen.
Conditions d'adinission. — Etre Français et avoir 12 ins¬
criptions au moins.
Avantages. — Nourriture, logement, chaulTugc et éclai¬
rage, plus traitement annuel en argent de 5.G00 à 6.200 fr.
Adresser les demandes à M. le Directeur.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Sont désignés pour
faire partie du jury du prochain conoours de chirurgien
des hôpitaux : MM. Kuss, Labey, Hartmann, Mondor,
Baumgartner, qui ont accepté.
MM. Mauclaire, Alglave n’ont point encore fait connaître
leur acceptation. Sont désignés comme censeurs : MM.
Bloch, Moulonguet, Soupault et Bergeret, qui ont accepté.
Service médical de huit. — Un concours sur titre
pour l’admission à des emplois de médecins suppléants
nu service médical de nuit aura lieu à la préfecture de
police le 15 Avril 1929. Le registre d’inscriptions est
ouvert dès à présent à la préfecture de police (service du
personnel où des renseignements seront fournis aux can¬
didats. Il sera définitivement clos le 15 Mars, ù 16 h.
Médecin adjoint des sanatoriums publics. — Un
concours sur titres est ouvert pour un poste de médecin
adjoint nu sanatorium départemental F. Mercier, pur
Tronget (Allier).
Le traitement fixe de début est de 18.000 fr., et peut
atteindre 26.000 fr. par avancements successifs. Les inté¬
ressés bénéficient, en outre, gratuitement, du logement,
du cliaulTage, de l’éclairage et du blenchissage, et ont la
faculté d’utiliser, ù titre onéreux, le ravitaillement de
l’établissement. Ils ne peuvent faire de clientèle que dans
les conditions prévues aux articles 23 et 28 du décret du
10 Août 1920.
Les candidats devront être Français, figés de moins de
35 ans, produire un extrait de leur acte de naissance, un
extrait de leur casier judiciaire, un diplôme de docteur
en médecine d’une Faculté de l’Etat, et toutes justifica¬
tions d’une pratique suffisante du laboratoire et des ser¬
vices spéciaux de tuberculeux.
Les candidatures accompagnées des pièces et rensei¬
gnements ci-dessus seront adressées au ministère du
Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance
sociales (direction de l’assistance et de l’hygiène publi¬
ques, 4" bureau, 7, rua Cambacérès), où elles seront
reçues jusqu’au 28 Février 1929.
Hôpital de Salnt-Germaln-en-Laye. — Ont été,
après concours, nommés internes titulaires : MM. Darnis,
Desormeaux, Asselin de AVilliencourt, Gauthier, Amiard,
et internes provisoires : MM. Philippe et Jaffré.
Epreuves écrites. — A. Configuration extérieure et rap¬
ports de la vessie chez la femme. — B. Symptômes, dia¬
gnostic et traitement du cancer du col de l’utérus. — C.
Symptômes, diagnostic et traitement de l’œdème pulmo¬
naire aigu.
Epreuves orales. — A. Fièvre typhoïde au 8* jour. — B.
Pyélonéphrite gravidique. Conduite a tenir en présence
d’un blessé du crfine.
Internat de l’hospice Paul Brousse et du Centre
anticancéreux de la banlieue parisienne. — Le
jury de ce concours est définitivement composé de MM.
Laubry, Gautier, Chastenet de Géry, Braine et Hugae-
, nin. La première épreuve du concours aura lieu le lundi
11 Février ù 13 b. 45 (salle des examens, ru'e Mabillon, VI").
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Légion d’honneur. —
Chevalier. — MM. Isoard, chef du service de radiogra¬
phie à l’hôpital français Pasteur, ù Constantinople;
Casacca, sujet russe; Heide, sujet norvégien; Linel,
médecin aide-major de 1*" classe.
Commission des sérums et vaccins. — M. le pro¬
fesseur Tiffeneau, membre de la Commission des sérums
et vaccins, est nommé vice-président de cette commission.
Office public d’hygiène sociale. — Par arrêté du
préfet de la Seine sur la proposition du directeur de
l’Hygiène du Travail et de la Prévoyance sociale. M. Paul
Strauss, sénateur de lu Seine, est désigné pour remplir
jusqu’au 31 Décembre 1929 les fonctions de président du
Conseil de surveillance de l’Office public d’hygiène sociale
du département de la Seine.
Union des Médecins mutilés de guerre. — Le
16 Décembre, se sont réunis les membres de l’Union des
Médecins mutilés de guerre, à l’effet de procéder au
renouvellement du Bureau,
Ont été élus ; Président ; M. Landolt; vice-présidents :
MM. Schneider, Leroux, Villetard de Laguérie; secrétaire
général ; M. Fassina; secrétaire adjoint : M. Soalhat;
trésorier général : M. Mathieu de Fossey; trésorier
adjoint ; M. Somen; conseil d’administration : MM. Ber¬
nard, Descouts, Griffault, Lesire, Luizy, Ménétrel, Roch
de Peretti, Vignard.
A l’unanimité, M. Landrin qui ne se représentait pas a
été nommé Président fondateur honoraire.
Après le rapport du secrétaire général et le discours
de M. Landolt, qui remercia les membres de l’U. M. M. G.
de l’avoir élu président, M. Ménétrel, trésorier, donne
lecture du compte rendu financier.
Il remercia le trésorier adjoint, Garniei'-Claudon de son
concours, et porta à la connaissance des membres pré¬
sents que depuis la création de l’Association, des secours
assez nombreux ont été accordés à des camarades dans
le besoin et à des veuves de médecins.
L’ancien bureau exposa ensuite le résultat de ses dé¬
marches au ministère des Pensions en faveur' des emplois
réservés aux médecins mutilés.
Corps de Santé des troupes coloniales. — Tour
de service colonial du l" Février 1929. Médecins lieute¬
nants-colonels : MM. Allard, Leyris de la Jarrige.
Médecins commandants ; MM. Gautran, Delange, Le-
Médecins capitaines : MM. Charenton, Fournials, Pons,
Robert, Goinct, Toubert.
Nécrologie. — On annonce la mort de M. le profes¬
seur Unna, de Vienne. -
Actes de la Faculté de Paris
' Examens de doctorat.
Jeudi 14 Février. — 4". Faculté. — Clinique médicale
(2 séries). Faculté. — Clinique obstétricale. Faculté.
Samedi 16 Février. — Clinique chirurgicale. Faculté.
— Clinique obstétricale. Faculté.
Thèses de doctorat.
Mercredi 13 Février. — Thèses vétérinaires. — Ferez :
De l’importance de l'exploration rectale dans les coliques
du cheval. — Dubois : Etude des fractures des phalanges
chez le cheval. — Jury : MM. Gossel, Hartmann, Coquot,
Jeudi 14 Février. — Clinpineau (A.) : La loi allemande
pour la lutte contre les maladies vénériennes. — Jury :
MM. Teissier, Gougerol. Sézury, Chabrol.
Klein (E.) : Traitement de l’endocervicite chronique. —
Jury : MM. Carnot, J.-L. Faure, Dognon, Philibert.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicaue rappelle à ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant lés postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n’y est
inséré aucune annonce commerciale. V administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d’annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception dé leur montant.
Assistant de radiologie depuis quatre ans dans
grand service central des Hôpitaux de Paris, non
installé, désirerait prendre direction ou être assis¬
tant dans laboratoire radiologique privé ou dans
clinique médicale Paris ou banl. Ecr. P. M., n° 955.
Laboratoire pharmaceutique connu, ayant phar¬
macie de détail à Paris, accepterait dépôt ou s’inté¬
resserait à spécialités sérieuses. Ecr. P. M., n® 971.
Docteur étranger, gynécologue, ex-chirurgien trai¬
tant d’hôpital important, 15 ans pratique, désir, pour
raisons famille se fixer en France, ch. situation
stable dans clinique ou comme assistant attitré de
chirurgien. Pour toutes indications s’adr. D"' Régnât,
44, rue Victor-Hugo, à Levallois-Perret (Seine).
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le travail scientifique, possédant de très sérieuses
références en médecine générale et tuberculose, et
désireux de se créer une situation stable et intéres¬
sante en apportant au médecin-directeur son entier
concours. Le traitement offert dès le début variera
selon les références et services passés. Minimum
30.000 fr. par an, logé, chauffé, éclairé. — Ecrire en
envoyant renseignements détaillés P. M., n° 57.
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part dans maison de santé ou association avec con¬
frères. Donner tous renseignements fi Jannisson,
6, rue Dejean, qui transmettra.
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d. aff. spécialités ou parapharmac. légale. — Ecrire
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méd., etc. — Ecrire P. M., n° 60.
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méd., 3 p., entrée partie, ds 7“ arr. Ecr. P. M., n» 61.
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cales, allemand, italien. — Ecrire P. M., n” 62.
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active pouvant assurer aussi direction. — Ecrire
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d’une grande gare. Entièrement meublée, très judi¬
cieusement agencée, en partait état de construction
et dans un pays très sain. — 40 pièces dont 31 cham¬
bres à coucher ; 2 pavillons, 10 chambres de domes¬
tiques. — • Parc des mieux planté, orangerie. Grande
serre fi raisins, 2 serres chaudes. Installation spé¬
ciale des cuisines, etc. — Vastes communs ; faisan¬
derie ; tennis, etc. — Le tout comprenant environ
15 hectares clos. Ferait une idéale maison de conva¬
lescence. — Prix 650.000 (Exceptionnel). Téléphone;
Gobelins 31-37.
InD" manlpul. (R. U. V., diath. , Farad., d’Arsonv.,
b. lum.) dem. pl. sér. Df, clin. Peut f. trav. class. et
dact. — Ecrire P. M., n“ 73.
AVIS. — Prière de Joindre aux réponses, un
timbre deO fr. 50 pour la transmission des lettres,
Le Gérant : O. PoRÉE.
Paris. — Imprimerie de la Ckinr d’Appel 1, me CasseUe.
N“ 13
13 Février 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
ÉTUDE CLIMQUE ET PHYSICO-CHIMIQUE
D’U.N CAS
D’ANURIE MERCURIELLE
THAiriîE PAU
DÉUAPSrL VTIOX HÉXALE UNILATÉRALE
CrUÉRISOy
M. R. TURPIN, Mil» S. LAURENT
et M. Ch. -O. GUILLAUMIN.
L'étude de l'anurie mercurielle oll're un exemple
parliculièrenieiil déinonslratif des ressources que
la pby.siologie peut tirer de l'analyse d’observa¬
tions que la j)atliol()ffie humaine oH're spontané¬
ment à notre curiosité. File nous montre les
réactions d'un organe sain à l'égard d’un proces¬
sus toxique qui le surprend en pleine activité, h'
retentissement sur l’organisme lui-rnèrae impré¬
gné, de l’inhibition totale d’un de ses émonctoires
les plus importants.
Les observations d’anurie mercurielle, fran-
^•aises ou étrangères sont nombreuses, et de leur
ensemble, on j)eut dégager des éléments cliniques,
dans leurs grandes lignes superposables. A vrai
dire, cette rcmaïujue est exacte surtout pour les
formes d’anuries dont l’évolution est fatale, car
de beaucoiq) cette variété clinique est la plus
souvent rapportée. Peu d'observations relatent
les diH'érentes étapes de l'intoxication curable.
L’étude ])hysico-ehimique des troubles humo¬
raux secondaires à l'introduction du mercure
dans l’organisme est encore moins avancée. C('
fait est en partie ex[)liqué par le nombre néces¬
sairement limité des prélèvements. Fl pourtant,
(jue d’éléments nos moyens d’investigation nous
permetlrai(înl de préciser. Les troubles du méta¬
bolisme minéral ; la part relative du mécanisme
de rétention et du mécanisme de désintégration
osseuse à l’origine de l’hypercalcémie et de
l’hyperphosphalémie ; les variations physico-chi¬
miques et leur origine ; leurs rapports avec les
troubles du métabolisme des chlorures, si curieux
et encore si mal élucidés.
Nous n’avons désiré, en publiant cette obser¬
vation, (pi’apporter quelques nouveaux éléments
cliniques et (juelques nouvelles constatations
humorales. Par ailleurs, nous avons abordé le
chapitre du traitement chirurgical et essayé de
préciser son mode d’action ‘.
A
Les circonstances étiologiques de l’intoxication
de M"“ .F sont très banales. Deux heures avant
son admission à l’hôpital de la Charité, le <S Août
1921), salle Frère Côme, dans le service du
!)'■ L(tderich que l’un de nous remplaçait pendant
celle période des vacances, cette malade, alors
âgée de 21 ans, avait absorbé cinq comprimés
dissous dans un peu d’eau, de 2.ü centigr. chaque
de sublimé. iMoins habituelle par contre est l’évo¬
lution favorable d’une telle intoxication chez une
malade auparavant atteinte dans son jeune âge
d’une toxi-infeetion diphtérique grave, assez
redoutable pour avoir provoqué une lésion aor¬
tique définitive. Les accidents, en effet, se termi¬
nèrent heureusement et il est possible, schémati-
1. Cette question do thérapeutique a déjà été envisagée
dans une publication antérieure : Gouvekxeuk et Tuupik.
« Deux cas d’anurie pur intoxication par sublimé ; décap¬
sulation t>. Communication au .YA'V/f Congrès français
d'Vrologie, Paris, Octobre. 1927.
quement, de distinguer cinq phases successives,
de début, d’anurie, de rémission, critique et de
convalescence.
La phase de début fut caractérisée comme de
coutume par l’irritation bucco-pharyngée directe,
l’intolérance gastrique, puis intestinale avec
selles fécales, bilieuses, séro-sanglanles, l’albu¬
minurie. Dès la 48" heure, la phase d'anurie
débuta et au troisième jour de celle-ci, apj)a-
rurent les troubles cardio-vasculaires et les
signes d’azotémie.
L’exploration de l’appareil cardio-vasculaire
ne nous permit pas de constater l’hypertension
précoce, signalée en particulier par Pasteur
Vallery Radüt, par Guillain et Cardin, puisciue
la tension artérielle de notre malade ne dépassa
pas 14 — 8 1/2. Au contraire, dès le deuxième
jour, elle tomba jusqu’à 12-8, ce fléchissement
étant rapidement suivi de l’apparition d’arythmie
extra-systolique, remarquablement influencée par
de faibles doses de digitaline. Cette hypertension
artérielle fait d’ailleurs le plus souvent défaut ;
elle manquait, entre autres exemples, dans l’obser¬
vation de Babonneix et Pollet.
Les troubles digestifs, durant la phase d’anurie,
n’atteignirent pas une acuité remarquable. Au
contraire, assez minimes et plus tardifs que les
troubles cardiaques, ils ne furent caractérisés que
])ar une stomatite généralisée, moyenne, du
météorisme avec diarrhée.
Les troubles nerveux n’aj)j)arurent qu’à la fin
de celle période anurique : asthénie, insomnie,
diminution d’intensité des réllexes rotuliens,
asthénopie acconiodalive.
Au troisième jour de la période d’anuric, d’ac-
eord avec le Docteur Gouverneur, nous décidànu's
d’effectuer la décapsulation du rein droit plus
volumineux et plus sensible que le rein gauche.
L’opération eut lieu le 13 Août; quatre jours jjlus
La phase, de. ré/nissiun, qui dura quarante-huit
heures, s’annonça par le retour de la diurèse,
l’amélioration de la tension artérielle. Les urines,
troubles, n’étaient cependant pas assez riches en
albumine et cylindres j)Our prendre l’aspect
puriforme qu’ont observé Milian et Sainl-Avid.
Par ailleurs, malgré la valeur de la diurèse, la
concentration uréique maxima était encore trop
faible pour éviter l'apparition des signes azolé-
niiques de. la phase critique.
Les signes azoléiniques que nous avons notés
furent eiî premier lieu digestifs : stomatite intense
compliquée par l’apparition de deux zones spha-
céliques, d’un centimètre carré de surface environ,
sur la langue ; tnelœna. Ce furent, d’autre part, des
signes généraux : l’amaigrissement, d’autant plus
net que la diurèse s’accompagnait de déshydra¬
tation, l’hypothermie. Il est très vraisemblable
que cet amaigrissement, suivant la remarque de
Lernierre et Ft. Bernard, intervient en partie
à l’originede l’azotémie; d’accord également avet'
ces auteurs, nous avons observé l’évolution paral¬
lèle de l’hyperazotémie et de l’hypothermie. Les
signes d’urémie nerveuse, surtout étudiés ])ar
Guillain et Gardin, demeurèrent au second plan :
irritabilité extrême, hyperesthésie difl’use, sans
hyperexcitabilité neuro-musculaire marquée. Par
contre, une péricardite sèche apparut chez cette
malade dont le cœur avait été touché dans l’en¬
fance au cours d'une diphtérie maligne. Il nous a
semblé qu’un rapport existait, entre l’intensité
du frottement et la valeur de l’hydrémie, celui-ci
apparaissant d’autant plus intense que celle-ci
était plus basse.
Venant encore compliquer cette phase dange¬
reuse de la période post anurique, apparurent des
signes infectieux. Ceux-ci, la conjonctivite
exceptée, ont surtotit été caractérisés par la
pyurie et la redite purulente.
L’infection urinaire est signalée dans un cas de
Bathery, la redite dans un cas d’Outerbridge.
• Enfin les troubles de la coagulation sanguine,
les ulcérations digestives, entraînèrent l’ajjjjari-
tion d’hémorragies assez abondantes pour nous
inciter à effectuer une transfusion sanguine dont
les suites furent très hcui-cuscs.
Lès complications infectieuses d hémori'a-
giques jugulées, la phase de eom aleseenee débuta
parce que la concentration uréique était suffi¬
samment élevée alors pour mettre fin aux signes
d’azotémie.
Notre malade, on somme, a échappé à la mort
par dcu.r fois, lin premier lieu, elle a dû traverser
la première période critique, la jiériode qyréroee,
anurique. Nous discuterons plus loin la valeur
thérapeutique de la décapsulation rénale. En
second lieu, elle a dû triomjiher d'une seconde
période critique, période tardive, tout aussi redou¬
table. j>ar ses complications azotémiques et infec¬
tieuses.
A
En résumé, cette intoxication mercurielle a ira-
versé schémaliipieinenl 4 phases (jui se sont suc-
/.« phase de début, caractérisée j)ar des signes
réactionnels, digesti's, primitifs, en rap|)ort avec
l’irritation de la région haute de l’appareil digestif
par le loxicpie, et, [)ar des signes réadiomicls
secondaires, intestinaux, apiiai'iis au 2" jour.
Cdle phase initiale di' deux jours a été suivie
de :
l.a phase d'anurie, scindée en deux péi'iodes
par la décapsulation rénah' droite, La période
pré'-opératoire latente a duré trois jours; ta période
post-opératoire de (jnalrc jours a été caracté¬
risée jiar l’ajjparilion de troubles cai-diovascn-
laires et de signes d’azotémie, surtout digestive.
Au total, celle j)hasc d’anurie dura sept jours. A
sa suite survint la :
Phase de rémission, de deux jours, individua¬
lisée i)ar le retour de la diurèse. Mais c<dle-ci, le
pouvoir de concentration uréiepn' d<‘s reins étant
encore insuffisant, ne put réduire assez l’azotémie
pour éviter une véritable :
Phase critique, où dominèrent les accidents
azotémiques digestifs, cardif)-vasculaires et ner¬
veux, et les accidents infectieu.r, digestifs et uri¬
naires. Enfin, la ;
Phase, de convalescence put heureusement être
atteinte jtar notre malade. La régénération de
l’épithélium des tubes sécréteurs ayant permis
atix deux reins de fournir assez tôt l’effort de
concentration nécessaire, à la débâcle urinaire.
Examf.x DKS intlX'KS. — Le graphique I et le
tableau I rendent compte de l’évolution jiarallèh*
de la diurèse et de l'élimination de l’urée et des
chlorures urinaires.
l.a diurèse, ajjfès une phase à peu près com¬
plète d’anurie qui dura se])l jours, s’élève en trois
bonds successifs à 2r)0, liOÔ et 1.800 cmc. Elle
oscille ensuite aux environs de 1.200, puis re¬
monte jusqu’à 2.500. Le chiffre de 1.800 cmc a été
atteint ati onzième jour de l’intoxication. On peut
donc considérer qu’à celte date le rein était
capable d’assurer une diurèse aqm use normale ;
il n’en était ])as encore de même pour la sécrétion
uréique. Ce n’est en effet qu’au seizième jour que
le taux de concentration de l’urée urinaire, qui
était onze jours auparavant de 0,90 atteignit par
échelons progressifs, 15 pour 1.000 et se main¬
tint à ce chiffre aussi longtemps que l’exigeait
l’élimination uréique, pour baisser ensuite pro-
-N“ 13
202
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Fcvi-iêr 1929
pour passer par les valeurs deô gr. 10 ^ 19 Août,
de 5,80 le 23, de 5,20 le 26. Le 4 Septembrè Seu¬
lement, c’est-à-dire dix-huit jours après k réap-
])aritiou de la diurèse aqueuse le taux de rarce
sanguine était retombé à 0,58:pour 1.000.: ,
Les valeurs de cette' azotémie né sdrif pas sûi'-
prenantes, inférieures môme à celles qu’ont obser¬
vées Lemierre et Et; Bernard, 7,29, et Moiiri-
quand 12 gr. ; son évolution non plus. Toutes?lcs
observations antérieures à la nôtre sont en éïï'et
d’accord pour, établir que l’azotçinië, .cro.ît; enc.ôrc
après la réapparition de. la diurèse, aqueuse p.üis-
qu’elle est fonction , de la qualité; dn'ppuyoijt de
concentration uréiquc des reins. Ce pouttoir
giessiveiiienl à partir du vingt-deuxième jour pa- razqléinie atteignait 5 gr. 20, il.existait. un retard demeure-t-il inférieur à lOponr 1.000 environ, h-
rallèleniont à la chute de l’azoténiie. Quant à la du temps de coagulation in vitro, mais une rétrac- ; pronostic n’est guère lavorable, et dans ces con-
M'crciioii chlorurée, elle atteignit rapidement le- tilité normale du caillot. - , ditions succomba urémique un malade do>Yialard
taux de 2,5 })our 1.000 environ et conserva cette Caractères p/it/tiirjuos. — L’étude àe V hydrémie et Baril alors que le volume urinaire atteignait
valeur jusqu’au vingtième jour pour s’élever à met en valeur, au début de - l'anurie, une légère 2 litres par vingt-quatre heures. La concentration
cette date à 4,68 pour 1.000, au moment on les rétention aqueuse, assez rapidement suivie, dès uréique est-elle ■supérieure, l’évolution est d’au-
(liurèses aqueuse et uréique passaient par un que se rétablit l’élimination urintiire de déshy- tant plus favorable qu’elle est plus élevée. L’azo-
niaximnm de 2.500 eme et 17 gr. 42 pour 1.000.. dratation. Ce fait, en plein accord avec l’opinion téinie d’un malade d’Achard et Saint-Girons était
A cette date, le parenc.hyme rénal avait reçu- d’Achard apparaît nettement quand on suit les encore de 2,80 au quatorzième jour de (.son
péi-é des (jualités suffisantes pour assurer les variations du taux dés albumines du sérum : intoxication, celle de notre malade de 0,59.': au
fonctions d’élimination exigées par l’organisme. 08,4 (jour 1.000 le 12 Août, 85,4 pour 1.000 le 15, vingt-septième jour.
'l•’.n outre, rexanien physique des urine.s mit en t)0,8 pour 1.000 le 20. Dans le cas de Lemierre et Selon Looney, lorsque l’évolution d’une intoxi-
valeiir rhy[)eracidité. contemporaiue,de l’acidose Et. Bernard, le chift're de 104 pour 1.000 fut . cation ; mercurielle est rapidement défavorable
sanguiiu; et rexamen cytologique, des hématies, môme atteint. _ (mort au dixième jour dans Iç cas qu’il rapporte!,
des cylindi'(^s granuleux surtout abondants sitôt . . ; '•
après la phase amii'ique. Taiileau II. — Variations de l'équilibre acido-basique, des taux de l'urée, des chlorures,
de l'acide phosphorique et des albumines du plasma.
Examjîn du sa.\(;. Eléments /'gurés. — Diverses
numérations globulaii'es ont été efl'ecluées, dont
les résultats sont ;
I.eschiU'res de leueocytose observés sont voi¬
sins de ceux que Guillain et Gardin rapportent
dans leur- oliservalion. Nos constatations confir¬
ment également celles de Sarayea. En effet, cette
leueocytose d’apparition rapide, indéjtendante de
la courbe d'azotémie, est une leueocytose à neu¬
trophiles, dont le pourcentage peut atteindre
t)9 pour 100; elle ne s’accompagne pas d’éosino¬
philie sauf parfois au moment de la convalescence;
souvent apparaissent (pielques signes de réaction
médullaire ét la formule d’Arneth est plutôt dé¬
viée vers la droite. La chute du taiix des globules
rouges est rapide dans les formes graves, parfois
masquée en partie par la concentration sanguine.
Nous avons en outre constaté l'élévation mar¬
quée du chiffre des plaquettes- sanguinc.s, jus¬
qu’au triple environ du chifi’re normal. Peut-être
existe-t-il là un phénomène comparable à celui que
Mouzon a observé dans l’intoxication arsenicale.
D’ailleurs, au moment où notre malade présen¬
tait d’abondantes hémorragies, au moment où
Les variations de V équilibre acido-basique du
plasma appréciées par la mesure de la concentra¬
tion en ions H et du taux des bicarbonates du
plasma vrai exprimés en volumes de CO' à 0“ et
700 mm. pour 100 ne sont pas moins intéres¬
santes.
Nous avons constaté, en effet, dès le début de
ranurie, une acidose très marquée avec unpiià
38" de 7,25 et une réserve alcaline de 38,3. Ces
valeurs, sept jours plus tard, étaient môme tom¬
bées à 7,23 et 24,1. . ,
Malgré la fâcheuse valeur pronostique accordée
en particulier par Cordieret Delore aux réserves
alcalines inférieures pendant plusieurs jours à30,
notre malade ne devait pas succomber. Assez
I brutalement, en , effet, au moment où la tempéra¬
ture revenait à la normale, survint une orien¬
tation vers une alcaldse légère : pu = 7,40, et
réserve alcaline — 55,1, rapidement suivie d’un
retour à la normale. , ;
Ces variations de l’équilibre acides-bases étu¬
diées à l’aide de la mesure du pu et de la réserve
alcaline, du sang concordent avec les résultats
obtenus -par Rathery à l’aide de l’épreuve au
bicarbonate de soude. De meme que cet auteur,
nous avons constaté l’absence de parallélisme
entre les variations aèido-basiques du niilieu
sanguin, et, la courbe d’azotémie. ' , '
Caraètéres chimiques. La courbe d'azo¬
témie est assez régulière. Au troisième jour de
l’anurie, le 12 Août, cette azotémie s’élevait déjà
à 3 gr. 25, pour 1.000. Puis elle ne^cesse , de s’ac¬
croître bien que la diurèse se rétablisse dès le
15 Août et atteigne môme 1800 cme le 19 Août,
on observerait à la période de coma une augmen¬
tation plus marquée de l’azote non uréique que de
l’azote de l’urée, une augmentation de, la créatine
et surtout de la créatinine; par contre, hyperuri¬
cémie relativement très faible et absence d’éléva¬
tion du taux des amino-acidesvinglrquatre heures
avant la mort.
L’étude du taux des chlorures sanguins met en
valeur Y hypochlorémie était tombée le 20 Août
à 3 gr. 72^ pour 1.000 de plasma, pour remonter
le 4 Septembre seulement à 5 gr. 45. Cette hypo¬
chlorémie est allée en s’accentuant' pendant les
premiers jours de l’intoxication, car son évolution
a été inverse de celle de l'hydrémie. Le 12 Août,
noua notions 4,60 de NaCl et 68,4 d’albutnines ;
le 20 Août 3,72 de NaCl et 90,8 d’albumines.
Dans notre observation, existait donc au début
relativement, un certain degré de rétention’ .hy¬
drique et chlorib'ée, confirmant l’opinion d’Achard
et qui fut suivi après réapparition de la diurèse,
de déshydratation et d’hypochlorémie. Nous
avons constaté le 20 Août que cette hypochlo¬
rémie ne s’accompagnait pas . d’une surcharge
globulaire en Cl. A cette date, en effet, on n.ote :
taux des chlorures plasmatiques : 3,72; pourcen¬
tage; du volume des globules sanguins : 36p;’100;
NaCl du sang total 3,12; Doue, hypochlorémie
initiale qui s’accentue encôre lorsque disparaît la
rétention aqueuse, et que , s’atténue l’imperméa¬
bilité relative du rein au NaCl. '
Ajoutons enfin que la Rétention ne porte pas
que sur les déchets .azotés, mais encore sur les
éléments minéraux, calcium, ' phosphoré;' C’est
ainsi que l'acide phosphorique salin dans notre
N» 13
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février 1929
203
cas s’éleva jusqu'à' 0,615 gr, pour 1.000 (évalué
en PO*H’) pour retomber à 0,085 au moment de
la guérison. De même qu’il faut tenir compte de
l’azote endogène dans l’appréciation de l’azo¬
témie, de meme doit être considérée la désinté¬
gration osseuse pour expliquer en partie les varia¬
tions des taux du Ga et du jni sanguins.
Somme toute, ï étude physico-chimique des trou¬
bles consécutifs à une anurie mercurielle nous a
permis de constater :
a) Des troubles du métabolisme de l’eau, réten¬
tion aqueuse rapidement .suivie lors de la réappa¬
rition de la sécrétion urinaire de déshydratation,
troubles de plus courte durée que :
b) Les troubles du métabolisme azoté, fonctions
de la qualité de l’épitliélium rénal et du degré de
désintégration tissulaire ;
c) Des troubles du métabolisme des chlorures,
caractérisés par une diminution globale de la
teneur du sang et des excreta en NaCl, mais dont
les variations mettent cependant en valeur une
imperméabilité relative du rein au XaCl.
d) Des troubles du métabolisme des éléments
minéraux, fonction de l'état du parenchyme rénal
et vraisemblablement de la désintégration os¬
seuse.
i;ru])liuiuc II. — Vurialions de l'équilibre acido-busique,
de.'î taux de l’urée, des ebrlorure.s, des albumines du
plasiiui.
Si nous envisageons maintenant dans leur
ensemble les troubles humoraux que nous venons
d’analyser, l’un des plus caractéristiques paraît
bien être la fuite du chlore.
L’hypochloréinie constatée est en ell'et pré<mce,
profonde et durable puisqu’elle persiste durant
la convalescence alors que l’urémie est à peu ])rès
redevenue normale. Déjà signalée ])ar maints
auteurs, il est possible qu’elle ne soit pas secon¬
daire à une migration du chlore ])lasmatique vers
les tissus. lîn effet, Blum et ses Collaborateurs, au
cours des recherches qui les amenèrent à cons¬
tater une accumulation du chlore dans la plupart
des tissus, surtout dans les tissus nerveux de cer¬
tains urémiques, ont noté que la teneur en chlore
des cellules sanguines de ces malades, suivait la
même progression, et bien que moins élevée,
qu’elle était Un rellet de celle des autres tissus.
Or, les dosages 'éffectués sur le sang total mon¬
trent que cette diminution du taux du chlore san¬
guin affecte aussi bien le chlore globulaire que le
chlore plasmatique. On peut également se de¬
mander si dans le cas que nous étudions, l’éléva¬
tion du taux de l’urémie n’était pas conditionnée
au moins en partie, comme dans les récentes ob¬
servations de Blum [La Presse Médicale, 7 No¬
vembre 1928, p. 1411) par cette baisse du chlore.
Quoi qu’il en soit, à la manière des fausses urémies
avec hypochlorémie, l’urémie de notre malade
céda rapidement en môme temps que le taux
du chlore retrouvait sa valeur normale.
Si l’on veut bien appliquer au cas que nous
étudions les conclusions de ces auteurs, l’intoxi¬
cation ]iitr le sublimé entraînerait une hypochlo¬
rémie avec « hypochlorohislie « et non surcharge
tissulaire. Comment interpréter alors cette déper¬
dition de chlore, cette « fuite chlorée » ? Est-elle
secondaire à l’action du rnercuré sur les proto¬
plasmas cellulaires, ou bien à l’action de ce toxi¬
que sur la perméabilité vasculaire suivant l’hypo¬
thèse de Heim? Ne s’agirait-il pas plus simple¬
ment d’une décharge gastro-intestinale, puisque
normalement les échanges de chlore entre le
milieu sanguin et le tractus digestif, sont à tel
point considérables que les doux tiers du chlore
du sang pendant la digestion passent dans l’es¬
tomac et sont récupérés plus bas.
(fuelle que soit l’interprétation choisie, cette
hypochlorémie, d’après la récente et séduisante
théorie d’Ambard, aurait pour conséquence immé¬
diate la chute de la réserve alcaline. Or. dès les
premières heures, notre malade fut en puissance
d'acidose.
Cette acidose rapidement se déeompensa, parce
que, conséquence de l’imperméabilité rénale, tous
les résidus acides du métabolisme s’accumulèrent
dans l’organisme, tel Y tivide phosphorique qui
atteignit huit fois sa valeur normale.
Les oscillations de Vhydrémie ne sont pas
moins curieuses. Après une période fugace de
rétention, survint un déséquilibre inverse. Cette
déshydratation, selon toutes probabilités, ajiparui
parce que la fuite des ions basiques et de l’ion
sodium en particulier avaient assez fortement
modifié la tension osmotique des protéines tissu¬
laires. Tandis que l’organisme est ainsi obligé de
se déshydrater à l’excès, Y urémie augmente. Cette
urémie est massive et compliquée d’acidose. En
raison de ces caractères, elle serait dans d’autres
circonstances considérée comme fatale; mais celle
acidose olfre la particularité d’être concomilanle
de riiypochlorémie et c’est à cette coïncidence
que nous attribuons certains des symptômes jiré-
senlés par notre malade. ]j'asthénie par exemple,
si maripiée durant la phase critique, ))eut être
rattachée à la diminution de la charge acide du
tissu nerveux ;ai)pi-éciéc d’ajirès la teneur en Cl
des globules rouges), puisque d’ajirès Ambard,
celle charge acide est facteur d’excitation.
L état sjiécial de déminéralisation de ces intoxi¬
qués, intervient peut-être en faveur des infections
à point de déjiart gaslro-entéro-rénal, assez in¬
tenses pour comiiromettre le succès d’une gué¬
rison que laisse espérer à cette période une réen-
pérafion suflîsaiile des fonctions de sécrétion.
Il n’est pas suriirenanl que l’évolution dans le
temps de ces divers accidents, en jiarticulier de
l’élimination aqueuse et de l’élimination uréique,
ne soit pas sujierposable, puisque la première
est fonction de la désobslruction des tubes con¬
tournés, bourrés de cellules nécrosées et que la
seconde suppose la régénération de réiiilhélium
secréteur. Mais dans quelle mesure ces fonetions
rénales ont-elles été influencées, dans le cas que
nous étudions, par la décapsulation ? Si l’on se
contente de comparer l’évolution de notre anurie
mercurielle, à celles de cas également favorables,
quoique non traités par décapsulation rénale, il
ne semble pas que l’intervention ait modifié le
cycle des phénomènes liés à l’altéralion dos reins.
Troublesde la diurèse aqueuse, puis uréique, aci¬
dose, troubles de l’éliminalion chlorurée, foutes
ces manifestations de l’intoxication mercurielle
ont évolué de la même manière que dans des ob¬
servations analogues par leur issue heureuse bien
que non traitées chirurgicalement. Puisque ces
symptômes évoluent suivant le môme rythme, on
est conduit à admettre que la restauration du pa¬
renchyme altéré parcourt les mômes étapes qu’il
y ait eu, ou non, décapsulation. Mais la rapidité
avec laquelle sont franchies ces diverses étapes,
liées à la régénération tissulaire, est-elle influencée
par l’intervention? Les points de comparaison
dont nous disposons sont .encore trop imparfaits
pour conclure. Notons cependant que.,cm(}.'i’mirs'
après rojiération, réliminalion urinaire de notre
malade atteignait' 1.800 eme, que treize jours plus
tard l’acidose sanguine faisait place à un équilibre
acido-basiqUe normal et même légèrement orienté
vers l’alcalose, que vingt-deux jours plus tard
l’azotémie était tombée à 0,59.
Par ailleurs les constatations locales, opéra¬
toires, semblent bien témoigner de l’action bien¬
faisante de l’opération. Celle-ci, en effet, ne dél<“r-
Tnine pas tant la saignée locale que la déconqtrcs-
sion d'uii rein dont le système secréteur est
bourré de cellules nécrosées et qu’étrangle sa
capsule. L’organe dur cl tendu avant la décapsu¬
lation, fit hernie au travers de celle-ci, dès qu’on
l’incisa, et l’opération terminée il devint rouge,
congestif et parut s’être dilaté. 11 est donc j)lus
que probable que celte libération favorise la vas¬
cularisation, stimule les fonctions des gloméruh-s,
décomprime les tubuli contorti et par suite, à
l’aide du double mécanisme de décomjjfession l’I
de sécrétion aqueuse favorise leur désoljstruclion.
Ce nettoyage des tnbuli ne ])ernieltrait-il j)as.
d’autre part, une régénération plus active des
cellules sécrétantes ?
Les constatations faites au cours de rinlervi'ii-
tioli, prouvent donc que celle-ci semble surtout
modifier de manière favorable le régime circula¬
toire de l’organe Intéressé; elle semble jtar suite
légitime car elle doit, par ce mécanisme, favorise)'
la désobstruction des tubuli, la l'égénéralion îles
Cellules sécrétantes, et peut-être même l’élimina¬
tion urinaire, puisque en généi'al les fonctions d'un
organe sécréteur sont en ra])])orl direct avec son
degré de vascularisation.
LA LYSO-VACCINOTIIÉRAPIK
DES BRONCHO-PISEÜMONIES
PRÉCISIONS
SUR LE ROLE DU BACILLE DE LA DIPHTÉRIE
l'aj- L. DUCHON
Cliot de Laboi'utoire de Hi.eti'.i'ii>l(.^de
ù In KueuUé de Médecine.
Nous ne reviendrons jias sur les longues
recherches ‘ où l’étude simultanée des ensi'inence-
menls du rhino-pharynx et du pomuon, où l’étiiile
des surinfections, nous otil jiermis ilc jp'éciseï' la
fréquence du jduri-inicrobismc des broncho-|)ncn-
monies, de précise)' le rôle qui inco)nbc à chacn)i
des pathogènes et tout i)a]'ticnlière)))e))l au bacille
de « Lœfller ». LO)) a jni juger les a)'gui))e))ls qui
plaident en faveur de ces do)))iées dans différentes
co)nmunications * et l’on si' souvient encore des
discussions du I''' Congrès des Pédiatrr.s de /.angiie
française^, à Lausanne (1927!.
Nous )iotis contenterons d'a|)])orter ici de ))on-
veailx docuùients qui portent à jilus de 709 cas
les observations de broncho-j)ncnmo))ics iraitci's
j)ar les lysats-vaccins dans difféi'cnls hôj>itaux de
Paris et qui paraissent nous autoriser à li)'er
quelques déductions logiques.
Chez l'enfant. — Tout d'aboi'd, à litre de donnée
fontamenfale. nous rajtpellerons les statistiques
de mortalité dans ce milieu qui mit été relevées
ces dernières années jiar difl’érenis observateurs :
En 1916 : M. Marfan ' .lournal des Pr<ilieiens
.luin 192()), accuse une mortalité de;
[i. ton
Olu'z les ciifuiils lie tiioiii!' de li iiiiiis. . llK)
— (le l! mois a t an . . . '.lll
de 1 an à 'J ans , . . T.'i
Hôpital Bretonneau, M. Boauchard [thèse.
Paris 1921), inspirée par M. Guinon ;
1915 . 81 p. lUÜ
Olin . «l.B
204
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, J3 Février 1929
N" 13
MM. Debré. Broca, Bertrand [Société de Péd/n-
//ve. 1.5 Avril 1924 :
lüii-'i . 7«.;î loi)
llépilal Ti’ous.seau : .MM. Leoiié, .Marijiié/.v.
IléraiiN, Slillel de LmiKtinncf.
loiri, lojii, tOiT . KL> l>. 100
f/eee /e lr(tilciiiciil c/ussi(jiif.
Celle ilernière statistique esl, pour mous, loul
partieulièreiuent intéressante, parce que éliminant
les décès des malades dont le trailement n'a pas
dépassé ([uaranle-huil heures, elle se place ilans
les condilions rif^onreusement analog'ues à celles
de noire observation.
Ces ehiirres déterminenl un lail pi'écis ; ob-
sei'vée dans des ;hépitaux dill'érents, par des au¬
teurs diflérenls. la mortalité par broncho-pneu¬
monie, 1)011 an, mal an. diqiasse globalement 80
poil)' 100.
Kl e.’esl dans ce milieu hos])ilaliei', à noli’e
avis, qu'une méthode théi-apeutique doil èlre ex-
périmenlée si l'on vent réelleinenl mesure)' la va¬
leur de son aelivité.
.Vnssi aborderons-nons iminédialemenl les sta-
lisliipies des broncho-pneumonies traitées dans
i-es condilions |)ai' les Ivsals-vaccins. mais loule-
l'ois en les scindant en deux séries: d'une part,
celles où la séi'olhérapie anlidiphléi'i<|ue fut pré¬
coce et intensive; d'anll'e pai'l, celles où celle
sérolhérapie ne lui ipie lai'dive, souvent faible,
parfois nulle.
sicKoi Hi'ii,vi>ii: iM i:xsim; si iui rni n.ii'ii:
i;t i>iu-(:oi:i; 'lAanivi:
i'iu.ü'li) r. (lo sérum purilié l'ailili' ou nulle
DU 24(1 eme lie sérum île Houx inl'érieure à OO.DOü T.
l!):i(i-27. Ilii|iilul lireliiii
t!)20-’J7. l'àit'auls- .Vssistés
p'iiles .‘i-li jserx
M. le l” .Marrunl .
l'.ll'(;-27. Kiiraiils- .Muludes
lu moilié des cas
7/»w', I). I«l)‘
' de M.
àillmla 17,.
l!)l'(i-'27. llopilul ’l'i
* euraiils sur t.V.V oui reiui des doses su]iérieiires un
éjfules à liO.OÜI) f.
** Ici, pas d uiilopsies. Iiial à l'Ié parlé au passit de
la Ijsa-vaeeinollic'rapie.
C'est celte dernière slalisliipie de l'an derniei'
à l'hôpilal Bretonneau qui retiendra notre alten-
lion et ipii esl inléressanle, parce ipie le traite¬
ment. ipii ne lut pas mené d’une façon homogène,
nous permet dans le même milieu el sur une
échelle assez étendue de comparer une fois de
plus (statistique .\perl l’activité de deux mé¬
thodes :
/Jronr/io-/)iictiiii<niifx i‘fij)jj<d<'K :
td l'ne |)remière série de 42 malades a reçu
svslémaliipietiienl. en même temps ipie les ,'5 |)ri'-
mières injections de 1,. \ . une dose de 120.(1(10 l ’.
d’anti(oxine on 240 eme de sérum non purilié;
elle nous donne: guérisons. décès. 9.
Ci'tle série comprend .'î.'i enfants de moins de
deux ans dont : guérisons. 24; décès, 9.
h l’ne deuxième série de 2.'! malades n'a reçu
qu’une dose plus ou moins précoce de, au plus,
00. 000 r. de sérum purilié: guérisons, 14;
décès. 9.
Celte série com|)rend 28 malades au-dessous de
deux ans : guérisons. 18; décès, 9.
Uvom'ho-fiiii'uttwtiics de foiiifro/r :
Dans ces bl•o^ch(l-pnennlonies. le sérum de
Houx seul fut employé en raison de sa plus grande
activité, mais pour éviter de l'aii'e .systématique¬
ment 240 eme de sérum à toute rougeole, nous
avions espéré qu'une dose de 80 erne le joui' de
l’ari-ivée, suivie du complément i\ 240 eme le joui'
où la bi'oncho-pneumonie se manifeslei'ait, ])ei'-'
mettrait de juguler l’intoxication dipthérique.
Ce groupe de 88 malades nous donna la statis¬
tique suivante: guérisons, 12; décès. 21,
Ce groupe comjirend 20 malades au-dessous de
deux ans, avec : guérisons. 5; décès, 15 (Xolons
que 1.") de ces malades sur 21 ensemencements
étaient porteurs de bacilles diphtérimorphes, pre¬
nant leCram. d’après le laboi'aloire centrali.
Le groupe de 84 malades qui, par 'Contre, lil
des broncho-pneumonies après avoir reçu, en
trois jours, 240 eme de sérum de Roux el dès
l'arrivée à l’hôpital, nous donna : guérison, 25;
décès. 9.
l'it les 22 enfants au-dessous deux ans, qu’il
eoiiqn-end : guérisons. 10; décès, 0.
Jiroiwlio-pncitiiionics de coqueluche :
.\ucune coqueluche ne reçut à l’ai'i'ivéc systé-
maliqueinenl 240 eme de sérum, mais un premier
groupe l'eeut celle dose dès le début de la broncho-
pneiimoiiie l'u niéme temps ipie la première injec¬
tion de lysat-vacein ; nous avons dans ce gi'oupe :
l n deuxième groupe ne reçut celte dose que la
broneho-pneumonie ‘tyaiU évolué depuis pliis de
'l’oules )'es stalistiipies, ipii ])orlenl sur un
noinbi'e de cas iin])oi'tant, ))ermetlent acluelle-
menl de pi'éciseï', non seulement l'importance des
données bactériologiques que nous avons avan¬
cées, mais encoi'c de souligne)' la valet))' de leui's
détlnclio)is thérapeuli([ues.
’l’o))! d'aboi'd un pronie)' fait : La seule inter¬
vention des lysals-vaeei)is à l'hôpilnl pei'inel
d’abaisse)' globalement la moi'lalilé de 80 à
00 pour 100 chill're s'abaissant à '85 pour 100
elle/, les enfants de plus de deux ans dont on eon-
nait la plus grande fréquence de riminiinisalion
spontanée eonti'c la toxine diphtéi'ique. poiii'cen-
lage relevé parmi les malades de notre thèse el
ceux de l’année dernièi'e à l’hôpital Bi'ctonneaii,
en tout 80 cas).
lu deuxième l'ail apjiai'ail parlienlièremenl
Lorstpi’on l'ail aecoinpagner ou pi’écéder la lyso-
vaccinolhérapie d’une sérolhéi'apie antidiphté-
riipie dès l'/irricéc des iiintudes à l'hôpilal, la ino)'-
lalité globale, quelle ([ue soit l’étiologie delà bi'on-
ehoptieumonie, jirimilive ou secondaire, lléchil
d’une façon couslanle et très sensilile puisqu’elle
s’inscrit à 20 pou)' 100 environ.
A rhôpital. le fait brut pou)’ nous est donc
celui-ci :
'l'raiteinent classique : 8ü [anii' 100 <le morts.
Séi'Otliéi'iipie antidiphléi'iipie. plus li'aileineiil clas¬
sique (diphtéries uiemhrancusesl 80 pour 100 de
Lysovaecinolliéi'aiiie seule (en dehors de diphtéries
iiieiubi'aneuses traitées où la mortalité atteint au
maximum 28 pour 100). fiO pour 100 de morts glo¬
balement (85 pour 100 de morts au delà de 2 ans).
Lysovacrinothéi'apie (plus séi'olhéi'apie) antidiphté¬
rique. précoce el à dose suflisnnle : 20 pour 100 de
morts.
\ Oiei donc le fait bi'iilal. mais s’il esl parlant
pour mnis, il ne l’est pas jioiir tous. Beveiioiis
doue à une discussion plus seri'ée.
Le rôle du bacille diphtéi’ique. nous l'avons loul
d’aboi'd soupçonné :
1" Kn cüiistatant que la présence ilu bacille dans
une bi'onchopncumônie co'incidail. d’une façon
oxlrémemetit fréquente, avec une aU'ection extra¬
ordinairement grave et l’on peut ajouter, sans
grande chance d'erreur : morlelle':
2" l'in eonslaliinl epte le bacille de Lofder
existait, non seiileim'iil dans les régions oi'i l’on
a coutume de le rechercher, c’est-à-dire sur les
muqueuses des cavités naso-phai-yngiennes, mais
aussi dans le poumon, ce qui explique la réiio’rb-
lion intense de toxine, puisque là rien ne se perd,
comme sur une amygdale ou une muqueuse
nasale
Sans doute, à l’encontre de plusieurs auteurs,
un certain nombre n’ont pu parvenir à l’y décelei',
et de là à défendre qu’il n’y pullulait pas, le jias
était aisé à franchir ? Mais, si ces auteurs avaient
employé notre technique, s’ils s’étaient placés
dans les conditions, très pi’écises el très ])articu-
lières de noti’e observation, ils- auraient pu,
comme nous, constater sa présence. Nous rappel¬
lerons donc ces conditions primordiales ;
Pour l'cndre la recherche du bacille diphlé-
l'ique plus aisée, pour le trouver au milieu d’une
lloi’c si riche d’une bi’oncho-pneumonie, il faut
tout d’abord pratiquer des ensetnenccmenls sur
ce milieu, dont l’excellence aurait été vantée.
. voilà longleiiips, par ses auteurs: noti'e .Maître
le y)i'()fesseur Besançon et Griffoii.
C'est cl la gélose au sang » sur laquelle nous
avons déjà longuement insisté el sur laquelle
K 1 on j)cul aisément l'epérer le diphtérique, ne
fût-il réduit qu’à une seule colonie, parmi des
milliers de colonies d’autres espèces h -, ))iais à
une condition très pi'écise : un ajiisleineni de la
gélose au y))) 7.5 '.
De plus, il convient de le l'echei'eher. non j)as
apres un ti'ailement lyso-vaccinothérapique com¬
prenant' le ly.sat diphtéi'ique qui le l'ai'élie, le ba¬
cille de Lœffler, mais ajirès un traitement lyso-
vaccinolhérapiqiic sans lysai dijihlérique qui l'a-
rélle les auli-es espèces el extériorise ce »'ermc.
I,es phénomènes de [ihagocytose, de lyse, situ,
ajouterons-nous, et siii- lesquels nous aui'ons à
l'evenii', el ceci observé d’une façon très généi'ale
süiisl influence d un lysal-vaccin. nous exiiliquent
ces phénomènes de raréfaction.
.Vjoulons eneoi'e. (pi'enlre deux observateurs
(pii discutent sur la pi'(''.seuce ou l’absence de
bacille de Lcrfflei' dans les bi'oncho-jmeiimonies,
celui (pii sait l’i.solei'. (pii l’ideiililie. ne |)eut se
I tromper, avec les pi'opriétés si particulières de
ce germe, et la sensibilité du cobaye, qui n’a|)-
liarliennenl (pi’au seul diphtérique; '
8“ Eu constatant que la contaminalioii par un
bacille diphtérique au cours d’une broncho-pneu¬
monie, déclenche une surinfectioii à allure de
loxi-iiifeclion extrêmement gi'ave, avec des carac¬
tères cliniques lui appartenant ;
4" Kl) conslalant ([ue les bi'oncho-piieumonies,
([ui sévissent dans le décours des diphtéries mem¬
braneuses, les plus graves autrefois, toujoiii's
mortelles, c’est classique... guérissent avec une
remarquable fréquence, fait cpnfirmé jiar .AL
Lenné au Congrès de Lausanne, loi'sque l’on fait
intervenir la lyso-vaccinoihérapie comprenant le
lysat diphtérique. Ici en effet, en i-aisoii de l’im-
munilé yiassive, solide, que ces malades viennent
de i-ecevoii'. la toxine reste sans effet;
.5“ Knfiii le 5'’ argument esl celui qui, pi'éci- '
sèment, fait l’objet de celle coiuinuiiication et
qui est le coi'ollairc, si l’on veut, des quatre élé¬
ments précités s))r le i-ôle (bi bacille de la diph-
Cet argument. o)i le trouvera d’un simple cou|)
(1 (Cil jeté sur les ('ol()))nes de slalisli(p)es p)'é('é-
(Icnlrs :
O), )'(.inar(p)('ra. o, (.'ffci, m, pa)'allé'lis)))(' si)igu-
hei'ement b'appanl : (p)el (|ue soit l’htqiiial, fait-on
inlerx e))ir la seule lys()-vac('i))othe)'apie, la morta¬
lité baisse dans des li)))iies voisines de 57 à ()(>
pour 100, donnatit un écart de 9 jiour lOü.
Quel qiie soit rhôpital, fait-on intervenir en
plus la sérothéi;apie antidiphtérique dans Içs
mêmes conditions de précocité et d’intensii):',
cette n)orlalilé flécliit ii)variableme)i| dans des
limites tout aussi so'ri-es de 22 à 80 pmir 100.
soit un (h'arl de 8 pour 100.
N* 13
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février 1929
205
■ Cet important décalage nous semble donc rendre
singulièrement aisée la discussion de ce problème :
Tout d’abord, peut-on voir dans la sérothérapie
la seule intervention d’un facteur tonique ou
protéinothérapique banal ; on pourrait tout aussi
bien comprendre le rôle de ce facteur, si des
doses modérées de sérum suffisaient à amener une
amélioration de la mortalité; or, tous les enfants,
dans les salles de rougeole, reçoivent systémati¬
quement, dès le début 10 à 20 cmc de sérum, sans
que la mortalité n’en ait été jamais modifiée. De
plus, môme si certains estiment que ces facteurs
thérapeutiques ne jouent qu’à des doses élevées,
nous ferons remarquer que les malades de la pre¬
mière statistique de M. Apert, que les malades de
notre l" groupe de rougeoles de l’année 1927 et
bien d’autres avaient reçu, comme les autres,
240 cmc de sérum au cours de leur traitement.
La mortalité ne fléchit à 26 pour 100, que lorsque
cette dose de 240 cmc est pratiquée systématique¬
ment dès l'arrivée des malades, et c’est cette don¬
née capitale qui nous oblige à concevoir la séro¬
thérapie antidiphtérique dans la broncho-pneumo¬
nie, au môme titre que dans une angine diphtéri¬
que, comme un facteur spécifique, et dont il est
aisé de comprendre le mécanisme.
En effet, à la lueur de ces statistiques, il est
facile de déterminer et d’une façon très générale,
le nombre des malades porteurs du bacille de Lœf-
fler, dans les hôpitaux.
Les recherches bactériologiques courantes ne
peuvent, à notre sens, arriver à une approxima¬
tion aussi précise.
Il ne faut pas oublier, qu’il n’est pas nécessaire
d’une grande quantité de germes pour développer
une intoxication diphtérique. Nous connaissons
tous de ces diphtéries membraneuses hautement
toxiques, où la présence du Lœffler sur la fausse
membrane n’a été décelée qu’au troisième ou qua¬
trième examen, de ces angines manifestement
diphtériques qui n’ont pu faire leur preuve bacté¬
riologique; nous savons aussi avec quelle aisance
le bacille aime se cantonner sur une muqueuse,
sur un recoin de muqueuse. Combien d’ensemen¬
cements n’ont-ils pas révélé le bacille en abon¬
dance dans les fosses nasajes, alors qu’ils restaient
négatifs sur les amygdales. N’est-il pas fréquent
de ne pas le trouver dans le rhino-pharynx d’un
croup? Une conjonctivite n’implique pas non plus
sa présence ailleurs.
Cette particularité ne rend certes pas sa
recherche aisée et, dans un certain nombre de cas,
dans les conditions habituellement usitées et si
l’on n’apporte pas une attention toute particu¬
lière à sa recherche, on peut admettre que l’on
risque de passer à côté (et c’est une des raisons
qui nous a fait préconiser les ponctions larges et
répétées du poumon, pour le trouver dans cet
organe).
La confrontation de ces statistiques, donc, va
nous permettre de préciser très facilement la fré¬
quence des porteurs de bacilles, de mesurer les
ravages du bacille de Loeffler dans les broncho¬
pneumonies et, d’iine façon plus générale, les
ravages de la diphtérie occulte à l’hôpital :
Puisque le seul fait de pratiquer une sérothé¬
rapie antidiphtérique abaisse la mortalité de 62
à 26 pour 100, nous sommes autorisés à dire
que chez 36 pour 100 de nos malades, une intoxi¬
cation diphtérique a été jugulée par l’intervention
sérique.
Parmi les 26 pour 100 de morts, très nombreux
sont ceux qui n’ont pu, à temps, bénéficier de
cette sérothérapie. A différentes reprises l’on a pu,
chez ceux-là, constater une proportion de porteurs
de bacilles atteignant 70 à 80 pour 100. En pre¬
nant la moitié, nous croyons ôtre au-dessous do
la vérité, soit 13 pour 100.
Enfin, parmi ceux qui guérissent avec la seule
lyso-vaccinothérapie, nous pouvons admettre
encore qu’un certain nombre sont porteurs de
bacilles, mais qu’une immunisation antitoxique
occulte spontanée, rappelant en somme l’état de
défense vis-à-vis de la toxine de nos diphtéries'
membraneuses précitées, a pu neutraliser l’intoxi¬
cation. Le tiers de ces malades, proportion
inférieure au nombre d’ensemencements positifs,
nous semble un chiffre acceptable, soit
Donc globablement 36 -f- 13 -f- 6 = 55 p. 100
de porteurs de bacilles toxigènes à l’hôpital.
Et ce chiffre est encore trop faible dans cer¬
taines circonstances, en voici la raison : Parmi
les rougeoleux, chez ceux de moins de 2 ans, c’est-
à-dire ceux qui ne sont qu’exceptioniiellement
immunisés spontanément contre la toxine diphté¬
rique, la marque du diphtérique est presque tou¬
jours l’intoxication mortelle.
Or, môme avec une sérothérapie intensive mais
mal dirigée, 15/20, c’est-à-dire les 3/4, sont morts;
avec une sérothérapie précoce et intensive 16/22
c’est-à-dire les 3/4 ont guéri. Le chiffre 50 rem¬
place donc le 36 précédent et l’on atteint ainsi
jusqu’à 65 pour 100.
Voilà la mesure de l’infection diphtérique à
l’hôpital et qui permet de comprendre plus aisé¬
ment l’utilité de la sérothérapie précoce chez les
broncho-pneumoniques.
Dans le milieu hospitalier, la contagion par le
bacille de Lœffler sévit avec une telle intensité
que l’on peut admettre, pour le moins, que tout
malade, non contaminé, arrivant dans une salle,
aura une chance sur deux de l’être dans les heures,
les jours, qui vont suivre.
L’intoxication diphtérique, provoquée par la
résorbtion de toxine sur toute la hauteur de
l’appareil aérien, rappelle par sa rapidité l’intoxi¬
cation expérimentale du cobaye ; en quelques
heures elle a provoqué des lésions, et en parti¬
culier lésions hépatiques de dégénérescence, sans
remède possible. C’est pour cela que l'intervention
sérique arrive trop tard si l’on attend les résultats
plus ou moins aléatoires des ensemencements.
Quand on veut prévenir l’intoxication expéri¬
mentale du cobaye, on injecte le sérum vingt-
quatre heures avant la toxine. Ici, il faut se placer
dans les mômes conditions, car rien ne décèle
l’envahissement du diphtérique, pas de fausse
membrane, pas de tirage, pas de cornage. Seuls se
montrent, les signes de l’intoxication la plus grave,
pâleur, gros foie douloureux*, qui apparaissent
quand il n’est plus temps, et c’est pourquoi l’on
est obligé de recourir à la sérothérapie pour pré¬
venir et pour traiter l’intoxication.
55 à 65 pour 100 de porteurs de bacilles sus¬
ceptibles d’étre atteints d’une intoxication mor¬
telle, voilà l’étendue du danger. Ce chiffre est un
fait qui incite, nous semble-t-il, à quelques
réflexions, puisque le moyen thérapeutique existe;
nous récusons dans les discussions ceux qui
n’apportent que leurs idées sans les appuyer sur
des arguments solides, et nous leur demandons un
simple effort d’observation sur les données pré¬
citées.
En dehors du foyer hospitalier, le rôle du
bacille diphtérique apparaît plus réduit. Toutefois
il ne faut pas oublier que chez les enfants qui
meurent en quelques heures, dès leur arrivée à
l’hôpital, un très grand nombre sont déjà infectés
par le bacille qu’ils ont apporté avec eux.
Les recherches de MM. Cathala et Samsœn, les
nôtres accusent, chez les trois quarts de ceux-là, la
présence du bacille de Lœffler, mais il est vrai que
trop souvent ils viennent de milieux surpeuplés,
de milieux qui rappellent la promiscuité de
l’hôpital.
Il est plus rare sans doute dans les milieux
aisés, mais là encore il peut exister, puisque nous
l’avons signalé.
Est-ce à dire qu’il faut répandre la sérothérapie *
antidiphtérique en dehors de l’hôpital? ce serait à ;
notre sens pousser trop loin les choses. Si cer- 1
taines conditions peuvent y inciter :
Bronchopneumonies se déclarant dans un
milieu contaminé ; (
Bronchopneumonies de crèches ; , t
Bronchopneumonies mortelles dans une [
famille ; »
la sérothérapie dans l’immense majorité des cas
ne sera pas mise en œuvre, et ceci, parce que le
porteur de germe isolé qui fait une bronchopneu¬
monie a les plus grandes chances d’ôtre infecté
dès longtemps; il a donc les plus grandes chances
d’avoir spontanément, plus ou moins partielle¬
ment, développé dans ses humeurs, des anticorps
antitoxiques. Ceux-là bénéficieront, tout particu- '
lièrement, de la présence du lysat diphtérique )
dans le vaccin, comme en tirent avantage nos
diphtéries membraneuses, largement immunisées ;
par les unités antitoxiques passives apportées par |
le sérum et qui payaient autrefois le plus lourd t
tribut à la mortalité malgré le sérum. i
C/iez l'adulte, les statistiques antérieures ont *
donné : '
à M. le professeur Bezançon’ ; !
2 morts sur 17 cas traités (hôpital). ■
à M. Flandin’ :
1 mort sur 34 cas traités (hôpital et ville). i
depuis nous avons recueilli à l’hôpital dans diffé¬
rents services de médecine et de chirurgie (Gli- (
nique du professeur Bezançon, services des
D'' Flandin, Ramond, clinique du professeur )
Lejars, D'' Brocq.
45 observations de bronchopneumonies ou l
d’infections pulmonaires sévères, grippales ou
post-opératoires. ;
Nous avons eu :
1 Décès chez un malade opéré, cholécystectomie,
il s’agissait d’une gangrène pulmonaire,
pleurésie à anaérobies.
1 Décès, malade atteint de pneumonie, pleurésie, *
péricardite. L’ensemencement révéla à côté
du pneumocoque, du pneumobacille.
1 Décès, pneumonie à pneumobacilles, vérifiée à
l’autopsie.
3 décès, quarante-huit heures.
2 Décès, porteurs de bacille diphtérique (ser¬
vice du D'' Flandin). )
Le rôle du bacille diphtérique paraît ici plus '
effacé, au moins en dehors des foyers épidémi¬
ques (grippe) *, pourtant il paraît ne pas ôtre '
complètement négligeable. Parmi ces 45 mala¬
des, nous avons identifié trois fois du diphté¬
rique; deux malades sont morts très rapidement, ^
ils avaient ’du bacille dans le poumon, ils
avaient de grosses lésions hépatiques, (service du ,
!)'■ Flandin). Le troisième était une nourrice (ser- .
vice du professeur Bezançon) atteinte de lièvre
typho’ide, elle recélait dans son rhino-pharynx •
du bacille diphtérique, l’attention avait été attirée >
par un coryza sanglant de l’enfant, à bacilles ^
diphtériques. Cette malade avait un Schick positif.
Elle fit une bronchopneumonie des plus graves et
alors que les signes cliniques de fièvre typho’fde,
de bronchopneumonie avaient complètement dis- (
paru, que l’alimentation avait été reprise, elle
conserva un état subfébrile jusqu’au jour, fait j
troublant, où son Schick devint négatif. ,
De l’ensemble de ces précisions, le rôle du .
bacille de la diphtérie se dégage d’autant plus t
à redouter que l’individu est moins avancé en âge, '
Chez les tout petits surtout, et tout particulière- '
ment dans les salles de rougeole, de coqueluche, '
il est un facteur de haute gravité en raison de la
rareté de l’immunité antitoxique spontanée et par ■
206
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février 1920
13
conséquent la sérothérapie antidiphtérique doit
être conjuguée à la lyso-vaccinothérapie.
Celte sérolhéra|)ie doit être mise en action pré¬
cocement, dans les trois premiers jours qui sui¬
vent l'admission eu salle, avant l’infection diphté¬
rique. Elle doit être massive et atteindre 240 cmc.
C’est là la seule méthode qui permette l’abaisse-^
ment de mortalité obtenu.
A mesure que l’on avance en âge, à mesure que
l’immunité anliloxique occulte devient plus fré¬
quente, la nécessité de la .sérothérapie anlidiphté-
ri(|ue devient plus rare et l’on voit mieux alors
se dégager l’activité du lysal-vaccin dans son
autonomie.
***
Nous ne reviendrons que très succinctement
sur la technique de (iréparation des lysalo-vaccins
renvoyant aux recherches antérieures pour en
suivre la démonstration*.
Nous rappellerons seulement les éléments prin¬
cipaux :
1“ Quand on met en présence certains germes
avec le bacille pyocyanique, on observe un
double phénomène.
Dans un premier stade, les bactéries mises au.
contact du pyocyanique perdent leur vitalité en un
tem])S variable avec chacune d’elles : leurs colo¬
nies n’a[)paraissent plus dans les repiquages au
voisinage de celles du pyocyanique.
Dans un d’euxième stade, en suivant de jour en
jour l’évolution de la lyse, on remarque que les
germes perdent leurs propriétés tinctoriales : les
diphtériques, les slreploco([ues, les slaphylo-
cotpies, etc., ne gardent plus le Gram, en même
temps qu’ils semblent se raréfier pour disparaître
complètement plus ou moins têt; alors la diges¬
tion est terminée, la lyse est obtenue.
2" Le pyoeyatii(|ue, do plus, détruit les toxines
microbiennes'”, la toxine diphtérique la plus haute¬
ment loxiiiue peut en quelques jours être injectée
iinimnérnenl à des doses massives à des cobayes
sans provoquer de troubles, alors que la toxine
témoin lue toujours à des doses de l’ordre du
1/800“ de cmc. Celte [)ro[)riélé explique l'innocuité
a''soluc des lysat-vaccins.
3" Si nous sommes bien en présence d’une lyse,
il est logique de penser que les corps immuni¬
sants, ainsi mis en liberté dans le milieu ambiant,
sont susce])libles de passer à travers les filtres.
C’est ainsi ipie le ly.sal-vaecin subit une filtration
qui, tout en le débarassanl de tout élément bacté¬
rien, c’est-à-dire des jiyocyaniques, assure une
stérilisation parfaite.
Celle vacciuoihérapie ne ressemble donc en rien
à la baclériothérapie banale, et nous croyons que
le nom de « vaccin » correspond tout jiarlicu-
lièremenl à un produit établi sur de telles données.
Son intérêt du ])oinl de vue doctrinal ne sau¬
rait écliap[)er jiuiscpi’il semble indi([uer que l’im¬
munisation microbienne est fonction de produits
filtrables, ipii ne peuvent cire que les endotoxines
microbiennes, libérées ici par la lyse totale des
ger.ues.
Donc, en ce qui concerne le rêile du bacille de
Lœtiler, nous sommes loin d’avoir fait « machine
en arrière « comme l’écrivent certains aiileuf^.
L’activité thérapeutique, répondant aux déduc¬
tions logiipies de nos recherches, vient au con¬
traire confirmer notre point de vue et nous oblige
à nous stabiliser, sinon à soutenir, plus ferine-
menl que jamais, l’immense danger que l’infec¬
tion [lar le bacille diphtérique fait courir à uos
bronchopneumonies.
Pour aisée que soit la critique, certes, nous
l’acceptons et même la désirons, mais à une con¬
dition : c’est qu’elle ne repose pas seulement sur
une opinion, sur une « croyance », mais sur des
faits, sur des observations nombreuses. Que l’on
nous apporte des bases d’une aussi rigoureuse
précision que celles de MM. Lesné, Marquezy,
Héraut, Stieffel” ; pour éloignées que soient, de
prime abord, les conclusions qu’elles engendrent,
elles serviront toujours à éclaircir ce jiroblème
dont on ne saurait méconnaître la haute gravité ;
elles en abrégeront la discussion, car comme le
disait si justement au Congrès de Lausanne
M. Brenel se fondant sur les statistiques de mor¬
talité, « s’il y a un fait sur lequel on ne peut
guère discuter, c’est sur la vie et sur la mort ».
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le bacille pyoeyanique ». Soc. de Biol., 28 Juillet 1928.
LES COMPLICATIONS FATALES
DE LA DE\(;UE
Par P. SCHRUMPF-PIERRON (Le Caire).
L’épidémie de dengue de 1028 qui a duré plus de
4 mois, paraît avoir frappé, approximativement,
30 pour 100 de la population d’Egypte, sans
distinction de race ni de milieu, les villes étant
toutefois, ce qui est compréhensible, plus atteintes
que les camjiagiies.
Or, tous les auteurs qui ont étudié la dengue,
aussi bien dans le bassin méditerranéen (et je
rappelle que la première épidémie de dengue
dont parle l’histoire a été observée au Caire en
1770 et mentionnée jiar le chroniqueur Gaberli
qui lui donne le nom de « mal des genoux »
« Knieübel ») ([u’aux Indes et qu’en Amérique
centrale, déclarent que celte maladie, qui est la
principale pandémie des pays interiropicaux,
n’est que très rarement mortelle; ceci à l’encontre
de l’inlluenza, qui est la grande pandémie de la
zone modérée.
D’autre part, les nouvelles qui nous sont par¬
venues d’Athènes et certains bruits qui ont couçu
au Caire, parlent de nombreux cas de mort
imputables à l’épidémie de dengue de 1028.
Le but de cet article est de vérifier le bien-
fondé de ces bruits, en d’autres termes de
répondre à la question suivante : la dengue peut-
elle être mortelle et, lorsqu'elle l'est, quels sont les
symptômes qui amènent la mort?
Passons d’abord en revue les quelques mani¬
festations de la dengue dont la gravité pourrait
être la cause d’une issue fatale.
1“ La fièvre. — On a observé des cas d’hyper¬
thermie allant jusqu’à 42“ et plus; la .plus haute
température que nous ayons vue nous-même a été
de 41,7”. Ces hautes températures, qui sont
l’expression d’une toxémie grave, sont en général
accompagnées de délires, de phénomènes mé¬
ningés, etc. Il est compréhensible que l’orga¬
nisme ne puisse, pendant longtemps, supporter
une pyrexie aussi élevée et qu’il succombe si elle
se maintient plusieurs jours. Mais ces cas d’hyper¬
thermie sont rares. Ceux que nous avons pu
observer nous-même ont, du reste, tous guéri.
2“ Lf.s phénomènes hémorragkjues. — Au
cours de la dengue, on constate parfois des liéma-
témèses, des hémoptysies, des mélænas, des épis-
ta.cis, des métrorragies plus ou moins violentes;
les hémorragies utérines expliquent la tendance
à l'avortement dont parlent déjà les anciens
auteurs.
Quelles sont les raisons de ces hémorragies?
Tout d’abord, vraisemblablement, le degré élevé
de to.iùcité de l'infection. Toutes les maladies
infectieuses, lorsqu’elles prennent une tournure
septique, ont une tendance à l’hémorragie, à la '
« diathèse hémorragique » (typho'ide, typhus,
variole, septicémie, etc.). Il est toutefois curieux '
que dans la dengue on n’observe jamais de pur- '
pura de la peau. D’autre part, on voit des hémor¬
ragies dans des cas de dengue à marche bénigne
et dépourvus de phénomènes septiques. C’est
pourquoi il nous semble permis d’admettre
l’hypothèse que certaines formes d’hémorragie ,
pourraient être dues à l’hyperhémie congestive ,
des muqueuses, consécutive à l’apparition d’un ,
enanthème analogue au « terminal rash » de la .
peau.
Quoi qu’il en soit, ces hémorragies peuvent- .•
elles être assez graves pour provoquer la mort? ,
Certainement non, si l’intervention médicale est )
rapide et énergique. Nous en avons vu, eh tant
que médecin-consultant, beaucoup et aucune
d’elles,' traitée « lege artis », n’aurait pu être ‘
mortelle; chaque fausse-couche peut être fatale si
l’on n’arrête pas l'hémorragie à temps !
3" Les vomissements incoercidles. — Ces
derniers peuvent, dès le début de la dengue et
pendant toute sa durée, être si violents qu’ils '
empêchent l’absorption de la moindre goutte de
liquide. Il en résulte (et cela a surtout été le cas
au début de l’épidémie, alors qu’il faisait encore
très chaud) une dessication rapide de l’organisme .
et une anurie qui peuvent devenir inquiétantes;
mais il suffit d’administrer des quantités suffi¬
santes de sérum glucosé, en goutte-à-goutte,
pour écarter tout danger. La cause de ees, vomis¬
sements doit être cérébrale, eentrale et non locale,
tout comme celle des douleurs irradiantes des
membres et du dos; du reste, les nausées et l’inap¬
pétence se maintiennent souvent pendant des
semaines après la chute de là température.
4“ L’aleu.minurie. — Celle-ci est fréquente
dans la dengue; mais elle né dépasse qu’excep-
tionnellement 1 pour 1000; chez un confrère du
Caire, elle a toutefois atteint 21 pour 1000. Mais
elle n’est accompagnée d’aucun symptôme d’in-
sulfisance rénale; car on ne constate pas de réten¬
tion d’azote; le sédiment ne contient pas de
cylindres granulés et on n’y voit qu’exception-
nellement des hématies; la tension artérielle ne
s’élève pas et quelques jours après la déferves¬
cence, l’albuminurie disparaît sans laisser de
traces.
Il s’agit donc (selon la nomenclature allemande),
d’une néphrose et non d’une néphrite gloméru¬
laire. Mais il est compréhensible que cette albu¬
minurie, se superposant à une néphrite chronique,
avec tendance à l’azotémie, doive compliquer
considérablement celle-ci et puisse déclancher
une insuffisance rénale fatale.
18 LA^PRÈSSEÿMEDICALE, Mercredi, 13 Février 1929 207
S" La syncope. — A l'encontre de l’influenza,
la dengue ne semble avoir aucun effet défavo¬
rable sur le myocarde; par contre, l’irritation
centrale, cérébrale, dont nous venons de parler,
s’exerce également sur le système nerveux de
l’appareil cardio-vasculaire et se traduit parfois
par une bradycardie qui peut aller jusqu’à 30 et
moins à la minute (sans dissociation auriculo-
ventriculaire). Or, théoriquement, la cause cen- '
traie qui provoque la bradycardie peut, si elle
est assez prononcée, amener également, par inhi¬
bition du nodule sinusal, un arrêt complet du
coeur. Le syndrome qui va de la bradycardie
sinusale à la syncope mortelle par arrêt brusque
du cœur (arrêt analogue à celui qui peut se pro¬
duire également à la suite d’une frayeur intense
ou d’un coup violent sur l’épigaslre ou la caro¬
tide), est appelé « syndrome de Morgagni » ; nous
l’avons décrit et opj)osé au syndrome de Adams-
Stockes, dû à un blocage auriculo-ventriculaire,
dans notre « Diagnostic cardiologique ». (Bail¬
lière, 1921).
Or, dans deux cas que nous n'avons pas
observés nous-même, mais qui nous ont été
rapportés par des confrères, une syncope mor¬
telle s’est produite chez des sujets atteints de
dengue, les jours suivant la défervescence. Ces
deux malades avaient montré, dès le début de la
pyrexie, une bradycardie très prononcée. Il nous
faut donc apparemment admettre la possibilité
d'une mort subite dans la dengue, due au phéno¬
mène extracardiaque que nous venons de déerire.
Toutefois, le moyen presque certain de l’éviter
est tout d’abord d’administrer à temps, à tous les
malades montrant de la bradycardie, de petites
doses d’atropine tout en évitant strictement tous
les corps digitaliques; ensuite de maintenir les
malades au lit après la défervescence aussi long¬
temps que le pouls reste au-dessous de la nor¬
male. En général, dans le traitement de la dengue
il vaut mieux s’en tenir au principe que la défer¬
vescence ne signifie pas la fin de l’accès. Car
pendant cette quatrième période de la dengue
(dite « période de desquamation »), le malade est
encore loin d’être guéri.
Admettons maintenant qu’un individu sain, sans
aucune tare chronique suit atteint de dengue-,
lequel des cinq symptômes décrits : hyperthermie,
hémorragie, vomissements incoercibles, albumi¬
nurie, syncope de Morgagni, pourrait-il provoquer
chez lui la mort? La mort par hyperthermie est
théüri([uement possible, mais doit être extrême¬
ment rare; la mort par suite d’hémorragie ou
de vomissements incoercibles peut être évitée
par un traiteinent approprié; l’albuminurie la
plus massive semble être inoffensive à condition
que l’appareil vasculaire des reins ait été intact
avant l’accès de dengue. Reste donc, comme le
symptôme le plus grave, l'irritation des noyaux
pneumogastriques pouvant amener un arrêt réflexe
du cœur. Or, celte mort, nous semble-t-il, peut
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIETE DE CHIRURGIE
6 R’érrier 1929.
A propos du couteau électrique. — M. Tuffier
dépose une observation concernant son emploi et
remontant à 1923.
Deux observations de corps étrangers du duo¬
dénum. — M. Mocquot relate ces observations dues,
l’une à M. Matry (de Fontainebleau), l’autre à
M. Quillemin (de Nancy). Elles sont surtout inté¬
ressantes au point de vue de la technique opératoire.
Dans le 1°'' cas, l’épingle était dans la 4<’ portion du
duodénum ; elle fut refoulée jusque dans l’estomac
et enlevée par une étroite gastrostomie; guérison.
Dans le 2‘' cas, un clamp courbe fut introduit par une
également être évitée, si l’on attache à la brady- '
cardie l’importance diagnostique et pronostique
qui lui revient.
Donc, en conclusion, il nous pauait tout a
FAIT EXCEPTIONNEL QU’UNE DENOUE, QUELQUE
VIOLENTES QUE SOIENT SES COMPLICATIONS, PnO-
VOQUE, PAEl ELLE-.MÉ.ME, LA MOItT.
Voyons maintenant si ces considérations plutôt
théoriques concordent avec l expérience pratique
que nous a conféréc la dernière épidémie.
Personnellement, aucun des cas de dengue que
nous avons vus comme médecin consultant (et il
s’agissait pourtant toujours de cas à manifesta¬
tions exceptionnellement graves et inquiétantes),
n’est mort; autant que nous avons pu l’apprendre,
tous ont guéri sans sequelles. Celle même consta¬
tation a été faite par presque tous les confrères
que nous avons interpellés à ce sujet; et certains
d’entre eux avaient soigné des centaines de cas.
De plus, les données suivantes que nous devons
au distingué médecin-chef de l’hôpital des mala¬
dies infectieuses d’Abbassia, le D'' Sarai Saboun-
gui, offrent un intérêt tout particulier. D’après
ses renseignements, environ 5.000 cas de dengue
ont été hospitalisés dans ses services; de ces
5.000 malades, seule une vieille femme de 73 ans
est morte quelques jours après la défervescence.
On nous objectera que ces 5.000 malades étaient
des gens du peuple, de ces fellah dont on connaît
la résistance de fer; mais d’autre part, ils devaient
se sentir bien malades pour se faire hospitaliser ;
car le fellah ne consent à aller à l’hôpital que
lorsqu’il est réellement à bout.
Donc, autant que notre enquête au Caire nous a
permis d'en juger, le nombre de cas mortels de la
dernière épidémie de dengue a dû être extrême¬
ment faible. De sorte qu'il est permis de conclure,
d'accord avec tous les auteurs précédents, que la
dengue, en elle-même, n’est mortelle que tout à fait
c.vceptionnellemcnt, environ une fois sur cinq à
dix mille.
Que, par contre, un organisme affaibli par une
maladie chronique grave, cardiaque, rénale, pul¬
monaire, résiste mal à une dengue tant soit peil
compliquée et que celle-ci puisse lui donner en
quel(|ue sorte le « coup de grâce », nous n’en
doutons naturellement pas.
C’est ce qui a dû se produire à Athènes cet été,
ainsi qu'il en résulte d’une correspondance que
nous avons eue à ce sujet avec mon éminent col¬
lègue M. Sacorrafos, professeur de Clinique
médicale à la Faculté d’Athènes, dont on a pu
lire une excellente élude de la dengue dans le
n" 80 de La Presse Médicale. Nous lui avions écrit
pour lui demander combien de cas de mort impu¬
table à la seule dengue il avait observés, et il nous
répond ce qui suit :
« Quoique les constatations de mes collègues à
propos de cas mortels causés par la dengue
soient un peu exagérées, je peux affirmer que la
petite ouverture gastrique et, guidé sur le doigt,
alla saisir l’épingle de sûreté placée dans le duo¬
dénum, pointe en bas, prés de l’angle duodéno-
jéjunal.
Deux cas de cholécystite chronique non lithia¬
sique sans lésion apparente de la vésicule ; cholé¬
cystectomie; guérison. — M. Mocquot fait un rap¬
port sur ces 2 observations de MM. Ibos et Le¬
grand des Monts (de Saint-Quentin). Elles concer¬
nent toutes deux des jeunes filles présentant des
vomissements bilieux et des douleurs droites et chez
lesquelles on a trouvé des vésicules distendues, prêtes
à éclater. Mais la guérison est encore récente, et les
observations manquent d’examen macroscopique et
bactériologique.
— M. Okinczyc demande si le pancréas a été exa¬
miné au cours des interventions, car la simple lapa¬
rotomie fait quelquefois cesser une pancréatite.
— M. Métivet a été amené à faire une cholécys¬
tectomie pour vésicule d’apparence normale, mais
mortalité à Athènes pendant les mois de Juillcf,
Août et Septembre a dépassé la moyenne. A
Athènes on compte habituellement 30 à 35 cas de
mort par jour, tandis que pendant la pandémie et
surtout le mois d’Août, les cas mortels ont dépassé
00 par jour.
« Maintenant, cette augmentation de mortalité
était-elle due à la dengue!’ Je pense que non. Il
s’agissait de personnes qui souffraient de maladies
chroniques ; brightiques surtout, vieillards car¬
diaques, diabétiques, etc. Les tuberculeux suliis-
saient une exaspération du foyer local (signes
physiques plus étendus), l’état général empirait
(fièvre), tandis' que les hémoptysies et la diarrhée
étaient fréquentes. Une fois la dengue passée le
phtisique représentait le même tableau clinique
qu'auparavant (forme chronique, habituelle). Les
cas mortels causés par la dengue elle-même ont
été bien rares ; mais il y en a cependant eu. Les
symptômes qui ont alors provoqué la mort sont :
« 1“ La syncope, sans aucune maladie de cii’ur
cliniquement prouvée. Le symjilôme survenait
plus rarement au cours de la maladie. Je l’ai
aperçu plutôt après la chute de la lièvre, au stade
dit de la convalescence. Les malades ne connais¬
sant pas le danger, se hâtaient de reprendre leurs
occupations et quelques-uns moururent subite¬
ment.
« 2“ \À hyperpyrexie (42,5°), symptôme très
rare.
«'3° ’L'azoténde (2 cas chez des personnes
obèses).
« La dengue par conséquent peut tuer un indi¬
vidu sain. Certes, le nombre des malades était
très grand; la mortalité est proportionnellement
minime et peut-être ces cas mortels auraient-ils
pu être évités, si l’on avait pris en considération
ce que j’ai déjà publié ; qu’après la chute de la
fièvre la maladie n’est jias encore finie. C’est le
troisième stade de la dengue, vu que dans plu¬
sieurs cas il persiste un étal fiévreux, une fai¬
blesse extrême, état anxieux et anorexie com-
« Dans tous les cas, mes observations, nu point
de vue' de la mortalité, se rapprochent des
vôtres ».
On voit donc que le professeur Sacorrafos
arrive aux mêmes conclusions (pic nous. Remar¬
quez toutefois que pendant très longlcnqis Athènes
a été épargnée par la dengue, tandis (jiie l'Egypte
a déjà eu l’année dernière une jielile ([lidcmie et
qu’on y constate tous les ans un certain nombre
de cas, tout comme on Palestine et eu Syrie. Les
Egyptiens sont donc ])eul-êlre un peu mieux
im'munisés que les Athéniens.
Donc, en résumé, la dengue, par cllc-mômc,
quelle que soit la violence de scs symptômes, n'est
mortelle que très rarement {1 : ô — JO.UUO).
Superposée à une malad e chronique grave, elle
peut par contre accélérer l'évolution fatale de
celle-ci.
parce que par tubage duodénal une injection d'huile
chaude avait provoqué un llux de bile noire, et les
douleurs de sa malade ont disparu.
— M. Mocquot répond que, dans les cas rapportés
par lui, le pancréas a été examiné et trouvé sain.
Les tarsoplastles d’Albee dans le traitement des
pieds bots varus équins. — M. Sorrol fait un rap¬
port sur ce travail du professeur Hochet (de Ilor-
deaux). Dans le» pieds bols accentués, M. Uocliet
donne la préférence à l'opération de Gros. Mais
d’autre part, chez les jeunes enfants, il estime (|u'il
faut être économe du tissu osseux et, à ce litre, l'opé¬
ration d’Albee, ou tarsoplaslie avec Iransplant cunéi¬
forme, lui paraît ti’ès recommandable.
Fracture transcervicale du col du fémur traitée
par enchevlllement précoce avec un greffon péronier
et Immobilisation dans le plâtre en flexion à 00". —
M.Dujarier fait un rapport sur cette observation de
M. Raymond Bernard (de Paris). L’intervention
208
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février 1929
N” 13
fut Faite «ur le plan de Girode, bous le contrôle des
rayons, avec radiojjraphie de contrôle de face et de
profil. Le plâtre fut établi selon les principes de
Judet et laissé 3 mois. Le résultat, chez cet homme
de 66 ans, fut excellent. On ne lui avait permis la
marche libre qu’au bout de 6 mois.
Reconstitution du sphincter de Turètre chez la
femme à l’alde du muscle droit interne. — M.
Grégoire fait un rapport sur celle observation de
M. Jean Madier (de Paris). Ce chirurgien a employé
celle mélhode, préconisée en Ainéri(|ue, chez une
feinme déjà opérée 12 fois pour son incontinence
urélrale. Au bout de 1 an 1/2, la malade se déclare
plcii.eiueiit satisfaite.
Quelques réflexions tirées de 252 cas d’amibiase
hépatique. — M. Grégoire présente ce rajjport de
M. Lacaze (de Rabat). Pour ce dernier, iiidépen-
dammciilde la lièvre, deux signes suflisent pleinement :
la douleur liépatique bien limitée et une leucocytose
abondante. La ponction n’est nécessaire que pour la
localisation-dés abcès en vue de rinlecvcntion. L’exa¬
men radiologique n’aurait guère d’intérêt. De plus,
M. Lacaze insiste sur la fréquence de la multiplicité
des abcès : une fois sur cinq il en a trouvé plusieurs.
Aussi fait-il une incision large et toujours orientée
dans le sens de lu thoraco-phréno-laparotomie, afin de
pouvoir la prolonger aiséiueul selon les besoins. Les
résnlluls ont été fort bons : il n’y a eu que 8 morts
sur ces 252 cas. Lnlin, l’auteur insiste sur la néces¬
sité absolue d’inotituer eusuile un traitement médical
à l’émétine.
Sur le traitement des pleurésies purulentes. —
M. Sauvé en a opéré 28 depuis 1926. Et il insiste
sur l’importance des soins pré- et post-opératoires.
Comme M. Grégoire, il emploie l’anesthésie loc le,
fait une incision bien déclive et un drainage en thorax
fermé. Ma s, pour réaliser ce dernier, M. Sauvé pré¬
fère le drainage type Delbet-Glrode. Il- a obtenu la
guérison en 40 jours en moyenne dans 24 cas et n’a
eu qu’une llslule persistante.
Il ne faut pas opéier trop précocement, quand les
lésions pulmonaires sont en activité, surtout chez
l'enfant. Mais, chez l'adulte, il n’y a pas intérêt à trop
attendre. Il faut faire un examen bactériologique
piéalable.
l'our inciser au point déclive, le mieux est de re
guider sur des ponctions étagées faites an début de
l’inlerveutiou. Dans le drainage à la Delbel-Girode
on a dit que les sutures autour du drain lâchaient :
c’est exact parfois, mais pour lu peau seulement et
l’our éviter lu fistule, il faut suivre le malade à la
radlosci'],ie. et lui faire pruli(|uer une bonne gyni-
gieneuse, M. Sauvé emploie lurgemeut la sérothé¬
rapie aiiligangrenense.
l’uc ailleurs l’auteur s’élève, non seulement contre
les lavages de la plèvre, mais contre toute injection
intrapleurale.
— M. A. Schwartz. La pleurotomie ne tait rien
contre le collapsus pulmonaire. M. Schwartz ne s’oc¬
cupe pas du vide pleural, ne fait pas d'aspiration,
mais fuit faire uniquement au malade de la gymnas¬
tique icspiialoire méthodique et conlinne. Un ma¬
lade guéri de sa pleurésie purulente ne doit pas
piésenier de déformation lhoracii|ne. M. Schuaitz
fait simplement une thoracotomie avec résection cos¬
tale, place un gros drain enlrant à peine dans la
plèvie, et suture la peau tout autour de lui. Puis, le
plus tôt possible, il fait lever le malade, le fait
marcher, et le soumet à lu gymnastique pariétale et
pulmonaire.
La thérapeutique des ulcères gastro-duodénaux.
— M. i.eriche, sur 5 ulcères perforés bouchés de lu
partie haute de la petite courbure traités par la résec¬
tion, en a perdu 2; il a donc cherché à procéder diffé¬
remment pour ces ulcères. 11 les a simplement décollés
du pancréas, a reconstitué, sans résection, la paroi
ga8irii|ue plan par plan, et complété son intervention
par nue gastco-eniéroslomie. 11 en conclut que les
bords, même œdémateux, de l’ulcère sont aptes à
lu réparation, et que l’ulcère n’est pas une affection
trophique. D’autre part, il s’élève contre la notion de
la formaliou exclusive de*l’u< ide chlorhydrique dans
l’antre. Enfin, hyperchlorhydrie et ulcère sont peut-
être les deux manifestations d’une même cause, sans
que l’une entraîne l’autre. D’autre part, les ulcères
Ml dêïtJoppenI dans le territoire des tclandes con¬
tournées à mucus, et non dans celui des glandes
digestives,
Présentation de malade. — M. Lenormant. Frac¬
ture du calcanéum datant de 65 jours et traitée, par
désenclavement à ciel ouvert et greffes ostéo-pc-rios-
tiques.
Présentation de pièce. — M. Leriche. Colonne
vertébrale de poltique paraplégique greffé.
S. Obeklin.
SOCIÉTÉ MÉDICHE DES HOPITAUX
8 Février 1929.
A propos du dosage des sels biliaires dans le
liquide duodénal. — MM. E. Chabrol, H. Bénard
et M. Bariéty réhabilitent la méthode slalagmomé-
trique comme procédé de dosage des sels biliaires
dans le liquide duodénal. surtout si l’on prend soin
de diluer le liquide duodénal pour annihiler l’in¬
fluence perturbatrice des autres dénivellants parasites
(peptoues, chlorure de sodium, etc.).
Un nouveau cas de maladie de Lobstein : les yeux
ardoisés. — MM. Haguenau et Gilbert-Dreyfus
présentent en leur nom- et en celui de M. Sicard, un
nouveau cas de cette curieuse maladie.
La malade, dont la grand’mère présentait la même
conformation crânienne, a 4 enfants qui sont, eux
aussi, atteints de malformations crâniennes et ont les
yeux « ardoisés ». La fragilité osseuse né s’est pas
manifestée par des fractures multiples, mais les
modifications crâniennes sont caractéristiques. 11
n’existe aucune étiologie endocrinienne décelable et
tout antécédent syphilitique fait défaut.
Amibiase pulmonaire traitée par le pneumothorax
et Pémétlne. — MM. A. Pellê et Le Baron (de
Rennes) relatent l’observation d’un volumineux abcès
amibien pulmonaire survenu chez un homme de
25 ans, cultivateur, 4 ans 1/2 après une dysenterie
amibienne fruste. L’expectoration considérable, de
couleur chocolat, contenait des amibes.
Après 3 mois d’uiie évolution analogue à celle
d’une alfeclion tuberculeuse, sont apparues des
hémoptysies abondantes qui ont nécessité un pneu¬
mothorax d’urgence lequel, combiné à une cure de
chlorhydrate d’émétiiie, a arrêté avec une rapidité
sui-prei'ante l’évolution de colle amibiase pulmonaire
qiii avait pris une allure parti'-ulièrement grave.
— M. Chauffard fait remarquer qu’un abcès ami¬
bien du foie ouvert dans les bronches peut donner
lieu à des hémoptysies analogues. Il faut être sùr
en pareil cas que la collection est bien sus-diaphrag¬
matique pour conclure à un abcès du poumon.
Pneumothorax thérapeutique mué en- 'caverne
pulmonaire géante : considérations sur les fistules
pleuro-pulmonalres borgnes. — M. R. Burnand
(du Caire) rapporte l'histoire d’un jeune homme
atteint de tuberculose cavitaire chez lequel on lit un
pneumothorax gauche en Janvier 1923, lequel devint,
en Mai de la même année, le siège d’un exsudai séro¬
fibrineux. Celui-ci passa à la purulence d’une fa'on
insidieuse quelques semaines plus lard. Au cours
des ponctions et des remplissages ultérieurs très
espacés, aucune anomalie manoméirique, aucun acci¬
dent douloureux ou dyspnéique; aucune vomique ne
permit à aucun moment de soupçonner une compli¬
cation du côté du pneumothorax. Mais une bilatéra¬
lisation suraiguë emporta le nialade en quelques
semaines, 2 ans après rétablissement du pneumo¬
thorax. A l'autopsie, on eut la surprise de constater,
outre les lésions caséeuses du poumon droit, une
énorme fistule broncho-pleurale du côté du pneumo¬
thorax, plus qu’une fistule, un ulcère géant chronique
du moignon pulmonaire dont les lésions communi¬
quaient largement avec la cavité du pneumothorax.
Cette lésion était restée complètement latente durant
la vie. Du point de vue manpmétrique, le pneumo¬
thorax s’était constamment comporté comme un
pneumothorax fermé. Ou doit doue admettre, malgré
la singularité de l’hypothèse, que la fistule pleuror
pulmonaire était borgne. Le moignon pulmonaire
était réduit à des dimensions minimes, ce qui expli¬
qué peut-être, par suite d’une coudure de la brouebe
de drainage, l’élanchéité^du goulot bronchique.
Néphrose lipoïdique.^ — M. Pr. Merklen,
Le Breton et M. R. Cahn (de Strasbourg) rappor¬
tent l’histoire d’une fillette de 15 ans dont l’état
répond à la néphrose lipoïdique telle que l’ont dé¬
crite des auteurs allemands et américains.
L’altuminurie atteignait jusqu’à 19 gr. 60 (par
pesée). Le cholestéi-ol fut de 8 gr. 40 nu début. Mais,
si l’on dosait à part l'insaponifiable X, on remarquait
qu’il était encore beaucoup jilus augmenté que le
cholestérol (6 gr. 56 à 8 gr. 98 au lieu de 0 gr. 20 i
à 0 gr. 50 par litre). Augmentation des acides gras,
de 6 à 8 fois plus forts qu’à l'état normal. Baisse du
coefficient lipocyti(|ue. Diminution des albumines
plasmatiques avec cliute de la sérine jusqu’à 8 gr. 62 ;
inversion du rapport descendant à 0 gr. 23. Piession
osmotique très basse : 13 cent. 75. Faibles chiffres
des clilorures du plasma (0 gr. 50 à 1 gr.); liypo--
chlorurie (0 gr. 50 par litre). Modification de l’équi¬
libre minéral donnant 3 gr. 06 de sodium et 3 gr. 07
de chlore. Augmentation du phosphore lipo'idiqne et
de la lécithine au triple environ de l’état normal.
Chute du calcium du sang, à 0 gr. 068. Métabolisme
basal normal. Forte lactescence du sérum.
Le Irailenienl d’Epstein resta sans action sur les
troubles ci-dessus, mais le corps thyroïde contribua
à faire disparaître les œdèmes - et l’ingestion de
viande remonta nettement l’état général.
Les auteurs font remarquer que tout n’est pas
neuf dans la conception de la néphrose lipo'iditiue.
Cliniquement on la retrouve dans certaines descrip¬
tions de la vieille néphrite dite epithéliale ou cblo-
rurémique. Biologiquement l’école de Widal avait
déjà fuit dès recherches importantes sur la lactes¬
cence du sérum des brighliques, sur sa teneur en
acidès gras, cholestérol et lécithine ; Widal avait
montré l’impossibilité de déceler un syndrome cli¬
nique spécial par l’élude de la lipémie et de l’byper-
chbleslérinémie. Chauffard avait insisté sur la fré¬
quence de ce dernier symptôme au cours des né- -
phriles les plus variées, ce qui défend de lui accorder
une valeur spécifique au cours de la néphrose lipoï¬
dique.
D’autre part, la cloison n’est pas étanche entre
celle néphrose et les phénomènes de néphrite. Au
cours de lu première, on a pu noter des symptômes
cliniques de la séi-ie néphritique, des cylindres gra¬
nuleux, une majoration de la constante, de 1 hyper¬
tension, une diminution de 1 élimination de la phla-
léine. Dans le cas des auteurs, il y a eu une poussée
caractérisée de néphrite aiguë curable. Enfin, 1 hypo¬
albuminémie et l’iiivers-on des albumines se retrou¬
vent dans les glomérulonéphrites avec œdème. Le
malade de Bezançon est mort avec de l’azotémie.
Aussi est-il difficile de fixer la place nosologique
qui revient à la néphrose lipoïdique. La seule ron-
stutaiion d’une albuminurie chronique arec œdèmes
ne sauiait cliniquement suffire au diagnostic, qui est
surtout d ordre biologique. Mais, ni la diminution
des albumines du plasma, ni la rholestérplémie, ni
la li|)émie, ni la lactescence, prises à l’état isolé,
n’ont une valeur sémiologique suffisante pour affir¬
mer la maladie. Il semble que 1 association de ces
lifférents facteurs soit indispensable sons risque de
commettre des erreurs. L’étal anatomique du rein,
avec son infiltration des cellules tubulaires ])ar des
corps gras, revêt sans doute une signification toute
particulière qu’il y aurait lieu d’appro'ondir.
Aussi bien, si l’on reconnaît l’existence clinique et
biologique d'une néphrose lipoïd que, ignore-t-on
nosologiquement ce que l’on diagnostique. Ceci dit
sans rien enlever à l’intérêt de la synthèse que con- ,
stitue cet état morbide.
Phénomènes d’hypochloruration chez un urémi¬
que traité par le régime sans sel ; nécessité du
contrôle de l’état de la chloruration au cours du
traitement des néphritiques azotémiques. — MM.
Léon Blum, Van Caulaert et P. Grabar (de Stras¬
bourg) relatent l’iiistoire d’un malade atteint d’uré¬
mie avec chloropexie tissulaire. Sous l’influence d’un
traitement stricleineut dérhloruré et consistant essen¬
tiellement en 1 apport d’eau et de sucre, l’état du
malade s’améliora. L’urée est tombée de 6 gr. à
2 gr. 40 et reste à re niveau. L’examen du chlore des
globules et du liquide cophalo-rai b'dien révèle l’exis¬
tence d’une chloropénie. Après l’administration de
sel, l’urée a baissé rapidement à 0 gr. 50.
Les auteurs ailribueut celle perle exagérée en Cl,
qui s’est faite chez ce malade jiar la voie rénale, à
une ' amélioration de l’étal du rein et à une acidose
très marquée (réserve al|;àline abaissée à 22 pourlOO).
Celle acidose avait pour origine une alcalipénie
(sodium plasmatique abaissé à 3 gr.) et une forma-
N’ 13 LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février
tion exceeoive d’acide lactique. Cette lacto.-acidose
s'est produite à la suite des convulsion» fréquentes
et parfois intenses que présentait ce brightique qui
était un ancien épileptique.
Celte observation démontre à nouveau la 'nécessité
d’un contrôle de la chloruration chez les brightique»
azotémiques.
Granulomatose maligne à forme pleurale et
tuberculose gangllo-splénlque. — MM. Léon Ber¬
nard, P. Coste et M. Lamy relatent l’observation
d'un homme entré dans leur service pour une pleu¬
résie sérollbrineuse d'apparence primitive.
L’existence d’une (livre de type ondulant, la cons¬
tatation d'une grosse rate, les bons effets de la
radiothérapie et ultérieurement l’examen d’un gan¬
glion préli-vé par biopsie permirent d'affirmer le
diagnostic de granulomatose maligne à forme pleu¬
rale.
Les pleurésies granulomateuses d’apparence pri¬
mitive offrent certaines particularités qui permettent
de soupçonner leur étiologie réelle : le caractère
intarissable de l’épanchèment, l’aspect polymorphe
du liquide qui peut être successivement citrin,
trouble et hémorragique, la cytologie « panachée »,
’ avec présence de lymphocytes, de globules rouges
et de cellules endothéliales sont assez caractéristiques.
Les autres symptômes de la granulomatose maligne
manquent souvent.
L’inoculation de fragments de rate et de ganglions
prélevés à l’autopsie du malade a déterminé chez les
animaux une tuberculose typique. En fait, l’existence
de bacilles de Koch dans les ganglions et dans la
rate de sujets atteints de maladie de Hogdkin a été
vérifiée bien souvent. Les auteurs, sans prendre défi¬
nitivement parti dans le débat, rappellent que, pour
expliquer ces buts, les uns attribuent à la granulo¬
matose une origine tuberculeuse, que d’autres incri¬
minent le microbisme latent des ganglions, que cer¬
tains enfin admettent une tuberculisation secondaire
des lésions.
M. Lortat-Jacob estime que la lymphorragie
qu’il a fréquemment observée à la suite de l’ablation
des ganglions prélevés pour la biopsie peut être
mise en parallèle avec le caractère intarissable de la
pleurésie signalé par les auteurs.
D’autre part, on peut se demander s’il convient
d’assimiler l'adénie éosinophilique prurigène dans
tous les cas à la maladie de Hodgkin. Il ne semble
pas que celle-ci doive tirer son caractère de la pré¬
sence des cellules de Sternberg. D’autres cas clini¬
quement semblables et où cependant la fièvre manque
parfois montrent d.tns les ganglions une simple éosi¬
nophilie. mais sans cellules de Sternberg. Il y a donc
' des réserves à faire pour identifier tous ces cas.
— M. Bezançon insiste sur le caractère ondulant
de la température et sur l.i présence de nombreuses
cellules enditlliéliales longtemps après le début de la
pleurésie; ces particularités doivent faire penser ù la
granulomatose pleurale.
Les cag.où la tuberculose a été révélée par l’ino¬
culation au cobaye doivent être séparés de ceux oùuil
existe des lésions tuberculeuses macroscopiques.
Sur les effets de l’opothérapie hépatique dans
une anémie grave post-hémorragique chez une azo-
témique. — MM. Marcel Labbé, R. Boulin, L.
Justin et Gouyen rapportent l’observation d’une
malade atteinte de néphrite cbronitiue azolémiiine. A
la suite de métrorragies déterminées par un fibrome
s’élait installé un état d’anémie grave.
La , réparation des globules rouges ne s’était pas
effectuée après l’ablation chirurgicale du fibrome.
Trois mois après l’opération, le taux des globules
rouges était tombé ù 1.000.000, l’azotémie étant à ce
moment de 0 gr. 90.
Sous l’influence de l’administration quotidienne
d’extrait de foie, la réparation globulaire s’est effec¬
tuée rapidement, le chiffre des globules rouges tri¬
plant en l’espace de 11 semaines, bien que l’azotémie
soit passée de 0 gr. 90 à 1 gr. 27.
Il semble donc que, chez cette malade, la réparation
globulaire ait été entravée nettement par l’azotémie,
mais que celle-ci n’ait pu empêcher le nombre des
globules rouges de se relever sous l’influenco de
l'opothérapie hépatique.
Une forme d’angine avec exanthème particulier.
— MM. Mironesco et Angenomou (de Bucarest),
P.-L. Mxkir. .
SOCIÉTÉS DE PROnXCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
31 Janvier 1929.
Angiome de la face trait! par la méthode de Mo-
restln. — M. Nové-Josserand présente une petite
malade de 5 ans 1/2, atteinte d’un volumineux
angiome veineux intéressant les lèvres, la joue et le
nez qui grossissait rapidement. Il la traita par une
séried'injections du mélange alcool-glyçérine-formol,
après ligature de la carotide externe et du tronc vei¬
neux thyro-linguo-facial. Il a ainsi, après une grosse
réaction locale, obtenu une grande amélioration et
une diminution considérable du volume de l’angiome.
— M. Tavernier a traité un angiome de la même
région par des injections de salicylate de soude; il a
obtenu un bon résultat, un peu incomplet en raison
du manque de persévérance de' la malade devant ce
traitement long et douloureux.
Fracture du scaphoïde tarsien. — ■ M. Patel es¬
time que, dans les fractures fermées du scaphoïde
tarsien, lorsqu’on est obligé d’enlever l’os, il faut en
même temps enlever une partie du cuboïde. Il a dù
intervenir secondairement pour faire l’ablation de la
moitié du cuboïde chez un sujet auquel on avait
enlevé le scaphoïde fracturé ; le pied s’élait enroulé
sur son bord interne, en sorte que le sujet marchait
sur le bord externe. Il a ainsi obtenu un bon résultat.
A propos des péritonites typhiques. — M. Ta¬
vernier a opéré, au cours de la dernière épidémie,
deux péritonites typhiques. L’une était due ù la per¬
foration d’une plaque de sphacèle de la vésicule
biliaire; l’autre était une de ces péritonites sans
cause anatomique évidente, dont on discute l’origine
sanguine ou par migration de germes à travers un
intestin non perforé. Ces deux malades succombèrent,
la première rapidement, le second, vu très tardive¬
ment, après 36 heures.
Il insiste ù ce propos sur la difficulté du diagnostic :
trois fois il a été appelé auprès de malades pour des
perforations qui n’existaient pas et qui ont guéri
.très simplement sans intervention. Le diagnostic
doit reposer sur l’ensemble des signes et surtout sur
l’évolution des accidents. L’apparition brusque d’une
douleur abdominale violente et persistante, chez un
typhique qui jusqu’alors n’a pas souffert, est un
signe de très haute valeur; la dou'eur est le signe
de l'extrême début de la péritonite; les coliques
intestinales des typhiques ii’ont pas celle intensité et
cette persistance. Quant au pronostic, il dépend sur¬
tout de la gravité de la septicémie éberlbienne; ce
sont souvent les malades déjà en état précaire qui
font des péritonites, d’où la gravité du pronostic.
Perforation intestinale au cours de la fièvre
typho'ide. — M. Pb. Hochet insiste sur riniensiléet
l’étendue des lésions intestinales qui aboutissent à la
perforation ; elles sont même, dans certains cas, au-
dessus des ressources de la chirurgie. Il a opéré, au
3'' septénaire d’une fièvre typhoïde grave, un homme
de 45 ans, porteur d’une perforation intestinale; la
dernière anse iléale avait, sur 30 cm., la friabilité du
carton mouillé; il dut faire une résection intestinale
rapide : le malade mourut.
Devant la variabilité des lésions causes de la per¬
foration, la conduite à tenir ne peut être univoque.
L’auteur préconise comme voie d’accès la laparo¬
tomie para-rectale droite, car, pour parer à toute
éventualité, il faut avoir une voie d’accès large. Puis
l’état analomitiue de l’anse malade dictera la con¬
duite à tenir; lorsque la friabilité des tuniques
intestinales ne permet aucune manoeuvre, on pourra
être amené à l’extérioriser : ce n’est qu’uii pis aller,
mais moins grave que la résection.
Complications biliaires de la fièvre typhoïde. —
M. Santy a observé, dans un même foyer familial,
deux complications biliaires différentes de la fièvre
typhoïde. Un enfant de 7 ans fut atteint d’une perfo¬
ration vésiculaire; opéré à la 7“ heure, on fit un
drainage et uti cloisonnement avec des mèches autour
de sa vésicule; il semblait devoir guérir lorsqu’il
succomba rapidement au 10» jour du collapsus. La
mère de cet enfant, âgée de 30 ans et enceinte
de 7 mois, lithiasique ancienne, présenta au début
de sa convalescence une cholécystite aigue post- '
1929 209
typhique avec participation de tout l’appareil biliaii;
à l’infection ; la vésicule fut drainée largement et 1
malade guérit de façon très simple. |
En ce qui concerne la perforation biliaire, l’auteu;
pense ^u’il s’agit d’une complication relativemer
moins grave que son .équivalent sur le grêle ou I
côlon, et que l’on peut espérer sauver chirurgicah
ment de tels malades, à la condilioji que l’état g^
néral permette un effort un peu prolongé à l’orgi;
nisme. i
H. Roland.
SOCIÉTÉ NATIDNALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYDN
25 Janvier 1929. I
Résultatd’une « pince de homard ». — Présentation
par M. Ricard d’un blessé atteint d’un grave traj|
matisme de la main et qui a un très bon résulté
fonctionnel. Les principes qui ont guidé l’auteur dai!
le traitement sont les suivants : conservation poussé
à l’extiême dans le traitement immédiat, mobilisalio
très précoce dans les suites immédiates et collabori
lion de la bonne volonté du sujet dans cette mobil
sation active et passive.
Epilepsie jacksonienne ; lésion de la deuxlèra
frontale. — MM. Pallasse et R. Cade présente!
l’observation d’un malade de 55 ans, atteint d
crises d’épilepsie jacksonienne subintrantes, qi
débutaient par la face, et décédé rapidement au coui
d’un véritable étal de mal, avant qu’un diagnost;
étiologique précis ail pu être posé. A l'autopsie, i;
trouvèrent une petite lésion hémorragique du cei
veau, très limitée et localisée à la partie postérieur;
de la deuxième circonvolution frontale, au-dessou
de la corticale et affleurant celle-ci. Les auteurs foi'
remarquer qu'à l’origine dos crises épileptique
existait, non pas une tumeur cérébrale, mais un foyg
hémorragique dont ils soulignent le siège et la diff;
cultê diagnostique, en insistant d’autre part sur 1
contraste qu’il y avait' entre les phénomènes convu
sifs présentés par le malade et le faible volume de 1
lésion anatomique causale.
Un cas de sodoku. — MM. Nové-Josserand t
Amoureux l'apporlent l’observation d’une fillette d
9 ans, hospitalisée pour une lymphangite Ironculair
du brus. Les accidents avaient débuté 10 jours aprè
une morsure de rat à un doigt du même côté : il
s’accompagnaient de giosscs adénopaibies sus-épi
trocbléenne et axillaire et de poussées intermittente'
de teinpératui’e.
On lit d’abord le diagnostic de lymphangite banal’
mais l’évolution ne se faisant, en dépit des traite
ineiils usuels (cataplasmes, vaccinotbérapie), ni ver.
lu résolution, ni vers lu suppuration, on en vint
soupçonner, après plusieurs semaines d’observation'
une infection spirillaire. Un traitement à l’acélylari
San amena une résolution rapide et complète de."
phénomènes locaux et généraux. Bien que l’agen;
pathogène n’ait pu être objectivé, les caractères dr
l’évolnlion, les circonstances étiologiques et l’efficai
cité remarquable du traitement indiiiuent qu’il s’es!
très vraisemblablement agi de sodoku. 1
Un cas d’hydronéphrose calcuieuse bilatérale i;
symptomatologie de néphrite azotémique. — MM'
Cade, Levrat et Bouysset pi'esenient l’observatioi;
et les pièées anatomiques d’un malade qui clinique!
ment se présentait comme une néphrite azolémiqutj
et (pii analomiqnomcnt s’est révéle comme une bydro-j
néphrose calcuieuse bilatérale, avec deux calculs
solitarires et symétriques enclavés à la partie
moyenne des uretères lombaires. |
30 Janvier 1929. ’
Exostose ostéogénique du cubitus. . — MM. La-
royenne et Meyssonnier présenteut un cas d’exostose,
ostéogénique du cubitus droit, chez un jeune homme
de 15 ans. L’os est raccourci, conformément à la loi,
de Bi'ssel-llagen, ce qui a entraîné 1 incurvation dn!
radius. L’exoslO"-e n’a pas déterminé de trouble foncn
tiunnel manifeste. Traitement par résection partielle
du cubitus, sur 4 cm., rextrémilé inférieure de l’os
étant conservée. 20 jours après l’opération, le résultat
fonctionnel est satisfaisant et la pro-supinalion active
à peine réduite.
Rétrécissement mitral pur chez l’homme. — MM.
Pallasse et R. Cade présentent l’observation d’un
21Ô
LÀ PRESSE MËblEALË, Niercreài, iS Février 1929
K» 13!^
lUne homme de 27 ans, porteur d’un rétrécissement
itral, dont la nature endocardique fut considérée
imme probable, malgré l’absence d'antécédents
'lumatismaux nets, et qui entraîna en 5 n^is une
«ystolie irréductible, aggravée par des embolies
ülmonaires. A l’autopsie, il existait effectivement un
•trécissement mitral, mais on avait affaire à ce
u’il est convenu d’appeler, jusqu’à nouvel ordre, un
■trécissement mitral pur.
Sans prendre de position définitive dans le pro-
lème de la palliogénie exacte do cette cardiopathie,
ai revêt un aspect anatomique spécial et ne s’ac-
>mpagne d’aucune autre lésion valvulaire, les au-
mrs soulignent qu’il s’agissait d’un cas observé
lez un homme, et que, d’autre part, la lésion a pro-
)quéla mort à un âge relativement jeune, au milieu
a tableau d’une asystolie grave et rapide.
Anévrisme artérloso-veineux fémoral ; mort par
ndocardite Infectieuse, — M. Gravier a observé
lez un sujet de 27 ans un anévrisme artérioso-veineux
imoral qui fut longtemps bien supporté, puis des
tcidenls asysloliques graves apparurent. Le malade
vait en même temps porteur d’une insuffisance aor-
ique d’origine endocarditique ; il mourut d’endo-
lirdite infectieuse.
j L’auteur insiste sur le fait que, dans le cas pré-
mté, les deux lésions, cardiaque et vasculaire, se
;)njuguaient et ajoutaient leurs effets sur le cœur
pur aboutir à l’asystolie ; il eût été intéressant, si
‘la avait été possible, de suivre les résultats opéra-
dres du traitement chirurgical de l’anévrisme.
; Aortite ulcéro-végétante greffée sur une aortite
/phllltlque. — MM. Jeannier et Virely (de Dijon)
it observé une aortite ulcéro-végétante qui ne
était traduite que par des embolies et des signes
ifectieux. A l’autopsie, les lésions étaient stricte-
œnt localisées à l’aorte et greffées sur une aortite
/philitique. Un tel fait est exceptionnel. L’aortite
lécilique, au contraire de l’aortite athéromateuse,
H un mauvais terrain pour les processus infectieux,
es lésions syphilitiques de l’aorte sont, en effet,
■couvertes d’un endothélium, intact le plus souvent,
. leur vascularisation est relativement pauvre. Ces
eux causes semblent s’opposer aux deux mécanismes
ossibles de l’infection de la paroi aortique par ense-
lencement direct ou par transfert embolique de
agent causal dans les vasa-t'asnrum.
Corps étrangers récidivants du genou; blocage
rticulaire. — M. Ricard présente des pièces et des
adiographics ayant trait à un malade qui fut opéré
n Juillet 1925 pour corps étrangers libres des deux
enoux. L’extirpation fut très aisée. 1 au après, le
lalade recommença à souffrir de façon intermittente
u genou droit et présenta même une fois des phéno-
lènes de blocage caractéristiques des lésions ménis-
ales. Réintervention en Août 1927 par grande arthro-
omie : il existait un corps étranger implanté par un
ourt pédicule sur le condyle interne du fémur, La
adiographie le montrait du reste très nettement.
' Cette observation vient à l’appui de l’origine ostéo-
hondritique des corps étrangers du genou qui, long-
emps discutée, est actuellement admise. On peut
pposer en effet les corps étrangers d’origine syno-
iale, comme ceux des arthrites déformantes, mais
iôgeant sur des urticulaitons paraissant saines, et
es corps étrangers d’origine osseuse, ostéochon-
>ite disséquante qu’Axhausen considère actuelle-
aent comme un processus de nécrose à lu suite d’un
ufarctus aseptique comparable à ceux de la rate ou
lu rein.
Le fait intéressant de cette observation réside.dans
origine non douteuse des corps étrangère, la réci-
live ayant nécessité une nouvelle intervention 2 ans
près, et dans le fait que le malade présenta des phé-
lomènes de blocage nets, considérés habituellement
omme réservés aux lésions des ménisques.
Péricardite aiguë rhumatismale an dehors de
oute atteinte articulaire. M. J. Barbier a
tbscrvQ une péricardite aiguë avec épanchement,
:heï un jeune homme n'nyaiit jamais eu, ni dans le
utssé, ni au cours de cette péricardite, la moindre
loulcur articulaire. Kllel très rapide du salicylate de
ioude dès qu’il fut donné aux doses suffisantes.
Les douleurs articulaires sont un symptôme si
mportant dans la maladie qu’on a peut-être trop de
tendance à refuser l’origine rhumatismale lors¬
qu'elles font complètement défaut ; le traitement
d’épreuve au salicylate a la même valeur diagnos-
Anévrlsm© de l’aorte thoracique rompu. - MM.
Pic et P. Delore. Présentation de pièces.
U. Rola.nd,
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DU BAS-RHIN
22 Décembre 1928.
Sur une nouvelle méthode du traitement des
ulcères gastriques pénétrants dans les organes
voisins. - M. Lericbe. Partant de ce fait que les
ulcères perforés U-aités par suture et gastro-entéros¬
tomie guérissent de façon durable dans la propor¬
tion des 2/8, on peut se demander s’il ne serait pas
possible de traiter de cette façon les ulcères dits
pénétrants dans les organes voisins et particulière¬
ment dans le pancréas qui ne sont que des ulcères
perforés dont la perforation est obturée par un
organe adjacent. Pour ces ulcères, on considère
généralement que la résection s’impose, caria gastro-
entérostomie les améliore peu et le traitement médi¬
cal est inopérant. Mais la résection est difficile quand
l'ulcère siège très à gauche et haut sur la petite
courbure. Dans 2 cas de ce genre, qu’il présente,
l’auteur a libéré les bords de la perforation, les a
resserrés par des pinces, puis a cousu lèvre à lèvre la
muqueuse, et enfin la séro-musculaire. Une gastro-
entérostomie pubienne a été faite. Les résultats
immédiats ont été excellents.
Anévrisme pariétal du cœur diagnostiqué « In
vivo ». — ■ M. P. Meyer relate l’observation d’un
homme, âgé de 54 ans, ayant tait un infarctus aigu du
myocarde, qui se présente après 2 ans 1/2 exempt
de tout trouble cardiaque, à part une légère dyspnée
d’effort. Bruits sourds, rythme régulier 70, tension
artérielle 140/80 Ilg, pas d’alternance ; disparition de
l’élargissement du complexe initial qui existait au
début, mais persistance de T négatif à l’électro¬
cardiogramme. A l’examen radiologique, on trouve,
sur la partie moyenne de l’arc du ventricule gauche,
une voussure du volume d’une mandarine avec trans¬
parence plus forte que le reste du myocarde et avec
mouvements expansifs systoliques. C’est, à la connais¬
sance de l’auteur, le 6“ cas d’anévrisme pariétal du
cœur diagnostiqué in vivo.
Endocardite mltro-aortlque ; crises répétées d’œ¬
dème pulmonaire. — MM. Hanns et Feighel com¬
muniquent l’observation d’un jeune homme de 30 ans
qui fut soigné pendant 5 mois à la clinique du prof.
Merklen avec le diagnostic de lésion des valvules
mitrale et aortique; pas de symptômes d’asystolie,
mais des crises répétées, deux fois par semaine,
d’œdème aigu du poumon ; en tout une quarantaine
environ. A la fin, embolies pulmonaires à deux
reprises avec fièvre; asystolie terminale. A l’autop¬
sie, endocardite mitrale et aortique récente sur
lésions anciennes, œdème du poumon, infarctus pul¬
monaires, rénaux et spléniques nombreux.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE TOULOUSE
25 Jansier 1929.
Un cas de fracture du col du radius. — M. Le¬
febvre. Ce cas présente quelques particularités
intéressantes.
11 s’agit d’une femme de 32 ans, alors que le plus
souvent, cette fracture s’observe chez des enfants.
Il existe en même temps une fracture de la tête
radiale et une fracture du col.
Le fragment capital est absolument énucléé en
avant, ce qui est rare.
Cliniquement, gêne considérable.
Après essai infructueux de réduction sous écran,
ablation opératoire du fragment. Restitution fonction¬
nelle presque ad integrum.
Deux cas de calcul du bassinet. — MM. L. et R.
Dieulafé. Il s’agit de malades âgés, l’un de 30 ans,
l’autre de 17 ans. Dans les 2 cas les calculs ont
acquis un volume voisin de celui d’une petite cerise
chez des sujets sans tares, actifs, au régime alimen¬
taire sain. Ils se sont traduits par des douleurs loca¬
lisées à la région du rein et irradiées, une fois selon le
fémoro-cutané, l’autre selon le génito-crural. Pas de
pyurie, pas d’hématurie.
Le diagnostic de la lésion et de son siège précis
n’a pu être établi que grâce à la radiographie.
Extraction par pyélotomie. Guérison.
Quelques cas de calculs de la vessie présentant
diverses particularités Intéressantes. — M. Martin
présente 3 observations de calculs d’acide urique pur
ou mélangé d’un peu de cystine et de cholestérine.
Dans 2 cas, radio négative ; dans un 3", le calcul de
190 gr. ne donnait qu'une ombre légère.
Ces faits sont fréquents, au moins dans la région
toulousaine.
Dans un des cas un nouveau calcul se forma 2 an»
après la taille.
Impossible de pratiquer la lithotrltie dans un cas à
cause de la forme polyédrique des calculs qui glis¬
sèrent entre les mors de l’instrument.
Enfin, présentation d’un calcul recouvert de très
nombreuses spiculés qui le faisaient ressembler à un
G. Baillet.
SOCIETES Etrangères
SOCIÉTÉ CLINIQUE DES HOPITAUX DE BRUXELLES
Séance extraordinaire du 2G Janvier 1929.
Question à l'ordre du jour : Les « Fallaces » et
« Arte facta » dans l’examen radiologique de l’es-
— M. J. Murdoch rapporteur. Pour que l'on
puisse discuter avec profit des erreurs attribuées à
la méthode, il est nécessaire que soient éliminées les
fautes d’incompétence, de mauvaise technique ou
d’appareillage insuffisant. Les imagos radiologiques
peuvent prendre l’aspect pathologique, soit à cause
d’une mauvaise préparation du sujet, soit parfois à
cause du repas baryté ingéré. Il y a ensuite une mor¬
phologie trompeuse résultant des anomalies des
organes avoisinants. L’nlcère de réslomac a comme
image la niche d’Haudeck, la rectitude de la petite
paroi, dos signes fonctionnels à distances. Chacune
de ces manifestations peut prêter à confusion, si
l’examen n’est pas fait minutieusement et contrôlé
par un examen direct de radioscopie. L’image lacu¬
naire qui caractérise le cancer gastrique n une même
valeurconditionnelle. Aussi, en conclusion, même avec
une technique parfaite, il y a des diagnostics incer¬
tains : le plus souvent la collaboration du médecin
traitant permettra une précision et une exactitude
beaucoup plus grandes.
— M. Paquet. C’est de la discussion des erreurs
personnelles que l’on tirera la cause des discordances
cliniques et radiologiques. Le spécialiste doit opérer
dans l’ignorance ou tout au moins sans aucune in¬
fluence de la part du praticien; l’interprétation des
ligures qu’il a découvertes doit être purement objec¬
tive, le clinicien fera la synthèse des images radiolo¬
giques et des faits logiques. Discussion d’un cas
d’estomac triloculaire par aérocolie. Deux cas d’ulcus
clinique, sans image anormale, et pour lesquels l’in¬
tervention chirurgicale montra une ulcération de la
seconde portion du duodénum et une périduodénite.
Enfin, image certaine de niche que l’intervention ne
retrouva plus.
— MM. Meyers et Meyers-Plagen. L’examen
radiologique est une partie de l’examen complet du
malade, il doit donc être pratiqué sous la direction
du médecin traitant qui insistera sur les particula¬
rités éventuelles de la lésion soupçonnée. La radio¬
scopie doit tenir une grande place dans ces investi¬
gations, elle permettra de différencier les altéra¬
tions morphologiques fonctionnelles et de pratiquer
des investigations multiples dans diverses positions.
Grâce aux directives cliniques, pratiquées avec pa¬
tience, en multipliant les examens et les clichés, le»
erreurs de diagnostic seront réduites au minimutu.
Van Dooren.
N- t8
l 3 Février- 1929
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
La médecine en Egfypte
Le succès qu’a obtenu le récent Congrès du
Caire nous est une occasion de parler de la' mé¬
decine égyptienne que l'on a pendant longtemps
considérée comme à peu près inexistante. Des dé¬
couvertes récentes, comme celle du papyrus
Smith, et les progrès de l’égyptologie nous ont
montré que les médecins égyptiens n’étaient pas
seulement des psychothérapeutes mais qu’ils pos¬
sédaient en anatomie, en chirurgie, en thérapeu¬
tique des connaissances précises qui dénotènt
une observation attentive et un réel esprit scien¬
tifique. On sait que les Egyptiens avaient des
notions mathématiques et mécaniques très déve¬
loppées. Et il eût été étonnant qu’ils n’aient pas
appliqué leur esprit d’observation et d’analyse
dans le domaine des sciences naturelles.
Toutefois la magie avait pour l'Egyptien une
telle importance qu’elle domine sa conception de
la maladie et pénètre sa thérapeutique. La méde¬
cine égyptienne demeure donc malgré tout inti¬
mement liée aux croyances religieuses et aux arts
magiques.
Pour les Egyptiens, le mal en général, sous ses
formes diverses, était toujours dû à l’action d’une
volonté surnaturelle.
Un monument trouvé àThèbes nous montre un
prince de la Mésopotamie qui envoie folennelle-
ment chercher un dieu thébain pour venir au
secours de sa fille possédée d’un esprit malin.
Les maladies particulières étaient l’œuvre de
démons qui s’emparaient de telle ou telle partie
du corps et portaient chacun un nom spécial. Le
dieu Dès, qui causait les maladies, était repré¬
senté sous la forme d’un nain achondroplasique.
D’autres maladies étaient attribuées aux ani¬
maux malfaisants, aux serpents et surtout aux
« vers » (sous ce ternie on comprenait toutes
sortes de parasites).
Selon la mythologie, c’est le dieu de la méde¬
cine, riiôt « qui avait découvert les incantations.
Il en avait transcrit le texte et noté la mélopée, il
les récitait ayec la justesse d’intonation qui les
fait souveraines. Tous les êtres, hommes ou dieux
à qui il les communiquait, devenaient comme lui
les maîtres de l’univers » (Maspero, Histoire an¬
cienne des peuples de l'Orient, p. 145-140). Ces
incantations(rudiments de psychothérapie) avaient
pour but soit d’intimider le démou, soit de faire
appel au pouvoir d’un esprit supérieur.
On s’adresse au dieu solaire Ré (ou Râ) dans
le traitement môme par les moyens externes :
S'agil-il de guérir un mal de tête? En adminis¬
trant le remède, on rappellera au dieu Ilor (Horus)
qu’il en a souffert lui-méme.
Le guérisseur attribue les qualités psychiques
de l’homme à toutes les forces surnaturelles
(Fr. Lexa, o. c. p. 59).II agit souvent directement
sur l’esprit du malade.
« Pour chasser le mal que le démon a intro¬
duit dans le corps du [laiient : Prendre un cer¬
tain poisson, lui remplir la gueule d’encens, le
cuire, le manger avant de se coucher en pronon¬
çant l’incantation suivante :
« Esprit mâle, esprit femelle. Caché, Dissi¬
mulé, qui es dans ma chair, qui es dans mes
membres. Quitte, ma chair, quitte mes membres.
Vois-tu, je t’ai apporté de la boue à manger.
Attention, Caché! Prends garde, Dissimulé ! Va-
t-en I » (Papyrus Hearst, n“ 85, éd. Wres-
zincki).
Citons un exemple d’intimidation employé
dans les maladies contagieuses de l’enfant :
« Sois dehors, toi qui es venu des ténèbres,
qui entres dans le corps, qui te glisse ayant le nez
par derrière et le visage tourné en arrière. Es-tu
venu embrasser cet enfant'é Je ne permettrai pas
que tu l’embrasses. Es-tu venu le calmer? Je ne
permettrai pas que tu le calmes. Es-tu venu lui
nuire? Je ne permettrai pas que tu lui nuises.
Es-tu venu me le prendre? Je ne permettrai pa.s
que tu me le prennes. Je lui ai préparé une pro¬
tection magique de plantes dégoûtantes, mélan¬
gées d’ail qui te nuira, et du miel doux aux gens
mais amer aux morts, de la queue de poisson
sacré, un morceau d’étoffe et une échine d’apron
(Papyrus hiératique de Berlin vers la moitié du
xv“ siècle av. J.-C., n® 2).
Quelquefois, pour rendre l’intimidation plus
énergique, le guérisseur se proclame dieu lui-
méme ou assimile l’enfant au dieu Hor et sa mère
à la déesse Eset. La substitution de la déesse Eset
à la femme en couche est employée en obstétrique.
D’ailleurs, la formule magique de substitution
est en usage dans la thérapeutique générale.
Cl O ennemi, ennemie, mort, morte, adversaire
mâle et adversaire femelle, ne descendez pas sur
la tête du malade. Cette tête est la tête de Ré lui-
même pourvoyant la terre de la lumière et les
hommes de la vie! Prenez garde que Ré ne passe
pas la nuit ayant faim! Veillez que les dieux ne
s’affligent pas quand les ténèbres surviennent et
que les eaux gagnent les deux pays » (Papyrus
magique de Leyde de o iv cité par Fr. Lexa, o. c.
p. 48-49).
Les pratiques magiques sont aussi efficaces
contre les piqûres ou morsures des animaux, à
condition d’appeler le patient par son nom dans
l’incantation. Eset voulait connaître la personna¬
lité du dieu Ré pour pouvoir lui dérober le secret
'de sa puissance. Elle modèle un serpent dans de
l’argile, lui donne la vie au moyen d’une formule
magique et le dissimule sur le chemin du dieu.
Celui-ci, aussitôt mordu, se lamente à haute voix.
Eset accourt et s’offre â le guérir. Le dieu se
nomme, Eset répète ce nom dans la formule cura¬
tive; le mal ne cède pas. « Tu ne m’as pas dit ton
vrai nom », remarque Eset. Vaincu par la dou¬
leur, le dieu se révèle enfin. Eset le guérit aussitôt.
Le guérisseur, instruit par ce mythe, emploie la
formule suivante contre le scorpion :
« Hélas, hélas, le scorpion s’est glissé sous
l’arbre et son dard s’est dressé pour piquer celui
qui est fort, le soir lorsqu’il se couchera et qu’il
ne sera pas possible de faire une conjuration en
sa faveur.
Les sept enfants de Ré se tiennent debout pour
être la protection, ils lient sept nœuds à leurs
sept rubans, ils les mettent à celui qui fut mordu
et il se tient debout, sain sur son sol comme Ilor
se tient debout, sain sur son sol avant que la
nuit soit passée quand il avait été mordu.
La protection magique de Ilor est ma protec¬
tion magique (Extrait des papyrus de Turin, fin
du XII® siècle avant J-C, cité par Leva o.c p. 49).
Les formules magiques pouvaient conjurer les
morsures d’autres animaux, du chien par exemple.
L’extraction d’une arête demeurée dans le gosier
s’accompagnait aussi d’une incantation. Même le
rhume était pour les guérisseurs égyptiens un
être vivant, ainsi qu’en [témoigne l’expression
» rhume, fille de rhume » (Lexa o. c., p. 28) .
■ La formule magique pouvait se transformer en
remède. On laissait macérer le papier sur lequel
elle était inscrite dans de l’eau ou dans de la bière,
et le patient la prenait comme potion. C’est cette
particularité qui permet aux guérisseurs de pra¬
tiquer leurs cures même après la mort.
On a découvert, en Septembre 1918, àTell-Atrib
près de Benha, une statue guérisseuse qui se
trouve actuellement au Caire. « Elle est placée au
milieu d’un bassin pour qu’on puisse l’arroser ;
l’eau recueillie dans le premier bassin coule dans
un second où l’on peut la puiser commodément.
Les textes et les images dont la statue et le socle
sont garnis à profusion sont des formules magiques
et des amulettes extrêmement précieuses contre
les morsures de reptiles. L’eau emprunte par
contact la vertu de tous les textes et de toutes les
images ; elle assure guérison à celui qui la boit ou
l’emploie en lotions. Quant aux côtés verticaux
du socle que l’eau ne devait jamais atteindre, ils
ne portent aucune formule magique. » — ■ En
échange de son remède le mort demande « qu’on
récite pour lui le texte rituel ».
Ce monument nous donne l’explication de toute
une série de statues d'époejue relativement récente,
qui se présentent à nous couvertes du haut en bas
de textes magiques. Elles sont de deux types sui¬
vant que riiommeest représenté assis ou debout.
La statue de Tell-Atrib ajijiartiont au premier
ainsi que les deux exemplaires de la collection
Gobénisclieff à Moscou. Dans le second groujie
figure la belle statue de Pétemios au Louvre
(époque ptoléma'ique). D’autres se trouvent au
Caire et â Turin (P. Lacan, les statues guérisseuses
de l'ancienne Kgi/ptc p. 3 et s.).
Puisque les guérisseurs pouvaient exercer leur
art même après la mort, il n’est pas étonnant que
leur classe ait joui d’une grande considération;
peu à peu elle a évolué en caste sacerdotale, à cause
de leur pouvoir mystérieux (deuxième stade de la
médecine). Les prêtres soignaient les malades dans
les sanctuaires à côté desquels il y avait des écoles
médicales (On, Sa’îs, Memphis et Thèbes). Ils
possédaient des connaissances théoriques et prati¬
ques. Dans leurs méthodes d’examen nous retrou¬
vons les éléments essentiels de celles d’aujour¬
d’hui. Ils se servaient de la vue, du toucher et^dc
« Le médecin égyptien », écrit M. Meycr-Stei-
neg, détermine par inspection les changements de
forme, de couleur et de position des parties extc'-
rieures du corps (peau, cheveux, ongles etc...)
ainsi que des évacuations. En palpant, il sait
reconnaître les modifications de consistance,
de position, de température, surtout pour les
organes contenus dans la cavité abdominale. La
fluctuation est très bien caractérisée dans le papy¬
rus Ebers (n“ cvii) : « Si tu touche.s un abcès à
n’importe quelle partie du corps et si tu remarques
qu’il va et vient en tremblant sous les doigts, alors
que ta main reste immobile. »
Au n” XXVI, même description exacte des symp¬
tômes. Il s’agit des troubles digestifs. Si tu exa¬
mines une personne qui souffre de constipation,
elle se sent alourdie si elle prend de la nourriture,
son corps s’enfle, son cœur est faible quand elle
marche... Fais-la se coucher et examine-la...
(Meyer-Steineg nnd Karl Sudhoff, Geschichte der
Medicin. lena, 1922 p. 26-27).
212
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Février 1929
N* 13
La phrase « l’oreille éeoùte là-dessous « nous
fait admettre que l’auscultation était aussi con-
.nue(il.id)
L(!s médecins égyptiens tout en admettant la
cause surnaturelle du mal, faisaient intervenii
l’altération du pneiima et du sang pour expliquer
l’évolution de la maladie. Le pneuma était um
matière invisible contenue dans l’air. La res])i-
ration la faisait passer dans les poumons, des
jxminons au cœur, du cœur dans tout le corps par
l’intermédiaire des artères qui en étaient entiè¬
rement rem])lies. Toute modilication dans l’é
du sang ou du pneuma engendrait la maladie cc
sidérée le ])lus souvent comme une sorte de pour¬
riture (auto-intoxication d’aujourd’hui). En con-
sé(juence, la thérapeuti(jue s’eU’ortait d’évacuer le
« mauvais sang » fpurgatif.s, sudorifiques) et
K l’air corrompu « (incision d’abcès). Mais les
praliipies magiques renforçaient l’action de tous
les traitements.
Le formulaire du prêtre-médecin sous le moyen
empire est très riche, et contient des substances
dont on se sert encore actuellement (laitues
absinthe, pavot, huile de ricin, différents sels de
<-uivre et de zinc, graisses animales etc).
En jiréparant un médicament, on se pix-occupait
non seulement du dosage, mais encore de le
rendre agréable au goût du patient.
Par exemple jirenons une recette purgative :
Absinthe . .
Dattes . . .
Bière aiRre .
PA.e a.- pain
Vin ....
Lait a’rtness.
La sjiécialisation n’était jias inconnue des
médecins égyptiens. D’après Hérodote, il y avait
des oculistes qui corrigeaient le strabisme, trai¬
taient les bléiiharites, les conjonctivites etc., il y
avait des dentistes pour les soins de la bouchtï ;
c.ertains spécialistes traitaient les maux de tète,
d’autres les organes internes. Les gynécologues
traitaient surtout les troubles de la menstruation
et les maladies des seins.
Dans le ])apyriis de Kahun (.'P millénaire avant
.l-L:, nous trouvons plusieurs jtrescriptions pour
jirovoquer la coneei)tion et le diagnostic de la
grossesse est établi avec jirécision.
Pres(pie tous les papyrus médicaux contiennent
principalement des recettes. Le papyrus Smith
1 1700 ans avant notre ère) renferme au contraire
à<S observations <pii sont classées systématique¬
ment suivant l’ordre des organes en allant de la
tête vers les ])ie(ls. Elles se rapportent toutes à
des traumatismes ayant affecté des sujets mascu¬
lins. Leur rédaction est ordonnée suivant un plan
invariable ; un titre, l’exposé des symptômes, le,
tain nombre de gloses |Marène, Art Mcdicinn,
1- .lanvier 1025, p. ;12|.
cOté de ce témoignage écrit, h;s fractures
i-onsolidées retrouvées dans les tombes témoi-
giK'nt de connaissances chirurgicales, Elliot
Smith a relevé 100 os fracturés sur cinq à
six mille corps de toutes les époques. Chez
quehjues-uns d’entre eux seulemeut, la réparation
s’est elfectuée en mauvaise position. La réduc¬
tion et la contention devaient être bonnes car
la ])lupart sont consolidés avec très peu de
raccourcissement. Des membres inférieurs frac¬
turés ont été retrouvés encore pourvus d’un
appareil de contention, dans des tombes reinon-
lant à la dynastie. Elliot Smith a décrit et
liguré les attelles légères, taillées dans la mem¬
brure des feuilles de palmier, qui en formaient
l’armature. Elles étaient appliquées sur le membre
préalablement entouré de bandes et enveloppé de
fibres de palmier : de nombreux tours de bande
les maintenaient .solidement en place » (D'' Marène
art. cité, p. 29-30).
1/3
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1/2
1/8
Comme les Hébreux, les Egyptiens pratiquaient
la circoncision, comme en témoigne le bas-relief
ornant le tombeau d’AnkhmaHior à Saqqarah.
Le texte du papyrus Ebers prouve que la méde¬
cine opératoire était connue en Egypte.
Voici le passage sur les ganglions cervicaux
« Quand tu rencontres une tumeur du cou et
(pie tu trouves un abcès dans la chair, dis-toi : Je
vais traiter le mal avec le couteau, en prenant
bien soin d’éviter les vaisseaux de la région ».
Plus loin ;
« Si tu rencontres une grosse tumeur en un
point quelconque du . corps, si elle ballotte sous
tes doigts et qu’elle tremble quand ta main est
immobile, dis-toi : C’est une tumeur liquide que
je dois enlever. Enlève-la avec le couteau et
soign(>-la comme on soigne une plaie ouverte. »
K Si tu rencontres une tumeur vasculaire des
muscles de quelque partie du corps, si tu lui
trouves une forme ronde augmentant de volume
sous les doigts et s’étendant au-dessus de la chair,
si le sang n’est pas abondant et ne jaillit pas fort,
dis-toi : C’est une tumeur vasculaire du muscle et
je vais la soigner ; soigne-la avec le couteau et
cauléris.e au feu pour qu’elle ne saigne pas. Gué-
ris-la avec le métal rouge » fD'" Marène, art. cité,
p. 31'.
De plus, Desnos, dans son Histoire de l'uro¬
logie, note qu’on a relevé des cicatrices opéra¬
toires dans la région lombaire.
Sur les connaissances anatomiques et physio¬
logiques des médecins égyptiens, les gloses du
papyrus Smith (au nombre de 70) nous donnent
des renseignements jirécis. Dans la collection du
professeur Meyer-Steineg on trouve des scarifi¬
cateurs et de grands couteaux dont le manche est
recourbé en crochet. Ces derniers ne pouvaient
servir qu’aux grandes opérations. En effet, d’après
la description d’Hérodote, on incisait la cavité
alnlominale au moyen d’un couteau en silex pour
procédera l’embaumement, puis on enlevait les
viscères thoraciques et abdominaux ; l’encéphale
était extrait par les fosses nasales à l’aide d’un
petit crochet en fer ; ces procédés d’embaumement
sont encore aujourd’hui en honneur et il est
impossible de les pousser à un plus haut degré de
perfection.
Les momies des Pharaons de la 19“' et 20“ dynas¬
tie présentent toutes des crânes trépanés. C’est
une large ouverture à peu près triangulaire pra¬
tiquée chez les uns au cours de l’embaumement,
chez d’autres quelques instants avant la mort. Les
momies privées en sont exemptes. Lecène y voit
une initiation rituelle ou une opération magique,
mais au fond, l’une ne va pas sans l’autre.
Nous ne pouvons pas terminer notre esquisse
sur la méiiecine égyptienne sans mentionner
Hérodote et Diodore cle Sicile. Ils affirmaient que
les Egyptiens étaient le plus sain de tous les
lieuples. On aurait pu croire que toute leur façon
de vivre était réglée par un médecin. La ^iète,
la propreté, l’hygiène de l’habitation et des vête¬
ments, même le contrôle des aliments étaient
compris dans les commandements religieux.
M. Lipinska.
Louis Brocq
(1856-1929)
Brocq a succombé le 18 Décembre dernier.
La mort de ce grand médecin, qui a été un des
représentants les plus brillants de l’Ecole de
l’hôpital Saint-Louis, qui a consacré bénévole¬
ment et magnifiquement plus de quarante-cinq
années de sa vie à l’enseignement des maladies de
la peau cQaux progrès de la science, qui par sur¬
croît était doué d’une personnalité si parfaitement
digne et si singulièrement attachante est non
seulement une perte immense pour la dermato¬
logie, mais aussi un deuil cruel pour ses amis et
ses élèves.
Jean-Louis Brocq est né aux environs d’Agen, à
Laroque-Timbaut, le l®*' Février 1850. Après des
études classiques remarquablement réussies au
lycée d’Agen, il vint à Paris pour y étudier la
médecine. Il commença par un stage assez pro¬
longé dans le laboratoire de zoologie de Lacaze-
Duthiers, lequel était originaire de la même
régibn. Nommé externe des hôpitaux en 1877, il
arrivait deux ans après à l’internat, le premier
de sa promotion. Des maîtres aux services des¬
quels il fut attaché, Gosselin à la Charité, Laboul-
bène, Bucquoy et Emile Vidal, c’est ce dernier
dont l’influence fut sur lui prépondérante.
Nommé médecin des hôpitaux en 1884, à 29 ans,
succès étonnament rapide, il commença par être
chargé de remplacements à l’hôpital Saint-Louis,
puis devint titulaire d’un service à l’hospice de La
Rochefoucauld puis à l’hôpital Broca-Pascal.
Etant déjà dermatologiste expérimenté, il par¬
vint, à force de ténacité, à organiser dans ces deux
services des consultations pour les affections de
la peau, munies des moyens matériels nécessaires,
et un enseignement clinique et théorique qui fut
d’emblée très florissant. Ce faisant il a réalisé la
première décentralisation de la dermatologie pari¬
sienne et ouvert ainsi la voie à plusieurs de ses
successeurs.
Dès l’abord il faut mettre en lumière un fait
qui explique Brocq et le grandit : ce médecin si
consciencieux, ce dermatologiste égal aux tout
premiers, ce travailleur acharné dont la jiarolo et
la plume n’ont jamais failli à répandre la science,
a durant tout sa vie été un malade. Après une
enfance débile et souffreteuse, il s’est vu dès
l’adolescence en proie à des crises quasi-quoti¬
diennes de suffocations simulant l’asthme, qui par
périodes le privaient de tout sommeil et lui fai¬
saient des nuits d’angoisse et de martyre. C’est à
la suite d’une germination ultime de la maladie
inexorable qui l’a si longuement torturé, que la
mort est venue le prendre; il l’attendait avec
résignation et le courage ne lui a jamais fait défaut.
De constitution chétive, le crâne précocement
chenu, l’attitude un peu voûtée, frileusement cou¬
vert de son pardessus et de nombreux foulards,
Brocq était loin d’apparaître habituellement avec
le bel air vainqueur que nous offre le portrait ci-
joint; celui-ci, pourtant très ressemblant, a été
pris par M. Schaller à une heure exceptionnelle¬
ment favorable. Brocq était au contraire, et cela se
comprend de reste, ordinairement triste, ren¬
fermé, sombre, et de caractère mélancolique et
pessimiste.
On reste confondu d’admiration quand on
songe à la somme d’énergie qu’il lui a fallu
déployer pour se montrer le chef de service
régulier et ponctuel qu’il a été, le maître et l’ami
dévoué qu’on trouvait en lui, l’auteur du travail
formidable qu’il a fourni. C'est que derrière son
masque accablé une flamme veillait; le mettait-on
en présence d’un cas de maladie difficile, d’une
question délicate à résoudre, lui signalait-on une
injustice, aussitôt ses yeux s’allumaient sous ses
arcades sourcilières saillantes, son esprit s’ani¬
mait d’une ardeur juvénile, et Brocq se révélait le
clinicien perspicace et brillant, le conseiller pru¬
dent et judicieux, l’homme de probité et d’honneur
que connaissaient en lui tous ceux qui l’ont fré¬
quenté.
Clinicien, il l’était d’essence. Tous ses élèves
et les médecins qui nombreux l’entouraient chaque
matin dans ses salles, ont gardé une impression
profondément gravée de sa méthode de travail.
Rien n’échappait à son premier et impeccable
coup d’ceil. Puis, longuement penché sur le Ut
• N” 13
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Eévricr
(l'un malade, il rie.se lassait pas de scruter atlcn-
livenient la moindre de ses lésions.cutanées, tle
pousser patiemment un interrogatoire minutieux:
se redressant alors, il entamait d’une voix chaude
et enthousiaste une dissertation lumineuse d’où
ressortaient avec (jvidenee le diagnostic précis et
les indications thérapeutiques du cas; il manquait
rarement d’y a jouter quehpies ])aroles de réconfort
pour le patient.
I..C goût d’enseigner était chez lui inné. Ins¬
truire et éduquer les jeunes, lui apparaissait
comme un devoir fondamental de la charge du
médecin des hôpitaux. Aussi, dans tous les ser¬
vices où il a passé, a-t-il organisé un enseigne¬
ment, aussi complet que s'il eût été professeur de
clinique. Partout il s’est assuré l’appoint des
laboratoires et services annexes ipii sont indis¬
pensables pour l’étude complète des malades et
pour leur traitement; la chimie avec Ayrignae,
l’histologie avec Pautrier, l'électro-radiologie
avec Bisserié puis J. Belot, l’ophtalmologie avec
Sulzer, l’oto-rhino-laryngologie, l’art dentaire,
s’y trouvaient représentés par des spécialistes de
premier ordre; constamment il veillait à étendre
et à compléter sa remarquable collection de pho¬
tographies cliniques, dues au talent et au dévoue¬
ment de son ami M. Sottas, juiis de M. Schaller.
Cette eolleetion. il en a fait don à l’hôpital Saint-
Louis où elle constitue le noyau principal de la
précieuse mine de documents cpi’est le Musée pho¬
tographique de cet hôj)ital.
Mais il ne lui suflisait pas d'instruire ; ce qui
lui a valu non seulement la reconnaissance mais
l’aU’ection profonde des disciples qu’il a formés,
c'est qu’il s’intéressait à eux personnellement et à
leurs travaux, les soutenant dans la vio avec une
bonté inépuisable, tout en leur donnant l’exemple
d’une poursuite.constante de l’intérêt général qui
le préoccupait par-dessus tout. Il a été dans toute
l’acception du mol le bon maître, le modèle ])ar-
l'ait du dévouement, de la probité professioii-
nello et de la scrupuleuse honnêteté. Bonté, acti¬
vité, talent, honneur... (pie faut-il de plus pour
s'attacher ses élèves et ses collaborateurs et pour
leur laisser quand on disparaît des regrets impé-
l'issables ! Je sais pertinemment (pie ces regrets
sont partagés par un bon nombre de ses malades
et clients, envers lesquels son dévouement était,
absolu et son désintéressement proverbial.
Un Irait de son caractère qui le peint aussi,
c’est la révolte intérieure que suscitait en lui tout
déni de justice, toute infracliou aux règles de
l éciuité et de la jirobité; on peut dire qu’il souf¬
frait littéralement de tout accroc aux princi])cs de
cel ordre. Et pourtant, en ce qui le concernait
lui-même, son abnégation et sa générosité étaient
complètes. cet égard, je crois devoir rapporter
un épisode (pie je connais bien et qui a assombri
loule une longue période de sa vie.
.V^vec son .maître Vidal, avec Besiiier, Four¬
nier et en somme , tous les dermalologistes de
répo(pie, il avait eu la joie et l’honneur de fonder
la Société française de Dermatologie et de Syphi-
ligraphie ; il avait jtour elle un allachemenl
(piasi paternel. En 19üü, une misérahle et hon¬
teuse cabale l’en a brusquement écarté, eu même
temps que Thibierge et quelques autres. Il en a
été cruellement peiné. Oi’. en 1919, un l’evire-
menl s’étant produit, Brocq a cédé au v(eu à peu
près unanime de la Société ipii l’appelait à sa pn'-
sidence. Au bout d’un an, malgré nos sollicita¬
tions, il a cédé jirémalurémenl le fauteuil où il
était si bien à sa ])lace, sous le prétexte de raisons
de santé, mais en réalité pour permettre Thi¬
bierge- et à moi-même de présider à notre tour
avant l’àgc de notre retraite Iiospitalière. Tel
était l’homme !
Avant d’analyser brièvement son œuvre, qu’il
me soit permis de dire quelles sont les raisons qui
m’ont fait attribuer, bien qu’il ce moment je fusse
absent de Paris, le douloui’eux honneur de lui
rendre il cette place un hommage mérité. On nous
savait liés par une mutuelle eslimei,une longue et
inaltérable amitié et par un amour commun de
la dermatologie, de son avenir et de son ensei-
gnenmnt. Comme il m'avait précédé dans la voie
des concours, il s’est trouvé que je lui aie succédé
dans les services dermatologi(pies ipi'il avait
créés à La Rochefoucauld et à rhô))ilal Broea; je
l’ai enlin rejoint à l’hôpital Saint-Louis où nous
avons, la môme année, terminé notre carrière
hospitalière. Mais je tiens à rappeler les circons¬
tances qui m’ont mis avec lui en laqiporls [ilus
directs que ceux qui s’établissent d’ordinaire entre'
chefs d’un même hôpital. Au cours de la série
d’années pendant lesquelles la Société de Derma¬
tologie nous a été fermée, Brocq, Thibierge et
moi ayons organisé, dans la salle des Conférences
du Musée de l’hôpital .Saint-Louis, des réunions
hebdomadaires. Nous y invitions nos assistants
et élèves et, tous les samedis, nous y présentions
nos malades intéressants jiour les discuter imbli-
.M. I.oeis DUncQ.
queiiieiit. C'est là (pie j'ai pu surtout ap|)récicr
Broc([, son extraordinaire érudition, sa méiuoire
étoiiiianle. sa chaude éloquence et aussi la sin¬
cérité de ses convictions. Parfois sa fougue méri¬
dionale renlraînail. et. pour défendre ses idées
favorites, sa [larole, à laquelle une pointe d'accent
gascon donnait une savmir particulière, en venait
à monter di' tou. 'riiibierge interveiiail alors avec
son sûr bon sens, et, on souriant, nous nous sépa¬
rions les meilieurs amis du monde. Cette mise en
commun de nos expériences resiiecti ves. ce con¬
trôle mutuel de nos jioiuts d(' vue, était fort ins-
truclif pour nous, et non sans intérêt pour nos
auditeurs; c’était en tout cas un joli exemple de
loyale camaraderie.
L'.œiivre de Brocij est colossale. Observateur
exceptionnellement doué, esprit consciencieux
(pii ne pouvait se résoudre à négliger aucun dé¬
tail, il accumulait les faits dans sa tête, les méili-
tait longuement et était porté à les a])préeier du
|)(>iiil ide vue de la _ pathologie générale. U en
déduisait des conceptions générales auxquelles il
attachait une importance primordiale; souvent
séduisantes, elles étaient cependant, de par leur
nature même, d’cssciicc périssable, et lui-même ne
se berçait pas .d’illusiou.s à cel égard. Etant de la
race d’Alibert, dé Rayer et surtout dç Bazin pour
lequel il professait une profonde admiration,
iiillii'encé ])ar son passage dans le laboratoire du
naturaliste éiiiinent ipi’était I .acaze-Duthiers, et
par sa longue collaboration avec Emile Vidal, c'est
tout naturellement que Brocq a' été conduit à
concevoir, à élaborer et à proclamer les idées
générales dont il s’est fait le protagoniste. On les
trouve longuement développées dans les ouvrages
didactiques considérables donfil est railleur.
.Son jireiiiier livre sur 1(‘ 'l'rnilcniciU des iiiala-
flitis de la peau (1890) qui a eu tant de succès et
qui, par modifications et additions successives,
est devenu le volumineux Traité élémentaire de Dcr-
matoloffic jtratique (190();. son Précis-Atlas
|1921), — ses Cliniques dermatologiques (1924 et
'i927;, sont des uuivres magnili(pies, riches en
faits et en idées, au point d’en paraître touffues.
Comment en donner un aperçu en quelques
lignes';' Ce qu’on en peut dire de général c’est que
l’auteur s’y révèle un analyste hors de pair,
presque génial, dont les synthèses n’ont peut-être
pas la même valeur absolue. Nul n’a poussé jiliis
loin que lui l’étude des « lésions élémentaires »
et n’a mieux montré l’imporlance de leur examen,
puisqu’elles sont, ainsi qu’il se plaisait à le ré¬
péter, l’« alphabet du dermalologiste ». Et c’est
en réalité un perfeclionneraenl (le l’examen ob¬
jectif que la méthode d'in vesligation (|u’il a éla¬
borée avec Clément Simon, clapjielée le « grat¬
tage méthodique ». — Il n’insisle pas moins sur le
rôle du terrain et iiotaiiimeiil sur celui des prédis¬
positions morliides individuelles ; il est convaincu
de la fréquence avec la((uelle interviennent en
pathologie les « Iluxions et alternances », sur
lesquelles ses observations personnelles avaient
vivement attiré son attention. - Sa classification
des dermatoses en « entités morbides vraies et
en réactions cutanées » n’est que l’expression
verbale, qu’on a trouvée heureuse, du fait bien
connu que, de certaines manifestations cutanées
nous connaissons la cause efficiente et spécifique,
tandis cpie d’autres ne sont que des syndromes
jioiivanl résulter de causes multiples ou combi¬
nées, externes et internes, parmi lesquelles il y a
lieu de déceler ce qu’il appelle la « dominante
étiologique ». 11 se rend d'ailleurs parfaitement
compte que celle discrimination (pi’impose l'état
actuel de nos connaissances, ne repose pas sur des
différences essentielles, |)uisque toute cause, spé¬
cifique ou non, provoque une réaction, et qu’en
pratique toutes les dermatoses sont ou peuvent
être compliquées ou complexes. — De même, sa
théorie des « faits de passage » rejiosc sur celle
notion indiscutable ipie la nature ne se plie pas à
nos cadres et à nos nomenclatures, et (pi’elle est
loin de ne nous présenter (|ue des faits typiques.
Si sa doctrine a heurté certains es])rils, c’est beau¬
coup parce (pic son auteur s’est efforcé de lui don¬
ner une rejirésentalion graphique, dans laipiclle
on a voulu voir une reviviscence modifiée du
fameux « arbre d(;s dermatoses » d’Aliberl. Celle
conception est basée sur un besoin de classifica¬
tion intégrale et sur un désir de voir clair en
toutes choses. 11 faut reconnaître d’ailleurs cpic le
but de toutes ces vues théoriques est, au fond,
essentiellement pratique, en ce qu’elles doivent
conduire à une thérapeutique plus adé([uatc; pour
Brocq, le médecin doit, avant tout, s’efforcer de
guérir, et l’on ne traite correctement que ce que
l’on comprend bien.
Parmi les sujets dont il a fait une éludé d’en¬
semble et (pi’il a marqués de sa griffe, je pourrais
citer ceux (pi’il s’est réservé de traiter dans la
Pratique dermatologique, ce grand ouvrage eu
collaboration, destiné à résumer l’état île la
science à la fin du siècle dernier, dont il avait
assumé la direction avec notre maître E. Bcsiiicr
el notre ami JjUcien .lacipiet. Mais je relèverai en
loule première- ligne sa thèse magistrale de doc¬
toral (1882) sur ï Prytlirodcrmic c.efoliatrice géné-
raliséc ou maladie d' Erasmus U'i/son, thèse qui l’a
d'emblée classé aû premier rang des dermafolo-
gistes. — Non moins reiiiaripiables sont ses p'a-
vaiix. poursuivis eu parlie avec L. .lacipiel , su‘r les
î^* 13
2ii
LÀ PRÈSSE MÉDICALE, Mercredi, Is Février M
prurigos. J’ai pu critiquer l'idée qu’impliquait le
nom de ncvrodci'mitos ; mai.s les descriptions
qu’il a données de leurs diverses formes sont
parfaites et il ne faut pas perdre de vue que c’est
lui (pii, le premior. a décrit d’une fa<;on exacte
la liclirnification (l)a|)tisée après lui Hchruisation
par llesnier), et qui en a reconnu la signilication
nosologique. l)e même ordre sont ses études
des DcrntdJilvs poli/iiiorjilicn tloiilourçiincn, dans
lesquelles, du type morliidc jirécis, mais restreint,
de la dermatite lierpétiforrne de Duhring, il s’est
élevé à lu conception générale d’un groupe noso-
logiipie (pii est d’une réalité clinique indiscutable.
De nombreuses autres questions difficiles et
délicates ont fait l’olijet de sa part de révisions
générales. Sans parler de celles qu’il ii faites de
la (juestion des eczémas ililOO) et de la pathogénie
des psoriasis (1910), je signale les études jileines
d’aper(;us Originaux qu’il a entreprises avec Den-
glet sur l'crj/l/troilcrinio congcnimh' ir/ili/osiforinc
avec lijiporcpidcrniotropliic et sur les kératoses
congénitales en général ; sur Venjthrukcrato-
dcrniic xyiiukritjiic en placardu, alfection rare qu’il
a décrite le premier avec W. Dubreuilli.
La syphilis, qu’il connaissait mieux quepersonne
et dont l’importance sociale avait vivement attiré
son attention pendant ses années d’activité à
rh(')pital Broca-Pascal, a fait l’objet de sa part de
nombreuses publications, et je me souviens d’avoir
vu dans son service, à Saint-Louis, au cours de la
guerre, une des ])reinières bonnes organisations
])Our le traitement ambulatoire de ce grand lléau.
Ce n est [las seulement intéresser ses collègues
de la spécialité, c’est faire (euvre de médecin
sagace et initiateur, c’est se créer un nom impé¬
rissable, (pi(! de découvrir, de décrire, de fixer la
science sur des alf’ections jus(pie-là inconnues ou
incomprises. La mémoire de Brocq est définitive¬
ment attachée à de nomljceiix types morbides
dont je ne citerai (pie les suivants : le /in/rosix
loiifroïdcà lainc/irs d'cinh/re, (pi’il a découvert avec
Vidal i [(SS,')) ; - V érythrtxlcrniir en pliuptcx disses
iiiinccu dont il a publié le premier la description
et ([ue plus tard, avec Civatte, il a rangée dans son
groupe des jiarajisarianin ; la phapie priniiticc du
pityriasis rosé de (iibert, la(|uelle avait échajipé
à ses prédécesseui’s ; - la derniatasc niédiu-lhora-
cit/iic dont, jnscpi’à la fin de sa vie, il a soutenu
l'individualité jiar rapport aux autres séborréides
ou eczématides, ainsi d’ailleur.s (pi'avec Fernet,
miliaire récidivante , type moi'bide dont l’existence
peu connue (;st cependant ré(‘lle; - la g/o,s,w//(,’ /o-
naiiffitine médiane, décrite avec Pautrier ( 1914), (jui
avait été méconnue avant eux; -'\a. pxcado-pclailc
de Broc(i i lDOlj, voisine des ac.nés décalvantcs,
dont avec Lenglet il a fixé les caracti'ces ; — le
si/eosin lapoïde, alfection du même ordre; -- les
éraplion.t érythémalu-pi^mcntécs de l'antipyrine
(1894) (pi’après lui nous diagn()sti(pions à coup
sur; - les lie/iénifieatiann intertriffineascK de la
fcmiiK', avec L. Bernard i l899); le pigeonneaa
Ch. Laubry ;19()1). '
ChacuiK! de ces découvertes, (pii peuvent sem¬
bler minimes et ne porter que sur des détails, sont
si précises et si bien fondées ((u’un petit nombre
d’entre elles suffiraient à immortaliser le nom
d’un homitie; et j’ai l’impression que ma longue
énumération est encore incomplète !
La thérapeutique qui, pour Brocq, était vrai¬
ment le but final de la médecine, dont il considé¬
rait les [irogrès comme le stimulant et la récom¬
pense de ses elforts, lui doit des acipiisitioiis et
des perfectionnements noiiihreiix. Il s’ell’oryait
plus que qiiiconipie d’adapter ses jiréscriptions
au cas individuel, s’atlardjiil aux conseils d’hy-
gièiiu, à prévoir les éventualités possibles, à pré-,
ciser pour le plus grand bien des malades le mode
d’einploi des remèdes. Je me bornerai à mention¬
ner (piehpies-unes des innovations (iifon lui doit.
C,’est lui quj a introduit l'usage de la levure de
bière fraîche dans la cure de la furonculose,
et qui (1909), en même temps que Dind (de Lan*
saune), a préconisé les' badigeonnages de cpaltar
brut lavé dans les eczémas même aigus. Il a
publié plusieurs articles très étudiés (1909) 1912)
sur les indications dea eau.e minéruieÿ dans le Irai-
teineiit des dermatoses et de la syphilis. On lui
doit un jietit volume de Consnltatiohs dermatu-
loffitjaes en commun avec Clément Simon (1911;,
riche en renseignements thérapeutiques.
Brocq était d’une maîtrise incontestée dans les
|)etltes interventions opératoires en dermatologie ;
il jiralKpiait merveilleuseiiieiit les scarifications
linéaires dont il savait tirer des résultats éton¬
nants, dans certains lujiiis surtout ; de même l'idec-
trolyse, et notamment l’épilation électrolytique
(pi'il a admirablement réglée. Ouvert aux nou¬
veautés, il a été des jiremiers, avec son assistant
Bissérié, piiis avec Belot, à reconnaître et à vul¬
gariser les indications et les procédés d’applica¬
tion de la radiothérapie dans diverses dermatoses
et tumeurs de la peau, ainsi que des effluves de
haute fréquence, et, aVeC Veyrières, de la douche
filiforme.
Ces innombrables travaux, dont je reconnais
n’avoir donné ici qu'un résumé incomplet et trop
suCcinct, et la réputation de son magistral ensei¬
gnement, ont de bonne hottre Valu à Brocq l'es¬
time universelle et une nolôlfî(^té mondiale aux¬
quelles, malgré les apparohe'es, je crois bien qu’il
n’est pas resté Insensible. Il a joul'surtbut de
ralfection de ses élèves, que ceux-ci lui conser¬
vaient fidèlement même après leur dispersion en
province oü dans les pays étrangers. Peut-être
imbue était-il dans une, certaine mesure flatté de
constater combien, sans le vouloir, il exerçait sur
Ic.s jeunes cet attrait qu’bn a très justement qua¬
lifié de (( fascination c, 11 ne recherchait pas les
honneurs et a pourtant été heureux du brillant
jubilé qui lui a été oll'ori en 1922 â l’occasion de
sa retraite, ainsi que du grade de commandeur de
la Légion d'honneUr qui lui a tardivement été dé¬
cerné, peu de mois avant sa mort. Ce à quoi il
tenait tout spécialement, c’est à son intimité cou-
tuiiiière avec ses fidèles amis, parmi lesquels je
puis citer M. le bâtonnier Raoul Roussel, M. La-
renaiide, doyen honoraire de la Faculté de Droit,
le 1)'' Armand Siredey, son collègue d’internat,
•le !)'■ Veyrières, ses disciples, collaborateurs et
médecins J. Belot, Lenglet, et quelques aiities.
Aimant les arts, surtout la peinture, la sculpture
et la céramique, Brocq avait rassemblé une col¬
lection très personnelle, où figuraient les (cuvres
d'artistes qu'il était fier d'avoir découverts avant
(]u’ils fussent célèbres ; cette collection, il l'a en ma¬
jeure partie léguée au musée d'Agen, Il s'est éleiiil
au milieu de ces beautés, entouré de l'affection
dévouée de la compagne à laquelle il avait con¬
sacré sa vie, et de son neveu le D’’ Pierre Brocq,
qu’il aimait comme un fils et dont il était lier.
Ses obsèques ont été discrètes comme il l’a
voulu ; il repose au cimetière d’Agen où un petit
nombre seulement de ses amis et de ses obligés
ont pu l’accompagner.
I.oiiis Brocq laissera de lui le souvenir d’une
grande ilgure médicale frani;aisp, d’un maître ad¬
mirable qui a consacré toutes les forces de sa
longue et douloureuse vie aux progrès et à l’en-
seigiicnieiit de la science dermatologique, qu'il a
servie passloniiéiiienl; c'était un esprit élevé et
bon (pii û'a cessé de répandre le bien autour de
lui. 11 eût été heureux de savoir que le grain qu’il
a semé et l'exeiiiple qu'il a donné ne seront pas
perdus.
• J. ÜAllIÊIl.
CHANGEMENT D’ADRESSE, Pour tout chân-
geinent d'iidre.s.sr envai/er I franc et la bande du
Appareils Nouveaux
Aiguille pour pneumothorax spontané
à soupape.
Celte aiguille, qui est une aiguille de Kuss ordi¬
naire, porte 'à «n basé Une plaque qui permet ati
moyen d’un emplAtre adhésif de la maintenir solide¬
ment fixée il la paroi costale, sans qu’une surveil¬
lance soit nécessaire.
Pour Aépondre à la même idée, la maison Colin a
établi également sur mes indications un trocart pour
les cas d’évacuation très lente de la plèvre.
De L. Laukiî.
La Médecine à travers le Monde
BRÉSIL
Académie mationalc de .Médecine.
Le premier centenaire de l’Académie nationale de
Médecine brésilienne se célébrera le 30 Juin pro¬
chain par de grandioses manifestations scientifiques.
A cette occasion tiendront leurs assises la lY' Con¬
férence panaméricaine d’hygiène, médecine expéri¬
mentale et microbiologie; le Ib; Congrès panaméri¬
cain de la tuberculose ; ,1e X‘' Congrès de médecine
brésilien et lé D' Congrès d'eügéniè brésilien.
Le Comité d’organisation est formé par le profes¬
seur Miguel Couto, président de l'Académie natio¬
nale de médecine ; le professeur Carlos Ghagas, pré¬
sident de la 111'’ Conférence d’hygiène, médecine
expérimentale et microbiologie ; M. Antonio Fontes,
président du Ib Congrès de la tuberculose ; le pro¬
fesseur Azevodo Sodré, président du X*’ Congrès de
médecine brésilien; M. Roquette Pinto, président du
P'' Conférés d'eugénie brésilien et M. Olympio da
Fonseca, secrétaire général.
ÉTATS-UNIS
Une active campagne est menée par les Bureaux
d’hygiène des grandes villes (Cinccinnail, Detroit, etc.)
pour la vaccination antidiphtérique par la torine-
untitoxine usitée aux Etats-Unis. Les médecins de
fomille et les médecins scolaires sont invités A ino¬
culer tous les enfants au'dessous de 10 ans.
Le journal Itlinoi.H Health j\eiv.s annonce que la
mortalité puerpérab? a diminué nolablemcnl dans la
plupart des Etats. De 1.141 morts en 1920 (9,1 p, lOO),
on tombe à 717 en 1927 (5,1 pour 100). Même résultat
pour la mortalité infantile ; 62,5 pour 1.000 en 1927
au Heu de 101,5 pour 1.000 en 1920. Précieux témoi¬
gnage des progrès de l’hygiène publique aux Etats-
Unis.
ITALIE
Par uh vote unanime de la Faculté, le D'' Ivo
Nasso, un des pédiatres les plus distingués d’Italie, '
vient d’être nommé professeur de Clinique pédia¬
trique A l’Université royale de Messine,
Livres Nouveaux
Questions cliniques d’actualité; leçons professées
à la Charité, sei'Vice du profosselir SeuoEnt. 1 vol.
de 254 pages, avec 8 planches hors texte {Masson
et C'"', éditeurs), Paris, 1929. - Prix : 34 francs.
Si l’enseignement magistral d’Un professeur est
forcément plus ou moins cantonné à l’exposé do ses
recherches personnelles, les nécessités de l’instruc¬
tion des élèves doivent le conduire cependant à leur
faire exposer des sujets plus variés. C’est dans ce
but que le professeur Sergent a organisé dgiis son
sBrviee Us ,( Conférences du Vendradi a, faites par
divors de ses élèves ou de sas collègues français on
étrangers, et dans lesquelles chacun d'eux e.xpose un
sujet qu’il a pins particulièrement étudié. Il publie
aiijoiird'liui le premier recueil annuel de ces confé-
LA PRESSE
MÉDICALE,. Me
li, 13 Février 1929
rences, dont il suffira de relater les titres, avec leur
auteur, pour que chacun comprenne le grand intérêt
de ce volume.
Diagnostic de la paralysie infantile (L. Babonneix).
La bronchite chronique syphilitique (R. Bcnda). Rela¬
tions entre la rate et la respiration. La rate collabo¬
ratrice du poumon (Léon Binet). A propos du dia¬
gnostic de myocardie (Francis Bordet). Le diabète
rénal (Mariano R. Castex). Les complications pleu¬
rales des pneumopathies aigues simples à pneumo¬
coque (A. Coürcoux). La part de la chirurgie dans la
thérapeutique des syndromes basedowiens (Pierre
Dcscomjjs). Le virus filtrant tuberculeux (Henri
Durand). Les septicémies à staphylocoques (A.
Lemierre). La toux cardiaque et la forme coquelu
chbïde de l’insuffisance cardiaque (E. Lian). Les
ascites cirrhotiques curables (René Mignot). Lalinitc
gastrique (Piei;-re Oury). Accidents extra-pleuraux
d’origine pleurale survenus brusquement au cours
du pneumothorax thérapeutique (Pierre Pruvost).
Les formes des infections broncho-pulmonaires du
nouveau-né et du nourrisson (L. Ribadeau-Dumas).
Le. traitement du diabète sucré (P. Rousseau). L’in¬
dépendance cinématique des lobes pulmonaire (E.
Sergent). Le problème de la pluralité des virus
syphilitiques (Clément Simon). Le sarcome à cellu.es
fusiformes de la poule (A.- R. Turpin).
La diversité des sujets traités et la notoriété des
conférenciers sont de sûrs garants du succès de ce
recueil auprès du public médical.
L. Rivkt.
Une grande page de l’histoire de la Médecine : la
découverte de la transmission du paludisme par
les moustiques, par Ronald Ross, préface et tra¬
duction de l’anglais par Cii. Broquet. ln-16 grand-
Jésus, avec 7 ligures et & planches (Maloinr, Paris),
1929.
Ch. Broquet oITre au public de langue française la
traduction du mémoire publié par Sir Ronald Ross,
en 1902, lorsqu’il reçut le prix Nobel et qu’il exposa
à celte occasion l’histoire de sa découverte. La lecture
de ce livre est d’un intérêt passionnant. Nous voyons
le jeune médecin des troupes anglaises à l'armée des
Indes, d’abord sceptique, puis converti aux théories
de Laveran par Patrick Manson, qui le soutient de son
amitié pendant les heures pénibles et fait connaître
ses travaux en Europe. Trois années passent, pendant
lesquelles R. Ross se familiarise avec les moustiques,
peu connus à cette époque. De multiples examens
restent négatifs; enfin le 20 Août 1897, il a la chance
d’observer des kystes pigmentés dans l’estomac d’un
anophèle infesté expérimentalement, 'l’oul n’est pas
fini; ses recherches sont interrompues par un dépla¬
cement administratif dans un pays où le paludisme
est rare. Enfin, sur les instances de P. Manson, on
lui donne un laboratoire à Calcutta ; mais les indi¬
gènes fanatiques refusent de se prêter à ses expé¬
riences. Il s’adresse alors aux parasites des oiseaux
et étudie le cycle évolutif d’un hématozoaire voisin
, de ceux du paludisme, également transmis par les
Ch. Broquet donne du mémoire de Sir R. Ross
une traduction élégante et facile ù lire. Il a ajouté une
intéressante préface, dans laquelle il retrace la
vie du savant anglais et nous le fait connaître dans
l’intimité.
Ce livre sera lu avec profil par ceux qui s’adonnent
à la recherche scientifique, en même temps que par
les malariologistes désireux de connaître les vicissi¬
tudes d’une découverte fondamentale en médecine
et en malariologie.
Cu. Joyeux
Livres Reçus
545. Die Bedeutung des Retikuloendothellalsystems
füp das St'eiptokoKKensepsisprobiem, par N. Lounos cl
H. E. ScHEYER. 102 p., 13 fîg. (L. J'/iieme), Leipzig.
;■ Prix : 14 mk.
546. Neue'-e Erfahrungen auf dem geb et der medl-
zinischen Eettrizilatsletire mit Ausschiuss der Rant-
genlenre, par Ludwig Mann et Franz Kramer. 500 ii.,
248 fîg. (G. Thieme), Leipzig. —Prix ; Broché, 39 mk;
relié, 42. mk,
■ 547. Handbuch der Rcentgentheraple, Tome lîl, par
Paul Kb'ause. 732 p., 273 fig. (G. Thieme), Leipzig. —
Prix : Broché, 56 mk ; relié, 59 mk.
S487.Aôta' Societatis medicorum fennicæ « duode-
Olm e. Tome IX, fnsc. I-II. 328 p. avec fig. (S. E. Wieb-
mann), Helsinki.
Université de Paris
Clinique médicale, Hôtel-Dieu. — Un cours pra¬
tique de physiothérapie (électrothérapie, actinothérajiie,
radiothérapie, hydrothérapie, cinésithémpie) sera fuit
sous lu direction des professeurs Carnot et' Strohl; de
MM. Dausset, chef de laboratoire, et Lucy, çhef adjoint à
la policlinique physiothérapique Gilbert de l’Hôtel-bieu,
par MM. le professeur Strohl; le professeur agrégé Do-
gnon; Henri Bénard, Dausset, Lucy, Durey, Lagarenne,
Dioclès, , Dubois-RoqucbCrt, Fkbrc, Chenilloau, Luscan,
Fricdel.
Le cours aura lieu tous les matins, de 9 h. 1/2 à midi,
du lundi 4 Mars au samedi 23 Mars 1929.
De 9 h. 1/2 à 10 h. 1/4 : Démonstrations techniques de
physiothérapie à l’amphithéâtre Trousseau. — De 10 h. 1/2
à midi ; Exercices individuels de manipulations d’appa¬
reils et d’applications de traitements aux malades, à la
Policlinique physiothérapique Gilbert.
L’assiduité aux leçons et aux exercices pratiques donne
lieu ù la délivrance d’un diplôme.
Le prix du cours est de 300 fr. L'inscription a lieu nu
secrétariat de la Faculté, guichet n« 4, les lundis, mei'-
credis cl vendredis, de 14 à 16 h.
Clinique chirurgicale de la Salpétrière. — Un
cours de perfectionnement sur le diagnostic et traitement
des maladies de l’appareil digestif, cours placé sous la
direction de M. le professeur Gosset, aura lieu, à partir
du 17 Avril 1929, à l’usage des médecins et des étudiants
pourvus d’au moins 16 inscriptions (X. R.) ou de 12 ins¬
criptions (A. R.). Ce cours sera fait pur M. Ledoux-Le-
bard, cbargé de cours, pour la partie radiologique, et par
M. Rcné-A. Gutinann, attaché médical de la clinique,
chargé des consultations de gastro-entérologie, pour la
partie clinique et thérapeutique.
Les élèves collaboreront, sous la direction de M. Giit-
inann, à la consultation et à l'établissement de la théra-
pentique médicale. Ils feront eux-incmes, sous la direc¬
tion de M. Ledoux-Lebard, les examens radiologiques
nécessaires. Lorsqu’il s’agira de cas chirurgicaux, ils
assisteront ensuite aux opérations qui' seront pratiquées
par M. le professeur Gosset. Les divers examens com¬
plémentaires (tubages gastriques ou duodéuaux, intei"-
prétation des radiographies simples ou en série, etc.)
seront faits par eux ou avec leur assistance.
Cet enseigncineut essentiellement pratique aura une
durée d’un mois et commencera le mercredi 17 Avril 1929,
à 10 h., ù la Salpêtrière, service du professeur Gosset,
pavillon Osiris. ' ' : •
Le nombre des inscriptions est limité à 20. Le droit
d’inscription est fixé à 250 fr. pour les cours et à 250 fr.
pour les travaux pratiques.
Les inscriptions sont reçues au secrétariat de la Fa¬
culté de Médecine (guichet n“ 4), les lundis, mercredis et
vendredis, de 14 à 16 h.
Histologie. — Enseignement spécial de la technique
histologique élémentaire sous la direction de M. Champy,
professeur.
Cours pratiques destinés aux médecins et étudiants
désireux de se familiariser avec, les techniques histolo¬
giques courantes.
Programme. — 1'” Séance, Prélèvement et fixation de
pièces (Bouin-Zenker-Regaud-Alcool). — 2” Séance, Colo¬
rations simples : hematéine-éosine ; Weigert, Van Gieson-
Curtis. — ■ 3" Séance, Colorations aux couleurs d’aniline.
Colorations spéciales du tissu conjonctif, pi'cro-bleu. Colo-
riçtion des fibres élastiques. — 4" Séance, Colorations
cytologiques: hématoxyliné au fer; coloration de Prenant.
Méthodes mitochondriales. — 5" 'Séance, Méthodes spé¬
ciales pour la graisse et les lixmi'des. Méthode pour le
glycogène. Colorations vitales (rouge neutre; bleu de
méthylène; vert Janus). — 6" Séance, Etude du sang :
hémalimétrie-cenlrifugation-numération. Colorations du
sang.
7' Séance, Méthodes spéciales du système ncfvc'ùx :
méthode de Golgi. Méthodes de Cnjal et de Weigert.
8” Séance, Méthodes de dissociation : rétine osmiée, nerf
osmié, muscle, épithéliums. Colorations spéciales des
dissociations. — 9” Séance, Méthodes de nitratation. Ses
diverses applications. — 10” Séance, Injections vascu¬
laires et méthodes d’étude des vaisseaux. — il” Séance,
Coupes par congélation. Méthodes qui leur sont applii
cables. Méthode de Rio del Hortoga, colorations aù
Gicmsa. — 12" Séance; Principe de quelques méthodes
microchimiques simples (fer, calcium, o-xydases).
Les séances auront lieu tous les jours, de 15 h 18 h.,
au luboratoirc d’histologie (salle Ranvier) dé In Facilité
de Médecine à partir du lundi 18 Février jusqu’au lundi
4 Mars 1929. S’inscrire les lundis, mercredis, ' vendredis,
de 14 à 16 h., nu secrétariat de la Faculté de Médecine
(guichet n" 4).
Le nombre des élèves est limité à 20. Droit d’inscrip-
tion-;-25D fr. . . .
-Sorbonne.-— Une conférence sur le- fonctionnement
général du Service dé Santé dîins ftn corps cxjSédition-
nnire sera rfaile dimanche prçcJjaip.îV-Eéyrier par M. Vuut
dumer, à 9 h. 1/2, dans le grand amphithéftlre de la Sôi^
Val-de-Grâce. — ^ La prochaine leçon des Cours
d’actnaliWs médicales et chirurgicales aura lieu le sa-
’inedi 23 Février, à 17 h., au grand amphithéâtre.
Cette leçon sera faite par M. le professeur Léon Ber¬
nard et aura pour objet « La prémunition contre la tuber¬
culose par le vaccin de Calmcltc ».
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint- Antoine. - Du H Avril au 21 Avril
1929, M. Solomoii, assisté de MM. Aimé et Gibert,
radiolo^-istes des h('i])itaiix ; et de MM. Proust et GntU
fried, assistants du service, fera une série de confé¬
rences accompagnée, de travaux pratiques ser la technique
de la radiothérapie jirofonde et sur les principales indi¬
cations cliniques de la radiothérajiie profonde.
Les élèves seront exercés individuellement.
Les conférences et les travaux pratiques auront lieu
tous les matins de 9 h. à 1*2 h. ' ^ ’
Un certifient d’assiduité sera délivré aux élèves.
Les droits de travaux pratiques sont fixée à 250 fr.
Le nombre des élèves est limité.
On peut s’inscrire dès à présent dans le service <le
M. Solomon.
Hôpital Saint-Louis. — IVÏ. F.-M. Cudenat fait une
série de leçons cliniques pratiques avec qirésentation do
malades et sebémas.
Ces leçons sont faites dans le service, le samedi, à 11 h.
Hospices civils de Dieppe. — Un poste d’interne à
l’bùpitnl de Diepjie est aetuellement vacant. Poui* tous
renseignements, s’adresser an Directeur des Hospices.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Scuuce du J1 Pn-rirr.
— Composition éciuti:. — Ligaments et synoviale de
l’arliculation du genou. — Lésions traumatiques des mé¬
nisques du genou.
Qucstion.i rcsiêcs dans i’urttc. — Piliers du diaphragme.
— Volvulus du côlon jielvien. -- Nerf grand hypoglosse
(depuis son origine apparente). — Symptômc.s et traite¬
ment des fractures du col du fémur.
Ligue nationale française contre le péril véné¬
rien. — Lu Ligue nationale française contre le Péril
vénérien, ])our stimuler les reehèrches relatives è lu
vénéréologîe, met au concours deux prix de 5.000 fr. à
déeeriier aux nuteurs des meilleurs travaux de véaérjo-
logie. , -
Conditionti du- coucourti. t- Pour ees deux prix. l'ano-
nymat est obligatoire.
Les ouvrages présentés uu concours devront être écrits
en français, eoiislituer surtout un travail original fondé
sur des faits nouveaux, dnctylograjihié eu triple exem¬
plaire, jmginé, suivi d’une table.
Chaque manuscrit devra porter une éjiigraphe ou devise
apparente, qui sera répétée sur un pli cuebelé, joint «
l’ouvrage et contenant le nom, la qinilité et l’adresse de
l’auteur. Ce pli ne sera ouvert qu’après la proclamation
du résultat du eoneours. Tout concurrent qui se ferait
connaître directement ou indirectement serait par ee seul
fuit exclu du concours.
Les ouvrages présentés devront parvenir directement
nu siège soeiul de la Ligue, 44, rue de Lisboime, Paris
(VIII"), avant le 1"" Oclohrç 193Ü.
Le jury du concours sera nommé pur le Conseil d’iid-
minislration de la Ligue, après cette date, et le prix
décerné n l’Assemblée générale de lu Ligue, au mois de
Décembre suivant.
Il ne sera tenu aucun eomjile des travaux envoyés apràs
la date fixée, alors même que ces Iravoux seraient pré¬
sentés comme additions, compléments ou rectifications ù
un travail présenté nu concours dons les délais réguliers.
Le Conseil d’administration de la Ligiu' reste juge ,de
l’attribution des )>rix. Les prix pourront être partagés ;
mais le Conseil d’administration pourra ne pas les dé¬
cerner si tous les mémoires jirésenlés étaient jugés insuf¬
fisants. Toutefois le Conseil <l’udmini8trat\on pourrait
accorder seulement des encourugemeuts.
Un des trois exemplaires des mémoires sera rendu'n
l’auteur après la praclamutioii des résulfiils du coiieourf.
La Ligue, le cas échéant, ])ourru favoriser la publication
de ces mémoires.
Les prix seuls donnent droit uu titre de lauréat de la
Ligue; les encouragements ou menlioiis honorables ii'y
donnent pus droit.
Hôpital civil d’Oran- - Un concours pour l’emploi
de médeciu adjoint ù l’hôpitôl civil d’Orun scro ouvert à
Alger le 6 .Mai 1929 prochain.
Une affiche apposée ao-eiège des Facultés et Ecoles de
kbjdecine ainsi que <J“ù» les principaux établissements: et
villes d’Algérie indiquera le programme de ce concours
et les couditioDs ù remplir pour y prendre part.
Pour tous renseignements, s’adresser ii rhôpilul civil
d’Oran (direction), ii lu préfecture d'Oron (.yssistance) ou
LA. PRESSE MEDICALE, Mercredi, 1.3 Février 1929
au GpuvcrncmcnV général (direction de l’Assidtance et de
l’Hygiène pulUique).
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Légion d'honni-uk. —
Officier. — M. Mirnillé, à Nantes (Loirc-Infcrieurc).
Chevalier. — MM. IJusquet, Collet, ù Lyon ; Vcrny, à
(]iiamalières (Puy-de-Dôme) ; Leun;t, médecin capitaine.
MÉniTi- AGiucoLi:. — Officier. — MM. Cesari, ù Paris;
Vendressc, à Dresvres (Pas-de-Calais); Legrand, à Snirtl-
(iermain-en-Luye (Seinc-et-Oise).
Chevalier. — M. Jçanty, à Auxerre Yonne\
Foire de Lyon 1929.
doutes, pendant Iniilé la
A au. 17 Mars prochain, ti
médical et j>harmacenti(]iie
Palais de la Poire.
MM. les médecins, pliai
feminüS pourront
cesse parliciillèremenl leur pi'ofe:
peiilitjues, diétéliipies, appareils d
Kii (piitlant cette enceinte n*sf
veronl le grand salon, ouvert an p
de l’hygiène et de la parfiimerii
dans 'un eadre élégant toute une
formaut une docuimmlation du ph
Un salon de repos et de corresp<
sera à la disposition d<Ls inemhi
pha cm a<'eu tique, auxipuds seront
publicitaires apprécié
maceutiipie de la l•\lire (H* Lyon.
L’Office commercial j>harmaceuli(|ue, 71, rue du Teinjile.
Paris (liP), (pli organise cette manifestation avec un
une carte d’aclieteur, donnant droit à l'entrée gratuite au
Palais de la Foire, à toute demande (jui lui eu sera faite.
a section d’.V
Nécrologie. - On annonce la mort de M. Larreidy,
conseiller général des Basaes-Pvrénées et celh', à Paris,
de M. Alfred Veil.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle d ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les‘téttres contenant un timbre de
50 centimes aux iîïïtlaires des annonces qui répon¬
dent directement: Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres du demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n’y est
inséré aucune annonce commerciale. L' administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n’est pas inséré d’annonces de moins
de II lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de kO lettres ou
signes {i fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLÛCIE
20, passage Dauphine, PARIS 6’.
Président du Conseil d'administrulion : 1)'' P. (iiiiEs,
I). D. S.
Vice-pré iident : I)'’ .Noci É, sli)mali)lo(i:lslc (l(‘s llù-
|)itinix.
Administrateur délégué : 1)'' IUu sseai>1)i:ci;i.i.i:, im-
cioii iiili’i'nc (les liôpilaux de Piiris, Presiden I de
lu Sofiélé des SloinalologisU's dc.s Ilùpilaiix.
Président de lu Commission d’enseignement : I)'' 1’,
Nesi-oOlous ; D.D.H., slomiitolo^îislc des IlôpiUuix-
Oirecteiir : I)'' L'iiiii(i.xdi.;l, shininlclo^çistc dos
Hdpilaiix.
I.'Lrolo do Slomatolofrio a olo l•l•ôd<^ ou 1909, par
lo !)'■ L. CiiuKT, Élève d<' Macixot oI aiioii'n inloriio
des llôpiluiix do Paris.
Elle U pour objet do diinnoi- un onseignomont sto-
nialologiipic romplet :
1" Aux docteurs en médecine français et étrangers
([ui voiilonl so spécialiser en relie liranrhe de la
inéderine. ,■
i" Aux étudiants en médecine, a partir de leur oin- i
unième année d’études et «J'ftnt lui iiioins 1 7 iilserili-
L’.efi.seignëmênt côitlprehâ : la l'iinltfüè slomatôlo^^
gique, la taclinique, ét, la pratique de l’odOntoIogiè,
de U» prothèse, et de rprtliodpntlo .
Le programme .est enlièrenionl parcouru en dix-
huit mois. L’n dernier semestre de perfectionnement
gi-aluil pormol aux élèves de rester deux années à
l’Ecole et d'entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix, .lamais, et sous aucun prétexte, un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
e’osl-à-dire pouf moins de dix-huit mois.
Le diplôme de l’Ecole est décerné aux élèves qui
Dut satisfait aux examens obligatoires de lin d'études.
Droits d’inscription : Deux mille cinq cents francs
12.500 fr.).
Deu.c rentrées annuelles : une le 1'"' Déceinhro.
l'autre le L-’ Mai,
La prochaine rentrée aura lieu lo I’''' Mai 1929.
Le nombre des places étant limité, priève de s’ins¬
crire le plus rapidement possible.
Pour tous i-cnsoignements, s’adresser fmLî les jours
au - Secrétariat de l’iîcole ou- tous les matins et sur
rendez-vous ;iu Directeur, 20, p!i.s!ingc Dauphine.
Microscope 2elss, neuf pour laboratoire, à
vendre. — Ecrire P. M., n» 55.
Important sanatorium privé demande médecin
jeune, actif, en parfdite santé, marié ou non, aimant
lé travail scientilique, possédant de très sérieuSes
références en inédccine générale et liibèrciilose, et
santé en apportant au médecin-directeur son entier
concours, l.e traitement olîcrt dès le début variera
'Hli.OOO fr. par an. logé, chaulTé, éclairé. — Ecrire én
envoyant renseigneinents détaillés. P. M., 11“ '57.
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ht dans un pays très sain. — 40 pièces dontBl cham¬
bres' à coucher ; 2 pavillons, 10 chambres de domes-
jliques. - Pai-cjles mieux jilanle, orangerie. Grande
feerrh è raisins. 2 serres chaudes. Installation spé¬
ciale des cuisines, etc. — Vastes communs, faisan-
dèrié-i tennis, etc. Lé tout eàtugreiianl environ
is licctàrés olôs. i’.éraifbnc idettle-ul^jlpn: de^eonvit-
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N“ 14
16 Février 1929'
TRAVAUX ORIGINAUX
ÉCOLE DE PVÈRÎCVLTERE
DE LA FACULTÉ DE MÉDECISE DE PARIS
LA PUÉRICULTURE
ET SON ÉVOLUTION ‘
Par M. B. WEILL- HALLE.
La puériculture est devenue une science offi¬
cielle. Le fait eût semblé bien révolutionnaire en
1805. De cette époque pourtant date le néolo¬
gisme qui conserva longtemps un caractère
d'étrangeté non seulement parmi les profanes,
mais mémo auprès des clercs.
C’est à Caron que revient l’honneur d’avoir
créé le mot et publié même un manuel inti¬
tulé : La puériculture ou la science d’élever hy¬
giéniquement et physiologiquement les enfants.
Le !''■ Avril 1865, à l’occasion d’une réunion des
délégués des Sociétés savantes de province,
« séant à la Sorbonne «, Caron, qui avait sol¬
licité le droit de communiquer sur ce sujet, se vit
refuser la parole. Le secrétaire de séance lui
répondit que la question de puériculture « portée
au programme était définitivement écartée, le
président ne pouvant donner la parole sur cette
question qui pourrait provoquer l’hilarité dans la
réunion ».
Bientôt toutefois, sur l’autorisation de Victor
Duruy, le perspicace ministre de l’Instruction
publique d'alors, Caron ouvrait un cours public
d’enseignement su])érieur sur « l’éducation des
jimnes enfants et la puériculture », mais cette
initiative resta isolée pendant de longues années.
Nous chercherions vainement le terme de j)uéri-
. culture dans le Dictionnaire encyclopédique des
Sciences médicales, paru en 1889. Et, lorsqu’on
1895, à l’Académie de Médecine, le jtrofesseur
Pinard lut une note où il faisait remarquer les
variations de poids du nouveau-né en fonction du
repos de la future mère au cours de la gestation,
le titre de puériculture intra-utérine provoqua,
nous dit-il, sur les lèvres de sescoIIègu(‘s, l’appa¬
rition d’un léger sourire.
Aujourd’hui, le mot a conquis droit de cité et
la puériculture mérite d’etre considérée comme
une véritable science, encore incomplète assuré¬
ment, mais qui justifie la définition si compré¬
hensive donnée par M. Pinard lui-méme. Science
attachante entre toutes, puisqu’elle a pour objet
« la recherche et l’ajiplication de toutes les con¬
naissances relatives il la reproduction, à la con¬
servation et à l’amélioration de l'espèce humaine».
La période d’après guerre a posé, à un degré
d’intensité particulièrement douloureuse, dans
certains pays belligérants et singulièrement en
France, le problème de la natalité ; et la sauvage¬
rie meurtrière a jirovoqué, comme par une néces¬
sité matérielle et morale à la fois, le besoin de
préserver le patrimoine ethnique. Toutes les
énergies doivent s’unir pour reconstituer la race,
éprouvée par cette .sorte d’antisélection que réa¬
lise la destruction des éléments les plus jeunes et
les plus vaillants. Ce fut la pensée qui anima le
regretté Davison, dont l'initiative provoquait, au
1" Avril 1919,1a Conférence de Cannes, présidée
l)ar le professeur Roux, de l’Institut Pasteur.
Cette Conférence, à laquelle participèrent bien
des médecins et des hygiénistes éminents venus
de tous pays, mit au premier rang de ses préoc¬
cupations la question de l’enfance et de sa pro¬
tection. Forte de l’expérience acquise, même au
cours de la guerre, la Conférence concluait à peu
près en ces termes : « il n’est ])oint d’efforts en
matière d’hygiène publique qui fournissent des
résultats plus immédiats et d’une portée jihis
considérable que ceux réalisés dans la protection
de l’enfance ; le problème le plus urgent en
matière de santé publique consiste à sauver les
enfants à naître et à assurer leur développement
normal, à rétablir la santé et rendre possible la
croissance normale des enfants qui soulfrcnt
actuellement de maladie ou de nutrition insuffi¬
sante, et sauvegardtu' tous les autres ».
Ainsi était posée, avec une autorité excejition-
nelle, la question de la puériculture ; et de tous
côtés, en tous pays, par les efforts individuels ou
des Comités nationaux, par ceux de la Ligue des
Croix-Rouge, ou grâce à l’altruisme puissant
d’organisations telles que la Fondation Rockefel¬
ler, sous des noms divers, l’œuvre de la puéri¬
culture s’édifia ou se développa.
En France, lieu de naissance de la pédiatrie, et
où fut promulguée en 1874, grâce à Théophile
Roussel, la première loi de protection de l’en¬
fance, la puériculture méritait de trouver un ter-
4’ain particulièrement favorable. Et si, jusque
vers la fin du xix" siècle, le mot n’avait jioint fait
fortune, c’est, quoi qu’en dise saint Thomas
d’Aquin, que l’expression verbale n’est qu’une
sorte de cristallisation et qui ne saurait guère
préexister à ses éléments. Or, il manquait, à une
puériculture rationnelle, son véritable et double
fondement, médical et social.
Dans une le(;on récente, mon ami le professeur
Lereboullet décrivait brillamment la grande misère
des enfants abandonnés — avant saint Vincent
de Paul — qui semble avoir un des premiers jeté
un regard de bonté active sur les enfants des
autres; et son oeuvre, considérable dans le prin¬
cipe, modeste toutefois dans sou développement,
consacra en quelque sorte le premier effort de la
protection sociale de l’enfant en France. Mais que
de déboires au bout de cette tentative ! L’enfant
ne succombait pas seulement à la misère sociale ;
même recueilli, il mourait le plus souvent par
défaut de soins compétents, par l’ignorance des
causes de mort et des remèdes ajtpropriés.
Si nous considérons les statistiques établies
sur la mortalité des enfants du premier âge, au
cours du siècle dernier, nous voyons qu’en
1811, alors que la France comptait à peu près
27.Ô00.000 d’habitants et que le chifi're des nais¬
sances atteignait 800.000, plus de 25 pour 100
des enfants succombaient avant la fin de la pre¬
mière année; autrement dit, avec 800.000 nais¬
sances annuelles, plus de 200.000 disparaissaient
avant d’atteindre l’âge d’un an.
Dans le courant du siècle, avec l’accroisse¬
ment de la population, coïncidant d’ailleurs avec
la diminution relative, et finalement inquiétante,
des naissances, le taux des décès du premier âge
subit une forte diminution et la mortalité infan¬
tile s’abaisse, en 1925, à moins de 10 pour 100.
Le chiffre des naissances pour 40.000.000 d’habi¬
tants n’est plus que de 768.000 environ et
68.000 décès s’inscrivent avant l’âge d’un an.
Résultat déprimant au point de vue de la nata¬
lité, mais qui souligne heureusement l’améliora¬
tion apportée aux conditions vitales de l’enfant du
premier âge. Cette amélioration globale, si récon- .
fortante soit-elle, laisse encore place â bien des
perfectionnements. Et la F'rance, avec ses 8 à
9 pour 100 de mortalité infantile, doit encore
s’efforcer d’égaler les pays, où la tâche est peut-
être rendue plus facile par certaines conditions
démographiques ou climatériques, tels que Dane¬
mark, Scandinavie ou Nouvelle-Zélande, et appro¬
cher de l’optimum désirable de 4 pour 100. Les
classes aisées et averties donnent d’ailleurs en
France un pourcentage meilleur encore et leurs
statistiques méritent d’être opposées à la triste
condition des pauvres enfants séparés, et surtout
(les enfants abandonnés, dont la mortalité est
dans l’ensemble de .30 à 35 pour 100 en PVance et
atteignait, voilà peu d’années encore, dans cer¬
tains départements, les chiffres monstrueux de
80 à 90 pour 100.
De cette mortalité excessive sont responsables,
et les parents inconscients, misérables, tarés ou
criminels, et sans doute aussi la société qui ne
remplit pas encore tout son devoir vis-â-vis des
malheureuses femmes, victimes finales de l’ins¬
tinct sexuel.
Mais si la débilité congénitale, les hérédités
jiathologiques, l’ignorance des parents font dis-
paraître tant de nourrissons avant la naissance ou
pendant la première année, combien d’autres ne
dépassent la petite enfance qu’avec une santé
déjà compromise, avec des capacités de survie
médiocre, avec des moyens réduits pour entre¬
prendre cette lutte pour la vie, aujourd’hui plus
âpre et plus ingrate que jamais.
Pénétrons dans une école et explorons systéma¬
tiquement l’état physique des enfants, petits ou
grands. Quel que soit le degré de l’enseignement
considéré, qui oserait affirmer que le souci domi¬
nant des parents, des éducateurs, soit celui de la
santé. Et pourtant, sans cette exigence préalable,
tout effort éducateur restera vain et stérile. Com¬
bien d’enfants malingres, souffrant d’une nutri¬
tion déficitaire ou atteints d’une infirmité locali¬
sée, seront incapables de poursuivre les études
correspondant à leur âge, combien échoueront
de,vant les sanctions scolaires, combien, après
avoir péniblement acquis certificats ou dijilômes,
ne pourront ensuite retirer de leurs études un
juste bénéfice, ni devenir, comme il importe, le
citoyen au robuste éupiilibre, en mesure de faire
figure honorable au foyer comme dans la nation?
Ce ne sont point là considérations vagues, mais
observations positives, fondées sur des enquêtes
poursuivies en divers pays, notamment sur ces
recherches, qualifiées si judicieusement d’expé¬
riences, et conduites, aux Etats-Unis notamment,
par des équipes scientifiques, supérieurement
outillées.
Que ce soit à Fargo, dans le North Dakota, à
Saint-Louis ou à San Francisco, et asst rément
aussi en France, les conclusions sont les mêmes,
variant à peine dans leurs a])proximations. Sur
l’ensetubli» de la population scolaire, 75 pour 100
présentent une défectuosité physique qui méiûti'-
rait l’attention : •
20 à 30 pour 100 offrent une nutrition amoin¬
drie.
60 à 87 pour 100 ont des altérations dentaires.
24 pour 100 ont des végétations adénoïdes,
déterminant une obstruction nasale et une respi¬
ration insuffisante.
30 à 40 pour 100 ont une attitude incorrecte,
inélégante ou pathologique.
A ces déviations de l’état normal, s’ajoutent
enfin, en bien des cas, la surdité partielle ou
menaçante, la diminution de l’acuité visuelle. Et
tous ces troubles, minimes d’abord et souvent
curables, auront, s’ils ne sont dépistés dans le
jeune âge, les effets les plus fâcheux sur l'instruc- .
tion et la santé future, en un mot sur l’avenir des
jeunes écoliers.
Au reste, interrogeons les statistiques dos con¬
seils de révision ; en 1901, 860.000 naissances
environ dont 436.000 de sexe mas<-ulin ; en 1021,
347.000 garçons restent inscrits sur les tableatcj..
du conseil dé révision'. Plus de 20 pour lOQ.qpt.
•218
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N* 14
disparu. Si l'on tient compte du fait que lea
listes de conscription ont dû s’accroître du fait de
rimmigration et si l’on ajoute que 10 à 12 p. 100
des survivants seront considérés comme inaptes
au service mililaii-e, on aperçoit ainsi le décluît
considérable à défalquer, autour de la vingtième
année, de notre capital humain.
Sur rensemble des enfants nés au cours d’une
année, 15 à 30 ])our 100 au total auront disparu
avant l'ûge d’homme, grevant la nation d’un
lourd déficit. Que de drames et de mécomptes
dans l'ordre affectif ou intellectuel, quel gaspil¬
lage dans l’ordre économique ! Ce dernier point
de vue a retenu l’attention d’habiles statisticiens
qui se sont jjlu à faire l’estiinatiou de la perli-
subie; elle correspond pour chaque année à des
sommes formidables qui cumulent jieu à peu leurs
intérêts coin|)o.sés.
Tels sont, bien rapidement esquissés, quelques
aspects du problème de l’enfance. La juiériculture
prétend parer à la plupart de ces dangers et })Our
une très large part en réduire les effets. Envi¬
sager riiomme dans sa période formative et émi¬
nemment plastique, étudier les conditions les plus
favorables à son dévelojtpement harmonieux, dis¬
cerner les meilleures méthodes de diffusion des
notions établies, imposer [)ar le consentement ou
la légalité leur application dans le domaine de
l’hygiène |)ul)li(pie ou privée, voilà le but de tous
cimx, méde<'ins, sage.s-femmes ou infirmières,
pédagogues, ])hilanthropes ou législateurs, qui
s’intéressent, à des titres divers, au sort des
petits, à l’avenir de l’enfance ou de la nation.
Pour Y réussir, il faut ju'ovoquer l’avènement
d’une ine'italité nouvelle, substituera l’expression
déjà vieillie de la « lutte contre la mortalité infan¬
tile Il le concei)t nouveau de la « lutte en faveur
de l’enfant normal n !
Naguère encore, le médecin se confinait volon¬
tiers dans la tâche, troj) souvent su[)érieure à ses
moyens, et (pii consistait à réiiarer le domina ■'•e
dé'jà causé ou à en limiter les conséquences. E i
dé])it des progrès incontestables réalisés dans
l’art de guérir, soit en médecine, soit en chi¬
rurgie, bien des faits démontrent, hélas! son insuf¬
fisance. Prene-/ jioiir exemple une maladie redou¬
table entre toutes par l’étendue de ses méfaits;
que de déceptions s’offrent à l’effort le jilus sou¬
tenu, le plus énergique, le mieux outillé!' Si la
tuberculose paraît aujourd’hui moins meurtrière,
si le chiffre absolu des décès est moins consid(v
raide, si l’on voit diminuer le pourcentage de ses
victoires, c’est beaucoup moins en con.séijuence
des jierl'ectionneincnts olitenus dans l’art de
guérir, sans vouloir réduire l’intérêt d’une nu'-
thode d(! Eorlanini, (pii n’a rien de siiécifupie, ni
les jirétentions d’une- chimiothérapie encore bien
discutée, (pie jiar la vertu d’une préservation
méthodique dont l’idée directrice et les premières
réalisations ra])])ellent les noms de Grancher et
de Calmette, de Malvoz et de Robert Phili|).
Ce n’est point l’art de guérir qui a fait fléchir
dans les statistiques si impressionnantes encore,
voilà moins de cent ans, les morts par infectioji
]merpérale, si néfastes aussi directement ou indi¬
rectement pour le nouveau-né; ce n’est point l’art
de guérir qui a fait tomber de plus de 25 à
8 |iour 100 le chiffre des enfants du premier âge
qui succombaient avant la lin de la première
année. Pour la tuberculose, comme pour la fièvre
jn eriiérale ou jiour la mortalité infantile, c’est la
notion de l’infection, (xnn re du génie jiasteurien,
qui a commandé à la fin du xix'' siècle toute la
nouveauté de la défense jiar la préservation ; dé¬
couverte et éloignement de l’agent de contagion,
j;rati(pie de l’asepsie, stérilisation du lait, voilà
quels furent les éléments essentiels de cette lutte
contre la mort.
Substituer à la thérajieutique, autant qu’il est
possible, l’hygiène et la médecine préventive,
toU» doit être à l’heure présente l’ambition du
médecin. La médecine actuelle ne devra plus .se
contenter d’être à l’affût, elle doit devenir agres¬
sive. Et l’hygiéniste, comme l’hornme d'Etat, s’il
veut être assuré d’une effk'acit(j, doit avant tout
prévoir.
Plus que tout autre, le puériculteur aura cette
conviction. « Enfant normal ; santé d’abord », tels
devront êti'c son but et sa devise.
A dire vrai, si l’on tient compte des examens
scolaires mentionnés jilus haut, ou se prend à
douter de l’existence de l’enfant normal. Et par
contre il est certain que beaucoiqi des jeunes gens,
([ui manquent à l’appel au moment de la révision,
étaient venus au monde doués d’un capital de
santé égal à celui de bien d’autres qui ont survécu,
leur disparition n’a dépendu que de causes par¬
faitement évitables.
l'kgurons-nous donc d’abord l’enfant normal
comme le type idéal vers lequel doivent tendre
toutes nos iiréoccnpations : ce sera l’enfant com.’U
])ar deux êtres sains et l'obustes ; une gestation bien
surveillée, une parturition aisée, l’ont conduit
sans dommage jusqu’à la naissance ; sa première en¬
fance est parcourue sans souci dans la quiétude de
l’allaitement maternel. El ainsi doué dès le plus
jeune âge d’une heureuse provision de force vi¬
tale, il n’aui-a pas grand’pcine à triompher des
attaques (jui [lourraient ultérieurement menacer
♦
La juiériculture aura donc jiour jiremier devoir
de tracer, à travers toutes les périodes de l’ei -
fance, le schéma de cet enfant . normal, avec le
désir d’y égaler à tous moments chaque être consi¬
déré. Nous entendons souvent jirononcer le voca¬
ble d’école unique, et, moins (jue jiersonne, nous
ne répugnerons à la jiossibilité de donner à
clnujue individu toutes ses chances intellectuelles;
mais nous voudrions voir surtout, et cela sans
controverse assurément, propager celui de santé
nni(jue. Il faut souhaiter que le xx" siècle, que
l’on a d(-jà surnommé le siècle de l’enfant, fasse
triompher, — sans négliger de le jiréjiarer à ses
devoirs, - ses droits à la vie, à la santé, au
bonheur.
Protéger l’enfant dès avant la conception,
assurer son développement intégral dans le sein
maternel, éviter tous les incidents fâcheux lors de
.sa naissance, contrôler et favoriser sa croissance
Iors(ju’il aura vu le jour, éloigner les dangers
inhérents au milieu extérieur et à la vi(' sociale,
particijier à son orientation au seuil de l’adoles¬
cence, ainsi se résume en quelques mots le large
programme de la juiériculture.
G’est avant tout un jirogramine d’action, et la
puériculture s’enorgueillit d’être une science jira-
li(jue. .'Vu surjilus, rencouragenient à cet égard
vient des jilus grands maîtres, et, comme le raji-
pclait le jirésidenl Poincaré dans l’éloge funèbre
de l’illustre savant : « Pasteur n’a jamais pensé
que la science dérogeât en se mariant à l’action. »
***
La tâche initiale est de favoriser la mise au
monde d’enfants sains, dépourvus, si jiossible,
de toute tare héréditaire, et le jiremier chaj.itre
de la jiuérictilture aura pour titre « eugénique »
selon l’expression ile (falton « ou eugennétiijue »
dénomination jdus récente du jiroh'sseiir Pinard.
Galton, le jirojire cousin de Darwin, jioursui-
vait l’étude des conditions placées sous le con¬
trôle social, et qui jieuvenl améliorer ou altérer
les qualités raciales des générations futures au
point de vue physique ou mental. M. Pinard con¬
sidère dans l’eugennétique rutilisation plus pro¬
chaine des notions médico-sociales en faveur de
la bonne procréation humaine.
Mais, avant d’ouvrir ce chapitre, il importe en
quelque aorte de faire le point, d’établir avec une
rigueur quasi mathématique, et qui permettra le
rejiérage, les variations biologiques de la popu¬
lation enfantine considérée. Pour en numérer
objectivement les conditions, il nous faut recourir
à la statistique, particulièrement à la statistique
dite vitale, à la biométrie. Science ingrate "(it
difficile, mais qui, entre des mains avisées, four¬
nira à toute édification biologique une solide
assise; science qui mérite d’être vulgarisée, car.
si elle se heurte parfois au scejiticismc et à une
ironie trop facile; c’est que l’on confond sous le
même nom le résultat bénévole de technitjiies
douteuses et partiales, et le critère rigoureux de
conclusions inattaquables. Est-il besoin de yiré-
ciser que nous ne songerons ici qu’à ces calculs
mélhodiques, établis ou contrôlés jiar des stntis-
ticiens de jirofession, et qui permettent de me¬
surer avec exactitude les jirogrès accomplis, de
justifier les méthodes éjirouvées.
Nous en vérifierons d’abord la valeur dans
l’élude de l’hérédité. Des visions audacieuses et
des études scientifiques où s’illustrèrent Laraarck
et Darwin, Weissinann et Gallon, Naudin el.Men-
del, tant d’autres qui récemment s’attachèrent à
dégager, jiour les esjièces animées, les lois de
l’hérédité et de l’eugénique, certaines indications
d’ordre jiralique méritent d’être isolées, retenues
Jiour leurs conséquences immédiates et incontes¬
tables. Laissant de côté les spéculations incer¬
taines, 1(3 médecin hygiéniste et puériculteur pou¬
vait dès la fin du dernier siècle, pourra surtout
au cours du x-x” siècle élaborer les princiiies de
l’eugennétique. Il est singulier que, depuis long-
teiiijis déjà, botanistes ou éleveurs se soient éver¬
tués à fixer les règles de la sélection des graines
ou des croisements les jilus avantageux, tandis
(jue par une pudeur déjilacée, une indin'érence
coupable ou un égo’isme grossier, les humains ne
considèrent trop souvent dans l’union procréa¬
trice que la satisfaction peu consciente d’un ins¬
tinct supérieur ou l’heureux aboutissement de
combinaisons matérielles. Certes, nous ne uki-
connaissoiis pas la difficulté qu’il y a à transférer
et à généraliser dans la réalité quotidienne les
enseignemenls de l’eugennétique jiréconcejttion-
iielle. Et pourtant, est-il rien à cet égard de plus
moral que le rôle du médecin de famille; il a le
devoir de mettre en face de leurs responsabilités
ceux qui lui ont commis la charge de les défendre
et de les conseiller. Il doit .saisir toute occasion
de faire jiénétrer dans les esprits les notions fon-,
damentales de l’eugennétique; il devra surtout,
avant que l’heure ne sonne où se confrontent les
intérêts matériels, ou lorsque même les senti¬
ments doniinent la raison, former l’esprit des
jeunes gens à respecter rinstinct sexuel et à con¬
sidérer d’abord, dans une union éventuelle, l’e.s-
Ihéliquc primordiale de la santé ; plus tard,
runion résolue et près d’être consacrée, il lui
sera facile de rajipeler aux jeunes couples les
comniandemcnts des jirocréatcurs et leur recom¬
mandera de ne point livrer au hasard l’acte qui
décidera la naissance d’un être nouveau; de son¬
ger que l’égo'isme et l’altruisme s’accordent pour
exiger au jiréalable un instant de réflexion; d'éloi¬
gner toute idée de procréation en jiériode d’inh'--
riorité jihysique ou mentale, de surmenage ou de
maladie. Rien d’autres précisions s’imposent (jui,
sur le terrain de l’eugennétique positive ou néga¬
tive, devront, par le médecin, et, grâce à lui, jiar
bien d’autres éducateurs i être largement dif¬
fusées 1 •
G’est dans ce cadre de l’eugennétique que s’ins¬
crivent aussi les éludes concernant l’hygiène et
la prophylaxie sexuelles, problèmes délicats,
mais qui peuvent trouver leur solution sans
heurter les esprits les plus rebelles ou les plus
timorés — l’élude de l’e.xamen pré-nuptial ou du
carnet de santé auxquels bien des pays ont déjà su
s’adapter — l’élude, théorique tout au moins, de
N» 14
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
219
la stérilisation des individus définitivement tarés
et dont bien des goiiS parlent sans en connaître
la véritable signification.
L’eugennétique s’exerce dès à présent avec une
réelle efficacité dans toute la période pré-natale
et à la naissance même. C’est elle qui commande
tout le contrôle de la gestation, s’efforçant de
combattre en temps utile l’inlluenco de toute héré¬
dité morbide et de donner à la future mère l’as¬
sistance que mérite son état; c’est ici tout le
chapitre de l’obstétrique, où l’admirable école
française triomphe depuis longtemps, et qui
groupe autour des maternités, des consultations
pré-natales, des refuges, des maisons mater¬
nelles, et grâce au concours de sociétés privées,
charité ou mutualité maternelles, tout l’arsenal
de défense et de protection du nouveau-né futur à
travers l’organisme maternel.
En regard de la première enfance s'ouvre un
nouveau chapitre de puériculture. Qu’il s’agisse
de l’individu ou de la collectivité, il importe de
faire triompher les principes fondamentaux et
bien définis de l’élevage du nourrisson, la supé¬
riorité de l’allaitement au sein, le droit de l’en¬
fant au sein et aux soins maternels, vérités sans
doute banales, mais toujours insuffisamment pro¬
clamées.
La question du lait, seconde nourriture fie l’en¬
fant, question considérable, doit retenir tout
particulièrement l’attention du puériculteur. Il
s’agit lâ d’un problème complexe, médical et éco¬
nomique, qui intéresse le producteur et le con¬
sommateur dont les exigences légitimes méritent
assurément d’élre considérées. Le médecin doit
jouer le rôle de défenseur dans ce procès où le
nourrisson risque d’élre la victime; il doit ol)-
tenir, grâce â des aménagements dont les ])Ouvoirs
publics ont â assurer la possil)iliié, (pie le lait de
l’enfant soit livré pro])re et sain, et que nous ne
soyons pas moins privilégiés à cet égard que le
Danemark, la Suède, ou les Etats-Unis.
D’autres manquements aux lois naturelles sol¬
liciteront des progrès, et notamment le sort des
enfants abandonnés réclame une amélioration
urgente, déjà ébauchée par certains administra¬
teurs et rajiidement obtenus, selon l’heureux
exenqile de M. Mourier, par rulilisation succe.s-
sive de la crèche-lazaret, pour l'observation des
premiers jours, et du placement familial sur¬
veillé.
Dans la deuxième enfance, dans l'âge scolaire,
de nouveaux besoins se manifestent, c’est la p(>
riode où commence et se confirme la vie de rela¬
tion. Ici doit triompher la médecine préventive.
Favoriser le culte du mouvement, de l’air et du
soleil, défendre l’individu et la collectivité dans
la famille ou à l’école contre les maladies infec¬
tieuses, en mettant à profit les notions les -plus
récentes sifr les vaccinations, obtenir surtout
chez'l'eufant cet automatisme de l'hygiène, de
l’éducation physique, de l’hygiène dentaire, de
l’hygiène mentale, et plus tard de l’hygiène
sexuelle, tâche relativement facile, et qui aura la
plus grande chance d’obtenir chez l’adolescent et
même chez l’adulte le maintien .des réflexes ainsi
sollicités dans le jeune âge. Il appartiendra eu
outre au médecin d'intervenir, d’accord avec les
parents ou éducateurs, pour établir dans un juste
équilibre le programme du travail et le pro-
' gramme des jeux ou des sports, avec le constant
souci d'éviter, en toute matière, l’excès et le sur¬
menage, ainsi que le réclamaient récemment en¬
core les professeurs Nobécourt et Lreper.
Mais le médecin réduit â ses seules possibilités
• ne peut avoir, quelle que soit son autorité, que le
rôle essentiel, mais limité, d’indiquer sa doctrine,
de dispenser scs conseils. D’autres auront la
charge d’en poursuivre l’application, et l’assis¬
tance médicale doit nécessairement se doubler
ainsi de l’assistance sociale.
Assistance sociale, expression nouvelle qui a
pris naissance dans le monde contemporain pour
apporter à ta charité traditionnelle, très méri¬
toire sans aucun doute, mais parfois exclusive,
en tout cas incertaine et désordonnée, la notion
d’obligation et de généralité. Rappelez-vous la
bell(! parole de Pasteur demandant qu’on prête à
l’enfant, sans considérer ni sa patrie, ni sa reli¬
gion, toutes les attentions et toutes les tendresses.
La société moderne doit, en l’ampliflant encore
s’il est [tossible, s’inspirer de ce thème, et en pé¬
nétrer toute son œuvre de puériculture. Déjà bien
des jalons sont posés, et le Comité national de
l’enfance, fondé par l’éininent sénateur Paul
Strauss, et devenu partie intégrante de l'Office
national d’hygiène, s’emploie à provoquer ou à
diriger toutes les entreprises publiques ou pri¬
vées et à favoriser leur union en vue du labeur
commun. Dressant le cadastre des organisations
protectrices de l’enfant, il s’applique à eu faciliter
le développement, à indicjuer les lacunes, à pro¬
curer les moyens théoriques ou pratiques des¬
tinés à les combler. Parallèlement se développe
l’assistance légale, ultime et définitif soutien de
l’édifice, car le législateur prudent tire' en der¬
nière analyse la conclusion d’essais individuels,
d’expériences et d’encouragements venus de l'ini¬
tiative privée pour donner au moment venu, à
l'idée (jui s’impose, la généralisation attendue.
Malheureusement, en dépit de cette |)rudence,
les dispositions légales restent souvent insuffi¬
santes ou inopérantes, et dans la série des textes
législatifs, nous voyons des lois ess(;ntielles
comme la loi Roussel, excellente dans son prin-
clp(‘, rester d’une application limitée et criti¬
quable. D’autres, telle que la très belh; loi d'as¬
sistance aux femmes en couches, mérit(‘ d’être
encore améliorée par l’appoint de plus larges do¬
tations. Mais raflirniation essentielle (pie cou.s-
tituent ces lois, d’autres encore, actuelles ou
escomptées, touchant les familles nombreuses,
rinsp('ction médicale scolaire, rapiirenlissagc,
l’extension à tous les enfants du premier âge, et
non plus aux seuls enfants dits protégés, du con¬
trôle médico-social, la délinquence juvénile, per¬
mettent d’entrevoir un progrès considérable et
prochain au point de vue de l’hygiène publique
de l'enfance. Ce progrès ne pourra qu’être faci¬
lité par certains mouvements d’opinion, par la
constitution, sous l’influence d’un Justin Godard,
du grand parti de la santé publique, où peuvent
se joindre, sans arrièr(!-pensée, toutes les convic¬
tions, unies dans un enthousiasme national, dont
certain grand j)ays, et (jui veut fonder sa race,
nous oll’re l’exemple instructif.
11 ne suffit ])as toutefois d'énoncer les techni¬
ques d(' la puériculture, ni même d’en édicter
l’obligation. Avec des agents incomjtélents, avec
un pui)lic mal informé, incrédule ou récalcitrant,
les plus belles ordonnances resteraient sans
efficacité.
(( La civilisation antique, dit à peu près Renan,
a disparu non faute d’intensité, mais faute d’(!x-
tension. »
. Craignons de pouvoir transposer celle phrase
au sujet de la puériculture. La jtrolecliou de l'en¬
fance a vu naître en France la plupart de ses
idées fondamentales et leurs premières applica¬
tions. àlais trop d’années ont malheureusement
passé avant qu’elles aient pu trouver l’atmo¬
sphère favorable à une large mise en prati(jue.
El c’est ici qu’intervient la besogne des éduca¬
teurs. Si la propagande et l’enseignement ont
pour mission initiale d’instruire le personnel
technique, ils doivent aussi faire connaître,
dans tous les milieux, l’intérêt des méthodes
sélectionnées, éveiller la curiosité chez les enfants
et chez les parents, pour forcer ensuite la con¬
viction, et obtenir enfin la coopération.
Le personnel technique est double ; d’abord
celui qui doit assumer la direction du mouve-
.ment, le médecin, dont nous avons déjà esquissé
la fonction. Il ne trouve pas toujours au cours de
l’enseignement régulier l’occasion , d’acquérir
toutes les notions, même élémentaires, concernant
l’hygiène de la mère et de l’enfant, et il peut
parvenir au terme de ses éludes sans avoir peingi
la nécessité, qui sera quotidienne, dès ses pre¬
miers contacts avec la clientèle, d’êtiv; familiarisé
avec tous les problèmes d’hygiène pi'ati(iu((, plus
particulièrement avec C(mx (jui concernent l’en¬
fance. Il devra, et demain plus (pie jamais aupa¬
ravant, être le grand artisan de la lutte contre les
fléaux sociaux ; alcoolisme, tulierculosc, maladies
vénériennes, et nulle part mieux (jue dans l’en¬
fance et l’adolescence il ne pourra l’exercer avec
profil. Celle lutte s’efi'ectuera sous deux modalités,
en prévenant ou corrigeant les ell’els d’une hé¬
rédité fâcheuse, et en appliipianl, dès le jeune
âge, les méthodes de préservation autrement pro¬
fitables que toutes les mesures onéreuses, et si
souvent inefficaces, de Irailemeiit et d’assistance
dos adultes malades, contagieux, incurables.
Près du médecin, son auxiliaire indispensable :
l’infirmière visiteuse qui, surtout en province et
dans chaque canton, pourra être représentée par
une sage-femme à éducation coiiqilétée. Dès avant
la guerre, quelques-uns d’entre nous avaient
liiiiidement essayé d’acclimater chez nous cette
collaboration si utile. Mais il a fallu l’exeiiqile et
la parole, venus même de l’étranger, pour iiéné-
trer médecins- et administrateurs de la valeur de
cette innovation qui ne saurait (pi’être bien
accueillie par tout observateur impartial.
Li’nfirmière visiteuse, qui réunit volontiers
dans notre conception française le bagage de
riiilirmière et celui de la travailleuse sociale, a
mission de pénétrer dans les foyers, où (die doit
se faire admettre comme une amie et un conseil
désintéressé. Consciente de ses atlrilnitioiis et
liien préparée à ne les i)oint déliasser, il lui est
facile d’établir par une empiète patiente et minu¬
tieuse les besoins hygiéniciues des familles igno¬
rantes ou malheureuses, des logis malsains ou
surpeuplés ; l’un des résultats de son intervention
sera, bien des exemples en témoignent, de favo¬
riser, en dehors même de son propre territoire,
et grâce à une propagande légitime, l’action dn
médecin.
L’éducation complémentaire du médecin, la
formation de la visiteuse répondent aux exigences
de personnel technique, àlais renseignement de
la puériculture a d’autres obligations. 11 faut
prévoir l’enseignement élémimtaire destiné à
cette classe si précieuse et dont la collaboration
ne saurait être estimée trop liant et (pie repré-
seiilenl les éducateurs de renfance. Maîtres et
institutrices, directeurs d’école et cliefs d atidier
comprendront assurément 1 importance de leur
concours et seront ici d’exeelleiits vulgarisateurs.
Associés avec le médecin et 1 infirmière scolaire
dans un travail commun, où cliaeun aura son rôle
à jouer, ils contribueront tous à <■ l’édiieation de
sauté 11, formule trop récente jiarmi nous et (pu
devra être popularisée.
Et nous voudrions voir énoncer en de grandes
assises, préparées de concei-t par les ligues de
renseignement, les formations sportives de la
jeune.sse, les diverses sociétés d’hygiène scolaire,
d’hygiène par l’exemple, les écoles de puéricul¬
ture et rOflice national d’hygiène, la nécessité de
cette (1 éducation de la santé n poursuivie dans
toutes les classes de l’enseignement, dejiuis 1 école
maternelle jusqu’à l'enseignement supérieur.
Cette introduction à l’étude de la puériculture
mériterait encore bien des développements. 11
faudrait, après l’analyse de ses parties, en ébau¬
cher au moins comme une synthèse, et définir le-
centres d’activité de la puéricultui-c. Je me con¬
tenterai de vous en signaler rexeiuple eoneret
220
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N» 14
réalisé dans celte école qui, par la sollicitude de
la Facuhé et des pouvoirs publics, brillera peut-
être avant longtemps d’un autre éclat dans un
édifice digne deTUniversité de Paris.
On s’est préoccupé, dans un but éducatif, d'y
rassembler la plupart dos départements de la
puériculture : dispensaires d’hygiène pour la
période anté-natale, la première et la deuxième
enfance, services de consultations générales et de
consultations spéciales, dépisliige des troubles de
la vision ou de l’audition, examens et soins den¬
taires pour les femmes en état de gestation ou les
enfants d’ilge seolaire, prophylaxie générale anti-
infectieuse et pro|)h}'laxie anlisyphilili(|ue, vacci¬
nation contre la tuberculose, examens biologiques
de toutes sortes, et bientôt, j’espère, déjtislage
psycho-pédagogique. Encadrant ces diverses
activités et les coordonnant, l’organisation du
service social, où sous le patronage de l’OITiée
public d'IIygiènc sociale du département de la
Seine, des infirmières visiteuses jouent le rôle
précieux d’intermédiaires entre le médecin qui
dirige leur action, les familles où s’exerce leur
influence discrète et bienfaisante, les établisst;-
nients publics ou les <euvres privées dont elles
savent tirer parti |)Our le ])his grand bénéfice des
intéressés.
Simplifiées ou élargies, des organisations ana¬
logues devraient, sous la déiiendance des Offices
départementaux, et avec le concours des écoles
régionales de puériculture, commander dans tout
le pays, et dans chaque canton, la ])roteelion de
l’enfatice.
Cet exposé, déjà long et pourtant très abrégé,
montre (lUC la puériculture doit ernjtninter ù des
programmes voisins, et déjà élaborés, une partie
de son enseignement : robslétri(iue, pour la
période jiré-natale comme pour la |)arlurition et
l’àge du nouveau-né, lui oH're un solide concours ;
la pédiatrie médicale et chirurgicale lui apporte
la notion de l'enfant malade, contre-partie indi.s-
pensable, nutis (pii fut trop longtemps, pour nos
étudiants et nos médecins, le centre incorrect de
leur connaissance de l’enfant; enfin, elle tient
étroitement à l’hygiène générale qui, sous l’iin-
pulsion récente de ses derniers enseigneurs, est
devenue vraiment une science ■vivante et pratique,
dominant toute la médecine. Mais la puériculture,
si liée soit-elle à ces chapitres voisins des sciences
médicales, mérite bien une individualité propre.,
dette individualité, elle la tient de son pro¬
gramme immédiat: l’enfant normal ou sub-
nornial; elle s’efforce de faire dis|)araître celte
anomalie: l’enfant taré, l’cnfanl chétif, l’enfant
malade. .V l'inverse de la pédiatrie, c’est en
ihdiors de l’hôpital rpie s’exerce .Son action, et
son objectif, lointain et inaccessible, vers lequel
(die tendra sans pouvoir assurément y parvenir,
c’est la su|(pression de l’hôpilal et de la maladie.
Le terme ])rochain et raisonnable qui exige
toutes les coopérations et que l’on entrevoit avec
certitude, ce sont, en tout cas, bien des désastres
évités, moins de familles éprouvées dans leurs
alfections, c’est l’amélioration des enfants qui
survivent, ce sont des jeunes gens plus robustes
dans leur corps et dans leur esprit.
Du point de vue national, comnie du j)oinl de
vue humanitaire, le rôle de la juiérieullure appa¬
raît considérable. Et, à ne tenir compte que de
ses conséquences économiques, je serais bien
tenté de souscrire à, l’affirmation de Bailcy
B. Burritt, directeur général de l’Association
new-yorkai.se pour ramélioration des conditions
des indigents : (( Si l'on, pouvait contrôler, dit-il,
la santé physique et mentale de l’enfant, depuis la
conception jusqu’à l’àge adulte, nous pourrions
en même temps résoudre en grande partie le
problème du [>au])érismn. "
LE GLAUCOME
ET SON TRyVlTEMENT MÉDICAL
Par Ch. ABADIE
Le glaucome est une aU'eclion oculaire sur
laquelle tout médecin praticien doit posséder
quelques notions clini(pies et théra|)eutiques. En
premier lieu, elle est très fré(juenle, en second
lieu elle survient à tous les Ages, frappant indi.s-
tinctemetil toutes les classes de la société, les
habitants des villes comnie ceux des campagnes
et tous les peuples de l’univers. Reconnue à
temps et bien soignée, elle guérit ; méconnue et
a'nandonnée à elle-même, elle aboutit toujours à la
cécité.
Le glaucome se présente sous trois formes
principales :
1“ .\igu, attaque subite, presque foudroyante;
2“ Subaigu, avec des crises intermittentes,
paraissant et disparaissant spontanément sans
causes ap[)réciablos ;
3“ Chronique simple se traduisant uniquement
[lar une diminution lente et progressive de la
Le diagnostic de. la forme aiguë n’est pas diffi¬
cile. Le malade éprouve subitement des douleurs
violentes dans la région orbito-fronlale qu’aucun
anesthésique ne peut calmer. Le globe oculaire
est injecté, en le palpant avec les deux index il
est dur et résistant. La cornée perd sa transpa¬
rence, devient (loue, jirend un aspect blanc gri¬
sâtre, laissant néanmoins entrevoir encore la
pupille qui est dilatée. La vision est complète¬
ment abolie.
Dans la forme subaiguë à crises intermittentes,
le malade signale tantôt l’apparition de cercles
colorés autour des jlammos rappelant les couleurs
de l'arc-en-cicl (signe ])athognoiuoni(jue d’une crise
gjaucornateuse). Tantôt la disparition plus ou
moins complète de la vision pendant une heure ou
deux.
Dans l’intervalle de ces crises tout rentre dans
l’ordre. Puis elles deviennent subinlrantes, l’hy¬
pertension reste permanente et la vision se perd.
Dans le glaucome chronique simple, la vision
baisse progressivement et très lentement, le champ
visuel se rétrécit de plus en plus, particulière¬
ment du côté nasal.
Le diagnostic alors devient parfois très diffi¬
cile car certaines atrophies des nerfs optiques
présentent à peu près la même évolution. Seul
l’examen ophtalmoscopique permet de le trancher,
l'atrophie oiitique glaucomatcusc présentant une
Du reste une erreur en pareil rats était jadis
moins préjudiciable au malade, car jusqu’ici le
glaucome chronique simple avait résisté à tous
les traitements médicaux ou chirurgicaux.
D’après ce qui précède, je ci'ois que tout prati¬
cien en jirésencc de glaucomes aigus ou subaigus
pourra tout au moins soupçonner le diagnostic.
Quant au glaucome chronique simple, le diagnostic
restera toujours délicat même pour un ophtalmo¬
logiste expérimenté.
Depuis les beaux travaux de de Græfe sur le
glaucome, symptomatologie, évolulioli, modali¬
tés diverses étaient bien couniies, et là grtinde
découverte de l’action curative de riridectomie
dans certaines formes avait atténué la gravité du
pronostic toujours fatal jusqu’alors. Mais les
théories palhogéniquès restaient aussi nom¬
breuses qu’obscures.
, Il y a (îe cela trente et un ans*, j’émis alors pour
la première fois l’opinion que le glaucome était
une maladie, non de l’œil lui-même, mais du grand
sympathique oculaire destiné à régler sa nutrition,
•se traduisant par une e.icitation des vaso-dilatateurs
des vaisseau.v de l'œil ayant pour conséquence
l' hypersécrétion des liquides intraocuLJres et par
suite rinjpertension.
Cette conception, au lieu de partisans, ne
rallia guère que des adversaires. Pendant trente
et un ans, soit à la Société d'Ophtalmologie de
Paris, soit à la Société française d’Ophtalmologie,
j’ai été à peu près seul à la défendre cohtre de
nombreux collègues. La plupart d’entre eux sou¬
tenaient que le glaucome était dû à un obstacle
apporté à la filtration des liquides inlraoculaires
au niveau de l’angle irido-scléro-cornéen. Celte
idée directrice a toujours été le point de départ de
toutes les tentatives chirurgicales (trépanations,
sclérectomies, etc.) faites dans le but d’établir des
cicatrices dites filtrantes, facilitant ainsi la sortie
des liquides de l’œil.
Il est pourtant un principe dont on ne doit
jamais se départir quand on s’aventure dans un
domaine encore inconnu de n’importe quelle
branche des sciences médicales, c’est le suivant :
si pour guider ses recherches il est permis de
faire des hypothèses, il faut être prêt à les aban¬
donner dès qu’elles sont en contradiction avec
des faits précis cl bien observés; c’est le seul
moyen de ne pas rester dans l’erreur et de se
rapprocher de la vérité. Dans la question de
l’étiologie du glaucome, ces règles ont été cons-
J’ai eu beau montrer qu’avec des cicatrices fil¬
trantes typiques, pratiquées en temps opportun,
des yeux glaucomaleux possédant encore une assez
bonne vision restaient durs et perdus. Que
d’autres, au contraire, simplement opérés d’iri¬
dectomie sans entamer la sclérotique, ayant des
cicatrices plates non filtrantes, étaient bien et défi¬
nitivement guéris, rien n’y a fait, on a pas.sé
outre à toutes mes objections; mais aujourd’hui
l’adage Naturam morborum curationcs ostendunt
vient à mon aide cl les résultats obtenus avec le
traitement médical que j’ai découvert et que j’ai
communiqué à l’Académie de Médecine en Avril
1927 viendront, je ptmsc, mettre fin à toutes ces
controverses.
Le glaucome est bien le résultat d’une .vaso¬
dilatation anormale des vaisseaux de l’œil inner¬
vés par le sympathique oculaire, comme je l’avais
annoncé en 1897, puisque l' association de quelques
médicaments vaso-constricteurs employée seule le
fait disparaître.
Or cette action médicamenteuse ne porte évi¬
demment (pie sur les vaisseaux de l’œil et n’en a
aucune sur la structure anatomique de la région
scléro-cornéenne et de l’angle irido-c\arnécn.
Dès lors, la théorie de l’obstacle à la filtration
devient insoutenable et s’effondre.
^ \
Dans nia coininunicalion ù rAcadéinie de Méde¬
cine * sur un iraileinenl médical du glaucome, je
1. CoHf^rc.s français d'Ophiahnologie,, 1897.
2. Bulletin de V Académie de Atédçclne, Avril 1927.
N“ 14
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
221
disais ; « Dans les formes aiguës et subaiguës du
glaucome, les interventions chirurgicales donnent
généralement de bons résultats, mais elle com¬
portent certains aléas. Dans les forme.s hémorra¬
giques et chroniques sim])les, elles échouent d’ordi¬
naire ; dans ces cas-là, le trailmnent que je ])réc()-
nise pourra être d'une grande utilité. «
Voici le traitement que j'indiquais ;
Trois fois par jour X à XII gouttes d’une solu¬
tion d’adrénaline au millifeme dans un peu d’eau.
Ergotine, 0 gr. 20 centigr. par jour, en deux
<-achets de 10 centigr. ; chlorure de calcium en
potion, 2 gr. par jour.
.Vujourd’hui je n’ai apporté qu'une modiJh-ation
insigniliante. en associant ('rgotiiu' et chlorure de
calcium au lieu de les donner séparément et je
prescris ;
Ergotine fluide . - g>'.
Chlorure de calcium . 20 gr.
Siroj) d'écorces d’oranges amères . 100 gr.
lîaii . 200 gr.
2 cuillerées à soupe pur jour 1/4 d’heure uvaiil les repas.
Instillation trois fois par jour dans les yeux de
11 à III gouttes d(' la solution suivante :
Ces doses concernent l’adulte et doivent être
modiliées dans une certaine mesure d’après l’âge et
le poids des sujets.
Depuis ce jour, je n’ai cessé d’a])pliquer ce
traitement. Enhardi par les succès qui dépas¬
saient mes espérances des premiers jours, je l’ai
étendu à toutes les formes de glaucomes aigus,
subaigus, hémorragiques, chroniques simples et
toujours avec d’heureux résultats.
Le 17 INIars 1928, j’ai présenté à la Société
d’Ophtalinologie de Paris, au nom de Monthus,
ophtalmologiste de l’hôpilal Laeniu'c. et au mien,
une malade* atteinte successivement des deux
yeux de glaucome aigu. L’un fut traite'* médicale¬
ment, l’autre chirurgicalement, le premier avec
un résulat médiocre, le second avec un résultat
parfait.
Le 21 Avril 1928, j’ai présenté à la Société
d’ophtalmologie de Paris deux malades atteints
tous les deux de glaucome subaigu des deux
yeux, traités également d’un côté chirurgicale¬
ment, de l’autre médicalement. Les deux yeux
opérés ont été perdus, ceux traités médicalement
conservés avec une bonne, acuité eisuellc ; voici ces
deux observations, elles méritent d’étre méditées.
Obsekvation
(Société d'Ophtalmoloftie de Paris, séance du
21 Avril 1928). — Au nom de M. de Spéville et au
mien, j’ai l’honneur de vous montrer cotte malade
dont voici l’observation.
M‘“" B., âgée de 64 ans, sans antécédents patholo¬
giques dignes d’être signalés, se présente à la fonda¬
tion Rothschild dans le service de M. de Spéville le
22 Décembre. Elle est atteinte de glaucome subaigu
de l’œil droit avec douleurs assez violentes dans la
région oibito-fronlale du même côté. Abolition
presque complète de perception lumineuse qualita¬
tive.
Le 24 Décembre, le D'’ de Spéville pratique l’iridec¬
tomie de ce côté ; à peine la section cornéenne est-
elle achevée, que le cristallin se présente entre les
lèvres de la plaie et est expulsé en même temps
qu’une certaine quantité de corps vitré, l’iris se replie
en arrière et ne peut être saisi ; on applique un ban¬
deau compressif. Une hémorragie expulsive était à
craindre, elle ne s’est pas produite, la malade n’a pas
souffert.
Cinq jours après, une crise de glaucome absolu¬
ment semblable survient à l’oeil gauche. Douleurs
orbito-frontales, perle de la vision qualitative. En
raison de l’échec du traitement chirurgical à droite,
on institue le traitement médical. Rapidement les
douleurs s’apaisent et lu vision revient.
1. On trouvera l’observation dctailloe dans le numéro
du lliilleliti de Ui Sneiélé d'Ophial?iio/n/fie de Paris, Mars
1«2«.
Actuellement, l’oeil droit opéré a repris sa forme et
sa tension normales, mais la vision est réduite à une
simple perception lumineuse.
A gauche l'œil traité médicalement a une acuité
visuelle = 2/3, le champ visuel est légèrement
rétréci du côté nasal. Cette malade trouvant que les
instillations de pilocarpine associées au traitement
général étaient mal supportées, les a supprimées
depuis trois mois, se contentant du traitement médi¬
cal et même, ce dernier, elle peut le suspendre .une
semaine sur deux, mais si l’interruption dépasse cette
limite, les phénomènes glaucomateux réapparaissent
et la vision baisse.
Voici une seconde malade que je vous présente au
nom de MM. Monthus, Chalelier et au mien.
M'"" S., 64 ans, ayant toujours joui d’une bonne
santé, est prise subitement le 16 Janvier 1928 de
violents maux de tête suivis de la perte de la vision
au point qu’on est obligé de la conduire à l’hôpilal
Laennec dans le service de M. Monthus. Les deux
yeux sont à peu près dans le même état, atte.nts de
glaucome subaigu. Le 24 Janvier M. Chatelier, assis¬
tant de M. Monthus, pratique une iridectomie à droite,
une simple sclérotomie à gauche. Ces opérations ne
présentent aucun accident. Mais en enlevant le ban¬
deau deux jours après, on constate que l’œil droit
opéré, d'iridectomie n’a qu’une simple perception
lumineuse. On presci-it alors le traitement médical
qui a été suivi depuis et voici l’état actuel.
L’œil droit opéré d’iridectomie très correcte, pac-
fiiitement cicatrisé, ne possède qu’une simple percep¬
tion lumineuse. Le corps vitré n’est pas éclairable et
une hémorragie intra-oculaire a dû probablement
désorganiser le corps vitré.
L’œil gauche qui n’a subi ((u’une sclérotomie pos¬
sède une acuité visuelle à 2/3, un champ visuel légè¬
rement rétréci du côté nasal.
Depuis trois mois environ, cette malade continue son
traitement médical, eilé peut même l’interrompre deux
à trois jours par semaine. Elle ne met de la pilocarpine
qu’une fois par jour et tout se maintient en parfait
état. Mais si elle interrompt le traitement médical
plus de quatre à cinq jours, elle a beau s’instiller de la
pilocarpine, les phénomènes glaucomat('ux réappa-
J’ai suivi ce.s malades, je les ai encore revues
ces jours-ci. Décembre 1928, donc environ un an
plus lard, elles conservent une ex<’ellenlo vision.
Elles peuvent sans inconvénient suspendre leur
traitement un mois ou deux, mais passé ce délai
elles sont obligées de le reprendre à nouveau.
Quand j’ai présenté ces malades à la Société
d’Ophtalmologie de Paris, l’eflicacité et la valeur
du traitement médical étaient si évidentes, ap¬
puyées par des faits cliniques et thérapeuliciues
si démonstratifs, que je m’attendais à quelques
félicitations. Ce fut le contraire qui advint. Je n’ai
guère reçu que des reproches. Quelques-uns de
mes collègues, et non des moindres, ont même
déolaré que mon traitement médical « donnait
aux glaucomateux des illtisions dangereuses de
Bien entendu je me suis défendu, unguihus et
rostro, et les détails de ces discussions sont insérés
dans les numéros de Mars et Avril 1927 des Bul¬
letins de la Société d' Ophtalmologie de Paris. Mais
aujourd’hui, m’apjtuyant sur les nombreuses
observations recueillies dans les principaux ser¬
vices d’oi>hlalmologie de Paris où ce traitement a
été appliqué depuis un an dans toutes les formes
de glaucome, je cesse de me défendre jtour jtrendre
à mon tour l’ofl’ensive et je dis à mes contradic¬
teurs : Quand vous intervenez chirurgicalement
dans un glaucome aigu ou subaigu, vous ne savez
jamais quel en sera le résultat. Quand vous pra¬
tiquerez une iridectomie sur un œil normal votre
sécurité est complète, elle ne l’est plus quand vous
opérez un œil glaucomateux. Les preuves abon¬
dent. Il n’est pas d’ophtalmologiste ayant un peu
de pratique qui n’ait eu de cruels déboires impos¬
sibles à prévoir en opérant un œil glaucomateux.
L’expérience n’a pas été faite encore sur une
assez grande échelle pour pouvoir dire que ht
traitement médical du glaucome se substituera
complètement au traitement chirurgical.
Il a déjà néanmoins cet immense avantage de
réussir dans les formes hémorragiques et chro¬
niques simples où tout échouait.
Il a, je le reconnais, un inconvénient, c’est son
administration pour ainsi dire indéfiniment pro¬
longée. Mais il S(‘nible d’ores et déjà établi (pi’au
bout d’un certain temps on peut le sus])endre sans
inconvéni(“nt pendant ])lnsieui's seinaiiu's consé¬
cutives; ])eut-i'lre (pi’à la longue ces interruptions
de plus en ])lus espacées abmitironl à une cessa¬
tion |)res<pie complète.
(juoi (pi’il en soit, il .mérite toujours d’étre
essayé même si on se décide à pralicpier plus tard
une intervention chirurgicah*. .Sous son influence
eir ell'el, l’état glaur'omateux de l’ceil se modifie et
se rapproche de l'état normal : par suite, comme
nous l’avons vu itliis haut, si on juge une iridec¬
tomie nécessaire, elle se fera avec beaucoup
l)lus de sécurité (pie sur un (eil en plein état glau¬
comateux où (‘lie est toujours plus ou moins sca¬
breuse et aléatoire.
LK PlUlllLÈME BIOLOfilQUE
L’HYPERTENSION PERMANENTE
DITE « SOLITAIRE »
l’ar Pierre-Noël DESCHAIWPS
A côté de riiyperlension d'origine rénale, con¬
nue dejiuis fort longtemps *, -- à côté (l(> l’hyper¬
tension d’origine surrénale dont des observations
récentes ont démontré la réalité’, - il existe une
hyiiertension dite j)ui-e, ou solitaire, ou idiopa-
tliique, constituant une véritable maladie auto¬
nome, dont les causes déterminantes restent
encore aujourd’hui fort mystérieuses, et (pii a
suscité un très grand nombre de travaux, parmi
lesquels il faut citer tout particulièrement la
remaïupiable thèse de notre collègue L. Relli.s-
sier ’. Nous nous proposons de montrer ici les
directions dill’érentes, ou mêmes divergentes,
suivant lesquelles on a cherché, sans la trouver
encore d’ailleurs, la solution du problème patho¬
génique.
Toute une école, en Allemagne et eu Autriche,
envisage avant tout le côté anatomique de ce der¬
nier, et s’efforce de démontrer (jue l’hypertension
solitaire ou autonome est une maladie primitive, du
système arléi-io-eapillaire, caractérisée par des
modifications permanentes du tonus vasculaire :
c’est V hypertonie essentielle de Pal et de Frank,
(pii se caractériserait, suivant ces auteurs, par une
lésion bien sjiéciah' : réjiaississement de la tunique
musculaire des artérioles.
Plus récemment, Volhardt, au Congrès alle¬
mand (le médecine interne, divise l’hypertension
en deux catégories : V hypertension des rouges, qui
s’accoiiipagnerail de grosses lésions aorti(pies, et
V hypertension des pâles, répondant ])lus particu¬
lièrement à la forme idioiialhiqiie ; celle der¬
nière serait caractérisée jiar Vartériolo-sclérose.
alteignaiil les jielils vaisseaux et, jiliis tardive-
1. P, -N. Deschamps. ~ .. L'hypertension ai'l(’‘i'i('Up
d'origine ivnale «. Praiiijuc mcd. fraliç.. Novembre 1H26,
p. 488.
2. M. Laiuii:, TineI. et E. DoCmer. — « Crises solaires
et hypertension paroxystiipie en rapport avec ime tumeur
surrénale «. ,S’or. .Mrd. des Hép. de Paris, 2.'i Juin 1922. —
OuEIti.iNG et JexG « Paragangliome de la surisuiale avee
hypertension paroxysthjue ». Soc, Mcd. des tlôp. de Paris,
18 Mars 11)27. — II. Va(.iuez et E. Doxzelot. « Les crises
d'hypertension artérielle paroxystique ». l.a Presse Médi¬
cale, ‘23 Octobre lU'JG, ii" 8.5, p. 1330.
3. L. PEl.EisaiEIi. — L'hypertension artérielle solitaire',
essai eritii/uc ', recherches clinii/ncs, étiologiques et patho-
géniques, Paris, Masson, 11)27.
222
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N“ 14
ment, le rein, tandis que les gros troncs reste¬
raient indemnes.
La théorie de l’iiypertonie est extrèineineiit
réj)an(lue en Allemagne. Mais il faut hien reeoii-
naitre que ce « resserrement [)ermanent des
parois artérielles n n’est eneoi'e. dans l’état actuel
des choses, (ju’une hypothèse, et d’ailleurs laisse
absolument intact le problème pathogéni(jue : si
les Allemands, en effet, admettent à l’origine de
l’hypertension une |)erturl)ation de l'état anato-
mi(pie des vaisseaux, ils n'a])i)ortent aiienne expli¬
cation physio-pathologi((ne de ce fait.
11 apparaît comme bien prélérahie de considé¬
rer le problème du point de vue /uo/ogdyHC, et
d’envisager l’hypertension solilaii-e comme l’ex¬
pression clini(pie d’un trouble [irofond de cer¬
taines fonctions organicpies. Telle est la tendance
aclnellemenl dominante, aussi bien en l''ranee,
(pi’aux Etats-Unis.
Les recherches si importantes de Tournade et
Chabrol, établissant la réalité d’nn mcc(inisnir
l•<•glllat<•llr delà pression (tr/érielle ' . |)ei'nietlent de
bien établir les bases sur lescpielles doit s’ap¬
puyer l’étude ])athogéni(pi(‘ d(' l’hypertension.
Tournade et (ihabrol, en ell'el, ont montré
qu’à l’étal normal, la |)ression est toujours main¬
tenue en éupiilibre, et ne varie (pie dans d’éti’oites
limites : si une hy|)erlension se lU'odnit dans un
territoire vasculaire donné, um^ hypotension
compensatrice' ap|)aruît immédiatement dans les
terriloii'cs voisins.
Dans la mise en jeu dee ce véritable « inéea-
nismt! régulateur «, le si/stdiiie. nereeiu: pai'ait
tenir une place' e'sse'iitie'lh'. Le' leenus artérie'l, e'I
par e'eniséepu'nt la pression intravase'iilaire', sont
sous la elé[)e'ndance' ele e'entre's e-érébro-spinaux.
eleenl een a pu, e'hez l’animal, lerécise'i' la leecalisa-
tion. Les variations te'nsieennelh's régionales jeeu-
ve'iit peut-être' agir elire'e:le'ment sur e'e's centres
j)e)ur dée'lencher les réae'tie)ns vaso-nuetrie’cs de'
voisinage; dans la règle, ce'pendant, l’excitation
des centres en question nécessite, pour se j)re)-
duire, la mise en jeu d’un réOexe à point de
eléj)art vago-sym])at bique.
Mais (et ceci est le' point h' plus intére'ssani des
re'che'i'che's de' Tournaele' e'I Chabreel), e'es réac¬
tions peuvent être égale'iiu'nl eléclenchée's jear nu
mécanisme humoral ; c’est ainsi que', dans h's
e'xpériences ele circulation e'retisée, l’elfel hype'i'-
iensif est obtenu par e.reita/ion des splanelini(jues
du chien opposé, et, selon toute vraiseenblance,
par suite d’une décharge brusqeie el’adrénalieie'
dans le courant sanguiei. Mée'anismes nerve'ux et
humoral agissent donc « synergiepiement », et
« interfèrent constaminenl », e'hacun el’e'ux pe)U-
vant suppléer l’autre.
En réalité, il seunble bien ejue ce mée'anisme
humoral soit très complexe, et reigi piir deux
caelres de facteurs, elée h'uchant l’un et l’autre
par l’intermédiairee elei système vagü-,sympathiep e
l’action des centres tensio-régulateurs : d’urne
part, h'S oarialions de la composition physico-chi-
inirjuc du plasma, en raj)port avec les modilica-
tions dt's dill'éi'enls mélabolismes ; d’autre part,
la teneur du sang en substances d'orij’inc glandu¬
laire ou hormones, soit hypertensives, soit hyi)0-
lensivt's:de ces hormones, la principale est l’adré¬
naline; cette dernière, toutefois, n’est pas, selon
toute probabilité, le seul produit d’origine surré¬
nale ([ui intervienne ici; de iiiénie, d’autres inéca-
I. Tochsauc. -- U Lu répulntii)!! réflexe de la pressian
urtérielle et sa prnvacathm par l’hypertension aortique »,
Soc. de Biol., 'd.'i Avril l',l21, p. "21. — Touksade, Cha-
miOL et Mauchand. u Des mécanismes nerveux régula¬
teurs de la pression artérielle. La régulation centrale ».
Soc. de Biol., '20 Février 1921. — Chabrol, k Des méca¬
nismes nerveux régulateurs de la pression artérielle ».
Thèse, Alger, 1921.
nismrs endocriniens doivent tenir sous leur
dépendance les oscillations d(' l’équilibre ten¬
sionnel.
L('s recherches piircmciit physiologiqiu's que
nous venons de l'ésumci' ra|)idem('nl pt'uvi'iil'
constitiu'r un guiilc dans l’étude pathogénique d('
rhypertension .s()litair<'. 11 est logique, a priori.
d(' con.sidér('r ci'lh'-ci ('omme un dérèglement du
système régnlat('ur normal, et d’en cnercher la
'Cause, soit dans des lésions ou des troubles foin-
lions des eentres nereeu.r ou du système eago-syn.-
palhitjue ; soit dans des perturbations des diverses
aetieités endoerinieunes ; soit dans des modifica¬
tions de /'ériiiilibre physieo-ehiinitjue du plasma
sanguin.
C’t'st dans ces trois directives (pu' les rt'clu'r-
clu's mod('rnes se sont oritmtées.
Le r(’)le ])o.ssible d’nne atteinte pathologique du
système nereeu.r à l’origim? de l’hypertension
idiopathitpic <'st l’hypothèse i)alhogéniquc la pins
simple à envisager tout d’abord.
a\ Malgré l’absenct' d(' notions itrécises con¬
cernant la localisation des c('ntres tensio-régiila-
l('urs, on jiourrait admellrt', dans certains cas.
uni' incitation continue de ces derniers, d’origiiu'
|)urcmcnt locah' et ('iicéphalitpu'. Mais les rc-
clu'rclu's histologitpu's, de même tpic les invcsli-
gatiojis touchant l’état jihysico-chimicjiu^ et sur¬
tout la pression du liipiide céphalo-rachidien des
hypertt'iidus, n’ont apporté aucune lumière à ce
sujet.
//' De même, il est assez vraisemblable, a priori,
(|n’nm' irritation directe d’un ])oint quelconque'
ou d(' la totalité du système nerveux autonome
opi’il s’agisse' el’uue' lésion etrganiejue' eut d’un
sim])le' trouble' feene'tionne'l) |)uissi' éh'ver la ten-
siem de' faeain pe-rmanente'. On a rapitorté cer¬
tains faits anatt)me)-clinieiut's epii paraissent e-or-
reebeire'r e'e'tte' hypothèse : tclh'S les obse'rvatieens
de crises hypertensioes liées à une médiasténitc ou
une tume'ur ei'sophagienne' englobant lee vague
I lliirvie'i' e't Dariety, 'N’illarct, S. Dleee'h, Bariety et
Lappas' .
l,' e.ristenee de perturbations endocriniennes à
l'origine des états hypertensifs e.st une hypothèse
logiepie, étant donné la syne'i'gie indiscutable' des
glandes à sée'rétietn interne et du système vage)-
sym])athie[ue', étant donné aussi le rtele important
et d’ailleurs encore mal jtrécisé de ce'.S glandes
élans les variatiejiis du métabolisme humoral.
A). Depuis longtemps déjà, ou soupe;.onne l’im-
portaïu'e, à ce jioint de' vue, des glandes endo¬
crines proprement dites.
a] 11 n’exst pas besoin d'insister sur le nombre
de travaux qui ont e'iivisagé le reMe possible de'
V hyperactivité surrénale et de ïhyperadrénalinémie.
Or si, comme' een l’a vu, des etbservations edi-
niques cxlrémeme'nt intéressantes ont montré le
lien, impossible à e'ontester, qui unit certaine's
hypertensions pare)xystie[ue's aux adénomes eut
paraganglieeme's eles surrénales, on ne peut nul¬
lement tenir pour démontré, dans l’état actuel de
nos connaissances, que la même jeathogénie s’ap¬
plique à l’hyperle'nsion permanente' dite solitaire.
b) Aussi, élans l’impossibilité ele rappeu'te'r
cette dernière à la seule surrénale, nombre d’au¬
teurs ont teuelance, aujourd’hui, à faire' intervenir
des synergies glandulaires où le eutrps thyroïde,
V hypophyse, l'ovaire, auraient égaleunenl une part.
Le reMe de l'ovaire, en particulier, serait intére.s-
sant à préciser : son importance probable jtaraît
1. ViLLARieT, S. DLe)e:ii, Darilty et Lappas. — « Crise.s
hypertensive» paroxystiejues eue euui's ei’nn ly'iiipheesar-
eoene ehi me'riînstin siipeu'ieur ». .SVie. Méd. des llôp.,
2 .leiillet ltt2(). '
prouvée par la fréquence des hypertensions liée
à un trouble des fonctions génitales (hyperten¬
sion de la ménopause, des hystérectomisées, des
malades atteintes de fibrome). Ici encore, toute¬
fois, il faut avouer que les précisions font défaut.
B). Mais il y a plus : le territoire endocrini('n
de l’hypertension solitaire s’est récemment élargi.
Dn a émis une hypothèse nouvelle, des ])lus
intér('ssant('s, car elle pourrait être, évu'iitui'Ih'-
ment, l’origine de déductions pratiques fort im-
l)ortantes,et qui est la suivante: ('n dehors mènu'
des glandes à sécrétion interne projtrement dit('s,
certains organes glandulaires complexes, tels que
le pancréas et le foie, 'jouent peut-être tin rùh'
dans les variations du cycle de la pression ar¬
térielle. '
a] Le rôle du pancréas peut à bon droit étr('
souj)çonné : en effet, on constate fréquemitu'iit
chez les hypertendus, comme on le verra |)lus
loin, de l’hyperglycémie, spontanée ou provo¬
quée, et meme de la glycosurie. Mais surtout,
certaines expériences tendent à démontrer l’exis¬
tence d’un véritable antagonisme entre l'insuline et
l'adrénaline. On pourrait alors admetlr»' que
lorsque le pancréas sécrète moins d’iiisuliiu',
l’adi'énalinémie, n’étant plus équilibrée par l’hor-
moiK' pancréatique, augmente, d’où hypert('usion
artérielle. C’est là une hypothèse ingénieuse ('t
séduisaiitc. De fait, certains aut('urs ont pu aflir-
nu'r l'action hyj)otcnsive de l’insuline'.
b] Plus importants encore sont les travaux
parus depuis quelques années, principalement
dans les pays de langue anglaise, sur le rôle pos¬
sible du foie dans les variatioiis de la pression
artérielle. Harrovver, dès 1914*, avait envisagé
cette hypothèse. Le ])rofesseur Bogor*, dès 1912,
avait montré expérimentalement l’action di's
extraits hépatiques sur la ])r('ssion. La question
a été r('pris(' avec plus d’amjtleui' aux Etat.s-Unis
d<'[)uis cjuclques années. Ral))h-Major *. .Mac
Donald”, Levin”, ont préparé d('s extraits hépa-
ti([ues qui ont reçu le nom ô’nnnboline, et qui
])araissent doués, tant au point ch' vue expérimen¬
tal (ju’au point de vue clinique, d'une action hypo-
lensive des plus nettes, si l’on en croit les auteurs
que nous venons de citer. Fait curieux, cette
anaboline n’agirait pas sur la tension normale,
mais seulement sur les états hypertensifs (soit
obtenus ex])érimenlaleraent au moyen de l’hista-
mine ou de la guanidine, soit observés en clinique
humaine). Les auteurs américains admettent,
j)Our expliquer ces faits, que l’hypc'rtcnsion sôli-
taire serait liée à un degré plus ou moins marqué
à' insuffisance hépatique ; les modifications du
métabolisme uréique ou urique, ainsi détermi¬
nées, ou seulement la diminution du pouvoir
antitoxique du foie, entraîneraient dans l’orga¬
nisme la rétention de produits toxiques à action
hypertensive.
Quelle (pie soit la hardiesse et le caractère
assez hasardeux d’une telle conception, il y a là,
à notre avis, une fa<;on tout à fait neuve ét intéres-
.sante d’envisager la pathogénie de l’hypi'rtension
solitaire, qui n’est peut-être, au fond, qu’une
fornu' d’intoxication par des produits inconnus,
1. .luxe et .VitGEU. - i( Insuline', ti'nsion urh'i'ielle ol
glycémit- ». Beun. hiol. de Lyon, 17 Janvier 1927. — Wein-
GERC.ER et lloLZMANN. i( L’hiirinnne ]mncr('nti(ine ubaisse-
t-elle la tensiun nrUu'ielle » .’ Journ. of.tmcr. mcd. .I.s-.soe.,
11“ l(i, 18 Oetnhre 192'i.
2. Harikiwer. Pralical hormone therapy, Luinires,
191'i, p. l.V,)-imi.
;i. 11. Koglk. — 1. Le» elfets cardin-vasculaire.s des extrait»
Inqiaticpie» ». La Presse Medicale, 1912, p. 4W, 24 Mai
1922; La Presse .Médicale, 1911, p. 901, 12 Novembre 1921.
4. 11. Major. ~ « The effects ot liepatic extract on higli
blood pressure ». Journ. ofAmer. mcd. .ts.soc., t. L.XX.VIV,
11" 4, p Uil, 25 Juillet 1915.
5. J. Mac DüXaLD. — « Extractions of lives possessing
blood pressure reducing pruperties ». Soc. cxp. Biol, and
Med., t. XXll, 1925, p. 483.
6. A. L. Levi.n. — « My obBorvation» vvith hepatie
extract as a remédiai agent ». Üouth mcd. Journ., i. XV,
p. 175, Mars 1922.
N» 14
LA PRESSE MEDICA|LE, Samedi, 16 Février 1929
nés d’un trouble profond de certaines fonctions
élémentaires. C’est là, pour l'instant, une simple
hypothèse de travail ; mais nous pensons qu’il
y aurait lieu de reprendre el de poursuivre des
recherehes dans cette voie.
Les li'avaiix’ (pie nous venons d’exposer con-
sliliieiil en (piehpie sorte une transition avec ceux
<|ui ont eu pour Init de jiréeiser les variationn du
iii<;labulis)ne humoral cl de la composition physico-
chimiipic du plasma sai)>(uin au cours de l’hyper¬
tension solitaire.
A). Ae métabolisme humoral des hypertendus a
clé très étudié au cours de ces dernières années.
a) Le métabolisme hydrocarboné est particuliè¬
rement troublé.
\i' hyperglycémie, soit spontanée', soit ijrovoquée
par ingestion de glucose, est très souvent rencon¬
trée, comme nous l’avons déjà vu '.
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MÉDECINE
12 Février 1929.
A propos des instruments de radiologie médi¬
cale. — M. Béclére démontre l’intérêt et la nécessité
d’un contrôle officiel des divers appareils utilisés en
radiologie : tubes producteurs de radiations, dispo¬
sitifs de protection, enfin et surtout dosimètres des¬
tinés à apprécier la dose thérapeutique et la qualité
des radiations employées.
- Une Commission est nommée par l’Académie
pour étudier cette question.
Prophylaxie de la grippe. — M. Marchoux rap¬
pelle que la grippe se transmet par l’éternuement, la
toux et même la parole, que les visites aux malades
sont inutiles et dangereuses, que le meilleur moyen
de soigner un rhume est de rcstcrchez soi. On abrège
ainsi considérablement la période d’indisponibilité
et on no contamine personne. Il conviendrait que le
personnel hospitalieret les médecins portas.sent devant
le visage un réseau léger, analogue au masque des
chirurgiens, mais avec adjonction de lunettes, dispo¬
sitif ayant pour but la protection réciproque du
malade et du médecin. L’initiative et l’exemple du
corps médical pourraient entraîner l’imitation du
public pour peu que couturiers et modistes s’intéres¬
sent à l’esthétique de ces masques.
Un cas d’anévrisme carotido-caverneux, — M.
Lopez^Villoria (de Cardeas, Venezuela) en rapporte
un cas sans exophtalmie survenu à la suite d’un
traumatisme crânien. Il existait des paralysies ocu¬
laires multiples, atrophie complète de la papille
droite, pupille immobile en myosis, anesthésie
cutanée, souffle rude disparaissant par compression
carotidienne. L’auteur précise certains détails radio¬
graphiques, La ligature delà carotide jtrimitive droite
fit disparaître le souffle.
Election. — MM. Oudard (de Toulon) et Leriche
(de .Strasbourg) sont élus membi-es correspondants
nationaux de l’Académie.
A. lioCAOK.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
9 Février 1929.
Sur la présence d’éléments liltrables (ultravirus
tuberculeux) dans le lait des femmes tubercu¬
leuses. — MM. D. Priboiano et M. Lacomme ont
1. M. Labbé et Dexoïelle. — « Epreuve de l’hyper¬
glycémie (ît hypertension artérielle r. Im Médecine, n'" 10,
.luillet 1925 et Soc. iiiéd. des IKp. de l’arin, (i Mai 1925.
— Voyez aussi hvAi et Lokvy. KUn. Wochenschr., 5 .Août
1929. — IIkuiikjk. « Hyi)ertension and hyperglycémie ».
Jiuirii. uf .Imcr. iitcd. .(.s-.snc., K Décembre 1929.
223
b) Les modifications du cycle de la cholestérine
ont particulièrement retenu l’attention. Il est
assez souvent modifié dans le sens de l’hyper-
cholestérinérnie ', toutefois la fréquence de celle-
ci est discutée, les résultats obtenus par divers
autcitrs à ce point do vue étant assez contradic¬
toires, et l’on ne peut pas dire qti’il y ait une
relation directe el constante entre le taux de
riiyperlension et la teneur du sang en choles¬
térine.
c) Pai' contre, le métabolisme azote n'est jamais
troublé dans l'hypertension pure, où ne le devient
que seoondairenienl, quand elle se complique de
scléroses viscérales.
B). Les cariations physico-chimiques du plasma,
cl notamment celles de VéquiUbrc aci do-basique,
ont fait, tout récemment, l’objet de recherches
précises el d’ailleurs assez contradictoires. Pel-
lissicr' a trouvé dans la plupai't des cas, chez
les hypertendus purs, un accroissement de la
réserve alcaline traduisant un certain degré d'o/-
cqlose. D’autres auteurs ont dosé la calcémie, et
l’ont trouvée tantôt abaissée, tantôt augmentée '.
Malgré les résultats fragmentaires de toutes h's
recherches que nous venons de citer, la notion
que r.on peut avoir aujourd’hui de riiypertension
solitfiire se modifie, s’élargit cl se précise.
Celle-ci apparaît à nombre d’auteurs (et c’est
l’idée que nous nous en faisons nous-im'me)
comme une maladie autonome, primitive, qui
rentre peut-être dans le cadre des diathèses, et
qu’on a pu comparer au diabète.
A la simple hypothèse d’une perturbation
endocrinienne cl particulièrement surrénale, tend
à se substituer une conception beaucoup plus
vaste, dont l’imprécision actuelle n’exclut pas la
possible vérité. L’étude de l’hyperlension parti¬
cipe ainsi de l’élan biologique qui entraîne au¬
jourd’hui toute la médecine contemporaine.
recherché la présence des éléments liltrables du
bacille de Koch dans le lait de femmes tuberculeuses.
L’inoculation au cobaye du lait prélevé aseptique-
ment a provoqué dans 3 cas sur 4 des altérations
ganglionnaires semblables à celles que provoquent
les éléments liltrables du bacille tuberculeux.
L’enfant né de femmes tuberculeuses est capable
de se contaminer par l’ultravirus tuberculeux, non
seulement pendant la vie intra-utérine, comme l’ont
montré MM. Calmette, Valtis el Lacomme, mais en¬
core eh ingérant le lait de sa nourrice bacillaire,
même lorsque celle-ci ne présente aucun signe de
tuberculose évolutive.
Lasplénocontraction à l’adrénaline chez l’homme
normal. — MM. Benhamou, Jude et Marchioni
ont étudié, è l’aide de radiographies en séide de la
rate et de numérations globulaires jiratiquées dans
le même temps, les effets de l’injection sous-cutanée
de I milligr. de chloi'ure d’adrénaline sur la rate
normale, lls.onl eonstalé que :
1° La rate se contracte dès les premières minutes
et cette contraction atteint son maximum de la 20'’ è
la 30(; minute, pour faire place, vers la 40'' ou 50“
minute, à une décontraction progressive ;
2o On note une polyglobulie de chasse qui atteint
son maximum de la 15“ à la 20“ minute et qui est bien
contemporaine de la systole splénique. Cette polyglo¬
bulie n’apparaît jtlus lorsque la rate reste inerte sur
les films radiographiques ou lorsque l'organe a été
enlevé chirurgicalement.
L’épreuve à l’adrénaline chez l’homme splénec-
tomisé. — MM. Benhamou et Jude ont étudié, avec
Pieraerts et Leblanc (de Louvain), la formule globu¬
laire après injection d’adrénaline chez des malades
récenfment opérés. Us l’ont étudiée ensuite chez des
malades anciennement splénectomisés. Dans tous les
ras, ils ont noté l’absence de polyglobulie de chasse :
l'ont se passe comme si aucun tissu ne venait chez
l’homme suppléer la rate, mf'me après plusieurs
années, dans sa fonction de chasse globulaire à
l’adrénaline.
La splénocontractlon à l’effort chez l’homme
normal. — MM. Benhamou, Jude et Marchioni
étudient à l'aide d’une double technique (radio¬
graphies en série et numérations, globulaires prati¬
quées dans le même temps) les effets d’une épreuve
de course (ascension rapide des marches d’un étage)
sur la rate normale. Ils ont pu voir : 1" que la rate
se contractait immédiatement après l’effort, attei¬
gnant d’emblée son degré maximum; (|u’elle se
décontractait ensuite plus ou moins rapidement : 2“
que la polyglobulie de chasse était contemporaine
de la contraction splénique (ju retardait sur elle de
quelques minutes. Uette polyglobulie n’apparaissait
plus lorsque la rate restait inerte sur les films radio¬
graphiques ou avait été enlevée chirurgicalement.
La fonction de chasse globulaire à l'sfFort chez
l’homme splénectomisé. — MM. Benhamou, Jude
et Lewitz rapportent les observations de malades
splénectomisés il y a plusieurs années, chez lesquels
l'effort ne détermine plus de polyglobulie de chasse.
La fonction de chasse globulaire, éprouvée à plusieurs
reprises, paraît définitivement supprimée. Les auteurs
notent en outre une tendance facile à l’essoufflement
et une diminution de l’activité musculaire chez leurs
malades.
La splénocontractlon à l’émbtion chez l’homme
normal. — MM. Benhamou, Marchioni et Nouchy
ont jm, i4 la suite do circonstances fortuites, étudier
les effets de la iteur sur la rate normale. Les radio¬
graphies en série de la rate montrent que celle-ci sc
contracte brusquement après l'émoticTIi et que celle
splénocontracfion jtersiste longtemps. Los numéra¬
tions globulaires en série montrent une polyglobulie
do chasse immédiate et persistant quelques minutes
après l’émotion. Cette polyglobulie était absente
chez un malade splénectomisé. Les auteurs se
demandent si cette sjtlénoronlraclion n'est pas le
témoin d’une hyperadrénalinémie, suivant les théories
de Cannon sur l'émotion.
— M. Pagniez fait remarquerque, pour apercevoir
la rate à la radioscopie, il faut que le côlon soit
insufflé spontanément ou artificiellement. 11 désire¬
rait savoir si les auteurs ont pratiqué cette insuffla¬
tion. Pour lui les radiographies présentées ne sont
|)as totalement démonstratives et ne iieuvenl entraî¬
ner la conviction. Il a pu s’agir de simples change¬
ments de position du jx'de inférieur de la rate, sni--
lout en ce qui concerne les effets de l’émotion. Celle-ei
a pu déterminer des mouvements du diaphragme ou
du côlon, retentissant sur la rate.
— M. L. Bfnef a eu l’occasion d’étudier la con¬
traction splénique chez une femme (pii, par suite
de malformations osseuses, avait une rate très facile¬
ment palpable à la main. Sous l’influence |de la
marche, on ])Ouvait en apprécier la contraction. Il
insiste sur ce fait qu’il y a une chasse sanguine con¬
comitante avec, augmentation de tons les éléments
sanguins. Les sujets splénectomisés récemment ne
répondent pus à l’excitation. Plus tard d autres
organes peuvent jouer un rôle compensateur et deve¬
nir (i leur tour de véritables réservoirs sanguins. La
contraction splénique peut donc s’étudier mieux que
par les radiograpliies dans ipielqucs cas spéciaux
particulièrement heureux.
1. .loEi.soN et Snouii. — « Rapport des surnimdes et du
métubolisrnc de lu cholestérine ». Arcti. of lut. Méd., Dé¬
cembre 1924. — Landau, .Marja.vko, Fedjin et Uygiel-
STREiCH. K Taux du sucre et de la cholestérine dans le
sang n. Ann. de Méd., 1925, p. 143. — Richard et Roesch.
« La cholestérine chez les hypertendus ». Acad, de Méd.,
9Ü Mars 1920; La Presse Médicale, 3 Avril 1920. — E.
Thomas. « Recherches expérimentales touchant l’influence
de lu cholestérine sur le dévelopjiement de rhjqierten-
sion ». .irch. des nud. du cicur, Octidire 1920. p 04.
2. L. Pei.i.issicr. Luc. cil.
1. Kyi
(i Recherches
inguin
aitif ». Ael. Med. Scandinara, n"" 4 et 5, Janvier 192.4.
I Le taux du calcium du sang dans riiypertonsion ».
Zcnlrabl. /', innere Mediz., t. XIY, n“ 24, 14 Juin 1924. —
M.-P . Weill et Guillau.min. « Le calcium et le magné-
(ium sériques chez l’adulte normal, les hypertendus et
CS athéromateux ». Soc. de liiol.. 24 Mars 1923. -- L.
Aai.dori'S. « Métabolisme basal, calcémie et potassémie
.. X.X.MII,
l 1920.
os-Aiiv
224
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N” 14
- - M. Fiessinger, qui apréseiitélesnotesci-dessus,
uvail fait déjà la même remarque au sujet des films
présentés et de leur orieiilalioii. Mais il fait remar¬
quer qu’au cours d’expérimentation sur les animaux,
les auteurs ont liien mis en évidenre la splénocon-
l’ourlui, Iro's faits peuvenl être invoqués : la poly-
j>lobulie consécutive à l’irritation, l’absence de polv-
fîlobnlie chez les spléncctoinisés, oifiu les ra<liogra-
phics pcut-étri’ plus discutables,
— M. Pagniez. Il faut faire des réserves pour les
lllins. Ou ne |)eut que difficilcmenl inlciqiréler les
résultats des radiofçraphies en série.
M. Carnot rappelle que Oilbert avait montré
la possibilité de vérifier la contractilité splénique en
clinique. Chez les sujets présentant de l’hyper¬
tension portale avee splénoméf^alie, lorsqu’il se
produit de grosses liéniatémèses, on sent la rate
diminuer à la palpation. L’auteur a vérifié encore
tout récemment le fait chez un de ses malades ; lu
rate, diminuée de volume après hématémèse, a aug¬
menté de nouveau après une transfusion. Quand on
veut pratiquer la splénectomie pour agir sur ces
hématémèses de déebarge jjortale, on peut se fonder
sur l'état de la rate pour choisir le moment de l’in¬
tervention. Ou doit intervenir au moment où la rate
augmente de volume et où va avoir lieu la décharge
Influence de la castration sur les cornets du
nez. — MM. Champy et N. Kritch montrent ([ue.
chez les sUjCts castrés (moutons, bonifs), il se pro¬
duit une atroi)hie des cornets du nez qui tendent à
prendre le tyj)e que l’on voit chez les femelles. Le
cornet turbino-nasal est le plus alfecté. Ln outre, la
courburi' du nez, très accentuée chez le bélier, dimi¬
nue chez !<■ castrat, chez lequel il existe une atrophie
SOCIÉTÉ DÉ PATHOLOGIE EXOTIQUE
9 Janvier 1929.
Du chlorure de calcium Intraveineux dans le
traitement de la lèpre. M. G. Haslo a appliqué,
à Madagascar, le traitement di? Uosen (de Moscou i
pour la tuberculose à 27 lépreux avérés, tous por¬
teurs de lésions typit[m‘a i.â lépreux cutanés,
10 lépreux mixtes, 12 lépreux uervenxi. Il a utilisé
le chlorure di' calcium eu solution à 2 pour 100, dont
11 inject<', dans les veines, 150 eme (soit 0 gr. du
médicameuti tous les 2 jours, jiendaut 1 mois. Après
15 jours de repos, une uonvelb’ série de 1 5 injections
est j)ratiquée dans les mêmes conditions.
Le traitement a entraîné chez tous les malades
une amélioration : très marquée (10,7 pour lOOl,
nette (10,7 ])Ourl00|, légère (14,8 (jinirlOÜ; 1 léin-eux
est mort aiirès la 1' injection des siiites de conges¬
tion [uilmonaire. Les bacilles de Hansen ne dispa¬
raissent cependant pas du mucus nasal.
Hasié est d'avis qu'il faudrait 2 fois 2 séries la
lai disparition rapidi' des macules est la règle, la's
tubercules jeunes, dès la 5' injection, s’alfaissent,
s’ulcèrent puis se cicatrisent ; dans les cas d'inlillra-
tion ancienne, les résultats sont moins nets. Les
ulcères, même (U'ofonds et ulcérés, guérissent dans
les :t'l des cas. Ou n’obtient, par contre, aucune
modification des troubles trophiques, moteurs et
L’alepol dans le traitement de la lèpre des rats.
— \,'(tlt‘pul est un savon d’huile de chaulmoogra.
pré|)aré par fractiounemetit et séparation des par¬
ties soluhles dans l’eau, (’a'tte poudre jaune s'admi¬
nistre sous forme de solution à 1! ]iour 100 dans l’eau
distillée, par injection sous-cutanée, intramuse\ilaire
Administré à des rats infectés par Te hiicille de
Stefansky (10 à 12 injections de 1 cmcl, l’aletiol
exerce une action manifeste sur l’évolution de la
maladie. 11 semhle conduire à une mortification des
cellules lépreuses et à une prodnetion d’abcès (pii
favorisent l’éliniination des bacilles. L'influence sur
les bacilles mêmes parait nulle.
Ces recherches ont été faites pur M. J. Marikanus
dans le laboratoire du professeur Marchoux à l’Ins¬
titut Pasteur.
Contribution à i’étiologie de la dysenterie en
f^gypte M. J. Khouri signale les dilTéreutes
causes pathogènes, parasitaires ou autres, dont
relèvent les clysenteries en Egypte. Notons l’ami¬
biase 25 pour 100, la bilharziose 5,5 pourlOO, l’anky¬
lostomiase 0,6 pour 100, les infections bactériennes
65,5 pour 100 ib. Shiga, b. l''l(‘xner, ('iitérocoque,
eolibin'illei.
Note au sujet de l’action des pyréthrines (Chry-
sémine) sur.les ankylostomes. MM. J. Raynol
et J. Léger ont traité 2 tirailleurs sénégalais, por¬
teurs dans leurs selles d’œufs très nombreux d'anky-
lostoines, par les [(yréthrines isolées du Cliri/.san-
thi'iniiiii cincidriafelliirn. d(-jà expérimentées ])ar
.1. Chevalier et P. Mercier.
L’iiii des tirailleurs reçut C goutles de chrysémine,
eu une fois, et. 2 heures a])rès, 00 gr. de sulfate de
soude. L'autre absorba, 0 jours de suite, ii fois jjar
jour, \XX gouttes du niédicameiit.
La tolérance fut parfaite, mais les examens des
fères, prali([ués dans les II) à 20 jours suivant
rabsor|)tion médicainetdeuse, montrèrent un aussi
grand nombre d’œufs d’ankylostomes. ,
Tuberculose latente réactivée par le passage des
larves d’ankylostomes à travers le parenchyme
pulmonaire. M. Tulio von Bulow a vu, à Costa-
Uira, une luherculose inactive, fermée, se transfor¬
mer, sous l’inllueuce du Irioimatisme provoqué pâl¬
ies larves i\' .Inkjllusitiiniiiii duodrnule lors de leur
passagi,' à tra\t?rs le parenchyim- [uilnionairi-, eu nue
tub(‘rculose active, non compeuséc.*, avec fièvre,
sueurs, toux, amaigrissement, hémoptysie. Il y a
donc, entre la tubei'culose et l'ankylostoniiase, cer¬
tains rapjiorts dont il importe de tenir comiite jiour
l’interprétation de quelquès faits ayant trait à l’étio¬
logie de la tuberculose.
Note sur la fièvre typho'ide en Emyrne. -- M. G.
Girard insiste sur la fréquenee des infections
tyiihoïdes à Madagascar, aussi bien chez les indigènes
1[UC chez les Européens. Les bacilles |)ai-atyi)hiqucs
A et lî existent à C(')lé du h. tyiihique, mais re dernier
est de beaucoup le plus fréquent (98 pour lOOl.
Les infections typhoïdes revêtent, dans la (irande-
11e, aussi bien des formes gi-aves ou de moyenne
intensité que des formes frustes, ainbulatoii-es, que
seul le laboratoire peut identiflei'.
La prophylaxie du tétanos ombilical à Saigon
(Cochinchine). la- tétanos ombilical constituait, il y
a 25 ans, un véritable lléau à Saigon ; il atteignait
environ 20 pour 100 des enfanta nouveau-nés. M. L.-
R. Monte! montre ([ue le pourcentage d’infections
section aseptique du cordon, avec application d’un
lianscmeut stérilisé, suffisent pour lutter contre le
tétanos ombilical i-t amener sa disparition.
Myase à « Chrysomia bezzianum » observée
chez un indigène de la Côte d’ivoire. - - Dans
l’observatiou que rapporti'ut MM. G. Bouffard et
P. Legac, un noir présentait une tumeur de la région
labio-géiiienne gauche de la grosseur du (ioing, avec
un large orifice sons la lèvre, au niveau duquel
grouillaient des larves. Celles-ci, conservées dans un
flacon contenant du sable, mirent un mois à évoluer.
Les mouches ajipartenaienl à l’esjière ('hri/.semid
lirzzuuiiiiii Villeneuve.
Qui introduisit la syphilis à Tahiti ? -- Hecherches
hislorii|ues doriimeutées, dues à H. Gros, très inté¬
ressantes car une certaine Ecolli tend à accuser la
civilisation occidentale de tous les maux qui ont
frap(ié les indigènes de rOcéanie.
De manièrt- générale, on croit (|ue la syphilis a été
introduite à Tahiti parles Anglais ou iiarles Erançais
à la lin du xviiC siècle ; or, (îros apporte des don-
néi's permettant d’admettre i[ue la syphilis existait
déjà dans lejiays à l’arrivée des Enropéens.
Granulome inguino-scrotal à forme d’ulcère
rubané, - - MM. G. Delamare et Giagni étudient
un granulome vénérien observé au Paraguay,, à
forme d’ulcère d’abord serpigineux, torpide ensuit(^
qui durait depuis 8 ans et dont la guérison a été
obtenue en 15 jours au moyen d’injections intravei¬
neuses d’émétique |0.8tl gr.l.
Les auteurs insistent sur l’intérêt du dépistage
systématique des plasmomes génitaux justiciables de
l'émétique. Abandonnés à eux-inémes. les plasmomes
soist, en elfet, susceptibles d'engiuidrcr non seule-
mcul des pi-rles de substance sjionlanéinent incu¬
rables, mais aussi, chez l’homme, des œdèmes chro¬
niques de la verge et du scrotum, chez la femme
des brides eicatricielles urétro-vagîno-nnales et des
œdèmes de la vulve.
Leishmaniose américaine et blastomycose.
Revue d’ensemble sur la question, par IM'. Escomel.
Mahuki. LnuEa.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
26 Janvier 1929'
Le réflexe glossique chez les pronogrades et les
orthogrades. — - M. Pierre Robin constate que le
réflexe glossique labio-pharvngien chez les prono¬
grades est devenu, au cours de l’apiiaritiou du lan¬
gage parlé, pharyngo-labial chez rhomnie. (le réflexe,
un des plus récents dans l’évolution phylogénique,
devient facilement déficient, déterminant ainsi la
glosso|)tose dès le début de la fatigue ordinaire ou
pathologique, asthénie, intoxication, a.sphyxic.
La séro-réaction de Botelho dans le cancer. -
M. Jean Gaget signale que la séro-réactioù de
liolelho donne, tout particulièrement dans les cancers
internes, des reiiseignemeuts intéressants. Il a cons¬
taté qu’a|)rès le traitement, l’état clinique a toujours
coïncidé avec l'état sérologique chez un coi'lain
nombre de malades qu'il a suivis. Mais la i-éaction est
fort délicate, et il y a quelques causes d erreur.
Les ondes galvaniques alternatives à longues
périodes. M. Laquerrière, dans celte deuxième
note, montre (|uc les ondes alternatives à longues
liériodes (ju'il a créées excitent électivement les
muscles les plus malades sans augmenter la tonicité
des muscles sains; qu’elles ne donnent que des exci
tâtions esjiacées, ce qui évite la fatigue; enfin, qu’elles
occupent le temps de repos par le passage d’un cou¬
rant continu ayant une action ])uissante sur la respi¬
ration élémi'utaire du muscle et sur sa nutrition.
Elles forment donc une gymnastique ('‘lectri()ue du
muscle très malade, présentant des ([ualilés tout à
fait particulières.
Extraction de calculs de l’uretère par les voies
naturelles. M. G. Luys montre par des projec¬
tions les différents procédés d’exiraction des calcnls
del’uretèrc par les voies naturelles, tlràcc à la sonde
urétérale .. à ailettes « (jui, introduite fermée au-
dessus du calcul, peut alors s'ouvrir par un méca¬
nisme spécial, il a pu, en retirant (;ette sonde,
dégager de Turetère un volumineux calcul, et l’at¬
tirer dans la vessie d'un malade dont il rapporte
l’observation.
A. Deiiiuoi a.
ASSOCIATION FRANÇAINE POUR L’ÉTUDE DU CANCER
21 Janvier 1929.
Xumeur sudorifère de la région inguinale.
M. E. Grynieltt raiiportc l’élude d’un nouveau cas
de tumeur développée aux dépens des canaux excré¬
teurs des sudoripaies. 11 a ])U l’identifier :
1" Pai' l’existence des deux formes cellulaires ca-
ractéristi((ues : les reUule.s cuticülaive.s . qui bordent
les lumières glandulaires, souvent dilatées ici en ca¬
vités microcysti(|.ues ; les ctdiule.'i hu.sitaire.s qui sont
ici la couche fertile de la néoplasie. On peut suivre
sur certains canaux sudorifères, dans 1 a zone d’ex¬
tension, l’hyperplasie exclusive de 1 assise basilaire
de ces conduits (|ui aboutit à la formation des lobes
néoplasiques, où les cellules qui en dérivent subis¬
sent une évolution épidermoïde incomplète (sans
kératinisationi et souvent une vacuolisation consi¬
dérable, les transformant en eellule.'i riaire.s;
2" Par l’hypertrophie très importante, mais loca¬
lisée, de la membrane propre (jiii envoie dans les
masses é|)ithélial<‘s des éperons plus ou moins puis¬
sants, au sein des(jnels émigrent les cellules basi¬
laires, en créant des zones d’aspect pseudo-cartila¬
gineux, ébauche d’un processus qui prend dans cer¬
taines tumeurs mixtes une extension considérable.
Dans celle néoplasie, les bourgeons épithéliaux com¬
mencent à essaimer, hors Ue la membrane propre,
dans le tissu vasculo-conjoqctif sous-cutané. Ce n’est
donc plus une tumeur ou hyperplasie sudorifère
mais bien un début d’épithélioiiui sudorifère nette-
N» 14
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
SOCIÉTÉ DÉ PSYCHIATRIE
20 Décembie 1928.
Arriération mentale traitée chirurgicalement ;
résultat éloigné. - MM. A. Marie et Miquel pi-é-
seiilcnt un ras (l'ai'riéialion menlalo rraniec.loinisr
il y a 30 ans par Ijariiirlonguo. La tranrlio do la
paroi rraitirnno s’osl inlégraloinoiit roronsliluoo ;
r.xrollenle suite opératoire, mais ])orsistance inté¬
grale do l’arriéi'atioii et do la rérilé |)ai’ ati'Opliio
opli([uo.
Los autours présontoiit uuo piooô anatoiuiquo d’un
ras seinblablo : malade atteint d’arriération moniale
ayant subi ùno opération identique faite par Lanno-
longue, autopsié 10 ans après, et dont la broehe
présentait une ossillcation.
Encéphalite épidémique chronique ; état d’excita¬
tion d’allure hypomanlaque; épilepsie localisée du
type sous-cortical. — MM. Dupouy et Courtois
rapportent l’observation d’une jeune femme atteinte,
en 1925, d’une enréplialile épidémique qui détermina
plus lard des pbénomènes variés et des troubles
mentaux polymorplies, è roecasion de poussées e\o-
lutives. Ils insistent sur la eoexisteiiei.', riiez retle
malade, ([ui n’est pas parkinsonioniie, d un état d ex-
rilalioii psyrliiqiie avec automatisme psvrlio-verbal
ineoerrible et conscient, et dé crises convulsives
sous-eorticales. Ils rapportent les phénomènes ob¬
servés à des lésions sous-corticales des noyaux de la
base qui exalteraient l’activité do ces centres et les
libéreraient du contrôle cortical.
Ces crises, remariiuables aussi iiar lu soudaineté
de leur e.xjdosioii, par la violence de leurs réactions
de défense, et l’allure incoercible de leurs impul¬
sions. sont vraiment très caractéristiques de l’encé-
jihalite épidémique. D’autre part, l’exagération du
réflexe oculo-cardiaque pendant la crisë, la provo¬
cation possible des crises pai la pilorarpine et l’ésé-
riiie.letir sédation liabiliielle par radréiialine. l'alro-
jiine. la sropolaminr, le nitrite d’amyle, montrent
un parallélisme avec les réactions végétatives qui
accompagnent les crises oriilogyres de l’eiicéplialile
ainsi qu’avec les procédés qui permetlenl en général
de réaliser leur provocation ou sédation.
2'i .laiivirr 1929.
Délire de zoopathie interne consécutif à une cas¬
tration utéro-ovarienne par rœntgenthérapie ; dis¬
parition rapide du délire à la suite d’injections
d’hormovarine. — MM. G. ‘Petit et Martrille.
Une femme de 44 ans, sans antécédents névropa-
ibiques, présente, roiiséculivemcnt à une castration
utéro-ovarieiinc pour fibrome par rœntgenthérapie,
un syndrome, d’abord banal, d anovarieavec troubles
rénesthésiques, modifications de l’hunHiur et du ca¬
ractère. Dans la suite apparaissent progressivement,
par le mécanisme d'interprétations, des idées déli¬
rantes systématisées de jalousie, de préjudice et de
persécution, s’accompagnant enfin d’un délire de
zoopathie interne (crapaud dans l’abdomen). Sous
l’influence d'injections d’hormovarine, les troubles
cénesthésiques disparaissent, l’humeur et le cacac-
ière se modifieiil et parallèlement on note la réduc¬
tion rapide du délire zoopathique et l’arrêt du pro¬
cessus d’interprétations délirantes qui ii'alTecleiil
plus qu’un caractère rétrospectif.
Crises paroxystiques anxieuses, hallucinatoires
et impulsives d’origine encéphalitique. — MM. H.
Claude. J. Tinel et AT""’ G. Michon présentent une
malade chez laquelle ces crises, sont réalisées ajec
une iiellelé toute particulière : crises polymorjihes
où s’associent plusieurs éléments, un état anxieux
allant du simple sentiment de la peur jusqu’à la ter¬
reur, panique, hallucinations visuelles, olfactives,
auditives, impulsions en rap|)orl souvent avec les
hiillilcinations auditives.
Masochisme spirituel chez une intimiste inquiète
cyclothymique et vagotonique. — MM. Laignel-
Lavastine et H. Desoille présentent une jeune my¬
thomane qui s’analyse et se découvi’e des lares
mentales. Quoique craignant les rapports sexuels
normaux, elle se donne à inconnu au cours d’une
crise de dépression. Elle devient amoureuse de son
confesseur et s’accuse de fautes imaginaires parce
qu’elle est heureuse ■ d’encourir sa colère. Les au¬
teurs doiiuent une analyse des rêves de la malade.
Automatisme mental et encéphalite léthargique.
— M. Heuyer montre plusieurs malades chez les¬
quels l’encéphalite léthargique s’est accompagnée au
cours de son évolution d’un véritable automatisme
mental. Il insiste sur rimportance de l’eiicéiilialite
léthargique qui réalise des syndromes jisychialri-
qiies variés, et sur l’intérêt de tels faits dans l’élude
du mécanisme et de l’étiologie des délires halluci¬
natoires et de rautomatisme mental.
Syndromes hallucinatoires et encéphalite léthar¬
gique. — MM. Baruk et Wreignant ra])i)orlont
.3 observations de délire hallucinatoire au cours de
l’encéphalite léthargique, à base d’onirisme et d’halu-
cinations, et réalisant dans un cas, secondairement,
le tableau d’un délire fantastique.
Sur une modalité du stade présymptomatique de
la paralysie générale. — MM. R. Targowla et J.
Dublineau présentent une fenjme de 53 ans atteinte,
eu Juillet 1928. d’un ensemble de troubles caracté¬
risés par des phénomènes anxieux avec agitation,
idées de suicide ou inhibition psychique par inter¬
valles; quelques troubles de la mémoire et du com¬
portement ; des douleurs dans les membres infé¬
rieurs, des crises i-esicales et gastriques avec vomis¬
sements incessants (sans lésion gastrique décelable)
.Vclnellemeni. on trouve un léger trouble de la
mémoire, couscieiii ci lié à rinsiiffisaiice d’ell'ort
mental, et une indifférence euphorique et enjouée
contrastant avec le. caractère pénible des troubles
foiiclioiinels allégués; les phénomènes mélancoliques
ont disparu. Il existe en outre des troubles ataxi¬
ques, nue cei-laine hypotonie musculaire, des zones
d’hypoesthésie, des signes pupillaires accompagnés
d’un léger tremblement, d’une dysarlhcie extrême¬
ment discrète et douteuse, de l’exagération des ré¬
flexes tendineux. Enlin, le syndrome , humoral est
positif et de type paralytique (Depuis l’institution
du traitemeiil spécifique, il y a 3 semaines, l’état
général s’est amélioré, les phénomènes douloureux
ont disparu, les vomissements s’altéiiiienl considé-
rablenienl).
Les auteurs éliminent la possibilité d'un tabes
Ipecsislaiice des réflexes tendineux malgré les symj)-
lômes ataxiques, caractère atypique des troubles di¬
gestifs cédant, eu outre, rapideiiieiil au Iraileiiieiil
spécifique banal) et concluent à nue foriiie basse lic
paralysie générale au début en se liasant sur les
caractères du syndrome humoral et de l’état mental
(malgj-é l’absence de démence).
Rapprochant une autre observation du l’as précé¬
dent, ils insistent, en lerminaiil, sur les ])sychoses
paralytiques révélatrices d’une paralysie générale à la
phase présymptomatique et sur leur importance jn-a-
tique, ])uisqu’olles permettent de jmser précocenieiil
les indications d’nne thérapeutique' ([ui a d’autant
plus de chances d’être efficace qu elle est ajipliquée
avant l’installation des grandes nianifestalions carac¬
téristiques.
11, Baiiuk.
SOCIÉTÉ CLINIQUE DE MÉDECINE MENTALE
31 Janvier 1929.
Deux cas de paralysie générale chez des nègres.
MM. Marie et Miquel. Ces deux nègres sont dé¬
cédés dans les asiles de la Seine (nécropsie). Ces cas
soulèvent à nouveau la question de la paralysie géné¬
rale selon les . races et de l’inimunilé prétendue des
Troubles mentaux similaires chez trois sœurs
(type démence précoce familiale). MM. J. Vie
et A. Dujonf présentent 3 soeurs dont 2 jumelles;
celles-ci sont atteintes d’hébéphréiio-calatonie typi¬
que; l’aînée, après un épisode de haine familiale mor¬
bide, et une tentative de. refuge dans le mariage, a
extériorisé plus tard une forme paranoïde à évolution
rapide. Hérédité non connue. Puberté très tardive.
Bordel-AVasscrmann négatif.
Anorexie émotionnelle révélatrice de démence
précoce en régression. — MM. P. Courbon et J.
Rondepierre présentent une jeune fille de 26 ans
qui, internée depuis 3 ans pour un délire poly¬
morphe, cessa progressivement de présenter tout
trouble mental, lit la critique de son état morbide
225
au quartier des travailleuses, elle continua à y rai¬
sonner et à y travailler sensément, mais l’émotion
de ce passage suffit à déterminer une anorexie abso¬
lue (pendant 8 jours elle ne but que do l’eau, refu¬
sant toute nourriture) qui lit réapparaître le syn¬
drome déincnlicl précoce latent.
Myélo-encéphalite psychosique. - MM. A. Cour¬
tois et J. André Thomas. Deuxième présentation
d’une malade atteinte de confusion mentale avant
duré 4 semaines, acconqnignèe d’une poliomyélite
localisée. Un mois aprys le début, septicémie à
streptocoque, secondaire à une plaie cutanée. Anémie
grave. .Après incision d’nn volumineux abcès de la
région de la lianclie droite et un traitement par auto¬
vaccin, chute de la température et guérison.
Les auteurs, exposant les diagnostics étiologiques
possibles, écartent la poliomyélite antérieure aigue-
une forme basse de rencéphalite, épidémique et incli¬
nent plutôt vers l’hypothèse d’une infection indéter
minée. Et ce cas apparaît comme une contribulioi:
intéressante à l’étude des psychoses infectieuses, de;
encéphalites psychosi(|ues décrites par MM. Tou
louse. Marchand et .Schifï.
L. Maiiciiaxu,
SDCIÉTÉ FRANÇAISE
D'ÉLECTRDTHÉRAPIE ET DE RADIOLDGIE
22 Janvier 1929.
Tumeur maligne de l’humérus guérie par h
radiothérapie. — MM. Gally et Portret présentent
avec la malade, l’observation détaillée d’une tumeui
ayant tous les caractères cliniques et radiologiquei
Cette tumeur siégeait sur l’épaule droite, Di
volume de la tète d’un enfant, dure et pulsatile
recouverte d’une peau rouge sillonnée d’arborisa
tions veineuses, elle présentait tout le caractère d’ur
ostéosarcome. C’est du reste le diagnostic qui avai
été porté par M. Robineau-. La radiographie montr;
qu’au niveau de la tumeur existait une fracture com
plète de l’humérus, fracture spontanée.
L’extension des lésions empêchait toute interven
lion. La malade fut traitée par la radiothérapie pro
fonde et reyut, par 4 portes d’entrée, 10.000 R., ton
sion 200. OOÔ volts, filtres 1/2 Zn -j- 2 d’Al.
Deux mois après le traitement, la tumeur i
régressé, mais la radiograjihie montre que l’os n’es
pas reconstitué. I,a malade est remise eu surveillanci
jusqu'en Octobre et elle reçoit à ce moment 8.500 R
administrés en 12 séances réparties en 2 mois. De
puis celte époque, les guérisons cliniques et radio
logiques se sont maintenues : il y a un véritabl
« restilutio ad integrum «.
La malade présente actuellement un état analomo
physiologique parfait et la peau ne présente aucun
trace des doses massives des rayons qu’elle a reçus
Les rayons ultra-violets dans le traitement de
affections oculaires d’origine dite « scrofuleuse »
MM Delherm et Morel-Kahn rapportent 12 ca
d’affections oculaires dans lesquelles on pouvai
penser à une étiologie vraisemblablement tubercii
leuse et qui ont été traitées par des irradiation
ultra-violettes en bains généraux (6 cas de conjoncti
vite phlycténulairc, 4 cas de kératite, 2 cas d’inül
tration de la cornée). Tous les malades ont pu ètr
considérés comme guéris sans que jamais iis aien
présenté le moindre incident. Les radiations étaien
faites à l'aide de lampes à vapeur de mercure,
doses progressivement ci oissaittes, et le traitemer
n’a jamais nécessité plus de 20 séances.
A propos de la radiothérapie dans les névralgies
- MM. Delherm et Beau rapportent 2 nouveau
cas de sciatique dans lesquels, la radiothérapie rach:
ilienne ayant donné des résultats insuffisants, ils on
pratiqué la radiothérapie sur la périphérie du nerf
Les résultats ont été heureux et rapides.
Ils pensent qn’une grande part de l’action curativ
de la radiothérapie dans les névralgies, que les ap
plications soient faites sur . le rachis, ou sur 1
périphérie du nerf, peut être rapportée à un méca
nisme sympathique du même ordre que celui qu’il
ont étudié dans la maladie de Raynaud et dans l’an
giospasme.
Atrophies sciatiques. — M. Colanéri rapport
une série de remarques faites à la suite de diver
J-A PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N“ 14
226
triiiteiiR-ntK dans les acialiques et particulièrement
des traitements radiothérapiques. Il conseille l'asso¬
ciation il la radiothérapie des divers agents physi¬
ques, diathermie, infra-rouges et galvanothérapie.
Lésions osseuses secondaires aux néoplasmes de
la prostate et du sein, MM. Portret et Helie
rapportent t! observations de malades antérieure¬
ment atteints de cancers de la prostate ou du sein
présentant des radiographies typiques de métas-
L’aspect caractéristique des lésions localisées sur
le bassin et le fémur a permis de réparer deux er¬
reurs de diagnostic.
(les lésions consistent en une disparition de la
netteté des contours osseux qui sont estompés et
flous tandis ([ue le corps de l'os présente un aspect
nuageux pommelé dù à une véritable cléralci/iration
xl'oradique.
Le traitement de choix est la radiothérapie pro¬
fonde qui, non seulement arrête la lésion osseuse
dans son évolution, mais permet la reconstitution du
tissu osseux en voie de destrnction. Malheureuse¬
ment, l’action curative n’est pas durable : d’autres
noyaux se forment et l’envahissement peut être pro-
La mesure des courants de diathermie. - M.
Laquerrièro.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
5 Février 192<.),
Septicémie à entérocoque avec endocardite
maligne. — M. Cade ap|iorte une nouvelle obser¬
vation d’enilocardite maligne due il l’iuitérocoque. Il
s’agissait d’une jeune femme de 27 ans entrée à
l’hôjiital pour phénomènes rhumatoïdes. Au bout de
(luel([ues[jours, on constate l’i'xislence d’un rétrécisse¬
ment mitral avec insuflisance ; en même tenijis elle
présente des fidssons et une élévation thermique.
L’iiémocullure montre la présence <le l’entérocoque
à l’état pur. l/a vaccinolhérapie se révèle iuojiérante.
Les signes cardiaipies s’acceni ui-nt et l’évolution se
l>oursuit toujours fébrile, (’/omme ilans les cas de
MM. Duvernay id (îerbay, la luileiir est très accentuée.
L’auteur insiste sur la progressivité remarquabli^ et
inexorable de 1 alfection.
A propos de l’état des réflexes tendineux dans les
maladies infectieuses. — MM. Pic et P. Ravault
ont pu constater, au cours de certaines maladies in¬
fectieuses (se'jiticémies, pneumonies, lièvre typhoïde),
des altérations de la réllectivilé tendineuse. Dans les
formes graves, ils ont noté la iliminution progres¬
sive ou même la disparition complète des réflexes,
disparition authentique confirmée par l’iiu'flicacité
de la mamruvre de .lendrassik. dette sidération des
réflexes indique une imprégnation toxi-infectieuse
profonde du iiévraxe et est l’indice d’un pronostic
sévèiv. Deux les autres formes, moyennes ou béni¬
gnes, ils ont vu que, tantiM la réflectivité [laraissait
normale, tantôt elle manifestait une tendance il devi'-
nir pins vive et il s’accompaguei- d'un peu de clonus
du pied, d’ailleurs de courte durée, dette surréllec-
tivité, d’apiiréciation d'ailleurs difficile, s’observe
souvent lorsipie le malade entre en convalescence et
elle paraît relever d’un certain ilegré d’excitation des
Il semble donc qu’on puissi', sous réserve des
iiindificatinns de la réflectivité antérieure à lu maladie,
tirer des faits précédents certaines indications pour
le pronostic des maladies infectieuses.
Le sérum de Rodet dans le traitement de la
fièvre typho'ide des enfants : résultats obtenus pen¬
dant l’épidémie de 1928-1929 -- MM. Bertoye
et P.-E Martin apportent une statistique qui porte
sur 82 enfants traités. Ils n'ont pas fait de sérum dans
les formes qui paraissaient bénignes |23 cas) et qui
ont d ailleurs guéri s|)Ontauément. Ils ont divisé les
jilatcau a dépassé la durée de 15 jours. Toutes ces
t’orines, traitées par le sérum de Uodet, étaient bien
dues au bacille typhique: il n’y avait ni para, iii-
microbes associés.
Les formes graves étaient au nombre de 19.
9 ont reçu du sérum et ont donné 4 décès ; les
15 autres, traitées par les bains, ont guéri. Les for¬
mes moyennes sont au nombre de 40 : 6 reçurent
du sérum.
C’est doue sur 15 malades que les auteurs basent
leurs coiiclusious. Dans I! cas seulement ils ont cons¬
taté um- chute de température par la sérothérapie
mais, pour tous les autres cas, la comparaison avec
les enfants infectés le même jour, dans les mêmes
conditions (enfant d’un pensionnat, par exemple), a
montré que celte médication était restée sans action.
La proportion de rechutes a été la même dans les
deux séries de malades soumis à la balnéation et au
sérum.
Comme M. Chalier, les auteurs iusislenl sui'
l’inconvénient que présente la sérolbéraiiie de pro¬
voquer des accidents sériques dans les IF' et 4‘' sep¬
ténaires de l’évolution, c’est-à-dire au moment où la
maladie atteint son acmé.
— M. Chalier dit que sa statistique de malailes
traités par le sérum de Uodet est lamentable ; la
mortalité est de 25 pour 100.
M. Dufourt a été obligé de faire baigner tous
les enfants qu'il avait soumis à la sérothérapie.
Cette méthode s’est vraiment révélée inefficace.
Pneumopathie syphilitique très anthracosique
(poumons noirs). - MM. Paviot. R. Chevallier et
Revol rapportent l'observation du malade mort à
08 ans chi’z i|ui 1 évolution clinique et les résultats de
la thérapeutique lipiodolée permirent de porter le
diagnostic de polyviscérite syphilitique. L’autopsie
confirma cette hypothèse en montrant des poumons
densifiés, caoutchoulés, de coloration uniformément
noire, un foie atrophique l't cii'rholique, di's reins
granuleux, enfin un cieur légèrement hypertro-
Les auteurs se proposent de déceler et de doser
avec leur technique habituelle le pigment ferriipie
qui doit prédominer au niveau des poumons anthra¬
cosiques. Ce sujet était particulièrement intéressant
du fait de l’existence d’une lésion grave du foie qui
semble confirmer l’hypothèse d’une origine hémoly¬
tique de la sidérose jiulmonaire.
Cortico-pleurite avec érythème polymorphe
chez une syphilitique ; contrôle radiographique
après injection de lipiodol. — MM. Gâté, H. Gar-
dère et J. Rousset apportent une observation qui
tend à prouver que la syphilis tertiaire est capable
de réaliser le groupement érythème polymorphe et
cortico-pleurite qui est habituellement rapporté au
bacille de Koch. Cette cortico-pleurite, comme l’ont
montré des travaux antérieurs des auteurs, est un
mode de début de la syphilis pulmonaire, antérieur
à la période des scléroses et des dilatations bron¬
chiques. La syphilis était certaine et avait été
constatée 11! ans avant dans un service hospitalier
mais, depuis, la malade n’avait reçu aucun traitement.
Sous l’action du novarsénobenzol, les troubles pulmo¬
naires et l’érythème polymorphe ont été rapidement
améliorés. La radiographie du poumon après injec¬
tion de lipiodol a montré l’absence de lésions bron-
Les pleurésies hémorragiques du pneumothorax
artificiel. — MM. Cordier, Gaillard et Vallin
présentent l'observation d’une malade qui, au cours
d’un pneumothorax artificiel, a fait un épanchement
[deural hémorragique.
Il semble s’agir d’un hématome pleural, étant donné
la pachypleurite, et plutôt d’une maladie de la plèvre
éviduanl pour son propre compte que d’une compli¬
cation à proprement parler du pneumothorax. Quant
à l’étiologie de celle affection, la tuberculose ne peut
faire de doute, étant donné les lésions pulmonaires
associées nettement tuberculeuses qui avaient déter¬
miné le collapsus thérapeutique,
,1. IIOISSST.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE D’ALGER
17 Janvier 1929.
Sur un cas de fracture du sternum. — MM. E.
Goinard et P. Goinard présentent l’opérée dont ils
ont apporté l’observation à la séance précédente : le
résultat fonctionnel et esthétique de l’ostéosynthèse
est excellent. De nouvelles radiographies ont permis
de reconnaître un tassement des corps des 2 dernières
vertèbres cervicales.
Phlegmons périnéphrétiques et vaccinothérapie.
— M. Bernasconi, à propos d’un cas de guérison,
rapporte sa statistique personnelle de phlegmons
périnéphrétiques, qui s’élève à 6 cas, guéris par la
vaccinothérapie. Dans un des cas il y eut abcès péri-
néphrétique et abcès de la prostate.
Le vaccin employé a été le lipo-vaccin antipyogène
de Le Moignic auquel l'auteur déclare rester fidèle en
raison de sa constance dans ses effets et des résultats
obtenus.
Kyste hydatique du rein. — MM. Couniot et
Curtillet (rapport de M. Costantini), ont trouvé, au
cours d’une autopsie, un rein envahi par un kyste
hydatique; ils présentent la pièce. Le pôle supérieur
seul est occupé par la masse kystique ; les 2/3 du
parenchyme sont intacts; le kyste est multiloculaire
et ue paraît pas ouvert dans le bassinet. Il semble
bien que la néphrectomie soit à éliminer dans un cas
de ce genre; la néphrectomie partielle ou, mieux,
l’ébarbage de la masse parasitaire avec, réunion pri¬
mitive eût été l’intervention de choix.
Généralisation osseuse d’un cancer du sein. —
MM. E. Goinard, P. Goinard et Moutte présentent
les radiographies d’une femme opérée il y a un an
d’un cancer du sein gauche, qui montrent une propa¬
gation du cancer à une partie du squelette.
Un foyer vertébral dorsal a entraîné une cyphose
de grand rayon sans signes nerveux objectifs encore.
L’omoplate, la clavicule, l’humérus droits, plusieui's
côtes, les os iliaques sont atteints de lésions raré-
llanles extrêmement étendues.
Calcification périscapulo-humérale d’une bourse
séreuse et d’un tendon. — MM. Pierre Goinard,
Blondeau et Imbert présentent l’observation d’un
maçon de 38 ans atteint, au niveau de l’épaule droite,
de douleurs, craquements, limitation des mouve¬
ments et de la force musculaire, amyotrophie.
La radiographie stéréoscopique leur a permis de
localiser, en dehors do l’articulation, 3 ou 4 calcifi¬
cations arrondies dans la bourse séreuse sous-acro¬
miale, et, dans le tendon du sus-épineux, pai'tant de
son point d’insertion, un dépôt opaque en éventail
suivant la direction des fibres tendineuses.
Les auteurs insistent sur cette localisation intra-
tendineuse et sur l’intérêt de la stéréoradiographie
dans ces cas, sur le rôle étiologique probable d’un
état infectieux (blennorragie ancienne, prostatite et
phlegmon périnéph rétique ultérieurement), sur
l’inefficacité de la diathermie, les bons résultats do
l’ioilure de potassium et surtout du salicylate <le
soude, leiiuel a procuré en un mois une rétrocession
de la Iilupart des troubles qui ne s’est pas démentie
depuis 5 mois.
Les formes frustes de l’ostéomyélite de l’extré¬
mité supérieure du fémur. - M. Lombard rapporte
2 observations d’ostéomyélite de l’extrémité supé¬
rieure du fémur qui ont évolué d’une façon insidieuse
en dehors du milieu hospitalier et qui, sans ouver¬
ture, sans fistulisation, ont abouti à des destructions
étendues de la tête et du col suivies d’ankylose osseuse
secondaire.
Abcès récurrent cervical à point de départ dor¬
sal. M. Lombard, l'ne enfant de 5 ans, atteinte
(le mal de Pott avec grosse gibbosité, présente
depuis 10 joui-s une volumineuse collection cervicale
qui plonge à travers l’orifice supérieur du thorax.
La radiographie, après injection liiiiodolee, montre
qu’elle a son origine au niveau de la 10'’ dorsale.
Sésamoidite du gros orteil. -- M. Lombard
présente les radiographies d’un cas de sésamoïdite
du gros orteil droit cliniquement manifestée par une
douleur très localisée au-dessous de l’articulation
métatarso-phalangienne et radiologiqui'ment carac¬
térisée par un as[)ect très llou du sésamoïde externe
dont les contours ont à peu près disparu.
N» 14
10 Février 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N“ 69.
Abcès du cerveau
Par Loris Ram'om)
.Mocleciii (le l’iiopiliil I.m'nnc-c.
Montons aujourd’hui à la salle Roslan. 11 s’y
trouve, paraît-il, une jeune femme atteinte d’une
affection nerveuse qui intrigue mon interne et a
dérouté hier plusieurs candidats au concours de
médecin des hôpitaux. Voilà de quoi exciter notre
curiosité ! Voyons si nous allons trouver le mol
de cette énigme clinique,
Nous voici devant le lit 14. Une jeune coutn-
rière de 20 ans, brune, amaigrie, jiàle et l’air
fatigué, y est assise, bille nous accueille aimalde-
ment. Elle ne demande pas mieux que de se
prêter à notre interrogatoire et à notre examen.
Écoutons d’abord l’iiiSTOiiu; un s.v .m.vladik.
dette personne est entrée à l’hôpital Laennee
il y a trois jours. Elle a été admise dans le service
d’oto-rhino-laryngo-logie, car elle apportait un
certilicat médical constatant qu’elle était atteinte
de sinusite frontale et maxillaire gauches néce.s-
sitant une intervention. A])rès examen, nos col¬
lègues spécialisés n’ont approuvé ni le diagnostic
de sinusiti' ni, bien entendu, les conclusions o|)é-
ratoires et ont fait passer hier la malade dans
Le début des accidents remonte au mois de
Septembre dernier (nous sommes le 9 Décembre:.
11 a été marqué par un violent rhume de cerveau
qui ne tarda pas, de l’avis du médecin traitant, à
se compliquer de sinusite frontale jniis de sinusite
maxillaire gauches. Cette femme, traitée chez
elle par dos inhalations et des cachets calmants,
vit peu à peu son état s’améliorer.
Un nioix pim lard, dans les premiers jours de
Novembre, elle se mit à souffrir assez vivement
dans la région rachidienne, à la hase du cou et à
la partie supérieure du thorax. Ou craignit alors
une maladie du rachis et on lit pratiquer une
radiographie de sa colonne vertébrale cervico-
dorsale. On n’y vit aucune lésion osseuse.
Comme, presque dans le même temps, étaient
apparus de la céjihalée, des vomissements, et des
troubles oculaires constitués par du strabisme
convergent de l’œil droit, associé à une diminu¬
tion manifeste de l’acuité visuelle- à droite, le
médecin de cette femme jiensa avoir affaire à une
alfection nerveuse cérébrale et fit une [lonetion
lombaire. Il retira un liquide <■épllalo-rachidien
eau de roche, sans fibrine, ne contenant que
trois lymphocytes par millimètre cuh.e, mais de
l’albumine en excès (0 gr. .V) par litre). Il n’y
avait pas d’hyperglycoraehie, pas de microlies,
et la réaction de Wassermann était négative avec
ce liipiidi'.
C’est à la suite de ces diverses investigations
que cette couturière fut envoyée à Laennee pour
ses sinusites frontale et maxillaire gauches.
Four eomplétiT son histoire, on peut ajouter
que ses antérédon/x prrxonrwlx sont excellents.
Elle n’a jamais été malade, sauf dans son enfance
où elle a eu la rougeole, la Miqueluche, la scarla¬
tine, sans complications.
Sa mère est bien portante ; son frère également ;
mais son père est mort tuberculeux il y a huit ans,
après être resté malade à son foyer pendant trois
ans.
[Procédons maintenant à son kxa.mux.
at Elle attire principalement notre attention,
et avec insistance, sur des douleurs ranhidirnurs
qu’elle situe entre les deux épaules, de la I''' à
la 4'' vertèbre dorsah* ; douleurs fixes, sans ina-
diations, continuelles, habitnellement jieu vio¬
lentes, mais (pii présentent par intervalles des
paroxysmes avec sensation d’arrachement.
Insjieetons avec soin cette région vertébrale.
Elle n’est pas déformée. Les mouvements s’y exé¬
cutent assez bien, avec une légère raideur cepen¬
dant.. Nims ne trouvons aucun point douloureux
à la pression ou à la jiercussion des ajjojihyses
é])ineuses à ce niveau.
b' Cette femme* se plaint aussi de troubles
eisuels. Elle voit heanconp moins bien de l’œil
droit ([ue de l’œil gauehe. Nous ne sommes jias
surjiris de l’entendi'e accuser des inanlfestalioiis
oculaires, car ce <[ni frappe dès ipi’on la regarde,
c’est le slrabisnie eoneergent très marqué de son
a’il droit. Ce qui étonne, par exemple, c’est qu’elle
n’ait pas et n’ait jamais eu de diplojiie avec un
pai’cil sti'abisnie non congénital ipii indique'
nue paralysie de son muscle droit cxterni' droit.
Or, elle l'st formelle: elle ne voit pas et n’a jamais
vu les objets doubles. II faut donc ipi’elle ail une
vision monoculaire ! ElfecliveuienI, elle ue eoit-
j>as de son <eil droit-, l’o'il gauehe bouché, elle ne
distingue les doigts ipi’à peine, et elle est ini'a-
pable de lii'e même le litre en gi'os caraelères du
journal.
Les jmpilles sont égales et réagissent noi'inale-
menl à la lumière et à l’accommodation.
c) Aiguillés vers h' diagnostic d'nne maladie
du système nerveux par les troubles oculaires et
la rachialgie, complétons V e.ramen neurologique.
La céphalée est légère, intermittente, diffuse, et
la malade ne s’en plaint guère.
L’intelligence n’est pas affaiblie, et toutes h's
réjionses que nojis a faites cette couturière témoi¬
gnent de l’intégrité de son entendement et de sa
mémoire. Ce[)endant, elle a l’air un jieu absente;
elle ne parle ipie lorsque nous l’interrogeons;
elle ne manifeste aucune préocciqiation de son
état .
Il n’y a pas de jiaralysie de la face ou des
membres. La sensibilité est partout intacte et
sous tous ses modes.
Les réjle.rcs rotuliens sont idioiis des deu.r côtés ;
mais les réflexes achilléens existent à droili' et à
gauche.
Le signe ih' Raliinski fait défaut de chaipie
côté. Les réflexes eutanés abdominaux sont con-
Les sphincti'rs n’ont jamais été troublés.
àlise deliout, celte fcmmi' n’a pas le signe de
Roinberg. Sa démarehe est un jieu raide.
Elle n’a ])as la moindre ineoordination des
mouvemi'iits ni d’adiadocociné'sie.
d 1 Passons en reçue ses dieers organes ;
Les poumons sont normaux.
Le cœur est eu jiarfail état. Le jnmls est à 7().
La tension artérielle est de 12X9 au à a((uez.
I,es urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
La langue est un peu sale, mais l’apiiétit reste
bon. 11 n’y a ])a.s de vomissements ni de cousli-
jiation.
La malade dit avoir beaucoup maigri depuis
deux mois. Elle est, on effet, émaciée.
Sa température est en plateau entre 37'’() el37‘'S
plepuis le moment de son entrée à Laennee).
I. En entendant cette eontiirièi'e se plaindre
lirincipalenient de rachialgie cervico-dorsale, il
est certain ipi’on pi'iise tout d alioi'd chez elle
comme l’a lait son médecin à i xi; MAi.ADiJi ni
HACHIS, en particulier à i x mal dk Rott. et cela
d’aulaiil plus ipie l’on se trouve en présence d’un
sujet pâle, maigre, fatigué, qui a véi'u pendant
li'ois ans en contact avec un pèi'e |dilisiqne. Et
pourtant il faut écarter cette hypothèse, car on ne
trouve jias de douleurs à la pression des apo-
jdiyses épineuses, pas de soudure de la colonio'
vertébrale, pas d’exagération des réflexes rotn-
liens au contraire ! ; il n’y a aucun signe radio-
liigiipie de tuberculose vertébrale sur la railio-
graphie ipii nous; est montrée. Uoinment, d’ail¬
leurs, avec un mal de Rott cervico-dorsal, ])our-
rail-on expliipier les troubles oculaires
II. Ronr aboutir au diagnostic, il faut ipie
nous cherchions la solution jiarnii les maladies
susceptibles de déterminer à la fois les deux
.symptômes les jilus évidi'iits révélés par notre
examen cliuiipii' : 1" ['abolition des réjle.rcs rotu-
liens-, 2" les troubles oculaires ■ ainbli/ojiie et jiara-
ti/sie oculaire. I
Et de suite deux diagnostics se jirésentent à
l’esprit : 1" celui de tabes, et 2" celui t\e jiseuilo-
t al) es po l II néeritiqni-.
1" Le TAllKS pi'Ut donner- lieu à rb' l’amblvopie
et à de l’amaurose, à des paralysi<'s oculaires; il
exjdicpierail l’abolition des l'éllexes patellaires, à
la riguenj' les douleurs rai'liidiennes. .Mais le
tabes est exceptionnel chez les jeunes gens, et il
n’est jias admissible ici, en outre, à cause île
l’absence du signe d’.Vrgyll-Roberlson et de la
conservation des réflexes achilléens, et aussi du
fait ipi il n’y a pas de lynqihocytose raehidicnne,
ni de réaction de Wassermann positive dans le
liquide céphalo-rachidien.
2" Rarmi les polynévrites capables de donner
lieu à un i>si-;i no-TAiii-;s, je ue vois guère de pos¬
sible et chez cette jeune l’enmie, non alcoidiipie.
non diabétiipie, que la roi.YM- viiiTi; nirifricnipni;.
laie rhinite a marqué le début des accidents.
.\-l-elle été diphtérique On ne l’a |)as, en tout
cas, reconnue comme telle, et les sinusites qui
l’ont eompliipiée plaident contre cette hypothèse.
Du reste, la jiaralysie diphtérique ne jieut iMrc
incriminée ici, vn:rabsenee de paralysie du voile
du jialais, comme manifestation initiale, l’inté¬
grité jiarfaite de la motilité de tous les muscles
du corps, l'existence des troubles de la vision
ipii ne sont pas liés à une jiaralysie de la muscu¬
lature interne de l’œil, mais semblent dus à des
lésions rétiniennes.
3" Habitués, comme vous l’êtes, à voir des syn¬
dromes nerveux polymorphes engendrés par la
xiiviiAxn'K Ki’iDKMipeK, vous n’êtes ])as sans avoir
pensé à l'ile dans le cas présent. Raralysies ocu¬
laires. abolition di's réflexes tendineux, algies
rachiiliennes sont des syin|)lômes habituels de la
maladie de Uruchel. Oui! .Mais contre ri'ncéjiha-
lite épidémique il y a : l’.'qiyrexie, l’absence de
narcole|)sic. et de myoclonies, l’existence de
l’amblyopie, la présence de trop d’albumine et
de trop peu de sucre dans le liquide céiihalo-
raehidieii.
4“ Dans toute alfection eu foyers diffus de l'axe
cérébro-spinal, c’est une règle de bonne clinique
que de soupçonner la syi’hilis xeiiveusk, et cela
d’autant plus qu’il existe des paralysies oculaires
et de la rachialgie, exiilicables par de la ménin-
228
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
N“ 14
irite (.■('■rél)r()-sj)inalc spéi-ifujuf. Il faut encore
écarter (;e diagnostic chez cette malade : dont les
réllexes rotnliens sont abolis et non pas exagérés,
([ni n’a |)as de signe d'Argyll-Uohertson, [las de
Ivnipliocylose ni de réaction de ^^'assel•nlann
[)ositive dans son licpiide cé])lialo-racliidien.
.0" A cause de l’an]l)lyo|)ie de riiinaurosc
|ires([ue il faut discuter ici la possibilité d’une
névrite rétro-l)ull)aire et, |)ar conséipient, de la
soi.éliosii lix Pl.Atjt LS, autre aU’ectioii en foyers
disséminés tout le long des centres nerveux céré-
bro-s|)inaux. Ce diagnostic ne nie paraît [las jilus
applicable (jue les antres à ce cas cliniipie.
Certes! en sa faveur on peut faire valoir le jeune
âge de la malade et son sexe. .Mais contre lui
s’élèvent l'abolition des réflexes rotulieus, la con¬
servation des réflexes cutanés abdominaux, les
troubles intellectuels -légers, il est vrai, mais
nets-, l’alisence de troubles cérébelleux, la rapi¬
dité d’évolution de la maladie.
ti" I''inalenient, je lU' vois (ju’nn [irocessus
ca|)able d’ex|>li([ner les ti'oubles actuels, c’est L.x
sv.xmio.MU n’nvruiii'Kxsto.x ciiaxihx'xe. 11 [lour-
rait, lui, [irovmfuer l’amblyoïiie [lar stase [)a[)il-
laire, la paralysie de la VI'' paire par hypertension
intracrânienne, les phénomènes douloureux rachi¬
diens et l'abolition des rélh'xes rotulieus |)ar
action de riiyjuu'tension rachidienne sur les
racines postérieures i syndrome tafiétiforme de
Haytnond et Lejonne .
Je re((onnais ([ue ce syndrome d’hy|)ertension
crânienne est bien frust(‘ au point de vue clini([ue,
mais notre devoir est de chercher à établir d’une
fa(;on [«'l’emploire si. oui ou non, il existe : 1'' en
faisant r.t n/iiiiirr les fDiidn d' œil de cette femme ;
2" en iiirsi/riiiil lu /rnxron dr non liquide réphuio-
.Nous allons procéder successivement à ces deux
recherches eu commemuint |)ar la premièi’e, ((ui,
à elle seule, |)eut suffire, (juand on n’a [)as de
manomètre de Claude à sa dis[)osition.
La malade revient du service d’ü[)htalmologie
avec une fiche constatant (|n’(dle })résente l'Xli
S'IASIÎ l>Al>ll,I,AIIIIi IIII.ATlîtlAl.K.
.Nous allons lui faire t xi; ro.xcTio.x lo.miiaiiie
|)our mesurer la tension d(' son licpiide cé[)halo-
rachidien, nuiis avec [n'udence, en position cou¬
chée, la tête basse, et sans retire']-, très lente¬
ment, [)lus de 10 eme, afin d'évifer les accidents
grav(‘s <|ue [untrrail t-ntraîner une tro]) brusejne
et troj) grande décom|)ression rachidienne en
amenant la masse eneéj)hali([Ue, encore- hy[)cr-
tendue-, à comprimer le luilbe sur le canal osseux
sous-jacent. .
L'aiguille du manomètre de Claude, voyez-vous,
in(li([ue une pression de O.') cm. d’ean lan lieu de
lô à 20, chifi’re maximum à l’étal iiormali.
11 existe (loue ici l'xti iivpuii'i'Kxsiox co.xsinÉ-
II ADI.i; Df I.l(,ll'll)lî CÉPItAI.O-ltAUltinilîX.
Ce li([ui(le est clair, eau de roche. 11 renferme
0,4 lynijihocyles par millimètre cube; 0 gr.
d’albumine par lifre; la réaction de 4\ assermann
y est négative. Ce-s consfalalions confirment celles
(pli ont été faites antérieurement en ville.
L’hy[)(‘rlension crânienne avérée, nous ne
sommes [)lus en face ([ue de trois hypothèses [)os-
sibles : 1" une luiiieur eéréhiuile ; 2" un uhe.t'n du
eereeau ; il" une êpendi/mite de Merle,
1" L’i:pem)ymitiî de Meiii.k ou psiîuno-Tu.MEnn
CÉIIÉIIIIALE est une all’ection rare et dont il ne
faut discuter l’éventualité epie dans le cas où la
tumeur ou l’abcès du cerveau paraissent douteux.
N'oyons donc si nous avons affaire à une tumeur
ou à un abcès du cerveau.
2" En faveur de I’abcès dp cerveaç il y a : la
sinusite frontale antécédente, l’évolution aiguë du
syndrome, l’amaigrissement rapide de la malade.
Ce[)endant, me dire-z-vous, il n’y a pas de fièvre!
Ce n’est ])as une raison suffisante pour éliminer
un abcès céi-ébral, car son évolution est souvent
ai)yréti(jue, nous le savons aujourd’hui.
6" .Mais c’en est une toutefois [)our admettre la
possibilité d’une Ti'.MEi'n (-.éiiéuiiale.
.Min de [iréciser notre diagnostic entre l’abce's
et la tumeur du cerveau, l'x exa.aiex ni sa.x'c va
être [)ralii[ué : une leucocytose inarepiée avec
[xilynncléose jilaidera en faveur de l’abcès céré-
îiral.
Nous allons nous hâter de conclure, car- de
toutes fae.eons i;,\K ixtebventio.x chihuiicicale
s'i.MPOSE et sans attendre, afin d’éviter à cette
nuilade des accidents graves : la cécité, si elle esl
aflcinte de tumeur cérébrale (cécité qu’une cra¬
niectomie décompressive sirnjile, à défaut d’ojié-
ralion radicale, évitera sûrement), l’ouverture
de la collection snppurée dans les ventricules ou
les es[)aces sous-ai'achnoïdiens et la mort ])ar
méningite aigniê ou toute autre évolution fatale,
si nous avons afl’aire à un abcès du cerveau.
***
l)e[)uis notre dernier entretien an lit de celle
conlurière, voici quelques jours, des faits nou-
ve-anx ont ajiporté une grande lumière sur son
1" L’examex du saxc a révélé, avec un chifi're
de globules l'ouges de 3. 950. ()()(). 000 et 95 pour
100 d’hémoglobine, une leucocytose considérable
à 23.HOO avec une polynucléose- à 83 ]). 100.
2" La l'iÈvnu a fait son apparition. La tenq»'--
rature oscille maintenanf de[)uis quatre à cinej
jours entre 38"2 e-t 38'’5.
3" La céphalée est devenue plus vive, diffuse,
presque continuelle ; elle s’exagère dans la posi¬
tion debout et à l’occasion de la marche. Elle
prédomine, nettement dans la région frontale,. 11 n’y
a nulle j)art de douh-ur à la pre-ssion ou à la pe-r-
cussion de la boîte cranie-nne.
4" Les tiiourles psyciiiquiis sont plus nets.
Ni désorientée, ni confuse, sans affaiblissement
intellectuel vrai, cette femme est abattue, apa¬
thique. l'illc répond cependant e-orre-cte-ment aux
epu-stions i(u’on lui j)Ose. Elle a une dynarthrie
légère., a[)[)récial)le seulement aux mots d'épreuve,
l'ille- a une amnésie électiee pour la table de muiti-
plieation (elle ne sait plus multiplier inéine par 3
ou 4) et le calcul mental est déficient.
5" L’examen neurologique- qu’a bien voulu
faire avee- nous un des assisfants de la Clinique
ncurologiepie de la Faculté a [u-rmis de découvrir
des SKiMis DK I.OCALISATIOX (le la |)lus grande-
iiiqmrtane-e-.
Il e-xiste un e.vorbitisme léger mais net de l'œil
gauehe.
On e-onstate une hémiparésie droite' totale, por¬
tant sur les membres supérieur et inférieur et sur
la fae-e- où le pli naso-génien est moins accentué
à droite. 11 y a une- hypotonie- très mar(|uée du
mi-mb]'(- inférieur droit avec balloftemenl passif
du }>i(-(l d’une- ani[)litude e-xagérée- e-ontrastanl
avec (-('lie-, normale-, du [lie-d gauche-. Le- signe de
lîabinski e-sl absent de- cha(|ue ciNté, mais le gros
orteil droit ne- réagit pas du tout à l’excitation
plantaire tandis eju’il se ine-t en llexion à ganche.
Au sensibilité à la douleur est émoussée du eôté
droit. Elle est consei-vée normalement au tae't, au
chaud et au froid.
L'anosmie est complète du ciMé gauche (mais il
faut remarquei- que la malade a eu de la sinusite
de ce côté).
Sans avoir de- Romberg, la malade debout se.
sent entraînée eers la droite.
La démarche est normale. Il n’y a aucun trouble
cérébelleux.
En somme :
I. — Les signes cliniques, 'p'inls 'au résultat de
l'e-ramen des fonds d'œil e-t de la mesure de ta
tension du liquide céqdialo-raehidien, nous ont [)i-r-
mis de jioser dans une première éta[)e le dia-
gnostie-. de syndeo.me d’hyi>eiite.\siox chaniexne.
IL — Dans une deuxième étape, nous avons, en
nous fondant sur des signes d'infeetion (fièvre-,
amaigt'issement ra|)ide et mar(|ué, et surtout le-u-
e-oe-ytose sanguine- à type de polynncléose-l, [irécisé
(jue l’hypertension crânienne- était due- à ux aiicks
III. - Les signes de loealisation que- nous
venons de- trouver en une troisième étape, à
savoir : le siège frontal de la douleur (sans
grande valeur), le léger exorbitisme de l’œil
gauche, l'anosmie gauche, les troubles intellec¬
tuels avec dysarlhrie et amnésie portant sur les
nombres, l’hémiparésie droite avec hypotonie, la
diminution de la sensibilité à la douleur à droite-,
enfin, la lendane-e à être entraînée à droite dans
la station debout, e-e-s signes, dis-je, plaident en
faveur nu srÈCE eiionADLE de l’adcès daxs i.e
l.ODE EllONTAL CAUCIIK.
IV. - J’ajoute- ([UC les antécédents de sinusite
frontale gauche, ace-ompagnée de vomissement au
début, constituent un argument de très grand
poids non seulememt pour le diagnostic d’abcès
cÉitÉBBAL, mais en EAVEUit de sa localisation
EBOXTALE GAUCHE.
Dans ces conditions, cette malade va être envoyée
e-n chirurgie pour e'tre opérée d’un abcès du lobe
l-'IIOXTAL GAUCHE DU CEBVEAU.
I. — .\VA.XT l’ixtebvextiox, uiie radiographie
du erâne a montré ((u’il n’existait pas de lésions
ap|)réciables des sinus frontaux.
Au cours de la toilette pré-opératoire, le rasage
des cheveux a permis de découvrir une circulation
eeincusc collatérale très apparente des téguments
frontaux gauches : nouvelle preuve de probabilité
du siège frontal gauche- de la colle-ction purule-nte
intrae-érébi-ale.
II. (lo.Mi‘TE itEXüU OPÉBATOIBE : (( Trépana¬
tion sus-orbitaire- externe agrandie- à la pince-
gouge. Dur(--mèr(-, gonflée ve-nant se présenter
dans la brèche e-ranienne. Poiu'tion oblique en
bas et en dedans, qui à 4 cm. de profondeur
environ permet de ramener du pus très épais. Sur
l’aiguille, petit débridement au bistouri, puis on
introduit une pince de Kocher qui fait le trajet
d’un petit drain n" 15. Asjiii-alion de 20 eme de
pus épais vert (dans lequel on a trouvé du staphy¬
locoque), drain n" 20. Siii-je-t hémostatique pro¬
visoire de la peau. Fixation du drain â la peau. »
Epilogue.
.Vujourd’hui, trente- jours après l’opération, les
signes objectifs sont encore les mêmes (hémipa¬
résie, abolition des réflexes, vue très diminuée à
droite), mais il n’y a [)lus d’abattement, la e-éphalée
a disparu, l’état général s’est remar([uablement
transformé malgré la persislane-e de la fièvre à
38"(>.
Nota ; Les radiogra[)hies du e-râiie montrent
([lie le drain vient au contact du sinus frontal
gaue-he-.
PROGRAMME DES COURS, LEÇONS ET CONFɬ
RENCES- — La Presse Médicale publie chaque
semaine, sauf pendant les vacances, les programmes
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous
renseignements utiles à M. le D'^ Vitoux, 120, bou¬
levard Saint-Germain.
N» 14
16 Février 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS latSl INFORMATIONS
L’Aviation sanitaire
et la
XIIP Conférence internationale
de la Croix-Rouge
Les lecteurs de La Presse Médicale connaisseiil
le problème juridique international que soulève
l’aviation sanitaire en tçnips de guerre; il in’a
été donné, il y a quelques années, de résuinèr
ici inôrue' les données de ce problème soulevé
pà)' mes soins, en 1912, au sein de la natio-
. nale aérienne, de qui j’avais obtenu, le 21 No¬
vembre 1912, l’émission d’un vœu tendant à ce
que le Gouvernement français prît l’initiative de
convoquer une Conférence de Croix-Rouge
aérienne.
J’ai relaté dans La Presse Médicale du 27 Jan¬
vier 1926, p. 123, comment ce problème fut mis
à l’ordre du jour des travaux du V/P Congrès juri¬
dique international do l'aviation le 2 Octobre 1925,
i\ Lyon, où j’ai eu l’honneur de présenter un rap¬
port sur l’immunisation des avions sanitaires.
De là, la discussion se transportait à Genève
devant la XIP Conférence internationale de la
Croix-Rouge qui a tenu ses assises du 7 au
10 Octobre 1925 sous la présidence du regretté
Gustave , Ador , en vue de l’élaboration d'une
Convention internationale appliquant à la guerre
aérienne les principes de la Convention de Genève.
Le jjrojet de cette convention avait été élaboré
par M. Des Gouttes, vice-président du Comité
international de la Croix-Rouge, comme conclu-
sipn de ses travaux et des miens et à la suite
d’une collaboration établie entre nous dès long¬
temps avant la réunion de cette XIP Confé¬
rence”.
Malgré cette étroite collaboration, nous n’avions
pu nous mettre d’accord, M. Des Gouttes et moi-
même, sur la question du survol des lignes par
les avions sanitaires, l.a Commission d'experts
qui avait précédé la XIP Conférence avait
accueilli l’opinion de M. Des, Gouttes, mais,
lorsque celui-ci présenta son rapport à la Confé¬
rence, cette Assemblée manifesta sa volonté de
s’en tenir aux conclusions contraires que j’avais
soutenues dans mes travaux antérieurs, La Con¬
férence nomma, en conséquence, une nouvelle
Commission dans son sein, la chargeant de reviser
cette question du survol.
Cette nouvelle Commission m’ayant fait l’hon¬
neur de me charger de porter la parole en son
nom devant l’Assemblée solennelle de clôture de
la Conférence du 10 Octobre 1925, j’ai eu la
grande satisfaction de voir mes conclusions
admises à runanimité des représentants des
Etats et -des délégués des Croix-Rouge natio¬
nales.
Le projet de Convention internationale appli¬
quant à la guerre aérienne les principes de la
Convention de Genève était ensuite adopté tel,
dans l’ensemble, et sauf de très légères modifica¬
tions, que l’avait rédigé de' main de maître mon
éminent ami M. Des Gouttes, qpi,. çn aura devant
l’histoire la glorieuse paternité.
Ce projet a été transmis pour étude au Conseil
fédéral suisse par le Comité international de la
1. La Picsse Méd cale du 1.5 Août 1925, p. 491.
2. Des Gouttes ol JuLliot. — Rocueil de documents
sur la neutralisation des aéronefs sanitaires. Préfuce de
M. Gustave Anon. Le Comité internulioiiol de tu Croix-
éditeur. édition, 1925.
Croi.i’-Rouge. Le Conseil fédéral examinera, le
moment venu, l’opportunité de saisir les gouver¬
nements intéressés de (e problème. Mais, comme
en Juin prochain doit se tenir à Genève la Con¬
férence diplomatique chargée de reviser la Con¬
vention de Genève et d’élaborer un Code des pri¬
sonniers de guerre, la consultation précitée ne
saurait avoir lieu avant que cette Conférence ait
tenu ses assises.
Combien de temps attendrons-nous encore
cette ratification Trop longtemps, hélas ! si l’on
en croit les bruits qui nous arrivent de La Haye.
On sait que la XIIP Conférence internationale
de la Croix-Rouge s’est tenue dans cette ville du
23 au 27 Octobre dernier et, naturellement, orj y
a reparlé de l’aviation sanitaire. Voici le texte de
la résolution adoptée à cet égard par les repré¬
sentants des 55 Croix-Rouge et des ùG Gouver-
netiients représentés :
« La- XHF Conférence internationale de la
Croix-Rouge, tout en reconnaissant la très grande
importance que la question de l’aviation sanitaire
présente en temps de guerre, propose aux So¬
ciétés nationales, aussi longtemps que ne sont pas
réglées la question de l’immunisation et d’autres
questions juridiques, de concentrer leurs efforts
sur le développement de l’aviation sanitaire civile.
Elle est convaincue que tout progrès réalisé dans
le domaine de l'aviation sanitaire civile contri¬
buera grandement à celui de l’aviation sanitaire
mililairc.
« La Conférence croit devoir recommander
aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge d’en¬
trer en relation avec les organes officiels ou
privés de leurs pays respectifs pour résoudre cet
important problème, particulièrement en ce qui
concerne l’aménagement et rutllisation raüoii-
nels d’appareils sanitaires et de champs d’atter¬
rissage ainsi que leur emploi pour secours d’ur¬
gence.
« (Proposé par la Commission III; adopté à la
séance du vendredi 26 Octobre). »
Ce son de cloche n’est pas des ])lus encoura¬
geants.
Heureusement, se tiendra à Paris, du 15 au
20 Mai -1929 , le P'' Congrès international de
l'aviation sanitaire, sous la présidence d’honneur
du maréchal Lyautey et la présidence effective du
professeur Charles Ricliet.
La question de la neutralisation des aéronefs
sanitaires en temps de guerre, dont le rapport
vient de m’échoir, va être reprise une fois déplus
et il est à espérer qu’à la faveur de sa nouvelle
évocation devant les représenlanls qualifiés des
différents Etats, elle fera un nouveau pas. Puisse
cette nouvelle étape nous rapprocher du moment
où les blessés des guerres futures pourront béné¬
ficier, grâce à la protection officielle de la Croix-
Rouge, de cet engin merveilleux de . sauvetage
qu’est l’avion sanitaire.
Cu.-L. JULLlOT.
Le médecin inspecteur général Delorme
(1847-1929)
Avec cet homme, aux larges épaules, à la haute
taille, au front têtu, à la voix dominatrice, et, sur
lequel les années semblaient n’avoir aucune prise,
disparaît celui qui, depuis que s’est éteint le vieil¬
lard qui portait le grand nom de Larrey et que
nous avons vu parmi nous comme son image
vivante, fut, sans doute, la plus haute figure de
la chirurgie militaire.
C’était un esprit hardi que ne semblait elfraycr
aucune entreprise opératoire, et l'on sait qu’à une
époque déjà lointaine, il ne reculait pas devant
l’ouverture large de la poitrine pour aller prati¬
quer cette décortication pulmonaire qui n’est à la
portée . c[ue de ceux qui sentent brûler en eux-
mèmes ce feu sacré qui donne le courage de
regarder en face les angoisses de la chirurgie.
Peut-être môme eût-on pu lui reprocher, dans
l'acte opératoire, une certaine brutalité qui n’est
plus, comme elle l'était autrefois, une des vertus
nécessaires du chirurgien. Mais, s’il en était ainsi,
il n’en fallait sans doute accuser que l’énergie
d’un caractère qni poussa peut-être un peu trop
loin le culte de la hiérarchie et le fétichisme de
l’uniforme.
J’ai été, je l’avoue, parmi ceux qui souriaient
autrefois quelque peu de cette tendance d’esprit.
Mais quand je vois, comme aujourd’hui, à quels
abîmes risque de nous entraîner la tendance
contraire, quand je vois s’effriter, de jour en jour,
et disparaître peu à peu tout ce qui, dans les
mœurs, dans l’esprit public et môme dans la loi,
constitue l’armature d’unç nation et le fondement
de la discipline sociale, je me demande si l’esprit
d’autorité, même poussé à l'excès, ne vaut pas
mieux que toutes les défaillances qui nous
entraînent de jour en jour ver-s une anarchie sans
remède.
Quoi qu’il en soit, nous devons prendre
Delorme tel qu’il était et si l’on peut, en quelque
mesure,, regretter la rudesse d’un caractère trop
entier, nul n’a le droit de contester son esprit de
justice et son courage devant les responsabilités
les plus redoutables.
C’était un travailleur infatigable. 11 a beaucoup
écrit, et son Traité de chirurgie de guerre, qui
date de près de' quarante ans, fut en son temps un
ouvrage de haute valeur.
Pendant longtemps, il fut un des maîtres de
cette grande école du Val-de-Gràce qui conserve
avec honneur et transmet de génération en
génération les hautes traditions de la médecine
et de la chirurgie militaires.
Quand éclata la guerre, il venait justement de
prendre sa retraite. 11 reprit un service actif et
crut de son devoir de publier des instructions
qui recommandaient, comme règle générale,
l’abstention opératoire, chez les blessés que l’on
pensait devoir être nombreux, sans se douter,
hélas ! des chiffres qu’ils devaient atteindre.
On le lui a beaucoup reproché. 11 n’avait pas
prévu les blessures par éclats d’obus, ni l’impor¬
tance qu’elles devaient prendre dès les premiers
jours des batailles et plus encore par^ la suite,
quand s’établit la guerre des tranchées. ,
Mais qui donc l’avait prévue mieux que lui i'
L’expérience lui ouvrit les yeux et de nouvelles
instructions vinrent corriger son erreur. Et bien
rares sont ceux qui, pour trouver la vérité, peu¬
vent se passer de ce que leur enseigne leur expé¬
rience personnelle !
Gosset et Rouvillois, dans les beaux discüur.‘-
qu’ils ont prononcés devant son cercueil, drapé
des couleurs de la France, se sont rencontrés pour
nous dire que la destinée ne l’avait pas favorisé,
en le jetant trop jeune dans la guerre de 1870, et
trop âgé dans celle de 1914. Nul doute que si les
événements l’eussent mis à meme d’observer à
temps les blessures des guerres modernes, un
homme comme lui en eût tiré un grand enseigne-
LÀ i*RËSSË MËbiCALÉ, Samedi, 16 Février 1929
■N» 14
ment et l’aurait fait connaître à tous. Il faut regret¬
ter que quelque mission opportune ne lui ait pas
permis île voir, en 1905, les blessés de la Manil-
cliourieou, en 1912, ceux de la guerre des Balkans !
C'était un rude et solide Lorrain, et je né puis
me souvenir sans éniolion du discours qu’il nous
lit un jour, en 1912, au banquet du Congrès de
Cliirurgie dont il était le pi'ésident. Il était né
à Lunéville. Sa jeunesse s’étail écoulée eu jilelile
France el voici ipie sa ville natale se trouvait
natale se trouvait
itUilnlenant tout au boni des marches de l’Fst, à
quelques jias de lii friUilière. ail delà de la([UL‘lle
il entendall déjà fi'émlr le bruit des armes et où
son Ame deVinail rapproche de la catastrophe.
Ali! j’eillelids eticore sa voix, cette voix quelque
peu aliière ((ue (’éitiolion faisait trembler., el je
ressens loiijours l’aligoissej qui nous gagna tous,
lorsqu’Il'éVoqua devaill nous lesjournées que iloils
allions vivre.
.le le coniialssais depuis bieli longtemps, depuis
il l’approche de la catastrophe,
icore sa voix, cette voix quelque
(’éitiolion faisait trembler., el je
l’aligoissej qui nous gagna tous,
devaill nous lesjournées que iloils
qu il était, un jour, venu, à 1 epoque ou je m inté¬
ressais, (‘Oilliue lui, aux grandes entrept’ises ehi-
riirgieales, asslstei' à Une extirpation de l’mso-
phage ihot-aciqiie. Cette opération l'avait idve-
rtieut intéressé, et c’est ainsi que dejiiiis lors je le
voyais de temps en leiiqis dans mon service. '
.\ r.Vcadélilie, il Venait parfois lue itiotilrer des
dessins chariiiaiils et les jioi'iraits de ses col¬
lègues qu'il croquait avec un tiilciit véritable.
Il y a (piehpieS jours à peine, le jour même où il
lit de sa voix toujours éclatante une importante
eominuiiicaiion, ([ili devait être la dernière, sut'
la di.Sparitiün de la tievre typho'ide à Lunüvilh'j
il s’était arrêté près de •moi, pour me parler dos
eliAteaux merveilleux de la Vallée de la Dordo-
sait encore taillé pour do longues années,
lui disparaît (piidipi’iin ipii, s’il se lit peut-éli
ses hautes (‘omuioiis Cl de la ilieillcUre manié
les remplir Une coiiciqilioti d’un autre âge,
aeqiiilla avec holmeiir el, tout de ifiéme, fi
homme !
Instruments Nouveaux
Pour ceux que fatigue le microscope
Les longues observations niicl-oScopiqUes sont ii
pou épuisantes.
Après avoir essayé, sans grand succès, bien de
dispositifs pour diminuer Ih fatigue oculaire, écrhr
divers, vi.sières, appuiC-lètc, verres spéciaux, gro:
sissements inaccouluulés, j’ai trouvé, linaleinent, un
solution à peu près parfaite eu adaptant, sur iiriii
binoculaire, deux bonnettes épousant la forme des
orbites, 01 Inspirées de ocllos qui rendaient, pendant
la guerre. Si agréables les jumelles à ciseaux d’ar¬
tilleurs.
M’en troüvaut nulle part dans 'e commerce, je les
ai fabriquées moi-mème en métal, puis en cire dure,
puis eu vulcauite. On les établit iiiainteuant en aluuil»
Orâce A elles, lu tête de l’dbsorvaieur trouve un
grand repos pur l’appui, si léger soIImI, des arcades
sourcilières sur le rebord des botmelles ; Les rayons
lumineux parasites ne peuvent plus se glisser entre.
l’oeil et l’oculaire, et l’accommodation en bénéficie ;
Enfin les cils ne viennent plus toucher et salir les
lentilles. ■
Ce simple dispositif, très agréable sur tous les
tiiifcrdseOpeS, prbeurd, sur üfl binOculiiire, Uhe obser¬
vation viaiment « confortabld ».
!)'■ CcME.NCK (de Nîmes).
La Médecine à travers le Monde
Le D' Cl. lleguud, invité par lu lierliner inédizi^
nische Gesellschaft et le Deiltsches seniral Komiiee
zur Ei/'ui-scbiing und Dekümpfung der lirebs-
krankbeit, a fait à Berlih, le 23 Janvier, dans le
grand arnpbithéàtre de la Maison Langenbeck-Vir-
cliow, une conférence -ivec projections sur le Traite¬
ment des cancers par le radiant : répOnsb amicale à
la conférence donnée à Paris, le 12 Juillet 1928, par¬
le professeur PerdinaU ! lîlufrienibal dans la eliiiique
du professeur GoSsot. Dans, la même séance, le
D' ..Canli, de Londres, a projeté ét commenté un film
oinémalogi'apbiqUc. mOnirunt les phénomènes de La
vie cellulaire dans les cultures in vitro de tissus norj
maux et néoplasiques. La séance était présidée par le
professeur Frieclr. tvraüs; cinq ou six cents médecins
y ont assisté et ont manifesté' cbaleurcusemcnt leur
satisfaction aux Conférenciers français et anglais. La
soirée s’eSt terminée par im banquet à l’hütel Conti¬
nental, auquel ont pris part plus de quatre-vingts per¬
sonnes, dont Un certain nombre de professeurs de la
Faculté de Médecine de Berlin. Dans dos discours
très applaudis, le professeur Kraus el le professeur
Uegaud ont exprimé le souhait que, par des manifes¬
tations semblables à celle de ce jour, la Science et la
Médecine contribuent à instaurer entré les peuples,
naguère en confiit sur les champs clé bataille, une
Le D'' Maiiero a présenté un projet de V. H. M.
aux stations thermales, climatiques et balnéaires
d’Espagne afin de les faire conhaitre et de faire
apprécier en même temps h'S beautés loUrisliqucs et
les richesses artistiques de l’EspagUt.
Ces voyages auraient lieu chaque ahnéc, se feraient
eii automobile et comprendraient 50 médecins espa¬
gnols et 50 médecins étrangers.
L’Espagne' serait divisée en plusieurs régions qui
seraient visitées successivement : région basque j
Asturie el Galicie ; Andalousie ; Aragon ; Catalogne
Le premier voyage aurait lieu en Juin et se ferait
dans fa région basque, l’une des mieux organisées,
et comprendrait aussi la Visité :1e Saint-SébaStien,
Sahiander et Burgos.
Le second voyage comprendrait l’Andalousie.
En outre, de petits V. E. M. sèruient organisés
pour les médecins espagnols.
E'Instilul portugais pour l’étude du CàrtCér, créé
en 1927, et annexé à rUnivorsiié de Lisbonne, nous '
informe de l’organisation de oel inSlimt 'selort les
: bases établies à l’occasion du 1^' Congrès de . la Ligjue
nationale belge contre le canrer, tenu en 1923, à
Bruxelles, el auquel le Portugal a été représenté par
le professeur Francisco Gentil, de Lisbonne, qui
souscrivit aux décisions concernant la création de
l’Union internationale contre le cancer. Dans cette
inèino orientation, l’Institut se fit représenter par le
professeur Mark Alliias à la récente conférence inter¬
nationale de Londres.
Lu Commission pour l’étude du Cancer, que dirige
l’Institut, se propose d’organiser la lutte antican-
oéreuse dans le pays. Son action ne se bornera pas
seulement à instituer des moyens thérapeutiques et
à faciliter des recherches scientifiques, mais aussi
à encourager la lutte sociale contre le cancer, en
colla'borant ainsi à l’œuvre liumanîtalre de défense
contre cette maladie.
L'Iiislitnt serait béUreuX d’éhtrer en relations aVec
boration efficace dans tous les domaines de Igur
activité.
Dans le but d’élargir ses moyens de travail, la
Commission! prie aussi les directeurs des Instituts,
les présidents des Associations de propagande,' les
directeurs de Revues de la spécialité, etc., de bien
vouloir envoyer à l’Institut leurs publications, ce
dont elle les remercie d’avance.
La Commission pour l’élude du Cancer est composée
des professeurs i Francisco Gentil, pi'ésident; Mark
Athias, Joào de Magalliacs, directeurs; Henrique
Parreira, secrétaire et MM. Bénard Guedes, chef
des services de radiologie, et radiumthérapic ; Simoôs
Raposo, chef de service de pathologie; Gomes da
Cosla, chef do seavice de pbyslco-chimic,
L’adresse est : Institulo Porluguez para o Estudo
do cancro, Estrada de Benifica, Lisbonne.
La valériane a un rôle de premier plan dans le
traitement des maladies du système nerveux et de
cei-lalliS étals psychO-netil'opaililqtles, et l’on Com-
pi'Ond qu'il soit utile d'obtenir, par la euUiirc; des
races pures qui permoliroul seules les résultats tbô-
rupoiUiqueS rochei'Cbés.
Pour cela, jjlusiours. conditions sont nouessaircs :
1" Il faut, sous la latitude de Kiev, , faire lés
semailles dans la première quinzaine de Septembre,
an pins lard;
2“ Semer dans un sol compact, argileux, peu
enfouir, et choisir un endroit erabragé.
Üh engraissement- dû Sol, avant' les semailles, par
du purin de vaého, augmente lé pôids de la’ masse
des racines de 10 pour 100. ■ ■
La durée , des oültUros rte doit pas dépûssar deux
La variété à cultiver est la V. exaltata, dont la
fertilité est cinq fois supérieure à celle de la V. ùffl-
cinalis.
Cependant, il faut chercher à acclimater les dilfé-
rentes variétés du sud de la Russie et celles de
l'Èürôpe oceidénlale.
Dans quelles conditions doll-on faire la culture de
la Valériane?
Il faut choisir les races pures, bn procédant ainsi :
n) Par la sélection artificielle. On rccborcllùnt,la
résistance contre la socliercsso, la résistance envei'.*!
les insectes nuisibles, la fertilité.
b) Par la sélection naturelle, choisir les sujets à
feuilles foncées, à rhizomes peu ligneux. Les meil¬
leures variétés sont ; V. exaltata 71/ican du Jardin
d'AcClimatlon de l’Académie des Sciences de Kiev él
de Tchernigow; F. o/j^ciltaffs de Sainte-Sonida, au¬
près de Bèserb;- V. Niiida, var. intermedia de Mogl-
levv; Dnbia Buugè kedebour de 'Vôronégo et Paraiovv,
du Caucase et de Briuuskc.
La récolte des racines de valériane, sous la lati¬
tude do Kiev, doit avoir lieu en Août-Septembre.
Le séchage des racines doit se faire à température
modérée.
Pour l’Usage, on doit utiliser des racines de la
dernière récolte pour éviter la tfansformatlùn de
l’hullo d’éther en acide valéfianique, nuisible à l'oc-
ganisnie, ce qui se produirait âi l’on employait des
rhizomes trôp vieux.
Enfin, il serait désirable do voir conserver les
valérianes sauvages,, prinoipalcraenl dans les régions
da Sourties et do Sololonocka, Ukraine; pour Cela,
il serait utile qu’on interdît l’arrachage de la plante
ou qu’on en réglementât la cueillette. '
Sl.NOViKvv-I. Ko.mnikovV (de Kiev).
Correspondance
A propos de l’article
de MM. Êonnamour et Badolle ■
sur là Radio graphie du pOumOn tiôfmal.
Dans le numéro du 6 Février, La Presse Médicale
a publié un article de MM. Sonnamour elJBadolle sur
« La Radiographie du poumon normal après injection
’de’Iipiodol.,, » Dans cet ari'icle, au milieu da la Iroi-
s.iOmc,', coldnno dé la pagi) 173, je lis cës lignes:
ii-Serg.ont. en 1924, cherché; l’image, du poumon nor¬
mal chez un enfant atteint (le rougeole ét-de ooqué-
Inche ronsécutivc...» Cette citation est tout fait
N” 14
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Février 1929
231'^
erronée. Les recherches qu.! y* .^^7T^()rises, avec
mon colliiboralenr Coltcnol, dès que fui connue la
mélhodè de Sicaid et Forestier, n’ont jamais porté
sur le poumon des enfants — au début, du moins —
mais sur le poumon de l’adulte. li’autre part, nous
n’aurions jamais eu l’idée de considérer comme un
ponmon normal le poumon d'un enfant atteint de
roupjeole et de coqueluc' e consécutive, car nous
n’ignorons pas la fréquence des complications pulmo¬
naires de ces deux maladies.
MM. BonnAmourel Badolle basent donc une partie
de leur argumentation sur des références bibliogra¬
phiques inexactes.
D autre part, sur bien des points, ces auteurs
avancent des interprétations qui sont en contradic¬
tion avec nos constatations personnelles.
Nous nous proposons d écrire prochainement un
article plus étendu dans lequel nous discuterons la
signification des faits sur lesquels se basent
MM. Bonnamour et Badolle. Mais dès maintenant,
nous tenons à publier celte simple rectification pour
qu’aucun malentendu ne puisse s’établir ou subsister.
Kmii.f. Shkck.nt.
Les Médecins étrangers à Paris
Sont arrivés pour travailler dans les hôpitaux et
laboratoires :
MM. Juan Caldentey, Espagnol ; Millitarion, Armé¬
nien ; Augustin Valdivieso, Vénézuélien ; Cyrus
Dimacopoulos, Grec ; C. Congranis, Péruvien ;
L. E. Baies, U. S. A.; Juan J. Murlagh, Argentin;
Elvina Rodrigo Miguez, Brésilien; P. Delneuville,
Belge; Dalakidis, Grec; Pilecio, Colombien; M""”
Marie P. Jonesca, Roumaine ; Irina Joiiesca, Rou¬
maine; Iiigeborg Emîrtseu, Dano'se ; MM. S. Soltez,
Hongrois; Oscar Silbermann, Roumain; Januario
Malzoui, Brésilien; Horace Goldie, Palestinien;
Marcovici, Roumain ; James Bernstein, U. S. A. ;
Heruaiido Matallana, Colombien; Epaminondas
Sanchez Colombien; Jimeinz Bonilla, Colombien;
Zernolï Mililza, Russe; F. Angel Ch.ivarria Lopez,
Espagnol; Jules Posbeykiau, Arménien; Mai-cel
Dépassé, Belge; Etienne Prool, Belge; Inès Her¬
nandez, Honduras ; Harry Tymbios, Grande-Bre¬
tagne ; Luigi Maria Ceola , Italien.
(A. D. R. M., Faculté de Médecine, salle Béclard.)
Livres Nouveaux
Métabolisme cellulaire et métabolisme des tumeurs,
par Wahbukc, traduit par Ai BEcet Gexevoix. 2 vol.
in-16 de la « nouvelle collection scientifique' ».
Alcan. — prix 30 francs.
La plus importante des conclusions contenues dans
ce livre porte sur la nature de la cancérisation.
L’auteur en a donné une définition chim'que et une
mesure : la cancérisation consiste dans Ia_ rupture
d’équilibre entre les deux réactions fondamentales
delà cellule, lespiralbn et fei-mentat ioii. Taudis que
dans les cellules normales la respiration domine
la fermentation, c’est-à-dire que le glucose consommé
par la cellule est oxydé sans ipi’il apparai se d’acide
lactique, au conti-aire dans la cellule cancéreuse la
fermentation domine la respiration, c’est-à-dire que la
glycolyse avec formation d’acide lactique est la réac¬
tion la plus importante et celle qui fournil à la cel¬
lule cancéreuse la plus grande partie de son énergie.
La cellule cancéreuse a donc esseiiliellemenl un
métabolisme anaérobie comme la levure de bière.
C’est là un résultat acquis considérable et qui permet
de considérer les travaux de l’auteur et de ses élèves
comme prenant la suite de ceux de Pasteur sur les
fermentations.
Mais plus importantes peut-être encore que les ré¬
sultats eux-mémes, sont, dans ces travaux, la méthode
créée et m’se au point et la technique extrêmement
précise et démonstrative des dosages manométri(|ues.
C’est par celte technique, dont on trouvera, dans
celte Ira ludion française, tous les éléments instru¬
mentaux et tous les calculs, que l’auleur a poursuivi
ses recherches suc.cessiveuient sur l’œuf d’oursin, sur
les tissus normaux, sur les tissus cancéreux en survie
et en culture. H en tire, outre les conclusions géné¬
rales énoncées plus haut, des hypothèses de grande
portée sur le méoanisme de la cancérisation.
Il s’agit d’un livre qui aura le plus grand retentis¬
sement.
P. Moclonguet.
Université de Paris
Clinique médicale propédeutique. — Un cours
théorique et pratique de radiodiagnostic médical sera
fait à la clinique médicale propé.deutique de l’hôpital de
lu Charité, du lundi 22 au samedi 27 Avril inclus.
I.e programme complet de ce cours sera pubjié pro¬
chainement. \
Clinique des maladies cutanées et syphilitiques.
— - Le jeudi 21 Février, à l’amphitliéàtre Fournier, à 10 h.
du malin, M. le professeur Dujardin, de Bruxelles, fera
un exposé de scs travaux sur les Réactions méningées de
la syphilis et l’immunité.
Clinique Baudelocque. — - Les leçons suivantes
seront fuites à la Clinique Baudelocque ; 25 Février, à
11 h., M. Debré ; La transmission de l’immunité de lu
mère à l’enfant. — Lundi 4 Mars, à 11 h., M. Auberlin ;
L’anémie jiernicieuse gravidique. — Lundi 11 Mars, à
11 K., M. Morax : Les troubles visuels de la gestation. —
Lundi 17 Mars, à 11 h., M. Lévy-Valeusi : Les psychoses
puerpérales.
Hygiène et Clinique de la première enfance
(Hospice des Enfants-Assistés). — Un cours de pcrfeclion-
nernent sera fuit du 21 au 29 Mars, sous la direction de
M. le professeur Lerebouilel, avee le concours de M, Cu-
tbala, médecin des hôpitaux et des chefs de cliniques et
assistants du service, sur : « Les notions actuelles en
hygiène et pathologie du premier âge ».
Chaque jour, de 9 h. 30 à 10 h. 45 ; Visite des suiles
par M. le professeur Lerebouilel; — A 10 h. 45, 16 h. et
16 h. 45, Leçons avec présentation do malades et exer¬
cices pratiques.
/'rogramme des leçons. — • Jeudi 21 Mars, 10 h. 45,
M. Lerebouilel, Les lois générales de la physiologie et de
la pathologie du nourrisson; — 16 h , M. Suint-Girons,
La coli-bacillose du nourrisson ; — 16 h. 45, M. Chabrun,
La diphtérie du premicr ôge.
Vendredi 22 Mars, 10 h. 45, M. Cnthala, Les classifica¬
tions des affections digestives et des troubles de la nutri¬
tion ; — 16 h., M. Chabrun, Les troubles digestifs des
enfants nourris nu sein; — 16 h. 45, M. Bohn, L’aslbinc
des nourrissons.
Samedi 23. Mars, 10 h. 45, M. Lelong, Les troubles
digestifs des enfants nourris au lait de vache; — 16 h.,
M. Bohn, Les broncho-pneumonies du nourrisson cl leur
traitement actuel; — 16 h. 45, M. Sainlr-Girons, L’anaphy¬
laxie alimentaire «H les troubles liés à l’abus des farines.
Lundi 25 Mars, 10 h. 45, M. Lerebouilel, La sténose du
pylore du nourrisson; — 16 h., .M. Lelong, Hy])eraliinen-
talion et hypoalimenlalion : les régimes carencés; —
16 h. 45, M. Brizard, Les ec/.émas du nourrisson.
Mardi 26 Murs, 10 h. 45, M. Cnthala, Indications et
modo d’emjdoi des différents laits dans la diététique du
premier âge; — 16 h., M. Gournay, Le diabète dans la
première enfance; — 16 h. 45, M. Detrois, Les selles du
nourrisson. Etat actuel de la question.
Mercredi 27 Mars, 10 h. 45, M. Lelong, Les formes cli¬
niques et le diagnostic de la tuberculose du nourrisson;
— 16 h., M, Brizard, La syphilis du nourrisson (première
leçon); — 16 h. 45, M. Uoudinesco, Spasmojihilie et lé-
Jéiidi 28 Mars, 10 h. 45, M. Cathnia, Le problème de
l’alimcnlalion sans lait dans la première enfance; —
Ifi h., M“'® Dollfus, Notions récentes sur le rachitisme
(éliologic et jiathologie) ; — 16 h. 45, M. Chubrun, Les
infections aiguës du |)remier âge et leur prophylaxie.
Vendredi 29 Mars, 10 h. 45, M. Lelong. Lu tuberculose
du nourrisson ; le B. C. G.; — 16 h., M"" Dollfus, Los
truitemenls du rachitisme; — 16 h. 45. M. Brizard, La
syphilis du nourrisson (deuxième leçon).
N. B. — Les leçons porteront surtout sur les progrès
récents réalisés dans les divers sujets traités; elles seront
complétées jiar l’exposé quotidien fait au cours des visites
par le [irofesscur Lerebouilel et par l’cxameu direct des
malades.
Un certificat sera délivré à la fin des cours. S’inscrire
à lu Faculté; le droit à verser est de 250 fr.
Concours
Médecin de dispensaire. — Un concours sur titres
aura lieu, vers le 15 Mars 1929, pour la nomination d’un
médecin chargé, dans la ville do Brive, de la cousultu-
tion d’on Dispensaire antituberculeux, antivénérien et de
1 inspection médicale des écoles.
Les candidats didvent être Français, âgés de moins de
50 an», pourvus du diplôme de docteur en médecine de
l’Etat français, avoir sulisfuit eux obligations militaires,
produire un casier judiciaire négatif et avoir satisfait au
concours sur titres.
Pendonl la durée du stage préliminaire de six mois, et
lors de sa titiilarisalion dans le» condition» précitées, le
traitement du médecin spériali»é est fixé au minimum à
rfb.OOO fr. par an, avec augmentation de 2.000 fr. tous les
deux an» jusqu’à concurrence de 40.000 fr.
Il bénéficiera, en outre, des avantage» ci-après :
Indemnité pour charges de famille (taux égal à celui
consenti aux employé» munirijiaux de Brive).
Un mois de vacances par an avec Iraitcmcnt.
Retraite constituée par versements à la Caisse natio¬
nale des retraites jiour la vieillesse avec participation
patronale de moitié, jusqu’à concurrence de 1.500 fr. pur
Garantie des risques professionnels.
Adresser les demandes de candidature à la Mairie de
Hôpital-hospice de Saint-Denis. — Un concours
pour l’obtention de cinq places d’internes titulaires dc‘
l'hôpital-ho.spice do Saint-Denis aura lieu les 4 et 5 Mars
1929, à 9 h. précises.
La durée de l'internat est fixée à deux an».
Sont seuls admis à prendre part au concours les étu¬
diants en médecine en cours réguliers d’études, F'rançais
ou naturalisés Français, possédant 16 inscriptions nou¬
veau régime, cl Agés de moins de 30 ans.
Avantages. — Indemnité mensuelle de 450 fr., nourri¬
ture, logement et blanchissage.
Pour les conditions du concours et tous nmseignemenls
complémentaires, s’adresser au Directeur de rilôpilal-
Hospicc, de 9 h. à midi et de 2 à 5 h.
Ecoles nationales vétérinaires, — Un concours
sera ouvert à l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon, le
9 Mai 1929, pour lu nomination à celte école d’un chef
de travaux spécialement ulluché à l’enseignement de la
médecine.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Mi':i)Aii.i.e d’honkeub
DE l’Assistance pl'bi.kile. — Médaille d'or. - M.M. Ber¬
nard, à Bouclaus (Doubs) ; Bobine, à Paris.
Médaille d’argent. — MM. Gajmn, à Cambrai (Nord);
Ménard, à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais); Marchai, à
M’esserling (llaut-Rhin) ; Sléiihan, à Mulhouse (Haut-
Rhin); Caminade, à Paris.
Médaille de bronze. — MM. Piipiard, à Roehe-les-Beau-
pré (Doubs); Marelle, à Chàleauneuf-en-Thymerais (Eure-
eGLoir); Boissier, Chapon, à Alès (Gard); Balans, cx’lernc
à l’hôpital André Boursier, à Bordeaux; Buguon, à Suint-
Elienne-de-Saint-Geoirs tisère); 'l'estn, à llesdin (Pas-de-
Calais); Iribarne, à Bayonne (Basses-Pyrénées); Machuel,
à Samoëns (Haute-Savoie); Biol, Ehrhard, Rehulfel, Ri¬
pert, Ségal, à Paris; M'“' Dater, à Ivry-sur-Seine (Seine);
Decourt, à Mitry-Mory (Seine-el-Marne).
IIP' Congrès des sociétés françaises d’oto-neuro-
ophtalmologie. - Le 111” Congrès des sociétés fran¬
çaises d’olo-neuro-ophtalmologie aura lieu à Bordeaux,
les 17, 18, 19 et 20 Mai 1929.
Le bureau du Congrès est ainsi comjmsé : Président :
M. le professeur Georges Porlmann (Bordeaux);
Vice-présidents : M.M. les professeurs Henri Coppez
(Bruxelles), Giorgio Ferreri (Rome), Verger (Bordeaux),
Tculières (Bordeaux);
Secrétaire général ; M. le prof, agrégé Velter (Paris);
Secrétaire local ; .M. Henri Relrouvey;
Secrétaire local adjoint : M; U, -J. Trautmann.
Un rapport sera présenté par MM. Halidien, .Monbrun
et Tournuy (Paris) sur : i- Les céphalée» en oto-neuro-
ophlalniologie ».
Les communiration» et présentations faite» aux séance»
du Congrès porteront uniquement sur des questions se
rattachant au sujet du rapport.
Des démarches seront faites auprès des directions des
grands réseaux de chemins de fer jmur obtenir, comme
l’an dernier, des billets à demi-tarif pour les congressistes.
La participation au Congrès ne comporte jais de coti¬
sations.
Pour les adhésions, annonces de communications et
tous renseignements s’adresser au secrétaire général,
professeur agrégé Velter, 38, avenue du Présidenl-4Vil-
.son, Paris, XVI". Téléph. Passy, 99.32.
Hommage au Professeur Curtis. -- Le» collègues,
amis, élève» cl admirateur» du professeur F. Curtis, de
la Faculté de Médecine de Lille, ont ouvert une souscrip¬
tion pour oITrir une plaquette à ce Mailie de l’Anatomie
pathologique qui, depuis 35 un», a con neré toute son
activité, avec un parfait désintéressement, à son labora¬
toire. La souscription minimum est fixée à 56 fr. H sera
einoyé une plaquette rédiielioii pour toute souscrijition
égale ou supérieure à 80 fr. S’adresser à M. Robimt Cleuel,
19, rue Jeannc-d’Arc, à Lille. Compte do chèque» pos¬
taux, Lille 10480.
Association générale des étudiants de Paris. —
Le mardi 19 Février 19‘29, à 9 h. du soir, dans la salle
des fêtes du Petit Journal, 21, rue Cudel, l’Association
générale des étudiants et étudiantes de Paris présentera
2:52
N“ 14
LA PRESSE MEDICALE,; Samedi, iÛ Février 1929
la grande revue médicale : /;/«/;/« . '/u ria! un prolog^ir
et deux actes de Pierre-Paul Jonsarés, externe dos hôj«-
I.a représentation sera suivie d’un grand bal de nuit,
avec attractions.
Le Corps médical parisien est parüciilièvement convié
à celte manifestation dont le bénéfice est destiné aux
o'uvres de l’Association générale des étudiants.
t)n trouve dès maintenant des billets. à la caisse de
l’Associulion générale des étudiants, 13, rue de la Bdche-
ri«^(V‘) au prix de 30 fr. Pour les médecins et étudiants
en médecine : là fr. Pour les membres de rAssoeiation
générale d<*s étudiants de Paris : 10 fr.
Union féminine du Monde latin. - Dimanche
lo Février, M' "• Tuffier, présidente de l’Union féminine du
Monde latin et M. Tuffier, recevaient un certain nombre
de personnalités de l’Amérique du Sud de passage à Paris.
cette réception très brillante se fit entendre une can¬
tatrice colombienne, M**'’ de (iustillo. Elle fut vivement
applaudie dans les mélodies colombiennes et vénézué¬
liennes ainsi que dans la musique espagnole qu’elle inler-
A ce concert assistaient, pour la Colombie, Mgr Lopez
Lieras, M"‘" Kicardo Holguin, M"*" Daniel Holguin, M. et
M"'" de Valen/.uela, I)' et M'"“ Uico, M. et M'“* V. Lom-
bami, etc.; pour le l'eitczuelti, M'"* Zumeta, femmo
du ministre pléiiipt)lenliaire, M. et Acosta Orlîz, D*^
et M'"'’ .\chiUü Bruno, M*"' et M"" Pablo Hivodo, M'"' de
Mendoza. M"*' de liorrondona, M. et M"'' Luis Dominguez,
.M. et M" Caprlles, M"" Purra Perez, M. etM"*' Francisco
de Sucre, M. Luis Basala, D" Condé Juhu, etc.
M"” Tuffier était entourée des damas du Comité de
l’L’nion féminine du Monde latin et d’un certain nombre
de personnalités mondaines et scientifiques : M'“" Sergent,
vice-présidente; M . Desfosses, secrétaire générale; M"'"
Ihiiilv. B""'^ Pasquier, M'"'’ Juyle, M"' (ùimhiès, Prof, et
M”'" Gliauffurd, Prof.\et.M^*:-Va:q.uc:7r et M^" N. Tufjfier,
M. et M“* de la Raudière, D*" et M*“* Auvray, général
Emily, M. et M’**? Ihîslandfcs, baron Pasquier, D*" Des¬
fosses, D' Cmnbiès, etc., etc.
Association amicale des anciens médecins des
corps combattants. — L’as-semblée générale de l’Asso¬
ciation amicale des anciens médecins des corps combat¬
tants se tiendra le samedi 10 Février, à 18 h. 30, au F<»yer
médical, lO, avemio d’Iéna, et sera suivie d’un dîner (|ui
sera présidé par M. Scapini, président des aveugles de
Pour tous ren^joiguemenls, s adresser à M. Rémi Néris,
secrétaire adjoint, 74, rue du Rocher, Paris (IX*).
Amicale des médecins de Bretagne. — Celte
Société, dont le bureau pour 1020 est ainsi constitué ;
Présideiit, M. Courcoux ; vice-présidents, MM. Chappé,
Doré, Planson et Kieux; secrétaire général, M. Larcher;
secrétaire adjoint; .M. Allain; trésorier, M. IL Oberlhur ;
commissaire des comptes, M. Lo Pennetier, vient de
fétiM’ en un dîner cordial, qui fut servi mardi dcï'nier
dans les suions du restaurant Mnrguery son vingl-cin-
qiiièmo anniversaire.
Soins gratuits aux bénéficiaires de la loi du
31, Mars 1919. - — Par décret présidentiel, le para-
gra|)Iu' l*"* (le rurlicle 21 du déerel du 23 Oelobre 1022
est modifié comme suit :
<r Si rhUH*|)rtalÎHation est jugée nécessaire, le médecin
traitant doit le certifier^ par une léDre écrite sur son
papier à eii-léte rejjroduisaut les indiealions du bullelin
de visite et adressée six jours d’avanee à la (h)mmissioii
fi'i))aHi:te d(' eoUtréle 'pour niitorisation (sauf les t'as d’ur-
geneo,pa‘évus à l'arliele Kuîvant). »
Nécrologie. — On annonce la mort de M. Bnratier,
doyen du (^)nscil général de l’Ailier et, ù Paris, celles de
M. Ch. Talamon, médecin honoraire des lu^pitaux, et de
M. Pierre Bouloumié, ancien conseiller général des Vosges
et ancien président de la Société de Médecine de Paris.
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctorat.
Mercredi 20 Février. ~ Clinique médicale (2 sdriesl.
Faculté. — Clinique ciiiruTjficale. Faculté. — Clinique
obstétricale. Faculté.
Jeudi 21 Février. — Clinique médicale. Faculté. —
Clinique obstétricale. Faculté.
Samedi 23 Février. — Clinique chirurgicale. Faculté.
Thèses de doctorat.
18 Février. — Gerchoux (A.) •. Ktude des troubles
et rénaux au cours de l’appciidieitc. — Ducceiir-
jolv (E.) : Elude sur le phosphore de zinc ci son emploi en
théropeutique. M"” Fournier (Bcrtbc) : Des polpglobu-
ties fuir eôntraeiion de ta rate. — Jury : MM. Legucu,
I.iioper, Strolil, liiiict.
Maiidi 19 Février. — Guerlot (A.) : Pronostic actuel
du diahite compliqué iic tuberculose. — Jury : MM. Be¬
sançon, Carnot, Aubertin, Baudouin.
Mercredi 20 Février. — Petit-Maire (Gaston) : Le trai¬
tement des pleurésies ptirulenlcs. — Boiiillié (M.) : llt/por-
Irojihic coneéniitile au col vésical. — Rémy-Néris : Le
Iructus Iht/réoplosse. — Jury ; MM. Hartmann, Scbilcau,
Omlirédannc, I.oinnîtrc.
Jeudi 21 Février. — Herman (P.) : Etude des formes
c.rtrn-arliculaires de la maladie de Houillaud. — Murcus
(S.) : Essai sur les séniliiés naturelles cl pathologiques. —
Vanbockslael (P.) : Ht/giène sociale de Ttigc préscolaire.
— Sibot (A.) ; Etude sur la tuberculose pulmonaire. —
Jury : it.M. Achard, Sergent, Nobécourt.
Thèse vétérinaire. ~ Riou : Coagulation du sang chez le.
c/lieu. — Jury : MM. Ratliery, Maignoii, Nicolas.
Samedi 23 Février. — Thurel (R.) : Les pseudo-bul¬
baires. — Bunié (L.) : Traitement des fractures et luxa¬
tions ouvertes. — Jury : MM Guillain.-Lecène, Leroux,
Moure.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elh
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité ijuant d la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. L'administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces die moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l'avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARIS-6°.
Président du Conseil d'adminislration : IV P. Gihes,
I). 1). .S.
\'ice-pré<ideiit ■. !)■' NocuÉ, stomatologiste des Hô¬
pitaux.
Admiiiistruteiir délégué : I)'' Housseau-Uecei le, iin-
cieii interne des Hôpitaux de Paris, Président de
la Hoeiété des Stomatologistes des Hô])itaux.
Président de lu Commission d'enseignement : 1)‘- P.
Nespoulols ; 1)1). S., stomatologiste des Hôpitaux.
Directeur r 1)' L'iiihoxdei,, stomatologiste des
Hôpitaux. _
L Keole de Sloiiiatidogie a été ereee, eu 1909, par
le !)'■ L r.RUET, élève de Mxe.iNOT et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle U pour objet de donner iin enseignement slo-
matologiiiiie eoiiiplot ;
1" Aux docteurs en médecine français et étrangers
,pii veulent se spérinliser en celte brandie de la
médecin»*.
2" .lux étudiants eu médecine, A partir de leur ein-
qiiiéiiie année d'études et ayant an moins 17 insorip-
L' enseignement comprend : la clinique stomatolo-
gique, la terhnique et la pratique de l’odontologie,
de lu prothèse et de l'orthodontie.
le programme est entièrement parcouru en dix-
huit mois. L'ii dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
TEcole et d’entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix. Jamais, et sous aucun prétexte, un élève
ne peut être luimis pour une scolarité incomplète,
e'est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
Le diplôme de l'Ecole est décerné aux élèves qui
ont salislait aux examens obligatoires de lin d’études.
Droits d'inscription : Deux mille cinq eents francs
t2„'i00 fr.l.
Deu,r rentrées annuelles : une le !“■' Décembre,
l'autre le 1" Mai.
La prochtiine rentrée aura lieu le l" Mai 1929,
Le nombre des places étant limité, prière de s’ins¬
crire le jdus ra]iideiuent possible.
Pour tous renseignements, s’adresser tous les jours
au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
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timbre de O fr- 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Forée.
Parix. — Imprimerie de la Cour d'Appel 1, rua Gaaaetta.
N' 15
20 Février 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
CONTRIBUTION CLINIQUE ET BACTÉRIOLOGIQUE
A L’ÉTUDE
DES INFIlCHOXS
A BACILLE PARATYPHIQUE C
P. TEISSIER, P. GASTINEL et J REILLY,
L’histoire des iiifeelions déleriniiiées par le
bacille paralyphique C on clinique luiinaine s’ou¬
vre, on le sait, avec une ])ublicatiou de L. Ilirsch-
feld' en 1919. Ce bactériologiste eut l’occasion
d’observer, trois ans plus tôt, sur un soldat de
l’armée serbe, un syndrome typhique d’allure très
grave et qui aboutit à la mort. Il isola par hémo¬
culture un germe mobile, possédant tous les carac¬
tères morphologiques et biochimiques du ])ara-
ty])hique B. De plus, le séro-diagnostic de VVidal
pratiqué vis-à-vis des bacilles typhiques ou para-
typhiques A et B de dilTérentes provenances avait
été négatif, alors que le sérum du malade agglu¬
tinait son propre bacille à -rr— •
oOO
Ultérieurement, il fut possible à Ilirschfeld
d’isoler dix-huit fois par ensemencement du sang
un bacille inagglutinable par le sérum anti-para
B mais agglutiné par le sérum du malade pré¬
cédent. La preuve était ainsi faite qu’il existait,
du moins en Serbie, une variété de bacille para-
typhique, différente de celles déjà antérieurement
décrites, et capable de reproduire chez l’homme
un syndrome de fièvre typhoïde. Dans son
mémoire, Ilirschfeld admettait même que la fré¬
quence de la' paratyphoïde G dans l’armée serbe
avait dépassé, de 1916 à 1918, celle de la para¬
typhoïde B, ce qui pouvait, d’après lui, être
expliqué par les vaccinations antérieurement
faites aux troupes.
Depuis le travail de L. Hirschfeld, de nou¬
veaux échantillons analogues de para C ont été
encore isolés en Serbie, notamment par Todo-
rovitch* qui, en 1923, a consacré à l’étude des
infections à para C une excellente mise au point.
En Europe centrale et spécialement en Pologne,
des faits semblables ont été signalés dans le
même temps. Des échantillons de para C ont
encore été isolés en Angleterre, en Afrique orien¬
tale, en Mésopotamie et homologués avec les
souches serbes.
Ce n’est pas d’ailleurs que le para C apparût
pour la première fois dans la nomenclature bac¬
tériologique. Dès 1908, Uhlenhut et Ilubener^
décrivaient chez les animaux un germe mobile,
morphologiquement semblable au para B mais
inagglutinable par l'immun-sérum para B. Aussi
ces auteurs proi)osèrent-ils de donner le nom de
para G à tous les germes répondant à ce groupe¬
ment. D’après le travail récent d’IIayashi *, il est
t. L. Hirschfeld. — « A new germ ot paralv])liiiid ».
The Lançai, l'cvrior 1919, p. 296.
2. K. Todorovitcm. — « Sur le bacille paralyphique C
«l son action palUogoiie ». Le Bulletin médical, n" 41),
1925, p. 1198.
.2. Uhlenhut et Hubener. — « Ueber die Yerbrnilnnj»
der Baklerien der Pavaty])luis li und Uarlner Uriij)pe
iind ihre. Deziehiiiigeu ziir gaslro-intestinalon Form der
Floiscbvergiftiingen )i. Med. Klinik, 1908, n' 48, p, 182;!.
— UhlrnhUT, Hubener, Xyla.ndkr el Bohtz. « Weitere
Unlersiiehungen iiberdas Wesen iind die llekampfunff der
Schweinpest mît besonderer Beriicksicbligung der liakte-
riologle der lïogeholera (Paralyphns I!) firiipjje sowie
ihres Vorkommena in der Anssonwell », .irb. a. d. liais.
Gesundh., t. XXX, fnBC. 2, 1909. — Uhlenhut et Hubener.
Bandb. d. Patho^. Mihrnnrfianismen cnn KoUe u. Wasser¬
mann. 2 Anfl., lin;!. Hd 3.
T. IUyashi. — « Ueber Paratyphus C ». Centra!!,, f.
Bakt.. n* 1, t. XCVni, 1926, p. 291, 296, 300,
probable que la souche décrite en 1909 par
NIaruyama se comportait sérologiquement comme
un para G.
Aucun cas semblable à ceux d’IIirschfeld n’a
été jusqu’ici rapporté en France. Les observations
en seraient peut-être plus fréquentes si tout
germe analogue au para B, d’après ses caractères
culturaux, était systématiquement soumis aux
épreuves d’agglutination. Niais les infections à
para G peuvent s’éloigner du cadre classique de
la fièvre typhoïde ou des paratyphoïdes; dès lors
il est possible qu’au cours d’états morbides divers,
l’isolement d’un bacille appartenant au groupe des
salmonelloses n’ait pas été poursuivi avec toute la
rigueur nécessaire ou que le germe cultivé ait été
troyi aisément considéré comme microbe de sortie*.
Nous n’en voulons pour preuve que les deux
cas rapportés par Todorovitch, qui simulèrent
une pneumonie. Or, la ponclion en jilein foyer
pneumonique yiermit d’isoler à l’état de pureté un
microbe analogue à celui retiré par hémoculture,
apportant le témoignage qu’il s’agissait bien là
d’une détermination pulmonaire primitive d’ori¬
gine paratyphique.
Le cas que nous avons observé concerne une
endocardite aiguë rapidement mortelh* à bacille
paratyphique G.
Une telle éventualité est, on le sait, exceyition-
nelle au cours de l'infection typho-jiaratyphiqne.
Bouillaud' ne la signale qu’à titre de complica¬
tion très rare chez les typhiques, de même que
Griesiriger *, Liebermeister ', Boyer *. Stepowski
dans sa thèse en 1909 estime à 100 environ les
cas connus, et il n’est yias douteux qu’un certain
nombre d’entre eux relèvent d’infections secon¬
daires, telles les observations de Frænkel et
Sanger”, de Gastaigne’, etc., démontrant l’inter¬
vention du streptocoque. Les seuls faits réelle¬
ment probants appartiennent à Girode*, Lion",
Viti Carbone*', Vincent’', Barjon et Lesieur “
Froment et Grémieu “. Plus récemment, Savy et
Gardère'” relatent un cas d’endocardite lyyihique
végétante mortelle chez une malade atteinte de
lièvre typhoïde. Leniierre, P. -N. Deschamjis et
E. Bernard*” enfin, dans une observation très
étudiée, signalent l’existence d’une endocardite
végétante au décours do la dothiénentérie et
ayant déterminé la mort jiar processus embolique
multiple. L’examen bactériologique mit en évi¬
dence la présence exclusive du bacille d’Eberlh,
En ce qui concerne les paratyphoïdes, les loca¬
lisations infectieuses sur l’endocarde n’oll’rent
pas une fréquence plus grande. Les cas rapyiorlés
j);>r Debove, Trémolières et Gain” ne sont nul-
1. Bouillaud. — Maladies du cœur, 2" éd.. 1841.
2. Griesinger. — Traite des maladies du cœur, 1868.
3. I.ieber.meister. — Ziemssen llandh., 1863.
4. Boyer. — Soc. anatnmii/uc, 1875.
5. Stepowski. — TU'se, Paris, 191)8-1909.
6. Frænkel el Sanger. — Arcbic f. paih. Anal. u.
Pbysioi., 1887.
7. Gastaigne. — « Endocardite iilcêro-végetnnto des
si;îinoïdes pulmonaires au cours d'une fièvre typhoïde ».
BuH. Soc. anatomique, 1898, p. 164.
8. Girode. — Soc. de Biol., 1889.
9. Lion. — Th, -se, Paris, 1890.
10. Yiti. — Gitd par Dehu, Th, 'se, Paris, 1893,
11. Carbone. — 'Tlrso de Dehu.
12. Yingent. — Mercredi medical, 1892.
13. Barjon et Lesieur. — Journ. de PhysioL et Pathol,
gcn., 1901.
14. Lesieur, Froment et Cri'.mieu. — Lyon tncdical,
1910.
1.5. Savy et GARDkuE. — « L’endocardite nigiiP nu conrR
de la lièvre tvphoïdc ». Becue de Médecine, II" 1, t. XXXII,
1912, p. 737-7‘48.
16. A. Lemierre, P.-N. Deschampr et E. BEtiNAnn. —
Il Eudoeurdile végétonto apoxieuuo de nature éborthieniie ».
BuU. et Mcm, de la Soc. méd. des Uôp., Paris, 23 Juillet
1925, n* 26, p. 1113.
17. Debove, TniÎMOi.iknr.s et Caïn. - « Sept ens d'in¬
fection pnrntYphoïde ». BuU. ci Mém. de la Soc. méd. des
Uôp., 7 Avril’ 1911.
lemciit convaincants. L’observation de Netter et
Ribadeau-Dumas * concerne une malade atteinte
de péricardite et morte, selon toute vraisem¬
blance, de thrombose cardiaque, mais le dia¬
gnostic n’a ]ias été confirmé aiialomiqueinent.
Par contre, Sacquépée, Biirnet et W'eissenbaeh *
relatent, dans le jirotocole de neuf autopsies de
malades morts de paratyjihoïde une fois des
lésions d’endocardite aiguë sur les valvules aor¬
tiques, une autre fois, des lésions d’eiidoeardile
plastique des orifices pulmonaires el mili’aiix.
Enfin Garles et Marehanil ' rayqiorteiil un cas
d’eniloearilile, découvert à l'aiiloyisie chez un
malade atleinl de paralyphoïile
Signalons encore que plus récemment DeVris *
a relaté l’Iiisloire clinique d’une endocardite de
la tricusjiide à bacille jiaratyphique.
Il y a lieu de bien [ii'éeiser que, dans toutes les
observations citées jiliis haut, la détermination
cardiaque était secondaire à une iiileetioii typho-
j)araly|)hique dûment caractérisée.
Toute dilférente se jirésente révolution de l’en¬
docardite que nous relatons ici.
Observation. — Bill..., itgée de 47 ans, journa¬
lière, entre le 29 Novembre 1927 à la Gliniqiie des
Maladies infeelieuses pour un érysi])èle île la face
apparu depuis deux jours. 11 s'agit d'une récidive.
La dernière atteinte remontait au mois d’Avril de
la même année et avait enlrainé le séjour de la
malade à l'Iiôpilal.
A l’exiiinen, on constate l’existence d’une plaque
érysipélateuse typique accompagnée d’une temiiéra-
tu're .4 40».
L’auscultation du ccéur révèle un rétrécissement
mitral caractérisé ])ar tons les signes classiques. Le
début de celle alTeclion remonte à une époque déjà
éloignée. La malade se souvient d'avoir été atteinte
a plusieurs reprises de crises de rhnmatiBme articu¬
laire. Depuis quelque temps, la lésion cardiaque
moins bien compensée nécessitait de fréquentes
interruptions de travail avec traitement digiialiqne.
L’érysipèle évolue iiormalemenl. La lièvre tombe
et, nu bout do quatre jours, la luiuéfaclion du vlgiige
a oomplèlenienl disparu.
Le iJi* Décembre, poussée brusque de température
à 39"5. L’examen ne révèle qu'une douleur assez vive
au niveau do la région lombaire droite. Les urines
ne contiennent ni pus, ni germes microbiens.
Le 3 Décembre, les symplûmes généraux s'aggra¬
vent. La lempéraliiro atteint 4ü°5 bien que le pouls
no dépasse pas 96. En nièine temps, on est frappé
par l’intensité des symplûmes cardiaques nouvelle¬
ment survenus ; dyspnée, cyanose de la face, angoisse
précordiale, A l’auscultation cependani, le rythme
cardiaque conserve ses caractères aiitériours.
L’examen somatique est négatif.
Par ailleurs, notons que la rate conserve ses dimen¬
sions sensiblernenl norinnles, appréciées par la
méthode pbonendoscopique el la percussion.
L’bémocnllnro est pratiquée à celle date, tout
faisant prévoir la survenue d’une septicémie à strep-
locoqne. Or, con.trairement à tonte attente, elle doime
lieu au développement d'un germe mobile, ne prenant
pas le Gram, et dont les caractères seront indiqués
plus loin.
Les jours suivants (4 et 5 Décembre 1927), chute
brusque de la température qui ne dépasse pas 38*'
Cependant l’état général demeure très mauvais el Ici
symptômes cardiaques ne rétrocèdent pas.
1. Netter et UinAOEAi'-Di mas. — ii Formes continues
el accompagnees de rinfeclion par le bacille de Giirt-
ner ». Bull, et Mém. de la Soc. méd. des 11, p . 15 Décembre
1905, p, 256.
2. Sagijuïrïe, Bi rnet et W’i issenrai ii. — « Etude
macroscojiique des lésions produites chez l'homme par le
bacille paralyphîipie .\ d'après le |)ro1ocote de neuf au¬
topsies n. Uéiinion médico-clii l'iirgic.de de la h" armée,
1915. La Presse Médicale. n"“ 42, 20 Aoïil 1915, j). 351.
8. Garles el Marchand. — ii Symptômes el compli¬
cations oarilio-vnsculiiircs dans le» lièvres parutyplioïdes ».
Arch. des mal. du cceiir, n 3, 1916, p. 93.
4. Devris. — Il Endocardite de lu trieuspide à bacille
paratyphique ». Wicn. kltn. Woeh., n“ 27, 1924, p. 676.
N» 15
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
235
sans doute la conséquence du passage des germes
dans la circulation, passage prouvé par la pro¬
duction de nombreux infarctus. Mais la lyse
microbienne consécutive, libérant une certaine
quantité d’antigène, venait encore exagérer la
violence des réactions dans la mesure même où
l’organisme était déjà sensibili.sé.i\ son égard.
Dès 1892, dans son remarquable mémoire sur
les accès pseudo-])alustres au cours de la dolliié-
nentérie, Bouverel' insistait déjà sur l’importance
des produits toxiques de désintégration micro¬
bienne dans l’interprétation do ces accidents cli-
^ A
L'étude bactériologique du germe trouvé à
l’hénioculture et dans le thrombus intra-cardiaque
(et que pour la facilité de l'exposé nous dénom¬
merons germe Bill...) donne les renseignements
Cabactères morphologiques et culturaux. — Ba¬
cille mobile et cilié, ne prenant pas le Gram. Anaé¬
robie facultatif.
Bouillon ; trouble uniforme avec reflets moirés.
Gélose inclinée : colonies Beral-lrnnsparenles et
arrondies analogues à relies du bacille d'Cbcrlh.
Gélatine en stries : Culture transparente à reflets
irisés. Bas de liquéfaction.
Pommes de terre : colonies très abondantes et très
Lait : multiplication abondante sans coagulation.
Artichaut : la culture produit le verdissement en
deux jours.
Le germe étudié provoque la fermentation des
sucres suivants : glucose, lémlose, mallose, mannite.
li est sans action sur le lactose, le saccharose,
\ arahinose, la dulcite. Vinosité et Vinidine-
Lait tournesolé: ; acidillcatiou légère les premières
heures puis virage au bleu.
Bouge neutre : légère fluorescence,
Sous-acétale de plomb : noircit fortement.
Le germe ne produit pas d”indol.
Milieux vaccinés. — La gélose ensemencée avec le
germe Bill... ne se prèle plus à la culture ultérieure
de l’Eberth, du para A, du para B, du para C (souche
serbe). Inversemeut, les géloses ensemencées respec¬
tivement avec les germes Eberlh, para A, para B et
para C no permettent plus le développement du
germe Bill...
Virulence. — Le microbe étudié olïrc une assez
grande virulence pour les animaux de laboratoire :
Souris : L'inoculation sous-cutanée de l/20‘= de eme
provoque la mort en quatre jours. A l’autopsie, hyper¬
trophie splénique et taches dégénératives sur le
Lapin ; Inoculation intra-veineuse de 1/2 eme de
culture en bouillon. Mort de l’animal en quarante-
huit heures. A l’autopsie, sullusions hémorragiques
sur l’intestin grêle avec lésions dégénératives du foie
et augmentation de volume de la rate.
Cobaye : L’inoculation intra-cardiaque do 0,02 eme
détermine la mort on quatre jours. A l'autopsie,
mômes lésions que chez le lapiu.
Toxicité. — L’inoculation de filtrats de vieilles
cultures au cobaye (1 cm) et au lapin (4cm) par voie
intraveineuse laisse l’animal indemme.
Épreuves sérologiques. — Ces différentes épreuves
ont été pratiquées à deux reprises et à six mois de
distauce. Les résultats en ont été strictement iden-
A. Agglutination. — 1® Le sérum d’un lapin pré¬
paré avec le germe Bill... qui agglutine le germe homo¬
logue àl pour 1.500 agglutine également un échan¬
tillon de paraC (souche de Serbie) à 1/2000®, et uu
deuxième échantillon (souche de Varsovie) à 1/1.500".
Agglutination du TEberth au 1/150", du para B au
1/100-', du para A au 1/50", du GHi-tner au 1/150", du
suipestifer au 1/150". Il est sans action sur un
échantillon d’Aertryck et sur un bacille du groupe
Morgan.
2“ L’immun-sérum para C, qui agglutine deux
1. Bouveret. — « Sur les grands accès fébriles de la
défervescence de la fièvre tjjdiotde ... t.yon métiieal.
échantillons de para C au 1/1.000“, agglutine égale¬
ment le germe Bill... au 1/1.250“.
3“ Un iramun-sérum Eberlh provoque seulement
l’agglutination du germe Bill... et du para C au 1/50“.
4“ Un sérum anti-para B n’agglutine ni le germe
Bill... ni le para C.
5“ Un sérum anlVsuipestifer, qui agglutine son
propre éclianlillon au 1/2.000-', n’agglutine ni le
germe Bill... ni le para C (souche serbe et souche de
Varsovie). Il agglutine le para B au 1/150“.
Epreuve de saturation des agglutinines de Cas-
tellani. — 1" L’immuu-sérum Bill... saturé par le
germe homologue, ne donne aucune agglutination
avec le pai'a A, le para B, le para G, le suipestifer et
TEberth. Seul le GUrtner est encore agglutiné au
1/50".
2“ L’immun-sérum Bill... saturé par le para C n’ag¬
glutine plus les échantillons suivants : germe Bill..,
Eberlh, para A. para B, GUrlner, suipestifer.
3' L’immun-sérum Bill... saturé par le AKi'pe.sfi’/’e;'
donne encore une agglutination au 1/1.500“ avec le
germe Bill... et le para C. Il agglutine le Gilrtner et
TEberth au 1/150".
4" L’immun-sérum Bill... saturé par le GUrtner
agglutine le germe Bill.., et le para C au 1/1.000",
5“ Enfin le même immun-sérura Bill... saturé avec
TEberth présente toujours une agglutination au
l/l .000" pour le germe Bill... et le para C.
B. Sensibilisatrices. — L’immuii-sérum Bill... pos¬
sède des sensibilisatrices déviant le complément vis-
.4-vis du germe homologue et aussi vis-à-vis du ba¬
cille paralyphique G. Le pouvoir fixateur atteint 20
unités alexiqucs.
Par contre, la réaction est négative à l’égard du
para B et du suipestifer.
Par tous ses caractères, le germe étudié répond,
on le voit, au paralyphique C tel qu’il a été décrit
par Ilirschfeld. Les seules différences à signaler
portent sur la non-ferinenlalion de la dulcite pour
notre échantillon, et la non-coagulation du lait.
Elles s’effacent à vrai dire devant Tenseinble des
résultats sérologiques et paraissent insuffisantes
à individualiser les deux échantillons. Il n'est
donc pas douteux que nous nous soyons trouvés
en présence du même germe que celui isolé en
Serbie en 191Ü.
Ce serait pourtant une erreur de croire que la
dénoiuinalion do paralyphique C, que nous don¬
nons désormais au germe étudié en raison de son
analogie avec le microbe de llirsclifeld, indique
d’une manière précise sa place dans la systémati¬
que. En effet, à lire la littéràturc complexe con¬
sacrée au para C, rien n’est plus touffu et rnéiiic
contradictoire que les opinions qui se sont fait
jour sur la position de ce groupement bactérien.
On a vu que le terme de para C a été introduit
dans la nomenclature par Uhlenhiil et Iltibener*
qui, dès 1908, ont décrit sous ce nom tous les
germes ayant les attributs du paratyphique H
mais non agglutinables par Timmun-sérum para R.
De tels microbes ont été retrouvés par eux dans
les saucissons, chez les porcs sains ou atteints de
liog-choléra, chez les veaux sains ou atteints d’en¬
térite. Ces auteurs signalent également que le
germe aurait été rencontré dans les matières
fécales d’hommes sains. Le rôle pathogène du
para C pour Thomme ne lettr paraît cependant
pas clairement démontré puisque, dans un travail
tout récent, Uhlenhut etSeifferl' déclarent qu’il n’a
aucune importance particulière dans la pratique
La connaissance de bacilles paraiyphiques,
différents des types jusqu’alors individualisés,
s’élargit encore lorsque Bernhardt’ trouva dans
les empoisonnements provoqués par les viandes
en Brandebourg un germe microbien particuliè¬
rement pathogène pour le cochon de lait, variété
1. 'Uhlenhut et Hudexer. ~Loc. cit.
2. Uhlenhut et SripcERT. — « Der gegenwürttge
Stand des Ptmitjqihusproblems ». DeuHche med. n'nch.,
1!t2G, n" 16,1). '1411; n' 17, p. 681»; ii' 18, p. 7:17.
a. BruNiiARDT. Xeihc/,. f llyy.. lt»12.
du groupe du Hog-choléra, qu’il désigna sous le
nom de Bacillus suipesnfer de type Voldngsen.
Geîssler* isole le même germe au cours d'une
épidémie de gastro-entérite en Poméranie. Pendiint
la guerre, il fut aussi retrouvé dans les Balkans,
en Galicie, en Serbie. Ultérieurement Pfeilcr et
Engelhardt' ont isolé également des bacilh's du
Hog-clioléra pathogènes pour Tliomme, ti/in;
Kunzendorf. C’est à ces bacilles ipte \N'cil cl Saxl*
donnent le nom de ])aralyi)hique [1. Or, les
recherclies jioiirsuivics sur un grand nombre
d’échantillons par ùlaiilcufel, Zscluickc et Bcgcr*
les ont amenés à conclure qu’aucune dilfcrcni'e
sérologique ou culturale ne pouvait être luuiii-
tenue entre le type Vohlagsen et le tyjic pesiifrr,
et que d’autre part, les bacilles p d’origine Immainc
rentraient dans le grouiie du llog-cholci'a. C’est
à l’ensemble de ces germes iparap, type Volda^.srn,
type pesti fer) que, d’après, Maniculcl et scs colla¬
borateurs, répondrait la dénomination gcnéi'ale
de groupe para C.
On voit donc combien ce terme a une com¬
préhension étendue j)ar rapport à Tap]>cllali()ii de
Uhlenhut. Mais à vrai dire, le bacille paralyphique
C n’a pris une importance réelle dans la patho¬
logie humaine qu’avec la publication de Ilirsch-
feld. Ici, il s’agit non plus d’empoisonnciiient
alimentaire par des viandes, mais bien d'iiileclion
à allure lypbo-paratypliique. Des germes analo¬
gues à celui décrit par llirsclifeld ont été rcti'oiivé.s
en Turquie, en Albanie, eu Wolhynie, en Biissie.
Weigiuann" réunit sous le nom de para C lotus
les bacilles décrits sous les appellations diverses
de paratyphique p, bacille d’Erzindjan, jiara X, et
isolés chez Thomme au cours de syndromes typhi¬
ques ou d’ictère infectieux téchaiilillon Stanley).
Ainsi donc le para C a été incriminé lanlôl
comme la cause d’enléi'ile uigu.ü par eriipoisoiine-
inent alimentaire, tantôt connue l’agent d’une
infection typho-paraty|)lii(pie.
Ces modalités diifércntes dans l’action patho¬
gène des microbes amèneraient à se demander si
ce groupe du para C est réellement Itoinogènc.
Ne présenterait-il pas certaines variétés, analo¬
gues à celles que Tétude de diverses origines du
para B nous ont appris à coniiaiire ; paraty-
phiijuc B de Schollmüllcr rcnconli'é dans les
lièvres paralyplio’idcs, et d’anti'c jiarl, litn ille de
Gartner, Bacillus enlcrilidis de Bi'i'slan. isolés
dans les intoxications aliiiienlaii'esi' La question
se ramènerait en somme à discerner la provenance
humaine ou animale de l'écliantillon étudié. Mal-
heureuseineiit, aucun des o itères auxipiels on
peut avoir recours ne fournil une indication très
[irécise : ni le caractère ininpieux îles colonii's,
ni l’épreuve de D. et T. Schn.idI ne sont sus¬
ceptibles d’apijorler des résultats ('onstaiils.
Restent les méthodes sérologiipies. Le para G,
source d’intoxication alimentaire et par consé¬
quent de provenance animale, serait agglutiné par
le sérum a.nù-sitipestifcr (Mantciifel i, tandis ipTil
demeure inaggluliiiable coiuiiic nous l’avons vu
par les immun-séruins para B cl Gàrlnei'. Gom¬
ment le para G d’oi'igine humaine isolé dans des
infections à allure lyiihique se cumiiorie-i-il vis-à-
vis du B. suipestifer.' Dans son travail original,
Hirschfeld ne l’indique |)as. Si'hui'lze, à l’Insiitnt
Lister, mentionne que riinmun-.séruni agglitlinanl
le Hog-choléra, souches 12el 14, aurait une action
1. Glissii.h. - Zfiisfh. f. Mcdizinalbciinitc . I! WVI,
1913.
2. Pi'EILER et Engci.iiaiiui. — y.eitscb /'. /minuHihitsf.,
t. XXVIIl, 1920.
3. Weil et Saxl. — ITAn. Min. IIW<., ic 17. Ilil7
4. MaNTEUFBL, n. ZSCIIUIKE et II. lIl GEl'.. — i. Sj »-
tainatiscli» Unlersiichiingen an Kultnrcii dei- lliijjctiolcin-
grtippe nnter Berücküicliligimg de» Voldiip"< ii- eiid Tma-
tvphus ,3 Typen s. Cenlr. f. BaM.. 1. Abt-Oiit; , U" tü,
1921, p. 214.
5. F. WniGSiANN. — » Eefier deii Ei'reper )iiii Taialy
plia» (1 I'. II. Tag. d. Ücntsch. Milrnh., Si'pleirihiT
192."); il] Crutr. f. UaH. I. t. Xl.VIIl, p. '299, 19'26.
2m
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N» 15
i(lt‘iili(|iic sur ^(■(.•llaulilloIl d'Ilirsrlifeld. Wcig-
iiiaiiii. Ilayaslii ruilcnl aussi cctli- pai’lirularilr
sur les ililli'rrutrs souclics éludit-rs.
II n.'ssorl ilom- ([ur 1rs rraclions d’agglutiiialiou
sr foiuportrrairiil dans It- iiiriur sens, quelle (|Ue
soit rurig'iiie, liuuiaiiie ou aiiiuiale, du paraly-
pliique (1 ; <dles leiideiil iiièiiie à le rapproedier
siiigiilièreiueiit des baeilli‘s des intoxications
carnées. Pourtant, nous devons reconnaître (]ue
cette propriété agglutinative à l’égard de riniiuun-
séruin aiii/ii'Klifcr ur nous parait pas constante;
elle faisait délaul tant pour le gernu' t[ue nous
avons étudié que pour deux écliantillons de para (1
isolés, l’iin en Seidiie, l'autia' en Ptdogne, à l’égard
d’un sérnin nuù-siii/ifstifrr préparé avec un échan¬
tillon de collection.
Sans doute existe-t-il des souches île llog-
eholéi’a à pouvoir antigène ])lus ou moins étendu,
ee (jui expliipie les diiréreuces observées. La meil¬
leure [U-euve que l’on en puisse donner est ipie
Schuetze ineutionue les numéros des échantillons
avec lesipiels il a préparé les sérums agglutinant
le para (1. Ceci laisse entendre que les iiuinuu-
sérunis capahles d’avoii' une telle action ne peu¬
vent être ohleniis avec tous les représentants de
l'espèce Uog-choléra. 1 )’ai lleui-s, c’est [lar i'injec-
lion à l’animal d’un H. mnpcsli fer du type f'ol-
itii-:;xfn ipie \\ eigrnann a obtenu îles agglutinines
à l’égai'd des divers microbes ipi’il groiqie sous
le nom de pai'a C.
Il apparail donc que la proiu'iété, si fréquente
soit-elle, d’étre agglutiné (lar riniinnn-séruiu
siiijirsiifrr. ii’est pas suflisaïunient constante
pour servir de caraeléristiipie sérologiipie au
paralyphiipie C et pour autoriseï' délinitiveuient
sa eouqilèle ideiililication avec les bacilles du
d’ailleurs à l'opinion soutenue réceniuient pai'
llavashi ', trouverait encore un argument dans le
lait qii'après plusieurs repiipiagcs, certaines sou¬
ches de para C subissent des variations an [loint
de se laisser agglutiner |)ar des iunnun-sérnins
primitivement inactifs à leur égard échantillon
de Maekie et lîowen . mais il ne s’agit là que de
phénomènes de coagglutination comme le montre
l’épreuve de Castellani.
Le- dillicultés ipiel Du éprouve à situer la posi¬
tion du para C dans la nomenclature tiennent
esseiitiellemeent à ce (|u’il fut surtout iléllni à
l’origine par -es caractères sérologiiptes négatifs
\ is-à-vis des autres jiaraty phiipies jiathogèni's
pour riiomme, jusipi'alors classés. Lue délimita¬
tion aussi peu précise de ce grou|)ement risquait,
im tiir I‘l à mesure des ih-couvertes (réehantilhms
ilivers, de lui faire perdrivson homogénéité. Kntre
les microhes priiiiitivement décrits par l’hleidmt
i t ceux dénommés également para C par llirseh-
teld. une comparaison n’a pas été, à notre con¬
naissance, systématiipiement poursuivie. Cette
absence docontréde, impossible jiendant la guerre,
lut d’autant plus regrettable que les conditions
dans lesquelles le jiara C lut isolé en Serbie et en
Allemagne ont été très dill'érentes.
.Malgré l’absence d’arguments bactériologiques
sullisants. il est permis de se demander si le
germe décrit par Ilirschlehl et ilout nous vemms
de retrouver un échantillon en !■' rance doit être
coulonduavec celui isolé par Lhleiduit et si, au
nom de la clinique et de l’éjiidémiologie, ou ne
peut prév idr une division qui serait conlirmée par
des recheridies ultéi-ieiire-. C’est également l’opi-
idoii émise par Dopter et Saequé|)ée dans la ré¬
cente édition de leur traité de bai’tériologie.
1. tlivAMii. - l'etiei' t’ariitv |>lins C : iieher die uifiilii-
tbiiitmiselieii lle/ieliiiiis'en île- l’aiiityiilius C Ilirselifeld
lier Iln^'ellideriiliioiilleli iillilerer-eit- ■ l’rni' f ]
t \I.Vtll. Itrji, |i L",|
L’avenir dira si, parmi les germes acUielle-
iiienl décrits sous le nom de para C, il ne convient
[las d’isoler une race adaptée à riioiume et ijui
emprunterait désormais aux microbes typho-para-
typhiqnes leur mode habituel de propagation.
Travail
de la Clinique chirurgicale de la Salpétriéi-e
(Pi'ofesseùr GossktI
ENDOCARDITE MALIGNE
PROLONGÉE
AVEC
ANÉVRISMi: DE L’AVANT-BRAS
OPÉRÉ
DONNÉES DE LABORATOIRE
R. SOUPAULT. R. -A. GUTMANN
P ROUCHÉ et R. JAHIEL.
L eudocardite maligne prolongée, maladie de
■laecoud-( )sler, a pu paraître rare il y a une
(pdnzaiiie d’années. Une série de publications
survenues depuis la guerre ont attiré riittention
sur elle et il s’agit maintenant d’une aH’ectiou bien
.Vussi n’est-ce pas pour en jmblier une nou¬
velle observation, si typique soit-elle, que nous
riq)|)orlous l’histoire de notre malade.
.Mais, comme ou le verra, le dévidoppeiueiit
rapide d un anévrisme, les tlouleurs qui en résul-
taiimt, ont conduit, chez cet homme, à praliquei'
nue opération grâce à laipielle nous avons pu
rei'ueillir des données ipie nous erovons nou¬
velles.
Les caractères prinei[)aux de ces tumeurs ané-
vrisinales sont hien décrits. Leur fréquence est
eonuue. Se localisant un peu partout, au niveau
des artères viscérah's coinmi' au niveau des ar¬
tères des memhres, souvent multiples, idles peu¬
vent évoluer parfois à bas bruit, être au niveau
des cavités splanchniques d’un diagnostic délicat;
leur rupture a pu être, dans certains cas, i-aiise de
.Mais, an sujet de k'ur mode de formation, on a
heaucoii]) disi-uté ; on estime que n ces ectasies
résultent de la [irojeetion contre les parois arté¬
rielles de déhris de végétations lancés par 1(“
cieur ” \ aipic/. , ([u’clles sont dues « à la désoi'ga-
nisation des jiarois artérielles au contact des
caillots vecteurs lie microbes « (Debré:.
.laïuais. à notre connaissance, une preuve lo¬
cale n'a été faite de la nature infectieuse de ces
anévrismes.
( tasERVATiox. — M. I)..., 33 ans, receveur d’auto¬
bus. Iteyu en chirurgie le 21 .lanvier 1928, pour une
tumeur de la face antérieure de l’avant-bras droit,
juste au-dessous du pli du coude.
Le début de l'accident local date du 2.lauvier: il a
été assez brusque, par une sensation de pesanteur,
des fouruiillements dans l’extrémité du membre, des
cramjies passagères, comme « si on sciait les doigts » .
Le malade a ensuite constaté une tumeur sans pou¬
voir préciser de dates. Depuis, les phénomènes dou-
louri'ux se sont accrus, ainsi que l’impotence fonc¬
tionnelle
Nxaineii. I.ocaleinrni à la face antérieure de
l’avant-bras droit, au tiers supérieur, existe une
voussure recouverte de téguments normaux, et pré¬
sentant à jour frisant des battements synchrones aux
pulsations cardiaques. Au palper, battements, exjian-
sion, sensibilité douloureuse et tlirill. A l’ausculta¬
tion, On note [)un souflle manifeste, systolique, inter-
niillent, sauf à la partie supéro-interne où il semble
evister un souflle continu, à renforeenient systolique.
Pouls radial sans retard appréciable par rapport
à celui du côté opposé, disparaissant quand on appuie
sur le pôle supérieur de la tumeur.
Gêne fonctionnelle des doigts enraidis, engourdis¬
sement, crampes douloureuses violentes dans l’avant-
bras et la main, mais pas de troubles objectifs de la
sensibilité. Pas de inodiHcatiou notable de la colo¬
ration, ni de la température locale. Pas de dilatation
veineuse superficielle.
Traces de piqûres intraveineuses faites en Novem¬
bre dernier au niveau du pli du coude.
Etat général. — Ce malade présente des symp¬
tômes généraux importants et graves. Alité depuis
un mois, il est amaigri, a des frissons, une pâleur
extrême, plus marquée que ne le comporle sa numé¬
ration globulaire, et jirésente une température à type
hectique variant entre 37" et 'iü“.
Appareil pulmonaire. -- A droite, respiration
diminuée; à gauche, respiration soufflanle à la base,
sans râles. Le malade tousse et crache.
Uudioscopie. — Sommet très légèrement voilé à
gauche.
Appareil circulaloire. — Eréthisme cardiaque très
accentué. La pointe est sentie à 6 cm. en dehors du
mamelon. Double souflle manifeste s’étendant sur
toute l’aire cardiaque sans qu’il soit possible de
trouver une zone de renforcement. Rythme de galop
à la pointe. Pouls rapide à 130, régulier, bondissant;
tension artérielle, 19, 6.
Radio.tcopie. — Ombre cardio-vasculaire extrême¬
ment augmentée de volume, un peu attirée vers la
gauche; arc ventriculaire gauche, très bombé. Pointe
abaissée et déplacée en dehors. Oreillette droite
dépassant largement à droite l’ombre vertébrale.
Contractions très rapides de l’oreillette droite.
systoles’A'entriculaires lentes (M. Garcia Caldéron).
.Sipitème neiveu.r. — Pas de signes de la série
méningée. Réllexcs et yeux normaux. Ponction lom¬
baire, rien d’anormal. Le malade est très présent. A
noter un psychisme un peu particulier : malgré l’in¬
tensité de la fièvre, l’amaigrissement, le sujet ne se
croit pas bien malade, est euphorique, demandant
seulement à être débarrassé de sa (tumeur antébra-
chiale, cause de douleurs.
Appareil digestif. — Bon appétit, digestions nor¬
males. Aucun signe gastrique, ni intestinal. Foie un
peu gros. Rate légèrement percutable. Pas d’œdème
des jambes. Muqueuses décolorées. Ongles hippo-
Au début de son séjour dans le service, le malade
présente une tuméfaction limitée, rouge, chaude,
douloureuse, de la face dorsale du gros orteil droit,
qui est éphémère et commence à disparaître dès le
lendemain.
Antécédents. - En 192(). crise de rhumatisme
articulaire aigu, violente, avec atteinte cardiaque.
Bon effet du salicylate. Le malade guérit et mène
une vie normale, sans nouvelles crises, jusqu’en 1927.
Nouvelle crise le 20 Novembre 1927 : c’est la crise
actuelle. Elle a débuté par des douleurs polyarticu¬
laires, de la fatigue, de la fièvre. On ne retrouve
pas, à l’interrogatoire, la notion d’une affection inter¬
currente ayant pu suriufectei- le rhumatisme-
Le salicylate administré à haute dose dès le début
ne donne pas de modifications de l’état général, mais
provoque la sédation presque complète des douleurs
articulaires.
E.ruinen de laboratoire. — Examen de l’expecto¬
ration négatif.
Anali/se d'urine. — Ni sucre, ni albumine.
Formule sanguine. — Anémie peu marquée ;
3.780.000 hématies.
Formule leucocytaire : 9.200 globules blancs. Po¬
lynucléaires ; neutrophiles 74, basophiles 0, éosino¬
philes 2. Mononucléaires : grands 18, moyens 4, pe¬
tits 2.
Six hémocultures successives furent pratiquées à
l’acmé de la fièvre. Ginq furent négatives, la sixième
donna, à l’état pur, du slreptocoecus eiridans.
Il s'agissait donc d’une endocardite maligne à évo¬
lution lente, avec anévrisme de l’avant-bras. .Malgré
l’état général assez, précaire, eu raison de l’accrois-
semenl progressif de la tumeur anévrismale et des
douleurs bientôt intolérables qu’elle jirovoquait,
l'opération fut décidée.
Inteivention le IS Xoeembre l!K>S. - (M. R. Sou-
pault). Anesthésie tronculaire du plexus brachial.
Mise en place d’une bande d’Esmarch et d’un
garrot. Incision longue depuis le pli du coude jusque
bien au delà de 1 anévrisme. Ligature de quelques
veines superficielles L’hémostase préventive est
N® 15
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
absolue. On se dirige tout de même vers l'bumérale
sous l’expansion aponévrotique et on y pose un fil
d’attente.
Dissection du long supinateur, qui est rejeté eu
dehors. La poche apparaît.
Dissection du rond pronateur qui est rejeté en bas
et en dedans. On aperçoit alors le médian fortement
refoulé en dedans par la tumeur, un peu allongée,
grosse comme une pi’une. On arrive à la disséquer
progressivement jusque contre l’espace inter-osseux.
Cependant elle se rompt, la paroi est remarquable¬
ment friable, se déchirant comme du papier mouillé.
On en prélève immédiatement deux fragments pour
examen histologique et bactériologique. Au centre de
la poche, pas de caillots, mais quelques placards
fibrineux. - On achève cependant de séparer complète¬
ment les parois, facilement clivablcs des tissus envi-
ronnants refoulés. Il s’agit sûrement d’une paroi pro¬
pre. On ne voit pas nettement de communication
artério-veineuse. Néanmoins, du côté interne, il existe
une zone veineuse variqueuse profonde. On résèque
cette poche anévrismale libérée, en sectionnant l’hu-
raérale à 2 cm. au-dessus d’elle et, d’autre part, en
dessous du pôle inférieur, une artère qui paraît la
radiale et enfin quelques vaisseaux qui lui sont unis
vers son bord interne (vaisseaux cubitaux).
Lavage au sérum. On rapproche par quelques
catguts les plans musculaires, puis l’aponévrose et
l’on forme la peau à la soie sur un drainage filiforme.
Suites opératoires simples. Aucun trouble circu¬
latoire.
Les douleurs sont totalement et immédiatement
supprimées.
Dn point de vue général, aucun changement dans
l’état du malade.
Examen anatomique. — L’examen de la pièce
montre une fistule artérielle qui ' communique. avec
la poche anévrismale sacciforme et d’où on peut
cathétériser l’artère vers le haut et vers le bas.
Examen histologique d'un fragment de la paroi
du sac anévrismal (M. Yvan Bertrand). — Paroi
fibreuse complètement infiltrée de sang, à part un
segment excentrique où l’on trouve des figures de
macrophagie autour de pigments sanguins. En quel¬
ques points, la paroi présente une abondance et une
confluence de polynucléaires équivalant à une véri~
table suppuration locale.
Examen bactériologique (M. Bouché). — Le pro¬
duit de raclage de l’endartère ne donne rien en cul¬
ture. Le fragment de poche, lavé soigneusement à
l’eau distillée et mis en culture, fait facilement
et rapidement pousser du streptococcus viridans
identique à celui cultivé dans le sang.
Du point de vue général, nous signalerons sim¬
plement que cette observation est conforme aux
descriptions classiques : rhumatisme articulaire
aigu dans les antécédents ; malgré l’amaigrisse¬
ment, la faiblesse, la pâleur extrême, la fièvre os¬
cillante, conservation d’un état euphorique qui
fait que, un mois après son opération, le malade,
ne souffrant plus, se croit guéri et exige sa sortie
de l’hôpital ; développement d’une nodosité
d’Osler, etc. Un seul fait anormal doit être si^
gnalé, c’est l’évolution simultanée d’une poussée
de rhumatisme articulaire aigu, avec douleurs,
gonflement des jointures, etc., et de l’endocardite
maligne. On pouvait discuter le diagnostic de
rhumatisme cardiaque évolutif. L’action du sali-
cylate à hautes doses, en supprimant rapidement
les phénomènes articulaires divers et en laissant
subsister la fièvre et les phénomènes généraux,
permit de préciser un diagnostic que l’anévrisme
rendait probable et que l’hémoculture vint affir¬
ma point de vue local, la rapidité de dévelop¬
pement de l’anévrisme est remarquable; en un
mois, il atteint les dimensions d’une prune. Les
douleurs auxquelles il donne lieu sont non moins
remarquables ; en raison de leur intensité, le
malade réclamait sans cesse l’application d’anal¬
gésiques locaux ou généraux et plus tard l’opéra¬
tion.
II est possible que ces douleurs, dues en partie,
sans doute, à la compression des troncs nerveux
de voisinage (irradiations vers la main) aient été
en rapport avec l’infection locale et les poussées
inflammatoires au niveau des parois mêmes de
l’anévrisme. En tout cas, le soir même de l'inter¬
vention, les douleurs avaient'brusquement et tota¬
lement cessé et ne reparurent plus jamais.
Quant à la circulation, la résection forcée de
la bifurcation humérale n’apporta aucune pertur¬
bation notable.
Du point de vue de la technique chirurgicale,
nous remarquerons, en passant, de quel grand
secours a été, en cette occasion, l’anesthésie tron-
culaire dn plexus brachial. Etant donné l'état
général, il était bien hasardeux de faire appel à
une narcose sous quelque forme que ce fût ;
d’autre part, la rachianesthésie haute, remontant
jusqu’au membre supérieur, n’est pas sans danger,
et l’anesthésie locale risquait d’être incomplète.
L’infiltration sus-claviculaire du plexus bra¬
chial a donné une anesthésie parfaite permettant
MOUVEMENT MÉDICAL
CONCEPTIONS NOUVELLES
SUR
L’HYSTÉRIE
Le cadre des syndromes purement fonctionnels
se restreint chaque jour dans la pathologie médi¬
cale, grâce à la précision plus grande des exa¬
mens séméiologiques, au perfectionnement des
méthodes anatomo-pathologiques, et à l’introduc¬
tion des recherches biologiques.
A vrai dire, on conçoit mal actuellement un
trouble morbide qui ne soit pas conditionné par
un déséquilibre physiopathologique quel qu’il soit,
définitif ou transitoire. La barrière jadis consi¬
dérée comme infranchissable entre les maladies
organiques et les troubles fonctionnels s’abaisse
chaque jour dans tous les domaines de la patho¬
logie, en neurologie comme ailleurs.
Et la preuve en est que, si l’on se reporte à
moins d’un demi-siècle en arrière, nombre
d’affections rentrant dans le cadre des névroses
et psychonévroses possèdent aujourd’hui un
substratum anatomique plus ou moins bien pré¬
cisé; et cela malgré l’indigence encore grande
de nos méthodes anatomiques qui n’étudient que
la cellule morte, alors qu’elles devraient ambi¬
tionner de saisir toutes les modifications physiques
et chimiques de la cellule vivante.
Faut-il citer la maladie de Parkinson dont
Brissaud, prophète de génie, localisait la lésion
dans le locus niger dès 1896; l’épilepsie dont les
lésions anatomiques souvent difficilement déce¬
lables ne sont plus niées par personne, et dont
les modifications humorales commencent à se
faire connaître ; le torticolis mental dont
Babinski a bien montré la nature organique ; le
spasme de torsion et toutes les dystonies lenti¬
culaires dont l’étude des noyaux centraux a mis
en vedette les lésions; les divers types de chorée?
Et voici que des novateurs hardis et audacieux
veulent à son tour faire rentrer l’hystérie dans le_
cadre des affections organiques du névraxe.
Sur quelles bases repose leu'r opinion ? Est-elle
la même pour tous les auteurs ? Quels sont les
faits dont l’observation les a amenés à cette con¬
ception ? Telles sont les questions que nous envi¬
sagerons et auxquelles nous essayerons de
répondre dans cet article, avec la plus grande
impartialité.
'■L’hystérie telle que l’avait conçue et délimitée
Babinski, dont l’opinion était admise par la plus ■
237
pendant près d’une heure l’application du garrot
et c’est, à notre avis, une technique qui pour¬
rait, peut-être avantageusement, trouver de plus
fréquentes indications.
Du point de vue anatomo-pathologique, l’opéra¬
tion a permis d’étudier et de consigner les carac¬
tères macroscojtiques de l’anévrisme, poche sac¬
ciforme appendue au flanc de l’artère et non
simple ectasie ; paroi propre, mais extrêmement
friable, donnant l’impression de « papier mouillé «;
contenu de sang liquide avec quelques placards
fibrineux le long de la paroi.
Microscopiquement, l’examen de cette paroi
fraîche n’est pas moins intéressant. Jusqu’ici,
croyons-nous, les examens n’avaient porté que
sur quelques pièces prélevées post morteni, condi¬
tions nuisibles à l’étude de la structure anévris¬
male. Or, Yvan Bertrand a pu déceler « en plu¬
sieurs points une abondance et une confluence
de polynucléaires équivalant à une véritaltle sup¬
puration locale ».
Cette constatation jointe an résultat de l’examen
bactériologique est, nous semble-t-il, digne de
retenir l’attention.
Du point de vue bactériologique, en efl’ct, si la
difficulté d’obtenir une hémoculture positive n’a
rien de particulier (le fait est classique), si la dé¬
couverte finale du streptococcus viridans de Shott-
muller dans le sang rentre également dans la rè¬
gle générale, le point essentiel et original do notre
observation réside dans l' identification du même
streptococcus viridans non pas dans le produit de
raclage de l'cndartère, mais au niveau de la paroi
ectasique elle-même, dont un fragment préalable¬
ment lavé à l'eau distillée fut ensemencé et donna
d'emblée et rapidement des cultures abondantes
de ce microbe. La facilité de cette culture con¬
traste avec la difficulté qu'il y- a toujours à (faire
pousser le streptococcus viridans en partant du
sang; il est probable que, contrairement au sang,
la paroi de l’ectasie contenait un noiVibre consi¬
dérable de germes, et réalisait un véritable foyer
septique.
C’est cette identité et celte facilité de la cul¬
ture qui nous ont paru frappantes ; sans vouloir
tirer d’un seul cas une conclusion hâtive, nous
pensons qu’il y a peut-être là un élément impor¬
tant pour servir à la palhogénie de ces ané¬
vrismes et, de façon plus générale, à la compré¬
hension de la maladie de Jaccoud-Osler.
grande majorité des neurologistes, ne semblait
pourtant pas susceptible de révision.
«L’hystérie, disait cet auteur, est un état patho¬
logique se manifestant par des troubles qu’il est
possible de reproduire par suggestion, chez cer¬
tains sujets, avec une exactitude parfaite et qui
sont susceptibles de disparaître par la persuasion
seule. »
Toutes les manifestations de la névrose sont
la conséquence de l’auto- ou de l’hélérosug-
gestion, chez des sujets présentant cette sugges¬
tibilité et cette plasticité mentale souvent accom¬
pagnée de débilité, qui constituent le terrain
désirable. En dehors de ces deux facteurs, terrain
et suggestion, pas de manifestations hystériques
possibles. Les deux sont nécesssaires, l’un sans
l’autre ne peut pas les créer. Et cette théorie était
basée sur les faits, puisque dans cette Salpêtrière
même qui avait été le foyer de culture par excel¬
lence de la grande névrose, quand nous y avons
été il y a quelque vingt ans, nous n’avons pas eu
l’occasion de voir de manifestations hystériques.
Création inconsciente de la suggestibilité des
malades et de la suggestion des médecins, l’hys¬
térie avait disparu du fait de l’éducation des uns
et des autres. A cette époque, il existait encore
dans le vieil hospice quelques anciennes des plus
célèbres hystériques de l’époque de Charcot, mais
elles ne présentaient plus aucune des manifesU-
238
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N» 15
lions dr la névrose ; elles n’y songeaient plus,
elles les avaient oubliées.
Les conceptions nouvelles sur l’hystérie ont vu
le jour à l’occasion de l’étude des syndromes
extrapyrauiidaux. Depuis l’apparition de l’eiicé-
phalile épidémique après la guerre, un certain
nombre de neurologistes ont observé au cours de
cette affection, à la phase aiguë, ou plutôt à la
période chronique, chez les i)arkiiisoniens post-
encéphalitiques, des symptômes, des manifesta¬
tions cliniques qui, par leur aspect, par les
conditions dans lesquelles ils survenaient, pré¬
sentaient des analogies indéniables avec les
troubles jadis considérés comme hystériques.
Nous en citerons quelques exemples.
En 1920, Briand et Rouquier rapjjortent l’obser¬
vation de deux militaires atteints d’encéphalite,
présentant des « mouvements choréiformes ou
pseudo-athétosiqut's, intermédiaires entre l’encé¬
phalite et les états pithiatiques vrais «. Chez l’un
des malades, il existait un spasme du facial infé¬
rieur droit et des mouvements choréo-athéto-
siques du bras droit. Ces deux accidents dispa¬
rurent sous l’influence de la suggestion. Chez
l’autre, débile, suggestionnable, atteint d’hémi¬
plégie droite' avec aphasie, des mouvements
choréo-athétosiques et un hémispasme facial aussi
apparurent, suivis de troubles de la lecture, de
l’écriture, et d’indill’érence émotionnelle. Quatre
mois d’isolement et de contre-suggestion ne
firent pas disparaître dans ce cas le spasme facial
et les mouvements choréo-athétosiques. Néan¬
moins les auteurs pensent que l’autosuggestion
n’explique pas de façon constante chez les pithia¬
tiques les faits observés, et ils ajoutent : « Ceux-
ci seraient-ils dans ces cas la conséquence d’une
localisation corticale plus ou moins atténuée. Peut-
être cette localisation prédisposée se traduit-elle,
sur certains cerveaux, j)ar des manifestations
d’abord de type organique, et secondairement de
type névrosi(pie. Le fait expliquerait pourquoi
des troubles morbides de type pourtant pithia¬
tique résistent à la contre-suggestion la plus
adroite et la plus prolongée. »
Marinesco et Iladovici j)Osent de même le pro¬
blème des rapports de l’encéphalite éj)idémique
avec certains troubles hystériques, à l’occasion
d’accidents d’ordre dill’érent. Chez une séri(!
d’anciens encéphalitiques, ces auteurs ont observé
des accès de contracture tonique intéressant sur¬
tout les muscles oculo-rnoteurs. Pendant l’accès,
les malades présentaient une déviation conjuguée
de la tête et des yeux avec rotation forcée de la
tête et du tronc, d’aspect tel que les observateurs
se sont demandé au })remier abord s’il s’agissait
de troubles organi<pies ou fonctionnels. L’organi¬
cité toutefois de ces accidents est prouvée par la
modification des réflexes vestibulaires (vertige
galvanique, calorique ou rotatoire) pendant la
crise ; par l’existence de troubles végétatifs tels
qu’une exagération de la vagotonie habituelle,
démontrée par la recherche du réflexe oculo-car-
diaque ; par l’accélération du rythme cardiaque
et respiratoire ; par l’existence de troubles sécré¬
toires et vaso-moteurs; par l’action de substances
pharmacodynamiques comme l’hyoscine, la scopo-
lainine ou l’atropiue sur les troubles du tonus.
Et pourtant ces accidents présentent des carac¬
tères qui les rapprochent des manifestations
pithiatiques.
C’est ainsi que le début des accès est souvent
déclenché par un élément étiologique surajouté,
parfois inconnu du malade : une forte émotion,
une fatigue physique ou intellectuelle, et, ce qui
est i)lus important, la contagion mentale, l’imita¬
tion des accès que le malade a vus.
La suggestion peut déclencher les accès et la
persuasion les faire disj)araître, qu’il s’agisse de
contre-suggestion simple, d’une injection d’eau
distillée, d’une simple piqûre, ou même des
■impies préparatifs de l’injection agissant sur le
malade comme facteurs émotionnels. Encore qu’au¬
cun de ces facteurs ne donne des résultats com¬
parables à celui d’une injection d’hyoscine. Chez
certains malades, la contracture gagne les muscles
des membres et du tronc, si bien qu’ils prennent
des attitudes bizarres simulant la prière, la
menace, ou des altitudes passionnelles. Chez
d’autres, on observe une attitude de paraplégie
sj)asmodique. El à diverses reprises, ces accidents
ont pu céder sous l’influence de la persuasion.
ô’an Bogaerl et Delbeke insistent aussi sur le
rôle de la contagion mentalp dans l’apparition du
blépharospasnu: chez les parkinsoniens post-encé-
phaliliques. Ils appellent en outre l’attention sur
l’assoeialion ou la substitution des phénomènes
toniques et de perturbations affectives étranges à
type de réactions anxieuses;
Ring a été également frappé de l’aspect psy¬
chogène de toute une série de manifestations
observées au cours de l’encéphalite, et qui au¬
raient certainement jadis été considérées comme
pithiatiques. Ce sont les hypercinésies les j)lus
diverses telles que : des spasmes toniques ou clo¬
niques du facial; un claquement automatique de
la langue ou des lèvres ; un mouvement de lèche-
ment continuel du j)ourlour de la bouche; d('s
crises respiratoires débutant par de profonds
souj)irs avec ouverture spasmodique de la bou¬
che ; des crises de hurlement involontaire et
incoercible; des crises toniques du trapèze avec
spasmes du splénius et des muscles latéraux du
cou, pour ne pas les citer tous. L’auteur insiste
sur la ressemblance absolue, la similitude stéréo¬
typée de certains de ces symptômes dans un très
grand nombre de cas, quels que soient les lieux
et les pays. C’est pourquoi il assigne une origine
organi((ue très probablement striée à ces diverses
manifestations qui eussent jadis été considérées
comme des tics ou des spasmes névro])alhique.s.
Biiig signale en outre comme Van Bogaert et
Delbeke l’association fréquente aux hypercinésies
encéphaliliques de ])hénomènes psychiques tels
qu’obsessions , inq)ulsions mentales, manifesta¬
tions anxieuses, conq)arables à celles signalées
jadis dans la maladie des tics idiopathiques.
Dans un ordre d’idées un peu différent, Tinel,
Baruk et Lamache ont rapporté récemment chez
une jeune fille l’existence de crises de catalepsie,
avec contracture tonique des membres, intense
et jjfolongée, dont l’attitude rappelle la rigidité
décérébrée, crises que, pour des raisons valables
semble-t-il, les auteurs considèrent comme hysté¬
riques. Or, au cours de ces crises, les auteurs ont
observé des symptômes témoignant de troubles
physiologi(jues indéniables, tels que le ralentis¬
sement de la respiration, la dilatation pupillaire,
le ralentissement du pouls, une exagération re¬
marquable du réflexe oculo-cardiaque si bien que
la pression des globes oculaires peut déterminer
une suspension du pouls de plusieurs secondes,
un spasme rétinien avec effacement presque com¬
plet des vaisseaux. Il est intéressant de relever
que les crises de celle malade, qui obéissaient
assez peu à la suggestion, cédaient plutôt sous
l’action de la pression des globes oculaires et,
d’une façon constante, par l’inhalation de nitrite
d’amyle ou par l’injection intraveineuse d’adré¬
naline.
Au contraire, l’injection de pilocarpine,
l’épreuve de l’hyperpnée, l’émotion déclenchaient
les crises.
De la constatation de ces faits, les auteurs dé¬
duisent logiquement qu’un phénomène psycholo¬
gique isolé, la suggestion, est incapable d’expli¬
quer des crises analogues et qu’il faut supposer
l’intervention de facteurs physiologiques réali¬
sant vraisemblablement par le moyen de troubles
vasomoteurs et de phénomènes angio-spasmo-
diques une modification du dynamisme nerveux
analogue à celui qui est susceptible de créer la
présence de lésions organiques. L’expression
symptomatique ne peut doué permettre dans tous
les cas de distinguer les troubles fonctionnels des
véritables manifestations organiques, mais uni¬
quement la durée des accidents et leur évolution.
Les faits et les opinions que nous venons d’ex¬
poser brièvement peuvent se résumer, semble-
t-il, en quelques propositions simples.
D’une part, divers auteurs ont observé au cours
de l’encéphalite léthargique des manifestations
ayant les caractères des troubles dits névropa¬
thiques ; début brusque des accidents, apparition
sous forme de crises se répétant souvent dans des
circonstances identiques, même influence de la
contagion mentale, des émotions, de la sugges¬
tion et de la persuasion, dans l’ajqjarition ou la
disparition des accidents. Jlais, du fait de leur
apparition au cours d’une maladie organique, en
raison de leur association avec des troubles
physiologiques (troubles vaso-moteurs, sécré¬
toires, etc.), ils n’ont i)u admettre l’hypothèse
d’associations hystéro-organiques, et ont reconnu
une origine organique indéniable à toutes ces
manifestations.
D’autres, comme Tinel, ont, au cours de crises
névropathiques, observé des troubles physiolo¬
giques. Et les constatations de ces faits ont porté
tous les auteurs à penser qu’un phénomène psy¬
chologique ne pouvait, à lui seul, expliquer les
manifestations pithiatiques, qu’entre les troubles
fonctionnels et les affections organiques il devait
exister une liaison, un terme de passage.
De là à affirmer que l’hystérie était d’origine
organique, la marge était grande. D’aucuns n’ont
pas hésité à la franchir. Dans une étude récente,
Papastratigakis écrit ; « Nous avons suffisam¬
ment établi que de quelque côté que l’on envisage
le problème de l’hystérie,, on s’oriente toujours
vers les syndromes extrapyramidaux. Il ne serait
donc pas étonnant si l’hystérie prenait place
bientôt dans ces syndromes comme cela est déjà
arrivé pour ses anciennes compagnes, la chorée,
la maladie de Parkinson, la catatonie, etc. »
Van Bogaert et Paiil Martin expriment une
opinion analogue dans un article récent sur les
tumeurs du 4“ ventricule, et disent à propos des
rapports et de l’a'nalogie des troubles fonction¬
nels et des afleclions organiques : « La question
nous paraît moins insoluble qu’on ne le pense; il
est probable que, dans quelques années, la crise
hystérique aura fait sa preuve organique, qu’elle
sera différenciée du pithiatisme, et qu’elle ne re¬
présentera plus pour le neurologiste qu’une mo¬
dalité d’irritation mésocéphalique ayant la même
valeur localisatrice qu’une crise jacksonienne. »
Entre ces deux interprétations, l’une purement
psychologique, et l’autre franchement organi-
cienne de l’hystérie, laquelle choisir?
Soutenir actuellement l’origine organique, lé¬
sionnelle de l’hystérie, prétendre que cette névrose
est liée à une altération mésocéphalique, est ma¬
nifestement inadmissible; et il est indiscutable
que du point de vue pratique, la conception de
l’hystérie telle que l’a émise Babinski est inatta¬
quable.
D’ailleurs, la grande simulatrice de l’époque de
Charcot, avec ses grandes crises si représenta¬
tives et ses stigmates classiques, a conqilèlement
Que l’ancienne hystérie ait été en grande
partie la conséquence d’une création médicale
involontaire, le fait est certain. En supprimant la
suggestion médicale, on a supprimé les accidents ;
et ce simple fait explique la disparition des an¬
ciennes manifestations hystériques.
D’ailleurs, les divers faits que nous avons
signalés ne viennent nullement infirmer cette
manière de voir. Les malades observés par
Briand, Marinesco, Van Bogaert, Bing étaient
N» 15
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
239
atteints d’une affection organique indubitable. Ils
étaient donc tout différents des vrais pithia¬
tiques. Que certaines de leurs manifestations
aient été susceptibles d’obéir à la contagion
mentale, d’apparaître par suggestion et de céder
à la persuasion, cela ne prouve en rien que l’hys-
lérie soit la conséquence d’une lésion organique
des centres nerveux.
Tout le monde sait au contraire que bien des
symptômes organiques sont susceptibles de se
modifier sous l’influence de l’émotion. Sous son
action, la contracture d’une hémiplégie s’exagère,
le tremblement d’un parkinsonien apparaît, s’am¬
plifie ou disparaît, les mouvements choréiques
augmente ni de fréquence. De plus, dans les cas
cités ci-dessus, la contre-suggestion n’a jamais eu
qu’une action lcnq)oraire, alors qu’elle est sou¬
vent définitive dans l’hystérie.
Mais si l’éducation est nécessaire pour créer
la névrose, il faut aussi le terrain, et celui-ci
existe toujours. Aussi, les accidents névropa¬
thiques n’ont-ils pas disparu. Grises émotives,
anxieuses ou cataleptiques s’observent toujours,
et toutes les manifestations pathologiques rele¬
vant d’un déséquilibre ou d’une déviation de la
sensibilité affective et de l’émotivité.
Vieilles comme le monde, elles ne disparaî¬
tront qu’avec l’humanité elle-même. Dira-t-on
que ce n’est pas de l’hystérie? Question de mot à
notre sens. Les troubles ont changé de forme,
peut-être encore moins qu’on ne le pense, parce
que les temps et le milieu ont changé. Les ma¬
lades que nous voyons aujourd’hui ne présentent
plus les stigmates de l’ancienne hystérie parce
qu’ils n’ont pas subi la même éducation. Le vrai
et l’utile sont de tâcher d’en observer les mani¬
festations, et d’en préciser le déterminisme.
Or, il est particulièrement instructif de cons¬
tater que dans les manifestations organicjues â
type névropathique de l’encéphalite, et les crises
cataleptiques hystériques de la malade de Tinel,
on observe les mêmes troubles physiologiques :
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DES SCIENCES
4 h’évrier 1929.
Recherches expérimentales sur la sensibilité des
singes Inférieurs au virus de la dengue. — MM.
G-. Blanc, J. Caropinopetros, J. Dumas etA.Saentz
ont procédé à des recherclies expérimentales d’où se
dégagent les conclusions suivantes :
1° Les singes appartenant aux espèces M. Cyno-
molgus et Ceve. callitrichus, inoculés avec du sang
de malades atteints de dengue, font une maladie
inapparente. Leur sang, non virulent 24 heures après
l’inoculation, le devient du 5“ au 8“ jour. Il n’est plus
virulent au 12“ jour. L’expérience faite sur le Pa-
pion ne permet pas de conclure i sa sensibilité ou
à son immunité naturelle;
2» Les singes qui font de la dengue inapparente
ont une immunité qui dure au moins 50 jours;
3“ Le sang des singes atteints de dengue inappa¬
rente est virulent pour l’homme. Dans les conditions
expérimentales, il ne paraît pas l’être pour le singe
auquel il ne confère ni infection, ni immunité.
Influence de l’ischémie sur l’excltabliité de
l’écorce cérébrale. — M. et A. Chauchard.
L’interruption complète de la circulation cérébrale
entraîne toujours l’inexcitabilité de l’écorce. La liga¬
ture des carotides et des vertébrales n’y suffit pas
en général, chez le chien, parce que les collatérales
assurent un apport sanguin suffisant; mais, si on
diminue leur calibre par l’action de l’adrénaline, la
chronaxie s’élève, puis l’écorce devient temporaire¬
ment inexcilable. La diminution de l’afflux sanguin
par une compression convenable du cerveau déter¬
mine une torpeur qui peut aller jusqu’au sommeil
profond. Les auteurs utilisent re modo d’anesthésie
générale dans les expériences où il faut éviter l’intro-
irrégularité de la respiration, augmentation de
fréquence ou ralentissement du pouls, exagéra¬
tion de l’état vagotonique, action élective de cer¬
tains agents pharmacodynamiques. Ce n’est sans
doute pas une raison suffisante pour établir une
analogie complète entre les troubles fonctionnels
et les états organiques. Mais cela prouve qu’un
facteur psychologique n’est pas seul à la base des
troubles névropathiques, et que l’on peut déceler
aussi certaines modifications physiologiques, qui
établissent en quelque sorte un lien de parenté,
un trait d’union entre les étals organiques et
fonctionnels. Si la suggestion et la persuasion
sont susceptibles de créer ou de faire disparaître
des manifestations hystériques, c’est qu’elles met¬
tent en action l’émotivité du sujet, de façon néces¬
saire et suffisante pour créer ou inhiber les réac¬
tions physiologiques qui les accompagnent.
L’apparition à peu près constante des manifes¬
tations organiques à type névropathique dans
l’encéphalite épidémique, c’est-à-dire dans une
affection dont les lésions prédominent sur les
noyaux de la base, confirme l’opinion jadis émise
par Camus sur le rôle psycho-régulateur de ces
derniers, et les hypothèses de Cécile et Oscar
Vogt sur leur rôle dans la physiopathologie de
l’hystérie.
Chez les encéphalitiques , la suggestibilité,
l’hyperéinotivité, les réactions anxieuses si spé¬
ciales de ces malades, au même titre que le syn¬
drome akinéto-hypertonique, sont réalisés par la
désintégration cortico-nucléaire, par la suppres¬
sion du rôle inhibiteur du cortex du fait de la
destruction des fibres d’association entre ces der¬
niers et les noyaux centraux. Chez les pithia¬
tiques, Marinesco se demande si des perturba¬
tions humorales, et en particulier des troubles
de l’équilibre acido-basique liés à une atteinte
des noyaux du plancher du 3'-’ ventricule dont la
vagotonie est un témoin, ne seraient pas suscep¬
tibles d’expliquer le fonctionnement exagéré et
déréglé des centres sou.s-corticaux.
duclion de substances chimiques. L’écorce passe
alors à l’inexcitabilité après une phase de variations
de l’excitabilité qui redevient normale quand on
décomprime et que l’animal se réveille. Dans les cas
où l’on a interrompu totalement la circulation céré¬
brale, le retour à l’état normal est d'autant plus
complet que l’interruption a été plus brève. Au delà
de 2 minujies 1/2, l’écorce reste définitivement inexci¬
table.
Du choix d’un cornet acoustique. — M. Marage
montre qu’il y a quatre grandes classes de surdités ;
chacune d’elles a une forme spéciale d’acuité audi¬
tive caractérisée par une courbe de forme déter¬
minée.
Or, les appareils employés, que ce soient des cor¬
nets ou des instruments micro-téléphoniques, ne ren¬
forcent pas également tous les sons ; il ne faut donc
pas donner à un malade qui entend mal surtout les
sous graves un appareil qui renforce les sons aigus
ou réciproquement ; à chaque forme de surdité il
faut un appareil prothétique déterminé.
L’auteur fait ensuite remarquer que les sourds
sont souvent très sensibles aux sons trop énergiques :
crier fort n’est pas un bon moyen de les faire en¬
tendre ; il faut parler lentement en articulant bien ;
parler lentement, car il y a un retard dans la per¬
ception des sons par le cerveau; articuler bien, car
il faut qu’une syllabe soit comprise avant que la
suivante parvienne aux centres auditifs.
Le traitement des hémorragies expérimentales
par un sérum artificiel à base de citrates. — M.
Léon Normet (médecin colonel de l’armée coloniale,
directeur du laboratoire de Ilué). Depuis longtemps,
les physiologistes essaient de faire vivre les animaux
hémorragiés en leur injectant dans les veines des
solutions salines diverses, dites sérums artificiels.
Certaines de ces solutions permettent d’obtenir une
survie temporaire, mais avec aucune de celles qui
sont connues à ce jour, on n’est encore parvenu à
faire vivre définitivement les animaux ayant subi une
hémorragie importante. A l’aidç d'une nouvelle for¬
C’est à'des conclusions sensiblement analogues
qu’aboutit Bing, qui écrit que « si l’hystérie par-
VHent à copier les hypercinésies néostriaires, il
ne s’agit pas certainement d’une simple imitation
involontaire, d’une pathomimie subconsciente,
mais plutôt d’une désinhibitiôn psychogène qui
libère des mécanismes phylogéniquement et onto¬
géniquement archa'iques s.
Nous avons en tout cas la conviction, comme
lui, et ce sera notre conclusion, que, pour élu¬
cider toute la complexité des jihénomènes hysté¬
riques, il est indispensable d’aborder ce pro¬
blème avec une manière de voir biologique, et de
ne pas se borner à l’envisager du point de vue
psychologique.
IL SciIAEITEIl.
BIULIOGRAPIIIK
1. Bing, — « Uypercinésics organiques et psycho¬
gènes ». Arch. misses de Neurol, et de Psyck., t. XVllI,
tasc. 2, p. 103.
2. Bkiand et Rocquier. — Progrès médical. Juin 1920,
n“ 24, p. 274.
3. JoRDXNESco. — « Cunceplion» nouvelles sur l'hys¬
térie ». Thèse, Bucarest, 1920.
4. Marinesco et Radovici. — « Des rapports de l’encé¬
phalite épidémique avec certains troubles hystériques ».
Journ. de Neurol, et de Psych., t. XXIV, n“ 5, .Mai 1924.
5. Marinesco, Radovici et Draganesco. — « Accès
paroxystiques hypertoniques de déviation conjuguée de la
tète et des yeux au cours du parkinsonisme post-cncépha-
litique ». Reuue neurologique, n" 2, Février 1925.
0. Papastratigakis. — « Hystérie et syndromes extra¬
pyramidaux ». Encéphale, n“ 2, Février 1928.
7. Rouquier et Darré. — e Hystérie et syndromes
extra-pyramidaux ». Encéphale, n" 8, Septembre 1928.
8. Tinel, Barck et Lamaciie. — « Crises de catalepsie
liystérique et rigidité décérébrée ». Suc. .Med. des llôp.,
t. XLIV, n- 28, Octobre 1928.
9. Tinel. — Soc. .Méd. des llôp., t. XLIV, n“ 31, No¬
vembre 1928.
10. Van Bogaeut et Dei.iieke”. — « Contagions des
crises oculogyres chez des parkinsoniens post-encépluili-
tiques. Nouvelle observation de bléjibnrulonie encépbali-
tique. Etats affectifs et étals tuniques ». Journ. de Neurol,
et de Psych., t. XXVI, 25 Mai 1920.
mule à base de citrates, l’auteur a obtenu un sérum
artificiel qui assure la survie définitive de chiens
hémorragiés ayant perdu de 50 à OG eme de sang par
kilogramme. L’expérience a porté sur 100 chiens
avec 95 succès. L’auteur a déjà essayé son sérum
artificiel chez l’homme avec d’excellents résultats, et
il paraît probable que ce nouveau procédé pourra
rendre de grands services, parallèlement à la trans¬
fusion du sang, en particulier dans les cas d'extrême
urgence, où il n’est pas toujours possible de se pro¬
curer immédiatement un donneur.
SOCIETE DE CHIRURGIE
13 Février 1929.
A propos des ulcères calleux. — M. Metivet,
comme M. Leriche, a remai qué la facilité de cicatri¬
sation du tissu proche de ces ulcères. D’autre part, il
n’hésite pas à mécher les sutures duodénales ou gas¬
triques lorsque celles-ci ne lui paraissent pas par¬
faitement sûres.
Traitement des fractures de Dupuytren. --
Af. Hartmann fait un rapport sur ce travail de
MM.Boppe et Vassitch (de l’aris). Ces auteurs ont
étudié toutes les fractures de Dupuytren traitées dans
le service de M. Hartmann pendant les trois années
1926 à 1928. Ils eu ont suivi 98. La réduction doit
en être effectuée d’urgence ; malheureusement 3 fois
sur 4 les blessés ne sont vus que tardivement. La
rachianesthésie permet au mieux celte réduction,
faite toujours par manœuvres manuelles, sans trac¬
tion continue. Une seule fois sur 75 cas de Dupuytren
basses on ne put obtenir la réduction et il fallut
opérer. Dans les Dupuytren hautes le diastasis est
difficile à corriger : sur 14 cas de diastasis, 5 fois la
réduction en fut incomplète. Pour les Dupuytren
basses il n’y a pas eu de résultat mauvais ; pour le*
fractures hautes, il y eut 5 résultats médiocres par
insuffisance de correction du diastasis .Mais, malgré
240
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N“ 15
une excellente réduction, la durée d’incapacité est
longue, atteignant parfois 6 mois.
M. Picot a été heureux d’entendre .VI. llartinann
dire que, lorsqu’on réduit un des fragments de la
fracture de Dupuylren, on réduit automatiquement
les autres.
Arrachement du tronc du radial au niveau d’une
piaie du coude et issue du fragment supérieur par
une plaie de l’alsselle; reposltion ; suture; gué¬
rison. — M. Auvray présente cette observation de
M. Jacques-Charles Bloch (de Paris). Imc fois les
plaies cicatrisées, le blessé fut étudié par M. Bour¬
guignon qui pratiqua sur lui un traitement par l’ioni¬
sation iodée. La suture simple du nerf radial donne
de très bons résultats, entre .50 et 8S pour 100 selon
les statistiques. L’ionisation iodée a une action réso¬
lutive sur les cicatrices et; d’autre part, stimule très
nettement la régénération nerveuse.
Cranioplastie. M. Maisonnet fait un rapport
sur ce cas de M. Cornioley (de (îenève). Il expose
l’opportunité de la prothèse des vastes pertes de
substance osseuse, spécialement de la région fron¬
tale; cette prothèse donne de très bons résultats:
niais il faut recommander aux chirurgiens de ne pas
faire à la légère de trépanations trop vastes.
Une nouvelle méthode de stérilisation et de cica¬
trisation des plaies par électrolyse. - M. Métivet
luit un rapiiort sur ce travail de M. Chevrier (de
Bordeaux I. Il faut (|ue l’électrolyse porte autant que
possible sur un sérum isotonique, (le procédé fut
appliqué à 1.500 blessés et a donné des résultats
très encourageants. Il permet la suture primitive des
plaies, évite souvent l infection ultérieure, et dimi¬
nue en moyenne d un (|uaii la durée d’incapacité de
M. Roux-Berger demande quelques précisions
sur les sutures primitives ainsi etlectuées, car il a très
peur de ces sutures.
De la vaccination locale dans les cancers du col
utérin. M. Hartmann en son nom, et au nom de
Af""-' Aitoff, fait une communication sur ce sujet. Les
applications de compresses imbibées de vaccins sur
les cols bourgeonnants et sanieux en transforment
rapidement l’aspect et font vite disparaître b's élé¬
ments nocifs de la dore microbienne.
Présentation de radiographies M. Fredet.
.Série de clichés montrant la lecoiistitution spontanée
rlu tiliiu après an très vaste évidement de l’extré-
loplaxes.
M. Lapointe. Badiographie d une double tumeur
'ganglionnaire médiastinale survenue insidieusement
chez un malade castré il [y a 4 ans pour un sémi¬
nome du testicule, et qui avait présenté une adéno¬
pathie lombaire disparue après radiothérapie péné-
Présentation de pièce. M. Cadenat. Cancer de
ta langue enlevé au rouleau ti hante fréquence avec
l'iippareillage de Ileitz-Boyer. Intervention très
facile, pas d hémorragie post-opératoire, pas de dou-
Election de trois membres titulaires. — MM.
Loveuf, Gouverneur et Bergeret ont été nommés
membres titulaires de la Société
S. OlIKHI.IN
SOCIÉTÉ MÉDICALÉ DÉS HOPITAUX
15 Février 1929.
Intoxication grave par le bichromate de potasse;
néphrite aiguë; guérison. MM. Etienne Bernard
nt Lichtwitz apportent 1 observation d une jcnine
lemme qui, après avoir avalé volontairement 4 cris-
laux de bicbromute de potasse, fut prise d’accidents
;:ruves Bâbord, douleurs abdominales très vio¬
lentes, vomissements répétés et diarrhée i‘n rapport
avec l’action particnlièrement irritante du toxique
-itr la muqueuse gastro-intestinale ; puis, au bout de
S jours, signes d’une néphrite aiguë ; oligurie à
200 gr., azotémie à li gr. ti" avec signes d’intoxica-
lion profonde, vomissements incessants, diarrhée,
.istbénie, hypothermie, La diui-èse se rétablit rapide¬
ment sous l’elfet d’injections intraveineuses et sous
■ utanè<-s de solutions glycosées; mais l’azotémie se
maintint au-dessus de 11 gr. (jendant 15 jours. Même
une saignée singulièrement abondante, due à des
métrorragies, ne lit pas baisser le taux de l’urée san-
I guine. Cet abaissement ne se produisit qu’à partir du
moment où le rein eut recouvré son pouvoir de con-
I centrer l’urée dans l’urine à un taux élevé.
Les auteurs insistent sur la rareté d’un pareil fait
clinique, sur la ressemblance entre cette néphrite et
la néphrite mercurielle. Cliniquement, les signes
digestifs, y compris la stomatite, sont comparables.
Du point de vue physio-pathologique, même origine
endogène de l'azotémie par désintégration tissulaire,
même dissociation du pouvoir de sécrétion et du
pouvoir de concentration. Enün, même thérapeu¬
tique : non la saignée, mais les injections répétées de
liquides destinés à favoriser au maximum la diurèse.
— M. Lemierre souligne l’intérêt qu’il y aurait,
dans les cas de ce genre, à pratiquer le dosage du
chlore sanguin. Ce sont des cas où l’on devrait
trouver de l’hypochlorémie, étant donné l’importance
des vomissements et de la diarrhée. Ces malades
peuvent guérir par administration de sérum sucré
sans addition de chlorure de sodium.
Sécrétion gastrique par excitation de la mu¬
queuse nasale; olfaction d’épreuve. — MM. Garin,
Roger Froment, Amie et Delorme (de Lyon) rap¬
portent le résultat d’expériences effectuées sur
;i0 sujets tuberculeux. Ils montrent, à l’aide du tubage
d’Einhorn, que l’excitation de la seule muqueuse
pituitaire, par olfaction de sels anglais, déclenche
une sécrétion gastrique active. Toute une série
<l’odeurs n'appartenant pas ù la gamme olfactive ali¬
mentaire (essence de lavande, de menthe, de fenouil,
voire eau de Cologne) provoqtient de même une
sécrétion gastrique nette.
Ces recherches, qui apportent des données physio¬
logiques nouvelles, ont une sanction pratique : l’ol¬
faction d’épreuve.
Manifestations plurlglandulaires au cours d’une
colique de plomb. — MM. Laederich et Poumeau-
Delille rapportent l’histoire d’un saturnin qui, au
cours d’une colique de plomb, présenta une parotidite
bilatérale aiguë, une orchite aiguë et des phénomènes
de dysurie avec hyperalgésie prostatique très vive.
Ces manifestations glandulaires congestives furent
de courte durée. Au dire du malade, le gonflement
parotidien s’était reproduit à chacune des crises
antérieures de colique de plomb depuis 4 ans et
disparaissait totalement après les crises.
Un cas d’abcès, du poumon guéri par l’émétine.
— MM. Laederich et Poumeau-Delille relatent un
cas d’abcès volumineux du lobe supérieur du poumon
droit guéri en quelques jours par des injections
intraveineuses d’émétine. Cet abcès était survenu
chez un sujet ayant séjourné en Algérie 21 ans aupa¬
ravant, mais n’ayant présenté aucun signe de dysen-
- M. Etienne Bernard souligne l’anomalie que
constitue l’absence de caractère hémorragique, si
habituel dans les expectorations de l’amibiase.
- M. Besançon, tout en reconnaissant l’intérêt
que présente l’émétine comme traitement pierre de
louche, fait remarquer que ce (procédé n’est pas
loujours absolument inoffensif.
- - M. Armand Delille a toujours vu la dose de
0 gr. 08 bien tolérée tandis que la dose double
donnait parfois lieu à des accidents.
P.-L. Mauik
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
: Février 1929
Résultat éloigné d’une arthrodèse du cau-de-
pied par astragalectomie temporaire. M. Cotte
[irésente un blessé de guerre auquel il lit, il y a 9 ans,
une arthrodèse complète du cou-de-pied par le
l)rocédé de Lorthioir, pour pied paralytique, avec un
bon résultat. Il existe une synostose complète entre
le tibia, l’astragale et le scapho'ide d’une part, entre
l’astragale et le calcanéum d’autre part.
L’auteur a utilisé ce procédé toutes les fois qu’il a
eu ù faire des arthrodèses totales du cou-de-pied, il
l’a utilisé deux fois chez l’enfant ; il ne lui semble
pas qu’il mérite les critiques qui lui ont été adressées
Sur la pathogénie du syndrome cataclysmique
dans les ruptures de grossesse tubaire. — M Ri¬
card estime que le shock péritonéal est l’élément
dominant qui crée le syndrome cataclysmique d’ané¬
mie aiguë dans la grossesse tubaire rompue ; il est
hors de doute, cependant, qu’il est des cas où l’hé¬
morragie s’y mêle; mais l’auteur ne la croit pas
d’emblée capable de créer à elle seule un tableau
aussi complet et aussi rapidement constitué que celui
qu’on observe souvent. L’hémorragie n’interviendrait
que secondairement. Aussi il vaut mieux attendre
quelques heures avant d’ojiérer. Lorsque le shock
s’est dissipé, il faut intervenir précocement car on
ne peut préjuger de ce qu’est l’hémorragie, ni de ce
L’auteur n’est jamais intervenu immédiatement
après la rupture, mais seulement après quelques
heures lorsque le shock a été traité ; sur 22 cas il n’a
perdu qu’une malade, et il a opéré des malades chez
lesquelles, après un syndrome cataclysmique net,
l’hémorragie était minime.
-- M. Condamin, sans vouloir faire un plai¬
doyer en faveur de l’expectation qu’il ne considère
pas comme justiliée, estime que c’est plutôt la dis¬
tension des lllets nerveux que l’hémorragie qui déter¬
mine le syndrome de shock dans la rupture tubaire.
On a trop de tendance à identifier la gravité du shock
avec l’importance de l’hémorragie. Autrefois, lors¬
qu'on n’opérait pas immédiatement, on pouvait sou¬
vent constater qu’avec une piqûre' de morphine, de
la glace sur le ventre, tout s’atténuait. Quand l’état,
dit cataclysmique, à inondation foudroyante de
Barnes, se produit, c’est un état d’anémie cérébrale
aiguë avec syncope qui s’effectue, et si la malade
succombe, ce n’est pas à un état de shock nerveux.
- M. Villard pense qu’à côté des états pseudo¬
cataclysmiques qui existent, les formes catacly.s-
miques vraies sont de beaucoup les plus fréquentes :
dans 90 à 95 pour 100 des cas, l’hémorragie est abon¬
dante et grave. Dans le syndrome d’anémie aiguë, il
n’entre pas simplement des phénomènes nerveux,
mais surtout une déperdition rapide et brutale de
sang, le réflexe péritonéal ne fait que se surajouter
à un état anatomique vrai t l’hémorragie. Il est inté¬
ressant de signaler des faits où une hémorragie peu
abondante donne un shock grave, mais de tels cas
n'autorisenl pas la temporisation; l’intervention
immédiate conserve toute sa valeur.
- M. Albertin place, dans la pathogénie du syn¬
drome cataclysmique, en premier lieu les phéno¬
mènes nerveux (distension, fissuration tubaire), les
phénomènes hémorragiques ne viennent se surajouter
que plus lard.
- M. Patel met l’hémorragie au premier plan :
dans un cas de grossesse tubaire, rompue au cours
d’un examen gynécologique, l’intervention immé¬
diate montra qu’il y avait plus de 1 Hflre 1/2 de sang
- M. Cotte a constaté, lui aussi, des cas très
démonstratifs où les accidents cataclysmiques étaient
bien liés à une hémorragie intra-péritonéale abon-
Greffes osseuses dans le mal de -Pott chez l’en¬
fant. — M. Tavernier ne considère pas la condam¬
nation actuelle de l’opération d’Albee, pratiquée chez
l’enfant, comme justifiée. Depuis 10 mois, il a opéré
6 l'nfants : un est rentré chez lui en parfait état,
2 sont récents, il présente les 3 autres.
De son expérience personnelle il a l'etiré l’impres¬
sion que la fixité du greffon était moins rapidement
obtenue que chez l’adulte : chez l’enfant, les apophyses
épineuses sont frêles et souvent fracturées des 2 côtés
à leur base, lors de la pose du greffon; ce greffon,
plus étroit et plus souple que chez l’adulte, semble
immobiliser moins rapidement les vertèbres malades
car il est difficile de prélever sur le tibia un fragment
d’os épais et rigide. Une autie difficulté technique
chez l’enfant provient du peu do hauteur des apo
physes épineuses, qui rend très difficile l’emploi
d’une greffe l’ectiligne dès que la gibbosité est un
peu accemtuée. Mais ces difficultés ne sont pas insur¬
montables et l’auteur ne croit pas qu’il faille refuser
ù l’enfant le bénéfice de l’opération d’Albee.
Pancréatite hémorragique du corps et de la queue
du pancréas. M. R. Desjacques présente l’obser¬
vation d’un malade de 57 ans qu’il a opéré 24 heures
après le début des accidents, consistant en violentes
douleurs abdominales. L’abdomen était météorisé et
présentait un peu de contracture épigastrique. La
laparotomie montra la présence d’une grande quan¬
tité de sang noir libre dans la cavité péritonéale ;
N” 15
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
241
l’arrière-cavité des épiploons était remplie de caillots,
elle fut tamponnée. La mort survint quelques heures
plus tai'd. L’autopsie montra qu’il s’agissait d’une
pancréatite hémorragique du corps et de la queue du
pancréas et non de la rupture d’un anévrisme
comme on l’avait cru tout d’abord. Pas de lésions
uéc.rotiques visibles au point de vue macroscopique.
11. Roland.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
6 Février 1929.
Epithélloma de l’angle interne de l’œil; récidive
après radiothérapie; exérèse chirurgicale large;
nouveau mode de prothèse restauratrice. — MM.
Creyssel et Lapierre, à l’occasion d’une observation
d’épithélioraa de l’angle interne de l’œil, récidivé
après radiothérapie, et traité par exérèse secondaire
large, avec exentération de l’orbite, insistent sur le
caractère térébrant de ces épithéliomas et sur la
possibilité d’obtenir après l’échec des agents phy¬
siques nn bon résultat par le traitement chirurgical
à condition qu’il soit assez large, n’hésitant pas à
pratiquer des mutilations importantes. Celles-ci
peuvent être réparées, grâce à un nouveau procédé
de prothèse à base d’acétate de cellulose, qui permet
de faire porter au malade un appareil léger, inalté¬
rable, n’irritant pas la cicatrice, donc très supérieur
aux lourdes prothèses de porcelaine, ou de métal, ou
aux fragiles appareils en celluloïd ou gélatine.
Abcès pulmonaires et pleurésie interlobaire. —
MM. Pallasse et JB. Cade présentent l’observation
anatomo-clinique d’un malade entré à l’hôpital pour
phénomènes pulmonaires aigus avec expectoration
très fétide. En raison des renseignements fournis
par l’intêi-rogatoire, des signes cliniques et radiosco¬
piques, une ponction plenrale exploratrice fut pra¬
tiquée à la partie moyenne du poumou et permit de
retirer quelques centimètres cubes de liquide brù-
nètre et fétide. Le malade fut opéré par M. Santy
qui draina largement une grosse cavité purulente
interlobaire. Malgré l’intervention, il mourut 15 jours
plus tard. A l’autopsie, on constata qu’il y avait
coexistence d’un empyème interlobaire et de plu¬
sieurs petits abcès pulmonaires intraparenchymateux
développés au voisinage de l’interlobe, l’un d’eux
communiquant par un pertuis très net avec la poche
pleurale.
Appendicite à symptomatologie uniquement ova¬
rienne. — M. Laroyenne et Bussy, interve¬
nant chez une malade qui présentait des signes larvés
de grossesse tubaire au début, particulièrement des
hémorragies, trouvèrent un ovaire et une trompe
droite un peu augmentés de volume et le pavillon
Fermé. Une bride descendait s’insérer entre la trompe
et l’ovaire ; cette bride était constituée par l’appen¬
dice qui ne paraissait pas malade, sauf à l’endroit où
il s’insérait sur les annexes: il était perforé à su
pointe. L’intérêt de cctie observation réside dans la
symptomatologie uniquement ovarienne et dans les
lésions appendiculaires avancées contrastant avec la
latence des signes cliniques d’appendicite.
Rein mastic exciu, enlevé par vole transpérito¬
néale. - MM. Patel et F. Carcassonne présentent
une pièce de rein mastic exclu, enlevé à une femme
ne présentant aucun signe clinique pouvant faire
penser ù une tuberculose rénale : pas d’antécédent
personnel ou héréditaire, pas de phénomènes dou-
lonreux, pas de signes urinaires, pas d’albuminurie.
La malade venait pour une grosse tumeur lombo-
abdominale, diagnostiquée, en l’absence de signes
urinaires, cancer du rein. L’intervention faite par
voie antérieure montra qu’il s’agissait d’un rein sup¬
puré exclu.
Les auteui’s insistent sur la difliculté du diagnostic
dans ces formes caséeuses massives exclues. Ils rap¬
pellent la valeur de la voie d’abord antérieure qui
permet une ligature facile du pédicule, donne un jonr
très large, qu’elle soit para ou transpéritonéale. Ils
en font la voie d’abord de choix de tous les reins
non iistulisés.
— M. Ch. Gautier, chez cette malade, n’avait i)n
faire le diagnostic exact de la nature de la lésion en
raison de l’impossibilité de sonder l’uretère du côté
malade ; il n’avait pu qu’affirmer que le rein opposé
ù la tumeur était suffisant.
Cancer du rein et insuffisance rénale. — M.
Gayet insiste sur le dilemme en présence duquel
peut se trouver l’urologue dans les cas de cancer
rénal opérable s’accompagnant de signes d’insnfli-
sance rénale. La question qui se pose alors est de
savoir s’il faut intervenir, malgré la gravité du pro¬
nostic opératoire, ou s’il faut laisser évoluer la
tumeur rénale. Il est intervenu dans de telles condi¬
tions, chez un homme de 63 ans qui avait une con¬
stante de 0,130 et une urémie de 0 gr. 67. Après des
suites troublées, le malade a guéri. L’examen histo¬
logique a montré, à côté de riiypernéphrome, de
graves lésions de néphrite.
On peut donc, dans ces cas, intervenir, d’autant
plus qu’il est probable que le rein malade est pro¬
ducteur de toxines qui altèrent l’autre rein. Dans
plusieurs faits analogues, l’auteur a constaté, après
néphrectomie, une amélioration de l’état rénal.
Ulcères multiples de l’estomac. — M. Pierre
Bertrand relate l’observation d’un homme de 30 ans
qu’il opéra à la 4“ heure d’une perforation d’ulcus
pylorique (enfouissement de rulcère sous deux
bourses séro-séreuses, gastro-entérostomie complé¬
mentaire au boulon de Jaboulay). Au 9" jour, le
malade pouvait être considéré comme guéri quand
survinrent deux complications qui amenèrent rapi¬
dement la mort : infarctus pulmonaires successifs et
hémorragie gastro-intestinale massive.
La pièce prélevée à l’autopsie était intéressante
car elle montrait, à côté de l’ulcère récemment per¬
foré, la cicatrice d’un ulcère ancien de la petite cour¬
bure.
H. Roland.
SOCIETE DE MÉDECINE
CHIRURGIE ET PHARMACIE DE TOULOUSE
17 Décembre 1928.
La valeur d’un œil au point de vue de la loi sur
les accidents du travail. — M. Ed. Garipuy. Les
oculistes ont adopté un barème qui varie suivant les
cas entre 20 et 33 pour 100 pour estimer l’incapacité
de travail qui résulte de la perte d’un œil. Les com¬
pagnies d’assurance, i l’instigation d’un de leurs
médecins, borgne lui-même, essaient d’une campagne
pour faire réduire sensiblement ce barème.
L’auteur expose les arguments fournis de part et
d’autre. Il estime que dans l’état actuel, la valeur
d’un œil ne peut pas être calculée mathématiquement :
il en est de même de toutes les invalidités. Il manque
la statistique qui donnerait les pertes de salaire
résultant des incapacités soit temporaires, soit abso¬
lues que subissent les borgnes du fait d’accidents ou
de maladies qui surviennent ultérieurement ù l’œil
sain : ces pertes de salaire seraient importantes.
Le taux de 33 pour 100 doit être maintenu pour
les cas particuliers où certains accidentés à professsion
nettement visuelle n’ont pas pu se rééduquer ; les
délais de révision de 3 ans permettent de modifier
ce pourcentage maximum dans la mesure où la réédu¬
cation s’est faite.
D'iminution de la toxicité de i’aconitine par
accoutumance. — MM. Maurin et Sermet. Des
cobayes de 500 gr., soumis des injections hypoder¬
miques d’aconitine à doses croissantes pendant
10 jours, sont arrivés à supporter une dose 10 fois
supérieure à celle nécessaire pour les tuer directe¬
ment, la dose toxique étant de 0 gr. 005 pour un
cobaye de 500 gr., fait qui présente un certain
intérêt étant donné la violence de la toxicité de
l’acouitine.
Le traitement des recto-colites graves par l’acri-
flavine. — M. L. Timbal après avoir indiqué briève¬
ment les principaux symptômes des recto-colites
graves, et avoir insisté sur la nécessité de pratiquer
dans tous les cas un examen rectoscopique, passe
rapidement en revue les principales méthodes de
traitement en montrant les difficultés de leur appli¬
cation et l’inconstance des résultats obtenus.
11 précise les avantages de la méthode préconisée
en 1924 par 2 médecins américains Crohn et Rosen¬
berg, qui ont obtenu des résultats intéressants par
les lavements d’acriflaviue. Il expose les résultats
atteints en l' rance à l’aide de la substance fabriquée
par la maison Poulenc sous le nom de gonacrine et
fait connaître ses propres résultats qui peuvent être
schématisés ainsi ; 10 pour 100 d’échecs, 50 pour 100
d’améliorations, 30 pour 100 de guérisons.
Il conclut, en déclarant avec. Savignac, que « si
l’acriflavine n’est pas le traitement héroïque, il est
pourtant le médicament le plus efficace jusqu’ici ».
Sarcome mélanique ganglionnaire. - MM. P.
Carayon, R. Dubau et P. Gorsse commnniciueut
l’observation d’un jeune soldat ûgé de 22 ans entré
à l’hôpital militaire pour adénite inguinale droite
d’origine indéterminée, évoluant depuis une quinzaine
de jours. Le malade présentait sous une peau nor¬
male souple, non adhérente, une masse de forme
arrondie, bosselée, qui était constituée par une
agglomération dé ganglions.
Les auteurs discutent les divers diagnostics qui
furent successivement envisagés et écartés, rhan-
crelle, adénite bacillaire, adénite syphilitique, leucé¬
mie, lympliogranuloniatose : seule l’apparition d’une
ulcération de couleur noirètre, survenue au niveau
de la tumeur, avec envahissement de la peau, permit
de penser ù un sarcome mélanique, vraisembla¬
blement secondaire, confirmé par l’examen d’une
biopsie. Le malade succomba 2 mois 1/2 après son
hospitalisation sans que l’on eût pu mettre on évidence
la tumeur primitive.
Adéno-fibrome de la mamelle chez un homme. -
M. J. -P. Tourneux communique l’observation d’un
homme de 35 ans, qui présentait depuis 8 mois envi¬
ron une augmentation du volume de la mamelle droite.
Le sein était uniformément développé dans toute son
étendue, de consistance ferme sans l’existence de
noyaux durs, mobile sur les plans profonds, et ne
s’accompagnant pas d’adéno])athie ; il n’y avait j)as
d’écoulement par le mamelon ni de douleur à la pres¬
sion. L’intervention consista en une extirpation totale
du sein par incision sous-mammaire. L’examen his¬
tologique montra qu’il s’agissait d’un adénofibrome
diffus du sein sans aucune trace d’élément malin.
Les séquelles pulmonaires des embolies post¬
opératoires. — M. Ducuing. (les séquelles sont mal
étudiées. Tout le monde connaît les pneumopathies
graves que déterminent les embolies post-opéra¬
toires, mais très peu de médecins et de cliirurgiens
s’intéressent à leurs séquelles. 11 suffit cependant
de rechercher les anciens opérés ayant présenté des
accidents emboliques, d’examiner leur thorax, de les
ausculter, de les radiographier pour trouver presque
toujours, lorsque l’embolie a été sérieuse, différentes
séquelles thoraco-imlmonaires. Les déformations du
thorax, les pneumoi)alhics mal éteintes, les scléroses
pleuro-pulmonaires avec emphysème et dilatation
bronchique sont les principales de ces séquelles.
Lorsque la clinique ne jiarvient pas à mettre en
relief les dilférentes pleuro-pneumopathies (jui
viennent d’être énumérées, la radiographie montre
le plus souvent des modifications scléreuses plus ou
moins étendues du parenchyme pulmonaire (sclérose
latente) qui constituent de sérieuses menaces pour
l’avenir cardio-pulmonaire des malades.
•I.-P. Tol'knllx.
COMITÉ MÉDICAL DES BOUCHES-DU-RHONE
Janvier 1929.
Présentation d’un cas de maladie de Roger. -
M. Henri Louge relate l’observation d’un nour¬
risson de 4 mois, jié à terme, sans antécédents héré¬
ditaires pathologiques, qui présentait les signes cli
niques et radiologiques d’une communication intei-
ventricnlaire. 11 présentait, en outre, une imporlanti-
dilatation de l’hémithorax gauche, paraissant secon¬
daire à l’énorme développement ilu ventricule gau¬
che, ail lieu des déformations thoraciques habituel¬
lement en rapport avec les lésions congénitales <lu
Sténose hypertrophique du pylore à forme aiguë
chez un nourrisson; pylorotomie; guérison. —
MM. J. Poucel et M. Massot. Uas classique.
(Jaryon né à terme. Les vomissements commencent
au 18'' jour et vont en s’aggravant. Pylorotomie
extra-muqueuse de Eredel faite sans ilifficulté. L’en¬
fant revu au bout de 6 mois (>sl normal : il a gagné
en moyenne plus de 30 gr. par jour. L’auteur insiste
sur la nécessité d’un diagnostic i)rérore et d une
surveillance attentive, seuls gages d’une guérison
opératoire obtenue à temps et dans -le bonnes con¬
ditions de résistance
Sur quelques particularités du mal de Pott chez
242
La presse ME;DICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N® 15
l’adulte. — M. G. Hottenstein insiste sur la symp- j
tomatologie du mal de Polt de l’adulte qui est diHé-
rente de celle de l’enfant. Le silence du côlé rachidien
est très souvent absolu et c’est par l’apparition d’un
abcès froid, de douleurs à siège variable ou d’une
paraplégie brusque qu’il manifeste sa présence. U’où
la possibilité d’erreurs do diagnostic dont l’auteur
rapporte quelques exemples. La radiographie permet
seule de dépister la lésion verlébrale et il convient
d’y avoir recours eu cas de doute.
Mal de Pott à évolution torpide révélé par une
cyphose étendue. — M. Arnaud. Lue malade de
20 ans, après un mois d’algies intercostales vagues,
s’aperçoit qu’elle a une gibbosité dorso-lombaire.
Celle-ci est à peim^ douloureuse et ne s’accompagne
d’aucun signé nerveux. La radiographie montre un
effondrement complet de D" et L' avec lésions par¬
tielles de D" et L*; outre une cyphose dorso-lom¬
baire à large rayon, il existe une déviation latérale
en baïonnette d\i rachis.
Un cas de mal de Pott chez l’adulte à sympto¬
matologie trompeuse. — M. G. Darcourt rapporte
un cas où le tableau elinitiue pouvait faire penser ati
début à une pyélonéphrite chez une malade de 54 ans
et où la radiographie montra un mal de Pott de l * et
L“ avec abcès. L’auteur insiste sur les signes trom¬
peurs du mal de Pott chez l’adnlle et sur l’utilité de
la radiographie.
Bouton d’Orient. — MM. P. Vigne et Bourret.
Présentation d’une malade arménienne turque por¬
teuse, sur le nez, d’un bouton d'Orient dattint de
6 mois. La rechcreho des leishmanias est |)Ositive.
Cette malade habitant Marseille depuis 4 ans et
n’ayant aucun contact avec des étrangers nouvelle¬
ment débarqués, la durée d’incubation de ce bouton
dépasse très largement les limites classiques.
Epithélioma spino-cellulaire de la joue greffé
sur lupus. — MM. Vigne, Assada et Audier. Lpi-
thélioma spino-cellulaire datant de 4 ans sur lupus
datant de 12 ans et type luiiiiclus agniiné non e.x:ce-
deus. Les auteurs discutent le mode de traitement à
employer et concluent à la destruction diatbermique.
Deux cas de cholécystite algue primitive à bacille
d’Eberth. — M. J. Poiicel en rapporte 2 observa¬
tions chez des garçons de 7 et 9 ans, opérés dans un
état septicémi([uo grave, avec une guérison et un
décès, l’enfant ayant succombé av;int d’avoir été
d6sintoxi(|ué. Ces cas rappellent itar leur brutalité
l’ostéomyélite aiguë qui est une septicémie à mi¬
crobes dillérents et ù localisation osseuse au lieu de
vésiculaire. Le seul traitement est la cholécysto¬
stomie précoce.
A propos des traumatismes crâniens fermés. —
M. Marcel Arnaud. ^
Puberté précoce à 4 ans et tumeur des capsules
surrénales. -- MM. Roger et Soûlas.
C. Daucouht.
SOCIÉTÉ DES SCIENCES MÉDICALES ET BIOLOGIQUES
DE MONTPELLIER
ET DU LANGUEDOC MÉDITERRANÉEN
Janvier 1929.
Talalgle rebelle datant de 3 ans guérie par le
traitement chirurgical. — MM. L. Rimbaud,
V. Riche et J. Chardonneau présentent un malade
qui, à la suite d’une urétrite hémorragique, d’ail¬
leurs rapidement guérie, souffrait depuis 3 ans de
talalgie bilatérale, entraînant une impotence fonction¬
nelle complète des membres inférieurs. Après échec
des thérapeutiques ordinaires (soufre colloïdal,
vaccins, gonacrine, diathermie, bains de boue de
Balai-uc), il est pratique un traitement chirurgical :
curettage de la face inférieure du calcanéum et abla¬
tion de l’épine calcanéenne, des deux côtés;’ — applica¬
tion de pointes de feu profondes, it travers la semelle
du pied jusqu’au calcanéum, et en avant vers les arti¬
culations métatarso-phalangiennes. Le malade marche
actuellement sans aucune douleur et peut frapper le
sol avec les talons sans difficulté.
Un cas de paralysie amyotrophique du grand
dentelé d’origine névraxitique. — MM. E. Euzière,
H. Viallefont et M™' Lonjon-Turot ont observé,
chez un homme de 29 ans, 8 ans après une uévraxite
épidémique typique, des myoclonies et une amyotro¬
phie strictement localisées au côté droit, intéressant
au maximum le grand dentelé, et accessoirement le
deltoïde, les muscles de l’éminence thérar, le biceps
cl les muscles fessiers.
Un cas d’invagination aiguë cæco-collque chez
un adulte. — MM. E. Mourgue-Molines et G. Fayot
ont observé, chez un homme de 16 ans, un cas d’inva¬
gination aiguë appartenant ù une variété rare : la
forme cieco-coliquc. Le fond du cæcum seul s’élait
invaginé, l’appendice et la valvule iléo-cæcale étant
restés en position normale. La réduction fut facile,
la récidive emi)èchéc par une cœcopexie combinée à
une cæcoplicature.
Fièvre ondulante de longue durée, avec détermi¬
nations ostéo-articulaires persistantes, traitée par
la gonacrine. — MM. M. Janbon et J. Duponnois
relatent la longue observation d’une mélilococcie
d’une durée de plus de 11 mois ayant déterminé des
lésions ostéo-articulaires tenaces, en particulier au
niveau de l’articulation sacro-iliaque gauche et de
la colonne dorso-lombaire (érosions de" corps verté¬
braux, ankylosé des articulations condyliennes, affais¬
sement des espaces intervertébraux, hyperalbuminose
rachidienne de 1 gr. 10) ; ces lésions s’accompagnaient
de phénomènes rlouloureux intenses entraînant une
impolence complète du train postérieur. Après échec
de la vaccinothérapie associée à l’aclinothérapie
infra-rouge, la guérison a été obtenue rapidement
par une série d’injections intraveineuses de trypa-
ilavine (gonacrine) ; retour de la température à la
normale, sédation des phénomènes douloureux,
récupération fonctionnelle, guérison anatomique,
affirmée par radiographie, des lésions de spondy¬
lite et de sacro-coxite. Les auteurs font observer
([u’ils ont obtenu, après plusieurs échecs, une hémo¬
culture positive au 264“ jour de la maladie.
Deux cas de fièvre ondulante traités par la gona¬
crine. — Des 2 observations do MM. Lisbonne et
Aubert, l’une est un succès net de la médication
gonacrinique qui, après échec de la vaccinothérapie,
a amené rapidement la guérison définitive ; dans le
2“ cas, le traitement, prématurément interrompu, a
entraîné une longue phase du régression, suivie de
reprise du cours morbide.
— M. Lisbonne considère la chimiothérapie de
la fièvre de Malte comme pleine 'd’avenir.
Mélltococcle suraiguë, mortelle, à forme pseudo-
granulique. — MM. Ducainp, M. Janbon et
L. Gondard ont vu évoluer en 6 jours vers la mort
une mélitococcie dont le tableau clinique simulait en
tous points celui d’une granulie. Seule la notion
d’origine du malade (qui arrivait d’un foyer avéré
d’endémie maltaise) permit, par hémoculture, de
rétablir niortem le diagnostic.
Projectile Intraveineux latent décelé à l’occasion
d’une fièvre ondulante. — La très curieuse obser¬
vation rapportée par MM. Augé et Lisbonne con¬
cerne un sujet qui. en 1925, contracte une raélito-
coccie (par contamination de laboratoire). Rapide¬
ment guéri par vaccination, il accuse consécutivement
des pliénomènes douloureux au niveau de la cuisse
gauche, que l’on attribue ù de la myosite, puis une
phlébite, puis un petit abcès de la région moyenne
de la cuisse, qui, incisé, donne issue ù une petite
quantité de pus stérile. Des poussées subintranles
de ])hlébite vont se succéder jusqu’au jour où une
radiographie montre la présence d’un corps étranger
profond. On trouva ce dernier, à l’intervention, dans
la veine fémorale, è sa partie moyenne, entouré d'un
|)cu de pus stérile. Guérison complète consécutive.
Le corps étranger était un éclat d’obus reçu en 1915.
Les auteurs insistent sur sa tolérance parfaite, pen¬
dant 10 ans, chez un sujet qui fit au cours de cette
période le métier de facteur rural.
Un curieux cas d’éplthélloma végétant de la
paupière. — MM. H. Villard et Ch. Dejean ont
observé, chez un homme de 58 ans, un épithélioma
baso-cellulaire du bord de la paupière supérieure,
développé en 1 an, sous forme d’un boudin cylin¬
drique pendant sur la joue. La base d’implantation,
très étroite et nettement délimitée vers la peau
I comme vers la muqueuse, a permis une ablation
totale économique, avec rétablissement anatomique
et fonctionnel très satisfaisant.
Marobl Ja.nbon.
RÉUNION MÉDICO-CHIRURGICALE DES HOPITAUX
DE LILLE
28 Janvier 1929.
Exophtalmie successive à droite et à gauche au
cours d’un empyème du sinus sphénoïdal, compli¬
qué de phlébite purulente des sinus caverneux et
coronaire et de ia veine ophtalmique. — MM.
Spindler et Lorentz relatent l’histoire d’un gen¬
darme soigné ù l’hôpital militaire, et présentant de
l’oxophlalmie de l’œil droit avec fièvre à 39'>5 et des
frissons. Aucune douleur è la pression. Acuité
visuelle non diminuée. 2 jours après, mêmes sym p
tômes ù gauche. Radiographie négative. Muco-pus
dans le rhinopharynx. Céphalée occipitale. Les sinus
frontaux et maxillaires et l’etlimoïde sont nrrmaux.
Pas de signes méningés. Injection de propidon et
abcès de fixation. Mort 7 jours après l’admission.
Autopsie : méninges congestionnées, fusée de pus
au niveau des veines sylviennes gauches. Pus jau-
nAtre, crémeux dans les sinus caverneux et coro¬
naire. Fusée purulente dans l’orbite le long de la
veine ophtalmique supérieure. Le sinus sphénoïdal
est rempli de pus jaunâtre, crémeux (streptocoques).
A propos de l’arthrodèse. — M. Ed. Gaudier
relate l’histoire d’un pied bot paralytique, traité par
arthrodèse et guéri en mauvaise position. Une résec¬
tion tibio-larsienne donna un résultat fonctionnel
aussi satisfaisant que possible.
A propos du radio-dlagnostlc de l’appendicite
chronique; radiographies d’images appendiculaires.
— M. Hayem commente quelques chapitres d’une
monographie qu’il a publiée récemment dans le
Nord' médical. Il résume brièvement les conditions
de visibilité de l’appendice normal et les caractères
de ce dernier.
Il s’étend ensuite sur les signes radiologiques de
l’appendicite chronique, faisant un relevé rapide,
mais très complet, des travaux de ses devanciers. Il
insiste sur les signes cardinaux de l’appendicite chro¬
nique, signalant que, d’une part, on n’en trouve
jamais au complet les symptômes radiologiques et
que, d’autre part, nombre de ces symptômes se peu¬
vent rencontrer au cours d’auti'es affections. Il insiste
sur l’iinportancj de la radiologie, étant donné les
difficultés du diagnostic différentiel de l’appendicite
Il termine enfin en montrant toute une série de
belles images appendiculaires, les unes représentant
des appendices sains, les autres se rapportant A des
sujets atteints d’appendicite chronique.
Pleurésie séro-fibrineuse traitée par la thiocry-
sine. — MM. René Legrand et Rembert rappor¬
tent un cas de pleurésie séro-fibrineuse, chez une
jeune fille de 18 ans, qu’ils ont traitée par la thio-
Dans cette observation, ils signalent surtout la
rapidité de résorption de l’épanchement; celui-ci,
qui était de 2 litres environ, disparut en moins de
48 heures. Les symptômes généraux s’améliorèi-ent
progressivement.
Phlegmon de l’orbite d’origine fronto-ethmoï-
dienne chez une fillette de 10 ans. — MM. Piquet
et Muller relatent l’histoire d’une petite fille de
10 ans qui présenta un phlegmon de l’orbite, sans
fièvre ni jjhénomènes généraux. L’incision, effectuée
par un autre médecin, donna issue A du pus fétide.
La petite malade leur fut conduite ultérieurement
on raison de la persistance d’une fistule. Interven¬
tion. Trépanation spontanée du sinus frontal : elhmoï-
dile diffuse. Ou pratique un curettage de l’ethmoïde
par voie externe et on établit une large communica¬
tion avec les fosses nasales. Suture des téguments.
Examen bactériologique ; bacille de Lciffler. Ulté¬
rieurement, u,i autre abcès apparut A distance, con¬
tenant du pus A bacille de Lôfller pur.
Encéphalite léthargique; sommeil de 11 mois;
guérison. — MM. Jean Minet et Le Marc’Hadour
présentent un malade guéri di’encéphalite épidémique
après une période de lé thargie ayant duré 11 mois.
Le traitement consista d’abord en uroformine, puis
en salicylate de sO’-tde intraveineux;
N“ 15
20 Février 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS 1^^ INFORMATIONS
M. Jean Chiappe
et les Médecins parisiens
L’homme qui remplit à la Préfecture de Police
ses fonctions difficiles avec une autorité, une
clairvoyance, une bienfaisante énergie, et aussi,
quand il le faut, avec ce tranquille courage qui
lui a conquis le cœur de Paris, vient d’ajouter un
titre dé plus à la reconnaissance de la population
parisienne. Désormais, chaque année, quelques
centaines de ses administrés lui devront la vie.
M. Chiappe vient en effet d’oblenir le droit, pour
les médecins de Paris, de monter. en surcharge
dans les omnibus et dans les tramw'ays. C’est une
victoire remportée sur la routine et l’inexplicable'
mauvais vouloir qui avait jusqu’ici fait obstacle
à une mesure aussi simple. Je m’étais, depuis
longtemps, occupé de cette question et tous mes
efforts s’étaient brisés devant, la résistance de
ceux auxquels appartenait la décision. Décou¬
ragé, j’avais renoncé à obtenir une réforme qui,
cependant, m’apparaissait comme indispensable,
lorsque ma bonne étoile me mit, il y a quelques
mois, en rapports avec notre préfet, à propos
de cette Maison de Santé des gardiens de la
paix qui va bientôt ouvrir ses portes et à la'
création de laquelle M‘"“ Chiappe a consacré,
en môme temps, toute son activité et tout son
cœur.
M. Chiappe comprit immédiatement l’impor¬
tance de cette mesure et s’employa, avec toute
l’énergie et la générosité de son caractère, à la
faire aboutir. Il secoua les indifférents, il persuada
les incrédules, il batailla contre ceux qui se mon¬
traient hostiles à cette idée, car il y avait des
esjœits hostiles, et le voilà maintenant -victorieux
sur toute la ligne ! Grâce donc lui en soit rendue,
et aussi aux membres du Conseil municipal de
Paris, et particulièrement à M. Delavenne, et
enfin à tous ceux qui ont fini par se laisser
convaincre et dont nous devons aujourd’hui
oublier la résistance, pour ne retenir que leur par¬
ticipation à une belle œuvre !
Car c’est d’une belle œuvre qu’il s’agit et il
suffit d’y réfléchir un instant pour se rendre
compte de son importance.
Donc à l’avenir, les médecins de Paris auront
le droit de monter dans les omnibus et dans
les tramways, même lorsque ceux-ci seront
au complet. Ils seront donc toujours assurés
de pouvoir prendre place dans le premier qui
passera. *
Ils l’attendront et le prendront, et se rendront
ainsi auprès du malade souvent éloigné qui les
appelle à son secours. Car combien de médecins,
aujourd’hui, sont obligés, faute de temps, d’ajour¬
ner au lendemain une visite trop lointaine. Le
lendemain, il est trop tard : la diphtérie a fait son
œuvre, l’appendicite s’est aggravée, la trompe
rompue a saigné ! et c’est un malade qui mourra
faute d’avoir été visité et secouru à temps !
La décision qui vient d’être prise réduira dans
de grandes proportions le nombre de ces visites
tardives. Et combien de malades, à la fin de
l’année, devront la vie à cette mesure si simple,
que nous devrons à la généreuse ardeur que
M. Chiappe a mise à l’obtenir, et pour laquelle
les médecins de Paris et plus encore les malades
lui garderont une reconnaissance durable.
J.-L._Fa«RB.
Les premières périodes
de la vie de Malgaigne
M. Ch. Lenorniant, secrétaire général de la
Soeiété de Chirurgie de Paris, a prononcé dernière¬
ment, à la séance solennelle du 16 Janeier, l’éloge du
grand chirurgien que fut François Malgaigne.
De ee magnilique éloge nous croyons utile de
reproduire quelques pages, celles qui ont trait aux
premières périodes de la vie de Malgaigne.
La lecture de ces pages montrera à tous ccu.v,
trop nombreux, qui se plaignent des difficultés ac¬
tuelles de la vie, que les difficultés furent de toutes
les époques et de tous les pays, et que le chemin du
succès a toujours été un chemin abrupt, rocailleux,
qu’on ne peut gravir sans peine.
Joseph-François Malgaigne est né à Charmes-
sur-Moselle, dans les Vosges, le 14 Février 1806.
C’est un Lorrain de pure race. Les Malgaigne
avaient quelque parenté avec une autre famille
lorraine assez illustre, celle des Poincaré. Lui a
toutes les quatités et les défauts de sa race : le
solide bon sens, le goût de la justice, la ténacité
et l’énergie persévérante, l’attachement profond et
sincère à ses convictions, mais aussi un certain
entêtement dans ses idées, de la violence pour les
défendre, un manque de souplesse, un abord un
peu rude qui, malgré sa bonté foncière, ont pu le
faire passer pour un caractère difficile.
Il fait suite à deux générations de chirurgiens,
mais de chirurgiens bien modestes. Son grand-
père, qui s’appelait comme lui Joseph-François,
né en 1740, avait été maître en chirurgie et avait
servi dans les armées du Roi, avant de revenir
s’installer à Charmes. Son père, François Mal¬
gaigne, était né en 1777; simple officier de santé,
attaché à un régiment d’artillerie, il avait fait
avec la grande armée les campagnes d’Autriche,
de Prusse et de Pologne; rentré dans son pays
natal, il y avait épousé Marie-Madeleine Booatte,
fille d’un homme de loi. De ce mariage naquirent
deux enfants : un fils Joseph-François et une fille
Eugénie.
En 181.3, des soldats français revenant de
Russie apportent le typhus à Charmes. François
Malgaigne, qui croyait à la contagion, voulait
grouper ces évacués dans une maison isolée, hors
du village ; il ne fut pas écouté, les malades furent
disséminés chez l’habitant, et le résultat ne se fit
point attendre : l’épidémie enleva le tiers de la
population de Charmes; les deux chirurgiens
furent atteints, le vieux grand-père en mourut,
son fils en échappa.
La famille Malgaigne n’était pas riche et la
clientèle de l’officier de santé lui permettait tout
juste de vivre avec les siens. « Une maison, un
jardin, quelques champs, dit Jarjavay, c’était là
tout son patrimoine. » C’était la médiocrité,
presque la gène.
Le petit Joseph-François fréquenta d’abord
l’école communale de Charmes et déjà il s’y fit
remarquer par une intelligence éveillée, une grande
ardeur au travail et aussi par une singulière
ambition. Comme, un jour, sa mère se lamentait
de ne pouvoir lui acheter un chapeau neuf pour
la distribution des prix : « Qu’importe, répond
l’enfant, puisque je reviendrai la tête couverte de
oquronnet. '»
Après l’école primaire, le petit Malgaigne con¬
tinua ses éludes dans un collège ecclésiastique
voisin de Charmes; il y reçut la forte éducation
classique qui devait faire de lui un grand érudit,
un latiniste et un helléniste émérite.
A quinze ans, Malgaigne a terminé ses huma¬
nités et part pour l’Ecole de Nancy afin d’y con¬
quérir le titre d’officier de santé, suprême ambi¬
tion 'de son père. 11 se met au travail avec ardeur.
Les livres étaient assez rares à cette époque, et
coûteux pour un étudiant pauvre. Les élèves y
suppléaient en rédigeant très soigneusement et
très complètement les cours de leurs professeurs.
J’ai vu, chez notre collègue Lejars qui les garde
pieusement, les cahiers de Malgaigne; j’ai admiré
cette écriture nette, régulière et fine, ces manus¬
crits sans rature, et j’ai pu constater quelle place
prépondérante tenait la matière médicale dans
l’enseignement des écoles, il y a un siècle.
Mais la médecine n’occupe pas tout entier le
cerveau bouillonnant du jeune étudiant. 11 s’y
trouve place encore pour la littérature et pour la
politique. Tous les adolescents de cette généra¬
tion ont écrit leur tragédie : celle de Malgaigne a
pour sujet la conjuration des Espagnols contre
Venise, d’après Saint-Réal ; et il la fait jouer, à
Charmes, par des ouvriers du pays, dans une
boutique éclairée aux chandelles ! 11 y a aussi sa
comédie, intitulée : « Les Caprices » et « dédiée
aux dames par un amateur de dix-huit ans ». Et
il fonde un journal. Le Propagateur de Lorraine,
dont la destinée fut éphémère : Malgaigne était,
libéral, on était aux beaux jours de la restaura¬
tion, le préfet de Nancy eut vile fait de supprimer
cette feuille perlurl)alrice. L’imprimeur, pour
consoler Malgaigne de ce fâcheux événement —
car il comptait sur le journal pour se faire quelque
revenu — , le plaça comme secrétaire auprès d’un
M. de Villeneuse, qui s’occupait de travaux his¬
toriques et littéraires.
II n’y resta pas longtemps, car ses études médi¬
cales allaient prendre fin. En 1825, à dix-neuf ans,
il est reçu officier de santé. Et alors éclate le
conflit inévitable entre le père, dont le seul désir
est de voir son fils s’installer auprès de lui, l’assis¬
ter d’abord, puis le remplacer dans son obscure
besogne, et le fils qui a pu mesurer ses forces, qui
brûle d’ambition et se sent de taille à briser tôus
les obstacles pour' conquérir fortune et renommée
sur un théâtre digne de lui. Ce fut la brouille
complète, et le père coupa les vivres à son fils.
Mais rien ne peut arrêter Malgaigne : sa décision
est prise et, presque sans' le sou, à la grâce de
Dieu, il part pour Paris. -Si son père reste
inflexible, sa mère, elle, le comprend mieux, lui
fait confiance et s’efforce de lui venir en aide :
avec tin admirable dévouement, elle se met au
travail, accepte d’humbles besognes manuelles
pour économiser un peu d’argent qu’elle enverra
en cachette à son enfant.
Lorsque Malgaigne arrive, en 1825, à l'Ecole
de Paris, toute la chirurgie y est dominée par la
grande figure de Dupuylren. Il est à l’apogée de
sa gloire; il règne despotiquement à l’Hôlel-Dieu
sur le plus vaste service que jamais chirurgien
ait eu à sa disposition ; il s’est débarrassé de tous
ses rivaux, il a rendu la place intenable à ses chi¬
rurgiens en second ; il ne tolère autour de lui que
des admirateurs et des élèves. Mais l’éclat de son
génie, sa notoriété mondiale font accepter cette
suprématie. Autour de lui, les chaires de la
Faculté sont occupées par des hommes arrivés &
244
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 192-9
N“ 15
la fin dp leur carrière : à la Charité, Boyer, qui
a soixante-dix ans, ressasse les vieilles liistoires du
siècle jirécédent et entrave sourdement les initia¬
tives de Roux, son gendre et son chirurgien en
second. Le vieil Antoine Dubois se prépare à la
retraite. A Saint-Louis, Richerand, qui a toujours
été plus idéologue qu’opérateur, se morfond de
jalousie devant les succès de Dupuytren et se
console en le criblant d'épigrainines. Marjolin,
à Reaujon, ne fait guère jiarler de lui et se con¬
sacre à un enseigneinenl sans éclat et à la clientèle.
Tout disparaît dans l’ombre du maître de l’IIùtel-
Dieu. Ceiiendanl, cette année même, la mort de
Béclard vient de donner le poste de chirurgien en
chef de la Pitié îi un homme de trente-cinq ans
dont les travaux ont déjà rénové la médecine opé¬
ratoire et qui, par son habileté, son audace, la
nouveauté d(5 ses conceptions, peut aspirer à
dominer à son tour la chirurgie : Dupuytren le
sent bien, puisqu’il a employé tous les moyens,
même les ])lus perfides, pour s’opposer à la nomi¬
nation de Lisfranc. Et parmi les jeunes qui com¬
mencent à paraître dans la carrière, il en est deux,
Gerdy et Velpeau, qui se tailleront rapidement
leur jilace dans les hôpitaux et à la Faculté.
Dans la chirurgie militaire, les grands, noms
de réj)0([ue napoléonienne s'obscurcissent : Percy
vient de mourir et Larrey, disgracié par la Res¬
tauration, est relégué à l’hàpital du Gros-Caillou,
sans enseignement ofü( iel. Le Val-de-Gràce
retentit des fureurs de Broussais ; auprès de lui,
comme chirurgien en chef et professeur de chi¬
rurgie, un homme de second plan, Gama, qui va
devenir le maître de Malgaigne.
Les débuts de IMalgaigne à Paris furent effroya¬
blement durs. Comme Velpeau, comme Jobert,
comme d’autres encore dont on n’adrnirera jamais
assez le courage et la ténacité, il vécut presque
dans la misère. Les quelques économies que lui
avaient ])rocurées son journal et son secrétariat
auprès de M. de ^'illeneuve furent vite absorbées;
les pauvres subsides de sa mère, les leçons d’ana¬
tomie et de physiologie qu’il donnait par-ci par-là
à des étudiants en mal d’examen, tout cela no
constituait (pi’un budget bien aléatoire. Malgaigne
dut vivre avec quelques sous par jour, confec¬
tionner lui-méme ses repas — • et quels repas I — ,
travailler l’iiiver dans son lit pour économiser le
bois; il connut le froid et la faim. ISIais rien ne
peut abattre sa volonté, ni vaincre sa fierté, a En
tout état de cause, écrit-il à sa mère, je vivrai et
je mourrai à Paris. » Et encore : « .le n’écris à
personne qu’à vous... je n’écris point à mon père;
il ne me ré[)ond pas ou il me cherche querelle ; il
faut que je me justifie par des faits ; et chaque fois
(juc j’écrirai à mon père, ce sera la nouvelle d’un
succès. Ainsi il ne se plaindra pas que je l’oublie;
il ne veut j)lus rien faire pour moi ; et sans doute,
il trouverait mauvais que je lui contasse mes
besoins et, mes peines; il ne les saura point. »
Et voilà que les succès arrivent, conquis à force
de travail et de privations. Enl82(), il est nommé
au concours élève de l’Ecole pratique ; l’année
suivante, il est externe. Il entreprend des
recherches personnelles, dissèque des larynx
d’hommes et d’animaux, institue des expériences
physiologiques et publie son premier travail, le
mémoire Sur une nouecUe théuric de ta voix
humaine, «ciivre fort remarquable pour un homme
de vingt et un ans. Ce mémoire allait valoir à
Malgaigne sa première récompense officielle.
Aussi avec quelle joie écrit-il à sa mère : « Enfin,
la Société d’Emulation vient de décerner ses prix :
j’en ai un ; c’est une médaille en or à l’effigie de
Bichat ; dans quinze jours a lieu la séance publique
et je crois que je serai nommé membre corres¬
pondant. )'
Mais les honneurs et les médailles ne suffisent
pas pour vivre et la situation matérielle de Mal¬
gaigne restait toujours précaire. La médecine
militaire lui offrait une solution de, ce difficile
problème : au "S’al-de-Grâce, il aurait le vivre et
le couvert, et il pourrait achever ses études sans
la préocupation angoissante du pain quotidien.
Donc il prend son parti, quitte l’IIôtel-Dieu,
renonce à l’internat et se présente au concours
d’entrée du Val-de-Grâce en Août 1828. Il y passa
deux ans et y fut, quelque temps, chef de clinique
de Broussais ; mais c’était la chirurgie qui l’atti¬
rait et il s’attacha surtout à Gama, alors chirur¬
gien en chef, qui le prit en affection et auquel il
garda toujours un souvenir respectueux et recon¬
naissant. On connaît encore Gama par d’assez
étranges expériences sur la commotion cérébrale
que citent tous les livres et qui m’ont toujours
paru fort peu démonstratives ; mais ce que l'on
sait moins, c’est l’originalité de sa thérapeutique :
chez les blessés du crâne, pour éviter l’encépha¬
lite — car nous sommes sous le règne de Brous¬
sais —, Gama avait imaginé la méthode des
« sangsues permanentes » et appliquait jusqu’à
97 sangsues par jour ! Avec do tels maîtres, Mal¬
gaigne aura vraiment du mérite à condamner,
quelques années plus tard, l’emploi des émissions
sanguines chez les amputés.
La terrible épidémie cholérique de 1832, la
première qui ait atteint la France, vint pour un
temps enlever Malgaigne à ses études chirurgi¬
cales. Comme tous les chirurgiens, ses confrères,
il s’employa à lutter contre la maladie; il la con¬
naissait, l’ayant observée en Pologne l’année
précédente. Il soigna beaucoup de cholériques
avec dévouement et, si on l’en croit, avec succès.
De Paris, l’épidémie s’étendit à toute la France;
au milieu de l’été, elle atteignit Charmes. Mal¬
gaigne écrivit alors à sa mère une lettre bien
curieuse par les aperçus qu’elle donne sur les
idées qu’on se faisait alors du choléra et de son
traitement. Bien entendu, avec tous les médecins
de son temps, Malgaigne nie la contagion. Il
donne des conseils hygiéniques, dont les meil¬
leurs sont d’éviter le froid et l’humidité, et de
s’abstenir do salade et de radis; il regarde toute
mesure de désinfection comme parfaitement inu¬
tile. Il range les malades qu’il a observés on trois
classes : malades par peur, malades par défaut de
j)récaution8, malades par excès de précautions. Il
est si sûr de son fait qu’il demande à sa mère do
faire publier sa lettre dans les journaux de la
région. Et il termine ainsi : « Souvenez-vous de
ceci que j’ai trouvé démontré à Paris plus encore
qu’en Pologne, qu’on ne meurt du choléra que
quand on le veut bien. » Quelques semaines plus
tard, l’événement lui donnait le plus cruel dé¬
menti : son père mourait, emporté par l’épi¬
démie.
A la fin de cette même année 1832, un con¬
cours d’agrégation s’ouvrit à la Faculté. Malgai¬
gne y prit part et eut à traiter comme sujet de
thèse les polypes utérins. Les épreuves de Mal¬
gaigne furent particulièrement brillantes; il y
montra toute son érudition, son intelligence, sa
clarté d’exposition. Il y montra aussi l’âpreté et
la verdeur de sa critique; c’est dans ce concours,
lors de l’argumentation publique des thèses, qu’il
dit à l’un de ses concurrents la phrase demeurée
célèbre ; « Il y a, monsieur, dans votre travail,
des choses qui sont nouvelles et des choses qui
sont bonnes ; malheureusement celles qui sont
nouvelles ne sont pas bonnes, et celles qui sont
bonnes ne sont i)as nouvelles. » La liste des élus
de ce concours comprenait cinq noms; celui de
Malgaigne n’y figurait pas. Ce lui fut une pénible
déconvenue; il eut la consolation d’entendre le
public siffler le jury lors de la proclamation des
résullats; mais il venait de s’apercevoir pour la
première fois que la justice absolue ne régit pas
tous les concours.
Il n’était pas homme à se laisser abattre par un
échec. Aux juges qui n’ont pas voulu faire de lui
un agrégé, il répond en publiant, en 1834, le
premier de ses livres didactiques, celui dont le
succès sera le plus durable, le Manuel de méde¬
cine opératoire fondée sur l'anatomie et l'anatomie
patholo"i(pie. Et, puisqu’on n’a pas voulu lui ou¬
vrir les portes de l’enseignement officiel, il va
faire pendant quatre ans, à l’Ecole pratique, un
cours libre d’anatomie et de physiologie avec .ap¬
plications à la chirurgie, qui attirera de nom¬
breux auditeurs.
En 1835, nouveau concours d’agrégation et
nouvelle thèse, celle-ci sur le sujet suivant : Quel
traitement doit-on préférer dans la fistule lacry¬
male ? Cette fois, Malgaigne ne fut pas discuté et
il fut nommé avec Sédillot, Lenoir et Ilippolyte
Larrey. La même année, en Juillet, il avait triom¬
phé, toujours avec Lenoir, au concours du Bu¬
reau central. Le voici donc entré du même coup
à la Faculté et dans les hôpitaux.
Le Sanatorium des Etudiants
et Etudiantes
[Fondation de V Union nationale des A. G. d’ Étudiants)
Reconnue d'utilité publique le 23 Mai 1925.
Fini le gros œuvre du sanatorium des étu¬
diants; terminée aussi la construction du pavillon
des étudiantes.
C’est le 25 Octobre 1924 que Monsieur le séna¬
teur Honnorat, ancien ministre, au nom du
Comité national de défense contre la Tuberculose,
• en avait posé la première pierre. Les travaux de
terrassements et de maçonnerie ont donc duré
quatre ans.^
A vrai dire, les personnes — s’il en fut — qui
se sont étonnées de la lenteur avec laquelle le
projet a été exécuté ne se doutent pas des diffi¬
cultés de toutes sortes qu’ont rencontrées et le
comilé d’organisation... et l’entrepreneur. On ne
bâtit pas à 1.158 mètres d’altitude avec la mémo
aisance qu’au rond-point des Champs-Elysées.
Quatre ans de travaux sur le plateau des Petites
Roches, soyons larges en écrivant que ce temps
représente tout bonnement vingt mois.
Presque terminés aussi les services généraux
créés en commun avec les deux sanatoriums voi¬
sins, (Association métallurgique et minière. Dépar¬
tement du Rhône). Si à l’hiver particulièrement
inclément succède une longue et belle saison, si
aussi les Pouvoirs publics nous donnent un
sérieux coup d’épaule afin de procéder à tout
l’aménagement intérieur et à k l’équipement sana¬
torial » au moyen de prestations en nature, nous
pouvons assurer qu’un des deux bâtiments sera
inauguré à l’automne prochain.
Une fois de plus, je quête, car il manque do
l’argent : 600,000 francs qui représentent [l’amé¬
nagement intérieur étant compté en prestations en
nature) notre part des services généraux et le
pavillon destiné au médecin.
Le palmarès de 1928 a été particulièrement élo¬
quent : parmi les associations d’étudiants, celles
d’Angers, Grenoble, Lyon, Montpellier et Rennes
montrent un prix d’honneur, M. Ch.-P. Klein,
qui était notre délégué à Strasbourg, un prix
d’excellence, le D" Dalsace, notre très dévoué
ami, un premier accessit.
250 noms à ce palmarès !
Encore que l’hospitalité de La Presse Médicale.
soit aussi immense... que sa diffusion, ils ne
pourront, certes, tous y prendre place.
Citons les associations d’étudiants qui ont versé
12.000 francs ; les fêtes organisées par le comité
341.000 francs ; les internes des hôpitaux de Paris
auprès desquels le D’’ Hudelo a ouvert une sous¬
cription pour la création de deux lits, les externes
N“ 15
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
245
Récapitulation générale des dons recueillis ou annoncés.
Devis approximatif des travaux des 2 bâtiments établi le 6 Juillet 1928
par M. Gavet, architecte D, P. L. G., La Tronche (Isère).
de Lyon pour la création également d’un lit, le
département de la Haute-Vienne (1 lit), ceux du
Gard et de rille-ct-Vilaine (7.000 francs) ; l’as-so-
(ûation'des médecins du département de la Seine
[1 lit) ; l’association des anciens élèves de la
Faculté des lettres de Paris (1 lit) ; différenles
associations d’étudiants de Grenoble ainsi que le
comité des étudiants étrangers de celte ville
17.000 francs) ; le comité national de défense
contre la tuberculose (50.000 francs) son comité
grenoblois (1 lit) ; le 1)'' Foxton Gardner, de
New-York (1 lit) ; M'“ Soyer de Bosmelet (1 lit) ;
citons enfin la collecte faite par M. Roger Jauneau,
externe des hôpitaux, auprès d’un certain nombre
de professeurs, médecins et chirurgiens des hôpi¬
taux qui a dépassé 20.000 francs.
Pour terminer, /.c) ./eunc Médecin, revue des
étudiants en médecine qui a fait, lui aussi, un
elfort en versant sa conlributiou à celle (luivre
magnifique.
’fotal des dons recueillis ou annoncés à ce jour :
5.213.007 francs.
A
Une fois de plus je quête !
Notre délégué, M. Roger Jauueau, continuera
très prochainement sa collecte.
S. Costa
Le D'' S. Costa, officier do la J.égion d’Honueui',
professeur de bactériologie il l’Ecole de Médecine et
de Pharmacie de Marseille, est décédé subitement le
dimanche 30 Décembre 1928, à 1 Age de 57 ans.
Une perle si prématurée sera vivement ressentie
par tous ceux qui connaissaient ce travailleur infati¬
gable, toujours avide de s’instruire, ; ce professeur
éloquent et, qui avait vraiment le don de l’enseigne¬
ment, et ils partageront la douleur de ses nombreux
Pendant plus d’un quart de siècle, avant et pendant
la guerre et depuis la paix, dans les laboratoires
Je demande aux maîlre.s des Facultés et dits
hôpitaux de France de nous venir en aide.
Ils ont certainement été frappés par le nombre
de leurs élèves atteints de tuberculose.
Le sanatorium des étudiants est maintenant à
pied d’œuvre; il importe qu’il soit ouvert au plus
tôt ; je demande à ceux qui n’ont pas encore
versé leur obole de le faire sans tarder.
Je leur demande aussi de parler autour d’eux
de celte œuvre admirable.
Ils ont certainement parmi leur clientèle des
personnes qui cherchent à donnera leurs capitaux
un emploi « bienfaisant ».
Qu’ils leur indiquent le nom et l’adresse de
notre trésorier :
^I. Guy, recteur de l’Académie de Grenoble
iC. Ch, P. Lyon 188-37).
Pour le Coiiiilé ;
MM. .ÔMAlUîliT, jtrénideiil,
FiîiiiiKiiiî, S.ttJiiix, Moy et CouiutAiiiji, ineinbvcs.
Jean Ciiodzat,
I, rue Pierre-Curie, Paris (V*).
N. B. -- Memhn; doiiateui- : 500 A 5.000 fr. ; hien-
faiteiir : 5.000 à 25.000 fr. ; fondateur {création d'un
/;7) ; A parlir de 25.000 fr.
militaires, aux armées, puis A l’Ecole de Médecine,
Costa a dans les voies les plus diverses donné la
preuve de ses remarquables qualités de bactériolo¬
giste et de savant ; ces qualités se manifestent aussi
bien dans les travaux de bactériologie pure que dans
les recherches d’un intérêt pratique ayant comme
objectif la prophylaxie des maladies infectieuses et
leur traitement, car chez lui l’homme de laboratoire
était doublé d’un clinicien.
Sans entrer dans le détail de ses nombreuses publi¬
cations, je citergi seulement ses travaux sur la déter¬
mination du bacille diphtérique, sur les blessures de
guerre, sur les ictères infectieux et surtout sur la
spirochétose ictéro-hémorragique en collaboration
avec J. Troisier. Ces dernières recherches ont permis
d’établir la virulence du liquide eéphalo-raehidien
dans la spirochétose, la réaction méningée et sa for¬
mule cytologique et chimique, et enfin d’individua¬
liser deux types cliniques : la spirochétose anicté-
rique et la forme méningée pure.
Des 1920, Costa publie- sa technique des vaccins
formolés et ses recherches font eu quelque sorte
prévoir les beaux travaux de Ramon sur les ana¬
toxines.
Ce qui caractérise l’œuvre de Costa, c’est la préci¬
sion de la méthode, la rigueur expérimentale, la
clarté de l’exposition. Ces qualités lui ont valu les
récompenses les plus flatteuses; deux fois lauréat de
l’.-Vcadémie de Médecine (prix Barbier 1917, prix
Guinchard 1918), il était membre correspondant de
la Société médicale des hôpitaux de l’aris, membre
de la réunion biologique de Marseille ; il avait été
président de la commission scientifique du Comité
médical des Bouches-du-Rhône.
Son destin est venu le surprendre alors qu’il
mettait la main à une dernière publication. Ainsi
s’est achevée dans le travail une vie admirablement
remplie et que les siens avaient su rendre si douce.
S’il peut y avoir un apaisement A leur douleur, nous
olfrons pour appui A leur détresse l’estime et l’affec¬
tion de ses amis. 1). O1.MER.
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
lues coulis n’iiYciùxE ïHOPicAi.iî .1 noiiD m;s bateaux.
L’Association des Intérêts coloniaux belges a orga¬
nisé A bord des steamers de la Compagnie belge
maritime du Congo des cours d’hygiène tropicale, de
façon A éduquer les voyageurs sur les précautions A
prendre A leur arrivée et pendant leur séjour A la
colonie. Ces cours sont suivis par un nombre crois-
Chine
L’opium est un fléau qui a ravage la Chine depuis
ijuclque cent ans. Sous le règne des Mandchous,
deiiuis les fonctionnaires les iilus élevés jusqu’au
petit peuple, presque tout le monde fumait l’opium.
C’était un luxe, une fantaisie dont la haute bourgeoi¬
sie ne devait pas être privée. Des fumeries publiques
étaient installées, d’où s’exhalait une fumée nauséa¬
bonde et où affluait une population sale, crasseuse et
dégoûtante. Dans les rues on ne voyait que des gens
A figure maigre et pAle, les yeux demi-clos, chance¬
lants et somnolents. On iioiivait les prendre pour
des cadavres vivants.
Le mal était si profond et le danger si immense
que le gouvernement des derniers Mandchous com¬
mençait A s’inquiéter. Des mesures de prohibition
étaient alors prises et une date fixée pour l’extermi¬
nation complète de la drogue.
La révolution de 1911 survint sur ces entrefailes
amenant avec elle le renversement de la dynastie
mandchoue et la proclamation de la République chi¬
noise. Mais le nouveau régime ne changea en rien la
situation et l’opium continua son œuvre de ravage.
La prohibition qu’avaient commencée les derniers
dirigeants de la dynastie des 'Lsing ne fut qu’une
lettre morte. Les militaristes nordistes, pour avoii-
les fonds nécessaires A leurs luttes intestines, n ont
fait qu’encourager la culture du pavot. Non seule¬
ment le trafic de cette drogue a été toléré, mais
encore il a été publiquement protégé par nos soldats
moyennant une taxe A percevoir aux bureaux instal¬
lés dans ce but. Dans certaines provinces même, le
pavot était cultivé A la place du riz. Le fléau était
donc A son apogée.
Maintenant que la révolution a été couronnée de
succès et que l’œuvre de recoiislructioii a commence,
la prohibition de l’opium est une question qui
demande A être envisagée le plus lot possible. 11 y a
longtemps que notre peuple a été victime de cette
drogue, il serait donc de toute urgence de le retirer
du gouffre dans lequel il s’enfonçait. Dans ce but,
une Société nationale de prohibition de l'opium a été
formée. Elle s’est réunie le 31 Octobre dernier pour
la première fois A Nankin sous la présidence de
M. Tchang Tche-kiang. Presque toutes les provinc.’s
de la Chine ont été représentées.
246
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N» 15
ESPAGNE
Le Conseil général de l’Alliénéc des sciences médi¬
cales de Malaga vient de constituer son Comité ; ont
été nommés :
Présideiil : M. Pablo Lazarraga ; Vice-Présidents :
MM. Alilano Cerezo, Miguel Prados Sucli ; Secré¬
taire : M. Eduardo de Yillegas y Üominguez ; Vice-
Secrétaire : M. Antonio del Campo ; Trésorier :
M, Francisco Saval.
PERSE
A la dernière séance de la Société de Palliologie
comparée, M.M. A. Urbain et .1. Barotto ont présenté
un travail relatif aux farines, et aux intoxications
attribuables à la consommation du pain. Ils disent
(selon l’analyse parue dans La Presse Médicale du
5 .Janvier 1929) que les inloxicalions consécutives à
l’incorporation de farines de légumineuses exotiques
au pain sont très rares, et ne peuvent être assimilées
à l’encéphalite lélliai gique.
C’est peut-être l’occasion de rappeler quelques
faits peu connus, relatifs è la maladie du pain de
Mazanderan.
Le nouveau venu dans cette province Caspienne do
la Perse est généralement mis en garde contre la
consommation du pain de la région. Il détermine en
effet, chez celui qui n'est pas accoutumé, des ver¬
tiges, des étourdissements, môme des syncopes, et
si l’ingestion est répétée, des palpitations cardiaques.
Il y aurait même, mais le fait n’est pas prouvé.
Les. indigènes habitués ne présentent que peu ou
pas d’accidents apparents.
Le pain est surtout redouté lors des récoltes qui
suivent les années pluvieuses.
Les boulangers locaux sont renseignés sur la cause
des troubles. Ils ont en effet très bien remarqué que
le grain de blé est souvent mélangé à d’autres grains
parmi lesquels ils. ont distingué uiie graine plus’
petite, ressemblant en réduction i un grain d’avoine,
mais avec une longue arête. C'est la graine do loliam
temùlenluni, l’ivraie enivrante des Ecritures. J’ai pu
en trouver jusqu’à 4 pour 15 grains de blé.
Quelques boulangers consciencieux font à la main
le tri des mauvais grains, et séparent, à la lettre,
l’ivraie du bon grain. Mais d’autres ne compliquent
pas, et jettent à la moulure sans aucun blutage le
graiu tel que l’apporte le cultivateur.
Peut-être l’usage prolongé de cette farine exotique
est-il responsable, dans une certaine mesure, de l’état
de cachexie dans lequel on voit trop de malheureux de
celte fertile mais insalubre province.
Dans le reste de l’Iran, sur le plateau sec, aucun
fait semblable n’a été signalé.
Actuellement, ce blé ne sort pas du pays, ni racme
de la province d’origine. Mais si les conditions écono¬
miques cl politiques évoluent, il n’est pas impos¬
sible que ce grain no soit c.xporté, via Bakou, en
Russie, d'où il pouri'ait venir sur le marclié mondial.
C’est pourquoi il n’est peut-être pas inutile d’atti¬
rer l’attention sur ces particularités. T,. Bbociiet,
RUSSIE
Le 20 Novembre, la Société russe de la Croix-Rouge
a fêté son dixième anniversaire. Fondée en 1918, elle
a lo.ijotirs eu à sa tête, comme président, M. le pro¬
fesseur Soloviov qui,' malheureusement, est mort
deux semaines avant cet anniversaire. A la fin de Nc-
vembro, on a organisé dans toute la Russie « La
semaine de la Croix-Rouge ». Le Comité cen¬
tral vient de publier un manifeste aux travail¬
leurs avec caractéristique de l’activité de la Croix-
Rouge pendant la guerre civile et en temps de paix.
La Société de la Croix-Rouge compte, actuellement,
466.000 membres, 8.393 cercles des premiers secours
et 194 brigades sanitaires. Le Comité central invite
la population à s'enrôler dans cette Société et à
contribuer à son développement et à sa prospérité
ultérieurs.
Dans la nuit du 5 au 6 Novembre est décédé à
Moscou le D'' Zinovy Pétrovitch Solo'dov, commis¬
saire adjoint de Santé, président de la Société russe
de la Croix-Rouge, chef du Service sanitaire de
l’Armée rouge, professeur d’Hvgiène sociale à la
11“ l’niversilêde Moscou.
On a observé pendant les trois dernières années une
augmentation considérable de la population dans les
grandes villes de l’Ukraine. Ainsi, la population de
Kharkov a augmenlé de 30,9 pour 100. celle de
Kieff de 15,7 pour 100, celle d’Odessa de’ 30,7 p. 100.
A Odessa, on vient d’inaugnrer, le, premier en
Russie, un dispensaire hygiénique qui donne des con¬
sultations pour les citoyens sains, bien portants,
désirant être éclairés sur les questions d'hygiène du
travail, de la vie quotidienne, sur l’instruction sani¬
taire, l’éducation, la vie sexuelle, l’hygiène nerveuse,
psychique, etc. Ses consultations ont un gros succès
parmi la population.
Correspondance
A propos des réactions tuberculiniques.
Je viens de lire avec le plus extrême intérêt le
travail original de MM. Troisier, Devclay et ’Weiss-
Koudinesco, relatif aux réactions tuberculiniques
chez le vieillard.
Ces auteurs citent une phrase d’un article récent
de Burnand, regrettant l’absence de slalisli([ucs por¬
tant sur les résultats de la cuti-réaction aux différents
âges chez l’adulte.
Je me permettrai de rappeler que le professeur
Léon Bernard a bien voulu présenter en mon nom, à
la séance du 5 Avril 1927 de l’Académie, de Médecine,
la première statistique établie en France sur ce sujet
dans une population l’urale, et que La Presse Médi¬
cale a publié, dans son numéro du 17 Septembre 1927,
un article sur la même question.
Dans ce travail, qui portail sur 3.182 cas observés
et suivis, j’établissais le pourcentage des i-éactions
positives de la naissance à l’Age d'homme, et j’arri¬
vais au chiffre de 60 pour 100 à partir de 22 ans.
Des recherches complémentaires faites chez des
sujets de 50, 60, 70 et 80 ans ont donné des résultats
absolument superposables, et je n'ai pas observé,
pour ma part, que la fréquence de la cuti-réaction
négative augmeutût avec l'Age.
Cette proportion de négativité — 40 pour 100 — -
est beaucoup plus importante qu’on pourrait le sup¬
poser d’après les données des statistiques urbaines.
Il est donc certain, du moins à la campagne, qu’un
certain nombre d'individus échappent à l’infection
tuberculeuse. Celte notion, nous le répétons après
MM. Troisier, Develay et Weiss-Roudincsco, n’est
pas encore classiciue. Mais il n’est pas douteux que
ces sujets denieui'enl exposés à des primo-infections
tardives, cl généralement d’autant plus graves,
I R, Piiiii-iîoofi,
Livres Nouveaux
Diagnostic et traitement de la blennorragie chez
l’homme et chez la femme, par Jules Jaxet.
1 vol. de 536 pages avee 143 figures, Paris, 1929
(Masson et (7‘“, éditeurs). — Prix : 60 francs.
Le livre que vient de publier Jules Janet est le
plus complet des ouvrages cliniques sur la blennor-
Cc grand spécialiste, qui pendant 36 ans n’a pas
cessé d’éludier le gonocoque, observant, journel¬
lement, son évolution dans les tissus envahis; décou¬
vrant ses repaires ignorés; classant mélhodiqucmenl
les moindres détails cliniques de ses innombrables
malades; cherchant à perfectionner sa méthode,
devenue mondiale, de lavages nu permanganate de
potasse, a eu le rare mérite d’écrire, en pleine matu¬
rité active, après des journées d’un labeur écrasant,
un traité qui doit être lu par ceux qui se destinent à
notre spécialité, par ceux qui la pratiquent, par les
médecins, par les sociologues, par les pères de
famille.
Janet, comme ceux qui ont bien observé dos phéno¬
mènes souvent répétés, a su en déduire des prin¬
cipes, a pu établir des formules, qui faciliteront
énormément la tâche de ceux qui veulent apprendre
à bien connaître et à bien soigner celle maladie,
dont les cas, quoique rentrant dans dos cadres
déterminés, présentent une variété très grande qui
déi'onccrle les praticiens.
Beaucoup de principes qu’il énonce dans son livre
sont lapidaires et ils niérîleraicnl d’èire inscrits sur
les murs des cliniques. En voici quelques-uns parmi
ceux qui m’onj séduit ou hasard do la lecture :
« N'estropions pas les gens sous prétexte de les
soigner. »
« Sachons nous servir de nos armes et nous ne
causerons plus d’accidents, »
« Rendons-nous compte que notre unique rôle
est de hâter le travail curatif de la nature. »
« Pour guérir une femme de la blennorragie, il ne
sert de rien de lui enlever la moitié de ses organes,
si on ne dcsinl'ecle pas l’antre moitié. »
« Laissons aux blennorragies totales les lavages
complets ou grands lavages cl aux blennorragies
antérieures, les lavages .antérieurs ou petits la¬
vages. »
« Il ne faut jamais, jamais faire' saigner, sous
prétexte do traitement, un blennorragique homme ou
« Le. traitement local de Turèlre est donc rignu-
reusement prophylactique et presque curatif des
complications à distance de la blennorragie. »
« Connaître exactement l’opportunité de l’emploi
de nos différentes armes, tout est là dans notre
spécialité. »
« La blennorragie de l'homme et de la femme est
rertnincmenl la maladie la plus mal connue dos mé¬
decins et la plus mal traitée par la plupart d’entre
L’œuvre d'e Jules Janet est à la fois scientifique et
humanitaire ; l’ouvrage magisli-al qui la résume
honore la science française. Il constitue le couronne¬
ment d’une belle carrière.
J. DE Sard.
Tuberculose infantile, par H. Barbier. 1 vol. de
254 pages avec 85 ligures, « Nouveau Traité do
médecine et de thérapeutique Carnot cl Lerc-
boullet » Baillière et fils), Paris, 1928. —
Prix ; 25 francs.
Durant les vingt-cinq années qu’il a passées à l’hô¬
pital Hérold comme chef de service, M. Barbier a
étudié avec un soin particulier les enfants atteints de
tuberculose. Le présent ouvrage, consacré exclusi¬
vement à l’étude anatomique et clinique des formes
évolutives de la tuberculose pulmonaire chez les
enfants, depuis les premiers mois de la vie jusqu'à
15 ans, rellèle aussi la grande expérience de l'auteur
en celte matière.
Aussi le lecteur trouvera-t-il dans ce yolunn;,
non des inlcrprélationa et des discussions théo¬
riques, mais des faits exposés, classés et comparés
))ar un clinicien averti, désireux avant tout d’éclairer
les praticiens et de leur rendre service dans l’accom¬
plissement de leur lâche.
G. SCBRRIBER.
Un nouveau facteur plausible d’obésité, par Jules
Blier. 1 vol. de 92 pages, éditions de la Revue de
Pathologie comparée et d'Ilygiène générale, 7, rue
Guslave-Nadaud, Paris-16“. — Prix : 15 francs.
11 s’agit d’un ouvrage susceptible d’élargir nos
connaissances sur l’obésité. L’auteur, docleur-vcté-
rinair’e, part de la découverte de la lipo-dicrô.^e par
Roger et Binet et rassemble les faits qui milileiil en
faveur d’une perturbation, dans certains cas, du ren¬
dement de celle lipo-diérèse. Nous rappelons qu’elle
assure, notamment dans le poumon, la destruction
des graisses. Ce travail s’appuie sur des faits d’un
haut intérêt et pourtant peu connus; l’extraordinaire
richesse du lait des baléinoplères, — lequel contient
50 pour 100 de corps gras, — les méthodes paysannes
d’engraissement des oies, le rôle de l’NH” comme
facteur d’adiposité, la croyance populaire et an¬
cienne dans l’action curatrice jouée par l’air des
étables chez les tuberculeux, le rôle de l’air marin
comme cause d’obésité cher les, cétacés, sont tour à
tour examinés. Cet ouvrage, avec sa bibliographie,
est à consulter par les spécialistes de la nutrition,
par les praticiens appelés à traiter l’obésité ou, au
, contraire, par ceux qualifiés pour prescrire à leurs
malades les cures maritimes, dont l’aeliou tonique,
• reconnue de tons, est loin d’être encore élucidée dans
N» 15
LA PRËSSË MËDICALË, Mercredi, 20 Lévrier 1929
Université de Paris
Faculté de Médecine. — Les consignations pour les
examens de chirurgie dentaire (Session extraordinaire
d’Avril) seront reçues à la Faculté les lundi 18 et mardi
19 Mars 1929.
L’affichage des séries aura lieu le mercredi 17 Avril.
La session s’ouvrira le 22 Avril.
Modifications apportées aux heures d’ouverture de la
Bibliothèque : Celle-ci est actuellement ouverte aux
heures ci-dessous : de 13 h. 30 à 19 h. 15 et de 20 h. à
22 h.- 15.
— P. Brocq, agrégé, fera deux leçons sur la stérélité
chez la femme le mercredi 27 Février et le vendredi
1" Mars, à 16 h., aii grand amphithéâtre de la F’aculté :
Projections radiographiques par M. Claude Béclère.
Médecine opératoire spéciale. — M. Guy Seillé,
prosecteur, fera un cours sur la chirurgie d’urgence,
cours qui s’ouvrira le lundi 11 Mars, à U h.
Détail DUS LEÇONS. — Premirre série. — 1° Sutures des
tendons, nerfs, vaisseaux (transfusion du sang). 2° Phleg¬
mons de la main, panaris. Ostéomyélite. Phlegmons du
cou. — 3” Amputation de la jambe, de la cuisse. Arthro¬
tomies. — 4“ Fractures du crâne. Trachéotomie. Traite¬
ment des pleurésies purulentes. — 5° Hernies étranglées
(inguinale, crurale, ombilicale).
Dciuviimc série. — G" Sutures intestinales, suture du
foie. Néphrectomie. Splénectomie. — 7° Traitement des
péritonites aiguës, de l’appendicite, de l’ulcère perforé.
— 8“ Gastrostomie, gastro-entérostomie d’urgence. Cho¬
lécystectomie. Traitement des pancréatites aigues. --
9" Anus cæcal, anus iliaque. Chirurgie de l’occlusion
intestinale. Fistulisation du grêle (Ileo-sigmoidostomie).
— 10° Cystostomie, infiltration d’urine. Curettage. Colpo¬
tomie. Ablation d’annexes (toi'sion de kyste de l’ovaire,
rupture de grossesse tubaire).
Les cours auront lieu tous les jours. Les élèves répé¬
teront eux-mêmes les opérations sous lu direction. du
Prosecteur.
Le nombre des élèves admis à ce cours est limité.
Seront seuls admis : Les docteurs en médecine français
et étrangers, ainsi que les étudiants immatriculés. Le
droit à verser est de 150 fr., pour chaque série. S’inscrire
au secrétariat de la F’aculté (guichet n“ 4), de 14 à 16 h.,
les lundis, mercredis et vendredis.
Couns pratiques. — Les cours pratiques destinés
aux médecins et étudiants désireux de se familiariser
avec les techniques histologiques courantes qui doivent
avoir lieu sous la direction de M. le professeur Champy
sont reportés au lundi 11 Mars. Ils seront terminés le
25 Murs.
Hôpital Cochin. — Un cours de porfectionnement sur
les maladies de l’appareil génital de l’homme, sera fuit
sous la direction de M. Maurice Chevassu, du lundi 4 au
samedi 16 Mars 1929, par MM. Chevassu, agrégé, chirur¬
gien de l’hêpitnl Cochin; Gouverneur, Boppe, Braine,
chirurgiens des hôpitaux ; Leibovici, prosecteur des hôpi¬
taux; Bayle, assistant du service; Gautier, assistant de
consultation; Lazard, assistant de cystoscopie; Canoz,
chef du laboratoire de bactériologie et Moret, assistant
de radiologie.
Le cours sera complet en deux semaines. Il compor¬
tera, le mutin, de 9 h. à 12 h., et l’après-midi, de 2 h. à
4 h., sauf le samedi, quatre leçons théoriques et prati¬
ques, avec démonstrations cliniques, urétroscopiques et
radiologiques, examens de laboi’atoire, présentations de
pièces et opérations. Un certificat sera remis à la fin du
cours à tous ceux qui l’auront suivi régulièrement. Un
diplôme pourra êti'c délivré après examen.
Proffraiiiiiie du cours. — Lundi 4 Mars. — Matin. M. Che¬
vassu : L’urètre et son cathétérisme. — M. Gautier: La
blennorragie aiguë. Clinique et laboratoire. . — Soir. M.
Gautier : Chancre syphilitique de la verge. Clinique et
laboratoire. — M. Boppe : Ruptures de l’urètre.
Mardi 5 Mars. — Matin. M. Gautier : Châneres mous et
bubons. Clinique et laboratoire. — M. Chevassu : Examen
clinique de l’appareil génital. — Soir. M. Gautier : Trai¬
tement de la blennorragie aiguë. — M. Bayle : Prostuto-
vésiculites aiguës.
Mercredi G Murs. — Mutin. M. Gouverneur : Abcès de
la prostate. — M. Bayle ; Orchi-épididymite blennorra¬
gique. — Soir. M. Gautier : Urétrite^ chroniques. — M.
Cunoz : Les critériums de guérison de la blennorragie.
Jeudi 7 Mars. — Mutin. M. Bayle : Les rétrécissements
de l’urètre. L’urétrotomie interne. — M. Gouverneur :
Cancer de la verge. — Soir. M. Gautier : L’urètre anté¬
rieur étudié a l’urétroscope. — M. Bayle : Abcès urlneux
et fistules urétrales.
Vendredi 8 Mars. — Matin. M. -Chevassu ; Les gangrènes
de la verge. L’infiltration d’urine. — M. Lazard : L’anes¬
thésie de l’urètre. — Soir. M. Lazard : Calculs et corps
étrangers do l’urètre. — M. Gautier : L’urètre postérieur
étudié à l’urétroscopc.
Samedi 9 Mars. — Matin. M. Gouverneur ; Hypospa-
dias. Epispudius. — M. Lazard : L’étude de l’urètre pos¬
térieur à l’urétrocystoscope.
t^Lundi 11 Mars. — Matin. M. Gautier : L’induration
fibreuse des corps caverneux. Phimosis et paraphimosis.
— M. Braine : Ectopie testiculaire. — Soir. M. Chevassu ;
Les hermaphrodites. — M. Leibovici ; Varicocèle.
Mardi 12 Mars. — Matin. M. Leibovici ; Anatomie de la
prostate. — M. Gouverneur : Kystes de l’épididyme.
Kystes et tumeurs du cordon. — Soir. M. Chevassu : La
tuberculose génitale de l’homme.
Mercredi 13 Mars. — Matin. M. Moret : L’étude radio¬
logique de l’urètre, de la prostate et des vésicules sémi¬
nales. — M. Chevassu ; Traitement de la tuberculose
génitale de l’homme. L’épididymectomie. — Soir. M.
Bayle : Hématocèle vaginale. — M. Chevassu : Syphilis
Jeudi 14 mLs. — Matin. M. Bayle : L’anatomie patho¬
logique de l’hypertrophie prostatique. — M. Chevassu :
Torsions du cordon spermatique. — Soir. M. Gouverneur:
Symptômes et diagnostic de l’hypertrophie prostatique.
M. Chevassu : Anatomie pathologique des tumeurs du
testicule.
Vendredi 15 Mars. — Matin. M. Gouverneur : Traitc-
M. Chevassu : La prostatectomie pour hypertrophie pros¬
tatique. — Soir. M. Bayle : Cancers de la prostate. —
M. Boppe : La prostatectomie périnéale.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Tenon. - Des Conférences sur les mclhodes'
de luboruloire appliquées à lu cardiologie clinique, con¬
férences, accompagnées de’ projections, sont faites tous
les samedis à 10 h. 1/2 à ramphithéiUre des cours de
riiùpital Tenon par M. Camille Liun, professeur agrégé,
médecin de riiôpital Tenon, et scs assistants, MM. Blon¬
del, Bréant, Marchai, Stoïcesco, Viau cl Vidrasco.
Prochaines conférences. — 23 Février et 2 Mars, M. Mai*-
chal : Interprétation des orthoradiogrammes cardiaques.
— y Mars, M.' Blondel : L'éleclrocardiographic dans le
diagnostic des cardiopathies valvulaires. — 10 Murs,
M, Bréant : La réserve alcaline. — 13 et 20 Avril, M. Vian :
L’éleclro-cardiographie dans le diagnostic des arythmies
simisales et extrasystoliques.
Maternité. M. Georges Schrelber fera le dimanche
10 Mars 1920. à ,^1/i 11. 30 au nouvel Amphithéâtre de la
Maternité (Service Paul Dubois) 121. boulevard de Porl-
Roval, une conférence sur la médecine préventive chez
le nourrisson : vaccination antituberculeuse, antivario¬
lique et antidiphtérique.
Sanatorium de Mardor. - Un emploi d’interne est
vacant au sanatorium de Mardor pur Couches-lcs-Minos
(Saône-ct-Lüire), s’adresser au directeur.
Concours
Médecin des hôpitaux. — Sont désignés pour faire
partie du jury du prochain concours de médecin des
hôpitaux : MM. Grenet, Lortal-Jacob, F’aiirc-Bcaulieu,
Stévenin, Brodin, Rouillard, qui ont accepté.
MM. Sainton, Loeper, Léon Bernard, Roger, Sézary et
Le Noir n’ont point encoi’e fait connaître leur acceplalion.
Censeurs du concours. — Sont désignés : MM. Janet,
Jacquet, Léchelle, Gain, llutinel, Binet. Marchai, qui ont
accepté.
M. H. Bénard n’a point encore fait connaître son accep-
SeFvice médical de nuit. — Un concours sur titres
pour l’admission à des emplois de médecin suppléant au
Service médical de nuit, aura lieu le lundi 15 Avril 1929,
ù lu Préfecture de Police.
Les candidats doivent être F'runçais, pourvus du di¬
plôme d’Etat de docteur en médecine, délivré pur une
F'aculté française et n’avoir pas atteint 40 ans au !"■ Jan-
Le Service médical de nuit est assuré par 30 médecins
titulaires, formant 6 équipes de 5 médecins chacune. Les
médecins suppléants sont au nombre de 15. En cas de
vacances dans le cadre des médecins titulaires, les rem¬
plaçants sont choisis parmi les SHp])léunts.
Les médecins titulaires et suppléants reçoivent, ])ar
nuit de garde, une vacation de 100 fr.
Le registre d’inscription est ouvert, à la Préfecture de
Police (Service du personnel), où tous renseignements
utiles seront foui'nis aux candidats; ils sera clos le ven¬
dredi 15 Mars 1929,
Hôpital Notre-Dame de Bon -Secours. — Deux
places, l’une de médecin-adjoint, l’autre de chirurgien-
adjoint sont à pourvoir, à l’hôpital Notre-Dame de Bon-
Secours, 66, rue des Plantes, à Paris (14°).
Les candidats à ces postes sont priés de s’adresser à
l’Administration de l’hôpital, les mardis et vendredis de
14 à 17 h., pour connaître les conditions de ce concours
Il leur sera remis un règlement concernant le service
médical de l’hôpital.
Le registre d’inscriptions restera ouvert jusqu’au
l'° Mars 1929.
— CoNCOuns d’internat. — Composition écrite. —
•Séance du 31 Janvier. — Artère utérine. Perforation de
l’ulcus gastrique. Rhumatisme blennorhagique.
Ont obtenu : MM. Allie, 9; Dauchez, 26; Lahignette,
32; Bouvier, 39; Galland, 18; Leborgne, 37; Perdu, 25.
jipreuve orale. — Séance du 2 février. — Signes et dia¬
gnostic de lu colique hépatiqué. Phlegmon de la main.
Ont obtenu : MM. Bouvier, 13; Dauchez, 7; Lahignette,
17; Leborgne, 14 ; Perdu, 9.
Sont proposés nu Gonseil d’Administration comme in¬
ternes titulaires dans l’ordi'c suivant ; MM. Bouvier, 52:
Leborgne, 51; Labignetic, 49; Perdu, 34.
M. Dauchez, 33, est proposé comme interne provisoire.
Internat en pharmacie. -- Sont désignés comme
membres du jury du prochain concours de l’inteimat en
pharmacie : \IM. Cousin. .André, Delépine. Valette, Guil¬
laumin.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Lëgion d'iionnihu.
Sont inscrits nu tableau do concours : Pour le grade
d*Offîcier, M;\I. Grenier do Cardenal, Weîlzcl, Dupuicli.
Vallal, médecins cohuicls; Julion-Lafcrriorc. Pclegiin.
Donicr, Baruillié, Méloz, Couturior. Paître, Marvv, Ma-
Jiaul, Schickelé, Wornis, Lamoureux. Garrot, Lacroix.
Fournier, Ringenbach, Marque, Pouliquen, médecins
licutenauts-coloncls ; Legendre, Long, Buinat, de Fursl,
Roussel, Péchiné, Siinoni, Croidieii, Bernard, Frizac.
Maisoniiet, Ghabardès, Bernard. Rcyueau, Gromicr, Au-
gagnciir, médecins commandants ; ( îiraud, Bousseau.
médecins capitaines.
Mkuaii.lk d’iionnkuk dës McdutUc (Var¬
ient. — M. Lasmoles. médecin de 2' classe du Service de
Santé de la marine.
Médaiîle de bronze. — M. Maiçon, médecin de i’’" cl.
du Service de Santé de la marine.
Ténioif^nagc officiel de saiisfavtion. — MM. Schennberg,
Le Bourgo, Dupas, médecins de i'" classe du Service de
Santé de la marine.
Félicitations du ministre. — MM. Adrien, médecin
principal cl Charpentier, médecin de l'" classe du Ser¬
vice de Santé de la marine.
Hemvrcicments du. ministre. - M. Soliard, médecin
principal du Service de Santé de la marine.
Société française de Psychologie. — La procliaiue
réunion de la Société de Psychologie, à laquelle veut bien
sc joindre la Société de Linguistique, aura lieu le jeudi
21 Février î‘.)2y. à la Sorbonne, salle 5, galerie Rollin.
Réunion libre à 10 h. 3/4, séance à 17 b.
Ordre du jour. — l** Installation du Bureau. — 2" No¬
mination de deux membres d'honneur. — 3" Nomination
d’une commission de candidature. — 'r .1. Marouzeau.
Souvenir et prévision dans l’énoncé.
Congrès international de Médecine et de
Pharmacie militaires. — 1. Le Comité d’organisation
du Congrès a !)ien voulu reporter du l"'' Février an
1"" Mars 1929 la date jiisiprà laquelle jiourraient (Mre
adressés au Seerélariat du Ciingrès les bulletins d’adhé-
11. Les Grands réseaux de Chemins de fei- français tuil
décidé d’accorder une rédiietion. individuelle de 1/2 iarlf
aux congressistes français qui ne liéuélicient. pas déjà
d’une réduction au tarif militaire, et à leur femme les
accompagnant, entre leur n*sidence (*l le port d'emliar-
qiicinenl.
Los congressistes désirant bénélicier de ces avantages
devront joindre tous renseignements utiles à leur bulletin
d’adhésion, afin de permettre aux organisateurs du Con-
lisle nominative des personnes devant emprunter ces
lignes, avec indication, ])our chacune d'idles. de la gare
de départ, de transit ou de dcslinalioa à l’aller et an
retour.
Les bons individuels de 1/2 tarif seront ensuili* adres-
iiitéressés. (Àes bons seront valables du P'' an H» Mai
1929 inclus et seront jiassibles de riinjuM de 15 poiii- IttO
prévu par les lois des 29 .hiin 1918 cl 22 Mars 1924, por-
Santé que tous renseigm*meuts complémentaires relatifs
à l’organisation de ce (àuigrès leur seront fournis par la
Direction du Service de Sauté de la n'^gion de leur rési-
Comité consultatif de santé militaire. — Le
Comité consullatif de santé militaire pour l’année 1929,
est composé comme suit : '
Président : M. le médecin général inspecteur Touhert.
. Membres titulaires : MaM. Laniic, Dopter, Marotte, Ba¬
ron, Audibert, médecins généraux inspecteurs; Snequépée,
Savornin, Rouvillois, Boyé, médecins généraux; Gautier.
• pharmacien général.
Membres consultants : a) Membres civils : MM. Roger,
248
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Février 1929
N“ 15
doyen de la t acuité de Médecine de Parie; Quénu, pro¬
fesseur honoraire, Walther, ancien professeur agrégé;
Bezunçon, professeur à lu l'acuité de Médecine de Paris.
b) Membres militaires ; MM. Lahoussois, Uubenthaler,
Plisson, médecins colonels ; Breteau, pliurmacieu colonel.
Les pharmaciens ont droit d’ouvrir leurs offi¬
cines le dimanche. — M. Marteau, député, ayant de¬
mandé à M. le ministre du Travail ; 1“ si un patron tra¬
vaillant sans employé est tenu de respecter lu loi de huit
heures, c’est-à-dire de no laisser son magasin ouvert au
public que ce nombre d'heures; 2” si des pharmaciens,
ne voulant pas ouvrir leur officine au public en dehors
de la présence de leurs employés, peuvent obliger les
confrères qui n’ont pus de personnel à uniformiser les
heures de travail, d’ouverture et de fermeture les jours
ouvrables; 3" si, au cas où il faudrait prendre un arrêté
préfectoral dans ce sens, le confrère sans employé est
tenu de se soumettre audit arreté, les jours ouvrables,
sous peine d’amende, a reçu lu réponse suivante :
U 1“ L’article ü du livre II du code du travail (modifié
par la loi du 23 Avril ItllU sur la journée de huit heures)
limite « la durée du travail effectif des ouvriers ou em¬
ployés it. Les emploTeurs restent libres de fixer à leur
3“ en ce (jui etnicerne siiéeialement les j>barmaciena, le
décret des là Août 1921, â Mars 192fi appliquant la loi du
23 Avril 1919 sur la journée de huit heures dans leur pro¬
fession prévoit dans son article 3 que « si des organisa¬
tions patronales ou ouvrières de la profession, dans une
localité ou dans une région, demandent qu’il soit fixé un
régiiue uniforme de répartition du travail pour tous les
établissements de la profession dans la localité ou dans
la région, il sera statué sur lu demande par décret por¬
tant règlement d’administration publique, après consulta¬
tion de toutes lés organisatious intéressées et en se réfé¬
rant aux accords intervenus entre elles, s’il en existe. »
Lorsiiu’iin décret est intervenu, en application de la dis¬
position ci-dessus, les assujettis sont tenus de n’occuper
du personnel que pendant les heures fixées par ledit
décret, mais il leur est loisible de conserver leurs offi¬
cines ouvertes, sans personnel, eu dehors des heures de
travail. Un pharmacien n’occupant jamais de personnel
n’est soumis ni à la loi de huit heures ni oux décrets pris
pour son application. »
Commission supérieure consultative d’hygiène
et d’épidémiologie militaires. — Lu composition do
cette Commission pour l’année 1929 est fixée comme suit:
Président : M. le professeur Roux, directeur de l’Institut
Pasteur.
Membres civils : MM. Léon Bernard, Bezunçon, Chauf¬
fard, Roger, Teissier, professeurs ou anciens professeurs
de lu Faculté de Médecine de Paris; Calmette, sous-direc-
teur de l’Institut Pasteur; Chauveau, sénateur; Emile
Vincent, député; Renault, médecin des bùpitaux; Nepoty,
directeur de l’Assistance et de l’hygiène publique au mi¬
nistère du Travail, de l'Hygiène, de l’Assistance et do la
Pré\oyance sociales.
Membres militaires ; MM. Uefressine, Toubert, Sacqué-
pée, Vuillard, Sieur, Vincent, Rouget, Polin, Lusnet, mé¬
decins généraux; Thomas, général de division; Rimbert,
intendant général.
Secrétaire ; 51. Coudray, médecin commandant.
Les médecins de Toulouse à Paris. — Assis¬
taient à la i-éunion du 6 Février dernier par MM. Mulla-
vialle, Bory, Bartigues, Digeon, Mont-Refet, Grox, Lévy-
Lebhur, Quériaud, Montagne, Fau, Faulong, Vasselin,
Duruud, Cauquil, G. Lévy-llebhar, Terson, Babou, Bour-
guet, Armengaud, d’Ayrenx, Thomas, Esclavissut.
S’étaient excusés : MM. Caujole, Privât, Delater, Simon,
Clavel, Marcel Digeon, Loze, Bajon, Nogues, Rigal, Astic,
Solancs, Bosc, Aubertot, Làssance, Molinery, Bouchetier.
. Bonne chère, entrain et gaieté comme à l’accoutumée. Au
dessert M. Bourguet résuma les différentes péripéties de
son récent voyage en Egypte à l’occasion des journées
médicales du Cuire, M. ’ferson évoqua avec à propos le
souvenir de M. Reymond, le premier médecin qui s’occupa
activement et pratiquement d’aviation sanitaire et l’on se
sépara à regret, en se donnant rendez-vous pour le cou¬
rant d'Avril.
Amicale des médecins de Bretagne. — C’est par
erreur qu’a été annoncé comme ayant eu lieu il y a huit
joui's le dîner do l’Amicale des médecins do Bretagne.
Cette réunion a eu lieu hier.
Société d’histoire de la pharmacie. — Dans su
dernière séance, lu Société d’histoire de la pharmacie a
renouvelé purtiellemenl son bureau, qui est maintenant
composé do. M. le doyen Ituduis, président; M.M. Camille
Bloch et L.-G. Toraude, vice-présidents; MAI. Doi-veaux
et E.-H. Guitard, secrétaires; M. André Royer, Irésoiier.
De nombreux industriels, désireux de venir en aide à cette
Œuvre désintéressée qui fuit honneur à lu pharmacie
française, ont profité d’un nouvel article des statuts pour
s’inscrire comme membres bienfaiteurs. .
Le siège social a été transféré à la Faculté de Pharma¬
cie de Paris et le bulletin illustré, dont les 16 premières
aimées sont introuvables, va augmenter sa périodicité et
ses rubriques.
Les « pharmaciens bibliophiles ». — Fondé sons
les auspices de la Société d hisloirc de la pliarmucic, le
nouveau groupe des « Pliarmaciens bibliophiles n \ient
de >e donner un président : M. Léon Comar; deux viee-
présideats : MM. Bertaiit et Bejtoiit; un secrétaire : AI.
E.-ll. Guituid; un trésorier: M. Sergent; deux commis¬
saires : M. le professeur Olivier et M. Toiaude. Il publiera
tous les ans pour ses seuls membres, dont le nombre est
strictrineiil limité, un bel ouMOge de luxe. Le premier
de la série serait une comédie de Alolière riciiemeut illus-
ïous renseignements et imprimés concernant la Société
d’histoire de la pharmacie et celle des pharmaciens bi¬
bliophiles sont fournis gracieusement iiar la librairie
Guitard, 6, passage Yerdeau, Paris {IX').
Nécrologie. — On annonce lu mort de M. Georges
Dehelly, chirurgien des hôpitaux du Havre.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Méoicale rappelle à ses lecteurs quelle
transmet toutes tes lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absoliiment réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. E administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de 2 liynes.
Prix des insertions : 7 fr. la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
MÉnicALE). Les renseignements et communiqués se
paient ü l'avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARI8-6".
Président du Conseil d'administration : D' P. Gires,
D. I). S.
Vice-pré lide.nt ■. D’ Nogué, stomatologiste des Hô¬
pitaux.
Administrateur délégué : I)’ Roosseau-Hecelle, an¬
cien interne des Hôpitaux de Paris, Président de
la Société des Stomatologistes des Hôpitaux.
Président de la Commission d'enseignement : Df P.
Nespoiieovr ; H. H. S., stomatologiste des Hôpitaux.
Directeur : l)’ G. L’iuro.miel, stomatologiste des
Hôpitaux. _
L’Ecole de Stomatologie a été créée, en 1909, par
le D’ L. Cruet, élève de Maginot et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle a pour objet de donner un enseignement sto-
malologique complet :
1“ Aux docteurs en médecine français et étrangers
qui veulent se spécialiser en celte branche de la
étudiants en médecine, à partir de leur cin¬
quième année d’études et ayant au moins 17 inscrip¬
tions.
L'enseignement comprend : la clinique stomatolo-
gique, la technique et la pratique de l’odontologie,
de U prothèse et de l’orthodontie.
I.e programme est entièreraenl parcouru en dix-
huit mois. Un dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
l'Ecole et d'entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix, .lamais. cl sous aucun prétexte, un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
c’est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
Le diplôme de l'Ecole est décerné aux élèves qui
ont satisfait aux examens obligatoires de fin d’études.
Droits d'inscription : Deux mille cinq cents francs
(2.500 fr.).
Deux rentrées annuelles : une le 1“‘' Décembre,
l’autre le l<”Mai.
La prochaine rentrée aura lieu le 1“'' Mai 1929.
Le nombre des places étant limité, prière de s’ins¬
crire le plus rapidement possible.
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au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
rendez-vous au Directeur, 20, passage Dauphine.
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renseignements s’adresser aux Représ. oiï. dos Ch.
d. fer tchsl. à Paris, 12, rue des Pyramides où sont
également reçues les adhésions.
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre deOfr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée,
Paru. — Imprimerie de la Conr d’Appel, 1, me Cauetta.
N» 16
T.i Février 1929
ÉTUDE
DE LA PHKSSION VEÏAEUSE
PÉRIPHÉRIQUE
DANS LES SYNDROMES MÉDIASTINAUX
SON INTÉRÊT DE CONTROLE
POUR LE DIAGNOSTIC ET LE PRONOSTIC
Maurice VILLARET cl Marcel MARTINY.
L’étude de la pression veineuse périphéri<|ue
que l'un de nous a, le premier, introduit dans la
pratique courante, et qu’il poursuit depuis plu¬
sieurs années, en y consacrant de nombreuses pu¬
blications, contrilnie, comme nous l’avons déjà
montré*, à contrôler l’état fonctionnel et anatomi¬
que du médiastin.
Les syndromes médiastinaux ne se manifestent
que par un ensemble désignés d’emprunt et, pour
ainsi dire, indirects. Il nous a donc paru intéres¬
sant de réunir dans un travail d’ensemble tous les
éléments de contrôle que pouvait y ajouter le
diagnostic, la recherche de la pression veineuse
périphérique. A nos recherches antérieures s’en
ajoutent de récentes ; elles ont permis l'exposition
de ce travail.
Mous avons divisé notre étude en plusieurs
parties se succédant dans l’ordre su’vani :
1" Ltude de la pression veineuse périphériipie
au cours des médiastinites proprenumt dites;
2" Au cours des tumeurs médiastinales;
.’I" Au cours des péricardites;
4" Au cours des é])ancliements pleuraux, liqui¬
des ou gazeux.
Nous verrons, ponr (inir, sur (pielles bases,
anatomo-pathologique et physiologique, nous pou¬
vons concevoir l’établissement de la recherche
de la pression veineuse dans les dill'érents symp¬
tômes médiastinaux, cl les conclusions cliniques
que nous devons en tirer.
1. Liîs .MiîDiASTixiTF.s. — Les médiastiiiiles,
quelle que soit leur étiologie, quelle que soit leur
étendue, arrivent souvent à comprimer le tronc de
la veine cave stqtérieure ou la partie molle des
oreillettes, (pii correspondent emhryologitpiement
au sinus veineux. Une médiastinite libreuse jirimi-
tive est une affection rare; elle est cependant réa^
Usée dans certaines formes de syphilis viscérale,
et elle jieut se voir au cours de la tuberculose,
(juantl il s’agit de syphilis, il semble ipi’elle
puisse, dans cerlàins cas, précéder, par exemple,
l’apparition d’umi ectasie aorlicpie, (^ faciliutr
cile de la dépister.
De nombreuses observations nous ont montré
que diijà la pression veineuse périphérique élevée
peut attirer précocement l’attention sur cette
affection. Comme nous avons pu l’observer dans
certaines autopsies, la médiastinite libreuse
latente étrangle le tronc de la veine cave supci-
rieure quel que soit le volume de l’ectasie. La
périaortite, et, j)lus généralement, la [)ériviscé-
rite, est souvent jtlus importante que la lésion
viscérale elle-même.
Nous avons présents à l’esprit plusieurs cas de
médiastinite de cette sorte avec pression veineuse
I, En collaboration avec MM. F. Saint Girons et
Grellety BosVIei.. — « La pression veineuse périphé¬
rique au cours des syndromes d’hypertension veineuse
localisée ». Bulletin medical, t. XXXIX, n° 29, p. 831, 15 et
18 Juillet 192r>.
TRAVAUX ORIGINAUX
périphérique forte, et, cependant, sans qu’il reste,
par ailleurs, aucun signe d’insuffisance ventricu¬
laire droite ou do stase pulmonaire. Ces phéno¬
mènes peuvent, d’ailleurs, se surajouter, mais,
point particulièrement important, la pression vei¬
neuse- périphi^rique reste nniforinéinent élevée
quand il s’agit d'an obstaele inéeaniqué an niveau
de la veine rave supérieure, et subit, par contre,
des variations qataid il s'agit d’un trouble ini/o-
rarditique, avec distension variable, dans le temps
et l'espace, du ventricule droit. Cette restriction est
imjiortante pour l’interprétation des phénomènes
clini(iues. Kn effet, une médiastinite primitive est
assez exceptionnelle mais pas impossible. Cette
différenciation théorique a donc une valeur dia¬
gnostique indiscutable.
A ce propos, nous rappelons un cas quasi-ty¬
pique qui a déjà été relaté par l’un de nous dans sa
thèse* ; nous voulons parler de l’observation 171,
dont nous nous contenterons de rapporter ici la
partie la plus intéressante.
Il s’agit d’uiie médiastinite primitive tub(‘rciileuse
chez un homme de 51 ans, empliysémateux diqmis
plusieurs années, et ayant une stigmatisation pulmo¬
naire' tuberculeuse légère.
(liiez lui, la jiression veineuse au membre supé¬
rieur était de 30, pour une tension artérielle de 10-9,
et, au membre inférieur, la pression veineuse était
de 20 pour une tension artérielle de 14-8, d’où grosse
hypertension veineuse, puisque la normale est de 13
à 14 cm. d’eau, et augmentation de la gène circula¬
toire prédominante au niveau de la veine cave supé¬
rieure, puisqu’il existe une différence de 10 cm. d’eau
entre Jes pressions veineuses des membres supérieurs
et inférieurs. L’autopsie conlirma l’étranglement de
la veine rave supérieure. Nous reproduisons ici la
partie du protocole nécropsique intéressant la ques¬
tion :
« A l’ouverture du thorax, on enlève difficilement
le plastron sterno-costal. Il est pni à la ])lèvre et au
péricarde par de très fortes adhérences; il n’y a
aucun liquide pleural et péricardique. Les poumons
sont aussi très adhérents en arrière. On est obligé
de les extirper ensemble, ainsi que le couir avec
lequel ils ne font qu’un seul bloc compact. Les (b-ux
à les écarter. On découvre alors les vaisseaux de la
base noyés dans un bloc de médiastinite, et l’on est
obligé de sculpter la veine cave supérieure dans le
tissu fibreux auqmd elle adhère; il existe un ganglion
est à peu près normal, un peu petit : scs cavités sem¬
blent légèrement dilatées »,
Uoiiime l’iiii (le nous l’a montré déjà avec Saint
(lij’ons et Greletly-Bosviel, la gêne médiastinale
peut aussi siéger sur une des branches de la veine
cave supérieure.
Nous rapportons ici une observation ayant trait
à la compression du tronc, veineux brachio-céjiha-
lique gauche.
M. L., 63 ans, était entré dans le service du pro¬
fesseur Gilbert pour des douleurs thoraciques. A
l’examen, on était frappé par l’augmentation des
veines du bras gauche avec œdème. La jugulaire
externe gauche était un peu turgescente. Le cœur
était normal à l’examen clini(iue, avec légère surélé¬
vation de l’aorte, et les deux pouls radiaux étaient
égaux. Au membre supérieur droit, la pression arté¬
rielle était de 18/6, pour un indice oscillométrique de 6
et une pression veineuse de 8. Par contre, au membre
supérieur gauche, la pression artérielle était de 18/6
pour un indice oscillométrique de 5 et une pression
veineuse de 23. La radioscopie montra une ectasie
développée aux dépens du bord gauche de la portion
verticale de l’aorte avec marbrures périvasculaires
de médiastinite. Le reste du pourtour cardio-vascu-
1. Martiny. « La pression veineuse périphérique dans
les différentes formes anatomocliniques de la tuberculose
pulmonaire ; son intérêt diagnostique, pronostique et théra¬
peutique ». Thèse, Paris, Octobre 1925. M. Vigné, éditeur.
laire était normal. L’augmentation de la pression
veineuse localisée au bras gauche avait permis de
rattacher l’œdème à la compression du tronc veineux
brachio-céphalique gauche.
Comme on le voit, la reeliercbe de la pression
veineuse périphérique nous donne la possibilité,
non seulement d'établir un diagnostic diflieile mais
encore de mesurer le degré de stase dans le terri-
(Ic la pression veilleuse dans certains cas d’œdènie
brachial ou on jièlerine jiermel d(' statuer sur
l’existence ou non d'une compression veineuse.
IL Lits Tr.MElIIlS MÉDI.tSTIX.VLI-.S. NoUS
venons déjà de montrer, dans le ehajiitre jirécé-
dent, que les tumeurs médiastinales élevaient la
pression veineuse jiériiiliérique beancou]) plus
par la médiastinite concomitante que par le
volume de l'obstacle, réserves faites d'une pres¬
sion veineuse forte par stase dans le co-ur droit.
Cependant, en cas de très grosse tumeur mé¬
diastinale, il est indiscutable (jue le facteur de
compression directe ne tarde jias à jouer un rôle
très important. Nous rappelons à nouveau quel¬
ques cas typiques de cet ordre, que volonlaire-
nient nous n’avons pas choisis parmi nos obs(‘r-
vations personnelles.
a) C’est ainsi (pie, dans une observation d’une
malade de M. Dalché, une femme de 59 ans ayant
tous les signes d’une ectasie aortique énorme avec
comjiression de la veine cave sujiérieure, la pres¬
sion veineuse était très élevée au membre siqx'*-
normale au membre inférieur. Voici les chiffres :
Pirssim. mtécicllc (au mc'mbrc sup.) . 15-9
Pouls . 89
A la jugulaire externe . 55
b) Autre observation, due à M. Fatou, d’un
homme âgé de .'59 ans, atteint d’une compression
de la veine cave sujiérieure jiar un énorme
anévrysme aortiipie, avec une pression veineuse
de 30 au membre supérieur et de 11 au rnemhre
(i) Troisième exemple : Kclasie importante de
l’aorte avec compression de la veine cave supé-
rii'ure (observation de M. Chiray), dans la(juelle
la jiression veineuse était de 34 à la jugulaire
droite, de 35 au bras gauche, avec une jiression
artérielle de 1(5/10. La pression veineuse du mem¬
bre inférieur ne fut jias suffisamment jirécisée.
Kn dehors des ectasies, une tumeur médiasti¬
nale énorme, jiar la compression directe de la
veine cave supérieure, jieut entraîner aussi des
troubles excessivement marqués de la jiression
veineuse.
Une observation du professeur Sergent est,
dans cet ordre d’idées, très caractéristique.
M. L..., .4gé de 37 ans, avait une tumeur du
médiastin antérieur, lymjihome jirobahle, avec
une pression veineuse de 40 eme d’eau au bras
droit et simplement de 10 à la sajihène interne.
Nous pourrions rapporter des observations, de
jilus en jilus nombreuses, et schématiques, de
même ordre, dont, entre autres, les cas 1(58, 169
et 170, largement décrits dans la thèse de l’un
de nous.
De ces différenles observations de médiastinite
ou de tumeurs médiastinales avec pression vei¬
neuse élevée, nous pouvons tirer les conclusions
suivantes :
1“ La mesure de la pression veineuse périphé¬
rique est un élément de contrôle et de précision
précieu.r pour le diagnostic de la gèn<’ circulatoire
dans le domaine de la veine cave supérieure ;
250
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Fé^rier 1929
N“ 16
2” La rontpnraison entre la pression eeincnse dn
mciithre si/pêrieiir et celle du membre inférieur per¬
met, aeec une jurande sûreté, de mesurer la part qui
peut reeenir dans une pression veineuse forte,
d’une part à la rom/iression directe du tronc de la
veine rave supérieure, auquel ras 1rs deux tensions
sont di/frrentes, et, d’autre part, à la stase auriru-
laire et h l'insuf/is'aure veutrirulaire droites, au¬
quel ras r/ii/prrtrusiou veineuse est généralisée. Le
parallèle entre les deux pressions veineuses supé'-
rieitre et inférieure, leur comparaison par rapport
a la tension artérielle rénlisrut un test d'une valeur
pratiq ue ind isru table.
Plus fiicore (|uc roOscrvalion cliniqui.' des
«‘dûmes, liraeliial ou scapulaire, des varicosités
superlicielli's du thorax, aux((U(dlcs ruii de nous
a consacré |dc loiifîiu's recherches, de l’ausculta-
tioii cl <le la radiolof^ie du médiastiii, la recher¬
che de pression veineusi' péri])hérique permel
doue de mesurer le dej^i’é de soullraiice de la cir¬
culation médiastinale.
111. Lus Pi;itii:.\iU)iTi:s. - Si les notions précé¬
dentes sont déjà connues et précisées, grâce aux
travaux antérieurs de l’un de nous, avec Sainl-
(îirons i‘t (ir(dlety-Iiosviel, il n’en était pas de
même jus(pi’ici en ce qui concerne l’étal de la
pression veineuse périphéri(pie an cours de syn¬
dromes i)éricai‘di(pies.
L’un de nous a déjà montré, avec (îrellety- .
lîosviel, (pi’au cours de péricardites avec épanche¬
ment, la pression veineuse était normale et même
liasse si réjianchemenl n’était pas troji accusé ou
si le myocarde n’était pas touché.
(]’est un phénomène assez curieux que la pres¬
sion veineuse jiuisse être normale au cours des
épanchements péricarditiipies; mais, à la lumière
de i'e(pie nous avons déjà exposé, ce fait s’explitpie
plus aisément. 11 en est ainsi ;
1" Parce que le péricarde séreu.r, quoique dis¬
tendu, n'étoulfe pas électivement la veine rave supé¬
rieure ou meme le sinus auriculaire. La péricardite
avec''éj)ancbemcn't fait simplement sa place dans le
médiastin comme une tumeur médiastinale idéale
sans médiastinite jiéritumorale.
iVous venons, en ell’et, di‘ montrer ipie les syn¬
dromes 'de compression de la veine cave sujié-
rieiire étaient surtout liésjàla médiastinite accom-
pag'iianl l’ec-tasie ou l'adénopathie.
2" Parce que, dans les péricardites, si le. myo¬
carde n’est pas atteint, il n'y a pas de raison de
S'use auriculaire jiar dilatation ventriculaire droite.
l'in résumé, un médiastin souple et (pii se laisse
facilement distendre n’est pas une cause impor¬
tante de gène veineuse; il existe une grande tolé¬
rance de celui-ci, comme [nous le verrons dans
(piehpies instants, aux refoulements des vaisseaux
réalisés par les épanchements, gazeux ou licpiides.
Les mêmes considérations s'appliipient aux cas
de tumeurs pulmonaires, «'sophagiennes, sans
médiastinite, comme les [diverticules, par exem-
jile, aux goitres internes, ou en cas d’une grosse
aérocolie. (lu d’aérophagie jirononcéc.
liien plus, fait important, la médiastinite peut
réaliser une |)ression veineuse normale et même
liasse si le jirocessus distend, au lieu d’étrangler,
la veine cave supérieure, (i’est ce (pic nous montre
l’oliscrvation suivante d’un malade atteint ilc
synqihyse du péricarde avec jiression veineuse
normale. Nous la raiiportons tout au long, car
elle nous parait typiipii' et instructive à divers
points de vue :
Le malade IC..., 11^0 de tiO an», exerçant la profes¬
sion de cuisinier, entre à l'Ih'ilel-Dieu le 10 Mai 19*27,
avec le diagnostic vague d’allection cardiaque.
A l'àge de 18 ans, en 1885, il eut un bouton il la
verge, suivi d’une éruption cutanée ; on lit alors le
diagnostic de chancre syphilitiipie. 11 fut soigné par
des frictions mercurielles et un traitement' interne à
l'iodure de potassium. Cet homme, dont le traite¬
ment d’attaque avait été plus que discret, cessa d'être
soigné jusqu’à l'heure actuelle. La syphilis, comme
l’examen cliuiipie allait le démontrer — lit sur lui des
ravages marqués, malgré l’apparence d’une assez
bonne santé.
Depuis la (lériode de primo-infection jusqu’au jour
du premier examen, il eut une congestion ]iului(i-
naire, en 1914, et, ([uel((ues années plus lard, de
l’albuminurie.
Avant sou entrée, il se plaignait depuis jiliisieiirs
mois de maux de tête, (rinsoninies, de fatigue géné¬
rale, avec essoufflement à l’elt'orl, associé à une
douleur inicrmillmile au niveau de la région car-
dia([ue, sans irradiation nette. Le sujet avait maigri
légèrement de|iùis ([uelques années.
11 se présentait avec un orthodiagranime .du
cceur remontant à trois ans et montrant une augmen¬
tation de tiiutes h's cavités’ cardiaques, donnant à
l’organe l’aspect d’un énorme triangle isotuMe à
jioiiite supérieure, avec un arrondissement du bord
droit de l’organe devenu semblable au bord gauche.
JS’otons que le diagnostic de dilatation car(iia(pie,
alors ]iorté, ne s'appuyait (pie sur l’examen radios¬
copique.
Ce qui fra|i]ia dès le premier abord, c’était que
cet homme n’avait nullement l’asjiecl d’un asysto-
li((ue ou même d’un hypo-systolique. S’il soulfrait
(pK'hpiefois de sa région thoi'aciipie gauche à l’ef¬
fort, il n’était jias essoufflé, mais simplement fatigué ;
il ne iiréseiilait pas de cyanose des extrémités ou (le
la face. Son l'oie n’était pas augmenté de volume,
n'était pas douloureux. 11 n’existait ]ias d’iedème
des membres inférieurs.
L’examen complet systématique rév(‘le :
1" Pour l'appareil digestif, une leucoplasie buc¬
cale très accusée, linguale et jugale ; iin appétit à
peu pri's conservé; pas de constipation; aucun
trouble digestif notoire;
2" Kn ce qui concerne Y appareil, respiratoire,
une toux discrète avec légère expectoration banale
(lu matin. Les deux plages pulmonaires sont nor¬
males à la raçlioscopie, à part un petit nodule calcilié
au niveau du soniniel gauche;
!!" Du ci'ité du système nerveux. : des pupilles
petites, inégales, irrégulières, avec signe d’Argyll-
Itobertson Les réflexes rotulieus sont diminués, les
réflexes achilléens abolis. Ce tabès ne se caracté¬
risait jiar aucun trouble digestif; pas de douleurs
fulgurantes, ]ias de crises viscérales, pas de signe de
Hoiuberg;
4" Ln ce (pii concerne Vuppareil urinaire : une
azotémie de 0 gr. 88, indiquant une bonne pernunibi-
lité rénale puisque le malade ne suivait pas de
néginie : ni sucre, ni albumine dans les urines ;
5" Au point de vue de Vuppareil respiratoire :
un aspect polyscléreux, avec, temporales saillantes,
radiales dures ; à l’auscultation, un cœur régulier,
avec un pouls à 70 et un léger clangor du deuxième
briii't à la base.
La tension artérielle était de 18/9 de mercure..
Lu pression veineuse était de 10 cm. d'eau.
L’électro-rardiagramme, prati(piéà l’HêqiitaliXerker
par le D'' Petit, était uoriual.
Manifestement, ce malade, contrairement au
diagnostic radiologique, et en raison surtout de sa
pression veineuse basse, ne pouvait pas être consi¬
déré comme atteint de dilatation cardiaque.
Malgré une spécilicité évidente, la réaction de
Dordet-4\’assermaun dans le sang s’est montrée n(‘-
gative.
Ce malade fut soumis dans le service à un trai¬
tement au novarsénobenzol qui fut bien supporté
jus(|U aux trois ipiarls de la cure, et qui fut inter¬
rompu à ce moment par l’apparition d’une diarrhée.
L’état général du malade se trouva considérablement
amélioré par cette thérap('utique : la fatigue s’atti-nua
et les maux de tête disparureijt ; la douleur cardiaipie
fut peut-être . un peu moins accusée; le sommeil
redevint normal. Le malade engraissa, dans l’espace
d’nn mois, de plus de trois kilogs.
A ce moment, l’examen radioscopique montrant
toujours cette curieuse déformation, la pression vei¬
neuse étant descendue à 7, nous soulevons l'bypo-
thèse d’une péricardite possible.
Le-malade fut envoyé par nous dans le service' du
1)'' Laubry. Celui-ci examina les orthodiagrammes,
faits dans l’intervalle. 11 fut frappé du calibre normal
de l’aorte (3 eme en position obli(juc), et, devant
l’absence de signes d’insuffisance cardiaque nette,
devant l’image radiologique de ce gros cœur qui se
révélait stationnaire depuis au moins trois ■fins, posa
le diagnostic de symphyse du péricarde conforme à
notre opinion.
Nous avons cru devoir [relater assez longti(‘-
1" Parce qu’il est assez rartt et curieux jiar
lui-inêrne, la médiastinite syphilitique prenant
assez rarement un type aussi accentué ;
2" Parce (jue la recherche de la pression vei¬
neuse, en nous révélant une tension normale, et
même basse, a permis d’éliminer à coup sûr
l’hypo-.systolie, comme re.xanien clinitjue pouvait
le faire supposer, et a établi le diagnostic précis
de symphyse du péricarde.
Doue, pour une. médiastinite, qui se caraetéri.sc
surtout par des signes indirects, la recberebe de. la
pression veineuse périphérique semble constituer un
apport particulièrement intéressant, puisque, seule
en l'espèce, elle a permis de préciser le diagnostic -,
3" Enfin, pareeque nous avons |iu tirer de celte
observation les déductions suivantes :
Pne pression veineuse non élevée éliminait cli¬
niquement et physiologi(juement la dilatation
eardiaqne avec asystolie ou même hypo-systolie.
If augmentation globale du cœur orienta notre
diagnostic yers la médiastinite avec symphyse
cardiaque plulêit que vers i’artério-selérosc, dans
laquelle la pression veineuse peut être aussi dis¬
sociée par rapport à la pression artérielle; dans le
cas particulier, en effet, cette dernière était
normale au lieu d’être élevée.
Il peut donc exister de grosses symphyses du
(léricarde syphilitiques sans souffrance du myo¬
carde ventriculaire. (h*pendant si, comme la
majorité des auteurs le jit'iisent, il y a toujours,
avec une médiastinite de ce degré, une hypo-
systolie au moins légère, la pression veineuse
abaissée peut paraître paradoxale. Le fait n’en
existe jias moins. Peut-être pouri'ail-on expliquer
ce phénomène en émettant l’hyjiothèse que la
stase veineuse auriculaire de l’iiypo-systolie est
alors compensée par une distensioji des parois de
l’oreillette et de la veine cave supérieure due à
la médiastinite fibreuse de la symphyse : il y
aurait même béance permanente des cavités du
sinus veineux et appel sanguin constant, d’où
pression veineuse normale et même basse.
IV. Lks Epaxcue.mk.x’ts pi.iîi.uacx. Le (pia-
trième ordre de faits est représenté par les modi¬
fications de la tension veineuse au cours des
épanchements liquidiens ou gazeux de la jilèvre :
a) Pleurésies. — Cordier, dans sa communica¬
tion à la Société, médicale des hêipitaux de Lyon,
avait d('‘jà, en 1922, montré, rinlluence de l’élé¬
ment pleural sur la pression veineuse.
.\u cours de la pleurésie avec épanchement,
cet auteur soutient que seuls les épanchements
de la grande cavité droite semblent augmenter la
pression veineuse : pour cet auteur, ils agissent
directement en aplatissant la veine cave snp(.v
rienre. Nous croyons que cette action ne se
limite pas là, mais peut atteindre aussi les oreil¬
lettes dans la portion très souple au delà du
suleus tcrminalis. l'bi somme, est comprimée la
région cardio-vasculaire corresjiondant embryo-
logiqu(‘ment au sinus veineux.
Contrairement à Cordier, nous avons depuis
observé, dans le service des tuberculeux que l’un
de nous a dirigé et aussi dans un autre service de
tuberculeux dont l’un de nous est assistant, que la
pression veineuse peut être aussi très forte dans
les épanchements pleuraux gauches avec déplace¬
ment du cœur de gauche à droite.
Notre désaccord avec l’auteur lyonnais n’est
d’ailleurs qu’apparent. De très nombreuses obser¬
vations sur les pleurésies banales, a frigore nous
ont permis, en effet, les conclusions suivantes
sur la manière dont, à notre avis, les faits se pas¬
sent :
N» 16 LA
Au début d’un épanchement, la pression vei¬
neuse périphérique reste indifférente.
Précocement, quand il s’agit d’un épanchement
droit, sans troubles fonctionnels, la pression vei¬
neuse augmente par le mécanisme signalé par
Cordier (action directe sur la veine cave supé-
Mais cette pression veineuse n’est jamais très
élevée, quelquefois même normale quand le
médiastin, très souple, cède facilement.
;\ous ])ossédons une observation typique d’un
cœur refoulé de droite à gauche, presque dans
l’aisselle avec pression veineuse périphérique
normale et toléi-anec fonctionnelle invraisem¬
blable.
11 n’en est pas de même pour les épanchements
pleureux gauches avec refoulemcni du cœur de
gauche à droite. La pression veineuse péripbé-
l'iquc s’élève parallèlement à l’apparition des
ti'oubles fonctionnels, c’est-à-dire plus tardive¬
ment que dans les j)leurésies droites, et en corré¬
lation avec la souffrance musculaire du cœur.
Ges faits constatés sont d’ailleurs logiquement
en rapport avec l’anatomie, puisque la déviation
du cœur vers la gauche n’est que l’exagération d’un
processus normal alors que le mouvement iinnu'se
est, pour ainsi dire, antinaturel.
b) Pnouinolltord.t:. — Nous retrouvons un phé¬
nomène parallèle en ce qui concerne le pneumo-
' thorax. Nous pouvons dire que, par un mécanisme
identique, la pression veineuse périphérique
s’élève au cours de répauchement gazeux de la
plèvre comme dans la pleurésie avec épanchement.
Cette élévation traduit la gène uiécanique du cœur
mieux que la dyspnée, qui peut être liée à un état
pulmonaire, mieux que les déplacements de la
pointe ou l’abaissement du foie souvent bien
tolérés meme dans les cas accusés.
De même que, dans la pleurésie, il convient de
se baser sui’ l’élévation trop exagérée de la pres¬
sion veineuse pour pratiquer la thoracenthèse, lors
de l’insiiljlation dans les pneumoltiorax thérapeuti¬
ques, nous recommandons à nouveau la recherche
de la pression veineuse périphérique. Elle contrôle
la tolérance du médiastin et mesure l’injeclion
gazeuse. Elle présente donc ici au moins autant
d' importance que la recherche de. la pression pleu¬
rale : celle-ci n'indique qu'une surtension pariétale
et ne dée.éle. pas, eom/ne la jiression veineuse, les
retentissements médiuslinau.r du pneiimothora.r.
liien des incidents thérapeuti(pjes regrettables
encore trop fréquentSi, pourraient, à notre avis,
être évités si cette mcsui-e, facile (‘t banale, était
généralisée.
1" La pression veineuse périphérique est, en
général, élevée dans les syndromes médiastinaux.
Cette élévation lient le plus souvent à un éti’an-
glemenl de la veine cave supérieure par une
médiastinite libreusc.
Le volume de la tumeur joue un rôle mécanique
secondaire.
La pression veineuse ])eul être enliu élevée ])ar
suite de la soullrance du cœui‘ (stase auriculaire
cl dilatation ventriculaire droite). C'est là un
accident i)lus rare, et lié alors à une lésion, ou
cbîs orilices cardiaques, ou du pai-enchyme pul¬
monaire, i)lus qu’à un obstacle médiastinal.
2° La pression veineuse peut être normale ou
basse, ce dernier phénomène étant lié sans doute
à uu processus plus rare de béance veineuse par
médiastinite attractive.
3“ Les modifications de la pression veineuse
j)ériphérique nous paraissent se révéler comme la
manifestation la plus absolue et la plus précise
des trpubles fonctionnels vasculaires au cours des,
syndromes médiastinaux.
La recherche de la pression veineuse péri¬
phérique constitue un signe direct et dynamique
PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février
à opposer aux trop nombreux symptômes indi¬
rects et statiques. Elle apporte un élément de
contrôle pour le diagnostic, et de surveillance
pour le pronostic et le traitement, notamment en
ce qui concerne la thoracenthèse et le pneumo¬
thorax thérapeutique.
RHUMATISME CHRONIQUE
ET ÉTATS PARKINSONIENS
Jacques CARLES et MASSIÈRE (de Bordeaux). ’
Ayant eu l'occasion d’étudier deux malades qui
présentaient du rhumatisme chronique associé à
des signes de la série parkinsonienne, nous avons
pensé qu’il était peut-être de (pielque inléi'êl de
Eiff. 1. — Ob.sei'vutioii J.
|iublicr Icui's observations qui posent loul(! une
série de problèmes.
Onsi;aviTio.\ I. — [’auline c;..., 54aiis, cultivaliâee ;
la malade entre à l’iiôpilal le 27 .lanvier 1920 parce
([u’elle a constaté que ses jandjcs et son ventre étaient
enllés et qu’elle ressentait une oppression considé¬
rable.
Dans ses antécédents personnels, on notait simple¬
ment «ne, bronchite à l’Age de 15 ans qui, depuis,
récidivait chaque hiver. La toux accompagée d’une
expectoration abondante avait de plus en plus ten¬
dance à persister.
Le 30 Janvier, la malade est très dyspnéique, tousse
beaucoup et a des crachats pui’ulenis sans bacilles de
Koch, Elle présente des signes d’ascite libre, de
rœdème des membres inférieurs ainsi qu’un gros
foie douloureux. A l’auscultation pulmonaire, on
percevait aux bases des râles sous-crépitants et A la
parlic'inférieure et postérieure du poumon gauche, uu
soiifllc à timbre cavitaire. L’auscultation du cœur
montrait rexislence d’un souflle d’insnfllsance mitrale.
Les urines s’éhoaieni à un litre et contenaient un
peu d'albumine. .A)! point de vue neurologique, on
notait simplement une augmentation des rides fron¬
tales' et un certain aspect pleurard du faciès, Los
mouvements étaient Jents ; il n’y avait aucun déficit
moteur, La malade accusait une sensation d’engour¬
dissement, de fourmillement des extrémités, accom¬
pagnés de ei'ampes. Les réflexes étaient normaux.
Des troubles trophiques consistant en déformation
des extrémités des membres supérieurs et inférieurs
du type rhumatisme chronique birent notés,
I,c diagnostic qui fut tout d’abord porté fut celui
d’hyposystolie chez une malade présentant de la
sclérose pulmonaire avec dilatations bronchiques.
1929 251
Le traitement fut dirigé contre l’insuffisance car-
•diaque quj était manifestement au premier plan.
Un peu plus tard, la malade n’ayant plus d’hypo-
s.ystolie, son système nerveux retint davantage
l’attention.
Le faciès devenait de moins en moins mobile et
prenait l’aspect figé, l’expression était invariablement
pleurarde. Les mouvements étaient de plus en plus
lents. Le corps tout entier se penchait en avant ; les'
avant-bras étaient fléchis 'et en demi-pronatlon. La
marche était lente et s’exécutait sué la pointe des
pieds. Si l’on tentait de mobiliser les menihi'Cs supé¬
rieurs, on percevait nue résistcnce nette tendant à
diminuer si l’on continuait les mouvements, on avait
tout à fait la sensation de flexibilité cireuse des étals
bradykinéliques,
La malade conservait les attitudes imprimées à
ses membres pendant un temps très supérieur à ce
que l’on observe à l’état normal. Les réflexes de pos¬
ture de l’oix et Thévenard étaient manifestement
exagérés. Les réflexes tendineux étai<ml normaux, il
n’existait pas de tremblement.
La malade ressentait de plus eu plus des douleurs
surtout .aux extrémités supérieures, sensation d’élan¬
cements ou de brûlures, phénomènes dysesthésiques
avec fouianillements et engourdissement. En même
temps que ces divers signes devenaient plus nets, il
iip|)iiraissail dits troubles trophiques surtout au
niveau des articulatious des mains. Les phalanges et
la tete des métacarpiens devenaient noueuses. La
troisième phalange de chaque doigt se fléchissait sur
la deuxieme ; le poignet sc niellait également en
flexion de 1 avant-bras. Les légumeiits des doigts
devenaient lisses et se collaient au sqiyclette. Aux
pieds, les déformations étaient du même ordre, mais
moins marquées. Tous ces phénonicnes apparurent
et se déveloiipèrent en quelques mois. La malade
quitta ensuite l’hôpital et y revint le 9 Eévider 1921
A ce moment, elle sc présentait avec une expression
de pleurer figée, la tète fléchie et inclinée avec leçon
sur l’épaule gauche comme par un spasme do torsion.
Les avant-bras étaient en flexion, .le corps forlcnieiit
incliné en avant. La bradykinésie et riiypcrtoiiic
étaient manifestes. Les déformations des extrémités
étaient beaucouji plus accusées ; les arliculalioiis des
tloigts étaient jiartiellement ankylosées.
La maladie présentait un syndrome parkinsoiiîeu
typique et un rhumatisme chroni(|ue déformant.
11 y avait eu un dévelojqienicnt simultané i-t paral¬
lèle des deux ordres de symptômes.
OasnuvATio.x U. — Marie-Louise .M — 39 ans. La
malade est entrée salle 5. Ie3,luin 192ü, parce qu’elle
a des douleurs articulaires et qu’elle se trouve
presque comjjlèlemenl impotente ilo ses membres
supérieurs.
Jusqu’à l’année 192'i, elle avait toujours été bien
|)OiTaute. A celte épo(|ue elle eut brusquemi'nt de la
fièvre; en même temps apparurent un gonflement dou¬
loureux et de la rougeur au niveau des articulations
tlu côlédroit. Le genou, le cou-dc-pic‘d, le poignet, le
coude, l’ép.a.ule furent siici'ssivei
articulations du cote uauche se p
enfin, la cidonne cervicale fui enrai
I.e traitement jiar le salicylate
peu à ])cu celle pousser rhiimani
deux mois, les douleurs ariiculairc
mouvements se limtierent de plus
ment la malade devint presque cm lereini-ni inijjo-
tente. \ son entrée dans le service, la malade frapjjail
immédiatement par l’aspect de son faciès. Les traits
étaient immobiles, la mimi(|ue semblait avoir disjiai u ;
au cours de la conversât ioti , ou notait parfois une
ébauche de sourire, puis ra|)idement le masque deve¬
nait impassible. 11 n’y avait de mobile dans son
visage de cire, que les yeux et les paupières. Cet
aspect est tout à fait celui que l’on rencontre dans
les syndromes bradykinétiqnes où le professeur (’.rii-
chet l’a coni])aré à ce ipie l’on observe chez les
oiseaux où les ])aupières très mobiles se meuvent
sitr une tète sans expression.
Les articulations des poignets cl des doigts étaient
légèrement tuméfiées et douloureuses, les mouvi'inenls
étaient très limités, le coude droit était gonfle, sa
flexion 'était très, diipinuèe, les articulations des
épaules élafent ankylosées et le cou immobilisé. Les
articulations tibio-larsienucs étaient douloureuses et
peu mobiles. •
Les ' réflexes étaient ' tiii peu vifs et la sensibilité
normale.'
: et douloureuse.
■ ^solide éteignit
I I i lurent, les
plus, et ra|j;dc-
;dic
N" 10
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 20 Février 1929
253
Travail
du Service de Chirurgie de l’hôpital Rothschild
(M. HkrtzI
L’ÉVISCÉRATION
POST-OPÉRATOIRE SPONTANÉE
CHEZ L’ADULTE
Pierre MONOD cl KIR AL Y
Assistant. Intcrac,
Cette complication, caractérisée par l’issue des
viscères abdominaux à travers les dilférentes
couches de la paroi ventrale désunie ou rompue,
est relativement rare. Ayant eu l’occasion d’en
observer 6 ,cas, nous avons été surpris, au cours
de nos recherches bibliographiques de ne trouver
sur ce sujet que des travaux anciens et peu
nombreux.
Le travail de Chavannaz [Revue de Gynéco¬
logie, d' Obstétrique et de Pédiatrie de Bordeaux,
1900)’ est le premier travail d’ensemble contem¬
porain. 11 s’appuie sur 24 observations; 21 re¬
cueillies dans la littérature et 3 inédites.
Madelung, dans sa communication au XXXR'''
Congrès de la Société allemande de Chirurgie du
28 Avril 1905 [Zentralblatt fur chirurgie, 1905,
n" 30), a rassemblé 157 observations dans la lilté-
rature mondiale.
Nous nous appuierons dans notre travail sur
les communications de ces deux auteurs, sur les
observations que nous avons pu recueillir .et sur
les 6‘ cas observés par nous-mêmes.
L’éviscération post-opératoire spontanée peut
être précoce ou tardive :
Précoce (80 à 85 pour 100 des cas publiés) elle
s’observe dans les jours qui suivent l’interven¬
tion, le plus souvent vers le huitième jour, par
désunion complète.
Tardive (20 i\ 15 pour 100 des observations
publiées (elle peut survenir de quelques mois
jusqu’à' deux ou trois ans après l’opération par
rupture de la cicatrice dans un elTort violent.
L’iiviscihiATiox l’osx-opiîiiAToiiiE riuicoc):. —
L’élude des observations met en évidence l’im¬
portance de quelques facteurs.
CaI-SIÎH IMtKDISPOSA.VTIÎS CIÎMÎllAUiS.
Le cancer est incriminé par la plupart des
auteurs. Madelung se contente de le signaler sans
donner de statistique précisant la fréquence de
cet élément étiologique.
Sur les 24 observations de Chavannaz, on ne
note que 3 interventions pratiquées pour affec¬
tions cancéreuses (12,5 pour 100).
Sur les 38 observations de Recours [Thèse,
Bordeaux, 1901), le cancer est signalé 7 foi's
18,4 pour 100).
Sur nos 6 observations personnelles, nous
notons le cancer une seule fois (16, G pour 100).
Nous croyons, par conséquent, que la vieille
formule, mettant au premier plan le cancer
comme la cause de l’éviscération, est trop ab¬
solue.
La syphilis est également mentionnée comme
cause prédisposante. Elle n’est précisément si¬
gnalée qu’une fois par Chavannaz et il s’agit d’un
tabétique (observation I).
La réaction de Bordet-Wassermann étant à
cette date encore inconnue, les formes frustes et
cliniquement plus évidentes de la syphilis n’ont
pas été reconnues.
Sur nos 6 cas, la syphilis a été recherchée
trois fois ; deux fois la réaction était positive,
une fois négative. ^
En ce qui concerne les trois autres malades, la
réaction de Wassermann n’a pas été faite.
Le pourcentage serait, par conséquent, pour
les 3 cas où la réaction de Bordet-Wassermann a
été recherchée d >. 66,6 en faveur de la syphilis.
Précisément nous croyons qu’elle est plus sou¬
vent responsable de cet accident que le cancer.
Le temps de coagulation a été systématiquement
recherché chez nos malade; 2 fois nous l’avons
trouvé sensiblement augmenté, dix-sept minutes,
chez l’un ^obs. II), vingt minutes chez l’autre
obs. Ill) (33,3 pour 100).
L'infection de. la plaie, - - Il s’agit le plus sou¬
vent d’une infection atténuée, sans suppuration
nette, accomi)agnée d’une légère élévation ther¬
mique (37"()-37‘’8).
La distension de la paroi par le ballonnement,
l’ascite, une tumeur volumineuse a été invoquée;
il semble difficile de lui attribuer une importance
notable.
L' altération tuberculeuse du péritoine est si¬
gnalée une fois par Chavannaz (obs. XVII ;
4,2 pour 100) trois fois par Recours (deux obser¬
vations de Vanverts de Lille (7,8 pour 100). Et
ce qui est intéressant à notre point de vue, c’est
que dans ces 3 cas, il est noté par les auteurs que
la paroi a été vraisemblal)lement infectée au
cours de l’intervention.
Ij ablation prématurée des fils en cas de suture
en masse (dans l’observation V de Chavannaz les
fils ont été enlevés le cinquième jour) a été égale¬
ment incriminée.
Le siège et la longueur de l’incision, la nature
de l’intervention pratiquée ne ])araissent avoir
aucune importance.
En ce qui concerne le mode de suture de la
paroi, nous n’avons trouvé d’indications dans les
observations de Chavannaz que dans 8 cas. Cinq
fois la suture avait été faite en trois ou quatre
plans, 3 fois en un plan.
Dans nos 6 cas, la paroi a été suturée 2 fois en
trois plans et 4 fois en un plan.
Certains auteurs font même la remarque que la
paroi avait été suturée avec tant de soins que rien
n’aurait pu faire jirévoir un accident pareil.
Il est intéressant de signaler que ces malades
étant réopérés d’urgence, on refait la jtaroi en un
seul plan et cela suffit à résister à la pression
abdominale et à permettre la guérison.
Si l’importance des facteurs précités, généraux
ou locaux est plus ou moins évidente selon les
cas, il y a un facteur dont l’importanci' nous pa¬
raît primordiale, c’est l'effort. Une cause d’ordre
général «u local, parfois manifeste, souvent in¬
connue prépare la désunion, mais c’est l'effort qui
déclanche l'éviscération.
Efforts de toux dans la plupart des cas : Cha¬
vannaz les signale 6 fois sur 24 cas (25 p. 100) ;
Madelung, 51 fois sur 157 cas (32,4 pour 100);
Recours, 2 fois sur 38 cas (28,9 pour 100), sur nos
6 cas la toux est notée 4 fois (66,6 pour 100).
Les efforts de vomissements sont signalés 21 fois
par Madelung (13,5 pour 100).
Dans quelques observations on note le délire,
l’agitation, le lever précoce comme cause produc¬
trice.
L’essentiel c'est la combinaison de ces divers
facteurs. Tout effort un peu violent chez un opéré,,
un syphilitique ou un cancéreux peut provoquer
l’éviscération.
Les organes éviscérés sont le plus souvent :
l’intestin grêle (56,5 pour 100) à cause de sa
mobilité et l'épiploon.
Plus rarement, le cæcum et le côlon ascendant
(observation XX de Chavannaz), le côlon trans¬
verse (observation de E. Schwartz) estomac
(observation de Mongie, nos deuxième et cin¬
quième observations) ont été signalés.
Los viscères herniés peuvent conserver leur
aspect normal s’ils ont séjourné peu de temps en
de_hors de la cavité abdominale; cinq ou six heures
après la production de l’accident, on les trouve
déjà rouges, congestionnés.
Dn ne trouve signalé dans aucun cas d'écoule¬
ment sanguin notable au moment de la désunion.
Nous n’avons trouvé dans la littérature qu’un
seul cas, celui mentionné par Madelung ou l’évis¬
cération était suivie d’étranglement, d’ailleurs
facile à réduire.
Observations pei-sonnelles.
f)BsuuvATms I. — S..., Berthe, .59 ans. Utérus
liliromaleux, kyste de l’ovaire, appendicite. Opérée
le 7 Novembre 1923, hystérectomie subtotale, apj)en-
directomie, Kermeture de la paroi en un idan sans
drainage. Suites opératoires : congestion de la base
droite le deuxième jour. Efforts de toux. Ablation
des fils le dixième jour le matin. A midi, la malade
ressent une brusque douleur. Le ])ausement défait
peu de temps après, on constate l’éviscération avec
issue de toute la masse grêle. Température !i7"9,
pas de réaction péritonéale. Réopérée d’urgence,
après nettoyage et réintégration, on refait la paroi en
un plan aux fils de bronze sans drainage. Le lende¬
main la température monte à 39"3, mais redescend à
la normale le troisième jour. Guérison sans incident.
Obsekvation il — J. M..., 48 ans. Ulcère du duo¬
dénum. Opéré le 13 Février 1925, résection de l’ul¬
cère et duodénoplaslie. Paroi en un plan aux fils de
bronze. Examens de laboratoire ; Wassermann né¬
gatif, coagulabilité sanguine en dix-sept minutes.
Suites opératoires ; congestion pulmonaire le troi¬
sième jour. Ablation des fils le dixième jour. Le len¬
demain, désunion complète de la plaie, sortie de
l’eslomac.. Température 37"6 pas de réaction périto¬
néale. Réopéré d’urgence, après nettoyage, on refait
la jiaroi en un plan aux crins doubles. Petit drain.
Guérison sans incident.
I Observation III, - G..., Adèle. 72 ans. Tumeur
abdominale de nature indéterminée. Opérée le
23 Novembre 1925, liparatomie exploratrice, on
trouve une tumeur pancréatique maligne. Fermeture
de la paroi en un plan aux crins doubles. Examen di“
laboratoire : temps de coagulation vingt minutes.
Suites opératoires normales. Ablation des fils le
deuxième jour. Une heure après, éviscération avec
sortie de quelques anses grêles. Température 37‘’8,
pas de réaction péritonéale. Réopérée d’urgence deux
heures après, nettoyage au sérum, réintégration, fer¬
meture de la paroi en un plan aux fils de bronze,
sans drainiige. Le lendemain 38“3, pouls à 110, vomis¬
sements, puis tout rentre dans l’onlrc. Guérison sans
Observation IV. — P. F. 28 ans. Annexite bilaté¬
rale, appendicite. Opérée le 27 Août 1926, hystérec¬
tomie sublotale, appendicectomie. Fermeture de la
paroi en trois plans. Suites opératoires : lièvre oscil¬
lante entre 38" et 39“ les cinq premiers jours, nor¬
male ensuite. Ablation des agrafes le neuvième jour.
Presque immédiatement après, désunion complète
sur 5 eme avec issue d’une anse grêle. Température
37"4, pas de réaction péritonéale. Réopérée d’urgence,
on refait la paroi en un plan aux fils de bronze. Gué¬
rison sans incident.
Observation V. — B. G. 30 ans. Gastralgie. Opéré
le 26 Janvier 1927. Enervation gastrique. Paroi en
un plan aux fils de bronze. Examens de laboratoire :
Wassermann positif. Suites opératoires : pas de
lièvre, mais le malade tousse (antécédents bacillaires).
Ablation des fils le dixième jour, éviscération presque
immédiate. Température 37", pas de réaction périto¬
néale. Réopéré d’urgence, on refait la paroi en un
plan aux fils de bronze, drain. Guérison sans inci¬
dent. Tabès confirmé ultérieurement.
Observation VL — L. Amélie 24 ans. Prolapsus
recti. Opérée le 15 Février, effacement du Douglas,
reclo-colopexie selon la technique de Qiiénu et Uuval,
colpopérinéorraphie post. Fermeture de l’abdomen
en trois plans. Examen de laboratoire : Wassermann
positif. Suites opératoires : Pneumonie double. Abla¬
tion des agrafes le huitième jour. Désunion complète
dans la nuit avec issue de toute la masse grêle. Pas'
254
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
N- 16
()o douloui’. Aui'iiin' réaction péritonéale. Réopéré
ipiatrc lu’urc.s après, après nettoyage au sérnin, ou
refait la ]>aroi en un plan aux (ils de bronze, drain
dans le Douglas, petite inèclie. Guérison après sup¬
puration. La malade revue présente tine paroi solide
malgré la suppuration sauf au niveau dn drain on il
existe une petite éventration.
Eu ee (jui concerne Ui xi/mjiloiiKilolo^ir, il est
intéressant à .signaler que la douleur initiale ne
s'observe <nte dans un liuitiènie des cas. Le jtlus
souvent le malade n’accuse aucune sensation dou¬
loureuse au montent de l’éviscération, mais il
setil une masse ehaitde et mobile sous le [tanse-
nient. Parfois l’accident passe inaperçu du
malade. L’attention du médetein est attirée par le
fait tpie le pansetuent est imbibé d’une sérosité
rougeâtre et lors du changement il constate l’évis-
eéralion.
Chez nos malades nous n’avons constaté ni
élévation tliermitpie, ni réaction péritonéale au
moment de l’éviscération.
l)(ebelin [Ih'iiUchc mrd. Wochvniicliri fl , ISO!)
it" 4iS) signale également l’absetice de toute réac¬
tion immédiate.
Dans les cas d’ailleurs exceptionnels, d'évis¬
cération tardivement reconnue, les signes géné¬
raux peuvent devenir impiiétants.
Lande constate douze heures environ a])rès
l’aceidenl tpie la malade est froide et n’a plus de
])ouls (obs. Il" 21 de Chavannaz).
Comme suites de réintervention, nous n’avons
trouvé que deux fois une élévation thermique
marquée avec accélération du pouls et vomisse¬
ment, aggravation passagère ne persistant que
pendant deux jours. Chez les quatre autres
malades, nous n’avons noté aucun phénomène
impiiélant.
Le iiroiioalic n’est pas très grave, malgré l’al¬
lure dranialiipie de l’accident, s’il a été préeoee-
Chavannaz note 5 morts sur 24 cas i20,iS p. 100 .
.Madelung note 42 morts sur 157 cas (27 p. lOOj.
Dans 14 cas, l’éviscération n’est pas la cause
diri'cte de l’issue fatale mais seulement un élé¬
ment d’aggravation.
Iteeour’s note 12 morts sur 28 cas dont 5 seu¬
lement sont directement dus à l’éviscération
(18,4 pour lOOi.
Cesian d(' Toulouse (Toulouse médical 1.900
et l.itOt)! signale 0 cas personnels, tous terminés
.Nos 0 malades ont tous très bien guéri.
La mortalité est de 20 à 22 pour 100 en moyenne^
par choc, péritonite .
L’opinion de Salva Mcrcadé l a période posl-
opéraloirr, .Masson 19l0i selon laquelle la plu¬
part de ces malades succombent à une péritonite
aiguë, paraît erronée.
CotnpUralionn secondalrcx. La récidive de
l’éviscération s(- trouve signalée trois fois dans la
thèse de Recours.
sion intestinale tardive.
La question de l’éventration tardive est plus
diftieile à élucider, car nous ne trouvons presque
pas d’indications à ce su jet dans les observations
publiées.
.Nous avons revu plusieurs de nos malades ; ils
présentent une jtaroi solide. Une malade a une
petite éventration à l’angle inférieur de la plaie,
au niveau du drain.
Tiiaitk.mf.xt.
'I r<dli'nirnt preeentif. ; Reconnaître et soigner
la syphilis avant l’intervention. Chez les syphi¬
litiques, cancéreux, débilités, appliquer un bon
bandage compi’essif et n’enlever les fils que du
douzième an (juinzième jour.
Le lever chez ces malades doit être tardif et ils
doivent garder un bon bandage compressif.
Calmer la toux en cas de complication pulmo¬
naire et chez les vieux tousseurs (bronchitiques
ehroni(|ues asthmatiques ( .
Combattre le délire, l’agitation. Assurer une
évacuation intestinale quotidienne et sans effort.
Traitement etiralif. - L’accident reconnu, il
faut réopérer le malade d'ur^enee.
Leeène [Tliérajieiitiqne e/iir. tome III p. 72)
conseille l’anesthésie générale, l’excision des
bords de la plaie et suture de la paroi en étages
au catgut (les fils non résorbables étant contre-
indi((ués ici du fait de l’asepsie toujours douteuse
dans ces cas) et en outre plusieurs points de
suture en masse comprenant toute l’épaisseur de
la paroi aux lils de bronze ou crins doubles.
Chez nos malades après épluchage de la plaie
et nettoyage soigneux des viscères au sérum
chaud, nous avions refait la paroi en un plan aux
lils de bronze ou crins doubles. Ce procédé nous
a donné entière satisfaction.
Si le chirurgien a des doutes sur la septicité
des viscères réintégrés, il est plus prudent de
UH'ttre un drain de sécurité.
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADEMIE DE MEDECINE
RI Eévrîer 1929.
Mycétonle du pied à grains blancs. MM. De-
lamare et Gatti en élablisseiil 1 Existence chez un
Iniiiniie (le tt'i ans, dans le Paraguay. Il intéres.sail
la peau, l’hy poderme, les- gaines synoviale.s et les
(is. mais ■ respectait les ganglions lyiiij)hati(jues.
I fêtait nn niycétoine scléreux à inUits nodules et pe¬
tites (istules s'opposant aux inycelonies avec inlll-
t rat ion lardarèe ditluse et aux mycètoines pseudo-
tninoraiix ou pseudokysticpies.
Sur le BCG. M. Ascoli ide Milani contirnie les
mérites de la vacrination par le HCG chez les bo-
\ides. dont les agrirnltenrs italiens n'ont (pt’à se
Valeur alimentaire de la farine d'arachides.
M. Birpey apporte des analyses montrant son grand
pouvoir nniritif dû i\ 1 abondance des corps gras ;
(die serait de digestion facile et contiendrait de la
vitamine A en abondance. L’auteur suggère sou addi¬
tion au taux de 5 pour 100 à la farine do blé servant
à la fabricution((du pain.
Influence de la vaccination antltypho’i’dique au
cours d’une grave épidémie familiale de fièvre ty-
pho’fde. — M. A. Lemierre rapjtorte l’histoire d'une
épidémie familiale d(t lièvre typhoïde, ayant frajipé
(’) personnes sur 8 habitant le même logis. Il s’agis¬
sait d’une épidémie jiar contagion, la première per¬
sonne atteinte étant revenue de province déjà ma¬
lade. Seuls érhap[)èrenl le père de famille vacciné
. 10 ans auparavant pendant la guerre et une petite
tille de (î ans, tenue à l’écart des malades, et qui
reçut après l’évacuation des ,4 premiers typhiques
sur l'In'ipital, 2 injections de vaccin antitypboï-
lln garçon de 14 ans vacciné en même temps (pie
cette petite tille (il une lièvre typhoïde à incubation
pridongée, à marche traînante, atypique et extraor¬
dinairement bénigne. Cette bénignité est à opposer
à la sévérité des .I autres ras, causés par le même
bacille d’Ebertb.
Cette é[)idéniie a réalisé une véritable expérience
démontrant, avec le maximum de probabilité, d’une
part la longue durée de l’immunité conférée par la
vaccination antityphoïdique, d’autre part l’influenre
heureuse (|ue jieut exercer cette vaccination, môme
ipiand (die est prati(ptée iiendant la période d’incu¬
bation de la dotbiénentérie sur l’évolution ultérieure
de la maladie.
. A. Bocaok,
L'éeixeération tardiee s’ob.serve de quelques
mois à (leux ans et niôinc davantage après l’opé-
Cette complication est due à la rupture com¬
plète de la cicatrice dans un effort violent.
L’observation suivante citée par Tixier (obs.
n" G de Chavannaz) est caractéristique :
Cure radicale de la hernie ombilicale. Repro¬
duction de la hernie deux ans après. Dans un
efl’ort de défécation, rupture de la cicatrice, sortie
des viscères que la malade recueille dans son
tablier.
Amenée à l’hôpital, elle est opérée d’urgence.
Nettoyage, réintégration, suture de la paroi.
La malade a guéri.
Dans les 5 cas recueillis par Chavannaz, la
mortalité est nulle.
(Madelung a ressemblé 18 cas dans la littéra¬
ture mondiale, les 18 malades ont guéri.
A'. B. - 1” Leeène [Thérapeutique chirurgicale,
tome III, p. 72) signale une modalité particulière
■ de l’éviscération post-opératoire spontanée, carac¬
térisée par la Mésunion complète des plahs pro¬
fonds (péritoine et couche musculo-aponévro-
tique) la peau et le tissu cellulaire sous-cutané
ayant résisté. Un examen minutieux dans ces cas
révélera la présence d’une tuméfaction sous-
cutanée sonore et gargouillante.
L’éviscération proprement dite est caractérisée
par la désunion complète de tous les plans et le
contact des viscères avec le milieu extérieur.
ptkliatrie de liordeaur, ISlOoj^t. II. u"' 5 et (i.
(lliAVAXXAZ. — liulktin médical, 1900.
CiiSTAN. — (( Quatre cas' d’éviscêrulion ])()st-opératoire
spontanée ». Toulouse médical, 1900.,
CiîSTAX. — ■ (( Deux nouveaux cas d’éviscération post¬
opératoire spontanée ». Toulouse médical, 1900.
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liiiiANCON. — Thèse, Toulouse, 1901.
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Lecène-Luriciie. — Thérapeutique chirurgicale, t. 111.
p. 72.
SOCIETE DE BIOLOGIE
16 Février 1929.
Activation des propriétés curatives du bismuth
dans la syphilis sous l’influence de tissus riches en
glutathion. — MM. C. Levaditi et A. Howerd
montrent que sous l’influence d’extraits d’organes
très riches en soufre et en glutathion (capsules sur¬
rénales), le bismuth agit curativement à doses inti-
nitésimales, dans la syphilis et la spirochétose spon¬
tanée du lapin. If suftit de 8 à 400 microgra.mnios
de métal par kilogramme pour obtenir l’immobili¬
sation des spirochètes, leur destruction et la cicatri¬
sation des lésions, suivie ou non de récidive ulté¬
rieure. Si l’on songe que de telles traces de bismuth
sont répandues dans tout l’organisme d’un lapin
pesant 1 kilogr., (ju’une partie du métal est llxée sur
place (musclel, qu’une autre partie est rapidement
éliminée par l’urine et les fèces, qu’il n’y a pas
accumulation de Bi dans le syphilome (Levaditi et
Girard), on est étonné de la petite quantité d’élément
actif nécessaire pour déclencher la spiroebétolyse.
Celle-ci nous apparaît donc de plus en plus comme
un processus catalytique, où le métal joue le rôle
d’un catalyseur vis-à-vis des moyens défensifs cel¬
lulaires ou humoraux dont dispose l’organisme.
Le bismoxyi surrénal dans la syphilis humaine.
— MM. L. Fournier, L. Guénot. A. Schwartz, et
Yovanowitch, montrent que le bismoxyi surrénal
N” 16
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
255
présente un remarquable pouvoir antisyphilitique,
analogue à celui clos autres complexes protéo-bismu-
thiquKs, et se manifestant, chez l’homme, par la
guérison rapide des lésions spécifiques et, dans un
grand nombre de cas, par la négativation totale des
réactions sérologiques.
Ces résultats sont d’autant plus remarquables que
la quantité totale de bismuth-métal utilisé est extrê¬
mement faible (de 180 ic 252 rnilligr. pour un traite¬
ment) Ils sont donc tout à fait superposables aux
faits obtenus expérimentalement par M. Levaditi et
ses collaborateurs et confirment les conceptions de
cet auteur quant au modo d’action du bismuth sur le
tréponème.
Variations de ia répartition de l’azote total non
protéique dans les globules et le plasma en fonction
du taux de l’urée du sang. — MM. P. Cristal, A.
Puech et P. Monnier montrent :
1 " Qu’à l’état normal et pour des azotémies infé-
IS'. '1'. T. globules
rieures à 0 gr. 15 le rapport ,,,
supérieur à 2 ; 2,25 eu moyenne.
. 2“ Que pour des azotémies outre 0,45 et I gr. il
'diminue progressivement de‘2 à 1,50 ; c
3“ Qu’il. s’abaisse encore de 1,50 à 1 entre 1 gr. et
2 gr. 50 d’azotémie.
4“ Qu’au dessus de ce chilli'e d’azotémie, le taux
de l’azote total non protéique est plus élevé dans le
plasma que dans les globules. Le rapport est infé¬
rieur à 1.
Ces constatations indi((uent l’existeiice d une véri¬
table imperméabilité globulaire aux divers consti¬
tuants de l’azote total en cas de rétention azotée.
De la vaccination par voie buccale contre le
baclllus typhi murium. — MM. K. Kumaga.1 et A.
Motomura. Les souris se prêtent à' la vaccination
contre le virus typhi miuium Introduit per o.s-, aussi
bien parla voie sous-cutanée que par la voie buccale.
Vaccinébs par la voie buccale, elles acquièrent une
immunité 10 à 20 fois |)lns solide que celles vaccinées
de Besrodka en ce qui concei-nc la vaccination par la
voie buccale; elles déinonli'cnt, en plus, en confor¬
mité avec sa théorie de l’immunité locale, que la voie
d’immuiiisation lu meilleure est celle que dans l’orga¬
nisme suit le virus lui-incme.
Essai sur l’immunité antitoxique de l’aptitude des
animaux à la production des antitoxines. — D’ob¬
servations multiples M. G. Ramon conclut que les
facteurs de race, d’origine, de sexe, de tempérament,
de genre de vie n’ont pas d’inlluence sur la produc¬
tion des antitoxines. Des essais d hyperimmunisation
effectués au moyen de l’anatoxine diphtérique sur
100 chevaux à-réaction do Schick, soit négative, soit
positive, et des dosages réguliers d’antitoxine parla
méthode de lloculation, montrent (|uc la possession
.par les chevaux d’une immunité d’origine occulte ;i
une inlluencc favorable sur la rapidité avec laquelle
les sérums atteignent le maximum de leur pouvoir
anli toxique mais n’a pas d’action sur ce maximnm
lui-même : Quelque importance que puissent avoir
pour l'élaboratiou do l’antitoxine les divers facteurs
appartenant on propre à l’animal producteur, ils
s’elfacent devant un facteur extrinsèque: l’antigène
spécifique et sa valeur.
Essais sur l’immunité antitoxique et sur le rôle
des antigènes spécifiques et non spécifiques et des
réflexes conditionnels dans la production des anti¬
toxines. — Des expériences clïecluées par M. Ra¬
mon il ressort qu’un organisme comme celui du cheval
|ieul produire en même temps ou successivement, des
antitoxines aussi dilîcy’entes spécifiquement que les
antitoxines diphtérique et tétanique, mais ni l’emploi
d’un antigène non spécifique, ni la mise en œuvre
d’excitations conditionnelles ne peuvent être substi¬
tués pour la production d’une antitoxine à l’injection
de l’antigène spécifique. Cet antigène spécifique ne
joue pas seulement le rôle d’excitant de la fonction
"“grâce à laquelle l’organisme élabore l’antitoxine, il
en est l’aliment absolument indispensable. En y
adjoignant certaines de ses propres ressources l’or-
gaiilsme utilise pour la préparation de l’antitoxine
cet aliment, il en extrait, l’élément fondamental,
celui-là même qui conféiera à l’antitoxine sa rigou¬
reuse spécificité.
Contribution à l’étude des toxines streptococ-
clques. — MM. L. Kandiba et E. Sadowski ont pu
assez facilement mettre en évidence des substances
leucotoxiques dans les cultures de streptocoque par
la méthode bactériotrope. Ces substances, comme les
hémolysines, se trouvent seulement dans les cultures
très jeunes ; la filtration, la centrifugation, le chauf¬
fage, la conservation à la température du laboratoire,
affaiblissent leur action; les streptocoques virulents
né produisent pas tous de leucotoxine; dans les
filtrats de culture de streptocoques, on met en évi¬
dence, in vivo, des propriétés toxiques; la toxine
slreptococcique se comporte comme une aggressine
pour l’infection streptococcique.
Rétention chlorée cérébrale dans divers états
mentaux. — MM. Delaville et Tchezniakobsky
avaient insisté, précédemment, sur la rétention
cliloréé dans le sang do malades atteints de troubles
neuro-psychiatriques, ils ont mis en évidence la ré¬
tention du chlore dans le cerveau des mêmes ma¬
lades. Là rétention chlorée est particulièrement
marquée dans la substance grise; ce fait est impor¬
tant, car cette substance est la partie lu plus active
du cerveau.
Existence d’une lysine produite par le bactério¬
phage. — M. Serlie démontre (|u’une certaine race
de bactériophage anticoli donne naissance à des
plages entourées de 2 zones concentriques. La plus
centrale contient 'du bactériophage, la plus périphé¬
rique contient seulement nue lysine qu’on peut
extraire par la glycérine ou en bouillon de culture
par des filtres à structure bien serrée. Il donne la
démonstration que l’origiiic de cette lysine est bien
le bactériophage et non pas la cellule bactérienne
lysée par lui.
SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE
7 Février 1925.
Kyste hydatique intracrânien chez un enfant;
amélioration par le traitement antisyphilltique ;
opération; guérison. — MM. Lévy-Valensi, Bour-
dier et Moscovici présentent un enfant de 7 ans
ayant eu un syndrome d’hypertension intracrânienne
qui fut amélioré par un traitement arsenical; l’opéra¬
tion permit d’extiper un volumineux kyste hydatique
sous dure-mérien comprimant le lobe frontal.
Section chirurgicale du nerf auditif pour bruits
cochléaires intenses. — MM. Sicard, Veriiet,
Haguenau et G. Dreyfus ont observé un malade
qui avait présenté, à la suite d’une commotion, une
rupture des deux tympans et une suppuration auricu¬
laire bilatérale; il percevait des bruits anormaux db
côté droit, dont l’intensité était telle qu’il avait tenté
à 2 reprises de se suicider. Devant l’intensité des
bruits ctl’e.xistenced’un état vertigineux décelable par
les épreuves labyrinthiques fines, les auteurs con¬
clurent à l’origine périphérique des bruits : la section
du nerf auditif améliora le malade.
Syndçome du trou déchiré postérieur. — M. Ver-
net montre, en projetant un film et en présentant un
malade, que l’on peut, par un simple examen à
l’abaisse-langue, en dehors de toute intervention d’un
spécialiste, reconnaître ce syndrome en mettant en
évidence la paralysie des 3 nerfs : paralysie du
voile (XI) et du pharynx (IX), anesthésie pha¬
ryngée (X).
Trois cas de tumeurs de la poche craniopha-
ryngée (poche de Rathke). — MM. Cl. Vincent et
M. David en rapportent 3 observations anatomo¬
cliniques.
Les deux premiers malades, âgés de 14 et 20 ans,
présentaient le trépied symptomati([ue : nanisme
avec infantilisme, atrophie optique bilatérale, vrai¬
semblablement du type primitif, destruction de la
selle turcique(les calcifications sufrasellaires n’étaient
pas visibles sur les radiographies, mais celles-ci
avaient été faites sans Potter Bucky). Histologique¬
ment il s’agissait, dans un cas, d’une tumeur adaman-
tinoïde calcifiée, avec îlots de dégénérescence colloïde ;
dans l’autre, d’une tumeur kystique épithéliale. Dans
les deux cas, l’hypophyse était fonctionnellement
détruite.
Le 3“ cas, observé chez une jeune fille de 19 ans,
était beaucoup plus fruste et se présentait comme
une tumeur cérébrale san.s signes de localisation ; on
pouvait seulement noter de l’aménorrhée persistant .
depuis 5 ans et de la sécheresse de la peau. En pra- j
tiquant avec obstination des radiographies de profil
avec des intensités et des pénétrations variées, les
auteurs purent mettre en évidence les calcifications
suprasellaires et faire le diagnostic ; histologiquement,
il s’agissait d’un épithélioma calcifié.
Rappelant l’embyologie de l’hypophyse elles divers
aspects histologiques de ces tumeurs, les auteurs
insistent sur ce fait, bien connu depuis Cushing, qu’il
n’y a pratiquement pas d’adénome de l’hypophyse
avant la puberté ; tout syndrome ale type hypophy¬
saire chez un jeune doit faire penser à une tumeur
de la poche de Rathke et on doit en chercher le signe
palhoguorajpiique : les calcifications suprasellaires,
.fuslillables du seul traitement chirurgical, ces tumeurs
doivent être opérées avant cécité, par voie Iransfron-
lale ; l’ablation de la tumeur ou du kyste n’est ])as
au dessus des ressources d’un neuro-cbirurgieii
Spasme de torsion limité au membre supérieur
et au cou. — MM. Tinel et Baruk montrent un
nouveau cas de dystonie avec spasme caractérisé pai-
une torsion du bras eu byperpronation forcée, cet
état se produisant par crises paroxystiques pi esquc
subintrantes, souvent spontanées, provoquées aussi
par l’elfort, le contact', la mobilisation, l’émotion.
Cet étal, qu’accompagne une douleur vive de type
musculaire, s’est constitué peu à peu depuis 18 mois ;
il est ])lus intense en position couchée que debout -,
il s’accompagne d'un mouvement de torsion du cou,
ébauchant un véritable torticolis spasmodique. Il
s’agit d’un syndrome extra-pyramidal très spécial à
l’approcher des spasmes post-encéphalitiqucs.
Paraplégie spasmodique familiale atypique. —
MM. Crouzon et Cadillac rapportent l’observation
de deux frères présentant une paraplégie spasmodique
avec pied bot rappelant celui delà maladie de Fried-
reich ; quelques troubles de la parole, quelques
signes cérébelleux et de l’arriération intellectuelle.
Gliomes encéphalitiques multiples, — M. Babon-
jiliis grosse, au niveau de F‘. Histologiquement, il
Maladie de Parkinson présénile ; syndrome de
passivité de Clérambault. — MM. Lhermitie et
Y. Dupont présentent un malade de 66 ans chez
qui, à un parkinsouismi’ non encéphali tique se sont
surajoutés des troubles mentaux (phénomènes d’in¬
hibition, d’intrusion, d’inlluence, avec hallucinations).
Dans ce cas, comme dans la chorée, le trouble men¬
tal est surajouté et lié à une altération située à un
niveau différent de celui de la désintégration motrice ;
il faut se garder d’attribuer à la lésion basilaire du
CCI veau l’origine de ce syndrome de passivité.
Un cas de névrite optique par intoxication à
l’acétate de thalium. — M. L. Girot et Afb*’ S.
Braun jirésentent un malade atteint de névrite
optique à la suite d’un traileinenl par l’acétate de
thalium, sans aucun des autres signes habiluellemeiil
Tumeurs du lobe droit du cervelet (médullo¬
blastome). — MM. I. Bertrand etL. Girot insistent
sur l’importance de l’hypotonie, de l’abolition dos
réllexes de posture, de raiiesthésie coi’iiéenne dans
le diagnostic clini(|ue d’uue tumeur cérébelleuse ;
cette tumeur est remarquable par son évolution
rapide et sa constitution anatomique spéciale, forme
de jeune s’opp, osant aux formes habituellement
rencontrées chez, l’adulte.
Deux observations d’angiome cérébral. MM.
Vincent et Heuyer présentent les 2 premiers ras
français d’angiome veineux cérébral, identiques à
ceux de Cushing. Il s’agit d’enfants atteints tous
deux iraiigiome de la face; l’un a des absences et
des ci’ises convulsives, des réflexes tendineux vifs,
du stiabisme, un léger œdème papillaire ; l’autre,
atteint d’hémiplégie cérébrale infantile droite, a des
absences et des crises jacksoniennes droites, une
hémianopsie latérale homonyme, sans stase. Dans les
deux cas, la radiographie montre une tumeur d’aspect
festonné. Le traitement doit être uniquement radio¬
thérapique.
Les inoculations de trypanosome dans la para¬
lysie générale. — MM. Sicard, Haguenau et G.
Dreyfus pensent qu’elles devraient être essayées.
La maladie du sommeil présente en effet toute une
250
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
N” 16
lysic générale (signes cliniques, humoraux, analo-
miquçs) ; d’autre part, on peut chez le blanc stériliser
la maladie il volonté pur la Irypursamide.
Gllomatose étendue à toute là moelle avec
évolution clinique aiguë ; la forme aiguë de la
syrlngomyélle. — MM. G. GuiUàin, P. Schmite et
I. Bertrand rapportent l'observation d’une J'emme de
38 ans, dont l’afTeciion évolua en 3 phases. Dans
une on observa de la céphalée, des douleurs
cervicales et lomlftiires, un délleil psychique, des
troubles de la marche, de l’hyperlonie, dos signes
cérébelleux, l’absence île troubles de la sen.sihililé,
un liquide céphalorachidien xanihochromkjue, hype-
rabulmineux, sans réaction cellulaire. Dans une
2» phase, après une amélioration transitoire, apparu¬
rent des douleurs radiculaires, dorso-lombo-sacrées,
très violentes, des phénomènes spasmodiques des
membres inférieurs; une injection Ûe lipiodol montra
une image festonnée de la moelle cervico-dorsale avec
ponctuations sériées au nfveau des culs-de-sac radi¬
culaires; elle fit penser à une tumeur intramédul¬
laire non énucléahle ; elle lit cesser les douleurs. Dans
une 3“ phase, survint une paraplégie flasque avec
troubles sensitifs remontant il D-'. L’affection évolua
en 10 mois, la malade mourut avec des unièmes et
L’examen anatomique montra un processus glio-
mateux avec cavités syringomj'éliques, depuis le
bulbe inférieur jusqu’à la moelle lombo-sacrée; celte
tumeur, gliome à prédominance librillaire, aboutit à
une fonte rapide polykystiquè, accompagnée d’abon¬
dantes hémorragies interstitielles,
. Le^ auteurs insistent sur le mode de début de
l’affection en rapport avec de petites liémorragies
intrarachidiennes, sur l’intensité des phénomènes
douloureux, l’évolution aiguë de l’affection, le
caractère exceptionnel de la diffusion d’un gliome à
toute la moelle. Ce processus est essentiellement
différent de la syringomyélie habituelle; si l’on veut ,
conserver ce terme en raison îles cavités constatées,
il faut décrire avec ce cas une forme aigue de la
syringomyélie.
Méningiome de la région pariétale supérieure
gauche ; extirpation ; guérison. — MM. Th. deMar-
tel'et Cl. Vincent présentent leur maladi' qui a été
opéré en Juin 1928 et qui a pu (juitler l’hopilal au
bout de 15 jours complètemenf guéri. Ce fait montre
avec quelle sécurité les méningiomes de la convexité
peuvent être reconnus cl enlevés.
Tumeur du 4'' ventricule avec prolongements
bilatéraux ponto-cérébelleux. - MM. Barré et
Alfandary ont constaté que lu tumeur n’avait donné
aucun des signes habituels aux tumeurs du 4‘’ ventri¬
cule ; mais elle envoyait deux prolongements à travers
les trous de Luschka qui ont fait toute la sympto¬
matologie : à droite surdité, syndrome d’irritation
vestibulaire, parésie du Yl, syndrome cérébelleux
léger ; à gauche, ai'éflexie vestibulaire totale.
La rigidité parkinsonienne chez l’homme couché.
- M. Froment montre que le parkinsonien couché,
à l’état de veille, n’est pas au repos statique, il n’est
qu’à un minimum d’activité; pour conserver ce
minimum, il faut tenir compte de la place de la tète
de l’angulation des segments des membres, de
l'horizontalité des jambes, de l’angulation du regard
qui doit, être de 30 à 40". Dans cette position, le
malade reste en travail musculaire, d’où l’élévation
du coefficient de Maillard et du métabolisme basal.
Variations de la rigidité par variations de l’atten¬
tion. — M. Froment a déjà montré que la rigidité
jiarklnsonienne était niodifiée par les variations du
regard ; il en est de même avec celles de l’audition.
11 ii'cst pas iudlspeiisahle d’approcher une montre
de l’oreille, il suffit que le malade pense à une pen¬
dule située derrière lui pour que la rigidité se
déplace. Ceci montre les relations des muscles avec
raltcntioii.
Forme nouvelle de maladie familiale caracté¬
risée par des crises paroxystiques d’hypertonie
ses rapports avec l’hystérie (étude anatomocli¬
nique). — MM. Marinesco et Draganesco.
Elections. — A la dernière assemblée générale,
ont été élus : Mombren vorre.spondantit iiatioiiaior ;
MM. Ernot (de Divonne), Morin (de. Strasbourg),
I. Dereux (de Lille). — Membres correspondants
etrangers ; MM. Wagner- Jauregg, Bouman,
Fœrster, P. Martin, de Klejn, Boven, Pitulesco,
Salmon. L. HouqcÈs.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'UROLOGIE
. 21 .lanvier 1929. " '
La guérison médicale de la tuberculose rénale
(suite de la discussion) . — MM. Le Fur et Vaudre-
mer tiennent pour possible la guérison spontanée de
la tuberculose rénale; ils en citent plusieurs cas qui
leur paraissent prouvés par la disparition du pus et
du bacille de Koch du rein malade et par la récupé¬
ration complète, vérifiée par analyse des urines
divisées, de sa valeur fonctionnelle. Le bacille de
Koch peut prendre 3 formes successives répondant
aux diverses phases de son évollition : une forme
granuleuse, une fornic non acido-résistante et une
forme acido-résistante. Le vaccin ne peut agir que
sur les formes jeunes qui ne possèdent ni cire, ni
graisse, qui sont phagocylablcs et lysables et, à
l’inverse des formes acido-résistantes, ne tuent pas
les cellules. La disparition des formes acido-résis¬
tantes ne se fait que tardivement, indirectement.
La suture dq l’uretère; contribution à son étude
expérimentale. — MM. Gouverneur et Henri
Marion ont pratiqué, sur des uretères de chien, des
expériencim de suture, de dénudation, et de com-
1" Suture. — Les deux segments de l’uretère sec-
tionuCs sont suturés bout à bout, par deux surjets
effectués comme pour une suture artérielle. Les
auteurs rejettent l’emploi de points séparés et la
cautérisation de la muqueuse. Les deux segments uré¬
téraux, meme au bout de 25 jours, ne se contractent
plus qu’indépondamment l’uii de l’autre. L’onde con¬
tractile partie du bassinet ne franchit pas le point
suturé. Le segment inférieur se contracte pour son
propre compte et plus aclivenient que le bout rénal.
Il s’établit peu à peu une dilatation uretéro-pyélique ;
elle porte surtout sur le segment sus-jacent à lu
suture, mais le segment sous-jacent se dilate aussi,
, à un moindre degré toutefois. Le rein sqbil une
alropliie plus ou moins marquée. Il n’y a jamais de
rétrécissement du point sutùré; la dilatation n’est
due qu’à un trouble de la fonction motrice.
2" Inerrution . — L’adventice uretérale est suppri-
culaire est respectée ; la zone dénudée est badigeonnée
à l’alcool absolu; puis le voile séreux est reconstitué
devant rui'elère. Les deux segments urétéraux réagis¬
sent à l’excitation, le segment vésical plus activement
que le segment rénal; mais l’onde contractilé, partie
du bassinet, ne fi'anchit jamais le point dénudé. En
15 jours s’établit une dilatation en amont du point
dénudé : la simple disparition du péristaltisme nor¬
mal a suffi à la provoquer.
3" Compression. — a) Dans une première série
d’expériences il a été posé sur l’uretère une ligature
circulaire qui en étreint bien la paroi, mais n’en
étrangle pas la lumière (une sonde est capable de
franchir la ligature). I,a contraction née sur l’un des
segments cèsse de se propager à l’autre. Si l’on
enlève le fil, hypéristaltisme redevient normal. Si on
le laisse en place, il se constitue, au bout de 8 à
9 jours, des lésions de dilatation; — b) Dans une
seconde série d’expériences, on se contente, faufilant
un fil sur les muscles' voisins, de la faire passer
devant l’uretère de façon à exercer sur le conduit
une pression qui ne porte que sur une de ses faces.
Tant que, celle compression préurelérale reste
modérée, l’onde contractile passe librement; si, au
conti'aire, le fil est disposé do telle sorte que la pres¬
sion exercée sur l’urolère cesse d’élre modérée, le
péristaltisme s’interrompt au point où passe le fil.
L’uretère, à la lumière de ces expériences, apparait
connue un conduit neuro-musculaire fragile. 'l’out ce
qui mot obstacle au passage de l’onde en entraîne la
dilatation.
Chorio-épithélioma métastatique du rein. —
MM. Boeckel et Franck ont, chez une malade
antérieurement hystéreclomisée pour chorio-épithé¬
liome de l’utérus, pratiqué une néphrectomie pour
des hématuries rebelles du rein droit qui résistaient
à toutes les théi'apentiques. Le rein enlevé était lui-
nième atteint d’une tumeur chorioépilhéliale qui
n’en respectait (]u’un des pôles. La malade succomba
plusieurs semaines après sa sortie de rhôpital.
De quelques erreurs de diagnostic dans la
tuberculose réhale. — M. Legueu, rapporteur,
estime que ce lravail.de M. Martin (de Toulouse)
se prèle mal à un exposé. Il se contente de citer,
quelques-uns des faits sur lesquels se base l’auteur
pour parler d' « erreurs de diagnostic » dans la
tuberculose rénale.
Un malade dont Turine totale renferme des bacilles
amne même concentration üréique pour les deux reins.
L’urine du rein droit, recueillie par une sonde vési¬
cale, contient du pus. Le rein gauche est découvert,
puis fendu; on ne trouve rien. Le malade guérit; non
sans avoir été en danger. M. Martin déconseille la
néphrotomie dans de tels cas.
Un autre malade présente une urine totale renfer¬
mant des bacilles. L’urine du rein droit contient
ü gr. 5 d’urée, celle du rein gauche 9 gr. 12 d’urée
par litre. La lombotomie gauche ne montre rien
d’anormal. Le rein droit est enlevé. Il no présente
aucune lésion. M. Leg-ueu n’eùl pas fait de lombo- '
tomie à gauche, mais il aurait pu, lui aussi, commettre
l’erreur de croire le rein droit malade.
Chez un autre malade, l’urine ne contient pas de
bacilles de Koch. La concentration de l’urée est
abaissée dans Turine du rein droit (7 gr. 50 contre
16 gr. 50 à gauche). Le rein droit est enlevé : pas de
lésions sauf doux petits nodules grisâtres qui sont
peut-être des tubercules. M. Legueu pense ([ue, si
l’abaissement de la concentration uréique est un
signe de grande valeur, on doit, pour enlever un rein,
exiger des signes certains de tuberculose.
— M. Marion est du même avis; un rein tubercu¬
leux peut concentrer Turée plus qu’un rein sain poly¬
urique. Il faut, pour songer à faire un diagnostic, une
jiyurie bien établie et des épreuves d’élimination.
— M. Chevâssu a pu observer un même trouble
de fonctionnement sur deux reins dont un seul était
pyurique ; l’autre ■ était atteint d’hydronéphrose.
Une double- déficience fonctionnelle peut avoir une
doùble cause. .
Prostatectomie.; pyohémie avec panophtalmie;
guérison. — M. Marion rapporte une observation
de MM. Picquet et Bonnet^ase ayant trait à un
malade qui fil, après prostatectomie, une infection
grave (panophtalmie, état comateux) et fut considéré
comme perdu. Mais, 20 jours après sa sortie delà
clinique, le malade évacua par Tanus un grand verre
de pus ; son état s’améliora ; Tœil put être opéré et
la guérison fut complète. Il s’agissait donc d’une
pyohémie avec abcès périproslatique. ou périvésical.
Celte observation, dit M. Marion, est exceptionnelle
en ce que le malade a guéri. 11 a lui-même observé
un cas dans lequel le malade, 12 jours après l’opéra¬
tion, présenta une suppuration de la chambre anté¬
rieure et succomba. Aucun autre foyer suppifré ne
fut découvert. Il s’est agi probablement d’une phlé¬
bite des plexus périprostaliques. L’urine de ce
malade contenait des staphylocoques et des strepto¬
coques.
M. Marion passe ensuite en revue une série de cas
où une infection urinaire s’accompagna de phéno¬
mènes de pyohémie et de suppurations à distance. A
propos du cas publié, MM. Picquet et Bonnecase .
pensent que, chez leur malade, il eût été bon de faire
une incision périnéale de secours. Mais, quand la
suppuration est périvésicale, on risque bien ainsi de
passer à côté d’elle.
Le faux prostatisme des diverticules vésicaux.
— M. Papin rapporte un travail de M. Ricber (de
Lyon) dans lequel cet auteur se demande si, après
extirpation d’un diverticule vésical, tous les troubles
dysuriques prennent bien fin et s’il n’est pas parfois
nécessaire de faire, comme les Américains, une inter¬
vention complémentaire sur le col. L’auteur a vu,
chez un homme de 25 ans, à qui un gros diverticule
avait été enlevé, persister les troubles de la miction.
Il a ultérieurement refusé d’opérer deux malades de
plus do 60 ans qui avaient bien>des diverticules, mais
dont le col vésical paraissait sain.
— M. Papin, laissant de côté les diverticules
ouraquiens très spéciaux, se borne à envisager les
diverticules périuretéraux pour lesquels intervient
une disposition congénitale. D’après lui, il existe des
diverticules avec obstacle mécanique, des diverticules _
sans obstacle mécanique et des diverticules créant
eux-mêmes l’obstacle ‘mécaniqi^jC. Il est d’avis d’en¬
lever les diverticules ; la cystostomie est toujours
incapable de les drainer; ensuite' il faut supprimer
l’obstacle mécanique s’il en est uii. ■ • 7
— Tel est aussi l’avis de M. M'àrion qui conseille
do toujours commencer par enlever le diverticule ; une
cystostomie préalable rend cette excision beaucoup
plus difficile. ' - .
N“ 16
LA t’îlÈSSE MÉDICÀLÉ, Samedi, 23 Février 1929
257
— M. Chevassu spécilic bien qu’il ue faut enlever
qtie les diverticules qui s’accompagnent de l’étention.
-- M. Gayet, puis M. Legueu citent quelques cas
de diverticules qu’ils ont observés; M. Legueu estime
la résection du diverticule difficile, non exemple de
dangers; jjour lui, il est des cas où il faut se résigner
au pis aller du sondage et des lavages.
(L WüI.KROMM.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE ET DE GYNÉCOLOGIE
DE PARIS
11 Lévrier 1929.
Quatre observations de tumeurs à grand déve¬
loppement pelviabdominal, partiellement ou totale¬
ment sous-pérltonéal : technique de leur extirpa¬
tion. — M. Petit-Dutaillis. Deux sortes de kystes
peuvent se développer dans la base du ligment large :
ceux de l’aileron et ceux du mésoinèlre. Ij’auteur rap-
|)orle 2 observations de kystes volumineux développés
dans le niésomètre aux dépens des débris du canal
de (îürtuer. (les kystes sont d'une extirpation difficile,
ils sont fusionnés au boni utéi-in, au cul de sac- vagi¬
nal ou aux deux en même temps, lis ont un ])édicnle
vasculaire jjrofond difficile à atteindre et ù lier en
raison du voisinage de l’uretère, .surtout lorsque le
conduit se trouve en dedans des vaisseaux allant à la
tumeur. En pareil cas, après ponction du kyste et
j>onr dégager le champ opératoire, on peut sectionner
d’abord d’un bloc la plus grande partie de la paroi
kystique, l’utérus et les annexes opposées ; il est plus
aisé alors de dégager sous le contrôle de la vue la
partie j)rofonde du kyste.
Un cas de rupture spontanée d'un kyste dermo'ide
de l’ovaire. . — MM. Lecène et C. Béclére. 11 s’agit
d’une j(mne femme de 2Ü ans qui est prise brusque¬
ment d’une violente douleur abdominale avec contrac¬
ture de la paroi et température à 39"4. Dans le cul-
de-sac gauche on sent une masse dui-e et irrégulière.
On porte le diagnostic de kyste dermo'ide. lequel est
confirmé par la radiographie qui permet de constater
dos dents à l’intérieur de la tumeur. La malade est
opérée lorsque la température baisse et elle guérit
normalement.
- M. Séjournet a opéré un kyste mucoïde rompu
depuis la veille et il n’a pas retrouvé trace de liquide
dans le ventre.
Un cas de réaction salpinglenne à la suite d’une
injection intrautérine de lipiodol. — MM. Lecène,
C. Béclère et M'""’ Tedesco publient le premier
incident constaté par eux après avoir fait 230 injec¬
tions intraulérines de lipiodol.
Il s’agit d’une femme de 32 ans ayant fait, il y a
t) ans, un avartement suivi d’infection grave pour
laquelle il fallut pratiquer une colpotomie. En No¬
vembre 1928, on fait une injection de lipiodol et on
constate un hj'drosalpinx bilatéral. 8 jours après
l’injection, la malade fait une double salpingite qui
nécessitera sans doute une opération. Cet , incident
tient probablement à l’infection grave antérieure et
peut-être au fait que l’examen a été fait quelques
jours avant les règles.
-- M. Donay. Il faut toujours faire l’injection de
lipiodol après les règles. Douay. Personnellement, il
n’a observé qu’une seule fois une salpingite double à
la suite d’une insufflation faite avant les règles.
Quelques observations [de symphyséotomie par¬
tielle. — MM. Rudaux et Desnoyers. A la Mater¬
nité, depuis 1926, on a pratiqué 16 symphyséotomies
chez 6 multipares et 10 primipares.
La morbidité maternelle a été assez élevée ; à
signaler que plusieurs femmes étaient déjà infectées.
3 malades ont eu de l’incontinence d’urine pendant
2-3 jours. 'Foutes les opérées se sont levées au
1.')“ jour, quelques-unes avec un peu de gène à la
marche au début, une seule avec une impotence fonc¬
tionnelle pour laquelle on a fait une symphyséoi’ra'phie
au 34'' jour alors que l’état s’était déjà amélioré.
Sur ces 16 symphyséotomies on a eu 15 enfants
vivants, 1 mort qui était un prématuré chez lequel
la manœuvre de Champetier avait échoué avant la
symphyséotomie.
- JW. Guénfot a observé un cas d’impotence fonc¬
tionnelle complète ayant persisté 4 mois après la
symphyséotomie.
— M. Le Lorier n’a pas observé d’impotence grave
et prolongée dans les pelvitomies. 11 vient de voir 1
un très beau résultat fonctionnel après symphyséo-
— M. Catbala insiste sur les bons résultats de
cette opération.
Fibrome en voie de sphacèle situé sur le segment
inférieur ; césarienne suivie d’hystérectomie. —
MM. Sureau et Job. P. Duiiaii,.
SOCIÉTÉ D’OPHTALMOLOGIE DE PARIS
26 .lanvier 1929.
Fibrolipome de l’orbite.. MM. G. Worms et
Lacaze. l’u homme, quelques mois après un violent
traumatisme de l’arcade oi-bitaire supérieure droite,
vit se développer lentement une exophtalmie de l’œil
coi'respondant. L’intervention- montra qu’il s’agissait
d’un fibrolipome, contemi dans un dédoublement du
périoste orbitaire (région rétrohulbaire). La tension
artérielle rétinienne, qui était très élevée : 75
(Bailliarl), revint à la normale peu après l’extirpation
de la tumeur.
Atrophie optique bilatérale primitive. — M. G.
Worms. Malade atteint' d’atrophie optique bilaté¬
rale, d’évolution rapide, menaçant d’aboutir à une
cécité absolue malgré toutes les tentatives thérapeu¬
tiques, A cette occasion, l’auteur pose la question de
ces dégénérescences dites essentielles du nerf optique,
dont la cause demeure ignorée malgré les investi¬
gations cliniques et biologiques les plus complètes.
Persistance de l’artère hyaloïde et du canal de
Cloquet. -- MM. G. Worms et Lacaze. Ce cas se
caractérise par :
1" Le calibre inusité du canal de Cloquel, qui tra¬
verse eu entier le vitré pour s’insérer à la cristal¬
loïde postérieure ;
2" L’apjiarence d’un vaisseau adventice sur une
partie de sa surface ;
3“ La vision réduite à la perception lumineuse.
Aspect radiologique des méningiom,es voisins de
la fente sphénoïdale. - M. E. Hartmann montre
une dizaine de clichés radiographiques illustrant les
différents types que l’on observe au cours de ces
méningiomes insérés sur la petite aile du sphénoïde
ou à son voisinage et qui intéressent l’ophtalmolo¬
giste puisqu’ils provoquent une baisse de l’acuité
visuelle de l’œil homolatéral par compression directe
du nerf optique, et souvent une exophtalmie.
Quatre nouveaux cas d’hypertension intracrâ¬
nienne sans signe ophthalmoscopique. — M. Ma-
gitot. Ces 4 observations concernent respectivement :
une méningite tuberculeuse, une méningite spéci¬
fique, un comitial, et une tumeur intracrânienne,
dont les hypertensions, diagnostiquées par l’étude de
la pression rétinienne, furent contrôlées à plusieurs
reprises par la ponction lombaire. Le cas le plus
intéressant concerne le comitial dont la ponction
lombaire révéla une pression normale, mais dont la
ponction du corps calleux accusa une hypertension
des plus nettes. L’auteur montre également qu’il ne
faut pas prendre pour leur valeur absolue les chiffres
de la pression artérielle rétinienne, un chiffre fort
pouvant correspondre à une hypertension moyenne
et réciproquement. Malgré cette réserve, la méthode
se montre extrêmement précieuse pour dépister les
hypertensions intracrâniennes qui ne s’accompagnent
d’aucun signe papillaire.
Larmoiement sans sténose. — M. Magitot. par
cette appellation, désigne les larmoiements qui sont
indépendants d’une hypersécrétion et d’un obstacle.
Il attire l’attention sur la fréquence extrême des
lésions nasales et sur le fait que la muqueuse du
conduit lacrymo-nasal possède un corps érectile vas¬
culaire comme la pituitaire. Certains de ces larmoie¬
ments paraissent avoir leur origine dans un déséqui¬
libre vago-sympathique local, sympathique et para¬
sympathique se partageant l’innervation du corps
caverneux en question, dont le gonflement consti¬
tue le seul obstacle au cours des larmes.
Stase papillaire intermittente. MM. Dubar et
Lamache rapportent le cas d’une malade chez qui,
contrairement à ce que l’on constate hahiluellem'ent,
la stase |)apillaire est disparue complètement, par
atténuation progressive et sans aucune intervention
thérapeutique, malgré l’évolution graduelle d’une
tumeur cérébrale que l’autoiisie a permis de constater.
P. Bailmaiit.
SOCIÉTÉ DE LARYNGOLOGIE DES HOPITAUX
.lanvier 1929.
Thrombo-phlébite suppurée sinuso- jugulaire. —
MM. G. Worms et Lacaze. Le malade présenté a
subi avec succès l’ouverture du sinus latéral associée
à la résection de la jugulaire interne d’un côté et à
l’ouverture du sinus du côté opposé pour ])hlébite
bilatérale. Aucun accident d’ordre circulatoire n’en
est résulté du côté de la tête.
A cette occasion, les auteurs déclarent donner
habituellement la préférence au mode opératoire
suivi chez leur malade (résection haute de la jugu¬
laire) plutôt qu’à l’attaque directe du golfe, interven¬
tion souvent comj)lexe et parfois dangereuse (réac¬
tion méningée, paralysie faciale).
Les complications orbitaires des ethmoïdites. —
M. Lanos. Les ethmoïdites, surtout chez l’enfant, se
manifestent souvent j)ar des complications orbitaires
dont les princiiiaux symptômes sont l’exophtalrnic,
l’cedème palpébral, le chémosis.
Lés symptômes généraux sont souvent très accu¬
sés, (jue l’ethmoïdite soit fluxionnaire ou suppurée.
Pour éviter les complications infectieuses sur le nerf
optique ou les collections suppurée rétro-auriculaires,
il est nécessaire d’intervenir rapidement' en drainant
l’ethmoïde par voie externe.
Résultats fonctionnels d’hémi-laryngectomies par
le procédé de l’auteur. — M. Hautant présente 2
malades opérés parsoti procédé. Les résultats fonc¬
tionnels sont exei'llents tant au point de vue respira¬
toire que phonatoire.
Synéchie tuberculeuse du larynx. — M. 111.
’ Malade de 58 uns ayant eu des antécédents bacillaires
et qui présente une synéchie complète des cordes
dans leurs deux tiers antérieurs ayant déterminé une
aphonie complète et un tirage assez marqué ; tissu
fibreux blanc, rosé, lisse, non ulcéré, qui né ])ré-
sente aucun caractère jjarticulier à l’examen histolo¬
gique. Il s’agit vruisemblahlemont d’un processus
tuberculeux particulier. Wassermann négatif.
Kyste de l’aryténo'ide. — M. Halphen présente,
pour diagnostic, un malade atteint d’une tuméfaction
aryléuüïdienne avec prolongement extérieur dans la
région latéro-hyoïdienne, survenue hrusqueme|nt et
qui, ponctionnée, n’a donné que de l’air. Après la
ponction, la tumeur s’est affaissée, mais s’est repro¬
duite)
S’agit-il d’une laryngocèle ou d’une tumeur em¬
bryonnaire ? L’intervention seule pourrait permettre
d’en faire le diagnostic.
L’ethmoïdite chez l’enfant. — M. Rouget. L’eth¬
moïdite n’est pas rare chez l'enfant. Ses caractères
principaux sont ; fréquence à la suite des fièvres
éruptives, tout particulièrement la scarlatine ; absence
presque constante de symptômes nasaux; les seuls
signes réguliers sont ceux d’une cellulite péri-
orbitaire.
(-ette cellulite peut se présenter sous deux aspects :
forme fluxionnaire ou congestive et forme suppurée.
A chacune de ces variétés répond un traitement diflé-
rent ; traitement médical vaccinolhérapique pour la
première, chirurgical avec voie d’accès orbitaire pour
la seconde.
Un cas de radionécrose du cartilage thyroïde. —
M. Lemaitre et M^^'‘ Zimmern.
Etude anatomique et radiographique d’une mas¬
toïdite séreuse aiguë. . M. Bourgeois.
J. Uamauiek.
SECTION D’ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L’ŒUVRE
DE LA TUBERCULOSE
12 .lanvier 1929.
Risques immédiats de la thoracoplastie et indi¬
cations de l’oléo-thorax. -- Dans la première note,
M. Dumarest (d’ilauteville) insiste sur le caractère
moins dangereux des thoracoplasties faites sur plèvre
vide, c’est-à-dire sur des malades ayant déjà un col-
lapsus du poumon dû à un pyopneumothorax ancien
fistulisé ou non. Celte bénignité plus grande en pareil
cas tiendrait à l’absence des dangers dus au flotte¬
ment du médiastin ou à l’inoculation du côté opposé
par embolies bronchiques.
Dans lu seconde note, l’auteur se montre partisan
258
LÀ PRESSÉ MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
N» 16
de l'oléo-thorav cmiiloyé oomrae méthode de blocaj^e
de la plèvre soit pour éviter une symphyse, soit pour
comprimer une cavi’rne. Dans les ras d’épanchement
purulent, son utilité et son efficacité lui paraissent
moins évidentes, romplétement contre-indiqué dans
le cas de iierforation pleuro-pulnionaire dont il
aggrave généralement les symptômes, il ne trouve
que des indications très rares au cours des pleurésies
haiiales du pneuinothorax pai' infection lymphatiipie
do voisinage. Dans le casde jilcurésies malignes hyper¬
thermiques avec infection secondaire, .M. Dumarest
préfère à foléothorax le lavage pleural tons les 8 à
10 jours suivi, s’il le faut, de drainage par thora¬
cotomie puis, plus tard, de thoraciqdaslie,
M. Kiiss. à propos de la prise des pressions dans
l'oléo-thorax. fait remarquer qu’elle demanile relati-
vemenl peu de teni[is si l'on prend soin de faire varier
la [losition de l'index de verre.
M. Maiirer est ojiposé au drainage externe des
eollections suppurées de la plèvre secondaires au
pneumothorax. Il préféré préparer ses malades à la
thoracoplastie par des ponctions tré(|uentes, et il ne
praticiue de thoracotomie ([u’nne fois ([ue la cavité
pleurale est déjà réduite, si les ponctions se montrent
insuffisantes.
M. Rolland ne croit pas que les déphu'ements du
cœur ou le flottement du médiastin jouent un rôle
important dans la mortalité opératoire, l'anesthésie
générale et la longueur de la thoracoplastie en un
temps constituant, d’ajirès lui. des facteurs heaucoup
])lus importants,
M. Francis Bordet fait des réserves sur la rcla-
five héuignité dces thorac(q)lasties sur plèvre fistulisée
à l’extérieur. Il y a là une source d’infection dont le
voisinage avec h‘ cham}) oj)ératoire constitue une
menace! des plus dangereuses, et l'aeiteu rapporte un cas
dans lequel la pi-o|)agalion de l’infection de la plaie
iqeératoire emporta la malade en une dizaine de jours.
- M. Sergent insiste à nouveau sur les dangers
de l’einpyème chirurgical appliqué au traitement des
pleurésies tuberculeuses.
- - MM. Léon Bernard et Courcoux rapiiellent éga-
lemenl qu'à plusieurs n-prises ils oui mis en garde
contre les résultats désastreux d’une telle intervention.
Indications de la thoracoplastie totale élargie
dans le traitement des pneumothorax compliqués
(suppurations pleurales et perforations pulmo¬
naires). - - MM. J. Rolland et A. Mattrer préconi¬
sent la thoraciqdastie totale élargie comme traitement
de cerlaines complicafions du pneumothorax artificiel
et de l’otéothorax. 11 ne s agit pas d’y avoir recours
dans les casde fissuration transitoire d un oléothorax
([ui peut guérir spontanément. La thoracoplastie
n est pas indiquée non plus dans les simples épan¬
chements purulents ou même puriformes (pleurésies
exsudatives du pneumothorax artificiel de Léon Ber¬
nard et Baron) pour les(|uels Archihald l’a conseillée :
des guérisons peuvent être obtenues à moins de frais
par des ponctions répétées suivies d'injection d’air
ou par un oléothorax. Mais, quand il y a infection
secondaire par suite d'une ponction malheureuse ou
par infection hronchopulmonaire pneumococcique ou
autre, il faut intervenir.
I lahitnellement c’est une complication grave c|ui
oblige à intervenir ( fisttilisation jiariétale ou perfora¬
tion bronchique complii|uée de vomique). Les auteurs
sont opposés à la pleurotomie primitive, source d’in¬
fection pariétafe. Ils préconisent des ponctions répé¬
tées, des temps de désossements successifs et. dans
certains cas. une <. pleurotomie ili/férêe » dont l’exé¬
cution pourra être rejetée après les- différents temps
de thoraco[)lastie ou intercalée entre eux.
Cetti! pleurotomie ue sera, en tout cas, pratii|uée
qu'après cicatrisation <le la plaie de thoracoplastie
postérieure et inférieure, car l’incision doit être située
en un point déclive à la partie postéro-inférieure du
Les auteurs montrent (|uelles sont les difficultés
techniciues, insistent sur l’utilité d une opération pré¬
coce, sur la façon dont doivent être faites les ponc¬
tions pleurales, sur les précautions à prendre pour
faire - ht pleurotomie différée ",
M. Rist. tout en approuvant les conclusions de
M,\L Holland et .Maurer. se demande s’il n'est pas des
cas où la thoracotomie précoce demeure indiquée, et
il rapporte un fait qui prouve que 1 on peut avoir la
main forcée lorsipi Un épam’hement dù à une infec¬
tion mixte contient des fausses inemhranes qui ren¬
dent toute pom tion évacuatrice impossible.
M. Francis Bordet croit que, tout en étant
exceptionnelles, de telles indications subsistent cer¬
tainement, et, comme M. Rist, il s’est trouvé dans
l’obligation de décider un empyème pour' éviter une
vomique menaçante, l’évacuation par un gros trocart
étant totalement impossible. La fin de l’évolution
montra une fois de plus, malheureusement, (|ue l’amé¬
lioration ainsi obtenue n’est que provisoire.
M. Rolland reconnait qu'il existe des cas où la
pleurotomie est inévitable, mais il ne faut s'y résoudre
Disparitions et réapparitions de cavernes. —
MM. J. Morin et R. Waitz projettent une série de
radiographies (|ui montrent, chez le même malade, une
succession d’agrandissements et de réductions d’une
caverne située dans la partie inférieure du champ
chaque poussée évolutive correspondait une
réapparition de l’image cavitaire qui entre temps ne
disparaissait d’ailleurs pas comjilètement.
Image scissurale Inférieure droite accentuée
par la position en lordose exagérée. — M. H.
D'Hour insiste sur l’intérêt que peut présenter la
radiographie en position lordotique suivant la
méthode de Lleischner. (le procédé, mode ])articulier
d’ap])lication de lois de Beclère qu’il com|)lète, a
considérablement augmenté, dans l’observation rap¬
portée, la visibilité des lésions scissArales. L’auteur
])résente ensuite les résultats de ses recherches
anatomo-radiologiqucs par des procédés expérimen¬
taux d’opacification des scissures.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
DE BORDEAUX
4 .lauvier 19:!U.
Origine nucléaire de la paralysie faciale dite « a
frigore ». — M. H. Verger. Un malade est atteint
d’une paralysie faciale gauche attribuée à un refroi¬
dissement. Trois semaines auparavant, sa femme avait
])résenté un zona brachial. Les paralysies spontanées
périphériques et, en particulier, la paralysie faciale
pourraient être dues à l’infection des noyaux moteurs
plutôt qu’à des mononévrites. Dans le cas de M. 'Ver¬
ger, la même infection aiirait produit des localisations
différentes.
11 Janvier.
Sur un cas de sténose hypertrophique du pylore;
opération de Fredet; guérison. — M. L. Massé.
Lnfant âgé de 1 mois présentant des vomissements
irréguliers depuis sa naissance qui à la ’c- semaine
sont devenus abondants, survenant environ une heure
après chaque tétée. Amaigrissement considérable,
t Indes péristaltiques visibles dans le creux épigas¬
trique. Opération de Fredet par une incision sous-
costale droite parallèle au rebord des fausses côtes
à l’anesthésie locale. Ouérison avec augmentation
rapide de poids (880 gr. en 15 jours).
Une fois de plus le succès s’est montré facteur de
la précocité de l’intervention. L’incision sous-costale
droite parait la meilleure pour éviter l’éviscération.
L’anesthésie locale peut être suffisant!! et choque
moins les petits malades.
Fractures isolées du scaphoïde tarsien. — M.
Charles Lasserre rapporte 2 observations de frac¬
tures isolées du. scaphoïde tarsien.
A l’occasion de ces deux observations absolument
typiiiues fracture par tassement, à 4 fragments, et
fracture oblique voici quelles sont les conclusions
de l’auteur :
Les fractures isolées du scaphoïde tarsien sont
rares. L’étude de leur mécanisme et sa compréhen¬
sion sont liées à la connaissance exacte de l’archi¬
tecture de la voûte envisagée à l’état statique et à
l’état dynamique. Il appert que le scaphoïde est bien
la clé de voûte du pied en mouvement, d’où la possi¬
bilité de fractures très systématisées.
Les fractures peuvent intéresser le corps navicu-
laire, — ce sont les plus fréquentes, - - ou. exception¬
nellement. son tubercule.
statique et dynamique est essentiel et il domine lu
thérapeutique. Celle-ci sera orthopédique par essence
et parfois chirurgicale par nécessité.
18 Janvier.
Traitement chirurgical des troubles trophiques
consécutifs aux lésions traumatiques du nerf scia¬
tique. — M. Lafargue.
Gastrectomie pour volumineux ulcéro-cancer de
la petite courbure sans signe radioscopique,, —
M. F. Papin.
25 Janvier.
Section du tendon du long fléchisseur du pouce ;
suture ; guérison. — M. Charles Lasserre présente
un jeune homme chez lequel il a pratiqué, 5 heures
après un accident (chute sur des fragments de verre),
une suture primitive du tendon du long lléchisseur
du pouce. La suture a réussi et la récupération fouc
tionnelle est complète. A cette occasion, l’auteur rap¬
pelle les principes de la chirurgie réparatrice des
, tendons fléchisseurs de la main, au niveau de leur
gaine digitale. Une orientation nouvelle de la tech¬
nique tend à substituer à la répai-ation immédiate la
suture secondaire systématique avec greffe tendi¬
neuse. La suture primitive, pratiquée dans les pre¬
mières heures, et dans certaines conditions, garde
toutefois ses indications et donne, quand elle réussit,
de très beaux succès.
Néphrite par ascaris. — M. Dirks-DiUy eu rap-
F'f cas. Eruption, arthrite, appendicite, albumi¬
nurie, azotémie Mort.
2“ cas. Œdèmes, albuminurie, azotémie.
Présence d’ascaris.
Rupture du tendon du quadriceps ; résultat éloi¬
gné. - M. Jeanneney, Les ruptures du tendon du
quadriceps sont rares et relèvent du traitement chi¬
rurgical précoce. Ue traitement doit viser à la recon¬
stitution anatomique des divers plans musculaires
qui représentent les insertions rotuliennes du qua-
Chez un homme de 74 ans, opéré il y a 3 ans et
chez qui le traitement ambulatoire a été jjrécocemeut
appliqué, le résultat anatomique et fouctionnel est
Ostéoplastie cotyloi'dienne et ostéotomie sous-
trochantérienne. — M. Edouard Papin. Malade de
46 ans atteinte de subluxation congénitale de la
hanche et arrivée à l’impotence absolue. L’auteur a
refait une cavité cofyloïdieune par butée osseuse avec
greffon pris sur le tibia, selon la technique de Lance,
mais il y a ajouté une ostéotomie sous-trochanté-
rieune qui, pratiquée dans certaines conditions de
technique, a pu refaire un col fémoral de direction
normale. Résultat anatomique et fonctionnel excellent.
Les guérisons apparentes de la paralysie géné¬
rale par la fièvre tuberculinique. — • M. Anglade
(de Bordeaux). Cas particulier et typique de soi-
disant guérison de la paralysie générale par la lièvre
artificielle. La tuberculine en revendique de sem¬
blables dans une proportion sensiblement égale à
celle (ju’on attribue à la malaria. L’une et l’autre
constituent des agents pyrétogènes puissants et
fidèles. Ni l’une ni l’autre ne peuvent, d’ailleurs, pré¬
tendre représenter plus que des étapes dans un mou¬
vement thérapeutique de grande envergure qui vise
à élever la température du corps par des moyens bio¬
logiques, physiques et chimiques pour combattre les
infections chroniques apyrétiques.
Pour des raisons d’ordre clinique et anatomique, !<•
diagnostic de la guérison intégrale d’une paralysie
générale confirmée ne doit être accepté qu’avec pru¬
dence. Les premiers assauts de méningo-encéphalile
occasionnent, dans la corticalité cérébrale, des pertes
cellulaires irréparables. Il y a des malades qui
gardent de la dysarthrie ou d’autres signes physiques
qui interdisent de les considérer comme guéris mal¬
gré leur apparente lucidité.
Ici, c’est une femme de 32 ans, amplement délirante
depuis plus d’un an. La tuberculine lui a rendu sou
aptitude au travail. La rectification des idées ab¬
surdes est obtenue. Mais un puérilisme béat subsiste
avec des signes tels que Tophtalmoplégie interne
totale. La récupération sociale est déjà réalisée ; il y
en a du mèmi‘ genre qiii n’ont pas été iuterrom|)Ue
N“ 16
23 Février 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N» 70.
Fièvre d’invasion tuberculeuse ;
pleurésie séro-fibrineuse ;
empyème
Par Pli. Mküki.iîn.
l.c tiialado Diéh..., àfi-é de 51 ans, entre dans
notre service le 11 Juillet 1927, fatigué, pâle et
amaigri. Les investigations poursuivies à e.e mo¬
ment n’arrivent pas à éclaircir son état, l’as de
lièvre. En réalité troihi seuls faits à retenir : la
palpation de la région épigastrique donne vers la
droite l’inqtression d’une petite masse située dans
la profondeur, mais sans <pie rien ne puisse être
précisé ; deux examens de sang montrent une
éosinophilie de 5 et de 12 pour 100, avec absence
d’œufs dans les selles et réaction de Weinberg
négative; enlin la tension artérielle est faible,
100-70.
Le >S Août, le malade quitte riiôjûtal et essaie'
vainement de travailler. Dans le courant du mois,
il s'a])er(;oit que par in.stants son ventre grossit
et se ballonne ; son appétit n’e.st cependant pas
trop défectueux et ses selles sont régulières. Sa
fatigue m; s’atténue pas.
11 revient à la (llinique le 14 Sejitembre, après
être r<;sté chez lui un mois sans se soigner.
D’emblée il a|)paraît plus touché ([ue lors de
son précédent séjour. Son jxtids, en baisse, est de
55 kilogr. 900; sa tenq)érature oscille entre 3()'’S
'et :58''2, son ])Oids entre 80 et 90 ; sa tension se
maintient aux ehilfres jirécédents.
L’abdomen se montre distendu. A l’exploration,
gros foie <pii dépasse le gril costal de deux tra¬
vers de doigt; bord liss(;, arrondi, de consistance
normale; |)as de douleurs, ni pro,vo(piées ni spon-
La rate n’est jias jialpable, mais sa zone de ma¬
tité jiaraît descendre ;i 2 cm. sous les fausses
Rien d’appréciable aux autres organes. Notam¬
ment pas d’ascite.
Ce second examen fournit l’exjtlication de la
])etite masse perçue lors du premier séjour du
malade ; il s’agissait à eoii]) sûr du foie, (pii di'q’à
]K)intail an-delà de ses limites régulières.
()muit à l éosinophilie, elle persistait à. un taux
moyen de 7 pour 100, les polynucléaires attei¬
gnant tout au ])lus de 55 à 05 pour 100, lympho et
mono se partageant le r('ste du pourcentagi' ])ar
parts à ])eu près ('gales.
Ces données n’autorisaient toujours pas un
diagnostic. D’autant que la lièvre ne tarda jias à
revêtir le tyjie à grandes oscillatio^ns ; 36" à 3(i"5
le matin, 38‘’5 à 39"3 le soir. On aurait dit une
lièvre de suppuration, n’eùt été que la clinitpu' ne
dépistait aucune région douloureuse ou empâtée,
(pte les globuh's blancs, diminués de nombre, va¬
riaient de 3.800 à 4.900. qm- les urines demen-
raient claires et étaient émises au taux de 1.500
Des hémocultures réitérées ne laissèrent rien
liousser. Une agglutination aux typhiques et aux
paratyphiques, [tratiquée par acquit de con¬
science, fut négative, de même qu’un Rordet-
\4'assermann exécuté à tout hasard.
Passons sur les médicaments symptomatiques
utilisés sans succès contre la fièvre, qui dura avec
ses caractères précités du 20 Septembre au 18 Oc¬
tobre. Ce jour-là, le malade ingéra de la quinine,
à la dose modérée de 0,50 centigr. ; elle lui fut
prescrite en désespoir de cause et parce qu’on
n’avait pas encore eu recours à (je produit bien
banal. Les circonstances voulurent que le lende¬
main 19, et jusqu’au 22, la lièvre s’arrêta. Delà
à parler de paludisme il n’y avait qu’un pas; c’eût
été une erreur de le franchir, car la fièvre palu¬
déenne ne se jirésente jamais sous la forme (le
lièvre de suppuration.
Au surplus, la température reprit le 22 pour
traîner jus(pi’au milieu de Novembre, mais cette
fois sans dépasser 38". Ensuite s’établit un état à
peu près apyréti(pie.
Le poids tombait graduellement de son cûté et
marquait 51 kilogr. 700 le 30 Octobre.
A noter (pie la tension ne se modifiait pas ; 90
ou 100 et 00 ou 70.
Quant au sang, rien non plus de changé. Les
examens étaient analogues dans les phases de
pyrexie et d’apyrexie. Même leucopénie relative
et nujme formule à nombreux éo.sinophiles. Ainsi
le 28 Novembre 5.000 leucocytes, dont 50 ji. 100
])olynucléaires, 12 p. 100 éosinophiles, 20 p. 100
lyiiqihoeyles, 12 p. 100 monocytes.
Un examen radiologique aussi complet que
possible du 5 Octobre mit à jour le gros foie et
la grosse rate cliniipiement reconnus. La rate
était ]ilus grande que ne le laissait siqiposer la
[lercussion ; elle soulevait plus le diaphragme
gauche que le foie ne soulevait le diaphragme
droit. En outre, présence de foyers caleiliés, con¬
densés aux hiles et disséminés dans le poumon
droit ou dans le lobe supérieur gauche.
En Décembre, l’absence continue de lièvre,
l’état clinique stationnaire lirent regarder la
maladie comme suspendue dans son évolution.
Quelle était-elle donc
Oros foie et éosinophilie évoquaient tout natu¬
rellement par leur rapprochement l’idée de kyste
hydatique. Celle-ci ne tenait pas une minute : la
fièvre, la grosse rate, l’absence de déformation
globuleuse ou en voussure du foie la contre-indi-
quaient.
En fait, pour n’avoir pas évolué dès le début,
la fièvre n’en dominait pas moins le processus,
lequel ne pouvait s’envisager que de deux ma¬
nières : ou détermination fébrile générale avec
réaction spléno-hépatique, ou état spléno-hépa-
tique primitif à réaction fébrile. Contre la seconde
hypothèse deux objections : le nian<[ue d’une ma¬
ladie avérée comme angiocholite, hépatite, etc. ;
le inamjue de signes dénotant des troubles du
fonctionnement du foie, urobilinurie, cholurie,
etc. On ne sentait pas un point de départ au foie
ni'à la rate, et le sujet ne se présentait ni comme
un hépati(jue ni C(pnnie un s|)lénique. De même
ne voyait-on pas, en dépit d’une relation qui eût
été séduisante, comment rattacher Téosinophilie
à une altération des deux organeè en cause.
L’alternative d’une maladie générale dite à
forme spléno-héjiatique était plus vraisemhlahle.
Le champ des possibilités se restreignait dès lors
pratiquement à la tuberculose, à la syphilis, au ])a-
ludisme. Ces deux derniers états n’ofl'raient aucun
argument en leur faveur; restait donc la tubercu¬
lose, qui avait l’avantage de s’accorder avec la
déchéance de l’état général, avec l’hypotension,
avec les poussées anciennes révélées ])ar la radios¬
copie. Mais encore ne tenait-on qu’un maximum
de probabilités et ne touehait-on pas à la certi¬
tude.
Celle-ci devait se faire jour en Janvier 1928.
Sans modification de l’ensemble, sans manifesta¬
tions fonctionnelles, sans fièvre, un épanchement
de la grande cavité pleurale gauche se développa,
qui fut reconnu à ses signes classiques le 20 Jan¬
vier. Une ponction ramena 200 gr. de liquide
citrin, riche en lymphocytes et hématies, avec ino¬
culation positive au cobaye. Cette [ileurésie d(‘vinl
par la suite assez abondante pour nécessiter
coup sur coup trois ponctions de 700 à 1.200 gr. ;
l'une d’elles, bacilles de Koch sans aulres mi-
crohes à l’examen direct. Elle récidivait large¬
ment a|)rès clnujue évacuation, comme il arrive
au cours des pleurésies tuberculeuses chroni(]ucs.
Elle était rebelle à diverses mesures préconisées
en pareilles circonstances, régime déchloruré,
chlorure de calcium à hautes doses, injection
intrapleurale d’adrénaline. Les injections d’air
n’eurent pas jdus d’ell'et. La situation |)ersista de
la sorte plusieurs mois, et la pleurésie méritait
hien l'éjjithète d’intarissahle.
Le malade sup|)ortait relativement bien cette
sittiation. 'foutefois il maigrissait; en Octobre il
ne p(>sait ((ue 48 kilogr. 200. soit ])lus de 7 kilogr.
de perte dejmis son entrée à rhû])ital.
.\ucun phénomène nouveau n’était surv(;nu
lors(pie, le 11 Octobre, la (puinlité de ré|(anche-
ment obligea, après bien d'autres, à une nou¬
velle ponction. Ou n’avait même pas imaginé (|i:e
dûf s’écouler autre chose (pie du li(piide citrin;
ce fut cependant un litre de |)Us séreux (pii vii.t
remplir le flacon. Ou y décela des hacilles de Koch
à l’état de pureté.
La reproduction de ce pus fut si l'ajiide (pi’uu
second litre fut vidé le 15 Octobre. Du
23 Octobre au 5 Janvier 1929 on en retira
environ 4 liti-es; il était du reste devenu plus
éjiais. h'inalenient la radioscopie ne décela (pi’uii
petit épanchement enkysté au tiers inférieur du
poumon, tandis (]ue dans le |)areu(diyme se imini-
festaienl des traînées noir.itres objectivant une
tendance à l’organisation scléi’eus(‘; Aiuélioratiôu
de l’état général; poids remonté à 59 kilogr. Le
patient rentra dès lors chez lui.
fi’ois particularités à l'elever dans celte ohser-
a) Rumaik,)! lis si a i.'iivoi.i i lox. Elle répond
points pour points à ce (pie Landoiizy, (pii à
divers égards fut un grand clinicieii. décrivit
jadis sous le nom de typho-haeillose : une pre¬
mière période de fièvre sans localisation percep¬
tible; une deuxième de répit avec tenqiérature à
la normale; une troisième de détermination tuber¬
culeuse avérée sur tel ou tel organe.
Ici, d’abord fièvre déjiourviic de localisation
viscérale assez nette pour susciter un diagnostic
feriiK'; puis retour de la teiii|)éralure à la nor¬
male; enfin pleurésie tiibcrcuh'use elassiipie.
.Nous sommes en plein dans le schéma. Uertiîs
l’expression de typho-haeillose est jiérimée et
doit disparaître de la nosologie; elle signifie seu¬
lement que la courbe de la fièvre peut rappeler
celle d’une typhoïde. 11 s’agit en réalité d’une
fièvre liée à l’imprégnation tuberculeuse de l’éco
noniie; les allures ]ieuvent en être diverses. Dans
notre cas, elle a duré environ un mois comme eût
pu le faire une dolhiénentérie, mais sans les trois
stades de cette dernière et avec des oscillations
quotidieniK'S semblables à celles d’une fièvre de
siqipiiration.
Par ailleurs, elle s’est accompagnée d’une
héiiato-splénomégalie. C’est là une réaction con¬
juguée qui est loin de se montrer rare dans la
forme de bacillose que nous envisageons, au point
que certains classitpies en font état pour le dia¬
gnostic. On saisit combien ils ont raison.
On a niainles fois décrit des fièvres prémoni¬
toires de telles ou telles aU'ections tuberculeuses
[méningite, arthrite, etc . On a même parlé d(‘
fièvre prétuberculeuse, 'roules ces façons de jiré-
senter les choses ne sont pas satisfaisantes. Elles
passent sous silence que la fièvre est déjà une
260
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
N» 16
manifeslalion bacillaire et représente en réalité
une fièvre d’invasion tuberculeuse, précédant les
lésions bacillaires. La gravité de son pronostic,
lient à ce (pi’elle doit faire redouter l’apparition
ultérieure d’accidents locaux, lîllc est de niéine
ordre rpie l’ancienne typho-bacillose, d’autant que
celle-ci ne déroule pas le plus souvent ses trois
périodes selon le rythme complet. La phase de
répit n’est pas obligée : on voit des sujets d’abord
fébricitants pendant quinze à vingt jours, puis
immédiatement crachant des bacilles ou offrant
des signes méningés. <^u bien le processus peut ne
pas dépasser le premier stade et guérir chez un
individu en mesure de se défendre. 11 y a là tout
un ensemble d’accidents ([ui marquent une moda¬
lité spéciale ' <•! fré(pienlc d’envahissement de
l’économie par le bacille de Koch, avec évolution
ullérionre curable ou mortelle.
h] L’ii.mpvù.mi; nii .notiii; i>.\Tii;xr. Il n’est
pas dans les habitudes des pleurésies séro-fibri¬
neuses ordinaires de devenir purulentes. Dieu-
lafoy insistait sur celte notion, enseignant que la
purulence est le fait des pleurésies histologique¬
ment hémorragi(iucs. Aussi ne fut-ce pas sans
surprise (pie nous vîmes un jour la seringue ra¬
mener du pus, ([u’aucun phénomène né permettait
de présumer. Ce qui démontre l’utilité de réité¬
rer les ponctions, .\ubertin et Widiez [Soc. mcd.
(Icsf/ôpi/., 12Marsl!)‘2()’ ont relatél’histoire d’une
pleurésie sireptococcique (]ui resta séro-fibrineuse
pondant plus de trois mois poui- n’aboutir qu’à
ce momoiit à la purulence. Chez notre patient, la
néomcmbranc qui recouvre la plèvre dans toute
bacillose pleurale s’i'tail cascilice et était devenue
la coque d'un abcès froid.
c) L’i-;osi.\()i>nii.in. - Sachons sur ce point
reconnaître notre ignorance. Pourquoi l’éosino¬
philie constante de notre malade':’ .\ quand re¬
montai l-clle '.' ()ue signifiait-elle Ftait-elle dépen¬
dante de la maladie àlystères.
Ce n’est pas la première fois que nous obser¬
vons au hasard de la clinique des éosinophilies
inexpliquées, trouvées à la faveur d’examens du
sang plus ou moins systématiques. La valeur du
symptôme a donné lieu à une intéressante dis¬
cussion à la Société médicale des hôpitaux
(21. Décembre 1928), d’où il ressort que, mis à part
des cas particuliers (kystes hydaticpies, helmin¬
thiase, asthme), la [torlée de réosino])hilie appa¬
raît fort confuse. A l’étranger, certains ont cru
résoudre la question en parlant de « diathèse
éosinophilique «. 11 est singulier de définir une
diathèse par une variété de leucocytes; on se dç-
mande si les auteurs d’un néologisme si mal venu
savent exactement à quoi ré|)ond la conception
^Ic diathèse, et ou s’incline devant la sagesse des
vieux maîtres ipii, en créant les diathèses, avaiimt
mis des idées derrière les mots.
Lu conclusion, portant un mauvais diagnostic,
nous écrirons (pie notre malade avait une fièvre
prépleurétiqueavccdiathèsc éosinophiliipie ; mais,
désireux d’en porter un meilleur, nous rectifierons
qu’il avait une lièvre' d’invasion tuberculeuse avec
pleurésie secondaire et présentait on outre une
éosinophilie de cause ineoiinue.
Au point de vue thérapeutique, nous sommes*
mal armés chez les sujets de ce genre.
Pendant la période fébrile, tous les antipyréti¬
ques sont inefficaces. Le malade ne fait que subir
éventuellement leurs inconvénients, sans contre¬
partie avantageuse. Tout au plus tels ou tels
d’entre eux arrivent-ils à abaisser la fièvre pour
une ou deux heures, dans les cas favorables. .V
leur usage sont jiréférables des enveloppements
frais durant les poussées de fièvre. Par ailleurs,
ne [las mettre le malade à la diète lactée; le
nourrir au contraire suivant les possibilités, avec
des aliments substantiels sous un volume modéré.
La température tombée à la normal^, s’efforcer
•d’obtenir l’arrêt du mal et d’entraver l’éclosion
d’une localisatipn viscérale ultérieure, en plaçant
le patient dans les conditions hygiéniques les
plus propice^, notamment en l’envoyant pour
longtemps au grand air, — en lui faisant ingérer
de la viande crue sous la forme qu’il accepte le
plus volontiers, procédé dont on ne saurait assez
souligner la valeur, — en lui ordonnant des médi¬
caments 'dont, en dépit de toutes lés innovations,
•restent encore les plus sûrs. la chaux et le tannin
et, à condition que la fièvre ne marque pas de
reprise, l’iode et l’arsenic. :
La pleurésie, séro-fibrineuse ou purulente, doit
('•Irc évacuée avec discernement. Il convient de ne
pas retirer de. grandes quantités de liquide à la
fois, un litre en moyenne. La reproduction troj)
souvent inévitable de l’épanchement rend super¬
flues des soustractions abondantes. De plus en plus
s’affirme que, pour se résorber au mieux, la
lésion pleurale demande à n’étre pas violentée.
En cas de liquide citrin, l’indication est de débar¬
rasser le malade de son trop-plein; on apprécie
le moment de l’intervention surtout par l’étendue
de la matité et le déplacement du cœur ou du foie;
une dyspnée trop marquée constitue aussi, quoi
qu’on en ait dit, un sj'mplôme dont il faut tenir
compte-. Tout chacun sait aujourd’hui que l’injec¬
tion d’air est un adjuvant précieux, s’opposant
dans une certaine mesure à la réitération de
l’épanchcmcnt et à la formation consécutive
d’adhérences trop multiples et serrées.
La présence de pus dans la plèvre engage à de
plus fré(iu('iilcs jmiictioiis. Elles sont de mise dès
qu'il y a tendance, franche à l’augmentation du
liquide. 11 vaut mieux ne pas laisser trop de pus
s’accumuler; on l’enlève avant qu’il n’ait alliûnt
des jiroportions encore acceptables avec du liquide
séro-fibrineux.
Le pus implique-t-il l’usage de substances
dites modificatrices, telles que bleu de méthylène,
collargol, huile goménolée, etc., destinées à
atténuer la virulence de la néomembrane .dont il
dérive? La méthode, d’ordinaire dépourvue de
nocivité, peut être tentée, mais sans qu’il faille
trop en attendre. Par contre, s’abstenir de lavages
de la plèvre. Et surtout s’abstenir d’interventions
opératoires, de pleurotomies simples ou avec
résection costale; ce serait ouvrir fatalement la
porte aux infeciiops secondaires avec leurs dan¬
gereuses conséquences.
Les ulcérations anales de l’oxyurase
Les ulcérai ion.s banales roiisécutivcs au grattage
(le la région ano-ruelalo sont bien connues au cours
(le l’oxyurase, mais nous pensoits ([ue certaines ulci'--
catious, atyi)i(pios, en rabsciice de la notion évi-
(lenle (l’belininllnàsc, mérilcul d’çlre décrites à cause
de la difficulté de leur.diagno.slic. l,es ulcérations
auo-rectales surviennent ])arfois préeoceinenl , jires-
(pie eu inènic temps que le prurit, chez des sujets
qui ignorent leur infestation et viennent consulter
pour ces ulcérations, voire pour un suintement léger
périanal ou un léger saignement quand le sujet fait
sa toilette.
Nous avons pu suivre, dans un cas typique, l’évo¬
lution (le ces petites ulcérations ano-reetalos. Dans
un premier stade, au niveau de la marge de l’anus,
on c.onslale une rougeur marquée de la ré'gion et
au niveau des plis radiés qu’il faut déplisser avec
soin, quelque» petites élevures miliaires que le sujet
infesté décrit -comme particulièrement prurigineuses.
« Ce sont ces (( boutons », dit-il, qui me démangent
et me forcent à me gratter. » Le prurit, intense sur¬
tout le soir au moment du coucher, entraîne un grat¬
tage excessif à la suite duquel les vésicules et la
muqueuse s’ulcèrent. Dans un deuxième stade, les
ulcérations se préseutont sous la forme de petites
//.s'.vi/re.v dans les plis radiés de l’anus, On'dii-ait de
nombreuses fissures anales ; heureusement, elles ne
s’accompagnent pas’ de syndrome fissuraire dans les
cas que nous avons vus. Ce sont de petites rhagades
en coup d'ongle, saignotant facilement lorsqu’on
déplisse l’anus et lorsqu’on les touche. Dans un Iroi-
sic'îmo stade, quelques jours plus tard, de véritables
ulcérations se constituent; elles ressemblent beau-
éoup à de petits chancres mous; en effet, elles ne
sont pas indurées, sont douloureuses au toucher, ont
un fond sanieux, des bords mal taillés, vciire légère¬
ment décollés. Il n’y a pas d’adénopathies. La dimen¬
sion de ces petits ulcères ovalaires est celle d’un
grain de blé ou d’une très petite lentille. Une fois,
nous avons difficilenu'nt écarté l’hypothèse du chancre
mou et n()us avons recherché le bacille de Dnci-(îy,
d’ailleurs absent, puis le tréponème, également
absent (car il eût pu s’agir, à la rigueur, d'nlcé-
ralions secondaires atypitpies anoi'eclales). Ce n’est
qu’après un ou deux jours que le sujet, qui avait été
questionné, découvrit des oxyures daus ses (l('■joc-
Mais nous avions l’attention attii’ée sur l’oxyurase
et nous avons dépisté, cette fois, de bonne heure, la
cause des ulcérations. Il s’agissait, dans deux cas,
d’enfants de 6 à 7 ans, dans un troisième cas d’un
adulte de 30 ans, dans notre cas pi'inceps d’un grand
garçon de 14 ans.
Nous ignorons quelle serait l’évolutibn de ces
lésions ulcéreuses livrées à elles-mêmes ; elles pour¬
raient s’infecter, s’abcéder peut-être, être cause
d’abcès de la marge, puis de fistules ou de fissures
profondes avec syndrome fissuraire; ce sont là des
hypothèses, mais, ce que nous avons vu, c’est la
tendance de l’ulcération à devenir atone, à passer à
l’élal chronique, à fatiguer beaucoup le sujet. Puis,
cet aspect chancriforme peut donner lieu à erreur de
diagnostic avec le chancre mou, avec, les syphilides
ano-rectales. Notons, on passant, (jue la cautérisa¬
tion de l’ulcère au choKurc de zinc à 50 pour 100, si
merveilleuse dans le traitement du chancre mou, est
ici sans effet. Il faut : laver la région à l’eau bouillie
après cluKjue selle, sécher minutieusement et pou¬
drer (perox.ydc de zinc). Le soir, appliquer soit
un suppositoire mercuriel, soit profondément dans
l'anus et autour de lui do l’onguent mercuriel dont on
surveillera la tolérance. Paire le malin un lavage
intestinal à l’eau sucrée ou salée. Nous conseillons
aussi comme anlhelmintique le carbonate de bismuth
(Loeper) à la dose de 3 à 5 gr. par jour. 11 faut
reprendre énergiquement le traitement à la moindre
rechute. En somme, c’est le traitement de l’oxyuraso
elle-même qui suffit à guérir les ulcérations, à con¬
dition qu’on y ajoute des soins de propreté minutieux
de la région anale.
(Quelle est la pathogénie de ces petites lésions
miliaires de la région ano-rectale, puis do ces ulcé¬
rations? Rappelons en quelques mots le chemine¬
ment des oxyures dans le tube digestif. Les œufs
sont apportés, non par l’eau où ils meurent, mais
par les poussières des fruits, dos légu.mes, par le
linge, par le» ongles chez les sujets à auto-infes-
mac; du duodénum au caicum on trouve des oxyui-(!s
à tous les degrés de développement; les mâles se
Ironvenl en grand nombre à l’extrémité de l’intestin
grêle. Après un mois, un individu ayant absorbé des
(uufs d’oxyures commence à expulser des oxyures
adultes. Les femelles fécondées s’engagent de bonne
heure dans le gros intestin et vont se fixer.au niveau du
rectum et de IJanus. Elles se .fixent dans la muqueuse
même pour elTectucr leur ponte. C’est aloi’s qu’a lieu
le prurit anal, et il est possible que les élevures, les
petites saillies miliaires préexistant aux ulcérations
anales soient des nids, de petits oxyures; la chose
est à démontrer, mais elle est plausible. D’ailleurs,
(( on a cité un cas où les oxyures ont pénétré jusque
.sous la peau de l’anus et ont jirovoqué la formation
d’un abcès ». [(.T\\M\.vy, J>arusil(ilogie). Le suintement,
le grattage, la septicité locale entretiennent les
ulcérations, quand celles-ci sont constituées.
Les constatations précédentes n’ont donc pas
qu’un intérêt pratique; elles justifient cette opinion
des parasitologues que l’oxyurase n’est pas une affec¬
tion négligeable et absolument bénigne. Les oxyures
sont peut-être la cause de coffiplications viscérales
(appendicite), mais ils sont sûrement la cause, peqÿr
être fréquente, d’ulcérations ario-rectales fissuraires
ou chancriforme», cl ultérieurement d’abcès péri-
R. Le Clehc.
N» 16
23 Février l92t)
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
Comment il faut prescrire
le régime végétarien à un malade
Combien de fois le médecin, |)rescinvant le
régime végétarien à un malade,, esl-il accueilli iiar
un visage désappointé
Le malade qui va se nourrir uiiiqueinent de
végétaux s’imagine qu'il va succomber d’inani¬
tion. Comment peut-il en être autrement !’ Dans
la cuisine courante, du moins dans la cuisine
française, les légumes servent toujours d’acconi-
l)agnement ;\ un plat de viande. On voit rarement
figurer, sur un menu, un plat , de carottes, de na¬
vels ou de betteraves. La carotte accompagne le
bœuf mode, le nav(*l fait ressortir les vertus gas¬
tronomiques du canard. Quant aux betterav(“s,
elles se glissent timidement dans un saladi<‘r
contenant de la mâche.
Il en est de même de tous les légumes. Les
pommes de terre frites entourent un beefsleak, la
purée de pommes de terre se mange avec un
roaslbeef, l’oseille se marie toujours avec le rôti
de veau.
Dès qu’on ordonne à un malade de se metli'e
aux nouilles et aux épinards il est tout à fait
désemparé.
L’entourage du sujet mis au régime végétarien
voit d’un mauvais œil cette com|)licalion de la
cuisine familiale. 11 s’ensuit (pie le médecin est
taxé d’exagération, et le régime sera suivi, en
(iriucipe seulement, avec tous les écarts qui sont
provoqués soit par l’inappétence du malade, soit
par la |)aresse de son entourage.
C’est an médecin à soutenir le courage et l’éner¬
gie de tous, en les conseillant non seulement
comme hygiéniste mais encore’ comme cuisinier.
Pourquoi le malade est-il porté vers l’inapjié-
iMice? Parce que son entourage se tient à quel¬
ques formules classiques de plats de légumes, et
parce qu’il ne trouve au cours de sa cure que
monotonie et répétitions continuelles.
Dr, on sait, depuis les travaux ded’Fcole de
Pawlüir, combien le psychisme agit sur la diges¬
tion. Un rejias bien présenté excite la sécrétion
psychique de la salive ('t du suc gastrique. L’aci¬
dité de ce dernier crée, au niveau de la muqueuse
duodénale, la formation de sécrétine, cpii, passant
dans le torrent circulatoire, incite le ])ancréas et
le foie à la sécrétion. Ainsi, la vue seule d’un bon
repas met en activité toutes les glandes diges¬
tives. Au contraire, si l’aspect de ce plat agit
défavorablement sur le psychisme, les sécrétions
ne s’étaltlissenl pas. et le malade est en inappé¬
tence.
Du reste, observez la table familiale, lorscpi’un
sujet est au régime végétarien. Pour tous, on
a[)porle un plat plaisant, à la confection duquel
on a apporté tous les soins (pt’elle comporte. Au
même montent, on place devant le sujet au régime
d’exception une platée d'épinards, de haricots
verts, ou de nouilles. 11 s’en contentera, pendant
((UC tout le monde déguste la série des trois plats
qui constiluenl le déjeuner.
Le malade devient 'un paria.
C’est an médecin à établir le menu de son
Italienl. Ce menu doit être varié, quoitpte végé¬
tarien. Un menu varié veut dire: 1" un menu
composé de plusieurs plats ; 2" établi de telle
sorte (pie chaque plat soit une petite symphonie
gastronomique.
Le médecin doit donc être instruit en l’art
culinaire. Où donc a-t-il apjjris, ou apprendra-t-il,
à faire lu cuisine!' Il ne trouvera nulle part une
organisation pédagogique pour guider sesVUudes.
Du reste, avec la technique actuelle de l’enseigne¬
ment de la cuisine, il ne trouvera jamais le ternjis
de se livrer à cette.étude fastidieuse.
Pour le.s médecins, comme pour tous les intel¬
lectuels, j’ai écrit deux livres de technique* dans
lesquels j’ai réduit toute la cuisine à rajijilicalion
de six principes gastrotechniques, qui sont des
principes de chimie et de physi(jue appli(juées.
En appliquant ces six principes, qu’il est émi¬
nemment apte â comprendre, le médecin ])eut
conseiller ses malades au point de vue culinaire*.
Tout d’abord, il leur donnera des idées artis¬
tiques sur la composilion des plats vegetaïuens.
Poui (ti( l„i(ibl( 'i Ueil, un plat de viande
est toujours ])resenle garni de léginm s ( ( st h
jiriucijje de la diversité des sensations ipie Ion
peut (qirouveravec le coiilenu d’um s( uh issidli
Poimpioi donc, ne pas faire de”s jilals de Icgii-
nies garnis;’ Ainsi, un plat de jiommes déterré
frites ne devra jamais être servi sans accomjia-
gnement. Conseiller de l’entourer avec une salade.
Voici (pielques idées d’harinouie gustative.
Pommes de terre soufflées, au cresson.
Courgettes grillées, aux pommes paille.
Tomates à la crème, sur purée d’oignons.
Epinards en branches, avec turbau de tomates.
Kiz créole, à Foseille fondue.
Pilalf de champignons.
f.ailues braisé(.-s. entourées de belteraves
hachées.
.Nouilles aux épinards.
Cèpes grillés, aux pommes de terre frites.
Carottes Vichy, â la salade de laitue.
Nav(‘ts braisés, aux oignons caramélisés.
Ou pourrait inijiroviscr um* infinité de plais
aussi variés.
Comment composer un iiieriu avt'C do tels élé¬
ments;’ En lui donnant la marche d’un menu
ordinaire. Dans Bien manger pour bien e/ccc, j’ai
, longtiemenl itisislé sur la conniosition des menus.
Le menu moderne n’est jiliis la succession de
Jilals innombrables qui caractérisaietit les repas
des deux derniers siècles. Les ajijiétils sont deve¬
nus moins formidables, les règles d(,‘ l’hygièiie
mieux ajipliquées, le prix des matières jiremières
est devenu excessif. De plus, l’esthélitjue de tous
les arts s’est modifiée. La sculpture, l’archileclure
ont vu leurs lignes simplifiées; la jieinture traite
des sujets infiniment simples jiar rajqiorl à ceux
qu’elle embrassait en 1830. Il en est de même de
la gastronomie. On cherche des imjiressions 'gus¬
tatives moins disséminées. On en arrive à la
concejilion d’un menu composé d’un jilat cajiilal
précé(lé d’une ott deux jiréjiarations légères et
suivi d’un jietit rien quelcomjtie.
Aussi, le menu du végétarien devra aussi se
jilier à cette règle moderne.
On peut concevoir le dîner d’un sujet mis aux
légumes de la façon suivante :
Potage julienne au riz.
Salsifis frits.
Cèpes grillés au cresson.
Petits pois â la crème.
Fromage frais.
Certes ce sont là des directives générales jtotir
l’inslitution du régime végétarien. Le médecin
doit juger lui-même s’il recommande ou condamite
certaines matières jtremières, telles qtie l’oseille.
les tomates, les épinards, les choux, les choux-
fleurs, etc.
Ceci étant posé, qti'il ne recommande (jue des
jdals (ju’il a goûtés lui-même, chez lui, en famille.
(lu’il ne jtrescrive jias de pâtes alimentaires
s’il ne jteut donner lui-même une technique jtoitr
les obtenir ajjjiélis.santes, ne se jtrésentant jtas sous
l’aspect d’une colle informe.
Qu il ne dise pas à son malade de manger du
riz s’il ne jteul lui donner la formule d’un riz qui
s’égraine bien, c’est-à-dire cuit soit à la crtfole,
soit à l’orietitale.
Le malade doit trouver, en face de lui, à l’arri¬
vée du médecin, un gourmet qui lui présente soit
régime comme quelque chose, non seulement de
très sujtjtorlable, mais (uicorc de très variable.
Le médecin ne jtourra être tel. (juc s’il a exjiéri-
meiité lui-même les régimes qu’il jtreserit, et
comme dégustateur, et comme gaslrotechniclen .
Alors, le malade trouvera dans sa carence ali¬
mentaire toiite une série d’imjiressions nouvelles ;
il cherchera lui-même à combiner des jtlats nou¬
veaux et fera jtarl à son médecin de ses décou¬
vertes gastronomiques.
Le médecin trouvera en lui, non jtlus un jtatient
hostile, mais un malade qui a foi en son régime.
Tous deux s’en trouveront fort bien.
• E. UoZEItSKl.
Société française d’Histoire de la Médecine
Séance du i Février 1929.
■M. Oi.iviEii, (font la ooinpélence en ex-lihris nié-
(licioix est nniverselleinent reconnue, montre une
superbe collcetion A’ ex-libris anciens, aussi remar¬
quables par la vah'ur et la gravure, qui, chez cer¬
tains, a (les gris adorables, que' par la renommée
des propriétaires : Jean Scbenck, dont avec Jean
Vinchon j’ai montré le haut intérêt historique neuro¬
psychiatrique, Weiner de la Chenal, Thomas Bur-
graff, Woehsen, Uuhle, Tronchin qu’alla consulter
à Cenève Jacques Daviel, enfin Lavater, dont j’ai
suivi récemment le sillage à Zurich et Burcklmrd,
Allemand, dont l’ex-libris exquis, gravé par (îérard
Scotin, évoque l’enfilade des salons où est mainte¬
nant installée la bibliothèque de Versailles.
M. Vidal (de Castres), communique quelques
documents concernant le droit médical sous l’ancien
régime d'après les OEuvres d’Antoine d’Esppeisses,
en 4 volumes, édité à Lyon par llugnetan en 1G8.5.
Quatre chapitres intéressent les médecins : le can¬
tonnement des troupes, les donations, les héritages,
les honoraires, le mariage.
A la hibliothèquc! de Castres, .M. A idai a aussi dé¬
couvert l’édition d’Amsterdam de la Défense de l'Es
prit des lois (1771). Avec sa concision habituelle
.Montesquieu explique « pourquoi les médecins étaient
punis de mort à Rome pour négligence on impé-
(( Les loix romaines voulaient que les médecins
jiussent être punis pour leur négligence et pour leur
impéritie.
" Dans ces cas, elles condamnaient à la déportation
le médecin d’une condition un peu relevée et à la mort
ce, lui qui était d’une condition plus basse. Par nos
1. Edouaki) DK Po.MiAi.K. — Bien manger pour bien
eicre {Essai de gastronomie tliéoriipie), ouvrage couroiiiu’
par r.Académie fraïuadsc (Paris, Albin Michel). - J.e
Code de la bonne ekire ; 700 recettes simples publiées
sous les auspices de la Société scientifique d’hygiène ali¬
mentaire (Paris, .VIbin Michel).
2. PozKitsKi. — « L’Enseignement (h* In technique culi¬
naire pour les médecins U- presse Védiraie, a' (îT
22 Août 1028.
262
.La PRËSSÈ médicale, Samedi, 23 Février 1929
N» 16
loix, il en est autrement. Les loix de Rome n’avaient
pas été faites dans les mêmes circonstances que les
nôtres : é Rome, s’ingérait à lu médeçine qui voulait ;
mais piirmi nous, les médecins sont obligés de faire
des études et de prendre certains grades; ils sont
donc censés counailre leur art. » Le président de
Montesquieu s’y connaissait en médecine. On n’a pas
oublié qu il a commis un mémoire sur les surrénales.
M. Pxüt. Caiiiiktti.: lit un travail sur le Père Puu-
tion (le Maii()S(/iie, « "uérisseur des finis », qui vient à
l’appui des idées soutenues par. P. Sérieux (|u’il
existait en Kranre, à la lin du xviii» siècle, un nombre
considérable d’institutions charitables où l’on soi¬
gnait les fous aviu‘ dévouement et compétence,
d’itprès les méthodes recommandées par des méde¬
cins expérimentés.
Iles témoignages, comme celui de Mourre, admi¬
nistrateur du département du Var, en 1791, et qui
vit l’opuvre du Père Poution, et celui do Mirabeau qui
vécut exilé à Manosque, en 1774, sont démonstratifs.
Voici co^nment Mirabeau parle du Père Poution
dans ses Lettres de çacliet et prisons d'Jitnt, éditées fi
Hambourg, en 1782. « J’ai vu à Manosque, en Pi'O-
vence, un religieux chargé tout seul de la direction
d’une maison de force, (|ui guérit les fous de cette
espèce, pourvu que leur maladie ne soit pas très
invétérée. Pendant un an que j’ai observé cet homme
respectable, (/ni n’a de son état (jiie l’habit, six
insensés sont tombés dans ses mains, trois desquels
on était obligé de tenir à la chaîne : tous sont sortis'
d’avec lui bons et paisibles citoyens. » J’ai souligné
quelques mots dans la |)hrase du populaire marquis
pour bien mettre en évidence que ce n’est pas la pas¬
sion cléricale qui lui a fait célébrer l’œuvre théra¬
peutique du moine de Manosque. Pinel a eu des
précurseurs, ün le savait déjii. Le Père Poution de
Manosque doit être, parmi eux, mis au premier
Nécrologie
G. BILLARD (1873-1929)
11 y a moins d’un an au cours d’un dîner intime à
Londres avec Fortescuc Fox, l’autorité londonienne
en matière d’hydrologie médicale et le président-
fondateur de la Société internationale d’IIydrologie,
mon éminent commensal me posa la question très
embarrassante : « Pourquoi Billard n’a-t-il pas été
choisi comme professeur ou directeur d’institut
d’hydrologie? » Je tentai d’expliquer qu’il lui avait
inan([ué l’agrégation ; mais cette raison ne pouvait
paraître plausible à un Anglais pour qui un pays doit
toujours mettre « lhe righl man in the right place ».
Tous les lecteurs connaissent les belles découvertes
de Billard. Il n’était venu i\ l’hydrologie qu’en bio-»
logiste curieux d'étudier expérimentalement l’action
des milieux vitaux. 11 avait avant tout autre montré
tout ce qui dans la pathologie humaine relève de
l’anaphylaxie; il avait encore travaillé la paralysie du
diaphragme, et beaucoup les chocs et les intoxica¬
tions expérimentaux; non moins les modilications
de la tension supcrlicielle des liquides organiques
sous l’inllucnce des savons et des toxines. Par là, il
fut amené à. réaliser diverses méthodes originales
propres à apprécier la toxicité de ces humeurs, et à
découvrir ■ les pouvoirs désensibilisants et anago-
toxiques des eaux minérales. 11 avait déjà réalisé il
y a plus de vingt ans avec Mallet une sérothérapie
efficace contre le rhume des foins. Sa disparition
prématurée, eu- quelques heures, d’une' méningite
pneuinacocci(|Uc suraiguë, l’a terrassé en pleine
période de production, alors qu’il rédigeait un livre
de la plus remarquable originalité sur sa conception
personnelle de la « phylaxie » et du rôle des lipoïdes
dans la défense non spécifique de l’organisme ; .c’est
une perte qui dépasse de beaucoup le cerele de ses
collègues, amis et élèves de l’école de Clermont-
Ferrand, car elle atteint la médecine et la physio¬
logie françaises non moins durement que ceux des
maîtres parisiens dont La Presse Médicale déplorait
justement la disparition durant ces dernières
semaines. Avant vingt-cinq ans, Billard terminait son
internat en médecine des-hôpitaux de Toulouse pen¬
dant lequel il avait été préparateur cl chef des
travaux de physiologie. Refusé à l’agçégàtipii comme
trop jeune et en dépit de brillantes épreuves, il se
révéla d’emblée un clinicien de race, et un médecin
de la plus belle tenue morale et scientifique. Il avait
sur "les autres cliniciens (.'eltc énorme supériorité
que donnent la formation analonio-physiologique
et la discipline expérimentale. Esprit extrêmement
cultivé et ouvert, servi par une érudition de bon aloi
et par une belle préparation physico-chimique, sa
curiosité s’appliquait sans efforts aux problèmes les
plus divers. Je l’ai vu expérimenter sur la fonction
.des sacfe aériens chez les oisoaux et découvrir leur
' rôle da'ns l’équilibre au cours du vol ; méditer sur le
vol uormal des oiseaux et en tirer des indications
ntiles ])our l’aviation huniaihe ; se livrer à une élude
critique et serrée de la valeur attribuée par les
sourciers à leur mystérieuse baguette. Mais en aucune
question pouvant amener à une application pratique
capable de soulager la souffrance humaine, il n’ou¬
bliait d’en chercher les réalisalionsMmmédiates.
A. Mougiîot.
Questions Fiscales
J’occupe depuis le 1"'' Janvier 1929 un nouvel appar¬
tement dont le loyerannuel déclaré sera de 2..Ô00 francs
et 500 francs de charges et un garage occupé par deux
voitures de propriétaires différents, dont une part de
loyer annuel sera de 350 francs.
Au cas où le contrôleur n’accepterait pas ces
chiffres comme bases de patente, comment pour¬
rais-je me défendre? et comment peut-il évaluer le
prix d’un logement eu dehors d’un acte de location?
J’ajoute que mon ancien loyer était de 1.500 francs
(bail ancien.) que le nouveau logement était payé
moins de 2.500 francs par le précédent locataire et
que j’ai fait avant d’entrer eu possession des locaux
de très importantes réparations, toulesàma charges.
Enfin, aucun logement de médecin n’est taxé à A...
sur une base supérieure.
Réponse de notre conseiller fiscal.
En principe, la valeur locative, en matière de
patente, est déterminée au moyen du bail, et le prix
de loyer stipulé par celui-ci doit être retenu comme
expression de la valeur locative (en y ajoutant, bien
entendu, le montant des charges qui, incombant nor¬
malement au bailleur, seraient supportées par le
locataire). Mais si l’Administration considère qu’elle
se trouve en présence d’un bail anormal, présentant
une atténuation du loyer ellectif, elle peut fixer la
valeur locative imposable à un chiffre supérieur, sous
réserve du droit de réclamation de l’intéressé devant
le Conseil do Préfecture.
RÎné Pi.xciion.
Correspondance
« A propos des groupes sanguins
et leurs rapports avec la race ».
Dans son intéressante chronique, « Les groupes
sanguins et leurs rapports avec la race » parue dans
/.Il , /L'esse Médicale du 19 Décembre 1928, le
D'' .Vpert insiste sur la nécessité d’examiner à ce
point de vue les races primitives avant leur extinc¬
tion ou leur métissage. De semblables recherches
viennent d’èlre faites jiarmi les tribus de l’est de
l'Australie et les résultats en ont été résumés par
Gilbert Philipps qui a étudié au point de vue san¬
guin 815 indigènes. (The blood groups of full-blood
auslralian aborigines. Medical Journal of Australia,
8 Septembre 1928, p. 29fi).
11 est certainement peu de régions au monde où
les caractères sanguins aient plus de chance d’être
conservés et transmis intacts que chez les indigènes
australiens. Ceux-ci ont toujours été à peu près
isolés des autres races avant l’arrivée des blancs
dans leur île. D’autre part, l'organisation sociale
préserve beaucoup plus qu’ailleur» contre tout métis¬
sage. Les tribus vivent dans une~zonc déterminée
dont elles ne s’écartent pas, et le mariage n’est pos¬
sible que dans certaines conditions de cousinage au
jiremier et au deuxième degré. Ces conditions cons¬
tamment réalisées- pendant un grand nombre de
siècles ont produit une distribution des groupes
sanguins caractéristique dans chaque tribu puisque
celle-ci ne s’est pour ainsi dire pas mélangée avec
D’après les chiffi’cs fournis par le D'' Apert,
46 pour 100 des indigènes répondent au groupe A,
54 pour 100 au groupe C et les groupes B et AB
manquent absolument. (Je rappelle ■ que dans Ja
nomenclature du D'' Apert, le groupe AB correspond
au n” I de’ la nomenclature de Moos, au n“ ,IV de la
nomenclature de Janssky. Le groupe A correspond
au groupe II, le groupe B au groupe III de ces
deux nomenclatures. Enfin le groupe- O correspond
au groupe IV de la nomenclature de Moos et I de'
celle de Janssky).
Les chiffres fournis par Phillips donnent des
résultats légèrement différents et montrent une com¬
plexité un peu plus grande dans la distribution des
groupes sanguins. 56 pour 100 des indigènes appar¬
tiennent au groupe O, 37,7 pour 100 au groupe A,
5,3 pour 100 au groupe B, 1 pour 100 seulement au
groupe AB. Mais il faut signaler que les indigènes de
l’Australie méridionale ne présentent pas un sujet
qui appartienne ,au groupe B ou AB. C’est seule¬
ment dans le Queensland, au nord de l’Australie
qu’on a trouvé 43 sujets du groupe B et 7 sujets du
groupe AB sur 629 indigènes examinés. Dans le
Queensland même, la fréquence des cas observés
décroît du nord au sud. Phillips a vérifié le fait en
prenant au hasard 8 des 50 indigènes du Qucnslaud qui
jiréseutaient dans leur sang l’agglulinogène B ; 7
d’entrç eux étaient originaires de l’extrême nord de la
province; un seul avait toujours habité le sud de
celle-ci. Il n’est donc pas douteux que les caractères
sanguins du groupe B n’aient été introduits secon¬
dairement dans la race australienne. S’ils ne se sont
pas étendus aux parties sud de l’Ausléalie, c’est à
cause dù mode d’existence et du fait que les mariages
se pratiquent constamment à l’intérieur même des
Il serait intéressant de savoir si ce mélange avec
les races voisines dans lesquelles prédominait l’élé¬
ment B est ancien ou récent. Sur ce point les avis
sont partagés, Gilbert Phillips a tendance à croire
que cette fusion est extrêmement ancienne et pour¬
rait même dater de plusieurs milliers d’années. Il sc
base sur le fait qu’il a rencontré quelques sujets
ayant les caractères sanguins du groupe B à plus de
1.600 kilomètres au sud de la côte septentrionale de
l'Australie. Cette opinion n’est d’ailleurs pas celle de
la majorité des auteurs australiens cjui attribuent la
présence ' dans l’île de quelques rares sujets du
groupe B à des mélanges récents et d’ailleurs très
discrets avec certaines races du Pacifique.
Enfin, il faut signaler que la proportion relative
des groupes"A et O est toujours la même dans toutes
les tribus examinées, même si elles sont séparées
par des centaines de kilomètres.
Les résultats déjà obtenus devront éti-e complétés
dans l’avenir par l’étude des indigènes de l’ouest de
l’Australie. Il existe là, en effet, un certain nombre de
tribus qui vivent dans un état d’isolement aussi com¬
plet que possible cl dont il sera intéressant de con¬
naître la répartition au point de vue des groupes
sanguins.
A. Ravina.
Livres Nouveaux
Chirurgie des voies biliaires ; spiro-cholécysto-
stomie, par Sobke Casas. 1 vpl. de 119 pages avec
33 figures [Masson, éditeur). 1928. - Prix : 35 fr.
. La première partie de ce travail expose à l’aide
d’excellentes figures provenant, pour la plupart, du
travail de Gutierrez, les anomalies des voies biliaires
devant lesquelles le chirurgien pourra se trouver.
La deuxième partie traite la technique opératoire
de la cholécystostomie avec ligature du canal cys-
tique, avec extirpation secondaire de la muqueuse
vésiculaire. C’est ensuite la résection localisée de la
paroi postérieure (eu réalisé inférieure) de la vési¬
cule et l’extraction dès calculs du cholédoque.
Trente-deux observations résumées complètent ce
J. Sénèquk. .
N" 16
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Février 1929
Université de Paris
Clinique médicale de Saint-Antoine. — Tous les
jours, dans Ica salles de malades de lu Clinique, a lieu, à
11 h., une présentation d’un malade par loprot..!’. liezan-
çon, la présentation du mercredi étant réservée à la
tuberculose pulmonaire, et ayant lieu à Tampbitliéûtre
de la Clinique.
Le vendredi à 10 h. 1/2, leçon clinique à rumpliithéfl-
tre. Les sujets qui seront truités en Mars 1029 pur M. F.
Bezançon, seront les suivants : Vendredi l" Mars, Rudio-
log-ie du hile normal et des ombres broneho-vaseulaires.
— Vendredi 8 Mars, Syndrome radiologique des suj>j)u-
rations bi-oncho-pulmonuires. — Vendredi !.'> Mars, Syn¬
drome radiologique de l’emi>hysème pulmonaire. —
Vendredi 22 Murs, Syndrome radiologique de la stase
pulmonaire. \
Clinique des maladies du système nerveux. —
Un cours de pertectionnement sera fuit à lu Salpétrière
pur MM. Th. Alajouunine, agrégé; J. Chidstophe, J. Dai»-
quicr, .). Üeeourt, P. Schmite, chefs de clinique; P. Le-
chelle, médecin dos hôpitaux; L. Girot, P. Mathieu, J.
Périsson, N. Péron, A. Thévenard, anciens chefs de cli¬
nique; Bourguignon, chef du service d’Iîlcctrotbérapic de.
la Salpétrière; H. Lagrange, ophtalmologiste de la Cli¬
nique ; Aubry, oto-rhino-laryngologiste de la Clinique.
Ce .cours clinique,' avec présenhition de malades, com¬
portera deux séries de IG leçons ; lu première série com¬
mencera le mardi 26 Février 1020, à 15 h., à l'umphi-
théûtre de la clinique Gliarcot, et comportera deux leçons
par jour, l’après-midi ; lu deuxième série commencera le
lundi 11 Mars 1020, à 15 h., et continuera les jours sui¬
vants, à lu même heure.
PnOGiiAMME DU uouKS. — Première série. — I. Tumeurs
cérébrales. — IL Syphilis cérébrale. — III. Syndromes
parkinsoniens. — IV. Paralysies pseudo-bulbaires. — V.
Maladie de Wilson, Pathologie du coiqis strié, — VL
Aphasie. — VII. Apraxie. — VIII. Syndromes vasculaires
cérébraux. — IX. Syndrome thalumique. — X. Syndromes
pédonculo-protubéruntiels. — XI. Syndromes bulbaires.
— XII. Syndromes cérébelleux. Atroj>hics cérébelleuses.
— XIII. Tumeurs du cervelet et de l’angle ponto-cérébel-
Icux. — XIV. Chorées, -- XV. Ejnlepsies. — XVI. Syn¬
dromes hypophysaires. — XVII. Hémianopsie.
Deuxième série. — I. Poliomyélite. — II. Syphilis mé¬
dullaire. — III. Sclérose en plaques. — IV. Syringomyé-
lie. — V. Compressions de la moelle. — VL Sclérose
latérale umyolropliique. — Vil. Tabes. Arthropatliies
nerveuses. — Vlll. Schiroscs cembinées et syndromes
neuro-anémiques. — IX Maladie de Friedreich cl hérédo-
ataxie cérébelleuse. — X. Amyotropliie Charcot-Marie et
névrite interstitielle hypertrophique. — XI. Polynévrites,
— XII. Myopathies. Myotonie. — XIII. L’électro-diagnos-
tic. La chronaxie. — XIV. Les examens du liquide cépha¬
lo-rachidien. — XV. Les névrites optiques. La stase
papillaire. — XVI. Les examens labyrinthiques.
Droit d’inscription pour chacune de ces séries : 250 fr.
Les bulletins de versement du droit sont délivrés au
secrétariat de la Faculté (guichet n" k), les lundis, mer¬
credis et vendredis, de l'i à 16 li.
Clinique Baudelocque. — Les cours suivants
seront faits à l’amphithéétre de la Clinique Baudelocque
à 11 h. ;
Mardi 26 Février, Anomalies de lu contraction utérine,
M. Vignes. . — Jeudi 28 Février, Les pelvitomies, M. Le
Lorier. — Samedi 2 Mars, Albuminurie, hyjiertension,
rétention hydrosaline, azotémie, M. Cleisz. — Mardi
5 Mars, Eclampsie convulsive, M. Lévy-Solal.
Chimie pathologique. — M. Blunchetière, agrégé,
commencera une série de leçons de chimie pathologique,
!és mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, à 18 h.
(umphithéAtre Vulpian, à jiarlir du mardi 26 Février 1020
inclusivement.
Pathologie chirurgicale. — M. Jean Quénu, agrégé,
commencera son cours le mardi 5 Mars 1020, à 16 h., et
le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à la
même heure, au petit amphithéâtre de la Faculté.
Programme du cours. — Affections chirurgicales de
l’abdomen : parois, péritoine, tube digestif, foie, rate,
pancréas.
Médecine opératoire spéciale. — Sous lu direction
de M. Gunéo, professeur, un cours sera fait par M. André
.\meline, proserteur. ’
Ce cours commencera le lundi 22 Avril 1020, à 14 h.
Première série. — 1" Pleurotomie avec résection costale.
Les thoracectomies (procédés d’Esllander, de Ceci, de
Lumbotte, de Scheede).
2” Les thoracoplusties (procédés de Quénu-Soubottln,
de Boiffin, de Jaboulay). Technique de la thoracoplastie
pour cavernes pulmonaires (M. Pierre Duval). Lu phréni-
ceetomie.
3" Voies d'abord des médiustins et du cœur. Volet de
Fontnn. Sternotomies (MM, Miginiae, Pierre Duval et
Barnsby).
4° Chirurgie thoraco-abdominale. La mobilisation du
rebord thoracique, La thoraco-phréno-lnparotomîc (MM.
263
Schwartz et Jean Quénuf. Traitement des hernies dia¬
phragmatiques.
5“ Opérations d’Albee, de Hibbs, pour mol de Potl. La
laminectomie.
Deuxième série. — 6" Technique générale des ostéosyn¬
thèses. Les divers moyens de suture osseuse.
7“ Traitement des pseudarthroses. La greffe osseuse.
Pseudarthroses diaphysuircs. Pseudarthroses du col du
8" Voie d’accès de l’articulation scapulo-humérule (M.
Louis Bazy). Résections de l’éjiaule, du coude, du poignet.
0" Voies d’accès de l’articulation coxo-fémorale. Résec¬
tion de lu hanche. Ostéotomies obliques, cunéiformes.
Traitement des fractures de la rotule, du col du fémur.
10“ Résection du genou (M. Pierre Fredet). Traitement
des fractures du cou-de-pied. Astragalectomie. Tech¬
nique générale des arthroplasties.
Les cours auront lieu tous les jours sauf le dimanche.
Les élèves répéteront eux-mémes les opérations sous lu
direction du Prosecteur.
Le nombre des élèves admis à ces cours est limité;
seront admis les docteurs en médecine français et étran¬
gers ainsi que les étudiants immatriculés titulaires de
16 inscriptions.
Le droit à verser est de 150 fr. pour chaque série.
S’inscrire au Secrétariat (guichet n' 4), de 14 à 16 h.,
les lundis, mercredis et vendredis.
Psychiatrie médico-légale. — M. Henri Claude,
professeur de clinique des maladies mentales, commencera
une série de douze leçons de psychiatrie médico-légale,
le lundi 4 Murs, à 17 h. (grand amphithéâtre de lu
Faculté). Les leçons seront laites tous les jours pendant
deux .semaines avec le concours de MM. Lévi-Valensi,
lleuyer et Ceillier.
Programme des leçons. — I. Etat mental et exercice
des droits civils. — II. Le problème de la responsabilité
pénale et du témoignage devant la justice. — 111. La
délinquance infantile. — IV. Les états périodiques ;
munie, mélancolie. — V. Les éjiileptiques et les hysté¬
riques. — IV. La syphilis nerveuse et la paralysie géne-
VII. Les obsessions, impulsions. L’émotivité morbide.
Déséquilibre psychique. — VIII. Les délires et les
démences. Psychoses traumatiques. — IX. Fugues et vols
Iiathologiques. Attentats à la pudeur. — X. L’homicide
et le suicide pathologiques. — XL Les troubles mentaux
de l'alcoolisme. — Xll.t Les intoxications. Les toxico-
Histoire de la médecine et de la chirurgie. —
M. le professeur P. Menetrier commencera le cours d’his¬
toire de lu médecine et de la chirurgie, le mercredi
13 Mars 1020, à 18 h. à l’amphithéâtre de thèses n“ 2, et
le continuera les mercredis suivants, à 18 h., pendant
toute la durée de l’année scolaire.
.Sujet du cours : Lu médecine grecque ancienne. L’école
d’Alexandrie. La médecine à Rome.
Enseignement complémentaire libre. — Six leçons
sur le traitement des tnberculoses ostéo-articulaires et
ganglionnaires seront faites parM. Sorrel, chirurgien des
hôpitaux de Paris, chirurgien en chef de l’hôpital mari¬
time de Berck, du lundi 25 Mars au samedi 30 Mars.
Programme du cours. — Lundi 25 Mars, Traitement du
mal de Pott. — Mardi 26 Mars, Traitement de la coxalgie.
— Mercredi 27 Mu«'s, Traitement de lu tumeur blanche
du genou. — Jeudi 28 Mars, Traitement des ostéo-arthrites
tuberculeuses du pied. — Vendredi 20 Mars, Traitement
des ostéo-arthrites tuberculeuses du membre supérieur.
— Samedi 30 Mars, Traitement des ostéites tuberculeuses.
Traitement des adénites tuberculeuses.
Les cours auront lieu le mutin, à l’hôpital maritime.
Ils commenceront le lundi matin, à 0 h. Chaque cours
sera suivi des ponctions, opérations, confection d’appa¬
reils plâtrés, etc,, correspondantes. Les après-midi seront
consacrés aux visites de salles, examens de malades,
exercices de Inboraloire, confection d’appareils plâtrés
par les élèves.
Pour tous renseignements, écrire a M. Delahaye, hôpi¬
tal maritime, Bcrck-Plage (Pas-de-CalaisV
Hôpitaux et Hospices
Amphithéâtre d’anatomie. - Un cours hors série
d'opérations chirurgicales (chirurgie générale de l’appa-
rcil iiriunircet chirui'gie de l’appareil génital de rhomnie},
en dix lecjons, par M. Jean Meillère, prusecteur, coninuMi-
cera le lundi 11 Marsl‘J2h, à 14 h., et continuera les jours
suivants, à la même heure. Les auditeurs répéteront indi¬
viduellement les opérations. Droit d'inscriiïtiou : îlOO fr.
Ce cours sera fait en liaison avec un cours complé¬
mentaire de thérapeutique chirurgicale urinaire sous la
direction de M. le professeur agrégé Marion, cours qui
voie d’affiche. Se faire inscrire : 17, rue du l’er-ù-Moulin,
Prof^rajume du cours, — I. Gystoscopic et cathétérisme
des urettTes. — Chirurgie de l’uretère : voies d'abord;
calculs et urétérotomie; plaies et sutures ; uretéroplasties.
— Chirurgie du rein et du bassinet : voies d’abord; la
découverte par voie lombaire; ptose rénale et reposition
du rein (néphropexie) ; décapsulation du rein.
II. Indications et techniques des pyélotomies simple ou
élargie, pyélostomie; néphrohimie et néphrostomie ;
uretéro-pyélonéostomies.
III. Les néphrectomies : techniques et indications;
néj)hrectomieH simple, sous-capsulaire, partielle, secon¬
daire; néjdirectomies jxuir tuberculose ou pour cancer.
IV. Cliirurgie de la vessie et de la prostate : Les v(»ies
d’abord. La voie canaliculaire ; litliotrilie. La voie hypo¬
gastrique : taille vésicule simj)le j)our cystostomie, abla¬
tion de calculs, prostatectomie pour adénome: teehiiiques
et indicutions.
V. Taille vésieale élargie pour cathétérisme des ure¬
tères, cystectomies (j)oiir tumeur ou diverticule), prostu-
U*ct<nnie totale : t(‘chniques et indications. — Cure des
fistules vésico-cutanées. — Uretéro-néocystostomie. -
Cystectomie totale.
VL Chirurgie de l'iirèthre : Uréthrolomies externe et
interne, nrétlirorrajdiie circulaire, auto2)lasties : leurs
techniques et leurs indications. — Uréthrostoiiiies.
VU. Cure des malforjualions de l’urèthre : Hypospudias
(procédés de Marion, O^iihrédranne, Chocholku), éj)is-
pudias (procédés d’Ombrédanne, Young). Phimosis et
circoncision.
VIII. Chirurgie de la prostate par voie péi'inéale :
Ouverture des aheès de la pi’ostute; vésiculectomie; pros¬
tatectomie périnéale ])our adénome et pour eaiicer ,pro-
<’é(lés do Y’oiiug).
I.\. (ihirurgie des organes génitaux : Kelopie et orchi-
dopexie trans-scrotale (Ombrédanue) ; cure du varicocèle*
et de l’hydrocèle ; épididymectomie.
X. Orchidülomie ; castration et traitement du cancer du
testicule. .Vmputation de la verge et émasculation totale
Asile public d’aliénés de Clermont-de-I’Oi’se.
Un poste d’interne en Médecine est actuellement vacant a
l’Asile public d’aliénés de Clerrnont-de-rOise (Oise), Los
internes en fonctions reçoivent une indemnité de 3.G00 fr.
la première année, ÎLUOÜ fr. lu deuxième année et 4.200 fr.
la troisième année. Cette indemnité est de 4.HO0 fr. à
fi.üOÜ fr. s’ils sont docteurs en Médecine.
L’établissement leur rembourse la moitié de leur abt)n-
nement de chemin de fer en ÎP classe pour le trajet Cler-
raont-Paris.
Enfin ils bénéficient des avantages en nature habituels
(logement, nourriture, chaufTage, éclairage et blanchis¬
sage).
Concours
Hospices civils de Versailles. - Lu Commission
administrative des IIosjHces civils de Versailles donne
avis que, le vendredi 22 Mars 1020, à 0 h. du malin, il
sera ouvert un concours public pour la nomination de
sept internes en médecine (5 titulaires cl 2 provisoires).
Condîtious de riuiernai. — La durée de rinlernal est
fixée à quatre ans, divisés en doux période de deux
années; l’anljirisation do l’Administration et l’avis favo¬
rable des chefs de service sont nécessaires pour accom¬
plir la seconde période. Une année supplémentaire peut
cire accordée exceptionnellement jmr l’Administration,
après avis favorable des ehef.s de service.
Les internes (titulaires et j»rovisidres) sont nourris,
logés, chuufTés et éclairés; les internes titulaires reçoi¬
vent, en outre, un traitement annuel de 4.000 fr. ; les
internes non logés (titulaires ou pmvisoires) reçoivent
une indemnité de 2.200 fr. par an.
Un prix annuel de lOO fr. (fondation de IJizy) et un prix
biennal de 000. fr. (fondation Despagne) ont été institués
en faveur des internes les plus méritants.
Par autorisation de l'Université de Paris, les élèves de
IP et de 4' année (AU) et 4" et fr année (Ml) d’études
médicales peuvent faire, comme internes à Versailles, le
stage hosj)italier exigé par la Faculté de Médecine.
Conditions d'admission au concours, — Les candidats
nu coiicoin's devront se faire inscrire au Secrétariat, à
î'UOpital civil. Le registre d’inscription sera ch»s le
15 Murs 1022.
Tout candidat doit être de nationalité française nu
naturalisé Français. 11 devra justifier qu’il o subi avec
succès les deux premiers examens (anatomie et physio¬
logie) et jn'oduire : un extrait de son acte de naissance;
2* un certificat de bonnes vie et mœurs récommciit déli¬
vré; IP justifications de sa situation militaire.
Toute demande d’inscription faite ujn'ès l’époque fixée
par la présente affiche j)our la clôture du registre ne sera
p<iint accueillie.
Avant de concourir, chaque candidat prendra connais¬
sance des règlements des Hospices de Versailles et sera
réputé de plein droit .s’étre engagé, au cas de nomination,
à se conformer à tous ces règlements et à tous autres que
l’Adininistrution jugerait convenable d’adopter pour le
bien du service.
Epreui'cs. — Les épreuves pour ce concours sont
réglées comme suit ;
1* Une épreuve écrite, en deux heures, sur une ques¬
tion d’anatomie et sur une question de médecine, chîrur-
264
LA PRESSE MEDICALE,. Samedi, 23 Février 1929
N“ 16
(»u iu:c(iurlieni<>nl. (^ptle éproiivt» M'ra l'ailo la |)remi»*n*
v\ sera éliiuiiiutoire ;
2" L’examen d’un inalude {un malade pour chaque can¬
didat), sous la survelllnuce et la responsahiliti? du Jury;
A cette épreuve, le candidat aura 15 minutes pour exa¬
miner le malade, 5 minutes pour rélléchir, et 10 minutes
pour faire l’exposé dos Hymjilémes observés et donner
son opinion motivée sur le diaj;noslic, le pronostic et le
traitement du malade examiné;
3“ Une éj)reuve ju'alique consistant dans l’exécution,
avec expliculions, de petites opérations ou applications
«l’apjiareils.
(^luupie i undidal tirera au sort une des questiijiis mises
dans l’iirne. Il consacrera à celte épr<*uv»' le temps néces¬
saire, sans dépasser lO minutes.
Les points niaxima attribués à chacune des épreuves
seront : éjjreuve éorile, 30 points; examen du malade,
30 points; épreuve pratique, lo points.
Il est d’ailleurs établi un projfrumme limité des ques¬
tions pouvant être données au concours.
.SV/ercc. L’inteime est spécialement attaché ù une
division médicale ou ehirurificale et, pour l’exécution du
service, jducé sous l’aiitorilé immédiate de stm chef. 11
doit faire, tous les soirs, la eonlre-visite de sa division,
(iliaque interne, à lourde rôle, est de g’arde p(»ur vingt-
quatre heures.
L’interne de garde a pour mission : l" de parer aux
indications ]>re8sanles en l’abseiice des chefs de sei’vice ;
3" de se ])rononcer sur les admissions d’urgeiu'e.
Les candidats pourront avoir des renseignmnents com-
idémentaires an cahinet du Directeur, à l’Jlùpital civil,
(le 0 h. à 11 h. du matin et de 2 h. à '( h. du soir.
Pharmacie centrale des hôpitaux. M*'* Four-
mont est nommée au grade de (dief de laboratoire des
produits galeni([ues de V classe.
Nouvelles
Distinctions honorifiques, — Mkdaillf. d’ikvvnkuii
DES I IMI>I MIES. — Métlailh! cl’arffciit, « tilie pusthumc. —
M. Tissot, inti'i’iu* dos hiipituux do lloiion, dooodo dos
siiitos d'iino innladio oontonotoe on sorvico.
Ministère des Finances. - - Par an'iHô do M. (iliô-
oon. il osl institiiô au lainistooo dos rinancos, on vao do
saiivo,^ardor rUv,^iôno du jiorsoiinol dos administrations
dopoadant do oo ministoro, an Consoil supério.ur d’hvfîiono.
Conseil d’administration de l’Office national
d’hygiène sociale Pao urrolo nrinistoriol, sont
iiüiiiinôs : Prôsidonl du Conseil d'administration do l’Of-
Uoo national d’ilygièno sooialo, M. .\ndro llonaorat, aéiia-
toiir; soorôlaire général, M. Gnilhaud; incnibres, MM.
Népoty, Jules Ronaiilt, Roux, les iirofosseurs Aohard,
'fanon, 'foissior, (Inlmolto, Pinard, Léon Rornard, M .
Bureau municipal d’Hygiène de Bourbon-Lancy .
— La vaounro do direolourdu Iniroau mnnioipal d'ilygioiio
est déolai'éo oiivorto iioiir lioiirbon-Lanoy (Suono-ot-Loioe).
Lo toaitomont alloué est fixé à 2.000 fr. par un.
Los candidats ont an délai do \ingt jours, pour adresser
au ministoro du travail, do I bygièno, do l'assistunco ot do
la prévoyanoo soeinlos .plirootion do Tussistanco ot do
riiygiimo publiques, 0' bnroan), 7, rue (ianibacéoès, leurs
demandes aoonmpagnéos do tous titres, jusiilioations ou
La Semaine odontologique. La « Somaiao odim-
lulogiipio 11 organisée pao r.tssooiatioii géné'ralo syudi-
outo dos dentistes de France et le Syndicat des rhirur-
giens-dentistes de France, aura lieu cette année du 7 au
14 Avril proebain au Grand Palais.
Le Comité, que préside M. Fritoau, 91, boulevard Hauss-
inuiin, YHI”(TéL Elysées 07.57) et dont le secrétaire géné¬
ral est M. R. Renault, 39, avenue Laumière, XIX' (Tel.
Combat 15-87), a obtenu en faveur des congressistes,
babilaiit la province ou l'étranger, et venant seuls ou en
l'ompagnie de leurs femmes assister à la Semaine udon-
tologique, une réduelion de 50 pour JOO sur tous les ré¬
seaux des obemin.s' de fer français.
11 a pensé aussi qu’une petite trêve durant les travaux
du Congrès était salutaire. 11 a organisé une visite dans
les asiiii's Cilroén, danl la renommée est mondiale. Il a
aussi prévu une visite dans les Laboratoires modèles de
Carolies on se préparent tons les sérums pour l’Inslitiit
Pasteur.
Les distractions n'oni pas été oubliées et quolqiios soi¬
rées y seront coasaoréos. Un programme spécial est à
Téliide et sera ])arlé à la connaissance do tous.
il est siiporllu de souligner l'importance toujours crois¬
sante que prend ebaqne année lu Semaine odontologique.
Nous n’en voulons pour preuve (]ue Faffluenee des étran¬
gers; ils étaient nombreux l’année dernière — |)rès de
2l)(l — et représentaient 13 nations. Si cola continue, la
Il Semaine odoiitologique n doviondru le « Congrès odon-
tologi.pie F'ranco-Européen s, ot les huit jours aotnols
suffiront à poiuo à la tilrlio.
Université de Toulouse. -- Los fêtes du VU" cen-
leuairo de lu fondation de Tüniversité de Toulouse auront
lieu les 8, 9, 10 Juin 1929.
Ifoyage d’études médicales de Pâques sur la
Côte d’Azur. — Comme les années précédentes, la
Société médicale du Littoral organise un voyage, à l’occa¬
sion de Pâques (voyage rose). Lu eoq^entrution se fera à
Nice, puis on visitera successivement le Cap d’Antibes,
Juan-les-Pins, Cannes, lo Cannet, Crusse, Vence, Menton,
Monaco, Monte-Carlo et Beaulieu.
Partout, les visiteurs "seront accueillis avec la cordia¬
lité, le confort et la largesse qui sont de tradition dans
les voyages de lu Société médicale du Littoral. Partout,
les richesses thérapeutiques de cette région sans égale
leur seront présentées et expliquées. Des démonstrations
seientiliques, des causeries historiques et géographiques,
dee leçons tliérapeutiques, fourniront au voyageur toutes
les indications nécessaires pour rendre son séjour aussi
instructif qu'agréable. Le trophée romain de la Tnrbie,
les grottes préliistoriijaes de Criinaldi, le château et
l’élevage de singes du D' Voronolf, l’observatoire de
Nice, les merveilleux jardins tropicaux et l’extraordi¬
naire musée océanographique de Monaco seront l’occa¬
sion de très intéressantes promenades.
A ce beau voyagé sur la Côte d’Azur se rattacheront
des excursions en Italie, dans les Alpes et en Corse, an
gré des voyageurs.
Moins étendu, et pur conséquent moins coûteux que le
grand voyage international de Noël (voyage bleu), orga¬
nisé aussi par la même Société, le voyage de Pâques
permet aux familles do médecins de voir la Côte d’.\zur
dans une semaine, ù une époque particulièrement riante,
et avec des facilités et des agréments que l’on ne peut
trouver réunis ailleurs au mémo degré.
Pour tous renseignements, écrire au Président de la
Société médicale, 24, rue Verdi, Nice.
Nord-Médical. — Le prochain banquet du Nord-
Médieal aura lieu le jeudi 28 Février à 20 h. précises, au
Cercle de la Renaissance française, 12 rue de Poitiers,
sous la présidence de MM. Cuisez et Paul.
Pour tous renseignements, s’adi’esser au secrétaire
général,' M. Ronnaux, 24 avenue Mac-Mahon (Tél. \Va-
gram 42-16).
Société française d’Ophtalmologie, — Le 42" Con¬
grès de la Société française d’Ophtulmologie aura lieu à
Paris, à la Faculté de Médecine, le lundi 13 Mai 1929 et
jours suivants.
Le rnjiport d’usage sera présenté par M. Aubaret, de
Marseille sur ; « Etiologie et traitement des blépharites ».
Exposition d’instruments d’optique et de chirurgie ocu-
Vi.site des laboratoires et des hôpitaux.
Excursion le mardi 14 Mai, visite des trianons sous lu
conduite de M. Mauricheuu-Bcaupré ; banquet d’usage à
Versailles le soir.
S’adresser pour tous renseignements, au secrétaire
général, M. René Ontray, 6, avenue de la Motte-Picquet,
Paris (VIP).
Croix-Rouge française. Association des Dames
Françaises. — M. Louchenr, ministre du Travail et de
l’Hygiène, a inauguré mardi di-rniev les nouveaux locaux
de. la Clinique infantile de l’A. D. F., 146, avenue de
Saint-Ouen.
Cette œuvre a été conçue il y a quelques années pur
M. Massurt pour venir en aide aux familles dont les res¬
sources sont limitées et dont les enfants ont besoin d’exa-
■mens ou de traitements s])éeianx souvent longs et qu’il
est difficile de trouver réunis. L’idée nouvelle est la col-
laborntion des médecins de la clinique avec les médecins
traitants auxquels les services demeureront largement
ouverts. Il y a là une véulisution intéressante de lu mai-
Bôn médicale ouverte aux praticiens et qui leur permet¬
tra surtout avec les lois futures de garder un contaet
permanent avec les malades qu’ils traitent.
Un nombreux public intéressé par l’effort accompli par
l’Association dos Dame» Françaises en faveur des enfunts
n’a pus ménagé aux dirigeants et aux médecins ses félici¬
tations et ses encouragements pour mènera bien l’œiivrc
entreprise.
Nécrologie. — On annonce la mort de M. Bouveret,
médecin lionoraice des hô)iitaux et professeur agrégé à la
Faevdté de médecine de Lyon.
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctorat.
Mercredi 27 Février. — Clinique chirurgicale. Fa-
Jeudi 28 Février. — Clinique médicale. Faculté. —
Clinique obstétricale. Faculté.
Samedi 2 Mars. — Clinique chirurgicale. Faculté.
Thèses de doctorat.
Lundi 25 Février. — Auclair (J.) : Etude des gros
enfants nés en lO'JK à l'hdpital Boucieaut. — Rosenberg
(.M.) : Etude sur le ctdorhydrate de papaeârine. — Carillon
(P.) : Importance du décubîtus latârnt gauche dans t’exa-
men de la pointe du cœur. — Jury : MM. Gouvelaire,
Loeper, Sergent, Harvier.
Jeudi 28 Février. — M"” Hébert (J.) : Etude médico¬
sociale sur la morlaliié du f" âge. — Dié (G.) ; Etude sur
lu tension veineuse. — David (Jeân) : Eryihrocyanose sus-
malléolaire. — Devving (W.) : La radiothérapie sympa¬
thique du lichen Plan. — CreDieau (A.) : Essai sut le mé¬
tabolisme. — Jury : Bernard, Claude, Cougerot, Debré.
Thèse vétérinaire. — Porrler : Traitement de la piro¬
plasmose bovine en Normandie. — Jury ; MM. Tanon,
Henry, Moussu.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu’elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n’y e.st
inséré aucune annonce commerciale. L’ administra¬
tion se réserve, après examen, te droit de refuser les
insertions. Il n’est pas inséré d’annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions '. T fr la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale) . les renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 /ours après
la réception de leur montant.
Clientèle médicale importante à céder, rausr
dérès, grande ville de l’Est. Bel appartement di-
6 pièces. ■ Ecrire P. M., n" 962.
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Paris, mais poss. dep. 2 ans cab. gr. banl., ch. occup.
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bert, état neuf. Amouroux, 14, rue des Carmes, V®.
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Laboratoire de biologie recherche collaborateur au
courant des examens bactériologiques et des vaccins.
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Etudiant en médecine, disposant d’un appartement
prés gare de l'Est, aménagé pour voies urinaires,
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iiel. Ecrire Bessiéres, 25. r. Vaneaii, qui transmettra.
Doctoresse française, 29 ans, pari. angl. et esp.,
2 ans 1 '2 exercice méd. gén., enf., gynérol., rherebe,
adjoint mais, santé, clinique ou élablissement, avec
fixe assuré ou poste méd. à jirendre sans frais d’ins¬
tallation. - Ecrire P. M.. n" 108.
Vislt. docteurs en aulo pour une spécialité de
laborat. important, je désire m’adjoindre autres
spécialités pîiarinacculique.s. — Ecrire P. M., n" 109.
Chim. bact. Ir. capable, réf. 1®'’ ordre, ch. pl. dans
lab. d’anal, pour saison été. — Ecrire P. M., n" 110.
Deux jeunes médecins, mariés ou célibalaires,
soni demandés pour Elablisseinents en Nouvelle-
Calédonie. S’adresser : Société Le Nickel, 26, rue
Laflilte, Paris (9®).
AVIS. — Prière de Joindre aux réponses un
timbre de O fr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Parti. — Imprimerie de la Cour d'Appel 1, rue Caiiette.
X“ 17
27 Février 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
ÉTUDES
DE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
L’IGIÈllE CATAIIUIIAL
N’EXISTE PAS
Par Marcel GARNIER.
On rencontre l'réquernnieiit en clinique un état
morbide caractérisé par un ictère souvent intense,
apparaissant rapidement après une courte période
de malaise et évoluant en l'absence de tous phéno¬
mènes généraux ; il est la conséquence parfois
d’une action toxique; il correspond lé plus sou¬
vent à la forme la plus atténuée de l’ictère infec¬
tieux. Gomme l’ont fait remar([uer depuis long¬
temps diirérents pathologistes, on observe toutes
les formes intermédiaires entre ce type qui est le
plus bénin et l’ictère grave le mieux caractérisé.
Pourtant, malgré les protestations d’auteurs
comme M. Chauü'ard et M. Widal, il est toujours
individualisé sous le nom d’irtérc catarrhal,
comme si on devait admettre, pour ex])li(juer sa
production, l’ancienne théorie de Virchow,
d’après laquelle l’ictère, dans ce cas, serait dû à
l’obstruction des voies biliaires par un bouchon
muqueux, engendré jiar l’inllammation catar¬
rhale de la membrane qui tajdsse ces conduits.
Récemment encore, trois auteurs américains.
Klenqierer, Killian et lleyd, considèrent (jue le
véritable ictère catarrhal est dû à un catarrhe
gastro-intestinal entraînant secondairement l’obs¬
truction du cholédoque; Vincent Lyon, dans un
article ]iaru il y a (juelques semaines, attribue les
bons ell’ets obtenus dans ce cas par l’in jection de
sulfate de magnésie, an moyen du tube duodénal,
à l’expulsion du fameux bouchon muqueux sous
l’induence de l’excès de pression intracanalicu-
laire, déterminé par les contractions de la vési¬
cule. Or, comme je l’ai déjà fait remarquer anté¬
rieurement avec Reilly *, cette conception se
heurte à de telles objections cliniques, anatomi¬
ques et expérimentales qu’elle ne peut être sou¬
tenue aujourd’hui : l’expression d’ictère catarrhal
doit être rayée de la nosologie.
La période pré-ictérique dans ce cas est mar¬
quée par des phénomènes particuliers ; nausées,
inappétence, souvent sensation de gêne au creux
épigastrique; la diarrhée est exceptionnelle; la
céphalée et la courbature sont rares; à peine
observe-t-on habituellement une certaine sensa¬
tion de fatigue. Puis rictère apparaît et, en deux
à trois jours, atteint toute l’intensité qu’il doit
avoir. Dès ce moment, le malaise du début cesse;
le malade se sent soulagé, l’appétit revient. 11 ne
s’agit donc pas d’un embarras gastrique avec
inflammation de la muqueuse digestive, se propa¬
geant à un moment donné à celle des voies
biliaires : dès le début, la maladie a sa physio¬
nomie propre; c’est un ictère qui se prépare, et un
médecin averti peut en prédire rai)parition.
La coloration de la peau s’accompagne habi¬
tuellement de décoloration des matières, et c’est
là l’argument principal sur lequel s’appuient les
partisans de cette théorie, qui rapporte l’ictère à
l’oblitération des voies biliaires par suite de l’in¬
llammation catarrhale de la muqueuse. .Mais
1. M. CAnxirn et ,T. Rfim.v. « .^ngiochnlites nipiiPs
et ictères infertieux ». La Médecine. Juillet ltl2n, p. 612.
M. Chaulfard a fait remarquer depuis longtenqts
que la décoloration des matières n’apparaît, dans
bien des cas, que tardivement, et alors que l’ictère
existe déjà depuis huit, dix et même douze jours.
Moi-même, avec M. Magnenand, en examinant
quotidiennement les fèces des malades atteints de
cette variété d’ictère et en y recherchant par les
réactifs ajtprojtriés la stercobiline et le stercobi-
linogène, nous avons reconnu d’abord que le plus
souvent au cours de la jaunisse les matières con¬
tiennent de la stercobiline et du stercohilinogène
en quantité moindre qu’à l’état normal, mais en¬
core assez notable et, sauf parfois pendant un
jour ou deux, supérieure à des traces; nous
avons vu aussi que dans les cas où la décoloration
des matières arrive à être complète et l’absen<m
des dérivés de la bilirubine absolue, l’ictère
existe déjà depuis plüsieurs jours, quand cette
condition est réalisée; chez certains sujets, nous
avons pu reconnaître qu’alors que la jaunisse
était installée depuis déjà quatre jours, les ma¬
tières étaient encore colorées et renfermaient de
la stercobiline et du stercobilinogène, et que c’est
seulement trois à quatre jours plus tard que toute
trace de dérivé biliaire disparaissait. Inverse¬
ment, les matières se recolorent bien avant (jue la
jaunisse ne commence à décroître ; c’est ainsi
que, dans un cas, il y avait douze jours (jue les
fèces étaient recolorées quand la teinte des tégu¬
ments corniriença à diminuer, l’élimination des
pigments biliaires continuant et ne cessant que
trois jours plus tard. Ainsi, il n’y a aucun rap¬
port entre la décoloration des matières et l’ins¬
tallation de la jaunisse; ce n’est pas parce que le
cholédoque est obstrué que la bile, cherchant une
autre voie d’élimination, emprunte le canal san¬
guin; si cette hypothèse était exacte, la décolora¬
tion des matières serait le fait primitif et la jau¬
nisse un phénomène consécutif. Dans l’ictère infec¬
tieux, du plus bénin au plus grave, tout se passe
comme si la bile était déviée de son chemin nor¬
mal et attirée dans la circulation sanguine.
Le tubage duodénal a permis de faire des cons¬
tatations analogues; même dans les cas où les ma¬
tières sont complètement blanches, on trouve tou¬
jours à la partie supérieure de l’intestin un peu
de liquide biliaire, contenant une proportion rela¬
tivement élevée de bilirubine et, au contraire, un
faible taux de sels biliaires ; maia la quantité du
liquide recueilli est toujours peu abondante (Cha¬
brol, Bénard et Gambillard).
L’hypothèse du bouchon muqueux obstruant le
cholédoque entraîne d’autres conséquences. Dans
bien des cas en effet, la disposition de l’ampoule
de Vater est telle que l’agglomérat de mucus, qui
l’occuperait, oblitérerait en même temps que le
cholédoque le canal de Wirsung; cette obstruc¬
tion du conduit pancréatique aurait même été
observée par Frédéric Muller dans un cas publié
en 1887. Il ne semble pas pourtant que les signes
d’insuffisance pancréatique externe aient été bien
souvent notés au cours de l’ictère catarrhal.
M. Chaulfard les dit exceptionnels ; il ajoute que,
chez de nombreux ictériques, l’épreuve du salol
lui a montré que la sécrétion pancréatique conti¬
nuait à arriver dans l’intestin ; il est vrai que,
depuis le moment où ces recherches ont été effec¬
tuées, la validité de cette épreuve a été fortement
contestée.
Expérimentalement, la plupart des agents bac¬
tériens injectés directement dans le cholédoque,
comme le faisaient les parlisans de l’origine as¬
cendante de l’infection, ou introduits dans la cir¬
culation générale, ne déterminent pas l’ictère,
même dans le cas où ils sont éliminés par la bile.
L’autopsie des animaux montre alors des lésions
d’angiocholite aiguë, parfois suppurée ; mais ces
lésions ne se sont accompagnées à aucun moment
de jaunisse; elles ne le sont même pas quand on
a pris soin de lier préalablement le' cholédoque,
comme je l’ai reconnu avec Reilly dans une expé¬
rience sur le cobaye. Four obtenir l’ictère, il faut
injecter certains microbes particuliers, spécili-
(piernent ictérigènes ; ces microbes sont doués de
deux propriétés fondamentales : d’abord ils pro¬
voquent, soit directement par les hémolysines
(pi’ils sécrètent, soit indirectement par les réac¬
tions macrophagiques (pi’ils suscitent, une des¬
truction anormalement abondante de gjobules
rouges, de manière à augmenter la quantité des
matériaux destinés à la jtroduction des pigments
biliaires; puis ils présentent une sensibilité par¬
ticulière à l’action de la bile, i|ui s’oppose au dé¬
veloppement de leur culture et même exerce, vis-
à-vis de certains d’entre eux, comme le pneumo¬
coque ou h' spirochète de l'ictère héinorragiiiue,
une véritable action lytique; cette dernière jtro-
priété témoigne d’une certaine affinité entre les
éléments de la bile et les corps microbiens, et
permet, sans invoquer l’hypothèse des causes
finales, d’expli([uer la déviation du courant bi¬
liaire par un véritable chimiotropisme. 11 est tout
à fait remar(juahle que, dans le seul cas où M.M.
Gilbert et Dominici, injectant dilférents microbes
dans les voies biliaires, ont pu produire l’ictère
chez le la])in, ils avaient inoculé du pneumo¬
coque dans le cholédoque; mais l’infection avait
dépassé le domaine des voies biliaires et déter¬
miné de la i)éritonite et même- de l’endocardite.
Ainsi, ce fait expérimental, bien loin de corro¬
borer la théorie de l’ictère par catarrhe des voies
biliaires, vient à l’appui de l’opinion que nous
soutenons.
L’ictère infectieux dans sa forme la ]dus béni¬
gne est donc conqvlètenient indépendant de l’in¬
llammation des voies biliaires, comme il l’est
dans ses formes graves ; mais dans celles-ci peu--
sonne ne le conteste ])his, de nombreuses autop¬
sies ayant démontré l’intégrilé de ces conduits.
Au contraire, la vérification anatomique est
exce])tionnelle au cours de l’ictère catarrhal,
puisqu’il faut, pour qu’elle soit possible, que la
mort survienne aecidentellemcnt. Si certains
auteurs, comme Virchow et Vulpian, ont con¬
staté l’existence d’un bouchon muqueux, on doit
penser que l’inllammalion <lu cholédoque est alors
secondaire à l’ictère et non ])as judmilive et anté¬
rieure à la jaunisse (pi’elle conditionnerait. En
effet, les voies biliaires, n’étant plus ])ar<’ourues
par le courant du Inpiide sécrété et se trouvant
en quelque sorte déshabitées, sont facilement en¬
vahies par des germes d’infection secondaire, (pie
ceux-ci pénètrent par la voie ascendante et canali-
culaire ou |)ai- la voie descendante et sanguine.
Cette infection secondaire, quand elle existe, se tra¬
duit en cliniipie par des poussées fébriles inter¬
mittentes, parfois par une fièvre irrégulière durant
plusieurs jours, ces manifestations thermiques
s’accompagnant d’une sensibilité douloureuse de
la région vésiculaire. L’hémoculture, pratiquée à
ce moment, permet parfois d’isoler un paracoli-
bacille, comme je l’ai reconnu avec Reilly. Dans
certains cas plus graves, l’angiocholite devient
.su])purée et entraîne la formation d’abcès multi¬
ples dans le foie et même à distance. Ces jihéno-
mènes n’apparaissent que quand l’ictère dure déjà
depuis un certain temps; ils sont la conséquence
et non la cause de la jaunisse; on con(,-oit qu’à un
degré peu marqué ils entraînent l’inllammation
catarrhale de la muqueuse.
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 21 Février 1929
N“ 17
26()
Les angiocliolites aiguës et les ictères infec¬
tieux constituent donc deux cliajiitres diflerents
de la pathologie hépatique. Sans doute, ces deux
sortes d’accidents i)euvent se combiner ; mais, en
aucun cas, rictère n’est la conséquence île la loca¬
lisation de l’agent infectieux sur la muqueuse des
voies biliaires. Aussi, avons-nous proposé de dé¬
signer l’entité morbide dénommée habituellement
et à tort, comme nous venons de le voir, ictère
catarrhal sous l’appellation à'irli'rc aif;ii npj/rr-
lii/itr, dénomination qui ni' fait état que de ses
princiiianx caractères cliniipies et ne préjuge en
rien sa nature jiathogénique.
IIEMARQrKS
ELIMljl KS ET TIIÉHAPEETIQI'ES
11 ÉMO R R A(H ES HK.MOPII I El (jlî ES
Par P. ÉMILE-WEIL
Médt'i'iii de rh('»i>ital TcMum.
On sait la gravité des hémorragies hémo|)hi-
liqnes. Ce sont la faidlité, l’abondance, la fré¬
quence des hémorragies avec leur diflicullé
d’arrct ipii donnaient à cette diathèse son pronos¬
tic jadis fatal. Kn 1!K)7, Carrière colligeant près
d’un millier d’observations ra|)portait (]uc S!) p. 100
des hémophiles succombent avant 21 ans, la mort
Le caractère des hémorragies héinophiliqucs
est d’i’trc provoquées et non spontanées comme les
gangrènes et d’etre incoercibles, leur abondance
étant laite moins de leur intensité ipic de leur
conlinuilc, la ihérapcidiquc se monirani impuis¬
sante à réaliser l’hémostase. Cn autre cariiclèrc
était la disproportion entre h'ur abondance et la
minime inqiortancc du Iriimna. Des morts avaient
été observées à la suite d’une injection médieii-
menteuse, d’une |)elile coupure, d’une avulsion
dentaire, d’une circoncision, etc.
Tous CCS caractères des hémorragies tiennent
aux lésions du sang, et leur inqtorlance est cn
quelque sorte proportionnelle au degré de celh's-
ci. Le vice sanguin consiste en un retard consi¬
dérable de la coagulation, vice permanent ipii
existe en dehors comme au cours des périodes
hémorragiipics. Le caillot formé in cZ/co est
d’ailleurs de qualité médiocre cl moins rétractile
ipie normalement. Plus le retard de coagulation
est grand et |)lus la tendauce hémorragique est
forte et les hémorragies [irofuscs.
.l’ai montré en outre ipie les hémorragies avaient
tendance, une fois qu’elles s’étiiient produites à
un endroit, à récidiver: cn didiors des hémar-
ihroscs que font tous les grands hémo[)hiles, un
sujet ipii a eu des hémorragii'S digestives en rtqiro-
duira, un autre qui présente des hématuries est
menacé d’en faire de nouvelles. 11 y a dans ces
divers cas une épine irritative déterminante.
Fnlin, souvent ces hémorragies ont un certain
caractère de périodicité : un de mes malades fai¬
sait une fois par mois des hémarlhroses et tous
les trimestres une hématurie.
’l'els sont les caractères généraux des hémor¬
ragies au cours de rhémiqihilie. ,1e voudrais
aujourd’hui insister sur certains jioints eoneer-
nanl des hémorragies particulières.
A. — Fur plaie nette, franche est beaucoup
moins grave au point de vue de l’intensité de
l’hémorragie qu’une petite plaie contuse. L’une
pourra être facilement suturée après une soigneuse
hémostase. Dans les anfractuosités de l’autre, un
caillot de mauvaise qualité permettra au sang de
sourdre de façon continue sans que survienne
l’arrêt de l’hémorragie, et la mort peut ainsi
cire la conséipiencc d’un trauma minime.
Au jioini d(‘ vue du traitement, cette notion est
capitide iine le sang ne peut s’arrêter tant que le
caillot anormal pci'siste dans la plaie. On n’arrê¬
tera [lar exemple une hémorragie dentaire consé¬
cutive à une avulsion, ipi’en mettant au contact
de la plaie un tampon imbibé de sérum sanguin,
mais celui-ci n’arrêtera l’hémorragie que si on ti
enlevé préalalilemcnt le caillot, en faisant un
lavage (le l’alvéole avec deux litres d’eau salée.
On peut alors en une minute venir à bout d’un
saignement ipti dure depuis des heures.
f Tl coup de curette a pu faire tondier un hématome
saillant du ponce, gros coin me une cerise, survenu à
la suite d’une jilaie suturée, et ipii saignait depuis
trois mois, L’hématome tombé, on fil un jianse-
mcnl sérique, et au bout de quel([ues jours, sans
aucune hémorragie nouvelle, la jilaie était cica-
IL Les hémorragies interstitielles sont d’une
façon générale moins graves que les hémorragies
externes, du fait ipie le sang éjianché exerce une
compression légère due à la résistance des tissus
eu vii’onminls. dette compression diminue la gran¬
deur de riiémoi'ragic.
Par contre, ces épanchements sanguins peuvent
avoir une conséquence fàidieusi', ipiand on a af¬
faire noua des hémophiles familiaux mais à des
hémophiles hémogéniipies. La résoiqilion du sang
peut suscili-r des phénomèni'S d’hémolyse on plus
souvent des hémorragies cn d’autres territoires,
dcl le hcmoli'ypsie [>eul être cause d’un étal hemor-
ragiipie secondaire grave, dcriains hémophiles
signalent par exmple qu’après l’apparition d’une
hémarihrosc traumaliipie, survient le lendemain
nue autre hémorragie, une héimilurie [lar exenqile.
de sont là phénomènes non courants, mais ipii ne
sont cependant pas cxccplionnids dans l’hémo¬
philie sporadiipic.
O
d. La gravité de certaines hémorragies pro¬
vient non de ce qu’elles mettent la vie en danger,
mai-' des sé(|ucllcs qui les suivent.
I" I i itMAitTiinosiis. 11 en est ainsi par exemple
de la plus fréquente des hémorragies hémo|)hi-
liiptes : je veux parler des hémarlhroses. 'l'oul
d’abord, il faut savoir que les hémarlhroses sont
caractéristiques de l’hémophilie grave : on n’en
voit [las dans les cas légers, quand le retard de
coagulation sanguine ne dépasse pas une heure.
ITie synoviale articulaire supporte bien un
épanchement sanguin et la guérison est la règle
après une première crisi-. ,Mais étant donné la
tendance à la récidive locah- des hémorragies
hémophiliques, une articulation une fois tonchéi-
sera facilement le siège d’une hémorr.agii- nou¬
velle. Or, au bout d’un certain lenqis, la séreuse
réagit au contact du sang, cor])s étranger, la
synoviale s’organise, des adhérences libreusi-s se
produiseid, limitant les mouvements articulaires,
de sorte ipie l’hémarlhrose se lerndne jiar une
ankylosé partielle d’autant plus facilement ipie les
exlrémifés osseuses se décalcilient et que se
pro4uis(*|il des végétations osléophytiipies. 1,’alro-
phie musculaire réllexe ajoute encore à l’impo¬
tence. Heureux encore le malade qui ne s’ankylose
pas en position vicieuse !
On comprend que la prévention de ces hémar-
throses, si graves au point de vue fonctionnel,
soit un devoir pour le médecin, moins armé en
présence de la complication réalisée.
2" HiiMoiin.voiES .MÉNINGÉES. — (ücs hémorra¬
gies sont tout à fait exceptionnelles, et il ne m’a
été donné d’en observer qu’une fois ou plutôt d’en
voir les séquelles. Il s’agissait d’un jeune homme
de 20 ans, près de ipii j’étais appelé pour des acci-
di-nls hémorragiipies : ce grand garçon était
[iresque impotent, atleinl d’une paraplégii- spas-
modiipie avec alrojihie notable de la muscula¬
ture des membres inférieurs, exagération des
réllexes, etc. Ces accidents étaient survenus
quatre ans auparavant an cours d’accidents
méningés, hémorragiques, avec compression
médullaire consécutive. La mère rendait d’ailli-urs
resjionsable de l’étal de son lils le médecin, ipii
avait pnaliqué au début une ponction lombaire et
avait retiré du sang pur. Ce confrère, neurolo¬
giste distingué, avait eu le tort de ne pas recon¬
naître riiémojihilie et de ne pas mettre l’hémor¬
ragie sur le compte de cette aU’eclion, et cela
d’autant plus qu’il eût été possible de l’arrêter
par un Irailement approprié, comme cela m’est
jilusieurs fois arrivé dans des cas analogues
d’hémorragies dyscrasiipies dues à riiémogénie.
D. - I.a gravité de l’hémorragie lient enlin au
siège de répaiicheinent sanguin. Nous en avons
déjà un exemple dans le cas des hémorragies
méningées capables d’altérer le système nerveux. ,
Je veux donner deux autres types de localisa¬
tions hémo'rragiques fâcheuses.
l" llÉMA'fO.MKS DU PLANOIIEll liUGCAI,. - Je Suis
appelé un jour par le D'’ Scheffer auprès d’un
hémophile à qui il avait pratiqué, pour soigner
une grosse molaire, une injection gingivale de
cocaïne. A la suite, se produisit une hémorragie
interstitielle, qui envahit tout le plancher de la
bouche, 24 heures aiirès l’injection. .\ ce moment,
le malade était gêné non seulement pour avaler,
mais même pour jiarler et respirer. La langue
était projetée en avant, et l’occlusion de la bouchc
impossible. Le sang épanché formait une volumi¬
neuse tumeur du plancher buccal. La tempéra¬
ture montait à 39". Rien à l’auscultation, mais
gêne respiratoire marquée. Je pratiquai une
injection intraveineuse de 20 eme de sérum san¬
guin, et en vingt-quatre heures, tous les symj)-
lômes inquiétants s’amendèrent. L’hémorragie
arrêtée dans sa progression, le malade fut guéri
cn quelques jours par résorption de son héma¬
tome, et tout rentra dans l’ordre.
Dans un autre cas aussi grave mais où l’hémor¬
ragie du plancher buccal se produisit de façon
.spontanée, an cours d’une .grippe chez un liéiiio-
phile-hémogéniqiie, une transfusion de 225 cinc
de sang fil en quarante-huit heures disparaître les
mêmes signes de tumeur volumineuse du plancher
buccal (imjiossibilité de fermer la bouche, pro-
tusion linguale, difficulté de déglutition, d’articu¬
lation et de respiration, etcL
2" HÉMATOMES DE l’oiiiute. -- G’est là une
complication ijui n’est pas rare dans l’hémophilie,
et j’ai pu personnellement en observer quatre cas.
'IT’ois d’entre eux se sont produits de la même
façon. 11 s’agissait de jeunes hémiqihiles, de 6 à
12 ans, qui fréquentaient l’école, et qui en jouant
avec leurs camarades reçurent des chocs jilus ou
moins forts sur l’a-il. Une hémorragie orbitaire,
jialjiébrale, énorme, se fit ainsi qu’un hématome
rétro-orbitaire, qui détermina un exorbitisme de
l’œil. Rapidement la vision fut abolie ; la cornée
transparente non protégée s’enflamma, et quoique
dans aucun de ces trois cas la fonte purulente de
l’reil ne survînt, la perte de la vue fut définitive et
totale. Dans aucun de ces trois cas, je n’eus la
chance d’être appelé au début |j.es accidents.
Il n’en fut p^s de même dans le dernier cas. Il
s'agissait d’un grand hémophile de 19 ans, que je
N" 17 •
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
267
suivais depuis de nombreuses années et que je
voyais accourir chaque fois qu’il présentait un
nouvel incident hémorragique. Je n’insisterai
pas sur ses hémorragies antérieures : hémar-
ihroses, melæena, hématuries, etc., survenues à
de multij)les reprises dans le cours de son exis-
l.e 18 Décembre 1<)21), au cours d’une grippe,
le malade constate au réveil une petite tuméfac¬
tion grosse comme une noisette au dessus de
l'arcade sourcilière gauche. Cette tuiuéfaclion
spontanée était due à un épancheuienl sanguin
coniine cela devint hientùl évident. Le lendemain,
elle cm ahissait l’cril et la jon<‘ gauche (pii était
fortement déformée. Le 20 au matin, l’uûl gauéhe
est exoï'bité, énoi'ine, saillant entre les paupières
enllées et noirâtres. La vision avait disparu. Kn
im'me temps, il y avait à droite une hémorragie
sous-conjonctivale, une ecchymose de la paujiière
supérieure et une diminution marquée de la vue.
Le malade entre alors dans mon service et je
pratique aussitiH une transfusion de 22,o cmc de
A ce moment, l’o-il gauche est exorbité, la con¬
jonctive décollée par le sang forme un énorme
bourrelet autour de la cornée transparente, ce qui
donne à l’ceil un aspect d’ombilication. L’héma¬
tome occupe en outre les paupières supérieure et
inférieure violacées. Hiles ne jieuvent se mobi¬
liser.
La vision est très faible, le malade perce¬
vant encore et seulement la lumière. A droite,
tuméfaction des paupières, que le malade ne peut
ouvrir. 11 y a de plus un léger épanchement sous-
conjonctival de sang dans l’angle externe de
l’œil.
Dès le 21 , l’état est moins iiujuiétant, la tumé¬
faction de l’o'il droit a diminué, les paupières
peuvent s’enlr’ouvrir. La vision est normale. A
gauche, rcxophtalmie (‘sl toujours considérable,
la conjonctive est décollée et il s’écoule une
sérosité sanglante. La vision est conservée. Les
hématomes sus et sou.s-orliitaires ont diminué
notablement.
Le 22, grande amélioration : l’ieil droit n'est
[•lus que rougàtre, les paupières ne sont plus
tuméfiées, la vision est normale, dépendant, à
gauche, l’exophtalinie est toujours marquée, les
téguments noirâtres, et l’on constate une petite
exulcération de la cornée transparente.
Le 23, le D‘' Magitot consulté [iropose une
larsorraphie. Trois points d(‘ suture sont faits sur
les paujiit'res sans déterminer d’hémorragie.
Les choses s’arrangent rapidement. IjC 20, le
!)'■ Magitot enlève les lils ; l’ulcération cornéenne
a diminué, le globe oculaire est rentré dans
l’orbite. La vision a reparu et le malade distingue
non seulement la lumière mais les formes.- Hn
une semaine tout est rentré dans l’ordre.
L’n an après, voici l’examen fait par le 1)'' Ma¬
gitot : (Hil droit normal. .Vcuité visuelle nor¬
male. (Kil gauche : Taie paracentrale de la cornée
donnant un astigmatisme irrégulier abaissant
l’acuité visuelle à 5 pour 10. Fond de l’œil nor¬
mal.
Voici donc une grande hémorragie rétro-orbi¬
taire d’un œil, étendue à l’œil voisin, ou accom-
jiagnée d’hémorragie de l’autre cril, qui rentre
dans l’ordre», soignée trente-six heures après le
début.
Si on compare cette évolution à celle des
trois autres cas non soignés, on voit qu’un trai¬
tement adéquat, la transfusion en l’espèce, a pu
arrêter les progrès de l’hémorragie, qui sans elle
progresse dans le tissu cellulaire lâche rétro-
orbitaire et jialpébral, et par compression du
nerf optique d’une part, par lésions de la cornée
transparente de l’œil protrusé d’autre part, arrive
â déterminer la perte de l’cril. Quoi qu’il en soit,
seul (le nos (juatre hémophiles, celui-ci a conservé
la vue.
Tiiaite.MENT. — Ayant passé en revue la cli¬
nique des hémorragies des hémophiles, je veux
dire ou plutôt répéter ce que j’ai exposé depuis
des années en diverses publications.
ün ne doit pas laisser les hémophiles mourir
d’hémorragies. Les arrêter est chose facile.
a) Si l’on peut atteindre le foyer de l’hémor¬
ragie, il suffit d’agir localement. Il faut prati(juer
un nettoyage minutieux de la plaie, pour en reti¬
rer le sang et les caillots. La plaie sera alors
pansée avec une gaze imbibée de sérum sanguin
normal. L’hémorragie s’arrête aussitêit, parce
(|u’il s’agissait seulement d’une hémorragie capil¬
laire et (ju’on a corrigé la mauvaise (pialité du
caillot. S’il y avait un vaisseau qui saignait,
l’hémostase sérail minutieusement faite, juiis on
devrait recourir au pansement sérique.
Loin de s’abstenir de toucher à l’hémophile
(|ui saigne, le chii’urgien doit aller à l’hémorragie,
comme le général au canon, pour faire dans la
plaie ce qui est nécessaire. 11 sera facile ensuite
d’agir sur la plaie par les agents euthrombasiques
et en même temps sur la crase sanguine pour
corriger le vice de coagulation.
b) Si l’on ne peut atteindre l’hémorragie en
raison de son siège interne, le traitement doit être
un traitement général. Il convient de pratiquer
une transfusion de sang humain, plus ou moins
forte suivant le degré d’anémie et l’importance de
la perte sanguine. Cette transfusion apportera à
l’organisme les substances coagulantes (pii lui
font défaut. On peut discuter sur la nature du
ferment absent, mais on ne peut discuter sur
l’eflicacité de la métbode d’arrêt, (]ue l’on injecte
du sérum humain ou animal (F. Hmile-W'eili, du
plasma citraté ou du sang en nature (Feissly:.
Toutes ces méthodes sont également excellentes.
La plus facile et la plus efficace en cours d'hémor¬
ragie est la transfusion ])réconisée par Feissly.
c) Par contre, pour le traitement préventif des
hémorragies, le traitement sérique que j’ai pré¬
conisé dès 1905 fait merveille. Hn injectant par
voie sous-cutanée tous les mois 10 à 20 cmc sui¬
vant l’âge à des hémophiles, on fait cesser les
hémorragies récidivantes. .Nombre de mes
malades (|ui avalent des hématomes, des héinar-
throses, les ont vus disparaître comjilètement.
Les hémorragies provoquées par un trauma se
produisent encore, mais plus rares et plus faibles
pour un traumatisme même assez important ; les
hémorragies spontanées, elles, cessent complè¬
tement. Les lésions saugnines persistent généra¬
lement mais plus atténuées : un retard di» coagu¬
lation de d(‘ux heures, d’une heure, rcnqilacc un
retard de douze par excmiile. (Juchpies l’ares
malades même guérissent complèlenieni et
peuvent au bout d’un certain nombr(; d’années
cesser le trait(>ment. Je jiossède un grand
hémophile de la grande famille suisse de Tenna,
dont l’arbre généalogique remonte au début du
xviii'’ siècle av(!C plus de 200 malades héraoidiiles
dans la famille, qui est totah'mcnt guéri depuis
plus de dix ans après avoir subi pi'iidant st>j)t ans
les injections sériques préventives. Ht son sang
est rédevenu parfait('menl normal.
Dans ces conditions, la proposition (pie j’énon¬
çais plus haut me paraît vraie. On ne doit plus
mourir d’héinopbilie.
Mais la plupart des médecins ne savi'iit pas soi¬
gner des hémophiles, parce (pi’ils ne font (pie
soigner les accidents hémorragiques, sans s’occu¬
per de les prévenir, et cela parce (pi’ils ont peur
de répéter avec fréquence des injections sériques,
élevés dans la crainte des accidents anaphylac¬
tiques. Or, chez les hémophiles vrais, familiaux,
on n’en observe jamais, ou d’insignifiants ; les
hémophiles ont en effet un sang anormal, mais
slabh», et ne font jamais d’accidents sérieux d’ana¬
phylaxie. Je possèd(‘ fieut-être une centaine de
I cas d’hémophiles suivis depuis 'plus de dix ans
dont certains ont reçu de six à douze injec¬
tions’ de sérum sanguin par an. Jamais je n’ai
observé un incident sérique notable : parfois
un peu d’urticaire, parfois quelques douleurs
rhumato’i'des, qui ne m’ont pas empêché de pour¬
suivre sans ennuis le traitement. Les enfants et
les familles acceptent admirablement ces (juelques
misères devant les bénéfices tangibles de la
méthode.
Mais il faut savoir par contre que les hémo-
philo-héniogéni(pies, tout au moins bien souvent,
supportent mal les injections sériques, ayant un
sang tout à fait instable. Ici, il faut opérer de
façon différente. Comme seule, l’injection de
sérum est utile, mais mal tolérée, je prescris des
injections de sérum bumain, celui d’un des parents
on d’un membre de la famille, de préférence i eliii
d’un individu de même groupe sanguin. Dans ces
conditions, j’obtiens les mêmes bons résultats
thérapeutiques, quelquefois au prix de minimes
ennuis, mais sans les dangers qu’occasionnent les
sangs animaux, chez ces sujets à sang instable.
Tels sont les points sur lesquels je voulais
insister pour le plus grand bien des hémophiles.
Le jour où tous les médecins feront leur la pra¬
tique que je suis depuis un (juart de siècle, ils ne
verront plus mourir leurs hémophiles, pourvu
(pi’on les appelle à temps, et ils n’accepteront plus
que le pronostic de l’affection soit fatal, comme il
l’était il y a vingt-cinq ans.
LE
PRURIT DANS LA SCARLATINE
LA FORME PRURIGINEUSE DE LA SCARLATINE
Par L LORTAT-JACOB
M('(i('rin de l’hàpital Suinl-Loui.s.
Le diagnostic de la scarlatine et des érythèmes
scarlatiniformes est parfois hérissé de difli cultes,
jiar exemple lorsipiela scarlatine prend une allure
fruste, ou ajiyrétiipie, ou ipie maïupient l’angine
initiale, riiypertherrnie, les vomissements du
début. Mais aussi, lorsque vient se surajouter,
dans les formes trustes, nn symptôme ([ue les
classiques s’accordent à considérer comme excep¬
tionnel dans le cortège habituel des symptômes de
la scarlatine : je veux jiarler ilii priirii. Il est si rare
que Moizard, dans sa longue expérience de
pédiatn». dit ne l’avoir jamais observé. A vrai
dire, les classiques signalent bien de.s algies
cutanées, accompagnant le début de l’éruption,
sensations de cuisson, de tension, d’ardeur à la
peau, (pi’oii a pu décrire comme jiriirit, mais les
cas ipie nous avonS observés au cours de l’épidé¬
mie actiK'lli» obligent nettement à parler de
ilrmaniiraisonx et nous entendons par là un jiriirif
ressemblant en tous points à celui (pie l’on peut
observer dans certains prurigos. Ce prurit a des
moments d’apjiarition bien déterminés, il survient
au moment où l’éruption tend à se généraliser, il
est surtout à exacerbations vespérales, et se montre
avec prédilection ajirès l’absorjition de boissons
chaudes ou d’aliments.
Les xrarhilinns yicHr/g/iicH.se.s doivent donc ne
jias être méconnues et c’est dans ce but (pie nous
voulons aujourd’hui insister sur la forniv pruri-
j^iiunisc tic la scarlatine. Ci'tti» forme se présente,
dans l’épidémie que nous visons, de la manière
suivante :
La scarlatine prnriginciisc est fruste. L «/(^'i/ie
e -aJf maiKjiie au moins eu ce (jui concerne le
gonllemenl, la tuméfaction framboisée, la rougeur
des amygdales avec hyperthermie. C’est tout au
plus si les malades accusent la veille ou l’avant-
veille de l’ériiptioii une légère <lj/sj>lia^ie -, si l’on
regarde le pharynx au bon moment, ou peut le
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
N» 17
trouver UH peu plus rose; parfois, sur les piliers
antérieurs on note un léger coup de pinceau car¬
miné, et la température est à 37,8, 38,5 au maxi¬
mum dans certains cas. La fièvre est éphémère, et
souvent nocturne ; elle passe ainsi inaperçue. 11
n’y a ni vomissement ni signes généraux.
Seul le pouls reste en discordance avec une tem¬
pérature quasi normale; il s’est montré aux envi¬
rons de 98-100 chez des sujets de 20 à 25 ans
avec une température de 39“5, le soir. C’est là un
signe de très grande importance et sur lequel nous
insistons encore. Dans ces conditions on note le
dél)ut de l’éruption cutanée, rougeur diffuse un
peu granitée parfois, aux plis du coude, aux aines.
Le lendemain de ce léger érythème des plis, la
(ace devient un peu giflée, le regard brillant, par¬
fois la région palpébrale et périorbitaire est uni¬
latéralement, légèrement tuméfiée, et prurigineuse,
l'tispect peau d’orange peut se noter dans un sillon
nasogénien. C’est alors que l’éruption de scarla¬
tine va se montrer au tronc.au cou, à l’abdomen,
avec ses caractères fondamentaux, chagrinée, ponc¬
tuée sur un fond plus ou moins érythémateux. Il
est assez fréquent de noter sur la face externe des
membres un érythème d’asjjcct rnbcolicpic, un peu
différent de l’aspect de l’éruption du tro.nc et
surtout de la face qui n’a jamais présenté ce carac¬
tère. Le contour de l’éruption aux bras est souvent
^-festonné et un peu lie de vin.
Le prurit est alors installé sur le tronc, le dos,
les hanches, la face, le ventre; il consiste en
démangeaisons, en sensation de tension aux mains
et en prurit également aux doigts.
Le prurit ne s’accompagne pas de lésions de
grattage, il n’y a pas d’excoriation, et ce n’est
([ue dans quelques cas qu’on peut assister à des
criq)lions oi-tiées, principalement dans la rcgit)n
lombo-sacrée. Les placards d’urticaire sont très
limités et les éléments ne dépassent guère la
dimension d’une lentille; comme tous les élé¬
ments d’urticaire, ils sont éphémères.
Cette détermination urticarienne n’est d’ail¬
leurs pas obligatoire dans la /orme prurigiiiriDsr de
la searlatinr-, le prurit parait exister indépen¬
damment de l’urticaire et en rapport seulement
avec l’exanthème scarlatin.
Dans tous les cas, le pimrit a <'édc avec l’érup¬
tion. il est contemporain de l’éruption scarlati¬
neuse et ne lui survit pas. Parfois il e«t, comme
l’éruption, immédiatement suivi de rhumatisme
scarlatin. L'évolution de celle forme prurigineuse
est benigne.
La (lcs(|uainalion est le plus souvent tardive et
discrète; en tout cas, nous n’avons jamais noté la
desquamation associée à l'éruption et au pru¬
rit. C’est là encore un caractère qui permet de ne
l)as admettre sans discussion un érythème scar¬
latiniforme.
Si l’on ne connaissait ces faits, le prurit pour¬
rait par son intensité et l'apyrexie de l’éruption,
l’absence des phénomènes généraux et de 1 angine
faire rejeter le diagnostic de scarlatine; c'est ce
i|ui faillit arriver dans un cas où l'on hésitait
entre un érythème scarlatiniforme et une scarla¬
tine et où l’on nous montra la malade.
11 s’agissait d’une jeune femme de 20 ans,
M'"*^ S. Q.
;> Janvier, légère dys[)hagie, gorge à peine éry-
ihénialcuso, pas de gonîlement amygdalien.
'i Janvier, léger tiséré carminé sur les piliers
antérieurs. Température 38°; pas de vomisse-
Le pouls le soir du 5 Janvier, en pleine érup¬
tion et au moment du prurit, est cependant à 98,
avec une température à 37".
L’éruption est généralisée au tronc, au cou, aux
cuisses, aux bras. Elle a débuté par une rougeur
défi plis articulaires. La face paraît un peu giflée.
Le 0 Janvier, les bords et la pointe de la langue
■sont peut-être un peu desquamés, légèrement
frandtoisés. l’as d’albumine, pas de rhumatisme.
Le prurit estt intense, cmpêehe le sommeil, appa¬
raît à la tombée de la nuit, s eu acerbe après l'ab¬
sorption de tisanes ou de lait chaud:, (|uarante-
huit heures après son apparition, on note sur la
région lombo-sacrée quelques petits éléments
urticaires de la dimension d’une lentille. La
malade est apyrétique.
Le diagnostic étant discuté entre un érythème
scarlatiniforme et une scarlatine, la jeune femme
ayant eu dans son enfance des vomissements
périodiques, quelques troubles dyspeptiques, la
famille nous pousse à admettre surtout une origine
intestinale ou toxique à l’éruption et au prurit.
Néanmoins, nous nous refusons à souscrire à ce
diagnostic en raison du pouls rapide, contrastant
avec l’apyrexie, et en raison même de l’intensité
du prurit ayant débuté avec l’exanthème scarlatin
et ne s’accompagnant d’aucune desquamation.
Nous conseillons l’isolement. Cette jeune
femme avait auprès d’elle une jeune sœur de
10 ans qui, disait-on, avait eu la scarlatine à 4 ans.
Dans ces conditions, la famille ne prend pas.
pour cette enfant la même précaution que poul¬
ies autres et quinze jours après, l’enfant de 10 ans
fait une scarlatine classique avec délire, 40".
Angine, éruption typique et apparition de rhuma¬
tisme scarlatin très douloureux aux poignets dès
lu disparition de l’éruption.
\ oilà donc un cas de scarlatine fruste et qui
sans la transmission évidente aurait pu être
discuté, en raison de son allure fruste cl du
prurit surajouté.
Nous pensons au contraire qu’il faut retenir les
caractères du prurit que nous signalons, cl
insister sur le groupement des symptômes qui
caractérisent cette forme de scarlatine prurigineuse
souvent bénigne. Le prurit dans la scarlatine,
pour être très peu souvent observé, ne doit pas
cependant être considéré comme un symptôme
qui doit faire l’cjeter le diagnostic de scarlatine;
tout au contraire, lorsqu’il accompagne un éry¬
thème scarlatin, il rentre dans la constitution du
génie épidémique et déjà Grisolle, Rilliet-Bar-
thez, Hardy l’avaient rencontré.
Mais il faut surtout retenir l’étude de Saint-
Philippe parue dans la Revue des maladies de
l'enfance en Février 1890. Déjà cet auteur avait
attiré l’attention sur le prurit de la scarlatine et
noté qu’il accompagnait ordinairement des scar¬
latines légères on de moyenne intensité. En tout
cas, il ne parait pas qu’on l’ait observé dans les
scarlatines graves.
A quoi est-il dù i’ il est probable que le terrain
peut intervenir, mais ce n’est pas le seul facteur
et il n’est pas lié, ainsi que le pense Moizard, au
peu d’intensité del’éruption. Un jeune externe des
hôpitaux nous a présenté récemment une éruption
de scarlatine généralisée et lie de vin, ayec un
fort prurit. Faut-il penser que le froid, la saison
dans laquelle se montre l’épidémie actuelle inter¬
vienne pour une parti’ La chose est possible. On
sait que certains prurits se développent au
moment des contrastes de température.
11 est intéressant de noter ([u’il peut accompa¬
gner la forme upyrétiipic de la scarlatine ; cette
forme apyréti((ue a été discutée, mais depuis les
observations de Friessinger, d’Oyonnax, elle est
indiscutable (Gu:, med. de Paris, le 11 Mars 1893,
où l’on peut retrouver 11 cas sur un ensemble de
37 scarlatines). :
Néanmoins le prurit n’apparticnl pas à la
forme apyrétique où l’on ne le note pas habituel¬
lement. 11 faut donc admettre qu’il existe une
forme pruriÿ;ineuse de la scarlatine, qu’on peut la
voir avec une scarlatine fruste, parfois apyré¬
tique, qu’elle évolue le plus souvent d’une manière
bénigne et qu’elle est constituée par des facteurs
inhérents air sujet pour une part, mais aussi
dépendant du génie épidémitjue. Le prurit de la
scarlatine ne doit pas être perdu de vue et il con¬
vient d’isoler ces cas qui peuvent engendrer des
scarlatines plus sévères.
LES VARIATIONS
DE LA CHOLESTÉRINÉMIE
CHEZ LES TIIYUOIDIENS
Par Guy LAROCHE
Dès nos premiers travaux sur les lipo'ides et
parliculièremenl sur la cholestérine, le rôle des
glandes à sécrétion interne nous a paru très gi-and.
Avec mon maître M. A. Ghauflàrd nous avons
mis eu évidence l’action des capsules surrénales
(•entre permanent de cholestérinigenèse et d(!s
corps jaunes, mais eu plus nous avions dès lors
pensé que les autres glandes endocrines : thy¬
roïde, hypoi)hyse, etc., jouaient à l’égard de la
cholestérine et des lijjoïdes en général un rôle
très important. Le cor|)s thyroïde, qui règle si
étroitement les combustions de l’organisme, souf¬
flant suivant la jolie ex|)ression de .Maranon plus
ou moins fort sur le feu du foyer selon qu’il
déverse dans la circulation plus ou moins d’hor¬
mones, devait avoir une importance considérable;
dans la régulation des équilibres lipoïdiques.
Quelques dosages recueillis chez des basedowiens
nous avaient paru autrefois assez disparates.
Certains chilfres nous ayant cependant frappé
nous avons ])oursuivi notre enquête et les dosages
recueillis en série sur un grand nombre de
sujets nous permctlenl actuellement de tirer des
lois générales.
Les dosages ont été faits par la méthode de
Grigaiil sur du sang ‘prélevé le malin à jeun sur
23 malades, tous sauf un du sexe féminin, atteints
de maladie de P.as(;dovv.
Nous u’avous conservé dans notre statistique
(|ue des sujets dont le métabolisme basal était
nettement au-dessus de la normale, alin d’éviter
toute critique sur le diagnostic de. la maladie, le
chiffre le i)lus élevé étant de -j- 72 pour 100 et le
plus bas de -j- 19 pour 100 au-dessus de la normale.
Le tableau ciQoinl permet de se rendre compte
du taux de la choleslérinémie chez ces malades.
Nous les avons rangés jiar ordre décroissant au
point de vue du métabolisme basal.
Or si l’on jette un coup d’ieil sur ces taux de
cholestérinéniie, on n’aper(^.oit d’abord que des
chiffres assez disi)arales et qui .semblent sans
signification précise. Le chiffre le plus bas est
1,07 dans la deuxième partie du tableau corres¬
pondant à un métabolisme basal de -}- 37 ; oi- à
des chiffres de métabolisme' basal équivalents
répondent en général des taux de cholestérine de
beaucoup supérieurs.
Si l’ini considère les 8 malades dont la choles-
térinémie est à 1,80 ou au-dessus, par conséquent
assez élevée, on trouve <[ue chez 4 d’entre eux le
métabolisme basal est supérieur à -j- 30 pour 100.
Inversement, si l’on envisage les 12 chiffres de
(diolestérinémie à 1,00 ou au-dessous, on trouve
que 7 malades sont dans la première moitié
et 5 dans la seconde moitié du tableau. La ])re-
mière eonelusion ((u'on pourrait tirer de ces faits
est qu’il n’y a pas de iiarallélisme entre le méta¬
bolisme basal et le taux de la choleslérinémie.
Cependant en classant les malades non plus du
seul point de vue du métaboliime mais du point de
vue général de la gravité de la inaladie, on constate
que les 4 malades le pliis . gravement atl('ints
sont Leim... avec 1,22 de cholestérine Di..., avec
1,22, Pey... avec 1,20 et Rem... avec 1.07.
Chez ('-es 4 hasedowiennes, la gravité se marque
N“ 17
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
269
par un amaigrissement considérable de plusieurs
kilogr. (17kilogr. dans le casDi..., 29kilogr. dans
le cas Rern...) et- un mauvais état général sans
que le pouls soit d’ailleurs des plus rapides chez
deux d’entre elles.
Le grand abaissement de la cholestérine est
donc en rapport avec la gravité des troubles
nutritifs de la maladie de Basedow.
Le cas Hurl. . . est une autre preuve de l’influence
indéniable de l’hyperthyroïdie sur le taux de la
cholestérinémie.
Le premier métabolisme basal chez ce sujet
était à 67 pour 100 avec un pouls à 112 et un
taux de cholestérinernie de 1,63 pour 1.000. On
peut voir que le métabolisme basal fait en série
chez celle malade s’est abaissé progressivement à
+ 21 puis 4- 5 pour 100 et est môme tombé au-
dessous de la normale à — 24 pour 100 avec un
pouls à 72. En môme temps elle engraissait
de 8 kilogr. 500. A cette période, la malade était
devenue hypercholestérinérnique, car le sérum
contenait 2 gr. 72 de cholestérine pour 1.000.
De ces faits on a le droit de conclure que les
malades gravement atteints par le processus de
dénutrition lié à l’hyperlliyroïdie ont un taux de
cholestérine sérique très inférieur à la normale, et
nous considérons ce signe qomme un gros élé¬
ment de gravité de la maladie.
Pour la plupart des autres malades, la choles-
lérinémie reste dans les limites voisines de la nor¬
male : 14 cas sur 23 sont dans ce cas.
Les huit sujets dont la cholestérine est égale ou
supérieure à 1,80 ont un taux de métabolisme
basal variable; cependant 5 d’entre eux sur ces 8
sont dans la seconde partie du tableau, corres¬
pondant à des chiffres de métabolisme basal plus
bas que ceux de la première partie. Ce fait va
bien avec le rapport inverse que nous recon¬
naissons entre la cholestérinémie et le métabo¬
lisme basal; néanmoins, il y a bien des exceptions,
et le fait môme de trouver une cholestérinémie
égale ou supérieure à 1,80, dans un tableau qui
ne contient que des cas à métabolisme basal
augmentés, mérite une explication. Bien plus, on
peut voir que l’élévation de la cholestérine
coexiste parfois avec des métabolismes basaux très
élevés : ^ 70 pour 100, -f- 60 pour 100.
Si l’on analyse ces faits, on constate qu’un
autre élément intervient ici pour provoquer l’élé¬
vation du taux de la cholestérinémie; on peut
voir sur ce tableau que 10 de ces sujets ont une
tension artérielle plus élevée que les autres
malades; 7 ont une cholestérinémie supérieure
.1 1,70. Il est donc bien probable que nous avons
eu l’hypertension artérielle sur des éléments qui
neutralisent l’effet hypocholestérinémique de l’hy¬
perthyroïdie. L’hypertension artérielle chez les
basedow’iens est cho.se assez fréquente; elle s’allie
dans la plupart des cas à un état de sympalliico-
tonie plus ou moins accentuée.
Or avec mon maître M. Chauffard et avec Gri-
gaut nous avions vu que l’hypertension artérielle
s’accompagnait souvent d’hypercholestérinémie
sans qu’il y ait d’ailleurs de proportionnalité
entre ces deux états. Les rapports entre l’hyper¬
tension et l’hyperépinéphrie, entre celle-ci et
riiypercholestérinémie sont maintenant très con¬
nus et éclairent suffisamment la pathogénie de
tels faits pour que nous ne soyons pas obligé d’y
insister davantage.
L’influence de l’âge a également chez les ma¬
lades une certaine importance; au moment de la
ménopause chez la femme, la cholestérinémie a
tendance à s’élever, ce qui contrecarre l’action
hypocholestérinémique de la sécrétion thyroï¬
dienne. De multiples facteurs que nous commen¬
çons d’ailleurs à bien connaître entrent donc en
jeu pour aboutir à un équilibre plus ou moins
stable des lipoïdes de l’organisme C’est l’action
antagoni.ste de ces deux éléments qui explique
l’aspect assez disparate au premier coup d’œil des
chiffres obtenus chez les basedowiens.
Inversement, chez les hypothyroïdiens grave¬
ment atteints, la cholestérine est augmentée. Nous
avons dosé la cholestérine du sang de deux sujets
myxœdémateux, nous avons trouvé des chiffres
élevés : 2,10 — 2,40 chez l’un, 2,18 chez l’autre.
Chez cette 'dernière, la lécithine était également
augmentée' 2,23 et les graisses étaient au taux de
9,81 par litre. Gliez une malade, ancienne base-
dowienne, devenue myxœdémateuse après lobec¬
tomie, la cholestérinémie était à 2,40. Les goitreux
simples paraissent avoir une cholestérinémie
normale. Voilà donc un ensemble de faits qui
témoignent de relations très nettes entre le fonc¬
tionnement du corps thyroïde et la cholestéri¬
némie de l’organisme. Cette relation générale a
d’ailleurs été entrevue par Epstein et Lande qui
ont vu comme nous une relation directe entre
les lipoïdes du sang et le degré d’élévation du
métabolisme basal bien que la relation, ajoutent-
ils, ne soit pas invariable.
Il nous paraît d’ailleurs peu probable qu’il y
ait des relations aussi étroites entre corps thy¬
roïde et lipoïdes que celles qui existent entre eux
et les capsules surrénales. Il nous semble plus
plausible de penser que la glande agit sur eux
par ses hormones qui règlent l'ensemble des com¬
bustions de l’organisme.
L’équilibre lipoïdique est d’ailleurs assez stable
et ne paraît se troubler que lorsque les fonctions
thyroïdiennes sont profondément viciées : on
peut voir que la cholestérinémie ne baisse beau¬
coup que lorsque la maladie devient très grave.
Le tableau que nous publions a un autre intérêt.
Il est souvent délicat de fixer le pronostic d’une
maladie de Basedow. La chute de la cholesté¬
rinémie est un élément de gravité dont l’impor¬
tance pronostique est considérable.
Les variations du métabolisme basal ne cons--
tituent pas toujours, loin de là, un élément de pro¬
nostic très sûr.
Comme nous l’avons déjà dit en 1925 dans
notre livre sur l’opothérapie endocrinienne*, le
inélabolisnie basal n’est pas le seul élément sur
lequel on peut se baser pour classer les cas de
maladie de Basedow. Il arrive parfois que les
malades à métabolisme basal le plus élevé sont
ceux qui réagissent le plus facilement au traite¬
ment môme le plus anodin. Ainsi Hurl,
partie d’un métabolisme basal à 67 pour 100
le voit descendre à -|- 55, -)- 21, -(- 5 et — 24
par les traitements médicaux simples, le repos
et le régime et l’utilisation continue du tartrate
d’ergotamine. Au contraire, des malades à méta¬
bolisme basal peu élevé n’ont pu être améliorés
qu’après des traitements offensifs radiothéra¬
piques et môme chirurgicaux. C’est ainsi que
M‘'“ Di, dontle métabolisme basal était seulement
à -|- 13 avec un pouls à 108 et une cholestérinémie
à 1,20, perdit 17 kilogr. par sa maladie et fut
réduite à un état squelettique très inquiétant :
seule une lobectomie put arrêter la cachexie et
lui faire reprendre une courbe de poids ascen¬
dante qui après douze mois atteignit? kilogr. Elle
fut lente les premiers mois et plus rapide actuel¬
lement (30 gr. par jour). La cholestérinémie est
remontée maintenant à 1 gr. 40 et le pouls des¬
cendu à 80 le matin. Le métabolisme basal est à
— 30 pour 100.
De même M™' Ra..., grande b'asedowienne
avec pouls oscillant de 120 à 180, à métabolisme
basal augmenté seulement de -|- 37 pour 100, avait
perdu 29 kilogr. en trois ans et demi, la choles-
térinémio était tombée à 1,07. Une lobectomie
partielle et des traitements radiothérapiques sur
le lobe restant l’ont énormément améliorée.
L’augmentation du métabolisme basal ne va
donc pas toujours de pair avec la gravité clinique,
écrivions-nous déjà en 1925, bien qu’en général,
ajoutions-nous, les grosses augmentations s'ob¬
servent dans les cas graves avec signes thyro-
toxiques. L’épreuve du métabolisme basal ne met
en valeur que l’état des combustions organiques
et des échanges respiratoires; bien que très
importante, elle ne peut révéler que la perturba¬
tion d’une seule dos fonctions thyroïdiennes.
L’étude des thyroïdiens nous fait penser que pour
le corps Ihyroïdf! il existe en pathologie des disso¬
ciations multip/cs qui ne se traduisent pas tou¬
jours par une augmentation ou une diminution
du métabolisme. De plus, nous pensons que dans
la maladie de Basedow l’hyperthyroïdisme n’est
pas tout et que la dysthyroïdie joue un rôle con¬
sidérable.
Pour toutes ces raisons, le pronostic de la
maladie doit être basé sur l’ensemble des symp¬
tômes, et le dosage de la cholestérine nous en
apporte un nouveau, d’autant plus important
qu’il n’est modifié d’une façon sérieuse que dans
les cas graves.
Envisagés du point de vue de la physio-patho-
logie générale, ces faits nous font saisir les liens
qui existent entre la sécrétion thyroïdienne et le
métabolisme lipo-lipoïdique, et spécialement cho-
lestérinétnique, métabolisme dont l’importance
apparaît de plus en plus grande dans l’organisme
normal et pathologique, en lui-môrne, et dans ses
relations avec les métabolismes des glucides et
des prôtéides.
1. GrUY LAhoenE. — O'polTii’raple cndocrinténnc. Masson,
,1925._ ' ■
270
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
N“ 17
Travail du service de Clinique chirurgicale
de l'Ecole de Médecine de Dijon '
(Professeur G. Leclerc).
KYSTE SÉREUX ABDOMINAL
DÉVELOPPÉ DANS L’ÉPAISSEUR
DU MÉSO-COLON SIGMOÏDE
Par G. HUBNER
Chef de cUnicjue,
La malade N..., Anna, âgée de A5 ans, entre au
service de clinique chirurgicale le 22 Août 1928, pour
tumeur abdominale.
Bonne santé antérieure. Réglée à 14 ans, réguliè¬
rement, pendant 8 à 10 jours; la malade est encore
réglée actuellement mais de façon irrégulière.
Trois enfants. Un mort 4 2 mois, les autres âgés
respectivement de 17 et 12 ans.
Une fausse couche avant les accouchements nor-
La malade vient, parce qu’elle a remarqué que
deituis deux ans sou ventre augmente progressive¬
ment de volume sans qu’elle éprouve aucun malaise,
ni aucune modification de ses règles, sauf leur habi¬
tuelle irrégularité.
A l’examen, ventre énorme, mais pas étalé. Pas de
déplissemeiit de l’ombilic, pas de circulation com-
Lcs côtes inférieures sont soulevées par cette
masse abdominale.
La palpation montre une énorme tumeur modéré¬
ment tendiie et se laissant un peu déprimer j'artout.
Aucune masse dure eu aucun point ; la sensation de
Ilot est très nette.
La percussion montre une matité ombilicale et péri-
ombilicale. Les flancs sont sonores.
Examen de l’appareil génital ; col globuleux en
bonne position, le fond utérin et les annexes ne
peuvent être sentis. Les culs-de-sac latéraux sont
effacés. Seul le cul-de-sac postérieur conserve sa
profondeur normale.
L’examen des autres appareils est négatif, l’état
général est bon, pas d’œdème des membres inférieurs.
Le diagnostic porté est celui de tumeur kystique
abdominale d’origine ovarienne vraisemblable.
Intervention le 24 Août 1928. Dv Ilubner. Anes¬
thésie générale kélène-éther. Laparotomie médiane
sus et sous-ombilicale. On se trouve en présence
d’une collection kystique et l’on aperçoit de suite
TS iliaque qui est accolé sur le liane gauche de la
tumeur. Pour dégager l’intestin, on incise légère¬
ment la surface de la tumeur, à gauche du sigmoïde,
dans une zone où n’apparaît aucun vaisseau. Ou
trouve aisément un plan de clivage qui permet, tout
en décollant l’intestin, de se rendre compte que ce
kyste ne présente aucun rapport avec Tun ou l’autre
La libération complète est facile, bien que le pôle
inférieur de la tumeur pénètre entièrement dans le
petit bassin.
Aucun pédicule, aucune zône adhérente. Il reste
alors une vaste poche qui est formée à droite et â
gauche par les feuillets du méso-côlon sigmoïde
complètement dédoublé et en arrière par la paroi
abdominale postérieure sans aucun revêtement
péritonéal.
On voit alors, la distension du méso ayant cessé,
les vaisseaux mésentériques qui parcourent le feuil¬
let droit.
L’examen de l’appareil génital montre l’utérus et
les annexes recouverts par un voile fibrineux. On
reconnaît leur intégrité absolue. Pas de capitonnage
de la poche; pas de ligature, car rien ne saigne. On
se contente de fermer la brèche par un surjet au
. Suture de la paroi aux bronzes en un plan.
. .Suites : Les jours suivants, température à 38‘’4,
et 39“ sans raison apparente.
La malade n’a ni selles; ni gaz, et le ventre est
légèrement ballonné. Elle accuse des coliques, avec
contractions péristaltiques, quelques nausées sans
vomissements.
. Tout rentre dans l’ordre rapidement à la suite de
quelques lavements et la malade quitte le service
dij-huit jours après l'interTantidni
Pièce opératoire. — Il s’agit d’un énorme kyste, de
coloration blancluïtre, 4 parois épaisses de 1/2 4
1 mm. en moyenne.
Son extrémité inférieure moule le petit bassin. Le
contenu est constitué par environ 5 à 6 ■ litres de
liquide limpide et fluide comme de l/eau.
La poche kystique est comparable à une vessie
remplie d’eau. Aucune végétation, ni à l’intérieur, ni
à l’extérieur. Ras de cloisonnement ni de poches
secondaires. Les parois sont pauvres en vaisseaux.
On remarque seulement en un point (face interne)
un épaississement blanchâtre en traînée, au niveau
duquel un prélèvement est effectué.
L’examen histologique pratiqué par le D'' Kuhn
montre que « la paroi du kyste est constituée par une
ou deux assises de cellules épithéliales cubiques, non
mucipares, reposant sur un tissu conjonctif lauicl-
En résumé, il s’agit d’un kyste rétro-péritonéal
qui par suite de son accroissement a dédoublé le
méso-côlon sigmoïde.
Çette observation est intéressante à deux points
1“ Quant à la fréquence de l’afTection;
2“ Quant à sa pathogénie.
Mis à part les petits kystes multiloculaires
d’origine inllaminatoire, les kystes de l'ovaire,
les kystes traumatiques et les kystes parasitaires,
les kystes séreux abdominaux uniloculaires ne
sont pas extrêmement fréquents.
Gauthier [Thèse, Paris 1927) en relève 62 cas,
tant dans la littérature française qu’étrangère, et
■pour les trente dernières années.
Ils se répartissent ainsi pour cet auteur :
— de la capsule suii'énale . 2
— du pancréas . 2
Les autres siégeaient au niveau du rnéso-côlon
pelvien, de la prostate, de la rate et.au niveau du
ligament large.'
Il y a lieu de remarquer, et bien que notre cas
rentre dans la variété rétro-péritonéale, la rareté
relative du développement. dans le méso-sigmoïd(;.
Plus intéressante est la question de la patho-
génie d'une telle tumeur.
Etant faites les réserves plus haut énoncées,
les kystes séreux abdominaux uniloculaires re¬
connaissent trois origines, et il est admis de les
classer en : congénitaux, inflammatoires et lym¬
phatiques.
Manifestement, notre cas ne rentre dans au¬
cune des deux dernières catégories dont il n’a, ni
: des localisations habituelles, ni surtout les
caractères anatomo-pathologiques, macroscopi¬
ques et microscopiques.
llefite l’origine congénitale.
Nous ne pouvons nous étendre, ici, sur des
théories pathogéniques actuellement bien con¬
nues. Qu’il nous soit permis simplement de les
rappeler en quelques mots.
La première de ces théories voit l’origine de
tes kystes dans un défaut d’accolcment du péri¬
toine en général, défaut d’accolement qui peut, ou
provoquer l’exclusion de quelques débris endo¬
théliaux qui proliféreront dans la suite, ou laisser
subsister de véritables cavités endothéliah
tuelles qui,
pourront se
tiques.
Ainsi est
i l’influence de causes variables,
mplir d’exsudats et devenir kys-
;pliquée, pour Drucberl et Cunéo,
l’origine de certains kystes des mésos-accolés,
théorie reprise par Patel, Creyssel et Yachey
dans un article du Lyon c/itrurgfcaf (t.XXIII, n“2,
Mars-Avril 1926), consacréùcette variété dekystes.
Çunéo,., d’ailleurs, va plus loin en étendant
cptjp ipMpPgcnie à tous les kystes séreux des
n[ij[5toi(!)).|ns. Mais nous ne pouvons personnelle-
meût!'7no|is ranger à cet ' avis, et cette théorie
nous semble devoir' se limiter à la pathbgénie
des kystes des méso-accolés seuls.
Il s’agit, en somme, d’un processus analogue à
celui qui préside à la formation des kystes ' du
cordon, et qui explique également celle de cer¬
tains kystes du mésentère, du grand épiploon ou
du ligament suspenseur du foie (Gautier) .
La deuxième théorie est celle des inclusions
embryonnaires et parmi elles les plus impor¬
tantes sont celles des débris wolffiens.
Les kystes sous-péritonéaux qui en dérivent
ont un territoire très étendu, qui va de la région;
lombaire jusque dans le petit bassin. ' .
De nombreux auteurs en ont entrepris et pré¬
cisé l’étude et la classification, et il convient
de rappeler les travaux de Jacquot et Fairise,
de Hartmann, de Lapointe, Lecène, Thévenot
(XXVIIP Congrès de Chirurgie, 1919). Enfin,_
dans un travail publié dans les Archives franco-
belles de chirurgie de Mai 1924, Silhol et
Bourde en font une étude très complète, en
s’étendant surtout sur les kystes de la région
lombaire et des parois abdominales, et donnent
de ces tumeurs des caractères anatomo-patholo¬
giques assez précis, macroscopiques surtout,
l’aspect histologique pouvant être des plus va¬
riables..
Au point de vue macroscopique, ces auteurs
signalent:
La consistance, d’ordinaire rénitente, mais qui
peut être aussi fluctuante.
Le manque de pédicule et l’existence d’un plan
de clivage des plus nets, qui permet l’isolement
facile de la masse kystique. Le~peu de vasculari¬
sation de ce plan de clivage et partant l’absence
d’hémorragie importante.
Le contenu clair, en l’absence d’infection.
Les rapports avec le péritoine, ces kystes étant
primitivement rétro-péritonéaux.
Les parois, minces mais très résistantes.
Le volume, qui peut aller de celui du poing ou
d’une tête d’enfant jusqu’à simuler une énorme
tumeur abdominale.
Enfin, la structure histologique de la paroi où
l’on peut rencontrer soit une couche unique do
cellules cylindriques élevées, parfois mucipares
ou ciliées, type de l’épithélium xyolffien, soit tout
autre revêtement, cellules cubiques, cellules cylin¬
driques basses, cellules caliciformes, etc., l’épi¬
thélium wolffien n’étant pas d’un type unique
(Recklinghausen, Fischel).
En plus de ces caractères anatomo-patholo¬
giques, il y a la notion du siège. Silhol et Bourde
signalent dans leur travail le siège intramésenté-
rique et nous ne pouvons mieux faire que de les
citer : :
« Lorsque ces kystes rétro-péritonéaux pren¬
nent un grand développement, ils se développent
dans le sens qui offre le moins de résistance. La
paroi abdominale postérieure étant inextensible,
c’est vers la cavité abdominale qu’ils proéminent
en décollant progressivement le péritoine pa¬
riétal. S’ils siègent primitivement à la base d’un
méso, ils se développent dans l’interstice de ses
feuillets ; en suivant la trame conjonctive facile¬
ment décollable, et en écartant progressivement
ces feuillets, ils peuvent acquérir souvent un
volume très considérable.
« Le chirurgien dans ce cas est amené à. con¬
stater une tumeur du méso-côlon qui, originelle¬
ment, n’est qu’une tumeur rétro-péritonéale.
« A côté des kystes primitifs du mésentère et
des méso-côlons, il faut donc faire place' aux
tumeurs rétro-péritonéales wolffiennes qui s y
développent secondairement. »
Tous ces caractères, qui répondent, tant au,
point de vue du siège que de l’anatomie patholo¬
gique, à ceux de notre cas, nous permettent de
penser que ce kyste, développé dans l’épaisseur
du méso-côlon sigmoïde, reposant directement
sur la paroi abdominaltj postérieure, en situation
nettement rétro-péritoqéale, est fort vraisembla'
blement d’origine tvolffienne. , . ;
N» 17
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
271
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ DÉ CHIRURGIÉ
20 Février 1929.
— M. Ombrédanne fait part du décès de M.
Georges Dehelly (du Havre), membre correspon¬
dant de la Sociélé.
Métastases de séminome. — M. Jean Berger ap¬
porte l’observation d’un bomme à qui] il a fait, en
1922, une castration pour séminome. 4 ans plus tard
apparition d’une tumeur iliaque dure et fixe puis de
douleurs s’accompagnant de phénomènes inflamma¬
toires. Une laparotomie exploratrice montre une
masse volumineuse rétro-péritonéale située en dehors
du cæcum. On ne peut enlever la tumeur. Un fragment
prélevé pour biopsie montre à l’évidence qu’il s’agit
, d’une métastase du séminome. Plus de 2 ans après
cette intervention, le malade ,est en bon état.
A propos du bistouri électrique. — M. de Mar¬
tel a vu, en Octobre 1927, Cushing se servir d’un bis¬
touri électrique de très bon fonctionnement. Il in¬
siste sur les qualités de l’appareil fabriqué en France
par M. Gondet.
Goitre aberrant de la gouttière carotidienne. —
M. Lenormant fait un rapport sur celte observation
de MM. Cornioley et Segond (de Genève). Un
homme de 35 ans présentait des crises de brady¬
cardie avec tendance syncopale extrêmement graves.
Ces crises disparurent entièrement après ablation de
la tumeur qui touchait le pneumogastrique, mais
sans l’envahir. M. Lenormant rappelle les dahgers
qu’il y a de toucher au pneumogastrique au coui's des
interventions; en particulier le pincement accidentel
du nerf peut entraîner une syncope grave, probable¬
ment surtout par excitation du bout central du tronc.
— M. Robineau a dû 3 fois sectionner délibéré¬
ment le pneumogastrique, et il n’a observé aucun
trouble, peut-être parce que les malades étaient pro¬
fondément anesthésiées.
— M. de Martel. La section d’un nerf provoque
une irritation très brève, les tractions et pince¬
ments sont beaucoup plus dangereux.
Deux cas de volvulus du cæcum. — M. Lenor¬
mant présente ces 2 observations, l’une de M. Hart-
glas (de Dourdan), l’autre de M. Wilmoth (de
Paris).
Le premier cas avait été étiqueté appendicite.
On peut détordre le cæcum et le fixer. Guérison.
La seconde malade était une très vieille femme avec
un signe de von Wahl tel qu’on fit le diagnostic de
volvulus. En plus de celui-ci il y avait une bride sur
l’angle hépatique Section de la bride, détorsion,
fixation, cæcostomie. Guérison.
M. Lenormant dans 2 autres casa vu cette adjonc¬
tion d’une bride. Un obstacle incomplet doit donc
s’ajouter à la mobilité du cæcum pour en permettre
la dilatation et amorcer ainsi la torsion. Au point de
vue thérapeutique, les opérations palliatives ne
servent à rien. Au début il faut détordre; puis faut-il
faire une fistule cœcale ? oui, semble-t-il, si l’intestin
est très distendu. Mais l’appendicostomie n’est pas un
bon mode do dérivation. Quant à la fixation, elle n’a
souvent pas été ajoutée, mais peut être très favorable
pour l’avenir, à condition d’être large. Enfin à un
stade tardif on ne peut tenter que la résection qui est
extrêmement grave.
— M. Lecène. L’appendicostomie garde ses indi¬
cations dans la dysenterie, car elle permet une
vidange suffisante, des injections abondantes, et elle
se ferme aisément une fois la sonde enlevée.
Invagination intestinale traitée par lavement ba¬
ryté. — M. Mouebet fait un rapport sur cette obser¬
vation de M. Foucault (de Poitiers). On donna un
lavement baryté qui fit passer la tête du boudin de la
fosse iliaque gauche dans la fosse iliaque droite.
Une incision latérale droite permet d’arriver exacte¬
ment sur l’invagination et de la désinvaginer. Gué-
Le lavement baryté peut donner une réduction
partielle, et, d’autre part, renseigner exactement sur
le siège de l’invagination; mais il ne peut remplacer
l’acte chirurgical et M. Mouchel s’élève avec énergie
contre l’emploi du lavement .voh.v pression comme
thérapeutique de l’invagination.
— M. Mathieu appuie vivement ce que vient de
dire M. Mouchet sur le danger de l’étude thérapeu¬
tique du lavement baryté, tout en reconnaissant
l’intérêt des renseignements que peut fournir ce
lavement.
— M. Sorrel est du même avis.
Sur la fréquence du duodénum mobile et la diffi¬
culté de son interprétation radiographique. •— M.
Pierre Duval présente une série de radiographies
de cette malformation, plus fréquente qu’on ne l’avait
cru et dont les radiographies sont d’interprétation
difficile. Les troubles gastro-duodénaux n’existent
que dans la station debout, ils disparaissent entière¬
ment une lois les malades couchés, de préférence h
plat ventre.
Affection kystique du tiers supérieur de l’humé¬
rus. — M. Jean Berger observa cette affection
révélée par une fracture presque spontanée. Bonne
consolidation sous plâtre, comblement progressif de
la cavité. M. Jean Berger se demande alors s’il est
nécessaire de greffer ces lésions, et si la fracture
n’a pas eu, en ce sens, une action favorable.
— M. Dujarier considère comme très exagéré de
vouloir traiter cette affection par l’abstention. La
greffe ostéo-périostique est facile ,4 faire et logique.
— M. Lenormant s’étonne un peu de la propo¬
sition de M. Jean Berger de fracturer les kystes
osseux pour en provoquer la guérison.
— M. Mouchet est du même avis.
— M. Gernez signale les travaux d’auteurs belges
sur l’influence du traumatisme sur le métabolisme
du calcium.
Présentation de malade. — M. Grégoire. Ecra¬
sement du pied, astragale fracturé, enlevé d’urgence,
douleurs intolérables. Résection orthopédique tibio-
calcanéo-scaphoïdienne. 'Près bon résultat.
— M. Mathieu. Ce résultat est très bon parce
que le tibia est encastré très en avant sur le calca-
— M. Sorrel demande qu’on n’en conclue pas que
l’astragalectomie n’est pas une très bonne opération.
— M. Dujarier considère que l’astragalectomie
est une très bonne opération, mais il est tout de
même des cas où elle donne des résultats éloignés
mauvais, et l’intçrvention de Grégoire peut alors
rendre de grands services.
— M. Lenormant Les résections tibio-tarsiennes
totales sont des opérations d'exception, mais peuvent
corriger des résultats défectueux des astragalecto¬
mies. Comme Toupet y a insilé, après l’astragalec¬
tomie, il faut faire une bonne roposition du pied.
— M. Lance. En effet, il faut faire porter le poids
du corps et sur le calcanéum et sur l’avanl-pied.
Mais ensuite il y a une adaptation qui, du fait de la
croissance, se fait très bien chez l'enfant et l’adoles¬
cent, et beaucoup moins bien chez l’adulte.
Présentation de radiographies. — M. Okinczyc.
Deux traumatismes successifs, à 52 jours d’inter¬
valle, de la hanche gauche. Le Jv traumatisme
entraîne une fracture parcellaire du grand trochan¬
ter, le*2<= une fracture trochanléro-diaphysaire.
.S. OUEIILIN.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
22 Février 1929.
Cachexie de croissance d’origine pluriglandu-
laire. — MM. May et Layani présentent une jeune
fille atteinte d’un véritable syndrome pluriglandu-
laire de la puberté, caractérisé par un arrêt des rè¬
gles, de l’acrocyanose, un abaissement du métabo¬
lisme basal et un amaigrissement extrême, justifiant
pour ce syndrome le nom de cachexie de croissance.
La participation du pancréas est prouvée par l’action
de l’insuline qui en 3 mois fit gagner 18 kilogr. à la
malade. Par contre, le métabolisme basal ne changea
pas et seul un traitement thyroïdien ultérieur le
ramena à la normale.
Le traitement radiothérapique des tumeurs hy¬
pophysaires. — M. Béclére rappelle que la radio¬
thérapie des tumeurs de la région hypophysaire fut
d’abord faite par irradiation buccale et que, pratiquée
par cette voie, elle n’a donné qu’un succès à Grame-
gna (de Turin). Puis on opéra par plusieurs portes
d’entrée : frontale, pariétale ou temporale et on. put
alors atteindre l’hypophyse avec une dose suffisante.
Cette technique permit à M. Béclère de guérir com¬
plètement 2 malades de Souques et de Rénon; chez
cette dernière malade le succès ne s’est pas démenti
depuis 20 ans et il est même allé en s’accentuant.
Depuis, il a eu l’occasion de traiter de nouveaux cas
avec d’heureux résultats. Il a pu réunir en 1922 une
quarantaine de cas irradiés avec succès, et actuelle¬
ment le nombre des cas traités dépasse la centaina,
la grande majorité ayant été guéris ou notablement
améliorés.
La fréquence des tumeurs hypophysaires est
grande; elles représentent 60 pour 100 des cas.
de tumeurs opérées et vérifiées par l’intervention ou
l’autopsie dans la statistique de Cushing et, par rap¬
port aux autres tumeurs cndocranieuues vérifiées,
elles représentent 20 pour 100 des tumeuï-s céré¬
brales. Les 4/5 appartiennent au lobe antérieur et ne
sont pas des sarcomes, mais des adénomes, soit
chromophobes, soit chromophiles, soit mixtes, tous
très. sensibles aux rayons X. Les autres tumeurs de
cette région proviennent le plus souvent de la poche
de Ratke et sont peu radiosensibles. Le diagnostic
différentiel entre les adénomes hypophysaires et les
tumeurs du voisinage (inéjiingioines, tumeurs du nerf
auditif, etc.), peu accessibles à la radiothérapie, est
donc fort important.
Comme règle pratique, l’auteur conseille, dans les
cas d’adénome hypophysaire, de tenter la radiothé¬
rapie avant l’opération, à la condiiion que le cliamp
visuel soit bien surveillé. Aussi ne peut-il souscrire
à l’opinion récemment émise par MM. Cl. Vincent et
de Martel, à savoir que la radiothérapie sans inter¬
vention ne serait justifiée que lorsqu’il n’existe pas
de troubles visuels. En effet, ces troubles ne man¬
quent presque jamais dans les adénomes hypophy¬
saires et ils en sont d’ordinaire le» «ymptômes révé¬
lateurs. La radiothérapie est précisément particu¬
lièrement efficace contre eux. D’autre part, les nau¬
sées et les vomissements ne témoignent pas toujours
d’une hypertension dans la grande cavité crânienne,
mais aussi d’hypertension dans la petite loge où est
incluse l'hypophyse et ils jieuvent, disparaître sous
l’action de l’irradiation. L’intervention chirurgicale
n’est donc pas le prélude obligé 'du traitement des
adénomes de l’hypophyse; ce n'est que lorsqu’ils ne
répondent pas à lu radiothérapie que la chirurgie est
de mise. La radiothérapie est encore l’arme le plus
efficace dont nous disposions, et d’autant plus effi¬
cace qu’elle est employée précocement. Celle con¬
clusion, émise il y a 20 ans par M. Béclère est encore
vraie aujourd hui.
— M M. Labbè estime qu’il serait intéressant de
suivre l’évolution des troubles glyco-régulateurs qui
existent dans la majorité des tumeurs de l'hypophyse
lorsqu’on traite ces cas par la radiothérapie.
La sanocrysine par voie intra-pleurale. — MM.
Léon-Kindberg et Royer de Véricourt ont tenté de
traiter certaines complication» du pneumothorax
artificiel et, en particulier, les pleurésies puiulenles
tuberculeuses, par la sanocrysine intra-pleurale. Ils
apportent, è titre d'exemple, 3 observations:
La première a trait, chez un homme porteur d’un
pncuniolhorax bilatéral, à un pyopneumothorax avec
grosse fistule pleuro-bronchique ; on obtint très
rapidement et la disparition de la fistule et l’assè¬
chement de la plèvre. .
Dans la seconde, un pyothorax, impossible à ponc¬
tionner, à cause de la viscosité du j)us, fut également
aussitôt transformé : on a pu reprendre la méthode
simple des ponctions-insufflations;
Enfin, dans la troisième, dans un moignon incom¬
pressible, avec caverne de la grosseur d’une orange,
on vit se développer très ra'pidement une sclérose
rétractile : le collapsus est nmintenanl à peu près
completel la caverne à peine reconnaissable.
Les auteurs, qui suivent en ce moment 9 malade»
et u’ont jusqu’à présent constaté nul inconvénient de
la méthode, se défendent de vouloir tirer des conclu¬
sions fermes d’observations aussi l écenles et aussi peu
nombreuses. Mais il y a là des exemples encourageants
et ils espèrent que l'on pourra ainsi obvierà des com¬
plications jnscpi'ici sans remède et, d'autre part, éviter
l’oléothorax toujours aléatoire ou des inlervenliuns
importantes et définitives comme la thoracoplastie.
Glycémie et épreuve d’hyperglycémie chez les
hépatiques. — MM. M. Labbé et F. Nepveux. Le
trouble de lu glycorégulation est presque coiistant
chez les sujets atteints d’une affection hépatique,
quelle que soit la nature dç celle-ci. Il se décèle
par une glycosurie transitoire, par une éjtreuve
272
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
N" 17
de glycosurie provoquée, ou mieux par l’épreuve
d’hyperglycémie provoquée au glycose. Par ce pro¬
cédé, les auteurs' l’ont mis en évidence 64 fois sur
66 cas ; 6 fois, la réaction faite indiquait un trouble
de la glycorégulation Je caractère- diabétique; le plus
souvent, la réaction est d’intensité moyenne.
Le trouble glycorégulateur décelé par la réaction
d’hyperglycémie est un bon signe d’insuffisance
hépatique, mais il ne suffit pas à imposer le dia¬
gnostic, parce que les altérations de divers organes
s’accompagnent aussi d’un trouble glycorégulateur;
pour caractériser l’insuffisance hépatique, il faut, en
même temps, des troubles de la sécrétion biliaire ou
du métabolisme des protides.
Le taux de la réaction d’hyperglycémie permet de
déceler un trouble fonctionnel du foie et d’exclure le
diabète. Chez beaucoup de sujets présentant des
signes cliniques peu caractéristiques, on peut, grèce
à lui, mettre en évidence la lésion du foie; chez ceux
qui présentent une glycosurie intermittente avec des
troubles fonctionnels du foie, on peul rejeter, grâce
aux résultats de la réaction, le diagnostic de diabète.
D’ailleurs, il y a tous les termes de passage entre
le diabète bénin survenant cliez les obèses et le
trouble glycorégulateur des héjiatiques. On voit des
obèses offrant un trouble glycorégulateur ([ui abou¬
tissent au diabète vrai par la suralimentation pro¬
longée. Inversement, on voit des petits diabétiques
qui, à la suite de cures répétées et prolongées,
s’améliorent et n’ont plus qu’un trouble de la glyco¬
régulation modéré et susceptible de guérir. L’étude
de la réaction d’hyperglycémie permet de suivre les
étapes de cette évolution vers l’aggravation ou vers la
guérison.
Syndrome neuro-anémique; action dissociée du
traitement de Whippie qui impressionne favorable¬
ment l’anémie, mais reste sans action sur le syn¬
drome neurologique. — M. Picard (de Nantes).
P.-L. Marie.
SOCIÉTÉ DÉS CHIRURGIENS DE PARIS
15 l’évricr 1929.
A propos des fractures intracapsulaires engre¬
nées du col du fémur AT. Barbarin pense (|ue
l’engrènement des fragments dans la fracture intra-
capsulairc du col du fémur est moins rare qu’on
l’écrit. Cet engrènement accidentel détermine pres¬
que toujours une position défectueuse des fragments
et par conséquent du membre. Mais on peut utile¬
ment employer l’engrènement chirurgical {arti/icial
Impaction] proposé [lar Cotton (de Boston) dans un
certain nombre de cas, en particulier dans les pseu-
darthroses, après échec des procédés ordinaires de
traitement, tant qu’il n’y a pas résorption du col
fémoial.
JVf. Trévos considère l'existence de ces frac¬
tures comme certaine. 11 en existe 2 variétés :
1" Dans la le déplacement est nul ou minime
et l’impotence fonctionnelle souvent incomplète, sur¬
tout au début. 11 suffit de laisser ces malades au re¬
pos, avec défense de poser le pied à terre pendant 60
â 40 jours, (lour obtenir à coup sûr la consolidation
et une guérison [larfaite;
2" Dans la seconde variété, la rotation en dehors
est constante, le raccourcissement habituellement peu
marqué, l’impotence fonctionnelle plus complète, les
fragments sont perceptibles et bombent en dehors de
la fémorale. Sauf chez les gens très âgés ou affaiblis,
il finit désengreueret réduire ces fractures pour éviter
lu marche défectueuse et les douleurs persistantes de¬
là hanche. Le désengrènement peut être laboriaux et
se fera en chargeant la cuisse du malade sur l’épaule
du chirurgien qui tire eu abduction et fait la rota¬
tion interne. Application du grand plâtre après le
désengrènement.
Traitement des tumeurs vésicales. - M. Pas
toau. Les tailles sus-pubiennes verticales ou trans¬
versales, les exérèses totales de la vessie ne sont
plus actuellement que des opérations ultimes, de né¬
cessité, à utiliser seulement quand l’emploi des
agents physiques est impossible. Pour employer uti¬
lement le radium, il faut faire une taille ; l’emploi
endoscopique est aveugle. Les rayons ultra-péné¬
trants et le radium par application externe ne don¬
nent que des résultats aléatoires. En présence d'une
tumeur vésicale, il faut employer la haute fréquence
par voie cndovésirale tontes les fois que relu est
possible. L’intervention ne nécessite pas d’instru¬
ment spécial, pas d’anesthésie générale, elle permet
un traitement ambulatoire et la seule complication
est l’épididymite, d’ailleurs rare. Mais il convient de
surveiller ultérieurement les opérés, pour agir sans
larder sur la moindre repullulation de la tumeur.
— M. Lavenant passant eu revue les différents
traitements du cancer de la vessie — exérèses, radio¬
thérapie, électro-coagulation, radium — montre qu’on
ne saurait, à l’heure actuelle, attendre de chacune
de ces méthodes que des succès restreints. Il est à
désirer d’autres techniques plus sûres que l’électro-
coagulation et la i-adiurathérapie. L’auteur cite une
observation où l’application de radium fut suivie
d’une dénutrition profonde et d'une intoxication
mortelle avec purpura par désintégration cellulaire.
Sur la chirurgie viennoise. - M. Pauchet ré¬
sume les points intéressants qu’il a observés dans la
pratique de la chirurgie viennoise ; a) les cancers
du rectum o[)érés dans les services de llochenegg et
de Eiselsborg, sans anus artificiel préalable, et avec
conservation du sphincter pour ménager l’usage de
la défécation normale ; b) les ulcères duodénaux
opérés par Finsterer ont toujours fait l’objet de gas¬
trectomies; fl les prostatectomies chez Lichtenstern
se font en un temps ; si les reins sont déficients, une
sonde à demeure pendant 8 à 15 jours draine les
urines sales; résection systématique des canaux
déférents ; d) anastomose testiculo-déférentielle
chez Lichtenstern pour combattre la stérilité chez
l’homme ; e] la phénolisation des ovaires et des tes¬
ticules couramment employée par Doppler revitalise
le sujet comme avec l’opération de Voronolî.
Méniscectomie. - M. Massart présente un ma¬
lade qui a subi il y a 3 mois une ablation partielle
du ménisque interne. Cette opération conservatrice
a supprimé le phénomène de blocage douloureux
et a permis au malaile de retrouver la fonction com¬
plète de son articulation du genou gauche.
Deux résultats déplorables de fracture du con-
dyle huméral incorrectement traitées. - M. Rœ-
derer présente 2 malades :
1“ Enfant de 3 ans ayant déjà fait antérieuremeni
deux fractures du condyle. Translation, bascule 4-t
rotation du fragment inférieur. Soudure de la corne
externe de ce fragment qui fait presqu’île à angle droit
sur le bord interne de I humérus. A la palpation,
aspect d’un coude bifide, mais excellente physiologie;
2" Enfant de 13 ans. Fracture à fi ans, Bascule,
rotation et ascension du fragment (|ni ne s’est pas
soudé à l'humérus. Véritable os surnuméraire coiffant
la tête radiale. Enorme cubitus valgus. Limitation de
la flexion. I-oree réduite de l'av’ant-bras.
Résultats de 3 cas de greffes osseuses pour tu¬
berculose ostéo-articulaire. M. Bressot (de
Constantine) communique ces 3 observations (2 de
tuberculose du genou, 1 tuberculose du coude) qu’il
a traitées par greffe osseuse. Les résultats ont été
mauvais et ont abouti à 2 amputations et une ré-
Tétanos à porte d’entrée oculaire chez un enfant
de 3 ans; sérothérapie; guérison. - M. Coudpay
(de Nogent-le-llotrou ) communique l’observation
d’un enfant chez qui un débris de paille, sauté
sous la pauidère, dans une étable, et resté 6 jours
avant d’être retiré, détermina un tétanos qui débuta
12 jours après l’accident. Pendant 12 jours, sérothé¬
rapie massive en injections sous-cutanées : mor¬
phine; chloral. tînérison.
M. Haller.
SOCIÉTÉ D'MYDROLOGIÉ MÉDICALE DE PARIS
4 Février 1929.
Cinquantenaire de la Société d’Hydrologie de
Berlin. - AT. Macé de Lèpinay rend compte de la
mission dont il fut chargé, avec M. tilénard, de
représenter le ministre du Travail et de l’Hygiène, et
la Société d'Hydrologie de Paris, au jubilé de la Hal-
neologische (icscllxchaft. Cette société, fondée â Ber¬
lin eu Octobre 1878, compte actuellement 800 mem¬
bres, et a une grande activité, tenant chaque année
une réunion générale de 4 à 5 jours. Les délégués
français furent très aimablement reçus et prirent
part aux manifestations scientifiques et aux diverses
fêtes officielles qui occupèrent les 5 jours du
Pouvoir catalytique des eaux minérales et ultra¬
microscope. — AT. Roger Glénard expose l’état
actuel de la question. Cette étude, innovée par l’au¬
teur en 1911, est devenue une des plus à l’ordre du
jour de la science hydrologique actuelle ; de nom¬
breux travaux, surtout â l’étranger, ont été consacrés
â cette question, confirmant les faits, discutant cer¬
tains points de leur interprétation. L’auteur rappelle
que les eaux de Vichy présentent temporairement, à
la source, des granulations colloïdes visibles à l’ultra¬
microscope, animées de mouvements browniens et
de charge électrique négative. Ces grains, non cen-
trifugables, pourraient être identifiés, quant à leur
nature chimique, par la forme de leur « Rœntgeno-
gramme », suivant les indications de Frendich.
Enfin, se référant aux travaux d’A. Lumière, l’auteur
pense que ses granulations pourraient jouer un rôle
dans le mode d’action si particulier des eaux miné¬
rales à la source. Pénétrant dans le sang, elles pro¬
voqueraient la formation de floculats susceptibles
d’exercer un frottement excitateur sur les terminai-^
sons endo-vasculaires du réseau nerveux sympa¬
thique, et c’est par l’intermédiaire de ce dernier
qu’elles agiraient dans bien des cas.
Macé i>e Lèpinay,
SOCIÉTÉ DE STOMATOLOGIE
22 Janvier 1929.
Ostéomyélite subaiguë de la mandibule. — MM.
Lemaitre et Ruppe. — Les auteurs décrivent une
nouvelle forme clinique de l’ostéomyélite de la
mandibule, caractérisée par la discrétion des symp¬
tômes généraux, la lenteur de son évolution, l’aspect
très spécial des lésions anatomo-pathologiques et la
bénignité du pronostic. Le traitement curatif est
sous la dépendance d’un traitement chirurgical.
Incisives supérieures temporaires « dites dents
d’Hutchinson ». — M. Oinestet relate l’observation
d’un enfant de 18 mois présentant des troubles
dysentériforines qui ont cédé à l’administration de
sulfarsénol. Il fut amené à instituer ce traitement
par l’examen de la denture et il n’a pas hésité â
assimiler les dysmorphoses des incisives de lait à
celles que l’on constate souvent sur les incisives
supérieures permanentes des hérédo-syphilitiques,
ces dernières constituent la dent d’Hutchinson
Hématome, angiome, hémorragie de la gencive.
Trois cas cliniques. - M. Gornouec présente trois
observations fort intéressantes, l’une d’un hématome
de la gencive, chez un enfant de deux ans, l’autre
d’un angiome chez une femme de 40 ans, la troisième
d'une stomatorragie chez un malade atteint d’une
leucémie aiguë. L’étude de l’étiologie de ces affec¬
tions amène l’auteur à des conclusions thérapen-
SOCÏÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
14 Février 1929.
Résultats éloignés de l’arthrite aiguë de la
hanche chez l’enfant. — MM. H. Nové-Josserand et
Pouzet étudient les déformations consécutives aux
arthrites aiguës, suppurées ou non, la tuberculose
mise à part, d’après l’histoire complète de 50 anciens
malades et une abondante documentation radiogra¬
phique.
\j ankylosé, fibreuse ou osseuse surtout, ne se voit
pas chez les tout jeunes ; 3 cas seulement ont été
notés chez des sujets de plus de 7 ans.
Trois types de déformations existent
1° Des suhluxations, assez rares et tout à fait
semblables à des malformations congénitales ; la tête
bien conservée s’adapte avec une facette formée au
niveau de l’arète du cotyle. Déformation survenant
chez des sujets jeunes, après des infections légères
qui permettent aux os ramollis de s adapter très vite
entre eux. La fonction peut être parfaite ; dans uu
cas, la hanche était mal appuyée:
2" Des destructions osseuses primitives : a) Géné¬
ralement, il y a néarthrose sans luxation (ancienne
N“ 17
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
273
pseudo-luxation), l’adaptation des surfaces osseuses
est longue à se faire et se trouve souvent compro¬
mise par la tendance à l’adduction qui décentre le
vestige de tête. La destruction osseuse peut porter
sur la tête seule, ou la tête et le col. Mais il faut
tenir compte chez le tout jeune des interprétations
inexactes des radiographies; souvent le noyau épi-
physaire persiste un temps pour disparaître plus
tard, ou inversement peut, au début, par sa grosse
décalcification, paraître disparu, alors que plus tard
il revient, donnant une image de luxation simple.
Ces néarthroses sont l’apanage des pyarthroses des
jeunes, mais on les retrouve aussi chez des enfants
de 5 ans, de 8 ans même. Elles manquent habituel¬
lement de solidité, d’où nne boiterie marquée avec
signe de Trendelenbourg; b) La destruction osseuse
peut s'accompagner, d’.une luxation-, le vestige du
col s’adapte alors plus ou moins mal; l’attitude
vicieuse, le raccourcissement, la faiblesse articu¬
laire, et, par le fait, la boiterie, augmentent ; c) Enfin,
des destructions massives se caractérisent par la
disparition totale de la tête et du col; dans 5 cas,
avec arthrite de 2 à 9 ans, on a vu ce « bâton
fémoral », sans aucune nôarthrose et seulement
maintenu par les parties molles rétractées, parfois
beaucoup mieux qu’on ne pourrait le supposer. La
fonction est médiocre;
3° Des luxations simples. Elles surviennent dans
la deuxième enfance, et aussi dans le premier âge,
les moins graves dans les maladies infectieuses, les
plus sévères dans les ostéomyélites du fémur. Sans
traitement, ces hanches s’adaptent parfois de façon
convenable, grâce à un bon néo-cotyle. L’impression
est que l’état fonctionnel est moins mauvais que
dans les luxations congénitales ou traumatiques,
grâce sans doute aux rétractions fibreuses et à la
meilleure adaptation des surfaces osseuses ramollies
par l’injection.
Le traitement des complications de l’arthrite peut
être efficace : la luxation simple, réduite au cours
de l’arthrite ou dans les premières semaines de la
convalescence, a laissé d’excellents résultats anato¬
miques et fonctionnels. Faite tardivement, la réduc¬
tion échoue chez les sujets plus dgés; chez les tout
petits, elle a pu être obtenue après 3 ans dans un
Dans les destructions osseuses massives, l’ostéo¬
tomie à butée a consolidé très bien deux hanches.
Dans les petites destructions sans lu.ration, toute
rédurtion est illogique, car la tête est peu déplacée,
et le cotyle est adapté et plus ou moins obstrué. Un
traitement orthopédique immédiat, longtemps pour¬
suivi, avec un appareillage plaçant le membre pen¬
dant la nuit en adduction et rotation interne, semble
utile pour faciliter l’adaptation de la tête fémorale
recentrée dans le cotyle. Dans toutes ces séquelles,
la correction de l’attitude vicieuse améliore beau¬
coup la fonction, la solidité de la hanche.
Les auteurs insistent sur la nécessité de distin¬
guer ces complications si diverses, sur les variations
de l’image radiographique du noyau épiphysaire,
souvent trompeuse dans le jeune âge, sur le traite¬
ment prophylactique pendant l’arthrite et le traite¬
ment particulier de chacune de ces complicalions.
Paralysie post-opératoire du nerf crural à la
suite d’une Intervention gynécologique. — M. Gml-
leminet a observé une paralysie du nerf crural
après une castration unilatérale pour forsion des
annexes ; la malade avait été mise en Trendelenbourg,
les cuisses fixées par des arceaux métalliques, sans
ilue les épaulières eussent été placées. Cette para¬
lysie régressa d’ailleurs rapidement et disparut en
,|uelques mois.
Envisageant les hypothèses susceptibles d’expli¬
quer cet accident, qui doit être très rare puisque
l’auteur n’a pas trouvé d’exemple analogue dans la
littérature, il conclut en faveur d’une paralysie par
élongation au cours de l’anesthésie générale, ana¬
logue à celles que Ton constate au niveau du plexus
brachial.
Méningite par propagation d’une thrombo-phlé-
bite du sinus latéral. — MM. P. Bonnet et Plan¬
cha sont intervenus chez un sujet de 30 ans, otor-
rhéique ancien, en raison de signes méningés. Il
n’existait pas de signe de mastoïdite, la mastoïde
contenait cependant du pus fétide ; il n’existait pas
de signe de trombophlébite du sinus latéral, il était
cependant thrombosé, il fut ouvert, vidé de ses cail-
.lots, et la jugulaire fut liée. Le malade succomba
après une courte amélioration. L’autopsie montra
un abcès péricérébelleux avec un peu de nécrose en
surface du cervelet. Il s’agissait d’une méningite par
propagation du sinus thrombosé.
H. Roland.
SOCIETE NATIONALE DE MEDECINE
ET DES SCIENCES MEDICALES DE LYON
13 Février 1929
Arthrite de la hanche à staphylocoques consécu¬
tive à une ostéite du col fémoral et compliquée de
subluxation. Curieuse adaptation articulaire. —
M. F. Pouzet. Une arthi-ite de la hanche an cours
d’une pyohémie à 8 ans montre, à lu radiographie,
un fémur snbluxé et nne altération du col ; Tarlhrite
guérit simplement par la traction et le vaccin. On a
assisté progressivement à une adaptation articulaire
remarquable entre le haut du cotyle et le col fémoral,
le noyau épiphysaire s’étant sportanément décollé.
Actuellement, après 8 ans, il existe une sorte de tro-
chlée entre le col et le cotyle à sa partie supérieure,
un vestige de tête chevauchant le col. Cotte néar-
throse est remarquablement solide, la mobilité est
presque complète, sauf l’abduction qui est supprimée ;
pas de boiterie, capacité de marche normale.
On n’a guère signalé jusqu’ici ces adaptations
après décollement épiphysaire et cet asj)ect d’une
solide néarthrose entre cotyle et co), ([ui laisse une
hanche bien appuyée et mobile.
Décollement épiphysaire à la réduction d’une
luxation pathologique de la hanche. Bonne adapta¬
tion. — MM. Lucien Michel et F. Pouzet rap¬
portent l’observation d’une fille de 5 ans, chez
laquelle la réduction d’une luxation pathologique de
la hanche aboutit seulement à reposer le col dans le
cotyle, un décollement épiphysaire s’étant produit
grâce à une lésion du col fémural. Ce décollement
ne fut du reste reconnu que tardivement, ür la
hanche présente une néarthrose qui évolue de la
même manière que dans l’observation que vient de
rapporter Pouzet. Ujie articulation se forme entre le
col et le haut du cotyle, un vestige de tête chevauche
le col. Après 2 ans, cette enfant marche sans boiter,
n’a pas de 'Prendeleiibourg, la flexion se fait à 80'>,
mais il n’y a pas d’abduction; la fonction définitive
semble devoir être excellente.
Ces 2 observations successives sont à rapprocher
pour l’étude des néarthroses articulaires de la hanche
chez l’enfant
Ostéite syphilitique du fémur droit avec collec¬
tion suppurée froide contenant du staphylocoque.
— M. J. Creyssel. Il s’agit d’un sujet de 67 ans,
opéré en Juillet 1927 pour une collection froide de la
face interne de la cuisse droite, dans le pus de
laquelle la culture avait montré du staphylocoque
pur. Ce sujet qui, depuis, a présenté une paralysie
faciale, ayant rétrocédé par un traitement spécifique,
a fait en Janvier 1929 une récidive de Tabcès crural,
avec fistulisation spontanée qu’un traitement sj)éci-
fique a radicalement guéri eu quelques semaines.
L’auteur insiste sur l’intérêt de cette association
patliologiqtie.
Fracture de la base du crâne s’accompagnant de
phénomènes d’hypertension céphalo-rachidienne,
traitée par la simple ponction lombaire. — MM.
Patel et Carcassonne présentent 2 observations de
malades porteurs de fracture de la base avec phéno¬
mènes d’hypertension céphalo-rachidienne. Ces ma¬
lades qui étaient dans un coma profond ont été guéris
par simples ponctions lombaires. Les auteurs insistent
sur la valeur de ces ponctions répétées qui, en
l’absence de signe délocalisation, restent, à leuravis,
préférables à la trépanation décompressive à la
Cushing. Elles sont moins shockantes et surtout per¬
mettent à l’aide du manomètre de Claude un contrôle
mathématique de la valeur de l’hypertension et par
conséquent du traitement.
Luxation du ménisque interne du genou — MM.
Patel et Carcassonne présentent un malade opéré
pour cette affection. Ce malade entré à l’hôpital pour
troubles de la marche, à la suite d’une chute faite
sur le genou gauche, présentait des phénomènes de
blocage. Malgré son âge (67 ans) on pratiqua, après
arthrotomie latérale interne, respectant le ligament
latéral, une ablation du ménisque. Les auteurs insis¬
tent sur la grande valeur de celte incision d’arthro¬
tomie; ils estiment qu’il est toujours très dangereux,
même chez le jeune, à plus forte raison chez les
sujffts âgés, de sectionner le ligament latéral interne
qui se répare mal et est le meilleur ligament de l’ar¬
ticulation du genou. Le résultat obtenu chez leur
malade, parfait après un mois, la facilité de l’abla¬
tion du ménisque par cette voie, sont les raisons de
leur préférence.
Sur quelques cas observés au cours de la der¬
nière épidémie de fièvre typhoïde. — M. Barbier,
Afll" Delos et M. P. Cuilleret apportent leur statis¬
tique et (pielques notes sur la marche d’un service
de 70 lits d’enfants et d’adolescents au cours de la
récente épitlémie. Ils insistent sur la fréquence rela¬
tive des comj)lications biliaires, sur les manifesta¬
tions nerveuses un ])eu spéciales, sur les manifesta¬
tions cardio-vasculaires (tachycardie, grande instabi¬
lité du pouls) au cours de la maladie ou pendant la
convalescence.
II. Roland.
SOCIETE DE MEDECINE DE NANCY
Janvier 1929.
Arthrotomie du genou dans l’arthrite blennorra¬
gique aiguë. • — M. Binet, à l’occasion d’une présen¬
tation de cas personnel, montre la supériorité de
l’arthrotomie sur la simple ponction. 11 préconise
l’incision unique, la suture synoviale à points séparés
permettant au besoin aux liquides artieulaires de
fuser dans les tissus périarticulaires où ils se résor¬
beront plus aisément. Il insiste enfin sur la nécessité
de la mobilisation active précoce.
Hémi-syndrome cérébelleux d’origine trauma¬
tique. -- M. Folly. Jeune homme de 21 ans qui,
3 ans auparavant, fut projeté sur Tavant d’une auto.
Choc violent,. étourdissement passager; ni blessure,
ni hémorragie par les orifices crâniens.
Après un intervalle libre de 24 heures, ictus avec
aphasie et paraplégie transitoires, puis troubles céré¬
belleux et pyramidaux droits.
Les troubles pyramidaux disparaissent, et il per¬
siste actuellement un hémisyndrome cérébelleux
droit avec hémiplégie faciale gauche à type périphé-
L’ictus ne peut se comprendre que par une hémor¬
ragie méningée ayant envahi la fosse cérébelleuse
droite, et retentit par compression sur le lobe tem¬
poral et sur le bulbe, d’où l’aphasie passagère et les
troubles pyramidaux.
La compression exercée par l’épanchement san¬
guin non évacué a déterminé une atrophie de l’hémis¬
phère cérébelleux droit, qui explique le syndrome
actuel.
Pseudarthrose du fémur chez un homme de
68 ans. ostéosynthèse. — M. J. Guibal n’a eu
recours à ce procédé de traitement qu’en présence
d’une infirmité grave, après échec des traitements
externes. Malgré suppuration, résultat fonctionnel
définitif excellent.
Odontome suppuré et fistulisé du maxillaire
inférieur. — M. Jacques. Le petit nombre d’obser¬
vations précises de tumeurs solides d’origine dentaire
qui existent dans la littérature médicale engage
l’auteur à relater l’histoire d’un récent opéré d’oton-
tomc odoutoplastique récidivé et infecté 2 ans 1/2 après
une première intervention, vraisemblablement incom¬
plète. L’aspect clinique était celui d’une ostéomyélite
chronique ; mais la radiographie montra le corps de
la mandibule creusé d’une vaste géode renfermant
des productions calcaires mùriformes de dimensions
variées. L’opération permit d’extiper, non sans peine,
de la région angulaire et de la branche montante
une masse tumorale formée de tissu fibreux, plus ou
moins ramolli par l’inflammation, infiltré de grains
calcaires isolés ou agglomérés eu amas mùriformes.
La continuité de Tare mandibulaire a été respectée,
mais une étroite surveillance sera exercée pour parer
à une nouvelle récidive. Des microphotographies et
un radiogramme sont présentés en même temps que
le patient.
Syndrome thalamlque avec syntonies d’automa¬
tisme ; modalités spéciales de la douleur et des
troubles sensitifs objectifs ; considération sur
l’origine irritative possible de l’hémiathétose et de
la douleur centrale. — MM. L. Cornil, Waltrigny
et Bernier présentent un malade élliylique ancien.
274
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
N» 17
âgé de 64 an», qui â la suite d'ictus successifs apparus
depuis 3 ans est porteur d’un syndrome tbalamique
droit avec légère atteinte pyramidale.
Un certain nombre de particularités inhabituelles
sont â retenir : dans l’ordre des troubles sensitifs,
la provocation des douleurs à type central par le
bruit ; le caractère héieresthésique do la douleur
provo(iuée par la piqûre. Dans l’ordre do la motilité,
un j)hénoinène paradoxal de contraction brusque du
janibier anterieur et relâchement lent dans la réponse
réflexe du rotulien droit s’apparentant au phéno¬
mène de Clovis Vincent ; enün, les syntonies d’auto¬
matisme de Roussy et L. Cornil s’avèrent très nettes.
Les auteurs discutent la participation d’une lésion
du système strié et insistent sur le temps de latence
entre l’ictus et l’apparition des phénomènes doulou¬
reux et des mouvements athétosiques. Ils supposent
que cette dernière constatation intervient en faveur
d’une conception irritative de la genèse pour ainsi
dire parallèle de ces troubles sensitifs subjectifs et
dyscinétiques.
Un nouveau cas de maladie des tics chez un
hérédosyphilitique, influence favorable du traite¬
ment spécifique. - MM. L. Cornil et Kissel pré¬
sentent un malade de 14 ans chez lequel, conformé¬
ment à la notion soutenue par l’un d’eux de la
fréquence des rapports de la maladie des tics et de
l’hérédosyphilis, ils ont pratiqué, en raison du
NN'assermann positif, un traitement spécifique, qui a
amélioré, de fufon très marquée, à la fois l’étal
mental et les tics.
Sans prétendre â la généralisation de cette notion,
il rappellent l’intérêt pratique de sa recherche sys-
témaliciue, dans une allection où souvent la théra-
peuli([ue est désarmée.
Syndrome hémogénique. -~MM. Michel, Miebon
et GuibaJ présentent une malade de 20 ans qui est
atteinte de vastes hématomes profonds du membre
supérieur succédant à des manifestations analogues,
quoique plus discrètes, au membre inférieur. Les
épreuves montrent un syndrome hémogénique bien
caractérisé, avec extrême fragilité du don bémos-
latique II existe des antécédents familiaux de bacil¬
lose. Traitements par les agents coagulants divers et
par opothérajjie ont jusqu’alors été impuissants â
modifier la diathèse, dont les manifestations fonc¬
tionnellement graves se répètent.
P. Michon.
SOCIÉTÉ D’OTO-NEURO OPHTALMOLOGIÉ
DE STRASBOURG
9 Février 1929.
Syndrome bulbo-cérébeileux unilatéral à évolu¬
tion aiguë et avec réaction méningée par tumeur
ancienne du bord antérieur du cervelet. — MM.
Barre, Alfandary et Guillaume. Un jeune homme
est pris subitement de troubles qui indiquent une
lésion hémi-bulbaire gauche, avec quelques maux de
tète, légère hyperthermie et quelques épreuves céré¬
belleuses positives â gauche du même côté. Le liquide
céphalo-rachidien montre une liyperalbuminose, une
hypercylose notable et une pression normale. Le
fond de Tceil montre une légère {lapillile sans stase.
Au bout de 8 jours, le malade meurt après une
courte, pèrhxle de coma : on trouve â l’autopsie une
volumineuse tumeur enclavée dans le bord antérieur
de l’hémisphère cérébelleux gauche, assez ancienne
et comprimant â peine par son bord interne Thémi-
bulbe gauche qui, seul et pimdant quelques jours, a
trahi l’existence de la tumeur.
Deux cas de nystagmus vertical, en rapport avec
une lésion pédonculo-protubérantielle. — MM.
Barra et Alfandary. Chez 2 malades tout à fait
eomparables, qui se plaignent uniquement de maux
de tète, on trouve, en meme temps qu’un nystagmus
vertical, certains troubles des mouvements associés
des yeux, des réactions vestihulaires et des troubles
pyramidaux discrets, une obésité récente et sans
cause banale reconnue. Après discussion, les auteurs
arrivent au diagnostic de lésions pédonculaires.
Rapport d’un cas de névrite rétro-bulbaire aiguë
développée sur un terrain nettement pithiatique.
— MM. Weill et Dimiasianos. Actuellement lu
malade a une vision normale aux 2 yeux, pas de
traces de scotome central, les 2 papilles d’un aspect
parfaitement normal. Mais après 2 ans, elle se plaint
de douleurs oculaires, en particulier durant les mou¬
vements oculaires. Les auteurs discutent sur la
nature de cette affection mais ils hésitent à accepter
l’origine pithiatique.
Syndrome du sinus caverneux. — M.E. Redslob
Le malade en question présentait au point de vue
oculaire : 1“ une dilatation des veines des 2 orbites
déterminant une exophtalmie bilatérale axiale et
réductible, un chémosis, un gonllement de toutes les
paupières et des varicosités des veines de l’épisclère ;
2" des troubles de la moliTlé consistant en une
parésie des droits externes, et on partie des releveurs
et des abaisseurs, compliquée en plus à gauebe d’un
défaut de convergence ; 3" une stase papillaire.
L’examen de l’état général n’a donné aucun résultat
positif, mais la radioscopie a révélé la présence d'une
tumeur de consistance assez dense et située au niveau
de la base du crâne, à l’arrière des processus cli-
noïdes postérieurs. Lu radiothérapie a fait régresser
tous ces symptômes.
Syndrome vestibulalre latent chez un syringo-
bulblque fruste . - - MM. Barré etMetzger présen tent
l’histoire d’un jeune syringomyélique à symptoma¬
tologie classique chez qui il existe un nystagmus
giratoire horaire et une légère déviation d’un bras.
Les épreuves instrumentales montrent comme prin¬
cipale particularité un nystagmus giratoire déj.4 en
position normale de la tète. Comme autre symptôme
bulbaire, il existe une paresse et une hypoeslhésie
du voile du palais.
Polynévrite post-diphtérique; paralysie du voile
du palais et des muscles dilatateurs du larynx ;
sérothérapie massive ; guérison. — MM. Canuyt
et Horning.
O. .Metzger.
SOCIÉTÉ DÉ MÉDECINE DU NORD
Février 1929.
L’ictère dans l’ulcère dnodén'al. MM. Tiprez
et H. Warembourg rapportent l’observation d’un
malade qui s’était présenté avec un ictère généralisé
de teinte vert foncé. Le début de cet ictère remon¬
tait à 8 jours et coïncida avec une crise douloureuse
épigastrique brusqxie et violente. L’ictère se fonça
progressivement et fut accompagné d’une hépatomé¬
galie légère. Les troubles dyspeptiques consistaient
en gêne et sensation de gonllement épigastrique
après les repas. Le tubage duodénal ramena un
liquide duodénal tenant en suspension quelques petits
débris de muqueuse.
Les diagnostics d’ictère catarrhal simple, d’ictère
par néoplasme walérien ou de la tète du pancréas,
auquels on avait pensé tout d’abord, furent élimi¬
nés par l’évolution de Talleclion et par la constata¬
tion d’un syndrome clinique, chimique et radiolo¬
gique typique d’ulcère du bulbe duodénal.
Résultats du fonctionnement du pavillon de trai¬
tement et de cure pour tuberculeux de l’hôpital de
la Charité de Lille. MM. Combeniale et Breton
montrent, après 6 ans de fonctionnement, quels ser¬
vices a rendus ce pavillon, ce qu’on peut attendre
des moyens de traitement qui y sont appliqués, en
particulier du pneumothorax.
La statistique montre que 340 malades y ont élé
hospitalisés, triés sur l’ensemble des bacillaires
adressés â la Clinique médicale de la Charité; on
n'admettait que des tuberculeux estimés a priori
susceptibles de guérison ou de stabilisation des
lésions.
253 étaient atteints de tubçrculosc bilatérale. Ils
ont séjourné de 8 à 11 mois. Au bout de 4 ans,
74,5 pour 100 étaient décédés, 7,3 pour 100 étaient
aggravés, 7,3 pour 100 étaient stabilisés, 7,3 pour
100 étaient améliorés,. 3,5 pour 100 guéris. Ils
avaient élé traités par la suralimentation, le repos
au lit, la cure de silence, la vie au grand air.
Traités de la même manière ou traités par le
pneumothorax, 87 autres étaient des tuberculeux
unilatéraux. 45 d’entre eux, qu’on laissa sans collap-
solhérapiu, donnent 20 pour 100 de décès, 20 pour
100 de bilatéralisation spontanée, 24,4 pour 100 de
stabilisation, 15,5 pour 100 d’amélioration, 20 pour
100 de retour à la santé. Des 42 soumis au pneumo¬
thorax, 28,57 pour 100, soit 12, sont décédés; les
30 autres, environ 20, ont cessé la vie d’entière
inactivité et récupéré une certaine capacité de
Les points suivants sont à mettre en valeur : le
pourcentage de mortalité est un peu moindre chez
les sujets insufflés; moindre chez les tuberculeux
strictement unilatéraux. La survie est plus longue
pour les tuberbuleux traités par le pneumothorax :
la stabilisation des lésions a élé en apparence remar¬
quable parfois ; il y a eu peu de véritables guéri-
Les statistiques ci-dessus ont leur valeur. Si on
compare celle qui a trait aux cas soignés par les
moyens de sanatorium â celles qu’a publiées U. Gui-
nard {Thène, Paris, 1925), ce sont les chiffres du
même ordre de grandeur : 25,5 pour 100 de bacil¬
laires bilatéraux et 80 pour 100 de bacillaires unila¬
téraux étaient vivants au bout de 4 ans.
Quant à celle concernant les tubei-culeux traités
par le pneumothorax, elle n’est pas aussi favorable
dans son ensemble que celles de Dumarest, Bur-
nand , IRernard , Bertier, Rist, Pissavy : 28,57
pour 100 étaient décédés, 23,7 pour 100 étaient sta¬
tionnaires ou aggravés, 47,6 pour lOO améliorés;
2 tuberculeux étaient guéris. Faut-il trouver la
raison de ces moindres succès dans le caractère évo¬
lutif des lésions attaquées par la collapsolhérapie
ou dans l’incertitude fréquente de leur unilatéralité V
Les tuberculeux unilatéraux non soumis au pneu¬
mothorax présentent une moindre mortalité (40 pour
100) que celle trouvée dans certaines statistiques
étrangères; mais, par comparaison avec les collap-
solhérapies, la mortalité est supérieure.
Durant ces six années de fonctionnement (1923-
1928), le pavillon de cure de l’hôpital de la Charité
a rendu des services ; celui d’isoler des tuberculeux
contagieux, de guider en connaissance de cause
vers les sanaloria quelques tuberculeux susceptibles
de s’amender. Mais l’efficacité de son action sociale
n’a pas eu son plein rendement et les résultats de la
thérapeutique employée à l’exemple des [sanatoria ou
même avec l’aide du pneumothorax sont peu encou-
La collaboration des dispensaires anti-tubercu¬
leux reste nécessaire au premier chef pour dépister
les tuberculeux récemment atteints et les diriger
vers les centres à créer sur le modèle du pavillon
dont on vient d’étudier le fonctionnement.
Anoblepsle accompagnée de troubles vestlbu-
laires importants. — MM. A. Dutoit, P. Martin et
Boulanger communiquent une observation de syn¬
drome de « regard au ciel » typique avec inexcita¬
bilité complète du labyrinthe. Il leur semble diffi¬
cile d’admettre dans ce cas, à l’origine des crises
oculogyres, une irritation de l’appareil vestibulaire.
Les troubles labyrinthiques, presque constants,
mais très variables de nature et d’intensité suivant
les sujets, influent peut-être, cependant, sur l’orien¬
tation des accès qui semblent bien en réalité d’ori¬
gine striée, comme les autres phénomènes spasmo¬
diques de l’encéphalite chronique.
Fièvre typhoïde avec séro-d’iagnostîe négatif,
compliquée tardivement d’ortéo-périostite du tibia,
— M. Dutboit et AT"'* Dumont relatent l’histoire
clinique d’une jeune malade qui fit, au cours de sa
convalescence d’une typhoïde, une ostéo-périoslite
de la diaphyse tibiale droite. L’intérêt de l’observa¬
tion réside surtout dans le fait que quatre séro¬
diagnostics de Widal, pratiqués systématiquement
à quelques semaines d’intervalle, sont tous restés
négatifs.
Cancer bronchique primitif cliniquement révélé
par une métastase costale avec fracture spontanée.
— MM. Cb. Gernez, Breton et E. Houcke exposent
l’observation anatomo-clinique d’un malade Agé de
72 ans, atteint de cancer bronchique primitif, localisé
au lobe supérieur gauche.
L’affection avait évolué silencieusement et s'était
manifesté uniquement par des métastases ganglion¬
naires (creux sus-claviculaire droit et chaîne jugulo-
carotidienne) et costales, avec fracture spontanée de
la deuxième côte droite.
L'examen histologique a montré un cancer bron¬
chique primitif de type pavimenlenx avec globes
cornés et nodules secondaires hépatiques latents. .
Les premiers symptômes cliniques et la métaplasie
de Tépilhêliuui bronchique font l’intérêt de ce cas.
A. Deheyre.
N- 17
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
27 Fcvriei' 1929
Un voyage chirurgical
en Amérique du Sud
lovilé à faire quelques eoiiférences j)ar l’insli-
tut de clinique chirurgicale de Buenos Aires, (|ue
dirige le pr ofesseiir Arcé, j’ai prolité de mou
voyage pour visiter quelques hôpitaux et étudier
la pratique de nos collègues étrangers.
Buenos Aires. — A part quelques hôpitaux
privés comme l’hôpital français, les hôpitaux de;
Buenos Aires dépendent de trois administrations
difl'érentes : L’hôpital des cliniques, annexe de la
Faculté, est entretenu par l’Etat, les autres hôj>i-
taux dépcmdent soit de l’Assistance publiqiu',
elle-même dé])endant de la municipalité, soit de
la Sociedad de B eue licencia. Cette dernière so¬
ciété, qui s’occupe exclusivement des femmes et
des enfants, tire ses ressources de dons, d’une
subvention des pouvoirs publics et du produit
d’une loterie annuelle; elle possède une série
d’hôpitaux luxueusement installés. Le prix de
journée des malades hospitalisés serait, au dire
de ses membres, notablement inférieur à celui des
malades hospitalisés dans les établissements de
l’Assi.stance, ce qui tiendrait à ce que leur admi¬
nistration est indépendante des pouvoirs publics
et par suite j)lus économe. L’Assistance publique
cherche cependant à réduire ses dépenses. Dans
ce but, elle a récemment aménagé de grands ate¬
liers, que nous avons visités avec son directeur,
le D'' Emina, et où l’on fabrique le mobilier des
hôpitaux, les a[)pareils radiologiques, l’imstru-
luentation courante, tout le matériel de stérilisa¬
tion, etc. On y construit même les auto-ambu¬
lances. 11 paraîtrait que le prix do revienl serait
inférieur à celui payé pour les mêmes fournitures
à l’industrie privée.
D’une manière générale, les hôpitaux de Buenos
Aires sont bien installés et contiennent un nom¬
bre de lits suffisant pour la ])oj)ulation ; nulle part
on no voit ces lits supplémentaires, ces bran¬
cards qui encombrent trop souvent les salles
de nos hôpitaux parisiens.
Nous ne donnerons pas une description des
nombreux hôpitaux que nous avons visités, cela
nous entraînerait trop loin, nous nous conten¬
terons de parler de quelques-uns, n’envisageant
que ce qui a trait à la chirurgie.
La clinique chirurgicale la plus importante est
celle de l’hôpital des cliniques, Yinslitiil chirur¬
gical que dirige le professeur Arcé. Cet Institut
contient 120 lits, nombre très suffisant, car, ne
dépendant pas de l’Assistance publique, il n’est
pas dans l’obligation de recevoir tous les malades
qui se présentent; il fait un choix et n’a pas de
lits immobilisés par des chroniques.
La salle d’opérations principale est grande,
Elle est éclairée, comme je le demande depuis
longtemps sans succès, à Paris, d’un seul côté,
par une large baie en plan incliné, légèrement
cintrée, placée derrière le dos des spectateurs,
rangés sur des marches pourvues de barres d’ap¬
pui. On y voit un tableau noir encastré dans le
, mur et un tournant pouvant contenir cinq films,
A côté de la salle d’opérations, se trouve une
pièce contenant tout ce qui est nécessaire au
cours des interventions, puis une salle pour le
lavage des mains,
A cette salle d’opérations principale se trou¬
vent annexées trois autres salles d’opérations
j)lus petites, dont une, affectée plus spécialement
à la pose des appareils, est pourvue d’une table
de IloNvley avantageusement modifiée par Rodri¬
guez Villegas. Les tables opératoires sont des
tables de Guyot ou de de Quervaiu, Les gants
sont stérilisés au formol ou à l’autoclave.
Dans les sous-sols se trouvent hîs installa¬
tions radiologiques, radiothérapiques, dialher-
miques, etc. On y trouve aussi tous les appareils
de stérilisation et un aspirateur puissant que des
conduites relient à chaque salle d’o])érations.
-V l’Institut est annexé un laboratoire d’anato¬
mie pathologique dirigé par le D'' Mazza qui
nous a montré de très intéressantes coupes
totales d’organes. Les pièces, immergées pendant
vingt-quatre heures dans une solution de formol
à 10 pour 100, sont ensuite coupées, suivant la
méthode de Ghristellen, après congélation par
l’anhydride carbonique, avec un grand micro¬
tome, ce qui permet d’avoir des coupes totales
du sein, du poumon, de la vésicule biliaire, de
l’appendice, etc. ; ces coupes sont ensuite jjhoto-
graphiées avec l’apjjareil de Zeiss.
Nous avons vu pratiquer dans cette clinique
une arthroplastie du genou, une gastro-entéro.s-
tornie, une hystérectomie et une opération pour
kyste hydatique du foie, soit par le profes¬
seur Arcé, soit par ses aides, en particulier par le
!)'■ Castano chargé spécialement de la gynéco¬
logie. Pour les kystes hydatiques du foie, le pro¬
fesseur Arcé se sei't du gros trocart aspirateur de
Finochietto qui aspire le liquide et la membrane
germinative. Dans les cas où le kyste contient des
vésicules filles, il est ouvert plus largement au
bistouri, les vésicules enlevées avec une cuiller,
puis la membrane germinative aspirée. Le kyst(‘
vidé, on s’assure que l’évacuation est complète en
inspectant sa face interne à l’aide d’un spéculum,
comparable aux spéculums vaginaux à valves
s’écartant parallèlement. Lorsqu’on a constaté
que l’évacuation est complète, on réduit le kyste
sans drainage après avoir suturé l’incision.
Dans les salles de l’Institut, nous avons pu voir
plusieurs autoplasties du nez faites avec succès
par un des assistants de la clinique, le D’’ Ivani.s-
sevich, suivant un procédé décrit sous le nom
de méthode argentine. Cette méthode consiste à
prélever le lambeau sur le pavillon de l’oreille, à
le greffer sur un doigt, puis à le trans])orler du
doigt au nez.
\ Y hôpital lîaavon, situé à la périphérie de la
ville, est conq)osé d’une série de bâtiments à plu¬
sieurs étages, complètement isolés les uns des
autres; il contient 1.000 lits. Les services de chi¬
rurgie (au nombre de 5;, ceux d’urologie, de
gynécologie, comprennent chacun 80 lits. Nous y
avons vu opérer Ceballos, Finochietto, Solé et
Robertson Laval. De toutes les opérations
auxquelles nous avons assisté, nous retiendrons
une intervention pour ulcère peptique après
gastro-entérostomie, exécutée entièrement à l’ane.s-
thésie locale par Finochietto. Après résection de
la bouche et de l’ulcère, Finochietto termina en
faisant une pylorectomie avec suture bout à bout.
L’opération, exécutée lentement, posément, avec
une hémostase parfaite, semblait devoir donner
toutes garanties de sécurité.
Solé, qui pratique d’une manière courante la
pyloro-gastrectomie pour les ulcères de l'estomac,
en a exécuté une rapidement devant nous. Gomme
particularité, signalons que, pour la coprostase,
il utilise une pince dont un des mors est garni
d’une série de pointes, de manière à empêcher le
glissement des tuniques de l’estomac au moment
de leur section ; comme suture, il |)]'atiipie la
suture de Gonnel. Au cours de ro|)éi'atiou, Solé
aspire le sang et le contenu de l’estomac avec
ras|)irateur de Gailfe, maïueuvré au |)ied.
Dans les fractures infeelées, il pratitpie l’ostéo¬
synthèse à ciel ouvert ; les fragments sur un
s(T“ ; cette a])paren<;e n’a <(u'un temps et jn'ogres-
le constater chez un autre blessé guéri sans
fistule, avec un gros cal.
Geballos a opéré devant nous un ulcère de l’es¬
tomac et un kyste hydati([ue du foie. Dans ce cas,
après aspii'ation avec le gros ti-oeart de Fino¬
chietto, comuu^ le liciuide retiré était un jx'U
trouble, que, d’autre [jart, il y avait un ])eu de
D’une manière générale, comme Arcé, il referme
l’orifice de ponction sans drainage, Ghez un de
ses malades, après une résection large 'de l’esto¬
mac suivant le procédé de Folya, il avait dû réin¬
tervenir pour réséquer la bouche, point intéres¬
sant à connaître pour ceux (jui pensent que seule
la gastro-entérostomie simple ex])Ose à l’ulcère
jieptique secondaire et (jue la gastrectomie large
permet de l’éviter.
Nous avons vu, dans le même hôj)ital, Robert¬
son Laval placer des greffons dans l’os iliaque et
dans le col du fémur ])our une coxo-tuberculose,
dans des vertèbres pour un mal d(‘ Pott. Les opé¬
rations ont été rapidement exécutées.
On guérirait ainsi la tuberculose. Si ses col¬
lègues n’ont pas obtenu de bons résultats, c’est,
dit Robertson Laval, ])arce (pie les greffons ont
été mal placés. 11 faut ni‘ jamais enfoncer le
greffon dans une caverne, mais le placer dans la
zone hyperémiée, dont on peut préciser le siège
])ar ce fait que, sur de bonnes radiographies, les
trabécules sont à son niveau moins nettement
visibles que sur le reste de l'os.
A Y Hôpital Parnicnio l’incro iùDt) lits) existent
4 services, 1 de chirurgie, 1 de voies urinaires,
1 de gastro-entérologiecomprenant chacun 120 lits
et une maternité de 50 lits. L’iu'qiital est luxueux;
comme à la clinique chirurgicale d’Areé, le chi¬
rurgien, au lieu de n’avoir à sa disposition qu’un
petit réduit avec une table pour donner des signa¬
tures, a une sorte de salon-bibliothèque et un
vaste cabinet de toilette avec W. G., lavabo
et aj)pareil à douches.
.Nous y avons vu Bosch Arana pratiipier, sous
anesthésie régionale, une ostéosynthèse du cubitus
avec ablation d’ostéôphytes empêchant la réduc¬
tion d’une luxation concomitante de la tête radiale
(l’accident datait de 7 mois). Bosch .\rana avait
réuni, pour nous les montrer, une série de ses
amputés avec cinématisation des moignons. Tous
exécutaient avec une grande habileté une série de
mouvements : allumer une cigarette, se servir
d’une cuiller, etc. Pour les mameuvres de force,
le ])()rt d’un appareil reste toutefois nécessaire.
Dans le même hôpital, del Valle a fait, devant
nous, une duodénotomie suivie de dilatation de
l’ampoule de Vater, chez une femme ayant subi
un an auparavant une cholécystectomie pour cho¬
lécystite non calculeuse, et ayant souffert de
crises de coliques un an plus tard.
A Y Hôpital Toruato Alcear, ancien hospice de
vieillards transformé en hôpital, nous (avons vu
Gopello faire, sous anesthésie locale, une gastro-
pylorectomie. Cet hôpital, qui contient déjà
1500 lits, doit être encore agrandi, ce qui sera
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février
facile, l'adniiiiislralioii" possédaiil un lerrain de
14 heclares.
Un hôpital, l'Hôpital nucva Pompeya, a un
as|)ect tout sjjécial. Construit en dehors de la
ville sur un terrain marécageux, il comprend une
série de petits pavillons séparés, n’ayant (pi’un
rez-de-chaussée.
Zorixupiin chercdie à y constituer un centre de
gastro-entérologie.
A V Hôpital Hifailoi'ia, du nom du fondateur de
la Sociedad de lîenelieencia, réservé aux malades
femmes, nous avons vu Bengolea faire une cho-
lécyst<’ctomie, vider, j)uis suturer un ktste hyda-
tiipie de la cuisse, faii’e nue hystérectomie, le
tout trè.s habilement. Dans le même hôpital, se
trouv(‘ une maternité très luxueusement installée
et dirigée par l’eralta Uamos.
Eu dehors de ces hôj)itaux, nous avons visité,
guidé par le 1)'’ .Julio Paz, l’Hôpital dr .\inos
<•.l■pollit<>ll ([ui com|)le .")()() lits et un hô[)ital ([ti’ou
vient de reconstruire, l'Hôpital Hanios Mejia
! 1.400 lits); chatiue service comprenant 120 lits,
une grande salle d’opération, deux jtetites, des
salles de bains, un jietit laltoratoirc, une installa¬
tion radiologiipie, h^ tout indépendamment des
laboratoires centraux. Une grande bibliothèque
se trouve dans l’hôpital. I.es cuisines sont chauf¬
fées à la vapeur et au ])étrole. Ce grand hôpital
(pii allait s’ouvrir peut être regarclé comme un
hôpital modèle.
A la périphérie de la ville se trouve l'Institut du
cancer fondé par la J.igue argentine contre le
cancer et dirigé par lloll'o. Cet Institut |coinpreud
de nombreux laboratoires (chimie, jihysique, pa¬
thologie cxjiérimeutale et générale, culture des
tissus, anatomie jiathologique , microbiologie ,
des salles d’hospitalisation (210 lits', de consulta¬
tion et de traitement. I.c jiersonnel se compose,
sous la direction de Rofl'o, d'un chirurgien, d’un
gynécologue, d'un radiothéra])eute, d’un chiniio-
thérapi'ute et de chefs de laboratoire. Les assis¬
tants de cliniipie, qui ont le droit de faire de la
clientèle en ville, ne sont pas payés; les chefs de
laboratoire touchent, au contraire. 700 piastres,
soit 7.0t)0 et (pielques francs par mois.
Deux grandes maisons de santé ju-ivées, le
sanatorio Podesta et la maison de santé Castro
sont installées avec un luxe que nous ne connais¬
sons pas ;'i Paris et ouvertes :'i tous les chirur¬
giens.
Rosario. Fondée il y a ])eu d’années, la
Faculté de Rosario a pris rapidement un grand
dév(dop[)emeut sous la direction de son premi(‘r
doy(;n, le professeur .\raya, aujourd’hui recteur,
(!t de son doyen actuel, le i)rofesseur Agustin
Gatti. Comme à Buenos Aires, nous avons re(,'u de
la part du doyen .1. Agustin Gatti ('t des autres
professeurs un accueil d’une amabilité exquis(‘.
A’ous avons vu opérer à V Hospital nacional
dcl Centenario les professeurs Abalos et A. Zeno.
Le premier a fait, devant nous, très rapidement,
une cholé(;ystectomie, ne pla(;aut aucune ligature,
se contentant de laisser deux pinces à demeure et
une mèche à leur (;ontact ; les suites opératoires
seraient très simph^s en suivant cette technique.
Le second a fait très habilement une pyloro-gas-
trectomie à l’anesthésie locale.
Les services de clinique de cette Faculté sont
trop petits (.ôü lits), ce qui oblige les jirofesseurs
à être en même temps chirurgiens dans d’autres
hôpitaux, de manière à pouvoir réunir un certain
nombre de cas intéiu^ssants pour leur (Uiseigne-
ment clinique ; le professeur Araya, gynéco¬
logue est en même temps chirurgien de l’hôpital
espagnol, le professeur Zeno, d’un hôpital privé
de (10 lits, etc.
Remarques générales sur la chirurgie en
Argentine. -- Les teehnique.s suivies se rap¬
prochent des nôtres; quelques points cependant
méritent d'appeler l'attention. Les chirurgiens
argentins recourent beaucoup moins que nous à
l’anesthésie générale. La rachianesthésie y est
très en faveur ; pour les membres, l’anesthésie
régionale (en particulier l’anesthésie du plexus
brachial) est acceptée par quelques-uns (i’entre
eux ; pour l’estomac et pour la vésicule biliaire,
c’est presque toujours l’anesthésie locale et
régionale qui est employée. L’anesthésie des
splanchniques, faite en enfonçant au-dessus de la
j)etite courbure à droite de l’aorte une aiguille,
m’a paru donner d’excellents résultats.
A propos des kystes hydatiques, si fréquents
dans la j)rovince de Buenos Aires, signalons que
la seule réaction couramment pratiquée est la
cuti-réaction de Guzzi.
Nous ne reviendrons pas sur l’opération des
kystes hydatiques du foie que nous avons exposée
à [)ropos des int(‘rvenlions que nous avens vu
|)raliqucr dans la clinique d’Arcé, et dans celle
de Geballos, mais nous désirons dire quelques
mots des idées des Argentins sur le traitement
des kystes hydatiques du poumon. D’une manière
générale ils ne considèrent pas l’opération comme
indiquée dans les petits kystes et dans ceux qui
siègent au voisinage immédiat du hile; l’inter¬
vention dans ces derniers est grave, ils guérissent
souvent i\ la suite de leur ouverture spontanée
dans une bronche, deux motifs pour s’abstenir.
Dans les autres cas, l’opération est indiquée mais
les avis diffèrent (juant à la manière de l’exécuter.
Tous rejettent l’ouverture large de la plèvre,
suivie d’un [(neumothorax immédiat, Arcé, qui
intervient après pneumothorax, détermine pro¬
gressivement l’affaissement du poumon en injec¬
tant dans la plèvre, de deux jours en deux jours,
succ(!ssivcuient 3 à 500, 5 à '700, 700 à 1.000 eme
d’azote ou à défaut d’azote, d’air, dans la plèvre,
['ne radiograjdiie est faite alors pour préciser la
situation du kyste une fois le pneumothorax
effectué. G’est alors seulement (ju’il ouvre le
thorax après anesthésie locale de la peau, jniis
des nerfs intercostaux. Le poumon est fixé à la
peau par quatre points placés autour de la tumeur,
jmis le kyste est traité par aspiration comme à
l’ordinaire; dans les cas, où il y a lieu de drainer,
le poumon est suturé avec soin aux muscles tho¬
raciques, de manière à ce que la cavité pleurale
soit hermétiquement fermée.
Capello, qui a fait deux fois la thoracotomie
jiar le procédé de mon collègue Duval, dit avoir
eu des désastres à la suite de cette pratique ;
aussi, comme Arcé, commencc-t-il par faire l’in¬
sufflation d’un pneumothorax. Dans les cas infec¬
tés, il suture le poumon à la paroi, n’ouvrant le
kyste que lorsipi’il est sûr que des adhérences se
sont établies ; il marsiqiialise et draine la poche,
car presque toujours elle communi(]uc avec les
bronches.
Montevideo. — A Montevideo j’ai eu le plai¬
sir de retrouver deux anciens camarades d’inter¬
nat de Paris, le professeur Arîzabalaga et le
professeur Navarro actuellement doyen. Tous
deux ont leur service dans un vieil hôpital,
l’hôpital Macicl qui laisse à désirer et que l’on
doit reconstruire ; cela ne les empêche pas d’y
faire d’excellente chirurgie et d’avoir de très
bons résultats. Entre autres opérations que j’ai
(>u le plaisir de voir, je mentionnerai une opéra¬
tion de Forster que j’ai vu exécuter par Navarro
avec une habileté consommée.
Guidé par le professeur Dubourdier, j’ai visité
l'hôpital Pasteur, ancien hospice de vieillards que
l’on a transformé en hôpital. J’y ai vu opérer le
professeur Mérola et pu voir des malades opérés
de kyste hydatique du poumon par le professeur
Garcia Lagos qui, à l’exemple de Lama, commence
par réséquer, à l’anesthésie locale, une côte à
l’union du tiers supérieur et des deux tiers infé¬
rieurs du kyste, puis tamponne la plaie avec de la
gaze imbibée de teinture d'iode, ce qui suffirait
1929 N“ 17
pour déterminer l’adhérence des feuillets pleu¬
raux. G’est seulement trois ou quatre jours plus
tard, lorsque les adhérences se sont produites,
qu’il ponctionne le kyste avec le gros trocart de
Finochîetto. Avant de faire cette ponction, il
s’assure par un nouvel examen radiologique que
la plaie résultant de la résection est bien en
regard du kyste, ce qui est facile en prenant soin
d’inclure dans la gaze tafnponnant la plaie une
petite pièce de monnaie très visible aux rayons.
\j' Hôpital militaire, où le professeur Humberto
May, un de mes anciens assistants, est chirurgien
est, à l’inverse des deux hôpitaux précédents, un
bel hôpital dont les salles étaient décorées, au
moment de notre visite, de drapeaux français et
uruguayens. Dans cet hôpital on admet non
seulement les militaires mais aussi leurs femmes
et leurs enfants.
Notre dernière visite a été pour l’hôpital Pe-
reira-Hossel, hôpital plus neuf, admirablement
installé. Nous y avons trouvé le professeur
Blanco-Azevedo qui, dans la môme matinée, a
fait avec rapidité, grâce à ses deux salles d’opé¬
rations jumelées, une série d’interventions gj'né-
cologiques. Dans le même hôpital se trouve le
professeur Pouey, qui a quitté la Faculté mais a
conservé un petit service où il s’est mis à étudier
le traitement du cancer par les radiations. Il e.st
en train d’installer un service beaucoup plus
important, spécialement affecté au traitement du
cancer de l’utérus par le radium. De grands pro¬
jets de création de traitements et de laboratoires
d’études pour le cancer sont de plus actuellement
<4 l’étude â Montevideo.
Dans la visite de la Faculté que nous avons
faite, nous avons admiré le matériel de l’Institut
d’anatomie et une collection de pièces anatomo-
jialhologiques considérable et des plus intéres¬
santes qu’a réunies en moins de quatre ans le
professeur actuel.
Sao Paulo. — A Saint-Paul, sous la con¬
duite de son directeur, le I)’’ Synesio Rangel
Pestana, nous avons visité \ hôpital Santa casa de
Miscricordia. Cet hôpital est manifestement insuf¬
fisant. Saint-Paul est une ville qui grandit avec
une rapidité énorme et ses ressources hospita¬
lières n’ont pas suivi le même développement.
L’hôpital de Santa casa de Miscricordia a été cons¬
truit pour (iOO lits; on y voit 1.500, 2.000 et par¬
fois môme 2.500 malades. Dans certaines salles
on voit au-dessous de chaque lit, sur le sol, un
matelas et sur ce matelas un malade dont seule la
tête déborde les pieds du lit. Entre le lit et le
mur, par terre, se trouvent encore d’autres
matelas pour d’autres malades.
Cette situation ne va heureusement pas durer.
On construit en ce moment sur un terrain de
24.000 mq. une nouvelle Faculté avec de nom¬
breux laboratoires et un hôpital de cliniques de
1.200 lits. Un point intéressant à mentionner et
que l’on devrait bien imiter en France, c’est qu’au
point de vue des appointements les professeurs sont
divisés en deux catégories; ceux qui consacrent
tout leur temps à l’enseignement, full time, comme
disent les Américains du Nord, reçoivent par an
700.000 reis alors que ceux, qui ont d’autres
sources de revenus (clientèle, etc.) ne touchent
que 200.000 reis.
Les bâtiments de la Faculté, que nous avons
visités sous la conduite de son doyen le profes¬
seur Pedro Diaz da Silva, sont à 3 étages. Au rez-
de-chaussée, se trouvent l’anatomie descriptive,
l’anatomie topographique et l’anatomie patholo¬
gique ; au premier étage, la microbiologie, la para¬
sitologie et l’histologie ; au deuxième, la pharma¬
cologie et la physiologie ; au troisième, la chimie.
Les laboratoires comprennent pour chaque
matière une partie principale destinée à l’ensei¬
gnement et une aile latérale pour des laboratoires
de recherches.
N” 17
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 192y
27?
La ])hysique n'est pas pi'évue ; on ne doit faire
(|ue (le la physicjue applicjuée; elle Irouvera sa
place dans l’hépital de cliniciues. annexé' à la
FaculU'.
A côté de la Faculté en. voie de conslruelion, se
Iroiivent un Institut d’hygiène et un de luédeeine
légale (jui dépendent à la fois de la Faeullé el de
la uiunicipalité.
Saint-Paul, nous avons eu le plaisir d'assislei'
à une- série d’oj)éraliüus brillaimiienl exéeiilées
par le |)rofesseur .\lves de Lima el par le jiro-
fesseur \ello.
Rio de Janeiro. Lue indisposiliou nous
ayant immobilisé (juehjues jours, nous ne sommes
arrivé à Rio de Janeiro (pi’un samedi malin alors
(pie nous devions nous embar([uer pour l’Europe
le lundi. Ce relard nous a emjtèché de nouer,
comme nous l’aurions voulu, des relations avec
nos collègues. Nous n'avons pu (jue visitei- sous la
conduite d'un de nos anciens élèves, Osorio Mas-
carenlias, un cerlain nombre d’établissemcnls :
V iKipital Siinlii Camt où nous avons vu la cliniipic
(In professeur Brandao l'’illu). ïlidjii/al .San
l''ranci)ici) de AxHis. ipie nous a fail voir le chef du
service gy nécologi(jue. le IF .\guinaga. enfin le
/m.sVc />riiicij)al de pruiiijjls sccoiu's. dont le fonc-
lionncmcnt nous a paru des plus inlércssanls.
Il conlicnl 120 lits, doni une partie est aircclée
aux cas aigus de médecine, le [iliis grand nombre
à (les cas de chirurgie; 3 chirurgiens cl un 1 ini'-
dccin s’y trouvent en permanence; ils sont
assistés jiar une é(pû])e de 0 étudiants, <pii sc
l'claienl de ([iialre en (pialrc heures.
Dans la cour de cet lu'ipilal sont alignées de
nombreuses autos, les unes jieliles, pourvues de
tout le malériid nécessaire pour de petites inter¬
ventions d’urgence, ou des médicaments courants
pour le traitement d'une maladie médicale aiguë,
les autres jilus grandes permettant le Iransjiort
immédiat des blessés ou des malades sérieux ne
pouvant être traités à domicile. Sur un apjiel
téléph()ni(pte expliipiant de (pioi il s’agit, lidle ou
telle voilure jiart immédiatement avec le médecin
ou le chirurgien et le matériel nécessaire. S'il
s'agit d'un cas où les soins ne peuvent (''tre donnés
sur place, le malade ou raeeidenlé est immédia¬
tement amené à l’h(')pilal de prompts secours. Dès
son arrivée, le blessé est opéré ; au moment de
notre visite, il se trouvait dans rh()pilal trois
plaies de l’abdomen (pii avaient été opérées dans
les deux heures (H un ulcère [lerforé de reslouiae
(pti avait été la|)arotoniisé à la troisième heure.
On ne garde :\ riuipilal de })rompls secours
(pie les malades dont le si'jour doit être très court,
de manière à éviter reiieombrenuml. Les autres,
les fractures, à moins ipi il ne s’agisse d’une frac¬
ture ouverte (pii doit (Ure opérée immédiatement,
sont évacués après la [>ose d’un apjiareil jirovi-
soire dans un des hi'ipilaux de la ville.
Nous ne parlerons [las de l'/itsii/ul Omviddo
('ni:, (pie dirige le |)rofess('ur (lhagas, institut
modèle ipie tout le monde connaît; mais nous
tenons il dire ipieUpies mots de fondations créées
[lar un riche Drésilien, M. ('.uinle, jioiir la lutte
eonlri' la syphilis, (le dernier fail construire en
ce moment un deuxième Institut destiné à la lutte
contre le eaneer. (les deux Instituts sont rompis
suivant le mi'me prinei|)e. Fiie |)arlie est aireelée
à di's laboratoires de reeherehes. l’autre au trai¬
tement des malades.
L'Institut du eaneer, (pie nous avons visité avec
le professeur ILibello. n’est pas encore ouvert ;
il portera h‘ nom de fondation ( tsvvaldo (Iruz et
eomiirendra l.-)0 lits, dont un certain nombre
payants; certains de ces derniers sont luxueuse-
menl installés, avec eabiiiel de toilette el salle de
bain. Deux eonsliluent imuiie de véritables apiiar-
lemenls. L’établissement possède ili''jà 2 gr. de
radium. 3 ap])areils de radiothérajiie profonde, des
ajipareils de diathermie, etc. Deux salles d'o]»''-
)-alions, de nombreux laboratoires pour les eher-
eheurs, une installalion pour la chirurgie exjiéri-
menlale,' une bibliothèque, un musée permettront
de faire de eel établissement un important centre
d’études. 11 se trouve au voisinage de l’inslitul
Osvvaldo Ci'uz. A e()té de lui, on va construire un
hoiiilal (les cliniques de 1.200 lits, si bien ipie
dans le nu'me endroit se trouveront réunis eliiii-
([iK's, institut du eaneer, . institut baelériologiipie
pour la ])lus grande commodité des étudiants.
(lomnie on le voit, il se fail en ce moment au
Drésil nu grand ellbrl pour améliorer les instal¬
lations et [)our pei'feetionner les études médicales.
Il serait à souhaiter qu’il |)ùt en être de mi'me
dans notre (lays.
En lerminanl ce rapide exposé de ce (pii m'a
le plus frappé au cours de mon voyage, je liens à
expiùnier à mes collègues d’oulre-Allantique tous
mes remereiemenls pour l’accueil inoubliable
(pi’ils m’ont fail.
IIkMII II.MIT.MWN.
Le III" bal de la Médecine française
Le samedi 9 .Mars aura lieu dans les magiiiliipies
salons de la mairie du X'' arrondissement,
72, Faubourg Saint-.Martin, le 3'' bal de la
Médecine frampiise.
L’on sait le succès brillant obtenu par eidui de
Lan dernier dans his salons du ministère de
l’Intérieur.
L’afiluenee lut telle que le (lomilé décida de
choisir des salles plus vastes pour tenir le bal de
celle année, (l’est ainsi qu’après de nombreuses
éludes sur les salles diverses de Paris, la mairie
du X'' arrondissement, rajipelanl en petit l'Hi'ilel
de Ville, a été choisie tant à cause de l’espace
(pi’elle peut mettre à la disjmsilion d’un bal ipie
de sa proximité des grands boulevards. .M. le
.Maire du .\'' arrondissement. .M. Prévost, a droit
à la reconnaissance de tout le (lorps médical pour
l'extrême amabilité avec laipielle il a accueilli le
(lomilé, el le souci ipi'il a eu de lui donner
entière satisfaelion.
Le bal de la .Médecine française est Lieuvre du
(lomilé de la Société de Secours niuluids pour les
veuves el les orphelins de médecins.
dette Société commence :i être connue sous le
nom abréviatif F. E. M. 'femmes, enfants de
m.'Meeins).
Tous ceux qui sont en eoulaet avec nos diverses
associations de secours savent combien de
détresses sont chaque année à soulagi'r. L’asso¬
ciation générale reitqdil son riMe de la manière la
plus liienfaisanle ; mais elle s’adresse surtout aux
confrères, sans cependant négliger les femines el
les enfants auxquels idle donne des secours immé¬
diats. La F.E..M. s’est proposé d’aller plus loin
dans celle voie d’assistance el de s’occuper non
seulement de fournir des secours mais surtout de
faire des placements de femmes et d'enfants, d'est
ainsi (pie cetti* année elle a ])u adopter plusieurs
|)uj)illes, en assurant leur inslruelion el leur édu¬
cation, et [iroeurer des situations à plusieurs
veuves de confrères.
11 serait donc exlrêmemeiit Jésirable ipie celle
Société, dans laipielle les femmes joueiil le rôle
principal. |)uisse se développer de [dus eu plus.
Le bal (le la .Médecine française aide beaucoup à
son essor, en alimentant sa caisse. L’an dernier,
la F.E..M. a pu recueillir de ce chef la somme de
KKt.OOO francs.
de magnifKjue résultat est dù au dévouement
des dames patronnesses de l’muvre et à l’inlas¬
sable activité de son secrétaire général, .M. le
IF W’alelel. La somme recueillie provient il la
fois du produit des cartes du bal, des billets de
tombola el. pour une part intéressante, des dons
faits par les laboratoires dont la liste est régulii'-- |
renient publiée chaque année dans les journaux
médicaux, lors de la clôture des eonqites.
* Dans tous les hôpitaux, les grandes écoles, les
foyers d’étudiants el d’étudiantes chacun a pu voir
une très arlisliipie el brillante affiche de dap-
piello : une jeune el gracieuse femme, canqiée
dans un mouvement entraînant, fail nn appel pui.s-
sanl aïKinel ne sauraient résister les mé'deeins
[uiisipi’elle lient dans sa dexlre le serpent d’Es-
culape !
Les jirix des cartes d’entrée sont les suivants ;
Four les iiersonnes ne faisant pas partie dn
dorps médical : .ûO francs.
Four les médecins el leur famille ; 30 francs.
Four les internes, les étudiants el les jeunes
danseurs : 20 francs.
On trouve des caries ;
.\u siège de l’Association, 0, rue de Surène ;
dans les salles de garde des hôpitaux ; chez les
dames du domité, et en particulier chez Jayle,
vice-présidente, 2, rue (hiynemer et chez M"”" Veil-
lard, secrétaire générale, 12.3, bd Malesherbes.
De hautes personnalités officielles ont promis
d’assister à ce bal el elles seront reçues avec
quehpie apparat, car la Garde riqiublicaine en
grande tenue jalonnera le grand escalier d’hon¬
neur et les trompettes de la Garde annonceront
leiii- arrivée.
Espérons ipie le dorps médical viendra nom¬
breux à celle fêle el que la Faculté sera anqde-
ment représentée.
Le bal eomnieiieera à 10 heures an son de trois
grands orchestres de danse choisis |)armi les
meilleurs.
A partir de 11 heures auront lieu des inter¬
mèdes artistiques pour lesquels ont promis leur
gi'aeieux concours ;
M"'' l'aleoiietli.
.M"" Mareidle Denya. de l'Opéra, aelmd-
lemenl vedette de .Marigny.
.M""' Yvonne Gabaroehe.
,M"'' Ellanskaïa, première danseuse de
l’Opéra.
.M"'' Leonor de Gastillo .chants colombiens .
.M. h’aberl, de l’Opéra.
L'école de danse de .Malkowsky.
Far une initiative heureuse, et qui sera eerlai-
nenienl fort goûtée des danseurs, à 1 heure du
matin, un souper froid sera servi par petites
tables.
.Vllons-y tous, pour di'qiasser les 100.000 francs
de l’an passé.
F. Jaylk.
A la mémoire du professeur Terrier
Dimanche passé, à 10 h. 1/2 du malin, avait
lien dans la salle des Fas-Ferdus de la Facilité de
Médecine l’inanguralion du nionnmeul élevé à la
mémoire du jirofesseur Terrier, monument dù au
ciseau habile du seul[)leur Landowski.
Gelle cérémonie, ([lie présidait M. le [irofesseiir
Roger, doyen de la Faculté de Médecine, et
ipii groupait une nombreuse assistance parmi la-
(luelle on remaripiail notamment les professeurs
Roux, (luénn, .lehard, Hartmann. Jeanselme.
Martin, Gouvidaire, Duval, Jean-Louis Faure.
Roussv ; .M. Ronvillois, du \'al-de-Gràce ; M. le
professeur Forgue. de M()nt])ellier ; M. le profes¬
seur Julliard, de Genève ; le docteur Delagenière,
dn .Mans; M.M. Liqioinle, .Morax, Küss, chirur¬
giens des hôiiilaux ; les jirofessenrs Gossel,
Leeène el Gunéo el .M. Rerlol, neveu du profes¬
seur Terrier, membres du Goniité d’organisation.
La séance fut ouverte par une primiière alloeu-
lion de M. le jirofesseur Gosset, du Goniité d’orga¬
nisation jKinr la réalisation du monument élevé à
la mémoire dn jirofessenr 'l’errier.
.Vjirès avoir au nom du Goniité, vivement léli-
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 27 Février 192«
';N“ 17
27?î
cité M. Landowski de la belle œuvre réalisée par
lui, IM. Gosact rappela les importanlcs recher¬
ches scieiilillques de Terrier qui, dès 1882, ira-
vaillail de concert avec Pasteur et consacrait
alors toute son activité à démontrer combien en
matière chirurgicale . l’asepsie est supérieure à
l’antisepsie.
Rap])elanl ensuite en leimies émus combien
furent ittqxtrlanls, grâce à son inlassable acti¬
vité, les progrès réalisés ilans son service de
l’hôpital Ilichal, Gossel tcriniha son allocu¬
tion en reniellant an nom dn Gomilé le inonuincnl
du proh^Kscur Terrier à la l’acnllé de Médecine.
M. le professeur Qnénn (pii prit aloi's la parole,
comme le ])lns ancien de scs élèves, signala à son
tour le rôle de premier ordre (|ue remplit Teri'ier
dans la renovation de la pratique chirurgicale et.
la chirurgie française.
Puis, ce fut M. le professettr Hartmann ipii
rappela combien grande fut rinllnenco de 'l’errier
dans révolution de la chirurgie, notamment jiar
la vulgarisation des méthodes aseptiques, et (|ui
signala aussi comment il s’employa, de la jdns
heureuse façon, è faire liénélicier la province des
pratitpies chirurgicales nouvelles.
Successivement ensuite, .M. Delagenièrc, chi¬
rurgien des hôpitaux dn .Mans et qui fut l’interne
de Terrier et M. le |)rofesseitr h'orgue, de Mont-
jiellicr, rendirent hommage ;in maître disparu au
nom de leurs confrères de province.
Puis, ce fut M. le [irofesseur jnlliard (jui, au
nom de la Faculté de Médecine de Genève, rendit
hommage à la mémoire de l’éminent chirurgien
que fut Terrier et termina son allocution en
remettant à M. le doyen Roger, après en avoir
donné lecture à l’assistance, d’une adresse de la
Faculté de Médecine de Genève à la Faculté de
Médecine de Paris à l’occasion de l’inauguration
du monument élevé à la mémoire de Terrier.
Enfin, dans une dernière allocution M. le doyen
Roger, au nom de la Faculté de Médecine, après
avoir adressé .ses vives félicitations au sculpteur
Landowski pour la réussite de son œuvre, pré¬
senta au Comité du monument Terrier tous les
remerciements de la IFaculté de Médecine pour
leur heureuse initiative.
G. V.
Questions Médico-sociales
Un tuberculeux, bénéficiaire de l’article 1)4 de lu
Loi des Pensions, vient à mourir.
Sa veuve peut-elle continuer à percevoir les allo¬
cations pour charges de famille qui étaient perçues
par le défunt, en même temps que sa pension d’inva¬
lidité'.’
Quelles formalités à remplir par cette veuve pour
percevoir les dites allocations':’
Réponse :
Les allocations pour charges de famille « suivent »
l'attribution de la pension de veuve de guerre.
La condition essentielle est que le mariage soit
antérieur d’au moins deux ans à la date du décès.
La veuve d’un mutilé ayant au moins 80 pour 100,
au moment du mariage, touche une pension au taux
de réversion.
Une femme ayant épousé un malade après l’origine
de l’affection ayant déterminé la mort peut obtenir
une pension s’il est établi qu’au moment du mariage
l’état du mari ne pouvait laisser prévoir une issue
fatale {Loi du 23 Mars 1928).
Formalités : s’adresser è la Sous-Intendance régio¬
nale; déposer le titre de pension du décédé et le
certificat d’inscription pour les allocations familiales
et faire une demande de pension de veuve.
L. Quidet.
Congrès international de Microbiologie
Le premier Congrès international de microbiologie,
organisé par la Société internationale de microbio¬
logie, se tiendra à Paris, à l’Institut Pasteur, du 7 au
12 Octobre 1929 sous la présidence d’honneur de
M. le D'' Roux et sous la présidence de M. le Prof.
Rordet, M. le Prof. Kraus (Vienne) secrétaire général.
Le programme comprendra : des rapports, des
conférences et des démonstrations pratiques.
Les rapports suivants sont déjà inscrits :
ha scarlatine (étiologie, prophylaxie, thérapeu¬
tique) : MM. Dochez, Cantaeuzène, Zlatogoroff,
Friedemann, Debré, rapporteurs.
Fièvre ondulante et avortement épizootique :
MM. Wright, M. Kristensen, Burnet, Rinjard.
Variété microbienne, phénomènes lytiques : MM.
Bordet, Max Neisser.
Palltogénie du choléra ; MM. Sanarelli, Ivabeshima.
Etiologie de la grippe : M. R. Pfeiffer. -,
Culture dos tissus :M. Carrel.
I.a ‘décomposition du squelette végétal dans te sol
et la formation de la matière humique : M. Wino-
gradsky.
Des conférences seront faites sur : la vaccination
antituberculeuse (prof. Calmetle) ; la vaccination
antidiphtérique (prof. Ramon) ; syphilis expérimen¬
tale et immunité (prof. Kolle) ; les fipoi'des (prof. S.
Belfanti) ; immunité chez les plantes (prof. Carbonel.
Deux conférences sont, en outre, réservées à des
bactériologistes américains.
Des conférences avec démonstrations pratiques
seront faites : sur les cultures des tissus et des
tumeurs (profs. Borrel, A. Fisher, Canti); sur des
sujets de parasitologie (profs. Brumpt, Fülleborn,
Mesnil, iS'utlall).
Au cours de ce Congrès, un projet de statuts de la
Société internationale de microbiologie sera présenté
Les congressistes pourront présenter des commu¬
nications : elles devront se rapporter au sujet des
rapports ou des conférences : elles seront soumises
à l’acceptation du comité; leur titre devra être
envoyé avant le l” Juin 1929.
Le temps accordé pour chaque communication ne
pourra dépasser dix minutes. Les langues admises
sont, par ordre alphabétique : l’allemand, l’anglais,
l’espagnol, le français, l’italien.
L’agence Thos Cook et Son,- en coopération avec la
Compagnie internationale des wagons-lita, 2, place
de la Madeleine, Paris, se charge de fournir tous
benseignements et devis estimatifs concernant le
déplacement à Paris des congressistes, leur fou mil¬
les billets de parcours, leur réserver les chambres
dans le genre d’hôtels choisi, etc. .
Le prix de l’inscription au Congrès, prix qui est
de 100 fr. français, devra être envoyé à MM. Masson
et C'*', éditeurs, 120, boulevard Saint-Germain,
Paris, VP' (M. Georges Masson, trésorier). .
Pour les renseignements, s’adresser aux secrétaires
généraux : pour les pays de langues latine et slave :
!)■■ Dujarric de la Rivière, Institut Pasteur, Paris; —
pour les pays de langue allemande : Prof. Gilde-
meister, Reichgesundheitsamte, Berlin (Dahlem);
— pour les pays de langue anglaise ; D'' H. Plotz,
Institut Pasteur, Paris.
Nota. — Il n’est pas nécessaire de faire partie de
la Société de microbiologie pour s’inscrire au Con¬
grès ; les microbiologistes (bactériologie, parasi¬
tologie, botanique) qui désirent adhérer à la Société
. internationale de mici-obiologie devront adresser
leur demande aux Comités nationaux qui, dans leurs
pays respectifs, représentent la Société internatio¬
nale. Rappelons que cette Société compi-end actuelle¬
ment 23 comités nationaux : Allemagne, Amérique
du Nord, Angleterre, Argentine, Autriche, Belgique.
Brésil, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Grèce,
Hollande, Hongrie, Italie, Japon, Pologne, Portugal,
Roumanie, Russie, Suède, Suisse, Tschéco-Slovaquie.
La Médecine à travers le Monde
BRÉSIL-PORTUGAL
Les deux plus grands maîtres de clinique médicale
de langue portugaise, le professeur Miguel Couto,
de la Faculté de médecine de Rio de Janeiro, et le
professeur Thiago d’Almeida, de la Faculté de mé¬
decine de Porto, ont pris récemment et à la môme
occasion leur retraite. Cet événement a provoqué
entre la grande famille médicale luso-brésilienne une
très sincère émotion.
Ces deux savants, l’un au Brésil l’autre au Por¬
tugal, ont suivi une vio pareille de dévouement,
inlassable, de sollicitude noble et fructueuse qui les
a placés au premier rang de l’enseignement et de la
pratique de la médecine respectivement dans ces
pays.
Tous deux, cliniciens de la plus haute envergure,
ont presque pendant quarante ans achevé une car¬
rière égale qui fait rester leurs noms indissolubh'-
ment liés non seulement à une production scientifique
étendue et très importante, mais aussi à celte œuvre
vivante et d’indiscutable valeur sociale qu’est la pré¬
paration de générations sur générations de médecins.
Si chacun a contribué indépendamment à l’honneur
de son pays natal, les deux ont contribuéde la façon
la plus remarquable à soutenir les traditions et à
exalter le nom- de la médecine professée dans l’idiome
portugais. C’est là un très beau titre de gloire. Au
moment où ils allaient entrer dans cette vie de tran-
quilité et de repos si bien méidtés, après avoir
donné un exemple fortifiant de labeur, de constance,
de bonté que seuls peuvent donner ceux qui envisagent
la pratique de la médecine comme un vrai sacerdoce,
ils ont pu voir combien ils étaient admirés et aimés.
Ce ne furent pas uniquement les sociétés savantes
qui vinrent les honorer ni les institutions officielles
qui vinrent leur rendre hommage. Ils furent surtout
l’objet des manifestations unanimes, ,el des plus
affectueuses, de la part de leur confrères, de leurs
amis, de leurs anciens élèves, même des gens du
peuple à qui ces deux hommes de bien ont porté à
l’heure de la souffrance le secours de leur savoir et
la tendresse de leur cœur.
Le professeur Miguel Conto est membre jde plu¬
sieurs sociétés savantes de l’Amérique du Sud et de
l’Europe, parmi lesquelles l’Académie, des Sciences
de Lisbonne, et le professeur Thiago d'Almeida est
aussi membre de nombreuses sociétés scientifiques
nationales et étrangères et professeur honoraire de
la Faculté de Médecine de Baiha (Brésil).
JOAO COELIIO.
N» 17
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
279
RUSSIE
L’épidémie de fièvre typhoïde est très' violente
actuellement dans le bassin du Donetz, surtout dans
les régions de Ilougansk, Stalinsk et Artémoosk.
Cette épidémie est due principalement au mauvais
état hygiénique et sanitaire, de même qu’à l’état
primitif de lu culture de la population vivant en
promiscuité extrême. Le commissariat de Santé a
ordonné la vaccination obligatoire de la population
et l’hospitalisation des malades. Les canalisations
de l’eau potable seront prochainement remaniées.
L’Institut Gynécologique d’Ekateiùnbourg (açt.
S\'erdlovsk) vient de fêter le 50“ anniversaire de son
existence.
TUNISIE
Nous apprenons la mort, à éOans, du D'' Chaurand,
médecin de colonisation à Kairouan. En 1911, alors
qu’il était interne à l’Hôpital civil de Tunis, une
épidémie de choléra se déclare et il se met en avant
pour la combattre, comme médecin adjoint du D'' E.
Conseil, au Lazaret de la Uabta. Après la guerre, qui
l’avait beaucoup fatigué, il revient en 'Tunisie comme
médecin de colonisation et il est appelé au poste très
important de Kairouan où, pendant dix ans, il s’est
prodigué au service du Protectorat, soignant avec un
égal dévouement indigènes et Européens. 11 fut
bientôt aux prises avec la peste qu’il put enrayer avec
le concours de son maître E. Conseil.
Nous l’aidons vu à l’œuvre, en 1922, à l’occasion
d’un voyage que nous faisions dans la Régence; et,
grâce à lui, nous avions pu apprécier le rôle des
médecins de colonisation dans l’Afrique du Nord.
On ne dira jamais assez de bien de ces serviteurs de
la Erance qui, modestement, sans bruit, travaillent à
la conquête morale et au rapprochement des indi¬
gènes. Le D'' Chaurand faisait face, avec entrain, à
des tâches multiples ; clientèle européenne et sur¬
tout indigène, hôpital médico-chirurgical de 40 lits.
Dispensaire Boricaud pour enfants (150 par consul¬
tation trois fois par semaine, quelques lits pour
l’hospitalisation), scr\"ice de chemin de fer, etc. Au
dispensaire, notre confrère était assisté de M"" Marie
Salleneuve, infirmière visiteuse et de llalima Khmaja
infirmière indigène diplômée. La mort prématurée
du D‘' Chaurand met en deuil la médecine tunisienne;
c’est une grande perte pour le Protectorat.
Livres Nouveaux
Pour la vie et pour la santé, par M. Paui. Strauss,
('l'allandier, éditeur). Paris.
Dans ce livre sont étudiés avec une documentation
remarquable tous les problèmes d’actualité concer¬
nant la médecine sociale, en particulier la mortalité
infantile et toutes les mesures destinées à la com¬
battre : maternités populaires, ‘consultations mater¬
nelles, assistance maternelle, écoles des mères, crè¬
ches, pouponnières, cenlres d’élevage, enfants as¬
sistés.
-• Ces différents chapitres sont une mise au point
très, précise de tous les efforts officiels ou privés
effectués jusqu’ici, et auxquels l’auteur a largement
contribué. Tous ceux qui s’intéressent à la puéricul¬
ture française trouveront là les renseignements les
plus coniplets, les statistiques, le résumé de tous les
actes accomplis dans cette branche capitale de la
sociologie.
L’éducation ménagère, la puériculture à l’école,
l’inspection médicale scolaire, les cantines scolaires,
la mutualité scolaire, les écoles de plein air et les
colonies de vacances sont tour à tour étudiés.
La lutte contre les trois grands fléaux sociaux ; la
tuberculose, la syphilis et le cancer est longuement
détaillée, avec l’évocation de tout ce qui a été fait
jusqu’ici et de tout ce qui devrait encore être fait. Le
problème du logement, les dangers du taudis, les
habitations à bon marché, la loi Ribot, la loi Lou-
cheur, toutes questions d’actualité, sont abordées de
façon très complète par l’auteur, qui s’est dévoué
depuis plus de 40 ans à ces questions de premier
plan.
Enfin, l’étude du service social à l'hôpital, des assu¬
rances sociales, de l’éducation sociale, montrent aux
lecteurs combien la médecine et la sociologie sont
désormais étroitement unies. Les médecins puise¬
ront dans ce livre toutes les notions qui leur sont
nécessaires chaque jour, puisque dorénavant chacun
de nous, au delà du côté scientifique de la maladie et
du cas particulier du malade, doit considérer le côté
social de la pathologie tant au point de vue préventif
que curatif.
C’est une oeuvre individuelle .de chaque jour, c’est
aussi une oeuvre collective, une œuvre nationale.
M. Paul Strauss, apôtre de la croisade sanitaire,
envisage tous ces problèmes avec une compétence
unique, car il en peut faire la synthèse comme socio¬
logue, parlementaire, membre de Gouvernement et
membre de l’Académie de Médecine.
Etienne Behnard.
Université de Paris
Clinique chirurgicale de l’hôpital Cochin. — Du
11 au 22 Mars, de 5 à 7 h., à Tamphithcàtrc de lu Cli¬
nique, un cours complémentaire sur le traitement des
fractures et luxations des membres sera fait sous la
direction de M. le professeur Pierre Delbet par MM
Jacques Leveuf, chirurgien' des hôpitaux, assistant du
service; Lascombe, Godard, Oberthur, chefs de clinique.
Indications générales du traitement orthopédique des
fractures. — 1“ Luxations du membre supérieur. Réduc¬
tion des luxations de l'épaule par la traction élastique.
2° Fractures de l’humérus. Application de l’ajipareil à
extension continue.
3“ Fractures de l’avant-bras et du poignet. Luxations
du carpe. Technique de réduction et appareils.
4' Fractures du col du fémur. Indications du tra’te-
mont orthopédique et du traitement sanglant.
, .'i” Fractures du col du fémur. Technique du vissage et
de l’enchevillcment au moyen d’un greffon du jiéroné.
ti” Fractures de jambe. Application de Tapjiareil de
marche.
7“ Luxations du membre inférieur. Manomvres de ré¬
duction.
8" Fractures de la diaphyse fémorale. Applii ation de
l’appareil à extension continue.
y° Fractures du cou-de-pied. Application de l’appareil
de marche.
10“ Traitement sanglant des fractures. Indications opé¬
ratoires dans les fractures fermées et dans les fractures
exposées.
11“ Traitement sanglant dirs fractures. Voies d’abord
des fractures articulaires. Technique des o.stéosynthèses.
Vissage du col du fémur.
Le nombre des auditeurs est limité à vingt. ■ Chaque
leçon comportera : 1“. de 5 à 0 h., une leçon théoriipic
avec présentation de malades, de radiographies et d’ap¬
pareils ; 2“ de 6 à 7 h., des exercices pratiques au cours
desquels les auditeurs appliqueront eux-mèmes les appa-
La onzième leçon aura lieu à l’Ecole pratique de la
Faculté.
Le droit de laboratoire à verser est de 2.’)0 fr. Sont
admis les médecins français et étrangers ainsi que le
étudiants immatriculés à la Faculté, sur lu présentation,
de la quittance de versement du droit. Les bulletins de
versement relatifs à ce cours seront délivrés à la Faculté
(guichet n" 4), les lundis, mercredis et vendredis, de l'i à
. 16 heures.
Clinique médicale des enfants (Hôpital des Enfunts-
Mnladcs). — M. Nobécourt commencera le cours de Cli¬
nique médicale des enfants, le lundi 4 Mars 1921), à 9 h.
Programme de l'enseignement. — Tous les matins, à
9 h. : Enseignement clinique dans les salles, par le pro¬
fesseur.
Lundi et jeudi, à 10 h. : Policlinique à l’amphithéâtre,
par le professeur.
Mardi, à. 10 h. 30: Leçon de Dermatologie, par M. Jean
Huilé, médecin de l’hôpital des Enfants-Malades.
Mercredi, à 10 h. 30 : Conférence sur les affections des
glandes endocrines, à l’amphithéâtre, par M. Jean Huti-
nel, agrégé.
Vendredi, à 10 h. 30 : Leçon de médecine pratique, par
les chefs de clinique et de laboratoire.
Samedi, à 10 h. ; Cours do clinique à l’uiuphithéAtre,
par le professeur.
Des cours de révision de médecine et de clinique des
enfants seront donnés du 3 au 13 Avril et du 10 nu
31 Juillet 1929.
Anatomie descriptive. — M. Hovolacque, agrégé,
commencera ces conférences le samedi 2 Âlars 1929, à
16 h. (grand amphithéâtre de l’Ecole pratique) et les con¬
tinuera les mardis, jeudis et samedis suivants, à la même
Sujet .des conférences ; Système nerveux central et
bassin.
Pathologie médicale — Semestre d’été. — Première
'série i Mars-Avril, — M. Abraml,ÿgrégé : Maladie des
glandes endocrines. — M. Baudouin, agrégé : Tuberculose
pulmonaire. Maladies de la plèvre et du médiastin.
Dcuœième série : Mai-Juin. — M. Cbiray, agrégé : Mala¬
dies yie l’intestin. . — M. Fiessinger, agrégé : Maladies do
l’œsophage et de l’estomac.
M. Abrnmi commencera scs leçons le lundi 4 Mars 1929,
à 18 h., et les continuera les merci*edis, vendredis et
lundis suivants, à la même heure, au jietit ainphitbéâtre
de la Faculté.
M. Baudouin commencera ses leçons le maidi 5 Murs
1929, à 18 h., et les continuera les jeudis, samedis et
mardis suivants, â la même heure, au petit amphithéâtre
de lu Faculté.
Pathologie chirurgicale. — M. Jean Gulellicr,
agrégé, commencera le cours de Pathologie chirurgicale
le lundi 18 Mars 1929, â 17 b. (petit amphithéâtre de lu
Faculté), et le continuera les mercredis, vendredis et
lundis suivants, à la même heure.
Programme. — Pathologie chirurgicale des membres.
Physique médicale. — M. Dognon, agrégé, com¬
mencera ces conférences le vendredi l'' Mars 1929, à
17 h., à l’amphillicâtre de Pliysiijue, et les continuera les
lundis, mercredis et vendredis suivants, à la même heure.
Oljet des conférences. — - Physico-chimie biologique.
Mécanique et chaleur animales.
Médecine opératoire spéciale. — Sous la direction
de M. Cunéo, prote.s.scur, un cours sera fait pur M. Mar¬
cel Fèvre, prosecteur.
Ce cours commencera le lundi 8 Avril 1929, à 14 h.
PiiEMiàuE SÉRIE. — Chirurgie de lu tête et du cou. _
1. Chirurgie du corps thyroïde : Notions générales. Liga¬
ture des artères thyroïdiennes. Enucléution.s intraglan-
dulaires.
II. Thyroïdectomies jiour goitre sinijile. Thyroïdecto¬
mies pour goitre exo]>htulmiquc.
III. Amputations de la langue. Exérèse des ganglions
cervicaux (sur des sujets aux lynqdiatiques injectés).
Extirpation delà sous-maxillaire. Extirjintion des tumeurs
bénignes de lu parotide.
IV. Trépanation de la mastoïde. Trépanation des sinus
de la face : sinus frontal, sinus maxillaire. Résection du
maxillaire supérieur.
V. Chirurgie de la tête et du cou chez l’enfant. Torti-
11. Trépanations |)Our tumeurs cérébrales. Trépana¬
tions ])our tumeurs ponto-céréhellenses. Traitement des
fractures de lu voûte.
III. Techniques des laminectomies. Section des racines
postérieures. Cordotomies.
IV. Chirurgie du trijumeau ; Neurotomie rétrogassé-
richne. — Chirurgie du facial : Traitement des paralysies
faciales. Section du phréniiiue. Découverte du plexus
brachial.
V. Chirurgie du sympathique. Sympathectomies péri-
artéricllcs. Sympathectomies cervicales, lombaires, pel-
Les cours auront lieu tous les jours. Les élèves répé¬
teront eux-mèmes les ojrérations sous la direi tion du
Prosecteur.
Le numbre des élèves admis â ces cours est limité.
Seront seuls admis les docteurs en médecine français et
étrangers, ainsi que les étudiants immatriculés. Le droit
à verser est de 150 fr. pour chaque cours. S’inscrire au
secrétariat de lu Faculté (guichet n“ 4), de 14 à 16 h., les
lundis, mercredis et vendredis.
Val-de-Grâce. — Le samedi 9 Mars, â 17 h., au grand
amphithéâtre, M. le professeur Fribourg-Blanc fera une
leçon ayant pour objet : La Malariathérapie.
Ecole d’anthropologie. — Une série de quatre con¬
férences sur l’Anthropologie des parties molles sera faite
les lundis 11 et 18 et mardis 12 et 19 Mars, à 1.5 h., par
M. Ed. Loth, professeur â la Faculté de Médecine de
Varsovie.
Détail des leçons. — 11 Mars, Généralités. Anthropolo¬
gie des muscles. Mimique de lu face. — 12 Murs, Anthro¬
pologie des muscles du tronc, du dos et du membre supé¬
rieur. — 18 Mars, Anthropologie du membre inférieur,
du canal intestinal et du canal respiratoire. — 19 Mars,
Anthropologie des organes uro-génitaux, des vaisseaux
et des nerfs périphériques. Conclusions.
Concours
Médecin des hôpitaux. — EnniuvEs d’adsiissiui-
I.ITÉ. — SÉRIE A. — Composition du jury. MM. Lesné,
Léon Bernard, Sainton, Grenet, Faure-Beaulieu, Stévenin. .
Censeurs. — MM. Gain, Léchelle, Janet, Jacquet.
Ilôpitau.r consignés. — Hôtel-Dieu, Luennec, Suint-
Antoine.
Ordre des séances. — Les séances auront lieu les lundis)
vendredis et dimanches, à 9 h. La première séance est
fixée nu vendredi 1" Mars.
SÉRIE B. — Composition du jury. — MM. Caussadéj
Loeper, Lortat-Jacob, Sézary, Brodin, Rouillard. • •
280
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 27 Février 1929
N" 17
CenseitiK. — MM. Bénard (Henri), Marchai, HuÜnel,
Binet.
Uâpliaux consignca. — Pitié, Benujon.
Ordre des séances. — La première semaine, les séances
auront lieu le mercredi, le jeudi et le samedi, à U h. ; les
autres acniaincs, les séances sc tiendront probablement
les mercredis, vendredis et samedis, à 9 h. et, quelque¬
fois, le dimanche mutin. La première séance aura Heu le
mercredi 27 Février, ù 9 h., ù la Pitié (service 3).
hccieiirs. — MM. Fleury, Her.ml, Ubry, Joseph (R.).
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Saint-Antoine. — M. Pli. l'agniez fera dans
son service le samedi 2 Mars, à 10 h., une leçon sur les
hémorragies par trouble do la coagulation du sang et leur
traitement.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Lkgion d’iio.nm;uh. —
Officier. — M. Barbarin, ù Paria.
Chevalier. — MM. de Chpudens, à Sainl-Jean-de-Gou-
ville (Ain); Maignot, nu Pousin (Ardèche); Julian, à
Benucaire (Gard) ; Bcllin du Coteau, à Paris.
Oi-riciiiK ni: i.'I.vstiioctio.n ruiiLiquE. — MM. Adda, à
Vittel (Vosges) ; Bonnet, a Sidi-Bel-Abbès (Oran) : Bou¬
chard, il Lj’on; Bourrée, il Cbétillon-sur-Seine (Côte-
d’Or); Bridant, à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne);
Briens, ù Bricquebec (Manche); Colin, ù Quimper (Finis¬
tère); Cousin, à Saint-Denis (Seine); Daulhnlle, à Lille
(Nord); Dudouyt, à Goutances (Manche); Dunegicr, ù
Bordeaux; Durand, au Puy (Haute-Loire); Etienuey, ù
Besançon (Doubs); Fabre de Parrel, Mercier, Odenet, à
Paris; Fort, à Cerisiers (Yonne); Garrigues, à Rodez
(Aveyron); Jucul, à Bayon (Meurthe-et-Moselle); James,
à Fnuvillc (Seine-Inférieure) ; Janicaud, à Guéret (Creuse) :
Jullien, ù Amiens (Somme); Julia de Roig, ù Nice (Alpes-
Maritimes); Loustau, au Vésinet (Seino-ol-Oise) ; Macliucl,
à Samoens (Haute-Savoie); Melian, ù Montpellier (Hé¬
rault); Métayer, ù Bu (Eure-et-Loir); Pluvinage, ù Mur-
coing (Nord); Sinaud, à Guéret (Creuse); Trautmunn,
médecin lieutenant-colonel des troupes côloniales; L'iéza,
à Blois (Loir-et-Cher) ; Véndeyille, ii VUlers-BtetonneU*
(Somme) ; Virlogcux, ù Moulins (Allier).
Vin» Assemblée dé La Nouvelle Education. —
La VllI* Assemblée de « La Nouvelle Education » aura
lieu du 26 au 30 Mars, n la Faculté de Médecine do Paris,
12, rue de l’Ecolc-de-Médeciue, sous lu présidence de
M. Rosset, directeur de l’enseignement primaire.
Au programme, les conférences suivantes sont annon¬
cées : L’Institut ménager de Laekcn, par M. Lindemans.
— L’éducation dans la famille, par M'"” Dumesnil-Huchet.
— Les entants difficiles, par M. Hèuyer. — L’éducation
physique, par M. Forsant. — Le travail libre par groupes
à Sedan, par M'"' Bertrand.
En outre, M'"° Montessori fuit espérer su venue pour le
vendredi 29 Mars. Ce sera sa ])romièro visite on Franco,
et il y U lieu d’espérer que les visiteurs seront nombreux.
Une exposition très importante de travaux libres d’en¬
fants, de matériel didactique, de revues, de livres et d’ins¬
truments de musique sera ouverte pendant toute Indurée
de l’Assemblée, de 10 ù 19 h.
Pour tous renseignements, s’adresser ù M"" Leriche,
l'i, rue Mayet, Pari.s (VI").
La réorganisation de l’Inspection médicale dans
les écoles primaires. — Le conseil général de la
Seine, sur la proposition de M. Chapelain, vient de pro¬
noncer le renvoi à l’administration des demandes sui-
1" La nomination par le préfet, de médecins adminis¬
tratifs, ù raison de un pour environ 0.000 enfants;
2" La nomination, dans chaque commune, d’assistantes
d’hygiène, à raison de une par groupe scolaire;
3° A défaut du dispensaire d’hygiène sociale, la création,
dans chaque commune, d’une clinique scolaire.
Conseil supérieur de surveillance des eaux des¬
tinées à l’alimentation de l’armée. — Le Conseil
supérieur de surveillance des eaux destinées à l’alimen¬
tation de l’armée, pour l’année 1929, est coni])osé comme
suit : Président : M. le professeur Roux, directeur de l’In¬
stitut Pasteur.
Membres civils : MM. BonjCan, Carrier, Clianveau,
Colmct-Daage, P. Courmont, Dienerl, Dolfus, linbeanx,
l.n'wy. Martel et Emile Vincent.
.Membres inililuires : MM. Lévy, Saequépée, Defressiae,
Tmibert, Vinecnl, Rouget, médecins généraux; RImbert,
intendant géuéral ; Normand, général de division ; Gau¬
tier, pharmacien général ; PÜod, Zoeller, médecins com¬
mandants..
Secrétaire : M. Coudrny, médecin commandant.
Nécrologie. — On annonce la mort de M. Charles
Trepsat, médecin du sanatorium de la Malmaison, et celle
dc 'M. le professeur Truc, à. Montpellier.
Ecole de Sérologie
La deuxième série des cours et travaux pratiques
de l’Ecole de Sérologie de la Faculté de Médecine
de Paris s’est ouverte le lundi 2.5 Février, à l’hôpital
Saint -Louis, par une leçon de M. le docteur
Levaditi sur : l’histoire et la signification des réac¬
tions de fixation et de floculation, sous la présidence
de M. Louis Queyrat, jjrésident de la Ligue, qu’en-
•touraient : M. le médecin général inspecteur Dopter,
membre de l’Académie de Médecine, directeur du
Service de Santé du Gouvernement militaire de
Paris; M. le professdur Gougerot et MM. Mllian,
Gastou et Sicard de Plauzoles.
M. Charlety, recteur de l’Université do Paris ; le
professeur Roger, doyen do la Faculté de Médecine
de Paris ; M. le professeur Calmette, sous-directeur
de l’Institut Pasteur ; M. Mourier, directeur général
de l’Assistance publique et M. le sénateur Justin
Godart s’étaient excusés.
M. Queyrat a prononcé une brève allocution pour
remercier les personnalités éminentes qui veulent
bien apporter leur concours à l’enseignement de
l’Ecole de Sérologie ; il a remercié tout particulière¬
ment M. le Directeur de l’Assistance publique et
M. Gastou, chef du Laboratoire de l’hôpithl Saiht-
Louis, de l’hospitalité qu’ils veulent bien accorder A
l’Ecole de Sérologie en attendant qu’elle puisse
s’installer dans les bûtiments du boulevard Saint-
Jacques.
Immédiatement après la leçon de M. le docteur
Levaditi, les travaux pratique de sérologie ont Coni-
mençé souS la direction de M. Démanché, chef du
Laboratoire central, directeur technique des services
de sérologie de la Ligue nationale française contre
le Péril vénérien.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
Lx Prbssb Médioale rappelle à ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre' de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d’emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale . V administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr. la .ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à Lx Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l'avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARIS-O".
gique, la technique et la pratique de l’odontologie,
de la prothèse et de l’orthodontie.
Le programme est entièrement parcouru en dix-
huit mois. Un dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
l'Ecole et d’entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix. Jamais, et sous aucun prétexte, Un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
c’est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
Le diplôme de l'Ecole est décerné aux élèves qui
ont satisfait aux examens obligatoires de fin d’études.
Droits d’inscription : Deux mille cinq cents francs
(2.500 fr.).
Deux rentrées annuelles : une le l®’’ Décembre,
l’autre le l»» Mai.
La prochaine rentrée aura lieu le l»» Mai 1929.
Le nombre des places étant limité, prière de s’ins¬
crire le plus rapidement possible.
Pour tous renseignements, s’adresser tous les jours
au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
rendez-vous au Directeur, 20, passage Dauphine.
Président du Conseil d'adt
Vice-président '. D' Ni
inislration : D" P. Oires, D. D. S
stomatologiste dns Hôpitaux.
délégué : D' Rousseau-Decelle, ancioi
Hôtitaux de Paris, Président de la Soeiélt
dogislos de.s Hôpitaux.
la Coniniission d’ enseignement : D" P. Nés
. D. S., stonmtologiate des Hôpitaux.
G. L’iiiromiel, stomatologiste des Hôpitaux
L’Ecole de Stomatologie a été créée, en 1909, par
le D» L. CuuET, élève de Mxgitot et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle a pour objet do donner un enseignement sto-
matologique complet ;
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qui veulent se spécialiser en cette branche de la
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quième année d’études et ayant au moins 17 inscrip¬
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N“ 18
2 Mais 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
L’EMPLOI DES RAYONS X
DANS UN BUT HËMOSTATIOUK
Ph, PAQNIEZ ( t I. SOLOMON
.Nous avons, il y a quelques années, publié ici
Miénie en eollaboration avec A. Ravina un ti-avail
(ronsemble sur l’action des Rayons X sur la eoa-
^■nlation du sang, dans lequel nous avons insislé
sur les résultats très intéressants qu’on pouvait
attendre de ce mode de traitement dans certains
cas d’hémorragies *. Cette thérapeutique inau¬
gurée par les constatations et les recherches de
Stéphan est maintenant utilisée de façon régulière
par un certain nombre de médecins et de radio¬
logues, et depuis nos publications à ce sujet, elle a
fait l’objet en France de (juelques recherches con¬
firmatives, parmi lesquelles on doit surtout retenir
celles de Canuyt et ses collaborateurs, AVolll’,
Labarre, Terracol. A l’étranger, de nomlireux
travaux ont été consacrés à cette question, tra¬
vaux qui, d’une manière à peu près unanime, souli¬
gnent l’intérètpratique de cette méthode (O. Maier,
.1. Sahler, Hornung et Mikulicz Radek, Rchi-
chida, Bianchini, Rolaflio, etc.).
11 ne nous semble pas cependant que ce mode
de traitement soit encore assez connu et assez
largement emjiloyé en France. C’est pour en sou¬
ligner la valeur qu’il nous paraît utile de faire
eunnattre quelques observations prises parmi
celles que nous avons eu l’occasion de réunir
dans ces dernières années et choisies en raison de
leur caractère particulièrement démonstratif.
Plusieurs qui ont trait à des cas de métrorragies
à répétition sont spécialement instructives. En
voici une dont l’intérêt est évident. C’est celle
d’une femme de 48 ans, atteinte depuis longtemps
de fibromes de l’utérus. L’un d’eux, à forme pédi-
culée, a été opéré plusieurs années auparavant,
mais l’utérus reste bosselé par plusieurs masses,
qui ne sont pas assez volumineuses toutefois pour
nécessiter, de l’avis du chirurgien, une nouvelle
intervention. S’il ne cause aucune gêne locale
importante, cet utérus libroniateux est l’ocea-
sion d’hémorragies mensuelles qui, par leur abon¬
dance et leur durée, entravent complètement la vie
de la malade. Depuis de longs mois, à chaque
éjioque, l’hémorragie dure de dix à douze jours ;
elle est extrêmement abondante et s’accompagne
de l’expulsion pénible de volumineux caillots.
Divers essais de thérapeutique anlihémorra-
gique sont d’abord réalisés sans aucun effet
durable. La stérilisation par irradiation paraît
peu indiquée en raison des tendances au nervo¬
sisme de la malade et en raison aussi du fait que
la ménopause est probalilement proche. Aussi déci¬
dons-nous d’essayer, l’ell’et des irradiations spléni¬
ques. Une première irradiation de .oOO R, faite à la
lin d’avril 102.'), donne un résultat médiocre. Une
deuxième de même dose faite un mois plus tard
donne un résultat que la malade juge « admi-
ral)le ». Le temps des règles est ramené à cimj
jours, la quantité de sang perdue diminue des
deux tiers, les caillots disparaissent complète¬
ment. Et ce résultat se maintient aussi complet à
chaque période pimdant plusieurs mois. Eu
Décembre 192,"), les règles reprennent les carac¬
tères d’abondance excessive et de durée très ])ro-
longée qu’elles avaient avant tout traitement. Une
nouvelle irradiation laite en Février 192() ne
1. Pu. Pacniez, a. Ravina et I. Soi-omon. — « Rayons X
et càagulntion sanguine ; applications ttxirupeiitiques ».
La Presse Médieate, 25 Juin lS)2'i.
donne pas un résultat très satisfaisant. Une
deuxième amène, comme lors de la première ten¬
tative de traitermmt, une diminution considéralile
de la durée de l’hémorragie et de la quantité do
sang perdue. Pendant cinq mois, l’effet se main¬
tient et chaque période ne dure pas jilus de quatre
à cinq jours. Dans la deuxième partie de l’année,
les règles reprenmmt peu à peu leurs caractères
anoi’niaux. Une irradiation sjdénique, faite à ce
moment, réduit sensiblemmit de moitié, rim|)oi'-
Dans le eourant de 1927, nous sommes amenés
à faire encore deux irradiations s[)léniques, mais
les résultats obtenus par ces irradiations ne
valent plus cetix qu’on obtenait au début. Ils sont
cependant encore assez importants pour améliorer
considérablement la condition de vie de la malade.
■Mais cet épuisement progressif de l’effîcacité
hémostatique des rayons va en s’accusant et, eu
1928, force nous est, en présunce de la persistance
des hémorragies, et en raison de l’absence de
tout signe précurseur de ménopause, de recourir
à la stérilisation par irradiation ovarienne. Uelle-
ci est réalisée par 12 séances, avec une dose totale
de 5.000 R administrée par deux champs, sus-
pubien et sacré, dose étalée sur cinq semaines.
Nous avons donné cette observation avec quel-
(jues détails parce qu’elle met bien en lumière
plusieurs points intéressants ; tout d’abord l’effi¬
cacité remarquable des irradiations au début,
puis le caractère durable des effets hémostatiques
obtenus qui se sont prolongées chaque fois pen¬
dant plusieurs mois, l’innocuité enfin de ces irra¬
diations spléniques répétées ipii n’ont eniraîné
aucun inconvénienl appréciable.
Mais cette observation nous montre aussi que
quand il s’agit d’une maladie à allures chroniques
comme celle à laquelle nous avions affaire, cette
thérapeutique si remarquablement efficace au
début peut perdre peu à peu de son action et
s’épuiser. Il y a là un dernier fait qùi est intéres¬
sant au point de vue biologique et qui complète
un ensemble d’indications de valeur pratique con¬
sidérable.
Quand on a affaire à des malades dont les
métrorragies relèvent de causes moins persis¬
tantes, on peut par la radiothérapie splénique
obtenir des effets durables et qui ne nécessitent
pas le recours à une thérapeutique par stérilisa¬
tion. Ainsi en a-t-il été chez une femme de 82 ans,
adressée à l’un de nous par le 1)’’ Lépagnol, et
atteinte de métrorragies continuelles. Deux
séances d’irradiation splénique, de 500 R cha¬
cune, administrées les 20 et 27 Avril 1927, mi¬
rent fin aux hémoragies. Même résultat dans un
autre cas chez une jeune fille de 2() ans, atteinte
de métrite hémorragique virginale et adressée à
l’un de nous par le D*' Brocq, en .luin 1920. Une
première irradiation splénique de 500 R ramène
la durée de la période des règles à huit jours,
alors qu’auparavant les hémorragies étaient con¬
tinuelles. En Mars 1927, les règles sont de nou¬
veau abondantes et prolongées. Après une irra¬
diation splénique de 500 R, les règles suivantes
ont une durée normale.
Une autre observation d’un ordre bien diffé¬
rent va nous montrer l’efficacité remarquable et
durable de l’irradiation splénique dans certains
cas d’hémorragies du tube digestif. Elle est par
elle-même très curieuse.
M. X..., 50 ans, vient consulter l’un de nous le
12 Mai 1925 pour des douleurs violentes à siège
épigastrique, irradiant en ceinture des deux cètés,
apparaissant tous les jours vers 11 heures du
matin, quelquefois aussi dans la soirée et se cal¬
mant par le repos dans le décubitus dorsal et
latéral droit. Trois semaines auparavant, il y a eu
un inebcna important qui a duré deux jours.
Aucun antécédent gastrique ou intestinal anté¬
rieur ; santé excellente jusqu’aux derniers mois
où le malade a souffert de névralgies.
L’examen clinique est négatif et ne révèle
aucune tumeur, ni môme aucune diminution de la
souplesse de la paroi abdominale. Une recherche
du sang dans les selles faite le lendemain donne
une réaction fortement positive.
Mis au régime et aux pansements bismuthés,
M. X... est repris le 12 .Juin de melæna, mais cette
fois très abondant, avec phénomènes consécutifs
d’anémie très marquée : pâleur, palpitations,
dyspnée d’efforts. L’examen est négatif et ne
révèle qu’une sensibilité épigastrique à la pres¬
sion profonde.
En présence de cette hémorragie ({ui faisait
penser surtout, en raison de l’âge du malade, à la
possibilité d’un néoplasme, une irradiation splé¬
nique de 500 R est pratiquée en même temps que le
malade est mis au lit et au régime strict. L’hémor¬
ragie intestinale cesse immédiatement et com¬
plètement. Le malade se remet vite et reprend
peu à peu l’aliincnlation. Un examen radiolo¬
gique complet ne révèle aucune anomalie. Tout
reste dans l’ordre jusqu’au 24 Octobre 1925 où
l’attention du malade, toujours en éveil depuis
l’alerte de Mai, est attirée par un changement
d’aspect des selles. Un examen de laboratoire est
pratiqué aussitôt : ces selles contiennent du
sang en abondance. Une nouvelle irradiation de
500 R de la région splénique est aussitôt prati¬
quée. Dès le lendemain, les selles ont repris une
apparence normale et le sang' en a disparu.
Depuis lors M. X... que nous avons revu à plu¬
sieurs reprises, et récemment encore, est resté en
parfaite santé.
Il est bien évident que notre malade n’avait
pas de néoplasme mais une ulcération simple, â
siège vraisemblablement duodénal. On connaît
bien les forme.s â symptômes intermittents de ces
lésions, en particulier celles qui donnent lieu â
des hémorragies uniques ou exceptionnelles.
Toutefois dans l’espèce, l’arrêt immédiat et com¬
plet, et â deux reprises, d’hémorragies qui la
première fois duraient depuis plusieurs semaines
et la seconde fois depuis plusieurs jours, a une
valeur qui nous paraît indiscutablement à mettre
au bénéfice de la méthode thérapeutique que
nous préconisons. Celle-ci a, dans l’espèce, déter¬
miné l’arrêt des hémorragies et il est pèrmis en
plus de se demander si en provoquant dans un
cas de ce genre l’augmentation de la coagulabilité
du sang, et en facilitant dès lors la formation des
caillots, on ne réalise pas aussi des conditions
ipii favorisent de façon importante la cicatrisa¬
tion de la ou des ulcérations.
Ces nouvelles observations qui s’ajoutent à
celles que nous avons déjà publiées montrent
bien l’intérêt puissant de la radiothérapie prati¬
quée suivant la technique que nous avons indi¬
quée dans certaines hémorragies occultes du tube
digestif et dans les métrorragies.
Elle peut également, et nous ne ferons que le
rappeler, ne voulant pas charger cet article
d’observations multiples, donner des résultats
excellentscomme méthode de traitement préventif
dans des cas d’épistaxis à répétition, ou comme
moyen hémostatique avant certaines opérations,
les avulsions dentaires en particulier, chez les
sujets à tendances hémorragiques.
Par contre, elle ne nous a pas donné de réaul-
282
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N" 18
tais très encourageants dans les hémoptysies ou
les héiiialuries rénales, type d'hémorragie qui est
d’ailleurs souvent parliculièremenl rebelle aux
moyens 1 hérapculiques. 11 y a là un contraste
remarquable avec les eü'els obtenus dans les
hémorragies utérines.
Notre expérience assez étendue maintenant
touchant les métrorragies nous permet quelques
conclusions à ce sujet. Dans les métrorragies très
fortes liées à un fibrome utérin, l'irradiation splé¬
nique nous a souvent donné des résultats excellents
en attendant que l'irradiation utéro-ovarienne
puisse produire ses effets habituels. Dans les mé¬
trorragies virginales, la stérilisation ovarienne ne
.peut. être qu'un pis aller. On a vanté dans.ces, cas
l’action jmremcnl hémostatique du radium (doses
suflisamment ]K‘liles jiour que la stérilisation ne se
produise pas). Mais cette méthode présente de gros
inconvénients : défloration, danger d’infection
ascendante dû à rintroduction intra-utérine, dan¬
ger de sténose en cas d'applications vaginales,
stérilisation involontaire parfois obtenue.
Pour ces diverses raisons, nous estimons
qu'avant toute application radiante directe sur
l'appareil uléro-ovarien, une ou plusieurs irradia¬
tions spléniques doivent être essayées qui pour¬
ront, comme dans les cas que nous avons observés,
mettre fin aux hémorragies et amener le retour de
règles normales. Ce n'est qu’en cas d’échec de
l’irradiation splénique que la stérilisation par les
radiations pourra être envisagée.
Dans les métrorragies de la ménopause, mé¬
trorragies non liées à un étal fibromateux évi¬
dent, l’irradiation splénique pourra aussi reiidre
de grands services à titre de méthode thérapeu¬
tique d’expeetalion, prête à faire place en cas
(l’échec, ou de récidives trop fréquentes, à l’exé¬
rèse chirurgicale ou à l’irradiation de rapi)areil
uléro-ovarien.
Travail du service de M. Armand-Delille
et du service de Radiologie de M. Laquerriére
hôpital Hùrold.
L’ÉTUDE DU WÉDIASTIN
PAU LA UADIOGUAIMIIR DE PROFIL
NOTIONS PRÉPARATOIRES
4 L'ÉTUDE DE L'ADÉNOPATHIE TRACHÉO-BRONCHIQUE
CHEZ L'ENFANT
Ch. LESTOCQUOY et R. LEHMANN.
Les descrii)lions clinicpies de l’adénopathie
lrachéo-bronchi(pie ont connu une excessive
richesse sémiologi(iUe. Mais des critiques légi¬
times les ont peu à peu (dépouillées du la plupart
ig. t. — Thorax normal d'
négative) vu on obliqua a
moyenne du médiastin, d
ombres h contours impréc
•Mux pulmoaairesi
enfant sain (cuti-réaction
rieuro droite. A In partie
î la bifurcation Irachénlo,
dues au passage des vnis-
des signes sur lesquels on basait le diagnostic.
L’exaiiien radiographique lui-même est souvent
impuissant à révéler les lésions ganglionnaires;
lorsque l’on dégage les ombres pathologiques des
ombres normales, et lorstjue, avec Delherm,
Duhem et Chaperon, on élimine les ombres por¬
tées par les pédicules vasculaires et, particuliè¬
rement, par les artères jiulmonaires, on arrive à
cette conclusion que les ganglions trachéo-bron¬
chiques ne sont que partiellement visibles de
face.
1“ Parmi les cinq groupes ganglionnaires
décrits par Baréty en 1874, le groupe principal,
groupe intertrachéo-bronchique, le plus souvent
atteint dans la tuberculose des ganglions médias¬
tinaux, ne ])eut être vu do face, parce qu’il est
caché derrière le cœur.
2” L’amas sus-bronchique droit, ou prélrachéo-
brunchique droit, est inconleslableinenl le grou}>e
le ])lus facilement visible et le professeur Marfan
a beaucoup insisté avec M. Barret sur l'impor¬
tance des ombres arrondies nettement limitées,
K bordant à droite la clarté trachéale en provo-
([uanl [)arfois ht dceiulion ou f inciiivalion et
dépassant nellemciil à droite les ombres portées
|)ar la veine cave supérieure et le tronc veineux
lirachio-céphalique droit ».
3" (Inanl au gi-oupc ganglionnaire, groupe
sus-bronchi(|ue gauche ou trachéo-bronchique
gauche, il est masqué par l’ombre de la crosse
aorticpie.
4° L’amas interbronchique gauche est complè¬
tement caché derrif're l’ombre cardiaque.
5" L’amas intcrl)ronchi(jU(( droit déborde, au
contraire, l’ombre cardiaque ; des ganglions jieu-
venl y être visibles aux rayons X. Mais le siège
d’élection des adénopathies lubercnlcuscs péri-
lrachéo-i)ronchi(|nes n’est point celle masse
intcrlrachéo-bronchi(|ue droite cl on n’v trouve
(pi’cxccptionnellemenl des ganglions.
Nous avons pu obtenir, grâce à la méthode
préconisée par Arrnand-Delillc (fixation en bloc
du contenu ihoraci(iue), des coupes anatomiques
parfaitement com]iarables aux radiographies
prises de face peu de temps avant la mort.
Ces éludes anatomiques et radiologiques com¬
parées montrent, très nellcmenl, l’insuffisance de
la radiographie de face, sauf lorsqu’il s’agit de
volumineux ganglions du groupe prélrachéo-
bronchique droit. Nous reviendrons sur ce jioint
dans une élude ultérieure.
En ruisjon de cette insuffisance de renseigne¬
ments ifpqFuis i)ar l’examen radiographique de
face, oji Is^cst arrêté à l’examen en oblique. On
admet assez généralement que l’examen radio¬
graphique en oblique donne des résultats faciles
à interpréter et que cet examen révèle aisément
rinlumescence des ganglions inlertrachéo-bron-
chiques, mais, d’autre part, il est frappant de
constater, qu’en pratique, dans les services de
radiologie, on pratique fort peu cet examen radio¬
graphique en oblique. Il est absolument excep¬
tionnel qu’un examen thoracique pour recherche
de l'adénopathiG trachéo-bronchique — qui com¬
porte toujours une radiographie de face — soit
accompagné d’une radiographie en oblique.
Le fait suivant explique le peu dusage fi
l’examen radiographique pratiqué en oblir
quand on pratique systématiquement l’exaiin
oblique, on trouve toujours, dans le médiastir
ombres sur la nature desquelles il est difl
à [iremière vue, de se prononcer, et l’interp
lion d’une radiographie en oblique se ré:
toujours à ceci : constatation d’ombres in
tantes dans l’espace clair rétrocardiaque (fi
se rapportant vraisemblablement à une adér
ihie niédiasline. La fréipiencc extrême
laquelle cette conclusion est jiorlée suffit i
ôter toute valeur dans la jdus grande partie
11 est certain, cependant, (jue de très vol
lieuses, masses ganglionnaires peuvent pro
au travers du médiaslin, vu en position ob
antérieure droite des ombres assez imporli
et assez nettes jioiir être, sans hésitation,
portées à une adénopathie trachéo-bronch:
Lue élude du médiaslin vu en projei
N» 18
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
283
oblique antérieure di'oite s’impose doue afin de
discriminel' les ombres normales des oiribres
pathologiques. -
1 /étude du médiastin normal vu de face et en
oblique comporte l’étude de la trachée et des
vaisseaux ]iulmonaii'es, artères et veines piilmo-
sulfiilo ■ rli- burvuin. I.e tronc du l’artère pulmonaire
droite AP, le confluent de.s veines pulnionaire.s droites
V.P.S. et V.P.l. dans roroilictte gauche OG se jjrojellent
au travers du médiastin.
naires. Nous avons donc pratiqué sur le cadavre
l’injection des artères et des veines pulmonaires
|)ar un liipiide opaque (sulfate de bai'yuin). Nous
avons ensuite radiographié le tliorax de face et
ensuite dans diverses positions de rotation juil-
monaire intermédiaires, entre la position fron¬
tale et la position sagittale. La radiographie prise
de face nous a donné une image exactement com¬
parable aux images que Delherm, Duhem et Cha¬
peron ont montrées les premiers, les artères pul¬
monaires donnant de véritables arborisations vi¬
sibles dans les champs pulmonaires homologues.
La rotation du thorax sous l’écran, de manière à
5. — Les vaisseaux piilinojiuire.s vus de profil.
Calque d’une radiographie prise après injection de.s
artères et des veines pulmonaires par le sullale de
rapprocher Tépaule droite de Técran, fait appa-
raitre do plus en plus le tronc de l’artère pul¬
monaire droite, et les veines soiis-jacentes, tandis
que les vaisseaux pulmonaires gauclies disparais¬
sent eomplèlement derrière l’ombre cardiaque,
l'iu position oblique antérieure droite, c’est-à-
dire le thorax étant placé de telle manière que
l'axe bi.scapulaire fasse avec l’écran un angle de
à.’)”, on voit l'lig. entre la colonne vertébrale
cl le cœur, un espace tout à fait clair en haut cl
ipii correspond à la Iracliée et à l’irsoiiliage ; im¬
médiatement au-dessous de la 5“ vertèbre dorsale,
point . qui correspond à la bifurcation trachéale,
la clarté médiastinale est traversée par le volu¬
mineux tronc de l’artère pulmonaire droite, obli¬
que en bas et en arrière et donnant ainsi une om¬
bre très importante dans le médiastin. Immédia¬
tement au-dessous se voit le volumineux con¬
fluent des veines pulmonaires gauches supérieu¬
res, moyennes et inférieures. La partie inférieure
du médiastin correspondant à l’espace rétro-car¬
diaque est, au contraire, tout à fait claire.
Pour compléter cette étude, nous avons enfin
elierclié à obtenir une coupe anatomique du
médiastin comparalile aux radiographies prises
en oblique. Un tliorax d’enl'aiit ayant été fixé en
bloc dans le formol, nous avons pratiqué une série
de sections parallèles passant obliquement à
travers le médiastin, c’est-à-dire donnant des
coupes verticales obliques en avant et à gaiiclie,
coupant à 45“ l’axe antéropostérieur. Sur la sec¬
tion passant au travers même de l’oreille gauche
i lig. 4), on voit le volumineux tronc de l’artère
pulmonaire traverser le médiastin; au-dessous de
lui, le conduent des veines pulmonaires droites.
Si l'on compare maintenant une radiographie
prise en position oblique antérieure droite sur le
vivant sur un, sujet d’apparence normale (fig. i)
à l’iniagc obtenue après injection des vaisseaux
pulmonaires (lig. 8) et si l’on en rajiproclic la
planche aiialoniiqiie homologue (fig. 4), on arrive
à la constatation que sur toute radiographie du
médiastin prise en oblique anléricnrc droite,
s’inscrit à la partie iiioyenne du médiastin, au
niveau des 5" et ü“ vertèbres dorsales, imiiiédialc-
ment aii-dessoiis de la bifurcation Iracliéalc,
l’ombre portée par l’artère pulmonaire droite cl
le conlluciit des veines pulmonaires droites supé¬
rieures et inférieures dans l’oreillelte gauche.
Une première conclusion nous semble découler
de cet ensemble de recherches ; la radiograiihje
du thorax prise en oblique permet dans certains
cas d’aflirrner l’existence d’une volumineuse adé¬
nopathie trachéo-bronchique, véritable tumeur
du médiastin. lin revaiielie, l’existeiice des
ombres larges, étalées, sans contours nets, por¬
tées par lesj vaisseaux pulmonaires, rend les
radiographies eu oblique inutilisables dans la
grande majorité des cas. Eu les examinant, il est
impossible d'anirmer ou do nier l’existence d’une
adénopathie inlcrtracliéo-bronchique de moyenne
importance, dont l’image- sc confondrait avec les
ombres vasculaires et dont il serait impossible
de la séparer.
Il nous a, dans ces conditions, paru nécessaire
de demander à la radiographie prise de profil,
Vig. h. — Cahjuo d’une coupe anutoiniquc verlicale diri¬
gée ohliqncmeiil en arriéré el a droite, Cüinj)arable an
calque radiographique (fig. 3), et montrant les rap])orts
de l’artère j)nhnonaire droite A. P. dr., ainsi que de
l’oreillette gauche O.lr. et des veines pulmonaires V.P.
avec le médiastin jfoslérienr. A, aorte ; ggl, ganglions.
l’aisselle droite étant appliquée contre l’écran,
des reiiseignenients plus précis.
La radiographie de prolil permet, et celle
constatation fera l'objet d'une élude ulléricurc,
aussi bien que la radiographie eu oblique, de
coiilirmcr l’cxislcncc d'une volumineuse adéno-
palhie inlcrlrachéo-lironchiquc.
La radiogi'apliie de profil jiratiqiiéc sur un sujet
CTI apparence sain (lig. 2) olfre inimédialcmcnl un
avantage considérable sur la radiographie en
oblique. Le niédiastiii ap]Tarait ici, en effet, dans
toute sa largeur et non plus dans une jirojection
ol)li(|uc qui en rétrécit forcément lu lumière. Le
tiers supérieur du médiasliii est moins aisément
lisible qu'en ül)li(|uc cl les ])édiciilcs vasculaii'cs
supérieurs du cieur robscui'cis.sent évidemment.
On distingue l•epelldalll neiieiTienI .la clarté Ira-
284
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N" 18
Par contre, le tiers moyen, 'au niveau des
5” et G* vertèbres dorsales, qui nous inlèrcsse
particulièrement, se montre clair dans son
ensemble.
Le tiers inférieur, large es[)acc clair triangu¬
laire qui sépare le bord postérieur de l’ombre
cardiaque du bord antérieur des corps vertébraux,
est traversé i)ar une série d'ombres linéaires iri'a-
diant à partir d'un point situé dans le tiers pos¬
térieur de l’ombre cardia(|ue. Ces ombres sont
iirtlemeiit tracées et ne prêtent, en aueunc manière,
il In eonfnsion aeec les ombres ganglionnaires.
11 y a donc de très grandes dill'érences entre
les ombres portées sur les radiographies prisi;s
en obliq\n; et de profil. Les clichés 1 et 2 ont éli-
pris successivcnient chez le même enfant dont la
radiographie de face montrait les <'hamps pulmo¬
naires et les hiles indemnes de toute lésion pul¬
monaire ganglionnaire visible et dont la cuti-
réai-tinn à la tuberculine avait été jtlusicurs fois
négative. La radiographie en position oblique
antérieure droite pouvait faire croire à l’existence
d’une adénopathie méditistine. La radiogr:q)hie
de proiil ])ermet d’éliminer cette hypothèse.
Nous avons pratique pour l’étude de la radio¬
graphie de profil les mêmes recherches que pour
les rapports lii' l’oivilletle (fiuiclie O.G. , de l’artère )>ic'-
monairo droite A.P. et du jfruiipe |,ooij,dionnaire inter-
I l'•tude de la radiographie prise en oblique :
Itijeetion des artères et des veines pultnotiaires au
sulfate de baryum, radiogrtqthie du thorax injecté,
coupes anatomi<iues sagittales en série du même
thorax.
lit! liguri' .') et les schémas G, 7, (Sel !.• ont été
ainsi obtenus.
La radiogra|)hie de proiil du lliorax injecté
(lig. b) montre nettement le triu é du tronc de
l'artère puhmmaire obliipie eu arrière cl légère¬
ment en haut, sa bifurcation et le trtijet de l'ar¬
tère pulmonaire droite ohliipnt en bas et en
arrière le long du bord ])osl(’'rieur du eieur au
niveau des 5'' et G'' vertèbres dorsales. Mais déjà
on voit l’arlèi'e pulmonaire droite ahandonner sou
rameau lobaire supérieur droit tpii remonU' s'é|)a-
nouir au travers de l’étage supérictir du médias-
tin. et son rameau lobaire moyen qui se dirige
ohli(|ueinent en bas et en avant sans rap|)ort avec
le médiastin. Le médiastin reste donc libre au
niveau des 5' et G' vertèbres dorsales et les bran¬
ches de divisions de l’artère pulmonaire destinées
au lobe inférieur droit viennent s'épanouir au tra¬
vers de la partie inférieure de l’espace clair rétro¬
cardiaque. Les veines pulntoiiaiVes |)orttmt des
ondires superposables aux onihre.s artérielles.
Les schémas anatomiques (fig. G et 7) ont été
obtenus par la superposition d'une série de
ealcjues pris sur les coupes pratiquées dans le
sons sagittal de centimètre en centimètre ; ils
montrent la disposition de la trachée et des
bronches et les rapports des artères, des veines
pulmonaires et des oreillettes avec la colonne
vertébrale et le médiastin. Etroitement su[)erpo-
-- (ioiipo aiiatoiiiique sng'illale paraiiuMliano ilroile
jmssaiil j»ai' Ja vciiu* cave inférieure V.C.I. .L’oreilleth^
yaiiche Ü.(i. est luujours frnnchemenl inédiaslinalc
|)t)îitériiMire. O.D., oreillette droite. Tlr.d., bromlK*
droite. .\P.dr., artère pulmonaire droite.
sables à la radiographie prise de profil, ces sché¬
mas permettent d’en mieux interpréter les élé¬
ments et montrent, tout aussi netteinenl, qu’aucun
organe important ne vient traverser l’étage
moyen du médiastin au niveau des b'' et G" ver¬
tèbres dorsales, c’est-à-dire au nioean de l'aire
ganglionnaire radiologique .
Les conclusions qui nous paraissent devoir
ressortir de cette étude sont les suivantes :
f" L'a radiographie, prise en oblique, montre
toujours dans la partie moyenne du médiastin des
ombres massives, mal limitées, à contours flous
sur la valeur des(pielles il est impossible de se
l'ig. lu. — (!ihi|k* aiiat(>iiii(|iii' l'i'iiiitale inealraitl les rau-
IMicIs (les bniiiches. Hi’.d. et fil'.}?., de fu l)ifuiTatiiia
tracliéab-, des g-aiijflioiis intrrli'aclKMi-hniacliiiiiic.s fjtrl.
cl de rdrcillcllc (iiiiiclio 0(!.
prononcer. Ces ombres, dues au passage des
gi'os vaisseaux pulmonaires droits et, notam¬
ment, au eOTilhnmt des eeines pulmonaires droites
dans l'oreillette gauche, empêchent d'affirimu- ou
d'infirmer un diagnostic d’adénopathie traehéo-
hronehique, en dehors des cas oi'i il s’agit de
véritables tumeurs du médiastin.
2" La radiographie prise de jirofil sur un sujet
indemne d’adénopathie traehéo-broneliique ne
montre pas d’images capables d’induire en erreur,
mais seulement des ombres linéaires, d’iliterpré-
lalion facile et (pi’il est aisé de rapporter à des
ombres vasculaires. Alors qu’une adénopathie
[irise en position ohli((ue antérieure droite [lei'-
mel l’hésitation, et peut faire croire à une adéno¬
pathie qui n'existe pas, la radiographie de profil
laisse clair dans le médiastin du sujet sain la zone
située à la hauteur des 5” et C'^ vertèbres dorsales
et au niveau de laquelle on doit rechercher
l’adénopathie iniertraehéo-bronchique i comparer
lig. let2L
t'onsluntes ali Usées.
(ioiiUicl tournant du GalllV.
Ktincclle éf|iiivaleiile . *•> à 11 cm.
Kilovolts . SO environ.
Milliampères . '25 à 30.
Distance de l’ainpoulc . 0 m. 80 è 1 ni.
Temps de pose : oblique. . . . ‘2.5 de seconde.
Temp.s de pose : proül . 3 5 de secon.di'.
LK
PROCÉDÉ « PAUL DELMAS >>
irÉVACUATION EXTEMPORANÉE RAPIDE
m l/UTÉUÜS GHWIDE A TERME '
Par E. MACIAS DE TORRES
Mi'ilerin-chef de In Clinique gyniScologique
La méthodi; d’évacuation extemporanée de
l’utérus en lin de grossi.'ssc, de Delmas, a causé,
comme chacun sait, une [irofonde sensation dans
le [lublic profane qui eu a pris connaissance par
la presse quotidienne.
i’arini les accoucheurs, elle a été accueillie de
diverses manières : tandis ([Uc Sa[)})ey (élève de
Delmas) en fait l’éloge sans réserves et accepte
l’opinion de De Ifouville pour qui, grâce à ce
[iroeédé, raccouchemenl se fait « agréablement,
joyeusement, de manière tout à fait attrayante <•,
d’autres, an contraire, tels Garlini, la jugent
comme inférieure au procédé de dilatation de
Dossi et comme devant être écartée en raison des
dangers de la dilatation foreée et de la raehi-
analgésie.
.Monluoro la <[ualilie encore plus duremeul.
disant (jiie le jirocédé est brutal et ne saurait
comporter que des indications exceptionnelles.
.\ l’appui de sou opinion, cet auteur cite le cas de'
Dalard ([ui, o|)éranl une extraction du siège sous
raehi-analgésie, a observi' la rujiture d’un utérus
infantile (ce ([iii, à mon jugi.mienl, ne peut être
porté à la charge du procédé Paul Delmas, pas [ilus
([lie de la rachi' et dit que l’ojiéralion n’est jiriitiquée
aeluellement que [lar snobisme et qu’elle tombera
rapidement dans l’oubli; il ajoute comme Garlini
([ue la dilatation à la Rossi est préférable à la
méthode de Paul Delinas.
D’autres auteurs français, Forgue par exemple,
l'ormulenl «[uelqiies réserves sur celle méthode;
De Uouville, Goll de Garréra, lloume s’eu mon-
ireiil partisans et citent des cas personnels heu¬
reux. Gomme on le sait, la méthode d'acconche-
menl exienqiorané de Paul Delmas se eomiiose de
trois lenijis fondamentaux :
l" Raehi-analgésie basse.
2'' Dilatation il’ahord digitale, puis jnanuelle du
col utérin, réalisée rapidement.
l'ixiraclion du helus après version podaliipie
pai' mameuvres internes dans la majeure partie
des cas. exceplionnellemeul par forceps. Déli-
séioiee (la 'i'J IV'vrii'i' ItCiS, in Jlidl. de la Soc. d'Ohst. et
de Oi/Ii. de Pniis, .Avril 1928, p. 'il;).
2. Non; nu rnADUCTECii. — La lüiq;iu'ur de l'arliele de
.M. .Mueias de Torres ne nous perniel pus de donner ici
une trudiu'lion intégrale. Certaines parties de eo travail
Sont donc résumées. Ce sont eofles qui ont trait pla.s ])ar-
licalièreinent aux généralités eoncernant le procédé, l'ar
oontre, nous avons suivi de très pri'‘S le texte que nous
Iradaisons dans son intégralité là où l’auteur donne son
opinion personnelle basée sur des l'nits d’e.vpérienee. '
N» 18
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
285
-Vf ance par les moyens habituels lorsque le délivre
.n‘est pas expulsé spontanément.
L’auteur indique que l'existence de cicatrices
opératoires ou pathologiques du col contre-indi¬
que la méthode, et Forgue ajoute, fort judicieu¬
sement à mon sens, que les infections du canal
génital constituent également une conlre-indica-
lion absolue. Couiine on le voit, le procédé de Paul
nelnias ne peut être qualifié d’original puisqu’il
consiste à combiner trois procédés : les uns très
anciens comme la dilatation forcée du col par
manœuvres manuelles, l’extraction par version
par manœuvres internes, et l’autre plus récent : la
rachi-analgésie. Ce qu’il y a de neuf et d'intéres¬
sant dans la méthode, c'est d'aeoir démontré que,
sous l'action de ht rachi, la dilatation du col est
obtenue de manière ex trêmement rapide, sans qu'il
se produise de traumatisme appréciable des tissus
maternels.
Fn ce qui me concerne, j’ai quelque expérience
de la dilatation manuelle du col utérin, un assez
grand entraînement à la version par manœuvres
internes, et une grande habitude de la rachi-
analgésie (plus de deux mille cas personnels).
Pour ces raisons, je me suis cru autorisé à essayer
le procédé de Paul Delmas dès que l’occasion
s'en présenterait. Le cas se présenta en Juillet
dernier.
Il s’agissait d’uno femme de 36 ans, originaire
d’Oviedo, qui depuis l’àge de 22 ans présentait des
attaques que le médecin traitant qualifiait d'épilepsie.
Cette femme a eu 9 grossesses antérieures : le pre¬
mier enfant mourut pendant l’expulsion: les autres
vivent en bonne santé. Actuellement, grossesse de
8 mois 1/2 : pas d’attaque d’é])ilepsie depuis le début
de la grossesse.- Souffre d’une dyspnée s’accentuant
au moindre elfort, et présente un certain dérange¬
ment mental ; mauvais état général depuis un mois.
Fond utérin à 29 cm. au-dessus du pubis ; fœtus
vivant en O. I. G., non engagé. Auscultation du
cœur, éclat du second bruit.
Tension Mx : 24, tension Mn ; 10 1/2 (Vaquez).
IJisque d’albumine très dense dans l’urine. Azotémie :
ü gr. 56. Globules rouges : 1.715.000. Leucocytes :
8.300. Formule normale.
Saignée de 600 gr. et diète aux fruits pendant vingt-
quatre heures. La tension, qui après la saignée avait
baissé à 21, remonte à 25 pendant que l’obnubilation
intellectuelle s’accroît. Pendant trois jours, diète aux
fruits sans le moindre liquide, et 24 sangsues par
jour derrière les oreilles : la tension monte cepen¬
dant à 26, l’état mental s’aggrave sous forme d’un
délire furieux nécessitant l’emploi de la camisole de
force. Cet état commande l’intervention.
Anesthésie rachidienne entre la 3“ et la 4“ lom¬
baire ; injection d’une, ampoule d’allocaïne Lumière
(solution C il 5 pour 100). Préparation de la région
vulvaire et vaginale avec la teinture d’iode à 10 p. 100.
Mise en place de champs stériles: j’introduis le
spéculum vaginal de Guttman et le col est attiré en
bas à l’aide de deux pinces de Museux placées l’une
sur la lèvre antérieure, l’autre sur la lèvre posté¬
rieure du col ; dilatation du trajet cervical avec les
bougies de Ilégar, puis mise en place du ballon de
Champetier de Uibes de 12 cm., gonflement du ballon
au maximum avec de l’eau stérile, traction manuelle
du ballon sous le contrôle de la vue, le spéculum de
Guttman étant laissé en place.
En deux minutes : col complètement dilaté sans
lésions apparentes. Le ballon étant extrait hors de la
vulve on attend trois minutes, après quoi ou procède
à la version, suivie d’extraction réalisée sans aucune
précipitation en quatre minutes. Enfant vivant qui
respire avec quelque difficulté mais qui reprend vite
une respiration normale sous l’influence des ma¬
nœuvres habituelles de respiration artificielle.
On attend encore dix minutes : le placenta demeure
adhérent, injections funiculaires d’eau stérilisée sui¬
vant le procédé de Mozon-Gabaston, lu placenta est
rapidement expulsé, sans hémorragie. Injection do
Sécuoornine Hoche. L’intervention a duré en tout
vingt-cinq minute» et, comme cela est naturel, est
restée totalement indolore.
Suites opératoires absolument normales. Au bout
d’une semaine, la pression était redevenue normale et
deux jours après, l’état mental était parfait. L’enfant
s’est développé normalement : la malade quittait la
clinique dix-huit jour» après l’intervention.
A propos de cette observation, nous passerons
rapidement en revue un certain nombre de points
particuliers sur lesquels nous croyons bon d’in¬
sister.
I. iMODIFIC/VTIO.NS AI*l'OnTKESAU/HOlf«s'oyjern/i(//.
—Modifications de détail sans importance concer¬
nant le choix de la solution analgési([ue, de l’aL
guille, des moyens de préparation du champ
opératoire : à cet égard, nous avons usé des
moyens qui nous sont familiers, ce qui ne signifie
pas que nous jugions les antres pratiques défec-
A notre sens, les modifications les plus impor¬
tantes que nous avons apportées à la technique
concernent l’emplui du ballon de Champetier au
lieu de la dilatation manuelle, et la réalisation de
la dilatation sous contrôle de la vue.
Le ballon nous paraît plus aseptique que les
doigts même gantés, parce qu’il ne pétrit ni ne
malaxe les tissus du col ; il réalise une dilatation
plus douce, plus uniforme et plus élastique que le
doigt ou que la main parce qu’on agit avec une
surface lisse, régulièrement conique à base supé¬
rieure et qui, étant d’un contenu liquide incom¬
pressible, traumatise pou ou pas; le ballon, enfin,
a l’avantage d’être exactement de même dimension
(pie les ovoïdes fœtaux qui doivent passer après
lui. D’un autre c(4té, procéder sous le contrôle
de la vue grâce à un spéculum donne la possi¬
bilité de suivre pas à pas la dilatation du col et
de la suspendre pour la reprendre ensuite au cas
où surviendrait la moindre fissuration. En outre
l’accoucheur, exerçant la traction du ballon avec
sa main, peut réaliser un effort de 0 à 25 kilogr.,
à peu près, graduable à volonté et susceptible à
tout moment d’être suspendu ou modifié.
Le reproche que l’on peut adresser aux ballons
de s’abîmer facilement et de coûter cher ne doit
pas cire pris en considération dans une affaire de
cette importance. Enfin la dilatation au ballon
est pour l’accoucheur moins fatigante que la dila¬
tation manuelle et elle est au moins aussi rapide ;
seul est un peu plus long le temps préliminaire
de mise en place et de gonflement du ballon, ce
qui, après tout, n'a aucune importance.
Enfin, peu nous importe que le ballon déplace
la présentation, puisque, le plus souvent, il faudra
terminer l’accouchement par une version par
manœuvres internes.
La dilatation complète du col, effectuée à l’aide
du ballon, chez des multipares, demande (d’après
nos observations) de quatre à six heures, avec une
traction continue de 1 kilogr. lorsqu’on la réalise
sam* anesthésie ; sous rachi-analgésie, dans notre
cas, elle fut ob:enue en deux minutes.
II. IXCONVKXIIÎXTS ET DAXCEIIS ])E LA .METHODE.
- • L’évacuafion extemporanée de l’utérus étant le
fait de la combinaison de trois procédés déjà
classiques et bien connus, ses inconvénients et
ses dangers seront ceux de la version par ma¬
nœuvres internes, plus ceux de la dilatation rapide
du col, plus ceux de la rachi-analgésie. Il convient
reiiendant de remarquer que la rachi rend plus
facile et presque sans danger la dilatation rapide.
Les dangers de la rachi sont bien connus et si
nous laissons de côté les effets traumatiques de
l’aiguille (sans importance quand on ponctionne
au-dessous de la seconde lombaire) ainsi que les
parésies et paralysies que nous n’observons plus
avec les produits dont nous disposons de nos
jours, il ne reste à envisager que la syncope car¬
diaque d’origine bulbaire qui peut être mortelle.
Dans l’ensemble de nos anesthésies rachidiennes
(qui comportent plusieurs centaines de cas), nous
avons observé un cas de mort à l’époque où nous
n’employions pas encore l’injection intraveineuse
d’adrénaline contre la syncope et six cas de syn¬
copas graves mais qui purent être vaincues. De
ce» six malades, trois présentaient des lésions
cardiaques valvulaires, une autre une myocardite
et' les deux autres étaient des hypoten(iues sans
lésions cardiaques apparentes.
Cependant, pour notre part, chez les hypoten¬
dues sans lésion cardiaque, nous ne pensons pas
(lue l’anesthésie rachidienne soit absolument
contre-indiquée ; il faut néanmoins tenir prête la
seringue avec l’adrénaline; chez les cardiaques à
lésions compensées, mieux vaut faire une narcose
à l’éther.
■Ainsi, pour le plus grand nombre des partu¬
rientes, à qui on peut appliquer le procédé Paul
l)(dmas, femmes jeunes à pression normale ou
hy])()teudues de manière purement passagère, la
rachi-analgésie présente peu de dangers ipii, par
ailleurs, peuvent être prévus et comballus de
façon efficace.
Les dangers de la dilatation du col comportent
la possibilité de déchirure et les ris(iues d’infec¬
tion. Contre l'infection exogène nous sommes
armés : l’emploi du ballon est à cet égard recom¬
mandable. S’il existe une infection virulente du
tractus vaginal, l’évacuation extenqioranée se
trouve contre-indiquée comme toute autre inter¬
vention par voie vaginale d’ailleurs, l’accouche¬
ment spontané demeurant lui-même dangereux.
De même le risque de déchirure du col doit
être considéré comme très léger : le grand mérite
de Paul Delmas a été de nous montrer que la rachi
supprime la tonicité du sphincter du col de
l'utérus gravide, comme elle supprime la tonicité
du sphincter anal, du sjihincter du pylore, etc...
Propriété d’autant plus remarquable et paradoxale
même à mon sens, que j’ai observé souvent que
des femmes qui siqiportaient sans douleur ni
sensation désagréable des jiérinéorraphies, des
amputations du col, pratiquées sous rachi, accu¬
saient des douleurs et des désagréments pour la
dilatation de l’orifice int('rne aux bougies de
Ce fait d’expérience m'amène à admettre comme
très vraisemblable l’opinion de cei'lains auteurs
suivant laquelle la constitution anatomique du
col, de fibreuse et élastique qu’elle est à l’état de
vacuité de l’utérus, se transforme en musculeuse
durant la gestation : il se crée à chaque gros.sesse
un- véritable sphincter cervical.
Quant au danger de déchirure, il est véritable¬
ment minime surtout en opérant avec le ballon et
soms le contrôle de la vue.
Pour ce qui est de l’extraction de l’enfant (ex¬
traction du siège a])rès version par maïuBuvres
internes), deux seuls risques sont à envisager,'
dans le cas particulier de la méthode Paul Delmas :
le danger d’infection et le danger de riqiture du
corps utérin ou du segment inférieur.
Pour le danger d’infection nous avons dit plus
haut ce qu’il en fallait penser ; quant à la possibi¬
lité de rupture du segment inférieur, il faut tenir
compte du fait que dans la majeure partie des cas
où l’on fait appel au procédé de Paul Delmas, la
version est réalisée dans les meilleures conditions,
au moment d’élection, alors que le plus souvent, les
contractions uUuûnes n’ont pas encore débuté, la
poche des eaux étant intacte : la version est donc,
ordinairement, d’une étonnante simplicité, ainsi
que le dit l’auteur du procédé ; en outre, même
lorsque les eaux se sont écoulées, la rachi relâche
r utérus et facilite la version, fait que Paul Delmas
signale dans sa communication et que nous avions
déjà observé ; relâchement identique du périnée,
ce qui a une singulière importance surtout chez
les primipares pour l’extraction de la tète der¬
nière.
L’utéruB, une fois vide, revient sur lui-même
de façon absolument normale et même de manière
plus vigoureuse comme il nous a été possible de
l’observer dans les opérations césariennes et
ainsi que l’ont déjàjsigualé d’autres auteurs.
286
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N» I8j
III. Gontiie-indicatioxs. — Le» contre-indica¬
tions absolues à l’emploi du procédé de Paul Del¬
mas sont : l’existence de cicatrices inextensibles du
col utérin ou du vagin (qui doivent être traitées
par la méthode sanglante ou qui relèvent de la
voie haute), la disproportion fceto-pel vienne, et
l’infection du canal vulvo-vagino-cervical.
L’évacuation extemporanée rapide de l’utérus
gravide à terme ou ])rès du terme est une inter¬
vention qui, pour être menée correcleinent, doit
être pratiquée dans une clinique bien aménagée et
/)«/• H7I mcdccin spécialiste ; elle n appartient pas
pour l'instant à l' omni-praticien et ne doit pas
être réalisée à domicile, sauf bien entendu dans
les cas d’extrême urgence qui restent la minorilé.
IV. I.xnic.VTioxs DU piiociîDiî. — Le procédé
nous paraît indi(pié cha(|ue fois que, pendant les
derniers mois de la grossesse ou qu’au cours du
travail, il convient de vider ruiérus, c’esl-:\-dire
qu’il faudra mettre en (juivre ce procédé dans
raccouidiement prématuré jirovoqué, pour mala¬
die de la mère ou dé velo[)pement excessif du
hetus, ou bien pour rétrécissement pelvien; dans
le ])lacenta [u-evia, rapo])lexie utéro-placentaire,
la toxémie gravidique, l’éclamjtsie, la mort habi¬
tuelle du hetus, etc.
Dans tous res cas, nous estimons le procédé Paul
Delmas très supérieur à tous ses similaires, même
lorsque l’évacuation de l’utérus n’est pas consi¬
dérée comme urgente. A mon sens, tous les prn-
SOQÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DE MÉDECINE
26 Février 1929.
Les principes directeurs du traitement des sup¬
purations pulmonaires. — MM. Emile Sergent,
A. Baumgartner et R. Kourilsky. Les .sujjpuralions
pulmonaires sont une des éveiUuulilés palIiologi(iues
devant lesquelles se brisent les efforts de la théra¬
peutique médirale. Les médecins assistent, trop sou¬
vent impuissants, à un dénouement fatal qu’ils pré¬
voient et qui est d'autant plus pénible que cette ma¬
ladie frappe des sujets en pleine santé et que la mé¬
decine devrait pouvoir guérir.
S’il est des abcès du poumon qui, souvent, guéris¬
sent spontanément au prix de quelques vomiques
libératrices, tels les abcès aigus des pneumonies et
broncliopneumonies, il en est d'autres qui, d’emblée,
s’installent avec des caractères de malignité progres¬
sive, tels les abcès putrides à tendance évolutive
chronique. Contre ces derniers, il n’est aurune médi¬
cation, ni spécillque, ni cliirniotbérapiquo, qui puisse
se vanter d'ètre eflicace. Au processus de suppura¬
tion s’ajoute un processus de sphacèle et de sclérose
nécrotique qui s’étend progressivement et provoque
dans le poumon des délabrements profonds et irré-
Si, parfois, la bronchoscopie avec aspiration assure
un dr ainage qui. spontanément, est insuffisant, il est
rare qu’elle suffise à donner la guérison définitive.
La seule ressource est l’intervention chii-urgicale.
"l’cup souvent, le médecin hésite fi y l’ccourir parce
que la mortalité opératoire est réputée considérable.
Cependant gri\cc aux progrès déjà réalisés, depuis
ces dernières années, jrar la chirurgie thoracique,
on peut dire que le risque opératoire est moins à
redouter que les dangers, presque toujours mortels,
que fait courir au malade un abcès putride chroui<[ue
livré aux seules ressources de la thérapeutique médi¬
cale. Les auteurs, se basant sur une expérience de
trois années, insistent sur la nécessité de ne pas
hésiter à recourir à l’intervention chirurgicale, dès
que la suppuration s’installe dans l’état de chroni¬
cité. Ils indiquent les principes essentiels qui doivent
régler la technique opératoire. Ils montrent qu" les
progrès déjà accomplis dans cette voie deviendront
plus rapides et plus sûrs, si une collaboration étroite
et constante du médecin et du chirurgien est assurée
par l'organisation de services mixtes, médico-chirur¬
cèdes d'oueerture rapide et non sanglante du eol
doivent disparaître an hénéflce de la méthode de
Paul Delmas qui a l’avantage d'âtre beaucoup plus
rapide et h beaucoup de points de vue moins dan¬
gereuse. Ceci peut également être dit pour ce qui
concerne les incisions du col et la césarienne
vaginale que le procédé Paul Delmas remplace
avantageusement parce que aussi rapide, sinon
plus, et de plus non sanglant.
V. PeiIFHCTIO.VXIÎ.MIÎNTS a la -MÉTHODE. — Ia'
jierfectionncinenl le ])lus urgent, en dehors de
l’eniijloi du ballon de Ghauijjetier comme agent
de dilatation, serait de su])i)rimer la version et
l’extraclion manuelle ou même le forceps et d’ob¬
tenir l’expulsion spontanée dans un délai plus
court que la durée de l’anesthésie rachidienne, si
la chose pouvait être obtenue jiar la ])ituitrine ou
])ar un j)rocédé mécanicpie quelconque non dan¬
gereux pour la mère et l’enfant. Gc serait là nn
])as décisif fait vers raccouchernent sans douleur
dans la parturition normale.
VL La -MÉTHODE Paul Delmas peut-elle éthe
CONSEILLÉE ACTUELLE.ME.XT POUlt LES CAS NOHMAUX?
— Non, actuellenient ; mais nous pensons que
chez une femme enceinte à terme, qui désire
accoucher sans douleur et à heure déterminée et
qui, consciente des petits risques que l’accouche¬
ment conqiorte dans ces conditions, les accejite,
(pii ])ar ailleurs a le consentement de sa famille.
gicaux, dans lesquels seront observés et traités les
malades atteints de suppurations pulmonaires, ainsi
que cela a été déjà réalisé dans plusieurs pays étran¬
gers -
M. BezançoD, comme M. Sergent, pense que la
distinction entre abcès aigus et chroniques est très
importante, qui commande toute la thérapeutique,
sur laquelle il reviendra dans lu prochaine séance.
Le secret médical- — M. Balthazard, au nom de
la commission spéciale, apporte un rapport complé¬
mentaire dont les conclusions sont résumées dans le
v(nu que « le secret médical soit respecté dans les
lois sociales et en particulier dans les assurances
sociales, le contrôle technique médical bien organisé
convenant mieux pour prévenir et réprimer les abus
que l’inutile communication du diagnostic des mala¬
dies à un personnel administratif ».
Election. — M. Tiffeneau est élu directeur géné¬
ral des laboratoires du contrôle des médicaments
anti.syphili tiques.
Erratum — L’auteur de la communication sur
la farine d’arachides, dans la dernière séance, est
M. Boigey.
A. Bogage.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
23 Février 1929.
Obtention par sélectlonnement de cultures ho¬
mogènes et stables de streptocoques. — MM. E.
Sacquépée, M. Liégeois et J. Fricker, par l’obser¬
vation de certaines particularités biologiques du
streptocoque, ont été amenés à se demander si, con¬
trairement à une conception tacitement acceptée,
une culture de ce germe n’était pas formée d’indi¬
vidus possédant des caractères de culture différents.
Obéissant à celte hypothèse nous avons, à partir
d’une souche très granuleuse, jiraliqué de nouveaux
isolements sur gélose. Douze colonies bien isolées
furent repiquées chacune en bouillon ordinaire et
donnèrent des cultures filles dont la plupart demeu¬
rèrent granuleuses et instables; par contre, quel¬
ques-unes fournirent une culiure qui resta stable
pendant plus de 24 heures, temps largement suffi¬
sant pour faire une agglutination.
Pour d’autres cultures, également très granuleuses,
ce même résultat ne fut obtenu qu’après quatre iso¬
lements successifs, emportant chaque fois des cul¬
tures les tpoins granuleuses.
Il semble Üonc bien exact qu’une même souche de
nous n’avons pas le droit de refuser l’interven¬
tion. Accepter de mettre en œuvre le procédé,
dans ces conditions, ne signifie pas que l’on en
méconnaît les inconvénients ou même les dangers,
mais comme techniciens chargés de mener à bien
l’opération nous n’avons d’autre mission que de
réduire le risque au minimum.
Dans notre vie moderne, dans un but de con¬
fort plus grand et pour éviter les ennuis et la
fatigue d’un long ou court voyage à pied mais
sans risques, ne nous exposons-nous pas à des
dangers réels en utilisant le train, l’automobile,
voire l’aéroplane pour nous transporter d’un lieu
à un autre ? Pourquoi une femme ne pourrait-elle
accepter certains risques pour accoucher sans
douleur ?
Entendons-nous bien ! Après tout ce que nous
avons dit, nous ne pensons pas que le procédé
que nous commentons soit une chose achevée et
parfaite. Au contraire, nous croyons qu’il se
trouve encore à ses débuts et qu’il aura ses vic¬
times que je souhaite peu nombreuses et qui ne
seront que jiarini les patientes volontaires. Mais
il est impossible de refuser à Paul Delmas le
mérite d' avoir fait le premier pas important vers la
solution d'un problème aussi intéressant que celui
de r accouchement sans douleur, rapide et à heure
propice.
(Traduit de l’espagnol par le D'' J. Coll de Cakréka,
professeur agrégé d’obstétrique
à la Faculté de Médecine de Montpellier.)
streptocoques soit formée d’individus ayant des pro¬
priétés culturales différentes.
La présence d’éléments filtrables du bacille de
Koch dans le liquide d’ascite de la cirrhose atro¬
phique de Laennec. — MM. Emile Sergent et B.
Priboiano, dans 2 cas sur 4, ont obtenu, par l’ino¬
culation du liquide d’ascite de la cirrhose atrophique
ascitogène de Laennec, des lésions comparables à
celles provoquées par Tultravirus tuberculeux. Les
résultats comparatifs par inoculation de liquide
filtré et non filtré ont été identiques. Ils en con¬
cluent que le virus tuberculeux n’existe pas dans le
liquide ascitique sous la forme bacillaire, mais à
l’état d’ultravirus.
Nouvelles recherches sur le virus de l’encé-
phalo-myélite enzootique (maladie de Borna). —
MM. S. Nicolau et I. A. Galloway montrent que
le virus de la maladie de Borna est difficilement
adsofbable par le noir animal et par'le kaolin, et
ceci, quel que soit le pu utilisé dans les mélanges.
Injecté dans les veines en doses répétées, le sto-
varsol apparaît dépourvu de toute action préventive
ou curative.
Le permanganate de potassium est un mauvais
antiseptique vis-à-vis du virus de la maladie de
Borna.
Les auteurs ayant dans l’esprit le fait que les
ullravirus ont plus d’une propriété commune avec
les toxines, et connaissant l’action de l’extrait de
foie sur ces dernières, font des essais de neutrali-a-
tion in vitro du virus de Borna, à l’aide des extraits
de foie frais de lapin. Les résultats sont négatifs
tant pour le virus de Borna que pour le virus herpé-
Encéphalo-myélite enzootique expérimentale;
Infection par cohabitation, par introduction de
virus dans l’estomac et par vole Intramusculaire.
— MM. 1. A. Galloway et S. Nicolau. Dans la
névraxile enzootique expérimentale (maladie de
Borna), la contagion de cage est possible, à condition
que les animaux soumis à la contagion soient jeunes.
On peut mettre en évidence l’infection latente des
animaux contaminés avec le virus de Borna, en pro¬
duisant chez eux uu traumatisme cérébral. L'injec¬
tion d’eau physiologique stérile sous leur dure-mère
réalise un tel traumatisme.
On peut, quoique diffieilement, infecter de jeunes
lapins en leur introduisant du virus à l’aide d’une
sonde, dans l’estomac, sans administration préalable
de bile.
L’infection par voie intramusculaire est facilement
réalisable chez le lapin.
N* 18
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
287
L’Immunité dans l’encéphalo-myélite enzootique
expérimentale. — MM. S. Nicolau, I. A. Gal-
loway et N. Strolan relatent leurs essais d'immu¬
nisation faits sur des lapins. Des inoculations intra¬
dermiques d’émulsion de virus de Borna, réparties
sur une surface limitée et répétées 2 fois en 6 jours
d’intervalle, ne confèrent pas l’immunité.
Le virus formolé inoculé dans le muscle du réble
peut conférer l’immunité aux lapins, mais d’une ma¬
nière très inconstante.
Le même virus formolé, mais introduit par voie
sous-dure-mérienue à plusieurs reprises, immunise
les animaux également de façon inconstante. Un
singe traité de cette manière (6 injections cérébrales
de virus formolé) se montre sensible à l’inoculation
d’épreuve.
L’émulsion de virus de Borna dans de la glycé¬
rine pliéniquée, injectée dans le muscle du râble,
rend les animaux réfractaires à une inoculation céré¬
brale virulente d’épreuve.
Les auteurs ont pu mettre en évidence in vitro
des anticorps virilicides dans le cerveau de certains
lapins immunisés.
Une expérience d’immunité croisée entre le virus
poliomyélitique et le virus de Borna, entreprise sur
un singe immunisé contre la poliomyélite, a fourni
\in résultat négatif.
Réaction de fixation du complément chez les
lapins immunisés '.contre le virus herpétique. —
M. N. Stroian. Chez les lapins immunisés contre le
virus herpétique et ayant résisté à une ou plusieurs
inoculations intracérébrales d’émulsions herpétiques
virulentes, non seulement le sérum contient des anti¬
corps, mais aussi, et surtout, certains organes. Le cer¬
veau, les capsules surrénales, le testicule ou l’ovaire,
le foie, la rate et la moelle osseuse en renferment
beaucoup moins que les organes énumérés*.
Sur la septinévrite provoquée par le virus her¬
pétique introduit dans le cerveau de lapins. —
L. Kopoiowska et M. N. Stroian. Les souches
d’herpès fraîchement isolées chez l’homme, et qui ne
sont pas admises à de fréquents passages de cerveau
â cerveau chez le lapin, introduites dans le cerveau
de cette espèce animale, provoquent la septinévrite
d’une manière plus fréquente que les souches entraî¬
nées et adaptées au névraxe par de longues séries de
passages cérébraux.
Sur le rôle du poumon dans le métabolisme des
graisses. — MM. H. Hoger, Léon Binet et J.
Verne montrent que, chez la grenouille normale, qui
a reçu de l’huile d’olive dans l’intestin, on trouve
dans les capillaires sanguins du poumo» des glo¬
bules gras qui présentent des images d’attaque. Si
on a extirpé le poumon avant l’administration de
l’huile, le foie est surchargé de graisse, mais il sem¬
ble incapable de suppléer complètement le poumon
et des gouttelettes graisseuses, franchissant la bar¬
rière hépatique, vont se fixer dans d’autres organes
Sensibilité du chat vis-à-vis du streptocoque;
Immunisation locale. -— MM. L. Kandiba et E.
Sadowsky. Le chat se prête bien â l’étude du strep¬
tocoque en raison de sa grande sensibilité vis-à-vis
de ce microbe. Les souches d’origine animale (du
chat, du cheval), comme celles d’origine humaine
(scarlatine, infection puerpérale), sont pathogènes
pour cet animal. La septicémie chez le chat s’accom¬
pagne d’hémolyse. Le chat est sensible à l’injection
intrapéritonéale de streptocoques sûrement tués.
L’action spécifique immunisante locale de l’antivirus
de Besredka ressort avec netteté de nos expériences.
Les protéines non spécifiques peuvent augmenter la
résistance locale vis-à-vis du streptocoque, mais seu¬
lement chez les animaux qui possèdent une immu¬
nité relative pour ce microbe.
Immunisation locale des poulains contre le strep¬
tocoque gommeux. — MM, J. Kandiba et E. Sa-
dowski. Le phénomène de l’immunité locale est
strictement spécifique ; les protéines appliquées loca¬
lement possèdent un faible pouvoir immunisant. Le
principe actif de l'antivirus de Besredka nous paraît
être un toxoïde streptococcique.
L’action de la potasse sur le rendement en sucre
virtuel du sérum de cheval. — MM. Brocq-Rous-
seu, Gruzewska et G. Roussel, poursuivant leurs
recherches stir le sucre virtuel, montrent que la sub¬
stance non réductrice qu’ils ont obtenue par l’action
de la potasse sur le sérum est plus difficile à hydro-
lyser que le sérum lui-même.
Cette substance qu’ils ont appelée isomaltane
donne de l’isomaltose; et pour chaque sérum traité
par la potasse, il y a un maximum de réduction qui
est fonction du temps et de la quantité d’acide
employé pour l’hydrolyse. Si l’on opère sur de vieux
sérums, les résultats sont irréguliers et chaque
sérum se comporte différemment.
On peut penser que la potasse est engagée dans
un complexe avec le tronçon des albuminoïdes qui,
par hydrolyse, donnera des substances réductrices.
A. Escalier.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
8 Février 1929.
La vaccination buccale dans le syndrome entéro-
uro-génltal. — M. Colaneri constate que, par sa
situation anatomique et par ses connexions lympha¬
tiques ou circulatoires, le domaine uro-génital est
sous la dépendance étroite du tube digestif et de ses
ensemencements microbiens. Il a observé le balance¬
ment entre l’évolution d’une métrite, même d’origine
gonococcique vraie, et l’infection intestinale, vacci¬
née ou non contre l’entérocoque et le colibacille.
La vaccination intestinale par voie buccale est la
seule logique, la seule efficace, la seule inoffensive.
Il faut y joindre un régime approprié. Cela ne sup¬
prime pas le traitement vaccinant de l'utérus par
instillation intra-utérine ou imprégnation vaginale.
Le vaccin employé par l’auteur est un vaccin en
milieu isotohique, physiologique ; il comporte des
corps microbiens et des lysats.
Les réactions pulmonaires de l’appendicite chro¬
nique. — M. Melamet attire l’attention sur la fré¬
quence relative (15 pour 100) de l’appendicite chro¬
nique chez les pulmonaires tuberculeux ou non, et il
conseille de rechercher systématiquement l’appendi¬
cite chez tous les pulmonaires.
Les réactions pulmonaires de l’appendicite chro-
iii(|ue se traduisent le plus souvent par de la pleu-
ritc simple. Fréquemment, l’appendicite chronique
prend le masque de la tuberculose. Après l’opéra¬
tion, on voit survenir dans de nombreux cas une
notable amélioration de l’état général et des troubles
pulmonaires.
Activation de consolidation des fractures par
l’emploi de l’huile Irradiée. — Dans 6 cas de frac¬
tures diverses des membres, M. Rœderer pense avoir
obtenu un résultat de consolidation plus rapide par
l’emploi de l’huile irradiée aux rayons ultra-violets :
7 jours pour une fracture complexe de la clavicule ;
3 semaines pour une fracture en spirale de la dia-
physe humérale. Les cals étaient particulièremejit
réduits.
Contribution au diagnostic et au traitement des
névralgies rachidiennes. — M. Fildermann expose
sa méthode de diagnostic et de traitement des lum¬
bagos, sciatiques et névralgies intercostales par les
injectioAs dans les trous de conjugaison vertébraux.
11 rapporte les observations recueillies à l’hôpital
Rothschild, dans le service de M, Zadoc-Kahn. Cette
méthode précise le diagnostic et assure la guérison
rapide des cas rebelles et récidivants.
Erythème de Bazin et tuberculides cutanés. —
M. Etienne David communique quelques observa¬
tions de tuberculides papulo-nécrotiques • et d’éiy-
ihème de Bazin rapidement et définitivement guéris
par la cure thermale de Salies-de-Béarn.
11 explique ces faits nouveaux de guérison dans ces
affections habituellement rebelles aux divers traite¬
ments des dermatologisles par une action physiolo¬
gique complexe.
A l’action sur l’état général, se joint une action
locale puissante exercée par les bains, les com¬
presses, les douches filiformes.
L’eau de Salies, chlorurée sodique forte, magné¬
sienne et bromo-iodée dait se décomposer sous l’in¬
fluence d’un électro-chimisme analogue à celui qu’a
décrit dernièrement le professeur Pech, de Mont¬
pellier, dans quelques eaux minérales sous le nom
d’indice de nutrition, et donner lieu à une véritable
décharge d’ions antiseptiques à la surface de la peau.
Traitement chirurgical des pleurésies puru¬
lentes. - M. Petit de la Villéon est partisan de la
ponction exploratrice faite toujours au trocart pour
éviter les ponctions blanches.
Afin de se bien « mettre dans l'oeil » la topogra¬
phie .de l’épanchement, le chirurgien doit procéder,
avec le radiologiste, à l’examen radioscopique du
malade.
Au point de vue opératoire, il préconise l’opération
en position assise à califourchon sur une chaise ;
L’anesthésie régionale ;
La résection costale, toujours nécessaire, meme
chez l'enfant ;
La thoracotomie basse au point déclive (9“ ou 10“
côte sur la ligne axillaire postérieure).
L’auteur donne sa préférence au drainage à tho¬
rax ouvert qui lui paraît plus sûr et plus efficace que
celui à thorax fermé, à la condition de recourir rapi¬
dement aux exercices respiratoires avec le spiromètre
de Pescher.
Volumineux hydro-salpinx bilatéral. — M. Petit
de la Villéon présente au nom de M. Durand (de
Dreux) une pièce opératoire de volumineux hydio-
salpinx bilatéral, provenant d’une nullipare de
32 ans chez laquelle on fit le diagnostic de kyste de
l’ovaire. Par sa nature et ses dimensions, la pièce
est d’un vif intérêt pour les gj'nécologues.
A. Debidouk.
SDCIÉTÉ ANATDMIQUE
7 Février 1929.
Les techniques cytologiques actuelles et leur
application à l'étude des constituants du cytoplasme
de la cellule animale. — M. Parat expose les diffé¬
rentes techniques dont dispose actuellement l’histo¬
logiste pour l’analyse fine des constituants cellu¬
laires ; techniques vitales et post-vitales, techniques
mitochondriales, techniques de détection de l’appa¬
reil de Golgi, techniques microchimiques et techni¬
ques histologiques courantes. Il tend à démontrer
que chacune de ces techniques, si éprouvée soit-elle,
est insuffisante par elle-même pour nous donner une
idée tant soit peu exacte de la structure morpholo¬
gique de la cellule et que les cylologistes se doivent
d’utiliser dans leiirs recherches un ensemble do
« techniques convergentes ». On acquiert ainsi la
certitude que dans toute cellule il existe deux élé¬
ments impoi'tants, le chondriome et le vacuome, et
que le couple constitué par ces deux éléments dans
la zone de Golgi joue un rôle extrêmement important
dans le fonctionnement cellulaire.
Les vaisseaux lymphatiques des poumons. —
M. H. Rouvière, se basant sur 200 préparations faites
sur 200 fœtus, nouveau-nés et enfants, montre que
chaque poumon peut être divisé en 3 territoires lym¬
phatiques principaux; les vaisseaux de chacun de cos
territoires se rendent normalement aux mêmes gan-
conuexions ganglionnaires et se trouve ainsi conduit
à penser qu’il est possible de prévoir par quels éche¬
lons ganglionnaires pourra ou devra progresser une
lésion dont le siège dans le jioumon aura été iiréala-
blement établi.
Sur quelques connexions ganglionnai.-es, non
encore décrites, des lymphatiques du cor, s thy¬
roïde. -- M. H. Rouvière montre des pr ei,ai al ions
sur lesquelles un ou deux troncs lymiihal ic] urs , éma¬
nés du corps thyroïde, vont directement aux gan¬
glions rétro-pharyngiens. L’auteura également trouvé
de petits ganglions de relai appliqués sur la paroi
pharyngienne près de l’os hyoïde. Il signale l’exis¬
tence (2 fois sur 18 sujets) d’une voie lymiihaliquc
accessoire inconstante, satellite de la jugulaire anté¬
rieure, sur le trajet de laquelle on trouve les « gan¬
glions cervicaux antérieurs superficiels », le long du
segment vertical, et, dans un cas, de petits ganglions
échelonnés le long du segment transversal situé en
arrière du sterno-cléido-mastoïdien.
M. Rouvière signale encore la présence inconstante
et rare d’un vaisseau lymphatique allant directement
à un ganglion de l’angle innominé, ou même au ca¬
nal thoracique.
Il montre l’intérêt de tous ces faits pour le traite¬
ment chirurgical, radio- ou radiumthérapique du
cancer thyroïdien.
Sur les lymphatiques des ganglions sympathiques
cervicaux (note préliminaire). - M. h. Rouvière
montre que ces ganglions possèdent des lymphatiques
288
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N" 18
et que ceux-ci sont beaucoup plus importants et plus
nombreux dans les ganglions cervicaux inférieurs,
bien que le volume des ganglions inférieurs soit au
moins égal à celui des ganglions supérieurs.
Sur une anomalie génitale. — MM. A Bergeret
et R. Kaufmann présentent les organes génitaux
externes et internes d’une femme morte de cancer du
11 existait un vagin double, 2 corps utérins, 2 trom¬
pes, 2 ovaires et l’observation clinique semble établir
que cet appareil a présenté un fonctionnement pby-
Hiologi([ue normal.
A noter aussi l’abouchement vulvaire de l’intestin.
Sur une anomalie de l’artère sous-clavière droite.
M Kaufmann présente un cas d’anomalie de
l’artère sous-clavière droite. Celle-ci passe derrière
l’o-sophage et Kaufmann établit que cette forme
d’anomalie est relativement fréquente. C’est-;\-dire
que lorsque la formule normale de l’aorte et de ses
branches n'est pas réalisée, on ])eut rencontrer sou¬
vent la sous-clavière droite rétro-œsophagienne.
Salpingite haute, iliaque gauche, ayant simulé
une sigmoïdite. M. Moulonguet raconte l’histoire
d’une femme présentant une tuméfaction iliaque gau¬
che, qui donnait une image lacunaire à la radiogra¬
phie. Le diagnostic de sigmoïdite avait été fait et
l’opération permit d’ouvrir un abcès au contact du
côlon sigmoïde. Dans cet abcès, existait une petite
formation méconnaissable dont une biopsie fut faite.
Elle montra qu'il s agissait d’une trompe enflammée.
A la suite de ce résultat, le côlon qui avait été exté¬
riorisé fut réintégré dans l’abdomen.
Présentation d’un polype muqueux du sigmoïde.
-- M. Moulonguet a observé chez une femme comme
seul syndrome une seule hémorragie intestinale très
abondante ; l’examen clinique et radiologique est né¬
gatif, L’exploration opératoire du côlon permet de
découvrir et d'enlever par entérotomie un polype
unique du sigmoïde de la taille d’une grosse fram-
IIenè lleocEsiN.
SOCIÉTÉ DE PATHOLOGIE COMPARÉE
12 Lévrier 1929.
Opothérapie dans le cancer. M. O. Rosenthal.
à iirojios de la communication de M. Naamé à la
précédente séance, estime, comme M. Uoussy, qu’il
est dangereux de s’exposer A faire naître dans le
[)ublic (les esj>oir.s qui empêcheraient de soumettre
en temi.s utile les cancéreux au chirurgien. Mais
que nombreux sont les cas où la chirurgie est impuis¬
sante et où les traitements médicaux sont l’ultime
ressource. Pour cett(> raison, il faut encourager
les savants qui, honnêtement, cherchent la solution
du pioblème.
La chirurgie pulmonaire usuelle par le pneumo¬
thorax. Expériences sur le cobaye. - M. Georges
Rosenthal, poursuivant ses recherches expérimen¬
tales, montre que chez le cobaye le prol)lème est
singulièrement diflicile à résoudre. Les échecs
s'expliquent par l’absence de résistance du médiastin,
simple voile celluleux (jui ne protège pas le deuxième
poumon contre la pression atmosphéri(jue. Succès
chez le lapin, échec chez le cobaye démontrent que
la clef de la chirurgie pulmonaire est dans ‘lu
méthode en deux temps qui fait du poumon, s il y
U résistance médiastinale, un territoire aussi abor¬
dable en chirurgie que les trompes ou la vésicule
biliaire.
- M. Moignon demande quelle est la cause du
choc respiratoire qui, chez les animaux opérés eu
un temps, détermine la mort.
M. G. Rosenthal. Le iiouinon du côté sain
insuffle le poumon ouvert ; la respiration devient
ineflicace. (’.e phénomène peut être rapproché des
expériences de François-Franck chez le chien.
- JW. Maignon demande ])Our quelle raison cet
accident est évité dans l’opération en deux temps?
- JW. G. Rosenthal. Parce qu’au bout de quelques
jours, l’organisme s’est habitué ù supporter la com-
probsiou du poumon
Dyscytogenèse ou oanoer. — JW. Naamô explique
sa conception glandulaire de la jn’oduction du cancer.
I» après lui, la tumeur maligne est une dyscytogenèse
régionale, c’est-à-dire tenant à une viciation sécré¬
toire glandulaire, facteur général, associé à un
déficit nutritif au siège du mal, facteur local.
Cette conception expliquerait le rôle prédisposant
de l’âge et de l'inflammation ou irritation, lu cachexie,
telle celle strumiprive ou paludéenne, la récidive
opératoire, ainsi que la malignité plus grande d’un
néoplasme chez les jeunes que chez les vieux.
Quant aux métastases, elles seraient des glandes
hémales jjathologicjues, qui rappellent les glandes
hémales physiologiques se produisant, suivant les
constatations de M. liinet, à la suite de dégénéres¬
cence ou d’ablation de la l’atc chez le chien. Car les
métastases cancéreuses ne sont, telles les rates sup¬
plémentaires, que des ébauches de l’organe atteint
L’auteur rapporte 6 autres observations de cancé¬
reux graves, dont cinq résultats heureux et un
décès ; épithélioma de la bouche, lequel s’est presque
cicatrisé ; la mort s’est produite par une sorte de
phlegmon gangreneux du cou où siégeait une énorme
métastase, incisé et curetté, puis intensément irradié.
L’auteur pense que cette métastase fut aggravée
peut-être par l’irradiation intense du cou et de la
thyroïde, et précipitée par des injections d’arséno-
benzol, ce sel ayant une action néfaste sur les
glandes endocrines, et aggravant de ce fait Tétât
cancér<(ux. L’auteur est amené à préconiser d’asso¬
cier couramment Topothérapie au traitement anti-
syphilitique.
— JW. Maigiion. On peut s’expliquer la formation
de rate supplémentaire à laquelle fait allusion
M. Xaamé. Y a-t-il rapprochement entre ce phéno¬
mène et les phénomènes de métastase? Ceux-ci ne
seraient-ils pas dus au transport par la voie lympha-
ti(|ue des cellules cancéreuses qui se grefferaient au
loin ?
- JW. G. Rosenthal désirerait que M. Naamé
s attaquât aux cancers nettement caractérisés par la
biopsie pour poursuivre ses recherches et nous
donnât sincèrement les résultats obtenus.
— JW. Naamé fait ce qu’il peut pour avoir des
biopsies, mais parfois elles sont impossibles ou lui
paraissent dangereuses.
— JW. G. Rosenthal demande à M. Roussy s’il
considère que lu biopsie puisse aggraver la marche
- JW. Roussy ne Tu jamais constaté.
— JW. Maignon montre que la question de Topo¬
thérapie contre le cancer est complexe; un sujet
atteint de cancer peut-être, en même temps, atteint
(T insuffisance gland nlairiv
Un cancer doit produire des déchets toxiques et
avoir des effets secondaires, d’autant plus marqués
qu'il existe des troubles endocriniens, ce ejui expli-
([uerait cei’taines améliorations. On doit plutôt,
d’ailleurs, constater des amélioi ations de l’état
général que de Tétat local.
- JW. Naamé a observé les deux.
— JW. Marcel Labbé. 11 peut se présenter des
troubles endocriniens chez les cancéreux, mais dans
tontes ses recherches, il n’a jamais vu de troubles du
métabolisme azoté chez les cancéreux, sauf dans les
cancers du foie. Le cancer nous semble se propager
dans l’organisme comme une chose locale, ne reten¬
tissant pas sur la nutrition.
Autre remarque: les cancers des organes endocri¬
niens, même quand ils les détruisent, ne suppriment
pas la fonction endocrinienne ; ils semblent plutôt
• JW. Maignon n'a pas voulu dire que le cancer
jiar lui-même puisse créer des troubles endocriniens,
mais que l’existence simultanée des deux phénomènes
est possible et qu’alors les troubles d’auto-intoxica¬
tion secondaire soient augmentés par les troubles
— JW. Marcel Labbé. Ces troubles endocriniens
sont très rares, on en invente qui n’existent pas.
- JW. Roussy. M. Labbé a soulevé une question
très intéressante au sujet de la biologie cellulaire et
de la cellule cancéreuse.
Il est surprenant que les cancers de la thyroïde ne
déterminent pas de phénomènes d’insuffisance. La
cellule cancéreuse est une cellule dont le fonctionne¬
ment n’est pas aboli, mais seulement vicié.
■ — JW. Brocq-Rouaseu rappelle le mot de Le
Uantec : la cellule cancéreuse est une cellule anar¬
chiste qui no veut pas se plier au métabolisme
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
DE DERMATOLOGIE ET DE SYPHILIGRAPHIE
14 Février 1929.
Deux cas de sclérodermie dont Tun avec maladie
de Raynaud ; action comparée de la pilocarplne et
de l’acétylcholine. — JWJW. Gauch, Sohier et de
Courreges présentent 2 malades : Tune est atteinte
de syndrome de Raynaud typique avec cicatrices
étoilées de la pulpe digitale, coexistant avec une
sclérodermie de fond s’étendant à tout le tégument.
Le faciès est figé, marmoréen. Le 2" sujet montre
une sclérodermie en bandes avec leuco-mélano-
dermie réticulée d’aspect franchement poïkiloder-
mique. Les lésions correspondent aux territoires
des racines rachidiennes G 5, G 6, C 7, I) 12, S 2.
S 3. La maladie a été consécutive à un traumatisme.
L’acétylcholine a légèrement amélioré le syndrome
de Raynaud dans le premier cas. Elle n’a pas in¬
fluencé la sclérodermie qui, par contre, fut heureuse¬
ment modifiée chez les 2 patients par le nitrate de
pilocarpine à la dose de 5 milligr. en intraveineuses
répétées (Jausion).
Impétigo rodens. — JWJW. Milian et Nativelle
présentent un malade qui, à la suite d’une chute de
bicyclette, eut une plaie de la région sourcilière et
ultérieurement des plaies multiples, étendues et dou¬
loureuses avec suppuration félid^, fièvre rémittente.
Des streptocoques furent trouvés en culture pure.
Les auteurs pensent qu’il s’agit d’un impétigo rodens ;
il faut cependant éliminer le diagnostic de syphilides
bulleuses.
Syphilis tertiaire des os du crâne. — JWJW. Mi¬
lian et Nativelle présentent un homme atteint de
syphilis nécrosante des os du crâne avec abcès froid
volumineux du front.
Lichen plan et radiothérapie. — JWJW. Gouin et
Bienvenue rapportent un cas de lichen plan géné¬
ralisé, guéri jiar la radiothérapie régionale axillaire.
Mitralite rhumatismale biotropique du 7*^ jour.
-- JWJW. Gougerot et Barthélemy présentent une
jeune fille de 18 ans, qui à 12 ans a fait un i-huma-
tisine articulaire aigu avec endocardite mitrale.
Gette malade contracte la syphilis et reçoit un trai¬
tement arsénobenzolique ; le 7“ jour, apparaît une
nouvelle crise rhumatismale avec mitralite aiguë.
Erythro-kératodermie palmaire bilatérale d’ori¬
gine aurique. — JWJW. Gougerot et Burnier ont ob¬
servé après 3 injections de 0,25 de crisalbine une
érythro-kératodermie localisée aux paumes des
mains et rappelant la kératodermie palmaire arseni-
Poikilodermie à début de parapsoriasis. — JWJW.
Gougerot et Burnier présentent une femme de
34 ans, atteinte depuis Tâge de 18 ans de placards
érythérnato-pigmenlés légèrement squameux, occu-
jjant la plus grande partie du corps. Ultérieurement
sont apparus au cou, aux aisselles et à la région
inguinale des réseaux pigmentaires noirâtres, avec
aspect bigarré de la peau, télangiectasies et atrophie
cutanée, comme dans la poïkilodermie de Jacobi.
Prémycosis avec pigmentation. — JWJW. Gou¬
gerot et Burnier présentent un malade atteint
depuis 5 ans d’une érythrodermie préiiiycosiquc avec
infiltration des téguraeitts de la plus grande partie
du corps! il existe en outre comme symptôme nor¬
mal une pigmentation brunâtre de l'abdomen et des
membres inférienrs.
Une nouvelle méthode de désensibilisation;
1 auto-uro-théraple dans la cure de l’eczéma. -
JWJW. Jausion et Paléologue, partant du principe
que Teczéma est une maladie de sensibilisation, pro¬
posent pour le traitement des eczémas d’origine auto¬
toxique (E. des brûlés, des brighti((ues, des cancé¬
reux, etc.) l’injection hyi)odermi([ue d’urine suscep¬
tible de renfermer à concentration convenable Tendo-
antigène soupçonné, par ailleurs insaisissable. Ils
dénomment le procédé : aulo-uro-thérupie et l’appa¬
rentent à Tauto-hémo-thérapie.
Le» urine.s fraîchement émises et antiseptisées par
la phénol dans la proportion d’une goutte pour 5 cme
sont injectée» de 2 en 2, pui» de 5 eu 5 jours aux
doses de 1/2, 1, 1 1/2, 2, 3, 5 cmc.
Neuf malades ainsi traités ont été débarrassés de
:N» 18
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
289
de médecin, était atteinte d‘un eczéma généralisé
consécutif à une brûlure.
Cette technique, logique, innocente et efficace, peut
aider à la désensibilisation des eczémas causés par
les déchets de la destruction tissulaire.
Lipomatose localisée. — MM. Gougerotet Cohen
présentent un nourrisson atteint de lipomatose loca¬
lisée strictement au membre inférieur gauche.
Lupus érythémateux exanthématique traité par
les sels d’or. — MM. Hudelo, Rabut et Guex ont
traité un lupus érythémateux à type exanthémalique
de la face par des doses très faibles de sels d’or,
d’abord la crisalbine, puis l’aurophos. La mort sur¬
vint au cours du traitement dans le coma avec hémor¬
ragies multiples.
— M. Burnier a également observé un cas de
mort dans le coma après 2 injections de crisalbine
chez un malade atteint de lupus érythémateux exan¬
thématique du dos des mains. Deux autres malades
atteintes de lupus érythémateux fixe ont succombé
l’une 1 mois, l’autre 4 mois après la fin d’un traite¬
ment crisalbinique, avec des hémorragies multiples :
purpura, hémorragies buccales, hématémèses, mé-
l.-eua, hématurie, métrorragies, hémorragie cérébrale.
Prurigo gestationis et bromothérapie. — MM.
Giacardy et Betbèze ont traité avec succès une
malade atteinte de prurigo gestationis par la broino-
ihérapie intraveineuse.
Pigmentation avec hypertricose localisée après
traitement sclérosant des varices. — MM. Louste
et Lévy-Frankel présentent une femme, devenue
psoriasique après hytérectomie, chez laquelle des
injections sclérosantes faites pour une cure de va¬
rices ont provoqué, outre la pigmentation habituelle,
une hypertrichose en bande linéaire exactement
superposée au trajet de la veine sclérosée. Sans pré¬
juger de la nature du mécanisme en cause, trouble
vaso-moteur dû à la périphlébite ou réflexe sympa¬
thique, il est intéressant de noter, à la suite d’injec¬
tions sclérosantes, des troubles de trophisme cutané,
portant à la fois sur les fonctions sudorale, pigmen¬
taire et pilaire de la peau. Le rôle du dysfonctionne¬
ment endocrinien, celui du terrain psoriasique sont
également à considérer.
Contribution aux recherches de M. Bodin et de
M'““ Chevrel sur l’étiologie du mycosis fongoïde.
— M. Hissard rapporte 3 observations de réactions
de déviation du complément avec le cocco-bacillo de
Bodin et Chevrel, Celte réaction fut trouvée positive
dans un cas de mycosis fongoïde classique ; positive
dans une érythrodermie suspecte (cas d’attente) et
négative dans une dermatose aux allures de prémy-
cosis ; mais non-confirmation hislologiqne.
« Granulome vénérien » bénin ; pyodermite
végétante préputiale. — MM. H. Gougerot et Blum
ont observé une lésion végétante du limbe prépu¬
tial d’origine microbienne, montrant qu’à côté des
X granulomes vénériens » soi-disant exotiques, il y a
des granulomes français, bénins, non ulcéreux mais
végétaux, facilement et rapidement curables. Les
auteurs concluent, à une pyodermite végétante d’ori-
. gine indéterminée microbienne.
Atrophie régionale cutanéo-musculalre. — MM.
Sézary et Duruy présentent une jeune fille atteinte
depuis plusieurs années d’une atrophie pigmentaire
. cutanée de la région scapulo-humérale et en même
temps d’une atrophie musculaire de la même région.
Ils comparent ce syndrome encore non classé à
l’héini-atrophie faciale de llomberg et discutent son
origine hérédo-syphilitique.
Psorlaslsarthropathique d’emblée. — MM. Sézary
et Duruy rapportent l’observation d’un cas de pso¬
riasis arthropathique s’étant manifesté d’emblée chez
un sujet jusque-là indemne de psoriasis banal, sous
la forme d’une érythrodermie exfoliante chronique.
Le diagnostic a été établi d’une façon formelle par
l’examen histologique. A noter l’action remarquable
qu’a eue sur cette dermatose une gangrène sèche de
la main par artérite oblitérante.
Purpura senilis de Bateman. — MM. Simon et
Braiez ont observé chez un malade de 72 ans, dia¬
bétique et alcoolique, une éruption de pétéchies
généralisées à tout le corps, visage excepté. L’érup¬
tion, ponctuée d’une façon générale, est cependant en
plaques sur les jambes et en réseau sur les avant-bras.
Malgré celte dernière disposition les auteurs écartent
le diagnostic do purpura lolaugioctodos annularis de
Majochi, et s'en tiennent au diagnostic de purpura .
senilis de Bateman, avec conservation da l’état géné¬
ral et examen du sang normal.
Toxlcodermite médicamenteuse. — MM. Cl.
Simon et Coignerai ont observé une dermite d’ori¬
gine interne localisée exactement aux régions qui,
6 mois auparavant, étaient le siège d’un érythème
solaire. Ce qui est remarquable dans ce cas, c’est
la localisation exacte d’une éruption médicamenteuse
par le siro]) de Gibert à des régions sensibilisées
antérieurement par la lumière.
Syphilis maligne précoce avec gangrène du pied,
— MM. Pinard, Vernier et Abricosof pré¬
sentent une femme atteinte de larges ulcérations
siégeant sur tout le corps, recouvertes de croûtes
épaisses, rupiacées, noirâtres avec, disséminés et en
grand nombre, des petits éléments papuleux et
érythémateux. Il existe en outre une gangrène d’un
pied par artérite oblitérante. Réactions sérologi([ues
positives et très mauvais état général.
L’accident primitif remonterait à 3 mois cl l’affec¬
tion évolue sur un terrain fatigué et intoxiqué par
l’alcoolisme.
On peut se demander si cette forme de syphilis est
provoquée par un virus spécial ou due à un terrain
s|)éeialemenl débilité.
R. Buk.niek.
SOCIÉTÉ D’HYDROLOGIE ET DE CLIMATOLOGIE
MÉDICALES DE PARIS
18 Février 1929.
Comment choisir les enfants justiciables des
camps thermaux. — M. Molinéry. Les camps ther¬
maux ne sont autre chose que la transposition, sur
le plan hydrominéral, des camps des colonies de
vacances. Les divers rapports présentés à la Fédé¬
ration thermale et climatique pyrénéenne ont montré
la nécessité de ces camps et leur facilité d’organi¬
sation. Il importe de discriminer les enfants qui en
seront justiciables. Ces enfants ne sont, nullement,
ni des malades, ni des infirmes mais des pré-malades,
des convalescents, des débiles, qui, à la fois, ont
besoin de l’air, de la lumière et du traitement
hydrominéral apptoprié à leur étal : traitement
chloruré-sodique, arsenical, sulfuré, etc.
Les œuvres do vacances (scoutisme, patronages
confessionnels, colonies scolaires) et aussi l’œuvre
nationale des pupilles ont un service médical assuré.
11 suffira de faire connaître à ce service médical les
indications nettes des stations possédant un camp
thermal ou pouvant posséder un camp thermal pour
que l’organisateur des camps de vacances, en l’espèi e
le commandant Fabre, réalise matériellement le
camp désigné.
L’enfant est, au premier chef, le grand justici.able
de la thérapeutique hydrominérale... Les camps
thermaux donneront à 50.000 d’entre eux (qui en sont
actuellement privés) le bénéfice de nos ressources
thermales.
La Société choisit comme sujet de discussion, pour
sa séance' solennelle annuelle de 1930 : .< Modifica¬
tions vago-sympathiques pendant les cures ther¬
males », cl nomme rapporteurs : MM. Galup, Mace
de Lépinay, Glénard, Lassance.
MAcé DE Lépinay.’
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
21 Février 1929.
Tuberculose primitive des cartilages costaux. —
M. Patel présente une malade chez laquelle il est
intervenu en 1920 pour un abcès froid thoracique,
lié à une lésion du cartilage commun des 6', 7“ et
8“ cotes ; il n’existait rien, en dehors du cartilage, qui
ail pu donner naissance à cet abcès froid. Depuis, elle
reste parfaitement guérie.
Désarticulation du genou par le procédé de Mau¬
rice Pollosson. — M. Viannay (de Saint-Etienne)
présente une radiographie de genou désarticulé il y
a 14 ans par le procédé de Pollosson. Il raiipelle que
le principe de la méthode consiste à conserver l’arti¬
culation du genou dans son intégralité; l’extrémité
inférieure du fémur restant incluse dans une articu¬
lation voisine de la normale peut aussi supporter
l’appqi direct d’un appareil de prothèse, ce qui est
impossible après la désarticulation classique.
L’auteur a utilisé ce procédé dans une dizaine de
cas, il en a toujours obtenu de bons résultats fonc¬
tionnels, comparables à ceux que pourrait donner
l’amputation intra-épiphysaire haute du tibia.
— M. Tixier estime que le procédé de Pollosson
est d’exécution délicate et un peu difficile, mais qu’il
•donne d’excellents résultats; il réhabilite la désarti¬
culation du genou, dont le procédé classique est mau¬
vais, alors que l’opération de Pollosson donne au moi¬
gnon une souplesse et une laxilé très grandes.
— M. Nové-Josserand a lui aussi constaté de
mauvais résultats de désarticulation du genou parle
procédé classique, la prothèse en est particulièrement
difficile. Le Gritli donne quelques rares bons résul¬
tats.
A propos de 2 cas de péritonite à pneumocoque.
— M. Nové-Josserand a observé 2 cas de péritonite
à pneumocoque, localisée, qui ne s’étaient à aucun
moment accompagnés de symptômes péritonéaux.
Dans le premier cas, le tableau avait été celui d’une
arthrite aiguë de la hanche, puis une collection était
apparue dans la fosse iliaque ; ce n’est que l’inter¬
vention qui montra qu’elle était intrapéritonéale.
Il existe donc des faits rares de péritonite à pneu¬
mocoque évoluant sans signes péritonéaux.
Phlegmon d’un sac inguinal consécutif à une piale
du grêle suturée. — M. Decherf (de Tourcoing) est
intervenu pour une perforation du grêle, consécutive
à un choc direct ; elle fut suturée et le malade guérit,
mais 15 jours plus lard, on dut inciser une collection
secondaire apparue au niveau d’un sac- herniaire. Ce
sac inguinal semble avoir été le collecteur du pus
développé au niveau de la perforation, jouant ainsi
un rôle analogue à celui du Douglas dans les collec¬
tions du petit bassin.
Ulcère peptique gastro-jéjunal. Dégastro-entéros-
tomisation. Récidive d’un ulcère pyloro-duodénal.
— M. Cotte, intervenant pour un ulcère peptique,
réséqua cet ulcère et défit la gastro-entérostomie,
car la radioscopie avait montré que le pylore était
perméable et la laparotomie, qu’il n’existait pas
d’ulcère en activité à ce niveau. Les suites furent
simples mais le malade revint quelques mois après
avec un syndrome ulcéreux typique.
A l’intervention, il existait un nonvel ulcère de la
l'“ portion. du duodénum, on fil une gaslro-pylorec-
tomie étendue.
C’est la seconde fois que M. Colle a l’occasion de
faire une dégastro-entéroslomisation. Dans son pre¬
mier cas, la gastro avait été faite pour un syndrome
douloureux sans ulcère net ; malgré une cholécystec¬
tomie et une appendicectomie, le malade continuait à
souffrir; il guérit par la suppression de sa bouche de
gastro.
— MM. Bérard, Tixier et Villard s’élèvent contre
les gastro-entérostomies faites pour des syndromes
douloureux gastriques sans ulcère, avec estomac
atone et distendu; les malades n’en retirent aucun
bénéfice et la gastro ne fait que compliquer la silua-
H. Roland.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
20 Février 1929.
Pyélonéphrite éberthienne. — M. Raiin a observé
une pyélonéphrite survenue au décours d’une fièvre
typhoïde chez une femme de 25 ans. Guérison spon¬
tanée. Il s’agit là d’une complication relativement
rare de la typhoïde.
Cancer de l’estomac à forme anémique; résec¬
tion en 2 temps. — MM. Cotte et Anstett présen¬
tent une pièce opératoire de gros cancer pré-pylo-
rique ulcéré, opéré en 2 temps sous anesthésie locale.
Ils insistent sur le fait que l’anémie a persisté après
la gaslro-enléro-anastomose ; elle est due plus à
l’intoxication néoplasique qu’à la dénutrition. D’au¬
tre part, l’anesthésie locale leur a permis d’inter¬
venir dans d’excellentes conditions et a été suivie de
suites opératoires exlrèineraenl simples.
29Ô
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N» 18
Ostéo-arthrlte tuberculeuse développée au voisi¬
nage d’un ancien foyer d’ostéomyélite chronique.
— MM. Patel, Carcassonne et Bruyère présentent
l’observation d’une malade ayant eu, à l'ftge de 12 ans,
une ostéomyélite de l’extrémité inférieure du fémur;
cette ostéomyélite évolua pendant 9 ans, suppurant
et n’entraînant pas de gène fonctionnelle. 43 ans plus
tard, la malade fit des accidents au niveau du genou ;
poussées d’iiydartlirose douloureuse, qui durèrent
pendant 11 ans. Finalement, elle présenta une lumeui-
blanche typique du genou avec gros abcès ossifluents.
L’amputation s’imposait. La pièce présentée par les
auteurs confirme les données de la radiographie et
montre un énorme fémur éburné et dur avec de
grosses lésions articulaires et synoviales.
Urémie convulsive post-puerpérale j mort 2 jours
après l’accouchement. — M. Pigeaud. Observation
d’une malade entrée à l’hôpital au cours du travail
avec une température à 39" et un gros rein droit
douloureux. 36 heures après l’accouchement, crises
convulsives et mort rapide. A l’autopsie, pyoné-
phrose à droite, et, é gauche, rein atrophique de
60 gr.; gros cœur. Urée du sang : 2 gr. 44 par litre,
Tl s’est donc agi d'une crise d’urémie convulsive et
non pas d’éclampsie puerpérale comme on aurait pu
le penser si l’autopsie n’avait pas été faite.
Kyste hydatique ouvert dans les voies biliaires
et cholerragle post-opératoire. — MM. Laroyenne,
Gravier et Marion rapportent l’observation d’une
jeune fille de 24 ans, ayant présenté des coliques lié-
patiques, de l’ictère et un gros foie. Une éosinophilie
sanguine de 18 pour 100 et une réaction de Casoni
très positive firent faire le diagnostic de kyste hyda¬
tique ouvert dans les voies biliaires sans obstruction
de la voie principale.
Après avoir montré combien, contrairement à la
règle, le diagnostic était ici facile, les autours rap¬
pellent l’opposition des thèses française et sud-amé¬
ricaine au point de vue thérapeutique. Ils insistent
sur le "fait, parfois oublié, ((u’il y a deux sortes de
kystes hydatiques ouverts dans les voies biliaires :
ceux qui s’ouvrent dans les gros canaux, et les voies
biliaires subissent alors tout l’effet de la complica¬
tion; ceux qui s’ouvrent dans les petits canaux péri-
kystiques et c’est le kyste qui supporte toutes les
conséquences de la communication, et la kystostomic
paraît indiscutable. C’est elle qu’on eut recours
dans le présent cas. Les suites opératoires furent
marquées par une cholerragie très abondante, entre¬
tenue et prolongée par des tamponnements serrés ;
elle céda aux pansements 4 plat et au décubitus
Kyste dermoide de l’ovaire diagnostiqué par la
radiographie. — MM. Caste et Marion rapportent
l'observation d'une jeune fille de 25 ans qui présen¬
tait un kyste de l’ovaire gauche ayant subi 2 petites
crises do torsion. Le diagnostic de kyste dermoïde
fut porté grâce à une radiographie qui montra 2 dents
sur le côté de la colonne lombaire. Ajirès castration
unilatérale, la pièce opératoire confirma exactement
ces données.
H. Roland.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
19 Févi ier 1929.
Les données de l’oscillométrle dans les gangrènes
diabétiques des membres. — MM. P. Ravault et
Cl. Bouysset, d'une élude de 34 cas de gangrènes
diabétiques des membres dont 20 observations per¬
sonnelles, tirent les conclusions suivantes :
1" Mis à part les cas où l’on a affaire â uneartérite
oblitérante classique évoluant che? un diabétique, la
gangrène diabétique ne comporte jamais une oblité¬
ration complète des gros et moyens troncs artériels
(pédieuse, tibiale, poplitée) et s’oppose ainsi formel¬
lement aux artérites oblitérantes de toute nature
compliquées de gangrène ischémique.
2“ Les oscillations peuvent être : soit diminuées
du côté malade (7 cas, donc 20, 5 pour 100) ; soit
égales des deux cotés (6 cas. donc 17,5 pour 100); soit
augmentées du côté malade |21 cas, donc 61 p. 100),
réalisant ainsi le tableau de 1’ « hyperpulostilîté para-
Un certain nombre d’observations prouve que cette
hyperpulsatilité du côté malade est attribuable tan¬
tôt à une lésion organique des artères du côté sain,
tantôt â la production d’un spasme contro-latéral,
contemporain des accidents gangreneux.
Sur un cas de pleurésie hémorragique au cours
d’une tuberculose mortelle traitée par le pnèumo-
thorax artificiel. — MM. P. Courmont et H. Gar-
dère présentent l’observation d’un malade dont l’his¬
toire clinique était banale ; mais, pour lequel une
élude du liquide de l’épanchement a été faite surtout
dans le sens du pouvoir bactéricide.
Au début de l’affection, la cytologie donnait une
formule mixte. Les bacilles de Koch étaient assez
abondants dans les débris fibrineux. Ensuite le
liquide, qui était moins sombre et qui avait plutôt une
couleur rosée, ne laisse plus qu’un c)épôt infime; il
ne reste au fond du tube que ilu bacille de Koch en
abondance. L’ensemencement donne d’emblée une
L’étude du jiouvoir bactéricide par la technique
des auteurs montre; au début un pouvoir très élevé
dans la plèvre (-j- 4 alors qu’il n’est que de -f- 2 dans
le sang); ensuite les chiffres s’élèvent à -j- 8 (taux
très fort) et -j- 5 dans le sang; à ce moment, la dévia¬
tion du complément donne -|- 2; puis les chiffres du
pouvoir bactéricide sont -j- 4 et 4- 3 pour tomber à
la (in à -fl.
Donc ce chiffre dans la plèvre a passé de -f 8 à 1,
Ce malade a donc réagi par sa plèvre et puis tout
d’un coup la plèvre elle-même a cédé. On surprend
ainsi sur place dans le champ clos pleural la lutte
du bacille de Koch et du processus défensif.
C’était donc une pleurésie hémorragique grave, à
type d’hémflyse avec disparition du pouvoir bactéri¬
cide à mesure que la pleurésie devenait hémorragique.
Note sur l’aurothérapie dans la tuberculose ;
résultats éloignés 1925-1929; statistique portant
sur 110 cas. — MM. Cordier, Gaillard et Carie
insistent sur l’importance des dates dans les résultats
de leur thérapeutique, Elles sont et elles resient le
critère le plus juste de l’efficacité du médicament.
Des résultats datant déjà de 4 ans constituent dans
celte matière une entreprise intéressante.
Le sel d’or employé par eux est la thiochrysiue
des usines du Rhône.
La posologie a une importance capitale. Les auteurs
sont des partisans convaincus des petites doses.
La dose moyenne par semaine est de 0 gr. 25, après
avoir tâté la susceptibilité du malade par des doses
de 0 gr. 10, 0 gr. 15 et 0 gr. 20. On continue le trai¬
tement jusqu’à concurrence de 3 gr.
Les résultats sont les suivants : pour les malades
soignés plus d’un an, 43 pour 100 de cas vraiment
favorables ; pour ceux soignés plus de 2 ans, 30 p. 100;'
pour ceux soignés plus de 3 ans, 32 pour 100.
Dans cette statistique, on a laissé de côté tous les
cas perdus, nuis, douteux ou seulement légèrement
favoi’ables.
Ce chiffre de 32 pour 100 pour les malades soi¬
gnés plus de 3 ans est particulièrement intéressant,
à côté de ceux fournis après traitement au sanato¬
rium pour la même durée de temps (18 à 20 p. 100.
Les indications des sels d’or paraissent très larges
actuellement aux auteurs, encore que difficiles à fixer
exactement. L’indication majeure reste la poussée
évolutive chez le tuberculeux bilatéral, même en cas
de lésion ancienne.
Les accidents de l’aurothéraple. — MM. Cordier
et Gaillard rapportent les accidents qu’ils ont
observés.au cours de l’aurolbérapie. La plupart sont
bénins et doivent être appelés incidents; ce sont : les
nausées, les clochers thermiques, la perle d’appétit
avec sensation de barre et de poids à l’épigastre, la
diarrhée d’un jour, les règles plus abondantes.
D’autres, plus sérieux, interdisent au moins momen¬
tanément la prolongation du traitement; ce sont : les
éruptions, l’albuminurie avec ou sans néphrite, la
sjomatile, la diarrhée profuse avec perte rapide de
poids et même hémorragies, l’ictère. La proportion
des accidents bénins ou incidents ne parait pas varier
avec les doses employées. Par contre, en employant
de petites doses et avec une Ichnique prudente, on
évite à coup sûr les accidents sérieux.
Les accidents cutanés, rénaux et intestinaux
semblent se produire avec plus grande fréquence
chez les malades qui ont un coefficient de Maillard
élevé.
On observe assez fréquemment, après un accident
cutané, une amélioration remarquable de la courbe
thermique des malades.
On évitera au maximum les accidents de l’aurolhé-
rapie en observant les contre-indications suivantes :
malades atteints de néphrite ou simplement porteurs
d’une albuminurie persistante ; malades à foie défi¬
cient et dont le coefficient dé Maillard est mauvais :
malades ayant des ulcérations intestinales.
J. Rousset.
REUNION BIOLOGIQUE DE LYON
18 Février 1929.
Essai de sérothérapie curative dans les diarrhées
estivales graves du nourrisson. — MM. Fernand
Arloing et A. Dufourt ont appliqué, dans des cas de
diarrhées estivales graves du nourrisson, des sérums
préparés chez le lapin et chez la chèvre par des
injections sous-cutanées de filtrats stérilisés à 120",
puis chauffés à 100" ou à 60" pendant 24, 12 ei
2 heures. Ces filtrats provenaient de selles d’enté¬
rites cholériformes infantiles.
Les doses de sérum utilisé ont varié, suivant les
cas, de 20 à, 80 eme et ont fourni 66 pour 100 de gué¬
risons contré 33 pour 100 de décès, alors que ces
diarrhées donnaient, sans l’intervention de la séro¬
thérapie, de 52,7 à 62,5 pour 100 de décès, contre
7,5 pour 100 de guérisons.
Cette sérothérapie provoqua la disparition presque
soudaine des vomissements et de la diarrhée, la
chute rapide de la fièvre avec amélioration de l’état
général et des intoxications progressives.
Recherches sur Faction du corps thyroïde du
lapin normal et préparé sur l’évolution de l’épithé-
lioma expérimental de la souris blanche. . — MM.
Fernand Arloing, A. Josserand et Cbarachon ont
recherché si l'immunité d’une espèce animale contre
la greffe d’un néoplasme d'une autre espèce ne relè¬
verait pas d’une influence endocrinienne, et si, dans le
corps thyroïde dont l’action sur la croissance est si
connue, il ne pourrait pas, sous certaines influences,
se développer une hormone antagoniste inhibitrice de
l’évolution du cancer expérimental.
La greffe d’un demi-corps thyroïde de lapin normal,
pratiquée préventivement ou curativement chez la
souris blanche, une semaine avant ou après l’inocula¬
tion d’un épithélioma expérimental, s’est montrée sans
aucune action.
De même, résultats négatifs, préventifs ou curatifs
avec une demi-glande thyroïde provenant de lapins
préparés par inoculations sous-cutanées d’un broyage
d'épithélioma de la souris.
Par contre, la greffe de capsules surrénales prove-
venant de lapins préparés exerce sur l’épiihélioma de
la souris une action modificatrice de sa marche tout à
fait remarquable, sur laquelle les auteurs reviendront
ultérieurement.
Sur le mécanisme du « phénomène de zone ou
paradoxal » dans la précipitation spécifique. —
MM. A. Rochatx, B. Le Bourdellès et M. Brun,
après avoir vérifié et confirmé les lois de Fleischmann
et Michaelis concernant les rapports réciproques de
la précipitine et du précipitogène, étudient l’inter¬
vention possible de la viscosité, du pu et de la ten¬
sion superficielle. Ces facteurs n’interviennent pas
dans la production du phénomène de zone. Pour ces
auteurs, le phénomène de zone paraît être d’ordre
électrostatique. Il est la conséquence de la mise en
présence de deux colloïdes de signe opposé. Lorsque
l’un d’eux est en excès, il impose son signe au com¬
plexe antigène-anticorps qui se trouve ainsi stabilisé.
Pour d’autres proportions du mélange, la d charge
des particules est complète et la floculation s’opère.
Sur l’effet photographique dû aux corps antira¬
chitiques. — MM. J. Cluzet et T. Kofman. Les
auteurs montrent que le noircissement du cliché pho¬
tographique produit par la cholestérine et l’ergoslé-
rine, activées au moyen des rayons ultra-violets, ne
peut être dû à un rayonnement émis par ces corps
irradiés. Il ne peut s’agir, comme la plupart des au¬
teurs l’ont admis, que d’un phénomène de nature
purement chimique (et non pholochimique). L’inten¬
sité de l’effet photographique, qui est maximum après
10 minutes d’exposition à 40 cm. d’un brûleur de
110 volts, 6 ampères, peut servir de lest physique
pour s’assurer que les produits commerciaux dits
irradiés et antirachitiques ont subi l’irradiation néces¬
saire. Les raj'ons X, comme les rayons ultra-violets,'
communiquent aux stérols le pouvoir d’agir sur la
couche de gélatino-bromure d’argent.
N“ 18
2 Mars 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N» 71.
Cancer de l’œsophage
Par Louis Ramond
M(!dociii de riiôpilul Laënnec.
Je viens de recevoir la lettre suivante d’un des
assistants du professeur Léon Bernard : « Yoii-
' driez-vous nous donner votre avis au sujet de ce
malade qui s’est présenté par erreur au dispen¬
saire Léon-Bourgeois. Il dit avoir eu une excel¬
lente santé jusqu'au 5 Septembre 1928. Cejour-l;\,
— alors que, la veille, il s’alimentait normalement
^ il lui a été impossible de déglutir aucun ali¬
ment. Depuis lors, il ne peut avaler que des
liquides. Ceux-ci ne passent même plus depuis
quarante-huit heures!... »
Faisons venir le sujet en question. Nous allons
l’examiner ensemble séance tenante. Je serais
bien étonné que son cas ne comportât pas pour
nous quelque enseignement.
-M. J... est un homme de 65 ans, très amaigri,
et qui paraît épuisé de fatigue. Il a cependant le
teint encore frais et il a conservé un entrain et
une bonne humeur remarquables. Très volontiers,
et avec un luxe de détails pittoresques rehaussés
de quelques bons mots, il nous détaille les
symptômes et l’évolution de sa maladie.
Il est artiste peintre — l’un des trois grands
spécialistes des paysages ensoleillés de la Côte
d’ Azur, précise-t-il, sans modestie. — Il a toujours
joui d’une parfaite santé jusqu’à cette fameuse,
journée du 5 Septembre dernier (il y a trois mois
et demi), où brusquement, au repas de midi, il
lui a été impossible d’avaler des aliments solides.
A dater de ce jour jusqu’à maintenant il n’a pu se
nourrir que de liquides, se bornant à absorber
exclusivement du lait, du jus de viande, des
tisanes sucrées ; encore toutes ces boissons ne
pouvaient-elles être dégluties que très pénible¬
ment.
A ce régime, il a maigri de 28 kilogr; en
trois mois et demi (il est passé de 76 à 48 kilogr.).
Malgré cela, il ne paraît pas s’ètre préoccupé
beaucoup de la difficulté de son alimentation. Il
s’est contenté du diagnostic d’ « angine avec
spasme de la gorge » porté par un confrère
appelé auprès de lui au début des accidents, et
s’est borné à faire quotidiennement des garga¬
rismes émollients et des apjilications de com¬
presses chaudes au devant du cou.
Le !“'■ Décembre, il a constaté une certaine
amélioration de son état. Il a pu avaler du « lait
de poule », des crèmes liquides, et même du
tapioca au lait très léger. Ce mieux a duré
quinze jours, et le poids corporel a augmenté de
1 kilogr.
Malheureusement cette période favorable a été
de courte durée, et, le 15 Décembre, la situation
s’est considérablement aggravée puisque, la dys¬
phagie est devenue complète et absolue : pas une
goutte de liquide n’a pu passer dans l’estomac,
malgré toutes les tentatives qu’il n’a cessé de
faire depuis dix jours que cela dure.
A part l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit,
cet homme n’accuse aucun trouble morbide. Il ne
souffre pas de la gorge et n’éprouve aucune dou¬
leur au moment de la déglutition ; mais « cela ne
yeut pas passer »..., « il a la gorge bouchée »... Il
n’a jamais vomi et n’a jamais eu la moindre régur-
giution. Il n'a pas rendu de sang, ni môme
rejeté des crachats sanglants. Il ne salive jias
d’une façon exagérée. Au contraire, depuis qu’il
ne peut plus rien boire, il se plaint d’avoir la
bouche extrêmement sèche. Il a très faim, et c’est
pour lui une souffrance physique et morale que
de ne pouvoir prendre aucune nourriture.
Avant toute autre investigation clinique, assu¬
rons-nous de la réalité de la dysphagie et étudions-
en les caractères en demandant à cet homme
d’essayer d’avaler devant nous quelques gorgées
d’eau. Nous lui voyons tourner et retourner dans
sa bouche, comme piour se gargariser, le peu de
liquide qu’il a ingéré, mais, après de nombreuses
tentatives de déglutition qui prouvent sa boniu’
volonté, il recrache ce qu’il avait dans la bouche.
A aucun moment, nous n’avons pu voir s’amorcer
le moindre mouvement de déglutition.
L’examen somatique complet ne nous apprend
rien. Ce peintre est inanitié ; son ventre est creux,
le pannicule adipeux a partout disparu ; la peau
est sèche et manque d’élasticité. Les artères sont
un peu dures et flexueuses ; la tension artérielle
est de 19,5 X H au Vaquez ; mais il n’y a aucune
lésion cardiaque ni aortique. Poumons, foie, rate,
système nerveux, urines... tout est parfait. En
particulier, les réflexes tendineux sont normaux
et le signe d’Argyll-Robertson est absent. Du
reste M. J... nie toute syphilis antérieure, de
même qu’il affirme avoir toujours été très sobre.
L’inspection de la bouche et du pharynx, la
palpation du cou et de la nuque ne montrent rien
d’anormal.
L’apyrexie est complète.
En somme, le signe essentiel — le seul — est
ici la DiFFicuLTiî ou même aujourd’hui I’impossi-
UII.ITÉ DE LA DÉGLUTITION.
Précisons donc d’abord la nature exacte de ce
trouble fonctionnel. 1° S’agit-il d'une dysphagie
vraie par obstacle local à la déglutition? 2“ Ou
bien s’agit-il seulement d'une impossibilité psy¬
chique d'avaler comme on en voit quelquefois
chez certains psychopathes ou névropathes, chez
de grands anorexiques mentaux... qui n’absorbent
pas d’aliments parce qu’ils prétendent ne pas pou¬
voir déglutir ou être obligés de recracher leurs
aliments après les avoir conservés plus ou moins
longtemps dans la bouche ?
1° Je vous avoue que j’ai pensé à la possibilité
d’une de ces fausses dysphagies quand, au début
de notre examen, j’ai constaté l’euphorie de ce
malade, sa loquacité, sa mégalomanie légère (il
est un des « trois grands peintres de la lumière » I),
un léger degré d’achoppement de sa parole, un
peu de tremblement de ses membres supérieurs.
Je l’ai cru paralytique général. Mais il ne l’est
pas, car il a très bien dit tous les mots d’épreuve,
il n’a manifesté aucune démence au cours de notre
long entretien, et il n’a aucun signe somatique de
syphilis nerveuse.
J’ajoute que cet artiste n’a jamais manifesté
dans sa vie de tendances névropathiques, qu’il
paraît parfaitement équilibré au point de vue
mental, et que l’évolution de ses troubles de la
déglutition, — en dehors de tout facteur émo¬
tionnel et avec des alternatives d’amélioration et
d’aggravation, — n’est pas celle dos fausses dys¬
phagies d’origine psychique.
2“ Il y a donc ici une dysphagie viiaie, par
obstacle au passage des aliments de la bouche
dans l’estomac. Quel est cet obstacle ? Voilà ce
qu’il nous faut trouver.
Pour commencer, il est indispensable de fixer,
dans la mesure du possible, le siège de cet
obstacle.
Il peut être : l^au pharynx, ou 2“ à Va’sophagr.
1° D’après les caractères de la dysphagie de e.e
malade, telle que vous avez pu l’observer avec
moi tout à l’heure, nous devons penser que la
cause du troubh' de la déglutition siège très haut,
à l’origine même du tube digestif, dans le pha¬
rynx ou à son exlréinité inférieure, c’est-à-dire àu
niveau de l'origine de la bouche de l' (vsophage ,
car les aliments ne paraissent pas pouvoir péné¬
trer plus loin que la gorge.
2° D’ailleurs, on ne retrouve ici aucun di's
caractères des dysphagies par sténose œsopha¬
gienne : ni des régurgitations (ou retour à la
bouche après un certain temps du bol âlimentaii-i'
dégluti), ni de rejet de glaires, de salive ou de
mucosités sanglantes, ni de sialorrhée (comme il
est fréquent dans les maladies œsophagiennes,
ainsi que l’a montré RogerL
A
Nous sommes donc en présence d’une dys¬
phagie due à une affection du pharyn.v ou de la
bouche de l'œso]>hage.
Tâchons par la clinique seule de préciser
autant que nous pourrons sur lequel de ces deux
sièges possibles se trouve localisée l’origine des
accidents actuels.
A) Au NIVEAU DU PIIAUYNX LUI-MÈME, il y a
deux sortes de maladies capables d’engendrer des
troubles de la déglutition : 1" Des inflammations
subaiguës ou chroniques-, 2“ des paralysies.
1" On ne peut mettre en cause dan^ le cas
actuel une inflammation chronique ou subaiguë du
pharynx ou de la partie postéro-supérieure du
larynx. En efl’et, s’il en était ainsi, il ne manque¬
rait pas d’y avoir des douleurs, des modifications
de la voix, de la toux, des signes locaux visibles
— en partie tout au moins — à l’examen direct
de la gorge, tandis que nous ne voyons absolu¬
ment rien d’anormal à l’inspection du pharynx
de cet artiste peintre.
2° Il ne peut être question non plus chez lui
d’une dysphagie par paralysie des muscles du
pliaryihx.
On en voit de telles — mais moins marquées
généralement — lorsque sont touchés les derniers
nerfs crâniens; le glosso-pharyngicn (IX), le
pneumogastrique (X), le spinal (XI) et le grand
hypoglosse (XII). Il est rare que ces nerfs soient
pris isolément; ils sont souvent touchés simulta¬
nément, et j’ai eu l’occasion de vous montrer une
femme dysphagique qui était atteinte d’une para¬
lysie des 4 derniers nerfs crâniens (ou syndrome
de Collet ou du carrefour condylo-dcchirc posté¬
rieur] et dont j’ai publié l’observation avec Ba.s-
courret et Rouquès. Comme dans la plupart de ces
paralysies, les troubles étaient unilatéraux, et ils
reproduisaient la plupart des signes des jiara-
lysies dues à l'atteinte des derniers nerfs crâ¬
niens : 1" la dysphagie et le mouvement de rideau
de la paroi postérieure du pharynx tirée vers le
côté sain au moment de l’émission des sons et des
nausées, par paralysie des constricteurs du pha¬
rynx innervé par le glosso-pharyngicn ; 2° les
téoublcs de la voix et la paralysie du voile du
palais, par lésion du vago-spinal ; 3° l’hémiatro-
phie linguale, par atteinte du grand hypoglosse ;
4" la paralysie et l’atrophie des muscles sterno^
292
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
N» 18
rlcido-iiiasloïdien Pl trapèze, |)ar paralysie de la
branche externe du spinal.
Aucun de ces signes d’atteinte des derniers
nerfs crâniens n’existe chez cet homme dont la
langue, le voile du |)alais et le pharynx ap])a-
raisseiit très mobiles.
D’autre part, ou ne trouve chez lui aucun la<--
teiii’ étiologique susceptible de causer de telles
paralysies ; il n’a pas subi de trainuatisiue ; il n’a
pas d(^ tumeurs de res])ace rétropurotidien ; il n’a
aucun signe de tumenr cé'rébrale, ni de tabes, tic
syphilis nerveuse ou de syringomyélie,
Di Nous aboutissons linnlemcut à cette coNCi.ti-
sio.x (pie, selon toute vraisemblance, ce sujet
présente .vi; .MvtiAU nti i..\ tioucut; nt; i.’insomi.tcn
un'obstacle'au passage des aliments.
Avant d’alh'i' vérilier par la radiosco[)ie et par
un examen au miroir laryngé l’exactitude de
notre diagnostic, il est bon de niscuTiîii i.a
xArtitit; oiuiAxiptu-; on si>as.moi)i (,ii;i-: nn ciît oiis-
ii] Lu laveur du spasme ])laidcnt le début
brusipie, ino])iné et l’intensité d’emblée ■tr(''s
grande de la dysphagie.
Cependant, je ne crois pas 'qu’il s’agisse de
spasme simjde : à cause do l’Age du sujet (les
spasmodiijues sont des individus jeunes) ; à cause
du siège de la lésion (le s|)asme («sophagieu est
])res(pie toujours au cardia); et sni'tout à cause de
la très grande rareté du spasme primilifWe l’ieso-
phage.
h] l’resipie toujours r(j“sophagos[)asme est
secondaire. A une lésion orpani/ine, (pielquefois
minime. Et justement, e’i'sl. je crois, l’impor-
lanci' de ce s|)asme secondaire quia déterminé ici
la bi'utalité du début des troubles, alors que sans
doute la lésion o'sophagienne, latente encore,
existait depuis quelque temps di'jà.
c'i (juant à In nature de celle, lésion œsophn-
Ifiimne, j’ai bien pour (pi’elle ne soit néoplasiijne :
Tout d’abord, en raison de la fréquence du
cancer de l\rso/>linae tidle ipip, d’après Guisoz, sur
10 cas d'all’ections (csophagiennes ]trésuméps can¬
céreuses par suite de cette loi de fréipience, il y
a seulement 1 erreur ;
l’.n outre, en raison de l’àge du malade et de
l’absence (diez lui de toute autre cause plus ou
moins évidente de sténose (esophagienne : un
rétrérissemonl cicatriciel consécutif A l’ingestion
d(' substances corrosives; une compression par
une tumeur cervicale Igoilrc, abcès froid).
Commeinjons nos recherches complémentaires
par l’n.xA.Mii.x HAiHOSOoriijius du trajet bucco-
(csoiihago-gastriipie. C’est ainsi (pi’il faut toujours
procéder, car on s’assure de la sorte ipi’il n’y a
pas dans le médiastin une tumeur et surtout un
anévrisme de l’aorte, cause de la dysphagie et
coutre-iiidieation formelle A une (csophagoÿ-
copie.
.V l'écran, nous constatons ipic le thorax est
parfaitement normal. En mettant le sujet en posi¬
tion obEupie antérieure droite pour bien voir son
espace clair iiostéricur, et par conséquent le
trajet <esophagieu, nous voyons le malade, auquel
on a donné A avaler un cachet de bismuth, faire
de gros ell’orts pour engager le cachet dans le
pharynx. 11 u’y réussit qu’après plusieurs tenta¬
tives, mais le cachet ne progresse pas dans
la cavité pharyngée, et il est expulsé après avoir
provoqué de violentes quintes de toux.
Laissons le malade se reposer quelques ins¬
tants. Recommençons maintenant l’expérience
précédente avec une cuiller A soupe de mucilage
baryté. Nous assistons à la reproduction des
mêmes difficultés pour que la bouchée opaque
passe de la bouche dans le pharynx. Enfin, elle
y( parvient ! Maig-le liquide parait stagner dans
les gouttières latérales du pharynx, puis, après
quelques mouvements de va-et-vient antéro-pos¬
térieurs, il en passe une partie dans un orifice
étroit sans que l’on puisse vraiment discerner si
(;’est dans l’œsophage ou dans la trachée qu’a
pénétré la gélobarine. L’absence complète de
toux, contrastant avec la toux quinteuse qui a
suivi tout A ritcure la, déglutition « de travers »
du cachet de bismuth, me fait penser, contraiiœ-
ment A l’avis du radiologiste, que ce n’est pas
dans les voies rcs])iratnire.s qu’est passé le muci¬
lage baryté.
Quoi qu’il en soit, ce syndrome radiologique
confirme l’existence d’un trouble dysphagique
haut situé, et notre collègue radiologiste croit
devoir l’attribuer A une paralysie des muscles du
jdiarynx secondaire A l’atteinte des nerfs cra-
Gettc hypothèse est, nous l’avons vu, indéfen¬
dable cliniquement. En outre, j'ai vu l’année der¬
nière un homme de 58 ans présenter un syndrome
radioscopique absolument semblable, A la suite
duquel la même conclusion diagnostique de para¬
lysie pharyngée a été portée, et cependant ce
malade était atteint d’un cancer du tiers moyen
de l’œsophage, comme on l’a vu dans la suite.
Maintenons donc nos conclusions premières, et
allons dans le service de laryngologio faire
vérifier Tétai do la bouche de l’œsophage que je
))('rsiste A croiri' plus ou moins envahie par du
Lu lixAMEX immédiat au i.AtivNGoscopE montre,
malgi'é la présence, de mucilage baryté sur les
[larois, (pie le pharynx est indemne de lésions et
(pie le larynx est absolument normal.
Nous l'cviendrons demain pour faire pratiquer
un examen (esophagosco[)i(pie que gênerait
aujoui'd’hui la gélobarine cncoi'c présente dans
les conduits digestifs.
L’kxa.mkx ŒsorHAnoscoriQUE est trè.s facile¬
ment pratiqué. Il découvre à la bouche de l’(«8o-
|)hagc, A l’union des faces postérieure et latérale
droite, une tuméfaction irrégulière qui pointe
vers l’intérieur et qui a les dimensions d’un
noyau de cerise; à sou niveau, la muqueuse,
rougeAire, n’est point ulcérée, mais elle a perdu
sa souplesse et paraît comme figée, 11 n’y a aucune
paralysie, mais un spasme très fort dos fibres
musculaires des constricteurs.
Pour le laryngologiste il ne fait pas de doute
que Ton ait all'aire A uii cANCEit üe L’oisoPHAOii
A rou.uK itouiutEONNAXTH. Tl n’csl pas d’avis do
faire une. biopsie au moins pour le moment ^
pour ne pas aggraver la situation en favorisant
des infections secondaires et en augmentant
encore les phénomènes de spasme.
11 ne peut être, en ofl’et, question d’une tumeur
bénigne — d’ailleurs ces tumeurs sont oxeeption-
nelles — A cause du caractère d’infiltration de la
tumeur, de son aspect bourgeonnant, de Télat de
la muqueuse qui la recouvre.
Les sténoses inflammatoires simples — qui don¬
nent des faux cancers œsophagiens — no donnent
pas de tumeur; elles siègent toujours bas; au
cardia, chez des sujets plus jeunes, tachyphage.s,
édentés, buveurs et fumeurs.
La tuberculose œsophagienne, très rare, n'ost
pas située A ce niveau, mais dans le médiastin,
Quant à la syphilis œsophagienne, elle est, elle
aussi, bien rare, et nous ne serions autorisés à
penser à elle que si nous trouvions chez notre
malade d’autres accidents syphilitiques en évolu¬
tion, en particulier des syphilides ulcéro-gom-
meuses de la peau,
' Le PiiONOSTic A porter chez ce sujet est redou-
lable. La mort est fatale, et il est A craindre
((u’ello ne se produise A très brève échéance.
,1e ne vois en efl’el pas d’autre tiiaitement A
proposer A ce malheureux homme, qui n’a pas
pris une goutte d’eau depuis dix jours, qu’une
gastrostomie-, seule, elle permettra de Talimenter
en tournant l’obstacle œsophagien.
Mulheureusemeni, il est bien tard pour faire
cette intervention, remarquable quand elle est
pratiquée de bonne heure, mais qui, faite A la
phase ultime de cachexie, est le plus souvent inu-.
tile et peut môme hâter la mort,
Néanmoins, je vais faire opérer cet artiste
peintre, voué A une mort certaine, car c’est le
seul moyen de réconforter son moral profondé-
mettt déprimé par l’idée qu’il est incapable de se
nourrir.
En attendant l’intervention qui aura Hou demain,
nous allons lui injecter 500 grammes de sérum
glucosé isoionique en goutte-A-goulte rectal, cl
500 grammes de sérum chloruré sodique isoto¬
nique sous la peau.
Nous lui inoculerons toutes les six heures
5 eme d’huile ctamphrée A 10 pour 100.
Nous continuerons A lui faire rincer la bouche
fréquemment avec de l’eau de Vichy ou des infu¬
sions de tilleul ou d’oucalyptils.
L’ichtyol dans les intertrigos enflammés
et les lymphangites
Le D‘’ Brocq employait Tichtyol en solutions à
10 pour 100 ou à 20 pour 100 (fan? de Teau distillée,
dans les intertrigos enflammés, chez les sujets qui
ne peuvent pas supporter les préparations d’iode ou
de nitrate d’argent. Après nettoyage, il faisait un ou
plusieurs badigeons successifs avec la solution
aqueuse ; il laissait sécher, et poudrait avec beaucoup
Dans les lymphangites, il appliquait d’abord une
couçlic de belle vaseline renfermant 1/5 d’iclilyol ;
puis, par-dessus, mettait des compresses de tarlatane
aseptique sans apprêt, pUées en plusieurs épaisseurs,
et imbibées d’une solution aqueuse d’ichtyol, au 1/10,
Quand ou se sert de compresses de tarlatane im¬
bibées d’une solution aqueuse d’ichtyol, il faut
savoir que, lorsqu’elles se dessèchent, elles devien¬
nent fort dures, et par suite elles peuvent irriter les
téguments si elles ont été appliquées directement
sur eux. Il faut donc avoir la précaution d’enduire
d’abord les parties malades soit de vaseline içhtyolée,
soit du mélange suivant :
Lanoline . 0 gr.
Vaseline de bonne qualil(5 . 12 gc.
Icbtyol . de 2 it 5 gr.
En prenant celte précaution, on évite l’adhérence
des compresses de tarlatane aux téguments malades
et l'effet nuisible de leur dessiccation.
ENVOIS DE VOLUMES AU JOURNAL POUR
ANALYSES. — ies ouvrages màicaux envoyés en
double exemplaire à La PnisasB MAdioale, 420. bou¬
levard Saint-Germain, sont signalés dans leur ordre
d'arrivée à la rubrique « Livras Reçus ». Ils font
ensuite l'objet d'une analyse originale dans la
rubrique « Livres Nouveaux »•
CHRONIQUES
VARIETE s
INFORMATIONS
L’Université hébraïque
de Jérusalem
l-lisToiuQUi-;. — Courue il y a quarante ans par
A. Chapiro, l’idée d’une Université hébraïque à
.leriisaleiu fui adoptée par le Congrès sioniste
de 1901, mais les plans définitifs ne furent réglés
cpi’eii 1913. La première pierre fut posée eu
Juillet 1914, et l’Université solennellement pro¬
clamée ouverte, le 1“" Avril 1925, par lord Bal-
four, aux acclamations d’une foule immense venue
de tous les points de l’horizon sioniste.
Cu.xsi'i'ru’i'ioN. - L’Université est, selon
formule à la mode, une réunion d’instituts i
Laboratoires de recherches. Ce qui la
caractérise spécialement, c’est qu’elle
se présente comme une « maison »
ayant pour but d’accueillir les savants , ô
juifs di.spersés de par le monde, et qui ^
souffrent de cette dispersion.
Ku principe, les travailleurs sont
accueillis sans qu’aucun programme
défini leur soit assigné, sans qu’aucun
bénéfice immédiat soit attendu de leurs
li-avaux, mais une pensée naturelle.
naturellement par les problèmes lo-
(■aux. Vraisemblablement, la jeune co¬
lonisation sioniste tirera profit de
leur labour.
D’uu autre côté, du fait même de
leur fonctiounemeut qui doit compor- '
ter, dans le futur, l’usage exclusif de .
l’hébreu, les Instituts aideront puis¬
samment à la résurrection de cette
langue, le signe le plus frappant de la
renaissance du peuple juif, en tant que |)euple.
Enfin, et i)rogrcssivement, l’Université entre¬
prendra une tâche d’enseignemenl. Les cours,
e.otnme il est dit plus haut, se feront eu hébreu, et
c’est une surprise, pour le visiteur non prévenu,
que de voir envisager, en toute simplicité, le fone-
liouneraent d’un cours en hébreu sur une matière
aussi neuve, par exemple, que la chimie physique !
■Mais les surprises et les contrastes se lèvent à
Au.Mi.MS'fitATiox. -- L autorité suprême ajqiar-
tient à un « Louseil de gouverneurs », en fait
une série de notabilités résidant un peu jiarlout
dans les grandes capitales européennes et amé¬
ricaines. Le Conseil se réunit une fois par an, en
principe à Londres, et arrête le programme pour
l’année à venir. Quant à l’exécution, elle est con¬
fiée à un Comité de 4 membres, 2 résidant en
Palestine, 2 en lùirope.
Pour les ((ueslions techniques, le Conseil est aidé
par un Conseil académique, composé de profes¬
seurs de différents pays, en attendant que le corps
professoral de Jérusalem soit assez important
pour assumer ce rôle.
Bien entendu, un secrétariat est installé à
l’Université, et sa tâche n’est pas mince, qui con¬
siste â coordonner des. compétences incontestées,
mais sérieusement éparpillées !
aux constructionsj était de 38.Ü0Ü livres sterling.
L’argent est fourni par des contributions volon¬
taires, comme en Amérique. On cite le don de
!M. F. Warburg : 100.000 livres; M. Rosenblum :
50.000, etc.
Les médecins israélites des Etats-Unis, réunis
en Comité, se sont donné pour tâche de rassem¬
bler les éléments nécessaires â la création d’une
école de Médecine. L’Institut de microbiologie et
d’hygiène déjà réalisé fait partie de ce plan. Plus
tard, en liaison avec « Hadassah hospital organi-
zation », un hôpital sera monté.
Un Comité, en Allemagne, s’occu[)e de la
bibliothèque et rassemble des ouvrages.
L’Union universelle des Etudiants juifs sc pro¬
pose, elle, la construction d’un hôtel pour étu¬
diants sur le mont Scopus, etc.
L'.MVKiiSiTi; piiopiiKMiîNT uiTi;. Elle occupe
un site magnifique sur le mont Scopus, c’est-à-dire
sur une crête, dans la banlieue immédiate de Jéru¬
salem. Face à l’ouest s’étale la vieille cité, dont
un profond ravin la sépare. Au sud, le mont des
Oliviers et ses monastères. Au nord, le Memorial
britannique, l’immense nécropole de la grande
guerre. A l’est, par delà un paysage lunaire, la
mej- Morte jette son éclat plombé, et au fond
s’élèvent les monts de ÎMoab, aux couleurs chan¬
geantes avec la course du soleil.
Les bâtiments, solidement montés dans la belle
pierre rose de Jérusalem, ne déparent pas le site,
ils sont d’une architecture sobre et massive qui
se marie bien avec le paysage pétré d’alentour,
l^liis tard, des plantations actuellement en espé¬
rance viendront adoucir quelques lignes, tout en
restant dans la note grave, signature de la Judée.
A l’est des bâtiments, un théâtre en plein air
pouvant recevoir 2.500 auditeurs s’étale en un
commandement superbe à l’amorce d’un ample
Sont déjà construits les bâtiments de l’Institut
de chimie, l’Institut de physique, l’Institut de
mathéniiitiques, les locaux de l’.Administration.
Les travaux progressent. Ils ont été malheureu¬
sement endommagés par le tremblement de terre
de 1927.
Au moment de ma visite, fonctionnaient déjà :
L.'I/isliliil d'études juiees.
L’Ecole des études orientales (littérature arabe,
et, ultérieurement, assyriologie, études égy])to-
L'Iustilut de chimie ^analytiquc-synthétique-
biochimiey.
lélustitut de microbiologie, noyau de la future
Société médicale de recherches, et, plus tard,
h’aculté de Médecine.
La section de parasitologie, où' le D'' Adler
poursuit des recherches sur la leishmaniose et son
vecteur. On s’y occupe également de l’IielminthcN
logie du bétail.
Institut d’Iii/giéne (épidémiologie générale et
expérimentale) .
L' fnstitut d'histoire naturelle, de Palestine, qui
SC propose de procéder à l’inventaire méthodique
de la Palestine et abords au point de vue sciences
naturelles. C’est un sujet très vaste car si le terri¬
toire est petit, il présente toutes les gammes de
climats, depuis les sommets glacés de l’Hermon
jusqu’aux bords calcinés du fond de la
dépression de la mer Morte.
A signaler un projet curieux : on
pense à créer un « jardin des prophè¬
tes », où l’on pourra voir revivre toute
la flore de la Bible, des Evangiles et du
Coran. Ce jardin botanique inattendu
séduira certainement les touristes an¬
glo-saxons !
L' Institut de mathématiques.
La bibliothèque, dispersée provisoi¬
rement en 4 locaux à Jérusalem, et
riche déjà de 180.000 volumes, desser¬
vant 3.000 lecteurs.
I Ainsi se présente celte jeune Univer¬
sité, si originale de par son origine, sa
conception, son développement rapide.
Les réalisations de l’heure sont déjà
belles, mais ses ambitions sont encore
plus vastes, et sa constitution même,
en Instituts juxtaposés, permet aisé¬
ment les agrandissements ultérieurs.
On peut faire des réserves quant au
sort futur et au développement du côté « ensei¬
gnement » qui ne présente pas les mêmes éléments
de succès que le côté « Institut de recherches ».
Mais, d’ores et déjà, on ne peut que se réjouir
de voir s’allumer, et en un point aussi solennel
de la planète, un nouveau foyer de culture.
El puis, sur ces collines trop chargées d’his¬
toire, mais depuis longtemps retournées à la
solitude, quelle surprise que de rencontrer à la
fois : de l’argent, des hommes, de la foi, et une
jeunesse ardente !
L. BitociiiiT.
Pierre Kouindjy
Le D'' Pierre Kouindjy, qui vient de mourir lu
2ü Uécembre 1928, était un des cinésitliérnpeules
français les plus counus. iS'é en Crimée en 1862, il
avait fait scs études au collège du Grand-Duc Cons¬
tantin, à Sébastopol, et était venu à Paris comme
correspondant spécial du Courrier russe de Moscou,
organe panslaviste et francophile. Scs études sur les
écoles professionnelles françaises avaient amené la
création, sur leur modèle, d’une série d'institutions
similaires en Russie.
Après avoir, fait ses études à la Sorbonne et à
l’Ecole de chimie de Prémy, et après avoir fait des
recherches sur la chimie organique, le D'' P. Kou¬
indjy fit ses études de médecine' à la Faculté de Paris
et obtint le doctorat avec une thèse sur l’appcndi-
.Vssistaut au service de chirurgie à l’hôpital des
294
I-A PRESSE MEDICALE, S;mu-dl, 2 Mars 1929
N» 18
entreprit un voyage d'études srientiliques à l’étranger,
en partirulier en Allemagne, pour étudier eette
science alors nouvelle. Il visita en même temps un
grand nombre de sanatoriujus populaii'Cs pour tuber-
culeu.'i sur li’squels il présenta une élude au Congrès
de la tuln.'rculose en 189H,
De retouren l'rance, le D'' 1’. Kouindjy, naturalisé
l’raneais depuis longtemps, devint assistant du pro¬
fesseur IlaymOnd à la clinique Charcot de la Salpé¬
trière, où il dii'igea le service de rééducation et de
massage (190:1-19171. C’est dans ce service qu’il
établit une méthode de rééducation, connue sous le
nom de « métiiode de rééducation de la Salpétrière s,
et qu’il en appliqua pour la première fois les prin¬
cipes au traitement d’un grand nombre d’alfeclions
nerveuses.
L’activité du D' Kouindjy s’est d’ailleurs étemlue
à l’ensemble d(; la scitmee physiothérapique en géné¬
ral; il a pai-ticipé à un grand nombre de congrès de
physiothérapie, en particulier à celui de Liège, <'n
1905, où il soumit un rapport sur les iiidiciitiuiis et
les eoiihe-i/i(lir(ilioiis du niussuf^e mèlliodiiliie dans
le Iruilenietil des iiéyi iles el des poh/iiéyiiles.
lin 1909, comme président de la Société française
de ciuésithéi apie, il soumit au Congrès international
de médecine de IjiidaposI un lapitorl remarqué sur
la physiolhéraitie.
.\u cour-s de la guei-i-tr, le D' 1’. Kouindjy, bien
t|u’àgé de 511 ans, s’engagea volontaii-emenl contme
médecin aide-major. Il fut envoyé d’ttboi-d'à Toulouse,
où il organisa le service de massage et de mobilisa¬
tion de la XVIfc région, el fut chargé de coui-s
pratiques pour intirmiers dans cr'tte légion, lin
Avril 1915, il fut affecté à l’aiis comme insi lucteur
au service central de rééducation physit|ue. lin
.luin 1915, le D’’ 1'. Kouindjy fut iioinnié chef du
service de physiothéi-apie dc l’hirpital de l’Ecole
siipéi-ietii-e des .\i-ls et .Métiei-s où il organisa les
sei-vices de massage, d’électiothérapie, île radiologie
et de rnécairoihéi-apie.
lin 1910, le D'' P, Koitiniljy fut iroinirré chef drr
service (11- pirysioihér-airie ri riiôpilal nrililair-e du Yal-
ile-Cr-àce el chef adjoint du ser-vice rie cinésithéi-apie
drr carrrp reirarrché de Paris,
.Ipr-è.s la giter-re, tout eu cimliniiairl ii s’intéresser-
activi-rrri-irt au,!; divei-ses onrvr-es el aux. services qu'il
irvail créés, le I)'' P. Koirirrdjy s’est i-oiisacr-é surtout
Le 1)'' P. Koiriudjy était i-hevalit-r- ih- br Légiorr
d honni-ni-, r-hevaliot- <le 1 Ür-dr-e drr Chi-isI de Por--
Irrgal. 11 r-lail rnernbr-e corr-esporrdani di- P.Vcatlérrrir-
ilc .Médecine de .Madriil, rie la Société médicale i-i>yale
ri’ lispagni-, r-l rie irornbr-eiises sociétés scientiliques
fr-iinçaises el él r-arrgèr-es. en par t icrrlier- en llelgique
el en Italie.
lirr cirs de r-éir-over-siorr, hr r-érliiction est plus facile
lirr (-as rie Irrirrr-rrr- pelvienne, il devir-rrt plus aisé
di- i-cr-her-r-her- le sigrre cairital dr- hr rtrobilité li'ans-
rrrise ou noir tr-ansmise irii col irtérin.
Mais (-elle rrrano-iivi-e de bascule (h-rrrande. av(-(-
la table or-dirrair-e. tout un li-avail ou l’aide d’iirre
inlir-inièr-e. si bien (((r’ori néglige de l’rri iliser.
■l’ai vonlri |iai- cette table rerrdr-e la nranariivi-e de
la position déclive l'i por-|ée de la main.
Sans se dér-arrger- (h- sa place, le nrédecin peut
basculer sa malade i|(iand il le veut : il suflll d’ap¬
puyer srri- une pédale en donnant la jiosilion désir ée
et de r-elàcher- la pédale porrr- (Ixer- solidenrerri celle
position.
.le n’insiste pas sur- les avarrlrrges ipre le corisl r-rre-
terri- Qirirriou a bien vorriri y irjoiitei-.
ùlir seirle anrbilion est par- cette table d’irrviler- le
gynécologrre ri user- le plirs sorrvent possible de hr
position déclivi- si rr-r-lile en renseignerrrenls cli-
(ielle labh- est l'abr-i([uée pirr- la rrririsorr (,)rr iuiorr .
r-rre des Lyonnais. Paris.
La Médecine à travers le Monde
BELGIQUE
Les nrédecins espéi-antistes réunis ii l’occasion
dn .W" Congrès univer-sel de l’Espei-anto ont tenu
leurs séances dans les locaux du Cei-cle médical
d’Anvers sous la présidence du D'’ Blassber-g, de
Cracovie. Ce dernier rappela les pi-ogrês constants
réalisés par l’Espéranto dans le domaine médical. Il
lit ressortir son utilité dans les Congrès interna¬
tionaux : on a calculé qu’actuellement chaque parti¬
cipant à un Congrès comprend en moyenne 20 p. 100.
de ce qui se dit ; aux discussions prennent part, non
les savants les plus compétents, mais les rneillcui-s
polyglottes.
Le programme scieutillque comportait les commu¬
nications suivantes, dont nous avons donné un
compte rendu dans une lettre précédente, et le dia¬
gnostic radiologique des processus destructifs de
l’appareil respiratoire, par M. Tori-es y Carreras, de
llarceloiic.
Le texte des communications a pai-ii lu extenso
dans le numéro de Septembi-e 1928, de Inleenacia
mediciuo reeuo.
COLOMBIE
Les lc(-|(‘iii-s de l.a Presse Médicnle Si(vcnl (|u’uii
Comité [s'esi fondé poui- élcvci-
1)'- Léon Diifoni-, (■(•(■atenr de la Coillte de Luit. Ln
grand ami de la Krancc, le pi-ofesseui- .lorge Bejai-auo,
de h( l-’acnllé (h- .Médecine de Bogota (Colouibie), el
membre dn Comité international Léon Dufoui-, vi(-ul
d’adr(-ss(-r à sou gouvei-nemeni rajipel suivant;
1.1- Cemilé iiilcniatimnd constitué il Paris à rcU'el
iri'-i-ig(-i- ini monument, en la ville
de l-'écanq), au I)' la-on Pul'oui-,
ci-('-ateur d(' l’institution de la Goutte
de t.ait, m’a fait le grand honiienr
ili- in’ajipeler il ligurcr parmi ses
je sollicite la coo])cralion de la
Cidonibie, suivant ainsi l’exemple
(le tons les autres pays du momh-,
a (-e bel homniagi- aiupiel lu
voulons, il juste litre, doiinei-
i-araetère d’une oITrandc inlei-
I innule.
Du sait i|iie. le 1)' Bulonr, mode.ste
(|U(.'li|ucs niiiis. fonda en ISM, dan
ta ville de l-’écani]), la pi-emièi-c
Goutte de t.aît, institution très
nidde (|ni, depuis cette époque,
si'i'vit de jiuiiit (le dépai-t ii la lutte
soi-iale i-onll-e la mortalité i
fille a en pour elVel de r-éduire
la niorUilit(; de 22,9 p. lOU, (-hiO’rc
de 1S9'(, ù 9,2 pour loti, [lour la seule ville de l-’ccamp !
fout-. s'(-s| t-eproduit partout dans l’univei-s. T.’idi-e gi'-niale
■s’est propagiM-, en elTel, à travers le monde et vous savi'z
f'ootttes lie t.uit e.vistani en Colonihii-.
Appareils Nouveaux
Table pour examen gynécologique.
Il csl iuullU' Mir 1 iitilih* de la posilioii
fléflivi*. (|ui l’arilitc reilaiiis exaineusf^yiiéeolo.üiijnes
flélieals. Sons riidliience de la pesanleiii*. 1 inleslin
quille le pelvls. la paroi alidoininalp se relàrhe, el
les doiiiis explorateurs jiéiièt l'eiil sans peine dans la
ravilé pelvienne. r<*ronnaissant aver nellelé le rto’ps
I] sérail li'op long* d’émnnérer Inules les nalions qui
ont adopté riiistiliilion de la Goititv de l.uii. D’une exlré-
inilé à l'aulre du vieux et du nouveau eoiilineuL, dans'
li's grandes villes liruyantes eoiniue dans les villages
sileneieux, s'il est iinpussihh* de visiter un liôjiilal sans
évinpier les iinag’es do Saint-Vinoonl-do-PauI ou de Sainl-
.lean-df'-Dieu, il est également impossible de s’i)ceup«*r
de la j)roU‘elioa des enfants sans évoquer lu très noble
li-iire du D'- Dufour.
Noire jiays, qui s'assoeie à loules les iinlialives jialrlo-
lifpies iiileruatioiudes et à loules i(‘s mniiireslations de
l’esprit, ne peut manquer d’ajouter s<m linmmap* à tous
les liüiumajjjes que va reeevoii' l'admirable mérleein féeam-
C’est jjounjuoi je soUirite l'aide de notre gouvernement
pour obtenir lu contribution de notre pays à l'éreetion du
nuniument Léon Dufour.
Il S(*ruiL i)cau de voir Ions les enfants de Colombie
s’associer, par une nnulesle colleeli*, à eelle fpuvre de
jusliee et de gi-atilud(‘.
Mon désir serait de voir, an pied dn montinieiil (]ui va
perpétuer la mémoire de ce moderne Saint-Vincent-de-
Paul, eette inscription figurer parmi les autres : Loti w//}o.ç
de Colombîu a . su grau henefaeittr.
En vous remerciant pmir le bon accueil que vous réser-
.loitOi: lîlMAUANO.
RUSSIE
Vu rinsuflisance des lits aux liôpitaux, les méde¬
cins s’occupant des avortements artificiels font
quitter les établissements médicaux au bout de quel¬
ques heures après l’opération. Cet état ayant
entraîné dos complications dont certaines mortelles,
les organes du Commissariat de Santé ont intertlil la
pratique ambulatoire des avortements et onl obligé
les médecins à garder les malades au moins 3 jours
après ravortement.
-A-
L’expédilion médicale oeganisée par le Coinmîssa-
i-ial de Santé de Géorgie et ayant pour but l’aide
médicale aux femmes de la Klievsoui-élie (Caucase)
vient de i-enli-er à Tiflis, L’aide médicale et la thé¬
rapie scieutillque y étaient entravées par des soi-ciers
dont l’autorité e.st énorme. Il suflit de noter que des
lonclionnaircs des plus notables se faisaient ti-aiter
par des sorciei-s. L’expédition a rencontré de
grosses diflicultés poui- soigner les femmes, mais
elle a traité un grand nombre des cas de blessures
des liommcs à la suite des (( vendettas ». L’expédi¬
tion a t-ainené à Tiflis une quantité cnocnie de
plidites médicales cécollées en K lievsourétic.
Correspondance
A propos de l’article sur « Le lipiodol
dans le poumon normal ».
A'ous n’avons pas attendu la présente lettre, ni
celle même de M. Sergent, que vous avez inséi-éo
dans votre numéro du 16 Eévrier, pour expi-imer à
col éminent maître nos excuses poucTeri-eur de biblio-
gi-apbie qu’il avait relevée dans noti-c article sur
« Le lipiodol dans le poumon normal ». Bien invo¬
lontairement, nous avons été abusés jiar une réfé¬
rence, ])ubliée dans la thèse de MH» Marchand
(Lyon, 1925), laquelle, évidemment, corcespondait à
une confusion. Sur ce jioinl, aucun doule n’est pos¬
sible, el nous le reconnaissons bien volontiers.
Pour le i-esie, nous maintenons nos référ-ences et
nos (onclusions. Il se peut, comme le fait remarquei-
M. Sei-genI, que ces dernières divergent quelquefois.
II a dû s’en montrer d’autant moins surpris qu’elles
avaient été. en somme, indiquées presque toutes
dans un article publié, il y a peu do temps, par la
revue même qu’il dirige (Bonnamour, Badolle et
Gaillard. (( La Dilatation bronchique des gazés ».
.■Ircliiees médico-cliiiurgicales de l'appareil respi¬
ratoire, tome ni, u'> 3, 1928).
Geci dit, nous ne pouvons que nous louer do l’an-
noiu-o d’un prorbain arlic-lo avec M. Colleuol. Ge
n’est (jue du choc do ces idées, exposées en toute
sin’cérité scienlidque, que pourront découler des
conelusioiis définitives, dans celte question si déli¬
cate du lipiodol pulniouairc.
Veuillez ci-oii-c, etc.
l>oN.\A\ioi:i! cl Bai>()i,i,|.:.
N» 18
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 Mars 1929
295
Livres Nouveaux
Graphologie du Praticien, par le !)■' C. Stiici.etski
{Gaston Doin, édileur), Paris. - - Prix: 20 fr. net.
Mon grand ami, le si regretté D'’ Alfred Martinet,
dans les dernières années de sa vie si remplie, ne
faisait plus que de la eonsultation à son cabinet ; il
avait pour règle d’envoyer, à toute personne qui
sollicitait un rendez-vous, un questionnaire écrit par
lequel le solliciteur devait résumer toute sa vie
pathologique antérieure et préciser les troubles
actuels. Alfred Martinet considérait en effet que
l’examen et la lecture de ce document évitaient une
grande partie de l’interrogatoire oral, et le rensei¬
gnaient d’une façon extrêmement utile sur l’indivi¬
dualité, le caractère, le tempérament du sujet.
Le style c’est l’homme, a dit Buffon; l’écriture
aussi c’est l’homme. L’écriture qui inscrit un geste
révèle par cela même les modalités musculaires, les
dispositions affectives, les habitudes mentales de
celui qui écrit.
Depuis les beaux travaux de Crépieux-Jamin, des
Paul Joire, des Binet, de Bogues de Pursac et de
tant d’autres graphologues, l’étude de l’écriture est
devenue une branche de la physiologie clinique c't, à
ce titre, elle est entièrement du domaine médical :
Nul doute que les ])rochains traités de diagnostic
clinique ne comportent un chai)itre sur l’examen <le
De même que, selon les tempéraments, les hommes
manifestent leur mentalité par des gestes lents et
mous, ou larges et exubérants, ou vifs et saccadés,
ou petits et rétrécis, il y aura des écritures lentes et
molles, hautes et exiibérantes, vives et saccadées,
petites et rétrécies. L'iiomme imaginatif personnel,
v(dontaire, créateur, n’écrit pas comme le fonction¬
naire alourdi par une besogne monotone de bureau ;
l’bomme sensuel, en pleine virilité débordante, ne
tracera pas ses lettres comme la nonne sexagénaire
entraînée dès longtemps à supprimer toute penséi'
éroti(|ue de ses centres imaginatifs. Tout cela
tombe .sous le sens; la grapliologie n’est i)as autre
chose que le l)on sens appliqué l’analyse de l’éeri-
Notre confrère Streletski, secrétaire de cette Société
parisienne de graphologie qui fait tant pour répandre
les principes do cette science d’observation, a écrit
pour les praticiens un excellent petit livre où l’on
trouvera les grands principes de l’étude grapliolo-
gique. Très documenté, mais aussi très clair et très
simple, ce livre permettra rapidement au médecin de
se mettre au courant des bases de la bonne méthode.
Il n’aura plus ensuite qu’ù s’armer d’une loupe et à
scruter l’écriture de ses clients et clientes en ayant
soin de commencer par ceux dont il connaît bien la
mentalité.
Nul doute que bientôt il ne devienne un grapho¬
logue averti et les heures passées à scruter des
écritures ne seront pas perdues pour le développe¬
ment de son sens clinique.
P. DrsrossEs.
Lipiodol In the diagnosls of thoracic disease (Le
lipiodol dans le diagnostic de la maladie thoracique),
par CiiANDLEU ET WOOD (Londi'cs). Un volume de
133 pages avec 47 reproductions de radiographies
(Librairie Ilumphreil MilfortI), Londres. — Prix :
16/6 net.
Excellent manuel, richement illustré, qui forme
une bonne mise au point de la question. Les priuei-
paux chapitres sont : historique, indications et contre-
indications; choix de la voie d’introduction; dangers
possibles; interprétation. Enfin une bibliographie
abondante termine le volume.
A. Laiji'errière.
Traité des fractures et des luxations, par Kellog
Speed. 952 pages et 987 ligures {Lea et Febiger,
éditeurs), Philadelphie. — Prix : 11 dollars.
Ce traité, en langue anglaise, des fractures et des
luxations est un livre très clair et très pratique qui
peut rendre des services. L’auteur en espère un pro¬
grès dans l’art de soigner les fractures, art en stag¬
nation au temps présent, dit-il, tandis que d’autres
branches de la médecine progressent.
Il semble que ce but puisse être atteint, car la
lecture de ce livre de même que la recherche d’un
renseignement au sujet d’un point précis est extrême¬
ment aisée : le plan est clair, le texte dépouillé de-
toute notion inutile et la typographie rendue agréable
par l’emploi de sous-titres bien choisis. Le livrc.com-
porte un index et de nombreuses illustrations, dont
certaines sont instructives. Il n’y a que foi-t peu de-
noms propres et de bibliographie.
P. Moulonguet.
Université de Paris
Anatomie pathologique. — I. Cours ihéorique. —
-M. le professeur G. Roussy; MM. Leroux et Oberlitig,
vendfed’i 8 Mars, à 15 h. 1/2, à l’amphithéâtre d’Anutomie
jiathologique et le continueront les lundis et mercredi.s
suivants, ù la même heure.
Objet du cours. — Anatomie pathologique : Appareils
respiratoire et cardiovasculaire ; appareil digestif et
glandes annexes; appareils urinaire et génital ; glandes
Le cours s’adresse essentiellement aux étudiants de 3"
année; il sera complété i)ar des démonstrations pratiques
préparatoires aux examens.
préparatoires aux examens de 3" année commenceront le
3 Juin au Laboratoire, et auront lieu tous les jours, à
14 h. et à 10 h. (6 séances par série).. Droits d’inscrip¬
tion : 25 fr.
III. Cours de perfectlonnemcut. — «) Cours de tech¬
nique et de diagnostic anatomo-pathologiques par MM. R.
Leroux, agrégé, chef des travaux; Grandclaude et Ile-
raux, préjiaratBurs.
Ce cours, comprenant 20 séances de démonstrations
jiratiques, commencera le 1”'' Mai, à 14 h., au laboratoire
d’Anatomie ])athologique. Droits d’inscription : 250 fr.
Le nombre des auditeurs est limité.
b) Cours de technique bématologique et sérologique
par M. Ed. Peyre, chef de laboratoire.
Ce cours de 14 leçons commencera le lundi 27 Mai, à
14 h. 30, au laboratoire d’Anatomie pathologique. Droits
d’inscription ; 200 fr. Le nombre des auditeurs est limité.
Anatomie descriptive. — M. le professeur Rouvière
commencera son cours le lundi 4 Mars 1020, à K! h.
{grand amphithéâtre de l’Ecole pratique), et le continuera
les mercredis, vendredis et lundis suivants, à la même
Sujet du cours. — Anatomie de l’abdomen.
Histologie. — M. Verne, agrégé, commencera ces
conférences le lundi 4 Murs 1020, à 17 h. (ampliithéâtrc
Vulpian), et les continuera les mercredis, vendredis et
samedis suivants, à la même heure.
Sujet des conférences. — Histologie des organes.
Laboratoire de Toxicologie. — M. Kohn-Abrest,
docteur ès-sciences, directeur du laboratoire de Toxico¬
logie commencera son cours de chimie toxicologique poul¬
ies candidats au diplâme de médecin légiste de l’Univer¬
sité de Paris, le mardi 5 Mars, à 14 h. .30. 11 les conti¬
nuera le vendredi 8 Mars, a la même heure, puis les
mardis et vendredis, des semaines suivantes.
Ces cours auront lieu à l’Institut médico-légal, 2, place
Mazas.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Tenon. — Des conférences sur les méthodes
de laboratoire appliquées ù la cardiologie clinique, confé¬
rences accompagnées de projections, sont faites tous les
samedis, à 10 h. 1/2, à l’amphithéâtre des cours de l’hô¬
pital Tenon, par M. Camille Lian, professeur agrégé,
médecin de l’hôpital Tenon, et ses assistants, MM. Blon¬
del, Breant, Marchai, Sto'icesco, Viau et Vidrusco.
Prochaines conférences, 2 Mars, M. Marchai : Interpré¬
tation des orthoradiogrammes cardiaques ; — 0 Murs,
M, Blondel : L’Electrocardiographic dans le diagnostic
des cardiopathies valvulaires; — 16 Mars, M. Breant :
La réserve alcaline; — 13 et 20 Avril, M. Viau : L’Elec¬
trocardiographie dans le diagnostic des arytlimies sinu-
sales et extrusystoliques.
Programme du service de .1/. Lian. — Le mutin, à 10 h.:
Visite dans les salles (sauf le mardi et le vendredi).
Lundi, ù 10 h. 3/4 : Interprétation des électrocardio¬
grammes recueillis dans la semaine.
Mardi et vendredi, a 10 h. : Conférence-Consultation
sur les maladies du cœur, des vaisseaux et des reins
(auscultation des malades par les auditeurs grâce nu télé-
cardiophonc).
Mercredi, à 10 h. : Causeries au lit des malades (salles
Lclong et Axenfeld).
Jeudi, à 10 h. 3/4 ; Radiologie cardio-vasculaire.
Samedi, à 10 h. 1/2 : Conférence de cardiologie, avec la
collaboration des assistants français et étrangers du ser¬
vice.
Cours de perfectionnement sur les troubles du 'rythme
cardia<jue '2 au 11 Mai 1020,, par M. C, Lian et ses assis-
Tous les matins, à 10 h. : Conférence clinique avec
projections; à 1 1 h. : Examens de clinique et do labora¬
toire. — Mardi et vendredi matin consacré-s entièrement
aux examens des malades de la consultation par les mé¬
decins inscrits au cours, — Tous les u[irès-midi, à 15 h. ;
Démonstrations i)ratiipies (spliygmomanométric, méthode
graphique, électrocaidiograidiie, radiologie, épreuves
neuro-végétatives) ; à 17 h. ; Conférenee clinique avec
projections.
Les médecins inscrits au cours i)ourront ensuite être
attachés au service comme méd(-cins stagitures, puis
comme assistants.
S’inscrire a-iiprès de M. Blondel, assistant du service,
à l’hôpitul Tenon, soit à l’avance, soit le jour de l’ouver¬
ture du cours. Droit d’inscription : 2.50 fr.
Hôpital Lariboisière. — M. Marion fera le mardi
5 Mars, à 10 h,, au itavillon Civiale, une conférence sur
le ti-îtitement de riiydronéphrose.
Nouvelles
Bureau municipal d’Hygiène de Cherbourg. -
La vacance de directeur du bureau municipal d'hygiène
est déclarée ouverte pour Cherbourg.
Le traitement de début alloué est fixé it 15.6,2 fr. par
Les candidats ont un délai de vingt jours pour adresser
au ministère du Travail, de l'Hygiène, de l’Assistance et de
la Prévoyance sociales (direction de l'assistance et de l’hy¬
giène jiubliques. G' bureau), 7, rue Cambacérès, leurs
demandes accom])agnées de tous titres, justifications ou
références.
Amicale des anciens internes provisoires. - -
11 se constitue en ce moment une Société amicale des
anciens internes |)rovisuires des hôjiitaux de Paris.
Adresser les adhésions à M. René Weill, !l bis. rue l)c-
mours, Paris (XVIP).
Œuvre nouvelle des crèches parisiennes. —
L’Assemblée générale de l'iEuvre nouvelle des crèches
parisiennes aura lieu le lundi 4 Mars, à 17 h. 1/4, à la
Facnlté de Médecine, salle du Conseil, sous la présidcnce
de M. Paul Strauss, sénateur de la Seine, ancien minislre
de l’Hygiène, de l’Assistance cl de la Prévoyance sociales,
président d’honneur de l’iEnvre, de M. le |irofesseur
II. Roger,.doven de la I-'acullc de Médecine et de M . Ray¬
mond P.dncaVé.
Amicale des médecins de Bretagne. — Les mé¬
decins de Bretagne à Paris se sont réunis le Itl Février
dernier, pour leur dîner trimestriel qui devait fêter la
25“ réunion de l’Amicale.
Le dîner était présidé jiar ,M. Courroux, ])résidcnt, et
le professeur Marcel Labbé, président honoraire, autour
desquels s’étaient groupés b-s camarades suivants :
MM. Allain, Bodin, Bouvier, Cabon, Calot, Brunet,
Chappé, Chéné, Collot, Conan, Dauguet, Dayot, Derrien,
Divet, Donzelot, Doré, Durand lioisléard, Eliot, Even,
Gatel, Goux, Guerlot, Gaumé, Halgand, Herbert, Hervé,
Hinault, Jaugeon, joubert des Ouches, Larcher, Le Gnc,
P. Le Golf, Le Bonniec, Le Breus, Le Foll, Le Tallec, Le
Pennetier, Le Lorier, Lesirc, Liégard, Luinineau, Main-
got, Mautrais, Mével, Mirallié, directeur de l’Ecole de
Médecine de Nantes et .Mirallié fils, Nédellec, H. et J.
Oberthiir, Oliret, Patourcl, Pellé, Perrion, Péchilliot, N.
et Y. Pouliquen, Penenbont, Guéheneuc et Monnier.
Le diner servi dans le si>lendide grand salon du restau¬
rant Marguery fut l’occasion de manifester de très cor¬
diales et très sympathiques camaraderies. On uj)]>Iaudit
de nombreuses nouvelles candidatures à ajouter déjà au
nouvel annuaire 192!) dont l’importance montre à chacun
le développement prospère de l Amicule.
M. Courcoux remercia les médecins et <Ùudîui»ts bre¬
tons d’être’ venus en tiussi grand nombi-e, souhaita la
bienvenue aux nouveaux adhérents, et adressa scs cor¬
diales félicitations au professeur Mirallié, à .M. Durand-
Boisléard ctâM. Lesire récemment jvromus officiers dans
l’ordre de la Légion d'honneur.
Enfin M. Maingot, en une adroite et subtile improvisa¬
tion, exprima toute su joie de fêter en cette réunion les
« noces d’or » de h» Société.
S’étaient excusés : MM. Bulzer, Bidan, Bréger, Briend,
Chuuvois, Chenais, Clouard, Codet, Colleu, Giraud, prof.
Grosse, Grougé, Guillermo, Jouveau-Dubreuil, Laënnec,
Lu Fur, Le Gouriérec, Jean Leray, Lelulle, Le Marc’hn-
dotir. Le Pennedu, Lucas, MarUuzevvszUi, Mazurié, Pun-
nier, R. Petit, Petit de la Villéon, Perquis, Piton, Plan-
son, Quentin, prof. Rieux, Vincent, Wisner.
Lu prochaine réunion a été fixée après les vacances de
Pâques, en Mai. Pour tous renseignements concernant In
Société, s’adresser au secrétaire général, M. Larcher, 1,
rue du Dôme, XYP. Tél. Passy 2l)-03.
Association professionnelle des journalistes mé¬
dicaux français. --- L’.âssociation jirofessionnelle des
journalistes médicaux français qui vient de tenir son
Assemblée générale a renouvelé comme suit son Bureau
pour 1929 ;
290
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2 ^lais 1929
N“ 18
Piésicipnl : M Henri n«»uquet; vice-présidents : MAI.
(zard (le Paris] et Alantf'ux (de Marseille); seerétairo
énérul ; M. A. Harrij^ues; seerétaiie adjoint ; M. Aîoli-
êry; trésorier : M. Mutilé.
Lu Cuisse imitiielie de retraites des jouriuilisles niédi-
lux fran«:ais u terni le inèine jour son ABsembléo géné-
ile. Les rapports annuels oui permis de. constater Pétât
orissant et les progrès constants de lu Caisse, grùcc au
ombre d<*s colisunts et au concours des généreux dona-
Avis aux médecins domiciliés à Paris. — Cartes
e montéi* «*n surcharge dans les omnibus et tramways,
es médi'cins qui désirent profiter des grands avantages
e la moulée i*n surcharge sont j»riés de retirer leurs
raffliicH fonntif tlv.s /uVicv //’û/cW/Ve' , à la Préfecture de
’idiee, liureau îles cartes de jiriorité. .'P direction, au l'‘
droite en entrant par la [lorte de la me de Lntèee. La
arto leur sera dél!\rée immédiatement.
Nécrologie. On annonce la mort de M. Ceorges
lérard, professeur à la Faeulté de Médecine de Lille et
phtalmologiste de l’hôpilal Saint-Sauveur.
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctouat.
Lundi \ Mau-'. — Thérapeulique orale. Faeulté, 1 h.
Makdi à Mah.s. — Pathologie expérimentale. Faculté,
I h. — Thérapeutique orale. Faculté, 1 U.
Meiu’.uedi 1» Maiis. — Thérapeutique orale. Faeulté,
l h. — Clinique médicale (2 séries). Faculté, 1 h. — Cli-
lique obstétricale. Faculté, l h.
VuNDur-Di 8 Maus.- — Tliérapeutiqiie orale. Faculté, 1 h.
Samedi U Mars. — Pathologie expérimentale. Faculté,
, h. — Thérapeutique orale, l'acuité, 1 h. — Clinique
’hirurgicale. Faculté, 1 h.
TnfeSES DE DOCTORAT.
Lundi Mars. — 'l'hrscs fctvriuatrcs. — Holstein ;
Hvchercliv.s des lutviUcs dv Koch dam les ej'crélîo/is fies
•hie/ts iiihercalcn.r. — Alolreir : Claude lîei nard et iUfsteur
leeant le cètêrinaii e. — Ménager : Etude du traiiemenl
les uf/ecllous resfu'niloires du chien, — Jury : MM. Me-
H'irier, Sergent, Lemierre. Maigiion. Moussu, llohin,
Panissel,
Mercredi fi Mars. — l'hèses cèterinaircs. — Grasaer :
/. uscaridiase du ehecal ei ses coinf>ttcaliinis. — Jiilit'nne ;
t.a stifoii^ylose chez le ptuiluin tic fuir suni». — Delannc :
Etude sur la race laitière de l'Est [Uautc-Marne Hutot;
A/feciions du testicule chez le^ animaux domestiques. — !
Jury : MAL Legucu, Gossel, Tanon, Dechumbro, Moussu,
C(Kjiiüt, Robin et Henry. |
Samedi U Mars. — Thèses vétérinaires.' — Davenne ;
De la non-délivranec chez la vache. — Kalziolos : L'Ec- !
Ihyma eoniaf>icnx du mouton, — Decausse : Intoxiciiilons
par les pommes chez les bovins du pays d'Auî^e. Jury : ■
MM. Hrindeau, Ralherv, Gougerol, Moussu, Roliin ctf
Panisset.
somiases. — M'"" Malpart R. - : liriÙat-Savarin et la méde¬
cine. — lîédoiirel ; Etude sur la néphrite. — Jury : MM.
Ahmetrier, thirnot, Nohécourt, Olivier.
L’Appui maternel
auprès de la Clinique Tarnier
Mardi doriiier. dans la splendide salle du Conseil
de la Faculté de Médecine, sous la présidence de
M. le doyen Henri Roger, avait lieu l’Assemblée
générale de l'Association « l’Appui maternel auprès
de la clinique Tarnier » que préside M"'“ Brindcau et
dont la présidenle d’bouueur est M""' la princesse
Celle réunion, particulièrement intéressante en
raison de ce fait qu’elle a permis d’établir la remar¬
quable progression de Fœuvre, fut ouverte par
l’exposé, fait par M'»" Gustave Blocb, son secrétaire,
du rapport moral pour l’exercice 1928.
Celui-ci, nous a tout d’abord fait savoir M"‘" Blocb.
fut parlirulièremeiit favorable.
L’action de « l’Appui maternel auprès de la eli-
ni<iue Tarnier », va sans cesse s’accentuant et a pi'is
il l'heure jirésenteune grande extension.
La société « l’Appui maternel auprès de la clinique
Tarnier », en ell'et, ne se contente plus aujourd’hui,
comme il avait été prévu dès l’abord, après une
enquête faite avi chevet de l’accouchée, d’attribuer
des secours à la mère et à son nouveau-né, mais,
poursuivant son action bienfaisante, elle s’occupe
encore, avant l’aecourbemenl , de placer les enfants
ne pouvant rester au foyer familial en l’absence de
leur mère; elle distribue aussi en abondance des
layettes et, quand la rliose est nécessaire, elle pro¬
cure aux aceourliéjes le moyen de prolonger leur
ronvalesrenre autant qu'il est utile, grâce à des
subventions qu’elle leur attribue à cet elfct. Enlin, et
ceci u’esl pas la moindre de ses préocupalions, elle
fait le nécessaire pour amener les mères malheu¬
reuses ù conserver près d’elles des enfants qu elles
comptaient abandonner.
La réalisation d’un tel programme, naturellement,
entraîne de grosses dépenses. Pour y faire face, en
dehors de ses recettes régulières, l’Assoeiationul’Appui
maternel auprès de la clinique Tarnier » organise
tous les deux ans une vente de charité. Celle qui eut
lieu l’an dernier fut particulièrement fructueuse,
ayant rapporté plus de 150.000 franco, grâce au
concours dévoué des membres de l’Association et,
notamment, de 51'”“ la princesse Poniatowska,
de M"'“ et de M. le professeur Brindeau, « qui
accepta le titre, si bien mérité, deynvnifère x’ciidvimr »,
de M. et M'-u' Lucien Bach, de M""'" L. Capet,
René Blocb, Ch. Xattan, Bennett, de M““ Zalia-
rolf, etc. C’est grâce ù ees concours généreux que
l’action de la société « l’Appui maternel auprès de la
clinique Tarnier » a pu continuer à s’étendre et c’est
pourquoi aussi l’on n’en saurait trop remercier les
Succédant à M""' Blocb, Angenard, membre
du Conseil de « l’Aiipui maternel auprès de la cli¬
nique Tarnier », lit ensuite un exposé documenté du
ronrtiounemenl des consultations de nourrissons.
Celles-ci, également, sont eu progression constante et
donnent les meilleurs résultats, grére au beau dévoue¬
ment des médecins qui les dirigent et grâce aussi
aux secours matériels attribués aux familles des
bébés qui s’y trouvent soignés.
-M'i"' Marx Levy a ensuite eutretenu l’assistance de
la question des rentres de nourrissons et de celle du
placement des enfants ne pouvant être élevés par
leurs mères, puis M“"’ Robert Zunz, trésorière
adjointe de l’œuvre, a donné connaissance du rap¬
port financier pour le dernier exercice qui fui, du
reste, aussi favorable qu’on le pouvait espérer.
Durant l’année 1928, en elfel, les recettes se sont
élevées à 308.015 francs alors que les dépenses au
total ont atteint seulemenlle chiffre de 187.432 francs.
Après l’adojJlion â l’uuaniuiilé par l’Assemblée du
rapport llnancier, prenant enlin la parole M. le doyen
Roger, dans une dernière allocution pleine d’humour
et vivement applaudie par toute l’assistance, après
avoir constaté le très intéressant développement de
l’œuvre de k l’Appui maternel auprès de la clinique
Tarnier », félicita chaleureusement toute ses colla-
boratriees de leur beau dévouement.
G. V.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elle
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité pliant à la teneur de ces communiqués . Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère medical ou para-médical ; il n’y est
inséré aucune annonce commerciale. L' administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d’annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : 7 fr la ligne de 40 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). I-e's renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 jours après
ta réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARI8-6°.
President du (’nnseil d'adminislratiun : 1)' P. (ilRES, l). D. S.
Viee-président : 1)' Nocri':, stmnatnliigiste des IlùpiUinx.
.tdniinistruteur délégué: 1)^ UoL'sse.\l‘-1)i:(;klle, ancien
interne des llèjiiluux de Paris, Président de la Sneiété-
lies Stiimatcdogisles de.s Hôpitaux.
Président de la Commissiaii d enseignement : IP P. .Ni s-
roL'i.oi s. l). 1). S., sloinatologiste des Hôpitaux.
Direetenr : 11'' C. L'hiuomiel, stonialiilogiste des llépilanx.
L’Ecole de Stomatologie a été créée, en 1909, par
le l)*' L. Cruet, élève de Magitot et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle a pour objet de donner un enseignement sto-
matologique conii>let ;
l» Aux docteurs en médecine français et étrangers
qui veulent se spécialiser eu celte branche de la
médecine.
2" Au.r étudiants en médecine, à partir de leur cin¬
quième année d’études et ayant au moins 17 inscrip-
i’ enseignement comprend : la clinique stomatolo-
gique, la technique et la pratique de l’odontologie,
de la prothèse et de l’orthodontie.
Le programme est entièrement parcouru eu dix-
huit mois. Un dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
l’Ecole et d’entreprendi’e à leur gré des travaux de
leur choix. Jamais, et sous aucun prétexte, un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
c’est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
Le diplôme de V Ecole est décerné aux élèves qui
ont satisfait aux examens obligatoires de lin d’études.
Droits d’inscription : Deux mille cinq cents francs
(2.500 fr.).
Deux rentrées annuelles : une le l”' Décembre,
l’autre le l®' Mai.
I.a prochaine rentrée aura lieu le 1”'' Mai 1929.
L.c nombre des places étant limité, prière de s’ins¬
crire le plus rapidement possible.
Pour tous renseignements, s’adresser tous les jours
au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
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AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre de O fr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Poeée.
Pârl». — Imprimerie de U Cour d’Appel 1, rue Caseette.
N" 19
t; Mars 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
HADIOBIOLOGIE ET RADIOTHÉRAPIE
DES SURRÉNALES
M. A. ZIMMERN et M‘”' J. BAUDE,
IvnOLOCUi «lis ÉTATS I1YP1ÎI1THX8IFS. -- Bien
<1110 l’on ne puisse encore à l’heure présente éta¬
blir une elassilicalion définitive des causes de
l’hyiiertension, il est bien acquis qu’eu dehors de
l’orig'ine rénale ou vasculaire, s’inscrivent un
certain nombre de facteurs étiologiques variés.
Indépendaininent de toute lésion cardio-vascu-
lairc ou rénale primitive, on rencontre chez les
surmenés, les instables, les pléthoriques, les
intoxiqués alimentaires,' des hypei'tensions dites
essentielles, solitaires, simple trouble de régula¬
tion imputable sans doute à un dé.séipiilibre du
système végétatif.
D’autres fois, l’hypertension paraît bien relever
du jeu perturbé des synergies endocriniennes.
L’hypertension qui survient à la inénoi)ause ou
tpii succède à la castration chirurgicale ou ro>nt-
génienne atteste l’antagonisme de la fonction ova¬
rienne et de la fonction surrénale admise ])ar
(iley. La suppression de celle-là laisse la fonction
surrénale prédominante (Sergent et Mignot),
libérant son action excitante sur le sympathique.
Des troubles analogues semblent pouvoir être
attribués au dysfonctionnement thyroïdien.
Plus sévères sont les hypertensions relevant
directement de l’hyperfonctionnement surrénal
autonome. 11 faut rappeler à cet égard que Vaquez*
et . ses élèves, ayant rencontré à l’autopsie de
rénaux hypertendus des lésions hypertrophi([ues
lies surrénales, ont été conduits à ra])porter l’ori¬
gine de certaines hypertensions à l’hyperéjiiné-
phrie, et que depuis, la coexistence de l’hypeiqilasie
surrénale dans les né|)hrites avec hypertension a
été maintes fois constatée 'Wiesel, Aubertin et
Ambard, etc.).
De même .losué’*, après avoir constaté ex|)éri-
mentalement (pic l’injection, chez le lapin, de
petites doses longtemps prolongées d’adrénaline
pouvait être l’origine de lésions athéromateuses,
s’est trouvé amené à individualiser un syndrome
surréno-vasculaire caractérisé jiar l’hyjjerplasie
surrénale et l’hypertrophie cardiaque.
Plus récemment, la découverte nécropsique
chez des hypertendus de tumeurs de la surrénale
a plus directement encore rais cette glande en
cause. Chez une femme de 28 ans, sujette à des
crises d’hyitertensiou (laroxystique. Labbé, ïinel
et Doumer® trouvent une tumeur de la surrénale
gauche constituée par une néoformation de la
substance médullaire (paragangliome). Dans le
cas d’Oberling et Jung*, il s'agit d’une femme
atteinte d’hypertension paroxystique qui mourut
quelques heures a])rès un accouchement normal
et chez laquelle on découvrit un paragangliome de
la surrénale gauche, gros comme le poing. Dans
celui de Langeron et Delcour', l’hypertension du
ty[)e permanent se trouvait liée à l’existence d’un
épithéliome cortical bilatéral, (lolligeant une
série d’observations de tumeurs surrénales, Lan¬
geron et Lohéac font remarquer ipie, si beaucoup
ont j)u rester silencieuses pendant la vie, un j)etit
nombre se sont révéléi-s par un syndromi? hy])ei-
tensif. Dans ce dernier cas, on trouve générale¬
ment posi niortem un accroissement de la teneur
de la glande en adrénaline, sa quantité restant
normale au contraire dans les formes muettes. En
outre, aux tumeurs à départ médullaire, semblerait
correspondre le type oscillant et paroxystique
de l’hypertensioji, l’allure permanente traduisant
plutôt la localisation corticale.
Dans les ty])es d’hy|)ertension que nous venons
de mentionner, la tension maxinia est d'ordinaire
assez élevée, moins cependant que dans l’hyper¬
tension rénale; la diastoliipie est peu modifiée, la
pression différentielle est accusée. L’évolution du
symptôme affecte de grandes variations, celles-ci
jiarfois quotidiennes ou marquées de périodes
plus ou moins longues de retour à l’état normal.
Selon la périodicité ou la brusipierie des crises
hy|)ertensives, on a pu distinguer des formes
oscillantes fménopause) ou paroxystiques l'méno-
jiause, tumeurs, boull’ées hypertensives dans les
variétés jiermanentes'. Bien ((ue le pronostic de
l’cs formes soit pour quelques-unes relativement
favorable, la chronicité des lésions endocri¬
niennes, l’ijpparitioii des lésions artérielles suivant
le mécanisme entrevu par .losué jieuvent amener
progressivement le malade à l’hypef tension
jiermanente avec les menaces vasculaires ou
cardiaipies qui s’y rattachant.
. Le groupe des hypertensions d’origine arté¬
rielle ou rénale est de la pathologie trop élémen¬
taire pour nous retenir. L’hypertension y fait
partie d’un syndrome dont les traits sont clas¬
siques. Constamment accompagnée d’hypertro¬
phie cardiaque, elle affecte le type permanent et
porte sur la systole et la diastole. Elle délmte
discrètement, insidieusement. Son évolution est
lentement progressive jusipi’àce que le myocarde
ou un point de la paroi artérielle défaillant (;ède
à la surpression.
11 est bien certain que tous les cas rencontrés
ne se laisseront pas immédiatement inscrire dans
l’une des catégories précédentes. 11 est en effet
des formes complexes pour lesquelles l’origine
rénale ou endocrinienne est impossible à discri¬
miner, des formes de mélange où l’hypertension
perraanenti' est entrecoupée de crises jiaroxys-
tiques, des hyjx'rtensions solitaires conduisant
])ar l’anamnèse d’une syphilis ou d’une scarlatine
et la permanence de l’hypertension à l’inqïression
de glomérulite ou d’athérorne débutant, des hy¬
pertensions permanentes sans lésion rénale et liées
cependant à des tumeurs surrénales (cas d’Oppen¬
heimer et Fischberg),
En présence de ces formes complexes, on se
lu“urtera sans doute à bien des difficultés dans la
recherche du diagnostic pathogénique réel, né¬
cessaire cejiendant pour fixer l’indication théra¬
peutique, très différente pour chaque modalité,
Hypeutension et iiAnioTiiÉitAPiE. — 11 n’est
pas surprenant que les thérapeutiques en usage
contre l’hypertension artério-rénale échouent
lorsque l’origine du syndrome se trouve dans le
système nerveux végétatif ou l’appareil endo¬
crinien. Danp les cas de ce genre, une thérapeu¬
tique pathogénique devra tendre soit à combattre
l’irritablité sympathiipie, soit à modérer la sécré¬
tion de la surrénale en hyperactivité, soit, en cas
de tumeur, à chercher à s’opposer à son évolu¬
tion, Or, la radiothérapie jouit précisément d’un
certain pouvoir réducteur sur certaines produc¬
tions tumorales bénignes et son action frénatrice
sur l’hyperactivité des glandes endocrines est
bien connue.
C’est l'ette dernière propriété qui avait incité
l’un de nous avec Cottenot*, il y a quinze ans
déjà, à aborder ce problème en ce ipii concerne
la surrénale, tant au point de vue clinique qu’au
point de vue histo-physiologique.
Malgré les notions très primitives que nous
possédions à l’époque sur la pathogénie de l’hy¬
pertension, nous nous sommes laissés guider par
la théorie nai,ssante de l’hyperépinéphrie, et.
nous fondant sur l’observation d’un assez grand
nombre d’hypertendus, nous avons pu établir que
l'irradiation de la région surrénale, notamment
chez les sujets indemnes de lésion rénale ou d'ar¬
tériosclérose, abaissait, dans une certaine mesure,
la tension artérielle, améliorant ou faisant dispa¬
raître simultanément les troubles fonctionnels
concomitants ; céphalée, vertige, bourdonni?-
ments, etc. Or. cette question mérite d’être reprise
à la lumière des doctrines pathogéniques nou¬
velles.
Un premier point à envisager est de savoir si
les effets de l’irradiation surrénale se justifient
|)ar un fondement radio])hysi«logique. En d’au¬
tres termes, l’action frénatrice présumée des
rayons sur la sécrétion surrénale rcjmse-t-elle sur
une base biologique aussi solide ipie, par exemple,"
le traitement radiothérapiipie des leucémies sur les
modifications qu’il provoque dans les centres de
leucopoièse ?
La recherche de cette base physicdogiipie a
naturellement été l’objet d’une quantité imj)or-
tante de travaux, mais ceux-ci, dans leur ensemble,
laissent finalement l’inqiressioti d’une assez grande
confusion et ne semblent pas avoir abouti à
définir les conditions de la radiosensifiilité surré¬
nale. Un grand nombre ont donné des résultats
indéterminés ou mémi* nuis, et cette inefficacité a
pu être érigée en argument défavorable à la radio-
théra])ie surrénale. Mais en se reportant aux
sources, on s’aper(;oit ra])idement de l’erreur
expérimentale commise. En s’adressant à des
glaniles sainrs. non altérées et en état d'équi¬
libre endocrinien, un grand nombre d’auteurs
ont méconnu ce fait capital, l’abaissement du
seuil de l'adiosensibilité de la glande malade en
hyjierfonctioiinement, propriété commune à toutes
les glandes endocrines. An même titre que la
thvroïde dont la fonction et la structure ne se
laissent altérer chez l’animal sain ipie moyennant
de très fortes doses de rayons, et |)eut-étre même
davantage encore, la surrénale saine de l’animal
ne manifestera d’altérations qu’au jirix de doses
suffisamment élevées. Et cependant, malgré la
résistance de la thyroïde normale aux rayons .\,
personne ne discuterait aujourd’hui l’influence
réductrice de la radiothérapie dans les troubles
basedovviens.
Expéiii.mextation siTi l’am.mal. La plupart
des recherches physiologiipies ont porté, d’une
part, sur les modifications de la teneur en adré¬
naline de la surrénale irradiée, de l’autre, sur les
altérations anatomiijucs occasionnées ])ar les
rayons X.
Eisler l't Hirsch’ chez le rat, après irradiation
générale de tout l’animal, exérèse de leurs surré*
nales et préparation d’un ex'trait,onl vu ipie, dans
un assez grand nombre de cas, l’injection de cet
extrait dans la jugulaire d’un lajiiii présentait,
par i-apporl aux témoins, un pouvoir hyjierten-
seur très diminué. Sans doute cette expérience
est-elle critiipiable, car l’irradiation de l’animal
entier introduit comme cause d’erreur l’action des
rayons sur la rate, la moelle osseuse, les autres
glandes, etc. Toutefois, Bichter et (îerhardt
auraient abouti au même résultat avec de l’extrait
surrénal simplement irradié in vitro.
David et Hirsch*, sur une série de cobayes, de
lapins et de chiens, ont constaté ijue la teneur en
adrénaline de la surrénale augmentait avec une
dose égale au iiuarl de la dose érythème et dimi¬
nuait avec des doses de 1/2 à 1 lllH).
En irradiant des surrénales à faible dose chez
le lapin (200 à 400 B français) et en pratiquant
l’anastomose de Tournade-Uhabrol, Zunz et La
Barre’ ont trouvé une élévation de la pression
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N“ 19
sanguine. En dosant l'adrénaline, prise dans la
veine surrénale, par son action sur rintosliu
isolé, ces auteurs en ont eonslaté l’augmenlalion
après l’irradiation. Il semble donc que elle/,
l’animal sain, suivant la dose, on puisse observer
un ellet liyperr ou liypotensif. Toutefois, chez le
chien, nous n’avons pas réussi à mettre en évidence
un abaissement appréciable de la tension
Le second groupe d’expériences se rap[)orte
aux altérations anatomiques.
Chez le chien irradié avec de très fortes doses,
lions avons, avec Cottenot, observé des lésions
portant ])lus spécialement sur la corticale,
presque absentes sur la médullaire. Dans la glo¬
mérulaire, apparaissait jiarfois une tendance à la
transformation des cellules glomérulaires en cel¬
lules fasciculées, constatation qui tend à con¬
firmer l’opinion que la zone glomérulaire serait la
zone génératrice de la fasciculée.
La fasciculée, zone en apparence la plus sen¬
sible h l’action des rayons, présentait des ligures
de destruction cellulaire, des noyaux chromato-
lysés, des blocs de cytoplasme homogène sans
granulations, de grandes vacuoles renqilies de
débris cellulaires. Toutefois, à côté de coupes
traduisant nettement ces altérations, nous en avons
observé d’autres, provenant de chiens irradiés
pendant plusieurs mois et qui ne manifestaient
aucune altération apjiréciable, ce qui porte à
admettre ipie, si dans ces cas il y a eu réellement
des lésions glandulaires, celles-ci ont été fugitives
et (pie l’action ])rolongée des rayons X n’a pas
empêché la régénération de l’organe.
Strauss'”, en 1921, a observé chez le cobaye et
la souris blanche irradiés de jielites hémorragies
corticales, (*t, avec, de fortes doses, la jierte du
jionvoir ehromafline.
llolilfelder et l’eiper", en 1922, sur le cobave,
après irradiation avec des doses assez élevées
(jns(pi’à 120 pour 100 IIED), ont reconnu ipie les
surrénales avaient une sensibilité très variable,
cerfiines montrant des lésions profondes, d’autres
i\ jieine percejitiblcs. Ils ont trouvé des altéra¬
tions très sensiblement analogues iï celles que
nous avions décrites : absence d’altération micros-
copi(|ue chez certains sujets ; chez les autres,
limitation des lésions à la corticale, la médullaire
restant indemin?; jjeu de modifications dans la
glomérulaire ; vacuolisation du ])rotoplasma
dans la fasciculée.
Tsuzucki en 192(), irradiant le coiq)s du
la|)in en entier avec di's doses atteignant
40 ]ionr 100 di- la dose érythème, constate la
diininution de la teneur corticah^ en lipoïdes, la
dégénération et l'atroj)hie de la médullaire. Le
travail de cet auteur est toutefois passible de la
nii'ine objection (pn^ celle (pie nous avons for¬
mulée |)lus haut à l’égard des' expériences de
Kisler et Hirsch.
Dans les expériences de (labriel un lot de
chats succomba rapidement avec amaigrissement
rapide, malgré une bonni' alimentation. L’examen
liistologiipie montra des ca|)illaires dilatés dans
la médullaii-e ainsi ipie des altérations analogui's
à celles décrites par llolilfelder et l’eiper et nou.s-
mêmes : vacuolisation avec pycnose des noyaux
dans les zones fasciculée et réticulée. Le lapin ne
montra jias de semblables lésions. Aussi, la surri'--
nale du idiat. d’aiirès les expériences précédentes,
parail-i 11(' être particulièrement radio-sensible.
. .Martin, Rogers et Fischer'*, après laparo-
tomit' (diez le chien, irradièrent directement et
sans filtre runc des surrénales après extirpation
de l’autre. Ils utilisèreîit des doses qui, sur l’in¬
testin, auraient d’ajirès eux produit la mort.
Divers résultats furent obtenus ; un chien mourut
de péritonite ; 'chez un autre, la médullaire fut
détruite, et la corticale prit un aspect fibreux,
englobant dans des mailles conjonctives des
tranches de tissu cortical.
On voit que, dans l’ensemble, les recherches
anatomiques sur l’action des rayons X vis-à-vis
des éléments constitutifs de la surrénale paraissent
s’accorder sur la rareté de lésions médullaires
et tendent à fix(‘r la localisation élective des elfets
ro'iitgéniens sur la corticale, notamment sur la
zone fasciculée. D’autre part, comme à l’autopsie
d(' chiens, même forteimmt irradiés, on trouve
frénpiemment des surrénales en appai'ence saines,
il semble (pi’il faille attribuer à la surrénale une
inqiorlante a])litu(le régénératrice et admettre que
les lésions (pi’elle jiréscnte ajirès l’irradiation
p(‘uvent n’être (pie passagères. Ainsi s’ex])li(pie-
raient les dilférences observées par les auteurs et
notamment jiar llolilfelder " qui, dans de nom¬
breuses expériences portant sur des espèces ani-
mah's dilférentes, déclare avoir trouvé une
grande variété dans le degré des altérations ana-
tomi(pu‘S des surrénales.
I.a prédominance des lésions sur la corticale et
la rareté des altérations de la médullaire, zone
génératrice de l’adrénaline, ont été données
comme un argument à l’eucontre de la jiossibilité
d’une influence des rayons sur l’adrénalinogenèse.
Mais ce.rtains faits n’ont-ils pas conduit à la
couce|)ti()n d’une partici[)atiou de la corticale,
cell(’-ci élaborant l’adrénaline ou nue proadréua-
line qui mûrirait en s’entreposant dans la médul¬
laire, laquelle en serait le lieu de passage et
d’excrétion ?
.\belous. Soulier et Tonjean'*, d’une })art, Josué
et Bloch'*, (l’autre jiart, n’ont-ils jias signalé
l’action hvqiertensive des extraits obtenus en par¬
tant du cortex normal? Enfin, jilus récemment,
Hiasotti ” n’a-t-il pas, après destruction de la
médullaire, constaté l’absence de modifications
inqiortantes de la tension ? Il y a là des faits passi¬
bles sans doute de certaines criti(pies, mais assez
concordants et en ojiposition ave(! la théorie
dualiste et (pii mériteraient d’être sérieusement
révisés à l’aide des techniipies nouvelles.
(1()NSTAT.VTI().XS l'OICrVlTES CHEZ I.’ltO.MME. -
Sur des malades soumis à la radiothérapie pour
(les tumeurs lombaires et abdominales mais non
hypertendus, aux surrénales probablement saines
par conséupient, Lévy-Dorn et ^^'einstein '* en
.Mlemagne, Desjardins et Marquis aux Etats-
Unis ont observé (hî faibles variations de la
tension artérielle et le jilus souvent dans le sens
de l’accroissement de la jiression. Il aurait paru
aux premiers de ces auteurs que l’ell’et était jilus
important lorsque la 12'' dorsale était englobée
dans le chamj) d’irradiation, en somme lors(jue
les deux surrénales étaient ainsi irradiées.
Avec les longues séances de la radiothérapie
profonde, il faut savoir, ainsi que l’ont montré
Coutard et Lavedari (pi’on observe souvent
un certain degré d’hypotension passagère, mais
nullement en rajqiort avec le lieu d’irradiation.
On a pu noter cependant qu’elle semblait jilus
accusée lorsque l’irradiation portait sur la région
cervicale. L’abaissement, dans tous ces cas, se
produit, soit dé-jà jicndant l'irradiation, soit
pendant les premières heures consécutives, mais
il ne persiste jias.
A rencontre des constatations qui précèdent,
il a été publié quelques observations assez trou¬
blantes de malades traités par la radiothérapie
pénétrante jiour des affections viscérales diverses,
étrangères à la surrénale, et chez lesquels ajipa-
rurent des manifestations évidentes de l’atteinte
de la glande. Dans le cas de Smithiês", il s’agis¬
sait d’un sujet de .5(S ans, chez lequel, à la suite
d’une chute de cheval, on porta jiar erreur le
diagnostic de sarcome des vertèbres dorsales
et qu’on soumit par suite à de longues séances de
radiothérapie pénétrante. Très rapidement, se
développa un syndrome addisonien aigu typique
qui amena en tjuatre mois la mort du malade.
A l’autopsie d’une femme de 58 ans, irradiée
pour cancer gastrique, Stephan ” trouva une
nécrose complète du parenchyme cortical. JLes
surrénales avaient reçu une dose voisine de
30 pour 100 IIED.
Deux cas analogues sont rap])ortés par Ilohl-
felder et Peiper". Dans l’un, il s’agissait d’un
cancer du jiancréas, dans l’autre, d’une métastase
hépatique d’une tumeur du rectum qui reçurent
des doses considérables de rayons X. Dans ces
deux cas, on observa une insuffisance surrénale
consécutive avec asthénie et pigmentation, évi¬
demment duc à ce (pie les surrénales se trouvaient
comprises dans le chaiiq) d'irradiation. Comme le
font observer llolilfelder et Peijier, ces accidents
s'ex]iliquent par le fait (pie les surrénales devaient,
chez ces cancéreux au seuil de la cachexie, être
eu état de moindre résistance.
EAcrs C.LINKJUES. — Sur le terrain clinique, si
l’on se reporte aux indications formulées naguère
dans la thèse de Cottenot* et que nous synthé¬
tisons ci-dessous, on s’aperçoit (jue celles-ci res¬
tent entièrement valables : « Tandis que dans les
hypertensions pures, l’irradiation des surrénales
apporte des résultats favorables (diminution de
la tension artérielle, amélioration des signes
fonctionnels), en revanche chez les artérioscléreux
et les albuniiuuri(iues, nous avons observé des
elfets incertains ou nuis. «
Il est regrettable que consécutivement certains
auteurs, le radiologiste GroedeP” par exemple,
en vue de se faire une ojiinion, se soient. ])our
vérifier la valeur de la méthode, adressés à des
artérioscléreux, choisissant ainsi les cas les jdiis
défavorables.
Dans les formes artério-rénales jirimilives de
riiypertensioii, la radiothérajiic peut néanmoins
améliorer jiarfois les symptinnes fonctionnels et
faire baisser la tension, ce (pii permet de sup¬
poser une certaine particijiation de l’hyperépi-
néjihrie dans la production du syndrome.
A titre d’exemple, nous résumerons brièvement
trois observations recueillies dans notre service :
P..., 67 ans, envoyé par le iirofesseur .Marcel
Labbé. Type de lacunaire. Marche à petits pas. Rai¬
deur généralisée des membres supérieurs et inf('-
rieurs. Clangor aortique. Ni céphalée, ni vertige, ni
bourdonnements d’oreille. Pas d’albuminurie. Urée
sanguine 0,55. Constante d’Ambard 0,15. Tensii n
mesurée au Paebon cinq jours consécutifs avant tout
traitement, 26-14. Trois séances de radiothérapie les
15, 17 et 20 Mai s 1928: tension 26-21-21. Parla suite,
la tension continue à baisser jusqu’à 18 (tin Mai's).
Prise régulièrement dans la suite, elle oscilla entre 18
et 20 et resta plusieurs mois stationnaire.
L..., 51 ans. Céphalée occipitale. Vertiges. Bour¬
donnements d’oreille. Douleurs lombaires. Sensation
de grande fatigue au réveil. Léger clangor aortique.
Aorte d’opacité normale à la radioscopie. Légère
hypertrophie du ventricule gauche. Pollakiurie noc¬
turne; urée sanguine 0,57. Insuccès de tous les trai¬
tements médicamente IX antérieurs. Maxima au Pa-
chon ; 152.
Radiothérapie : cinq séances en treize joi rs. A la
suite : disparition de la céphalée, de la lombalgie, de
la fatigue. Chute de la tension à 22-10. Après trois
traitement. Après quinze mois, la tension est restée
stabili(ée vers 22-12.
R..., 64 ans, céphalée bitemporale. Insomnie.
Artères dures. Aorte opaque en O A D. Pas d’albu¬
mine. Pression maxima : 28. Tension oculaire très
élevée.
En quatre mois de radiothérapie sur la région sur¬
rénale, la pression tombe et se stabilise aux environs
de 21 avec grosse amélioration des signes fonc¬
tionnels.
L'observation clinique montre donc que la
contre-indication attachée aux hypertcn.sions
d’origine artério-rénale peut n’être pas absolu¬
ment formelle et qu’à titre de thérapeutique ad¬
juvante, une tentative prudente de radiothérapie
pourra se trouver justifiée dans certains cas.
N” 19
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
299
Plus iinrnédialr est l’iiidicalioii de la radiothé-
j)ie dans les eas (riiypertension pure, perina-
iile, oseillanle ou ijaroxyslupie. c'est-à-dire
us les l'oruies neuroloni(pies ou endocriniennes,
cet égard, l’indicalion de l’irradiation des
rrénales dans les variétés hypertensives simples
la ménopause est mentionnée par Sergent et
gnol'*, dans leur élude sur l’hypertension de
méno|)ause.
Tue publication de Slephau**, basée sur l’obseï'-
lion de 10 cas d’hy])ertension de ce lypi'
outil cependaul à^ des conclusions opposées.
I auteur déclare, en ell'el, n’avoir constaté ail¬
le diminution de la tension artérielle, mais
ilemenl une réduction du nombre des érylbro-
es lorsipi’il y avait polyglobulie. Pour ex|)li-
>i' cet écbec, il suffit de reuiaripier ipie d’aboi'd
■itiijlescas étudiés, se trouvaient des arlério-
éreux et ensuite et surtout que Stephan, apjiré-
idant d'irradier les deux surrénales, s’est
•né à l’irradiation d’un seul coté.
.orsque l’hypertension paroxystique est la tra¬
ction clinique d’une évolution tumorale, la
iothérapie semblerait devoir se réclamer à la
- de son action' inhibitrice sur la fonction glan-
aire et de son action réductrice sur les tumeurs,
is il ne semble pas que les surrénalornes soient
ticulièrement radio-sensibles , et l’observa-
1 du malade de Vaquez-Laubry “ qui a fait ici
ne tout récemment l’objet d’une remarquable
Je critique de Vaquez, Donzelot et GéraudeP"
itre que, malgré une amélioration initiale des
s encourageantes, les rayons n’ont pu entraver
uarche de l’aU'ection.
l s’agil d’un homme sujet à des crises hyper-
dves paroxysliipies des plus sévères, atleignaul
fois dO-lcS. devenues |)i'ogressi vemeni ipioli-
ines et rebidles à loiile médication. Un trai¬
ent de radiothéi'apie profonde, étalé sur
séances, fut suivi consécutivement d'une
Mlle iiiarqiiée, puis de liuir disparition,
bie nouvelle série de séances fut faite six mois
’js et le malade resta encore six mois sans
e tandis (|ue cependant s’élevait doucement sa
ssion. Repris au bout de ce temps de nou¬
es crises, il succomba dans une sorte de coma
niipie. L’autopsie montra l’existence d’un
igangliome.
liez un malade de Lohéac, se rapprochani
iqui’inenl du cas précédent, présentant des
es de jiâleur coïncidant avec des élévations
odi([ues de tension, la tension partie dr dû
aissa ajirès qiiehpies séances, pour se stabi-
0-22. ' *
ous ne voulons retenir de ces observations
le fait purement physio-pathologique, la sus-,
don temporaire des décharges d’àdrénaline
; serait bien difficile devant la coïncidence du
ement et de l’amélioration immédiate de ne
mettre au compte des radiations. Kt cette
ension des crises parait bien dépendre d’un
frénateur fonctionnel et non d’une action
la tumeur puisque à l’autopsie du malade de
lez-Laubry, il n’a [las été possible de retrou-
la moindre trace anatomique du passage des
J point de vue thérapeutique, l’hypertension
xystique, lorsqu’elle laisse suspecter le sur-
loine, doit inviter à la laparotomie explo¬
re.
Une sensibilité spéciale à l’action des rayons,
créée par l’hyperplasie ou riiyperfonelionnement
pathologique, peut encore facilement expliquer
les effets thérapeutiques obtenus dans l’hyper¬
tension permanente, avec des doses moyennes
étalées. Des résultats semblables obtenus dans des
conditions de posologie analogues sur d’autres
glandes, comme le corps thyroïde, répondent de
cette manière de voir.
Mais le problème du mode d’action de. la radio¬
thérapie devient plus énigmali<|ue et jiréle au
scepticisme (piand on cherche à expliquer les ré¬
sultats ce|)endant positifs obtenus avec des doses
de 800 JL. par exemple, étalées sur une semaine,
doses apparemment insuffisantes pour atteindre
diroctemeiil les éléments adrénalinogènes dans
leur fonctionnement. De nouvelles hypothèses
sont donc à formuler. ,'V titre provisoire, nous
invoipiei'ions volontiers une inlliienee du rayon¬
nement sur le système neuro-végétatif, Uelle-ci
se justifierait déjà par les relations ipii unissent
le .système sympalhiipie au tissu chromafline de
la surrénale. D’autre part, les expériences de
riiii de nous avec Uhailley-Bert'' ont montré,
chez le chien normal, la réalité d’un abaissement
au moins momiMilané de l’excitabilité du pneumo-
gastriipie irradié. Lnliii, sur le terrain jiatholo-
giqiie, n’y a-t-il jias lieu de faire un rapjiroche-
nieul avec les résultats obtenus dans l’asthme i-s-
senliel par l'iri’adialion ihoraciqui’, dans l’angio-
spasnic pur l’irradialioii locale ou l’irradiation
de la région vertébrale?
Volontiers nous ré|)éterions que l'hypothèse
ii’esl (]ue jirovisoire. (jii’importe, du reste, actuel¬
lement, l’explication palhogéiiiipic ? (Jelle-ci vien¬
dra à sou heure lorsque la recherche aura accu¬
mulé siiffisammiMil de faits positifs pour l’étayer
sur une base solide.
Uo.xcu Klü.NS. • Dans la brève élude qui iiré-
cède. nous jiensons avoir jiarliculièremenl mis en
évidence ;
1" (Jiie rexpérimentation biologique, tant qu elle
se limitera à des organes sains, restera toujours
improiire à confirmer la réalité ou à fournir la
mesure de rinduence des rayons X sur les syii-
droijies pathologiques à déjiart surrénal ;
2" Qu'au point de vue ihérapciiliipie, la radio¬
thérapie dans les hypertensions jiures (laraîl bien
évoluer sur un terrain favorable, mais qu'il con¬
vient cependant de continuer à le défricher [lar de
nouvelles recherches propres à individualiser
l’origine surrénale de l'hypertiMisioii . .\insi,
s'éclaireront les indications, et la |)ossibilité
d’intervenir alors d’une fa(;on précoce pour îles
cas convenablement sélectionnés conférera à la
radiothérapie surrénale, agent réducteur ou fré-
naleur, la toute naturelle justification de son
eiiqiloi.
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CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE L’ACTION THÉRAI'EUTIQUE
DE L’IRRADIATION
DE LA RÉGION SURRÉNALE
i;iivi>iîirrKNSioN m{ti>i{ikliæ
KT DANS LES AUTÉIUTES ODLITÉIIANTES
L LANGERON et R DESPLATS
l)c|mis que Ziminci'ii cl Uotlciiot. eu 1012,
mimti'èrciit la [mssibilité il'ii’i’ailicr les glaiiilcs
sui'i'éiialos, en fimi’iiissant la |)rciivc c\]iériiiiiMi-
lalc lie lu réalité de I actiuii des ravims \ sur ces
gliiiiilcs, cl des exem|)lcs cliiiiques des ri'siillals
thérapeutiques que l'oii pouvait demander à eelle
méthode dans le trailemeiil de l’hyperteusiou
artérielle, il ne semble |)as que leurs coiislalalioiis
aient suscité beaucoup de recherches de coiilri'de
ni beaucoup d'essais eu [lalhologie humaiiie, du
moins si l'on eu juge par les travaux jmbliés sur
l’oiirtaut. Uotleiiol, dans sa thèse, apjiorlail
des résultats très impressiouuaiits : sur Lu hv|)er-
teiidiis non albuminuriques, hv|ierleudus soli¬
taires, dirail-oii actuellement, 12 axaient été' favo¬
rablement iuqii'essiouués par ee Iraitemeul, aussi
bien au point de vue leusioiiuel que fouet iou-
nid; sur 7 arlérioscléreux non albiimiiiiiriqiies,
4 avaieni égaleineut retiré bénéfice de cette
thérapeutique; 4 hy])erteudus albuminuriques
avaient [ui élre eousiiléi’és comme améliorés;
8 artérioscléreux albuminuriques, enfin, ii'avaieni
300
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N“ 19
des glandes surrénales constitue une arme puis¬
sante contre riiypertension. Elle est d’autant plus
active (ju'est plus faible dans la palliogénie d’une
hypertension le rôle des facteurs (instituant une
entrave la circulation, tels (ju(; l’oblitération du
filtre rénal, les scléroses vasculaires et viscérales;
c’est dans l'hypertension ])ure par liyperépim--
phrie (pi'elle donne son niaxiinuin d’ellét. « La
méthode s'élait montrée également toujours d(--
junirvue de toute espèce d’action nocive.
Depuis cette communication, en date de Février
1910, nous n’avoius pu retrouver aucun travail
d’ensemble sur cette (|uestion. mais seulement
(piehpies observations isolées : Qnadrone, o ob¬
servations avec des résultats médiocres; Sergent
et Mignot, hypertendue de la inénojiaustg une
seule irradiation, la malade s'étant relusée à con¬
tinuer le traitement; tîallavardin, un échec dans
un cas d'hypersympatliicotonie, avec crises hyper¬
tensives tachycardi(pies et angineuses; Lanbry,
un succès temporaire, il est vrai, (pioiipie reiiiar-
(piable, che/ un hypertendu ])aro\ii sticpie. Il (!st
très possible, d'ailleurs, (pie d’antres travaux
nous aient échappé ; peut-être aussi n’a-t-on pas
(niblié les échecs de la méthode; [lent-èlre, d’antre
part, s’est-elle ressentie du discrédit, immérité
selon nous, au moins pour certaines formes
d’hypertension, (pii s’est attaché à la théorie de
l’origine surrénale de l’iiy [lerteiision solitaire?
Quoi (]u’il en soit de ces explications, ayant eu
l’occasion d’étudier cei’taiiis points de pathologie
surrénale, tumeiirs, reclnu’clie de l’adrénaline
dans ces glandes, il nous a semblé intéressant de
reprendre cette étude, en rétemlant même à des
indications (pii n’avaient pas été abordées par les
promoteurs de la méthode, à savoir les artérites
oblitéi’antes. .Nous exposerons d’abord nos obser¬
vations, puis l(‘s réllexions ipie leur étude coni-
(JliscKvATio.N 1. - IJ..., .Marie, ütiiins. Hypertension
solitaire ii 27/14, sans albuminurie. K : ,\zoté-
mie : gros conir gauche à la rudioseojiie, pouls
autour (le 91) en arythmie e.om])lèle: pas d’autres
sympl(')mes de défaillance cardiaque que de la dys¬
pnée d'ell’ort et une eerlaiue oiipression noelurne.
.Amélioration rapide de l’étal cardiaque par le repos
et la digitale.
lladiolhérapie de la région surrénale : 18. Mai 1928,
45 minutes 1.201) U; 21 .Mai, 45 miuut(?s 1.200 11:
28 Mai, id.; 24 .Mai, id.
Mn tout, 2.400 U sur elnnpie surrénale.
Les cliitlres tensionnels n’ont prati(pieinenl pas
changé : 29/15, 28/15, 27/15, 27/lli, 27/10. 80/15,
81/15; le dernier chilîre, à la lin des applications de
rayons X, est donc même un peu supéri(uir à celui
noté ù l’entrée; par contre, la malade attire sponta¬
nément ratlenlion sur ce fait que les phénomènes
subjectifs qu’elle ressentait : vertiges, bourdonne- |
inents, bouffées congestives, surtout à l’occasion de
la station penchée en avant, ont il |)eu pia'^s complè-
teiiKuit dis|iaru.
()Bst[(VAiios 11. - 1'..., .Marie, 71 ans. Hyperten¬
sion solitaire à 28/14, sans albuminurie, poids à 88 :
K, 0,16, azotémie, 0,42; B\V négatif, pus de synip-
l('imcs de défaillance cardiaque, mais vertiges, cépha¬
lées, éblouissements, bourdonnements d’oreilles,
cramjies, aphasie transitoire, polyurie noelurne;
faciès rouge; rien de particulier ù l’examen viscéral,
en dehors d’une ébauche de galop; groseceur gauche
A l’orlhodiagramme ; astasie-abasie ayant rapidement
cédé A la suggestion.
lladiotliérapie de la région surrénale : 4 séances
les 10, 18, 20 et 28 .Avril 1928, en tout 1.200 It sur
chaque surrénale : 180.000 volts, 0 mm. aluminium:
8 ni. A. A 0,20 m. anticathode-peau.
(IhilTres tensionnels inchangés : 28/1 i, 27,18, 27/14.
La malade part avant qu’on ail estimé le truitenieut
suflisunt.
UusEKv.vriox IIL — \V — -Mathiîde, 66 uns. Hyper¬
tension solitaire A 21, 18, sans albuminurie, LIW né¬
gatif, rhumatisme articulaire aigu ancien ayant réci¬
divé à plusieurs re|)rises, rien au co'ur, orlhodia-
gramuie de dimensions norinales, aucun signe de
défaillance cardiaque; aérophagie habituelle avec |
tic d’aboiement.
lladiotliérapie de la région surrénale : 4 séances
les 26, 28, 30 Mars et 2 Avril 1928, 2.000 R de chaque
côté, 180.000 volts, 3 m. A,, 6 m'm. d’aluminium, puis
5 nouvelles séances au début de Mai 1928, 2.600 11 de
chaque côté dans les mêmes conditions.
Chiffres tensionnels inchangés ; 22/12, 20/8, 22/11,
28/11, 24/10, ,23/10. On peut même noter une légère
augmentation des chiffres terminaux sur les chilfres
initiaux.
• OBSKRVATiOîi IV. - L..., Achille, 64 ans. Hyperten¬
sion solitaire à 21/11, sans albuminurie ni signes de
défaillance cardiaque, symptômes de gastrite hyper-
sthénique avec sang dans les selles et hyperkinésie
gastrique A l’écran (ulcus probable).
lladiolhérapie de la région surrénale : 4 séances
les 16, 19. 21, 23 .Mars 1928, 130.000 volts, 3 m. A,,
6 mm. d’aluminium à 0,30 cm. .A. P. ; en tout 1.600 II
de chaque côté; reprise des séances les 20, 23, 25 et
27 .Avril 1928, 2.000 H de chaque côté dans les mêmes
conditions.
Chiffres tensionnels inchangés ; 21/11,25/13, 21/10;
à noter une légère augmentation au milieu du trai¬
tement.
( liiscKVATUj.x V. G..., .Marie, 52 ans. Hyperten¬
sion solitaire A 21/11 sans albuminurie ni signes de
défaillance cardiaque, apparue A l’occasion de la
ménopause; lassitude, bouffées de chaleur, irrita¬
bilité, douleurs vagues, tachycardie A 120, pas de
tremblement, pas d’exophtalmie, pas de goitre; rien
au co'ur ni aux poumons; le métabolisme basal (pro¬
fesseur Legrand) est de 8,5 pour 100 ; en somme,
déséquilibre végétatif de la ménopause à caractère
sympathicotonique sans hyperthyroïdie, avec hvqier-
tension légère.
Radiothérapie de la région surrénale : 6 séances
les U, 13. 15, 19, 21 et 23 Avril 1928, 130.000 volts,
3 m. A., 6 mm. d’aluminium, 1.800 R sur chaque
surrénale.
Chiffres tensionnels peu changés: 21,11, 18/10,
18/10, 19/10, 19/11 ; le pouls a un peu baissé à 95-100,
avec extra-systoles, les phénomènes subjectifs se
sonf certainement améliorés, mais il faut faire la
part du repos et du traitement sédatif institué.
Db.sivKvaiion VL — I)..., Edouard, 46aus. Paraplé¬
gie spasmodique, exagération des réflexes, Babinski
bilatéral, faciès un peu figé et pleurard; hypertension
permanente aux euvirons de 25/13, avec crises hyper¬
tensives à 29 et 30 accompagnées de pAleur de la
face, liiiothymie, petitesse du pouls, douleur épigas¬
trique. BVV négatif, litjuide céphalo-rachidien nor¬
mal; 0,25 d’albumine, 0,5 lymphocyte par mètre
cube, mais tension de 60 au Claude en position
assise (aucun signe de tumeur cérébrale). Au rieur,
pointe dans le 6“ espace, sans galop ni souffles, 2'^ bruit
claqué A la base; examen du fond d’ieil normal ; pas
d’albuminurie. K, 0,13; azotémie, 0,45; rien aux
poumons ni A l’abdoimm.
En somme, chez un homme jeune, paraplégie spas-
modii[ue d’origine probablement cérébrale' (faciès
rappelant un peu celui des pseudo-bulbaires, et quel¬
ques troubles psychiques) et artérielle (absence
d’autre cause, intégrité du liquide céphalo-i aehi-
dien); état hypertensif continu avec crises paroxys-
ti((ues hypertensives accompagnées de symptômes
très mainiués ; il n’y a pas d’albuminurie, mais K est
élevé, et peudant la longue durée de l’observation A
laquelle a été soumis le malade, déjA plus de dix-
huit mois, et il est toujours dans notre service, K est
monté A 0,16, puis A 0,23; il est donc probable qu’il
s’agit d’une hypertension par lésion rénale, malgré
([UC le mode d’action de la radiothérapie surrénale
puisse faire admettre la possibilité d’une interpré¬
tation (|ue nous indi([uerons dans un instant.
Radiothérapie de la région surrénale : 4 séances,
les 28 Octobre, 3, 5 et 10 Novembre 1927,
130.000 volts, ;! m. .A. 6 mm. d’aluminium, en tout
2.000 11 sur chaque surrénale.
Résultats remarquables sur les crises hyperten¬
sives qui ont rapidement disparu, une seule a été
notée en Août 1928.
Nuis sur les symptômes nerveux objectifs qui ont
persisté sans changements, mais l’état général du
malade a certainement (d considérablement été amé¬
lioré, diminution de lu spasticité, disparition des
troubles psychiipies ; de confiné qu’il était dans son
lit, on l’a vu se lever et prendre sa part normale A la
vie commune de la salle.
vSur la tension artérielle, on a assisté A l’évolution
suivante ; l''» phase d’ascchsion à 30/15, mais sans
aucun des phénomènes si pénibles qui signalaient les
ascensions paroxystiques antérieures au môme taux
tensionnel; puis une 2>' phase, quinze à vingt jours
après la dernière séance d’irradiation, phase qui
dure encore, caractérisée par la lixité relative des
chiffres tensionnels autour de 20,23 ; 21/11, 23/12,
21/12, 19/10, 24/14, les chiffres extrêmes ay'ant été
18/11 et 28/15.
K est descendu A 0,10, mais pour remonter ensuite
A 0,16 et 0,23.
En somme le fond tensionnel n’a pas sensiblement
varié, mais les brusques clochers hypertensifs ont
été supprimés et les phénomènes subjectifs amé¬
liorés, au point que l’on peut se demander, hypo¬
thèse invérifiable mais non invraisemblable d’après
ce que nous avons pu observer de l’action des mêmes
irradiations dans les hypertensions continues, si le
malade n’est pas en réalité porteur d’une hyperter-
sion continue sur laquelle une autre cause pathogime,
accessible, celle-lA, A la radiothérapie, déclencherait
les poussées hypertensives supprimées par les
rayons X, et ce que l’on sait des tumeurs surrénales
(paragangliomes) A hypertension paroxystique peut
permettre de se demander si ce n’est pas lA cette
cause pathogène surajoutée. Nous insistons encore
sur ce fait iju’il n’y a lA qu’une hypothèse invérifiable
pour le moment, mais au sujet de laquelle l’avenir
nous apportera peut-être quelques éclaircissements.
Il faut donc retenir celle observalion, sur
la([uelle nous nous soinnies un peu plus étendus
(Ut raison de rinlérèt (ju’elle nous a paru piv-
senler, (jue l’irradiation de la région surrénale,
sans action sur le fond hypertensif habituel, a
par contre eu un edet remarquable sur les épisodes
hyjterlensifs paroxystiques surajoutés.
OusEKVA-nON VIL — B..., Emile, 52 ans. Hyperten¬
sion solitaire modérée A 19/12, sans albuminurie,
K, 0,08; azotémie, 0,45, pas de signes de défaillance
cardiaque, examen viscéral négatif ; syndrome de
claudication intermittente typique du membre infé¬
rieur gauche, douleur par l’effort, disparition par le
repos; grosse diminution de l’index oscillométrique
de ce côté, 1 contre 4 1/2 du côté sain.
Radiothérapie de la région surrénale : 4 séances
les 9, 12. 16, 19 Mars 1928, 1.600 R A droite, 1.200 II
A gauche.
Tension artérielle : abaissée A 15/11 dès la 2'' séance
puis A 14,5/9,5 après la 4“. Les douleurs A l’occasion
de la marche, ajirèsuue courte phase d’exacerbation,
ont complètement disparu; des douleurs spontanées
accusées par le malade, notamment pendant la nuit,
dans, le même membre inférieur gauche, ont égale¬
ment rétrocédé.
En somme, dans un cas d’artérite oblitérante
incomplète, mais en évolution, avec claudication
intermittente et légère hypertension, l’irradiation
surrénale a fait disparaître les douleurs aussi bien
s])onlanées. que provoquées par l’effort, et baisser la
tension. Le malade n’a pas été revu depuis, il y a
donc lieu de penser que Tamélioralion s’est main¬
tenue. l’ar contre, l’oscillométrie n’a pas varié.
OuscuivATiox VIII. - - M, M..., 50 ans. Envoyé aux
fins de traitement par la diathermie pour des trou¬
bles circulatoires artériels des membres inférieurs ;
depuis quatre ans, phénomènes d’angor, tension A 23;
depuis deux Ans et demi, fatigue A la marche néces¬
sitant l’arrêt et disparaissant par le repos (claudica¬
tion intermittente); en Octobre 1927, sensation de
froid et d’engourdissement dans les deux pieds, sur¬
tout le droit, puis en Décembre douleurs violentes
A prédominance nocturne et obligeant le malade A
rester sur le bord de son lit, les jambes pendantes
et r(!Couverles d’un édredon : aggravation progres¬
sive de ces phénoim'mes et apparition d’une large
pla([ue de sphacèle au talon droit et d’une petite plaie
jirofonde, sorte de mal perforant entre le 4‘’ et le
5'’ orteil droit; en Mars 1928, absence conqilèle
d'oscillations au Pachon, du cou-de-pied A l’aine,
essais infructueux du citrate de soude, du lipiodol
intramusculaire, de l’insuline, et enlin sympathec¬
tomie périfémorale double. A la suite de cette inter¬
vention, réapparition de quelques oscillations A la
N« 19 - LA
les douleurs persistent arec la même intensité et la
même consiauce.
A l’examen, le 4 Mai 1928, le pied gauche est d’une
pâleur cadavérique sans troubles trophiques, ni
douleurs; le pied droit présenle une teinte violacée
surtout marquée dans l’avant-pied, dans lequel le
malade ressent de violentes démangeaisons qui
s’accentuent au mïjindre frôlement; il existe une
large plaque de sphacèle att talon gauche et un petit
mal perforant entre le 4“ et le 5“ orteil gauche,
œdème des orteils droits; tension au Pachon et à la
radiale 18; le malade incapable de marcher se traîne
à l’aide de deux béquilles.
Traitement par la diathermie, aucune amélioration;
on décide de s’adresser à la radiothérapie surrénale
et on fait 4 séances les 9, 10, 11 et 12 Mai 1928, à
chaque séance 1.200 R, 10 mm. d'aluminium,
130.000 volts, 3 ma., 0,30 cm. AP; en tout 2.400 R
de chaque côté; la diathermie a été continuée en
même temps du 12 au 20 Mai.
A partir du jour où a été commencée la radiothé-
l'apie, on constate progressivement une atténuation
des douleurs, une cicatrisation du talon, une amélio¬
ration nette de l'état général. Le 18 Juillet, les dou¬
leurs ont complètement cédé, spontanées et provo¬
quées par les mouvements ou par les cahots de la
voiture qui l’amène chez le .médecin, le sommeil est
parfait, le malade peut marcher avec une seule
béquille, l’autre ayant dû être abandonnée à cause de
l’apparition d’une paralysie radiale; le talon est
enn'èrement cicatrisé, mais le mal perforant persiste
ainsi qü’une large plaque violacée sur le dos du
même avant-pied; les pieds sont toujours froids, pas
d’oscillations au Pachon au niveau du cou-de-pied.
Le 9 Novembre 1928, le mal perforant a disparu, les
douleurs également, le seul trouble persistant est un
refroidissement plus rapide du pied gauche.
En somme, artérite oblitérante des deux membres
inférieurs, avec douleurs spontanées intenses empê¬
chant le sommeil, claudication intermittente, troubles
trophiques sérieux; divers médicaments, une sympa¬
thectomie double n’apportent aucune amélioration
sensible;, la diathermie seule paraît également
impuissante, mais lorsque l’on s’adresse à la radio¬
thérapie surrénale,' les phénomènes changent d’as¬
pect : disparition des douleurs, guérison des troubles
trophiques, en un mot amélioration générale consi¬
dérable et durable *.
OiisKiivATiON IX, — D..., 66 ans. Sans antécédents
particuliers, préséiite depuis deux à trois mois des
phénomènes nets de claudication intermittente dans
le membre intérieur gauche; depuis queh|ues jours,
des douleurs spontaqées ont apparu à droite, sur¬
venant surtout la nuit et empêchant le sommeil, le
membre inférieur droit est plus froid que le gauche,
aux dires du malade.
Il n’y à rien au cœur, la pression artérielle, à
l'humérale, est de 15/8 avec un index oscillométrique
di' 3,5; les doux pouls fémoraux ne sont pas perçus,
il n'existe aucune oscillation au Pachon dans tout le
territoire des deux membres intérieurs; pas de trou¬
bles trophiques. Le reste de l’examen est négatif.
Aprè.s échec de divers traitements médicaux, on
essaye la diathermie du 11 au 22 Juin 1928, aucune
amélioration des douleurs' qui persistent aussi
intenses et aussi, intolérables; le malade passe ses
nuits les jambes pendantes hors do son lit.
Du 23 au 28 Juin 1928, on pratique 5 séances de
radiothérapie surrénale, 130.000 volts, 10 mm. d’alu¬
minium, 0 cm. 30 AP, 3 m. A,, en tout 2.600 R de
chaque côté.
1. Le fait que .cette amcliuration a pu être obtenue
après une sympulhectomio péritéinoralc double donne à
penser, ou bien que les filets nerveux sym])atliiques cen¬
trifuges ne suivent pas les vaisseaux, ou bien que celle
action s’est exercée directement sur l’élément surrénal
glandulaire par lu suppression d’une substance dont
l’elVct se. ferait sentir uniquement a la périphérie. D’un
semble y avoir là une constatation des plus suggestives.
D’ailleurs Robineau (rapport au Congrès français de chi¬
rurgie 1927) considère que la syinpatlieetomie ne crée
pas d’interruption réelle des voies synipntliiques, et Le-
riehe [La Presse Médicale, 1927, p. 852) a publié des faits
dans lesquels on voit persister, après dos interventions h
dos étages variés sur les voies sympathiques, les réac¬
tions vasculaires normales au chaud et nu froid. Notre
eonstatation plaide donc dans le même sens : ou bien
absence d'interruption des voies sympathiques vascu¬
laires centrifuges, ou bien siège périphérique des excita¬
tions perturbatrices anormales.
PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
301
Dans les quinze jours qui suivent, l’état s’est sen¬
siblement amélioré; les douleurs ont disparu, il dort
bien, marche plus facilement et plus longtemps sans
fatigue. En Novembre 1928, cet état persiste, il ne
souffre plus et peut faire un kilomètre sans fatigue.
Les oscillations n’ont pas réapparu aux membres
En somme, artérite oblitérante des deux membres
inférieurs, avec douleurs intenses, claudicàtlon
intermittente, rebelle à toute thérapeutique et rapi¬
dement améliorée par la radiothérapie surrénale. A
noter l’absence de toute modification oscillométrique,
parallèlement à l’amélioration fonctionnelle'.
Dans ces observations, .3 groupes de faits
doivent être distingués ;
1“ Des hypertensions continues et solitaires. —
Aucune baisse tensionnelle notable qui pût être
))rise en considération n’a été obtenue par celte
méthode, contrairement au.x constatations des
promoteurs de la radiothérapie surrénale. Sou¬
vent au contraire, au milieu du traitement on
immédiatement après sa terminaison, une légère
élévation tensionnelle a pu être notée. Par contre,
les symptômes fonctionnels, vertiges, cépha¬
lée, etc., nous ont souvent paru être favorable¬
ment impressionnés, constatation d’ailleurs éga¬
lement faite par nos devanciers; malgré qu’il soit
impossible d’apprécier exactement le taux de
cette amélioration purement subjective, on ne peut
pas ne pas en tenir compte dans le bilan général
de la méthode, et cette dissociation entre l'amé¬
lioration des symptômes fonctionnels attribués à
l’hypertension, et la persistance des mêmes
chiffres tensionnels, est une particularité intéres¬
sante à relever au point de vue des explications
possibles à donner üi ces symptômes. Aucun inci¬
dent, même simplement fâcheux, n’a été relevé.
En somme, absence d’action sur les chifl’res
tensionnels, tels sont les résultats que nous avons
constatés dans ce premier groupe de malades.
2“ Un cas d' hypertension paro.xystiquc. — La
pathogénie de celle hypertension paroxystique,
grefl’ée sur un fond permanent d’hypertension
continue, reste discutable, et nous avons dit plus
haut ce que l’on pouvait en penser; mais, quelle
cpie soit l’interprétation adoptée, il n’en reste
pas moins que ces poussées hypertensives ont été
complètement et semblc-l-il définitivement sup¬
primées, comme aussi les symptômes qui les
accompagnaient. Ce résultat est à rapprocher
de l’amélioration remarquable mais passagère
obtenue jtar Laubry dans un cas analogue, ef à
opposer il un insuccès de Gallavardin. A noter
■ que le fond hypertensif permanent n’a pas été
influencé par la* méthode.
3" Des artérites oblitérantes. — Nos essais
dans ce domaine semblent être les premiers de ce
genre cl nous u’avons pas trouvé d’observations
semblables antérieurement publiées; ils décou¬
lent logiquement des résultats obtenus dans des
cas analogues, mais au prix de combien plus de
difficultés et d’aléas! par la surrénalectomie.
Dans les 3 cas où nous l’avons appliquée, la
radiothérapie nous a paru être douée d’une effica¬
cité vraiment remarquable sur les symptômes
présentés par les malades : douleurs spontanées,
douleurs de fatigue, troubles trophiques même,
ont disparu plus ou moins rapidement mais à peu
près toujours complètement. Il faut également
remarquer que parallèlement à cette amélioration
fonctionnelle, aucune modification oscillométrique
n’a été enregistrée, et celle constatation, à rap¬
procher de l'absence de modifications tension¬
nelles dans les cas d’amélioration fonctionnelle
des hypertendus, doit être retenue pour servir
à l’interprétation des faits, inlerprélalion, qpi, du
reste, n’apparail pas comme très aisée.
1. Depuis lors, à la suit» d’une imprudence du malade,
Ic^ mêmes symptômes réapparurent ; une 2’ série d'irra¬
diations, identique à la 1”, a été laite avec le même ré»
sultat favorable.
Mais, du point de vue pratique, on peut se
passer d’interprétation exacte ou du moins réser¬
ver l’exactitude de celles qu’il est possible de
■présenter, et l'on peut, dès à présent, conclure
ainsi : 1° la radiothérapie de la région surrénale,
suivant les techniipies emitloyées et que nous
avons utilisées, est une méthode thérapeutique
qui parait être complètement exemple de dan¬
gers; 2“ son efficacité paraît être très discutable
sur la baisse tentionnelle encore qu’elle en amé¬
liore les symptômes dans les cas d’hypertension
continue et solitaire ; il est du reste possible que
la négativité constante et comiilèle de nos résul¬
tats tienne à l’insuffisance des doses comme de
la durée du traitement institué et, de toutes façons,
il y a là un fait qui appelle de notivelles recher¬
ches; 3“ au contraire, dans les hypertensions
paroxystiques, son action paraît des plus effi¬
caces sur les crises hypertensives et sur les
symptômes qui les accompagnent, nulle, par
contre, sur le fond d’hypertension continue sur
lequel se greffent ces crises hypertensives. 11 est
à peine besoin d’ajouter que le terme do crises
hypertensives est loin d’être univoque, que les
états qu’il désigne sont des plus variés et que
seul l’avenir et l’expérience nous apprendront
lesquels de ces étals sont justiciables d’une telle
thérapeutique; 4° dans les artérites oblitérantos,
accompagnées de manifestations trophiques dou¬
loureuses, spontanées et à la fatigue, la méthode
semble donner pleine satisfaction, les symptômes
s’amendent rapidement tandis que les tests objec¬
tifs oscillomélriques restent inchangés. Là aussi
un recul suffisant et une expérience plus étendue
seront nécessaires pour apprécier et les indica¬
tions exactes et les résultats éloignés de la mé¬
thode, maïs d’ores et déjà, ils nous seuddenl
sujtérieurs à ceux des autres icchnitpics médi¬
cales ou physiothérapiques, au moins égaux, et
olilenus infiniment plus simplement, à ecux des
interventions chirurgicales sur les surrénales.
*%
Malgré que l’expérience nous enseigne la vanité
et l'iufidé.lité des théories émises pour expliquer
les faits, il n’est. cependant pas inutile de se livrer
à quelques considérations de ce genre, car même
fausses les idées théoriques peuvent conduire à
des recherches fructueuses et à des consialalions
intéressantes, à la condition de ne pas demeurer
le prisonnier de ces théories, mais, au contraire,
de savoir s’en évader en temps opportun).
La première question qui se pose est de savoir
ce qu’en réalité on irradie, en pratiquant la radio¬
thérapie de la région surrénale; Zimmern et
Gotlenol, en dehors d’une démonsti'alion nalii-
rellemenl impossible chez l’iiomme, ont montré
chez le chien des lésions de glandes surrénales
déterminées par l’application des rayons X sui’
celle région, et ils ont admis également que l’ac¬
tion irradiante pouvtÿl se faire sentir sui' .le foie
et sur le rein voisins; cependant, Hans Fred a
défendu récemment le caractère réfractaire du
tissu surrénal à toute action des rayons X, et,
d’autre part, dans une région si riche en éléments
nerveux, et pour une glande si ])rofonde et de
volume si réduit, il parait bien difficile d’affirmer
et de démontrer que seule la suri-énale est im¬
pressionnée, lorsque, même avec toutes les préci¬
sions de technique possibles, on dirige sur la
surface cutanée correspondante et sous l’inci¬
dence appropriée un faisceau suffisamment péné¬
trant de l’ayons X. Quoi qu’il en soit de celte
discussion théorique, qui parait, d’ailleui’s, inso¬
luble, nous admettrions volontiers, pour notre
part, que si la surrénale peut n’étre pas la seule à
être irradiée, le tissu nerveux avoisinant l’est
certainement, elle l’est néanmoins et de façon pré¬
pondérante, et nous appuyons cette opinion sur
quelques faits cliniques : action de l'irradiation
302
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N» 19
dans les ras d’hypt'rteiisioii ])ar()xysti(|U(‘ que l’on
sait dépendre parfois de paragangliomes sur¬
rénaux, action également favorable dans les arlé-
rites oblitérantes dans lesquelles on connaît les
effets identiques des surrénalectomies par¬
tielles.
Il est bien évident qu'il n’y a lîi que des argu-
nienls de simple probabilité, et qu’il faut réserver
son opinion délinitive jus(ju’;\ ce que nous ayons
la preuve hislologiipie chez riioiimie de la réalité
de celte action sur la glande surrénale.
Kn admettant, provisoirement, cette action sur-
réiiide, comment peut-on expli(]uer les résultats
observés? les phénomènes les ])lus frappants
consistent soit dans la disj)arition des symj}-
tômes subjectifs, soit dans l’amélioration des
troubles troplii([ues liés tous les deux à une j)er-
turbalion dynatnique. ])oul'rait-on dire, de la cir¬
culation arti'rielle, tanilis <|ue les cliifFrcs ten¬
sionnels et les signes extérieurs de la circulation
(poids, oscillométrie) demeni'ent iindiangés ; ce
(]ui seiidile donc modiilé n’est pas tant le mode
circulatoire lui-nn'mc, qu’une cause surajoutée
ipii déterminait les phénomènes jiathologiques
disjiarus ou améliorés ; on est donc conduit à
jienser que tout se jiasse comme si l’irradiation
surrénale, ou des plexus nerveux avoisinants,
avait détruit ou uns dans l’impossibilité d’agir
une cause ])athogène surajoutée, substance vaso-
constrictive, réllexes vaso-constricteurs, etc., (]ui
siirvenaul sur nu terrain circulatoire déficient et
à la limite de sa capacité fonctionnelle détermi¬
nait, avant la thérapeutiipie qui nous occujie, les
symjitAmes jialhologiques qu’il s’agissait de com¬
battre.
dette hypothèse vaut ce (pi’elle vaut, et elle
aura le sort qu’on voudra bien lui faire, mais le
fait subsiste, et c’est l’essentiel jiour nos malades,
que l’irradiation de la région surrénale semble
susceptible d’être euqiloyée avec fruit contre
certaines artérites oblitérantes.
l’avenir de préciser et de vérifier ces indica¬
tions et ces résultats.
A
Note tecumphe. La fixité des capsules,
surrénales rend leur repérage fai-ile ; nous nous
eu sommes rapportés aux indications de Cottenot
pour faire tomber l’irradiation sur une zone para¬
vertébrale comprise entre 1)'* et L’, avec un
faisceau ih- rayons couvrant une surface de 0 m. 12
sur 0 m. 12 ; nous déjiassions donc largement la
surrénale dans tous les setis.
Ou sait que la jirofondeur de la glande varie
de 0 m. 10 à 0 m. 12 suivant l’éjiaisseur des
sujets; les taux de transmission à 0 m. 10 de jiro-
fondeiir avec IdO kilovolts, soit 0,2.ô d’étincelle
équivalente et à 0 m. .’iO de distance antieathode-
peau, varient de ft,,") à l.ü,() pour 100 suivant que
les filtres em])lovés ont de 1 à 7 mm. d’épaisseur
d’alumjnium et à 17, tS pour 100 si le filtre a
10 mm. Nous avons etiijiloyé des filtres <le 0 à
10 mm. et nous avons pu ainsi faire parMuiir. au
uiaximiim 17, <S ]>our 100 de 2.000 U, soit 'iliX H
eu profondeur dans les cas les jdiis favorisés, (le
n'est pas là une dose forte et il serait facile, avec
des rayonnements plus jiéuétrants, de plus fortes
filtrations e! des leux croi.sés, de donner des
doses beaucoup plus considérables.
l'oute cette ipieslion de posologie mérite d’être
étudiée avec prudence et il n’est ])as impossible
que de plus fortes doses en profondeur puissent
(lonner des résultats là où nous n’en avons jias
obtenu.
Il est cependant remarquable que les expé¬
riences de Zimmern et Cottenot. réalisées avec
lin rayonnement peu [lénétrant, de faibles doses
incidentes et de faibles filtrations aient provoqué
des abaissements de feîision. Nous nous sortîmes
tenus Nulonlairemeul dans des eondilions voi¬
sines des leurs et nos conclusions ne sont vala¬
bles <pie dans ces conditions'.
CoTTESoi. — « Action des rayons X sur les glandes
surrénales ». Thèse, Paris, 1913. j
Gallavardix. . — « Crises angineuses et syndrome
d’hyperexcitabilité sympathique ». Lyon médical, 1928,
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la teneur en Ca du sang, à la suite de l’irradiation des
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giques ». I.a riforma medica, 1,') Février 1913, n" 7, j>. 178;
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les glandes surrénales ». Académie de Médecine, 22 Avril
1912. — (1 Modifications de la pression artérielle chez
f'iioninie par l’exposition aux rayons X de la région sur¬
rénale ». Soc. de Hiol., 27 Avril 1912, — « La radiothé-
rajiie des glandes snri’énales, ses résultats, ses effets
liyi»olenseurs ». Arch. d'électricité médicale expérimen¬
tales et cliniques, 10 Juin 1912, ]>. .400.
IJINGUKS RÉMISSIONS DANS L’ÉVOLIIÏION
DE LA
GRANULOMATOSE MALIGNE
(LYMPHOGRANÜIiOMK)
COXSÉCIITTVES A
LA lUENTGENTIIÉRAPlE
M. ROCH, R. GILBERT et L. BABAIANTZ
Hôpital cantonal de Genève).
Le but de cet article est de montrer :
t" Que le diagnostic de la granulomatose ma¬
ligne est, dans la grande majorité des cas, possible,
bien que cetle entité morbide soit exlraordinairi;-
nienl j)olymor|)he et qu’elle n’ait aucun signe
absolument jiathognomonique ;
2" Que le diagnostic étant fait, on doit se
garder de désespérer car la thérapinitique par les
rayons llientgen. inefficace quelqutd'ois, insuffi¬
sante trop souvent, peut cependant dans une pro¬
portion intéressante de cas procurer des rémis¬
sions dont la durée permet jiarfois de prononcer
le mot de guérison ;
.’i” (jue le traitemeilt par les rayons Rientgen,
même dans les eas oi'i le diagnostic n’est que jtro-
hable, doit être apjiliipié avec énergie et avec mé-
1. Dejiuis lu rédaction de cet article, Delliorm et Beau
ont piH'senté à la Société française d’électrotbérapie et de
radioloy^ie \lluUviin vffîvivl de hi Société fmnçuUc d'élvc-
irothérupic cl de radiologie, ΑJ28, p. 28r>, Novembre 1928)
lin travail sur : « La diatliermie et la radiothérapie dans
le traitement de l’arlérite oblitérante » dans lequel, après
avoir rappelé des travaux américains analogues, ils
apportent des observations d’oblitérations artéidelles
traitées par des irradiations de lu colonne dorso-lombaire.
Les auteurs ne font pas allusion à la possibilité d'irra¬
diation surrénale, mais à notre nv'is, il est très probable
fjne leur méthode se rapproche de celle que nous indi¬
quons ici, et <iue les memes remarques lui sont upjili-
eubles. On pourra égaieiuenl lire le numéro du bulletin
de lu même Société eoritenant le.s comptes-rendus de lu
séance de Janvier 1929, dan» laquelle une discussion des
plus intéressantes eut lien, à propos d’une commimica-
lion de Desjilals et Lungeron sur le même sujet.
thode : irradiations péiiétranlcs, étendues même
aux régions qui ne paraissent point encore
atteintes; nous y reviendrons plus loin.
La granulomatose maligne (Ménétrier) qu’on
apjielle couramment aussi lymphogranulome
(Stcrnbiu'g), maladie de Hodgkin, etc., est une
entité morbide, processus inllammatoire à étio¬
logie iiiconiine et très vraisemlilablement de nature
Pour établir un diagnostic diirérenliel, nous
n’avons donc pas le critère bactériologique. Le
polymorphisme de raireclioii est très grand et il
n’e.xisle pas de signe clinique palliognomonique.
Ce n’est guère que l’examen histologi(jue, ajirès
biopsie d’uii ganglion malade, qui pourra donner
la eertitude; encore la biopsie n’esl-elle pas tou¬
jours faisalile !
Nous sommes donc sur un terrain bien mou-
vaiif, et iiourlanl nous affirmons que dans la
grande majorité des cas le diagnostic clinique
est possible.
Une maladie avec lièvre iiT'égulièrc parfois
rémittente, avec localisations multiples mais non
généralisées; des ganglions durs, bosselés, en
jiaquels, indolores sans tendance à la suppura-
avec une leueoeytose polynucléaire, un peu
d’iiypoglobulie et enfin quelques phénomènes
généraux, tels ipie : asthénie et amaigrissement,
amènera à envisager le diagnostic de granulo-
malüse maligne.
Si la biojisie peut être faite, elle donnera une
eonlirmalion indiscutable; des symptômes in¬
constants mais assez caractéristiques roinme le
])iTirit, réosiinqiliilie. un graphique de fièvre
ondulante, appoiTeronI une conruTiiaffon stiffi-
Parnii les affections qui donneront lieu à dis¬
cussion, la leucémie lympho'ide sera reconnue
par l’examen du sang; la lynipliosarcomatose
sera d’abord localisée à un seul groupe gaiigllon-
uairc et mari|uera une tendance à envahir les
organes avoisinants; lus métastases cancéreuses
seront faciles à dépister lorsqu’on aura des signes
du néoplasme primitif; les ganglions syphili¬
tiques, les adénojialhies tubereuleuses, la lym¬
phogranulomatose inguinale subaiguë seront le
plus souvent faciles à reconnaître et il n’est jias
opportun d’allonger ici cette discussion.
Le diagnostic de probabilité de granulomatose
maligne sera donc, généralement facile à poser.
Il faut cependant insister sur trois notions qui
nous paraissent importantes :
Un premier lieu, on ne doit pas s’attendre à
trouver toujours les symptômes les mieux carac¬
térisés de l’affection : réosinojibilie est loin d’être
constante, elle est même exceptionnelle ; le prurit
est rare; la fièvre peut être insignifiante; c’est
pouripioi nous estimons (pie des dénominations
eomme celle d’ » (iilr/iir éosinophiliqtir prnrigruc
il rcoliilioii fchri/c » sont fâcheuses; elles ne se
rapportent qu’à une proportion restreinte de faits
et elles intoxicpient l’esjirit du praticien, risquant
de lui faire méconnaître bien des eas.
En second lieu, il faut connaître l’existence de
formes atyjiiques de granulomatose maligne. Sans
parler de la forme aiguë, heureusement rare, il
peut y avoir des localisations viscérales dont la
nature est difficile à déterminer : formes spléno-
mt%alîque.s; fctrines pleiirorpulmouaires ; osléo-
])ériosliques avec algies nerveuses; gastro-intes¬
tinales, etc. ‘ '
Dans ces cas-là, s’il y a des ganglions accessi-
hles, la biopsie peut encore apporter la solution
du [iroblème clinique ; autrement on devra
s’orienter d’après l’existence de grosses masses
ganglionnaires médiastinales, d’après l’état du
sang et parfois d’après (|uel(|ue symptôme spé-
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 192Ô
cial (fièvre à grandes oscillalions ou ondulante,
prurit). Ces cas de localisations viscérales pré¬
dominantes sont évidemment fort difficiles à dia¬
gnostiquer précocement: ils sont .heureusement
exceptionnels.
En troisième lieu, on ne devra pas attendre la
certitude pour .agir. Etant donné les résultats que
l’on, peut obtenir des rayons Rœntgen, on devra
recourir à la rœntgenthérapie aussi précocement
que possible. On peut tomber, évidem¬
ment, sur une adénopathie cancéreuse,
sur un lymphosarcome ou simplement
sur une adénopathie tuberculeuse : il
n’y aurait pas grand mal. En revanche,
ce serait un grave péché thérapeutique
par omission que de ne pas irradier lar¬
gement et intensément un granulome
malin, même si cliniquement on n’a pu
que le soujiçonner.
***
Les preuves du peu de confiance des
médecins dans la radiothérapie lorsqu’il
■ s’agit de granulomatose maligne abon¬
dent dans la littérature. Il serait facile
d’apporter ici de nombreuses citations
témoins de cet état d’esprit. Malheureu¬
sement, les auteurs qui affichent ainsi
leur mépris de la radiothérapie ne nous
apportent aucune consolation en nous
prônant tel ou tel autre traitement.
La vaccinothéi’apie et la sérothérapie de l’affec¬
tion ne sont qu’à leur aurore et personne n’ose
encore compter sur elles. Parmi les remèdes que
nous offre la chimiothérapie, on ne peut guère
accorder de mention qu’au cérium, à l’iode et au
fer, pour s’arrêter un peu plus^à l’arsenic.
Celui-ci peut donner une légère rétrocession
des adénopathies et un relèvement de l’état gé¬
néral, mais ces bons résultats sont inconstants et
liabituellement peu accusés. Na'gcli est
le seul auteur qui, à notre connaissance,
ait pu obtenir un succès complet et du¬
rable avec rarsacétin('.
L’intervention chirurgicale ne peut
presque jamais avoir la prétention d’être
radicale, et elle est suivie presque tou¬
jours et rapidement de récidives.
Il ne reste donc que la radiothé-
l'apie.
Avec le radium, on a pu obtenir quel¬
ques beaux résultats (Lazarus Paul,
Dautwitz, Barret, Bowing, Falta, Bur-
nam), mais la curiethérapie n’est guère
applicable que dans les formes très loca¬
lisées de l’affection; elle est bien moins
pratique et bien plus onéreuse que la
rœntgenthérapie qui a toutes nos ])réfê-
rences.
Voici, à l’apjtui de l’opinion favorable
que nous avons de la romtgenthérapie
de la granulomatose maligne, quelques
observations succinctes.
Nous les choisissons bien* entendu
parmi les cas qui ont été suivis depuis assez
longtemps *.
OiisKKVATiü.N 1. M. G. K., 32 ans, agriculteur.
Iloiiime roljusie He graiicle taille. Blessé de guerre
ifi-acture du crâne et déchirure d’un tyiniian).
Début apparent dc'l’af[cclion ; Mai 1921.
Premier symptôme : adénopathie cervico-susclavi-
culaire gauche indolore, améliorée légèrement par
application d’héliothérapie et de pommades. Le ma¬
lade néglige son étal jusqu’au moment où, resseutant
t. Coininc doux d’entre nous ont déjà publie un grand,
nombre d'illustrations, nous nous bornerons à donner ici
une image (inédite) classique, de tumeur médiastinale
avant et après rœntgenthérapie [radiographies du D’ Ber-
thoud).
une fatigue anormale, il voit un médecin qui l’adresse
à notre Institut de Radiologie avec l’indication :
« adénopathie tuberculeuse, radiothérapie »,
Nous faisons une radioscopie thoracique préal_able
qui nous révèle une grande ombre arrondie, à gauche
du pédicule vasculaire, faisant suite â son image et
ayant l’aspect d’une tumeur à point de départ médias-
La biopsie de l’adénopathie sus-claviculaire s’im¬
pose; elle révèle un lymphogranulome (professeur
. — Observât
radiothi
M. Askana/.y). Le sang
forte leucocytose (20150)
Ræntgenthérapie : du
Série complémentaire si
bre 1922.
Dès le douzième jour,
plus qu’un réspdu de tut
cardio-vasculaire. Dans les semaines suit
parition dos phénomènes pathologiques,
des contrôles cliniques et radiographitpies p
I 21 Novem
médiastin. Il
radiographie
Actuellement, soit plus de six ans après le début
du traitement , lé patient qui n’a jamais fait de récidive,
se porte bien.
Obscrvation II. M. .1. .1., 4/1 ans, homme ro¬
buste, jardinier. Rien â signaler dans scs anlécé-
Première atteinte en 1913; forme ganglionnaire
localisée à la seule région cervicale et rétro-clavicu¬
laire gauche. Diagnostic clinique : adénopathie bacil¬
laire. Intervention chirurgicale en 1914 : extirpation
de 32 ganglions! Ij’examen microscopique ré.snrve
une surprise, il s’agit d’un lymphogranulome.
Fait remarquable : les suites ont été excellentes,
puisqu’on n’a enregistré aucune récidive jusqu’au
début de 1922. Au cours de cette anuée-là, apparais¬
sent insidieusement des troubles locaux et généraux.
Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois que le malade
se décide à consulter, n’ayant [jliis la force de tra¬
vailler, Son médecin soupçonne une récidive et
l’adresse à l’un de nous pour rœntgenthérapie. Nous
faisons faire une biopsie de contrôle qui confirme le
diagnostic, de lymphogranulome (Professeur Aska-
nazy).
limntgenthérapie : une seule série, du 13 au 27 Mars
1923; résultats immédiats excellents, permettant la
reprise du travail normal au bout de quelques se¬
maines: résultats éloignés excellents, puisque le
patient se porte admirablement bien en
1929, soit près de six ans après le début
du traitement; il a sa pleine capacité de
travail et en use largement.
A considérer le cas dans son ensemble,
nous avons sans doute affaire ici à une
forme relativement bénigne.
aalistc.
i III.
M. 11. K., 3
Plusi
de l’affection, a soulfe
abdominales donloun
Premières adénopathies cervicales, axil¬
laires et médiastinale, en Juin 1923, accom¬
pagnées de faiblesse et d’amaigrissement.
Apyrétique. A part l’abaissement du taux
d’iib (70 pour 100|, rien de particulier au
point de vue du sang. Pas de prurit. Aug¬
mentation de la rate. Hiopsic positive.
Une première série de rœntgenthérapie
a été faite à New-York, en Septembre 1923,
litions techniques se rappro-
Récidiv
1920 : adénopathie médiasti¬
nale et surtout grosse rate, asthénie. Part
tout de même pour un long voyage. Rst obligé de
l’interrompre â Genève, où une seconde série d’appli¬
cations l'œntgenthérapiques est entreprise (en Juin).
Kadiosensibililé très élevée. Réaction générale
assez forte. Diminution de la rate. Régression des
ganglions. Disparition des symptômes. Le patient
nous infoi'me par la suite qu’il ne s’est jamais senti
si bien depuis dos années. Sa capacité de travail est
entière, et il en use largement, jus(|u’à une deuxième
récidive qui l'oblige h se so'
Mai 1928, s
ic’ -m
^ a
11^
i de d
apres
l're de troubles digestifs, d’atnai-
semont, d’asthénie; s’anémie (11b. ; 75
r 100, globules rouges ; 3.897.000, glo-
4.000).:'
résultat
de 19;
;>calis
Malheui-e
loppées.
ixillair
t . . mats trop pas-
ans. cés coirditions que l’un
depuis peu et suit le ma-
n'est pas l'assnrant ; nous
i d’ii'i’adiei' pour l’instant.
IV. - M. 11. F., 30 ans,
Inétique, mère morte de
éi'édo-syjrhilis probable. Ila-
. Début appai'enl de l’affec-
des adénopathies, peu déve-
■s ; cei-vicales, parotidienne
.àpyi-éti(|ne. Biopsie positive.
Rœntgenthérapie : une seule série du 15 Oetobi-e
au 5 Novembre 1924. Régression complète des tumé¬
factions ganglionnaires, avec disparition de tous les
symptômes généraux. Le malade, ti-ès actif, reprend
sa pleine capacité de travail. Pas de récidive jus¬
qu’ici (les gens heureux n’ont pas d’histoire).
Le début du traitement remonte à rpratre ans et
OnsimvATiox Y. M B. F.. 39 ans. Séquelle de
paralysie infantile de la jambe. Au milieu du mois de
Janvier 1926, troubles digestifs ; constipation; palpi¬
tations au moindre effort, tachycardie ; sensation
d’étouffement ; température subfébrile.
304
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N" 19'
CoiisuUe l'un (le nous. Apparition d(! quelc[ues
ganglions axillaires gaucdies. La radiographie montre
une énorme luuienr médiastinale développée notam¬
ment du eôlé gauche (lig. 1).
L'examen de sang révèle une leucocylose (37.150) et
une légère éosiuojdiilie (5 potir 100). l’as d’anémie;
pas de muilrophilie.
Jiæiilgeiillit’rapie : (D'’ Berlhoud).
Première série du 18 Mars au 26 Avril 1926. Résul¬
tats ; fonte de la tumeur médiastinale (v, lig. 2) et
des ganglions axillaires et cervicaux. Restauration de
l’état général avec disparition des symptômes.
Cette rémission a été interrompue par un soup¬
çon de récidive au printemps de 1927, qui a néces¬
sité l’ajtpliration d’une deuxième série (24 Avril-
3 Juin 1927) depuis laquelle le malade se porte si
bien qu’oii a grand’peiue à lui faire accepter des con¬
trôles périodi(|ues.
Le début du traitement remonte à deux ans et
OusiîKVATioN VI. - M9o 1). A. Jeune fille do 16 ans,
malade depuis Août 1923. l''orme d’emblée fébrile, à
évolution subaigui’, toxi-anémique, cachectisanle,
restée mécoiimie jusc|u’en Décembre 1924, moment
où nous voyons la malade pour la première fois. Rlle
présente des tuméfactions ganglionnaires cervicales
et une énorme tunu.'ur médiastinale. L’état général
est alarmant, apparemment désespéré. Le poids est
tombé de 51 ù 39 kilogr, en deux mois ; l’Hb., à
28 pour 100 le 27 Décembre, atteint 14 pour 100 puis
11 pour 100 les 5 et 12 Janvier. Chute des globules
rouges jus(|u’à 1.631.500. Leucoeytose à 19.687;
forte-polynucléose neutrophile (91 pour 100) et lym¬
phopénie. La malade ne garde plus aucune nour-
C’est dans ces conditions ((ue commença le premier
traitement par les rayons X.
Uœ-ntgenlhérapic ; Première série du 30 Décem¬
bre 1924 au 11 Lévrier 1925 : à doses modérées
d’abord ; le i)oiul critique est franchi vers la lui-Jan-
vier; la malade garde un peu de nourriture, et nous
assistons dès lors ù une transformation, extraordi¬
naire par sa rapidité. Du 20 Janvier au 28 Lévrier,
le poids passe de 37 ù 52 kilogr, 500. Du 12 Janvier
au 11 Lévrier, l’IIb. pusse de 11 à 60 pour 100, les
globules rouges dépassent 3 millions ; les blancs
tombent ù 5.000 puis remontent à 8.500 ; la polynu-
cléos(( s’elTace ])a rt iclleineiit (75 ])Our 100). Une con¬
valescence ù 1 .500 m. d’altitude (Montana) est suivie
d’une reprise (b; rœntgenthérapie (série complémen¬
taire de fin Aviil lin Mai), car des foyers sont
encore actifs.
Dans la suite, la malade se porte très bien, atteint
70 kilogr., améliore encore l’état de son sang.
Malheureusement, fin Décembre 1926, un examen de
sang nous fait soupçonner une récidive. La jeune
fille est si bien apparemment (|u’on a peine ù croire,
dans son entourage, ù un danger sérieux. Des cir¬
constances imprévues entravent une ])rompte déci¬
sion. Si bien (|u'au bout de huit semaines, la récidive
ganglionnaire du hile droit du poumon a envahi tout
le lobe moyen de l’organe, Romtgenthéra|)ie éner-
gi(iue du 27 Lévrier au 6 Avril 1927. Dons résultats
immédiats (disparition presipie complète des phéno¬
mènes thoracii|ues). Mais la maladie récidive bientôt;
localisations osseuses, jdeuro-pulmonaires droite
(épanchement) ; les rémissions deviennent brèves, la
malade se cachectise et meurt eu Octobre 1928. La
première rémission ])ar r(nntgenthérapie a duré
deux ans depuis le début dti traitement entrepris
alors que la malade était moribonde.
Cette dernière observation montre Itien qu’il ne
faut pas désespérer dti trailenieni par les rayons
Rientgen, niêine lors([tie le malade est entrepris
in c.vtrcmis \ d’autre [tart, môme lorsque tout va
très bien de[)uis plusieurs années, on n’ose pas
encore parler de guérison.
En effet, pour les autres cas que nous suivons
deptiis trois à six ans, malgré la satisfaction
qu'ils nous donnent, quoique leur état de santé
paraisse excellent, bien que leur capacité de travail
soit entière, nous continuons à les surveiller,
épiant le premier indice de reprise du mal pour
essayer de le juguler. -
Il n'en demeure pas moins que do si longues
rémissions permettent de dire que le pronostic
de la granulomatose n’est pas aussi sombre que
le pensent la plupart des médecins.
Reste à voir les raisons de l'opinion générale
du peu d’efficacité des rayons Rœntgen dans cette
maladie. Ces raisons sont faciles à comprendre ;
1° 11 y a des cas qui résistent au traitement,
même le mieux conduit. Les cas aigus en pre¬
mier lieu, au sujet desquels nous n’avons pas
d’expérience personnelle et qui sont d’ailleurs
rares. En second lieu, certains cas subaigus
ou chroniques sont radio-résistants, on ne peut
trop savoir pourquoi, même aux premières appli¬
cations de rayons Rœntgen. D’après notre expé¬
rience, ces cas sont plutôt rares ; mais nous devons
reconnaître qu’il en existe. En troisième lieu, il
est des malades qui répondent bien au traitement
du début, mais qui, après quelques semaines,
font de nouvelles localisations ganglionnaires ou
viscérales de leur affection, de telle sorte que
dans la lutte entre la maladie et la thérapeutique,
celle-ci ne peut suivre et se trouve bientôt dis¬
tancée et vaincue ;
2“ Il est des cas qui ont été mal entrepris par
des radiologistes incompétents ou trop timides.
On s’est contenté d’améliorations externes, pas¬
sagères, insuffisantes, et bientôt le mal reprend
alors que le traitement antérieur n’a guère servi
qu’à engendrer un état de radio-résistance ;
3° Il est des cas qui ont été irradiés d’une
manière, trop localisée. Nous croyons, en eflet,
([u’il est de toute importance de traiter non seu¬
lement les ganglions et les lésions viscérale.»
qu’on voit, qu’on sent, qu’on a diagnostiquées,
mais de traiter d’une manière préventive les
régions voisines où pourrait déjà s’être répan¬
du le virus granulomateux. Nous avons eu l’oc¬
casion de voir un malade ayant des ganglions cer¬
vicaux traités par un dermatologue, sans même
qu’une radioscopie thoracique eût été pratiquée.
Ce malade aurait dû être traité pour ses ganglions
externes, pour son médiastin, pour son mésen¬
tère; on eût probablement évité ainsi de graves
accidents mécaniques contre lesquels nous n'avons
rien pu (médiastin).
Comme conclusion nous indiquerons com¬
ment, selon nous, doit être conduite la rœntgen-
thérapie.
La conduite rationnelle du traitement suppose,
cela va de soi, la connaissance de la maladie et
de ses manifestations si polymorphes.
La méthode d’irradiations que nous préconi¬
sons consiste à donner aux régions atteintes ou
supposées atteintes une dose de rayons qui suf¬
fise à faire disparaître les lésions dès la première
série d’irradiations. Nous évaluons cette dose, au
niveau des tissus malades (d’après nos moyens de
mesure actuels), à 1.000 — 1.200RSolomon (soit
360 — 435r internationaux, d’après étalonnage
récent de notre ionomètre Solomon au moyen du
dispositif de Küstner ').
Cette dose correspond à des doses incidentes
(peau) totales, variables selon les facteurs tech¬
niques, la région irradiée, la corpulence du
malade, etc. ; on peut dire, en tout cas, que ces
doses incidentes sont très inférieures à la dose
d’érythème de 4.000 R : elles sont couramment
d’environ 2.000 R, par exemple, pour un champ
axillaire; elles n’atteignent guère 3.000 R par
champ ([ue pour les lésions profondes du tronc,
irradiées à (ilus grande distance locale, par de
larges portes d’entrée et par feux croisés.
Ces doses sont fractionnées de façon à ce que
chaque région reçoive sa dose totale en une
dizaine de jours et que la durée totale du trai-
1. Nous avons trouvé le rapport suivant : R. Solomon ;
/■ = 2,77:1.
tement n’excède pas un mois. Cela nécessite, en
moyenne, des séances quotidiennes.
Les régions à irradier sont, en efl’et, nom¬
breuses. Il importe d’irradier en premier lieu, et
largement, les régions manifestement atteintes ;
mais l’expérience de ces dernières années nous
engage à irradier ensuite (dans cette même série,
et dans la mesure où l’état général du malade et
l’état de son sang le permettent') les régions
apparemment saines, mais que l’expérience
désigne comme fréquemment atteintes par l’ex¬
tension du processus.
Comme ce qui importe, au point de vue biolo¬
gique, est la quantité du rayonnement absorbée
par les tissus malades, et comme ces tissus sont
situés non seulement vers la périphérie du corps
mais également à des profondeurs variables, il
en résulte que seule une bonne technique de rœnt¬
genthérapie pénétrante nous donnera un bon ren¬
dement. Le rayonnement doit correspondre à une
tension secondaire de 180 à 200.000 volts, être
bien sélectionné par filtration (au moins 1/2 mm.
de Zn ou Cu, 1 mm. d’AL).
Les distances focales et les dimensions des
champs varieront avec la région à irradier ; les
premières varient entre 35 et 45 cm., les
deuxièmes' entre 100 et 400 cinq.
Une seconde série d’irradiations, contraire¬
ment à l’opinion de certains auteurs, n’est entre¬
prise fjuen cas de récidive (Quelquefois cepen¬
dant, nous irradions, à titre complémentaire, 6-8
semaines après la première série, les localisations
suspectes de contenir encore des éléments patho¬
logiques actifs : par exemple, en cas de volumi¬
neuse tumeur médiastinale, surtout si l’examen du
sang confirme cette impression).
Nous proscrivons donc les irradiations dites
préventives, pour éviter les risques d’une radio-
immunisation prématurée, puisque nous nous
trouvons en présence de rémissions (si longues
soient-elles) et que nous devons, par conséquent,
garder des chances pour l’avenir. Par contre,
nous conseillons, à litre préventif, pendant les
périodes de rémissions, l'institution d’un traite¬
ment arsenical, qui pourra être répété avec quel¬
ques intervalles de temps.
Celle méthode nous a donné de fort bons résul¬
tat, dans la grande majorité des cas, depuis 1922,
époque à laquelle l’un de nous s’est décidé à
renoncer, à cause d’insuccès ou de rémissions
trop courtes, aux irradiations semi-pénétrantes,
à doses fractionnées, très étalées et répétées,
ne s’adressant qu’aux régions manifestement
atteintes, etc.’.
Ainsi, contrairement à une opinion encore
trop répandue, la rœntgenthérapie, appliquée
avec méthode, permet d’obtenir :
Dans presque tous les cas de granulomatose
maligne, des résultats immédiats excellents, plus
ou moins durables.
Dans la moitié des cas, de longues rémissions,
pouvant atteindre plusieurs années.
Si imparfaits soient-ils, ces résultats, dans une
maladie aussi grave que la granulomatose, doivent
être considérés comme déjà bien satisfaisants.
1. Au moment où lu leucopénie atteint 3.000 blancs,
nous suspendons les irradiations.
2. Le lecteur pourra trouver des renseignements détaillés
dans les publicutions suivantes ;
R. Gilbert. — « La rœntgenthérapie de la granuloma¬
tose maligne. Communication à l’A. L. A. S., Grenoble,
1925 ». Jonni. de Iladiol. ci d'EIecirol., 1925, p. 509-514,
L. Rabaiantz. — « La granulomatose maligne (lympbo-
grunulome). Etude anatomo-clinique ct_ thérapeutique,
spécialement du point de vue de la lacntgenthérapic ».
Thèse, Genève, 1928, Payot et C'. En librairie en Suisse
romande et ù Paris, 170 pages, 10 illustrations.
R. Gilbert. — « Le traUement de lu granulomatose
maligne par la rœntgenthérapie pénétrante. Communi¬
cation nu //• Con/frès internai, de Radiologie, ù Stock¬
holm ». Acta Radiologica, 1928, t. IX, fuse. 0, 30 pages,
22 illustrations (4 pi. hors texte).
N“ 19
6 Mars 1929
MÉDECINE SOCIALE
• JURISPRUDENCE
INFORMATIONS PROFESSIONNELLES
Considérations critiques
sur les Assuranees sociales
UhlE SOLiJnON NOmULE ;
L'ÉPARGNE WDiVWÜELLE OBLIOATOIRE
!&e P. iÇpeddin, de Mul/iouse, a fail le
16 février à Bruxelles devant vn public composé de
représentants du gauvemchient, de parlemenlainas,
de médecins, do juristes, e^lc., une très importante
conférence sur les assurances sociales. Notis rxoÿons
utile de la porter à la connaissance du corps médi¬
cal si préoccupé des réperous.sions de la lai .des
nsswrances sociales. Les lecteurs do La Presse
M'édioale tpii-onl déjà lu dans nos .colonnes T opinion
avertie d’un inédoom allemand connaîtront aussi
i'apinion non moins avertie d’un médecin alsacien.
ÎI n’est pas possible dans l’espace de temps qui
m’est donné pour cel exposé de décrire toutes les
faces du problème des assurances sociales., taçt
au point -de vue désintéressés les plus, directs qui
sont les assurés -et leurs employeurs, vqu’à celui
des collaborateurs essentiels de cette institutioti,
■des médecins, pharmaciens et des hôpitaux et
enfin au point de vue de la société tout entière,
de l’état moral et de la 'vie économique de la
nation. 'Les répercussions des assurances sont
profondes et ■multiples. En groupant quelques
chapitres, isolés, -quelques aspects -partiels du
problème, tels que je les ■v-dis par mon expé¬
rience de -notre assurance alsacienne, dans mes
études des pays voisins et d’autres pays assurés
ct en partant de nombreux détails, j’espère quand
même parfois vous -emmener vers un point de
vue ële^vé d’où se dégage une vue d’ensemble.
"N ous'en arriverons à-reconnaîtrerà nossystèmes
jusqu’ici appliqués des vices essentiels et des
conséquences graves qui les condamnent. J’affir¬
me sincèrement que ce qui m’a toujours inspiré
dans mes interventions en matière d’assurances
sociales est le souci de l’intérôt général, avec ile-
quël les nécessités fondamentales de notre pro¬
fession ne peuvent jamais être en opposition. Ceci
apparaît aujourd’hui précisément dans le mouve¬
ment de réaction qui -s -élève -contre les -assurances
dans le pay-s qui a donné à la fois le plus d’exten¬
sion à ces -institutions et qui .a le moins -respecté
les conditions -essentielles de l’e-xercicc de notre
art, je -s-eux -parler 'de l’Allemagne. -C’est précisé¬
ment dans ses milieux -assures qu’actuellement
Topposi-tion -gagne -rapidement en étendue et ,en
profondeur. Dans ce pays, on -écrit et on parle
couramment de la faillite des ^assurances .sociales
Après cette critique des systèmes ractuels du
type illeraand, -j ’espère qu’-il m® -sera .encore pos¬
sible de -vous -esquisser -un régime -ü’asannance
sociale, qui 'n®ntralnerait^aucunide ees inconvi-
•nients gr^ives tant pour la société -et les assurés
que pour 'le corps médical .
l’assurance-maladie-invaliüité
en Alsace et en Lorraine.
Le régime d’assurance-maladre-invaUdité, tel
([ue nous le connaissons en -Alsace et -sous lequel
j’exerce depuis quinze ans, -n’est -pas vraiment
une création allemande mais est -d’origine-autoch-
tone. Dès le début -du . xix" siècle, peu après la
naissance de notre grande industrie textile, -quel¬
ques patrons ont constitué pour leurs ouvriers
■des caisses de maladie basée.s sur le principe de
l’assurance mutuelle, avec participation de l’em¬
ployeur aux frais. On a pu dire juslenieut que
dans ces temps où l’ouvrier travaillait treize
heures jiar jour pour un salaire inodique, cette
mesure s’imposait: certes, mais c’était là une
initiative importante qui allait de pair avec d’au¬
tres initiatives sociales (habitations ouvrière.s, etc.)
qui s’inspiraient de cet axiome d’un de nos indus¬
triels d’alors : le patron doit à l’ouvrier plus (jue
le salaire Ces institutions spontanées et béné-
voles é.taient très répandues, presque généralisées
dans no.tre industrie au -moment do l’annexion de
nos provinces par . l’Allemagne.
L’historique des assurances sociales vient
d’clre écrit par le D^J.^Un, d’une façon très com¬
plète et fort lumineuse ; je ne Jui objectei-ai que
ce détail d’importance secondaire, que nos caisses
d’usine étaient déjà des assurances dans tout le
sens accepté par lui pour ce terme sur lequel
j’aurai à revenir; elles étaient déjà pratiquement
nhligatoires pour les ouvriers de l’usine, elles
exivStont aujourd’hui encore presque identiques.
Par conséquent, le code nllemand des assurances
■ne devait amener pour .nous -que la généralisation
aux salariés des petites entreprises, groupés
dans les caisses locales .générales. Cette pré-exis-
tenc.c, en Alsace-et en Allemagne, de caisses d’u¬
sines fonctionnant avec un seul médecin, payé à
forfait, ou -avec choix restreint du médecin, a
même été pour nous pleine de conséquences gra¬
ves; les caisses générales ont imposé au -médecin
ce même mode de .paiement et le libre choix du
médecin n’est qu’une conquête des -dix dernières
années, après des lattes très dures.
En introduisaatrassuranec-rnaladie obligatoire
Ven 1883, Bismarck a avoué lui-même qu’il faisait
« un saut.dans les ténèbres de l’inconnu ». Etait-
■ce parce . qu’il avait choisi l’assurance mutuelle
coniiiie moyen de garantir au travailleur -les
■moyens de parer aux frais de la nu-badie? L’expé¬
rience de quarante-six années, faite sur une si
vaste échelle, permettra de juger si cc moyen est
le meilleur.
En .1887, fut ajoutée rassurance-invalidité des¬
tinée, à fournir au travailleur, privé du fruit de
son labeur par une maladie incurable on par, la
vieillesse, .le ininirnum nécessaire à la vie.
Ces deux branches de 1’, assurance sociale aux¬
quelles s’ajoute depuis 1919, en Alle'mague, la
branche chômage, sont indqpcndanlcs quant à
.leurs ressourcos et leur gestion; cette dernière,
sous la garantie des autorités, est confiée à des
C-Omités de direclion.issus dos assemblées ,dc dé¬
légués, des employeurs fit des assurés, qui sont
nommés au .scrutin général., Pour les caisses-ma¬
ladie, .dont la -gestion -a le -plus .de -répercussions
•s.ur jiotre profession, la participation , à ces-éiec-
tions est minime et lep.ouvoir y .fist .souvent dis¬
puté -entre de petites cliques Alntéréts ou dospar-
-üs -politiques. .Lors 4és dernières .élections .à la
délégation -d’.une -caisse , générale .par ,excpiple,
-pour 28.967-ftSSurés-élficteur;S, le nombre des yo-
■tants.était de- 4,644., pour 4.003 patrons-électeurs
le nombre des -votes -émis était .de .'387 ; on mpu
dire en Allemagne, que les caisses sont une -école
■pour. secrétaires de syndicats. L’accord entre .les
-partis ne se fait que dans la •lutte qojitrc les inté¬
rêts du.méde.oinjjoù. communiâtes, sociaUetfis rou-
.gesLfit 80cialiates.«,clu;étiens »r;ivalisent'jd'âppeté,
donnant à ces rapports un caractère de lutte de
classes. Ce n’est vraiment pas ce que nous devions
trouver en récompense de l’esprit de sacrifice
que notre profession conserve plus que toute antre.
Notre assurance-maladie comprend à titre obb-
gatoire tous les salariés ; ouvriers, artisans, fonc¬
tionnaires, employés du commerce et de l’indus¬
trie, dont le salaire annuel ne dépasse pas
18.000 francs.
A titre facultatif, elle s'étend à toutes les per¬
sonnes aj'ant un revenu maximum .de 25. 000 fr- .
limite qui est souvent dépassée en pratique. Con -
,trc une cotisation avec décompte hebdomadaire,
su|)portée au tiers par reniployoïir, aux deux
tiers par le salarié et qui -s’élève chez nous à
6 p. 100, en Alleinagne jusqu'à 7 1/2 j). 100 du
salaire, il adroit aux preslations.de la caisse.
Nous avons donc ,en Alsace et en Moselle un
monde d’assurés qui comprend au bas mot 60 à
70 pour 100 des habitants; en y ajoutant les pro¬
tégés de l’Assistance publique cl autres indigents,
on peut dire qu’il ne rosie à beaucoup d’endroits
plus que 10 pour 100 environ de la population
comme clientèle payante. Ces chilfres se vérifient
par des statistiques officielles : le Haut-Rhin comp¬
tait en 1924 le nombre de 326 assurés pour
1.000 habitants. Or, on compte par assuré coti¬
sant au minimum un membre de famille partici¬
pant à l’assurance.
L’extension de l'assurance a été demandée par
les intéressés eux-mêmes, les assurés de la pre¬
mière .heure étant heureux d'élargir leurs rangs
p.-i,!’ des cotisants plus aisés, ces derniers attirés
de leur côté par les avantages indiscutables cl
importants offerts par les caisses : soins médicaux
gratuits pour eux-mêmes et leurs familles, com-
, prenant les trailemcnls les plus spécialisés et les
plus coûteux (chirurgie, rayons X, radium, etc.),
gratuité de l’hospitalisation el de la pharmacie,
allocation pécuniaire on cas d’incapacité de tra¬
vail. Toutes ces prestations sojit ofl'ertes sans au¬
cune participation directe du malade aux frais.
Une participation de ce genre ne parerait d’ail¬
leurs qu’en petite partie ;iux abus; en Suisse où le
ticket modérateur avait été introduit à certains
endroits, il a ncllcmeiit réduit les dépenses, mais
il , n’a pas été luainlenu .])artoiit. La ricltesse de
nos installations hospitalières est duc en p-ando
j)artic à rallègement des -charges de l’Assistance
publique par les caisses jjayant ]mur leurs hospi¬
talisés; au cours de ses nombreuses aimées d exi¬
stence, Tassuraiice-invalidilé, lirenant à sa charge
une partie des chroniques, a pu créer de nom¬
breux sanaloria de diverses spécialisations. Ce,
que l'assurance olfn- donc à scs assurés e.st suffi¬
sant - plutôt en quantité qu'en qualité ~ pour
leur rendre rinstilntio.n en elle-même précieus-
-et attrayante. .Pour vous donner une ipi^ge d»
l’.impor.tance de ce.s organismes, je .citerai de<
chifi'res du Bulletin de l'Office général des assu¬
rances, sociales ;
En 1024, pour ,4.54,206 assuras cotisants, Ic.s
caisses-maladie de nos trois d.épartements.pnt fi”
un bu.dg.et .(ie dépenses de 75.- 7, 22. 201. fçançs, dont
,20 pour 100 pour aoins niédicaus, l.o pour 100
pour frais pharmaceutiques, .14 jiour IQO pour
frais d’hospitalisation, 37 pour 100 pour secours
pécuniaires de maladie l,5.ppur IQOipojur secours
.pécuniaire.s de famille, ôpoür 100 de frais d admi¬
nistration.
Pe.rmettez-moi une p.yrcnihèsc sur |a stabUil”
de ces chiffres : npus -avons ,vu -quion -Aliace
20 qiûur 100 des revenusdes caisses -sqp' -acluche-
306
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N» 19
ment dépensés pour soins médicaux; les statisti¬
ques allemandes indiquent le même cliiflre exac¬
tement. Ce chiffre comprend les soins dentaires,
très importants relativement, présentant le rap¬
port de 1 à 4 ou 5 avec les soins médico-chirur-
gieaux. A'ous comptons, par malade traité par
trimestre, trois consultations en moyenne; les
Allemands en établissent 3 à 4. Des cliilfres que
je vous ai donnés, il résulte chez nous une valeur
de la consultation de 4 à 5 francs environ; une
grande caisse allemande paie sur son forfait
5 fr. 22 la consultation de l’omnipraticien et
8 fr. 34 celle du spécialiste. Notons d’ailleurs que
la vie est plus chère en Allemagne de GO p. lOü
environ et que les caisses y ont comme revenus
jusqu’à 7,5 pour 100 du salaire, alors que les
nôtres sont encore légalementlimitées à 0 p. 100;
ceci prouve sans doute encore la disproj)ortion
entre les salaires et le coût de la vie dans ce
pays. Une caisse payant le médecin à la visite,
sans forfait, compte en Allemagne 7 francs la
consultation.
La loi prévoit des caisses d’usines pour les
entrej)rises industrielles ou commerciales im-
l)ortantes et des caisses générales destinées à
assurer tous les autres salariés fai.Sant ])artie de
petites entrejirises : domestiques de maison et de
l’agriculture, ouvriers et artisans, etc. Les fonc¬
tionnaires et assimilés, ainsi que les ernjiloyés du
(•ommeree et de l’industrie, se sont groujiés dans
deux grandes caisses, légalement autorisées et
s’étendant à nos deux jirovinces entières.
L assurance-invalidité est organisée et gérée
jiar un institut commun aux trois départements,
l’Institut d’assurance sociale. 11 centralise les co¬
tisations que l’employeur est tenu de porter cha-
ipie semaine sur la carte d’invalidité de l’assuré,
au moyen de timbres achetés aux bureaux de
poste; les cinq classes actuelles de cotisations
prévues correspondent environ à 2,5 pour 100 du
partie à 2 pour 100 du salaire elfeclif. Ces frais
sont ihéoricpiernent supportés à ])arties égales par
1 em[)loyeur et le salarié ; en pratique, par exem¬
ple pour le ])ersonnel dornesti(pie, l’usage veut
.pie l’intégralité des cotisations des deux assu-
raïua'S soit suj)porlée par le patron ; la charge
(jui en résulte reste ignorée de ceux qui en béné¬
ficient. Ceci constitue, par exemple, pour le per¬
sonnel professionnel et familial d’un médecin
spécialislè, une déi)ense annuelle de 2.400 francs.
La rente d’invalidité attribuée au travailleur
dont 1 Age et la maladie a réduit la capacité de
travail au-dessous de ÜG pour 100 s’élevait en
102G à environ 550 francs; ce taux dérisoire a
été récemment i)orté à 050 francs au minimum et
1.450 au maximum. La rente di.sjjaraît avec le
titulaire, ce (pii témoigné de l’idée fondamentale
du système, erreur et injustice à la fois.
Lu general, les caisses-maladie rétribuent à
forfait les soins donnés à leurs assurés; c’est bien
la une des tares les plus graves de notre système
d'assurance. L’assuré n’étant intéressé par aucun
frein a restreindre les dépenses de la caisse, mais
poussé au conti-aireà l’abus pour différents motifs
sur lesquels nous reviendrons, la caisse a réussi
à garantir sa stabilité budgétaire en limitant .ses
dépenses médicales par le paiement forfaitaire
fixe, laissant au corps médical, parmi d’autres
risques, la charge des abus de l’assuré et la diffi¬
culté de répartir les honoraires forfaitaires entre
les médecins intéressés : tarification syndicale.
Système profondément écœurant, acceptable peut-
être pour 1,1 clientèle homogène et ouvrière d’un
médecin unique d une usine, mai» créant un ma-
L-iisc grave lorsqu’il s’agit de la clientèle de plus
en plus xariLC groupée dans le.s caisa(»B générales
avec libre choix du médecin. Notons la plus
grande injustice de celte l.irilicalion : auront la
même rétribution le travail du jeune confrère,
frais émoulu de la Faculté, sans expériunce, et
çelui du vieux praticien riche en expérience.
Or, voici comment se fait le décompte. La
caisse ayant conclu un contrat avec le Syndicat
médical local ou régional verse à celui-ci chaque
trimestre le quart du forfait annuel, qui éfait par
exemple pour iMulhouse, en 192G, de 3G fr. 80 ; en
1927, de 39 l'r. 79 par assuré cotisant, obligatoire
ou facultatif aux termes de la loi. Ces chiffres de
forfaits représentent nne moyenne légèrement
dépassée par deux autre» syndicats. Les membres
des familles, épouse, enfants au-dessous de
(piinze ans, ascendants à la charge de l’assuré et
habitant sous le même toit, ne comptent pas
comme cotisants. A ce forfait, s’ajoutait 1 fr. 50
pour un fonds de paiement des grandes opéra¬
tions; 2 fr. 50 d’indemnités kilométriques sont
compris dans le forfait, un chiO’re un peu plus
élevé s’y ajoute j)Our les caisses rurales.
L’assuré faisant appel au médecin se fait déli¬
vrer à la caisse un bulletin de traitement qu’il
nous remet et qui reste valable pour le trimestre
en cours. Le syndicat peut répartir la somme for¬
faitaire versée d’après le système du point, les
consultations et visites portées sur les bulletins
comptant par exenqtle deux et trois jjoints, etc.;
on divise, en fin de trimestre, le forfait par le nom¬
bre total des points portés en compte pour obtenir
la valeur du ])oint. Un autre mode de décompte,
infiniment plus grossier et paraissant a priori
d’une injustice ]dus grande encore, est celui
dénommé « au bulletin ou au coupon >>. J’ai une
plus grande ex})érience de ce système, puisqu’il
est ap}di([ué par le syndicat dont je fais partie. Le
malade remet au médecin le talon du coupon de
son bulletin de traitement, qui lui sert de légiti¬
mation. En fin de trimestre, le syndicat reçoit un
nombre .r de coupons de ses médecins et, après
déduction de 10 pour 100 du forfait pour les opé¬
rations ou actes spéciaux tarifés au-dessous de
50 francs, on divise le restant du forfait par ce
chiffre .r. Il en résultait pour le premier trimes¬
tre 1928 que le côupon valait entre 7 fr. 95 et
IG fr. 08; pour notre grande caisse urbaine, avec
27.000 membres cotisants et le groupe des caisses
industrielles dans le môme décompte, il valait
13 fr. 35. Vous remarquerez le grand écart exi¬
stant, les conditions de morbidité étant égales,
entre le coupon de 7 fr. 95 d’une caisse minière
et celui de IG fr. 08 d’une caisse locale d’une ré¬
gion rurale ; cette différence résulte, d’une part,
de la tendandé aux abus, qui est différente selon
les milieux assurés, et, d’autre part, du nombre
et de la personnalité des médecins intéressés.
Nous avons cru remarquer d’ailleurs que pour les
mômes catégories de clientèles, les deux modes de
rétribution intraforfaitaire donnent à peu près la
môme valeur à l’unité. En général, de môme que
les pourcentages globaux, la rétribution de l’unité
du travail médical est très voisine dans les divers
pays dotés de l’assurance totale : à Dantzig, selon
Lick, h; traitement mensuel d’un assuré <( vaut «
au médecin 1,20 gulden, alors que chez un coif¬
feur de l’endroit, la taille des cheveux avec fric¬
tion vaut 1,80 gulden; les 4 à 5 francs calculés
pour nos soins mensuels ont le inème rapport avec
l’unité de comparaison choisie par Lick.
Un contrôle syndical strict, souvent injuste et
pratiquement inopérant, essaie de parer à des
abus par ce qui a été' appelé la polypragmasie
médicale. Je n’insiste pas sur ce sujet; le seul
frein efficace contre l’abus du médecin, c’est le
malade intéressé de façon directe à la dépense. J«
passe également sur le tarif appliqué aux opéra¬
tions et autres interventions, qui est aussi déri¬
soire que celui qui résulte pour le travail médical
ordinaire. Il était jusqu’à présent environ au
tiers du tarif syndical, c’est-à-dire, pour les
petites interventions, à 60 ou 70 pour 100, pour
les grandes opérations à 40 ou 50 pour 100 des
tarifs officiels établis pour les accidents du tra¬
vail et les mutilés de guerre.
J’estime, d’autre part, que ces chiffres si bas
résultent du gaspillage du travail médical sous ce
régime et qu’il ne serait pas justifié S’attendre de
cette couche de la population un total d’honoraires
plus élevé, du moins dans les conditions écono¬
miques actuelles.
J’arrête ici la description de la situation faite
aux médecins par notre système d’assurance
régional pour essayer de dégager quelques
notion» générales.
La maladie est-elle un hisijue susceptible
d’être (( ASSURÉ »? — Une assurance me paraît
devoir être définie comme une organisation
mutuelle établie pour couvrir un risque individuel
probable. Elle n’a logiquement sa raison d’être
que pour un risque exceptionnel et gravÆ, créant
un grand écart entre la cotisation nécessaire et
l’importance du risque pour l’assuré. Plus le
risque devient fréquent, plus la cotisation s’élève,
et l’assurance cesse d’être (( intéressante » pour le
participant qui, s’il reste préservé du risque,
aura dépensé inutilement de fortes sommes, dé¬
passant souvent de beaucoup le risque couru.
L’incendie, le décès, les dégâts de grêle, l’avarie
en mer, voilà des risques nets, définis, mais la
maladie, Messieurs, qui en donnera la définition^
qui en établira les limites? Le D'' Knock, dans
une comédie fort spirituelle, a pu dire que tout
homme est un malade qui s’ignore. Les assurés le
disent avec lui. Quelles sont les limites entre la
fatigue physiologique et la maladie, entre celle-ci
et les tares constitutionnelles, entre l’hygiène et
le traitement, entre la névrose et la simulation
consciente? Quelles sont les caractéristiques de la
capacité de travail? Il fallait un règlement d’admi¬
nistration pour nous les faire connaître. Dans
tous les cas d’espèce, quelle incertitude pour
nous! La maladie constitue pour une assurance le
risque le plus imprécis qui puisse s’imaginer. Il
fallait toute l’outrecuidance de la période maté¬
rialiste, aujourd’hui passée, pour promettre le
concours du médecin à cette assuratjfe; il fallait
voir l’homme physique seul, en ignorant l’âme
fragile et faible qui l’habite, il fallait croire à la
bonté de la nature humaine.
Tout d’abord, le risque d’une assurance doit
être bien défini et le cotisant mutualiste garanti
contre l’exploitation abusive et la création frau¬
duleuse de risques. Cette garantie n’existe nulle¬
ment en assurance-maladie ; on demande au mé¬
decin de l’établir, on lui demande d’être le poli¬
cier de la caisse en face de l’assuré alors qu’il est
déjà l’homme de confiance de celui-ci! Etrange
paradoxe !
Les abus de l’assuré en prescriptions piiau-
.MACEUTi(,)URS. . — Il est inévitable, parce que
fondé sur l’élémentaire psychologie humaine, que
l’assuré cherche à récupérer le plus possible de
cette assurance qui lui prend chez nous 4 à
6 pour 100, en Allemagne jusqu’à 7 1/2 pour 100
de son salaire. Le caractère obligatoire de la par¬
ticipation, les mesures de contrôle et de défense
de la caisse, l’importance d(îs cotisations versées
à fonds perdus, lui font considérer l’assurance
comme un ennemi, sur qui il s’agit d’opérer une
juste reprise. Les cotisations s’élèvent à 20.000 fr.
dans une vie d’ouvrier, intérêts non compris, et
tout est perdu sauf ce qu’il en récupérera. De¬
mandez à un bourgeois s’il a prévu autant pour la
maladie dans l’ensemble de ses budgets. Nous
comprenons donc que l’assuré ne voudra pas en
sus de l’assurance payer encore son stock fami¬
lial de médicaments courants, teinture d’iode,
pansements, tisanes; il eu demandera la prescrip¬
tion la plus large au médecin, alors que sans assu¬
rance, il irait prendre le strict nécessaire à la
pharmacie. N’en ferait-il pas de même pour tant
de petits maux, tels que rhumes, angines, cépha¬
lées, douleurs rhumatismales, petites blessures;
N“ 19
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
307
assuré, il devra s’adresser dans tous oes cas au
médecin pour obtenir la prescription pharma¬
ceutique gratuite et si l’économie de pharmacie
dépasse la petite somme que selon le projet Hey-
man il devra verser au médecin, il n’hésitera pas
à faire comme nos assurés, il n’hésitera pas à
transformer le médecin en scribe. Par consé¬
quent, en cas de paiement forfaitaire, minimisa¬
tion de la valeur de l’unité de notre travail ; en
cas de paiement à la vacation, pillage des finances
de la caisse.
Et quand il est vraiment malade, quelle profu¬
sion de médicaments il demandera I Sa sympathie
pour son médecin, son respect pour sa science se
détermineront d’après le volume des flacons et le
goût du contenu. En automne, on demandera
volontiers une bande abdominale en flanelle poul¬
ie travailleur qui a à se protéger du froid ; si l’on
suit le sort de ce beau tissu (3 m. sur 20 cm.,
valeur 30 francs), on verra bientôt naître de belles
culottes pour les enfants, économie familiale
appréciable, mais non prévue par les règlements
de la caisse. Pourquoi ne pas se faire payer par
la caisse chaque trimestre au moins deux de ses
bains de propreté — chiflre maximum admis —
qu’on demandera au médecin, de prescrire avec un
petit adjuvant médicamenteux pour le faire accep¬
ter par la caisse. Que le médecin essaie de refu¬
ser, on lui répondra que tant d’autres de ses con¬
frères sont plus « justes » pour l’ouvrier et il ne
reverra pas ce client, ainsi que d’autres, car ces
renommées, en « bien » et en « mal » se font vite
et se défont difficilement.'
Cet exemple des bains est assez caractéristique
et constitue une illustration facile de ces abus :
notre municipalité ayant ouvert un monumental
établissement de bains, les frais de notre caisse
générale de malades pour bains médicamenteux
sont triplés d’une année à l'autre, alors qu’aupa-
ravant les installations n’avaient guère fait dé¬
faut. La caisse calcule pour chaque médecin ses
frais de prescriptions pour bains et trouve des
variations intéressantes ; un vieux praticien en
prescrit' trimestriellement, par malade traité, pour
(58 centimes et un jeune lion de caisse en arrive à
2fr. 91; on consulte les frais de prescription de
pharmacie pour trouver chez ce dernier 42 fr. 40
par malade traité et chez le premier 11 francs,
alors que la moyenne est do 17 fr. 50. Vous voyez
déjà que le secret de la grande clientèle consiste
dans la prescription la plus large. Une caisse
d’usine d’un village voit doubler ses frais de phar¬
macie d’une année à l’autre après l’installation
d’un second médecin. Certaines de nos grandes
caisses ont établi des sanctions qui consistent dans
le remboursement par le médecin de ses frais de
prescription dépassant la moyenne de plus de
10 pour 100, méthode toujours grossière. — comme
d’autres que nous verrons pour le contrôle dans
ce domaine délicat . — et qui pourrait amener de
graves injustices. Nous avons dû accepter ces
sanctions comme tant d’autres, sous la nécessité
de notre système si imparfait. J’ai été condamné
un jour à payer une prescription de suspension
alcoolique de terpine que le médecin de contrôle
avait jugée inutilement onéreuse; peu après,
ayant l’occasion de prescrire la même ordonnance
au patron de cet ouvrier, qui en a été fort satis¬
fait, j’ai pu lui démontrer, à sa stupéfaction — il
ne connaissait pas ces détails — la stupidité de
ces réglementations tracassières. Toute notre vie
est faite de cela.
Les abus de L’AssunÉ en allocations de chô-
•MAGE. - — Nous notons donc un gaspillage phar¬
maceutique considérable, amenant des réglemen¬
tations tracassières, jugées inévitables pour tenter
de le restreindre. Le gaspillage, la dilapidation
sont d’égale importance pour les allocations de
chômage touchées par les assurés en cas d’inca¬
pacité de travail. Cette allocation constitue sans
doute un grand bienfait de l’assurance, mais donne
lieu aux plu.s grands abus; ceci d’autant plus
quelle est élevée (on l’a portée parfois à 75 p. 100
du salaire, en Allemagne), et si on essaie de la
réduire pour parer aux abus, elle ne rem])lit plus-
son but de soutien économique légitime. Combien
on voit ici que cette législation sujipose chez les
hommes une conscience, un désintéressenient
qu’ils n’ont guère. Pour le taux moyen (50 à
(50 pour IQO du salaire) où se tient chez nous cotte
allocation, les abus sont formidables malgré les
moyens de contrôle employés par les caisses.
Chaque année, CO pour 100 de nos assurés fon(
une période de maladie avec incapacité de tra¬
vail, d’une durée moyenne de dix-sejit jours, ame¬
nant par assuré une dépense moyenne ilc 130 fr.,
en allocations de chômage. Ce chiffre, à lui seul,
montre combien sont imprudentes les estimations
de- la future loi française, où un total de 200 fr.
par assuré est prévu comme dépenses d’assurance-
maladie. En Allemagne, où les conditions écono¬
miques actuelles amènent plus facilement le chô¬
mage, on compte vingt à vingt-cinq jours par
cas de maladie. Ceci prouve combien l’assuré
considère la « fuite dans la maladie » comme une
défense contre les ennuis économiques. Lick ra¬
conte le cas d’une usine renvoyant le samedi
50 ouvrières faute de travail. Le lundi suivant,
49 de ces ouvrières étaient portées malades par le
même médecin. Nos caisses générales surveillent
de près les déclarations de maladie d’assurés dé¬
clarés « sans emploi » et j’ai pu citer à nos con¬
frères de Bordeaux ce cas typique d’un ouvrier
qui, pour avoir changé 117 fois d’enq)loyeur en
vingt-deux ans, a eu 60 périodes d’incapacité de
travail, sans un^keul diagnostic grave. L’ouvrière,
surtout mariée, lorsqu’elle voit des travaux do¬
mestiques accumulés qui l’attendent, se porte vo¬
lontiers malade, de même quand elle reçoit des
visites de famille; l’ouvrier saisonnier (bûcheron,
charpentier, etc.) se déclare malade lorsque sc
termine sa besogne à la mauvaise saison. A la
périodes des vacances, pourquoi ne pas se faire
prescrire un séjour à la campagne aux frais de la
caisse Notons ici. en passant, qu(> contre eette
catégorie importante d’abus, le ticket modérateur,
c’est-à-dire la petite contrilnition directe de l’a.s-
suré au paiement de tout acte médical - - est
absolument Inopérant. Un observateur allemand,
M. Arthur Muller, dit très justement ((Uc « le ,
système prend à l’individu le sens du devoir et
de la responsabilité. Il réalise ainsi le contraire
de ce que demande la vraie conception so<'iale
Avec le gas])illage en polydipsie ])harmaeeu-
tique, si j’ose dire, avec la polypragmasi(> théra¬
peutique, les allocations abusives de chônrage-
maladie absorbent ensemble inutilement j)lus de
la moitié des cotisations, — les directeurs des
caisses en conviennent volontiers; voyons com¬
ment l’institution tente de se défendre.
Les caisses, disposant de divers moyens d’in¬
formation, savent se faire signaler ces candidats
suspects avec une assez grande sûreté et dans une
mesure assez complète. Elles les font défiler
devant le médecin de contrôle, de même que ceux
dont la maladie, d’après le diagnostic indiqué par
le médecin traitant, semble traîner outre mesure.
Nous voyons tous combien il est difficile de ra¬
mener au travail un assuré, quand sa volonté ou
son intérêt s’y oppose. Le contrôle de lu caisse
locale de Mulhouse, pour 2.600 contrôlés de l’an¬
née 1927, a reconnu aptes au travail 1.333 parmi
ses membres déclarés malades. La caisse de
Nuremberg, en une année, convoquait au contrôle
75.060 assurés portés inaptes. Parmi les 58.700
qui se présentèrent, l.îlOO se déclarèrent aptes
au travail spontanément, (5.600 furent reconnus
aptes immédiatement par le contrôle et 25.000 le
furent pour un délai ultérieur. 25.200 furent re¬
connus incapables de travailler. Strasbourg,
71 pour 100 des « malades » convoqués (repren¬
nent le travail d’eux-mêmes, 52 pour 100 des
autres y sont forcés par le contrôle. A Rraun-
sehweig, ])our 2.000 as.surés convoqués au con¬
trôle, 800 reprennent le travail spontanément,
400 sont déclarés aptes par le chef de contrôle.
L’incapacité ou la capacité de tiiavail :
DIAGNOSTIC d’une HEDOUTAULE IIESPONSAIIILITÉ.
— Le jour même où un assuré se déclare inca-
jiable de travailler au médecin, la caisse demande
à celui-ci deux déclarations : le diagnostic de la
maladie et la constitution de l’incapacité. Je né¬
glige sciemment la question très importante du
secret médical, pour laquelh- je m’en remets au
IP Uuérin. Qu’il s’agisse d’un simple abus, d’une
simulation ou d’une maladie effective, un dia¬
gnostic sérieux ne se fait jias le plus souvent en
un jour. Or, la caisse le deniande immédiatement :
il sera nécessairement vague, il le restera sou¬
vent. Ri le diagnostic est la partie délicate de
noti-e art, la constatation de capacité ou d’inca¬
pacité de travail est bien la chose la plus diffîcili'
<pii soit pour celui qui respecte sa profession. Je
crois qu’on ne peut jamais avoir de certitude à ce
sujet et c’est bien là, à mon avis, un vice de ce
système qui devrait amener notre opposition la
plus formelle. En outre de l’état organique, des
facteurs psychiques si complexes entrent en ligne
de compte, que nous ne devrions pas accejiter
l’obligation de traiter à la légère cette question
lourde de responsabilités. J’ai eu un jour le senti-'
ment très vif de cette responsabilité .devant les
larmes d’une jeune veuve dont le mari, hypocon¬
driaque méconnu et déclaré apte au travail, s’était
deux jours ])lus tard jiUé à l’eau. Ce cas n’est pas
unique, hélas! Je le cite sans l’idée d’un reiiroche
à l’égard de ceux à qui l’assurance impose une
obligation qui est vraiment contre nature, qui est
un péché contre l’esprit de notre art.
Nous savons combien ces diagnostics sont dif¬
ficiles et un excellent observateur suisse, le pro¬
fesseur Naegeli, a pu dire dans son livre sur les
névroses des accidentés : k Le médecin le plus
riche d’expérience et de litres m; devra pas
s’imaginer ipie même deux ou trois semaines
d’observation à l’Iiôpilal lui permettront de re¬
connaître avec certitude un état dépressif, sincère
ou simulé. » Or, c’est ce qui est demandé chaque
jour au praticien de caisse ipii voit 50 consultants
en une après-midi et au médecin de contrôle qui
aura à en juger autant en une matinée.
La névuose d’assuuance. — Tout cela. Mes¬
sieurs, constitue, de notre part, une objection
d’une gravité indiscutable à l’assurance-maladie.
C’est même, à mon avis, la plus grave; je ne
doute pas qu’elle sera acceptée par les non-méde¬
cins. Or, un autre fait vient, sous ce régime,
comjdiquer d’une façon très importante le travail
du médecin. Je veux parler de la mentalité spé¬
ciale que prennent les assurés en face de la ma¬
ladie. Naegeli, précisément, a décrit d’une façon
magistrale la. « névrose du désir », « la névrose
de revendication » des accidentés, cette névrose
qu’on avait appelée d’abord à tort traumatique,
l’attribuant au choc nerveux de l’accident. De
même que d’autres avant et avec lui, mais avec,
une exactitude, une étendue des observations et
une rigueur parfaite de ses déductions, il établit
qu’elle est due à l’assurance et non pas à l’acci¬
dent, qu’elle était inconnue avant le régime des
assurances. « Nous comprenons sous « névrose du
désir » raffirmatioii et la culture de troubles
fonctionnels cl nerveux chez les assurés des assu-
rance.s-maladie et invalidité, de l’assurance mili¬
taire, de môme que chez toute personne jiouvant
réclamer légalement un dédommagement à un
tiers. Ces névroses du désir sont naturelles jus¬
qu'à un certain degré, elles sont de.s manifestations
du psychisme normal, surtout lorsque le facteur
affectif entre en jeu. Dans la majorité des cas,
308
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 kars 1929
N» 19
elles subissent une exage^ratinn injustifiée, elles
sont créées inéiue artifieielletnent et entretenues
pour des motifs égoïstes. » 11 paraît sufierflu de
s’y étendre dexant un auditoire .le médecins pour
qui l ’est là un sujet d’observation courante dans
les rentes militaires, en matière d’accident du
travail. La clinique de Steinmann, en Suisse, a
établi par ses statistiques la durée de la conva-
Icsi ence après une opération sur les cartilages du
genou ;
Le non assuré guérit en quatre semaines,
l’assuré d’une compagnie privée en huit
semaines,
le bénéficiaire des assurances sociales
obligatoires en douze semaines.
Un médecin suisse, Bircher, d’Aarau, donne
une échelle analogue un peu malicieuse, mais
exagérant à peine la réalité :
i( Une fracture de la jambe chez un paysan
non assuré guérit en cinq à six semaines,
chez un ouvrier assuré en six mois,
chez un Italien assuré, elle ne guérit ja-
Cette infiueuce de l’ânie sur la guérison est
variable selon la constitution mentale, selon u le
tempérament et le caractère ».
^'oici dune encore un médecin qui parle de
l’Ame ; « la conception anatomo-pathologique ne
suffit pas pour expliquer le processus de guéri¬
son. On doit reconnaître à la vie psychique une
influence de j)lus en plus étendue daus ce do¬
maine 11. Pour l’assurance-accideni, nous consta¬
tons donc avec cet excellent observateur ; « que
cette volonté inconsciente de l’âme tendue vers la
guérison, vers la santé, a été détruite par l’assu¬
rance 11.
Il en est de meme. Messieurs, pour l’assurancc-
maladie, avec cette aggravation qu’il ne s’agit
pas de cas exceptionnels comme le sont, après
tout, les acciilenis, m.iis de tou'e une grande
couche de la population où l’individu pour toute
sa vie reste privé de celte volonté subconsciente
tendue vers la --anlé. Et nous comprenons mieux
à présent c que j’appelais d’abord la mentalité
spéciale à l’assuré. C’est la volonté de guérir qui
lui fait défaut très souvent. Ne trouvons-nous pas
chez nos assurés pour la maladie ce que décrit
Naegeli chez les assurés de l'accident : « Ces
petits symptômes nerveux indéfinissables, irri¬
tants, qui après la guérison organique du petit
accident (disons maladie) vont s’aggravant de
mois en mois, rendant le malade acariâtre, mé¬
content, quérulant, (pii empoisonnent les rap¬
ports entre patient et médecin; ces cas qui sont
caractérisés par une résistance absolue aux expli¬
cations du médecin, par le refus et la stérilité de
tout traitement, enfin, par rajqiarition de plus
en jilus violente de désirs de dédommagement
matériel (pour la maladie : exploitation de la
Il Là où n’existent pas, dit Naegeli, des assu¬
rances-maladie et invalidité, on ne voit pas en¬
core de nos jours que des personnes prétendent
ne jias pouvoir travailler jiour de petits troubles
nerveux, des maux de tète, maux de reins, des
palpitations, des douleurs dans les membres.
Certes, nous voyons des individus se plaindre
avec plus ou- moins d’intensité selon leur carac¬
tère, se faire traiter jiassagèrement, mais il n’ar¬
rive pas (pi’ils abandonnent le travail pendant
des mois ou des années et font appel à l’Assis¬
tance publique. Ne voit-on pas chaque jour des
malades atteints de troubles hystériques ou neu¬
rasthéniques graves exercer, malgré leur ma¬
ladie, leur profession sans interruptions ou avec
de courtes périodes de chômage seulement. Tout
médecin citera des exemples probants de sa pro¬
pre observation. Les médecins des assurances-
maladie et invalidité, par contre, sont inondés de
j)seudo-malades avec des troubles névropathiques
légers, qui veulent déjà très jeunes jouir de la
rente d’invalidité. En général, chez eux, on ne
peut nier l’existence de troubles. Mais, par l’exis¬
tence du droit à une rente, les plaintes se trou¬
vent exagérées, consciemment ou inconsciem¬
ment, ou des deux façons à la fois, dans une
mesure formidable, et le résultat final amène des
consécpiences fort dill’érentes. »
Voici la description magistrale de ce que nous
appellerons simplement la « névrose d’assu¬
rance » ; tous les observateurs sont d’accord
pour y voir un facteur paralysant très-grave du
dynamisme, de la valeur morale d’une popula¬
tion. Le médecin suisse que je viens de citer
(Bircher) est allé jusqu’à dire que l’Allemagne a
perdu la guerre surtout « à cause de son système
nerveux détendu par l’exagération des assurances
sociales n. Vous savez ce qu’il y a d’exagéré dans
cette appréciation paradoxale en ellc-mème, mais
il n’en est pas moins vrai que ces dégâts dus à
l’assurance sont des plus graves. Toutes les expé¬
riences des praticiens des assurances sociales
sont formelles à cet égard. Il faut avoir assisté à
ces luttes entre le médecin et l’assuré qui refuse
de reprendre le iravail pour s’eu faire une idée.
Trois semaines après avoir été opéi-é d’une appen¬
dicite suraiguè, je faisais de l’alpiuisme en Suisse;
l’ai rarement vu un de mes assurés, opéré de
même, accepter de travailler après quatre ou cinq
semaines sans grande pression de ma part.
Ce relâchement du désir de guérir se voit dans
de petites affections plus encore que dans les ma¬
ladies graves, et produit alors parfois par leur
répétition une destruction complète de la person¬
nalité. En voici un cas :
P. C..., 54 ans, a.ssui'è depuis 1900, ouvrier municipal,
53 bulletins trimestriels de traitement jour 8 miidecins,
40 périodes dïncapacitiS de travail, l.tWl jours d’incapa¬
cité, 1 1.000 troncs d'allocution de maladie. Diagnos¬
tics des incapacités : lombago, rhumatisme musculaire,
panaris, grippe, sciatique, fracture de côte, appendicite (?),
abcès de lu main, insolation, tuberculose pulmonaire (?),
contusion, bronchite, phlegmon, lui7ngitc, névralgie.
A 54 ans, cet homme, taillé en colosse, est devenu une
loque et demande h entrer dans un asile de vieillards ;
je doute, l'ayant e.vaminé, qu’il ait jamais eu une all'ec-
Ge vieillard précoce, véritable victime de l’a.s-
.surance, est, en effet, définitivement incapable de
travailler.
On comprend que le.s pays « assurés » se
soient adressés en 1925 et lt)27, à Genève, pour
faire imposer ce grand bienfait aux pays encore
vierges d’assurances. Ce n’était certes pas par
altruisme, mais pour égaliser les conditions de
concurrence économique.
Pour en arriver à ce que devient, sous ce
régime, le travail du médecin, permettez-rnoi de
vous citer des exem])les d’un type nosographique
dillérent :
.l’iii vu le dossier d’une porteuse do journaux atteinte
de surdité précoce et de troubles nerveux qui sont fré¬
quents dans ce cas ; assurée depuis vingt-cinq ans, elle a
jiris 97 bulletins de traitement trimestriel pour 12 à 15
médecins différents. Sans assurance, elle eût à peine
consulté deux ou trois fois. Je connais des hystériques
qui sont adressées tous les trois mois pur un autre con¬
frère au laboratoire de la caisse pour radiographie d'une
nouvelle région.
Voici un autre exemple qui illustre bien cette catégorie.
Je suis consulté le 10 Août 1928 imr une ouvrière présen¬
tant les signes d’une névrose viscérale légère ; son carnet
de maladie porte qu’elle s’est fuit délivrer depuis le
8 Aoôt 1923, donc en cinq ans, 22 bulletins de traitement
trimestriel, pour 9 médecins différents qui ont marqué
successivement les diagnostics suivants :
Cardialgie, migraine, grippe, furonculose, névralgies
dentaires, atonie gastrique, gastrite, grippe, angine,
trachéite, gastrite nerveuse, toux, rhumatisme, pieds
plats, aménorrhée, dyspepsie, eczéma de la face, rhuma¬
tisme musculaire, foulure du pied droit, aménorrhée,
toux, pleurodynie, jianaris, dysménorrhée, bronchite,
névralgie ovarienne, sinusite frontale, grippe, soupçon
de simulation d’incapacité, hystérie, entérite.
Tout cela pour quelques jours d’incapacité do
travail. Non assurée, cette personne eût à peine
une ou deux fois consulté un médecin.
La dégradation du travail médical. Les
abus conscients des assurés qui cherchent à tirer
avantage de l’assurance, la déformation de toute
Ja pathologie par la « névrose d’assurance », voici
ce qui peuple le cabinet du médecin de caisse.
Son travail, le plus souvent, n’a plus rien de mé¬
dical ; il est policier et scribe de la caisse. Pour
les vrais malades, noyés dans le nombre énorme
des pseudo-malades, et que les conditions de
paiement offertes ne l’encouragent guère à soi¬
gner lui-même, il devient souvent le simple dis¬
tributeur du bulletin d’hôpital.
Un médecin allemand, Stappert, de Sterkrade,
donne une description, à la fois exacte et pitto¬
resque, d’une de ces consultations, ou plutôt de
ces défilés d’impétrants :
N“ 1, voudrait du thé pectoral et dos tablettes pour la
N" 2, demande une. prescription pour traitement den-
N" 3, veut une friction.
N" 4, a des maux de rein. « J’aimerais savoir, dit-il, si
je n’ai pas tait un effort; dans ce cas je devrais prendre
la précaution de le déclarer comtne accident. » Je lui
explique scientifiquement qu’il s’agit d’un coup de froid.
11 y a peu de fièvre. La fièvre provoque la faiblesse mus¬
culaire, par conséquent le muscle se fatigue ù un effort
qu’en d’autres jours il ferait sans difficulté ; sa maladie
est donc un refroidissement et non pus un accident. Un
accident, c’est quand on a une plaie...
N" 5, veut faire cette année une cure thermale saline.
Je mets un quart d’heure 5 lui donner un certificat de
deux pages. En première année on y met une demi-heure ;
le progrès vient avec les années.
Le suivant s’il vous plaît ! Enfin un rayon de soleil 1
Quelque chose de réel ! Des poux 1
J’aime bien ces bacilles, dit Stappert. on les voit nu
moins. Mais il y a une complication. Le bonhomme ne
veut pas croire que c’est cela « qui lui manque ». a Ce
n’est qu’iiuo petite éruption », dit-il. Au fond il ne lui
« manque » rien, au contraire, il y a quelque chose de
trop.
Ensuite une mère vient prendre une ordonnance d’huile
de foie de morue pour son enfant.
N° 8, veut ma signature pour toucher son allocation
pécuniaire de maladie.
Et ainsi de suite...
Pour notre région, j’intercalerais encore quel¬
ques personnes demandant leur bain de propreté,
sous un masque médicamenteux, et une vendeuse
de grand magasin ayant pris 4, 6, 8 bulletins de
traitement trimestriel pour ses camarades, dont
elle lit la liste des désirs pharmaceutiques. Si le
malheureux confrère, qui fait ce métier de galé¬
rien, n’est pas trop fatigué déjà, il se disputera
encore avec la porteuse sur le caractère hygié¬
nique et non pas thérapeutique de telle injection
parfumée qui lui sera demandée; il aura à expli¬
quer aussi les règlements lui interdisant la pres¬
cription de vins fortifiants, de bonbons, de pré¬
parations alimentaires, etc.
Et le médecin écrit toujours . jusqu’au nu¬
méro 40, 50, 00. 11 est des médecins de Caisse qui
« voient » ainsi jusqu’à 100 et 150 malades en
une journée, qui collectionnent jusqu’à 1.800 bul¬
letins de « malades » traités par trimestre. Cela
est alors d’un bon rapport, par la masse, mais ce
n’est plus de la médecine.
Le bienfait essentiel de l’assurance, disent les
rhéteurs, réside dans la gratuité de l’appel mé¬
dical, « j)ar conséquent » dans le diagnostic pré¬
coce de la maladie. Qu’un tuberculeux pulmo¬
naire au début, qu’un jeune cancer de l’estomac
se glisse parmi une série de tire-au-flanc, d’ex¬
ploiteurs proclamant avec verbosité leurs bobos
multiples, il aura peu de chances d’attirer suffi¬
samment l’attention du médecin exténué pour être
dépisté au début, malgré le « coup d’œil » 'extra¬
ordinaire qu’acquièrent certains praticiens pour
le tri rapide des vrais et des faux malades. Les
annales des contrôles, en tout cas, font paraître
ce bienfait fort problématique.
Le contraire serait étonnant et je m’incline
devant l’elfort consciencieux, presque surhumain,
que fournit la plus grande partie de nos prati¬
ciens des assurances. Ils ne tirent aucune satis-
N» 19
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
309
faction de leur travail d(jnt ils parlent toujours
avec amertume.
Ont-ils au moins la confiance, le respect, la
reconnaissance des assurés?
Non, certes. Sur cette question, tous seront
d’accord. -Leur travail est considéré comme une
médecine de seconde classe. Il faut entendre avec
quel mépris l’assuré parle de son médecin de
Caisse lorsqu’il s’adresse à un médecin libre
« pour être enfin bien examiné ». Stappert l’a
bien dit ; « Le médecin de Caisse est détesté,
quand il s’oppose à la culture de la maladie pour
les assurés, et il est méprisé quand il les laisse
faire. » Il est rarement estimé.
La mésestime universelle que rencontre la mé¬
decine de Caisse est justifiée en partie par l’im¬
possibilité matérielle où se trouve le médecin, de
donner un temps suffisant à un diagnositic appro¬
fondi et à un traitement nuancé ; or, ce n’est pas
là sa faute — il est le premier à souffrir de ces
conditions de travail — mais celle du système qui
lui impose une énorme perte de temps par les
faux malades et la paperasserie. Il lui faut des
dons cliniques remar(iuables et une abnégation,
une conscience à tonte épreuve, et surtout une
énorme capacité de travail pour ne pas prêter à
la critique.
La mauvaise renommée de la médecine de
Caisse est « faite » et propagée surtout par les
névropathes primitifs, aggravés par la névrose
d’assurance, qui vont d’un médecin à l’autre sans
jamais être soulagés. Il est évident que les liens
qui pour une action thérapeutique utile doivent
se former entre le médecin et un patient de ce
genre, l’emprise patiente du médecin sur son
malade ne peuvent guère s’établir sous ce régime
et la psychothérapie devient impossible. Or, c’est
précisément cette sorte de malades que cultive
l’assurance.
La situation de médecin de famille, d’une
énorme utilité sociale, n’existe plus guère par
suite de ce relâchement des liens entre le malade
et celui qu’il considère comme un salarié payé
d’avance, qui ne saurait jamais assez lui donner.
L’assuré ne conservera à son médecin aucune
reconnaissance des services rendus et changera
de médecin très fréquemment. Un jeune confrère,
sans titres, sans expérience, s’installant dans un
village ou une ville, pour peu qu’il apprenne
rapidement ce que désirent les assurés, prendra
aussitôt une bonne partie de la clientèle de ses
voisins, môme des praticiens riches en expérience.
Arrivés à ce point où nous constatons la des¬
truction de la situation morale d’une profession
aussi importante pour la société que la nôtre,
nous avons donc à porter un autre méfait grave
au débit de l’assurance-maladie. Nous ressentons
ce méfait infiniment plus que la situation finan¬
cière qui est touiours disproportionnée au travail
fourni, sauf pour le petit nombre de « lions de
caisse ». Je n’effleurerai donc ce sujet que briève¬
ment pour dire que le travail en masse, par con¬
séquent les revenus satisfaisants, se concentrent
partout entre les mains de quelques médecins
« qui ont su y faire ». Il y a là, de toute apparence,
un facteur de psychologie des foules. Comme le
travail consciencieux, qui exclut le travail en
masse, est mal rémunéré, la situation matérielle
du grand nombre des médecins, surtout dans les
grandes villes, devient précaire. En effet, il
résulte de tous les calculs que l’unité du travail
médical pour les assurés est rétribuée environ
au tiers du tarif légitimement applicable à cette
classe de la population. Cela concorde exactement
avec cette autre estimation, sur laquelle tous sont
unanimes, que les deux tiers du travail médical
à fournir pour les assurés disparaîtraient sous un
régime libre, est par conséquent un gaspillage
superflu de force médicale.
11 ne m’appartient pas de juger, mes chers con¬
frères de Belgique, en quoi votre sort difi'érerait
du nôtre sous la loi qui est à l’instance devant
votre Parlement. Le régime d’assurance envisage
certes une participation de l’assuré aux frais
médicaux, mais j’ai déjà eu l’occasion de démon¬
trer l’efficacité très douteuse de ce dispositif.
En général, je crois que ce régime partagerait
tous les grands inconvénients que j'ai décrits,
inconvénients aussi graves à l’égard des assurés
et de la société qu’à notre égard. Il ne me semble
pas, en outre, qu’en pratique, les quatre condi¬
tion^ essentielles énumérées par le D'' Mattlet
puissent y être respectées.
L’hygiène sociale gagne-t-elle par l’assu¬
rance? — S’il était prouvé que l’hygiène sociale,
malgré ces inconvénients graves de nature
diverse, tire un bénéfice appréciable des assu¬
rances sociales, telles qu’elles ont été réalisées
jusqu’ici, je ne doute pas que nous accepterions
sinon de gaîté de cœur, mais comme un devoir
absolu, toule la part d’ini-oiivéuicnts qui nous
incombe. Noire prolèssiou a pour mission le
dévouement. Je ne crois plus aujourd’hui à la réa¬
lité de ce. bénéfice et nous sommes déjà nombreux
à être de cet avis. Les chill’res de morlalilé se
comparent difficilement d’un pays à l’autre.
Encore un auteur américain, condamnant les
assurances sociales, a-t-il pu alfirnier que la mor¬
talité a baissé plus rapidement aux Etats-Unis
qu’en Allemagne, pays d’assurances. Ce qui est
aussi important peut-être que la mortalité, c’est
la morbidité. Or, il est établi que les pays assurés
ont une morbidité élevée, que l’extension pro¬
gressive de l’assurance amène encore ce fait para¬
doxal aux yeux des optimistes partisans du sys¬
tème ; une nouvelle augmentation des journées et
des cas de maladie. Résultat manifeste de la cul¬
ture de la maladie et de la névrose d’assurance.
La perte én dynamisne national est donc indiscu¬
table. En résumé, pour peu que l’Etat remplisse
scs fonctions élémentaires d’hygicnc piiblu|ue, on
doit reconnaître aux assurances, an point de vue
de la société, des inconvénients dépassant large¬
ment les avantages.
Ce jugement est celui qui commence à être pro¬
noncé de toule part en Allemagne, pays qui a
donné au système son développement maximum
et qui, de ce fait, est sur le point d’en constater
i’absurdilé. Son économie s’écroule sous ce budget
formidable des assurances sociales, dont les
dépenses s’élevèrent en 19‘27 à 4 milliards 626 mil¬
lions de Reichsmark (27,6 milliards de francs
français). Tant du côté des assurés, à qui l’on pré¬
lève pour elles 15 à 27 pour 100 du salaire, que
de la part des économistes, des protestations
s’élèvent et c’est des deux côtés à la fois qu’on a
demandé la liquidation complète du système. Une
restriction aussi grave de la liberté individuelle,
un prélèvcmenl aussi important sur les revenus
des travailleurs, gaspillé en grande partie par des
abus sans nombre, devait amener une réaction
énergique'. Les publications, en partie, proposent
déjà son remplacement par le seul système rai¬
sonnable, basé sur l’épargne individuelle obliga¬
toire. J’estime indispensable d’y joindre une
organisation mutuelle, conservant les grandes
fonctions utiles des systèmes précédents. Le sys¬
tème d’assurance, que je vous demande la permis¬
sion de vous exposer dans ses grandes lignes, a
donc un caractère mixte.
La solution raisonnable :
l’épargne individuelle obligatoire.
L’erreur des assurances du type allemand ac¬
tuel, le placemeut de cotisations considérables à
fonds perdus pour couvrir les risques maladie et
invalidité, est aussi une grande injustice pour les
assurés. Ce placement pousse aux abus de toute
sorte, tendant à récupérer en partie les fonds
perdus; par l’importance des cotisations, la for¬
mation de l’épargne individuelle, seule source du
progrès social, est gênée dans une mesure très
considérable. Le D’’ Bircher a pu dire : « L’assu-
rance-invalidilé tue l’esprit d’épargne chez un
peuple. » Les abus décrits' pour l’assurance-mala-
die (la dégradation du travail médical, la dégéné¬
rescence morale créée par la simulation et la né¬
vrose d’assurance, le gaspillage financier) ne
peuvent être évités que par la couverture per¬
sonnelle et intégrale du risque maladie par le
moyen de l’épargne obligatoire imposée à l’assuré.
Au moment de sa vieillesse ou de l’invalidité, il
trouvera par son capital épargné des ressources
suffisantes; ce capital amorcera la fortune fami¬
liale.
La constitution d’un fonds commun, fonds de
solidarité géré par un Institut régional d’assu¬
rance sociale, est nécessaire pour remplir les fonc¬
tions suivantes
prêts ou subventions aux assurés ayant épuisé
leur avoir d’épargne par une njaladie précoce ou
prolongée; prise à charge des grands traitements
de la tuberculose ;
prestation de renies ou subventions aux assurés
atteints d’invalidité avant la constitution d’une
épargne suffisante;
allocations aux femmes enceintes et aux jeunes
mères ;
allocations supplémentaires de chômage-maladie
aux ])ères de familles nombreuses;
création et entretien de sanaloria et d’autres
moyens thérapeutiques dispendieux;
collaboration technique et financière avec les
initiatives publiques et privées dans la lutte contre
la tuberculose, pour la protection de l’enfance, etc.
La cotisation pour ce fonds de solidarité, sur la
base des chilfres alsaciens, peut l ire estimée suf¬
fisante à 1 pour 100 du salaire; un surplus, au
début surtout, pourrait être alloué par l’Etat.
Se trouveraient assujettis à Vepargne obliga¬
toire tous les salariés employés en vertu d’un con¬
trat de travail. Les sommes portées en leur
compte-épargne seraient leur propriété dont
l’usage serait lié à certaines conditions. Après la
mort de l’assuré, celte fortune passerait sans con¬
ditions à ses héritiers, avec exemption d’impôts à
la ligne directe. La cotisation-épargne, versée
par précompte, de même que. celle du fonds de
solidarité, serait de 9 pour 100 du salaire.
Les cas à prévoir pour les prélèvements de ces
comptes individuels sont les suivants ;
n) En cas de maladie de l’assuré ou de sa
famille, paiement des frais médicaux, pharma¬
ceutiques, sages-femmes, etc., frais d’iiôpilal, allo¬
cation de chômage-maladie. Sauf pour celle der¬
nière allocation, remise sur certificat médical et
dans une proportion déterminée du dernier salaire,
tous ces paiements se font par virement de la
caisse gestionnaire du compte ;
b) Au moment du mariage, dans une mesure
déterminée par le salaire;
f) A la 'naissance de chaqUe enfant, môme res¬
triction ;
d) En cas de chômage prolongé et remplissant
les conditions prévues par les assurances spécia¬
lisées pour ce risque ;
c) Pour l’achat d’une maison, avec maintien
d’un fonds de sécurité-maladie égal aux cotisations
des trois dernières années;
f) En cas de cessation de la situation de salarié
(passage à l’agriculture, au commerce ou à un
métier indépendant etc.) avec ce même fonds de
sécurité et justification de l’emploi des fonds pré¬
levés.
Résultats pour les épaégnants. — Il est pro¬
bable qu’une capitalisation supérieure à 4 pour 100
pourra être réalisée en raison des sommes impor¬
tantes immobilisées à longue échéance; c’est
310
LA PRESSE MÉDICALE, Mercpedi, 6 Mars 1929
N“ 19
pourtant ce taux que, par prudence, j’ai mis à la
base des exemples schématiques réunis en un
tableau.
Les assurés de notre système actuel, auxquels
j’ai exposé ce projet de l’épargne obligatoire,
l'ont à runartimité et sans restricliim jugé préfé¬
rable au régime qu’ils ont à subir aujourd’hui;
une réunion de membres ouvriers des comités de
caisses, hommes de grande expérience en la
matière, -ip’a exprimé l’avis le plus formol à cet
égard. De même les industriels et experts que j’ai
entretenus du projet; l’un d’eux, mon ami
M. Marcel Mieg, industriel à Mulhouse, a bien
voulu se charger aussi de l’élaboration actuarielle
de ce tableau.
Nous avons choisi à bon escient, pour démon¬
trer le rendement minimum, des chiflres plutôt
inférieurs de salaires, alors que les risques prévus
sont sans doute au-dessus de la moyenne; les
résultats sont donc plutôt inférieurs à ce que don¬
nerait en moyenne la réalisation.
Pour un ouvrier travaillant de 15 à 60 ans, à
un salaire s’élevant de 2.400 à 8.500 francs, avec
une année de service militaire, 4.000 francs de
prélèvement au mariage, 2 naissances à 1.000 fr.
chacune, un an de chômage à 40 ans, une maladie
de 1.000 francs à 50 et à 55 ans, nous arrivons à
60 ans à un capital de 38.949 francs produisant
une rente de 1.947 francs à 5 pour 100.’ Sous
notre régime actuel, cette rente ne serait que de
1.450 francs, et le capital perdu.
Pour un contre-maître, sous des conditions
analogues, nous atteignons 48.649 francs = rente
de 2.432 francs à 5 pour 100.
Pour un employé, à un salaire s’élevant à
18.000 francs à la fin de sa carrière, avec les
mêmes prélèvements, sauf des frais de maladie
plus élevés (4.000 francs en tout), nous obtenons
64.133 francs, équivalent d’une rente de 3.206 fr.
à 5 pour 100..
Une ouvrière, au salaire maximum de 6.500,
pour laquelle nous prévoyons un an de chômage
et 3 maladies d’un total de 5.500 francs, réalisera
à 60 ans : 45.042 francs de capital, ce qui lui cons¬
titue une rente de 2.252 francs.
Si cette ouvrière se marie à 25 ans et laisse,
comme l’obligation devrait lui on être faite, son
épargne de ce moment (6.355.10 francs) à la capi¬
talisation de l’assurance, elle ajoutera à 55 ans un
capital de 20.606 francs à l’épargne constituée par
son mari.
Pour des ouvriers spécialisés, pour des em¬
ployés moyens, etc., ou en cas de prélèvements
moindres, on arrivera à des capitaux d’épargne de
beaucoup supérieurs.
Dans tous les cas, même défavorables, et sans
envisager la mise en viager possible du capital
accumulé à la retraite, le résultat en rente est
nettement supérieur à ce que peut donner aujour¬
d’hui notre Institut d’invalidité après 42 années
d’exercice.
Les conditions de réalisation des caisses ges¬
tionnaires, d’où ne devrait pas être exclue l’initia¬
tive privée, demanderaient une élaboration soi¬
gneuse; il est certain que la charge d’administra¬
tion serait moins onéreuse que celle des systèmes
existants. On compte en Allemagne un employé
des assurances pour 200 assurés, en France le
projet adopté en 1928 en demanderait plus encore,
s’il était jamais réalisé, ce qui me paraît impro¬
bable.
La gestion et la protection, de même que l'uti¬
lisation profitable à l’économie nationale des fonds
importants ainsi réunis par l'épargne des cou¬
ches laborieuses poserait des problèmes graves
dépassant ma compétence, mais qui me paraissent
pouvoir être résolus d’une façon satisfaisante. Dn
peut prévoir et on devrait favoriser l’organisation
corporative de ces caisses; non seulement il en
résulterait une heureuse émulation quant ù la
gestion, mais le stimulant ainsi donné à la renais¬
sance corporative et la participation directe des
capitaux des ouvriers à la vie productive de la
nation achèvera de faire disparaître l’idée fausse
d’un antagonisme entre le capital et le travail. La
participation des corporations à cet édiOce d’assu¬
rance a été préconisée aussi d’ailleurs par l’aüteur
allemand qui me paraît s’être le premier rallié au
système de l’épargne obligatoire ; c’est un Syndi¬
caliste militant, i\I. Gustave Hartz, de Hambourg,
qui a écrit une critique très sérieuse du système
actuel qu’il a connu comme assuré obligatoire.
Même si l’on s’interdit -ces visions peut-être
lointaines et optimistes, on devi’a reconnaître au
système d’assurance basé sur l’épargne obliga¬
toire une réalisation facile et irnmédiate et des
avantages sociaux indiscutables. Pour la maladie,
il ne pousse pas l’assuré à l’abus, il rétablit les
rapports normaux et libres entre le médecin et le
malade; pour l’invalidité et la vieillesse, il crée le
capital individuel, puis familial, habituant l’in¬
dividu à la propriété et à la responsabilité, déve¬
loppant le goût de l’épargne. Au lieu de cultiver
des prolétaires, des titulaires de pensions, il dif¬
fuse la petite propriété. L’état Social de l’avenir
est placé sur une base saine, dégagée des erreurs
périmées. Il est, au point de vue de l’individu
aussi, infiniment plus jusfê que les systèmes anté¬
rieurs.
***
Conclusion. — Ce sera là. Messieurs, ma con¬
clusion brève d’nn exposé déjà trop long. L’or¬
ganisation de l’épargne par l’Etat n’enlève rien à
sa valeur pour la formation des caractères et des
énergies. L’accession de tous à la propriété est la
seule solution des problèmes sociaux pour ceux
qui les voient en réalistes, en psychologues. C’est
ce que réalise l’épargne individuelle obligatoire
en remplissant ce but direct de l’assurance qui est
de fournir au malade les moyens de se soigner et
à l’invalide, au vieillard, les moyens de vivre sans
devenir un assisté de la eollectivité. Mais elle
échappe encore au reproche le plus grave adressé
aux systèmes qui ont fait l’objet de ma critique.
Un Américain, M. Hoffman, a pu dire d’eux
« qu’ils reposent sur une incompréhension pro¬
fonde de la vie et du travail dans une démo¬
cratie, parce qu’ils supposent l’existence défini-'
tive de différences de classes ». J’ajouterai que
non seulement ils les supposent, mais qu’ils les
consacrent, qu’ils les rendent immuables. Ce n’est
pas ce que peuvent vouloir les législateurs au
moment même où ces systèmes sont condamnés
par ceux qui les ont créés et longtemps subis.
L’épargne obligatoire, au contraire, en favorisant
la petite propriété, supprimera pour toujours les
difl'érences de classes.
N’est-ce pas là notre désir commun à tous —
laissez-moi terminer sur une parole d’union — , à
nous tous, que nous voyions l’idéal possible de
société humaine sur les sables mouvants de la
démocratie ou que nous le cherchions dans l’ordre
d’une cité fondée' sur la raison, la justice et la
civilisation chrétienne i’
Les Assurances sociales
et les Hôpitaux de Paris
Le D'' Harternberg, l’honorable président du
Syndicat des médecins de la Seine, a exposé dans
le numéro 5 du 16 Janvier 1929 de La Presse
Médicale la position de ce syndicat devant l’ap¬
plication de la loi sur les assurances sociales.
Sa doctriiic est que le libre choix du médecin
pour l’assüfé ne doit soullrir aucune atteinte et
que, môme à l’hôpital dépendant de l’Assistance
publique, le malade assuré doit avoir le droit do
se faire soigner par le médecin de son choix, en
fait par le praticien qui aura décidé son transfert
à l’hôpital et qui jusqu’alors confiait son malade
'aux médecins et chirurgiens de l’Asaîstarice
publique.
Si on envisage dans la réalisation l’application
d’un tel principe ét si on précise que l’organisa¬
tion des services des hôpitaux de Paris est, du
point de vue des locaux, basée sur la salle com¬
mune comprenant : 30, 40; 50, 60 mala'des, on
peut imaginer que tous les malades d’urte même
salle auront un médecin différent.
Plus, d’unité de direction, plus d’unité théra-
peuticjuc, impossibilité pour le personnel infir¬
mier d’exécuter les prescriptions de 50 médecins!
Malgré ces inconvénients dont seuls les malades
supporteraient les effets, on pourrait admettre
qU’aussi bien l’assuré social pourrait être soigné
par le médecin dé son choix ii l'hôpital était seu¬
lement lin centre do traitement.
Or, les hôpitaux des grandes villes et en parti¬
culier les hôpitaux, de Paris dépendant de
l’Assistance publique ont un pèrsannel médical
nommé au concours, qui non seulement offre les
plus hautes garanties dé valeur professionnelle,
mais constitue le plus « efficient » personnel
enseignant de la médecine française.
On peut dire que l’enseignement de la médecine
se fait à l'hôpital.
A la Faculté, les cours doctrinaires et théo¬
riques; à l’hôpital, l’enseignement clinique; pra¬
tique, utile.
Chaque service a. un état-major médical : des
stagiaires, des externes, internes, à leur tête le
chef de service, « le patron ».
Les élèves, internes et externes, sont nommés
au concours, ces concoürs sont anonymes. Ils sont
ouverts à tous les étudiants en médecine.
Les concours de médecin, de chirurgien, de
spécialistes des hôpitaux, futurs chefs de service,
sont ouverts à tous les docteurs en médecine.
Et tout praticien peut y tenter sa chance dans
un concours anonyme.
A chaque service sont affectés, à rang d’an¬
cienneté, le chef de service; à rang de nomina¬
tion et de choix, les internes et externes.
De telle sorte que tous les degrés de la hié¬
rarchie des'étudiants en médecine : stagiaires de
Faculté, externes, internes nommés au concours,
s’instruisent, soignent les malades dans les
services des hôpitaux sous la direction du chef de
service seul responsable, nommé lui-même à un
concours auquel tout praticien peut participer.
« Le patron » a l’exclusive direction des thé¬
rapeutiques, c’est le maître; chaque année son
état-major change et chaque année un « patron »
peut se vanter d'avoir appris le meilleur de lui-
même à une dizaine de futurs médecins, élèves
des hôpitaux, sans compter les stagiaires.
Ces élèves vont à la fin de leurs études, après
avoir fréquenté plusieurs services et avoir profité
de la discipline et de l’enseignement de plusieurs
patrons, passer leur thèse et s’installer praticiens.
Ils ne se souviendront avec reconnaissance que
de l’enseignement de leurs anciens chefs : méde¬
cins, chirurgiens, .spécialistes des hôpitaux qui
leur auront appris dans le détail tous les secrets
de la profession.
L’hôpital parisien est donc un centre d’ensei¬
gnement. Les élèves des hôpitaux Sont par la
force des choses et de la pratique journalière les
meilleurs des étudiants en médecine, ils deviennent
les meilleurs praticiens, tout au moins les plus
prisés par la clientèle. Voire : le soin avec léqUel
sont inscrits sur les caries les titres hospitaliers
et les amusantes recherches de formulés équi¬
voques, auxquels se livrent lés praticiens qui
n’Ont pas été des « hôpitaiix »;
Foyer de dissémination nationale de la méde¬
cine française, les hôpitaüx de Paris sont aussi
le centre d’étüdeS de beaucoup d’étudiants étran¬
gers; qui subissent lés concoürs de l’Assistance
publique et vont ultérieurement dans leurs pays
N» 19
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
311
respectifs diffuser le renom de notre médecine
nationale.
Cette organisation de service autonome, où les
malades sont soignés par un chef responsable et
ses collaborateurs, disparaîtrait ipso facto si le
vœu du syndicat des médecins de la Seine, c’est-
à-dire l’application du libre choix de l'assuré,
même à l’hôpital, était réalisé.
Cette perspective ne peut même pas être envi¬
sagée.
L’ensemble du corps médical hospitalier est
fermement attaché à la résolution de s’opposer à
l’application du libre choix à l’hôpital, qui détrui¬
rait l’organisation hospitalière, centre d’ensei¬
gnement et de traitement, et tuerait la qualité
médicale.
Mais si le corps médical hospitalier est réso¬
lument contre le libre choix à l’hôpital, il est non
moins décidé à ne pas accepter pour les assurés
sociaux ce que la génération précédente a accepté
pour les accidentés du travail.
Lorsqu’un praticien de quartier décide d’en¬
voyer un malade à l’hôpilal de sa circonscription,
il le fait pour plusieurs raisons : ou bien le malade
le lui demande ; ou bien le médecin juge que le
malade ne peut faire les frais du traitement médi¬
cal ou encore le cas est embarrassant, difficile et
grave; le praticien passe justement la responsabi¬
lité à un médecin des hôpitaux qu’à tort ou à raison
le public croit plus avisé et plus expérimenté.
En fait, le médecin des hôpitaux est pour le
praticien le « consultant » de la clientèle hospi¬
talière.
Si le praticien veut suivre son malade et lui
apporter en effet le secours de son appui moral,
il le peut.
Les services des hôpitaux lui sont largement
ouverts, il peut lui rendre visite, le recommander
au personnel médical, discuter du cas avec ses
confrères, donner des suggestions, en recevoir.
L’enseignement mutuel continue.
Mais ce fonctionnement, qui était normal quand
l’hôpital était réservé aux indigents, ne l’est plus
depuis que l’Assistance publique a, du fait de ses
difficultés financières, transformé ses hôpitaux
pour indigents en maisons de santé, en faisant
payer aux malades : consultation, pansements
externes, hospitalisation.
Elle fait ainsi une concurrence déloyale aux
praticiens puisqu’elle n’exige pas pour ses méde¬
cins des honoraires médicaux.
En effet, depuis la guerre, l’Assistance publique
a développé une campagne de récupération.
Les consultations sont payantes (6 francs), les
traitements externes sont tarifés. (Pansement
léger, 6 francs ; pansement étendu, 15 francs ;
fracture, luxation, 40 francs, etc.).
L’hospitalisation est en chirurgie à 37 fr. 66
par jour, 654 pour 100 le prix d’avant guerre.
25 pour 100 des malades supportent les frais
d’hospitalisation, 15 pour 100 des hospitalisés
(malades de banlieue surtout) doivent acquitter le
tarif plein.
Les accidentés du travail so^t au « tout com¬
pris », 48 fr. 95 par jour, 11 fr. 29 de plus que pour
les malades ordinaires : ce surplus correspond
aux soins médicaux, il est touché par l’Assistance
publique qui le garde intégralement.
De fait, l’hôpital n'est plus aux indigents, beau¬
coup de malades qui y sont traités devraient être
dans des maisons de santé privées et le corps
médical hospitalier fait ainsi par la force des
choses une concurrence déloyale aux praticiens.
Mais toutes les récupérations, tarifications,
tout compris sont faits par l’Assistance publique
en dehors du corps médical hospitalier. Personne
n’ignore qu’il ne lui est alloué qu’une indemnité
journalière de déplacement de 15 fr. par jour (ce
ijui ne règle pas les voitures).
Cette situation étrange et injuste ne peut que
s’aggraver du fait de l’application de la loi sur
les assurances sociales. La plupart des malades
seront épaulés par des caisses.
Les hôpitaux devenant maisons de Santé ])Our
assurés 'sociaux il serait inadmissible que h:
régime actuel du tout compris leur soit appliqué.
Le corps médical hospitalier ne peut pas accepter
de traiter les assurés sociaux comme il est obligé
de traiter les accidentés du travail, sans percep¬
tion d’honoraires.
Les contrats que les caisses passeront avec les
établissements hospitaliers devront comporter
une tarification pour l’hospitalisation et une tari¬
fication pour les honoraires médicaux.
Il faut que ces contrats soient établis sur des
bases générales et que les tarifs soient identiques
quel que soit l’établissement : public, privé, exis¬
tant actuellement, à venir.
Il faut que les tarifications d’honoraires soient
identiques pour une même région. En plaçant sur
le môme plan du point de vue des tarifs établis¬
sements de traitement et praticiens, qu’ils soient
ou non des hôpitaux, la concurrence pourra
s’exercer loyalement, le malade allant là oit il sera
le mieux traité.
J’ajoute que l’on |)Ourrait penser à organiser
les hôpitaux de Paris comme le sont certains
hôpitaux de province, ceux d’Alsace-Lorraine,
de l’Amérique du Nord, de l’Amérique latine et
de la plupart des pays d’Europe qui sont orga¬
nisés sur le modèle de l’hôpital allemand; mais
ceci est une autre histoire qui demanderait de
plus amples développements.
Beiinaiid Desplas,
Chirurgien des H6j)ilaux.
La Confédération
des Syndicats médicaux français
et les Assurances sociales
La Confédération des Syndicats médicau.c fran¬
çais a envoyé à tous les députés la lettre sui-
Monsieur le Député,
Nous sommes avisés par nos Syndicats que de
nombreux parlementaires déclarent avoir voté la loi
sur les Assurances sociales en Mars 1928, d’accord
avec le Corps médical en ce qui concerne l’assurance-
maladie.
Ces parlementaires mal informés paraissent avoir
été abusés par les déclarations faites à la tribune
par les rapporteur et président de la Commission
des Assurances sociales de la Chambre.
Quoi qu’il en soit, celte affirmation d’accord est
totalement inexacte.
Au moment du vote de la loi, ministres et rappor¬
teur ont supplié la Chambre d’approuver le texte
élaboré par le Sénat sans y changer une virgule,
afin d’éviter, avant les élections, une « navette » qui
n’eût pas permis de voter un texte avant la consul¬
tation du Corps électoral.
Mais, ministres et rapporteur avaient promis de
présenter, dès la rentrée des Chambres, un texte
« rectificatif » dans lequel le Corps médical orga¬
nisé espérait voir inscrites ses revendications essen-
Les rapporteurs affirmaient, par ailleurs, que ces
revendications pourraient être inscrites dans le
règlement d’Administration publique.
Or, les études préliminaires à l’élaboration de ce
règlement, poursuivies par la Commission nommée
par le ministre, ont démontré qu’il y avait incompa¬
tibilité entre les dispositions de la loi et les dési-
derata reconnus légitimes du Corps médical. Et il
semble bien {Journal officiel, séance du 11 Jan¬
vier 1928) que ces dispositions ne soient pas ins¬
crites dans le texte qui va être présenté au Parlo-
La Confédération des syndicats médicaux français
qui groupe les 17.000 médecins syndiqués de France
et des colonies a pour devoir de défendre la méde¬
cine et les médecine. Elle a consoienoe, ce faisant, de
défendre le malade, l’assuré futur, à qui elle veut
que soit fournie une médecine jji'obe.
Elle veut éviter que se reproduisent, multipliés,
les scandales de la loi des pensions ou des accidents
Lors de la discussion è la Chambre, M. le D-- Ga-
daud, député, aujourd’hui sénateur, avait déposé les
textes d’amendements qui, modifiés sur certains
points, eussent donné toute satisfaction au Corps
médical.
Alors la loi eût obtenu de nous tous une collabo¬
ration franche et totale.
\ Nous voulons espérer qu’une Chambre mieux
informée modifiera, non certes dans l'intérêt pécu¬
niaire du médecin, mais dans l’intérêt de la valeur
scientifique et morale de la médecine française et
dans l’intérêt évident de l’assuré, la loi sur les Assu¬
rances sociales.
Dans le cas contraire, conformément aux décisions
prises par le Congrès du 30 Novembre 1927 et
l’Assemblée générale de la Confédération des Syn¬
dicats médicaux français du 7 Décembre 1928, je suis
mandaté pour vous informer que le Corps médical
syndiqué refusera sa collaboration à une loi qui,
bonne dans son essence, est viciée à notre avis dans
ses modalités d’application.
Nous vous supplions. Monsieur le Député, d’étudier
attentivement cette importante question, vous verrez
vite les motifs très nobles qui ont déterminé les
résolutions du Corps médical, et nous affirmons à
nouveau que les conditions que nous exposons étant
réalisées, notre collaboration sera toute acquise.
Elle sera dans le cas contraire refusée.
Croyez, Monsieur le Député, à mes sentiments dis-
Le secrétaire général :
D’’ P. CiBHIE.
Ordre du Jour, voté par l’Assemblée générale
de la Confédération des Syndicats
médicaux français, le 6 Décembre 1938.
La Confédération des Syndicats médicaux français,
dans son Assemblée générale dn 6 Décembre 1928,
déclare ;
La Confédération fait sienne la charte du Corps
médical, en face des lois sociales, votée par le Con¬
grès des Syndicats médicaux de France, du 30 No¬
vembre 1927.
La Confédération, constatant que les dispositions
permettant la réalisation de l’entente directe comme
mode exclusif ne peuvent pas être satisfaites par le
projet de règlement d'administration publique, de¬
mande l’exécution des promesses formelles faites par
le gouvernement, c’est-à-dire le dépôt d’un texte
rectificatif à la loi.
Texte exact des décisions prises
par le Congrès des Syndicats médicaux
le 30 Novembre 1927,
avec les votes approuvant ces décisions.
Approbation a l’unanimité sans avis contraire de la
lettre adressée par la Commission d’organisation du Con-
Questioss i'Uéli,minaires :
Les Syndicats prennent l’engagement :
1° De se rallier aux décisions prises par lu majorité.
(.Adopté à l’unanimité moins l’avis, représentant 26 voix).
2° De ne collaborer ù la loi d’assurances sociales que
ai tous les principes généraux inscrits dans les décisions
du Congrès sont admis par le Parlement.
(Adopté à runanimilé moins l’avis, représentant 26 voix).
Décisions ;
Pour la défense des intérêts médicaux, il est nécessaire
que chaque syndicat local ou spécial contracte avec les
(Adopté à l'unanimité moins 3 avis contre, représentant
154 voix).
Seuls peuvent contracter les syndicats habilités par un
organisme central (cet organisme étant actuellement un
organisme fédératif comprenant les trois groupamonta
existants ; Union, Fédération, Groupement des syndicats
généraux de médecins spécialisés, tout en laissant sub¬
sister leur autonomie).
(Adopté à l’unanimité).
Lu loi, le règlement d’administration publique ou les
contrats ne devront comporter aucune disposition con¬
traire aux principes définis ci-dessous :
(Adopté à l’unanimité).
312
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N» 19
1* Le libre chois, étant entendu que tous les méderins,
syndiqués ou non, peuvent participer aux soins à condi¬
tion qu'ils acceptent les clauses du contrat et la juridic¬
tion du Conseil de famille syndical avec droit d’apjicl,
devant l'organisme central. (Adopté à l’unnninilté).
2* Le respect absolu du secret professionnel qui ne
devra être violé ni directement, ni indirectement. (Adopté
à l'unnnimité).
3“ Le droit à des honoraires pour tout malade soigné
soit il domicile soit à l'hùpital ou dans tout autre établis¬
sement de .soins. (Adopté à l'unanimité moins l'avis re]>ré-
sentant 65 voix).
Cette question devant être l'objet d'une étude ultérieure
en ce qui concerne les établissements visés par la loi
de 1851. (Adopté à runnnimité moins 5 avis contraires
représentant 373 voix).
4” Paiement direct par l'assuré en prenant pour base
minima les tarifs syndicaux. (Adopté par lfi.t)33 voix
contre fiTil et 823 abstentions formulées).
5" Lu liberté de thérapeutique et de prescription, l'in¬
térêt technique du traitement devant primer le facteur
économique. (Adopté à l'unanimité).
R“ Contrôle des malades par la Cnis.se, des médecins
par le syndicat et commission médicale d'arbitrage en
cas de désaccord. (Adopté à l'unanimité moins l'avis).
7'' Nécessité de représentation du Syndicat dans les
Commissions techniques organisées par les Caisses et de
oonli'ats spéciaux entre les Syndicats et le.s caisses pour
l'organisation technique de tout établissement de soins.
(Adopté li l'iinunimité).
Principe d'un organisme central pour défendre les
décisions prises dans la journée au sujet des Assurances
sociales. (Adopté). La Commission ijui a présidé à lu
réunion du Congrès est désignée pour assurer cette
défense.
Principe de lu coustitutiou d'uu organi.srac unique réu¬
nissant tous les syndicats médicaux. (Adopté). La Com¬
mission présidée par le professeur Balthazurd est dési¬
gnée pour étudier les statuts nouveaux.
!)'■ Desrousseaux.
A SS URAACJiS SOCIA LES
Titre I. — Article 4.
Texte
de l'amendement
Gada nd.
I. — L’assurunec-maiadie
selon les modalités indi¬
quées uu jmragraphe sui¬
vant les frais de médecine
générale, les frais pharma¬
ceutiques et d'u]>pareils,
les frais dliospitalisation
et de traitement, etc.
II. — L'assuré choisit
librement son praticien.
III. — Les consultations
médicales sont données au
domicile du praticien, etc.
l'y'. — Lii participation
liés soit à domicile suit dans
un milieu hospitalier ou
technique est réglée par lu
caisse à l'assuré, compte
tenu des tarifs médicaux
syndicaux minima prati¬
qués dans la région.
Ces tarifs, communiqués
ù titre indicatif aux caisses
par les médecins, le quan¬
tum de participation des
caisses, communiqué a
titre indicatif aux médecins
par les caisses, ainsi que
les modalités d'a]>plicatiou
de la loi et toutes autres
conditions jugées utiles,
sont inscrits dans les con¬
trats collectifs entre les
cuisses et les Syndicats
professionnels habilités par
leur union nationsJe.
Texte
des modifications
proposées.
I. — (Sans changement).
II. — L'assuré choisit
librement son praticien
parmi ceux qui ont adhéré
aux conventions passées
entre les raisaea et les Syn¬
dicats professionnels habi¬
lités par le Groupement
national (médical ou phar¬
maceutique).
III. — (Sans change¬
ment).
IV. — .
habilités pur leur groupe¬
ment national.
V. — L'assuré règle di¬
rectement les honoraires de
son médecin. Dans ces ho¬
noraires, le montant de
particijiation de l'assurance
est versé uu médecin par le
malade sous forme d’un
bon payable soit au siège
de la cuisse locale, soit il
un comjite de chèques pos¬
taux ; le taux de la partici¬
pation des assurés aux frais
pharmaceutiques et autres
est uniformément fixé à
16 pour 100. Le «'glemeut
général d ’ Admini.stration
publique déterminera les
conditions d’exécution des
présentes dispositions.
Protestation nécessaire
DaiiH son numéro du 24 Novembre 1928, La
P?-esse Médicale a publié la remarquable étude de
notre confrère, le D' Ervin Lick, de Dantzig,
sur les Assurances sociales et leurs méfaits trop
évidents; aujourd’hui, ce même journal repro¬
duit la merveilleuse conférence faite à Bruxelles
le l(i Février 1929 par notre confrère Sjiecklin,
de Mulhouse, sur le môme sujet.
Notre confrère allemand et notre confrère alsa¬
cien ont apporté le résultat d’une expérience
déjà longue; il est à souhaiter que tous les méde¬
cins français lisent attentivement ces articles si
riches d’enseignements et s’en inspirent dans,
leur lutte contre la loi récemment votée.
On commence, dans le monde industriel, com¬
mercial ou politique, à se proccuper— enfin! —
des conséquences possibles de la loi des Assu¬
rances sociales. Dans le monde médical, il y a six
ans qu’on s’en occupe avec une activité et une
énergie inlassables. Pourtant, chose inouïe, on
reproche au corps médical dans certains jour¬
naux, môme sous la signature de médecins, de
n’avoir pas protesté d’une façon suffisamment
hâtive ou énergique contre la malfaisance de la
loi. 11 est difficile d’altérer plus complètement la
vérité et je tiens, à ce propos, à rappeler briève¬
ment l’histoire des luttes soutenues par le corps
médical français qui a parfaitement compris et
aperçu tout de suite les conséquences funestes
d’une loi aussi désastreuse pour notre profession.
Je demande d’avance pardon aux lecteurs d’ôtre
obligé de revenir sur des faits que je croyais
connus de tous; mais il le faut pour bien situer
les événements et leur donner leur date certaine.
Le 21 Novembre 1926, j’avais l’honneur de
présider pour la quatrième fois l’Assemblée géné¬
rale du Syndicat des Médecins de la Seine. Au
cours de mon allocution, parlant des Assurances
sociales, je rappelais la campagne qui se poursui- ■
vait inlassablement depuis quatre ans dans tout
le corps médical organisé, j’en montrais les fai¬
blesses et je lui opposais celle qu’à mon avis il
eût fallu faire, parce que plus efficace et plus pré¬
cise, campagne qui nous aurait conduits certai¬
nement à nos fins, au lieu de nous trouver, après
quatre années de discussions interminables, dé¬
sunis et désorientés. Poursuivre notre lutte en
la modifiant, tel devrait être notre but, et je
terminais par cette phrase : « Par des circulaires,
des conférences, des réunions de toutes sortes, le
corps médical peut encore être remué, convaincu
et orienté dans la bonne voie. C’est la grâce que
je lui souhaite! »
Ceci prouve déjà que depuis quatre années
on combattait, et cette lutte, menée par tous
les groupements médicaux parisiens ou provin¬
ciaux, est autre chose, il me semble, que de
Il vague.s protestations » ou des « réclamations
dans le désert » I Mais poursuivons :
Ce passage de mon allocution fut reproduit en
entier par La Presse Médicale, grâce à. l’obli¬
geance du secrétaire général de la rédaction de
ce journal qui vint, au cours de la séance, me
demander de le copier pour le publier. Il eut, de
ce fait, un retentis.sement considérable dans le
monde médical puisque, les jours qui suivirent
l’Assemblée générale, je reçus une grande quan¬
tité de lettres venues de tous les points de la
France et qui nous montrèrent uu corps médical
plus disposé que jamais à la lutte dans le sens que
je préconisais, qui était du reste celui du Syndicat
de la Seine et de la Fédération nationale.
Or, à quelques jours de là, mon confrère le
D'' Cibrie, aujourd’hui secrétaii'e général de la
Confédération, vint me voir pour me parler du
projet qu’il avait conçu de fonder au sein du
S.M.S. un groupe dit de « l’Entente directe »
destiné à intensifier et à propager nos idées. De
grand cœur je lui donnai mon adliésion, le groupe
fut fondé et prit tout de suite, grâce à l’activité
remarquable de Cibrie, une grande importance.
Tracts, conférences, réunions, propagande in¬
tense, rien ne fut épargné pour remuer les méde¬
cins et l’aboutissement de ce mouvement fut la
réunion du F'' Congrès des Syndicats médicaux
de France, proposé et en quelque sorte imposé
par le S.M.S., et qui se tint à Paris en No¬
vembre 1927.
Ce Congrès, tout le monde s’en souvient, fut le
triomphe des idées soutenues par la Fédération
nationale et le S.M'.S. (respect absolu du secret
professionnel — libre choix du médecin — con¬
damnation du tiers payant et entente directe entre
assuré et son médecin, etc.). Mais il eut une
autre conséquence heureuse car il donna nais¬
sance à la Commission mixte, présidée par M. le
professeur Balthazard, avec pour mission la con¬
tinuation de la lutte contre la loi en préparation
et la réalisation du front unique. Faut-il rappe¬
ler les travaux de cette Commission mixte et des
sous-coramissions qui la composaientp Ds s’éten¬
dent sur toute l’année 1928 et comprennent de
multiples démarches auprès des parlementaires,
de nombreuses réunions, la mise sur pied des
statuts du nouveau groupement, et enfin, couron¬
nement de son œuvre, la réunion du IF Congrès
des Syndicats médicaux en Décembre 1928 et la
réalisation de ce front unique par la naissance de
la Confédération des Syndicats médicaux français.
Faut-il d’autres documents? Qu’on ouvre les
collections de tous les périodiques médicaux, les
bulletins de Syndicats ou de Fédérations de Syn¬
dicats, les journaux de Sociétés médicales grandes
ou petites, on trouvera à foison et on aura ainsi
la preuve manifeste que, depuis 1922. dans tous
les milieux médicaux, on ne s’occupe que de
l’assurance-maladie pour éclairer les pouvoirs
publics, les médecins, les futurs assurés, pour
diriger le législateur et lui indiquer les moyens
de concilier la collaboration des médecins à la
loi avec la sauvegarde de la dignité et de l’indé¬
pendance de notre profession !
Conclusion, car il en faut une ; qu’on ne
vienne plus affirmer à la légère l'inertie et l’indif¬
férence du corps médical 1 II n’a aucun mea culpa
à faire car, dès le début, il a fait entendre autre
chose que de « vagues protestations » ou des
« réclamations dans le désert ! n Pour Falerter,
s'organiser, engager la lutte et la poursuivre
avec vigueur et énergie, il n’a attendu aucune
mise en demeure ni aucun de ces rappels à Tordre
qu’on lui prodigue aujourd'hui avec une généro¬
sité qui trouverait à s’exercer ailleurs plus uti¬
lement. Il était utile de rectifier une erreur et de
rendre au corps médical toute la justice qu'il a si
bien méritée dans cette affaire ; nous n’avons pas
voulu faire autre chose! _ -• *
Df-FANTOx ‘d'Andon.
V. — L assuré règle di¬
rectement les honoraires de
son médecin. Pour ces ho¬
noraires, le montant de la
jiartieipotion des caisses
est vereé il l’assuré sur.
justifications fournies par
Le taux de la participa-
N“ 19
LA PRESSE medicale, Mercredi, 6 Murs 1929
313
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
fl Février 1929.
A propos de la grelfe d’AIbee dans le mal de
Pott. — M. Sorrel, à propos d’une comminication
récente de M. Leriche, s’oppose ù la laminectomie
systématique dont M. Leriche s’est montré partisan
dans les paraplégies poltiques. Il fait remarquer que
la compi'ession mécanique n’est pas seule en jeu dans
leur patliogénie et montre que la laminectomie est
souvent inefficace. D’autre part, il estime que la
greffe d’AIbee n’est pas indiquée dans le traitement
des maux de Pott avec paraplégie.
Dix observations de fractures du col du fémur
traitées par la méthode de Whitman. — M. Du-
Jarier fait un rapport sur ce travail de MM. Boppe
et' Vassitch (de Paris) et projette les radiographies
concci'iiant ces observations. Il a déjà montré que
cette méthode, dans les fractures transcervicales,
donne 50 p. 100 de guérisons osseuses et 25 p. 100
de pseudarthroses serrées, très satisfaisantes au
point do vue fonction. Les résultats de MM. Boppe
et Vassitch cadrent exactement avec ces chiffres. Il
faut remarquer que certains malades, ayant quitté le
service avec un cal osseux constaté radiologique¬
ment, ont fait plus tard une raréfaction de leur cal et
une pseudarthrose.
— M. Robineau observe que les bons résultats
répondent aux cas où il y avait fort peu de déplace¬
ment et, d’autre part, que le résultat morphologique
n’est pas excellent. Par le vissage il estime obtenir
90 pour 100 do très bons résultats.
• — M. Basset considère aussi les résultats fournis
par le vissage comme bien supérieurs.
— M.. Cunéo demande que l’on n’oublie pas un
autre traitement cpnsistant en réduction très précise
sous anesthésie, puis traction continue très forte
avec application de l’appareil du Service de Santé,
et il en a eu de très bons .résultats.
Occlusion Intestinale par calcul biliaire. — M.
Robineau présente cette observation de M. Bâillât
(de Toulouse). La malade, avec le syndrome d’occlu;
sion intestinale, présenta une hémorragie intestinale
abondante que l’auteur fait coïncider avec la migra¬
tion du calcul de la vésicule dans le duodénum, mais
M. Robineau rappelle que ces bémorragies peuvent
parfois être simplement dues à la lithiase biliaire.
Ce qui est intéi'essant, c’est que M. Bâillât a cherché à
pratiquer la vidange du grêle dilaté, mais n’a pus
obtenu une évacuation appréciable du liquide intes¬
tinal par ponction. La malade est morte 9 heures
après et l’auteur regrette de n’avoir pas connu à
cette époque les l'echerches de Gosset sur le sérum
hypertonique intraveineux. Il pense que le décès est
dit à l’insuflisance de la vidange intestinale.
M. Robineau met toujours un clamp sur l’intestin
affaissé au-dessous de l’obstacle, le plus tôt possible.
Puis, s’il faut ouvrir l’intestin, il en profite pour le
vider en s’aidant d’un tube de Paul afin d’éviter la
souillure du champ opératoire. S’il n'y a pas à
ouvrir l’intestin pour la levée de l’obstacle, il faut le
vidanger par ponction au trocart si elle se montre
suffisante, et sinon par incision franche et tube de
Paul temporaire, avec expression du grêle à partir
de l’angle duodéno-jéjunal. Enfin, si cela ne vide pas
l’intestin, on peut se résigner à faire une fistule
latérale du grêle, très étroite, et qui peut ultérieure¬
ment se fermer spontanément.
— M. Métivet appuie fortement ce que M. Robi¬
neau vient de dire sur la vidange à partir de l'angle
duodéno-jéjunal; dans >in cas il a retiré ainsi 10 litres
de liquide intestinal. D’autre part, si la fistule est
basse sur le grêle, on peut taire par elle du goutte à
goutte intestinal.
Appareils plâtrés à chambre libre. — M. Ma¬
thieu fait un rapport sur ces appareils de M. Robert
Ducroquet (de Paris) qui permettent, dans un sens
donné, une certaine mobilisation à l’intérieur de
l’appareil. Ils sont particulièrement indiqués dans
les luxations congénitales de la hanche où ils rem¬
placent les appareils à charnière plus compliqués et
)lus difficiles à entretenir. Ces appareils ont été
itilisés également pour une luxation du coude, et
surtout pour des genu valgum très accentués chez
des enfants très jeunes, chez lesquels une ostéotomie
eût été sans cela nécessaire.
Techniques et résultats de la thoracoplastie.
— M. Proust fait un rapport sur ce travail dg
MM. Maurer et Rolland (de Paris). Ils ont cherché
essentiellement à rendre cette intervention aussi
peu choquante que possible, à opérer sur des ma-'
lades refroidis, ce qui ne veut pas dire qu’ils
n’avaient pas de très grosses lésions pulmonaires.
M. Maurer a employé la résection postérieure en
allant jusqu’au contact de l’angle postérieur de la
côte. Il opère en plusieurs temps, sous atiesthésie
locale. L’incision est en L renversé dont la branche
verticale est près de la gouttière vertébi-ale. Les
plans cutané et musculaires sont incisés après infil¬
tration à la Reclus, et ce n’est que lorsque les es¬
paces intercostaux sont découverts qu’on anesthésie
les nerfs intercostaux. Ces résections postérieures
sont faites en 2 temps, exceptionnellement même
en 3. D’autre Joart, si, à la suite de cette thoraco¬
plastie totale postérieure , l’alfaissement du poumon
n'est pas suffisant, M. Maurer a ajouté une ré.section
antérieure par voie axillaire antérieure, constituant
ainsi une thoracoplastie élargie qui donne un affais¬
sement très complet de tout l’hémithorax.
Sur les 35 cas ainsi traités il n’y a pas eu de décès
opératoire, et les résultats fonctionnels obtenus ont
été excellents.
- M. Picot rappelle que Wilms avait recom¬
mandé d’opérer de bas en haut pour éviter certains
ensemencements pulmonaires, et que, d’autre part, il
avait conseillé dans les cas difficiles de réséquer la côte
— M. Proust note qu’entre les différents temps
opératoires M. Maurer ne met que 3 semaines et
qu’ainsi on n’est pas gêné par la reconstitution d’ori¬
gine périostée ; d’autre part, la résection du périoste
crée une plaie anfractueuse, irrégulière, qui prédis¬
pose beaucoup plus à l’infection.
Présentation de malades. — M. Georges Labey :
ostéochondrite de la hanche.
M. Proust : polype intracanaliculaire du sein.
S. OuiiRLlN.
SOCIÉTÉ mÉDICALE DES HOPITAUX
Iv Mars 1929.
L’aurothérapie dans les rhumatismes chroni¬
ques. — M. J. Forestier apporte les observations
de 15 cas de polyarthrite infectieuse grave d’origines
diverses' qu’il a traités par des injections intra¬
musculaires d’auro-thio-propanol-sulfonate de sodium
(allochrysine), sel organique d’or qui a été proposé
dans le traitement de la tuberculose.
Le résultat de ces injections chez des sujets suivis
depuis 6 à 10 mois a été, dans 70 pour 100 des cas,
extrêmement favorable. L’auteur montre que celte
médication n’entraîne généralement pas de choc et
que les accidents imputables aux injections sont
généralement bénins-
La médication aurothérapique doit prendre place
(jans la thérapeutique des polyarthrites infectieuses.
Maladie exostosante. — MM. Apert et Peytavin
présentent deux enfants, le frère et la sœur, Agés
de 7 et 12 ans, alleinls d’exostoses ostéogéniques
multiples et font remarquer l’identité de localisa¬
tion chez ces deux sujets. On voit que les épiphyses
sont indemnes et que les excroissances osseuses siè¬
gent, non pas sur l’extrémité même des diaphyses,
mais en des points voisins de l'extrémité qui sont du
reste constants chez tous les sujets atteints de cette
maladie à laquelle il convient de donner, avec Léri,
le nom do maladie exostosante.
Les auteurs relatent un troisième cas dans lequel
l’arrière-grand’mère, la grand’mère, lu mère et son
fils ont été atteints de la même maladie. L’hérédité
est, dans cette maladie, toujours continue, et il n’y
Le traitement des collections purulentes par la
protélnothérapie locale. — MM. Sézary et Duruy
ont traité par celte méthode des collections puru¬
lentes telles que bartholiniles, hidrosadéniles. Dans
les formes non fistulisées, ils évacuent le pus par
ponction et injectent de l’eau peplonée à 10 pour 100.
Dans les formes fistulisées, ils instillent une crème
peptonée à 10 pour 100,
Les résultats donnés parj cette "méthode sont
extrêmement satisfaisants ; ils sont beaucoup plus
rapides que ceux des interventions chirurgicales. Les
bartholiniles et les hidrosadéniles guérissent défini¬
tivement en 6 à 10 jours. Les auteurs attribuent cette
action A un choc protéique local. Ils recommandent
de traiter ainsi les suppurations viscérales telles que
les pleurésies pui'ulentes et les abcès parenebyma-
— M. jausion, qui a rapporté jadis avec M. Jean-
selme de bons résultats obtenus par l’injection de
filtrats microbiens à l’intéiicur des bubons, croit
qu’il est probable que la plus grande part du succès
revenait, dans ces cas, à la peptone du filtrat.
_ Thrombo-phlébites et infarctus du myocarde. —
MM. Pr. Merklen et J. Albert-Weil (de Strasbourg)
rapportent 2 observations avec autopsie superposa¬
bles dans une assez large mesure.
La !'■>: SC spécifie pat 3 crises d’angine de poitrine
avec fièvre et infection générale. Défaillance myocar¬
dique progi-essive. Puis phlébite gauche bien carac¬
térisée, phlébite droite plus atténuée. A l’autopsie,
infection à point de départ et à prédominance vei¬
neuses; artérite coronarienne oblitérante et infarctus
anévrismatique du myocarde; endocardite pariétale
au niveau de l’infarctus, recouvert en dehors par un
placard de péricardite.
Seconde observation : péricardite aiguë ayant
débuté par un syndrome angineux avec pleurite bila¬
térale et signes généraux d'infection. Après la chute
de la fièvre, idilébite du bras gauche. Puis rémission
incomijlète de plusieurs mois aboutissant à une crise
diaque terminale avec artérite sténosante et œdème
du bras droit. A l’autopsie, péricardite en organisa¬
tion syin])hysaire ; endartérite oblitérante de la coro¬
naire gauche et infarctus anévrisiiial ; endocardite
pariétale au niveau de l’infarctus; thrombo-jjhlébites
très étendues et difl'uses; artérite non oblitérante de
l’humérale droite.
Dans les deux cas l’autopsie a montré que l’infection
veineuse occupait une place i)répondérante dans le
processus. Elle s’est compliquée de réactions endar-
téritiques de la coronaire gauche avec infarctus car¬
diaque et endocardite i)ariétale consécutive ; en outre,
chez l’un des malades, d’endartérite htiméralo. L’at¬
teinte du péricarde fut légère dans le premier cas,
très forte dans le second, au point d’avoir tout d’aboi d
constitué un symptôme émergent. A signalei- la fièvre
et la leucocytose polynucléaire liées à l’infarctus.
Les auteurs insistent sur l’association de foyers
veineux et artériels, sur la participation de la coro¬
naire qui a créé l’infarctus autour duquel se sont
élaborées endocardite cl péricardite, sur la nécessité
de penser, devant un syndrome angineux à fièvre
persistante, à une infection veineuse ou veino-arté-
rielle sous-jacente.
Artério.-tenslomètre, — M. Donzelot présente un
nouvel niipareil, du type Riva-Rocci, qui diffère des
appareils actuellement en usage par les perfection¬
nements suivant.s :
1” Contrôle automatique du manomètre par une
aiguille libre s’inscrivant au repos dans un ovale ((ui
sert de repère ;
2“ Brassard dont l’agrafage très simple et très
solide se fait par des boucles à aidilloiis permettant
un serrage optimum ;
3“ Poche pneumatique munie d’une gaine de soie
amovible ;
4° Pompe entièrement métallique, se maniiiulant
aisément d’une main, et pratiquement inusable.
A l’artério-tensiomèlre est annexé un stéthoscope
biauriculaire dont les tubes larges ne présentent
aucun rétrécissement et dont le jiavillon métallique
est garni d’un anneau de caoutchouc assurant la
parfaite adaptation sur la zone auscultée.
Considérations cliniques sur la splénomégalie
égyptienne. — M. Petzetakis (d’Alexandrie), qui
est un des premiers à avoir soupçonné l’origine pa¬
rasitaire de la splénomégalie égyptienne d’alirès ses
recherches faites en 1924, a pu distinguer un tyjie
autonome de splénomégalie qu’il a pu séparer de la
rate paludéenne, de la leishmaniose splénique et de
la rate de la maladie de Banti. 11 donne une descrip¬
tion clinique des formes et de l’évolution de la ma¬
ladie, qui est fatale si la splénectomie n’est pas faite
de bonne heure.
Premier cas de mycétome de la rate observé en
Egypte. — MM. Petzetakts et Papadopoulo rela-
314
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N“ 19
tont les résultats qu’ils ont eus après ponction de la
rate dans un cas de splénomégalie égyptienne. Ils ont
isolé un champignon en culture pure sur milieu de
Sabouraud , dont ils dounent les caractères mor¬
phologiques.
Présence d’amibes dans le pus d’une cholécys¬
tite calculeuse purulente. — M. Petzetakis, qui a
décrit le premier la cholécystite amibienne en
l^gypte, rapporte un cas de cholécystite purulente
avec gi'os calcul incrusté dans le cholédoque opéré.
Dans le pus existaient de nombreuses amibes du type
Uistuhjlica , témoignant en faveur de l’existence d’une
cholécystite amibienne, dont le diagnostic jusqu’ici
était basé sur l’inlluence heureuse de l’émétine sur
les phénomènes vésiculaires. {Cummunicatinns faites
à la séance du i>0 juillet im.)
P.-L. Mauie.
SOCIÉTÉ DE THÉRAPEUTIQUE
13 Février 1929.
A propos des transfusions massives, — M. P.
Emile-Weil, même en présence des grandes hémor¬
ragies chirurgicales ou médicales, pense qu’il est pré¬
férable de pratiquer une transfusion de 500 eme de
sang, plutôt qu’une transfusion d’un ou deux litres.
d’injections ou de goutte il goutte glucosés, ou l’on
recommencera dans les 12 ou 24 heures une seconde
ou même une troisième transfusion.
Sur des centaines de transfusions chirurgicales,
l’auteur ne s’est trouvé que 6 fois dans la nécessité
de pratiquer de multiples transfusions (3 fois 2 trans¬
fusions, 3 fois 3 transfusions).
Dans ces conditions, la transfusion du sang stabi¬
lisé, qui ne nécessite l’emploi que de 1 gr. 50 de
citrate de soude, est plus simple et plus pratique que
celle du sang pur.
Les traitements physiothérapiques des eczémas.
— M. E. Juster rappelle les avaniages des traite¬
ments physiothérapiques des eczémas récidivants ou
à tendaiicc chronique. Lu utilisant pour chaque
variété d’eczéma le meilleur traitement, il est pos¬
sible d’obtenir des résultats intéressants.
L'auteur admet les directives suivantes;
rayons X à doses très légères (1 à 2 H, nus ou très
peu liltrés) ;
ICczéinas mic.rohiens (eczémas microbiens ou der¬
mites microbiennes avec réaction cutanée eczéma¬
teuse): rayons ultra-violets et rayons X.
Eczémas licliéniliés : rayons ultra-violets à doses
progressives et prudentes. Lu cas de nouveau suinte¬
ment, rayons infra-rouges. Haute fréquence (eflluva-
Uon et élincelage) pour calmer le prurit. Rayons X
Cette thérapeutique des eczémas rebelles aux
médicaments ordinaires (pommades, régime) mérite¬
rait d'èlre plus connue et mieux utilisée par les pra
Traitement de l’intoxication oxycarbonée par
l’hyposulfite de soude. — M. Ariault de Vevey
administre contre l’intoxication oxycarbonée. et sui¬
vant l’intensité des symptômes, de 8 à 20 gr. d’hypo-
suHlte de soude par 24 heures (en solution aqueuse).
Les symptômes morbides s’elfacent dans les 6 à
10 heures qui suivent pour les cas légers et en
24 heures pour les cas sérieux. Une seule fois, l’au¬
teur lit une injection intra-veineuse de 25 eme, d'uue
solution à 10 pour 100 : l’action .se lit sentir au bout
de 10 heures.
L’action de l’hyposullite de soude dans ces cas
d'intoxication semble être due il la formation dans
l’organisme d'hydrosullite de sodium.
A titre préventif (cas où des cheminées ou des
appareils de chaulïage sont douteux) l’on pourra
donner 5 gr. d’hyposullite par jour, per os.
Chirurgie pulmonaire par le pneumothorax;
nouvelle expérience; rapport sur les autres
méthodes. — M. Georges Roseiithal, après pneumo¬
thorax, a réalisé des pneumopexies et des exopneu-
mopexies chez le lapin. Il étudie les procé lés pour
éviter l’infection et l’hémorragie, cette dernière peu
à craindre. Il montre l’accord nécessaire avec la tra-
chéoCstulisation qui évite d’opérer en milieu trop
infecté, la méthode adhérentielle de Lama qui sera é
combiner comme la méthode de cautérisation de
Graham dont la forte mortalité tient surtout à
l’absence de désinfection préalable de l’arbre bi-on-
chioloalvéolaire.
Mauckl Laemmeïi.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DU BAS-RHIN
2fi .lanvier 1929.
Un cas de mégaœsophage. — M. Bicart. Kern me
de 55 ans présentant des' vomissements œsophagiens
typiques et ayant à la radio, à la place de l’œsophage
normal, un énorme boyau cylindrique et atone ayant
les dimensions d’un côlon distendu. Il s’agit d’un
méga-œsophage congénital. Amélioration des signes
fonctionnels par sondages avant les repas.
Traitement des pleurésies purulentes chez l’en¬
fant par l’optochine. M. P. Woringer expose
les résultats qu’il a obtenus dans le traitement des
pleurésies purulentes par l'optocbiuc. Sur 36 cas
tion ; cinq ont été opérés secondairement; un cas
s’est remis à la suite de nombreuses ponctions éva-
cuatrices sans qu’on puisse attribuer le résultat à
l’optochine. Six entants sont morts. La mortalité a
été do 28,6 pour 100 dans la première année, de
36,4 pour 100 dans la deuxième; elle a été nulle au
delà.
L’auteur conclut que le traitement par Vopto-
chine a sensiblement amélioré le pronostic des pleu¬
résies purulentes à pneumocoques qui représente la
méthode de choix, notamment pour la première
L’ojitochine exerce une action stérilisante, stricte¬
ment localisée à l’endroit de l’injection ; elle n’agit
que sur le pneumocoque. Certains malades guérissent
rapidement après 3 à 4 injections d’optochine.
D’autres font des i-echutes de l’infection pleurale
après quelques jours et ont besoin de 2 ou de 3 séi-ies
de 4 injections pour se remettre. Chez d’autres
encore la stérilisation de la cavité pleurale n’est
obtenue qu’après un nombre assez élevé d’injections,
jusqu’à 14. Enlln quelques rares cas semblent être
réfractaires à l’optocbinolhérapie ; chez eux, les
injections sont néanmoins utiles, car elles créent de
meilleures conditions pour l’opération.
L’optochinothérapie amène une guérison parfaite
tant anatomique que fonctionnelle ; elle ne laisse ni
cicatrice, ni adhérence, ni diminution d’ampliation.
Le produit injecté dans la cavité pleurale infectée
n’a jamais déterminé d’accidents toxiques.
De la gonococcie génitale d’emblée. — M. A.
Boeckel i-elate 7 cas de cette forme rare de gono¬
coccie. Aucun des malades considérés n’avait eu
précédemment la blenorragie.
L’auteur divise ses observations en deux caté¬
gories :
1“ Malades avec, écoulement léger ou saintement
(4 cas) : urétrite légère, apparue un temps prolongé
après le co'it infectant; sécrétion peu abondante,
blanchâtre ou incolore. Absence de gonocoques,
même après réactivation ; urines des 2 verres
troubles. Aucune douleur urétrale. Par contre.
lésions génitales plus ou moins douloureuses, per¬
ceptibles à la palpation des bourses, au toucher
rectal. Dans un cas, notamment (épididymite avec
hydrocèle), on pouvait penser à la possibilité d’une
tuberculose.
2" Malades sans aucun écoulement (3 cas) : chez
ces malades, seules des lésions génitales étaient
manifestes : cas III ; épididymite bilatérale à répéti¬
tion : cas IV: épididymite en imposant pour une
tuberculose épididymaire ; cas VI: cystite tenace;
l’hypothèse d’une cystite tuberculeuse était plau¬
sible.
Dans ces 7 cas, la spermoculturc seule permit
d’établir un diagnostic exact et de réaliser Vauto-
vaccin qui guérit les malades, le plus souvent au
bout d’une seule série vaccinale; dans 2 cas, il fallut
plusieurs séries, les malades ayant subi tardivement
la culture du sperme,
La guérison clinique fut complète' chez tous cea
malades. Chez 3 patients, la spermoculture donne la
preuve bactériologique de la guérison ; 3 autres
jugèrent inutile de se soumettre à cette épreuve, leur
état ne laissant rien à désirer (un malade est encore
en traitement).
Conclusion-, Nécessité d’utiliser la culture du
sperme chez les malades se présentant comme des
chroniques d'emblée, soit avec^ un écoulement non
gonococcique, soit avec des troubles génitaux variés,
sans aucun écoulement.
SOCIÉTÉS Étrangères
SOCIÉTÉ CLINIQUE DES HOPITAUX DE BRUXELLES
Séance extraordinaire du 23 Février
Cette séance a été consacrée à la question des
Convulsions infantiles.
Biochimie pathologique et convulsions. — M.
Bigwood. Dans les états tétaniques provoqués par
l’ablation des parathyro’ides, le sang des malades est
enrichi en guanidine. Cette substance toxique résulte
d’une viciation de la dégradation des protéines. Dans
les autres états convulsifs, tels, entre autres, la
.spasmophilie infantile, la tétanie par hyperventi¬
lation pulmonaire, le sang ne contient plus d’excès
d’acides aminés, mais décèle un appauvrissement en
ions calcium s’accompagnant d’alcalose. Les biophi-
mistes ne sont pas encore d’accord sur .l’état physique
sous lequel se trouve le calcium sanguin ni sur le
siège des réserves du sel dans l’organisme. Quoi qu’il
en soit, le clinicien doit savoir que la pathogénie des
états convulsifs de l’enfant est faite d’une de ces
trois causes : intoxication par la guanidine, hypo¬
calcémie, alcalose sanguine.
Convulsions Infantiles spasmophiles. — M. Fon-
teyne. Le tableau clinique de la grande crise de
tétanie ne nécessite pas qu’on le développe longue¬
ment, tant la symptomatologie est connue. Beaucoup
plus importants sont les petits signes qui permet¬
tent de dépister, chez un enfant jiar ailleurs bien
portant, un terrain spasmophilique latent. Leur
découverte permettra le traitement de fond et écar¬
tera l’éclosion des grandes crises parfois mortelles.
Le traitement institué depuis longtemps pour dos
raisons empiriques est celui que les biochimistes
légitiment actuellement. Le chlorure calcique à fortes
doses a de beaux succès à son actif. Le sulfate d’am¬
monium, souvent mal toléré, a été employé avec des
résultats favorables; il acidifie le sang. En plus, les
applications de rayons ultra-violets et la cholestérine
irradiée renforceront et prolongeront l’action médi¬
camenteuse.
— M. Bigwood. Dans la spasmophilie, la chro-
naxie est instable et en général augmentée. Il serait
intéressant de rechercher la teneur en calcium du
liquide céphalo-rachidien qui ne devrait contenir que
le calcium dialysé.
Le traitement des convulsions Infantiles. -- M
Péchère. En plus des excellents moyens thérapeu¬
tiques déjà signalés, il ne faut pas oublier la médi¬
cation antirachitique, antisyphilitique, s’il y a lieu.
L’auteur recommande Thuile de foie de morue phos-
phorée. Le traitement immédiat de la crise ne doit pas
être négligé au prolit du traitement du terrain. Calme
complet autour du petit malade; rejet énergique des
thérapeutiques saugrenues de traditions populaires ;
conseiller à l’entourage les interventions les plus
anodines ; enveloppements tièdes. La médication
symptomatique sera le bromure, le chloral, la bella¬
done et le remède presque spécifique ; la phényl-
éthyl-malonylurée.
— M. Coben. Il ne faut pas perdre de vue que
des convulsions peuvent provenir de troubles diges¬
tifs. L’auteur a pu arrêter des crises en supprimant
une alimentation farinée trop précoce, et, dans un
autre cas, eu remplaçant le lait condensé par du lait
_ M. Bigwood. On a signalé, au cours de l’admi¬
nistration de cholestérine irradiée, l’apparition de
dépôts intravasculaires de calcium et de cholesté-
Van Dooren,
N- 19
6 Mars 1929
^CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
La substance élastique
SON IMPORTANCE DANS L’ORGANISME HUMAIN
Il est, on médecine, des chercheurs qui, en
dehors des sentiers battus, mais en se fondant
sur les méthodes les plus classiques, ouvrent de
nouvelles voies au progrès de la science : 1\1. Paul
Godin* est du nombre, et une récenle plaquette
de ce confrère éminent, dont il ne faut jamais
négliger les publications, indi(]ue tout l’intérôt
que présente l’étude de l’élasticité tissulaire trop
négligée depuis les travaux de Glénard, de Tuffler,
de Klippel.
Cet essai est appuyé sur des études de longue
haleine et sur des observations nombreuses, qui,
pour certains sujets, ont porté de l’enfance jus¬
qu’à l’àge adulte. La déficience du tissu élastique
n’est pas sans importance et si, comme M. Paul
Godin l’avance, il est possible de la prévenir, il
y aurait là une excellente prophylaxie de cer¬
tains accidents que l’on observe à 'l’age mûr, tels
que ptoses, relâchements articulaires, dilatations
digestives et autres ennuis, les uns bénins, les
autres plus graves.
La SUliSTANCE ÉLASTIQUE SAINE COIlStitUe UIl
notable facteur biologique, puissant et économe,
que son automatisme discret laisse par trop ou¬
blier. lillle figure dans l.’organisme sous des formes
variées (fibres, fibrilles, lames, lamelles, rubans,
ligaments ou simpleinent grains), en sorte qu’elle
n’a guère le droit au titre de « tissu », d’autant
mieux que les cellules lui font défaut. « Qui sait
si sa structure colloïdale ne la dissimule pas dans
quelque organe doué d’élasticité où l’investiga¬
tion ne l’a pas encore décelée. En tout cas, l’état
anhiste du sarcoleinme et de la substance fonda¬
mentale dont est fait le disque clair représentent
des formes les plus élégantes et les jilus actives
de la substance élastique. »
L’élasticité est le propre de la substance élas¬
tique. Et on peut se demander si elle n’en a pas
le monopole ; car, là où il n’y a pas de substance
élastique, il n’y a qu’un semblant d’élasticité,
mais non de l’élasticité parfaite (Ceci s’applique
aux organes, car le protoplasma présente, dans la
cellule, une très nette élasticité).
Par élasticité parfaite, on entend la propriété
|)Our un corps de reprendre intégralement sa
forme préalable après déformation : cette fonction
de retour met un terme à la contraction dans les
organes contractiles et, en ramenant la fibre
musculaire à l’état du repos relatif, elle est indis¬
pensable pour permettre une contraction nou¬
velle (Trop de gens confondent distensibilité et
élasticité : l’élasticité est distensibilité -|- rétrac-
lilité).
La fonction artéricllo nécessite l’élasticité : il
y a adhérence entre les lapies élastiques des
artères et les libres circulaires de la couche mus¬
culaire. Cette charpente reiirésente, pour les
grosses artères, une véritable armure d’acier,
destinée à leur communiquer la fermeté et à
inuiijlenir. leur calibre. Ce calibre, en ell'et, est
ilTèmativement dilaté et rétréci par le jeu inus-
;.\ilo-élastiquçet la poussée de la colpune sanguine.
C’est là le rythme exigé par le travail du cu-ur
que l’élasticité aortique seconde en rendant égal
et continu le cours du sang primitivement sac¬
cadé. Ainsi est considérablement. accru le rende¬
ment de la force cardiaque. La clinique nous
instruit des conséquences rapidement graves que
détermine une diminution de l’élasticité arté¬
rielle.
La respiration est, presque exclusivement, une
affaire d’élasticité. Sans le système élasliipie, la
fonction respiratoire ne peut pas s’ell'ecluor. A la
trachée, les fibres élastiques sont nombreuses,
les formations élastiques sont puissamment déve¬
loppées dans les bronches; mais c’est au niveau
des alvéoles que la substance élastique devient
prépondérante : l’alvéole n’a pas de muscles et,
dans sa piîroi, les filtres élastiques forment une
véritable tunique ajourée, que dilate l’insjiira-
tion, et qui, revenant sur elles-méme, opèri- tonte
l’exjiiration,
].'intcstin grôlo et le cùlon trouvent aussi (loiir
auxiliaires un véritable échafaudage élastiipie
qui fournit à leurs muscles circulatoires l’inser¬
tion dont ils ont besoin.
La substance élastique, mêlée au tissu des
ligaincnts snsponsaiirit ahdominaii.v, augmente letir
résistance, contribue à maintenir dans leur siège
anatomique chacuirdes organes de la cavité alido-
minale et assure, ainsi, les diverses étapes de la
digestion,
La jicttii est tributaire de la substance élas¬
tique pour une bonne jiarl de son fonctionne¬
ment, la couche profonde du derme contenant
tout ce ipii est nécessaire pour gai-antir la sou¬
plesse et l’élasticité du tégument.
Le tissu élastique est abondant dans les liga-
nients articulaires, plus ou moins suivant leur
rôle respectif; en particulier, au rachis, il forme
la totalité des ligaments. LJenvahissement-par le
cartilage exclut la fibre élastique.
Les veines sont munies d’un feutrage de lilires
élastiques, qui facilite le cours du sang. L’élas¬
ticité intervient encore dans la fonction valvu¬
laire.'
A sa puissance musculaire et à sa merveilleuse
autonomie, le cœur doit joindre encore une
exceptionnelle élasticité que lui fournit le sarco-
plasma abondant de ses fibres musculaires et un
système de fibres élastiques très développé for¬
mant, par places, de véritables lames.
Dans la fonction du muscle se mêle le pouvoir
contractile et le pouvoir élastique, doublé du
tonus lequel est dû, selon Paul Godin, à un éipii-
libre entre une certaine tension, une inlraélas-
ticité du sarcoplasma d’une part et, d’autre jiari,
la tension du sarcolemme. On a cru pouvoir dire
que la contraction musculaire représentait un
changement d’élasticité du muscle ». IMen qu’on
ne connaisse encore qu’imparfailement l’essence
du phénomène contraction, la substance élastique
joue sûrement un rôle de facteur indispensable, et
ce rôle est indépendant du système nerveux. La
fibre lisse, de son côté, possède de grosses'
fibrilles qui renforcent son manchou pellueide et
font office d’éléments antagonistes.
Certains auteurs considèrent les tissus et or¬
ganes de Venfant comme moibs riches en sub¬
stances élastiques qu’ils ne le sont plus tard.
L’observation de l’élasticité organique par le
moyen de ses manifestations mesurables, la nota¬
tion de son degré sur des centaines d’individus
suivis de|)uis l'enfance jusqu'à l'àge adulte a per¬
mis à .\L Paul Godin d’envisagej' une réqiartition
autre à Iravei's les étapes du développement :
au cours de la ti-oisième enfance, l’élasticité
augmente jus(|u’à ce que la puberté survienne.
A dater de la fin de l’installation pubertaire,
deux ans environ après son éclosion, il y a une
diminution qui, d’ailleurs, ne s’accentue pas.
La l'eiiime est plus élastiipie que riiomme, la
puberté ne |)rovo(|ue chez elle ipi’une niodifi-
l ation insignifiante de l’élasticité. Cette conser¬
vation de la propriété élastique répond aux be¬
soins de la fonction de maternité. Elle exjilique
la résistance l'cmarquahle de la femme au travail
malgré le développement relativement faible do¬
ses muscles. .M. Paul Godin en conclut que
l’ovaire favorise l'élasticité à la dill'érenee du tes-
L’élasticité d un organe n est pas foiietion de
l’abondance de substance élastique, mais de jiro-
liriétés textiirales (|ue nous ignorons. Nous
savons ipie la substance élastique renferme une
matière spéciale, l’élastiue, et ipie le degré d’élas¬
ticité dépend de la proportion d’élastine. L’éla.s-
tine est considérée comme un albuminoïde, ma¬
tière jirotéique qui diffère des albuminoïdes par
la composition, par l’absence de coagulation sous
l'inlluence de la chaleur, et par l’absence de jiré-
ei|)itation ])ar les acides, IGle est soluble dans
Peau, l’alcool, l’éthér, les alcalis, l’acide sulfu¬
rique bouillant, se déeom|)Ose lentement, IGle est
soluble dans la lessive de |)otasse.
Ilenlérme-t-elle du souire, dont nous savons
l’emploi pour n tonifier » mais aussi pour durcir
le caoutchouc Non, suivant ipielques auteurs, si
ce n’est à l’état d’inqmreté ; oui, en petite ipiantité,
Infltienees endoeriniennes. Quand l’hypo¬
physe est le siège d’une tumeur, il existe des ver-
getures cutanées ; donc, jiostule M. Paul Godin,
une lésion grave de la préhypophyse procure à sa
sécrétion des jirojiriétés altérantes pour la sub¬
stance élastique, àlais rien ne prouve que l’hor¬
mone normale de l’hypophyse, môme hyper-
sécrétée, soit le moins du monde nuisible à
l’élasticité.
La disparition du thymus ne parait pas indiffé¬
rente à la substance élastiipie à qui cette involu-
tiou fait perdre ipielque chose de sa résistance
aux causes d’altération.
Le testicule stabilise l’élasticité au degré atteint
par elle au moment de la jniberté.
L influence de l’ocmeeest totalement différente.
Ilien loin que l'ovaire staliilise l’élasticité, il
favorise son dévelo|)pemenl.
Pourétudier lenssu Éi. astique .malade, M. l’atil
Godin propose le terme d'élastopathie.
A l’àge adulte, l’élastopathie est difficile à re-
eonnaître et, plus encore, à guérir; jiar contre,
l’enfant et l’adolescent olfruut une complexité
infiniment moindre. Or, c’est chez eux que l’élas-
topathie débute la pliqiart du temps. L’attention
de M. Paul Godin fut attirée, en 1893, jiar les
mauvaises notes de gymnastique de certains gar¬
çons qui n’étaient pas malades et ne mettaient, de
toute évidence, aucune mauvaise volonté dans la
participation aux exercices physiipies ; dans ces
316
LA PRESSE MEDICALE, Merci-edi, 6 Mars 1929
N“ 19
laire. liU conclusion des observations faites alors
permit de supposer une altération de la substance
élastique due à une intoxication ou aune infection
héréditaire ou acquise, et, dans ce dernier cas,
chronique d’emblée ou aiguë.
La subslaiicü olastiijuc peut être altérée par les
to.viques : potasse, plomb, alcool, nicotine, hyp¬
notiques (l’emploi de ces derniers explique, dans
certaines maladies pulmonaires, la sidération de
l’élasticité pulmonaire et le llécliissement du
L’intoxication par la potasse est, parfois, exlrc-
menient sournoise lorsqu’elle prend pour vicliine
le petit enfant et ([u’ellc pénètre en lui à la faveur
de son alimentation, (l’est le lait de vache, ce'
sont les légumes, c’est la viande elle-mcme qui
portent en eux le poison potassicpie introduit par
les engrais à base de potasse.
(Juant au cholestérol qu’on rencontre au con¬
tact des lamelles élastiques artérielles quand les
vaisseaux présentent un commencement d’altéra¬
tion, il est peut-être lié à une activité protec¬
trice de l’élastinc menacée, et agirait comme
antitoxique.
La substance élaslicpie rencontre des ennemis
dans le surmenage et dans le vieillissement.
Quelles saut les cuuséquences de l’élastopatliiel'
Hi l’enfant n’est <jue peu gêné par l’hypo-élasti-
cité, il faut s’attendre ides troubles au lendemain
de la puberté, et très probablement à des acci¬
dents sérieux à une période de son âge adulte,
celle où quelque infection nouvelle viendra em¬
poisonner à nouveau son appareil élastique, en
accentuant jusqu’à l’inertie la diminution de
l’élasticité, (ju’a réalisée une première infection,
et qui subsistait depuis cette époque : les alvéoles
pulmonaires, les bronchioles, les parois des ar¬
tères élasli([ues seront dilatées ; des dilatations
se produiront en dilférents points de la canali¬
sation veineuse et parfois de la canalisation lym¬
phatique. On constatera des dilatations dans cer¬
tains segments d<' l’intestin grêle et surtout du
cùlon : le rés(>au conjonctif restera étiré sans
réaction sous le [joids des viscères ; les muscles
locomoteurs ne trouveront plus dans leurs gaines
de sarcolemme et dans leurs disques clairs l’élas¬
ticité nécessaire à leur fonctionnement; tandis
que, de leur cùté, les libres lisses àont privées de
la réaction antagoniste, garantie de l’alternance
de la contraction et du repos, que leur assurent
les grosses fibrilles de leur manchon pellucidc,
en harmonie avec la double propriété sarcoj)las-
nii<{nc; la peau pcrdi'a de sa souplesse, de sa cha¬
leur, de sa résistance, et souvent de sa semsihi-
lité, sans que cela soit imputable à une cause
d’ordre nerveux; la j)aroi abdominale ne rési.s-
tera ])lus avec la niêune fermeté aux poussées vis¬
cérales; les ligaments élastiques du rachis et
même les ligaments articulaires des membres par
leur laxité relative rendront possibles des fric¬
tions de surface, [)rüvoqueront des dislocations,
chez (iueh[nes-uns. avec luxations récidivantes.
Si/iuptùmes' élastopathiques. -- Les pavillons
des oreilles j)résentent une llaccidité qui n’est pas
habitmdle à l’enfance; la moindre pression lléchit
leurs parties libres qui ne s(; redressent plus en
ressort, mais reprend mollement sa forme pre-
Li‘ tégument réagit peu. Pincée pendant un
instant, la peau, sur certains sujets, garde la
tra<'e du pli plus longtemps que ne le fait la peau
iiormah' ; et, souvent, elle est fragile.
Les ligaments vertébraux postérieurs n’ont
pas leur élasticité coutumière ; il n’y a pas' dislo¬
cation du rachis, mais les surfaces de deux vertè¬
bres cervicales ou dorsales, plus rarement lom-
baii LS. consécutives, étant moins fortement appli¬
quées contre le distpic intervertébral, laisseront
plus de liberté aux caprices de « l’accroissement
inégal » lequel ne trouvera pas dans l’élasticité
du disque la pression souple, égale, et la répar¬
tition spéciale de la résistance capable de lui
faire obstacle, en raison de la participation de
cette pièce foncièrement élastique à l’élasto-
pathie générale; à l’accroissement inégal osléo-
cartilagineux des surfaces vertébrales, s’ajoutera
l’accroissement inégal du disque lui-même dont
l’effet sera de modifier l’épaisseur et leurs empla¬
cements, ce qui aura pour conséquence des incur¬
vations de la colonne, des déviations cypholiques
ou scoliotiques légères, lesquelles ne s’accompa¬
gnent pas de « torsion » de la portion su.s-iliaque
du tronc comme chez les rachitiques.
Du côté des membres, la laxité du ligament
articulaire favorise les luxations incomplètes, le's
i< déboîtements » dont la réduction est souvent
possible par le sujet lui-même ou par l’entou-
rage.
La paroi abdominale ne s’étale pas en « ventre
de batracien », mais elle donne au palper une
sensation de mollesse particulière. Les hernies
sont fréquentes chez les élastopathes.
L’estomac, l’intestin grêle, le côlon sont tôt ou
tard le siège de dilatations plus ou moins éten¬
dues ; sans un<‘ altération préalable du réseau
élastique puissant interniusculaire, le mégacôlon
de Ilirschsprung ne pourrait se produire.
Le trouble respiratoire est souvent léger; mais
il ne fait défaut que tout à fait exceptionnelle¬
ment. On reconnaîtra facilement le trouble apporté
au rythme de la respiration par l’ainoindrisse-
ment de l’élasticité du poumon. Et puis, le rap¬
port normal entre la durée de l’inspiration et
celle de l’expiration, qui est coinme un est à trois
normalement, devient comme un est à quatre ou
cinq quand la charpente élastique du poumon est
altérée.
L’atonie musculaire est un effet direct de l’alté¬
ration modérée de la substance élastique. L’atonie
musculaire élastopathique implique un rendement
musculaire plus ou moins réduit. La fatigue, si
lente à se j)roduire chez les enfants en santé, fait
son apparition rapidement chez les élastopathes.
M. Paul Godin se demande si son syndrome
d’élastopathie n’est pas une forme de rachitisme
à manifestations, osseuses dissimulées ou tar¬
dives. Il conclut négativement tout en reconnais¬
sant l’association fréquente des deux états.
Thaitiimk.xt. - Une protection réelle est
assurée à l’enfant dont le médecin explore l’étal
de l’élasticité à l’issue de chacune des maladies
infectieuses aiguës, ou encore dès que le dia¬
gnostic d’une maladie chronique ou d’une héré¬
dité morbide infectante a été posé.
Le régime alimentaire comprendra de la
viande crue et des gelées de tissu élastique, aro¬
matisées au goût de l’enfant, des petits pois à
peine mûrs, des fèves et des radis écrasés en
mortier et servis avec du beurre, des salades de
chicorée. La boisson habituelle sera le lait. Le
cholestérol (huile de foie de morue cholestérolée),
l’ammoniaque à petite dose, le foie de veau que
l’auteur emploie depuis 18i)(), le thymus et, chez
la fillette, l’ovaire seront emi)loyés. Au cas d’une
syphilis congénitale, on aura soin, en choisissant
le médicament ajjproprié, d’éviter Tiodure de
potassium.
llEXItl ViCMÎS.
PROGRAMME DES COURS, LEÇONS ET CONFɬ
RENCES- — La Presse Médicale publie chaque
semaine, sauf pendant les vacances, les programmes
des cours, leçons et conférences. — Adresser tous
renseignements utiles à M. le Vitoux, 120, bou¬
levard Saint-Germain.
Professeur H. Truc
{1856-19291
Le professeur Truc, de Montpellier, qui est
mort le 24 Février, est un de ceux qui, pendant
ces quarante dernières années, ont le plus contri¬
bué à donner à l’ophtalmologie française une
place de premier plan.
Malgré des débuts modestes (il rajipelait qu’il
avait commencé ses études médicales pour être
officier de santé), il s’est élevé progressivement
et est parvenu à atteindre une haute situation
scientifique, grâce à deux qualités dominantes,
une volonté tenace, une énergie continuellement
tendue vers le travail et le devoir à accomplir,
mises au service d’une belle intelligenoe.
Ces qualités se reconnaissaient dans ce masque
un peu sévère, aux méplats accentués, aux yeux
profonds, dans cette parole aux chaudes tonalités,
dans l’âpre conscience de lutteur avec laquelle il
affirmait ses convictions. Elles ont marqué d’une
empreinte profonde toute son œuvre.
Nommé, en 1880, agrégé de chirurgie, il bifur¬
qua tout de suite vers l’ophtalmologie qu’il avait
étudiée à Lyon, sous son maître Gayet, et dès
lors il se consacra tout entier à cet enseignement.
A Montpellier, il fit renaître cette Ecole
d’ophtalmologie qui avait eu autrefois de nobles
représentants, . tels que Pellier do Quen.sy, les
Pamard, et ce Jean Senaux, jirofesseur officiel
d’ophtalmoïatrie au Collège de chirurgie de
Montpellier, au xviiP siècle, ainsi qu’il l’a rappelé
dans un de ses ouvrages. Malgré toutes les diffi¬
cultés accumulées, il parvint à fonder cet Institut
ophtalmologique, qui a été pendant longtemps un
modèle et dans lequel se sont formées de nombreu¬
ses générations d’oculistes français et étrangers.
Lorsque ses élèves et ses amis lui ont offerl
une médaille, il a demandé qu’au revers fût repré¬
sentée cette clinique o'phtalmologique dans
laquelle il avait passé la plus grande partie de sa
vie de professeur.
Son abord un ])eu sévère cachait une bonté
agissante que connaissaient bien ses amis et ses
élèves auxquels il était si dévoué. C’est elle qui
lui a dicté une partie de son œuvre, non la moins
belle. Il s’est intéressé à la condition des étu¬
diants, à la réforme des études médicales et quel¬
ques-unes de ses suggestions ont été retenues, à
la réforme des concours et spécialement du con¬
cours d’agrégation. Il a été un des premiers
médecins syndicalistes et un des fondateurs du
Syndicat général des oculistes français, voulant
surtout que la défense des intérêts particuliers
ne fît pas perdre un instant de vue le respect
absolu des grandes traditions de dignité profes¬
sionnelle.
11 s’est par-dessus tout dévoué aux aveugles par
la création à Montpellier avec M. de la Sizeranue,
dès 1898, d’une filiale de l’Association 'N’alentin
llaüy; par l’organisation régionale d’ateliers et
d’écoles; par son active participation au Congrès
des typhojihiles ; par son rapjmrt sur les Aveugles
de France à la Société d’ophtalmologie; jiendant
et après la guerre, par scs initiatives heureuses
en faveur des Aveugles de guerre.
Au mois de îMai dernier, en lui remettant, en
même temps que sa médaille, la croix de Com¬
mandeur de la Légion d’honneur, le ministre de
l’Intérieur, iM. Albert fSarraut, a rappelé dans
quelles circonstances le professeur Truc eut à
soutenir un jour le prestige de la France. Appelé
en Extrême-Orient pour opérer le roi du Cam¬
bodge, Sisowath, il obtint un résultat excellent;
ce bienfait de la science et de la chirurgie fran-»
çaises fut salué avec enthousiame par la popula.-
tionde l’Indochine et eut la plus heureuse inlluenc*
[)Our notre grand Protectorat,
La mort est venue frapper notre ami au soir
318
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1920
N» 19
obtenue, il appartiendra désormais au Gouvernement
national <le Nankin de déployer toutes ses aetivités
pour mener à bien l’d'uvre de reeonstrurtion dont le
premier pas serait de rherolier ;i soulager le peuple
qui vient de r(^eonquérir sa liberté. Le nécessaire
devrait être fait pour sauvegarder sou existence et
assurer son bien-être.
Le Gouvernement national semble avoir bien com¬
pris celte nécessité car, depuis son installation il
Nankin, il n’a cessé de porter toute son attention sur
la question d’hygiène qui est pour lui la bas(> du
bonlieur du peuple. 11 a envoyé, en février 11)28, en
Europe, une mission ‘ ayant pour but d'enquêter
sur tout ce qui a trait ii l'hygiène dans ce pays. Au
retour de cette mission et sur sa suggestion, le Gou¬
vernement s'est décidé de doter la Chine d’un régime
sanitaire semblable il celui de l’Occident, Et pour
concentrer toutes les leuvres sanitaires dans le pays
sous une administration compétente et unique, il a
adjoint aux ministères déjà existants un nouveau
ministère, celui de l’hygiène. Enlin, en vue de mon¬
trer au public l’intérêt qu’il porte à la santé jiublique,
il a onlonné, en même temps que lu création du
nouveau ministère, une manifestation générale de
propreté, dite I.e (fl•an<l nottoyw^e. Au cours de cette
manifestation qui était célébrée prescpie le même
jour dans les principales villes de Chine, de grands
fonctionnaires, munis de balais et suivis de leurs
subalternes, ont procédé, aux yeux de leurs adminis¬
trés, au balayage des rues et à l'enlèvement des
Afin de seconder les ellorts du Gouvernement et
de réveiller le peuple de son indilférence naturelle,
un mouvement intéressant vient d’être lancé à Hhan-
ghaï. II s'agit d’une nouvelle publication médico-
pharmaceutique rédigée par un groupe de médecins
dont la plupart ont fait leurs études en Eurojie. Cette
revue, qui paraît tous les quinze jours, sera pour
l’administration sanitaire une documentation inté¬
ressante et contribuera grandement à faciliter sa
tâche, M. V. Tsu.
HAITI
On vient d’organiser à l’Ecole de Médecine et de
Pharmacie de Port-au-Prince (Haiti) une nouvelle
Ecole dentaire qui fait partie intégrante de l’Ecole
de Médecine et de Pharmacie.
I/Ecole dentaire est pourvue d’un matériel des
plus moderiK's tours électriqui's, crachoirs-fon¬
taines, stérilisateurs, et fauteuils o|)ératoires dei'-
nit'r modèle.
Il y a, au laboratoire de prothèse, de nombreux
moteurs et tours électriques. En outre, on a ajouté
de nombreux appareils scientiliques aux laboratoires
de chimie et d’histologie.
Les cours sont faits par les membres du personnel
du iléjiartement médical, et ceux du personnel de la
section dc'Utaire. Ce dernier c'st composé du I)'' M.
Dartiguenave, D.D.S., I)'' .Iules Thébaud D.H.S.,
M. S,, et du O' S.E.A. Daniel, D.D.S,
RUSSIE
En 11)28, la l’acuité de Méilecine de Kazan a pro¬
mu 27fi jeunes médecins dont 20 Tartares. La plu¬
part de ces médecins travailleront en restant dans
leur paya (république tartare).
Le YIP' Congrès (lanrusse de Protection de la
santé des enfants a eu lieu du 15 au 25 Janvier 1921).
Les rapports ont été les suivants : 1“ les tâches
actuelles dans le domaine de la culture physique et
le contréile médical parmi les enfants (IL A. Ivanov-
skyl ; 2" le contréde médical de la culture physique
dans les écoles il’après l’expérience de Moscou (.M. A.
Minkéviteh) ; ü" la place et la valeur de la culture
physique dans les écides du premier degré (N. J.
Pétroll) ; 4" la gymnastique orthopédique et ses
méthodes (J. M. Sarkisoll-Séragini et Ü. A. Krad-
niaii) ; 5" la méthode d’examen îles déviations verté¬
brales et l'organisation de la lutte contre les dévia¬
tions de la colonne vertébrale à l'école (Sérébrov-
skaïa. etc.l; G” les tests pour l'exploration des com¬
posants séparés des mouvements (N. J. Ozérétzky) ;
7" les méthodes il’évaluation des ellorts musculaires
et ses résultats (J. M. Yablonosky) ; 8° les méthodes
d’appréciation des résultats de la culture physique
dans le but du choix professionnel pour le service
militaire (J. A. Zalkinde), Après le (’.ongrès, il y
a eu une Conférence spéciale des médecins spécialistes
de culture physique.
Correspondance
De la gangrène foudroyante
des organes génitaux.
(.4 priqios de l’article du D'’ llodin paru sous ce
litre dans Lu Pres.'te Médicale du 19 Décembre 1928).
Le très intéressant article du D>‘ Bodin signale le
caractère exceptionnel de- la gangrène foudroyante
des organes génitaux externes chez la femme : 19 cas,
connus avec le sien. C’est cette rareté qui m’incite à
grossi I- la statistique d’un vingtième cas et peut-être
J’ai été appelé, il y a quelques années, auprès d’une
jeune femme qui avait été prise brusquement, en
pleine santé, quelques jours auparavant, de fièvre
élevée avec phénomènes généraux très accusés ; en
même temps, se constituaient des lésions vulvaires
qui, lorsque je les ai vues, étaient les suivantes : les
grandes lèvres et les petites lèvres avaient une appa¬
rence noire violacée; elles étaient légèrement tumé¬
fiées et présentaient à leur surface deux ou trois
phlyctènes remjilies d’une sérosité roussàtre. Devant
la température élevée (aux environs de 40"), le pouls
rapide, l’état ataxo-adynamique, je portai un pro¬
nostic très grave avec le diagnostic de gangrène fou¬
droyante des organes génitaux. Malgré le traitement
mis en jeu (lar mon regretté collègue, le D' Jean De-
roye, qui me montrait cette malade, la mort survint
le lendemain. Aucun examen microscopique n’avait
,1e mets un point d'interrogalion devant le second
cas. Il s'agissait en elfet d’une fillette de 12 à 18 ans
que j’ai soignée dans mon service d’hôpital où elle
avait été amenée pour des lésions gangreneuses éten¬
dues de la vulve : mauvais état général, fièvre mo¬
dérée, mais rien de la gravité du tableau précédent.
On avait le temjis d’agir. Je la traitai par du sérum
antigangreneux de l’armée, obligeamment mis à ma
disposition par mon collègue des salles militaires,
M. le !)■■ Alix; localement, par des compresses liu-
mides arrosées de liqueur d Holfmann, puis quand le
mort commença à se séparer du vif, par des pommades
aux essences ; baume du Pérou et goménol. La gué¬
rison se fit assez rapidement, très nettement sous
l’inlluence des injections de sérum antigangreneux et
sans cicatrices très ap|iréeiables.
Getle fillette provenait d’un asile d’enfants anor¬
maux où les manifestations gangreneuses ne sont pas
rares, se produisant habituellement sous forme de
noma de la bouche. Bien que l’enfant n’eût présenté
antérieurement aucune des manifestations qui d’or¬
dinaire prédisposent ù la gangrène, la rougeole en
particulier, son cas rentre plutôt dans les faits dé¬
crits autrefois sous le nom de noma de la vulve. Mais
ces faits de noma de la vulve, jadis fréquents, ont
presque complètement disparu de la pratique cou¬
rante, de même que les autres manifestations de gan- ,
grène infantile.
11 est probable d’ailleurs que les cas de gangrène
foudroyante des organes génitaux externes de la
femme s’apparentent étroitement aux faits de noma
de la vulve ; les lésions locales semblent identiques ;
la dillérence d’Age, l’atteinte plus ou moins grande
de 1 étal général peuvent suffire pour en faire des
types cliniques dillérents, mais non pas des mani¬
festations essentiellement différentes.
L,-A. Loxoïx,
A propos de l’article de I.a Pcesse Médicale sur la
gangrène foudroyante des organes génitaux externes,
je signalerai le cas suivant survenu chez un homme.
G’élait en hiver de l'année 191)7 et pendant une nuit
neigeuse que je fus appelé doirgence A visiter un
Ce sujet bien constitué, bien portant avant, sobre,
exempt de toute tare héréditaire ni acquise, céliba¬
taire, s’alitait, gravement malade, avec frisson et
fièvre à 41", pouls très fi-équent et misérable, faciès
pAle et abattu. En découvrant les organes génitaux
externes du malade, je me trouvai devant une catas¬
trophe qui paraissait irréparable ; le scrotum appa¬
raissait considérablement œdématié, noirâtre, la sur¬
face irrégulière, avec phlyctènes çà et là, sans dou¬
leurs à la palpation mais crépitant sous les doigts. La
nécrose intéressait le scrotum entier tant en surface
qu’en profondeur, commençant par la racine de la
verge et descendant jusqu’à l'anus. En interrogeant
le malade, j’apprends que la veille même de sa ma¬
ladie, il était tout à fait bien portant, qu’il ne se
sentit rien d’anormal dans la sphère génitale, mais
qu’il avait bu sans mesure du vin et de l’alcool dans une
ville où il s’était rendu la veille pour obtenir permis¬
sion des noces pour sa sœur et qu’enlln il avait été
obligé de dormir sur une table en bois, dans un café,
pendant une nuit très froide, sans couverture, ni ma¬
telas. J’ai pratiqué immédiatement de larges et pro¬
fondes incisions avec issue de gaz, de sérosités
citrines, sanieuses, extrêmement fétides. Des com¬
presses humides, antiseptiques furent appliquées im¬
médiatement sur les parties gangreneuses, injections
toniques pour remédier à la défaillance du pouls et
aux autres .symptômes alarmants ipii menaçaient la vie
du malade. Après sept, huit jours de traitement
général et local, un sillon de démarcation se produi¬
sait, tout le scrotum tombait par lui-même, la fièvre
descendait le ([uatrième jour, la situation du malade
s’améliorait en même temps et tout se remettait dans
l’ordre. Les testicules mis à nu, pAlès, décolorés,
séparés l’un de l’autre avec leurs cordons séparés de
même, pendaient comme deux petites poires de l’ori¬
fice inguinal. Trois autres confrères appelés en con¬
sultation furent d’avis de les couper et de laisser la
nature remédier au désastre. Cependant ce ne fut pas
mon opinion. Après quelques jours de nettoyage
complet, nous pratiquâmes des greffes cutanées et
après un laps de temps ne dépassant pas deux mois,
un nouveau scrotum s’est reformé, un peu moindre
il est vrai, mais complet et très satisfaisant à tous
points de vue. Cet homme s’est marié quatre ans
après, mais il n’a pas eu d’enfants.
E,mm. .Mozoitu:i.i.i.
Les Médecins étrangers à Paris
Sont arrivés pour travailler dans les hôpitaux et
laboratoires :
MM. Juan Médina, Mexicain; Uernhard Epstein,
Polonais ; Salvador J. Prat, Argentin ; Alexandre
Barlowatz, Yougoslave; llaoul Berger, Belge; Ni¬
colas Iraclides , Grec ; Yasile Varga, Roumain ;
Oscar Copello, Argentin ; Roberto Martinez Reyes,
Cubain; Nicolas Cardenas, Vénézuélien; Ignacio de
Garay, Cubain; Marianne Goldschmidl, Hollandaise;
Andrés Canga Garcia, Espagnol; Edmond Zera, Po¬
lonais ; Caspersen, Danois ; Leonardo Guzman, Chi¬
lien ; Victor Merckx, Belge; Adalbert de Schryver,
Belge; Ramon de Santos Viana, Philippines; Carlos
Showing. Péruvien; M)*" Marica C. Zografidis, Grec¬
que ; Basile Toufexis, Grec; Marius Tanaseseo, Rou¬
main ; Armand Moens, Belge ; Elie Azar, Libanais ;
II. \V. Gordon, Anglais.
(A. D. R. M., Faculté de Médecine, salle Béclard.)
Livres Nouveaux
Les chromosomes, artisans de l’hérédité et du sexe,
par Jean Rostand [Hachette, éditeur), 1928.
J’ai gardé, pendant plusieurs semaines, sur ma
table, le livre de M. Jean Rostand avant de me dé¬
cider à en écrire le compte-rendu. Pourtant, je l’avais
lu avec le plus vif intérêt et j’en avais recommandé
la lecture à plusieurs de mes familiers. Il m’apparaît,
eu le prenant à nouveau, que le motif de ma paresse
est valable : le livre de M. Jean Rostand est, lui-
même, le résumé de toute une science, la génétique.
Il me faudrait un numéro entier de La Presse Médi¬
cale pour en exposer les éléments.
Il s’agit d’études trop méconnues par l’opinion mé¬
dicale actuelle, ilu moins en l‘'rance : nos anciens
N» 19
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
319
ont, peut-être, trop invoqué lé rôle de l’hérédité; par
réaction, nous ne nous préoccupons pas assez de ce
rôle et de son mécanisme. Le beau livre de Guyénot
était une réaction contre cette mauvaise disposition;
celui de Jean Rostand procède de la même attitude:
il faut que les médecins le lisent.
Ils le liront d’autant plus facilement qu’il est
rédigé avec une parfaite clarté, appartenant à une col¬
lection destinée au public cultivé. Pour le compren¬
dre, il n’est pas besoiti d’être un familier du lan¬
gage biologique; il suffit iv chaque page de posséder
les notions expliquées au cours des précédents cha¬
pitres. Que de livres, médicaux et scientifiques,
gagneraient à être composés avec ce souci d’être de
lecture facile pour le lecteur « moyen » : les lecteurs
les plus « supérieurs » y trouveraient leur compte!
Henki Vignes.
Les tumeurs bénignes à cellules géantes, par A. von
Albertini. 1 vol. de 76 pages avec 2'i figures dont
. 9 en couleurs (Tliieine, éditeur), Leipzig, 1928.
Etude histologique cl hislogénétique d’ensemble
des « tumeurs bénignes à cellules géantes ». Dans
ce travail très complet, l’auteur répartit ces tumeurs
en quatre groupes, qui comprennent; l’épulis des
mùchoires, les tumeurs solitaires à cellules géantes
des os longs, des gaines tendineuses, de la peau. Il
en rapporte onze cas personnels dont il fait une
description histologique très précise.
Pour Albertini, ces tumeurs sont des productions
mésenchymateuses qui appartiennent bien au cadre
des tumeurs vraies. De croissance lente, leur exten¬
sion est purement locale et elles ne donnent jamais
de métastases. Leurs récidives ne reconnaissent
d’autre cause qu’une exérèse insuffisamment large.
Il passe en revue et discute les diverses opinions
émises jusqu’ici et dont la bibliographie est très
complète. 11 souhaite, en terminant ce travail bien
documenté et illustré, que l’on unifie la nomenclature
en réunissant toutes ces productions pathologiques
sous le nom de « tumeurs bénignes à cellules
géantes ».
P. Pavie.
Université de Paris
Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu. — Cours de
vacances de Pûques du 21 au 28 Mars 192!) pour les mé¬
decins français et étrangers sous la direction de M. le
professeur Paul Garabt, du professeur Maurice Villaret et
du professeur agrégé Etienne Chabrol, sur les données
nouvelles de clinique et de thérapeutique tirées du sang.
A la demande des auditeurs et pour condenser le cours
dans le minimum de temps, les 28 leçons seront faites
en une semaine et auront lieu quatre fois par jour; elles
seront suivies de démonstrations techniques et de présen¬
tations de malades, à l’amphithéiUre Trousseau, aux la¬
boratoires Dieulatoy, à la Policlinique physiothérapique
Gilbert.
Programme des leçons. — Jeudi 21 Mars. — 1. Le ma¬
tin, à 9 h. 30. Professeur Paul Carnot : Les nouvelles
méthodes d’héraodiagnoslic et d'hémothérapie. — 2. Le
matin, à 10 h. 30. M. Henri Bénard, médecin des hôpi¬
taux : L’hydrémie et le métabolisme de Teau (réfractomé-
trie, chlorurérnie, indice lipocytique). — 3. Le soir, à
14 h. 30. Professeur iiaurice Villaret, médecin de l’hôpi¬
tal Saint-Antoine : La tension sanguine, artérielle et vei¬
neuse. ■ — 4. Le soir, a 15 h. 30. M. Lenormand, ancien
interne des hôpitaux : Les a-dèmes et les exsudais en cli¬
nique (œdèmes cardiaque, brightiquo, hépatique, inflam¬
matoire).
Vendredi 22 Mars. — 5. Le matin, ii 9 h. 30. M. Coquoin,
chef de laboratoire de lu Clinique : L’azotémie. — Tech¬
niques (Dosage de Tazoto total ; do l’urée par le xanthy-
drol ; de l’azote résiduel; constante d’Ambard, etc.). —
6. Le matin, à 10 h. 30. M. Alfred Coury, ancien chef de
clinique adjoint de lu Clinique : L’azotémie. — Syndromes
cliniques. — 7. Le soir, à 14 h. 30. M. Baudouin, profes¬
seur agrégé, médecin de l’hôpilal Laennec : La glycémie.
— Techniques. — 8. Le soir, à 15 h. 30. M. Baudouin :
La glycémie. — Syndromes cliniques. Thérapeutique
(insuline; synlhaline; etc.).
Saniedi 28 Mars. — 9. Le malin, à 9 h. 30. M. Etienne
Chabrol, professeur agrégé, médecin de l’hôpital d’Ivry ;
Lu cholémie pigmentaire et saline. — Techniqnes et syn¬
dromes cliniques. — 10. Le mutin, h 10 h. 30. M. Etienne
Boltanski, ancien interne, médaille d'or des hôpitaux : La
cholestérinémio, l’uricémie, l’oxalémie. — Techniques et
syndromes cliniques. — 11. Le soir, à 14 h. 30. M. Henri:
Pénard, médecin des hôpitaux : L’équilibre acido-basique.
— Techniques (Détermination du pu, do la réserve alca¬
line). — Syndromes cliniques d’ncidose et d’alcalose. —
l2, Le soir, à 15 h. 30. M. Dausset, chef de lahbratoire de
physiothérapie de l’Hôtel-Dieu ; La fixation du calcium.
— Principes et techniques d’actinothérapio.
Lundi 25 Mars. — 13. Le matin, h 9 h. 30. M. Henri
Bénard, médecin des hôpitaux : La coagulation du sang.
— Techniques. Temps de saignement et de coaguhition.
— 14. Le matin, à 10 h. 30. M. Liberl, ancien chef de cli¬
nique : Los syndromes hémorragiques (hémophilie, hémo¬
génie, maladiés hémorragiparcs, purpuras). Thérapeu¬
tique des hémorragies. — 15. Le soir, à 14 h. 30. M. De-
val, chef de leboratoiro de la" clinique : Techniques des
réactions sérologiques. — Réaction de fixation Bordet-
Gengou. Réactions colloïdales. Réactions de 'Wassermann,
Hecht, Verne. — 16. Le soir, à 15 h. 30,- M. Louis Brin,
ancien chef”de clinique : Applications cliniques des réac¬
tions de fixation. — Diagnostic et conduite du traitement
antisyphilitique d’après le B.-W. '
Mardi 26 Mars. — 17. Le malin, il 9 h. 30. M. Rnchet.
ehef de clinique : Les chocs sanguins. — Accidents clini¬
ques. — Thérapeutique par le choc et scs techniques-
Hémothérapies spécifiques. — 18. Le matin, à 10 h. 30.
M. Blamoulier, ancien interne des hôpitaux: Les chocs
sanguins. — Méthodes de désensihilisalion et d’untiana-
phylaxie. — 19. Le soir, i\ 14 h. 30. M. Jacques Dumont,
chef du laboratoire de bactériologie de la clinique ; Les
infections sanguines. — Techniques d’hémocultures et
d’examen direct du sang. — 20. Le soir, à 15 h. 30,
M. Froment, chef de clinique : Les septicémies. —
Staphylococcémies. Streptococcémies. Méningococcémies.
Gonbcoccémies, etc.
Mercredi 27 Mars. — 21. Le matin, à !) h. 30. M. Mar¬
guerite Tissier, chef de laboratoire de la clinique : Cyto¬
logie du .sang. — Techniques d’examens. Diagnostics
hématologiques. — 22. Le matin, 5 10 h. 30. M. Bnriéty,
ancien interne des hôpitaux : Les syndromes hématiques.
— Anémie pernicieuse; polyglobulie. — Leur thérapeu-
. tique (méthode de "Whipple, etc.). — 23. Le soir, à
14 h. 30. M. Lagarenne, chef du laboratoire de radiologie
de l’Hôtel-Dieu : Traitement des syndromes hématiques
par la radiothérapie (leucémies; splénomégalies). — 24.
Le soir, à 15 h. 30. M. Jacques Dumont : Etude purasi-
tologique du paludisme. — Malariathérapie.
Jeudi 28 Mars. 25. Le matin, à 9 h. 30. M. Armand
Tzanck, médecin des hôpitaux : Les groupes sanguins. —
Détermihalion pratique. Choix des donneurs, Techniipic
des transfusions. 26. Le matin, a 10 h. 30. M. Lani-
bling, chef de clinique : Les hémoglobinuries. — 27. Le
soir, à 14 h. 30. M. Delafontaine, ancien interne des
hôpitaux ; Leucémies. — Maladie de Hodgkin, pseudo¬
leucémies. — 28. Le soir, à 15 h. 30. M. Comandon :
Cinématographie du sang (avec films).
Un certificat sera délivré aux élèves à l’issue du cours.
Le droit de laboratoire à verser est de 250 fr.
Seront admis les docteurs français et étrangers, ainsi
que les étudiants immatriculés fila Faculté, sur la pré- <
sentallon de la quittance de versement du droit. — Los
bulletins de versement relatifs à ce cours seront délivrés
au secrétariat de la Faculté (guichet n" 4), les lundis,
mercredis et vendredis, de 15 à 17 h.
Clinique gynécologique. — Un cours supérieur de
perfectionnement sera fait par M. E. Douay, chef des
travaux gynécologiques, du 11 au 23 Mars 1929.
■ Ce cours s’adresse aux docteurs en médecine français
et étrangers ayant déjà les notions courantes de la chi¬
rurgie gynécologique et désirant acquérir des connais¬
sances spéciales sur les questions nouvelles médico-chi¬
rurgicales et principalement sur la technique opératoire
du professeur J.-L. l^aure.
Durée : Deux semaines, chaque jour sauf le dimanche,
le matin, de 10 à 12 h., visites, opérations, consultations,
applications de radium et de rayons X, technique du pan¬
sement à la Mikulicz, insufflations tubaires, injections
intra-utérines de lipiodol; l’apres-midi, de 5 à 7 h., cours
et examens de malades à l’amphithéelre, démonstrations
cinématographiques.
Programme^du cours. — 1. Hystéromélrie. Ponction du
Douglas. Biopsie. Injections de lipiodol. — 2. Absence
de vagin. Stérilité. Insufflation tubaire. Sécrétion interne
et greffes' ovariennes. — 3. Blessures opératoires de la
vessie, de l’urelcre, de l’intestin. Fistules vésico-vaginales,
uréléro-vuginales. Fistules stercorales. — 4. Antéflexion.
Rétroversion. Ligamentopexie. Prolapsus. Périnéorrapbie.
Cloisonnement du vagin. — 5. Mélrite et adénome du col.
Le Filhos. Amputation du col. Mélrite du corps. Instilla¬
tion. Curettage. — 6. Salpingites. Vaccination. Hystérec¬
tomie sublolale. Polvipéritonite. Colpotomie. ' Salpingite
tuberculeuse. : — 7. Infections post-abortum et post-par¬
tum. Hystérectomie vaginale. — 8. Kystes de l’ovaire.
Complications. Grossesse extra-ntérine. Transfusion. —
9. Fibromes. Radium et rayons X. Myomectomie. — 10.
Cancer du corps. Hystérectomie totale. Cancer du sein.
— 11. Cancer'du col. Curiethérapie. Hystérectomie lolalc
large. — 12. Soins pré- et post-opératoires. L’anesthésie.
Le drainage. Le Mikulicz.
Le droit à verser est de 250 fr! Les bulletins de verse¬
ment seront délivrés au secrétariat do la Faculté, les
Jundis, mercredis cf^jendredis, de 14 à 16 h!
Hygiène et Clinique de la première enfance.
— M. le professeur P. LerebouHct commencera scs leçons
cliniques, le mercredi 13 Mars, à 10 h. 45, à l’hospice
des Enfants-Assistés (74, rue Denferl-Rochereau), et
continuera les mercredis suivants, à la môme heure.
Le lundi. Conférences complémentaires de Pédiat
, pratique, à 11 h., par MM. les chefs do clinique, asi
tanls dlf-servicc et chefs de laboratoire.
Les mardis, jeudis et samedis. Consultation de no
rissons et policlinique, à 11 h., au pavillon Pasteur.
Tous les mutins, à 10 h.. Enseignement clinique dans
Un cours de perfectionnement portant sur les notii
nouvelles en hygiène et en pathologie du premier i
aura lieu du jeudi 21 Mars au vendredi 29 Mars.
Un autre cours de révision jiorlant sur l’hygiène e1
pathologie du premier Age aura lieu du jeudi 20 Juin
mardi 9 Juillet.
Anatomie pathologique. — I. Cours ihcorirjue.
M. le professeur G. Roussy; MM. Leroux et Oberli:
agrégés, commcncerint le cours du semestre d’été,
vendredi S Murs, a 15 h. 1/2, à l’umphithéAtre d’Ano
mie i>athologiqne et le continueront les lundis et merc
dis suivants, à la même heure.
Objet du cours. — Anatomie pathologique spécial
-Appareils respiratoire et' cardiovasciiluire ; U])pai
digestif et glandes annexes ; appareils urinaire et gi
tul; glandes endocrines.
Le cours s’adresse essentiellement aux étudiants de
année ; il sera complélé pur des démonstrations prutiq-
préparatoires aux examens.
II. p'iiseigncmcnt pratique. — Des séries de revis
préjiaruloires aux examens de 3' année commenceront
3 Juin au Laboratoire, cl auront lieu tous les jours
14 h. et à 16 h. (6 séances pur série).
Droits d’inscription : 25 fr.
III. Cours de perfectionnement. — a) Cours de te
nique et de diagnostic anutoino-puthologiqnes pur MM.
Leroux, agrégé, chef des travaux; Grandcluude et 1
raux, préparateurs.
Ce cours, oonnirenant 20 séances de démonstrutii
pratiques, commencera le 1'”' Mai, à 14., au laborato
d’Anatomie pathologique. Droits d’inscription ; 250 fr.
nombre des auditeurs -est limité.
b) Cours de lecbnique hémutologique cl sérologie
par M. Ed. Peyre, chef de laboratoire.
Ce cours de 14 leçons commencera le lundi 27 Mai
14 h. 30, au hiboraloire d’Analomie pathologique.
Droits d’inscription : 200 fr. Le nombre des uuditei
Anatomie médico- chirurgicale et techniq
opératoire. — M. le professeur Bernard Cunéo co
menccra ce cours le lundi 11 Mars 1929, à 16 h. (gra
amphilhéAtre de la Faculté), et le continuera les vend
dis et lundis suivants, -a la meme heure.
Des démonstrations pratiques auront lieu le mercrc
à 17 h., nu laboratoire d’Analomic chirurgicale et
Lois sociales. — Des conférences sont faites pendi
le semestre d’été sous la direction de M. le professe
Ballhazard, tous les jours, à 18 h., au grand .Amp
IhéAIre. Elles portent sur les accidents du travail, !
maladies professionnelles, les pensions aux mutilés
guerre, les assurances sociales et l’assisluncc médic:
gratuite.
8 Mars, M. Lévy-Valensi : Lésions médullaires et ver
braies traumatiques. Compressions ; commotions méd
laires. .Affecl.ions de la moelle; tabes. Névrites,
9 Mars, M. Henri Claude : Psychoses et névroses tri
mutiques.
11 et 12 Mars, M. Gougerot : Syphilis et affectio
cutanées dans leurs rapports avec les accidents du ti
13 Mars, M. Piédelièvre : Tuberculose pulmonaire
tuberculoses chirurgicales.
14 Mars, M. Proust : Lésions de l’appareil génito-u
nuire dans les accidents du travail.
15 Mars, M. Belot ; Applications de la radiographie a
accidents du travail.
16 Mars, M. Dervieux ; Soins aux accidentés du trava
tarifs Durafour. Les expertises ; rédaction et dépôt d
rapports ; honoi-aires.
18 Mars, M. Ballhazard : Assurances sociales (loi
5 Avril 1928) et assistance médicale gratuite (loi
15 Juillet 1893). Etal do la question : les revendicalio
des médecins.
19 cl 20 Mors, M. Duvoir : La loi du 25 Octobre 19
sur les maladies professionnelles. Maladies saturnines
hydrargyriques. Extensions projetées ; benzine, chloi
vapeurs nitreuses, tétruchlorélane, aniline et nilrobenzii
sulfure de carbene.
21 cl 22 Mars, M. Fribourg-Blanc, professeur au Vi
de-Grâce : La loi du 31 Murs 1919 sur les pensions
guerre. Principes généraux. Barèmes d’invalidité. Bh
sures multiples. Procédure.
23 Mars, M. Quidet : Soins aux mutilés. L’article 64
la loi des pensions.
— M. Terrien : Complications' oculaires dos acciden
du travail. (Ce cours sera fuit dans le courant du me
de Moi, h la clinique de l’Hôtel-Dieu; la date sera fix
ultérieurement.)
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 6 Mars 1929
N“ 1,9
:î20
KnMÛi^ncnient prafiqnc. — Un eiiseigncmenl pratique,
comportant l'trxamen des bnvriers victimes d’accidents
du travail, aura lieu tous les samedis, à 15 h., h l’Institut
mëdico-lé^^al, place Mazas, h partir du samedi 2 Mars.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital LaHboisière. — Des conférences de thérapeu¬
tique chirurg-icale (Chirurgie générale de l’appareil uri¬
naire et chirurgie de rapparell génital de rhoiiirne) sont
faites par M. le professeur agrégé Marion, à l’hépitnl
Lariboisière (pavillon Civiale), les mardig, vendredis et
samedis, à 10 h. du matin.
Elles seront faites en liaison avec le cottrs de technique
opératoire qui commencera le 11 Mars h rAniphrthéàtre
des hôpitaux, 17, rue du Fer-à-Moulin.
Vrogvammc. — Vendredi 8 Mars : Indications opéra¬
toires dans la lithiase rénale. — Samedi 9 Mars : Traite¬
ment des calculs de la vessie : indications de lu lithotritie
et de la taille vésicale.
Mardi 12 Mars : Conduite à tenir dans les cystites
après ricphrectomie pour tuberculose rénale. — Vendredi
15 Mars et samedi lü Mars : L’hypertrophie de la pro¬
state : indications opératoires ; soins pré- et post-opéra-
Mardi lü Mars : Traitement des tumeurs de la vessie.
— Vendredi 22 Mars : Traitement chirurgical des rciré-
cisscinents inlUiminaloircs de l'urètre: indications opéra¬
toires. — Samedi 23 Mars : Indications opératoires dans
la tuberculose génitale de l’homme.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Epueuve —
Ont obtenu : MM. Gérard Marcliand, t!; Weiti, 7; Raiga,
7 ; Clievallicr, 7; Giieullelte, 5; Chabrut, 8; Drouet, 8;
Leibüvici, b; Fèvre, 7; Cltuslang, 8; Reinliold, lü; .\mc-
Créatlofi d*une inspection départementale d’hy¬
giène en Seine-et-Oise. — Un concours .sur litres est
institué à la Préfecture de Scifie-et-Oise jmiif l’emploi
nouvellement créé d’inspecteur départemental cl’IIygièfie.
Les candidats doivent être titulaires du diphuuc de doc¬
teur en médecine (diplôme d’Etat).
Les inscriptions sont reçues à lu Préfecture jusqu’au
\:t Mars.
Nouvelles
Avis aux médecins domiciliés à Paris. — Cartes
(le iiuuiti'e on siircliarf^c dans les omnibus et tramways.
Les tiiéderins qui (l('■sir(‘llt profiter des jji'atids avnntnjjos
de la inontéo en sarciiari'c sont pries do retirer leurs
cartes, llsi n'ont (pi’ii se présenter, miiiiis de deux plntlu-
ifia/ddex [fariiiat dex /Jo'rc.x d’iden/iU'), a la Préfecture de
Police, bureau des cartes de priorité, 3" direction,' an 1”''
il droite en entrant par la porte de la rue de Imtéee. La
carte leur .sera délivrée immédialemeiit.
Distinctions honorifiques. — Léoiox d’iioxnkuii. —
Chevalier. — M. Siiiati Abdelkader beu Aliined, médecin
du gouvernement général de l’Algérie, à Sélif {Conslah-
OFFictEH» d'Académië. — MM. Aynies, îi Marseille,
Balmes, à Toolmise (Haute-Garonne) ; Barbier de La
Scrre( à Agen (Lot-et-Garonne) ; Banc, à Beyrouth (Syrie);
Berclier, commandant; Blanchet, à Yillars (Ain); Bon¬
net, à 'Parure (Rliônc); Bonsrez, à Provenclières-surcFave
(Vosges); Boiiyssoii, à Bolbec (Seine-Inférieure); Car¬
pentier, A Bavay (Nord); Cnuvct, à Orlénns (Loiret);
Ccard, médecin commanduntà Colomb-Bécliard (Algérie);
Charles, A Quieirecbam (Nord) ; Clmrnois, à Chalon-sur-
Saône "(Saùne-et-Loire) ; Chnzarain, A Vietri (Tonkin)!
Clément, A Marseille; Colleu, A Cayeux-suc-Mer (Somme);
Cony, A Courbevoie (Seine); Coulon, à Monfpellier (Hé-
ranll); Bailliez, A Cambrai (Nord); M'"" Diondonnet, A
Paris ; MM. Brevet, Leclerc, Monézy-Eon, Moulin, Per¬
ron, A Paris; Biibly, A Li)le (Nord); lîbrard, A P’allnrd
(Hnutes-Aliies); Etienne, A Pontm-Mousson (Mciirthe-et-
Moselle); Kolliot, A Vendôme (Loii'-et-Cher) ; Eraval, A
Loudéac (Côtes-du-Nord): Girard, médecin commandant,
A Tnnnnnrive 'Madagascar); Grandjean, à La Seyne
(Var); Oreaier, médecin lieutenant-colonel, A Nantes;
Gulcbard, A Cnen (Calvados) ; Guillauntol, A Wussy (Haute-
Marne); Hocquet, A Clmmpigny-sur-Mnrne (Seine); .luc-
(fuemart, médecin commandant; Jeandidier, médecin
colonel, A Hagneux (Seine) ; Joly, A La Chambre (Savoie);
Kahn, A Lunéville (Meurthe-el-Mosclle) ; Lalande, à Suint-
Jeiin-de-Maurienne (Savoie); Lallot, a Brausat (Allier);
Luyzcrin, niédoein-major, A Mayence; Lefebvre, A Pétite-
Synlbe (Nord); Leporcq, A Valenciennes (Nord) ; Leroy, A
Neuilly-sur-Seine (Seine) ; Levrat, A 'roulouse (Haute-Ga-
roune) ; Libersa, A Lille (Nord) ; Machenaud, A Kocliefort-
stir-Mer (Clmrciite-Inférieare) ; Maltrait, A Ariane (Puy-
dc-Bônic); Neltner, A Mutzig (Bas-Rhin); Pasteur médecin
lieutenant-colonel; Pecaud, A Niamey (Niger) ; Péju, mé¬
decin capitaine, à Casablanca (Maroc); Perret, A Sainl-
Triïiers-de-Courtes (Ain); Portalier, A Poataumur (Puy-
dc-Bôme); Raynaud, A Saint-Mandé (Seine); Raynaud, A
Poussai! (Héi'milt); Robert, A Issouduii (Indre); Robert, à
Joigny (Yonne): Robert, médecin commandant, A Banius
(Syrie); Roullenn, A Niort (Beux-Sèvres); Sans, A Saint-
Etienne-dti-Rouvray (Seine-Intérieure); Sartre, A Plozénct
(Finistère) ; Sittla, A Colmar (Haut-Rhin); Stepbnn, A
Mulbousc (Haut-Rliin) ; Tarral, A Montpellier (Hérault):
Trapennrd, A Ebienil (Allier); Triollet, A Saint-Blé
(Vosgès); 'Proude, A Mayence; A'allée, A La Guerche (Ille-
el-Vilairie) ; Wclcker, A îlernny (Eure).
Admission à domicile. — Est admis A jouir des
droits de citoyen français i M. ' Nguyen-Van-Nguyen
(Français), étudiant en médecine, né le 18 Septembre
l'JOri A Long-Cliau (Cochincliine), demeurant A Boiirg-la-
Reine (Seine).
^ Le banquet du «Jeune médecin». — Le banquet
annuel de la revue mensuelle he Jeune viédccln aura
lieu le mercredi liü Mars, A 11) li. 45, dans les salons de
la Sorlionne, sous la présidence de M. Mnrraud, ministre
de l’Instruction jiubliquc. 11 sera suivi d’un bal.
Prix de la souscription au banquet (donnant droit an
bal) : Médecîn.s, 50 fr.; étudiants, 25 tr.
Bal : 22 h. A minuit. Tenue de soirée de rigueur.
Prix de In carte I 20 fr. (carte de cavalière ; gratuite).
Etudiants, mcmlircs de l’Association corporative ou de
la Section médecine de l’A. (10 fr.).
Pour loulcs inscriptions s’adresser A M. Crouznt, 1, rue
Pierre-Curie, Paris (V'). Tel. Gobelins 73-00.
Libeller chèque ou mandat au nom de M. Pouzergues.
trésorier du Jeune mêdeein.
Sapeurs-pompiers communaux. — M. Bardeau est
nommé médecin-major de 2* classe des sapeurs-pompiers
communaux, à Versailles (Seine-et-Oise).
Nécrologie. — On annonce la mort du professeur
Clément Pirquet, directeur de la Clinique pédiatrique de
la Faculté de Médecine de Vienne; A Paris, celles de
M., Maurice Bénit et de M. H. Grand, interne des hôpi¬
taux; A Boulogne-sur-Mer, celle de M. Jacques Sevestre
et A Suint-Bomingne celle de M. Bnez, ancien pi'ésident
de la République et recteur de l’Université.
L’Œuvre nouvelle des Crèches parisiennes
« L’Œuvre nouvelle des Crè.clies parisiennes»,
dont la présidente générale et la grande animatrice
est M"'“ Paul Tborel et dont le président, est M. le
professeur Nobécourl, a tenu lundi dernier, dans la
salle- du Conseil de la Faculté de Médecine, son
assemblée générale annuelle.
Celte réunion, que présidaient M. Paul Strauss,
sénateur de la Seine, ancien ministre de l’Hygiène,
de l’Assistance et de la Prévoyance sociale, président
d’honneur de l’Oîuvre, M. le professeur Roger,
doyen de la Faculté de Médecine et M"'” Raymond
Poincaré fnt ouverte par une allocution de M. le
professeur Nobécourt qui, après avoir au nom do
l’Assoc.ialion vivement félicité M"'“ Poincaré,
M""^ 'l’horcl, de leur beau dévouement à l’Œuvre
nouvelle des Crèches parisiennes et remercié M. le
doyen Roger de sôn hospitalité, lit un exposé parti¬
culièrement intéressant des progrès accomplis au
cours du dernier exercice.
Lui succédant, M. Gaston Moisson, secrétaire
général, donna connaissance du rapport adminis¬
tratif concernant l’année 1928, signala les intéres¬
sants progrès réalisés dans les divers établissements
de J’Œuvre, notamment à la Pouponnière de Neuilly-
Plaisance dont la présidente est M"'» Brindoau, et
après avoir attiré l’attention de ses auditeurs sur
l’importance grande d’accroître les rccetlcs de l’As¬
sociation en raison de l’extension de ses services,
termina son allocution en adressant ses vifs rèmer-
ciements aux directeurs et directrices des multiples
organisations de l’« Œuvre nouvelle des Crèches
parisiennes ».
M. Henri Janet, secrétaire général, présenta en¬
suite son rapport médical pour le dernier exercice
écoulé, qui fut particuliérement favorable, grAce au
beau dévouement des médecins et des inlimières de
l’dtuvre. Enfin, M. U. VN^eill-Raynal, trésorier géné¬
ral de l’« Œuvre nouvelle des Crèches parisiennes »,
donna connaissance de son rapport financier qui, sur
la proposition du président fut adopté A l’unanimité.
Prenant alors la parole, Mi le sénateur Paul
Strauss, dans une dernière allobulion vivement ap¬
plaudi par toute l’assistance, rendit hommage au
beau dévouement de M"’" Poincaré, de M*"' 'l’horel
et de tous les collaborateurs de l’Œuvre nouvelle
des Crèches parisiennes.
Après quoi, sur la proposition de M. Strauss,
avant de lever la séance, il fut procédé à la réélec¬
tion, qui eut lieu par acclamations, dos membres
soriants du Conseil de l’Œuvre dont M'a” Brindeau
fera désormais partie. G. V.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu elle
transmet toutes les lettres contenant an timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale, L’admimstra-
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
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signes [b fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
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sée. Exeellenl état. 17.500 fr. — Ecrire P. M., n» 84.
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D’’ Godard-Monod, 16, bd Raspail, Paris.
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre deOfr. 60 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : 0. Porée.
Paris, — Imprimorio de la Cour d' Appel, 1, me Cassette.
N’ 20
9 Mars 1929
LËS'FCZÉMAS
PYOCOCCIQUES ET MYCOSIQUES
LE ROLE DE LA SENSIBILISATION
AUX DÉCHIÎTS MICROBIENS
ESSAI PATHOGÈNIQUE ET tHÉRAPEUTIÇUE
H. JAUSION, P. COT et SOHIER.
A l’heure actuelle, presque tous les dermatolo-
gistes s’accordent i\ séparer de Leezéma vraij
défini par Willan, sous ses espèces cliniques, la
vésicule, et par Unnà, sous ses traits , anatomo- -
pathologiques, l’état spongoïde, une poussière
d’eczémas, sans lien apparent, mais toutefois sus¬
ceptibles d’éclore sur le terrain séborrhéique et
sur la peau vouée à cette anomalie de la kératini¬
sation, à savoir la parakératose.
Ces aczéiiian lion willan if/ nés, ces parakératoscs
di; Drocq, ces eczématidcs do Darier, ont le plus
souvent, sinon toujours, un trait commun : leur
coexistence sur le léguineiit avec des dermatoses
iiricrobiennes ou myéélicnnes, d’ailleurs fàible-
inent évolutives. Unna faisait naître tous les
eczémas d’un parasite commun, le morocoque,
c’esl-iî-dire le staphylocoque bhinc de la peau.
L’école française a fait justice de cette eoncep-
fioii simplist'e. Avec Darier, Sabouraud, CivaÙo,
elle a tendu vers l’unité des eczémas et fourni la
jtreuvc de l’asepsie primitive de la vésicule.
L’accord est présenlemenl unanime; microbes et
chanïi)ignons ne sauraient jouer de rôle eaiisal
univoque poiir l’ensemble des- eczémas. Nous
allons voir néanmoins que dans les- eczématides;
leur présence n’im])lique [>as qu’une banale coïn¬
cidence.
' Pyodermitôa et eczémas. — Récemment
dans son livre Immwcwyi Pyodevmiios et eczémas,
autant (jùe dans un article de, Au Pnesse Médicata
on date du 5 Mai 1928, R. Sabouraud nous a lon¬
guement entretenus d’eczémas microbion.s. 11 en
, distingue trois -forines : . , . -
1" Liî piTYiiiASis STEATOÏD15, aiicien eczéma
séborrhéique de Unna, primitivement localisé au
Cuir chevelu', peut essaimer- en di-vèrsos régions,
Oelh^s méme:dont on .lui coiiuaîl-la -prédUoction.
Kn fait, il ne témoigne que d’une eczématisation
•.é|)is()diquc; mais il doit son aspect sléatoïdo it
une exosérosc intense. 11 procède de la Irunsfor-
.fuation du pityriasis simplo.v, largement habité
• par le coccits polymorphe de Coderereutz, l’ancien
morocoque, le cocciis cutis communis, toutes ap¬
pellations s’adressant vraisemblablement à. uno:‘'|
■seule e.spècc mierobionne. Toute manifestation ■
.du même groupe pourrait être désignée- selon ’
Saliouraud sous le vocable de : Morococcidc eezé-..
Inatiforme.
2” L’ixTKumino ri'îtho-auiiic.ui.aihe peut chez-
la jeune fille étiolé-e,; chez la, qre,tite.-.e.endrillon,
s’étendre à tout le cuir chevelu, y créer l’impé¬
tigo scabida d’Alibart, gagner , ensuite le tégu¬
ment glabre ppur s’ÿ- gébéraliscr.-p'at-foia; on une
strcplOcoc-tûe 'en' nappc;-:Créatrice-’d’eczéin.aiisa- .
tion sous-jàcente'.-Rour c-o groupe dNiircotidns-qui
va de rintéririgo, "Simple l’impétigo le plus .
suintant, de la forme sècKé inicacéfe, de la « dar¬
tre volante ■»,' fl la pyoderraite françheiuent sup-
purée, Sabouraud donné" la rubrique çollcctivé"’
de Slré/)tocùécides 'er,:àmiUiformesi. ;
3" L’acné NÉcitOriQUE miliaiiik éclôt fréquem-
inént On poussées très pf urigineusés ,sûr..le "càî'r
chevelu de quarantenaires pléthOfiquesy Vieux
TRAVAUX ORIGINAUX
furoneuleux, après de copieuses libations, jfél'é- |
ment éruptif de cette affection qui n’a de l’eczéma
que l’apparence, Sabouraud le qualifie de Staphy-
lococcide cczcmnliforme.
A vrai dire morococcides, slreptococcides et
staphylococcides fleurissent généralement sur un
terrain séborrhéique. Mais bien qu’eczématifor-
mes, elles lie doivent pas toujours leurs traits
caractéristitpjcs à l’eczéma, fût-il jiarakérato-
siqiie.
Immunité et sensibilisation aux pyoeo-
gues. —- Cependant toutes ces pyodermites
témoignent d’un même fait capital, l’absence d’état
réfractaire de la peau à. un germe faiblement pa¬
thogène, voire môme d’une sensibilisation au mi-
erobe-cii cause. Précisant tout dernièrement le
« rôle de l’idiosyncrasie dans les inlections cu¬
tanées chroniques », Sabouraud commentait
l’exemjile saisissant du .sycosis microbien dont
les pustulettes folliculaires s’agminent, faute d’im¬
munité de la peau. Certes l’infection demeure
superficielle, mais sa persistance témoigne d’une
véritable idiosyncrasie. De même en serait-il
dans l’intertrigo des plis dont est responsable le
streptocoque « rémanent ». De môme aussi dans
l’impétigo apotu sorti d’Un organisme excédé par
les boissons ; ainsi encore des furoncles des cons¬
tipés et de l’acné hécrotique. D’où l’échec de l’an¬
tisepsie et les .succès, à vrai dire fugaces, de la
diététique.
C’est qu’en effet plus faible est l’attaque micro¬
bienne et moins vive est la riposte organique.
Les pyodermites subaiguës, plus encore que les
suppurations aiguës, laissent le tégument sans dé¬
fense., Nous avons’.montré avec Vendcl, puis avec
Lenègre et Ycndel, qu’au cours de la furonculose,
se décelait une intradermo-réaction positive aux
lysats staphylococciques. Ce phénomène naît et
meurt généralement avec la maladie. Uaie pareille
allergie existe encore dans les streptococcies,
niais l’intradermo-réaction nous y est apjiarue
- beaucoup" moins nette. De leur côté, dans h-s
dermites eczématiformos strepto- et staphylococ¬
ciques, Hudelo, Chene et .Sigwald ont récem¬
ment observé la môme réaction qui témoigne i\
n’en pas douter d’une sensibilisation aux pro¬
téines inicrobicnnes.
Dès lors, si l’on veut bien s’en référer à l’iiypo-
thèse pathogénique qu’après les auteurs germa¬
niques, et anglo-saxons, après Ravaut, Tzanck et
Dracôulidès, nous avons défendue pour les eczé¬
mas, il devient logique d’admettre que les cada¬
vres" bactériens puissent Constituer des antigènes.
Datpi les. infections cutanées torpides, dans les
pyodermites passées îi la chronicité, tandis que
les gerrties s’éternisent sans susciter l’état réfrac¬
taire, le fumier microbién résultant de leur alté¬
ration cadavérique est résot-b.é par.tiéllement par
voie transcutanée tout comme pourrait l’être dans
Jes dermites professionnelles une substance chi-
inique définie. I,a prèuve de l’imprégnation toiiùs
' .s«As/a/i/i«‘n’ést-ellé pas’jüsteTnent dans cés intra-
dermorréactions aux lysats que nous signalions
tout à. l’heure?
L’histoire clinique des morocoçciqties et des
.Btreptococci'ques de Sabouraud paraît d’ailleurs
"assez concluante, li’eozéma séborrhéique, la co-
rona Séborreica, la dermatose figurée médio-tho-
racique,'ayec leur eczématisation trèsi parakéra-
tosique', ressortissent ainsi au morocoque. L’ec¬
zéma du -cuir chevelu fait suite - à l’intertrigo
rétro-auriculaire et à l’impétigo scabida long¬
temps- persistants chez la jeune fille insuflisam-
nient aérée. 'Seule, l’acné nécrotique a potu- des
-pléthorîqüés ne montré pas ’de lésions d’eczéma.
Mais chez combién de -malades furoneuleux de
vieille date avons-nous relevé, entre deux pous¬
sées d’une série déjà longue de réinfections, des
placards d’eczéma typique, primitivement intri¬
qués avec la pyodermite, susceptibles plus tard
(i’-apparaître à distance, coïncidairl toujours avec
l’intradermo-lyso-réaction, réductibles enfin par
une vaccinothérapio bien conduite. De mô'me en
va-l-ü (les eczémas- para-traumatiques de Darier.
Pour nous, tout comme un aliment par voie
digestive, tout comme une poussière pur voie
respiratoire, tout comme un déchet cellulaire
d’auto-intoxication jiar voie sanguine, les résidus
(les pyocoques non immunisants sont caiiabies de
se ( onstitner antigènes et sur un terrain conve¬
nable d’être des (( graines » d’eczéma.
Ce terrain, c’est le plus fréquemment le tégu¬
ment séborrhéique que nous définirons ailleurs.
11 est le fait d’une con.stituiion dermopathique
qui se conçoit typique et se retrouve plus ou
moins fidèlement dans la réalité clinique.
Eczématides et eczémas. — Disons des
sujets ainsi constitués qu’entre autres aptitudes
ils détiennent celle de la parakératose. Givatte a
fait de façon définitive l’histo-pathologie com¬
parée de l'eczéma willnnique et dos eczémas para-
kératosiques.
Dans les eczématides, se trouvent non seule¬
ment parakératose, hyperacanthose,- et spon-
giose, données classiques, mais encore (( au pôle
supérieur de chaque foyer de spongiose une pe¬
tite vésicule ou du moins des vestiges de vésicu¬
lation >1. La prédominance de tel ou tel élément
histo-pathologique, la dissémination ou la con-
llucnce des lésions, aboutiront aux diverses va¬
riantes : eczématides pityriasique, psoriasi forme ,
croâteuse ; pityriasis stéatoïde -, séborrhéide, eczé-
matisée de IJrocq. Mais, conclut Civatte, c’est
toujours « une vésiculette qui constitue la lésion
élémentaire de toute eczématide ».
Or, une structure approchante existe dans
l’eczéma vésiculeux dont les trois termes essen¬
tiels sont « vésiculation, spongiose et mononu¬
cléose ». De même dans l’eczématisation suin¬
tante se voient ; exulcération épidermique,
hyperacanthose, parakératose et mononucléose.
En définitive, vésicule primordiale, exosérosc,
exocytose, halo de spongiose, jalonnent la mar¬
che de tout eczéma au début. Parfois sans doute
il peut aboutir à l’exulcération et au puits épidei--
iniquc, tout comme, suivant la réponse cutanée
du patient, il peut se compliquer de parakératose.
Civatte considère la parakératose comme épiso¬
dique et, dit-il, (( je sépare nettement l’eczémalide
du psoriasis parce que ces deux parakératoses,
très souvent identiques quand elles sont achevées,
SC produisent par un mécanisme différent. .le
rapproche au contraire les eczématides de l’ec¬
zéma parce que les deux lésions, à un épisode
près, SC produisiVnt suivant le même mode. Cela
évoque pour moi, d’une part, l’idée de causes
différentes dans le psoriasis et les eczématides;
et d’autre part, d’une même cause ou d’une même
catégorie de causes dans l’eczématide et
l’eczéma ».
Si par ailleurs ces conclusions mettent eu inU-
riorité les théories de certains auteurs, dont
Waelsch, (]ui a soutenu la parenté de l’eczéma,
(( catarrhe humide », et du psoriasis, « catarrhe
■ sec », nés. sous l’excitation de toxines diverses
mais analogues, en revanche elles apparentent
franchement et confondent presque eçzémas
-séborrhéiques et eczémas. «Qu’en faut-il conclure
.sinon que les eczématides sont des eczémas
écourtés? Le début et la fin sont pareils. Seule la
vésicule de Willan a manqué. Est-ce assez pour
séparer les deux affections? » (Civatte).
322
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N“ 20
Aiixni ndmetlrons-nous que la peau 'séborrhéique
en puissance de pàrakéralose répond, en l'absence
d iininunilé au.r pyocoques, par la sensibilisation
il leurs li/sats, selon le mode éruptif des eczéina-
tides. Mais cii ce (ras, les candidats aux i)ai‘ak(;-
ratoses ligiiiares devraient également réagir à
tontes les crasses microbiennes et partant aux
cadavres d’éi)idertnopliytes.
Mycoses et eczémas. — Ainsi en est-il,
comme nous l’avions déjà montré dans notre
mémoire à la Société de Dermatologie. L’on sait
d’ailleurs (jue depuis lougtem])s règne pour les
mycoses sn|)erfîcielles une équivocpie de dénomi¬
nations. L’exem{)le en est le terme d’eczéma mar-
gitié. Lorscpie Ilébra eut clinicjuement défini
yerzéina marginatum de l’aine, il ignorait qu'un
jour lu'duier, Pick et Ka])osi y décèleraient des
champignons dont Sabouraud accuserait V Epi-
derinoj>lii/ton inguinale d’t'Ure le plus fréquent.
Le grou[)e des eczémas marginés engloba long-
lernps d'ailleurs des intertriit;os oïdio-ntyeosiqucs
de Dubreuilli, Petgeset Joulia et des erythrasnias
niierosporiqurs assez mal isolés les uns des autres.
Pourtant une description clinique précise peut
(’tre fournie de chacune de ces dermatomycoscs.
En fait le terme d’((czéma est parfois usurpé pour
l’épidermophytie inguinale tout coinnn; il peut
l’è'tre aussi pour les mycoses des e.rtrémilés et des
espaces interdiyitau.r dont, de[)uis Tominasoli, de
uondu'eux auteurs ont })récisé la natuiaî parasi¬
taire. 11 y a champignon toujours, eczéma jtarfois ;
d’ou l’on il tiré ((u’il n’y avait jamais ipi’ap])arence
d’eczéma. Pour les dermo-épideruiites prurigi-
niuises des sillons des orteils, le r()le des levures
invmpié en b’rance ])ar Gougerot et EliaschelF
a été pareillement allégué à l’étranger piir Whit-
lield, Heek, Ibrahim, Sicoli, i\Iac Cartliy, Kauf¬
mann, àX’olf, Castellani, Priestley. Il est discuté
pour certains hyphomyeètes depuis ([ue Jessner
et Kleiner ont trouvé des jiarasites identiques sur
le pourtour des ongles sains. Darier n’ajoute foi
(pi’anx oïdiomycoses à parasites du muguet dont
les récents traviiux de Stalndi, Mieseher, Klop-
stoek. Hiidiersheim ont montré la réalité.
Réeemmeut. Ravaut et Rabeau ont prononcé le
mot de Leeurides pour désigner certaines de ces
alfeetions, encore dénommées ccrtvnn.s mycosiques.
Darier a créé |)areilleuient le terme lï épidermo-
myeoses eezèmatoïdes.
Ravaut et Riibeiiu ont retrouvé l’intertrigo
mycosiipie à l'origine d’un cas de [larakératose
psoriasiforme. La pariisilose s’est comiirupiée
d’eezématides étendues à diverses régions du
ti'gumeiit. Ges lésions secondaires se sont mon¬
trées stériles et reludles à rensememjiunent,
tandis ipie se manifestait positive Y intradermo-
rèaetian à la triehophytine. Ce dernier test, signalé
en lilD'i iiar Plato et Neisser, a été dejmis })récisé
et vulgarisé par llruno Jlloeh. Chez une autre
malade de Ravaut, primitivement atteinte d’iuter-
trigo sous-mammaire à levure cultivable, des
lésions de parakératose se sont également déve¬
loppées. Leur ensemeneement est demeuré stérile
et la l’éaetion à la triehophytine est ri'stée ni'ga-
tive, .Mais la totalité des éléments parakérato-
siipies a été emportée par le même traitement
iodo-iodnré ipii avait eu i-aison des accidents
franehemeiit mycosiipies.
De notre' côté, nous avons observé ('liez deux ■
sujets analogues, dont le début parakératosiepie
remontait à un eczéma marginé jiriiuitif. une
réaction h’-gère à l'épidermophytine. C’est là un
argument bien modeste, mais non sans valeur.'
Par contre, nous ne comptons plus les malades
dont l’histoire eliniepie peut être résumée comme
suit : sur une peau séborrhéiepie existent des pla¬
cards plus on moins bien circonscrits d’eczéma
parakératosi(pie, peu ou ))rou psoriasiforines,
rigoureusement stériles si l’on tente d’en ense¬
mencer les squames, mais consécutifs à un eczéma
marginé typique dont se per(,’oit encore le dessin
cicatriciel. Les séborrhéides considérées sont sou¬
vent postérieures de jilusieurs années à l’épisode
myeosi(pie primitif, mais toujours reliées à lui
par des accidents intercalaires quasi continus.
Nous avons actuellement dans notre service deux
malades de ce tj'pe qui comptent quatorze années
d'éruptions échelonnées à partir d’un intertrigo
mycosique. Leur tégument lors d(' l’hospitalisation
était totalement tigré de médaillons parakéra-
tüsiques.
Semblable histoire justifie, seloii nous, la con¬
fusion qui naquit des termes d’eczéma marginé,
d’eczémas mycosiques, de mycoses eezèmatoïdes.
Les deux syndromes, parasitaire et spongio-para-
kératosique, s’intriqueiit souvent. La iirernière
en date des alfeetions est toujours l’éjiidermomy-
cose. L’eczématisation est contingente, toujours
postérieure; mais, souvent jirédominante, elle
survit aux hyjihomycètes que certifierait jiarfois
rintradermo-réaetiou. Nous demandons que l’on
veuille bien vérilier sur ce jioint notre modeste
résumé clinique. C’est à notre sens une histoire
de tous les jours. Ce qui légitwne notre interpré¬
tation, c’est la succession mycose, jmis paraké¬
ratose sans champignon, mais avec intradermo-
réaetion mycosique. En outre, « snblata causa,
tollitur elfectus ». Tout cela vaut une argnmen-
Le cas des trichomycoses. - Mais il y a
mieux encore, (ihez les humains de tous pays à
secrétions sudorales, axillaires et génitales, sura¬
bondantes, s’obs('rve fréquemment un chamjii-
gnon du poil, celui de la trichomycose palmellaire.
Selon Castellani, ([ui lui a donné en 1911 le nom
de Cohnistreptothri.r tennis, ce germe serait sus¬
ceptible d’association à des microbes chromo-
gènes, Micrococ(uis nigrescens et iSIierocoecus
Castellani, et [irodiilrait alors le jihénomène de
chromidrose. Ce micro-organisme est essentielle¬
ment superficiel et il n’('nvahit })rati(piement
jamais le tégument. Il résiste fort mal an savon.
C’est assez dire sa distribution démographi(pie.
Nous l’observons très frécpiemment chez les
jeum's soldats. Dr chez c.iiuj de nos malades,
nous avons jm noter l’existeiu'e d une parakéra¬
tose stérile dont le début paraissait se faire à
partir de la mycose axillaire revelee au jiorteur
par le jirurit ipi’elh' engendrait : le prurit lui-
méme n’était-il jias d’ailleurs la signature d’une
jietile toxidermie La prouvi'r se pourrait aisé'-
ment si le chamjiignon se cultivait à l'état de
puri'té. Il ne jionsse, hélas! (pie rarement et ])res-
(pie toujours associé à des microeoques. D’où la
difficulté de faire état d’une intradermo-réaction
trichomycosi([iie.
Conclusions pathogéniques. - - Allons-nous
donc créer des hybrides à l’infini et jiarler de
levurides eczématiformes, voire de trichojihy-
tides, d’épidermophytides, de triehomycosides
parakératosiques tout comme nous disions moro-
coccides, streptoeoccides et slaphylococcides?
Sabouraud, ipie nous -iiivoquons ici, nous a
signalé lui-même la voie d’avenir en définissant
les eczématides toxi-microbiennes. « Il y aurait
donc une deuxième classe d’eczématides à pré¬
voir, non [lins immédiatement microbiennes,
mais toxiques, causées à distamié par des poisons
microbiens. Pouripioi ce que nous démontrent les
trichophytides et les éjiidermopliytides ne serait-
il pas un phénomène jilus général, ])ouvant suivre
aussi bien les infections épidermi([ues micro¬
biennes (pie les épidermophyties? »
Ainsi, sur le tégument séborrhéique plus parti
culiérenient enclin à la parakératose, les infections
bénignes par les pyoeoques et les épiderrnophytes
laissent-elles s'installer une sensibilisation anti¬
génique au.r lysats microbiens et aux déchets mycé¬
liens : de cette semence sur un pareil terrain, nais»
sent nombre d'eczémas parakératosiques dont la
pathogénic dijférc peu, semble-t-il, des procédés de
l'eczéma willanique. La banalité de la graine jus-
tifie la fréquence clinique de ces dermatoses qui
vont de la modeste eczématide figurée aux grands
eczémas parakératosiques. franchement psoriasi-
formes.
Cet essai pathogéniqiie mérite une autre con¬
clusion que théorique. Ces alfeetions sont toujours
aisément curables en partant des données que
nous venons d’exposer.
Conclusions thérapeutiques. - Contre les
pyodermites, les auto ou stock-vaccins, et plus
particulièrement les lyso-vaccins staphylo-strepto-
pyocyaniques que nous associons à Y insulinothé¬
rapie (cf. L’association de l’insnline aux lyso-
vaccins dans le traitement des staphylococcies.
Jausion et Lenègre, Bulletin de la Société de
Dermatologie et de Syphiligraphie, n“ 4, Avril
192(Sj fournissent une théra])eutique causale. Mais
comme il est rare de ne point observer une cer¬
taine remanence de l’eczématisation, passée l’in-
feetiüii cutanée, mieux vaut enrichir le jirocédé
d’une désensibilisation neuro-végétative (cf. Le réile
de la sensibili.sation dans les eczémas et sa preuve
thérapeutique. Jausion, Lenègre et Vembd. Bulle¬
tin de la Société de Dermatologie et de Syphiti-
graphie, n“ 2, Février 1928).
Au reste, co/itrc les mycoses, la vaccinothé-
rapie jilusieurs fois tentée, voire jiar nous,
n’aboutit le plus souvent (ju’à un état fort impar¬
faitement réfractaire. En pareil cas, l’on jieut
administrer par la veine, soit avec Ravaut la
liqueur de Gram, soit avec Léri le mélange extem¬
porané de solutions équimoléeulaires d'.iode et d' hy-
posulfite de soude, mélange générateur comii.e
on sait d’un sel naissant, aussitéit détruit, le tétra-
thionate. L’on jieut avec avantage aussi injecter
la chrysarobinc solubilisée. Ce corps est pratiipie-
ment insoluble dans l’eau, àlais ses quatre fonc¬
tions phénoliques structurales lui confèrent la
jiropriété de se dissoudre dans les solutions alca¬
lines. Le produit injectable dont a bien voulu sur
notre demande nous doter le professeur Debuc-
quet, du Val-de-Grâce, a été obtenu en solubilisant
la chrysarobinc dans une quantité sensiblement
théorique de liqueur sodi({ue. La très légère alca¬
linité de la solution nécessite l’addition nlté'-
rieure-d’uu sel acide qui ramène la réaction vers
la neutralité. Chaque ampoule de 1 emc titre
2 milligr. de chrysarobinc. L’inji'ction intra-vei¬
neuse en peut être renouvelée quotidiennement.
Mais cet antimycosique est de faible rendement
dans quelques épidermophyties. C’est pourquoi
nous avons cherché un produit tour à tour actif
contre la mycose et l’eczéma, voire contre
l’eczéma tout court, quelle qu’en soit l’origine,
pyococcique ou mycosiipie. Nous avons euijirunté
à Ravaut Y hyposulfite de soude, que nous admi¬
nistrons non moins largement que lui, à la dose
de .’) gr. dans un véhicule de 20 eme [lonr une
injec/tion intra-veineuse. Nous enrichissons cette
solution de .o milligr. de ehlorhydratc de piloear-
pine, procédant à cet égard des idées de Vernet
sur le rùle désensibilisateur du jaborandi et de
ses jirincipes. Du jioiut di' vue prali((ue, cette
formule assure en outre une élimination considév
rable du soufre à la peau, l’elfet excito-sécrétoiri'
de. la pilocarpine ayant pour résultat une suda¬
tion très active.
l'uifin contre h- facteur parakératose , (pie com¬
battait si bien dans le psoriasis la médication
qu’avec Debucquet et Pecker nous avions jiri -
posée pour cette dermatose, nous employons éga¬
lement Y émétique arsenical de pyridine mélange
à un bismuth soluble. Ce complexe, dit k jisc-
thanol », nous a valu de plus nombreux blanchi¬
ments que toute autre cure du « catarrhe sec ».
Nous lui devons aussi d’avoir nettoyé h's grands
eczémas parakératosiques.
N» 20
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars- 1929
323
'fol osl noire rorniulaire qui se passe, oii le
voil, tl(‘ topiques. Il suffit à nos ti'aiteinents.
Là, çouime pour l’eczéma willaiiique, nous
usons de médications générales, sinon patliogé-
niques. Notre exposé tend à unifier, sinon ,à sim¬
plifier, la question complexe des eczémas micro¬
biens et pai-asitaires. Notre jntei'prétatiou n’est
pas , qu’une vite de l’esprit, nous la croyons vraie
et quicorupie oltservera en viendra sans doute à
nos couclusious.
lin un prochain essai, nous tenterons de dé¬
finir la constitution séborrhéique el plus généra¬
lement les constüulions dcrmojiatliif/ues.
L’OHIGINE ET JA Rl'îABSÜUl^TlüN
LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
Par François PEDRAZZINI (de Milan).
Ce n'est ([ue récemment que j’eus occasion de
lire dans Ln Prensa Médicale l’article de MM. Riser
el Raymond, sur l’origine du liquide cérébrp-
Gomuie ce fut moi c|ui, le jiremier, soutint
que le li(|uide céphalo-rachidien provient ])ar
liltralion des artérioles et est réabsorbé par les
veines, je trouve nécessaire, bien (pi’en rtdard,
de revenir sur cette (piestion pour éclaircir le
point obscur.
Pour comprendre, non seulement l’origine du |
li(|uide céphalo-rachidien, mais eiicorc tous les ;
autres phénomènes circulatoires et hémo-hydrail- i
li((ue.s encéphalo-médullaii'es, il faut tout d’abord
se foruier une idée exacte du systètiuî par leijuel
J’insiste sur ce point et j’y reviendrai même
sous peu dans un méiuoire intitulé : Archuecturc
et liéiiioliydratilitfUü du Hystèma ceanio-verlébral-
e.ncéplialo-inéduUaivc..
Le crâne, la eoloune vertébrale, les méninges,
le cerveau et la moelle épinière sont les parties
d'un seul et unique système mécano-liydi’auli(|ue
(|ui, à l’état normal, est fermé el inséparable.
Je répétais jadis, dans La PeexHe, Médicale :
« Obésité et Hypertension* » :
<c Mais la circulation cérébro-spinale, aÎTisi que
je le soutiens depuis plusieur.s années, eo.r claiiiaiin
in desvrlu, s’accomplit suivant un système propre
spécial hémo-hÿdrodynainiq.ue, qui n’est point à
comparer avec la circulation générale.
« Etant mal interprétée, elle garde trop d’in¬
connues pour que ses relalious se fassent bien
évidentes. »
Je fis, du crâne, le point de déjjart de mes
recherches eu le .considérant sous son double
aspect |)hysiqucet auatomique'';'-’-'’-’.
1. La*fresso Médicale, ly28, n" 71.
2. b. F. PiiUKA.zziNi. — « Suit’ oi'igiuc dell’ idrope dei
ventricoli c délia papilla da stasi nei turnori iiilVacra-
nici r. Gazzetta. Mcdica llaliana, t. LVII, n"- à:i, 'ti, '(5,
3. D.F. Pimiu/.ziK). -« Délia ci ■•cola/.ioue encctalo mi-
dollare fisiologica e del liquide cerebro s])inalc ». Ilivista
t'Ospcdale Maggioie; n' li), t. U, '
4. D. F. PEDTiA.zziM. — « Obésité et liypertensjoii ». La .
l’resse Médicale, n" 87, 1" Novembre 11122.
5. D. F. Pedraz7.ini. — « Studio salle lesioni del cra-
nio ». Jiollctüno Mcdico„Chirurgic,o dclV Isiiiuto PoIUera-
peutico, 1897, ed in volume separato.
G. D. F. PiîDKAZziNi. ■— « 1 traurai del capo e le loro
conseguenze indirelle sulP encetalo ». Gazzetta Mcdica
Lombarda, n- IG, 17, 18, 19, 1905.
7. D. F. Pedrazzini. — « Nuovo contributo alto Studio
delle lesioni del cranio >. ■Gazzetta Mcdica Ualiana, 1906,'
n" 43, 44, 45. , .
8. D. F. Pedkazzim. — « âliatûn>ia morl'ologiea e mec-
canismo di reaistenza del cranio ». La CUnica Chir'urgica,
1911.
9. ,1). F. Pedhazzim. — « Meccanica Cranlch e iisica
cerebéulc ». Sezioue incdica, 1921.
Ce n’êst qu’ainsi que, à mon avis, l'on parvient
à comprendre l’action exercée par les différentes
parties de la boîte osseuse et par la dure-mère
dans la contention et la protection mécano-
hydraulique de l’axe nerveux.
Je fus amené, par suite des considérations ci-
dessus, à rcchei'cher une explication physi(|ue
aux nombreuses particularités anatomiques qm;
présente l’appareil circulatoire encéphalicpie. Et
je constatais, au cours de mes expériences, qm;
h?s sinus veineux ne sont |)as influencés au même
degré par la pression eudocranicnne : tandis qiu;
quelques-uns d’entre eux sont absolument indéfor»
niables quelle c|ue soit ht pression, d’autres su¬
bissent des changements par l’elfet d’une aug¬
mentation de cette pression même.
Parmi les [iremiei's, il faut classer le sinus
longitudinal supérieur et les latéi'aux formant
ensemble les voies veineuses de la voêite : il en
est de même pour la partie postérieure du sinus
droit.
i Pai' conti’e. sont déformables les sinus lei'ini-
naux de la base, c’est-à-dire les caverneux el les
])élreux inférieurs, ainsi que la jior.liou autérieure
du droit.
Leur défoi'iuabilité .étant jirouvée, les sinus ne
pouvaient plus être considérés comme des canaux
inertes, mais bien comme les régulateurs de la
circulation cérébrale suivant la pression eudo-
cranienne, opportunément situés dans la jiarlie la
|)lus basse de la canalisation sanguine.
Les lacunes de Faivre et les veines émissaires
se révélaient ainsi comme de véritables débou¬
chés de sûreté contre l’afilux excessif du sang
aux sinus longitudinal supérieur et latéraux
alors que la pression intracrânienne, étant
excessive, réduit les voies de déchargement à
la base ou les ferme totalement. Les petites
artères, enveloppées jiar la gaine et par l’espace
endo-lymphatique de Robin, pouvaient se com¬
parer, au point de vue physique,^ à un doubhi
tuyau élastique ; comme elles fonetionuaicnl
accouplées, les phénomènes se produisant dans le
vaisseau intérieur devaient nécessairement être
communiqués au liipiidc de l’espace endo-lym-
phatique et se rcqiercuter sur la gaine et vice
La disposition — toute eu surface des veines
jiie-mériennes en contact direct avec le liquide,
leur ténuité, leur man(|ue de valvules, toutes ces
qualités assemblées coucouraieul à les rendre sen¬
sibles aux légères oscillations se vérifiant dans la
pression de ce 'même liijuide et en même temps,
la richesse des anastomoses facilitait le déchai’-
gement du sang de reflux vers la voûte ou hi<'u
vers la base ou encore dans les deux directions
suivant l’iniluence qu’exerçaient la pression et
l’ouverture des sinus. ■
Or, le liquide se trouvant dans les -espaces
endo-lymphatiques ou périvasculaires peut se
comparer par les effets qu’exercent sur lui les ten¬
sions élastiques des parois artérielles et des
gaines à celui qui se trouve dans l’espace exis¬
tant entre deux tuyaux élastiques concentriques.
Le liquide arachnoïdien, communiquant avec
celui des espaces périvasculaires, est contenu
dans un sac fermé' que, par la ténuité de l’ara¬
chnoïde, nous pouvons considérer comme étant
formé de la dure-mère.
■ Ce sac, dans la cavité crânienne, est en contact
immédiat avec la boîte osseuse rigide, irréduc¬
tible el inextensible. *
Dans le creux vertébral, par contre, entre la
dure-mère et là colonne vertébrale, il existe
une . masse abondante de graisse molle enve¬
loppant la méninge elle-même, outre d’impor¬
tants plexus veineux en communication directe
avec les plexus veineux extra -rachidiens,, au
moyen de nombreuses anastomoses.
Le sac durai médullaire, fût-il aussi inexten¬
sible que celui du Crâne, où le contact avec la
voûte ostéo-fibreuse est immédiat, et celte cavité
crânienne, à son tour, ne dût-elle posséder quel¬
que issue pour les augmentations de pression,
aucune déformation élastique vasculaire n’aurait
jamais lieu, comme si ces vaisseaux étaient eux-
même rigides.
L’augmentation de pression que le flot artériel
tend à produire ne trouverait point de compen¬
sation à la suite de la réaction exercée par la
boîte osseuse rigide et inextensible et la déforma¬
tion des vaisseaux en serait défendue.
Mais la hausse de pression survenue dans la
cavité crânienne trouve son essor dans le canal
vertébral où elle est immédiatement compensée
par la sortie d’une (juantité égale de sang prove¬
nant du plexus veineux eudo-rachidien et se
déversant dans les extra-rachidieus, el par la
flexibilité el la compressibilité de la graisse
péri-méningée.
Dans le liquide cérébro-spinal, les pressions
se transmettent uniformément, suivant le prin¬
cipe de Pascal, hormis le cas de la transmission
dynamique du heurt par le fait qu’un choc sou¬
dain et instantané ne laisse pas à ce principe le
temps de .se vérifier.
Les ventricules cérébraux jouent le rôle de
véritables chambres de sûreté au cas de hausses
excessives de pression : même elles ont nette¬
ment une telle fonction en des conditions anor¬
males et pathologiques. Leurs accès (trou de
Magendie, trous de Luschka, aqueduc de Syl-
vius, trous de Monro) à cause de la capillarité du
conduit, ou de leur rétrécissement par le passage
du plexus, étant mouillés de liquide, présentent
des résistances d’adhésion que la pression phy¬
siologique se trouvant dans le liquide ne peut
vaincre.
'foules les oscillations du liquide cérébro-
spinal dépendent des. actions élasti(|ues vasales
et leurs manifestations matérielles se vérifient, la
plupart, dans la cavité rachidienne, où elles
trouvent leur compensation. '
Le crâne fermé, le cerveau n’est point sujet aux
secousses pulsaloires ; son immersion dans le
liquide cérébro-spinal fait qu’à chaque pulsation
intérieure corresponde immédiatement à l’exté¬
rieur, par la transmission du liquide et la réper¬
cussion sur le sac durai, une action égale et con¬
traire et la masse cérébrale n’eu ressent aucune
perturbation.
Par contre, dans le cas d’une solution de con¬
tinuité du crâne, limitée par des tissus flexibles,
les oscillations de la pression du liquide céphalo¬
rachidien donnent lieu, en ce point, à des affais¬
sements pulsaloires ius(|u’à ce que la capacité
du sac extérieur parvienne à compenser toute
la déformation élastique vasculaire endocra-
nienne.
Si en plus de la sohition de continuité du crâne il
y a lésion des méninges et que le sac soit ouvert, les
chocs du flot artériel sur les parpis des vaisseaux,
chocs que la réaction élastique du sac méningé ne
parvient plus à contrc-balancer, s’expliijuent sur
le cerveau en taijt qu’une véritable secousse, et
alors seulement le pouls cérébral peut être com¬
paré à celui des autres organes.
Im sac arachnoïdien fermé et plein de son
propre liquide reste eu état de tension élastique,
(lue l’on ouvre ce sac et (ju'on le mette en com¬
munication .avec l’extérieur, les pulsations des
artères, se traduisant ])ar une augmentation du
volume, donneront lieu à un déplacement du
liquide qui cherchera alors à s’évader par l’ou¬
verture préalablement pratif|uéc.
Le peu de liquide sorti (dont le volume cor¬
respond à la mesure du rétrécissement du sac),
la tension du sac finira pai’ être élidée à sou tour
el le liquide restera tout simplement so^is sa
propre pression hydrostatique.
En oe cas, les augmentations ou les diminu¬
tions de volume a|iporlécs au contenu du sac, pai’
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LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N» 20
les pulsations se traduiront en simples élévations
ou abaissements du niveau.
Un engin si mervcilleu\ ne saurait, certes,
passer inobservé.
Ktant passé à l’élude de l’origine et de l’absorp¬
tion (lu licjuide cérébro-spinal, je remarquais
alors que les petites artères cérébrales, entou¬
rées par les gaines lymphatiques et les espaces
endo-lym])liati(ities, j)résentent (|nel()ue analogie
avec les gloim'Tules des reins. Kn elTet, les arté¬
rioles cérébrales sont envelop[)ées par la gaine
lymphali(|ue tout autant (pie les glomérnles le
sont par la capsule de Bowrnann.
.\i la conrortnalioii en pelote des glomérules du
rein, ni celle ramifiée que présentent les artères
du cerveau ne peuvent, d’ailleurs, avoir aucune
inllueiice sur le principe j)bysi(pie dominant en'
cette ((iieslion. (les oi'ganes présentent, tous deux,
un vaisseau sanguin sous pression, contenu dans
une cavité à pression inférieure.
.Nous avons là, précisément, les conditions
d’un lillre.
Point de variations non pins, dans cet ordre
d idées, chez les artérioles et les précapillaires de
la pie-m(''re. si l'on excepte qu'au lien d'être
entourées par l’esjjace ])érivasal, elh's se trou¬
vent en contact direct avec le ])lns griind réservoir
arachnoïdien.
Les urines, représentant le [)roduil de la sécré¬
tion rénale, sont éliminées par un appareil spécial :
à son tour, le li(piide céphalo-rachidien se recueil¬
le dans le sac iirachnoïdien fei'iné et, [)Our (ju’il
soit rcnotnndé. il lui faut tout d’abord être
réabsorbé.
De même (|uc les artérioles et les |)réciipillaires
cérébraux donnent, par leur conformation phv-
sicpie. l’idée d’un Mitre déversant son produit
(In loriaml circulatoire dans le sac arachnoïdien,
les veines, nue fois dé[)onrvncs de leur couche
mnscnlaire par suite de (pioi leurs parois se pré¬
sentent extin'inemcnt minces, an contact avec le
licpiide cérébro-spinal dont la pression est plus
hante (pie celle de leur propre Ilot sanguin,
agissent à leur tour, telles (pi’un lillre ([ui,
tirant le li(piide du sac arachnoïdien, le redonne
.l’écrivais en P.IK) (pie si celte comparaison
corresjnmd à la vérité, la (pianlité physiologi(pie
du li(pii(le cérébro-spinal (h'^pendra de la régula¬
rité (In l'onctionnement de ces deux Mitres et du
développement harmonieux des vaisseaux.
Une |)erm(‘abilité anormale, un dévelojtpemenl
irrégulier et dispi'oportionm' des vaisseaux, des
trouilles circulatoires causeront des altérations
de la (pianlité du liipiide et ces altérations se
répercnteronl à leur tour sur la circnhition.
Une autre exigence inéluctable se présentait
alors à mes études : maintenir l’intégrité du sys¬
tème. Dans ce but, j’injectai à plusieurs reprises,
à litre d’essai, dans la carotide de (pielques ani¬
maux, des snbstaièces (pie j’allais ensuite recher¬
cher dans le li(pii(le cé|)halü-rachidien extrait par
pi(p'ire.
-le répétai cette expérience sur le sac arach¬
noïdien, et recherchai alors mes substances dans
le sang d’une veine jugulaire et dans la lymphe
du canal ihoraciipie.
Dans le cas de la piipii'e dans la carotide,
attendu lécoulement continuel du sang, ma
substance index linissail par être passée, en sa
plus grande partie, dans la circulation générale,
cl être assimilée par les tissus avant (ju'elle eût
atteint un degré suflisant pour rendre évidentes les
De même, si je iiraliquais mon injection dans
le réservoir arachnoïdien et si j’extrayais en¬
suite, par intervalles, d'une veine jugulaire le
sang à examiner, le déllux libre des autres veines
attirail encoi'c la substance dans le courant circu¬
latoire général et dans les tissus dès qu elle avait
été introduite.
Les l'éactions demeuraient faibles. On y perdait
l’exactitude de la mesure sans calculer que
d’autres causes concouraient à ce défaut, soit :
diffusibilité, dispersion de la substance dans les
tissus extérieurs, déchirement éventuel des gaines
vasculaires ou nerveuses ou du sac arachnoïdien
lui-même par suite d’une pression exagérée ou
encore des changements que subissait la circula¬
tion encéphalique.
Walter Thomas a cru expliquer pai- l’expé¬
rience la pathogénie de l’hydrocéphalie et il
inj(‘ctait dans ce but de l’aleuronate dans le ven¬
tricule'.
Il obtint en ell’el une récolte ventriculaire,
mais celle-ci au lieu (le liquide arachno’i'dien était
constituée par un exsudât.
L’aleuronate, c’est M. Thomas qui l’écrit, a
provoqué une action inllaminatoire aiguë carac¬
térisée. pendant la première semaine, par un
exsudât que formaient, pour la plus grande partie,
des leucocytes plurinucléaires.
(.luelque temps après, il en dérivait un procès
chronique, les cellules polynucléaires étaient
remplacées par d’autres de nature lymphoïde, par
(le grandes mononucléaires et par la proliféra¬
tion du tissu connectif dans le plexus choroïdien.
M.M. Dandy et Blakfan^ à la suite de leurs
expériences de ligature de la veine de Galien et du
sinus droit ou bien de la clôture de l’aqueduc,
concluaient que le liquide se forme dans le ven¬
tricule et que l’aqueduc de Sylvius est néces¬
saire à sa dérivation.
En réalité, les expéi’iences de Dandy et de
Blakfan ont uniquement prouvé qu’en altérant la
circulation par la ligature du sinus droit et de la
veine de Galien, la production du liquide dans les
ventricules augmente et que l’ouverture de
ra([ue(luc est nécessaii'c.
Ces mêmes considérations valent aussi pour les
expériences de cathétérisation de l’aqueduc de
Sylvius, faites par M.M. Cushing et ^^’eed.
On a voulu démontrer l’action sécrétoire des
plexus choroïdiens (Cappelletti, Sichard. Petit,
Girard) par l’injection de substances pharmaco¬
logiques (pilocarpine, éther, muscarine, chlora-
lium, théohromine, phosphate tribase de sodium,
atropine, aconiline, etc. , mais ces substances
M. Sepp’, (pii, l'écemment, admettait que l’oi'i-
gine (lu liquide devait être attribuée aux artérioles
Iransuantes, suppose l’existence, dans les capil¬
laires cérébraux, d’une membrane ininterrompue,
lisse et unie. la(iuellc, les prol(''geanl ainsi que le
ferait une cuirasse, les dépouille de leui- pro¬
priété fondamentale, bien présente, au contraire,
dans ceux (h's autres organes, c’esl-à-dii’e la
faculté (le s’étendre considérablement.
Mais les parois des cajiillaires sont si minces
([u'elles ne sont perceptibles, au microscope, que
lorsqu’elles sont parcourues par les globules du
D’ailleurs, l’élasticité des vaisseaux constitue
le ])i’incipe dominant dans toute la circulation du
sang, tendant à diminuer les altritions, à alléger
le travail dii cceur. à maintenir le courant (juoi-
(pie rinqmlsion cardiaque soit discontinuelle et,
enlin, à redonner à ce courant le (piantum d’éner¬
gie ear(lia(pie s’élanl dispersé par la déformation
élastique vasculaire.
On ne voit pas dans (juel but il existerait une
membrane autour des capillaires devant en limi¬
ter l’extensibilité et augmenter en même temps la
pression du sang en amont, si, comme il est
1. .M. 1). WAi rrii Tii().\ias. » Ux|.erimentul liydroce-
lihidiia .1, The Journal af e.rperiincntal Meilieinc, llll'i,
' ■>. W. E. Ua.mji et Iv. 1). ÜLAhi A.s. - « Hjdi'(.c(q.hal(i9
iiitcinus (Eiue (‘xperimciitcllê kliiiisohe uiid |mth(il(i-
giaclic l'ntei'suchiingi Ueitrage zur hlinisehen Chirur¬
gie, l. XEIII, H. I, S. ;)1I2.
;t. E. Si;ee. - Die Di/uamih lier IttutzirhulalUm im Ce-
hirn. Wrlnif voii .liiMus Spciujr,.,., neclhi, litiS.
résulté des recherches de Krogh et de Kylin, un
grand nombre de capillaires, à l’étal physiologique,
demeuraient inactifs, et étaient réservés pour
multiplier les voies et faciliter le déchargement
alors que le réclament, soit une plus forte activité
de la circulation, soit do jiliis grandes résistances
s’opposant au courant.
Les expériences d’isolement du segment médul¬
laire dorso-lombaire que MM. Riser et Raymond
Sorel viennent de faire connaître fractionnent et
entament l’intégrité du système. 11 en dérive un
amoindi'issemenl de la réaction élastique durale
dans la partie crânienne supérieure, proportion¬
nellement à la surface rachidienne qui en avait été
séparée : d’où un engourdissement de la circulation
encéphalique. Le segment inférieur, à son tour,
reste privé des actions élastiques vasculaires de la
masse encéphali(jue et des oscillations de pression
inhérentes : en un mot, il prend des conditions
Mais reveiions-en à ma vieijle (juestioii : « Si
le li(jui(le se forme dans, les ventricules, d’où
provient celui qui entoure la masse nerveuse en¬
céphalique et spinale, lorsque les communications
ventriculaires avec les espaces arachno’ùlieus sont
interceptées et que les ventricules sont fermés? ”
Pour la résoudre, si l’expérience n’y suffit pas.
il faut avoir recours à l’observation. In mrdiriiin
iini/orem oiiii facit obsoraatio quuni r.iqicrieutiu ,
affirmait Baglivi, et Iluchard en répétait la
maxime à son auditoire.
La connaissance du système hémo-hydraulique-
encéphalo-médullaire, l’étude rationnelle des
hydrocéphalies, nous donnent des éclaircissements
relativement à la source et au déchargement du
liquide
11 me serait très facile d’en donner la preuve
évidente, ce que je ne peux faire faute d’espace.
.l’arrive donc à la conclusion que l’étude des
hydrocéphalies démontre ((ue le liquide céphalo¬
rachidien est originellement le produit d’une
fonction vasculaire ; ('ela nous autorise à penser
qu'il provient par filtration des petites artères et
(les capillaires dans toute la surface du réservoir
arachnoïdien, entre les gaines périvasculaires et
dans les ventricules, et qu’il est absorbé par les
veines pie-méricnnes et choroïdiennes.
TllAlTKMKXT
l’invaCtINATion intestinale
AIGUE
CHE'Z L’ADULTE
l’iir G. LECLERC ide Dijon).
L’iiivagiiialion aiguë de l’adulte, moins excep¬
tionnelle qu’on ne le crt^yail, a été I an dernier a
l’ordre du jour de la Société de Ghiriirgie de
Paris.
.V propos de trois cas inédits recueillis dans
mou service, nous avons, mou (dief (le clini(pic.
M. Ilubner et moi, colligé toutes les observations
1. 1). E. PcDiiA/.ziM. « Degli idroci'fali ». Os/ieilale
Muggiore, Eiivrier 1U17, n“ i.
2. D. F. l’cUHA/.ZIM. .( Delta eoiainnziniie .Mauuali
llaepli, lit 17.
a. D. F. Fkdua/.zinc ■ '( Sul co.si detUi polso ccrehnile
e siille oscilla/.ioni pletismograluhe nello sUidin délia
ciredlazioae eerebrale ». L’Ospedale Miiggiare, a"' 8, 10,
ï. D. F. PiiUUAZZiM. — » Siigli idroeel'ali (•(((([{eaiti da
alterazioiii delle ])iecole arti'rie e siilF nrijfine dél liquida
(•(•falo-rachidiaiia ». Il Polielinieu (Seziaue practica), 1920.
5. D. F. Pedrazzini. — (( Il fatlave ineeeaniea uella
eniorcatîia eerebrale ». Arehieiu ili Patolagia e Cliniea
.Meiliea, 1922.
(i. E. F. PcuKAZzi.M. -• » Délia eosi delta inenini'ile
sierasa a pseuda tuiiiare di Nonne ». Arehieio <li J’atalu-
gia e Cliniea Meiliea, Septembre 1920.
N» 20
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
325
publiées en Franco et essayé d’écrire le traite¬
ment de l'invagination aiguë de l’adufte, d'après
l’étude de ces documents. Nous n’avoïis d’ail¬
leurs retenu (jue les cas d’invagination vraiment
aiguë, éliminant, non seulement les cas cliro-
niques, mais ceux où l’évolution aiguë n’est que
la phase terminale d’une plus ou moins longue
invagination chronique. Naturellement, il y a des
cas intermédiaires, mais nous n’avons retenu
que les cas indiscutablement aigus; nous avons
ainsi étudié 24 observations.
Les opérations qu’on a prati(piées sont les sui-
1" La déni/n'n<>inn/ion. - Celle-ci a ])u èire
réalisé(‘ 12 fois sur 24 cas.
File n'est évidemment qu’une opération synq)-
lomatique car elle laisse persister la cause de
l’invagination. Aussi a-t-on pensé qu’il y avait
lieu de la compléter par la suppression de cette
<'ause. Lorsque celle-ci est facile à reconnaître,
on la supprime. Une tumeur, ])ar exemple, enle¬
vée soit par entérotomie s’il s’agit d’une tumeur
bénigne intra-cavi taire, soit par résection s’il
s’agit d’une tumeur maligne ou si la bénignité ne
jtaraît pas évidente.
La cause de l’invagination a pu n’étre que
soupçonnée et l’on a pensé, qu'en particulier, les
lésions de l’appendice pouvaient être respon¬
sables de sa ])roduction. Aussi a-l-onété logique¬
ment amené à compléter la désinvaginalion par
rap])endicectomie. D’autres fois, on était en droit
de soupçonner un méso anormalement long, un
cæcum mobile ; on a fait alors suivre la désinva¬
ginalion d’une cœcopexie ou d’une columnisation.
2° La résorJion du boudin d’ invagination (inva-
ginant et invaginé). — File peut se terminer soit
par l’anastomose des deux bouts (termino-termi-
nale, latéro-latérale ou latéro-terminale), soit,
dans les cas très graves, par l’abouchement des
deux anses à la peau, le rétablissement de la cir¬
culation intestinale étant remis à plus tard.
3" La résection du cylindre invaginé à travers
une. incision du cylindre invaginant appliquée ])ar
Lejars, Maunsell-Moulins, .lesset, Delore à l’in¬
vagination chroni(pie peut l’ctre à l’invagination
aiguë, ^ .
4" \,' anastomose, faisant communiquer deux
an.ses sus et sous-jacente. Elle peut être réali.sce
sous la forme de l’exclusion unilatérale (Villard).
.5" L’anus contre nature sur l'anse sus-Jacenle
au boudin d'invagination,
G" \j' extériorisation du segment malade avec
lislulisation au-dessus de l’obstacle (Tixier).
Quelle que soit l'opération pratiquée, le résul¬
tat est assez favorable puisque sur 24 cas, on
compte seulement 4 morts, soit G pour 100 de
mortalité. C’est un bien meilleur résultat que chez
le nourrisson où la mortalité est comme on sait
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DES SCIENCES
18 Février 1929.
Différenciation des sérums normaux et patholo¬
giques (oxydabillté des sérums). — MM. R.
Douris, Cb. Mondain et M^^'> M. Plessis ont pro¬
cédé à des recherches expérimentales en vue de dé¬
terminer quelles sont les différences d’oxydabilité
pouvant exister entre le sérum normal et le sérum
cancéreux.
Ces recherches leur ont montré que le coefficient
d'oxydation qui exprime en milligrammes la quantité
d’oxygène absorbée pour 1 cmc de sérum est compris,
pour les sérums cancéreux, entre 80 et 120; pour les
sérums syphilitiques à réaction de Bordet-Wasser-
inann positive, entre 107 et 134 ; pour les sérums
normaux, entre 128 et 144.
L’examen de ces trois zones de différenciation,
comme l'on voit, fait constater un empiétement qui
très considérable, surtout quand la laparotomie
est faite après la 12' heure. Dans ce cas, on le
sait, la simple désinvagination amène souvent la
mort chez le bébé, alors que chez l’adulte, même
])ratiquée plus de douze heures après les premiers
symptômes, elle est presque toujours suivie de
guérison.
Mais, parmi toutes les opérations proposées,
quelle est la plus efficace, et quelle est celle qui
fait courir le moins de ris(pies au malade ?
La désinvaginalion a donné 12 guérisons sur
12 cas ; la guérison est donc la règle. Aussi
l’opéralion est indiscutablement indiquée toutes
les fois (ju’elle est possible. Il ne semble pas (pie
l’on doive tenir compte dans la jiraticpie de l’ojii-
nion de M. Villard [Société de Chirurgie de Lyon,
10 Novembre li)27) qui pense qu’il faut toujours
résécpier l’an.s-e pour qu’elle ne se réinvagine plus.
Doit-on compléter la désinvagination par une
des interventions signalées ])lus haut, qui s’adres¬
sent à la cause de l’invagination? C’est affaire de
cas particuliers : cela dépend de la nature de
l’agent causal et de la précocité opératoire.
Ainsi, lorsque le malade présente un étal général ,
eru-ore satisfaisant et qu’on sent, à travers la
paroi intestinale, u’ne tumeur bénigne, on devra,
évidemment, ouvrir l’intestin et enlever celte
tumeur. Au contraire, si l’état général est très
mauvais, mieux vaudra remettre l’ablation de la
tumeur à plus tard.
Pour ce qui est de l’ajjpeudicectomie, il est
bien difficile de savoir si les lésions ajipendicu-
laires constatées fréquemment dans les invagina¬
tions caeco-coliques ou iléo-cæco-eoliques sont la
cause ou la conséquence de l’affection ; il n’est
cependant pas déraisonnable, dans ces conditions,
de réséquer l’appendice ; encore faut-il ([ue les
accidents ne soient pas trop anciens et l’état
général trop bas.
Quant aux pexies et columnisations du ca'cum,
elles paraissent anodines et recommandables
chaque fois que l’intestin présente une anomalie
tant dans le défaut d’accolement que dans la mo¬
bilité ou même ({uand la cause de la maladie
n’apj)araît pas à l’opérateur.
Pour ce <pii est de la résection du boudin d'in¬
vagination, elle ne peut être envisagée (pie dans
le cas où la désinvagination n’est pas possible.
Kn résé(piant un segment d’intestin en obstruc¬
tion, on aggrave, en effet, singulièrement le pro¬
nostic. La statistique donne 2 morts sur 7 cas.
C’est une mortalité très importante, mais
cependant pas prohibitive, vu la gravité d(;
l’affection. Aussi, lorsque le malade est résistant,
lors(jue l’état général est satisfaisant, si les acci¬
dents sont récents, si le ballonnement du ventiv'
n’est pas trop accentué, c’est une opération ([Ue
l’on peut fort bien envisager.
empêche une délimitation nette et un diagnostic
G. ViTOUX.
ACADEMIE DE MEDECINE
5 Mars 1929.
M. Gosset lit une Notice nécrologique sur M. Re-
M. de Lapersonne lit une Notice nécrologique
sur M. Truc.
Sur quelques cas d’hémiplégie infantile. — M. L-
Babonneix décrit un certain nombre d’hémiplégies
infantiles dans lesquelles existait quelque particula¬
rité d’ordre moteur ; début par ictus, épilepsie bra-
vais-jacksonîenne s’annonçant par une aura visuelle,
hémiparaplégie, mouvements involontaires spéciaux;
réflexe : Jiigne de Babinski spontané du côté de l’hé¬
miplégie, atonie localisée ou généralisée, torticolis
spasmodique; sensitif : astéréognosie de la main;
sensoriel : hémianopsie, signe d’Argyll-llobertson,
kératite interstitielle, atrophie optique, microph-
Quant à la résection du seul boudin invaginé à
travers le cylindre invaginant, opération préco¬
nisée par Lejars dans les formes chronique.s, elle
ne nous paraît pas à retenir. Ce n’est pas parce
qu’elle m’a donné une mort dans un cas où l’état
■ général du sujet était fort grave, mais parce qu’elle
m’a paru plus complexe et aussi grave que la
résection.
Que penser de l’anaslomose comme moyen de
traitement de l’invagination aiguë ? Elle paraît,
au premier abord, fort illogiijue car elle laisse
persister l’invagination et nejiallie (pi’à l’obstrue-
lion. Ce])emlanl, on est étonné de trouver que
dans les 3 cas où l’anastomose a été employée,
elle a amené la guérison. Comment les choses
s'arrangent-elles ? Nous n’avons pas de pièces
])our juger. Cependant, il faut se rajipeler la
thèse de Lombard (2 cas d’invagin.ation guéris
spontanément par élimination du boudin inva¬
giné (Lyon, Février 1921).
Dans deux cas, DI. Villars a réalisé l’anaslo-
mose sous forme d’exclusion unilatérale. Celle
opération est inférieure à la simple anastomose,
le segment d’intestin situé au-dessus de l’olislacle
étant dangereusement exposé à la ^urdistension
et à la perforation, comme je l’ai montré depuis
longtemps [Société de Chirurgie de Lyon, 5 No¬
vembre 1908). Cette efficacité inattendue de
la simple anastomose est à retenir et on est cer¬
tainement autorisé ù l’utiliser, le cas échéant.
Enfin, l’extériorisation avec fistulisation intes¬
tinale est une intervention (pii, certes, est de
fortune, niais ipii doit étr(> connue et (jtii, dans
des cas désespérés, peut sauver le malade. M. le
]>rofes8eiir Tixier y a insisté avec raison à la
Société de Chirurgie de Lyon, Novembre lf)27.
(juaiit à l’anus jiur et simple, c’est une jii’a-
tiipie à proscrire formellement, car cet anus porte
sur le grêle et laisse riiivagiiiation persister à
l’intérieur du ventre. Mieux vaut, me semble-
t-il, parmi les moyens de fortune, un des deux
précédents.
En résumé, lorsipie la désinvagination est pos¬
sible, il faut indubitablement la jiratiquer. Si elh>
est impossible, on fera la résection intestinale,
dans les cas récents où l'état général est encore
bon, où l'invagination porte sur le grêle et où,
enfin, le boudin d’invagination n’est pas trop long.
Dans les cas inverses, il y a lieu de faire con¬
fiance à l’anastomose et de l’apjiliipier sans trop
de craintes. C'est évidemment moins séduisant et
moins rationnel, cependant cette opération semlile
avoir une réelle valeur.
Dans les cas désespérés, rextériorisation suivie
de fistulisation nous parait être la meilleure des
conduiles à tenir.
talniie, cataracte double; viscéral : hypertrophie
homolatérale du sein, Il étudie ensuite les maladies
associées; ; troubles du métabolisme : infantilisme,
obésité, diabète insipide, myopathie, malformations
cardiaques, naivi pigmentaires, phénomènes d’hyper¬
tension intracrânienne, stigmates liés h l’hérédo-
syphilis. De cette énumération, l'auteur conclut que
1" les lésions de l’hémiplégie infantile sont infini¬
ment moins localisées qu’on ne le croyait jadis;
2" qu’elles sont de nature très variée; 3" que l’héré-
do-syphilis est peut-être, de toutes les causes signa¬
lées par les auteurs, la plus importante.
A. Bocage.
SOCIETE DE BIOLOGIE
23 Février 1929 [suite]
Obtention des variantes du bactériophage adap¬
tées à lyser les formes secondaires, par le procédé
de sélection sur les bactéries partiellement Immu¬
nisées. — M. Vladimir Sertie décrit un procédé pour
obtenir des bactériophages actifs contre les formes
bactériennes secondaires.
326
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N“ 20
Phénomènes de variations de la morphologie des
plages d’une race de bactériophage. — M. Vladimir
Sertie décrit les phénomènes de variations d’un bac¬
tériophage. Elles sont, d’une part, dépendantes,
d’autre part indépendantes des formes bactériennes
secondaires et montrent une analogie nette avec les
phénomènes de variations des bactéries.
Ces faits sont d’accord avec la conception de
d’ilérclle : « le .Bactériophage est un être vivant
2 Mars.
L’absorptton du glucose par les hématies prove¬
nant de chiens diabétiques. — MM. F. Rathery,
R. Kourilsky et S. Gibert, poursuivant leurs
études sur l'absorption du glucose par les hématies
in vitro, études dont la conclusion avait été défavo¬
rable aux résultats expérimentaux deLœwi, établissent
avec une technique précise que les hématies diabé¬
tiques et les hématies normales se comportent de la
même fa^on. Les taux d’absorption sont variables,
dans un cas comme dans l’autre, de 7 à 24 pour 100.
La déj)ancréatation ne confère donc aux globules
aucune piopriété nouvelle à cet égard.
Exlste-11 dans le plasma diabétique une substance
modifiant l’absorption globulaire du glucose? —
MM. F. Rathery, R. Kourilsky et S. Gibert.
Lœwi et ses oollaborateur^ ont prétendu que le plasma
diabétique empêchait la fixation du glucose par les
hématies. Cette action serait sous la dépendance
d’une substance antagoniste de l’insuline, la glycé-
mine, présente dans la fraction dialysable du plasma.
Les auteurs établissent, au contraire, que le plasma
diabétique ne modifie pas le taux d’absorption des
héniiities vis-à-vis du glucose ajouté à ce plasma.
Les iiourcentages d’absorption sont sujets aux
mêmes variations que pour le plasma normal. Ces
résultats vont à l’encontre de ceux de Loewi.
Le principe même de l’hypothèse de la glycémie
est donc controuvé.
Gomme arabique et tachyphylaxie ; rapport du
phénomène avec l’état collo’idal et l’incoagulabilité
du sang. — MM. H. Busquet et Ch. Vischniac
montrent que l’injection intraveineuse de gomme
arabique provoque une chute de pression forte et
durable,' pendant laquelle apparaît un état de tacliy-
phylaxie. Cette tachyphylaxie n’est pas spécifique,
elle est provoquée également par le benjoin, le
nucléinatc de soude, la gomme adragaute, la géla¬
tine et les matières pectiques. La nature collo'idale
de la substance injectée paraît être une condition
suffisante pour la création de la tachyphylaxie.
Toutefois, ce n’est pas une condition nécessaire,
puisque la peptone et l’atropine produisent aussi
cette immunité. T.’action anticoagulante bien connue
de ces deux substances permet de penser que cette
propriété conditionne également la tachyphylaxie
créée par les colloïdes.
Recherches sur la formation de l’ammoniaque
dans le rein perfusé. — MM. Henri Bénard et L.
Justin-Besançon rapportent leurs recherches sur la
formation de l’ammoniaque dans le rein isolé. Ilsdon-
nent les détails de leur technique de perfusion du rein
dans des conditions constantes de température, de
pressions artérielle et veineuse, d’oxygénation, de
récupération du sang. Ils ont vérifié, au cours de leurs
expériences, le fonctionnement du rein isolé en étu¬
diant sur l’urine excrétée la concentration de l’urée
et de la phénolsulfonephtaléine. Ils ont opéré sur le
chien dont le sang, par autolyse in vitro, forme très
lentement de l’ammoniaque.
Leurs dosages ont été effectués par la méthode de
Parnas, eu déplaçant l’ammoniaque à /)ii 9,2 dans le
vide à üO".
Dans ces conditions, ils ont constaté que le rein
isolé formait des quantités importantes d’ammoniaque
qui triple ou quadruple après 10 passages à travers
le rein en 20 minutes.
Le rôle ammonio-formaleur du rein est donc une
fonction interne de cet organe qui persiste lorsque
toutes les connexions nerveuses sont supprimées.
Contribution à l’étude des éléments flltrables du
virus tuberculeux. — M. A. Saenz montre que l’in¬
fection provoquée chez le cobaye par les filtrats de
produits tuberculeux est une infection vraie, mais
transitoire, susceptible de guérir totalement ou
d’aboutir par passages au retour des bacilles à la
virulence initiale, comme l’ont observé 'Valtis,
Arloing et Dufourt et d’autres auteurs, quand les
réinoculations successives sont faites à des intervalles
de 4 à 5 .semaines, c’est-à-dire pendant la période
où les organes renferment en plus grande abondance
des germes acido-résistants.
Sur les relations entre le bacille de la peste et le :
bacille de la pseudo-tuberculose des rongeurs. — ;
MM. A. Boquet et Ed. Dujardin-Beaumetz&i-adûeni ,
les rapports entre le bacille de la peste et le bacille ;
de la pseudo-tuberculose des rougeurs au double :
point do vue.de leurs caractères antigènes et de leurs
propriétés immunisantes, homologues et hétéro¬
logues. . .
Sur le sucre virtuel du sérum de cheval. — MM.
Brocq-Rousseu, Gruzewska et G. Roussel. Le
sérum ou les albuminoïdes du sérum hydrolysés,
soit directement, soit après traitement par la potasse,
forment des ozasoncs qu’on peut classer en deux
groupes, d’après leur solubilité et leur point de
fusion différents.
Le sérum dialysé, jjuis hydrolysé, contient la
niême quantité de sucre virtuel, exprimé en glucose,
que le sérum normal.
Les globulines et les sérines, après hydrolyse
acide, donnent des substances qui réduisent la
liqueur de Eehling.
Nouveaux essais de vaccination par vole buccale
contre la fièvre typhoïde. — MM. Kandiba, Solo-
vie ff et Triodine rapportent que, sur 12.000 vaccinés,
il y eut 13 cas de fièvre typhoïde, alors que, sur
10.000 non vaccinés, il a été enregistré 116 cas de
fièvre typhoïde. Chez les vaccinés, l’évolution de la
maladie a été notablement plus bénigne, plus courte
et suivie de moins de complications que chez les
non vaccinés.
Calcul de la quantité de chaleur dégagée par la
d’ Arsonvalisation diathermique. — M. A. Strohl
indique comment, malgré les effets de capacité qui
interviennent dans la conductibilité du corps humain
en haute fréquence, il semble possible de déduire la
quantité de chaleur dégagée, à partir de l’intensité
efficace, à condition de prendre, comme résistance
du sujet, la résistance initiale mesurée dans les
mêmes conditions où l’on pratique la d’Arsonva-
lisalion.
De l’utilisation de la spléno-contraction adréna-
lique pour les opérations spléniques. — MM.
P.-E.Weil et R. Grégoire ont appliqué aux inter¬
ventions spléniques l’injection d’adrénaline pour
obtenir la spléno-contraction. Ils ont pu enlever
3 rates de splénomégalies primitives (pesant, vides de
sang, 1 kilogr. 130, 1.650 et 730 gr.), l’une complète¬
ment exsangue, la seconde ne renfermant qu’un
dixième de sang ; dans le troisième cas, l’action éva¬
cuante fut faible et ne put être bien mesurée. D’ordi¬
naire, ces rates renferment pour leur, poids un cin-
([uième ou un quart et même plus de sang.
L’injection de 1 milligr. d’adrénaline doit être faite
1/4 d’heure avant la splénectomie. On peut prévoir
l’action de l’adrénaline en faisant, dans les jours qui
précèdent l’opération, une injection d’épreuve et en
observant les modifications de volume splénique sur
les diagrammes pris avant et après l’injection.
Cette injection d’adrénaline permet d’éviter une
grosse perte de sing au malade; elle semble inof¬
fensive et diminue la gravité de l’intervention.
— M, Busquet demande si .on ne pourrait pas
obtenir le même résultat par la coiqpression de la
rate ou par l’injection de l’alcaloïde vaso-constric¬
teur du genêt.
— M.P.-E. Weill. Les. grosses rates leucémiques
sont trop friables pour qu’on puisse les malaxer sans
danger. Il q^ipiis; expérimenté l’alcaloïde du genêt.
Variations'’'' des chronaxies musculaires avec
l’état de tension du muscle dans la contracture
hémiplégique. — MM. G. Marinesco, O. Sager et
A. Kreindler ont observé, sur 16 hémiplégiques
avec contractures prononcées, que les chronaxies
musculaires changent leurs valeurs suivant que le
muscle examiné est tendu ou relâché. Pour les
muscles contracturés les chronaxies diminuent
lorsque le muscle est tendu tandis que celles de leurs
antagonistes augmentent. Ces faits rentrent dans la
notion récemment formulée par MM. L. etM. Lapicque
sous le nom do chronaxïe de subordination.
En conclusion, les auteurs soulignent l’importance
de la voie nouvelle ainsi ouverte, permettant à
la méthade chronaximétrique de mettre en évidence
des modifications dynamiques et réversibles des
centres nerveux.
Comportement de l’ultra-virus tuberculeux dans
l’organisme des cobayes. — M. T. De Sanctia a
observé que t ;
1° Le délai le plus favorable pour mettre en évi¬
dence dans le système lymphatique les formes acido¬
résistantes issues de l’ültra-virus est de 4 semaines
ou 5 après l’inoculation ;
2° Ces dernières ne peuvent plus , être décelées
après le 3“ mois;
3° La virulence des formes acido-résistàntes issues
de l’ultra-virus est totalement différente de celle des
germes acido-résistants de culture;
4° Chez des. cobayes neufs, l’auteur n’a jamais
observé de bacilles acido-résisfants dans les gan¬
glions lymphatiques.
A. Escalier.
SOCIÉTÉ DES CHIRURGIENS DE PARIS
lor Mars 1929.
Traitement des tumeurs de la vessie. — M.
Luys pense que le traitement actif du cancer de la
vessie est jusqu’ici décevant; par contre, le traite¬
ment des tumeurs bénignes de cet organe donne
d’excellents résultats et doit être institué hâtive¬
ment : 1° par voie endovésicale et principalement
par l’électro-coagulation appliquée à sec avec le cys-
tosco'pe à vision directe, toutes les fois où cette
méthode est applicable; 2“ par voie hypogastrique
lorsqu’on à affaire à des tumeurs vésicales volumi¬
neuses : on pourra alors utiliser l’exérèse ordinaire
ou mieux l’application de l’anse froide.
Un cas de fibrome de la langue. — M. Peugniez
fait un rapport sur une observation de M. Le Roy
des Barres (de Hanoï) : tumeur de la langue chez
une femme de 51 ans; opération facile; histologi¬
quement, cette tumeur était un fibrome.
Sur la tuberculose Isolée des ganglions mésenté¬
riques et sur son pronostic. — M. Delivet fait un
rapport sur une observation de M. Dervaux (de
Saint-Omer) concernant un cas de tuberculose primi¬
tive des ganglions mésentériques ayant simulé l’ap¬
pendicite. M. Dervaux fit une laparotomie latérale
droite, trouva un appendice sain et de nombreux
ganglions dans le méso-appendice et dans la partie
terminale du mésentère, ganglions adhérant aux
vaisseaux ; il crut prudent de borner son interven¬
tion à cette simple laparotomie exploratrice et il eut
la satisfaction de voir disparaître les troubles
fonctionnels et l’état général s’améliorer.
Etat actuel de la radiumthéraple du cancer de
l’œsophage. — M. Guisez communique les obser¬
vations de malades atteints de cancer de Tœsophage
et qui, soignés par le radium en pleine dysphagie,
ont pu l’eprendre une alimentation normale et leurs
occupations. Il y a là un traitement palliatif puis¬
sant, indolore et efficace, mais dont les indications
doivent être posées exactement et la technique scru¬
puleusement suivie si l’on ne veut pas s’exposer à
de regrettables échecs. Les conclusions auxquelles
arrive M. Guisez concordènt avec celles de plusieurs
spécialistes étrangers qui se sont occupés de la
question (Botey, Van den 'VS''ildenberg, Diaz, etc...).
Infection de la trompe propagée à la paroi de
l’appendice avec intégrité de la muqueuse appen¬
diculaire. — M. Léo communique l’observation
d’une femme de 39 ans, ayant une salpingite droite
du volume d’un petit poing ; à l’opération, il trouva
la pointe de l’appendice épaisse, en battant de cloche,
englobée dans le tissu infecté de la paroi salpin-
gienne. L’intérêt de ce cas réside dans l’examen his¬
tologique de l'appendice qui montra une muqueuse
absolument saine, contrairement à l’opinion clas¬
sique qui veut que la muqueuse partage l’atteinte
infectieuse des deux autres couches, la musculaire
et la séreuse.
Torsion de l’hydatlde sesslle de Morgagni. —
AT. Léo communique cette observation concernant
un garçon de 10 ans 1/2 opéré après 5 jours de dou¬
leurs et d’ôedème périfuniculaire. A l’opération, hy-
datidé tordue ; excision, guérison.
A propos de la radiothérapie en gynécologie. —
M. Haller relate l’observation d’une malade ayant
subi un traitement radiothérapique pour un fibrome
N» 20
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
327
inexistant. A l’opération, on trouva un utérus infan¬
tile et une double annexite, des granulations sur le
péritoine pariétal et les anses intestinales. Vu ces
lésions, on pouvait penser à la tuberculose. L’exa¬
men histologique fut fait par deux histologistes et
donna les deux réponses suivantes : 1° épithélioma
dont on ne peut préciser le point de départ ; 2° simple
salpingite inflammatoire. L’évolution ultérieure donna
raison à la première interprétation : la malade fit de
l’occlusion intestinale et l’opération itérative montra
une généralisation néoplasique dans toute la cavité
péritonéale.
Ascite cloisonnée sus-hépatique; difficultés du
diagnostic étiologique. — M. Mornard relate un
cas curieux d’ascite à localisation exclusivement sus-
hépatique, au cours de l’évolution d’un foie cardiaque.
Cette localisalion, connue seulement dans l’amibiase
hépatique, fit, avec l’échec des traitements ordinaires
et le succès du traitement émétinien, penser à cette
affection. L’opération n’évacua que de l’ascite et
montra l’absence de tout foyer dans le foie. La col¬
lection sus-hépatique ne se reproduisit pas, mais le
tableau clinique du foie cardiaque avec ascite banale,
œdème, etc., s’installa jusqu’à la mort qui survint
au bout de 6 semaines. Bien que l’autopsie n’ait pu
être faite, il semble donc que l’ascite cloisonnée sous-
diaphragmatique puisse se constituer eu dehors de
toute infection du foie.
Fibrome utérin à développement inférieur en¬
clavé dans le vagin. — M. Muller (de Belfort)
communique l’observation d’une malade présentant
un fibrome à développement bas, obstruant le vagin,
apparaissant à la vulve et donnant lieu, depuis 8 mois,
à des métrorragies. Une opération faite antérieu¬
rement sur la vessie rendit la laparotomie laborieuse.
Tumeur dermoïde congénitale de l’appareil thyro-
hyo'i'dien. — M. Petit de la Villéon présente un
malade âgé de 30 ans, qui porte cette tumeur.
Enorme fibrome utérin. — M. Petit de la Vil¬
léon présente un énorme fibrome utérin qui pèse
1 kilogr. 750 gr. Le diagnostic, avant l’opération,
avait été tumeur solide de l’ovaire.
Six nouveaux cas de perforation aiguë d’ulcus
gastriques et duodénaux opérés en 1928. — M.
Moncany (de Corbeil) communique ces observations :
5 ulcères duodénaux avec guérison et 1 ulcère
gastrique avec mort. L’auteur conclut que : 1" dans
l’ulcère perforé du duodénum, quand on pratique de
parti pris la gastro-entéro-anastomose, cette déri¬
vation joue le rôle principal; 2“ dans l’ulcère de
l’estomac perforé, la gastro-entéro-anastomose n’a
([ue des indications exceptionnelles; la fermeture
parfaite de la perforation est l’acte important, sa
difficulté et son impossibilité rendent nécessaires la
gastrectomie. Dans aucun cas, l’auteur n’a pratiqué
le drainage sus-pubien.
Instrumentation pour ostéosynthèse. — M. Ju-
vai'a (de Bucarest) présente son modèle moyen de
fixateur monté sur un tibia atteint de fracture trans-
M. Hallek.
SECTION D’ÉTUDES SCIENTIFIQUES DE L'ŒUVRE
DE LA TUBERCULOSE
9 Février 1929.
Les incidents pleuraux survenant très long¬
temps après cessation du pneumothorax artificiel.
— M. P. Jacob apporte plusieurs observations de
malades traités par pneumothorax artificiel et ayant
présenté au cours du traitement des réactions pleu¬
rales banales, malades chez qui le pnemothorax avait
été abandonné, soit après les délais habituels de 3
DU 4 ans, soit, pour des causes diverses, après un
temps de traitement plus court. On avait pu suivre
peu à peu la résorption du gaz et le retour du pou¬
mon à la paroi et l’on pensait que, comme à l’habi¬
tude, une symphyse pleurale s’était créée, quand,
1 an 1/2, 2 ans 1/2, 3 ans après la dernière insuffla¬
tion, apparui’ent brusquement ou lentement, sans
autre symptôme fonctionnel qu’une dyspnée crois¬
sante, les signes d’un volumineux épanchement pleu¬
ral du côté de l’ancien pneumothorax.
Ces réactions pleurales ont été de 2 types :
1" grands épanchements hémorragiques (qui parais¬
sent une des formes les plus fréquentes de ces réac¬
tions pleurales tardives et qui sont remarquables par
la brusquerie de leur apparition) ; 2" pleurésies pu-
riformes tuberculeuses.
M. Rist a observé un épanchement hémorra¬
gique de 3 litres survenant après un pneumothorax
guéri depuis assez longtemps. La ponction et le trai¬
tement par un oléothorax amenèrent la guérison.
Quelques constatations à propos des épanche¬
ments du pneumothorax. — M. Urbain Guinard,
faisant l’étude de 331 cas de pneumothorax, suivis
en sanatorium et formant un groupe homogène, tant
pour les procédés techniques d’entretien que pour
les données statistiques, aboutit aux considérations
suivantes :
I. — Les cas d’infection pleurale secondaire se
sont manifestés, pour un groupe déterminé, dans la
proportion de 1,2 pour 100 sur l’ensemble; peut-être
dans la proportion du double, si l’on accorde plus
qu’une valeur de coïncidence à la technique employée
au cours des ponctions antérieures à l’infection se¬
condaire (supériorité de garantie contre l’infection
paraissant revenir à la ponction par aspiration, pro¬
cédé de Potain, opposée à l’évacuation du liquide par
siphonnage direct).
II. — - Les réactions pleurales franches n’intéres¬
sent, sur l’ensemble, que 43 pour 100 des pneumo¬
thorax, 25 pour 100 seulement nécessitent l’ablation
de liquide.
III. -- Contrairement à l'opinion qui est quelque¬
fois soutenue, la rapidité avec laquelle sont prati¬
quées les réinsufflations de pneumothorax normale¬
ment constitués ne paraît nullement intervenir dans
la formation des épanchements.
Par contre, les réactions pleurales semblent direc¬
tement influencées, en diminution de nombre, par :
1" Le choix de l’intervalle-limite entre chaque
réinsufflation ;
2" Le soin apporté à éviter le contact du moignon
pulmonaire avec l’instrument de ponction (avantage
de la piqûre en deux temps) ;
3" Les précautions prises, grâce au contrôle radio¬
logique, pour ne provoquer aucune distension d’ad¬
hérence ni surpression gazeuse en plèvre libre, mais
encore souple.
— M. Bezançon a remarqué la rareté des épan¬
chements pleuraux depuis que les insufflations petites
et répétées ont remplacé les insufflations importantes
et plus espacées.
— M. Pissavy pense que les insufflations rapides
sont plus irritantes que les insufflations faites lente¬
ment. Le pneumothorax fait précocement dans la
tuberculose peu intense ne donne qu’exceptionnelle-
ment un épanchement ; ,1e pneumothorax pratiqué
dans la tuberculose en évolution donne un pourcen¬
tage d’épanchement important.
Présentation de radiographies sériées. — M.
Urbain Guinard apporte plusieurs films concei’nant
la formation d'un corps libre intra-pleural au cours
d'un pneumothorax artificiel droit, cas analogue à
celui relaté antérieurement par MM. Sergent et
Bordet. Quelle est la part qui revient, dans cet ordre
de phénomènes, à l’épanchement, à la prolifération
cellulaire des parois de la cavité pleurale, à la sédi¬
mentation du liquide in vivo ? Pour répondre catégo¬
riquement, d’autres observations sont à attendre.
Dans un second groupe, l’auteur présente un com¬
plément radiologique à l'étude du « niveau liquide
de déchet » venant à l’appui de la concordance de ce
signe avec les données bacilloscopiques et de son
Importance dans les décisions thérapeutiques à
— ■ M. Rist a observé avant la guerre les ])remiers
corps mobiles dans la plèvre ; il a fait des radiogra¬
phies de malades la tête en bas et croit que ces
corps mobiles sont appendus à la plèvre ; il se
demande s’il n’existe pas une analogie avec les « bre¬
loques » décrites par les vétérinaires dans la jilèvre
des bovidés.
— M. Bordet rappelle qu’il a publié avec le pro¬
fesseur Sergent l’observation d’un corps certainement
libre dans la plèvre; 4 à 5 mois plus tard, ce corps
étranger, qui s’était probablement fixé, n’a pu être
retrouvé par la radiographie.
— M. Bue a observé un cas analogue : le corps
étranger était apparu au cours du pneumothorax
artificiel, après la résorption spontanée d’un premier
épanchement pleural ; il avait à peu près la forme et
le volume d’une noix et se déplaçait dans la cavité
pleurale avec les changements d’attitude delà malade.
6 mois plus tard, après la résorption d’un second
petit épanchement, il ne restait plus trace du corps
étranger, ce qui a fait supposer qu’il s’agissait d’un
simple amas de fibrine ou d’albumine.
. Contribution à l’étude des réactions the^iques
consécutives aux Insufflations du pneumothorax
artificiel. — MM. L. Baron, F. Triboulet et
J. Valtis ont étudié les réactions thermiques dites
« réactions de remplissage », survenant après les
insufflations au cours du traitement par le pneumo¬
thorax artificiel. Us attribuent ces réactions à l’irri¬
tation pleurale et non à un choc hémoclasique.
Pour les auteurs, ces réactions n’influencent en
rien la conduite de la cure de collapsothérapie et ne
doivent jamais êti’e tenues pour une sorte de « phé¬
nomène de saturation » ayant la valeur d’un crité¬
rium de guérison du poumon collabé et indiquant la
cessation du traitement.
Ratmo.nd Letiji.i.i:.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE
Il Février 1929.
A propos du diabète traumatique. — M. Marcel
Labbé critique les observations apportées par
M. Roussellier dans une séance précédente.
Il attire l’attention sur ce fait qu’une glycosurie
n’est pas toujours l’expression d’un diabète surtout
lorsqu’elle est inférieure à un gramme par litre et en
l’absence d’autres symptômes caractérisés et de
l’épreuve de l’hyperglycémie, comme dans l’une des
observations citées.
En ce qui concerne la seconde observation de
M. Roussellier, M. Labbé est d’accord avec lui pour
penser qu’il ne s’agit pas d’un diabète traumatique,
variété étiologique très rare et dont la preuve est
toujours difficile à établir scientifiquement.
Il y aurait intérêt à réviser bien des jugements des
tribunaux en matière de diabète traumatique.
Accidents mortels causés par le gaz cyanhy¬
drique employé comme désinsectisant. — M.
Kohn-Abrest indique que la cause de ces accidents
est toujours due à une ventilation insuffisante des
locaux où a eu lieu l’opération. En effet l’air de ces
locaux contient environ 5 à 6 milligr. par litre d’acide
cyanhydrique, dose plus que suffisante pour déter¬
miner la mort et qui démontre l’absolue nécessité
d’une ventilation énergique.
La recherche toxicologique dans les viscères (sur¬
tout poumons et sang), pratiquée même à bref délai,
ne permet pas toujours de caractériser l'acide incri¬
miné qui disparaît très rapidement du fait de l’alté¬
ration du cadavre. La dose mortelle est d’ailleurs
très faible.
En revanche, on a plus de chances de retrouver
l’acide cyanhydrique dissimulé (Chelle), mais encore
cette preuve peut-elle parfois faire défaut.
Il y aurait lieu de renforcer l’arrêté préfectoral
faisant défense d’employer ce procédé de désinsecti¬
sation et de parer à l’insuffisance de précautions îles
ouvriers qui se livrent à ce Iravail.
Un cas d’ostéosarcome développé après un acci¬
dent du travail. — MM. Quénàe et Muller rappor¬
tent le cas d’un ouvrier ayant travaillé normalement
jusqu’au jour où il fit une chute de 3 m. de hauteur
qui détermina une lésion très douloureuse du genou
droit. L’examen clinique et radiologique sembla indi¬
quer un arrachement ligamentaire ou périosté au
niveau de l’insertion tibiale du ligament rotulien.
A la suite de ces lésions apparut une symptoma¬
tologie continue et rapide et l’on assista progressive¬
ment à l’apparition de lésions sarcomateuses limi¬
tées au début autour de l’épine antérieure du tibia
qui était le point initialement lésé.
Ce processus mixte (inflammatoire puis néopla¬
sique] se développa en l’espace de ti semaines et il
paraît bien être en rapport avec le traumatisme..
Oxyde de carbone et véronal. — M. Guyot expose
un cas de tentative de suicide par l'oxyde de carbone
associé au véronal.
Une femme de 44 ans absorbe 2 gr. 50 de véronal
puis ouvre un robinet à gaz. Quel(|ues heures après,
l’odeur ayant attiré l’attention, on jmt porter secours
à la désespérée qui respirait encore faiblement et
qui, sous l’influence des inhalations d’oxygène,
reprit rapidement connaissance tout en gardant une
'très forte somnolence.
328
LA PRESSE MEDIjCALE, Samedi, 9 Mars 1929
N“ 20
L’auteur pense que les vomissements abondants
qui ont eu lieu au cours de l’intoxication oxycar-
bonée ont expulsé rhypnoti<jue avant qu’il ait eu le
temps d'agir en totalité et (jiie, du fait des réactions
motrices ainsi provoquées, ces dernières ont aidé
vraisemWableinent à la résistance à l’oxyde de car-
Eclat de projectile intra-pulmonaire méconnu, —
M. Trenel communique l’observation suivante ;
l'n sapeur est blessé grièvement à l’épaule à Vau-
quoislei'i Mars 1916. Eu 1921 il est pris d’hémopty¬
sies. Comme dans un examen radiographique antérieur
ou lui aurait déclaré qu’il présentait un ganglion
calcilié, il est considéré comme tuberculeux. La pen¬
sion est portée de G à 30 pour 100. II guérit sans
séquelle apparente.
A la suite d’une nouvelle hémoptysie qui guérit de
même, un médecin, trouvant une zone de matité pro¬
fonde au niveau du hile, suppose que le sujet a peut-
être un projectile intra-pulmonaire. l'ne radiographie
décèle un éclat dans le médiastiu au niveau de la
bronche droite. Aucun signe de tuberculose.
ASSOCIATION FRANÇAINE POUR L'ÉTUDE DU CANCER
13 Lévrier 1929.
Caractères généraux de l’état cancéreux et
précancéreux ; leur rôle pathogénique. — MM. R.
Reding et A. Slosse (HruxellesI démontrent, en
se basant sîur plusieurs centaines d’observations, que
la maladie cancéreuse ne se limite pas à la présence
d'une tumeur mais qu’elle présente des symptômes
humoraux graves qui sont : l’hyperalcalose du plasma,
la délicience du jeu du tampon principal du sang —
aride carbonique, bicarbonates - une diminution du
('.a ionisé du sang, et enfin une altération toujours
identiqiK? du mécanisme glyco-régulateur.
Ces altérations sont indépendantes de la tumeur
car elles la précèdent et ne disparaissent pas avec
elle après ablation chirnrgicale. Elles sont d’origine
essentiellement héréditaire, bien qu’elles puissent
être aiujuises.
Interprétant ces résultats, les auteurs constatent
qu'il s'agit, dans le cas de la division cellulaire
maligne, <rune simple application des lois physico-
chimi(jues qui règlent la division cellulaire en
général. L'action générale des rayons X sur ces
altérations en est notamment une preuve probante.
La cause du trouble du mécanisme glyco-régu¬
lateur n’a jm être encore déterminée, tandis querelle
de l'hyperalcalose et de la chute de la teneur en Ca
du sang est due à uue insuffisance de la glande
parathyro'idienne.
Les auteurs tin-nt de ces faits une conclusion de
doctrine sur la pathogénie de l’alfection et diverses
a])plicalions pratifjues :
1" La médication parathyroïdienne est, logique¬
ment, suscejjtible de diminuer les risques do cancé¬
risation, chez les prédisposés et les opérés;
2" La recherche de ces altérations humorales
est un moyen de diagnostic qui, elfectué déjà sur des
centaines de cas, a montré sa valeur constante ;
3" La technique d’application des rayons y
doit être revue en tenant compte de leui' action
— M. E. Joltvain rap])elle qu’il a récemment,
avec .\IM. Wolf et Itevecz, ajjporté des faits confir¬
matifs de la thèse souteniu’ par les auteurs sur
l’existence (l’un terrain cancéreux. Il existe en elVel,
chez les cancéreux, un trouble du métabolisme des
hydrates di' carbone, facile à démontrer par les
variations du cpiotient resjiiratoire après ingestion
de glucose : tandis (jue f(dui-ci augmente toujours
chez les individus normaux ou atteints d’autres
alVections. chez les malades atteints <le cancer (|uels
qu’en soient la nature et le siège, le quotient respira¬
toire s’élè\e peu et reste aux abords de 1 ; ces
faits apportent un nouvel argument à la thèse du rôle
important joué dans la constitution même du terrain
cancéreux par les glamles endocrines et le système
vago-sympathique. Elosse et lledlng insistent sur le
fait ([ue le cancer se développe peu dans l'alcalose
et jamais dans 1 acidose. M.doltrain rappelle que les
cancéreux aj)partiennent souvent à la catégorie
d iiulividus atteints de diathèse colloïdoclasique.
Leurs sérums présentent les mêmes caractères d’ins¬
tabilité colloïdale, et, au cours des chocs, on sait l’iih-
portancc des modifications de la réserve alcaline
des pu et des ions calcium. Sans conclure à la possi¬
bilité actuelle d’un séro-diagnostic biologique pra¬
tique du cancer, il n’en est pas moins vrai que
déterminer mieux les caractères physico-chimiques du
terrain précancéreux est un progrès qui permet
d’entrevoir les moyens de l’empêcher, de le modifier
ou de le combattre.
Un cas de vasellnome. — M. J. Forestier présente
un cas de vaselinomes tardifs consécutifs à des
injections d’huile de vaseline camphrée. Les pre¬
mières tumeurs sont apparues 8 ans après les injec¬
tions ; ayant augmenté peu à peu de volume, elles
siègent non seulement dans la zone d’injection sur
les cuisses, mais aussi à distance dans la région
lombaire (métastase lymphatique). Ces tumeurs ont
été extirpées par M. Lenormant. Au point de vue
hlstologi([ue elles donnent le tableau classique des
tumeurs fibreuses par corps étranger. Il a été pos¬
sible d'isoler l'huile de vaseline insajjonifiable de la
masse extirpée chirurgicalement.
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
19 Février 1929.
Dosage des acides organiques dans les selles des
nourrissons. — MM. Robert Debré et R. GoWon
constatent (lue M. R. Mathieu, en utilisant leur mé¬
thode de dosage des acides organiques et de l’am-
rnoniaque dans les selles des nourrissons, a surtout
mis en évidence que les troubles digestifs sont sous
la dépendance étroite des infections parentérales. Ils
insistent sur l’utilité de ces mesures quand les trou¬
bles digestifs sont primitifs et quand ils ne sont pas
aigus ; elles évitent beaucoup de tâtonnements dans
le diagnostic et le traitement.
Fausse gibbosité pottique d’origine congénitale.
— M. Lance présente un enfant de 9 ans adressé
pour un mal de Pott. L’examen décela une gibbosité
angulaire formée par une saillie de l’apophyse épi¬
neuse de la 7“ dorsale. Au(mn signe de mal (ie Pott.
11 s’agit vraisemblablement d’une hypertrophie con¬
génitale. L’enfant présente en plus une double sur¬
élévation congénitale des omoplates.
— M. Ducroquet présente également deux cas de
gibbosité angulaire pseudo-pottique.
— M. André Trêves présente un cas analogue
d’origine congénitale avec fusion des vertèbres lom¬
baires.
Abcès subaigu fétide du poumon. — MM. J. Hu-
tinel, Pichancourt et M"'” Collin présentent un
garçon quifit. 5 mois auparavant, une vomique puru¬
lente liée à un abcès du poumon, dont une série de
radiographies permet de suivre l’évolution. L’abcès
a complètement rétrocédé, et l’état général de l’en¬
fant est devenu entièrement satisfaisant. Au point
de vue thérapeutique, on a eu recours à l’eucalyp-
tiue, au tréparsol et à des injections de sulfar-
Abcès aigu du poumon; pyopneumothorax; gué¬
rison. MM. J. Hutinel et Villemin présentent un
cas d’abcès du poumon dû à un germe anaérobie et
compli<(ué (l’un pyopneumothorax qui fut incisé et
vidé Les signes de l’auscultation étaient ceux d’une
bronchite banale. La guérison fut obtenue sans reli¬
quats.
— M-. Génévrier montre combien les indications
opératoires des abcès du poumon sont difficiles à
préciser. Les thérapeutiques médicales les plus va¬
riées ou médico-chirurgicales ont pu donner des
succès tout comme la méthode abstentionniste, mais
celle-ci j)eut également exposer à des accidents.
M. Nobécourt a observé récemment un abcès
du poumon à pneum()C0(iues (jui guérit spontanément
en quelques semaines, après plusieurs vomiques.
M. Paraf a également observé la guérison
spontanée d'un [abcès du poumon à germes anaéro-
bi('S
M. Ombrédanne fait remarquer que le chirur¬
gien n’est appelé à intervenir que pour les plus mau-
Récupératlon fonctionnelle dans un cas de para¬
lysie flasque et totale du membre supérieur. —
— M. G. Hue présente un enfant de 12 ans chez
lequel l’utilisation de la flexion active d’un doigt
entraîna, grâce à un appareillage convenable, la
reprise jirogressive des fonctions musculaires de
presque tout le membre supérieur, ceci 9 ans après
l’atteinte de poliomyélite et sans l’adjonction d’aucune
autre thérapeutique. L’auteur insiste sur la nécessité
de la <( mise en fonction » des membres paralysés.
Deux cas de « coxa vara » avec syndrome adl-
poso-génital consolidées au moment de la puberté.
— MM. Mouebet et Rœderer ont observé 2 cas
à peu près superposables de syndrome adiposo-géni-
tal associé à une (( coxa vai-a » chez des enfants de
13 et 16 ans. Les auteurs, cpii n’avaient pas obtenu
un résultat très favorable par le traitement endocri¬
nien, virent en un court espace de 3 mois, respecti-
venumt à 1,5 ans 1/2 et à 17 ans 1/2, régresser le
syndrome adiposo-génilal en même temps que l’alté¬
ration osseuse qui se consolidait. Ils ue pensent pas,
néanmoins, que les troubles endocriniens soient à
l’origine de toutes les coxa vara.
M. Apert prescrit aux adiposo-génilaux de
l’extrait orchitique, quel que soit leur sexe. L’extrait
ovarien est, en effet, insuffisant chez les filles.
M. Sorel. chez un enfant atteint de syndrome
adiposo-génital avec coxa vara, a constaté la guérison
de cette dernière, mais avec persistance du syndrome
adiposo-génital.
- M. Lesné signale que les bons effets de l’extrait
orchititjue sont confirmés par les expériences de
Pézard. Cet extrait stimule la croissance alors que
l’extrait ovarien lu relcntit.
Traitement du syndrome secondaire de la diph¬
térie maligne chez l’enfant par les injections intra¬
veineuses d’ouabaïne. M. Jean Cathala et AT"»
Bœgner. La dilatation aiguë du myocarde, élément
cardinal du syndrome secondaire de la diphtérie,
peut être combattue efficacement en recourant aux
injections intraveineuses d’ouaba'i'ne. La constatation
d’ùn bruit de galop paraît l’indication. La dose est
de 1/8“ ou 1/10“ de milligramme répétés durant 2 à
4 jours consécutifs. Ce traitement doit être stricte¬
ment réservé aux cas de dilatation aiguë du cœur
artériel et ne doit pas être mis en œuvre pour pré¬
venir des accidents éventuels, mais non déclarés.
L’ouaba'i'ne n’est pas eu effet une drogue indifférente,
et ses indications dans la diphtérie sont précises,
mais limitées.
Les auteurs rapportent 5 observations de cas très
graves ainsi traités avec 4 guérisons.
• — M. Lesné confirme ces constatations, ayant
traité de cette même façon 6 diphtéries malignes et
notamment 2 cas graves de syndrome tardif qui, tous
les deux, ont guéri après huit injections de 1/8“ de
milligramme d’ouaba'ine. Ces injections intravei¬
neuses d'ouaba'ine sont très bien supportées par les
enfants.
La séro-résistance de certaines diphtéries ac¬
tuelles. — M. E. Cassoute (de Marseille) constate,
depuis 2 ans la nécessité d’injecter aux enfants diph¬
tériques des doses de sérum beaucoup plus élevées,
doses qui agissent d’ailleurs moins bien qu’autrefois
où il suffisait d’une dose totale de 40 à 60 eme de
sérum pour venir à bout des diphtéries d’intensité
Ces constatations ont été faites également à Paris
et dans plusieurs régions de la France; toutefois,
ces faits de séro-résistance s’observent jdutôt dans
les grands rentres qu’à la campagne.
La préparation des sérums ne paraissant pas en
cause, il semblerait qu’il faille incriminer la trans¬
formation du génie épidémique de la diphtérie.
M. Weill-Hallé. Les grosses doses de sérum
antidiphtérique actuellement préconisées sont géné¬
ralement trop fortes, ce qui ne les empêche pas,
par ailleurs, d’être insuffisantes, car la sérothérapie
doit surtout être prolongée pour éviter les dangers
de la reprise de virulence du bacille.
— M. Comby, également de cet avis, ])roteste
énergiquement contre les abus du sérum.
M. Lesné insiste aussi sur la nécessité de
prolonger la durée du traitement séri(iue.
- M. Cathala a dû constater que la sérothérapie
antidiphtérique ne se prête pas aux mêmes règles
en ville et à l’hôpital où les cas sont d’une gravité
particulière, surtout lorsqu’il s’agit de diphtéries
tardivement traitées.
M. Hallé. se basant sur les informations qui
ont été communiquées par M. Gorter (de Leyde), fait
observer ([ue cette augmentation de la résistance
des diphtéries au traitement sérique notée à Paris
N“ 20
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
a été également constatée à Vienne, à Berlin, à
Londres, etc. Les praticiens des environs de Paris,
au contraire, continuent à obtenir de bons résultats
avec dos doses ordinaires de sérum.
G. SCIIREIBEK.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
23 Février 1929.
Tic douloureux de la face; guérison. — M.
Pierre Robin représente un malade déjà montré à
la Société, il y a 2 ans, dans un état de faiblesse
extrême dù à un tic douloureux bimaxillaire. A la
suite de la cure radicale des reliquats infectieux api¬
caux anciens (procédé de l’auteur), le tic a disparu et
le sujet a recouvré une santé parfaite.
Hypertension et hypertrophie de la prostate. —
M Lavenant rapporte plusieurs cas d’hypertension
artérielle guéris par la prostatectomie. Il s’agit de
rétenlions vésicales méconnues qui élèvent la pres¬
sion intra-rénale et causent des troubles cardio-vasr
ciliaires : essoufflement, br.iit de galop, etc. ; loin
d’être une cause d’abstention, ces formes ]de néphrite
hypertensive sont une indication opératoire.
Traitement de l’angine de poitrine par la radio¬
thérapie. — MM. Barrieu et Nemours-Auguste
rappellent que les méthodes classiques de traitement
de l’angine de poitrine ne donnent que des résultats
inconstants et médiocres. La radiothérapie, au con¬
traire, provoque une amélioration considérable, per¬
mettant au malade d’espérer la disparition de scs
douleurs, puisque la statistique montre 41 succès
sur 61 cas traités. Les échecs signalés ne semblent
pas diminuer la valeur de celte méthode, car ils peu¬
vent être dus à notre ignorance de la véritable ma¬
nière dont la crise se produit.
Présentation d’appareil. — M. Livet présente un
nouveau brûleur à vapeur de mercure à allumage
instantané sur courant alternatif.
Respiration et psychisme. — M. Pron (d’Alger),
se basant sur les modifications de la respiration qui
se produisent automatiquement et immédiatement
chez les sujets normaux pendant l’attention, les émo¬
tions, etc., et sur celles qui accompagnent certains
troubles mentaux, pense qu’inversement, on peut
modifier l'état mental des neurasthéniques et des
psychonévrosiques par des exercices respiratoires
rythmés.
B. Peri’Ùre.
SOCIÉTÉ DE PSYCHIATRIE
21 Février 1929.
Sur la descendance de certains paralytiques
généraux. — M. A. Marie présente la fille d’un
malade P. G. mort à l’asile de Bron, alors qu’elle
avait 9 ans, et d’une mère tabétique morte à Lari¬
boisière. Celte malade, âgée de 29 ans, présente
un état paranoïde. Réactions biologiques négatives.
M. Marie a, d’autre part, observé 2 jumeaux issus
d’un père P. G., uhivitellins et présentant un ^at_
d’allure hébéphréno-catatonique. ^
L’auteur insiste à propos de ces cas sur l’impor¬
tance de la syphilis héréditaire dans l’étiologie de
certaines psychoses, en particulier de la démence
précoce.
Séquestration volontaire à l’asile et idée fixe
d’infanticide consécutives à un accès de confusion
mentale. — MM. Courbon et Rondepierre. Celte
idée, qui subsiste après guérison de la confusion
chez une domestique bretonne, n’est pas une idée
fixe post-onirique, car elle n’est pas née d’halluci¬
nations et n’a pas hé concomitant émotionnel ni la
conviction inébranlable des idées post - oniriques t
elle résulte d’une application du principe de cau¬
salité, comme ôn l’observe chez certains débiles en-
dehors de tout délire.
Un cas d’énervation de l’ovaire pour troubles
sympathiques suivie d’un succès complet. — MM.
Dupont et Genil-Psrrin rapportent l’observation
d’une malade qiii présenta à deux reprises un état
anxieux accompagné de névralgie pelvienne. L’opé¬
ration d’énervation de l’ovaire fut suivie non seule¬
ment d’une disparition des douleurs, mais encore de
celui de l’étal anxieux.
Action de la stovarsolthérapie sur quelques alié¬
nées. syphilitiques. — Af"» Pascal et MM. Agasse
et Vié. La stovarsolthérapie selon la méthode de
Sézary et Barbé a donné des résultats remarquables
dans la P. G. Elle n’a eu aucune action dans la
syphilis associée à d’autres psychoses. Les auteurs
insistent sur la valeur pronostique de la courbe du
poids dès les premiers 15 jours du traitement; l’amé¬
lioration. mentale est parallèle à l’augmentation pon¬
dérale ; une baisse notable de poids est une contre-
indication de la stovarsolthérapie.
Impulsions homicides chez une mélancolique
intermittente atteinte d’encéphalite. — M".“ Pas¬
cal, MM. Vié et Agasse présentent une malade
de 48 ans, qui, lors d’un second accès anxieux aux
approches de la ménopause, contracta l’encéphalite
épidémique. Celte infection surajoutée fil appa¬
raître des crises d’agitation anxieuse et obsédante
avec impulsions. Deux tentatives de strangulation
sur sa fille. L’amélioration pose la question de la
sortie.
Psychose hallucinatoire abortive traitée par le
nuclélnate de soude. — M. Montassut rapporte
l’observation d’un cas de délire à début brusque
accompagné d’hallucinations visuelles-,’auditives, etc.,
délire à caractère fantastique, et qui a disparu au
bout de plusieurs mois à la suite d’un traitement par
le nucléinate de soude.
H. Bakuk.
SOCIÉTÉ CLINIQUE DE MÉDECINE MENTALE
18 Février 1929.
Démente précoce, fille de paralytique général.
— MM. L. Marchand et Mareschal attirent l’atten¬
tion sur le rôle que peut jouer l’hérédo-syphilis dans
certains cas de démence précoce. Une jeune femme
de 26 ans, institutrice, présente depuis l’àge de 24 ans
des troubles mentaux dont l’évolution a abouti à un
état de démence précoce caractérisé par de l’affai¬
blissement intellectuel, indifférence, inertie, incohé¬
rence, délire onirique, hallucinations auditives,
visuelles et de la sensibilité générale, gâtisme. Le
père de la malade est mort paralytique général à
63 ans (la malade était alors âgée de 14 ans). On ne
constate chez la malade aucune réaction humorale
positive et aucun stigmate d’Iiérédo-syphilis. Cette
particularité est à rapprocher des mêmes constatations
faites souvent dans d’autres effections nerveuses
telles que l’épilepsie et certaines encéphalopathies
infantiles.
Démence encéphalitique précoce. — M. L. Mar¬
chand. Une jeune femme de 23 ans, depuis l’âge de
13 ans, à la suite d’une grippe suspecte, présenta
une modification de son état mental. A l’âge de 21 ans,
premier accès mental grave sous forme d’un délire
d’influence. Deuxième accès, un an plus tard, qui
consista en un état anxieux avec délire onirique et
idées de persécution. Au syndrome mental qui con¬
siste actuellement en un état de désintégration avec
bradypsychie, bradycinésie, passivité, négativisme,
inertie, indifférence, s’associe un syndrome parkin¬
sonien. L’auteur insiste sur la marche lente et pro¬
gressive des troubles mentaux, sur l’intrication des
troubles psycho-moteurs delà démence précoce et du
parkinsonisme. Les deux syndromes sont en rapport
avec la localisation des lésions encéphalitiques d’une
part sur le cortex cérébral, d’autre iiarl sur les
noyaux gris centraux.
Encéphalopathie infantile évolutive. — MM.
Chatagnon et A. Courtois rapportent l’observation
d’un jeune homme de 19 ans ayant présenté, à l’occa¬
sion d’une broncho-pneumonie, un étal méningé
grave vers l’âge de 3 mois. Débilité mentale profonde
simple ayant permis la vie dans le milieu familial
A 18 ans, apparition d’hallucinations visuelles, d’idées
délirantes de grandeur, de persécution, avec réac¬
tions. violentes nécessitant l’isolement. Les auteurs
insistent sur l’apparition de troubles mentaux nou¬
veaux faisant craindre l’évolution vers la démence
précoce, et les modifications importantes du liquide
céphalo-rachidien, , pour affirmer le caractère encore
évolutif des lésions infectieuses encéphaliques.
Syndrome de démence précoce d’origine infec¬
tieuse. MM. È, Toulouse et A. Courtois. Un
jeune instituteur de 29 ans a présenté dans la pre¬
mière enfance des convulsions. Pourtant il -est resté
m
particulièrement intelligent, a obtenu très brillam¬
ment le baccalauréat, et préparait une licence. Vers
28 ans, il devint brusquement incapable de tout effort ;
inertie, désintérêt affectif, apragmatisme sexuel,
idées hypocondriaques, de persécution, d’aulo-accu-
sation, de transformation corporelle, opposition,
violences, tentatives de suicide réalisant le tableau
de la démence précoce. Exagération des réflexes de
la face, abolition de la convergence d.e l’œil gauche.
Hyperalbuminosc rachidienne (0,80 globulines -|-
benjoin : 00000.22222 21000|. Glycorachie normale.
C’est un exemple typique de démence précoce
d’origine infectieuse qu’a décrit M. Marchand, mani¬
festations peut-être d'une reprise ou d'une poussée
évolutive de l’infection encéphalique des premiers
mois de la vie.
Mélanodermie à topographie radiculaire chez un
déprimé mélancolique. — MM. Chatagnon,
Trelles et Potiffary montrent un malade atteint de
dépression mélancolique involutive et présentant
une bande de taches pigmentaires au niveau des ter¬
ritoires radiculaires de la 11“ et 12“ dorsale gauche.
A ce propos, les auteurs soulignent les synergies
endocrino-sympalhiques et nerveuses.
Claudication continue des territoires artériels
des membres supérieurs. — MM. Chatagnon,
Pouffary.et Trelles. 11 s’agit d’un homme de
38 ans, sans antécédents syphilitiques, à Bordel-
Wassermann négatif dans le sang et le liquide
céphalo-rachidien, dont les auteurs ont pu suivre
l’évolution des accidents cérébraux aboutissant à
une hémiplégie droite acluclleinenr en contracture
avec- aphasie et affaiblisscmenl psychique. Chez ce
sujet, l’absence de pulsations artérielles des membres
supérieurs, de la tête et du cou (non liée à l’existence
d’un anévrisme aortique) a été constatée avant et à
la suite des manifestations hémiplégiques. La tension
artérielle au niveau des humorales est de 5-3 ; celles
des membres inférieurs (tibiale postérieure) est
de 18-6.
L. Marchand.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SDCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
26 Février 1929.
Scorbut chez un nourrisson alimenté pendant
9 mois au babeurre stérilisé. — MM. Mouriquand,
Bernheim et Reboud présentent un entant de
9 mois nourri au babeurre stérilisé deimis l’âge de
20 jours cl qui est atteint de scorbut aigu typique. Le
scorbut semble avoir été déclenché par une broncho¬
pneumonie datant d’un mois.
ictère chronique par rétrécissement inflamma¬
toire de la portion terminale du cholédoque ; cho-
iédoco-duodénostomle. — MM. Cade et Cotte pré¬
sentent un malade atteint d’ictère par rétention avec
crises douloureuses à répétition et hypertrophie hé¬
patique, sans élévation thermique, qu’ils ont vu dans
un étal cachectique avancé. En raison de cet étal
général très grave ils ont dû pratiquer des interven¬
tions qn plusieurs teinjis. Une première opération,
sous anesthésie locale, pour drainerla vésicule, amena
une détente très appréciable qui permit, un mois plus
tard, le drainage du cholédoque; il n’y avait pas de
calculs mais seulement une boue biliaire abondante.
L’amélioration fut alors très nette. Le drain ayant été
enlevé accidentellement, pour étudier la perméabilité
des voies biliaires on lit une injection de lipiodol par
la fistule. La radiographie montra un rétrécissement
de la portion terminale du cholédoque. Sous rachi¬
anesthésie le calcul fut alors recherché et ensuite une
cholédoco-duodénostomie fut pratiquée qui soulagea
le malade. Après l’opération, le volc.rr;; ou foie rede¬
vint normal.
^Les auteurs insistent particulièrement sur deux
points : sur l’utilité d’opérer en plusieurs temps et sur
la rareté des cas où l’on peut pratiquer l’anastomose
cholédoco-duodénale, les conditions opératoires étant
rarement remplies.
Double ulcus en vis-à-vis géant et perforant. _
MM. Cade et Bouysset apportent des pièces pro¬
venant d’une malade qui présentait depuis une dizaine
d’années un syndrome hypersthénique tardif et à
330
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N“ 20
l'entrée à l’hopilal un état anémique grave. La mort
fut rapide par étal infectieux surajouté. L’estomac
présentait, à l’autopsie, un double ulcère géant, l’un
sur la face antérieure de l’estomac dont le fond était
constitué par la face inférieure du foie, l’autre sur
la face postérieure avec pour fond le pancréas. Sur
une surface d’une paume de main, foie et pancréas
étaient en contact direct à travers la double perte
de substance. L’examen histologique no montra pas
de dégénérescence néoplasique, 'l'oute thérapeutique
chirurgicale était évidemment illusoire.
Sécrétion gastrique par excitation delà muqueuse
nasale; olfaction d’épreuve. — MM. Garin, R. Fro¬
ment, Amie et Delorme rapportent les résultats
d’expériences effectuées sur 30 sujets tuberculeux.
Us montrent, à l’aide du tubage d’Einborn, que l’exci¬
tation de la seule moqueuse pituitaire, après olfac¬
tion de sels anglais, déclenche une sécrétion gas¬
trique active. Toute une série d’odeurs n’appartenant
pas è la gamme olfactive alimentaire (essence de
lavande, de menthe, de fenouil, voire eau de Colo¬
gne) provoquent de même une sécrétion gastrique
Les auteurs insistent sur la nouveauté de ce fait
physiologique et en même temps sur l’importance
pratique de l’olfaction d'épreuve.
Excitation de la sécrétion gastrique par la seule
présence du tube d’Einhorn dans l’estomac; disso¬
ciation expérimentale de la dite sécrétion et de
celle due à l’olfaction d’épreuve. — MM. Garin,
R. Froment, Amie et Delorme montrent- que le
seul tube d’Einhorn laissé, chez 8 sujets, à demeure
dans l’estomac a toujours sufli à provoquer . une
véritable sécrétion gastrique avec forte augmenta¬
tion de Tacidilé totale et apparition d’IlCl libre.
Celte sécrétion paraît durer de 45 minutes à
une heure. Les auteurs l’attribuent à un réflexe l'i
point de départ au niveau des voies digestives supé¬
rieures plutôt qu’;\ l’excitation mécanique directe do
la muqueuse gastrique dont les expériences physio¬
logiques bien conduites ont montré Tincflicacité.
A l’aide d’expériences précises, ils peuvent d’ail¬
leurs dillérencier de cette sécrétion celle duo à
l’olfaction d'àprvacf et mettre en évidence le rôle
actif propre de l’irritation de la muqueuse nasale.
Note sur les rapports entre la tension arté¬
rielle et la teneur en adrénaline des capsules sur¬
rénales humaines. — MM. L. Langeron, Paget et
Locéah ont poursuivi des recherches sur le dosage
de l’adrénaline dans les capsules surrénales i\ l’aide
de la méthode colorimétrique de Bailly, soit immé¬
diatement après la mort, soit dans les conditions
habituelles des autopsies. Ils discutent le problème
de l’adrénaline u virtuelle ». Leurs recherches conlir-
ment celles de Mouriquand. Ils estiment que le
désaccord entre les méthodes colorimétriques et les
méthodes physiologiques de détection de l’adréna¬
line vient en réalité de ce que ces méthodes ne met¬
tent pas en évidence la même substance ou la même
forme de cette substance.
Sur l’adrénaline cachée. — MM. Mouriquand et
Leulier rappellent les recherches cliniques qu’ils
ont poursuivies depuis 1926 et qui les ont menés à
la notion d’adrénaline virtuelle. Ils soulignent les
divergences des méthodes physiologiques et des mé¬
thodes cliniques. Les premières ne dosent pas une
substance, mais enregistrent un elfet pharmacodyna¬
mique, tandis que les autres évaluent une substance
définie i\ l’aide d’une l éaclion strictement spécifique.
Ils maintiennent leurs conclusions primitives sur
l’existence in t'ii'o d’une adrénaline virtuelle vis-à-vis
des réactifs chimiques.
Spasme respiratoire,, reliquat isolé d’une encé¬
phalite ignorée. — AT. V. Cordier et Af'»» Vincent
relatent l’observation d’un hoinme de 20 ans qui
présentait des crises d’asthme. L’impression pre¬
mière était celle d’un pithiatique ou d’un simulateur.
L’examen somatique était négatif sans la présence
de troubles vaso-moteurs très marqués des mains.
Les mouvements respiratoires n’étaient influencés
par rien. Avec beaucoup de difficulté on retrouvait
une histoire ancienne d’encéphalite caractérisée par
des crises d’hypersomnie. Les [signes de rigidité
étaient absents.
Les auteurs ont enregistré graphiquement, à Taide
du pneumographe de P. Bert, les mouvements respi¬
ratoires ; les points caractéristiques sont les sui¬
vants. Les respirations superficielles constituant le
rythme fondamental régulier, de 18 à 20 par minute,
sont analogues du point de vue graphique à des res¬
pirations normales (sauf TamplitiWe qui est mi¬
nimal, l’inspiration est brusque, l’expiration pro--
gressivement ralentie. Il n’y a pas de pause. Les
grandes respirations spasmodiques survenant à inter¬
valles réguliers sont constituées par une inspiration
très brusque et très profonde, d’une amplitude 3 à
4 fois plus grande que celle du rythme fondamental.
Il y a une très courte pause inspiratoire, puis une
inspiration forcée, puis une expiration forcée, parfois
saccadée, suivie d'une période d’apnée de quelques
secondes pendant laquelle le rythme fondamental
reparaît peu à peu sous forme d’ondulations d’am¬
plitude croissante.
Les tracés de ce cas rare sont particulièrement
nets.
— Af. Froment insiste sur la difficulté de faire le
diagnostic d’encéphalite actuellement. Il faut ne pas
être difficile sur les signes qu’on observe. Ainsi,
dans ce cas, elle se manifeste par des crises d’hyper¬
somnie, dans d’autres ce seront des crises d’in-
Chez ce malade, en tout cas; il ne s'agit pas d’une
séquelle, mais bien d’une forme évolutive. Faire le
pronostic d’une encéphalite, c’est actuellement un
problème dos plus difficiles.
J. Roussut.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE D’ALGER
14 Février 1929.
Fracture du condyie interne du tibia; énorme
déplacement en haut et en dehors du péroné et du
corps tibial; ostéosynthèse par la voie articulaire. —
AT. Costantini. Un homme de 33 ans se lit, au cours
d’une chute, une fracture du condyie interne du tibia.
Le corps du tibia, avec le condyie externe et le péroné,
claif déplacé en dehors et en haut. Ostéosynthèse
après section transversale de la rotule. Cette voie
intraarliculaire permit une coaptation parfaite des
fragments avec juxtaposition exacte des surfaces car¬
tilagineuses.
Trois cas d’abcès pulmonaires opérés. — MM.
Costantini, Aubry et Curtillet. La !'•<' observation
concerne une lobite du sommet ramollie au centre.
Une anesthésie locale permit, à la faveur d’adhé¬
rences, de pénétrer dans le parenchyme et d’ouvrir la
cavité. Le malade, qui conserve une fistule, est consi¬
dérablement amélioré. L’avenir doit être réservé à
cause de l’infiltration parenchymateuse
Dans la 2“ observation, la collection intraparenchy¬
mateuse était bien limitée. On intervint en 2 temps
afin de créer des adhérences dans un 1»'' temps.
L’opéré est actuellement guéri.
Le 3» cas est une collection de la base du poumon
qui s’évacuait eu masse lorsque le malade prenait
une certaine position. Une anesthésie locale permit
d’arriver dans la cavité à la faveur d’adhérences
déjà constituées. Guérison.
Les auteurs insistent sur la fréquence relative de
ces suppurations pulmonaires autrefois diagnos¬
tiquées pleurésies enkystées, indiquent la gravité du
pronostic lorsque le parenchyme est infiltré large¬
ment, mettent en évidence l’utilité de l’anesthésie
locale et d’une bonne localisation radioscopique et
radiosléréoscopique, et enfin la nécessité de n’aborder
le foyer infecté qu’à la faveur d’un barrage d’adhé¬
rences qu’on peut provoquer s’il est nécessaire, en
procédant par plusieurs temps.
. Adénome toxique du sein. — AT. Costantini relate
l’observation d’une jeune femme qui présentait un
adénome important du sein. L’extirpation fut suivie
d’une amélioration considérable des signes généraux
(fatigabilité, asthénie, troubles du caractère). L’ame¬
lioration est si frappante qu’il est impossible de lu
mettre sur le compte d’un état psychique. Il y aurait
intérêt à étudier de près les signes généraux dès
adénomateuses du sein. L’examen histologique de la
tumeur révéla un adénome d’aspect banal.
Fistule urétérale post-opératoire datant de 1 2 ans ;
néphrectomie. — MM. Costantini et Bernasconi.
Cette fistule, consécutive à une hystérectomie, put
être tolérée durant 12 ans. La néphrectomie s’impo¬
sait. Le parenchyme, friable et abcédé, était entouré
d’une capsule cellulo-adipeuse considérablement
épaissie. Guérison.
Un cas d’endartérite juvénile traité par la
sympathectomie périartérielle et l’insuline. —
AfAT. Pierre Goinard, Pieri et GuedJ pré¬
sentent un homme de 29 ans, d’origine espagnole,
non spécifique, qui fut atteint d’abord au membre
inférieur gauche de violentes douleurs et de troubles
trophiques avec asphygmie de la tibiale postérieure
et de la pédieuse. Hypercholestérinémie ; pas d’hyper¬
glycémie; hématologie normale. Traités par sympa¬
thectomie périfémorale primitive avec un résultat
partiel, puis 20 jours après par l’insuline, les dou¬
leurs et les troubles trophiques restent guéris depuis ,
1 ân, sans que l’asphygmie ait été modifiée; 5 mois
après, les douleurs sont au membre inférieur droit ;
le 5" orteil est gangrené, la pédieuse droite à son
tour asphygmique. L’insuline seule est sans effet.
La sympathectomie à la pointe du triangle de Scarpa
améliore partiellement sans modifier la tension.
L’insuline alors et la désarticulation du 5^ orteil
complètent la guérison, moins l’asphygmie.
Les auteurs insistent sur les heureux effets obtenus
en associant sympathectomie et insuline qui s’étaient
moniréos inefficaces isolément.
Fracture ouverte de la jambe droite chez un
polyfracturé en état de choc ; ostéosynthèse ;
guérison. — M. B. Goinard rapporte une observa¬
tion de M. Pieri concernant un homme tamponné par
une automobile qui arrive 5 heures après à l’hôpital
en état de choc avec fracture des deux jambes ouverte
à droite. De ce côté, on applique plaque de Lambotte
et gouttière plâtrée. L’opéré sort au bout de 3 mois
avec une parfaite restitution anatomique et fonction-
Les auteurs sont partisans de l’ostéosynthèse pour
fracture ouverte dans les premières heures, si la
réduction paraît difficile à obtenir Ou à maintenir au
cours do la toilette du foyer.
Maladie de Hoifa. — M. Cabanes présente l’obser¬
vation d’un adulte qui paraissait atteint de lésion
méniscale et chez lequel une incision interne trans¬
versale découvrit une hyjjertrophie du ligament
adipeux dont la résection procura la guérison.
Ostéosarcome de la paroi thoracique ; exérèse et
radiothérapie. — MM. E. Goinard, P. Goinard et
GuedJ présentent l’observation d’un indigène de 30 ans
dont l’omoplate gauche était soulevée par une tumeur
grosse comme une orange; la radiographie montrait
une masse arrondie opaque englobant la 3“ côte
fracturée et écartant la 2“ de la 4’ de 10 cm.
A l’intervention, la tumeur, encapsulée en arrière,
est énucléée à ce niveau; de profonds prolongements
intrathoraciques sont curettés; la plèvre est ouverte.
1 mois après, la radiothérapie (8.000 R en 15 jours)
fait disparaître un épanchement pleural post-opéra-
t(^e et améliore beaucoup l’étal général (gain
de 8 kilogr.). A la sortie, il n’existe plus trace de la
tumeur ni cliniquement ni radiologiquement.
Les auteurs considèrent naturellement ce brillant
résultat comme très peu durable.
■Perforations typhiques de l’intestin ; interven¬
tion ; guérison. . — M. Lombard rapporte une
observation de M. Lagrot concernant un enfant de
10 ans qui, au trentième jour d’une dothiénentérie,
présente un syndrome typique de perforation. Opé¬
ration à la 6“ heure. Le ventre contient une grande
quantité de pus. Deux perforations du grêle sont
suturées. Mickulioz. Les suites opératoires sont un
peu troublées : syndrome d’occlusion, puis éviscé¬
ration partielle et enfin phlébite du membre inférieur
gauche. A l’heure actuelle, guérison complète.
, Fracture du fémur vicieusement consolidée chez
un enfant; réduction sanglante sans ostéosynthèse;
résultat éloigné. — Af. Lombard.
P. Goinaud.
N“ 20
9 Mars 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N» 72
Lipomatose symétrique
Par Andhé-Tuomas
Médecin de riiôpilul Saint-.losejili,
Voici un malade dont la simple rnoj‘j)hologie
permet un diagnostic rapide. Il se fait remarquer
immédialernent par l’ampleur exagérée de la partie
supérieure du corps et des épaules, des bras, dc.s
fesses et des cuisses; au contraire les avant-bras
et les jambes sont grêles. Le cou paraît également
étroit entre les épaules démesurément saillantes
et la face élargie.
Cet aspect ne pourrait guère en imposer pour-
une musculature puissante; aucun relief ne se
dessine pendant l’exécution des mouvements.
Cette apparence de forcé n’est qu’un rembourrage
superficiel, sans vigueur et sans fermeté.
Palpe-t-on les épaules, la main saisit des masses
molles, lobulées, qui glissent facilement sur les
plans profonds, que les muscles soient au repos
ou en activité. Ces tumeurs sont rigoureusement
symétriques, de volume, de consistance égale;
elles se prolongent en bas et en avant, mais moins
volumineuses, sur la face antérieure des bras et
s’arrêtent à quelques centimètres au-dessus du pli
du coude; elles ne descendent guère plus bas en
arrière et n’atteignent pas l’olécrane. Sur la face
antérieure du thorax les épaulettes ne se rejoignent
pas, mais la peau qui recouvre la région mammaire
est doublée d’un pannieule adipeux extrêmement
épaissi.
On constate encore la présence de masses sem¬
blables au niveau de l’angle inférieur de l’omo¬
plate, sur la face antérieure des cuisses, dans les
deux tiers supérieurs de leur face anlérocxterne,
sur les fesses, la face postéro-interne des cuisses,
sur le bord interne du creux poplité, où elles sont
plaquées sur le condylc interne du fémur, l^a
région sacrée est recouverte par une masse unique,
médiane et symétrique, qui dessine un tueur de
carte à jouer.
Sauf la présence d’une petite masse semblable
située dans la région sus-hyoïdienne, au-dessous
du menton — et il semble s’agir davantage d’une
infiltration que d’une tumeur bien limitée — le
cou est complètement indemne. Par contre la face
participe à cette invasion; la peau est soulevée
au niveau des régions sous-orbitaires, des régions
préauriculaires par des nodules assez bien limités,
mais plus fermes et plus profonds.
■ Toutes ces masses ont l’aspect et la cousis-*
tance des lipomes; à leur niveau la coloration et
la température de la peau ne sont pas modiliées.
IjOS' veines sont particulièrement développées au
niveau des épaules, surtout de la droite, et le
réseau veineux se présente comme celui d’une cir-
Ctikilion complémentaire; la veine saphène du
même côté se détache nettement à quelques centi¬
mètres au-dessous de son embouchure dans la
fémorale.
Cette éruption de lipomes se fait remarquer par
sa distribution rigoureusement symétrique et
aussi parce qu’elle respecte les segments distaux
des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que
le cou, les régions axillaires et les régiotis ingui¬
nales. La palpation de la région cervicale ne
décèle la présence d’aucun amas ganglionnaire;
ces éléments ne sont accessibles que dans les
régions inguinales, là où les lipomes et l’infiltra¬
tion graisseuse font complètement défaut.
La plupart de ces lipomes font corps avec la
peau; on ne peut faire glisser le tégument sur les
tumeurs sous-jacentes; pris, entre le pouce et
l’index, il ne peut être plissé. Cette manœuvre ren¬
contre une résistance complète, la peau se gaufre
et se déprime par. places comme si la continuité
avec la masse lipomàteuseyétait plus intime. Los
lipomes ne forment pas partout des masses- énu-
cléables, ils se continuent insensiblement dans
certaines régions avec une infiltration difl'use du
jiannicule adipeux, par exemple entre les épaules et
la région mammaire, sur la face postérieure des
cuisses; très épaissie, la peau ne se comporte pas
différemment de la peau des obèses. I,a lipoma¬
tose s’est développée plus ou moins en profondeur
suivant les endroits.
Les' lipomes de la face se comjjorteiit dill'é-
remment, la peau glisse facilement à leur surface
et ne fait pas corps avec eux; le pli s’obtient aussi
facilement que dans le voisinage. Les tiodulcs
préaiiriculaires sont plaqués sur les;-.plans pro¬
fonds et peu mobilisables.
Dans le plus, grand nombre d’observations
analogues (pii ont été publiées, les auteurs insis¬
tent peu sur les rapports des lipomes avec la peau ;
dans le cas de Thiroloix et Saget, ils n’étaient pas
adhérents.
Les raies vasomotrices, blanche et rouge, ne
diffèrent pas sur les régions infiltrées et sur les
régions saines; la sinapisation y produit les
mêmes réactions. Au niveau de la plupart des
lipomes, la chair (le poule est moins apparente et
sur quelques-üns, par cxcmplé ceux des omo¬
plates, elle ne peut être obtenue par action à dis¬
tance dans la partie centrale; d’ailleurs, la réac¬
tion locale y est moins nette. Cet affaiblissement
apparent de la féflectivité pilomotrice ue jveut
être attribué à ce fait que les follicules pileux
sont plus espacés que dans les territoires de peau
saine, mais il peut être la conséquence d’un
trouble purement local.
Cet homme, âgé de 54 ans, de taille moyenne,
exerce la profession de lad. Son passé morbide
■est peu chargé; il a subi deux accidents sans
conséquence, une fracture de jambe en 1900, et
plus récemment, au mois d’Août 1927, une fracture
de côtes. Bien qu’il ait fait quelques abus d’àlcool,
il n’en a pas trop éprouvé -les méfaits ; le foie
n’est pas augmenté de volume, les conjonctives
ne sont pas subictériques. Au mois d’Avril 1928,
il s’est senti fatigué ; l’examen des urines pra¬
tiqué à cette époque a montré la présence de
0,18 centigr. (l’albumine. Actuellement elle a
complètement disparu, le sucre fait également
défaut.
Ce. ne serait que depuis quatre ou cinq mois
qu’il s’est aperçu de cet embonpoint partiel, mais
il ne faut aecejiter .cpi’avec de sérieuses réserves-
une telle affirmation, parce qu’un dévelojipement
aussi rapide des masses liponiateuses n’est pas la
règle et que le malade ne s’est vraisemldablement
aperçu de leur présence qu’à partir du moment où
elles ont acquis d’aussi vastes pro])ortions.
La foi'ce musculaire est bien conservée, tous les
l’éllexcs sont normaux ; on ne constate aucun
signe d’une affection organique du système ner¬
veux. La sensibilité n’est atteinte sous aucun deo
scs modes, aussi bien au niveau des zones lipoma-
leusts que dans les autres territoires. Les lipomes
ne sont pas douloureux à la pression et à la pal- .
pation. Le malade n’a jamais é|)rouvé la moindre
douleur sjiontanéc. L’examen des autres organes
fournit des résultats négatifs.
L’affection au sujet de la(iuelle il est venu nous
consulter est donc caractérisée par la présence de
lipomes apparus dans des régions rigoureusement
symétriques, remaiapiables encore par leur aspect,
la similitude de leur étendue. C’est pourejuoi la
plujiart des observations qui concernent cette sin-
^gulière affection ont été publiées sous le nom de
lipomes symétriques ou li])omatose symétrique.
A
Voici un autre malade Agé d’une quarantaine
d’années, qui est venu consulter pour une augmen¬
tation de volume de la région cervicale, augmen¬
tation produite par l’apparition de masses lipo-
mateuses qui font défaut ' dans toute auti-e
région. Ce type de lipomatose s’oppose com¬
plètement ])ar sa morphologie au précédent
.malade; il est tout à fait comparable à celui qui a
été décrit par Launois'et Bensaude sous le nom
d’adéno.-lipomatose symétrique. Les lipomes
étaient principalement distribués dans la région
cervicale (région sus et sous-hyoïdienne, région
sous-maxillaire, rétro-mastoïdienne, au niveau de
la nuque) et à la face dans les régions préauricn-
laircs. Quelques amas étaient également i-épartis
dans les régions inguinales. Ce n’est pas une f ffec-
tion extrêmement rare puisque, dans leur mémoire
(1898), ces auteurs rajiportent (>5 cas publiés en
France ou à l’étranger, concernant presque exclu¬
sivement des hommes (C3 hommes et 2 femmes).
Le siège de prédilection des tuméfactions dajis
des régions où existent normalement de nom¬
breux ganglions lymphatiques, la présence au
milieu des masses infiltrées de ganglions plus ou
moins nombreux comme chez le malade de
Hayem, la constatation, sur la face interne de
chaque cuisse, d’un cordon dur, interprété comme
une lymphangite tronculaire, l’infiltration dans
quelques cas de traînées liponiateuses à travers
les aponévroses ou les muscles, la splénomégalie
signalée dans les cas de Launois et Bensaude, de
Hayem, ont été invoqués comme autant d’argu¬
ments en faveur d’une maladie des glandes lym¬
phatiques.
Parmi les observations que Launois et Beii-
saude ont fait rentrer dans le cadre de la lipomaT
tose, un assez grand nombre concerne des
malades chez lesquels les lijiomes existaient ail¬
leurs que dans la région cervicale : épaules, nia-
nielon, hypogastre, face interne de la cuisse,
angle inférieur de l’omoplate, sacrum, etc., bref
dans des régions où les lipomes symétriques ont
été décrits et où les glandes lymphatiques font
ordinairement défaut.
Plusieurs auteurs ont été ainsi amenés à se
demander si l’adénolipoinatose doit être consi¬
dérée comme une maladie autonome, si les lipomes
de U région cervicale se développent réellement
3:52
I-A PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N“ 20
ail niveau ou dans l’alinosplière des glandes lyin-
jihaliques. L’iuvesligalion clinique a démontré
— et de noiuhreuses observations en font foi --
((uiaueuiie eorrélalion n'existe entre ïi's lipomes
et les ganglions lymphatiipies, qu’il s’agisse de
lipomes i-ervieaux ou extra-cervicaux, et que dans
([uebpies cas où les lipomes s’étaient dévebqipés
dans des territoires ganglionnaires, de volumi¬
neux ganglions étaient eonqilètement indépendants
lies amas lipoinafeux, soit au niveau du cou (Fies-
’singeret Ravinai, soit ailleurs (Ménétrier, Rénard
et Derville'.
Fn onire, dans la plujiart des luis opérés, les
idiirurgiens Reidus, Schwartz, Lejars, Le Dentu.
Tuliieri ont trouvé du tissu lipomateiix jmr. 11
» n'est pas impossilile <pie de la graissi' s’aeeumule
tiutour d’un ganglion lym|)liati([U(‘, eoinme dans
le cas de \’irehow, il n’est pas impossil)l(“ qu’oeea-
sionnellemeîit un lipome englobe des masses
ganglionnaires, niais cette éventualité ne prouve
rien eu faveur de l’origine ganglionnaire.
11 n’y a donc [ilus lieu aujourd’hui d’opposer
la lipomatose symétrique à l’adénolipomatose.
La grande majorité des auteurs en font une seule
maladie.
Tout en restant symétrique, et en alleetant
(piehjues régions de prédilection, la distribution
des lipomes reste assez variable d’un sujet à
l’autre ; ils peuvent, jiar exemple, oceuper exelii-^
sivernent le tronc eomnie dans la forme thoraco-
abdominale de Ragniez.
Cbez notre malade, les tumeurs se sont déve-
lopiiées sans douleurs et ne sont pas douloureuses
à la [iression. billes si- distinguent ainsi de la
maladie de Dereum ipii s’installe surtout chez la
femme et dont les prineijiaux caractères sont:
1” le développement excessif de la graisse sous-
eutanée, soit sous forme dilfuse ou inliltrée, soit
sous Ibrini' de nodules lijioinateux j 2" les douleurs
spontanées ou provoquées; ,'i" les troubles jisy-
(diiipies et l’astbénie.
D’ailleurs, l’autonoinie de la maladie de l)er-
euni a été combattue par Thimm, Cheinisse et
.Miquel, ]dus réeemment par Marcel Labbé et
R. Rouliu. Les arguments invoqués à l’apjuii de
(•(‘tte manière de voir jiar les derniers auteurs
sont les suivants; la même dis[)osition des li|)o-
matoses douloureuses et des lipomatoses dis¬
crètes, non douloiiri'uses, de Roe.h (de Genèvei, la
forme inliltrée ne dill’ère pas de l’adipose simple.
Les douleurs seraient dues il des éléments sura¬
joutés. tels ipie l’alcoolisme, le rhumatisme chro¬
nique. Les troubles mentaux seraient inconstants,
l’asthénie (b'qiendrait encore d’alfeetions eoneo-
mitantes. .Marcel Labbé ramène ainsi toutes les
surcharges graisseuses à trois types; la lipoma-
matosi', l’adiiiose et l'obésité.
Sans pri'udre ])arti vis-à-vis de cette eoneep-
tion intéressante et sans m’y attarder, puisque
encore une fois le diagnostic de la maladie de
Dereum ne se pose pas à priqios du malade que
je vous présente, il m’a jiaru intéressant de
signaler les remaniements ipii s’ojièrent dans ce
domaine et la ti-ndance à l’unilieation des lijio-
matoses ou des adiposes.
La confusion a été faite ipudipiefois avec, la
maladie de Reeklinghausen, lorsipie les mollus-
cum sont rares et les taches pigmentaires très
discrètes, ou bien eneore lorsque les lipomes
peu dévelopjiés sont relativement riehes en tissu
libreux et font eoiqis avec la peau. Les neuroli¬
pomes d’.Mslx'rg se distinguent jiar l’intimité de
leurs connexions avec les nerfs.
.le ne saurais passer en revue à propos de ce
malade toutes les formations nodulaires ipii
envahissent la peau ou le tissu cellulaire sous-
cutané telles ipie la cystieereose ou la sarcoma-
tose, (jui n’entrent pas en ligne de eomjitc le
cas échéant.
Le pronostic de cette lipomatose qui constitue
une inlirrnité relative ne comporte pas de gravité
immédiate. La thérapeutique reste malheureu¬
sement désarmée. Suivant les théories adoptées
])ar les auteurs, théorie glandulaire, théorie ner¬
veuse, théorie arthritique, etc..., des tentatives
ont été faites avec des préparations d’extraits
glandulaires (hypophyse, corps thyroïde), avec
les agents physiothérapiques (rayons infrarouges)
avec les préparations iodées) ; toutes ces tenta¬
tives sont restées à peu près vaines; néanmoins,
c’est encore dans ces voies diverses qu'il convient
d'orienter le traitement.
Le traitement chirurgical
de la dilatation des bronches
La dilatation des bronohos, décrite pour la pre¬
mière fois par Laennec en 1819, a été considérée
pendant longtemps comme une alToction relativement
rare. Son diagnostic, sonvent très délicat, a largement
bénédcié des progrès de la radiologie et surtout de
l’application à l’examen de l'appareil respiratoire par
notre maître le professeur Sergent et Cottenot de la
méthode des injections intra-trachéales de lipiodol
de Sicard et Forestier. Grâce à ce procédé d'explora¬
tion, les bronchectasies sont maintenant plus facile¬
ment et plus souvent décelées et on peut dire que la
radiographie après injection de lijiiodol dans les
bronches est le seul moyen permettant de poser
avec certitude le diagnostic de dilatation bronchique.
Aussi depuis quelques années, cette maladie a été
reconnue beaucoup plus fréquente et a été très étu¬
diée.
Le point de vue thérapeutique n’a pas été négligé
et, devant 1 insuccès habituel des moyens médicaux
qui ont surtout un but symptomalii[ue et palliatif et
(jui pendant longtemiis furent les seuls employés, on
s’est tourné vers le traitement chirurgical. Mais
celui-ci n’est applicable qu’aux formés unilatérales ou
aux formes bilatérales à prédominance très marquée
On peut diviser les diverses méthodes préconisées
en deux calégoi’ies ;
1. Méthodes indirectes.
1" /.<• pneumothorax artificiel a l’avantage, quand
il est réalisable, d’étre d’une application facile, babi-
, tuellement bénin et de réaliser un collapsus parfait.
.Si la plèvre est libre et le poumon peu sclérosé, ses
elîets sont satisfaisants et se traduisent par une forte
diminution de l’expectoration et un relèvement géné¬
ral. Malheureusement, c’est, chez l'adulte, un remède
plutèt palliatif que curateur dont les résultats ne
sont que temporaires. Par contre, chez l’enfant,
quand la bronchectasie est de date récente, on a
obtenu lu guérison délinitive.
Il" La pneumectomie ou lobectomie est nue opéra¬
tion radicale, héroïque, â tenter après échec des
autres méthodes thérapeutiques. Mlle exige des con¬
ditions bien déterminées qui en rendent rare la pos¬
sibilité. Mlle nu convient qu’aux sujets jeunes et
vigoureux, avant îi.ô ans, R faut que la lésion soit
limitée à un seul lobe et que le reste des poumons
soit sain; l’opération semble plus facile et plus béni¬
gne au lobe inférieur. Mlle donne des résultats com¬
plets et délinitifs, mais son pronostic est grave et la
mortalité demeure considérable, 57 pour 100 dans la
lobectomie en un temps, 40 pour 100 dans la lobec¬
tomie en deux on trois temps. Malgré cela, Archibald
la considère comme la seule opération logique et
d’avenir. De grands progrès restent encore à accom¬
plir. On a proposé, dans ce but', de pratiquer une
thoracoplastie préliminaire et ainsi d’extérioriser le
lobe avant de le réséquer.
D'autre part, après .Sauerbruch, Graham a préco¬
nisé la pneumectomie par cautérisation an thermo¬
cautère ou par thermo-coagulation ; cette technique un
peu moins dangereuse a réduit lu mortalité à un peu
plus de 20 pour 100. Archibald a adopté la méthode
de Graham et sur 5 cas a eu !1 morts. Plus récem¬
ment, Graham a repris la question ; il opère mainte-
nànt en plusieurs temps et sur 45 cas de suppura¬
tions n’aurait eu que 6,6 pour 100 de mortalité.
IL — Méthodes directes.
1" La pneumotomie ou opération de drainage était
le seul traitement employé autrefois; c’est une inter¬
vention grave, le plus souvent inopérante, qui ne
semble guère avoir d’indications dans la bronchec-
Chez l’enfant, on n’utilisera que le pneumothorax.
2" L.a phrénicectomie est une (qiéralion facile et
non danjtereusc, elle est surtout indiquée dans les
bronchectasies ilu lobe inférieur. l.a seule contre-
indication est la trop grande étendue des lésions.
Mlle peut être le premier temps d’une thoracoplastie.
Les résultats sont inconstants; on obtient parfois
des améliorations plus ou moins marquées, rarement
une guérison définitive.
3” /.e décollement pleuro-pariétal ou opération
de Tuflier consiste à réséquer quelques côtes et,
après avoir décollé la plèvre, à comprimer une por¬
tion plus ou moins large du poumon par du tissu
adipeux, de la paraffine, une éponge, un ballon de
caontchouc, des compresses tassées. C’est en somme
« un pneumothorax extra-pleural que l’on eomble et
rend permanent » (Guibal). C’est une méthode béni¬
gne qui a donné à Tuffier, Lambert, lloux-Rerger
d’excellents résultats, mais qui a été rarement ajipli-
quée. Elle nécessite une lésion nettement limitée;
elle n’a du reste été exécutée qu’au sommet du jiou-
mon où la bronchectasie est exceptionnelle,
4“ L.a thoracoplastie extra-pleurale préconisée par
Quincke (1890) est une intervention de grande chi¬
rurgie, grave et exposant le malade à des accidents
immédiats, précoces ou tardifs. Ses indications sont
surtout' tirées des contre-indications du pneumo¬
thorax. Elle est certainement plus grave que ce der¬
nier et d’une exécution beaucoup plus difficile mais
a l’avantage de réaliser un collapsus permanent et
définitif. Aussi elle convient, chez l’adulte, aux bron¬
chectasies chroniques invétérées, diffuses, unilaté¬
rales et plurilobaires et aux bronchectasies bilaté¬
rales avec prédominance marquée d’un côté, (liiez
l’enfant, elle est indiquée dans les formes diffuses
unilatérales en cas d’échec du pneumothorax, dette
intervention a donné parfois de bons résultats et, à
défaut de guérison complète, des améliorations plus
ou moins importantes.
Telles sont les diverses méthodes (|ui constituent
le traitement chirurgical actuel de lu dilatation des
bronches. Leurs indications respectives varient sui¬
vant l’étendue des lésions et l’âge du sujet.
Dans les formes localisées, toutes les interventions
peuvent être pratiquées mais on devra toujours com¬
mencer par le pneumothorax.
Dans les lésions de la base, la phrénicectomie est
particulièrement indiquée, mais inconstante dans ses
résultats ; la bronchectasie d’un lobe inférieur est jus¬
ticiable de la lobectomie chez un sujet jeune et vigou-
Mn cas de lésions diffuses, le pneumothorax pourra
être tenté au début de la maladie. Plus tard ou eu cas
d’échec de celui-ci, la thoracoplastie en deux temjis
A
III. — Enfin il est une méthode relativement ré¬
cente, encore peu pratiquée en France, qui n’est
pas à proprement parler chirurgicale et qui est
plutôt du domaine de l’oto-rhino-laryngologie, c’est
la bronchoscopie avec aspiration, suivie ou non de
l’injection dans les bronches d’une solution de
novarsénobenzol. C’est sans doute une méthode lon¬
gue, plutôt palliative, mais qui, par sa bénignité et
ses résultats souvent appréciables, mérite de prendre
place dans le traitement de certaines formes de dila¬
tation des bronches.
Res K .Mignot.
ABONNEMENTS- — Les abonnements à La Pkbbse
Médicale partent du P<' de chaque mois, ils doivent
être adressés à MM. Masson et C'®, éditeurs, 120,
boulevard Saint-Germain, Paris-6°. Compte chèques
postaux 599.
N» 20
0 Mars 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
A propos d’un jugement récent
la propriété des fiches médicales
Le 5 Décembre 1928, le tribunal civil de la
Seine a décidé par jugement que « les liches
médicales établies par un docteur dans son ser¬
vice de « médecin d’une œuvre « sont la pro¬
priété de celle-ci, môme si le docteur y a
mentionné des obscrt’alionn xuscepliblos d'êtvc
cunsidrrbcx coiiiiiw un Irufail xcien/i/iqiio perxun-
ncl ». ■
Ce jugement aura évidemment un grand reten¬
tissement et ne manquera pas d'être exploité dans
l’avenir, avec plus ou moins d’à-propos ou d’habi¬
leté. .
C’est pourquoi je me permets d’attirer l’altention
de tous les médecins français sur l’importance
réelle et la gravité possible d'un pareil jugement.
Je ne veux pas discuter ici les faits mêmes de
la cause, encore que la lecture du jugement réserve
bien des motifs de surprise à ceux qui voudront
se donner la peine de le lire.
Je ne retiendrai donc que cette décision extra-
oi'dibaire et môme, à vrai dire^ stupéfiante d’un
tribunal qui donne à l’administration d’une œuvre
la propriété des observations d’un médecin, iikiiiw
hrxqii viles ont le caractère d'un travail xcicnlijUjuc
personnel !
Pendant plus de huit ans, un médecin soigne
les malades d’une, œuvre; il consigne sur des
lic-hes des observations médicales précises et
tenues à jour qui sont le résultat évident et la
matière même de son travail scientifique person¬
nel. Ce médecin, brimé de mille façons, juge la
situation intenable; il quitte l’nmvre et emporte
les fiches contenant des observations médicales
longtemps suivies et annotées par lui-même.
Mais alors, l’administration de l’œuvre réclame
la propriété totale de ces liches; elle fait un
procès au médecin et le gagne par le jugement
(pie j’ai cité plus haut.
11 est bien évident que tous ceux qui, à notre
époque, cherchent à transformer le médecin en
un simple fonctionnaire et qui, certainement, se
réjouissent en secret de cette diminution de la
valeur et du prestige du corps médical, ne man-
(picront pas dans l’avenir de faire grand étal de
ce jugement et d’en tirer tout le parti possible.
Ils l’ont déjà fait, du reste, comme on peut s’eu
fendre compte en lisant un article du .Siècle inédi-
enl, paru le 1''' h’évrier 1929.
J'ai cru (jii'il était nécessaire de signaler ici à
tous les médecins qui s’intéressent à la partie
scientilltiue de la médecine le danger certain qui
les menace, s’ils laissent passer sans protestation
un jugeraeni aussi contraire aux traditions les plus
vitales d’un corps médical soucieux de sa valeur
el de sa dignité.
L’administration d’une « œuvre » ou d’un éta¬
blissement hospitalier quelconque n’a qu’un seul
rôld à remplir ; elle doit donner à ses malades le
maximum de confort matériel et moral, tout en
s’assurant le concours de médecins instruits et
honnêtes qui feront de leur mieux pour soigner
lés malades qui leur sont confiés.
Mais jamais celle administration, absolument
incompétente, n’aiira à intervenir directement dans
les questions scientifiques qui doivent relever des
seuls médecins.
Evidemment, si ces derniers préfèrentse consi¬
dérer désormais comme de simples fonctionnaires
qui feront des gestes médicaux et rempliront des
fiehes administratives en langage médical, sans
rien chercher au delà, libre à eux de se contenter
de ce rôle de « salariés » ; leur « travail » pourra
dans ce cas appartenir en toute propriété, à
«l’employeur».
Une fois de plus, ces médecins devenus fonc¬
tionnaires auront contribué à avilir la médecine,
en se ravalant au rang de distributeurs de médi¬
caments et de soins patentés. Mais on peut bien
être cerlain que jamais ees médecins-là ne feront
faire à la médeci’ne le moindre progrès. ,
Par contre, si ces médecins prétendent à tout
prix rester (ce qui fut toujours leur honneur et
parfois leur gloire) des chercheurs, des savants
qui observent, expérimentent, doutent el même
inventent, quand ils ont quelque génie, jamais ils
n’accepteront de se considérer simplement comme
les fonctionnaires ou les salariés d’une œuvre ou
d’un hôpital quelconque.
Ils tiendront toujours (c’est l’essentiel de leur
méthode de travail) des registres ou des fiches
d’observation qui devront rester leur propriété
personnelle.
S’il est. en elfet, un exemple de propriété
scientifique indiscutable, c’est bien cclui-là, je
pense.
S’ils n’ont pas la précaution de garder précieu¬
sement par devers eux ces documents, qu’ils se
méfient à l’avenir ! Le travail de plusieurs années
d’observation et d’expérience, consigné sur des
fiches qu’ils n’auraient pas eu l’élénientaire pru¬
dence de tenir secrètes, pourrait leur être soudai¬
nement ravi par une administration hostile, ou
vexée, qui viendrait tout à coup prétendre que
« tout cela lui appartient » puisque le tribunal
civil de la Seine en a jugé ainsi le 5 Dé¬
cembre 1928.
P. LjîciiXE.
Georges Gérard
(1874-1929)
L’ophtalmologie, non moins que les autres
branches de la médecine, continue à être dure¬
ment éprouvée. .En quelques mois, après Marc
Landolt, Fromaget, après le professeur !•’, La¬
grange, après le professeur H. Truc, de Mont¬
pellier, ((ui vient de succomber la semaine der¬
nière, voici que nous arrive de Lille la nouvelle
de la mort de Georges Gérard, emporté en quel-
(pies jours, à l’àge de 55 ans, par une septicémie.
Il disparaît en pleine activité, et, sans doute,
celle-ci n’aura-l-elle pas été sans influence sur sa
fin prématurée, car il remplissait à la fois, à la
Faculté de Médecine de Lille, les fonctions de
professeur d’anatomie el celles de chargé de
cours d’ophtalmologie, assurant, en cette der¬
nière qualité, la direction du service d’ophtalmo¬
logie de l’hôpital Saint-Sauveur.
Ce n’est point ici le lieu de rappeler la carrière
et les travaux seientifiques de notre collègue dans
les deux branches de son enseignement. Sachant
se montrer à la fois excellent anatomiste non
moins qu’ophtalmologiste, Jl s’cfibrçail de sou¬
tenir de son mieux, dans les Congrès annuels des
anatomistes el dans ceux d’ophtalmologie, dont il
ne manquait aucune réunion, la double charge
qui lui incombait.
Professeur par tempérament, très attaché à
ses convictions, enseignant à la fois par la parole
et par la plutne, il collaborait à nombre de publi¬
cations auxquelles il consacrait le meilleur de son
temps. Menant de front la prati(|ue journalière
et les recherches scienlifuiues, il terminait, il y
a quelques mois à peine, une nouvelle édition de
son intéressant Précis d' Anatomie, dont il avait
dessiné lui-même toutes les jilanches. Car il
avait ee privilège, commun à beaucoup de nos
collègues, d’allier à l’arnour de notre art celui
de l’art dans son sens le plus général.
Sa disparition sera vivement ressentie ]iar le
monde ophtalmologique. Pour ma part, j’avais
])Our lui une réelle sympathie el c’est de tout
cœur que j’apporte à la mémoire de Georges
Gérard le salut respectueux de ses collègues, en
adressant à sa famille, si cruellement éprouvée,
l’expression de nos vives condoléances el le
témoignage de notre synqtathie.
F. Teiiiiiex.
L. Trepsat
Ceux qui l’on connu le pleurent, el l’ami est
sans voix devant la douleur de celle auprès de
qui il le cherchera toujours. Pas de mots de
consolation non plus à «es malades ; ils souffrent
aujourd’hui par lui (jui toujours les apaisait et
ils n’ciitendent que leur souffrance.
Ses collègues en psychiatrie savent combien
leur manqueront demain ses précieux conseils, sa
discrète et miraculeuse collaboration. Tous scs
confrères doivent savoir qu’il fut de ceux parmi
les plus ai’dents qui donnent à noli'e prol'cssion
ce rayonnement de bonté par quoi surtout elle
est agissante.
R. M.
La Médecine à travers le Monde
ANGLETERRE
Sir Berkeley George Moynihan, réminent chi¬
rurgien de Leeds, si bien connu par ses remarqua¬
bles travaux sur la chirurgie gastrique, vient d'être
créé lord par un dernier décret du roi d’Angleterre.
C’est la troisième fois ([u’un médecin est élu au litre
le plus élevé accordé on Angleterre. Le premier lord
fut .losepli Lister, le génial créateur de l’antisepsie,
décédé en 1912; le deuxième, c’est lord Dawson of
Penn, médecin du Roi. Sir Berkeley, auteur de plu¬
sieurs ouvrages sur la chirurgie abdominalCj^fut un
des membres du Conseil des consultants auprès de
l’armée britannique pendant la grande guerre.
BELGIQUE
Diagnostic sicnico-LiéGAL ne u’ivbessi-.
l'ne Commission vient d’être chargée par la
Société de Médecine légale belge de Belgique d’étu¬
dier les meilleurs moyens par lesquels ce diagnostic
peut être posé.
La Société a attiré l’attention de l'auiorilé judi¬
ciaire sur l’importance qu’il faut attacher à cette re¬
cherche et, à ce propos, écrit une lettre aux jirocu-
reurs généraux des différentes Cours d’appel du pays.
Il est, en elfet. certain que cet élément a une
334
LA PRESSE MEDICALE, Samerli, 9 Mars 1929
N» 20
énorme valeur dans de nombreuses instructions
judiciaires, particulièreinonl en matière de crimes et
d’accidents du roulage.
Nous apprenons la mort d’un médecin belge des
plus distingués et des plus estimés, le D'' Arthur
Bruylants, âgé de 76 ans.
Collaborateur lidèle du Bruxelles Médical, origi¬
naire de Louvain, Il appartenait à une grande fàmillé
médicale. Son frère Gustave, membre de 1 Académie
de Médecine de Belgique, est un toxicologue réputé.
Ayant débuté dans la Médecine militaire, A. Bruy¬
lants s’établit ensuite à 'l’i rlemont, puis à Bruxelles
en 1899. C'est là ([ue la guerre le prit. Il fit brillam¬
ment son devoir pendant l’occupation allemande et
fut- nommé chevalier de V Ordre de la Couronne ■ La
disparition soudaine de ce bon médecin et parfait
honnête homme laisse d’unanimes regrets.
ESPAGNE
Prk.mier vovagh d’étudus mkdicalks aux stations
nVDKOMlNÉKAI.nS ET Cl. I .M ATIQUES DU NORD DE L l'.S-
PACNE SOUS LE HAI T PATKONACE DE S. M. LE llol.
Le premier voyage sous la direction scientifique de
M. llernando, professeur de thérapeutique de la Fa¬
culté de Madrid, aura lieu dans la deuxième quinzaine
de .luillet prochain. La concentration se fera à San Sé¬
bastian (à ‘iO km. de la frontière française) et l’iti¬
néraire comprend la visite de Bilbao, do Santander
(résidence royale ))efidanl l’été), Burgos connue dans
tout le monde par ses monuments artistiques, l’an¬
cienne ville de Sanlillana, les grottes d’Altamjra, les.
plages plus gaies du nord de l’Lspagne ; pu visitera les.
établissements thermaux les plus importants de cette
région, les hôpitaux, sanatoriums maritimes, les
solariums, etc.; on traversera les Pics d’Luiope,
superbe chaîne de montagnes.
Le climat est plutôt frais et tout pareil à ceux de
la côte française. Le voyage durera dix jours et se
fera en autocars; le lieu de dislocation sera San
Sébastian.
L’excursion est réservée aux médecins et aussi à
leurs épouses ou filles. Le nombre de places est
limité à 100 personnes, et le prix d’inscription sera
de 1,000 francs tout compri|. La date pour s’inscrire
finira le L'' du mois de Mai et l’inscription ne sera
pas valable jusqu’à l’admission définitive, mais ou
prendra note de la date d’inscription pour en faire les
admissions.
Les inscriptions doivent être envoyées à M. leD'' -M.
.Mafieru, Honda del Conde Duque, 4-2“, Madrid.
Les délégués portugais au prochain (.ongrès des
Anatomistes qui aura lieu à Bordeaux en Avril
seront MM. les professeurs Célestino da Costa et
llenrique de Vilhena, pour la l'acuité de Médecine
de Lisbonne; le professeur Maximiuo Correia, pour
la Haculté de Médecine do Coimbra et le professeur
Pires de Lima, pour la Faculté de Médecine de
Porto.
RUSSIE
I,e Congrès paurusse de réflexologie humaine qui
devait avoir lieu en Décembre 1928 est remis au
début de Mai 1929. Il aura lieu à Leningrad et sera
désigné sous le titre de « Congrès consacré à la con¬
duite de l’homme ".
On compte actuellement, à Moscou, 882 médecins
Le 27 .lanvier 1929, M. le professeur Yvan Gavri-
lovitch Savtchenko, directeur de l’Institut bactério¬
logique de Kouhan, a célébré le 70“ anniversaire de
son activité médicale et scientifique.
Comité central de la Croix-Bouge russe, a décidé
ier en Crimée, à Artek, un grand sanatorium
les pionniers, pour commémorer le nom de
iofî, ancien président de la Croix-Bouge rut""
St décédé réremment. Lc Sanatorium au
l'ulose ganglionnaire, osseuse et pulmonaire: La sta¬
tion climatique de montagne à Tiizler ne deviendra
(ii’une filiale de ce sanatorium. La construction du
■ianalorium commencera au printemps 1929.
Correspondance
Gymnastique respiratoire et tétée physiologique.
Le très intéressant article du 0“ Desfosses sur la
tétée physiologique me suggère les remarques sui¬
vantes et voici pourquoi.
Ce travail nous apprend que les négresses des Iles
Philippines et celles du Centre Afrique fout téter les
nourrissons, dans l’attitude debout que conseille
Pierre Robin dont les travUux s’appuient sur des
preuves physiologiques très suggestives.
C’est cette même attitude que nous avons eonseillée
G. Barret et moi' avec des démonstrations radiolo¬
giques à l’appui.
L’aérophagie est un fait physiologique ehez le
nourrisson. Il faut peu de choses pour que cette
aérophagie devienne pathologique (anorexie, vomis¬
sements graves ou incoercibles).
La tétée prise, 1, 'enfant étant assis sur le bras de
la nourrice, nous a permis de guérir instantanément
des nourrissons vomissant depuis des semaines. Les
nourrices avaient été accusées de tous les crimes,
d’erreurs alimentaires, d’excès de boissons.
Les pauvres femmes n’étaient pour rien dans les
vomissements, ainsi que le prouva dans un grand
nombre de eas la guérison réalisée si facilement.
L’empirisme des noirs et la science des blancs sont
L’éviscération post-opératoire spontanée
chez l’adulte.
,1e viens de lire l’article de MM. Pierre Monod et
Kéralis dans Presse Médicale du 27 Février 1929 :
« L’éviscération post-opératoire spontanée chez
l’adulte ».
Au chapitre traitement, je suis surpris de ue pas
voir signalé le seul traitement préventif rationnel
qui consiste en une formation impeceable de la paroi
abdominale ouverte.
Voie! la technique que j’emploie systématiquement
dep^uis dix ans et gràce'à' laquelle non seulement je
n’ai jamais eu d’éviscéràtion, mais jamais non plus
d’éventration post-opératoire à échéance éloignée :
1“ Suture du péritoine et de l’aponévrose posté¬
rieure des grands droits avec un surjet de- catgut 0.
2“ Rapprochement, sans serrer, des fonds internes
des grands droits avec 4 à 6 points séparés au cat¬
gut 0.
3" Suture de l’aponévrose superficielle des. grands
droits aux crins perdus. Je fais 3 nœuds et je coupe
Plusieurs chirurgiens- qui procèdent de la sorte
l’ont dit avoir obtenu les mêmes excellents résul-
ats que le mien. ,,
Sanatoi .
s pour traiter la tuber-
Livres Nouveaux
Cours élémentaire de zoologie, par Rémy Peiikier,
9“ édition revue, avec 765 figures dans le texte cl
16 planches (Masson et f7"', éditeurs), Paris 1929.
- Pri,x ; 60 francs.
S’il n’est pas rare de voir des ouvrages de littéra¬
ture tirer à de nombreuses éditions successives, le
cas en est beaucoup moins fréquent pour des ou¬
vrages scientifiques. Tel est pourtant celui du pré¬
sent Cours élémentaire de zoologie, dont la 9“ édi¬
tion vient de paraître : succès persistant, qui donne
mesure, à la fois, de l’excellence du livre, de son
utilité, et du soin apporté par l’éditeur à sa publi¬
cation.
L’auteur, professeur à la Sorbonne (Faculté des
Sciences), possède, comme naturaliste et comme
. Leven. I.'aéiophagic,
maître de l’enseignement supérieur, une réputation
justement méritée. Outre ses études de technicien,
il publie en série des planches murales de zoologie
. et des volumes consacrés à la faune de la France. Il
a complété et terminé le grand Traité de zoologie
écrit par son frère défunt, Edmond Perrier, le savant
bien connu. Lui-même enseigne avec succès la zoolo¬
gie au P. C. N., depuis la fondation du diplôme.
Le présent ouvrage reproduit et précise les princi¬
pales leçons de son cours.
Ainsi préparé et mis au point, ce volume, tout en
restant élémentaire et gardant de ce fait ses qualités
précieusès de clarté, confine à la plus 'haute science,
car toutbs les questions prépondérantes y sont expo¬
sées et discutées, celle de l’évolution, celle de la
distribution géographique des animaux, et bien
d’autres encore. S’il est rédigé surtout pour les
futurs étudiants en médecine, et s’il insiste de préfé¬
rence sur les animaux qui les intéressent, notamment
les parasites, il n’omet, par ailleurs, aucune des con¬
sidérations générales méritant d’être signalées. Aussi,
grâce à ce caractère de complète instruction zoolo¬
gique, dépasse-l-il le degré de pur enseignement
pour s’adresser à d’autres ordres de lecteurs, aux
praticiens d’abord, ensuite à tous les amis des
sciences naturelles.
Les sujets traités sont bien disposés. L’ouvrage
est scindé en cinq parties ou livres, destinées à
établir les discriminations nécesssaires entre les
généralités, telles que biologie évolutive, histologie
comparée, zoogéographie, elles descriptions spéciales
des groupes zoologiques. L’illustration, indispen¬
sable à un ouvrage de celte sorte, y est des plus
riches, et d’une parfaite exécution. Les dessins sont
précis et démonstratifs; beaucoup sont originaux.
Ils associerit rationnellement, dans leur présentation
d’images, les aspects extérieurs et les détails des
structures. Les planches groupent, quand il est
utile, les figures consacrées aux particularités. d’ûn
même groupe, ou d’un même animal.
En somme, ce volume mai-que sa place, non seule¬
ment dans la petite bibliothèque de l’étudiant, mais
dans celle du médecin et celle de l’érudit.
Louis Roule.
Accidents et dangers de l’électricité, par Duuem.
1 vol. de la « Collection des Actualités physiothé¬
rapiques », 75 pages (Canihier-Vitturs, éditeur).
Paris, 1928.
J'ai analys^ici les ouvrages de Jellineck, devienne,
et j’ai toujours déploré qu’il n’existât pas en France
un travail sur le même sujet. Ce petit livre malgré
son volume réduit vient combler celle lacune.
Le chapitre premier expose ce que sont les acci¬
dents locaux et les accidents généraux. Le deuxième
étudie l’action physiologique des divers courants. Le
troisième est consacré au mécanisme de la mort
dans l’électrocution et contient des considérations
spéciales sur le cas du courant continu. Le quatrième
s’occupe de l’étiologie de l’accident électrique sans
oublier le rôle de l’attention et l’influence des états
pathologiques. Dans le cinquième et le sixième, sont
exposés les symptômes généraux et locaux de Facci-
denl électrique, et les séquelles et complications.
Dans les septième et huitième, le traitemeut'de l’acci¬
dent électrique, et la conduite à tenir en cas d acci¬
dent ainsi que les mesures préventives.
■L’ouvrage, comme on le voit, est très complet ; il
est court et il est clair, sa lecture s’impose non seu¬
lement au médecin, électro-radiologiste et à ceux qui
manient habituellement l’électricité, mais encore à
tous les praticiens, car ils peuvent être appelés à
donner soit des soiijs au moment d’un accident, soit
des conseils sur les moyens de se préserver des
dangers.
En somme, l'auteur a fait une œuvre utile dont' il
faut le féliciter.
A. Laquekriére.
Livres Reçus
549. Lecciones de cardiologla, tasc. I, par J. Montes
PABE.IA. 34ü p, avec Cg. et pl. {J. Alberto Ayala), Moiite-
5597 Gutartlge Rieaeniellgeschwûlste, eino verglei-
ohende hlstologlaoihe Untersuohung.par A. vo.x Alber¬
tini. 79 p., avec iig. al pl. {O. Thieme), Leipzig), - Prix :
Omk;' ■;
N“ 20
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
335
Université de Paris
Faculté de Médecine. — ■ La cliaire de pathologie
médicale est déclurée vacante.
Un délai do 20 jours est accordé aux candidats pour
faire valoir leurs litres.
— M. le professe*ùr J. Demoor, de l’Université libre de
Bruxelles, fera à l’amphithéâtre Vulpiun, il 17 h., les
Lundi 11 Mars, L’automatisme du cœur. — Action
humorale des « substances actives » du tissu nodal; —
Mercredi 13 Murs, Action intime des « substances actives ».
— Les substances vagales et sympathiques et leurs
modes d’action; — Vendredi 15 Murs, Ce que représentent
les actions humorales dans le cœur. — Les chronaxies du
cœur. — Conclusions physiologiques et pathologiques.
Ces conférences seront accompagnées de projections.
Clinique Baudelocque. — M. le professeur Couve-
laire fera le mardi 10 Mars, ii 11 h., à l’auiiihithéâtre du
Cours, une leçon sur l’Obstétricie sociale.
Clinique d’accouchements et de gynécologie Tar-
nier. — Un cours de vacances de pratique obstétricale
sera fuit par MM. Louis Fournier, médecin de l’hôpital
Cochin; Metzger, professeur agrégé, accoucheur de l’hô¬
pital Bretonneau; Vaudescul, professeur agrégé; Desou-
bry. Jacquet, Lantuéjoul, M'*” Lubeaume, de Peretli,
Suzor, chefs de clinique et anciens chefs de clinique ;
M“” Burdy, de Manet, ancien et chef de clinique adjoints,
assistés des moniteurs de la clinique.
Le cours est réservé aux étudiants et aux docteurs
français et étrangers. Il commencera le samedi 20 Mars
1920; il comprendra une série de leçons cliniques, théo¬
riques et pi'utiques, qui auront lieu tous les jours, à
partir de 9 h. 1/2 et de lü h. Les auditeurs seront per¬
sonnellement exei’cés à l’exatnen des femmes enceintes
et en couches, à la pratique des accouchements et aux
manœuvres obstétricales. Un diplôme sera donné à l’issue
de ce cours.
Proijramme du cours. — Samedi 23 Mars, 9 h. 1/2 :
Examen des femmes en travail et des accouchées. —
10 h. 1/2 ; Leçon pur M. le professeur Brindeau. — lüh. :
Présentation de malades. — 18 h. : Conduite à tenir au
cours des accidents de la délivrance (M. Suzor).
Lundi 25 Mars, Oh. 1/2 : Examen des femmes en fta-
vail et des accouchées. — 10 h. 1/2 ; Consultation des
nourrissons (M"” Labeaume). — 10 h. : Présentation de
malades. — 18 h. ; Indications du fbreeps : forceps sur
le sommet (M. de Peretti).
^Mardi 20 Mars, 0 h. 1/2 : Consultation des nourrissons
(M. Jacquet). — 10 h. 1/2 : Leçon par M. le professeur
Brindeau. — 10 h. : Visite du musée (M. de Manet). —
18 h. : Diagnostic et pronostic de la grossesse gémellaire
(M. Suzor).
Mercredi 27 Murs, 9 h. 1/2 ; Consultation des femmes
enceintes (M. le professeur Brindeau). — 10 h. : Nouveaux
traitements de la syphilis (Hôpilel Cochin) (M. Fournier).
— 18 h. : Traitement de l’infection puerpérale (M. Dc-
soubry).
Jeudi 28 Mars, 9 h. 1/2 : Gynécologie : opérations et
consultations. Consultations des nourrissons. — 10 h. :
Exercices pratiques du forceps. — 18 h. : Forceps sur
face, front, siège (M. Lantuéjoul).
Vendredi 29 Mars/ 9 h. 3/.1-; Leçon par M. Metzger,
professeur agrégé, accoucheur de l’hôpital Bretonneau :
Des fibromes pendant la grossesse. — 10 h. : Exercices
pratiques du forceps. — 18 h. : Traitement de l’éclampsie
(M. de Peretti).
Samedi 30 Mars, 9 h. 1/2 : Examen des femmes en tra¬
vail et des accouchées. — 10 h. 1/2 : Leçon par M. le
professeur Brindeau'. — 10 h. : Exercices pratiques du
forceps. — 18 h. ; Les médicaments ocytociques (M. Luu-
tuéjoul).
Mardi 2 Avril, 0 h. 1/2 : Consultation des nourrissons
(M. Jacquet). — 10 h. 1/2 ; Présentation de malades par
M. le professeur Brindeau. — 10 h. ; Exercices pratiques
de version. Extraction du siège. — 18 h. ; Conduite à
tenir dans le placenta pr.œvia (M. le professeur agrégé
Vaudescul)
Mercredi 3 Avril, 9 h. 1/2 : Consultation de femmes
enceintes par M. le professeur Brindeau. — 10 h. : Exer¬
cices pratiques du forceps. — 18 h. : Cardiopathies et
grossesse (M. Jacquet).
Jeudi 4 Avril, 9 h. 1/2 : ‘ Gynécologie : opérations et
consultations. Consultation des nourrissons. — 10 h. ;
Exercices pratiques : embryotomies céphaliques. — iSli. ;
Extraction du siège (M. Desoubry).
Vendredi 5 Avril, 9 h. 1/2 : Présentation de malades
(Nouvelle maternité de l’hôpital Bretonneau), service de
M. le professeur agrégé Melzger. — 10 h^^^JJ,\ercices
piiatiques : embryotomies rachidiennes. — -*fiFli. : Les
embryotomies (M. de Peretti).
Samedi 0 Avril, 9 h. 1/2 ; Examen des femmes en tra¬
vail et des nccouchées. — 10 h. 1/2 : Leçon par M. le pro¬
fesseur Brindeau: — Conduite à tenir dans les bassins
rachitiques jiar M. le professeur agrégé Vnudescal.
Pour rensejgnements, s’adresser à M. le chef de cli¬
nique, il la Clinique Tarnier.
Les bulletins de versement relatifs au cours seront
délivrés au secrétariat do la Faculté, les lundis, mercredis
et vendredis, de 14 à 10 h. Le droit à verser est de 250 fr.
Clinique médicale des enfants (Hôpital des Enfants-
Malades, 149, rue de Sèvres). — Un cours sur les Notions
actuelles en Pédiatrie sera donné à l’hôpital des Enfants-
Malades. sous la direction du professeur Nobécourt et de
M. Jean Hutinel, agrégé, avec le concours de MM..Ba-
bonneix, Tixier et Hénri Janet, médécins des hôpitaux ;
MM. Nadnl, Paraf, Mathieu, Pichon, Boulangcr-Pilet,
Lebée, René Martin, chefs ou anciens chefs de clinique;
MM. Bidot, Protêt, chefs de laboratoire ; Duhem, électro-
radiologiste de l’hôpital des Enfants-Malades.
• Ce cours commencera le mercredi 3 Avril et se termi¬
nera le samedi 13 Avril. Les leçons auront lieu a 10 h. 30,
à 10 et à 17 h. Elles seront précédées de la visite dans
les salles, à 9 h.
Sont admis à ce cours les étudiants et médecins fran¬
çais et étrangers, sur la présentation de la quittance du
versement d’un droit de 250 fr.
Les bulletins de versement du droit sont délivrés au
secrétariat de la Facnlté (guichet n" 3), les lundis, mer¬
credis, vendredis, de 14 à 10 h.
Obstétrique, — /M. Ecalle, agrégé, comniencéra le
cours complémentaire d’Obstétrique le lundi 11 Mars 1929,
5 15 h., au grand amphithéâtre de l’Ecole pratique, et le
continuera les mercredis, vendredis et lundis suivants, à
15 h., au môme aniphithéâtre.
Sujet du cours. — Syndromes hémorragiques. Dystocie.
Infection puerpérale.
N. B. — A partir du lundi 29 Avril, huit leçons seront
consacrées aux manœuvres et opérations obstétricales
qui feront l’objet des travaux pratiques de 3" année.
Universités de Province
Faculté de Pharmacie de Nancy. — • M. Bruntz,
ancien professeur de la Faculté de Pharmacie de l’Uni¬
versité de Nancy, est nommé professeur honoraire.
Hôpitaux et Hospices
Hôpital Beaujon. — M. le professeur agrégé R.
Proust fera ses. leçons cliniques tous les mercredis matin,
à 10 h., il l’amphithéâtre de la clinique médicale de
l’hôpital Beaujon.
Ces leçons seront accompagnées de la présentation de
malades et de clichés radiographiques avec leur inter¬
prétation.
Hôpital Lariboisière. — A la consultation Civiale
dans le service de M. le professeur agrégé Marion, une
série complémentaire de leçons sera faite les lundis,
mardis et vendredis, à 11 h., à partir du lundi 1" Avril
1929, avec le programme suivant:
La blennorragie chez l’homme. Anatomie pathologique
et symptomatologie des urétrites aiguës et chroniques et
de leurs complications génito-urinaires. Les traitements
et leurs indications, par M. Eudel, ancien assistant du
La blennorragie chez la femme, par M; Dalsnce, assis¬
tant adjoint chargé de la consultation des femmes.
L’urétrolfcopie, par M. Busson, chargé des examens
urétroscojiiques du service.
La haute fcéquence en urologie. Principes généraux.
La diathermie chez l’homme et chez la femme, par M.
Roucayrol, chargé du service de la diathermie.
Bactériologie des urétrites. Diagnostic bactériologique
de la guérison, par M. Colombet, chef du laboratoire
Le nombre des élèves étant limité, prière de s’inscrire
à lu Faculté de Médecine, A. D. R. M., salle Béclard.
Un certificat d’assiduité sera délivré a la fin des cours
aux élèves qui en feront la demande. Droit d’inscription :
300 fr. ■ •
Hôpital maritime de Berck. — M. E. Sorrel, chi¬
rurgien des hôpitaux de Paris, chirurgien en chef de
l’hôpital maritime de Berck, fera, du lundi 25 Mars au
samedi 30 Murs 19’29, six leçons sur le traitement des
tuberculoses ostéo-arliculaires et ganglionnaires.
Detail des leçons. — Lundi 25 Mars Traitement du
mal de Pott. — Mardi 26 Mars : Traitement de la coxal¬
gie. — Mercredi 27 Mars ; Traitement de la tumeur
blanche du genou. — Jeudi 28 Mars ; Traitement des
ostéo-arthrites tuberculeuses du pied. — Vendredi 29 Mars;
Traitement des ostéo-arthrites tuberculeuses du membre
supérieur. — Samedi 30 Mars : Traitement des ostéites
tuberculeuses. Traitement des adénites tuberculeuses.
Les cours auront lieu le matin, à l’hôpital maritime.
Ils commenceront le lundi matin, à 9 h. Chaque cours
sera suivi des ponctions, opérations, confection d’appa¬
reils plâtrés, etc., correspondantes. Les après-midi seront
consacrés nux visites de salles, examens de malades,
exercices de laboratoire, confection d’appareils plâtrés
par les élèves.
Droits d’inscription : 100 fr. Les internes des hôpitaux
de Paris sont dispensés de ces droits.
Pour tous renseignements, écrire ii M. Delahaye, hôpi¬
tal maritime, Berck-Plage (Pas-de-Calais).
Création d’un hôpital-hospice. — La création d’un
hôpital-hospice dans la commune de Siiinl-Elienne-dé-
'l’inée (Alpes-Maritimes) est autorisée par décret en date
du 24 Février dernier.
Concours
Prosectorat. — Un concours pour deux pinces de
prosecteur s’ouvrira le mardi 14 Mai 1920, ii midi, ii la
Faculté de Médecine de Paris.
MM. les aides d’anatomie sont seuls admis ii prendre
part à ce concours, ils devront au pi’éaluble déposer les
pièces uhatomiques prévues pur l’article IG de l’arreté
ministériel du 13 Décembre 1027. Le registre d’inscrip¬
tion est ouvert nu secrétariat de la Faculté, de 15 h., ii
17 h., tous les jours, jusqu’au 4 Mai inclusivement.
Les prosecteurs nommés entreront on fonctions le
1" Octobre 1029.
Adjuvat. — Un concours pour cinq places d’aide
d’anatomie s’ouvrira le lundi 13 Mai 1929, il midi, ii la
Faculté de Médecine de Paris.
Tous les élèves de la Faculté, Français ou naturalisés
Français, sont admis à prendre part à ce concours. Ils
devront au préalable déposer les pièces anatomiques
prévues pur l’article 2 de l’arrêté ministériel du 13 Dé¬
cembre 1917. Le registre d’inscription est ouvert au se¬
crétariat de la Faculté, de 15 h. à 17 h., tous les jours,
jusqu’au 4 Mai inclusivement.
Les aides d’anatomie nommés entreront en fonctions le
l" Octobre 1929.
Accoucheur des hôpitaux. — Un concours pour la
nomination ii Une . place d’accoucheur des hôpitaux de
Paris sera ouvert le lundi 22 Avril 1029, à 9 h., à l’Admi¬
nistration centrale, 3, avenue Victoria.
MM. les docteurs en médecine qui désireront concourir
seront admis à se faire inscrire au Bureau du Service de
Santé de l’Administration, de 14 h. à 17 h., du jeudi
21 Mars au samedi 6 Avril 1929 inclusivement.
Inspecteur départemental d’hygiène dans le Can¬
tal. — Un concours sur titres accompagné d’épreuves
pratiques aura lieu à Paris, au ministère du Travail et
de l’Hygiène, pour la nomination d’un inspecteur dépar¬
temental d’hygiène dans le Cantal.
Les candidats admis ne seront titularisés qu’ajirès un
Les candidats devront être Français ou naturalisés
Français, avoir satisfait à la loi militaire et être pourvus
du diplôme de docteur en médecine (diplôihe d’Etat),
âgés de 30 ans nu moins et de 50 uns au plus.
Leur demande, rédigée sur papier timbré il 3 fr. 60,
devra être adressée au préfet du Cantal (cabinet), avec
le dossier réglementairement composé, ainsi qu’il est
prescrit ci-dessous, avant le 15 .\vril 1929, dernier délai;.
1“ adresse exacte où la décision d’acceptation ou de rejet
de la candidature devra être envoyée; 2“ acte de nais¬
sance ; 3'' copie certifiée conforme du diplôme d’Etat et de
docteur en médecins: 4° certificat d’aptitude physique,
délivré por un médecin assermenté; 5“ extrait du casier
judiciaire; 6° certificat établissant la situation du candi¬
dat au point de vue militaire et ses états de services;
7° exposé des titres, travaux, services; 8° un exemplaire
des principales publications; 9“ engagement, en cas de
nomination, de renoncer à faire de lu clientèle, de se
consacrer exclusivement à l’emploi sollicité et de ne pré¬
tendre à aucune' lohction ni à aucun mandat publics ;
10" engagement, en cas de nomination, à rester en fonc¬
tions dans le département pendant une durée minima de
3 ans; 11“ engagement, en cas de départ pur démission
on autrement, de continuer à assurer le service pendant
3 mois nu maximum.
Le registre portant inscription des candidatures sera
clos le 15 Avril 1920.
Le traitement annuel de début attaché ii ces fonctions
est de 30.000 fr., soumis aux retenues prévues par le ré¬
glement de la caisse départementales de retraites, auquel
s’ajouteront les indemnités ordinaires pour charges de
famille touchées pur les fonctionnaires du dé|)urlcment.
Le titulaire sera logé gratuitement à partir du l"Juiu
1930.
Les frais de séjour et de déplacement seront réglés par
justifications suivant le tarif fixé par arrêté préfectoral.
Le jury du concours sera ainsi composé : 1" le président
du Conseil supérieur d’hygiène; 2" le conseiller d’Elal
directeur de l’assistance et de. l’hygiène au ministère du
Travail et de l’Hygiène ; 3" deux conseillers techniques
du ministère du Travail et de l’Hygiène; 4" un conseiller
général.
Inspecteur départemental d’hygiène en Seine et-
Oise. — Les candidats au concours pour lu nomination
d’un inspecteur départemental d’hygiène en Seine-et-Oisc
sont avisés qu’ils pourront adresser leur demande â la
préfecture de Seine-et-Oise (3' division) jusqu’au 15 Mars
courant au lieu du 1" mars, ainsi qu’il avait été indiqué
précédemment.
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 9 Mars 1929
N» 20
Nouvelles
Distinctions honorifiques. Mûdaii.le D’Ilo^NIîl■R
DES Assi’kances sodiALFH. — MèdttiUe d'ar. — MM. Pfif-
for, à Strash(Uirjî ; César Houx, à Nice; Hoveau, à Paris.
Médaille d argent. — MM. Fournié, à Coursan (Aude);
(^arez, a Malu-les-Hains (Nord) ; Devvailly, à Lomme (Nord);
Ohlniann, à Hitche (Moselle); Schmidt, à Lingolsheim
(Has~Hhin): Cranct, Ventre, à Paris.
Médaille de bronze, — MM Ejlaud, à Langon (Gii‘onde};
Morin, a Nancy (Meurlhe-et-Mosdle) ; Gillard, à Hayange
(Mosfdle); Sclunitt, à Audun-le-Tiehe (Moselle); Viville, à
ilagondange (Moselle); Giet, à Paris; Pointin, à Amiens
(Somme).
Conseil supérieur de la marine marchande. —
Sont nommés membres du Conseil supérieur de la ma¬
rine marchande, MM. Charcot, explorateur, président du
Yacht-Club de France et Clerc, jïrésidenl de lu Fédération
des médecins sanitaires maritimes.
M. Clerc est de jilus nommé membre de la section
jiermaneoLe du Conseil 8UiȎrieurde la marine marchande.
Conseil supérieur des pêches maritimes. -- Sont
nommés membres du (hm.seil sujiérieur des pèches mari¬
times, MM. Charcot, explorateur, et Houx, directeur de
l’institut Pasteur.
Colonies de vacances et œuvres de plein air.
Lo IX® (Congrès des colonies de vacances et œuvres de
jilein air aura lieu ù Pau en llbill. la semaine après
Pèques.
L’importance des questions à traiter, le caractère inter¬
national du Congres, le beau cadre dans lequel il se dé¬
roulera, tout eoncourt ù assurer son succès.
Prinvipalcs tjneslion.'i traitées. — 1® La séleetioii médi¬
cale et les indications du séjour des enfants à la mon¬
tagne, à la mer, à la <*ampagne, M. Fuyon. — 2® La colla¬
boration du médecin j)rat’cien et de l’in.spection médicale
scolaire en vue du placement des enfants en colonies de
vacances, Lucie Comte. — 3® Les camps de vacances
thermaux, M. Molinier. — 4® Les échanges internationaux
d'enfants et leur rôle éduentif en vue do lu paix, M. Gra-
del. — a" Les vacances scolaires et le tourisme, M. Ou-
yrurd. — 0“ Prophylaxie des accidents de vacances, M.
Vimard.
Pour tous renseignements, écrire à M. Dequidt,
président du Comité national, 52, rue Saint-Georges,
Paris (I\').
Situation cqlonlale. ' ï’ne situation est offerli
un médecin français titulaire du dipMme d’Etat français
de doctorat en médecine, qui désirerait servir aux N'ou-
les-Hébrides, au compte de la, Compagnie cotonnière
des Nouvelles-Hébrides.
Situation : 70.000 fr. environ, dont 45.000 fr., payés
pur la Compagnie, 15.000 fr. par le budget français des
.Nouvelles-Hébrides.
Contrat de trois ans, ù l’expiration duquel un congé de
six mois en France est -octroyé, avec attribution d’une
.solde basée sur le pied de 'iS.OOO fr. l'an.
Passage aller et retour gratuit en l” classe.
Au cours du contrat, permission annuelle d’un mois à
])nsser à Nouméa (Nouvelle-Calédonie).
La Compairnie assure le logement, l’ameublement, le
linge de table et de maison, l’érlairage, les soins médi¬
caux et ][)harmaceutiques, un domestique pour le médecin
célibataire et deux pour un ménage.
En outre, une ration journalière comprenant une
grande partie des denrées nécessaires à lYdimenlalion
est délivrée gratuitement.
Tous renseignements utiles seront fournis au Siège
social de la Compagnie cotonnière, 8, rue Hossini, Paris.
lieu le 23 Février au Cercle interallié; -y assistuien
docteurs Tarneuud, Leveuf, Cbabunier, Guimbellot
gnaud. Chevalier, Ruaud, Hrodin, De Masmonteil. ..
Martin, Hord, Guy-Honnet, M‘ Guyonnaud, L. Guyon-
naud, Guillemot, Rognes de Fursac, etc.
Le bureau pour raiiiiée 1H29 a été constitué de la fa¬
çon suivante : Président : M, Guillemot; vices-présidents;
MM. Rognes de Fursac et André Martin; secrétaire géné¬
ral ; M. Ruaud.
Le prochain diner aura lieu le mercredi 5 Juin à l’effet
de voter les statuts définitifs de l’Association médicale des
Pour les
adhésioi
U M. Ruai
Nécrologie. — On annonce la
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctorat.
Lundi tl Mau.... TJiérapeulique orale. Faculté.
Mardi 11' Mars. — Patlioloi^ie expériiReiitule. Faculté.
Tliérapoxitique. Faculté.
Mercredi ];i Mars. - ïhérapeuti(|ue. Faculté. Cli¬
nique chirurgicale. Faculté. — Clinique obstétricale. Fa¬
culté.
Thèses de doctorat.
Mardi 12 Mars. — Maximin (M.) : Les injeetiuns intra-
eeitieiises en jiailiologie hâpatî<iue. — Mondor (C.) : Kiudc
sur le cuninlle hyghlnitjue du laU. — Bui-Qiiang (L.) :
Essai du traitement des œdênopathies ImciUaires. — .liiry;
MM. Desgrez, Ruthery, Tunon, Chabrol.
Mercredi 13 Mars. — Bertbo (P.) : Quelques rudes sur
l'erameu leucoeyiaire. Corbicr (A.) : Elude du rayun-
uc/neul de Ilteutgeu eu raditdhêrupie. — Jury : MM. Gos-
set, Slrohl, Dognon, .Mulon.
Thtse vétérinaire. — .Marchai : De V éeeidratian chez le
c/ieeal. — Jury : MM. Hartmann, Labbé (M.), Coqiiol,
Robin, Henry, Decbainbre,
La soirée du laboratoire Dausse
La grande maison de produits pharniaceu tiques et
biologiques Dausse avait invité le corps médical
parisien à venir, le 23 Février, contempler un lüm
documentaire illustrant la mise au point des divers
sérums préparés par la maison Séro-Dausse : anli-
toxinéryl, hémogénol, sérum hémopoiétique.
Pour joindre à l’utile l’agréable, la maison Dausse
av'ait eu l’heureuse idée d'encadrer, pour ainsi dire,
ce lilm d’enseignement entre deux programmes artis¬
tiques; au début. Il était une bergère, un acte en vers
d’André Rivoire, interprété par Md*'’ Marie Dell et
Nizan et M. Pierre Bertin, de la (lomédie-Fran(,’aise,
et les charmantes chansonsde .Mauricct. Après le Hlm
ce fut Kéroubinos Tin acte en vers de Gabriel Xigond,
interprété par M'"" Madeleine Renaud et MM. Pierre
Berlin, Ledoux de la Comédie-Française.
L’assemblée très nomlîreuse et très brillante com¬
prenait des professeurs de la Faculté de Médecine,
du Yal-de-Grùce, de l’Institut Pasteur, du Muséum,
de la Faculté de Pharmacie, de l'Institut agrono¬
mique, un très grand nombre de médccips et de
pharmaciens des hôpitaux de Paris, ainsi que des
praticiens des divers quartiers de Paris.
L’initiative de la maison Dausse a élé très goûtée,
car montrer le soin, la méthode impeccable qui pré¬
side à la fabrication d’un produit, est-il meilleur pro¬
cédé de donner aux médecins conliance dans les pro¬
duits qu’ils sont appelés à prescrire '.’
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu’ellt
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n’y e.si
inséré aucune annonce commerciale. L’administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n’est pas inséré d’annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions : I fr la ligne de iO lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l’avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARIS 6*.
Président du Conseil d’administration : IP P. GiRES, I). I). S.
Viee-présideni -. I)' Nocui;, stomalDbigi.ste des Hôpitaux.
.idministrideur délégué -. D' Rousseau -Dluelle, ancien
interne des Hiqiilaux de Piiris, President de la Société
des Stoiiiutologisles des Hôpitaux.
President de la Commission d’enseignement : D' P. Nes-
l'ouLoi s, I). 1). S., stomatologiste des Hôpitaux.
Directeur : IP G. L'iiirondel, stematologiste des Hôpitaux.
L’Ecole de Stomatologie a été créée, en 1909, par
le D'' L. Cruet, élève de Magitot et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle a pour objet de donner un enseignement sto-
matologique comjdet :
1" Aux docteurs en médecine, français et étrangers
qui veulent se spécialiser eu cette branche de la
2" Aux étudiants en médecine, 4 partir de leur cin¬
quième année d’études et ayant au moins 17 inscrip¬
tions.
L’ enseignement comprend : la clinique stomatolo-
gique, la technique et la pratique de l’odontologie,
de la prothèse et de l’orthodontie.
Le programme est entièrement parcouru en dix-
huit mois. Un dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
l’Ecole et d’entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix. Jamais, et sous aucun prétexte, un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
c’est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
Le diplôme de l’Ecole est décerné aux élèves qui
ont satisfait aux examens obligatoires de fin d’études.
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crire le plus rapidement possible.
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au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
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tion. A céder 30.000. P. Pavillon. Ecr. P. M., n» 142.
AVIS. — Prière de joindre aux réponses un
timbre de O fr. 50 pour la transmission des lettres.
Le Gérant : O. Porée.
Parli. — Imprlmaris da la Cour d'Appal 1, rna
CaMetta.
N* 21
13 Mars 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
sua LES MÉCANISMES QUI INTERVIENNENT
DANS LA
FIXATION DES POUSSIÈRES MINÉRALES
PAR
LE POUMON
A. POLICARD et S. DOUBROW.
A la base de toute l’histoire pathologique des
pneuiiiokoiiioses, se trouvent deux problèmes
fondamentaux : le lieu et le mode de fixation des
poussières dans le tissu pulmonaire et les réac¬
tions consécutives déclenchées dans ce tissu.
C’est le premier de ces problèmes que nous vou¬
lons étudier ici, en suivant pas à pas ses méca¬
nismes essentiels et les facteurs qui interviennent
sur eux. Une telle analyse minutieuse est longue,
mais elle est nécessaire pour acquérir des don¬
nées précises sur la pathogénie de ces affections
et, partant, sur leur pronostic, leur thérapeutique
et leur interprétation médico-légale. C’est la seule
façon de poser correctement ces difficiles pro¬
blèmes de pathologie.
Ces questions sont fort embrouillées à l’heure
actuelle en raison de l’état d’esprit avec lequel
les pathologistes les envisagent habituellement.
Tls ont semblé vouloir les étudier surtout au point
de vue de l’organisme tout entier et toujours les
ramener à la question de l’attaque et de la défense.
Ce bellicisme scientifique est assurément com¬
mode et prête facilement aux images. Il a, par
contre, le grave défaut de remplacer les explica¬
tions par des métaphores. Quand une poussière
étrangère pénètre dans un point du tissu pulmo¬
naire, au niveau de celui-ci, se trouvent déclen¬
chées une série de modifications locales pour qui
la défense de l’organisme n’a aucune signification.
Un tissu réagit pour son propre compte, sans se
soucier de l’organisme tout entier. Que celui-ci
en tire avantage ou inconvénient, ceci n’inter¬
vient pas. Les réactions tissulaires locales ne sont
pas faites pour l’organisme. Celui-ci en profite
ou en souffre suivant le cas. Il peut les compenser
grâce à son pouvoir d’adaptation. Mais c’est tout.
Ce sont là, à la vérité, des idées d’une grande
banalité que celles-ci. On les oublie trop souvent
en pathologie. Un anthropomorphisme exagéré a
contribué ainsi à égarer des auteurs qui, comme
Letulle, ont donné des descriptions histologiques
par ailleurs tout à fait remarquables.
Pour aborder le problème de la fixation des
poussières avec précision, il faut, avant tout, dé¬
terminer les facteurs qu’il comporte.
On peut envisager successivement :
1" Le comportement des poussières en suspen¬
sion dans l’air respiré;
2“ Le lieu et le mode de fixation des poussières
sur la paroi bronchique et alvéolaire;
.3" Le mode de pénétration et de cheminement
dans l’intérieur du tissu pulmonaire.
La question des réactions du tissu pulmonaire
vis-à-vis des poussières sera réservée pour une
étude ultérieure. Les poussières minérales ; char¬
bon, roches diverses, calcaires ou siliceuses, etc.,
seront seules envisagées. Mais la plupart des mé¬
canismes étudiés sont aussi valables pour les
poussières non minérales.
1. — Les poussières dans les voies aériennes.
Absorbées avec l’air inspiré, les poussières
cheminent dans les voies aériennes du poumon ;
trachée, bronches, bronchioles. Elles tombent
peu à peu sur les parois de ces voies et y adhèrent.
Les conditions du maintien en suspension des*
poussières et celles de leur sédimentation sont
très importantes à déterminer. Malheureusement,
on possède, sur ces points, fort peu de données
précises. Ce sont des considérations générales
plus que des faits expérimentaux absents que nous
aurons à envisager.
A. Maintien en suspension des poussières.
— Ce maintien est favorisé par trois facteurs.
a) Moui'emenls de la colonne d’air. — Le bra.s-
sage de l’air joue un rôle évident. Ce brassage,
qui résulte de l’alternance des mouvements inspi¬
ratoires et expiratoires, est très actif dans la
trachée et dans les bronches. Il est fortement
réduit dans les bronchioles. Malheureusement,
on connaît mal les conditions exactes de ces mou¬
vements de l’air suivant les divers points de l’ar¬
bre bronchique.
Ce brassage, d’autre part, doit évidemment va¬
rier (dans une mesure qui serait à déterminer
exactement) suivant l'intensité du travail muscu¬
laire, qui augmente l’activité respiratoire. Au
point de vue de l’entraînement des poussières
plus ou moins loin dans les profondeurs du pou¬
mon, les conditions ne sont pas les mêmes pour
un ouvrier qui s’essouffle à briser péniblement à
coups de pic une masse rocheuse dure et celui
qui, assis tranquille devant un établi, travaille la
même roche à la meule.
b'i Forme des poussières. — Le maintien en
suspension dépend de la résistance à l’air, donc
de la forme. Des particules aplaties, en écailles
ou en lamelles, seront plus facilement maintenues
en suspension que d’autres, de même masse, mais
sphériques et offrant ainsi le minimum de prise
aux actions aériennes. Or, la forme des parti¬
cules minérales dépend de l’orientation et de la
forme des cassures, élément très important au
point de vue minéralogique, tenant à la nature et
à la texture de la roche. C’est le mode de cassure,
envisagé dans l’ordre microscopique, qui déter¬
mine la figure des particules entraînées dans l’at¬
mosphère.
Il est très regrettable qu’on connaisse en gé¬
néral mal cette forme. Soit en ce qui concerne la
facilité plus ou moins grande du maintien en sus¬
pension, soit au point de vue de l’action sur le
tissu pulmonaire, la forme, mousse ou aiguë,
d’une particule est un élément d'une grande im¬
portance.
c) Charge électrique des particules. — Les par¬
ticules dont il s’agit ici sont, dans l’ensemble, de
■ dimensions extrêmement petites, de l’ordre de la
5 microns environ. Les phénomènes de charge
électrique doivent jouer un rôle très grand, mais
dans des limites que nous ignorons. On sait que,
dans le difficile problème de l’abattement des
poussières industrielles, on a employé les cou¬
rants de liante tension pour provoquer l’aggluti¬
nation et la précipitation des particules en sus¬
pension par modification de leur charge électrique.
C’est à propos du facteur charge électrique
qu’intervient probablement le rôle de l’hydrata¬
tion progressive des particules en suspension
fou leur humectation suivant une expression de
Courtois-Suffit) au cours de leur marche vers
l’extrémité des voies bronchiques. Elle est en
rapport avec l’humidification progressive de l’air
respiré. Pour abattre les poussières dans l’air
d’une pièce, on l’humidifie.
B. Fixation des particules a la paroi dron-
CHIQUE. — Cette fixation dépend d'un certain
nombre de conditions parmi lesquelles on peut
envisager les suivantes :
a) Le hasard d’abord. Les chances qu’une par¬
ticule a de prendre contact avec la jiaroi et d’y
adhérer augmentent avec l’étroitesse du conduit
bronchique, qui rend la surface proportionnelle¬
ment plus grande. Il faut envisager également le
rôle joué par les éperons des divisions bronchi¬
ques, chaque éperon faisant un obstacle, où vient
butter le courant d’air, donc les poussières.
b) .Sédimentation spontanée des poussières. —
Dans les régions où l’agitation de l’air est ré¬
duite, et dans les moments qui séparent l’inspira¬
tion de l’expiration, il y a sédimentation spon¬
tanée par la pesanteur. Elle dépend du poids de
chaque particule. Plus lourde est une poussière,
plus vite elle tombe et est fixée à la paroi bron¬
chique. D’autre part, le poids d’une particule est
fonction de sa masse et de sa densité. On peut
supposer qne les particules de minéraux lourds
se fixeront plus facilement, donc plus haut dans
l’arbre bronchique, que celles de minéraux lé¬
gers. En fait, nous manquons de docuinents à ce
sujet. Il est bien possible que le poids des parti¬
cules, donc la densité et la substance qui les
forme, joue un rôle beaucoup plus réduit qu’il
est permis a priori de le penser.
c) Humectation des particules. — Dans la sédi¬
mentation peut aussi int(>rveiiir la fixation d'eau,
qui augmente le poids des particules. On a fait
intervenir les capacités d’imbibition dans un
ordre d’idées tout différent, dans la nocivité des
poussières (spécialement cidles de matières sili-
ceus(>si sur le tissu jnilmonaire.
II. Lieu du dépôt des poussières
sur la surface bronchique.
Du point de vue de la physiologie pathologi¬
que, on peut envisager trois types de surfaces
dans les voies respiratoires : les surfaces recou¬
vertes de cils vibratiles et de mucus; les surfaces
sans cils vibi-atiles et sans mucus, les surfaces
alvéolaires. Chacun de ces types de surface offre
des conditions liistojihysiologiijues variables ))Our
le dépôt des poussières.
A. Surfaces rronciiiques recouvertes de
sales au pédicule niêine du lobule jiiilmonairt!, la
surface des voies respiratoires présente uni’ eon-
stitution identique. De dehors en dedans, on ren¬
contre un tapis de niiicus, une couche de cils
vibratiles ejui déplace lentenient ce tajiis, un épi¬
thélium formé d’un nombre variable d’assises de
cellules, donc plus ou moins résistant.
Sur le tapis de mucus, toinbeni les particules
aériennes. A son contact, elles sont immédiate¬
ment fixées. Par là, il joue un rôle jirotecteur
certain, puisque tout ce qui tombe sur lui est im¬
médiatement englué et neutralisé.
Ce tapis de mucus est animé d'un mouvement
lent qui l’entraîne vers l’orifice de la trachée et
est dû à l’action des cils vibratiles sous-jacents.
Les particules ne viennent jamais au contact
môme des cils vibratiles. Elles sont toujours re¬
çues par le tapis de inncus.
II existe certainement des différences dans la
qualité et la (juantité de ce mucus, suivant l’état
des voies respiratoires. Assez Iluide à l’état nor¬
mal, il subit des variations dans des conditions
inflammatoires des voies bronchiques. Cela mo¬
difiera les conditions de fixation des poussières.
Mais, sur ce sujet, nous mainpions de dociiinentB
précis. Les variations pathologiipies du mucus
bronchique et leurs conséquences sont infiniment
mal connues. D’intéressantes recherches liisto-
physiologiqnes seraient à faire dans cette direc¬
tion.
338
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
N" 21
L’immense majorité des particules que nous
respirons avec l’air tombe à la surface de la tra-
cdiée et des bronches. Le mucus les fixe et les
ramène au dehors dans les expectorations. Mais
si le tapis de mucus et l’épithélium, qui le sup-
])orte et le meut, sont .modifiés par des atteintes
inllammaloires, tout change; les particules jum-
vent rester sur place et pénétrer dans l’épithé¬
lium sous-jacent, et, de là, dans le tissu con¬
jonctif.
Dans le lapis de mucus, des cellules migratrices
phagocytaires peuvent pénétrer. Les conditions
et les limites de cette pénétration sont encore
très mal connues. Dans le mucus, les phagocytes
rencontrent les poussières. Cclle.s-ci pénètrent
dans le protoplasma. C’est là, on le sait, un acte
commandé par des actions j)hysico-chimi(iues
pures ; un phagocyte mort incorporera di^s pous¬
sières comme s’il était vivant.
Dieu entendu, il ne convient plus d’interpréter
ces phénomènes sous l’angle d’un anthropomor¬
phisme puéril. Les phagocytes ne sont pas des
éléments « allant chercher les particules étran¬
gères jiour en debarrasser l’organisme ». C’est là
une façon de s’exprimer et de penser dont on a
trop abusé en médecine.
B. LkS Sril faces liHONCIlIQCES HANS CILS VIlillA-
TiLES NI MUCUS. — A partir du iiédiculc du lobuhs
les bronchioles sont revêtues pur un épitliélium
cubique sans cils vibralilcs et sans cellules cali¬
ciformes, donc sans mucus de surface. Le dia¬
mètre de ces bronchioles intralobulaires va de
0,5 à 1,5 mm. Leur surface est souvent plissée
en raison de l’intervention de l’anneau muscu-
lairi' sous-jacent (muscle de Reissessen).
Les bronchioles terminales, qui font suite aux
précédentes, sont dépourvues de niusele en an¬
neau et ont un épilhélimu non plissé, fait (le cel¬
lules cubitpies ou ajilaties.
Ces segments des voies bronchi(]U((S sont par¬
ticulièrement sensibles. Lne grande partie des
imxmlalions microbiennes du poumon se fait
vraisemblablement à leur niveau. Les germes (jui
atteignent ces régions traversent la paroi épi¬
théliale non proti'gée par une couche de mucus,
gagnent les lymphatiques du pédicule du poumon
et, par leur voie, infectent les alvéoles.
Les poussièn's sont sûrement cajiables d’ar¬
river jus([u’aux bronchioles intralobulaires. Dans
les poumons, parfaitement normaux, de deux
chats ayant vécu cinq et sept ans dans les galeries
d’une houillère de la Loire, nous avons pu r(‘-
trouver, à ci' niveau, des particules noires de
charbon, dans l’intérieur de la bronchiole cl contre
son épithélium.
Eu ce point de l’arbre respiratoire, les mouve¬
ments de l'air sont fort réduits et son humidifi¬
cation complète, ce (jui favorise la sédimentation
des ])oussières.
La grande vulnérabilité de cette région est
facile à expli([uer. L’épithélium est relatiyement
mince; nulle couche de mucus ne le jirotège. His¬
tologiquement, les cellules ipii le constituent sont
peu diliérenciées. sans cils vibratiles, sans revi'-
tement eutieulaire de surface. Une iiarticule irré¬
gulière, avec des pointes et des saillies, qui tombe
sur elles avec une certaine force, junirra les blesser
facilement. Letulle avait saisi l’importance de
cette action traumatisante et son inflmmce sur les
réàctions leucocytaires ultérieures.
D’autre ]>art, les cellules peuvent être compri¬
mées par la jiression des muscles bronchiques
sous-jacents. Une jiarticule, tombant au niveau
d’un pli de l’épithélium, blessera celui-ci quand
la contraction du muscle accentuera le plisse-
Une ou plusieurs cellule» seront blessées et
dégénéreront. Par la perte de substance ainsi
créée, la particule viendra au contact du tissu
conjonctifi
C. Sun FACE ALVÉOLAiiiE. — La surface alvéo¬
laire est faite du réseau des capillaires pulmo¬
naires et de la substance conjonclivo-élastique
qui relie compacte leurs mailles. L’ensemble
forme de véritables lames assez résistantes sépa¬
rant les alvéoles. Sur elles, par-ci par-là, sont
incrustées des cellules (petites cellules nucléées).
La paroi alvéolaire, très sensible au point de
vue des réactions circulatoires, est assez résis¬
tante au point de vue mécanique. Elle est faite
d’une substance tenace, élastique, assez homo¬
gène, ne renferniant aucune fente, aucun chemi¬
nement conjonctif. Elle semble moins vulnérable
que le revêtement des bronchioles. Celui-ci est
fait exclusivement de cellules vivantes, tandis
que le revêtement alvéolaire est constitué, pour
une part importante, de substances conjonctives
ou articulaires non vivantes. Les cellules alvéo¬
laires sont, d’autre part, moins fragiles que les
cellules des bronchioles. Elles sont de nature
mésenchymateuse, de consistance plus faible;
elles se dépriment plus facilement et fuient devant
l’obstacle.
C’est une question difficile à résoudre de savoir
si les poussières de l’air peuvent à l’état normal
arriver jusqu’à l’alvéole. Si elles peuvent attein¬
dre ce point extrême des voies pulmonaires, c’est
en quantité très faible. Pratiquement, à l’état
normal, l’air alvéolaire paraît être pur.
Dans les conditions pathologiques, il peut en
être différemment. L’épuration par la surface bron¬
chique se faisant mal, l’air arrive aux alvéoles
non complètement dépouillé de ses poussières.
Mais, là encore, des précisions expérimentales
manquent.
III. — Mode de pénétration et de chemine¬
ment des particules dans l'intérieur du
tissu pulmonaire.
Que les particules passent par les bronchioles
ou la surface alvéolaire, il est sûr qu’elles
pénètrent dans le tissu pulmonaire. L’étude de
leur répartition montre qu’elles sont exclusive¬
ment logées dans les parties du stroma pulmo¬
naire qui sont constituées de tissu conjonctif
lâche ou fibreux, comme c’est le cas pour les
régions péribronchiques et périvasculaires. Dans
les parois alvéolaires, faites à l’état normal d’un
stroma dense, sans espaces conjonctifs dévelop¬
pables ni cheminements, on ne rencontre jamais
de poussières, tant que ces parois ont conservé
leur état normal. En somme, il n’y a de parti¬
cules minérales que dans les parties du poumon
où le tissu conjonctif est nettement individualisé.
Les poussières ne paraissent se trouver que dans
un tissu conjonctivo-fibreux, qu’il soit de pré¬
sence normale ou pathologique.
On n’a jamais, à notre connaissance, envisagé
de près les facteurs qui commandent la pénétra¬
tion des particules minérales, tombées à la sur¬
face des bronchioles, dans l'intérieur du tissu
pulmonaire. On parle de celte pénétration comme
d’une chose qui va de soi, mais nous n’avons
nulle précision sur son mécanisme.
Il inqjorte d’envisager ce point de près, ne
serait-ce (jue pour bien fixer notre ignorance.
A. Rôle «es machoehaces. — On admet irnjili-
citemenl que le transport des particules est
assuré par les macrophages. Ces cellules migra¬
trices rencontrent les jiarlicules à la limite de
l’éjiithélium et du tissu conjonctif (ou bien dans
le mucus bronchique, processus plus obscur).
Toute particule rencontrée colle à la surface de la
cellule et est phagocytée, à la condition bien
entendu que sa taille le permette. 11 est sûr que
l’immense majorité des jioussières est ainsi ren¬
fermée dans de|s macrophages et entraînée par eux.
Maig' traijisport par ces cellules n’explique
pas touti ^
On est, d’une part, très mal renseigné sur les
conditions du cheminement des macrophages
chargés de particules. Quand elles sont petites,
on peut accepter que la- marche en soit peu gênée.
Mais quand le cytoplasma est bourré de grosses
particules, lourdes, il est certain que les condi¬
tions du déplacement des macrcipliages sont
modifiées.
Il y a encore autre chose. On rencontre sou¬
vent dans le parenchyme pulmonaire des parti¬
cules miné^rales aussi grosses, quelquefois même
plus grosses, que les macrophages. On ne peut
admettre que de telles particules aient été en¬
traînées par une seule cellule ou que les macro¬
phages se soient mis à plusieurs pour pousser les
particules dans l’intérieur du tissu pulmonaire.
Les macrophages jouent un rôle essentiel, c’est
certain, mais ce rôle ne peut intervenir partout.
B. Rôle de la ly.mphe. — Les particules, dit-
on souvent, sont entraînées par la lymphe. On
voit l’image : un fleuve qui charrie des cailloux.
Malheureusement ce n’est là qu’une image, non
une explication. Dans le parenchyme pulmonaire,
il n’y a pas de ruisseaux de lymphe susceptibles
de faire rouler des particules qui atteignent par¬
fois 8 à 10 microns de long. La lymphe inters¬
titielle coule lentement, par une sorte de suinte¬
ment. Elle n’a pas la force nécessaire pour
entraîner, dans des tissus visqueux et résistants,
des particules anguleuses, olfrant souvent des
pointes irrégulières comme les poussières miné¬
rales.
C. Poussée «iiiecte «es paiiticules dans le
TISSU. - Une autre explication du cheminement
peut être donnée, plus en rapport avec les condi¬
tions histophysiologiques réelles.'
Les poussières minérales sont toujours très
anguleuses. Bien souvent, suivant la direction de
leurs aspérités, elles pourront avancer dans un
sens, mais jamais revenir en arrière. C’est le
mécanisme de la pointe de flèche.
D’autre part, sur ces [larticules, des mouve¬
ments de pression sont constamment exercés du
fait des conditions mêmes du tissu conjonctif pul¬
monaire, conditions très spéciales qu’on omet
généralement de considérer. En raison des mou¬
vements d’expansion et de retrait respiratoires,
le tissu du poumon est soumis à de perpétuels
tiraillements. Quinze à vingt fois par minute, à
chaque mouvement d’inspiration, il est soumis à
des tractions, de sens divers suivant le point
envisagé. Le tissu pulmonaire n’est pas un terrain
tranquille; c’est un sol histologiquement agité.
Dès qu’une particule se trouve libre dans le
tissu conjonctif du poumon, elle est en quelque
sorte happée par ce milieu. Sa forme et son orien¬
tation initiale vont déterminer son sort. Par suite
de l’action de poussées élémentaires, chacune
très faible, mais constamment répétées, et en
raison de l’impossibilité de tout recul, les parti¬
cules vont cheminer tant qu’elles rencontreront
un tissu assez perméable, tant qu’elles ne butte¬
ront pas sur un obstacle.
Le mécanisme invoqué ici est bien connu. Par
lui, on explique les cheminements dans l’orga¬
nisme des aiguilles introduites par la peau ou les
voies digestives. Avec leur base obtuse, ces
aiguilles, poussées par les mouvements du tube
digestif et des viscères, ne peuvent (pi’avancer,
jamais reculer.
Tout récemment, M. Doyon a signalé l’existence
d’un mécanisme analogue dans la formation de
ces dispositifs singuliers appelés par lui des os
poilus. Dans la cavité abdominale de chiennes,
on a pu recueillir quelquefois les restes de fœtus
tombés dans le péritoine par suite d’une rupture
tubaire. Tous les tissus de ces fietus ont été
digérés; il ne reste plus eil eux que ce qui est
inattaquable, c'est-à-dire les pièces squelettiques
N» 21
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
339
et les poils. Par suite des mouvements abdomi¬
naux, les poils répandus dans le ventre peuvent
venir se fixer dans l’oi'ifiee des carialicules osseux,
assez grands, des ])ièces squelettiques embryon¬
naires. Or les poils sont 'revêtus d’un épiderini-
cule formé de cellules aplaties imbriquées comme
les tuiles d’un toit. Suivant le sens dans lequel le
poil s’est (uigagé primitivement dans le canal
osseux, sa marche en avant sera possible ou non.
Mais si elle est possible, le poil ])ourra seulcnienl
avancer, jamais reculer. Dès qu’un mouvemenl
est exercé qui tiendi-ail à faire sortir le poil,
eelui-ci est maintenu par les écailles de l’épide]--
micule. Ainsi peu à peu les poils pénètrent et
s’engagent solidement dans les canaux de l’os.
Celui-ci se garnit de poils comme une brosse.
Ce mécanisme permet d’expliquer un certain
nombre de dispositions histologiques observées
dans les pneurnokonioses, jtar exemple la locali¬
sation fréquente des particules minérales dans
l’adventice des artères, disposition .signalée il y a
longtemps par Tripier et ses élèves. Les parti¬
cules, évidemment, ne sont pas venues de l’inté¬
rieur du vaisseau. En réalité, elles sont là parce
(jue dans l’adventice, il y a des espaces lamelleux
où le- cheminement des particules libres (comme
celui des macrophages du reste) est facile. Par
contre, on ne rencontre jamais de ces particules
dans la couche musculaire des vaisseaux. La
média constitue un obstacle contre lequel viennent
butter el s’accumuler les particules. Au con-
(l'aire, les particules de pigment ferrugineux
endogène, qui viennent du sang, s’observent dans
l’endartère et la média.
Cette disposition des poussières n’a pus du
tout la signification pathogénique, qu’on a voulu
lui attribuer quelquefois, de prouver l’origine
sanguine du pigment dans l’anthracose. L’absence
complète de tout pigment dans la média suffit
pour infirmer cette hypothèse.
Dans le cas des particules siliceuses, du reste,
on ne peut tout de môme pus dire qu’elles pro¬
viennent du sang.
L’intervention d’actions mécaniques donne
peut-être une explication de la singulière locali¬
sation, signalée par Letulle, de dépôts anthraco¬
siques allongés en bandes à la surface du poumon,
chaque bande correspondant aux espaces inter¬
costaux.
Au niveau d’une côte, la surface pulmo¬
naire subit à chaque respiration une pression qui
n’existe pas à la hauteur d(‘ l’espace intercostal
mou. Les particules sont ainsi ])eu à peu
repoussées dans cetl<' zone de j)rcssions moin¬
dres.
Le mécanisme envisagé ici donne également
une explication plus physiologique de ce fait
signalé depuis longtemps que toute cicatrice pul¬
monaire, si minime qu’elle soit, tout foyer d(!
sclérose même atrophique, constitue un lieu de
localisation pour l’anthracose et, comme nous
avons pu le constater, pour le dépôt de particules
siliceuses. On a expliqué ce fait d’une façon toute
verbale, en disant que ces cicatrices constituent
un point d’appel pour les leucocytes à poussières.
Pourquoi cet appel singulier? Nulle part ailleurs,
le tia,su fibreux n’appelle les leucocytes. En réa¬
lité, un tissu en évolution vers la sclérose pré¬
sente des voies de cheinin(;ment où ])euvent éti'c
poussées des jtarticules ininéi'ales. Le tissu con--
jonctif n’appelle pas les particuh'S; il reçoit celles
qui lui sont amenées.
Le cheminement des particules minérales est,
pour une part, du type traumatique. Ces parti¬
cules, dures et irrégulières, vont blesser les
cellules rencontrées; d’où une source- d’inflairima-
tioii et de sclérose; on se trouve dans le cas des
injections de terre d’infusoires. On conçoit même
très bien que, suivant la forme des particules,
dépendant de la nature chimique el <le la dureté
de la substance, les elféls vidtiérants soient varia¬
bles, donc aussi l’importance de la sclérose post-
inflammatoire qu’elle entraîne. Les difTérences
signalées à ce point de vue entre les diverses
[jiieumokonipses professionnelles tiennent peut-
être tout autant à un facteur de cet ordre qu’à un
facteur chimique, comme on l’a invoqué. l,es
poussières de certaines roches siliceuses sont
particulièrement aiguës. Ce point mériterait
d’être étudié de près, à un moment où la question
des pneumokonioses industrielles est à l’ordre
du jour.
'l’elles sont les questions principales qui, au
point de vue de la physiologie pathologique, se
trouvent posées à propos des pneumokonioses.
l.a plupart restent encore non i-ésolues, mais
c’esi un progrès déjà que bien poser un problème
el de définir une ignorance.
Travail
de la Clinique chirurgicale de la Salpétrière.
DE LA DOULEUR
DANS LES
ADHÉRENCES POST-OPÉRÂTOIHES
A GOSSET. R. -A GUTMANN el R JAHIEL.
L’une des complications post-opératoires les
plus communes et les plus difficiles à traiter est
la formation d’adhérences.
Elles provoquent des troubles divers; tantôt
elles s’organisent en brides qui coudent ou sté-
nosent les viscères creux, et le seul traitement est
chirurgical; tantôt, et c’est le cas le plus fréquent,
les adhérences se manifestent seulement par des
douleurs sans que l’on puisse faire intervenir des
phénomènes mécaniques.
J,a pathogénie de ces douleurs elles-mêmes est
assez complexe.
Le tissu adhérentiel peut se conqiorter comme
une épine irritative abdominale el provoquer à
distance des troubles réflexes, spasmes ])ylorique,
intestinal, etc.
11 peut enserrer des filets nerveux sympa¬
thiques péri-viscéraux dont l’ii-ritation sera dou-
Enfin ce tissu lui-même semble doué d’une sen¬
sibilité propre.
On à en elfct, par l’étude histologique des
membranes adhérentielles inflammatoires, pu
^mettre en évidence, .au milieu de leur trame con¬
jonctive, l’existence de filets nerveux ou de cor¬
puscules sensibles '.
Dans un tissu qui contient ou qui englobe des
éléments sensitifs, il est facile de concevoir que
des phénomènes inflammatoires ou congestifs
chroniques puissent produire des douleurs.
On a cherché à lutter contre ces phénomènes
]5ar des moyens classiques tels que la diathermie
qui a une action décongestionnante cl agit sur les
infiltrais.
Nous avons essayé d’obtenir un ell'et analogue
en utilisant les propriétés de l’éther bcnzyl-
cinnamique.
Éette substance, jusqu’à nos essais *, n'avait
été étudiée que dans la tuberculose.
1. UciROOLAV. — AT* Congrès des Chir. russes; It'rst-
n;7i chir., l‘J22, n" 1. — WicrestchiXski. AK* Congrès des
2. A. Gosset, U. -A. Gut.man,n et R. Jaiiiei.. — « Essais
de traitement médirai des périviseéritcs ». .Iirh. itr.s mal.
de iappnreU dige.slif‘, Octoljre 1!)27.
De nombreux auteurs ont utilisé ses propriétés
dans la tuberculose d’abord pulmonaire (Jacob-
Son), puis cutanée, laryngée, etc. (Tzanck , Darier,
Jeanselme, Dufourmentel, etc.). L’élude expéri-
^^mentale et clinique du produit a ainsi permis de
'bien établir certaines qualités thérapeutiques qui
lui étaient propres. Nous ne retiendrons ici que
trois propriétés mises en évidence par Jacob-
son ‘ : son action décongestionnante, analgésiante
et vaso-dilatatrice.
Ce sont ces propriétés, étudiées sur les tissus
tuberculeux, qui nous ont incité empiriquement
à l’essayer dans le traitement des adhérences péri¬
tonéales banales no/i tuberciileusvg.
La technique que nous employons est très
simple : on fait une première série de quinze
injections intramusculaires quotidiennes d’am¬
poules de 2 eme d’une solution huileuse d’éther
benzyl-cinnarnique à ù pour 100 (Clini.
On cesse ensuite quinze jours à trois seiuaines,
puis on fait une nouvelle série et ainsi de suite,
le nombre habituel des séries étant de quatre ou
cinq.
Nous avons le plus souvent appliqué le traite¬
ment à des malades réopérés pour des adhérences
constatées el qui continuaient néanmoins à
souffrir.
Le phénomène observé dans les cas favorables
est la suppression ou l’atténuation considérable
de la douleur. Cette douleur étant le seul symp¬
tôme subjectif dont se plaignent les malades, on
peut parler de guérison vraie, au sens clinique
du mol.
L’action bienfaisante se manifeste le plus sou¬
vent dès les premières injections.
C’est en général vers la quatrième que les
malades se sentent améliorés et la disparition
des phénomènes douloureux survient assez brus¬
quement.
Dans un certain nombre de cas, les malades
recommencent à souffrir a-vcc la cessation du trai¬
tement, mais ces douleurs sont le plus souveni
beaucoup moins fortes. Cependant il est des cas
où les douleurs, après une période de sédation
plus ou moins longue, réappai'aisscnt avec la
même intensité qu’avant le traitement.
11 est enfin des cas où le traitement n’agit
pas.
Nous avons, de façon ajtproximative, 1/3 des
cas où les douleurs disparaissent, 1/3 où elles
diminuent notablement, 1/3 d’échec.
Les inconvénients de la méthode sont nuis.
Jamais nous n’avons observé de réaction locale
ou générale.
Les contre-indications sont très limitées : il
vaut mieux s’abstenir en cas d’insuffisance hépa¬
tique ou rénale nette.
Nous n’avons jamais essayé le traitement chez
des malades tuberculeux.
Nous n’avons traité jusqu’ici de façon métho¬
dique que des adhérences; mais il semble ])ro-
bable que les propriétés de l'éllier benzylcinna-
mique peuvent être utilisées dans d’autres cas et
que son champ d’action est plus étendu. Nous
nous proposons de l’uliliscr dans d’autres syn¬
dromes douloureux abdominaux ; douleurs des
poussées inflammatoires vésiculaires, des co-
I ^
En somme, il semble jusqu’ici que l’on soit en
présence d’un médicament utile à employer dans
les processus inflammatoires adhérentiels, pou¬
vant réussir dans des cas où la diathermie, les
rayons infra-rouges ont échoué, qualités souli¬
gnées par la facilité de son emploi et son inno¬
cuité.
l. J. Jacobso-n. — d Mode d’action de l'ctluT benzyl-
cinnamique sur le foyer tuberculeux ». ('on^rrs Jr </<•/•-
maiof. fir Sfrashoiirî’, .hiillet 10211.
340
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
N" 21
MOUVEMENT MÉDICAL
RÉINFECTION, SUlUNFECÏIüN ET ALLERGIE
DANS
LA SYPHILIS
Il est assez curieux de constater que. jusqu’à la
fin du xix‘' siàcle, malgré tous les progrès de
l’expérimentation et de l’observation dans les
maladies infectieuses, on n’était pas encore arrivé
à transmettre avec certitude la syphilis à l’animal.
Quelques inoculations apparemment réussies de
Klebs, Neumann, Martineau etllamonic, Nicolle,
Mansell, n’avaient pas paru démonstratives et, en
tout cas, n’avaient rien apporté de très signifi¬
catif. Les expériences de Melschnikofl’ et Roux,
qui datent de 1903 et par lesquelles la transmis¬
sion de la syphilis au chimj)anzé fut clairement
réalisée, sont donc pratiquement les jmeniières de
ce genre. Peu après, d’ailleurs, la découverte du
spirochète j)ar Schaudinn et Iloll’mann apporta
un critérium simple qui permit de multiplier les
expériences d’autant plus que Bertarelli puis
Parodi, Ossola, Truffi et Mulzer, Uhlenhuth de¬
vaient faciliter les choses en montrant la peau du
scrotum et le testicule du lapin comme un terrain
idéal pour l’étude de la transmission de la sy¬
philis. Plus récemment encore, les expériences
sur l’homme, poursuivies sans grands résultats
vers le milieu du xix'-' siècle, furent reprises,
comme nous allons le voir, par beaucoup d’au¬
teurs, et il a pu ainsi devenir possible de préciser,
dans une mesure vraiment intéressante, les no¬
tions de réinfection, de surinfection et d’allergie
dans la syjjhilis, notions (jui, comme le note
Truffi, sont étroitement associées à celles de la
guérison.
1
.Vvaiit toute chose, il impoi'te tle savoir ce
tpii se passe après une inoculation de produits
virulents chez le lapin, l’animal dont la syphilis
ressemble le |)lus à celle de l’homme. La tech-
ni((ue, t(dle (ju’elle a été fixée par Kinger, consiste
à introduire un produit virulent dans une poche
dermo-éj)idermique. Au bout de quatre ou cinq
semaines, il apparaît une tumeur s[)héri(jue ou
ovalaire de la grosseur d’un marron, dure, élas-
ti<|ue, adhérente à la peau, parfois même au tes¬
ticule et présentant à son sommet un ulcère à
bords relevés, à Ibnd blanchâtre ou recouvert
d’une croûte hématicjue. Ce chancre, (pii dure
environ un mois puis disparaît progressivement,
est assez exactement semblable, tant au point de
vue macroscopique qu’au point de vue hislolo-
giipie, à un chancre induré humain.
. Les tréponèmes se multiplient très rapidement
dès les jiremiers jours qui suivent rinoculatioii,
peut-être même dès les premières heures, puis¬
qu’il en a été retrouvé au bout de quarante et une
heures dans la rate par Zurhelle et au bout de
deux j(iurs, dans les ganglions satellites, par
Rrovvn et l’earce. Quand le chancre commence à
disparaître, on observe des métastases dont la
plus friupiente est la kératite. Mais il s’en produit
également sous formes de nodules, de papules, de
plaipies muqueuses, de granulomatose au niveau
de la peau et des muqueuses.
l’u fait particulièrement important à noter au
sujet de l’évolution du chancre et de ses compli¬
cations est constitué par ce (ju’on appelle connnu-
néiuent la loi de Brown et Rearce, selon laquelle
plus les lésions scrotales sont importantes, moins
les lésions tardives sont probables. Cette loi,
qu’on ne mamiue pas de rapprocher des constata¬
tions si curieuses faites en clinique humaine et
d’où il résulte que les lésions cutanées sont en |
proportions inverses des lésions viscérales, n’est
cependant pas admise par tout le monde (Armuzzij .
Après la disparition de ces symptômes de géné¬
ralisation, la grande majorité des lapins ne pré¬
sente plus aucun signe pathologique. Chez cet
animal, d’ailleurs, les réactions sérologitjues sont
peu significatives, car elles peuvent être positives
sans qu’il y ait eu infection préalable. 11 semble
donc y avoir guérison complète au point de vue
clinique. Cependant — et cette constatation est
une des plus intéressantes qu’il a été donné à la
syphiligraphie expérimentale de faire dans ces
dernières années — les tissus des lapins restent
indéfiniment infectieux pour un animal neuf
(Kolle, Rrigge). Il n’y a donc pas, pour l’animal
infecté, de guérison absolue comme la clinique le
donne à penser, mais création d’une immunité
relative, suffisante pour maintenir le lapin en
bonne santé et pour le protéger contre les trépo¬
nèmes résiduels. Les lésions viscérales du lapin
sont, en efl’et, inconnues ou discutées ' Armuzzi .
Ces phénomènes d’immunité relative peuvent
être mis en évidence par beaucoup d’autres mé¬
thodes dont il vaut la peine de dire quelques mots.
Ainsi, par exemple, si on excise les })roduits viru¬
lents inoculés quelques jours après l’inoculation,
on n’empêche pas le chancre d’apparaître. En
revanche, l’excision du chancre à un degré de
maturité bien définie est suivie de guérison locale
cornj)lète et l’inoculation du tissu ainsi excisé ne
donne pas lieu, chez l’animal neuf, à un chancre
aussi caractérisé qu’un tissu pleinement virulent
îArmuzzi).
D’autre part, si on essaie à ce moment de pro¬
céder à de nouvelles inoculations, on constate que
la i)eau, au voisinage immédiat du chancre, est
déjà un p(ni plus immunisée que le reste du cbr^is
comme s’il y avait propagation de proche 'en
proche de ])ropriétés défensives fixées aux tissus
et histiogènes, mais non humorales.
Inversement, l’œil est l’organe qui est le moins
bien j)rotégé, comme si ces mêmes substances
défensives avaient de la peine à traverser la bar¬
rière hémato-oculaire dont tant d’expériences de
pharmacologie mettent la réalité en évidence.
Les inoculations nouvelles donnent, en général,
lieu à une lésion spécifique plus ou moins abor¬
tive, pourvu qu’elles aient été j)ratiquées avant le
quatre-vingt-dixième jour. Mais, après cette date,
on n’obtient plus rien, du moins avec la souche
de tréponèmes utilisée en premier lieu. En re¬
vanche, une souche hétérologue donne des résul¬
tats [)lus fréquemment positifs, parce que l’animal
est évidemment moins immunisé contre elle que
contre l’autre souche. 11 s’est produit une véritable
mono-immunité, comme ditBalbi, phénomène qui
ne s’observe qu’à un moindre degré chez l’homme.
.\insi la souche Truffi, inoculée à un lapin infecté
une j)remière fois avec la souche Nichols, donne
à Strenn)el et Armuzzi 13,9 pour 100 de succès.
En réinoculant du Nichols sur un lapin infecté
avec du Truffi, le nombre des succès s’est élevé à
32,6 pour 100. La même souche Nichols donne
sur la souche, dite de Bonn, le chiffre de 66,7 p. 100
de succès. Il faut conclure de là, avec Armuzzi,
que le nombre des succès est d’autant ])lus grand
(jue la souche employée en second lieu est, par
rajiport à la souche de première inoculation,
mieux adaptée à l’animal. Ces différences biolo¬
giques. sur Icsqiu'lles nous revi(mdrous, ne s’ac-
couq)aguent d’ailleurs d’aucune dilférenc(‘ mor¬
phologique ajipréciablc du tréponème.
Le traitement peut guérir l’animal quand il a
été ])ratiqué de fat/on précoce, avant le ([uaraiite-
cimpiièmc jour, cl énergi(iue. S'agit-il d’une stéri¬
lisation véritable':' On n’en a pas la preuve absolue.
Mais on constate qu’une infection nouvelle ])ro-
voqiie chez ces animaux les sympl(’)mcs d’une
première inoculation (piant à rai)parencc des
lésions, la durée de rinciibation, la vitalité des
spirochètes, etc.
D’autre part, un traitement moins énergique
peut retarder l’apparition de l’immunité. Une
réinoculation réussit alors après le quatre-vingt-
dixième jour.
Les lésions de surinfection sont différentes des
lésions observées lors de la première inoculation.
Elles contiennent moins de ce tissu myx(i(déma-
teux qui caractérise le chancre initial. De même,
l’imprégnation à l’argent montre que les spiro¬
chètes n’ont plus la même vitalité. Ainsi, une
certaine immunité se manifeste également de cette
manière.
Du fait que l’inoculation ne détermine parfois
aucun symptôme clinique appréciable, il ne ré¬
sulte pas que les spirochètes introduits dans
l’organisme aient été détruits par les substances
défensives. En fait, on constate que les parasites
subsistent au lieu d’inoculation, s’y multiplient,
s’étendent aux ganglions satellites, conservent
leurs caractères biologiques au point que Kolle et
Schlossberger arrivent à distinguer deux souches
différentes chez un même lapin. Chez certains
animaux prétendument réfractaires comme la
souris, Kolle et Schlossberger ont d’ailleurs
constaté que les spirochètes inoculés se dissé¬
minent et se conservent indéfiniment dans le tissu
cérébral sans jamais provoquer de symptômes
pathologiques.
Une proportion de lapin toujours à peu près la
meme et égale au 10 pour 100 ne présente pas de
chancre initial, comme s’il y avait pour ces ani¬
maux une sorte d’immunité spontanée. Cependant
chez le quart ou le cinquième de ces animaux, il
a[)paraît au bout de plusieurs mois des lésions
spécifiques analogues tantôt à un chancre d’ino¬
culation, tantôt à une gomme, comme s’ils étaient
constamment exposés à une localisation de l’in¬
fection générale ; des spirochètes se retrouvent
d’ailleurs régulièrement dans des ganglions éloi¬
gnés du lieu d’inoculation (creux poplité). D’autre
part, ces animaux sont moins bien protégés contre
les effets d’une inoculation nouvelle que les lapins
ayant réagi normalement d’emblée. Là encore, le
rôle de l’immunité cutanée apparaît nettement.
Des infections muettes de ce genre peuvent être
provoquées à volonté par inoculation dans un
ganglion (Kolle) ou directement dans la circula¬
tion (Uhlenhuth). Les surinfections pratiquées
par la même méthode ne donnent pas non plus
lieu à un chancre.
Un fait plus intéressant encore, c’est qu’un
dépôt de bismuth créé chez un animal empêche le ■
chancre d’inoculation de se produire. Si on pra-
ti<|ue l’excision de ce dépôt, le chancre apparaît
même plusieurs mois après l’inoculation (Kolle).
II
L’expérimenlatiuii chez l’animal fait prévoir, de
même que certaines expériences anciennes (Peli-
zari, anonyme du Palatinat, etc.), que la céjèbre
affirmation de Ricord, selon laquelle « la syphilis
ne se double pas » ne subsiste plus aujourd’hui,
bien que Fournier ait cru devoir l’appuyer de
toute son autorité. En effet, bon nombre d’auteurs,
parmi lescpielsQueyrat, Quentin, Sabareanu(1904-
1906), Pinard (1910), Finger et LandsUnner
(1900-1912) ont montré, par leurs expériences,
tant sur l’homme que sur le singe;, ([u’il est pos¬
sible de réinoculer avec succès à tous les stades
de l’infectiou. Ces expériences ont été maintes
fois confirmées dans ces dernières années
Au cours de la période <jui précède l’apparition
du chancre, l’inoculation donne donc lieu à un
chancre dont l’incubation est tantôt plus longue,
tantôt égale, tantôt, et c’est le cas le plus fréquent,
plus courte que celle du premier chancre (Finger
et Landsleiuer, Bacrniann elSchlachl). D’ailleurs,
l’apparence de ce second chancre varie avec le
moment où rinoculalioii a été faite. Si celle-ci a
été tardive, ce second chancre sera simplement
N“ 2t
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 13 Mars 1923
341
■papuleux et abortif, comme l’a ■ noté Queyrat. lésion secondaire ou secondo-tertiaire accompa- quer ce qui s’observe après une réinooulation de
Ce chancre de surinfection vraie peut avoir un gnée de spirochètes et de réaction sérologique produits virulents.
retentissement ganglionnaire particulier, recon- qui ne laisse place à aucun doute. D’ailleurs, la D’ailleurs, la plupart de ces expériences qu’on
naissable quand il siège sur un territoire lyin- thérapeutique a une action nette sur ces lésions. a vues ont été faites en prenant soin d’inoculer
phatique autre que celui du premier chancre. Dans la syphilis tertiaire, les résultats de l’ino— en même temps sur une autre partie du corps des
Ces expériences ont permis d’étudier .les réac- culation redeviennent plus fréquents. Finger et produits analogues mais stérilisés. Or, les inocu-
tions de l’homme à l’egard de diverses souches. Landsteiner obtiennent 86 pour 100 de résultats lations témoins ne donnent jamais lieu à des phé-
C’est ainsi que sur deux sujets ayant tous deux positifs. Ultérieurement, Ehrraann, Queyrat, nomènes aussi caractéristiques que les inocula-
un chancre en voie de régression datant respecti- -Pinard, Vignolo-Lutati, Haschiraoto, Pasini, Pic- dons proprement virulentes. A cet égard, les
veinent de trente-deux et trente-sept jours, Balbi cârdi confirment ces observations et Balbi obtient recherches de Queyrat et Pinard sont aussi signi-
réinoculo diverses souches : Truffi, Nichols et 85 p. 100 de résultats positifs. Dans les lésions ficatives que celles de Balbi.
virus homologue. En môme temps, il procède à qu’il réalise, les spirochètes ne peuvent pas être Pour cette même raison, on ne peut plus pen¬
des inoculations de contrôle faites avec des pro- mis en évidence par les méthodes histologiques, ser, comme le voulait Neisser, que ces lésions de
duits virulents stérilisés à lOO". Les lésions dues .mais bien par l’inoculation au lapin. surinfection sont dues au fait que le foyer d’ino-
au virus homologue ont été moins développées et En ce qui concerne la paralysie générale, on se culation s’enrichit en spirochètes circulantes. Les
moins persistantes que celles qui ont été faites rappelle que la rareté du chancre chez ces ma- expériences de Kolle sur le lapin témoignent du
avec des virus hétérologues. Quelles qu’elles lades et l’impossibilité de leur inoculer visible- contraire, bien qu’elles n’aient pu être reprises
soient, ces lésions ne diffèrent pas essentiellement ment la syphilis a été longtemps considérée comme chez l’homme. On ne peut pas non plus penser
des lésions initiales : papule puis desquamation, une preuve de l’origine syphilitique de cette avec Pasini que les tissus de néoformation, étant
érosion suintante, saignant facilement. Elles sont maladie. En fait, Levaditi et Marie, qui inoculent dépourvus de tout pouvoir immunisant, favori-
incontestablemcnt spécifiques d’après Balbi, car, par scarification, commeSiemens, qui inocule par seraient le développement des spirochètes mieux
au point de vue histologique, elles offrent tous poche dermo-épidermique, concluent que l’immu- que les tissus anciens. Enfin les lésions syphili-
les- caractères de la spécificité (endopérivascu- nité, sans être absolue, est beaucoup plus mar- tiques généralement tertiaires et très rares ob-
larite) et bien qu’on ne réussisse pas à retrouver quée chez ce malade que chez les syphilitiques servées à la suite d’un traumatisme (Cl. Simon)
des spirochètes par les méthodes histologiques, de la période secondaire ou tertiaire. Sicard, ne peuvent pas être confondues avec les lésions
les tissus excisés se montrent infectieux pour Scharnke et Ruète, Jahnel et Lange, Sessi, Pic- déterminées par la réinoculation,
l’animal neuf. On a d’ailleurs pu parfois constater . cardi, Balbi ont également des résultats négatifs,
que, même à cette période, ces lésions de réinfec- sauf de très rares exceptions. IH
tion provoquent une réaction ganglionnaire par- Dans le tabes, les résultats positifs sont un peu
ticulière et nette. plus fréquents que dans la paralysie générale. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer en détailla
' Au cours de la période secondaire proprement Ainsi Bogdanoffen obtient 3 de positifs sur 6 cas. question des diverses races de spirochètes. No-
dite, des résultats positifs ont été obtenus à Pasini en obtient 1 de positif avec nécrose cen- tons simplement que les souches de tréponème
la suite d’un grand nombre de réinoculations traie. Au contraire, dans la syphilis nerveuse, neurotrope et de tréponème dermatotrope que
(Ehrraann, Delbanco, Gastou et Milian, Pinard, les résultats positifs sont assez fréquents. Nous Levaditi et Marie ou Fournier et Schwartz pensent
Trossarello). Mentionnons simplement les résul- voyons ainsi confirmé par l’expérimentation le avoir isolés ne sont pas admises sans réserve par
tats très remarquables,, bien qu’assez e.x'ception- caractère tout à fait spécial de la parasyphilis qui, une très grande majorité de chercheurs (Kolle,
nels, de Takaschi Haschimoto. Sur 12 sujets au point de vue réactivité de l’organisme ou plus Armuzzi, Balbi). De môme, les différences entre
sj^philitiques présentant ou non des lésions cuta- exactement de la peau, se distingue nettement des spirochètes qui ont pu être mises en évidence no-
nées spécifiques, cet auteur a obtenu 4 fois, par autres formes de syphilis. tamment par des surinfections croisées (Kolle,
réinoculation, un chancre suivi d’exanthème de Dans la syphilis héréditaire, la question est Prigge,Mulzer,Strempel et Armuzzi) ne semblent
généralisation. naturellement très complexe. En effet, les syphi- pas persister au delà de quelques passages.
D’une manière générale, les auteurs confirment litiques peuvent, comme l’ont déjà noté Gaucher Quant au comportement particulier de certains
l’enseignement de l’expérimentation sur l’animal ; et Rostaine, donner naissance à des enfants par- spirochètes à l'égard des arsénobenzols, du mer-
l’inoculation avec le virus homologue a moins faitement sains ou encore à des enfants dystro- cure ou du bismuth, il est dû, non pas au parasite
d’effet qu’avec le virus hétérologue dans la pé- phiques mais dont l’organisme ne contient aucun lui-même, mais au terrain. C’est, en tout cas,
riode secondaire, comme dans la période pri- tréponème. D’autre part, dans la descendance des l’avis de Hoffmann et Armuzzi. On sait, d’ailleurs,
maire. Ainsi, par exemple, Pasini, avec la raé- syphilitiques, on retrouve des enfants appartenant Brown comme Mollgaard l’ont récemment rap-
thode de Finger, obtient 60 pour 100 de résultats de la façon la plus nette à la période tertiaire ou pelé, que, dans les effets des médicaments chimio-
posilifs avec la souche Truffi, 40 pour 100 avec la secondaire. Une réinfection est naturellement thérapeutiques, l’organisme joue un rôle capital,
souche Nichols et 40 pour 100 avec un virus possible pour les sujets sains. La surinfection, par Le médicament agit sur le parasite autrement m
homolbgue. contre, s’observe dans les autres catégories vitro que sur le parasite modifié par l’organisme.
Pendant la période de latence qui succède à la comme des constatations cliniques le montrent. On s’explique ainsi que la sanochrysine soit sans
période secondaire, les inoculations expériraen- En somme, les réinoculations donnent des ré- effets sur le cobaye si elle est injectée avant que
taies chez l'homme ont été pratiquées moins sou- sultats positifs fréquents à la période primaire, les tissus aient réagi sur le parasite, tandis que
vent à cause, des risques évidents qu’elles com- plus rares à la période secondaire, plus fréquents ultérieurement elle stérilise à coup sûr.
portent. Finger et Landsteiner, d’accord, avec la de nouveau à la période tertiaire comme si l’im- Ce qui intervient surtout pour modifier la vita-
plupart des auteurs, constatent cependant que munité cutanée s’atténuait. Par contre, les résul- ,lité des tréponèmes, ce sont d’abord des phéno-
l'inoculation nè réussit pas aussi bien dans cette Jats sont absolument exceptionnels dans la para- mènes d’immunité, immunité surtout cutanée qui
période que dans les périodes antérieures. Néan- lysie générale et très rares dans le tabes sans s’accentue de la période primaire à la période
moins, des résultats positifs ont été fréquemment qu’on discerne encore les raisons de cette manière secondaire et qui diminue ensuite, dans la propor-
obtenus. Quelques-uns méritent d’être notés : d’être. tion même où augmentent les cas de réussite de la
Mctschersky et Bogdanoff ont vu, chez 2 sujets Mais plus tard, les surinfections deviennent de surinfection.
sur 4 inoculés, apparaître des symptômes carac- plus en plus possibles et finissent par devoir être Mais quel est le substratum de cette immunité?
téristiques dans les délais habituels. Trossarello considérées comme de véritables réinfections. Il est assurément très différent de ce qu’on observe
démontre également la possibilité d’une nouvelle C’est ce qui amène Lacapère à croire que le dans l’immunité des maladies exanthématiques,
infection. Chez une malade avec Wassermann 40 p. 100 de la population de Fez présente une Celle-ci persiste indéfiniment après la disparition
positif, mais sans lésions cutanées, il a pratiqué infection syphilitique suffisamment atténuée pour du germe et la guérison ou stérilisation complète.
3 inoculations avec un virus hétérogène. Au bout en contracter une nouvelle. Au contraire, l'immunité dans la syphilis est ana-
d’une dizaine de jours, il constate des infiltra- Ces expériences ont été l’objet d’un certain logue à celle qui se manifeste dans un certain
tions papuleuses qui, bientôt, desquament, puis nombre de critiques dont il convient de dire nombre de maladies à protozoaires. Elle est liée
se recouvrent d’une croûte. En tombant, celle-ci quelques mots avant d’aller plus loin. Tout à la présence du parasite et cesse avec la guérison
laisse à découvert une ulcération qui a toutes les d'abord, pour expliquer lès faits observés on a complète. Cette analogie ne peut pas cependant
apparences cliniques et histologiques d’un chancre souvent invoqué le phénomène de Kôbner. On être poussée loin car dans les trypanosomiases,
avec adénopathie satellite. La réaction de Was- sait, en effet, que les irritations cutanées peuvent on trouve chez l’animal infecté des anticorps qui
sermann devient plus nettement positive qu’elle provoquer chez un psoriasique des lésions de sont capables de protéger un animal neuf contre
n’était auparavant et finalement, au soixantième psoriasis et chez un eczémateux des lésions l’infection (Truffi, Kolle) et qu’on ne trouve pas
jour après l’inoculation, il apparaît une roséole. d’eczéma, etc. Ces phénomènes ne se produisent chez les syphilitiques.
A cette période, de tels résultats sont , évidemment cependant que dans les phases aiguës de la ma- Cette immunité dans la syphilis est principale-
moins remarquables, que ceux d’Haschimoto, ladie alors que l’organisme est dans un état spé- ment histiogène. Elle gagne de proche en proche
Sur 9 sujets, Balbi obtient 66 pour 100 de cial de sensibilité. De tels faits ne peuvent donc, à*partir du chancre et elle est surtout fixée à la
résultats positifs caractérisés par l’apparition de contrairement à ce que pensait Tarnowski, expli- peau. Il semblerait même, d’après certains au-
342 LA
teurs, comme Balbi, qu'une cicatrice de lésions
spécifiques soit mieux immunisée qu'une région
quelconque de la peau. C'est là, en tout cas, une
de ces questions ipii mériteraient le plus de rete¬
nir l'attention des expérimentateurs.
Par contre, Bordet, Kolle, Trulfi, Armuzzi, sont
d'accord pour constater qu'il n'existe dans le sé¬
rum, ni agglutinine, ni précipitine, ni anaphyl¬
atoxine, ni lysine, ni anticorps au sens étroit du
mot. La réaction de Wasssermann n'est, en effet,
pas considérée comme l'expression d'un processus
de défense mais traduit seulement le fait matériel
de l’existence des spirochètes.
On s'explique ainsi qu'on n'arrive pas à créer
expérimentalement des sérums anti-infectieux.
Toutes les tentatives de ce genre depuis celles
de Neisser, les premières en date, semble-t-il,
ont jusqu'ici échoué. Les récentes tentatives de
Kroo et Schultze sont-elles de nature à modi¬
fier ce jugement? Ces auteurs ont réalisé d'abord
des cultures jmres de spirochètes sur des milieux
à base de foie. Leur méthode leur a permis d'ob¬
tenir des suspensions qui contiennent, par centi¬
mètre cube, 3 milliards de spirochètes tués par la
chaleur. De ces suspensions, ils injectent des quan¬
tités qui s'élèvent jirogressivement jusqu'à 10 cmc.
3 fois et même 7 fois par semaine en s'arrangeant
de telle manière que tous les patients reçoivent
un même total de 240 cmc. Le sérum' des patients
ainsi traités acquiert la faculté de fixer le complé¬
ment avec un extrait de tréponème. Le maximum
de cette réaction est atteint au bout de quatre se¬
maines. Les anticorps ainsi formés restent sans
effets avec le spiroclike de la fièvre récurrente ou
avec le parasite de la nagana. Ils sont donc spéci¬
fiques.
Mais ces anticorps, comme le constate Georgi,
ne sont pas identiijues aux anticorps qui inter¬
viennent dans la réaction de Wassermann. Ils ne
répondent, en effet, qu'à des extraits hépatiques.
On peut donc se demander s'il s'agit d'anticorps
à action sur les spirochètes ou à action sur les
lipoïdes d'organes, en l’espèce de foie qui a servi
de milieu nutritif. Telle est, en effet, la question
que se pose Georgi et à laquelle cet auteur répond
en proposant l’hypothèse suivante ; les spiro¬
chètes, en vivant comme saprophytes aux dépens
des lipoïdes de certains organes comme ceux du
cerveau, par exemple, finissent par acquérir une
virulence particulière, précisément pour le sys¬
tème nerveux.
Mentionnons encore les recherches de S. Bergel
qui voit dans les lymphocytes la cellule chargée
exclusivement de détruire les tréponèmes. Cette
action serait l’effet des lipases du lymphocyte car
le tréponème est riche en lipo'ïdes. S. Bergel serait
ainsi arrivé à stimuler l’action de ces cellules suf¬
fisamment pour obtenir des résultats thérapeu¬
tiques.
Par ailleurs, l’allergie intervient. Le syphili¬
tique réagit d’une façon .spéciale à l’égard de tous
les produits spécifiques : luétine de Noguchi, pal-
lidine de Nicolas, organoliiéline de Buisson,
extrait de tréponèmes, etc. Mais à l’inverse de ce
qui se passe pour les tuberculeux qui réagissent
d’une façon presque absolument constante à la
tuberculine, la réaction des syjdiilitiques n’a pu
donner lieu jusqu’ici à une méthode de diagnostic
positif couramment utilisable en clinique.
L’évolution de l'allergie syphilitique n’est d'ail¬
leurs pas exactement parallèle à celle de l’immu¬
nité. Elle augmente, en effet, progressivement non
seulement pendant les périodes primaire et se¬
condaire, mais encore pendant la période tertiaire
où elle atteint son maximum d'intensité. Bizzozero
et Bernucci, coniirmaiit en cela les recherches
PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars iy2y
antérieures de Dujardin et Duprez, de \4'olff, de
Balbi, constatent, en effet, qu’au cours de cette
période, les réactions allergiques sont positives
100 fois sur 100. Bien plus, comme nous l’avons
noté à diverses reprises, les réinoculations faites
à cette période provoquent souvent des lésions
avec nécrose centrale témoignant ainsi d’une al¬
lergie extrêmement marquée.
Comme l'immunité, cette allergie gagne de
proche en proche à partir du lieii d'inoculation,
c’est-à-dire à partir de l’endroit où les cellules ont
été le plus précocement et le plus profondément
modifiées par les toxines provenant des spiro¬
chètes. On est ainsi amené avec Bloch, Krantz et
d’autres à considérer que le chancre lui-même est
une manifestation allergique. Les premiers spi¬
rochètes détruits sensibilisent les cellules situées
à proximité. Celles-ci réagissent sous l’influence
de spirochètes subsistant en donnant naissance à
la lésion initiale. La présence de substances ca¬
pables de dévier le complément dans la sérosité
du chancre, à une période où la réaction de Was¬
sermann est encore négative dans le sang, est un
témoignage significatif des modifications qui se
produisent au niveau de la lésion initiale.
Cette hypersensibilité à l’égard de la luétine
s’observe également à l’égard des substances ba¬
nales comme la tuberculine (Nicolas, Favre et
Charlier), le glycocholate de soude (Loeper et
Doureaux), l'agar (Stokes), le lait (Dujardin et
Duprez), etc. ün comprend ainsi que pour Goii-
gerot, l’allergie du syphilitique puisse aider au
pronostic et même à la thérapeutique.
Mais si on cherche, comme l’a fait récemment
Artom, à préciser ces notions, l’embarras devient
grand. Le cas des paralytiques généraux est sin¬
gulièrement troublant. Aussi comprend-on que
Scharnke, Buete, Siemens, considèrent l’absence
de réaction à la réinfection chez ces malades
comme le résultat d’une quantité élevée d’anti¬
corps circulant dans les humeurs, tandis que
d’autres, comme Stuhmer, Jahnel, Finger, consi¬
dèrent qu’il y a en ce cas une anergie passive et
tandis que Dujardin et Decamps considèrent qu’il
y a anallergie. Aussi semble-t-il sage de revenir
avec Artom à une expression qui traduise simple¬
ment les constatations cliniques et de dire en
conséquence qu’il y a ou qu’il n’y a pas, suivant
les cas, réactivité cutanée.
Quoi qu’il en soit, nous avons vu la peau jouer
dans ces phénomènes d’allergie et d’immunité un
rôle capital. La loi de Brown et Pearce comme la
clinique humaine, les recherches de Besredka, de
Velu, de Rivalier, d’Urbain pour le charbon, le
streptocoque, le staphylocoque, la théorie de
l’ésophylaxie de E. Hoffmann et Bloch confirment
cette opinion. C’est ce qui a amené Siemens et
Bloch à rechercher si des extraits de peau des
paralytiques généraux ou des syphilitiques se
comportent d’une façon spéciale à l'égard des spi¬
rochètes. Les résultats de ces investigations ont
été négatifs. Balbi qui a repris ces expériences
n’est pas non plus arrivé à quelque chose de po¬
sitif. Mais il est évident que les recherches dans
ce sens doivent être poursuivies, car il y a tout
lieu de croire que ce qui se passe au niveau de la
peau donnera le moyen d’agir thérapeutiquement
quand on en aura pénétré le mécanisme, bien qu’il
ne faille pourtant pas croire que seule la peau
intervienne dans la défense de l’organisme.
On voit ainsi combien de mystères entourent
encore pour nous le rôle respectif du para.site et
de l’organisme. L’expérimentation sur l’animal
semble avoir posé des problèmes plus qu’elle n’en
a résolu. Néanmoins, les faits acquis sont d’im¬
portance et méritent d’être connus. Ils précisent
le sens dans lequel les investigations cliniques et
expérimentales doivent se poursuivre et ils
piontrent que les principes de thérapeutique ac¬
tuellement admis en matière de syphilis sont so¬
lidement justifiés.
P.-E. MonnAnDT.
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N» 21
fLA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars
SOCIÉTÉS DE PARIS
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
6 Mars 1929.
A propos du traitement des fractures transcer¬
vicales du col du fémur. — M. J. Leveuf remarque
qu’à l’heure actuelle la guérison d’une fracture trans¬
cervicale n’ofire guère de difficulté que chez les
sujets âgés de plus de 60 ans, bien qu’après cet âge
on puisse encore obtenir de beaux résultats et les
observations de M. Delbet et de M. Robineau prou¬
vent qu’on obtient des résultats identiques au moyen
de techniques sensiblement différentes.
D’autre part, dans la majorité des observations de
fractures récentes publiées jusqu’à ce jour, la con¬
solidation n’a été obtenue qu’après élimination d’une
partie plus ou moins importante du col fracturé. La
proportion d’échecs après enchevillement de pseu-
darthroses par greffon est minime, peut-être -ceci
parce que l’usure du segment externe du col est à ce
moment terminée. Enfin M. Leveuf pense que la
coaptation parfaite des fragments et l’immobilisation
du foyer de fracture ne suffisent pas à donner la
..consolidation dans tous les cas de fracture transcer-
vicale. On peut se demander si les échecs de cer¬
taines méthodes ne seraient pas dus à ce que, dans
les fractures récentes, une partie du col doit être éli¬
minée avant que la consolidation ne se produise, et
l’on, en viendrait à penser qu’il faut attendre avant
Migration d’un corps étranger dégluttl. • — M. P.
Mathieu fait un rapport sur cette observation
adressée par M.' Tanacesco (de Jassy) qui a vu un
fait très semblable à celui publié dans une des
dernières séances par MM. Lamare et Larjet.
Obstruction intestinale par persistance de la
coudure d’une anse Intestinale étranglée. — M. P.
Mathieu fait un rapport sur cette observation de M.
Mourgues-Molines (de Montpellier). 9 jours après
une kélotomie, celui-ci dut réintervenir ; il trouva
cette anse pour laquelle il pratiqua une entéro-anas-
tomose.
Iléo-colectomie droite pour tumeur lymphoïde
de l’Intestin. — M. Roux-Berger présente cette
très rare observation envoyée par M. Braine (de
Paris). L’examen histologique, fait par M. Lecènc,
montra qu’il s’agissait d’une maladie de Hodgkin.
La localisation isolée de cette affection à l’intestin,
surfont sous forme tumorale, est extrêmement rare.
Il n’y avait rien d’autre ni dans les gîtes ganglion¬
naires, ni au niveau de la rate. On a déconseillé de
faire après l’intervention des irradiations sur la
région opérée. Il est à craindre qu’une autre mani¬
festation de l’affection se produise, car c’est la règle
dans son évolution.
Typhlo-colite droite. — M. Okinczyc présente
cette observation de M. Raymond Bernard (de
Paris). L’intervention conduisit sur un abcès gan¬
greneux juxta-cæcal qui fut simplement ouvert, sans
chercher l’appendice qu’on ne vit pas. Mort. A l’au¬
topsie, appendice sain, mais gangrène du cæcum.
L’auteur se demande si l’aspect macroscopiquemfnt
sain de l’appendice permet d’éliminer cet organe
comme point de départ de l’infection. Dans les cas
de ce genre, les phénomènes d’artérite jouent un grand
rôle dans la pathogénie des lésions.
Occlusion intestinale au cours d’une péri vlscérlte
adhésive. — M. Okinczyc fait un rapport sur cette
observation de M. Barbilian (de Jassy). La partie
terminale de l’iléon est rétractée, adhérente à la
paroi abdominale postérieure, et il y a une coudure
en V avec une bride entre ce segment et le segment
sus-jacent très dilaté. L’auteur se demande s’il n’y
avait pas à l’origine de cette lésion une malforma¬
tion congénitale avec bride. M. Okinczyc revient sur
les risques d’intoxication que fait courir au malade
l’irruption du liquide de stase intestinale dans le seg-
gmcnt sain, et il ' considère la vidange de l'intestin,
ai difficile soit-elle, comme indispensable.
— M. de Martel a fait 2 fois cette vidange en
branchant l’aspirateur électrique sur un tube de
verre fixé dans un orifice du grêle.
— M. Pierre Duval rappelle que l’irruption du
liquide de stase n’est dangereuse que lorsqu’elle se
fait dans le grêle et non dans le gros intestin.
— M. A. Schwartz a vu cependant une intoxi¬
cation suraiguë après lever d’un obstacle siégeant
sur le grêle à 15 cm. du cæcum.
^ — M. Okinczyc dit que la gravité de l’intoxication
tient aussi à la durée de l’occlusion et à la quantité des
liquides toxiques accumulés dans le grêle au-dessus
de l’obstacle.
Luxation ancienne de l’épaule devenue Irréduc¬
tible. — M. L. Bazy fait un rapport sur cette
observation de M. Mirizi (de Cordoba). Cet auteur
a abordé l’articulation par la technique du rappor¬
teur, mais il ne put maintenir la tête réduite et pré¬
féra faire la téno-suspension. Ayant prélevé le ten¬
don du long péronier latéral, il le passa dans un tun¬
nel creusé dans la tête humérale et le fixa à la voûte
acromio-claviculaire. Le résultat éloigné fut bon.
Dans un cas de luxation récidivante M. Bazy a
constitué une butée antérieure en introduisant dans
le tendon du coraco-biceps. dédoublé une greffe
ostéo-périostique. Mais par ailleurs il estime que le
raccourcissement du sous-scapulaire, produit par sa
suture au bord antérieur de la glène, joue un rôle
important dans la Suppression des accidents.
A propos de l’anesthésle locale. — M. Chevassu
affirme que la novôcaïne employée seule, sans adré¬
naline, donne une anesthésie excellente. Par ailleurs il
ne croit pas que la novocaïne injectée en bague autour
du doigt puisse être cause de sphacèle. Il incrimi¬
nerait plutôt la quantité de liquide injectée et décon¬
seille formellement l'emploi d’un lieu de caoutchouc
et l’adjonction de tout antiseptique après l’inter¬
vention.
A propos des tumeurs à myéloplaxes. — M. Mou-
chet apporte l’observation et les radiographies
d’une malade ayant présenté une tumeur à myélo¬
plaxes curettée et greffée, mais qu’il fallut ensuite
amputer pour accroissement des douleurs et déve¬
loppement ultérieur de la tumeur.
Os supra-cotyloïdlens. — M. Moucbet présente
ces faits adressés par M. Delabaye (de Berck), M.
Raphaël Massart (de Paris) et M. Arrivât (de
Béziers).
Présentation de malade. — M. Küss : Luxation
postéro-externe du coude.
Présentation de radiographies. — M. Chevassu :
Urétérographie rétrograde pratiquée chez une femme
anurique par cancer du col utérin.
Radiographie de vésicule séminale tuberculeuse.
S. Oberlih.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
8 Mars 1929.
A propos des Injections intrapleurales de sano-
crysine au cours du pneumothorax thérapeutique.
— M. A. Jacquelin rappelle, à l’occasion de la com¬
munication de MM. Léon Kindberg et de'Véricourt,
les recherches qu’il a effectuées en 1925, en collabo¬
ration avec MM. Bezançon et Elchegoin, sur les effets
des injections intrapleurales d’une huile de foie de
morue spéciale préparée à basse température et sté¬
rilisée sur bougie L3, chez 8 tuberculeux pulmo-
A l’appui de ces tentatives, les auteurs utilisèrent
les données anatomiques établies par Sappey, par
Poirier et Cunéo prouvant que des communications
importantes existent entre le réseau lymphatique
sous-pleural, ses troncs collecteurs et les lympha¬
tiques pulmonaires. Ces communications expliquent
la possibilité d’injecter les lymphatiques pulmo¬
naires par les lymphatiques pleuraux. Ces con¬
nexions anatomiques ont d’ailleurs été confirmées
par les expériences de Binet et Vernes qui ont re¬
trouvé des globules gras dans les capillaires pulmo¬
naires après injection d’huile dans la plèvre du lapin.
Il semble donc établi que les corps injectés dans
la séreuse pleurale peuveut atteindre le poumon et
les lésions tuberculeuses qu’il présente. Il y a là une
voie d’introduction qu’il est logique d’utiliser pour
la sanocrysine et l’avenir vérifiera peut-être l’impor¬
tance de cette adjonction thérapeutique au pneumo¬
thorax artificiel.
Un cas de chondromatose à déterminations mul¬
tiples. — MM. J. Huber et W. Advenier montrent
une jeune fille de 18 ans qui présente des chondro¬
mes multiples objectivement appréciables du côté
1929 343
droit du corps : main droite, cubitus] droit, pied et
péroné droits, omoplate droite. Les radiographies
montrent des lésions étendues — sauf au péroné —
ayant évolué lentement. L’affection ne s’associe ici à
aucune autre maladie du système osseux. Les an¬
técédents personnels et héréditaires ne dénotent
également aucune anomalie endocrinienne.
— M. Léri présente une série de radiographies
provenant de cas de chondromatose comparables à
celui qui vient d’être montré. Tantôt les chondromes
sont limités à la main et aux doigts, tantôt ils sont
appendus à un grand nombre d’os, dans la région
diaphyso-épiphysaire, à la façon des exostoses ostéo-
géniques multiples. ' -
Colique de plomb traitée par l’acétylcholine. —
MM. Laignel-Lavastine et J. Fouques relatent
l’observation d’un ouvrier de 30 ans intoxiqué par le
plomb et qui fut pris brusquement de colique de
plomb très violente . Celle-ci disparut sous Tin-
fluence d’injections d’acéthylcholine. En même temps
que la douleur cessèrent la constipation, la rétrac¬
tion abdominale, l’hypertension artérielle et la vaso¬
constriction. Fait à noter, la raie de Vulpian, qui
pendant la crise était exclusivement blanche, devint
après la crise d’une rougeur caractéristique.
Connaissant l’action élective de l’acétylcholine sur
Torthosympathique, cette observation vient à l’appui
de l’opinion, émise par Tun des auteurs, qu’on peut
considérer les coliques de plomb comme un syn¬
drome solaire aigu d’excitation.
— M. Milian signale que l’antagoniste de Tacêtyl-
choline, l’adrénaline, lui a donné aussi jadis de bons
résultats dans le traitement de la colique de plomb.
On peut faire baisser aussi la pression artérielle au
moyen de l’adrénaline.
- M. Laignel-Lavastine fait remarquer que
l’effet produit dépend de la dose injectée.
— M. Flandin rappelle que l’adrénaline provoque
une élévation immédiate de la tension artérielle suivie
de chute secondaire de la pression.
L’expectoration noire des tuberculeux. — M.
André Jousset démontre, avec chiffres à Tappui, que
l’expectoration des tuberculeux est d’autant moins
virulente qu’elle est plus noire : un crachat tout à fait
mélanique chez un tuberculeux a bien des chances
d’être stérile. ,En sorte qu’on possède dans la pigmen¬
tation progressive de l’expectoration chez un malade
donné un élément de pronostic impoi'tant.
Cette couleur du crachat ne tient nullement, comme
on Ta dit, aux poussières atmosphériques, mais à
une élimination de fer d’origine- hémoglobiquc char¬
rié par de grandes cellules, dites par erreur « à pous¬
sières i>, et que l’auteur appelle u cellules martiales ».
La tuberculose, maladie congestionnante par excel¬
lence, et productrice d’hémoptysies occultes perma¬
nentes, transforme, dans certains cas, en oxyde de fer
noir le contenu du globule rouge par un mécanisme
comparable à celui de la pigmentation paludéenne.
Si le crachat noir signale un processus sclérogène
et comporte le pronostic relativement favorable des
tuberculoses fibrosantes, il n’en est pas de même
des crachats à derai-leintés qui n’ont aucune signi¬
fication pronostique.
L’auteur insiste enfin sur l’inégalité de- la teneur
en bacilles de ces crachats panachés, suivant qu’on
fait porter le prélèvement sur les fragments noirs
ou clairs de ces crachats. Il est donc très important,
sous peine d’avoir) les résultats les plus inégaux,
d’examiner toujours les mêmes parties d’un crachat
et spécialement les portions purulentes de teinte
— M.' Bezançon tail observer que la laryngite au
début s’accompagne aussi de crachats noirs bourrés
de cellules à poussières.
Lorsqu’on recherche le bacille tuberculeux, on
doit faire porter l’examen sur les crachats lourds et
de teinte claire, ceux-ci se montrant les plus riches
en bacilles.
— M. Jousset fait remarquer que le crachat des
voies aériennes supérieures est complètement diffé¬
rent du crachat d’origine pulmonaire. Le pigment '
noir qu’on trouve dans ce dernier est d’origine auto¬
gène et ne provient pas des particules charbonneuses
inhalées. L’exemple des chevaux vivant au fond des
mines de houille, qui ont un poumon rose, et non
noir, est bien démonstratif.
Endaortlte maligne lente avec lésions anévris-
males, marche aiguë sans endocardite. — MM.
Clerc et Bascourret relatent l’observation d’un jeune
344
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
N» 21
homme'de 24 [ans, ancien syphilitique, avec double
souffle au foyer aortique et qui présenta pendant
4 mois tous les signes généraux d’une endocardite
lente malgré deux hémocultures négatives. Vers la fin,
en quelques jours, se développa un anévrime de la
crosse aortique aboutissant à la mort brusque pré¬
cédée de signe d’épanchement péricardique. A l’au¬
topsie, la sclérose et la rétraction des sigmoïdes
furent vérifiées, mais il n’existait aucune végétation
à ce niveau ; par contre, sur la portion ascendante de .
l’aorte, siégeaient 3_foyers de lésions ulcéi-o-végétantes
dont l’une avait engendré une poche anévrismale
grosse comme uni petit œuf de poule qui par perfo¬
ration avait elle-même engendré un anévrisme faux
consécutif ouvert secondairement dans le péricarde.
Cette observation montre la possibilité d’endocar¬
dites lentes malignes ectasiantes sans endocardite
associée donnant tous les signes d’une endocardite
maligne et dont le diagnostic différentiel ne peut
guère se faire que post mortem. Toutefois les ané¬
vrismes infectieux aigus consécutifs à l’endocardite
en question sont de beaucoup les plus nombreux et les
observations comme celle rapportée plus haut
demeurent tout à fait exceptionnelles.
Les modifications humorales des nourrissons
atteints d’eczéma suintant; rapprochement avec les
néphrites hydropigènes. — M. L. Ribadeau-Dumas,
et M. Max M. Lévy. Certains nourrissons
atteints d’eczéma suintant présentent un trouble
humoral profond caractérisé par l’augmentation de la
teneur en eau du sérum, une hypoprotéinémie par¬
fois considérable et un abaissement du rapport albu¬
mine globuline. Ces modifications sont à rapprocher
de celles qu’on observe au cours des néphrites hydro¬
pigènes. Cependant, chez les eczémateux ces troubles
ne paraissent pas liés à une lésion rénale. Chez un de
leurs malades, en particulier, les auteurs démontrent
l’intégrité fonctionnelle des reins.
— M. M. Labbé estime que ces constatations
portent atteinte à la théorie de Sterling qui veut que
la palhogénie des œdèmes des néphrites lipoïdiques
soit due à une rupture de l’équilibre albumineux. A
la lumière des observations récentes, cette rupture
parait jouer un rôle de moins en moins importaut.
— M. Cathala, qui a suivi un de ces nourrissons,
fait remarquer qu’il était soumis depuis plusieurs
mois à un régime hyperprotéinique qui, semble-t-il,
aurait dû corriger les troubles de l'équilibre albumi¬
neux, alors qu’il n’en fut rien.
— M. Ribadeau-Dumas fait observer que c’est
dans les eczémas ayant un excès d’eau dans l’orga¬
nisme et présentant une hydrolabilité remarquable
qu’on renconti e la même formule humorale que dans
les néphroses. Les protéines semblent jouer un rôle
considérable dans la répartition de l’eau dans l’orga¬
nisme chez ces enfants.
Accidents consécutifs au traitement de la maladie
de Basedow par le tartrate d’ergotamine. — MM.
Marcel Labbé, R. Boulin, L. Justin-Bezançon et
J. Gouyen rapportent trois observations de malades
atteints de goitre exophtalmique et traités par le tar¬
trate d’ergotamine.'
Chez un de ces malades, le traitement a été mal
toléré et le métabolisme basal, loin d’être diminué, a
augmenté sous l’influence du traitement.
Chez un autre sujet, la mort subite est survenue
quelques heures après la première injection.
Chez une troisième malade, des crises d’angine de
poitrine d’intensité et de durée croissante ont été
observées après chacune des trois injections pruti-
^ Il y a donc lieu de n’utiliser ce médicament, si l’on
y tient, qu’à doses prudentes et progressives. Ml,
même avec ces précautions, les effets thérapeutiques,
ne semblent pas d’une évidence telle qu’ils justifient
le risque d’accidents aussi sérieux.
Maladie de Raynaud et tuberculose. — MM.
Léon Bernard et L. Pélissier, à propos d’un ma¬
lade porteur en même temps d’une tuberculose pul¬
monaire fibreuse latente et d’un syndrome de Hay-
naud typique, attirent l’allenlion sur l’origine tubei'-
culeuse possible de l’asphyxie des extrémités. Si
cette étiologie est rare, elle a été peu étudiée. La
tuberculose peut cependant toucher les parois arté¬
rielles en même temps qu’elle déséquilibre le sym¬
pathique, d’où production du syndrome de Raynaud.
Mais surtout on doit insister sur la patience qu’on
doit apporter dans la rechérche de la nature bacil¬
laire de certaines lésions. Ici, les lésions pulmo¬
naires étaient évidentes, mais il ne fallut pas moins
de 8 homogénéisations pour déceler les bacilles dans
l’expectoration et les cobayes inoculés n’avaiept pas
de lésions viscérales, tandis qu’on trouvait des ba¬
cilles dans les ganglions prélevés à l’autopsie. Bref,
on n’arrive parfois à trouver la preuve certaine de la
nature tuberculeuse de diverses affections qu’après
des recherches minutieuses et prolongées.
— M. Milian, en présence des lésions fibreuses
considérables du poumon, se demande si la pyphilis,
qu’on trouve m fréquemment à l’origine de la ma¬
ladie de Raynaud, n’a pas joué un rôle également
chez ce malade.
.- P.-L. Mahik.
SOCIÉTÉ D’OPHTALMOLOqiÉ DE PARIS
16 Février 1929.
Altérations du champ visuel par Intoxication
qulnique ancienne-; ses modifications par l’acétyl¬
choline. — MM. J. Bollack et Autier présentent un
malade atteint depuis 6 ans d’atrophie optique avec
lésions artérielles accusées, entraînant un rétrécisse¬
ment considérable du champ visuel avec conservation
d’une bonne acuité visuelle, chez lequel un traite¬
ment par 16 injections d’acétylcholine a produit une
amélioration manifeste; le champ visuel s’est élargi
d’une façon notable et le sujet a pu reprendre cer¬
taines de ses occupations. L’efficacité tardive d’un
médicament à action élective sur les artérioles est un
fait intéressant à signaler.
A propos de certaines formes d’atrophie des
nerfs optiques et de leur traitement. — M. Abadie
communique, au nom de M. Patsiadès et au sien,
l’observation d’un malade atteint d’atrophie spas¬
modique des nerfs optiques. Il s’agit d’un sujet grec,
capitaine au long cours, qui, à 20 ans d’intervalle,
perdit subitement, d’abord la vision de l’œil gauche
puis, il y a 2 ans, celle de l’œil droit. Après avoir
suivi sans résultats des traitements variés, il vint à
Paris,
L’auteur, en raison du début de l’affection, de la
persistance du réflexe pupillaire, diagnostiqua une
atrophie' olique d’origine spasmodique et conseilla
les injections intraveineuses de sulfate d’atropine à
la dose de 2 milligr. tous les 2 jours. A ce moment,
le malade était incapable de se conduire seul. Sous
l’influencs de ce trailemént, une amélioration lente et
progressive se fit sentir. Le champ visuel s’agrandit,
l’acuité visuelle s’accrut et, au bout de 8 mois de ce
traitement, le malade pouvait se conduire seul et
avec une loupe lire les caractères moyens d’impri¬
merie. Puis le traitement, quoique bien toléré, ne
donnant plus d’amélioration, fut suspendu. 11 y a
maintenant de cela un an et le bénéfice acquis s’est
maintenu. Chose remarquable, c’est l’œil le plus an¬
ciennement malade qui s’est le plus amélioré.
Un aspect particulier des opacités de la kératite
interstitielle (examen bio-microscopique). — M.
Merigot de Treigny présente l’observation de 2 ma¬
lades atteintes de kératite interstitielle hérédo-spéci-
fiique avec vascularisation profonde très marquée de
la cornée. Les opacités cornéennes présentaient une
localisation inlervasculaire très spéciale. Les vais¬
seaux, entourés d’une gaine très épaisse, circulaient
dans une zone claire formant à la laie cornéenne un
véritable barrage.
Cataracte et myopathie. — MM. F. Terrien, P.
Sainton et Prosper Veil présentent un homme de
37 ans, atteint de cataracte héréditaire et familiale,
de myopathie, de réaction myolonique avec abolition
des réflexes tendineux. Cette cataracte a un aspect
biomicroscopique particulier. Chez ce malade le
facteur endocrinien n’apparaît pas nettement dans la
production du syndrome cataracte et myopathie.
P. Bailliart.
SOCIÉTÉ FRANÇAISE
D’ÉLECTROTHÉRAPIE ET DE RADIOLOGIE
26 Février 1929.
Traitement de l’Incontinence accidentelle d’urine
chez la femme par les ondes galvaniques alterna¬
tives à longues périodes. — M. Loubier a eu l’occa¬
sion de traiter ainsi une malade atteinte d’inconti¬
nence d’urines post-partum. Technique : une plaque
sus-pubienne, une plaque sacrée, durée de la séance
20 à 30 minutes. Guérison complète en 6 séances.
Sur la conductibilité des tissus en haute fré¬
quence et l’échaufferaent diathermique. — M. A.
Strobl distingue deux parties dans l'organisme : les
résistances internes qui, pratiquement, interviennent
seules pour la production de chaleur par les , cou¬
rants de haute fréquence, et la région cutanée qui se
comporte comme un condensateur. En connaissant
la résistance initiale du sujet, dans les conditions où
l'on opère, on calcule facilement, par la loi de .loule,
la chaleur produite par les applications de dia¬
thermie.
Sur la forme des courants faradiques à travers
l’organisme. — MM. A. Strobl et H. Desgrez étu¬
dient, avec l’égersimètre et l’oscillographe Dufour,
les ondes faradiques qui traversent le corps humain.
Ils montrent que les polarisations dés tissus
entrainent des déformations de ces courants et que,
parfois même, la décharge devient oscillante. Ils
indiquent comment on peut réduire ces perturbations
au minimum.
Tumeur à myéloplaxes du maxillaire Inférieur
guérie par la radiothérapie pénétrante. — MM.
Gally et Relie rapportent l’observation d’une jeune
• fille présentant une tumeur à myéloplaxes du maxil¬
laire inférieur. Le curettage chirurgical n’a donné
qu’un résultat insuffisant. Au contraire la guérison
clinique et radiologique a été obtenue par la radio¬
thérapie pénétrante (10.000 R en 6 mois). Les radio¬
graphies prises avant, au cours et après traitement
permettent de suivre le processus de reconstitution
Les auteurs insistent sur l’innocuité de ce traite-
\meut de choix, la guérison s’étant produite sans au¬
cune réaction cutanée ni glandulaire. Ils montrent
ensuite quelques radiographies de tumeurs à myé¬
loplaxes du maxillaire et du radius, traitées unique¬
ment par intervention chirurgicale : le résultat cli¬
nique et anatomique apparaît nettement moins
parfait.
Manifestation de myxoedènie dans 3 cas de mala¬
die de Graves-Basedow traités par la radiothérapie.
— MM. Delherm et Henri Beau rapportent 3 obser¬
vations de malades atteints de syndrome de Basedow
et qui, après traitements radiothérapiques, présen¬
tèrent des signes de myxœdème. Les auteurs
insistent sur l’importance de fréquentes épreuves du
métabolisme basal au cours ' du traitement, pour
suivre la marche de la maladie.
Quand le métabolisme descend au-dessous de plus
de 10 pour 100, il faut cesser la radiothérapie, et
faire uniquement un traitement galvanofaradique.
Image divertlculalre d’origine ulcéreuse de la
paroi postérieure de l’estomac au tiers supérieur.
— M. G. Ronneaux présente les clichés d’un
malade ayant un syndrome clini((ue d’ulcus ancien,
chez lequel une aérophagie considérable permit seule
de voir une niche de Uaudeck, haut située sur la
paroi postérieure de l’estomac, comme accrochée
sous la partie posléro-supérieure du fornix considé¬
rablement distendue et qui ne fut nettement visible
que sur des radiographies qui seules pouvaient
entraîner la certitude. Sans l’aérophagie et à la
simple radioscopie, ce diagnostic pouvait- être abso¬
lument insoupçonné.
L’auteur insiste sur la nécessité d’associer la
radiographie à la radioscopie d’une façon systéma¬
tique dans les examens de l’estomac et de ne pas sc
contenter d'un simple examen radioscopique fait à
la hâte dans une seule position.
Radiumdermite et Insuline. — M. Raynal rap¬
porte les heureux effets de l’insuline dans un cas de
radiumdermite.
Appareil pour le traitement par le courant con¬
tinu sur secteur alternatif. — M. A. Walter pré¬
sente un appareil permettant toutes les différentes
modalités du courant continu, galvanique, faradique,
galvano-faradique, ondulatoire et ionisation par
l’alimentatiôn directe sur le courant alternatif. La
puissance de cet appareil est de lÔO milliampères
et il permet toutes les applications de l’éleclrothé-
rapie et l’électro-diagnostic classique.
Appareil de diathermie W effets faradiques
variables. — M. André Wglter présente des appareils
de diathermie à courant alternatif dans lesquels, sans
N- 21
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
345
modification sensible de longueur d'ondes, un effet
faradique réglable, peut s’adjoindre à l'effet diather-
mique. Avecle même appareil, le même patient, la
même dose, la chaleur ressentie et contrôlée par
pyromêlre est proportionnée à l'importance des sen¬
sations faradiques remues. .
Note sur les mlIUampèremetres thermiques. —
Sur la constance des indications données par les
milliampèremètres thermiques M. André Walter
étudie les différentes causes de l’inexactitude donnée
par le milliampèremètre thermique et les moyens
d’y pallier. Il signale qu’il a pu contrôler récemment
.un ampèremètre ayant 4 ans de service constant et
dont l'étalonnage n’avait absolument pas vttrié.
Présentation d’appareillage de diathermie chirur¬
gicale. — MM. Heitz-Boyer et Gohdet.
Nouveau brûleur à U. V. à allumage instantané
pour courants alternatifs. — M. Livet. ■
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
28 Février 1929.
Dérivation Intestinale et urinaire pour récidive
pelvienne de cancer du col. — M. Vlllard présente
une malade, opérée pour néoplasme du col ( W eriheim) ,
chez laquelle il a dû faire successivement, en raison
d’une récidive bloquant tout le pelvis, un anùs sur le
transverse, puis une urétérostomie. Il insiste à ce
propos sur les bons résultats que lui a donnés l’anus
transverse, dont l’appareillage est facile', et sur la
tolérance remarquable, chez la malade qu’il présente,
de l’urétérostomie. Cette dernière est préférable à la
néphrostomie, car elle est d’exécution plus facile et
la recherche de l’uretère dilaté est aisée.
— M. Gayet a pratiqué un certain nombre d’uré¬
térostomies et en a obtenu de bons résultats immé¬
diats. Il est cependant difficile d’empêcher le rétré¬
cissement de l’orilice et l’infection ascendante; sou¬
vent, au bout d’un certain temps, apparaissent des
poussées de pyélonéphrite. La néphi'ostomie donne,
elle aussi, de bons résultats, mais elle est plus grave
et draine moins bien le rein.
Anglochollte chronique par rétrécissement
Inflammatoire de la portion terminale du cholé¬
doque; cholédoco-duodénostomle latéro-latérale.
— M. Cotte, chez un homme de 64 ans atteint d’an-
giocholite grave avec" ictère, d’origine calculeuse, fit
d’abord, sous anesthésie locale, une cholécystos¬
tomie. Dans un second temps, il pratiqua une cholé-
docotomie et une cholécystectomie; le cholédoque
contenait de la boue biliaire, mais pas de calcul. Une
exploration des voies biliaires au lipiodol, faite un
mois plus tard, montra l’existence d’un défilé étroit
au niveau de la portion terminale du cholédoque.
Une troisième intervention permit de constater qu’il
n’y avait pas de calcul à ce niveau. On fit alors une
cholédoco-duodénostomie latéro-latérale. Depuis, le
malade est complètement guéri, l’ictère a disparu,
les fonctions digestives sont régulières.
A ce propos, l’auteur insiste sur la rareté relative
des cas de cholédoco-duodénostomie publiés jusqu’à
ce jour. Les anastomoses par implantation paraissent
plus graves que les anastomoses latérales. D’autre
part, les interventions en plusieurs temps chez les
malades atteints d’angiocholite grave permettent
d’intervenir avec un minimum de risques.
Anévrisme cirsoide du cuir chevelu. — M. Patel
présente une malade chez laquelle il a dû intervenir
trois fois entre 1921 et 1929 pour cette affection, en
raison de récidives successives. Le seul traitement
logique est l’extirpation complète, mais celle-ci est
difficile en raison de l'hémorragie' très abondante
qui l’accompagne. Pour réduire cette hémorragie à
un minimum, l’auteur avait fait une ligature préa¬
lable de la temporale superficielle et de l’occipitale
ainsi que des ligatures massives au fil de soie du cuir
chevelu,
A propos d’un conjonçtivome du bras. — MM.
Savy etE. Pollosson présentent l’observation d’une
malade, atteinte d’une tumeur conjonctive dite de la
gaine des vaisseaux huméraux, dont ils ont pu suivre
l’histoire pendant .13 ans,. Ayant débuté en 1915, cette
tumeur fut enlevée en 1922. La guérison locale est
restée complète, mais la malade est mortè de géné¬
ralisation pulmonaire. A Uaulopsie, la tumeur pulmo¬
naire était la reproduction exacte de la tumeur du
bras enlevée 7 ans antérieurement.
Torsion intra-vaginale récidivante du testicule.
— M. Guilléinlnet présente un testicule qu’il a dû
enlever en raison d’une torsion intra-vaginale sur¬
venue spontanément, en dehors de tout effort. Le
diagnostic clinique avait pu être posé en raison de
crises de torsions antérieures survenues chez ce
malade. Dans ces crises la délorsion s’était produite
sans intervention. Il n’en fut pas de même au cours
de la dernière et les lésions constatées à l’inteVrèn-
tion ne permettaient pas de conserver le testicule.
' H. Roland.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
27 Février 1929.
Fracture de la dlaphyse radiale traitée par ostéo¬
synthèse. — MM. Patel et Carcassonne, à propos
d’un excellent résultat obtenu par la méthode san¬
glante, insistent sur la valeur très grande de l’ostéo¬
synthèse dans les fractures diaphysaires des os de
l’avant-bras ; elle permet une réduction parfaite et.
un retour ad iniegrum de toutes les fonctions en fort
peu de temps.
Syndactylies multiples. — MM. Patel et Car¬
cassonne présentent deux malades qui sont porteurs
de syndactylies multiples aux pieds et aux mains;
les radiographies montrent que les trois variétés de
syndaclylie se retrouvent chez ces deux malades.
Chez l’un d’eux, il existe un doigt atrophique supplé¬
mentaire inclus dans la palmure subsistante entre
deux doigts. Les auteurs insistent sur la nécessité
de l’intervention précoce et sur le peu de troubles
apportés chez leurs malades par ces malformations.
Traumatisme crânien et hypotension du iiquide
céphalo-rachidien. — MM. Mallet-Guy et Et. Mar¬
tin ont observé deux cas d’hypotension aiguë primi¬
tive céphalo-rachidienne post-traumatique dont les
manifestations cliniques étaient analogues à celles
de l’hypertension. La prise de la tension au mano¬
mètre de Claude, que l’on devrait fajré systémati¬
quement dans les ponctions lombaires jiour trauma¬
tisme du crâne, leur permit d’instituer une théra¬
peutique efficace par injection intraveineuse d’eau
distillée. Les auteurs attribuent cette hypotension
à une fissure de la lame criblée, car leurs deux cas
concernaient des fractures de l’étage antérieur de la
base. Ils insistent sur la persistance des séquelles
dans ces cas — asthénie, céphalées tenaces — et sur
l’efficacité remarquable des injections intra-vei¬
neuses hypotoniques.
Invagination Intestinale par diverticule de Meckel
chez un enfant de 18 mois. — MM. Ph. Hochet et
Etienne Martin, opérant ce petit malade, qu’ils ne
virent qu’au 5“ jour, durent réséquer un court seg¬
ment de grêle, car le diverticule était gangrené et
perforé à sa base. Mort rapide par collapsus. Un
diagnostic plus précoce eût évité la nécessité de
cette résection dont l’extrême gravité chez le jeune
enfant est classique.
Anévrisme de l’aorte descendante rompu dans la
plèvre gauche. — • MM: Routier et Treppoz. Cet
anévrisme, cliniquement latent, fut découvert par
l’examen radioscopique. A. l’autopsie, on constata
qu’il était rompu dans la plèvre qui contenait un
énorme caillot de 1.500 gr.
Laryngite syphilitique ulcéreuse. ' — MM. Rou¬
tier, Retattu et Treppoz (présentation do pièces).
Le malade, syphilitique ancien, présentait une apho¬
nie complète, sans dysphagie, avec une dyspnée très
vive. L’examen révélait des ulcérations au niveau des
cornets, une perforation vélo-palatine et des ulcéra¬
tions sur l’aryténoide gauche. Aux poumons : bron¬
chite intense ; pas de bacilles de Koch dans les cra¬
chats; Wassermann très positif. L’autopsie révéla
en outre deux ulcérations sous-glottiques ; les bron¬
ches, très épaissies, étaient remplies de pus; l’aorte
était couverte de plaques gélatiniformes.
Il s’est agi d’une syphilis des voies aériennes supé¬
rieures avec bronchite vraisemblablement de même
origine.
Lithiase vésicale, chez l’enfant. — MM. Pouzet
et Clavel, A propos d’un cas de calcul vésical chez
un garijon de 9 ans qu’ils ont opéré récemment, en
ont recueilli 3 autres cas à la clinique de leur maître,
M. Nové-Josserand. Le diagnostic clinique peut être
jtarfois difficile, et, dans les 4 cas, c’était celui des
causes d’incontinence d’urine infantile qui se posait;
dans aucun cas, il n’y avait eu d’hématurie.
Quant à la thérapeutique, elle a consisté en une
taille hypogastrique avec large drainage consécutif.
— M. Gayet estime que, dans la lithiase vésicale
de l'enfant, il faut aussi faire radiographier lés reins,
car un certain nombre de lithiases rénales de l’adulte
datent de l’enfance.
Péritonite aiguë généralisée d’origine vésiculaire,
sans perforation visible de la vésicule biliaire. —
M. R. Desjacques présente l’observation d’un sujet
de 68 ans, qu’il a opéré pour une péritonité aiguë
généralisée d’origine vé.siculaire. 11 y avait du pus
libre dans la cavité péritonéale, mais pas de bile. La
vésicule, énorme, pleine de calculs, n’était pas per¬
forée. Il fit un cloisonnement sous-hépatique et une
cliolàcystoslumie. Le malade, malgré son âge, guérit
très rapidement.
L’auteur pense qu’il s’agit, non pas d’une « péri¬
tonite biliaire sans perforation » comme Mâche¬
fer, Meyer-May, Lériche en ont rapporté des exem¬
ples, mais d’une péritonite par propagation. L’opé¬
ration pratiquée (cloisonnement sous-hépatique et
cholécystostomie) était préférable à une cholécys¬
tectomie, en raison de l’âge avancé du sujet chez qui
il fallait faire le minimum.
Quelques formes cliniques de névrites post-séro-
thérapiques. — M. L. Bourrât rapporte 3 nouveaux
cas de paralysies post-sérothérapiques pour lesquelles
il adopte l’appellation de névrite. Laissant de côté la
pathogénie de ces accidents, il établit une distinction
entre l’atteinte d’un tronc nerveux sans atrophie mus¬
culaire et la forme clinique habituelle de paralysie
amyotrophique du membre supérieur, pour laquelle
Verger, Aubertin et Delmas ont invoqué l’atteinte
des cornes antérieures. Dans l’un et l’autre cas, il
est possible de mettre en cause le processus toxique
ou l’œdème.
Une paralysie radiale du type tronculaire est appa¬
rue 10 jours après une injection de sérum antité¬
tanique.
Une névrite optique du type papillite s’est décla¬
rée brusquement après une céphalée intense, au milieu
d’accidents sériques (sérum antitétanique) assez dis¬
crets (phénomènes d’arthrite et prurit). Guérison
en 12 jours.
Une polynévrite généralisée aux quatre membres
fut consécutive à des injections de sérum antigan¬
greneux, après intervention pour plaque de gangrène
inguinale sous bandage herniaire. Cette forme, par
l’intensité des troubles moteurs, rappelle le cas de
Babonneix (pseudo-tabes après injection de sérum
antistreptococcique), mais ici, il n’y a eu ni symptôme
médullaire, ni trouble du sens musculaire.
Même dans ces formes graves en apparence, la
guérison survientassez rapidement et la récupération
motrice paraît favorisée par les injections de strych¬
nine à doses progressives.
H. Roland.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE TOULOUSE
22 Février 1929.
Luxation isolée de la tête radiale chez l’enfant.
— M. Boularan rapporte l’histoire clinique et l’exa¬
men radiographique d’un enfant de 6 ans qui, en tom¬
bant du haut d’un mur avec sou avant-bras gauche
en flexion et pronation marquée, se fit une luxation
externe de la tète radiale. Le diastasis radio-cubital
était considérable, la tête étant perceptible sous la
La réduction fut des plus faciles et elle se maintint
parfaitement, ce qui n’est pas la règle. Quelques pe¬
tits troubles du côté du nerf radial, mais restitutio
ad iniegrum au bout de 15 jours.
Du choix de la vole d’accès vers l’adéno-phleg-
mon latéro-pharyngien. — D’accord avec MM. A.
Broca, Morestin et G. Laurens, M. Escat, dès 1900,
dans son Traité des maladies du pharynx, recom¬
mandait comme voie chirurgicale exclusive contre ces
abcès la voie cervicale latérale à ciel ouvert (rétro-
angulo-maxillaire ou rétro-sterno-mastoïdienne, sui-
346
LÀ PRÉSSÈ MÉDICALÈ, Mercredi, lâ Mars 1929
N» 21
vaut le cas), et répouve d’autre part la voie pharyrn-
gée strictement applicable à l’adéno-phlegrnon rétro-
pharyngien proprement dit. Resté fidèle à ce bon
principe chirurgical qui donne toute sécurité au cas
où l’adéno-plilegmon formé en dehors des gros vais¬
seaux de l’espace maxillo-pharyngien refoulerait ces
derniers vers la cavité pharyngée, l’auteur, instruit
par une longue pratique de ces abcès, admet aujour¬
d’hui une dérogation au précepte classique et estime
qu’on peut recourir sans danger à l’incision pharyn¬
gée contre l’adéno-phlegmon latéro-pharyngien à
progi’ession manifestement pharyngée, lorsqu’il est
nettement caractérisé par les 3 signes suivants :
1“ Superficialité exagérée du pouls carotidien du
côté correspondant ;
2“ Absence rigoureuse de tout battement artériel
dans la cavité pharyngée;
3" Fluctuation indubitable et surtout disposition
plongeante et souvent en besace de l’abcès pha¬
ryngien.
L’auteur rapporte à l’appui 2 cas récemment opérés
cliez un homme do 58 ans et chez un enfant de
17 mois.
RÉUNION MÉDICO-CHIRURGICALE DES HOPITAUX
DE LILLE .
18 Février 1929.
Sur le traitement de la paralysie générale par
l’acétylarsan. — MM. P. Combemale et A. Trinquet.
16 femmes paralytiques reçoivent, 3 fois par semaine,
60 eme d’acétylarsan, soit au total 3 gr. 30 d’arsenic.
4 démentes calmes depuis plus d’un an, ayant précé¬
demment reçu du mercure, du bismuth et de l’ar¬
senic, n’en tirent aucun avantage. 5 dans le même
état à peu près que les précédentes, mais dont on
connaissait mal l’évolution antérieure, n’en tirent de
même aucun avantage ; l’une d’elles, avec mauvais
étal général, décède. Sur 7 enfin, agitées, plus ou
moins gêteuses, avec des idées de grandeur, et une
formule rachidienne d’aigu, 2 décèdent, 3 s’amélio¬
rent sensiblement et 2 entrent en rémission parfaite.
Résultats éloignés de la pyrétothérapie réglée
au Dmelcos dans le traitement de ia paralysie géné¬
rale. — MM. Barbe et P. Combemale reprennent
les 39 paralytiques généraux qui ont fait l’objet, au
Congrès des aliénistes d’Anvers, delà communication
de Combemale et Vullien. Le recul du temps ne leur
fait pas modifier leur jugement sur cette méthode qui
dans leurs mains n’a pas donné mieux que les arseni¬
caux auxquels ils avaient associé la pyrétothérapie.
Sur les délires à deux ou à plusieurs. — MM.
André et Trinquet présentent 3 observations de dé¬
lirantes hallucinées qui font partager leurs concep¬
tions fausses, cependant fantastiques, à leur famille.
Les co-dèlirants sont des paranoïaques ou des
débiles profonds suggestibles.
Confusion mentale avec fabulation dans un cas
de cancer de l’ovaire généralisé au péritoine. —
MM. Combemale etNayrac présentent l’observation
détaillée d’une malade atteinte d’une tumeur abdo¬
minale (diagnostiquée ù l’autopsie seulement : cancer
primitif de l’ovaire généralisé au péritoine), ayant
fait, durant deux mois, de la confusion mentale avec
fabulation, sans aucun symptôme de polynévrite.
Les auteurs insistent sur les difficultés qu’on ren¬
contre quand on veut rapporter à une formation
histologique normale l’origine de certains cancers
Diverticule du grêle et occlusion Intestinale
aiguë. — M.' M. Lheureux rapporte l’observation
d’un homme de 73 ans qui présenta subitement des
accidents d’occlusion intestinale. A l’intervention, on
trouva le grand épiploon épaissi, rétracté, adhérent
dans la profondeur, et formant un anneau dans lequel
s’engage une anse intestinale. Section de la bride
à 30 cm. de l’angle duodéno-jéjunal ; on trouva deux
diverticules violacés et distendus. Guérison.
Sur le traitement du splna bifida. — M. Le Fort
rapporte 2 observations récentes de spina bîfida
opérée.
Chez le premier sujet, la réunion cutanée avait été
imparfaite, du liquide céphalo-rachidien suintait par
un étroit orifice, quand parut le rapport de M. Venu
à la Société de Chirurgie de Paris sur les succès
obtenus par AI. Leveuî en maintenant les enfants
opérés en position de décubilus ventral. La méthode
fut immédiatement appliquée, et la cicatrisation
rapide et complète s’ensuivit. L’enfant reste jusqu’ici
guéri.
Peu après, un spina plus grave comme forme
anatomique, mais, comme le premier, non accompagné
de paralysie, ni de malformation des membres infé¬
rieurs, fut opéré et maintenu dès l’intervention en
décubitus ventral. La cicatrisation eut lieu sans
encombre, mais une hydrocéphalie aiguë apparut et
la mort survipt en quelques jours malgré les ponc¬
tions ventriculaires. Il en sera sans doute souvent
A propos de la pathologie des jumeaux. — MM.
Le Marc Hadour et Leplat présentent fin cas
d’identité de malformation et de maladie chez deux
jumeaux de 18 mois ; malformations crâniennes
complexes hérédo-syphilitiques et rachitiques abso¬
lument semblables ; broncho-pneumonie grave avec
courbes de température parallèles et apparition, le
quatrième jour, d’un nouveau foyer localisé au même
lobe pulmonaire.
Ostéoarthropathie syphilitique héréditaire tar¬
dive de l’épaule. — MM. Le Fort, Piquet et P.
Ingelrans apportent une observation de eette loca¬
lisation exceptionnelle de la syphilis. Le malade est
atteint d’une arthropathie qui a évolué sans douleurs
vives, ni contractures, mais avec une amyotrophie
marquée, vers la fistulisation. Le diagnostic de
tumeur blanche d’abord porté n’a été corrigé qu’au
bout de quelques mois parce que l’affection s’est
améliorée avec rapidité, qu’une nouvelle localisation
(calcanéenne) présentait des altérations osseuses
caractéristiques de la syphilis et que le Bordet-
Wassermann, alors pratiqué, s’est montré positif.
Pendant longtemps la radiographie n’a permis de
porter aucun diagnostic. Ce malade a été soumis au
traitement et s’est amélioré très rapidement.
Absence de défense de la paroi dans les formes
hypertoxiques de l’appendicite. — MM. Oronzelle
et Bournoville | présentent un cas de perforation
appendiculaire avec péritonite généralisée : sympto¬
matologie absolument fruste et notamment sans
contracture réflexe des muscles de l’abdomen, sans le
moindre mouvement de défense de la paroi. L’eu¬
phorie d’origine toxique qui se manifeste quelquefois
après une perforation viscérale peut amener cette
symptomatologie réduite, et la défense musculaire
qui demeure un symptôme capital peut être absente
Il faut donc toujours juger sur un ensemble de symp¬
tômes. Jexh Minet.
REVUE DES TUÈSES
THÈSE DE PARIS
(1928)
Lotte. La pyodermite végétante d’Hallopeau (Le
François, éditeur), Paris. — Parmi les formes mul¬
tiples des pyodermites végétantes, on peut individua¬
liser, sous le nom de pyodermite végétante d’Hallo¬
peau, une infection cutanée d’origine externe dont
l’agent causal est le staphylocoque.
Elle se caractérise par l’existence de nappes végé¬
tantes, où la lésion élémentaire est visible seulement
à la périphérie des placards, dans la zone d’extension,
sous forme d'une pustule folliculaire qui se propage
de proche en proche par auto-inoculation.
Il s’agit d’une dermatose h évolution chronique
très proche des syeosis végétants.
Celte dermatose doit être distinguée de la derma¬
tite polymorphe douloureuse de Fuhring-Brocq, du
pemphigus végétant de Weumann, de la dermite
pustuleuse miliaire de Gougerot.
Elle *e rapproche au point de vue anatomo-patho¬
logique des syoosis; elle eu présente les micro-
abcès cl les réactions épidermiques, elle j'éagit
comme un syeosis au U-aitemcnl.
Au point de vue thérapeutique, les rayons X, les
injections intraveineuses de Lugol, de novurséno-
benzol, les divers vaccins n’ont donné aucun résultat.
Le meilleur traitement consiste dans les ap|ilicatlon8
locales de teinture d’iode, pure ou diluée. des badi¬
geonnages au vert brillant et cristal violet.
R. Burnier.
THÈSES DE MONTPELLIER
(1928)
Louis Calvet. De la trombophlébite orbitaire
consécutive aux affections de l’amygdale et du
cuir chevelu {twpr. Causse, Graille et Castelnau,
Montpellier). — A propos de deux observations du
service d’ophtalmologie, G. fait üne étude d’ensemble
de la question.
Après un aperçu historique, il expose minutieuse¬
ment l’anatomie des veines de l’orbite, du sinus ca¬
verneux et de leurs anastomoses; superficielles: veine
angulaire, veine frontale, veine sus-orbitaire; pro¬
fondes : avec le plexus ptéiygoïdien, le plexus péri-
tonsillaire, le plexus pharyngien, à travers le trou
sphéno-palatin par l’ophlalmofaciale, à travers les
trous de la base par les veines des trous ovales,
grand rond, de Vésale, déchiré antérieur, et les ana¬
stomoses sinuso-sinusales.
Outre 2 observations inédites, il rapporte les
11 cas qu’il a retrouvés dans la littératurè depuis
1820 et ce lui est une occasion de faire une descrip¬
tion clinique de l’affcclion qu’il est inutile de rap¬
peler. La partie thérapeutique est développée,
notamment la partie chirurgicale : ligatures vei¬
neuses préventives, curettage des veines phébi-
tiques, ponction orbitaire, intervention directe sur
le tissu caverneux. Drainage du tissu caverneux par
voie antérieure (méthode américaine) après ligature
de la carotide primitive, exentération de l’orbite et
résection partielle de la grande aile du sphénoïde.
La bibliographie de la question complète ce tra¬
vail intéressant.
H. VlALLEFONT.
J, Imbert. Contribution à l’étude de la lièvre
de Malte dans la région d’Arles (Imprimeurie Em.
Montané, Montpellier). — La fréquence de la fièvre
de Malte dans la région d’Arles a permis .4 I. d’en
rassembler 70 cas observés, la plupart par lui-même,
à l’hôpital d’Arles. Dans ce travail, e.ssonliellement
clinique, quelques points sont à mettre en valeur ; du
point de vue étiologique, le rôle relativement minime
du lait de chèvre, celui plus important de la brebis que
de la chèvre, la fréquence (50 pour 100 des cas envi¬
ron) du çontage par simple contact avec les trou¬
peaux — ce que corrobore la fréquence (4 cas) de la
maladie cher les bouchers. I. insiste sur le poly¬
morphisme clinique de la fièvre de Malle, notam¬
ment sur les formes pseudo-tuberculeuse et articu¬
laire. Il signale quelques çompjicalions rares qu'il a
pu observer ; hépatiques, ganglionnaires, nerveuses
graves. Le pronostic lui paraît relativement bon : il
n’a eu que 8 décès. Le diagnostic doit être appuyé
sur les épreuves de laboratoire (séro-diagnostic de
Wright, hémoculture, intradermo-réaction de Bur-
net). Comme thérapeutique, il conseille, surtout,
l’autosérothérapie dont il a pu observer les bons
effets, et, accessoirement, la vaccinolhérapie, lé sérum
de convalescent et la cure d’altitude.
Travail très documenté et bonne mise au point de
la question.
H. VlALUEFOKT.
THÈSE DE BUCAREST
(1928)
M. Lolescu. Contribution à l’étude de la lami¬
nectomie, spécialement dans la leptoméningite
chronique circonscrite de la moelle. — Ce tra¬
vail, exécuté dans le service du D'' D. I. Paulian
(de Bucarest), contient 4 observations de paraplé¬
gies progressives dont la cause restait mal déter¬
minée, mais qui ont été traitées par la laminectomie
décompressive. Le syndrome était celui de la com¬
pression médullaire. La localisation était fixée, soit
par les signes cliniques, soit par le lipiodolo-dia-
guostic de Sicard. Mais la laminectomie ne mellail à
jour aucune tumeur et permettait seulement de décou¬
vrir des adhérences méningées.
Les observations de L. ne permettent pas de juger
de Teffet de l’intervention, mais les conclusions de
L. n'en sont pas moins nettement favorables au
traitement chirurgical, qui a été réalisé, dans toutes
scs observations, par M. Jiunu.
J. Mouzon.
N“ 21
13 Mars 1929
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
Le sixième sens ^
Il est à peine nécessaire de souligner l’impor¬
tance d’un, nouvel ouvrage du professeur Ricliet.
Quand ce livre intéresse à la fois les psycho¬
logues et les médecins, leur ouvrant des perspec¬
tives insoupçonnées sur un horizon reculé, l’in¬
térêt redouble. Mais que dire quand l’étude
entreprise, non conlenle de révéler un objet nou¬
veau, soulève encore des problèmes de méllxpdc';'
Un autre avantage de cette comple.vité est qu’on
peut oser discuter, de tel ou tel point de . vue
secondaire, ce qu’on n’oserait contester quant au
fond.
Si nous insistons ici sur les positions de la cri¬
tique, c’est qu’on a paru méconnaître parfois nos
intentions. A propos du fluide humain, par
exemjile, nous n’avons jamais eu la prétention de
départager des maîtres, mais de poser- les condi¬
tions d’une certitude. Ici encore, nous nous
garderons de toute ingérence dans un domaine
où l’autorité de M. Richet est magistrale ; unique¬
ment préoccupé de notre rôle d’agent de liaison
entre les philosophes et la médecine, nous
n'éprouverons que la validité des conclusions
acquises ou provisoires. Autre chose en efl'el est
d’adm-irer les expériences de M. Richet; autre
chose est d’admettre qu’elles prouvent la réalité
d’un sixième sens.
Du reste, M. Richet lui-même descend des
régions de la science pure pour traiter de ques¬
tions non expérimentales. C’est a priori par
exemple, comme tout le monde, qu’il se demande
si le sixième sens est possible. La nomenclature
de nos cinq sens a beau être vieille comme le
irtonde, n’est-clle pas révisable? Si l’on aborde la
question en philosophe uniquement préoccupé
d’analyser le qidd, la nature de la sensation, il n’y
a que deux modes de sensation : une sensation
directe et une sensation indirecte.
La sensation directe postule le contact de notre
corps avec l’objet perçu, sensation dont le toucher
est le type, et dont l’odorat et le goût ne sont que
d’autres c.'iemples. Comme l’a montré Zwaardc-
maker dans ses belles études sur l’odorat, la
notion de parfum requiert le contact direct d’un
minimum de parcelle matérielle avec la muqueuse
olfactive : ce n’est pas un esprit, une essence,
malgré la belle terminologie de notre vocabulaire,
c’est une réalité, c’est un fait matériel que le con¬
tact d’une odeur. Pour le goût, il n’est même pas
question d’intermédiaire. Cependant ces trois
modes de perception directe ne sont pas réduc¬
tibles les uns aux autres, et constituent bien
trois sens, parce que des organes difl'éreiits et
bien connus nous les procurent. Et d’autre part,
on ne peut en dédoubler a’ucun, parce que, si
var,iée que soit la notion de touchci- (sens de la
pression, du froid, de la douleur, etc.), l'organe
de la fonction est toujours la peau ; l’organe de
l’olfaction est toujours innervé par la première
paire crânienne ; l’organe du goût, toujours par
la neuvième.
La sensation indirecte s’accomplit, au con¬
traire, par l’intermédiaire d’un milieu où se pro¬
page une onde : la vue et l’ou'ie recueillent des
notions émanées d’être matériels, mais inacces-
isiblés : 'ce qui frappe ces sens n’est pas l’objet
même de la perception, mais une énergie qui
1. Ch. Richet, membre de l’Institut. — Le sixième sens,
1 Tol. Ed. Montaigne, quai Gonti.
s’échappe de l’objet. Différentes des sens directs,
l’ouïe et la vue sont donc, par cela même qu’elles
sont des sens indirects, quelque chose d’autre que
le toucher, l’odorat et le go^ït; mais sont-elles dif¬
férenciées entre elles, ou peut-on les ramener
l’une h l’autre à la faveur de ce concept générique
d’ondes, pourvu seulement que les ondes soient
qualitativement identiques? Qu’il y ait une cer¬
taine analogie entre les diverses modalités qu’on
appelle des ondes, qu’on les difl’érencie, par
exemple, uniquement par leur vitesse ou par le
nombre de leurs vibrations dans un temps donné,
cela justifiera les métaphores de la langue cou¬
rante (sur les sons clairs, les couleurs criardes,
et autres confusions de ce qui se voit avec ce qui
s’entend) ; cela récompensera les théoriciens de
l’audition colorée mais on ne fera pas une iden¬
tité physiologique du son et de la couleur, même
si telle couleur est l’octave de tel son, parce qu’en
fait il y a un organe pour recevoir la couleur, et
un pour le son. Si donc il n’y a que des sensations
directes ou indirectes, il y en a bien trois d’une
espèce et deux do l’autre; il y a cinq sens et il n’y
en a que cinq.
Mais n’est-il pas possible d’en concevoir un
sixième? Cela est assurément logique, et nous ne
sommes pas médiocrement heureux que M. Richet
couvre cette hypothèse de son autorité, et four¬
nisse même en sa faveur de bons arguments de
présomption. Plus hardi que lui, parce que moins
savant, nous sommes allé jusqu’à soutenir que le
sixième sens est probable. Ceux qui présument
que le système pileux, par exemple, est l’organe de
perception de certaines ondes électriques démon¬
treraient que c’est un sixième sens s’ils pou¬
vaient prouver leur proposition, car il y a autant
de différence entre une onde électrique et une
onde sonore ou visuelle, qu’entre ces deux der¬
nières especes d’onde, d’une part ; et d’autre part,
par hypothèse, il y aurait un organe différencié
pour cette perception. Ce serait donc un sixième
sens ; mais pour que celte jiossibilité devînt une
réalité, il faudrait ou capter ces ondes ou repérer
cet organe.
Voilà de quoi l’on peut se convaincre a priori,
et c’est en cela que l’hypothèse est utile, néces¬
saire, féconde. Il serait vain de rêver d’un sixième
sens si ce rêve ne devait nous conduire à rien, ne
nous était suggéré par rien, n’étail en un mot
qu’un rêve. Mais s’il y a des raisons de concevoir
comme possible un sixième sens, il est plausible
de déterminer à l’avance à quoi l’on reconnaîtra
que ce sixième sens est réel. C’est pourquoi
M. Richet, qui, en tant que savant, ne fait pas
d’hypothèses (p. 117), sort de la réserve de
Newton quand il entre sur le terrain ])hiloso-
phique (p. d3), et admet qu’il peut y avoir non
seulement un sixième, mais un septième ou un
huitième sens (p. 243). Sur ce terrain philoso¬
phique (le seul où nous osions nous tenir puisque
sur l’autre nous n’avons même pas à commenter
la pensée de M. Richet), nous croyons qu’on peut
poser a priori que le sixième sons passera du
domaine des possibilités dans celui des réalités à
celle double condition ; 1“ que le sixième sens
capte dés ondes bien caractérisées, bien spéci¬
fiées ; 2" que ces ondes -.soient captées on perçues,
soit par un organe repéré, identifié, connu comme
la rétine et le tympan, ou tout au moins par un
point ignoré de l’organisme dans des conditions
constantes, la nature se reconnaissant à sa con-
• stance. En d'autres teripes, il y a un sixième sens
s’il y a des réalités autres que les ondes ou les
objets perçus par les , cinq sens connus, et si ces
réalités touchent en nous autre chose que les
organes des cinq sens.
Le sixième sens, au contraire, n’est qu’une
pure chimère, ou une hypothèse gratuite et indé¬
montrable, si l’objet de la perception nouvelle¬
ment découverte n’est pas spécifié dans sa nature
ou dans son organe de perception.
Or, il ne nous semble pas que la question,
posée ainsi, ait encore reçu une réponse expé¬
rimentale.
Tould’ahord, danslesphénomènes qucM. Richet
impute au sixième sens, il y en a qu’il se doit de
rejeter de l’ordre même des sensations, et qui ne
sont l’objet, ni du sixième, ni du quatrième, ni
d’aucun sens, par définition : ce sont les phéno¬
mènes que M. Richet nous présente ou se repré¬
sente comme caractérisés par un ébranlement
direct de l’intelligence (p. 47, 195, etc.), sous
l’impression de la réalité. « Je me suis efforcé de
bannir toute hypothèse, écrit M. Richet, en éta¬
blissant le fait... qu’il y a dans l’intelligence
humaine une sensibilité qui lui permet de recon¬
naître des réalités que nos sens ordinaires sont
impuissants à nous révéler*. » Si notre intelli¬
gence est ébranlée directement au lieu de l’être
indirectement par un mouvement de la partie
matérielle de notre être, il n’y a pas sensation,
cela est évident, ou il faut changer l’acception des
mots. Nous ne nions pas, cela va sans dire, la pos¬
sibilité d’un ébranlement direct de notre intelli¬
gence, ou, si l’on veut, de notre esprit, le cas
échéant; nous en sommes peut-être même beau¬
coup plus convaincu que M. Richet, niais l’ébran¬
lement de l’esprit sans les sens ne peut avoir lieu
que sous l’influence d’un esprit, cl cela n’est plus
de la physiologie. La physiologie ne s’occupe que
de l’ébranlenienl d’un corps vivant par un corps,
vivahl ou non vivant, mais par un corps.
Cependant ces prétendus ébranlements de notre
intelligence ne sont peut-être })as si immatériels,
en fait, que M. Richet les conçoit; et, en dépit
de sa répugnance, c’est peut-être lui qui fait une
hypothèse en situant jusqu’au sein de l’intelli¬
gence elle-même un ébranlement qui est peut-
être essentiellement sensoriel. Mais Dieu merci,
M. Richet fait ici autre chose que des hypothèses,
et nous avons le bonheur de le suivre sur le
domaine où il est passé maître, sur le terrain de
l’expérience. Or, qu’a-t-il obtenu sur ce terrain?
M. Richet a expérimenté (p. 69-98), avec des
personnes normales, puis (p. 98-114), avec des
personnes dites lucides, puis (p. 115), avec
des spirites ; ces deux dernières catégories de
sujets diffèrent en ce que les spirites « attribuent
leur sensibilité à l’inspiration d’un esprit (p. 115) »,
tandis que les autres (somnambules, sensitifs,
raétagnomes, lucides, etc.) attribuent leur pou¬
voir à une faculté naturelle, qui serait justement
le sixième sens. Que « l’inspiration d’un esprit »
soit une illusion pour les spirites, ou une mise en
scène, en fait il s’agirait d’un sixième sens pour
les uns comme pour les autres ; et les personnes
dites normales ne s’apercevraient pas de ce
sixième sens parce que cette faculté, quoique
naturelle et virtuellement latente en chacun de
nous, n’est pratiquement utilisable que chez les
lucides, cl rudimentaire chez les autres. L’essen¬
tiel du phénomène est exposé p. 113 ; « On pré¬
sente à un sensitif un objet quelconque qui a
1. Ch. Richet. — « Réponse au D'- Osty ». Revue de
Métaphysique, Septembre-Octobre 1928, p. 399.
348
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
N“ 21
appartenu à telle ou telle personne, et tout se
passe (dans quelques cas très rares, mais d'au-
thentieité indéniable) eoinnie si de cet objet pré¬
senté, émanaient des vibrations qui permettent au
susdit sensitif de donner quelques détails sur la
personne à laquelle l’objet a appartenu. »
Voilà l’essentiel de ce (pie le professeur Richet
a ajqielé la cryiitesthésie, jihénomène à notre avis
le jilus authentique de toute la métapsychique ;
phénomène dont nous avons été témoin nous-
mème, et dont il n’est jias exagéré de dire ([ue,
lorsqu’il a lieu, il est le plus démonstratif, le plus
élo(|uent. le jilus [irobant en faveur du sixième
Mais, en fait, l’expérience n’est pas toujours
concluante, d’abord parce que, même si elle est
conduite par un maître, la conclusion dépasserait
les jirémisses, ensuite parce que tant s’en faut
([u’il n’y ait (jue des maîtres jiour expérimenter;
quebpu'fois même il n’y a pas expérimentation,
mais observation d’un jihénomène sjiontané et
qu’il reste à interjiréler. « S’agil-il d’une hyper¬
esthésie de la vue iji. On jiourrait évoquer
la télépathie. Certes, oui (p, 75) » dit M. Richet :
qu’est-ee à dire:' l’on sait qu’en cas de téléjiathie,
il n’y a (jue jirésom])tion du sixième sens, non
certitude, jiarce (ju’il s’agit peut-(‘tre de l’hyper¬
esthésie d’un sens connu, d’une (( sensibilité spé¬
ciale » (p, 113) mais qualitativement exception¬
nelle, et non quantitativement différente des cinq
Le doute est plus grave encore quand les sujets
s’observent eux-inèrues, ou quand il s’agit de ces
(( hallucinations véridiques » (p. 31 et 30), avec
ou sans « monition » qui établissent la réalité,
non jias du sixième sens, mais de jihénomènes
qu’on J)ru^ inlerjiréter par le sixième sons. Ce
n’est jias la même chose, « Il ne faut admettre
comme méta]>sychi(|ues, écrit M. Richet ip. 23:,
(jue des ])hénomènes ne comportant aiiriiiir expli¬
cation habituelle. » Si le sixième sens est n inôa-
[)syehi([ue », on doit observer que des j)rémisses
n(''"Y/t(ee.s ne jxmvenl le fonder j)Ositivement. De
même (ju’on a])|)elle lumineux un phénomène qui
(‘St 2)roduil toujours j)ar une même cause posith'e,
et (jui jx’oduit lui-même toujours les mêmes effets
jHitiilifs sur les mêmes sens et chez tous l((s
hommes, de mêun; on ne doit parler de sixième
sens (jue (juand le même ])hénomène connu et
chissé j)rovo([ue chez tous b's hommes le même
elfet j)Ositif.
Il est d’ailleurs très j)ossibIe (ju’il en soit ainsi
dans les cas (jue àl. Richet ajjpelle hallucinations
véridi(jues. Dans tous les échantillons fournis par
l’illustre auteur, il y a ébranlement de l’intelli-
geiu'c j)ar des voies peut-être anormales, mais
sensori(dles, car le « jtereijtient » ne sait (jue ce
que sait 1’ (( agent i' de son « hallucination ». Cette
hallueination n’en est jtas une si elle correspond
à une réalité: or, cette réalité est j)eut-être trans¬
mise par des » ondes » din’érentes des ondes
lumineuses ou sonores, donc re(;ues par un
sixième sens.
.Mais les conclusions de .M. Richet ne sont j)as
toujours aussi nettes. S’il écrit ici (j). 7) : « La
réalité d’un sixiènu' sens ne j)eut j)lus être niée ».
il ajoute ailleurs j). IS: : « Cela ne jtrouve pas
du tout (ju’il y a un sixième sens, cela j)rouve
seulement (jue le sixième sens est possible
(j). 23) . l’arler d’un sens dont nous no con¬
naissons jtas les organes, d’un sens (jiii revêt les
formes les plus diverses et les jilus étranges,
c’est très révolutionnaire (p. 7). » En présence
des critiques que IM. Richet se fait à lui-même, et
contre lesquelles le lecteur jtrofane se croit habile
à le défendre, nous croyons qu(| l’incertitude
j)rocède surtout de l’inégalité des preuves, mais
(jue les exjx'riences faites j)ar IM. Richet lui-
même auraient donné à sa thèse plus de poids
que les observations des autres.
De ce livre magistral, nous concluons donc
qu’on peut retenir ceci : le sixième sens est pos¬
sible ; le sixième sens est probable ; le sixième
sens sera prouvé quand on aura pu identifier les
vibrations caractéristiques de la (( cryptesthésie »
on repérer l’organe ou le tissu qui les enregistre.
^'ul n’est assurément plus autorisé que le profes¬
seur Richet pour une telle ceuvre ; et, quoi qu’il
en soit, nul n’aura fait plus que lui j)our la
préparer.
Roni'.nT VAN niiii Ei.st.
La Conférence africaine de la fièvre jaune
Il a été publié, dans ce journal, des comptes ren¬
dus do la Conférence africaine de la fièvre jaune qui
s’est réunie à Dakar, en Avril 1928, sur l’initiative de
M. Carde, gouverneur général de l’Afrique occiden-
taie française, avec l’assentiment de M. Perrier,
ministre des Colonies,
Le volume contenant les travaux de la Conférence
vient de paraître à l’Imprimerie militaire univer¬
selle Kournier. Tous ceux qui s’intéressent à la
pathologie exotique trouveront dans ce volume la
documentation la plus complète snr les récentes
épidémies de fièvre jaune. Cet important ouvrage
a été enrichi de trois tables : au début, la table
analytique des travaux de la Conférence ; à la fin, une
table alphabétique par matières et une table alpha¬
bétique par noms d’auteurs ; elles faciliteront gran¬
dement les recherches.
Il est impossible dans le cadre de cet arlicle d’ana¬
lyser tous les travaux présentés. Ils ont été groupés
en trois parties : exposés généraux des récentes
manifestations de la fièvre jaune — travaux de labo¬
ratoire — prophylaxie.
Le I)» Lasnet a étudié la lièvre jaune du Sénégal
en 1927 ; après avoir décrit l’évolution générale de
l’épidémie, il a résumé, eu quelques chapitres concis,
les observations concernant la symptomatologie de la
maladie, le diagnostic, le traitement et les vaccina¬
tions. Il a signalé ensuite, dans des pages d’histoire
épidémiologique, la marche cyclique de la fièvre
jaune avec ses périodes de repos et d’activité encore
inexpliquées. Il a exposé, enfin, les mesures de
défense d’ordre administratif prises en A. O. 1<’.,
avec la création du régime du danger imminent, qui
précède les régimes do la surveillance et de l’obser¬
vation sanitaires, à l’effet d’assurer jjarticulièroment
le dépistage et l’isolement précoce des fébricitants.
Le !)'■ Aitken a présenté, en deux articles, la situa¬
tion de la fièvre jaune à Logos en 1925 et 1926. On y
trouvera des notes cliniques et pathologiques, des
discussions de diagnostic, des constatations nécrop¬
siques, des expériences de laboratoire du plus haut
intérêt. L’auteur a ramassé toutes ses observations
on une série de tableaux qui permettent de comparer
la fréquence et l’intensité des symptômes de chacun
de ses malades.
Dans une première étude, le D’’ Sehvyn-Clarke a
fait l’histoire des épidémies passées et de l’épidémie
présente, survenues en Gold-Coast. Après de pré¬
cises notes sur la symptomatologie, le diagnostic, le
traitement, il a établi des tableaux synoptiques
simples et clairs ; il a insisté sur les mesures admi¬
nistratives et médicales appliquées; il a formulé des
suggestions prophylactiques fort judicieuses. Dans
un deuxième article, Selwyu-Clarke s’est attaché à la
résolution de deux problèmes importants : le dia¬
gnostic et la projjhylaxie.
Le !)'■ Viala a décrit les cas de fièvre jaune qui se
sont produits au Togo ; il a sobrement montré com¬
ment avait été organisée et réalisée la défense anti-
amaryle de ce pays sous mandat. '
L’exposé des travaux de laboratoire est dominé
par la magistrale étude du D'' Beouwkes, directeur do
la Commission de la lièvre jaune du Bureau d’hy¬
giène international de la fondation Rockefeller. La
traduction française du texte anglais a été faite par
le D^ Beeuwkes lui-même. On Ta reproduite intégra¬
lement pour mieux conserver la pensée de l’auteur.
On lira cette communication avec le plus grand inté’
rct ; on y verra comment, après avoir rejeté les con¬
clusions de Noguchi par l’inoculation de plus de
1.000 cobayes, les membres de la Commission sont
arrivés à la découverte de l’animal sensible au virus
amaryl, le macacus rhésus, un singe de TInde, alors
que les singes africains restent réfractaires. Que de
résultats obtenus ou à obtenir à la suite de cette,
acquisition : démonstration de l’existence de la fièvre
jaune chez les indigènes ; diagnostic des cas sus¬
pects ; possibilité de délimiter les zones endémiques
de chaque colonie où pourront se serrer les efforts
prophylactiques ; possibilité des recherches concer¬
nant les vaccins et les sérums?
Le chapitre des travaux de laboratoire est com¬
plété par le résumé d’une note de Stokes, Bauer et
Hudson de la fondation Rockefeller, et par un très
complet et très intéressant travail de Sellards et
Mathis, qui conlirme les conclusions de la mission
américaine.
Le D’’ Sorel a présenté un important travail sur lu
projîhylaxie de la lièvre jaune à Dakar. Ajjrès avoir
exposé le programme de la lutte et les moyens
d’action mis à la disposition des services sanitaires,
il a méthodiquement suivi les réalisations accom¬
plies dans les domaines de la désinfeetion (et par
contre-coup de la dératisation), des mesures anti-
larvaires, de la protection contre l’insecte adulte, de
l’isolement des malades suspects.
Le fait de trouver rassemblés en un ouvrage
unique les travaux des médecins anglais et français
des pays intéressés à la question de la fièvre jaune
illustre 'l’esprit qui a fait naître la Conférence. Le
grand mérite de la réunion de Dakar aura été de
provoquer la mise eu commun de toutes les connais¬
sances acquises, d’unifier les travaux, de poursuivre
l’application des mesures projihylactiqucs en les
coordonnant solidement, en un mot, d’organiser un
front unique africain contre la redoutable affection.
La Conférence aura eu un autre avantage. La fièvre
jaune vient de sévir sur de nombreux pays rive¬
rains de TAllantique interlropical ; Sénégal, Côte
d’ivoire, Gold-Coast, Dahomey, Togo, Nigéria,
Congo belge, plus récemment Brésil. Mais la pre¬
mière vague épidémique s’est produite au Sénégal ;
de là, est née, dans certains pays, une tendance à
accuser le Sénégal d’être à l’origine de leur éclosion
éjiidémique, à montrer des sentiments de métiance
vis-à-vis de la sûreté des moyens prophylactiques
mis en œuvre, à appliquer au grand port de Dakar
des mesures quarantenaires draconiennes qui para¬
lysent sou activité économique.
Or, nos collègues anglais ont pu se rendre compte
sur place de la manière dont l’épidémie avait été
suivie, apprécier combien les mesures de défense
et (le protection étaient organisées, non seulement à
Dakar, mais encore dans les escales du Sénégal
qu’ils ont parcourues.
La Conférence s’est ainsi terminée dans une
atmosphère de confiance ; sa portée morale aura été
aussi haute que sa portée scientifique.
Intérêts Professionnels
Un de nos abonnés nous pose la question suivarite :
« Un propriétaire a-t-il le droit d’installer sous la
porte d’entrée de son Immeuble un marchand (de bas
en l’espèce) qui encombre le passage, qui déshonore
l’entrée de la maison par son étalage, qui blesse par
sa présence constante et indiscrète les sentimentp
de certains malades qui recherchent l’incognito pour
se rendre chez un médecin? »
Voici la réponse de notre collaborateur juridique ;
1. — Parmi les obligations que le Code civil fait
peser sur le propriétaire d’une chose louée, figure
celle de procurer au preneur la jouissance complète,
et paisible de la chose louée et de tous ses acces¬
soires : c est ce qu’énonce en termes formels l’ar¬
ticle 1719 (3°) du Code civil.
N" 21
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, Ifi Mars 192Ô
34i
D'autre part, l'article 1723 ilu mêiiie Code précise
(pie le Ijailleiir ne peut, pendant la durée du bail,
changer la forme de la chose louée. Kl il est admis
((u’ « un changement partiel lui est interdit aussi
bien qu’un changement total, car, dans tous les cas,
il consliluerait un trouble de la jouissance du pre¬
neur et une infraction de lu part du bailleur à l’en¬
gagement qu’il a contracté de faire jouir le preneur
de la chose telle qu’elle était au jour où le bail a été
comdu )) (Dalloz, Rép. prat., v» louage, n“ 476).
II. - - La jurisprudence a eu maintes fois à appli¬
quer ces dispositions; elle a décidé, notamment,
ilans des espèces qui se rapprochent du cas visé par
notre correspontlunl, qu’un propriétaire ne pouvait
pus, sans lé consentement du bailleur, établir dans
la maison louée des écuries à titre de spéculation
jiour les louer à des personnes étrangères à la
maison (Aix, 21 Janvier 1864; S. 64. 2. 157) ni laisser
établir par un locataire une marquise diminuant la
jouissance des autres locataires (Paris, 11 Juillet 1 889 ;
-S. 91. 2. 131).
dette jurisprudence ne doit pas être limitée aux
lieux loués proprement dits ; elle s’étend » à tout ce
([ui d’après la convention des parties en constitue
l’accessoire » (Dalloz, Rép. prat., eod. v", n° 478).
C’est ainsi que le bailleur ne peut supprimer la faci¬
lité que donnait ii l’exploitation du preneur le passage
par un portail ouvert sur une cour commune, en divi¬
sant celle cour par une clôture (Rép., 25 Avril 1893;
D. 93. 1. 287), ni élablir'un garage de bicyclettes dans
le vestibule du grand escalier (Trib. civ., Seine,
Paris, 20.Mars 1898; S. 98. 2. 222), ni gêner l’accès
des lieux loués en louant le pas de la porto à une
laitière (Trib. Seine, 31 Décembre 1886; Gaz. pal.,
87. 1. 243).
De même, il a été jugé que « lorsque le passage
d’allée n’est que suflisanl pour l’entrée et la sortie
des locataires et pour l’exercice de leur industrie, il
est interdit d’une façon absolue au bailleur de louer
une partie de l’allée ù un marchand ou étalagiste
(Trib. S(;inc, 25 Octobre 1861; Gaz. trib., 29 Octo¬
bre 1861 ; Agnel, Code de.s propriétaires et locataires,
u<-178, p. 77).
III. — Kn résumé, il semble bien qu’à moins de
clauses particulières llgurant dans le bail de notre
correspondant, le fait par le propriétaire de laisser
une marchande de bas sous la porte d’entrée doit
être considéré comme un trouble de jouissance
interdit au bailleur par l’article 1719 (3») du Code
vil.
11. Montai
Instruments Nouveaux
Aiguille double à cystostomie
des D''* Darget et Labat.
Celte aiguille, fabriquée par la maison Drapier el
dont la ligure ci-jointe montre la forme, comporte
deux branches parallèles dont l’écartement et l’in-
La Médecine à travers le Monde
ANGLETERRE
V*' Congrès international
DE Médecine et de Pharmacie mii.itj
(Londres 6 au 11 Mai 1929).
La Grande-Bretagne a l’honneur d’organiser le
V“ Congrès qui se tiendra dans les salles du British
Medical Association à Tavistock Square, Londres.
Plus de 30.000 médecins sont membres de cette
association et les salles sont très bien installées.
Le Congrès qui a lieu tous les deux ans se réunit
pour la première fois à Bruxelles en 1921, avec des
délégués dé 20 nations; en 1923, à Rome, avec des
délégués de 55 nations ; en 1925, à Paris, avec des
délégués de 40 nations ; en 1927, à Varsovie, avec des
délégués de 32 nations.
Londres, la capitale de la Grande-Bretagne, el la
ville la plus grande du monde, est d’un grand intérêt
pour les étrangers.
Le Congrès de Londres donne une occasion spé¬
ciale aux médecins militaires britanniques de rece¬
voir leurs collègues étrangers et de montrer le pro¬
grès fait en Grande-Bretagne dans les œuvres huma¬
nitaires.
Les questions mises à l'étude pour le Congrès sont :
1. Les (ivacuations par eau et par air. Liaison des ser¬
vices de santé des armées de terre el de mer (Grandc-
ISrctagnc cl France).
2. Les fièvres tropicales de courte durée [Grandc-
. 3. Les blessures des vaisseaux et leurs séquelles
{Grande-Bretagne el Belgique).
4. Analyse physicjuc et chimique de lu v
objets en caoutchouc utilisés par les servi
[Grande-B -élague el Espagne).
5. L’état de la denture et l’aptitude physique aux difîé-
rimts services militaires {Grande-Brclagne el Cuba).
E.cposilion. — A l’occasion du V' Congrès, sera organi¬
sée une exposition de matériel techniciue de.s Services i'
santé et des produits chimiques et pharmaceutique
matériel de pansement, d’hygiène générale, et des appa¬
reils et des instruments médicaux et chirurgicaux.
Béeepliuns el excursions. — Pendant la semaine d
Congrès, le Comité d’organisation se propose d’organisé
des visites à des stations navales, militaires el d’aviatio
et des réeeplions au Royal College ot Physicians, a
Royal Army Medical College et au Guidhall et d’autre
qui ne sont pas encore définitives.
Après le Congrès, il sera possible d’organiser de
excursions facultatives dans les environs de Londres, a
pays de Shakespeare, au Oxford, et au « West Country «
aux Lacs anglais, ou en Ecosse.
Coinilc des dames. — Il est constitué un Comité de
dames chargé d’accompagner les femmes et les filles des
congressistes el de leur faciliter des visites ins'
et attrayantes.
Adhes
\i Gong
- Sont
s des nations adm
spécialement étudiés permettent le passage
simultané de 2 catguts de soutien pour l’ouverture
de la vessie attirée par la traction des 2 catguts.
Utilisi'ie après une anesthésie locale de la paroi à
travers une brèche minime de celle-ci, elle facilite et
écoùrte le temps opératoire surtout dans les cas de
distension vésicale. Kn effet, quand les deux fils de
soutien sont placés l’un après l’autre, le passage du
premier fil est suivi d’une inondation de la plaie
opératoire par Turine ou le liquide injecté préala¬
blement dans la vessie, le champ se trouve obscurci
et le passage du deuxième fil de soutien peut pré¬
senter quelques difficultés.
L’aiguille double permet d’éviter cet inconvénient.
Les 2 catguts de soutien placés transversalement
peuvént ensuite être utilisés pour la fermeture de la
brèche vésicale sur la sonde ou le tube de drainage
vésical.
ayant appartenu aux
Société des Nations.
Toutes les personnalité.s qui ont été associées av.e
service de Santé sont également invitées à parlicipci
Congrès. Les fem-
_ ■ ■ . mes et les filles m
mariées des con¬
gressistes sont
pogner.
Lu cotisation est fixée à 10 shillings pour les hoi
el 7 1/2 shillings pour les dames.
Les adhésions doivent être adressées ou secrétoire géné¬
ral du Congrès, Major A. D. Stirling, D. S. O., The M’at
Office, Whitehall, London, S. W. 1, Enginnd.
noies étrangères ou cours du jour de la livre sterling, en
numéraire, en mandats-poste, bons de poste, mandats-
cartes et mandats internationaux, ou par chèques portant
la suscriplion : The Secretary, 5lh International Congress
of Mililary Mcdicine and Pharmacy. The W’ar Office,
Whitehall, London, S.W’. 1, Enginnd.
Tenue. — Tenue facultative. Le por
taire est autorisé pendant toute la Jurée du Congrès pour
les officiers étrangers et les officiers de complément. Elle
est recommandée autant que possible ponr la séani
inaugurale, les fêles et pour les réeeplions.
Logemenl. — Le Comité d’organisation prend dès maii
tenant des dispositions en vue de faciliter spéciolemei
aux congressistes étrangers leur séjour à Londres.
11 est en train de préparer une liste d’hôtels de toute
eutégorie avec leurs tarifs respectifs qui sera envoyée
aux intéressés en même temps que les cartes d’ndhérc
En raison de la grande crise du logcmoiit à Londre
été, les congressistes sont instamment priés d’adresser
toute demande jmur les chambres directement au gérant
de l’hôtel, en doiinanl les indications nécessaires. Après
le 15 Mars 1U2U, toute demande doit être adressée à
MM. Tliomas Cook and Sons Lld., Berkeley Street, London,
\V. 1, England, ou à leur bureaux qui se trouvent dans
la plupart des pays du monde.
BELGIQUE
V'' Congrès international de Piivsiotuérapie.
Le 5“ Congrès international de Physiothérapie
aura lieu à Liège, en 1930.
Le Comité du Congrès est composé de :
Président général : professeur J. Gunzburg (An-
Second président el président du Comité local :
professeur L. de Munler (Liège).
Administrateur trésorier ; D. L. de .Keyser
(Bruxelles).
Vice-présidents : professeur Gommaerls (Gand) ;
D'- Van Aubel (Anvers) ; D'' Wybauw (Spa) ; D-- A.
Bienfait (Liège); D'' de Nobele (Gand).
Secrétaire général : D'' P. Dubois-Trépagne, rue
Louvrex, 25, Liège ; secrétaire adjoint : D'' René
Ledent (Liège).
1" La Kinésithérapie (y compris l’éducation phy¬
sique). Présidence du professeur Gommaerls, pro¬
fesseur ordinaire à l’Université de Gand;
2" La Radiologie (Rœntgen el Curiethérapie). Pré¬
sidence du D'' Van Aubel, président de la Société
belge de Radiologie el de la Société de Médecine
physique d’Anvers ;
3“ L’Kleclrologie. Président ; D'' A. Bienfait, mé¬
decin honoraire des hôpitaux de Liège;
4“ L’Hydrologie, la Climatologie el la Thermothé¬
rapie. Président : D'' VVybauw, agrégé de l’Univer¬
sité de Bruxelles, médecin consultant à Spa ;
5“ Actinologie. Président : J. de Nobele, professeur
ordinaire à l’Université de Gand, président du Co¬
mité belge d’Aclinologie.
Deux questions principales sont mises à Tordre
du jour des séances : 1'* La question des rhuma¬
tismes el de la Physiothérapie ; 2" le traitement
physiothérapique des tumeurs .et de la moelle.
Dans chaque section, quatre questions seront po¬
sées et feront l’objet des rapports el communications.
Secrétariat général : D'' Dubois-'f répagne, 25, rue
BRÉSIL-PORTUGAL
Nous sommes heureux de pouvoir rectifier les
informations données sous celte rubrique même, il
y a quelques jours, au sujet des professeurs Miguel
Couto et Thiago d’Almeida, Le dernier couHer du
Brésil nous apporte la bonne nouvelle que le profes¬
seur Miguel Couto, en face des sollicitations de ses
confrères, à décidé de continuer à occuper la chaire
de clinique médicale à la Faculté de Médecine de
Rio de Janeiro.
De Porto nous apprenons que le professeur Thiago
d’Almeida a bien voulu se charger d’un cours spé¬
cial de clinique médicale destiné aux étudiants de la
dernière année à la Faculté do Médecine de Porto.
Ainsi, ces deux grands maîtres continuent à donner
l'exemple de leur infatigable dévouement à la cause
de l’enseignement de la médecine qu’ils ont tant
honoré. Joao Coelho.
ÉCeSSE
Nous avons le regret d’annoncer la mort d’un des
hommes qui ont le plus honoré le corps médical
écossais pendant la guerre, le D‘' David James
Graham, qui vient de succomber à Edimbourg, à
Tàge de 57 ans. Elève du George Watton’s College,
il prit ses grades de M. B. et C. M., en 1895, de
M. 1)., en 1899. Après avoir été médecin résidant
au Iloyal Maternity Hospital, puis au Clialmers
Hospital sous la direction de .Sir Patrick Héron
Watson, il devint ensuite médecin assistant à l’hô¬
pital pour maladies infectieuses {City Hospital for
Infections lliseases). Peu après il exerça la méde¬
cine générale à Edimbourg et plus tard fut nommé
Felloa’ du Iloyal College of Physicians d’Edimbourg.
Pendant la guerre, il se distingua par un dévoue¬
ment inlassable el acquit le grade de colonel dans
Tannée territoriale. H fut successivement médecin
chef du 58*1 hôpital général écossais el du 11*' à
Craigleilh. H était TAme de ces formations. Le
58" hôpital écossais, établi à Saint-Omer, rendit les
350
LA PRESSE MEDÎCALË, Mercredi, 13 Mars 1929
N» 21
plus grands services aux blessés et malades de
l’armée anglaise et son organisation servit de mo¬
dèle aux autres formations sanitaires. Ayant été gazé
comme beaucoup de combattants, le D'' 1). J. Grabam
contracta au front la maladie qui, après de nom¬
breuses années de souffrances, devait l’emporter. La
mort prématurée de cet bomme de devoir et d’iion-
neur a été vivement ressentie en lîcosse.
ITALIE
Le ()'■ voyage d’études « A'or’d-Sud » organisé par
VOffice national Italien du Tum isme, dans le but de
luire connaître les principales stations de cure' ita¬
liennes, aura lieu du 10 au 26 Septembre 1929. Les
principales localités visitées seront ; .Merano, Men-
dola, (larezza al Lago, Bolzano, Roncegno, l^evico,
Molveno, Bagni di Comano, Riva del Garda, Arco,
Gardone Riviera, Uecoaro, Bagni délia Porretta,
Moutecatini 'l'eiTiie, Viareggio.
Le prix d’inscription est fixé à lire 1.600 par pei-
sonne : ce prix comprend la totalité des frais du lieu
de réunion (Merano) au terme du voyage (Yiareggio|.
Des réductions seront consenties parles Compagnies
<le chemin de fér et les paquebots.
r,es inscriptions au voyage « Nord-Sud » seront
closes aussitôt que le nombre maximum de 150
sera atteint et de toutes favons an plus tai'd le
15 .luillet.
Pour renseignements complémentaires et inscrip¬
tions, s’adresser à : Tinte Nazionah Industrie Turis-
tichc, 6, via Marglieru, Roma.
Correspondance
A propos de l'éviscération post-opératoire.
(MM. Monod et Kirai.y, Pres.se Médicale, 23 Pévrier).
Peut-être, les lecteurs de Tu Presse Médicale
seront intéressés par l’observation suivante, datant
de 1905, pendant mon externat chez M. Blum
à riiôpilal Saint-Antoine. Morestin, remplaçant
le chef de service, pendant le mois d’Août, s’est
abstenu de réduire l’éviscération et de resuturer la
paroi.
.M. .\..., musicien, reçoit, une nuit, un coup de
couteau dans le (lanc droit. Plaie pénétrante abdomi¬
nale, que M. Blum opère le lendemain matin, par
laparotomie médiane. Incision progressivement pro¬
longée ^ers le haut, la région qui saigne (sous-bépa-
tiquo) étant difficilement abordable. Pendant l’opé¬
ration, M. Blum, ordinairement très sobre de
parole», nous rappelle la blessure de Sadi-Carnot,
dans la même région anatomique.
Tamponnement très serré, par mèche, (d réunion
de la paroi par quelques points de suture.
Parti le lendemain en vacance, M. Morestin, qui le
remplace, revoit le pansement et fait sauter le plus
haut point de suture placé immédiatement en des¬
sous la mèche de gaze.
Au pansement suivant, on constate l'éviscération
totale des anses grêles. Il se contente, à Raide d’une
longue compresse stérile, pliée en bandeau et abon¬
damment vaselinée, de circonscrire la masse intesti¬
nale, que d’autres compresses, également vaselinées,
viennent recouvrir soigneusement. Pansement ouaté,
très légèrement compressif.
•l’eus, en ma qualité d’externe de la salle Dupuy-
tren, à faire le pansement quotidien pendant tout le
mois d’Aoùt, et j’ai assisté, émerveillé, à la réinté¬
gration progressive et spontanée des anses, dan»
l’abdomen. Le malade a guéri, avec une paroi solide,
sans aucune autre intervention.
J. -IL La.xdau.
Livres Nouveaux
Nouveau Traité de Médecine, publié sou» lu direc¬
tion de G. -11. Roüiui, PnitNANU Widal, P. -J. Tr.is-
sijîii, Pascicule XYl ; Pathologie du foie, pai
MM. Yillakct et J esTiN-BcsANçoN, M. Gahmek
K. \Yiual et Auka.mi, F. \Yidal et Etienne May
M. Gar.xiek et J. Catuala, Th. Lecry, J. Rielx
C.II. Docter. h'. Dévé, m. Garmeu et Prieur ;1 vol
(le l.ü'tfi pages, avec 163 figures et 20 planches
dont 11 en couleurs (Masson et C'L éditeurs). — -
Prix : relié, 125 francs.
Ge gros volume, de plus de 1.000 pages, présente
un tableau extrêmement complet de la pathologie du
foie et des voies biliaires. Rien des raisons contri¬
buent à lui donner un intérêt capital. La médecine
contemporaine s’appuie principalement sur les recher¬
ches biologiques, sur une connaissance de plus en
plus précise de la physiologie normale ou patholo¬
gique, ainsi que delà chimie. Or, lefoie jouant un rôle
de premier plan dans le métabolisme des principaux
constituants de l'organisme, l’étude de la pathologie'
hépatique est devenue tin sujet de prédilection pour
les chercheurs, les procédés d’exploration se sont
multipliés qui s’efforcent d’apprécier un fonctionne¬
ment normal ou une dnsuffisanre hépatique. D’autre
part, les beaux résultats obtenus par les interven¬
tions opératoires dans certaines alfeclions des voies
biliaires incitent le médecin et le chirurgien à faire
des diagnostics précoces. L'ae mise au point de ces
divers sujets est donc tout à fait opportune.
Comment explorer le foie? Comment faire le dia¬
gnostic clinique et étiologique des gros foies ? C’est lu
question liminaire que traitent d’abord MM. Yillarel
et ,1 ustin-Besançon.
Quelles sont les fonctions du foie ? Quel est son
rôle dans l’élaboration des pigments et des sels biliai¬
res, dans le métabolisme des substances élémentaires,
dans l’f-limination des déchets ou de», toxines ? C’est
le second chapitre, dans lequel M. Garnier expose
clairement les procédés anciens et modernes d’explo¬
ration, et donne une excellente étude critique des
syndromes d’insuffisance hépatique ou de suractivité
fonctionnelle du foie.
Yient ensuite une étude de MM. Yillaret et Justin-
Besançon sur le syndrome d’hypertension portale ;
des notions anatomiques, physiologiques et biologi¬
ques servent d’introduction à une étude clinique très
complète.
La description des ictères est due à MM. “NYidal et
Abrami. Ces auteurs ont, dans une série de travaux
aujourd’liui classiques, ouvert des horizons nouveaux ■
dans ce chapitre de patliologie ; l’exposé de leurs
conceptions sera lu avec le plus vif intérêt. A côté
des ictères d’origine angiocholi([ue, ils étudient lon¬
guement les ictères d’origine hépatique, qu ils ont
contribué à faire connaître, puis les ictères hémo¬
lytiques et les ictères graves. MM. VYidal et E. May
dOnnent une description très complète de la s])iro-
chélose ictéro-hémorragique.
M.M. Villai'et et Justin-Besançon étudient ensuite
le foie cardiaque et les cirrhoses, atrophiques, hyper¬
trophiques. cirrhoses dites biliaires ; puis les dégé-
néi-escences graisseuses, les cirrhoses pigmentaires,
la dégénérescence amylo'ide. Les notions étiologiques
et anntomi((ues, la clinique et la thérap(!utique sont
dévelopjiées avec tous les détails nécessaires.
MM. Garnier et Calhala consacrent des éludes
très documentées aux néoplasmes du foie, aux hépa¬
tites infectieuses aiguës, aux hépatites toxiques
(chloroforme), à la tuberculose du foie.
M. Legry passe en revue les diverses formes de la
syphilis hépatique, acquise ou héréditaire.
M. Rieux donne un rapide ajjei’çii des complica¬
tions hépatiqtics au cours du paludisme, et M. Dopler
fait une élude minutieuse des abcès du foie : une
large part est réservée aux hépatites amibiennes snp-
purées, dont la thérapeutique est longuement dis-
M. Dévé, dont on connaît la compétence particu¬
lière. était chargé du chapitre de l’échinococcose.
Nous arrivons enfin aux affections de» voies biliai¬
res, ([tii font l’objet d’une étude très complète de
■MM. Garnier et Prieur. L’exploration par le tubage
duodénal, l’examen radiologiqui;, la rholécyslogra-
phic sont exposés on un chapitre d’introduction; puis
les auteurs passent en revue la lithiase biliaire, les
angiocholitcs et cholécystites, les accidents d’obstruc¬
tion et d’infection. Traitements médicaux, hydro-
minéraux et chirurgicaux sont exposés en détail, avec
leurs indications propres.
line mention spéciale doit être réservée au dernier
chapitre, les afTeclions du péritoine péri-hépalique,
où MM. Yillaret et Justin-Besançon étudient les péri-
viscérites, péritonites localisées sous-hépatiques ou
rétro-hépatiques, question importante qui préoccupe
i\ juste titre les médecins elles chirurgiens. De bonnes
descriptions cliniques, des reproductions radiogra-
phi(iues tout à fait démonstratives aideront le inéderin
dans l’inlerprctalion des faits de ce genre qu’il est à
même d’observer.
En somme, ce fascicule, suivant le plan général du,'
.\oiiveau Traité de Médecine, fait la plus large part
à la clinique et à la thérapeutique, sans négliger
l’élude des lésions et des causes, élude à laquelle les
médecins instruits s’intéressent si volontiers. Ajou¬
tons que la présentation de l’ouvrage est parfaite, cl
que de très belles planches en couleurs, de nom¬
breuses radiographies illustrent les descriptions.
J. Rouillard.
Troubles fonctionnels et dystrophies à l’état chroc
nique en gynécologie, par Paul Petit-Dutailli».
I vol. de 464 pages avec 185 ligurfs (G. Doin, édi¬
teur, 8, place de l’Odéon, Paris, 1928). Prix:
90 francs.
Ce livre est dédié au D'' ,1. Récamier, au profes¬
seur Leriche et au D'' Doléris dont Paul Petit-
Dutaillis a été l’un des premiers élèves.
Leriche l’a préfacé et il dit que ce livre « s’évade
des règles habituelles aux écrits cbirurgicaux, dans le
fond et même dans la forme », J’appuie sur celle
remarque et je félicite l’auteur d’être sorti de la des- ^
cription didactique classique dont je me suis alfran-
chi il y a fort longtemps.
L’auteur déclare qu’ « il a surtout en vue ces
femmes, dont le nombre augmente de plus en plus,
chez les(juelles on constate un trouble, parfois très
prononcé, d’un organe pelvien sans pouvoir y déceler
cliniquement aucune lésion. C’est dire qu’il va s’agir,
avant tout, d’un essai de pathologie et de thérapeu¬
tique générales, du point de vue gynécologique. Le
secret du fonctionnement génital, chez la femme, ne
gite pas seulement, en ell’et. dans ses organes spé¬
ciaux et leurs rapports entre eux, mais dans tout
l’ensemble de son être, contrairement ce que sem¬
blent croire pas mal de spécialistes en la matière.
Dans un organisme vivant, tout se tient, n’est que
symbiose, répartie en grands systèmes étroitement
solidaires et dont toutes les composantes réagissent
entre elles par un mécanisme de synergies, d’antago¬
nismes et de vicariances. 11 en est trois qui inté¬
ressent plus particulièrement le gynécologue : les
systèmes endocrine, sympathique et neuro-jjsychique.
Nous ne saurions trop insister sur leurs connexilés
anatomo-physiologiques ».
J’ai tenu à citer ce passage parce qu’il montre bien
dans (|uel esprit est écrite la première partie du livre
((ui est incontestablement la plus originale. Cette
partie est le résultat d’une très longue observation.
(• La gynécologie, dit l’auteur, pour justifier l’am¬
pleur de son litre en accord avec la vérité biologique, ■
ne doit pas se cantonner dans le pelvis féminin, mais
étudier le tout de lu femme. » Les idées font toujours
leur petit bonhomme de chemin. J’ai donné dans
mon livre la Gynécologie, lii définition suivante ;
(( La gynécologie est la science des maladies de
l’appareil génital de la femme. On peut aussi la défi¬
nir, au point de vue pratique, l’art de guérir ou de
soigner les femmes atteintes, dans leur état de santé
général ou local, par une affection de l’appareil
génital. » Et, pour bien montrer toute l'imitorlancc
de l’organisme, j’ai écrit un gros volume sur l’anato¬
mie morphologique de la femme. M. Paul Petit-Dulail-
lis et moi, nous sommes complètement d’accord pour
nous évader de la conception étroite de la gynécologie
classique qui ne s’occupe que de l’élude de l’appareil
génital féminin è l’état isolé.
Le côté chirurgical n’est pas omis dans ce livre, et
on y trouve un certain nombre do descriptions inté¬
ressantes.
L’auteur est un lettré, comme le démontrent nombre
d’heureuses citations. S’il s’est affranchi du cadre
didacti(|ue, classique, il ne s’est pas non plus laissé
opprimer par le style monottinc trop couramment
adopté : d’où des saillies piquantes et des jets d’es¬
prit qui émaillent son texte. M.iis peut-être n’a-t-il
pas toujours suivi le conseil de Molière qui voulait
que sa cuisinière comprît ses comédies. Comme
notre fameux comique, j’estime qu’on écrit pour les
autres et il y a bien, dans l’excellent livre de M. Petit-
Dutailli», quelques passages que ces (( autres » ne
comprendront peut-être pas très bien.
Le livre se présente bien : il est d’un grand format,
bien tiré sur du beau papier, rogné et relié en carton
souple.
apprendrez .|nclque chose.
N» 21
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
351
Université de Paris
Clinique médicale propédeutlque.' — Un cours
de perfectionnement sur l'exploration radiolo(fiquc de
l’appareil respiratoire sera fuit du lundi 22 Avril au sa¬
medi 27 Avril inclus par MM. Sergent, Pruvost, Francis
Bordet. Cottenot, Mignot, Henri Durand, Grellety-Bosviel,
Turpin, Kourilsky, Couvreux et Benda.
Ce cours comprendra des leçons théoriques et des tra¬
vaux pratiques qui auront lieu tous les matins et tous
les après-midi. Les exercices pratiques seront réservés
aux assistants qui auront versé un droit d’inscription de
250 £r.
Programme des leçons théoriques. — Ces leçons seront
au nombre de trois par jour aux heures indiquées ci-
dessous.
Lundi 22 Avril. — 9 h., M. le professeur Sergent : Prin¬
cipes généraux et technique du radiodiagnostic de l’ap¬
pareil respiratoire. — 15 h., M. Bordet : Les images
broncho-pulmonaires normales. — 17 h. 30, M. Cottenot:
Cage thoracique et corps étrangers inti'athoruciques.
Mardi 23 Avril. — 11 h., M. ’l'urpin : Diaphragme. —
15 h., M. Durand : Médiastin (tumeurs et kystes). —
17 h. 30, M. Mignot . Adénopathies médiastinales et tubei--
culose ganglio-pulmonaire.
Mercredi 24 Avril. — 11 h., M. le professeur Sergent :
'frachée et bronches. — 15 h., M. Benda : Médiastinites
et pleurésies médiastinales. — 17 h. 30, M. Bordet : Les
images pathologiques élémentaires.
Jeudi 25 Avril. — 11 h., M. Durand : Pleurésies sèches
et épanchements pleuraux de la grande cavité. — 15 h.,
M. Grellety-Bosviel : Scissurites et épanchements scissu¬
raux — 17 h. 30, M. Pruvost : Pneumothorax et pneumo¬
séreuse.
Vendredi 26 Avril. — 11 h., M. Bordet : Pneumopathies
aiguës non tuberculeuses. — 15 h., M. Kourilsky ; Abcès
du poumon; gangrène pulmonaire. — 17 h. 30, M. Du¬
rand : Pneumopathies chroniques non tuberculeuses.
Samedi 27 Avril. — 11 h., M. Durand : Tuberculoses
pulmonaires aiguës. — 16 h. 15, M. le professeur Ser¬
gent : Tuberculoses pulmonaires chroniques. — 17 h. 30,
M. le professeur Sergent : Tuberculoses pulmonaires
chroniques
Programme des exercices pratiques. — Ces exercices
auront lieu tous les matins, à 10 h. (examen do malades),
sous la conduite des conférenciers, et tous les après-
midi, à 16 h. (démonstration des principales techniques
radiologiques) par M. Couvreux.
Les bulletins de versement sont délivrés ou secrétariat
de la Faculté (guichet n" 4), les lundis, mercredis et ven¬
dredis, de 14 à 16 h.
Clinique obstétricale Baudelocque. — Un cours
élémentaire de pratique obstétricale d’une durée de deux
semaines sera fait du lundi 25 Murs au samedi 6 Avril,
sous la direction de M. Seguy et M"’ Bach, chefs de cli¬
nique, avec la collaboration de MM. Powilewicz, La-
eomme et Ravina, anciens chefs de clinique; Sureau,
ehef de clinique; Digonnet, aide de clinique à la Mater¬
nité; Laenncc, interne des hôpitaux.
PiiOGUAMME. — Matin. — 10 h. : Kxerciccs cliniques
indifiduels.
11 h. : Conférence sur les sujets suivants : Conduite à
tenir pendant l’accouchement et la délivrance. — Dia¬
gnostic et traitement des hémorragies pendant la gesta¬
tion et l’accouchement. — Complications de la délivrance.
— Diagnostic et traitement des viciations pelviennes
(femmes rachitiques, boiteuses, bossues, etc.). — Vomis¬
sements graves. — Albuminurie et éclampsie. — Dia¬
gnostic et traitement des anomalies de la dilatation. — •
Comjilications de l’avortement. — Diagnostic et traite¬
ment des infections puerpérales. — Diagnostic et traite¬
ment de la syphilis maternelle, fœtale et infantile.
.Iprcs-midi. — l'i h. 30 : Conférence sur les sujets sui¬
vants : Diagnostic des présentations. — Forceps dans les
variétés directes : OP et OS. — Forceps dans les variétés
obliques antéi'ieures. — Forcei)S dans les variétés trans¬
verses et obliques postérieures. - • Forceps dans les pré¬
sentations de face et du front. — Extraction du siège.
Version par manœuvres internes. — Mort apparente du
nouveau-né. — Dilatation artificielle du col. Ballons de
Champetier de Ribes. — Embryotomie rachidienne. —
Basiotripsie.
f.l h. 30 : Travaux pratiques sur le sujet de la confé-
Un jour sera réservé pour la visite détaillée du musée
de la Clinique. Droit d’inscription : 2ü0 fr. S’inscrire ou
secrétariat de la Faculté (guichet n” 4), les lundis, mer¬
credis et vendredis, de 14 à 16 h.
Anatomie médico-chirurgicale et technique opé¬
ratoire. — M. Basset, agrégé, fera une série de confé¬
rences tous les jeudis, à partir du jeudi 18 Avril, à 17 h.,
au grand amphithéâtre de l’Ecole pratique, sur l’étude
radiographique du squelette des membres et de ses lésions
traumatiques
Hygiène et médecine préventive. — M. Robert
Debré, agrégé, commencera ses conférences le vendredi
15 Mars 1929, à 18 h., èj.l’amphithéAtre Vulpinn, et les
continuera les lundis, mercredis et vendredis suivants, à
la même heure.
Sujet des conférences. — Eléments de médecine préven¬
tive, de prophylaxie des maladies infectieuses et d’hy¬
giène sociale.
Travaux pratiques de médecine opératoire spé¬
ciale. — ■ Sous la direction de M. le professeur Cunéo,
un cours de pratique chirurgicale courante sera toit par
M. P. Gérard-Marc.hant, prosecteur, à partir du lundi
6 Mai 1929, à 14 h.
Première série. — 1“ Appendicectomie. Anus ca;cal.
Gastrostomie. — 2” Gastro-entérostomie. Anus iliaque. —
3° Les hernies inguinale, crurale et ombilicale. — k” Chi¬
rurgie des voies biliaires ; cholécystostomie, cholécystec¬
tomie, cholédocotomie. — 5° Résections intestinales et
Deuxième série. — 6° Hystéropexic. Ablation d’annexes.
Chirurgie du sein. — 7° Les hystérectomies. — 8" Néphro-
pexie. Néphrectomie. — 9° Cure radicale de l’hydrocèle.
Exndidymectomie. Castration. — 10” Périnéorraphie. Cure
des hémorroïdes.
Les cours auront lieu tous les jours, sauf le dimanche.
Les élèves répéteront eux-mêmes les opérations sous la
direetion du Prosecteur.
Le nombre des élèves admis à ces cours est limité;
seront admis les docteurs en médecine français et étran¬
gers ainsi que les étudiants immatriculés titulaires de
16 inseriptions.
Le droit à verser est de 150 fr., pour chaque série de
cours. S’inscrire au secrétariat (guichet n” 4), de 14 à
16 h., les lundis, mercredis et vendredis.
Universités de Province
Institut d’Hydrologle et de Climatologie médi¬
cales de la Faculté de Médecine de Lyon. — L’In¬
stitut d’ilydrologie et de Climatologie médicales organise
un cours de perfectionnement d’hydrologie et de clima¬
tologie destiné :
1” Aux étudiants en médecine ou en pharmacie désireux
de compléter leurs études sur ce point de thérapeutique ;
2“ aux docteurs en médecine se spécialisant dans les
cures climatiques ou hydro-minérales.
L’inseription'est gratuite et comporte seulement l’enga¬
gement de l’assiduité aux différentes leçons et démons¬
trations pratiques.
Cet enseignement aura lieu du 15 au 27 Avril 1929 et
sera complété par un voyage d’études à Vichy et un autre
voyage aux Strtions hydro-minérales et climatiques des
Pyrénées-Orientales.
Les cours théoriques sont libres et ouverts à toutes les
personnes s'intéressant aux questions d’hydrologie et de
Quatre bourses de voyage de 400 fr. seront accordées
aux étudiants en médecine ayant suivi avec assiduité cet
enseignement, après examen si le nombre des candidats
est supérieur au nombre des bourses allouées.
Le programme détaillé est arrêté comme suit :
1” Semaine du 15 au 20 .Avril inclus : Hydrologie et *li-
matologie générales. — Prof. Barrai : Potabilité des eaux
minérales, pollution, embouteillage. Analyse des eaux
pptablcs. 0[)érations ebimiques effectuées à la source.
Détermination rapide de la nature d’une eau minérale,
.Analyse chimique des eaux minérales (5 leçons avec
démonstrations prali(iues).
Prof. J. Cluzet : Etude physique des eaux minérales.
Radio-activité des eaux minérales. Méthodes physiothé¬
rapiques employées auxiliairement dans les stations
thermales. (Elcctrothérupie, électrodiagnostic, radiodia-
giiostic, radiothérapie, mécanothérapie, massages, pbo-
tothérapic, thermothérupie) (5 leçons avec démonstrations
pratiques).
Prof. P. Courmont : De la protection hygiénique des
stations hydrominérales. Inspection et règlement d’hy¬
giène des stations hydrominérnles (2 leçons).
Prof. A. Doyon : Notions de physiologie indispensables
à l’étude de l’action des eaux minérales (4 leçons avee
démonstrations pratiques).
Prof, agrégé Rochaix ; Des eonditions de la pureté bac¬
tériologique des eaux minérales (2 leçons avec deunons-
trations pratiques).
M. Milhuud : Les gaz des eaux minérales : origine,
composition, actions physiologiques et thérapeutiques
(2 leçons).
2" Semaine du 22 au 27 -Avril inclus : Hydrologie et eli-
matologie thérapeutiques. — Prof. F. Arloing : L’anni>hy-
laxie et son mécanisme. Antiannphyluxie. Maladies i)nr
anaphylaxie et cures hydro-minérales (2 leçons avec dé¬
monstrations pratiques).
Prof. G. Müuriquand : Action des eaux niiuéruies dans
les maladies de la croissance, de l’enfance, des glandes
endocrines. Action des eaux minérales dans les maladies
de la nutrition (4 leçons).
Prof. A. Pic : Climats de montagne (grande et petite
altitude), climats de plaine. Influences sur l’organisme,
indications et coutrc-indiculions. Les stations de grande
altitude, les sanatoriums d’nltitude, Les stations de petite
altitude (2 leçons).
Prof. Piéry : Effets et contrôle des cui’es hydi‘omiué-
rales. Action et contrôle de ces cures dans les maladies
de l’appareil cardio-vasculaire. Echanges nutritifs et eaux
minérales. Métabolisme des albuminoïdes et cures ther¬
males. Les effets et le contrôle des cures climatiques.
Cures climatiques et tuberculose pulmonaire. Le choix
d’une cure hydro-miiiérale dans la pratique médicale
(exercices cliniques) (5 leçons).
Prof. P. Savy : Les cures hydro-minérales dans les
maladies de l’c.stomac et de l'inte.stin. Les cures hydro¬
minérales dans les maladies du foie et des voies biliaires.
Héliothérapie, climat marin. Thalassothérapie l'i leçons..
M. Ilonnamour : Les cures hydro-minérales dans les
maladies de la cinquantaine (*i leçons).
M. Imbert : Pharmacologie des eaux minérales trans¬
portées (1 leçoié.
Hôpitaux et Hospices
Hôpitaux de Bordeaux. — Par délibération de la
Commission administrative, M. Matbey-Cornat a été
nommé électro-radiologiste titulaire des bôpiloux et
chargé à ce titre du service de radiologie du Sanatorium
Xavier Arnozan.
Hôpital civil de Casablanca. — Un po.ste d’interne
en médecine est actuellement vacant à l’hôpital de Casa-
La durée de l’internat est fixée ù deux ans.
Sont seuls admis à postuler les étudiants en médecine
français, çp cours régulier d’études, possédant 16 ins¬
criptions nouveau régime et ayant été reçus au concours
de l’externat des hôpitaux d’une ville de Faculté.
Avantages. — Voyage gratuit, aller et retour. Indem¬
nité mensuelle de 1.000 fr., nourriture, logement
Adresser les demandes accompagnées des références
ù M. le directeur de la Santé et de l’Hygiène publiques,
à Rabat (Maroc).
Création d’un hôpital-hospice. — Par décret pré¬
sidentiel est autorisée la création d’un hôpital-hospice
dans la commune de Snins-du-Nord (Nord'.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Classe.ment des i a.n-
DiDATS. — Ont obtenu : MM. Leibovici, 55; Anieline, .'li ;
Bernard, 52; Mcillère, 52; Chabrut, 49; Reinbold, 47;
AVelti, 47; Ghevallier, 46; Aurousseau 44 ; Ghastning, 44;
Fèvre, 44 ; Brouet, 43; Gérard-Marcband, 42; Gauine, 41 ;
Gueullelte, 41; Raiga, 41.
Ad.missibilité : Sont déelarés admissibles aux éjireuves
orales ; MM. Leibovici, Ameline, Bernard, Meillère, Cba-
brut et Reinbold.
Maison départementale de Nanterre. - - Un con¬
cours pour l’admission à des places d’interne en méde¬
cine et en chirurgie à la Maison départementale de
Nanterre et à des places éventuelles d’interne provisoire
s’ouvrira le 18 Avril 1929.
Le nombre de places d’interne titulaire mises au con¬
cours est actuellement fixé à deux. Il s’augmentera du
nombre des vacances qui pourront se produire dans cet
emploi à partir du jour du présent arrêté jusqu’au jour
du concours.
11 en sera donné connaissance aux candidats ])ar le
Président du Jury avant les épreuves.
Les candidats ayant ù accomplir le service militaire
devront en faire la déclaration au moment de leur ins¬
cription. S’ils sont admis aux places d’interne titulaire,
la date de leur entrée en fonctions sera reportée au
15 Mai qui suivra leur libération.
Les internes titulaires seront nommés pour un un.
Leurs fonctions pourront être prorogées successivement
trois fois, pour une nouvelle année, par le Préfet de Po¬
lice, sur avis de MM. les médecins et chirurgiens, chefs
de service, et du directeur de l’Etablissement. L’accom¬
plissement du service militaire ne sera pas un obstacle à
la présentation des demandes de prorogation dont l’effet,
dans ce cas, se produira ou se continuesu ù dater du
15 Mai de l’année de la libération.
Les internes titulaires reçoivent un traitement annuel
de 7.200 fr., y compris l’indemnité de logement.
Une indemnité spéciale de nourriture de 4 fr. 80 est
allouée aux internes pour le repus de midi ; la même
indemnité est allouée aux deux internes de garde pour le
repas du soir.
Les internes ont droit, en outre, pour une jiériode de
douze mois, è un congé de trente jours sans retenue de
traitement.
Le prix de la carte d'abonnement au chemin de fer,
entre Paris-Snint-Luznre et la Gnrenne-Bezons, est rem¬
boursé aux internes.
Le registre d’inscription des candidats est ouvert dès
maintenant ù la Préfecture de Police (service du person¬
nel). 11 sera clos le 15 Mars 1929, ù 16 h,
Les candidats doivent remplir les conditions suivantes !
352
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 13 Mars 1929
N“ 21
1" «‘tn* Franrais; 2" èli-e à^^és de m(»in8 de ÎF) ans (celte
iiniite sera reculée d’autant de temps que les intéressés
en auront passé sous les drapeaux pendant la guerre);
être pourvus d’au moins 12 inscriptions en médecine;
4" avoir accompli le stage obstétrical; 5' n’étrc pas reçus
docteurs en médecine.
Ils doivent adresser au Préfet de Police : 1“ une de¬
mande sur papier timbré ; 2" un extrait authentique, sur
timbre, de leur acte de naissance; 3" les pièces établis¬
sant leur situation au point de vue militaire et, s'il y a
lieu, leurs services pendant la guerre; 4*’ une notice indi¬
quant leurs titres scientifiques et hospitaliers; 5“ un cer¬
tificat de scolarité <le date récente; fi' le certificat d’ac¬
complissement du stage obstétrical; 7" l’engagement écrit
de se démettre, en cas de nomination, de toutes fonctions
dans les h6])itau\, hospices ou cliniques.
ha liste des candidats est soumise à l’agrément préa¬
lable du Préfet de Police.
Le concours a lieu à la Maison départementale de Nan¬
terre dont l’accès est interdit aux candidats pendant les
(juin/e jours <jui j)ré(*èdenl la première épreuve. Il com¬
prend deux séries d’épreuves :
,1) Eprcui’en (Viidinisaibilitc. — Une composition écrite
sur un sujet s(»it de pathologie médicale ou chirurgicale,
soit de pathologie générale. La question est tirée au sort
entre trois sujets arretés pur le Jury immédiatement
Les candi<lats ont l h. 1/2 pour traiter la question.
l’Ple est notée de 0 à 2U jioints. La note 10 est élimina-
It) l'prein’vs dcfinitli'vs. — 1" Une épreuve orale théo-
Dix minutes sont accordées jmur l’exposition du sujet
après dix minutes de rétlexion, avec faculté de prendre
des notes. L’épreuve comj>orle deux questions: une ques¬
tion d'anatomie macroscopique descriptive, une question
de patluilogie ou de petite chirurgie.
Les deux (piestions sont tirées au sort parmi six sujets
arretés par le Jury immédiatement avant la séance. Tous
les candidats passant le même jour traitant la même
(|uestion.
2" Deux éi>reuveH clinicpies : a) Une éj>reuve de cli-
ni(jue médicale; h) une épreuve de clinique chirurgicale.
Pour chm’une d(‘s deux épreuves il est accordé : Dix
minutes pour l’examen du malade; dix minutes de ré¬
flexion avec faculté de prendre des notes; dix mimites
d’ex[)<»sé.
(Chacune des épreuves définitives est notée de 0 à
Toutes les épreuves sont notées immédiatement et les
résultats en >0111 affiché?, avant de passer à l’épreuve
Miivanle.
L(‘ Préb't arrête la liste des candidats déclarés admis-
Le Jury est composé <Ie six membres, savoir : le Direc¬
teur «lu personnel, de la comptabilité et du matériel de
la Préfecture de Police, président ; rinspccleur général
d«‘s services lechni(pies d’IIygiène de la Préfecture de
police, vice-j>résident, et «piatre jnembres pris : deux
parmi les médecins et chirurgiens de la Maison de Nan¬
terre et d«*ux parmi les médecins des dilTérents services
de la Pré'fcctnre de P.)lice.
lia arrêté préfectoral désigne les membres du Jury.
Tous liens de j»arenté ou d’alliance entre un des con¬
currents et un membre du Jury doivent être signalés à
l’Administratitm en vue de la modification du Jury.
Les candidats sont classés j)ar ordre do mérite; en cas
«le classement cj* <c«///o, il est tenu compte des titres hos¬
pitaliers ant«*rieurs, s'il en existe, ou du ntunbro d’ins¬
criptions en médej'ine.
Tout interne «pii serait r<*çu docteur en m<*decine, nu
cours «le ses fonctions, serait, //«.so faeft», considéré comme
démissionnaire.
Ecoles nationales vétérinaires. Les concours
d’agrégation des Ecoles nationales vétérinaires, qui de¬
vaient être ouverts les 7 et l'i Octobre liJ21*, à l’Ecole
vétérinaire d’Alfort, seront ouverts, aux mêmes dates, h
l’Ecole nationale vétérinaire de Lyon.
Nouvelles
Distinctions honorifiques. — Médaille d’honneuk
DE l’Assistance publique, — Médaille d'or. ^ M. La-
fage, à Braqueville (Haute-Garonne).
Médaille d’argent. — M. Ducroquet, à Paris.
Médaille de bronze. - M™" TrilonoiT, à Paris.
Naturalisation. — E.st naturalisé Français : M. Ka¬
plan, né le 11/23 Mai 1KU3, à Riga (Russie), demeurant à
Médecin de l’état civil. — Le nombre des circons¬
criptions médicales de l’état civil du 13" arrondissement
est ramené de quatre à trois qui sont réparties comme
snit : 1" circonscription, M. Mallet; 2" circonscription,
M. Desmons; 3" circonscription, M. Biard.
Conseil supérieur d’hygiène publique de France.
- M. Maurice Vignerot est nommé membre du Conseil
■supérieur d’hygiène publique de France en remplacement
de M. Le Couppey de La Forest, décédé.
Médecin inspecteur des écoles. — Le poste de
médecin inspecteur des écoles de la circonscription de
Forbach est ù pourvoir ù partir du 1"'' Avril l‘J2i). Le trai¬
tement de début affecté à cette fonction est de 20.000 fr.,
l’indemnité de déplacement est de 8.000 fr. Ces émolu¬
ments sont majorés d’une indemnité de 12 pour 100 et le
traitement est susceptible d’une majoration triennale de
10 pour 100 jusqu’au traitement maximum de 28.000 fr.
Lu connaisBnncc complète de la langue allemande est
exigée.
S’adresser avec références et titres à M. le Préfet de
la Moselle (Direction des service d’Hygiène) nu plus tard
le 20 Mars dernier délai.
Société médicale du IX“ arrondissement. — M. le
professeur Calmette, assisté de MM. Le Lorier et Weill-
Hallé, fora le jeudi soir 14 Mars, à 20 h. 4,â, à la Société
médicale du IX” arrondissement (mairie du IX", rue
Drouot), une confarence sur le B. C. G., à l’usage des
praticiens, à laquelle les médecins des autres arrondis¬
sements sont invités a assister.
Société protectrice de l’enfance. — L’assemblée
générale de cette Société, fondée en 1865 et reconnue
d’utilité I>ubliquc, s’est tenue le 10 Mars 1029, A la salle
gracieusement offerte par le Syndicat des mécaniciene,
chaadrunniere et fondeurs, 02, rue de Gourcelles, sous la
présidence d’honneur de M. Léon Bernard, professeur à
la F'aculté, membre de l’Académie de Médecine. Après
l’allocution de M. Maurice Perrot, président de la Société,
M. L. Bernard a prononcé un éloquent discours sur la
protection infantile en félicitant la Société des grands
services qu’elle a rendus en faveur de la natalité et contre
la mortalité des jeunes enfants. Nous avons entendu
ensuite le compte rendu annuel par M. Raoul Labbé,
secrétaire général, le compte rendu financier par M,
François Boucher, trésorier, et le rapport sur les récom¬
penses aux mères-nourrices par M'"" M. Perrot. Après le
défilé émouvant des mères de 7, 8, 0, 10 enfants venant
recevoir les prix qui leur étaient décernés, une matinée
de concert a eu lieu, sous la direetion de M. Paul Vidal,
professeur au Conservatoire et M. Georges Baillct, de la
Gomédie-Française.
Bureau municipal d’hygiène de Croix. — La va-
eunco de directeur du bureau muuicipui d’hygiène est
déclarée ouverte pour Croix (Nord).
Le traitement alloué est fixé a 35.000 fr. par an.
Lee candidats ont un délai do vingt jours pour adresser
de la Prévuyanccs sociales (direction de l'Assistance et
do l'Hygiène publiques, — 6' bureau), 7, rue Cambacérès,
leurs demandes accompagnées de tous titres, justifica¬
tions ou références.
Société d’Hydrologie et de Climatologie. — Ln
séance solennelle annuelle de lu Société aura lieu le lundi
18 Mars 1020, à 4 h., 12, rue de Seine,
Lu question mise en discussion sera : /.es sypliiliti</ties
aux eau.r minérales. Rapporteurs : 1° M. le professeur
Gougerot; 2" MM. L.-G. Blanc, Henri Flurin, Jean Hoitz,
Robert Pierrot, Pierre Salles.
Le banquet du jeune médecin. — Le banquet
annuel de in revue Le Jeune médecin aura lieu le mer¬
credi 20 Mars, ù 10 b. 45, dans les salons de la Sorbonne,
sous la présidence de M. Marraud, ministi'c de l’Instrue-
lioii publique. Il sciti suivi d’un bal.
Piàx de la souscription nu banquet (donnant droit au
liai ; : Médecins, 50 fr. ; étudiants, 25 fr.
Hal : 22 b. ù minuit. Tenue de soirée de rigueur.
Prix de la carte, 20 fr. (Carte de cavalière, gratuite).
Etudiants, membres de l’Association corporative ou d«
la section de médecine de l’A. (10 fr.).
Pour toutes souscriptions, s’adresser ù M. Crouzat, 'i,
rue Pierre-Curie, Paris (V). Tél. Gobolins, 73-00.
Libeller elièque ou mandat au nom de M. Pouzerguos,
trésorier du Jeune médecin.
Société amicale des assistants d’électro-radiolo-
gie des Hôpitaux. — La prochaine Assemblée générale
de la Société amicale dos assistants d’élcctro-radiologie
des hôpitaux aura lieu le samedi 16 Mars à 17 li, 30, à
l’hùlel Rochester, 92, rue La Boétie.
A l’issue de l’assemblée, un dîner amical réunira ù
20 heures, ceux de nos collègues qui voudront bien y
participer. Cotisation : 40 francs (vin, café, liqueurs,
cigares, service compris). Répondre sous huitaine.
Le Bureau de la Société invite les collègues assistants
non encore inscrits dans ses rangs ù participer à cette
réunion, ainsi qu’au diner qui suivra.
Adresser les adhésions ù M. L. Moutard, secrétaire de
la Société, 13, rue Montaigne (VUI" arrond.).
Congrès International de médecine et de phar-
. macle militaires. -- Placé sous le haut patronage de
sa Majesté le roi Georges V, le prochain Congrès intei'-
national de médecine et de pharmacie militaires se tien¬
dra à Londres du 6 au 11 Mai prochain.
La participation à ce Congrès sera comptée pour une
période de dix jours aux officiers de réserve du Service
de Santé qui bénéficieront pour le voyage du tarif mili¬
taire à l’aller et au retour entre leur résidence et le port
d’embarquement.
Pour tous renseignements, les officiers du Service de
Santé désireux de participer au Congrès devront s’adres¬
ser au Directeur du Service de Santé de leur région
auquel seront transmises toutes les informations concer¬
nant le Congrès.
Nécrologie. — On annonce la mort, A Paris, de M.
Charles Mallet.
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctohat.
Jeudi 14 Maks. — Patliologie experimentale. Faculté.
— Thérapeutique. Faculté. — Clinique médicale (2 séries).
Faculté. — Clinique ob.stétriculc. Faculté.
Vendiiedi 15 Maks. — Thérapeutique. Faculté.
Samedi 16 Maks. — Putbologic expérimentale. Faculté.
- Thérnpeiiti(|ue. Faculté. — Clinique chirurgicale. Fa¬
culté.
TiiLses de doctohat.
Jeudi 14 Mahs. - Bayssat (H.) : f'n cas d'acrocéphalo-
syndactylie. — Lapeyre (J.) ; I.es cellulites ligneuses cervico¬
faciales. — Carteaud : Papillomatose confluente. — Jury :
MM. Bezaiiçon, J.-L. Faure, Leeènc, Gougerot.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elle |
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements, les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. L'administra¬
tion se réserve, après examen, te droit de refuser les
insertions. Il n’est pas inséré d'annonces de moins
de lignes.
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signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
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la réception de leur montant.
I Conduite intérieure Unie 1925. Récemment revi¬
sée. Excellent état. 17.500 fr. — Ecrire P. A/., n” 84.
Urgent, poste chirurgical à céder dans un rayon
de 100 km. de Paris. Internat des Hôpitaux de Paris
ou d’une ville de Fac«llé exigé. — Ecr. P..V.. n» 134.
Médecin, homme ou femme, moins 40 ans, ayant
diplôme Etat, est demandé pour poste médecin-adjoint,
dans sanatorium tuberculose osseuse. Résidence
obligatoire. Non nourri Pas de clientèle privée.
Début 25.000. — Ecrire M. Henri Valin, Office postal
Express, lO**, r. J .-J. -Rousseau, Paris, P '".
Banlieue, poste méd. 60.000, possibilité augment.
A céder 30.000. Petit pavillon. — Ecr. P. M., n” 142.
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urolog. derniatol. Cliniques s’abst. Ecr. P. AI., n“ 143.
Dame Infirmière cb. situation clinique, logée ai
possible. — Ecrire /*. AI., n” 144.
Clinique, grande ville Ouest, cherche manipula¬
trice radiolog. — Ecrire P. AI., n» 145.
On demande méd. ayant habitude clientèle pour
remplacement longue durée. — Ecrire P. AI., n° 146.
Sténo-dactylographe médicale. — M"® Durand,
14, avenue Carnot (XVII' ). Se rend à domicile.
AVIS. — Prière de joindre aux réponaee un
timbre deOfr. 50 pour la transmission des lettres,
Le Gérant : O, Pobés.
Pari», — Imprimerie de la Cour d'Appel, 1, rue CaesetU.
N» 22
16 Mars 1929
TRAITEMENT
DE LA TUBERCULOSE
PAR L’ALLERGINE
Par André JOUSSET.
Lu Iriluralioii ri la luacrralioii prolongées du
hacillc de Koch pcrincUenl d’extraire d(> ses eul-
Uires une subslaiiec douée de proj)riéU% diverses,
dont la plus intéressante est d’éveiller, d’entre¬
tenir ou de renforcer l’allergie à la tuliereuline,
caractéristique des bonnes tuberculoses, et cela,
sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’interven-
tion dangereuse du bacille lui-mèine.
Cette substance, que nous désignei-ons sous le
nom à’allergine, n’ayant été, à noire connais¬
sance, signalée nulle part, nous croyons utih' de
la présenter au ))ublic médical.
Quelle que soit l’idée qu’on se fasse du méca¬
nisme de l’allergie et de ses relations avec l’im¬
munité, il est généralement admis que cet étal
particulier témoigne d’un certain degré de résis¬
tance à la maladie, tel que le renforcement de
l’allergie soit pour le médecin une opération des
plus désirables et des plus logiques. Comby,
L. Bernard et Baron, nou.s-même, avons, autre¬
fois, montré que l’allergie tuberculinique, très
marquée dans les tuberculoses récentes et bé¬
nignes, décroissait avec les progrès de la ma¬
ladie, et nous avons toujours personnellement
insisté sur les indications pronostiques immé¬
diates qu’on pouvait tirer de la mesure de la
réaction .
11 est vrai que les réactions tuberculiniques
ont aussi été rattachées à l’anaphylaxie, ce qui
impliquerait um; idée inverse de la précédente ;
mais, en fait, la contradiction n’est qu’appaiamte,
car la sensibilité anaphylactique peut être consi¬
dérée comme une réaction défensive, dont les
manifestations violentes, explosives, devenues
redoutables par leur exagération même, donne¬
raient une impression erronée de sensibilité, si
bien que l’anaphylaxie et l’immunité peuvent être
à bon droit confondues.
Des nuances, cependant, séparent les réactions
tuberculiniques de l’immunité vraie, considérée
comme un état réfractaire. Aussi a-t-on cru de¬
voir désigner d’un nom spécial cette forme de
l’immunité des tuberculeux, et l’é/iceg/e défensive
est-elle devenue l’allergie, mais ces deux états
n’en sont pas moins intimement soudés. Si l’al¬
lergie ne se confond pas exactement avec l’immu¬
nité, il n’en e.st pas moins vrai qu’elle n’exist('
que dans les opérations qui la préparent.
L’allergie tuberculeuse n’échappe pas à cette loi
très générale. Depuis vingt ans, nous nous elFor-
gons d’immuniser le cheval contre la tuberculose,
en vue de la production d’un sérum spécilicpie.
Dr, sur une cinquantaine d’animaux, plus de la
moitié sont morts de choc anaphylactique, c’est-
à-dire victimes de leur immunité, au moment
précis où leur sérum acquérait les propriétés
thérapeutiques voulues, où le pouvoir floculant
et agglutinant atteignait son maximum, et où
l’allergie cutanée ou muqueuse (cutis, intra-
(lermos, oculo-réactions) devenait manifeste. Im¬
munité anaphylactique et allergie tuberculinique
marchaient donc, ici, exactement de pair. L’al¬
lergie est bien une manière d’énergie et, faute de
mieux, nous devons la considérer comme un des
meilleurs indicateurs de l’immunité.
Ceci posé, la recherche, la mesure, l’étude du
déterminisme de l’allergie apparaissent une néces¬
sité absolue pour le phtisiologue. Renforcer cette
TRAVAUX ORIGINAUX
allergie par des moyens simples et iiiofl'ensifs
devient par là même un problème dont il est
inutile de souligner l’importance. Il fera l’objet
et le fond de cet article.
La recherche de l’allergie tuberculeuse est des
plus faciles. Grâce à la découverte de von Pir-
quet, dont la portée générale va s’affirmant de
jour en jour, nous j)ossédons, dans la cuti-réac¬
tion tuberculinique, le moyen le plus simple et le
|)lus inofTensif qui soit d’aj)précier l’allergie.
C’est une des belles acquisitions de la biologie
moderne.
La tuberculine de Koch en est la base, comme
elle a été la base de l’ancienne thermo-réaction,
aujourd’hui abandonnée, en pathologie humaine
tout au moins, depuis qu’on s’est apergu des
inconvénients, voire des dangers qu’elle pouvait
jn-ésenter chez certa'ins malades.
La spécificité de ces réactions, et surtout celle
de la cuti, est absolue; la tuberculine n’agit que
chez les sujets touchés par le bacille et, inverse¬
ment, les tuberculeux ne sont impressionnés que*
])ar la tuberculine, les extraits d’autres microbes
ne produisant chez eux que des pseudo-réactions,
de force et d’allure très différentes.
Cette spécificité du poison découvert par Koch
est telle que son auteur a cru, et quelques rares
thérapeutes y croient encore, que cette substance
était l’antigène rêvé, capable d’immuniser contri'
la tuberculose. Pour qui sait le caractère ultra¬
sensible et la spécificité absolue de la réponse
des anticorps, le raisonnement était des plus
logiques. Les faits y ont répondu négativement.
Tout ce que peut faire la tuberculine, c’est d’ex¬
citer passagèrement les foyers tuberculeux, mais
dans î’irnmense majorité des cas, il ne se dégage
rien de bon d’un pareil choc, car le réveil, le
« remaniement >> des lésions, aboutissent à une sti¬
mulation du bacille, dont il devient ensuite difficile
de refréner l’activité. Les faits sont là, nombreux,
implacables, et actuellement il est imi)ossible de
considérer la tuberculine comme un antigène ou
même un libérateur d’antigènes véritable.
Il y a plus. Nos recherches’ ont démontré, il y
a longtemps, qu’on pouvait la considérer comme
une substance parasite, un résidu, à la fois inutile
et nuisible ; si bien qu’actuellernent nous esti¬
mons, d’accord en cela avec Vaudremer, que, (éun.s
tout essai scrieti.r de préeention antituberculeuse
expérimentale, t élimination de la tuberculine est
la condition première du succès, jirogramme d’une
réalisation difficile, mais qui doit être le point
de niir(' constant des chercheurs.
Comment donc concilier ces notions inverses
de spécificité et de nullité du pouvoir antigé¬
nique de la tuberculine?
A vrai dire, aucune explication satisfai.sante
n’en a été fournie ; mais on peut raisonner comme
si la tuberculine, résidu dégradé, issu de l’anti¬
gène véritable du bacille de Koch, en avait con¬
servé la marque, avec une sorte de « parfum de
spécificité ». Il y aurait ainsi, dans les extraits
bacillaires, deux types d’éléments inégalement
actifs : l’un fragile mais complet, c’est-à-dire
capable de sensibiliser, d’immuniser et de fair<-
réagir l’organisme; l’autre, stable, mais ne possé¬
dant que le seul pouvoir réactionnel. Imxipable
d’engendrer l’immunité, ce dernier pourrait néan¬
moins en enregistrer les effets ; tel est le groupe des
tuberculines, mauvais antigènes, mais excellents
détecteurs d’immunité. Ainsi s’explique qu’elles
1. A. JoussET. — « Du rôle de la tuberculine dan» la
vaccination antituberculeuse ». Acad, de Méd., 2 Juin 1914.
“aient retenu toute l’attention des chercheurs, au
déti-iment des substances du i)remier groupe, (jui
sont pourtant de beaucoup les i)lus intéressantes,
mais qu’on n’est jamais parvenu à isoler.
L'allergie tuberculeuse s’acquiert autoniatiqu<‘-
ment, dans les conditions habituelles de la vie
civilisée. Elle témoigne de cette vaccination in¬
sensible, qui marque l’homme exj)osé aux souil¬
lures parasitaires de la vie en comtimn, suivant
un processus inéluctable, dont l’acquisition subor¬
donnée au genre d’hygiène est plus ou moins
jjrécoce.
Cette allergie, ipi’on peut dire nalurelh^ ou
physiologi(pie, subit de grandes modifications à
l'état pathologl(jue, s’amoindrissant ou s’exagé¬
rant, en fom^tion de lu maladie et de la résistance
organique du patient.
Expérimentalement, rien n’est plus facile (pie
d’obtenir l’allergie. Il suffit d’un bacille virulent
et d’un organisme résistant. Les délais d’acipiisi-
tion varient seuls. L’allergie est encore réalisable
avec des bacilles morts, mais plus difficilement.
Les lésions tuberculeuses ne sont pas néces¬
saires pour créer l’allergie. Certains bacilles non
luberculigènes confèrent une immunité aller¬
gique des plus nettes. Tels sont les bacilles pro¬
ducteurs des bacillémies primitives du nourris¬
son*; tel est également le BCG.
On en vient alors à se demander si le bacille de
Koch lui-même est indispensable pour engeudrei’
cet état particulier, et si des moyens indirects,
autres (pie la tuberculisation ou la bacillisation,
ne pourraient pas créer l’allprgie?
Nous avons vu que la tuberculine en était
incapable, à moins d’user de doses formidables et
répétées, non maniables en thérapeuti(pie ; et
encore s’agit-il d’une allergie médiocre, fugace,
peu caractéristique fiiseudo-réactions de Cal-
mette).
Mais ce (jue ne peut taire la tuberculine, d’autres
extraits solubles du bacille de Koch sont à même
de le réaliser.
D(‘jà, en 1013*, nous démontrions (ju’il est pos¬
sible d’immuniser de gros animaux, comme le
Ixeut Ct le cheval, au nioyen de produits solubles
conq)lètement dépouillés par filtration des corps
bacillaires, et, par surcroît de précaution, soi¬
gneusement stérilisés. Or ces sujets, indemnes de
toute lésion macroscopique ou histologi(jue, four¬
nissaient avec la tuberculine les plus belles
réactions locales et générales qu'on jiùt voir.
Nos conclusions de 191.3, que nous maintenons
intégralement aujourd’hui, étaient les suivantes.
La présence du bacille de Koch dans un organe
réactions tuberc’uliniques.
D’autre part, la clini(pie démontrant (pi’à lui
seul le bacille ne suffit pas toujours à provo(pier
les dites réactions (sujets cachccti(pies), nous en
arrivions à formuler cet étrange paradoxe : le
bacille de Koch, comme le. tubercule, sont des élé¬
ments accessoires et contingents, accidentels en
quelque sorte de la réaction tuberculinique. Le
facteur essentiel est l’immunité antibacillaire.
Cette affirmation n’enh'vait d’ailleurs rien à la
valeur dénonciatrice de la tuberculine à l’égard
(le la tuberculose, puisque dans la prati(pie une
telle immunité ne se conçoit guère sans rinfection
bacillaire ; mais, du point de vue doctrinal, il
1. A. JoussET. — « La bacillômi(î iiriniitive du premier
âge ». Acad, de Mèd., 9 F(SYrier 1915 et t.e .Wnnrrisson,
n* 1, Baillière, 1915.
2. A. JoussEX. — «Signification générale des réaction»
tuberculiniques ». Acad, de Méd., 25 Mai 1915,
354
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
N» 22
importait de préciser le mécanisme de l'épreuve
et (le montrer sa véritable signification.
La substance qui nous avait permis d’établir
ces données n’élail autre que t allcrgino.
La préparation de l’allergine doit concilier
deux obligations difficiles à réaliser avec le bacille
tuberculeux : obtenir un produit à la fois antigé-
ni(|ue et inolfensif.
C’est dire que la substance en question doit
être isolée sans trop heurter le bacille, les anti¬
gènes microbiens étant éminemment fragiles, et
que, d’autre part, il la faut dépouiller des éléments
solubles ou insolubles qui confèrent au bacille de
Koch sa terrible nocivité.
Le premier acte de cet isolement difficile sera
l’élimination de la tuberculine, dont nous avons
maintes fois constaté les fâcheux effets. Le second
sera le rejet des poisons cireux, nécrosants, et de
valeur antigènique nulle ou médiocre,, qui adhè¬
rent aux corps microbiens. A cette tâche des plus
ardues nous avons consacré vingt-cinq années
d’eli’orts.
Nos premiers essais ont abouti à la création
d’un milieu initialement très iinpur, que nous
avons réservé à l’immunisation des chevaux pro¬
ducteurs de sérum antibacillaire. La nocivité de
ce mélange n’avait d’ailleurs qu’une faible impor¬
tance, ])uisqu’il était destiné à l’animal, et que
d’autre ])art un organisme sain peut, en principe,
sup])orter des doses considérables de produits
bacillaires toxiques, interdits à l’organisme
tuberculeux. Mais lors<ju’il s’est agi d’utiliser le
dit mélange pour la cure de la tuberculose
humaine, il nous a fallu le purifier par une
technique dont voici les j)rincipes essentiels.
Nous extrayons l’allergine, à basse tempéra¬
ture, de bacilles humains ou bovins patiemment
sélectionnés, dont la caractéristique pi'incipale
est leur grande toxicité. Le bacille que nous uti¬
lisons actuellement peut, en injection veineuse,
tuer le cobaye de 500 gr. à la dose de 4 milligr.
secs, en quelques minutes, toxicité, par consé¬
quent, huit ou dix fois supérieure à la toxicité
habituelle du bacille humain. Cette toxicité,
d’ailleurs très fragile, a besoin d’être entretenue
par de fré((uents passages sur l’animal.
Ces bacilles, cultivés sur les milieux habituels,
sont tués à basse tenqiérature, longuement lavés
j)our éliminer toute trace de tuberculine, puis
traités par des moyens mécaniques puissants
(broyage, congélation fractionnée, expression à
la jiresse hydraulique) suivis d’une macération
prolongée, en milieu neutre.
L’émulsion ainsi obtenue est clarifiée par cen¬
trifugation et par collage. 11 en résulte un liquide
ambré, transj)arent, à peu près dépouillé de corps
bacillaires, qui desséché constitue l’allergine.
Cet extrait, chimi(piement mal défini, n’est
qu’un mélange où dominent des complexes pro-
téini(iues et lipoïdiques apj)arlenant au groupe
(les pliosphaticles.
Il n’est pas dialysable.
Sa réaction, h'gèrcment acide, donne en solu¬
tion à 1 pour 100 un pu de 6 (le solvant glycériné
comportant lui-même un pu de 5,6). L’allergine
présente la fragilité habituelle aux produits orga-
nitpies microbiens. Elle est éminemment putres-
cilde et ne se conserve bien que dans la glycérine
ou l’eau chloroformée.
La chaleur la prive de la pluj>art de ses pro¬
priétés biologiques. Elles commencent à s’éteindre
après un chauffage d’une heure à 60“ pour dispa¬
raître complètement â 105“.
Les propriétés biologiques de l’allergine doivent
être étudiées séparément chez l’animal sain et chez
l’animal tuberculeux. Ainsi s’accuseront les diffé¬
rences profondes, capitales, qui séparent l’aller-
gine de la tuberculine. Nous envisagerons succes¬
sivement ses effets locaux et généraux, immédiats
et lointains.
A. — Chez l’animal sain (cobaye, lapin, veau,
cheval), l’injection sous-cutanée d’allergine pro¬
duit un œdème douloureux accompagné de fièvre,
pouvant, en quelques heures, atteimlre 40“ chez le
cheval, à la dose de 5 â 10 centigr. de substance
sèche. La réaction générale s’éteint en trois ou
quatre jours. L’œdème persiste une semaine
environ. Rappelons qu’on n’observe rien de sem¬
blable avec la tuberculine, â dose équivalente. La
répétition des injections, de semaine en semaine,
aboutit, par sensibilisation, surtout si les doses
sont progressives, à un phénomène d’Arthus
typique. A l’empâtement fugace des premières
injections, succède bientôt une collection doulou¬
reuse contenant un pus aseptique.
Si l’on poursuit les injections, la suppuration
se double d’une nécrose avec délabrement tégu-
mentaire marcjué. Cette suppuration ne saurait
être inqmtée aux rares unités bacillaires échappées
à la clarification de l’allergine, car si l’on prépare
un gros animal, comme le cheval, par des injec¬
tions simultanées de tuberculine et d’allergine
distribuées symétriquement (épaule droite pour
l’allergine, épaule gauche pour la tuberculine), on
n’observe jamais de phénomène d’Arthus du côté
tuberculine. Or on sait que la tuberculine la mieux
faite contient toujours des bacilles de Koch morts,
échappés aux filtrations, tandis que l’allergine en
renferme infiniment moins.
L’action de l’allergine ne se limite pas à la
région injectée. Elle possède une toxicité générale,
â vrai dire assez faible, si on la compare à celle
de la plupart d(!s toxines microbiennes, mais qui
n’est pas négligeable. Cette toxicité est d’une
appréciation fort délicate, car elle dépend autant
de la résistance organique individuelle que de la
provenance de l’allcrgine. C’est ainsi qu’un lapin
peut résister à une injection intraveineuse de
10 centigr. d’allergine sèche, alors que le voisin
mourra en une demi-heure avec une dose dix fois
moindre.
Chez le cheval, que nous avons spécialement
étudié, la sensibilité spécifique est bien plus
grande que chez les petits animaux de labora¬
toire. Une première injection intraveineuse de
0,10 à 0,20 centigr. d’extrait sec peut amener une
dyspnée intense accompagnée de vertiges, d’éva¬
cuations alvines abondantes et finalement de
chute. C’est quelquefois la mort en une ou
deux minutes, avec une inondation pnlmonaire
hémorragique par insuffisance cardiaque aiguë,
en sorte qu’une abondante saignée de 8 à 10 litres
peut quelquefois sauver la victime. L’allergine se
révèle, en effet, comme ain poison particulier du
myocarde, et nous verrons à l’usage, chez
l’homme, (jue la pâleur et l’hypotension, cons¬
tantes chez les sujets traités par les doses les plus
minimes, méritent une attention si)éciale.
Les injections veineuses discontinues d’aller¬
gine aboutissent à une sensibilisation redoutable
de l’organisme. Aussi la mort par choc anaphy¬
lactique e.st-elle un des écueils et une des grosses
menaces de la préparation du sérum- antibacil¬
laire. Nous avons ainsi perdu une trentaine de
chevaux à la suite d'injections réitérées d’aller¬
gine.
Mais il est un autre mode de mort dû aux
injections massives et prolongées et qui relève
de dégénérescences viscérales graves.
La stéato-nécrose hépatique, en particulier,
prépare des accidents de rupture avec inondation
héniorragi([ue du péritoine qui tuent rapidement
l’animal. On trouve, en ce cas, le foie complète¬
ment) nécrtjsé et transformé en un véritable bloc
de mastic, llappelons que la toxine diphtérique,
non formolée, peut amener les mêmes désordres.
Nous ne pensons pas qu’on les ait jamais signalés
avec, la tuberculine.
Tels sont les effets locaux et généraux de l’aller¬
gine, employée à dose expérimentale. Disons,
tout de suite, qu’ils ne doivent en rien détourner
de l’emploi thérapeutique de cette substance ; tout
au contraire. L’expérience démontre que les
substances inertes font de médiocres antigènes.
On sait, par contre, les magnifiques résultats
que donnent les toxines diphtérique ou tétanique,
poisons redoutables entre tous, dans la thérapeu¬
tique active ou passive de la diphtérie ou du
tétanos. On sait également que sous leur forme
anatoxinique ces deux poisons ne donnent de
bons vaccins qu’à la condition d’être initialement
très meurtriers. L’anatoxine n’est bonne pour,
l’immunisation que si elle dérive d’une toxine
énergique. _
Ainsi en est-il de l’allergine bacillaire, et sa
toxicité ne doit pas effrayer. Au médecin d’en
savoir apprécier la dosimétrie, comme il le fait
journellement pour nombre de sub-stances actives.
D’ailleurs la marge séparant les doses thérapeu¬
tiques des doses expérimentales est considérable.
Ainsi apparentée aux toxines microbiennes,
l’allergine bacillaire doit, en principe, jouir de
propriétés antigéniques. C’est, en effet, ce qu’on
observe. L’immunisation par l’allergine, longue¬
ment poussée (il y faut consacrer au moins une
année), permet chez le cheval d’obtenir avec une
résistance marquée de l’animal au poison bacil¬
laire un sérum antitoxique de valeur, prés(;ntant,
in vitro, les caractères spécifiques requis pour les
anlisérums en général : floculation, agglutination,
déviation du complément, caractères qui d’après
'notre expérience sont d’ailleurs assez contin¬
gents, mais, et c’est là l’essentiel,, qui est doué
d’un pouvoir thérapeutique réel, dont l’eflicacité
(quoi qu’on ait pu dire, a priori et sans vérifica¬
tion aucune) n’est pas niable, quand on l’emploie,
comme je l’ai ma'intes fois indiqué, à la phase
initiale fébrile ou fluxionnaire de la tuberculose,
jjériode où dominent les .symptômes d’intoxication
bacillaire.
Là se bornent cependant les propriétés antigè¬
niques de l’allergine.
Disons tout de suite que cette toxine n’est j)as
créatrice d’immunité antibacillaire, ou du moins
d’une immunité solide. Elle ne crée pas d’état
réfractaire durable, au sens jennérien du mot, à
l’égard du bacille de Koch. Le cobaye neuf pré¬
paré par l’allergine résistera simplement un peu
plus longtemps que les témoins à la tuberculisa¬
tion expérimentale.
La préparation de l’animal par l’alfergine ne
peut, en résumé, qu’augmenter sa résistance au
poison, mais elle n’atteint pas le microbe lui-
même et ne peut agir comme le fait par exemple
l’anatoxine de Ramon à l’égard du bacille diphté¬
rique. Cette dissociation des immunités anti¬
toxique et antimicrobienne est d’observation
courante dans l’histoire des microbes.
Telles sont les caractéristiques générales de
l’allergine qui se présente au total comme une
véritable endotoxine microbienne.
Toxine, car elle jouit de l’ensemble des carac¬
tères physico-chimiques et biologiques des
toxines ; toxicité, fragilité, thermolabilité, pro¬
priétés collo'ïdales, propriétés inflammatoires et
thermogènes, pouvoir antigénique et sensibili¬
sant, etc...
Endotoxine, car ce poison qui ne diffuse pas
.spontanément dans les milieux de culture doit
être extrait par des moyens de force des corps
bacillaires eux-mêmes.
Que de différences avec la tuberculine de Koch,
dont l’innocuité chez l’animal sain, la résistance
à la destruction, la thermolabilité, pour ne citer
(jue ses caractères majeurs, sont à l’opposite des
propriétés précédentes !
B. — Et cependant,. une partie de ces différences
semble s’effacer quand on compare ces deux sub¬
stances chez l’animal tuberculeux.
On connaît l’étonnante précision avec laquelle
N“ 22
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
355
la tuberculine révèle la moindre atteinte de tuber¬
culose. Or, l’allergine jouit de propriétés à peu
[)rès semblables. Son pouvoir détecteur vaut
celui de la tuberculine, et si ses réactions sont
moins vives, elles ne le cèdent en tout cas en rien
comme spécificité.
Ainsi chez l’homme atteint de tuberculose, ou
simplement allergique, les cuti-réactions (à con¬
centration égale des deux substances) sont iden¬
tiques; les intraderrnos ont même valeur.
Chez le cobaye et le veau tuberculisés, les réac¬
tions locales et générales sont équivalentes. Sur
des lots importants de cobayes bacillisés de façon
identique, l'eiret thermique est le même, avec un
simple retard de la lièvre pour le lot allerginé.
Avec les grosses doses, c’est la mort dans les
(leux camps, mort en viiigt-(piatre heures chez les
tuberculinés, mort s’échelonnant sur plusieurs
jours dans le lot allerginé.
A ces analogies peuvent s’ajouter celles qu('
nous avons constatées chez les malades en traite¬
ment par l’allergine et que nous relatons plus bas,
en particulier les réactions focales.
Tout ceci lémoigne d’une communauté d’ori¬
gine, d’une parenté indis(!utal)le.
Mais parenté n’est pas identité, et l’étude du
tableau synoptique ci-joint fait ressortir la fragi¬
lité de ces liens et les dissemblances l'ondamen-
lales qui séparent les deux substances.
Propriétés respectives de l’allergine
et de la tuberculine.
SécrtHioii naturelle du 11. K.
Nature colloïdale.
Vvix^xU.
Tlicrmolubile.
Scorie résiduelle.
Produit artificiel.
Non colloïdale.
Résistante.
Tlierinostubile.
RcacUons inllammnloircs.
lîlfet local in.sigoifiaiil.
Tliei’inoji^ènc.
Très bon sensibilisateur
^anaphylaxie locale et jîén.).
Pouvoir antijjënique net.
Non to.\ique.
Peu thermogène.
Très médiocre
sensibilisateur.
Pouvoir uutigéni(pie
presque nul.
AMMAL TUBERCULEUX
Reaetions locales lentes,
faibles et durables.
Suppres.sion du pouvoir
(lélcctcur et inactivation
j>nr le chauffage.
Réactions générales
et focales légères.
Effets thérapeutiques
excellents.
Réactions locales rajùdes,
fortes et fugaces.
Le chauffage respecte ou
exalte le pouvoir détec-
Eil'ets généraux et focaux
très accusés et offensifs.
Effets thérapeutiques
médiocres ou nuis.
Propriêiés untif'àniquc.s
dominantes.
Propriétés détectriccs
dominantes.
-Vjoutons que, même chez les tuberculeux, les
analogies précitées sont plus apparentes que
réelles. Clini(juement, l’allergine ne se comporte
jias exactement comme la tuberculine. Certains
sujets cessent de réagir à l’allergine qui réagissent
encore à la tuberculine et réciproquement.
Nous ne parlons jias des résultats thérapeu¬
tiques où la supériorité de rallergine éclate de
façon triomphale; mais même, en se limitant aux
faits expérimentaux, on voit bien des dissem¬
blances.
Si l’on chaulle, par exemple, l'allergine un
quart d’heure à 105", son pouvoir détecteur est
profondément modifié. La cuti-réaction s’éteint.
Rien de ])areil avec la tuberculine. Il semble
même que son pouvoir réactionnel soit exalté par
ce traitement*. Cette thermostabilité, qui n’est
d’ailleurs pas faite pour étonner puisque le chauf¬
fage est la condition nécessaire établie par Koch
1. Le mécanisme de cette oetÎTntion pur la chaleur a
été longuement étudié pur nous dans un mémoire de lu
Hn;,f ,1c h rt,r, crcuh.se (1914-1«1,5, p. 31.S et .32,'.), Nous
pour obtenir une bonne tuberculine, tranche défi¬
nitivement la question. Nous n’in.sisterons donc
pas. L’allergine est bien une substance spéciale
distincte de la tuberculine.
Cette autonomie se fait surtout sentir dans les
applications thérapeutiques. Ne parlons donc
plus de la tuberculine, dont le procès, depuis
longtemj)s iiustruit, a démontré la dangereuse
inefficacité, mais uniquement de la substance
allergi.sante.
Nous avons dit que l’allergie étant solidaire de
l’immunité, sa création ou son renforcement s’im¬
posaient comme le plus évident et le plus impé¬
rieux des devoirs pour un phtisiologue, un chi¬
rurgien, un dermatologiste.
Ce programme est-il réalisable ?
Les faits expérimentaux ne laissent aucun
doute fl cet égard. Ils sont faciles à vérifier.
La clinique humaine, de son côté, fournit des
témoignages non moins éclatants lorsque les indi¬
cations qui président à l’emploi de cette substance
sont ponctuellement suivies.
Ces indications sont des plus simj)les cl des
plus étendues.
Pour reconnaître les tuberculeux susceptibles
de recevoir le traitement allergisant, il suffit de
prendre le contre-pied des indications de la séro¬
thérapie. On sait que cette dernière méthode
s’applique seulement aux congestions initiales ou
aux poussées aiguës de la tuberculose. Avec
l’allergine, le champ est autrement vaste. Toutes
les tuberculoses chroniques fébriles ou non, quel
qu’en soit le siège (tuberculoses médicales, chi¬
rurgicales ou dermatologiques), la forme clinique
ou le degré anatomique, sont du ressort de la
méthode pourvu que le malade ne soit pas un
cachectique.
La cuti-réaction sera donc, pour les cas dou¬
teux, d’un précieux secours. Elle signalera immé¬
diatement le grand cachecti(}ue, dont l’allergie,
depuis longtemps éteinte, serait par trop pénil)le
à réveiller. Rappelons, à ce propos, qu’une cuti-
réaction de valeur, effectuée avec une l)onne tuber¬
culine, doit être saillante et peu colorôc, que les
cutis planes, (pie les 'cutis rouge pourpré sont
de mauvais aloi. Ainsi reconnaîtrons-nous le
plitisique avancé chez lequel un sentimentalisme
liien naturel pousserait à (( tenter (juelque chose r.
Réservons-lui le divin opium, mais écartons de
sa chute tout ce qui p(uit la heurter, tout ce qui
])eut l’accélérer.
(liiez le tuberculeux type, pulmonaire ou non
pulmonaire, rinjectioii sous-cutanée d’allergiiie
est suivie de la triple réaction habituelle à la
phqiart des antigènes :
a) Réaction générale. Elle survient de huit
à Jix heures plus tard (quelquefois vingl à trente
heures après, dans les tuberculoses anciennes
fibrosées) sous forme d’un malaise avec anorexie
et frissons. Une élévation thermique, d’un, deux ou
trois 'degrés, accompagne généralement cet état.
Elle ne (loit pas effrayer, car cette poussée est sans
lendemain; mais la persistance de la réaction
doit faire réfléchir et modifier, au besoin, la poso¬
logie des injections ultérieures;
h) Réaction focale. Fouettés par l’allergine, les
foyers se réveillent, et, dans le concert général
donnent leur note individuelle : le pulmonaire
tousse et crache, le laryngé devient aphone, le,
lupique rougit. Tous les malades sentent leur
lésion : malaise heureusement passager, souvent à
peine ressenti, mais qui témoigne de l’effort évo¬
lutif des foyers, tendance heureuse, effort voulu
qui est à la base de la médication;
c) Réaction locale. Il s’agit d’une sorte d’hyp(j-
dernio-réaction (jui di.sparaît ordinairement eu
quelques jours. On ]>eut exceptionnellement la
voir aboutir à la nécrose si le sujet est (h'jà très
allcrgi([ue. j
Ces réactions diverses appellent ([uehjues com¬
mentaires.
Elles démontrent que si l’allergine est par elle-
même un antigène susceptible de provoquer des
réactions chez tout sujet, fût-il parfaitement sain,
elles n’approchent pas de celles qu’on provoque
chez le tuberculeux.
Qu’est-ce à dire i’
Que l’intensité de la réaction dépend bien plus
du malade que de la substance injectée; en sorte
que, dans la pratique, le foyer tuberculeux étant
le pivot des réactions, ou devra surtout tenir
compte de son siège et de son importance si l’on
veut agir en toute sécurité.
C’est ainsi que la réaction focale, dans une
laryngopathie bacillaire, s’effectuant au niveau
du conduit glottique, pourrait devenir la source
d’une gêne respiratoire accentuée. Chez un pleu¬
rétique à épanchement volumineux, la réaction
pourrait se traduire par une congestion telle que
des accidents dyspnéiques sérieux fussent à
redouter, etc.
Mais c’est chez le pulmonaire surtout que la
réaction focale pourrait devenir scabreuse. Ici
intervient la masse et surtout la surface du foyer
atteint. On doit, en effet, poser en principe, et le
fait est facilement démontrable, que les réactions
sont fonction du volume et surtout de la surface
des lésions. Or, aucune lésion tuberculeuse n’ap-
])rochc comme étendue de celles de la tuberculose
pulmonaire. Le poumon n’est que surfaces. D’où
les précautions spéciales qu’imposent les lésions
de cet organe.
Ces réactions de l’allergine sont-elles un bien
ou un mal ?
La réponse est assez difficile à donner.
La secousse est indubitablement nécessaire.
L’inertie réactionnelle ne ju-ésage que des désas¬
tres. Mais il ne s’ensuit pas (pie le succès se
mesure à l’intensité des réactions. Les réactions
fébriles trop violentes, et surtout trop prolon¬
gées, excédant trois jours, sont à redouter.
Elles témoignent d’une réactivation du foyer qni
a dépassé le but; en sorte que, mal maniée, l’al¬
lergisation peut constituer, comme toutes les
médications actives confiées à des mains impru¬
dentes, une arme à deux tranchants.
C’est pourquoi il serait imprudent de conseiller
telle ou telle dose, tel ou tel rythme dans l’exécu¬
tion d’un traitement réallergisant. C’est au méde¬
cin d’apprécier. Si, iiersoiinellement, nous avons
adopté, par mesure de sécurité, la dose initiale
d’un quart de milligramme avec une cadence d’in¬
jections espacées de trois en trois semaines, il ne
s’ensuit pas que cette règh' soit immuable, bien
qu’elle ait pour base des centaines d’essais, et il
se peut qu’une techniipie meilleure, avec doses
plus fortes et surtout plus serrées, soit (pielqiie-
fois préférable*.
Les multiples réactions provo(pié(»s par l’aller-
gine infligent forcément à l’organisme une cer¬
taine fatigue. Rendant quelques jours, le malade
est pâle et déprimé. Nous avons (h'-jà signalé
l’action él(>ctive de l’allergine sur le myocarde.
Les doses thérapeutiques provoquent une h'gère
hypotension ai-téri(dle transitoire (pii est de peu
d’importance. Elle exige toutefois le repos au lit.
même si la tuberculose est apyrétique.
Tels sont les troubles immédiats, parfaite¬
ment supportables, consécutifs à l’emploi de
l’allergine. Les effets bienfaisants sont plus tar¬
difs. Ils se font sentir dans tous les domaines :
transformation générale, euphorie, amélioration
de toute la série des troubles fonctionnels, mais,
naturellement, la pluj)art des signes physi(pies,
traducteurs de lésions stables, s’éternisent. 11 en
est même d’irréductibles. Mais (pi’irnporte la per-
1. Tel est le fait des lucniiigitiques. De toutes petites
doses ropprocluîes à 72 heures nous ont donné des rés u]-
tnls fort intércssnnts chez ces muliidcs.
356
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
N” 22
distance do cos balaCros si lo su jet osl fonotionnol-
loinonl et ))rali(juonioiil gaiéri i' Un aiiipiilé ii'osl
|)as un itialado.
Colle guérison osl-ollo durable
Avec lo bacille do Koch, ou sérail bien osé
do paider do déliiiitif. La guérison la ])lus solide
ru a|)i)areuco oonuait de terribles réveils. La
durée envisagée osl donc loule rolalive. Il l'aul
|)oser aulreiuoiit la question. Quelle csl la [)orléé,
a trajectoire do rauiélioralion aiueiiéo par une
iciilc injoclioii d’allerg'iuc ?
Très brève. El cela suflil à classer rallorgiuo
lors dos vaccins véritables. Chez la plupart dos
naïades, l’aiuélioraliou initiale ne dure qu’une
piinzaiue de jours. Par la répétition des piqûres,
)n arrive à doubler la durée de la résistance, on
ioric qu’une seule dose luensuelle suflil par la
iuile à son entretien, espaceiueiil (pie l’on accen-
uera progressiveineiil jusqu’au jour de la sup-
iression totale.
\ous conclurons de celle élude (pi’avec l'aller-
pue le niétb'cin possède nu des lueilleurs jiai'iiii
es iiinoiiibrablcs moyens ibérapeuliques (|u’a
luscilés le Iléau lubei'culeiix. El, ce disant, nous
le voulons pas faire de comparaisons ni établir
le ])réémiuence, car, en cette matière, le jdus
;raml éclectisme s’impose. Si le IraileuienI de la
lacillose aiguë toxique, de la lièvre d’invasion
iiédiasliiiale (inipropremenl typbo-bacillose) ap-
larlicnl avant tout à la sérothérapie s])écili({ue,
elui de la tuberculose chronique relève à la fois
:e riivgièue extra- ou iiilrasanaloriale, de la col-
iqisolliérapie et de certaines médications s|)éci-
(|ues. 1 . allergisation est de ce nombre.
Celte ajipellaiion, inélégante mais iuévitabh',
oit servir à singulariser un nouveau qirincipc
c Irailemeul ([u’il nous semble bien diflicile de
lasser autrement, bille nous a jiaru pi'éférable à
elle de toxinolhéi'apic et d'auligéuolbérapie,
iisuflisammeul ex|)licites, préférable à celle de
acciuolliérapie dont ou abuse siiigulièremeut
ujourd'luii, et ipii ne correspond (pi'impai'fai-
•uieul aux améliorations éphémères ohteuims par
i méthode, améliorations qu’on ne saurait com-
arer à l étal réfi'aclaire jeuuéi'ieu.
Le Irailemeul [lar l'allergiiic n'est [las davau-
ige une médication de choc. Ses elfets immédiats
U éloignés, sou eflicacilé, l'cn éloignent complè-
■lucnl. La |)lu|)arl des injeclioiis d’allergine ne
ouneni, eu elfel, aucune des réactions habi-
icllcs de la colloïdoclasie, dont la violence et la
ipidilé, rallurc clini([ue et les elfets hémalolo-
i(|ues sont tout did'érenis. (juaul aux résultats
lériqieuliipies, excellents pour l'allergiiu'. ils
lul néfastes avec, la médication de choc chez les
ibcrculeux, si bien (pie la méthode est aujoui'-
’hui complètement abandonnée eu phtisiologie.
Mais celle assimilation serait-elle jusiiliée
u’elle ne diminuerait en rien la valeur de la
léthode d’allergisation. Qu’importe la théorie
la médication proposée est eflicacc, si, de tous
•s chocs, celui de l’allergiiie est seul capable de
uérir? Qmd (jiie soit donc le nom donné à la
léthode, on peut dire (pi elh- n'a rien de banal
([u’elle [lossède bien une valeur originale et
Par ([uel niécaliisinc ojièi'e l’allergine ?
L'action de l’allergine semble double. Cràce à
•s propriétés auligéni((ues, elle crée par elle-
éme un certain degré d’immunisation, et ce
(■leur n’est pas négligeable; mais un réile anti-
l'mique plus accusé apiiarlieul au foyer tubercu-
ux lui-méme (jui, à u'eii ])as douter, est réveillé
ir l'injection, à la([uellc il riposte par une
■charge de scs poisons. Celle mobilisation crée
le solfie d’aulovaccinalion. de dualité cerlaine-
baeille de Koch ne jicuvenl qu’èlrc supérieures
aux meilleures des préparations artificielles.
Donc, aulo-vaccinatiou naturelle et de bon aloi,
comme en réalisent les maladies infectieuses
non récidivantes, mais autô-vaccinalion difficile
et très lente, parce que la tuberculose ne constitue
pas une eéritablc tnaladic. Elle n’est qu un con¬
sortium de lésions*. Le rôle de l’allerginc est
précisément de mobiliser, de désenkyster, de
généraliser ce qui n’était que local et de faire- que
la lésion deeicnne pour un instant tnaladic.
Au médecin de ne jias li^op forcer la note et de
ne pas dépasser le but.
TECHNIQUE
DE LA RÉACTION DE KAIIN
Par R. DEMANCHE.
Parmi les nouvelles réactions dites « de llocu-
lalion » qu’on tend de plus en plu.s à employer, à
côte de la réaction classique de Bordet-Wasser-
mann, pour le séro-diagnostic de la syphilis, la
I. — Siqiiiorls pour la réaction de Kalui.
réaction de Kahn est particulièrement séduisante
])ar sa simplicité et sa jiromptilude et par la
facilité de lecture de ses résultats. Ces avantages
techniques, joints à une sensibilité cl à une spé¬
cificité qui paraissent ne le céder en rien à celles
des réactions classiques, lui ont assuré un rapide
succès. Présentée en l!)22 au Corps médical amé¬
ricain, elle a été bientôt adoptée comme setde
méthode officielle par le Bureau central des labo¬
ratoires du Service de Santé de l’Etat de Michigan
et elle est employée aujourd’hui aux Etats-Unis,
concurremment avec la réaction de ^^’assermann
ou même exclusivement, par les services d’hy¬
giène de la plupart des Etats et par ceux de
l’Armée et de la Marine américaines. Elle a suscité
un vif intérêt à la dernière conférence interna¬
tionale sérologique de Copenhague (Mai-Juin
1928) et elle commence à juste titre à se répandre
en Europe.
Sans entrer dans aucune considération théo¬
rique sur son principe, nous nous bornerons à
donner un exposé précis de sa technique actuelle,
telle qu’elle vient d’être fixée, après plusieurs
modifications, par son auteur dans un ouvrage
tout récent*.
C’est une réaction de précipitation, non d’opa¬
cification; la précipitation, presque immédiate,
est obtenue, sous l’action mécanique de l’agita¬
tion, au moyen d’une suspension concentrée d’une
solution alcoolique cholestérinée de lipoïdes orga¬
niques dans l’eau salée physiologique, suspension
que nous continuerons avec Kahn à appeler anti¬
gène, malgré l’impropriété du terme. Elle s’ap¬
plique non seulement au sérum sanguin, mais
aussi au liquide céphalo-rachidien, et comporte
deux méthodes, l’une simplement qualitative,
l’autre quantitative.
1. - - Matériel.
A. l.xsTiiD.MliX'i'ATio.x. — 1" Tubcs dits à liéino-
h/sc de 7 cm. 5 de hauteur et 1 cm. de diamètre,
pour la réaction.
2" Tubes à fond plat de ô cm. 5 de hauteur et
1 cm. 5 de diamètre pour la préparation de la
suspension d’antigène; ces tubes doivent être
assez courts et assez larges pour permettre des
transvasements rapides.
8" Pipettes : a) pipettes de 10 eme graduées en
dixièmes de centimètre cube; b) pipettes de
1 eme graduées en centièmes ou en ving¬
tièmes de centimètre cube; c) pipettes capil¬
laires de 0 cmc.2,ô graduées en quatre-ving¬
tièmes de centimètre cube et en millièmes de
centimètre cube.
4° .Supports pour les tubes de réaction,
de 29 cm. de longueur, 7 cm. 5 de largeur,
7 cm. de hauteur, en cuivre oxydé, formés
do trois lames métalliques superposées à
égale distance l’une de l’autre et assemblées
à leurs deux extrémités par une lame verticale.
La lame supérieure et la lame moyenne sont
jicrcées do trous disposés en quinconces sur
trois rangées de 10, mesurant l.") rnm. de dia¬
mètre et distants l’un de l’autre de 25 mm. de
centre à centre ; elles sont destinées à recevoir
et à maintenir pendant l’agitation mécanique les
tubes qui reposent par leur fond sur la lame infé¬
rieure (lig. 1). La disposition en quinconces
permet de voir d’un seul coup d’(eil les trois tubes
de chaque réaction placés en profondeur l’un
derrière l’autre.
5“ Appareil à agitation. Cet appareil du type
courant des tables à agitation peut être d’un mo¬
dèle quelconque. 11 se compose essentiellement
d’un cadre capable de recevoir et d’immobiliser un
certain nombre de supports, trois ou six, et
animé d’un mouvement de va-et-vient par un mo¬
teur électrique (lig. 2). Le seul point important est
qu’il donne 275 oscillations environ par minute
avec un déplacement longitudinal de 8 à 4 cm.
()" Bain-marie, réglé à -|- oG" pour inactiver
les sérums.
B. Réactifs. — 1" Antigène. L’antigène qu’il
serait plus exact d’appeler réactif précipitant, '
afin d’écarter toute assimilation avec la réaction
de Bordet-Uengou, est une solution alcoolique do
lipoïdes organiques cholestérinée. Les détails de
sa préparation dépasseraient les limites de cet
article*. Nous indiquerons seulement que e’estun
extrait alcoolique au T/5 de poudre de cœur de
bœuf préalablement épuisé par l’éther, dans
lequel on fait dissoudre 0 gr. G de cholestérine
par 100 cmc. Cet extrait ainsi préparé, il faut
ensuite le titrer pour déterminer la proportion
exacte suivant laquelle il devra être dilué avec
l’eau salée physiologique pour la préparation de
1. II. L. Kau.n. — Tltc Kahn Test, .-1 jtructienl guide.
The Williams and Wilkins C‘”, Balliinore, Décembre 11)28.
2. Voir, pour la priiparation cl le titrage de l’antigène,
N» 22 LA
la suspension colloïdale (voir plus loin) et au
besoin le corriger après comparaison avec un
antigène étalon en présence de nombreux sérums
connus. Ce n’est qu’après avoir satisfait à ces
différentes épreuves qu’il peut être mis en usage.
Il se conserve d’ailleurs indéfiniment sans changer
de titre, à la température du laboratoire, à con¬
dition d’être gardé à l’abri de la lumière; sous
l’influence du froid, il peut se former un préci])ité
de cristallisation qui se redissoudra facilement
au bain-marie; si les llacons contenant l’antigène
sont bouchés au liège, il faut prendre la précau¬
tion de protéger le bouchon avec une feuille de
])apier d’étain.
2" Srritiii du malade. Le sérum doit être par¬
faitement clair et débarrassé, au besoin j)ar cen¬
trifugation, non seulement des globules rouges
mais de toute particule figurée. Cependant un
léger degré d’hémolyse n’entrave j)as la réaction ;
il en est de même du pouvoir anticomplénien-
taire de certains sérums. Le chauffage préalable
du sérum augmente la sensibilité de la réaction;
on le chauff'era donc ])endant une demi-heure à
-f- .■)()". Si le sérum n’est ])as utilisé de suite, mais
conservé à la glacière, il faudra le réchauffer
pendant dix minutes environ à -f- ofi" avant de le
mettre en réaction.
.'i“ Solution salée de chlorure de sodium chimi¬
quement pur à 0 gr. !) pour 101) eme, dans l’eau
distillée.
11. -- Réaction qualitative du sérum sanguin.
Chaque réaction comporte 3 tubes contenant
des doses décroissantes d’antigène. (In les pla¬
cera l’un derrière l’autre dans le support. II faut
avoir soin de préparer d’avance tout le matériel
dont on aura l)esoin, supports gai-nis de tubes,
sérums chauffés, ])ipetlcs, etc., avant de com¬
mencer la dilution de l’antigène qui est le 1' '' temps
de la réaction.
1“ Prèpavnlion de la suspension colloïdale. —
On mélangera l’extrait alcoolique et l’eau salée
suivant les proportions détei'ininées i)ar le titrage
et (jui sont normalement 1 cnic pour 1 eme 1, en
observant très exactement les précautions sui¬
vantes : a] mesurer 1 eme 1 d’eau salée et l’intro¬
duire dans un des tubes à fond plat indiqués plus
haut ^A, 2'’i ; h) mesurer avec une pipette sèche
1 eme d’antigène et l’introduire dans un autre
tube à fond plat ; c) verser vivement la solution
salée s>ir l’antigène, d'un sc'ul coup, et les mé¬
langer en les transvasant d’un tube dans l’autre
t) à 7 fois de suite, le plus raj)idement possible,
sans attendre que les dernières gouttes soient
tombées. On laissera ensuite mûrir la suspension
|)endant dix minutes, mais on ne. la conservera
])as [)lus d’une demi-heure; en un mol la suspen¬
sion colloïdale est utilisable au bout de dix mi¬
nutes au moins l't trente minutes au plus.
Il ne faut jamais enq)loy(‘r moins cU: 1 eme d’an¬
tigène à la fois pour ([ue le mélange' se fasse dans
(le bonnes conditions; cette (piantilé suffit pour
],■) 20 réactions. Mais on peut ('ii mélanger en
une seule fois de plus gi'andes (piantités avec les
(pianlités eorrespondanles d’eau salée, à condition
toutefois (pie l’on ait le temps d’utiliser la totalité
(lu mélange dans la (b'mi-heure qui suit.
2" lléparlilion de la snsjyension colloïdale. -
Agiter la suspension de manière à la rendre ho¬
mogène et la répartir à raison de 0 eme 05 dans
tous les tubes de la jiremière rangée, 0 eme 025
dans ceux de la jdeuxième rangée et 0 eme 0125
dans ceux de la troisième rangée. t)n se servira
]tour la ])f('mière rangée de la })ipette de 1 eme
divisée en centièmes (!(> centimètre enbe et ])onr
ceux de la denxièi . t de la troisième rangée de
la pipette capillaire spéciale de 0 cm ■ 2 divisée
en quatre-vingtièmes de centimètre cube et dont
clnnpie division e()rres])ond i'i 0 eme t)125. 11
faudra jn’eiidre la précaution d’introduii’e la pi¬
PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
357
pette jusqu’au fond du tube, car de si petites
(piantités de suspemsion d('j)osées sur la paroi du
tube risqueraient de se dessécher avant d’attein-
dr('lefon(i.
3“ Répartition du sérum. — Les sérums seroîil
distribués le jiliis ti’it possible après la répartition
de l’antigène jionr éviter l’évaporation de (•(' der¬
nier. On procédera par séi’ies de 10 ou 20 réac¬
tions au plus; (jnand on doit fair(' un très grand
nombre de réactions, il est bon d’avoir nn aide
(pii disli'ibne les sérums au fur et è mesure de la
réjiartition de raritigène. Cette dislributiim, à la
différence de celle de l'antigène, se l'iiit dans le
sens de la profondeur du support, à la dose de
t) eme. 15 d’un même sérum dans ehacun des trois
tubes placés l’un derrière l’autre (pii eoiiqioseiit
la réaction, tjuand un sujiport est entièrement
garni, on le secoue pendant (piehpies secondes
])Our bien mélanger; on jieul attendre ensuite])our
le soumettre à l’agitation métho(li(pie. t)n voit
que les projiortions de sérum et d'antigène sont
respectivement de 1/3, 1/Oet 1/12 dans ehacun des
trois tubes de la réaction.
û" Contrôles. l)an.scha([ue série de réactions,
il eonvienl d'introduire un sérum jiositif et un
séi'uni négatif connus et même de faire une réac¬
tion sans sérum sanguin en ajoutant simplement
à ehaeune des trois doses d’antigène 0 eme 15
d’eau salée. Il faudra en outr(' vérifier ([ue les
sérums qui auront donné un résultat jiositif ne
contiennent ni cellules, ni jiarticules figurées
pouvant prêter à erreur; en cas de doute, on
diluera 0 cnn; 1 de sérum avec ü eme 3 d’eau
salée et on agitera; si on découvre alors la moin¬
dre trace de précijiité, on centrifugera à nouveau
le sérum et on recommeneci'a la réaction.
5" Afiitulion. - L’agitation a poui' effet d'ac¬
tiver et de faciliter la floculation, surtout avec les
sérums faiblement positifs. Le rythme le plus fa¬
vorable est de 275 oseillalious environ par minute,
avec un déplacement de 3 à 4 eme ; au delà de
3()t) oscillations, les particules du lloculal tendent
à se désagréger et la lecture devient difficile. Les
sérums fortement positifs floculent (b'jà au bout
d(' (pK'hpies secondes; une durée de trois minutes
est prati(]nement sulfisante pour tous les sérums;
mais elle jieut être dépassée sans ineonvénienl.
L’agitation manuelle peut suffire, si l’on n’a (|uel-
(pies examens à faire; on se conformera autant
(]ne jiossible aux conditions indiquées ; on peut
la diviser en trois ])ériodes d’une minute séiiarées
par un court int('rvalle de repos. L’agitation au-
t()mati(pie est de beaucoup préférable ; elle est
indispensable, si on a un grand nombre de sérums
à examiner; la machine assure une rigneui' de
techni(pie beaucoup jilus grande et jiermet d’agiter
en une seule fois de 30 à 00 sérums. Dans tous les
cas, il faut s’assurer que les secousses- sont assez
brusques jiour bien agiter le contenu des tubes
lui-même.
0" Addition de la solution salée. Ajirès avoir
retiré les siqijiorts de la machine à agiter, on
Technique de la réaction de Kahn arec contrôles.
Ul-A.Ô-.ON
11
coMUOl.i:
III
IV
Kl.'iUDnls
rônclion
j|
ji
|l
lî
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II
II
1
1 ' Mngri' .
or.
0,025
tt,05
0 , 1 5
o,oi2r.
0,02.5
0,1.5
o.U.
0.01 ‘2.5
0,1.5
0.1,5
Agiter pcmhint irois ninnilcs.
Ajfnitoi’ : ( 1 nne dans los luhcs de lu rnn|;i*o.
<*nu saltM'. / 0 nnr 5 dans les tabes de la "2' ranj^tM*.
ajoute 1 eme d’eau salée à 0,85 p. 100 dans tous
les tubes des premières rangées et 0 eme 5 dans
tous ceux des deuxièmes et troisièmes rangées et
on secoue pendant (piehpies secondes pour mé¬
langer.
7“ Lecture des résultats. — Elle peut se faire
aussitôt après l’addition de la solution saline. Si
on utilise la lumière du jour, il est nécessaire d('
n'avoir dans la jiièee où l’on travaille (pi’une
seule source de lumière devant laquelle on se
placera, en jireiiaiit même la jiréeanlion de mas-
(pier les iiarlies supérieure et inférieui-e de la
fenêtre; on m* eonservera (pi’une bande de lumière
devant laipielle on jiréseiitera les siqijiorts. Les
réaelions |■ranchemenl positives ou négatives
])euvent ainsi être immédiatement différenciées
sans sortir les tubes du support. Pour les réac¬
tions faibles ou douteuses, il faut examiner eha-
(pie tube séparément en l’élevant au-dessus des
yeux et en l’inclinant de manière à observer une.
eouelie mince de liipiide. On se trouvera bien de
recourir au grossissement au moyen soit d'une
lentille biconvexe à court foyer, soit de préférence
d'un jietil miroir concave, miroir de mieroseope,
au-dessus diupiel on inclinera jiresipie horizonta¬
lement le tube de manière à voir son image réflé*-
ehie et grossie. Il n’est pas nécessaire d’employer
un agglulinoseojie. Il faut prendre garde (pi’un aji-
[lareil grossissant trop ]niissant peut induire en
erreur, en montrant dans le sérum les granulations
colloïdales (pii s’y trouvent normalement. On se
limitera autant (pie possible au iiroeédé de lecture
que l’on aura une fois choisi. Les mêmes précau¬
tions sont à observer iiour la lecture à la lumière
artificielle; on peut enqiloyi'r l’iiii (liieleonque des
appareils eoiistriiils pour observer la floculation
et (pii consistent dans une boîte enfermant une
ampoule électriipie et jiercée d'une seule h-iile
au-dessus de laipielle on ]daee le tube.
8" dotation des résultats. t )n distingue |)lii-
sieurs type de réaetioii :
-1 — 1-++ |>i'éeipité formé de granulations
nettement distinctes, visibles à l'exanien direct et
sns])endues dans nn liipiide clair ou sinqilement
o|)aleseent ;
-| — j- granulations encore netlemenl visibles
à rexanien direct du tube en Jilace dans le sup¬
port, mais ee|iendanl moins distinctes et plus fines
(pie dans le cas iirijeédeiit ;
fines gramilations sus])endues dans un
liipiide légèrement trouille et visibles seulement
à rexamen individuel du tube placé obliipiement ;
-j- très fiiK's et nombreuses granulations, en
forme de |)()ussière flottant dans un liipiide
Az granulations à peine visibles : on remaripie
surtout l’aspect louche du liipiide;
- I réaction négative), liipiide transjiarenl et
ojialeseent libre de toute jiartieule figurée. Dans
le sup])oi't, les tubes négatifs se distinguent facile¬
ment des tubes faiblement positifs à cause de
l’aspect lou(,-he de ces derniers.
9° Interprétation des résultats. ■ Le résultat
final de chaque réaction est la moyenne des ré'-
snllats obtenus dans chacun des trois tubes, les
résultats douteux étant comptés comme négatifs.
Ces résultats partiels ue sont en effet jias tou¬
jours identiques à cause de la dilférenee des jiro-
portions de sérum et d’antigène. ,\vee les sérums
fortement positifs, la floeulation est également
intense (-j- -f- -j-) trois tubes, mais le
jiréeipité est jilus abondant dans le [iremier à
cause de la ])lus grande (piantité d’antigène (pi’il
contient. Avec les sérums faiblement jiositifs, la
floculation est |)lus faible ou même nulle dans h-
premier tube jiaree (pi’uii excès d’antigène, jiar
rapport aux substances floculables, empêche la
floculation et c’est dans le deuxième ou le troisième
tube (pie la réaction est le plus nette. Kxception-
iii'lleiiient, on observe (h's réactions atypiipies
dans lesipielles la lloenlation est plus intense
358
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
N» 22
dans le premier tube que dans les deux autres; il
est |)réfL'rabIe de les recommencer.
Kahn a donné le tableau suivant pour l’inter¬
prétation des résultats de sa réaction en indiquant
la concordance avec la notation adoptée à la der¬
nière conférence sérologique internationale de la
Société des Nations (Copenhague, 21 Mai-4 Juin
1!)28) :
dispose i)as d’une assez grande quantité de sérum
pour faire la réaction à 3 tubes, on utilisera de
préférence les deux derniers ou même le dernier,
j)arce <[ue c’est dans ceux-là seulement (jue les
sérums à faible i)otentiel syphiliticpie donnent une
réaction positive.
III. — Réaction quantitative
du sérum sanguin.
La technique ordinaire à 3 tubes permet bien
de distinguer quelquiîs degrés dans l’intensité de
la réaction. Mais cette distinction est vite limitée
par la désignation -f- -4- + qui «ert à noter
toutes les réactions fortement positives. La mé¬
thode quantitative a pour objet de mesurer la
(piantité de réagine contenue dans les sérums po¬
sitifs et de l’exprimer en unités de réaction (unité
de Kahni. Deux procédés peuvent être employés
pour y parvenir : on peut augmenter progressi¬
vement les doses d’antigène, la quantité de sérum
restant constante, et déterminer la dose limite au
delà d(' laquelle l’excès d’antigène empêche la
lloculation; on peut inversement, par la méthode
des dilutions, mettre des quantités de plus en plus
faibles de sérum en présence d’une dose constante
d’antigène et chercher quelle est la plus petite
([uantité de sérum ([ui donne un préci[)ité nette¬
ment défini en présence de cette dose. C’est ce
dernier procédé que recommande Kahn. Il a
l’avantage de n’exiger qu’un très petit volume de
1" Dc/inition de l'imité de réaetion. — L’e.xpé-
rience a montré que la proportion volumétrique
d’antigène et de sérum pur ou dilué la plus favo¬
rable pour cette recherche est de 1 : 15. On admet
(ju’uin' réaction franchement positive obtenue
dans ces cmiditions correspond à 4 unités. Si le
sérum a été employé pur, on dira qu’il contient
4 unités. S’il a été dilué, il suffit de multiplier 4
par le nombre exprimant le taux de la dilution
pour connaître le nombre d’unités qu’il contient.
2" Dilution du sérum. — Le sérum préalable¬
ment centrifugé et chauH’é, on en prépare avec de
l’eau physiologique une série de dilutions de
taux progressivement croissant jusqu’à 1/60,
d’ajirès le tableau suivant :
3“ Pratique de la réaction. — Elle se fait
comme la réaction qualitative, mais avec 8 tubes
au lieu de 3 pour chaque sérum. La suspension
collo’idale se prépare et s’emploie comme nous
l’avons déjà indiqué ; cependant il est avantageux
d’en modifier un peu le titre afin de la concentrer :
par exemple, 1 cnic -)- 1 eme au lieu de 1 eme
-)- 1 eme 1. On en dépose 0 eme 01 au fond de
chacun des 8 tubes. Puis on ajoute 0 eme 15 de
chacune des huit dilutions de sérum en commen¬
çant par la jilus étendue. On agite pendant trois
minutes et on verse 0 cnic 5 d’eau salée dans tous
les tubes.
4" Leeture et ealeul dos unités. — On ne tiendra
compte que des résultats nettement positifs et on
cherchera quelle est la dilution la plus étendue de
sérum qui donne un semblable résultat ; le
nombre des unités est égal à 4 fois le taux de celte
dilution. Si le sérum donne encore un résultat
positif à la dilution de 1/60, il faut essayer des
dilutions encore jtlus étendues jusqu’à ce qu’on
obtienne un résultat négatif.
IV. — Réaction qualitative
du liquide céphalo-rachidien.
Seuls les liquides céphalo-rachidiens très riches
en réagines syphilitiques sont susceptibles de
donner directement une réaction positive. Dans
la pratique courante il faut concentrer jtréalable-
ment leurs globulines qui sont vraisemblablement
le support des réagines. Le principe de la réac¬
tion est d’ailleurs le même ejue pour le sérum
sanguin, mais il faut employer un antigène spé¬
cialement titré. Chaque réaction ne conq)orte
(pi’un seul tube.
1° Coneentration des globulines. — Introduire
dans un tube à centrifuger conique 3 eme de
liquide céphalo-rachidien parfaitement clair, puis
2 eme d’une solution saturée de sulfate d’ammo¬
nium chimiquement pur. Placer au bain-marie à
-(- 56“ pendant quinze minutes. Aspirer aussi
complètement que possible le liquide surnageant
avec une pipette effilée. Ajouter 0 eme 3 d’eau
salée physiologique en plongeant la jiipette au
fond du tube et en agitant doucement pour redis¬
soudre la globuline. La solution ainsi obtenue est
10 fois plus riche en globuline que le liquide
primitif.
2“ Préparation et mesure de la suspension col¬
loïdale. — Procéder comme pour la réaction qua¬
litative du sérum sanguin en tenant compte du
litre spécial de l’antigène. En déposer 0 eme 01
au fond d’un tube au moyen d’une jupette de
0 eme 2 divisée en millièmes de centimètre cube.
3" Mesure de la solution de globuline. — En
verser 0 eme 15 dans le tube de réaction ; secouer
pour mélanger.
4“ Contrôles. — Introduire dans chaque série
de réactions up liquide jtositif et un liquide né¬
gatif côijn.tls, ^’érilier que les solutions de globu¬
line ne contiennent aucune particule figurée.
5" Agitation. — ■ Trois minutes au rythme de
275 oscillations jtar minute, comme j)lus haut.
0“ Addition d’eau salée. — 0 eme 5 d’eau salée
physiologique dans tous les tubes.
'7“ Lecture des résultats. — Un floculat bien
distinct suspendu dans un liquide clair est noté
; les réactions] plus faibles sont dési¬
gnées par les signes -j- + +. 4" +> H"’
Y. — Réaction quantitative
du liquide céphalo-rachidien.
Cette réaction, comme la réaction correspon¬
dante du sérum, est basée sur l’emploi de dilu¬
tions de taux progressivement croissant du
liquide à examiner et la détermination du jtlus
jtetit volume de ce liquide capable de donner une
réaction positive en présence d’une quantité con¬
stante d’antigène.
1“ Dilution des globulines du liquide céphalo¬
rachidien. — On jtrendra comme point de départ
la solution concentrée de globuline jiréparée pour
la réaction qualitative et on en fera avec de l’eau
jihysiologique une série de dilutions à 1/5, 1/10,
1/15, 1/20 et au delà s’il est nécessaire :
N° 1. 1 Solution pure de globuline.
N“ 2. 5 0 eme 15 de lu solution
de globuline (u"l) -P Oeme 6
N» 3. lü 0 eme k de lu dilution n" 2 -f- 0 eme 4
N« 4. 15 0emc2 Id. ii” 3 0 eme 1
N" 5. 20 0 cinc2 Id. ii" 3 -j- 0 eme 2
Il faut remarquer que le liquide céjthalo-rachi-
dien normal équivaut à la dilution au 1/10 (n“ 3)
de la solution concentrée de globulines et, ajtrès
addition de la moitié de son volume ou de son
volume d’eau salée, aux dilutions au 1/15 (n“ 4)
ou au 1/20 (n“ 5).
2“ Pratique de. la réaction. — Elle se fait de la
même façon que la réaction qualitative, au moyen
de 5 tubes. On déjtose au fond des tubes 0 eme 01
de la su.sjîension collo’idale d’antigène, puis
0 eme 15 de chacune des dilutions de globuline,
en commençant jiar la jdus étendue. On soumet à
l’agitation jiendant trois minutes et on ajoute
0 eme 5 d’eau salée. . ,
3“ Lecture des résultats et calcul des unités. —
On ne tient comjtte que des résultats franchement
jtosilifs (jirécipité nettement visible dans un
liquide clair) et on note le taux de la dilution la
plus étendue qui ait donné un tel résultat. Si on
admet que ce résultat correspond à 4 unités, il
suffit de multijilier 4 jiar le chilîre exjirimant le
taux de la dilution jiour obtenir le nombre d’uni¬
tés du liquide céjihalo-rachidien ; celles-ci ne, cor¬
respondent pas d’ailleurs à celles du sérum san¬
guin, mais sont 10 fois jilus petites, jtuisque les
réagines du liquide ont été jiréalablcment con¬
centrées 10 fois.
MOUVEMENT THÉBAPEUTIQUE
LE MORHIlüiTE DE CUIVRE COLLOÏDAL
DANS LE
TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
On ne saurait présenter avec trop de prudence
un nouveau médicament de la tuberculose pulmo¬
naire. Si nombreux sont ses pareils, dont le sou¬
venir s’est évanoui avec le caprice de la mode, ou
dont les désastres seuls survivent dans la mémoire
des médecins ! Tous les phtisiologues ne sont-ils
pas d’accord, d’ailleurs, pour remarquer que les
tuberculeux tolèrent jiarticulièrement mal toutes
les drogues ? Et ne risque-t-on pas, en accordant
à ces malades le traitement médicamenteux qu’ils
attendent du médecin, et qu’ils lui réclament
parfois, de leur masquer l’importance primordiale
de la cure hygiéno-diétitique, que rien ne saurait
remplacer ?
Cependant il ne faudrait peut-être pas laisser
se figer dans une rigidité excessive le dogme qui
frappe de suspicion toute thérapeutique médica¬
menteuse de la tuberculose, et qui exclut toute
N» 22
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
659
proscription pharmaceutique d’une ordonnance
de tuberculeux bien faite.
Le jour où la discipline du repos et de l’aéra¬
tion pourra être appliquée à temps et pour un
délai suffisant à tous les tuberculenix, le médecin
ac(pierra plus d’assurance et plus d’autorité pour
leur aflirmer qu’elle constitue la seule planche de
salut. Malheureusement, combien de tuberculeux,
qui ne sont pas justiciables du pneumothorax, et
qui ne peuvent ni ne savent appliquer par eux-
mémes les règles do vie indispensables, attendent
des mois le placement sanatorial demandé, et
perdent le contact nécessaire avec le médecin, s’ils
ne sont pas tenus en haleine et en confiance par
une thérapeutique méthodique ! Ll combien d’au¬
tres se refusent d’emblée ou se dérobent après
i-oup au placement nécessaire ! Faut-il leur en
vouloir de leur fâcheuse décision, au point de les
abandonner purement et simplement à toutes les
entreprises cliarlatanesques qui les guettent ?
Les médications pharmaceutiques de la tubercu¬
lose gardent donc, à notre avis, une place, jusqu’à
présent modeste, mais légitime, dans la pratique
médicale, et il est indispensalile que le médecin
connaisse les princijjales d’entre elles, et sache du
moins distinguer celles qu’il faut condamner for-
mellem.ent, et celles'qui ne font pas de mal, ou
qu’on a même quelques raisons de croire utiles.
A
Il y a quelques années, J. Rouillard ‘ a mis les
lecteurs de La Prasne Medicale au courant des
essais qui ont été entrepris, aux Indes anglaises,'
en 1911), par Léonard Rogers, pour applicjuer, à
la lutte contre le bacille de Koch, les médica¬
ments qui lui avaient donné les succès les plus
intéressants contre un autre a<’ido-résistant, le
bacille de la lèpre : d’une part, l’huile de chaul-
moogra et ses constituants gras : gynocardates et
liydnocarpates, d’autre part les savons de consti¬
tution très voisine, que peuvent donner les
acides gras non 'saturés extraits de l’huile de foie
de morue, et dont les principaux sont l’acide
morrhuiciue et ses dérivés. Ce sont ces derniers,
les ])lus solubles, les moins toxiques, les moins
irritants, et par suite les plus faciles à utiliser en
injections sous-cutanées, intramusculaires on
intraveineuses, qui ont été le mieux étudiés.
De nombreux auteurs, entre autres Muir, colla¬
borateur de Rogers, Knowles, Gunguli, Riesen-
thal, Tcwksbury, Rcelkc, John Hume, Lloyd,
avaient obtenu, grâce aux morrhuates de soude,
des statistiques encourageantes chez les tubercu¬
leux pulmonaires. iMuir, .Mawsonet Fry, Rundle,
Caleb Davies, Briesley, Cochrane, rapportaient
également des statistiques plus ou moins favora¬
bles concernant des tuberculoses chirurgicales.
Le morrhuate de soude était employé en solu¬
tion phéniquée à 3 pour 100, selon la formule de
Rogers, à des doses progressives de 0 eme 1 à
1 cmc.
Cependant d’autres auteurs étaient moins
enthousiastes; ^yingfield, Kelynack et Paterson,
Ross Owen, Fenw'ick et Watson, ne retiraient de
leurs essais qu’une impression de doute, sans
aucune conclusion positive. De plus, de l’aveu
général, le morrhuate de soude n’était pas .sans
inconvénients sérieux : injections douloureuses,
provoquant une irritation locale pénible et per¬
sistante, quelquefois accès de lièvre, et surtout
réactions focales. Ces dernières risquaient
d’être particulièrement redoutables chez les
tuberculeux pulmonaires, et exigeaient évidem¬
ment la plus grande prudence. Ou comprend
donc que la plupart des phtisiologue.s, malgré
l’intérêt de la nouvelle médication, aient préféré
1. J. Rouili-auii. — « Ghaulinoogrutes et morrhuates
(le soude. Leur emploi dons le traitement de la lèpre et
de la tuberculose n, La Presse Médicale, .Novembre
s’abstenir, ou aient interrompu assez rapidement
leurs essais.
Kn 1924, A. Grigaut et A. ’l'ardieu proposaient
de remplacer le morrhuate de soude par le
morrhuate d’éthyle, qui s’en distingue par sa
faible solubilité dans l’eau : présenté en solution
huileuse, cet éther a l’avantage d’être moins alté¬
rable que le morrhuate de soude, d’être absorbé
plus lentement, et, par suite, de pouvoir s’admi¬
nistrer à doses plus fortes sans déterminer de
réactions vives, ni locales, ni générales, ni
focales ; les doses de 2 à 4 cmc de la solution à
2r) pour 100, en injections sous-cutanées ou intra¬
musculaires, pouvaient être tolérées facilement
tous les deux jours, ou même tous les jours, l ue
solution très analogue, additionnée d’un peu de
goméuol, pouvait être supportée en injection intra-
trachéale, à la dose de 0 à 10 cmc, et c’est là un
mode d’administration qui peut paraître sédui¬
sant pour qui s’efforce de porter le médicament
au contact même des lésions pulmonaires <ju’il
s’agit de combattre.
Déjà expérimenté aux Indes anglaises par
Rogers et Muir, (pii avaient remarqué ses avan¬
tages, le morrhuate d’éthyle l’a été plus large¬
ment en l'’rance jiar Caussade, Tardieu et Gri¬
gaut, par P, RenaultetJ, Richard, par J, Remet,
:M, âlinvielle et M. Pomaret, par C, (ioll)ert et
G. (ihatard (de Bordeaux) ; au Chili par G. Cor-
balan TrumbulL
Les auteurs ([ui le recommandent vantent sur¬
tout son action antithermique, spéciale à la fièvre
des tuberculeux, ses propriétés cardiotoniques,
qui se retrouvent chez le malade comme chez
l’animal en expérience, enfin l’amélioration des
statistiques, de la courbe thermique, des signés
radiologi([ues, la diminution du volume des cra¬
chats, et quehpieiois iiu'une la disjiarition des
bacilles de Koch,
Mais les instigateurs du traitement par le nior-
rhuate d’éthyle plaidaient, en même temps, en fa¬
veur des injections intratrachéales par la technique
sus-glottique simplifiée de Mendel. Les criticjues
dont la précision de ces dernières a été l’objet,
en particulier à propos du lipiodolo-diagnostic
bronchique, ont sans doute fait indirectement
quelque tort aux injections de morrhuates en
France,
Par contre, la thérapeutique morrhui(iue a
acquis, sous une forme un peu dilférenle, une très
grande vogue chez nos amis del’.\mérique latine :
chez eux, c’est le morrhuate de cuivre qui est
utilisé en solution colloïdale,
• Les sels de cuivre (acétate, phosphate, sulfate,
cyanure, composés colloïdaux associés ou non à
l’iode ou à des lipoïdes) ont été utilisés de longue
date en thérapeutique, et en particulier contre la
tuberculose. Recommandés dès 1818 par Kochlin
contre la scrofule et contre la phtisie, ils ont été
souvent utilisés depuis lors, en particulier en
Angleterre, en Alh'magne où les exjtériences
encourageantes de la comtesse von Linden sur
le cobaye ont éveillé les espoirs, au Japon, en
Italie et en France même (Soulier et Dumoulin,
Rénon et Mignon),
Au Brésil, les sels de cuivre avaient été essayés
par Cardoso Fontes, par Orlando Rangel, par
Chunente Ferreira dans la tuberculose, lorsque,
en 1920, Paulo Seabra prépara, en solution col¬
loïdale, un sel de cuivre de l’acide carj)otro-
chicjue, dont les bons résultats dans la lèpre ont
été déjà signalés ici même par J, Goelho',
En 1924, P, Seabra eut l’idée de j)réparer le
1. J. CoEi.iio. — « Le cari)oli'oebe brusiliensis dans le
Irailenienl de la lè])re ,i. La Presse Médicale, 'li Octobre
sel de cuivre de l’acide morrhuique dans des
conditions analogues, afin de l’essayer dans la
tuberculose pulmonaire. La préparation a étc-
l’objet de nombreuses publications élogieuses au
Brésil où elle est devenue d’un usage courant
dans les sanatoria et dans les dispensaires, et elle
se ré})and en Uruguay et en Argentine.
Les relations que nous avons consultées à ce
sujet sont celles de Eduardo Meirelles et de
A. Pamplona, de Salgado Lima, de Xascimento
Gurgel, de k’ernando D. Gomez .de )Montevideol,
de Joao Pecegueiro, de Geminiano .Vives Pereira.
Luiz Faria, llildegardo de .Noronha, Ferreira
de Amaral, Portella Soares, Cançado Filho,
Alcino Roiigel, Dionisio Ceiajueira, Glemente
Ferreira ont également partieij)é à rex})érinien-
tation.
Tous ces auteurs, sans aller juscpi’à prétendre
qu’ils tiennent en main un médicament spécifi([ue
de la tuberculose, sont fermement convaimms de
l'efficacité des cures qu’ils ont poursuivies, et ils
manifestent souvent même leur satisfaction avec
un réel enthousiasme.
Gette unanimité, de la j)art de [(htisiologiies
réputés et de médecins instruits, ne laisse ])as
d’être impressionnante, Gependant, il reste diffi¬
cile de dégager une impression personnelle bien
assise des documents publiés, si dignes qu'ils
soient de l’attention la j)lus minutieuse.
Lorsqu’il s’agit du traitement de la tuberculose
pulmonaire, on se trouve toujours aux pi’ises
avec les mêmes difficultés d’appréciation.
Si l’on étudie des observations isolées de tuber¬
culeux améliorés mi guéris a])rès un traitement
(pielconque, si précises et si détaillées ([ue soient
ces observations, il est rare qu’on ne puisse ])as
leui' opposer des observations analogues, dans
lesquelles la guérison s’est produite sjjontaiu’-
Si l’on étudie des statisticjues, on a grand
peine à tenir compte du mode de classification
des cas, et des conditions dans lesquelles s’est
faite la sélection des malades.
De plus, il faut bien prendre garde cpie, pres¬
que toujours, la cure médicamenteuse est associée
à une cure hygiéno-diététique, à laquelle on ne
saurait refuser une ])art importante dans le rc'-
sultat obtenu.
Enfin, l’euphorie et la suggestibilité bien con¬
nues des tuberculeux empêchent de tenir un
compte important des améliorations purement
subjectives, et même de la plupart des signes
fonctionnels, et nous obligent à restreindre l’en¬
quête à des signes objectifs très précis, tels (pie
la fièvre, l’étendue radiologi(jue des lésions, la
présence des bacilles de Koch,
Le test le plus précis est la présence des ba¬
cilles dans les crachats. Voici comment se résu¬
ment à cet égard les statisti(pies les ])lus ex])li-
cites des tuberculoses ouvertes.
Tiiliortulost's
ouvorlfK
liispjinfiiin
dus H. K.
is
12
1;
Pniiiplona .
F. D. Gomez .......
51
IS
Le pourcentage des tiibereuloses ouvirlis,
dans lesquelles les bacilles de Koch ont dis])aru.
serait donc de 35 pour 100.
Mais il faut remarquer (pi’aucune de ces sta¬
tistiques iK' permet de faire clairement le dépar¬
tage des formes ulcéro-caséeuses et des formes
fibreuses. Beaucoup d’entre elles ne permettent
pas de juger non jdus si la disparition des ba¬
cilles de Koch a été coiitiaïlée à jdusieurs re¬
prises, et si elle s’est maintenue longtemps.
360
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
N» 22
Peceguciro, Pereira relatent la disparition des
bacilles dans leurs observations, mais sans don¬
ner de pourcentages.
L’action sur la fièvre paraît souvent plus
fréquente et plus rapide. Tous les auteurs la
signalent coininc la manifestation généralement la
l)lus précoce de l’action du médicament. Les sta¬
tistiques en font foi.
Tuborculosos
fébriles
do la iiùvro
13
28
7
3
.
. . .
45
35 1
Mais, si l’on veut apprécier sainement ce pour¬
centage de 78 j)our 100, il faut ajouter que la sta¬
tistique de Salgado Lima comprend beaucoup de
cas de « tuberculoses fermées », qui n’ont pas
lait leur preuve bactériologique. 'Fous les auteurs
s’accordent à distinguer la fièvre d’évolution ba-
cillaii-e, — sur laquelle le médicament agit, —
de la fièvre de suppuration cavitaire, qu’il ne
saurait modifier.
La régression des signes radiologiques n’a été
envisagée dans aucune statistique. Mais plusieurs
auteurs la signalent, et le regretté Nascimento
Gurgel l’illustre dans des figures très nettes. Il
manque, malheureusement, à son observation, la
signature bactériologique de l’infection tuber¬
culeuse.
Toutes les statistiques et de nombreuses obser¬
vations mentionnent en outre la disparition ou
l’atténuation de la toux, de la dyspnée, des sueurs,
des signes physiques, l’amélioration du poids, de
l’a])pétit, de l’état général.
Les résultats d’ensemble sont appréciés de la
manière suivante :
Parmi les observations, nous résumerons l’une
des plus intéressantes, celle de Geminiano Alves
Pereira.
11 s’agit d’un homme de 3.'5 ans', qui était en
traitement, en Juin 1925, depuis quatre mois, en
sanatorium, pour une tuberculose pulmonaire de
type ulcéro-caséeux, avec expectoration purulente
abondante, sept bacilles en moyenne par .champ
dans les crachats, et un épanchement séro-puru-
lent de la base droite, déjà évacué [)ar plusieurs
ponctions. Les accidents avaient débuté cinq
ans auparavant, par des accidents respiratoires
mal déterminés, qui s’étaient réveillés à diverses
reprises. La poussée évolutive actuelle avait dé-
Imté à la manière d’une pneumopathie aiguë. La
toux, la dyspnée déprimaient beaucoup le ma¬
lade. L’état général était mauvais, l’appétit mé¬
diocre. La température buccale oscillait entre 3fi"5
le matin et 37"8 ou 38" le soir. La cure sanatoriale
paraissait n’avoir aucune influence sur les dilfé-
rents symptômes, et en particulier sur la fièvre.
Le traitement par le morrhuate de cuivre col-
lo'idal fut commencé le 1(1 Juin, sans que rien eût
été changé, par ailleurs, dans le règlement de la
cure. Dès le deuxième jour, la fièvre commen¬
çait à baisser, et, le huitième jour, la tempéra¬
ture était normale. L’apyrexie s’est maintenue
depuis lors. L’état général s’est modifié rapide¬
ment; l’appétit a reparu; le poids est monté de
53 à 58 kilogr. en deux mois; les signes physi¬
ques, tant pulmonaires que pleuraux, ont disparu
peu à peu; les crachats sont devenus de moins en
moins abondants, et les bacilles de Koch s’y sont
montrés de plus en plus rares lors des examens
successifs qui ont été faits depuis Août 1925 jus¬
qu’en Juillet 192C.
En Septembre 192(5, après plus d’un an de trai¬
tement morrhuique associé à la cure hygiéno-dié-
tétique, l’examen des crachats était négatif, et ce
résultat se maintient depuis plus d’un an. Le
malade a repris complètement son métier de
commerçant, et ses lésions paraissent cicatrisées
aux rayons X.
■ Le morrhuate de cuivre collo'idal a été beau¬
coup moins employé en dehors de la tuberculose
pulmonaire. Pamplopa rapporte cependant 2 cas
favorables à son emploi dans des adénites bacil¬
laires ; Gaviao Gayago s’en est servi avec succès
dans le traitement du lupus; J. Wenceslau Junior
dans la tuberculose rénale. P. 1). Gomez a con¬
staté que, chez ses tuberculeux pulmonaires, les
lésions laryngées ou rénales n’empèchaient pas
l’action heureuse du médicament.
Enfin Aresky Amorim a préconisé récemment
la solution collo'idale de Seabra pour les injec¬
tions modificatrices dans les abcès froids gan¬
glionnaires ou ossifluents. Il se félicite, en parti¬
culier, de la cure d’une coxalgie, obtenue en quatre
mois, après injection de morrhuate de cuivre
dans un ganglion suppuré.
Si les appréciations élogieuses des auteurs que
nous avons consultés paraissent unanimes au
sujet de la solution collo'idale de P. Seabra, un
certain flottement persiste concernant sa poso¬
logie.
Tout d’abord nous ignorons la concentration
exacte du produit actif. En tout cas, la nature
eolloi'dale de la solution permet de penser que
cette concentration est bien inférieure à celle des
solutions huileuses de morrhuate d’éthyle, qui
sont en usage en France.
La plupart des auteurs ont soigné leurs ma¬
lades par injections intramusculaires à la dose de
2 eme tous les deux ou trois jours, en commen¬
çant par quelques doses plus faibles, afin de tâter
la susceptibilité, et d’éviter les réactions trop
vives. Les injections sont continuées par cures
d’un mois, séparées par des intervalles de dix
jours. . ■
Cependant certains auteurs trouvent suffisant
jiour l’effet thérapeutique, — et plus prudent
pour éviter les réactions focales, — de se con¬
tenter d’un centimètre cube tous les deux jours
(l)ionisio Cerqueira, Clemente Ferreira).
D’autres, au contraire, ont été jusqu’à 5 eme
par injection. F. 1). Gomez utilise même, le plus
ordinairement, les injections intraveineuses à la
dose de 2 à 4 eme, et il a pu injecter, ehez cer¬
tains malades, 10 cmc. sans observer plus de
réaction que par les méthodes habituelles.
Ces réactions semblent peu importantes, et
généralement sans gravité. Mais tous les auteurs
les mentionnent. Elles se limitent presque tou¬
jours à une légère élévation thermique le soir
de l’injection. Cependant plusieurs médecins
reconnaissent que la prudence s’impose, — du
moins dans le do.sage, — dans les formes conges¬
tives ou hémoptoïques (Dionisio Cerqueira,
Geminiano Alves Pereira).
Le mode d’action, du inédicament reste pure¬
ment hypothétique.
P. Seabra pense que le collo'i'de cuivrique
adsorbe d’une manière élective les toxines tuber¬
culeuses, et il recommande d’injecter son produit
au moment même de l’élévation thermique.
D’autres croient à l’influence des huiles non
saturées de l’huile de foie de morue sur la teneur
du sang en lipase, et accordent un certain rôle à
cette dernière dans la lutte contre le bacille de
Koch, dont elle serait capable, in vivo, d’attaquer
l’enveloppe ciro-lipo’i'dique, mettant en liberté des
antigènes immunisants.
D’autres encore espèrent que les graisses
extraites de l'huile de foie de morue exercent,
comme cette dernière une action favorisante sur la
fixation du calcium, et aideraient, par là, les pro¬
cessus de cicatrisation des lésions tuberculeuses.
On peut se demander si le cuivre joue un rôle
actif dans la médication, ou s’il intervient seule¬
ment, comme métal lourd, pour rendre plus lente
l’absorption du morrhuate et pour atténuer les
réactions qui sont trop vives après l’injection du
sel de soude employé par Rogers.
Toutes ces questions restent du domaine de
l’hypothèse, d’autant plus que, in vivo, l’action de
la lipase humorale sur le bacille de Koch est nulle,
et nulle également celle de l’acide morrhuique et des
morrhuales sur les cultures de bacilles de Koch.
Expérimentalement, nous n’avons pas connaissance
que le morrhuate de cuivre ail été essayé chez
•l’animal infecté.
Il nous manque encore, on le voit, bien des
indications pour nous [>erraettre de suivre sans
réserves nos amis brésiliens dans leur engoue¬
ment pour le morrhuate de cuivre colloïdal. Ce que
nous en savons est cependant suffisant j)our nous
inciter à faire, loyalement, en France, l’essai de ce
nouveau médicament. Malgré l’usage très large qui
en a été fait oulre-Atlanlique, aucun accident grave
ne lui a été attribué, et celle considération, à elle
seule, mérite déjà toute notre attention.
J. Mouzon.
Aiiesky A.MOU1.U. — « Sobre uma nova subslancia
modificadora para tratamento dos abcessos lubcreulo-
.<ios ». Soc. de med. c cir. do Rio de Janeiro, 9 Octobre
1928, in Rrasll mcdico, 27 Octobre 1928, p. 1224.
G. CoHBALAN Trumbull. — « Lipasotbéi'apie dans la
tuberculose pulmonaire ». Progrès médical, 9 Avril 1927,
p. .'■>90.
F. D. Go.mez. — « Note prcliminar sobre el empbo del
morrhuate cuprico coloidal en la tuberculose pulmonar».
RoU. de la Asist. publ. nacion. (Montevideo), Février 1927,
p. 13.5, el rapport inédit du 22 Février 1928.
A. Gricaut et A. Tardieu. — « Essais de chimiothé¬
rapie antituberculeuse. Résultats cliniques ». Paris médi¬
cal, 26 Juin 1926, p. 612 (avec bibliographie concernant
le morrhuate d’éthyle).
N. Gurgel. — « Tratamento dos tuberculoses. Os mor-
rhuatos como adjuvantes do regimen hygicnico dielc-
tico ». .Soc. de med. e cir. do Rio de Janeiro, 4 Août 1925,
in Scicncia Mcdiea, Septembre 1925, n” 30.
S. Lima. — « Do valor do morrhuate cuprico colloidal
no tratamento da tuberculose pulmonar. Observaçùcs
colhidas em scu serviço clinico ». Rrazil medico, 1"' No¬
vembre 1924, p. 255.
■ E. Meirelles. — « A morrhulherapia na Tuberculose ».
Roll. da .icad. nac. de med.. Avril 1924, J. R. de Oliveiru,
Rio de Janeiro (discuss. A. Pamplona) (12 p.).
J PiîCEGUEiRO. — « Tratamento da tuberculose pulmo¬
nar ». Soc. de med. e cir. de Rio de Janeiro, 10 Moi 1927.
J.-R. de Oliveira, Rio de Janeiro (11 p.).
G. A. Pereira. — « Sobre a therapeutica da tubercu¬
lose» ». Imprensa Medica, Novembre 1927. Avila, Masca-
renhas et G'", à Rio de Janeiro (11 p.).
P. Searra. — « Posologia do morrhualo cuprico ». A
l'ollia Medica, 1" Septembre 1928, Offîc. graphicas, Rio
de Janeiro (10 p.).
N“ 22
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
361
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADÉMIE DES SCIENCES
25 Février 1929.
Les effets thérapeutiques des circuits oscillants.
— M. Lakbovsky signale que de nombreux savanis
et praticiens, en France et à l’étranger, ont appliqué
en thérapeutique ses méthodes au moyen de circuits
oscillants. 11 résulte des très nombreuses observa¬
tions recueillies, que ces circuits oscillants apportent
une amélioration très eriicace et souvent la guérison
à des malades de toute espèce qui ont été considéi-és
parfois comme incurables.
Ils apportent toujours un bien-être général et un
rajeunissement facilement constaté.
D’autre part, selon les travaux de l’auteur et avec
un générateur d’ondes très courtes de 2 à 10 m. tel
que celui avec lequel il a guéri, à l’hôpital de la
Salpétrière, il y a 5 ans, des géraniums inoculés, un
savant allemand est arrivé à guérir de la tuberculose
des souris inoculées avec le bacille de Koch. Selon
ces mêmes méthodes, un savant viennois stérilise le
lait.
— M. le professeur d’Arsonval, à propos de
cette communication de M. Lakliovsky, a souligné le
fait que les Allemands, malgré tout le bruit fait
depuis quelques mois par leurs journaux, ne peuvent
pas réclamer la priorité dans l’application à la
médecine des ondes courtes de haute fréquence, pas
plus dans le présent avec les lampes à tiûode, suivant
la méthode de M. Lakhovsky qui a obtenu des résul¬
tats remarquables depuis 5 ans, que dans le passé,
avec la méthode bien connue sous le nom de d’Ar-
sonvalisation.
Spécificité et évolution des albumines du plasma
sanguin. — M. H. Bierry envisage la spécillcité et
l’évolution des albumines du sang. La composition
de ces protéides présente une fixité qui n’est qu’appa¬
rente. C’est précisément parce que ces albumines
peuvent varier dans leur constitution qu’elles sont
adaptées à leur rôle dans les mutations incessantes
de l’organisme.
G. VlTOUX.
ACADEMIE DE MEDECINE
12 Mars 1929.
La vaccination antirabique du chien au Maroc. —
MM. Remlinger et Bailly proposent une méthode
de vaccination en 3 injections, à 24 heures d’intervalle,
de 40 eme d’émulsions de cerveaux de lapins morts
de la rage, de virulence atténuée par un contact de
24 heures avec de l’éther.
De la tolérance et de la latence des corps étran¬
gers métalliques dans les voles aériennes. - M. Gui-
sez. Les extractions récentes par la bronchoscopie
supérieure d’une pièce de 50 centimes en argent qui
avait séjourné pendant 16 ans dans la bronche droite
d’un homme i\gé de 56 ans, et soigné depuis de lon¬
gues années pour de l’emphysème; d’un crochet de fer
qui était resté pendant 7 mois dans la trachée d’un en¬
fant de 21 mois; d’une vis qui siégeait dans labronche
d’une enfant de 3 ans depuis au moins 3 mois, laquelle
avait été opérée pour pleurésie purulente à répéti¬
tion ; et, enfin, d’un copeau de fer qui était inclus
depuis 2 ans 1/2 dans la bronche d’une petite fille
_ amènent l’auteur à insister de nouveau sur ce
fait que des corps étrangers sont souvent latents
dans les voies aériennes : c’est par hasard, à l’occa¬
sion d’une radiographie faite pour trouver la cause
de bronchites à répétition, do suppurations broncho-
pulmonaires, d’une pleurésie purulente, que le corps
étranger a été découvert et a pu être extrait par la
bronchoscopie, amenant la guérison du malade.
Ces corps étrangers métalliques, bien que tolérés
pendant longtemps, déterminent des complications
au bout d’un temps plus ou moins long ; celles-ci
sont beaucoup plus rapides en cas de corps étrangers
septiques (os, arêtes) et surtout de corps pouvant se
gonfler dans labronche etl’obstruer (grains, noyaux).
Aussi, lorsque, dans le passé pathologique du sujet,
il y a une histoire do corps étranger avalé, il faut
penser que celui-ci n’a pas toujours passé dans les
voies digestives qui l’ont évacué mais qu’il a pu filer
dans les voies aériennes. Chez les enfants, le commé¬
moratif manque même souvent, et il faut y songer
chaque fois qu’il y a une affection broncho-pulmo¬
naire et même pleurale de cause inexpliquée.
Cet accident étant beaucoup plus fréquent qu’on
ne le croit généralement, un simple examen aux
rayons X permettrait ainsi de sauver de nombreux
malades, car nous possédons actuellement dans la
bronchoscopie un moyen merveilleux d’extraire ces
corps par les voies naturelles.
A. Booaoi:.
SOCIETE DE BIOLOGIE
9 Mars 1929.
Recherches sur l’action cholagogue de diffé¬
rentes huiles Injectées par vole veineuse. — MM.
Etienne Chabrol, Maurice Maximin et J. Porin
concluent de leurs expériences sur des cliicns por¬
teurs d’une fistule cholédocienne temporaire, après
exclusion de la vésicule :
L’huile de llaarlem est susceptible de tripler le
volume de la sécrétion biliaire immédiatement après
l’injection; l’huile d’olive et l’huile de lin restent sans
effets. Cependant, certains de leurs produits de sapo¬
nification, comme l’acide oléique et l’oléate de soude,
ont une action cholagogue indéniable quoi([ue modé¬
rée ; ils doublent le volume de la bile alors que
l’atoplian est susceptible de le quintupler. La glycé¬
rine par voie veineuse se montre inactive. Il en est de
même de l’essence de térébenthine, l’un des consti¬
tuants de l’huile de llaarlem.
L’Influence de l’Insuline sur l’absorption du glu¬
cose par les hématies normales. — MM. F. Rh-
thery, R. Kourilsky et A2'*“ Y. Laurent, ayant
étudié, avec une méthode précise, l’influence de
l’insuline sur l’absorption globulaire du glucose,
constatent que l’insuline n’exerce sur ce phénomène
aucune action favorisante, que le glucose soit ajouté
dans du plasma ou dilué dans du sérum physiolo¬
gique.
Le sens de l’action est diilérent suivant les cas ;
les différences d’absorption sont très faibles, malgré
les quantités considérables d’hématies mises en pré¬
sence du glucose.
Aucune conclusion à portée générale ne peut donc
être fondée sur cette méthode.
Influence de l’insuline sur l’absorption globu¬
laire du glucose chez les chiens diabétiques. —
MM. F. Ratbery, R. Kourilsky et S. Gibert.
L’insuline in vitro n’influence pas le taux de fixation
globulaire du glucose chez les chiens diabétiques.
File n’exerce aucune action favorisante nette sur ce
phénomène, qui s’exerce dans des limites identiques
en présence de plasmas diabétiques et de plasmas
L’injection d’insuline au chien dépancréaté ne fait
apparaître dans le plasma aucune propriété qui puisse
favoriser à un degré quelconque l’absorption du glu¬
cose par les hématies.
L’antagonisme, allégué par Loewi, entre l’insuline
activante et la glycérnine inhibant la fixation globu¬
laire du glucose, n’est donc pas démontré.
Recherches sur la formation de l’ammoniaque
par le rein perfusé; facteurs intervenant dans la
formation de l’ammoniaque par le rein Isolé. • —
MM. ■ Henri Bénard et L. Justin-Besançon, étu¬
diant par la méthode des perfusions les facteurs de
l’ammonio-formation rénale, envisagent successive¬
ment le rôle de l’urée, des acides aminés et de l’abais¬
sement du pu.
L’augmentation du taux de l’urée dans le sang
perfusant ne détermine pas un accroissement marqué
de la production d’ammoniaque. Par conséquent,
pas plus dans le rein que dans l’autolyse spontanée
du sang, l’urée ne semble être la substance ammo-
niogène.
L’addition au sang de 2 gr. par litre de glycocolle
conduit aux mêmes résultats.
Par contre, l’abaissement du pu du sang augmente
considérablement l’ammonio-formation par le rein
isolé. L’acidose agit donc directement sur la cellule
rénale pour déterminer la production d’ammoniaque,
alors ([ue l’abaissement du pn n’élève pas l’ammo¬
niémie dans la circulation générale. La formation de
l’ammoniaque par le rein passe par un pn optimum
nettement acide, alors que l’optimum de formation
de l’ammoniaque par aulolyse sanguine est à pn 8,4.
La régénération hématique comparée au cours
de l’anémie expérimentale du lapin traitée par le
foie de cheval anémique ou normal. — MM. Noël
Fiessinger et C.-M. Laur. L’action thérapeutique
remarquable des extraits hépatiques dans les ané¬
mies semble démontrer, pour certains auteurs, que
l’anémie cryptogénétique peut résulter d’une défi¬
cience hémopoïétique du foie. Après avoir, sur le
lapin, étudié le mode de régénération sanguine post-
hémorragique, les auteurs montrent que l’adjonction
à l’alimentation d’extrait de foie de cheval normal
accélère considérablement cette régénération, et que
l’adjonction d’extrait de foie de cheval anémique
(anémie infectieuse du cheval), non seulement ne se
montre pas moins actif, mais encore accélère encore
plus le mode de récupération.
Le foie de cheval anémique est donc doué d’un
plus fort pouvoir hémopoïéti(iue <iue le foie normal.
L'analyse chimique montre cependant qiie la conte¬
nance du fer dans ces deux extraits est approximati¬
vement la même : 1 gr. 544 pour 1.000 pour le foie
normal, 1 gr. 522 poiir 1.000 pour le foie anémique.
On peut conclure de ces expériences que, dans cer¬
taines anémies, comme l’anémie infectieuse du che¬
val, il n’existe i)as une insuffisance hémopoïétique du
foie, mais, au contraire, il semble se produire une
exagération de la fonction hémopoïétique hépatique.
L’anémie résulte d’un processus différent et l’effica¬
cité de la tliérapeutique par le foie s’explique par
uneinduence sui)plémentaiie addilive et non substi¬
tutive.
Action des radiations sur le système neuro-végé¬
tatif. - MM. A. Zimmern et P. Chailley-Bert.
Clini([ueinent, l’emploi des tests, réflexe galvano-
psychique, réflexe solaire et réflexe oculo-cardia-
que, montre qu’ajjrès irradiation (ultra-violets et
rayons X), l'excitabilité du sympathique et du vague
est parfois accrue légèrement, mais est le plus souvent
notablement diminuée.
Fn irradiant chez le chien le pneumogastrique mis
à nu, et en protégeant tous les autres organes contre
l’action des rayons X, on observe constamment une
diminution de l’excitabilité vagale, caractérisée par
l’accélération du rythme cardiaque et la diminution
ou la suppression du réflexe oculo-rardiaque.
Etude de la chlorémie plasmatique et globulaire
chez l’homme normal. M. Laudat expose les
résultats qu’il a obtenus eu étudiant la chlorémie
plasmatique et globulaire chez 11) sujets normaux ;
1° La chlorémie plasmatique moyenne serait de
3gr. 69;
2“ La clilorémie globulaire moyenne serait de
2 gr. Ü3 ;
3'> Les variations do la clilorémie globulaire pa¬
raissent plus étendues que celles de la chlorémie
plasmatique ;
‘ chlore plai
représenté par un chiffre lixi
de 0,55 ; elle s’est élevée à 0,
5" Chez un même sujet, examiné à di
ariés, l’écart maximum entre les dilférents dosages
■ .é de 0 gr. Il) pour le chlore globulaire eoniini
i. Sa valeur moyenne es
58 et abaissée à 0,51 ;
s intervalle!
pour le chloi
î plasmatique.
chlore globulaire
chlore plasmatique
à 0,58.
Mort d’un chien totalement dépancréaté, traité
par l’insùline pendant 57 mois. M. Hédon rap¬
porte 1 histoire d’un chien totalement dépancréaté,
qui fut maiittenu en bon état pendant 4 ans, grâce à
l’insuline et à l’absorption de pancréas cru. La 5'' an¬
née, l’animal se cachectisa, il fallut augmenter les
doses d’insuline qui étaient plus mal supportées.
Mort dans le coma avec azotémie. A l’autopsie, le
rein seul présentait des lésions marquées de sclérose
avec néphrite épithéliale et dégénérescence grais¬
seuse des épithéliums des tubuli.
Toxines du « B. perfrlngens » et sérums « anti-
perfringens ». MM. Weinberg et J. Barotte.
.MM. Weinberg et Nasla ont montré qu’on peut
mettre en évidence la toxine non hémolytique du
H. perfringens, en traitant le filtrat de culture par
un excès de globules rouges. On peut également ar¬
river au même résultat en injectant dans la veine des
cobayes des mélanges d’une, dose mortelle de toxine
et de doses décroissantes du sérum antiperfringens.
Lorsque ce mélange renferme une dose très faible
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, IG Mars 1929
N* 22
(le sérum, les animaux injcotés présentent une hémo-
((lobinurie suivie d'une hématurie, aussi abondante
«[ue les robayes témoins injectés avec la toxine seule.
traitée renferme' donc, à ( (‘)té de l’Iiémolysine, une
autre toxine non hémolytique ([ui a été justement
neutralisée dans le mélange toxine-sérum.
Quel que soit le mode de préparation du sérum
(liililirrfiin’frits, l’activité de ses anticorps antihémo¬
lytiques est toujoiu's beaucoup plus faible que celle
Si l’on compare l’activité globale (activité antibé-
inolyti(iue et activité antineurotoxique), on constate
trifùgées renfermant encore des corps microbiens.
Etude comparative de l’excitabilité des fibres
sécrétoires et des fibres vaso-dilatatrices de la
corde du tympan. — M. et A. Chaiichard.
A. Escaciek.
SOCIÉTÉ DE LARYNGOLOGIE DES HOPITAUX
16 Février 1<.IÏ!‘.).
Un cas d’oblitération choanale osseuse unila¬
térale chez une malade présentant une suppuration
chronique de l’antre maxillaire. — M. Ftené Crette
(de Blois). Insuflisance nasale totale droite ancienne
dont on ne peut préciser l’origine, écoulement puru¬
lent de ce coté depuis une dizaine d’années.
A l’examen, déviation accentuée du septum à droite
avec signes de sinusite maxillaire chronique.
Après correction opératoire de la déviation, on
intervient sur le sinus sous la corticale duquel on
trouve une coque parcheminée contenant (lu pus,
telle qu’on en rencontre dans les kystes dentaires.
Décortication et contre-ouverture nasale. 11 est à
noter que le plancher de la fosse nasale s’élève vers
la profondeur pour se continuer avec un écran osseux
bloquant complètement la eboaile droite. On se de¬
mande s’il existe une relation quelconque entre cette
forme un peu spéciale de suppuration sinusale (peut-
être sinusite cloisonnée) et l’occlusion choanale, à
moins qu’on admette plus vraisemblablement que ce
sont là deux affections bien distinctes, l’occlusion de
la choane étant congénitale.
Otopathles suppurées et vaporisations sulfurées
naturelles, — M. Baqué (de Ludion) présente plu¬
sieurs types d’observations d’otorrliées chroniques
de l’oreille moyenne et de suppurations post-opéra¬
toires de la région auriculaire.
Quand il s’agit de l’oreille moyenne, l’auteur re¬
pousse toute idée d’y apporter un élément liquide ou
solide et y envoie un jet continu de vapeurs et gaz
sulfurés, émanés de certaines sources thermales
tjuan'd il y a catarrhe tubaire et plaie mastoï¬
dienne, l’eau totale est pulvérisée, d’une part, et asso¬
ciée, d’autre part, aux vaporisations. Cette technique
est basée sur lit) ans de pratiijue personnelle.
A propos du traitement du cancer de l’amygdale.
— M. Georges Canuyt (de Strasbourg) expose la
technique qu’il emi)loie pour traiter le cancer de
l’amygdale :
1" Tiimriirs d’origine rj>itliélinli> on épitlirlionius.
— l'c temps ; sous anesthésie locale, ablation large
de la tumeur par les voies naturelles.
2'' temps i sous anesthésie locale et régionale,
ouverture exploratrice systématique de la loge cer¬
vicale du c(")té de la tumeur amygdalienne, que les
ganglions soient perceptibles ou non à l’examen cli¬
nique. A l’opération, si l’on constate la présence de
ganglions, M. Canuyt conseille le enrage ganglion-
:!'■ temps : sous anesthésie locale, radiumpuncture
de la tumeur bucco-pharyngée, si l’on a le moindre
doute sur la totalité de l’exérèse chirurgicale.
4'' temps : radiumthérapie externe (le collier de
Ce traitement dure en général 4 semaines. Chaque
temps est exécuté à H ou 1(1 jours d’intervalle en-
— La radiothérapie profonde paraît être le traite¬
ment le meilleur. L’amygdalectomie totale après
l’irradiation est une opération discutable.
Le symptôme « douleur oculaire » au cours de
l’otite moyenne aiguë suppurée : un cas guéri sans
I antrotomie. M. H. Caboche, Comme les névral¬
gies dentaires dont l'auteur a rapporté plusieurs cas,
la douleur oculaire au cours de l’otite moyenne aiguë
est souvent le prélude des complications les plus
graves et nécessite l’ouverture large des cavités
antro-lymjianiques ; l’infection s’est alors propagée
des cavités tympano-mastoïdiennes au ganglion de
(iasser par des voies anatomiques préformées.
Dans le cas actuel, le patient a guéri après sim¬
ples paracentèses du tympan.
La douleur oculaire, dans ces cas bénins, est pro¬
bablement un simple phénomène réflexe, conditionné
par des connexions préétablies entre les ramilica-
tious tympanales du glo.-^so-pbaryngien et le triju¬
meau, soit à la i)ériphérie, soit au niveau des centres.
Kyste amygdaloïde du plancher de la bouche. —
M. Worms insiste sur l’extrême rareté du kyste
amygdaloïde siégeant sur la ligne médiane du plan¬
cher de la bouche. La tumeur était énorme ; elle fut
néanmoins facilement extirj)ée ])ar la voie buccale.
Ostéome du sinus frontal. — MM. Lemaître et
Aubin. Au cours de l’extirpation de cette tumeur os¬
seuse, les auteurs notèrent que les méninges étaient
détruites au niveau de sa face postérieure, de sorte
que celle-ci était en contact immédiat avec le cortex
cérébral. Les suites opératoires furent néanmoins
favorables.
Méthode abortive du phlegmon péri-amygdalien.
• — M. H. Bourgeois. La méthode consiste à injecter
au point ofi menace de se former l’abcès 1/4 de cen¬
timètre cube d’électrargol.
L’éphédrine en oto-rhino-laryngologie. — M. Le
Mée étudie comparativement l’éphédrine et l’adré¬
naline. Il reconnaît certains avantages, à la première
sur la seconde, mais il insiste sur la variabilité de
ses effets suivant son mode de préparation.
J. U.^MAniiiit.
SOCIÉTÉ DE PATHOLOGIE EXOTIQUE
Place de la fièvre exanthématique (fièvre bou¬
tonneuse) dans le groupe des fièvres indéterminées.
-- MM. Et. Burnet et P. Durand. Le chapitre des
lièvres indéterminées, nnclu.s.ied feeers, est encore
très important dans la pathologie trojiicale et subtro¬
picale. On a tendance à les grouper autour de deux
pôles : le typhus exanthématique et la lièvre « tsutsu-
gamushi u des .laponais. Les auteurs sont d’avis que
diverses maladies doivent aussi être réunies autour
de la lièvre boutonneuse, décrite en Tunisie en 1910
par A. Conor et Bruch.
La « maladie de Marseille n d'Ülmer rentrerait
dans ce dernier groupe ; la réactios de 44'eil-Félix,
sur ()0 malades environ, n’a été trouvée positive que
dans 6 cas et ces résultats positifs ne seraient (( pas
invulnérables à une critique rigoureuse ». Les singes
([ui ont eu le typhus exanthématique prennent ensuite
la lièvre de Marseille et rire versa, 14 3 mois après
la guérison. Le cobaye, sensible à l’inoculation du
typhus exanthématique, ue l’est pas à celle de la mala¬
die de Marseille.
Rechute de paludisme 6 ans après le départ du
pays d’endémie. — - MM. M. Blanchard et M. Pin
rapportent l’observation d’un cas de lièvre (juarte
paludéenne, survenu chez un sujet ayant (|uitté
l’Ouganda où il s’était infecté 6 ans auparavant, et
ayant habité depuis cette époejue l’Angleterre et les
Htals-l'nis, sans possibilité de réinfection. Les
frottis de sang révélaient la présence de nombreux
])arasites en écharpe de lHa.smodinm mularur,
70 i)Our 100 environ des hématies étaient envahies.
L’accès fébrile céda facilement et immédiatement
à des injections de formiate de (juinine.
L’action du qulnlo-stovarsol sur le «Plasmodium
vlvax » chez les indigènes des hauts plater.ux de
Madagascar. — Chez les indigènes ' des hauts pla¬
teaux de Madagascar, le quinio-stovarsol fait dispa¬
raître rapidement du sang circulant les schizontes
de PL vivn.r et un peu moins vite les gamètes. Le
médicament fnt ainsi administré : pendant 10 jours,
4 comprimés de 0 gr. ‘25 chez les adultes (un com¬
primé pour les enfants de moins d’un an); 10 jours
de repos; 10 jours de traitement dans les mêmes
Tels sont les essais de traitement, poursuivis par
MM. A, Legendre, A. Mondain et Razaûndra-
mamba sur un nombre à la vérité peu élevé de
paludéens.
Quelques phénomènes bénins de tcvxicité ont été
relevés chez un des malades. Par contre, un sujet
atleint précédemment de lièvre bilieuse hémoglobi-
iiurique supporta très bien cette association arsenic-
‘luinine.
Une réserve sur la valeur de la réaction de
Chopra et Gupta dans le kala-azar. - - Lu réaction
qu’ont fait connaître Chopra et Gupta eu 1927 est la
suivante : on met dans un petit tube 1 eme de sérum
non chauffé ; dans 2 autres, 1 eme du même sérum
dilué à 1 pour 5 et à 1 pour 10 dans l’eau physiolo¬
gique; on fait couler le long du tube quelques gouttes
d’une solution d’uréo-stibamine à 4 pour 100 dans
l’eau distillée. Quand il s’agit de kala-azar, il y a
immédiatement, dans les 3 tubes, des précipités
d’intensité décroissante ; la présence du précipité
dans le 3“ tube est concluante.
— MM. V. Labernadie et N. Lafiîte, qui ont
expérimenté le procédé des médecins indiens à Pon¬
dichéry, font la remarque que, chez les sujets ayant
absorbé, quelques heures avant la prise de sang, de
la quinine, lu réaction est positive, alors qu’il ne
s’agit nullement de leishmaniose viscérale. Des expé¬
riences faites in vitro leur ont donné les mêmes
résultats.
Cette remarque des auteurs est très importante,
caria quinine est, dans les pays chauds, distribuée,
souvent à tort, dans presque toutes les affections
fébriles. Une erreur de diagnostic devient ainsi pos¬
sible.
Les léproseries partielles en Nouvelle-Calédonie.
— M. Tisseuil fait l’historique, à la Nouvelle-Calé¬
donie, de la réglementation de la If'pre. Il montre
comment on est arrivé au principe des léproseries
partielles, qui est le meilleur pour un budget sans
grandes ressources (le lépreux coûte à l’adminis¬
tration 4 fr. 50 par mois). Les léproseries partielles
sont utiles, car le pays est accidenté, sans voies de
communication rapides ; les tribus ont des langages
différents; elles sont de races variées et de religions
diverses. Le nombre de ces formations hospitalières,
après avoir atteint 68, est maintenant de 35, conte¬
nant 572 lépreux. La plus importante est celle de
Lifou dans File Loyalty, groupant 182 malades.
La mycologie du canal intestinal à Porto-Rico et
ses relations avec la sprue tropicale, — Pour
M. Bailey K. Ashford, la sprue est due à un désé¬
quilibre de la nutrition avec superposition d’une
infection mycosique. Les champignons trouvés dans
l’intestin des sujets à Porto-Rico appartiennent à
l’espèce Monllia psilosis ou aux espèces voisines.
M. parapsilusis et M. Krusei. Ces champigifbns,
abondants chez les malades, disparaissent au stade
cachectique de l’allection, au moment où la réaction
acide du contenu intestinal change radicalement.
Le déséquilibre nutritif nécessaire est dû à un
certain nombre de facteurs : climat chaud et humide ;
excès de quelques rayons lumineux; alimentation
trop riche en hydrates de carbone, qui entraîne une
insuffisance du foie et du pancréas, ainsi que l’hyper¬
acidité du contenu intestinal.
Les cestodes rares de l’homme . - MM. Ch.
Joyeux et J.-G. Baer passent en revue les divers
cestodes de l’ordre des Pseudophi/llidea et de celui des
Ciielophyllideu, susceptibles de parasiter, à titre-
rare ou exceptionnel, l’homme, dans les diverses
régions du globe.
Les teignes du cuir chevelu chez les indigènes
des environs d’Alger. — M. A. Cataneis'est livré à
l’examen méthodique de 770 enfants indigènes, âgés
de moins de 16 ans, habitant diverses agglomérations
de la plaine de la Mitidjn (environs d’Alger). Il a
noté 80 teigneux (soit 10 pour 100) se décomposant
en 56 tricbopbytiques (7,3 pour 100) et 24 favi(jues
(3,1 pour 100) ; aucune microsporie n’a été rencon¬
trée. La maladie n’est pas uniformément répartie.
Entre 3 et 10 ans il s’agit presque toujours de triebo-
phytie. A partir de 10 ans, les cas de favus prédomi-
Du point de vue parasitaire, 7’r. glabrum et
Tr. violaceum sont les principaux champignons des
Joignes de la région. Tr. stilfurenm n u été isole
(lu’une seule fois.
MAHi.m. Lroiai.
N» 22
16 Mars 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE”
N» 73.
Néphrite azotémique
Par Louis Ramond
Médecin de rhé])!!»! Lucnnec.
« Il est entré hier soir une malade intéres¬
sante pour les stagiaires », me dit mon interne
dès mon arrivée. Je n’en veux pas savoir davan¬
tage. Allons la voir de suite. Elle va certaine¬
ment nous instruire.
C’est devant le lit n“ 10 de la salle Rostan qu’on
nous arrête. Des « planches » qui garnissent les
deux côtés du lit nous indiquent de suite que
l’occupante doit être agitée. Pour le moment elle
est calme. Couchée sur le côté droit, indifl'é-
rente à-nous, elle me tourne le dos. Il y a quel¬
ques instants à peine elle était encore, paraît-il,
très excitée, et elle a grossièrement invectivé mes
élèves.
Ecoutons SON histoihe (un peu sujette à cau¬
tion peut-être, car nous la tenons d.’elle-mêrae, et
son état intellectuel est loin. d’être parfait).
1“ Cette femme a 7(5 ans et, depuis dix ans, elle
n’exerce plus sa profession de manufacturière,
car, à la suite d’une crise d’épilepsie généralisée
survenue à cette époque, elle a souffert d’un
ircniblemcnt constant, très gênant pour son
travail.
Jamais avant l’âge de Cü ans cette personne
n’a été malade. Mariée, elle n’a pas eu d’enfants.
Elle se plaint d’avoir toujours souffert de eiolen/s
maux de tête intermittents depuis son adolescence.
Depuis dix ans, ses céphalées sont devenues plus
intenses, et ont présenté par moments des exa¬
cerbations paroxystiques inconnues jusque-là.
2“ Il y a quelques mois, survinrent des troubles
oculaires localisés à l’œil gauche. Ils amenèrent
la malade à consulter à l’ Hôtel-Dieu. Une opéra¬
tion fut pratiquée sur l’œil gauche sous anesthésie
générale. On ne peufen apprendre davantage, et
on ne trouve aucune trace locale de l’intervention.
3" Depuis quinze jours, de vires douleurs se
sont fait sentir à l'épigastre et dans le bas-ventre.
Elles se produisaient par accès, et étaient accom¬
pagnées de nausées, souvent suivies de vomisse¬
ments, dont quelques-uns ont été très noirs.
A la même époque, s’est manifestée une grande
difficulté à uriner, et les urines émises étaient peu
abondantes et très épaisses.
Hier, se sentant particulièrement lasse et mal à
l'aise, torturée par une soif ardente, et ne pou¬
vant se soigner chez elle, car elle vit seule, cette
ancienne manufacturière a pris elle-même l’ini¬
tiative de se faire hospitaliser.
***
A cette histoire, mou interne ajoute quelques
itENSEiGNE.MiîNTS comi’lémentaiiies du plus grand
intérêt.
,1“ Hier soir, loin d’être agitée comme elle
l’(i|ait ce matin de bonne heure, cette femme était
abattue, somnolente, plongée dans la torpeur.
2" Elle avait par moments des soubresauts mus¬
culaires dans les membres.
3“ Elle a eu dans la soirée et dans la nuit deux
crises de .convulsions généralisées, suivies d’émis¬
sion involontaire d’urines, mais sans morsure de
la langue.
4" Elle perd ses urines, en raison d’un état per¬
manent d’obnubilation intellectuelle.
Procédons maintenant à son examen.
Elle est restée calme jusqu’à présent. Mais la
voilà qui commence à s’occuper de nous.
a) Dn causant avec elle, nous nous apercevo.ns
qu’elle n’est pas désorientée , ni dans le temps, ni
dans l’espace, Ses réponses manquent toutefois
de netteté. On la sent un peu obnubilée. En tout
cas, elle n’est plus somnolente comme hier soir,
ni délirante et agressive en paroles comme ce
matin.
b) Un rapide coup d'aùl permet de se rendre
compte des faits suivants :
1" Elle est pâle, blafarde ;
2“ Elle a du myosis bilatéral ; •
3° Elle n’a ni ‘paralysie faciale, ni paralysie
des membres ;
4° Elle n’a pas de fièvre.
c) En la découvrant, nous constatons que :
1° Elle a un léger œdème bi-malléolaire blanc,
mou, indolore, gardant le godet-,
2° Elle n’a pas de manifestations cutanées, à
part une légère ecchymose de la face externe de
la cuisse gauche, suite sans doute d’une de ses
crises convulsives.
d) L’examen de scs appareils fournit les don¬
nées suivantes :
1“ Le cœur est régulier ; on n’y entend pas de
bruit de galop. Le deuxième bruit aortique a
un éclat dangereux à timbre musical particuliè¬
rement marqué.. Il est difficile de savoir si le
cœur est hypertrophié, car l’adiposité générale
et mammaire de la malade empêche de préciser
le siège de la pointe.
2° Les artères ne sont pas dures ni flexueuses,
mais elles sont tendues. La tension artérielle est
élevée : 22X10, au Vaquez.
3“ Les poumons sont empliysémateux, mais sans
râles. Il n’y a, du reste, ni toux ni dyspnée, bien
que cette femme se plaigne d’être oppressée.
4“ La langue est sèche, blanche au centre,
rouge sur les bords. Le ventre est normal. Aucun
vomissement ne s’est produit depuis l’entrée à
l’hôpital, de môme qu’il n’y a pas eu de garde-
robes.
5“ Ae foie est normal.
0° Le système nerveux ne présente aucun trou¬
ble, si l’on excepte les troubles intellectuels.
Nous n’avons vu ni myoclonies ni tremblement se
manifester sous nos yeux.
7“ La vessie est vide, et les urines n’ont pas pu
être examinées.
En so.mme : les traits principaux du tableau
clinique sont ici représentés par :
1" Des crises convulsives non suivies de para¬
lysies ;
2“ Des troubles intellectuels consistant tantôt en
torpeur, tantôt en excitation délirante ;
3“ Du myosis ;
4" Des myoclonies.
5“ Cet enseriible clinique évolue chez une
femme âgée, hypertendue, anémique ayant eu de
légers œdèmes, souffrant depuis quelque temps de
céphalées vives, de troubles oculaires, et récem¬
ment de troubles digestifs, en particulier de vomis¬
sements, peut-être à’hématémeses.
Quel DIAGNOSTIC convient-il de porter ?
1° Celui de lésion cérébrale en foyer, de ramol¬
lissement cérébral, se présente le premier à l’esprit
en raison de l’âge de la malade et de son hyper¬
tension artérielle. Il faut cependant l’écarter,
car celte personne n’a aucune paralysie et ses
troubles intellectuels ne sont pas des manifesta¬
tions de déficit intellectuel, de démence, mais
une simple obnubilation;
2“ L’hypothèse d’une hémorragie méningée.
expliquerait fort bien les crises convulsives et les
troubles d’excitation psychique. Cependant
l’ hémorragie méningée n’est jamais pure à cet âge,
et une hémorragie cérébro-méningée n’est pas
admissible puisqu’il n’existe ici aucune paralysie.
Le début, du reste, d’un tel processus aurait été
marqué par un ictus, et il n’y en a pas eu;
3“ S’agit-il de délire et de convulsions d’origine
Ce serait possible; mais cela n’est pas.
a) L’ alcoolisme peut, certes, se voir à tous les
âges de la vie. Pourtant cette brave femme, grasse
et blafarde, n’a pas l’aspect d’une éthylique, et
l’allure de ses manifestations morbides n’est pas
celle des troubles dus à l’alcoolisme. Si l’intoxi¬
cation alcoolique aiguë avait déclenché les acci¬
dents actuels, nous aurions vu se produire d’abord
de l’excitation, puis, en second lieu) de la tor¬
peur, qui aurait pu aller même jusqu’au coma.
Or, ici, c’est l’inverse qui s’est réalisé : hier soir
somnolente, cette vieille femme était ce matin
dans l’agitation la plus vive.
-b) Le saturnisme donne quelquefois naissance à
des syndromes semblables à celui que nous
observons en ce moment quand l’encéphalopathie
saturnine prend le type convulsif, comatcu.v ou
délirant... mais celle malade n’a aucune raison
d’être intoxiquée par le plomb ;
4“ Sans doute une auto-fljto.vication esl-cllc en
aj On pourrait incriminer le diabète, car dans
le coma diabétique les sujets ont le même aspect
pâle et blafard; ils sont hypothermiques ; ils
peuvent avoir du délire dans la période préco-
maleuse. Il est vrai qu’ils n’ont jamais de convul¬
sions et qu’il serait bien étonnant que la malade,
sans aucune influence thérapeutique, fut sortie
de sa torpeur pour se mettre à délirer. D’ailleurs
cette vieille femme n’a jamais été soignée pour
du diabète, et son haleine n’exhale aucune odeur
acélonique.
b] Alors ! Nous sommes donc en présence
à’ accidents d’urémie i’ Certainement ! car on
retrouve dans ce cas la plupart des éléments du
syndrome des néphrites chroniques hypertensives
avec azotémie.
Ce syndrome est caractérisé, je vous le rappelle,
par l’association de l’hypertension artérielle avec
un SYNDIIOME AZOTÉMIQUE.
Ce dernier, comme l’a montré ^^’idal, est con¬
stitué avant tout par des troubles digestifs et ncr-
1° Des troubles digestifs: inappétence, anorexie
élective pour la viande d’abord, puis totale,
vomissements alimentaires muqueux, bilieux,
quelquefois hémorragiques ; de la diarrhée
séreuse, tenace, du melæna ou des manifestations
dysentériformes par recto-colite ulcéreuse ;
2° Des troubles nervcu.v : asthénie, torpeur
intellectuelle, demi-somnolence, coma avec respi¬
ration de Cheyne-Stokes, myosis..., quelquefois
agitation, soubresauts tendineux, crampes muscu¬
laires.
A ces signes cardinaux s’ajoutent :
3“ Un prurit « sine materia » ;
4° Des troubles généraux, comme l’amaigrisse¬
ment progressif, de l’anémie parfois intense à type
pernicieux ;
5" Des complications comme la rétinite albumi¬
nurique et la péricardite brightique.
364
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, IG Mars 1929
N» .23.
0° Gliez notre malade nous constatons :
a) De l'hupcftcnsion artérielle à 22 X 10 au
Vaquez et du elangor musical du second bruit
aortique qui affirmcnl l’existence d’un syndroino
hypertensif;
b] lin j^rand nombre des si/mplàmes constitutifs
du syndrome azotémique , à savoir ; des voinisse-
ineiits, et niôiue peut-êti’e des vomisseruents san¬
glants; des Iroubles nerveux tels que la torpeur
d’hier soir, l’agilalion délirante de ce matin; des
soubresauts lendineux ; des maiiifeslations géné¬
rales comme l’anémie des téguments et des
muqutuises.
A quoi faut-il attribuer les convulsions ■’ On
adtru'l que dans la plupart des cas les crises épi¬
leptiformes de l’urémie nerveuse relèvent plutôt
de l’hypertension artérielle ou de la rétention
chlorui-ée que d(' l’azotémie. Cependant la réten¬
tion azotée [)eut à elle seule engendi'er des accès
convulsifs comme l’ont vu respectivement Pastcur-
Vallery-Radot et Halhery. Ces convulsions sont
alors révélatrices d’une intoxication urémique
exti-êmemctit marquéect constituentdes accidents
terminaux. .le ne serais pas étonné qu’il en soit
ainsi dans le cas présent.
La clinique nous a donc conduit à ttonsidérer
l’état de cette femme comme lié très probabh'ment
à un syndrome azotémique. Nous allons demar.-
der au laboratoire de transformel' cette probabilité
en une certitude en nous révélant le seul signe
indéniable dcl azotémie : rACo.MEN'rA riox luri’Aux
DU L iniUn SAXOUIXE.
l^our cela il nous suffirait de prélever, ou par
ventouses scariiiees ou par ponction Veineuse,
30 CHIC de sang pour avoir 10 eme de sérum san¬
guin sur lesquels s effectuera le dosage. En réalité,
ce dosage a été pratiqué dès hier soir avec le
sérum du sang que l’on a retiré è cette feiiiinc
par une saignée faite dans nu but thérapeutique.
11 a montré que l’urée sanguine était ici de
3 gr. 30 par litre, au lieu de 0 gr. 20 i\ 0 gr. 50,
comme cliez les individus normaux.
Nous aboutissons donc au diagnostic d’uiiihiiu
NKiiviu su l’Aii AZo'i'ii.Miiî chez une femme atteinte,
vraisemblablement depuis longtemps déjà, d’une
néphrite chronique hypertensive.
a] Il est possible, probable meme, que l’azo-
témic s’est installée sourdement, progressive-
nient, sans donner de signes d'alarrac qui auraient
pu la faire dépister. Des examens systématiques
du sang avec dosage de l’urée auraient pu la
révéler si cette personne avait été suivie de près
comme elle aurait dû l’ôtre, en tant que brigli-
tique.
b) Il n’est pas impossible, cependant, que cette
azotémie se soit développée d'emblée, ou du
moins n’ait considérablement augmenté très vite
sous rinfluence d’une infection ou d'une aiito-
into.rication intercurrente y celle-ci a pu agir ;
Soit en provoquant une jtoussée de néphrite
aigue qui a entravé les fonctions des parties
encore respectées des reins;
Soit en diminuant ht diurèse, par rétention
d’eau dans les tissus, et par là-rnéme en empê¬
chant par un faeteur ezetra-rénal cette fois - -
l’élimination de l’urée qui n’a pas trouvé son
solvant obligatoire.
L’une ou l’autre do ces deux hypothèses est
corroborée par ce fait que les troubles digestifs,
nerveux et généraux actueis ont été précédés,
pendant quelques jours, d'une diminution consi¬
dérable des urines, devenues épaisses et foncées.
Le riioNOSTic à porter dans ce cas est des
plus graves, et dans les plus courts délais.
Non pas seulement parce que le taux de l’urée
sanguine dépasse 3 gr., mais surtout parce que
l’àge de la malade, sa pâleur, son hypertension
artérielle nous indiquent que nous avons affaire
non pas à une azotémie aiguë, mais sans doute à
une azotémie durable, progressive, arrivée au terme
de son évolution.
Les caractères cliniques des troubles, l’impor¬
tance des convulsions — souvent annonciatrices
de la fin — l’intensité du myosis, la généralisa¬
tion des soubresauts musculaires constituent
également des éléments de gravité du pronostic.
Le iiiAiTE.MEXT à opposer à de tels accidents a
reçu dès hier soir un commencement d'exécution.
1“ // faut débarrasser l'organisme des poisons
qui l'encombrent :
a) . Une saignée de 400 gr. a été pratiquée dès
l’arrivée dè cette femme salle Rostan.
b) Des ventouses scarifiées, à répéter au besoin,
auraient pu remplacer la saignée si la malade
n’avait pas eu des veines apparentes ou s’était
montrée pusillanime.
c) Un purgatif doiizi (20 gr. d'huile de ricin) et
s’il est nécessaire un lavement de décoction tiède
de racine de guimauve (500 gr.) évacuera son tube
digestif;
2° Il faut restreindre l'absorption des substanees
albuminoïdes.
a) Pour le moment, nous allons, pendant
vingt-quatre heures, ordonner la diète hydrique
avec 1.500 à 1.800 gr.. d'eau pure ou lactosée à
40 pour 1.000 12 cuillers à soupe de lactose pour
un litre d'eau).
b) Ultérieurement, si l’état s’améliore, nous
donnerons : du bouillon de légumes, des légumes
verts ou frais {pommes de terre, carottes, navets,
salades cuites), des fruits crus ou en compotes,
des confitures, du miel, du beurre frais. Nous ne
permettrons le lait qu'en petite qtiailtité : 150 à
200 gr. par 24 heures.
e) Tous les aliments seront donnés sans sel.
non pas à cause de la chlorurémic, qui n’existe
pas, mais parce que de tels sujets font, comme
l’a montré Blum, do la rétention chlorée sèche.
Chez celte femme, nous n’avons pas à craindre
que l’azotémie soit due au manque de sel, signalé
par Blum comme facteur de rétention uréique,
car il n’y a eu ni vomissements incoercibles, ni
diarrhée profuse, producteurs de chloropénic tis¬
sulaire, et l’anémie (à 1.900.900 globules rouges
par millimètre cube), et l’hypertension artérielle
- que remplaceraient de l’hyperglobulie (ou tout
au moins un taux normal de globules rouges) et
l’hypotension artérielle au cas de chloropénie —
s’inscrivent contre cette pathogénic de l’azotémie
par carence chlorurée sodique;
3" Il faut favoriserl élimination urinairedeV urée.
l.es médicaments diurétiques rempliront cette
indication.
a) Outre le lactose (50 à 100 gr. par jour) ;
b] Nous donnerons trois fois par jour un
cachet de :
'l'héobi'omine . 0 gr. 50
Pour un cachot, n" 12.
e) Nous aurions pu donner également de la
seille SOUS forme de poudre (0 gr. 10 à 0 gr. 80
pro die) ou d'c.rtrait (0 gr. 02 à 0 gr. 30 pro die)
ou d'oxymcl seillitiquo (5 à 30 gr. par vingt-
quatre heures).
Epilogue.
La mort est survenue au bout de quatre jours
dans le coma progressif, entrecoupé de crises
J convulsives.
' Une ponction lombaire, faite la. veille de la
mort, dans le but de mettre un terme aux convul¬
sions, a donné issue à un liquide céphalo-rachi¬
dien clair sans réaction cellulaire (les convulsions
n’étaient donc pas ducs à une méningite uré¬
mique) dans lequel on a dosé 4 gr. 14 d’urée par
litre (chiffre identique, comme vous le savez, à
celui qu’on aurait trouvé au mémo moment dans
le sérum sanguin).
Aérophagie
angine de poitrine et mort subite
Un malade de 41 ans vient me consulter le
4 Novembre 1926 et me raconte qu’il a des crises de
fausse angine de poitrine. Ce diagnostic est celui de
deux médeeins parisiens dont la compétence est
indiscutée et indiscutable.
Ces 2 confrères affirment que l’aérophagie est
responsable de ces crises et qu’un traitement métho¬
dique de ce syndrome s’impose.
C’est dans ces conditions que je le vois. Averti par
de nombreux cas analogues, je dis à l’un des siens
que si la guérison n’est pas rapide, complète et
durable, je fais toutes réserves sur la nature de
l’angine et je parle de mort subite possible, malgré
les affirmations dos 2 confrères.
J’améliore le malade; je ne le guéris pas entière-
Deux ans plus tard, le 15 Novembre 1928, il revoit
l’un des 2 médecins qui lui dit que son cœur est
.normal et qu’il ne doit pas s’inquiéter.
Le 16, le lendemain, il mourait subitement.
Cette navrante histoire, qui concerne quelqu’un
de mon entourage, se produit au lendemain d'une
séance de la Société de Thérapeutique ‘ où, à Tocca-
. sion des communications de M. S. Bloch, de M. An¬
dré Tardieu et de M. Coury sur l’aérophagie et l’an¬
gine de poitrine, mes collègues rappelaient des faits
analogues à celui que je viens de citer et à propos
desquels il me paraît opportun d’attirer à nouveau
l’attention des praticiens.
Je résumerai en quelques lignes les données essen¬
tielles et pour le diagnostic et pour le pronostic.
'l’ous les cardiaques ou presque tous sont aéro-
phages et- principalement les hortiques. 11 est diffi¬
cile d’interpréter ce fait, il est indiscutable. Conten¬
tons-nous provisoirement de l’enregistrer.
Un certain nombre de cardiaques aérophages ont
des lésions qui ne se révèlent pas quelles que soient
la science du médecin et la perfection de sa technique
expérimentale.
Cette catégorie de malades est alors considérée
comme ayant de l’angine de poitrine aérophagique
et est adressée par le spécialiste des maladies du
cœur au spécialiste des maladies du tube digestif.
Ces malades prouvent par leur mort subite que
leur angine était de nature organique.
J’ai démontré avec des observations à l’appui la
réalité de ces remarques dès 1920, dans la 1™ édition
de mon livre, \' Aérophagie, et avec une précision plus
grande encore dans la 2“ édition.
Le diagnostic de la nature aéropliagique d’une
angine de poitrine doit donc être demandé au traite¬
ment ; dans quelques cas, la guérison est immé¬
diate et apparaît en quelques jours.
S’il en est ainsi, l’on est en droit d’affirmer la
nature aérophagique .
Si la guérison demande plusieurs semaines, la plus
grande prudence s’impose, tant pour le diagnostic de
la nature que pour le pronostic.
Si les progrès sont huis ou insignifiants, la preuve
est faite que l’angine est de cause organique, quels
que soient les résultats de l’auscultation.
L’exemple rapporté dont j’ai été témoin hier n’est
que trop démonstratif des notions que j’ai toujours
ensngnees su ] ^
1. S. Blokii. « Traitement de l’angine de poitrine ».
Soc. do Therap., 10 Octobre 1928. — ANDitii Tahdieu-
« Aérophagie et angine de poitrine ». Soc. de Therap.,
14 Novembre 1928. — M. Ai.r. Coury, même séance.
G. Leven. Jours, des praliciess, 30 Octobre 1926 et liul-
leiin médical, 23 Septembre 1925, n» 39.
N» 22
16 Mars 1929
CHRONIQUES
VARIÉTÉS 1^ INFORMATIONS
Les problèmes que soulève
l’œil de la taupe
Comineiil iiii sons aussi esscnliol que celui do
la vue peut-il se réduire, chez eertains animaux,
à la condition de sens accessoire ou même nul;’
Telle est la question que posent tous les êtres
dont la vision est rudimentaire et, particulière¬
ment, la laupe; problème double, physiologique,
(|uelles sont les* modifications anatomiques et
fonctionnelles qui permettent l’existence à nn
Mammifère privé de la vue?
L’autre face du problème est celle des origines;
comment une si profonde anomalie a-t-elle ])u
])r(!ndre naissance:’ Quelle est la genèse de toutes
les modifications que l’animal a dû subir*pour
subsister sans vision :’
Ij’fxûl de la taupe pose donc la question de la
dilf'ércnciation des espèces et de leur aptitude ;\
vivre avec une organisation spéciale dans leur
milieu spécial. Existe-t-il une adaptation?
Une adaptabilité ou bien la raison de l’aptitnde
au milieu doit-elle être cherchée ailleurs? C’est
donc le problème de la genèse des espèces et des
conditions de l’œil dans le temps et dans les
divers milieux habitables qui est posé; on voit
donc tout l’intérêt que peut comporter l’étude si
complète que M. Rochon-Duvigneaud ‘ vient de
faire de l’œil de la taupe.
Au point de vue physiologique, pour se passer
de la vision, il faut que l’animal aveugle soit par¬
venu à trouver sa nourriture sans la voii’, qu’il
ait donné un renqilaçant h sa vision déficiente;
c’est ce qui se passe pour la taupe, qui, d’après
Geoffroy Saint-Hilaire, est une «tarière » vivante
actionnée par scs sensations olfactives et audi¬
tives. Avec les yeux cachés sous la peau, certaines
variétés de taupes sont réduites ii avoir tout au
plus la sensation lumineuse et n’en sont que
mieux adaptées à l’cxistcncc souterraine.
Certaines variétés ont un œil à fentes palpé¬
brales ouvertes, c’est celui qu’étudie i\I. Rochon-
Duvigneaud au point de vue anatomique.
Dans la longueur du corps de la taupe, il y a
ISO fois le diamètre antéro-postérieur de son
œil, tandis que dans la taille de l'homme il y a
70 fois le diamètre de l’œil humain. Il y a un (cil
relativement plus petit encore que celui de la
taupe, c’est celui des baleines et des grands
cétacés (rapport de longueur do l’œil au corps
(1 250 ou 300). Mais l’œil du grand cétacé n’est
nullement rudimentaire et tontes ses parties sont
parfaitement développées et adultes; tandis que
l’œil de la taupe no se développe pas normale¬
ment au cours de la vie intra-utérine, et n’aboutit
pas à l’état adulte; le cristallin et le vitré en par¬
ticulier ont gardé une structure et des dimen¬
sions évidemment embryonnaires, le vitré est
resté à l’état de vitré vasculaire, et ^1. Rochon-
Duvigneaud croit qu’il faut attribuer, parmi les
causes de la petitesse de l’œil de la taupe, une
importance prépondérante à la non-apparition du
vitré définitif invasculaire.
La rétine de la taupe, malgré qu’elle ne voie
guère le jour durant l’existence de l’animal, atteint
un degré de complexité avancée et constitue
toutes scs couches; elle reste imparfaite sur deux
1. A. Rociiox’-Duvicnhaud. — « L’œil de la taupe cl
les ])rol)lèiues (pi il soulève ». Annales d’ucnl.'sllt/nc, No¬
vembre l'J28, p. 80l.
points-: les cellules ganglionnaires ne s'ordonnent
pas en couches régulières, et le nerf optique reste
très pauvre en cylindres axes, qui, au surplus,
paraissent dépourvus de gaines myéliniques. Ce
développement incom])let des connexions de la
rétine avec le cerveau est l’expression la plus
significative du peu d’usage de l’œil, qui, pour¬
rait-on dire, ne demande pas, ou ne demande
guère, la communication avec les centres.
L’ieil de la taupe est donc un organe incom¬
plètement développé sans .qn’on puisse dire qu’il
représente un œil fœtal de tel ou tel ûgc, puisque
toutes ses parties ne sont pas restées au même
stade embryonnaire. A-t-il subi des phénomènes
de régression? A-t-il été plus développé dans son
ensemble ou dans'quelques-uncs de ses parties au
cours de la vie intra-utérine? Dans tous les cas,
cet état de choses ne résulte pas de phénoniènes
inflammatoires ou pathologiques survenus au
cours de la vie intra-utérine.
Quoi qu'il en soit, parti d’une éljauche embryon¬
naire normale et tout au plus de taille uii peu ré¬
duite, l'œ-il de la taupe a donc subi liistologique-
ment et morphologiquement, et à des degrés
divers dans scs différents tissus, une persistance
de tels ou tels états embryonnaires, un arrêt dans
le développement.
Mais quelle est la raison d'être et le mécanisme
de l’arrêt de développement ? Est-ce le manque de
lumière? (Kohl, 1893), suivant les doctrines de
Lamarck, d’après lesquelles un organe qui ne
fonctionne pas subit une diminution, diminution
transmise aux nouveaux individus qui provien¬
nent de ceux qui ont éprouvé ces changements.
Cette théorie de l’hérédité des caractères acquis,
fondement nécessaire de l’évolution d’après La¬
marck et Darwin, est à l’heure actuelle fort
ébranlée et même abandonnée par la plupart des
biologistes.
En effet, cette hérédité des caractères acquis
ne paraît pas démontrafde ou tout au moins n’a
pas encore été démontrée, soit par des expé¬
riences de laboratoire, soit par des expériences
à plus grande échelle.
L'hérédité ne transmet (pie ce qui existe dans
le patrimoine héréditaire, c’est-à-dire dans le
sanclus sanetorum des éléments reproducteurs.
Mais avec ces doctrines nouvelles, que devient
la question de l’ceil de la taupe? L’impulsion hé¬
réditaire, le potentiel inclus (îans le germe, suffit
à conduire l’œil à son développement parfait,
sans intervention de l’excitation lumineuse. Et,
d’ailleurs, il y a d’abondantes preuves (Cuéiiot)
que le séjour prolongé pendant des années et sans
donte pendant des siècles dans un milieu obscur
no détermine pas l’atrophie des yeux (élevages
d’animaux dans l’obscurité absolue, sans modifi¬
cation apparente des yeux; espèces animales assez
nombreuses qui habitent des cavernes obscures
et qui ont des yeux normaux).
Nous voici donc privés pour oxpli(pier l’évolu¬
tion des espèces de ces commodes théories
lamarckiennes et darwiniennes et, à l’heure
actuelle, la plupart des biologistes pensent (pie
toute variation est d'origine germinale, que seule
une modification dans les éléments reproducteurs
est capable d’entraîner un changement dans la
descendance, une mutation, et dans ces condi¬
tions, ce qui peut être transmis héréditairement,
ce n’est plus une modification extérieure, mais
une modification interne portant sur les cellules
reproductrices. C’est ce qui a été vérifié par les
expériences de Bagg et Little (pii ont obtenu de
véritables mutations par l’action des rayons X
sur des souris, et par les observations de Clyde
E. Keller (1924-1927) qui a décrif une race de
souris aveugles jiar absence de bâtonnets, muta¬
tion survenue sans cause connue dans des éle¬
vages d’animaux de laboratoire, anomalie héré¬
ditaire traiisinissildc suivant les lois de Mendel.
àlais s’il n’est pas douteux (pie les modifica¬
tions germinales peuvent donner des imitants, on
ne cite pas d’exemples de mutants pouvant for¬
mer des espèces nouvelles chez les mammifères
actuels.
Mais alors la théorie de la taupe reste toujours
difficile. Faut-il invo([uer le résultat d’une ortho-
genèse régressive? Mais cela n’expliquerait rien
puisque la cause de l’orthogcnèse est inconnue.
Sans prétendre lever le voile, V embryologie
c.rpcrimcntalc commence cependant à discerner
quelques-unes des lois de l’évolution des germes
(la vie créatrice des formes, professeur Brachet) :
lois des localisations germinales, lois de la réduc¬
tion quantitative et définitive d’un organe par
réduction de son ébauche, hiérarchie des ébau¬
ches, ébauches à développement spontané, à dé¬
veloppement provoqué, induction morphogénique
d’ordi'e humoral (la génétine); cette substance
inconnue serait nécessaire ]iour que la véritable
destinée des ébauches secondaires s’accomplisse.
Grâce à ces lois et à l’hypothèse plausible de la
génétine, on conçoit la possibilité do toutes les
modifications organi(pies, qui, à ])artir d’un type
donné, jieuvent, chez - les embryons, diversifier
une série d’espèces , successives ; à ])lus forte
raison peut-on expliquer les organes hypertro-
])hiés ou ceux qui sont arrêtés dans leur dévelop-
jtementpar le trop ou trop peu de génétine qui
aui'a fertilisé les ébauches embryonnaires les
Telle peut être, chez la taupe, la cause de l’arrêt
de dévelop]3cment de r(eil et l’hypertrophie de
l’organe olfactif voisin immédiat dans les ébau¬
ches germinatives.
Mais cela ne fait pas toute la taupe, et le pro¬
blème d’être bien adajité à des milieux spéciaux,
le problème de la taïqie, recule devant nous ou le
hasard des mutations met au monde des êtres qui
subsistent ou périssent suivant les chances de la
vie qu’ils rencontrent dans le milieu où ils tom¬
bent, et la taupe... est le produit du hasard.
Or, comme, après Aristote, l’a dit Geoffroy-
Saint-llilaire, dans la genèse d’une espèce, que
de raisons pour croire (pi’il est vraiment satisfait
a un dessein p,cconru. ^
embrassé la carrière médicale et avait fait ses
études à l’ancienne Ecole du Service de Santé de
Strasbourg. En 1870, il avait successivement
appartenu, comme médecin aide-major, aux
armées de Metz, de l’Est et de Versailles.
Dans les années qui suivirent, il se lia d’amitié
avec cerlains maîtres de la médecine française :
Germain Sée, Potain, Dieulafoy, Huchard, Lan-
douzy. Ch. Fiessinger, qui se plaisaient à faire
appel à ses lumières lorsque des problèmes tou¬
chant à la thérapeutique thermale étaient soumis
à leur examen.
Pierre Bouloumié
(1844-1929)
Pierre Bouloumié était né à Rodez. Il avait
366
J, A PRESSE MEDICALE, Samedi, IG Mars 1929
N» 22
A vrai dire. l)ieii <(u’il eût abandonné de bonne
heure rariiiée. il ne cessa jamais d’entretenir
avec elle des relations (jui se traduisirent en col¬
laborations fécondes. Secrétaire général de
{'Union des feinincs dr France, pendant de très
longues années, il sut donner à cet important
grouj)emenl d’assislaiiee aux blessés une organi¬
sation techni(pie qui devait demeurer un modèle
du genre.
Certaines existences sont marqtiées par le destin
pour raeeoinplissement d’une longue tâche. Telle
fut la sienne. Aucune activité ne lui fut étrangère
et sa maîtrise éclatait partout. 11 savait embrasser
retisemble des choses et pénétrer dans le détail.
Plus d’une fois, il apjiarut comme un précurseur,
et l’avenir ratifia souvent l’originalité de ses vues.
Psprit accessible à toutes les innovations, il
est peu de territoires du domaine médical qu’il
n’ait explorés. Ses publications se sont succédé
innombrables et témoignent de l’inlassable acti¬
vité de son esprit. ()uand la mort l’a terrassé, il
mettait la dernière main à un livre sur la l'ieillesne
où il avait renfermé les trésors d’une vaste éru¬
dition et d’une philosophie optimiste et sereine.
Pendant la guerre de 11)14, {'Union den Fciniiirs
de France lui avait confié l’inspection générale de
ses hôpitaux. Son autorité indiscutée le mit à
même de rendre, dans ees fonctions délicates, les
services les plus signalés.
Son eceur ne le cédait en rien â son esprit et
les œuvres de bienfaisance auxquelles il a attaché
son nom étaient nombreuses. Au lendemain des
hostilités, l’inforlune des grands blessés lui sug¬
géra l’idée de fonder Y Union den Malilcs de la
drandc Claerre. Il s’en ouvrit â son ami, le
général Pan, et en assuma avec lui l’organisation
et les charges.
Mais ce fut surtout à Vittel que se manifesta sa
féconde activité. 11 appartenait â un de ees grou¬
pements familiaux exceptionnels dont les mem¬
bres se eoniplètent heureusement l’un l’autre pour
la réalisation de vastes (b'sseins. Sa part fut
grande dans l’ordre médical. Il se plaisait à
raconter les ('lapes successives du développement
de la grand(( station thermale vosgienne. 11 avait
écrit l’histoire de ce développement dans un livre
qui est nue le(;ou d'énergie et de eonfianee dans
la vertu du travail. Avec son frère Ambroise
Bouloumié et son lu'veu le D' ,lean lîouloumié, il
s’était livré à un labeur opiniâtre et concerté.
Ghacpie jour, il introduisait iidassablement l’in¬
novation teehni(pie par hupielle Vittel devait, non
seulement niaiiilenir sa réputation, mais l’accroître
et la fortifier.
Justement i)réoceui)é de la santé et de l’avenir
de la race et constatant l’action déprimante de la
vi(! urbaimî sur les petits eitaditis. il eut 1 idée
d’en atténuer et d’en eomballre les effets en créant
à Vittel un pai'c des enfants. Là, par centaines,
ceux (pie le sc'qour dans les villes a débilités ou
qui se trouvent mal d’une existence sédentaire ne
convenant ni à leur constitution, ni à leur tempé¬
rament, peuvent librement vivre et s’ébattre au
grand air. Innombrables sont les familles redeva¬
bles aujourd’hui au D' Pierre Bouloumié d’avoir
vu. parmi leurs enfants, s’ainoreer les Iransfor-
malions organi([ues ipii ont mis fin à un état
maladif et seguérir de lésions débulanles.
11 y a trois ans. il avait présidé le Gongrès de
l’Artliritisme ipii avait inanpié en qnehiue sorte
le eouronneineiit de sa carrière médicale. Les
maîtres de la médecine lram;aise, alors présents
à ses côtés, avaient célébré eomme il convenait
sa science et aussi sa verdeur qui semblait délier
l’elfort des années. Hélas! l'n mal implacable
minait d('ja sourdement sa constilulion exception¬
nellement vigoureuse. 11 en supporta stoniuemeul
les atteintes et ne succomba (pi’après um- longue
lutte.
Jusqu’au dernier jour de sa vie. il s'attacha à
rechercher les solutions des problèmes complexes
que pose la vie des grandes cités thermales. 11
unissait en lui, â un rare degré, les qualités du
médecin et celles de l’homme d’action. Fondateur
et, à de nombreuses reprises, président de la
Société de Médecine de Vittel, il était l’arbitre
écouté de nos réunions. Son expérience nous gui¬
dait. l'iie incomparable énergie l’animait. Geux
qui ont eu le privib'ge de l’approcher garderont
le souv(‘nir de l’admirable équilibre de sa pensée.
11 appartenait au ])elit groupe de ceux qui, malgré
l’addition des ans et la blancheur des tempes, ont
su conserver la jeunesse de l’esprit.
Sa perte sera vivement ressentie par ses très
nombreux amis. Fne gi-ande force a disparu.
Pue belle lumière vient de s’éteindre.
M. Büiüiîy.
A propos
de l’hospitalisation des assurés sociaux
L’article du D'' llartenberg, dans La Presse
Médicale du K) Janvier 1020, expose très claire¬
ment la doctrine du S. M. S. sur l’hospitalisation
des futurs assurés sociaux,
La conclusion : la section d’hôpital des assurés
sociaux, ouverte à tous les médecins, parait
moins simple, ou, pour mieux dii'e, moins facile¬
ment applicable.
Ne serait-il pas possible, conforme à la plus
stricte équité, de demander encore et d’obtenir
enlln que les établissements hospitaliers, quels
(ju’ils soient, établissent le prix de revient réel
de leurs hospitalisés, compte tenu des loyers,
impôts, amortissements divers ejui grèvent si
lourdement l’hospitalisation dans les établisse¬
ments privés
Le prix de base d’apjtlication de la loi d'Assu-
rances sociales,' établi sur ces données par une
commission aussi indépendante qu’elle puisse
l’être, deviendrait un prix normal, réel, commer¬
cial. Les caisses d’Assurances sociales (comme
l)ar ailleurs les coiiqtagnies d’assurances pour les
accidentés du travail ou les non indigents admis
d’urgence, par nécessité ou par fraude) seraient
redevables de ce prix de journée, indépendam¬
ment des honoraires médicaux tarifés.
De ce fait, l’initiative individuelle ne serait
])lus concurrencée - comme elle l’est aujour¬
d’hui - d’une manière ini(|ue par des établisse¬
ments injustement privilégiés.
Elle pourrait créer, parallèlement à l’adminis¬
tration, dos établissements de soins. De cette
émulation, l’administration avantagée sans doute
par h; nombre, l’initiative privée seulement favo-
risée [tar la supériorité de la responsabilité per¬
sonnelle, naîtraienl certainement des installa¬
tions modèles pour le plus grand bien des
malades.
Et l’un des facteurs les j)lus graves, qui trouble
profondénient en France, depuis de nombreuses
années, l’exercice honnête de notre profession,
disparaîtrait enfin.
!)'■ A 1,1 Gui.().Miii',r.
La Médecine à travers le Monde
ÉCOSSE
Nous avons le regret d’annoncer la mort d’un vété¬
ran très estimé de la médecine écossaise, le 1)'' John
Ferguson Mc Fadyen, âgé de 75 ans. Né â Stra-
ihaven, il avait servi comme ingénieur dans l'Afrique
centrale. Il fut choisi à ce titre, assisté par un col¬
lègue, pour transporter le bateau à vapeur Ilala,
construit dans la Tamise, sur le lac Nyasa. Ce
steamer, démonté par pièces, fut reconstruit avec
une demi-douzaine de bateaux semblables pour la
navigation intérieure de la Lieinitstoniu. Après 6 ans
de cette vie un peu agitée dans l’Afrique centrale.
le D'' Mc Fadyen revint en Ecosse pour exercer la
médecine à (îovan où il est mort. Outre la praticjue
médicale, il s’intéressa particulièrement à la vie phi¬
lanthropique et religieuse de son pays. Govan ayant
été annexé à Glasgow, le I)'' Mc Fadyen entra comme
représentant du district à la fj/a.sgod' Corporation .
Il laisse un fils qui exerce la médecine dans la même
localité.
ÉTATS-UNIS
A partir du 12 Janvier 1929, de nouveaux règle¬
ments sur le commerce du lait sont entrés en vigueur
â Boston.
1» Tout lait cru présenté pour la vente dans la
ville de Boston proviendra exclusivement de vaches
éprouvées â la tuberculine, sous le contrôle de la
Commission médicale dn lait, et il ne devra pas con¬
tenir plus de 10.000 bactéries par centimètre cube.
2" Tout lait ne répondant pas aux conditions sus-
énoncées devra être pasteurisé ; il sera naturel et ne
devra pas avoir plus de 72 heures au moment de la
pasteurisation; il ne devra pas contenir plus de
750.000 bactéries par centimètre cube; il sera soumis
pendant au moins trente minutes à une température
non inférieure à 140“ Falirenheit (OO^âO centigrades)
et sera immédiatement refroidi à une température
de 50" Fahrenheit (9"9 centigrades) ou au-dessous.
3" Toute crème et tout lait écrémé présentés à la
vente, qui ne proviendront pas du lait répondant aux
conditions de l’article 1, devront être pasteurisés
conformément à l’article 2 ou obtenus d’un lait pas-
4" Toute crème glacée {ice cream) mise en vente
devra être préparée avec de la crème provenant d’un
lait traité comme ù l’article 1 ou pasteurisé comme à
l’article 2.
5" Le lait pasteurisé mis en vente ne doit pas con¬
tenir plus de 60.000 bactéries par centimètre cube.
Le D'' Harold K. Faber, professeur de pédiatrie à
la Stanford university school of Medicine de San
Francisco vient de recevoir un don supplémentaire
de 1.000 dollars de Edward Mc Mills, pour lits â la
salle d’enfants de YUniversitij Hospital.
RUSSIE
A Moscou vient de s'organiser le conseil panrusse
des sociétés antialcooliques composé de 27 membres.
Le président est M. Larine ; le vice-président,
M. Korotkoff; le secrétaire, M. Deytchman. La pre¬
mière réunion de ce conseil aura lieu en Février, le
premier congrès panrusse en Mai 1929.
D'après les données préliminaires de l’expédition
russo-allemande en Bouriato-Mongolie dont le but
était l’étude de la syphilis parmi les populations
arriérées, on a trouvé sur 2.000 Bouriates malades
vus à la consultation : 39,4 pour 100 d’Iiommes syphili¬
tiques et 47 pour 100 de femmes syphilitiques. Las
examens de la population en masse ont montré que
25 à 28 pour 100 des personnes vues sont atteintes
de syphilis. Plus de 50 pour 100 des malades visités
avaient la syphilis latente. L’expédition a constaté
([ue parmi les Bouriates non traités il y avait un
grand nombre de syphilitiques nerveux (tabes et P. G),
ainsi que dos syphilitiques viscéraux.
YOUGOSLAVIE
La revue I.ijecnichi Vjesnik [Le Moniteur médical)
de Zagreb vient de fêter son cinquantenaire. Organe
officiel de la Société des Médecins de Zagreb, ses
numéros permettent de suivre l’évolution et le déve¬
loppement de la médecine dans cette région ainsi que
les aspirations des médecins. Il a pris une part active
à la création de la Faculté de Médecine de Zagreb
en 1917.
Depuis quelques années, le Lijecnicki Vjcsniki public
des articles en langue française et il a fait paraître
quelques numéros spéciaux à l’occasion du millénaire
du royaume croate, du cinquantième anniversaire de
la Société médicale croate de Zagreb et slovène de
Ljubljana, un numéro slave avec collaboration des
médecins slaves ; enfin dans le numéro de l’année ju¬
bilaire, le De Lian a collaboré en écrivant un mémoire
sur le syndrome de l’hypertension artérielle perma¬
nente idiopathique, qui a été traduit en serbe par le
D' Farkas.
N» 22
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
367
Si les débuts de ce journal ont été modestes, il a
su se créer une place dans la littérature médicale,
grâce au travail sérieux et persévérant de ses rédac¬
teurs et de ses collaborateurs, et maintenant il peut
rivaliser, pour la forme et le fond, avec lés meil¬
leures publications.
Correspondance
A propos du régime végétarien.
Voulez-vous me permettre de soumettre aux lec¬
teurs de La Presse Médicale les réflexions suivantes
suggérées par l’article de M. Pozerski (La Presse
il/é</ica/e du 23 Février 1929).
Les conseils que donne l'auteur de cet article aux
médecins qui prescrivent le régime végétarien sont
pleins d’bumour et de sagesse et les mesures propo¬
sées aux malades sont, comme le dit l’auteur, pro¬
pres à exciter la production de la sécrétine gastri¬
que, conformément au schéma de Pavlotf. Seulement,
et voilà le point délicat, le régime végétarien, s’il
est vraiment nécessaire au point de vue thérapeu¬
tique, doit être beaucoup plus sévère que ne le pres¬
crit M. Pozerski.
Ce- régime comporte seulement des légumes pré¬
parés « à l’anglaise », c’est-à-dire sur lesquels on
dispose, après cuisson à l’eau, du beurre frais. Il
n’y peut entrer ni fritures, ni légumes « sautés », ou
« revenus », ou. « braisés », suivant l’expression des
techniciens, des « officiers de cuisine », comme on
disait jadis. De plus, ce régime est le plus souvent
déchloruré ou du moins hypochloruré. Et nous voilà
bien loin des savantes et appétissantes symphonies
de légumes, pommes de terre soufflées au cresson,
courgettes grillées, laitues braisées, etc.
Il est certain que ce régime est hypoazoté, mais
dans la majorité des cas, cela est bien loin de suffire.
Le régime végétarien de M. Pozerski sera certes
accepté des gourmets, mais je crois que l’on peut dire
ce que disait un pauvre hère, arrêté à la devanture
d’un marchand de comestibles où s’étalaient les pois¬
sons et les crustacés de haut goût : « Ceux qui
peuvent faire le carême ont bien de la chance! »
R. DE Sain-i'-Périeu.
Livres Nouveaux
Chirurgie de l’articulation temporo-maxillalre, par
L. Dufourmentel, ancien chef de clinique de la
Faculté de Médecine, Professeur de chirurgie
maxillo-faciale àl’Ecole dentaire de France. Préface
du Professeur P. Sébileau. Un volume de 222 pages
avec 69 figures, [Masson, éditeur). — 40 fr.
Dans ce livre intéressant, l’auteur nous fait part
du résultat de ses travaux sur la chirurgie difficile
de l’articulation temporo-maxillaire dans laquelle il
s’est particulièrement spécialisé.
Après un rappel des acquisitions récentes sur
l’anatomie et l'a physiologie de cette articulation,
après en avoir montré la complexité, l’auteur brosse
un très bon tableau des arthrites aiguës, étudiant
suivant leur ordre de fréquence décroissante : les
arthrites traumatiques, gonococciques, les arthrites
de voisinage et celles des grandes pyrexies. La grande
complication à redouter est l’ankylose, apanage des
processus aigus qui détruisent les revêtements carti¬
lagineux et le ménisque.
Les arthrites subaiguës et chroniques sont ensuite
envisagées, notamment les arthrites sèches.
Puis vient la sémiologie du trismus et l’exposé des
faits assez rares et peu connus concernant les ci-a-
quements articulaires et les déviations mandibulaires
par déformation des surfaces articulaires.
Après les luxations, l’auteur s’est attaqué au
prognathisme pour lequel le traitement de choix est
la résection bilatérale du condyle.
L’ankylose temporo-maxillaire, le plus habituelle¬
ment unilatérale, survenant Surtout chez les jeunes,
est une affection qui constitue une infirmité sérieuse
et se complique d’une atrophie accentuée de la
mandibule. Aux ostéotomies à distance qui ont été
proposées, l’auteur oppose son procédé qui consiste
à sectionner l’énorme bloc osseux, dû à la fusion
temporo-maxillaire, suivant une ligne curviligne,
reproduisant approximativement l’interligne articu¬
laire. L’auteur expose minutieusement sa technique,
les difficultés et les suites opératoires, et insiste sur
la nécessité, pour éviter les récidives, d’un traitement
mécanothérapique post-opératoire. La mobilisation
continue par l’appareil de Darcissac lui a toujours
donné de bons résultats.
Enfin, l’auteur complète les descriptions classiques
des fractures articulaires par des formes intraarticu-
laires qui exposent, surtout les jeunes, à l’ankylose.
Ainsi, ce livre très documenté et vécu vient à point
compléter nos connaissances sur la chirurgie d’une
articulation dont l’atteinte, heureusement peu fré¬
quente, est pénible, étant donné son rôle fonctiohnel
important.
G. Ruppe.
Université de Paris
Clinique médicale des enfants. — Un cours de
vacances sur les notions nouvelles en pédiatrie sera fait
du 3 au 13 Avril sous la direction de M. le professeur
Nobécourt.
Détail des leçons. — Mercredi 3, 15 h., M, le professeur
Nobécourt, Ouverture du cours. — 10 h. 30, M. IJoulan-
ger-Pilet, Notions nouvelles sur la diphtérie. — 16 h.,
M. René Martin, L’qnaphylaxie en pédiatrie. — 17 h.,
M. Jean Hutinel, Abcès du poumon.
Jeudi 4, 10 h. 30, M. Bidot, Urologie clinique. — 16 b.,
M. René Martin, Broncho-pneumonie et traitement. —
17 h., M. Jean Hutinel, Méningite cérébrospinale.
Vendredi 5, 10 h. 30, M. Bidot, Coprologie clinique. —
16 h., M. Boulonger-Pilet, Syndromes hypophysaires. —
17 h., M. Janet, Le diabète sucré.
Samedi 6, 10 h. 30, M. Léon Tixier, Hérédo-syphilis. —
16 h., M. René Martin, Lee anatoxines. — 17 h., M. Le-
bée. Néphrites de l’enfance.
Lundi 8, 10 h. 30, M. Léon Tixier, Hérédo-syphilis. —
16 h., M. Pichon, Rhumatisme cardiaque. — 17 h..M. Na-
dal. Asthme infantile.
Mardi 9, 10 h. 30, M. Duhem, Radiologie (1” leçon).
— 16 h., M. Janet, Syndromes thyroïdiens. — 17 h., M.
René Mathieu, Prurigo et eczéma.
Mercredi 10, 10 h. 30, M. Léon Tixier, Rachitisme et
R. U. V. — 16 h., M. Paraf, La rougeole. — 17 h., M.
René Mathieu, Les colites.
Jeudi 11, 10 h. 30, M. Prétet, Septicémies de l’enfance.
— 16 h., M. Janet, Vomissements cycliques. — 17 b.,
M. Babonneix, Les poliomyélites.
Vendredi 12, 10 h. 30, M. Duhem, Radiologie (2“ leçon).
— 16 h., M. Paraf, La scarlatine. — 17 h., M. Babonneix,
Encéphalopathies et mongolisme.
Samedi 13, 10 h. 30, M. le professeur Nobécourt, Cours.
— 16 h., M. Pichon, Acrodynie. — 17 h., M. Babonneix,
Hérédo-syphilis ner-veuse.
S’inscrire nu secrétariat de la Faculté, les lundis, mer-
eredis et vendredis, de 15 à 17 h.
Le droit à verser est de 250 fr.
Hôpital des Enfants-Malades. — M. B. Weill-Hallé,
chargé de cours à la Faculté, médecin de l’hépitnl des
Enfants-Malades, commencera le lundi 15 Avril 1929, à
10 h. du matin (Hôpital des Enfants-Malades, pavillon de
la Diphtérie), avec l’aide de MM Boulnnger-Pilet, chef de
clinique à la Faculté; Delthil, chef de laboratoire à la
Faculté, et Gorostidij- interne des hôpitaux, un enseigne¬
ment pratique du diagnostic et du traitement de la diph¬
térie. Le cours sera complet en 15 jours.
Programme du cours. — 1. Evolution clinique de la
diphtérie. — 2. Diagnostic clinique. — 3. Diagnostic bac¬
tériologique. — 4. Autres localisations : adénoïdite, croup.
— 5. Indications thérapeutiques : la sérothérapie. — 6.
Le tubage. — 7. Complications toxiques. Les paralysies.
Leur traitement. — 8. Accidents de la sérothérapie et
leur traitement. — 9. L’immunité antidiphtérique. La
réaction de Schick et lu vaccination. — 10. Applications
pratiques des méthodes prophylactiques.
Tous les matins : Visite; examen des malades. Avant
et après la visite : Leçon théorique et travaux pratiques.
Seront admis à suivre cet enseignement MM. les étu¬
diants pourvus de 10 inscriptions et MM. les docteurs en
médecine. Sur leur demande les élèves seront initiés
individuellement aux examens de laboratoire, à lu pra¬
tique du tubage et de la trachéotomie. Le droit de labo¬
ratoire à verser est de 150 fr.
Ecole de puériculture (64, rue Desnouetles). — M. le
professeur Ambard, de la Faculté de Médecine de Stras¬
bourg, fera le samedi 23 Mars, à 17 h., une leçon sur :
« Le milieu humoral chez l’enfant ».
Nouvelles
Distinctions honorifiques, — Légion d’honneur. —
M. le prof. Paolucci (de Bari), président de l’Union inter¬
nationale contre la Tuberculose, est nommé commandeur
de lu Légion d’honneur.
Fondation Pierre Budln. — L’Assemblée générale de
la Pondaiion Pierre Budin, reconnue d’utilité publique, a
eu lieu le 11 Mars 1929, au siège social, 91 bis, rue Fal-
guière, sous la jirésidence d’honneur de M. Paul Strauss,
sénateur, ancien ministre. Après l’allocution du président
M. J. Comby, le comjite rendu annuel dcM. Bouchacourt,
secrétaire général, de M. G. Doin, trésorier, M. Paul
Strauss a fuit ressortir les progrès de lu Fondation en
1928 : augmentation notable du nombre des enfants ins¬
crits (433 au lieu de 374 en 1927), du chiffre des pesées de
nourrissons (4070 au lieu de 3481), de la quantité de lait
stérilisé distribué (44.270 litres au lieu de 10.507 litres
en 1927). H y a donc lieu de s’applaudir de l’activité du
dernier exercice. M. Daunay a fait, aux jeunes filles des
écoles, un cours de puériculture qui a eu beaucoup de
La Fondation Mathilde-Henri de Rothschild —
Mercredi après-midi a eu lieu sous lu présidence de
M. Lüucheur, ministre du Travail, de l’Hygiène, de l’As¬
sistance et de lu Prévoyance sociales et en présence d’une
nombreuse assistance dans laquelle on remarquait
MM. André Tardieu, ministre de l’intérieur et Paul
Strauss, ancien ministre de l’Hygiène, l’inauguration de
la Fondation Malliildc-Henri de Rothschild, installée,
199, rue Marcadet, par M. Henri de Rothschild,
Ce nouvel hôpital ajipelé à rendre de grands services
est pourvu des derniers perfectionnements.
Banquet de la Société médicale du XVIP arron¬
dissement. — Nombreuse et brillante réunion au ban¬
quet annuel de la Société du XVII” arr. présidé par
M. Trêves. Les présidents de tous les grands groupe¬
ments professionnels parisiens étaient présents. Au des¬
sert, après que M. Tissicr secrétaire général eut rappelé
que la Société fondée en 1879 fêterait l’an prochain son
cinquantenaire, le président salua la présence significa¬
tive des représentants de tous les groupements médi¬
caux parisiens et les remercia de leur dévouement aux
intérêts professionnels. Puis le prof. Proust, président de
la Fédération corporative, traça avec finesse le rôle si
vaste de la Fédération dans lu défense des intérêts médi¬
caux, intérêts dont les confrères, absorbés par leur dur
labeur quotidien, ont trop rarement une connaissance
suffisante. Avec une grande modestie il reporta sur son
prédécesseur M. Liun, assis près de lui, le mérite de
l’muvre de la Fédération corporative.
M. Hurtenberg, président du Syndicat des médecins de
la Seine, dans un langage vigoureux et jirécis, marqua la
position du eorps médical dans la société actuelle, les
dangers que lui font courir les lois et les tendances nou¬
velles, et les attaques multiples dont il est l’objet. Seules
une union parfaite et une action énergique peuvent con¬
server à la profession son indépendance et sa dignité.
M. Gapette, à la fois président du Conseil général des
Sociétés d’arrondissement et du Syndicat médical de
Paris, se joignit à son collègue Hurtenberg pour dénon¬
cer les campagnes qui paraissent concertées contre le
corps médical et réclamer l’adhesion efficace des prati¬
ciens aux Syndicats quels qu’ils soient, ainsi que l’aide
qui ne doit jamais leur manquer de la part des maîtres
de la Faculté et des hôpitaux.
M. Bizurd, président de la Société du IX" arr., dans
une note plus humoristique, évoqua les souvenirs de son
serviee à Saint^Lozaro et les cordiales relations qui unis¬
sent les confrères voisins du IX" et du XVII" arr. En¬
traînée par les paroles de M. Bizurd, l’Assemblée demanda
à son viee-président M. Devraigne de lui donner une de
ces leçons de latinité et de mythologie dont il a le secret,
désir auquel l’excellent accoucheur se prêta avec la
meilleure grôce. T. G.
Nécrologie. — On annonce la mort de M. Chabrun,
conseiller général de la Mayenne, et celle de M. Naudier,
à Lngny (Seine-et-Marne).
Actes de la Faculté de Paris
Examens de doctorat.
Lundi 18 Mars. — Thérapeutique orale. Faculté, 1 h.
Mardi 19 Mars. — 3' 2" Anatomie pathologique. Au
laboratoire, 1 h. — Pathologie expérimentale. Faculté,
1 h. — Thérapeutique orale. Faculté, 1 h.
Mercredi 20 Mars. — 3" 2" Anatomie pathologique. Au
laboratoire, 1 h. — Thérapeutique orale. Faculté, 1 h. —
Clinique médicale. Faculté, 1 h. — Clinique chirurgicale
(2 séries). Faculté, 1 h. — Clinique obstétricale. Faculté,
1 h.
Jeudi 21 Mars. — 3" 2" Oral. Faculté, 1 h. — Pathologie
expérimentale. Faculté, 1 h. — Thérapeutique orale
(2 séries). I-'aculté, 1 h. — Clinique médicale. Faculté,
1 h. — Clinique obstétricale. Faculté. 1 h.
Vendredi 22 Mars. — 3' 2' Oral. Faculté, 1 h.
Samedi 23 Mars. — Pathologie expérimentale. Fa¬
culté, 1 h. — Clinique chirurgicale (2 séries). Faculté,
1 h. — Clinique obstétricale. Faculté, 1 h. — 3" 2’ Oral.
Faculté, 1 h.
Lundi 18 Mars. — Fourrey (J.) : H propos de 4 obser¬
vations d’iléus biliaire. — Humbert (M.) : Etude.de la va¬
leur thérapeutique de l’opération d’Albee {i]fal de Pott). —
Di Ruggiero (G.) : Etude du traitement des ruptures de
l'urrtre périnéo-bnlhaire. — àfarcou (A.) ; Les manifesta-
368
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 16 Mars 1929
N“ 22
(J.) : Lv ayiidromc pdleur chez les nourris :s opères, - —
Jury : MM. llartniunn, Lojjueu, Gossct, OmbriWlanno.
Mardi 19 Mars. — Jnnibon (Yves) : Etude du traitement
de Vasihnie. — Dupont (A.) : 'Etude de la démence précoce
syvhiliti<iue. — Gt^za-KIein : La photosensihilité. — Jury :
MM. De/aiic;on, Claude, (îoujçerot, Lévy-Valensi.
Mercredi liO Mark. — M'*" Fontaine (J.) : L'oléothorax
{Indications, etc.). — Gindraud : Tultereulosc et gan¬
grène pulmonaire. — Ilelliand (II.) : L'asile national des
concaleseenis de Saint-Maurice [Seine). — Jury: MM. Ber¬
nard, Leinierre, Debré, Cliiray.
Thèses rétérinaires. — Lecerf : Essai sur l'alimentation
et le travail du checàl. — Aubry : L'étêt age du cheval pur
sang anglais au Haras de Memeval {Eure,. Jury : MM.
Gosset, Dochumbre et llobin.
Ji.i:i)i 21 Mars. — Thèse vétérinaire. -- Dupas : Etude
des troubles de la sécrétion chez le cheval. — Jury : MM.
Rüthery, Maij^non, Robin.
Vendredi 22 Mars. - Thèse vétérinaire. — Flament :
Etude des industries du poisson. ■ — Jury : MM. Labbé
(M.), Dechambre, Henry.
Samedi 23 Mars. — Doublet (A.) : Essai sur les spon-
dylites d'origine typhiyue. — Gonton (M.) : Etude histo¬
rique de la peste dans la région toulonnaise. — Marie
(Cil.) : Eonctiounement du préventorium marin de Graye-
sur-Mer [Calvados\. — Grandjierrin (P.) : Chirurgie con¬
servatrice et diathermie {Traitemcni des salpingites). —
Jury : MM. Acliard, Lecène, Olivier, Vaudc.soal.
L’Association pour le développement
de l’hygiène maternelle et infantile
Présidée par M. Oberkircli, sous-secrétaire d’Etat
au ministère du 'l'ravail, de l'Hygiène, de l’Assistance
et de la Prévoyance sociales, remplaçant M. le mi
nistre Loucheur, retenu au Sénat, avait lieu mardi
dernier, dans la salle du (lonseil de la Eaculté de
Médecine, l’Assemblée générale annuelle de l’Asso¬
ciation pour le développement de l’Hygiène mater¬
nelle et infantile.
Cette réunion fut ouverte par une première allocu¬
tion de M. le professeur Pinard, directeur de l’Ecole
de Puériculture, qui insista tout particulièrement sur
la très grande importance pour la préservation de
l’enfance de l’enseignement donné à l’Ecole de Puéri¬
culture.
M. le doyen Roger, président du Conseil d’admi¬
nistration de l’Association pour le développement de
l’Hygiène maternelle et infantile, prit ensuite la
parole et, après a^oir rendu grâce à M. Oberkirch de
sa présence, remercia le Gouvernement de son con¬
cours qui va permettre à l’Ecole de Puéi-iculture de
prendre dans un avenir prochain une extension impor-
Lecture fut alors donnée : par M. Weill-Hallé,'
secrétaire général et directeur adjoint de l’Ecole de
Puériculture, de son rapport moral pour le dernier
exercice; par M""» Georges Kohn, du rapport du
Comité de propagande dont elle est la présidente, et
par M. J. Pasquier, trésorier de l’Association, du
rapport llnancicr.
L’Assemblée consultée prit ensuite à l’unanimité
les résolutions suivantes :
L’Assemblée générale :
1“ Ratille la nomination de M. le l)’’ lîreteau, séna¬
teur de la Sarthe, et de MM. les professeurs Lere-
boullet et Tanon, comme membres du Conseil d’ad¬
ministration.
2“ Renouvelle les pouvoirs donnés aux trésoriers,
MM. J. du Pasquier et Ch. Thurnauer, conformé¬
ment à l’article 5 des statuts.
3“ Approuve les comptes de l’exercice 1928, et le
projet de budget pour l’année 1929, ainsi que le rap¬
port moral sur le fonctionnement de l’association.
4" Renouvelle le mandat du tiers sortant des
membres du Conseil d’administration: MM. les pro-
fesssurs Pinard, Gunn, Ombrédanne; MM. les D''“
Armand-Delille, Levy-,Solal, Rist. IL de Rothschild,
Breteau; MM. les professeurs Lereboullet, Tanou ;
M. Henry Defert ; M""=“ Henry, d’Haussonville, la
marquise de Ganay, de Joannis, Mascart, la baronne
5" Donne tous pouvoirs â son Conseil d’adminis-
(/) Pour faire toutes démarches utiles à l’attribu¬
tion du terrain du boulevard Brune en vue de l’édifi¬
cation délinitive de l’Ecole de Puériculture;
b) De faire éventuellement toutes études préala¬
bles et d’adopter les projets d’édification de l’Ecole;
c) De procéder aux demandes nécessaires pour
l’obtention de crédits d’édification et d’installation
des divers services dans les futurs bâtiments de
l’Ecole et, dans le même but, de provoquer par tous
les moyens qu'il jugera convenable les souscriptions
et les dons privés.
Ces formalités accomplies, dans une dernière
allocution, M. Oberkirch, après avoir exprimé les
vifs regrets de M. Loucheur de n’avoir pu assister à
la réunion qu’il devait présider, signala, aux vifs
applaudissements de l’assistauces, les grands avan¬
tages que présente pour le pays le développement
des œuvres de puériculture.
Société française
de Prophylaxie sanitaire et morale
Sous la présidence de M. le professeur Gougerot
avait lieu, jeudi dernier, dans les locaux de l’Office
national d’IIygiène sociale, l’Assemblée générale an¬
nuelle de la Société française de Prophylaxie sani¬
taire et morale.
Cette réunion, qui groupait une nombreuse assis¬
tance dans laquelle on remarquait, notamment, M. le
professeur Pinard, MM. Brissac, Hudelo, ancien
professeur de l’hygiène, et plusieurs membres de la
famille du professeur Eournier, fut ouverte par le
secrétaire général M. Sicard de Plauzoles qui pré¬
senta un résumé des travaux accomplis au cours de
l’exercice 1928.
Lecture fut ensuite donnée par le trésorier de la
Société de son rapport financier qui fut approuvé à
l’unanimité par l’Assemblée.
Ces formalités accomplies, M. le D'' Hudelo, aux
vifs applaudissements de l’Assistance prononça
l’éloge du professeur Alfred Eournier dont-il reU-aça
l’œuvre scientifique et rappela en termes émus la
Enfin, avant de lever la séance, eut lieu l’intéres¬
sante présentation faite par M. Cavaillon d’un film
« un conte des mille et une nuit », film établi en vue
de l’éducation des Arabes et qui, représentant des
dessins animés de M. Albert Mourlan, fut réalisé à
l’écran par M. Benoit Levy.
RENSEIGNEMENTS ET COMMUNIQUÉS
La Presse Médicale rappelle à ses lecteurs qu'elh
transmet toutes les lettres contenant un timbre de
50 centimes aux titulaires des annonces qui répon¬
dent directement. Elle ne prend aucune responsabi¬
lité quant à la teneur de ces communiqués. Cette
rubrique est absolument réservée aux annonces con¬
cernant les postes médicaux, les remplacements , les
offres ou demandes d'emplois ou de cessions ayant
un caractère médical ou para-médical ; il n'y est
inséré aucune annonce commerciale. L'administra¬
tion se réserve, après examen, le droit de refuser les
insertions. Il n'est pas inséré d'annonces de moins
de 2 lignes.
Prix des insertions ■ 1 fr la ligne de 60 lettres ou
signes (4 fr. la ligne pour les abonnés à La Presse
Médicale). Les renseignements et communiqués se
paient à l'avance et sont insérés 8 à 10 jours après
la réception de leur montant.
ÉCOLE FRANÇAISE DE STOMATOLOGIE
20, passage Dauphine, PARI8-6*.
Président du Conseil d administration : D' P. Giiœs, D. D. S.
Vice-président : D' NoovÉ, stomatologiste des Ilâpitnux.
Administrateur délégué : D' Rousseac-Dlcei.li:, anrien
interne des Hôpitaux de Paris, Président de la Société
des Stomatologiste» des Hôpitaux.
Président de la Commission d'enseignement : D' P. Nes-
1-oui.oi », n. n. S., stomatologiste de» Hôpitaux.
Directeur : IP C. L’hiuomiel, stomatologiste des Hôpitaux.
L’Elrole de Stomatologie a été créée, en 1909, par
le D'' L. CiiL'ET, élève de Magitot et ancien interne
des Hôpitaux de Paris.
Elle a pour objet de donner un enseignement sto-
matologique complet ;
1“ Aux docteurs en médecine, français et étrangers
qui veulent se spécialiser en cette branche de la
médecine.
2" Aux étudiants en médecine, à partir de leur cin¬
quième année d’études et ayant au moins 17 inscrip-
L' enseignement comprend : la clinique stomatolo-
glque, la technique et la pratique de l’odontologie,
de la prothèse et de l’orthodontie.
Le programme est entièrement parcouru en dix-
huit mois. Un dernier semestre de perfectionnement
gratuit permet aux élèves de rester deux années à
l'Ecole et d’entreprendre à leur gré des travaux de
leur choix. Jamais, et sous aucun prétexte, un élève
ne peut être admis pour une scolarité incomplète,
c’est-à-dire pour moins de dix-huit mois.
I-e diplôme de l'Ecole est décerné aux élèves qui
ont satisfait aux examens obligatoires de fin d’études.
Droits d'inscription : Deux mille cinq cents francs
(2.500 fr.).
Deux rentrées annuelles : une le l”"" Décembre,
l’autre le 1'"' Mai.
La prochaine rentrée aura lieu le 1“'^ Mai 1929.
Le nombre des places étant limité, prière de s’ins¬
crire le plus rapidement possible.
Pour tous renseignements, s’adresser tous les ’ours
au Secrétariat de l’Ecole ou tous les matins et sur
rendez-vous au Directeur, 20, passage Dauphine.
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macie de détail à Paria, accepterait dépôt on s’inté¬
resserait à spécialités sérieuses. Ecr. P. M., n“ 971.
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timbre deOfr. 50 pour la transmission des lettres.
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Failli. — Imprimario de la Com d'Appel 1, rne GaaaatU.
N ' 23
20 Mars 1929
TRAVAUX ORIGINAUX
L’ŒUVRE
ANATOMÜ ■ l»ATH0L0GIQUE
DE MAURICE LETULLE
]. L’ini'lammatiox jîx CKNiiiiAL. — Dès son
entrée au lal)oraloire de Cornil dont il fut l’agrégé,
Lelulle s’intéressait au vaste problème de l’inflain-
malion. C’était une question à l’ordre du jour :
le génie de Pasteur venait de bouleverser de
Fig. 3. — Coupe de l’aorte syphilitique, sur le bord d’une déchir
fond en comble la biologie. Dans un livre
paru en 1893, Letulle a développé l’ensemble de
ses conceptions sur ce sujet; elles n’ont pas varié
depuis.
« Toute injure mécanique, infectieuse ou
toxique, produisant dans l’intimité des tissus une
série successive de lésions dégénératives et réac¬
tionnelles — dit Letulle — doit être considérée
comme cause inflammatoire ; l’ensemble des
désordres anatomiques ainsi créés constitue l’in¬
flammation. »
Celte définition, très large, s’oppose i\ celle de ,
pathologistes français, il élargit le domaine i.e
rinflammation, qu’il considère comme un pro¬
cessus de défense auquel « prennent part tous les
éléments capables de lutter pour l’ensemble de
l’organisme (éléments conjonctifs), tandis que les
épithéliumsTravaillent à l’excrétion et à la des¬
truction des poisons produits et que la lymphe,
ou milieu intérieur, ac¬
quiert un état chimique
particulier ». Ainsi l’in-
flamination n'est pas un
sitnple pliénomène local,
limité aux seules réac¬
tions des éléments con¬
jonctifs. Les épithéliums
y participent au même
titre que le mésenchyme;
et ce sont des processus
d’ordre dégénératif qui
traduisent habituelle¬
ment les réactions in¬
flammatoires, primitives
on secondaires, de ces
épithéliums. Quant aux
altérations conjonctivo-
vasculaircs, qui, dans les
inllammations, accompa¬
gnent les altérations épi¬
théliales, elles peuvent
être, par rap])ort à ces lésions, contemporaines,
antérieures ou postérieures.
Il est à remarquer que Letulle fait entrevoir
déjà, dans cette conception de l’inflammation, la
part qui revient aux troubles des milieux inté¬
rieurs liquides, auxquels les travaux modernes
ont donné, on le sait, une grande importance.
En ce qui concerne l’activité réparatrice des
tissus, phénomène contingent de toute lésion
inflammatoire, Letulle se range parmi les parti¬
sans de la théorie de Weigert. Il admet que le
processus des hyperplasies réparatrices ne dépend
Maurice Letulle a consacré toute sa vie de
chercheur et de savant à l’anatomie pathologique
vers laquelle l’avaient attiré un goût inné de
A l’étranger, où l’on est plus épris que chez
nous de la spécialisation des disciplines médicales,
Letulle est tenu en très haute estime. Il est par¬
tout cité et commenté.
Son œuvre, qui le place au premier rang des
anatomo-pathologistes de notre temps, appartient à
la lignée des fondateurs de hÉcole organicienne,
des Morgagni, des Laennec, des Cruveilhier, des
Virchow, des Ranvier et des Cornil. Elle est
empreinte de la doctrine anatomo-clinique et appa¬
raît comme la synthèse des idées régnant en Méde¬
cine à la fin du siècle dernier et au début de ce
siècle, époque où l’anatornic
pathologique est essentielle¬
ment morphologique et reste
trop éloignée des autres scien¬
ces biologiques.
A parcourir les Notes, les
Mémoires ou les Livres que
Letulle a consacrés à l'étiuh!
de [’ /nflammation , des Tti-
iiieum et du Cancer, de la
.S'î//)/«7/.s et surtout de la Ttiber-
rti/ôse, on peut se faire une
idée d’ensemble de ses con¬
ceptions sur les grandes ques
lions d’anatomie pathologique
générale.
El ce me semble rendre à
\ son (lobut. la mémoire de Letulle un
juste hommage, que tenter
dans les colonnes de ce journal dont il fut le fon¬
dateur un aperçu sur le vaste cham]) de scs
recherches, en rappelant surtout celles auxquelles
il tenait le plus.
l’image et un tempérament d’artiste et de collec¬
tionneur.
Durant sa longue carrière, il a amoncelé une
quantité innombrable de pièces anatomiques et
de préparations histologiques, de dessins et de
photographies, et c’est dans cette riche collec¬
tion, dont il aimait à vanter les « trésors »,
qu’il puisait les éléments de ses travaux. Aussi
n’esl-il guère de sujets de pathologie générale ou
spéciale qu’il n’ait abordé et auquel il n'ait atta¬
ché quelque idée nouvelle.
Ennemi des hypothèses et des théories. Letulle
était bien plus l’homme
des faits précis qui se
laisse conduire par les
hasards des documents
recueillis au lit du ma¬
lade et à la salle d’au¬
topsies, que le chercheur
qui, formulant une idée
de travail, en poursuit la
démonstration expéri¬
mentale.
Ses tendances étaient
avant tout morphologi¬
ques. Il aimait, suivant
l’expression de Guiard,
« à emmagasiner un en¬
semble de données con¬
crètes pour ensuite les
apprécier, les étiqueter
et les classer ». Pour
lui, l’expérience d’autrui
comptait peu ; il était de
ceux qui veulent apprendre avoir par eux-mêmes.
Il y a beaucoup à retenir dans l’œuvre de Lelulle,
et beaucoup à apprendre. Nos jeunes générations,
trop portées à délaisser les sciences morpholo¬
giques et à les opposer aux sciences biologiques,
connaissent peu et n’apprécient peut-être pas ses
travaux à leur valeur. Ils, oublient que la distinc¬
tion entre la science des formes et celle des fonc¬
tions est toute artificielle et qu’il existe, entre
ces deux ordres de connaissances, des rapports
intimes : tout caractère morphologique répondant
à un caractère physiologique.
Cohnheira qui ne voit dans l’inflammation que
les phénomènes vasculaires, et principalement
la diapédèse. Elle s’oppose également à celle de
Virchow qui limite l’inflammation aux réactions
cellulaires des tissus et des organes.
Letulle critique, avec raison, ces conceptions
trop exclusives. .-Vvec In plupart des analomo-
370
LA PRESSE MÉDICALE, Mercredi. 20 Mars 1929
N“ 23
j’ijr. 5. — Lu lûsion folliculaire inlcrslilicllc naissunlc.
a, cloison intcr-nlvcolairc, on section oblique;
h, cavité alvéolaire, attaquée par un follicule tuberculeux
gigaiiti-celliilaire ;
c, cloison alvéolaire (on coupe oblique) noriuale ;
(l, espace interstitiel élargi, la zone « lyinpliocytaire » du
foyer bacillifèi*c commence à rinfiltrer;
c. fond d’une des cinq cavités alvéolaires entamées par
rinflammation végétante et caséogène qui compose
la granulation sub-miliaire.
donnée, sont des effets, mais non la cause du
cancer.
L’étude des petits cancers « dits bénins » qui
demeurent circonscrits à la peau, aux bronches,
au tube digestif, lui suggère l’idée que les
lésions inflammatoires chroniques diffuses, anté¬
rieures à la genèse du cancer, pourraient en
arrêter le développement.
Mais c’est surtout à établir l’origine congéni¬
tale des cancers que Letulle s’est attaché. Cette
idée apparaît dès ses premières recherches sur
les tumeurs; elle trouve son plein développement
Fijj. h. — Sclcro-gOÈnmo lioputlque.
Pyléphlébile lliroinbosiciuo juxta-gommoiise.
dans scs études sur les néoplasies bénignes du sein,
(|ui le conduisent à formuler dans son intégralité
sa théorie dyseinhrijoplasiquc.
« I.orsque chez un être en cours de développe¬
ment, un débris d’organe temporaire, au lieu de
disparaître, persiste, ou qu’un îlot des tissus en
formation se trouve soit mal façonné, soit inuti¬
lisé au cours du modelage des parties, cette
colonie d’éléments embryonnaires devient étran¬
gère à son entourage et impropre à l’architec¬
tonie de l’organisme. Souvent la colonie em¬
bryonnaire reste silencieuse, atrophiée, elle de¬
meure enfouie au sein des tissus définitifs, sans
conséquences pathologiques, sans histoire. Par¬
fois aussi, et plus fréquemment que ne le don¬
nent à penser la plupart des auteurs contempo¬
rains, elle devient, sous certaines influences, le
foyer d’une reviviscence suractivc. Suivant les
cas, elle créera alors sur place et par ses propres
forces prolifératives telle ou telle tumeur. Ce
néoplasme, dont l’origine se rattache, de la façon
la plus directe, aux premiers temps de la vie de
l’individu, mérite bien son nom de dysemhryome,
puisqu’il résulte manifestement d’une défectuosité
formative, d’un processus embryogénique troublé
ou dévié. »
Quant aux rapports du cancer avec les pro¬
cessus inflammatoires et les états précancéreux,
Letulle pense que toute lésion matérielle chro¬
nique est susceptible de disjoindre, par un pro¬
cédé anatomo-pathologique quelconque, l’assise
connective qui soutient et nourrit une couche
épithéliale, et favorise ainsi l’effraction cancé-
II admet, notamment, que la syphilis joue un
rôle déterminant dans l’éclosion du cancer, surtout
au niveau des muqueuses.
Il est aussi un partisan convaincu de l’hérédité
cancéreuse qu’il considère comme une vérité bien
établie par les faits ; idée qu’il soutenait, il y a peu
dé temps' encore, dans les colonnes de La Presse
Métficale'et h la tribune de l’Académie. Peut-être
l'ig. 0. — I.ii gramilalioii miliaire, son extension par le
])rocédé bronibio-alvéolilicpie. Granulation en voie
d’extension « exsudative ».
n, alvéole jndinonaire, à demi eneerclé par des lésions
bacillaires du voisinage ;
b, tissu inflammatoire bacillifère sur le point de subir,
en masse, la nécrobiose caséifiante;
c, les alvéoles envahis ont réagi soins forme do blocs
inflammatoires comblant les lumières aériennes ;
d, cloison inter-alvéolaire séparant une cavité remplie
d’éléments cellulaires d’une autre cavité vide, encore
intacte ;
c, bronchiole acineuse, reconnaissable à son armature
élastique, épaissie, par endroits, atrophiée, sur
d’autres points;
f, cavité aérienne presque saine, en bordure de la bron-
chio-nlvéolite bacillaire.
pas directement de la cause phlogogène elle-
même, mais bien des effondrements et des désé¬
quilibrations des tissus, conséquences du choc
inflammatoire. « L’action frénatrice des tissus les
uns par rapport aux autres a été troublée, inhibée
môme localement. Des néoformations élémentaires
s’ensuivent, qui peuvent être plus ou moins com-
])lètcs et .exubérantes. Ainsi s’établit un
véritable parasitisme néo-cellulaire, dû à
à la formation de nouveaux rapports : d’une
part, entre les différents tissus en voie de
néoformation et, d’autre part, entre le
groupement de ceux-ci et le reste de l’or¬
ganisme. Le tout aboutit à un équilibi’e
tissulaire nouveau, à une symbiose nén-eel-
lulaire. »
Ainsi, Letulle fait siennes les idées de
Ranvier, de Cornil et de Brault. 11 se
montre plus finaliste que ces auteurs, en ce
sens qu’il admet, sans discussion, que les
réactions tissulaires inflammatoires ont
pour but final la défense de^ l’organisme.
Cette tendance anthropomorphique venait
d’être, d’ailleurs, brillamment défendue par
Metchnikoff, pour qui la phagocytose des
éléments microbiens et des corps étrangers
par les globules blancs n’était qu’un phé¬
nomène de défense de l’organisme et repré¬
sentait, à lui seul, l’acte essentiel de l’in¬
flammation.
On sait qu’à l’heure actuelle, la majorité
des biologistes se refusent à donner à l’in,
(lammation une telle jSignification métaphy¬
sique.
IL Le canc.eu et les tu.meuiis. — C’est
encore sur l’ensemble des caractères histo-
pathologiquès’des'lésions tissulaires et cel-
4ulairès qpe Letulle a basé toutes ses, idées
relatives à l’origine du cancer. L’un des premiers,
il a insisté pour que toute discussion pathogé¬
nique, en cette matière, portât sur les seuls can¬
cers d’origine épithéliale. C’est là une notion de
la plus haute importance et que certains expéri¬
mentateurs oublient trop, à l’heure actuelle.
Il admet que les cancers épithéliaux ont une
spécificité que ne peut réaliser aucun autre pro¬
cessus morbide ; les déeiations formatiees et les
métatopirs qui donnent aux cellules cancéreuses
les propriétés de vie nouvelle, exubérante, désor-
les arguments de Letulle ne sont-ils pas tous
convaincants; mais cette notion de l’hérédité lui
était d’autant plus chère qu’elle venait renforcer
sa théorie des dysombryoplasies dont il a un
peu trop élargi le cadre.
Letulle fut, toujours, l’adversaire des théories
parasitaire ou microbienne du cancer. Il pensait,
avec raison, qu’aucune autre maladie infec¬
tieuse connue n’était capable de donner à la
cellule celle force anarchique spécifique que
possède la cellule cancéreuse.
Plusieurs de ses idées ont trouvé leur
pleine confirmation dans les notions ré¬
centes fournies par l’étude du cancer expé¬
rimental.
III. L’inflammation syphilitique. —
Les altérations produites dans les tissus et
les organes par la syphilis ont été l’objet
de nombreuses recherches de la part de
Letulle.
« La .syphilis, avait-il coutume de dire,
aime avant tout les os et les vaisseaux san¬
guins ou lymphatiques ; elle préfère les
muqueuses aux viscères. » Et c’est dans
lous les tissus, dans tous les viscères, et
plus spécialement dans le poumon et les
vaisseaux, qu’il poursuit ses investigations,
en s’attachant à l’étude des altérations de
l’armalure élastique, que les réactions histo-
chimiques mettent si nettement en lumière.
Les hasards de l’observation anatomo¬
clinique lui permirent d’étudier deux cas de
rupture spontanée de l’aorte, sans ané¬
vrisme : ce fut le point de départ de toute
la série do ses travaux sur la syphilis des
artères.
Il décrit d’abord la panaortitc chronique
diffuse avec ses îlots d’artérite scléro-atro-
phique qu'il considère comme caractéristiques de
la syphilis, et qui donne aux vaisseaux l’aspect
spécial qu’il dénomme état moiré de la mésarlère.
Puis, d’autres manifestations artérielles qui abou¬
tissent à la rupture spontanée, ainsi que différents
aspects de la syphilis de l’endocarde, du myocarde
et des coronaires, avec rupture ou avec sclérose
partielle et gomme miliaire du muscle cardiaque.
11 montre que partout, qu’il s’agisse de péri-
N“ 23
t.A PRESSE MÉDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
371
artérite, de iiiésartérite ou d’endartérite, le sque-
lelle élastique fondamental des couches vascu¬
laires est entamé, sectionné et en partie détruit.
11 oppose à ce processus de destruction les phéno¬
mènes de résistance, d’édification et de
sclérose élastique qu’on observe 'dans
la tuberculose.
Il fait jouer aux endo-lymphangites
chroniques syphilitiques un rôle im¬
portant dans l’histologie pathologique
générale de la syphilis viscérale. ^
D’autre part, il admet que la leuco-
plasie est toujours d’origine syphiliti¬
que et qu’elle traduit « à la surface des
couches épithéliales de la muqueuse
buccale les désordres nodulaires syphi¬
litiques en évolution concomitante dans
la profondeur du derme ou même de
l’hypoderme ».
Enfin, ses recherches sur la syphilis
pulmonaii'e constituent peut-être un
des chapitres les plus originaux de
cette partie de son œuvre. En décri¬
vant minutieusement les gommes pul¬
monaires, les masses scléro-gommeu-
ses, les cicatrices stellaires, la broncho¬
pneumonie spécifique et la pneumonie c
chronique hyperplasique syphilitique,
Letulle a bien montré toute la variabi¬
lité des formes anatomiques sous les¬
quelles peut se présenter la syphilis du
poumon. Si, parfois, l’interprétation
étiologique des lésions décrites par lui ^ ^
n’est pas à l’abri de toute critique, '' “
leur classification n’en reste pas moins
une base solide sur laquelle devront
s’appuyer les recherches de l’avenir.
IV. L’ini'la.umation tubiîiiculeusi;
ET LA TUliEUCULOSE l'ELMONAlllE. —
C’est eu 1898 que Letulle publie sa
première observation anatomo-clinique encoi
d’endocardite tuberculeuse. Il entre¬
prend ensuite l’étude de la tuberculose des
vaisseaux et du cœur, et cherche à préciser
le mécanisme des infections bacillaires des sé¬
reuses.
Puis, il s’attaque au problème de la caséifica¬
tion tuberculeuse qu’il observe simultanément
dans les glandes surrénales, dans le foie aussi
On connaît le monument scientifique qu’il éleva
à cet important chapitre de la pathologie. Ses re¬
cherches sont exposées dans ces deux admirables
volumes qui ont pour titre : le Poumon et la 1 n-
ti, jiüiiile de tissu cieuli'i
b, alvéoles pulinoiiuires,
nuluiioii miliaire;
c, alvéoles pulmonaires,
physème atrophique
(/, des fibres collagènes
centrale ;
berciilosc inilmonaire, et qui constituent deux vé
ritables allas, formant comme une réplique de
celui de Cruveilhier. Letulle, avec Bezangon,
reprend l’élude de I hislogeiièse du follicule
tuberculeux au moment où, à l’étranger, la
question se trouve remise eu discussion à la
suite des travaux d’Ascholl', de Ilubschmann et
Arnold et de Ranke. Il faut
lui savoir gré d’avoir freiné
contre les idées trop absolues
que certains auteurs voulaient
tirer des notions nouvelles
relatives à l’infection tuber-
culo-pulmonaire. Letulle a
fait l'exposé complot do colle
(jueslion dans un Rapport |)ré-
senlé au centenaire de la
Société anatomique, en 1921).
11 y reprend raiialysc minu-
lieuse des trois grands pro¬
cessus fondamentaux : les
lésions du type granulation,
les processus massifs bron¬
cho-pneumoniques et la tuber¬
culose chronique à leudance
scléreuse.
Le tubercule miliaire, opaque, irrégulier, « en co-
rymbes », siège dans un parenchyme déjà splénisé.
Centré par une bronchiole obstruée par un amas
caséifié, il comporte encore des alvéoles remplis de
débris cellulaires nécrobiosés. L’encer¬
clement conjonctif, s’il se produit, n’est
jamais très dense et se laisse souvent en¬
vahir. D’ailleurs la coalescence des tu¬
bercules peut aboutir à la lobulile, élé¬
ment fondamental de la pneumonie casé¬
euse. Ainsi le tubercule représente-t-il
une brouchio-pneumonic en miniature.
h Le tubercule s’oppose doue à la
granulation par son siège, par sa struc¬
ture, ])ar son avenir. C’est une bron-
chio-alvéolile qui n’est point follicu¬
laire, qui est vouée à la caséification et
souvent au ramollissement.
Aux liibcrciiloses bronc/iio-jmrumniii-
(jiics (pii l'épondenl à ce que Lacnnec
appelait leu inl'dlralions liiberci/leuaes,
il reconnaît trois aspects inacrosco-
])i(pics. Dans l’un, il s’agit d'îlols nodu-
j laires disséminés ; dans un second,
d’îlols conglomérés qui réalisent une
forme lobulaire ; dans le troisième,
d’une masse lobaire et c’est alors la
pneumonie caséeuse.
La dominante des perturbations his-
tologi(]ucs, dans celte bronchio-pneu-
monic, est l’atteinte primitive d’une
bronchiole acineuse, d’un canal alvéo¬
laire, voire même d’un alvéole par un
ü itii.iiic m„^g (jg bacilles qui sont venus pat-
voie aérienne ou par voie lynqthaliipie
(le 1(1 (fia- j»>^la-hroncliiqnc.
La nécrose caséifiante de cet appareil
cints d’cH/- aérien constitue le foyer primaire,
bientôt grossi par rajiporl de inacro-
,e tusecdsc pPaggg qu, eux-inèmes voués à la
(dastiiiiies mort. A l’xîntour apparaîtront , éveillés
par la bronchio-pneumonie bacillaire,
des « réactions de défense communes
I à n’importe quelle bronchio-alvéolite infectieuse »
I et parfois aussi une « circonvallation fibroïdc »,
bien que dans le poumon, ayant surtout en vue les
désordres causés localement par ce qu’il appelle
les toxines caséogènes.
Dès celte époque, et pour de longues années,
Letulle s’attache à l’étmle de la tuberculose du
poumon, cette (( terre d’élection des manifesta-
-lions bacillaires ».
(•Iassi(pic, Letulle et Bezaïujon
opposent diamétralement la
granulation miliaire de Bayle
au tubercule miliaire de Laen-
nec. La granulation « nodule tuberculeux pluri-fol-
liculaire et giganti-cellulaire » est une lésion de la
trame, qui tend à s’enkyster par un processus de
sclérose cl qui siège en parenchyme sain; aussi
apparaît-elle translucideel parfois noirâtre. Lors¬
que existent des lésions alvéolaires, elles sont
secondaires.
car celle tuberculose « caséifiante par larges
taches est discrètement sclérogène ».
Autour du nodule péri-bronchique sont essai-
mées des « taches » d’alvéolite fibrineuse, ([ui ne
diffèrent que fort peu de l’alvéolite pneumococ-
cique. Celle alvéolite plus bénigne, susceptible
d’une organisation scléreuse, peut être aussi
372
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
N“ 23
envahie par « l’imprégnation caséifiante » qui la
ramollira plus tard. Mais la pneumonie fibrineuse
bacillaire est susceptible de se terminer rapide¬
ment par autolyse des alvéoles hépatisés, créant
autour des blocs caséeux de vastes lacunes rem¬
plies de sérosité, amorces de la fonte suppurative
de toute la masse caséifiée.
Entre les nodules caséeux s’étalent également
de vastes plages de splénisation où dominent les
Iranssudats séreux, les épithéliums desquamés,
l’infiltration macrophagique. Bien qu’on n’y mette
pas toujours en évidence le bacille, il semble
que souvent cette splénisation soit de nature
tuberculeuse; sa régression facile explique la
guérison clinique de certaines poussées évolutives
aigues, mais elle est incapable d’aboutir à la ge¬
nèse d’un tissu cicatriciel.
L’enkystement représente l’évolution normale
de la bronchiopneurnonie tuberculeuse. Mais deux
complications viennent souvent entraver le tra¬
vail de réparation. D’abord l’elfondrcment de la
barrière conjonctive, infiltrée par des formations
giganti-cellulaires, quidétruisent les barrages ci¬
catriciels et expliqueraient les poussées évolutives
secondaires, d’autant plus encore que la tuber¬
culose peut envahir i)ar ce moyen le torrent circu¬
latoire. En second lieu, la (onte suppurative, qui
peut débuter au centre du bloc caséeux, à l’apex
du bouchon ([ui oblitère la bronché, ou bien à
la péri|)hérie dans les zones de pneumonie et de
splénisation.
(juant aux aspects des /osions do sc/crusc, dans
le |)oumon tuberculeux, ils sont innombrables.
Mais leur tyi)e quasi spécifique est la sclérose in¬
sulaire, (|u’il s’agisse de gangue encerclant les ca¬
vités, de nodules apicaux de la pneumonie ardoi¬
sée, de foyers nodulaires, stellaires, souvent an-
thracosi(iues, sous-jacents à une cavernule ou
semés de petits tubercules miliaires, ou même
totalement dépourvus de nodules caséeux. Ces
scléroses tuberculeuses sont essentiellement muti¬
lantes. Itlles constituent de vastes nappes irrégu¬
lières et déchiquetées, infiltrées do lésions
caséeuses ; et ces foyers scléro-caséeux ne sont
guère arrêtés que par l’emphysème de bordure
« zone neutre » ou sont au moins peu favorables
à la progression des lésions. Lorsque la sclérose
est extra-lobulaire, elle est souvent « pleurogène »
et irradie en épaississant les cloisons interlobu¬
laires. Mais la lymphangite tuberculeuse presque
toujours concomitante n’est point, selon Letulle,
la cause de telles scléroses. Intralobulaire, la
sclérose présente surtout l’aspect de Valooolite
libro-vnsculairc hypcrolastigènc. C’est là l’élé¬
ment loiidamenlal de la pneumonie ardoisée. Il
existe ainsi dans le processus de sclérose, comme
dans celui de caséification, des lésions « intersti¬
tielles » et des lésions « parenchymateuses ».
Si importante que fût l’œuvre scientifique
de Letulle, il ne la considérait point comme
achevée. Et la mort est venue le surprendre au
moment où il terminait le manuscrit d’un Traité
d' Anatomie pathologique, auquel sont empruntées
quelques-unes des illustrations qui figurent dans
cet article.
• Letulle laisse une œuvre qui est le fruit d’un
immense labeur et dont les éléments demeure¬
ront, parce (pi’ils sont appuyés sur l’analyse mé-
thoditiue et sur l’observation objective des faits.
Je ne puis omettre, en terminant, de rappeler
que Letulle ne fut pas (pi’un savant de laboratoire.
Une partie de son activité, et non la moindre, fut
consacrée aux œuvres sociales et humanitaires.
Au lendemain de sa mort, son ami de Lapersonne
rappelait ici même le rôh! qu il joua dans la lutte
contre la tuberculose et les grands fléaux sociaux.
Letulle ne fut pas seulement un homme de
science ; il fut aussi un homme de bien.
Travail du service et du laboratoire de M. Ravaut
à l’hôpital Saint-Louis.
PARAKÉRATOSES
ECZÉMATirORMES
- PROVOQUÉES
PAR DES- INJECTIONS INTRADERMIQUES
DE LEVURINE
P. RAVAUT cl H. RABEAU.
Si nous connaissons bien l’aspect clini([ue de
ces réactions cutanées s’échelonnant depiiis l’ec¬
zéma jusqu’au psoriasis, groupées par Brocq sous
le nom de parakératose, par Darier sous celui
d'eczématides, en revanche nous ignorons presque
complètement leur étiologie et leur traitement
rationnel.
Cette question a maintes fois attiré notre atten¬
tion et déjà nous avons rapporté des faits mon¬
trant qu’elles peuvent être considérées comme des
réactions allergiques consécutives à diverses infec¬
tions qui, dans nos cas, siégeaient au niveau de la
peau. C’est ainsi qu'avec ÙIM. Basch cl Rabcau'
nous avons déjà signalé chez deux malades atteintes
detricho])hylie duc au Trichophyton niecum radians
l’apparition, à la suite d’injections de trichophy-
tine, de lésions intermédiaires entre le lichen scro-
fulosorum et les lubcrculides papulo-nécrotiqucs
chez runc, cl chez l'autre de placards discrets de
])arakéralose siégeant au niveau de la face. Plus
1. P. Kavaut. Bascii et Hahkau. — « Etude clinique et
hiolugique d’une éiiidciuie de tricliophytie cutanée due nu
tricliophyton niveum radians ». Ann. de Dermatologie et de
Sypidligraplde, n» 11, Novembre 1928.
récemment*, nous avons publié les observations de
deux malades, atteintes d’inlerlrigo à levures, chez
lesquelles apparurent secondairement des lésions
étendues de parakératose psoriasiforme que, pour
plusieurs raisons, nous avons considérées comme
des levurides. Alors que chez ces malades les réac¬
tions parakératosiques survinrent soit à la suite
d’injections de toxines, soit à l’occasion de rechutes
des lésions primitives, nous rapportons aujour¬
d’hui l’observation ■■ d’une autre femme chez la¬
quelle un inlertrigo très étendu, persistant depuis
quatorze mois, détermina un état allergique des
plus intenses : des injections intradermiques de
levurine ont été le point de départ de réactions
cutanées à évolution pi’olongéc, de grandes
dimensions, rappelant par leur aspect cxtérieui’
des lésions comparables à celles de l’eczéma ou de
certaines parakératoscs ; puis, peu à peu, sous
l'influence du Irailemenl, en même temps que les
lésions s’effacèrent, cet état aller¬
gique disparut ; actuelle m eut
celle malade est devenue partiel¬
lement anergique et no réagit
])lus aussi bien à des doses même
élevées de levurine.
Ces faits nous paraissent des
plus intéressants pour l’étude
étiologique de ce groupe de réac.
tions cutanées.
Voici l’observation résumée do
la malade, mais les documents
))holographiques qui l’accompa¬
gnent la rendent beaucoup plus
objective.
M'»» A..., âgée de 42 ans, con¬
cierge, vient nous consulter à l’hô¬
pital Saint-Louis en Octobre 1928
pour des lésions inlerlrigineuses
ayant débuté quatorze mois aupa-
En Novembre 1927 elle consulte
une première fois à l’hôpital Saint-
Antoine pour de l’intertrigo datant
déjà de plusieurs mois; on lui dit
qu’elle a de l’eczéma et on la traite
par des badigeonnages de nitrate
d’argent sans résultat; elle y re¬
tourne une seconde fois et on lui
proscrit du baume Raissade. Les
lésions s’atténuent, mais persistent
et lorsqu’elle vient nous consulter,
nous constatons au niveau des
aisselles, des aines, des plis sous-
mammaires, des lésions typiques
d’intertrigo, améliorées dans les
régions centrales, mais surtout
actives à leur périphérie; il existe
en outre sur les flancs, les fesses
des placards papulo-vésiculeux rap¬
pelant l’eczéma.
Nous pensons à l’origine myco¬
sique de ces manifestations, mais
toutes les cultures restent négatives
et les examens sur lames sont incertains; nous attri¬
buons cet échec à l’ancienneté des lésions et à leur
atténuation par les divers traitements institués. Des
applications locales de solution d’iode, d’acide sali-
cylique dans l’alcool-éther, l’absorption par voie
buccale de solution iodo-ioduréc déterminent une
amélioration i-apide.
Devant l’échec des cultures et des examens sur
lames et pour confirmer notre diagnostic d’intertrigo
mycosique très probablement à levures, nous recou¬
rons à diverses épreuves biologiques.
Tout d’abord des intradermo-réactions à la trieho-
phytine restent négatives. Au contraire des injections
pratiquées avec une levurine, extrait d’un Saccha-
romycos et sur la fabrication de laquelle nous revien-
1. P. Ravaut et Raiifau. — « Parakératoscs psoriasi-
formes sèches et levurides ». La Presse Médicaie, n° 91,
14 Novembre 1928.
2. P. Ravaut et Rabeau. — « Réactions cutanées à type
de parakérntoses et d’eczéma provoquées par l’injection
intradermique de levurine chez une malade atteinte
depuis 14 mois d’intertrigo et d’eczéma ». licunion der¬
matologique de Lyon, 27 Janvier 1929.
N" 23
1929
I.A PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1
N“ 23
LA PRESSE MEDICAIÆ, Mercredi, 20 Mars 1929
375
drons plus tard, nous donnent des résultats inat¬
tendus.
Le 16 Octobre 1928 nous injectons dans le derme
du bras droit trois gouttes de notre levurine ; les
jours suivants nous voyons se développer une réac¬
tion de plus en plus étendue : d’abord inflammatoire,
elle atteint en huit jours les dimensions de la paume
de la main ; treize jours ajtrès, elle prend l’aspect
d’un placard de parakératose (lig. 1) : il ne cesse
de s’agrandir, se cicatrisant et se pigmentant au
centre, alors qu’à la périphérie les lésions s’étendent
en tache d’huile par un large bourrelet congestif
recouvert d’éléments parakérator iques et eczéma-
tiques. Un mois encore après l’injection, la lésion
occupe tout le bras, depuis le deltoïde jusqu’au pli
du coude (fig. 2). En même temps qu’évolue cette
réaction à la levurine, les lésions des aines, des
flancs, qui avaient presque dis¬
paru, présentent tout à coup, à
partir du 5 Novembre, à leur
périphérie, une réactivation des
lésions formée d’éléments para-
kératoslques et eczématiques,
rappelant les lésions de bordure
de la réaction à la levurine
(lig. 4 et 5). Des cultures nom¬
breuses sont pratiquées au ni¬
veau de toutes les lésions et
seules celles du flanc donnent
lieu à une culture de levures du
genre Cryptococcus. Le trai¬
tement local et général précé¬
demment institué est repris et
tout rentre dans l’ordre aussi
bien au niveau des l’éactions
provoquées par la levurine que
des lésions réveillées jiar cette
injection. Au bout de deux mois
(lig. ’3), comme trace de la réac¬
tion à la levurine, il ne reste
qu’un grand placard pigmenté
occupant presque tout le bras :
il est bordé de quelques vési¬
cules eczématiques comparables
à celles qui limitent les lésions
primitives.
Pour contrôler ces résultats,
nous répétons sur l’autre bras
la même expérience. Le 14 Dé¬
cembre 1928, nous pratiquons
une première injection intrader¬
mique d’une goutte de notre
levurine et quatre jours après
nous faisons, quelques centi¬
mètres au-dessus, une seconde
injection de trois gouttes de la
même levurine. Toutes deux
sont suivies des mêmes réac-
lions que la première fois et
sur la série des photographies
liratiquées de cinq en cinq jours,
l’on peut suivre l’évolution des
lésions sous forme de gi-ands
placards parakératosiques qui,
en trois semaines, envahissentpi'csque tout le bras.
Ils évoluent comme la i>remière fois en tache d’huile :
la région centrale perd ses squames, cicatrise, se
pigmente et la lésion s’étend par un bourrelet péri¬
phérique à type eczémateux (lig. 6, 7, 8, 9). Comme la
pi'cmière fois, apparaissent spontanément sur le flanc
et la fesse gauche des placards de lésions eczématiques
qui s’éteignent peu à peu en même temps que la lésion
provoquée par la levurine (lig 10).
Dans la suite toutes ces lésions, soit primitives,
soit provoquées, s’elfacèrent sous l’inlluence du
traitement. Actuellement (4 Février 1929), il ne
reste plus que de grandes taches pigmentées abso¬
lument semblables, qu’il s’agisse des lésions primi¬
tives d’intertrigo ou do celles qui sont apparues à la
suite des injections de levurine ; l’état général est
excellent. Ce qui nous paraît le plus intéressant, c’est
qu’avec la guérison des lésions cutanées, l’état aller¬
gique a diminué. En effet, le 16 Janvier 1929, nous
avons’ fait à cette malade deux injections intrader¬
miques de levurine d’origine différente avec des
doses variées à la face externe du bras droit et la
réaction a été moins violente. Nous pouvions penser
qu’il s’agissait là d’immunité locale, cette région
ayant déjà été le siège de réactions parakératosiques.
Le 22 Janvier de nouveau, sur la face externe de la
cuisse gauche, dans une région de peau qui fut tou¬
jours saine, deux injections de levurine de souches
différentes et à doses élevées ont été faites et nous
n’avons constaté qu’un érythème léger et fugace.
Par contre, le 29 Janvier, nous avons fait l’intra-
dermo-réaction, l’une avec une solution de novar-
sénobenzol, l’autre avec une tuberculine au 1/1000
et nous avons eu des réactions très nettes et persis-
S’ajoulant aux faits précécleiiiiiient signalé.s,
celle observation nous nionlre que certaines tic
ces réactions cutanées, à type de parakéraloses,
peuvent être considérées coinnie des réactions
secondes, d’ordre allergique, dont le foyer pri¬
mitif peut être une infection cutanée, mycosique
dans nos, cas. Si, chez nos malades, nous^avons
pu assister à l’évolution de ces deux acies et en
saisir la liaison, il n’en est probablement, pas
loujours ainsi, car le foyer primitif peut passt-r
inaperçu ou siéger dans des régions inaccessibles
à notre observation et dans b'squolles nous ne
savons pas le dépister; aussi ces documents peu¬
vent-ils servir de point de départ pour d’autres
recherches.
Ces réactions à la levurine, survenant chez des
sujets spécialement sensibilisés par une aU'ection
antérieure, nous donnent le droit de penser que
les levures jouent, en pathologie cutanée et pro¬
bablement générale, un rôle important et (pi’elles
peuvent susciter chez certains malades l’apparition
de jthénoniènes de sensibilisation ou d’allergie très
utiles à étudier.
Ce qui dans nos cas nous a frappés, c’est la
ressemblance fréquente entre les lésions parasi¬
taires et les réactions allergiques provoquées pâl¬
ies injections de toxine trichophytique ou levu-
rique; enfin ne nous est-il pas possible de voir,
dans l’évolution de la réaction allergique chez
notre malade, dans sa diminution sous l’influence
du traitement, un phénomène comparable aux
poussées que subissent certaines réactions cuta¬
nées sous des influences diverses? Pour faire
disparajtre ces manifestations, c’est d’abord au
traitement local qu’il faut s’adresser pour éteindre
le foyer primitif, puis ensuite c’est au traitement
général désensibilisant qu’il faut demander l’atté¬
nuation de l’allergie.
Ces considérations soulignent, une fois de.
plus, le rôle capital des troubles humoraux dans
la.production et l’évolution de certaines réactions
cutanées ainsi que d'autres troubles qui leur sont
connexes ou superposables; elles ont un intérêt
pratique immédiat : celui de nous diriger vers une
thérapeutique rationnelle.
L’OTITE MOYENNE AIGUE
NÉCROSANTE
Georges PORTMANN cl Karl KISTLER,
L’inflammation de l’oreille moyenne est due
aux microbes pathogènes les plus différents. Ce
n’est cependant pas la nature du bacille qui donne
à l’otite son caractère particulier, mais plutôt la
virulence microbienne d’une part, la capacité de
défense soit de la muqueuse de la caisse soit du
malade, d’autre pari.
En se basant sur l’anatomie pathologique qui
correspond d’ailleurs à l’aspect clinique et sur¬
tout à l’aspect de la perforation du tympan, il
convient de distinguer à côté de l’otite aiguë
simple, forme banale, l'otite moyenne aiguë nécro¬
sante'.
Définition.
L’otite moyenne aiguë nécrosante est caracté¬
risée par des douleurs, par un processus nécro¬
sant qui prime la faible réaction inflammatoire
de la muqueuse, le cas échéant, par une ou plu¬
sieurs perforations différentes de forme et de
situation, par la guérison des lésions destructives
par cicatrisation, par la possibilité du passage à
la chronicité et par la susceptibilité à des troubles
auditifs permanents.
Etiologie.
En général, l’otitejnécrosante est secondaire :
elle fait suite à une fièvre éruptive, tout particu¬
lièrement la fièvre scarlatine. Souvent, cependant,
la scarlatine, la rougeole, la diphtérie ne s’ac¬
compagnent que d’une otite simple. Lit véritable
cause de l’otite nécrosante est inconnue.
Anatomie pathologique et évolution.
Les lésions anatomo-pathologiques sont:
a) Une inflammation exsudative avec très
faible réaction de la muqueuse ;
b) Une nécrose foudroyante des tissu.s mous;
c) Une nécrose et une séquestration de l'os.
L’inflammation de la miKjueuse peut être assez
accentuée; l’épithélium reste cubique, l’infiltra¬
tion cellulaire est faible ; mais il y a une byperé-
mie très marquée, les vaisseaux sont bondés
d’érythrocytes, dilatés, souvent thrombosés et
S’il y a nécrose, elle est très rapide. Elle frappe
l’épithéliuin, les couches sous-muqueuses et le
périoste avec dénudation de l’os. On remarque
une nécrose rapide du tympan. L’os dénudé est
1. Consulter à ce sujet: a Les Otites muycniics » pur le
Prof. G. PORT.MANN cl le D' K. Kistlek. 1 vol. de 220 pages,
78 figures, 8 planches en couleurs. Masson et C‘”, éditeurs.
Paris (oum age acUtcUement sous presse).
S76
LA PRESSE MEDICALE, Mercreai, 20 Mars 1929
N» 23
partout couvert de pus et de masses nécrotiques
sous forme de pseudo-membranes diphtéroïdes.
La nécrose détruit aussi l'os. Il n’y a pas de
résorption lacunaire par ostéoclastes : dans les
lacunes de Howship, c’est le pus qui fait
fondre la substance osseuse (Scheibe, Na-
ger).
Dans les cas graves, la marche de l’otite
nécrosante est foudroyante. Il y a des lé¬
sions étendues de la muqueuse, avec des¬
truction ' partielle ou totale du tympan.
Dès l’ouverture du tympan, la perforation
est oisible-, souvent il y en a deux ou plu¬
sieurs, elles s’agrandissent sous les yeux,
confluent ou atteignent le cercle tympanal
osseux, qui est dénudé.
La mortification et la fonte de la mu¬
queuse frappent et détruisent aveuglément
les tissus sous-jacents, les osselets et la
paroi labyrinthique. Il peut y avoir des
lésions graves de l’oreille interne, de la
mastoïde, avec séquestration, mais sans
rétention. Chose très intéressante : arrivé à
la dure-mère, le processus nécrotique s’ar¬
rête régulièrement. *
L'exsudât est louche, purulent, rapi¬
dement fétide et ne contient que peu .de
mucus.
L’ajjcction s' accompagne d' adénopathie
inflammatoire.
petits vaisseaux dilatés et bondés d’érythrocytes,
thrombosés. Emigration des érythrocytes, soit
par diapédèse, soit par rupture des parois. Extra-
vasats hémorragiques interstitiels nombreux. Les
purulente et des séquestres, résorption de l’exsu¬
dât par phagocytose et restitution des tissus lésés
ou détruits par organisation de tissu de granu¬
lation. Toute la surface se recouvre soit de l’épi¬
thélium de la muqueuse, soit de l’épiderme
qui a pénétré dans l’oreille moyenne à tra¬
vers une perforation. Mais les reliquats de
cette otite laissent reconnaître facilement
qu’il y a eu un processus destructif.
Symptomatologie.
Symptômes suiuecttes. — Douleurs dans
l’oreille, marquées au moment de la déglu¬
tition, du mouchage et du hoquet, surtout
pendant la nuit, et irradiées dans la tête du
côté malade;
Bourdonnements du type grave ;
Pulsations synchrones au pouls.
Symptômes fonctionnels. — Surdité :
Vacuité auditive diminue lentement jusqu’à
10 cm. pour la voix chuchotée. C’est une
surdité de transmission.
Augmentation de la perception crânienne.
Elévation de la limite inférieure des sons.
eber latéralisé du côté malade.
Rinne raccourci positif ou négatif.
Diminution de la perception aérienne,
mais moins prononcée que dans l’obstruc¬
tion tubaire, où la pression atmosphérique
s’associe à la gêne du liquide.
Naturellement, dans l’otite nécrosante,
on rencontre toutes les formes de transition,
depuis les cas les plus graves jusqu’à ceux
qui, cliniquement, ne se distinguent guère
d’une otite aiguë simple. Mais, dans un quart
des 'cas, on constate une perforation.
Une forme de transition bien connue est
l'otite grippale , qui est une otite aiguë
hémorragique. Elle est caractérisée par des hé¬
morragies et par des lésions de l'épithélium.
Mutiueuse (
Tynipun oui
hypei'cniiée par endroits, a
in. Exsudât abondant dans
partiellement nécrosé dani
Exsudât; b, hémorragies ; c, promon
du tympan ; /, tympan ; g, conduit
marteau ; i, zone de perforation ; j, c
Fig. 2. — Otite moyenne aiguë nécrosante.
Conduit auditif externe, caisse et labyrinthe.
Perforation du tympan. La muqueuse de la caisse est épaissie, hyj
éiniée, infiltration lymphoïde dans le chorion. Cavité do la cai
très réduite pur l’épaississement de la muqueuse et remplie par
exsudât purulent. Les osselets sont englobés dans la muqueuse
dans l’exsudât. ’■
a, Enclume ; b, caisse ; c, conduit auditif externe ; d, perforation
tympan ; e, muqueuse épaissie ; /, facial ; g, vestibule ; h, étri
I, cuisse ; y, exsudât.
L’inflammalion et l’infiltration lymphocytaire
sont très faibles; les couches sous-épithéliales
sont augmentées de six à huit fois, mais il y a
une hyperémie active et paralytique prononcée :
couches sous-muqueuses sont infiltrées par un
sérum hémorragique,
L'exsudat libre dans la caisse est hémorra¬
gique. De grandes quantités de sang pur repo¬
sent sur la muqueuse qui
a son épithélium détruit
sur de plus ou moins
grandes surfaces. Les
vaisseaux sous-épithé¬
liaux se sont ouverts, leur
endothélium étant lésé.
A V otoscopie , nous
constatons également ces
hémorragies sur le tym¬
pan : on les rencontre
dans la muqueuse, dans
la couche fibreuse et sous
le revêtement cutané en
bulles- vésicules hémor¬
ragiques.
La guérison complète,
c'est-à-dire sans séquelles,
d'une otite nécrosante est
à peu près impossible. En
effet, ce retour à l’état
normal est déjà compro¬
mis par la lésion de l'épi¬
thélium de la muqueuse,
lésion qui est susceptible
de former des adhérences
. , plates ou en brides et
d’aboutir à l’organisation
de l’exsudat qui prend
l’aspect d’un tissu de gra-
nulation;néoformationde
vaisseaux sanguins, d’élé¬
ments cellulaires fixes
et de tissu fibrillaire.
on du processus nécrosant destructif
ne peut s’effectuer que par cicatrisation.
Les causes supprimées, l’inflammation cesse,
l’ostéite cesse, il y a évacuation de la msitièrc
Symptômes objectifs. — Ils sont carac¬
téristiques. A l’examen otoscopique, le
tympan peut présenter différents aspects :
1“ Tympan sombre, terne, opaque, résultat
de l’organisation d’un tissu très vascularisé,
constitué par plusieurs couches de l’épithélium
cutané, surtout au contour de la membrane.
2° Tympan cotonneiux, diffus : cercle cotonneu.x
Fig. 3. — Otite moyenne aiguë nécrosante.
Zone de la perforation du tympan.
n voit les doux bords de la perforation tympanique, avee l’épithé¬
lium malirighien sur la face du conduit auditif externe, eoiffant les
rebords de la perforation. Du côté de la caisse (face droite), l’épithé¬
lium cylindrique de la caisse est normal. Tissu propre du tympan
profondément modifié. Exsudât purulent dans la caisse.
Epithélium cylindrique ; b, épithélium malpighien ; c, tympan ;
d, perforation ; e, conduit auditif externe ; /, exsudât purulent ;
g, caisse; h, tympan.
marginal. Plaques calcaires localisées : transfor¬
mation du tissu sous-épithélial infiltré en un tissu
fibreux atrophique.
Dépôts calcaires.
N» 23
LA PRESSE M;EDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
377
3" Cicatrice atrophique, résultat de la cicatrisa¬
tion d’une perforation du tympan. Elle est nette¬
ment localisée et facile à confondre avec une
perforation persistante parce qu’elle est très mince
et transparente, mais bien reconnaissable
au reflet lumineux et à la mobilité de la
membrane, perceptibles à l’aide de la loupe
de Siegle-Brünings.
Histologiquement, elle est constituée ; de
la couche épithéliale de la muqueuse ; de
la couche cornée du revêtement cutané, la
couche fibreuse [membrana propria) faisant
défaut.
4“ Persistance d’une perforation. — Nous
distinguons, suivant la situation, deux
espèces de perforations.
A. Perforation tympanale centrale. — Les
bords de cette perforation ne touchent nulle
part le bord supérieur du cercle tympanal
osseux.
La forme de cette perforation tympanale
centrale n’a aucune signification diagnosti¬
que ou pronostique : elle est petite ou
grande, ronde, ovalaire ou réniforme. La
chose-essentielle est qu’elle n’atteigne pas la
paroi supérieure du conduit auditif externe.
Cette perforation tympanale centrale se
présente :
a) A bords libres. — Le revêtement cutané,
dépassant à peine le bord de la perforation
vers l’intérieur, est bloqué nettement par
l’épithélium de la muqueuse.
On rencontre cette forme comme ; Ij
1“ Perforation classique de ï otite moyenne ti
chronique purulente simple ;
2“ Perforation sèche, résidu d'une otite ^ ^
nécrosante guérie, ou d’une otite moyenne
chronique purulente simple guérie: l
b) A bords adhérents. - - Il y a adhérences
cicatricielles entre le tympan, les osselets et la
paroi labyrinthique.
Ces adhérences forment un pont qui favorise
l’invasion de l’épiderme dans l’oreille moyenne.
L’épidermisation de la caisse, c’est-à-
dire de l’hypo- et du méso-tympanum, repré¬
sente la guérison naturelle de l’otite nécro¬
sante.
Cette épidermisation empêche l’appari¬
tion d’une otite moyenne chronique puru¬
lente simple et est favorablement secondée .
si le bord antérieur de la perforation, fixé
à la paroi labyrinthiqne, obstrue la com¬
munication tubo-tympanique.
B. Perforation épitympanale marginale.
— Les bords de cette perforation touchent
le bord supérieur du cercle tympanal osseux,
soit à la marge supéro-antérieure (membrane
de Shrapnell) ; cette perforation donne la
possibilité de l’invasion de l’épiderme du
conduit auditif externe, soit en arrière
directement dans l’attique et dans 1 antre,
soit en avant par l’espace de Prussak dans
l’épitympanum.
La perforation épitympanale marginale
est la pier foration classique de l’otite moyenne
chronique purulente cholestéatomateuse.
tion (elle peut être confondue avec la perforation
d’une otite simple à travers une cicatrice atro¬
phique). — 2“ L’écoulement : l’exsudât ne tarde
pas, s’il y a lésion nécrotique, à devenir fétide.
erforulion du lynipi
bas. Muqueuse à
sui’tout sur la part
'eau du bec de cuill
rcs de Vorifice
restes de celt
sudat purule
lion lynipbo'
t, nécrose ; j, limaçon ; k, muqueuse.
Thérapeutique.
Si l’on a l’impression que le Irailemenl i
ihangc pas beaucoup révolution d’une otite aigi
Diagnostic.
Dans sa forme imperforante , l’otite
moyenne aiguë nécrosante peut être impos¬
sible à différencier de l’otite moyenne aiguë
simple.
Une otite hémorragique doit être classée
parmi les otites nécrosantes.
Dans la forme perforante, on se base sur :
1° L’aspect de la perforation : elle est visible,
à bords minces, situation et foriyies variables,
une ou plusieurs perforations, fermeture, retardée,
cicatrisation visible ou persistance de la pek&^i^-
Fig. 5. — Otite moyenne aegnè nécrosante. Zone de i'aittijue.
Muqueuse épaissie et Uyperémiée. Le iiinrleau est englobé dans un
masse do tissu inüammatoirc. Les cellules épilympanalcs sont en
flammées et partiellement remplies d’un exsudât purulent,
a, Toit de l’attique nécrosé ; 6, marteau ; c, conduit nudilit externe
d, marteau (courte apophyse) ; c, exsudai; /, cellules épitympanale!
y, muqueuse épaissie ; h, tympan.
simple non compliquée, la thérapeutique de l’otite
nécrosante permet d’éviter la chronicité dans la
plupart des cas.
A l’aide des injections légèrement antiseptiques,
on seconde avantageusement l’évacuation des
matières purulentes et on raccourcit la durée de
l’affection.
Ce traitement sera d’ailleurs le même que celui
de l’otite moyenne aiguë simple.
a) Avant la perforation :
1" Vapeurs, inhalations, pommade adré-
nalino-cocaïnée ;
2“ Insufflation d’air: théoriquement dan¬
gereuse, en réalité favorable pendant la
période de résolution, car elle empêche une
hyperémie ex vacuo et favorise la résorp¬
tion ;
3" Paracentèse.
b) Après la perforation :
Le malade sera vu quotidiennement, et à
chaque examen le iraileimml suivant sera
institué ; lavage de l’oreille ; séchage du
conduit ; insufflation d’air par la trompe ;
séchage du conduit; insufflation de poudre
d’acide borique.
Si le malade est dans l’impossibilité
d’être soigné quotidiennement par le méde¬
cin, il fera lui-même deux lavages par jour,
suivis d’instillations d’alcool boriqué.
Pronostic.
Le pronostic est différent de celui de
l’otite moyenne aiguë simple,
ne cil JJ dépend de la virulence et de la toxi-
accen- l’infection, de la capacité de défense
its sur des tissus de l’oreille et du malade. La
de la perte de substance, la lésion de l’épithélium
déterminent la durée. Elle peut être très
ifi'ltra- longue s’il y a des lésions osseuses éten-
Les complications de l’otite nécrosante
sont trois fois plus fréquentes que celles de l’otite
simple.
Mais, heureusement, la dure-mère oppose une
barrière au processus nécrosant. C’est jtourquoi
le pronostic vital de l’otite nécrosante n’est
pas mauvais, beaucoup moins en tout cas
que celui de l’otite simple, les compli¬
cations endocraniennes étant exception¬
nelles.
11 n’en est pas de même au point de vue
fonctionnel : l’otite nécrosante se guérit
en général par cicatrisation et frappe fré¬
quemment l’oreille interne. La caisse, les
osselets et les niches des fenêtres labyrin¬
thiques sont souvent modifiés à un tel
degré qu’il en résulte une surdité de trans¬
mission et de perception permanente.
Dans les cas légers, on peut, bien en¬
tendu, constater le retour à une audition
normale.
Il faut noter le passage possible à la chro¬
nicité : 1 pour 100 des cas deviennent chro
niques et le pourcentage s’accroît si le trai¬
tement a été négligé.
Dans les niches do la caisse, déformées
par le processus cicatriciel, les microbes
pathogènes et les matières infectieuses
purulentes peuvent séjourner et constituent
une cause de chronicité à laquelle il faut
ajouter les auto-toxines formées dans l’or-
m„. ganisme.
en- Le passage de l’otite nécrosante à une
otite moyenne chronique purulente simple,
caractérisée par une perforation tympanale
centrale, existe mais il existe aussi la
transforination en otite moyenne chro¬
nique purulente cholestéatomateuse, grâce à une
petfôrà'üon épitympanale marginale (jui favo¬
rise l’invasion de l’épiderme dans l’épitympa-
378
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
N“ 23
Travail
de la Clinique chirurgicale de la Salpêtrière
(Professeur : A. Gosset).
L’ULCÈRE PEPTIQUE
POST-OPÉRATOIRE
DIAGNOSTIC CLINIQUE ET RADIOLOGIQUE
René-A. GUTMANN, Richard JAHIEL
el Dan THÉODORESCO
L’ulcèro j)(‘i)lique posl-opératoirc csl uiic'dcs
principales el des plus graves complications tar¬
dives de la gaslroentérostomie. Sa fréquence est
pourtant assez faible pour que la gastrocnléros-
toinie reste une excellente opération. La statis¬
tique tirée d(!s opérations pratiquées dans le ser¬
vice de notre maître, M. le professeur Gosset, à
la Salpétrière, aboutit à un pourcentage de
1,5 ulcère peplique pour 100 sur un millier de
gastroentérostomies pour ulcère gastrique ou
duodénal.
].,a plupart des statistiques oscillent entre
1 et 5 pour cent'. Il s’agit donc d’une complication
peu fréqueutc, (pti ne doit pas faire abandonner la
gaslroonlérostomie comme opération de choix
dans les ulcères.
L’étude de 20 ulcères peptiques, opérés primi¬
tivement dans des endroits divers et réopérés à
la Salpétrière, nous a permis de j)réciser l’allure
clini((ue et les signes radiologiques do celle com¬
plication.
Cliniquiî. — La date d’apparition de l'ulcère
peplique est très . variable, entre dix jours el
vingt ans après la G. IG Dans nos cas, les dates
d’apparition les plus communes s’étageaient entre
six mois el deux ans.
Cliniquement, c’est la doitlour qui constitue le
symptôme le plus important et c’est dans ses
caractères que l’on trouve le meilleur élément do
diagnostic clinique. Elle est en elfel cxccplion-
ncllomcnt violente. Douleur « à se ])lier en deux »,
« à se tordre » sont les expressions comniuné-
inenl employées par les malades lülle est beau¬
coup plus forte <iuc dans la majorité des nlcus
gastriques ou duodénaux el son acuité peut par¬
fois la faire comparer à eerttiines crises gastri-
(jues ilu laltès.
Comim^ tu's dernières, elle est dif(icilement
calmée par les procédés tliéra])euti(pie.s liabiluels
et, chez (uîrtains de nos malades, nous fûmes
amenés, la main forcée, à prescrire de la mor-
l)hine.
Le second caractère d(! e.es douleurs intoléra¬
bles (-si <|u’elles sont njtliiiiéea dans la journée el
l’illessoni, en général, ri/lliniccs dnns ta journée.
Souvent très tardives, elles apparaissent vers la
quatrième ou cimiuième heure après les repas;
mais elles peuvent être précoces ou semi-tardives
Quand le malade reste à jeun, elles n’apparaisssnl
en général pas.
1. Niuis ne pouvoii» nous tUencIrc ici sur ces slnlis-
li<iurs, t’artictc tiuc nous publions uujoiirct’liiii éUinl
Pour tous les (létnils plus précis couccruuut les diverses
(piestious ctiniijiics, diiignostif/iics, patlio!féiiiqiics et Ihrra-
pt:ulii/ucs <pic soulève l’ulcère pe;)li(pio, pour lu lii/i/ioprn-
p/iic couij)lèlc, nous renvoyons soit à notre mémoire (pii
puruilru dans les Trat’aii.v et Mémoires de la Clinique chirtir-
gieale de la Salpêtrière, t. 111 (eu prépuration, Masson,
édit.) ; soit au chapitre cousucré aux syndromes douloureux
posUopéraloires dans le livre do l’un de nous ; René A.
Gutmann. Les syndromes douloureux de la région épigas¬
trique ; étude clinique, radiologique et thérapeutique (sous
presse, Doin, édit.).
On y trouvera aussi une iconographie plus complète.
Elles sont, déplus, rythmées dans Vannée. Nous
avons en effet retrouvé dans beaucoup de nos
observations ce caractère particulier sur la valeur
spéciale duquel nous avons déjà insisté à propos de
l’ulcère gastro-duodénal. Les douleurs de l’ulcère
peptique surviennent souvent par périodes qui
commencent et finissent assez brusquement comme
si elles correspondaient à une véritable poussée
inflammatoire. Leur durée habituelle est de
10 jours à 1 mois, 3 semaines en moyenne; elles
sont séparées par des intervalles variables, mais
moins longs que dans les autres ulcères. Pendant
la période douloureuse, le malade souffre tous les
jours.
Ce rythme si particulier n’est, cependant pas
constant. A mesure que la maladie vieillil, il
hi pclile ecuii'biiic près du pylore. Giislro-enléroslomie.
Grosse niche de l’anse efférente constante sur tous les
clichés (cliché Puthomme). Oi)ération (P'^ Gosset) : .ilcère
j)cpti(iuc de l’anse efférente.
perd de sa netteté; les douleurs tendent à devenir
plus rapprochées, quotidiennes. Parfois s’établit
un fond douloureux constant sur letjuel tranchent
des périodes d’acidlé exaspérée. Ces cas cor¬
respondent en général, comme dans les autres
ulcères gastriques et duodénaux, à des lésions
extériorisées.
La localisation des douleurs peut aider au dia¬
gnostic. Elles siègent plus bas que dans l’ulcère
gastrique ou duodénal. Pourtant la localisation
épigastrique peut s’observer.
Classiquement, celle douleur siège du côté
gauche, au-dessous de l’ombilic. 11 ne faut peut-
être pas attacher à celle notion de côté la valeur
qu’on lui donne souvent. Beaucoup de nos malades
souffraient à droite. Dans un cas de Hazelline,
où à l’opération on trouva sur l’anse d’une gaslro¬
entérostomie antérieure un ulcère avec adhérence
au diaphragme, la douleur était épigastrique gau¬
che, haute, avec irradiations à l’épaule gauche.
Les vomissements peuvent exister, mais ils sont
rares.
Le melæna s’observe, ainsi que les hématémèses.
Urrutia insiste sur l’intérôt de la recherche des
hémorragies occultes.
Yi’examen physique donne peu de résultats. Il
est assez difficile de localiser un point douloureux
qui se projette à la palpation sur des plexus nei*-
veqx souvent hyperesthésiés. D’ailleurs, il n’est
pas rare de constater, en dehors des poussées,
l’absence de douleur provoquée au niveau de
l’estomac et de l’anse.
Il faut chercher pendant les crises la présence
d’une résistance localisée de la région sous- ou
para-ombilicale.
L’appétit est conservé, mais les malades se
privent souvent de nourriture à cause de leurs
douleurs atroces.
Evoi.u’I'ion. — Abandonné à lui-même, l’ulcère
peptique a une tendance naturelle à la fistulisa¬
tion el à l’ouverture dans un organe voisin. Plus
rarement, la perforation se fait en péritoine cloi¬
sonné ou libre.
C’est celle tendance qu’a l’idcère peptique à
créer autour de lui un foyer inllamirialoirc actif,
qui fait sa haute gravité; c’est elle qui impose un
diagnostic et un traitement précoces. La sévérité
du pronostic augmente à mesure que s’accentue le
travail d’extériorisation.
L’aboutissant le plus fréquent est l’ouverture
de l’ulcère dans le côlon, la fistule jéjiino-coliqite.
Cette complication est la plus commune aujour¬
d’hui parce qu’elle correspond topographiquement
au procédé opératoire actuellement le plus
employé, la gaslroentérostomie postérieure.
]je stade précédant la fistulisation vraie est
caractérisé par la formation, entre le grêle et le
côlon, d’adhérences de plus en plus serrées; cet
état adhérentiel explique les difficultés fréquentes
du premier temps qui consiste en un difficile tra¬
vail de décollement.
Parfois pourtant la communication Se fait entre
les deux organes sans formation d’adhérences et
la fistule jéjuno-colique est absolument libre, ren¬
dant l’opération plus facile.
Nous n’insisterons pas sur celle complication
grave et fréquente. Elle a fourni l’objet de la
thèse de Loëwy, à laquelle nous renvoyons.
Ajoutons cependant que, dans ceux de nos cas
où une fistule jéjuno-colique a été constatée opé-
l’atoirement, nous n’avions bien souvent pu en
déceler aucun signe, ni clinique (vomissements
fécalo’i'des en particulier) ni radiologique (passage
radioscopique de la baryte du jéjunum directe¬
ment dans le transverse) .
Il faut noter d’ailleurs (pi’il est parfois difficile
pour le chirurgien de distinguer un ulcère sur
le point de s’ouvrir dans le côlon el un ulcus déjà
ouvert. Le décollcmeul ou la résection de la
partie ulcéré(! et adhérente réalise parfois artifi¬
ciellement une ouverture coli(pie (pii n’existait
pas auparavenl.
Le processus adhérentiel profond prend dans
certains cas une imporlanre vi-aiment considé¬
rable, aboutissant à la constitution d’une pseudo-
tumeur constatable à l’opération. Nous en avons
observé un cas : les douleurs étaient d’une vio¬
lence elfrayanle; on sentait un empâtement pro¬
fond; la radiographie montra l’aspect de l’ulcus
peplique avec, en connection avec cet ulcus, une
image de cavité limitée (jui comrnunicjuait avec
l’intestin.
Bien plus rare est actuellement l'évolution,
décrite en 1900 par M. Gosset : la péritonite loca¬
lisée antérieure avec plastron superficiel. Elle était
surtout l’apanage des gastroentéroslomics anté¬
rieures, beaucoup moins pratiquées actuellement.
L’ouverture dans des organes autres que le
côlon ou la peau est très rare.
La perforation en péritoine libre est excep-
I tionnelle.
Un fait important est à retenir dans l’évolution
N» 2.'}
I;A PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
379
de l’iilciis pepliquc, c'est sa lendaiicc très marquée
à la vccidive après opération. Nous , en avons
observé un cas, de nombreux auteurs l’ont signalée.
Quelques-uns admettent que pour guérir cette véri¬
table diathèse ulcéreuse, il est nécessaire de faire
des résections gastriques étendues pour, obtenir
l’achlorhydrie. i ;
C’est encore là un important facteur.de gravité
pronostique.
Dia(;nostic cliniquiî. — Lorsqu’un ancien
gastro-entérostomisé pour ulcus recommence à
souffrir \in certain nombre de semaines ou de
mois' après son 0|)ération, diverses questions de
diagnoslic se posent.
11 peut s’agir de Iroiib/ex d'ordre bnnol préexis-'
rig. 2. — Niche pcdiculce de l’aiise ciTérciile constante
sur tous les clichés, restant même remplie njirès éva¬
cuation de l'anse (cliché Puthomme). Opération (D- Thal-
heimer) : ulcère jieplique à 2 cm. de la bouche.
tant à l’opération: dyspepsie , liypersthénique,
gastrite, etc.
Il peut s’agir de V ancien ulèits qui continue à
évoluer en sa place primitive, estomac ou duo¬
dénum, ou bien d’un nouvel ulcus qui se manifeste
en un autre endroit des mêmes viscères. Prati¬
quement, de telles éventualités ne se distinguent
que par certaines nuances de l’ulcus peptique
post-opératoire; les douleurs de l’ulcus jéjunal
ont une intensité plus grande, « à se tordre, à se
rouler ». Certes oh peut voir, dans les ulcères
gastriques, des crises aussi violentes, « tabéti-
formes », mais il s’agit alors, en général, de
lésions évoluant depuis longtemps, devenues
calleuses, siégeant surtout d’ailleurs à la petite
courbure ; l’intensité des douleurs est au con¬
traire signalée d’emblée, dès les premières crises,
dans l’ulcus post-opératoire.
La localisation de la douleur est en général
1. Nous n’envisageons pas ici In discussion des acci¬
dents pi'écoees sui'vennnt quelques jours après la gastro-
entérostomie où le diagnostic d’ulcus peptique ne se pose
pas. ,
différente, épigastrique dans les ulcus gaslritpies
ou duodénaux, péri-ombilicale dans les autres ;
nous avons dit plus haut qu’il ne s’agit pas là d’un
signe pathognomomique. .
Dans certains cas, un syndrome ulcéreux peut
se produire subitement chez un gastro-entéros¬
tomisé sans qu’on puisse faire un diagnostic pré¬
cis (Villard, Delore). Il s’agit d’anciens opérés
qui, brusquement, plusieurs mois, plusieurs
années après une gastro-entérostomie, présentent
des hémorragies mortelles ou graves. On trouve,
à l’autopsie o>i à l’intervention, des ulcères récents
souvent iiiultijdcs. Ces faits, cités à l’occasion
d’une communication de Bouchut*, se présen¬
tent vraiment comme des poussées aiguës d’une
(I maladie ulcéreuse ».
11 existe des cas rares où surviennent des
liémorragies dont aucune lésion locale n’explique
la cause. Bastianelli ' les attribue à des poussées
congestives près de la bouche des gastro-entéros-
tomisés ; Krabbel “ fait jouer un rôle aux modifi¬
cations sanguines : il a insisté sur la leucopénie,
la splénomégalie possibles.
Un autre diagnostic à envisager est celui
d’ ndliàrcnccs post-opératoires . Ces adhérences
donnent lieu à des -douleurs beaucoup moins
vives. Leur évolution dans l'année est différente;
il ne s’agit pas ici de crises, mais de douleurs à
peu près quotidiennes; elles ont tendance, dans
la journée, à ne pas être exclusivement et régu¬
lièrement post-prandiales, mais surviennent de
façon irrégulière ou plutôt continue.
Pourtant l’ulcère peptique peut, nous l’avons
vu, s’accompagner lui-même d’adhérences qui
modifient son évolution ; mais il reste alors,
comme signe spécial, l’acuité extrême des dou¬
leurs, symptôme véritablement très exceptionnel
dans la périgastrilc ou la periduodénite non
sténosante.
On peut penser à la possibilité de la transfor¬
mation néoplasique de l’ulcère pour lequel la
gastro-entérostomie a été faite. Ce sont surtout
alors les modifications de l’état général qui
appelleront l’attention, l’anémie, l’iiémorragie
occulte continue, etc.
Dans d’autres cas, il s’agit d’un rétrécissement
de la bouche de gastro-entérostomie avec signes
cliniques de sténose et de stase. Cette complica¬
tion a donné lieu, aux débuts de la gastro-entéros¬
tomie, à de longues discussions et, dans certaines
conditions techniques, Kelling, Delbet, Guibé, etc. ,
la considéraient comme normale. On sait actuel¬
lement qu’il s’agit d’une complication assez rare
mais indéniable. Haberer a étudié ces sténoses sans
ulcus peptique ; il les attribue à l’inflammation de la
paroi gastrique ; il pense qu’il faut aussi tenir
compte de la rétraction musculaire post-opératoire
d’un estomac opéré au moment d’une grosse dila¬
tation par sténose. Delore, Michon et Polosson
(de *Lyon) * ont constaté, à la suite de gastro-
entérostomies correctes, des signes de sténose; à
la réintervention, ils ont trouvé, sans ulcère ni
cancer, un rétrécissement cicatriciel de la bouche.
Ils ont observé 10 cas de ce genre dont 9
après gastro-entérostomie au bouton de Murphy;
ils expliquent ces sténoses par des lésions
inflammatoires de gastrite, fréquemment con¬
statées au cours des interventions. Quand la nou¬
velle bouche est établie sur ces tissus, la cica¬
trisation par bourgeonnement, par rétractilité
1. L. Bouchut. — « Ulcères aigus de l'estomac avec
hémalémèse mortelle chez des opères pour ulcères ». Soc.
(le Cliir. (le Lyon, 8 Décembre 1921.
2. P. Bastianelli. — « Ou ne doit pas toujours penser
à l'ulcère peptique en présence d’hèmntèinèsos et de ine-
lænas tardifs à la suite de gastro-entérostomie ». A'.V.V//'
Congrès italien de Chir., 192.').
3. M. Krabiiel. — « Hémorragies après gastro-entéros¬
tomie ». Zcnlralbl. /. Chir., 8 Mai 192G.
4. X. Deloke, g. Miciion et E. Polosson. — « De
l’oblitération cicatricielle des bonebes de gastro-entéros¬
tomie ». Rente de Chir., 1924, n° 2.
peut aboutir à la sténose; l’irritation duc au bou¬
ton et le faible diamètre de l’orifice pratiqué en
ce cas sont évidemment des causes favorisantes.
Bonnet (de Lyon) ‘ a étudié des cas sembla¬
bles.
-Il faut toutefois savoir que le plus souvent la
sténose de la bouche de gastro-entérostomie
coïncide avec le développement in situ d’un ulcus.
Diagnostic iiadiologique. — Si l’on compare
l’immense littérature consacrée à la radiologie
des ulcus gastriques et duodénaux à celle qui
traite des ulcères peptiipies post-opératoires, on
est frappé de la pauvreté de cette dernière. 11
n’exislc, pour ainsi dire, que des constatations
épisodiques, llabcrcr ne tire aucun réstiltat de la
Fig. 3. — Péi-igasti'ile lacunaire de la bouche de gastro-
entérostomie. Niche constante sur tous les clichés,
convergence vers la niche des plis de la muqueuse
intestinale (cliché Puthomme). Opération (D' Petit-Du-
taillis): adhérences serrées autour de la bouche de
gastro-entérostomie; gros ulcus peptique calleux.
radiologie, Zollschau constate une fois une tache
persistante qui répond à un ulcus jéjunal décou¬
vert à l’opération ; Richardson ne trouve rien de
spécial dans plusieurs cas; Henri Béclère n’a
constaté de niche qu’une seule fois, Barsony
deux fois, Urrutia une fois; Manhes n’obtient
aucun renseignement intéressant en dehors de
la constatation d’un point douloureux à l’écran ;
Schlesinger est muet sur l’ulcus peptique, etc.
Nous avons, à la Société de Gastro-Entérologie
(Décembre 1926-Décembre 1927), montré, les pre¬
miers, comment l’emploi des méthodes modernes
de radiographie facilite le diagnostic de cette
lésion. Depuis les nôtres, quelques travaux ont
paru sur le même sujet.
Diagnostic iiadiologique i'ositif. — La radio¬
logie, en présence d’un ancien gastro-entérosto¬
misé qui souffre, va aider à trancher le diagnostic.
1. P. Bonnet. — « Syndrome péritonéal en relation
avec le rétrécissement d’une bouche de gastro-entérosto¬
mie ». Soe. de Chir. de Lyon, 10 Novembre 1927.
380
I;A PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
N» 23
Dans la majorité des cas, elle permet, à notre
avis, une authentification absolue de la lésion.
L’ulcère peptique se manifeste, nous allons le
voir, par une niche qui ne peut être bien décelée
que par la radiographie et surtout les radiogra¬
phies en série. L’histoire radiologique de l’ulcère
peptique est, de ce point de vue, la même que
celle de rulcèrc duodénal qui, avant l’ère des
clichés en série, était rarement reconnu.
Quand oii veut essayer de découvrir un ulcère
peptique par la radioscopie seule, on risque de
commettre une erreur. Quand on se contente d’un
seul cliché, on risque de laisser passer inaperçue
une déformation qui serait caractéristique sur
plusieurs.
Si, chez un malade qui souffre après une gastro-
entérostomie, on pratique des radiographies en
série de la région de la nouvelle bouche, on peut
constater divers aspects :
1° Une image diverticulaire peut se voir sur
un des bords de l’anse anastomotique injectée de
baryte ; ce diverticule ou niche est immuable de
forme et de situation sur les divers clichés ; le
diagnostic est alors facile ; il s’agit d’un ulcus
peptique de l’anse ;
2“ Une image diverticulaire, parfois moins
nette que la précédente, peut apparaître sur le
bord gastrique, à l’endroit où l’anastomose le
rejoint; elle est fixe également dans sa forme et sa
position : c’est un ulcus peptique siégeant sur les
commissures de la bouche de gastro-entérostomie.
Nous voyons ici seulement apparaître la divi¬
sion entre les ulcères de la bouche et ceux de
l’anse. Cliniquement aucun signe ne les distingue;
3“ Enfin, dans d’autres cas, l’ulcère ne siège pas
radiologi(iueinent sur un bord. Imrsque l’estomac
ou l’anse sont pleins, la niche de l’ulcère risque
de passer inaperçue. Elle apparaît au contraire
sur le cliché lorsque la portion qui entoure l’ul-
cus est vide. Cette vacuité peut résulter de
diverses causes : ou bien l’anse intestinale est
saisie par le cliché au moment où elle vient de
s’évacuer; ou bien la région de la bouche ne s’est
pas remplie par suite de ce processus d’inflamma¬
tion localisée que nous avons étudié sous le nom
de périgastrite lacunaire; ou bien enfin, par la
compression, on arrive à vider la portion suspecte
et à radiographier ainsi la tache qui reste seule
remplie.
Dans tous ces cas, l’ulcère peptique se présente
avec des caractères morphologiques analogues à
l'it'. 5. — Double nielle constmite sur tous les clichés,
siégeant au départ de l’anse anastomosée (cliché Pu-
thomme). Opération (prof. Gossel) : double ulcère
peptiipie de l'anse efférente, près de la houche.
l’ulcère des faces du duodénum, c’est-à-dire sous
forme d’une tache suspendue, arrondie ou stel¬
laire, constante dans sa localisation et sa forme.
Nous avons dit que la radioscopie était, dans
l’immense majorité des cas, muette quant à la
morphologie de la lésion.
Elle est néanmoins importante à un tout autre
point de vue : celui de la dynamique de la
gastro-entérostomie. Il est indispensable desavoir
comment fonctionne la bouche, si elle est per¬
méable ou non, quelle est la vitesse de l’évacua¬
tion gastrique, si cette évacuation se fait ou non,
et à quel taux, par le pylore, renseignement capi¬
tal à donner au chirurgien an moment de la nou¬
velle interyention.
Diagnostic «adiologique différentiel. — En
présence de déformations observées sur les cli¬
chés, deux questions de diagnostic radiologique
se posent tout de suite.
h’absence de niche, de diverticule, de tache
suspendue peut-elle éliminer le diagnostic d’ulcus
peptique? A cela nous ne pouvons, bien entendu,
pas répondre d’une façon définitive, mais nous
Pig. 4. — Niche diverticulaire consUmlc sur tous les
clicliés (cliché Pulhomme). Opération (prof. Gosset) ;
ulcère peptique de la bouche.
pouvons dire que, depuis que nous étudions les
bouches de gastro-entérostomie, nous n’avons
encore jamais vu la coïncidence d’une histoire
clinique d’ulcus peptique et d’une image radiolo¬
gique normale. D’autre part, tous nos cas ont été
vérifiés opéra toircment.
Pouvons-nous dire, par contre, en nous basant
sur ces diagnostics confirmés, que toute image de
niche, de diverticule, de tache suspendue soit
pathognomonique d’un ulcère?
Nous retombons là dans les mêmes discussions
et les mêmes nuances d’interprétations (pie celles
qu’ont soulevées les images d’ulcus duodénaux.
Mais l’ulcus duodénal est une maladie si fré;-
quente qu’actuellcmcnt, avec une certaine habi-
lude de l’interprétation des clichés, on arrive à en
faire le diagnostic avec une quasi-certitude et à
ne pas confondre, par exemple, l’image d’un
ulcère avec celle que donne une bride.
Pour l’ulcus peptique, on n’en est qu’au début.
Une bride, des adhérences peuvent donner lieu à
une erreur, erreur d’ailleurs vénielle, puisque le
malade soufl’re et qu’à l’intervention on trouve
une lésion. Nous avons récemment observé un
cas typique de ce genre. Il s’agissait d’un malade
opéré d’abord d’une appendicite avec péritonite,
puis, quelques années après, d’un ulcère gastrique
près du pylore pour lequel on fit une gastro-
entérostomie postérieure. Sept ans après, ce
malade commença progressivement à souffrir,
sans périodicité d’ailleurs. La radiographie mon¬
tra, sur le bord droit de l’anse efférente, à quel¬
ques centimètres de la bouche, une formation
ampullaire de la taille d’une olive, nettement
différenciée et distante de l’anse à laquelle elle
semblait réunie par un pédicule un peu variable
de forme selon les clichés, mais, de façon générale,
constante. A l’opération (D'' Soupault), on trouva
une partie do la paroi du jéjunum, au-dessous de
la bouche, comme herniée et plicaturée à l’inté¬
rieur d’une mince gaine séreuse dans laquelle
elle constituait une sorte de diverticule. Cette
disposition était si nette que M. Soupault dut cliver
l’accolement et, pour empêcher la coudure de se
reformer, pratiquer localement une courte jéjuno-
plastic en incisant le sommet de l’anse suivant sa
longueur et en la suturant ensuite transvcrsale-
leinent.
Les autres complications locales non ulcéreuses
sont plus faciles à distinguer sur les clichés.
La périgastrite diffuse s’observe chez des sujets
ayant subi plusieurs opérations gastriques qui
chaque fois créent des adhérences nouvelles ; elle
se traduit par des images généralisées, bridant,
tiraillant et l’estomac sur une surface plus ou
moins grande et les anses anastomosées.
Nous avons étudié sous le nom àc périgastrite
lacunaire un processus plus électif. Il s’agit
d’une inflammation née sur place autour des
lèvres de la gastro-entérostomie et évoluant
localement vers un rétrécissement de la bouche
et de l’anse efférente. On voit, à l’écran et au
cliché, sur la grande courbure, autour de la
bouche, une image lacunaire, large et arrondie;
ses bords sont toujours flous, floconneux, déchi¬
quetés, « grignotés » ; dans ce halo, on voit par-
lir l’anse efférente dont les bords sont eux-mêmes
plus ou moins nets ou flous, selon que le pro¬
cessus de périgastrite l’a elle-même .atteinte ou
respectée.
Une réaction inflammatoire de la paroi gas¬
trique herniée à travers la brèche du mesoeôlon
peut donner un aspect très voisin.
En résumé :
1“ Cliniquement, l’ulcère peptique a des caraç-
tères spéciaux qui permettent de le faire recon¬
naître et qui sont surtout tirés des caractères de
la douleur et particulièrement de son intensité ;
2“ Radiologiquement — et c’est le fait sur lequel
nous insistons surtout — son diagnostic est rendu.
Fig. r>. — Niche diverticulaircTconstanlc sur tous les
clichés. Le cliclié reproduit a été obtenu par la méthode
de compression (D''* Ledoux-Lebard et Galdéron). Opé¬
ration (prof. Gosset): ulcus peptique sur l’anse effé^
rente à la partie droite de la bouche.
le plus souvent, très précis par l’emploi systéma¬
tique des clichés en série ;
3" Malgré ces diverses données qui en facilitent
grandement le diagnostic, l’ulcère peptique reste
une complication assez rare (1,5 pour 100) pour
ne pas contre-balancer les avantages de la gastro-
entérostomie ‘.
1. Il faut noter d’ailleurs qu’aucune autre opération, y
eompris les résections gastriques, ne met à l’abri de
l’ulcus post-opératoire. Nous ne faisons ici que signaler
CO fait, plus développé dans nos travaux auxquels nous
faisons allusion dans la note du début de cet article.
N» 23
LA PRESSE MEDICALE, Mercredi, 20 Mars 1929
383
La Fondation des Etats-Unis (276 chambres).
La Fondation suédoise (40 chambres).
La Fondation néerlandaise (100 chambres).
La Fondation espagnole (150 chambres).
La Fondation Maric-Nubai-, au profit des étu¬
diants arméniens (74 chambres).
La Fondation de l'Indochine (100 chambres).
Soit au total deux fondations françaises repré¬
sentant 400 chambres, une Fondation coloniale
(100) et dix Fondations étrangères (1.340).
D’autres jtays auront également bientôt leur
iiiainon : le Danemark, le Brésil, Cuba, la Tchéco¬
slovaquie, la Grèce, la Pologne, la Roumanie, la
Suisse, la Colombie, le Vénézuéla, le Pérou.
Leur exemple sera certainement suivi. Il y a
place pour tous à la Cité, car elle disposera pro¬
chainement de nouveaux terrains qui porteront
à 44 hectares sa superficie totale.
Et Paris point de contact de 15.000 étudiants
étrangers ne pourra que s’enorgueillir de com¬
prendre parmi ses œuvres universitaires un édifice
de cette grandeur.
JjîAX ClIOUZAT.
N. B. • - Pour tous renseignements ou eneois de
dons en nature ou en espèces, s'adrcssci' à j\L le
sénateur Honnoiîat, ?.0, rue Le Pcletier, Paris (.9").
La Faculté arabe de Médecine
de Damas
C’est en 1901 qu’un lirman impérial de Turquie
créait la Faculté ottomane de Damas, destinée
aux étudiants en médecine syriens. L’enseigne¬
ment y était donné par des maîtres venant de
Constantinople et en langue turque. Ainsi fonc¬
tionna cette Faculté jusqu’en 1914.
Pendant la guerre, elle fut transférée à Bey¬
routh par les Turcs, qui s’emparèrent des locaux
et de toutes les installations de la Faculté fran¬
çaise, abandonnant aux troupes turques les bâti¬
ments de la Faculté de Damas. Mais cette occu¬
pation ne fut que momentanée et cessa lorsqu’on
1918 les armées allemandes et ottomanes durent
évacuer la Syrie.
En 1919, durant son règne éphémère à Damas,
Fayçal rétablit la Faculté de Médecine dans ses
anciens locaux et en fit une Faculté arabe.
A son départ, la France, puissance mandataire,,
dont le but n’a jamais été de fermer les écoles,
mais bien au contraire de les développer et de les
améliorer, prit la Faculté de Damas sous son
égide, la destinant non seulement aux Syriens,
mais aussi aux étudiants des pays voisins de lan¬
gue arabe. L’organisation de la Faculté renais¬
sante ne fut point aisée et on se heurta à mille
difficultés qui furent surmontées, grâce à l’habi¬
leté et à la tenace persévérance du D’’ Riza Saïd
Bey, l’éminent doyen actuel de la Faculté, en
même temps recteur de l’Université, et aussi grâce
à l’intervention du Haut-Commissariat.
Ayant acquis son autonomie administrative et
financière, la Faculté de Damas commença à fonc¬
tionner avec un personnel enseignant compre¬
nant d’anciens professeurs d’origine syrienne,
et des médecins les plus qualifiés du pays, dont
quelques-uns furent envoyés en France pour se
perfectionner. L’enseignement théorique, donné
d’abord dans une aile de la Faculté de droit, était
bientôt complété par un enseignement pratique et
la création de laboratoires d’anatomie, de physio¬
logie et de bactériologie. L’enseignement pra¬
tique de l’anatomie a toujours été un problème
difficile à résoudre dans les pays musulmans, et il
n’y a pas bien longtemps encore que les étudiants
en médecine étaient obligés de soudoyer des gar¬
diens de cimetière pour se procurer les cadavres
indispensables à leurs études. Aujourd’hui, en
Syrie, ces difficultés ont été vaincues et dans les
Facultés de Médecine de Beyrouth, aussi bien que
dans celle de Damas, les étudiants peuvent dissé¬
quer comme dans nos écoles européennes. Mais il
n est pas encore de même dans tout l’Orient, et
notamment en Perse, où l’enseignement pratique
de l’anatomie n’existe pas, les préjugés populaires
s’y opposant encore. Souhaitons que le Gouver- |
nernent persan, dont les efforts se poursuiv
s relâche vers le progrès et la civilisation, par¬
vienne bientôt à vaincre cette résistance.
En 1922, à côté de la Faculté de Médecine et de
Pharmacie, s’ouvraient à Damas une école den-
•e, une école de sage-femmes et une école d’in¬
firmières. .lusqii’cn 1924, le personnel enseignant
un musée, et permettra de rassembler tous les ser¬
vices administratifs de la Faculté, jusqii’iei dissé¬
minés dans les locaux d(' l'iiôpital.
En face de ces bâtiments, sur les l)ords du Ba-
rada, se trouve la mosquée de Soliman le Magni¬
fique, avec ses deux élégants minarets. Le jardin
de la mosquée est entouré de murailles auxquelles
sont adossées des stalles recouvertes d’innombra¬
bles petites coupoles, et s’ouvrant sur le jardin.
.le ne me doutais guère, en
parcourant Damas, 'il y a
((uclques années, que sous ces
coupoles, construites il y a
(juatre siècles pour abriter les
pèlerins qui se rendaient à La
Mecque et leur servir d’hôtel¬
lerie, seraient installés aujour¬
d’hui des cliniques et des
laboratoires modernes. G’esi
là, en effet, qu’ont été aména¬
gés, d’une part la clinique
dentaire, d’autre part les labo¬
ratoires de physi(|ue, de chi¬
mie et d’iiistoire naturelle,
où se fait renseignement du
P. G. N. Tout en adaptant
CCS locaux à leur nouvel usage,
on a eu riicurense idée de
respecter le style arabe et de
ucs-dc médeclno conserver les cheminées et les
fontaines en se contentant do
les restaurer. Dans les bâtiments voisins, tou¬
jours dépendant de la mosquée, sera prochaine¬
ment installée la bibliothèque universitaire, qui
sera commune au droit et à la médecine. Enfin,
d’anciens souks destinés au ravitaillement des pè¬
lerins seront aménagés pour recevoir les animaux
d’expérience devant être utilisés par les différents
laboratoires. - - -
aux de la hkichité actuelle,
groupés au voisinage les uns
des autres et permettant aux
étudiants de passer de l’hô¬
pital aux salles de cours ou
aux laijoratoires, sans per¬
dre leur temps â parcourir
Tels sont
c de Solinum le Magnifiqi
it exclusivement syrien, lors(|ue à cette épo(|ue.
la collaboration de professeurs français, de¬
mandée par le Gonscil de TUniversité depuis
longtemps déjà, fut autorisée par le Haut-Gom-
missarial; cl maintenant, outre les dix professeurs
syriens, quatre professeurs français enseignent la
clinique médicale, la neuro-psychiatrie, la clinique
chirurgicale et la stomatologie. L’ensoignemeni
est donc fait en français cl en arabe, ces deux
langues étant les deux langues officielles en Syrie.
L’hôpital d’instruction de la Faculté est l’Hô¬
pital général de l’Assistance, et c’est dans des bâ¬
timents situés derrière ceux de l’hôpital propre¬
ment dit que se trouvent les différents laboratoires
dont nous avons parlé plus haut. Une nouvelle
construction, bientôt achevée, qui s’élève à côté
de l’hôpital, comprendra un grand amphithéâtre.
Le recrulcinenl des étu¬
diants se fait dans des éta-
hlisseinents d’enseignement
secondaires, appartenant à
diverses nationalités et à
de nombreuses confessions.
Or, la valeur des élèves y
est inégale et les certificats
établis par les directeurs ne
sont point une garantie suf¬
fisante. Si certains étudiants,
sortant d ’ établissements
français, sont familiarisés
avec notre langue, il en est
d’autres qui la connaissent à j)eine et ipii ont les
plus grandes difficultés à suivre les cours dos pro¬
fesseurs français. Pour remédier provisoirement
à cet inconvénient, il existe à la Faculté même des
cours de langue française; mais cela n’est qu’un
palliatif et dorénavant on n’adniellra dans les Fa¬
cultés que les élèves ayant subi avec succès les
épreuves d’un baccalauréat syrien, qui vient d’être
institué par le conseiller à l’Instruction publi(iue
du Haul-Gominissarial.
Los élèves, au nombre de 1.50 environ, abstrac¬
tion faite des sages-femmes et des infirmières,
viennent non seulement de l’Etat de Syrie, mais
aussi des pays voisins de langue arabe : Liban,
Irak, Hedjaz, Egypte et môme de Perse. Plu¬
sieurs jeunes filles musulmanes ont déjà demandé
leur inscription à la Faculté de médecine, mais
384
LA PRESSE MEDICALE, Mercrodi, 20 Mars 1929
N- 23
leur instruction générale a été jugée jusqu'ici in¬
suffisante. Deux étudiantes chrétiennes suivent
actuellement, l’une, les cours du P. C. N., l’autre,
ceux de la deuxième année de médecine.
A part quelques modifications de détail, les
programmes sont calqués sur les programmes
français; les candidats au doctoral en médecine
ne sont, pas plus (|u’à Beyrouth, astreints à pré¬
senter une thèse. Quant aux programmes de l’école
dentaire et de l’école d’infirmières, ils se rap¬
prochent plutôt des programmes américains.
lueurs études terminées, les médecins, pharma¬
ciens ou dentistes de la Faculté de Damas ont
encore à subir un examen appelé « collocpiiurn »,
passé devant un jury français désigne par le Haut-
Commissariat, pour pouvoir exercer dans les
pays sous mandat français. Ce môme examen est
exigé pour la Faculté de ôlédccine américaine de
Beyrouth, mais non pour la Faculté française,
dont les jurys d’examen sont présidés par des
[irofessours et agrégés v<'nanl à
chaque session des Facultés de la
métropole. Le diplôme de la l'^a-
culté de Damas donne le droit
irexerccr en Syrie, en Irak, au
Mecljaz et en Transjordarnie; aussi
ne conçoit-on pas très hien pour-
((uoi, depuis la guerre, la Pales¬
tine et rh]gyple aient fermé leurs
portes aux docteurs de la Faculté
arabe de Damas, alors qu’elles
les ont laissées ouvertes à ceux
des Facultés française et améri¬
caine de Beyrouth. Nous souhai¬
tons que les pourparlers qui s’en¬
gageront prochainement à ce sujet
fassent disparaître cette anomalie.
La Faculté de Damas est en
pleine voie de développement :
les anciens locaux, devenus trop
étroits, sont complétés par de nou¬
veaux bâtiments i)res(pie achevés,
les laboratoires se perfectionnent,
les services hospitaliers se moder¬
nisent et se développent et, dans
un avenir prochain, on verra s’éle¬
ver une maternité et les services
de s[)écialités qui manquent encore,
linliri, renseignement sera assuré
par l’élargissement du (^adre d(;
ses ])rofcsseurs.
Cet enseignement, fait en partie
en français, est surtout donné en
latigue arabe, d’où la nécessité
de livres didacli(|ues édités en
celle langue. Les professeurs
Iraneais de la Faculté s’en sont rendu compte
et se sont mis à r(euvre pour composer des
traités relatifs à toutes les branches de la mé¬
decine. .1 ai eu l’occasion de parcourir le pre¬
mier volume d’un de ces ouvrages, illustré de
figures schémati(|ues, (pii se présente sous une
forme parlaite. La luvsogue n’était pourtant pas
aisée, car il a fallu s’ingénier à créer une langue
scienlifiipie eu rechei'chant dans la vieille méde¬
cine arabe les termes techniques cpi’il s’est agi de
nombre de néologismes arabes, en regard des-
(piels a toujours été placé le mot français, pour
faciliter la compréhension aussi longtemps que le
mol nouveau ne sera pas entré dans la pratique.
Une revue mensuelle, publiée en langue arabe,
tient les anciens élèves et le monde médical au
courant des ])ublications périodiques européennes
et américaines ; celte revue est patronnée par un
Comité de professeurs parisiens, qui ont eu l’oc¬
casion de visiter la Faculté de Damas.
L'avenir de la Faculté arabe est maintenant as¬
suré et les élèves qui en sortent diplômés sont
appelés à rendre les plus grands services dans
nombre de pays d’Orient, où l’on déplore encore
la pénurie de médecins.
Qu’il me soit permis, en terminant, d’adresser
mes remerciements à M. le Doyen et à' MM. les
professeurs de la Faculté de Damas, de qui je
tiens la plupart des renseignements précédents,
et tout spécialement à M. le professeur Lecerclc ‘
qui a publié sur la Faculté une très intéressante
brochure dans laquelle j’ai largement puisé pour
la rédaction de cet article.
M. Nkvf.u-Liî.vaiiiiî.
Un édifice monstre pour climats tropicaux
Dans les contrées tropicales, au voisinage de la
mer surtout, la Providence semble avoir multiplié
les facilités de se procurer des ressources alimen¬
taires; les terres chaudes produisent beaucoup ) lus
que les autres et des produits d’une plus grande
valeur. Une famille de blancs pourrait, dit-on, pros¬
pérer magnifiquement sur un domaine de 10 hectares,
tandis qu’ailleurs, pour faire vivre une famille nom¬
breuse, il faut de 50 à 100 hectares.
Néanmoins, les races blanches répugnent à aller
sous les tropiques, car la puissance du travail du
blanc est sous ces climats considérablement réduite,
môme les hommes les plus énergiques ont tendance
il s’y laisser aller au doux farniente.
On rendrait à l’homme blanc sa capacité de tra¬
vail si on le replaçait artificiellement dans des con¬
ditions de température analogues il celles des climats
tempérés, de la même façon que dans les régions
froides les calorifères lui permettent de trouver dans
sa maison une température convenable. Il n’y a pas
de raison qu’on puisse vivre à -(- 20 dans des climats
glacés il — 40 et qu’on ne puisse pas vivre à -|- 20
dans des climats chauffés à -|-40.
Cette pensée guidait Maurice Leblanc lorsqu’il
1. Lcckiici.k. - La Faculté de Médecine de Damas.
Paris, 1927.
imagina sa machine frigorifique à vapeur d’eau qui,
dans son esprit, devait offrir un moyen simple de
refroidir les locaux dans les régions chaudes. C’est
la même pensée qui inspire MM. Claude et Boucherot
quand ils disent : employons l’eau du fond des mers
à faire de la conserve d’hommes et sur le littoral des
terres intertropicales, rendu habitable aux hommes
d’action et de pensée, les civilisations pourront
naître et prospérer.
Il y a là dans la réalisation des maisons frigorifiées
un problème du ressort avant tout des physiciens et
des ingénieurs, mais il y a aussi une question d’ar¬
chitecture. Un architecte péruvien a fait récemment
un projet qui paraît défectueux à certains égards,
mais qui, néanmoins, met au jour des idées intéres¬
santes. M. Pedro Paulet' est hanté par l’idée amé¬
ricaine du gratte-ciel et par la vision des agglomé¬
rations humaines massives; la fourmillière, la termi¬
tière appliquée à la race humaine lui paraît un pro¬
grès. Il propose la construction d’un édifice tenant
sur 4 hectares où 5.000 personnes pourront vivre et
loger à l’européenne, dans des appartements isolés
partout, libres sur trois de ses quatre
façades, sans vis-à-vis surune d’elles,
et avec une indépendance dont seuls
quelques privilégiés jouissent dans
les métropoles européennes. Pour
lui, c’est le moyen le meilleur et le
plus économique d’installer un frigi-
difère qui seul permettra aux blancs
d’affronter sans dommage les pays
tropicaux; et ce serait la seule solu¬
tion pratique, car outre que le ciment
constitue dans ces climats une ma¬
tière de construction durable, et par¬
tout impoi’lable, ce serait une facilité
d’y installer le vrai confort moderne
et de centraliser tous les services.
Voilà comment M. Pedro lî. Paulet
conçoit l’édifice : A base cruciforme,
il est composé d’une tour centrale,
flanquée de quatre ailes étagées. La
tour axiale contient superposés les
divers locaux .sociaux : halls cen¬
traux, cafés, restaurants, dancings,
cinémas, théâtre, gymnase, biblio¬
thèques. amphithéâtres, écoles. La
série des cinq étages inférieurs des
quatre ailes latérales, entourée d’ar¬
cades, est destinée aux administra¬
tions et aux affaires; au-dessus, les
autres séries de 31 étages à redents
sont destinées, quatre étages poul¬
ies hôtels, et 27 autres pour les
appariements particuliers.
Tous ces appartements compren¬
nent, en dehors des chambres à
coucher, une vaste cuisine, un hall
salle à manger, office avec monte-
charge, bureau et vestibule, bains-
toilette, loul-à-l’égout, dégagement
d’ordures, installations d’eau cou¬
rante, froide et tiède, électricité,
chaleur, froid réglable, vide, appels
divers, huit ascenseurs et autant
d’escaliers de service par série d’étages, et des
passages intérieurs de 5 mètres de large.
Celle construction correspond à un village moyen
et comprend 5.000 lits.
La maison-village Pedro Paulet n’est peut-être pas
réalisable encore maintenant, mais que sera l’avenir?
l’utopie de la veille est parfois la réalité de demain.
En particulier dans celle immense Afrique fran¬
çaise, terra incognita il y a 50 ans, terre d’épou¬
vante où sévissaient les guerres atroces, les barba¬
ries islamiques ou fétichistes avec leur cortège
d’immolations sanguinaires et cruelles, où règne
maintenant la sécurité absolue, ne faudra-t-il pas que
l’architecture sorte des routines européennes pour
les villes superbes qui s’élèveront demain sur les
emplacements des bourgades nègres? Nos jeunes
artistes, qui, trop nombreux à Paris, s’étiolent dans
des besognes obscures de gérance d’immeubles, ont
un champ immense en Afrique où créer un art nou¬
veau de construction. Ne craignons point les audaces.
P. D.
1. Peuiio E. Paui.et. — « Village colonial rationalisé
pour 5.000 personnes ». Le Mande colonial illustré, n” 02,
Octobre 1928, p. 233.
Un édifice village pour climats tropicaux.
N» 24
23 Mars 1929
DES GASTHORRAGIES
AU COUlîS DES
SPLÉNOMËGALIES CHRONIQUES
PRIMITIVES
Raymond GRÉGOIRE . i P. ÉMILE-WEIL.
Una héiiiatéiiièso soudaine ul parfois aboii-
daiiti;, se pi'odiiisaiil tdiez uu individu de saule eu
apparence salisfaisauto, fait de .suite penser à une
ailection de l’esloinac. C’est aussi ce que confirme
rexainen clinique dans le plu.s grand nombre des
cas.
U faut, cependanl, que les médecins et chirur¬
giens soient prévenus de la possibilité d’accidents
identiques dans certaines lésions du foie et de la
rate en particulier. 11 ne faut pas craindre d’af¬
firmer ({ue -l’on n’a le droit de parler d’hémorragie
par ulcère gastrique latent qUe du moinent oui on
U pu Constater l’état normal du volume de la rate.
Nous avions, eu Juin 1928*, établi cette affir¬
mation sur quelques observations déjà publiées
intégralement dans Le .VU/ig et les BaUctinn vt
Mdiiioii'cs de Uï Sociùlc nicdicôlo des llàpilau.e,
« tSien souvent, disions-nous, dans les maladies
de la rate et en particulier dans les spléiloinégalies
elironi(|ues primitives, l’hémorragie gastrique est
un syndrome révélateur. «
Nous ne serions peut-être pas revenus sur cette
question, si le j)rofesseur Cesare Frngoni, l’il-
Inslre dirccte\ir de la clinique médicale de Padoue,
neno\is avait fait l’honneur de son argumentation.
Selon l’auteur italien, l’hémorragie gastrique
« intervient surtout et peut-être même exclusive¬
ment dans le syndrome dont il a délimité le ta¬
bleau clinique, sous le nom de splénomégalie
thrombophlébitiqueprimilive ». D'après celte con¬
ception, la thrombose veineuse serait la première
en date, entraînerait la distension de la rate et,
sec.ondaii'cnienl, la distension des vaisseaux gas¬
triques, puis leur rupture à travers la muqueuse.
Nous ne saurions souscrire à cette manière de
voir que contredisent les faits et qui rendrait illo¬
gique la s])lénec.lomie dont les résultats ont ce¬
pendant démontré les bienfaits.
Les hémorragies gastro-intestinales peuvent se
rencontrer dans toutes les variétés de splénomé¬
galie chronique primitive et non pas seulement
dans la forme dite thrornbophlébitique.
Si la thrombose veineuse était iî l’origine des
accidents, on ne voit pas comment la suppression
de la rate pourrait en modifier l’évolution, puis-
(|u’en somme on laisserait la lésion essentielle et
(|u’on ne s’attaquerait qu’à une de ses conséquences
(|ui est l'hypertrophie splénique.
Parmi les splénoraégalies chroniques primi¬
tives, les unessonlde cause connue, comme la sy¬
philitique, la paludéenne, la bilhaiv.iennc, la Icish-
manienne, la tuberculeuse; mais il existe encore
toute une classe qu’il est impossible, pour l’ins¬
tant, de cataloguer. Faute do pouvoir donner
une désignation étiologique, on se contente le
plus souvent d’une désignation anatomique. Les
l'cchcrches récentes sur les mycoses de la rate
ont apporté des connaissances nouvelles sans ré¬
soudre le problème.
Or, dans toutes ces variétés de splénoniégalies
1. Rxvmo.nd Guécoiiiiî et lî.Mii.iî-WiîiL. — Les gos-
trorragies de la aplénomégalio ». Arch. des mal, de
l'appareil digestif et de la nulrilion, t. XVIII, n” 6, p. 601,
t'J28 ; — BuU. et Mém. de la Soc. mcd. des Hop., t. LI, p‘ 10,
18 Mars 19i7 ; — I.e Sang, t. I, n» 6, p. 551, 1927'.
TRAVAUX ORIGINAUX
chroniques primitives, on peut voir survenir des
hémorragies gastriques absolument identiques
par leur soudaineté, leur abondance et leur évo¬
lution.
Voici quatre observations, dont deux déjà pu¬
bliées, qui permettent de le démontrer.
Observation I {.Splénomégalie biUtarzienne) ' . —
J..., 24 ans, typographe, entre à l’hôpital Tenon pour
hématémèse, le 30 .Juin 1923. Le début remonte à
la veille au soir à 6 heures, où il est pris subitement
de nausée dans la rue et rejette un caillot de sang
Le lendemain malin, melicna. IBrusquemenl, pen¬
dant qu’il s’habillait, il rejette une quantité abon¬
dante de sang rouge mêlé aux aliments ingérés la
veille. Peu de temps après, nouvelle hématémèse
aussi abondante. Entré i midi, l’hématémèse reprend
abondamment et ne se. calme que par moments sous
l’influence de la glace, de l’hypophyse, du chlorure
de calcium et du goutte à goutte adrénaliné ; soif vive,
douleurs abdominales marquées. Abdomen doulou¬
reux et difficile à examiner.
Dans la nuit, l’hématémèse reprend avec une
grande intensité : l’interne de garde épuise de
deux heures à cinq heures du matin toute la théra¬
peutique anti -hémorragique sans aucun résultat.
L’interne dit n’avoir jamais assisté à une telle perte
de sang et apprécie la saignée à trois litres.
Le 1“'' Juillet, le malade est dans un état très
grave : température 36°, pouls filant incomplable,
pilleur exsangue, refroidissement. G. R. : 1.800.000.
On pratique d’urgence une transfusion, sans examiner
autrement le malade considéré comme atteint d’ulcus
stomacal (400 cmc).
L’hématémèse cesse le Iv, dans la journée ; rejet
de quelques caillots dans la nuit. Le malade est
agité, veut se lever, a très soif.
Le 2 Juillel, son état est toujours très grave:
38<>5 pouls filant, refroidissement, faciès exsangue.
G. R. : 1.800.000; Hem.; 40; V. G. ; 1 ; G. B. : 30.400.
Deuxième transfusion de 200 cmc. Temps de saigne¬
ment; deux minutes, deux minutes, trois minutes.
Le 3 Juillet, l’état s’améliore, 36''8, pouls meilleur.
G. R. ; 2.400.000. L’hémorragie n’a pas reparu.
Troisième transfusion de 350 cmc.
Le 4 Juillet, quatrième transfusion de 450 crac.
Le 9 Juillet. G. R. ; 2.260.000 quoique l’hématé¬
mèse n’ait point reparu. Le malade, examiné de
façon plus complète, ne présente rien d’anormal à la
radioscopie du côté de l’estomac et du duodénum ; on
constate par contre l’existence d’une grosse rate, qui
avait disparu pendant la grande hémorragie. Celle
rate, qui atteint la ligne médiane, arrive hoi’izontale-
ment à deux travers de doigt au-dessus de la ligne
passant par l’ombilic ; le viscère n’est pas déformé.
Elle est ferme et indolore. L’examen leucocytaire
montrant G. B., 35.000; poly., 34; éosin., 2; poly-
baso., 2; mono., 14; lympho., 14; myélo-neutro., 14,
myélo-baso., 18; mélamyélo-neutro., 2, le diagnostic
de leucémie myélogène est porté.
Il rentre dans le service le 17 Octobre pour un
abondant melæna.
Devant la persistance de cette splénomégalie de
nature indéterminée, qui a causé une hémorragie
presque fatale par sou extraordinaire importance et
qui tend à en provoquer de nouvelles, nous décidons,
avec le D"' Grégoire, l’intervention.
Celle-ci est pratiquée sans incident. Suites opéra¬
toires normales.
Un examen des matières fécales explique Téporme
éosinophilie du malade. M. Gaillard qui a bien voulu
s’en charger y a trouvé des œufs assez nombreux de
Schislosomum Mansoni.
Un examen rectoscopique fait par M. Loeper
montra des lésions du gros intestin ; redite avec
zones congestives parfois ulcérées et zones couvertes
de mucus, vernissées, d’aspect gélatiniformo. Pas de
productions papillomaleuses.
Le malade sort fin Décembre en parfait état et très
engraissé.
1. Emile-Weii.. — « Un cas parisien de splénomégalie
bilhnrzienne d’origine martiniquaise ». Bull, et Mém. de
la Soc: méd. àés Hfip. de Paris, n" 10, 18Mnrs^l927.
L’examen des fèces, fait par noua et contrôlé par
M. Loeper, n’a plus permis de retrouver d’œufs de
S. Mansoni.
Revu en 1927, en très bonne santé.
Observation II {Splénomégalie plasmodiale de
cause indéterminée). ‘ — Il s’agissait d’une malade
qui fut envoyée .4 l’un de nous par le professeur
Savy, de Lyon. L’interrogatoire nous apprend qu’on
peut faire remonter les accidents actuels à 1916.
A cette date, on note un état de grande faiblesse avec
fatigabilité anormale,^ petites lipothymies avec
esquisses de phénomènes congestifs pithiatiques.
L’appétit était diminué et déjà, à cette époque, on
remarquait de l’amaigrissement et une décoloration
des téguments.
Après quelques mois, tout rentre dans l’ordre
jusqu’en 1918. A ce moment, au 6" mois d’une
grossesse, apparaît un épisode sur lequel nous avons
peu de renseignements, si ce n’est qu’étiqueté d’abord
grippe, sa persistance ancienne amène à rechercher
le bacille de Koch dans les crachats. Celte investi¬
gation fut positive et devait faire penser à une
poussée évolutive tuberculeuse. Après un accouche¬
ment normal, la malade reste affaiblie, mais reprend
ses occupations et sa vie habituelle; ou ne note que
l’existence d’hémorroïdes qui sont la cause d’hémor¬
ragies abondantes et répétées.
En 1920, comme en 1916, la pâleur s’accentue, la
malade doit s’aliter et on constate l’apparition de
signes d’anémie profonde, faiblesse, vertiges, bour¬
donnements d’oreilles, lipothymie, qui nécessitent le
repos au lit.
• Pendant les années de 1922 à 1925, une nouvelle
accalmie se produit, mais en 1925, à la suite d’une'
grosse hémorragie intestinale, on voit reparaître* les
signes d’anémie grave, avec alternatives d’améliora¬
tion et d’aggravation. Au cours d’une de ces amélio¬
rations, notre malade consulte le professeur Savy
(de Lyon) qui pose le diagnostic d’anémie spléno-
niégalique et trouve 3.000.000 de globules rouges.
En Novembre 1926, le nombre dès globules rouges
tombe à 2.300.000. C’est alors que nous observons
cette malade.
La rate est nettement augmentée de volume, son
pôle inférieur descend à 10 cm. au-dessous du rebord
costal. Elle est lisse, dure, indolore et mobile avec
les mouvements respiratoires. Le foie est aussi
augmenté de volume, il mesure 13 cm. sur la ligne
mamelonnaire.
On ne trouve jias d’ascite, pas de circulation colla¬
térale, aucune adénopathie, mais un peu d’œdème
malléolaire.
Le 8 Décembre 1926, on pratique un premier
examen de sang ; G. R., 1.500.000 ; G. B., 4.000.
On décide do maintenir cette malade au repos au
lit, au fer et à l’arsenic organique avec des trans¬
fusions de 100 à 200 cmc que l’on pratique les 12, 17,
22„ 25 Décembre, les 2 et 7 Janvier. Ces transfusions
no procurent qu’une amélioration minime et passa¬
gère.
Devant l’inauffisance du résultat obtenu. P. E.-
Weil et l’un de naus préconisons la splénectomie qui
est confiée à R. Grégoire.
La splénectomie est pratiquée le 21 Janvier 1927
et on relire une grosse rate de 580 gr. Rapidement
après l’opération, malgré l’apparition d’un foyer de
pleuro-congestion gauche, l’anémie se répare.
20 Janvier 1927 ; G. R., 2.300.000; G. B., 8.000.
22 .janvier 1927 ; G. R., 2.750.000; G. B., 8.000.
25 Janvier 1927 ; G. R., 3.130.000; G. B., 16.250.
Celte malade se remet, son anémie s’allace, mais
Le 5 Avril 1928, l’amélioration continue, mais avec
de faibles forces et peu d’appétit.
Mais ce qui signale celle observation, c’est l’exa-
Hislologiquement, on ne trouve qu’en quelques
rares endroits la disposition des corpuscules de Mal-
pighi.
1. N. Fiessinckk, R. GnêGoiUE et H.-R. Olivier. —
« Une splénomégalie plnsmodinlc », Le Sang, t. II, n" 6,
p. 577, 1928.
2. Il y. a à ce point de vue une omission dans l’obser¬
vation publiée dans Le Sang.
386
I.A PHESSb; MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
N» 24
La pulpe est le sièjre d’une sclérose dilTuse avec
épaississement et transformation du réticulum où
apparaissent de véritables llbroblastes.
Les sinus sont étroits et peu congestionnés.
Dans ce tissu aussi bien corpuscule que pulpe
véritables formations folliculaires. Mais ces follicules
ii’ont pas la constitution du follicule tuberculeux. Ils
s’entourent d'une couche fibreuse d’enk ystement col¬
lagène. souvent assez dense et nettement visible sur
Van Gieson. L'intérieur peut être occupé par une
substance amorphe et granuleuse dégénérée ou plus
souvent par des formations cellulaires.
Ces masses plasmodiales sont si volumineuses, si
spéciales, si nombreuses, qu’elles donnent aux coupes
de cette rate un aspect qui ferait penser de très loin
d’ailleurs à un sarcome à myéloplaxes. Au voisinage
de ces plasmodes, se pressent souvent quelques éosi¬
nophiles.
Dans les coupes, nous n’avons trouvé aucun bacille
de Koch. L’inoculation au cobaye resta négative. Les
ensemencements sur gélose de Sabouraud n’ont pas
été faits.
Une semblable observation ne peut être mieux
définie que par sa lésion histologique. Nous ne pos¬
sédons aucun argument qui puisse nous en faire con-
OiisERVATTON III *. SpU-HomégaHe de cause indéler-
minée. — Auguste S..., 3!! ans, mécanicien, est envoyé
de médecine en chirurgie parre qu’il a une spléno¬
mégalie.
Ce diagnostic n’était cependant pas celui qui l’avait
fait admettre à l’hôpital. Il était entré en elfet au
mois de Janvier 1928, uniquement pour des ulcéra¬
tions de jambes. Il fut reçu dans un service de chi¬
rurgie, mais après quelques jours, il fut atteint d’une
pneumonie franche aiguë qui nécessita son passage
en médecine. C’est alors qu’en l’examinant on dé¬
couvrit la splénomégalie.
Cet lioinme avait été d’une santé parfaite jusqu’à
l’àge de 23 ans A cette époque, sans cause apparente,
scs deux jambes devinrent violacées, puis des ulcé¬
rations apparurent sur la face interne du tiers infé¬
rieur. Ces ulcérations furent plusieui-s fois, sans
cause apparente, l’occasion d’hémorragies parfois
abondantes.
Grâce aux seules applications de baume du Pérou,
ces plaies se cicatrisèrent plusieurs fois, puis repa¬
raissaient sans raison. Kn somme, depuis dix ans,
cet homme avait les jambes tantôt ulcérées, tantôt
cicatrisées pendant des périodes de durée variable.
Comme on lui avait dit qu’il s’agissait d’ulcères vari¬
queux, il n’y prêtait qu’une médiocre attention.
Peu après sa pneumouie, il commen(.'a à soulfrir
du côté gauche dans la région sous-costale. Cette
douleur spontanée et continue s’accrut d’une façon
intense à plusieurs reprises.
Le 'i Juin 1928, entre autres, il dit qu’il ressentit
de vives soulfrances dans l’hypocondre gauche et que
rapidement il constata une tuméfaction à ce niveau.
Ces signes étaient accompagnés de dyspnée violente,
d'asthénie, d élévation thermique à 40".
Au début de Juillet 1928, ce malade eut une héma-
témèse assez abondante qu'il a rejetée brusquement
sans prodrome pendant qu'il faisait un effort de défé¬
cation. Il saigne d'ailleurs facilen»!nt et longtemps.
11 a des épistaxis et chaque fois qu’il se brosse les
dents, il i)rovo(|ue un saignement des gencives.
Depuis six mois, il a maigri de 20 kilogr.
11 a toujours habité la Krance, n'a jamais eu ni
dysenterie, ni paludisme, ni sypliilis.
L examen montre un homme de haute taille,
1 m. 85, bien musclé, son teint est pâle. Sur la face
interne des deux jambes, au niveau du tiers inférieur,
se trouvent des ulcérations de 10 cm. de haut sur 7
à 8 de large. Klles sont taillées à l'emporte-pière,
profondes et indolores. Le fond en est jambonné.
Aux alentours, les téguments sont de couleur jaunâtre
et légèrement squameux. 11 n’existe pas de varices.
On ne remarque sur le reste du tégument ni pur¬
pura, ni ecchymose.
Au-dessous des ulcérations, les tibias sont défor¬
més, saillants en avant, ce qui leur donne l’aspect
incurvé. En réalité, il s’est fait une hyperostose de
la face antérieure de l’os qui provoque cette appa-
1. Raymond (iarcoini. et l’Kospr.ii E.-\Vi;ii.. - HuH. et
.■m. de In Soeiété de C/driirgie, 2.'t Janvier ItrjO, p. 01.
L’articulation du genou droit est gonflée, la jambe
est en valgus sur la cuisse. Les mouvements déter¬
minent des craquements. Cette arthropalhie a débuté"
il y a deux ans et depuis, son évolution a été pro-
L’abdonien est d’apparence normale, la paroi est
souple, mais la pali)ation fait constater au-dessous
du rebord eoslal gauche une masse lisse, doulou¬
reuse, nettement délimitée en dedans, se perdant en
haut sous les côtes et en arrière dans la région lom¬
baire. Elle est mate à la percussion et mobile avec
Il n’y a pas d’ascite. Le foie ne déborde pas le
rebord costal. Le tube digestif ne présente rien
sont normales. Uien du côté du système nerveux.
Temps de saignement ; trois minutes ; temj)S de
coagulation : cinq minutes et demie.
Splénectomie le 3 Juillet 1928. La rate est mobile,
libre de toute adhérence, de coloration gris violacé,
régulière. La veine splénique est énorme, du diamètre
d’iiu pouce. Sa paroi est souple, de coloratiou violacée,
sans aucune irrégularité et sans épaississement de sa
paroi. Pas d’adénopathie abdominale; pas d’ascite;
pas de circulation anormale de l’estomac ou des anses
grêles.
L’examen histologique pratiqué montre seulement
un épaississement très marqué de la capsule splé¬
nique et des cloisons (|ui s’en détachent. Les faiseaux
musculaires lisses sont peu abondants. La pulpe
spléni(|ue ne montre aucune particularité frappante.
Les eorpuseules de Malpighi sont vulnmineux, mais
leur nombre paraît inférieur à ce qu’il est normale-
Obscuvatiox IV [due à l’obligeance du D'' Isch-
4Vall| [Jlématémèses au cours d'une splénomégalie
probablement tuberculeuse], — M"*- L..., âgée de
17 ans, vient consulter pour hématémèse. A .7 ans.
elle eut la rougeole et la varicelle.
A 7 ans, elle présenta une stomatite intense avec
saignement des gencives; le diagnostic posé alors fut
celui de scorbut.
,f /.-) ans, elle est réglée d’imiblée très ii'réguliè-
et i)endant ce temps, présente des épistaxis assez
importantes ; elle n’a jamais eu de tendance spéciale
.1 lu ans, on constate l’apparition de ganglions
carotidiens. Vue aux rayons X, on note une adéno¬
pathie hilaire et un sommet droit voilé.
Histoire de la maladie. — En Mars 1928, elle
souffre d’une angine banale d’une durée de huit jours
pemlant la convalescence de laquelle son entourage
est (‘ffrayé de sa pâleur. Elle reprend son travail et
brusquement, le 6 Avril 1928, sans aucun signe gas¬
trique antérieur, survient la première liématémèse
accompagnée de signes d’anémie aiguë. L’hémorragie
dure une nuit, elle reste couchée une semaine, et
semble se remettre rapidement.
Le IIO At'/’il IH'JN, deuxième hématémèse survenue
sans aucun prodrome, et consistant en un vomisse¬
ment sanglant unique. La malade garde le lit jusqu’au
4 Mai, où alors qu’elle était au lit avec de la glace sur
l’abdoinen, elle présente sa troisième hématémèse,
très abondante.
Elle est d’une pâleur extrême avec décoloration des
muqueuses. A l’examen, on trouve une grosse rate
dépassant le rebord costal de 5 travers de doigts, et
d’une consistance ferme non douloureuse; sa surface
est absolument lisse, et cette splénomégalie semble
être absolument hoinéomorphe. Le foie est normal.
On note deux gros ganglions sous-angulo-maxillaires
à gauche. Au C(eur, on note un léger souffle systolique
de hall'. La température oscille entre 38" et 38"5 abso¬
lument irrégulière.
ICxamen du sang le 8 Mai ; G. IL, 1.940.000;
G. IL, 10.500; IL, 25; polynucléaires, 89; lym-
phos, 2; monos, 3,5; transit, 5,5; 1,5 normoblaste
pour 100.
Hémoculture négative.
Une transfufiioii est efleetuée le 8 Mai, Thématé-
Dès le 10 Mai, on note un ballonnement abdominal
considérable, la température prend un caractère
plus oscillant.
Le 21 Mai, une ascite survient et deux jours après,
un épanchement pleural droit.
La ponction de ces épanchements montre un liquide
citrjn, fortement fibrineux, et des lymphocytes nom
L’inoculation au cobaye est positive.
On institue un traitement de rayons ultra-violets,
l'endant tout le mois de Juin, l’état général est très
mauvais ; cachexie, température élevée, épanchements
stationnaires. Mais, dès le début de Juillet, une amé¬
lioration considérable survient; en une dizaine de
jours la température tombe à 38", l’état général
s’améliore. La rate néanmoins reste stationnaire.
Examen du sang le 13 Juillet : G. R., 2,920.000;
G. IL, 7.800; IL, 30; polys, 81; lymphos, 13; mo¬
nos, 3; éosino, 1 ; myélo, 2; transition, 1.
Dau.s aucun de ces quatre cas, il ne s’agissait
(le splcuoiuégalit' lliroiul)o-phlél)itique ; dans
aucun de ceux qu’on put examiner liistologique-
nient, on ne constatait l’existence de nodules
sidérosiques de Gandy-Ganina.
Il est certain que les gastrorrag'ies se montrent
avec une frétjuence toute particulière dans les
.sjtlénoinég'alies à nodules de Gandy-Ganina. Néan¬
moins, on aurait tort de généraliser et d’affirmer
par avance qu’on se trouve en présence d’une
hypertrophie de cette nature, parce que le malade
a eu une ou plusieurs hémorragies des voies
digestives.
Les hémorragies du traetus digestif ne sont
donc pas exclusivement le fait de la splénomé¬
galie throniho-])hléhiti([ne primitive.
La t-aison (le ces i lu'miorragies du tnhc digestif
ce|)ler comme démontrée la palhogénic (pi’en
donne le professeitr Frugoni. Pour lui, l’explica¬
tion est très sinqilc. A l’origine de l’all’ection, ily
a llironihose régionale gauche. l..a stase que pro¬
duit cette thrombose amène la distension et l’élar-
I gissement de la rate. A un moment donné, soit à
I cattse de la jiropagalion du processus throniho-
sitpie, soit ])()ur d'autres causes (contractions
s|)léni(pies, etc.), la circulation sanguine est
rendue plus difficile. Le réseau gastrique, forcé
de plus en |)lus, cède en un point quelcompie et
Gcllc intc'iqirétalion des hémorragies des voies
digestives serait jiarfaitement acceptable, si la
lésion initiale, c’est-à-dire la thrombose, sur la-
([uclh; (die est fondée, était habituelle.
Or, nos observations opératoires ou nécrop-
sitpies notis ont jtermis de constater (]ue l’oblité¬
ration totale ou jiarliclle des veines jtar un caillot
ne se [trésente tpi’à titre de comjdication exce])-
tionnelle.
En ('Uct, sur IG sjilénectomies pour spléno-
mé'galie avec hémorragie, nous n’avons constaté
qu’une seuh' fois la thrombose. La malade, huit
jours après l’opération, succomba à des phéno¬
mènes d’occlusion intestinale et l’antopsie montra
une thrombose de la splénique, do la mésenté¬
rique, de la coronaire et du trom; porte. Deux
mètres de l’intestin grêle et une partie de la paroi
de l’estotnac étaient nécrosés.
Ordinairement, l’examen macroscopique du
système veineux ne montre pas d’oblitération ou
d’épaississement de la veine splénique, non pins
(pic de ses divisions inlras|iléniques. La veine
( st sinueuse, énormémeut dilatée au point qu’elle
acquiert le volume du jiouce. Sa paroi est minc(;
et jiarfois d’une fragilité rt'doutable au chirur¬
gien, car elle se déchire à la moindre traction.
A l’examen histologique, l’endoveinea const-rvé
sa continuité uniforme, mais il est vrai de dire
qu(' l’on trouve dans certains cas-des épaississe¬
ments limités de sa tunitpic moyenne.
L’examen montre encore que la dilatation vei¬
neuse reste limitée au territoire splénique et aux
veines qui parcourent les adhérences (jue la rate
a pu contracter. Mais les veines de la paroi sto¬
macale, celles de l’intestin grêle nous ont tou¬
jours paru conserver leurs dimensions habi¬
tuelles.
N“ 24
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
387
Mémo si la lliroiiibosc v(!inpiisc «.•lail déinon-
Irée, il faudl’ail donner une autre raison pour
ex])li(pier les héniorragies nasales, gyigivales,
les ecchymoses cutanées, les pétéchies provoquées
par le lacet. Chez une de nos malades, la première
hémorragie fut une abondante hématurie.
Si la thrombose progressive de la veine porte
était la cause première de Ions les aecidenls, as-
<’ite et hémorragie, la spléneelt)mie deviendrait
1<' i)lus illogique des traitements.
quoi servirait d’enlever la rate hypertro-
phiée, couséquenee de la thrombose, puistpi’on
laisserait évoluer cette thrombose, causede l’ascite
et des héniorragies digestives. Au lieu de voir
cesser ces accidents, ne serait-il ]ias))lus probable
de les voii' s’accentuer du fait du irauniatisnie
opératoire
11 faut reeonnaiti’e ipie les e.vplieations que l’on
a pu donner jusqu’ici de ces hémorragies gastro-
intestinales ne sont ipie des hypothèses ou des
vues de l’esprit.
Les tentatives île patliogénie peuvent paraître
vaines ii certains esprits trop rapidement réalisa-
leui'S. Cependant, il n’est pas de progrès possible
sans prévision. 11 faut parfois savoii- préeédei-
les phénomènes, mais aussi abandonner la pour-
■suite (le i-ette hypothèse de li'avail, si l’observa-
tion des faits ne la jnstifie pas. '
LA VAi.iaJR
DU
COEFFICIENT AMMONIACAL
EN CLINIQUE
Michel POLONOVSKI et Paul BOULANGER
Parmi les déchets azotés de l’organisme, l'am¬
moniaque présente, tant en clinique qu’en phy¬
siologie, un intérêt dont l'importance, reconnue
depuis longtemps, n’a cessé' de s’accroître ces
ieni|ts derniers. Le problème a en effet évolué, et
a vu son aspect se modilier complètement au fur
et à mesure que de nouvelles solutions étaient
envisagées pour un autre problème qui le domine
entièrement : la question de l’origine et du lieu
de formation de cette ammoniaque urinaire.
Ce que l’on savait du rôle du foie dans le méta¬
bolisme général des substances azotées, et en
particulier dans la désamination, devait porter
l’attention sur les modifications de l’élimination
ammoniacale au cours désaffections de cet organe.
Le rapport de l’azote ammoniacal à l’azote total
fut trouvé augmenté dans les cas d’insuffisance
hépati((ue, et cette augmentation fut attribuée à
une imperfection de l’uréogenèse sous la dépen¬
dance du trouble fonctionnel de la cellule hépa¬
tique.
11 est évident que l’on sous-entendait que l'am¬
moniaque urinaire provenait en grande partie,
sinon en totalité, de l’ammoniaque dp sang. A
vrai parler, la question n’était même pas posée,
et les premiers dosages efl’ectués venaient à
l'appui de cette conception en révélant des quan¬
tités appréciables d’ammoniaque dans le sang
circulant (Nencki et Zaleski ; 0 gr. OOlô à
0 gr. 0052 pour 100). Folin et sesélèves portèrent
une première atteinte aux théories généralement
admises : une méthode analytique plus précise
montra en effet que le sang ne contenait normale¬
ment que des traces d’ammoniaque, nullement en
rapport avec l’élimination ammoniacale urinaire.
Les travaux de -Nash et Benedict, d’Ambard et
Schmit, apportèrent la preuve de l’origine rénale
de l’ammoniaque, par leurs expériences phj'sio-
logiques et les dosages pratiqués simultanément
sur le sang de l’artère et de la veine rénales. Dès
lors, l’étude des modifications pathologiques de
l’élimination ammoniacale prit une nouvelle
, azote ammoniacal , ,
orientation. Le rapport - ; - > appelé
■ azote total
coefficient ammoniacal, devait en eflet tout natu¬
rellement servir de moyen d’exploratîbn de l’état
fonctionnel des reins. L’augmentation de ce
coefficient dans les états d’acidose fit considérer
la sécrétion de l’ammoniaque comme une fonction
de régulation de l’équilibre acide-base. La valeur
diagnostique du coefficient ammoniacal se trou¬
vait donc singulièrement augmentée.
On sait qu’il appartenaità Ilasselbalcbde mettre
en évidence et de préciser les rapports étroits qui
existent entre le coefficient et l’acidité réelle de
l’urine. Etudiant leurs variations réciproques au
cours des vingt-quatre heures, il trouva que si
dans un système de coordonnées cartésiennes, on
portait en abscisses les pu et en ordonnées les
valeurs correspondantes du rapport de l’azote
ammoniacal à l’azole total, on obtenait, par la
jonction des points obtenus, une hyperbole équi-
lalère. Ce que l’on exprime par la formule :
— = K (coiislaiilu).
Chaque sujut normal possède une courbe pi'o-
pre individuelle située dans une zone comprise
entre deux courbes Uîiiites qui bornent les régions
supérieure d’acidose et inférieure d’alealose. Une
^hyperbole étant déterminée ]>ar un seul de ses
points, Hasselbalch proposa de caractériser la
courbe d’un sujet parce qu’il appela le coef/icicnl
amnioiiiacMl rédiii/, qu’il définit comme le coeffi¬
cient ammoniacal correspondant à un pu conven¬
tionnel de 5,8, et qui peut se calculer d’une
façon très simple à partir d’un seul échantillon
d’urine, en appliquant la formule représentative
de l’hj'perbole.
Les applications pathologiques aux troubles de
l’équilibre acide-base du milieu intérieur présen¬
taient un intérêt de tout premier ordre. Comme
on pouvait le supposer, le coefficient ammoniacal
réduit augmente dans l’acidose, d’autant plus que
celle-ci est plus accentuée. Sur la représentation
graphique, la courbe s’élève de plus en plus au-
dessus de l’axe des abscisses. On conçoit l’intérêt
clinique de ces constatations. Chez les sujets en
puissance d’acidose, il sera possible de se rendre
compte de l’état de l’équilibre acide-base et de
suivre ses variations par la simple détermination
du coefficient ammoniacal réduit. Combinée aux
méthodes directes telles que la mesure du pu
sanguin et de la réserve alcaline du jilasma, elle
constituera un précieux' élément de diagnostic et
de pronostic. »
Dans les cas d’alcalose, les faits observés sont
d’une complexité beaucoup j)lus grande. J, es
auteurs qui les ont étudiés ont été amenés è dis¬
tinguer deux catégories d’alcaloses. Dans la pre
mière, dont le ly])c est la Iclanie pai' hyj)erveii-
tilation pulmonaire, le coefficient ammoniacal
réduit baisse notablement; la courbe représen¬
tative du sujet est déplacée vers le bas et se
rapproche beaucoup des axes de coordonnées.
Mais de nombreux cas d’alcalose ne répondent
pas à'ce type normal, et nous touchons là un des
points faibles des conceptions d’Ilasselbalch. En
effet, dans l’épilepsie, dans la tétanie parathy-
réoprive, alors qu’il existe une augmentation
indiscutable de l’alcalinité sanguine, les coeffi¬
cients ammoniacaux réduits s’élèvent, les hyper¬
boles équilatères correspondantes subissent une
ascension paradoxale qui les rejette dans la zone
d’acido.se. C’est pour ces cas aberrants que l’école
danoise (Bisgaard, Larsen, Nervig) créa la notion
et le terme de « syndrome urinaire de dysrégu¬
lation )), Les essais d’explication de ces phéno¬
mènes sont peu satisfaisants; l’hypothèse d’une
rétention azotée avec débit ammoniacal normal,
basée sur quelques faits observés chez des épilep¬
tiques, ne semble pas devoir être retenue.
Si l’on examine le problème avec attention, on
s’aperçoit rapidement qu’il fallait prévoir de
semblables anomalies. Hasselbalch étudie en effet
les variations de l’azote ammoniacal en fonction
de deux variables : le pn urinaire et l’azote total
excrété. Or, tout en conservant jnomentanément
l’hypothèse que toute l’animoniaque est bien
sécrétée en vue du maintien de l’équilibre acide-
base, on se rend compte que son élimination reste
en réalité sous la dépendance de deux facteurs :
les modifications du pn sanguin au niveau des
capillaires du rein, et les variations quantitatives
des composés ainrnoniogènes. Nous ne connais¬
sons ni l’un, ni l'autre de ces deux facteurs, dont
le pu urinaire et l’azote total ne peuvent être que
des témoins très imparfaits.
La représentation graphique sous forme d'une
hyperbole équibuère ne peut guère d’ailleurs se
justifier a priori par des considérations physico¬
chimiques. De j)his, les poiiits expérimentaux
relevés par Hasselbalch et ses élèves ne se placent,
et encore très ajtproximativcmcnt sur cette
courbe particulière, que si l'on déplace conven¬
tionnellement les axes de coordonnées : il faut en
effet prendre pour unité de longueur des abscisses
0,4 pn, et pour origine un pn arbitraire de 4,2.
Si l’on s’en tient aux unités plus rationnelles à
première vue, du pn bii-mème, on mieux de la
concentration en ions il, l’hyperbole n’est ])liis
équilatère, et le principal avantage de la repré¬
sentation d’ilassclbalch disparaît : celui de ])OU-
voir construire la courbe avec un seul ])oint
ex))érimenlul.
Bemarqiions aussi que la notion d'hyini'bole
présuppose deux axes asymptotiques et ijuc rien
ne nous autorise à envisager pai’cilles limites à
un phénomène biologiipie très rapidement borné
dans les deux sens : tout d'abord par la valeur
même du coefficient ammoniacal, qui ne j)cul
jamais tendre vers l’infini mais tout au plus vers
l’unité (arbitrairement multipliée pai' un facteur
entier, 100 par exemple, pour la commodité des
calculs et des constructions graphiques], et d'autre
part, jtar les limites expérimentales du jm uri¬
naire : 4,4 et 8,0. La partie de l’hyperbole qui
nous concerne n’intéresse donc que la région for¬
tement convexe de la courbe, c’est-à-dire celle
pour la<iuelle le graphique, étant donné sui-tonl
le manque de concordance exacte avec les résul¬
tats expérimentaux, est le moins concluant.
En vérité, nombre d'autres courbes s’applique¬
raient aussi bien, pourvu ipi'ellcs rendent compte
de l'ascension assez rapide des ordonnées jiour
des abscisses inféi'ienres à un pn de 5,8 environ.
Il venait alors tout naturellement à l’esjjrit de
considérer la branche d'une courbe en cloche à
ascension assez brusque dont l'antre branche ne
388
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
N” 24
rentrerait pas dans les possibilités ex|)ériinentales.
Supposons en effet que la production d’ainnio-
niaque soit due à un phénomène diastasitiue rénal
lié un j>\\ optinia, en dcgà et surloul an delà
duquel on noterait une forte diininulion do l’alcali
formé, réliminalion serait dans ce cas déci'ois-
sante, et assez rapidenienl, avec ranginenlalion
du pli sanguin : le pu urinaire traduisant la réac¬
tion du milieu intérieur, la relation entre les
deux ])hénomèncs ' dcvimidrait ainsi explicalile
a priori.
Mais le véintalilo prolilinne demanderait, pour
être résolu théoriquement, ((u’on pût répondre
préalablement aux trois questions suivantes :
1" L’origine do l’ammoniaque est-elle uniipn-
ment rénale et NIP sanguin préformé (dosé dans
le sang de l’artère rénale) n’inlervienl-il (las dans
ramrnoniaciue urinaire ?
2“ Si la totalité ou simplement une partie de
l’ammoniaque est d’origine rénale, et si cotte
production est fonction du pu sanguin, cpielle est
la forme mathématique de cette fonction, et (juel
est en outi'c le rapport (nitre le /ni sanguin et h^
/)li urinaire, rapport que nous savons devoii' être
dominé autant jinr les pouvoirs tampons de l’urine
et du sang que par la quantité et la nature des
substances acides que le rein doit éliminer ';’
d" Quel est le composé ammoniogenc et com¬
ment le doser pour évaluer le rapport
azote ammoniacal
azoti' ammoniogène
Chercher par toute autre voie la relation théo¬
rique existant entre le pu urinaire et l’excrétion
ammoniacale no peut être qu’un expédient propre
à niasipier notre ignorance.
Aussi ne nous Semble-t-il par étonnant que la
courbe « cx|)érimcntalc >> d’Ilasselbalch, cette
hyperbole équilalère si simple d’apparence, ne
représente pas d’assez [irès la réalité des laits.
Les formules de M. Hafflin, (|u’aueune théorie
n’étaye, et qui d’ailleurs sont mathématiiiucmenl
en contradiction (mtre elles, cherchent à dissi¬
muler iilutôt (pi’à restreindn; les écarts que
l'expérience nous révèle si souvent considérables.
Serait-ce faire (cnvre réellement utile ipie de
l)l'0])0
lions ei-des!
ivelle courbe;, peu
cherché a
peu moins mauvaise, tan
la solution des trois ques
italement les
alable à aborde
is conditions du
experii
problème.
lleprenant les travaux d' I lasselbalch en suivant
son pro[)re mode opératoire, nous avons étudié
l’élimination ammoniacale chez différents sujets
normaux et dans des conditions variables.
Xous avons tout de suite pu confirmer les cri¬
tiques déjà faites de la formule hyperbolique. La
valeur K de la formule d’ilasselbaleh subit en
effet des variations considérables; les écarts des
points expérimentaux olitenns dans nos essais de
représentation griqihique, |)ar rappoi t à la courbe
moyenne, sont des [ilus grands. L’amplitude des
oscillations est de 51) pour :!()() en plus ou en
moins. Le coefiieient ammoniacal réduit ne peut
donc (Mre constant au cours des vingt-ipiatro
heures.
Cherchant à résoudre le problème du ou des
comjiosés ammoniogènes, nous avons essayé de
préciser dans cpielle mesure le rapport prati(]ue
azote ammoniacal
- — — j — j— p-j - pouvait se superposer an rap-
azote ammoniacal , ,
azote ammoniogèïï^-
sions considérer théoriquement.
Pour cela, nous avons soumis un même sujet à
des régimes de richesse azotée croissante (régime
végé'tarien, régime mixte ordinaire, régime
hyperaz.olé, diète hydricpiei, et nous avons. noté
les variations coneomitantès de la courbe et_du
coefiieient ammoniacal réduit. Si l'on suppose
que N IP se forme au niveau du rein par une
action diastasique fonction du pu, cette production
de NIP devrait (“tre proportionnelle à la concen¬
tration du corps ammoniogène; autrement dit,
, azote ammoniacal ,
dans le rapport - : - ^ — r — ’ à pn cons-
* '■ azote ammoniogène
tant, le numérateur devrait varier dans le même
sens que le dénominateur, de telle sorte que la
valeur du quotient restât constante. Nous avons
observé dans nos expériences que l’augmentation
de l’azote total n’était suivie que d’un accroisse¬
ment très faible et nullement proportionnel de la
quantité d’azote ammoniacal. La courbe s’est
déplacée vers le bas au fur et à mesure de l’aug¬
mentation de l’azote total excéété, et le coefficient
ammoniacal réduit a baissé parallèlement. Gela
suflisait à prouver l’impossibilité d’assimiler
l’azote ammoniogène à l’azote total.
Nous avons voulu serrer le phénomène de plus
près encore, et nous avons essayé de déterininer
la part (|ui revenait aux divers composés azotés
dans l’origine de rammoniacpie. Pour cela, nous
avons ajouté à un régime mixte ordinaire, inain-
tenn sensiblement constant", dos (piantités d’azote
équivalentes sous dilférentes formes : urée, gly-
cocollc, gélatine, azote protidique complexe.
L’nrêe et le glyeocollc n’ont pas modifié l’éli¬
mination ammoniacale; la gélatine l’a augmentée
légèrement; l’azote protidique l’a fait croître
notablement. Mais même dans ce cas, l’élévation
du taux d’azote ammoniacal est restée hors de
proportions avec l’accroissement de l’azpte total.
Le coefficient ammoniacal réduit est passé de 5,70
|)Our le régime normal à 2,11 à la suite de l’in¬
gestion d’urée, à 5,45 ajirès le glycocolle, à 5,05
sous rinfluence de la gélatine, et à 5,78 dans le
cas de l’azote jirotidique complexe.
Ces résultats démonirent donc d’une layon
pérenqitoire rinqiossibililé d’assimiler le rapport
azote ammoniacal _ ^ azote ammoniacal
azote total aui.qtpoi
et nous exiiliquent déjà pour une part les discor¬
dances entre la théorie d’I lasselbalch et les
notions exiiérimentales.
Lue antre objection venait tout naturellement
à res[)ril : si l’ammoniaque est formée par le rein
poni' ramener vers le pn optimum la réaction
ionique’ du milieu intérieur, il ne doit plus s’en
produire dès que le /ni sanguin s’élève au con-‘
ti’aire au-dessus de la normale. C’est ce que ten¬
dait à proiiver .lanney, en 1911, par ses expé¬
riences d’alealose provoquée ]>ar ingestion de
doses croissantes de bicarbonate et de citrate de
soude. Nos expériences en cours à ce sujet ne
nous ont pas permis de confirmer les conclusions
de c(;t auteur et nous avons trouvé des quantités
non négligeables d’azote amrnoniaeal dans des
urines présentant un ym extrême de 8.(1. Sans
vouloir faire de déductions prématurées', nous
|)ouvons cependant enregistrer ce fait qui se
trouve entièrement conforme aux critiques que
nous avons déjà développées.
■Quoiqu’il en soit, dès maintenant, nous pou¬
vons au point de vue clinique tirer plusieurs con¬
clusions du résultat de nos recherches.
Tout d’abord, le coefficient ammoniacal réduit
n’a juis la rigueur qu’on lui attribuait générale¬
ment jusqp’ici; sa détermination est cependant
précieuse dans les cas pathologiques d’acidose et
d’alcalose. Mais il serait dangereux de le calculer
à partir d'un seul échantillon d’urine, car il doit
être établi .lu minimum sur l’analyse de l’urine
des vingt-quatre heures. 11 est de plus indispen¬
sable de tenir compte du régime, et en particulier
de l’aiiiiorl azoté, tant qualitatif que quantitatif,*
si l'on vent éviter les causes d’erreurs énormes
que nous avons signalées.
(juant an eoefliciiml ammoniacal réduit consi¬
déré comme moyen d'exploration de la valeur
fonctionnelle du foie, sa signification est encore
plus confuse. L’augmentation du coefficient que
l’on renoontre chez les hépatiques peut être en
effet sous la dépendance d’un certain état d’acidose
relevant de l’insuffisance hépatique, ou peut-être
d’un trouble du métabolisme des matières pro¬
téiques retentissant sur l’ammoniaque urinaire ])ar
l’intermédiaire du sang circulant. Mais de toute
façon , la grande amplitude des variations normales
de ce coefficient diminue singulièrement dans ces
cas la valeur diagnostique des oscillations jiatho-
logiques observées.
'l’ant que l’interprétation physiologique on
restera encore obscure, rélimination urinaire di;
rammoniaque ne pourra fournir au clinicien
d'indications univoques bien précises.
LES FRACTURES
PAH ENFONCEMENT
DE LA CAVITÉ COTYLOIDE
Par J. COTTALORDA
Chirurgien des Hôpitaux de Marseille.
La question d(;s fractures de la cavilé coty-
lo'ide de l’os coxal revient périodiquement dans
les journaux médicaux comme dans les discus¬
sions des Sociétés savantes.
Depuis 1922, date à laquelle nous consacrions
sous l’inspiration de notre Maître, M. le profes¬
seur linberl, notre thèse à l’étude expérimentale,
cliniipie, radiographique et pronostique des frac¬
tures par enfoncement de la cavité cotylo'îde, nous
avons suivi attentivement les diverses publica¬
tions françaises et étrangères parues. Nous ne
croyons pas inutile de revenir dans une étude
d’ensemble sur ce sujet que nous avons d’ailleurs
abordé depuis 1922 à maintes rejirises, dans une
•série d’articles dont on retrouvera ])lus loin
l’énumération.
hit tout d’abord que l’aul-il exactement eutendn;
par « fracture par enroncement de la cavité coty-
lo'îde,»';’ Nous désignons ainsi les solutions de
eontinnilé de cette ])ortion do l’os coxal surve¬
nues à la suite d’un traumatisme tel (|ue la frac¬
ture se produit par la jjropulsion on dedans de la
tête fémorale.
Lst-ee à dire que cliniipiemenl la fracture de. la
cavité cotylo'îde soit réalisée isolément sans irra¬
diations vers les autres parties de l’os coxal !’ Si
expérimentalement, ainsi que nous l’avons dé¬
montré, cette fracture isolée est, comme nous le
verrons plus loin, facilement réalisable, clinique-
nieitt et même radiogra[)hiquement ki discrimina-
tioti est souvibit imiiossiblc à faire. Tout ce ipte
l’on [)eut dire, c’est que l’on doit réserver une
place spéciale dans ht nosograjihie aux solutions
de continuité des os du bassin dans lesquelles la
lésion colylo'îdiennc est seule cliniquement et
radiographiquement perceptible et, en tout (;as,
où elle domine aussi bien l’aspect symptomatiipn;
que h; pronostic et la thérapeutique.
C’est dire qu’à coté de cette forme, à, laquelle
nous avons exclusivement consacré nos travaux
et l’étude actuelle, nous admettons ])arfailement
l’existenee avec MM. le professeur Silhol cl Has-
set dé ce que ce dernier désigne sous le nom de
« fractures transcolylo'îdiennes » et dans les¬
quelles l’élément cotylo'îdien passe à un plan se¬
condaire. 11 s’agit alors de fractures du bassin
dont le trait traverse la cavité cotylo'îde et qui
ont été parfaitement étudiées dans la thèse de
H. Le Conte des Floris (Alger, 192(3).
Reste la question de la désignation que nous
avons ado])tée de « fracturé par enfoncement».
Le professeur Antonio Romani (de Padoue) qui a
consacré récemment à la (picstion un très impor-
N“ 2\
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
389
tani travail qu'il a pii l’exlrrnip anialiililé dp nous
(‘oiimiiiniqiior rriliqiie (■l•ll(' (Ipnoiiiiiialion cl prp-
fpi'c celle de « Fracture par eirondreinent trauma¬
tique de la cavité colyloïde avec luxation iiitra-
])elvienne de la tiMe fémorale ».
lAt titre même adopté par le professeur Ro¬
mani montre qu’il étudie une forme particulière
de ces fractures, celles qui accotiipagncnt la luxa¬
tion iutrapelvienne de la tête fémorale. Nous
avons montré cpie toutes les fractures de la
cavité colyloïde lU' s’accompagueut pas de cette
luxation. Notre déimminaliou nous paraît à la
fois plus eomprélieiisive et plus palliogéuiipie et
c'est pour(|Uoi nous ne voyous pas de ixiisoiis de
.Nous ne referons pas un liisloi-ique couiplel
de la (piesliou; ou le trouvera dans le travail «pie
nous avons publié dans la (!nzc/lc des IJàjiiltiii.i:.
Nous insisterons sur les travaux parus depuis
1922. Ou trouvera la bibliographie de nos arti¬
cles |)ersouuels à la lin de celle élude; pour les
publications antérieures à 1922, réuuméraliou
complète eu est rapportée à la lin de notre thèse,
l'iii Décembre 1922, nous trouvons la thèse de
Oiieltoii (Lille), inspirée ])ar Delauiioy et l’ar¬
ticle de Le Oal La Salle, )iuis eu 192^1 rimportaul
travail de Basset; eu 192l> paraissent les thèses
de II. Le Coule de l'3oris, de Drouarl (Paris
1920) et de Dufour (.Montpellier) ; eu I92.S, Pil-
ven public un article dans la Citzcllc niérlinilc ilr
/'>ancc. Yeriraels a réceiumeut fait une communi-
catioii au V'' fVmg/'è.s inlfniiilioniil di'ft iicridi'iiln
du triiwiil (Ruda|>esl. I92S .
Coueurremmeiil à ces travaux français, des
éludes sont publiées à l’é'! ranger dont les princi¬
pales sont celles de Oralor, Nle/.xi, Cüuzler, Elia-
sou et Wright, et eiilui l'iuiporlaule élude di' A.
Romani. *
Eu h'i-auee, Rouvillois et .Maisouuel |)ubliaieut
un article im|)orlanl eu 192.') et Vergox une revue
dos fractures du bassin 192(1 .
Les deux travaux les plus récents sont ceux de
Lenormaiil et Basset. Sans discuter b'ur valeur,
nous nous |)ermellOMS de nous étonner <pie ces
auteurs aient à peu près lolahnuenl méconnu les
travaux français sur la question. 11 est assez cu¬
rieux de voir ces travaux, et en ])arliculier nos
études personnelles, cités et commeiilés jiar les
ehcrcheili’s étrangers, tandis qu’on en eherche-
rait vainement meiilion dans les articles publiés
en France réceuimeiil.
F.tioi.ocii; nr i;xi>i;iiimi;ntation. Il est banal
di‘ remarquer que la fracture de la cavité <'oly-
loïde se l'eucoiilre siii'loul chez l’homme (70 hom¬
mes pour .'Fl femmes dans notre slalisliipiel le
plus souvent enlri' 29 et l'in ans, le côté droit
étant [dus souvent atteint ipie le gauche.
Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’une
chute d’un lieu élevé sur la face externe du grand
trochanter.
F.xi'ciitionnelle'ineut, on ri'ueontre une chute sur
les pieds (Aseilza et Kousiuène-Fuller), choc sur
l’épaule (V'rançoisi, sur le sacrum (Muller).
Nous avons étudié expérimentalement le méca¬
nisme de production de ces fractures. Nos ré¬
sultats ont été publiés on 1923 dans le Lyon chi-
rurgicnl. Virevaux et Thévenot avaient les pre¬
miers tenté cette reproduction. Le premier de
ces auteurs était arrivé à ce' résultat d’une façon
assez exceptionnelle (4 fois sur 16 cas) en plaçant
le sujet en décubitus latéral, le membre opposé
au décubitus et sur lequel on s’efforce de repro¬
duire les lésions étant en extension, abduction et
la reproduction ipTasi infaillible de la fracture
par un trauiualisiue dirigé oblitpiemeul en bas,
en dedans et légèrement im arrière, portant sur
toute la face externe de l’extrémité supérieuri' du
fémur, lé membre étant en extension, rotation
inlerue forcée et dans une position intermédiaire
à l’abducliou et à l’adduction.
Notre ami (’oiellon nous reproche dans sa
ihè.si; de baser nos conclusions sur trois expé¬
riences. En réalité, ces trois expériences avaient
été précédées d’une série d’autres dans lesquelles
le membre avait été ])lacé dans toutes les posi¬
tions physiologiquement |)ossibles . Nos trois
dt'rnières expériences n’étaient donc, que des ex¬
périences de vérification.
Nous avons ainsi pu réaliser divers types ana¬
tomiques des fraclure.s par'’ enfoncement de la
cavité cotyloïde dont les schémas ont été publiés
dans plusieurs de nos travaux :
Fracture par décalollement (lig. F.
Fracture rectiligne (lig. 2).
Fracture à trois fragments en Y classiipie.
Fracture étoilée à ipiatre fragments (lig. 3).
(le sont là les types analomiques primitifs. Les
lésions peuvent eu rester là. Si le traumatisme
est suflisaiil, la tète est profuilsée vers le bassin
eu écartant les fragments. Celte pénétration
iniraiielvienue peut être parliidle ou totale, réa¬
lisant la « luxation ctmtrale de la tète fémorale »
(Kn'udeiii! ou « irriqilion pelvienne de la tète
fémorale » (Frielich).
.Nous verrons ipi’il résulte de nos éludes cpie
les types eliniipies se calquent sur les types ana-
tomiipies.
Avant de termim'r celle étiule expérimentale,
rappelons que cidle-ci a été reprise réceiumeut
par A. Romani et que cet auteur est arrivé aux
méuu's conclusions que nous.
SvMI’TOMATOnOfilE HT FORMES Cl.iMQUES. —
Nos travaux se basaient sur l’étude de 107 obser¬
vations dont 10 personnelles. Depuis, nous avons
publié seul, ou en collaboration avec .M. le pro-
■ fcssi'ur Imbert, 3 observations à la Société de
Chirurgie de (Marseille devant laquelle .notre col¬
lègue Michel a apporté également un cas. Dans le
plus récent travail sur la question. A. Romani
réunit 13.7 observations. Cet auteur ne tient ])as
compte de nos 10 observations, non, comme le lui
fait dire son analyste du Journal de. Chirurgir.
parce qu’il les considère comme douteuses mais
parce ((lie n’ayant pu se procurer notre thèse, il
n'a ()u en avoir une connaissance exacte. C’est
d'ailleurs ce qui est textuellement écrit dans son
ii-avail. L’élude niinutieiise de toutes ces obser¬
vations ne nous a (las amené à changer nos con¬
clusions antérieures.
Nous avons isolé des signes (irimoi'diaux et
des signes secondaires.
Sifitics primordiau.r.
A) Physiques ;
1“ L’altitude du membre. Le plus souvent, le
meudire est eu rolalion externe associée à l’ab-
ducliou et plus siiuveiil à 1 exleusion qii à la
llexion.
Plus raremeul ou note raddiiclion, combinée à
la rotation iulei’ue OU externe et à 1 extension.
Rieckel a fait remarquei- cpie celle attitude est
immédiate et le [ilus souvent lixe; elle dé|)end de
rallilude du membre au momeul de la chute, de
la lhéra|)eulique suivie et delà coulraclure mus-
culaire ;
2" Haccourcissemeiil. Il existe un raccourcis¬
sement réel de 1 cm. 1,2 à 2 cm., suscelilible
d'augmenter dans les jours qui suivent la reprise
de la marche ;
3" .\[ilalisseuienl du grand Irochaiiler (signe
de Roux de Lausanne). Déqiend du degré d’ir-
ru|iliou (lelvienne de la tète;
4" Ecchymoses. 11 est classique de les donner
comme frécpienles ; en réalité, nous avons démioii-
tré ipi’elles sont rares. Lo,rs(|u’elles existent, la
|)lus frécpienle est l’ecchymose uumiuulaire du
sci-olum (signe de Dcsiol .
R) .S’/g/ic.s funclionnc/s :
i" Impotence fonclic . elle. Le plus souvent
immédiate et absidue. elle s’alléiiue et les mouve¬
ments [lassifs revienueul ra|Hdenient ;
’i" Douleur. S()Onlanéc, elle est signalée dans la
[dupaiT des observations.
On la [iroviupie par (iressiou sur le grand tro¬
chanter, mais aussi (lar la pal|)alion du (uibis, de
la fosse iliacpie cl jiar la mise en ceuvre des mou¬
vements. .\ côté de CCS signes |)rimordiaux, on
note quehpiefois des signes secondaires beaucoiq)
plus rares :
(;i-é|)ilalion ; luméfacliou abdominale; signe
d’Allis (llaecidilé du tenseur du tàscja lata). A
l’i.ssue de e.elle description cliui(|ue, on jioiirrait
s’étonner de no (las nous avoir \ ii encore faire
mention du toucher rectal.
Pourtant, depuis Rœckel (I8.SO1 , tous les auteurs
affirment que le signe palhognomoiiique des
fractures par enfoncement de la cavité colylo'ide
est donné (lar le toucher rectal qui (.icrinetlrait
de constater : douleur, mobilité anormale, crejii-
tation, déforinalioii.
Dans une élude ex|>érimentale et cliu'iqiie, nous
avons recherché la valeur réelle (le ce signe. Nos
recherches ont été radiogra|)hi(|ues et eadavéïii-
qu('s. Guelton nous lait reniar(|uer que sur le
cadavre, la (lis])arition de la soiqilesse périnéale
entache nos iM'ciierches d’une erreur grave. Nous
sommes parfaitement de sou avis, c’est pourquoi
nos ('xi)ériences radiographiques ont été faites
N" 24
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
391
SOCIÉTÉS DE PARIS
ACADEmiE DE MEDECINE
19 Mars 1929.
Nouvelles remarques sur la sérothérapie anti-
colibaclllaire. — M. H. Vincent a fait connaître
{Académie des Sciences, 1925, pp. 239, 406, 1083 et
1624 et 1928, p. 407, et Académie de Médecine,
27 Novembre 1928) les propriétés générales du
sérum anticolibacillairc qu’il a préparé et a signalé
des exemples de guérison, par le même sérum, de
colibacilloses graves, à pronostic considéré comme
fatal. Les infections dues au B. coli sont fréquentes,
parfois méconnues et ont pour caractéristique leur
ténacité, leur résistance aux traitements usuels, chez
l’enfant comme chez l’adulte. Enfin certains états
névropathiques ou psychopathiques peuvent être
sous la dépendance de Ve.roioxine neurotrope que
M. Vincent a signalée ; le sérum peut également les
On ne saurait trop insister sur les services qu'on
peut attendre du sérum anticolibacillaire associé au
sérum antigangreneux polyvalent (H. Vincent et
G. Stodel) dans Y appendicite gangreneuse opérée.
Le B. coli est, en effet, l’agent le plus constant de
la péritonite et de la septicémie qui peuvent suivre
cette forme d’appendicite souvent mortelle. La séro¬
thérapie apporte une aide très efficace au chirurgien
et amène des suites u idéalement simples ». Deux
exemples récents très graves, dont un compliqué de
péritonite généralisée, ont été signalés à ^l’auteur et
ont parfaitement guéri.
La septicémie à Bacillus coli a été rapidement
guérie par le sérum. En voici un nouvel exemple.
Fillette de 3 ans 1/2, atteinte depuis 1 mois de septi¬
cémie très grave avec néphrite suppurée, anasarque
généralisée, angiorholite aiguë et ictère, torpeur,
symptômes méningés, nystagmus, mouvements con-
vulsifs de la face, des lèvres, du membre supérieur
gauche, hyperthermie, etc. « Considérée comme
perdue », cette entant est traitée par le sérum :
amélioration franche au 3“ jour du traitement;
« l’enfant ne cesse de réclamer k manger ». Au
5" jour, les symptômes ci-dessus ont disparu,
fîuérison (Dr G. (iautier, médecin de l’hôpital de
Dreux).
De nouveaux cas de pyélonéphrite suppurée pri¬
mitive, aiguë ou chronique, accompagnée de .symp¬
tômes sévères et ayant résisté aux traitements usuels
(vaccins, auto-vaccins, bactériophage, urotro-
pine, etc.) ont été rapportés qui ont guéri défini¬
tivement et en quelques jours par le sérum.
Il convient de faire une place à part à la pyélo¬
néphrite suppurée de la grossesse. La persistance,
jusqu’à l’accouchement, de la compression fœtale
pouvait faire craindre la non-guérison par le sérum
ou le retour rapide de l’infection rénale par le
B. coli. Or, chez une femme de 22 ans, enceinte de
6 mois, du service de M. le D'' Ilerscher, à Lariboi¬
sière, atteinte d’une pyélonéphrite grave avec forte
lièvre, l’infection rénale a rétrocédé en quelques
jours. 36 heures après le début des injections, la
tempérdture, qui était de 40“, était descendue à 36" et
s’est maintenue à la normale, depuis lors. Cette
femme a accouché 3 inois après normalement et sans
aucune réinfection. C’est le l'"' cas de guérison
définitive d’une pyélonéphrite gravidique sévère par
la sérothérapie.
Le colibacille, qui envahit électivement les reins,
[)eut aussi, parfois, se localiser dans les voies
biliaires. Or, dans ces cas aussi, le sérum peut agir
efficacement. Il en a été ainsi chez l’enfant dont le
cas est relaté ci-dessus. Le même effet favorable a
été observé chez une malade de M. Chevassu, enceinte
de 6 mois, atteinte de pyélonéphrite suppurée avec
angiocholife aiguë et ictère, érjthème purpu¬
rique, etc., température ayant monté jusqu’à 41». Au
4“ jour du traitement, tout danger avait disparu.
Un autre cas de pyélonéphrite suppurée, compli¬
quée de cholécystite avec fièvre élevée (39"8-40»8),
a bénéficié rapidement de la sérothérapie. La tempé¬
rature est devenue normale dès le 3» jour. La cho¬
lécystite, comme la pyélonéphrite, ont disparu. I-a
pyélonéphrite avait débuté depuis cinq ans fD' Vérain
de Nancy]
11 est souvent indiqué de faire un ou deux lavages
du bassinet et de la vessie au cours du traitement,
les anticorps ne passant pas toujours dans l'urine,
ainsi que M. Vincent l’a montré.
Enfin, après la guérison, on conseillera aux ma¬
lades un régime prudent, hygiénique, alimentaire et
intestinal. Contrairement à l’opinion admise, le rein
n’est pas, en effet, immunisé par une précédente in¬
fection disparue et il peut, sous l’influence des mêmes
causes (constipation, entérite muco-membraneuse,
appendicite chronique, etc.), subir un réensemence¬
ment par le B. coli, même après une guérison très
ancienne.
Traitement de la tuberculose pulmonaire par le
thiosulfate d’or et de radium. — MM. Léon Ber¬
nard et Charles Mayer publient un travail d’en¬
semble résumant quatre années d’expérience du
traitement de la tuberculose pulmonaire par le thio¬
sulfate d’or et de sodium. 142 cas ont été suivis par
eux qui permettent aux auteurs de confirmer leurs
précédentes conclusions.
Le thiosulfate d’or et de sodium, bien que dé¬
pourvu des propriétés bactéricides spécifiques que
lui avait attribuées Mollgaard, possède cependant
une action indéniable sur les lésions pulmonaires de
la tuberculose. Cette action se manifeste surtout
dans les formes évolutives fébriles : dans ce cas, le
traitement arrête l’évolution dans une proportion de
43 pour 100, bien supérieure à celle des arrêts spon¬
tanés dont le taux est de 5 pour 100. L’étude des
courbes de température et des autres symptômes
apporte une preuve objective de l’efficacité du médi¬
cament.
Deux nouveaux ordres de faits sont aujourd’hui
apportés : l’amélioration souvent considérable des
images radiographiques que le recul dans le temps
a permis de constater, attestée ici par une série de
projections; d’autre part, l’action fnoins tangible,
mais cependant nette, dans les formes apyrétiques
de tuberculose pulmonaire; enfin, une modification
du mode d’emploi du médicament met les malades à
l’abri ' des réactions pénibles ou graves qui avaient
tout d’abord compromis sa réputation.
Election. — MM. Douris (de Nancy) et Geniges
(de Beyrouth) sont élus memhi'es correspondants.
A. Bocaoe.
SOCIETE DE BIOLOGIE
16 Mars 1929.
Action de l’acétylcholine sur la glycémie. —
MM. Marcel Labbé, F. Nepveux et L. Justin-
Besançon ont remarqué que l’injection, chez
l’homme, de 20 centigr. d’acétylcholine par voie
intra-rausculaire détermine assez régulièrement une
diminution de la glycémie qui varie d’ailleurs sui¬
vant les sujets. Celte diminution peut être impor¬
tante et prolongée chez le sujet normal; elle semble
moins intense chez certains diabétiques et chez cer-
Sur l’absorption globulaire du glucose. — MM.
F. Ratbery et R. Kourüsky estiment, en s’appuyant
sur la série de recherches qu’ils ont effectuées, que
le seul phénomène net qu’ils ont pu observer réside
dans la disparition du glucose eu dissolution dans
du plasma au contact d’hématies normales; les
hématies lavées absorberaient davantage.
Ils concluent qu’il est cependant impossible d’in¬
diquer la cause exacte de la disparition du glucose,
ni d’établir qu’il s’agisse réellement d'absorption
globulaire .
Recherches sur le muscle bronchique isolé :
action des poisons du sympathique et du para¬
sympathique. — MM. Maurice Villaret, L. Justin-
Besançon et Vexenatont mis au point une technique
d’étude du muscle bronchique isolé. Leurs expé¬
riences ont été poursuivies sur le muscle bronchique
du porc, dont les mouivements sont enregistrés gra¬
phiquement. La vie du muscle bronchique isolé se
maintient dans des limites étroites de pu.
Tous les excitants de l’orlbosympathique déter¬
minent un relâchement du muscle bronchique isolé.
L’adrénaline détermine un relâchement plus rapide
que l’éphédrine et s’oppose, à très faibles doses, à la
contracture de la bronche, alors que l’éphédrine,
dans ces conditions, même à fortes doses, reste ino¬
pérante.
L’ergotamine inverse les effets de l’adrénaline sur
le muscle bronchique.
Les excitants du para-sympathique excitent tous
puissamment la contraction du muscle bronchique.
Par «antre, les paralysants du para-sympathique
constituent les agents les plus énergiques de relâ¬
chement du muscle bronchique contracturé.
Action sur le muscle bronchique isolé de la
phényléthylmalonylurée , de la cicutine et des
arsénobenzènes. — MM. Maurice Villaret, L-
Justin-Besançon et Vexenat, en poursuivant leurs
recherches sur le muscle bronchique isolé du porc,
ont constaté que le muscle isolé reste insensible à
l’action directe de la phényléthylmalonylurée (gar-
dénal ou luminal). Cette substance n’agit donc pas
comme excitant du sympathique ou les paralysants
du para-sympathique qui sont des inhibiteurs directs
de la crise d'asthme. Le gardénal, au contraire,
n’agit que par l’intermédiaire du système nerveux
central.
Les alcalo'ides de la ciguë et. en partieulier, le
chlorhydrate de cicutine déterminent une légère
contraction du muscle bronchique.
" Les arsénobenzènes ne produisent aucun ell'et sur
le muscle à petites doses, mais, pour des doses
importantes, ils déterminent une contraction brusque
de la bronche, suivie d’un léger relâchement, en
rapport avec la mort de l’organe.
Essais sur l’immunité antitoxique : sur la chute
du pouvoir antitoxique après l’injection d’antigène
spécifique et sur la signification de la « phase
négative » au cours des vaccinations. — M. G.
Ramon. La baisse momentanée du pouvoir anti-
toxique que l’on constate après l’injection d’antigène
au cheval hyperimmunisé vis-à-vis de l’intoxication
diphtérique, par exemple, est en général peu impor¬
tante ; elle peut être inexistante si les doses d’anti¬
gène injectées sont faibles. Elle apparaît comme une
simple dérivation provisoire d’une petite quantité
d'antitoxine vers l’o'dème sous-cutané provoqué par
l'antigène ; cette dérivation ne correspond ni à une
fixation spécifique, ni à une combinaison mutuelle de
l'antitoxine et de l’antigène. Geci permet de fixer la
véritable signification de ce que l’on a appelé la
« phase négative » dans les vaccinations. En réalité,
dans les jours qui suivent l’injection d’anligène-
vaccin, le sujet vacciné ne devient pas plus sensible
spécifiquement ; non encore immunisé ou insuffisam¬
ment immunisé, il demeure seulement apte, comme un
sujet non vacciné, à contracter la maladie contre
laquelle on veut le protéger.
Sur la baisse du pouvoir antitoxique provoquée
chez l’animal producteur de sérum antidiphtérique
au moyen de substances non spécifiques. - MM
G. Ramon, R. Descombey et P. Valot confirment
l’explication fournie par l’un d’entre eux du mèca
nisme de lu baisse du pouvoir antiloxique après
injection de l’antigène spécifique. En mettant ei
œuvre l’action de substances variées, il est possibli
de provoquer chez le cheval producteur de sérun
antidiphtérique, par exemple, une baisse du poiivoii
antitoxique tout à fait comparable à celle qui résulti
de l’injection d’antigène spécifiipie. Dans l'un e
l’autre cas, il s’agit d’un simple déplacement pure
ment mécanique et non spécilhiiie d’une partie d<
l’antitoxine du sang de l’animal.
Le mercure llposolubie dans la syphilis humaine
— - MM. L. Fournier; L. Guônot et A. Schwart.
ont employé, chez 10 syjshililisiues atteints de chancre
ou d’accidents secondaires un composé mercurie
liposoluble, le phényl-élhyl-acétale de mercure
dont ils ont comparé l’activité thérapeuli(iuc à celh
des bismuths liposolubles. Ce mercure liposolubl
s'est montré doué d’uu pouvoir antisyphilitiqu
faible, du moins aux doses utilisables dans le traite
ment de la syphilis humaine. Su toxicité apparaî
rapidement (stomatite) dès qu’on élève celte dos
et avant qu’on ait pu atteiinlre la dose réelleinen
curative. Sans aucune supériorité sur les autre
préparations mercurielles, le mercure liposolubl
est donc tout à fait inférieur, pour le Irailemeiil d
la syphilis humaine, au bismuth liposoluble qui es
beaucoup plus facilement riianiable.
Action préventive du mercure liposoluble dan
la syphilis expérimentale. - MM. C. Levaditi t
P. Lépine montrent que les jiropriétés préventive
du mercure liposoluble, infiniinent jdu.‘- accusées qu
celles de l’or, se rapprochent de celles <bi bismutli .
392
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
N” 24
du tellure. Toutefois, l’eflicacité, de même que la
durée de la prévention mercurielle, sont loin d’égaler
celles de la prévention bismutlii([ue et tellurique.
Exaltation de la virulence pour le lapin d’une
souche herpéto-encéphalltlque ayant passé dans le
cerveau du singe. M. P. Lôpine montre que le
I)assage dans le cerveau de ('ercnpithccus c(iUilliii.v
d’une souche lierpéto-encéphalitique normalement
conservée par passages sur le lapin a exalté la viru¬
lence de cette souche à l’égard du lapin. Celte viru¬
lence exaltée s’est conservée dans la suite des pas¬
sages sur le lapin, et a encore augmenté par de nou¬
veaux passages sur le singe. La durée de la maladie
conférée au lapin a passé de .ü à d jours ; les lésions
histologiques témoignent de l’acuité du processus
encéphalitique. Mais cette souche exaltée pour le
lapin ne s’est pas montrée plus virulente pour le
singe qui ne succomhe que dans la moitié des cas, et
après plusieurs inoculations.
Sur les propriétés agglutinantes du sérum de
lapins neufs. — MM. J. Davesne et C. Sanchez
ont mis en évidence, dans le sérum de lapins neufs,
des anticorps agglutinants vis-à-vis de microhcs
aérobies et anaérobies variés ; 11. coli. B, typhique,
II, paratyphique, pneumobacille d(- h'riedlander, sta-
pliylocoque, entéroco((ue, vibrion septique, II. pcf-
sérum agglutinant sur le , lapin, d'étudier les anti¬
corps spontanés du sérum de cet animal. On évitera
ainsi des interprétations erronées, en ne mettant pas
sur le compte du sérum spécifique certaines coag¬
glutinations qui ne sont dues qu’aux anticorps nor¬
maux préexistant à l’immunisation.
Appareil permettant de traeer les ordonnées
sur papier enfumé. - M. J. Gaiitrelet démontre
d’abord la nécessité, po\ir tout physiologiste et phar-
macologiste, de tracer des ordonnées systématique¬
ment sur tout graphique, en iiarticulier sur les
graphiques inscrits sur papier enfumé; qu’il s’agisse
de mesurer la pression, l’amplitiide resjjiratoire ou
cardiaque, l’hyper- ou l’hypotonicité de l’intestin
isolé, etc., un tel procédé s'impose.
L’auteur décrit \' .i.idj’iuiphe, appareil simple per¬
mettant de tracer une série d’ordonnées ' figurées
par un pointillé discret sur lesquels se détache net¬
tement le graphique physiologique.
Influence de l'intoxication par l’oxyde de car¬
bone sur l’immunité. MM. L. Kandiba et E.
Dawydowa. On observe, cliez les animaux intoxj-
(piés par l'oxyde de carbone, une phase de résistance
antibactérienne diminuée, qui survient rapidement.
Llle se manifeste par la diminution de la force du
comi)lément du sang, par l’augmentation de la sensi¬
bilité pour le streptocoque et pour la toxine téta¬
nique, ainsi que par l’interrujjtion de la fonction de
la barrière bémato-encéplialique pour les anticorps.
Les peptones donnent-elles par l’hydrolyse acide
directe des substances réductrices? — M. Brocq-
Rousseu. M""^ Z. Griizewska et M. G. Roussel.
Les albumoses, les peptones et les peptides j)ré-
parées industriellement à partir des protéines du
muscle, et suffisamment purifiées, ne donnent jias de
substances réductrices par l’hydrolyse acide directe.
La recherche des substances réductrices dans les
peptones produites par l’hydrolyse pepsique et'tryp-
sique peut servir à évaluer la pureté de la prépa-
Rachltisme expérimental chez le rat par infec¬
tion digestive. — MM. S. Dobkevitch et P. Mou-
longuet, frappés du désaccord qui exisli’ entre le
rachitisme expérimental, tel qu’il avait été réalisé
jus(iu’ici par carence, et les données de la clini<iue
humaine, ont essayé de se rapprocher de celles-ci. Ils
ont réussi à provoquer chez l'i rats sur Iti, à la
suite d’une infection du tube digestif (ingestion de
colibacille après sensibilisation biliée par la méthode
de lîesredka), en l’absenee de carence, des lésions
osseuses qui histologiquement rappellent en tous
points celles du rachitisme humain.
AnnKxn.i
aux séances des 15 et 22 Déccinlire H)2,S.
Recherches expérimentales sur un champignon
isolé d’une splénomégalie égyptienne. - MM.
Petzetakis et Papadopoulo étudient les caractères
morphologiciues d’un champignon (pi’ils ont isolé
dans un cas de splénomégalie sur différents milieux
nutritifs ainsi que leurs résultats expérimentaux sur
le cobaye et le pigeon. Ils ont fait aussi, après lapa¬
rotomie, des injections intraspléniques des cultures.
Tous les résultats ont montré le peu d’action patho¬
gène de ce champignon.
Sur la nature de la splénomégalie égyptienne.
— MM. Petzetakis et Papadopoulo ont examiné
systématiquement une dizaine de cas de splénomé¬
galie égyjitienne. Sur ces 10 cas ils ont trouvé une
fois la présence d'un champignon qui no s’est pas
montré pathogène pour les animaux; une fois ils ont
obtenu un sj)irochète. Dans tous les autres cas, les
cultures ont été négatives en cultures aérobies ou
Par contre, ils ont constaté dans plusieurs cas des
petits corpuscules de nature indéterminée que M. Pet¬
zetakis avait décrits dès 1924, et que les auteurs
croient de nature parasitaire.
A. Escalier.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
1:î Mars 1929.
A propos de l’anesthésie locale. M. Métivet
insiste sur la diversité' des pouvoirs anesthésiques
de solutions de concentration identique, et cela, sans
doute, selon l’origine naturelle ou synthétique de
l’adrénaline, ainsi ([ue selon sot) pouvoir rotatoire.
Deux observations de tumeurs à myéloplaxes.
— M. Baumgartner fait un rapport sur un cas de
M. Wolfromm (de Parisi concernant une jeune fille
présentant une fracture de l'humérus au niveau d’une
zone d’ostéite kystique, et sur un autre cas de
M. Vanlande (de l’arméel ayant trait à une tumeur
à myéloplaxes. de la tête humerale observée chez un
homme de 27 ans. On décida, riiez ce dernier, d’in¬
tervenir jiour pratiquer un curettage et combler la
cavité avec des greifes ostéopériostiques, mais il se
produisit une hémorragie assez abondante et l’on ne
jilaça aucune greffe, et cependant, ultérieurement,
l’ossilication s’est effectuée spontanément.
Au contraire, la malade de M. ’W’olfromm ne fut
lias 'ojiérée et la consolidation clinique se fit bien.
Cependant, la radio montre, chez elle, une ossifica¬
tion périostiiiue, mais avec persistance d’une cavité
kystique centrale, tandis c[ue, chez l’opéré de M. "Van-
laiide. l’ossification s’est constituée très rapidement :
en somme, l’acte opératoire a marqué la substitution
à un processus de raréfaction évoluant vite d’un
processus d'ossification énergique. Est-ce le curet¬
tage (pii a cet elfet';' C’est possible; cependant une
greffe, surtout totale, eût évité le tassement de l’os
([ui s’est produit au cours de la consolidation.
M. Lecène insiste sur le diagnostic de ces
alfections. Dans le i>remier ras, le diagnostic clinique
étant un peu hésitant, on eut recours à une biopsie
qui permit d’affirmer que c’était une affection bé¬
nigne, une simple dystrophie osseuse. La biopsie
paraît donc indispensable.
— M. Baumgartner demande si l’on pourrait
faire une biopsie avec examen extemporané.
— M. Lecène répond que l’examen extemporane
lui paraît complètement insuffisant dans les cas dif-
Deux cas de décollement épiphysaire de l’extré¬
mité inférieure du fémur. M. Mocquot fait un
rapport sur ces 2 observations de MM. Matry et
Philardeau (de l'ontainebleaui. Chez le le malade,
âgé de 15 ans, il fut impossible de réduire sous
anesthésie générale et l’on pratiqua aussitôt une
intervention sanglante ; après réduction on maintint
celle-ci avec 2 agrafes; le résultat éloigné a été
excellent, fm 2'' malade a dû, lui aussi, subir une
réduction sanglante, mais il ii’y eut pas d’osléo-
svnthèse, et ultérieurement on constata que la réduc¬
tion ne s’était pas maintenue parfaitement.
Luxation en arrière de l’extrémité supérieure du
cubitus avec fracture du radius. — M. Maisonnet
présente ce cas adressé par M. Vanlande (de l’ar¬
mée). La réduction de la luxation n’ayant pas entraîné
une réduction correcte de la fracture radiale, M. Vau-
lande est intervenu et a fait une ostéosynthèse avec
une agrafe de Ciinéo et 2 fils métalliques.
Résultat paradoxal d’une rachi anesthésie. - M.
Mathieu fait un rapport sur cette observation de
M. Ferey (de Saint-Malo). La rachi-anesthésie, né¬
cessitée par une fracture de la jambe gauche, fut
faite en décubitus latéral droit entre la 3*' et la
4v lombaire. Or. la jambe gauche fut entièrement anes¬
thésiée, mais elle seule, et le membre inférieur droit
n’a pas été anesthésié. C’est là un fait difficile à expli¬
quer. Il y a eu quelques cas semblables de publiés.
Présentation de malades. M. de Martel, ô ca-i
de tumeiir.s eévéhrales. Il s’agit d’une tumeur de
l’angle ponto-cérébelleux et de deux gliomes kys¬
tiques du cervelet, dont l’un opéré en attaquant en
premier l’arc postérieur de l’atlas. l’iie quatrième
malade avait d’abord subi une trépanation frontale
droite sans qu’on eût trouvé la tumeur; après une
ventriculographie on put trouver un petit endothé-
liome gauche pesant 25 gr. Enfin, le dernier malade a
été opéré d’un méningiome.
Grossesse tubaire opérée au 11" mois. — M.
Cadenat présente cette observation adressée par
M. Brugeas (de Slianga'i).
S. OllERLlX.
SOCIÉTÉ IVIÉDICALE DES HOPITAUX
15 Mars 1929.
Un cas de mélorhéostose. — MM. A. Léri, Loise¬
leur et J.- A. Lièvre présentent un nouveau malade
atteint de mélorhéostose. On sait que cette affection
est caractérisée par une hyperostose tendant à pro¬
gresser en « coulée de bougie » le long de la tota-
lifé d’un membre. La maladie a déterminé ici, depuis
une dizaine dlannées, avec quelques douleurs inter¬
mittentes au niveau de la main, un épaississement
des 2'' et 3" métacarpiens, du grand os et du semi-
lunaire et de toute la longueur du cubitus et de
Ce cas répond exactement à la description anté¬
rieurement donnée par les auteurs, qui fait de cette
affection une entité autonome, distincte des ostéo¬
pathies jusqu’ici connues.
— M. M. Pinard, qui a jadis soumis ce malade au
traitement spécifique, n’a pas obtenu de résultat,
mais ceci niélimine pas la possibilité d’une spéci¬
ficité ; il y a un seuil que le traitement ne peut plus
franchir.
- M. Léri se trouve en présence actuellement
d’une série de cas analogues qui ne rappellent pas
la spécificité et qui n’évolueiit pas comme elle. Ici,
l’hyperostose continue et même progresse, malgré le
traitement spécifique poursuivi depuis 10 ans.
— M. Pinard objecte qu’il existe des lésions spé¬
cifiques qui évoluent en dépit du traitement.
— M. Bard fait remarquer que l’absence de sy¬
philis ne peut se prouver.
Un cas de fistule bronchique consécutive à un
pyopneumothorax exploré au lipiodol. — M. Poi-
rot (de .Metz) rapporte l’histoire d’un blessé de
guerre ([ui présenta un épanchement purulent de la
base droite lequel s’enkysta peu à peu et s’évacua par
vomique. Sa nature non tuberculeuse ayant été re¬
connue, on fit d’abord un empyème simple qui ne
donna qu'un résultat médiocre, puis une résection
costale qui améliora notablement le malade, mais
laissa une fistule persistante et une expectoration
encore importante. Pour préciser le trajet de la fis¬
tule et savoir si la cavité de l’abcès communiquait
avec les bronches, l’auteur a eu recours au procédé
préconisé par M. Sergent qui consiste à injecter du
lipiodol dans le trajet. De cette fayon il a pu se ren¬
dre compte que la fistule communii|uait avec les
bronches du côté de la lésion. Il se demande quelle
est la conduite à suivre en pareil cas, des accidents
ayant été signalés à la suite de la fermeture de ces
fistules.
Une nouvelle méthode d’exploration fonction¬
nelle des poumons : l’ampliométrie manométrique
du thorax et sa représentation graphique. - M.
G. Laniez (de Lille) présente une méthode nouvelle
d’exploration de l’amiiliation tlioracique. Le thorax
est entouré d’une ceinture à deux manchettes pneu¬
matiques qui sont reliées à un manomètre à eau. On
a ainsi les valeurs des ampliations droite et gauche.
On prend ces valeurs du sommet à la base, en respi¬
ration courante et forcée. Ces valeurs sont repré¬
sentées sur- 4 lignes [lar 4 points reliés entre eux par
des droites. On a des courbes droites et gauches. Ces
courbes sont symétriques chez les sujets normaux et
asymétriques chez les patliologiques. De là on tire
N“ 24
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 2:5 Mars 1929
393
(l’intéressantes conclusions de physiologie patlio-
logique.
Rôle de la substance fondamentale conjonctive
dans révolution de la tuberculose. — MM. Dou-
brow et R. Froment (de Lyoni présentent les pho-
togra])hies de préparations relatives à l’étude d(( la
substance fondamentale conjonctive au cours de la
tuberculose pulmonaire évolutive. La lésion initiale
est une lésion fibrineuse exsudative. Son évolution
est déterminée par le sort de son mottle fibrineux,
('.(dui-ci peut subir 3 transformations fondamentales :
caséification, métamorphose collagène, homogénéisa¬
tion hyaline. L’évolution clinique peut être superposée
exactement à cette évolution anatomique ; fonte cavi¬
taire dans la l'“, forme fibreuse dans la 2'', extinc¬
tion des lésions dans la 3''. Les auteurs indiquent
quelques considérations thérapeutiques qui peuvent
en découler.
Un cas de spirochétose ictéro-hémorragique.
MM. Dargein et Rideau (de Toulon) relatent l’his¬
toire d’un jeune matelot qui fit une spirochétose
ictéro-hémorragique typique, au cours de laquelle
ils ont eu l’occasion de relever les relations déjà
signalées entre la courbe de température et le taux
de l’urée sanguine, élevé pendant l’apyrexie, abaissé
lors de la recrudescence fébrile. Par contre, la sj)i-
rochétémie, qui, pour Fiessinger, serait la cause de
la reprise de la fièvre, n’a pas été constatée. l)(;ux
cobayes inoculés avec le sang du malade, l’un au
8‘’ jour, l’autre au moment de la recrudescence, n’ont
pas pu être infectés. Mais un 3'’ cobaye, inoculé le
7“ jour avec les urines du malade, a succombé au bout
de 1-4 jours à une maladie expérimentale typique.
Diabète grave amélioré par l’administration de
sels de nickel et de cobalt associés à l’insuline. —
MM. Roch et A. Du Bois (de Genève) ont constaié
que l’action de l’insuline a semblé très heureuse¬
ment renforcée par l’ingestion de petites quantités
de chlorure de nickel et de cobalt (3 milligr. de
chaque par jour). L’effet de ces sels métalliques ne.
se manifeste guère qu’après quehjues jours et per¬
siste également 5 à 6 jours après la cessation de la
médication. On peut espérer par ce ti'aitement adju¬
vant pouvoir diminuer les doses d’insuline indispen¬
sables à certains diabétiques, ce qui présente un in¬
térêt économique évident.
Ostéo-chondromatose articulaire et hernie mus¬
culaire chez un tabétique. — MM. Laignel-Lavas-
tine et Bonnard présentent un tabéti(|ue évident sur
lequel ils relèvent deux altéi'ations ■-
G Cst, d’une part, une hernie musculaii'e dans le
biceps droit, affection rare, mais dont un des auteurs
a déjà rapporté un cas chez un tabétique.
il existe, d’autre part, surtout à la partie postéro-
interne du coude droit, une tuméfaction de la gros¬
seur d’un o'uf, de consistance ostéo-cartilagineuse,
non adhérente à la peau ni à l’os, et qui, au premier
abord, pourrait taire penser à une ostéo-arthropathie
du coude. Mais un examen plus minutieux et des
radioscopies, surtout des stéréo-radiographies, mon¬
trent qu’il s’agit d’ostéo-chondromalose articqlaire,
et non, comme on aurait pu le penser, de nodosités
juxta-articulaires. En ellet, récemment, .lessner et
Jeanselme ont observé chez des syphilitiques des
nodosités juxta-articulaires qui ressemblent aux no¬
dosités classiques dans le pian. Mais ici l’examen
démontre que les nodosités ne sont pas juxta-articu¬
laires mais enfermées dans une capsule articulaire
très distendue. En raison des expériences de Leri-
che et lîreckmann sur le mécanisme de la formation
de la chondromatose articulaire dans les arthrites
déformantes et en remarquant que, dans le cas parti¬
culier, il s’agit d’un tabétique, on peut se demander
si l’affection syphilitique cle la moelle n’a pas faci¬
lité, en modifiant le trophisme des articulations, une
alfection dont l’étiologie est encore inconnue.
l’.-L. Maum;.
SOCIÉTÉ DÉS CHIRURGIENS DE PARIS
15 Mars 1921).
Un cas de tuberculose isolée des ganglions mésen¬
tériques, — M. Planson, à propos de l’observation
de M. Uervaux à la dernière séance, c.ommuni(jue
aussi uu cas d(( cette alfection. Intervenant pour une
appendicite chronique, il trouva, à la terminaison du
mésentère, dans l’angle iléo-colique, un paquet de
3 ganglions caséeux gros comme une noix. Ablation
sans incident. L’autei.r insiste sur la quasi-impossibi- '
lité du diagnostic de cette affection et sur l’importance
d'enlever ces ganglions quand on en rencontre au cours
des interventions afin de mettre le malade à l’abri de
conij)lications abdominales possibles et graves.
A propos de la radiothérapie en gynécologie. —
M. Séjournet. Par suite d’une erreur de diagnostic,
uu kyst(! dermoïde de l’ovaire fut traité par la radio¬
thérapie. La malade fut opérée ultérieuiement et
l’auteur constata des adhérences entre le kyste et
l’ombilic. L’auteur insiste surla nécessité, pour éviter
ces erreurs de thcrapeuti<iue, d’une collaboration
étroite entre médecin, chirurgien et radio-thérapeute.
-— M. Bonneau communique l’observation d’une
malade qui, pour un fibrome utérin saignant, reçut
en 10 mois 25 ai)plicalions de radiothérapie. Une hys¬
térectomie enfin acceptée montra que le fibrome
n’avait pas été influencé heureusement par les
rayons \, et (,u’il existait un début de dégénéres¬
cence cancéreuse du corps utérin.
Revitalisation par sympathicectomie chimique des
glandes sexuelles. — M. V. Pauchet fait un rapport
sur un travail de M. Doppler (de Vienne). Chez des
malades précocement séniles, M. Doppler accroît le
fonctionnement des glandes à sécrétion interne (testi¬
cules et ovaires) pàr la destruction chimique des
filets du sympathique au moyen d’une solution de
phénol à 6 où 7 pour 100. Lu glande est scarifiée,
puis frictionnée avec la solution. Cette opération est
faite soit accessoirement au cours d’autres interven¬
tions (cure de hernie, hystéropexie, appendicecto¬
mie, etc I, soit directement dans le seul but de
revitaliser le sujet. L’auteur, dont les premières
observations remontent à plusieurs années, obtient
d’excellents résultiUs durables. L’aspect général des
sujets change ; les cheveux cessent de tomber, le
visage se recolore, la gingivite disparait, le métabo¬
lisme basal est augmenté.
Fracture du bassin ; rupture de la vessie par
éclatement; intervention d’urgence; guérison. —
M. Lutaud fait un raport sur cette observation de
M. Duval (du Havre). Un jeune homme de 24 ans
avait eu un gros traumatisme du bassin. L’auteur
voit le malade 4 heures après, constate une fracture
du bassin et, se basant sur la contracture abdomi¬
nale, oj)ère d’urgence le malade : il trouve une ruptnre
Tentative de traitement chirurgical de la ménin-
go-encéphalite traumatique. — M. Peugniez, dans
un cas, a pratiqué le drainage sous-arathnoïdien en
trépanant la lame de la 4" vertèbre lombijire. L’opé¬
ration, faite in ertrenil.s, n’a pu sauver le malade ;
mais l’auteur estime que, faite précocement, cette
opération doit donner les mêmes succès (jue le drai¬
nage abdominal dans les infections du péritoine.
Abcès extra-dural d’origine auriculaire sans otite
en évolution. M. Gasne communique l’observa¬
tion suivante. Un enfant, sujet à des poussées inflam¬
matoires du rhino-pharynx, fait une otite bilatérale :
paracentèse des deux tympans. IS mois après, sans
aucun trouble de l’audition ni douleur auriculaire,
abcès extra-dural au niveau de l’astérion. L’examen
de l’oreille, fait à ce moment, est négatif et la para¬
centèse du tympan ne donne issue à aucun liquide.
L’auteur pense ([ue l’infection ancienne s’est réveillée
en un point limité sans que les grandes cavités de la
caisse et delà mastoïde aient été de nouveau atteintes
elles-mêmes.
Fracture engrenée du col du fémur. . — M. Bro-
dier communique l’observation d’une femme de 60 ans
qui, 17 jours ajjrès une chute, ressentit, en mon¬
tant dans un wagon, une douleur vive au niveau de
la hanche et ne put plus marcher. La radiographie
montra une fracture transcervicale du col fémoral
qui s'était désengrenée.
Torsion de la trompe de Fallope. - M. Haller
communi(jue iobservation d’une femme de 24 ans
chez laquelle l’intervention fut décidée pour des
phénomènes péritonéaux dus à une tumeur kystique
(ju’on croyait être un kyste de l’ovaire tordu. L’opé¬
ration montra une trompe de Fallope droite, ayant
le volume et l’aspect d’une aubergine, tordue 3 fois 1/2
autour de son pédicule constitué par lu portion
isthmiifue de la trompe. La coexistence d une salpingo-
ovarite gauche permet de considérer cette observa¬
tion comme la torsion d’un hydro-salpinx jiré-
Quelques indications de l’hystérectomie vaginale.
— M. Pauchet communique les observations de
2 malades obèses, à myocarde faible, chez lesquelles
il fit des hystérectomies vaginales, l’une pour fibrome,
, l’autre pour cancer du col. Il insiste sur quelques
indications de riiysléreclomie vaginale dont la tech¬
nique doit être bien connue et qui sauvera des
malades qui ne pourraient sujiporter l'hystéreclomie
abdominale.
Un cas de tuberculose annexielle et appendicu¬
laire. — M. Muller (de liell'ortl cominuni(iue l'obser¬
vation d'une feninie de 25 ans (|ui soutirait du bas-
ventre et surtout à droite depuis 5 ans, les douleurs
ayant commencé 1 an après son dernier accouche¬
ment. Hègles troublées, pertes, amaigrissement. Au
toucher, massi.' annexielle douloureuse. Douleur au
point de Mac Durney. A l’opération, l’auteur trouva
des adhérences de l’utérus avec l’épiploon, la vessie
et le rectum et des ovaires scléro-kysticiues avec, à
droite, des adhérences serrées au petit bassin. Hys¬
térectomie sub-totale ; appendicectomie. L’examen
histologique montre sur toutes les pièces enlevées
des lésions caractéristiques de la tuberculose.
Encercleur contentif pour chirurgie plastique
mammaire. — M. Dartigues présente cet instru¬
ment nouveau. C’est une sorte de coupole métallicjue
de 18 cm. de diamètre avec deux petites ailettes
latérales pour la maintenir; au centre, se trouve un
oiilice circulaire de 7 cm. En appliquant un peu
fortement cet encercleur, on fait saillir la région
aréolo-mamelonnaire qu’il est ainsi des plus faciles de
découper avec l’inciseur circulaire de l’auteur.
M. Hallkk.
SOCIÉTÉS DE PROVINCE
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE LYON
7 Mars 1929.
Constriction permanente de la mâchoire ; résul¬
tat éloigné du traitement, r MM. Bérard et Ouil-
leminet présentent un malade opéré pour ankylosé
temporo-maxillaire datant de 10 ans. Ils firent une
résection de toute l’extrémité supérieure de la
branche montante et, grâce à un traitement métho¬
dique post-opératoire, ils ont obtenu un très bon
résultat maintenu depuis plus de 2 ans.
Forme pseudo-néoplasique de calculs biliaires
arrêtés dans l’intestin. — MM. Santy et Heitz
apportent deux observations de calculs biliaires
arrêtés dans l’intestin sans que l’ensemble sympto¬
matique ait j)ermis d’envisager le diagnostic de
complication biliaire, mais, au contraire, celui de
néoplasme digestif.
Dans le D’r cas le calcul, arrêté dans l’appendice,
avait entraîné des accidents inllammatoires, et le
diagnostic hésitait entre tumeur du ca’cum et sé¬
quelle épiploïque d’appendicite aigu(b Dans le 2'' cas,
survenu chez une l'enime à laquelle on avait fait un
Syme pour sarcome ostéoîde du pied, il s'agissait
d’un iléus chronique; au bout d’un an, les troubles
du transit intestinal devenant de plus en jdus nets,
avec péristaltisme visible et perceptible au palper,
on intervint et l’on trouva un calcul très volumineux
arrêté dans le dernier tiers de l’iléon, très épaissi,
rigide et cartonné, d’aspect ])seudo-néoplasi(jue.
Aucun antécédent lithiasique n’avait été relevé dans
le passé de ces deux malades.
De tels faits sont exceptionnels et les auteurs n’en
ont trouvé que quelques cas signalés dans la litté-
Quatre cas de rupture de l’artère méningée
moyenne. - M. Ricard ne considère pas les
ruptures de la méningée moyenne comme fréquentes.
Les 4 cas (ju’il apporte ont été observés en 5 ans,
et 3 au cours de la meme année.
Le tableau clinique n’est pas toujours aussi net que
dans les descriptions classiques. Dans 2 cas. ce tableau
était pur ; une fois il correspondait à la lésion typique ;
mais, dans l’autre cas, la dure-mère était déchirée,
il existait de graves lésions cérébrales sous-jacentes.
Dans les 2 autres cas, le diagnostic clinique n’avait
pu être posé : il n’y avait pas d intervalle libre, pas
d’hémiplégie, mais des crises épileptiformes, pas de
signe pupillaire, pas de ralentissement du pouls.
Les signes cliniques de l’épanchement sanguin intra-
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
N“ 24
crânien par rupture de la méningée moyenne sont donc
infidèles ; l’intervalle libre a une grande valeur, mais
il n’existe pas toujours (2 fois sur les 4 cas); les
autres signes n’ont pas par eux-mêmes de valeur
absolue : c’est leur ensemble et leur aggravation pa¬
rallèle qui doit faire penser à répanchemcnl. L’au¬
teur a opéré un cas où le tableau était net et où il
n’exîstait pas trace d’bématomc.
La méningée est souvent déchirée plus bas qu’on
ne le dit classiquement, au ras du plancher. Au point
de vue opératoire, la taille d’un lambeau osléoplas-
tique doit être rejetée ; la trépanation délinitive est
plus simple et plus rapide, elle u’entraîne pas de con¬
séquence grave.
— M. Santy insiste également sur les difficultés
d’hémostase quand la méningée est i-ompue très bas.
— M. Gabrielle a observé plusieurs cas de rup¬
ture de la méningée. Le diagnostic est souvent diffi¬
cile, car il peut exister de gros épanchemculs sans
aucun symptôme. 1..C simple tamponnement à la gaze
suffit souvent à arrêter l’hémorragie.
Rupture spontanée de l’artère utérine.— AfAT. Pol-
losson et P. Bertrand présentent une curieuse
observation d’hématome pelvien, infiltrant le liga¬
ment large et la racine pj-imitive du mêso-sigmoïde,
avec ecchymose périnéale progressive, qu’ils attri¬
buent à une rupture spontanée de l’artère utérine,
pathologique. Le diagnostic d’origine de l’hématome
ne put être vérifié, car, après ligature double des
hypogastriques, la malade guérit, malgré une suppu¬
ration secondaire tle sou hématome qui fut drainé
par le'.vagin.
A propos d’une gangrène du membre inférieur.
— MM. Tixier, P. Bonnet et F. Bérard, se basant
sur l’examen d’une pièce d’amputation de cuisse pour
gangrène de la jambe, ont étudié radiographique-
ment les conditions anatomiques et physiologiques
du retour de la circulation au-dessous du segment
oblitéré. Le nouveau type de ciiculation est d’une
grande fragilité ; dans le cas présenté, il s’agissait
d'une oblitération de la poplitée suppléée par les ju¬
melles; 1 oblitération do ces dernières entraîna, par
suppression de la presque totalité do la circulation
restante, une large gangrène de la jambe et du pieil.
Cette circuliition de suppléance, qui suffit à assurer
l’irrigation du niemhrc, n’est pas appréciable à
l’oscillomêtrie ; celle-ci n’a donc pas une valeur
absolue pour indiquer le niveau d’am.putatiou, elle
n’indique que le lieu de l'oblitération de l’artèi-e
jirinci))alc.
11. Roland.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX DE LYON
:> Mars 1929.
Sur un cas d’hémiplégie gauche apparue au
cours d’une fièvre typhoïde. — MM. Lépine,
Bourrât et J. Carie présentent un malade qui, au :
cours d'une lièvre typhoïde, présenta une liémiplégie
gauche avec atteinte de la face, due probablement ù
une embolie plutôt i|u’ii une artérite (à cause de son
début brusque). J^es signes sont actuellement discor¬
dants et incomplets. l4es auteurs insistent sur la
Evolution de ia réflectivité tendineuse au cours '
de la fièvre typhoïde de l’enfant. — MM. Bertoye
et Pierre-Etienne Martin rapportent les conclusions
de 'i2 observations de lièvre typhoïde normale chez
l’enfant, sans lésion encéphalitique ni bulbomédul-
laire, où les réflexes ont été suivis journellement
pendant lu période d’état et de convalescence. '
liCur étuile montre que l’abolition des réflexes est
symptomati(|ue de la période de plateau de lu fièvre
typhoïde |8Ü pour 100 des cas dans les formes graves
et 60 pour 100 dans les formes bénignes ou
moyennes).
Les réflexes tendineux s’alTaiblissent rapidement
pour disi)araître complètement au début du deuxième
septénaire. Ils réap[)araissent au cours du stade des
oscillations descendantes.
Dans deux cas, ou a vu succéder à l’abolition des
réflexes leur exagération accompagnée de trépidation
épileptOï<le et de elontis de la rotule. Il s'agissait
d’enfant ù hyperexcitabilité nerveuse autant psychique
Les auteurs n'ultribuent pas à ce symptôme au
cours de lu période <le plateau de la fièvre typhoïde
de valeur pronostiqtie grave.
Le problème de l’hospitalisation des nourrissons
eczémateux : à propos d’un cas récent de mort
subite. — MM. J. Gâté, Bosonnet et P. Michel
rapportent l’observation d’une enfant de 6 mois, soi¬
gnée pour eczéma de la face, qui succomba subite¬
ment avec une écume assez abondante aux lèvres. Ils
insistent sur le fait que, dans la statistique du service
hospitalier de dermatologie-syphiligraphie des Cha-
zeaux, l’hospitalisation de ces nourrissons n’a été que
très exceptionnellement suivie des accidents graves
si fréquemment observés ailleurs. En admettant la.
théorie du choc anaphylactique invoquée par
M. Lereboullet, les auteurs sont tentés de penser
que la statistique est meilleure pour cette catégorie
de malades dans un service de dermatologie, parce
que le milieu est moins infecté que .celui d’un service
de pédiatrie.
— MM. Péhu et Mestrallet apportent une statis¬
tique de nourrissons eczémateux soignés ù l’hôpital.
Ils ont relevé 22 observations d’enfants du premier
iïge atteints de cette dermatose. Sur ces 22 cas, 5 fois
la mort est Survenue inopinément, toute autre cause .
(|ue l’eczéma luirméme étant écartée. Dans ces cas,
l’autopsie complète (examen macroscopique et histo¬
logique -dea organes) est demeurée négative.
Le total des 22 observations porte sur deux
périodes égales de 5 années : l’une qui s’est écoulée
à l’hôpital de la Charité, dans une crèche do création
ancienne, où l’atmosphère était chargée en microbes ;
l’autre passée à l'hôpital Debrousse, d’installation
toute récente, à l’atmosphère peu infectée. Or, les
5 cas de mort inopinée sont survenus dans ce dernier
hôpital.
La conclusion fi tirer de cette statistique un peu
limitée est que, indiscutablement, l’hospitalisation
est peu favorable aux nourrissons eczémateux. Mais
il n’est pas établi d’une façon certaine que le milieu
hospit.alier, avec le « microbisme » aérien 'qu’il com¬
porte, doive êtrè' rendu responsable des morts ino¬
pinées. Le mécanisme exact de celles-ci demeure
obscur.
— M. Mouriquand fait remarquer que beaucoup
de ces enfants arrivent dans un état de saleté repous¬
sante ; or, c’est lorsqu’ils sont nettoyés et mis dans
du linge stérilisé qu’ils meurent, dette constatation
est contre la théorie .septicémique.
— M. Gâté constate qu’il y a opposition entre les
constatations des dermatologistes et celles des
pédiatres au sujet de la gravité de l’hospitalisation
qui est moins grave dans les crèches dermato¬
logiques.
Le sérum de Rodet à hautes doses dans le
traitement de la fièvre typhoïde de l’adulte. —
MM. PierrerP. Ravault et D. Modrin ont constaté
que le sérum autilyphique de Rodet apparaît comme
une arme tout à fait accessoire dans le traitement de
la fièvre typhoïde et qui ne saurait être comparée en
rien comme efficacité aux sérothérapies antidiphté¬
rique, antitétanique et même antiméningococcique.
Le sérum est sans action dans les formes graves.
Dans les formes de gravité moyenne, il peut donner
des résultats favorables, mais le bénéfice que le
malade en retire, et qui consiste surtout en un rac¬
courcissement de la maladie, est malheureusement
compromis par les accidents sériques très gênants
qui résultent surtout de l’emploi de fortes doses. On
utilisera néanmoins le sérum de Rodet, dans certains
cas, à titre de méthode adjuvante et, en particulier,
lorsque la balnéothérapie n’aura pu être appliquée
(Hémnnc l ommiiniqué par les auteurs).
J. Rocsset.
SOCIÉTÉ NATIONALE DE MÉDECINE
ET DES SCIENCES MÉDICALES DE LYON
6 Mars 1929.
Achondroplasie et nanisme pur ; présentation de
deux nains. — MM. Patel et Carcassonne pré¬
sentent deux nains qu’ils ont eu l’occasion de traiter
pour des affections chirurgicales. L’un est un sujet
de 1 m. 117 présentant les déformations caractéris-
tiques de l’achondroplasie à type rhizomélique de
Pierre-Marie, ainsi que le montrent les mensurations
effectuées, l’aspect général du malade avec sa muscu¬
lature puissante sur des os de membres raccourcis,
sa grosse tète et son tronc d’adulte. Les radio¬
graphies révèlent les déformations classiques ; les
des membres ont de volumineuses exostoses. Le
psychisme est normal.
Contrastant avec ce premier malade, le second
sujet est un nain d’un type très différent '. homme
de 1 m. 42 dont les os des membres, du tronc et de
la tète sont petits et faibles. 11 s’agit d’un nanisme
congénital pur et, chez ce malade, on ne retrouve aucun,
antécédent infectieux, aucune lésion cardiaque pou¬
vant faire penser à un nanisme de type infantile
(type Lorain). Le corps thyroïde est normal et
l’aspect d' « homme en miniature » diffère tout à
fait du nain type Brissaud ou du myxœdémateux.
Œsophagotomie externe pour dentier arrêté
dans la partie supérieure de l’œsophage thora¬
cique. — MM. Patel, Carcassonne et Bruyère
ont fait une (usophagolomie externe pour extrairez
un dentier arrêté au devant de la 2“ vertèbre dorsale
depuis 48 heures. Le corps étranger fut aisément
enlevé; sonde œsophagienne pendant 7 jours ; gué¬
rison malgré des phénomènes gangrenèux du côté de
la plaie opéi-atoire. Les auteurs insistent à ce propos
sur les avantages de l’œsophagotomie externe faite
d’emblée dans des cas semblables, sans tentative
d’œsopha'goscopie. L’œsophagotomie assure d’emblée
le drainage œsophagien et péri-œsophagieu néces¬
saire dans les cas où une infection très virulente
est menaçante. Elle est donc indiquée quand il s’agit
de corps étrangers traumatisants cl plus formel¬
lement encore quand ils sont vus avec un retard di-
deux ou trois jours.
Fibrome de l’isthme utérin Inclus et enclavé. --
MM. Labry et Caillot présentent un fibrome qui
donnait depuis près d’un an des troubles d’obstruction
intestinale et des troubles vésicaux ; pollakiurie,
rétention d’urine avec incontinence. A l’intervention,
ils trouvèrent un fibrome de l’isthme, du volume
d’une tète fœtale, complètement inclus et enclavé
dans le pelvis, avec grosse distension gazeuse de
l’S iliaque et du Iransvcrse, avec douglassite adhé-
sive. Hystérectomie juxta-tolale.
L’examen de la pièce expliquait les troubles uri¬
naires. la pollakiurie étant plus fréquente dans les
fibromes ù développement antérieur, la rétention par
étirement de l’urèlrc dans les fibromes à dévelop-
pemcnl postérieur. La ligature des pédicules utéro-
ovariens et surtout de l’utérine fut assez difficile
en raison de l’enclavement, le fibrome se moulant
sur le pelvis et étant absolument immobilisable.
Un cas de vitiligo traité par les rayons ultra¬
violets après sensibilisation par l’essence de ber-
gamotte. — M. L.-M. Bonnet, après avoir constaté
l’échec habituel des trailemenls préconisés dans le
vitiligo, rappelle la chronologie des cas publiés,
traités par les rayons ultra-violets après sensibili¬
sation de la peau par l’essence de bergamolte. 11 a
ainsi obtenu un succès relatif chez une femme
alleinle de vitiligo au cou et aux mains. Au cou, où
les plaques étaient anciennes, le résultat fut à peu
près nul ; les plaques des mains, d’apparition
récente, furent au contraire ù peu près complètement
guéries.
Luxations pathologiques de la hanehe dans la
fièvre typhoïde. — M. Pouzet apporte 4 obser¬
vations complètes d’anciennes arthrites typhiques
de la hanche, compliquées de luxation. Ces arthrites
sont survenues entre 8 et 12 ans, chez 3 malades à la
fin du 3“ septénaire, et toujours avec une latence
très marquée. Dans un cas, il n’y avait aucune lésion
osseuse fémorale à la radiographie, dans un autre
l’éj)iphyso était très altérée, mais c’était au 7» mois.
On a pu réduire une luxation récente et, après
21 ans, la fonction est parfaite et la hanche à peu
pi’ès normale, La luxation vue au 7' mois a été vrai¬
semblablement simplement transposée; après 25 ans.
la tète fémorale est saillante entre les vaisseaux
et l’épine iliaque et l’appui insuffisant rend la
marche un peu douloureuse ; un léger Trendclenburg
et un minime raccourcissement causent de la boiterie.
2 malades, vus trop lard, n’ont pu subir que des
ostéotomies de redressement. Après 28 ans, l’un
garde une hanclie luxée, mais assez solide, qui lifi
permet de faire de longues marches sans souffrir ;
l’autre, après 29 ans, ankylosé à gauche-, a fait à
droite une adaptation remarquable entre le haut du
cotyle et le col fémoral et fait sans souffrir 15 km.
L’auteur insiste sur la' latence de c.es. arthrites
qui passent souvent inaperçues.
H. Roland.
N» 24.
23 Mars 1929
PETITES CLINIQUES DE “LA PRESSE MÉDICALE
N- 74
Lésions traumatiques
des ménisques du genou
l’ar Amiiîht Mouciiiît
Cliinii'i^inii (Je l’iiopiliil Saiiil-Loiii.s,
Vous vcik;/. (Icî iik; voir oi)crer cti ([uvliiiics mois
J(aix jciiiiesgeiis de 2() uns cl iinadullede ^'i I ans,
ions altcinls de lésions ti’aumaliqncs des ménis¬
ques du genou dont l’allure clini(|ue et h's carac¬
tères anatomiques ne sont pas sans intérêt.
Il faut reconnaître que depuis quelques années
ces lésioiis sont plus souvent diagnoslicpiées
qu’aulreCois ; en Octoltre l!)2(), le .V.V.VC’ (’oiifii-rs
franr.nix de Cliiriirj^ir a mis leur étude à l’ordi'e
du jour'. Jj’éducation du public médical se fait de
plus en ])lus sur la jialliologie des ménisques cl
sur les avantages de la ménisceclomie et c’est tout
profit |)onr un grand nombre de; sujets j(nrnes (pii.
jadis, eussent gardé toute leur vie une infirmité
irrémédiable.
Il y a peu d’all'cctions oii V inlcrrot^iUoirc du
malailo joue un aussi grand réilc dans rétablisse¬
ment du diagnostic.
Dans la première observation, il s’agit d’iiii jeune
homme de 26 ans, M... Ctiarles, qui a fait il y a
10 ans l'2, en Août 1917, une chute de bicyclette en
tournant trop vite au bas d'une c()le. (l’est le genou
gauche (jui aurait porté sur le sol.
M... fut ramassé par ses camarades; il fut remis
rapidement de l’état syncopal qu’il présentait et il
put refaire 10 l;ra. ù bicyclette pour rentrer chez lui
en manoeuvrant la bicyclette avec la jambe droite
seulement.
Il dut rester un mois sans marcher à cause d'un
épanchement dans le genou gauche qui fut soigné
parla compression elles pointes de feu.
Il reprit la marche avec un genou un peu raide.
Deux ans plus tard en Novembre 1919 lors
d un exercice de saut en longueur, il lit une chute
sur le genou gauche ; nouvel épanchement intra-arli-
culaire qui dura quinze jours environ.
Il était élève à l’Ivcolo polytechnique; il ne lit plus
de saut, mais il put faire de l’équitation.
En 1927, au cours de parties de tennis, à deux
reprises en Avril et en .loin, il garda tout d’un coup
son genou gauche lléchi en faisant un écart; il ne
pouvait plus l’étendre. Ce (c blocage » no dura que
quelques instants. M... se remit à étendre son
genou tout seul.
Le 31 Décembre de la même année, nouveau hli>-
cufic, mais celui-ci tenace, ([ui ne disparut qu’ajirès
quatre jours de repos et nécessita deux semaines de
lit.
La deuxième observation concerne un jeune homme
de 26 ans, S..., Henri, (jui, il y a deux ans, en faisant
du ski dans le Dauphiné, est tombé et, en se rele¬
vant, a éprouvé une sensation de « déclic « dans le
genou gauche.
11 a continué néanmoins à faire du ski pendant
(|uelqucs jours sans rien senti i’.
Les vacances terminées, il a repris sa profession
active de représentant de commerce, comme si de
En 1927, une série de 9 blocages du genou soit en
se relevant, après s’étre assis ou s’étre accroupi, soit
en faisant du ski, soit en nageant dans la Seine, fait
de M. S..., un véritable infirme.
Chez ces diuix iiiala(.les, quand nous les exami¬
nons, nous trouvons un ininiine épaticbeinent de
1. Ai.inniT Moi eiii- r (de l’aris) et I.oi is 'r.vvr.iixiKn (de
l.yon), rapporteurs. — l.a /(«t/m/og/c ilca mriilsi/ucx du
j;<-nou. 1 vol. de 100 page.s avec 20 ligures. .Masson et C'%
li(]tiido dans le genou avec une amplitude nor¬
male des tnotivemetils (un peu de diminution de la
flexion seulement chez M. S...), une atro])bie
appréciable du quadricejis fémoral.
l'n seul signe |)hysiqtie net de lésion ménis-
Ciile existe chez ces deux jeunes gens : une dou¬
leur j/rdeixe en ttn poitil de V interligne nrlieuhdre
interne, à tni-chemin entre le bord intertie du
lendoti roliilieii et le ligametil latéral interne.
' lladiograpliie du genou négative dans les deux
En somme, ces deux inabides ont utie sympto¬
matologie et une évolution clinique à peu pri's
identiqties.
Ils vous présenletil le type de lésioti méniscale
à htnengex répétéx.
Quatld vous constalezj ce type, vous pouvez
être certains qu’il s’agit d’une grande déchirure.
Il jieul arriverque le blocage se produise aussi¬
tôt après l’accident itiilial (inonvemenl brnsqm'
dans nn saut, dans une partie de foot-ball ou de
lennis'i. Le blessé est pris d’une douleur' violente
et no peut allotiger complèletnetil sa jambe; il
rentre chez lui péniblement eti marchant sur la
pointe dti pied.
Souvent la décbirtire méniscale n’esi pas d’etn-
blée assez cotisidérable pour dontier lieti à un
blocage ; la lésion se complète peu :i peu au cours
d'accidents successifs. '
Le erni hloenge, en e/fel. ne purtiit réxnller i/ui-
d' une léxion unuloinitiiie très xpéeiide : la lixxnrution
tongiindinii/e. le « niéidxr/ue en nnsi' de xeon ».
dans lequel la bande méniscale déchirée vient
se luxer dans réchanernia' inlercondylienue
(lig. il. ,
Dans les autres lésions traumatiques du mé-
niscpie, il y a des parties arrachées plus ou moins
(louantes qui peuvent se laisser pincer et coincer,
mais c’est un blpcage Irnsle, liigace. aisément
réductible, dispaiaiissanl aussitôt (pi’il s’est pro¬
duit.
Liiez certains blessés, le blocage est irréduc-
lilde, nécessitant une intervention immédiate,
faute de laquelle le genou est immobilisé en demi-
llexion pendant des journées entières.
Liiez la plupart, les blocages sont répétés. A
l'oecasion d’nn mouvement brusque ou forcé,
mouvement de rotation du genou dans la marche,
an cours du tennis, du foot-ball, mouvement vio¬
lent dans le saut, ou en se relevant après une
(h'xion forcée (chez les mineurs), le genou se
ti-ouve brusquement immobilisé en flexion à 150
ou 170 degrés, dans l'impossibilité de s’étendre
conqdèlemonl, tout en pouvant se fléchir davan¬
tage .
Ce blocage ne dure en général que quelques
minutes; le blessé sait y mettre (in par des ma-
meuvres sjiéciahis, soit des mouvements alternatifs
(le llexion et d’extension, soit un mouvement de
la jambe en pressant sur le genou, soit des trac¬
tions sni' la jambe. La guérison est aussi brustpie
que le début et s'accompagne généralement d’un
chupiemenl.
Liiez nos deux malades de l'observation I et 2,
vous avez vu survenir une série de blocages
du genou à la suite d'un tranmalisme assez
notable.
I,e malade de l'observation 1 n’eut ses blocages
(pie tardivement au bout de dix ans, c’est là nn
fait exceptionnel; et il en eut deux en six mois,
mais le dei'iiier, durable, tenace qui dura quatre
jours et lui laissa un mauvais souvenir.
Le second malade eut son premier blocage du
genou nn an senlement après l’accident et à partir
de ce moment, il eut 8 blocages successifs pendant
un an à de courts intervalles; les uns en faisant
(lu ski ou de la natation, les autres tout simple¬
ment en se relevant après s'élre accroupi son même
après s’étre assis.
A leur âge, avec leurs goûts s[)orlifs, -- le
dernier est un ascensionniste distingué ipii a déjà
gravi (les aiguilles difficiles comme le Lrépon au-
dessus de Lhanionix, on coïK.-oit (pie ces jennes
gens sonhaiteni être à l'abri de ces blocages dont
la crainte les emjiéehe de se livrer à leurs jilai-
sirs favoris et ipii, de tout(‘ façon, apportent nue
lâcheuse entrave à leurs oeenpations prol'ession-
Dill'érenl dans son allure cliniipie est le cas de
notre ti'oisième malade (pii ne |)résenle jias les
blocages caracléristicpies des deux précédents ;
il offre le ti/pc île lu douleur coutinuc avec des
caractères assez parlienliers pour que la lésion
D... I Edmond), âgé de il ans, ehanlfenr niécani-
eien dans une usine, nous est adressé le 13 .luin 1928
à l’hépilal Saint-Louis parle D' ('.odhille, de Cou-
solre (N'ordi, jjour une douleur persistante dans le
genou droit qu’il croit imputable à une lésion ménis¬
cale. D... est un homme très robuste, très éner¬
gique.
11 nous raconte (pie le 10 .Mars 1928, il était occupé
à nettoyer sa chaudière, la jambe droite en abduction
et en extension, très écartée de la jambe gauche
portée en avant, lorscpie, dans un brusi(ue mouve¬
ment de rotation du tronc, il ressentit une douleur
atroce au niveau du genou droit. Il lui sembla que
(piehpie cliose « se cassait » dans ce genou.
11 put néanmoins continuer son travail i>endanl
deux heures et rentrer chez lui à pied eu marchant
pendant 600 m. Le lendemain, qui était un dimanche,
D — fil 1 km. à pied pour aller déjeuner chez son
frère et autant pour revenir. Mais les 4 derniers km.
lui parurent très pénibles; il avait la sensation que
son genou droit « se déboîtait ».
Le genou fut assez etillé ce soir-là, et D... en
soutfril passablement .
.Après quinze jours de reiios, il essava, mais en
Vitin, de r(q)ren(lre son travail.
Pas d’épanchement dansle genou droit, pas d’atro¬
phie musculaire, les mouvements de l’article sont
normaux, mais un ))eu douloureux, surtout la llexion
extrême.
Douleur exquise à l’interligne articulaire interne,
ati nivei(u de la corne antérieure du ménisque oii le
doigt perçoit uin' sorte de froissement.
La radiographie est négative.
^'oilà (Joiic*tin iiialade qui n'a jias en de blocage
du genou.
Son accident jiarait bien avoir consisté en une
forte torsion du genoti ati cours de laqticlle il a
eu la sensation que quelque chose « se brisait »
dans son articulation. A [partir de ce inonient, le
390
LA PRESSE MEDICALE, Sumedi, 23 Mars 1929
N» 24
genou, qui a été le siège d'un épanchement assez
vite disparu, est resté douloureux.
C’est celle douleur eonlinue dans le genou,
doulcui- spontanée, doideur an cours des niouvcv
incnls surtout de llcxion, qui eiupèche le malade
de reprendre son dur labeur et l’engage à nous
réclamer une opération.
Ce second type de lésion traumatique des
ménisques que vous devez connaître n’est pas
aussi palhognonionique que le type des blocages
i-é|)élés du genou : c'csl Icliipr de iloiilciir comi nue.
Il est dù des lésions ])arcellaircs tpii n'eniraineni
pas une luxation stable.
.Mais je tiens à vous dire immédiatement cpi’il
n’y a pas toujours en clini(pie une démarcation
aussi tranchée entre la forme à blocage et la foi-iue
à douleur continue.
'l'el malade, atteint de décdiirure limitée, peut
présenter pendiint un certain temps les symp-
idmes de douleurs, d’bydiirthrose, d’entorses à
ré|)étilion et à un moment donné, si la déchirure
s’agraiulit, il est atteint de blocages plus ou moins
répétés du genou. En un mot, un conrx de l'ren-
lulinii d'une lésion inéidse.nle. ht si/niplonni/oht^ie
peu! se niodilier e/ passer d'une j'orine ellnitine l'i
L:i douleur a un siège caractéristique : au
niveau de l’interligne fémoro-tibial interne (puis-
([uc c’est pres(pie tôujours le ménistpie interne
qui est lésé — dans 78 ou 95 pour 100 des cas,
suivant les auteurs), entre le bord tlu tendon
rotulien et le bord du ligament littéral. Même si
la douleur s’étend sur toute la jtarlie latérale de
l’interligne, le doigt la révèh' toujours plus
intense au niveau de la corne antérieure du
rnénistpie. Il y a là une localisation élective (jui
vous sera d'un gratid secours dans la détermina¬
tion du diagnostic.
.le vous ai dit <pie la douleur était continue,
pour bien inditpier sa persistance, mais il est
exceptionnel tpi’elle soit vriiimcnt eonlinue, au
sens propre du mol. Elle est soulagée |)ar le
rtqtos, par le déeubilus dorsal, mais
elle est Siijelle à des retours pério-
dit/iies. se réveillant [tar une marche
prolongée, par des exercices sportifs
obligeant les malades à limiter Icui
activité et ipiehpiefois à marcher b
genou raide ou légèrement fléchi.
U va s.'ins dire (pie la douleur s(
gnemenls fournis par un interrogatoire précis et
méthodique, de la répétition des accidonls, de la
périodicité des phases douloureuses, pour éviter
ces causes d’erreur.
11 est évident que, de tous les signes de lésions
méniscales, que je vous ai rappelés, le seul erai-
inenl caracléristiqiic est le blocage du genou. Mais
si le vrai bl(5cage, celui du inénisqqe en anse de
seau, dont la bande axiale est luxée dans l’espace
intercondylien, ne donne pas prise à l’erreur, il
(‘xiste des blocages frustes, dus à des lésions par¬
cellaires des ménis(pies, qui ont leur analogie
dans des coincements de franges adipeuses hyper-
tro])hiées hnahidie de rioll'aj, de nodosités de
ig.ii-e -2.
ebondromatose synoviale, ou de corps flottants
articulaires.
I.es franges adipeuses liyperlropliiées siègent
sous le tendon rotulien; elles font saillie de
cluupie côté de lui; elles donnent lieu à des dou¬
leurs niédinnes plus on moins bruscpies, mais
fugaces, jamais à de petits blocages.
Quant aux nodosités de la eliondroinalose syno¬
viale, dont je vous ai montré un cas si typique
chez le malade de la Société de chirurgie du
.’{! Octobre 19‘i8, ctnu.e co/yj.s /loftants arlhailaires.
outre ipi’unc |)alpation soigiu'use ])eut permettre
de les dé(a)uvrir. la railiograp/iie lèvera tous les
doutes.
Il faut toujours avoir recours à la radiogra¬
nts de lésions
ieni les grandes lésions donnant
‘U au blocage, ou les lésions par-
dles produisant tout au [tins de petits
(puilillés il'e
répélilion. Méftez-et.
eons les annonec. oliere/iez le niénisijiie.
(juand je vous aurai rappelé l’exisletu
hydarthrose rarement abondante cpii
pagne souvent la douleur, et tpii suitjilus
.phh
le blocage, et
■ptionnelleni
i|)tion elini^
lésion lraumali(pie des ménisipies.
Trop souvent dans ces formes doulouiumses
avec hydarthrose, atrophie musculaire, les méde¬
cins sont tentés de penser au rliainatlsine ou à la
Inhere.nlose .
H/iatnalisine, mol imigicpie (pii satisfait le
malade et qui évite au médecin la jieine de réllé-
chir : comme si une douleur limitée en un point
d’une seule articulation après un traumatisme
pouvait être de nature rhumatismale.
Diagnosti([uer une lal/oroalose dti genou n’est
pas beaucoup plus raisonnable avec, une syno¬
viale (pii n’est ])as enqiàtée, une articulation ipii
reste souple, un système ganglionnaire qui reste
D’ailleurs, il suflil de ten
qite dee
phie des deux genoux, prise sous diverses inci¬
dences — au moins sous les deux incidences de
face et de profil - - et j’insiste sur ce fait que vous
devez avoir une radiographie du genou sain qui
vous servira de terme de comparaison.
Mais je m’empresse d’ajouter que la radio¬
graphie ne donne que des renseignements néga¬
tifs en ce (pii concerne les lésions méniscales,
puisque les ménisques ne sont pas visibles aux
Les injections d’air dans le genou ont jiermis
dans certains cas d’obtenir des constatations
positives; mais ces constatations n’ont guère été
obtenues que chez des sujets atteints de lésions ty-
piipies dont la confirmation radiographique n’était
lias indispensable. 'J’rop souvent les rayons .\,
après injection d’air dans le genou, ou bien n’ont
[las montré une lésion réelle du ménisque, ou --
ce qui est plus fâcheux encore — ont semblé en
montrer là où il n’y en avait pas. Si bien que je
vous conseille de vous borner à une radiographie
ordinaire dont la valeur — quoique négative - ■
est considérable, puisqu’elle vous permet d’éli¬
miner les altérations du squelette et la présence
des corps étrangers. Chez les trois malades dont
je viens de vous parler, la radiographie est néga-
Vous voyez qu’en somme, la base, dn diagnostic
est l'histoire du malade, le caractère et la pério¬
dicité de ses accidents. C’est vous dire, je ne
crains pas de me répéter, l’importance primor¬
diale que prend, dans votre examen d’une lésion
méniscale, un interrogatoire précis et métho¬
dique du malade qui vient vous consulter. Sou¬
vent le diagnostic est fait à l’aide des seuls com¬
mémoratifs, avant d’avoir regardé et palpé le
genou.
S’il est des malades qui puissent s’accommoder
tant bien que mal de leurs lésions méniscales, ce
n’était pas le cas des nôtres qui souhaitaient
obtenir par l’opération une guérison rapide et
radicale.
Le jeune homme de l’observation I était lassé
après une longue période de calme - d’avoir
des blocages répétés dont le dernier ne put ('''tre
réduit qu’après quatre jours de lit.
Le jeune homme de l’observation II, alpiniste
fervent, ne se souciait guère — après 8 blocages
du genou dans la même année -- de risquer d’ètrc
immobilisé sur une aiguille rocheuse des Alpes,
sans compter qu’après m’avoir consulté une pre¬
mière fois, il avait failli être écrasé par un auto¬
bus place du Théâtre-Français au moment où son
genou se bloquait.
Le troisième malade enfin, un ouvrier très
robuste et très courageux, souffrait depuis trois
mois d’une douleur si persistante dans son genou
qu’il avait dù interrompre sou dur métier de
chaufl’eur-mécanicicn.
.l'ai donc opéré ces trois uialadep. Les deux
premiers avaient des lésions étendues, graves,
de leur ménisque interne que pouvaient faire
pressentir les blocages répétés de leurs genoux.
Chez le premier (observation I), le ménisque
interne du genou gauche était désinséré de la
capsule articulaire sur les deux tiers
antérieurs de sa circonférence. A par¬
tir du tiers postérieur, il était fissuré
longitudinalement et formait un lam¬
beau flottant dans l’échancrure inter-
condylicnne (fig. 21.
Le second opéré (observation II)
avait le ménisque interne du genou
gauche désinséré sur presque toute
sa circonférence de la capsule. En
outre, il présentait sur son bord libre
une fissure ipii devait être due à un
deuxième accident (fig. 3).
Le troisième opéré, celui qui avait
une douleur continue, sans blocage, ne présentait
pas à son ménisque interne du genou droit des
lésions aussi étendues que les opérés précédents.
(le ménisque avait, dans sa moitié postérieure,
une déchirure longitudinale du bord libre, sur
une étendue de 2 cm. La partie ainsi déchirée
formait un lambeau flottant dont la largeur com¬
prenait le tiers de la largeur totale du ménisque à
ce niveau. La déchirure n’était pas produite
rigoureusement dans le sens antéro-postérieur ;
elle s’était faite très obliquement suivant un cli¬
vage presque horizontal (fig. à).
Vous concevez facilement qu’une lésion ménis¬
cale aussi [lartielle, intéressant seulement une
partie du bord libre, sans cesse tiraillé par le
roulement du condyle, n’ait pu donner lieu qu’à
des symptômes de douleurs continues.
Au lieu que les grandes déchirures des mé¬
nisques internes de nos deux premiers opérés
devaient se traduire par des blocages répétés.
Vous voyez par ces trois observations qu’il
n’est pas exagéré de dire : les formes cliniques des
lésions méniscales correspondent à des eariétés
anatomiques particniicrcs.
N” 24
23 Mars 1929
^ CHRONIQUES
VARIÉTÉS INFORMATIONS
OÙ en est la question
des Assurances sociales
Les remarquables articles parus dans Iai Prenne
Médicale, analyse détaillée du livre du D’' Liek,
de Dantzig [Iai Prenne Médicale, 25 Novembre
:l<)28), conférence du D'' Specklin, de Mulhouse
[La Prenne Médicale, (i Jlars 1929), permettent
maintenant au corps médical français de se rendre
compte do la valeur réelle des Assurances sociales.
Peu importe les détails, un fait s’impose aujour¬
d’hui avec clarté : liîs assuiiancks sociai.iîs ont
l'Air l'Aii.LiTE n.\ ALi.liMACNi; (Fcuit là un fait de
très grande Importance.
l ue des raisons principales (]ui avaient poussé
Bismarck à imposer, en Juin 1883, il y a quarante-
cinq ans, le système de l’assurance-maladie, a été
révélée à une réunion de la Société allemande
pour la réforme sociale, par Releng, député dé¬
mocrate de Hambourg : « Len Annnrancen noeialen
ii'oii/ été innpirôen ijiie par le dénie d' annervir len
eratie noeiale. »"
..Asservir c’est avilir. Ce résultat d’avilissement
a'été largement obtenu, non seulement sur l’ou¬
vrier, mais aussi, par ricochet, sur le médecin. En
soumettant le salarié à la tutelle tatillonne des
Caisses, en lui enlevant la responsabililé de lui-
méme, la possibilité de diriger sa propre vie, on
lui a arraché, par cela même, le sens du devoir.
On a fixé le salarié dans sa situation inférieure,
on en a fait un citoyen de deuxième zone. Dé¬
pouillé par force d’une jtartie de son salaire, l’as¬
suré, tout naturellement, veut en avoir pour « son
argent » il cherche à récupérer par la ruse le plus
possible de ce salaire. Privé des économies qui
auraient pu lui permettre de s’élever dans l’échelle
sociale, conscient d’être traité en citoyen de se¬
cond ordre, en « ilote », il considère la caisse
d’assurances comme un ennemi sur qui il s’agit
d’opérer une juste reprise, d’où exagération de
symptômes morbides sans importance, indispo¬
sitions simulées, gaspillage insensé de médica¬
ments, journées de maladies au moment des
mortes saisons, démarches pour jouir le plus tôt
possible de la rente d’invalidité, etc.
Placés entre la Caisse qui les somme de défen¬
dre ses deniers et les assurés qui exigent des
journées de maladies, des médicaments, des re¬
connaissances d’invalidités, les malheureux mé¬
decins sont pris entre deux feux et obligés pour
vivre de ' se rendre complices des journalières
escroqueries. Le médecin est détesté quand il
s’oppose à la culture de la maladie par les assu¬
rés ; il est méprisé quand il les laisse faire, quand
las U de défendre le dîner de son maître », comme
dit le confrère Buffier, il participe à la curée, au
pillage des fonds sociaux.
Les revenus des travailleurs gaspillés en grande
partie jtar des abus sans nombre ne peuvent plus
1. Tout mûdociii, désiriuix du fr dociiiiiciilor, iiiini
uviinüigc à lire imi lUitiiT le livra do K. l.icK : Un Méfnitn
des iissiiniiiccs xiiciides ni Allniiiiijiie et les itiiti/nis J’i/
remédier, Wwi! court, 1res cliiiramcnt et très lu illununcnt
traduit pur notre confrère lîdgnrd Lanlzcnberg et son
trèro Riioiil, uvocuts tous les deux à In Cour d'nppcl de
Paris. Payot, éditeur, Paris.
être mis par l’épargne au service des grandes
entreprises nationales (les dépenses des Assurances
sociales s’élèvent en 1927 en .Allemagne à 4 mil¬
liards ü25 millions de reichsrnarks, soit 27 mil¬
liards et demi de francs français). Si on ajoute à
cela la diminution du travail national en raison
des épidémies de la maladie d'anniiraiiee on de
eoiivoitine, on s’explique que les pays « imniirén »
se soitMit adressés, en 1925 et 1927, à la Société
des Nations pour faire imposer ce grand bien¬
fait (!1 aux pays encore vierges d’assurances. Ce
n’élail certes jtas jtar altruisme nous dit Specklin,
mais pour égaliser les conditions de la concur¬
rence économique. C’est l’histoire du renard qui
a la queue coupée, de noli-e bon Lafontaine.
Un des bienfaits des .\ssurances sociales, di¬
saient autrefois les promoteurs de la loi, sera le
diagnostic précoce de la maladie, conséquence de
la gratuité de l’appel médical. Illusion pure, car
dépister un tuberculeux pulmonaire au début,
deviner les prodromes d’nn cancer des voies
digestives demande interrogatoires minutieux,-
examens attentifs, patients, longs; ces examens
ne sont pas du domaine de la médecine de Caisse
superlicielle, hâtive, préoccupée avant tout du
rendement pécuniaire.
L’hygiène sociale n’a pas gagné par l’assurance,
l’extension de ce système se traduit en Allemagne
par l’augmentation des journées et des cas de
maladie. Les Etats-Unis d’Améri<pu‘, qui ont rejeté
dédaigneusement, après étude sérieuse, les Assu¬
rances sociales, font remarquer qu’en matière
d’hygiène publique ils ont, dans les trente der¬
nières années et sans les Assurances sociales,
réalisé des pi-ogrès plus rapides que r.Mlemagne
avec les assurances et fait diminuer beaucoui) plus
(jue l’Allemagne la mortalité générale. L’opinion
américaine se résume dans la phrase d’HodVnann :
line iirofoiide méeonnainnanee de la c/c et du tra¬
vail dann une démocratie, car elle prénappone
Ile 1,/noeiélé. » (Lick, loe. cil., p. 101.)
En résumé, on reconnaît de [jlns en [)lus en
Allemagne que len Asnuraiieen noeialen n'ont pas
tenu ce ipi’ont enpéré les léÿininlenrs et, an déhut,
les médecins également. Bonnes et utiles, dans un
cas particulier, elles sont limestes pour tout un
|)euplc dont elles sapent la moralité et l’énergie,
dont elles dimiTiuent le di/namisme national .
.Aussi, ou Allemagne, médecins, économistes,
assurés même, ])rotestent de plus eu jtlus contre
l’utopie néfaste ipii a jtrouvé en quarante-cimj
ans sa malfaisance fondamentale.
Le corps social allemand est déjà en proie aux
nausées qui annoncent le vomissement libérateur.
ignorent liième, ])Our la phqtaiT, l'exislciKT' de la
loi votée j)ar le Parlement; aucun ne sait au juste
quels avantages elle lui aiiporlera ; tous se mélieiit
vaguement en se rappelant le sort des « Retraites
])our la A3(;illess(' ».
Parmi les gens instruits, quelles que fussent
leurs o])iuions religieuses ou jjoliliques, leurs pro-
fessions, leurs teudaïuîcs, nombreux étaient ceux
qui, sans troj) rélléchir, s'étaient laissé enthou¬
siasmer par les Heurs de rhétoricpic des utopistes.
Beaucoup de ces hommes se rendent compte main¬
tenant des dangers de la loi.
Les mutualistes étudient, se recueillent, mais
n’élèvent guère la voix.
La grande l’ressc se tait; elle a dci)uis long¬
temps cessé les dithyrambes, mais elle ne fait
encore rien pour éclairer les masses.
Les |)arlementaires. dans leurs discours aux
électeurs, lancent bien de tem])S à autre le mol
sonoi'c d'.Assul'ances sociales; mais ils se gardent,
avec un soin prudent, de parler en termes précis
des conditions d'application de la loi; consta¬
tons, à la louange de leur disceruement, <pie,
dans les conversations particulièi'es, ils conles-
sent volontiers à mi-voix (pie les .Assurances
seront une cause, de démoralisation ))Our les sala¬
riés (;t jiüurles médecins |)eu fortunés, et un agent
certain de vie plus chère.
Dans CCS conditions, il est facile d'imaginer
quel sera le sort ultérieur des .Assurances sociales
dépouillées (!(■ leur auréede myslicpie cl ex|)osées.
nues, au jugement du p('U])lc.
(ju’ou essaie, ou non, de les a|)pli(pier, peu
importe [lour le résultat Huai : un système de
contrainte ipii a fait laillite chez une nation
entraînée dès longtenqis à la discipline sociale
réussira encore moins dans un pays essentielle¬
ment individualiste.
Pour la santé de nos compatriotes, souhaitons
que l’expérience cause le minimum de dégâts.
Mus par le désir du bien, nous l'eainjais, nous
nous sommes IcuiT’és sui' la ])Ortée d’une loi (pie
les peuples voisins nous invitaient à réaliser
et que nous voulions croire généreuse; le plus
simple serait de nous inspirei- de la le(;on alh;-
mande, de ne pas nous entêter dans cette erreur
pendant qu’il en est temps encore, et de recher¬
cher une manière jilus sage, plus eflicace, d'assu¬
rer la paix sociale et le progrès matériel, moral,
de notre pays.
En tout cas, l’attitude que doit jii'endrc aetmd-
lementle corps médical l'ran(;ais, mieux placé que
les autres corps sociaux pour voir juste, est bien
simple ; c’est une attitude virile, nette, tranchante,
catégorique; celle ([uc Lick, de Dantzig, conseille
aux médecins allemands ; instruire les lùturs
assurés et proclamer hautement que :
En l'rance, où en est la (puîstion des .Assurances
sociales
Justpi’ici, seuls les médecins ont jirolesté
contre cette loi ; connaissant, hélas! h's imperfec¬
tions de la nature humaine, ils ont prévu et indi-
(]ué dès le début les écueils auxquels ou se hcurle-.
, Les cultivateurs commencent à s'inquiéter des
réjiercussions de la loi; alertés, ils eherchenl à
s’organiser et à se défendre.
Les ouvriers, les employés, les petites gens
(( (’c a est point h la guéri non. main à la eorrnp-
tion et il la mine moralen (/uc len . I .s-.sucu/icc.s-
noeialen candiiinenl un /len/ile. L'aeenir proneern
rinnlililé d an eontride étendu et d'nnc réglemen¬
tation menijiiine des médeeinn et des asnnrén. Il n' i/
a ijii nne chose à faire : reeonnaiire i/ne les Assn-
ranres sociales eonstitnent une erreur .
Les . I.s.suc(/ucc.s sociales
faire dinparaitre, médecins
elforts. »
sont an Iléan ! Pour le
et ansnrén nnirani lenrs
•P. Di;sru.ssi;s.
398
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
N’ 24
Félix Balzer
^ (1849-1929)
A peine Brocq vient-il de disparaître qn’un
nouveau deuil frappe la dermatologie cl la syphi-
ligrapliie françaises. Né le 4 Avril 1849 à Cha-
teaubriant (Loire-Inférieure) d’une vieille famille
bretonne, Balzer fit de solides études secondaires
nu lycée de Rennes où son père était établi. 11 y
commença des études médicales qu’il vint finir à
l’aris. Reçu au concours de l’internat (1878) dans
une promotion particuliérement brillante qui
comptait CufTer, Tapret, Schwartz, Ribeniont-
Dessaignes, Dreyfus-Rrissac , Oulraont, Porak,
lürmisson, Moutard-Martin, Hirlz, il fut succes¬
sivement l’élève de Dernartiuay, Empis, Cadet de
Gassicourt et Duguet. Il fut ensuite reçu docteur
en médecine avec une thèse qui est restée clas¬
sique sur la broncho-pneumonie (1878). Attiré
vers l’anatomie pathologique, il devient chef de
laboratoire à l’amphithéâtre des hôpitaux, puis
dans les services de Besnier cl de Fournier. C’est
de là que date son désir de se spécialiser dans
l’étude de la dermatologie et de la syphiligraphie.
Nommé au concours de médecins des hôpitaux en
1881, il fut d’abord à Lourcine, à Ricord, enfin à
Saint-Louis où il devait rester (1896-1919) jus¬
qu’après la guerre, dépassant de quelques annécs
la limite d’âge fixée par l’administration.
Elu membre de l’Académie de Médecine, il fut
président de la Société française de dermatologie
et de syphiligraphie (1909-1914) et président de
la Société française de prophylaxie sanitaire et
morale, succédant à Fournier, son fondateur, dé¬
cédé pendant la guerre.
A part de très nombreuses communications aux
Sociétés savantes, en particulier à la Société de
dermatologie, de fréquents articles dans les
iournaux médicaux, Balzer a écrit peu d’ou¬
vrages. 11 laisse pourtant un petit livre de théra¬
peutique des maladies de la peau et le volume
consacré aux maladies vénériennes dans le l'rnUo
de Mèdccinr de Brouardel cl Gilbert,
Chercheur infatigable, c’est lui qui le premier
(1889) a eu l’idée d’essayer les sels de bismuth
dans le Iraiteraenl de la syphilis. S’il a aban¬
donné ses recherches, c’est qu’il observa des acci¬
dents oculaires graves sur les animaux d’expéri¬
mentation, accidents qui n’étaient dus qu’à la ma¬
ladie des jeunes chiens et pas aux sels de bis¬
muth. Craignant d’être nuisible, il cessa les
expériences. 11 fut un des premiers à faire cou¬
ramment des injections mercurielles dans la
syphilis. C’est lui qui avant le GOOd’Ehrlich con¬
seilla l’emploi de la médication arsenicale sous
forme d’hectine que venait de découvrir Mou-
neyrat. Très au courant de ce qui se passait à
l’étranger, en particulier en Allemagne et en
Italie, il était toujours prêt à essayer de nouvelles
thérapeutiques.
Resté célibataire, Balzer était un vrai sage.
Vivant d’une vie retirée, ne fréquentant que quel¬
ques amis fidèles avec lesquels il aimait à se
retrouver, n’ayant aucun besoin, il se contentait,
dans sa clientèle, d'honoraires .minimes, malgré
sa silualioii et ses litres. Tout dévoué à ses ma¬
lades, ceux-ci avaient pour lui une véritable véné¬
ration et beaucoup pleurent aujourd’hui sa dis¬
parition.
. Malheureusement, depuis déjà près de vingt
ans, sa santé était chancelante. Par goût autant
que par nécessité, il menait une vie d’ascète.
Atteint à plusieurs reprises de coliques hépatiques,
il était devenu un habitué de Vichy où il ne
manquait pas chaque année d’aller faire sa cure.
Au moment où les suffrages de ses collègues
l’avaient nommé vice-président de l’Académie,
une gangrène par artérite, provoquée par un
léger traumatisme, nécessita ramputalioii d’une
cuisse. Depuis ce moment, son étal de santé em¬
pira lentement, et Balzer, que venaient visiter
presque quotidiennement ses amis, ses collègues et
ses élèves, s’éteignit dans la nuit du 15 Mars 1929
au cours de sa quatre-vingtième année.
Gu. Fouquet.
E.-H. Ozenne
Nous avons le regret d’annoncer la mort du
D' Emile-Henri Ozenne, ancien interne des hôpi¬
taux, chirurgien honoraire de Saint-Lazare,
ancien président de la Société des chirurgiens de
Paris, médaillé militaire de, 1870 et de 1914, che¬
valier de la Légion d’honneur, décédé en son
domicile rue Fortiiny, 24. Les obsèques ont eu
lieu le 18.
Le D'' Ozenne jouissait de la réputation d’un
galant homme, très particulièrement informé des
choses de sa spécialité.
Il avait publié sur la Sj/p/iilÎK de l'Utérus un
ouvrage actuellement recherché où il avait
résumé le fruit d’une longue et belle carrière
consacrée tout entière au bien et au travail.
Correspondance
A propos du traitement des kystes
hydatiques du poumon.
Dans un article de l.a Presse Alédicale (numéro du
27 Février 1929), j’ai commis une erreur. J’ai écrit :
« Copello, qui a fait deux fois la thoracotomie par le
procédé de mon collègue Duval, dit avoir eu des
désastres à la suite de celle pratique; aussi, comme
Arcé, commence-t-il par faire l'insufflation d’un pneu¬
mothorax. Il En réalité, scs deux opérés ont guéri
(Bull, de la Sec. de Chir. de Buenos-Aires, 1923,
t. V, n“ 540). Malgré cpt heureux résultat final de ses
deux interventions, le professeur Copello n’a plus
jamais eu recours à ce procédé, les malades ayaiii,
m’écrit-il, présenté, bien qu’opérés à l’anesthésie
locale, des accidents immédiats inquiétants qui ont
troublé la marche de l’intervention, au contraire
simple lorsqu’on opère par les autres procédés.
Lorsque le kyste est près de la paroi et d’un abord
facile, il laisse se produire un petit pneumothorax et
cherche toujours à éviter le collapsus du poumon;
lorsque le kyste n’est pas au vo sinage immédiat de
la paroi, lorsqu’une exploration importante est à pré¬
voir ou lorsqu’il y a plusieurs kystes, il pratique,
dans les jours précédant l’opération, le pneumothorax
préalable suivant liuraéthode d’Arcé.
Menui Uaktmaxn.
Les Médecins étrangers à Paris
Sont arrivés pour travailler dans les hôpitaux et
laboratoires :
Nicolas Kipchidze, Géorgien; M^'v G. .1. Wijeke-
rhfild Bisdon, Hollandaise; de Gens, Hollan¬
daise; Edmond Zéva, Polonais; José Ma. 'fausle.
Espagnol; Edouard Reicher, Polonais; Erich Keckeis,
Tchéco-Slovaque; Maksymiljan Fahrikaiit, Polonais;
■Manuel Piera Flo, Espagnol ; Thomas Edge Anderson,
Anglais; Bernardo Samper, Colombien; Dina Ben-
dersky. Roumaine; Milone Sebasliano, Italien;
Daniel Kar.ftman, U. S. A. ; Antero Marques, Portu¬
gais; Felia E. Leborgne, Uruguayen; Pereira Fer¬
reira Mendes, Brésilien; Joseph Altruda, Italien;
Raul Madeira, Portugais; G. Do Soares, Portugais;
Etienne Budai ; Flavio R. Dias, Brésilien; Octavio
Rojas Avendano, Mexicain; José Ramirez Ulloa,
Mexicain; Luis Alberto Nava, Colombien; Hanns
Ronge, Allemand ; Nicolas Asproyeraca Grivas, Grec ;
Jésus Ibaura Aramburu, Espagnol; H. Turihel,
Canadien français; Deliyannakis, Grec; Ivan Pro-
cbazka, Théco-Slovaque.
(A, D. U. M., Faculté dc Médeciire, salle Béclard.)
Livres Nouveaux
Les méfaits des Assurances sociales en Allemagne
et les moyens d’y remédier, par le D’’ E. Liek.
Préface de M. le professeur Georges Weiss, mem¬
bre de l’Académie deMédecine, doyen de la Faculté
de Médecine de Strasbourg. Traduction française
par Raoul Lantzenberc, avocat à la Cour d’ Appel
de Paris, et Edgard Lantzenberg, avocat à la Cour
d’Appel de Paris, docteur en médecine, ancien
interne des Hôpitaux de Paris. 1 vol. in-8° de la
« Bibliothèque Politique et Economique » (Payot) .
Paris. — Prix: 18 francs.
L’Allemagne est le pays qui, depuis quarante ans,
a fait, en grand et le plus systématiquement, l’expé¬
rience des Assurances sociales préconisées depuis
beaucoup plus longtemps parles conciles socialistes.
L'Allemagne est arrivée au point qu’on a pu écrire
qu’il n’y aurait bientôt plus en Allemagne que deu.\
catégories de gens, les « assistés » et les « assis¬
tants ». Un médecin allemand a résumé dans un
livre, qui a fait sensation dans son pays, les abus,
les excès de toute sorte tant moraux que sociaux
et financiers de cette loi aux répercussions incal¬
culables. La Presse Médicale a publié une longue
analyse de cet ouvrage (24 Novembre 1928).
MM. Raoul et Edgard Lantzenberg ont eu la
bonne idée de traduire ce livre de Liek in extenso
pour permettre aux èsprits curieux de s’instruire
par l’observation de faits concrets, tangibles. Ils
sont ainsi arrivés è démontrer ce que des réflexions
abstraites sur l’élémentaire psychologie humaine
avaient permis à tout esprit quelque peu philosophique
de déduire : en voulant couvrir les dilléreuls risques,
maladie, accidents, invalidité, chômage, les Assu¬
rances sociales ont causé la démoralisation de la
nation allemande, enlevé le goût du travail à la
classe ouvrière, créé un système d’exploitation
avérée ou dissimulée de la maladie, poussé un grand
nombre d’ouvriers à faire d’interminables procès p mr
obtenir indemnités ou rentes, déterminé enfin la
prolétarisation et la dévalorisation de la profession
médicale.
L’auteur, qui a été médecin des Caisses, insiste
spécialement sur l’état d’hostilité régnant entre les
médecins et les dirigeants des Caisses et sur la dépré¬
ciation de la médecine entraînée par les Assurances
sociales.
M. le professeur Georges Weiss, doyen de la
Faculté de Médecine de Strasbourg, qui, par ses
fonctions, a pu voir de près le fonctionnement des
Assurances sociales en Alsace, a écrit une intéres¬
sante préface pour recommander aux médecins de
France de s’instruire par l’exemple de leurs confrères
allemands.
Les traducteurs du livre de Liek ont en l’heureuse
idée, de compléter la bibliographie allemande par
Findication d’ouvragés ou d’articles français utiles
à consulter pour quiconque s’intéresse à cette
grave question sociale.
Cet ouvrage de Liek, si clairement et si magistra¬
lement traduit par les frères Lantzenberg, sera
demain dans toutes les mains des médecins et des
parlementaires; c’est le premier son de cloche du
glas des Assurances sociales. P. D.
Le nefrosi, par Al. Esposito.1 vol. in-d” de 212 pages
(Islitulo éditoriale scientifico, Milan, 1929). --
Prix : 40 lires.
Certaines. classifications étrangères actuelles des
maladies des reins les divisent en néphroses et
néphrites; les premières sont les néphropathies à
caractères dégénératifs et les secondes les néphro¬
pathies à caractères inflammatoires.
L’élude des néphroses surtout a pris de l’impor¬
tance et motivé de nombreux travaux spécialement
allemands. C’est un bon exposé de ces travaux qu’on
trouvera dans le livre de M. Esposilo, à l’exclusion
complète, ou quasi, de tous travaux français (le nom
d’Ambard dans une bibliographie de plus de vingt
pages n’est pas cité).
On lira surtout avec intérêt ce qui a trait à la
néphrose lipoïdique, variété dont l’individualité
paraît nettement et solidement établie, si sa nature
reste encore bien indécise. Les autres chapitres sont
consacrés aux néphroses infectieuse, gravidique,
amvloïde, grasse, iiécvotiqtie, syphilitique.
' Ph. Pagkiez.
N“ 24
LA PRESSE MEDICALE, Samedi, 23 Mars 1929
399
Université de Paris
Faculté de Médecine. — A r9ccasion des vacances
de PAqiics, la Faculté vaquera du dimanclie 24 Mars au
Les coiir.s, travaux pratiques et examens rcpr'cndront
le lundi 8 Avril. .
liibliotUtque. — La Bibliothèque sera formée pendant
les vacances.
Secrétariat. — Le Secrétariat sera fermé : du samedi
30 Mars inclus au mardi 2 Avril inclus.
En dehors de ces dates, il sera ouvert tous les autres
jours aux heures habituelles. De plus, la caisse sera
ouverte le samedi 30 Murs pour le paiement des truite-
Cllnlque chirurgicale infantile et orthopédique.
— Un cours de clinique et de thérapeutique chirurgicales
et orthopédiques sera fait sous la direction de M. le pro¬
fesseur Ombrédanne, à l’hôpital des Enfants -Malades,
149, rue de Sèvres, du 25 Mars nu G Avril,' avec le con¬
cours de M. Lance, assistant d’orthopédie ; M. Fèvre,
chef de clinique; M. Aurousseau, chef de clinique; M.
Suint-Girons, chef de laboratoire; M. Hue, ancien chef de
clinique, d’après le programme suivant :
25 Mars, 11 h. : Généralités sur la tuberculose ostéo¬
articulaire des enfants : M. lluc. — 17 h. ; La vaccination
en chirurgie infantile : M. Saint-Girons.
26 Mars, 11 h. : La luxation congénitale de la hanche
(leçon théorique) : M. Lance. — 17 h. : Appendicite chez
l’enfant : M. Aurousseau.
27 Mars, 11 h. : Lu scoliose : M. Lance'. — 17 h. ; L’os¬
téomyélite des enfants : M. Aurousseau.
28 Murs, 11 h. : Luxation congénitale de la henche
(leçon pratique) : M. Lance. — 17 h. : Méthodes de labo¬
ratoire pour le diagnostic des ostéites : M. Saint-Girons.
29 Murs, 11 h. : Mal de Pott.; M. IIuc. — 17 h. : Les
fractures de l’enfance : M. Aurousseau.
30 Mars, 11 h. : Les pieds bots ; M. Uuc. — La coxalgie
de l’enfant : M. Hue.
2 Avril, 11 h. : Les tumeurs blanches : M. Hue. —
17 h. ; Ectopics et hernies chez les enfants : M. Aurous-
3 Avril, 11 h. : Les déformations osseuses de l’enfance
(rachitisme, hérédo-syphilis) : M. Hue. — 17 h. ; Les
becs-de-lièvre : M. Fèvre.
4 Avril, 11 h. : Les sténoses du pylore : M. Fèvre. —
17 h. : Invaginations intestinales du nourrisson et de
l’enfant ; M. Fèvre.
5 Avril, 11 h. : Fractures du coude : M. Fèvre. . —
17 h. : Le syndrome de l’orohitc aigue primitive chez les
enfants : M. Fèvre.
6 Avril, 11 h. : Hypospadias : M. Aurousseau. — 17 h. :
Coxa varu et genu valgum : M. Fèvre.
Tous les matins, à 9 h. 1/2 : présentation de malades
au pavillon Molland; visite dans les salles; opérations
courantes. Un certificat sera délivré aux élèves à l’issue
du cours. Le droit de laboratoire à verser est de 250 fr.
Hôpital Saint-Antoine. — Un cours de gastro-enté¬
rologie sera fait du 15 Avril nu 4 Mai 1929, sous la direc¬
tion de MM. Bensaude, Le îioir et Félix Uamond.
Programme du cours. — Du 15 au 20 Avril : M. R. Ben¬
saude, assisté de MM. Gain, Boltanski, Hillemund, Lnm-
bling. Marchand, Oury, Ruchet, ïerrial.
Lundi 15 Avril, à 9 h. 30, M. Bensaude ; Œsophagos-
copic ; il 10 h. 30, M. Terrial : Examens coprologiques ;
à 14 h. 30, M. Hillemand ; Tuberculose intestinale. —
Mardi 16 Avril, à 9 h. 30, M. Marchand : Traitement
électrique des hémorroïdes; à 10 h. 30, M. Terrial : Exa¬
mens coprologiqucs. — Mercredi 17 Avril, à 9 h. 30,
M. Bensaude ; Rccto.scopie ; à 10 h. 30, M. Marchand :
Traitements électriques; à 14 h. 30, M. Lambling : Tu¬
meurs villeuses du rectum. — Jeudi 18 Avril, A 9 h. 30,
M. Oury : Syndromes douloureux de la fosse iliaque
droite ; à 10 b. 30, M. Bensaude : Rcctoscopie, .Œsopha-
goscopie. — Vendredi 19 .Avril, à 9 h. 30, M. Gain : Les
divertieulites ; à 10 h. 30, M. Marchand ; Traitements
électriques; à 14 h. 30, M. Boltanski : Le cancer du gros
intestin. — Samedi 20 Avril, à 9 h. 30, M. Rachet : Gns-
troscopie; à 10 h. 30, M. Bensaude : Rcctoscopie, Œso-
phugoscopie.
Du 22 au 27 Avril : M. Félix Kamond, assisté de MM.
Ghnrles Jacquelin, Zizinc et Ghène.
Lundi 22 Avril, à 9 h. 30, M. Ramohd : Gastrites. —
Mardi 23 Avril, à 9 h. 30, M. Ramond : Ulcère gastrique.
— Mercredi 24 Avril, A 9 h. 30, M. Ramond : Cancer de
l’estoma(^ — Jeudi 25 Avril, A 9 h. 30, M. Ramond :
Ulcère duodénal. — Vendredi 26 Avril, A 9 h. 30, M. Ra¬
mond ; Atonie et spasmes. — Samedi 27 Avril, A 9 h. 30,
M. Ramond : Aérophagie. Volvulus et déformations gas¬
triques. Dyspepsies réllexcs et nerveuses. Travaux pra¬
tiques : chimisme, radiologie, anatomo-pathologie.
Du 29 .Avril au 4 Mai ; M. P. Le Noir, assisté de
MM. R. Gaultier, Savignac et Taillandier.
Lundi 29 Avril, A 9 h. 30, M. Le Noir ; Thérapeutique
symptomatique des dyspepsies douloureuses. — Mardi
30 Avril, A 9 h. 30, M. Le Noir : Traitement de l’ulcère
gastro-dnodénal. — Mercredi 1" Mai, A 9 b. 30, M. Savi-
gnac : Traitement du cancer de l'estojnac, indications
opératoires. — Jeudi 2 Mai, A 9 h. 30, M. R. Gaultier ;
Traitement des dystonies gastriques. — A'endredi 3 Mai,
A 9 h. 30, M. Le Noir; Traitement diététique des dys¬
pepsies. — Samedi 4 Mai, A 9 h. 30, M. Taillandier : Du
traitement hydrominérul des dyspepsies.
Les leçons théoriques sont gratuites. Droits d’inscrip¬
tion aux travaux pratiques : 250 fr. — Se faire inscrire
dans les services de MM. Bensaude et Ramond. Un certi¬
ficat de présence sera donné A ceux qui auront suivi
tous les cours théoritjues et pratiques.
Un voyage d’instruction A Vichy et A ChiMel-Guyon sera
organisé après le cours. Le noinbce des places est limité.
Se faire inscrire avant le 28 .Avril.
Faculté de Pharmacie. — La chaire de chimie
minérale de la Faculté de Pharmacie de l’Université de
Paris est déclarée vacante.
Un délai de vingt jours est accordé aux candidats pour
faire valoir leurs titres.
Hôpitaux et Hospices
Charité. — Sur la demande de M. Raymond Laurent,
au nom de la 5” Gommission, le Gonseil municipal de
Paris vient d’émettre un avis favorable relatif A l’amé¬
lioration de l’outillage du laboratoire d’électro-radiologic
de M. Ronneaux, A l’hôpital de lu Gharilé, amélioration
consistant dans l’installation d’un pupitre de commande'
pour le passage instantané de la radioscopie A la radio-
grajihic et d’un sélecteur de Béclère pour prises de ra¬
diographies en séries.
Hospices de Montpellier. — Un poste de médecin
chef de service au quartier d’aliénés des hospices de
Montpellier (Hérault) (asile de Font-d’Aurclle) sera inces¬
samment vacant par suite de la mise A la retraite de
M. Ghevulier-Lavaure.
Asile public d’allénés de la Roche-Gandon. —
Le poste de médecin directeur de l’asile public d’aliénés
de la Roche-Gandon (Mayenne) sei'a vacant A dater du
l"' Juin 1928 par suite de la mise A la retraite de M. Pain.
. Hôpital civil français de Tunis. — Deux pinces
d’interne sont actuellement vacantes A l’hôpital civil
français de Tunis (Tunisie). Pour conditions et rensei¬
gnements, s’adresser au Directeur.
Concours
Chirurgien des hôpitaux. — Sont désignés jmur
faire partie du jury des épreuves orales : MM. Ombré-
danne, Proust, Mathieu, AViart qui ont accepté.
MM. Moure, Deniker et Hcrscher n’ont point encore fait
comiaître leur acceptation.
Médecin des hôpitaux. — ADMissiniLrri:. — Sont
déclarés admissibles aux épreuves orales : MM. Lelong,
74; Garcin, 71 1/2; Rachet, 70 1/2; Boltanski. 70; Esca¬
lier, 69; Meyer, 68 1/2; Hamburger, Moussoir, 67; AVei.s-
mann, Gelice, 66; de Brun du Bois Noir, 65 1/2; Debray,
— Sont désignés pour faire partie du jury des épreuves
orales : MM. Wcill-Hallé, Weil (P.E-.), Richet, qui ont
accepté.
MM. Abrami, Grouzon, Lian, Vallery-Radot, Louis Ra¬
mond, Faroy, Gomte et Marion n’ont point encore fait
connaître leur acceptation.
Sanatorium départemental Mercier. — i n Gon-
cours sur titres est ouvert pour un poste de médecin
adjoint au sanatorium départemental F. Mercier, |)ar
Tronget (Allier).
Le traitement fixe de début est de 18.000 fr. et peut
atteindre 26.000 fr. par avancements successifs. Les
intéressés bénéficient, en outre, gratuitement, du loge¬
ment, du chauffage, de l’éclairsgc et du blanchissage, et
ont la faculté d’utiliser, A titre onéreux, le ravitaillement
de l’établissement. Ils ne peuvent faire de clientèle que
dans les conditions jirévuesaux articles 23 et 28 du décret
du 10 Août 1920.
Les candidats devront être Français, Agés de moins de
trente-cinq ans, produire un extrait de leur acte de